Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1959, Mai
'iniiriill >i 1 üi I ÉDIFICE DESJARDINS —' ' •»Vï S#*» DESJARDINS 'ïÇHt., -'MK ^ Mai 1959 BILLET « On ne connaît les hommes qu'en se faisant l'un d’eux ; on ne les gagne qu’en se donnant.» — Père LabbÉ VOILÀ La pensée qui vient spontanément à l’esprit en ce soir de la béatification de Mère d’Youville.Née au Canada, à Varennes, morte au Canada, à Montréal, Mère d’Youville a passé toute sa vie chez nous.Elle nous appartient donc avec ses soixante années de souffrance, de travail, et de bon exemple.Il ne semble pas que Marguerite d’Youville ait reçu une instruction très poussée : son passage de deux courtes années chez les Ursulines a été suffisant, tout de même, pour mettre en vateur le jugement et le cœur de la jeune fille pour qu elle serve de modèle à toutes les jeunes d’aujourd’hui ; les appels à une vie factice et dangereusement agitée seraient vains si, comme Marguerite, elles consentaient à « coller au réel ».« Bénie soit la Providence qui met des voiles sur nos lendemains l » Qu’aurait été la vie de notre Bienheureuse sachant d’avance Les dures épreuves qui seraient son lot au cours de ses huit années de mariage ?Pour donner la vie six fois, elle a dû subir les plus dures épreuves venant de tous les côtés à la fois : dans huit ans de ménage, elle perd six enfants, et son mari viveur, la plus lourde croix à supporter.Épouse patiente, elle reste mère dévouée : ses deux fils deviendront prêtres pour sa joie et sa consolation.Son rôle de mère n’est pasfini : son grand cœur charitable lui imposera une nouvelle famille : elle ne donnera plus La vie, mais elle l’aidera ; les malheureux, les déshérités, Les malades, trouveront asile chez la veuve qui a réussi dans un commerce entrepris pour payer les dettes du mari.Les biens gagnés et amassés seront mis à la disposition de ceux qui n’en ont pas.Payeuse de dettes, Madame d’Youville se révèle aussi habile bâtisseuse.Cependant, Là encore les épreuves ne manqueront pas ; elles viendront de toiçs les côtés : incompréhension de la part des autorités, persécution polie et obstinée exercée par de hauts fonctionnaires ; et, lorsque le feu rasera son hôpital, la Bienheureuse pourra entonner le Te Deum, car La mesure sera complète.Donner la vie, aider la vie, cela ne suffit pas ; il faut vivre ensemble.Et c’est à la première Bienheureuse canadienne que l’on doit lafonaation de la première communauté canadienne.Que ne doit-on pas aux Sœurs Grises depuis les deux siècles de leur fondation ?À quelles œuvres n’ont-elles pas participé 7 Avec leur vénérée fondatrice, elles sont à l’honneur en ce 3 mai, et avec elles tous les (Suite à la page 95) NOTRE COUVERTURE.— Dans le parc de la Gaspésie, au printemps.— {Photo : Service de Ciné-photographie.) ÉDIFICE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXV, No 5 QUÉBEC Mai 1959 Sommaire page Billet Jos.Turmel 82 Éditorial : Nouvelle entente C.Vaillancourt 83 M.l'abbé P.-E.Doyle 83 L'inflation C.Vaillancourt 84 Savez-vous que .?87 Assemblée générale annuelle de la Caisse populaire du Sacré-Cœur de Montréal Marcel Caron 88 Le Québec l'emporte en production de papier 89 Enseignement et pratique de l'épargne chez la jeunesse :.Paul-Émile Charron.90 L'épargne scolaire dans la région de Trois-Rivières 91 Lecture et bibliothèques 92 L'éducation coopérative des membres Maurice Colombain.93 La paroisse Paul-Émile Charron.94 Les vieux Pierre l’Ermite 96 L’encaisse journalière Paul-Émile Charron.97 À l’École normale Marguerite-Bourgeois de Sherbrooke 97 Caisses jubilaires Jos.Turmel 98 Service de renseignements 98 Consultation légale Le Conseiller juridique.99 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.• PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires $1.50 Pour les autres $2.00 • LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier e3 Dugal, Inc., Québec.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa.DESJRRD NS tA RgV(/£, r0£SjA#D/A/j Nouvelle entente I JNE nouvelle entente a été conclue, à par-tir du 4 mai 1959, entre la Banque Provinciale du Canada et la Fédération des Caisses populaires Desjardins pour Féchan-ge des ordres de paiement des Caisses populaires et des chèques de Banques encaissés par les Caisses populaires.Il est fort heureux que nous en soyons venus à une entente ; il vaut toujours mieux s’entendre que se chicaner et se disputer.Dans toutes ces luttes, il y a de Tacri-monie, de l’amertume, ce qui n’est jamais bon ni pour les uns ni pour les autres ; même les tout-puissants y perdent sinon en valeur économique sûrement en valeur morale auprès d’une certaine classe de gens, et à la longue cela finit par faire mal.À l’avenir, toüs les ordres de paiement des Caisses populaires provenant des Banques seront dirigés vers la Banque Provinciale, et tous les chèques de Banques que les Caisses populaires auront encaissés seront aussi dirigés vers la Banque Provinciale.Il est entendu qu’il va nous en coûter un peu plus qu’il y a vingt ans.Dès le début de nos discussions avec les Banques, nous avons admis que le coût d’administration dans les Banques comme dans les Caisses populaires était plus élevé qu’autrefois, mais nous voulions que les charges soient justes et raisonnables, nous croyons que la nouvelle entente remplit ces conditions.Nous croyons aussi que la Banque Provinciale n’aura pas à se repentir de cette entente passée avec la Fédération des Caisses populaires Desjardins.Chez nous, les gens sont habitués à la coopération et à la bonne entente, et nous aidons ceux qui nous aident.Chaque gérant de Caisse populaire a reçu toutes les instructions nécessaires pour opérer efficacement la nouvelle entente.Inutile d’y revenir.Pas besoin non plus d’ajouter d’autres considérations.Notre principe a toujours été de coopérer, et coopération veut dire entente, harmonie, aide.Continuons dans cette voie et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.M onsieur l’abbé P.-E.Doyle Le 23 mai prochain, M.l'abbé Paul-Eugène Doyle sera fait prêtre, dans la cathédrale de Sherbrooke.Et le lendemain il dira sa première messe à Lévis.Nous croyons devoir rappeler à nos lecteurs que M.l'abbé a été, pendant plusieurs années, à l'emploi de la Federation, et a collaboré avec nous à la revue.Vous voudrez, chers lecteurs, avoir une pensée bien spéciale pour notre ancien compagnon de travail auquel nous sommes restés, tous, très liés.Lui-meme, nous le savons, dès les premières heures de son sacerdoce, ramassera toutes vos intentions pour les offrir à Celui à qui il vient de donner sa vie.Nos vœux de fructueux ministère à M.l'abbé P.-E.Doyle.?« La prospérité de chaque peuple croît avec la Jorce morale que créent les habitudes de prévoyance et d’épargne.)) — Frédéric Le Play 84 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1959 L'inflation L'INFLATION est l’ennemi numéro 1 de notre économie.Il faut, coûte que coûte, s'en défaire.Le sénateur Vaillan-court Ta dénoncé au sénat, le 16 mars dernier.Il a indiqué des remèdes.Voici son texte : L'inflation, c'est une maladie insidieuse dont le processus évoque le cancer : au début, le mal s'opère sans douleur, et quand les effets du cancer causent la douleur il est alors devenu incurable.Plusieurs de nos collègues ont traité de ce sujet et ils ont donné des exemples de l’inflation.Mais il faut essayer de trouver une solution à ce problème.Ce n’est certes pas en attribuant aux autres les causes de l’inflation que l'on va arriver, à en appliquer les remèdes nécessaires.Cette maladie de l’inflation est d'autant plus dangereuse qu’elle frappe le peuple lorsqu’elle se développe, et que le peuple n’est pas content lorsqu’on veut appliquer les remèdes pour réduire ou empêcher le mal de s’aggraver.On l'a constaté lors des élections.Le mal demeure, il s'aggrave, et il est grand temps qu'on voie à prendre les mesures qui s'imposent si on ne veut pas arriver au même désastre qu’en 1929.En 1929, c'était une euphorie ; tout le monde spéculait à la bourse, les valeurs montaient, chacun espérait devenir riche.Tout à coup, le ballon a crevé, ce fut l'effondrement général.Actuellement, tous les hommes qui s'occupent de la haute finance, les différentes compagnies d’assurance, les économistes expérimentés comme, par exemple, les Cameron, les Hutchison, etc., et mêmes les économistes en chambre, nous avertissent, nous disent combien ils sont inquiets, et c’est ce qui est arrivé, d’ailleurs, en 1929.Je me rappelle qu'au mois de juin 1929, j’étais allé, par affaire, à New-York, organiser notre finance pour la vente des produits de l'érable.J’ai alors rencontré un officier supérieur de la Chase National Bank.Après avoir réglé notre problème de finance, je lui ai dit : « Vous qui êtes un grand expert financier, n'avez-vous pas des craintes au sujet de la situation actuelle?Ce -?- qui me rend songeur, inquiet, c’est que dans nos Caisses populaires dans Québec, il se passe quelque chose qui ne paraît pas être normal.— Qu’est-ce que c’est?—Je l’ignore exactement, mais nos gens semblent nerveux, les retraits commencent à se faire.Est-ce la même chose chez vous?)) Et ce monsieur de me dire : « D’après moi, nous sommes dans une inflation extraordinaire, et dans quelques temps nous allons passer par une crise très dure, et moi, je conseille à nos gens de sortir de cette spéculation.)) De retour à Québec, quelqu'un me fait demander pour me consulter sur un projet de finance.Je lui rapportai ce que ce monsieur m’avait dit et je lui recommandai d’attendre un an avant de faire cette finance, espérant qu'il verrait alors plus clair.Il a suivi mon conseil.La crise est arrivée avec ses suites et ses conséquences.Il faut essayer par tous les bons moyens à notre disposition de prévenir une telle calamité.D'ailleurs, les gens qui ne nous aiment pas, de l'autre côté du rideau de fer, escomptent cette crise économique.Ils se disent entre eux : Pas besoin de se servir d'obus ni de bombes atomiques, la crise va faire le travail pour nous.Soyons plus vigilants et essayons de prévoir et de prévenir cette crise économique.Quelqu’un me disait, la semaine dernière : « Vous nous parlez d’inflation, il me semble qu’on est mieux avec l'inflation qu’avec la déflation.» — Je lui ai dit, en me servant d’une définition ad hominem : (( Mordu d’un chien ou d’une chienne, laquelle des deux morsures est la plus cruelle ?)) Ce n’est pas de cette façon qu’il faut raisonner.Il faut se demander s’il n’y a pas moyen d’éviter ces deux extrêmes et d’arriver à vivre économiquement, raisonnablement, dans la prospérité et le bien-être.C’est le président de la Banque de Montréal, M.G.R.Bail, qui disait dans son rapport de fin d'année : « L’inflation est l’affaire de tout le monde », ce qui me faisait dire dans un article : « C'est l'affaire de tout le monde, ça veut dire que c’est l'affaire de personne, car quand un problème concerne tout le monde c’est bien rare que quelqu’un va se mettre en frais de vouloir corriger ce qui fait défaut ; on compte toujours sur les autres.» Alors, il n’y a, à ce moment-là, qu’un moyen à prendre.C’est l'Etat qui doit prendre entre ses mains le problème et y appliquer les remèdes nécessaires.C’est dur, surtout en démocratie, parce que le peuple n’aime pas prendre des remèdes qui requièrent des sacrifices, de la discipline.L'Angleterre a eu un gouvernement assez énergique pour appliquer de tels remèdes qui ont provoqué du mécontentement chez bien des citoyens.Aux prochaines élections anglaises, qu’ar-rivera-t-il?Une chose est certaine : actuellement l’Angleterre se relève, sa finance est plus saine, et on peut entrevoir l’avenir avec plus de confiance qu’il y a quelques années.La France est dans le même dilemme.Actuellement, le gouvernement français applique des remèdes énergiques et, à certains endroits, ça barde dur.Mais, tout de même, je crois que les remèdes vont continuer d’être appliqués quand même, et ce qui est beau et consolant, d’après le rapport reçu, la semaine dernière, c’est que l'économie française se relève et se stabilise.L’inflation, c’est un mal généralisé qui affecte toute la nation parce que l’inflation déprécie la monnaie, mine la valeur de la monnaie, réduit le pouvoir d’achat d’un chacun et, en même temps, décourage l’épargne, l’empêche de se développer.Quand l’épargne disparaît chez un peuple, il n’y a plus rien qui puisse persister longtemps, parce que l’épargne c’est ce qui forme les capitaux, c’est ce qui permet de développer l’industrie et l’économie d’une nation.Quand on n’a plus confinace en sa monnaie, on n'a plus confiance en l’épargne ; qu’est-ce qui arrive : c’est le désastre.Maintenant, il est inutile de dire : il faut prévenir l’inflation.Nous l’avons.Mais il faut empêcher que cela devienne plus malsain et, en même temps, essayer de diminuer cette inflation.Il y a quelques semaines, les taux de transport par chemin de fer ont augmenté de 17%.Cela affecte toute la nation.Immédiatement, les prix ont augmenté, les prix de la marchandise, de tout, tout.Prenons, par exemple, pour les cultivateurs de l’Est, des provinces Maritimes, cela représente $2.de plus Volume XXV, .n° 5 LA REVUE DESJARDINS 85 par tonne de blé pour le transport.Cela veut dire que le bœuf, le lard, les œufs, etc., se vendent plus cher.C’est donc une première hausse du coût de la vie.Les chemins de fer demandent une autre hausse pour le transport.Ils ont donné pour raison à l’appui : la hausse des salaires.C’est un cercle vicieux.Les ouvriers veulent avoir plus cher parce que le coût de la vie augmente, et plus les salaires augmentent, plus le prix des marchandises augmente.C’est un cercle sans fin, et notre monnaie se déprécie d’autant parce que cette hausse des prix n’augmente pas la production.On vend une marchandise plus cher, mais on n’en fabrique pas plus.Cette inflation devient néfaste pour le pays parce que nous sommes un pays exportateur, surtout de matières brutes.Les prix de nos marchandises vont devenir à ce point élevés, comparés au prix des mêmes marchandises vendues dans d’autres pays, que nous ne pourrons plus exporter.D'ailleurs, les chiffres sont là.Depuis quelques mois, on se rend compte de la diminution de l'ex- portation.Si cela continue, cela va devenir très grave.Nous allons avoir à subir la compétition de plus en plus grande de la Russie, de la Chine, et autres pays situés derrière le Rideau de fer et même en dehors, comme le Japon où les gens de ce pays travaillent dix heures par jour et à beaucoup meilleur marché que chez nous.Voici un tableau de chiffres empruntés à divers documents statistiques publiés par le Bureau fédéral de la statistique.Ces chiffres que je ne vous lirai pas mais que je voudrais voir publier, ont trait à la production nationale, au revenu personnel, à l’épargne personnelle, aux dettes à la consommation et à l’indice des prix au Canada.Leur arrangement permet de faire une analyse de la situation économique des Canadiens en ces derniers vingt ans.J’ai dit que dans l’inflation, la monnaie était dépréciée.Voici un alignement de chiffres établis par le National Industrial Conjerence Board qui nous indiquent comment les salaires des ouvriers auraient dû augmenter (impôts et taxes déduits) depuis vingt ans pour compenser la perte en pouvoir d’achat par suite de la hausse des prix : Revenu 1939 Revenu 1958 avec pouvoir d’achat équivalent $ 3,000.$ 6,457.5,000.11,140.10,000.23,568.25,000.69,991.Ces chiffres établissent que ceux qui, en 1939, avaient un salaire de $3,000.(impôts et taxes déduits) étaient alors en aussi bonne position qu’ils le seraient aujourd’hui avec un revenu personnel disponible de $6,457.Cependant, la moyenne des salaires des ouvriers est loin de $6,457.On sait que la moyenne de salaires des ouvriers varie de $70.à $72.par semaine, ce qui fait $3,640.à $3,744.par année.Nous avons mis 250 millions de dollars à la disposition de la Société cen- Années Population Production nationale (estimée au prix du marché) Revenu personnel disponible Epargnes personnelles Indice des prix à la consom- mation Dettes à la consommation 1938 11,152,000 $5,233,000,000.$3,975,000,000.$ 160,000,000.63.7 $ 379,000,000.1939 11,267,000 5,707,000,000.4,208,000,000.304,000,000.63.2 373,000,000.1940 11,381,000 6,872,000,000.4,808,000,000.409,000,000.65.7 406,000,000.1941 11,507,000 8,157,000,000.5,600,000,000.547,000,000.69.6 381,000,000.1942 11,694,000 10,539,000,000.6,980,000,000.1,466,000,000.72.9 273,000,000.1943 11,795,000 11,183,000,000.7,478,000,000.1,751,000,000.74.2 230,000,000.1944 11,946,000 11,954,000,000.8,164,000,000.1,977,000,000.74.6 247,000,000.1945 12,072,000 11,850,000,000.8,430,000,000.1,619,000,000.75.0 297,000,000.1946 12,292,000 12,026,000,000.8,965,000,000.988,000,000.77.5 211,000,000.1947 12,551,000 13,768,000,000.9,599,000,000.426,000,000.84.8 628,000,000.1948 12,823,000 15,613,000,000.11,121,000,000.1,009,000,000.97.0 669,000,000.1949 13,447,000 16,462,000,000.11,968,000,000.1,005,000,000.100.0 807,000,000.1950 13,712,000 18,203,000,000.12,674,000,000.645,000,000.102.5 1,034,000,000.1951 14,009,000 21,474,000,000.14,663,000,000.1,390,000,000.113.7 973,000,000.1952 14,459,000 23,255,000,000.15,891,000,000.1,525,000,000.116.5 1,385,000,000.1953 14,845,000 24,473,000,000.16,700,000,000.1,588,000,000.115.5 1,710,000,000.1954 15,287,000 24,336,000,000.16,772,000,000.891,000,000.116.2 1,843,000,000.1955 15,698,081 26,916,000,000.18,210,000,000.1,071,000,000.116.4 2,186,000,000.1956 16,081,000 29,866,000,000.19,986,000,000.1,430,000,000.118.1 2,477,000,000.1957 16,500,000 30,182,000,000.20,182,000,000.1,514,000,000.121.9 2,600,000,000.1958 (août).31,443,000,000.21,235,000,000.1,467,000,000.126.0 86 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1959 traie d’hypothèques et de logement.À cause de l'inflation, ces 250 millions ne valent plus que 225 millions comparativement à ce qu’ils valaient il y a deux ans.Dans notre province, nous avons tenté de mettre obstacle à cette tendance inflationniste jusqu'à un certain point, en mettant sur pied des coopératives de logement.Ainsi, à Lévis, la maison dont la construction coûtait $10,900.il y a deux ans, coûterait $13,000.maintenant si on employait les mêmes matériaux.Le prix des terrains est resté le même qu’il y a deux ans et le taux d’intérêt n’a monté que de 1%, ce qui équivaut à $5.pour un emprunt de $1,000.Mais les salaires et le coût des matériaux de construction ont augmenté, tandis que, par ailleurs, le nombre des heures de travail a diminué.Encore une fois, nous sommes en plein cercle vicieux.Ceux qui ont mis $2,000.de côté pour se construire une maison au printemps ne sont plus en mesure de le faire, parce que leurs épargnes ont perdu leur valeur par suite de la montée des prix.Quelques coopératives de logement ont tenté de contourné cette difficulté en demandant à tous de fournir quelques heures de travail pour compenser la perte.Ainsi, dans une certaine coopérative, celui qui veut se construire une maison doit fournir 500 heures de travail, dans une autre, c’est 800 heures qu'on exige.Avec cette collaboration qui permet de poursuivre la construction de plusieurs maisons en même temps, on peut réduire les frais en creusant plusieurs caves successivement au moyen des mêmes machineries, qu’on n’a pas besoin d'amener au projet chaque fois qu’il s’agit d’excavation.Les portes et fenêtres sont fabriquées en série.Néanmoins, les maisons ne sont pas uniformes : on y introduit des modifications dans la disposition des ouvertures, des pièces et le reste.Les membres de la coopérative fournissent la main-d'œuvre, quelques-uns aident aux bri-queteurs, d'autres délayent le ciment, et ainsi de suite.Ils apprennent à faire des travaux dont ils ignoraient tout auparavant ; ils se rendent compte de la valeur de l’économie et apprennent à résoudre eux-mêmes leurs propres problèmes.Ceux qui ont aidé à la construction de leur maison en prennent grand soin.Ils l’apprécient d'autant plus qu’ils ont contribué personnellement à sa construction.Ce système existe dans le Québec, les provinces Maritimes et quelques autres provinces.Cependant, il ne peut être appliqué partout, car on ne dispose pas du capital requis dans certaines régions.Dans la province de Québec, on peut obtenir ce capital des Caisses populaires, ce qui démontre la valeur et l’avantage de ce mouvement coopératif.Je supplie le gouvernement de protéger ces organismes d'épargne.Pour employer le langage imagé d'un de mes amis, les Caisses populaires depuis leur fondation il y a 58 ans, ont élevé les poulets qui sont devenus des pondeuses.Les institutions financières qui nous portent envie n’agissent pas de la même façon.C'est un moyen de réduire l’inflation et d’en triompher.L'inflation ne consiste pas uniquement dans l’augmentation continuelle du coût des denrées et des services ; elle découle aussi du désir de chacun d’accumuler les plus gros bénéfices possibles.On fait servir à des fins de spéculations des fonds déjà placés dans des valeurs de tout repos à intérêt raisonnable.Ne serait-il pas souhaitable d’imposer un plafond à de telles spéculations, surtout à l’égard de l'accroissement excessif des profits ?Un taux d’intérêt de 6 à 8% semble raisonnable à l’égard des capitaux immobilisés dans une entreprise quelconque.Toutefois, certains cherchent à s'assurer des bénéfices allant de 20 à 25%.À mon avis, de telles pratiques font le jen de l'inflation.Il est peut-être délicat de citer ce qui se passe dans un pays voisin, mais qu’il me soit permis de mentionner ce qui s’est passé il y a quelque temps quand des obligations représentant une valeur de plusieurs milliards de dollars sont arrivées à échéance aux États-Unis.Les obligations ont été renouvelées car le gouvernement américain ne disposait pas de l’argent nécessaire pour les rembourser.On a demandé aux possesseurs de ces obligations de les échanger contre de nouvelles obligations ayant des échéances différentes et un taux d’intérêt plus élevé.Savez-vous que des obligations représentant plus de deux milliards n’ont pas été échangées, car leurs propriétaires ont exigé d’être payés en espèces ?Cet argent sera-t-il placé dans des valeurs assujéties à la spéculation ?Je l’ignore.Je voudrais aussi faire remarquer que ceux dont le seul revenu est une pension souffrent de l’inflation.L’autre jour, le chef de l'opposition (l'honorable M.Macdonald) a donné un exemple de ce qui se passe en France.Au Canada, que représente $100.pour les gens qui, il y a 20 ou 25 ans, ont acheté des polices d’assurances de façon à pouvoir prendre leur retraite à 65 ans avec un revenu, mettons, de $100.par mois, quelle est la valeur de $100.aujourd’hui ?Les gens qui se portent acquéreurs de polices d’assurance de ce genre vont perdre peu à peu confiance à leur égard, car la valeur réelle de leur pension diminuera considérablement si l'inflation continue de saper la valeur de nos devises.C’est pourquoi le président d’une grande compagnie d’assurance-vie, dans un discours qu’il a prononcé récemment, a exprimé ses craintes et a fait appel à la bonne volonté tant des gouvernements que des citoyens, leur demandant de réprimer l’inflation.On ne peut vivre d'une façon normale au-delà de ses moyens.Celui qui dépense plus d’argent qu’il ne gagne fera faillite un jour ou l'autre.Il n'y a pas d’alternative.Seuls quelques spéculateurs peuvent bénéficier de l’inflation, source d’injustice, parce que préjudiciable à ceux qui mènent une vie modérée et industrieuse, pratiquant l’épargne en prévision de l’avenir.Il est difficile d’appliquer les mesures qui s’imposent pour remédier à la situation, surtout si l’on se trouve en pays démocratique.Mais le salut de la nation exige l’emploi de ces mesures.Les exemples que je viens de signaler reposent sur des faits et ceux qui se rappellent la crise de 1929 savent ce qui se produira si nous ne réprimons pas l’inflation.Il y a quelques semaines, j'ai lu une étude qu’un économiste a consacrée à l’inflation et à la dévaluation peu après la guerre civile, alors que le coût de la vie aux Etats-Unis atteignait un niveau très élevé.J’en cite un passage : Avant la guerre, on partait de la maison avec de l’argent en poche et on y revenait avec un grand panier rempli de provisions.Aujourd’hui, on part de la maison avec un grand panier rempli d’argent et on y revient avec quelques provisions en poche.La même situation se produira chez nous si nous ne réglons pas le problème.C’est pourquoi je suis convaincu que l’étude projetée que le comité permanent des finances entreprendra sur la question de l'inflation sera non seulement utile mais nécessaire et indispensable si nous voulons trouver une solution au problème.Le comité ne se placera pas dans une optique partisane pour Volume XXV, n° 5 LA REVUE DES JARDINS 87 mener son enquête, mais tâchera plutôt d'aider le gouvernement à appliquer des mesures propres à réprimer l'inflation.Dans un discours prononcé à Chicago, il y a quelques mois, M.William McC.Martin, fils, président du bureau des gouverneurs de la Federal Reserve des États-Unis, a déclaré que la lutte contre l’inflation a atteint un point crucial à l'heure actuelle, qu’un recul de l’économie américaine aurait de graves répercussions sur toute l'économie du monde libre, et que la Federal Reserve ne ménagerait aucun effort en vue de sauvegarder la valeur de la devise américaine.Plusieurs de nos collègues ont dit que l’étude projetée sur l’inflation n’aurait pas de résultats efficaces, mais qu’elle serait plutôt de nature à faire surgir des difficultés et à déclencher une psychose de crainte à l’égard de l’inflation.Cela me fait songer à l'argument que l'on invoque à propos des malades : il ne faut pas leur apprendre qu’ils sont malades ; sinon, ils tenteront d’obtenir des soins médicaux et seront effrayés à tel point qu’il eût mieux fallu pour eux mourir.Cet argument ne me convainc pas.J’ai toujours estimé que nous devrions mettre les malades au courant de leur état de santé.Nous devons leur dire qu’ils peuvent guérir s’ils se font soigner, sinon leur état ne cessera de s’empirer.Mais il ne faut pas imputer l’inflation à un seul facteur.Ainsi, par exemple, quand on nous dit qu’un relèvement de salaires rie contribue pas à faire hausser les prix, je ne puis comprendre ce raisonnement.Les données statistiques publiées au cours de la dernière décennie indiquent que les salaires des ouvriers ont augmenté dans une proportion plus considérable que le produit provenant des obligations des sociétés.De nos jours, on a de plus en plus recours à la machine en vue de réduire le coût de la main-d’œuvre et, simultanément, d’accélérer le rythme de la production ce qui, en définitive, permet de réduire le coût de la production.Dans le dernier rapport de la Banque du Canada, M.Coyne déclara que l’inflation n’est pas nécessaire à l’accroissement de l’emploi.Il signale, au contraire, que l’inflation répand le chômage.Il ajoute qu’il est sans doute possible de trouver les moyens propres à assurer une saine expansion économique et à empêcher la dévaluation du dollar.Dans le même rapport, on signale que les comptes d’épargnes des particuliers dans les banques à charte du Canada ont augmenté de 736 millions de dollars pour atteindre 6,844 millions de dollars en 1958, ce qui représente un sommet sans précédent.Il convient de signaler qu’en dépit de l'augmentation des comptes d'épargnes des particuliers dans les banques, les prêts aux sociétés ont baissé de plusieurs centaines de millions de dollars.Ces conditions sont anormales et il faut les rectifier.En étudiant le problème qui se pose, il sera possible d'y trouver une solution.Je voudrais citer ici ce que le président Eisenhower a dit, il y a deux semaines, dans un discours prononcé à la conférence des États-Unis sur les obligations d’épargne {United States Savings Bond Conjerence) : (( L’inflation affaiblit l’économie.Elle entraîne de sérieuses difficultés pour ceux de nos citoyens qui vivent de pensions ou d’autres revenus fixes et joue contre ceux qui sont incapables de revendiquer de façon efficace des salaires plus élevés.Pire que tout autre chose, l'inflation diminue l'attrait de l’épargne.Elle entraîne la peur que le dollar ne continue à voir sa valeur diminuer et que la spéculation ne soit le seul moyen de tirer son épingle du jeu.» Les Canadiens dépensent beaucoup plus d’argent pour l’usage des boissons et du tabac que pour l’éducation de leurs enfants ?Les dépenses par citoyen pour les boissons alcooliques et le tabac ont été de $79.63 en 1957 à comparer à $56.66 pour l’éducation.* * * La Coopérative fédérée de Québec a fait en 1958 un chiffre d’opérations s’élevant à $95,000,000.à comparer à $78,000,000.en 1957.Les ventes de marchandises d’utilité professionnelle agricole sont passées de $27,200,000.à $31,200,000.en 1958 ; les ventes d’animaux et de viande, de $27,100,000.à $32,300,000.; les ventes des produits laitiers, de $23,700,000.à $31,600,000.C’est une augmentation d’un tiers dans les ventes en 1958, augmentation Un éminent journaliste américain, M.David Lawrence, a dit au sujet de ces remarques : (( Quelle est la solution ?Elle se résume en un mot : retenue.Le mondé des affaires doit modérer ses prix.Le monde ouvrier doit modérer ses demandes de salaires plus élevés.Les préposés au Trésor du Congrès doivent se modérer pour ce qui est des sommes attribuées au bien-être social.Le résultat certain d'une telle modération sera un développement régulier et un dollar stable.Mais on doit surtout se souvenir du fait que les bénéfices réalisés par le secteur privé sont nécessaires pour permettre au gouvernement de faire face à ses obligations.Nous ne devons absolument pas tuer la (( poule aux œufs d’or ».» C'est le grave problème de l’heure.Sauvons notre monnaie car les pays communistes seraient trop heureux si notre monnaie devenait à ce point dévaluée qu'elle ne signifierait plus rien et que nous serions entraînés dans une Crise économique aiguë, dans une sorte de paralysie générale.Car c’est du règlement de ce problème que dépend l’avenir de la nation.Faisons non pas de la petite politique, mais de la grande politique pour sauvegarder la nation : sachons voir au-delà de nos intérêts particuliers le bien commun de la nation.=- • qui est plus grande, certes, que l’accroissement de la production agricole et l’augmentation des achats sur les fermes.Autant dire que les coopératives agricoles (qui diminuent en nombre) sont plus puissantes et efficaces.* * * La Bank oj America, qui est la plus grosse banque des États-Unis, compte plus de 7,000,000 de comptes d’ épargnes répartis dans 638 succursales, 24,500 employés et un actif excédant $10J^ milliards.* * * Les billets en circulation totalisaient $1,943,300,000.au 13 mai 1959.Ils ont quelque peu augmenté ces dernières semaines.Ils ont déjà atteint $2,000,-000,000.Savez-vous que .?-?- 88 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1959 Assemblée générale annuelle de la Caisse populaire du Sacré-Coeur de Montréal ALLOCUTION DU GÉRANT, M.CARON AU 28 février 1959, votre Caisse populaire terminait sa trente-neuvième année sociale, la date de sa fondation remontant à octobre 1919.Il est bon ici de rappeler que la Caisse populaire du Sacré-Cœur de Montréal a été la cinquième Caisse de fondation affiliée à FUnion régionale de Montréal et à la Caisse centrale Desjardins de Montréal.On peut donc affirmer que dans le secteur de la coopération, votre Caisse a été une pionnière, non seulement dans le diocèse de Montréal, mais aussi dans la province toute entière.Fondée dans des circonstances exceptionnelles, elle devait cesser momentanément ses opérations en 1924, pour être réorganisée en 1926 et recommencer avec une nouvelle administration.Ce fut bientôt la crise économique et de nouveau furent ébranlées les assises de cette Caisse opérant dans Causons un peu par-dessus la clôture .(Photo : Service de Ciné-photographie.) € I.i i j I *¦ [MhW m M®*., un territoire peuplé de chômeurs et de familles pauvres ; dix ans durant Fon chercha en vain à grouper les énergies suffisantes au maintien de Fœuvre.Ce fut Fère du tâtonnement, de Findécision.En 1939, donc après 20 ans d'existence, cette Caisse avait un actif d'à peine $20,000.et une réserve presque nulle.Mais la Providence veillait toujours, parce que le Providence ne pouvait abandonner cette vaillante classe laborieuse pour qui les Caisses populaires sont faites et à laquelle d’inapréciables services peuvent être rendus.Des âmes généreuses et des cœurs désintéressés ont surgi qui ont pris Fœuvre en mains et qui ont permis que nous façonnions chez nous un véritable arsenal de finances et de bienfaits.Autant la Caisse a été stationnaire, tel un enfant débile, durant les vingt premières années, autant elle s'est épanouie, elle a rayonné durant ces dernières années, tel un adulte de grande vigueur.C’est en 1954 que la Caisse a atteint son premier million à l'actif ; pourtant à cette date Favoir-propre se limitait à $20,000.Aujourd'hui, l'actif de votre Caisse est de trois millions, et après le partage des bénéfices nets suggéré, son avoir-propre dépassera $130,000.Durant le dernier exercice financier seulement, les dépôts d'épargne ont augmenté de $700,000., soit 24% de plus qu'en 1957.Le mouvement des fonds a dépassé $8,700,000.du premier mars 1958 au 28 février 1959.Et bien que notre paroisse ait perdu 400 familles par suite d'expropriations pour l'agrandissement de l’hôpital Notre-Dame, le nombre des déposants s'est accru de 200.Ici, nous ouvrons une parenthèse pour signaler la gigantesque collaboration de nos élèves sur le plan-épargne.Qua- Volume XXV, n° 5 LA REVUE DESJARDINS 89 tre écoles déposent à notre Caisse; sur 1,680 élèves fréquentant ces écoles, 1,593 sont déposants et le solde de ces dépôts est de $31,-324.59, Voilà qui doit nous réjouir et raffermir notre confiance dans l’avenir des nôtres.Une mentalité nouvelle s’empare de notre jeunesse : la vertu de l’épargne.Et en signe de reconnaissance envers notre élite enseignante, répétons ces paroles de Son Eminence le cardinal Léger : « La Caisse est constituée de coopérateurs ayant dans l’âme une honnêteté franche, simple, loyale, où chacun sait qu’il est obligé de donner beaucoup de lui-même, de son temps, de son travail, de son intelligence et du meilleur de son cœur.)) Au cours de l’exercice financier écoulé, vos administrateurs ont tenu douze réunions dont deux conjointes ; ils ont accepté l’inscription de 467 nouveaux sociétaires, ont effectué des placements pour un total de $452,017.27, ont ratifié toutes les dépenses encourues pour la bonne gestion des affaires et pour la mécanisation rendue nécessaire par l’accroissement des opérations.Le témoignage que nous pouvons rendre à Le Québ ec Temporte en production de papier -?- LE-Québec a été la plus importante province productrice de papier en 1957, ayant fourni environ 48% de la production nationale (8,300,000 tonnes).L’Ontario venait ensuite avec 28%.Papier-journal Le papier-journal a toujours figuré pour environ les trois quarts de la production canadienne de papier de toutes sortes, depuis le début de cette statistique en 1917.En 1957, la production s’est chiffrée par 6,362,000 tonnes, soit un peu moins que le sommet de 1956.vos administrateurs se réflète par le bilan que nous vous présentons et qui accuse de plus hauts sommets à tous les item.Dans le champ de l’économie, même si les Caisses populaires ne sont pas spécifiquement des institutions financières, nous avons toujours cru de notre devoir de prêcher la prudence.Vous lisez les rapports financiers de nos banques et les commentaires annuels qui les accompagnent.Vous avez, chaque année, à la même date, des sujets de méditation que nous donnent les présidents de banques à charte.Ces méditations ont affolé bien des gens cette année parce qu’elles étaient toutes axées sur le spectre du chômage.Ces grands financiers habitués à prédire l’avenir du pays d’après la situation économique des Etats-Unis ou d’après le barême des affaires avec l’étranger sont bien justifiés d’affoler la population, puisqu’à l’étranger c’est par millions que l’on compte les chômeurs.Nous des Caisses populaires sommes beaucoup plus optimistes.Nous avons toujours prêché la modération dans le crédit, la modération dans le mode de vivre, la modération dans les dépenses, la modération dans l’usage des biens qui nous sont prêtés par la Providence.Et ceux qui ont suivi nos conseils ont pu s’amasser du bien et peuvent aujourd’hui faire face à une régression momentanée.Nous ne saurions faire mieux que répéter ce que nous avons toujours dit à ces assemblées générales : vivons selon nos moyens ; n’ambitionnons pas plus que ce que nous pouvons raisonnablement garder ; faisons-nous un budget personnel et un budget familial ; évitons de trop nous endetter ; ignorons la publicité tapageuse qui incite les gens à dépenser avant de gagner et nous aurons une société mieux équilibrée.Est-ce normal qu’une famille de cinq enfants dont le Ï)ère gagne à peine deux cents dol-ars par mois roule automobile achetée à crédit ?Pourtant il ne se passe pas de semaine sans que l’on ait des demandes d’emprunt dans des cas identiques.Il faut d’abord préparer la sécurité de l’avenir et les Caisses populaires ne peuvent encourager ces extravagances.Un autre secteur où des abus sont commis : plusieurs sociétaires sont victimes de vendeurs d’obligations ou débentures qu’ils achètent à gros prix et qu’ils revendent avec des pertes considérables.Nous sommes à votre service pour vous renseigner sur ces transactions.Pourquoi ne pas consulter votre Caisse.J’ai en mémoire une dame âgée qui vient de perdre $3,500.sur des titres qu’elle achetait d’un courtier il y a un an et qui n’étaient même pas quotés sur le marché ; un autre a perdu près de 50% de son avoir en agissant de la même façon.À titre de gérant, je crois de mon devoir de vous dire que votre argent est plus en sécurité à votre Caisse populaire au taux d’intérêt de 3% que placé sur des titres douteux, même Nsi le taux indiqué atteint 6%.À votre Caisse, votre argent vaut toujours cent cents dans la piastre.Je veux terminer cet exposé en vous révélant que votre Caisse populaire célébrera son quarantième anniversaire de fondation cette année.Je remercie tous les employés pour leurs loyaux services et je veux leur rendre témoignage ce soir en leur disant qu’ils sont dignes d’une institution comme la nôtre.Merci à tous les membres du bureau de direction qui se dévouent sans compter.Ensemble nous formons une famille dont tous les membres restent solidaires à la tâche et qui voient à ce que le rameau planté en 1919 devienne un arbre bien droit, bien haut et assez fort pour résister à toutes les tempêtes qui pourraient l’ébranler.?« L’épargne, aujourd’hui régulière, assurera, demain, votre sécurité.)) « Il Jaut non seulement faire La volonté de Dieu, mais il Jaut là faire gaiement.)> — Saint François de Sales 90 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1959 Enseignement et pratique de l'épargne chez la jeunesse -?- L’ÉPARGNE résulte de l'économie, qui consiste à utiliser sagement les biens et l'argent dont on dispose.Elle est une manifestation de la prévoyance humaine.Elle exige une discipline morale qui incite le citoyen à mener un genre de vie modéré et ordonné, à organiser son train de vie selon ses moyens, à faire sur ses ressources actuelles un prélèvement raisonnable pour parer aux imprévus et satisfaire à ses besoins futurs.Elle a donc une portée à la fois économique, sociale et morale des plus considérables.SOURCE DE RICHESSE L’épargne est une source principale de la richesse.L’organisation méthodique de l’épargne et sa pratique systématique permettent la formation des capitaux, des approvisionnements, des instruments de travail, les perfectionnements techniques qui aplanissent les voies du progrès.La prospérité individuelle et collective ne saurait être fonction exclusive du niveau des prix et de la répartition d’un dividende national.Il ne suffit pas pour s’enrichir que l’argent arrive en abondance ; il faut le conserver et savoir l’organiser de façon à en faire une force.L’agriculture canadienne a connu à la suite de la guerre de 1914-18 quelques années de prospérité.Pour n’avoir pas su organiser leurs épargnes en vue de les conserver et de les faire servir efficacement à leurs fins, nos agriculteurs sont entrés désarmés et impuissants dans la période de dépression économique qui a débuté en 1929.Ils avaient confié leurs épargnes à des institutions bancaires sur lesquelles ils n’avaient aucun contrôle et qui ont drainé les épargnes rurales vers les centres industriels et commerciaux en vue de financer le commerce et l’industrie.Il importe de bien organiser l’épargne si l’on veut qu’elle serve les fins qui ont présidé à sa formation et à son accumulation.SOURCE DE PROGRÈS ÉCONOMIQUE ET SOCIAL La pratique rationnelle de l’épargne et son organisation méthodique contribuent au progrès économique et à la prospérité individuelle et collective et constituent un puissant facteur de progrès social.L’épargnant est un prévoyant ; il organise ses moyens de subsistance et s’efforce de se constituer des réserves suffisantes pour n’être jamais si possible à charge de la société.Il est pour la vie sociale un élément d’ordre, de progrès, si bien que la formation, l’accumulation, la protection et la bonne utilisation dé l’épargne sont considérées dans les pays civilisés et rogressifs comme de hautes fins ’intérêt public et doivent faire l’objet de la sollicitude des gouvernements qui doivent accorder leur encouragement, leur appui et leur plus entière protection aux institutions d’épargne et de crédit populaires.PUISSANT FACTEUR MORAL La pratique de l’épagne exerce de plus une influence morale profonde.Elle est une vertu chrétienne que tous doivent pratiquer.Sa Sainteté le pape Pie XI le rappelait en ces termes devant 600 employés des banques de la province de Lombardie : eifa*duu'> Volume XXV, n° 5 LA REVUE DESJARDINS 97 L'encaisse journalière IL importe que l’encaisse soit faite et vérifiée chaque j our où la Caisse populaire fait des opérations.Il y a à cela plusieurs raisons.Une première : le gérant doit s’assurer que toutes les opérations effectuées au cours de la journée ont été inscrites au livre de caisse.C’est la vérification de l’encaisse qui l’en assure.Une deuxième : le détail de l’encaisse permet au gérant d’éviter de longues recherches inutiles s’il est fait et balancé chaque jour.Il est facile de localiser les erreurs commises dans la comptabilité si on se donne la peine de faire la vérification quotidienne.C’est le contraire qui se produit si on ne le fait pas.Une troisième : il est facile de faire la preuve de perte en cas de vol si l’encaisse est faite et vérifiée chaque jour.C’est la protection de la Caisse et du gérant.La Société d’assurance paie sur preuve de perte.La production de l’encaisse bien détaillée, avec précision, du dernier jour d’ouverture de la Caisse aidera à établir le montant exact du vol et à en faire la preuve certaine pour la réclamation.Sans compter que la bonne tenue de l’encaisse et de la comptabilité témoigne en faveur de la Caisse et facilite le règlement du vol.Une quatrième raison de faire L’encaisse quotidienne : elle permet de s’assurer qu’on a, d’une part, assez d’argent pour répondre aux demandes de retrait d’épargne ; et, d’autre part, qu’on n’a pas plus d’argent que la police d’assurance en couvre.La tenue quotidienne de l’encaisse et sa vérification journalière sont nécessaires à la protection de la Caisse et du gérant.Paul-Émile Charron A l'Ecole normale Marguerite-Bourgeois de Sherbrooke LES jeunes filles qui se préparent à l’enseignement à l’École Marguerite-Bourgeois de Sherbrooke, en vue de s’initier au maniement des Caisses d’épargne scolaire et d’encourager leurs futurs élèves à la pratique de la petite épargne, ont établi une Caisse d’épargne scolaire.Elles ont bénéficié en cela de la collaboration de l’Union régionale de Sherbrooke et aussi de l’encouragement précieux de leur archevêque, Son Excellence Monseigneur Georges Cabana et de Monseigneur Albert Tétreault, p.d., vicaire général.Apparaissent sur la photo Monsieur Marcel Dubé, propagandiste des Caisses scolaires de l’Union régionale de Sherbrooke, Monsieur le chanoine Victor Dupuis, principal de l’Ecole normale, Mlle Thérèse Rousseau, propagandiste de la Caisse d’épargne dans cette institution.Monsieur Fernand Beauregard, professeur.Au premier plan, de gauche à droite : Mlle Marielle Charland, Mlle Nicole Bergeron, caissière, MUe Claire Gagnon, comptable, la Révérende Sœur Vajérie-Marty-re, directrice de l’Ecole, et la Révérende sœur Saint-Jean-de-Matha, responsable de la Caisse scolaire.?O- *0- « La récotte sort de La semence.)) {%* *f v .%.«*4 »v% r I 98 LA REVUE DES JARDINS Québec, mai 1959 Caisses jubilaires -?- UNE faute avouée est une faute à demi pardonnée, dit-on.Je m'accuse d’un gros péché d’omission commis dans l’énumération des Caisses qui fêteront un jubilé dans le cours de 1959.Je m’accuse.Je regrette.J’ai le ferme-propos de ne plus recommencer.Et voici les corrections que je crois, cette fois, exactes.1909 Jubilé d’or (50 ans) Saint-Narcisse, Champlain, 4 juillet.Thetford-les-Mines, 23 août.Saint-Théophile du Lac, Laviolette, 13 septembre.Trois-Rivières, 24 octobre.1934 Jubilé d’argent Sainte-Madeleine de Rigaud, Vaudreuil, 16 septembre.Sainte-Anne de la Rochelle, Shefiford, 27 septembre.Notre-Dame-de-Bonsecours, Shefiford, 9 octobre.Saint-Édouard d'Eastman, Brome, 15 octobre.Sainte-Christine, Bagot, 28 octobre.Saint-Raymond, Portneuf, 14 novembre.Saint-Edmond, Drummond, 22 octobre.Saint-Etienne de Bolton, Brome, 15 octobre.Saint-Sébastien, Frontenac, 22 novembre.• - - • Les Écureuils, Portneuf, 13 décembre.Saint-Thomas, Montmagny, 19 décembre.Saint-Pascal, Kamourasha, 20 décembre.Cap-Saint-Ignace, 21 décembre.Laterrière, 9 décembre.L’Ange-Gardien, Rouville, 4 décembre.Merci à MM.les gérants qui nous ont fait l’honneur de mentionner notre oubli.Nous savons, une fois de plus, que la Revue en intéresse au moins quelques-uns.Pour eux, spécialement, je suis doublement heureux de m’excuser.Mais disons-nous : Felix culpa.Heureuse faute qui nous a mérité cette certitude.Jos.Turmel Service de renseignements -?- Q.— Pourquoi le Jondateur des Caisses populaires a-t-il établi la part sociale de sa Caisse populaire à un montant aussi peu élevé que $5.et qu il a prévu qu elle était payable par petits versements de $0.10 par semaine ?R.— Le Commandeur Alphonse Desjardins a voulu par là établir clairement que sa Caisse populaire était une Caisse d’épargne pour les gens à revenu modeste ; il a voulu qu’elle fût d’accès facile pour tous, y compris les plus humbles, ceux qui ne peuvent épargner que des sous.Le fondateur lui a assigné comme but premier d’enseigner l’économie aux classes populaires ; il a voulu que sa Caisse populaire fût dans le milieu paroissial une école de prévoyance, un centre d’entraînement à la pratique de l’économie et de l’épargne.M.Desjardins a parlé du gaspillage de son temps comme d’ « un vice national ».Sa Caisse populaire devait avoir comme mission première d’inculquer à ses compatriotes le sens de l’économie et l’habitude de l’épargne ; c’est pourquoi pour n’empêcher personne, même les plus pauvres, de faire partie de cette école paroissiale de sa saine économie, pour bien marquer que sa Caisse populaire avait pour première fonction d’encourager la petite épargne, il a établi à un faible montant la part so- ciale que doit payer tout sociétaire pour en faire artie.La loi des Syndicats coopératifs de Qué-ec qu’il a fait adopter par la Législature provinciale prévoit, en effet, que le montant minimum de la part sociale soit de $1.Cependant, les Statuts de sa Caisse populaire (qui peuvent fixer la part sociale à $1.ou plus), établissent que la part sociale peut être payée par petits versements de $0.10 au moins par semaine, de façon à ce que tous puissent faire partie de la Caisse populaire et se mettre à l’école de la petite épargne, celle des sous qui forment les dollars.La part sociale, qui marque, pour le sociétaire, sa participation à la propriété de la Caisse populaire, est donc payable en une année avec des sous.Comme tous ont des sous, tous peuvent donc devenir sociétaires de la Caisse populaire, fréquenter l’école paroissiale de l’économie, s’initier à la pratique de cette bienfaisante vertu de la petite épargne.Tous peuvent donc faire partie de la Caisse populaire.Tous devraient d’ailleurs en faire partie.Tous ont besoin de la Caisse populaire, puisque tous ont besoin de s’entraîner à la pratique de la vertu d’économie qui permet de faire bon usage de son argent, de le conserver, de mettre de côté le surplus qu’ils ont pour pouvoir en disposer au moment où ils en ont besoin.C’est plus difficile dans Volume XXV, n° 5 LA REVUE DESJARDINS 99 notre siècle où tout nous invite à la dépense, de conserver et ^le bien utiliser son argent que de le gagner.L'épargne est devenue bien plus le fait de la prévoyance et de l'économie que des revenus.Les besoins sont tellement multiples qu'ils engloutissent vite les revenus même considérables.Celui qui veut épargner aujourd'hui doit faire des choix, imposer des limites à ses désirs, écarter certains besoins qui ne sont pas essentiels, accorder la préférence aux choses nécessaires pour penser ensuite aux choses utiles.Si la Caisse populaire était nécessaire au moment où elle a été fondée en 1900, elle l'est encore plus aujourd'hui.Le sens de l’économie, de l’épargne, qui exige celui de la prévoyance et de la modération, de la mesure en tout, est et demeurera toujours à la base de la prospérité des individus et des familles.C'est la fonction première de la Caisse populaire de le rappeler à tous dans le milieu paroissial.L'épargne est rendue possible par le budget qui f>ermet aux gens de prévoir leurs dépenses, de faire es options ou choix qui s'imposent, de poser des limites qu'ils acceptent de ne pas dépasser et, de la sorte, d’ajuster leurs dépenses à leur revenu, de façon à pouvoir réaliser des épargnes, soit pour leur établissement, soit pour l'instruction ou l'établissement de leurs enfants.Q.— Pourquoi La commission de crédit doit-eüe étudier avec soin chaque demande d’emprunt ?R.— La Caisse populaire est une coopérative où les membres se groupent pour s'entraider.Elle ne eut donc faire que des prêts qui ont pour but 'aider l'emprunteur à améliorer sa situation économique.C'est pourquoi elle doit, pour s'en assurer, étudier la demande d'emprunt et voir quel emploi avantageux sera fait de l'emprunt sollicité.L’emprunteur doit, de son côté, révéler franchement l’usage qu’il entend faire de son emprunt.Dans son mémoire soumis au comité d’enquête de la Chambre des communes sur le projet de loi des Sociétés coopératives (1907).M.Desjardins écrit à ce sujet : « Mais ce qui est encore d’une bien plus grande importance pour l'emprunteur comme pour la société, ce qui constitue un élément sérieux de parfaite sécurité quant aux remboursements ponctuels du prêt, comme le prouve l'expérience acquise en Europe pendant pfus d'un demi-siècle, où les résultats n'ont jamais cessé d'être excellents, c'est l'obligation du sociétaire-emprunteur de dire clairement le but pour lequel il sollicite le prêt.Les statuts l’y obligent, et s'il ne se conforme pas à cette règle, le prêt lui est invariablement refusé, quelque bonne que soit la garantie offerte.C'est là une précieuse sauvegarde pour l'association.» Les commissaires de crédit doivent s'assurer si, par l'emploi que le sociétaire-emprunteur fera de son argent, il pourra réaliser des bénéfices, améliorer sa situation financière, et effectuer le remboursement de son emprunt.Pierre l’Ermite est décédé au cours d’avril, à l’âge de 96 ans.Ce pseudonyme, comme chacun le sait, cachait la forte personnalité de Monseigneur Edmond Loutil, curé de Saint-François-de-Sales, à Paris.Pendant 71 ans, et à chaque semaine, Pierre l’Ermite remettait son « Billet » à La Croix, de Paris.Combien de romans a-t-il écrits ?Que de faits savoureux il a racontés, dans un style bien à lui 1 Qui saura jamais tout le bien accompli par ce saint curé, cet écrivain tenace 1 II a été à la peine : que nos prières obtiennent du Seigneur qu’il soit à l’honneur dans sa gloire.Jos.Turmel • - —-• Consultation légale -?- RETRAIT D’ÉPARGNE EN CAS DE DÉCÈS Q.— On nous pose souvent cette question : Le gérant peut-il remettre l’épargne d’un sociétaire décédé avant que sa succession soit réglée ?Certains disent que la Caisse populaire peut remettre jusqu à $500.sans exiger le certificat du percepteur du revenu.Que peut-on jaire 7 R.— En réponse à cette question, je dois vous dire que, depuis le 10 de mars 1949, la loi des droits sur les successions a été modifiée pour contenir désormais la disposition suivante : « Aucun dépositaire ne peut remettre de l’argent déposé au nom d’une personne ou en compte commun, ni le transporter au nom d’une autre personne.Toutefois, lorsque la personne décédée était domiciliée dans la province il peut, sans attendre la production du certificat susdit, payer ou remettre, à même ce dépôt, une somme n’excédant pas $500., à la condition qu’il avise immédiatement par écrit le percepteur compétent.)) Il en résulte que, sur production des pièces justificatives, savoir : testament, déclaration de transmission, certificat de sépulture, etc., la Caisse populaire peut payer à même un dépôt un montant n’excédant pas $500.Il faut souligner cependant que cette disposition n’affecte que les dépôts, et, de plus, elle impose à la Caisse populaire l’obligation de faire rapport au percepteur des droits sur les successions.Le Conseiller juridique
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.