Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1961, Mars
EDIFICE DESJARDINS DESJARDINS tiiinriainiiBiniSiTii Vol.XXVII-N° 3 BILLET a - ?- CE n est pas d’aujourd’hui que L’entraînement est à L’honneur, car Le sport existe depuis toujours, chacun possédant son étoile.Et Là ou L’homme ne peut pas briller, on lui substitue les animaux.C’est ainsi qu un amateur se mit à vouloir faire l’éducation de lévriers coureurs.Ses succès étaient plutôt petits, mais il décida de résoudre son problème par un stratagème aussi savant que discutable.Connaissant le goàt de lévriers pour le lapin, il eut l’ingénieuse idée d’inventer un lapin mécanique.Ma foi, il y réussit si bien que cet animal activé par un courant électrique détalait avec le naturel et la rapidité du véritable lapin.Les chiens Le trouvaient si réel qu ils suppliaient les dieux de le conduire dans leurs parages.Il arriva ce que souhaitaient les chiens : le lapin contrefait se mit à passer sous leurs yeux dans une course précipitée.Devant si peu de gêne, Les lévriers restent stupéfaits.' « Â moi Le lapin », hurle l’un des chiens qui s’est vite ressaisi.L’appel à peine lancé, le lapin fait un départ si parfait que tous les chiens, sans hésiter, s élancent à sa poursuite ; ils courent à corps perdu, cherchant à travers les haies et les branchages ; ils courent à perdre haleine, mais, on le devine bien, sans pouvoir attraper le gredin.Les chiens multiplient leurs sorties enragées ; il ne se passait pas une heure, en effet, qu’on ne vit détaler le lapin et les chiens partir à sa suite, ventre à terre.La meute, ivre d’assassinat, maudissait Le lapin dans des grondements qui n étaient pas de tout repos.Mais, de guerre lasse, Les chiens décident d’abandonner la chasse.Pourquoi se donner tant de mal pour saisir un lapin insaisissable ?Dieu merci, il y a encore des âmes charitables ; et c est l’une d’elles qui, un jour, fit jeter dans l’enclos des chiens, un vrai lapin en chair et en os.De se voir ainsi courir à découvert, effarouché, le pauvre animal tout tremblant se blottit devant les chiens pervers qui avaient tant couru dans une chasse précédente.Quelle fut, pensez-vous la réaction des lévriers ?Un seul, celui qui avait la réputation d’être le plus sensé, se chargea de dire tout haut ce que les autres pensaient tout bas : — (( Voilà un lapin qui manque d’expérience, ou qui manque d’intelligence.Profitons-en, et sus au lapin téméraire, c’est Le bon moment.» — « Tu parles ! ! !, chuchote aux autres un chien qui se croit averti.Il faut être drôlement naif pour ne pas voir là un sale tour.Change de discours, mon ami, et rap-pelle-toi les fâcheuses et essoufflantes expériences que nous venons de subir.Toi, au moins, sois intelligent et pense comme nous.» (Suite à la page 45) NOTRE COUVERTURE, — Du soleil sur les glaces face à Québec.— {Photo : Service de Ciné-photographie.) wiîriïrii EDIFICE DESJARDINS ^ ___ DESJHRDIN5 Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXVII, N» 3 QUÉBEC Mars 1961 Sommaire • PAGE Billet Jos.Turmel .42 Editorial : Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins C.Vaillancourt .43 M.le chanoine Martel Jos.Turmel .45 La liquidité dans les Caisses populaires André Morin .46 Production de logements au Canada.46 Nos jeunes et Tépargne Jos.Turmel .47 Les Caisses d’épargne scolaire à Montréal .48 Conférence du « Père Ambroise » {suite) .49 Mlle Martin Jos.Turmel .51 La revue des journaux .52 La compétence Jos.-M.Levasseur.53 Naissances, décès et mariages en 1960 .54 Un solide appui au comité d’éducation et de propagande .55 Le centenaire d'incorporation de Lé-vis .56 In Memoriam .56 Le fédéralisme coopératif .57 Occupations des immigrants .57 La corporation des syndics Jean-Guy Cardinal.58 Remise du trophée Desjardins .59 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, • LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.Pour les autres.$1.75 $2.25 LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier d Dugal, Inc., Québec Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins ?VANT d'entrer dans le vif du sujet il * ^ faudrait, je crois, faire T historique de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins et se demander pourquoi elle a été organisée.C’était au moment de la fameuse crise économique des années 1930-32.Certaines Caisses populaires avaient à faire face à de graves difficultés, non pas parce qu’elles avaient fait des mauvais prêts mais parce que les emprunteurs qui ne gagnaient plus rien ou presque à raison du chômage ou de la mévente des produits agricoles étaient dans l’impossibilité de rencontrer leurs obligations.Les Caisses populaires, bien que jouissant d’une solvabilité incontestable, ne pouvaient, faute de liquidité, par suite du non remboursement des prêts, remettre sur demande l’argent à leurs sociétaires déposants.Il fallait trouver une solution à ce problème.Plusieurs réunions eurent lieu à Trois-Rivières et à Québec où des délégués des Unions régionales, représentant les Caisses affiliées, discutèrent la situation très sérieuse qui existait.On se rendait bien compte aussi de la nécessité d’organiser la propagande et l’éducation au sein des Caisses populaires.Trop d’administrateurs ou de gérants de Caisses manquaient de formation.Tous étaient bien disposés, personne n’en doutait, mais étant donné l’évolution économique si rapide des dernières années il fallait changer nos manières de juger les choses et d’opérer nos Caisses populaires.Il importait aussi de donner confiance à nos sociétaires, leur démontrer que les Caisses populaires étaient réellement des organismes établis pour aider les classes laborieuses et non pour mettre leurs épargnes en péril.Enfin, on savait que M.Desjardins, trois ans avant sa mort, avait voulu fonder une fédération des Caisses populaires, se rendant compte déjà de la solidarité morale et économique qui doit nécessairement exister entre les Caisses populaires.Car la fermeture d’une Caisse a une répercussion nuisible sur toutes les autres Caisses populaires dans leur ensemble.M.l’abbé J.-E.Poisson, après plusieurs réunions d’étude qu’il présida, fut chargé d’écrire au ministre provincial de l’Agriculture du temps, l’honorable Perron, pour lui demander si le gouvernement serait disposé à aider les Caisses populaires dans leur mouvement de propagande et d’éducation.Depuis la mort de M.Desjardins, le ministère provincial de l’Agriculture donnait à un comité formé de M.les abbés J.-E.Poisson, Philibert Grondin et E.Hébert, un montant de $3,000.par année pour défrayer les dépenses d’inspection des Caisses populaires.Ce n’était pas une somme énorme, tout de même cela aidait.Il était de plus en plus question de Crédit agricole.Comme les Caisses populaires, à ce moment-là, faisaient surtout des prêts aux cultivateurs, elles se trouvaient à faire du crédit agricole, et nous savions qu’il en aurait coûté beaucoup plus cher au gouvernement s’il avait été obligé de faire ce crédit aux cultivateurs.Ce fut l’argument invoqué pour demander une aide substan- 44 LA REVUE DES JARDIN S Québec, mars 1961 tielle au gouvernement.La réponse ne fut pas très favorable, le gouvernement n'étant pas disposé à octroyer chaque Union régionale ; en outre, le ministre de T Agriculture qui était un homme d'affaires, voulait pour les Caisses populaires une inspection gouvernementale.De notre côté, nous n'avions pas d'objection à faire rapport au gouvernement concernant l'inspection de nos Caisses populaires, mais nous ne voulions pas que le gouvernement vienne nous dire ce que nous avions à faire : nous voulions être libres.Les choses en étaient là quand l'honorable Perron tomba gravement malade.Il mourait au bout de quelques mois et était remplacé par l'honorable Adélard Godbout.Issu d'une famille terrienne, agronome, connaissant parfaitement la classe agricole et ses besoins, l'honorable Godbout savait le bien que les Caisses populaires faisaient dans les campagnes et il était déjà convaincu de la nécessité de faire quelque chose pour développer davantage ces organismes.Il était d'avis, cependant, que le gouvernement ne pouvait verser un octroi à chaque Union régionale.Aussi, nous incita-t-il à grouper les Caisses dé} à affiliées à des Unions régionales en fédération provinciale, après quoi, disait-il, nous verrons ce que nous pouvons faire.Une dernière réunion des représentants des Unions régionales eut lieu, et le 24 février 1932 la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins fut fondée.Dans le projet de loi déposé par le gouvernement de la province de Québec — loi qui fut sanctionnée le 19 février 1932 — le gouvernement reconnaissait que les Caisses populaires (( ont servi grandement les meilleurs intérêts économiques et sociaux des classes laborieuses, ainsi que le crédit agricole ».Le 10 août 1932, un contrat fut signé devant le notaire Charles Delagrave, et il fut convenu entre le gouvernement de la province de Québec, représenté par le secrétaire provincial d'alors, l'honorable Atha-nase David, et la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, représentée par C.Vaillancourt, que le gouvernement paierait à ladite Fé- dération une somme de $20,000.chaque année, pendant une période de dix années.Pour l'histoire, nous publions ci-après le texte de la loi qui a été sanctionnée le 19 février 1932 : 22 GEORGE V, CHAPITRE 9 Loi concernant les Caisses populaires dites Desjardins organisées en vertu de la Loi des syndicats coopératifs de Québec.{Sanctionnée Le 19février 1932) A TTENDU qu'il est opportun d’encourager le développement des Caisses populaires dites Desjardins, qui, depuis leur fondation, ont démontré leur utilité générale ; Attendu que ces Caisses populaires établies dans les villes et les campagnes de cette province, ont sans cesse augmenté leurs prêts essentiellement coopératifs à leurs membres et ont servi à promouvoir grandement les meilleurs intérêts économiques et sociaux des classes laborieuses, ainsi que le crédit agricole ; Attendu que la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires dites Desjardins, dans les limites de ses statuts et règlements, de sa propre iniative et sous son contrôle autonome, voit, à la fondation, au maintien et à l'inspection efficaces desdites Caisses et qu’il est opportun en conséquence d’octroyer un subside annuel à ladite fédération ; À ces causes, Sa Majesté, de l’avis et du consentement du Conseil législatif et de l’Assemblée législative de Québec, décrète ce qui suit : 1.Un montant de vingt mille dollars est affecté annuellement à la propagande et la surveillance efficaces des Caisses populaires dites Desjardins, régies par la Loi des syndicats coopératifs de Québec (Statuts refondus, 1925, chapitre 254).^ Le secrétaire de la province est autorisé à signer avec la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires dites Desjardins, prévue aux dispositions de l’article 49 de ladite loi, un contrat pour une période n’excédant pas dix ans, déterminant les conditions du paiement annuel ou pour toute fraction d’année, de cet octroi à ladite Fédération.Cette somme est payée à ladite fédération, par le trésorier de la province, à même le fonds consolidé du revenu, sur certificat du secrétaire de la province.2.La présente loi entrera en vigueur le jour de sa sanction.Pour l'histoire également et pour donner le mérite à qui de droit, il faut reconnaître que le responsable de cette loi fut 1 honorable Alexandre Taschereau, alors premier ministre de la province de Québec, mais Volume XXVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 45 nous devons dire aussi que si nous n’avions pas eu l’honorable Adélard Godbout, c’est à se demander si cette loi d’aide et d’encouragement des Caisses populaires aurait un jour été votée.Quelques jours avant la sanction de cette loi, l’honorable Adélard Godbout, au cours d’une entrevue accordée aux journalistes, fit la déclaration suivante, reproduite dans Le Devoir du 30 janvier 1932 : (( Les Caisses populaires continueront donc de faire crédit aux cultivateurs sans que le gouvernement introduise dans leur foctionnement aucune influence qui pourrait leur être nuisible.Quelques personnes avaient suggéré au gouvernement de nommer des inspecteurs qui surveilleraient les opérations des Caisses.D’autres cro3raient que le gouvernement ne devrait pas se mêler de cela.Je suis de b opinion de ces derniers.(( Toutefois, le gouvernement subventionnera les Caisses pour payer les salaires et les dépenses de voyage des inspecteurs des Caisses locales, ainsi que pour la propagande en faveur des Caisses ac- tuelles et la création de nouvelles Caisses, et pour l’éducation des gérants des Caisses locales.)> En conclusion, me servant d’une expression d’un collaborateur du temps, le notaire Eugène Poirier, ce fut la liberté subventionnée, c’est-à-dire que nous gardions notre liberté et en même temps nous pouvions organiser l’inspection de nos Caisses populaires.Cette inspection devenait de plus en plus nécessaire étant donné la crise économique qui existait et ses nombreuses difficultés, étant donné aussi l’essor considérable que notre mouvement devait prendre.Monsieur le chanoine Martel C’EST un bien brave homme de curé qui vient de disparaître en la personne de M.le chanoine Ernest Martel, curé de Saint-Eugène de 1’Islet.A mes yeux, il représentait le vrai type du curé de campagne ; aimable, affable, intéressé, il connaissait tout son monde, il vivait véritablement au milieu de ses C’est ce dernier Lévrier qui emporia Le morceau ; et tous se tinrent cois, avec un petit sourire qui voûtait en dire Long.— « Mais voyons, on a plus de sens que ceLa.Ce Lapin-Là ne mérite vraiment pas qu’on se dérange d’un pouce.IL n est pas convenable de faire une guerre peut-être inutile, sûrement dégradante pour nous.» N’est-ce pas Là L’image aussi fidèle que possible de celui qui se plaît aux demi-vérités ?Cherchons Le vrai partout.Dans combien de domaines nous nous contentons d’une espèce de caricature du -?- paroissiens.Étranger à rien qui pouvait les intéresser, il participait à toutes les activités de sa grande famille.Le curé Martel était le centre de sa paroisse.Il n’a pas occupé beaucoup de postes.Il fut vicaire à un seul endroit : Saint-Raymond de Portneuf, où il s’occupa de fa- vrai : dans Les arts, dans Les Lettres .jusque dans les affaires ; bien sûr que nous refusons Le faux, et parfois avec violence ; mais avec quelle honteuse faiblesse nous acceptons L’a à moitié vrai », soit par intérêt personnel, soit pour faire plaisir, soit enfin par simple habitude, hélas l C’est ainsi qu’à force de nager dans la stupidité, on finit par ne plus s’apercevoir de cette maladie chronique qui, si elle ne fait pas mourir, déforme de beaux visages.Combien d’hommes, en qui on a cru, courent ventre à terre un lapin mécanique ?J OS.Tu RM EL çon fort active des jeunes et de leurs deux Caisses de dotation et de prévoyance qui existaient alors.Puis, il fut nommé curé de Saint-Séverin de Beauce, paroisse essentiellement agricole.S’est-il fait une seule assemblée dans cette paisible paroisse sans que le curé n’y fut présent ?Est-il un seul problème qui l’ait laissé indifférent ?Sa conduite ne devait pas changer à Saint-Eugène où pendant vingt-six ans il accomplit un ministère magnifique.C’était (( le curé Martel )).Vicaire forain et chanoine, il était resté à Saint-Eugène le (( curé Martel )).Il est mort à 71 ans, les mains remplies de mérites.Je conserve de mon ancien professeur un souvenir reconnaissant que je partage avec ses anciens paroissiens.Et ensemble nous ne l’oublierons pas.BILLET (Suite de la page 42) Jos.Turmel 46 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1961 La liquidité dans les Caisses populaires LE dictionnaire définit la liquidité comme « la situation financière d’une entreprise, caractérisée par les possibdités dont elle dispose de faire face à ses dettes à court et à moyen terme, à l’aide des fonds en caisse ou en banque et des créances qu'elle est assurée de réaliser rapidement )).Le capital social et l’épargne des sociétaires sont les principales dettes d’une Caisse populaire.Ces argents sont remboursables sur demande et l’on ne peut même pas parler ici de court ou moyen terme.En théorie, une Caisse peut exiger un avis de trente jours pour tout retrait de fonds mais en pratique les retraits sont toujours accordés sur demande.Une Caisse doit toujours être prête à faire face aux demandes de retrait ; c’est pourquoi il lui faut toujours garder des fonds entièrement disponibles ou (( liquides ».Il y a plusieurs sortes de retraits dans nos Caisses populaires.Il y a les retraits quotidiens causés par les dépenses ordinaires et les dépenses de capital : paiement du loyer, comptes d’épiceries, achat d’une automobile ou d’une propriété, etc.Ces retraits de certains sociétaires sont normalement compensés par des dépôts d’autres sociétaires.Il y a aussi des retraits saisonniers comme le paiement annuel des taxes, les dépenses de Noël, l’achat des grains de semence dans les campagnes, etc.Ces retraits demandent plus de liquidité que les premiers, car ils sont demandés par la plupart des sociétaires et ne sont habituellement pas compensés par des dépôts équivalents déjà part d’autres sociétaires.A ces retraits réguliers s’ajoutent parfois des retraits extraordinaires causés par une situation particulière locale telle qu’une conflagration, une grève importante ou de longue durée ou une période accentuée de chômage.-?- Enfin, on peut encore parler de retraits extraordinaires amenés par une dépression économique plus ou moins grave.Comme on distingue deux sortes de retraits, les retraits ordinaires ou saisonniers et les retraits extraordinaires, on distingue aussi deux sortes de liquidité : la liquidité-encaisse et la liquidité-obligations.La liquidité-encaisse se compose de l’argent que la Caisse populaire garde dans ses tiroirs ou son coffre-fort ou qu ’elle a déposée à sa Caisse centrale ou à une banque.Cette liquidité a pour but de faire face aux retraits réguliers ou saisonniers.Pour faire face aux retraits extraordinaires, on demande à chaque Caisse populaire d’investir une partie de ses dépôts d’épargne dans des obligations du Dominion, de la province de Québec, de nos municipalités, de nos commissions scolaires, etc.En cas de crise locale, ces obligations peuvent être vendues ou servir de base à un emprunt et l’argent ainsi récupéré peut servir à rembourser les demandes de retraits.C’est la liquidité-obligations.Un comité formé de gérants d’union régionale et de gérants de Caisse populaire a étudié, au mois de novembre dernier, les LE Canada doit maintenir en moyenne une production minimum de 125,000 logements neufs par année pour répondre aux besoins créés par les mariages, l’immigration, l’établissement de ménages non familiaux, le remplacement des logements désuets ou dénudés et l’exode rural.Depuis cinq ans, la production de- problèmes de liquidité des Caisses populaires.Ce comité avait été formé à la demande du conseil d’administration de la Fédération, dans le but d’examiner les bases sur lesquelles la liquidité des Caisses populaires doit être fondée.Après avoir longuement étudié le problème, ce comité a suggéré au conseil d’administration de la Fédération que la liquidité soit désormais calculée sur le capital social et l’épargne et non sur l’actif comme autrefois.Le comité suggéra que 15% du capital social et de l’épargne soit gardé en caisse et que 35% soit gardé en obligations.Ces suggestions du comité furent acceptées par le conseil d’administration de la Fédération le 21 novembre 1960 et sont en vigueur depuis le 1er janvier 1961.Voici la façon actuelle de calculer les taux de liquidité.Liquidité-encaisse : Encaisse + Dépôt bloqué — Emprunt Capital social + Epargne Liquidité-obtigaüons : Total des placements - ^ — JL DD Capital social Epargne André Morin, statisticien.passe ce chiffre, étant en moyenne de 143,000 logements.Malgré la baisse de 164,632 à 141,345 des logements commencés de 1958 à 1959, le niveau de la construction domiciliaire en 1959 a été très élevé, n’ayant été dépassé qu’une fois.{Le Canada 1960.) •- —- • Production de logements au Canada -?- Volume XXVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 47 Nos jeunes et l’épargne -?- ORIGINES DES CAISSES SCOLAIRES EN fondant la (' Caisse populaire )) de Lévis, M.Desjardins avait pensé à toutes les classes de la société ; les enfants eux-mêmes avaient leur large place dans Toeuvre naissante.Dès la première assemblée générale, quelques mois après l’ouverture de la Caisse, le fondateur parle avec insistance de l’épargne du sou, faisant appel à tous les écoliers.À LÉVIS À la première assemblée générale annuelle, le 16 décembre 1901, il annonce que (( l’épargne du sou )) est maintenant organisée à l’école Saint-François-Xavier, à Lévis ; il parle avec enthousiasme de l’arrivée des jeunes coopérateurs dans le grand mouvement qu’il tente de créer ; M.le curé Gosselin parle abondamment dans le même sens, souhaitant de tout son coeur que les écoliers de Lévis soient fidèles à rester dans la bonne voie.Et chaque année, l’assemblée générale est mise scrupuleusement au courant des efforts de nos enfants d’école.Si bien qu’en 1914, au prône de la grand-messe du 4 octobre, Msr Gosselin donne le relevé de l’épargne du sou dans les diverses écoles de la paroisse pendant l'année scolaire finissant au mois de juin : au total, douze institutions ont accumulé $12,- 678.18.Il semble bien, si les renseignements sont exacts, que toujours la Caisse scolaire a été en fonction à Lévis.Sans doute, pour bien des raisons que l’on soupçonne, elle a eu ses hausses et ses baisses ; comme aujourd’hui les adultes d'alors avaient leur rôle à jouer et j’imagine que la Caisse du sou suivait l’enthousiasme de ceux qui ont toujours la mission de donner l’exemple et d’entraîner les jeunes.Et tout le monde n’était pas toujours convaincu en même temps et au même degré.Mais la Caisse scolaire a survécu, Dieu merci 1 En 1902, M.Desjardins donne un long rapport sur ce qu’il appelle
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