Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1966, Août - Septembre
AOUT ET L/A Mit M> I MM MM s « ¦¦¦« «uni El * _ , DANS CE NUMÉRO : LA CAISSE POPULAIRE À L'HEURE DE 1966 L’importance de dirigeants bien informés r a J -J- L- L’association de personnes, qu’est la Caisse populaire, n’est pas un phénomène isolé, un château-fort entouré de palissades et de Jossés.La Caisse populaire est une manijestation du milieu.Fondée il y a 65 ans, à l’époque de la société rurale traditionnelle canadienne-jrançaise qui traçait à l’individu un régime d’activité simple, précis, duquel personne ou à peu près ne déviait, et que l’on crut, pendant plus de deux siècles, immuable, elle jait jace, tout à coup, à ce branle-bas socio-économique qui secoue en ce moment le Pays de Québec et défie toute description.La Caisse populaire veut — doit — être de son temps, bien sur.Et rien n’en témoigne mieux que le sérieux des études qui ont servi de base aux travaux du dernier congrès des Caisses populaires dont le thème était précisément La Caisse populaire et la communauté québécoise.Or, les Caisses populaires comptent quelque 15,000 dirigeants, issus de toutes les classes de la communauté québécoise, de l’ouvrier au cultivateur, à l’agent d’assurance, au notaire.Dirigeants qui ont la responsabilité, de concert avec le gérant, homme important dans l’organisme, de régler la marche de leur Caisse populaire.Ces dirigeants administrent une affaire considérable.Il importe donc qu’ils soient à la page, qu’ils connaissent le contexte socioéconomique dans lequel ils vivent, dans lequel doit évoluer leur Caisse populaire.A la fonction qu’ils occupent, et dont ils sont fiers, et à juste titre, correspondent des devoirs, dont celui de s’instruire, de se renseigner, de se tenir au courant de ce qui arrive à la communauté canadienne-française, de ce qui se passe dans le monde.Les communautés sont plus que jamais interdépendantes.Elles le seront de plus en plus jusqu’au moment où, par le perfectionnement des moyens de communication, elles dépendront toutes d’un gouvernement mondial.Renseigner les dirigeants.C’est le rôle auquel s’applique la direction de La Revue Desjardins.*3 V y LA REVUE DESJARDINS, organe officiel de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, corporation régie par la Loi des Caisses d'épargne et de crédit, publiée sous la direction de Jean-Jacques Le François, et tirée ce mois-ci à 17,300 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal (1965), Ltée, à Québec.• Le prix de l’abonnement, pour un an, est $2.00.• Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de tleuxième classe de la présente publication A Le mouvement Desjardins VIII Cyrille Vaillancourt La Caisse populaire à Theure 137 de 1966 André Morin Lord-Grey, vice-roi du Cana- 13S da, à La Caisse populaire de Lévis Jean-Jacques LeFrançois Congrès des Caisses populaires J 39 de L’Union régionale de Québec Jean-Paul Langlois RÉDACTION ET ADMINISTRATION SOMMAIRE Vol.32 - Nos 8-9 Lévis, aôut-septembre 1966 135 L’amour de Dieu et du prochain Lucien Dallaire, ptre Le Conseil de surveillance Le Conseiller juridique Compétence, discipline, solidarité, bien-être personnel et communautaire Paul-Émile Charron Les stages de formation du Service de l’éducation de La Fédération Ovide Hubert 140 Une étude de l’habitation domiciliaire Paul Sauriol 140 141 Une analyse d’un rapport d’enquête sur le milieu québé- 148 142 cois — II Irénée Bonnier Un colloque des dirigeants de La Fédération et des Unions 154 144 régionales Irénée Bonnier Prenez le temps de lire Émile Bégin, ptre 155 V.LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES UNIONS RÉGIONALES DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS ÉDIFICE DESJARDINS: 59, AVENUE BÉGIN, LÉVIS (QUÉBEC) 134 Le mouvement Des jardins -VIII CYRILLE VAILLANCOURT Au lieu entreprendre aujourd'hui de faire l'historique de L'Assurance-Vie Desjardins, comme nous en avions indiqué notre intention dans l'éditorial du mois dernier, nous nous rendons volontiers à la demande des lecteurs qui désirent que nous leur rappelions les débuts de La Société d'assurance des Caisses populaires et ses premières évolutions ou adaptations aux besoins des Caisses populaires et de leurs membres.La Société d'assurance des Caisses populaires émit son premier contrat d'assurance-incendie en avril 1945. la fin de cette même année, son volume primes était d'un peu plus de $190,000.; il comprenait les primes pour ces contrats d'assurance garantie globale émis aux Caisses populaires. la même date, son actif s'élevait à $348,156.Au sujet du contrat d'assurance garantie globale, rappelons qu'avant l'organisation de La Société d'assurance des Caisses populaires, les Caisses étaient assurées dans des compagnies étrangères contre le vol à main armée et contre le vol avec effraction, et une autre police d'assurance les protégeait contre les détournements de fonds, c'est-à-dire contre le vol éventuel par des employés ; enfin, une troisième police d'assurance les protégeait contre le vol qui pouvait être perpétré dans le transport des effets de la Caisse.Il faut préciser que les Caisses populaires avaient beaucoup de difficulté à se faire assurer contre les vols à main armée et avec effraction ; c'était aussi le même problème pour l'assurance protégeant le transport des effets des Caisses locales aux Caisses régionales.Nous avons étudié le problème pendant un an pour savoir exactement de quelle façon nous pourrions couvrir tous ces risques dans une police d'assurance globale et faire payer une prime uniforme par les Caisses populaires, compte tenu d'une réduction qui serait accordée à celles qui étaient mieux protégées contre le vol.Nous voulions grouper ces risques dans une seule police et assurer dans un seul contrat la sécurité à toutes nos Caisses populaires, qu'elles soient situées dans les grandes villes, dans des édifices bien protégés, ou qu'elles opèrent dans des villages ou petites localités, en Abitibi, sur la Côte-Nord, aux Iles-de-la-Madeleine.Rappelons-nous que si nous n'assurions pas la sécurité aux déposants dans toutes les Caisses populaires de la province, petites Caisses ou Caisses plus considérables, nous risquerions de détruire la confiance des gens envers les Caisses populaires, et nous savons bien que sans cette confiance populaire il serait inutile de vouloir développer le mouvement des Caisses populaires.Pour atteindre ce but, il nous fallait la coopération de toutes les Caisses populaires, qui sont solidaires les unes des autres.Il est certain qu'une Caisse populaire située dans une grande ville, munie d'une voûte (chambre forte) à toute épreuve et ayant un gardien armé pendant ses heures d'ouverture, est mieux protégée qu'une petite Caisse isolée ayant un bon coffre-fort mais ne disposant pas d'une chambre forte (voûte) à toute épreuve ni des services d'un gardien armé, et, de ce fait, plus exposée à être la victime des bandits.Les membres de ces petites Caisses populaires doivent tout de même être protégés de la même façon que ceux des Caisses plus favorisées.Certaines compagnies d'assurance offrent actuellement à quelques Caisses populaires de les assurer contre tel ou tel risque, leur disant qu'elles vont payer moins cher qu'avec La Société d'assurance des Caisses populaires.Il faut préciser ici que ces compagnies n'iront pas offrir aux autres Caisses populaires moins bien protégées de les assurer ; elles ne veulent pas de ces risques.Comme dans notre mouvement nous faisons de la coopération non seulement en paroles mais aussi en actes, nous ne pouvons que déplorer que quelques Caisses populaires ne pensent qu'à leurs revenus et que pour quelques dollars elles risquent de détruire les avantages communs de ce mouvement coopératif des Caisses ; ces Caisses populaires qui se croient coopératrices ne devraient pas s'appeler comme telles et elles ne peuvent avoir que le mépris des vrais coopérateurs qui voient leurs intérêts se réali- ser dans le bien commun du mouvement des Caisses populaires.Nous avons fait de grands progrès dans le domaine de F assurance garantie globale.La Société d^ assurance des Caisses populaires a fait F éducation des gens ; ses représentants ont rencontré les dirigeants de centaines de Caisses populaires pour leur enseigner la façon de se mieux protéger et éviter le plus possible les vols à main armée ou avec effraction, les vols à Fintérieur de la Caisse par les èm-ployés, etc., et surtout les faux.Aujourd'hui, La Société d’assurance des Caisses populaires a même à son service des agents qui parcourent la province en vue de rattraper les bandits à la suite des vols dans les Caisses, qui y réussissent dans 50% sinon 75% des cas ; parfois même, F argent volé est retrouvé, en totalité ou en partie.De plus, La Société d’assurance des Caisses populaires s’assure que les coffre-forts et les portes de chambres fortes offrent une excellente résistance contre le cambriolage, et, à cet effet, oblige les manufacturiers dans ce domaine à soumettre leur produit pour que La Société puisse effectuer des essais de pénétration à l’aide de foreuses et de chalumeaux.La Société voit également à l’efficacité des serrures chronométriques, à l’espace libre des portes de chambres fortes tout particulièrement ; elle s’occupe aussi d’évaluer la qualité des systèmes d’alarme et de voir à ce que l’installation en soit adéquate, etc.En 1952, l’actif de La Société d’assurance des Caisses populaires avait atteint $943,153., et son fonds de réserve se chiffrait à $200,271.La Société décida alors d’élargir ses services auprès du public et elle commença à offrir des contrats de responsabilité civile, responsabilité patronale, garantie fidélité, responsabilité personnelle et vol.La Société d’assurance des Caisses populaires ne s’était pas encore permis d’entrer dans le domaine de l’assurance automobile ; bien que ce genre d’assurance ne fut pas rémunérateur, elle décida, en 1961, pour accommoder ses assurés, d’émettre ce genre de contrat.En 1965, à la demande formulée par de nombreux assurés et par des Caisses populaires, La Société d’assurance des Caisses populaires émit, pour le bénéfice des sociétaires des Caisses populaires, des contrats contre le vol de coffrets de sûreté.'X.A la fin de 1965, La Société d’ assurance des Caisses populaires était représentée par au-delà de 1,200 agents.Son actif s’élevait à $12,284,000., et son volume primes se chiffrait à $13,237,000.Son fonds de réserve et de surplus était porté à $2,574,000.Le 24 août 1950, monsieur François Adam, alors président de L’Union régionale des Caisses populaires de Saint-Hyacinthe, et gérant du départment d’assurances diverses des compagnies Canadienne Mercantile et Mutuelle du Commerce contre l’incendie, de Saint-Hyacinthe, et préposé aux succursales desdites Compagnies, fut nommé gérant de La Société d’assurance des Caisses populaires, dont il était déjà administrateur.C’est à partir de cette nomination que La Société a commencé vraiment à se développer.Très expérimenté dans le domaine de l’assurance, monsieur Adam s’est montré un homme sage, réfléchi, efficace.La souscription de capital ou de fonds de réserve de La Société d’assurance des Caisses populaires s’est faite bénévolement, et ce qui est admirable de la part des Caisses populaires c’est qu’elles souscrivaient en se disant qu’un jour elles recevraient de l’intérêt sur ce capital investi, mais dans combien d’années ?Ce n’est qu’en 1961 que La Société d’assurance des Caisses populaires a commencé à payer de l’intérêt aux Caisses populaires sur le capital qu’elles y avaient souscrit et payé.La Société d’assurance des Caisses populaires a été le premier rejeton des Caisses populaires.Nous avons contribué dans l’économie canadienne à faire quelque chose de spécial pour les Caisses populaires et pour les 136 La Caisse populaire à l’heure de 1966 ANDRÉ MORIN La Caisse populaire joue-t-elle pleinement son rôle dans notre économie actuelle ?Pour plusieurs personnes, la réponse semble négative.Les gens engagés dans Paction sociale voudraient voir la Caisse populaire engagée à 100% dans leurs propres préoccupations quotidiennes.Le cultivateur prospère, membre de L’U.C.C.et pionnier de sa coopérative locale, voit dans sa Caisse populaire un organisme qui lui appartient tout comme sa coopérative, et ne conçoit pas que sa coopérative puisse avoir des problèmes financiers tant qu'il restera des sous non engagés dans l’actif de sa Caisse populaire locale.Pour lui, la Caisse populaire étant une coopérative, elle doit d’abord solutionner les problèmes financiers de l’ensemble des coopératives.Pour l’ouvrier spécialisé, membre chevronné de son syndicat, la Caisse populaire est un organisme social qui se doit de dépanner tous les individus aux prises avec des dettes.Pour ce faire, il est prêt à engager, non seulement l’actif de sa Caisse populaire locale, mais encore, voyant le problème dans son ensemble, il est prêt à utiliser l’actif de toutes les Caisses populaires locales, plus l’actif des Caisses centrales, et l’actif de L’Assurance-Vie Desjardins et des autres sociétés d’assurance rattachées au mouvement Desjardins.Pour lui, il est inconcevable qu’il y ait encore des compagnies de petits prêts faisant affaires au Québec.Pour le grand commerçant ou l’industriel faisant partie du monde des affaires, la Caisse populaire locale semble oubliée au profit d’un grand tout qui s’appelle $1.3 milliard d’épargne et qui, pour lui, est le levier qu’il faut à l’industrie canadienne-française pour faire sa trouée dans l’Amérique du Nord.Pour tous ces gens, la Caisse populaire apparaît comme un volumineux réservoir de capitaux non engagés.On s’imagine les Caisses populaires assises sur une liquidité presque totale et insouciantes des préoccupations de leurs membres.Il serait intéressant de regarder les faits.La liquidité des Caisses populaires est loin d’être aussi forte qu’on se l’imagine.Elle est certes suffisante pour répondre aux besoins quotidiens, mais loin d’être exagérée.La situation des Caisses populaires, sur ce point, est comparable à celle du système bancaire canadien.Au 31 décembre 1965, les Caisses populaires Desjardins avaient 41.5% de leur actif en disponibilités, et les disponibilités totales des huit banques à charte canadiennes étaient de 40.4% de leur actif.En encaisse et en solde bancaire (incluant le transit), nous avions 7.6% de notre actif tandis que les banques à charte avaient à ce même poste 14.3% de leur actif.D’après la publication fédérale Credit Statistic*, les banques à charte avaient, au 31 décembre 1965, $2.8 milliards en prêts personnels.Si on traduit ce chiffre en % de leur actif, on obtient 10.8% ; nous avions, à ce moment-là, 15.9% de notre actif en prêts personnels.Les banques à charte avaient 3.1% de leur actif en prêts hypothécaires ; nous en avions 38.2%.Au total, nous avions donc plus de 50% de notre actif consacré à des prêts individuels ou familiaux alors que le système bancaire avait moins de 15% de son actif engagé dans le même secteur.Ces chiffres n’ont pas pour but de jeter un blanc au système bancaire ; ils veulent simplement établir que notre liquidité est comparable à celle des organismes financiers bien connus et que, même si les Caisses populaires sont (( solides comme la banque », elles ont une politique de prêt bien à elles, et qu’elles sont fidèles à leur mission d’aider l’individu et la famille.Les Caisses populaires sont-elles « traditionnelles » dans leur politique de prêt ?Pas du tout.Elles évoluent à pas de géant, cherchant à s’adapter sans cesse aux besoins de leurs membres.De février 1965 à février 1966, les compagnies de fi- nance ont vu leurs prêts en cours s’accroître de 10.5% ; les compagnies de petits prêts voyaient les soldes qui leur étaient dus augmenter de 12.6% ; les banques à charte voyaient leurs prêts personnels augmenter de 18.2%.Pendant cette même période, les prêts personnels des Caisses populaires augmentaient de 36.4% alors que l’actif augmentait de 14.2% et que les prêts hypothécaires étaient accrus de 10%.Pourrait-on faire davantage ?Peut-être ?Mais avant de demander davantage, il faudrait réaliser pleinement ce qui se fait déjà, et que les disponibilités ne sont pas de $1.3 milliard.La Caisse populaire joue-t-elle pleinement son rôle dans notre économie actuelle ?Les chiffres cités déjà me semblent dire oui.Mais s’il fallait faire davantage, quelles devraient être les priorités ?Mon opinion personnelle sur ce sujet est que, face aux besoins de l’économie canadienne-française, c’est l’industrie qu’il nous faudrait essayer d’aider davantage.Nous avons déjà fourni notre quote-part à la S.G.F.et nous en sommes fiers.Le fonds Desjardins, lancé il y a dix mois par la Société de Fiducie du Québec, a déjà amassé $5.5 millions de dollars et est appelé à se développer beaucoup ; il pourra devenir une source de capitaux pour nos entreprises.De plus, il faut reconnaître que les Caisses populaires locales prêtent annuellement plus de $30 millions de dollars à des membres propriétaires de commerces ou d’entreprises.Ces placements me semblent excellents, au point de vue économique, pour aider à stimuler l’emploi au Québec et fournir une occupation à la marée de jeunes qui se présentent sur le marché du travail, résultat de la flambée démographique de la guerre et de l’après-guerre.Nous avons fait ce que nous pouvions avec les fonds que nous avions ; s’il était possible de faire davantage, il me semble que se serait dans ce secteur que nous pourrions être le plus utiles.137 Lord Grey, vice-roi du Canada, à la Caisse populaire de Lévis JEAN-JACQUES LE FRANÇOIS Pour pouvoir faire davantage, il nous faudrait amasser plus de capitaux.Devrions-nous pour cela changer notre définition de l'épargne ?A mon avis, notre définition de l’épargne est peu importante ; l’essentiel est que nous nous adaptions sans cesse à la notion d’épargne utilisée par notre public, et que nous essayions toujours de lui être de plus en plus utiles en répondant toujours à ses besoins.Comme les besoins évoluent avec le temps, il nous faudra sans cesse nous adapter.Devrions-nous faire entendre notre voix auprès des gouvernements ?À mon sens, il n’y a pas d’hésitation.Un corps intermédiaire qui groupe 1,800,000 membres a non seulement le droit mais le devoir de se faire entendre.Nous l’avons déjà fait à plusieurs reprises.Qu’on me permette de signaler nos mémoires à la commission sénatoriale étudiant les taux d’intérêt et les compagnies de petits prêts, aux commissions royales d’enquête Porter, Carter et Bélanger, et au comité québécois d’étude du chômage saisonnier.Nous avons certes le droit et le devoir de nous faire entendre auprès des différents gouvernements.Mais le plus urgent, à mon avis, est de nous montrer tels que nous sommes, avec toutes nos réalisations, au grand public.Autrement, on risque de laisser croire à certains que le $1.3 milliard des Caisses populaires constitue un danger .< 5 mars 1907.Un homme traverse Lévis à cheval, suivi de deux cavaliers que suivent à leur tour d’autres hommes.Il est grand, chauve.Allure sportive, moustache à l’anglaise.Il descend de cheval en face de La Caisse populaire de Lévis, établie dans la demeure d’Alphonse Desjardins, rue Blanchet, qui l’administre, assisté de sa femme, Dorimène, et de son fils, Raoul.Raoul avait vu les hommes arriver.On frappe à la porte.Alphonse Desjardins s’amène.— Ai-je l’honneur de m’adresser à Alphonse Desjardins ?Mon nom est Grey, Albert Grey .Je désire devenir membre de La Caisse populaire de Lévis .Alphonse Desjardins réalise qu’il accueille le gouverneur général du Canada.Lord Grey était un personnage assez extraordinaire.Le curateur en chef de la Galerie nationale, à Ottawa, monsieur R.H.Hubbard, qui met en ce moment la dernière main à un ouvrage qui paraîtra l’an prochain sur les vice-rois du Canada, a été vivement impressionné par Lord Grey qu’il dit avoir été « le plus grand agent de relations extérieures que le Canada ait possédé ».Il allait partout à travers le pays.Grand amateur de sport, il offrit la coupe Grey pour le Jootball.Il préconisa l’élevage de rennes au Labrador, appuya la première campagne lancée au Canada contre la tuberculose, suggéra une réforme de la fonction publique et la création d’une commission de la fonction publique, et, dit-on, (( recommanda » MacKenzie King à Laurier .¦ La conversation fut longue.Earl Grey, président de L’Alliance coopérative internationale, s’était intéressé aux travaux de Desjardins.Il devait d’ailleurs, par la suite, l’appuyer à Ottawa alors que ce dernier cherchait, par une législation, à éta- blir solidement l’organisme qu’il avait fondé et dont il avait, jusque-là, absorbé à lui seul toute la responsabilité.Earl Grey devint membre de La Caisse populaire de Lévis.Il prit une part sociale : $5.Frais d’entrée : 10 sous.À l’automne de cette année-là, le 25 septembre, il déposa $5.à son compte, puis, le 7 octobre, $1.¦ Le sénateur Vaillancourt, à qui je parlais récemment de cet épisode, me suggéra d’aller voir à La Caisse populaire de Lévis ce qu’était devenu le compte de Lord Grey.Ce que je fis.Le gérant actuel de la Caisse, monsieur Jean-Marie Gagnon, m’en a fourni les détails : Capital social : $5.Épargne : $89.91 Comme quoi l’épargne fait des petits .*3 Ouvrages à consulter : BOYLE, George, The poor man s prayer, Palm Publishers, Montréal, et Helicon Press, Baltimore, Maryland, U.S.A.ROBY, Yves, Alphonse Desjardins et les Caisses populaires, 1854-1920, Chez Fides- 138 Congrès dos Caisses populaires de L’Union régionale de Québee JEAN-PAUL LANGLOIS * Un congrès des Caisses populaires affiliées à L’Union régionale de Québec a été tenu à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de L’Union régionale et de son service financier La Caisse centrale Desjardins de Lévis.Depuis quelques années déjà, les Caisses populaires organisent des congrès provinciaux.Il semble que L’Union régionale de Québec ait été la première à prendre l’initiative d’organiser un congrès régional.Cet aspect nouveau de l’assemblée générale annuelle de L’Union régionale et de La Caisse centrale Desjardins de Lévis, dans les cadres d’un congrès, semble avoir obtenu l’approbation des congressistes au nombre approximatif de 1,200, On a procédé à l’étude, en commissions, des services administratifs et des services financiers de L’Union régionale et de La Caisse centrale.Des recommandations très valables ont été faites par les participants : le pourcentage de liquidité exigible, les prêts aux corporations, l’interprétation de certains articles de la loi et des règlements, la contribution des Caisses à leur fédération régionale, l’amélioration du service de mécanographie, etc.Le thème du congrès : La Caisse populaire et les préoccupations d’aujourd’hui a été présenté aux congressistes sous les aspects suivants : LA CAISSE POPULAIRE ET L'ÉCONOMIE FAMILIALE LA CAISSE POPULAIRE ET L'ÉPARGNE LA CAISSE POPULAIRE vs L’ÉPARGNE SCOLAIRE ET LES JEUNES ADULTES LA CAISSE POPULAIRE ET LA CLASSE AGRICOLE L’UNION RÉGIONALE ET L’ÉDUCATION De l’ensemble des recommandations qui ont été présentées à la séance plénière, il se dégage ceci : Les dirigeants des Caisses populaires désirent qu’un service d’économie jamiliale soit institué au niveau de L’Union régionale et, aussi, que, dans la mesure du possible, des spécialistes en économie familiale soient mis à la disposition des sociétaires d’un groupe de Caisses d’un secteur donné.Les congressistes ont insisté sur la nécessité pour les Caisses d’être présentes dans les milieux du travail en instituant des comptoirs d’épargne ou des caisses autonomes, suivant le cas.On recommande également d’utiliser les divers médiums d’information pour mieux faire connaître la Caisse populaire sous son aspect communautaire.On a parlé de la publicité sous ses diverses formes.Les congressistes sont d’avis que la Caisse scolaire doit être adaptée à la nouvelle dimension de l’enseignement et de l’organisation scolaire ; on sait que l’épargne scolaire dans nos Caisses populaires, dans l’ensemble de la province de Québec, * Jean-Paul Langlois est le directeur du Service de l’éducation de L’Union régionale de Québec.indique un solde de près de $10,- 000,000.Les dirigeants de Caisses se sont penchés sur les nouveaux modes d’épargne en vogue depuis quelques années, tels les dépôts à terme, les fonds mutuels, les obligations d’épargne, etc.Le milieu rural, fortement représenté à ce congrès, a participé activement aux divers sujets d’étude en commissions, particulièrement à la commission 4 où il était question de La Caisse populaire et la classe agricole.La polarisation en milieu rural préoccupe une bonne partie de la population.On a procédé à une étude sommaire de la loi de l’amélioration des fermes et on a recommandé d’en pousser, dans la mesure du possible, l’application par l’intermédiaire des Caisses rurales.Les dirigeants de Caisses ont fait part de leur appréciation des cours et des séances d’information organisés par le Service de l’éducation de L’Union régionale de Québec.Des recommandations très valables ont été faites sous ce rapport.Il est juste de penser que quelques-unes des recommandations, sinon plusieurs, nécessiteront la mise sur pied de commissions d’étude.Le conseil d’administration de L’Union régionale s’intéresse de près à ces recommandations, et nul doute que les dirigeants des 348 Caisses populaires affiliées à L’Union régionale de Québec se féliciteront d’avoir participé activement à ce congrès qui portera ses fruits.^ 139 L’amour de Dieu et du prochain LUCIEN DALLAIRE, ptre N.D.L.R.—A la messe du deuxième dimanche après la Pentecôte, le 12 juin 1966, l’officiant, P abbé Lucien Dallaire, vice-président de La Caisse populaire de Lévis, s’est adressé aux délégués des Caisses populaires affiliées à L’Union régionale des Caisses populaires Desjardins du district de Québec, réunis en congrès à l’Académie de Québec.Vous êtes venus en grand nombre assister au premier Congrès régional des Caisses populaires affiliées à L'Union régionale de Québec, pour étudier divers aspects de la doctrine coopérative et de ses applications, pour dialoguer en vrais coopérateurs dans la charité fraternelle.Offrons cette messe en action de grâces au Christ-Jésus pour qu'il fasse fructifier nos délibérations.La première épître de saint Jean de ce jour (3, 13-18) traite de l'amour de Dieu et du prochain.Nous donner à Dieu, agir pour sa gloire et pour l'amour du prochain, c'est prendre parti contre le Mal, que nous devons vaincre par notre foi.Le monde, qui ne compte que sur les joies et les satisfactions de la vie terrestre, nous traite en adversaires.C’est une conséquence normale de notre amour pour Dieu et du zèle que nous déployons à son service pour nos frères.Jésus nous a prévenus que ce monde continuerait à ses disciples la haine qu'il lui avait vouée personnellement.N'en soyons pas étonnés.« Le disciple n'est pas plus grand que le Maître.» {Mat., 10, 24 ; Luc, 6, 40.) Le chrétien vraiment charitable donne, se donne et pardonne : il donne ses services, son sourire, ses biens ; il se donne lui-même, car la charité tue l’égoïsme et lui fait songer aux autres comme à lui-même, et souvent plus qu'à lui-même ; il n'est pas seulement généreux, mais aussi miséricordieux : il pardonne.La charité aide à fermer les yeux sur les torts du prochain, à éviter la rancune, la vengeance, la médisance, la calomnie, de ruiner la réputation, l'honneur du prochain, car ce sont des biens plus précieux que la vie.L'homme charitable ne se plonge pas lui-même dans la mort spirituelle en se fermant à l'amour.Du péché de nos premiers ancêtres qui nous avait établis dans la mort spirituelle, nous avons été délivrés par le baptême, grâce à la Rédemption du Sauveur.Le péché actuel peut nous y plonger de nouveau.La justification ne s'obtient que par la conversion dans la charité qui est, à la fois, amour de Dieu et du prochain : ces deux aspects sont inséparables.La sincérité de notre conversion se base sur l'amour du prochain qui se manifeste plus facilement.Saint Jean dit que (( celui qui n'est pas capable d'aimer le prochain qu’il voit, est encore moins capable d'aimer Dieu qu’il ne voit pas » {Jean, 4, 20). 51 46 Plutôt non participants 42> 19 17 12 15 17 Partagée — 4 8 4 8 5 Plutôt participants 17 11 11 8 10 10 Participants 33 26 > 16 11 10 18 Ambiguë 2 4 6 6 4 SEMI-URBAINE 100 (23) 100 (123) 100 (123) 100 (61) 100 (156) 100 (380) Non participants 22 10< 22 30 25 20 Plutôt non participants 9 6 11 16 14 11 Partagée 4 4 5 5 3 4 Plutôt participants 13 12 13 13 18 13 Participants 52 68 > 42 28< 29< 46 Ambiguë 1 7 8 11 6 RURALE 100 (81) 100 (234) 100 (109) 100 (59) 100 (28) 100 (511) Non participants 11 17 16 19 21 16 Plutôt non participants 11 17 14 12 7 15 Partagée 9 12 13 5 4 10 Plutôt participants 22 13 12 24 25 16 Participants 42 38 43 37 39 40 Ambiguë 5 3 2 3 4 3 Extracts d’interviews portant sur L’identification à La communauté de résidence, de paroisse et de quartier LA COMMUNAUTÉ ELEMENTAIRE Secteur rural R- — « On est déjà déménagé.On est allé en ville.On est resté trois ans et puis on est revenu.)) O.— (( Pourquoi ?)) R.— «Je m'ennuyais .» Q.— « De quoi ?» R.— « De la terre.» Q.— « Vous vous sentez attaché à la paroisse ici ?» R.— « C'est pas tellement à la paroisse comme à la terre.» Secteur urbain Q- — « Est-ce que cela vous ferait quelque chose de déménager de Saint-.?» R.— « Oui.» Q.— « Pourquoi ?» R.— « Je ne sais pas, je suis bien ici.» Q.— « Pensez-vous qu’il y a un problème dans la paroisse ?» R.— « Je ne sais pas.» Q.— « Saint-, .est-il un groupe uni ?» R.— « Je ne sais pas.» LE GROUPE-OUTIL Secteur rural Q.- « Comment sont les gens qui habitent au- tour de vous ?» R- « Ce sont tous des gens comme moi, des cultivateurs qui travaillent tout le temps, des gens qui ont tous le même métier et qui ont les mêmes problèmes.» Q.— « Est -ce qu'on peut dire qu'il y a de la coopération entre les gens de la paroisse ?» R.— « Oui, comme je vous le dis, les gens ont tous le meme métier et ils ont toujours vécu ici et leurs pères s aidaient; maintenant ils s’aident ; c’est comme une grande famille, on n’a pas de cachettes entre nous.Les gens sont tous du même bord de la barrière, si on peut dire.» C est donc une réalité toute autre que nous cernons sous ce terme générique de paroisse dans 1 entrevue suivante.Ce n'est ni une communauté ni une collectivité, mais bien un lieu qui donne un statut.Y résider, c’est manifester les autres dimensions de son statut-occupation, revenu, milieu social, etc.Secteur urbain Q.— « Vous sentez-vous attaché à votre paroisse ?» R.— « Pas du tout.» Q.— « Au quartier ?» R.— « Non plus.» Q.-— « Est-ce que la paroisse ici forme un quartier ?» R.— « Oui, car on est assez séparé des autres.» Q- — « Est-ce que la mentalité est différente aussi ?» R.— « Oui, assez, les gens d’ici ne se mêlent pas trop aux autres.» {N.B.— Un certain nombre de personnes identifiées à ce groupe sont en transition entre leur groupe présent et un autre.Leur identification n’est pas à la paroisse, non plus qu’au quartier.) LA COLLECTIVITÉ ENGAGÉE Secteur urbain — « Ma véritable paroisse pour moi, c’est le bon Dieu en taxi.Je me sens véritablement chez moi avec un prêtre qui comprend mes problèmes, parce qu’il nous côtoie tous les jours.Il est habitué à nous, et c’est notre genre de vie et nous, nous sommes avec lui.C’est comme un frère pour nous.Quand nous avons besoin de lui, il est toujours là.» O.— « Si je comprends bien alors, votre vie et celle de vos enfants se passent surtout ici dans la paroisse.Trouvez-vous difficile de déménager en août ?» R.— « Ça donne un coup.Le pire désavantage est de quitter la paroisse.Dans la paroisse on est chez nous.Et puis là on s’en va dans l’inconnu.Il faut se réhabituer.Ce ne sera jamais aussi familier qu’ici.Mais on ne dit pas que nous ne reviendrons pas de temps en temps l’an prochain.» l’association formelle O.— « De quelle paroisse faites-vous partie ?» R.— « Je suis de Saint-., mais ma pharmacie est dans Saint-.Pour ma part, j’aime beaucoup Saint-., j’y vais à la messe assez souvent.» Q.— « Vous n’avez pas l’air très attaché à la paroisse où vous habitez ?» R.— « Je ne suis définitivement pas attaché à la paroisse où j’habite.Vous comprenez, je fais 149 affaires surtout à Saint-.mais pour moi, la paroisse ne signifie presque rien.)) LA SOCIÉTÉ ABSTRAITE O.— (( Vous avez des amis dans le voisinage?» R.— (( De très bons amis.Ils viennent s’asseoir dans le ;ardm.Je les connais bien, on joue au golf ensemble.» O.— « Vous êtes demeuré très lié à la vie économique et sociale du milieu où vous habitiez au- paravant.Vous sentez-vous aussi attaché de quelque façon ici ?» R.— (( J’aime l’endroit, les gens, mais je ne suis pas attaché à la paroisse spécialement.» LE DEGRÉ DE SCOLARITÉ D’après le tableau VI, il semblerait que plus le degré de scolarité est élevé, moins il y a participation active à la vie paroissiale.Pour plus de clarté, nous avons groupé le premier et le deuxième Tableau VI DEGRÉ DE SCOLARITÉ ET PARTICIPATION À LA VIE PAROISSIALE, PAR TYPE, SELON LES STRATES DE RÉSIDENCE Type 0-7 ans 8—12 ans 13 — 15 ans 16 ans et pli JS Total % % % % % URBAINE 100 (123) 100 (288) 100 (64) 100 (66) 100 (541) Non paroissiaux Plutôt non paroissiaux f8< H f}64% 19 } 75 % 65 > 1 9 J 74% 46 17 Partagée 10> 4 2 6 5 Plutôt paroissiaux Paroissiaux 14 ^ 26>)40'° 00 O OO f—i »—H 12 } 20% 8 ) 6< / 14% 10 18 Ambiguë 3 4 3 6 4 SEMI-URBAINE 100 (108) 100 (183) 100 (33) 100 (57) 100 (381) Non paroissiaux 15 20 24 26 20 Plutôt non paroissiaux 7 12 6 16 11 Partagée 2 4 6 7 4 Plutôt paroissiaux 10 15 15 14 13 Paroissiaux 64 > 44 42 21< 46 Ambiguë 2 4 6 16> 6 RURALE 100 (331) 100 (157) 100 (14) 100 (15) 100 (517) Non paroissiaux 13 \ 28% 20 \ 35% 21 \ 35% 40 > ï 47% 16 Plutôt non paroissiaux 15/ 15/ 14/ 7 j 15 Partagée 12 9 7 — 10 Plutôt paroissiaux 18 \ 58% 13 1 53% 21 1 50% 13 ) 40% 16 Paroissiaux 40 / 40 / 29 / 27 / 40 Ambiguë 2 3 7 13> 3 type ainsi que le quatrième et le cinquième.La comparaison des pourcentages obtenus est assez révélatrice.Nous retrouvons les mêmes tendances que dans le tableau des revenus.Ces deux facteurs devraient être étudiés isolément, mais il peut, dans plusieurs cas, y avoir relation de conséquence du niveau de revenu à celui de scolarité.En milieu semi-urbain, on remarque une moyenne très élevée de participation paroissiale, quel que soit le degré de scolarité, même si elle diminue un peu chez ceux qui ont 16 ans et plus de scolarité.En milieu rural, le degré de scolarité ne semble pas influer tellement sur le degré de participation paroissiale.Quant à la communauté de travail, le degré d'intégration semble être inversement proportionnel au degré de scolarité.LE TEMPS DE RESIDENCE Un facteur prépondérant et évident d’intégration à la communauté de résidence est le nombre d’années de résidence.Il semble cependant que la norme maximum de participation est atteinte entre 5 et 9 ans de résidence (tableau VII).Une autre constatation, c’est que les gens ont surtout une participation moyenne plutôt que forte.Tableau VII TEMPS DE RÉSIDENCE DANS LA PAROISSE ACTUELLE ET RELATION POSÉE ENTRE CAISSE POPULAIRE ET PAROISSE Relation 0-4 ans 5-9 ans 10 ans et plus Total % % % % Faible 33 > 31 23 25 Moyenne 41 46 41 42 Forte 26 < 23 < 36> 33 Total 100 100 100 100 (221) (185) (U38) (L544) Lorsque nous étudierons, donc, la relation entre la Caisse et son milieu, il faudra nous rappeler que les individus peuvent être intégrés à deux types principaux de communautés, — de travail ou de résidence — , et que leur degré d’intégration est sujet à des facteurs comme le revenu, le degré d’instruction, et le temps de résidence.Il faudra aussi nous rappeler que les populations peuvent subir l’attraction de pôles plus vastes (quartiers, villes environnantes) dans la poursuite de la satisfaction de leurs besoins sociaux ou économiques.IDENTIFICATION DE LA COMMUNAUTÉ ACTUELLE LA COMMUNAUTÉ RURALE Nous avons vu que ce qui caractérisait la société rurale traditionnelle, celle à laquelle se sont identifiées les premières Caisses populaires, c’est l’homogénéité de la population, tant au point de vue occupation, ethnique, que religieux.La communauté rurale actuelle, par contre, est hétérogène.D’après le recensement, nous notons les proportions suivantes d’occupations en milieu rural : Administrateurs et professionnels.7.8% Employés de bureaux.4.3% Ouvriers.51.5% Cultivateurs.38.5% Rentiers.?Le tableau VIII (rural) illustre la variété des occupations de ceux qui ont répondu aux questionnaires en milieu rural.Tableau VIII MILIEU DE RÉSIDENCE ET NIVEAU PROFESSIONNEL Niveau professionnel Rural Semi- urbain Urbain Total % % % % Hommes de professions, gérants, administrateurs 3< 17> 13 11 Semi-professionnels, petits administrateurs et commerçants 14< 20 21 18 Employés de bureaux et assimilés 5< 15 18> 13 Ouvriers spécialisés 9< 20 > 18> 15 Ouvriers semi-spécialisés et journaliers 20 20 23 21 Cultivateurs 46 > 6< 4< 19 Indéterminés et rentiers.3 2 2 2 Total 100 100 100 100 (556) (399) (595) (1,550) 151 Répartition de la population agricole et non agricole dans une région, celle des Trois-Rivières : RÉPARTITION PROPORTIONNELLE Divisions de recensement Population rurale agricole Population rurale non-agricole Champlain et Saint-Maurice.8.3% 15.0% Maskinongé 27.8% 43.4% Berthier 27.8% 28.2% Joliette 19.4% 25.2% Nicolet 48.5% 37.1% Yamaska 51.9% 38.4% À part les comtés de Nicolet et d'Yamaska, la population rurale non-agricole est supérieure en nombre à la population agricole.Il s’agit de milieux ruraux en évolution.L’homogénéité économique et sociale est donc chose du passé.Nous avons vu que ces nouvelles populations se referent, soit à la communauté paroissiale, soit à la communauté de travail, soit à certains pôles économiques et sociaux.LA COMMUNAUTÉ URBAINE D’après le recensement, nous constatons les proportions d’occupations dans les régions urbaines: Administrateurs et professionnels.21% Employés de bureaux.19% Ouvriers.65% Cultivateurs.1 % Rentiers.8% La population urbaine est hétérogène.C’est le type de population le plus susceptible, de ce fait, de s’identifier à de nouveaux groupes de communautés.En plus de la communauté paroissiale, de la communauté de travail, cette population hétérogène a tendance à s’identifier à des groupes d’intérêts.Ces groupes peuvent être reliés à des intérêts économiques, sociaux, culturels ou religieux.La communauté urbaine peut donc être multiple.LA CAISSE POPULAIRE ET LE MILIEU Il ressort, de ce que nous venons de voir, — que la communauté rurale n’est plus homogène, plusieurs types d’occupations s’y trouvant; — que la communauté urbaine est complexe, que non seulement les types d’occupations sont variés, mais qu’on y voit surgir des groupes d’intérêts qui peuvent être de véritables sous-communautés urbaines.La Caisse populaire est une association de personnes qui s’unissent en vue de satisfaire, par l'intermédiaire d’une entreprise économique, des besoins individuels et communautaires.Donc, la Caisse populaire, si elle doit être communautaire, doit refléter dans la composition de ses différents comités, les différents types de populations qu’elle dessert et se greffer aux communautés existantes.Ces deux conditions sont essentielles si on veut que les membres soient intégrés à la Caisse populaire.Afin de bien saisir le milieu que desservent les Caisses urbaines, nous avons étudié la répartition territoriale de quatre Caisses urbaines.Nous voulions ainsi évaluer les conséquences des déplacements de populations dans les grandes villes sur le caractère paroissial et territorial des Caisses populaires.La Caisse populaire Saint-Jacques {Montréal) La Caisse populaire Saint-Jacques compte 5,355 sociétaires, dont 59% vivent en dehors des limites de la paroisse.12.5 habitent à un mille du centre de la paroisse, 4.2% à 5 à 6 milles de leur Caisse.Importance du milieu de travail comme pôle d’attraction.La Caisse populaire Saint-Vincent-de-Paul {Montréal) Cette Caisse populaire, voisine de la précédente, compte 900 sociétaires dont seulement 99 (ou 10.9%) vivent à l’extérieur de la paroisse.La Caisse populaire Saint-Cœur-de-Marie {Québec) Cette Caisse se ressent des déplacements de populations du centre de la ville vers les banlieues (Sainte-Foy, Limoilou, Saint-Pascal, etc.) Le caractère paroissial de cette Caisse est très fortement modifié par la transformation du quartier Saint-Cœur-de-Marie.Des 1,590 membres, 447 (ou 28%) vivent à l’extérieur de la paroisse.La Caisse populaire Notre-Dame-de-Québec Cas analogue à Saint-Cœur-de-Marie.Des 1,750 membres, 28.9% (506) vivent en dehors des cadres aroissiaux.124 d’entre eux résidant en dehors e Québec et Sainte-Foy sont quand même des membres très actifs.Importance du milieu de travail comme pôle d’attraction.Nous avons demandé au gérant de la Caisse populaire de la Nativité d’Hochelaga (Montréal) de bien vouloir nous faire une analyse des membres de la Caisse résidant en dehors des limites de la paroisse.Cette Caisse comptait, au mois de septembre 1964, 5,477 membres, dont 2,828 habitaient en dehors de la paroisse.1,398 résidaient dans la paroisse au moment de la fondation de la Caisse (1943) mais se trouvent en dehors depuis la subdivision de la paroisse ; 399 résident ailleurs, dans une paroisse où il n’existe pas de Caisse populaire ; 108 ont obtenu un prêt hypothécaire pour l’achat d’une maison située en dehors de la paroisse, et y sont déménagés ; 87 ont leur lieu de travail près de la Caisse ; 836 n’ont aucun lien avec la paroisse.Un certain nombre de ces membres y déposent parce qu’ils ont des parents dans la paroisse ou parce que le ou la fiancée y réside.Ces cinq cas nous démontrent la présence dans le milieu urbain d’un facteur d'éclatement du noyau paroissial (le noyau paroissial continuant a exister quand même), d’un facteur d'attraction du même pôle paroissial pour des fins économico-sociales.< RÉSULTATS DES INTERVIEWS i Communauté ÉLÉMENTAIRE Agriculteur pauvre, ouvrier non qualifié.2 Le oroupe-outil Petit commerçant, ville ou campagne, col blanc, employé civil.3 La collectivité ENGAGÉE Ouvrier qualifié urbain.Agriculteur adapté à technologie.4 L'association FORMELLE Professionnel libéral urbain.6 La société abstraite Homme d’affaires moderne et prospère.Ca ractéris tiques de la population.Marginale.Bas niveau de vie, occupation et revenus inférieurs.$3,200.Petite bourgeoisie nord-américaine.Village moyen, prospère, quartier de ville, banlieue.$6,400.Ouvriers spécialisés et agriculteurs modernes et prospères.$4,200.Milieux professionnels urbains.Attitude détachée mais utilitaire.$14,000.Gens des grands secteurs urbains et banlieues.Commerçants, industriels.$30,000.Organisation sociale.Associations et famille.Dans aucune association.Famille seul milieu social compréhensif et compris.Autres milieux absents.Membre de groupes favorisant fins personnelles, utilitaires.Engagement partiel de l'homme.Vie individuelle et familiale incompatible avec statut social désiré.Intégrés à la société.Conscience sociale plus développée.Action et engagement s'ensuit.Famille aussi agit au communautaire dans manifestations importantes.Vie sociale paraît détachée de vie personnelle.Vie retient son homme conscient dont société requiert la présence.Masque cache la séparation.Vie personnelle de simple existence et diminuée devant vie sociale orientée vers société d'échange et valeur en prix.Participation à vie organisée de la société.Non-membre d’associations.Action nulle.S’applique aussi à paroisse.Si syndiqué, lien de cotisation n'entraîne pas nécessairement l’individu.Dans le sens de l'utilitarisme.Etant rationalisée, doit servir l'intérêt personnel.« Contrats », « contacts ».Statut social pousse vers organisations et associations.Activités où l'homme est total : U.C.C., C.S.N., commission scolaire, conseil municipal, coopératives.Postes de direction atteints par voie d'élection (démocratie).Y aura engagement authentique.Parfois partiel, parfois officiel.Pas nécessairement fictif.Le sens d'un devoir de caste.Travail communautaire en fonction des réalités économiques.Membre d'organismes à caractère économique.Participation impersonnelle sans présence effective.Relations sociales.De type affectif : urbain, rural.Parents, amis : cercle limité.Interpersonnelles : les seules qu'on se permette et sans formalité.Mêlées de sentiments et de rationalité.On cherche à s'identifier aux situations environnantes où le subjectif peut être servi.Ressemblances avec celles du groupe-outil.Caractère formel, statutaire, occasionné par la représentation du groupe.Relations formelles qui rejoignent la vie personnelle privée et publique.Individu difficile à attein-dre, ne se donne pas spontanément.Ordinairement conforme à l'orientation économique de l'individu.Fonctionne sur un modèle.On cherche le rendement maximum.La Caisse populaire.Vue comme institution de charité.Au rural on traite avec le gérant seulement.Même phénomène à la ville, si gérant connu.Autrement, C.P.associée à banque.C.P.n'est pas leur affaire, mais celle des autres.Est une organisation utile.On lui donne des buts de caractère privé.Le sens communautaire de l'entreprise est réduit au minimum.On ne vise pas l'ensemble du milieu.Accent sur l'efficacité bureaucratique et économique.Souvent vue négativement.« Une banque comme les autres ».Orientée vers l'efficacité économique et administrative.Mais on la croit capable de plus qu elle l'est en réalité.Vue comme un autre organisme de bienfaisance.On l'administre parce qu'on rend service.On y met de l'argent et on aide les pauvres.On se prête mais on ne se donne pas à une communauté.Vue au niveau de La Fédération comme force économique capable d'investissements massifs propres aux développement industriel.Petite Caisse vue comme succursale de banque assurant sécurité et rendement maximum des dépôts individuels.153 Un colloque des dirigeants de La Fédération et des Unions régionales IRÉNÉE BONNIER Un colloque groupant les dirigeants de La Fédération et ceux des Unions régionales a eu lieu à L'Institut coopératif Desjardins, les 18, 19 et 20 juin derniers.Dans les prochains numéros de La Revue Desjardins, nous reviendrons sur les travaux qui y furent présentés et sur les rapports des diverses commissions.Nous aimerions tout de suite attirer l'attention des lecteurs de La Revue Desjardins, sur le contenu du texte du président, monsieur Emile Girardin, ainsi que sur l'échange de vues qui eut lieu entre les participants et le père Steinmann, o.m.i., lors de la messe du dimanche, 19 juin.Nous constituons une nouvelle société.C’est le phénomène que les dirigeants de La Fédération et des Unions régionales ont été appelés à étudier.Cette nouvelle société a des exigences qui ont une répercussion sur les politiques d'opération et sur les modes de fonctionnement des Caisses populaires.Les dirigeants se sont posés la question suivante : Que doivent faire La Fédération et les Unions régionales pour que les membres des Caisses populaires retirent de leurs structures coopératives le plus possible d'avantages dans cette nouvelle société qui est la nôtre ?Monsieur Girardin attira l'attention des participants sur trois phénomènes qui se sont produits dans notre société depuis une trentaine d'années : 1.Nous constatons d'abord, a-t-il dit, un changement radical du type de population.La province de Québec était auparavant une population en majorité rurale, sinon agricole ; aujourd'hui, 75% de la population est de type urbain et 7% seulement de la population peut être classifiée comme agricole.2.Ensuite, notre économie est maintenant beaucoup plus industrielle que rurale.Lorsque l’économie était de type rural, on pouvait observer de très grandes similitudes entre les diverses régions de la province et entre les diverses Caisses populaires.Aujourd'hui, des différences marquées existent, tant au niveau des investissements faits dans chacune des régions économiques qu'au niveau du revenu personnel des individus.5.Autrefois, l'Etat prenait très peu d'initiatives dans les domaines économique et social.L'Etat provincial joue aujourd'hui un rôle de plus en plus prépondérant.Phénomène important.Il est question de plus en plus de « planification », de « coordination », de « direction générale », tant au niveau de l’Etat qu'au niveau des corps intermédiaires.Au cours de cette messe communautaire du 19 juin, à l'Institut coopératif Desjardins, les participants ont été appelés à engager un dialogue avec le père Steinmann, o.m.i.Comme on le sait, le père Steinmann est responsable d'une mission chez les Esquimaux de Povungnituk.Au cours de cet échange, nous avons réfléchi sur le sens de la charité et sur le comportement des chrétiens.Ceux-ci doivent éviter de porter des jugements de valeur rapides sur la conduite de leurs voisins, de se scandaliser trop vite de ce qui pourrait leur paraître comme étant anormal.Le désordre qu'on appelle péché est un manque de relation positive entre la créature et son Créateur.C’est en autant qu'une personne fait volontairement obstacle au Plan de Dieu qu'elle établit une brisure entre elle et Dieu.Les chrétiens doivent donc s'efforcer de réaliser cette relation le plus adéquatement possible, et ils doivent aider les autres à la maintenir.C'est en autant que cette relation sera positive de la part du plus grand nombre de personnes, que nous atteindrons à l'ordre, à l'entente et à la paix sur la terre.Nous devons essayer de voir le Plan de Dieu et nous efforcer sans cesse d'aider les autres avec la vraie charité dont le Christ a donné l'exemple.L'extraordinaire de ce dialogue fut que des chrétiens devaient réfléchir tout haut ensemble sur la caractéristique fondamentale du chrétien : être charitable.Sans doute, cette expérience enrichissante a-t-elle aidé à la communication entre les participants au colloque.Elle a certainement contribué à ce qu'il en résulte quelque chose de positif et de constructif.< Notes et commentaires CYRILLE VAILLANCOURT Le Financial Post et les Caisses populaires Dans son édition du 9 juillet 1966, le Financial Post publiait un article assez virulent contre les Caisses populaires, intitulé : It’s time to milk this Sacred cow.Un journaliste nous ayant téléphoné pour avoir notre opinion à ce sujet, nous lui avons répondu comme suit : « Cet article du Financial Post, c'est la même rengaine de toujours.Que les directeurs des Banques, par exemple, travaillent sans rémunération monétaire avec autant d'ardeur et d'enthousiasme que nos 15,000 dirigeants de Caisses populaires dans la province de Québec, et ce sera un avantage pour les Banques parce que leurs gens réaliseront qu'il y a un groupe qui s'occupe d’eux.Dans les Caisses populaires, les sociétaires se rendent compte que leurs administrateurs veulent les aider ; c'est ce qui a fait le succès de notre mouvement.Si l'on veut taxer les Caisses populaires, il faudra taxer le dévouement de tous ces administrateurs qui travaillent bénévolement au bien-être de leurs concitoyens.Comment arriver à évaluer la taxation sur le dévouement ?« Un autre point à considérer, c'est que les Banques ont des réserves cachées qui s'élèvent à bien au-delà de $100 millions, et sur ces services les Banques n'ont jamais payé d’impôt.Dans la nouvelle loi qui vient de passer devant le Parlement fédéral on demande aux Banques de révéler le montant de leurs réserves cachées, ce qui amènera peut-être un redressement à ce sujet.» 154 LIVRES ET AUTEURS CANADIENS 1965* Prenez le temps de lire On ouvre toujours avec un peu de fierté Falbum qu’Adrien Thério fondait, il y a cinq ans, et qui met le lecteur curieux en contact avec les auteurs canadiens.L’album 1965 se présente bien, beau papier, photographies intéressantes, collaboration variée et parfaitement libre dans son expression.Cette année, on ne juge pas seulement les écrivains de 1965 : on remonte à l’année 1960, en espérant sans doute avoir un progrès et des résultats éclatants.La déception est visible.J’ai encore dans l’oreille la confidence que me faisait un professeur de littérature française : « Quand j’ai lu cinq ou six ouvrages canadiens, j’éprouve un mal de chien à écrire : il me faut l’antidote de quelques bons livres français.» Les romans seront vite oubliés.Qui est-ce qui lira Le Funambule de Wilfrid Lemoine en 1967 ?ou L’incubation de Bessette, Ce maudit soleil de Godin et Pleure pas, Germaine de Claude Jasmin ?Le Couteau sur la table de Jacques Godbout est déjà mis dans le tiroir et le Journal d’un hobo dort dans la poussière avec d’autres « épiceries » que des incultes ou des « non-instruits » imposent au programme des pâles éphèbes de nos collèges, au nom d’un nationalisme plus que douteux.La poésie fait penser aux sauteries yéi/é de notre télévision : c’est la même monotonie d’une semaine à l’autre, d’une plaquette à l’autre, avec, bien entendu, une exception ou deux que notre civilisation exaspérée de bruit et de nouveau ignorera « dans un mois, dans un an ».Je salue en passant le charmant poète Sylvain Garneau si vite emporté par la tourmente.Il m’avait envoyé son premier recueil que j’ai prêté et qui, vous le pensez bien, n’est jamais revenu.Qu’est-ce qu’on lui a fait à cet être ailé visité par les dieux ?1.Chez l’auteur ou dans les bonnes librairies.Les Essais sont nombreux.La plupart, cependant, se cantonnent dans la hargne, surtout lorsqu’il s’agit de politique, de philosophie et de spiritualité.On ne creuse rien et l’ignorance du passé fausse les vision de l’avenir.Je ne vois ici aucun livre capable d’instruire.En politique on attribue les malheurs de la nation, au voisin.On oublie que certaines enquêtes qu’on veut toujours « royales », même si l’on est contre la reine, sont loin de toujours nous blanchir.En éducation, on a peur de perdre ce que l’on n’a jamais eu ; en spiritualité, nos adultes donnent aux adolescents le témoignage d’une vie qui ignore toute valeur chrétienne et la vacuité western de nos églises en dit long sur la fragilité de notre foi.Tous ces essais sont jugés avec une admiration nationaliste presque puérile.En fait d’art, auteurs et critiques en restent aux rudiments en vertu de ce principe qu’il ne faut blesser ou chagriner qui que ce soit.C’est en histoire que nous pouvons montrer un peu plus de richesse.Mais hélas 1 la langue est pauvre et l’élocution défaillante.Cette fameuse priorité du français dans la Province me semble bien un nouveau repli du peuple à la (( guerre des éteignoirs ».Le théâtre fait péniblement son escalade et La dalle des morts de Mgr Savard est un joyau insolite à travers nos faux diamants.Qui ira demander à Mgr Savard la recette de son triomphe ?Il vous dira : la méditation, le travail, la fuite du bruit et un cœur généreux.Paul Toupin vous dira la même chose.Ce n’est ni la barbe ni la chevelure mérovingienne, ni la haine irraisonnée de l’anglais qui donnent le génie.La littérature pour enfants et adolescents souffre des maladies de toute notre prose en plus d’affecter une fausse bonhomie, une fausse poésie et d’offrir des intrigues sans soleil et sans joie.Le récit de voyage d’une Québécoise en Europe rouge se voit démantibuler comme il convenait : les Canadiens ne sont tout de même pas tous des entonnoirs à bobards.On ne juge pas assez sévèrement les ouvrages d’ordre politique tissés d’erreurs, ivres de nationalisme virulent et débouchant sur des perspectives impossibles.Je trouve que l’on plaint trop le peuple des injustices qu’il subit sans s’occuper de celles qu’il commet avec allégresse.Il faut avouer que juger les livres est une tâche difficile et qu’il y faut du courage et du temps.Mais je serais bien désolé si Adrien Thério cessait de publier bon an, mal an, son panorama de nos lettres.L’abbé ÉMILE BÉGIN (Dans La Revue de l’JJniversité Laval.) (( Le plus beau titre de noblesse dans la vieille France^ est de compter un croisé parmi ses ancêtres.Le citoyen des Etats-Unis ne connaît pas de titre de noblesse supérieur à celui qui le rattache à la lignée des Pilgrim Fathers.(.) Il nous semble qu’un Canadien français, qui peut faire remonter sa famille à au moins 1666, a le droit de dire : mon premier ancêtre canadien fut un des fondateurs de la Nouvelle-France.C’est une gloire plus modeste que celle qui remonte aux croisades, mais qui n’est pas inférieure, loin de là, à la glorification des Pilgrim Fathers.Le premier recensement de la Nouvelle-France remonte précisément à 1666.C’est donc notre livre de noblesse ou de gloire.).> PIErRE-GeorgeS Roy 1.Le premier recensement de la Nouvelle-France, dans RAPQ, 1935-36, p.1.155 « IL EST MALHEUREUSEMENT FORT DIFFICILE, EN DÉMOCRATIE, DE FAIRE RAISONNER CERTAINES GENS.» — CYRILLE VAILLANCOURT Le pavillon des sciences humaines de l'université Laval, la nuit.— Photo: J.Horvath.>
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