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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1967, Collections de BAnQ.

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PER R-243 LA REVUE DESJARDINS NOËL >B7 Lino de Bernard Ouellet La pensée économique et politique de Desjardins* YVES RO BY Desjardins veut, au moyen des Caisses populaires, assurer à ses compatriotes les outils nécessaires, afin qu’ils puissent devenir au Canada les maîtres incontestés dans tous les domaines et se défendre contre les attaques de leurs concurrents.En effet « si notre développement matériel n’a pas été ce qu’il aurait dû être, n’est-ce-pas dû à l’absence de capitaux, tandis que cette force était fournie avec abondance à nos concurrents plus heureux )).l Remarquons que Desjardins ne voit dans les Anglais que des concurrents plus favorisés.Selon lui, les Canadiens français, dans leurs relations avec leurs voisins de l’ouest et de l’est, doivent viser à atteindre la plus parfaite harmonie possible.(( La Providence, dans ses desseins éternels, a voulu que notre province fut habitée par une population presque homogène au point de vue de la race, de la foi religieuse, des traditions nationales et qui, depuis un demi-siècle surtout, tend irrésistiblement en quelque sorte à réaliser une homogénéité complète.Que ce fait soit pour nous, non pas la source ou le motif d’aucune prétention blessante, d’aucune jactance périlleuse, d’aucune vantardise de nature à provoquer des défiances soupçonneuses, d’aucune animosité pleine de dangers pour la bonne entente et l’harmonie entre tous les groupes d’origine diverses qui peuplent la Confédération, bonne entente et harmonie faites de respect mutuel et de dignité sûre de sa valeur.Que ce fait dont il n’est pas inconvenant de nous réjouir dans notre for intérieur sans manifestation provocatrice, ne fasse pas naître en nous un esprit étroit, un egoïsme mesquin, d’une intransigeance boudeuse ou tracassière, mais qu’il soit plutôt le point de départ d’une bienfai- * Roby, Yves, Alphonse Desjardins et tes Caisses populaires, 1854-1920, Chez Fides et au Service de la papeterie de La Fédération : $2.1.Alphonse Desjardins, MOAPQ : 167.santé émulation d’un désir légitime et élevé de surpasser les autres races qui partagent avec nous le sol canadien.Qu’il nous suggère et imprime dans nos cœurs le noble idéal de marcher à la tête des autres groupes, non par des luttes violentes, mais par des œuvres économiques et sociales qui multiplient nos richesses (.) Tendons à être les premiers dans la Confédération, comme nous avions été les premiers à prendre possession de son sol (.) Par là, nous accroîtrons notre influence sur la marche des affaires générales du pays infiniment plusquepar des revendications bruyantes ou de vaines déclamations.)) 2 Toutefois, l’étude de sa correspondance, force nous est de le constater, révèle une orientation politique sensiblement différente.Les Canadiens anglais n’y apparaissent plus comme les valeureux concurrents avec qui les Canadiens français doivent travailler à l’édification d’un Canada uni et puissant, mais ils se présentent comme des adversaires.Desjardins s’inquiète de la mainmise et de la prépondérance anglo-saxonne sur l’économie franco-canadienne.«Qu’on ne se fasse pas d’illusion à l’heure qu’il est, la presque totalité de nos épargnes est mise au service des Anglais par le canal des banques, même de celles qui se prétendent canadiennes-françaises mais dont les actionnaires sont prêts à se vendre aux banques anglaises quand cela fait leur affaire.» 3 « C’est là une situation, estime-t-il, extrêmement périlleuse car ils (les Anglais) se serviront de l’influence que leur donnera l’épargne de nos compatriotes pour les étrangler au besoin.))4 Ce que Desjardins veut, en somme, c’est mettre 2.Ibid., 226-227.3.Alphonse Desjardins à H.Guy, curé et gérant de la Caisse populaire de Saint-Onésime, Kamouraska, 17 juillet 1920.0.21 : 2.1-1.70.4.Du même au même, 4 mars 1919.0.21 : 2.1-1.53.SOMMAIRE Gloire à Dieu au plus haut des 1 deux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! Cyrille Vaillancourt Visiteurs français 200 Rosario Tremblay Une nouvelle expérience : La 201 Caisse des jeunes Edouard-A.Tardieu Les coopérateurs dans le monde 203 Le cardinal Léger chez les 204 lépreux Cyrille Vaillancourt RÉDACTION ET ADMINISTRATION «L’action des catholiques dans 200 le monde contemporain » Paul-Emile Charron Les différentes fonctions dans 208 une Caisse populaire Luc Giguère Le développement - nouveau 210 nom de la paix S.S.Paul VI Table des articles du volume 213 XXXIII au service des œuvres et du progrès matériel de ses compatriotes « l'épargne catholique franco-canadienne ));5 de sorte qu’ils puissent se passer des capitalistes anglais.Le nationalisme du fondateur des Caisses populaires ne se limite pas aux frontières du Québec, du Canada français.Loin de là ! « Nous croyons », dit-il, « que la Caisse populaire est une véritable planche de salut pour notre élément aux Etats-Unis.» 6 « Ce que je rêve, ajoute-t-il dans une lettre à Orner Héroux, c’est la création d’un régime économique (.) couvrant tous nos groupements français (.).Ces réalisations (coopératives) donneraient à nos compatriotes la puissance matérielle d’une organisation économique supérieure, et cette puissance, à son tour, ne serait-elle pas un rempart imprenable derrière lequel nous serions à l’abri des coups de nos adversaires ou rivaux (.).Voilà ma pensée intime.Ne vous semble-t-il pas qu’elle ne déparerait pas le programme nationaliste ?» 7 < 111 iÿ ffa illlt laiii w Ei te fui #o uac 5.Du même au même, 17 juillet 1920.0.21 2.1-1.70.6.Desjardins, Alphonse, « Les Caisses populaires », l'Opinion publique (Worcester) 12 juin 1911.7.Alphonse Desjardins à Orner Héroux, 1er !l* mai 1911.0.21 : 2.5-15.8.Vol.33 - N° 12 Lévis, décembre 1967 LA REVUE DESJARDINS, organe officiel de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, et tirée ce mois-ci à 17,000 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal (1965), Ltée, à Québec.• Le prix de l'abonnement, pour un an, est $2.50.• Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.V LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES UNIONS RÉGIONALES DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS, AVENUE DES COMMANDEURS, LÉVIS (QUÉBEC) Gloire à Dieu au plus haut des deux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté I p CYRILLE VAILLANCOURT ^ ; j tS;r< ! ¦ii?!e fü ansi •OÜji ‘ît il* ttel I gs m 'tar: i K* BM past ( y~.~; isaïc ; .G tOIt îmi i.«1 Si S 12 i» De nos jours, la grande fête de Noël est plutôt une célébration profane : on fête (( Santa Claus )), le Père Noël, mais la naissance du Christ, combien hélas ! n*y pensent pas beaucoup.Il y a tellement de gens, aujourd'hui, qui ne croient plus.Lorsqu'il fonda sa Caisse populaire, il y a 67 ans, monsieur Des jardins mit toute sa foi en Dieu, car il voulait mettre sur pied une œuvre pour aider les siens, les petits, les humbles.Il savait aussi que ceux qui plaçaient le culte de l'argent avant tout ne réalisaient pas ce but qu'il avait en vue avec ses Caisses populaires : aimer Dieu, en aimant et en aidant son prochain.En 1905, monsieur Desjardins se rendit encore davantage à l’évidence qu'il avait besoin d'une foi indéfectible pour établir solidement son œuvre et lui assurer sa survivance.Quelques-uns de ses concitoyens étaient allés voir madame Desjardins pour la persuader de convaincre son mari d'abandonner son travail d'organisation de Caisses populaires, parce que, lui disaient-ils, monsieur Desjardins n'étant pas un financier ni un économiste, tôt ou tard il y aurait des faillites dans les Caisses populaires, et il en serait tenu responsable, sans compter qu'il mettrait ainsi sa famille dans la misère.Madame Des jardins se rendit à Ottawa pour rencontrer son mari et pour essayer de le convaincre de renoncer à poursuivre son travail d'organisation de Caisses populaires, de façon à protéger la sécurité de sa famille.C'est cette même année que monsieur Desjardins, inspiré d'une foi plus ardente, composa sa prière au Sacré-Cœur de Jésus, en demandant, que si son œuvre devait faire du mal à quiconque, de ne pas permettre qu'il continue dans cette voie.«te' i*1 u"»’ iü* Si je me trompe, dit-U dans cette prière, éclairez-moi et inspirez-moi un invincible dégoût, une grande aversion pour l’idée que je poursuis et qui sert de but à mes travaux.Que je la repousse avec une sorte de mépris, si c’est votre bon plaisir, et jaites-la au moins s’évanouir dans mon esprit.Que je n’y pense même plus à l’instant et j’en serai mille jois heureux.Éloignez de mon cœur toute vanité mensongère, tout désir irréalisable, toute chimère, tout rêve absurde.Si vous voulez que je persévère dans cette voie, oh ! mon Dieu, suppléez à ma jaiblesse par votre jorce ; aplanissez les obstacles ou donnez-moi les moyens de les surmonter.Dans ce cas comme dans l’autre, donnez-moi la plus parjaite résignation à votre sainte volonté.Que vos desseins soient les miens, que vos désirs soient des ordres pour moi.Daignez, ô Jésus, diriger, inspirer mon activité, quelle qu’en soit la fin dans vos desseins éternels .Monsieur Des jardins a toujours eu une foi indéfectible en Dieu; c'est pourquoi ses Caisses populaires se sont développées petit à petit, pour le plus grand bien de leurs sociétaires.Si, depuis 35 ans que La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins existe, les Caisses populaires ont pris l'expansion qu'elles connaissent aujourd'hui, c'est parce que les dirigeants du mouvement ont gardé ce même esprit de foi qu'avait monsieur Desjardins.S'ils venaient à perdre cet esprit, c'en serait fini des Caisses populaires ; elles rencontreraient tous les obstacles, et elles cesseraient de faire le bien qu'elles ont fait depuis 67 ans.Cette année, nous célébrons le trente-cinquième anniversaire de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins qui a été fondée en 1932, et nous chantons la gloire et la louange de tous ceux qui se dévouent à cette grande œuvre méritoire de rédemption sociale et de relèvement économique.Demeurons des croyants, ayons foi en Dieu, qui s'est révélé à nous, par l'entremise de son Fils, le Christ Sauveur, qui s'est incarné pour nous diviniser, continuons comme autrefois de célébrer et de chanter la naissance du Sauveur et essayons d'instaurer sur la terre la paix promise aux hommes de bonne volonté.Croyons en ce Dieu qui est notre Père à tous et qui nous aime tous.Fêtons la Noël et 199 l'Enfant-Dieu qui est né, et animés de cet esprit, contribuons à répandre sur la terre la paix promise aux hommes de bonne volonté.P.S.— Un gérant de Caisse populaire a organisé la société de Les Amis du Sacerdoce.Quelques Caisses populaires veulent bien fournir des fonds pour cette œuvre.Cette Société a été fondée dans le but de grouper les dirigeants et les sociétaires des Caisses populaires qui désirent collaborer à l'éducation des vocations sacerdotales d'adultes en lui apportant une aide financière.Comme le dit le fondateur de cette Société, il y a de nombreuses vocations sacerdotales d'adultes dont l'éducation s'est interrompue faute de moyens financiers ; ils ont besoin de nous.Ceux qui veulent contribuer à cette œuvre Les Amis du Sacerdoce n'ont qu'à écrire à : Les Amis du Sacerdoce, 3641 est, boulevard Gouin, Montréal 39, Qué.Us feront un bien immense qui vaudra beaucoup plus que ce que l'on essaie de faire sur le plan temporel.Faire de l'argent c'est assez facile parfois ; mais créer du bonheur chez les autres, c'est plus difficile mais beaucoup plus valable et du- rable.C.V.1 # Nous avons écrit dans notre éditorial de la Revue Desjardins d’octobre 1967 que les Caisses populaires avaient fourni les fonds nécessaires pour la mise sur pied des organismes du mouvement Desjardins, sans pour cela risquer la sécurité des dépôts de leurs membres.Nous précisions que d’après les lois régissant La Société d’assurance des Caisses populaires et L’Assurance-Vie Desjardins, seulement 30% de l’avoir-propre des Caisses populaires pouvait être utilisé à cette fin.Il aurait fallu mentionner 35%, puisque le pourcentage de l’avoir-propre des Caisses populaires autorisé pour La Société d’assurance des Caisses populaires est 20%, et pour L’Assurance-Vie Desjardins, 15%.C.Vaillancourt Visiteurs français ROSARIO TREMBLAY Dans les cadres des échanges France-Québec (ASTEF), cinq éminents coopérateurs français, qui font la visite des fédérations coopératives et des coopératives provinciales de notre mouvement coopératif du Québec, sont venus au siège social de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, vendredi, le 17 novembre 1967.Cette délégation française était composée de : Monsieur Georges Boully, directeur de l’Institut des Etudes coopératives ; Monsieur Bernard Dachary, directeur du Service économique et financier de la Coopérative d’études et réalisations d’équipement médicaux ; Monsieur Henri Lecomte, directeur adjoint du groupe coopératif «La Franciade » ; Monsieur Jean Reboul, directeur de La Fédération nationale du Crédit agricole ; Monsieur Étienne Rives, président de l’Institut français d’Action coopérative.Des coopérateurs québécois avaient fait, en novembre 1965, la visite des coopératives de France.Ces coopérateurs de France ont été accueillis par monsieur le sénateur Cyrille Vaillancourt, directeur général de La Fédération messieurs Paul-Emile Charron, directeur général adjoint; André Morin, directeur du Service de la recherche ; Valbert Dugas, directeur des Services techniques ; Gilles Jobin, directeur du Service du personnel ; et Rosario Tremblay, officier des relations publiques.Monsieur Charron a rappelé les principes régissant les Caisses populaires Desjardins, leur structure juridique et financière, les services qu’elles rendent à leurs membres et à la communauté qu’elles desservent.Il a présenté ensuite les institutions d’assurance et de fiducie qui s’y rattachent et prolongent : leur action.Un échange fructueux de vues s’en est suivi.Les visiteurs ont posé moult questions relatives à jfi l’orientation générale des Caisses 1 populaires, aux prêts aux membres, aux rapports des Caisses avec les entreprises coopératives et les entreprises industrielles et commerciales, l aux placements et, enfin, au rôle des ( Caisses régionales ou centrales et de i la Fédération provinciale qui les groupe.Ils ont aussi visité La Caisse populaire de Lévis, L’Union régionale de Québec et son organe financier, La Caisse centrale Desjardins de Lévis.Ils ont ainsi eu l’occasion de connaître, grâce aux renseignements que leur a donnés monsieur Vaillancourt, les débuts modestes et parfois difficiles de l’œuvre des Caisses populaires Desjardins.Nous avons été heureux d’accueil- ! lir ces coopérateurs français qui ont manifesté un vif intérêt et une grande satisfaction devant le dynamisme du mouvement Desjardins inspiré et > soutenu par les succès toujours grandissants des Caisses populaires 1 Desjardins et des institutions qui J leur appartiennent.Nous espérons i que ce séjour parmi nous leur aura été utile.< 200 Une nouvelle expérience: La Caisse des jeunes ÎUi aitt naii plus du.Itl’H alia/ ' ïU’p SîHi leu.uLi Issu.my eà Hait.,; pou JJ, art ueiB-* teffi ives! liiiî! ihrt c te ntre aît-v le dû eiii i te e pi-::i.( ÉDOUARD-A.TARDIEU PRÈS DU FLEUVE GÉANT C’est sur la rive sud du Saint-Laurent, à Lévis, qu’a vu le jour ce prodigieux phénomène économique qui attire maintenant l’admiration du monde entier : la Caisse populaire Desjardins.Sur cette même rive sud, près du fleuve géant, mais cette fois-ci en face de Montréal, à Longueuil et à Ville-Lemoyne, une nouvelle expérience a été imaginée et, depuis deux ans, elle progresse et commence à retenir l’attention du public.C’est la Caisse des jeunes.Certes, il existe déjà, depuis de nombreuses années, des Caisses scolaires.Celles-ci sont intégrées dans les écoles où elles prennent naissance et, ordinairement, se développent sous la surveillance des instituteurs eux-mêmes.Les Caisses des Jeunes dont nous allons présenter, aujourd’hui, les deux modèles en plein développement, s’intégrent directement à des Caisses populaires paroissiales.Elles fonctionnent avec la seule participation des enfants qui en font partie, sous le contrôle d’adultes qualifiés.Les caissiers, les gérants de ces Caisses sont donc des jeunes de 12 à 14 ans.LE PREMIER MODÈLE : Saint-Pierre-Apôtre nciei: is i asiJ ag# i#' lests t ils eue!' jioti list1' lire* jjoitf Jate is f [3U5 ] Le premier modèle de Caisse des jeunes a été créé en mars 1965 par le gérant de la Caisse populaire de Saint-Pierre-Apôtre, monsieur Albert Boyer, à Longueuil.Cette Caisse comprend 1,200 élèves, garçons et filles, appartenant à trois écoles de la paroisse.Elle fonctionne seulement durant les vacances d’été, de juin à septembre.Les heures d’opérations sont de midi à 13 heures 30.Son actif a atteint le chiffre de $28,000.Les sociétaires font des dépôts comme bon leur semble : aucun minimum n’est requis.La proportion d’enfants qui déposent de l’argent chaque semaine à cette Caisse des jeunes varie de 75% à 80%.LE SECOND MODÈLE : Saint-Josaphat C’est à Ville-Lemoyne, dans la paroisse de Saint-Josaphat, que la seconde expérience d’une Caisse étudiante a été tentée par le gérant, monsieur Gilles Laçasse.Cette Caisse des jeunes a inauguré sa deuxième année d’existence à la rentrée des classes, en septembre dernier.leur épargne chaque semaine est d’environ 75%.ÉDUCATION DES SOCIÉTAIRES II n’y a pas de coopérative authentique viable sans ce grand principe fondamental : L’éducation.Les gérants des deux Caisses populaires de Saint-Pierre-Apôtre et de Saint-Josaphat le savent très bien.C’est pourquoi, avant de commencer l’organisation de leurs Caisses étudiantes, ils ont pris les dispositions requises en vue de la motivation et de la formation de leurs futurs sociétaires.1 < : i: v as ¦ La Caisse populaire de Saint-Pierre-Apôtre {LongueuiC).—Derrière Le comptoir, deux jeunes caissiers perçoivent Les dépôts ; en avant sur L’estrade, Les enjants attendent Leur tour pour présenter leurs Livrets avec leurs bordereaux de dépôt.Quatre cents élèves venant de deux écoles paroissiales la composent.Cette nouvelle Caisse étudiante travaille toute l’année, les lundi, mardi et mercredi, de midi à 13 heures.Son actif s’élève actuellement à $11,500.Cette somme rapporte des intérêts et tous les déposants bénéficient de l’assurance-vie-épargne.La proportion des élèves à y déposer D’abord des visites ont été rendues aux écoles d’où devaient venir les membres fondateurs de ces Caisses.Des rencontres avec les directeurs, les professeurs, puis des conférences aux élèves ont préparé le chemin.Même après la création des deux Caisses, des éducateurs de la Caisse tutrice vont, de temps en temps, instruire les élèves sur le mouvement.201 À la Caisse populaire de Saint-Josaphat.Les enjants, devant Le comptoir qui Leur est réservé, font leurs dépôts.Derrière, une petite caissière contrôle les bordereaux et reçoit les montants.— Organisez-vous aussi des Cercles d’études ?ai-je demandé à monsieur Boyer.— Je n’y avais pas pensé.Mais savez-vous que ce ne serait pas mal, m’a-t-il répondu.Mais, la Caisse populaire de Saint-Pierre-Apôtre dispose de trois propagandistes qui vont répandre les idées coopératives parmi les écoliers de la paroisse.Ce comité de propagande, au départ, disposait d’un montant de $2,000.Et des prix sont offerts aux jeunes membres suivant la multiplicité de leurs dépôts.Car ce n’est pas tant le montant des épargnes de chacun qu’il faut considérer, mais la répétition du geste qui crée la bonne habitude, un bon état d’esprit.Ainsi, à la fin de la dernière année scolaire, $400 de prix ont été distribués dans les écoles fournissant des membres à la Caisse paroissiale.LA FORMATION PAR L'ACTION Mieux ici que dans les écoles et davantage, m’a expliqué monsieur Gilles Laçasse, gérant de la Caisse populaire de Saint-Josaphat, les en- jants apprennent à connaître notre organisation.On leur confie certaines responsabilités.Ils apprennent à connaître les livres de comptabilité, les opérations d’une Caisse populaire.Ils aiment travailler à la Caisse.Ils aiment et apprécient ce travail.A l’école, c’est l’institutrice qui fait tout ; alors l’enfant a moins d’intérêt.En plus de la formation théorique, c’est la formation pratique qui est ainsi donnée aux jeunes.A Saint-Pierre-Apôtre, deux jeunes gérants de 13 ans sont responsables des activités de la Caisse.Les deux gérants nommés pour cette année sont Jean-Claude René et Claude Gendron.Chaque semaine, deux petits caissiers perçoivent, derrière le comptoir, les dépôts apportés par les sociétaires juchés sur leur estrade.Cinquante (50) petits caissiers ont été ainsi formés depuis deux ans.A Saint-Josaphat, ce sont deux garçons et deux filles de douze à treize ans qui, chaque jour, font office de caissiers.Douze jeunes reçoivent donc, par semaine, un cours de formation pratique d’employés de Caisse.Et tous ces enfants apprennent à utiliser leurs livrets d’épargne, les bordereaux de dépôts, les fiches de Caisse aussi bien et même mieux que les grandes personnes.Car, pour eux, on est plus exigeant ; il faut que chaque garçon et chaque fille prépare soi-même son bordereau de dépôt, tandis qu’il n’y a qu’une minorité d’adultes à s’astreindre à cette obligation.Il faut voir comment ces enfants travaillent avec ordre, avec propreté, nous confient les deux gérants des Caisses populaires, messieurs Boyer et Laçasse.On leur apprend en sus le grand principe de la discrétion en affaires, auquel ils se soumettent aussi fidèlement que des hommes mûrs.Un autre avantage de cette participation active des jeunes à leurs propres affaires, c’est le contact qu’ils entretiennent avec les admi- nistrateurs adultes des Caisses populaires.De cette façon, ils sont libérés de certains complexes qui les portaient à prendre les adultes pour des gens inabordables.Constamment, ils s’adressent à monsieur le gérant pour leurs petits problèmes ou pour certains renseignements.Quand ils seront plus grands, au moment de leur mariage, c’est alors sans crainte qu’ils viendront se confier à ce personnage devenu un grand ami.Et des prêts seront ainsi facilement consentis à ceux qui ont 21 j p®' I f?1 ans.Cette formule d’éducation, explique un message de la Caisse populaire de Saint-Josaphat, permet à nos enfants d’apprendre dès leur Jeune âge le principe de l’epargne et du budget, deux facteurs qui seront très importants pour leur avenir.Ces moyens d’éducation ne sont possibles qu’avec une très grande coopération des enfants et nous espérons de cette façon que les enjants garderont le chemin de la Caisse.: a)1 jlDi ILS S'ATTACHENT À LEUR CAISSE Parce qu’on leur a fait confiance, parce que l’on a éveillé leur sens de la responsabilité et qu’on les a intéressés à leurs propres affaires, ces jeunes gardent une grande fierté à appartenir à leur Caisse populaire.Au début de la présente année scolaire, certaines circonstances portaient les administrateurs de la Caisse populaire de Saint-Josaphat à vouloir fermer le comptoir des jeunes.Mais, devant la protestation de ces derniers, on a dû changer d’idée.Ils s’enthousiasment, ces garçons et ces filles, pour leur Caisse et pour tout ce qu’elle entreprend.Par exemple, à l’époque des prêts d’honneur, ils se dévouent de leur mieux et ils posent toutes sortes de questions intéressantes aux gérants de leur institution.DES JEUNES CHAMPIONS Des journaux de Montréal ont déjà renseigné le public sur l’excellence 202 l'ji> ; Rl it ’ N ; | itâ!]\ ' : furl I ! W : lenîi ^ k ï.é :alot eca srau Had mtî de ces deux experiences qui s'effectuent à Longueuil et à Ville-Le-moyne.Les jeunes sociétaires ont été même interviewés à la télévision et ont obtenu la médaille des champions de la semaine après une émission passée au canal 9.Il fallait voir, alors, avec quel aplomb ils ont riposté à leur interlocuteur qui leur demandait s’ils étaient fiers d’avoir leur banque : Non monsieur, nous n’avons pas une banque, mais notre Caisse populaire.! a UN DANGER upo , mfi iltii 1 jitii J rail i« itptV' i'oc/X' ; Km .mit Sana isJel i init lairt' léfSi» !S P del isaptJ | oit ^ ¦otesB ‘ Une certaine anxiété tracasse cependant monsieur Boyer.Avec les nouvelles dispositions prises par les Commissions scolaires, les écoles paroissiales de Longueuil n’ont plus de 9e ni de 8e année.Force, donc, a été d’œuvrer seulement avec des élèves de la 4e à la 7e année, depuis septembre.Ceux qu’on a formés l’an dernier, voici qu’on les perd.L’année prochaine, on n’aura pas non plus les élèves de la 7e année ; il faudra donc s’arrêter en 6e année.Un problème se pose alors.Comment créer et développer des Caisses pour les étudiants comme celles de Saint-Pierre-Apôtre et de Saint-Josaphat ?Il faudra peut-être, nous dit monsieur Boyer, penser à l’organisation de comptoirs dans les Régionales.Un autre problème : les nouvelles conventions collectives de travail demandent aux professeurs de ne plus s’occuper d’activités para-scolaires s’ils ne sont pas payés en consé- quence Ces professeurs étaient des aides bénévoles d’une très grande utilité dans l’organisation des deux Caisses étudiantes dont nous venons de parler.Va-t-on perdre leur précieuse collaboration, si l’on ne peut pas les rétribuer ?Il est vrai que de ce côté là on nous affirme qu’il y a de belles possibilités d’entente, grâce à des promesses formelles venant des professeurs qui EXPÉRIENCES PROBANTES C’est ce qu’affirment tous les journaux qui ont eu à parler de ces deux Caisses populaires de jeunes : ces deux expériences sont probantes.Et alors pourquoi des essais ne seraient-ils pas reproduits, ici et là, afin que la flamme se propage ?C’est la relève que l’on préparerait ainsi pour demain.Et c’est la pérennité du mouvement des Caisses populaires Desjardins qui serait ainsi assurée.On a besoin de la jeunesse pour construire le monde futur.Or, affirme Baden-Powell, on peut réaliser de très grandes choses avec les jeunes, si on leur jait confiance.< Les coopérateurs dans le monde Neuf millions de nouveaux coopérateurs en 1965 .Ce qui porte le nombre total des membres appartenant à l’ensemble des organisations adhérant à l’Alliance coopérative internationale à 222,800,000, soit une augmentation de 2.1%.Nous vous donnons ci-dessous la répartition en pourcentage des coopérateurs dans les différents continents et dans les différents secteurs d’activités, ainsi que la situation des sociétés coopératives de consommation en Europe.I — RÉPARTITION SELON LES CONTINENTS Continent 1964 1965 Nombre de membres en millions Pour- centage Nombre de membres en millions Pour- centage Europe (y compris U.R.S.S 117.5 54.8 118.6 53.3 Afrique 1.1 0.5 1.3 0.5 Amérique 28.0 13.1 29.5 13.3 Asie 66.6 31.3 72.6 32.5 Océanie 0.8 0.3 1.0 0.4 Total 214.0 100.0 223.0 100.0 II — RÉPARTITION EN POURCENTAGE SELON LES DIFFÉRENTS SECTEURS D’ACTIVITÉS Secteur Consommation.Agriculture.Pêche.Ouvrières de production et artisanales Construction.Crédit.Divers.1964 1965 50.14 49.35 11.00 14.71 0.51 0.56 2.28 2.29 2.16 2.21 31.14 28.04 2.77 2.84 203 IL y a quatre ans environ, le cardinal Léger rendait une première visite aux lépreux d’Afrique auxquels il a décidé de se consacrer totalement.Nous le voyons ici entouré d’une religieuse québécoise et de quelques Noirs, à Kitega, au Burundi.Son Éminence répond ainsi aux appels angoissés de Jean XXIII et de Paul VI.Dans l’encycliqueVo-pulorum progressio le Souverain Pontife régnant s’exclame en effet : « Le combat contre la misère, urgent et nécessaire, est in-suffisant.Ils’agitde construire un monde où tout homme, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vi vre une vie pleinement humaine, affranchie des servitudes qui lui viennent des hommes et d’une nature insuffisamment maîtrisée ; un monde (.) où le pauvre Lazare puisse s’asseoir à la même table que le riche.)) {Photo C.I.R.I.C.envoyée par L'archevêché de Montréal.} Le cardinal Léger chez les lépreux CYRILLE VAILLANCOURT La décision du cardinal Léger de quitter Montréal pour aller prendre soin des lépreux en Afrique, comme simple missionnaire, a causé une surprise à tous.Ce geste, que nous pourrions qualifier de pathétique, donne un exemple qui devrait servir à plus d’un parmi nous.Un tel geste démontre une fois de plus la grandeur d’âme du cardinal.Depuis plusieurs années, le cardinal Léger a manifesté beaucoup de sympathie à l’égard des Caisses populaires.Il a tou;ours suivi, avec intérêt, notre œuvre et il s’est efforcé de maintenir nos Caisses dans la direction spirituelle qu’avait voulue son fondateur, monsieur Desjardins.En 1960, le 23 octobre.Son Eminence assistait à la réunion annuelle de L’Union régionale de Montréal, Il commençait son allocution ainsi : C’est avec une grande joie, un peu d’émotion et beaucoup d’admiration que je suis venu chez vous ; avec une grande joie, parce que L’évêque est toujour heureux de rencontrer des fils doci Les, pleins de zèle, audacieux même, n hésitant pas Lorsqu il s’agit de prendre des initiatives hardies pour protéger Les intérêts spirituels et temporels de notre peuple.Je suis aussi rempli d’admiration, car je sais que les Caisses populaires sont nées dans le dénuement, di-sons-le, dans l’extrême pauvreté.Les Caisse populaires répondaient à un besoin urgent de notre milieu social et leurs dirigeants, dans toutes les régions de la Province, ont compris les directives et l’esprit des fondateurs : c est pourquoi les Caisses populaires sont aujourd’hui pour nous une source d’admiration comme aussi une source de vitalité économique.Et le cardinal ajoutait : Chers amis, quand il s agit de Caisses populaires, on ne pourra jamais trop insister sur l’esprit des fondateurs, sur L’esprit des premières équipes qui ont consacré des heures et des heures dans un bénévolat généreux, non pas comme je vous l’ai dit tout à L’heure, pour fonder des œuvres d’Eglise, mais pour faire comprendre à notre milieu social et ethnique qu il fallait absolument des réserves pour assurer une économie plus saine, qu il fallait l’épargne chez l’individu, qu il fallait la collaboration entre les différents membres d’une cellule sociale, et qu’il fallait surtout acquérir une certaine indépendance pour maintenir le haut niveau de civilisation que nous avions reçu de nos ancêtres et que le christianisme nous avait communiqué.Et plus que jamais, vous avez besoin de vous « ressourcer)), de revenir à ces belles traditions d’un passé qui fait l’admiration de tous ceux qui savent étudier les origines des Caisses populaires.mais je tiens à vous dire que ce que nous voulons, c est que vous mainteniez, dans tout le corps social qui s’appelle les Caisses populaires : une âme et un idéal / Ces remarques, semble-t-il, cadrent bien avec notre Editorial.Nous disons toute notre admiration r au cardinal Paul-Emile Léger.Nous souhaitons que son geste ouvre les intelligences de ceux qui sont plus ou moins croyants et pousse leur âme aux grandes vérités spirituelles qui, demain, les sauveront.Que cet exemple convertisse aussi ceux qui ont malheureusement perdu la foi.Que Dieu vous bénisse, Eminence.Qu’il couronne de succès vos nouvelles entreprises et qu’il vous suscite de nombreux imitateurs.< 205 « L’action des catholiques dans le monde rural contemporain » PAUL-ÉMILE CHARRON Tel fut le thème d’étude du dernier congrès mondial des organismes nationaux membres de l’Association rurale catholique internationale.Notre Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins qui compte 750 Caisses populaires rurales groupant plus d’un demi-million de sociétaires et administrant $300,000,000 d’épargnes, est membre, depuis nombre d’années, de cette Association rurale internationale.Elle était représentée à ce congrès international par nul autre que monsieur Gérard Rivard, agronome et professeur, président de L’Union régionale de Trois-Rivières des Caisses populaires Desjardins, président de L’Institut coopératif Desjardins, et administrateur de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins.Un premier congrès d’envergure internationale sur les problèmes ruraux fut tenu à Rome en 1951, grâce à l’initiative d’une élite catholique rurale.Un deuxième congrès fut tenu également à Rome, cette fois, en 1962, et donna naissance à un comité qui prépara la constitution d’un organisme rural international qui reçut en 1966 le nom de I.C.R.A.et qui comprend six groupes ou familles d’association dont trois à caractère international : a) MI J ARC Mouvement International de la Jeunesse Agricole et Rurale Catholique, b) FIRMARC Fédération Internationale des Mouvements Catholiques d’Adultes Ruraux, c) CIEPRC Confédération Internationale des Ecoles Populaires Catholiques Rurales, d) Les organisations de fermiers à caractères professionnel et commercial, e) Les coopératives agricoles, J) Les organisation rurales catholiques à caractère plus général.Cet organisme a pour buts de faciliter et stimuler les contacts, les échanges et les initiatives entre les organisations agricoles catholiques du monde entier et d’organiser des réunions pour l’étude des problèmes ruraux et l’échange des expériences et des réalisation susceptibles d’aider au règlement des problèmes ruraux dans le monde.Peut y participer toute organisation nationale ou internationale de caractère agricole ou rural, apostolique, éducationnel, professionnel, commercial, économique, approuvé par l’autorité ecclésiastique compétente.L’organisme maintient une collaboration constante aux activités de la F.A.Q.et de la Holy-See.Il a assumé la tâche de préparer le congrès mondial de 1967.Son comité exécutif est ainsi formé : Président : M.John Chisolm (Canada) ; Vice-président : Rév.Paul Woll-mann (Allemagne); Trésorier : M.Rickard Deasy (Irlande) ; Secrétaire général : Professeur Giovanni B.Crispolti (Italie) ; Assistant ecclésiastique : M®1 Giovanni d’Ascenzi.Le secrétariat permanent est à Rome, Via XXIV Maggio, 43.Les j ournées d’étude qui se tinrent du 2 au 7 octobre à Rome réunirent plus de 500 délégués venus de toutes les parties du monde et de nombreux observateurs intéressés aux aspects soit économiques soit sociaux ou moraux des problèmes ruraux de notre monde moderne.A la séance inaugurale.Son Éminence le cardinal Julius Dopfner, archevêque de Munich, leur rappela la pensée de l’Église catholique sur le problème rural et les conditions de vie des agriculteurs à la lumière des principes de la constitution pastorale de l’Église dans le monde de notre temps, les données de Mater et Magistra, de Jean XXIII et de Popu-lorum Progressio, de Paul VI sur les conditions de progrès économique, social et moral des peuples.Tout devrait être cité de cette communication du cardinal Dopfner sur les conditions de développement du monde rural et urbain et des personnes qui doivent atteindre à leur plein épanouissement et qui ont toutes droit aux moyens de le réaliser.Qu’il suffise pour l’instant d’en communiquer cet extrait : « C’est un humanisme plénier qu’il faut promouvoir.Qu’est-ce à dire sinon le développement intégral de tous les hommes?» (p.42).« Tout l’homme, c’est-à-dire avec son corps son âme, son cœur.C’est ainsi, suivant un mot de Paul VI du 24 octobre 1964, que les fils de saint Benoît, patron principal de l’Europe, ont apporté le progrès chrétien aux peuples européens, par la Croix, le livre et la charrue.C’est là aussi la tâche d’une aide universelle au développement des dispositions religieuses vers le culte du Dieu vivant ; par le livre, c’est-à-dire par l’ouverture de l’esprit et la victoire sur l’ignorance ; par la charrue, c’est-à-dire par une agriculture rationnelle.N’est -ce pas là une tâche séduisante, surtout pour les associations et organisations catholiques, nationales qui sont représentées à ce Congrès mondial et fédérées dans l’I.C.R.A.{International Catholic Rural Association)! » Le Directeur général de La Fédération internationale de l’agriculture et de l’alimentation, le docteur B.R.Sen, entretint ensuite les congressistes du développement de la communtauté internationale et de l’agriculture.C’est tout un programme d’action qu’il a tracé à la suite d’un rappel d’une situation assez tragique où se trouve une large portion de l’humanité qui souffre de la faim.Une prochaine édition de la Revue Desjardins vous apportera de larges extraits de cette conférence sur le problème de la faim dans le tiers-monde et sur les mesures à prendre pour le soulager sinon le résoudre un jour.Le président de l’Union catholique de l’Inde, le docteur J.C.Ryan, traita des problèmes de production agricole et de distribution des den- ®ge F 206 rées pour nourrir notre humanité, des mesures à prendre pour augmenter la productivité agricole et pour améliorer la distribution des produits.Les congressistes entendirent ensuite le docteur Joâo Conçâlvez de Souza, directeur du secteur de la coopération technique, en Amérique du Sud.Voici un aperçu de son exposé sur le développement économique et les revenus agricoles : Le secteur rural a des problèmes cruciaux.Son développement économique, même dans les pays évolués, n'est pas en harmonie avec le progrès industriel.Les pays industrialisés deviennent de plus en plus riches, avec un revenu per capita plus élevé, ce qui est le contraire dans les pays à économie agricole.Aux Etats-Unis, 6% de la population active s’adonne à l’agriculture ; en Amérique du Sud, ce taux est de 58%.Manque de techniciens : 1 par 1,800 clients, manque de machines, d’engrais, de crédit.Dans les pays développés, généralement, le revenu du travailleur urbain est deux fois supérieur à celui du travailleur rural.Ce déséquilibre est plus prononcé dans les pays sous-développés.Puis, de la communication du professeur Caillot sur l’économie et l’humanisme, sur la société et l’espace rural, nous avons retenu les points suivants : Le passage d’une société rurale à une société industrielle constitue un changement de « nature » de notre société, et demande un changement radical de notre pensée et de nos comportements sociaux.À cause de la spécialisation des tâches, au lieu d’être indépendants, nous devenons responsables, et il faut songer aux solutions organiques d’interdépendance.Les deux sociétés ne sont pas opposées mais complémentaires, d’où équipement collectif.Ni le gigantisme, ni le nanisme ne sont viables à long terme.Ce qui doit donc caractériser une ville, ce n’est ni le volume de ses habitants, ni son potentiel industriel, mais la suffisance et la qualité de ses équipements collectifs, matériels et cérébraux.Mgr Pietro Pavan, professeur à l’université de Latran, à Rome, préconisa la promotion culturelle et spirituelle des agriculteurs.La première dimension que l’agriculteur doit développer en lui-même, dit-il, c’est celle de la connaissance qui permet la compétence de son métier.La deuxième dimension, a-t-il insisté, c’est celle de la solidarité agissante des agriculteurs : « Les agriculteurs doivent s’engager à développer en eux-mêmes une seconde dimension, c’est-à-dire la socialité, qui est un impératif intrinsèque par rapport à leur propre nature.Ils doivent se proposer de développer en eux-mêmes leur socialité, avec un esprit de solidarité active ; en tant qu’opérateurs économiques afin d’atteindre de bons résultats concernant leurs intérêts, en tant que citoyens, afin de donner leur apport à la réalisation du bien commun de leur communauté politique ; en tant qu’hommes ou membres de la famille humaine, afin de remplir leur devoir qui consiste à aider à la réalisation du bien commun universel.« C’est surtout à présent que l’association est indispensable, particu-culièrement dans le domaine agricole, si l’on veut : adopter les techniques les plus récentes de production ; dépister les moyens nécessaires à cet effet, aux fins d’une défense efficace des prix des produits agricoles ; exercer une pression d’une manière positive sur les pouvoirs publics pour qu’ils ne laissent pas manquer aux zones agricolo-rurales les services essentiels, tels, surtout, la viabilité, les transports, les communications, la force motrice, l’énergie thermique et lumineuse, l’eau potable l’habitation convenable, l’assistance médicale, l’instruction, les moyens d’une vie religieuse ; pratiquer une politique économique d’appoint et de promotion de l’agriculture, compte tenu, en particulier, de la fiscalité, du crédit, des assurances, de la défense des prix, de la protection de la terre, de l’assistance technico-profession-nelle et, si besoin était, des travaux d’assainissement et de drainage.« L’encyclique Mater et Magistra (n.156) souligne que l’association est un impératif vital tout aussi bien en agriculture que dans n’importe quel autre secteur de production, mais dans une mesure d’autant plus grande que le secteur considéré est axé sur l’entreprise familiale.Les travailleurs de la terre doivent se sentir solidaires les uns à l’égard des autres et collaborer pour faire naître des initiatives coopératives et des associations professionnelles ou syndicales, les unes et les autres étant nécessaires pour profiter des bienfaits des progrès scientifiques et techniques de la production, pour contribuer efficacement à la défense des prix des produits, pour se placer sur un plan d’égalité face aux catégories économiques et professionnelles des autres secteurs de productions, en général organisées, pour avoir de l’autorité dans le domaine politique et auprès des organes de la fonction publique.Les voix isolées ne parviennent presque jamais à se faire écouter.« Mais les agriculteurs sont tenus de développer, comme nous l’avons dit, leur socialité, sous forme de solidarité active, en tant que, aussi, des citoyens : en harmonisant leurs intérêts particuliers aux intérêts d’autrui, et en s’assurant que les intérêts du groupe demeurent subordonnés au bien commun.D’une manière particulière, doivent-ils collaborer pour que les intérêts du groupe demeurent soumis au bien commun.» Les délégués formèrent des commissions d’étude où ils discutèrent, outre les communications des experts en séance plénière, certains problèmes qui se posent dans la vie rurale et dans l’exploitation des fermes, tels que la structure de l’exploitation agricole et de la communauté rurale, la coopération agricole, l’édu- cation des familles agricoles, la formation culturelle et spirituelle des membres des familles rurales, les problèmes agricoles internationaux et les rapports à développer pour favoriser les échange des informations et des expériences entre les pays agricoles.Le monde rural a de grands pro- blèmes économiques qui ont une portée sociale et morale.L'agriculture est la mère nourricière de l'humanité.Une bonne moitié de notre humanité est sous-alimentée.Qui peut nier toute responsabilité devant un tel problème ?Qui peut soutenir qu'il ne peut rien faire qui corriger une vaille pour tenter de telle situation?Une prochaine édition de la Revue Desjardins vous livrera quelques réflexions utiles d'hommes éminents sur ce sujet de la plus haute importance puisqu'il concerne l’avenir de la civilisation et le règne de la paix dans le monde.< Les différentes fonctions dans une Caisse populaire LUC GIGUÈRE « Vous pouvez acheter Le temps cVun employé, vous pouvez acheter la présence physique cl,un employé dans une certaine place, vous pouvez même acheter un certain nombre de mouvements musculaires spécialisés pendant une heure ou pendant un jour.Mais vous ne pouvez acheter l’initiative, vous ne pouvez acheter l’enthousiasme, vous ne pouvez acheter le dévouement des cœurs et des esprits.Ce sont des choses que vous devez gagner.» — Clarence Francis Vous êtes caissier .Vous êtes comptable .Vous êtes gérant .Quelles que soient vos fonctions à l'intérieur d'une Caisse populaire, votre participation, et une participation ordonnée et efficace, est nécessaire à la vie de l'entreprise.L’employé peut compromettre sa participation pour une quantité de raisons ; manque de connaissances techniques ou aptitude à la rationalisation de la tâche, contacts peu fréquents avec les autres employés et l'administration, faiblesse dans la compréhension des méthodes et dans l'interprétation des gestes de travail, carence dans la portée collective de la tâche partielle qu'on vous a confiée.La multiplicité dçs opérations comptables et financières et l'accélé- ration de la mécanisation entraînent la spécialisation et la division des tâches.Une telle situation peut avoir comme résultat d’isoler l'employé, de dévaloriser son travail, et de l’empêcher souvent de saisir l'ensemble des fonctions qui lui paraissent de plus en plus complexes, de voir comment de telles notions peuvent s'articuler à l’intérieur d’une Caisse populaire.Si l’employé ne veut pas s'enliser dans la routine et considérer son travail comme fastidieux, il doit être en mesure de percevoir les différentes activités d'une Caisse populaire et bien situer son rôle à travers les fonctions de la Caisse.La Caisse populaire constitue, sans pour autant ignorer qu'elle comporte un élément social de première importance, une entreprise économique qui doit assurer un service adéquat à ses membres.Contraire-rem ent aux entreprises de production qui accumulent des inventaires, la Caisse populaire ne peut stocker des services, et elle doit exploiter au maximum la possibilité de servir.Cette responsabilité retombe particulièrement sur les épaules du gérant, de son assistant et des caissiers.Ils sont constamment en contact avec les membres et doivent utiliser leurs qualités personnelles : loyauté, discrétion, empressement, sociabilité, etc.De même, le gérant, connaissant les méthodes efficaces d'organisation et d’administration, doit s'efforcer d'attirer à la Caisse populaire le plus d'épargne possible et, ainsi, canaliser des sommes d'argent de plus en plus considérables vers le service des prêts afin de satisfaire le mieux possible les besoins d'un plus grand nombre de membres.Au demeurant, pour assurer un plus large éventail des services, le gérant et ses collaborateurs doivent, par des sondages, des enquêtes, essayer d'inventorier le plus possible le contexte démographique et écono- 208 mique du milieu où opère leur Caisse populaire.A cette fonction économique de la Caisse populaire que nous venons d’expliquer, vient s’ajouter la fonction comptable.Si le gérant et le conseil d’administration ont besoin de bien connaître le contexte socio-économique d’une Caisse pour évaluer les besoins des membres et leur offrir des services adéquats, ils doivent percevoir aussi la nécessité d’une bonne information comptable pour satisfaire ces besoins.La comptabilité est essentiellement une source d’information qui sert d’instrument à la vie de l’entreprise.Cette source d’information repose sur des conventions, des postulats.En effet, pour que les données comptables soient intelligibles et accessibles au plus grand nombre, elles doivent s’exprimer selon des normes et des critères acceptés par les autorités comptables.Exemples : 1.Une convention comptable veut que ne figure aucun chiffre affecté du signe négatif( — ) ; 2.Une autre convention exige que la valeur comptable (selon le coût) apparaisse aux états financiers et non la valeur marchande.La comptabilité est donc importante puisqu’elle fournit des documents essentiels et des renseignements nécessaires à une saine administration et à une sage direction de l’entreprise.La comptabilité doit faire appel à des commis, des caissiers, des préposés aux livres, des comptables, afin d’enregistrer, de classifier et de résumer de façon systématique les opérations d’une Caisse.D’où la responsabilité de ces employés de bien saisir le cheminement des opérations et de manifester de la compréhension en ce qui concerne l’objet, le fonctionnement et le but de leurs charges.Il arrive que la comptabilité ou la source d’information subisse des tares, des failles en cours de route et risque « d’être contaminée » souvent par un employé.{Exemple : caissier qui prend des responsabilités qui ne sont pas les siennes ; ou bien un comptable qui néglige l’application d’un contrôle interne.) Il est logique de conclure que, si les données comptables sont fausses, l’interprétation de ces données induira en erreur.La comptabilité est au service de deux autres fonctions, qui sont les fonctions financières et administratives.Elles sont complémentaires.Après avoir enregistré les opérations (pièces justificatives et journaux), après les avoir classifiées (livres auxiliaires), après les avoir résumées (grand-livre général), il faut les interpréter, administrer les fonds et, partant, concevoir une « dynamique de gestion ».Celle-ci se manifeste par la prévision, l’organisation, la coordination et le commandement.Pour exercer de telles activités, le gérant et les administrateurs ont besoin des états financiers pour analyser et interpréter les résultats.Et la bonne compréhension des données de la comptabilité permet d’orienter les décisions en fonction de l’avenir.Les états financiers utilisés comme instruments permettant de prendre des décisions valables sont la situation mensuelle l’état des revenus et dépenses, l’état des recettes et déboursés et le budget.La situation mensuelle est une ouverture, une fenêtre à travers laquelle on peut voir, à un moment précis, ce que possède la Caisse (actif) et ce que la Caisse doit à ses membres (passif).La différence en plus entre l’actif et le passif représente le patrimoine.L’état des revenus et des dépenses est une explication détaillée des trop perçus accumulés au cours d’une année.C’est l’état le plus important parce qu’il permet de contrôler de façon systématique la rentabilité et l’efficacité de la Caisse.L’état des recettes et des déboursés indique la provenance et l’utilisation des fonds pour une période déterminée.Enfin, le budget est une prévision, et un moyen de contrôle.Il n’est pas une fin en soi, mais, avec l’aide de l’état des revenus et des dépenses, il permet de contrôler la Caisse comme entreprise économique et d’ajuster les résultats au cours d’une année.Il ne suffit pas de dresser des états financiers ; il faut aussi savoir comment les interpréter et les utiliser.Des techniques d’administration, comme l’utilisation des « ratios », ont été conçues pour aider le gérant et les administrateurs dans leurs décision.Un «ratio» fait voir une proportion entre deux données.Un ratio n’a une signification que si un poste de l’état financier est comparé à un autre poste en fonction d’une proportion ou d’une quantité {Exemple : liquidité d’encaisse).Il ne faut pas interpréter les « ratios » ou points de contrôle comparés comme des valeurs absolues ; il faut les utiliser comme base de comparaison pour étudier l’évolution de la Caisse dans l’une ou l’autre de ses opérations.Différentes comparaisons sont recommandées : L’évolution en rapport avec les situations antérieures de la Caisse.{Exemple : augmentation ou diminution de l’épargne, etc.) L’évolution en rapport avec les divers postes des états financiers.{Exemple : état des revenus et dépenses, déterminer le rendement moyen de l’actif productif, etc.) L’évolution en rapport avec les autres Caisses.{Exemple : variations de l’épargne, prêts, régions rurales, semi-urbaines, urbaines, etc.).Nous le constatons tous, les fonctions économique, comptable, financière, administrative d’une Caisse populaire impliquent des opérations complexes et reliées entre elles.Ceux qui les exercent doivent s’efforcer de les bien connaître pour les exercer de la meilleure façon possible, avec le plus grand intérêt possible pour eux-mêmes et pour l’institution qu’ils desservent.
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