Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1969, Juin - Juillet
243 - 243 /—\ n îE V U E ESJAROIIM 6-1969 t J: v: -S-ï l - 4V * * * .j LES CAISSES POPULAIRES ET L’URBANISATION CONGRES INTERNATIONAL DES CAISSES D’ÉPARGNE LES COFFRETS DE SURETE CETTE TROISIEME SOLITUDE La pensée économique et politique de DesJardins YVES ROBY * DÉBUTS LENTS ET DIFFICILES Pour convaincre le gouvernement que l’opinion publique désire cette législation, il demande à des amis qui jouissent d’une certaine notoriété de se faire les promoteurs de l’œuvre auprès des ministres.Il formule une telle demande à H.Mitchell, professeur à l’Université Queen's, à George Keen et à plusieurs curés.Par exemple, il sollicite du curé G.-N.Le-pailleur, de l’Enfant-Jésus (Montréal), l’envoi de lettres aux ministres Laurier, M.Brodeur, Mackenzie King, Murphy, Fielding et aux sénateurs David, Cas-grain et Mackenzie Bowell.1 Mais ce procédé n’est pas très efficace puisqu’il n’engage que des individus.Il sollicite donc l’appui de diverses associations.Il exprime l’espoir que lors de leurs réunions, elles adoptent des résolutions recommandant au gouvernement fédéral de légiférer dans l’intérêt du public.L’Alliance Coopérative Internationale, le Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, The Port Arthur Trades and Labor Council, l’Union Coopérative du Canada se rendent à son désir.Afin de conserver le caractère de spontanéité de ces résolutions, F.Monk recommande à Desjardins (( de ne pas faire connaître ces démarches que nous faisons )) 2 Enfin, grâce à une série d’articles publiés dans le Gram Grower’s Guide en 1912, il réussit à se gagner l’appui de Meighen et Marris qui contrôlent l’ouest du pays.Néanmoins, tous ses efforts s'avérèrent vains.Le bill, modifié et limité aux coopératives d’épargne et de crédit, sera écarté de nouveau en 1909, à la demande du comité des banques et du commerce.C’est à ce moment que se place un épisode très intéressant relatif à l’attitu- 1.Alphonse Desjardins au chanoine Lepailleur 1er décembre 1909.0.22: lc-19.2.F.Monk à Alphonse Desjardins, 13 août 1909.0.22: 3e-62.de du haut-clergé vis-à-vis la coopération et les Caisses populaires.Lorsqu'il présenta son projet de loi, le député Monk, le 23 novembre 1909, fit sur le parquet de la Chambre la déclaration suivante: (( Les membres du clergé dans toutes les parties du Dominion étant en contact fréquent avec les classes ouvrières et agricoles, se sont vivement intéressés à ce mouvement et, dans ma province surtout, ils ont pris à ce sujet une initiative extrêmement heureuse qui a produit les meilleurs résultats.» 3 Si cette déclaration avait été entièrement vraie, elle aurait pu convaincre nombre de tièdes et de récalcitrants.Malheureusement elle ne l’était pas, et les Marchands-Détaillants l’ont clairement démontré.J.-A.Beaudry, secrétaire de l’Association, envoie une lettre aux évêques pour savoir si la déclaration de Monk est vraie pour autant que leurs diocèses sont concernés.Mbr Bruchési répond: «Je n’ai pas fait d’études spéciales de cette question et je n’ai pas donné de direction à mon clergé à ce sujet.11 n’est pas non plus à ma connaissance que les prêtres de mon diocèse se soient prononcés en faveur des sociétés coopératives.)) 4 11 ajoute toutefois qu’ils ont toute liberté de le faire puisqu’il s'agit d'une question libre.Pour les mêmes motifs.Mer y\.Blais, de Rimouski, et Mer H.Brunault, de Nicolet endossent la déclaration de l’archevêque de Montréal.Mer Blais précise cependant qu’il « n’avait aucunement l’intention d’atteindre par là les Caisses populaires que je trouve excellentes.» 5 S’il 3.Le Hansard, XLIII, 9:361, cité dans la lettre de J.-A.Beaudry à M&r André-Albert Blais, 1er décembre 1909.0.22: b3-10.4.M&r Bruchési à J.-A.Beaudry, 4 décembre 1909.0.22: la2-4.5.Mgr Blais à Alphonse Desjardins, 17 février 1910.0.22: 1 b3-1.a endossé les déclarations de Msr Bruchési, c’est que Monk « n’y parlait que de coopération et nullement des Caisses populaires.)) 6 Il ressort de cette réponse que Mer Blais n’est pas très au fait de la question coopérative puisque, dans sa pensée, il dissocie Caisses populaires et coopération.Il semble donc que la bienveillance du haut-clergé à l’égard du mouvement ne fut pas unanime.Il appert, en outre, que certains évêques qui avaient adhéré à l’Action populaire économique ignoraient ce à quoi cela les engageait.2 L’appui du bas-clergé, cependant, est beaucoup plus unanime, et c’est sans doute ce à quoi Monk faisait allusion.Quoi qu’il en soit, Desjardins et ses collaborateurs connurent d’autres échecs en 1910, 1911, 1914 et 1915.En 1910, un député (Miller), suggère même que le bill soit renvoyé devant le comité, où siégera notamment le député Osler, de Toronto, violemment opposé au bill.^ En 1915, Arthur Meighen avise Desjardins, qu’en raison de la guerre, le gouvernement n’inscrira au feuilleton de la Chambre que les mesures absolument nécessaires; le bill sur la coopération n’entre pas dans cette catégorie.Desjardins pouvait toujours se consoler en pensant que Raiffeisen avait mis 17 ans à obtenir du gouvernement allemand la reconnaissance légale de son institution.Le pionnier lévisien n’a toutefois pas attendu si longtemps avant de donner de l’envergure à son œuvre.Dès que le gouvernement provincial eut sanctionne, en 1906, La Loi concernant les Syndicats Coopératifs, il entreprend la fondation de nouvelles Caisses.< 6.Loc.cit.7.Ainsi Mgr Blais avait signé son adhésion à l'Action populaire économique.8.Miller, Débats de la Chambre des Communes, 1 (14 décembre 1910) : 1392.SOMMAIRE Congrès international des Caisses d'épargnes à Rome 116 Présentation Édouard-A.Tardieu 111 Paul-Emile Charron Acte de consécration au Sacré-Cœur Les coffrets de sûreté 124 112 Ch Arles-A.Roberge Cyrille Vaillancourt Cette troisième solitude 125 Volonté de service désintéressé — 112 Alfred Rouleau Le pape Paul VI à U Thant Edouard-A.Tardieu Mémoire du Conseil de Coopération du Québec au gouvernement 130 Les Caisses populaires et le phénomène de l’urbanisation 113 Un doctorat « honoris causa » à monsieur Alfred Rouleau 131 Les pièces de monnaie 115 Ligne de communication 119- 122 Vol.35-N°6 Lévis, juin-juillet 1969 LA REVUE DESJARDINS, organe officiel de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, et tirée ce mois-ci à 17,300 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal (1965), Ltée, à Québec.• Le prix de Fabonnement, pour un an, est $2.50.• Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe, permis n° 110.Port payé à Québec.Directeu r-rédacteur: Edouard-A.Tardieu.N RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES UNIONS RÉGIONALES DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS, AVENUE DES COMMANDEURS, LÉVIS (QUÉBEC) 110 Présentation ÉDOUARD-A.TARDIEU Voici le numéro 6 de la Revue Desjardins 1969.Vous avez sans doute constaté que, depuis le début de cette année, nous identifions ainsi chaque nouvelle édition de ce périodique par un chiffre et par le millésime 1969, au lieu de le faire par le mois au cours duquel il paraît ou devrait paraître.Comme la revue est publiée dix fois par an, le numéro distribué au mois de décembre portera le chiffre 10.Le même procédé a été déjà employé avec Ma Caisse populaire, depuis 1968, pour bien indiquer que nous ne nous engageons pas tellement à servir les publications à des dates fixes, mais à les adapter au rythme des nécessités et des besoins collectifs.Dans ce sixième numéro de 1969, le Commandeur Vaillancourt vous révèle, une fois de plus, le miracle des Caisses populaires Desjardins: réponse évidente du Sacré-Cœur à la Foi d’un homme dont les idées salvatrices sont mises en doute par ses concitoyens, ses amis et même, à un certain moment, par son épouse.Dans Volonté de service désintéressé, on vous fait voir comment les idées du Pape régnant et du Secrétaire général de l’O.N.U.concordent parfaitement bien avec celles du fondateur de nos Caisses d’épargne et de crédit.Les Caisses populaires et le phénomène de l’urbanisation, cet article du directeur du Service de l’éducation, Monsieur Irénée Bonnier, en se référant aux Semaines sociales de France de 1965 et à la lettre de Paul VI au président de ces rencontres, veut nous rappeler comme nous sommes solidaires les uns des autres et aussi comme il est nécessaire d’unifier nos objectifs d’éducation et nos méthodes pour faire face à cette nouvelle orientation de la vie communautaire.Monsieur Paul-Emile Charron, directeur général de la Fédération, de retour du Congrès international des Caisses d’épargne tenu à Rome au début de mai, nous fait le plaisir de nous en présenter un substantiel com pte-rendu.Il relate la participation importante des Caisses populaires Desjardins à ces assises et principalement du président de la Fédération, Monsieur Émile Girar-din.Nous recommandons vivement à nos lecteurs la lecture de ce rapport qui leur ouvrira bien des horizons.Me Charles-A.Roberge, notaire, nous expose brièvement, mais clairement, les implications juridiques découlant du louage des cojjrets de sûreté dans le cas de décès.Nous avons cru utile de soumettre à votre réflexion la conférence dont tous les quotidiens du Québec, la radio et la télévision ont parlé avec tant d’éloges et qui est un examen de conscience profond sur cette troisième solitude que constitue la pauvreté.Monsieur Alfred Rouleau, que nous n’avons pas besoin de vous présenter, au cours de ce dîner-causerie à la Chambre de commerce de Montréal a su ouvrir bien des yeux et toucher bien des cœurs.Puisse-t-il continuer à le faire par le truchement de cette revue! Nous n’en serions que trop flattés, car cela ne correspond que trop à l’esprit du fondateur des Caisses populaires qui désirait justement le salut des humbles et des petits.Puis des informations générales, des nouvelles.Et, La Ligne de Communication qui, soit dit en passant, est fort appréciée sous sa nouvelle présentation.Enfin, notre couverture est une scène prise sur le vif.Des touristes à bord d’un avion?Des skieurs partant en excursion?Non.Plus prosaïque que cela.Le directeur du Service de l’éducation et le coordonnateur pour l’information auprès des Unions régionales entourant le gérant de l’Union régionale de l’Ouest-Québécois dans un wagon de marchandises ! Retour d’un voyage d’information de tout le personnel du Service de l’éducation de la Fédération à Amos.Photo: E.-A.Tardieu.Ils n’avaient pas trouvé de place dans les voitures confortables pour passagers! C’est que, même en temps de paix, on fait souvent « comme à la guerre » dans les Caisses populaires ! < CE QU'EST LE CHEF ¦ Être chef ne consiste pas à faire preuve de vigueur, d'éloquence, d'audace ou d'habileté.Être chef ne consiste pas non plus à rassembler autour de soi des adhésions sentimentales ou des intérêts.Être chef consiste essentiellement à savoir faire travailler les hommes en commun, à reconnaître et à utiliser au mieux les capacités de chacun, à indiquer la place la plus efficace pour l'un comme pour l'autre, à donner à tous le sens de leur solidarité et de leur égalité devant la tâche dont ils sont responsables aux postes différents d'une même équipe.¦ Le chef ne se reconnaît ni à l'électricité du regard, ni à la proéminence des lèvres, ni au tranchant de la voix.Il est des chefs aux yeux doux, au ton modeste, au visage sans apparence; il en est même, comme saint Paul, de laids et de chétifs, et les plus grands détestent l'étalage.Le chef ne se définit pas par des signes extérieurs, mais par une mission propre.Il est avant tout celui qui prend la charge des autres.Abbé Gaston COURTOIS, L'Art d'être chef.Éditions Fleurus.111 Acte de consécration an Sacré-Coeur CYRILLE VAILLANCOURT Monsieur Desjardins a connu des moments d'épreuve dans sa vie.C'est ainsi qu'en 1905, angoissé devant l'opposition de beaucoup de gens à son organisation de Caisses populaires, il composait un acte de consécration au Sacré-Coeur, mettant toute son œuvre entre les mains du Divin Cœur.Voici le texte de cette prière : « Sacré-Cœur de Jésus, je vous demande la grâce insigne de vos lumières divines.Si je me trompe, éclairez-moi et inspirez-moi un invincible dégoût, une grande aversion pour l'idée que je poursuis et qui sert de but à mes travaux.Que je la repousse avec une sorte de mépris si c'est votre bon plaisir, et faites-la au moins s'évanouir dans mon esprit.Que je n'y pense même plus à l'instant et j'en serai mille fois heureux.Éloignez de mon cœur toute vanité mensongère, tout désir irréalisable, toute chimère, tout rêve absurde.Si vous voulez que je persévère dans cette voie, oh ! mon Dieu, suppléez à ma faiblesse par votre force; aplanissez les obstacles ou donnez-moi les moyens de les surmonter.Dans ce cas comme dans l'autre, donnez-moi la plus parfaite résignation à votre sainte volonté.Que vos desseins soient les miens, que vos désirs soient des ordres pour moi.Daignez, ô Jésus, diriger, inspirer mon activité, quelle qu'en soit la fin dans vos dessins éternels; faites que je trouve une parfaite soumission à votre volonté dans les cœurs qui m'entourent, mais principalement dans celui de la bien-aimée compagne de ma vie.Qu'elle soit toujours ma consolation et mon aide soit que vous m'inspiriez le complet abandon de ces projets ou la pensée de les accomplir.Ainsi soit-il.» On se demande parfois comment il se fait que les Caisses populaires aient progressé et se soient développées d'une façon aussi marquée.On a la réponse.Aide-toi, le ciel t'aidera.Volonté de service désintéressé — Le pape Paul VI à U Thant ÉDOUARD-A.TARDIEU Voici quelques extraits des paroles qui ont été adressées par le pape Paul VI en recevant U Thant, secrétaire général des Nations-Unies: (( C’est une grande et double espérance qui est la nôtre dans ce moment de l’histoire humaine.Je tiens à cœur de vous le dire solennellement en ce jour.(• • •) « Nous espérons tout d’abord que les gouvernements des peuples plus développés, ou en condition de relatif bien-être, voudront continuer ou voudront décider généreusement de contribuer toujours plus effectivement à la cause des pays en voie de développement.« Car aujourd’hui on se lasse des paroles et on attend de plus en plus d’actes et notre espérance est aussi dans la jeunesse ardente et généreu- se, enthousiaste et désintéressée.Qu’elle fasse sien l’idéal des Nations-Unies: « Les uns avec les autres, pas l’un au-dessus de l’autre, jamais plus les uns contre les autres, mais toujours les uns pour les autres » et ainsi le monde prendra un nouveau visage: il sera vrai, humain et fraternel, dans l’amitié et dans la paix.« L’Eglise, pour sa part, engage ses énergies pour aider l’homme à mieux construire et aménager sa cité terrestre.Elle ne le fait ni par désir de puissance ni par recherche de prestige, mais pour être fidèle à l’enseignement et à l’exemple de son divin fondateur, dans une volonté de service désintéressé.)) « Les uns avec les autres, pas l’un au-dessus de l’autre, jamais plus les uns contre les autres, mais toujours les uns pour les autres.» « Volonté de service désintéressé.» N’est-ce pas curieux de constater comme toutes ces idées sont celles qui ont été mises en avant par le système coopératif, ne sont-ce pas aussi les idées du fondateur des Caisse populaires, le commandeur Desjardins?Le Commandeur Vaillancourt ne se lasse jamais non plus de les répéter: « La coopération ne travaille contre personne, mais elle veut collaborer avec chacun et tous pour le bien de la collectivité, redit-il souvent.» N’est-il pas alors de notre devoir de faire de ces leitmotive, les idées directrices, les idées-forces de notre Mouvement des Caisses populaires Desjardins?< 112 Les Caisses populaires et le phénomène de l’nrbanisation IRÉNÉE BONNIER Les Caisses populaires ont été fondées en 1900.Ce serait un truisme de dire que les conditions économiques et sociales qui prévalaient en 1900 et qui conditionnaient la politique de fonctionnement de la Caisse populaire sont différentes en 1969.Le cloisonnement des paroisses, ^économie artisanale, ainsi que les solides traditions religieuses et familiales favorisaient alors un mode de vie simple, tranquille où les vertus d’épargne se développaient comme naturellement.Les différents plans de sécurité sociale que nous connaissons aujourd’hui n’avaient pas encore été mis au point par les gouvernements concernés et les individus devaient donc essentiellement compter sur leurs propres efforts afin de préparer non seulement leur avenir mais leur retraite.A cause de la cohésion qui existait entre les personnes habitant une même paroisse, l’entraide était une habitude de vie inhérente à la société rurale traditionnelle.Les communications s’établissaient au plan personnel et étaient également globales; les individus se connaissaient les uns les autres, non seulement par leur prénom, mais connaissaient même le mode de vie ainsi que les habitudes de leurs voisins.Dans ce contexte, la Caisse populaire, association de personnes, pouvait prendre racine et se développer fortement; la coopération étant comme une conséquence naturelle de cette vie communautaire, caractéristique de la paroisse rurale traditionnelle.Chaque milieu se suffisait à lui-même; c’était à la fois une entité économique, sociale et religieuse.La Caisse populaire dans ce contexte devait être une entité absolument autonome d’une autre Caisse populaire et il était normal qu’elle fonctionne en relation seulement avec les besoins d’épargne et de crédit de ce milieu puisqu’il était une entité économique.Dans ce contexte, chaque Caisse pouvait, théoriquement, fonctionner en ignorant complète- ment la Caisse voisine puisque nous étions en présence de milieux cloisonnés.Maintenant, nous sommes solidaires les uns des autres à cause de deux facteurs principaux, l’urbanisation et l’universalisation des besoins de consommation.La présence de ces deux phénomènes devrait nous amener à constater la nécessité d’une unification plus poussée de nos objectifs d’éducation ainsi que de nos méthodes dans ce domaine.Voyons le premier phénomène, l’urbanisation.Nous pouvons dire que la population urbaine équivaut actuellement dans la province de Québec à environ 75% de la population globale; ces statistiques sont vraies si on se réfère au nombre de personnes vivant en milieu urbain.Cependant, si nous prenons comme base l’esprit d’urbanisation, nous constatons que presque 100% de la population est aujourd’hui urbanisée.C’est à cause de cette transformation rapide, chez nous comme ailleurs, d’une mentalité rurale à une mentalité urbaine, que les gens sont confus et perdus.Nous sommes obligés de redéfinir certaines structures et mêmes certains objectifs que poursuivaient certains organismes.Malgré le fait que nous soyons plongés dans une civilisation en pleine évolution urbaine, il semble bien que nous ayons des réflexes qui soient beaucoup plus de type rural traditionnel et que même les modes d’opérations de certains organismes ne soient pas encore ajustés au monde actuel.Cette urbanisation a été étudiée en 1965, aux Semaines sociales de France, lors d’une session dont le thème était: « L’homme et la révolution urbaine.Citadins et ruraux devant l’urbanisation.» Afin de comprendre ce phénomène qui a des effets sérieux sur la relation des Caisses populaires et leur milieu et sur nos modes de fonctionnement, je crois qu’il vaut la peine de s’arrêter quelques instants à lire attentivement un passage du texte de présentation de Paul VI adressé au président des Semaines sociales de France: « Le phénomène d’urbanisation est à la fois, signe, cause et effet d’une transformation radicale de la société, et d’une mutation profonde de la psychologie humaine.L’homme qui, hier encore, était fixé sur sa terre ou dans sa ville est devenu mobile.D’enraciné, il est devenu migrant, à titre temporaire ou définitif.Alors qu’il était jusque-là solidement encadré dans son milieu social d’origine, le voici désormais écartelé entre une pluralité d’appartenances, diverses et hétérogènes, au sein desquelles il ressent sa solitude.La croissance souvent anarchique et gigantesques des villes, conjuguée avec l’extension des moyens audio-visuels de diffusion, entraîne pour beaucoup un déracinement du milieu de vie originelle et une banalisation de la pensée qui tendent à dépersonnaliser l’homme et à le rendre 113 vulnérable à de multiples influences dissolvantes.« La révolution urbaine donne naissance à de nouveaux processus culturels, économiques et politiques.L’homme est exposé à s’y perdre dans l’anonymat.On perçoit donc l’importance des transformations à opérer pour permettre aux citadins de se constituer un cadre familial où les personnes puissent s’épanouir, s’ouvrir en même temps à l’extérieur et établir à l’intérieur du tissu urbain de solides liens communautaires.)) Paul VI continue plus loin: « Sans craindre de bousculer certaines habitudes mentales profondément enracinées, il faut donc mettre en place les mécanismes institutionnels et financiers qui permettront de renouveler le visage des grandes cités pour les rendre plus aptes à répondre à leur vocation première: assurer à tous les meilleures conditions d’existence, conjuguer harmonieusement les exigences de l’habitat et du travail, et offrir les services d’équipement collectif dont la rentabilité appelle une certaine concentration.» Et nous citons pour terminer: « Telle est la tâche de l’urbanisation: assurer l’épanouissement des personnes et des familles et leur insertion sociale dans des ensembles qui ne soient ni anarchiques, ni tyranniques mais adaptés aux exigences personnelles et communautaires.» Nous constatons que ce phénomène d’urbanisation n’est pas unique à la province de Québec, mais qu’il est général dans tous les pays développés.Ce phénomène nous oblige, nous les institutions socio-économiques, à jouer un rôle non seulement sur le plan de l’aide aux individus, mais également de l’aide à apporter dans la solution de problèmes proprement communautaires.L’idée d’association de personnes qui est fondamentale dans la coopérative d’épargne et de crédit est difficilement définissable dans un contexte urbain.Il nous faut aider les individus à se redéfinir dans un milieu qu’ils comprennent mal et à situer la Caisse populaire de façon à ce qu’elle soit constamment en dialogue avec les différents milieux urbanisés; il faut également que l’évolution de ses services soit en conformité avec le développement personnel des membres, mais solidaire également de la communauté qu’ils habitent.L’urbanisation qui est générale dans la province de Québec impose aux différentes Caisses populaires un rôle d’organisme intermédiaire où les individus pourront se retrouver facilement, parce qu’ils auront conscience de former une communauté dont les services seront en correspondance constante avec les besoins de milieu.Comme la population est maintenant extrêmement mobile, les Caisses populaires ne peuvent plus fonc- tionner séparément les unes des autres sans courir le risque d’affaiblir leur action d’intégration à un milieu ou à une communauté quelconque; des individus vont perdre confiance en leur Caisse populaire locale et ils n’accepteront pas qu’elle n’offre pas les mêmes services et les mêmes avantages qu’une Caisse voisine.Dans le milieu urbain, cette nécessité d’association de personnes comporte des exigences qui sont l’équilibre entre les différentes Caisses formées en partie d’un même tissu urbain, tant au point de vie de leurs préoccupations des besoins du milieu qu’au point de vue des services qui sont rendus.Autrement, nous ne pourrons pas réaliser ce souhait du pape Paul VI: « Assurer l’épanouissement des personnes et des familles et leur insertion sociale dans des ensembles qui ne soient ni anarchiques, ni tyranniques mais adaptés aux exigen-res.» Nous constatons que le phénomène d’urbanisation qui est généralisé dans la province suppose de la part de toutes les Caisses populaires une certaine cohésion dans le domaine des préoccupations et des réalisations des politiques de fonctionnement.Voilà, croyons-nous, une première raison qui motive une coordination plus unifiée des objectifs d’éducation.Un deuxième facteur qui nous force à plus de cohérence dans nos politiques d’éducation et dans nos méthodes, c’est l’universalisation des besoins.Ce phénomène est relié très étroitement au phénomène d’urbanisation.C’est en fait une manifestation de l’urbanisation.Les moyens de communication de masse ont amené une profonde révolution dans les habitudes des consommateurs en général; cela faisait dire aux auteurs de l’enquête Fortin-Tremblay que les habitants de milieux ruraux deviennent de plus en plus des urbains: 114 « D’un point de vue objectif, il est de plus en plus difficile de différencier les groupes de consommateurs en se référant à des variables explicatives comme l’appartenance à une classe sociale, la résidence dans un milieu rural ou urbain, le degré d’instruction, le degré professionnel.» Dans la société rurale traditionnelle, c’était la famille, l’école et l’Eglise qui aidaient les individus à acquérir des habitudes de vie rationnelles alors que dans la société moderne, ce sont les moyens de communication de masse qui conditionnent le comportement des individus.L’enquête Tremblay-Fortin que tous connaissent, nous a révélé des phénomènes intéressants; au début du siècle, 90% des revenus étaient nécessaires à la satisfaction des besoins physiologiques de la famille, c’est-à-dire l’alimentation, le logement et le vêtement, alors qu’en 1959, à peine 70% des revenus annuels y suffisent.Nous sommes maintenant en 1969, il serait intéressant de savoir où en est rendu ce pourcentage.Et l’enquête continue: « L’éclatement de l’univers traditionnel des besoins ne s’est pas seulement traduit par une diversification des besoins, il s’est accompagné aussi d’une tendance à une plus grande homogénéité dans la définition même des besoins.Les familles tendent de plus en plus à consacrer une même proportion de leur revenu à chacun des besoins existants.)) Si les besoins des consommateurs sont les mêmes partout à travers la province, dans les différentes régions autant que dans les différentes paroisses, cela suppose de la part des Caisses populaires des politiques de fonctionnement qui se ressemblent étant donné que nous voulons répondre aux mêmes besoins.Nous constatons, de ce fait, une difference importante entre la société urbaine dans laquelle nous vi- vons et la société rurale traditionnelle; dans cette dernière société, comme il n’existait pas de besoins uniformes, il n’existait pas non plus de nécessité d’unification des politiques de fonctionnement des Caisses populaires.Dans la société urbaine par ail- Les premières pièces de monnaie, rondes, faites à la main à partir de différents métaux précieux comme l’or, l’argent et le bronze, furent fabriquées en l’an 700 avant J.-C.A la même époque, des pièces étaient frappées en Lybie sous le règne du roi Crésus—c’est alors que commence la production d’une véritable monnaie dans la grande Grèce (Sicile et Italie du sud).Jamais par la suite l’argent ne fut autant anobli par sa frappe que chez les Grecs.Les artistes grecs ornaient les pièces de métal des figures du monde vénéré de leurs dieux.Plus tard, ce ne sont plus les divinités qui sont humanisées, mais les hommes qui sont divinisés.Au deuxième siècle avant J.-C., le dernier roi de Macédoine fit graver arbitrairement son portrait sur les pièces de monnaie.Les effigies gravées sur la monnaie devinrent plus tard, à Rome, un élément essentiel de l’art figuratif.Les empereurs et leurs épouses furent ainsi immortalisés et leurs sujets représentés dans toute leur personnalité.Un nouveau système de monnaie vit le jour sous les Carolingiens.Celui-ci a été décisif pour la monnaie du Moyen-Age et il est encore valable en Grande-Bretagne: 12 unités de denarii (pfennigs) frappés en argent correspondaient à la valeur théorique d’un solidus (schil- leurs, il existe une nécessité absolue d’une orientation commune et d’une décentralisation des décisions de type opérationnel.Il existe également une nécessité de trouver des formes concrètes d’intégration des membres à la Caisse populaire, entreprise de type communautaire.^ ling), 20 schillings valaient une livre carolingienne en argent.La frappe des monnaies européennes en or remonte aux croisades.En tête de ces pièces, nous trouvons YAugustalis de l’empereur Frédéric II de Messine ou Brindisi, le Florene avec les fleurs de lis de Florence et le Mouton d'or de France.Ces grandes et belles pièces d’or gravées constituaient des moyens de paiement, mais elles sont aussi devenues des cadeaux très estimés, comme c’est le cas pour notre Vreneli en or.Lorsque l’or venait à manquer aux maîtres de la monnaie, ils agrandissaient leurs pièces en argent, lesquelles avaient alors la valeur de celles en or.C’est ainsi que naquirent au début du XVIe siècle le florin, le mark et le thaler.Au cours de leurs variations et de leurs subdivisions, ils influencèrent le système de monnaie des temps nouveaux et présents de façon décisive.C’est au XVIe siècle que l’on commença de frapper les monnaies avec des machines.Depuis lors, ce sont les effigies des princes et gouvernants, les armoiries, des figures allégoriques et caractères d’imprimerie qui forment les motifs principaux des pièces de monnaie.< {Le Messager Raiffeisen, novembre 1968.) Les pièces de monnaie 115 Congrès international des Caisses d’épargne à Rome PAUL-ÉMILE CHARRON C’est à Rome que s’est tenu, du 5 au 9 mai dernier, le IXe Congrès international des Caisses d’épargne.Le premier congrès, qui a amené la fondation de l’Instiut international de l’épargne, avait été tenu à Milan en 1924.Celui qui a précédé le Congrès de Rome eut lieu en 1966 à New-York.Ces congrès sont organisés par l’Institut international des Caisses d’épargne auquel adhèrent 5,600 Caisses d’épargne de 37 pays du monde.La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires en fait partie depuis 1953 et y représente nos 1,300 Caisses populaires affiliées.Elles étaient officiellement représentées à ce congrès de Rome par son Président, Monsieur Emile Girardin, par son Secrétaire, Monsieur Jean-Marie Ouellet, et par son Directeur général.Les Unions régionales y avaient aussi désigné plus de vingt représentants qui ont élargi la délégation de la Fédération à ces assises internationales qui comptaient environ 1,000 délégués et participants.Le Président de l’Italie, Monsieur Guiseppe Saragat, le Général Buc-chi.Conseiller militaire.Monsieur Sladerini, Ministre plénipotentiaire, le Sénateur Spataro, Vice-Président du Sénat, Monsieur Colombo, Ministre du Trésor, Monsieur Carli, Gouverneur de la Banque d’Italie, Son Eminence le Cardinal Dell’Ac-qua, haussèrent de leur présence la séance inaugurale du congrès, qui fut tenue sous la présidence de Monsieur le professeur Giordano Dell’Amore, Recteur de l’Université Bocconi.M.Dell’Amore, économiste réputé qui a publié de nombreux ouvrages sur les questions économiques et financières, Vice-Président de l’Institut international des Caisses d’épargne et Président de l’Association nationale des Caisses d’épargne italiennes, fut désigné Président de l’Institut international des Caisses d’épargne à l’assemblée générale de l’Institut qui s’est tenu lundi, le 5 mai.Il succède à Monsieur Gordon Caroé, qui demanda d’être remplacé à la présidence de l’Institut, fonction qu’il exerçait depuis plusieurs années avec un art qui suscite l’admiration.Monsieur Caroé, qui était le chef de la délégation des Caisses d’épargne du Royaume-Uni, fut nommé Président honoraire de l’Institut international des Caisses d’épargne en témoignage de reconnaissance pour sa contribution particulière à cet organisme.M.Émile Girardin, Président de la Fédération, qui fut élu membre du Conseil d’administration de l’Institut international des Caisses d’épargne en 1960, s’est vu décerné une décoration pour mérite particulier au sein de l’Institut et pour son travail d’éducation en faveur de l’épargne, en particulier chez les jeunes.Il m’est très agréable de mentionner ici à l’intention de ceux qui ne le savent pas — s’il en est — que Monsieur Girardin compte, cette année, cinquante ans de service dans les Caisses populaires, tout d’abord à titre de gérant de la Caisse populaire de Sainte’Clotilde, tout en exerçant sa profession d’instituteur, puis de Principal à Montréal, ensuite à titre de Secrétaire et de Gérant de l’Union régionale de Montréal, enfin de Président de l’Union régionale de Montréal, et de la Fédération de Québec des Unions régionales depuis 1956.Monsieur Girardin, dont la principale préoccupation fut et demeure l’éducation de la jeunesse, a mis à point un système de formation des jeunes à l’épargne et a établi, en 1949, avec la collaboration de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal où il exerça sa profession et fut Directeur général adjoint des Etudes, un réseau de Caisses d’épargne scolaires qui s’est étendu assez rapidement à travers toute notre Province.Ces Caisses, qui administrent aujourd’hui plus de $13,000,000 d’épargnes formées de 5 cents, de 10 cents, de 25 cents, s’avèrent des agents efficaces de formation des j eunes à la prévoyance et à l’épargne, vertus morales et économiques dont la pratique est plus nécessaire que jamais dans notre monde actuel qui invite à l’imprévoyance et incite au gaspillage.C’est cette contribution de M.Girardin, tant au plan de l’Institut international des Caisses d’épargne comme membre du Conseil de gestion qu’au plan des Caisses populaires où M.Girardin se dévoue depuis 50 ans, que l’Institut international a voulu reconnaître en lui décernant une décoration pour mérite spécial.C’est un hommage dont nous sommes heureux puisqu’il est rendu 116 à notre Président général et qu’il rejaillit sur les Caisses populaires qu’on a aussi voulu honorer.A travers leur Président on a voulu de plus reconnaître les mérites particuliers de ces institutions si efficaces pour la formation de leurs membres à la prévoyance, à l’éconmomie et à l’épargne.Le professeur Dell’Amore a traité de l’épargne dans une économie dynamique à la séance inaugurale du congrès.Je n’entreprendrai pas de faire ici une synthèse de son exposé qui a fait le sujet d’une brochure de 20 pages.Les conférences qui ont été données à ce congrès seront, à raison et dans la mesure de l’intérêt qu’elles ont pour nous, publiées dans La Revue Desjardins au cours des prochains mois.L’auteur a d’ailleurs ramassé sa pensée dans les propos que voici: « Depuis leur création, les Caisses d’épargne se consacrent à une œuvre tenace et continue pour faire pénétrer dans toutes les classes de la population, chez les jeunes en particulier, des sentiments qui sont enracinés dans un esprit salutaire de solidarité.Au cours des temps, les Caisses d’épargne ont subi de profondes transformations structurelles et fonctionnelles, mais l’idéal qui les inspirait à l’origine est demeuré inaltéré.« Dans l’économie dynamique d’aujourd’hui subsiste toujours un danger immanent: celui de voir les pouvoirs publics amenés à résoudre les problèmes complexes posés par les transformations en cours sous forme d’une expansion démesurée de l’épargne forcée aux dépens de l’expansion de l’épargne privée.La nécessité se fait donc de plus en plus sentir de posséder des institutions solides lesquelles, par une action concertée, même sur le plan international, puissent enseigner à tous les peuples que l’épargne n’est pas uniquement un acte de sage prévoyance, et un devoir social péremptoire, qui justifie et conditionne la survivance de la propriété privée, mais qu’elle est un instrument permettant de valoriser la personnalité, de protéger les libres initiatives économiques, car ces dernières garantissent l’apport d’une contribution essentielle aux progrès de la technique et à l’évolution sociale.» Soulignons, cependant, pour l’instant, que le professeur Dell’Amore a insisté sur la nécessité d’une politique monétaire et fiscale cohérente en vue d’assurer la stabilité de la monnaie et des prix, condition prérequise à un climat qui favorise et protège l’épargne des citoyens.Il a rappelé les avantages économiques et sociaux qui résulteraient d’une politique saine et bien planifiée des investissements, d’une politique de la consommation contrôlée, d’une politique de taux d’intérêt modérés.Il a aussi insisté sur les mesures que devraient prendre les Etats pour favoriser l’épargne volontaire chez leurs ressortissants et une bonne circulation des capitaux.Sa conférence a suscité beaucoup d’intérêt et a fait l’objet de plusieurs interventions de la part des participants.Le mercredi, 8 mai.Monsieur Alfred S.Mills, Directeur général de la Banque d’Épargne de New-York, a entretenu les congressistes de l’extension des services des Caisses d’épargne, alors que Monsieur Ludwig Poullain, Directeur général de la Banque centrale de Virement Rhénane à Düsseldorf, en Allemagne, traita des limites de l’activité des Caisses d’épargne.M.Mills a décrit la concurrence de plus en plus vive entre les Caisses d’épargne et les autres institutions qui sollicitent l’épargne, notamment les banques commerciales qui ont mis à point de nouvelles techniques leur permettant de faire une meilleure cueillette des épargnes et d’être des concurrents redoutables pour les Caisses d’épargne.Les Caisses d’épargne doivent moderniser leurs méthodes d’éducation, améliorer leurs techniques de perception des épargnes, développer leurs services à la clientèle en assurant aux déposants à peu près tous les services et facilités des autres institutions concurrentes.Elles doivent participer davantage au financement de l’habitation et aux projets publics d’urbanisation et d’amélioration des conditions d’habitat de leurs ressortissants.Elles devront s’intéresser davantage aux pays en voie de développement en y établissant des Caisses d’épargne et développer leur participation sur le plan international en collaborant avec les organismes internationaux, notamment l’ONU et les organismes qui s’y rattachent. Le point le plus important, de déclarer M.Mills, c’est que les Caisses d’épargne doivent s’appliquer à étendre et améliorer les services qu’elles offrent au public.Elles doivent aussi insister toujours là-dessus: quel que soit le service financier qu’un particulier puisse demander, ce service est du domaine des Caisses d’épargne.1 — Les services des Caisses d’épargne offerts aux déposants devraient comprendre, aux termes mêmes du Docteur Mills: a) les comptes chèques b) les transferts automatiques — tant de crédit que de débit c) les certificats d’épargne à long terme et meilleur rendement d) les comptes à calcul quotidien de l’intérêt e) les services réciproques entre Caisses d’épargne pour les dépôts et les retraits.2 — Les services des Caisses d’épargne offetrs aux emprunteurs devraient comprendre tous les types de prêts personnels sans garantie réelle.3 — Les services des Caisses d’épargne aux particuliers devraient comprendre : ?) les fonds ou sociétés d’investissement ?) les assurances sur la vie, mixtes et risque pur c) l’administration de fortune et l’exécution testamentaire d) les conseils de placement.4 — Les Caisses d’épargne devraient élaborer des procédés qui puissent protéger leurs déposants contre l’inflation et peut-être aussi contre une fiscalisation excessive.On soutiendra en premier lieu dans cet ordre d’idées tout programme national de lutte contre l’inflation.Les Caisses d’épargne doivent s’efforcer d’améliorer leur coopération mutuelle en assurant leur appui à leurs associations internationale, nationales et régionales.Les Caisses d’épargne doivent améliorer leur compréhension et leur utilisation de l’information, et se prévaloir de toute occasion de faire des économies en coopérant en ce domaine.Quant aux limites des activités des Caisses d’épargne, le Docteur Poul-lain.Président de l’Association des Caisses d’épargne allemandes, parlant de la définition des objectifs et des fonctions des Caisses d’épargne qui a été faite au congrès international de New-York, en mai 1966, précise que le problème des limites des activités des Caisses d’épargne peut être envisagé sous un double aspect: d’un côté, il y a lieu de définir une limite inférieure, et, de l’autre côté, d’examiner s’il existe un plafond de l’activité des Caisses d’épargne.« La limite inférieure du ressort et de l’activité d’une Caisse d’épargne dérive du rendement minimum qu’elle doit pouvoir atteindre si elle veut répondre aux exigences institutionnelles et à sa vocation.On ne peut déterminer cette limite inférieure quantitativement, par exemple sous forme d’un total de bilan requis, ni formellement selon le nombre des services autorisés ou assurés; seule la qualité compte.La limite inférieure requise est celle qui permette à la Caisse d’épargne d’offrir à sa clientèle tous les services bancaires que celle-ci peut demander, et d’une qualité élevée.« La limite supérieure de l’activité des Caisses d’épargne s’établit là où les Caisses iraient au-delà de leur mission.On peut admettre que tel est le cas, si les Caisses d’épargnes: — s’associent à des projets qui se situent en dehors de leur ressort et négligent l’approvisionnement en crédits de l’économie locale, concèdent des crédits aux grandes entreprises et aux trusts et compromettent ainsi l’approvisionnement en crédits de la petite entreprise locale, — se lancent dans des affaires qui ne sont pas compatibles avec leur vocation.L’avenir tout comme le passé confrontera les Caisses d’épargne avec de nouveaux problèmes résultant des mutations socio-économiques en cours.Si les Caisses d’épargne à travers le monde veulent remplir leur mission à l’avenir également, c’est dès aujourd’hui qu’elles doivent s’adapter aux exigences de demain; elles doivent donc s’efforcer de remplir les conditions minimum et d’épuiser toutes les possibilités jusqu’à la limite d’activité maximum.» Les congressistes se sont ensuite groupés dans des salles selon les trois groupes linguistiques (les langues (Suite à la page 123) fas t\4j/ls*Cs A^ C4)yhsii+sMsC&tAsOl*s fais fa^yUs A& Ct Nouveaux employés à la Fédération Sous-directeur Monsieur Marc Lemieux a pris fonction comme sous-directeur aux Services administratifs le 26 mai.Licence en Sciences commerciales de l’Université Laval; perfectionnement à l’Université Harvard, de Boston.De juin 57 à novembre 63, contrôleur-trésorier pour Jos.-E.Lemieux, Inc., Jean-Claude Lahaye, Jean Ouellet, Ferronnerie Hauterive; de novembre 1963 à septembre 1965, préposé à la recherche à la Commission Bélanger; puis trésorier, chef du Service administratif au Conseil de la Coopération du Québec.Chef de section Madame Alfrédine Paradis a été engagée comme chef de la transcription aux Services administratifs.Expériences: Davie Shipbuilding (18 ans), secrétaire; Wilbrod Bhérer (5 ans), secrétaire.Secrétaires Mademoiselle Lucille Chouinard, chef de la transcription depuis janvier 1966 est passée à la direction générale comme secrétaire de Monsieur Paul-Émile Charron.Entrée à la Fédération en février 1961, elle avait été d’abord secrétaire de Monsieur Rosario Tremblay au Service de l’inspection.Autres secrétaires engagées: Monique Laflamme, administration générale; Denise Rancourt, inspection.Nouveaux employés au Service de l’Inspection A ide-vèrificateur: Michel Chartrand, Richard Bastien, André Cadieux.Inspecteurs: Paul Boutin, Richard Brunet, Guy Paquin, Jacques Paquin, Jacques Veillette, André.Cadieux, Marc Lemieux, Bruno Roy, Fernand Bergeron.Marc Lemieux Mme Alfrédine Paradis.Mlle Lucille Chouinard.Nouveaux employés aux Services administratifs Françoise Filion, commis; Claude Jour-nault, commis sr.; Gaston Labbé, magasinier; Donat Gravel, entretien.Sténodactylos: Nicole Dionne, Louise Bélanger, Béatrix Smith, Diane Gingras, Ghislaine Gravel, Pierrette Bisson.T émoignages « Cher M.Tardieu, Grâce à votre obligeance, je reçois chaque mois la revue dont vous êtes l’animateur.Je viens vous féliciter chaleureusement de la tenue de chacun des numéros.Présentation impeccable, textes aérés, typographie soignée, illustrations nettes, telle est la première impression que l’on éprouve dès que l’on feuillette la revue.Le contenu vaut plus encore que le contenant! Des articles courts, précis nous renseignent sur la vie et les activités des divers mouvements Desjardins.Vous ne craignez pas d’y introduire des problèmes d’intérêt général: ainsi de la pensée des papes concernant des questions religieuses et sociales, ainsi de l’attitude des jeunes, de la contestation, etc.Vous atteignez des milliers de lecteurs, cher M.Tardieu, mois après mois.C’est dire l’importance et la responsabilité de votre haute tâche éducatrice.Continuez: le Seigneur vous inspire et vous guide.Je le LUI demande avec vous et pour vous.Croyez, cher Monsieur, à mon souvenir le meilleur et à mon religieux respect.Paul Mayer, s.j.«Je reçois toujours avec un très grand plaisir la Revue Desjardins, et je la lis toute entière, et spécialement vos articles qui sont toujours si intéressants et si vivants .» Raoul Follereau Fondations Raoul-Follereau pour la bataille de la lèpre.46, rue du Général-Delestraint, Paris.1t9 Ats la, Ci^yUs jLl, M.Georges Robitaille Nouveau gérant M.GEORGES ROBITAILLE, employé depuis 22 ans à la Fédération a pris fonction le 19 mai mai comme gérant de la Caisse populaire de Saint-Yves, à Sillery.Monsieur Robitaille avait d’abord travaillé au Service de l’inspection dont il était devenu sous-directeur.En 1967 il passait aux Services techniques.La Caisse populaire du Sacré-Coeur FONDÉE à Montréal en octobre 1919, la Caisse populaire du Sacré-Cœur célèbre ces jours-ci son cinquantième anniversaire.Avec 53 membres à sa naissance, elle en comporte aujourd’hui 7,500.Les débuts ont été pénibles.Les passages suivants, extraits d’un reportage signé Cari Dubuc dans Perspectives-dimanche du 4 mars 1969, nous le montrent fort bien: « La caisse végétera pendant une douzaine d’années.En 1939, l’actif est tombé à $19,000, il a à peine doublé en 20 ans.Et la caisse, après 20 ans, se retrouve avec exactement le même nombre de sociétaires dont elle s’honorait le jour de son premier bilan, et le même bureau sous l’escalier! Une deuxième fois il est question de liquidation.Mais le jour même de la déclaration de la guerre de 39, la Caisse populaire du Sacré-Cœur se jette dans les bras d’une équipe nouvelle et se donne son 6e directeur.M.Marcel donné son essor définitif et il préside maintenant aux fêtes de son cinquantenaire.Marcel Caron part en 1939 avec 175 membres et un actif de $19,000.Paraphrasant Mahomet, il décide: Si les sociétaires ne viennent pas à moi c’est moi qui irai aux sociétaires.Il institue le système de dépôts à domicile.C’est lui qui, le lundi matin, va chercher chez eux l’argent des sociétaires, qui trouvent le procédé commode quoique bizarre.Un dentiste lui confie des dépôts hebdomadaires de 25 à 30 dollars, sommes considérables pour l’époque.D’autres lui refilent des billets de 1 ou de 2 dollars.« Sans ces procédés quelque peu agressifs, j’aurais mis trois fois plus de temps à atteindre l'objectif que je m’étais fixé ».Par ces visites à domicile, il crée des liens étroits, mais inconscients, entre la caisse et les sociétaires.Ce qui n’empêche pas l’un des sociétaires, déposant régulier à domicile, d’attendre deux longues années avant de mettre les pieds à la caisse.Les sociétaires finissent par venir en bloc, — ou en file — à la caisse.Le porte à porte a fait la publicité de bouche à oreille, d’autant plus que la moitié des familles touchées par M.Caron sont devenues — peut-être sans y croire tellement — sociétaires.À partir de 1946, les paroissiens s’inscrivent à coups de 500 ou 600 membres par an.La Caisse est maintenant ouverte de 10 heures à 20 heures, le samedi inclus.On organise des semaines d’épargne avec bureau ouvert tous les jours, le samedi compris.Dès 1940, on se débarrasse du bois mort: au lieu de onze, les administrateurs seront sept.On lance toutes sortes d’innovations: distribution d’un journal de propagande, concours scolaires, organisation de syndicats d’épargne; les trois décennies qui viennent verront le taux d’intérêt sur l’épargne porté à 3 p.c.puis à SU?P-C., la limite de prêts personnels passer de $500 à $750, puis à $1,000, enfin à $3,000.En 1949 — c’est le quart du centenaire — le local de la caisse est décidément trop exigu.La caisse va quitter l’église et faire le grand saut, un saut d’une soixantaine de pieds.(.) Pendant 20 ans, la Caisse populaire du Sacré-Cœur, lancée sur la voie de Unités de guichet en fibre de verre moulé.Décoration reçue du Gouvernement fédéral pour l'aménagement fonctionnel et moderne d'une institution d'épargne et de crédit.Décoration de la Ville de Montréal pour l'aménagement moderne dans un secteur populeux et défavorisé de Montréal.Caron est directeur depuis trois décennies, il a remis la caisse sur pied, lui a 120 »*4im W8U v' ¦ Inauguration de la plaque commémorative du 50e anniversaire.— De gauche à droite : MM.J.-Marcel Caron, gérant, Émile Girardin, président de la Fédération, Gérard Beaudry, président de la Caisse, Léo Tougas, curé de ia paroisse, Edgar Charbonneau, député du comté, ministre à F immigration, ancien administrateur de la Caisse.gramme d’études et d’éducation, qui risquerait de ne pas les intéresser, on les consulte, on leur offre le choix des sujets et on établit les soirées d’information conformément à leurs désirs.M.Caron s’en félicite: les soirées d’études rendent la Caisse plus populaire et ressèrent les liens avec les membres.(.) Tout en respectant le Conseil d’administration, qui le lui rend bien, M.Caron a refusé de célébrer le cinquantenaire de sa Caisse par un banquet de directeurs.Avec l’assentiment du Conseil, il a prévu trois expositions, durant quatre mois chacune, tout en lançant une sorte d’hymne qu’il espère voir adopter par toutes les caisses.» N.D.L.R.— Nous publierons dans notre prochain numéro l'hymne de la Caisse popidaire composé par monsieur Marcel Caron.Ceux qui désirent avoir la musique peuvent s'adresser au gérant de la Caisse populaire de Montréal, 1399 est, rue Ontario, Montréal 24.l’expansion, procédera par étapes prudentes, à la mesure de ses besoins.Elle occupe d’abord le restaurant de son nouvel immeuble.Troisième transformation en 1959: pour $19 000, on achète les immeubles contigus rue Plessis tout en respectant les baux de certains négociants.Enfin, en 1965, rénovation complète: on démolit tous les immeubles qu’on possède, on aménage la nouvelle caisse sur une superficie de 3 000 pieds carrés; à côté, un établissement de frais funéraires, au-dessus de 17 logements modernes de 5-6 pièces.La Caisse populaire du Sacré-Cœur a pris son visage définitif.(.) La méfiance du public a fait place à une confiance presque absolue.Non seulement l’actif a passé à plus de sept millions et demi et le fonds de réserve à plus d’un demi-million, mais les sociétaires viennent consulter la caisse pour leurs transactions: achats d’autos ou de maisons et placements.La caisse connaît leurs préoccupations par le travail de son comité d’éducation.La plupart des caisses ont de ces comités, mais, à la Caisse du Sacré-Cœur, on a innové: au lieu de dicter aux sociétaires un pro- m.- V Soirée d’information sur les services de ta Caisse.Séance audio-visuelle animée ¦ .4 • : 121 Ats l&s 1x^4^ ^ C4>n>4i^4xlc^dii4n^ Ifr txjj4*Js Jjt^ Madame Marguerite-R.Grisé s'est vue attribuer un prix de $30.00 par monsieur Ferdinand Smith, secrétaire-gérant, pour marquer les 30 années d'existence de la Caisse populaire de Saint-Frédéric de DrummondviHe.iHfS Caisse populaire de ».Saint-Frédéric de DrummondviHe Afin de favoriser la participation de tous les membres à la gestion de l’entreprise qu’est la Caisse populaire, occasionnellement, le personnel de la Caisse populaire de Saint-Frédéric de DrummondviHe se réunit pour discuter les problèmes de l’heure et fournir des informations inhérentes à la profession.Sur cette photo, le gérant, M.Ferdinand Smith, se fait l’animateur d’une rencontre, alors que l’on étudie la différence entre Caisses populaires et Banques.D’autres sujets ont aussi fait l’objet d’intéressantes discussions: l’envoi en 1969 des formules T-5 et TP-5 aux membres qui retireront $10.00 et plus en intérêts; rendement et rentabilité; les taux d’intérêts payés sur les différents comptes d’épargne, les taux d’intérêts prélevés sur les diverses catégories de prêts; les incidences des nouvelles normes de liquidité d’encaisse préconisées par l’Union régionale; etc.Réunion de coopératives LE lundi 24 mars dernier se tenait à Rimouski une réunion groupant 91 personnes de différents secteurs coopératifs de Rimouski et de la région.Les secteurs représentés étaient: épargne et crédit, consommation, agricole et assurances.Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une meilleure compréhension de la philosophie coopérative et, partant, de la nécessité d’une meiïleure communication entre les différents secteurs de la coopération.L’assemblée a porté essentiellement sur: « Qu’est-ce que COOPGRO ».Pour parler de ce sujet et répondre aux questions des participants, MM.Adrien Rioux et Gérard St-Denis, respectivement président de l’Association Coopérative d’investissement et directeur de la promotion coopérative de la Fédération des Magasins CO-OP, étaient présents.Les participants ont semblé se réjouir de cette initiative et, au terme de l’assemblée, ont souhaité la tenue d’autres rencontres conjointes entre les membres dirigeants des différentes coopératives.Le temps de la coopération par secteur serait-il terminé pour faire place à une pensée et une action coopérative beaucoup plus large faisant appel à la coopération entre coopératives ?D’ailleurs, peut-on vraisemblablement demander à nos membres de coopérer, tout en restant indifférent envers les autres coopératives qui s’inspirent des mêmes principes et des mêmes règles que la nôtre ?.Extrait de Services, buHetin d’information de l’Union régionale des C.P.D.de Rimouski.Des nouvelles du Japon L’ÉTÉ dernier, nous avions l’honneur de recevoir le Révérend Père Miguel Lafont, jésuite, directeur du Centre d’information des Credit Unions de l’Université Sophia, à Tokyo.Le Père Lafont est aussi, pour un certains temps du moins, le directeur de la Ligue des Credit Unions du Japon.Un rapport détaillé des activités de cette ligue vient de nous parvenir.Il relate les difficultés rencontrées lors de la fondation des Caisses d’épargne et de crédit à cause d’aventures financières désastreuses subies par d’autres institutions financières japonaises et aussi à cause d’une législation incomplète.On compte cependant vingt Caisses.La fondation des premières remonte en 1961 seulement.Elles ont déjà 2,533 membres.Le capital est de 13,573,068 yens ($37,702.).Les prêts consentis durant l’année se chiffrent à 8,456,462 yens ($23,490.).Ces débuts, bien que modestes, sont pleins d’espoir pour l’avenir.Rosario Tremblay i Ira et: rei ter en lui rai su 1 », pi ta k 1 ,ei Je in lu ti5 Ca U] cai Je A 122 française, anglaise et allemande étaient les trois langues officielles des assises), poury discuter les questions soulevées par les deux conférenciers Mills et Poullain.M.Girar-din a exposé aux congressistes de langue française l’étendue des services rendus par les Caisses populaires à leurs membres et à la communauté dans laquelle elles fonctionnent de façon directe par l’épargne et par le crédit, et de façon indirecte, par les institutions du Mouvement Desjardins qu’elles possèdent: les Assurances générales et les Assurances sur la vie, la Société de Fiducie et l’Institut coopératif Desjardins.Il est peu de pays, s’il en est, qui peuvent présenter une institution d’épargne avec un aussi grand éventail de services à ses membres.L’insistance qu’on a mis à ce congrès sur la nécessité pressante où se trouvent les Caisses d’épargne de la plupart des pays du monde d’étendre leurs services à leur clientèle si elles veulent répondre aux objectifs modernes qui doivent les animer et maintenir leur développement face à la vive concurrence que leur font les institutions financières commerciales m’a rappelé ce jugement de Luzzati qui prend une allure prophétique, et que le fondateur des Caisses populaires, le Commandeur Alphonse Desjardins, a rapporté en ces termes dans sa brochure sur la Caisse populaire, écrite en 1911: « La Caisse populaire a le double caractère de réservoir d’épargne et de crédit.Par son accessibilité facile, priétaires de leur entreprise.C’est le bon emploi du crédit qu’ils en font qui démontre aux déposants la valeur de leurs épargnes et la nécessité première de leur Caisse populaire, qui marie dans la même institution les deux fonctions, épargne et crédit, l’épargne nourrissant le crédit, et le crédit donnant à l’épargne toute sa valeur.C’est bien ce qu’a compris le fondateur des Caisses populaires: la meilleure Caisse d’épargne c’est celle qui prépare l’épargne pour le crédit; et la plus efficace Caisse d’épargne et de crédit, c’est celle qui repose sur la base coopérative mettant ainsi entre les mains de ceux qui ont des besoins financiers la propriété des moyens propres à les satisfaire et la responsabilité d’en faire le meilleur emploi possible, dans l’intérêt des membres associés et de leur communauté.Le Dr Armando Mauri, professeur à l’Université de Padoue (Italie), a présenté, le 8 mai, un magnifique travail sur la promotion de l’épargne et des Caisses d’épargne dans les pays en voie de développement.Après le congrès qui a pris fin le 8 mai, les congressistes ont pu visiter la ville de Rome et faire des excursions en Italie.Ils ont eu l’insigne honneur d’une audience du Saint Père Paul VI avant de quitter la Ville Eternelle, le vendredi 9 mai.L’allocution de Sa Sainteté le Pape sera reproduite dans la prochaine édition de la Revue Desjardins à l’intention des lecteurs qui seront sans doute heureux de prendre connaissance de ce message aux congressistes.< elle réalise l’idéal à ce point de vue, puisqu’elle fonctionne dans un milieu très restreint, la paroisse; par son caractère quasi familial, elle ne peut être que très attrayante pour tous et invite à y verser ses économies; par les prêts qu’elle consent à ses membres elle leur offre les avantages les plus précieux.C’est grâce à elle que l’épargne du peuple peut être mise à la disposition du peuple, lui être doublement avantageuse en aidant ses initiatives et en lui jaisant toucher du doigt, pour ainsi dire, les bienjaits qu’apporte la vertu de prévoyance.C’est ce double caractère qui a jait dire à Luzzati, l’illustre jondateur des Banques populaires italiennes, que ces institutions é-taient des banques d’épargne per-jectionnées.Les Caisses populaires Desjardins sont des Caisses d’épargne perfectionnées parce qu’elles sont en même temps des coopératives de crédit.Les déposants, précisément parce qu’ils sont les propriétaires de leurs Caisses et qu’ils les ont constituées pour satisfaire leurs besoins par la mise en commun de leurs épargnes, peuvent décider eux-mêmes de l’utilisation de celles-ci et satisfaire ainsi leurs propres besoins d’argent.Ils demeurent attachés à leurs institutions parce qu’ils y trouvent la source de crédit qui leur est nécessaire, d’autant plus qu’ils la constituent eux-mêmes cette source et qu’ils ont pleine liberté de l’utiliser, liberté découlant de leur volonté de la créer et de leur qualité de pro- 123 Les coffrets de sûreté CHARLES-A.ROBERGE La plupart des Caisses populaires offrent à leurs membres les services de coffrets de sûreté qui sont loués afin de leur permettre de déposer des documents officiels et précieux, des certificats d’actions et d’obligations, des titres de propriété, des polices d’assurance et des hypothèques et même des lettres d’amour .c’est un moyen sûr de protéger ces biens et surtout de conserver la preuve de certains droits contre certains risques comme l’incendie et le vol.Au décès du locataire du coffret de sûreté qu’arrive-t-il?Le plus souvent ce dernier avait accordé à son conjoint ou à un tiers un mandat qui donnait accès au coffret; mais il faut rappeler que ce mandat ou cette procuration prend fin automatiquement par le décès du locataire.Il sera alors nécessaire aux héritiers pour pouvoir retirer le contenu de ce coffret de se conformer strictement aux exigences de la loi.Dans ce cas là, il y a deux lois qui s’appliquent: l’une provinciale, la loi des droits sur les successions1 et l’autre fédérale, la loi de l’impôt sur les biens transmis par décès de même que les règlements établis en vertu de cette dernière loi.2 La Loi provinciale stipule en effet qu’aucun coffret de sûreté ne peut être ouvert par qui que ce soit après le décès du locataire ou de son conjoint à moins qu’un procès-verbal en triplicata contenant l’énumération complète et détaillée de tous les titres, documents, sommes ou objets quelconques qui y sont contenus ne soit dressé par l’exécuteur testamentaire ou l’administrateur représentant les héritiers.Une copie de ce procès-verbal signée par le représentant de la succession et contresignée par le représentant de la Caisse doit être transmise au percepteur.Aux termes de l’article 47 de la Loi provinciale, il est impératif d’obtenir du percepteur le certificat de libération 1.S.R.Q., 1964, chapitre 70, article 47.2.S.C., 7 Elizabeth II, chapitre 29, arti- cle 48.communément appelé quittance pour permettre aux héritiers de prendre possession des valeurs contenues dans le coffret de sûreté.De son côte le ministère du Revenu National3 depuis le 1er janvier 1969 a émis deux formules concernant l’ouverture d’un coffret de sûreté: une première, la formule ET 76- qui est un permis autorisant l’ouverture préliminaire du coffret de sûreté pour en retirer les documents et une seconde, ET 77- qui est un permis autorisant l’ouverture du coffret de sûreté pour dresser l’inventaire du contenu.La Loi fédérale permet de retirer du coffret de sûreté le testament qu’il soit notarié, olographe ou fait devant témoins, le certificat de naissance, le certificat de mariage, le contrat de mariage, les titres de propriété et tous documents requis pour l’inhumation du défunt.Ainsi tous les documents retirés en conformité des règlements de l’impôt sur les biens transmis par décès doivent être inscrits sur la formule ET-76-.De son côté, la Loi provinciale ne donne pas une telle énumération de 3.Article 6 (1 et 3) des règlements concernant l’impôt sur les biens transmis au décès.documents mais en pratique, il est généralement permis de retirer tous les documents qui n’ont pas une valeur en soi.D’autre part, la formule ET 77- doit être signée par l’agent autorisé représentant le ministère (c’est-à-dire le gérant de la Caisse) et une copie de cette formule accompagnée de l’inventaire certifié du contenu doit être adressée au bureau du district de l’impôt.C’est habituellement l’exécuteur testamentaire ou un autre représentant de la succession spécialement mandaté à cette fin qui assiste à l’ouverture du coffret de sûreté et qui est autorisé à signer tous les documents nécessaires.Cependant, si l’exécuteur testamentaire est incapable de se rendre sur les lieux, il devra donner une procuration afin d’être représenté, de même lorsqu’il y a plusieurs héritiers, il est conseillé qu’ils délèguent un des leurs pour agir en leur nom.Il va sans dire que cette procuration doit être complète et en bonne et due forme, en effet celle-ci devra être annexée au procès-verbal d’ouverture du coffret.Voilà donc la procédure sommaire à suivre lors de l’ouverture d’un coffret de sûreté au décès de son locataire.< LE SOURIRE Le sourire enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne.// ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois immortel.Personne n'est assez riche pour s'en passer et nu! n'est si déshérité qu’H ne puisse en faire l'aumône.H repose, console, rend courage.U ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler, car H n'a de valeur qu'à partir du moment où U se donne.Nu! n'en a tant besoin que celui qui ne sait pas le donner aux autres.CARNEGIE. Cette troisiè ALFRED ROULEAU I I e solitude * 1 Je veux vous proposer, ce midi, quelques réflexions sur un secteur bien particulier d’un bilan.Les opérations de ce secteur sont déficitaires et au-delà des conséquences économiques qui en découlent, nous découvrons des hommes diminués dans leur dignité d’homme et une société dangereusement handicapée.Problème d’hommes à récupérer par des hommes décidés à devenir des récupérateurs d’hommes.Problème d’argent, que vous êtes, Messieurs, « professionnellement », habilités à solutionner.Ce défi: le problème de la pauvreté chez nous.Et le problème prend des allures u particulièrement odieuses dans cette société d’abondance que les hommes d’affaires nord-américains ont eux-mêmes édifiée.Définition de la pauvreté Empruntons au 5e exposé annuel du Conseil économique du Canada une définition contemporaine de la pauvreté : « Se sentir pauvre consiste, notamment, à se sentir contre son gré, en dehors de la société, à avoir l’impression de ne participer à peu près aucunement à la société dont on fait partie.Dans les grandes sociétés industrielles, la pauvreté est de plus en plus considérée non pas comme la privation des choses nécessaires à la vie mais comme une insuffisance d’accès à quelques-uns des biens, des services et des conditions de vie qui sont accessibles à tous les autres et qui sont tenus pour indispensables à un minimum acceptable de conditions d’existence.» Les motifs de nous intéresser individuellement et collectivement à ce problème, de nous y compromettre dans certains cas, nous sont également rappelés dans le même document.* Titre d’une étude sur la pauvreté dans la région de Montréal commanditée par le Conseil du travail de Montréal.1.Déjeuner-causerie de la Chambre de Commerce du district de Montréal, le 22 avril 1969.« À notre avis, cette pauvreté grave peut et doit être éliminée au Canada et cette éradication devrait constituer l’un des grands objectifs du pays.Nous avons trois raisons de penser de la sorte.Premièrement, notre pays est l’un des plus opulents que le monde ait jamais connus et il ne peut aspirer au titre de société juste sans se fixer un tel objectif.Deuxièmement, la pauvreté est coûteuse d’abord pour les pauvres eux-mêmes mais aussi pour le reste de la société.Ce coût comprend celui du crime, de la maladie et du manque d’instruction.11 comprend aussi une insuffisance de productivité et une perte de production, les frais de la lutte contre les tensions sociales provoquées par des inégalités trop manifestes ainsi que les frais de cette partie de la sécurité sociale qui n’est en somme qu’un palliatif rendu nécessaire par l’absence de solution plus profonde.» Aux Etats-Unis, les auteurs du fameux Freedom Budget, qualifient le problème de « défi à notre sens moral ».Ils rappellent que « matériellement, autant que spirituellement, une société affligée par la pauvreté prive tous ses citoyens de sécurité et de bien-être ».En traçant un calendrier pour éliminer la pauvreté dans dix ans, ils affirment: « Ici, dans ce pays (aux Etats-Unis), où il ne peut y avoir d’excuses d’ordre technologique ou économique, la pauvreté n’est pas seulement une tragédie individuelle mais un crime public.(.) En répondant aux besoins sociaux par l’élimination des.taudis, par l’éducation et le recyclage, par les services de santé, par la promotion de l’agriculture, par l’exploitation des ressources naturelles, par le développement régional, par les assurances sociales et les programmes de bien-être — nous pouvons assurer et soutenir une économie de plein emploi (principal moyen pour combattre la pauvreté) et un taux continuel de croissance économique en même temps que nous ferons disparaître Déjeuner-causerie de la Chambre de Commerce du district de Montréal, le 22 avril 1969.{Titre de la causerie de M.Alfred Rouleau : La troisième solitude.) les milieux de pauvreté.Tous ces problèmes sont étroitement reliés ou interdépendants, qu’ils soient considérés comme causes ou conséquences.Seul un programme global et soutenu qui voit la pauvreté en termes d’économie nationale et non en termes de caractéristiques de personnes défavorisées— peut réellement réussir.» Une affirmation aussi sévère et catégorique n’a pas été lancée par des travailleurs sociaux mais par une soixantaine d’économistes et d’hommes d’affaires parmi lesquels on voit les noms célèbres de Galbraith, Key-seling, Harrington et Schriver.Au Québec, il y a approximativement 450,000 personnes (incluant les enfants) classées dans la catégorie des assistés sociaux, dont le revenu familial se situe entre $1,500.et $2,000 par année, soit $35 à $45 par semaine.Ce sont ces gens qui vivent dans les zones grises de nos villes et sur les terres de roche de nos campagnes.Ajoutez tous les petits salariés, les cultivateurs à faibles revenus et vous avez un Québécois sur cinq qui 125 se trouve dans un état de pauvreté.C’est là la statistique mise de l’avant par le Conseil économique du Canada et par d’autres spécialistes de la recherche.Quels seraient.Messieurs, nos sentiments et nos attitudes en sortant de cette salle si nous nous retrouvions dans de telles conditions ?D’aucuns prétendent que nous dépensions toujours trop pour le Bien-Etre.D’après les statistiques publiées récemment par le Bulletin de la Banque de Commerce, les paiements de transfert (c’estrà-dire toutes les mesures d’assurances et d’assistance sociale) s’élevaient, en 1967, à six milliards deux cent vingt-trois millions, soit 13.2% du revenu personnel global au Canada.C’est une augmentation de 2.5% par rapport à 1958.Il ne faut pas oublier que tous ces paiements de transfert ne vont pas en totalité aux pauvres, car près de deux milliards (soit exactement un milliard neuf cent vingt-cinq millions), environ le tiers de tous ces paiements, étaient constitués par les pensions de vieillesse et les allocations familiales.Donc, il est faux de dire que nous dépensons beaucoup trop pour le Bien-Etre quand à peine 8% ou 9% du revenu personnel global au Canada sert à soulager la misère des enfants, des vieillards, des veuves, bref de tous les assistés sociaux et autres pensionnés de l’État.Une solution coûteuse Lançons une hypothèse! Que coûterait-il pour assurer à toutes les familles canadiennes un revenu minimum garanti de $3,000 environ, ce qui serait immensément plus que ce que reçoivent actuellement les pauvres du Canada?On estime qu’il faudrait environ 2% du Produit National Brut.Au Canada, cela signifierait environ un milliard cinq cent millions.D’après l’économiste Jenness, de Vancouver, il en coûterait $50 par année à chaque citoyen canadien pour faire disparaître subitement la pauvreté de toutes les familles vivant avec moins de $3,000 par année, soit le même montant que nous dépensons per capita en boissons alcooliques.Selon la majorité des compétences qui ont traité du sujet de la pauvreté, nous avons les moyens d’éliminer la grande pauvreté; ce qui manque, c’est la volonté individuelle et collective de s’attaquer au problème et d’en accepter les solutions.Sans doute serait-il puéril de penser éliminer la pauvreté en ne donnant que de l’argent.Un handicapé physique a besoin de rééducation physique.Un défavorisé chronique a souvent aussi besoin de réapprendre à utiliser rationnellement l’argent qu’il reçoit.Ce sont là des opérations que l’on devra orienter en parallèle.Mais, face à ceux qui ne peuvent pas travailler (et ils constituent environ 85% des assistés sociaux chez nous), il n’y a pas d’autre moyen que des subventions directes.Pour les 15% qui restent, c’est de l’emploi qu’il faut.Pour assurer par le recyclage des emplois à ces 15% des assistés capables de travailler, les gouvernements fédéral et provinciaux font présentement beaucoup.Mais, parallèlement et contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, les industriels, les hommes d’affaires de chez nous feraient très peu pour aider ces chômeurs qui ont de la difficulté à se trouver un emploi convenable.Et, d’après nos voisins américains, on découvre des attitudes positives chez cette catégorie oubliée de candidats éventuels au travail.En effet, dans un article intitulé (( Des assistés sociaux, ils font des contribuables )) — Sélection d’avril présente les conclusions d’une enquête auprès de mille chômeurs de l’Etat de New York.On y découvre que « les statistiques prouvent que la plupart des chômeurs assistés veulent travailler.Mais ils ne sont pas en mesure de trouver l’emploi qui puisse leur convenir et c’est sur ce point que les dirigeants d’entreprise pourraient les aider.» Toutefois, des tentatives s’amorcent chez nous.Je prends pour exemple une initiative récente du Centre de Service social de la région de Sherbrooke.Le nouveau service de reclassement des assistés sociaux a aidé, en six mois, à remettre sur le marché du travail 53 assistés so-sociaux, et a permis à 48 autres de retourner aux études.A noter que le coût du soutien annuel par l’État de tous ces assistés sociaux et leur famille s’élève à $200,000.Autant d’individus devenus productifs ou sur le point de le devenir, et cela grâce en particulier à la collaboration effective de plusieurs grosses et petites entreprises de la région.Des préjugés tenaces Des expériences sont de nature à dissiper certains de nos préjugés mignons à l’endroit des chômeurs dits (( chroniques ».En effet, l’on vient de voir que lorsque les emplois sont nombreux et disponibles, même les chômeurs difficiles et exigeants retournent au travail.Nous nous souvenons de l’époque du deuxième conflit mondial alors qu’en période de plein emploi le nombre des chômeurs et des assistés sociaux en mesure de travailler étaient presque inexistants.Mais nous continuons à entretenir de fausses opinions à l’endroit des pauvres et des chômeurs; nous les considérons facilement comme des parasites, des paresseux, souvent afin de nous donner facilement bonne conscience et justifier notre inaction.Pourtant, nombre d’études, effectuées en plusieurs pays, démontrent que les pauvres récalcitrants et bourrés de problèmes de toutes sortes ne constituent qu’environ 0.5 (une demie de 1% de la population), soit à peine 1 défavorisé sur 10.Quant aux assistés sociaux de diverses catégories, d’aucuns croient qu’ils devraient tous travailler et se débrouiller.126 Voyons de plus près: Selon les statistiques fédérales disponibles, (1961), sur 1,300,000 assistés sociaux, seulement 23,000 étaient capables de travailler.C’est là une faible proportion qui ne justifie nullement ce vieux préjugé qui veut que tous les assistés sociaux soient capables de se débrouiller seuls.Une étude semblable faite aux Etats-Unis et publiée dans Times, récemment, indiquait que 99.3% des assistés sociaux américains avaient besoin de plus d’argent et que seulement 0.7% pouvaient profiter de services et d’un entraînement qui les rendraient aptes à gagner leur vie.Et les gagne-petit Remarquez que je n’ai parlé jusqu’ici que des moins bien partagés, à savoir les assistés sociaux.Il y a, en outre, tous les gagne-petit.Tous ceux qui ne gagnent que $40 ou $45 par semaine et ne disposent de revenus pas plus élevés, en fin de compte, que les assistés sociaux.S’il y a 450,000 assistés sociaux au Québec, il y a probablement 700,000 autres Québécois qui doivent vivre avec un revenu se situant au-dessous ou autour de $3,000 par année.Donc, il m’apparaît clair, d’après les statistiques, que la très grande majorité des assistés sociaux ont plutôt besoin d’aide financière et c’est jausser la vérité que de les considérer comme des parasites.Il est vrai qu’à cause du chômage élevé au Québec la proportion des assistés sociaux susceptibles de travailler est un peu plus élevée que ne l’indiquent ces chiffres, mais il demeure que la très grande majorité des assistés sociaux, 85%— d’autres disent 88% — sont incapables de travailler et ont besoin tout simplement de plus d’argent pour sortir de la misère et des taudis.Les grands moyens Que faire, face à une situation aussi tragique?Devant une situation de pauvreté aussi grave, il faudrait d’abord assurer à ceux qui ne peuvent pas travailler (soit la très grande majorité des assistés sociaux, comme je viens de le démontrer) une aide décente qui les sortirait de la pauvreté.La moitié du coût du relèvement de tous ces cas (environ 375,000 à 400,000 personnes, adultes et enfants, soit 85,000 familles) serait assumée par le Gouvernement fédéral en vertu du Plan canadien d’assistance publique.Il en coûterait donc à l’État du Québec environ cinquante à soixante millions pour relever le revenu des assistés sociaux au revenu minimum de $3,000 par année.Ce montant semble énorme, mais imaginons les économies à moyen ou à long terme réalisées dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la justice.Au Secteur Santé Le rapport Boucher constatait que le coût de la maladie était de 5% plus élevé au Québec, à cause de la piètre condition physique de nombre de Québécois vivant dans la pauvreté.Améliorer les taux d’assistance aux assistés sociaux, c’est du même coup baisser le coût de la maladie.Au Secteur Éducation Nombre de jeunes laissent encore l’école à 15, 16 ou 17 ans pour aider leur famille économiquement faible, surtout si elle vit de l’assistance sociale.Ces jeunes risquent à leur tour de devenir des chômeurs et de perpétuer le phénomène de la pauvreté.Améliorer l’aide à nos 85,000 familles assistées, c’est du même coup permettre aux jeunes de profiter des investissements considérables faits pour eux par le Ministère de l’Educa-cation et leur assurer un avenir plus brillant que l’existence de leurs parents.Et ce problème des taudis Et je pourrais continuer au secteur de la justice, mais arrêtons-nous plutôt brièvement sur le problème des taudis.Ne l’oublions pas: si les assistés sociaux incapables de gagner leur vie (et je répète que c’est la très grande majorité) étaient aidés adéquatement, ils sortiraient peut-être d’eux-mêmes, du moins un bon nombre, de leurs taudis.Un geste positif entre plusieurs que vcus me permettrez de porter à votre attention: dans une région semi-urbaine de chez nous, une Déjeuner-causerie de ia Chambre de Commerce du district de Montréal, le 22 avril 1969.Une vue partielle des participants.I- gygf'î! Caisse populaire a décidé de faciliter chaque année deux prêts hypothécaires à des économiquement faibles ou des assistés sociaux, auxquels elle fait confiance par un prêt hypothécaire à 100% du coût d’achat et de rénovation d’une maison.Une telle marque de confiance permet aux membres de ces familles de vivre aujourd’hui dans des conditions plus humaines et plus décentes.C’est certes là une forme positive de contribution à l’élimination des taudis.Conséquences humaines et sociales de la pauvreté La pauvreté engendre ou abrite la pauvreté.Trouvons moyen d’arracher les assistés sociaux à leurs conditions actuelles de privations et, du coup, nous viderions en bonne partie les taudis de nos villes, devenus des nids de frustrations, de désordres et de révoltes, dynamite sociale qui, au jour d’éclatement, s’avérerait beaucoup plus coûteuse que l’élimination de la pauvreté.Les pauvres d’aujourd’hui n’acceptent plus d’être privés de l’essentiel.Les moyens modernes de communication les invitent d’ailleurs à une vie aisée, alors que le strict nécessaire leur fait défaut.Ils sont alors portés à la révolte.Les désordres dans nos villes canadiennes sont dus bien plus à la présence de la pauvreté au milieu de l’abondance qu’à toutes les idéologies imaginables.Les agitateurs sociaux ont beau jeu pour préconiser leurs idéologies révolutionnaires dans ces milieux de pauvreté.Eliminons la pauvreté de nos villes et la forme de discrimination sociale qu’elle représente et nous enlevons du coup, à tous ces agitateurs, leur raison d’agir.Mesures envisagées Aux Etats-Unis et en Angleterre, et de plus en plus au Canada, on considère que l’élimination de la pauvreté s’effectuera dans les prochaines an- nées par deux des principaux moyens dont les idées de base font leur chemin rapidement: a) Le revenu minimum garanti pour tous ceux qui ne peuvent travailler 1.soit par l’élargissement et l’augmentation substantielle des allocations jamiliales 2.soit par Vimpôt ncgatij b) Un emploi assuré pour tous ceux qui peuvent travailler Le Revenu garanti On sait que le Gouvernement du Canada songe à remplacer tous les programmes de sécurité sociale traditionnels par un vaste plan de revenu minimum garanti pour tous les Canadiens, projet qui assurerait, par le mécanisme de l’impôt plutôt que par des mesures sociales, le supplément nécessaire aux individus et aux familles pour les sortir de la pauvreté.Ce fut là, d’ailleurs, une politique mise de l’avant par les partis conservateur et néo-démocrate aux dernières élections.Le ministre ontarien des Finances vient de présenter un Livre Blanc sur le revenu minimum garanti, par le truchement de l’impôt négatif.Le revenu minimum garanti est déjà assuré aux personnes âgées, au-dessus de 65 ans.Pourquoi ne serait-il pas assuré aux mères nécessiteuses, aux familles éprouvées par la maladie?Un couple composé de deux personnes âgées a droit actuellement à $2,620 par année en vertu du supplément de pension de vieillesse.Pourquoi la mère nécessiteuse ou la veuve avec six enfants n’aurait-elle droit qu’à $2,340 comme c’est actuellement le cas?L’argument principal utilisé par les hommes d’affaires américains engagés dans la lutte contre la pauvreté pour convaincre leurs collègues du bien fondé du revenu garanti par l’impôt négatif est axé sur le fait qu’un assissé social coûte à l’État, entre 17 ans et 57 ans, $140,000.Il en coûte sensiblement le même montant au Québec).Allocations familiales accrues Mais une idée qui fait son chemin de plus en plus en Amérique est celle de l’élimination de la très grande partie de la pauvreté par une augmentation substantielle des allocations familiales.On estime qu’une allocation familiale mensuelle de $50 par enfant éliminerait les % du nombre des pauvres.Les allocations familiales universelles seraient récupérées par l’impôt de ceux qui ont des revenus dépassant un certain niveau.Cette façon d’éliminer la pauvreté s’avérerait plus facile à faire accepter au point de vue politique.Au Canada, avec une augmentation substantielle des allocations familiales et, surtout, une graduation des allocations selon le nombre et l’âge des enfants, on éliminerait également, d’après Henripin, les % du nombre des pauvres.Au Québec, on dépense largement pour aider des institutions de Bien-Être de toutes sortes, mais on est toujours hésitants quand il s’agit d’aider adéquatement l’institution de base de notre société, à savoir la famille.On paie, par exemple, de $75 à $200 par mois par enfant placé en institution, mais on n’accorde que $135 par mois à une veuve avec trois enfants.On soutient 25,000 enfants en foyer nourricier, à raison de $75 par mois, mais au père, invalide ou malade, on n’accorde que $10 par mois pour chacun de ses enfants.Chose certaine, les idées qui sont le plus en vedette actuellement, comme moyens principaux d’éliminer la pauvreté des assistés sociaux incapables de travailler, sont le revenu garanti, soit par l’impôt négatif, soit par les allocations familiales.De nouveaux emplois La création d’emplois nouveaux et le développement régional constituent 128 d’autres moyens de sortir de la pauvreté ceux qui peuvent travailler.C’est là un problème directement lié, on en conviendra, au développement économique du Québec, problème lié à tout ce que cela demande d’industries à susciter, à créer du fusionnement éventuel de petites et moyennes entreprises, en vue de les rendre plus puissantes, plus compétitives et, il va de soi, des priorités que les autorités gouvernementales devront donner à cet objectif vital qu’est le développement économique chez nous.Il reste à déplorer que, dans l’ensemble, au niveau des attitudes globales des entreprises, les industriels et les hommes d’affaires font trop peu pour tenter de régler ces problèmes qui sapent notre société postindustrielle.On a trop tendance à laisser l’initiative aux seuls gouvernements alors que l’élimination de la pauvreté est une responsabilité collective.Les instruments et la volonté d'agir Dans l’édition du Times du 11 avril, le secrétaire américain de la Santé, du Bien-Etre et de l’Education affirme clairement que « l’on dispose, aux Etats-Unis, de tous les mécanismes et de toutes les institutions qu’il faut pour régler le problème de la pauvreté et une de ses conséquences, la violence, mais que, malheureusement, toutes ces institutions et tous ces mécanismes semblent embourbés dans une bureaucratie excessive et des règlements désuets.Il faudrait, selon lui, les moderniser, les assouplir, les rendre fonctionnels.L’objectif global de notre société moderne devrait s’axer sur la solution de ces problèmes.» Au Canada, nous avons des législations sociales nombreuses, mais elles semblent, elles aussi, menacées par la routine, la bureaucratie excessive, certaines structures, les lourdeurs administratives et certains conflits de juridiction.Il faudrait que les meilleurs de nos cerveaux s’unissent et tentent de trouver les moyens de faire fonctionner la « machine », si l’on veut éviter la « sclérose totale » qui aboutirait éventuellement à un rejet global de notre système économique et social.* * * Brièvement, je viens d’esquisser le problème, quelques-unes de ses causes et de ses conséquences.Quelles pourraient être les solutions que nous pourrions apporter individuellement et collectivement à ce problème?Il y a certes là matière à réflexion pour chacun d’entre nous.Non, H n'est pas lourd, c'est mon frère.iiiis - - Convenons qu’en tout premier lieu, le moins que n,ous puissions faire individuellement, c’est de s’instruire davantage sur ce vaste et complexe sujet.Mon amorce personnelle est bien incomplète, vous en conviendrez, par l’insuffisance de l’exposé que j’ai eu, peut-être, la témérité de vous présenter ce midi.Voyez plutôt dans ma venue à cette tribune le témoignage modeste mais sincère de l’un des vôtres, préoccupé par le problème et qui est à la recherche de solutions.En second lieu, nous débarrasser de nos préjugés si nous ne voulons prendre le risque de nous leurrer jusqu’aux heures d’impatience irréversible.Enfin, envisager jroidement la réalité telle que nous l’aurons perçue, à la suite d’études plus approfondies.Nous avons en mains les instruments nécessaires.Si nous ne réglons pas ce problème d’ici peu, d’autres s’en chargeront.Une partie de la contestation vient de la misère.Ce sera nous, avec des méthodes que nous jugerons positives et démocratiques, qui ferons face à la situation ou d’autres, habitués à des procédés plus négatifs, qui exploiteront la situation défavorisée dans laquelle se trouve actuellement un de nos compatriotes sur cinq.Il faudra enfin qu’individuelle-ment et collectivement nous entreprenions ensemble la planification rationnelle de nos efforts, en vue d’une solution définitive de ce problème.Permettez-moi de rappeler, en terminant, un des vœux formulés par la Conférence interconfessionnelle sur la Pauvreté, à son congrès tenu en mai dernier à Montréal: « Faire pression sur les dirigeants d’entreprises privées afin que la survivance même de notre monde s’appuie sur les méthodes des affaires, dans le but de niveler les inégalités économiques dans notre pays et à l’étranger.» Le message de l’Episcopat canadien, à l’occasion de la Fête du Travail de septembre dernier, est encore plus précis: «Concrètement, aujourd’hui, le message chrétien veut dire: de meilleurs salaires, un plus haut niveau d’éducation, des soins médicaux facilement accessibles, des loisirs à la portée de tous et même des changements radicaux de structure, sachant bien que cela dérangera des situations établies et des personnes en place ».Notre siècle d’abondance nous a fait oublier quelque chose: la clé qui peut libérer nos frères, prisonniers de cette « troisième solitude ».Il s’agira pour nous, de la chercher, de la trouver et d’avoir enfin la détermination et le courage de l’utiliser.< Mémoire du Conseil de Coopération du au gouvernement Le 20 mai dernier, le Conseil de la Coopération du Québec présentait un mémoire à M.Mario Beaulieu, nouveau ministre des Institutions financières.Compagnies et Coopératives.Le mémoire faisait, entre autres, les demandes suivantes: 1 — « Nous demandons que le statut du sous-ministre associé soit précisé et ses pouvoirs clairement définis de façon à ce que le mouvement coopératif sache à quoi s’en tenir à ce sujet.» 2 — « Nous demandons que la Loi du ministère prévoie que celui-ci, non seulement assume la responsabilité de l’application des lois régissant les coopératives, mais aussi qu’il joue un rôle dynamique en vue d’aider au développement de l’économie coopérative au Québec.» 3 — « Nous demandons que l’on accorde une attention soutenue à l’amélioration des lois régissant les coopératives et les Caisses d’épargne et de crédit.Conscients de la nécessité de jouer un rôle accru dans le développement économique du Québec, nous réclamons une législation propre à faciliter l’exercice de ce rôle, mais qui respecte les caractéristiques essentielles de la coopération.» 4 — « Nous demandons que des relations efficaces et un dialogue véritable soient établis entre le ministère des Institutions financières.Compagnies et Coopératives d’une part et les autres ministères avec lesquels les coopératives sont appelées à traiter dans le cours de leurs activités.» 5 — « Nous demandons qu’au sein du conseil d’administration de la Régie de l’assurance-dépôt il soit prévu la nomination du sous-ministre associé ainsi que d’un autre membre en provenance du mouvement coopératif et en constituant un interprète valable.» Le ministre a agréé chacune de ces demandes et il s’est engagé à y donner suite dans les plus brefs délais possi- ble, précisant même que des dispositions sont déjà prises dans certains cas.Difficultés Le mémoire faisait état de certaines difficultés.(( Le fait de ramener sous l’égide d’un même ministère l’administration des lois régissant les divers types d’institutions coopératives, dans la perspective où l’avait présenté l’honorable Johnson, devait comporter de nombreux avantages.Mais dans la mesure où ce nouveau ministère conformément, d’ailleurs, à l’esprit et aux besoins qui ont présidé à sa formation est surtout préoccupé par le souci immédiat de prévenir et de corriger les situations irrégulières dans les milieux financiers ou commerciaux, il y a danger — à moins d’une vigilance constante — que les avantages anticipés ne puissent être atteints ».« Voilà pourquoi, encore une fois, le mouvement coopératif compte sur l’action d’un sous-ministre associé, entouré lui-même d’une équipe de collaborateurs particulièrement qualifiés en matière de coopération et préoccupés du développement de l’économie coopérative.Et il faudrait bien, à cet égard, que les structures du ministère ne soient pas un obstacle à l’exercice du rôle d’« interlocuteur », de « protecteur » et deft promoteur » à l’endroit des coopératives ».Ensuite, le mémoire déclarait qu’on ne devait pas perdre de vue certaines réalités importantes.« Il est bien évident, par exemple, que les coopératives agricoles sont appelées à maintenir des relations étroites avec le ministère de l’Agriculture.Les coopératives de pêcheurs et les coopératives de consommation, dans le cours de leurs activités, doivent transiger avec le ministère de l’Industrie et du Commerce.Les coopératives d’habitation poursuivent leur programme en collaboration avec la Société d’Habitation du Québec, qui relève du ministère des Affaires municipales ».« C’est dire que la nature même des activités des divers types de coopératives place ces dernières dans un cadre qui déborde celui de la stricte application des lois qui les régissent.Le ministère des Institutions financières, Compagnies et Coopératives doit être sensibilisé à cette situation.Il devient dès lors important aussi que des relations s’établissent avec les autres ministères, qu’un dialogue s’engage sur une base méthodique et suivie.Autrement, ce sont les coopératives qui risquent d’être pénalisées ».« Les Caisses d’épargne et de crédit sont peut-être dans une situation à la fois plus simple et plus compliquée que les autres institutions coopératives.Elles relèvent exclusivement, en effet, du nouveau ministère.Par leur nombre, par leur importance, par leurs caractères propres, elle;; sont justifiées de pouvoir y trouver considération et service.Il est normal aussi qu’elles soient en mesure d’y trouver un interlocuteur compétent et valable qui puisse vraiment comprendre leurs problèmes et les régler.Il est tout à fait dans l’ordre, enfin, que, dans le respect des structures qu’elles se sont données, elles soient consultées et aient leur mot à dire dans l’élaboration des politiques susceptibles de les affecter ».Au cours de l’entrevue à laquelle a donné lieu la présentation de ce mémoire, M.Beaulieu s’est plu à reconnaître le rôle précieux que jouent les institutions coopératives sur le plan économique et social au Québec.Il a laissé entrevoir la formation d’un comité interministériel destiné à faciliter la coordination et le dialogue entre les divers ministères avec lesquels les coopératives sont nécessairement en relation dans le cours de leurs activités.Ensemble, le 1er juin 1969.(Suite à la page 151) 130 Un doctorat «honoris causa» à monsieur Alfred Rouleau L'Université de Sherbrooke a rendu, le samedi 7 juin 1969, à l'occasion de la collation des diplômes et d’une remise de doctorats d’honneur, un hommage auquel les dirigeants et les membres du personnel de L'Assurance-Vie Desjardins, de la Sauvegarde ainsi que tous les coopérateurs du Québec seront certes très sensibles.En effet, le président du Conseil de la Coopération du Québec, M.Alfred Rouleau, s’est vu décerner, à cette occasion, un doctorat d’honneur es sciences économiques.A trois ans à peine de la fondation de la Chaire de coopération par cette Université, un tel honneur constitue, d’une part, un hommage bien mérité par ce « bâtisseur coopérateur » que s’est toujours révélé Monsieur Rouleau et, d’autre part, un témoignage de l’importance de plus en plus grande que prend la coopération, tant dans l’enseignement universi- té nouveau récipiendaire du doctorat honoris causa ès Sciences économiques, monsieur Alfred Rouleau, est invité par le secrétaire de !' Université, monsieur Jean-Jacques St-Pierre, à signer le livre d'or.taire que dans l’économie du pays.Outre M.Rouleau, les autres récipiendaires de doctorats d’honneur ont été: L’honorable Paul Dozois, ministre des Finances du Québec, le professeur René-Jules Dubos, M®1 Irénée Pinard, P.A., ex-recteur de l’Université de Sherbrooke, Rév.Sr René du Saint-Sacrement, M.Sam Steinberg.L’on sait déjà que M.Rouleau est président du Conseil de la Coopération du Québec, président de l’Assurance-Vie Desjardins, président de La Sauvegarde, vice-président du Comité de coordination du Mouvement coopératif Desjardins, membre du Conseil économique du Canada, membre du Conseil d’administration de Sidbec et de Dominion Steel and Coal Corporation (DOSCO).Félicitations à M.Rouleau.Reconnaissance à l’Université de Sherbrooke.< Mémoire du Conseil de Coopération du Québec au gouvernement {Suite de la page 130) Comité exécutif Président: M.Alfred Rouleau.V ice-président: M.Jules Saint-Germain.Directeurs: M.Paul-Émile Charron; M.Armand- L.Godin; M.André Lamarche; M.Robert Soupras; M.Jacques Towner.Conseil d'administration M.Alfred Rouleau, Assurance-Vie Desjardins; M.Rolland-P.Sabourin, Coopérative Agricole de Granby ; M.Gérard Barbin, Institut Coopératif Desjardins; M.Michel Moreau, Pêcheurs Unis de Québec; M.Charles Cadieux, Fédération des Coopératives Etudiantes; M.Paul-Emile Charron, Fédération de Québec des C.P.D.; M.Roland Côté, Fédération Coop-Habitat du Québec; M.Jean-Marie Couture, Société de Fiducie du Québec; M.André Gariépy, La Sauvegarde; M.Émile Girardin, Fédération de Québec des C.P.D.; M.Armand-L.Godin, Société des Artisans; M.André Lamarche, Fédération de Montréal des C.D.; M.Léopold Marquis, La Mutelle S.S.Q.; M.J.-M.Fortier, Producteurs de Sucre d’Érable du Québec; * M.J.-Romuald Paiement, Fédération des Mutuelles-Incendies; M.Jules Saint-Germain, Coopérative Fédérée de Québec; M.Robert Soupras, Fédération des Caisses d’Economie; M.Jacques Towner, Fédération des Magasins Coop.< L'IDÉAL DES CAISSES POPULAIRES N'EST PAS ET NE PEUT PAS ÊTRE CELUI DE RÉALISER UN GAIN MATÉRIEL, MAIS BIEN D'AMÉLIORER LES CONDITIONS MORALES DES PAUVRES OUVRIERS, EN ACCROISSANT LEURS RESSOURCES MATÉRIELLÉS PAR L'ACTION COMMUNE.— Alphonse DESJARDINS, Assemblée de fondation de la Caisse de Québec, le 27-2-1908.$ U5LIU1 NATIONALt 2 3 juil i^69 Notre couverture Une scène prise sur le vif: dans un wagon pour bagages dans le train allant d'Amos vers Montréal, le directeur du Service de l'éducation à la Fédération des Caisses populaires, M.Irenée Bonnier, le coordonnateur auprès des Unions régionales, M.Roger de Bellefeuille, entourant M.Maurice Perrault, gérant de l'Union régionale de l'Ouest québécois.Photo: E.-A.TARDIEU
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