Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1974, Vol. 40, no 3
LA REVUE LES PRÉSIDENTS DES INSTITUTIONS DESJARDINS S'EXPRIMENT LA REVUE SOMMAIRE iflili LES PRESIDENTS DES INSTITUTIONS DESJARDINS S’EXPRIMENT Ce numéro est surtout consacré à chacune des institutions Desjardins.Le graphiste Pierre Brous-seau a imaginé la première page pour tenter de refléter la réalité de ces institutions d'inspiration coopérative.VOLUME 40 N° 3 Un meillleur partage des responsabilités entre les organismes du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.3 Colloque des dirigeants des Unions régionales et des institutions sur les engagements financiers du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.5 La Société d'Assurance des Caisses Populaires et La Sécurité, Compagnie d'Assurances générales du Canada.7 L'Assurance-Vie Desjardins: au service de la caisse populaire depuis le 1er septembre 1949.17 La Sauvegarde, Compagnie d'Assurance sur la Vie.27 La Société de Fiducie du Québec.33 Congrès des membres à Drummondville: « Que faire grâce à la coopération?».41 LA REVUE DESJARDINS est l'organe officiel de La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, 150, avenue des Commandeurs, Lévis, Québec, Canada.Ce numéro est tiré à 20,300 exemplaires.Il est imprimé aux ateliers Charrier & Dugal (1965) Limitée.Le prix de l'abonnement annuel est de $3.50.Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe, permis n° 110.Port payé à Québec.ISSN 0035-2284 direction: Madeleine Joubert responsable de la rédaction: Claude Moquin rédacteur: Michel Beauchamp rédacteur: Denise Boutin-Grégoire maquettiste: Pierre Brousseau DROITS ET RESPONSABILITÉS Il n'existe aucun droit de reproduction ou de traduction pour les articles de cette Revue.Par ailleurs, les éditeurs vous seraient reconnaissants de bien vouloir identifier la source quand vous prendrez la liberté de nous reproduire.Les opinions émises dans les articles publiés pour La Revue Desjardins n'engagent que la responsabilité de leur auteur.DÉPÔTS LÉGAUX: Bibliothèque nationale du Québec, Montréal.Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa.Si le grain ne meurt.45 Autres nouvelles du Mouvement Desjardins______ 46 L'Ordre du Mérite Coopératif remis à M.Oscar Mercure.46 La 3e Conférence internationale de la coopération d'épargne et de crédit.47 b Un meilleur partage des responsabilités entre les organismes du Mouvement La Loi concernant La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins (23 décembre 1971), en permettant aux institutions de se jiondre aux unions régionales au sein de la Fédération, avait pour but de renforcer la cohésion entre les organismes du Mouvement et visait à terme une plus grande efficacité grâce à une meilleure intégration des fonctions assumées par les diverses instances.Le conseil d'administration de la Fédération, formé de représentants des unions régionales et des institutions, conscient des impératifs de complémentarité, d'efficacité et d'unité, a commandé une étude très approfondie de la macrostructure et de la microstructure de la Fédération et a autorisé les aménagements qui sont maintenant en place depuis plus d'un an.C'est avec les mêmes préoccupations, comme vous pourrez le constater dans le court texte qui suit, et dans l'intention bien arrêtée de mieux préciser les rôles respectifs desdiversesinstances, de clarifier certaines «zones grises» et d'améliorer ainsi le fonctionnement et la communication, qu'il a autorisé une recherche sur le partage des responsabilités entre les Unions régionales, les Institutions et la Fédération.Nous vous présentons les grandes lignes du mandat qui, après appel d'offres, a été confié à la maison Drouin, Faquin & Associés Ltée.Il s'agit essentiellement pour cette firme d'effectuer une étude permettant de mieux départager les responsabilités propres aux organismes constituant la Fédération et devant servir à la préparation d'un projet de protocole d'entente qui devra être approuvé officiellement par toutes les parties.Les objectifs —Une meilleure efficacité dans notre fonctionnement et dans nos relations communes.— Une meilleure utilisation des ressources humaines.—Un rendement optimum des contributions versées par les Caisses populaires en éliminant, dans certains cas, la duplication des opérations.Les principaux points à examiner Les responsables ont ,entre autres, à identifier et à préciser les juridictions propres à chaque instance, dans les domaines suivants: FINANCIER Compensation, fonds commun, prêts, investissements, autorisations, ententes, conventions, études de la conjoncture, statistiques.TECHNIQUE Établissement des normes et systèmes, leur application, la sécurité, la vérification.JURIDIQUE La législation en général, les lois coopératives, nos propres lois, les règlements, interprétations, avis légaux, modifications, procédures à suivre.DÉVELOPPEMENT Recherche, planification, fondation de Caisses, fusion, nouveaux services.FORMATION ET ÉDUCATION Formation coopérative, perfectionnement administratif et technique.GESTION DU PERSONNEL Mobilité, rémunération, avantages sociaux et conditions de travail.INSPECTION Rôle, recommandations, le suivi.INFORMATIQUE Le système intégré des Caisses (SIC), le système des Unions régionales (traitement, besoins, dé-loppement).SERVICES ADMINISTRATIFS Approvisionnement, autres.COMMUNICATIONS Gouvernements, pouvoirs publics, autres groupements coopératifs, corps intermédiaires, banques, publicité.Les moyens utilisés — Des rencontres avec les principaux responsables des Unions régionales, des Institutions et de la Fédération, surtout avec ceux qui sont impliqués dans le concret des activités. — Une étude des travaux déjà effectués par des bureaux de consultants pour le compte d'Unions régionales, d'institutions ou de la Fédération.— Une étude des coutumes ou des habitudes de fonctionnement, en s'inspirant de gestes concrets posés dans le passé.— Une étude de tout autre document pertinent.Cette étude se limite à la Fédération et à ses membres, n'incluant pas les Caisses elles-mêmes qui sont membres des Unions régionales. Colloque des dirigeants des unions régionales sur les engagements financiers du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.r, a- a» T- - i « .la conjoncture économique .exigeait un examen approfondi des engagements financiers du M.C.P.D____» Les 15 et 16 octobre 1974, 190 dirigeants des dix Unions régionales et administrateurs et directeurs généraux des six Institutions membres de la Fédération, sur une possibilité de 235, se réunissaient à Québec.Ce groupe de personnes qui constitue l'Assemblée générale de la Fédération avait été invité à réfléchir collectivement aux engagements financiers du M.C.P.D.On répondait ainsi au voeu de plusieurs dirigeants qui, lors de la tournée des Unions régionales et des Institutions effectuée par le président de la Fédération, en janvier et février derniers, exprimaient le souhait de pouvoir rencontrer leurs homologues d'autres régions en dehors de l'assemblée annuelle légale, normalement tenue en mars.Sans avoir à prendre des décisions formelles, ils auraient ainsi l'occasion de s'exprimer librement sur des sujets choisis pour leur intérêt professionnel.Monsieur Alfred Rouleau, lors de la réunion d'ouverture du colloque, devait situer les discussions dans un contexte actuel.« Il nous a semblé que la conjoncture économique que nous connaissons, devait-il déclarer, exigeait un examen approfondi des engagements financiers du M.C.P.D.et des responsabilités économiques et sociales qu'ils impliquent.» Il devait ajouter que la période actuelle demande l'analyse lucide et clairvoyante des situations que nous vivons, la pondération dans nos engagements et le courage de vivre à la mesure de nos responsabilités.À partir de renseignements qui faisaient le point sur les investissements passés dans et par le M.C.P.D.(actuellement $64.2 millions) et des engagements pris pour 1974, 1975 et 1976, soit près de $100 millions, les participants, regroupés en 8 ateliers de travail, ont été invités à exprimer leur avis sur cette facette de notre activité, en 5 utilisant un certain nombre de thèmes suggérés pour les fins de la discussion.Ces premières réflexions devaient être suivies d'une analyse en commun de certains engagements des Caisses populaires, sous forme de prêts en vertu des lois sociales de la province de Québec (prêts aux étudiants garantis par le gouvernement - prêts en vertu de la Loi de l'amélioration des fermes et de la Loi de l'habitation familiale).Un autre thème de discussion suggéré a concerné les dispositions à prendre pour assurer la continuité des ressources nécessaires venant de la source première de capitaux disponibles: la Caisse populaire Desjardins.Les délibérations se sont tenues sous le signe du sérieux et de la pondération.À preuve, les principales préoccupations manifestées par les délégués et les voeux exprimés au cours des délibérations, tel que résumé par Monsieur Yvon Daneau, directeur général adjoint — recherche et développement — à la Fédération.a) Plusieurs ont exprimé l'avis que les investissements passés étaient valables; d'autres ont interrogé le « rythme » des investissements pour les prochaines années.Il ressort aussi clairement des discussions que les Unions régionales souhaitent être davantage consultées avant d'être elles-mêmes, ou leurs Caisses affiliées, engagées dans des projets nouveaux.b) Dans toutes les commissions, on a exprimé le souhait que les investissements soient dorénavant faits par les Unions régionales.À cette fin, on a suggéré qu'un fonds spécial soit créé ou encore que l'on puise à même le fonds commun déjà existant.Ces investissements seraient soumis à un mécanisme de contrôle au niveau des sommes investies et de l'orientation des investissements.On souhaite, de plus, que les Caisses populaires soient adéquatement informées sur la nature et le comportement de ces investissements.c) Il ressort aussi des délibérations que des dispositions soient prises pour optimiser les rendements sur les investissements faits dans les Institutions du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.Que le service donné aux Caisses populaires ou aux Unions régionales par certaines de nos Institutions soit comptabilisé à des coûts réels.On souhaite aussi une bonne rémunération sur le capital investi.On souhaite enfin que des distinctions soient clairement établies entre la rémunération du capital, le coût réel des services et les ristournes distribuées, pour qu'on puisse évaluer à sa juste mesure la qualité de l'administration.En ce qui a trait aux investissements, on fait aussi une distinction entre les investissements sous forme d'actions et sous forme d'obligations.On croit que les actions devraient être exclusivement réparties entre les Unions régionales, mais que les obligations pourraient être offertes aux Caisses populaires et au public en général.d) Lors des délibérations, il a été aussi clairement exprimé les vœux suivants: 1° Que le Mouvement se donne des critères pouvant mieux le guider dans ses investissements.2° Que le Mouvement investisse davantage dans la recherche pour mieux guider son orientation.3° Que le Mouvement structure davantage sa présence auprès de l'État.4° Que l'on définisse des critères qui assureront que les Caisses populaires continuent de se constituer des réserves adéquates.5° Que les Institutions du Mouvement réévaluent la nature des services qu'elles donnent aujourd'hui en fonction des raisons qui les ont vu naître.En terminant, on peut noter que le colloque semble davantage une amorce pour éventuellement aborder des sujets plus en profondeur.Il aura sûrement favorisé un plus grand « esprit de corps)) et une meilleure unité du Mouvement au moment où ce dernier connaît, comme beaucoup d'autres entreprises, des difficultés liées à une conjoncture économique contraignante. La Société d'Assurance des Caisses Populaires et La Sécurité, Compagnie d'assurances du Canada La première institution provinciale mise sur pied, après la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, a été La Société d'Assu-rance des Caisses Populaires.Pour expliquer un peu cette évolution du Mouvement des Caisses populaires Desjardins, revenons en 1905, alors que le commandeur Alphonse Desjardins organisait une société d'assurance mutuelle-feu pour les cultivateurs de la région de Lévis.La principale raison de la création d'une telle mutuelle fut qu'à ce moment-là les cultivateurs et les citoyens vivant en milieu rural étaient bien peu protégés contre l'incendie.Un bon nombre de municipalités rurales n'avait pas de service d'aqueduc, pas de pompes pour combattre les incendies, et bien peu de compagnies d'assurances acceptaient d'assurer à la campagne.Il est évident que si un incendie se déclarait chez un cultivateur, on assistait à une perte totale.Quand un incendie se produisait dans un village, le risque d'une conflagration majeure était également présent.Dès lors, les compagnies d'assurance exigeaient des taux très élevés en milieu rural.Feu le sénateur Cyrille Vaillancourt expliquait ce phénomène dans les mots suivants: «La majorité des caisses populaires Desjardins étant alors des caisses rurales, leurs dirigeants, conscients de ce manque de protection, réalisaient les difficultés qu'encouraient les caisses populaires de campagne qui faisaient des prêts hypo- thécaires à leurs membres.Les cultivateurs empruntaient de leur caisse populaire $5,000, $7,000 ou $8,000, pour eux-mêmes ou pour établir leurs fils.Comme la caisse exigeait une police d'assurance-feu, ils s'adressaient à la mutuelle de paroisse qui les protégeait parfois jusqu'à $2,000, et essayaient d'obtenir une assurance additionnelle d'une compagnie, mais leur protection totale ne dépassait pas généralement le montant emprunté, à raison du prix élevé qu'ils devaient payer pour s'assurer.» C'est encore le cas aujourd'hui.Une personne fait assurer le montant total de son achat, si un incendie survient, la personne assurée se retrouve avec un montant d'argent insuffisant pour reconstruire ce qui a été détruit.Dans le but d'étudier concrètement un projet de société qui verrait à assurer une protection contre l'incendie, feu le sénateur Cyrille Vaillancourt en avait discuté, entre autres, avec le premier ministre du temps, M.Adélard Godbout: «Après un examen attentif du problème, M.Godbout me dit: «Préparez un projet de loi, nous l'étudierons, et j'espère qu'il sera ensuite voté par la Législature.Cependant, je ne sais ce qu'en diront ceux des conseillers législatifs qui sont directeurs de compagnies d'assurance-feu.» Comme à ce moment-là j'étais moi-même conseiller législatif, je me chargeais de voir les collègues et de leur expliquer le projet.» ' y y , A * '-4*: ifc :' i.¦ .¦¦ ¦à *.En compagnie de M.Valmore de Billy, le sénateur Cyrille Vaillancourt fit présenter à la Législature de Québec, un projet de loi d'une société d'assurance-feu, le 18 avril 1944, par M.Polidore Beaulac, alors député du comté de Saint-Maurice, et appuyé par M.Lucien Plamondon, alors député de Portneuf.Au dire du sénateur Vaillancourt, le Conseil législatif y apporta des amendements car le projet initial demandait le droit de vendre des contrats d'assurance-feu au comptoir afin que les gens à revenus modestes puissent souscrire une police et obtenir une protection adéquate à un bas prix.«Cette manière de procéder était tellement différente de celles généralement en usage que ladite clause ne fut pas acceptée; on nous demanda de faire la vente de notre assurance-feu par l'entremise d'agents, tout comme les autres compagnies d'assurances.» La loi présentée par le Mouvement des Caisses populaires Desjardins fut sanctionnée le 3 juin 1944.Comme c'est le cas pour la création de toutes les nouvelles institutions, le sénateur Cyrille Vaillancourt a déjà écrit: «Au sein de la fédération, un administrateur, non des moindres, se demandait si nous n'étions pas un peu audacieux, mais nous pouvons dire que la Société d'Assurance des Caisses Populaires a eu l'assentiment de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.» Tout le monde reconnaît que les débuts de la Société d'Assurance des Caisses populaires ont été fort modestes, comme c'est le cas de chacun des organismes du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.Par exemple, La Revue Desjardins du mois de décembre 1944, il y a 30 ans, signalait que: «La Société d'Assurance des Caisses populaires est en frais de s'organiser et que, jusqu'ici, 139 caisses populaires ont souscrit un capital de $155,184.93.» La Société d'Assurance des Caisses Populaires a tenu sa première assemblée générale le 2 juin 1945.135 caisses populaires affiliées à la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins y étaient représentées.Après un mois d'opération, dit le gérant, M.J.-Ovila Roby, dans son rapport, la Société a en revenus-primes un montant de $17,220.46, et plus de 325 agents se sont enregistrés.La Revue Desjardins a interrogé le président actuel de La Société d'Assurance des Caisses Populaires.M.François Adam, et lui a posé quelques questions que plusieurs personnes à l'intérieur du Mouvement des Caisses populaires Desjardins se posent.R.D.Monsieur le président, il semble que la fondation d'une société d'assurance incendie ait comporté plusieurs risques pour les caisses populaires Desjardins, qu'en est-il?F.A.Dans l'esprit de plusieurs peut-être, l'on était enclin à croire que la fondation d'une société d'assurance incendie pouvait comporter des risques pour les Caisses populaires.Plusieurs, sans doute, s'interrogeaient quant aux possibilités d'avenir d'une telle Société, surtout parce qu'elle serait appelée à souscrire une partie de ses affaires d'assurance incendie dans des endroits dits non protégés, là où se trouvaient des Caisses populaires qui rencontraient des difficultés à protéger leurs prêts hypothécaires.Un endroit non protégé, pour le profane en assurance, c'est ce petit village qui n'a aucune protection contre les dangers d'incendie à savoir ni bornes-fontaines ni service d'incendie.Ce manque de confiance d'un bon nombre de Caisses populaires, d'agents et d'éventuels clients explique sans doute les débuts fort modestes de La Société d'Assurance des Caisses Populaires.La souscription du capital requis pour ses opérations et le peu de volume souscrit durant les premières années l'attestent d'ailleurs.Toutefois, après à peine quinze ans d'existence, la confiance acquise, on pouvait prouver que les fondateurs de La Société d'Assurance des Caisses Populaires avaient eu raison de mettre sur pied notre société d'assurance qui souscrit des affaires non seulement dans des endroits dits non protégés mais également dans les milieux urbains, grands et moyens centres, en somme dans l'ensemble de la province.Après moins de trente ans d'opération, plusieurs doivent s'étonner de voir qu'à la fin de 1973 La Société d'Assurance des Caisses Populaires avait un actif de plus de $53,000,000 et elle avait souscrit au delà de $59,000,000 de primes, ce qui la place au quatrième rang des 300 compagnies opérant au Québec.Même si ses opérations sont limitées à cette province, elle occupe, pour l'ensemble du Canada, le 32e rang parmi les quelque 400 compagnies existantes.Il faut reconnaître que l'évolution de la Société d'Assurance des Caisses Populaires s'est effectuée d'une façon soutenue et rapide.Cet accroissement important de volume-primes (accroissement qui se continue puisque, pour les 9 premiers mois de 1974, il accuse une augmentation de près de 30% sur l'exercice antérieur) nécessite la création de fortes réserves pour la sécurité de ses assurés.Dès lors, on constate que sa capitalisation est actuellement insuffisante pour se conformer aux exigences imposées par le Service des Assureurs.Il lui faudra donc, si elle tient à continuer à progresser, songer, après prise des procédures nécessaires dans les cir- constances, à solliciter les Caisses populaires pour augmenter son fonds de réserve.R.D.Vous êtes entré à l'emploi de la Société d'Assurance des Caisses Populaires en septembre 1950.Quelle était l'importance de la Société à ce moment-là ?F.A.À cette date, soit après cinq ans, La Société d'Assurance des Caisses Populaires avait un volume-primes d'environ $800,000 avec un personnel de 41 employés.Ses services étaient limités à l'assurance incendie et à la Garantie Globale; il fallait donc, dès ce moment, songer à offrir d'autres services, ce qui a été fait mais graduellement et dans les années qui suivirent, en plus des contrats d'assurance précédemment mentionnés, on a vu s'ajouter ceux de responsabilité civile, patronale, vol, fidélité, cautionnements et automobile.En somme, nous avons voulu offrir le plus de contrats possible afin de satisfaire nos assurés et représentants.R.D.Comme toute institution de services, La Société d'Assurance des Caisses Populaires est sujette à la critique quant à la qualité de ses services à la clientèle, qu'en pensez-vous?F.A.La critique quant à la qualité de ses services est pratiquement inexistante.Bien sûr qu'à l'occasion il peut se trouver un assuré déclarant être insatisfait quant à la prime chargée ou à la façon dont nous voulons régler sa réclamation.Je ne connais aucune compagnie qui n'ait pas à faire face à une telle situation.Dans la quasi-majorité des cas, de telles critiques sont rarement fondées.Je crois de plus qu'il nous faut reconnaître que la critique est plus facile à l'égard de nos propres Institutions que pour n'importe quelle autre.Nous sommes conscients qu'il nous faut donner un meilleur service que quiconque.R.D.La Société dispose d'une gamme relativement complète de contrats d'assurances générales.Pour tenter d'évaluer l'efficacité ou la rentabilité des services qui existent ou des nouveaux services qui apparaissent sur le marché, dispose-t-elle d'un genre de service de recherches ?F.A.En effet nous disposons d'une gamme imposante de contrats d'assurance générale, réalisant pleinement qu'il nous faut rendre le plus de services possible pour nous permettre d'accroître nos affaires et bâtir ainsi une institution financière valable.Quant à un service de recherches, en plus d'avoir un actuaire à son emploi, la Société d'Assurance des Caisses Populaires est membre d'associations de compagnies d'assurances tel le Bureau des Assureurs du Canada, dont la fonction et les buts sont de tenir à jour des données statistiques en assurance incendie et auto particulièrement, de suivre la législation qui régit les compagnies d'assurances, la taxation, la publicité à être faite à l'égard de notre industrie, les conditions et conventions des divers contrats et leur mise en marché.La Société d'Assurance des Caisses Populaires est membre également du Groupement Technique des Assureurs du Canada qui, à l'aide des statistiques précédemment mentionnées, suggère la tarification à suivre pour les contrats d'assurance à souscrire, offre les services d'inspection de risques industriels, manufacturiers, de laboratoire pour vérification de divers matériaux en usage dans la construction et bien d'autres.En somme, l'une et l'autre de ces associations sont en définitive un service de recherche des plus valables et auquel nous ne pouvons nous abstenir de recourir, sinon ceci nous placerait dans l'obligation de mettre sur pied un tel service dont les coûts, vous le reconnaîtrez, seraient exorbitants pour une compagnie seule.R-D.De quelles façons la Société voit-elle à distribuer ses services?F.A.La distribution des services de La Société d'Assurance des Caisses Populaires s'offre par le truchement de ses courtiers rémunérés sur une base de commission, de ses agents de réclamations salariés ou indépendants de même que de ses inspecteurs salariés qui voient à examiner un bon nombre de risques et transmettre à qui de droit les recommandations qui s'imposent pour éviter des pertes, dans la mesure du possible.Nous reconnaissons que certains assurés préféreraient transiger directement avec notre So-cité d'Assurance, donc sans intermédiaire, mais je crois, considérant la complexité de l'industrie de l'assurance générale, qu'un spécialiste en la matière a certes son importance — le courtier en l'occurrence — et s'il devait disparaître nous nous 10 mm ,11111111' */' ÜmWm **'* • \ \ non seulement au Canada, mais aussi en Amérique du Nord.Évidemment, toutes les compagnies d'assurance-vie ont suivi et offrent maintenant ce type de contrat.Nous innovions alors en ce sens que nous tentions d'apporter une solution globale aux problèmes d'assurance-vie de la famille.Notre portefeuille d'assurance individuelle est d'environ un demi-milliard de dollars répartis sur quelque 60,000 contrats.Il est intéressant de noter que notre équipe de vente fait souscrire de plus en plus de contrats de rentes individuels en vertu desquels les gens peuvent se constituer un capital qui leur sera remis par versements pendant leur retraite.Anciennement, nous ne faisions pas à vrai dire de l'assurance-vie, mais plutôt de l'assurance-décès comme on dit, par exemple, de l'assurance-incendie.Nous assurions les gens contre les pertes qu'ils subissaient à la suite de décès.Aujourd'hui, de plus en plus, nous faisons de l'assurance-vie en ce sens que de plus en plus de gens bénéficient de leurs épargnes de leur vivant.19 Nous sommes d'ailleurs très à point dans le domaine des contrats enregistrés d'épargne-retraite qui permettent à l'individu d'épargner en vue de sa retraite tout en réduisant l'impact de l'impôt sur son revenu actuel.Pour vous donner une petite indication des tendances du marché, disons que l'an dernier notre volume-primes en nouvelles rentes individuelles a été plus fort qu'en assurance-vie.Ceci m'amène bien sûr à vous parler de notre équipe de représentants qui sont au nombre de 125 et qui réellement nous font honneur.L'objectif primordial de nos programmes de recrutement et de formation est de constituer une équipe d'assureurs-vie professionnels qui désirent faire carrière dans ce domaine.C'est probablement ce qui explique le fait que nous soyons une des entreprises qui ont un roulement de représentants parmi les plus bas de l'industrie de l'assurance-vie.L'Assurance-Vie Desjardins est également l'une des entreprises canadiennes d'assurance-vie qui a la plus forte proportion d'assurance collective par rapport à l'assurance individuelle.Nous avons toujours offert l'assurance collective et avons acquis, sans trop nous vanter, une très bonne réputation dans le domaine de l'administration des contrats d'envergure.L'an dernier, nous avons obtenu l'un des plus gros groupes qui se soit jamais assuré au Québec et qui comprend 16,000 cadres des secteurs public et parapublic.L'Assurance-Vie Desjardins administre ce régime et le risque est réparti entre quatre assureurs dont L'A.V.D.et La Sauvegarde, toutes deux membres du M.C.P.D.Notre revenu-primes en assurance collective vie, accident-maladie et salaire est passé de $3 millions en 1963 à $11 millions en 1973.Nous offrons de plus au public les contrats «Accirance», l'assurance-accident pour les étudiants et les enfants d'âge pré-scolaire.Ces contrats ont connu différentes formes de distribution étant offerts au tout début par l'entremise des commissions scolaires, puis des courtiers d'assurance et maintenant par les Caisses populaires.Une campagne de promotion est mise sur pied chaque année pour encourager les gens à aller chercher leur dépliant «Accirance» à la Caisse populaire.Ceci nous apparaît comme une excellente forme de collaboration inter-institutionnelle.D'une part, nous invitons les gens à se rendre a leur Caisse 1.** i y* et, d'autre part, la Caisse nous sert d'intermédiaire pour l'un de nos produits.Depuis quelques années, nous assurons entre 100,000 et 120,000 enfants par an au Québec.Nous sommes assez spécialisés aussi dans le domaine des régimes supplémentaires de rentes que nous offrons sur une base collective selon différentes formules.Je tiens à souligner, vu que nousnousadressonsauxlecteurs de la Revue Desjardins, que c'est L'Assurance-Vie Desjardins qui administre le régime supplémentaire de rentes du M.C.P.D.Nous nous sommes toujours efforcés d'y apporter des modifications pour le rendre le plus à point possible et ces changements ont été des plus importants lors de l'entrée en vigueur du Régime de Rentes du Québec de même qu'en 1973.20 Enfin, notre équipe de vente offre au public les fonds mutuels Desjardins qui sont administrés par la Fiducie du Québec.Au cours des dix dernières années, L'Assurance-vie Desjardins a toujours été intimement liée aux activités de l'ensemble du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.Depuis que la Fédération a pris en charge la publicité globale du Mouvement, nous avons toujours collaboré avec elle à son programme de promotion à la radio et à la télévision.Il faut toutefois se rappeler que, auparavant L'Assurance-Vie Desjardins avait joué pendant une dizaine d'années un rôle de suppléance à la télévision pour l'ensemble du Mouvement.Nous avons l'an passé évoqué le thème de la qualité de la vie, thème que nous avons développé avec la conviction que les compagnies d'assu-rance-vie ne peuvent être indifférentes aux difficultés que l'homme rencontre actuellement dans son milieu.Autant à cause des problèmes d'ordre psychologique qu'économique et scientifique, comme par exemple celui de la pollution, la société d'aujourd'hui connaît des perturbations et des difficultés très importantes.Même si les entreprises d'assurance-vie ne sont pas les seules à pouvoir effectuer les changements qui s'imposent dans la société canadienne, nord-américaine et même mondiale, il reste que leurs dirigeants doivent être ouverts à ces grands thèmes de la qualité de la vie, du conditionnement physique, de l'environnement et même de l'état moral de la société.R.D.Avec La Sauvegarde, vous avez mis sur pied un comité d'étude sur l'évolution du marché de l'assurance-vie au Québec.Est-ce à dire qu'au plan marketing, il devra se produire des changements majeurs ?O.M.Nous avons commandé avec La Sauvegarde des études assez élaborées sur l'avenir du marché de l'assurance-vie au Québec.Ces études sont terminées, mais nous n'avons pas encore fini de tirer nos propres concluions.L'on peut déjà remarquer cependant qu'il va falloir faire davantage d'efforts pour essayer de satisfaire les besoins des gens.Que l'actif augmente de 15 ou 20% par année, c'est quelque chose de très intéressant, mais le plus important, c'est de voir quelle part du marché nous pouvons aller chercher.Les Caisses populaires détiennent une partie appréciable de l'épargne; il n'y a alors aucune raison pour laquelle les entreprises d'assurance-vie du Mouvement ne devraient pas essayer d'augmenter leur part du marché.Dans les dix prochaines années, nous allons continuer à connaître une évolution importante.Notre actif va augmenter, nos revenus-primes vont s'accroître, mais il va nous falloir faire des efforts spéciaux en marketing.Nous devrons être plus agressifs du côté de l'étude des marchés pour être en mesure de répondre à notre but premier qui est de donner à la collectivité le meilleur service possible en assurance-vie et accident-maladie ainsi que pour les rentes.L'orientation selon les besoins du marketing ne se réalisera pas par la mise sur pied d'un service de marketing.Il faut que toute la compagnie soit administrée sur une base de marketing.Il est possible, quoique cela ne soit pas déterminé, que l'entreprise se restructure plutôt par ligne d'affaires que par fonction.Nous avons actuellement une structure établie par fonction, comme la trésorerie, les ventes, etc.Nous aurons peut-être tendance à structurer la compagnie selon les produits et, à ce moment-là, ce sera probablement plus facile de veiller à l'ensemble de l'entreprise en fonction d'une philosophie globale de marketing.Effectivement, il n'y a pas seulement les ventes qui doivent se préoccuper du marché, c'est l'affaire de toute l'administration.Aucune décision n'a été prise, mais il reste que la spécialisation n'est pas toujours une bonne chose du fait qu'en se spécialisant, l'on place ses œufs dans le même panier plutôt que dans plusieurs.Si les entreprises se spécialisaient, elles perdraient des moyens d'affronter la concurrence.Il y a des années où certains secteurs sont plus rentables ou plus actifs que d'autres, et à ce moment-là, plus une entreprise a diversifié ses activités, plus elle est en mesure de bien concurrencer ses rivales.Même si L'Assurance-Vie Desjardins a aujourd'hui plus de $100 millions d'actif et de $4 milliards d'assurance-vie en vigueur, elle doit affronter des entreprises concurrentes qui sont beaucoup plus puissantes qu'elle.Il est donc important d'œuvrer sur plusieurs tableaux à la fois et d'avoir une bonne diversification.21 22 Le secteur qui nous intéresse le plus est bien sûr celui des Caisses populaires qu'il faudra étudier en collaboration avec la Fédération.Il nous faut aussi atteindre le grand public parce que L'Assurance-Vie Desjardins n'a pas été fondée pour s'adresser exclusivement aux sociétaires des Caisses, mais aussi à l'ensemble de la collectivité québécoise et même canadienne-française.En réalité, nous faisons aussi affaires dans les autres provinces du Canada, mais presque uniquement avec des Canadiens français.R-D.Dans notre société, on remarque une évolution importante quant à la conception même de la sécurité, tant au plan individuel qu'au plan familial.Toute la notion d'assurance étant reliée à la sécurité, qu'en pense l'Assurance-Vie Desjardins ?O.M.Un assureur-vie qui observe en ce moment la société se rend compte que la notion de sécurité évolue beaucoup.Les jeunes n'en ont pas la même perception que nous.Quand ils se marient, par exemple, ils ne sentent pas le besoin d'accumuler de l'argent.Quand ils pensent à leur propre décès, ils ne s'en préoccupent pas trop parce que les gouvernements procurent aux survivants des avantages qui n'existaient pas dans le passé.Dans plusieurs cas, les épouses travaillent de sorte qu'un jeune homme qui se marie aujourd'hui ne sent pas, comme autrefois, le besoin d'assurer sa sécurité et celle des siens.De plus, les familles étant moins nombreuses, les jeunes s'imaginent que les besoinsd'assurance-vie sont moins élevés.Même si la notion de sécurité semble moins bien comprise, cette dernière est encore effectivement importante.C'est là que nous pouvons aider les jeunes à se rendre compte qu'ils ont encore besoin de sécurité.L'assurance est d'ailleurs quelquefois plus importante sur la vie du conjoint que sur sa propre vie.Même si les enfants sont moins nombreux, le coût de la vie est beaucoup plus élevé, les besoins sont beaucoup plus grands, les études sont plus longues.Les gens ont ainsi besoin d'autant sinon plus d'assurance-vie.Il y a donc une éducation à faire et il nous faut nous rapprocher de plus en plus de cette clientèle.Par contre, l'assurance-vie est un domaine particulièrement intéressant parce que c'est l'un des rares domaines où les prix n'ont pas augmenté.Cela veut dire que l'assurance-vie se vend aux mêmes taux qu'elle se vendait il y a 5, 10 20 ans.La longévité s'est améliorée, les gens vivent plus longtemps, les taux d'intérêt se sont accrus considérablement de sorte que les fonds que nous administrons pour payer les prestations à venir rapportent plus qu'ils n'en rapportaient il y a quelques années.Les entreprises d'assurance-vie ont aussi grandement automatisé leurs opérations et réussissent ainsi à diminuer leurs frais d'exploitation.R.D.Parmi les secteurs d'activités qui vous préoccupent, doit-on s'attendre à de nouveaux développements ?O.M.|| semble que l'assurance collective, notamment sous ses formes accident-maladie, protection du salaire et invalidité de longue durée, va se développer de façon appréciable.Les produits comme les rentes, qui ont pour but de fournir un revenu à la retraite, vont se développer également.Comme la longévité s'améliore, les gens vont avoir besoin de plus de fonds pour obtenir une pension suffisante.En ce qui a trait à l'assurance individuelle proprement dite, il est possible, étant donné la progression prévue des ventes d'assurance collective, qu'il se produise des changements assez importants.Cependant, l'assurance individuelle va toujours demeurer, devenant plus spécialisée et offrant des services sur mesure à des gens qui devront compléter leur protection de base d'assurance collective.Il nous faut vraiment prendre une plus grande part du marché québécois et nous pouvons le faire en augmentant le nombre de nos bureaux régionaux et en les répartissent mieux sur l'ensemble du territoire de façon à couvrir la province le plus complètement possible.C'est bien beau de vouloir augmenter le volume des affaires d'une entreprise, mais cette augmentation doit se faire graduellement, de façon planifiée parce que ce ne sont pas seulement des affaires que l'on va chercher, c'est un meilleur service que l'on veut donner à la population, et pour de meilleurs services, nous devons former notre personnel.Le personnel d'une entreprise est sans aucun doute son actif le plus important et elle ne peut se développer vraimentsi elle n'a pas un personnel compétent et loyal.Tout cela exige temps et efforts. ,X A A am / A A.¦u^ .- ¦¦ :Uk| • ':.üir .x.,f 0- ^ ,.', ‘ ;.- ;-v‘ - - .• • Z V- .r -• .- .: ¦ •/.A.-: .-t.- .• ; ' , .• •> - ^ - • ¦ ¦ A - -¦ *•• •’ /;¦•.' ., .; •^-¦VvV- .’ -, .t »* - - - ; .*¦ *v -TS> - V ’••V?;*.J ••¦ .t .' ^ - -i'.-O.*-¦ -Aig&pX R.D.Dans la conjoncture économique actuelle avec des taux d’intérêt qui sont très élevés, un mauvais marché des actions, etc., est-ce que vous prévoyez modifier votre structure de placements?O.M.Traditionnellement, L’Assurance-Vie Desjardins a toujours effectué ses placements sous forme d’hypothèques, d’obligations (de gouvernements, de municipalités, d’industries, etc.) et d’actions.Dans l’administration moderne, il faut être en mesure de faire porter les priorités à différents endroits selon l’évolution des marchés.Actuellement, ces derniers évoluent si vite que nous devons prendre des décisions très rapidement quitte à les changer 15 jours, 1 mois ou 2 mois plus tard.Est-il plus important d’investir aujourd'hui sous forme d'obligations, demain sous forme d'hypothèques, dans un autre temps sous forme d'actions?Voilà une question qu'il faut toujours être prêt à se poser.Depuis 8 ou 9 ans par exemple, le marché des actions a été très décevant.On ne doit pas pour autant s'en retirer puisque, suivant les cycles économiques, il est fort probable que ce marché va se replacer.De toute façon, ce n'est sûrement pas le temps de s'en retirer, au moment où il est à son plus bas.Il faut être dynamique et très attentif.Il faut suivre les conditions du marché de très près et être en mesure de prendre des décisions assez vite.R.D.Récemment, nous apprenions que L'Assurance-Vie Desjardins se portait acquéreur d'un immense terrain à Lévis.Pourquoi et qu'entend-elle y faire ?O.M.Il y a un domaine que L'Assurance-Vie Desjardins n'avait pas encore touché, c'est celui des investissements dans l'immeuble.Nous sommes appelés à nous y intéresser davantage.Nous avons d'ailleurs acheté un très grand terrain à proximité de notre siège social à Lévis et nous comptons soit l'exploiter nous-mêmes ou le revendre selon des plans d'urbanisme que nous aurons discutés avec la municipalité.Peut-être que d'ici quelques années nous pourrons être propriétaires d'immeubles à logements ou à bureaux et que l'immobilier deviendra un secteur d'investissement tout aussi important que ceux des obligations, des actions et des hypothèques.La spéculation en soi n'est pas bonne pour une entreprise d'assurance-vie puisque ses engagements sont à long terme.Par conséquent, il faut qu'elle investisse dans des secteurs qui rapportent à longue échéance.La spéculation est donc abso-lument hors de question.Quand L'Assurance-Vie Desjardins a acquis des terrains pour y construire ses immeubles administratifs, elle en a acheté beaucoup plus qu'il ne lui en fallait afin de contrôler les conditions de 23 .-.-_j[~*^—.'mirm a:: •M •»>.„„ Fti ,*,*»»,1,rry • - F ¦ t F iSPftii ~ 24 son environnement.Nous ne voulions pas être entourés d'usines, de stations service ou de commerces disparates.Nous envisagions à l'époque un développement résidentiel pour nos employés, ce qui aurait constitué un environnement plus intéressant.Nous nous sommes vite rendu compte toutefois qu'il ne serait pas souhaitable que nos employés, se voyant tous les jours au bureau, se revoient aussi le soir.Si jamais il se construisait des résidences près de l'immeuble de notre siège social, nous n'empêcherions pas nos employés d'y demeurer; ce sera selon leur volonté.La vie professionnelle est assurément différente de la vie familaile et de la vie communautaire, et il nous faut respecter les goûts de chacun.Il est tout probable que l'Assurance-Vie Desjardins ne développera pas elle-même son environnement, mais elle va voir à ce que ce développement se fasse avec goût, selon des plans d'urbanisme qu'elle aura jugés intéressants.R-D, Croyez-vous à la philosophie qui veut qu'un individu puisse retrouver en un même endroit toute la gamme des services financiers y compris ceux qui sont offerts, par exemple, par une compagnie d'assurance-vie?O.M.C'est un domaine extrêmement compliqué que celui du supermarché financier.Est-ce qu'une entreprise peut se spécialiser dans plusieurs champs d'activité?C'est une première question et l'on peut aller plus loin.Est-ce qu'un individu, un vendeur peut être bon en assurance-vie, en assurance générale, en fonds mutuels et en placements?Personnellement j'en doute.Même s'il n'y a pas concentration de services, il reste que le Mouvement des Caisses populaires Desjardins, avec ses institutions spécialisées, représente un groupe financier très intéressant à ce point de vue pour la clientèle.Même si un client ne s'adresse pas à une entreprise en particulier pour obtenir tous les services, il peut s'adresser à un mouvement dont il connaît l'esprit et l'honnêteté et par l'entremise duquel il peut obtenir satisfaction dans différents domaines.Pour l'individu, tous les services financiers reposent sur la confiance, la confiance dans une personne, dans une entreprise ou dans un groupe d'entreprises.Le Mouvement Desjardins représen- te pour le Québécois un élément de confiance et de fierté.Nous devons tellement améliorer notre pénétration du marché que la concentration des entreprises n'est peut-être pas une priorité.Le concept du supermarché financier est valable, mais il est excessivement difficile de demander à une entreprise de se spécialiser dans tous ces domaines.Il est de plus pratiquement impossible de demander à un individu qui va répondre au comptoir d'être également compétent en assurance-vie, en assurance générale, en fonds mutuels, en planification et règlement de successions, etc.Comment voulez-vous qu'un commis puisse vous conseiller aussi bien sur un testament, une police d'assurance ou un placement à courtterme ?Cela requiert les services de spécialistes et le Mouvement des Caisses populaires Desjardins est très bien placé à ce point de vue-là, pouvant répondre à presque tous les besoins de sécurité de la population.La priorité ne me semble donc pas porter sur la concentration des services.R-D.Que pensez-vous de l'expérience de la Caisse populaire Laurier?O.M.La Caisse populaire Laurier est un carrefour où le sociétaire peut avoir des renseignements sur l'ensemble du mouvement.On n'y donne pas tous les services, on y donne des renseignements.Alors que chacune des entreprises s'efforce de pénétrer le marché aux endroits de son choix, il est possible d'imaginer des carrefours où les gens pourront obtenir soit par téléphone, soit personnellement, les renseignements ou les conseils désirés.C'est ce que fait jusqu'à un certain point la Caisse populaire Laurier, en plus de donner aux gens la possibilité d'y effectuer des dépôts et des retraits.R.D.Qu'est-ce qui distingue les deux compagnies d'assurance-vie du Mouvement Desjardins ?O.M.La Sauvegarde est beaucoup plus âgée que L'Assurance-Vie Desjardins, cette dernière ayant fêté cette année son 25e anniversaire alors que La Sauvegarde fêtera ses 75 ans dans deux ans.La Sauvegarde s'est toujours spécialisée en assurance individuelle plutôt qu'en assurance collective.L'Assurance-Vie Desjardins a fait le contraire.Etant donné l'âge de La Sauvegarde, ses réserves et ses excédents sont plus importants que ceux de L'Assurance-Vie Desjardins.Un autre facteur très important qui différencie les deux entreprises, c'est que L'Assurance-Vie Desjardins a un service spécialisé qui administre tous les contrats d'assurance-vie prêt, épargne et capital social pour les membres des Caisses populaires, d'assurance-vie pour leurs administrateurs et d'assurance collective (vie, salaire, accident-maladie) pour les employés des Caisses et des institutions, ainsi que le régime supplémentaire de rentes du M.C.P.D.R.D.Est-ce qu'on envisage, suite à l'expérience vécue, de modifier les primes d'assurance-épargne et d'assurance-prêt?O.M.Quant on dit que cela coûte cher, c'est faux, mais que cela coûte beaucoup d'argent, c'est vrai.Il est faux de prétendre que cette forme d'assurance coûte cher parce que nous avons une formule de ristourne en vertu de laquelle, la Caisse populaire qui a une bonne expérience reçoit la totalité de ce qui nous reste après avoir tenu compte des prestations et des frais d'administration.Cette année en particulier, dans le domaine de l'assurance-vie épargne, nous avons augmenté notre ristourne et retournons 87.5% de la différence entre les primes et les prestations des 2 dernières années.Il nous reste donc 12.5% des primes pour couvrir l'administration, les taxes, les bénéfices et les prestations excédentaires en regard des primes perçues.L'assurance-vie prêt est définitivement d'une très grande importance et pour la Caisse populaire et pourses membres en ce qu'elle rend d'immenses services.Si les Caisses populaires ne l'avaient pas au moment du décès d'un de leurs membres, elles seraient forcées de réclamer à la succession des sommes parfois très importantes.En ce qui a trait à l'épargne, il est prouvé que l'assurance-vie a concouru à la stabiliser dans les Caisses populaires.Les personnes d'un certain âge qui tiennent à conserver leur assurance à la Caisse populaire, gardent leurs épargnes à leur compte.Plusieurs personnes préfèrent même emprunter de la Caisse populaire plutôt que de diminuer le montant de leur compte d'épargne, bénéficiant ainsi de l'assurance-vie prêt tout en maintenant intacte leur assurance-vie épargne.Ce service coûte peut-être beaucoup d'argent.25 mais il rapporte beaucoup aux Caisses populaires qui se doivent de le maintenir au même titre que l'assurance-prêt.Ce n'est pas une dépense, c'est un investissement! R-D.Selon vous, l'expérience s'avère-t-elle positive pour les Caisses populaires et L'Assurance-Vie Desjardins?O.M.Oui.Prenons l'exemple de la garantie de remboursement d'emprunt en cas d'invalidité totale qui se greffe à l'assurance-vie prêt et en vertu de laquelle nous payons à la Caisse, lorsque le membre emprunteur devient invalide, la remise mensuelle totale au lieu de l'intérêt seulement.Nous disions aux Caisses populaires que cela nous paraissait être un excellent service, mais qu'il allait coûter cher.Les Caisses nous ont répondu que, étant donné que les membres désiraient ce service, elles allaient le leur offrir sur une base facultative.Suite à ces pressions, nous avons mis sur pied cette garantie que les Caisses populaires peuvent ajouter à leur contrat d'assu-rance-vie prêt et à laquelle chaque membre emprunteur peut souscrire, s’il le désire.Même si ce service coûte beaucoup d'argent, il rapporte tellement sous d'autres aspects que je crois qu'il sera maintenu.Par ailleurs, nous sommes la seule entreprise d'assurance-vie en Amérique du Nord à avoir une formule de ristourne basée sur l'expérience individuelle de chaque Caisse populaire.Si une Caisse populaire n'a vraiment pas beaucoup de prestations, elle reçoit une très forte ristourne à la fin de l'année et cela devient très intéressant pour elle.R.D.Qu'est-ce que L'Assurance-Vie Desjardins?Est-ce une coopérative?O.M.Ce n'est pas une coopérative parce qu'il n'existe pas à proprement parler de coopératives d'assurance-vie au Canada.L'Assurance-Vie Desjardins est une entreprise constituée en vertu d'une loi spéciale qui s'apparente beaucoup à une mutuelle d'assurance.Elle n'est pas une mutuelle au sens strict du terme parce que les Caisses populaires ont souscrit au fonds de réserve initial qui, bien qu'il ne soit que de $571,189, leur donne un droit de vote à l'assemblée générale en proportion des montants qu'elles y ont investis.Nous pourrions rembourser ce fonds de réserve qui n'est pas tellement important par rapport à l'actif, mais je pense que nous ne le ferons jamais parce que nous voulons vraiment que L'Assurance-Vie Desjardins demeure une entreprise du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.R-D.Comment se fait-il que la prime de base des assurances-prêt et épargne n'ait pas augmenté depuis 1954 ?O.M.Avec la formule actuelle, nous pourrions diminuer les primes, mais cela impliquerait des ristournes beaucoup moins fortes et les Caisses populaires qui en souffriraient le plus seraient celles qui ont une bonne expérience.Nous nous trouverions alors à les pénaliser.Ce système étant basé sur l'expérience, les Caisses populaires qui en ont une bonne reçoivent plus d'argent, ce qui diminue d'autant la prime qu'elles paient pour leur couverture d'assurance.26 La Sauvegarde, Compagnie d'assurance sur la vie Fondée en 1901, presque en même temps que la première Caisse populaire, La Sauvegarde comptait parmi ses fondateurs: monsieur Guillaume-Narcisse Ducharme, premier président, messieurs Philorum Bonhomme, Henri Bourassa, Orner Héroux, Olivar Asselin, et le sénateur N.-A.Belcourt.Le 7 août 1962, au cours d'une transaction historique, des membres de la famille Ducharme cèdent la majorité des actions de la Compagnie d'assurance sur la vie La Sauvegarde à la Société de Gestion d'Aubigny Inc.qui agit pour le compte des Caisses populaires Desjardins.Dès ce moment, M.Alfred Rouleau, l'artisan principal de la transaction, est élu président de la Compagnie et M.Narcisse Ducharme, président du Conseil d'administration alors que M.Pierre Camu devient directeur général.La Sauvegarde offrait jusqu'alors des régimes d'assurance-vie et de rentes individuelles seulement.En 1963, la Compagnie commence à offrir au public ses propres régimes d'assurance-vie collective.Toujours en 1963, le Conseil d'administration étudie les possibilités de construire un nouvel édifice à proximité de la Place des Arts de Montréal pour y reloger le siège social.Comme le précisait le sénateur Cyrille Vaillan-court dans l'un des éditoriaux de La Revue Desjardins : « La Sauvegarde vient, par ses actifs et son prestige, enrichir le secteur de l'assurance-vie du Mouvement coopératif Desjardins.« Faisant affaires dans tout le Canada, elle offre des contrats variés d'assurance sur la vie des individus et de leur famille, ainsi que des contrats d'assurance-vie collective.De cette façon, le Mouvement Desjardins étend son activité dans tout le pays .Toutes deux continuent d'opérer dans la même direction pour aider et protéger toutes les classes de la société.» En juin dernier, La Revue Desjardins a rencontré le président et directeur général de La Sauvegarde, Compagnie d'assurance sur la vie, monsieur Clément Gauthier.R.D.Monsieur le président, quel est l'objectif de La Sauvegarde, Compagnie d'assurance sur la vie ?miu rr rr Tin P& * ’tfoV : ¦i ¦ r,< '¦•r fer ¦•J*1 ^ C.G.En tant qu'institution-membre de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins et dans le cadre de celle-ci.l'objectif de notre Compagnie est de continuer à concentrer toutes ses ressources afin de rendre des services de protection et d'épargne de plus en plus valables, à un nombre toujours croissant de gens et au meilleur coût possible, tant initialement que compte tenu des ristournes éventuelles aux usagers de nos services.Parmi les faits saillants de la dernière décennie, La Sauvegarde a participé activement à l'essor économique canadien, québécois et coopératif par des investissements d'obligations du Canada et des provinces, d'actions, de prêts hypothécaires et de prêts aux assurés pour une valeur totale de $132 millions.D'autre part, au cours de la même période, elle a versé aux assurés et aux bénéficiaires des prestations et des ristournes pour un montant de $57 millions; en salaires, commissions et autres frais, un montant de $31 27 28 millions et en taxes, permis et impôts des divers paliers gouvernementaux, un montant de $5 millions.Ce ne sont là que quelques chiffres à titre d'illustration.R.D.Prévoyez-vous une régionalisation plus accentuée au cours de la prochaine année?C.G.Actuellement, La Sauvegarde compte 17 bureaux régionaux d'assurances et rentes individuelles au Québec et à Ottawa, ainsi qu'un bureau d'assurances et rentes collectives et un autre pour les courtiers.Le nombre de nos représentants est passé de 191 à 198 en 1973.Il est à remarquer que la productivité de chacun d'eux s'accroît et que les succès sont intéressants.Dans le Montréal métropolitain, nous avons 7 bureaux régionaux.La présence de ces bureaux permet une plus grande facilité de communication rapide avec les différents publics.Toute cette question du réseau des bureaux régionaux et de leur localisation est susceptible d'être modifiée dans l'avenir.J'aimerais préciser que 55 représentants et instructeurs-gérants, au total, ont passé avec succès les examens de la Commission des Valeurs Mobilières et détiennent maintenant le double-permis pour la vente de l'assurance-vie et des fonds mutuels.Par ailleurs en 1974, 53 de nos représentants ont obtenu le Certificat National de Compétence, dont 10 pour 10 années consécutives et plus alors que 4 représentants ont gradué aux cours L.U.A.T.C.et C.L.U.Soulignons qu'au sein de notre équipe des ventes, 19 instructeurs-gérants ou représentants ont le titre d'Assureur-vie Agréé.(C.L.U.) R.D.Parmi les secteurs d'activités qui vous préoccupent, quels sont ceux que vous estimez devoir croître plus rapidement dans les prochaines années ?C.G.Au plan des assurances individuelles, La Sauvegarde poursuit depuis plusieurs années une politique précise.Nous formons nous-mêmes nos assureurs-vie de carrière.Ainsi, nous suivons un processus progressif et évolutif qui nous fait connaître déjà d'excellents résultats.Il est à prévoir que nous continuerons dans cette voie.Au cours des prochaines années, il est fort probable que nous consacrerons plus de ressources humaines et de capitaux pour le développement des assurances collectives.J'aimerais rappeler que les différentes institutions-membres de la F.Q.C.P.D.représentent un facteur de progression important pour l'ensemble du Mouvement Desjardins.Il faudra voir à mettre en place une politique dynamique pour exploiter régionalement l'immense réservoir des Caisses populaires Desjardins.Au cours de 1973, nous avons introduit sur le marché un nouveau régime d'épargne à dépôts flexibles connu sous le nom de « Reflex ».Ce nouveau produit-service s'adresse à un nombre de plus en plus grand de personnes qui veulent se prévaloir des avantages fiscaux des régimes d'épargne enregistrés pour la retraite et parfaitement bien adaptés aux besoins du consommateur d'aujourd'hui.Ce produit-service, qui s'ajoute à la gamme déjà importante des régimes de rentes immédiates ou différées que nous offrons, trouve une excellente réponse dans le public.R.D.Croyez-vous que secteur des assurances collectives va prendre plus d'ampleur au cours des prochaines années?C.G.Les deux institutions d'assurance-vie sont bien conscientes qu'elles devront disposer de ressources budgétaires et humaines supplémentaires pour développer davantage le secteur des assurances et rentes collectives.Par exemple, pensez aux nombreuses entreprises canadiennes-françaises et québécoises qui ont vu le jour grâce à l'action des caisses populaires et des autres institutions du Mouvement Desjardins et qui pourraient facilement contribuer à un essor plus rapide des assurances et rentes collectives des deux institutions d'assurance-vie du Mouvement Desjardins.Une chose demeure certaine, c'est que nos deux institutions d'assurance-vie peuvent offrir des services d'une qualité en tout point comparable aux autres assureurs et à des tarifs concurrentiels.Une telle solidarité économique permettrait d'agrandir notre patrimoine collectif.Pour y arriver, il va falloir que nous exercions cette solidarité collective d'abord à l'intérieur des caisses populaires.Nous avons avantage à trouver les moyens pour mieux nous faire connaître, d'abord à l'intérieur du Mouvement Desjardins.On peut aisément imaginer le potentiel immense que représente l'entreprise québécoise pour nos deux institutions d'assurance-vie.Je crois que nous n'avons pas une part suffisante du marché de l'assurance-vie par rapport au potentiel, tout naturel et normal, qu'est le nôtre.Quel que soit le service offert par l'une ou l'autre des deux institutions Desjardins, il faut s'orienter vers une volonté du complémentarité et de solidarité à l'intérieur du Mouvement des Caisses populaires Desjardins et du Mouvement coopératif québécois.On pourrait connaître des réalisations spectaculaires pour le plus grand bien de toute la collectivité.Certes, depuis quelques années on connaît des succès, mais ils pourraient être encore bien plus éclatants.R.D.Comment les institutions d'assurance-vie pourraient s'organiser pour vraiment essayer de mieux informer le marché des caisses populaires?C.G.Quels que soient les programmes d'actions mis de l'avant, il ne faut pas les limiter à nos deux institutions d'assurance-vie.Non seulement faut-il que toutes les institutions Desjardins participent, y compris les caisses populaires, je dirais même que c'est un devoir vis-à-vis nos assurés et nos sociétaires que de bien les informer.Il faut faire en sorte que la majorité des citoyens québécois réalisent que les institutions Desjardins appartiennent aux caisses populaires et que ces institutions offrent un éventail complet de services de tout premier ordre.Il nous revient de développer des actions et de formuler des politiques plus dynamiques en termes d'information et de sollicitation.C'est définitivement une responsabilité de nos deux compagnies.Si nous pouvons réussir à articuler des politiques d'ensemble, nous pouvons être assurés d'obtenir des résultats très significatifs.R.D.|| semble que les institutions d'assurance-vie offrent à peu près le même service à des taux qui se ressemblent.Qu'en est-il?C.G.Les compagnies canadiennes-françaises d'assurance-vie ne contrôlent qu'une partie minimale des assurances en vigueur au Canada parce que la plupart de ces entreprises n'opèrent qu'au Québec.En général, les activités à l'extérieur du Québec sont relativement marginales pour les institutions canadiennes-françaises.Au Québec, il semble que la part du marché de l'ensemble des compagnies canadiennes-françaises ne soit que de l'ordre de 5% de l'assurance-vie en vigueur au Québec.C'est très minime, comme vous pouvez le constater.À remarquer cependant, que pour les émissions de nouveaux contrats, on observe un progrès notable.Par ailleurs, nous ne semblons pas gagner beaucoup de terrain quant à l'assurance en vigueur.Par exemple, à l'intérieur de ce groupe de compagnies québécoises canadiennes-françaises, La Sauvegarde avait un milliard de dollars d'assurances en vigueur avec 110,000 assurés.C'est une parcelle par rapport au tout.Malgré tout, nous progressons et nos efforts sont marquants, surtout depuis 1967.R.D.La Sauvegarde dispose-t-elle d'instruments qui l'aident à mesurer la productivité des services qu'elle offre et de ceux qu'elle prévoit offrir ?C.G.Depuis mars 1972, d'importants travaux, ont été effectués, par deux firmes spécialisées, pour le compte des deux institutions d'assurance-vie du M.C.P.D.relativement à deux questions fondamentales, soit : a) l'analyse prospective du marché de l'assu-rance-vie et profil de stratégie commerciale.b) l'étude des options de coordination administrative entre La Sauvegarde et L'Assurance-Vie Desjardins.Par la suite, soit depuis juin 1973 alors que les rapports étaient déposés, des travaux et recherches se sont poursuivis conjointement par les ressources professionnelles des deux entreprises concernées, cette fois, et à la demande d'un Comité conjoint d'administrateurs mis sur pied par les deux Conseils d'administration.À ce moment-ci, les travaux sont presque terminés et il ne fait pas de doute qu'il devrait en résulter des conclusions et stratégies nouvelles qui marqueront La Sauvegarde pour des années à venir et donneront lieu à un nouvel essor.Au moment où vous lisez ces lignes, le Conseil d'administration de La Sauvegarde a, de fait, ratifié les recommandations du Comité conjoint et celles-ci constituent nos orientations actuelles.Les mesures seront maintenant prises pour les mettre graduellement en application.R.D.Par rapport aux incertitudes du marché financier, prévoyez-vous des modifications à votre politique de placements?29 \I V \ V AlWM 30 mzm- mem • C.G.À La Sauvegarde, nous avons un Comité de placements composé de 7 membres dont 5 administrateurs.Comité qui siège tous les 15 jours.Il a pour objectif de surveiller les activités du marché financier et de réviser constamment ses politiques à la lumière de la conjoncture économique et d'élaborer les programmes d'investissement que la Direction de la trésorerie exécute.Notre portefeuille d'actions qui représente 11% de notre actif total, comporte des participations importantes dans le Complexe Desjardins et le Complexe alimentaire Vachon.Notre portefeuille d'obligations est d'environ 40% de l'actif, soit plus de $46.5 millions.Le portefeuille d'obligations comprend des titres de gouvernements, principalement du Québe, et leurs garanties.Nous possédons également des obligations d'hôpitaux, d'industries, d’institutions financières, d'universités ainsi que de plusieurs villes et commissions scolaires.Par ailleurs en 1973, les prêts hypothécaires ont subi une certaine baisse de leur importance par rapport à notre actif, passant de 37% à 33%, pourcentage qui représente néanmoins près de $38 millions. On notera que nous maintenons la priorité d'octroi des prêts hypothécaires aux demandes en provenance de nos assurés, des membres des Caisses populaires Desjardins ou des usagers des services des autres institutions rattachées au Mouvement des Caisses populaires Desjardins.R.D.Au cours des dernières années, La Sauvegarde a mis de l'avant « L'Arbre de la Sécurité financière».Quels étaient les objectifs poursuivis et peut-on en évaluer les résultats?C.G.En effet, nous avons introduit en 1971 l'Arbre de la Sécurité financière.Comme on le sait, l'arbre est depuis toujours un symbole de stabilité, d'enracinement et de protection.Il est aussi l'illustration de vitalité, de croissance et d'épanouissement : autant de concepts qui s'appliquent à La Sauvegarde.C'est un arbre stylisé, moderne, en réalité un jeu casse-tête composé de 5 pièces que nous avons adopté.Cet arbre, œuvre du groupe d'artistes La Vastringue de St-Jean-Port-Joli, a fait partie d'une exposition à La Maison des Arts, La Sauvegarde.L'Arbre de la Sécurité financière concrétise les éléments dont il faut tenir compte pour parvenir à la sécurité financière pour soi et sa famille dans un monde moderne qui présente plusieurs difficultés, si nous ne sommes pas munis d'un véritable guide.De fait, l'Arbre de la Sécurité financière vise trois objectifs.Le premier objectif permet à l'assureur-vie d'élargir son champ de vision.Comme complément, les connaissances de l'as-sureur-vie font de lui un conseiller financier pour l'individu et la famille.En somme, l'assureur-vie peut présenter à chaque citoyen un portrait des éléments dont il doit tenir compte pour parvenir à sa Sécurité financière.L'assureur-vie dispose donc de tous les éléments pour présenter à l'individu et à sa famille un budget pour la vie.L'assureur-vie de La Sauvegarde connaît bien tous ces éléments.Il sait le rôle de la caisse populaire dans le secteur de l'épargne personnelle.Il est familier avec le régime de protection et d'épargne obligatoire que l'État offre à tous.Il connaît à fond les systèmes de protection et d'épargne que La Sauvegarde offre aux individus et aux groupes.L'assureur-vie-Sauvegarde a accès aux services de professionnels pour régler avantageusement les problèmes de transmissions de biens ou d'intérêts commerciaux.De plus, il connaît les caractéristiques de chacun des fonds mutuels de la Fiducie du Québec qu'il peut offrir en faisant appel à des spécialistes, au besoin.Également, il peut s'appuyer sur toutes les ressources humaines et techniques des autres institutions du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.Il y a cinq composantes à l'Arbre de la Sécurité financière: les épargnes personnelles, la sécurité-État, les assurances et les rentes, les biens personnels et les investissements.Cet arbre stylisé n'est pas qu'un simple objet publicitaire.C'est un symbole qui illustre le concept de l'offre sur une base intégrée des services financiers personnels disponibles par l'intermédiaire des différentes institutions du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.À mon avis, les résultats de cette action semblent très encourageants.L'assureur-vie-Sauvegarde peut maintenant rendre service à un plus grand nombre de citoyens en répondant adéquatement à leurs questions.Nous croyons que nous allons dans le sens de l'évolution normale des sociétés financières.De plus en plus, il est commode d'obtenir une réponse rapide et complète au plan financier par l'entremise d'une même personne.R.D.Monsieur le président, qu'est-ce qui distingue les deux Compagnies d'assurance-vie du Mouvement Desjardins?C.G.Notons tout d'abord que, d'une part, les deux institutions d'assurance-vie sont membres de la même Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.À l'intérieur du Mouvement Desjardins, nous poursuivons donc les mêmes objectifs globaux.Par rapport aux services offerts, les deux compagnies sont peut-être plus spécialisées qu'on ne l'apprécie généralement.Ainsi La Sauvegarde n'offre pas de contrats directement aux Caisses populaires, ne fait de l'assurance-santé que par voie de ré ou co-assurance et n'offre pas d'assurance-accident pour les étudiants.Il est par ailleurs normal que deux institutions d'assurance-vie offrent des produits-services qui sont fondamentalement les mêmes, mais dont les particularités peuvent être différentes.Si nous nous ressemblons sous certains aspects, plusieurs autres nous différencient.Dans un autre > ordre d'idées, le statut juridique des deux Compagnies est différent.La Sauvegarde est une Compagnie à capital-actions, ce qui permet à ses propriétaires, les Caisses populaires, donc à leurs membres, de participer aux excédents d'opérations réalisés.Ces dernières années, cela s'est traduit par $1,800,000 de dividendes aux actionnaires.De plus, l'histoire de La Sauvegarde est vieille de près de trois quarts de siècle alors que L'Assurance-Vie Desjardins termine son premier quart de siècle.R.D.Tout le monde reconnaît l'importance de l'initiative qu'a prise La Sauvegarde en fondant La Maison des Arts, La Sauvegarde.À ce jour, croyez-vous qu'il serait possible d'en établir un bilan ?C.G.C'est le ministre des Affaires culturelles du Québec, monsieur Pierre Laporte, qui a inauguré, le 22 novembre 1965, La Maison des Arts, La Sauvegarde.Le geste que nous posions à cette époque était une contribution concrète de La Sauvegarde à la restauration du Vieux-Montréal.À notre avis, nous avons été la première entreprise privée à poser un geste d'une telle importance.De plus, la Compagnie voulait contribuer de façon positive, et sur une base strictement philanthropique, à l'épanouissement de l'éducation artistique au Canada français en offrant aux artistes de talent l'occasion et les moyens dont ils ont besoin pour s'exprimer et se faire connaître.Depuis sa fondation, La Maison des Arts, La Sauvegarde n'a cessé d'acquérir du prestige, grâce à l'originalité de l'œuvre elle-même et à la qualité des artistes qui y sont présentés.Aujourd'hui, son évidente notoriété déborde largement les frontières du Québec.Depuis sa fondation, quelque 350 artistes, parmi les 1,500 rencontrés par le Comité de sélection, ont exposé leurs œuvres, lesquelles furent appréciées par près de 325,000 visiteurs.Une vingtaine d'artistes considèrent que La Maison des Arts, La Sauvegarde a été le tremplin de la carrière dans laquelle ils se sont engagés.La plupart d'entre eux ont, soit reçu des bourses d'études des gouvernements fédéral ou provincial, soit exposé dans des galeries professionnelles au Québec ou à l'étranger.En novembre 1970, la Commission des Monuments Historiques de la province de Québec apposait une plaque commémorative à l'occasion du cinquième anniversaire de La Maison des Arts.Deux importantes organisations nord-américaines, la Société Canadienne des Relations Publiques et le Life Insurance Advertisers Association lui ont décerné des prix d'excellence, dans la catégorie des projets permanents de relations publiques à l'appui des services publics ou communautaires.Son pavillon Formoptic — formes et optiques — à Terre des Hommes 1972, lui a fourni une autre occasion de présenter la créativité québécoise à plus de 156,000 visiteurs.En 1973, il est intéressant de relever qu'une exposition de cinq semaines s'est tenue au Musée provincial de Québec, exposition qui réunissait 34 des meilleurs artistes qui se sont produits à La Maison des Arts.Nous nous interrogeons sur la continuation de l'œuvre de La Maison des Arts.Au cours des dernières années, nous avons investi des énergies et des capitaux importants dans ce genre d'action et nous étudions actuellement les éventualités qui pourraient nous permettre de poursuivre cette œuvre à l'intérieur du Complexe Desjardins.32 de Fiducie du Québec Dans ses notes sur l'histoire du Mouvement des Caisses populaires Desjardins, feu le sénateur Cyrille Vaillancourt soulignait les origines de la Société de Fiducie du Québec dans un numéro de La Revue Desjardins, de novembre 1967, de la façon suivante : « Depuis longtemps, les caisses populaires demandaient la fondation d'une société de fiducie, mais il fallait trouver le moyen de le faire, car, d'après l'ancienne loi qui régissait les caisses populaires, il était difficile de fonder un tel organisme.Après avoir bien étudié la question, nous avons fondé une société appelée: La Société de Gestion d'Aubigny qui, le 31 janvier 1963, se portait acquéreur d'une société de fiducie — La Société de Fiducie du Québec — dont l'incorporation datait de 1962.» «.Monsieur Jean-Marie Couture, alors comptable en chef de la Fédération des Caisses populaires Desjardins depuis 1955, fut désigné directeur général de la Société de Fiducie du Québec.Diplômé de la Faculté de commerce de l'Univer- sité Laval, M.Couture s'était toujours intéressé aux activités sociales, économiques et civiques de son milieu.Ses qualités et ses qualifications nous assuraient qu'il conduirait à bonne fin cette société de fiducie humblement organisée.Il entrait en fonction le 2 juillet 1963.» La Revue Desjardins a récemment rencontré le président de la Fiducie du Québec, M.Jean-Marie Couture.Plusieurs questions lui ont été posées sur l'évolution de cette institution, membre de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.Pourquoi la Caisse populaire a-t-elle acquis une société de fiducie?R-D.Quels principaux objectifs ont inspiré l'établissement de la Fiducie du Québec et ont motivé son acquisition par le Mouvement des Caisses populaires Desjardins?J.-M.C.1973 a marqué la fin de la première décennie de la Fiducie du Québec.Ce fut une .f ^ -r m •par*; ± ¦ t»F ' t 4 mM ;// ¦ rs».1g-.- > -i PTX.33 période très active vouée à l'organisation d'une entreprise qui débutait.L'objectif initial était double.D'une part, la création d'une société de fiducie s'inscrivait naturellement dans le prolongement de la gamme des services financiers de la caisse populaire.D'autre part, cette société de fiducie devait offrir une gamme complète de services propres à une institution de ce genre.Pour expliciter l'acquisition d'une société de fiducie, il faut rappeler que la caisse populaire est d'abord et avant tout une coopérative d'épargne et de crédit, qui veut répondre aux besoins réels de son milieu; la caisse réalise cependant qu’ellle ne peut pas répondre à tous les besoins.Dès lors, une autre institution doit exister pour tenter de compléter les services dont un individu (ou une entreprise) a besoin tout au long de sa vie.La Fiducie du Québec existe pour prendre la relève là où les services de la caisse populaire se terminent.Je pense qu'une institution comme la nôtre est bien structurée et tout à fait habilitée à jouer ce rôle.R-D.Comment se situe la Fiducie du Québec par rapport à la concurrence ?J.-M.C.Au cours des cinq dernières années je serais porté à affirmer que la Fiducie du Québec a connu un rythme de croissance plus marqué que toutes les autres Sociétés de fiducie.De nombreuses réalisations ont permis à la Fiducie du Québec de confirmer son intégration aux activités de la caisse populaire.Dans le secteur du courtage d'immeubles, dans les prêts hypothécaires, nous avons connu un développement particulièrement actif.Dans le secteur des services personnels, nous accusons toutefois un progrès beaucoup plus lent.Il y a aussi l'envers de la médaille: il a fallu financer le développement accéléré que nous avons connu.En d'autres termes, la Fiducie du Québec est une jeune institution; dès lors, nous devions nous efforcer de prendre une part du marché, de nous implanter dans le milieu.Nous avions le choix de le faire d'une façon lente et progressive ou de le faire plus rapidement.Si on avait voulu limiter, au départ, nos activités au seul secteur des dépôts garantis, l'entreprise aurait eu besoin d'effectifs moins nombreux et les dépenses auraient été moindres, ainsi nous n'aurions pas été obligés d'ouvrir de succursales.Au plan des opérations, nous aurions assuré une rentabilité quasi immédiate à la Fiducie du Québec.Or, il semble bien que la caisse populaire s'attendait à ce que la Fiducie du Québec lui offre ses services aussi variés et aussi nombreux que possible dès sa naissance.Devant cette situation, nous avons développé une entreprise qui tente de répondre adéquatement à l'attente de la caisse populaire.Conscient qu'il fallait adopter un certain rythme, on a développé l'entreprise dans cette perspective.Au cours de la première décennie, les actionnaires de la Fiducie du Québec n'ont pas obtenu de dividendes.Par ailleurs, les autres sociétés de fiducie n'étaient pas rentables après dix années d'opération.L'attente de la caisse populaire aurait obligé la Fiducie du Québec à progresser encore plus rapidement et à tenter d'offrir des services encore plus nombreux.Nous ne pouvions répondre à tous les besoins exprimés.Il est bien entendu que tout nouvelle initiative de la Fiducie du Québec ne se réalise pas spontanément.Nous nous guidons sur des études et des recherches avant d'offrir un service à la clientèle.Nous sommes conscients qu'en décevant un client, il sera beaucoup plus difficile de le convertir ensuite.C'est pourquoi nous visons à donner un service efficace, prioritairement.La gamme des services R.D.La Fiducie du Québec offre une gamme de services relativement vaste.Pouvons-nous nous attendre à ce que le nombre des services augmente ou diminue au cours des prochaines années ?J.-M.C.Les sociétés de fiducie sont maintenant reconnues comme étant de véritables institutions à activités multiples.Au cours des prochaines années, on peut prévoir une politique qui ira dans le sens d'une consolidation des services que nous offrons.Dans une institution de fiducie, il faut distinguer deux importantes catégories de revenus: les revenus des opérations fiduciaires et les revenus des opérations financières.Les opérations fiduciaires sont celles qui ont rapport à l'administration et au réglement de succession, à la gestion de portefeuilles, à la garde de valeurs, etc.Les 34 r opérations financières se rapportent aux différents types de placements, reliés aux activités des dépôts garantis.Par exemple, la plus importante société de fiducie au Canada a vu les revenus de ses opérations fiduciaires diminuer en importance, au cours des dix dernières années, de 43% à environ 12% de l'ensemble de ses revenus ; ce sont les revenus de ses opérations financières qui lui procurent 76% de l'ensemble de ses revenus.La Fiducie du Québec est concernée par cette évolution majeure.De plus en plus, la société de fiducie s'idientifie à des secteurs financiers particuliers comme celui des dépôts de toute nature, celui du prêt hypothécaire et celui du courtage d'immeubles.Il semble bien qu'au cours des prochaines années, l'accent sera mis sur les dépôts, y compris les comptoirs d'épargne, et sur le courtage d'immeubles dans les sociétés de fiducie canadiennes.Le secteur du dépôt R.D.Vous mentionnez que les sociétés de fiducie s'orienteront tout particulièrement vers trois secteurs financiers, soit les dépôts, le prêt hypothécaire et le courtage immobilier.De façon à expliciter le premier sujet, nous avons vu au cours de la dernière année plusieurs déposants changer d'institution pour tenter d'obtenir un meilleur rendement.Que doit-on penser de ces changements subits et souvent brusques des déposants, d'institution à institution?J.-M.C.Nous sommes dans une période où nous offrons du dépôt à terme à plus de 10% quand ce n'est pas du 10%% ou 11%, que ce soit pour 3 mois, 12 mois ou 60 mois.C'est une situation unique dans l'histoire du dépôt à terme au Canada.Cette situation n'est pas facile à expliquer autrement que par la conjoncture économique et un état d'hyperinflation.Aujourd'hui, les institutions qui veulent obtenir du dépôt sont obligées de développer de nouveaux mécanismes d'incitation vis-à-vis du déposant et l'épargnant de façon à l'inviter à déposer.On reconnaît que plusieurs entreprises financières savent qu'elles peuvent prêter des montants d'argent importants à de hauts taux d'intérêt; elles sont donc prêtes à offrir aux déposants des taux d'intérêt supérieurs à ceux des autres.Par ailleurs, l'entreprise ou l'individu qui veut emprunter pour satisfaire ses besoins est maintenant prêt à payer plus cher qu'avant.C'est un type de cercle vicieux dont, quelquefois, on peut se demander si jamais on en sortira.Ce n'est pas un phénomène particulier au Québec puisque nous le retrouvons dans pratiquement dans tous les pays du monde.Depuis deux ans, plusieurs économistes et personnes renseignées prévoyaient une stabilisation sinon une régression des taux d'intérêt sur le marché financier.L'histoire actuelle prouve que leurs impressions n'étaient pas fondées.R-D.Le dépôt à terme est une forme de contrat, d'engagement, croyez-vous qu'il doive être respecté malgré les écarts dans la variation des taux d'intérêt ?35 \ï J"- je- f - y ymm* I .iyf.tir-.*! mm t \ *' r^Y' J.-M.C.La situation actuelle reflète un phénomène assez particulier.Nous avons reçu plusieurs demandes de remboursement.Mais, notre politique n'a jamais changé sur ce sujet.Il n'y a qu'une exception à la règle pour laquelle nous rembourserons un dépôt, avant terme, et c'est dans un cas de décès.L'attitude vis-à-vis des variations de taux d'intérêt peut être formulée de deux façons.D'une part, faisons l'hypothèse que les taux d'intérêt baissent.Si vous avez un certificat de dépôt à terme qui rapporte un taux d'intérêt de 10%, et que le taux d'intérêt baisse à 8%, croyez-vous que la société de fiducie serait en droit de vous demander de réduire votre taux sur le contrat que vous avez transigé avec elle?Vous ne seriez pas d'accord et vous auriez raison.Personnellement, je dis que c'est la même situation dans le cas de hausse des taux d'intérêt.L individu, au moment où il a effectué son dépôt à terme, l'a fait en toute connaissance de cause et il doit donc respecter son engagement.Il faut retenir que le dépôt à terme n'est pas une obligation d'épargne retirable à demande; c'est un dépôt à terme et c'est un contrat qui doit être respecté jusqu'à l'échéance.Le secteur du prêt hypothécaire R D.Au cours de 1973, la Fiducie du Québec a réalisé une percée importante dans le secteur du prêt hypothécaire, quelle est la principale raison qui vous a obligés à restreindre votre politique d'ouverture dans ce secteur?J.-M.C.Notre action est reliée à notre capacité de recevoir du dépôt puisque nous ne pouvons continuellement recevoir de dépôt à moins de maintenir un certain équilibre vis-à-vis notre capitalisation.En 1973, notre campagne du P.C.P.a permis de placer quelques dizaines de millions de dollars en prêt hypothécaires dans l'ensemble du Québec.En privilégiant le petit prêt hypothécaire dans toutes les régions du Québec, nous respections ainsi la politique de la caisse populaire.Par ailleurs, la répartition de nos prêts hypothécaires est faite en fonction du chiffre d'affaires qui a été réalisé, proportionnellement, dans le territoire de chacune des dix unions régionales.Le résultat de notre action a permis qu'en moins de six mois, les caisses populaires consentent au-delà de 4,000 prêts, pour une valeur de plus de $52 millions.En 1974, nous n'avons 36 pu reprendre ce système à cause d'une question de liquidité, de disponibilités de fonds, d'équilibre de portefeuilles.Les conditions économiques ne le permettent plus.Il faut également préciser que ce système est assez onéreux au plan des opérations.Un tel service requiert un personnel nombreux pour coordonner la réception des différents documents de chacune des caisses populaires du Québec, les relations avec les notaires, les relations avec la clientèle, et tous les autres facteurs que nécessite l'acceptation d'un prêt hypothécaire.Pour mettre en place un tel service, en terme d'efficacité, il faut prévoir un très grand nombre d'opérations.R-D.Dans le secteur du prêt hypothécaire, les taux ont fluctué considérablement au cours des derniers dix-huit mois.Comment réagissez-vous devant cette situation?J.-M.C.Historiquement, le terme des prêts hypothécaires pouvait varier de 15 à 25 ans, sans que le taux d'intérêt change.Depuis quelques années, on accepte que les révisions de taux d'intérêt s'effectuent à tous les cinq ans.Depuis quelques mois, la période de révision du taux d'intérêt sur hypothèque diminue considérablement: on parle maintenant de révision annuelle des taux d'intérêt.Des conditions économiques plus changeantes obligent à des rajustements de politique.Il est même possible que nous voyions apparaître une période de révision plus courte des taux d'intérêt sur hypothèque.À ce moment, nous affronterons un autre problème soit celui de frais d'administration supplémentaires pour les institutions qui ont un grand nombre d'emprunteurs hypothécaires.Le secteur du courtage d'immeubles R-D.Pouvez-vous commenter le fait que le secteur du courtage immobilier semble prendre une partie importante des efforts de la Fiducie du Québec?J.-M.C.|| faut considérer que le courtage im- mobilier est le service le plus immédiatement rentable pour une société de fiducie.Acheter ou vendre un immeuble est devenu aujourd'hui affaire de spécialistes.Aussi, en termes d'avenir.nous allons assurément privilégier les secteurs des services financiers et du courtage immobilier.Par exemple, toutes nos nouvelles succursales sont axées présentement sur le secteur du courtage immobilier.Par exemple la succursale de la Fiducie du Québec à Chicoutimi est relativement intégrée aux activités de la caisse populaire puisqu'elle occupe le même local que celui de la Caisse populaire de Chicoutimi qui a ouvert un comptoir dans le centre commercial « Place du Royaume ».On espère ainsi offrir plus de services « complémentaires ».On remarquera que les autres sociétés de fiducie voient à implanter dans chacune de leurs succursales deux services précis : un comptoir d'épargne et un service de courtage d'immeubles.Pour la Fiducie du Québec, c'est le courtage d'immeubles qui a la priorité.La caisse populaire occupe déjà le secteur du comptoir d'épargne.On ne peut penser aller concurrencer la caisse populaire dans son propre secteur.On peut considérer que les services de la Fiducie du Québec, dans ses succursales, sont donc le prolongement des services de la caisse populaire.Les autres sociétés de fiducie ne peuvent agir comme nous le faisons.Il serait difficile de voir une succursale d'une fiducie s'installer dans un local de banque .R-D.La Fiducie du Québec possède à Québec une succursale où l'on trouve l'ensemble des services d'une société de fiducie.Croyez-vous que l'expérience s'avère intéressante?J.-M.C.Avec un personnel nombreux et une gamme de service relativement complète, il est assurément plus difficile de rentabiliser rapidement les opérations d'une telle succursale.Un type de succursale comme celle de Québec ne saurait être rentable que sur une période de plusieurs années.Nous allons continuer à développer la succursale de Québec en développant les services les plus rentables.Par ailleurs, nous n'avons pas l'intention de développer un type semblable de succursale partout au Québec, car nous n'avons pas besoin d'une succursale aussi élaborée dans tous les centres de la province.Il faut préciser que nous pouvons difficilement offrir certains services à distance.Par exemple, il est plus logique et plus efficace d'avoir quatre ou cinq agents d'immeubles dans une ville pour 37 répondre adéquatement aux besoins que d'avoir des représentants à cent milles et être obligés de les faire voyager.Le secteur du fonds mutuel R.D.Le secteur des fonds mutuels subit des transformations tant sur le marché financier qu’à l'intérieur de la Fiducie du Québec.Pouvez-vous mieux nous situer sur ces deux sujets?J.-M.C.Selon l'expression consacrée, le marché des actions est «déprimé».Malgré tout, il faut s'attendre à une reprise du marché des capitaux.La seule inconnue demeure quand la reprise normale s'effectuera.Devant les fluctuations actuelles, l'investisseur se promène avec ses capitaux entre les institutions financières et entre les divers types de placement.Le produit «fonds mutuel» ne semble pas plaire à la majorité, pour le moment.Depuis plus d'un an, on connaît une course effrénée aux plus hauts taux d'intérêt.Même les gouvernements jouent sur la scène concurrentielle avec leurs obligations d'épargne qui, entre autres placements, sont considérées comme étant les valeurs les plus sûres.Étant accessible à la majorité des citoyens, le fonds mutuel permet de répartir ses risques, de ne point « mettre tous ses œufs dans le même panier».Les fonds mutuels offrent également l&r Si d'autres avantages à l'individu que ce soit en terme d'assurance ou en termes de plan d'épargne à long terme.Le 8 août 1973, une entente était signée en vertu de laquelle les deux compagnies d'assurance-vie, membres de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, transféraient toutes leurs actions de Les Placements Collectifs Inc.à la Fiducie du Québec, laquelle devenait ainsi l'unique propriétaire de Les Placements Collectifs Inc.Actuellement, la Fiducie du Québec gère sept fonds mutuels.Depuis le 30 avril 1974, les sept fonds sont connus comme suit : — le fonds Desjardins {(canadien)) (fonds en actions canadiennes) ; — le fonds Desjardins « obligations » (un fonds de placements en obligations diverses) ; — le fonds Desjardins ((internationaly> (des actions de compagnies américaines ou de multinationales) ; — le fonds Desjardins ((Spec)) (un fonds d'actions à caractère spéculatif) ; — le fonds Desjardins ((Québec)) (un fonds orienté vers les actions de compagnies dont le siège social et où les principales activités sont au Québec) ; — le fonds Desjardins ((hypothèques)) (portefeuille constitué de prêts hypothécaires selon les normes actuelles).Dans le but d'uniformiser l'activité des fonds mutuels et de rendre ces services accessibles au plus grand nombre de membres des caisses populaires Desjardins et à la population du Québec, en général, tous les fonds gérés par la Fiducie du Québec sont disponibles par l'ensemble des réseaux que constituent à la fois les caisses populaires Desjardins, les représentants des deux compagnies d'assurance-vie du Mouvement des Caisses populaires Desjardins, les succursales de la Fiducie du Québec et les courtiers en valeurs mobilières.De nouvelles perspectives R-D.|| semble que la caisse populaire tentera, de plus en plus, à devenir un endroit où tous les services financiers à l'individu seront disponibles.Favorisez-vous une telle évolution ? J.-M.C.Je crois profondément à cette évolution de la caisse populaire.J'ajouterais même que le groupe financier, au Québec, qui est le mieux organisé pour utiliser cette formule de l'avenir, est assurément le Mouvement des Caisses populaires Desjardins.Je souhaite ardemment que nous franchissions un pas de plus et que nous arrivions rapidement à mettre en œuvre une formule qui nous permettra de coordonner nos efforts pour mieux offrir l'ensemble de nos services aux membres des caisses et à la population du Québec.Nous avons déjà franchi une étape, mais nous devons agir encore plus rapidement.Nous vivons dans un monde de concurrence.Il ne faut pas craindre la concurrence, parce qu'elle nous invite à être plus présents et à répondre plus adéquatement et plus efficacement aux besoins des individus.Par exemple, si les sociétés de fiducie au Canada veulent absolument conserver le statu quo, elles n'ont qu'à tenter d'ériger des barrières, des clôtures qui empêcheront les institutions bancaires ou autres de venir jouer dans leurs plates-bandes.Agir de cette façon serait «aller à contre courant».Si on veut absolument se protéger parce qu'on a peur de la concurrence, on périra.La concurrence nous oblige à nous dépasser quotidiennement, c'est ma conviction profonde.On remarquera qu'au cours du dernier quart de siècle, les sociétés de fiducie ont changé considérablement leur visage et les services qu'elles offraient.Au cours des dix dernières années, ces changements ont été encore plus marqués.Dès lors, il faut s'attendre à ce que ces changements s'accélèrent au cours de la prochaine décennie.Inexorablement, nous nous dirigeons vers des institutions polyvalentes.C'est le client qui nous oblige à nous transformer et à lui rendre les services qu'il exige de nous.On voit apparaître un nouveau concept de service à la clientèle.Il s'agit du service intégral à l'individu.Celui-ci fait effectuer toutes ses transactions financières, du dépôt à l'épargne, en passant par les placements et le paiement de tous ses comptes, par un type d'institution financière qui peut lui offrir l'ensemble des services dont il a besoin.D'ici quelques années, nous pouvons imaginer un individu ayant en sa possession une carte.plus ou moins universelle.Il ne verra pas directement la couleur de ses revenus.Par contre, à la fin de chaque mois, il recevra des états de compte établissant l'emploi de ses fonds pour ses différents besoins y compris l'épargne et le placement.RD.M onsieur le président, que croyez-vous ajouter comme mot de la fin ?J.-M.C.1975 marque le début d'une deuxième décennie pour la Fiducie du Québec.Ses dirigeants sont convaincus qu'elle connaîtra, au cours des 10 prochaines années, un essor encore plus considérable, essor qui se manifestera surtout par la croissance des bénéfices.La Fiducie du Québec, tant par sa présence active dans tous les secteurs fiduciaires qu'à l'intérieur du Mouvement des Caisses populaires Desjardins, compte poursuivre son rôle social et économique au sein de la population québécoise.Pour dresser le bilan de la dernière décennie, il ne suffirait pas, à notre point de vue, de comptabiliser les seules données économiques ou financières sous forme d'état de pertes et profits.Il faut, tout autant, tenir compte des nombreux et nouveaux services que le Mouvement Desjardins a obtenus pour lui même et a dispensés à la population du Québec.Il faut également mesurer la place importante acquise en 10 ans dans le secteur de la fiducie; les $800 millions de biens administrés en témoignent éloquemment.Il faut enfin évaluer le potentiel considérable que représente l'entreprise sur le plan de ses ressources humaines.40 Congrès de membres à Drummond ville "Que faire grâce à la coopération?" Michel Beauchamp 1975 sera l'Année internationale de la femme.Lors du dernier congrès des Caisses populaires de Drummondville, les femmes étaient présentes dans bon nombre d'ateliers.mmàwe?- - - v; ‘¦S® I, * , -T *v' V f%.« % ”, -l*" i i I- Des débats relatifs à la « participation » ou à une forme «d'auto-critique» au sein des organisations ont animé certains secteurs névralgiques de la société québécoise au cours des dernières années (par exemple, les débats qui ont eu lieu au sein du monde scolaire, de l'Église, du monde syndical, du monde agricole, du monde coopératif, etc.).Des débats de ce genre s'accentueront-ils au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins ?C'est la question qui vient immédiatement à l'esprit de celui qui tente d'analyser l'impact et la signification de l'initiative mise de l'avant par sept caisses populaires de Drummondville dans le cadre de la cinquième «Semaine de la Caisse populaire ».Les dirigeants et administrateurs de ces caisses populaires ont accepté de concerter leurs efforts dans le but d'organiser un «congrès des membres» au cours duquel congrès, les membres des caisses populaires pourraient exprimer leurs besoins à titre de « propriétaires » des caisses populaires, esquisser les grandes lignes de projets coopératifs susceptibles d'être réalisés dans leur milieu ou s'informer — tout simplement — des avantages qu'ils ont à demeurer membres d'une caisse populaire.L'esprit qui animait les « membres en congrès » ressemblait, à plusieurs égards, à l'esprit qui a animé ou anime encore les Québécois qui militent au sein d'organismes où l'on privilégie la participation et la consultation des membres.Quand des membres de caisses populaires discutent, entre autres, de l'implantation possible de «garderies populaires», quand ils jugent pertinent de fonder des clubs coopératifs de consommation, quand ils critiquent l'action des compagnies de finance et quand ils discutent du rôle des caisses populaires dans le développement socio-économique de leur communauté, force est de constater que l'heure n'est plus au statu quo, que l'heure est au changement mais que ce changement se fait et s'actualisera au rythme souhaité par les membres des caisses populaires .et pas à un autre rythme ! L'initiative de Drummondville, il n'en faut pas douter, — il faut à tout le moins le souhaiter! — débordera les frontières de cette région.Mais pourquoi serait-il pertinent de répéter cette expérience ailleurs et jusqu'où est-ce possible de reprendre cette expérience dans les autres regions du Québec ?Pourquoi?a) Parce qu'un «congrès des membres» fournit aux «membres ordinaires» l'occasion de s'informer de ce qu'est une «caisse populaire» (prncipes de base, rouages, services, contraintes et possibilités).41 b) Parce qu'un « congrès des membres », comme le congrès de Drummondville, est un lieu privilégié de discussion entre coopérateurs.c) Parce qu'un « congrès des membres » n'est pas un « congrès de représentants ».On y retrouve une sorte de spontanéité et de critique franche qu'on ne peut retrouver (pour toutes sortes de bonnes — et moins bonnes — raisons) lors d'assises ou assemblées plus «officielles».d) Parce qu'un « congrès des membres » incite ces derniers à analyser les rouages du milieu-socio-économique au sein duquel ils vivent quotidiennement.e) Parce qu'un «congrès des membres» leur permet de prendre davantage conscience de ce qu'est la «caisse populaire» comme instrument collectif susceptible d'améliorer leur sort.f) Parce que, finalement, un « congrès des membres » fournit, à ces mêmes membres, l'occasion de réfléchir sur les principes de base de la doctrine coopérative et les incite à cerner leurs intérêts collectifs de coopérateurs.Mais jusqu'où, avons-nous écrit précédemment, est-ce possible de répéter l'expérience de Drummondville dans d'autres régions du Québec ?S'il est, en effet, un tant soit peu réaliste de songer à organiser des «congrès de membres» dans les —petits et moyens — centres ruraux ou urbains, la tâche peut s'avérer beaucoup plus difficile dans le cas des « gros » centres ou encore dans le cas des régions privilégiées en matières de «grands espaces».D'où, sans doute, la nécessité «d'intercoopérer» au maximum et de privilégier une approche organisationnelle qui puisse aplanir les difficultés auxquelles sont confrontés les coopérateurs de certaines régions .D'où également la nécessité d'améliorer l'organisation « technique » des « congrès de membres » (utilisation des services des employés de caisses, formation des animateurs, amélioration des campagnes d'invitation auprès du public, etc.).Bref, ce qui sera important — pour ceux qui voudront «s'embarquer» et reprendre l'expérience de Drummondville — ce sera, sans doute, beaucoup plus de « s'inspirer » de cette expérience plutôt que de la copier intégralement.Y aura-t-il des retombées Après avoir analysé — sommairement, en ayant, toutefois, bien l'intention de compléter le tout plus tard — l'expérience de Drummondville, il faut bien avouer que ce genre de projet s'inscrit pertinemment — et « normalement » — dans le déroulement des activités qui devraient marquer l'évolution des caisses populaires.La nature même des caisses populaires — organisations démocratiques «à posséder» par les membres — légitime et justifie la concrétisation de pareille expérience d'information, d'intercoopération, de participation et de consultation.Consultation .Les dirigeants et administrateurs de Drummondville ont senti qu'il ne fallait pas négliger de «consulter» les membres afin de connaître leurs besoins et doléances.Paternalisme « bonasse » ?Cela aurait pu être le cas .Il nous est, cependant, permis de douter qu'un semblable esprit paternaliste «bonasse» ait animé les dirigeants et administrateurs des sept caisses populaires de Drummondville .Ces gens ont surtout, nous semble-t-il, compris qu'à titre de dirigeants ou administrateurs œuvrant au sein d'une organisation à caractère démocratique, ils se devaient de passer l'étape «consultation » avant de franchir l'étape « prise de décision ».Au moment même où ont lieu plusieurs débats relatifs au développement des régions du Québec, voire même au développement socioéconomique global de la société québécoise, que des gens aient songé à «savoir» comment on pourrait et devrait utiliser — dans une communauté donnée — un instrument collectif aussi précieux que la ou les «caisse(s) populaire(s) », c'est déjà beaucoup! Mais y aura-t-il, toutefois, des suites à l'expérience de Drummondville?«UNE INITIATIVE REMARQUABLE QUI MÉRITE D'ÊTRE RÉPANDUE» Alfred Rouleau DRUMMONDVILLE—«C'est par émulation entre les Caisses populaires à l'occasion de la semaine spécialement consacrée à ia coopération que vous avez eu l'initiative de tenir le premier congrès de membres des Caisses populaires : vous avez réussi à attirer près de 500 personnes et vous méritez d'être appuyés par toutes les autres Caisses populaires existantes.» (La Tribune, Sherbrooke, 21-10-74, p.8.) 42 Des caisses populaires organisent un congrès pour leurs membres Historique : — Les 4 et 5 mai, les dirigeants des 137 caisses de l'Union régionale de Trois-Rivières réunis en congrès, trouvent souhaitable en grande majorité que les caisses populaires organisent un minicongrès oÉ seraient discutés, avec les membres, les besoins de ces membres et de la communauté, et les suggestions apportées pour satisfaire ses besoins.— Les gérants des sept (7) caisses de Drum-mondville lancent l'idée d'un congrès pour leurs membres lors d'une réunion le 30 juillet dernier.— À une réunion regroupant les présidents et gérants des mêmes caisses le 7 août, un accord de principe est donné sur l'opportunité d'un congrès pour les membres.Un comité provisoire est formé avec mandat de produire un projet de mini-congrès pour les membres.Ce projet devait être soumis simultanément aux trois (3) Conseils des sept (7) caisses de Drummondville lors d'une réunion le 28 août.— Après avoir pris connaissance du projet simultanément et avoir délibéré séparément, les membres des trois (3) Conseils des sept (7) caisses acceptaient, lors d'une plénière, le projet d'un congrès tel que présenté et prolongeraient l'existence du comité provisoire avec mandat de former le comité organisateur de ce congrès de membres.Objectifs : — Établir une communication entre les membres et leur entreprise.L'ENTREPRISE SE FAIT CONNAÎTRE PAR a) ses principes de base b) ses rouages et fonctionnement c) ses services d) ses possibilités et ses contraintes LES MEMBRES a) prennent conscience de leurs droits et responsabilités comme propriétaires-usagers de leur entreprise.b) prennent connaissance des possibilités et des limites de leur entreprise.c) prennent conscience de leurs besoins et adoptent la caisse populaire comme instrument à satisfaire ces besoins.— Promouvoir à long terme la solidarité dans le développement individuel et collectif des membres par la coopération dans les caisses populaires.(Jacques Voyer, J'informe, Union régionale des Caisses populaires Desjardins de Trois-Rivières, vol.3 no 10, octobre 1974, p.4.) Entrevue avec M.Ferdinand Smith, gérant de la Caisse populaire Saint-Frédéric de Drummondville M.B.Quand certains coopérateurs de Drummondville ont décidé d'organiser un « congrès de membres», quels étaient leurs objectifs?F.S.Il s'agissait de susciter la participation des membres.d'aller «voir» ce qu'ils attendaient des caisses populaires.Il s'agissait aussi de fournir aux membres l'occasion de nous dire ce qu'ils attendaient des caisses populaires en matière de « nouveaux services ».M.B.Consulter les membres, les rencontrer directement, cela prend un certain courage.Pourquoi n'avez-vous pas eu «peur»?F.S.Quand on agit de bonne foi et qu'on croit à la dimension sociale des caisses populaires .quand on admet que les caisses populaires appartiennent aux membres .il faut donner l'occasion aux membres de s'exprimer.Par ailleurs, un «congrès de membres» donne aussi l'occasion aux preneurs de décisions d'ex- 43 pliquer un peu le contexte global dans lequel ils travaillent.Par exemple, d'expliquer pourquoi nous prêtons à tel ou tel autre taux d'intérêt.M.B.Le «congrès des membres» de Drum-mondville a été organisé conjointement par les sept caisses populaires du milieu.Dans quel esprit de collaboration avez-vous travaillé ensemble ?F.S.Il n'y a pas eu de résistance à collaborer.En fait, nous, de la Caisse Saint-Frédéric, avons décidé d'inviter les autres caisses populaires du milieu à emboîter le pas et à «s'embarquer» avec nous .Nous pensions qu'il était préférable d'agir ainsi, compte tenu de la disparité des services ou des taux d'intérêt qui existe entre les caisses populaires.De plus, nous pensions que cela contribuerait à améliorer « l'image » des caisses populaires .Nous avons organisé plusieurs réunions entre les gérants, présidents, administrateurs et dirigeants des sept caisses populaires .Puis, nous avons formé un comité provisoire dont le mandat était de voir à la bonne marche des opérations .Nous n'avons bousculé personne .Nous nous sommes expliqués lors de nos différentes rencontres .et nous étions, à la veille du congrès, prêts à faire la preuve que nous étions solidaires dans l'action .M.B.Quelle est votre réaction globale suite au congrès ?.F.S.Même si je n'ai jamais douté du succès que connaîtrait notre congrès, j'avoue avoir été étonné par l'enthousiasme des participants .Je pense qu'on a senti qu'il existait un certain sentiment d'appartenance entre les gens qui participaient au congrès?.Pour les dirigeants, ce congrès a été une occasion de prendre un bain de foule et de prendre également le « pouls » des membres .M.B.Est-ce que ce congrès était ouvert à tous les membres ?F.S.Ce congrès était ouvert à tous nos membres.Il y a près de 40,000 sociétaires dans nos sept caisses populaires .Notre objectif était de regrouper de 700 à 1,000 personnes.Je pense que le fait d'avoir regroupé près de 500 personnes doit être considéré comme une réussite, compte tenu du fait que c'était une «première» dans notre milieu .M.B.Quelles ont été — « avant » et « après » — les réactions du milieu des caisses populaires vis-à-vis votre expérience ?F.S.« Avant », le projet a été généralement bien accueilli et ce, tant au niveau local qu’au niveau de l'union régionale ou de la Fédération des Caisses populaires.«Après», je dois avouer que la réaction fut chaleureuse, spontanée et enthousiaste à tous les niveaux du Mouvement des Caisses populaires .M.B.Mais y aura-t-il des suites à votre expérience ?F.S.Au plan local, sûrement.Nous avons l'idée de recommencer semblable expérience en y apportant certaines améliorations .Ailleurs, j'ai confiance que ça va se faire .Les personnes «convaincues» vont agir, car, nous le savons, cela répond à un besoin des membres .Si on dit que la caisse appartient aux membres, il faut les laisser s'exprimer.M.B.Combien peut coûter l'organisation d'un «congrès des membres» comme le congrès de Drummondville ?F.S.Coût global: $6,500 .Nous avons reçu un octroi d'environ $1,000 de l'union régionale .Nous avons utilisé les ressources et l'équipement du milieu .Nous avons sollicité la participation du personnel et une cinquantaine d'employés sur 65 ont participé au congrès (animation d'atelier, préposé(e) à l'accueil, etc.).M.B.Au point de vue «technique», est-ce qu'il y a des précautions à prendre?F.S.Dans nos campagnes de publicité, il faut développer l'idée que ces congrès sont des « congrès de membres » des caisses populaires .que ce sont les membres qui s'expriment.De plus, il ne faut pas influencer le contenu des débats .Nous avons, quant à nous, évité de tomber dans ce piège .en mettant en place un comité représentatif du milieu qui a passé au crible les projets de contenu ou les questionnaires qui devraient être utilisés lors du congrès.Les gens qui siégeaient sur ce comité (une 44 femme, des représentants du monde entier, des représentants du monde des affaires, etc.) ont reformulé les questions en fonction de la « réalité quotidienne ».Ajoutons, aussi, que les animateurs d'ateliers ont participé à une rencontre d'information qui a précédé la tenue du congrès .M.B.Ceux qui ont «pensé» à organiser le «congrès des membres» de Drummondville ne craignent-ils pas d'être accusés de « paternalisme » ?F.S.On peut accuser tout le monde de « paternalisme ».On peut aussi ne rien faire de peur d'être accusé de paternalisme .Bonne excuse .Il faut savoir discerner entre le «paternalisme» et l'animation d'un milieu ou d'une organisation .Si le grain ne meurt ¦ ¦ ¦ Alfred Rouleau Chaque année, chaque mois même, des pionniers de la coopération décèdent après de nombreuses années de labeur et de dévouement.S'il est fort pénible d'être séparé de vieux compagnons de route, notre espérance est que l'esprit qui les animait survive et continue d'inspirer leurs successeurs.Sans aucun doute, Maurice Perreault, jusqu'à sa mort, directeur général de l'Union régionale de l'Ouest-Québécois, mérite le titre de pionnier exemplaire de la coopération.Né à Montréal en 1912, il est arrivé en Abitibi à l'âge de 23 ans.Il y fonda un foyer avec une compagne qui va constamment le seconder par la suite et adopter ce coin de pays, moins attaché par sa beauté rude que par le courage et la chaleur des gens qui veulent le rendre habitable.Cet âme de défricheur, il va en donner des preuves dans ses premiers emplois: inspecteur de colonisation, inspecteur forestier, secrétaire diocésain de l'Union Catholique des Cultivateurs.Autant d'écoles de la vie où il allait apprendre à partager la préoccupation du travailleur pour le pain quotidien du lendemain à assurer.Refusant d'utiliser ses ressources intellectuelles à se bâtir une carrière pour son profit personnel, loin des besoins du monde ordinaire, il a préféré, par la coopération, les mettre au service du colonisateur, du bûcheron, du mineur, des travailleurs de l'Ouest-Québécois.Secrétaire fondateur de la Beurrerie Coopérative d'Amos, gérant fondateur de la Caisse populaire de Cléricy, un des fondateurs de l’Union régionale des Caisses populaires Desjardins de l'Ouest-Québécois dont il fut directeur général pendant 30 ans, Maurice Perrault a aussi participé à la mise sur pied et au développement d'entreprises appartenant aux caisses populaires: La Société d'Assurance des Caisses Populaires et L'Assurance-Vie Desjardins.On a une mesure plus complète de son engagement social et chrétien quand on mentionne qu'il s'est intéressé, entre autres, à l'éducation en occupant plusieurs postes administratifs, y compris celui de président fondateur de l'Association des Commissions scolaires; qu'il a fondé et présidé l'O.T.J.d'Amos.Il était en outre décoré du Mérite diocésain.Il serait très facile de prolonger la liste de ses réalisations.Cela risquerait de nous entraîner à négliger l'essentiel: la foi dans les ressources des gens de son milieu qui lui ont toujours fait privilégier la formule coopérative comme méthode d'organisation économique, l'espérance en un avenir collectif meilleur malgré les difficultés de toutes sortes, y compris matérielles, qu'il a connues, et la compassion sans restriction qu'il a toujours manifestée pour les honnêtes travailleurs.Maurice Perreault nous a quittés, paix à ses cendres) Il faut cependant que son esprit survive.Il devrait être pour nous un exemple du genre d'homme dont le mouvement coopératif et le Mouvement des Caisses populaires Desjardins ont besoin pour continuer à se développer.Non seulement de la science mais des tripes et du cœur.En dernière analyse, la conscience balisant le chemin de l'intelligence organisatrice, et la compassion animant l'action, sont autant de qualités encore fondamentales, en 1974, pour un dirigeant des Caisses populaires Desjardins.45 Autres nouvelles ¦ ¦ ¦ Sigle.Sigle.Sigle Commission des relations de travail La Fédération vient de mettre sur pied une Commission des relations de travail.En font partie, les administrateurs suivants : MM.Raymond Blais, Paul R.Charbonneau, Gilbert Dragon, Armand Parent, Gérard Roussel, Claude Veilleux.M.Gérard Barbin, directeur général adjoint, Ressources humaines, en est le responsable.L'union régionale ou l'institution impliquée dans une question syndicale sera représentée au sein de la Commission pour la durée des discussions par un de ses administrateurs siégeant au Conseil d'administration de la Fédération.Les objectifs visés sont d'assurer une meilleure coordination entre les unions régionales et les institutions.Cette Commission pourra aussi formuler au Conseil d'administration des recommandations et des suggestions sur tout problème qui lui est soumis dans le domaine des relations de travail.À la suite de démarches répétées et dans le souci de ne point opérer de changements impliquant des déboursés sans obtenir l'avis préalable des intéressés, la Fédération procède actuellement à une consultation des directeurs et gérants des caisses populaires.Il s'agit en fait pour chacun de se prononcer sur l'opportunité d'adopter un sigle (logotype) aux fins d'identification de la Fédération.On notera que, jusqu'ici, on a uniquement utilisé des armoiries telles qu'apparaissant au coin supérieur gauche de la papeterie officielle.MM.Paul Lamoureux et Roland Lapointe sont les deux nouveaux représentants de l'Union régionale de Montréal des C.P.D.au Conseil d'administration de la F.Q.C.P.D.en remplacement de MM.Marcel Hogue et Maurice Bergeron.L'Ordre du Mérite Coopératif canadien remis à M.Oscar Mercure Au cours de son congrès annuel 1974, le Conseil canadien de la Coopération a décerné un honneur à M.Oscar Mercure, président et directeur général de L'Assurance-Vie Desjardins.Il s'agit de l'Ordre du Mérite Coopératif.À cette occasion, monsieur Mercure a prononcé une allocution dont nous reprenons certains passages.Après avoir remercié ses maîtres à penser, comme les Lasserre, les Lambert, les Lévesque, les Vaillancourt, les Rouleau, etc., monsieur Mercure a insisté pour que chaque coopérateur apporte à son institution les qualités d'initiative, de compétence et d'efficacité.Ensuite, monsieur Mercure a présenté la coopération comme étant « l'outil de prédilection pour les jeunes générations dans leur recherche d'affirmation et d'affranchissement».Il a ajouté: «À notre époque où les tendances du capitalisme, du socialisme et de l'étatisme laissent le citoyen parfois perplexe et avec un sentiment d'écrase- ment par le gigantisme même des groupements en compétition, la coopération, de par sa nature même, pourra jouer le rôle salutaire de modérateur, de mesure entre les extrêmes.Elle pourra même s'avérer la seule formule dans laquelle le respect des individus et des groupes demeurera intégral: — La coopération n'est pas en lutte contre le capitalisme.— Elle se différencie du socialisme particulièrement par l'élément participation de la base, la libérant de toute forme de dirigisme si bien intentionné soit-il.« Elle n'est pas non plus en lutte contre toute initiative de l'État; elle assume au contraire ses responsabilités en tant que groupement d'individus, en tant que corps intermédiaire, évitant éventuellement à l'État des mesures qu'il serait obligé de prendre si, au sein de la collectivité, aucun groupe n'était en mesure d'assurer telle ou telle initiative d'intérêt commun.» 46 La 3e conférence internationale de la coopération d'épargne et de crédit Tir*- Des représentants de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins ont participé aux travaux de la 3e Conférence internationale de la coopération d'épargne et de crédit.Cette conférence s'est tenue à Londres, du 10 au 14 juin 1974.Elle faisait suite à celle tenue à Kingston (Jamaïque) en 1966 et à celle de Paris (France) en 1970.Nous vous présentons une synthèse de la communication faite par monsieur Théo Braun, président de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel* (France).Monsieur Braun a traité du problème de la maîtrise du développement des organisations à caractère coopératif par rapport au respect des principes mêmes de la doctrine coopérative.La présente synthèse est tirée du rapport relatif aux travaux de la 3e Conférence internationale de la coopération d'épargne et de crédit.Ce document a été remis aux membres du Conseil d'administration de la F.Q.C.P.D.Messieurs Yvon Daneau et Paul-Émile Charron ont participé à la production de ce document.La Fédération du Crédit Mutuel d'Alsace, de Lorraine et de Franche-Comté est la plus importante des Fédérations adhérant à la Confédération Nationale du Crédit Mutuel.« Le Crédit Mutuel se veut être la banque de la famille et du particulier.À ce titre, les caisses prêtent surtout pour les objets suivants: la construction, l'achat ou l'amélioration du logement, l'équipement familial contribuant à l'amélioration du niveau de vie.» *En septembre 1972, la Conférence Nationale du Crédit Mutuel (France) regroupait plus de 3,800 caisses locales (21 Fédérations) et comptait plus de deux millions de sociétaires.47 LES CAISSES D'ÉPARGNE ET DE CRÉDIT DU CANADA-QUÉBEC JUIN 1974 Nouvelles structures et esprit coopératif Monsieur Théo Braun a fait ressortir que face aux entreprises dont la motivation repose sur la recherche du profit ou le service de l'état, le Crédit Mutuel et Coopératif ouvre une perspective de type original qui répond aux aspirations des hommes du monde moderne, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les nations en voie de développement.Ces besoins s'expriment aujourd'hui par un désir accru de participation et l'organisation d'une société plus fraternelle.Ce type d'entreprise nouvelle, en déplaçant la réalité du pouvoir d'une minorité de détenteurs de capital vers une communauté d'hommes libres, solidairement responsables, et en substituant la notion de service à celle de profit, est devenu le fondement de l'entreprise communautaire.Elle a comme objectif essentiel l'organisation d'une solidarité active comportant réciprocité.Afin d'apporter la justification de son utilité sociale et de son dynamisme économique, l'organisation coopérative et mutualiste doit se doter de structures qui obéissent à la fois aux finalités sociales et aux exigences du marché.Ces structures doivent permettre d'assurer simultanément des services de qualité au moindre coût grâce à une gestion rationnelle tout en conciliant efficacité et démocratie.Ces expériences concrètes couronnées de succès ont conduit à l'adoption d'une double structure : — horizontale, où prédominent les activités financières, — verticale, où coexistent les activités financières, administratives et politiques.L'ensemble du système fondé sur l'application constante du principe de la coopération vis-à-vie des coopératives, repose sur: — Les coopératives de base dont l'autonomie doit être préservée et dont la taille doit rester humaine afin de conserver la connaissance et la maîtrise du risque individuel.— L'intervention d'un 2e degré, dont le but est de prendre en charge les tâches administratives et matérielles complémentaires ou communes et d'organiser la solidarité entre les coopératives de base.— L'existence d'un 3e degré, lieu de concertation et de coordination dont l'objet est de renforcer la cohésion indispensable à toute entreprise dans un environnement concurrentiel.C'est grâce à cette structure fédéraliste et à la règle qui consiste à ne faire faire par l'échelon supérieur que les tâches que l'échelon inférieur n'est pas en mesure de faire, que se trouve assurée la participation équilibrée de chaque centre de décisions à l'activité globale.Les rapports entre les différents centres de responsabilités, qui par principe même émanent de la volonté collective, reposent sur une structure de dialogue d'où se dégage la politique d'organisation.Ce n'est donc pas le principe du contrat qui détermine ces rapports mais les règles institutionnelles définies par les composantes du groupe.48 Les propositions d'amendements à la Loi des Caisses d'épargne et de crédit: c'est pour bientôt Le 10 août 1973, le président de la Fédération, M.Alfred Rouleau, indiquait au ministre des Institutions financières, compagnies et coopératives, l'Honorable William Tetley, notre intention de proposer des amendements à la loi qui nous régit.C'était une démarche qui venait concrétiser les vœux déjà formulés par maints dirigeants, et en particulier par les participants au Xlle congrès des Caisses populaires du mois de mai précédent.Ce besoin était d'ailleurs ressenti par les autres Fédérations de Caisses d'épargne et de crédit qui ont entrepris une opération similaire à la nôtre à peu près au même moment.Un comité de travail formé de spécialistes, sous la responsabilité de M.Paul-Émile Charron, adjoint au président et secrétaire général, était chargé de se livrer aux recherches nécessaires à l'élaboration de ces propositions d'amendements.La supervision de toute l'opération a été confiée au Comité exécutif de la Fédération.En plus des expressions d'opinions du Xlle congrès qui pouvaient suggérer des modifications à des articles de la Loi des Caisses d'épargne et de crédit, une consultation écrite fut effectuée à la fin de l'été 1973.On y demandait aux dirigeants des Caisses populaires réunis en assemblée conjointe de bien vouloir donner leur avis sur le rôle de la commission de crédit, la gratuité des fonctions, la durée des mandats, la limite d'âge des dirigeants, le pouvoir d'emprunt des Caisses populaires, les prêts avec garanties mobilières, la répartition des trop-perçus et la réserve générale.Plus de 900 Caisses et près de 125 délégués des membres de la Fédération à l'Assemblée générale ont répondu au questionnaire.Parallèlement, les Unions régionales furent appelées à soumettre leurs propres suggestions.Après compilation et classification de tous les renseignements obtenus des trois sources principale d'opinions que nous venons d'énumérer plus haut, le comité de la Fédération, en collaboration avec les conseillers juridiques des Unions régionales, prépara au cours de l'été un projet de propositions d'amendements qui a été présenté au Comité exécutif de la Fédération lors de sa dernière réunion les 16 et 17 octobre 1974.Selon les renseignements obtenus, il ne reste que quelques points à approfondir avant d'en arriver à un document complet susceptible d'être soumis au Gouvernement.0^0 *Z)/1 Cf/ m y 49 LE MOUVEMENT DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS la solution appropriée à vos besoins personnels et collectifs mm mm W&M mm x-^-x 1,260 CAISSES POPULAIRES DESJARDINS • 10 UNIONS REGIONALES LA SOCIÉTÉ D’ASSURANCE DES CAISSES POPULAIRES • L’ASSURANCE-VIE DESJARDINS LA SAUVEGARDE, COMPAGNIE D’ASSURANCE SUR LA VIE LA SÉCURITÉ, COMPAGNIE D’ASSURANCES GÉNÉRALES DU CANADA LA FIDUCIE DU QUÉBEC • L’ASSOCIATION COOPÉRATIVE DESJARDINS LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS AUTANT DE SERVICES, AUTANT DE POSSIBILITES.C’EST ÇA LE MOUVEMENT DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS.
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