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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 42, no 6
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1976, Collections de BAnQ.

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R-243 LA REVUE B 107’B SOMMAIRE La loi et nous.L'action du législateur influence directement ou indirectement le développement des caisses populaires.(Illustration: Odette Duchesne) VOLUME 42 n° 6 1976 LA REVUE DESJARDINS est l'organe officiel de La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, 150, avenue des Commandeurs, Lévis, Québec, Canada.Ce numéro est tiré à 21,000 exemplaires.Il a été imprimé aux ateliers Charrier & Dugal (1965) Limitée.Le prix de l'abonnement annuel est de $4.00.Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe, permis n° 110.Port payé à Québec.DIRECTION / COMMUNICATIONS: MADELEINE JOUBERT ADJOINT ADMINISTRATIF: MAJELLA ST-PIERRE RESPONSABLE DE LA RÉDACTION: MICHEL BEAUCHAMP COLLABORATION / RÉDACTION: DENISE BOUTIN JEAN-CLAUDE TARDIF GRAPHISTE-CONCEPTEUR ODETTE DUCHESNE 'DROITS ET RESPONSABILITÉS Il n'existe aucun droit de reproduction ou de traduction pour les articles de cette Revue.Par ailleurs, les éditeurs vous seraient reconnaissants de bien vouloir identifier la source quand vous prendrez la liberté de nous reproduire.Les opinions émises dans les articles publiés pour La Revue Desjardins n'engagent que la responsabilité de leur auteur.DÉPÔTS LÉGAUX: Bibliothèque nationale du Québec, Montréal.Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa.Points saillants du Livre Blanc sur la législation bancaire canadienne concernant les coopératives d'épargne et de crédit.3 Sommaire des points de vue des caisses d'épargne et de crédit au sujet du Livre Blanc sur la législation bancaire canadienne.6 Modifications souhaitées à la Loi des caisses d'épargne et de crédit.8 — Louis Tardif Les relations du MCPD avec le monde syndical .10 Le syndicalisme et le MCPD.12 Analyse de l'expansion des caisses populaires et des banques à charte.14 — Serge Coulombe Le marketing et le Mouvement des caisses populaires Desjardins .17 — Mario Desmarais De la pauvreté à la marginalité.22 — Pierre Cliche De la parole aux actes: l'engagement social .32 Entrevue avec M.Guy Bernier, U.R.de Montréal: favoriser les initiatives du milieu et combler les besoins des coopérateurs.34 — Michel Beauchamp Rôles et objectifs de l'Union régionale de Montréal 37 Coop/fiction.Les élus: accrocher ou ne pas accrocher ses patins.39 Éléments de réflexion et images de la vie coopérative 41 — Michel Beauchamp / Odette Duchesne La revue Ma Caisse continue à relever le défi de l'information et de l'éducation des membres de caisses populaires.47 — Jean-Claude Tardif La crise économique des années trente et la qualité de vie chez les Montréalais d'ascendance française (II).49 — Marc-Adélard Tremblay Les caisses populaires des îles-de-la-Madeleine: consolidation des coopératives (II).54 — Jean-Claude Tardif La gestion budgétaire (III).59 En bref .65 Points saillants du Livre blanc sur la législation bancaire canadienne concernant les coopératives d’épargne et de crédit Historique 1967: Adoption par le Gouvernement fédéral de la Loi sur les banques Septembre 1974: Le ministre des Finances (Ottawa) invite toutes les parties intéressées à faire connaître leurs points de vue sur la législation bancaire en prévision de la révision au 30 juin 1977, de la Loi sur les banques Décembre 1975: Présentation aux autorités du Gouvernement fédéral, du Mémoire de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins Publication par le Gouvernement fédéral du Livre Blanc sur la législation bancaire Dépôt par la F.Q.C.P.D.d'un second mémoire à l'égard des propositions contenues dans le Livre Blanc sur la législation bancaire Autres étapes à franchir — Dépôt des projets de loi devant la Chambre des Communes — Débats prévus devant les comités compétents de la Chambre des Communes et du Sénat — Adoption des projets de loi Août 1976: Octobre 1976: L'Association canadienne de paiements Il est proposé dans le Livre blanc la création, par un texte rattaché à la Loi sur les banques, de l'Association canadienne de paiements de qui relèvera le système national de compensation.Cette association canadienne de paiements aurait les caractéristiques suivantes: 1.Tous les établissements recevant des dépôts transférables seraient tenus d'adhérer à cette association.2.Les Caisses d'épargne et de crédit locales offrant un service de chèques devront faire partie d'une centrale, d'une fédération ou d'un organisme similaire qui appartiendra à l'Association.3.Tous les membres de l'Association auront les mêmes droits et obligations: — ils pourront offrir un service de chèques qui seront compensés par le système national; — ils seront représentés à la direction du système; — ils disposeront de certaines facilités d'emprunt auprès de la banque centrale; — ils devront partager les frais d'exploitation du système et collaborer à son fonctionnement; ;i EDITEUR OFFICIEL DU QUEBEC VOUTE » .as?WfTVTTT?frmw te«:: — ils devront appartenir soit à la Société d'assurance-dépôts du Canada, soit à la Régie d'assurance-dépôts du Québec, soit dans le cas des centrales des caisses d'épargne et de crédit et fédérations des Caisses populaires, être membres de la Canadian Cooperative Credit Society; — ils devront maintenir à l'égard de certains postes de leur passif une réserve minimale sous forme de billets de la Banque du Canada et de dépôts non rémunérés auprès de cette dernière, ou, dans certains cas, auprès d'autres membres de l'Association à qui, en ce faisant, il sera imposé l'équivalent; — ils devront subir d'autres obligations comme celle de fournir certains renseignements; — les membres constitués au niveau provincial continueront d'être régis dans tous les autres domaines par leurs lois provinciales et seront soumis à la compétence des provinces; — les membres de l'Association pourront être « clearing members » ou « non clearing members »; — les «clearing members» garderont leurs réserves à la Banque du Canada et seront présents à tous les points régionaux de règlement; — l'Association sera dirigée par un conseil d'administration placé sous la présidence d'un haut fonctionnaire de la Banque du Canada et composé des représentants des diverses catégories de membres; — les administrateurs établiront les statuts de l'Association qui devront être sanctionnés par le Gouverneur en conseil; — les frais de l'Association seront financés par les prélèvements effectués auprès des organismes membres, dans les conditionsfixées par les statuts; Donc deux types de frais: a) Frais relatifs au fonctionnement du système national de compensation; b) Frais relatifs au fonctionnement de l'Association.— le fonctionnement du système de compensation sera placé sous la surveillance de l'Inspecteur général des banques; — les membres devront fournir à ce dernier des renseignements sur leurs activités de règlement, pour que l'inspecteur général des banques puisse en informer le ministre des finances; Donc deux types de renseignements: a) Renseignements très probablement reliés à l'importance des billets de la Banque du Canada détenus et portant sur l'ensemble du passif-dépôts; b) Renseignements reliés au nombre d'effets présentés dans les centres de compensation.— les modalités de fonctionnement du système national de compensation et son orientation seront arrêtées par les membres.4 Réserves obligatoires Il est proposé dans le Livre blanc d'obliger tous les membres de l'Association canadienne des paiements à maintenir un minimum de réserves calculées en pourcentage de certains postes de leur passif: — le minimum à garder pour les Caisses d'épargne et de crédit par l'intermédiaire de leurs centrales sera un taux de réserves de 2%; — ce taux de 2% s'appliquera aux dépôts à préavis, aux dépôts à terme ayant initialement un an au moins à courir d'ici l'échéance, ou plus s'ils sont encaissables; — ces réserves seront conservées sous forme de billets de la Banque du Canada et de dépôts auprès de cette dernière; — les coefficients de réserves seraient stipulés dans la loi avec possibilité de les modifier, dans certaines limites, par le Gouverneur en Conseil, sur l'avis du ministre des Finances.Raisons de l'imposition des réserves L'obligation de garder des réserves primaires sous forme de billets de la Banque du Canada ou de dépôts auprès de cette dernière est souhaitable pour plusieurs raisons./.Pour fins de compensation Grâce aux réserves obligatoires, les participants au système de compensation ont dans une certaine mesure la garantie que les chèques, tirés sur les autres membres, qu'ils ont présentés à la compensation seront honorés.2.Raisons d'équité L'imposition de réserves primaires à toutes les institutions qui reçoivent des dépôts transférables sur ordre répartit équitablement le fardeau à tous les établissements.3.Raisons de politique monétaire L'obligation de garder des réserves permet à la banque centrale de continuer à maîtriser efficacement, à l'avenir, la situation monétaire au Canada, même si la répartition des dépôts entre les catégories d'institutions se modifie sensiblement.Limitation du portefeuille d'actions bancaires Le Gouvernement fédéral se propose d'introduire une disposition visant une limitation des porte- feuilles d'actions bancaires aux groupements d'établissements financiers à caractère coopératif: — la disposition prévue limiterait à la règle de 10% la propriété d'actions d'une banque pour chaque centrale, union régionale ou fédération de caisses d'épargne et de crédit; — les centrales, fédérations ou unions régionales seront réputées être associés aux caisses d'épargne et de crédit qui en font partie et l'ensemble des actions qu'elles détiendront dans une banque ne pourra dépasser 25%; — on devrait limiter également les cumuls de sièges d'administrateurs entre ces établissements, leurs filiales et les banques; Carte de paiements Le système actuel de paiements va connaître dans les années à venir des transformations importantes.À côté des méthodes actuelles, se développera l'usage d'une carte par les particuliers, les sociétés et tous les organismes désirant effectuer un règlement.Dans la mise en place d'un système électronique de paiements, on doit prévoir certains critères communs de façon à ce que la carte de paiements émise puisse être employée dans les mêmes terminaux aux points de vente.Un comité a été établi à cette fin, qui travaillera en étroite collaboration avec le comité des affaires juridiques et de la consommation ainsi que le comité des normes, qui sont déjà à l'oeuvre.Régimes enregistrés d'épargne-retraite et d'épargne-logement D'après la législation fiscale, les sommes épargnées dans les régimes enregistrés d'épargne-retraite et d'épargne-logement offerts par les banques à charte et les « quasi-banques » doivent être placées en « fiducie ».Il est proposé dans le Livre blanc sur la législation bancaire canadienne que les banques à charte soient autorisées à offrir des régimes enregistrés d'épargne-retraite ou d'épargne-logement sous forme de plans de dépôts.Il est de plus prévu la possibilité de modifier la législation fiscale afin d'autoriser ces plans de dépôts auprès des banques, de manière à éliminer l'obligation de fiducie.La proposition du Livre blanc, relativement à la modification de la législation fiscale, se limite aux banques à charte. Sommaire des points de vue des caisses d’épargne et de crédit au sujet du Livre blanc sur la législation bancaire canadienne 1.Les Caisses Populaires reconnaissent le bien fondé de la proposition exprimée dans le livre blanc d'instaurer une Association canadienne des paiements.— Les chèques et ordres de paiement étant des substituts de la monnaie, leur compensation doit être un service public accessible directement à toutes les institutions financières recevant des dépôts transférables.— Ceci paraît essentiel pour respecter le libre choix des citoyens face aux diverses institutions financières.— Une telle association pourrait être en mesure d'assurer le développement ordonné et équitable des systèmes de paiement dans l'avenir.2.Les Caisses Populaires désirent être membres à part entière de l'Association canadienne des paiements et elles acceptent d'assumer leur quote-part de ses frais de fonctionnement.3.Les Caisses Populaires rappellent qu'il existe une distinction entre le dépôt requis pour fins de compensation et les réserves primaires que les banques à charte sont tenues de maintenir auprès de la Banque du Canada.— Le dépôt requis pour fi ns de compensation a pour but de faire en sorte que les membres de l'Association canadienne des paiements ait suffisamment de fonds disponibles pour rencontrer les nécessités de la compensation.— Les réserves primaires des banques à charte maintenues auprès de la Banque du Canada ont d'autres buts, tels que le contrôle de la masse monétaire au Canada et l'assurance que les banques à charte maintiendront une liquidité minimum.4.Les Caisses Populaires acceptent de maintenir un dépôt pour fins de compensation mais elles soutiennent qu'il n'est nullement nécessaire que ce dépôt soit fait à la Banque du Canada.5.Les Caisses Populaires soutiennent que le montant du dépôt pour fins de compensation ne peut être établi en fonction du passif-dépôts de l'institution participante.— Les besoins de compensation varient beaucoup d'une catégorie de déposants à l'autre et varient également avec le milieu social ou économique dans lequel l'institution opère.Ce sont les entreprises industrielles et commerciales et les gouvernements, clients des banques à charte, qui sont les principaux utilisateurs de la compensation.— Le montant du dépôt requis pour fins de compensation doit être plutôt calculé en fonction du volume d'effets à composer, du flux financier entre «.respecter le libre choix des citoyens face aux diverses institutions financières.» les institutions financières et surtout du solde net requis par chacune des institutions pour faire face à ses obligations quotidiennes.6.Les Caisses Populaires n'acceptent pas d'être assujetties à l'obligation de maintenir auprès de la Banque du Canada des réserves primaires comme si elles étaient des banques à charte.Le maintien de telles réserves n'est pas requis pour les fins de la politique monétaire ni pour des raisons de liquidité.— La commission Porter et les gouverneurs Rasminsky et Bouey de la Banque du Canada ont déjà déclaré que la banque centrale a des pouvoirs suffisants pour assumer efficacement ses responsabilités en regard de la politique monétaire canadienne.— Les normes de liquidité des différentes institutions financières sont la responsabilité des gouvernements qui ont juridiction sur ces institutions.Les caisses d'épargne et de crédit, à ce sujet, sont soumises à la législation provinciale.7.Les Caisses Populaires rejettent l'argument d'équité invoqué dans le livre blanc visant à les soumettre à des réserves auprès de la Banque du Canada.— Elles soutiennent qu'elles ne sont pas des institutions de même nature que les autres institutions financières.— Elles sont administrées de façon différente.— Elles s'adressent à une clientèle différente.— Elles s'inspirent d'une philosophie distincte.— Elles oeuvrent dans des milieux souvent différents.— Elles ont des pouvoirs et des obligations différents.— Elles ne bénéficient pas des mêmes avantages que les banques à charte.8.Les Caisses Populaires contestent le droit du Parlement de leur imposer comme aux banques l'obligation de maintenir des réserves primaires auprès de la Banque du Canada.— Les Caisses Populaires, au cours de leurs 75 années d'existence, ont toujours opéré en vertu d'une loi provinciale.Ce statut leur a été d'une façon continue reconnu par le Parlement et le gouvernement fédéral.9.Les Caisses Populaires s'opposent à l'établissement d'un régime fédéral supplémentaire de règlementation et de surveillance à l'égard des institutions à charte provinciale.10.En ce qui a trait au fonctionnement du système de compensation, les Caisses Populaires, désireuses que soient respectées les compétences législatives du Parlement fédéral et des législatures provinciales comme les particularités des institutions en cause, font les suggestions suivantes: a) L'adhésion à l'Association canadienne des paiements devrait être volontaire.b) Le dépôt des Caisses Populaires nécessaire pour répondre aux besoins fonctionnels de la compensation pourrait être maintenu auprès de l'une ou l'autre des institutions suivantes: — l'Association canadienne des paiements elle-même; c’est IMBUS autres p«i» la caisse populaire desjardins — la Régie de l'assurance-dépôts du Québec ou — une banque à charte.c) Les participants à la compensation devraient, pour les fins de la compensation, bénéficier d'un pouvoir d'emprunt auprès de la Banque du Canada sur la garantie des valeurs actuellement prévues à la Loi sur la Banque du Canada.dj Les critères de participation à la gestion de l'Association canadienne des paiements devraient être établis en fonction du volume des effets négociés plutôt que du lieu où le dépôt de compensation est maintenu. Modifications souhaitées à la Loi des caisses d’épargne et de crédit Louis Tardif* ¦ .- r;- Depuis la date de sa sanction en 1963, la « Loi des caisses d'épargne et de crédit» a subi plusieurs modifications substantielles dont les dernières cependant remontent à 1970.Il va sans dire que, depuis ce temps, de nouvelles modifications sont devenues nécessaires.Le but de cet article est de donner quelques exemples du genre de modifications qui pourraient être apportées à la loi pour la rendre à la fois plus souple et plus fonctionnelle. - v mm* S V S,-.-.« dépense nationale brute canadienne » (D.N.B.).Cet indice à l'avantage de nous renseigner sur la variation des prix dans les principaux secteurs de l'économie tandis que l'indice des prix à la consommation, mieux connu du public, ne réflète que la variation des prix d'un certain groupe de biens et de services consommés par les ménages canadiens.Comme nous le remarquons au tableau I, le taux de croissance en terme réel est la différence entre le taux de croissance nominal et la variation en % de l'indice de déflation.* M.Serge Coulombe a réalisé au cours de l'été 1976 un stage à la F.Q.C.P.D.(Division des études économiques et sociologiques).M.Coulombe est étudiant en Économie (U.Laval).L'auteur tient à remercier M.Auguste Roy pour les commentaires pertinents qu'il lui a faits lors de la préparation du texte.ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC TABLEAU I: ACTIF DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS, EXPANSION DEPUIS 1961 En fin de période Actif des caisses locales, en millions de $ Taux de croissance nominal, en % Variation de l'indice de déflation de la D.N.B., en % Taux de croissance réel, en % 1961 781 13.5 0.6 12.9 1962 867 11.0 1.4 9.6 1963 956 10.3 1.9 8.4 1964 1,062 11.1 2.4 8.7 1965 1,207 13.7 3.3 10.4 1966 1,363 12.9 4.4 8.5 1967 1,548 13.6 4.0 9.6 1968 1,693 9.4 3.3 6.1 1969 1,855 9.6 4.4 5.2 1970 2,136 15.2 4.6 10.6 1971 2,551 19.7 3.2 16.5 1972 3,106 21.8 4.9 16.9 1973 3,740 20.4 8.4 12.0 1974 4,218 12.8 13.8 -1.0 1975 5,167 22.5 9.7 12.8 1976 6,030 — — — Sources: Revue de la Banque du Canada Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.Le tableau I fait ressortir plusieurs caractéristiques de la croissance des Caisses populaires Desjardins au Québec: 1.Depuis 1961, l'année 1974, fut la plus difficile en terme d'expansion pour les Caisses populaires Desjardins.2.À l'exception de 1974, des résultats supérieurs à la moyenne de la période étudiée ont été observés depuis 1970.3.Le taux de croissance annuel moyen en terme réel fut de 9.6% pour la période 1961 à 1967, de 5.6% en 1967-68 et de 10.5% de 1970 à 1975(13.7% en excluant 1974).Enfin notons que si les effets de l'inflation continuent de s'atténuer au Canada, il sera de plus en plus difficile pour les Caisses populaires Desjardins d'entretenir une croissance annuelle nominale supérieure à 20%.Cette perspective, fort probable dans un proche avenir, ne devra surtout pas être interprétée comme un ralentissement de l'expansion des Caisses populaires Desjardins, la croissance réelle pouvant toujours se situer à un niveau fort appréciable.Croissance relative des Caisses populaires Desjardins et des banques à charte canadiennes depuis 1961 La comparaison de la croissance de deux institutions pose d'autres problèmes que ceux rencontrés dans la première partie.Tout d'abord, le fait que la perte du pouvoir d'achat du dollar se soit fait sentir (de façon sensiblement égale) chez les deux sujets comparés rend superflu la transformation des données en terme réel.Ensuite, le fait de prendre un indice, plutôt qu'un autre comme base de comparaison, peut fort bien favoriser une institution au détriment de l'autre.La croissance des dépôts en dollars canadiens dans les banques à charte et le montant dû aux membres dans les Caisses populaires Desjardins nous sont apparus comme des points de comparaison plutôt neutres pour les deux types d'institutions ci-haut mentionnées.Le tableau II nous renseigne sur les résultats obtenus.Les constatations suivantes se dégagent du tableau II (voir page 16): 1.Dans les quinze (15) années étudiées, douze (12) ont vu les caisses populaires croître plus rapidement que les banques à charte.1975, 1962, 1964 et 1972 furent respectivement les plus marquantes en faveur des Caisses populaires Desjardins, tandis que 1974 et 1968 étaient les deux seules années en faveur des banques à charte.2.Depuis 1961, les Caisses populaires Desjardins ont maintenu un taux de croissance annuel moyen de leur montant dû aux membres de 3.3% supérieur à celui des dépôts en dollars canadiens dans les banques à charte.3.Un redressement subit de la situation en faveur des Caisses populaires Desjardins est à remarquer entre 1974 et 1975.15 TABLEAU II: CAISSES POPULAIRES DESJARDINS ET BANQUES À CHARTE COMPARAISON DE LEUR ÉVOLUTION RESPECTIVE, EN % Années C.P.D., taux de croissance annuel du montant dû aux membres Banques à charte, taux de croissance des dépôts en dollars canadiens Différence ( + ) en faveur des C.P.D.(-) en faveur des banques à charte 1961 13.4 9.8 + 3.6 1962 10.9 3.6 +7.3 1963 10.2 9.5 + 0.7 1964 10.9 3.7 + 7.2 1965 13.8 11.2 + 2.6 1966 12.9 7.7 + 5.2 1967 14.0 13.2 + 0.8 1968 9.0 16.4 -7.4 1969 9.4 3.6 + 4.2 1970 15.0 9.3 + 5.7 1971 19.2 19.2 0 1972 21.5 14.4 + 7.1 1973 20.8 19.2 + 1.6 1974 13.0 21.1 -8.1 1975 22.7 13.7 + 9.0 Sources: Revue de la Banque du Canada Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.16 Notre dernière analyse porte sur une désagrégation des dépôts en dollars canadiens dans les banques à charte.Nous avons fait ressortir distinctement la croissance de la Banque Canadienne Nationale et de la Banque Provinciale du Canada.Notons que ces deux banques à charte détiennent plus de 95% de leurs actifs au Québec et qu'elles possèdent près de 50% de l'actif bancaire québécois.Le tableau III illustre clairement que les deux banques à charte majoritairement québécoises ont connu une croissance supérieure à l'ensemble des banques à charte canadiennes au cours des quinze (15) dernières années.Nous remarquons également qu'elles ont même surpassé les Caisses populaires Desjardins pour la période 1970-75.Nous devons cependant souligner le fait que l'année 1974 a fortement amputé la croissance des Caisses populaires Desjardins sur l'ensemble de cette dernière période.Une bonne expansion Les indices de croissance que nous avons retenus dans cette brève étude démontre la bonne tenue, en terme d'expansion, des Caisses populaires Desjardins au cours des quinze (15) dernières années.Une certaine accélération de la croissance en terme réel est même observée depuis 1970.D'ailleurs, les résultats partiels de l'année 1976 nous laissent anti- ciper une croissance réelle de près de 13% (avec croissance nominale de 21 %).Cependant, même si dans l'ensemble, les Caisses populaires Desjardins ont soutenu une croissance supérieure aux banques à charte depuis quinze (15) ans, la forte expansion des deux banques à charte francophones laisse entrevoir pour l'avenir, une concurrence de plus en plus forte dans la cueillette des dépôts au Québec.TABLEAU III: CAISSES POPULAIRES DESJARDINS ET BANQUES À CHARTE TAUX DE CROISSANCE ANNUEL MOYEN DES DÉPÔTS EN $ CANADIENS (EN %) 1961-1975 1970-1975 Caisses populaires Desjardins (dû aux membres) 14.4 19.4 Ensemble des banques à charte canadiennes 11.7 17.0 Banque Canadienne Nationale 13.1 20.4 Banque Provinciale du Canada 14.4 20.8 * Banque populaire exclue.Sources: Suppléments à la Gazette du Canada Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins. Le marketing et le Mouvement des Caisses populaires Desjardins Mario Desmarais* —— — Le Mouvement des Caisses populaires Desjardins s'est développé rapidement depuis ces dernières années.Il nous suffit pour s'en convaincre de regarder les actifs consolidés qui dépassent les 5 milliards.De petite entreprise qu'elle était, la Caisse populaire s'est rapidement hissée au rang des plus grandes réalisations québécoises.Ce développement formidable ne s'est pas fait sans heurt.L'ère technologique a influencé le Mouvement Desjardins comme toute autre grande entreprise.Les valeurs fondamentales qui guidaient l'esprit de gestion se sont transformées.Basé d'abord sur des valeurs traditionnelles comme le nationalisme, la pondération, le gros bon sens, le management s'est tourné vers des principes d'efficacité, de croissance accélérée, de centralisation et d'intégration de décisions.Malgré des facteurs de résistance, les méthodes nouvelles de management se sont lentement introduites dans le Mouvement Desjardins.Dans plusieurs milieux coopératifs, on a redouté ces nouvelles approches quelque peu capitalistes, mais l'impératif de la croissance et de la concurrence a eu raison des plus conservateurs.Implantation du marketing Récemment, une approche de gestion jusque là réservée aux entreprises capitalistes de grande envergure, s'est imposée dans les Caisses populaires: le marketing.Bien qu'embryonnaire, le marketing commence à s'implanter dans plusieurs Unions régionales de même qu'à la Fédération.Ce nouveau venu semble arriver à temps.En effet, comme toute entreprise ayant connu une croissance importante et accélérée, les Caisses populaires ont éprouvé et éprouvent encore des difficultés d'intégration des décisions.À venir jusqu'à récemment, chacun des secteurs d'activités, s'était développé seul, sans forcément tenir compte des activités environnantes.Ainsi, des services ont été mis en marche sans que toutes les variables intervenantes soient prises en considération.À titre d'exemple, mentionnons la mise en marché par les Unions régionales, de services destinés aux personnes âgées pour répondre à la concurrence des banques qui venaient d'introduire des services similaires.Ainsi, les services offerts aux personnes âgées ne sont pas uniformes d'une région à l'autre et ont été lancés selon les endroits, avec des décalages im- GROS BON SENS portants de temps.Ce manque de planification et d'intégration des décisions peut avoir dans le public, des effets néfastes.Heureusement, les Caisses populaires ont pu rattraper leurs parts de marché.Ce fait illustre cependant, l'importance pour le Mouvement des Caisses populaires, de se doter d'un instrument d'intégration et de planification.Il semble que le marketing soit la technique pour résoudre les problèmes de cohésion administrative.Mais avant que le Mouvement Desjardins engage les Caisses populaires dans un management basé sur le marketing, il y aurait lieu de s'intéresser aux possibilités mais également, aux limites de cette technique de gestion.Même si dans les Caisses populaires, on commence tout juste à utiliser le mot marketing, celui-ci comme technique de gestion a déjà une longue histoire.Le marketing se définit comme « la discipline qui a pour but de combler le fossé entre le consommateur et l'entreprise.» Cette définition du concept marketing remonte déjà à 15 ou 20 ans.Aujourd'hui, elle a évolué mais c'est un long processus qui nous a conduit à une telle définition et à son application dans les entreprises.Le marketing et son histoire Tout débute au cours d'une période axée sur la production.Cette époque commence en 1869 pour se terminer vers 1930.Elle se caractérise par la * Mario Desmarais, Bacc.en administration (marketing), est analyste en communication à l'Union régionale de Sherbrooke des Caisses populaires Desjardins.17 « Le marketing fait alors appel à toute la panoplie des techniques modernes: sondages, psychologie sociale, recherche, informatique, psychologie de l'individu etc.» préoccupation qu'avaient les entreprises d'axer toutes leurs opérations sur le département de production de l'entreprise.On cherche à produire aux meilleurs prix.Les entreprises tentent donc de minimiser au maximum les coûts de production en maintenant les salaires des travailleurs à leur plus bas niveau, d'où l'émergence du syndicalisme à cette époque.En d'autres termes, tous les efforts de la firme étaient concentrés sur la diminution des coûts de production et la maximisation du profit.Le produit se vendait bien, la concurrence étant faible et la qualité de produits répondant généralement bien à la demande des utilisateurs.Une deuxième période est axée sur les ventes.Pour une première fois, on commence à s'interroger sur le consommateur.La concurrence étant devenue plus forte, le consommateur se montre plus exigeant.Le produit pour se vendre doit alors comporter des avantages autres que sa qualité.On met donc sur pied des équipes de vendeurs ayant pour tâche de vanter les mérites des produits.Naturellement, les vendeurs utilisent des moyens plus ou moins « catholiques ».C'est la fameuse période où un bon vendeur peut vendre n'importe quoi à n'importe qui.Le consommateur devant les assauts des vendeurs, devient plus méfiant.Devant cette difficulté à rejoindre les consommateurs pour vendre leur produits, les entreprises réagissent.D'abord, aux États-Unis vers la fin des années cinquante et au début des années soixante, le marketing est créé pour permettre aux gestionnaires de contrôler directement toutes les fonctions de l'entreprise (production, vente, publicité, prix et distribution.) On voit donc apparaître dans plusieurs grandes entreprises, des départements de marketing qui « visent » le consommateur.Ainsi, au lieu de centrer la gestion de l'entreprise sur ses aptitudes particulières à produire tel produit, on va maintenant chercher à savoir quel produit serait le plus susceptible de plaire au consommateur.L'entreprise se dit, qu'en fabriquant des produits qui correspondent aux attentes des consommateurs, on devrait pouvoir les vendre.Ce qu'il faut retenir de cette période: l'entreprise doit se rapprocher du consommateur pour pouvoir vendre ses services ou ses produits.Elle doit aussi, modifier son approche de la vente.La période de la vente forcée est terminée, on arrive plutôt à celle de la vente subtile.Vers les années soixante, les entreprises entrent dans la période que nous pouvons décrire comme étant celle du « contrôle marketing ».Le marketing devient alors un concept de gestion et une philosophie.Il influence à la fois les politiques à court et à long terme de l'entreprise.Le marketing fait alors appel à toute la panoplie des techniques modernes: sondages, psychologie sociale, recherche, informatique, psychologie de l'individu, etc.Au cours de cette période, les variables internes et externes à l'entreprise sont contrôlées en autant qu'il est possible de contrôler.On fait de la recherche scientifique sur le consommateur pour détecter ses besoins, ses tendances, ses défauts et ses qualités.On diversifie les produits et les services.On accumule le plus d'informations possibles sur les quatre variables du marketing (le prix, la publicité, le produit et la distribution).Les entreprises fortes de cette technique moderne qu'est le marketing, deviennent de plus en plus audacieuses.On assiste alors à la création d'oligopoles et de monopoles.On entre de plein pied dans la société de consommation où les besoins individuels, prédominent sur les besoins collectifs.Les consommateurs envahis de toute part, décident de réagir en formant des associations de consommateurs.D'abord, répandues aux États-Unis, ces asso- ;5‘ - : i)li9 IsS j,ses fO la ciei Itialoi! macks ;,2CC de prc comm nemef le ma Devi les loi! des thi d'iis elles fi Def rnootéi geent» lég généra moins sumeri nale$, f market Ne, | Hxempi ^ K ®l Idee 18 dations font leur apparition au Québec et en Europe.Les gouvernements se voient également dans l'obligation de régir les règles du marché.Une série de législations sont alors votées pour protéger le consommateur face à l'avidité des grandes entreprises.Les entreprises, par obligation, doivent réagir.On développe donc d'importants services à la cientèle, rattachés au département marketing.Malgré quelques efforts, l'entreprise favorise un marketing centré sur les besoins individuels plutôt que collectifs.Ce style de gestion crée toutes sortes de problèmes qui sont inacceptables socialement comme la pollution, la détérioration de l'environnement, l'aliénation du milieu de vie, la modification de la structure des classes sociales, etc.Le marketing social Devant les protestations des consommateurs et les lois de plus en plus coercitives des gouvernements, l'entreprise mise en question socialement, a réagi à ces contestations en élaborant un nouveau concept de marketing.On parle donc aujourd'hui de « l'human concept » ou du marketing social.Cette nouvelle philosophie commence tout juste à être appliquée.Elle est encore le lot des universitaires et des théoriciens.Plusieurs entreprises se targuent d'utiliser une telle philosophie, mais peu d'entre elles l'appliquent véritablement.De fait, cette philosophie qui répondait à la montée du « consumerism », a partagé les dirigeant* d'entreprise et surtout les hommes de marketing en deux clans.Le premier a une position qui consiste à: « Prendre intégralement partie pour les consommateurs et à élever la voix pour mieux faire entendre leur point de vue auprès de la direction générale ».(1) Le second clan, lui, a une position moins honnête; elle consiste à « récupérer ce consumerism et à en faire un thème d'accrochage publicitaire ».(2) C'est cette deuxième option qu'ont choisie un grand nombre d'administrateurs de multinationales.Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à regarder le marketing que pratiquent les compagnies de pétrole, les entreprises d'exploitation minière et l'industrie automobile.Ce ne sont là que quelques exemples parmi les plus frappants.Peut-on parler de marketing social lorsque les compagnies de ' épargné de la détermination de l'entreprise à stopper les mécanismes de transformation sociale.Ainsi, le Centre des dirigeants d'entreprise du Québec, ne laisse aucun doute sur ses intentions: « Si l'entreprise ne met pas en oeuvre les moyens d'opérer dans une société qui lui convienne, elle devra accepter la société qu'on lui imposera ».(1) Ainsi, le marketing social qui permettait de croire que l'entreprise capitaliste s'était dotée d'une conscience sociale, n'est qu'une récupération pure et simple de la volonté de certains administrateurs voulant voir l'entreprise participer à l'édification d'un nouvel ordre social plus humain, moins matérialiste et plus conforme aux aspirations de l'ensemble de la population.Le marketing et les caisses populaires Quelle doit être la position du Mouvement Desjardins devant le marketing qui apparaît être à la fois une technique efficace de gestion et d'intégration, mais aussi une philosophie qui véhicule des objectifs de récupération auxquels les Caisses populaires ne doivent pas souscrire?Comme nous le démontre son évolution, la fin première du marketing est de permettre une gestion intégrée de l'entreprise au profit du « consommateur ».Compris dans cette perspective, le marketing peut être utile au Mouvement Desjardins dans son désir de concentrer ses efforts à la satisfaction des besoins de ses membres.Autrement dit, le marketing peut contribuer à l'amélioration des prises de décisions dans le Mouvement, mais en aucun cas celui-ci doit troquer sa philosophie et son mode de fonctionnement coopératif au profit d'une philosophie sociale d'entreprise qui jusqu'à maintenant n'a donné que peu de résultats.Il y a donc lieu de distinguer le marketing comme outil de gestion et comme philosophie.Si le marketing devait rapprocher l'entreprise capitaliste des consommateurs, il faut souligner que les Caisses populaires ont réussi ce tour de force dès leur début, grâce à leur structure coopérative.(1) Revue Commerce, « Éléments d'une stratégie de l'entreprise », p.XV, janvier 1972.MARIO DESMARAIS Depuis plus de 75 ans, la Caisse populaire a toujours été solidement implantée dans le milieu québécois.Elle y joue d'ailleurs un rôle très dynamique.Constamment à l'écoute de sa clientèle de membres par des moyens d'ordre coopératif comme l'assemblée générale et l'élection de dirigeants locaux, la Caisse populaire a su répondre au cours des années aux réels besoins de ses utilisateurs.Par analogie, nous constatons que les Caisses d'épargne de France ont vécu le même phénomène: « Les Caisses d'épargne de France vivent depuis leur origine au contact et à l'écoute de la population.Si elles apparaissent aujourd'hui pour ceux qui les connaissent, particulièrement ouvertes au marketing, c'est qu'elles étaient en avance sur lui et que c'est lui qui les rejoint.(.) L'esprit de marketing ne leur est pas venu par l'attrait du lucre (.) ou de la volonté de s'emparer du marché.Elles possèdent depuis toujours, même si elles l'ignoraient dans un proche passé, les caractéristiques les plus récemment révélées: la connaissance de l'environnement, la primauté du client et la responsabilité.» (1 ) Les Caisses populaires fortes de leur pénétration, ont pu jusqu'à maintenant s'administrer en fonction des besoins de leurs membres.Toutefois, en grandissant, le Mouvement Desjardins s'est forcément éloigné de ses utilisateurs.Les caractéristiques démocratiques de la Caisse populaire ne parviennent plus aussi aisément à guider les décisions de gestion.Le marketing moderne avec ses moyens perfectionnés (sondages, recherche scientifique, informatique, méthodes d'implantation et de planification, etc.) peut redonner aux Caisses populaires la possibilité de coller de nouveau parfaitement aux désirs et besoins de ses membres et de là, être vraiment un agent dynamique dans le développement de la collectivité québécoise.Pour nous, la gestion des Caisses populaires ne doit pas être axée sur une gestion ayant pour base la philosophie sociale du marketing telle que développée au niveau de l'entreprise capitaliste.Le type de gestion des Caisses populaires doit plutôt correspondre à leur spécificité coopérative.Dans cette perspective, le marketing comme technique de gestion et non comme philosophie, peut devenir un outil utile et efficace pour atteindre ce but.(1 ) Revue Le Monde des Caisses d'épargne, « La conception sociale du marketing dans les Caisses d'épargne de France ».No 3, p.11, 1976.« Depuis plus de 75 ans, la Caisse populaire a toujours été solidement implantée dans le milieu québécois.Elle y joue d'ailleurs un rôle très dynamique.Constamment à l'écoute de sa clientèle de membres.21 ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC De la pauvreté à la marginalité Pierre Cliche * .Le problème de la pauvreté est beaucoup plus complexe que celui de l'insuffisance ou de l'inégalité des revenus.C'est un phénomène multidimensionnel que la seule analyse économique est impuissante à saisir.Ainsi, la pauvreté se définit non seulement en termes de privation de biens matériels, mais aussi par la privation de biens culturels et sociaux, indispensables à la personne pour lui permettre de se développer et d'être un membre à part entière de la société.Ce faisant, la pauvreté est une étape importante du processus de marginalisation sociale.Qu'est-ce que la pauvreté?Être pauvre, cela signifie avant tout être privé du nécessaire.Dans les cas extrêmes, la pauvreté se manifeste par l'insatisfaction du plus élémentaire, du plus vital de tous les besoins — le besoin de nourriture.Être pauvre a longtemps voulu dire et veut parfois dire encore aujourd'hui: manquer de pain.Toutefois, la faim n'est plus le symptôme dominant de la pauvreté.C'est surtout la qualité médiocre du logement, de l'habillement, une scolarisation insuffisante et une participation réduite à la vie sociale et culturelle qui caractérisent les pauvres modernes.Qu'est-ce qu'un pauvre?C'est celui qui n'a pas un revenu suffisant pour mener une vie normale dans le milieu où il est appelé à vivre.Revenu insuffisant non seulement pour manger trois repas par jour, mais aussi pour se loger convenablement, pour n'avoir pas honte de ses vêtements, pour fournir à ses enfants une éducation adéquate, et ainsi de suite.Dans son cinquième exposé annuel, le Conseil économique du Canada définit ainsi la pauvreté: « Insuffisance d'accès à quelques-uns des biens des services et des conditions de vie qui sont accessibles à tous les autres et qui sont tenus pour indispensables à un niveau de vie acceptables.» (1) Il s'agit là d'une définition relative, en ce sens qu'elle rattache la pauvreté à un niveau de vie.Elle reconnaît que les gens sont considérés (et se considèrent eux-mêmes) comme pauvres si leur niveau de vie est sensiblement inférieur à celui des autres membres de la société à laquelle ils appartiennent.De nombreux chercheurs avaient auparavant souscrit à cette façon de définir la pauvreté.Gal- braith, pour un, avait écrit: « Les gens sont dans le dénuement quand leur revenu, même s'il leur permet de survivre, se trouve nettement au-dessous de celui de l'ensemble de la communauté ».(2) De son côté, le professeur Ornati donna de la pauvreté la définition suivante: « La pauvreté est la condition des personnes dont les ressources ne suffisent pas à satisfaire les besoins minima », or, « la civilisation étant, selon une courbe exponentielle, créatrice de besoins, les pauvres sont ceux qui, à un moment donné et dans un contexte géographique donné, ne possèdent pas les moyens de satisfaire les besoins considérés par leurs concitoyens comme fondamentaux.» (3) Citons finalement l'une des définitions de la pauvreté les plus employées dans les travaux américains et européens, celle de l'Unesco: « Sont en état de pauvreté les individus ou les familles dont les revenus en espèces, ou autres ressources, notamment les revenus sous forme de formation scolaire ou professionnelle, dont les conditions d'existence particulières au milieu familial et professionnel, dont le patrimoine matériel, sont nettement en-dessous du niveau moyen de la société dans laquelle ils vivent ».(4) Les définitions de ce genre pourraient être multipliées.Elles font toutes intervenir deux notions très relatives: la notion de besoin et la notion de revenu.Il est indéniable que l'effet de démonstration y tient une place importante.En effet, dans une société où les mass-media sont omniprésents, où la réussite matérielle et le bien-être sont présentés comme des « absolus », des frustrations ne peuvent manquer de se produire dont l'intensité est en relation directe — bien que pas exclusivement— avec le niveau de revenu.À travers ces différentes définitions apparaissent la relativité en même temps que la complexité du concept de pauvreté.En fait, la pauvreté n'existe que dans un contexte économique et social donné, situé dans le temps et dans l'espace, et par rapport à d'autres groupes ou individus.Pauvreté relative et pauvreté subjective La pauvreté est une réalité toute relative, dont la mesure doit varier selon les contextes, classes sociales ou milieux géographiques.Il est impossible de la mesurer dans l'absolu.Qui vit misérable au * L'auteur est agent de recherche à la Direction générale de la planification du Ministère des Affaires sociales du Québec.Il va de soi que les opinions éfnises dans cet article sont les opinions personnelles de l'auteur et n'enqaqe en rien le MAS. Québec avec un revenu de $2,000 par année connaîtrait le confort, sinon l'abondance, en d'autres coins du globe.Réalité toute relative, la pauvreté est également en bonne partie un phénomène subjectif.Est pauvre effectivement, celui qui se sent pauvre (bien souvent malgré le revenu).Dans un même lieu, un revenu de $6,000 peut être jugé suffisant par un individu, alors que son voisin, qui dispose du même revenu, se sentira contraint et frustré.La notion de pauvreté dépend toujours des contingences de temps et de lieu.Les différences entre la pauvreté au Canada et en Asie ne font pas que la première soit plus tolérable que la seconde.Les pauvres du Canada sont jugés, et se jugent eux-mêmes, par rapport à la situation générale de leur pays à une époque donnée.Ils ne reçoivent ni réconfort ni soutien du fait qu'on leur rappelle qu'ils sont en apparence nantis, si l'on compare leur niveau de vie à l'abîme où sont plongés les pauvres d'Asie ou d'Amérique latine.(5) La pauvreté et la richesse ne se mesurent pas en livres de blé ou de riz consommés annuellement par les habitants d'un pays, ni en nombre de voitures circulant sur les routes d'un territoire.Les deux notions de richesse et de pauvreté sont relatives et même corrélatives.On est riche par rapport à quelqu'un d'autre, ou par rapport à une autre époque.De même, on est pauvre par rapport à ceux qui ne le sont pas ou le sont dans une moindre mesure.On peut être pauvre en soi (pauvreté absolue), mais on l'est toujours par rapport à d'autres qui sont plus riches.Reste à voir les critères que l'on utilise pour affirmer qu'un groupe est plus avantagé qu'un autre.Ces critères, ainsi que le souligne une étude’ du Conseil scolaire de l'île de Montréal (6), peuvent être relatifs à la fois d'un point de vue quantitatif et qualitatif.Qu'un individu n'ait pas de baignoire ou qu'il soit peu scolarisé ne nous dit rien en soi sur l'état de pauvreté des différents groupes de la société dans laquelle il vit.L'individu qui n'a pas de baignoire ou de télévision en Afrique en souffre moins que celui de Montréal pour qui ces objets sont absolument nécessaires pour avoir un niveau de vie qui lui permette d'être un citoyen à part entière.Il en est de même pour l'instruction, le revenu, les conditions de logement, la santé, les loisirs .Abordons maintenant un aspect du problème qui semble mineur mais qui l'est beaucoup moins qu'on ne le pense.Mis à part les cas de pauvreté absolue caractérisée, la pauvreté relative commence quand on prend conscience du niveau de vie des autres.Et les mass-media se chargent de nous le faire connaître.L'importance de plus en plus grande que les Québécois attachent à la comparaison de leur sort avec celui de leurs concitoyens devrait nous inciter à ne pas sous-estimer cette manière de devenir pauvre sans changer de condition.Disons d'ailleurs, à ce propos, que les Québécois sont très loin encore de percevoir correctement la réalité des choses.La plupart des enquêtes sur la perception de la pauvreté mènent à la conclusion qu'il s'agit probablement du phénomène le plus mal perçu du public.À l'occasion d'un sondage effectué en 1970 à travers le Canada, 10% seulement des personnes interrogées se considéraient pauvres, la plupart d'entre elles établissait le seuil de pauvreté entre $5,000 et $6,000 de revenu annuel, seuil beaucoup plus élevé que celui que fixait le Conseil économique du Canada.(7) Appliquée à la pauvreté, cette différence très nette entre une certaine réalité et la manière dont elle est perçue aurait tendance à introduire une nouvelle définition: est pauvre, ou devient pauvre, celui qui se sent pauvre.On pourrait même aller plus loin et définir la pauvreté de l'extérieur: est pauvre celui que les autres considèrent comme pauvre.La notion de besoin Dans la définition de la pauvreté, on se trouve rapidement confronté à un problème redoutable: définir ce qu'est un besoin.Dans son acceptation la plus rigoureuse, le besoin est le minimum essentiel au bon fonctionnement d'un organisme.Mais sitôt énoncé, cette première définition soulève une difficulté majeure qui ne peut être résolue sans le recours à une norme: quand le fonctionnement d'un organisme vivant devient-il pathologique, quand cesse-t-il d'être bon ou normal?On peut sans doute, à partir de considérations physiologiques, affirmer que l'homme a besoin de se nourrir, de se loger, de se reproduire.À ces trois besoins primaires, on ajoutera celui de se vêtir pour se protéger des intempéries.Si l'on tient compte ensuite de considérations psychologiques, on pourra même parler du besoin de sentir aimé, reconnu et approuvé par les autres, du besoin de communiquer avec autrui et de faire partie d'un groupe, du besoin d'acquisition, etc. « C'est surtout la qualité médiocre du logement, de l'habillement, une scolarisation insuffisante et une participation réduite à la vie sociale et culturelle qui caractérisent les pauvres modernes.» .?*~*;'*:4*z K^-tr X>tV Chercher à établir une liste exhaustive de besoins serait inutile et équivaudrait paradoxalement à la vider de son contenu.Dès qu'on veut spécifier quelle nourriture l'homme doit prendre, quel type de logement lui convient le mieux, combien d'enfants il doit avoir, etc.on ne peut plus éviter le jugement de valeur, le recours à une norme subjective.Il existe peut-être une seule exception et encore cette exception n'est que partielle.Il est en effet possible de déterminer la quantité minimale d'éléments nutritifs nécessaires pour assurer la survie de l'individu.La rançon de la privation est alors évidente et peut aller même jusqu'à la mort.Il est cependant impossible de préciser objectivement (scientifiquement) quels aliments préçis doi- vent servir de sources nutritives.Physiologiquement, il est indifférent que les protéines proviennent du boeuf, du cheval ou des sauterelles.Ces précisions viendront des normes de la société où le besoin se manifestera.(8) À plus forte raison en sera-t-il ainsi des autres besoins pour lesquels il est même impossible de déterminer objectivement le minimum vital.Plutôt que ce qui est nécessaire à un individu ou à un groupe, le besoin est donc ce qui est jugé nécessaire.Et ce qui est jugé nécessaire par l'individu a son fondement dans le système de valeurs et de normes culturelles du groupe auquel il appartient.Ce système définit ce qui est désirable et ce qui ne l'est pas, l'ordre de priorité des biens désirables, ce qu'il faut posséder et ne point posséder.Avec cette nouvelle proposition, nous mettons l'accent sur la définition subjective du besoin.Que penser par ailleurs des notions de « nécessaires » et de « superflu »?Beaucoup considèrent le caractère nécessaire ou superflu d'un objet comme une caractéristique intrinsèque de celui-ci.Ils supposent qu'il existe une hiérarchie des besoins, avec en tête les besoins « utilitaires » auxquels correspond le «nécessaire » et ensuite le reste qui est le « superflu ».En fait, on peut considérer comme « nécessaire » ce sans quoi on ne peut obtenir des performances « acceptables » dans les divers rôles de la consommation et en particulier une intégration normale dans la société.Quand les améliorations obtenues deviennent peu significatives, ou entre dans le superflu.Supposons qu'à un moment donné un certain bien fasse partie du superflu, parce qu'il fournit un statut et un sentiment de puissance allant au-delà de ce qu'exige un équilibre normal.Il deviendra nécessaire dans la mesure où son absence entraînerait une impression marquée d'infériorité sociale et d'impuissance de nature entre les fonctions remplies par les biens « nécessaires » et « superflus », et donc entre ces biens eux-mêmes.Le besoin étant défini comme une nécessité subjective, sa non-satisfaction entraîne un sentiment de frustration, de privation.La privation n'existe que par rapport au besoin, c'est-à-dire par rapport à un bien défini comme nécessaire.Si ce bien n'est pas perçu comme désirable, son absence produira un sentiment d'attente, pas nécessairement de privation.Au terme des études de Tremblay et Fortin (9), il apparaît que le revenu disponbile est le facteur 24 le plus directement relié aux possibilités de privation.Plus le revenu est faible, plus les possibilités de privation sont intenses pour chacun des besoins.À l'opposé, le degré de privation s'abaisse à peu près également pour tous les postes du budget à mesure que le revenu augmente.Le caractère cumulatif de la pauvreté De nombreuses études ont cherché à déterminer les facteurs de pauvreté.Le tableau qui suit résume certaines d'entre elles et présente deux listes de facteurs de pauvreté.La première est une liste synthétique qui énumère les facteurs généralement reconnus comme prédisposant à la pauvreté: âge, sexe, ethnie, etc.La deuxième liste fut établie par le Comité spécial du Sénat sur la pauvreté; on y trouve des facteurs qui contribuent à la pauvreté sans en être la cause directe, tels l'insuffisance de la demande globale, la discrimination, les insuffisances de la législation sur le salaire minimum, etc.LES FACTEURS DE PAUVRETÉ Liste synthétique Liste du Comité spécial du Sénat sur la pauvreté 1.L'âge 1.L'insuffisance de la demande globale 2.Le sexe 2.L'insuffisance de la productivité marginale individuelle 3.L'ethnie, langue et religion 3.La discrimination 4.L'éducation 4.La taxation 5.La profession 5.Le caractère insuffisant de la législation sur le salaire minimum 6.Le lieu de résidence: urbain ou rural, provinces 6.Les inégalités régionales 7.Le degré de participa- 7.Les imperfections du tion à la main-d'oeuvre 8.Le chômage marché Source: Frenette, Jouandet-Bernadat et Vézina, L'économie du Québec, Montréal, 1975, p.194 On peut se demander s'il n'existe pas une relation causale entre certains de ces facteurs et si l'on ne peut pas parler de facteurs déterminants et de facteurs déterminés.La maladie, le chômage, l'insuffisante formation scolaire et professionnelle, la vie des taudis vont fréquemment de pair.Il n'y a pourtant pas de liens rigoureux.En effet, il y a des pauvres qui ne présentent aucune de ces caracté- ristiques et d'autres qui en présentent l'une ou l'autre mais pas toutes.Les personnes dépendant de l'assistance publique, les vieillards en particulier, ne sont pas nécessairement malades ni chômeurs au sens propre du terme, certains ont une excellente formation générale et vivent dans des logements décents.La délinquance, souvent associée à la pauvreté, ne concerne qu'une minorité parmi les pauvres.D'une façon générale, cependant, les caractéristiques démographiques des familles pauvres se chevauchent.Le pauvre n'a habituellement pas qu'un seul problème et plusieurs familles pauvres sont d'ailleurs cataloguées comme «familles à problèmes multiples ».Une analyse du recensement américain de 1960 a permis à OscarOrnati (10) de faire le décompte précis, pour différents niveaux de revenu, des unités de population qui possédaient une ou plusieurs caractéristiques liées à la pauvreté.Quinze différentes sous-populations de familles liées à la pauvreté furent isolées, des familles possédant une seule caractéristique jusqu'à celles qui possédaient les quatre caractéristiques choisies (âge, sexe du chef de famille, race, résidence rurale).Le problème du chevauchement fut éliminé: une famille non-blanche possédait uniquement cette caractéristique et ainsi de suite.Deux conclusions se dégagent des travaux d'Ornati : a) il y a plus de familles possédant une seule des caractéristiques liées à la pauvreté que de familles en ayant deux, trois ou quatre; b) le risque de pauvreté s'accroît avec le nombre de caractéristiques.Même si la relation n'est pas parfaite, la possession de deux caractéristiques signifie une chance plus grande d'avoir un bas revenu que la possession d'une seule, trois une plus grande chance que deux, etc.On doit conclure de ce qui précède que toute victime de la pauvreté réunit en sa personne ou dans celle de son chef de famille deux ou plusieurs des caractères qui sont fréquemment associés à la pauvreté.Pour être voué à la pauvreté, il faut cumuler les traits défavorables, alors qu'un seul d'entre eux laisse toujours encore des chances de s'en sortir.C'est ce qui faisait écrire à Émile Gosselin (11) que l'état de pauvreté comporte en lui-même son propre accélérateur, son propre multiplicateur.Plus quelqu'un est pauvre, plus il est probable que d'autres caractéristiques tendront à le garder dans un statut social et économique inférieur.25 EDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC m consii autres paritii pauvr sort p partie respo faut b meg tous II tiaisc aauss tuatio .* S:: ^yy.v ”fetoi faut re aalité Eu tféfavn àfctî* • i - • 7t:;v ‘*É*t HÉ "Ortau Si0l)SC ^tli W- i-;:.'ÿ#. La coïncidence entre l'insuffisance des revenus et le niveau alarmant de toute une série d'autres indicateurs non monétaires peut s'expliquer de deux manières très différentes.D'un côté, on peut considérer que l'insuffisance de revenu est la cause dominante, c'est-à-dire que son apparition provoque l'enchaînement des catastrophes dans les autres domaines et que symétriquement, sa disparition suffit pour permettre l'intégration sociale.D'un autre côté, on peut considérer qu'on est en présence d'un cycle, ou d'un cercle vicieux, où l'on entre par n'importe quel point et où toutes les causes ont à priori la même importance.Il est malaisé de prendre parti en faveur de l'une ou de l'autre de ces interprétations du « cumul des pauvretés ».Nous sommes cependant d'accord qu'une interprétation dissymétrique semble la plus appropriée: on entre dans la pauvreté presque fatalement par le manque d'argent, mais on n'en sort pas par le seul fait d'avoir à nouveau de l'argent, surtout si l'on y est resté longtemps ou si l'on fait partie d'un milieu social défavorisé.La pauvreté: un concept multidimensionnel Si la pauvreté doit être définie comme l'absence d'un certain bien-être, on voit que toute mesure implique plus ou moins la connaissance d'indicateurs de niveaux de vie.Un indicateur monétaire unique (le revenu ou même le patrimoine) ne suffit pas.Certes, le niveau de revenu est le principal responsable des différences dans les situations globales actuelles des individus et des familles.Il faut bien se rendre compte cependant que le revenu n'est pas la seule cause de tous les maux.L'inégalité de revenus est la condition de départ de tous le processus de différenciation économique mais cette inégalité dans les ressources financières a aussi une histoire: elle est la résultante d'une situation antérieure.Donc, si le revenu explique en grande partie la situation globale actuelle, c'est à l'histoire passée de la famille ou des individus qu'il faut retourner pour trouver des explications à l'inégalité des revenus.En plus d'être privées de revenus, les classes défavorisées sont aussi privées d'un logement salubre, de travail, d'éducation, de santé, de loisirs, des conditions essentielles à une intégration minimale à la société et, encore plus, de toute participation au progrès de la société.Voilà donc les dimensions complexes de la pauvreté qui dépassent largement la privation de ressources financières.Cons- cients de ces aspects multidimensionnels de la pauvreté mais préoccupés avant tout de cerner le problème de l'insuffisance des revenus dans la perspective de la sécurité du revenu, les chercheurs se sont concentrés presque exclusivement sur une mesure quantitative et globale de la privation économique.Toutes les données actuellement disponibles confirment que les diverses dimensions du phénomène complexe de la pauvreté sont interdépendantes (éducation, travail, logement, santé, revenu, etc.).Bien plus, elles sont cumulatives, c'est-à-dire qu'on les trouve réunies en une même personne, en une même famille, après un certain temps.Elles ne sont pas interchangeables, toutes ne sont pas nécessairement présentes et le revenu ne les résume pas nécessairement.La pauvreté est bien plus que l'insuffisance de revenus.L'insuffisance de revenu n'est qu'un élément de la pauvreté.Nous nous proposons d'aborder le problème dans sa globalité.La pauvreté: un cercle vicieux Des inégalités existent à tous les niveaux de la société.Elles varient en gravité et en durabilité.Cependant, plus on se trouve placé bas sur l'échelle sociale, plus ces formes d'inégalité ou de pauvreté risquent de s'accentuer, de s'accumuler, d'être chroniques.Le chômage, la maladie, la vieillesse n'ont pas la même signification selon qu'ils frappent un cadre, un ouvrier qualifié ou un manoeuvre.À mesure que l'on descend l'échelle sociale, leurs effets néfastes risquent d'être plus graves, plus complexes et plus durables.Au pied de l'échelle, les privations s'étendent pratiquement à tous les domaines; elles y forment un cercle vicieux, les unes et les autres s'engendrant et se renforçant dans une chaîne sans fin.Gunnay Myrdal (12) fut le premier à décrire le fonctionnement de cet engrenage, à constater que les effets de la pauvreté devenaient causes de pauvreté pour la génération suivante, enfermant les pauvres dans un monde sans issue.La pauvreté engendre la pauvreté.Les enfants de familles pauvres ont peu de chances d'y échapper.Le milieu social de l'individu, en conditionnant ses aspirations et ses aptitudes scolaires, détermine son niveau de scolarisation et, partant, les revenus qu'il percevra au cours de son existence.Le milieu social d'origine détermine dans une large mesure le niveau des revenus.Quant aux conséquences de la pauvreté, elles sont bien connues: 27 instabilité professionnelle, logements insalubres, sous-alimentation et malnutrition, santé précaire, délinquance, etc.La transmission de la pauvreté de génération en génération constitue un des aspects les plus critiques du problème.Privés de toute incitation à des activités culturelles supérieures, exposés à la faim, au froid, aux maladies, minés par l'insécurité du lendemain, les pauvres ont tendance à se regrouper dans les seuls quartiers où ils sont admis — les taudis, les bidonvilles, les quartiers dégradés.Les enfants naissent et grandissent dans une ambiance qui les rend vite inaptes à l'étude et à l'intégration sociale normale.La délinquance, la prostitution, le banditisme juvéniles les guettent.Ils deviennent des pauvres héréditaires.Il ne semble pas y avoir « d'inégalité première », au sens causal et non historique du terme.Chacune peut être analysée à la fois comme le facteur et le produit d'autres inégalités.La privation économique ne résume pas à elle seule toute la pauvreté.Elle n'est qu'un élément de ce qui est souvent un cercle vicieux.Il convient alors de parler de causalités circulaires ou, plus largement, d'un réseau de causes étroitement imbriquées, qui forment un ensemble solidaire et dont aucune n'est isolable du contexte causal global.Prenons deux exemples: la santé et la famille nombreuse.Les pauvres sont plus souvent malades que les autres membres de la société.Ils vivent entassés dans des taudis dans de déplorables conditions d'hygiène; de plus, ils mangent mal et sont moins bien suivis médicalement.Quand ils tombent malades, leur maladie dure plus que la normale.Comme ils sont plus souvent malades, ils perdent leur emploi et leur salaire.Par la suite, il leur est plus difficile de trouver un nouveau travail.Ce qui fait qu'ils ne peuvent ni payer un logement convenable ni se bien nourrir.La fréquence des familles nombreuses dans les milieux défavorisés conduit à un faible taux de scolarisation des jeunes parce que la famille éprouve des difficultés à supporter lefardeau financier qu'ils constituent.Les enfants appartiendront à des catégories socio-professionnelles inférieures et il y a de grandes chances pour qu'ils aient, à leur tour, des familles nombreuses.On peut envisager la chose d'une autre façon: la famille nombreuse conduit au surpeuplement du logement, entraîne le départ rapide des enfants qui entrent sur le marché du travail avec une préparation suffisante; leurs revenus sont limités et ils auront tendance, eux aussi.à avoir des familles plus nombreuses que la moyenne et à habiter des logement surpeuplés.Ajoutons, pour finir, que le sentiment d'être pris au piège; matériellement, finit par engendrer la frustration, le découragement, la résignation et le fatalisme.Autant d'éléments qu'Oscar Lewis considère révélateurs d'une culture de pauvreté.La culture de pauvreté La culture de pauvreté n'est pas simplement une question de privation, c'est une culture au sens anthropologique du terme.Les pauvres seraient dotés d'un projet de vie et d'une vision du monde qui leur est propre.« Ce style de vie transcende les frontières nationales et les différences régionales, urbaines et rurales à l'intérieur des nations.Quel que soit le lieu où elle apparaît, ses tenants manifestent une similarité remarquable dans la structure de leurs famillles, dans les relations interpersonnelles, dans les habitudes de dépenses, dans leurs systèmes de valeurs et dans leur appréhension de la durée.» (13) Tous les pauvres ne vivent pas dans la culture de pauvreté.Certaines conditions doivent être réunies, selon Lewis, pour que ce mode de vie naisse et se développe: 1.une économie fondée sur l'argent liquide, les salaires et la production en vue de bénéfice; 2.un taux de chômage constamment élevé et de sous-emploi pour la main-d'oeuvre non qualifiée; 3.des bas salaires; 4.l'incapacité de fournir une organisation sociale, politique et économique pour une population à bas revenus, soit sous forme bénévole, soit imposée par le gouvernement; 5.l'existence d'un système de parenté bilatérale plutôt qu'unilatérale; 6.l'existence d'une échelle de valeurs dans la classe dominante qui met l'accent sur l'accumulation de richesses et de biens, sur la possibilité de progression et d'épargne et qui explique le bas statut économique comme étant le résultat d'une infériorité personnelle.Dans ce contexte, la culture de pauvreté apparaît comme une adaptation et une réaction des pauvres à une position marginale dans une société stratifiée en classes, hautement individualisée et capitaliste.Si nous ne nions pas qu'il existe dans la société des styles de vie différents qui correspondent à la façon dont certains groupes se définissent socio- 28 ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC « Les enfants naissent et grandissent dans une ambiance qui les rend vite inaptes à l'étude et à l'intégration sociale normale.La délinquance, la prostitution, le banditisme juvéniles les guettent.Ils deviennent des pauvres héréditaires.» * V: culturellement dans la culture globale, nous croyons, que définir la culture des groupes comme si la nature et les caractéristiques de ces groupes représentaient des entités, en soi culturels, n'a pas de sens.Parler de culture de pauvreté en soi n'a pas de sens parce qu'il est évident que les pauvres n'ont pas de technologie propre, ni un sens d'appartenance et une participation culturelle liées à un haut degré d'organisation sociale et à une culture relativement intégrée et se suffisant à elle-même.La culture du pauvre n'existe que par rapport à une culture dominante dont elle dépend et qui la détermine.Elle se définit à la base en termes de manque, de privation, d'indigence par rapport aux plus riches; en termes d'infériorité socio-économico-politico-culturelle à une époque historique et sociale donnée.Elle est absence, insuffisance, déviance, distorsion de la culture officielle, mais elle est tout cela par rapport à une organisation sociale donnée des rapports de travail.En ce sens, elle est liée dans sa définition à des valeurs, des aspirations, des attitudes, des normes de comportement en référence à la société, même si elle présente un système particulier de rationalisation et d'autodéfense (valeurs, comportements, habitudes devie) qui permet de survivre malgré un sentiment profond d'aliénation face à la culture globale.La marginalité Nous appellerons marginale une catégorie d'individus dont un changement soit individuel (handicap physique ou psychologique, migration géographique), soit global (évolution des modes de production) fait qu'elle dispose d'un pouvoir de marchandage réduit.Cette catégorie est ainsi amenée à n'occuper qu'une situation économique « marginale » (niveau hiérarchique inférieur; caractère non essentiel par rapport au mode de production dominant) ou une situation donnée.Simultanément, pour les autres éléments de son statut, cette catégorie est intégrée de manière marginale ou contradictoire.Au niveau psychologique, ces deux caractéristiques empêchent les individus de se situer dans la société et de prendre conscience de leur communauté de situation et d'intérêts.La catégorie ne devient donc pas groupe social, ce qui contribue à en affaiblir le pouvoir de marchandage.Sa marginalité se manifeste par des comportements atypiques, des conditions de vie sub- SCHÉMA DE LA MARGINALITÉ SOCIALE 30 Niveau des causes Niveau du statut Niveau psychologique Niveau des manifestations extérieures Pauvreté Évolution économique et sociale Déplacement géographique Barrières sociales Handicap physique ou psychologique Distorsions entre les différents éléments du statut Difficulté à se situer dans la société Conditions de vie subnormales Comportements atypiques Changement de situation pour l'individu concerné Statut économique dominé ou marginal Étroitesse de la sphère de relations sociales Source: Andreani, Edgar, « Indicateurs sociaux pour la population âgée », in Gérontologie, no.27-28, sept.1974, Marseilles, p.21. normales et par l'étroitesse de la sphère de relations sociales des individus qui la composent.Le schéma qui suit tente d'articuler les principales relations qui existent entre pauvreté et marginalité.La frontière entre pauvreté et marginalité est difficile à tracer.Une distinction traditionnelle consiste à associer la pauvreté à l'insuffisance des revenus, la marginalité au comportement social de certains groupes minoritaires.Cette distinction n'est pas sans fondement mais il faut éviter de la pousser trop loin.En effet, la pauvreté devient facilement cause de désadaptation.Exposé aux maladies, à la vie des taudis, au chômage et au désespoir, le pauvre risque fort de devenir un inadapté, de s'assimiler au milieu marginal qui est le seul où il puisse se faire accueillir.Dans ce contexte, le terme « culture de pauvreté » convient à ceux parmi les pauvres qyi sont réduits à la marginalité par hérédité sociale.Cependant, la pauvreté n'est pas la marginalité.Elle entraîne vers la marginalité mais n'y aboutit pas nécessairement.Ce qui distingue les familles marginales des familles pauvres, c'est que les marginaux se sont installés dans leur état de misère et ne s'efforcent pas d'en sortir.Ils ont accordé leur cadre de référence à leur situation existentielle.(14) Ne pouvant surmonter les entraves qui s'opposent à leur intégration sociale, ils ont rétréci leur propre univers, réduit leurs besoins et adapté leur mode de vie aux conditions extérieures auxquelles ils ne peuvent d'aucune façon échapper.Références (1) Conseil économique du Canada, Défi posé par la croissance et le changement, cinquième exposé annuel, Ottawa, 1968, p.104-105.(2) GALBRAITH, J.K., La société d'abondance, Paris, 1965, p.301.(3) ORNAT), Oscar, Les groupes à revenus modestes et les moyens de traiter leurs problèmes, Paris, O.C.D.E., 1965, p.100.(4) TOWNSEND, Peter, The Concept of Poverty, London, 1970.(5) Comité spécial du sénat sur la pauvreté, La pauvreté au Canada, Ottawa, 1971, p.2.(6) DÉPATIE, LEFEBVRE et PARENT, Rapport sur les zones défavorisées, Conseil scolaire de l'île de Montréal, 1974, p.5.(7) STEWART, W„ "The Real Poor in Canada and Why We Don't Know Who They Are", in D.A.L.Ault: Economics: Contemporary Issues in Canada, Holt, Rinehart and Winston, Toronto, 1972.(8) FORTIN, G., et M.A.TREMBLAY, Comportements économiques de la famille salariée du Québec, Québec, P.U.L., 1964, p.30.(9) Ibid., p.125.(10) ORNATI, Oscar, Poverty Amid Affluence, New York, Twentieth Century Fund, 1966, p.35.(11) GOSSELIN, Émile, La troisième solitude, Conseil du travail de Montréal, 1965, p.25.(12) MYRDAL, Gunnar, Challenge to Affluence, Londres, 1963.(13) LEWIS, Oscar, « La culture de pauvreté » in Economie et Humanisme, mai-juin 1967, p.77-78.(14) KLANFER, Jules, Le sous-développement humain, Paris, 1965, p.122.31 De la parole aux actes: l’engagement social* Des responsabilités urgentes au plan social Les signes des temps nous pressent de réfléchir, comme chrétiens, sur les responsabilités qui nous incombent au plan de l'organisation de la société, et de passer de la parole aux actes.Nous vivons dans un monde où la moitié de l'humanité est opprimée, et ce scandale menace encore de s'aggraver.Ici même au Canada, les souffrances de l'homme sont multiples, provoquées par la pauvreté d'un grand nombre, la hausse incessante des prix, les problèmes de l'habitation, les disparités économiques d'une région à l'autre, les grèves et les lock-out dans le monde du travail, les violations des droits culturels, les revendications de territoire par les indigènes.Et tout cela, chez un nombre croissant de nos compatriotes, s'accompagne d'une sensation de solitude, d'une conviction d'impuissance et finalement d'un mouvement de désaffection vis-à-vis des institutions.Nous avons donc toutes les raisons au monde de nous inquiéter.Il ne suffit pourtant pas de constater, chez nous et ailleurs, l'existence de l'injustice, du désordre et de la violence, ni d'exprimer nos inquiétudes pour l'avenir.La situation ne s'améliorera pas d'elle-même; c'est nous, les hommes, qui avons la responsabilité de la changer.Un nouvel ordre social Un peu partout aujourd'hui, on s'accorde de plus en plus pour affirmer que quelque chose ne va pas dans notre système social et économique; ce système faillit à la tâche d'assouvir les besoins essentiels de la majorité des humains.L'ordre économique actuel a pour effets de répartirtrès inégalement la richesse et de concentrer les ressources entre les mains d'une petite minorité.Au plan international beaucoup de pays, et spécialement le Tiers-Monde, réclament un nouvel ordre économique basé sur une distribution équitable de la richesse et du pouvoir.Au sein même des diverses régions et communautés de notre pays, apparaissent des réactions semblables; on désire trouver sans retard de nouvelles façons de faire qui assureront une meilleure utilisation des ressources humaines et matérielles, et qui mettront fin au gaspillage, à la misère et à l'exploitation.Notre critère: l'Évangile Aujourd'hui comme hier, l'Évangile fournit des éléments qui permettent de juger l'ordre social découlant de l'activité humaine.C'est à la lumière de l'Évangile que nous avons tenté dans le passé de faire valoir que le développement des ressources terrestres doit se faire en fonction des besoins des populations.Nous avons exhorté les dirigeants des gouvernements et des entreprises à agir de telle sorte que ces ressources soient exploitées non pas pour le mieux-être d'un petit nombre, mais pour répondre aux besoins fondamentaux de la majorité, chez nous et dans l'univers tout entier.Nous posons une fois de plus les mêmes questions! Qui doit contrôler les ressources naturelles de la terre et qui doit en bénéficier?Ces ressources enrichiront-elles seulement une faible minorité?Ou bien seront-elles exploitées pour répondre aux vrais besoins de toute l'humanité en matière d'alimentation, de logement, de soins médicaux, d'éducation et de plein emploi?De nouvelles formes d'action chrétienne Ces questions trouvent aujourd'hui à travers le Canada quelques réponses encourageantes.Parmi les chrétiens, un certain nombre de voix soulèvent ces problèmes d'éthique et réclament l'établissement d'un ordre social plus équitable.Ces actions en faveur de la justice sociale et d'une gestion responsable des ressources, se poursuivent pour une bonne part dans un contexte d'oecuménisme.Divers groupes ont commencé à travailler parmi les pauvres et les opprimés de leur milieu en organisant des rencontres éducatives sur des problèmes relatifs à la justice.D'autres exercent des pressions auprès des gouvernements et des industries pour que soient modifiées les conditions qui engendrent la souffrance humaine.Malheureusement ceux qui s'engagent dans ces voies nouvelles demeurent une minorité au sein de notre communauté catholique.Encore que cette minorité a une grande importance puisqu'elle lance à l'Église tout entière le défi de vivre l'Évangile et en conséquence de se mettre au service des besoins de la population.À cette fin, nous pensons que les ( .) propositions suivantes pourraient guider et aider chacun des membres de notre Église, évêques, prêtres, * Extraits du message pastoral sur l'engagement social et politique des chrétiens, à l'occasion de la Fête du Travail de 1976 (Conseil d'administration de la Conférence Catholique Canadienne).32 EDITEUR OFFICIEL DU QUEBEC « Nous vivons dans une société qui nous incite tous à consommer et à gaspiller de façon extravagante, alors qu'une fraction importante des nôtres vivent dans la pauvreté.» ar-v* S- mmi: -Lt- religieux, laïcs, à s'engager plus profondément dans ces nouvelles façons d'être et d'agir en tant que disciples du Christ.Modifier notre style de vie de gens à l'aise.Nous vivons dans une société qui nous incite tous à consommer et à gaspiller de façon extravagante, alors qu'une fraction importante des nôtres vivent dans la pauvreté.En tant que chrétiens, nous sommes pourtant invités à nous détourner de la recherche de nous-mêmes et des trésors matériels (Luc 12, 33-34).« L'homme ne vit pas seulement de pain! » (Deutéronome 8, 3).Voilà bien une parole qui devrait nous détourner de ce que représente notre société de consommation.Le seul passage à une vie moins luxueuse ne corrigera pas de soi les inégalités et les injustices flagrantes de notre temps, mais nous pourrons ainsi renouveler nos esprits et ouvrir nos coeurs aux insécurités profondes qui vivent les pauvres de nos milieux.Nous prononcer ouvertement contre les injustices dans nos milieux.Trop souvent nous sommes témoins de cas d'exploitation autour de nous, mais nous choisissons de garder le silence.Pourtant, nous le savons bien, nos silences sont une forme d'acceptation et même d'approbation, alors que conformément à la tradition prophétique, nous avons le devoir de dénoncer l'injustice et de dire la vérité à ceux qui détiennent le pouvoir.Plus encore, parce que nous vivons en démocratie, nous avons la liberté et le devoir de prendre position sur des problèmes particuliers et de nous prononcer contre les causes de l'injustice.Nous devons multiplier nos appels si nous voulons qu'ils soient entendus par les détenteurs du pouvoir.vO* .N.• « A Prendre part aux actions destinées à faire disparaître les causes d'injustice.Il ne suffit pas de dénoncer les maux de la société et de parler d'un ordre nouveau.La justice sociale est le but à atteindre.L'action politique est un moyen poury parvenir.Nous devons donc prendre part aux initiatives destinées à faire changer les politiques des gouvernements, des entreprises et des autres organismes qui sont causes de souffrance pour des hommes.Et c'est ensemble que nous devons travailler pour réaliser ce changement social en profondeur.Notre responsabilité de chrétiens et de citoyens d'une société démocratique va jusqu'à là.Nous pouvons l'exercer en nous joignant aux groupes qui oeuvrent aujourd'hui sur des cas particuliers d'injustice.Secourir les pauvres et les opprimés.Les personnes qui souffrent de la pauvreté et de l'oppression ont elles-mêmes un rôle primordial à jouer dans l'établissement d'un ordre social plus équitable.Plusieurs d'entre elles cependant, tout comme les groupes auxquels elles appartiennent, sont incapables d'agir en ce sens.Nous avons donc le devoir, non seulement de donner à manger à ceux qui ont faim, mais de les aider à devenir capables d'agir sur les causes de leurs misères.Par exemple, des communautés, paroissiales ou autres, fournissent une aide financière et technique, de même qu'un support moral, à des groupes qui travaillent à faire évoluer la situation sociale.Cette attention fraternelle accroîtra l'efficacité de leur travail et elle évitera les frustrations qui engendre la violence.À tout événement, nous pouvons faire bien davantage! ENTREVUE AVEC NI.GUY BERNIER* U.R.de Montréal: favoriser les initiatives du milieu et combler les besoins des coopérateurs Michel Beauchamp Michel Beauchamp wam R.D.Vous présidez depuis quelques mois les destinées de l'Union régionale de Montréal.Quels ont été, au cours des derniers mois, les projets qui ont marqué le devenir de l'Union régionale?G.B.Depuis mon entrée en fonction, j'essaie le plus possible de saisir la réalité quotidienne de l'ensemble des Caisses de l'Union et de mettre à leur disposition les outils et moyens leur permettant d'assumer leur rôle.J'ai effectué un certain nombre de tournées dans les différents secteurs.J'ai rencontré et visité des gérants afin de me familiariser avec le milieu des Caisses dans l'ensemble du territoire.« Sur un autre plan, l'individu, en militant au sein d'une coopérative, s’implique de manière gratifiante dans le milieu où il vit quotidiennement .« 4/ r H mm .::v.; Notre Conseil a été saisi de dossiers importants concernant l'implication de l'Union avec le monde syndical et coopératif.Nous avons procédé à une étude de nos structures administratives qui a débouché sur la création du Service des Communications, relevant du président de l'Union régionale.Nous voulions favoriser un contact plus direct entre les Caisses et la haute direction.Nous entendons développer différentes fonctions au sein du Service des Communications (ex.: analyste des besoins, conseiller en publicité, etc.).Le rôle des délégués de secteurs sera fort important.En étant à l'écoute des Caisses populai- res et supportés par une équipe de spécialistes, ils pourront répondre plus adéquatement aux attentes des Caisses.Voilà des faits qui démontrent l'importance qu'aura la communication au sein de l'Union régionale de Montréal.Nous avons aussi révisé les fonctions des autres directeurs de services.La dernière revision du rôle des services avait été effectuée en 1971.Autre changement majeur en vue d'augmenter l'efficacité de l'organisation de l'Union: nous avons transformé le poste de directeur général adjoint en celui de directeur général adjoint — planification et développement afin de pouvoir procéder de * Monsieur Guy Bernier est président de l'Union régionale de Montréal.Il milite depuis trente ans au sein du mouvement coopératif.L'Union régionale de Montréal regroupe 334 Caisses populaires et possède un actif de $2.5 milliards.EDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC façon plus structurée à l'étude de dossiers importants.Enfin, l'Union régionale de Montréal, suite à une assemblée générale spéciale tenue le 12 juin dernier vient de changer ses normes de liquidité pour les Caisses populaires affiliées.En plus du fonds de liquidité opérationnel, on a constitué le fonds d'investissement Desjardins et le fonds de développement coopératif.Nous encourageons les Caisses dont la liquidité opérationnelle dépasse les normes requises, de placer dans le Fonds de Dépôts à terme de l'Union qui sert de « vases communicants » pour les Caisses qui ont des besoins de liquidité.Nous entendons examiner la possibilité de créer un Fonds de développement des Caisses populaires et définir les grandes lignes d'une politique de développement des coopératives d'épargne et de crédit.R.D.Comment l'Union régionale de Montréal entend-elle assumer une présence dynamique dans son milieu?G.B.L'U nion a adopté comme principe que son implication communautaire ou coopérative dans le milieu doit être fonction de la même implication de la part des Caisses populaires d'un secteur ou d'une région.Ça ne veut pas dire que l'Union doit toujours attendre que des demandes lui parviennent; son rôle est de susciter chez les Caisses des intérêts et des réactions qui favorisent les initiatives.Il faut que nos implications se fassent sous des formes originales, concrètes et adaptées aux besoins respectifs des Caisses populaires.Nous nous sommes engagés, avec les Caisses populaires de l'Outaouais, dans le dossier de la Coopérative de Télévision C.F.V.O.Nous sommes en voie de participer à un projet d'habitation populaire avec cinq Caisses populaires du secteurhloche-laga-Maison neuve.Nous avons souscrit à la campagne de Tricofil.Nous défrayons actuellement le coût d'une étude sur le mouvement coopératif des Consommateurs à Montréal.Nous participerons avec des Caisses populaires du Secteur ouest aux Jeux d'hiver du Québec à Ville basai le en 1977.Notre action avec les Clubs de l'Âge d'Or, en collaboration avec nos Caisses, dépassera les formules traditionnelles d'avantages monétaires, souvent négligeables, dans le but surtout d'attirer une clientèle.Il faut dépasser le stade des services traditionnels et s'impliquer davantage « dans le milieu ».R.D.Comment entrevoyez-vous la relation « Union régionale — Caisses populaires »?G.B.La relation «Union régionale — Caisses populaires » doit ressembler à la relation « Caisse populaires—membres» (N.D.L.R.: prendre connaissance du document publié ci-contre et intitulé « Rôles et objectifs de l'Union régionale de Montréal »).R.D.Vous avez milité dans des secteurs coopératifs autres que celui de l'épargne et du crédit.Que pensez-vous de l'intercoopération et comment les Caisses populaires peuvent-elles mettre en pratique ce principe coopératif?G.B.Je pense que les Caisses populaires pourront, grâce, entre autres, à la Société de développement coopératif, collaborer financièrement à la mise sur pied de différentes coopératives .Des institutions financières du Mouvement, telles que la S.I.D.et, plus récemment C.I.D., ont sûrement aussi les outils nécessaires afin d'aider au financement des coopératives existantes.Si nous croyons que la formule coopérative est une « bonne formule » dans le domaine de l'épargne et du crédit, nous pouvons également croire que la formule coopérative sera une bonne formule dans d'autres secteurs de l'activité économique .De plus, il nous faudra chercher à rentabiliser certains secteurs coopératifs tout comme nous l'avons fait dans le domaine financier .Je souhaite que nous nous impliquions au « début » des expériences au lieu de nous impliquer « sur le tard ».R.D.Est-il vrai que vous attachez beaucoup d'importance au rôle du personnel au sein des Caisses populaires?G.B.Oui.Les sociétaires des Caisses populaires attendent beaucoup du personnel des Caisses populaires.D'où l'importance que nous attacherons à la formation « coopérative » de notre personnel .Il nous faut sensibiliser le personnel à l'idéologie coopérative .R.D.Comment entrevoyez-vous le rôle des dirigeants?G.B.Au niveau de la Caisse populaire locale, le rôle des dirigeants est assez précis.Il s'agit, grosso modo, de mettre de l'avant des politiques qui sont en fonction des intérêts des membres et de s'assurer, en se référant aux normes généralement préconisées au sein du MCPD, que la Caisse populaires est bien administrée .Les dirigeants doivent également s'interroger sur le développement de la Caisse populaire locale et sur le rôle de l'institution dans le milieu .Au niveau des Unions régionales, les dirigeants ont, selon moi, d'importantes responsabilités à assumer.Ils ont à déterminer les orientations et les objectifs, établir les politiques et les priorités, approuver les plans d'action et les budgets, voir à l'allocation des ressources et prendre les décisions majeures et stratégiques.R.D.Comment entrevoyez-vous les relations qui existeront entre l'Union régionale de Montréal et les autres Unions?G.B.Je serais porté à vous répondre simplement: le même genre de relations que deux ou plusieurs membres, appartenant à la même institution coopérative, doivent entretenir car nous ne devons pas oublier que La Fédération des Caisses populaires est une autre coopérative qui regroupe les dix (10) Unions régionales.Je sais, cependant, que le but de votre question, parce que vous me l'avez dit, est de faire ressortir mon opinion sur les grosses Unions par rapport à celles de moindre dimension.À ce sujet, je dois vous dire que je suis conscient que les « disparités » entre certaines Unions peuvent, à l'occasion, causer certains problèmes, non seulement à cause de leur dimension mais aussi à cause de leur localisation.Quand on songe à la compensation par exemple.Il m'apparaît très important que les Unions fassent l'effort nécessaire pour chercher à se comprendre à travers leurs disparités et à trouver des solutions originales, entre elles, à plusieurs de leurs problèmes.Comme bien d'autres, je me pose des questions sur nos structures.Je n'ai pas les réponses.Ne devrions-nous pas discuter et analyser sereinement et froidement ces questions en considérant les intérêts supérieurs de nos membres?R.D.Quel rôle peuvent jouer les Caisses populaires au sein de la société québécoise?G.B.Les Caisses populaires ont un rôle important à jouer au sein de la société québécoise (ex.: création d'emplois, développement de projets d'habitation, etc.).Sur un autre plan, l'individu, en militant au sein d'une coopérative, s'implique de manière gratifiante dans le milieu où il vit quotidiennement.À cause de son importance au sein de la société québécoise, le M.C.P.D.devra se faire reconnaître de plus en plus par le Gouvernement du Québec comme un interlocuteur privilégié au niveau du développement économique .36 Rôles et objectifs de l’Union régionale de Montréal WÊBÊÊÊÈÊ À ce stade-ci de son évolution, l'Union régionale désire exprimer les principes de base qui animent son action et son engagement et veut se donner une orientation face à ses Caisses affiliées.Le règlement de l'Union précise la mission de l'Union régionale: consolider et resserrer les liens qui doivent exister entre les Caisses affiliées, coordonner ces rapports qui les unissent, faire fructifier les surplus de fonds des Caisses locales et leur créer des revenus additionnels, prêter des fonds à court terme aux Caisses locales, offrir des services de compensation.Un texte officiel, comme celui du règlement, peut nous donner un aperçu du rôle joué par l'Union régionale et des services qu'elle offre à la demande de ses Caisses affiliées.Toutefois, pour vraiment comprendre ce qu'est l'Union, c'est dans le vécu quotidien qu'il faut l'observer, c'est à travers son histoire, c'est dans l'enracinement bien concret dans un milieu caractérisé par l'ampleur de ses ressources et la diversité de ses populations.Union et autonomie L'origine de l'Union régionale conditionne ses relations avec les Caisses dont elle émane: l'Union existe pour les Caisses, et la relation qui existe entre l'Union et les Caisses affiliées est la même que celle qui existe entre la Caisse populaire et ses membres.Ce type de relations conditionne non seulement le genre et la gamme de services offerts par l'Union régionale, gamme de services qui doit, de toute évidence, évoluer pour correspondre aux besoins des Caisses affiliées, mais aussi la façon dont l'Union les offre et l'objectif qu'elle vise: permettre aux Caisses de servir leurs membres de la façon la plus éclairée, la plus compétente, la plus innovatrice et la plus autonome possible en les dotant des outils et services nécessaires.L'existence même de ces services est la garantie du maintien et du développement delà compétence des Caisses à s'administrer elles-mêmes et à prendre les décisions qui leur reviennent en propre.L'Union, un regroupement La réalité de l'Union, c'est le regroupement des Caisses pour leur permettre une action commune et faciliter la sauvegarde et la promotion de leurs intérêts.Il assure à chaque Caisse affiliée un rayonnement beaucoup plus vaste que celui de son territoire immédiat.union régionale caisses populaires de montréal desjardins Le nouveau sigle de l'Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins.À travers cette association, se communiquent les expériences, difficultés, solutions innovatrices et nouveaux besoins, d'une Caisse à l'autre, d'un secteur à l'autre et dans l'ensemble du territoire.Ces activités communes et ces contacts développent un sentiment d'appartenance, une identité, un enracinement dans une région dont les frontières dépassent largement le territoire de chaque Caissë.Ce regroupement encourage une prise de conscience élargie du milieu où oeuvrent les Caisses et l'Union, de sa complexité et de ses attentes et exigences.Un aspect vital du regroupement est la communication que l'Union régionale favorise par tous les moyens: circulation d'information, représentation auprès de la Fédération, des institutions, du mouvement coopératif en général, du législateur et de tous les secteurs de l'activité socio-économique.L'Union régionale: une entité coopérative de services L'Union régionale se définit par les services offerts à ses Caisses affiliées.Elle doit être pour ces Caisses une présence, un témoignage de l'idéal coopératif et de ses principes: regroupement des forces, égalité de représentation, répartition des avantages et des bénéfices, entraide des membres.37 ?-î "n^- -:• ^ ¦ S*.' ••'-• " •; • T • - c • *Jr ^-C-Si^v A-1 • *• ' '-, - _JL_ ¦ ¦ • " •*%- •• • l v'-riw ¦.•.*'.• 1;'.—*îc s -;.K ____ .-I.•'•¦' " ; ,-?**•*%* ¦* -, - -, .£• *%»'- - J.^'^v •% v - .7 ."*’.wriî^iÆo.,***-*&**% -P*2f -** £'^—¦?¦ r- - 42 Citation / 3 « Développer une société devient alors synonyme de rendre cette société et ses membres adultes.Développer veut alors dire prendre les actions nécessaires pour que les citoyens d'une société puissent s'épanouir pleinement.Cette conception du développement implique qu'une conception de l'homme et de sa vie sociale soit explicitement choisie comme souhaitable et que par la suite des actions efficaces soient entreprises pour rendre possible la réalisation de cet idéal.(Gérald Fortin, La société de demain: ses impératifs, son organisation, Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social, Gouvernement du Québec, octobre 1970, Annexe 25, p.7) Citation / 4 « Parler du « sens des responsabilités » comme condition de la participation c'est attirer l'attention sur l'une des caractéristiques les plus importantes du participant.On a souligné à plusieurs endroits l'affaiblissement ou « la dilution du sens des responsabilités ».C'est sans doute un des traits dominants de la société actuelle.(J.Ardoino, Management ou commandement — Participation et contestation, Paris, Fayard-Mame, 1970, p.150) EDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC :e$> SrnlimnH d'annarlnuiiuc ft t *.*»*?'! Citation / 5 Comme l'écrit Michel Crozier: « Toute action coopérative coordonnée demande que chaque participant puisse compter sur un degré suffisant de régularité de la part des autres participants.Ceci signifie, en d’autres termes, que toute organisation, quelle que soit sa structure, quels que soient ses objectifs et son importance, requière de ses membres un montant variable mais toujours important de conformité.Cette conformité sera obtenue, pour partie par contrainte, pour partie en faisant appel à la bonne volonté.Les deux types de motivation sont toujours mêlés, mais leur part respective et surtout leur forme peuvent varier beaucoup.Finalement la façon de parvenir à la conformité nécessaire constituera toujours le problème fondamental que pose le gouvernement d'une organisation.» (Miche! Crozier, Le phénomène bureaucratique, Par/s, Éditions du Seuil, 1963, pp.242-243) 43 EDITEUR OFFICIEL DU QUEBEC ÉDITEUR OFFICIEL DU QUEBEC Sentiment d*., eommunienlion et." " Mm SÊL sM teflfâ ni mSÊm 44 Citation / 7 «Le danger de ia distance, de l'éloignement, c'est donc de faire perdre à l'organisation sa signification aux yeux du travailleur.// est aliéné parce qu'ii travaille dans l'insignifiance; » (Henri Saint-Pierre, La participation pour une véritable prise en charge responsable.Les Presses de l'Université Lavai, 1975, p.257) Citation / 6 « L'autre pilier de ia démocratie, presque aussi important que /'éducation, c'est l'information.L'homme iem mieux éduqué du monde ne peut participer concrètement s'il ne sait de quoi // s'agit.L'information est donc à ia fois une façon de participer et ia condition de toute participation active.Elle constitue un droit, te droit de tout homme à comprendre ce qu'ii fait, pourquoi ii le fait.Nous parlions déjà ii y a vingt ans et plus de ce qu'ii faut dire et faire pour que chacun se sente concerné par l'action commune.Nombreuses d'ailleurs sont les entreprises qui ont mis au point depuis des méthodes utiles d'information de leur personnel.» (M.Demonque et J.Y.Eichenberger, La participation, Par/s, Éditions France-Empire, cl968, pp.51-52) Citation / 8 « Par ta participation, on est encouragé à s'identifier à l'organisme ou à l'entreprise dont on fait partie.Et lorsqu'on prend conscience des « complexités » de l'organisation, on s'identifie à la « gestion » d'une manière qui aurait paru impensable à ceux qui furent antérieurement exclus des centres du pouvoir (.).Le résultat d'une telle participation peut fort bien être la disparition de toute critique extérieure.» (La participation pour une véritable prise en charge responsable, p.316) 295541 006^63 Participation, démocratie cl vie coopérative Citation / 9 « Nous retrouvons donc maintenant à /'intérieur des coopératives trois groupes: simples membres, administrateurs élus et salariés, trois groupes qui ne partagent pas nécessairement les mêmes intérêts.Pour qu'existe une véritable participation, il faut que les trois groupes cités plus haut soient de la partie.Des efforts particuliers doivent être orientés vers chacun de ces groupes ».(Claude Beauchamp, in Actes de la Rencontre internationale de Montréal, 5-6-7 octobre 1975, pp.396-397) - .« •• y \ Vj- M mmm Citation ! 10 « // ne faut pas oublier que nous vivons, ici en Amérique du Nord, dans un contexte largement dominé par les valeurs de l'entreprise capitaliste.Les écoles qui préparent les jeunes à devenir gestionnaires sont dominées par les mêmes valeurs.De sorte que celui qui devient gestionnaire d'une coopérative est porté à agir exactement comme s'il s'agissait d'une entreprise privée.Nous comprenons facilement que la démocratie coopérative soit considérée comme une source d’embarras par celui qui pense d'abord en terme d'efficacité, de rentabilité et aussi de rapidité.Nous voyons ici comment il est important de sensibiliser les cadres à la formule coopérative.» (Claude Beauchamp, in Actes de la Rencontre internationale de Montréal, 5-6-7 octobre 1975, p.397) » * + Isl ^îciA-vn*.cIh Mac^c'i lu ?mmum Participation, démocratie et vie coopérative s; .a Citation / 11 « La démocratie a besoin d'une structure.Je veux dire que les responsables des Sociétés coopératives doivent prendre conscience que le fonctionnement démocratique de la vie de leur Coopérative demande la création d'un service dont les animateurs — j'insiste sur ce point — doivent bénéficier de la confiance la plus totale et de l'appui le plus évident de celui ou de ceux qui dirigent la société.» « L'existence des militants actifs et bien informés est, en effet, absolument indispensable au Mouvement Coopératif, s'il veut prétendre demeurer un Mouvement d'idées et développer ses activités en toute indépendance.» « Contrairement à ce que l'on croit trop souvent, il ne doit pas y avoir d'une part ceux qui font marcher la Coopérative et d'autre part ceux qui diffusent les idées.Il doit y avoir au contraire, une seule politique pour tous ceux qui vivent la Coopérative, si l'on veut que le caractère démocratique de la Coopérative soit compris de tous.» (Roger Kérinec, in Actes de la Rencontre internationale de Montréal, 5-6-7 octobre 1975, p.13) 46 ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC Après 25 ans d'existence La revue Ma Caisse continue à relever le défi de l’information et de l’éducation des membres de caisses populaires Jean-Claude Tardif mMM .• • L'éducation et l'information des membres, ce sont là deux objectifs primordiaux de toute coopérative.Des Pionniers de Rochdale à Alphonse Desjardins, ce principe est resté ancré dans les préoccupations des plus grand coopérateurs.Au cours des 76 années d'histoire des coopératives d'épargne et de crédit fondées par Desjardins, on a tenté diverses formules pour tenir les membres au courant des réalisations coopératives, établir un lien plus étroit entre eux et renforcer leur appartenance à une association de personnes.Mais surtout on s'est préoccupé de les éduquer aux principes qui animent leur coopérative et de leur incul- « On a tenté diverses formules pour tenir les membres au courant des réalisations coopératives, établir un lien plus étroit entre eux et renforcer leur appartenance à une association de personnes.»
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