Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1979, Vol. 45, no 4
NUMÉRO 4, 1979 LA REVUE •f •# •§**** .»' •• -• i*.r ' .^ < •*.»v .• .j • • • * • * .• * * 1 A tm •• -•Ml*; * *' 1 * * ¦/ .'»?K • • •* •• .*v ^ ¦* * »* H • •• V • • • •I* • *••tiye I À mm Cette documentation peut servir à guider la démarche de groupes désireux de s’engager dans de l’action communautaire.La réalisation du Centre de documentation s’est faite dans le cadre d’un projet « Canada au travail » parrainé par la Caisse populaire de Hauterive.C’est là un autre aspect du travail réalisé par cette caisse populaire: elle utilise au maximum les sommes d’argent que les gouvernements et les organismes publics mettent à la disposition des citoyens qui veulent modifier certaines conditions prévalant dans leur localité ou dans leur région.Ainsi, l’investissement que la caisse populaire a fait dans ce projet est relativement minime, du moins si on le compare au coût de la garderie ou à l’achat des fermes.Sa qualité et son utilité n’en ont pas souffert pour autant puisque la majeure partie du financement a été assumée par le gouvernement fédéral.Association de protection des intérêts des consommateurs de la Côte-Nord Inc.Mandatée par l’assemblée d’octobre 77 pour amener sur la Côte-Nord un organisme de protection des consommateurs, la Caisse populaire de Hauterive tente, en novembre 1977, d’obtenir que l’OPC (Office de protection du consommateur) ouvre un bureau dans la région.Cette requête est rejetée, mais l’OPC reconnaît, en mars 1978, la nécessité d’un tel organisme dans la région.Elle accepte alors de subventionner une association qui serait formée à cette fin.En juin 1978, l’APIC est fondée; son financement est assuré par un projet « Canada au travail » qui lui apporte $40,000 et l’OPC lui fournit $15,000; Consommation et Corporations Canada, de son côté, lui verse $3,000; de plus, à titre d’organisme voué à l’éducation populaire (OVEP), l’APIC reçoit $5,000 du ministère de l’Éducation.¦f m f Logée dans l’immeuble de la Caisse populaire de Hauterive, cette association emploie quatre professionnels qui oeuvrent dans les domaines de l’animation communautaire, de la consultation budgétaire et de l’information aux consommateurs.L’APIC est totalement indépendante de la Caisse populaire de Hauterive, mais c’est cette dernière qui a rassemblé les groupes et organismes qui ont présidé à sa fondation et qui verront à la subventionner dans le futur.Les projets en marche ou à l’étude Coopérative de recyclage du papier Dans le but de mettre sur pied une entreprise de récupération des déchets de papier et de carton, la Caisse populaire de Hauterive parrainait en 1978 un projet « Canada au travail » pour étudier la rentabilité d’une telle initiative.Bien que les résultats de l’étude aient été très positifs, aucune action concrète n’a pu être commencée jusqu’à maintenant, faute de temps et des ressources techniques nécessaires.Cité des Bâtisseurs Inc.Le problème du logement dans la région de Hauterive, de Baie-Comeau et des environs pose de sérieuses difficultés.Des groupes plus ou moins structurés cherchaient des solutions.À l’origine, on trouve des familles mono-parentales qui rencontraient des problèmes particulièrement aigus dans ce domaine.Peu à peu, d’autres personnes se sont ajoutées.Les Caisses populaires de Hauterive et de Baie-Comeau conjuguèrent leurs efforts à ceux du groupe pour former un GRT (groupe de ressources techniques) afin d’étudier, entre autres, les problèmes de qualité et de coût des logements proposés.À cette fin, on obtint de la SCHL (Société centrale d’hypothèques et de logement) un fonds de démarrage de $500 et une subvention de $2,500 qui servent aux études déjà mentionnées.Ayant pris connaissance du programme « Logipop » de la SHQ (Société d’habitation du Québec), la Caisse populaire de Hauterive fondait, en juin 1978, la société sans but lucratif « Cité des Bâtisseurs Inc.».Celle-ci, comme groupe non encore organisé, avait droit à une subvention de la SHQ.Elle obtint donc $27,000 de sorte qu’elle put embaucher une personne à temps plein.Ses activités débutèrent en février 1979.Pendant l’été, un projet « Jeunesse-Canada au travail » lui a permis d’étudier la situation financière des locataires des 75 immeubles qui ont été offerts.On en profitait, en même temps, pour sonder les opinions en ce qui concerne la possibilité d’établir une coopérative d’habitation.L’employée de « Cité des Bâtisseurs Inc.» coordonne en plus les activités de deux autres groupes intéressés à créer des coopératives d’habitation.19 Nouvelles coopératives Pour l’année 1979-80, la Caisse populaire de Hauterive envisage la création d’une coopérative' de production de bleuets.Les surfaces défrichées par l’Hydro-Québec pour le passage de ses lignes électriques produisent de fortes quantités de bleuets dont la cueillette n’est organisée que sur 25% de la superficie.En outre, cette exploitation se fait par une entreprise privée du Lac St-Jean.On voudrait pouvoir exploiter la totalité du territoire productif et ainsi créer des emplois pour la population locale.Au chapitre des nouvelles coopératives, la création d’une coopérative d'alimentation constitue l’autre priorité de la présente année pour la Caisse populaire de Hauterive.Le domaine de l’alimentation pose des problèmes partout dans la province, mais ceux-ci s’aggravent souvent à mesure que l’on s’éloigne des grands centres de distribution.On voit la nécessité de doter la région d’une coopérative dans ce domaine afin de permettre au consommateur de s’en tirer à meilleur compte.La politique de dons et de souscriptions Plusieurs organismes à caractère social, culturel, éducatif, sportif ou autre oeuvrent dans la communauté de Hauterive.Souvent, ces organismes font appel à leur caisse populaire afin d’obtenir certains moyens de financement.Dans le but de répartir équitablement les sommes disponibles à ce poste et aussi pour rendre le meilleur service possible à la communauté, la Caisse populaire de Hauterive s’est donnée une politique claire dans ce domaine.Ainsi, 20 à partir de critères bien définis, c’est le conseil de surveillance de la caisse populaire qui détermine l’attribution des montants aux organismes qui en font la demande, avec l’accord du conseil d’administration.Au cours de l’année qui vient de s’écouler, la somme de $6,825 a été ainsi distribuée.Dans la même ligne de pensée, la Caisse populaire de Hauterive a instauré au cours de la dernière année, un système de « commandites ».En retour d’un don, l’organisme bénéficiaire s’engage à souligner la participation de la caisse populaire à son action.À ce titre, une somme de $3,069 a été versée à diverses organisations.En outre, la Caisse populaire de Hauterive apporte son soutien financier à des groupes coopératifs ou communautaires dont les objectifs se rapprochent de ceux qu’elle s’est donnés.Divers organismes comme une coopérative de camionneurs, une coopérative d’aliments naturels, une maison de femmes et une association de locataires, ont bénéficié de cette aide au cours de la dernière année.Conclusion Un tel palmarès de réalisations et de projets en marche est bien sûr tout à l’honneur de la Caisse populaire de Hauterive, de son personnel, de ses dirigeants et de ses membres.Mais c’est bien là la moindre constatation que l’on puisse faire à propos d’un engagement aussi ferme et clairvoyant dans le développement du milieu.Il faudrait souligner spécialement la façon dont l’action a été préparée.C’est à partir d’une étude du milieu et de ses besoins que l’on a élaboré un premier document de travail.C’est ensuite aux membres de la caisse populaire qu’on s’est adressé pour leur faire prendre con- science des besoins les plus pressants et des moyens qu’ils pouvaient eux-mêmes mettre en oeuvre.Ainsi, l’engagement de la caisse populaire dans l’action communautaire devenait l’engagement de tous ses membres.Il convient cependant de reconnaître au président de la Caisse populaire de Hauterive, M.Serge Simard, et à son directeur, M.Raymond d’Auteuil, le mérite d’avoir été à l’origine de cette action.Il faudrait s’arrêter également sur la façon dont l’action a été menée.Avec un investissement raisonnable, on est parvenu à obtenir que beaucoup de gens se prennent en main et que les gouvernements aident de leurs subventions les groupes ainsi créés.En plus d’améliorer la situation de nombreuses personnes, on a provoqué des retombées économiques qui, autrement, seraient probablement allées ailleurs.Il ne faut pas, non plus, passer sous silence la grande maturité dont on a fait preuve en rendant autonomes, aussitôt que possible, les organismes engendrés par la caisse populaire.On évitait ainsi à la caisse populaire une surcharge qui aurait pu devenir sclérosante et anéantir une partie du travail réalisé et à venir.Dans une telle situation, la tentation du paternalisme est toujours forte, mais une telle attitude aurait pu tuer l’initiative des groupes formés; la Caisse populaire de Hauterive a su échapper à ce piège.Le dernier aspect que nous nous devons de considérer est l’étonnante progression enregistrée par la Caisse populaire de Hauterive au cours de la période qui nous intéresse.En effet, son bilan de 1976 montrait un actif de $15,937,201 alors que celui rendu public en mai 1979 révélait une somme de $31,098,559 à ce poste. La campagne de publicité 1979-80 Un rôle accru pour la Caisse populaire Desjardins par Claude Moquin* Grâce à l’expérience acquise au cours des dernières années, il est de plus en plus possible d’identifier la situation et la réalité de la caisse populaire quant aux caractéristiques de ses membres et d’établir certains parallèles avec la concurrence directe et indirecte.Le contexte 1979-80 C’est ainsi que nous pouvons maintenant affirmer qu’autant les buts visés par les caisses populaires semblent se rejoindre, autant les services à privilégier, la situation concurrentielle et la pénétration de marché peuvent varier d’une caisse à l’autre.C’est pourquoi les caisses populaires seront de plus en plus invitées à se tracer des plans sur mesure.Dans certains cas, et pour une certaine période, des Caisses populaires Desjardins auront intérêt à se regrouper, à des degrés différents, pour réaliser des campagnes de communication communes.Dans d’autres cas, une caisse populaire Desjardins pourra se donner elle-même un programme de communication personnalisé.C’est pourquoi, la nouvelle campagne de publicité présente des caractéristiques de souplesse qui peuvent permettre à chaque caisse populaire ou à chaque regroupement de caisses populaires de s’adapter à leur marché et à leurs membres en vue de bien répondre aux besoins.* M.Moquin est responsable de la campagne de publicité au niveau de La Fédération.Les recherches et les enquêtes réalisées dans le secteur de la communication publicitaire nous permettent d’affirmer qu’il existe une non-différenciation des images publicitaires de l’ensemble des institutions financières dans la tête du consommateur.Pour nous différencier de la concurrence, il fallait trouver des moyens d’allure plutôt éclatante.C’est pourquoi nous avons accepté de consacrer une partie de nos énergies à nous faire reconnaître parmi tout le monde, à notre façon, en fonction de notre personnalité propre.La concurrence Le phénomène de la concurrence ne peut plus être ignoré.La naissance de la Banque Nationale du Canada — résultant de la fusion de la Banque Canadienne Nationale et de la Banque Provinciale du Ca-nade — est un exemple parmi d’autres.Cette banque disposera normalement de ressources qui lui permettront de s’afficher de façon combattive sur le marché québécois.Dans un contexte économique difficile et marqué par des hausses répétées des taux d’intérêt, on s’attend à ce que les banques consacrent de nouveaux capitaux à divers secteur de leur activité.C’est pourquoi, une vigilance accrue sera nécessaire en ce qui a trait à l’expansion des affaires des caisses populaires de façon à prévenir les mauvais coups par une meilleure connaissance de la réalité de chaque milieu.C’est ainsi que la communication publicitaire 1979-80 aura une allure plus dynamique sur le plan de la communication.D’ailleurs, ce genre de publicité a été demandé par la majorité des caisses populaires.L’importance du personnel de la Caisse populaire Desjardins Tout le monde est de plus en plus conscient que les services de la caisse populaire s’offrent principalement au guichet.Le contact entre la caissière ou le caissier et le membre donne l’image que projette la caisse populaire.Une attention toute spéciale devra être accordée à ce contact.C’est pourquoi la campagne de publicité qui s’amorce vise à dégager une fierté et un dynamisme qui devraient se répandre parmi l’ensemble du personnel de la Caisse populaire Desjardins.Une nouvelle orientation Les dirigeants du Mouvement des Caisses populaires Desjardins ont accepté une nouvelle orientation de la campagne annuelle de publicité.Les changements se feront sentir non seulement en ce qui a trait à l’aspect visuel de la campagne, mais surtout au niveau du genre d’action qui sera suggéré à la Caisse populaire Desjardins.Avant d’en préciser les détails, voici le cadre dans lequel s’est effectuée la mise en branle de cette campagne.21 À la suite d’enquêtes de marché, d’études sur les perceptions de la population et de consultations auprès des unions régionales et des caisses populaires, un document de base a été élaboré afin d’évaluer les besoins des caisses populaires en publicité.À partir de cette masse de renseignements, des objectifs de communication ont été arrêtés en collaboration avec l’agence Cosset-te Associés Communication Marketing.Voici les objectifs retenus: 1.Valoriser la force socio-économique actuelle que représente le Mouvement des Caisses populaires Desjardins et ses réalisations à tous les niveaux.22 Sous-objectif Affirmer la notion de propriété collective et inaliénable de la caisse populaire.2.Améliorer l’image de la caisse populaire par rapport à l’ensemble de ses services d’épargne et, particulièrement, de crédit.3.Faire connaître les services de la caisse populaire et en susciter l’utilisation.4.Mettre en valeur la compétence (rôle-conseil) du personnel de la caisse populaire.Les consultations ont ensuite ouvert la voie à une stratégie de communication qui s’appuiera solidement sur la réalité concrète de la caisse populaire.Cette stratégie de communication sera concentrée sur les éléments suivants: • démontrer l’engagement de la caisse populaire dans le développement socio-économique du milieu; • caractériser la caisse populaire; • s’appuyer sur le nom de la caisse populaire Desjardins.Enfin, munies d’un tel bagage, les autorités du Mouvement des Caisses populaires Desjardins ont jugé bon que l’ensemble de la campagne de communication soit axé sur une présence accrue et perceptible de la caisse populaire dans l’esprit des Québécois et dans la réalité québécoise.V * l«„\ Afin de traduire visuellement l’ensemble de ces préoccupations, des changements sensibles ont été apportés.Par exemple, la nouvelle signature publicitaire de cette année sera présentée de la façon suivante: « la caisse populaire (symbole) desjardins » De plus, un thème a été accepté pour la campagne « chapeau »: « PARLONS D’ARGENT ».Une campagne « chapeau » Pour atteindre les objectifs prédéterminés, deux campagnes différentes quant aux moyens utilisés conjugueront leurs effets: une campagne « chapeau » et une campagne décentralisée.La campagne « chapeau » a été élaborée afin de créer sur l’ensemble du territoire québécois une forte présence publicitaire de la caisse populaire, surtout à la télévision.Chacun sait en effet que la télévision est le média d’information le plus suivi par l’ensemble de notre population.Il fallait cependant trouver le moyen de faire ressortir le message publicitaire de la Caisse populaire Desjardins tant parmi ceux de l’ensemble des annonceurs que par rapport à ceux de nos concurrents.Il faut bien préciser que cette campagne « chapeau » a pour objectif d’appuyer les efforts de chacune des caisses populaires.¦' \ gm'i v il H! I Un message TV de 60 secondes a été produit en vue de montrer la présence concrète de la caisse populaire dans le milieu ainsi que l’impact réel de l’ensemble du Mouvement des Caisses populaires Desjardins sur la vie socio-économique du Québec.Une adaptation de 30 secondes de ce message a aussi été réalisée.Ce message plus bref servira vers le milieu de campagne, qui s’étalera sur 39 semaines; le message 60 secondes sera donc diffusé en deux périodes, soit au début de la campagne et au début de l’année 1980.A compter du 17 septembre, nous verrons ces messages au cours des émissions « Les grands films » etu r* J Ijr?àl 7 * kV Ml jr- .4 , «Mfe.ass ' -i, v i.^ wj ;ü et « La soirée du hockey » sur les ondes de Radio-Canada.Le réseau TVA en fera la diffusion au cours de l’automne, à l’occasion de deux séries spéciales, « L’holocauste » et une autre traitant du scandale du Watergate.L’épargne et le crédit font aussi chacun l’objet d’un message de 30 secondes pour la télévision.Ces messages ont pour objectif de créer une ambiance favorable à l’épargne ou au crédit.Ils seront diffusés par les unions régionales en fonction de la réalité de chaque région.Ils appuieront les campagnes de service qui se dérouleront sur chaque territoire.La production de ces quatre messages publicitaires a nécessité la participation de 37 figurants.La voix hors champ qu’on entendra dans chacun des messages est celle de Ronald France.La musique originale et éclatante est signée Bernard Scott.Campagne d’appui La campagne télévisée s’appuiera sur d’autres moyens de communication visuelle.Dès le 1er septembre, près de 200 panneaux-réclames, répartis sur l’ensemble du territoire du Québec, mis à part le Bas-St-Laurent et la Gaspésie, afficheront le thème de la campagne « Parlons d’argent ».Le deuxième mois de cette minicampagne verra apparaître la signature publicitaire « la caisse populaire Desjardins ».Une affiche institutionnelle sera également disponible.Elle démontrera par un texte sobre la « réalité Desjardins » à l’intérieur de la caisse populaire.Enfin, au cours des cinq semaines suivant le 17 septembre, une campagne présentera dans les principaux quotidien du Québec une adaptation du texte de l’affiche institutionnelle.Le message Inter-Caisses L’Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins a accepté de reprendre le message TV de 30 secondes sur Inter-Caisses et de le modifier légèrement en vue de l’adapter aux nouvelles caractéristiques du service.Notons que tout le visuel sur l’envolée des livrets sera conservé.La campagne « Outils » Des efforts majeurs de mise en marché seront suggérés à la caisse populaire.Parallèlement, de nombreux outils sont mis au point pour aider la caisse populaire à offrir certains services d’une façon dynamique.Les services privilégiés au début de la présente campagne seront: • l’épargne stable et l’épargne à terme, • le placement-boni, • l’épargne-logement, • F épargne-retraite, • le prêt personnel, • le prêt hypothécaire et • le placement-assurance Chacun de ces services comportera un « coffre d’outils », c’est-à-dire un ensemble de moyens et de suggestions de communication.Chaque union régionale dispose de toute l’information pertinente en fonction de la réalité de son milieu.Sur le plan des moyens, il faut s’attendre à voir apparaître les moyens traditionnels comme: • le dépliant, • l’affiche,- • le carton-encart, • la carte-comptoir, • l’annonce-journal et • le scénario pour la radio.En somme, chaque caisse populaire pourra disposer d’un « coffre d’outils » bien garni pour lui permettre de travailler à la mise en marché de ses services de façon efficace.23 DO CL MENT LA COOPÉRATION AU QUÉBEC ET DANS LE TIERS-MONDE: des interrelations par Gabrielle Lachance* Le Mouvement des Caisses populaires Desjardins entretient, depuis quelques années déjà, des relations d’aide au développement coopératif avec divers pays du Tiers-Monde.Le présent document retrace globalement le contexte dans lequel s’est organisée la coopération dans les pays en voie de développement.Il situe également les programmes des organismes canadiens et québécois qui se préoccupent d’améliorer, par la coopération, la situation de populations défavorisées.De plus, ce document relève certains traits de similitude entre l’expérience coopérative québécoise et celle que s’apprêtent à vivre de nombreux peuples du Tiers-Monde.* Mlle Lachance est sociologue à la Direction de la recherche de la FQCPD. I Le développement coopératif au Tiers-Monde A" .>• " - * -• -.Historique On sait que plusieurs peuples du Tiers-Monde ont connu un système économique s’apparentant au socialisme et jusqu’à un certain point au coopératisme.Le partage, l’entraide sont des vertus qu’ils connaissent et pratiquent.Toutefois, les expériences coopératives telles que réalisées par les Pionniers de Rochdale ne sont apparues qu’après le premier quart du siècle et se sont multipliées surtout depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.Curieusement, l’Alliance coopérative internationale (A.C.I.), fondée en 1895 et dont un des objectifs actuels est de fournir « aux pays du tiers-monde une aide technique, nécessaire pour le développement de coopératives dans ces pays »', ne peut revendiquer les premiers contacts avec ces régions.C’est au Bureau international du travail (B.I.T.) que revient une telle initiative.En effet, après avoir institué, en 1921, un Service à la coopération « afin de promouvoir la coopération à travers le monde »2, cette agence ouvrait, dans les années ’30, un « front coopératif en direction des pays sous-développés, dits encore « colonies », avec les études de M.Colombain ou de Strickland »3.Après le deuxième conflit mondial, son action s’est intensifiée de sorte qu’aujourd’hui le B.I.T.compte à son crédit maintes « expertises, missions, contributions diverses dans les chantiers coopératifs ouverts en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, sans oublier les contributions pédagogiques »4.L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (F.A.O.) a été la deuxième agence internationale à s’ouvrir à la formule coopérative dans les pays du Tiers-Monde.« Ses recommandations coopératives datent de sa conférence préliminaire (à Hot Springs, en 1943).Mais c’est en 1947 qu’un instrument d’action est venu équiper ces recommandations sous la forme d’une division de la vie rurale à laquelle un objectif coopératif était assigné comme objectif prioritaire »5.Depuis, l’action coopérative de la F.A.O.est remarquable et s’étend à divers secteurs: missions techniques, campagnes de formation coopérative continue, publications d’instruments de formation et d’information, envoi d’experts, etc.L’A.C.I.n’a démarré son action vers les pays du Tiers-Monde qu’après la deuxième grande guerre.Lors du congrès tenu à Zurich en 1946, elle a noué des relations avec l’O.N.U.et ses agences spécialisées, B.I.T., F.A.O., U.N.E.S.C.O., qui ont accepté de fournir une « assistance technique nécessaire à l’implantation d’une économie coopérative dans les régions en voie de développement »6.En 1948, au congrès de Prague, on constate malheureusement que la coopération à l’échelle mondiale est plus un dire qu’un faire à l’A.C.I.Ce n’est qu’en 1954 que le dossier s’ouvre effectivement sur les pays du Tiers-Monde.« Trois ans après, au congrès de Stockholm, pas moins de trois mémoires étaient présentés sur le « développement de la coopération dans les pays moins développés », tandis qu’un quatrième rendait compte d’une tournée missionnaire en Asie du Sud-Est »7.En 1966, à Vienne, l’A.C.L, au moment de réviser les principes coopératifs, ajoutait celui de l’in-tercoopération non seulement à l’échelle locale et nationale mais aussi à l’échelle internationale.Depuis les années ’50, les diverses agences internationales précitées ainsi que la Fédération internationale des producteurs agricoles (FTP.A.), apparue en 1946, joignent leurs efforts pour « promou- 25 voir l’idéologie et les méthodes coopératives dans les pays insuffisamment développés »8.Malgré tout, on constate aujourd’hui que le développement coopératif est surtout l’affaire des pays globalement développés.Les pays sous-développés ont encore un très bas niveau de développement coopératif.Le secteur agricole et celui du crédit sont ceux qui ont été privilégiés.Arrière-plan social et économique Si l’économie coopérative a pris tant de temps à se développer dans les pays du Tiers-Monde, c’est probablement parce qu’ils ont été maintenus sous domination étrangère.On sait que les métropoles avaient davantage en vue les intérêts économiques qu’elles pouvaient tirer de leurs colonies que le développement humain et social des peuples conquis.Le véritable essor coopératif au Tiers-Monde s’est fait, comme on l’a mentionné précédemment, après la deuxième guerre mondiale.A ce moment, les anciennes colonies européennes en Asie et en Afrique ont acquis les unes après les autres l’indépendance politique.Toutefois, malgré la décolonisation, les métro-pies ont réussi à garder la mainmise sur l’économie interne des pays nouvellement affranchis.Cette économie est précaire, étant basée sur l’extraction et l’exportation de matières premières; de plus, elle demeure artificielle, car l’aire de développement qu’elle crée n’est pas intégrée au pays, mais est plu-26 tôt rattachée à l’économie du centre.C’est également depuis 1945 que les pays en voie de développement multiplient leurs revendications sur la scène internationale.Timides au début, ils ont pris de plus en plus d’assurance.Après l’indépendance politique, ils ont revendiqué l’émancipation économique, qui seule peut garantir la souveraineté effective d’une nation.Or, cette émancipation ne peut être acquise sans des structures économiques justes, assurant une répartition équitable des richesses entre tous les membres de la communauté.Les structures économiques et politiques de l’époque coloniale ont conduit à un ordre social injuste et à l’acculturation des peuples autochtones.En fait, les coopératives se développent dans des pays décolonisés qui, d’une part, craignent l’économie capitaliste parce qu’elle risque fort de les maintenir dans la périphérie et donc dans le sous-développement et, d’autre part, voient dans le communisme soviétique une menace d’assujetissement.C’est pourquoi, aux modèles capitalistes et communistes européens, ces pays préfèrent un modèle de développement économique qui laisse s’affirmer la personnalité propre à leur collectivité et assure leur indépendance politique et économique.Le système coopératif, à cet égard, se présente à eux comme une possibilité de prise en charge de soi, de « self help » et, par le fait même, comme une source de renforcement de l’affirmation nationale.Les pays du Tiers-Monde ont d’autres caractéristiques qui peuvent influencer le genre de développement coopératif qu’ils privilégient.Ainsi, ce sont des pays agricoles à 80% et dont l’agriculture est généralement pratiquée de façon traditionnelle, sauf pour les grandes plantations commerciales, qui sont ordinairement possédées par les firmes capitalistes.Enfin, dans ces pays, en raison de la grande pauvreté et souvent de la misère dans laquelle se trouve le petit peuple, les services gouvernementaux aident, dans bien des cas, au développement de la coopération afin de stimuler l’effort personnel et d’encourager les initiatives locales.Bilan des expériences coopératives au Tiers-Monde L’ensemble des réalisations coopératives au Tiers-Monde reste marginal.Il semble qu’il faille arriver à un minimum de développement, ou si l’on veut, il faut être sorti des ornières du sous-développement pour être en mesure de réaliser de façon valable et durable des expériences coopératives.Car, comme quelqu’un l’a déjà souligné si justement, si la coopération engendre le développement, le sous-développement maintient la sous-coopération.Il a été mentionné antérieurement le rôle prépondérant de l’État dans plusieurs pays du Tiers-Monde.Or, tant que l’État s’en tient à un rôle de guide et d’éducateur, son intervention est recommandable, mais il lui arrive trop souvent de passer au rôle d’acteur et de promoteur, empêchant ainsi le volontariat qui est à la base même du projet coopératif.Il semble que les agences internationales remplissent auprès du Tiers-Monde le rôle que les élites cléricales et professionnelles ont joué pour le lancement du mouvement coopératif au Québec.La formation d’élites locales n’est pas terminée et l’étape des initiatives venant du peuple semble encore lointaine.Passé colonial, économie non intégrée, régimes souvent totalitaires, agriculture traditionnelle, pauvreté et misère de 80% de la population: voilà autant de facteurs qui rendent le développement coopératif plus lent dans les pays du Tiers-Monde.Pour suppléer à ces carences, il faudrait un effort beaucoup plus considérable des systèmes coopératifs des pays développés vers les pays en voie de développement.L’intercoopération à l’échelle internationale prendrait alors un dynamisme nouveau et contribuerait à l’avènement d’un monde coopératif.L\mNSŒ II L’inter- coopération Québec- Tiers-Monde Historique C’est le Québec missionnaire qui a été à l’origine des relations du Québec avec les pays du Tiers-Monde.9 Déjà, au siècle dernier, un certain nombre de missionnaires s’étaient établis dans quelques pays sous-développés mais c’est surtout après la Grande Guerre qu’un véritable essor a été donné et que la présence des missionnaires est devenue impressionnante en Amérique latine, en Afrique, en Asie et en Océanie.En 1977, il y avait 4 447 missionnaires canadiens oeuvrant à l’extérieur du pays et, de ce nombre, plus de 90% provenaient du Québec.Depuis 1960, des organismes non gouvernementaux de coopération internationale ont fait leur apparition et ont assuré une présence non négligeable dans divers pays du Tiers-Monde.Alors qu’ils n’étaient que sept avant 1960, ils dépassent présentement la soixantaine.Du côté gouvernemental, les premiers contacts avec les pays en voie de développement datent de 1965 seulement.Cette année-là, « le ministère de l’Éducation négociait avec l’Agence canadienne de développement international la prise en charge financière par le Québec de ses enseignants en Afrique »10.Aujourd’hui, le Québec participe à plusieurs missions dans des pays de l’Afrique francophone ou du Commonwealth et commence à s’ouvrir à l’Amérique latine, à l’Asie et à l’Océanie.Mais son terrain privilégié d’intervention demeure l’Afrique francophone.Une question se pose; le mouvement coopératif a-t-il une place dans toute cette activité réalisée dans et avec les pays du Tiers-Monde, soit par l’intermédiaire des organismes publics ou grâce à l’initiative des organismes privés d’origine religieuse ou séculière?Réalisations coopératives • Secteur public L’histoire de la coopération québécoise au niveau gouvernemental s’est déroulée principalement dans le secteur de l’enseignement pour des raisons politiques: l’éducation est un domaine de juridiction provinciale.Ce secteur est encore privilégié aujourd’hui, bien qu’il ne soit pas exclusif.Ce n’est que le 7 juin dernier que le Gouvernement du Québec, par l’entremise du ministère des Affaires intergouvemementales, a signé une convention concernant la subvention d’un premier projet de type coopératif.Il s’agit d’une contribution de $110,000 destinée à l’implantation d’un Centre de formation en techniques coopératives à Panama.11 Une autre voie s’ouvre à l’activité gouvernementale: l’Agence de coopération culturelle et technique.Une des actions prévues par cette dernière est l’envoi, en septembre, de personnel du Ministère des consommateurs, Coopératives et Institutions financières en Haïti afin d’aider à la formation d’une coopérative de taxis.D’autres actions sur le plan coopératif sont entrevues et devraient être réalisées d’ici quelques mois.27 • Secteur privé Parmi les organismes non gouvernementaux, on en relève six qui ont une action bien spécifique dans le domaine coopératif.Le Plan Nagua.Promeut des projets de type coopératif qui s’autofinancent le plus souvent après un certain temps.Il s’intéresse à l’organisation de coopératives d’épargne et de crédit ainsi que de coopératives agricoles en République Dominicaine et en Haïti.Projets Béthel.Cet organisme s’occupe d’une coopérative de production agricole à Bethel, au Lesotho.Le projet rejoint 210 coopérateurs et quelque 800 cultivateurs des alentours, de sorte que près de 5 000 personnes se trouvent directement touchées par le projet (une famille comptant 5 membres en moyenne).Les principaux objectifs du projet sont de faire fonctionner la coopérative de façon autonome et d’en arriver, à long terme, à l’autosuffisance alimentaire de la région.Opération Haute-Volta voit à la réalisation d’un programme intégré de développement rural du Centre-Est de la Haute-Volta.Ce projet touche directement plus de 300,000 habitants et vise au développement adapté des diverses formes de culture.Quelques Rallyes Tiers-Monde et des Clubs 4-H participent au financement du projet, qui fut élaboré par la C.I.D.R.Le projet vise aussi, entre autres, à la création d’organismes coopératifs, dont des 28 caisses d’épargne et de crédit.La Compagnie internationale de développement régional (C.I.D.R.) Cette compagnie est membre de la grande famille Desjardins, puisque le Mouvement en possède majoritairement les actions.C’est l’agent d’execution des projets de développement du Service international du Conseil de la Coopération du Québec et de la Direction des activités internationales de la Fédération.« La Compagnie est surtout active dans le domaine agricole.Elle contribue à l’établissement de coopératives de tout genre.»12 Elle étend ses activités principalement en Afrique francophone et en Amérique latine.Le Service international du Conseil de la Coopération du Québec, « dans l’esprit des dirigeants du mouvement coopératif québécois, devait devenir l’interlocuteur privilégié auprès des agences gouvernementales ou para-gouvernementales en ce qui concerne l’aide que le mouvement coopératif québécois peut apporter aux mouvements coopératifs du Tiers-Monde et particulièrement du Tiers-Monde francophone»13.Les priorités actuelles du Service international, « compte tenu des moyens financiers et des ressources humaines disponibles et en fonction des expériences déjà réalisées » sont, en ce qui concerne l’aide aux coopératives du tiers-monde: • sur le plan géographique, l’Afrique francophone et l’Amérique latine; • sur le plan des secteurs coopératifs: l’agro-alimentaire, les pêcheries, le logement, l’épargne et le crédit.i ^ • ] ü -%.» I -, - 4f.‘fr' ' ! «6^ lùM:-; ¦ -y.-;- - .h La Direction des activités internationales de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, en plus d’accueillir des visiteurs en provenance du Tiers-Monde et d’organiser des stages de formation pour les gens de ces pays, s’occupe de la réalisation de projets financés par l’Agence canadienne de développement international (A.C.D.I.).Ces projets ont pour but l’établissement de coopératives d’épargne et de crédit en Afrique francophone.Ainsi, par le truchement de cette direction, la Fédération participe, depuis cinq ans, à un vaste programme permettant de fournir les services de conseillers en épargne et crédit plus particulièrement au Cameroun, en Haute-Volta et au Zaïre.L’exécution en est confiée à la C.I.D.R.Dans le cadre du même projet, des homologues et des cadres africains sont engagés et formés en vue de l’implantation de caisses d’épargne.14 Tout en ne se spécialisant pas dans le domaine coopératif, deux organismes non gouvernementaux de coopération internationale subventionnent plusieurs projets de ce genre.et Développement et Paix a permis la réalisation de 330 projets de développement socio-économique dans 56 pays en 1974-75.Au sujet des organismes coopératifs, le rapport financier nous indique que: « Les mouvements coopératifs sont de plus en plus nombreux et diversifiés.Ils ne caractérisent aucune société en particulier, puisqu’on les retrouve dans les milieux ruraux et les centres urbains.Dans les deux types de sociétés, les mouvements coopératifs sont l’expression d’un même besoin: celui de regrouper, de collaborer, d’unifier ses actions et de lutter aussi contre l’isolement.De nombreuses coopératives naissent tous les jours, dans tous les pays du monde: coopératives agricoles, coopératives d’artisanat, coopératives d’électricité, etc.».Dans un autre rapport, on donne comme exemple le développement de coopératives de santé en Corée du Sud.Un dépliant d’information nomme, parmi les projets acceptés, des coopératives de pêche, de production et d’épargne.On peut donc déduire de tout cela que plusieurs projets coopératifs sont mis sur pied grâce à l’aide de cet organisme.Le Service Universitaire Canadien Outre-mer (SUCO) s’intéresse beaucoup à la formule coopérative.Dans Suco-Média, vol.6, no 1 (février 1977), plusieurs projets coopératifs sont inscrits dans le cadre des activités SUCO: une coopérative de pêche au Sénégal; des coopératives agricoles en Haute-Volta, une coopérative artisanale pour handicapés et une coopérative de tisserands au Togo, une coopérative maraîchère au Mali, une coopérative d’agriculture au Burundi, une coopérative de confection (échange Tricofil) au Rwanda, et une coopérative forestière en Colombie.k T v S*' Vv f .' J V ¦- ¦*; ; ¦ -s.V- SP * * '*-* *6?Bilan des expériences d’intercoopération Il est un peu tôt pour faire le bilan des expériences d’intercoopération Québec/Tiers-Monde car ces dernières ne datent que de quelques années.C’est le temps qui dira si le modèle coopératif a été à la mesure des besoins du Tiers-Monde.Toutefois, il est permis de supposer qu’elles seront généralement positives.Et cela, parce que si les réalisations coopératives au Tiers-Monde sont variées, elles restent concentrées dans deux secteurs: le secteur agricole et celui de l’épargne et du crédit.Or, si les coopératives ont vu le jour dans des pays en voie d’industrialisation rapide et pour lutter contre les situations économiques injustes créées par le capitalisme d’alors, le Québec s’est ouvert à la formule coopérative dans le milieu rural et pour prendre en main sa propre destinée par le biais des coopératives d’épargne et de crédit.On sait que les pays du Tiers-Monde sont à 80% de formation rurale; la plupart subissent encore l’emprise économique des métropoles européennes ou des firmes multinationales du monde capitaliste.Il semble donc que le développement du mouvement coopératif dans ces pays se fera, non pas d’après le modèle européen, c’est-à-dire dans les villes d’abord et dans les secteurs de la production et de la consommation, mais plutôt selon le modèle québécois, c’est-à-dire, dans le milieu rural et pour se donner d’abord une certaine autonomie économique; d’où l’importance des coopératives agricoles, de celles d’épargne et de crédit et de la formation de leaders locaux.Les antécédents du coopératisme québécois permettent donc d’espérer que l’expérience d’intercoopération Québec/Tiers-Monde sera à la hauteur des aspirations de ses promoteurs actuels.29 'a ¦-*«w Conclusion À partir des expériences réalisées dans les pays du Tiers-Monde, on peut avancer que le modèle coopératif s’est révélé une arme efficace contre le sous-développement et cela, parce qu’il fait appel à la participation effective des populations auxquelles il s’adresse.En effet, un développement réel ne saurait être assuré sans le support des masses populaires.La coopération est donc un important facteur de développement socio-économique et représente, à cet égard, un instrument non négligeable pour le relèvement des populations défavorisées.Si les organismes gouvernementaux, dans leurs efforts d’entraide économique, s’attaquent aux grands projets et à la mise en place d’infrastructures économiques avec l’aide des grandes firmes, les coopératives, en tant qu’organismes non gouvernementaux, visent d’abord et avant tout les micro-réalisations et le petit peuple, seuls supports valables des initiatives gouvernementales.De plus, la coopérative d’ici peut se mettre en relation directe avec la coopérative du Tiers-Monde, avantage immense qui n’est pas le lot des organismes gouvernementaux, et qui assure une réponse plus adéquate aux besoins des 30 populations visées.Il est intéressant de noter que, lors de la rencontre internationale des institutions coopératives d’épargne et de crédit, tenue à Montréal au mois d’octobre 1975, des participants du Tiers-Monde ont fait valoir des points de vue susceptibles d’aider à évaluer l’action passée et présente du Québec coopératif dans ces régions.Ainsi, E.H.Martinez exprimait l’opinion que, en Amérique latine, contrairement à ce qui avait été fait, les coopératives devaient se développer d’abord en milieu rural et dans le secteur de la production pour ensuite s’étendre aux zones urbaines.15 Du côté de l’Afrique, J.Zoa a insisté sur « la primauté à donner à la coopération d’épargne et de crédit », cette dernière étant probablement la meilleure à implanter en raison du rôle qu’elle peut jouer auprès des masses comme agent d’éducation pour la monétarisation de l’économie.Avec d’autres concitoyens, il a également insisté pour que l’Afrique trouve son propre modèle, à partir des principes coopératifs, valables universellement mais applicables de façon variée et adaptée d’un pays à l’autre.« Pourquoi ne voulez-vous pas que nous, Africains, fassions nos propres expériences?» a demandé A.P.M.Amedegnado.16 Un autre point a été souligné: l’éducation et l’autogestion liées au phénomène coopératif et répondant au besoin d’affirmation des pays en voie de développement.« En fait, nos pays sont essentiellement dépendants de l’aide étrangère et il est bon de souligner cette volonté, même si elle est très modeste, de vouloir participer soi-même au projet.»17 On réalise donc que le Québec coopératif, avec son expérience passée tant dans le domaine agricole que dans celui de l’épargne et du crédit, peut s’avérer un partenaire privilégié pour les pays de l’Afrique francophone et de l’Amérique latine, à une condition toutefois: c’est qu’il respecte les valeurs traditionnelles de ces populations et se fasse un guide éclairé mais attentif à laisser les leaders locaux trouver avec les leurs un modèle adapté à leurs besoins, à leur milieu et à leur culture.Références 1.COOP-OOl L'histoire et la géo-démographie.Université du Québec, Télé-Université, 1978, p.18.2.DAVIDOVIC, Georges Vers un monde coopératif.Montmagny, Éditions du Jour, 1975, p.122.3.DESROCHE, Henri Le projet coopératif.Coll.« Développement et Civilisations », Paris, Éditions Économie et Humanisme, Les Éditions ouvrières, 1976, p.104.4.Ibid., p.104.5.Ibid., p.105.6.DAVIDOVIC, George Op.cit.p.124.7.DESROCHE, Henri Op.cit, p.109.8.DESROCHE, Henri Op.cit, p.107.9.Voir: Paul Gérin-Lajoie, dans Compte à rebours pour la survie, document inédit, ch.X: « Vingt-deux millions de coopérants ».Voir aussi: GROULX, Lionel Le Canada français missionnaire; une autre grande aventure.Montréal, Fides, 1962.532 p.10.BEAUDOIN, Louise « Origines et développement du rôle international du gouvernement du Québec », dans Le Canada et le Québec sur la scène internationale, sous la direction de Paul Painchaud.C.Q.R.I., Montréal, Les Presses de l’Université du Québec, 1977.p.463.11.GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Ministère des Affaires intergouvemementales, Communiqué de presse no 50, le 4 juin 1979.12.Répertoire des O.N.G.(Organismes non gouvernementaux), p.48.13.Bref historique et fonctions du service international au Conseil de la Coopération du Québec.14.Voir à ce sujet: Le journal Ensemble, vol.25, no 1 (le 2 janvier 1978).15.Voir à ce sujet: Les Institutions coopératives d'épargne et de crédit dans le développement économique et social, Actes de la rencontre internationale de Montréal, 5-6-7 octobre 1975, Lévis, la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, août 1976, p.423.16.Ibid., p.431.17.Ibid., p.436. LES PRÊTS industriels et commerciaux Dans le but de répondre à une interrogation fréquente concernant l’engagement financier des Caisses populaires Desjardins dans le développement industriel et commercial, nous avons rencontré les directeurs des services financiers des Unions régionales de Québec et de Montréal, messieurs Jacques Bertrand et Gilles Lafleur, pour connaître les positions des deux organismes sur la question.Entrevue avec monsieur Jacques Bertrand, U.R.Q.par Michel Rompré R.D.Quelle est actuellement la position de l’Union régionale de Québec au sujet des prêts industriels et commerciaux?J.B.Avant de répondre à cette question, il faut préciser que l’Union régionale existe pour ses membres qui sont les Caisses populaires qui lui sont affiliées.La position de l’Union régionale nous vient de décisions prises, ou à prendre, par le Conseil d’administration de l’Union qui, jusqu’à ce jour, a voulu que les sommes d’argent disponibles à l’Union servent à l’amélioration des titres de liquidité primaire et secondaire, afin de satisfaire le plus rapidement possible aux normes décrétées par la Fédération.Les prêts consentis à des non-membres sont considérés comme des placements et, à ce titre, ils doivent être autorisés par le Conseil d’administration de l’Union régionale.R.D.Quelle proportion du portefeuille de prêts de l’URQ est actuellement affectée à ce secteur?J.B.Dans le domaine des prêts industriels et commerciaux, l’URQ, comme telle, possède actuellement des « placements » pour une valeur de $1.5 million sur un portefeuille de prêts d’environ $100 millions.Cependant, si l’on conclut les prêts aux coopératives dans ce portefeuille, la situation change passablement.Au $1.5 million dont j’ai parlé précédemment, il faut ajouter $8.5 millions, ce qui porte notre portefeuille de prêts commerciaux et industriels à un total de $10 millions, soit environ 10% de l’ensemble des prêts consentis par l’URQ.R.D.Dans quel sens la situation du prêt commercial et industriel évolue-t-elle dans votre union?J.B.Le Conseil d’administration maintient son orientation et n’a pas l’intention, du moins à court terme, de consacrer des sommes plus importantes aux prêts industriels et commerciaux; il préfère laisser l’initiative aux caisses populaires.Ce n’est pas notre rôle d’entrer en compétition avec elles.En autant qu’elles ont des disponibilités pour consentir des prêts, l’Union régionale les assiste sur le plan de l’analyse financière.Notre division de crédit emploie des professionnels de l’analyse financière qui effectuent le travail pour les caisses populaires.Lorsque le résultat de l’analyse s’avère négatif, nous devons motiver notre recommandation de refuser le prêt.D’autre part, une autorisation peut être assortie de certaines conditions qui doivent normalement être respectées par la caisse populaire.31 R.D.Au point de vue de la rentabilité, comment le prêt industriel et commercial se compare-t-il aux autres formes de prêts ou de placements que peut effectuer votre union?J.B.Dans ce domaine, il est évident que les taux sont très intéressants puisqu’ils sont basés sur le taux préférentiel auquel on ajoute un pourcentage qui varie selon la situation financière de l’entreprise qui emprunte.Pour le commerce et l’industrie, il existe principalement deux formes de prêts.Celui qui est le plus souvent utilisé est le prêt garanti par un nantissement commercial.Habituellement, la garantie est constituée par de l’équipement que l’emprunteur possède déjà.L’autre type de prêt est la marge de crédit.Celle-ci a un taux fluctuant basé sur le taux préférentiel tel que je vous le décrivais tout à l’heure.Ce taux assure à la caisse un écart bénéficiaire assez permanent, presque fixe, pour les prêts consentis sous cette forme.Par exemple, si une caisse populaire avait la chance de consentir des prêts commerciaux ou industriels, sur marge de crédit, pour un montant sensiblement égal à celui qu’elle accepte en épargne stable, elle aussi à un taux fluctuant, elle s’assurerait un écart bénéficiaire sur la totalité des sommes confiées à ce poste.R.D.Pourriez-vous nous fournir une estimation du volume de prêts commerciaux et industriels consentis par les caisses populaires affiliées à l’URQ?J.B.Il n’est pas possible de connaître ce volume de façon rigoureusement exacte.Cependant, les caisses populaires ont une limite de prêts autorisée par leur assemblée générale.Au-delà de cette limite, elles doivent nécessairement, en vertu des règlements, obtenir l’assentiment de l’Union régionale.On peut donc se baser sur les autorisations que nous avons accordées pour vous donner une idée du volume de ces prêts.En 1977, l’URQ a autorisé pour $100 millions de prêts; le chiffre de 1978 se situe à $105 millions et nous croyons atteindre $130 millions en 1979.Ces prêts sont consentis à des organismes très divers comme les municipalités, les commissions scolaires, les coopératives, les compagnies incorporées et même des individus.Ils sont répartis entre plusieurs catégories: hypothèques sur des commerces, des industries et des édifices à logements multiples; contrats de crédit variable; prêts sur reconnaissance de dette.Une moyenne de 1500 et 1600 prêts industriels et commerciaux ont été consentis par les caisses populaires de l’URQ en 1977 et en 1978.32 R.D.Pensez-vous que les caisses populaires Desjardins devraient s’engager davantage dans ce domaine ou si au contraire, les unions régionales seules devraient le faire?J.B.En 1971, les caisses populaires de l’Union régionale de Québec ont commencé de façon timide à s’engager dans le domaine du prêt industriel et commercial.Certaines d’entre elles possédaient les ressources humaines pour s’occuper de ce genre de prêt qui est totalement différent du prêt personnel à la consommation et du prêt hypothécaire courant.Le dossier d’un prêt commercial est vivant, on doit le consulter tous les jours pour être en mesure de le suivre.Avec le temps, l’URQ s’est dotée d’un service de crédit, ce qui a encouragé les caisses à accroître le leur et à consulter régulièrement l’Union régionale.Ce mouvement a fait boule de neige de sorte que maintenant on peut parler d’une activité assez intense dans ce domaine.Je crois qu’avec la baisse des normes de liquidité, les caisses populaires vont s’engager plus avant et plus rapidement dans le crédit industriel et commercial.La majorité de nos caisses sont maintenant prêtes pour ce genre d’opération.Par ailleurs, nous avons déjà trois professionnels qui s’occupent de ce secteur, nous en aurons quatre en novembre.Nous serons donc en mesure de répondre à toutes les demandes d’analyse financière provenant des caisses de notre territoire.De plus, nous entreprendrons bientôt un programme de formation en crédit commercial et industriel pour le personnel affecté au crédit dans nos caisses populaires. \\ Z2 Wi A .I: .-•TTK I: R.D.Comment voyez-vous le rôle du Crédit Industriel Desjardins et des autres Institutions du MCPD par rapport à celui des unions régionales et des caisses populaires dans ce domaine?J.B.Nous avons comme principe de laisser la caisse populaire qui a des disponibilités consentir elle-même les prêts dans son milieu.Par contre, si la demande de prêt dépasse les possibilités financières d’une caisse, il nous fait plaisir de confier le dossier à l’une ou à l’autre des Institutions du Mouvement des Caisses populaires Desjardins, selon le genre de prêt dont il est question.Par exemple, si une entreprise veut faire un emprunt, nous nous adressons au CID, si elle recherche du capital nous acheminons le dossier à la Société d’investissement Desjardins (SID); lorsqu’il s’agit d’un prêt hypothécaire élevé, nous faisons appel à la Fiducie du Québec, à l’A.-V.D.ou à La Sauvegarde.Les institutions du MCPD constituent un support très intéressant pour les caisses populaires et nous nous en servons fréquemment.R.D.La nouvelle Caisse centrale Desjardins du Québec pourrait-elle éventuellement constituer un concurrent dans ce domaine?J.B.Il est certain que ses pouvoirs sont très étendus.Mais son rôle principal sera d’assurer une liquidité pour fins de compensation pour l’ensemble des Unions régionales.Pour ce faire, elle disposera de sommes assez importantes provenant des Unions régionales.Cependant, il est probable qu’elle réussira à se procurer des capitaux ailleurs, si bien qu’elle pourrait devenir, non pas un concurrent, mais un complément pour les caisses populaires dans des prêts importants qui ne cadreraient pas avec ceux normalement consentis par elles ou par les Unions régionales.R.D.Croyez-vous qu’il serait souhaitable que le MCPD dans son ensemble s’engage plus à fond dans ce domaine?J.B.Il semble bien que tel ait été le souhait du dernier congrès du MCPD.Maintenant que la majorité des Unions régionales sont bien organisées pour répondre aux besoins des caisses populaires dans ce domaine, on peut s’attendre à ce que le prêt commercial et industriel devienne une partie importante de leur portefeuille de prêts.Bien sûr des adaptations locales ou régionales seront nécessaires; j’imagine que l’Union régionale de Gaspé donnera la priorité au secteur de la pêche, que les Unions régionales de Joliette et de St-Hya-cinthe accorderont la plus grande importance au secteur agricole et ainsi de suite.Sur notre territoire, nous avons maintenant deux SODEQ dans lesquelles nous sommes engagés financièrement Il ne fait donc pas de doute que nous accroîtrons notre participation au développement régional; nous tenons déjà une place très importante sur le plan local et nous nous dirigeons vers une présence financière accrue à tous les niveaux.33 Entrevue avec M.Gilles Lafleur, U par Hélène Matte R.D.Quelle est actuellement la position de l’Union régionale de Montréal au sujet des prêts industriels et commerciaux?G.L.L’Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins s’est donnée comme objectif de développer ce genre de prêts sans nuire, toutefois, aux autres formes de prêt.C’est un secteur que nos Caisses populaires ont intérêt à développer, car dans beaucoup de cas les industries et les commerces ont un caractère local et les propriétaires sont déjà membres de la Caisse populaire.Pourquoi faudrait-il, parce qu’ils sont en affaires, qu’ils soient obligés d’effectuer leurs transactions ailleurs?Pour les Caisses populaires, ce type de prêt constitue un bon moyen de diversifier leur portefeuille tout en répondant à un besoin et possiblement une façon de récupérer des comptes perdus au profit d’autres institutions financières.Quand on parle de prêt commercial et industriel, il convient d’apporter certaines précisions, car il en existe une multitude de formes.Par exemple, on peut considérer le prêt agricole, le prêt hypothécaire commercial, le prêt hypothécaire semi-commercial (édifices à logements multiples), le prêt sur nantissement, le prêt sur marge de crédit ei le prêt institutionnel comme étant tous des prêts à caractère industriel ou commercial.Pour assister nos Caisses populaires dans ce domaine, nous avons mis en place, une équipe de conseillers techniques et financiers.R.D.Est-ce que l’initiative dans ce domaine provient des Caisses populaires?Oui cette initiative est venue de Caisses populaires qui faisaient face à des besoins financiers nouveaux pour elles et qu’elles n’étaient généralement pas en mesure de traiter à cause du manque d’expérience dans ce secteur et des risques particuliers qu’il comporte.L’Union a élaboré un dossier de crédit commercial qui fournit aux Caisses populaires les principaux éléments pour évaluer ce genre de prêts.Un nouveau mode de formation, par des présentations aux directeurs de Caisses populaires, a aussi été amorcé et d’autres initiatives de ce genre devront être continuées.De plus, à partir de 1976, l’URM a mis à la disposition de ses Caisses populaires affiliées les services d’analystes de crédit dont le rôle est d’étudier les demandes de prêts qui dépassent les limites autorisées par les règlements.Cette disposition s’applique lorsque les demandes dépassent $100,000 dans le cas de prêts hypothécaires et $25,000 pour le crédit commercial ou industriel.L’Union régionale a donc un rôle très important dans ce domaine, puisqu’elle fournit une bonne partie de l’expertise et qu’elle peut dispenser la formation dont les Caisses ont besoin.R.M.RI R.D.Quelle proportion du portefeuille de prêts de l’URM est actuellement affectée à ce secteur?G.L.Il est difficile de donner des statistiques sur la partie du portefeuille de l’URM affectée à de tels prêts.Nous administrons un fonds de dépôts à terme qui totalise environ $100 millions et dont l’administration est globale.Notre premier objectif dans l’administration de ce fonds est de favoriser les Caisses populaires d’abord.Donc, cet argent est destiné avant tout à nos Caisses populaires.Il ne nous est pas possible de savoir quelle proportion de de cet argent elles utilisent pour des prêts de ce genre.Une autre partie de ce fonds sert à faire des prêts aux coopératives après quoi, selon les disponibilités, nous desservons les organismes publics ou communautaires.À la suite de la mise en place de la politique de crédit commercial, l’URM s’est fixé une autre priorité qui est celle du financement agricole.Le « Plan Vert », créé depuis peu de temps, connaît déjà un succès considérable.Les statistiques les plus récentes nous montrent que nos Caisses populaires ont engagé ou prêté $26 millions dans le cadre de ce programme.D’ailleurs l’Union régionale avait mis une somme de $15 millions à la disposition des Caisses populaires afin de leur permettre de faire face à la demande de financement agricole; de cette somme, $1.7 millions seulement a été utilisé.Cela démontre que les Caisses populaires sont souvent en mesure de répondre elles-mêmes à cette demande, surtout en période de baisse du taux de liquidité.Elles disposent maintenant de 5% de leur passif-dépôts de plus pour faire des prêts sans l’assistance de l’Union régionale.per RI ett GI )rte- lud- des )nds en- dmi- ec« Sf! v-: nde ;elon ia« tcial.-joritJ icole-peu iced s le Jnioa ,edf i de ce® enta jeles jntea nés à jriod{ [jnioa R.D.Croyez-vous que votre Union devrait modifier son attitude face à ce secteur?G.L.Le fait que nos Caisses populaires soient surtout habituées aux formes traditionnelles de prêt nous oblige à faire encore des efforts pour perfectionner les outils que nous pouvons mettre à leur disposition.A cet effet, le Conseil d’administration de l’URM adoptait récemment le principe de la création d’un nouveau document portant sur la gestion d’un compte commercial; ce document sera mis à la disposition des Caisses populaires, car, dans ce domaine, il ne s’agit pas simplement de consentir des prêts, ce qui est particulièrement intéressant, mais aussi de gérer l’ensemble d’un portefeuille de comptes commerciaux avec toutes les activités que cela comporte.De plus, nous prévoyons émettre bientôt des recommandations de taux qui tiennent compte du risque encouru.R.D.Au point de vue de la rentabilité, comment le prêt industriel et commercial se compare-t-il aux autres formes de prêts ou de placements que peut effectuer votre Union?G.L.Cela ne se compare pas vraiment, en ce sens qu’un prêt industriel ou commercial comporte des variables qui lui sont particulières.Par exemple, le nombre quotidien d’ordres de paiement dont la Caisse devra supporter le « transit » est un facteur qui peut influencer sa rentabilité, s’il n’est pas compensé par des soldes aux comptes; et il y en a plusieurs autres.D’autre part, le prêt commercial et industriel se fait normalement à un taux supérieur à celui exigé pour les autres formes de prêts, mais, les risques étant différents, il n’est pas possible d’établir une comparaison valable.C’est quand même un secteur qui peut être financièrement très rentable et permet de plus à la Caisse de participer au développement économique de son milieu.R.D.Pourriez-vous nous fournir une estimation du volume de prêts commerciaux et industriels consentis par les Caisses populaires affiliées à l’URM?G.L.En me basant sur les approbations accordées par l’URM sur les prêts dépassant les limites autorisées pour les Caisses populaires, je peux vous dire qu’au cours de la dernière année, nous en avons eu 100 par mois en moyenne alors que la somme mensuelle de ces prêts s’établissait à environ $6 millions.Le mois qui a été marqué par la plus intense activité est mars 1979 avec 150 autorisations pour une valeur de près de $12 millions.R.D.Pensez-vous que les Caisses populaires devraient s’engager davantage dans ce domaine ou si, au contraire, les Unions régionales seules devraient le faire?G.L.Comme je vous l’ai mentionné précédemment, nous faisons tout pour aider les Caisses populaires à faire elles-mêmes les prêts en question.Je ne crois pas que nous changerons cette façon de faire, car nous souhaitons que l’activité se déroule au niveau de leur zone d’influence.Cependant, nous sommes d’accord pour suppléer au manque de liquidités et pour aider à résoudre les autres problèmes que pourrait rencontrer une Caisse populaire dans un tel cas.Notre principal rôle consiste à encourager nos Caisses populaires à se développer et le prêt industriel et commercial est un bon moyen de le faire.Cependant, on ne doit pas développer à n’importe quel prix, il faut que ce soit fait progressivement, en bonne connaissance de cause, et à mesure que les moyens de le faire s’accroissent dans les Caisses populaires.R.D.Comment voyez-vous le rôle du CID et des autres Institutions du MCPD par rapport à celui des Unions régionales et des Caisses populaires dans ce domaine?G.L.Le' CID et la SID oeuvrent à un niveau différent de celui des Caisses populaires dont le cadre d’activité est généralement plus proche de la petite entreprise, alors que la SID et le CID s’intéressent plutôt à la moyenne et à la grande entreprises.Ces deux institutions peuvent toutefois compléter la gamme des services offerts par les Caisses pour des prêts ou des investissements qui nécessitent de fortes sommes d’argent.Les autres Institu-' tions du MCPD jouent également ce rôle, mais dans des secteurs particuliers.R.D.La nouvelle Caisse centrale Desjardins du Québec pourrait-elle éventuellement constituer un concurrent dans ce domaine?G.L.Au contraire, la Caisse centrale Desjardins est un organisme dont l’un des buts est de recueillir de gros dépôts, notamment ceux des gouvernements.Elle fera donc entrer dans le circuit des Caisses populaires de nouvelles sommes d’argent qui pourront, en partie, être mises à la disposition des Caisses de façon à accroître leurs activités.R.D.Croyez-vous qu’il serait souhaitable que le MCPD dans son ensemble s’engage plus à fond dans ce domaine?G.L.Personnellement, je pense que le développement des Caisses populaires doit se faire à leur propre rythme, compte tenu du marché et de la concurrence.On peut encourager et favoriser le développement pour que les Caisses populaires soient en mesure de répondre à la demande, mais ce qui contribuera le plus à la pénétration du marché, c’est l’efficacité dont elles pourront faire preuve dans des dossiers de ce genre.35 Un programme de formation intégré La gestion « L’envergure et la complexité croissante des opérations de la caisse populaire incitent de plus en plus ses dirigeants et cadres à utiliser des outils de gestion systématisés qui facilitent l’exercice de leurs activités administratives.Le système de gestion budgétaire recommandé aux C.P.depuis quelques années, offre l’avantage de comporter plusieurs de ces outils de gestion, que ce soit au budgétaire niveau de la planification, de l’organisation, de la di rection ou du contrôle.Afin de bien situer le système de gestion budgétaire, il faut rappeler que l’étape « budgétisation », en application depuis quelques années déjà, dans environ 950 caisses populaires, constitue l’élément central auquel se sont ajoutées les étapes « prévision » et « contrôle » qui en complètent le processus.par Michel-Pierre Bergeron et Marcel Guimond* Définition La gestion budgétaire est avant tout un mode de gestion axé sur l’obtention de résultats prédéfinis que tous, dirigeants, cadres et employés, connaissent et comprennent et auxquels ils adhèrent.Plus précisément, c est un ensemble d’activités de gestion qui permettent: • d’analyser les résultats de l’exercice écoulé, de les expliquer et de les évaluer; • de s’interroger, à l’avance, sur les conditions économiques et financières probables du prochain exercice: — quelle sera l’évolution des taux d’intérêt?— quelles seront les actions des concurrents et leurs effets?— quelle sera l’expansion économique de la région, etc.?• de fixer des objectifs dans de telles conditions: — veut-on accroître les prêts, l’épargne, le nombre de membres?— veut-on consolider lr.situation de la C.P.?— veut-on accroître le niveau du trop-perçu net, etc.?• de définir les moyens généraux pour réaliser ces objectifs: — en modifiant les heures de service.— en procédant à une révision des tâches.— en contrôlant étroitement la qualité du service, etc.* M.Bergeron est analyste-conseil en gestion financière à la direction Normalisation de la FQCPD.M.Guimond est conseiller en formation à la direction Formation.teo: s::c • de traduire les objectifs et moyens en unités mesurables: — en dollars ($) de prêts; — en nombre de comptes; — en dollars ($) de salaires; — en dollars ($) de revenus, etc.• de contrôler la réalisation des objectifs: — en analysant les écarts; — en corrigeant la situation par des actions appropriées, s’il y a lieu.»1 Origine du programme La réalisation du programme Forges a permis aux cadres des caisses populaires de manifester le goût d’améliorer leurs connaissances financières, compte tenu du caractère particulier de l’institution financière qu’est la caisse populaire.De plus, l’année 1975 avait marqué le début de l’utilisation systématique du budget comme outil de gestion pour la caisse populaire.Depuis près de deux ans, un rapport financier annuel (« L’Analyse financière ») et des rapports financiers mensuels (« Contrôle budgétaire du bilan et des revenus et dépenses » ) sont fournis à chacune des caisses populaires pour leur permettre de préparer leur budget et d’en contrôler la réalisation.Ces divers outils ont fait naître chez les cadres des caisses populaires de nouveaux besoins de formation relativement à la gestion financière de la (j, caisse populaire.1.Extrait des généralités S.O.C.GB-000 iei >élat X •ton te.[ m C H adi .0 ntn jsaa! ¦4 À partir des besoins identifiés par les services techniques et ceux de la formation des unions régionales et de la F.Q.C.P.D., il a été décidé de collaborer à la mise au point et à l’application d’un programme intégré de formation sur la gestion budgétaire.Ce programme a été élaboré de la façon suivante: 1.consultation auprès de cent cadres de caisses populaires et professionnels ou cadres d’unions régionales afin d’élaborer un contenu qui colle à la réalité et aux besoins des employés cadres des caisses populaires; 2.organisation du contenu technique par les professionnels des unions régionales et de la F.Q.C.P.D.; 3.expérimentation du programme complet auprès de vingt-cinq employés cadres de caisses populaires affiliées à l’Union régionale de Québec; 4.corrections apportées au contenu et à la méthodologie et, par la suite, mise en forme pédagogique du programme; 5.planification, par chaque union régionale, de la réalisation de ce programme.Objectifs de ce programme Ce programme permet à l’employé cadre de la caisse populaire d’acquérir des connaissances et de développer des aptitudes pour: • analyser périodiquement l’évolution financière de la caisse populaire et en dégager les forces et les faiblesses; • élaborer des objectifs et des plans d’action précis, cohérents et intégrés au contexte de la caisse populaire; • élaborer les prévisions budgétaires de la caisse populaire; • contrôler la réalisation du budget de la caisse populaire.L’objectif final de ce programme est d’aider l’employé cadre d’une caisse populaire à perfectionner la gestion financière de celle-ci.Contenu du programme Ce programme est traité en cinq modules et est complété par un cahier d’exercices.Voici une description sommaire du contenu de chacun de ces modules: Module 1: L’analyse financière mensuelle • connaissance et application d’un état de sources et d’utilisation des fonds; • concept et application d’un manque à gagner; • compréhension et calcul des conséquences d’une liquidité déficiente.Module 2: L’analyse financière annuelle • analyse de l’évolution de la situation financière par rapport aux critères suivants: stabilité, solvabilité, liquidité et rentabilité; • description et applications du processus d’analyse financière; • notions de moyennes, de facteurs d’influence, de croissance et de ratios d’analyse; • nécessité de l’utilisation de bilans moyens et de méthodes de calcul des moyennes trimestrielles et annuelles; • méthodes de calcul et applications des principaux ratios d’analyse.Module 3: L’élaboration d’un plan • rôle et processus de la planification; • identification des priorités; • caractéristiques et élaboration d’objectifs et de plans d’action.Module 4: La budgétisation • avantages d’un budget; • élaboration d’un budget; • application du processus de budgétisation; • analyse et interprétation d’un budget.Module 5: Le contrôle budgétaire • rôle du contrôle par rapport à la planification; • explication et utilisation des outils de contrôle budgétaire; • explication du processus de contrôle budgétaire.37 Cahier d’exercices Ce cahier comprend des exercices pratiques élaborés à partir de données de caisses populaires fictives; ils permettent, à la fin de chacun des modules, d’appliquer immédiatement les connaissances acquises.Fonctionnement de ce programme Deux éléments caractérisent le fonctionnement de ce programme: l’approche modulaire et l’enseignement programmé.1.L’approche modulaire Le programme dont nous venons de présenter le contenu comporte en plus des textes une série de contrôles individuels.Un pré-test permet au cadre d’évaluer ses connaissances par rapport au contenu du module à entreprendre.La réussite du pré-test le dispense de l’étude de ce module, il peut donc passer au suivant.Les textes et les exercices contenus dans chaque module s’enchaînent de façon à faire acquérir graduellement les connaissances nécessaires.Des auto-tests permettent de vérifier à chaque étape les connaissances et les aptitudes acquises tandis que des post-tests assurent au cadre un contrôle de l’ensemble de ses acquisitions, une fois le module terminé.En outre, des exercices pratiques ont été prévus afin de mettre à l’épreuve le plus tôt possible les connaissances acquises.2.L’enseignement programmé Le savoir-faire qu’un cadre de caisse populaire devra déployer à la fin de chaque module a été décrit avec le plus de précision possible.C’est sur cette base que chaque texte, chaque exemple ou chaque exercice a été bâti de telle sorte qu’il n’y a pas d’explication qui dépasse les objectifs.D’autre part, une graduation du plus simple au plus complexe a été établie dans le programme tant entre les modules qu’à l’intérieur de ceux-ci.Avantages de cette organisation pédagogique • flexibilité d’utilisation (session, seul à distance, groupe d’apprentissage à distance); • rythme de lecture et d’apprentissage strictement individuel; • démarche individualisée qui permet un retour facile sur les sections mal comprises et une correction efficace.L Son: tei loir n’éti poni aspii dem s'ad C00[ Mou Engagement personnel Le contenu et les mécanismes de fonctionnement de ce programme fournissent des résultats concrets proportionnels à la motivation et à l’engagement de chacun des participants.En effet, en choisissant ce programme, le cadre accepte d’être le principal responsable de sa formation.Il lui appartient donc de déterminer son rythme personnel de travail.De même, son succès et sa motivation ne dépendent que de lui.Con< duQ (lève, Sletl rativf veut! teclir Son, "es s Conclusion Alors que les problèmes de rentabilité et de concurrence préoccupent beaucoup de dirigeants et de cadres de caisses populaires, le programme de formation en gestion budgétaire vient à point.Il constitue un instrument de choix pour perfectionner la gestion dont le rôle est de première importance dans le développement et l’équilibre financier de toute entreprise.Ce n’est pas une solution-miracle à tous les problèmes que propose le programme « Gestion budgétaire ».C’est simplement un honnête outil de perfectionnement individuel qui peut engendrer une plus grande efficacité professionnelle chez les cadres qui désirent accroître leurs connaissances dans ce domaine.v«cu ici 38 Des documents audio-visuels sur les coopératives COMMENT ILS ONT FAIT par Hélène Kelly 1 et Michel Rompré ion era a coo La création d’une coopérative requiert certaines conditions et soulève parfois des difficultés que les non-initiés peuvent trouver ardues à surmonter.L’information nécessaire n’étant pas toujours disponible localement, les aspirants coopérateurs se demandent souvent où s’adresser pour trouver des réponses à leurs questions.Dans la majorité des cas, les grands organismes coopératifs comme le Mouvement des Caisses populaires Desjardins, le Conseil de la Coopération du Québec, la Société de développement coopératif et le Service des coopératives du MCCIF, peuvent leur fournir le support technique essentiel pour franchir les étapes d’organisation et de structuration.Les réactions humaines sont cependant plus difficiles à prévoir, car les contextes varient d’une coopérative à l’autre.Le vécu de personnes ayant participé à la création de coopératives dans divers secteurs, dans des lieux géographiques différents et dans des contextes socio-économiques disparates, peut donc constituer un enrichissement pour ceux qui veulent créer une nouvelle coopérative.Afin de mettre à la portée de tous les intéressés l’expérience de gens qui se sont engagés dans la fondation de coopératives, la Direction des communications de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins a mis au point une série de six documents de type vidéo relatant les étapes de la création d’autant de coopératives oeuvrant dans des secteurs différents.Projet « Canada au travail » C’est dans le cadre d’un projet « Canada au travail » que ces 'documents ont été réalisés.Le projet a débuté le 8 janvier 1979 avec l’entrée en fonction de la directrice du projet, de la recherchiste et de la secré- 1.Mlle Kelly est directrice du projet « Canada au Travail » qui a produit ces documents audio-visuels.taire.L’équipe technique, quant à elle, entrait en fonction au début d’avril.Les premiers mois ont été consacrés à une recherche intensive sur tous les sujets touchant la coopération et les coopératives.L’équipe a d’abord dû se familiariser avec le vocabulaire spécifique au système coopératif ainsi qu’avec les différentes structures qu’on y retrouve.Ces deux objectifs ont pu être réalisés assez rapidement grâce à l’apport de personnes-ressources de la FQCPD ainsi qu’à l’aide d’une abondante documentation écrite.Il a fallu ensuite prendre connaissance de l’histoire du coopératisme et du contexte dans lequel il s’est développé, et se documenter sur la coopérative comme type d’entreprise.Un examen systématique des documents déjà disponibles dans ce do- maine (films, vidéos, diaporamas) a permis au groupe de compléter ses connaissances et d’éviter de reprendre des sujets ayant déjà fait l’objet d’une étude semblable.Le choix des secteurs Dans le but d’établir une classification des principaux types de coopératives oeuvrant au Québec, l’équipe a consulté de nombreuses personnes provenant d’organismes coopératifs ou voués au développement de la coopération.Cette recherche a permis de diviser le monde coopératif québécois en six grands secteurs.Il s’agit de l’agro-alimentaire, de la consommation, de l’épargne et du crédit, de la forêt, de l’habitation et des services.Une fois la classification établie, il restait à identifier une coopérative qui servirait de modèle à étudier dans chacun des secteurs.À aucun moment, il n’a été question de chercher la coopérative idéale.Les principaux critères de sélection ont été leur existence suffisamment récente pour permettre aux personnes de bien se rappeler les difficultés du début ainsi que la dispersion géographique des coopératives étudiées. L’approche des documents Comme nous l’avons déjà mentionné, le but principal des documents est de montrer les différentes étapes de la création de coopératives à l’aide de l’expérience de personnes ayant vécu cette situation.Ces documents seront disponibles dans les caisses populaires et les Unions régionales qui voudront en assurer la diffusion dans leur milieu.L’information qu’ils contiennent est destinée à des groupes communautaires qui cherchent des solutions à certains problèmes.De même, ils pourront être utiles dans le réseau de l’éducation tant au niveau secondaire qu’au niveau collégial.Ils seront également mis à la disposition des postes de télévision communautaire.Le traitement est sensiblement le même pour chacun des six sujets.On a effectué des entre- vues avec des personnes qui ont joué un rôle important dans la création de la coopérative, mais aussi avec des membres « ordinaires » qui ont vécu la naissance de leur coopérative sans responsabilité spéciale.Ces témoignages sont appuyés par des prises de vue qui illustrent les propos de l’interviewé ou ceux du narrateur et parfois, l’image se fait parole.La durée de chacun des enregistrements est d’environ 25 minutes.Cou.Les coopératives-témoins Agro-alimentaire Afin de rendre compte des possibilités que peut comporter ce secteur moins connu de la coopération, le choix de l’équipe s’est porté sur la Coopérative de production des Maraîchers de la Mitis qui a son siège à Les Hauteurs dans la région de Ri-mouski.Les entrevues de cette bande vidéo nous mettent en présence du gérant de la coopérative, du directeur général du Coo-prix de Rimouski, principal acheteur de la produc- tion maraîchère de la Mitis et du directeur des services financiers de l’Union régionale de Rimouski, l’un des bailleurs de fonds de la coopérative.On y retrace les efforts faits par la population pour échapper à la stagnation économique.Les initiatives mises de l’avant par les gens de trois villages ont abouti à la création d’une coopérative de produits maraîchers qui sont principalement écoulés dans la région.Les expériences de diversification de la production sont également relatées avec les aléas qu’elles ont comportés.Épargne et crédit Alors même que s’engageait le travail de l’équipe qui a produit les documents dont nous parlons se déroulait la création de la Caisse populaire St-Luc d’Alma.Elle a donc saisi l’occasion pour montrer les différentes phases qui mènent à l’implantation d’une caisse d’épargne et de Lan! directeur de la nouvelle caisse populaire Desjardins ainsi que ceux du vice-président et du directeur général de l’Union régionale du Saguenay-Lac St-Jean (ce dernier est responsable du dossier technique de l’implantation de la caisse) et du chef de la division de l’information à la même Union régionale qui a été chargé du dossier d’information de la caisse St-Luc d’Alma.\v ! foré.laréiîoycrcdii crédit dans un quartier nouveau d’une ville en expansion.On a recueilli les témoignages du président, de la vice-présidente et du Ces entrevues mon- | trent que l’on a déployé î le$n.beaucoup d’efforts pour ¦ mettre l’accent, dès le jk début, sur les services aux || t membres.40 (consommaffiSfiV AVàmmwmmSmÊà ¦Smmhm A9M.tk Consommation L’exemple retenu pour représenter le secteur de la consommation est celui du Cooprix de Lanaudière à Joliette.La production vidéo retrace les étapes de la mise sur pied de ce magasin d’alimentation qui doit sa naissance à la ténacité de ses instigateurs et à celle de la population dont l’insistance a permis de contourner les difficultés majeures qui se sont présentées.Ouvert depuis octobre 1978, ce Cooprix semble déjà remplir les objectifs que lui avaient fixés ses promoteurs.¦oXo, 'card* Forêt Pour illustrer ce secteur de la coopération, on a choisi la Coopérative de gestion forestière des Appalaches, située à Ste-Apolline, comté de Mont-magny.Le document relate les multiples difficultés que rencontraient les personnes en quête de travail dans cette région.La coopérative est née de la volonté de cette population de résoudre son problème de chômage grâce à la forêt environnante.Ce n’est pas sans mal que l’on a atteint ces objectifs, les témoignages le montrent éloquemment.On fait également état des problèmes que l’on rencontre encore aujourd’hui, notamment dans l’attribution des limites forestières.Habitation La Coopérative d’habitation Beauséjour, à St-Sauveur de Québec a servi de modèle dans ce secteur.On s’emploie, dans le document, à retracer les grandes étapes de sa création, à partir de l’intervention d’un GRT (groupe de ressources techniques) en passant par la prise de possession des immeubles nouvellement acquis par les coopérateurs-locataires jusqu’à la rénovation qui a suivi.- services - A "i ^ ^ ^ ^ii " Services L’exemple choisi pour représenter le secteur des services a été l’Association coopérative des consommateurs de produits pétroliers d’Asbestos.Cette coopérative fondée en 1969 se limitait, à ses débuts, à la distribution d’huile à chauffage.Après la période de rodage au cours de laquelle on a fait appel au bénévolat des membres, on a pu ajouter d’autres ser- vices tels que la vente d’essence et de pièces d’autos ainsi que l’entretien des véhicules automobiles.Le document montre le cheminement de la coopérative et de ses membres à travers les difficultés et les réussites.On s’y attache également à démontrer l’importance d’une saine gestion et celle de mûrir les décisions, concernant les nouvelles orientations à donner à la coopérative.Conclusion En patronnant la réalisation de ces productions audio-visuelles, la FQCPD a fait un pas de plus pour apporter aux nouveaux coopérateurs l’information dont ils peuvent avoir besoin.Non seulement ces documents constituent-ils une invitation à se prendre en main, mais ils mettent également les groupes intéressés à de telles initiatives devant des situations qu’ils risquent de rencontrer et auxquelles ils devront faire face avec la plus grande maturité possible.* * Ces documents seront disponibles au service audio-visuel de la FQCPD à compter d’octobre 1979.41 Entrevue avec M.Roland Pigeon, par France C.Drzymala M.Roland Pigeon Président du Conseil de la Coopération du Québec R.D.Qu’est-ce qui justifie actuellement la tenue d’un sommet économique sur la coopération?R.P.Lors d’une rencontre tenue l’automne dernier entre le ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières, Madame Lise Payette, et des représentants du monde coopératif, nous avons convenu de la nécessité d’un sommet économique sur la coopération en vue d’accentuer la participation de l’entreprise coopérative dans le développement économique du Québec.Au même moment, nous entreprenions une étude sur les effectifs ou, si l’on veut, sur le profil du mou-42 vement coopératif au Québec.Cette étude pourra nous aider à identifier clairement nos besoins.R.D.Les objectifs de ce sommet ont été fixés par l’État et sont uniquement d’ordre économique.Le mouvement coopératif québécois a-t-il adhéré à tous ces objectifs et les considère-t-il complets?R.P.Les Québécois veulent essayer de contrôler davantage leur économie et nous, du mouvement coopératif, nous croyons que la formule coopérative est encore le meilleur moyen pour y arriver.Nous voulons donc développer le mouvement coopératif.Notre objectif rejoint alors celui du sommet qui vise à créer des conditions susceptibles de permettre aux entreprises coopératives de participer plus activement au développement économique du Québec.Nous verrons donc au moment de la préparation du sommet, c’est-à-dire aux tables sectorielles, quels sont nos outils et nos possibilités de développement et nous en ferons part au gouvernement lors du sommet.S’il y a alors des lois à amender, des programmes et des mesures concrètes à adopter pour nous permettre d’aller plus loin, nous sommes assurés de la collaboration de Mme Fayette.R.D.Qui participera au sommet?R.P.Du côté du gouvernement, sept ministères seront représentés dont, entre autres, le ministère des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières (MCCIF), celui de l’Industrie et du Commerce, celui de l’Agriculture et celui des Finances.Quant au mouvement coopératif, il y déléguera des représentants des 24 fédérations membres du C.C.Q.et, bien sûr, des représentants des secteurs coopératifs non structurés en fédérations tels les coopératives forestières, les coopératives funéraires et les coopératives ouvrières de production.Nous tenons beaucoup, au niveau du C.C.Q., à ce que ces milieux soient représentés au sommet.C’est notre rôle et notre responsabilité, au C.C.Q., d’y voir et comme nous sommes régulièrement en contact avec eux, il nous sera facile de les rejoindre.R.D.Comment expliquez-vous l’absence du ministère de l’Éducation au sommet?r.p.e est le gouvernement qui a choisi les ministères qui y seront représentés.Ce n’est pas à nous de choisir leurs participants.Mais qu’on le veuille ou non, il faudra certainement parler de formation et d’éducation.Je sais, pour ma part, que les milieux universitaires, particulièrement les HEC et l’Université de Sherbrooke, tiennent beaucoup à participer au sommet.Personnellement, je ne vois pas pourquoi ils en seraient exclus puisqu’ils s’intéressent de très près à la gestion des coopératives.R.D.Qu’est-ce qui différencie principalement le sommet sur la coopération des autres sommets dans le passé?R.P.La principale différence réside dans le nombre de partenaires.Cette fois-ci, il n’y en aura que deux: le mouvement coopératif et le gouvernement.De plus, nous sommes invités à participer à la préparation du sommet en constituant des tables sectorielles ou des groupes de travail.C’est là que tous, nous devrons nous entendre sur les secteurs à développer.On en a déjà mentionné quelques-uns, mais il faudrait en trouver d’autres.Il y a l’habitation, la forêt et la consommation qui sont négligées.Les pêcheries sont elles aussi à développer, bien que l’activité coopérative y représente tout de même près de 50% du marché.Dans le domaine de l’agro-alimen-taire, il faut trouver des formules pour aller plus loin.Puis, nous devrons aussi, lors des tables sectorielles, nous entendre sur les moyens pour assurer cette croissance.Nous devrions donc arriver au sommet avec des ententes de principe et en revenir avec des plans d’action.R.D.Quel sera le rôle du C.C.Q.dans les rencontres préparatoires et lors du sommet?R.P.Le C.C.Q.aura de grosses responsabilités dans l’organisation et la coordination des tables sectorielles et c’est en partie de lui que dépendra le succès du sommet.Au sommet, ce seront les fédérations qui discuteront avec le gouvernement.Le C.C.Q.jouera plutôt un rôle d’arbitre entre les différentes fédérations, si besoin il y a.Le C.C.Q.verra aussi à assurer le suivi du sommet.R.D.Suite au sommet de cet automne, prévoyez-vous des modifications à la vocation du C.C.Q.?R.P.Indépendamment du sommet de cet automne, il faudra absolument que les 24 fédérations membres du C.C.Q.se réunissent pour redéfinir le rôle du C.C.Q.pour les années ’80.Avec la venue de la Société de développement coopératif, qui d’ailleurs sera présente au sommet, le rôle du C.C.Q.est appelé à se modifier.La tâche d’organiser les coopératives et de les aider financièrement et techniquement relèvera désormais de la S.D.C.qui, en fait, a été créée dans ce but.Le C.C.Q.devra cependant conserver son rôle de coordination des coopératives, d’éducation et de promotion de la formule coopérative.R.D.Croyez-vous, à prime abord, que le mouvement coopératif québécois soit en mesure de répondre, à moyen terme, à l’attente du gouvernement qui espère le voir prendre une plus grande part dans le développement économique du Québec?R.P.Des outils, nous en avons dans le mouvement coopératif.Le gouvernement québécois veut nous aider à nous développer, mais le gros du travail, c’est nous qui devons le faire.Il faudra d’abord et avant tout s’entendre et s’entraider réellement.Je suis de nature optimiste et je crois que, malgré les difficultés et les hésitations, nous réussirons à nous entendre et à trouver des outils qui nous permettront de participer davantage à l’économie du Québec.R.D.À votre avis, le sommet débouchera-t-il sur des formules améliorées d’intercoopération ou sur des améliorations sectorielles?R.P.Nous n’avons pas vraiment besoin du gouvernement pour intercoopérer, pour nous entraider, si nous le voulons vraiment.Des exemples de situations d’intercoopération, je pourrais en donner à la centaine.Par ailleurs, il reste beaucoup de place pour des améliorations sectorielles.Là, le gouvernement peut nous aider soit par des législations ou par des programmes.R.D.Merci, M.Pigeon, d’avoir accepté de répondre à nos questions.43 Rentabilité à TURQ Des colloques rentables Cinq colloques sur la RENTABILITÉ ont été tenus en mai à l’intention des trois cent vingt-neuf Caisses affiliées à l’Union régionale de Québec des Caisses populaires Desjardins.Ces rencontres se sont déroulées à Hauterive, à Lauzon, à St-Joseph-de-Beauce, à Charlesbourg et à Montmagny.Quelque sept cents représentants des Caisses populaires concernés y ont participé.C’est dans le cadre d’ateliers de travail que les représentants des Caisses ont échangé leurs points de vue.Depuis un certain temps déjà, bien des directeurs de Caisse populaire exprimaient le désir de tenir des rencontres ou des mini-congrès dont le seul objet de discussion serait précisément la RENTABILITÉ.L’Union régionale de Québec a été rapidement acquise au bien-fondé de telles rencontres.Par ce moyen, la chance serait donnée au plus grand nombre possible de délégués d’aborder dans toutes ses dimensions la question de la RENTABILITÉ.Deux documents Dans une telle perspective, tous les Services de l’Union régionale ont été appelés à collaborer.C’est au Service des Études et Opérations techniques que revenait la tâche de coordonner les responsabilités des équipes de l’Union.Deux documents de base destinés aux participants ont aussi été conçus et réalisés par des personnes-ressources de cette même unité administrative.Un premier document a été expédié aux Caisses avant la tenue du congrès.Le contenu de ce premier cahier abordait l’évolution financière globale des Caisses membres au cours des cinq dernières années.L’objectif visé par cet outil de travail était tout simplement 44 de sensibiliser les participants éven- tuels aux différents aspects de la RENTABILITÉ.Quant au deuxième document, remis aux participants le jour même du colloque, il portait lui aussi sur la situation financière des Caisses, mais, cette fois, au moyen de statistiques plus particulières.Ce document comprenait sept sections: dépenses de personnel, immobilisations, autres dépenses administratives, autres revenus, prêts, rendements et coûts d’intérêt, réserves.Pour faciliter le plus possible la compréhension des participants, ceux-ci retrouvaient à la fin de chacune des sections un certain nombre de questions.Comme le soulignait Monsieur Raymond Blais, directeur général: « Nous avons accordé une importance particulière à l’évolution des dépenses de personnel et d’immobilisation ainsi qu’à la section « autres revenus ».Ce n’était pas que nous voulions porter un jugement de valeur sur ces questions.C’était plutôt que ces secteurs représentent une proportion importante du total des dépenses.Les statistiques des Caisses montrent en effet des hausses appréciables des dépenses de personnel et d’immobilisation.Enfin, ce sont les éléments qui se prêtent le plus facilement au contrôle, comparativement aux prêts, aux dépôts et aux taux d’intérêt, par exemple.» Un comité de budget À la faveur de ces colloques, il est d’ailleurs ressorti que les Caisses affiliées souhaitent mener une action plus systématique en ce domaine.Celle-ci pourrait prendre la forme d’un Comité du budget et nécessitera une action accrue en vue du perfectionnement des cadres.Dans la dernière édition de La Tournée, publiée par l’Union régionale de Québec, on pouvait lire à ce sujet: « L’Union est à expérimenter l’instauration d’un Comité du budget qui, nous l’espérons, sera utile aux Caisses.Il devrait notamment favoriser une meilleure implication des dirigeants.Ce sont les Services techniques de l’Union qui développeront ce programme.Les ressources de ce service sont disponibles pour aller implanter le Comité du budget dans chacune des Caisses qui en fera la demande.Il y a aussi une opération conjointe de la Division Formation et de la Divi- ï sion Gestion et Contrôle en vue de parfaire la formation des cadres et dirigeants dans la gestion budgétaire.Cette action s’inscrira à l’intérieur du programme FORGES pour les cadres et d’une autre session pour les dirigeants qui sera expérimentée dès cet automne.» Le Comité du budget est formé d’un ou de plusieurs représentants de chacun des trois conseils et des i cadres de la Caisse populaire.Leur! i tâche est d’analyser la situation:: financière de la Caisse, de déterminer les facteurs d’influence importants, d’identifier ses points forts et ses points faibles, d’établir des priorités et de fixer certains objectifs bien précis pour l’année à venir.Les membres de ce Comité, après avoir préparé un budget, doivent le présenter au Conseil d’administration de la Caisse.Ce sont eux qui assument la responsa- • bilité du contrôle de ce budget à tous les trimestres.L’implantation des premiers comités du budget a débuté le 31 août 1979, pour les Caisses populaires affiliées qui terminaient leur année sociale à cette date et qui ont bien voulu y participer.Les Caisses populaires désirant mettre sur pied un tel comité peuvent bénéficier du support de l’Union régionale de Québec qui leur fournit une personne-ressource pour les assister dans leur démarche. #Vu L£
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