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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 47, no 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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    Prédécesseur :
  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1981, Collections de BAnQ.

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H I].A REVUE NUMERO 1, 1981 La transmission du choc récessionniste res SOMMAIRE LA Cf Vif tLaUAÜÜlKS Volume 47, no 1, 1981 La Revue Desjardins est l’organe officiel de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec.Ce La direction des Communications La Revue Desjardins en 1981 2 numéro a été tiré à 23 500 exemplaires; il a été imprimé par les ateliers Charrier & Dugal (1965) Limitée, à Québec.Le prix de l’abonnement est de 9,00 $ par année.Chronique économie-finance Pierre Fortin Perspectives économiques et financières pour l’année 1981 4 Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe en nombre, permis n° 1981.Port payé à Québec.Chronique gestion Réjean Hamel L’offre de services des caisses populaires et d’économie 9 Directeur général adjoint «Études et Communications»: Madeleine Joubert Directeur des Communications: Chronique Institutions France Drzymala L’Institut coopératif Desjardins a fait peau neuve 13 Majella St-Pierre Responsable des publications: Guy Cameron Responsable de la rédaction: Hélène Matte Collaborateurs( trices): Michel Beauchamp, Léo Bérubé, France C.Drzymala, Michel Fecteau, Pierre Fortin, Paul Gélinas, Réjean Hamel, Lise Nadeau, Rosario Tremblay Maquettiste: Denys Frenette Couverture: Michel Beauchamp La présence du Mouvement Desjardins sur la scène internationale Une entrevue avec M.Yvon Daneau 16 Chronique document Martine Giroux Un regard neuf sur Alphonse Desjardins 20 Chronique juridique Lise Nadeau La volonté des parties et le recours collectif 25 Pierre Brousseau Photo couverture: Claude Bureau et associés Composition et montage: Caractéra Inc.Changement d’adresse Pour recevoir votre exemplaire régulièrement, veuillez nous prévenir au moins six semaines à l’avance de tout changement d’adresse, nous fournissant à la fois votre ancienne adresse et la nouvelle et y joignant, si possible, l’étiquette apposée sur votre revue, à l’attention des Services internes, Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, 100, avenue des Commandeurs, Lévis (Québec), Canada, G6V 7N5.Droits et responsabilités La traduction et la reproduction totale ou partielle des articles, photographies et illustrations publiés dans La Revue Desjardins sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Les opinions émises dans les articles publiés par La Revue Desjardins Chronique coopération Michel Fecteau Point de vue sur la coopération en Haïti 28 Un document présenté par Léo Bérubé Le partage des pouvoirs dans le MCPED 31 Paul Gélinas La caisse d’économie .vue par un directeur 35 Chronique secteurs coopératifs Hélène Matte La relève, c’est l’affaire des coopératives étudiantes 37 Rosario Tremblay Une date importante: Le 80e anniversaire de la fondation des caisses populaires Desjardins 40 Hélène Matte Une invitation sur le thème: «Si on se parlait» 42 n’engagent que la responsabilité de leur auteur.Nouvelles brèves 44 ISSN 0035-2284 Dépôts légaux: Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa Bibliothèque nationale du Québec, Montréal ^ SL/ LA REVUE DES JARDINS EN 1981 Le 23 juillet 1935, Cyrille Vail-lancourt, alors «président-gérant» de la Fédération, invitait les caisses populaires à abonner leurs dirigeants à la REVUE DESJARDINS.Il définissait ainsi la vocation de cette publication: «Ce bulletin vous renseignera non seulement sur nos caisses populaires mais aussi il tiendra ses lecteurs au courant de notre développement économique et donnera une vue d’ensemble de notre mouvement coopératif dans le monde entier».Au cours de ses 40 années d’existence, cette publication n’a jamais dévié de la vocation que son fondateur lui avait donnée.En 1981, la Confédération publiera 6 numéros de la REVUE DESJARDINS qui présenteront les mêmes grandes lignes de force que par le passé, mais adaptées à la réalité et aux besoins des dirigeants et des cadres des caisses populaires et d’économie et du Mouvement des caisses populaires et d’économie Desjardins d’aujourd’hui.On accordera cette année une attention particulière au secteur de l’administration et de la gestion, facteurs importants de rentabilité et d’efficacité.A cet égard, une nouvelle chronique sera publiée et on y retrouvera, entre autres, des textes sur la productivité, les ratios d’analyse financière, l’offre des services dans les caisses populaires et d’économie.La REVUE DESJARDINS s’attardera aussi à l’exploration des rôles, responsabilités et tâches des employés et des dirigeants des caisses populaires et d’économie Desjardins.Ainsi, une nouvelle chronique «GENS DE CAISSES, C’EST VOTRE TOUR» paraîtra à compter du deuxième numéro de l’année.Nous continuerons en 1981 à fournir de l’information sur les institutions Desjardins, leur rôle dans le Mouvement, leurs relations avec les caisses et avec les membres.On s’attachera aussi à faire connaître davantage et mieux ces nouveaux partenaires du Mouvement que sont les caisses d’économie Desjardins.Les chroniques régulières sur la coopération, les points de loi qui intéressent les caisses populaires et d’économie, l’intercoopération et la coopération internationale seront maintenues.Bien sûr, les événements qui marquent la vie du Mouvement dans différents domaines feront, comme par le passé, l’objet de reportages, d’entrevues ou de comptes rendus.Nous espérons que le contenu de la revue continuera de répondre aux besoins d’information générale que peuvent rencontrer les dirigeants et les cadres du Mouvement des caisses populaires et d’économie Desjardins et qu’il leur permettra de poursuivre la réflexion sur leur expérience vécue de la coopération.Nous tenons à signaler qu’en 1981 la REVUE DESJARDINS bénéficiera de la compétence de Madame Hélène Matte comme responsable de la rédaction.Fait à signaler, bien que la REVUE DESJARDINS ait pu compter sur la collaboration de nombreuses collaboratrices, c’est la première fois qu’une femme en assume la responsabilité directe.En terminant, la REVUE DESJARDINS sollicite les commentaires, les suggestions et même les critiques de ses lecteurs.C’est selon nous un dialogue nécessaire qui nous permettra de continuer à livrer une revue fidèle à sa vocation et adaptée aux besoins des années 1980.La direction ÉLECTION DE M.RAYMOND BLAIS À LA PRÉSIDENCE DE LA CONFÉDÉRATION I Le président actuel de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, monsieur Alfred Rouleau, a annoncé que les membres du Conseil d’administration ont, en assemblée régulière tenue le 20 janvier, élu monsieur Raymond Blais à la présidence de cet organisme pour un mandat de sept ans.Comme le prévoient les règlements, le nouveau président entrera en fonction lors de la première réunion des administrateurs qui suivra l’assemblée annuelle de mars 1981.3 1981 ÉCONOMIE-FINANCE Perspectives économiques et financières pour l’année 1981 par: Pierre Fortin* La conjoncture américaine La situation économique au Canada en 1980 est un cas tout à fait classique de récession importée par le petit pays que nous formons de son grand partenaire commercial, les États-Unis.La récession américaine, comme on le sait, découle de la dure confrontation entre les forces qui ont récemment contribué à y accélérer l’inflation (un peu de surchauffe, mais surtout une augmentation de 20% du prix des maisons et de 60% du prix de l’énergie), d’une part, et les vives restrictions imposées à la disponibilité du crédit par la Réserve fédérale de l’administration Carter, d’autre part.En conséquence, au premier semestre, les taux d’intérêt ont explosé, les achats d’automobiles, la construction résidentielle et commerciale et les immobilisations des entreprises ont dégringolé, et la production et l’emploi se sont mis à régresser.*M.Fortin est professeur d’économique à l’Université Laval.La conjoncture économique américaine commençait à donner des signes de rétablissement au milieu de l’été, alors que le taux de base des prêts bancaires aux entreprises était redescendu de 20% en avril à 11% en juillet et que la production et l’emploi semblaient avoir complété leur ajustement en baisse.Toutefois, dans un revirement tout à fait inattendu et sans précédent, la Réserve fédérale a décidé dans le courant de l’automne de laisser remonter les taux d’intérêt à des niveaux encore plus élevés qu’en avril, le taux de base étant porté à 21,5% par les banques en décembre.Trois raisons semblent avoir motivé ce choix.Premièrement, il est de coutume aux États-Unis de libéraliser le crédit en période d’élection présidentielle afin de ne pas compromettre la réélection du président.Cette «passe galante» a eu lieu entre juin et octobre, mais, une fois le 5 novembre passé, les pressions politiques ont cessé de retenir la Réserve fédérale dans la poursuite de ses objectifs propres.Deuxièmement, après une chute impor- tante au creux de la récession du printemps, la masse monétaire américaine a connu un fort rebondissement pendant l’été.La Réserve fédérale, dont la politique de contrôle de la masse monétaire ressemble à celle de la Banque du Canada — mais en plus rigoureux — depuis octobre 1979, a sans doute vu dans ce développement le signe d’une reprise économique dont la fermeté et la rapidité auraient ravivé l’odeur de l’inflation.Troisièmement, justement, les perspectives inflationnistes pour 1981 se sont elles-mêmes détériorées quelque peu au début de l’automne à mesure que la guerre entre l’Iran et l’Irak a commencé à traîner en longueur, faisant craindre une nouvelle flambée des prix du pétrole dans un proche avenir.Ces facteurs ne pouvaient que renforcer la détermination de la Réserve fédérale à soumettre l’économie américaine à une discipline monétaire plus austère.Malgré tout, les spécialistes sont d’avis que le comportement des au- 5 torités monétaires américaines en 1980 est difficile à justifier.On peut notamment qualifier d’excessive l’imposition de très sévères restrictions à la disponibilité du crédit par le Président Carter en mars dernier, restrictions qui s’ajoutaient à des taux d’intérêt déjà exorbitants au moment même où l’économie nord-américaine entrait en récession au vu et au su de tous.Il faut aussi porter un jugement sceptique sur les violentes perturbations qu’on a fait subir aux taux d’intérêt, le taux des prêts bancaires ayant grimpé deux fois de 11% à21% en l’espace de 18 mois.Un tel contexte a certainement rendu très difficile, et souvent pénible, la planification financière de l’épargne et de l’investissement pour les ménages et les entreprises.Il a aussi contribué à miner la crédibilité des institutions financières auprès du grand public.Il a enfin causé des problèmes de liquidité considérables pour les caisses d’épargne et de crédit dont le portefeuille hypothécaire est important et constitué de créances à intérêt fixé pour cinq ans.Les conjonctures canadienne et québécoise La transmission du choc réces-sionniste à l’économie canadienne s’est effectuée par deux canaux.Premièrement, le ralentissement de l’économie américaine a entraîné une chute de nos exportations à un rythme annuel de 9% au premier semestre de 1980.Et deuxièmement, la Banque du Canada, dans sa détermination à retenir les capitaux étrangers au Canada afin de soutenir la valeur du dollar canadien et de contrer ainsi l’impact inflationniste qu’aurait eu une dépréciation de notre devise, a dû à cette fin restreindre elle aussi le crédit disponible et laisser les taux d’intérêt canadiens suivre les taux américains dans une certaine mesure.Les mêmes freins aux achats d’automobiles, à la construction résidentielle et commerciale et aux immobilisations des entreprises ont donc joué au Canada.Toutefois, selon toute vraisemblance, l’amplitude de la récession en 1980 aura été moins importante au Canada (baisse de 2% du PNB réel entre le sommet de l’expansion et le creux de la récession) qu’aux États-Unis (baisse de 4% entre le sommet et le creux), et pour deux raisons.Premièrement, même si l’inflation s’est accrue dans les deux pays, l’accélération des prix a été beaucoup plus vive aux États-Unis (jusqu’à un taux annuel de 18%) entre le milieu de 1979 et le milieu de 1980, tout simplement parce que la surchauffe de l’économie et la hausse des prix des maisons et de l’énergie sont loin d’avoir atteint la même intensité au Canada.N’oublions pas, incidemment, que les Américains ont dû subir depuis un an un double choc énergétique: Le Canada devra, tôt ou tard, affronter le «véritable prix du pétrole».hausse externe des prix fixés par l’OPEP, d’une part, et libéralisation interne des prix de l’énergie, d’autre part.Le Canada, quant à lui, n’a pas encore osé affronter la «vérité des prix» dans le secteur énergétique et, à cet égard, devra faire face à un ajustement d’autant plus pénible qu’il sera tardif au cours des années 80.En second lieu, les autorités monétaires canadiennes ont fait preuve d’un meilleur discernement que les autorités monétaires américaines.Alors que le taux de base des prêts bancaires a oscillé entre 11% et 21% aux États-Unis, la Banque du Canada a réussi à contenir le taux de base canadien dans la bande plus étroite de 12% à 19%.En somme, la récession a connu une ampleur moindre au Canada qu’aux États-Unis parce que les chocs inflationnistes se sont avérés moins aigus et la réaction monétaire à ces chocs, plus mesurée de ce côté-ci de la frontière.L’économie du Québec a mieux résisté que celle de l’Ontario en 1980.Il importe aussi de souligner que l’économie québécoise a mieux tenu le coup pendant la récession de 1980 que l’économie ontarienne.Par rapport à 1979, le volume réel de biens et de services produits aura baissé d’environ h2 de 1% au Québec, mais de 1/4% en Ontario.Cela est dû non seulement aux graves difficultés qui ont affligé l’industrie automobile, largement concentrée en Ontario, mais aussi à la vigueur soutenue qu’a manifesté le secteur manufacturier du Québec depuis 1978, tant en ce qui concerne les immobilisations réalisées (hausse de 21% en 1980) que les livraisons, notamment à destination de l’étranger.Les produits du Québec percent maintenant à un rythme très rapide aux États-Unis, en Europe et même au Japon.Cela est d’autant plus réconfortant que l’expansion manufacturière rejoint la plupart des secteurs industriels et qu’elle est largement le fruit des efforts de jeunes gestionnaires aux commandes de petites et de moyennes entreprises en pleine expansion.Le virage des années 1980 semble solidement amorcé pour l’industrie québécoise malgré le ralentissement économique international.Taux d’intérêt et valeur du dollar canadien Alors que la Banque du Canada est critiquée de toutes parts pour avoir consenti à soulever les taux d’intérêt canadiens dans le sillage des taux américains, il importe de savoir quelle est la marge de manoeuvre véritable de la Banque en la matière.En réalité, la Banque peut établir entre les taux canadiens et les taux américains un écart aussi important qu’elle le désire à court terme.Mais — et ceci est fondamental — plus bas seront les taux canadiens par flo lie to tii (i] fas ta ms Us «s jlus Élats-èà le a éu iw bsa laval La ment Jolai LS pi Iren-à la îtéle aux lia-1 fci:f îlosf rapport aux taux américains, plus faible sera la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain.Cela est facile à comprendre.Car plus les taux d’intérêt canadiens sont bas par comparaison aux taux américains, plus les investisseurs tendront à convertir leurs fonds canadiens en dollars américains afin de placer au taux d’intérêt plus avantageux disponible aux Etats-Unis.On voudra donc moins de dollars canadiens et plus de dollars américains, ce qui affaiblira la valeur de notre devise.Bref, le prix à payer pour des taux d’intérêt plus bas au Canada est une réduction de la valeur du dollar canadien.La Banque du Canada a récemment accepté de laisser baisser le dollar canadien jusqu’à un prix de US 0,82 $, précisément parce qu’elle a cherché à maintenir les taux d’intérêt canadiens en deçà des taux américains, qu’elle a sans doute jugé excessifs dans le contexte canadien.À cet égard, beaucoup d’observateurs se demandent si elle n’aurait pas dû faire preuve d’encore plus de retenue, c’est-à-dire imposer un plafond de 15% plusôt que de 17% à son taux d’escompte, quitte à accepter une baisse temporaire plus prononcée de la valeur du dollar canadien, par exemple jusqu’à 0,80 $ plutôt qu’à 0,82 $.Chacun est libre d’apprécier la situation selon ses convictions.Mon avis personnel est qu’on aurait dû «acheter» des taux d’intérêts moins élevés en acceptant une dépréciation un peu plus poussée de notre devise.Il me semble en effet, que le coût économique et social du ralentissement économique prolongé et du chômage accru que provoqueront en 1981 les taux d’intérêt présentement très élevés est exorbitant par comparaison au soulèvement temporaire de ^io de 1% du taux d’inflation que la dépréciation supplémentaire du dollar canadien apporterait sous forme de prix plus élevés à l’importation et à l’exportation.Pas de croissance réelle pour l’économie nord-américaine en 1981.Y aura-t-il une reprise en 1981?Les perspectives économiques pour 1981 n’apparaissent guère encourageantes aux États-Unis et au Canada.Le revirement à la hausse des taux d’intérêt déclenché par la Réserve fédérale et transmis au Canada par notre banque centrale compromet dans l’immédiat la reprise économique qui avait commencé à se manifester depuis le milieu de l’été.En clair, cela veut dire que l’économie nord-américaine ne connaîtra pas de croissance réelle en 1981 par rapport à 1980.Encore une fois, la situation sera un peu moins pénible au Canada (croissance 1%) qu’aux États- Unis (croissance 0) et meilleure au Québec (croissance 1,5%) qu’en Ontario (croissance 0,5%).Le taux de chômage pourrait toucher 8% aux États-Unis et au Canada et 10/2% au Québec en cours d’année.Ces prévisions reposent sur les considérations suivantes: Le consommateur moyen ne peut payer des taux d’intérêt hypothécaire supérieurs à 13 ou 14%.1.Tout d’abord, le consommateur est et restera très pessimiste, compte tenu du retard de croissance dans l’emploi, de la stagnation continue du pouvoir d’achat, des salaires et de la rigueur excessive des conditions du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation, dont on ne prévoit pas le relâchement immédiat.2.La construction résidentielle est en chute libre depuis son sommet de 273 000 mises en chantier observé en 1976.Le rythme de construction a baissé d'environ 30 000 unités par année pour atteindre un creux de 160 000 mises en chantier en 1980.La situation au Québec est semblable.Cette diminution brutale s’explique par trois facteurs principaux.Tout d’abord, le niveau de 1976 était anormalement élevé, la moyenne pour la période 1969-75 s’établissant plutôt à 230 000 unités par année.Ensuite, les facteurs démographiques et économiques qui jouent à long terme et qui vont réduire le rythme annuel des mises en chantier à environ 100 000 vers l’an 2000 ont commencé à se manifester progressivement depuis 5 ans.Il s’agit de la fin de l’effet du «baby boom» des années 40 et 50, de l’ajustement des prix des loyers à des niveaux qui reflètent plus fidèlement le coût du logement, de la stabilisation du taux des divorces et des séparations et 7 des contraintes économiques et politiques imposées à l’immigration.On ne doit pas oublier que l’industrie de la construction résidentielle décline sur une longue période.Enfin, la stagnation de l’économie canadienne depuis quatre ans et la montée récente des taux d’intérêt hypothécaires à des niveaux records ont convaincu les ménages d’y regarder deux fois avant de «se mettre une maison sur le dos».La vérité est que le consommateur moyen ne peut tout simplement pas se permettre actuellement une hypothèque à un taux d’intérêt de plus de 13% ou 14%.Le principal facteur qui empêchera les mises en chantier de poursuivre leur descente en 1981, sera la pression exercée sur la demande par les taux de vacance très bas dans les logements existants et la pénurie relative de logements locatifs.Une détente, même temporaire, dans les conditions du crédit hypothécaire vers le milieu de l’année pourrait donner lieu à un mini-boom dans la construction résidentielle et porter le rythme des mises en chantier de 160 000 en 1980 à 180 000 en 1981 au Canada.Compte tenu de la stagnation des revenus et de l’incertitude, il ne faut pas espérer le Pérou en matière de construction de logements.3.Les immobilisations des entreprises, quant à elles, ne sont pas près de retrouver une performance comparable à celle de 1979, surtout en raison d’un niveau très élevé de sous-utilisation des équipements existants et de la faiblesse persistante de la consommation.Le Québec devrait toutefois mieux s’en tirer que l’Ontario à cause de nombreux projets d’investissement dans les secteurs de l’énergie, des pâtes et papiers, de l’aéronautique, de la construction navale et du matériel 8 de transport.4.Les dépenses publiques en biens et en services ne seront pas plus une force motrice de l’économie en 1981 qu’au cours des cinq dernières années.Seules nos exportations nettes pourraient constituer un facteur expansionniste en 1981, mais seulement à partir de l’été, au moment où l’effet de la reprise aux Etats-Unis commencera à dominer celui de la récession en Europe.Il faut trouver des moyens de lutte contre l’inflation qui ne soient pas générateurs de chômage.5.Compte tenu d’une augmentation d’environ 11% des prix en 1980, de la baisse de la productivité et de la hausse du chômage, les salaires ne devraient guère augmenter de plus que 10% en 1981.Parmi les autres facteurs qui déterminent l’évolution des prix, seule la hausse prévue de 4,50 $ du prix du baril de pétrole semble ressortir, de sorte que les prix à la consommation devraient augmenter de 10 à 11% en 1981.En somme, la «bonne» nouvelle est que l’inflation ne devrait pas s’accélérer en 1981, contrairement à la situation de 1979 et de 1980.La mauvaise nouvelle est que les salaires continueront de marquer le pas pour la cinquième année consécutive et ne pourront contribuer à tirer la consommation de sa torpeur.Conclusion De 1966 à 1973, le Canada a connu un taux de chômage moyen assez bas (5%), un taux d’inflation modéré (4%) et un progrès annuel satisfaisant de sa productivité (3,5%).Après 1973, notre performance s’est détériorée sur tous les plans: taux de chômage moyen accru (7%), taux d’inflation accéléré (9%) et progrès plus lent de la productivité (1,5%).L’année 1981 confirmera la nouvelle tendance, avec un taux de chômage de plus de 8%, un taux d’inflation de plus de 10% et un arrêt de croissance de la productivité.Les changements observés depuis une décennie dans l’économie canadienne, et en particulier dans l’économie québécoise, ne semblent pas être éphémères.Ils sont permanents, à moins d’un vigoureux coup de barre de la politique économique canadienne.Il faudrait examiner attentivement les distorsions causées sur le marché du travail par le fardeau fiscal et la sécurité sociale afin d’en éliminer les causes.Il faudrait développer des moyens alternatifs de lutte contre l’inflation qui ne soient pas aussi inefficaces et injustes envers les petits salariés, les petites et moyennes entreprises et les petits emprunteurs que la politique traditionnelle des taux d’intérêt extraordinairement élevés et générateurs de chômage que nous connaissons à l’heure présente.Et il faudrait mettre au point la manière utile de mieux rentabiliser la création et la croissance de l’entreprise et de sa productivité.Les moyens des politiques requises existent en puissance dans l’arsenal des connaissances de la science économique et dans l’expérience vécue de plusieurs pays industrialisés et en développement.Nous manquons encore malheureusement au Canada de volonté (voire d’audace) politique pour les mettre en oeuvre.Le débat constitutionnel engagé d’abord à Québec, et maintenant à Ottawa, est absolument indispensable à la construction d’un avenir politique plus stable et plus serein pour nos enfants.Mais il faut asseoir la nouvelle constitution canadienne sur une économie solide.Autrement, l’histoire aura raison de condamner ces Nérons des temps modernes qui ne sont intéressés qu’à jouer du violon constitutionnel alors que la maison économique est en flammes. GESTION L’OFFRE DE SERVICES des caisses populaires et d’économie par: Réjean Hamel* Chaque jour, dans une caisse populaire ou d’économie, se déroulent un nombre incalculable d’actions de communication.L’ensemble de ces communications ne se limite pas à la relation directeur-employés ou caisse-fédération, mais il comprend aussi et surtout la relation caisse-membres.Lorsque nous parlerons ici du développement systématique de la relation caisse-membres, nous décrirons plus spécifiquement l’o//re de services financiers de la caisse populaire ou d’économie à ses membres.Parce que la mission essentielle de la caisse populaire ou d’économie, de par sa nature coopérative, est de répondre aux besoins financiers individuels et collectifs des membres qu’elle rassemble.Parce que le membre est la base de la caisse populaire ou d’économie, qu’il en est la raison d’être même et que sa participation est essentielle au développement de la coopérative.Parce qu’il est moins coûteux et plus simple de parler aux membres qui viennent chez nous que d’aller leur parler chez eux.«L’offre de services», est-ce vraiment nouveau?«L’offre de services» est d’abord un état d’esprit soutenu par le désir de progresser et celui de donner à ceux dont le travail est d’offrir les services les meilleures conditions pour répondre d’une façon optima- *M.Hamel est conseiller en communication à la Confédération.Pourquoi l’offre de services?le aux besoins des membres.Sans cet état d’esprit, on peut difficilement conserver l’attitude de service qui est à la base de l’action coopérative.Mais c’est aussi une technique orientée vers la satisfaction des membres avec ses outils et ses méthodes.Ce n’est donc pas une réalité nouvelle, en soi.Ce qui est nouveau, c’est qu’on s’y consacre d’une façon plus systématique et plus persistante, avec le souci de se donner des objectifs, des méthodes, des outils qui soient à la fois simples et efficaces et qui permettent à la caisse populaire ou d’économie d’assurer d’une façon autonome et cohérente l’offre de ses services financiers.Une étape de déblayage A la demande de la Confédération, des représentants de la majorité des fédérations se sont regroupés pour mettre au point ensemble des outils qui aideraient éventuellement les caisses populaires et d’économie à développer le système de com- munication «offre de services».Four cela, il était nécessaire de respecter les expériences et les projets qu’avaient déjà réalisés dans ce domaine certaines fédérations, des groupes de caisses ou des caisses isolées.C’est donc en continuité avec les travaux en cours et dans un esprit de bonne collaboration que, dans un premier temps, trois outils pertinents à l’offre de services au guichet ont été élaborés.De la théorie à la pratique Le groupe de travail a donc abordé sa tâche en étant conscient que les activités de la caisse doivent être organisées en fonction des besoins et des attentes des membres et aussi qu’un changement fondamental de mentalité dans le monde financier est amorcé (l’accueil passif du membre, qui vient utiliser un service, a fait place à une approche active et dynamique; c’est désormais l’organisme financier qui tend à se rapprocher du membre et qui tâche de connaître ses besoins et d’y répondre).9 Ÿlc V ft INFORMATIONS -& fQfc Le groupe de travail a d’abord conçu les éléments d’un document audio-visuel appelé «offre de services — fonction-caissier».L’objectif de ce document est de développer chez l’employé de comptoir la conscience de son rôle dans l’offre de services et l’établissement ou le développement de la relation caisse-membre.Ce document met en effet l’accent sur la qualité du contact personnel comme élément de base dans le milieu coopératif.A quoi bon avoir les meilleurs produits aux meilleurs prix, lancer des campagnes publicitaires imposantes et disposer d’un réseau de caisses bien implantées si le caissier ou la caissière n’est pas assez informé sur sa tâche essentielle: la communication avec le membre, existant ou potentiel.Comment ce document propose-t-il d’améliorer la relation avec le membre?• En répondant aux membres avec empressement et courtoisie, avec précision et organisation; • en répondant aux membres avec rapidité et efficacité; • en répondant aux membres avec des connaissances précises des différentes caractéristiques des services; jfïÆ DE .’.y CCH WJ A , ¦ • en offrant aux membres d’autres services financiers pour répondre à leurs besoins.L’ensemble des fédérations et de leurs caisses affiliées se sont montrées très satisfaites de la qualité communicationnelle de ce document comme outil de base pour le développement de la relation caisse-membre et comme moyen de favoriser une plus grande utilisation des services des caisses.Le deuxième outil mis en place est un périodique d’information, à l’intention des fédérations, qui a pour but d’exposer de façon sommaire mais éclairante certains aspects du marché, des structures et de l’environnement de la caisse populaire ou d’économie.Ce bulletin aide à développer la stratégie «offre de services» afin de permettre aux fédérations de mieux planifier, organiser et contrôler les activités. Pourquoi avoir choisi de construire ces deux premiers outils?Deux grandes séries de composantes influencent la situation actuelle: certains facteurs sont visibles, d’autres ne le sont pas.Les facteurs invisibles sont ceux de l’organisation interne, des procédures organisationnelles, des systèmes informatiques ou autres, en résumé tout ce qui invisible à un membre qui visite sa caisse.Plusieurs facteurs techniques sont en effet soustraits à la vue du membre qui fréquente le local de la caisse populaire ou d’économie.Il est loin de voir que, pour soutenir cette institution financière, il existe de nombreux spécialistes.C’est pourtant grâce à ces facteurs que s’établissent la qualité, la rapidité et l’efficacité des services financiers offerts.Ils sont peut-être invisibles pour le membre, mais ils n’en sont pas moins essentiels au bon fonctionnement de la caisse populaire ou d’économie.Les facteurs visibles Les facteurs visibles ont trait aux relations concrètes que peut avoir le membre avec sa caisse populaire ou d’économie.Ils sont aussi très importants dans la relation caisse-membre.Il s’agit premièrement, du local même de la caisse populaire et de ses caractéristiques physiques: sa dimension, la disposition des meubles et des guichets, l’affichage à l’intérieur du local, en un mot, l’aménagement du local.Cet aménagement doit tenir compte des besoins des membres, de leurs désirs de contact personnel, de sécurité et de discrétion et de leurs attentes en ce qui a trait à la rapidité des opérations.Mii- —» ; ''Ô.i -, y.-'! i" 70V>LsS 1 ~ ~ A c Quant à l’aménagement intérieur de l’I.C.D., il a été complètement repensé et modifié.Les principaux travaux de rénovation effectués à l’I.C.D.se rapportent à la climatisation et l’insonorisation de tous les locaux, aux lieux de rencontre, aux services hôteliers et au matériel pédagogique disponible.Mi -—’¦¦niïp-r L; /ff Le nouveau centre résidentiel de formation peut recevoir aujourd’hui au-delà de 160 personnes en session.L’Institut met à leur disposition 64 chambres qui ont été refaites, agrandies, insonorisées et modernisées.Chacune est équipée d’un mécanisme de contrôle du chauffage, d’un système de réveil et pourvue d’installations sanitaires individuelles.Chaque stagiaire a à sa disposition le téléphone et la télévision.Chaque module résidentiel est agrémenté d’un petit salon muni d’un foyer et de fauteuils très confortables.Les stagiaires pourront s’y regrouper pour échanger, regarder la télévision ou continuer à travailler.Du côté de la restauration, on a privilégié la formule cafétéria ou buffet pour les repas du matin et du midi, et celle de salle à manger avec service à la carte pour le soir.Bière et vin y sont disponibles.De plus, un vaste salon-bar, pouvant également servir de salle de réception, est ouvert durant les heures de repas et la soirée.On y trouve un écran de télévision et divers jeux de société.14 I à £ V' ’•un*1 "ir n ih U 4 ii i;|svis i - :esi- c iunl ira- 30- Un travail fructueux L’Institut Coopératif Desjardins est un complexe résidentiel avec tous les services d’hébergement et de restauration que cela comporte.Mais on y retrouve aussi tout le matériel didactique nécessaire à sa vocation pédagogique.L’I.C.D.dispose de huit salles de cours dont quatre peuvent se transformer en un vaste auditorium pour la plénière d’un ou de plusieurs groupes.La formule de la table ronde y est privilégié et le travail est facilité par un mobilier pratique et confortable.Parmi les changements survenus à l’I.C.D., la plus grande innovation concerne le support pédagogique orienté vers les techniques audiovisuelles.il] lu 1 il 1! 1 ____________EHffo 9.1 j- ¦«’ L, ni' Chaque salle de cours est dotée d’un réseau multi-média qui permet l’utilisation de matériel audio-visuel, tel: projecteurs 16 mm et à diapositives, rétroprojecteurs, magnétoscopes, magnétophones, téléviseurs.Stagiaires et animateurs pourront compter sur une assistance technique de même que sur des services d’impression et de photocopie.Animation sociale Chaque matin, la réception met à la disposition des résidents des renseignements sur les activités sociales, culturelles ou sportives de la région de Québec.Il sera également possible de s’inscrire à l’avance à des activités sportives variées, telles le tennis, le raquetball, la natation, le jogging, le golf, etc.Soulignons enfin qu’à l’intérieur même de l’Institut des expositions diverses se dérouleront en permanence.Mise en marché vigoureuse En somme, rien n’a été ménagé pour faire du «monastique» Institut Coopératif Desjardins un centre de formation accueillant, fonctionnel et, il va sans dire, rentable.La relance de l’Institut Coopératif Desjardins a mobilisé quelque $1,6 million.Maintenant réaménagé physiquement et appelé à jouer un nouveau rôle social tout en demeurant un centre de la vie coopérative au Québec, il devient un «produit» non seulement attrayant, mais également sûr de répondre à des besoins précis.15 - ' •-•'¦y-.-.r-u-y X w Ï ‘N ' Entrevue avec M.Yvon Daneau La présence du Mouvement Des jardins sur la scène Internationale par: Michel Beauchamp La Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec est membre des organismes internationaux suivants: le Comité de liaison international de la coopération d’épargne et de crédit, l’Union internationale Raiffeisen et la Confédération internationale du crédit populaire.Le secrétaire général de la Confédération, M.Yvon Daneau, nous fournit des explications concernant la présence du Mouvement Desjardins sur la scène internationale.Le Comité de liaison international de la coopération d’épargne et de crédit R.D.Quelle est la vocation du Comité de liaison international de la coopération d’épargne et de crédit?Y.D.Ce comité de liaison, qui maintient une étroite collaboration avec l’Alliance coopérative internationale, veut être avant tout un lieu de rencontre privilégié pour faciliter une liaison entre les activités nationales ou internationales des coopératives d’épargne et de crédit à travers le monde.Les organisations membres du Comité poursuivent, grosso modo, les objectifs suivants: définition et approfondissement de l’esprit coopératif et mutualiste; recherche des modalités d’application pratique pour promouvoir cet esprit; mise en commun d’expériences sur le plan technique, administratif, juridique, financier et structurel; coordination internationale de l’assistance des coopératives d’épargne et de crédit aux pays en voie de développement; organisation de conférences internationales qui devraient axer leurs travaux sur la meilleure façon de mobiliser la solidarité des coopérateurs de chaque pays.R.D.Quels sont les principaux membres du Comité de liaison international de la coopération d’épargne et de crédit?Y.D.Le World Council of Credit Union, la Banque centrale des coopératives de France, le Mouvement Desjardins, le mouvement «Institute Movizalidor de Fondes Cooperatives» (Argentine), l’Union du Crédit coopératif de France, le Comité bancaire de l’Alliance coopérative internationale, l’Union internationale Raiffeissen, la Confédération nationale du Crédit mutuel de France font partie de ce Comité de liaison international.R.D.Quelle est la préoccupation actuelle des organisations membres du Comité et pourquoi le Mouvement Desjardins tient-il à être membre du Comité de liaison international de la coopération d’épargne et de crédit?Y.D.Dès 1966, le Mouvement Desjardins participait aux travaux qui ont précédé la mise sur pied du Comité.Au début, l’objectif du Comité était de réunir les coopératives d’épargne et de crédit tout en favorisant des échanges d’information entre elles.Depuis lors, les objectifs ont été reprécisés.Nous en avons d’ailleurs parlé précédemment.Et lors du congrès de la Nouvelle-Delhi, en février 1981, congrès auquel participera le Mouvement Desjardins, il sera question de la révision des structures du Comité.On est conscient, en effet, que certaines organisations membres ont une envergure internationale, alors que d’autres ont plutôt une envergure continentale ou nationale .Il faut donc tenir compte de cette réalité et rechercher des mécanismes de fonctionnement mieux adaptés .17 C’est par ailleurs parce que le Comité peut éventuellement constituer un important lieu d’échange en ce qui concerne, entre autres, les questions financières et technologiques, que le Mouvement Desjardins tient à y être représenté.C’est aussi parce que bon nombre des organisations membres, dont le Mouvement Desjardins, oeuvrent dans les pays en voie de développement, et que les échanges qui se déroulent au sein du Comité sont susceptibles de permettre une action plus cohérente et efficace dans ces pays.R.D.Comment se traduit concrètement la participation du Mouvement Desjardins au sein du Comité de liaison international?Y.D.Les membres du Comité se réunissent habituellement une ou deux fois par année et le Mouvement Desjardins participe activement aux travaux du Comité .À tous les quatre ans, le Comité organise, par ailleurs, un congrès dont le thème porte sur un aspect de l’évolution des coopératives d’épargne et de crédit (technologie, questions financières, etc.).À la suite de chacun des congrès, une synthèse des échanges intervenus entre les participants est publiée .L’Union internationale Raiffeisen R.D.Quels sont les buts poursuivis par l’Union internationale Raiffeisen et quels sont les organismes membres de cette Union?Y.D.L’Union internationale Raiffeisen est une association dont les buts sont de promouvoir les idées de Friedrich Wilhelm Raiffeisen (qui, il y a 150 ans, mettait de l’avant une expérience coopérative originale), de susciter des échanges constants d’idées et d’expériences et enfin, d’organiser un centre de documentation .Plusieurs pays européens sont membres de l’Union internationale Raiffeisen (par exemple, la France, la Suisse, la Belgique).R.D.Que peut retirer le Mouvement Desjardins de sa participation aux travaux de l’Union internationale Raiffeisen et que peut-il apporter aux autres membres de cette Union internationale?Y.D.L’évolution des idées et des structures au sein de ce qu’il est convenu d’appeler le système Raiffeisen s’apparente à l’évolution que nous avons connue au sein du Mouvement Desjardins.En fait, les organisations du système Raiffeisen et les caisses populaires et d’économie Desjardins ont beaucoup de choses en commun: il s’agit d’organisations à caractère communautaire et démocratique qui se développent sur un territoire géographique délimité; elles ont été fondées dans les mêmes milieux socioéconomiques, etc .Le fait d’être membre de l’Union internationale Raiffeisen permet donc au Mouvement Desjardins d’apprécier ce qui se fait dans un système coopératif européen avec lequel nous avons beaucoup d’affinités.De plus, notre participation nous oblige à nous interroger, ce qui nous permet de renouveler notre façon de voir les choses.En revanche, l’expérience nord-américaine du Mouvement Desjardins intéresse les représentants des organisations du système Raiffeisen .Nous avons aussi très souvent l’occasion d’échanger sur nos initiatives réciproques dans les pays en voie de développement.Fait à signaler, à titre de membre de l’Union internationale Raiffeisen, le Mouvement Desjardins est représenté au sein du conseil d’administration de cet organisme, lequel conseil se réunit une ou deux fois par année. La Confédération internationale du crédit populaire R.D.Quelle est la vocation de la Confédération internationale du crédit populaire et quels sont les pays représentés dans cette organisation?Y.D.La Confédération internationale du crédit populaire est une organisation qui veut réunir les institutions et les organismes bancaires dont la vocation plus spécifique est de favoriser le développement, au sens large du mot, des petites et moyennes entreprises.Cette organisation groupe actuellement, à un titre ou à un autre, une dizaine de pays: l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Maroc, les Pays-Bas, la Turquie et la Suisse.Le Mouvement Desjardins est représenté au sein du Comité central de cette organisation et participe activement aux travaux de certains comités.R.D.Pourquoi le Mouvement Desjardins participe-t-il aux activités de cette organisation internationale?Y.D.A l’heure actuelle, nous trouvons au sein de la C.I.C.P.une expertise qui peut inspirer notre action dans le domaine des prêts commerciaux et industriels.Par ailleurs, notre spécificité coopérative et notre façon de nous impliquer dans notre communauté intéressent les autres membres de la Confédération internationale du Crédit populaire et ce, au moment même où l’on s’interroge sur les orientations de la C.I.C.P.Une présence nécessaire sur la scène internationale R.D.À quelles activités le Mouvement Desjardins s’attend-il à participer en 1981, au sein des organismes dont nous venons de parler?Y.D.La Confédération Desjardins sera représentée au congrès du Comité de liaison internationale, à la Nouvelle-Delhi, en février 1981.Elle sera aussi présente aux réunions annuelles des principaux comités des autres organisations dont elle est membre .Fait à signaler, même si l’éloignement nous empêche d’assurer notre présence physique à toutes leurs réunions, nous maintenons des communications très étroites avec les organismes dont nous sommes membres.Nous recevons, entre autres, les procès-verbaux des réunions et de nombreux documents d’information .R.D.Est-ce que le Mouvement Desjardins pourrait devenir membre de certaines autres organisations internationales?Y.D.En regard des nombreuses sollicitations dont le Mouvement est de plus en plus fréquemment l’objet, il a fallu se donner des critères pour nous aider à sélectionner les organismes internationaux avec lesquels nous devons établir des relations .Il semble que la Confédération devrait s’inspirer de la nature et de la fonction du Mouvement Desjardins pour juger de l’opportunité d’adhérer à certains organismes.Or, le Mouvement Desjardins est de nature coopérative et exerce une fonction financière.Ces deux aspects de sa réalité devraient donc lui servir de guide pour juger de la pertinence de sa participation aux organisations qui la sollicitent.De plus, le Mouvement a traditionnellement eu des préoccupations de nature communautaire; ces préoccupations devraient également être retenues pour l’aider à faire son choix.R.D.Pourquoi le Mouvement Desjardins se doit-il d’être présent sur la scène internationale?Y.D.Il est très important d’avoir une fenêtre ouverte sur le monde et de savoir ce qui se passe ailleurs dans le domaine de la coopération d’épargne et de crédit.Notre présence sur la scène internationale peut nous être très profitable.En affirmant notre personnalité, et en disant aux «autres» qui nous sommes et ce que nous faisons, nous pouvons nous bâtir au fil des ans un capital de relations privilégiées avec différentes organisations .Et certaines composantes du Mouvement Desjardins peuvent profiter de ces relations et de ces échanges.Je pense, entre autres, à la Caisse centrale, à la Société d’investissement Desjardins, à Fiducie du Québec .Fidèle, par ailleurs, aux principes qui l’animent, le Mouvement Desjardins doit continuer, par la Société de développement international Desjardins, à s’engager concrètement dans les pays en voie de développement en mettant à la disposition de ces pays l’expérience accumulée depuis 80 ans. DOCUMENT Un regard neuf sur Alphonse Desjardins -^tr.rffr* .£ ¦ wmm BSv»*~ par: Martine Giroux Voici le texte gagnant du premier prix, niveau collégial, du Concours national Lionel-Groulx 1980 dont le thème était «Alphonse Desjardins et l’émancipation économique des Québécois».L’auteur, Martine Giroux, est étudiante au Petit séminaire de Québec.Ce texte joint, à ses qualités au niveau du développement des idées et de la recherche, le mérite de constituer une intéressante synthèse de l’oeuvre du fondateur, telle que vue par une étudiante de 18 ans.20 Autrefois et encore aujourd’hui, certains Québécois doutent de leurs capacités, surtout face à leur propre culture et leur propre langue.S’il en est ainsi, c’est que certains d’entre eux travaillaient et travaillent encore actuellement pour des institutions étrangères.C’est pourquoi ils se croient obligés d’abandonner leur culture, leur langue pour mieux réussir en affaires et, progressivement, ils se dénationalisent complètement.Et voilà qu’un homme de chez nous, Alphonse Desjardins, a compris ce que recelait sa propre culture et a réussi à doter la communauté québécoise d’une institution adaptée à ses besoins et à sa mentalité.Cet homme, parce qu’il était sensible à l’humain, est venu en aide aux classes laborieuses, aux petites gens, aux pauvres, aux déshérités, etc.Il a su apporter des instruments très efficaces de libération: des capitaux et des personnes capables de les gérer.Ces capitaux qui servent généralement à des fins productives peuvent permettre aussi le progrès économique des Québécois.Son oeuvre, Alphonse Desjardins l’a élaborée en plusieurs étapes.D’abord il s’est préoccupé des indi-' vidus qu’il avait jugés particulièrement démunis devant les problèmes financiers.Ensuite, devant le ; succès de son entreprise, son oeu-I vre s’est orientée vers des projets f: plus larges et ouverts à l'ensemble >î de la société.Les Canadiens français, établis à la campagne depuis la conquête britannique de 1760, ont à affronter * de sérieux problèmes au milieu du XIXe siècle.Règne à ce moment une instabilité dans la vie agricole, menaçant ainsi l’équilibre économique de la province.S’ajoutent à ce problème la forte natalité de la province, la rareté des terres, l’imprévoyance du paysan canadien français, l’accroissement du prolétariat agricole.Ainsi s’effectue une dépopulation des campagnes en faveur des villes, en particulier pour les villes des États-Unis.Ce phénomène ne laisse personne indifférent et surtout pas Alphonse Desjardins qui constate que: «les défauts les plus graves des classes laborieuses sont l’individualisme, puisque les ouvriers et cultivateurs répugnent à s’associer voyant là une entrave à leur liberté, l’imprévoyance aggravée par le manque d'éducation économique, et le dédain de la petite économie, puisque les classes laborieuses n’ont pas à leur disposition un système de crédit adapté à leurs besoins réels et pressants».1 Alphonse Desjardins, né le 5 novembre 1854 à Lévis, avait été élevé dans la plus grande pauvreté.Tour à tour, il poursuit des études brillantes, s’enrôle dans la milice canadienne, fait une courte carrière de journaliste et le 8 avril 1892, il est nommé sténographe français à la Chambre des Communes.C’est en 1897 que l’orientation de sa vie va complètement changer lors d’un débat sur les ravages de l’usure.Le 6 avril, un député de Montréal présente une proposition de loi où les emprunteurs étaient obligés de payer un taux d’intérêt exorbitant et même usuraire.Desjardins qui était alors rapporteur écoutait ces injustices et ne pouvait demeurer indifférent devant de telles précisions énoncées en Chambre: «Il n’y a que quelques jours, un homme de Montréal qui avait emprunté 150 $ a été poursuivi et condamné à payer en intérêts la somme de 5 000 $ sur ce capital de 150 $».2 La cause principale de l’usure tient de toute évidence au manque d’organisation financière pour répondre aux besoins des emprunteurs, qui se retrouvent parfois dans des situations où ils ne pouvaient guère se conformer aux exigences bancaires.3 Devant pareille situation, Alphonse Desjardins décide de s’occuper de cette question en approfondissant davantage, par des recherches en bibliothèque et des enquêtes, le problème de l’usure qui empêchait l’émancipation économique des Québécois.Par le volume de Henry William Wolff, The people's Bank, il découvre comment fonctionnent les banques populaires européennes; par la suite, il établit une correspondance suivie avec l’auteur et avec d’autres personnalités spécialisées dans ce domaine qui l’aideront par des conseils et par leurs propres expériences.Ainsi, en explorant les expériences européennes, il en retire le meilleur de chacune d’elles, crée une nouvelle institution qui répondra aux exigences économiques du milieu paroissial: la caisse populaire.21 «C’est en 1900 qu’Alphonse Desjardins fonde la première caisse populaire.Synthèse originale de différents modèles d’institutions, d’épargne et de crédit européennes, cette société coopérative a pour objet, selon son fondateur, «d’améliorer le sort des classes laborieuses en leur inculquant les vertus d’économie et de prévoyance et en leur fournissant l’opportunité de crédit nécessaire à leur relèvement économique».4 Alors, peu à peu, l’épargne des sociétaires sera transformée en un capital productif, leurs dépôts formeront un capital qui pourra servir aux opérations de la société: se trouve disponible une source de crédit, facile d’accès à la classe laborieuse, à condition que cet emprunt favorise le développement économique de la société par la mise en marche d’entreprises nouvelles qui entraîneront la création de nouveaux emplois.Ainsi, l’épargne disponible permettra aux «entreprenants» de répondre à leurs aspirations et à leurs ambitions; elle encouragera leurs initiatives de développement.Par là, on s’oriente vers l’entreprise coopérative: elle appartient aux membres qui la composent.Désormais, les Québécois peuvent emprunter sans être exploités.Alphonse Desjardins venait d’assurer l’émancipation économique des Québécois, après avoir constaté que leur épargne était contrôlée par des Juifs et des Anglais.Mais avant d’étendre le système à toute la population, Alphonse Desjardins «veut en surveiller lui-même le fonctionnement afin de découvrir les points faibles et de les corriger»5 Et puisqu’il n’existe pas de loi pour les caisses, il refuse de propager son système.Il ne veut pas mettre entre les mains des Québécois des outils dont il n’aura pas vu les résultats premiers et qui ne sont pas reconnus ni soutenus par la loi: «S’ils n’ont pas fait davantage pour la libération économique des nôtres, c’est que la loi restreignait leur action»6 explique Emile Girardin.En dépit de pressions soutenues, Otta-22 wa refuse à plusieurs reprises de vo- ter une loi permettant l’existence juridique des caisses populaires.Le gouvernement du Québec se rendit à la requête d’Alphonse Desjardins en 1906 et il adopta la Loi des Syndicats coopératifs de Québec permettant l’incorporation des coopératives d’épargne et de crédit.Depuis 1963, les coopératives d’épargne et de crédit sont régies par une loi qui leur est propre.Vers les années 1910, 22 autres caisses populaires s’ouvrent dans la province de Québec.Mais afin de démontrer au public l’utilité de la coopération dans le domaine de l’épargne et du crédit, Desjardins doit faire de la propagande.Cette propagande se fait sous trois formes: les contacts individuels, la presse et la «plate-forme».L’autorité religieuse de chaque paroisse, considérant ce projet comme «le meilleur mode de soustraire la population catholique au joug de la juiverie en matière de prêt et de crédit»7, accorde une aide précieuse à Desjardins.On informe aussi les gens par le journal «La Vérité de Québec».Desjardins publie une brochure intitulée «Le catéchisme des caisses populaires»; il fonde «L’action populaire économique», toujours pour promouvoir l’esprit coopératif.Et peu à peu, l’esprit des gens se fait à cette idée et entre 1907 et 1916, 160 caisses prennent naissance.Ainsi, «les succès rapides et grandissants de l’oeuvre suffirent à neutraliser les premiers obstacles: l’indifférence, l’apathie et les sarcasmes du public»8 À partir de là, les Québécois prennent de plus en plus leur économie en main.La société québécoise deviendra peu à peu de type industriel, grâce à une plus grande productivité.Avec la création de capitaux québécois, le crédit est plus accessible et les gens peuvent créer leur propre commerce, leur propre entreprise selon la volonté de chacun.s é Et ainsi parallèlement se développera une société de consommation.L’épargne deviendra une préoccupation plus importante pour le consommateur, car ce dernier épargnera dans un but précis selon l’objet qu’il désire.Comme conséquence sur le plan humain, on voit naître des vocations pour l’administration, une élite administrative, comme l’appelle Richard Arès: «Les caisses populaires se multiplient: elles apportent à notre communauté, non seulement des capitaux, mais encore et surtout des hommes, c’est-à-dire, premièrement, une élite administrative et financière, et deuxièmement, un peuple économiquement et socialement éduqué».9 Entre l’époque de la fondation de la première caisse populaire, à Lévis, où le premier dépôt fut de 10 sous, et aujourd’hui, où l’actif du Vi * i K des coopératives affiliées»10.Ainsi, au 31 décembre 1979, on compte 10 unions régionales à travers la province de Québec.Elles voient à la propagation de la doctrine coopérative, à la bonne marche des caisses déjà établies et de celles qui naîtront dans une nouvelle région, à l’éducation du personnel.C’est grâce à l’aide de l’Union régionale sur le plan humain, sur le plan technique, sur le plan des capitaux alloués pour des créations d’habitations, d'industries, d’entreprises, etc.que les Québécois parviennent à s’émanciper dans le domaine de l’économie.Mais les délégués des unions régionales songent à préserver l’avenir comme le rappelle Richard Arès, ils envisagent: «la fondation d’une fédération qui améliorerait les chances d’obtenir de l’Assemblée législative les octrois nécessaires à la diffusion et à la surveillance des caisses».11 Le projet est accepté le 17 mars 1932 et Monsieur Cyrille Vaillan-court en est le président et gérant.Cette fédération offre de nombreux services aux unions régionales et aux caisses populaires; elle est toujours à l’écoute des demandes des caisses ou des sociétaires afin d’aider le mieux possible les Québécois dans leur entreprise.mouvement atteint 10,2 $ milliards, il a fallu que des Québécois assurent la continuité de l’oeuvre d’Alphonse Desjardins, ce qui permet aujourd’hui à ces mêmes Québécois d’assumer en partie leur propre économie.(.) Ainsi, après la mort de Desjardins, le 31 octobre 1920, il a fallu que d’autres hommes, en accord avec ses idées, poursuivent son oeuvre.Pendant sa maladie, il songeait au projet de fédérer les caisses populaires.Il avait réuni plusieurs caisses afin de fonder une Union régionale, création qui témoigne du succès des caisses populaires et marque une étape nouvelle dans les progrès accomplis.Cette union «est une oeuvre économique et sociale qui a pour but la protection et la défense des caisses populaires et Par ces créations, nous pouvons constater qu’Alphonse Desjardins a su éduquer le peuple québécois.Il a su former une élite financière prête à poursuivre l’oeuvre qu’il a fondée.(.) A partir de là, une autre étape allait être franchie.Huit autres institutions se sont associées au grand Mouvement des caisses populaires Desjardins: l’Assurance-Vie Desjardins, la Société d’Assurance des Caisses populaires, l’Institut Coopératif Desjardins, l’Association Coopérative Desjardins, la Société de Fiducie du Québec, la Sauvegarde, la Sécurité et les Placements Collectifs Inc.Par exemple, si nous prenons les compagnies d’assurance-vie et en particulier la Sauvegarde, dans la seule année 1978: «elle a injecté plus de 41 $ millions dans l’économie canadienne et principalement dans celle du Québec, en majorité dans les placements hypothécaires et obligataires.La répartition de 97,2% de son capital social entre les 10 unions régionales et 998 de leurs caisses signifie la poursuite de son enracinement au Québec et la continuité de ses activités en faveur de la collectivité québécoise».12 La Sauvegarde a aussi consenti des prêts hypothécaires à l’ouverture de magasins Coop ou Cooprix.Ainsi, la population québécoise désire encourager ce qui lui appartient.(.) La présence des caisses populaires ne se limite pas aux prêts consentis aux membres pour des biens de consommation.Les caisses populaires s’impliquent dans le développement de l’entreprise industrielle, commerciale et agricole par des prêts, des investissements et des placements.«On estime, en 1979, à quelque 600 $ millions le montant des prêts en cours destinés au financement d’entreprises industrielles, commerciales et agricoles, à caractère coopératif ou non».13 (Alfred Rouleau) 23 24 C’est donc là une preuve qu’on permet aux citoyens québécois de s’impliquer le plus possible dans des entreprises de chez nous.Ils peuvent assumer leur propre gestion et ainsi la société est de moins en moins dominée par des «gros capitalistes étrangers» mais devient plus auto-gestionnaire.Il est bon de noter la participation des caisses au dossier «Tricofil», et après les refus d’aide monétaire de certains «milieux financiers», la participation de celles-ci au financement de la car-tonnerie de Cabano.Les caisses interviennent dans tous les domaines possibles, en restant à l’écoute et en attente d’expériences socioéconomiques des Québécois, lesquelles seront source de progrès pour l’humain.Nous rappelons également la plus récente réalisation, et non la moindre, des caisses: «F intercaisse».(.) Le membre prend conscience qu’il appartient à un mouvement vraiment québécois par sa caisse.Si on regarde l’importance du mouvement des caisses populaires Desjardins, on est impressionné lorsqu’on constate le membership, le réseau institutionnel, les compétences, le capital humain et financier, etc.Ce mouvement est devenu un partenaire économique, social et politique de première ligne au Québec.Car n’oublions pas que dans plus de 500 localités du Québec la caisse populaire est la seule institution financière présente, c’est-à-dire le seul contact des citoyens avec le système financier en place.«Elle devient un instrument entre les mains des membres qui lui permet de s’exprimer sur une multitude de sujets.La caisse populaire est un outil qui peut aider à trouver des éléments de solution à certains problèmes de notre société».14 Nous aimerions souligner également la création, en décembre 1971, de la Société d’investissement Desjardins (SID) qui a pour objet: «de créer et d’administrer un fond d’investissement aux fins d’établir et de développer par des entreprises industrielles et commerciales, à caractère coopératif ou non, et ainsi favoriser le progrès économique du Québec».15 Il faut aussi mentionner le Crédit Industriel Desjardins (CID) qui offre à des entreprises commerciales et industrielles prêts à terme et location d’équipement.On a encore ici deux exemples qui nous démontrent bien que le mouvement des caisses populaires Desjardins offre aux Québécois les moyens de prendre en main leur économie et de s’émanciper dans des domaines qui leur plaisent et qui servirons leurs intérêts.(.) Ainsi, les Québécois, travaillant pour des Québécois, ont eu la possibilité d’utiliser leur liberté à l’innovation et à la création.Ils n’ont pas eu besoin de renier quoi que ce soit d’eux-mêmes; langue, religion, mentalité, enfin leur appartenance à leur communauté nationale.Pour Alphonse Desjardins, l’émancipation économique du peuple devait d’abord et avant tout venir de lui-même: «Ce sont les institutions organisées par le peuple lui-même, proclamait-il, qui peuvent le mieux assurer le bien-être de la population».16 C’est pourquoi les Québécois, une fois éduqués à l’oeuvre de Desjardins, dont un des principaux buts était l’éducation économique et sociale, devinrent eux-mêmes le premier instrument de leur libération.Il est certain que les institutions Desjardins auront encore beaucoup à faire pour améliorer leurs structu- res et les adapter aux réalités et exigences de la société moderne.Mais il est temps que chacun de nous se rende compte de la multitude de services que les caisses populaires et les institutions affiliées offrent à leurs membres sociétaires.Puisque c’est auprès de nous qu’ils trouvent leur premier mode de financement, faisons-nous un devoir d’en devenir membres afin que cette oeuvre puisse se perpétuer et contribuer à notre prospérité économique.Références 1ROBY Yves, Alphonse Desjardins et les caisses populaires, 1854-1920, p.8.2Débats de la Chambre des Communes, (6 avril 1897) 468-469, cité par Yves Roby, p.33.3«La Vérité» 17 juillet 1909 cité par Yves Roby, p.36.4ROBY, Yves Les Caisses populaires «Alphonse Desjardins 1900-1920» p.105.5ROBY, Yves Alphonse Desjardins et les Caisses populaires 1854-1920, p.66.6Revue Desjardins, n° 5, 1971, p.7.7LAMARCHE, Jacques Le Mouvement Desjardins, p.29.6 ROBY, Yves Alphonse Desjardins et les Caisses populaires 1854-1920, p.103.9ARÈS, Richard s.j., Les Caisses populaires et la communauté canadienne française, (n° 1) p.13.10LAMARCHE, Jacques Le Mouvement Desjardins, p.73.11 ARÈS, Richard s.j.Les Caisses populaires et la communauté canadienne française, p.20.12Revue Desjardins, n° 2, 1979, p.36.13Extrait de l’allocution prononcée par Monsieur Alfred Rouleau à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la F.Q.C.P.Q.tenue à Québec le 20 mars 1979.14Ma Caisse populaire, n° 3, 1972, p.5.15Congrès provincial du mouvement des Caisses populaires Desjardins 22, 23, 24 mai 1978.16ARÈS, Richard, Les Caisses populaires et la communauté canadienne française, p.15. CHRONIQUE JURIDIQUE La volonté des parties et le recours collectif par: Me Lise Nadeau* Sensibilisé aux situations abusives que vivent les individus dans des domaines tels que la consommation, l’environnement, les droits et liberté de la personne, le législateur nous a donné de nouvelles lois à caractère social.La protection des droits essentiels de l’être humain constitue le principal fondement de ces lois.En 1978, le législateur va plus avant, il dote les citoyens d’un outil très particulier, lequel permet une reconnaissance judiciaire et collective de leur droit: le recours collectif.L’effet dissuasif de la loi sur le recours collectif L’essence même de la Loi sur le recours collectif est de permettre à une personne physique de poursuivre quelqu’un au nom de toutes les personnes physiques qui ont un droit semblable contre cette même personne, et ce sans avoir à obtenir d’autorisation quelconque de leur part.Dans sa conférence de presse au moment du dépôt du projet de loi, le ministre d’Etat au développement social, Monsieur Pierre Ma-rois, a présenté ce recours comme celui qui «permettra désormais à tout citoyen qui se croit lésé dans ses droits d’intenter des poursuites au nom de l’ensemble des personnes qui ont subi le même tort»; il l’a décrit comme «l’instrument essentiel à l’établissement d’un minimum d’équilibre dans le rapport de force qui existe entre les petits et les gros de notre société», «un moyen susceptible de mettre un frein à certaines pratiques inqualifiables».*Me Nadeau est avocate à la direction des Affaires juridiques à la CCPEDQ.En effet, le législateur ne cache pas qu’il mise beaucoup sur l’effet disuasif de cette loi.La crainte d’une poursuite en recours collectif ne serait-elle pas le début de la sagesse des entreprises?«Un même poids, une seule mesure» assure la publicité.Une balance en équilibre: sur un plateau un amas de plumes (les milliers d’individus), sur l’autre plateau six lingots (commerçants, entreprises, municipalités, gouvernement).Bien informé de cette nouvelle forme de protection de ses droits, l’individu se sent mieux nanti et pour cause.En premier lieu, le recours collectif permet à une ou plusieurs personnes de poursuivre au profit de plusieurs en groupant des réclamations, souvent minimes, pour lesquelles il ne vaudrait pas la peine d’intenter de façon individuelle et selon la procédure ordinaire à cause des coûts disproportionnés qui en résulteraient.En second lieu, le recours collectif facilite l’administration de la justice en permettant de résoudre des questions communes à plusieurs au moyen d’un seul jugement final.Ainsi, on évite la possibilité de jugements contradictoires et une multiplication de procédures séparées.Finalement, grâce au Fonds d’aide aux recours collectifs, l’exercice du recours collectif devient accessible à tous.En effet, parce que les coûts judiciaires peuvent être disproportionnés par rapport au montant de la demande individuelle de la personne qui représente le groupe, la loi a créé un fonds pour aider les gens à supporter financièrement un tel procès.On peut affirmer que le recours collectif impose aux marchands, compagnies, industries, un plus grand respect de l’individu car celui-ci représente potentiellement tous les autres clients-usagers.La caisse populaire ou d’économie et le recours collectif Et la caisse dans tout ça, comment doit-elle envisager le recours 25 Ghislain Desrosiers sgu .4 ".Sv«i .u- y a 4-yy 26 *>•.r V •* p r1^ i; ~?«xm t?-.v.- l S • Ci ‘î^'- , ^>! ,'•••.W y.t ' 'd-.collectif dans ses opérations quotidiennes?Née du désir de servir ses membres, on retrouve à la base de ses relations avec ceux-ci des ententes et des contrats.Depuis toujours, ces ententes et contrats reflètent la volonté exprimée des parties.Il y a encore quelques années, la caisse et le membre établissaient seuls les termes de leur relation.Depuis lors, plusieurs lois sont venues préciser les droits des individus et les conditions d’exercice pour sauvegarder le respect de ces droits.Or, la caisse a naturellement suivi cette évolution sociale et ce, toujours dans le meilleur intérêt des membres.C’est pourquoi la volonté des parties s’inscrit maintenant à l’intérieur d’un cadre fixé par les lois.À titre d’exemple, pensons simplement à la Loi sur la protection du consommateur, où des normes strictes doivent être suivies.Il est définitivement révolu le temps où la seule entente écrite des V?** s ; >v ?* • ¦ "r : '% *.' H parties fait la loi.Aujourd’hui, nous devons nous tourner vers la loi pour savoir sur quelles bases légales se fixent les contrats.Plus que jamais la caisse doit être consciente qu’une initiative non concordante avec une loi risque d’entraîner le non-respect des droits reconnus des individus et par ricochet, l’utilisation du recours collectif par l’un d’eux au nom de tous et ce, non seulement sur des réclamations basées sur des motifs monétaires, mais également sur tous types de relations basées sur des droits existant en vertu de notre législation.Ainsi, par le recours collectif, sont permises des réclamations de montants d’argent basées sur un contrat ou sur des contrats séparés, des dommages-intérêts nécessitant une évaluation individuelle ou encore des demandes en injonction ou même en jugement déclaratoire.Sachant que la caisse offre les mêmes services à tous ses membres, n’y aurait-il pas de grandes chances pour qu’une situation pénalisant l’un d’eux lèse aussi de fa- çon similaire tous les autres membres-usagers?En effet, une décision en soi peut sembler de faible conséquence pour un membre, mais elle prend des proportions alarmantes si chacun de ses membres, par une poursuite en recours collectif, en prend conscience et en exige la reconnaissance par la caisse.Il peut arriver que la réclamation de l’individu ne soit que de quelques dollars; cependant, la même réclamation exigée de deux ou trois mille personnes atteint vite les milliers de dollars.Si un recours collectif était alors reçu par un tribunal et que jugement final intervenait en faveur du demandeur, la caisse pourrait bien être condamnée à payer une somme considérable en dédommagement à ses membres.Pour toutes ces raisons, le recours collectif fait davantage prendre conscience de l’importance d’une bonne gestion et d’une saine administration. es institutions financières poursuivies P Le temps du recours collectif contre les institutions financières peut sembler très loin.Pourtant, ce recours frappe déjà à la porte de certaines d’entre elles.Dans un , journal d’Ottawa, on rapportait les faits suivants: La Banque nationale du Canada * (BNC) s’est opposée à une demande de modification de la requête pour recours collectif intentée par un couple.La requête originale allègue la «mauvaise foi» de la BNC dans certaines procédures d’emprunt qui avaient pour résultat de faire payer deux fois la prime d’assurance aux clients qui consentaient à un contrat d’assurance-maladie sur leur prêt.' t La requête modifiée ne parle plus de «mauvaise foi», ni de pnme d assurance chargée en trop.Elle demande le remboursement par la BNC d’une partie des intérêts que les requérants ainsi que des milliers de clients dans leur cas auraient payés «injustement, sans fonde-' ment et illégalement», soit la différence entre le montant des intérêts composés mensuellement et celui des intérêts composés annuellement.Un juge de la Cour Supérieure doit trancher le litige à savoir s’il autres juge-" ardu bien # # e re- saine peut autoriser les requérants à modifier la requête en recours collectif avant de rendre jugement sur le bien-fondé ou non du recours collectif dans ce cas.Les requérants représentent les intérêts de deux groupes de personnes qu’ils estiment lésés par les procédures de la BNC.Il s’agit de groupes de personnes ayant emprunté à terme par billet provisoire, avec ga- rantie hypothécaire.Le premier groupe de personnes a effectué le dernier paiement de son emprunt au cours des cinq (5) dernières années, ou est en cours de remboursement.Le second groupe, de son côté, a remboursé avant l’échéance le solde d’un emprunt contracté au cours des cinq (5) dernières années.Dans la requête, on considère impossible de fournir une estimation précise du nombre de membres inconnus appartenant à l’un ou l’autre groupe qui se serait vu charger des intérêts en trop par la BNC.Toutefois, selon une estimation prudente de l’avocat des requérants, le recoours collectif toucherait 187 000 personnes dans le premier groupe et 117 000 dans le second.Avec une moyenne de 100 $ d’intérêt chargé en trop par personne du premier groupe, on arrive à une somme de 18,7 $ millions.Quant au deuxième groupe, la somme individuelle serait moindre (une moyenne de 3,00 $).Pour sa part, un jouurnal de Québec mentionnait qu’un citoyen de la région présenterait devant la Cour Supérieure du district de Québec le 15 janvier 1981, une requête en recours collectif contre la compagnie Trust Royal.Si la requête était acceptée par le tribunal, l’individu demanderait une interprétation judiciaire de clause du contrat hypothécaire sur laquelle l’institution financière s’appuie au moment de hausser le taux de l’intérêt d’un prêt hypothécaire à la fin de la période du terme.La clause faisant l’objet du litige stipule: «L’emprunteur s’engage de plus à payer le capital ci-haut mentionné et les intérêts y afférents, calculés au taux susdit depuis la date de com- parution des intérêts en vingt-quatre (24) mensualités égales et consécutives de trois cent trente et un (331 $) dollars chacune (capital et intérêt) le quinzième jour de chaque mois au cours de chacune des années comprises entre le quinzième jour de février mil neuf cent soixante-dix-neuf inclusivement, et le quinzième jour de janvier mil neuf cent quatre-vingt-un inclusivement, et le reliquat, s’il y a lieu, dudit capital et des intérêts y afférents, comme susdit à la date en dernier lieu mentionnée.» Les avocats soutiennent qu’en utilisant le terme «comme susdit», ce sont les mêmes mensualités de remboursement qui s’appliquent au moment du renouvellement.Selon eux, le Trust Royal ne pourrait donc pas augmenter le taux de l’intérêt au cours du prêt.Ce taux resterait donc le même pour toute la durée de l’amortissement.Le fonds d’aide en recours collectif a alloué 2 500 $ pour la préparation de la requête.Ces cas doivent nous faire réfléchir devant la menace du recours collectif afin d’éviter toute politique interne qui pourrait aller à l’encontre du respect des lois et causer préjudice à nos membres.La caisse doit donc prendre conscience qu’elle ne peut interpréter arbitrairement une loi.Il lui incombe la responsabilité d’agir dans l’esprit même des législations sans quoi, une poursuite en recours collectif demeure toujours possible.Cette seule éventualité du recours collectif devrait suffir à convaincre de l’importance du respect des droits individuels, mais il y a plus encore: la raison de l’existence même de la caisse n’est-elle pas le service au membre dans son meilleur intérêt? COOPÉRATION POINT DE VUE SUR LA COOPÉRATION EN HAÏTI par: Michel Fecteau* 28 En Haïti, TUnion des caisses populaires de l’Ouest est logée dans un minuscule local prêté par un presbytère.Les caisses membres sont «pauvres, mais enthousiastes», et le gérant qui reçoit un salaire de 30 $ par mois peut se considérer royalement payé.Le témoignage de l’auteur sur la coopération dans ce pays et en particulier sur les coopératives d’épargne et de crédit n’est pas sans évoquer l’époque héroïque de nos premières caisses populaires à nous; mais surtout il nous rappelle l’importance vitale, pour Haïti, de la coopération avec le Québec, seul autre pays francophone d’Amérique, mais surtout il nous rappelle l’importance vitale, pour Haïti, de la coopération avec le Québec, seul autre pays francophone d’Amérique.Plusieurs dirigeants des caisses populaires et d’économie Desjardins sont favorables à des projets d’in-tercoopé ration avec le Tiers-Monde.De plus en plus, le Mouvement Desjardins sera sollicité par les coopérateurs des pays en voie de développement.Dans un récent article de la revue «Ma Caisse» j’ai décrit quelques aspects de la pauvreté extrême d’Haïti.Alors que des Haïtiens vivant au Québec émettent l’avis qu’il faudrait cesser toute aide internationale à ce pays, je suis d’avis que l’aide privée est toujours nécessaire en Haïti, et que des moyens existent pour participer au développement de cette population.L’un de ces moyens est F intercoopération.*M.Fecteau travaille au sein du groupe-conseil d’assistance gouvernementale, à la Confédération.La dictature de Jean-Claude Duvalier n’a certainement pas engagé le pays dans un processus de développement intégral.La grande majorité des Haïtiens continue de s’appauvrir à tous points de vue.L’aide internationale publique, malgré son importance, atteint effectivement très peu les plus pauvres des Haïtiens.Parce que cette aide parvient toujours en Haïti par l’intermédiaire de son gouvernement, il est évident qu’elle contribue au maintien de ce gouvernement.Les spécialistes en développement international distinguent assez nettement croissance économique et développement.Le développement réfère davantage à l’amélioration réelle de la qualité de la vie qu’à l’augmentation du revenu.Le développement vise l’épanouissement harmonieux de toutes les possibilités de l’homme, tant sur le plan individuel qu’au niveau collectif.Or la coopérative est en soi un moyen précieux de développement.Elle rend d’abord l’homme responsable de lui-même, de la définition de ses besoins et des moyens de les satisfaire.Elle démontre ensuite que ce qu’il ne peut espérer accomplir seul devient possible par son association libre avec d’autres personnes.Par sa structure juridique, elle assure la pérennité de l’oeuvre des bâtisseurs.«Elle est, à sa mesure, une école de vie sociale s’efforçant de montrer les limites des droits et des devoirs, des privilèges et des obligations, en même temps que les constantes exigences de la solidarité.»1 1 Croteau, René, La Coopération: un moyen de développement in Dossiers sur les coopératives (Symposium sur la coopération) 26 mars 1975, p.34.Le modèle coopératif mérite donc qu’on l’étudie dans la perspective du développement d’Haïti.Mais les succès des coopératives en Europe, au Québec et ailleurs ont-ils une chance de se reproduire en terre haïtienne?Conditions propices Le paysan haïtien est un individualiste, comme bien des paysans du monde.Mais il possède en commun avec nos ancêtres une tradition solidement ancrée: la «coum-bite».C’est la corvée.Lorsqu’il faut réparer une route, édifier un centre communautaire, creuser un puits commun, on fait appel à la «coumbite».Dès 1953, M.Georges G.J.Mouton, chargé de mission pour le Programme d’assistance technique des Nations-Unies, recommande au gouvernement haïtien de développer les coopératives paysannes: «Les coumbi- it * -S*-*» ' n « * '4 / ^ 5 «* L4.0&-V - 2 ^
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