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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 57, no 3
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1991, Collections de BAnQ.

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luméro 3, DESJARDINS ET L’IMMIGRATION DU QUEBEC Volume 57, n” 3, 1991 Desjardins MONTRÉAL, C’EST PRATIQUEMENT LA MOITIÉ DU QUÉBEC Il est abusif d’opposer sans cesse les questions de dénatalité et d’immigration, comme si une hausse subite du taux de natalité des Québécois francophones allait régler, une fois pour toutes, le fragile destin du Québec.Rien n’est moins sûr.Nous vivons, en effet, dans un monde de plus en plus interdépendant, où les échanges et les déplacements tendent à se multiplier sans cesse.Au surplus, les spécialistes prétendent que cette dynamique est une des conditions pour créer la richesse.Quoi qu’il en soit, il suffit de réaliser qu’au tournant du XIXe siècle, soit dans moins de dix ans, la clientèle de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) sera composée à 50 % d’élèves de souche autre que québécoise francophone.On aura beau arguer que le degré de concentration des immigrants dans la métropole est anormalement élevé (90 % des immigrants y vivent), il n’en reste pas moins que Montréal, c’est pratiquement la moitié du Québec.Déjà, en 1986, lors de notre 14e Congrès, des panelistes mettaient les dirigeants du Mouvement en garde contre cette propension naturelle à ne penser que «Québécois pure laine».Il est vrai que, vu de Cacouna, de Saint-Lin ou de Métabetchouan, le phénomène interculturel n’a pas l’urgence qu’il a à Montréal.Du moins pas encore.En donnant son appui à une politique de régionalisation de l’immigration, le Mouvement Desjardins se propose, d’entrée de jeu, comme un acteur majeur du processus d’intégration des Néo-Québécois, à la grandeur du Québec.Et si, pour l’instant, l’initiative appartient tout entière à la Fédération de Montréal, c’est que la partie se joue là.Pierre Goulet Rédacteur en chef La Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec Destinée aux dirigeants et dirigeantes ainsi qu’au personnel du Mouvement Desjardins, cette revue d’information bimestrielle est publiée par la Confédération des caisses populaires et d’éeo nomie Desjardins du Québec.Ce numéro a été tiré à 25 ()()() exemplaires.Le prix de l’abonnement est de 15 S par année poui six numéros.Affranchissement numéraire au tarif de troisième classe en nombre, permis n" 1981.Port payé à Québec.PREMIER VICE PRÉSIDENT ET CHEF DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA VÉRIFICATION Alban D’Amours VICE PRÉSIDENTE COMMUNICATIONS Micheline Paradis DIRECTEUR INFORMATION ET DÉVELOPPEMENT COOPÉRATIF Marcel Raymond RÉDACTEUR EN CHEF Pierre Goulet ADJOINT À LA RÉDACTION Gilles Drouin COLLABORATEURS ET COLLABORATRICES Claude Béland, Guy Bélanger, Marie Boissonneault, Yvon Dancau, Benjamin Fortin, Lucie Guérin, Hélène Matte, Patrick Murpln Michel Rompré, Bernard Samson, Jean Savard.RÉVISION Solange Deschènes SECRÉTARIAT Suzan Bernier SUPERVISION DE LA PRODUCTION Denys Frcnette CONCEPTION GRAPHIQUE ET MONTAGE ÉLECTRONIQUE Design et infographie Eurêka PHOTO DE LA COUVERTURE Ève-Lucic Bourque SÉPARATION DE COULEURS Litho Acme IMPRESSION L’Éclaireur EXPÉDITION Postecnik CHANGEMENT D’ADRESSE Pour recevoir votre exemplaire régulièrement, veuillez nous prcvenii au moins six semaines à l’avance de tout changement d’adresse nous fournissant à la fois votre ancienne adresse et la nouvelle ci joignant si possible à votre note l’étiquette apposée sur votre revue, à l’attention de: La Revue Desjardins Confederation des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec 100, avenue îles Commandeurs, Lévis (Québec) Canada G6V 7N5 Téléphone: 1-800-463 4810, poste 2203 ou (418) 835-2203 DROITS ET RESPONSABILITÉS La traduction et la reproduction totale ou partielle des photogra phies, illustrations et articles publiés dans La Revue Des]ardw sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Le opinions émises dans les articles publiés par La Revue Dcsjtivdiu n’engagent que la responsabilité de leur auteur.ISSN 0035-2284 Dépôts légaux: Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa Bibliothèque nationale du Québec, Montréal Imprimée au Canada Bâtir ensemble Claude Béland .4.En diagonale Lucie Guérin .8.Qualité-Québec Hélène Matte .9.Colloque des DIRIGEANTES Lucie Guérin DOSSIER Desjardins et l’immigration .11.L’autre visage du Québec Gilles Drouin «Quand le milieu CHANGE, TOI AUSSI, TU DOIS CHANGER.» Pierre Goulet .16.S’OUVRIR À l’immigration n’a RIEN DE PHILANTHROPIQUE Jean Savard .19.Les dirigeants de la Rive-Sud de Montréal s’initient à la QUESTION DE l’immigration Jean Savard Le visage du Québec a changé, particulièrement dans la région de Montréal.Venant des quatre coins du monde, les immigrants sont plus «visibles» qu’ils ne l’étaient et leur présence pose de nombreux défis à la société.Le Mouvement des caisses Desjardins entend faire sa part pour bien intégrer ces nouveaux Québécois qui constituent une richesse indéniable.La Caisse d’économie des Portugais Jean Savard La caisse de Cartierville s’adapte au CHANGEMENT Jean Savard Plein feu sur la Caisse populaire de Gaspé Bernard Samson .26.Ça bouge en AGRICULTURE Marie Boissonneault et Patrick Murphy La caisse étudiante Michel Rompré Le 15h congrès du Mouvement Desjardins Gilles Drouin .32.Un peu d’histoire Guy Bélanger .-34.Carnet de voyages Yvon Daneau .35.Des ouvrages UTILES Benjamin Fortin 15 /V UNE OUVERTURE D’ESPRIT l’heure où le Québec se prépare à relever le défi de l’immigration, il est bon de rappeler que la grande aventure des caisses populaires a débuté sous le signe de l’ouverture au monde.En effet, Alphonse Desjardins n’a pas hésité à s’inspirer de l’expérience de coopérateurs français, allemands, britanniques, belges et italiens pour formuler un modèle de caisse populaire typiquement québécois.Il a su tirer les meilleurs éléments de chaque expérience et les adapter à la réalité québécoise.Voilà un exemple particulièrement éloquent de toute la richesse qu’un peuple peut retirer de son ouverture au monde.Aujourd’hui, le défi qui se pose aux Québécois en matière d’intégration culturelle est cependant plus imposant.Ce ne sont plus seulement des idées et des concepts que nous devons intégrer, mais bien des êtres humains venus des quatre coins du monde.Ces nouveaux arrivants sont à la recherche d’une société accueillante où il leur sera possible d’améliorer leurs conditions de vie.Il s’agit d’un espoir bien légitime qui, faut-il le souligner, n’est pas différent de celui qui a animé nos ancêtres, il y a moins de 400 ans.Un apport bénéfique La présence d’immigrants est bénéfique au Québec à plus d’un titre.Outre son apport culturel et social intéressant, l’immigration peut constituer en effet un complément intéressant à une politique nataliste qui vise à maintenir l’équilibre démographique du Québec.On le sait, depuis quelques années déjà, notre taux de natalité est insuffisant pour assurer le simple renouvellement de notre population.L’intégration d’immigrants pourrait contribuer à combler partiellement cette lacune.A" Au-delà de l’apport démographique, l’immigration doit être vue comme un outil de développement, par l’esprit d’entreprise qu’elle produit, par la qualité de la main-d’oeuvre spécialisée qu’elle procure et par son apport au capital intellectuel et financier de la société québécoise.A l’heure de la mondialisation de l’économie, il n’est pas sans intérêt pour le Québec d’accueillir des gens des quatre coins du monde qui auront conservé des liens avec leur pays d’origine.Nous jetons là les bases d’un réseau international qui ne peut que servir le développement du Québec.Il est d’ailleurs dommage que la présence d’immigrants se limite pratiquement pour l’instant à la seule région de Montréal.L’immigration pourrait être, en effet, un stimulant important pour les régions.C’est pourquoi Desjardins appuie la volonté du gouvernement québécois d’encourager la venue de nouveaux arrivants dans nos différentes régions.Nous entendons d’ailleurs poser des gestes concrets en ce sens dès cette année en favorisant, entre autres, des rencontres entre gens d’affaires et immigrants.Le Mouvement des caisses Desjardins est d’ailleurs bien placé pour jouer un rôle majeur dans la régionalisation de l’immigration.Notre réseau de caisses, implanté solidement partout au Québec, nous dote en effet d’un savoir-faire appréciable en ce domaine.Faire notre part Il nous faut donc relever le défi d’accueillir plus d’immigrants et, pour y arriver, nous devrons faire preuve d’une grande ouverture d’esprit, tout en demeurant très conscient des pièges qui nous menacent.D’emblée, le Mouvement des caisses Desjardins reconnaît entièrement le choix et le droit La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 irl'esfit é deli SODJf iccuci' consirc kste ledévt- d’in» ! la seiilî j , en elfe uébéeois dans oe>! is enten es eetiet litres, ife meot des lettrste de l’i®' a decllS' ,t partout eftetd'^ enic^' frleJft olive1 lyfH11 f# ftfe td* é ree° et des communautés culturelles de vivre au Québec.Nous reconnaissons aussi la richesse de leur apport culturel et économique et leur contribution au maintien de notre équilibre démographique.D’ailleurs, lors de la présentation du mémoire du Mouvement des caisses Desjardins à la Commission parlementaire de la culture sur l’énoncé de politique en matière d’immigration, nous avons clairement signifié notre intention de faire notre part pour favoriser l’accueil et l’intégration des nouveaux Québécois.Le gouvernement québécois propose un contrat moral pour y arriver et nous entendons bien faire tout ce qui est possible pour remplir nos obligations.Éviter les pièges Mais l’idée même de contrat implique l’existence d’au moins deux parties.De notre côté, nous avons à faciliter l’intégration des nouveaux arrivants, à leur faire de la place dans notre grande famille et à les associer à la définition du projet collectif qu’est le Québec.En revanche, ceux-ci devront accepter le fait que les choses se passent en français au Québec et qu’ils ne peuvent pas faire fi de notre identité culturelle.Chacun a un bout du chemin à faire et, de notre côté, il ne sera jamais question de renier notre identité culturelle.C’est d’autant plus important que nous sommes une minorité perdue dans un vaste continent dominé par une culture; nous sommes une minorité qui accueille des minorités.Dans son intérêt donc, le Québec doit se donner les moyens d’intégrer parfaitement les nouveaux arrivants.La nouvelle entente administrative entre Québec et Ottawa en matière d’immigration, survenue à la fin de 1990, est un bon pas dans cette direction.Le Québec récupère une bonne partie des pouvoirs en ce domaine, mais une partie seulement.En commission parlementaire, nous n’avons pas manqué de souligner l’importance pour le Québec de disposer de tous les pouvoirs en matière d’immigration.Pour nous, il en va de notre survie en tant que peuple.Des efforts encore modestes Chez Desjardins, nous avons jusqu’ici fait des efforts intéressants pour faciliter l’intégration des communautés culturelles.Ainsi, la Fédération des caisses d’économie regroupe en son sein six caisses ethniques.D’autres minorités, comme les Haïtiens, se trouvent en bon nombre dans les caisses soit comme membres, soit comme employés.La Fédération des caisses populaires de Montréal et de l’Ouest-du-Québec (FMO), dont le territoire accueille près de 95 % des immigrants, s’est déjà engagée dans de nombreux programmes qui favorisent l’intégration des minorités, comme vous pourrez d’ailleurs le constater dans le dossier du présent numéro.Des sociétés et des filiales font aussi leur part avec le programme Immigrant investisseur, auquel participent la FMO en étroite collaboration avec notamment la Caisse centrale et Desjardins Deragon Langlois.La Fédération de Québec s’intéresse aussi à la question en collaborant, entre autres, avec les COFI de sa région.Tous nos efforts pour mieux intégrer les immigrants vont dans la bonne direction.Cependant, nous avons fait encore trop peu de choses pour améliorer la situation.Nous devrons nous mettre résolument à la tâche pour relever un des défis les plus importants pour le Québec des années 1990.Nous vivons des moments cruciaux pour notre avenir et il est plus que jamais nécessaire de nous serrer les coudes, de faire jouer toute la force de la solidarité pour mener à bien notre projet collectif, projet auquel nous nous devons d’associer ces nouveaux Québécois que sont les immigrants.Chacun d’entre nous devrait se demander ce qu’il fait et ce qu’il pourrait faire pour favoriser l’accueil et l’intégration des différentes communautés culturelles qui ont choisi de s’établir chez nous.Ne serait-il pas possible d’organiser des rencontres d’échanges où Québécois de souche et nouveaux Québécois pourraient partager leurs valeurs communes, tout en découvrant les particularités de chacun?Dans les caisses, ne pourrait-on pas prévoir des comités d’accueil qui auraient pour mission d’initier les nouveaux arrivants au fonctionnement de la caisse et des autres institutions de la communauté?En tant que peuple, nous pouvons retirer beaucoup de la richesse des nombreuses communautés culturelles.En retour, nous avons aussi beaucoup à offrir, particulièrement nous, coopérateurs et coopératrices.Car la recherche du mieux-être est au coeur des grands objectifs de notre mouvement et nos valeurs fondamentales que sont l’entraide, l’équité, la tolérance, la démocratie et la solidarité nous commandent d’accueillir généreusement ces nouveaux venus.Il nous faut ouvrir notre esprit à la diversité culturelle, à la richesse de l’apport des immigrants à notre société.Il nous faut, pour reprendre le titre d’une étude publiée par la Centrale de l’enseignement du Québec en 1990, «apprendre à vivre ensemble».La Revue Desiardins.numéro 3.1991 LUCIE GUERIN Bourse Desjardins Jeunes Entrepreneurs Lors de son assemblée générale, la Fondation Desjardins a remis la «Bourse Desjardins Jeunes Entrepreneurs» 1991 et trois mentions aux représentants de quatre entreprises québécoises dont l’excellence a été remarquée par un comité de sélection.L’entreprise Construction Promec de Rouyn-Noranda a mérité la bourse de 10 000 $.Ses activités sont concentrées surtout dans les domaines de l’électricité et de la ventilation, incluant le chauffage, la clima- Pierre Robinson, directeur général de la Caisse populaire de Rouyn-Noranda, André Rouleau, directeur général adjoint de Construction Promec, Claude Béland, président du Mouvement des caisses Desjardins et Lorrain Barrette, président de la caisse de Rouyn-Noranda.tisation et la réfrigération.La Caisse populaire de Rouyn-Noranda a parrainé cette lauréate.La première mention de 2 000 $ a été attribuée à Atelier Ferland inc.d’Ayer’s Cliff.Cet atelier d’usinage ultramoderne fabrique des machines industrielles à outils et des pièces pour roulement à billes.Cette jeune entreprise a été parrainée par la Caisse populaire de Coaticook.La Caisse populaire de Saint-Jérôme a parrainé l’entreprise Les Brasseurs du Nord inc., fabricant de la bière «Boréale», qui a reçu la deuxième mention de 2 000$.L’autre mention de même valeur a été décernée à une société-conseil en environnement, Sédac inc.(Société d’expertise et d’analyse chimiques inc.) qui offre des services d’analyse physico-chimiques et microbiologiques, en hygiène industrielle, en gestion des déchets dangereux et de sites contaminés.Cette entreprise de Chicoutimi a été parrainée par la Caisse populaire de Saint-François-Xavier.•••i Assurance voyage pour les Français L’Assurance-vie Desjardins vient de conclure une entente avec deux partenaires solidement implantés en France, soit l’Assurance du Crédit mutuel de France et l’Association générale de retraite par répartition (l’AGRR) afin d’offrir une assurance voyage aux Français qui visitent le Québec et tout le continent américain.Cette assurance couvrira les frais médicaux et dentaires, le transport en ambulance, l’hébergement des parents en cas de nécessité, les pertes de documents, etc.Pour l’AVD, cette entente donne accès à deux importants réseaux de distribution.Sommet sans précédent pour l'AVD En 1990, l’Assurance-vie Desjardins a établi un record en réalisant un volume d’affaires de 518 millions de dollars, en hausse de 14 %.Elle est devenue la première compagnie à obtenir plus d’un demi-milliard de primes en un an sur le marché québécois.L’AVD a porté sa part du marché de l’assurance de personnes au Québec de 9 % à environ 9,5 %.Son actif propre a progressé de 11 %, pour atteindre 1,8 milliard à la fin de 1990, sans compter 800 millions de fonds distincts.Le bénéfice net est demeuré à 19 millions en 1990.Prix littéraires Desjardins À l’occasion du Salon du livre de Québec, en avril dernier, le Mouvement des caisses Desjardins a remis les prix littéraires Desjardins à quatre auteurs québécois.André Girard a remporté le prix Robert-Cliche (relève du ro- j man québécois) pour son roman Deux semaines en septembre.Le prix Adrienne-Choquette (meilleure nouvelle) a été remis à Hugues Corriveau pour Autour des gares.Mireille Cliche a mérité le prix Octave-Crémazie (relève de la poésie québécoise) pour son recueil Jours de cratère.Enfin, le nouveau prix Monique-Corriveau (littérature jeunesse) a été décerné à Hélène Gagnier pour Le secret de François.Le Mouvement des caisses Desjardins a remis une bourse de 2 000 $ au lauréat du prix Robert-Cliche, ainsi qu’un montant de 1 000 $ pour un voyage à Paris.La Revue Desjardins, numéro 3, 199 HR; à sicntli .:ipi :: : .: ¦•I1’ ;6 ¦.pjr: ^ i;p;irSO® SID détient 22,5 % de Venmar Ventilation inc.La Société d’investissement Desjardins (SID) a procédé, le 20 mars dernier, à un investissement de 2,25 millions de dollars sous forme d’actions ordinaires et de débentures dans Venmar Ventilation inc., un important fabricant de produits reliés au traitement de l’air pour les résidences.La SID détient ainsi 22,5 % du capital de l’entreprise.L’apport de la SID a aussi permis à trois dirigeants de Venmar Ventilation de se porter acquéreurs de la majorité des actions de cette entreprise de Drum- Six caisses financent le projet PAIR Desjardins s’est engagé auprès des aînés de Joliette, Notre-Dame-des-Prairies et Saint-Charles-Borromée en finançant l’équipement électronique nécessaire pour le fonctionnement du Programme d’assistance individuelle aux personnes retraitées (PAIR).Ce programme consiste à offrir aux personnes retraitées, aux malades et aux gens seuls qui demeurent à la maison, un service d’appel téléphonique quotidien, afin de détecter des situations d’urgence.Lorsque la personne ne répond pas au téléphone, un message est immédiatement envoyé au service de police de la municipalité et les policiers se rendent alors à la maison de la personne concernée.Ce système a déjà fait ses preuves dans les municipalités qui l’utilisent.Comité consultatif du Fonds Desjardins Environnement Le quatrième membre de l’extérieur du comité consultatif du Fonds Desjardins Environnement est nommé.Il s’agit de M.Christian Simard, directeur général de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN).Rappelons que ce comité secondera le gestionnaire du Fonds Environnement, Gestion Placements Desjardins, dans la sélection de titres conformes aux objectifs visés par le fonds.Housse des ventes d^ssuronces générales Le volume de primes brutes d’assurances souscrites dans les caisses Desjardins a progressé de 34 %, totalisant 268 millions de dollars à la fin de l’exercice 1990.Les trois filiales de la Société de portefeuille du Groupe Desjardins, assurances générales, soit Assurances générales des caisses Desjardins, NorGroupe et La Sécurité, détiennent désormais 8 % du marché québécois.La société de portefeuille se trouve ainsi parmi les trois plus importantes compagnies d’assurances au Québec.A elle seule, la filiale Assurances générales des caisses contrôle environ 6 % du marché québécois de l’assurance.Elle en détenait 3,7 % en 1987, l’année de sa fondation.mondville.La Banque fédérale de développement a participé à la transaction et partage maintenant 45 % des actions avec droit de vote avec la SID; les trois dirigeants de la compagnie détiennent les 55 % qui restent.La Fiducie Desjardins a aussi participé à la transaction.La Caisse populaire Desjardins de Drum-mondville, qui a signalé à la SID cette occasion d’affaires, assure désormais le financement de fonctionnement et le financement à long terme de la compagnie.,11* jiW* «y fit*1! < rlftf ftliï! üW" li# $ ut :jü(: «y ; Les caisses populaires Desjardins du Chrisî-Roi, de Joliette, de Saint-Pierre, de Saint-Jean-Baptiste, de Sainte-Thérèse et de Notre-Dame-des-Prairies participent au programme.¦ r Paiement direct au Manitoba La Fédération des caisses populaires du Manitoba, en collaboration avec le Mouvement des caisses Desjardins, a lancé le service de paiement direct dans les communautés manitobaines de Saint-Claude et de Notre-Dame-de-Lourdes.Le Mouvement des caisses populaires manitobaines est la première institution financière à offrir ce service dans cette province.Quant au Mouvement Desjardins, ses 6 518 terminaux aux points de vente (TPV) et ses 5 437 marchands adhérents au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, en font actuellement le réseau de paiement électronique par carte de débit le plus important au Canada.Au total, plus de 6 millions de transactions équivalant à plus de 313,8 millions de dollars ont été réalisées au cours de 1990, soit une augmentation de 300 % par rapport à la performance de 1989.La Revue Desjardins, numéro 3.1991 E N • ••I Deuxième Mérite coopératif Desjardins La Caisse populaire de Gaspé a décroché le titre de «Meilleure Coopérative d’épargne et de crédit Desjardins» dans le cadre de la deuxième édition du Mérite coopératif Desjardins.La remise de prix s’est déroulée à l’occasion d’une soirée gala lors des assemblées générales annuelles du Mouvement, au mois de mars dernier.La Caisse populaire de Gaspé, qui a également remporté la palme pour la meilleure offre de service, s’est Les présidents et les directeurs généraux des caisses gagnantes du Mérite coopératif Desjardins entourent le président du Mouvement et quelques présidents de fédérations.particulièrement distinguée par la diversité et la qualité de son offre de services, sa saine gestion des ressources humaines, sa bonne performance financière, son efficacité à servir son milieu, sa solidarité avec le réseau coopératif et l’originalité de ses initiatives.La Caisse populaire de Lévis était l’autre finaliste dans cette catégorie.Dans les autres catégorie, la Caisse populaire de Saint-Eloi (Témiscouata) a mérité le prix de la meilleure performance financière; la Caisse populaire de Verchères a décroché celui de la meilleure gestion des ressources humaines; la Caisse populaire de Lac-Etchemin s’est classée première pour son engagement dans le milieu; la Caisse populaire de Saint-Alphonse a reçu le trophée de la meilleure diffusion de l’éducation coopérative.Le Mérite coopératif Desjardins a permis aux 103 caisses participantes d’échanger leurs expériences tout en partageant leurs succès avec d’autres caisses et institutions du Mouvement.Au-delà des performances particulières qu’il veut souligner, ce grand concours met en lumière la diversité et l’originalité des initiatives pour répondre aux besoins des communautés.Politique sur le harcèlement sexuel à la Confédération Le conseil d’administration de la Confédération a accepté le texte d’une politique concernant le harcèlement sexuel en milieu de travail afin de maintenir un climat fondamentalement basé sur le respect et la dignité des personnes.Cette politique stipule que la Confédération ne tolère aucune forme de harcèlement sexuel et protège tout membre de son personnel par un mécanisme d’aide et de recours.Dans le traitement et le règlement d’un problème ou d’un conflit ayant trait au harcèlement sexuel, l’employé présumé victime ne doit pas subir de préjudice ou être l’objet de représailles.Le harcèlement sexuel est défini comme une conduite se manifestant par des paroles, des actes ou des gestes à connotation sexuelle et considérés offensants, répétés et non désirés.Cette conduite étant de nature à porter atteinte à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique de la personne dans l’exercice de son travail ou de nature à entraîner pour elle des conditions de travail défavorables ou un congédiement.Toute plainte de harcèlement sexuel sera prise au sérieux.Les personnes qui se croient victimes de harcèlement sexuel pourront, en toute confiance, en discuter avec les personnes désignées à cette fin par la Confédération et, s’il y a lieu, porter plainte auprès de ces personnes.La Confédération maintiendra la plus stricte confidentialité.C’EST CONFIRME Yvan Caron a été élu président de la Fédération des caisses populaires Desjardins de Québec.Il était directeur général de la Caisse populaire de Québec-Est.M.Caron succède à Jacques Bertrand, président depuis 1986.François Joly a été nommé vice-président Réseau à la Confédération.Il occupait auparavant le poste de vice-président et directeur général chez SECUR.M.Joly a aussi travaillé pendant 18 ans chez Raymond Chabot Martin Paré.Pierre Brossard est le nouveau vice-président Administration à la Confédération.M.Brossard était auparavant à l’emploi de la mutuelle Les Coopérants.mi Demi VJ'lff cr- ûsse hire cette !:¦- L’Are raerert Contra Jk m îsiardins.numéro 3.1991 ••• ••• Sérigraphie à la Fondation Denise Lavallée, dirigeante de la Caisse populaire Ber-thier-sur-mer, est l’heureuse gagnante de cette sérigraphie du peintre André L’Archevêque.Ce tirage, organisé par la Fondation Desjardins, a eu lieu le mercredi 20 mars dernier, dans le cadre du Salon Desjardins.• fît*-' ' « XI» r VHÉ-' ’ ' Erratum: SIC-90 Contrairement à ce qui était écrit dans l’article concernant «SIC-90: Nouvelle structure, nouvelle approche» (La Revue Desjardins, numéro 2, 1991), les directeurs de caisses ne siègent pas au comité aviseur de ce projet.••• ••• Sac de golf de l'Approvisionnement V* t Lors des dernières assemblées générales annuelles, la division Approvisionnemnt a organisé un concours pour les visiteurs du Salon Desjardins.Gilles Côté (à gauche), directeur de la Caisse populaire de Batiscan, a été le gagnant du concours «Connaître l'approvisionnement».Daniel Parent, de la division Approvisionnement de la Confédération, lui a remis son prix, un ensemble de golf Desjardins.Erratum Une erreur s’est glissée dans l’article consacré à la Société financière des caisses Desjardins inc.(Revue Desjardins, numéro 2, 1991).En effet, il aurait fallu lire que le Crédit industriel Desjardins est aux prises avec des prêts improductifs d’une valeur de 30 millions de dollars et non de 70 millions tel qu’il était écrit.Prix François-Albert-Angers Le Mouvement Desjardins offrira une bourse de 2 000 $ au gagnant du prix François-Albert-Angers.Le lauréat sera choisi par le jury formé de personnes désignées par la Ligue d’Action nationale.Cette dernière remettra ce prix à l’auteur de la meilleure contribution ayant pour but de promouvoir la coopération par l’analyse, l’étude, l’information ou l’animation, peu importe le médium utilisé.Les candidatures seront reçues jusqu’au 31 décembre 1991.ANNIVERSAIRES Caisse populaire de Saint-Gérard-des-Laurentides (Fédération du Centre du Québec) Caisses populaires de Saint-Antonin, de Pointe-au-Pic (Fédération de Québec) • Caisse populaire de Saint-Ambroise (Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec) • Caisses populaires de Nazareth, de Dégelis (Fédération du Bas-Saint-Laurent) • Caisse populaire de Manneville (Fédération de l’Abitibi) • Caisse populaire de Boivin (Fédération de Richelieu-Yamaska) Caisse populaire Angliers (Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec) Caisses d’économie de Drummondville, de Baie-Saint-Paul (Fédération des caisses d’économie) La Revue Des jardins, numéro 3, 1991 7 QUALITE-QUEBEC: PA1TI PRIS POUR LA QUALITÉ DTCI HELENE MATTE LE MEUBLE D'ICI UN CHOIX QUI VOUS DISTINGUE 1 cheter québécois, c’est bien; à condition que la qualité y soit.Or, les manufacturiers du Québec ont une grande envie de démontrer que, justement, la qualité de leurs produits est très souvent supérieure à celle des produits étrangers.Convaincu qu’il est rentable pour la collectivité québécoise de privilégier la qualité d’ici, Desjardins s’associe au ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie (MICT) pour lancer Qualité-Québec.Qualité-Québec, c’est d’abord un label qui aidera le consommateur à reconnaître la qualité québécoise dans l’éventail de marchandises qui lui sont offertes.Pour promouvoir ce label et pour inciter les consommateurs à rechercher les produits faits chez nous, une campagne de promotion sera menée en rapport avec - successivement-trois secteurs de l’activité économique québécoise: le meuble, le vêtement et le tourisme.Préoccupation nouvelle pour les caisses?Pas du tout.Au sein du Mouvement, on a toujours su que le meilleur moyen de garder en santé financière les entreprises qui fournissent nos emplois, c’est encore d’acheter en priorité ce qui est fait ici.Et on se souviendra que, l’été dernier, les caisses ont fait la promotion de l’achat chez nous.En mars 1991, Claude Béland annonçait, à l’assemblée annuelle de la Confédération, la relance de cette opération avec la collaboration de différents partenaires.Pas question, disait-il en substance, de «protectionnisme frileux»; il s’agit de mieux faire comprendre l’importance de choisir, à qualité égale et à prix égal, des produits fabriqués ici.(Tl Desjardins IGouvisnomunl Ou OjftOec Mmsteie d* llnduslne du Commwe* oi de U Technologie Dans sa première phase, la campagne Qualité-Québec mettra l'accent sur l'excellence distinctive des meubles québécois.C’est ainsi que la campagne Qualité-Québec met en valeur, dans sa première phase, l’excellence distinctive des meubles québécois.Pour que le consommateur puisse les identifier facilement, ces meu-bles porteront le label Qualité-Québec, et le commerçant au détail apposera, bien en vue à l’entrée de son magasin, une affichette portant ce logo.Concrètement, c’est surtout par des activités de relations publiques que le Mouvement entend soutenir l’industrie du meuble.Parmi les plus visibles, mentionnons le dossier spécial de 14 pages, intitulé «Il faut créer une fierté des produits québécois» et publié dans la revue Ma Caisse (juin 1991).En plus de la diffusion habituelle dans les caisses, ce numéro sera distribué au Salon du meuble de Montréal, du 16 au 19 juin 1991; Desjardins y tiendra un stand pour y faire la promotion du label Qualité-Québec dans le secteur du meuble.Une initiative commune aux trois secteurs a été prévue: il s’agit de «Qualité-Québec Desjardins», un prix qui récompensera l’excellence dans chacun des trois secteurs d’activité et dont les caractéristiques restent à définir.Les caisses, quant à elles, seront invitées à exposer dans leurs locaux chacune des trois affiches thématiques mettant en valeur la qualité dans les secteurs du meuble, du vêtement et du tourisme.On peut parier qu’elles aussi voudront, par des initiatives originales, participer à cette campagne dont le but est de renforcer le dynamisme socio-économique des régions.Car, elles le savent bien, contribuer à la prospérité québécoise en achetant ici équivaut à protéger des milliers d’emplois directs et indirects dans toutes les régions du Québec.La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 8 LE COLLOQUE DES DIRIGEANTES: POUR UNE MEILLEURE REPRÉSENTATIVITÉ ?LUCIE GUERIN fin de dépasser le stade du discours et des bonnes intendons, plusieurs dirigeantes se sont réunies pour trouver des moyens concrets et efficaces visant à obtenir une meilleure représentativité des femmes au sein des conseils des différentes composantes du Mouvement Desjardins.Souvent minoritaires dans un monde longtemps réservé aux hommes, les femmes ont profité du premier colloque des dirigeantes de Desjardins pour faire exception à la règle.Quelque 250 dirigeantes de toutes les régions du Québec et 16 membres du conseil d’administration de la Confédération ont participé à cet événement qui s’est déroulé les 24 et 25 avril dernier, à l’Hôtel des Gouverneurs, à Sainte-Foy.Lise Julien, directrice de la Caisse populaire de Sillery et seule femme membre du conseil d’administration de la Confédération, a présidé ce colloque qui avait pour thème «Etre dirigeante: un défi».Ce colloque a été organisé par la vice-présidence Communications de la Confédération.Bien qu’on ait constaté une certaine croissance du nombre de femmes au sein des conseils et des comités de la caisse au cours des dernières années, celles-ci continuent d’y être sous-représentées.Elles ne constituent que 19 % de ces conseils et comités, bien qu’elles représentent 50 % des membres des caisses.De plus, leur présence se concentre dans des postes considérés comme moins stratégiques sur le plan décisionnel.Par exemple, il y a une présence moins marquée des femmes aux commissions de crédit et aux conseils d’administration par rapport aux conseils de surveillance.En 1990, la participation des femmes aux commissions de crédit était de 16 %, leur présence aux conseils d’administration était de 19 % alors qu’elles représentaient 24 % aux conseils de surveillance.L’écart est encore plus marqué chez les cadres.Actuellement, le comité de direction de la Confédération est composé exclusivement d’hommes et il n’y a qu’une femme au conseil d’administration.La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 Les dirigeantes ont profité des discussions en ateliers pour définir la place qui leur revient au sein du Mouvement et la façon d’y accéder.C’est également avec beaucoup de dynamisme et d’enthousiasme qu’elles se sont questionnées sur les façons d’intéresser d’autres femmes à devenir dirigeantes.Faire connaître le rôle des dirigeantes «Démythifier le rôle des dirigeantes» a été un moyen concret souvent énoncé lors de la séance plénière pour amener plus de femmes à siéger au sein des conseils du Mouvement.A cet égard, plusieurs dirigeantes ont misé sur la nécessité de publiciser les retombées positives de ce rôle.L’allocution d’ouverture de M.Claude Béland allait également en ce sens.«A la base, il y a un travail d’information, de sensibilisation et d’éducation qui ressemble à celui qu’Alphonse et Dorimène Desjardins ont assumé pour convaincre leurs compatriotes de la nécessité de se regrouper et de prendre en charge leurs propres affaires pour améliorer leurs conditions.Le changement que nous souhaitons quant à la représentativité des femmes dans le Mouvement réclame, avant tout, un important travail d’éducation et d’information.» Parmi les méthodes de sensibilisation et d’information énumérées lors des ateliers, on retrouve les sondages, les campagnes publicitaires, les témoignages, les contacts interpersonnels, et ce surtout auprès de femmes engagées dans le milieu.Se doter d'une pensée stratégique D’après ces dirigeantes, les moyens d’obtenir une meilleure représentativité doivent relever d’une pensée stratégique.Il faut identifier les personnes qui ont du potentiel.En d’autres mots, faire du repérage afin de développer un réseau de femmes solidaires.Le journaliste Laurent Laplante, invité à faire la synthèse du colloque, a appelé cette stratégie le maillage ou la multiplication par cinq. ***! Il faisait écho à une proposition émise lors de la séance plénière qui consiste à ce que chaque dirigeante s’engage à repérer des femmes actives dans la communauté et engagées socialement, pour siéger au sein des conseils.Ce dernier a souligné l’importance de développer une telle stratégie, plus souvent utilisée par les hommes.Lors de sa conférence, la ministre d’Etat au Troisième Age, à l’Emploi et à l’Immigration, Monique Vézina, a aussi incité les dirigeantes à agir de façon stratégique.«Ce qui est important surtout, dans chacun de nos milieux, c’est d’établir des stratégies et des objectifs réalisables à court terme, en ayant bien sûr toujours à l’esprit que l’objectif ultime est la parité entre les hommes et les femmes dans toutes les catégories d’emploi.» Comment obtenir du pouvoir / Egalement invitée à ce colloque, la psycholoque Nicole Côté a intitulé sa conférence «Compter sur et avec les femmes» en ajoutant: Compter sur nous-mêmes et apprendre à compter.Elle a insisté sur la nécessité de créer des stratégies pour accéder à un poste convoité.«La condition de base d’une réussite éclatante est de se doter d’un réseau de femmes et d’hommes puissants.De plus, il faut mettre en valeur tous ses atouts, projeter une Avec un certain humour, la psychologue Nicole Côté a donné quelques conseils aux femmes qui désirent bien réussir leur carrière.4 Monique Vézina a rappelé que l'objectif ultime des femmes est d'obtenir la parité avec les hommes dans toutes les catégories d'emploi.image personnalisée, imposer son style et ses conditions, avoir une dose de dynamisme tout en ayant du plaisir parce qu’il faut aimer notre travail pour réussir.» Nicole Côté a également déclaré avec un brin d’humour: «Les femmes qui vont vouloir prendre le contrôle des entreprises importantes et atteindre des niveaux supérieurs sont celles qui vont savoir se montrer à la fois prudentes et délinquantes.» Présidente de la firme Psychologie, Mme Côté incite les femmes à garder leurs secrets, à apprendre à se taire, à contrôler leurs émotions et à utiliser leur charme si cela paie au bout de la ligne.«Savoir s’adapter à notre environnement est synonyme d’intelligence.Pour faire sa place, il faut savoir ce que l’on veut et ne jamais l’oublier, remplacer «il faut» par «je veux».De plus, les femmes doivent être organisées et compétitives afin de protéger leur territoire», a mentionné madame Côté.Les stéréotypes féminins Ce colloque a favorisé une prise de conscience des contraintes, des préjugés et des stéréotypes qui, semble-t-il, existent encore.«Lorsque nous siégeons au sein d’un conseil, nous sommes automatiquement assignées au poste de secrétaire.Souvent parce que les hommes se voient incapables d’exécuter ces tâches ou tout simplement à cause des stéréotypes», ont mentionné plusieurs dirigeantes lors des ateliers.Pour certaines, le rôle de secrétaire peut être très valorisant.Ce poste leur permet de se familiariser avec les dossiers.Toutefois, le manque de confiance et d’audace les empêche souvent de gravir les échelons.Elles associent ce sentiment d’infériorité au manque d’expérience et aux nombreux préjugés concernant les compétences des femmes au sein d’une entreprise.«Ma présence à ce colloque dérange beaucoup mes confrères de travail.Ils ont peur des changements que peut apporter un tel rassemblement de dirigeantes.Ils craignent que je prenne plus de place.Je trouve d’ailleurs très difficile de faire valoir mon point de vue à une table décisionnelle, surtout si mon opinion va à l’encontre de la majorité masculine», explique une dirigeante au cours d’une discussion en atelier.Lors de la séance plénière, les femmes ont émis plusieurs recommandations, entre autres sur les frais de garde des bénévoles, la limitation des mandats successifs, le recrutement des jeunes, etc.La Confédération réagira aux recommandations Pour sa part, le journaliste Laurent Laplante a ajouté que la haute direction doit prendre des engagements afin que les femmes atteignent leur objectif.Des dirigeantes ont aussi souhaité que leurs recommandations fassent l’objet de plusieurs engagements politiques fermes de la part de la Confédération.Elles ont formulé le souhait d’entendre ces engagements au 15e Congrès du Mouvement des caisses Desjardins, en septembre prochain.Le colloque des dirigeantes est d’ailleurs inscrit dans le contenu des discussions de ce congrès.Très satisfaite du déroulement du colloque et des recommandations qui en découlent, Mme Julien a clôturé cet événement en ces termes: «Si nous sommes toutes devenues dirigeantes chez Desjardins, c’est parce qu’il y a une place ouverte aux femmes et que c’est une place à prendre et un intéressant défi à relever.C’est ce que nous devrions véhiculer par le suivi que nous apporterons à ce colloque dans nos caisses et dans nos régions.Allez, et contaminez-vous.» 10 La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 DESJARDINS ET L L'AUTRE VISAGE DU QUEBEC GULES DROUIN Ce n’est plus un secret pour personne: depuis quelques décennies, le visage du Québec a changé, particulièrement dans la région de Montréal.L’immigration est beaucoup plus «visible».Venant des quatre coins du monde, les nouveaux arrivants apportent avec eux leur culture, leur langue, leur religion, qui sont souvent très différentes des nôtres.Certains perçoivent l’immigration comme un danger, mais d’autres, comme le Mouvement des caisses Desjardins, croient plutôt qu’elle constitue une grande richesse pour une société accueillante.Toutefois, l’intégration harmonieuse des immigrants pose un défi de taille, défi que le gouvernement du Québec entendait relever lorsqu’il a déposé, à la fin de 1990, son Enoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration.Dans ce document, le gouvernement expose clairement ses intentions: les immigrants contribueront au redressement démographique du Québec, à son développement économique, à la pérennité du fait français en Amérique et à l’ouverture du Québec sur le monde.Ce vaste programme est inclus dans un «contrat moral» par lequel l’immigrant reconnaît que le Québec est une société française, démocratique et pluraliste.Pour leur part, les Québécois acceptent d’associer étroitement les arrivants à leur projet collectif.Une responsabilité sociale Au début de 1991, la Commission parlementaire sur la culture a entendu les opinions de nombreux groupes québécois sur cet énoncé de politique.Le Mouvement des caisses Desjardins, conscient de l’importance de la question, y a présenté un mémoire en mars dernier.«Dans l’ensemble, résume Dominique de Pasquale, Desjardins est d’accord avec les principales recommandations de cet énoncé.» A titre de directeur des Affaires publiques, à la vice-présidence Communications de la Confédération, Dominique de Pasquale contribue à la mise en oeuvre d’un certain nombre d’engagements du Mouvement des caisses Desjardins, dont l’ouverture aux communautés culturelles.«D’une façon générale, poursuit M.de Pasquale, le mémoire du Mouvement des caisses Desjardins ne se voulait pas une critique détaillée de l’énoncé de politique du gouvernement québécois dont, incidemment, les grandes orientations sont très conséquentes et en continuité avec les actions des gouvernements précédents.Nous voulions surtout dire que Desjardins était prêt à faire sa part dans le cadre du «contrat moral» établi entre les nouveaux arrivants et la société d’accueil.Nous voulons ainsi assumer notre responsabilité sociale à cet égard.Par ailleurs, nous devons, en tant qu’ins-titution financière, nous adapter aux changements provoqués par l’arrivée d’immigrants en modifiant nos services de façon à ce qu’ils conviennent également à ces nouveaux membres et à ces nouveaux clients.» Des objectifs ambitieux Selon Dominique de Pasquale, le gouvernement poursuit des objectifs ambitieux en matière d’immigration.«Ambitieux, mais nécessaires», s’empresse-t-il d’ajouter.C’est le cas notamment du rôle de l’immigration dans le maintien de l’équilibre démographique du Québec.Ainsi, le gouvernement estime que, pour simplement renouveler la population du Québec, il faudrait 101044 DESJARDINS ET L’IMMIGRATION L’AUTRE VISAGE DU QUÉBEC accueillir 55 OOO immigrés par armée et hausser le taux de natalité à 1,8.Or, le taux de natalité est actuellement de 1,6 et, au cours de la dernière décennie, le Québec n’a jamais accueilli plus de 35 000 immigrants annuellement.La situation se complique aussi du fait que ce ne sont pas tous les immigrants qui restent au Québec; une bonne partie migre de nouveau vers d’autres provinces canadiennes ou encore vers les États-Unis.Il faudra donc améliorer la capacité d’accueil du Québec pour intégrer harmonieusement ces nouveaux arrivants.«On parle alors, précise M.de Pasquale, non seulement de programmes de francisation, mais aussi d’insertion au marché du travail et d’une pression accrue sur toutes les institutions, dont les écoles.» Au chapitre de la francisation, le gouvernement est aussi très ambitieux.Il espère augmenter le pourcentage d’immigrants indépendants parlant français à 40 % alors qu’il est actuellement de 30 %.Pour Dominique de Pasquale, il devient évident que, dans le contexte démographique actuel, l’immigration n’est plus seulement un apport complémentaire pour répondre à des besoins en main-d’oeuvre ou pour enrichir culturellement une société.Elle est devenue un besoin vital pour que la population du Québec ne viellisse pas à un rythme accéléré.«Un vieillissement accéléré, explique-t-il, signifie un Québec qui s’appauvrit, une main-d’oeuvre moins compétitive, un poids politique moins grand dans l’ensemble canadien et une grande difficulté à financer les programmes sociaux actuels.L’apport de l’immigration nous permettrait de faire le lien avec le moment où le taux de natalité va augmenter suffisamment pour que l’immigration redevienne un apport complémentaire.» Second souffle pour les régions Un autre volet très important de la politique québécoise de l’immigration a trait à l’apport des nouveaux arrivants Dominique de Pasquale, directeur des Affaires publiques à la Confédération.au développement économique par l’entremise, entre autres, d’un programme de régionalisation.La concentration des immigrés dans la région de Montréal est en effet impressionnante: Montréal compte déjà près de 90 % des nouveaux Québécois et continue de recevoir 95 % des immigrants.Desjardins, en raison de son réseau de caisses implantées dans toutes les régions du Québec, pourrait probablement jouer un rôle important dans cette régionalisation.Par exemple, grâce aux caisses, les immigrants qui débarquent au Québec avec un capital important et qui cherchent des occasions d’affaires, pourront trouver tous les services financiers qu’ils désirent aussi bien en région qu’à Montréal.«Il s’agit, suggère M.de Pasquale, d’apparier les expertises et les volontés d’entrepreneur des immigrants avec les ressources et les caractéristiques socio-économiques des régions.» Pour faciliter ce «mariage», Desjardins projette, avec le ministère des Communautés culturelles et de l’Immigration, d’organiser, à partir de l’automne prochain, une série de séminaires qui s’adresseront aux gens d’affaires.Ces séminaires seront l’occasion de présenter le Québec, ses régions, les informations essentielles pour s’y insérer, les pratiques financières et le Mouvement des caisses Desjardins.Il s’agira aussi de faire en sorte que les immigrants rencontrent des gens d’affaires d’ici pour déceler des occasions d’affaires et ainsi provoquer des rapprochements.Le Mouvement Desjardins a aussi mis sur pied le programme Immigrant investisseur auquel participent, entre autres, la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec, la Caisse centrale.Desjardins Deragon Langlois et d’autres filiales de la Société financière.Ce programme vise à recruter des immigrants qui ont du capital à investir dans des compagnies d’ici.Vers une plus grande ouverture Sans être une panacée aux maux économiques du Québec, l’immigration pourra sans doute avoir un effet de levier important dans les régions.Mais il ne faut surtout pas en faire une opération purement comptable, prévient Dominique de Pasquale.«D’une part, même les immigrants qui nous apportent simplement leur force de travail, leur détermination et leur imagination contribuent à notre enrichissement culturel.D’autre part, l’immigration a des effets difficiles à chiffrer, comme son apport culturel ou encore la connaissance des réseaux internationaux politiques ou économiques.En fait, la population du Québec s’est toujours enrichie de l’apport de l’immigration», rap-pelle-t-il.Dominique de Pasquale est convaincu que le Québec est une société ouverte et très accueillante.«Il y a eu de grands mouvements d’accueil de la part des Québécois, notamment dans le cas des réfugiés du Sud-Est asiatique.Je crois que le vrai défi est d’accepter que des gens soient différents, qu’ils puissent avoir leur place.Chez Desjardins, nous sommes au début d’un processus et, à long terme, ces efforts vont se traduire par une plus grande ouverture et un appui plus tangible aux communautés culturelles de même qu’une place plus grande au sein du Mouvement.» ¦>-r ?v taire en entrent déceler isi promis sur i#mt efinau- ecruter erture luséco-lïranoû effet de us.Mais lire une )k,pré-:D’une |üi nous bree de et leur i notre ire part) culturel sréseauï lécono-bon du ichie de i», rap- uale est est uu£ lelautU’ iveiueutt ifbei0'*’ retu^s desf po0tS issuset-tse111' .t'd \ioU'C t*V-% v /.*yVrr a- ENTREVUE AVEC JOCELYN PROTEAU «QUAND LE MILIEU CHANGE J DOIS CHANGER» Président et ehef de k direetion de k Pedenim des enisses populaires Desjardins de Montréal et de POuest-du-Québec (FMO), Joeeljn Protean s’est montré, depuis son entrée enfonetion en mars 1989, extrêmement préoccupé de toute la question de l’intégration des immigrants a la société québécoise.Mous l’avons rencontré au lendemain du rapport déposé, le 14 mars dernier, par la FMO et la Confédération devant la Commission parlementaire de la culture.Il trace pour nous les grandes lignes de la démarche de la FMO en matière d’intégration culturelle.4 w~ * «Le messoge que je lance à nos caisses, c'est d'ouvrir leur porte, de vanter les mérites de la coopération et des services de leur caisse! Faites-leur une place au sein de votre personnel et, également, parmi vos dirigeants.» La Revue Desjardins: Comment votre fédération en est-elle venue à mettre sur pied un groupe de travail sur l’immigration et l’intégration culturelle?Jocelyn Protean: C’est venu tout simplement de la tradition d’engagement de la caisse dans son milieu, comme elle le fait depuis 1900, c’est-à-dire en étant sensible aux particularités de chacun des milieux.Depuis quatre ou cinq ans toutefois, nous observons, dans toute la région de Montréal, un changement démographique important.L.R.D.: Est-ce que cette adaptation à cette nouvelle réalité démographique n’arrive pas un peu tard?J.P.: Vous savez, il y a dix ans, le phénomène n’était pas ce qu’il est aujourd’hui.Si vous prenez, par exemple, la communauté italienne, c’est une communauté qui s’est rapidement intégrée et, en matière de services financiers à tout le moins, elle s’est sentie à l’aise de faire affaire avec les caisses populaires.L.R.D.: Le marché des communautés ethniques, c’est finalement un marché important?J.P.: Tout à fait.Ça représente, jjrosso modo, 33 % du marché montréalais.Ce n’est pas négligeable.D’ailleurs, au risque de passer pour mercantile, si nous ne trouvons pas les moyens d’attirer cette clientèle, de faire en sorte qu’elle se sente bienvenue à la caisse, je me demande quel avenir auront nos caisses?Et, dans certains quartiers de la ville, ça ne prendra pas 15 ans! L.R.D.: Est-ce qu’on peut parler de communautés cibles?J.P.: Pas vraiment, bien que nous ayons noué jusqu’ici des liens fort intéressants avec entre autres la communauté vietnamienne.L.R.D.: Pourquoi celle-ci?J.P.: Pour plusieurs raisons.Les Vietnamiens sont, en raison de leur passé colonial, très près de la culture française et ils partagent plusieurs valeurs avec nous de sorte qu’il est assez aisé de faire des af- Photo: Ève-Lucie Bourque 0124 ;fcv-• ' i, V r/%*,*.jr f V'V-w-.•.«T •¦ ¦ h4** %^-iV ^ • • #^V'Ü ., .,*• .» .,.+* s \ — ;. elaF, | L.R.D.\ Le mémoire déposé par le Mouvement Desjardins à la Commission sur l’immigration et l’intégration culturelle appuie la position du gouvernement du Québec de favoriser la régionalisation de l’immigration.Vue de Montréal, cette régionalisation de l’immigration n’apparaît-elle pas comme une utopie?J.P.\ Je crois que cette régionalisation va se faire par elle-même.Il est bien évident, au moment où on se parle, que près de 90 % des immigrants vivent dans l’agglomération de Montréal.Mais si, par exemple dans les régions périphériques de Montréal, il se crée de l’emploi, des ouvertures, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas là aussi des groupes d’immigrants intéressés à s’y installer.Par exemple, il y a un noyau assez important de Vietnamiens qui habitent la région de Sherbrooke.L.R.D.: Quels sont les principaux défis que pose, à votre fédération en particulier, l’intégration des Néo-Québécois?J.P.: Le principal défi, c’est l’ouverture à ce phénomène nouveau.Ce qui n’est pas nécessairement évident.Le peuple québécois n’est pas moins ouvert qu’un autre, mais l’ouverture à la nouveauté n’est pas nécessairement automatique, ni spontanée.Il faut s’y préparer, faire face à la réalité et, lentement, cette nouvelle idée fait son chemin.Comparés à la communauté anglophone, déjà largement composée d’immigrants, les francophones ont pu, dans le passé, paraître moins intéressés.Car, au-delà des avantages que procure aux immigrants la langue anglaise - langue de presque tout le continent nord-américain - il faut bien admettre que la communauté anglophone a mieux composé avec le phénomène.L.R.D.: Pour les caisses et pour votre fédération, cette nouvelle orientation ne signifie-t-elle pas un changement de culture organisationnelle?/.P.: C’est certain que, par le passé, si vous prenez par exemple la communauté italienne, qui est concentrée à Saint-Léonard et à Ville d’Anjou, ça n’a pas posé de problème particulier: les caisses ont embauché du personnel de cette communauté et vous retrouvez des Italiens aux conseils d’administration.Nous en avons un du reste, M.Guerriero, au conseil de surveillance de la fédération.Mais, avec l’accroissement de l’immigration au Québec et la concentration des im- Lors de la présentation du mémoire du Mouvement des caisses Desjardins, Jocelyn Proteau discute avec la ministre Monique Gagnon-Tremblay, Claude Béland et Jacques Bertrand, alors président de la Fédération de Québec.migrants à Montréal, nous devons envisager l’avenir différemment.Ce n’est donc pas par hasard que nous sommes à élaborer un programme d’embauche pour faire face à cette nouvelle réalité.Car nous ne pouvons pas nous déclarer ouverts au caractère pluriethnique de Montréal, faire des discours sur la place publique, sans changer quelque chose dans nos structures.C’est pourquoi je dis aux caisses qui ont un fort pourcentage d’immigrants dans leur milieu: «Pensez-y, sinon il est loin d’être certain que ces Néo-Québécois vont développer une sympathie naturelle à l’endroit de la caisse.Et cela vaut aussi pour la question de l’embauche.» L.R.D.-.Nous avons un peu l’impression, de l’extérieur, que le président de la FMO aspire à devenir le porte-parole du monde des affaires auprès des communautés culturelles.C’est vrai?J.P.: Ça n’a pas été délibérément orienté en ce sens.Mais si ça doit se faire, il m’apparaît que par le rôle que j’ai à jouer dans la communauté montréalaise, je pense, bien humblement, être une des personnes assez bien placées pour pouvoir le faire.Tout simplement parce que je me dis que ça colle exactement à la mission, au rôle de la caisse d’être proche des réalités de son milieu.Et quand le milieu change, toi aussi, tu dois changer.Ce n’est donc pas accidentel si, dans notre plan stratégique des cinq prochaines années, cette dimension-là est très présente.Propos recueillis par Pierre Goulet La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 DESJARDINS ET L’IMMIGRATION L’AUTRE VISAGE N’A RIEN DE PHILANTHROPIQUE )EAN SAVARD «Qu’on sc k dise une fois pour toutes, l’immigration n’est pas un phénomène philanthropique, mais bien une relation d’affaires.Un rapport entre intéressés où le jeu de l’offre et de la demande tient lieu d’arbitre.' L’affirmation est de Maurice Chalom.Chargé de cours a l’Université de Montréal, ce Juif né a Paris enseigne a la maîtrise et au doctorat les fondements de l’éducation interculturelle et de l’intégration des immigrants.Né à Paris, il a fait ses études universitaires en Israël, puis s’est établi à Montréal en 1979 où il agit également à titre de consultant.Membre du Conseil des communautés culturelles et de l’immigration, Maurice Chalom, à l’inverse de certains organismes comme la Ligue des droits et libertés, souscrit aux objectifs de V Enoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration présenté à l’Assemblée nationale en décembre dernier.L'immigration, un atout économique majeur Le Québec, fort des pouvoirs qu’il détient depuis le 1er avril dernier en vertu d’une entente avec Ottawa, a en effet choisi d’associer l’immigration à quatre défis majeurs pour son avenir: le redressement démographique, la prospérité économique, la pérennité du fait français et l’ouverture sur le monde.Dans le cadre de l’interdépendance et de la mondialisation des économies par exemple, le gouvernement juge que les Québécois des diverses communautés, par leur savoir-faire original et leur réseau de contacts internationaux, contribuent à dynamiser l’économie du Québec».Cependant, l’Énoncé de la ministre Gagnon-Tremblay ferait port uunc S0C13' Ligi s'il Com Ck faitn tion Hop en soi serait m ta Revue Desjardins, numéro 3, 1991 ‘cci: Critèri K fie s.% "lent.^ ^ J porter sur les immigrants un poids trop lourd en misant sur leur contribution pour résoudre les problèmes sociaux, linguistiques et économiques du Québec, estime pour sa part la Ligue des droits de l’homme.On s’inquiète en effet de la dimension humanitaire de la politique de sélection du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.Maurice Chalom, au contraire, trouve tout à fait normal que les nations d’accueil cherchent à tirer profit de l’immigration.«C’est l’inverse qui serait anormal, explique-t-il.Il est sain qu’il en soit ainsi, sinon le rapport de force serait inégal.» A peine six pays se sont dotés d’une politique d’immigration, précise-t-il, et «tous établissent leurs critères de sélection en fonction de leurs besoins propres».Tous les immigrants ne sont pas réfugiés L’existence de trois catégories distinctes d’immigrants - indépendants, familles et réfugiés - est un fait particulièrement méconnu de la population.«Les gens ont souvent tendance à considérer que la majorité des immigrants est composée de réfugiés», souligne Renée Bourque, psycho-pédagogue aux Ateliers CICP, une firme spécialisée dans la formation en relations interculturelles.En réalité, la proportion des réfugiés diminue d’année en année depuis le début des années 80.Ainsi, jusqu’en 1987, les réfugiés comptaient en moyenne pour 16,4 % des immigrants, une proportion qui tombait à 14,0 % en 1988.Au cours de la même période, le pourcentage des immigrants indépendants passait de 48,0 % à près de 56,0 %.«De plus en plus de Québécois crient à l’invasion, déplore Maurice Chalom, alors que le Québec a reçu depuis vingt ans beaucoup moins d’immigrants que dans les deux décennies précédentes.» Entre 1968 et 1988, le Québec n’accueillait en effet que 17,7 % des immigrants canadiens, soit une moyenne annuelle de quelque 24 000 personnes.Une performance qui n’a pas suffi à maintenir l’équilibre démographique du Québec au sein du Canada.Par ailleurs, le poids relatif des immigrants dans la province, qui était de 7,8 % en 1971, n’a progressé que d’un maigre 0,5 % entre 1971 et 1986.Dans la région montréalaise, où est concentrée 87 % de la population immigrante, la proportion d’immigrants a toutefois connu une croissance plus rapide, passant de 16,9 % à 20,1 % au cours de la même période.La présence des immigrants, on le voit, est loin d’être un phénomène récent au Québec, comme on le croit généralement.Pourtant, les Montréalais ne sont pas victimes d’une illusion d’optique quand ils affirment que leur ville est devenue multi- Selon Renée Bourque, la reconnaissance des équivalences professionnelles cause des problèmes aux nouveaux Québécois.«Une entreprise qui veut se rapprocher des communoutés ethniques doit éviter de transmettre, dans so publicité par exemple, tout message ambigu.» ethnique: Montréal a bel bien changé de visage depuis quelques années.«Bien sûr, enchaîne Maurice Chalom, il faut se méfier des statistiques, car elles masquent parfois certaines vérités.Il y a eu depuis 20 ou 30 ans une inversion des flux migratoires, explique le professeur.Avant 1960, on avait surtout affaire à une migration Nord-Nord.Aujourd’hui, les immigrants viennent de plus en plus des pays du Sud.Leurs différences sont par conséquent nettement plus visibles.» Selon Maurice Chalom et Renée Bourque, la loi 101 a fortement contribué à modifier la perception des francophones à l’égard de l’immigration.«Depuis que les enfants des immigrants fréquentent l’école française, les Québécois ont davantage conscience de leur présence», explique Renée Bourque.«La loi 101 a ¦» rZ La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 DESJARDINS ET L’IMMIGRATION L’AUTRE VISAGE DU QUÉBEC eu pour effet d’accélérer le processus d’intégration», estime pour sa part Maurice Chalom, pour qui cette loi constitue rien de moins que la pierre angulaire de la politique d’intégration du Québec.Un processus d'intégration par étapes La capacité d’un nouvel arrivant de remplir sa fonction de «producteur», c’est-à-dire de travailler et de consommer, constitue un indicateur précieux de son degré d’insertion.Il indique que le premier niveau d’intégration est atteint.Les indicateurs des niveaux supérieurs d’intégration sont toutefois plus subtils puisqu’ils concernent la pénétration des valeurs de la société d’accueil dans une communauté donnée.«La transformation des rôles au sein de la famille, les mariages mixtes, la baisse du taux de fécondité dans la communauté italienne de Montréal, explique Maurice Chalom, révèlent par exem- Lo copocité d'un nouvel oirivont de remplir so fonction de «producteur», c'est-o-dire de trovoiller et de consommer, constitue un indicoteur précieux de son degré d'insertion.Il indique que le premier niveou d'intégration est otteint.pie que les Italiens d’ici sont relativement bien intégrés à la société québécoise.» Le phénomène est normal, puisqu’on en est à la deuxième et parfois même à la troisième génération.Mais il faut prendre soin de trop généraliser.«Les communautés ethniques ne forment pas un bloc monolithique.Elles sont traversées par les mêmes clivages que ceux qui prévalent dans la société d’accueil», précise M.Chalom.La remarque est particulièrement juste au regard de la répartition des métiers.Parmi la population active, on observait ainsi en 1986 sensiblement la même proportion de professionnels et de gestionnaires chez les immigrants que chez les Québécois de souche.L’observation vaut également pour les emplois manuels et les emplois de bureau.En ce qui concerne la main-d’oeuvre spécialisée, Renée Bourque, des Ateliers CIPC, insiste par ailleurs sur les difficultés que rencontrent certains professionnels qui immigrent chez nous.«La reconnaissance des équivalences professionnelles cause toujours des problèmes, fait-elle observer.Les dentistes qui choisissent le Canada, par exemple, doivent dé- bourser plus de 5 000 $ avant d’être admis à l’Ordre des dentistes du Québec.Dans ces conditions, conclut-elle, on comprend aisément que le dentiste qui émigre choisira plutôt l’Italie ou l’Allemagne, des pays qui les autoriseront à pratiquer à bien meilleur compte.» «Une société ou une entreprise qui désire s’ouvrir aux communautés ethniques doit être cohérente avec elle-même, renchérit Maurice Chalom.Une entreprise qui veut se rapprocher des communautés ethniques doit éviter de transmettre, dans sa publicité par exemple, tout message ambigu.» A ce propos, Maurice Chalom cite l’exemple du fromage «P’tit Québec».«Un fromage bien de chez nous, un fromage juste pour nous autres!», clame la publicité.Avec une pareille annonce, inutile de dire que le fabricant ne risque pas de pénétrer le marché ethnique», déplore Maurice Chalom.S’il salue la décision du Mouvement Desjardins de porter au rang de priorité stratégique le rapprochement avec les communautés ethniques, Maurice Chalom n’en regrette pas moins que Desjardins ait accepté qu’aucun commissaire ne représente les communautés culturelles à la Commission Bélanger-Campeau.«À peine six pays se sont dotés d'une politique d'immigration, précise Maurice Chalom, et tous établissent leurs critères de sélection en fonction de leurs besoins propres.» 18 La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 LES DIRIGEANTS DE LA RIVE-SUD DE MONTREAL S’INITIENT À LA QUESTION DE L’IMMIGRATION JEAN SAVARD «Le tiers de votre bassin de coopérateurs et de clients provient de l’immigration», affirmait récemment le père Julien Harvey devant quelque 250 dirigeants et directeurs des caisses de la Rive-Sud de Montréal.Observateur avisé de la société québécoise et spécialiste de la question, le père Harvey était l’invité, l’automne dernier, d’un dîner-conférence consacré à l’immigration et organisé par l’Association des caisses populaires et d’économie du secteur des Vieux-Forts.Jocelyn Protean, président et chef de la direction de la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec, avait pour sa part été invité à dévoiler les grandes lignes de la toute nouvelle politique d’intervention de la fédération auprès des communautés culturelles.«h e Mouvement des caisses Desjardins, estime le père Harvey, joue un rôle fondamental dans le développement du Québec.Le visage de la province étant de plus en plus multi-ethnique, les caisses forment par consé-I quent «une institution es- J sentielle à l’intégration de nos compatriotes».Tout au long de sa conférence, le père Harvey s’est appliqué à démontrer qu’il est devenu impossible pour les caisses de rester indifférentes aux immigrants.Julien Harvey reconnaissait néanmoins que l’intégration représente un sérieux défi compte tenu du climat de méfiance qui règne, tant chez les Québécois que chez les immigrants.Les statistiques, qui n’ont pas bougé depuis une vingtaine d’années, indiquent en effet que seulement 15 % de la population est favorable à l’immigration.La moitié serait contre et les 35 % qui restent se disent indifférents.La méfiance des immigrants à l’égard de leur société d’accueil se manifeste de diverses façons.Ainsi, selon le père Harvey, une vingtaine de banques nationales étrangères se seraient établies à Montréal, notamment pour répondre au besoin des immigrants d’être servis dans leur langue par des gens familiers avec le mode de transaction de leur pays d’origine.Il souligne à ce propos «qu’en 1988-1989 la catégorie «gens d’affaires» de l’immigration québécoise représentait 1531 personnes et un apport en capitaux de 969 millions de dollars».Les besoins BIFTECK particuliers des communautés culturelles peuvent donc offrir aux caisses certaines pistes pour se rapprocher du bassin qu’elles représentent.Les dirigeants de la Rive-Sud ont été initiés aux questions touchant l’immigration dans le cadre des dîners-conférences organisés trois fois l’an par le Comité des dirigeants de l’Association des caisses du secteur des Vieux-Forts.Réjean Ruest, conseiller de surveillance à la Caisse populaire Saint-Sébastien de Boucherville et membre du comité, compte parmi les promoteurs de l’événement.«A l’exception de Brossard, les caisses du secteur ne se sentaient pas vraiment «Les dirigeonts gui ossistoient ou dîner ont été surpris pot l'ompleut du phénomène et sont Aujourd'hui mieux préporés pour posser ô 'oction.» tmmmm concernées par la question, déplorait M.Ruest; pourtant, il s’agit d’un phénomène très important.» Avec l’appui technique de la fédération, le comité a préparé un dossier statistique complet sur l’évolution de l’immigration, dossier très révélateur dont tous les participants ont obtenu un exemplaire.«Les dirigeants qui assistaient au dîner ont été surpris par l’ampleur du phénomène et sont aujourd’hui mieux préparés pour passer à l’action», assure Réjean Ruest. DESJARDINS ET L’IMMIGRATION L’AUTRE VISAGE / DU QUEBEC LA CAISSE D’ÉCONOMIE DES PORTUGAIS DE MONTRÉAL UN OUTIL D’INTÉGRATION ET DE DÉVELOPPEMENT JEAN SAVARD «fio/n à, eu gosturia à depositor 70M$00 nom (onto era tisboo.» Si elle peut poioîtie inhobituelle ù plusieurs, cette tronsoction, qui consiste o transférer quelque 550 dollors dons un compte o Lisbonne, n'o pourtont rien d'exceptionnel pour le personnel de lo (misse d'économie des Portugois de Montréol.Dareil échange, notamment parce qu’il se déroule en langue étrangère, révèle ainsi l’une des facettes méconnues de Desjardins, une institution à qui on reproche parfois d’être tricotée un peu trop serré.A l’origine, les caisses populaires ont été fondées pour permettre aux Canadiens français d’obtenir du crédit à des conditions décentes.Un peu dans le même esprit, la Caisse d’économie des Portugais a été créée pour aider les immigrants de ce pays pauvre d’Europe à s’établir, puis à s’intégrer dans leur pays d’accueil.Première des sept caisses ethniques affiliées au Mouvement Desjardins à voir le jour, la Caisse d’économie des Portugais a été fondée en 1969.Ses quelque 6 000 membres détiennent un actif total de 26 millions de dollars et ses 13 employés sont tous d’origine portugaise.La langue de travail est le portugais, bien que les communications écrites se fassent en français.«Tous les employés doivent maîtriser la langue de Molière, c’est un critère d’embauche», assure Celestino Andrade, directeur de la caisse.¦ü ^conomif* Montreal Située sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, la Caisse d'économie des Portugais est au coeur du quartier portugais.À l’image des débuts des caisses Desjardins, l’histoire de la caisse des Portugais et celle de son directeur sont intimement liées.Il y a 20 ans, avant de s’expatrier, Celestino Andrade travaillait au ministère des Finances de \ son pays d’origine.A peine débarqué à Montréal, il devient directeur de la caisse nouvellement fondée.Aujourd’hui, la plupart des membres ne font plus la différence entre l’établissement et son directeur: les deux sont à leur entière disposition.M.Andrade avoue consacrer près du quart de son temps à d’autres activités que la gestion proprement dite.Il est en quelque sorte devenu le confident de la communauté portugaise, dont plusieurs représentants sont propriétaires fonciers.Et c’est souvent à lui qu’on s’adresse pour les problèmes, par exemple pour régler un différend avec un locataire.Il arrive même que certains hommes, surtout parmi les plus âgés, le consultent pour des problèmes personnels.Etablie boulevard Saint-Laurent, au coeur du quartier portugais, la caisse est propriétaire d’un immeuble qui, au fil des ans, s’est transformé en un véritable centre communautaire.On y trouve à l’étage une clinique médicale, un cabinet de notaire, une agence de voyages et La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 • r* ' ¦y%: > une agence immobilière.Et la vaste majorité de ces professionnels sont Portugais.La communauté portugaise de Montréal compte quelque 55 000 personnes dont les trois quarts proviennent de l’archipel des Açores, un département planté au beau milieu de l’Adantique.Le taux de pénétration de la caisse est d’environ 45 %, estime Celestino Andrade.«Le seul fait d’offrir des services en portugais n’assure pas de conquérir l’ensemble du marché, explique-t-il.Toutes les banques du coin ont des employés portugais.Il nous faut faire bien davantage: être à l’écoute de notre communauté, répondre à ses besoins particuliers.» Dix pour cent des membres de la caisse sont par ailleurs Le parc des Portugais, aménagé au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Marie-Anne, est un lieu de rencontre pour ces nouveaux Québécois.La caisse d'économie a financé la maquette du parc.d’origine autre que portugaise.Outre les Québécois, on y voit beaucoup de Vietnamiens depuis une dizaine d’années, des Brésiliens, des Espagnols, des Chinois et des Haïtiens.Celestino Andrade est également membre du Conseil des communautés culturelles et de l’immigration, un comité principalement formé de représentants de groupes ethniques et chargé de fournir des avis à la ministre.M.Andrade est d’ailleurs convaincu qu’un tel comité aurait sa place au sein du Mouvement Desjardins.Il verrait également d’un bon oeil la présence, serait-ce à titre d’observateur, d’un représentant des caisses ethniques au conseil d’administration de la Lédération des caisses d’économie, à laquelle sont affiliées six des Directeur de la Caisse d'économie des Portugais, Célestino Andrade consacre près du quart de son temps à d'autres activités que la gestion proprement dite; il est le confident de la communauté portugaise.«Le seul fait d'oftfif des services en poftugois n'tissure pus de conquérir 'ensemble du marché.Il nous fout foire bien dovontoge: être ô l'écoute de notre communauté, répondre à ses besoins particuliers.» sept caisses issues des communautés culturelles.«Chaque caisse qui fera un effort soutenu pour se rapprocher des communautés ethniques, pour leur expliquer la nature coopérative de l’entreprise, réussira sans trop de difficultés à les convaincre de se joindre à Desjardins», conclut Celestino Andrade.La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 F* •• .ï' .* '; I X ¦ -* f- # V t - DESJARDINS ET L’IMMIGRATION L’AUTRE VISAGE DU QUÉBEC AU COEUR D’UN QUARTIER DEVENU MULTI-ETHNIQUE LA CAISSE DE CARTIERVILLE S’ADAPTE AU CHANGEMENT JEAN SAVARD Plusieurs Montrkkisgardent de Cartierville un souvenir nostalgique.Cartierville, c’était la promesse d’une vie de plaisirs.et de rebondissements.C’était le parc Belmont et ses montagnes russes, sa grande roue, son rock and roll et sa marina.Les feux du parc Belmont, hélas, se sont éteints.Pourtant, Cartierville est toujours très animée.(lis# , de a ujourd’hui toutefois, ce sont ses habitants qui animent et colorent la vie de ce quartier du nord de Montréal dont plus de 40 % de la population est d’origine étrangère.Arméniens, Libanais, Haïtiens, Espagnols, Grecs et Jamaïcains composent en effet la mosaïque locale.V A Cartierville, les immigrants de la deuxième génération côtoient les immigrants de fraîche date.«Rien de plus normal», soutient Gaétan Clermont, directeur général de la caisse de Cartierville.«Le premier réflexe d’un immigrant est de s’établir près de ceux qui l’aideront à s’intégrer à sa nouvelle société, qui le guideront dans ses activités de tous les jours.» Ici comme ailleurs, ouvrir un compte dans une institution financière fait bien sûr partie des nécessités de la vie quotidienne.«Si l’immigrant qui accueille son compatriote possède déjà un compte à la caisse, il y a de fortes chances que le nouvel arrivant fasse le même choix», explique le plus simplement du monde Gaétan Clermont.17 12 Z Près du quart des employés de la d'origine étrangère.Une caisse multilingue Près du quart des 30 employés de la Caisse populaire de Cartierville, qui détient un actif de 43 millions de dollars, sont d’origine étrangère.On est ainsi en mesure de répondre aux besoins des membres en huit langues, soit le français, l’anglais, l’arabe, l’arménien, l’espagnol, l’italien, le portugais et l’alle-| mand.C’est en 1987, après avoir remarqué que la composition de sa clientèle se ~ ë transformait rapidement, que 1 la caisse commence à s’inté-| resser de près à la question.«On n’a pas eu à se poser la question mille fois, explique Caisse populaire de Cartierville sont Francine Labelle, caissière.La dimension multi-ethnique du quartier était devenue une réalité incontournable.C’était à nous d’agir, sinon la caisse risquait de n’être plus qu’un pâle reflet de Cartierville.» La démarche de la caisse de Cartierville repose sur une stratégie étapiste.L’offre de services multilingues n’en est d’ailleurs que la première mesure.«C’est à nous d’aller vers les communautés ethniques, il faut se faire connaître, affirme Gaétan Clermont.Il n’y a pas que la responsabilité sociale des caisses qui soit en jeu, les immigrants La Revue Desjardins, numéro 3, 1991 K v* + i ‘X' 'Zi *mr •&iÂ- : ' -v V wt SySaf ' - ‘vU XJ .-"'V
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