Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1996, Supplément 1
PAR AILLEURS DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL DESJARDINS Automne 1996 Volume 3, numéro 2 ^ Ut,to ^ GROENLAND ^ GroenMino , «*» A 'Jf JS 1, xy .RUSSIE— DECOUVRIR 100 ANS # \ DE COOPÉRATION ^ •y^r' 4'Vr «*' '-*• .- if.- ^ 8m4'H*Hcr ,' CANADA.NORVEGE < .v ./jüàf} k ^JT X LateaflOf EN 10 JOURS IRLANDE i :R«fAWW - • KAZAKHSTAN MONGOLIE J > FRANCE ÊS« MorNoiis 4ïfv """^«EPOai'UN \ .r^'' x TURQUIE \virL -URKVÉNIS^.^ CHVPtt^;.- SYRIE ï IRAK UOAN x y (SRAÉ'wfVjfs N ________________, Ü8YE \ i Kovrêi'r ¦ \ IRAN V PA(a8TAÏ.EGYPTE .\ N .^ lORQNQ^Ut .7—74'7 / / ï-f - ' i7 / / états-uMs > iX/7W 1 ' MAROC > Vf- V ^ ALGERIE v M VIET-NAM ir-, :.ü-v",:, MO,Qye ' **«*» f f -g V _^ P J-IM-3Ç.NIGER SENEGAL BURKINA FASol TCHAD / ^ «¦>“ r/o' 'î;‘ l VEMEajEL» ^GU«* ' I sfcRiA RePUBLIÛUÎ COTE-D’IVOIRE TOGO BÉNIN EE E JUATCfHALE LE PRESIDENT DU MOUVEMENT DESJARDINS Coopération internationale : ! ARGENTINE / VERS DES PARTENARIATS FINANCIER H80TSWANA>._.y I Y StIOZAMSiQUr +Y df" v/N SWAZILAND * / • LESOTHO Atlantique Sud ILES FALKLANDS | ' :¦ # ¦f- # a Claude Béland au Viêt-nam «CE N'EST PAS LA CULTURE QUÉBÉCOISE QUE DID EXPORTE, MAIS UNE EXPÉRIENCE ADAPTÉE AU PAYS HÔTE» Le président du Mouvement Desjardins dans les rues de Hanoi.K ’S“i Ttwa: En juin dernier, une mission de Développement international Desjardins (DID) a conduit le président du Mouvement Desjardins, M.Claude Béland, en Chine et au Viêt-nam.DID, on le sait, collabore à un vaste projet d'implantation de caisses dans ce pays.Elles s'y développent à un rythme qui aurait fait rêver Alphonse Desjardins.Nous avons demandé à M.Béland de partager ses impressions de voyage avec les lecteurs de Par Ailleurs.PAR AILLEURS: Quelle est l'impression la plus durable que vous gardez du Viêt-nam?visiter ce type de société nous fait reculer dans le temps.P.A.: Justement, les caisses vietnamiennes ont dû évoquer pour vous les toutes premières caisses québécoises?C.B.: Elles se multiplient beaucoup plus vite que les caisses québécoises du début du siècle mais, comme chez nous à l'époque, elles fonctionnent grâce au bénévolat.Le directeur d'une caisse que j'ai visitée au Viêt-nam était tout content de m'apprendre que sa caisse avait réalisé des trop-perçus de 35 000 $ US, mais ni lui ni ses employés ne s'étaient réservé de salaire.Bien sûr, le régime socialiste et les structures sociales des Vietnamiens permettent cette situation.Ici, ce serait impensable.P.A.: C'est tout de même étonnant qu'un modèle développé par un Québécois né au siècle dernier convienne si bien au Viêt-nam.de démocratisation qui a favorisé la création d'environ 600 caisses.Les dirigeants politiques savent que les coopératives locales comme les caisses peuvent être des outils pour responsabiliser les communautés, ce qui va dans le sens de la démocratisation.Ils ne veulent pas répéter les erreurs du passé.L'implantation de coopératives contrôlées par l'État a déjà été tentée et s'est soldée par un fiasco.P.A.: Au Viêt-nam, que représente une caisse pour ses membres et ses dirigeants bénévoles?C.B.: Imaginez que vous vivez en régime communiste, donc centralisateur; un jour, on remet entre vos mains une organisation locale en vous disant de la gérer selon ce que vous pensez bon pour la communauté, et on vous encourage à vous exprimer.Les caisses sont donc très précieuses pour la population.Les Vietnamiens en prennent un soin jaloux et ils agissent avec prudence, un peu comme s'ils craignaient qu'on leur retire ce privilège, mais ils sont confiants et prêts à travailler d'ar-rache-pied pour constmire un réseau démocratique dont ils auront le contrôle.Par contre, comme me le signalait un dirigeant, ils sont déterminés à y arriver en moins d'un siècle! CLAUDE BÉLAND: Les Vietnamiens eux-mêmes.Ils sont 75 millions à habiter ce minuscule territoire.Dans les villes, malgré le fait qu'il n'y ait ni feux de circulation ni policiers apparents, il ne semble jamais y avoir d'accrochages dans les mes bondées de cyclistes et de piétons.Ils sont incroyablement patients.Sans doute sont-ils assez sages pour comprendre que la tolérance est la seule façon, pour eux, de maintenir une société harmonieuse.C'est aussi un peuple extrêmement travailleur pour qui la notion de survie prime sur la notion de salaire.Il faut dire que leurs conditions de vie ne sont pas les nôtres: ils vivent plus près de la nature, le climat est chaud et la vie se passe davantage à l'extérieur qu'à l'intérieur.En fait, C.B.: Ce n'est pas la culture québécoise que DID exporte, mais une expérience qu'on adapte au pays hôte.Et je crois sincèrement que la coopérative d'épargne et de crédit, même si elle a été créée il y a 100 ans, demeure le modèle de l'avenir.P.A.: Comment des coopératives locales peuvent-elles se développer normalement dans un État socialiste?C.B.: Tout repose sur les objectifs politiques du gouvernement.Il y a, actuellement, une volonté MM.Claude Béland, président du Mouvement Desjardins, et Ghislain Paradis, président-directeur général de DID, lors de leur visite au Viêt-nam. Coopération internationale VERS DES PARTENARIATS FINANCIERS P lusieurs nations connaissent actuellement un développement phénoménal et rattrapent du coup plusieurs années de stagnation écono-Les pays qu'on avait coutume nous proposent maintenant mique.d'aider d'être des partenaires de leur croissance.LE COSTA RICA: UN BEL EXEMPLE L'action de Développement international Desjardins (DID) auprès du réseau coopératif de ce pays, axée sur l'assistance technique, peut-elle déboucher sur une association financière fructueuse à la fois pour le Costa Rica et pour Desjardins?Et dans ce cas, peut-on toujours parler de coopération?Pour en savoir plus, Par Ailleurs s'est entretenu avec André Roy, président du conseil d'administration de DID, et avec Ghislain Paradis, président-directeur général de cette institution.«Cette demande a été faite il y a près de deux ans, se rappelle André Roy.Sistema FEDECREDITO, qui chapeaute le réseau coopératif du Costa Rica et à qui DID, grâce à l'appui de l'ACDI, fournit de l'assistance technique, a voulu savoir si nous étions intéressés à conclure un partenariat financier pour accroître sa base de capitalisation.» Consulté, le conseil d'administration de DID a recommandé d'explorer plus avant la demande de Sistema FEDECREDITO.Des rencontres ont eu lieu au Québec et au Costa Rica.Des représentants de la Caisse centrale Desjardins, d'investissement Desjardins et même de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont participé à la dernière, en février 1996.Aussi bien le préciser tout de suite: le projet est modeste et encore embryonnaire, et il est trop tôt pour prédire ce qu'il adviendra.Mais il laisse entrevoir certaines possibilités sur lesquelles il vaut la peine de se pencher.Ghislain Paradis: «Sistema FEDECREDITO nous propose une opération cjui a de bonnes chances d'être rentable.» LA COOPERATION INTERNATIONALE LAISSE-T-ELLE PLACE À DES PARTENARIATS FINANCIERS?«La globalisation de l'économie amène Desjardins à coopérer avec les organismes coopératifs du monde entier, remarque André Roy.À notre époque, l'intercoopération se fait aussi à ce niveau-là.Faute de capitalisation suffisamment élevée, Sistema FEDE- Projet d'habitation sociale au Costa Rica.CREDITO ne peut lever de l'épargne qui permettrait de consentir des prêts à l'habitation à des gens à revenus peu élevés.» Une syndication des prêts dont Desjardins serait le principal artisan contribuerait à loger chez eux des milliers de Costaricains.La dimension coopérative se retrouve dans la finalité du projet: la démocratisation de l'accès à la propriété, un objectif cher aux caisses québécoises depuis près de 100 ans.«Si Desjardins tirait profit d'un tel investissement, tant mieux! ajoute Ghislain Paradis.Pour survivre et croître, toute institution financière doit réaliser des profits, même si elle est coopérative.Plus on va rapprocher la coopération internationale de la «vraie vie», mieux préparés seront nos partenaires.D'ailleurs, au rythme où certains de nos partenaires évoluent, il est permis de croire que ce genre d'opération marquera le début d'une relation d'entraide bénéfique aux deux parties.» Faut-il voir dans cette avenue une nouvelle façon de faire de la coopération internationale?Oui, de plus en plus.En raison de la mondialisation, il devient vital de développer des partenariats qui rendront les deux parties plus fortes.Et quels meilleurs alliés que d'autres coopératives, avec qui on partage plusieurs valeurs?Ce faisant, DID reste fidèle à sa mission qui est de collaborer à développer des entreprises coopératives rentables. COSTA RICA LE DEVELOPPEMENT: UN BON PLACEMENT Dans les milieux qui s'intéressent à l'investissement, même les plus prudents conviennent qu'investir à l'étranger peut se révéler une bonne stratégie dans une perspective de diversification.On l'a dit, certains pays font des bonds de géant en matière de développement, et ils ont un immense besoin de capitaux.«Le Costa Rica ne demande pas la charité, affirme le président-directeur général de DID.Sistema FEDE-CREDITO nous propose une opération qui a de bonnes chances d'être rentable.Comme dans toute opération de ce genre, il y a un risque, mais il peut être évalué, comme on calcule le risque des placements faits ici.LES AVANTAGES POUR LE MOUVEMENT Un nombre grandissant de pays en développement se stabilisent politiquement et laissent agir les forces du marché.L'assistance technique que DID a dispensée dans plusieurs d'entre eux a permis la création de contacts qui peuvent être très précieux dans l'établissement d'ententes avec des partenaires internationaux coopératifs ou étatiques.Qu'on pense au Viêt-nam, pays où l'assurance n'existe pas encore et où DID entretient des liens privilégiés avec la Banque d'État.André Roy et Ghislain Paradis soulignent que le projet de partenariat au Costa Rica devra passer à travers tout un long processus de réflexion avant de se matérialiser.Mais ils sont convaincus que ces nouvelles alliances font partie du nouvel échiquier mondial, et que Desjardins devra devenir un joueur important.Tout le monde, croient-ils, peut en tirer profit, non seulement les pays partenaires, mais aussi les membres de Desjardins.Ces nouvelles alliances font partie du nouvel échiquier mondial, croit André Roy, président du conseil d'administration de DID.DES OCCASIONS D'AFFAIRES «Des projets d'investissement comme celui proposé par Sistema FEDECREDITO à Développement international Desjardins (DID) peuvent être intéressants pour les entreprises que nous finançons.» Huu Trung Nguyen, vice-président International et Opérations de trésorerie à la Caisse centrale Desjardins, faisait partie de la mission déléguée au Costa Rica en février dernier.Il explique ainsi l'intérêt de la Caisse centrale.«Ce type de projet peut être bénéfique autant pour les membres entrepreneurs de Desjardins que pour le réseau.Nous offrons des services d'accompagnement à des entreprises québécoises désireuses de faire des affaires dans d'autres pays.Au Costa Rica, il s'agit d'habitation sociale.Un constructeur d'ici pourrait fort bien être financé par nous pour réaliser ce projet.Le gros avantage, ce sont les relations privilégiées que Desjardins entretient avec Sistema FEDECREDITO: les deux organisations ont des liens depuis quelques années, un climat de confiance existe, ce qui nous favorise par rapport à la concurrence.» Pour Huu Trung Nguyen, les entrepreneurs québécois ne peuvent se permettre de négliger les marchés internationaux dans leur stratégie de croissance et Desjardins doit être prêt à les soutenir en ce sens. Des partenaires russes au Québec nement de ce grand réseau bien orchestré qu'est le Mouvement.«Nous avons énormément appris.C'est important pour nous de bénéficier de l'expérience d'une organisation de cette envergure.Desjardins est la preuve qu'on peut être un joueur de premier plan tout en restant d'abord une union de coopératives.» Vadim Ivanov et Vladislav Krivocheev (en médaillon) de la Ligue russe des coopératives d'épargne et de crédit.DÉCOUVRIR 100 ANS DE COOPÉRATION EN 10 JOURS «Je n'ai visité qu'une petite partie du Québec, mais je suis vraiment frappé par le calme qui règne ici.Les gens ne sont pas toujours en train de courir.Et le paysage ressemble un peu à celui de la Russie.Comme le climat, d'ailleurs!» Vadim Ivanov, économiste, faisait partie d'un groupe de stagiaires de la Ligue msse des coopératives d'épargne et de crédit.Invités au Québec par Développement international Desjardins (DID) en mai dernier, ils ont visité plusieurs composantes du Mouvement Desjardins et se sont familiarisés avec un grand nombre de dimensions: histoire, développement, services, informatique, inspection, communications, réingénierie.«Ce qui m'a surpris, ce sont toutes ces règles qui régissent le milieu des affaires.Les entrepreneurs ne font vraiment pas ce qu'ils veulent, je ne m'attendais pas à autant d'encadrement en pays capitaliste.» Par contre, il a été littéralement émerveillé par le fonction- Tout comme M.Ivanov, Vladislav Krivocheev dit repartir enchanté de son stage en territoire québécois.Ce coordonnateur à l'emploi de la Ligue a été particulièrement impressionné par Alerte, l'outil informatique qui permet d'inspecter les caisses à distance.«Notre ligue existe seulement depuis 1994, explique-t-il.À la Maison Alphonse-Desjardins, j'ai constaté que le Mouvement, au début, a connu des difficultés qui ressemblent aux nôtres.Ça m'a stimulé de voir que ces difficultés ont pu être surmontées.De plus, j'ai réalisé combien les qualités personnelles des gens sont cruciales dans ce type d'organisation, surtout les premières années.Je pense que nous retournons chez nous avec beaucoup d'inspiration et d'idées nouvelles.» MK JKon cher (ouis.Lin dirigeant bénévole de la Caisse populaire de Sainte-Luce de la fédération des caisses populaires du Bas-Saint-Laurent, Joël Bouchard, et une employée de la Caisse populaire Domaine Saint-Sulpice de la Fédération des caisses populaires de Montréal et de l'Ouest-du-Québec, Johanne Voyer, ont été désignés grands gagnants du concours «Composez le monde», qui soulignait le 25e anniversaire de Développement international Desjardins.Cet honneur leur a valu, en mars dernier, une mission de sensibilisation d'une semaine au Costa Rica.Pour se qualifier, les lauréats devaient expliquer par écrit à un correspondant costaricain fictif pourquoi ils tenaient à participer à cette mission.Voici des extraits de la lettre de )oël Bouchard à Luis Esquivel, coopérateur imaginaire: G’est avec un très tyran dplaisir et beaucoup G honneur yue p acquiesce à inuitation yue vous me pattes Je participer a une mission Je sensibilisation Jans votre paps.U titre Je membre Jiripeant bénévole J'une caisse populaire besjarJins) il me tarJe J'échanger avec vous sur nos visions Je la coopération et les réalisations concrètes Je cettepormule J’entreprise Jans nos pays respectifs.Concrètement, Jans le caJre Je cette mission, je vouJrais pouvoir me renJre compte Je la force coopérative Ju Costa hica.U’aborJ en échangeant avec les Jiripeants Jes coopératives J’épargne et Je créJit, afin Je connaître leur mission et les valeurs y u’elles véhiculent, ônsuite, je souhaiterais partager le point Je vue Jes Jirigeants concernant les succès et les Jifficultés
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