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Découvrir
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  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
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Novembre
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  • Revues
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six fois par année
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Découvrir, 2000-11, Collections de BAnQ.

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te vie dans l’Univers, p.50 -DÉCOUVRjr VOLUME 21, NUMÉRO 6 | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2000 LA REVUE DE LA RECHERCHE 10 5,95$ Alzheimer Arthrite Cancer Maladies cardiovasculaires Diabète Grippe Parkinson Schizophrénie Sclérose en plaques Sida maladies o traitements Adolescente et enceinte Le pouvoir de l'économie sociale canadienne^fràhcaisè Tçaise pour ravancement des sciences, "^n^fflnMffTTTmyiT^ffrïïTrii iRliiii i rue De La GatEfietiere Est cana Assoc nvois de publ ennes 1260413 Mont ComprendreTïïrfertilité Molécules virtuelles 01001026651806 Robert Vincent, arthritique, vit mieux.La société pharmaceutique Merck Frosst fait des découvertes qui changent notre quotidien.Plus de 300 chercheurs de renommée internationale travaillent sans relâche au Centre de recherche thérapeutique Merck Frosst.Leur travail à fait l'objet de plus de 1 350 publications scientifiques et a mené à des découvertes qui aujourd'hui contribuent de façon tangible au mieux être des asthmatiques et des arthritiques.Forts de ces succès scientifiques dans les domaines des leucotriènes et des prostaglandines, les chercheurs de Merck Frosst s'investissent maintenant avec acharnement dans de nouveaux champs thérapeutiques.La mise au point d'inhibiteurs de protéases à cystéines pourrait réduire les conséquences des accidents cérébraux vasculaires et aider les gens qui souffrent de la maladie d'Alzheimer.Leurs travaux portant sur l'inhibition des enzymes naturelles qui désactivent les récepteurs de l’insuline laissent entrevoir le développement de nouvelles thérapies pour le diabète et l'obésité.Ils explorent aussi activement la possibilité de régénérer les tissus osseux afin de contrer les effets dévastateurs de l'ostéoporose.Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux.Voilà ce qui animent chaque jour les chercheurs des laboratoires de Merck Frosst.C'est en travaillant ensemble qu'ils aident plus de gens à sourire, plus longtemps.MERCK FROSST Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux. n#y a plus de défi trop grand.^\\j e rs i fe- 1 Université de Montréal o 3 Q. fü Un engagement CLAIR: accroître la capacité de recherche et d'innovation des universités québécoises.Un plan d'action CIBLÉ: accélérer le transfert des connaissances et des technologies afin de rehausser la compétitivité du Québec.Valorisation-Recherche Québec 3730, rue du Campanile, bureau 103, Sainte-Foy (Qc) G1X 4G6 Téléphone: (418) 657-7117 • Télécopieur: (418) 657-7751 EH DtCÜÏÏVRir www.vrq.qc.ca VOLUME VINGT ET UN NUMÉRO SIX I N O V E M B R E - D É C E M B R E 2000 MOT DE LA RÉDACTION Découvrir Découvrir i Danielle Ouellet 20 25 SCIENCE CLIPS Comprendre l'infertilité Molécules virtuelles Un génie à connaître Québécois et Acadiens face à face Otites et pollution Une maternelle décevante Prolonger la vie des asthmatiques Alterner travail et études Une cornée artificielle Adolescente et enceinte FACE À FACE Michael DuBow sur les traces de Félix d'Hérelle René Vézina L'un des rares chercheurs en Amérique du Nord à s'intéresser aux bactériophages qui pourraient remplacer les antibiotiques, Michael DuBow remet au goût du jour des recherches entreprises à Montréal il y a un siècle.recherche: 10 maladies, 10 traitements Valérie Borde La maladie d'Alzheimer, l'arthrite, le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète, la grippe, la maladie de Parkinson, la schizophrénie, la sclérose en plaques, le sida.Où en est la recherche sur ces maladies?ENJEUX 44 LE POUVOIR DE L'ÉCONOMIE SOCIALE Valérie Borde L'économie sociale s'appuie sur la solidarité et la coopération, et vise avant tout à répondre à des besoins sociaux.Benoît Lévesque s'y intéresse depuis 25 ans.ZOOM La petite vie dans l’Univers 50 Dominique Forget SCIENCE MONDE 54 Le campus du 21e siècle, c'est le monde.Laurent Fontaine RUBRiqUES 56 Livres, Calendrier, Dans le prochain numéro de Découvrir 61 LA FINE POINTE 62 LE POINT S Félicitations aux lauréats! 56e édition des Prix de l’Acfas Prix aux chercheurs Prix des sciences humaines, commandité par Gaz Métropolitain Bernard Beugnot, Université de Montréal Prix J.-Armand-Bombardier (innovation technologique), commandité par la Fondation J.-Armand-Bombardier François Gonthier, ITF Technologies Optiques Prix Jacques-Rousseau (interdisciplinarité), commandité par un regroupement de centres de recherche de l'Université Laval Michel Laroche, Université Concordia Prix Léo-Pariseau (sciences biologiques et de la santé),commandité par Merck Frosst Rima Rozen, Université McGill Prix Marcel-Vincent (sciences sociales), commandité par Bell Canada Hélène Dumont, Université de Montréal Prix Michel-Jurdant (sciences de l’environnement), commandité par Hydro-Québec Michel Fournier, INRS - Institut Armand-Frappier Prix Urgel-Archambault (sciences physiques, mathématiques et génie), commandité par Alcan Pierre J.Carreau, École Polytechnique de Montréal Prix aux étudiants Prix Bernard-Belleau (doctorat en santé et produits pharmaceutiques), commandité par BioChem Pharma Inc.Stéphane Angers, Université de Montréal Prix Desjardins d’excellence pour étudiants-chercheurs (maîtrise en sciences physiques, biologiques et de la santé - maîtrise en sciences humaines et sociales -doctorat en toutes les disciplines, sauf santé et produits pharmaceutiques), commandité par la Fondation Desjardins Marc Fournier, École de technologie supérieure Sarah-Jeanne Salvy, Université du Québec à Montréal Annie Galarneau, Université Laval Lauréats des Prix McGill (ces prix soulignent les prestations de deux étudiants lors du congrès de l'Acfas), commandité par l’Université McGill Claudia Jomphe, Université de Montréal Yan Kestens, Université Laval Lauréats des Prix de l'Université de Montréal (ces prix soulignent les prestations de deux étudiants lors du congrès de l’Acfas), commandité par l'Université de Montréal Nathalie Gravel, Université Laval Vincent Mareau, Université Laval Conseil d’administration de l’Acfas 2000-2001 John Bœglin, professeur acrécé, Faculté Saint-Jean, Université d’Alberta Alain Caillé (président), vice-recteur à la recherche, Université de Montréal Valéry Colas, étudiante Michel Dumais, journaliste Sylvie Gagnon, directrice générale, TechnoCompétences Jean-Denis Groleau, professeur, Collège Jean de Brébeuf Anne Marrec, directrice générale, Télé-Université Tho-Hau Nguyen (trésorier), doyen, Faculté des sciences, Université du Québec à Montréal Robert Parizeau, président du conseil, Aon Parizeau inc.et président du conseil et de la corporation, Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) Émilien Pelletier, professeur, Institut des sciences de la mer (ISMER) Bernadette Pinel Alloul, professeure titulaire, Département de sciences BIOLOGIQUES, UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Raymond Pollender, directeur artistique, Théâtre du Petit Chaplin Jean-Marc Proulx (président sortant), VICE-PRÉSIDENT— RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT, GROUPE CONSEIL DMR INC.Bernard Rosaire (2! vice-président), PROFESSEUR, DÉPARTEMENT DE PHARMACOLOGIE, UNIVERSITÉ MCGlLL Jean-Marc Rousseau, vice-président, GIRO inc.Réal Saint-Laurent, directeur général, Direction générale de l’information GÉOGRAPHIQUE, MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES DU QUÉBEC Gary W.Slater, professeur titulaire, Département de physique et vice-doyen (recherche), Faculté des sciences, Université d’Ottawa Vincent Tanguay, conseiller directeur, AGTI Services-conseils inc.Geneviève Tanguay, directrice — DÉVELOPPEMENT, CENTRE QUÉBÉCOIS DE VALORISATION DES BIOTECHNOLOGIES (COVB) Marie Trudel (1« vice-présidente), DIRECTRICE, LABORATOIRE DE GÉNÉTIQUE MOLÉCULAIRE ET DÉVELOPPEMENT, Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) Elvire Vaucher, professeurs, ÉCOLE D’OPTOMÉTRIE, UNIVERSITÉ DE Montréal Truong Vo-Van, vice-recteur adjoint à la RECHERCHE ET DOYEN, FACULTÉ DES ÉTUDES SUPÉRIEURES ET DE LA RECHERCHE, UNIVERSITÉ DE MONCTON Germain Godbout, directeur général, Acfas Yves Gingras (archiviste), professeur, CIRST, Université du Québec à Montréal 6 EH DkcuuvRlr DÉCOUVRir Revue bimestrielle de vulgarisation scientifique, Découvrir est publiée par l’Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas) AVEC L’AIDE DU MINISTÈRE DE LA RECHERCHE, de la Science et de la Technologie.Directrice et rédactrice en chef Danielle Ouellet Directeur général de l’Acfas Germain Godbout Secrétaire de rédaction ET RECHERCHE PHOTO Luc Quintal Comité de rédaction Johanne Collin, Robert Ducharme, Pierre Fortin, Jean-Claude Guédon, Jacinthe Lacroix, Jean-René Roy, Michel Trépanier Révision linguistique Hélène Larue Direction artistique Martine Maksud Illustration de la page couverture Michel Larose Sorties Postscript Film-O-Progrès Impression Imprimerie Québécor, Saint-Jean Certains articles de Découvrir peuvent ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À : Acfas 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 TÉL.: (514) 849-0045 Téléc.: (514) 849-5558 I NTERFACE@ACFAS.CA www.acfas.ca/interface La REVUE Découvrir est répertoriée dans Repère.n° de convention de vente RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 1260413, SEPTEMBRE 2000 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, TROISIÈME TRIMESTRE 2000 ISSN 0826-4864 Publicité : Communications Publi-Services Chantal St-Denis, Jean Thibault Tél.: (450) 227-8414 info@publi-services.com CflPITRL : 525 OOG OOÜ $ PORTEFEUILLE : 170 ENTREPRISES PROMETTEUSES Sociétés d'investissement Innovatech : les spécialistes du financement en haute technologie ?ans le milieu du capital de risque depuis 1995, les sociétés Innovatech, avec un fonds de 555 millions de dollars, comptent 170 entreprises dans leurs portefeuilles combinés.Couvrant tout le Québec, les sociétés Innovatech investissent dans une variété de projets à contenu technologique avec une préférence pour les investissements dans le domaine de l'innovation et du transfert technologique et les premières ou deuxièmes rondes de financement.Pour des renseignements au sujet d’un partenariat fructueux : MONTRÉAL 5050, rue University Bureau 1557 Montreal H5A 5A5 (519) 869-5959 QUEBEC 10, rue Pierre-Olivier-Chauveau Québec GIR 9J3 (918) 558-9770 SHERBROOKE 955, rue King Ouest Bureau 305 Sherbrooke J1H 6E9 (819) 850-3385 REGIONS RESSOURCES 10, rue Pierre-Olivier-Chauveau Québec GIR 9J3 (918) 558-0315 Innovatech Sociétés d’investissement Luuuuu.innovatechcapital.com CiEWCE Comprendre l'infertilité pour mieux la contrôler ¦Br* ir m € 4 La vache est un bon modèle expérimental pour l'étude du processus ovulatoire.Ça y est! Votre carrière est lancée, votre maison et votre voiture sont payées, vous êtes enfin prêts à fonder une famille.Vous n'êtes pas les seuls à planifier ainsi.De plus en plus, l'accessibilité des moyens contraceptifs donne aux couples l'impression qu'ils peuvent contrôler leur fertilité.Mais c'est sans compter sur les caprices de Dame Nature! Selon les études, entre 7 et 15 p.100 des couples nord-américains en âge de procréer font face à des problèmes d'infertilité.Afin de mieux comprendre les causes de la stérilité, Jean Sirois, professeur agrégé à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, s'intéresse aux mécanismes qui régissent le processus ovulatoire.Avec l’aide d’une subvention « Nouveaux chercheurs» du FCAR, il a choisi de travailler sur les bovins.« La vache a un cycle reproducteur qui s'apparente à celui de la femme, explique le professeur.Toutes deux ont un cycle qui dure entre 21 et 28 jours, au cours duquel il se produit une seule ovulation.» Plus précisément, les recherches du professeur Sirois visent à déterminer le rôle joué par les prostaglandines au moment de l'ovulation.« Les prostaglandines sont les hormones qui permettent aux ovaires de libérer une cellule germinale.Par exemple, chez la femme, elles permettent aux follicules ovulatoires de libérer un ovule.» Chez la femme comme chez l'animal, les ovaires sont remplis de petites sphères, les follicules.À chaque cycle reproducteur (cycle menstruel chez la femme ou cycle œstral chez l'animal), une cellule germinale se développe au sein d'un follicule.Durant les heures qui précèdent l'ovulation, le corps humain sécrète une forte dose de prostaglandines.Lorsqu'elles se retrouvent en concentration suffisante, ces hormones stimulent la synthèse de toute une batterie d'enzymes.« La tâche de ces enzymes consiste à digérer la paroi folliculaire.Ce fai- L'ovulation permet à l'ovule (au centre) d'être expulsé à l'extérieur du follicul w sant, elles permettent la rupture du follicule et la libération de la cellule germinale.» Chez certaines femmes, les follicules se développent mais n'arrivent pas à ovuler.« La paroi demeure intacte, ce qui empêche la libération de l'ovule », explique le professeur Sirois.Vraisemblablement, cette perturbation du processus ovulatoire serait due à une absence de prostaglandines.Quelle est la source de cette carence?« Nous savons que le gène PGHS-2 joue un rôle clé dans la synthèse des prostaglandines.Lorsque ce gène est inhibé, il n'y a pas de production de prostaglandines et donc, pas d'ovulation.» Pour l'instant, les chercheurs ne savent pas ce qui entrave l'expression du PGHS-2.« Nous devrons effectuer des recherches plus poussées avant de comprendre l'ensemble des mécanismes qui régissent le processus ovulatoire.» À moyen terme, le professeur Sirois espère décoder les secrets du gène PGHS-2 et contourner son inactivité.Éventuellement, la synthèse des prostaglandines pourrait être stimulée artificiellement.La prudence est toutefois de rigueur : « Les prostaglandi- L'échographie permet de suivre le développement folliculaire au cours du cycle reproducteur chez la vache.S DÉCOUVRIT nés ne sont pas les seules responsables des problèmes d'infertilité, plusieurs autres phénomènes sont en cause.Cependant, nous pensons que bientôt, nous détiendrons une pièce importante du casse-tête.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds FCAR pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Molécules virtuelles Ky (a.u.) Kx (a.u.) Ondes d'électrons dans la molécule H2+ excités par un faisceau laser.Image obtenue par calculs numériques avec un superordinateur IBM.H3t,V =Vc-E0(X,+X2 ), R=10 (a.u.),lo=8x1013 W/cm2 x, (a.u.y 0 X2 (a.u.) m ym •* mm: » m mmê m ""y ¦ : ï -.y.C '''/‘y.Z fl ¦ ÜÉI Image de la surface potentielle, V, pour deux électrons (coordonnées Xv X2) dans la molécule Hb+ en présence d'un champ laser.Les vallées correspondent à la liaison chimique.Les scientifiques pénètrent de plus en plus les mystères de l'infiniment petit.Mais si visualiser les molécules et les atomes est une chose, visualiser les électrons et les protons en perpétuel mouvement en est une autre.C'est à cette tâche que s'affairent, à coup de calculs sophistiqués et ce, grâce à des ordinateurs ultra-performants, les chimistes computationnels.Quelque 150 spécialistes en la matière se sont réunis cet été à Sherbrooke à l'occasion d'un congrès consacré à cette discipline encore jeune mais, semble-t-il, prometteuse.« Les traditionnelles expériences de laboratoire cèdent la place à des expériences numériques», précise André Bandrauk, professeur de chimie théorique à l'Université de Sherbrooke.Les travaux de ces nouveaux chimistes permettent de modéliser, c'est-à-dire de donner des représentations des électrons, des protons et de leur dynamique inhérente.Il devient alors possible de manipuler électrons et protons par simulation, de modifier les propriétés de l'atome puis, par extrapolation, celles de toute molécule.Au moyen de ces manipulations virtuelles, les chimistes peuvent déterminer à quoi ressemblerait, par exemple, la nouvelle molécule qu'ils essaient de synthétiser, et quelles en seraient les propriétés.Cette démarche intéresse particulièrement la recherche pharmaceutique où de nou- velles substances aux propriétés encore inconnues sont sans cesse mises au point.Le processus actuel est long et pénible, et permet de tester l'activité d'une nouvelle molécule seulement une fois celle-ci synthétisée.Par contre, la chimie computationnelle per- met de « créer » — sur ordinateur,du moins — la future molécule et d'en estimer l'activité et l'efficacité.Autre avantage, on peut en créer des dizaines, à une fraction du coût de « l'ancienne » méthode.STÉPHANIE BELAUD Agence Science-Presse DÉCQUVRjf ILLUSTRATIONS : ANDRÉ BANDRAUK GÉNIE SCIENCES Un génie à connaître L'avènement des nouvelles technologies entraîne dans son sillage tout un lot de nouvelles professions.Au nombre de ces dernières, le génie logiciel est certainement l'une des plus prometteuses.En effet, la conception de programmes informatiques est en pleine ébullition.Les besoins sont énormes et, pour cette raison, les grandes entreprises pressent le milieu universitaire de former davantage de spécialistes dans ce secteur.Toutefois, parce que la discipline est nouvelle, il n'y pas de consensus entre les pays sur le bagage de connaissances que devraient détenir les futurs diplômés.Pour faire le point sur la question, le Software Engineering Coordinating Committee, un comité international dont le mandat est de favoriser l'évolution du génie logiciel sur le plan mondial, a voulu confier à un groupe de chercheurs le mandat de rédiger un guide définissant l'ensemble des connaissances que devrait posséder un ou une spécialiste en génie logiciel.Les membres du comité, qui est issu d'un regroupement de la Computer Society et de l'Association for Computer Machinery, les deux plus prestigieuses associations dans le domaine, ont considéré plusieurs équipes de chercheurs de renom et ont finalement choisi le Laboratoire de recherche en gestion des logiciels de l’UQAM.K) EH DLCüUVRlfi Domaines de connaissances du génie logiciel Classification des Matrice de sujets sujets et références Références Description des Classification de Disciplines sujets Bloom connexes Organisation hiérarchique des connaissances.L'équipe montréalaise, qui regroupe une douzaine de chercheurs, s'était déjà bâti une solide réputation dans le domaine.« Le fait que nous ne soyons pas Américains a aussi favorisé notre candidature », explique Robert Dupuis, professeur au Département d'informatique de l'UOAM et coéditeur du guide.En effet, le Software Engineering Coordinating Committee est majoritairement composé d'Américains.Pour assurer la crédibilité et la transparence du processus, on a voulu choisir une équipe de recherche indépendante.C'est ainsi que, depuis environ deux ans, l'équipe de l'UOAM s'affaire à recenser l'ensemble des connaissances propres au génie logiciel en vue de préparer le guide SWE- BOK (pour Software Engineering Body of Knowledge) : « En plus d'asseoir la profession sur des bases solides, le guide permettra à des professeurs de développer des plans de cours et à des entreprises de mettre sur pied des programmes de formation», commente Robert Dupuis.Pour réaliser leur projet, les chercheurs ont d'abord répertorié dix domaines de connaissances se rattachant au génie logiciel : la gestion de configuration de logiciels, la construction de logiciels, la conception de logiciels, l'infrastructure du génie logiciel, le management du génie logiciel, le processus du génie logiciel, l'évolution et la maintenance de logiciels, la qualité du logiciel, les exigences du logiciel et l’entretien de logiciels.Chaque domaine de connaissances fait l'objet d'un chapitre distinct.Les chercheurs sont ensuite partis en quête d'auteurs.« Pour chacun des chapitres, nous avons choisi un, deux ou trois auteurs, tous spécialistes dans leur domaine », poursuit Pierre Bourque, également coéditeur du guide et, depuis peu, professeur au Département de génie électrique de l'École de technologie supérieure.Ces spécialistes provenaient notamment des États-Unis, d'Australie, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et du Maroc.Ils étaient tous réunis grâce à Internet.Un long processus de révision a ensuite été entamé.« Plusieurs centaines de réviseurs, issus d'une trentaine de pays, ont revu le contenu du guide,en partie ou en entier», explique le professeur Bour- que.Fait intéressant : les commentaires formulés par les réviseurs sont du domaine public.« Nous avons créé un site Internet où chaque commentaire, avec l'identité du réviseur, est affiché.N'importe qui peut consulter le site.Il s'agit d'un processus très transparent.» Tous les commentaires recueillis sont analysés par l'équipe montréalaise et ensuite retournés aux auteurs.Le processus est parfois complexe : « Il arrive que certains commentaires soient contradictoires ou touchent l'ensemble du guide, explique le professeur Dupuis.C'est le cas, par exemple, lorsqu'on nous mentionne que deux Guide SWEBOK Exigences du logiciel Conception de logiciels Construction de logiciels Test de logiciels Entretien de logiciels Processus -* d'établissement des exigences ^ Mise à jour des exigences Analyse des exigences Spécification des exigences Validation des exigences Gestion des exigences Concepts de base de la conception Architecture de logiciels Évaluation et » analyse de la qualité du design > Notations du design de logiciels Stratégies et ?méthodes de conception Méthodes + linguistiques de construction Méthodes formelles de construction Méthodes visuelles de construction Définitions et concepts de base Niveaux de test ¦ Techniques de test ¦ Mesure du test Gestion du processus de test Activités d'entretien Processus de Tenue tien Aspects organisationnels de l'entretien Problèmes de l'entretien Coûts et estimé des coûts de l'entretien Mesure de l'entretien Techniques de l'entretien < O O 5 < Q i < O' U Z) O Classement général tel que vu dans le guide.sections se chevauchent.Nous devons alors pousser la recherche un peu plus loin et repenser la structure du guide.» Le professeur Bourque acquiesce : « Sans nous insérer dans le processus, nous devons favoriser le consensus entre l'ensemble des collaborateurs, dispersés aux quatre coins du globe.» Les professeurs Dupuis et Bourque espèrent terminer la deuxième version du guide d'ici Noël.Une troisième phase est ensuite prévue.« La deuxième version sera essentiellement basée sur les commentaires des réviseurs alors que la troisième accordera plus d'importance aux applications concrètes telle la mise SCIENC1 z O sur pied de programmes de formation.» Une fois la troisième version achevée, le travail des chercheurs ne sera pas terminé pour autant.« Même si je ne partage pas entièrement cet avis, beaucoup de gens pensent que les connaissances en génie logiciel évoluent très vite, soutient Robert Dupuis.Pour cette raison, nous devons trouver un mécanisme qui permettra de tenir le guide à jour.Autrement, il sera délaissé très rapidement.» DOMINIQUE FORGET Note : tous les documents relatifs au guide SWEBOK peuvent être consultés gratuitement à l'adresse suivante : www.swebok.org LERÉSEAU CANADIEN DE TECHNOLOGIE LE RCT ET GAMOTECH : DE L'AIDE SUR PLUSIEURS VOLETS! À l'automne 1994, Serge Gagnon, entrepreneur inventif du Lac-Saint-Jean, demande à Bernard Morin, conseiller du Réseau canadien de technologie (RCT) au Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) au Centre de production automatisée (CPA), d’évaluer son projet de soudeuse à l'arc intégrée à un véhicule utilitaire.M.Gagnon, qui est alors à la tête de l'entreprise Auto-démarreur, a déjà mis au point un alternateur surpuissant assez petit pour être installé sous le capot d'une camionnette.Il veut rendre son innovation plus profitable en lui ajoutant une station de soudeuse à l'arc.Ainsi, les travailleurs qui auront besoin de réparer une pièce de machinerie n'auront qu'à brancher la soudeuse à même le véhicule, quel que soit l'endroit où ils travailleront.La Canadarc voit le jour.Volet R-D En 1995, convaincu que cette soudeuse pourra se démarquer de la concurrence, Bernard Morin aide M.Gagnon à obtenir des fonds du PARI qui serviront à l'étude de faisabilité technique menant à la construction d’un prototype.Bernard le met aussi en lien avec une firme d'experts-conseils en électronique qui renforcera sa capacité technique et l'aidera à concevoir un produit prêt pour la commercialisation.Le CNRC-PARI injectera par la suite une somme supplémentaire pour aider à la conception de la génération commerciale de la soudeuse ; cette aide accélérera la mise au point de cette petite merveille de la technologie, robuste, précise et efficace.Gamotech est créée : cette nouvelle entreprise s'occupera de fabriquer, assembler et commercialiser la soudeuse Canadarc.Volet gestion d'entreprise Les ventes augmentent sans cesse.Le petit garage du coin se métamorphose et Gamotech a besoin d'un nouveau coup de main : celui de Laurier Landry, conseiller du RCT au bureau de Développement économique Canada (DÉC) pour la région du Saguenay-Lac-St-Jean.Laurier guide M.Gagnon à travers les embûches de la mise sur pied et de l'organisation matérielle et financière de l'entreprise.Il comprend que Gamotech doit maintenant se doter d'une solide stratégie de marketing pour s'accaparer des meilleurs marchés possibles, dont celui des États-Unis.Le programme IDÉE-PME de DÉC les aide à défrayer une partie des coûts des études de marketing qui permettront à l'entreprise de se positionner solidement.Volet commercialisation Bernard invite ensuite Francine Masson à se joindre à l'équipe d'experts.Conseillère du RCT au Centre de promotion du logiciel québécois (CPLQ), cette spécialiste en marketing apportera une aide inestimable à l'entreprise.Comme les deux autres conseillers, Francine ne ménagera pas ses efforts.Elle aidera l'entreprise à créer son plan de mise en marché et son dépliant promotionnel sur la soudeuse.Elle rencontrera aussi le vendeur autonome embauché pour faire connaître le produit, le conseillant sur la manière la plus appropriée de faire percer la Canadarc sur les nouveaux marchés.Francine mettra finalement l'entreprise en lien avec différentes associations qui l'amèneront sur la voie du partenariat d'affaires.« De toute évidence, le succès du projet n'aurait pas été possible sans l’aide des spécialistes du RCT.La combinaison de l'aide de ces intervenants a largement contribué au succès de l'entreprise, affirme Pascal Gagnon, vice-président chez Gamotech.Nous avons pu lancer le produit sur les marchés canadien, américain, chilien et péruvien, c'est toute une réussite.» M Programme d'aide à la Industrial Research recherche industrielle Assistance Program 1*1 Développement économique Canada Canada Economie Development c* PROMO TION QUÉBÉCOIS CPLO CMC NK M de recherches Canada Council Canada Canada DÉCQUVRjf EH~ PHOTO : COLLECTION DES PÈRES EUDISTES, ARCHIVES PROVINCIALES DU NOUVEAU-BRUNSWIG K.0 i- U"> 1 Québécois et Acadiens face à face Manifestation religieuse à Shippagan au nord-est du Nouveau-Brunswick, plus précisément dans la péninsule acadienne, vers 1907.12 Les relations entre Québécois et Acadiens se portent bien.Mais ça n'a pas toujours été le cas.Il fut un temps où ces relations manquaient carrément de chaleur, en dépit du fait que les rapports avec le Québec pouvaient, pour les Acadiens, faire la différence entre la survie et la disparition.Aux yeux des Acadiens, il importait d'abord et avant tout de se différencier des autres groupes canadiens-fran-çais, et en particulier québécois.Plusieurs études ont déjà abordé des volets particuliers des relations Québec-Acadie.Mais un ouvrage, paru plus tôt cette année et intitulé Les relations entre le Québec et l'Acadie — de la tradition à la modernité marque une première, en analysant ces relations sous l'angle aussi bien culturel et politique que sportif, religieux.sans oublier le nationalisme.Réalisé par Gérard Beau-lieu, professeur au Département d'histoire et géographie de l'Université de Moncton, et Fernand Harvey, professeur titulaire de la chaire Fernand-Dumont sur la culture de l'INRS - Culture et Société (Université du Québec), le projet, amorcé en 1996, est le résultat d'un travail d'équipe entre chercheurs acadiens et québécois.La première partie de l'étude a pour point de départ le congrès convoqué par la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, en 1880, et auquel participaient une centaine d'Aca-diens.C'est après cet événement que fut organisée la convention nationale de Mem-ramcook de 1881, considérée comme le coup d'envoi de la « renaissance acadienne ».Il faudra ensuite attendre trois quarts de siècle pour voir les liens se resserrer.À partir des années i960, le Québec et l'Acadie, marqués par des changements socioculturels et politiques, et par des revendications et des causes souvent similaires — par exemple, les débats sur la langue populaire, soit le jouai au Québec et le chiac en Acadie — ont contribué aux rapprochements.Selon Fernand Harvey, les relations entre ces deux territoires-souches de la francophonie canadienne «arrivent à un nouveau degré de maturité, un respect mutuel est en train de s'affirmer».Il espère que l'ouvrage, paru conjointement aux éditions de l'IQRC et d'Acadie, fera prendre conscience que cette longue histoire, qu'elle soit commune ou en parallèle, est une richesse.«On dit souvent que le Québec ne s'intéresse qu'au Québec, ajoute-t-il.Ce livre est la preuve du contraire.» LIETTE PITRE Agence Science-Presse EH DECOUVRIT Des otites causées par la pollution La pollution marine expliquerait le taux anormalement élevé d'otites chez les enfants inuits du Nunavik.Selon une équipe de l'Unité de recherche en santé publique du CHUL, le risque qu'un enfant souffre d'inflammation de l'oreille pendant l'année suivant sa naissance augmente de 50 p.100 lorsque sa mère est fortement contaminée par les polluants organochlorés.« Nous avions déjà observé un taux d'exposition à ces polluants plus élevé chez les populations du Nord québécois, dû à une alimentation riche en graisses animales, explique Éric Dewailly, du groupe de recherche.Les mammifères marins (phoques, bélugas), qui constituent une bonne part de l'alimentation des Inuits, contiennent d'énormes quantités d'organochlorés accumulés dans leurs graisses.» L'otite est la maladie infectieuse la plus fréquente chez les enfants inuits, avec une in- cidence d'environ 80 p.100 durant la première année de vie.« L'une des hypothèses retenues est le transfert mère-enfant des organochlorés au cours de la grossesse.Les enfants seraient plus vulnérables aux contaminants pendant cette période », ajoute le Dr Dewailly.Les polluants organochlorés — par exemple, les SPC et plusieurs pesticides — ont déjà été trouvés coupables d'affaiblir le système immunitaire.Les personnes qui y sont exposées peuvent devenir plus sensibles aux infections de toutes sortes.Les chercheurs de l'Unité de recherche en santé publique recommandent par conséquent une alimentation davantage composée d'aliments traditionnels tels que Comble chevalier, un poisson de la famille des saumons, riche en éléments nutritifs et faible en polluants.ANOUK GINGRAS Un béluga échoué sur les rives du Saint-Laurent.SCIENCE Absorbés par leurs travaux de recherche, les chercheurs passionnés oublient parfois de protéger leurs découvertes, ou alors ils y pensent trop tard.Sachez que vous n’aurez peut-être qu’une seule chance de faire breveter une invention.Ne la laissez pas passer.Smart & Biggar et son cabinet affilié Fetherstonhaugh & Cie réunissent la plus importante équipe de professionnels au Canada dont la pratique est consacrée exclusivement aux domaines de la propriété intellectuelle et de la technologie.Nos services bilingues, offerts à nos bureaux situés à Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver, proposent l’excellence à un prix abordable en matière de protection par brevet non seulement au Canada, mais également aux États-Unis et dans le monde entier.En fait, nos bureaux déposent et obtiennent plus de brevets que tout autre cabinet au Canada.Smart & Biggar et Fetherstonhaugh & Cie comptent à leur actif plus de 80 avocats, agents de brevet, agents de marque de commerce et conseillers techniques qui, grâce à leur formation et à leur expérience, évoluent avec aisance dans toutes les sphères d’activités techniques.Le haut niveau d’expertise de nos professionnels nous permet d’être sans cesse à l’avant-garde des changements et des innovations en matière de protection des inventions et des idées nouvelles.Nous excellons dans toutes les facettes de la propriété intellectuelle et du litige y afférent.Aussi, avant d’annoncer votre dernière découverte, donnez-nous donc un coup de fil.Nous sommes là pour vous aider à protéger ce qui vous appartient de plein droit.Pour plus d’information, contactez l’un ou l’autre de nos quatre bureaux.Smart & Biggar Avocats - Agents de brevets et de marques de commerce 1000, rue de la Gauchetière ouest, bureau 3400, Montréal, Québec H3B 4W5* Téléphone : (514) 954-1500 Télécopieur : (514) 954-1396 OTTAWA TORONTO MONTREAL *En partenariat avec Fetherstonhaugh & Cie VANCOUVER 13 découvrit EH~ EDUCATION Une maternelle décevante s L'implantation du programme de maternelle à plein temps n'a pas eu de retombées significatives sur la performance des enfants des milieux défavorisés.Tel est le constat choc qu'ont fait des chercheurs1 du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant (GRIP).Après plus de dix ans de programmes ciblés dans les quartiers défavorisés et au moment où le gouvernement propose à tous les petits Québécois la maternelle à 5 ans à plein temps, ces résultats sont une véritable douche froide.Richard E.Tremblay de l'Université de Montréal, qui a dirigé les recherches, n'est cependant pas étonné : « Seuls ceux qui attendaient un miracle seront surpris.Toutes les études menées depuis 20 ans, ici comme ailleurs, concluent dans le même sens.» Au-delà de ce constat général, les recherches du GRIP confirment, selon lui, que « les caractéristiques familiales sont les déterminants les plus importants de la réussite.Des études réalisées ailleurs pointent plus particulièrement la scolarité de la mère.Ainsi, les enfants dont la mère n'a pas terminé sa 5e secondaire seraient les plus à risque ».L'âge et le sexe sont aussi en cause dans la réussite scolaire : « Plus les enfants sont jeunes, précise Richard E.Tremblay, plus ils sont susceptibles d'obtenir des résultats faibles, et les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons.» Et l'école là-dedans?Ses caractéristiques ont-elles une influence sur le rendement des élèves?Certaines oui, comme la taille de l'école, les attentes et le sentiment d'efficacité professionnelle des enseignants.D'autres non, comme l'expérience de l'enseignant, sa perception du climat scolaire ou son degré de satisfaction à l'égard des ressources ou des politiques relatives à la discipline.Vu le peu d'influence des facteurs associés à l'école sur la réussite des élèves, doit-on abolir les programmes préscolaires?« Il faut plutôt chercher à faire mieux en y consacrant < plus de ressources, conseille £ le chercheur.Il faut notam- | ment abaisser le ratio enfant- I adulte.Actuellement, nous vi- R O sons un ratio de 1 adulte pan8 ï enfants.C'est très loin du ratio de 1 pour 8 du programme américain jugé le plus efficace.Il faut également revoir la formation du personnel de même que les approches pédagogiques et les contenus des programmes.Les enfants de milieux défavorisés arrivent en pré-maternelle ou en maternelle avec des habiletés en lecture et en écriture moindres que celles des enfants des milieux plus favorisés.Les programmes préscolaires doivent combler ce déficit si on veut que ces enfants aient les outils pour apprendre.» Richard E.Tremblay souhaite aussi que le ministère de l'Éducation se donne de réels moyens d'évaluation.« Dès l'entrée à l'école, il doit mesurer les habiletés de base et déceler les problèmes de comportement de chaque enfant.Il faut aussi recueillir des données détaillées sur sa famille.Ces données sont essentielles pour définir les besoins particuliers des enfants, apprécier les gains accomplis au fil des années et, en bout de ligne, évaluer la performance des écoles et des enseignants.» 1.TREMBLAY, Richard E., Université de Montréal, LAPOINTE, Pierre, Commission scolaire de Montréal, HÉBERT, Martine, Université du Québec à Montréal, BOULERICE, Bernard, GIRARD, Alain, PAGAN IE, Linda, VITARO, Frank, Université de Montréal.Découvrir remercie le Conseil québécois de la recherche sociale pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.14 EH DtcuuvRÎr -sas-.SCIENCE Prolonger la vie L'inhalation régulière de faibles doses de corticostéroïdes réduit de moitié les risques de décès causés par l'asthme.C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'Université McGill auprès de plus de 30 000 asthmatiques et publiée en août dernier dans le New England Journal of Medicine.On connaissait depuis plusieurs années l'efficacité des corticostéroïdes pour le traitement à long terme de l'asthme.« Les corticostéroïdes sont la première recommandation pour traiter l'asthme depuis déjà cinq ou six ans », rappelle Suzanne Duro-cher, infirmière au Département de pneumologie de thmatiques l'Hôpital Sainte-Justine.Cependant, personne n'avait encore déterminé si l'usage de ce médicament pouvait prévenir la mort chez les asthmatiques.L'épidémiologiste Samy Suissa et quatre autres chercheurs se sont intéressés à cette question.L'équipe a étudié les dossiers de la Saskatchewan Health, l'équivalent de la Régie de l'assurance-maladie du Québec.Des 30 000 cas à l'étude, couvrant la période 1975-1997, 2 700 ont été analysés en profondeur.Les patients étaient âgés de 5 à 44 ans.Au terme de leur étude, les chercheurs ont conclu que l'inhalation régulière de corti- costéroïdes réduisait bel et bien les risques de mortalité, et ce, avec de faibles doses du médicament, insuffisantes, selon Samy Suissa, pour causer les effets secondaires néfastes associés à ces médicaments.Les effets bénéfiques se font sentir avec l'usage d'un minimum de six pompes (aérosols-doseurs) par année, c'est-à-dire un usage quotidien.Et chaque pompe additionnelle diminuerait les risques de mortalité de 21 p.100.De plus, l'interruption du traitement aux corticostéroïdes quintuplerait les risques de décès.LIETTE PITRE Agence Science-Presse Concours du Mwmûtre y de /' ^ducafocwi pour 2000-2001 au premier cycle de l'enseignement universitaire Le concours des Prix du ministre de l'Education est un concours annuel dont l'objet est d'encourager la création de matériel didactique rédigé en français et destiné aux étudiantes et aux étudiants du premier cycle de l'enseignement universitaire.Sont admissibles au concours les membres du personnel enseignant du réseau universitaire québécois qui ont conçu individuellement ou collectivement un ouvrage pédagogique dans l'une des catégories suivantes : • volume; • note de cours et matériel complémentaire; • multimédia; • rapport de recherche pédagogique; • cours de la formation à distance.La date limite pour la réception des dossiers a été fixée au 26 janvier 2001.Pour tout renseignement, s'adresser à : M.Pierre Martin au numéro (418) 646-4787 ou consulter le site Internet du ministère de l'Éducation, à l'adresse suivante http://www.meq.gouv.qc.ca/prix-min Québec ° » Ministère de l'Éducation 15 DÉcuuvRjr EH EDUCATION SCIENCE Alterner travail et études 16 m ^ Pour certains étudiants, le passage de l'école au marché du travail est une expérience éprouvante.Du jour au lendemain, ils se retrouvent avec un lot de responsabilités et de contraintes.D'autres, moins chanceux, restent sans emploi pendant des mois.Sans expérience et sans contacts, ils ignorent tout des rouages du milieu.Pour pallier cette difficulté, plusieurs écoles, collèges et universités offrent maintenant des programmes d'alternance travail-études.Cette formule, de plus en plus répandue au Québec, est perçue par plusieurs comme une véritable panacée.Elle permet aux entreprises d'évaluer les aptitudes des étudiants et de repêcher de futurs employés.Et elle offre aux étudiants une chance de prendre de l'expérience et, éventuellement, de se dénicher un emploi.Mais, malgré les apparences, les programmes travail-études ne sont pas parfaits.« Les relations entre les écoles et les entreprises sont parfois difficiles », explique Carol Landry, professeur au Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Rimouski et spécialiste des relations entre le monde de l'éducation et le marché du travail.Grâce à une subvention « Nouveaux chercheurs » du FCAR, le professeur Landry a étudié les relations écoles-entreprises, relevé les principales difficultés des intervenants et dégagé quelques pistes de solutions.La première difficulté est d'ordre organisationnel : les rôles et responsabilités des divers intervenants sont souvent mal définis.« Les écoles et les entreprises doivent mettre en place des modes de communication explicites, recommande le professeur Landry.Il faut d'abord quelles nomment une personne responsable des stages au sein de leur organisation.Elles doivent ensuite se doter de documentation et de procédures claires.» Les structures mises en place doivent également être souples : « Toutes les entreprises n'ont pas les mêmes attentes et chaque étudiant est différent.Pour cette raison, les répondants doivent faire preuve de souplesse, de part et d'autre.» La deuxième difficulté est liée à l'incompatibilité entre les intérêts commerciaux des entreprises et les objectifs pédagogiques du milieu scolaire.« Les entreprises veulent avoir le meilleur étudiant.De plus, elles veulent qu'il soit performant dès son embauche.Puisque les entreprises sont si sélectives, les écoles ont parfois de la difficulté à placer des étudiants.» On constate par ailleurs que le nombre de stages offerts est directement lié à la santé de l'économie.Lorsqu'une entreprise connaît une bonne année financière, elle accueille les stagiaires à bras ouverts.Toutefois, quand les affaires vont moins rondement, elles ferment leurs portes aux étudiants.« Pour cette raison, les écoles doivent renégocier chaque année leurs ententes avec les entreprises d'accueil.Ce processus requiert énormément de temps et d'énergie.» Selon le professeur Landry, il est clair que les établissements d'enseignement et la plupart des entreprises québécoises n'ont pas les ressources nécessaires pour soutenir tous les programmes travail-études.« La formule est très avantageuse, particulièrement pour les étudiants.Toutefois, pour être efficace, ce type de programme devra être davantage appuyé par l'État.On ne peut pas se fier uniquement à la bonne volonté des enseignants et à la philanthropie des entreprises.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds FCAR pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.EH DfcCUUVRlr forme aujourd’hui les leaders de demain! L'Université d'Ottawa est une université à forte vocation de recherche et d'enseignement.Pour répondre aux besoins de la société dans le nouveau millénaire, elle a identifié quatre grands axes de développement.CANADA SANTÉ MOLÉCULAIRES Vf» «w.• •• TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION BOURSES DES AXES DE DÉVELOPPEMENT Des bourses pour les étudiants de 2e et 3e cycles et les chercheurs postdoctoraux sont disponibles pour ceux et celles qui désirent poursuivre leur carrière dans les domaines connexes aux axes de développement.Pour savoir si vous êtes admissible à l'une de ces prestigieuses bourses, visitez notre site Web : http://www.uottawa.ca/academic/ grad-etudesup/af/dad.htm êm.Université d’Ottawa 1§§P University of Ottawa it wci .scr- Une cornée artificielle Faisant à la fois rêver les chercheurs et frémir les bioéthi-ciens, la création d'organes in vitro ne laisse personne indifférent.Il faut dire que le sujet n'est pas banal : d'ici quelques années, les chercheurs espèrent fabriquer en laboratoire des pièces de rechange pour le corps humain.La science-fiction, semble-t-il, est à nos portes.Afin d'apaiser leurs détracteurs, les équipes de recherche assurent qu'il y a loin de la coupe aux lèvres et que plusieurs années de travail sont encore nécessaires avant d'arriver à des résultats concrets.Pourtant, la professeure May Griffith, du Département d’ophtalmologie de l'Université d'Ottawa, a déjà franchi un pas important dans la course à la reproduction de tissus humains.Avec son équipe, elle a réussi à générer en laboratoire une cornée humaine fonctionnelle.La cornée est la fenêtre transparente qui protège l'œil contre les agents extérieurs.Chez certaines personnes, cette partie antérieure du globe oculaire est atteinte d'une maladie ou d'une lésion.Parfois, une greffe est nécessaire.Or, il est de plus en plus difficile de trouver des cornées propres à la transplantation.D'où l'intérêt des recherches de la professeure Griffith.De prime abord, la technique qu'elle a mise au point semble assez simple.« La première étape consiste à prélever des cellules sur chacune des trois couches qui composent la cornée, soit l'épithé- lium (la couche supérieure), le stroma (la couche intermédiaire) et l'endothélium (la couche intérieure).Par la suite, on cultive les cellules dans un milieu nutritif pour permettre leur division et donc leur reproduction.» Afin que les cellules prennent la forme désirée, on utilise une matrice à base de collagène.« Les cellules adhèrent à cette charpente biologique, elles se multiplient et forment peu à peu la cornée.» Puisque la matrice est biodégradable, les cellules la métabolisent tranquillement.Au terme du processus, on se retrouve avec une cornée entière et parfaitement fonctionnelle.« La cornée artificielle que nous avons développée regroupe presque toutes les propriétés d'une cornée normale, soutient la chercheuse.Elle a la même transparence, la même morphologie.» Il reste cependant quelques obstacles à franchir avant de penser aux transplantations chez l'humain.«Notre cornée n'est pas encore assez rigide.Nous devons améliorer ses propriétés mécaniques.» À cette fin, la professeure Griffith travaille avec une équipe du Conseil national de recherche du Canada, spécialisée dans le domaine des polymères.À plus court terme, d'autres applications peuvent être envisagées pour les travaux de Mme Griffith.En effet, les cornées artificielles pourraient nous éviter d'avoir recours aux yeux de lapins vivants pour tester la toxicité des produits chimiques.« La procédure actuelle consiste à emprisonner la tête du lapin dans un carcan.À l'aide de pinces, on maintient l'œil de l'animal ouvert et on y injecte des gouttes de produits chimiques.On observe ensuite la gravité des lésions oculaires.» Avant qu'une nouvelle procédure de test ne soit approuvée, plusieurs compagnies devront accepter de mettre la cornée de Mme Griffith à l'épreuve; déjà, des travaux avec la société Proctor and Gamble sont en cours.Si tout se passe bien, elle espère obtenir l'aval de l'Agence américaine des aliments et des médicaments.« On pourrait enfin cesser une forme d'expérimentation animale qui est de moins en moins défendable dans notre société.» DOMINIQUE FORGET 18 DECOUVRir SCIENCE Adolescente et enceinte Quelle image se font les jeunes de la grossesse à l'adolescence?Et cette image, correspond-elle à celle des personnes qui interviennent auprès d'eux?En répondant à ces questions, trois chercheuses de Québec ouvrent de nouvelles pistes en matière de prévention des grossesses non planifiées.Francine Dufort, Édith Guil-bert et Louise Saint-Laurent1 ont interrogé des jeunes et elles ne se sont pas limitées à des adolescentes qui étaient ou avaient déjà été enceintes.Elles les ont recrutés dans les milieux les plus divers — écoles, maisons de jeunes ou organismes communautaires — de la région de Québec, qui affiche un taux de grossesses élevé par rapport à l’ensemble du Québec : « Nous avons constaté que les garçons se sentent concernés et qu'ils ont beaucoup à dire », précise Francine Dufort.L'image de la «grossesse-problème» domine, autant chez les intervenants que chez les jeunes.C’est la grossesse qui vient brimer l'évolution individuelle, quoique certains envisagent toutefois la grossesse comme un projet lorsque les conditions sont favorables pour la mener à terme.Les chercheuses ont décelé deux autres types de représentations : la «grossesse-tension », associée à un dé- u chirement entre le désir S > d'avoir un enfant et le respect ^ des normes sociales, et la £ «grossesse-pouvoir» en réfé- ^ rence au pouvoir d'adaptation ° et d'innovation de certains jeunes qui arrivent à s'en accommoder.« Alors que pour les jeunes, la grossesse à l'adolescence est d'abord un accident, constate Francine Dufort, certains intervenants y voient plutôt une intention plus ou moins avouée.Les jeunes sont loin d'être des êtres irresponsables, irréfléchis, animés d'une pensée magique, comme le pensent trop d'intervenants.Ces généralisations, qui glissent facilement vers le blâme, nuisent à la recherche de stratégies d'intervention et de prévention appropriées et novatrices.» En fait, le discours des jeunes révèle leur sens de l'éthique.Ils n'ont pas besoin qu'on leur fasse la morale, ils ont plutôt besoin d'outils pour exercer leur sens des responsabilités.C'est le rôle des programmes de prévention de leur donner la parole et de trouver des solutions avec eux : « Il importe de privilégier une approche positive et glo- bale visant la pratique d'une sexualité saine et responsable, insiste Francine Dufort, une approche qui intègre les relations gars-filles, les transformations corporelles à l'adolescence, la prévention des MTS.» Les parents occupent une large place dans le discours des jeunes et les programmes de prévention doivent trouver les moyens de les associer à la réflexion.Leur point de vue est encore mal connu et fera l'objet d'une prochaine recherche.Les garçons, ces autres oubliés, ont eux aussi des préoccupations et des désirs qui mériteraient d'être davantage considérés.La prévention passe enfin par la promotion de la double protection et par une meilleure accessibilité à la contraception : « Il y a deux raisons de se protéger, note Francine Dufort, les risques de grossesse et les MTS.Mais les pilules et les condoms ne sont pas aussi accessibles ni répandus que l'on croit, par manque d'argent ou en raison de valeurs culturelles véhiculées par les parents et les pairs, ou encore, par crainte de nuire à la relation.» JEANNE MORAZAIN i.DUFORT, Francine, Ph.D., École de psychologie de l'Université Laval, GUILBERT, Édith, M.D., M.Sc., Direction de la santé publique de Québec, SAINT-LAURENT, Louise, Ph.D., Département de sociologie de l'Université Laval, en collaboration avec la Direction de la santé publique de Québec.Découvrir remercie le Conseil québécois de la recherche sociale pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Jeune adolescente enceinte.-.V 1 ¦¦ .A* ' mm ¦- '% ¦ *’( 19 DÉCOUVRir PSYCHOLOG I E ‘Si PHOTO : CLAUDE MICHAUD René Vézina Pour avoir raison des bactéries, pourquoi ne PAS LEUR INJECTER UN VIRUS, PLUS PRÉCISÉMENT UN phage?Michael DuBow, né aux États-Unis mais aujourd'hui passionnément Québécois, poursuit À CE SUJET LES RECHERCHES ENTREPRISES IL Y A on découvre sans cesse de nouveaux usages, cent ans après que Félix d'Hérelle eut découvert leur existence.Ce dernier, un aventurier de la science, a surtout fait carrière en Europe mais il avait vu le jour ici (voir Interface, vol.21, n° 3).Michael DuBow, lui, a choisi le parcours inverse.New Yorkais jusqu'au fond de l'âme, né à Brooklyn en 1950 de lointaine filiation russe, M.DuBow a débarqué au Québec en 1980 pour enseigner la microbiologie à l'Université McGill.Le référendum de mai venait tout juste d'avoir lieu et les esprits étaient encore échauffés.Loin d'être effarouché, le nouvel arrivant a choisi de s'intégrer au milieu francophone.Il a d'abord habité le quartier Rosemont et ses deux filles fréquentent toujours l'école française.« Vous voyez en moi l'inverse de cet exode des cerveaux dont on parle tant, dit-il.J'adore la ville, même s'il va falloir être patient avant que les Canadiens de Montréal ne remportent une autre coupe Stanley! » Michael DuBow aime le hockey.Il aime également les motocyclettes — il conduit toujours une Harley Davidson — et aime tout autant le saxophone, dont il jouait plus régulièrement à l'époque où il avait davantage de temps pour le jazz.Ces côtés non orthodoxes rappellent Félix Hubert d'Hérelle, personnage mythique à mi-chemin entre Louis Pasteur et UN SIECLE PAR UN SCIENTIFIQUE D ORIGINE MONTRÉALAISE, Félix Hubert d'Hérelle.DuBow Hérelle Pas besoin d'expliquer longtemps à Michael DuBow ce que représente la revue Interface (devenue Découvrir).« Je suis membre de l'Acfas depuis les année 80 », déclare fièrement celui qui dirigeait encore, il n'y a pas si longtemps, le Département de microbiologie et d'immunologie de l'Université McGill.Il a aujourd'hui passé le relais mais continue d'être à l'avant-garde de la recherche sur les phages, ces « bons » virus auxquels Indiana Jones.Les similitudes sont nombreuses.D'Hérelle était attiré par le socialisme, tout comme Michael DuBow.Bien avant que l'expression ne soit popularisée, le premier faisait, à Paris, figure de chercheur-entrepreneur; avec deux autres collègues, le professeur de l'Université McGill a mis pour sa part sur pied Phage Tfech, une firme de biotechnologie appuyée notamment par le Fonds de solidarité FTQ.C'est là que réside le mot clé : phage.Et le po- 21 1 DÉcouvRir'EH' FACE À FACE tentiel qu'on lui attribuait, au début du siècle, se révèle aujourd'hui encore plus vaste, avec des applications encore plus nombreuses.Les phages sont essentiellement des virus qui viennent parasiter des bactéries.Ils ne s'activent qu'au contact de bactéries spécifiques, au sein desquelles ils injectent des gènes qui forcent l'hôte à produire à répétition des copies du phage.Il arrive aussi que les phages soient dits « tempérés » et coexistent en symbiose à l'intérieur de la bactérie.Mais si le phage est actif, la bactérie finit par s'autodétruire, et l'armée de phages nouvellement créés se met en quête de nouvelles bactéries à envahir.Une réaction en chaîne bien dirigée représente une parade idéale contre les maladies infectieuses.Voilà pourquoi on a longtemps fait d'abord valoir les vertus thérapeutiques de ces microorganismes.L'apparition d'antibiotiques à action générique allait ensuite les rejeter dans l'ombre.sauf que ces médicaments miracles montrent aujourd'hui des signes de faiblesse.Certaines maladies, comme la tuberculose, effectuent un retour en force.Les phages, ou bactériophages, sont de nouveau appelés en renfort.Mais ce n'est là qu'un des éléments du travail de chercheurs comme Michael DuBow.York, à Long Island, pour faire son postdoctorat au Cold Spring Harbor Laboratory.À ce moment-là, ce centre de recherches ne comptait que quelques dizaines de scientifiques.Parmi eux, comme directeur du laboratoire, on retrouvait un certain James Watson.comme dans Watson, Crick et Wilkins, conjointement Prix Nobel de médecine en 1962 pour leur fameuse découverte de la structure en double hélice de la molécule d'ADN.Watson s'est lui-même intéressé aux phages, puisque leur action à l'intérieur de la cellule hôte est essentiellement de nature génétique.Comment ces gènes s'expriment-ils ?Quels sont les déclencheurs?C'est après avoir travaillé sur ces questions dans un environnement de haut niveau — trois autres Prix Nobel ont séjourné à Cold Spring Harbor — que Michael DuBow a répondu à l'invitation de joindre les rangs de McGill, qui désirait étoffer son savoir-faire en biologie moléculaire.« J'ai toujours été attiré par l'enseigne- Virus bactériophage sur la surface d'une bactérie.« Un monde fascinans La compagnie des Nobel « Un monde fascinant s'est ouvert devant moi lorsque j'ai compris que l'étude de la biologie des bactéries, c'était, au fond, l'étude de la vie », dit-il.Dès la fin de son cours secondaire, il était décidé à devenir microbiologiste.Ses études de doctorat se sont déroulées à l'Université d'Indiana sous la direction du Dr Thomas Blumenthal, au début des années 70.Son sujet de recherche?Une bactérie qui a fait beaucoup parler d'elle cet été avec la contamination des systèmes d'aqueduc : E.coli.À l'époque, Michael DuBow s'intéressait d'abord à l'interaction entre le phage et la bactérie pour comprendre comment la première forçait l'autre à reproduire son ARN.La recherche, fondamentale, ne débouchait pas encore sur d'autres plans, médical ou même environnemental fondamental.Ce n'était que partie remise.Car Michael DuBow allait faire éclater le cadre de ses travaux.En 1980, il revient près de New Illustration schématique d'un virus.que l'étude dda ment.Ma mère était enseignante à l'école primaire.Mon frère est professeur en sciences des matériaux à l'Université de Utah.C'est l'univers que je préfère entre tous.Pouvoir faire en même temps de la recherche me transporte au septième ciel.» Michael DuBow n'a pas mis longtemps pour s'affirmer dans sa terre d'adoption.Il a reçu deux fois le prix d'excellence du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), en 1987 puis en 1995.En 1994, son université lui remettait le prix Leo-Yaffe pour la qualité de son enseignement à la Faculté a DECOUVRir PHOTO : CLAUDE MICHAUD FACE À FACE Michael DuBow au guidon de sa Harley-Davidson.n s'est ouvert devant moi lorsque j'ai compris lia biologie des bactéries, c'était, au fond, l'étude de la vie.» des sciences.Pendant tout ce temps, il s'ingéniait à trouver de nouvelles applications pour ses bactéries et ses phages.Et c'est ainsi qu'il mit au point un biosenseur capable de traquer les contaminants dans l'environnement.Que la lumière soit! Le modèle est simple : il s'inspire des lucioles.C'est une enzyme, la luciférase, qui rend luminescentes les mouches à feu.Après avoir isolé le gène responsable de la production de luciférase, l'équipe du Dr DuBow en injecte dans des bactéries E.coli.À ce moment, le gène est toujours dormant.Mais il s'éveille en présence de certains métaux, comme l'aluminium ou l'arsenic.« Pour vérifier si un milieu est pollué, il suffit, par exemple, de glisser des bactéries traitées dans une solution liquide tirée de ce milieu, dit Michael DuBow.La réponse vient dès qu'on peut percevoir de la lumière.Il suffit de compter les photons.C'est comme circuler en avion, la nuit, et voir s'allumer les lumières d'une ville! » Le gène de la luciférase peut également être transporté par un phage tempéré et mis en contact avec une solution soupçonnée de contenir des bactéries.Le phage se met immédiatement en quête de la bactérie qui lui est spécifique.S'il la trouve, le gène s'exprime et déclenche la production de luciférase, preuve de la contamination.Les applications sont nombreuses.« Il devient alors possible de déterminer si des plantes ou des animaux ont été infectés.» Michael DuBow a ainsi été appelé à collaborer avec l'Université de Nantes, par exemple.Il a également séjourné récemment à l'Université de Metz, à celle de Paris XI et à celle de Copenhague, tout en préparant un important rassemblement international de scientifiques dédiés à l'étude des phages qui s'est tenu à Montréal en juin dernier.Et il déborde de projets pour ses microorganismes.« Le champ d'études est illimité.Le potentiel d'applications l'est tout autant.Vous pouvez vous en servir aussi bien en médecine que pour faciliter la production de la neige artificielle.Il s'agit de mettre le monde de l'inhniment petit à notre portée.» Avec un peu de chance, il finira bien par trouver une méthode pour rendre moins toxiques les gaz d'échappement des motos! ?DÉCQUVRlf P K*.l:V V ETi ls mxsrnsfëxmm C’est parleurs recherches et leurs decouvertes qu’ils marquent l’histoire PRINCIPAUX DOMAINES D'ÉTUDES i ET DE RECHERCHE Administration Agriculture Aménagement Anthropologie Archéologie Architecture Arts Communication Consommation Droit Économique Éducation Études anciennes Foresterie Génie Géographie Géomatique fl Flistoire ; Kinésiologie Langues et littératures Musique Nutrition Océanographie Pharmacie Philosophie Psychologie Relations industrielles Relations internationales I Santé communautaire Science politique Sciences animales Sciences de l’orientation Sciences dentaires Sciences des religions Sciences infirmières Sciences médicales Sciences pures et appliquées Service social Sociologie Terminologie et traduction Théologie Bureau d'information et de promotion 2435 Pavillon Bonenfant Université Laval Québec (Québec) Canada G1K7P4 Tél.(418) 656-2764 ï; Sans frais 1 877 7ulaval poste 2764 [ Courriel info@vrd.ulaval.ca 15155 ILLUSTRATION : MICHEL LAROSE al âdi ès~> n Le cancer, les maladies cardiovasculaires, la maladie d'Alzheimer, l'arthrite, le diabète, le sida, la schizophrénie, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la grippe.Dix maladies qui touchent des millions de Canadiennes et de Canadiens, qui occasionnent des frais faramineux, et dont nous avons choisi de parler dans ce dossier consacré à la recherche en santé.Pour lutter contre ces fléaux, il n'y a pas de remèdes miracles, mais plutôt le travail, quelquefois très médiatique mais le plus souvent dans l'ombre, de centaines de scientifiques qui, pas à pas, découvrent des pistes de solutions pour mieux prévenir, soulager ou guérir.Voici un portrait de quelques-unes de leurs plus récentes avancées.25 I DÉcouvRir EH RECHERCHE Maladie d'Alzheimer Peut-on sauver les neurone Une nouvelle molécule, nommée al-zhemed, pourrait bien prévenir ou même arrêter la progression de la maladie d'Alzheimer.Elle empêcherait la formation des fibres emprisonnant peu à peu des neurones, qu'elles finissent par détruire dans le cerveau de personnes atteintes.Alzhemed pourrait ainsi faire plus que simplement amoindrir les symptômes comme le font les médicaments actuels.Les fibres indésirables sont faites d'une protéine, la bêta-amyloïde.On ignore encore pourquoi cette substance, que l'on retrouve normalement sous forme liquide, se met à former des filaments solides, engendrant ainsi la plus commune des formes de démence, l'Alzheimer, qui touche quatre millions de personnes en Amérique du Nord.On ignore aussi pourquoi d'autres types d'amyloïdes forment également des fibres, cette fois dans le pancréas de diabétiques ou dans le foie de certaines personnes atteintes d'arthrite rhumatoïde.Au début des années 90, trois chercheurs de l'Université Queen's de Kingston, Robert Kisilevsky, Walter Szarek et Donald Weaver, s'intéressaient à une autre protéine, le pro-téoglycan.Lors d'essais in vitro, ils se sont aperçus que lorsque cette protéine était présente, la vitesse de croissance de certaines fibres était multipliée par dix.Ils ont vite supposé qu'elle jouait un rôle clé dans la formation des fibres destructrices.En 1993, un transfert de technologie aboutit à la formation de la compagnie Neurochem, installée depuis 1996 dans le technoparc Saint-Laurent en banlieue de Montréal.26 EH DkcouvRir « À partir des travaux initiaux, nous avons mis au point un composé, l'alzhemed, qui s'introduit entre le protéoglycan et l'amyloïde, empêchant ainsi cette dernière de former des filaments », explique Lran-cine Gervais, vice-présidente scien- Diagramme de monomères tifique de Neurochem.Les essais in vitro ont d'abord montré que l'alzhemed inhibait effectivement la formation des fibres d'amyloïde et qu'il les empêchait de devenir neurotoxiques.« Puis, avec des souris transgéniques dont le cer- 4 Au cours du processus de formation de fibrilles amyloïdes, les protofilaments de protéine AU solubles (au départ, des monomères) qui sont présents dans le système nerveux central s'associent à d'autres protofilaments pour former de petits agrégats.Ces protofilaments s'allongent pour former des fibrilles. RECHERCHE intacts?veau renfermait de la bêta-amyloïde humaine, nous avons observé que l'inflammation habituellement produite par les fibres au niveau de certaines cellules du cerveau était diminuée par l'alzhemed », précise Francine Gervais.En novembre 1999, Neuro-chem s'est alliée à la compagnie pharmaceutique danoise H.Lundbeck A/S, qui commercialisera la molécule si elle passe tous les stades des essais cliniques.« D'autres compagnies développent des produits qui bloquent la formation des protéines d'amyloïde elles-mêmes et ce, même pour celles qui ne forment aucune fibre.Mais cette approche me paraît plus incertaine : même si on ignore le rôle précis de ces protéines, on peut penser qu'il est important car ces molécules se retrouvent chez tous les animaux », ajoute Francine Gervais.Parallèlement à ces travaux, Neurochem étudie le cas de plusieurs substances susceptibles de bloquer la formation des fibres d'amyloïde dans d'autres organes.Quatre molécules sont actuellement testées pour le diabète de type 2.Et le Fibrillex, un composé destiné au Diagramme avec les GAG Le processus de formation des fibrilles subit l'influence des glycosaminoglycanes sulfatés (GAG), qui favorisent cette formation et l'interaction des fibrilles avec les cellules.Les molécules de Neurochem imitent les GAG et ciblent leurs sites de liaison.Ainsi, elles interfèrent avec l'assemblage des protofilaments et inhibent l'adhérence des fibrilles amyloïdes à la surface des cellules favorisées par les GAG.Cette interférence préviendrait la toxicité cellulaire des formes fibrillaires de la protéine d’amyloïde.Fibrilles amyloïdes telles que retrouvées dans le cerveau de patients atteints de la maladie d’Alzheimer.traitement de l'amyloïdose secondaire qui touche certaines personnes atteintes d'arthrite rhumatoïde, sera bientôt en phase finale d'essais cliniques.?Les grands défis de la recherche MIEUX COMPRENDRE LA GÉNÉTIQUE DE LA MALADIE.On sait depuis peu qu'une mutation du gène de l'apolipoprotéine E4 est un facteur de risque pour certaines formes de la maladie d'Alzheimer.D'autres études génétiques se poursuivent.METTRE AU POINT DES TECHNIQUES DE DIAGNOSTIC PRÉCOCE.Imagerie, tests plus précis, etc.Aucun outil ne permet aujourd'hui de diagnostiquer à coup sûr la maladie.DIMINUER LES SYMPTÔMES.EN ATTENDANT LE REMÈDE.Deux médicaments agissant sur les niveaux d’acéthylcholine dans le cerveau permettent déjà de diminuer les symptômes, et d'autres sont en développement.PRÉVENIR.Les chercheurs étudient l'efficacité d'autres substances, comme les anti-inflammatoires, les œstrogènes ou la vitamine E, que l'on soupçonne toutes de pouvoir prévenir ou retarder l'apparition de la maladie.RÉGÉNÉRER LES NEURONES?Plusieurs travaux en cours visent à mettre au point des substances capables de stimuler les facteurs de croissance des neurones en cause, ce qui pourrait permettre d’arrêter, voire de renverser le processus de démence.V______________I_____________________ n I DÉCOUVRjf EH RECHERCHE i Arthrite Quand Vos est comprendre comment, peu à peu, l'inflammation d'une articulation finit souvent par détruire la structure des os et provoquer ce que les spécialistes appellent la «résorption osseuse».« Depuis plus d'une di-zaine d'années, on peut cultiver in vitro certaines cellules osseuses humaines prélevées lors de chirurgies orthopédiques.En plaçant des cristaux d'acide urique en contact avec ces cellu-les, nous pouvons alors simuler ce qui se passe dans le cas de la goutte et observer la Radiographie standard d'une main atteinte d'arthrite goutteuse chronique avec destruction articulaire et osseuse majeure, et dé- Les personnes atteintes d'une première crise de goutte le savent bien : la violente douleur qu'elles ressentent dans le gros orteil, souvent au beau milieu de la nuit, a tout du cauchemar éveillé.Provoquée par une accumulation de cristaux d'urate dans une articulation, souvent celle du gros orteil, la goutte peut devenir chronique et toucher différentes parties du corps.Sa cause?Une trop grande production d'acide urique par l'organisme, ou un défaut dans le processus normal d'élimination par les reins.Avec l'arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde, la goutte fait partie de la centaine de formes d'arthrite existante, des maladies dans lesquelles un mécanisme d'inflammation s'attaque à une ou à plusieurs articulations.L'arthrite touche chaque année plus de quatre millions de Canadiennes et de Canadiens, mais dans la plupart des cas, on ne sait pas à quoi elle est due et on ne connaît pas encore très bien les mécanismes cellulaires et moléculaires qui l'engendrent.À Québec, une équipe du Centre de recherche en rhumatologie et immunologie de l'Université Laval, dirigée par Patrice Poubelle, tente de Main atteinte d'arthrite goutteuse aiguë.28 réaction des différen- Pots pratiques, tes cellules », explique le chercheur.Patrice Poubelle et son équipe ont ainsi montré que les cristaux d'urate semblent affecter particulièrement le fonctionnement des ostéoblastes, ces cellules qui produisent les protéines fixant le calcium Détails d'articulations de la main avec destruction articulaire et osseuse.de la matière osseuse.Parallèlement, les cristaux stimulent les cellules neutrophiles, directement en jeu dans les mécanismes de l'inflammation, et accroissent la production de nombreuses substances pro-inflammatoires, ce qui active encore davantage le processus inflammatoire.«Grâce au modèle in vitro de la goutte, on peut espérer mieux caractériser les liens complexes entre les neutrophiles et les ostéoblastes, et ainsi comprendre le phénomène de résorption osseuse, fréquent dans différents formes d'arthrite », précise Patrice Pou- 3 DÉCQUVRjf RECHERCHE r m Les grands défis de la recherche Fondé en 1998, le Réseau canadien de l'arthrite regroupe 120 chercheurs et leurs équipes, provenant de 44 centres de recherche.Il est doté d'un budget d'environ quatre millions de dollars par an, et est soutenu en bonne part par les réseaux des centres d'excellence.Les travaux des chercheurs se répartissent autour de cinq grands thèmes : GÉNÉTIQUE ET MÉDIATEURS DE L'INFLAMMATION.On cherche notamment à identifier les gènes de susceptibilité à différentes formes d'arthrite, dont la polyarthrite rhumatoïde et la spondylite ankylosante.BIOLOGIE MOLÉCULAIRE ET CELLULAIRE DES TISSUS DES ARTICULATIONS.Les chercheurs s'intéressent entre autres aux processus qui gouvernent le développement des os et du cartilage et leur régénération.BIOINGÉNIERIE DE LA RECONSTRUCTION D'ARTICULATION.Comment reconstruire des tissus tels que du cartilage, des disques vertébraux ou des ligaments?DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT.On développe des tests sanguins de dépistage de l'usure du cartilage et de nouvelles techniques d'imagerie ou d'administration de médicaments à l'intérieur des articulations.MÉTHODOLOGIE ET GESTION DE L’ARTHRITE.Les chercheurs veulent bâtir un registre canadien de l'arthrite et étudient les retombées socio-économiques de cette maladie.i ^ r \ ; n Pied goutteux avec atteinte très avancée, accompagnée de destruction articulaire et osseuse.belle.D'autres chercheurs du Centre utilisent également les cristaux d'urate pour étudier divers aspects du mécanisme de l'inflammation tels que la régulation de l'expression de certaines protéines, la synthèse de médiateurs chimiques comme les prostaglandines et les leucotriènes, ou la transmission de l'information à l'intérieur même des cellules.SI VOTRE cote EST BONNE, NOUS avons la bourse QU’IL VOUS FAUT Les bourses d'excellence de l'INRS Vous faites partie des valeurs sûres dans votre discipline ?Vous prévoyez obtenir ou avez obtenu une bourse d’un organisme subventionnaire reconnu?Vous pourriez être admissible à une bourse d'excellence de l'INRS pouvant atteindre 7 000$ par an! Ces bourses d'excellence sont offertes aux étudiants qui s'inscrivent à l'un des programmes de l'INRS.Passez à l'action! Informez-vous ou faites votre demande dès maintenant: www.inrs.uquebec.ca «Ê Université du Québec Institut national de la recherche scientifique La science en ACTION pour un monde en ÉVOLUTION Informations Téléphone: (418)654-2500 Sans frais: 1 877 326-5762 www.inrs.uquebec.ca 29 DÉCQUVRÎr EH~ RECHERCHE Cancer Colorants tueurs de tumeurs substance, nous avons élaboré la TH 9402.Lorsque cette molécule sensible à la lumière est soumise à une certaine longueur d'onde, émise par un laser, ses électrons sont excités.Nous avons montré, avec des cultures « La première étape du traitement photodynamique comporte l'incubation des cellules à l'aide de la molécule photosensible TH 9402.Nous avons contrôlé l'accumulation de l'agent dans les cellules cancéreuses au moyen d'un microscope confocal.La TH 9402 se loge en particulier dans les mitochondries, comme le démontre l'intensité élevée de fluorescence (zones vertes et rouges).Sous l'effet de la lumière, la fluorescence diminue rapidement.Cela confirme que la plus grande partie de la TH 9402 a été activée, libérant des radicaux libres capables d'induire la mort cellulaire.» — André de Villers Prélevez un échantillon de moelle os- les cancéreuses plutôt que par des de cellules humaines, que les cellules malignes étaient alors détruites sans que les cellules saines ne soient endommagées.» Comme l'opération est réalisée à l'extérieur du corps du patient, les effets secondaires sont bien moindres qu'avec une chimiothérapie ou une radiothérapie.Depuis les années 1970, d'autres molécules photosensibles ont été expérimentées à travers le monde pour le traitement de différents cancers.Aujourd'hui, quelques produits seulement ont atteint le stade commercial, notamment pour certains cancers du poumon et de l'œsophage.La thérapie photodynamique développée par Theratechnologies pourrait représenter une avancée majeure seuse chez une personne atteinte de leucémie.Ajoutez un produit colorant, la molécule photosensible TH 9402, et placez le tout dans une machine de la taille d'un petit photocopieur.Attendez quelques minutes, puis réinjectez la moelle au patient.Si tout se passe comme l'ont prévu les scientifiques de la firme Theratechnologies, les cellules cancéreuses auront disparu de l'échantillon.Peu à peu, le patient aura une chance de guérir de son cancer.« Nous pensons que le traitement sera disponible à la fin de 2001 », précise André de Villers, président de l'entreprise fondée à Montréal en 1993.« Il y a dix ans, des chercheurs de l'Université de Montréal ont découvert qu'un colorant alimentaire rouge, la rhodamine, était absorbé de préférence par les cellu-30 EH ptcouvRir cellules saines de la moelle, raconte dans les traitements des cancers de André de Villers.À partir de cette la moelle osseuse, notamment la leu- r Système photodynamique ex vivo de thérapie cellulaire (PDT) Chimiothérapie ou radiothérapie intensive » Patient atteint de leucémie myéloïde chronique Prélèvement de sang périphérique ou de moelle osseuse Molécule photosensible TH 9402 ?Cellules cancéreuses saturées par la TH 9402 Cellules saines non affectées par la TH 9402 l Greffe autologue Cellules saines Source lumineuse VLV\H > Cellules cancéreuses détruites Système photodynamique ex vivo mis en œuvre chez Theratechnologies et grâce auquel on réussit à détruire les cellules cancéreuses. RECHERCHE cémie myéloïde chronique et le lymphome non hodgkinien.Pour ces deux cancers uniquement, 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année au Canada.Actuellement, le traitement le plus efficace consiste à greffer des extraits de moelle osseuse provenant de donneurs compatibles.quand on en trouve, c'est-à-dire seulement une fois sur quatre.La thérapie de Theratechnologies, baptisée Theralux, permettrait de redonner au patient sa propre moelle débarrassée des cellules cancéreuses.Depuis janvier 1999, 20 patients de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, atteints de leucémie myéloïde chronique, ont été traités à l'aide de la TH 9402 et sous peu, ce sera au tour de 28 personnes souffrant du lymphome non hodgkinien.Au cours de ces essais cliniques, les chercheurs doivent encore évaluer précisément l'innocuité du traitement et le taux de rechute.Theratechnologies pourra ensuite démarrer les essais de phase III, qui permettront d'évaluer précisément l'efficacité de la thérapie.Et puisque cette technique est considérée comme un appareil médical par Santé Canada, elle n'a pas besoin d'être évaluée pendant aussi longtemps qu'un nouveau médicament.Elle pourra donc être commercialisée rapidement.Mais les chercheurs s'intéressent aussi à d'autres applications de la thérapie photodynamique, notamment pour le traitement de maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques, ou pour empêcher les réactions de rejet à la suite de greffes.Des travaux précliniques sont déjà en cours sur des modèles animaux à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et au Duke University Medical Centre aux États-Unis.?Maladies cardiovasculaires Les secrets de l'endothélium Elles tuent encore chaque année des millions de personnes et continuent à préoccuper un grand nombre de chercheurs.Non, les maladies cardiovasculaires n'ont pas encore révélé tous leurs secrets.Actuellement, les recherches qui retiennent l'attention de plusieurs laboratoires portent sur l'endothélium, un tissu très mince qui tapisse l’intérieur de tous les vaisseaux sanguins et du cœur, et qui reste encore mal connu.Depuis 1988, on sait que ce tissu produit une molécule, l'endothéline, qui provoque une très forte contraction des vaisseaux sanguins.Les chercheurs se sont aperçus qu'un déséquilibre dans la production d'endothéline est souvent associé à l'apparition de nombreuses affections telles que l'hypertension, l'insuffisance cardiaque ou l'athérosclérose.En tout, une cinquantaine de maladies d'origine cardiovasculaire ou non semblent reliées à cette substance.Le mode d'action de l'endothéline est presque complètement élucidé.On sait qu'elle se fixe à deux récepteurs cellulaires, baptisés ETA et ETE, et qu'elle permet ainsi de réguler le tonus vasculaire.Mais un excès d'endothéline pourrait provoquer des maladies telles que l'insuffisance cardiaque.Une dizaine de compagnies dans le monde mettent au point des antagonistes de l'endothéline qui, en se fixant aux récepteurs ETA et ETE, auraient un effet tonique sur le système cardiovascu- Les grands défis de la recherche sur l'endothéline Le fonctionnement de l'endothélium est encore mal connu, même si l'on sait que ce tissu joue un rôle important dans le développement des maladies cardiovasculaires.Les travaux de recherche en cours s'orientent surtout autour de cinq grandes questions : Comment ce tissu régule-t-il la production d'endothéline et de monoxyde d'azote?Quels sont le rôle précis et la structure des différents récepteurs de l'endothéline?Quel rôle joue l'endothéline dans certaines maladies rénales ou hépatiques?Comment contrôler la production par l'endothélium de radicaux libres pouvant conduire à l'infarctus?Quels rôles jouent l'endothéline et l'endothélium dans des phénomènes de prolifération tels que l'angiogenèse qui permet, par exemple, à une tumeur cancéreuse de s'alimenter en créant son propre réseau de vaisseaux?DÉCOUVRE EH RECHERCHE laire.Ces futurs médicaments sont actuellement en phase II ou III d'essais cliniques et pourraient être commercialisés d'ici quelques années.À Sherbrooke, l'équipe du professeur Pedro d'Orléans-Juste se penche depuis plusieurs années sur la prochaine génération d'antagonistes de l'endothéline.« On pense aujourd'hui que le récepteur ETA est directement relié au fonctionnement du muscle vasculaire, alors que le récepteur ETE de l'endothélium permet de maintenir le vaisseau sanguin suffisamment dilaté », explique-t-il.En étudiant des modèles de souris et de lapins transgéniques ne possédant que l'un ou l'autre de ces deux récepteurs, le chercheur et son équipe ont été les premiers à montrer qu'une altéra- tion même partielle du récepteur ETE faisait augmenter la pression sanguine chez les animaux, alors qu'un bloquage du récepteur ETA la faisait diminuer.Ces résultats pourront aider les chimistes à mettre au point des médicaments plus sélectifs, agissant uniquement sur certains récepteurs cellulaires.« Un antagoniste de l'endothéline qui bloquerait seulement ETA permettrait peut-être de réduire l'hypertension, alors qu'un autre agissant sur les deux types de récepteurs pourrait traiter des cas d'athérosclérose », précise Pedro d'Orléans-Juste.En utilisant des an- Médecin faisant passer une échographie pour le dépistage de certaines maladies cardiovasculaires.tagonistes propres à un type de récepteur bien précis, on pourrait aussi cibler certains vaisseaux sanguins plutôt que d'autres au cours du traitement.?Diabète Éviter les complications Près d'un demi-million de Québécoises et Québécois sont atteints de l'une ou l'autre des deux formes de diabète.Le type 1, qui représente 10 p.100 des cas, touche des enfants ou de jeunes adultes dont le pancréas ne produit presque pas d'insuline.Le diabète de type 2, dans lequel l'organisme devient peu à peu résistant à l'insuline, se manifeste surtout à partir de 45 ans.La carence ou le défaut d'utilisation de l'insuline entraînent une multitude de complications : accidents cardiovascu-32 EH DfccouvRÎr laires, cécité, insuffisance rénale, troubles du système nerveux, amputation.Heureusement, de nombreux médicaments permettent aujourd'hui de mieux contrôler la maladie.L'équipe de Jean-François Yale, professeur au Centre de nutrition et des sciences de l'alimentation de l'Université McGill à l'hôpital Royal Victoria, mène des études cliniques sur plusieurs nouvelles formulations susceptibles de stabiliser le taux de sucre dans le sang.« Nous étudions notamment une classe de produits, les thiazolidinediones, qui augmentent la sensibilité à l'insuline chez les personnes atteintes de diabète de type 2 », explique le chercheur.Le premier médicament de cette famille, sorti en 1997 aux États-Unis, a été rapidement retiré du marché car il s'est révélé toxique pour le foie des patients.On a commercialisé quelques autres thiazolidinediones depuis, sans observer d'effets secondaires aussi néfastes.« Nous continuons cependant à évaluer les ef- DÉCOUVRÎr Au-delà des apparences, la science ABONNEZ-VOUS maintenant et ÉCONOMISEZ 20 % sur le prix en kiosque ! (.abonnement d'un an comprend : La science vulgarisée dans 5 numéros remplis de nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux sociaux, ' économiques, culturels et politiques.+ le Bottin de la recherche répertorie plus de 2000 organismes scientifiques plus de 1000 adresses Internet dans 125 disciplines. I Nui Ri Cotisation de membre de l'Acfas incluse ?Nouvelle adhésion ?Renouvellement ?Changement, correction Nom Prénom Établissement/entreprise Département/division Adresse ?au travail ?À domicile Rue Ville Code postal Téléphone ?au travail ?à domicile adresse électronique Statut ?Chercheur-se attitré-e ?Professeur-e ?Administrateur-trice ?Professionnel-le ?Chargé-e de cours ?Journaliste-relation N iste ?Étudiant-e (joindre photocopie de la carte d'étudiant) ?Institution ?Autre Sexe ?Féminin ?Masculin Domaine d’activité (discipline et spécialisation) Cotisation-abonnement ian 2 ans (toutes taxes incluses) RÉGULIER 48 $?85 $?étudiant 27 $?48 $?INSTITUTION ET HORS CANADA 95 $ ?170 $ ?Paiement ?Visa DMaster Card DAmerican Express DChèoue ou mandat-poste (à l’ordre de l’Acfas) ?Comptant Numéro Date d’exp.I Interface-Acfas:Téléphone: (514) 849-0045 Télécopieut: (514) 849-5558 interface@acfas.ca http://www.acfas.ca/interface/ ACFAS 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 RECHERCHE fets de ces produits sur le plan gastrointestinal, ainsi que les prises de poids qu'ils pourraient engendrer », précise Jean-François Yale.Le chercheur et son équipe s'apprêtent aussi à démarrer une vaste étude clinique pilotée par le National Institute of Health américain, qui vise à déterminer les éventuels bienfaits d'un contrôle très strict du cholestérol, de la glycémie et de la pression sanguine chez les personnes atteintes de diabète de type 2.Environ 10 000 personnes seront suivies pendant dix ans dans toute l'Amérique du Nord, dont une centaine par l'équipe de McGill.On sait déjà qu'un mauvais contrôle de ces paramètres accroît le risque de complications.Les participants à l'étude prendront six à sept médicaments différents chaque jour, de manière que leur taux de cholestérol, de glycémie et leur pression soient parfaits à tout moment.« Le traitement est très “ agressif", mais nous pensons qu'il a une chance de diminuer de beaucoup les risques de complications », conclut Jean-François Yale.?DANS LA COLLECTION PRATIQUES ET POLITIQUES SOCIALES Le modè québécc develop Entraide et services de proximif tujis:F»ac«G.*.R«sKufc r*OA**o««4 ***** «flCMa, Insertion des jeunes.organisant) fc°nom;e communau et tranj/l °c,a,e et société de /’ffa* rmat'on Z^rC0vi
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