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Éditeurs :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
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Septembre-octobre
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  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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A-5 23- VOLUME 23, NUMÉRO 5 | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 çjaîice JM ECHERCHE SPATIALE : A QUOI S’ATTENDRE?ECOUVRir I S.O.S.!, poissons en détresse La violence des ados amoureux La télévision publique en déclin Le phénomène Céline Dion Le Soleil dans tous ses états a * 1 E3 EJ Quebec ejej 13 DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBrTTÔoT^JI Reconnaître la parole.vite Grace au système mis au point par Pierre Dumouchel, vice-président, recherche et développement, au CRIM, et par son équipe de chercheurs, les systèmes de reconnaissance de la parole nous permettront désormais de sous-titrer les bulletins de nouvelles et les émissions d’intérêt public en temps réel.Ce nouveau dispositif est non seulement 25 fois plus rapide que les autres, mais il peut aussi s’adapter facilement à plusieurs langues comme l’anglais, le français standard et surtout le québécois.« Avec ATT et le MIT, nous sommes actuellement le troisième que chaque fois que la tâche d’une opératrice ou d’un opérateur de Bell Canada était réduite d’une seconde, l’entreprise économisait un million de dollars par année.« Il y avait donc un important potentiel de marché dans ce secteur.Alors que plusieurs compagnies avaient choisi d’utiliser un système de reconnaissance de vocabulaire d’une centaine de mots, nous avons décidé de nous positionner avec un vocabulaire beaucoup plus vaste, dit Pierre Dumouchel.La recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en gé- Le risque de confusion entre les mots est le principal problème lié à l’utilisation d’un vocabulaire plus étendu.Il en résulte une perte de rapidité du système car, comme il doit fonctionner avec un plus vaste ensemble de mots, il a besoin de plus de temps pour les reconnaître.« Il était donc nécessaire à la fois d’améliorer la rapidité du système, de réduire la confusion entre les mots, mais aussi d’adapter rapidement ce système à tout nouvel environnement.Par exemple, chaque fois qu'un microphone était changé, il nous fallait entraîner à nouveau le système pendant plu- 14 Il in iMoap «5» & T3* Direction la Corse maintenant.établissement au monde à posséder un système de dictée automatique de cette vitesse »,dit M.Dumouchel.En 1985, un directeur de Nortel constatait, après avoir fait des études de marché, nie du Canada.Ce serait le prochain défi, croyions-nous, parce que les dialogues deviendraient plus complexes et qu'il faudrait alors pouvoir reconnaître un plus grand nombre de mots.» sieurs heures.Nous avons donc dû chercher un moyen pour qu'il s’adapte rapidement à la voix de manière à améliorer sa performance progressivement au rythme de ce qui se disait.» m DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 Côté technique, la reconnaissance de la parole consiste à convertir un signal sonore en séquence de mots.Il s’agit ensuite de trouver, à partir de données acoustiques, des probabilités de séquences de mots et de sélectionner, à travers toutes les séquences possibles, celle qui à la plus grande probabilité de correspondre à ce qui a été dit.Une fois lancé, le système de reconnaissance de la voix évalue toutes les possibilités de séquences de mots.Parexemple.dans le cas d’un ensemble de mots comme « le petit canard », le système n’éliminera pas complètement des ensembles erronés comme « la petit canard » ou encore «le petite canard », mais la probabilité qu’il leur accordera sera beaucoup plus faible.Cette nouvelle technologie en reconnaissance de la parole aura plusieurs autres applications; par exemple, les systèmes de sous-titrage (voirp.62) et de postsynchronisation cinématographique, les bulletins de nouvelles télévisés ou les systèmes de téléconférences.M.Dumouchel mentionne qu'au lieu des 150 heures requises actuellement pour synchroniser une heure et demie de film, cette synchronisation pourra se faire en temps réel de façon automatique : « Il suffit d’entrer les données sonores, d’entrer les données textuelles, d’appuyer sur un bouton, et le tour est joué ! » JACQUELINE BOUSQUET Découvrir remercie le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte. SCIENCE Mères adolescentes, enfants agressifs?Toutes les mères adolescentes ne s’occupent pas mal de leur enfant.Loin de là.Mais nombre d'entre elles vivent dans des situations précaires et sont aux prises avec des problèmes de santé mentale qui risquent fort d’entraver le développement harmonieux de leur bébé.Depuis plusieurs années, Daniel Raquette, professeur associé de psychologie à l’Université de Montréal et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement social des jeunes, étudie de près le lien entre les difficultés rencontrées par des mères adolescentes et l’agressivité ou l’anxiété de leur enfant.Pour cela, il a entrepris de suivre sur plusieurs années une cohorte qui compte pour l’instant près de 300 mères, recrutées parmi les jeunes fréquentant les foyers des centres jeunesse de Montréal, l’école Rosalie-Jetté — qui a pour vocation d’aider les mères adolescentes à poursuivre leurs études secondaires — et la clinique d’obstétrique de l’Hôpital de Montréal pour enfants.« On saitqu'ilya un risque élevé de transmission intergénérationnelle des problèmes d’adaptation sociale, mais peu d’études ont consisté à suivre les mères et leur enfant de manière longitudinale, depuis la grossesse et pendant la croissance de l’enfant », explique le chercheur.Dans le cadre de ce projet baptisé « La mère veille », Daniel Raquette a notamment montré qu’une forte proportion de mères adoles- centes ont tendance à surcontrôler leur bébé et à réagir inadéquatement à ses demandes.« Elles interviennent équipe ont cherché à déterminer si les problèmes de socialisation de ces enfants pouvaient être détectés très pré- plus en fonction de leurs propres besoins que des siens», explique-t-il.Ce surcontrôle peut générer des problèmes psychologiques chez l’enfant, notamment la dépression, l’anxiété et le retrait social.D’autres mères adolescentes, moins nombreuses cependant, ont tendance à se désengager de la relation avec leur bébé, ce qui risque d’exacerber l’agressivité de l’enfant.Dans le cadre d'une étude financée par le Fonds de recherche sur la société et la culture, Daniel Raquette et son cocement, avant l’âge de 2 ans.Pour cela, ils ont rencontré 145 adolescentes enceintes.Leur profil psychologique a été établi avant la naissance, pour qu’il ne soit pas influencé par la présence de l’enfant à naître.Puis les jeunes mères ont été de nouveau interrogées lorsque leur bébé était âgé de 4 mois, puis de 9 mois.À ce dernier âge, les chercheurs ont observé directement le comportement des bébés, invités à partager des jouets avec un autre petit du même âge.« À 9 mois, même si les enfants démontrent parfois des com- portements que l’on pourrait juger agressifs — par exemple, lorsqu’ils mordent leur compagnon de jeu — en réalité, ils sont encore sous l’influence d’un programme génétique qui les pousse simplement à explorer leur environnement physique et social », explique le chercheur.Difficile, donc, de dire comment les mères influencent leur bébé à ce moment de leur développement.Mais ces observations prendront probablement toute leur importance lorsque les mêmes enfants seront observés à l'âge de 16 puis de 24 mois.« Nous verrons alors comment se développent les comportements réellement agressifs, et nous pourrons peut-être mieux les relier à une certaine dynamique mère-enfant », ajoute Daniel Raquette.Cela permettra de bâtir des interventions plus ciblées, dans le but d’aider les jeunes mères à s’occuper adéquatement de leur enfant et à ne pas leur léguer les problèmes auxquels elles font face.VALÉRIE BORDE Les rôles respectifs des caractéristiques individuelles et de la dynamique relationnelle mère adolescente / enfant dans le processus de socialisation d’enfants âgés de moins d’un an, de Daniel Paquette, Marc Bigras et Mark Zoc-colillo.Rapport présenté au Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture en mars 2002.Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.| DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PSYCHOLOG I E SCIENCE plTT] La GPx, mangeuse de radicaux libres Des chercheurs spécialisés en électrophysiologie et en biologie moléculaire, de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UOTR), ont réussi à élucider un mécanisme cellulaire susceptible de contribuer à la survie des cellules nerveuses dans le cerveau.Ce mécanisme met en cause l’enzyme glutathione peroxy-dase ou protéine humaine GPx.C’est là une découverte qui pourrait contribuer à la mise au point d’un médicament capable de limiter les dommages aux tissus nerveux par suite d’un accident vasculaire cérébral.La recherche du professeur Guy Massicotte et de ses collègues s’est étalée sur deux ans et a été financée, entre autres, par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG).«Au départ, nous essayions r Influence de la GPx humaine sur la récupération fonctionnelle des cellules nerveuses lors d’un traumatisme hypoxique Hypoxie Tg-GP x (+/+) Tg-GPx(+/- Temps (minutes) & Chez des souris contrôles (non-Tg), la récupération fonctionnelle des neurones du cerveau à la suite d’une d carence en oxygène (hypoxie de 10 minutes) s’établit à environ 40 p.100.On note chez les animaux surexpri- ^ mant la GPx humaine (GPx +/- et +/+) une résistance importante des cellules nerveuses et ce, relativement ^ aux effets délétères de l’hypoxie sur la fonction du cerveau.L ________________________________________________________________________________________ de trouver le moyen de proté- dégénératif.Nous cherchions résistantes à divers trauma- ger le cerveau contre diverses à trouver la façon de rendre tismes.» Pour cela, il fallait maladies à caractère neuro- les cellules du cerveau plus d’abord savoir comment les Ensemble, on bâtit les sciences humaines ; .i - n:: mmmmm ¦ ^ ¦ Conseil de recherches en Social Sciences and Humanities www.crsh.ca I sciences humaines du Canada Research Council of Canada (613) 992-0691 Canada DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | cellules de l’organisme se défendent normalement et connaître les moyens qu’elles utilisent », explique Guy Mas-sicotte.Les recherches ont démontré que les cellules sont soumises quotidiennement à la production de radicaux libres, ces molécules provenant du métabolisme cellulaire et ayant une propriété oxydante semblable à celle de la rouille.« Nous avons découvert que nous avions la possibilité de produire une protéine qui a une action antioxydante : la GPx.Elle agit un peu à la manière d’un petit aspirateur et se met en marche lorsque les radicaux libres s’accumulent : elle nettoie les cellules afin d’empêcher les effets qui pourraient leur être dommageables.Si nous réussissions à augmenter la quantité de ces aspirateurs (GPx), les cellules nerveuses pourraient être plus aptes à se défendre et cela, plus particulièrement dans le cas d’un manque d’oxygène dans les cellules nerveuses (anoxie) », poursuit-il.Les chercheurs ont utilisé des souris transgéniques dont le bagage génétique avait été modifié de façon à produire plus de GPx.On a mesuré les communications électriques de leur cerveau.«Lorsque vous manquez d'oxygène au cerveau et que vous avez peu de GPx, la communication nerveuse ________________________SCIENCE EfTIT^ L’impact des médias sur le Grand Nord est endommagée.En fait, plus longue est la période pendant laquelle le cerveau manque d’oxygène, plus les dommages sont grands.On a observé que chez ces souris transgéniques, les dommages survenus dans les neurones lors d’une anoxie cérébrale étaient pratiquement inexistants.Un accroissement de GPx pourrait donc réduire de façon considérable la mort des cellules nerveuses survenant à la suite d’un accident vasculaire cérébral.» Cependant, cette stratégie n'est pas sans risques.Nous savons que les radicaux libres jouent un rôle important dans le système immunitaire puisqu’ils servent à détruire les bactéries et les virus.Si nous les éliminons complètement, l’individu pourrait devenir très vulnérable aux bactéries et aux virus.« Il serait donc intéressant de savoir jusqu’où nous pouvons accroître l’activité de la Gpx sans toucher aux fonctions du système immunitaire », précise le professeur Massi-cotte.Il aimerait aussi analyser le pouvoir protecteur de la GPx dans la maladie d’Alzheimer, associée à la production de radicaux libres.JACQUELINE BOUSQUET Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.(ASP) - Gail Valaskakis est une autorité en matière de médias.Dès les années 60, à titre d’étudiante au doctorat, elle avait commencé à se rendre dans les territoires nordiques pour y étudier l’impact des nouveaux médias, notamment de la télé par satellite, sur les communautés autochtones jusque-là isolées.Le travail de cette femme qui fut professeure à l'Université Concordia de 1970 à 1997 a été récompensé en mars 2002 par le prix Aboriginal Achievement Award, catégorie Médias et communication.Microscopes étonnants! „.inos microscopes ue marque iviuuc vous surprendront par leur qualité, leur fiabilité et leur prix abordables.vmi bijoux! 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parasite — un proto- zoaire — responsable de la maladie.En altérant le gène responsable du transport des ptérines, qui sont des facteurs essentiels à la synthèse d’ADN chez les protozoaires, ces chercheurs sont parvenus à ralentir la croissance et la multiplication du parasite.Injectés à des souris de laboratoire, les parasites mutants ont démontré une virulence beaucoup plus faible que celle de la souche naturelle, donnant ainsi le temps au système immunitaire de se mettre en branle pour détruire l’envahisseur.L’équipe du CRI a fait breveter la technologie qui lui a permis de créer la souche amoindrie du parasite.Mais un vaccin à grande échelle qui soit efficace contre les leish-manioses risque de se faire attendre encore quelques années : les organismes officiels de contrôle craignent que les Le phénomène Célim Céline Dion.Qui, au Québec et dans le monde, ne connaît pas ce nom?La chanteuse incarne la réussite, la gloire, la célébrité.Sa renommée, digne de celle des plus grandes vedettes artistiques, sportives ou politiques, dépasse les frontières musicales pour s’étendre à tous les domaines de la société.Son histoire style conte de fée fascine.« Qui aurait cru qu’une enfant issue d’une petite ville de classe ouvrière, cadette de 14 frères et soeurs, réaliserait son rêve de devenir chanteuse internationale?, dit Line Grenier, cher- cheuse en musique populaire.Et qu’en plus, elle épouserait son gérant de plus de vingt ans son aîné, pour former un des couples les plus célèbres de la planète ?» Mais pour la chercheuse, la fascination va Mucocutanée L.braziliensis.vaccins fabriqués à partir de souches pathogènes puissent réinfecter les patients s’il devait survenir une mutation.En attendant, les chercheurs travaillent à la production de vaccins fabriqués à partir de souches de Leishmania qui ne causent pas de maladie chez l’humain.Les scientifiques sont convaincus que la solution aux leishmanioses réside dans la mise au point d’un tel vaccin destiné aux populations à risque.Le seul traitement efficace utilisé à ce jour, l'injection d’antimoine, coûte plus de 200 $, ce qui le met hors de portée de la majorité des malades des pays en voie de développement.Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé signale 500 000 nouveaux cas de leishmaniose et près de 80 000 décès reliés à cette maladie.Celle-ci prend de l’expansion dans plusieurs pays et les cas de plus en plus fréquents de coinfection avec le VIH risquent d’accélérer la progression du sida et d’accroître le nombre de victimes dans les pays du Tiers-Monde.EMMANUELLE BERGERON Agence Science-Presse DECOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 SCIENCE plus loin.« Il est intéressant de voir comment chaque événement de la vie de Céline Dion devient l’objet de controverses.Elle représente à la fois un sujet de célébration et de contestation.» Pour Mme Grenier, directrice du Département des communications de l’Université de Montréal, la chanteuse incarne une nouvelle forme de célébrité en émergence, qui affecte, guide et transforme les pratiques sociales, en plus d’informer et d’infléchir les manières d’être, d'appartenir et de devenir.Grâce à une subvention du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, Line Grenier passe en revue depuis plus d’un an les biographies, les magazines, les documents promotionnels, les discours médiatiques et tout autre document d’archive traitant de la chanteuse québécoise, et ce, dans le but d’explorer, à travers le « phénomène Céline Dion », les effets de cette nouvelle forme de célébrité sur la société.« Céline Dion représente un terrain privilégié quand l’on veut étudier comment la renommée dépasse aujourd’hui l’individu pour s’étendre à toutes les facettes de la vie », explique la chercheuse.Car Céline n’est pas seulement une chanteuse de talent quia rapidement acquis une grande notoriété partout dans le monde.Elle est également reconnue comme une figure culturelle, une référence publique et un modèle social qui s’investit dans les œuvres humanitaires, telle la recherche sur la fibrose kystique.Mais surtout, elle représente un empire commercial associé à la chocolaterie fine, à l’industrie du fast-food (restaurants Nickel), à la production de disques et de spectacles.« Le phénomène Céline Dion incarne notamment l’entrepreneuriat heureux, soit le fait de concevoir l’atteinte de la gloire comme le résultat escompté d’une stratégie de promotion et de marketing soigneusement planifiée et orchestrée», précise Line Grenier.Ainsi, ce n’est pas seulement l'histoire individuelle de Céline qui est racontée, mais celle aussi de tout son entourage — agent, famille, musiciens, cuisiniers, etc.Un héros nouveau genre Selon Line Grenier, la célébrité de Céline Dion est d’autant plus remarquable que cette chanteuse défie les canons les mieux établis en matière de musique populaire québécoise, représentés depuis les années 60-70 par des auteurs-compositeurs-inter prêtes masculins, politiquement engagés envers la cause nationaliste.En effet, Céline poursuit une carrière en anglais et en français, et elle séduit, parailleurs,un public de tous âges.Son répertoire se compose essentiellement de chansons d’amour reconnues ni pour leur qualité poétique ni pour leur portée sociale.Enfin, son talent ne tient pas à ses capacités de création musicale, mais plutôt à la qualité de ses performances et de ses interprétations.Et pourtant, Céline est devenue la première véritable star d’envergure internationale issue du Québec, comme en témoignent les quelque 120 prix internationaux qu’elle a reçus.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.#5* Bourses d’études supérieures SANTÉ ET SÉCURITÉ DU TRAVAIL DATE LIMITE 5 NOVEMBRE 2002 2e CYCLE 3e CYCLE ; S / DOMAINES DE POSTDOÇtORALE / RECHERCHE ERGONOMIE SCIENCES NATURELLES ET GÉNIE SCIENCES DE LA SANTÉ SCIENCES SOCIALES ET HUMAINES INSTITUT DE RECHERCHE ROBERT-SAUVÉ EN SANTÉ ET EN SÉCURITÉ DU TRAVAIL (514) 288-15 51 19 DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBI I mm SOCIETE Bn sciewce mm 5.0.5.!, poissons en détresse « Les poissons gigotent, les poissons barbotent», chantait si bien Passe-Partout.Mais pour combien de temps encore?Depuis cinq à dix ans, certains stocks de poissons, tels l'esturgeon et la perchau-de, sont en déclin.Ces espèces, que les scientifiques croyaient en équilibre avec les niveaux d’exploitation des pêches commerciales et sportives, pourraient même disparaître à plus ou moins court terme.Surexploitation?Peut-être.Mais le Dr Pierre Magnan voit d’autres explications au problème.D’après ce spécialiste en écologie aquatique et titulaire de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en écologie des eaux douces, la diminution des stocks de poissons pourrait être attribuable à la baisse du niveau de l’eau observée dans le fleuve Saint-Laurent depuis dix ans.« Les étés sont moins pluvieux et le barrage des Grands Lacs retient plus d’eau à des fins hydroélectriques ou pour la navigation et la villégiature », avance M.Magnan, qui est professeur-chercheur en écologie et en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UOTR).Notamment, un niveau d’eau plus bas expose davantage les espèces aquatiques au rayonnement ultraviolet.Celui-ci, même lorsque les niveaux d’eau sont normaux,causerait plus de dommages qu’il y a quelques années.En effet, depuis 1980, la couche d’ozone qui nous protège contre les ultraviolets s’amincit, provo- ZO quant une augmentation du rayonnement solaire.« Évidemment, avec la moitié de la population du Québec qui vit dans la plaine du Saint-Laurent, on ne peut écarter l’hypothèse de la pollution agricole et urbaine », poursuit Pierre Magnan.En effet, les polluants industriels, les fertilisants et les pesticides atteignent le fleu- Pour vérifier toutes ces hypothèses et bien comprendre la dynamique des stocks de poissons du fleuve Saint-Laurent, le Dr Magnan développe présentement un programme de recherche intégrée en écologie des eaux douces dans le cadre des activités de la Chaire.Les membres du Groupe de recherche sur les écosystèmes aquati- Photographie aérienne illustrant les masses d’eau du fleuve Saint-Laurent de couleurs différentes.Le fleuve est constitué de trois grandes masses d’eau principales qui, en raison de densités différentes, ne se mélangent pas entre elles.précise le chercheur.Ces écosystèmes constituent le garde-manger et le lieu de reproduction par excellence Incubateurs utilisés pour étudier l’éclosion et l’émergence des larves de poissons.ve et les lacs fluviaux, notamment par le lessivage des sols et les précipitations acides.Des contaminants se retrouvent ainsi dans la chaîne alimentaire et menacent la survie des communautés aquatiques.Enfin, une nouvelle menace pointe à l’horizon : « Depuis quelque temps, nous observons une invasion de cormorans à aigrettes provenant du centre des États-Unis et de l’Atlantique, indique l’écologiste.Cette arrivée massive de prédateurs pourrait influer sur la stabilité des stocks, particulièrement ceux de perchaudes.» ques (GREA) de l’UQTR et des scientifiques de plusieurs universités et agences gouvernementales québécoises participant à la recherche sur le fleuve Saint-Laurent, s’intéresseront non seulement aux communautés de poissons, mais également à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.Ils étudieront principalement la zone d’eau douce du fleuve, comprise entre le lac Saint-Louis et l’île d’Orléans.« Nous porterons une attention particulière aux lacs fluviaux, tel le lac Saint-Pierre, désigné dernièrement Réserve écologique de la biosphère par (’UNESCO, de plusieurs espèces de poissons.Malheureusement, ces habitats se trouvent fortement menacés par le développement urbain et agricole.» «Dans le fleuve immense, tous les poissons dansent et passent sous les bateaux», disait la chanson.C’est du moins ce que souhaite Pierre Magnan, qui s’affaire actuellement à mettre en place une équipe de scientifiques pour ce projet de recherche.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Chaires de recherche du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.DECOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 SCIENCE Vaincre le cancer La plupart des Canadiens connaissent au moins une personne atteinte du cancer.Pas étonnant puisque un Canadien sur trois développera cette maladie au cours de sa vie.La communauté médicale et les organismes de lutte contre le cancer tentent bien de faire diminuer cette statistique.Mais le combat est trop complexe pour que chaque compétence continue d’agir seule.C’est pourquoi, en 1999, le milieu canadien de la recherche sur le cancer décide de se regrouper pour lancer la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer.Pratiquement au même moment, les Instituts de recherche en santé du Canada créent l’Institut du cancer (IC).Cet important organisme de financement s’associe alors à l’Institut national du cancer du Canada,à l’Association canadienne des agences provinciales du cancer et à Santé Canada pourformer une alliance de recherche qui, à partir de mai 2001, s’emploiera à fixer conjointement les priorités de recherche nationale en matière de lutte contre le cancer.Tout en pilotant un atelier sur le sujet, l’Institut du cancer commence ses activités de nouvel organisme de financement.En plus des concours généraux, l’IC subventionne les recherches sur des thèmes spécifiques, déterminés en mai 2002 selon les priorités de recherche de la Stratégie.Ainsi, l’Institut encourage les études portant sur les soins palliatifs apportés aux cancéreux : réduction de la douleur, support psychologique au patient et à la famille.« Il s’agit d’un domaine très peu étudié, que nous espérons développer », signale Philip Branton, directeur scientifique de l’IC.Par ailleurs, l'IC privilégie l'utilisation des nouvelles technologies, notamment l’imagerie fonctionnelle et moléculaire, qui permet de suivre l’évolution du cancerà l’intérieurdu corps d’un patient.« Nous appuyons aussi les efforts de caractérisation moléculaire des différentes tumeurs cancéreuses », précise Benoît Lussier, directeur adjoint de l’Institut.Les scientifiques espèrent ainsi développer des médicaments spécifiques à chaque type de cancer, tout en diminuant les effets secondaires des traitements.D'où l'importance d'augmenter parallèlement le nombre d’essais cliniques.« Il existe un problème de recrutement, admet le directeur de l’IC.En effet, seulement 3 à 5 p.100 des adultes cancéreux participent à des essais cliniques.» Le Dr Branton souligne également le besoin de financer différents types d’études cliniques qui permettraient d’amener une nouvelle molé- cule à un niveau intéressant pour les industries pharmaceutiques.« Les essais cliniques sont actuellement financés surtout par les industries qui s’intéressent principalement aux drogues ayant un potentiel commercial », explique-t-il.Enfin, « pour diminuer le taux de cancer, nous devons améliorer les méthodes de dépistage », poursuit le scientifique.En effet, les interventions aux premiers stades de la maladie permettraient de prévenir jusqu'à 50 p.100 des cancers.Ainsi, le financement de l’IC cible le développement de nouvelles techniques de dépistage précoce, mais aussi la mise en place de programmes de prévention.« Il faut modifier les comportements à risques de la population, tels le tabagisme ou la mauvaise alimentation, qui influencent le développement de certains cancers », note Benoît Lussier.Pendant la période estivale, des groupes de travail ont déterminé les sujets prioritaires pour chacun de ces six domaines de recherche.Ils comparent actuellement leurs choix avec ceux de leurs partenaires dans la lutte contre le cancer afin de coordonner les travaux de recherche.L’union fait la force, croient fermement les dirigeants de l’IC.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Instituts de recherche en santé du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 2 < Une découverte qui fait tourner les sangs Les premiers jours de convalescence après une crise cardiaque sont souvent plus dommageables que la crise elle-même.En effet, durant les 48 heures qui suivent un accident cardiovasculaire, la superficie des tissus initialement endommagés peut s'accroître de 5 à 10 fois.Grâce à une enzyme découverte par Adrien Beaudoin, professeur au Département de biologie de l’Université de Depuis la fin des années 70, le professeur Beaudoin s’intéresse aux mécanismes de communication utilisés par nos cellules.« Les systèmes de signalisation cellulaire de notre corps sont très raffinés, affirme le chercheur.Par exemple, lorsqu’on subit une blessure, les cellules endommagées relâchent de l'adénosine diphosphate (ADP).Cette substance est automatiquement détectée blessure, amorçant ainsi le processus de cicatrisation.» Dans la majorité des cas, ce processus est bénéfique puisqu’il permet l’arrêt des saignements.Mais il peut également être fort nocif.Par exemple, lors d’une obstruction coronarienne partielle, l’écoulement dans les vaisseaux sanguins est réduit et difficile.Les forces de cisaillement qui agissent sur les globules rouges et la privation Maladies ischémiques du cœur Artère coronarienne Plaque athéromateuse Muscle sain Caillot sanguin Nécrose du muscle Crise cardiaque Image du cœur qui montre une zone de dommage dans le muscle à la suite de l'obstruction d'un vaisseau.Dans les heures qui suivent la crise, le processus de défense de l'organisme agrandit la zone de dommage considérablement.Dans un modèle d'étude chez la souris, il a été montré que l’injection de l'enzyme NTPDase dans les minutes qui suivent une crise cardiaque réduisait la zone de dommage après 24 heures par un facteur de 90 p.100.Si l'on transposait ces résultats chez les humains, un tel traitement changerait totalement les conséquences d'une thrombose.Sherbrooke, les dégâts pourraient être stoppés immédiatement après l’infarctus.22 Jf~DicOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | par les plaquettes sanguines.Dès lors, celles-ci se mettent à s’agglomérer autour de la d’oxygène qui s’ensuit entraînent une libération de nucléotides, dont l’ADP.Les Artère normale.La lumière est large sans athérome et la paroi musculaire de l'artère est normale.plaquettes se mettent alors à s’agglomérer et déclenchent une coagulation qui provoque l’obstruction complète du vaisseau.L’ADP et les autres nucléotides qui se sont accumulés au site d’obstruction entraînent la migration de certains globules blancs, chargés de nettoyer le site.Cette migration de cellules cause des dommages aux tissus sains en périphérie et agrandit ainsi la zone d’infarctus.Voilà pourquoi les dommages continuent à s’accentuer bien après que la crise initiale est terminée.L’enzyme découverte par le professeur Beaudoin, baptisée NTPDase, convertit l’ADP en adénosine monophosphate (AMP) et neutralise son action.Ainsi, le professeur a pensé qu’en injectant la NTPDase dans les vaisseaux sanguins au cours des 10 minutes suivant une crise cardiaque, il serait possible de renverser la vapeur et d’arrêter le processus de migration des globules blancs.Selon ses estimations, les dommages pourraient être réduits de 80 p.100.Des essais réalisés chez des souris par une corn- Artère coronaire partiellement obstruée avec calcification, thrombose et hémorragie.:>v -s pagnie américaine ont donné des résultats concluants et les espoirs investis dans les recherches du biologiste sont de taille.« Après ma découverte de l’enzyme en 1979, de nombreuses équipes de partout dans le monde se sont livré une chaude lutte pour arriver à isoler la NTPDase, se souvient-il.Ce n'était pas une tâche facile puisque la NTPDase est une protéine membranaire.La recherche d’un mécanisme pour la sortir de la membrane et la purifier a duré 15 ans.» Les Japonais et les Américains ont investi des efforts considérables pour être les premiers à isoler la fameuse enzyme.Mais, notamment grâce à des subventions du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, l’équipe du professeur Beaudoin s’est classée en tête à la ligne d’arrivée.Conséquemment, c’est elle qui a obtenu les deux brevets attribuant l’exclusivité de cette découverte, en collaboration avec un groupe de l’Université Harvard à Boston.Après les essais chez les souris, le professeur Beau- doin compte réaliser des essais en collaboration avec l’industrie pharmaceutique chez des mammifères de taille supérieure.Il est encore trop tôt pour penser à des tests chez les humains, mais le chercheur croit que le transfert technologique ne devrait pas se faire trop attendre.« Je ferai peut-être partie de ces chercheurs privilégiés qui ont la chance de voir l’application concrète de leurs recherches au cours de leur vivant.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Citez un pharmacologue (ASP) - L’un des universitaires spécialisés en pharmacologie les plus cités au monde se trouve à l'Université de Sherbrooke : Pedro D’Orléans s’est classé cet hiver parmi les 100 pharmacologues (sur 10 000) les plus cités au monde, et au premier rang au Québec, selon l’Institute for Scientific Information, qui recense depuis 40 ans quelque 19 millions d’articles scientifiques.Divorce et négociations (ASP) - Les femmes vivant dans une région où les lois du divorce leur sont favorables ont un plus grand pouvoir de négociation dans leur couple.Trois économistes, dont deux de l'Université Laval, en sont arrivés à une telle conclusion après avoir élaboré un modèle mathématique afin de percer ce mystère qu'est la règle de partage au sein des couples.Cette vision économique des relations de couples s’inspire, à la base, d’un modèle conçu par le mathématicien John Forbes Nash, héros du film Un homme d’exception et Prix Nobel d’économie en 1994.http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0302m.html DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTO : RADIO-CANADA ASTROPHYSIOU E SCIENCE HTffl / Le Soleil dans tous ses états Depuis toujours, les astres captivent l'imagination des humains, notamment celle des scientifiques qui tentent de percer les mystères du cosmos Mais le Soleil reste sans En effet, tous les n ans, le Soleil connaît une période d’activité maximale pendant laquelle les scientifiques observent une augmentation de la luminosité.« Celle-ci est cau- lement que de faibles variations, de l’ordre de 0,1 à 0,2 p.100, les observations historiques témoignent de cycles solaires plus intenses dans le passé.Par ailleurs, les cher- image du Soleil vue aux rayons X, dans un domaine spectral où le Soleil émet normalement peu ou n’émet pas.Les régions brillantes indiquent un plasma surchauffé à des températures dépassant 2 000 000 de degrés Kelvin, à la suite de la libération de l’énergie entreposée à l’origine sous la forme de champ magnétique.doute l’étoile la plus observée, surtout depuis l'apparition des premiers télescopes.Dès le 17e siècle, des astronomes observaient les taches solaires.Ces zones relativement sombres qui apparaissent temporairement témoignent d’un champ magnétique intense.Aujourd’hui, les astrophysiciens ont compris que le Soleil est le siège d’autres phénomènes localisés, variables dans le temps et contrôlés par des champs magnétiques puissants.Paul Charbonneau, titulaire de la nouvelle Chaire en astrophysique stellaire, s'intéresse particulièrement aux effets possibles de l’activité solaire sur le climat terrestre.24 JB DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2007 Des orages peu communs Le vent solaire, ce flux d’électrons et de protons qui s’échappe en permanence du Soleil dans l'espace interplanétaire, s’intensifie au moment des périodes d'activité solaire maximale.En arrivant près de la Terre, le vent provoque des variations brutales de l’intensité du champ magnétique terrestre.Les aurores boréales constituent la manifestation la plus courante et la plus spectaculaire d’un orage géomagnétique.De façon plus embêtante, de tels orages bouleversent les communications radio, surchargent les lignes électriques à haute tension et perturbent les orbites de satellites en basse altitude.sée par la présence de plages très brillantes associées à une hausse du nombre de taches solaires », explique ce professeur de physique de l’Université de Montréal.Bien que les satellites ne mesurent actuel- cheurs notent une hausse du rayonnement ultraviolet au maximum de l’activité solaire.« Causée par des éruptions solaires plus nombreuses, cette forte concentration de rayons UV chambarde l'équi- libre chimique en haute atmosphère.L'activité stellaire pourrait même affecter la formation de nuages «explique Paul Charbonneau.Comment le Soleil module-t-il le climat?L’effet se révèle-t-il important ou plutôt nul?« Il est trop tôt pour répondre », avoue le chercheur, qui tente d’abord de comprendre les mécanismes physiques gouvernant l’activité solaire.Mais il espère que ses travaux serviront à l’élaboration de modèles climatiques.«Ainsi, les climatologues pourraient prévoir les variations à long terme de l’activité solaire et, en conséquence, la concentration d’énergie arrivant sur la Terre, déclare l'astrophysicien.Et des organismes tels la NASA ou Hydro-Ouébec pourraient anticiper les prochains orages magnétiques.» Cependant, de tels modèles ne sont pas faciles à réaliser.Les influences de l’activité solaire ne se font sentir qu’à long terme, « sur des millénaires », précise Paul Charbonneau.Ainsi, le chercheur doit étudier les archives historiques d’observations datant de 400 ans et « consulter» les calottes glaciaires qui emprisonnent depuis 5 à 6000 ans les poussières radioactives.Et ensuite, il faudra développer les logiciels permettant de traiter toutes ces données! NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Chaires de recherche du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte. SOURCE : ENCYCLOPÉDIE VISUELLE DU CORPS HUMAI N/GALLIMARD SCIENCE MTS et cancer VIH, syphilis, chlamydia, herpès, gonorrhée.C’est bien connu, les relations sexuelles non protégées peuvent entraîner tout un lot de virus et de maladies.Cependant, peu de personnes savent qu’elles peuvent aussi causer le cancer.Et pourtant, depuis le début des années 90, plusieurs recherches ont lié le virus du papillome humain, un virus transmis sexuellement, au cancer du col utérin.« À l'heure actuelle, les preuves qui lient ce virus au cancer du col sont beaucoup plus fortes que celles qui lient la cigarette au cancer du poumon», fait valoir le Dr François Cou-tlée, professeur titulaire au Département de microbiologie et immunologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur boursier du Fonds de recherche en santé du Québec.Selon les publications, plus de 60 p.100 des femmes sexuellement actives acquièrent le virus du papillome humain, couramment appelé HPV [Human papilloma virus), au cours de leur vie.« En réalité, c’est probablement 100 p.100 », avance le Dr Coutlée.Il ne faut pas prendre peur pour autant.Une minorité de femmes infectées par le HPV développent des lésions précancéreuses ou cancéreuses.Dans son laboratoire de l’Hôpital Notre-Dame, le Dr Coutlée cherche à comprendre pourquoi certaines femmes arrivent à se débarrasser naturellement du virus alors que d’autres développent un cancer.« Un des facteurs est le type de HPV et le variant en cause.En effet, on sait qu’il existe au-delà d’une centaine de types du HPV et plusieurs dizaines de variants par type.Certains sont plus virulents que d’autres et causent plus de dommages.» Le fait d’avoir été exposées à d’autres maladies transmises sexuellement est aussi un que le virus de la chlamydia pouvait opérer en collaboration avec le HPV pour générer des tumeurs.« Nous ne savons pas encore comment la chlamydia coopère avec le HPV.Mais nous savons qu’elle peut agir comme co-facteur.» Un autre co-facteur soupçonné par les chercheurs est le tabagisme.Pour l’instant, il n’existe aucun traitement spécifique Cancer du col de Tiitérus Tumeur cancéreuse au point un vaccin qui ciblerait la protéine de la capside du HPV.S’il est efficace, ce vaccin pourrait non seulement servir à prévenir l’infection, mais aussi agir comme agent immunomodulateur dans le traitement.L'utilisation d’un vaccin présente toutefois des inconvénients.Tel que mentionné, il existe une centaine de souches du virus HPV.Si l’on mettait au point un vaccin, celui-ci en ciblerait quatre, tout au plus.« Évidemment, on choisirait les souches les plus fréquentes.Mais en supprimant ces souches, on pourrait favoriser les autres.Le problème resterait entier.» Cependant, le Dr Coutlée demeure optimiste : « Il est possible que les souches les plus virulentes ne soient simplement pas remplacées.Il faut voir.Par ailleurs, nous avons la facteur qui rend les femmes plus vulnérables au développement de cancers du col utérin.« Les femmes porteuses du VIH sont particulièrement à risque, précise le chercheur.Leur système immunitaire n'arrive pas à combattre le virus de façon efficace.» L’équipe du Dr Coutlée a également mené une étude pour évaluer si des co-facteurs seraient enjeu dans le développement de lésions cancéreuses.« Nous savons que le HPV cause le cancer car il immortalise les cellules, mais nous savons également que d'autres facteurs sont nécessaires pour boucler le processus de transformation cellulaire.» Jusqu’à maintenant, les chercheurs ont découvert Human papilloma virus.contre le HPV.« Il est impossible de cultiver le virus in vitro.Ceci complique considérablement les choses, pour le développement d’un antiviral, par exemple.» Mais tous les espoirs ne sont pas perdus.Des multinationales travaillent activement à mettre chance extraordinaire d’essayer de prévenir un cancer grâce à un vaccin.Cela vaut la peine d’essayer.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.25 DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 SANTE ASTRONOMIE À la recherche de naines brunes 26 Avec les nouveaux équipements à infrarouge sophistiqués dont il disposera d’ici quelques semaines, l’Observatoire astronomique du mont Mégantic (OMM) deviendra l’un des établissements de pointe, à l’échelle mondiale, pour la recherche de naines brunes.« Les naines brunes sont des “ étoiles manquées ”, explique Pierre Bastien, professeur à l’Université de Montréal et directeur de l’OMM.Elles sont plus grosses que des planètes, mais trop petites pour entrer en réaction nucléaire comme les étoiles.Elles constituent donc en quelque sorte un chaînon entre ces deux types d’objets célestes, ce qui les rend très intéressantes pour la science.» Comme elles n’émettent pas de lumière dans le spectre visible, les naines brunes ne peuvent pas être détectées par les télescopes conventionnels.Il faut se servir d'une caméra infrarouge, capable de déceler les radiations thermiques qu’elles produisent.L’OMM, exploité conjointement par l’Université de Montréal et l’Université Laval, a été le premier observatoire au Canada doté d’une telle caméra.Depuis 1991, cet appareil, couplé à un spectro-mètre infrarouge, a permis de découvrir plusieurs naines brunes.Mais moins que ce à quoi on s'attendait.Grâce à un important financement de la Fondation canadienne pour l'innovation et d’autres partenaires, toute l’infrastructure de l’Observatoire est graduellement mise à jour depuis 1998 : télescope, coupole, salle de contrôle et système instrumental permettant l’usage des technologies les plus modernes.Avec une nouvelle caméra infrarouge, en partie conçue et montée à l’Université de Montréal, et à la suite du rehaussement des capacités du spectromètre, les chercheurs s’attendent à découvrir beaucoup plus d'objets célestes rares qu’auparavant, notamment des naines brunes.« Les nouveaux équipements nous permettront d’avoir dès cet été les premières images d’objets encore jamais repérés », assure René Doyon, responsable des pro- grammes de recherche dans l'infrarouge.L’équipe de M.Doyon, quia mis au point la caméra avec l’aide de l’Institut national d'optique, a poussé le design technologique au point défaire de cet instrument l’imageur infrarouge couvrant le plus large champ céleste au monde.La caméra peut voir la Lune au complet dans une seule image, alors qu’une image fournie par le télescope Gemini de l’Observatoire d’Hawaï, à titre d’exemple, n’en couvrirait qu’une fraction (environ 1/225).Ce large champ favorisera grandement l’exploration du ciel.Là où il faudrait 900 images de Gemini pour découvrir une naine brune, selon la probabilité de dispersion de ces objets dans l’espace, la caméra panoramique de l’OMM ferait mouche à toutes les quatre images.Quant au spectromètre du mont Mégantic, l’un des premiers qu’on ait utilisés dans l’infrarouge, il permet la classification des objets découverts par la caméra.En décomposant le rayonnement infrarouge dans ses différentes longueurs d’ondes, comme les spectromètres traditionnels le font dans le spectre visible, il obtient la signature particulière de chaque corps céleste.L’unicité de cet instrument vient du fait qu’il peut fournir jusqu’à une centaine de spectres à la fois et qu'il couvre un vaste domaine spectral, permettant ainsi des mesures d’une très grande précision.À ces équipements de pointe qui contribuent à la position stratégique de l’Observatoire du mont Mégantic pour la cartographie des naines brunes, s’ajoute un facteur naturel non négligeable : les longues nuits froides de l’hiver québécois.« De la même façon que la présence de lumière rend difficile l’observation des étoiles le jour, toute source de chaleur constitue une interférence dans la détection à l'infrarouge », précise René Doyon.Une bonne nuit à -30 °C, rien de mieux pour découvrir de la matière sombre! LOUISE DESAUTELS Découvrir remercie la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | DÉCOUVRÎr f Bottinli recherche 2002-2003 OUI FAIT QUOI V en science et en technologie Un outil indispensable - et simplifié 2200 organismes scientifiques et adresses Internet 192 pages d'information utile Une vitrine pour les décideurs d'aujourd'hui et de demain! Pour trouver un emploi dans votre domaine Pour trouver des partenaires d'affaires Pour faire connaître votre entreprise Pour rejoindre des gens qui partagent vos champs d’intérêt Pour repérer les spécialistes qui répondront à vos questions Pour diffuser vos résultats de recherche Pages blanches Les coordonnées complètes de 2000 organismes de culture scientifique par ordre alphabétique cessibles pour 125 disciplines pements et sociétés ent ou de recherche ementales et sociétés d'État Pages vertes Dix incjfx paginés, des références Index des sigles des institutions Index des associations, ordres, regrj Index des établissements d'enseig Index des ministères, agences gouv Index des organismes consultatifs Index des organismes de culture scienfl^que Index des organismes subventionnaires et des fondations Index des organismes de soutien à l'inno\^tion et aux transferts technologiques et de connaissances Index des médias et éditeurs de livres savan Index des organismes de recherche ou de R-D Pour commander le Bottin de la recherche 2002-2003, remplir et poster cette partie.Prénom-Nom - Adresse -Ville- Province_________________Code postal-Téléphone- Je désire recevoir_______copie(s) du Bottin de la recherche 2002-2003 au coût unitaire de : Québec :36,86 $ (30,00 $ + 2,05 $ expédition + 2,24 $ tps + 2,57 $ tvq) Nouveau-Brunswick / Nouvelle-Écosse /Terre-Neuve 36,85 $ (30,00 $ + 2,05 $ expédition -1- 4,80 $ tvh) Ailleurs au Canada : 34,29 $ (30,00 $ + 2,05 $ + 2,24 $ tps) Hors Canada : 40,20 $ (30,00 $ +10,20 $ expédition) Retournez ce coupon à : Association francophone pour le savoir - Acfas 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 2001 / 21 cm X 27,5 cm /192 pages/ ISSN 1498-5845 Paiement : ?par chèque ou mandat-poste à l'ordre de l'Acfas ?par carte de crédit ?Visa ?Master Card ?American Express N° de carte I_^^^_______I____i_^___I__^^^________^—1—^^—i—^— Date d'exp___________________Nom du titulaire - Signature_____________________________________________________________ Prière de joindre votre paiement au bon de commande.Facturation sur demande.N° d'enr.TPS R106728280 N° d'inscr.TVQ 10-0608-7015 Tél.: (514) 849-0045 / Téléc.: (514) 849-5558 — decouvrir@acfas.ca / www.acfas.ca Acfas O1 CIENCE L’éthique de A à Z Jusqu’à présent, les progrès dans la connaissance du génome humain, animal ou végétal, ont toujours très largement devancé les réflexions éthiques quant aux questions qu’ils soulevaient.À l’heure où des milliers de scientifiques dans le monde manipulent des échantillons d’ADN, les spécialistes de l’éthique sont loin d’avoir décortiqué toute la portée de telles recherches, tant du point de vue pratique ou légal que sur un plan philosophique ou religieux.Comment peut-on, par exemple, gérer les banques d’ADN de manière à sauvegarder la confidentialité des individus ou des communautés fournisseurs des échantillons, sans pour autant entraver le travail des chercheurs?Comment les médecins doivent-ils traiter l’information génétique au sujet de leurs patients?Faut-il surveiller la recherche en génomique?Comment, compte tenu des connaissances actuelles, définissons-nous un être vivant : une espèce végétale ou animale?Pour répondre à ces innombrables questions, éthi-ciens, juristes et philosophes doivent, comme les biologistes, s'organiser en réseaux de recherche et disposer de moyens pour mener à bien leurs projets.Dans cette optique, Génome Québec a confié à Bartha Maria Knoppers, professeure de droit, spécialiste du génome humain à l’Université de Montréal, présidente du comité d’éthique de l'Organisation du génome humain et titulaire d’une Chaire Canada en droit et en médecine, la direction d’un vaste projet de recherche intitulé « La génomique dans la société : responsabilités et droits», qui dispose d’une subvention de 2,7 millions de dollars.Onze équipes de recherche, provenant de six universités québécoises, se partagent le travail.En plus de coordonner le projet, Bartha Maria Knoppers réfléchit aux questions reliées à la gestion des banques d’ADN, à la collecte des informations liées à leur éventuelle commercialisation, au maintien de l’anonymat et aux risques reliés à l'accès à ces banques, par exemple par des compagnies d’assurance.Avec Béatrice Godard, également membre du Centre de recherche en droit public (CRDP) de l'Université de Montréal, elle tente par ailleurs d'élaborer un code d’éthique pour encadrer la divulgation d’information génétique par des médecins à des patients issus de familles à risques.Suzanne Philips Noo-tens, professeure en droit des personnes et droit de la santé à l’Université de Sherbrooke, se penche, elle, sur la responsabilité professionnelle des médecins cliniciens et des chercheurs à l’égard de leurs patients ou de leurs sujets de recherche.D’autres projets portent également sur la réglementation et les impacts éthiques des biotechnologies animales et végétales, sur l’analyse du point de vue des 28 médias et de l'opinion publique, sur la génétique et sur le consentement des individus dans la recherche sur ce sujet.En parallèle, des membres du réseau mettront sur pied deux sites Web destinés à fournir de l’information au grand public et aux spécialistes sur les enjeux éthiques et sociaux de la génétique.Sous la responsabilité de Denise Avard, du CRDP, l’équipe de recherche a déjà mis en ligne le site Web HumGen, une banque de données internationale sur les aspects juridiques, sociaux et éthiques de la génétique humaine, destinée en priorité aux personnes qui élaborent des politiques publiques dans ce domaine.Un deuxième site Internet sera coordonné par Lyne Lé-tourneau, professeure au Centre de recherche en biologie de la reproduction à l’Université Laval.Baptisé TransGen, il traitera des questions scientifiques, déontologiques et juridiques entourant la manipulation génétique des plantes et des animaux.VALÉRIE BORDE Découvrir remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de ta publication de ce texte.DECOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 ILLUSTRATION : JACQUES COLDSTYN Un institut unique au monde Qu'ont en commun la schizophrénie, l’alcoolisme et la maladie de Parkinson?Plus qu’on pourrait le croire, semble-t-il, puisque pour les étudier, les Instituts de recherche en santé du Canada ont créé, en juillet 2000, l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT), qui s’intéresse, à lui seul, à la recherche sur ces trois maladies et bien d’autres encore.«L’INSMT est un modèle unique au monde, déclare son directeur scientifique, Rémi Ouirion.En comparaison, les National Institutes of Health des États-Unis, par exemple, ont créé sept à huit instituts différents pour couvrir tous ces domaines.» Mais pourquoi favoriser le regroupement de secteurs de recherche en apparence si différents?« Parce que les mêmes systèmes physiques se trouvent souvent en cause dans tous ces troubles de la santé », de répondre le Dr Ouirion.Par exemple, une insuffisance de dopamine dans le cerveau cause la maladie de Parkinson, alors qu’une concentration élevée de cette même substance chimique produite par les neurones caractérise la schizophrénie.La variation de la quantité de dopamine entraîne également des problèmes d’accoutumance aux drogues, à l'alcool, au tabagisme, au jeu et même à l’activité sexuelle.« L'INSMT veut stimuler la collaboration entre les différents experts travaillant sur ces maladies », précise ce professeur de psychiatrie du Centre de recherche de l’Hôpital Douglas de l’Université McGill.Ainsi, l’Institut épaulera en priorité les équipes de recherche qui tenteront de mieux comprendre les processus de dépendance à la nicotine et leur lien avec les autres drogues.La recherche sur de nouvelles méthodes de dépistage, de diagnostic et de traitement des maladies du cerveau sera aussi à l’honneur.« Aujourd’hui, il faut souvent deux à trois ans avant de détecter la dépression ou l’épilepsie,explique le Dr Ouirion.Nous croyons que des méthodes d’imagerie du cerveau, des analyses généti- ques ou de meilleurs tests psychologiques pourraient accélérer le diagnostic et di-minuerainsi le nombre de rechutes.» Par ailleurs, le secteur de la médecine régénératrice retient également l’attention de l’INSMT.À la suite de la découverte du potentiel des cellules souches et du développement des nanotechnologies, les scientifiques peuvent maintenant envisager de réparer une moelle épinière coupée à l’occasion d’un accident d’auto, ou encore, créer des cornées artificielles.Enfin, autre exemple : il est rare qu’un patient souffrant de dépression n'éprouve pas SCIENCE d’autres ennuis de santé.Ainsi, l’incidence de la dépression augmente chez le patient diabétique ou cardiaque, chez l’aveugle ou le toxicomane.L’INSMT encourage les chercheurs à étudier ces co-morbidités afin d’améliorer le traitement et la qualité de vie des personnes souffrant de maladies multiples.Parallèlement à ces priorités de recherche, l’Institut entend également développer des domaines peu étudiés au Canada et pour lesquels il existe des occasions intéressantes de recherche.Par exemple, deux équipes de scientifiques viennent d’être formées à Montréal et à Toronto pour travailler sur la modélisation par ordinateur de l'activité cérébrale.D’autres équipes se pencheront sur le syndrome de l’alcoolisme foetal, l’effet placebo et les problèmes de discrimination envers les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, de l’épilepsie ou de la schizophrénie.Enfin, l’INSMT entend canaliser énergies— et financement — vers le développement de la prochaine génération de scientifiques : des chercheurs intéressés autant à la recherche fondamentale qu’aux études cliniques, tout en étant calés en éthique, en droit et en sciences sociales.Un défi à la mesure du modèle unique de l'Institut! NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Instituts de recherche en santé du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.| DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002~J SANTE *c / • * + * FACE A FACE killefer LOUISE DESAUTELS En 1998, lorsque le chercheur de réputation internationale Louis Taillefer a délaissé VUniversité McGill pour passer à TUniversité de Toronto, les médias ont crié à Vexode des cerveaux.Maintenant qu’il réintègre le Québec, on se réjouit à VUniversité de Sherbrooke d’avoir récupéré non seulement un scientifique brillant, mais aussi un homme de cœur.baptisée Les Enfants de la Tferre.« Ma femme et moi sommes même engagés dans le réaménagement du bâtiment de cette école Steiner », souligne-t-il.Raphaël, 7 ans, y suit désormais le programme d'apprentissage basé sur la pédagogie Waldorf, où les arts et la nature sont à l'honneur.Charlotte, 5 ans, y rejoindra son grand frère cette année.Pas question de le contester, Louis Tâillefer possède une intelligence supérieure, qu’il a mise avec succès au service de l'exploration de la matière à l’échelle des électrons.En témoignent, entre autres, son statut actuel de directeur du programme de supraconductivité de l'Institut canadien de recherches avancées et de titulaire d'une chaire de recherche pourvue d'un budget de 1,4 million sur sept ans, ainsi qu’une publication récente dans Nature où il fait mentir une loi de la physique vieille de 150 ans! Mais son cerveau n'est pas seul à bord! Il suffit de rencontrer le (physicien de 42 ans pour se demander pourquoi les jour-(nalistes, jadis, n'ont pas aussi crié à l'exode des cœurs ou à celui de l'originalité et de l'esprit d'équipe.Un exemple, côté cœur : pour expliquer son retour au Québec, Louis Tâillefer n'invoque pas seulement la possibilité de poursuivre ses recherches fondamentales à l'Université de Sherbrooke, tout en maintenant ses colla-jborations nationales et internationales; il insiste sur une raison familiale, bien éloignée de toute considération scientifique, soit son désir d'offrir à ses enfants un mi-(lieu scolaire francophone et « alternatif ».Deux caracté-(ristiques que possède une petite école publique de l'Estrie, De l’étable au labo La famille a donc élu domicile en Estrie, une région que ce Montréalais connaît bien pour y avoir passé les étés de son enfance, ses parents ayant eu une résidence secondaire à Bonsecours, près de Valcourt.Mieux, dans ce patelin situé entre Granby et Sherbrooke, Louis Tâillefer a déjà exercé le métier de fermier! De façon sérieuse — pendant un an — après avoir décroché du cégep.« C'est une des plus belles expériences de ma vie », affirme-t-il.Pour lui, interrompre ses études a été l'occasion de mieux se connaître et de découvrir, à sa propre surprise, que le travail purement intellectuel lui manquait.Sans se soucier du discours dominant, le scientifique recommande d'ailleurs une telle interruption à tous les étudiants qui sentent le besoin de se frotter à d'autres réalités, que ce soit en travaillant ou en voyageant.Là ne s'arrêtent pas ses réflexions souvent à contre-courant.Lorsqu'on lui demande s'il aimait les sciences à l'école, Louis Tâillefer grimace.« Franchement, au secondaire, ce qui m'intéressait, c'était de réaliser des projets comme monter une pièce de théâtre ou créer une bande dessinée.Dans les cours de science, même au 31 DÉCOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTOS : YVES MÉDAM FACE A FACE cégep, je m'ennuyais car tout semblait déjà résolu, expliqué : il n'y avait aucun défi.» Sa curiosité pour la mécanique des choses et ses bonnes notes en général l’ont tout de même incité à emprunter un parcours scolaire en sciences pures.Entré à l'Université McGill en génie minier, en 1979, le jeune Tàillefer change rapidement de programme et trouve finalement sa niche, la physique.Quant à ses emplois d’été dans un laboratoire de l'Université de Colombie-Britannique, obtenus grâce à des bourses du CRSNG, ils lui donnent la piqûre de la recherche fondamentale.Son bac en poche, Louis Tàillefer hésite entre deux établissements prêts à le recevoir comme étudiant diplômé : Harvard (É.-U.) et Cambridge (G.-B.).Il opte finalement pour ce dernier et y obtient son doctorat en 1986, avant de poursuivre ses travaux, sur place, au postdoctorat.C'est au cours de ce premier postdoc qu'il attire l'attention des bonzes de la physique des électrons, en fabriquant des cristaux d'un métal fait d'uranium et de platine (UPt3) d'une pureté jamais atteinte, puis en réalisant sur eux des mesures inédites.« Son étude, qui est la première, demeure la plus complète du genre.C'est un classique en la matière », reconnaissait l'Association canadienne des physiciennes et physiciens (ACP) en 1998, dans le communiqué annonçant la remise à Louis Tàillefer de la médaille Herzberg.Cette médaille était alors décernée chaque année par l'ACP à un physicien de moins de 40 ans, en reconnaissance de sa contribution scientifique exceptionnelle.« Je les appelle mes cristaux de Noël parce que, en décembre 1985, après un court mais assez troublant séjour touristique en URSS, alors en pleine guerre froide, je suis retourné dans mon laboratoire déserté par tous les autres chercheurs pour le temps des Lêtes.Et c'est là que j'ai réussi à produire ces monocristaux d'UPt3.» Lameux cadeau de Noël! La connaissance qu'il acquiert ensuite sur le comportement des électrons dans ce métal supraconducteur lui ouvrira les portes des grands laboratoires.Les températures de la supraconductivité Le monde de la physique de la matière est à cette époque en pleine révolution.En effet, en 1986, des physiciens ont mis au point un matériau qui devient supraconducteur dans des conditions très différentes de celles des matériaux connus jusque-là.La supraconductivité n'est pourtant pas un phénomène nouveau.Découverte au début du siècle dernier, elle survient normalement lorsqu'on abaisse la température de certains matériaux à un niveau très bas, près du zéro absolu, qui s'établit à -273 C.Ces matériaux, par exemple l'aluminium, n'opposent alors plus aucune résistance au passage de l'électricité, contrairement aux fils électriques conventionnels.Ils ne dégagent aucune chaleur et ne perdent donc pas d'énergie; mis en boucle, ils sont capables de laisser circuler toute impulsion en un mouvement sans fin.La révolution de 1986, venue de Suisse, est l’atteinte d’un état supraconducteur à la température de -238 °C, soit plusieurs degrés au-dessus de tous les matériaux jusque-là aptes à la supraconductivité.La matière capable d’une telle prouesse?Des composés d'oxyde de cuivre baptisés « cuprates ».En variant la recette, on peut aujourd’hui atteindre la supraconductivité à une température d'environ -150 °C, ce qui laisse croire qu'on obtiendra un jour des matériaux capables de transporter l'énergie sans résistance à la température ambiante, donc sans être d’abord refroidis par de coûteux équipements.Quand on sait qu’une ligne conventionnelle de 735 kV qui court sur 300 km peut perdre plus de 2 p.100 de sa puissance sous forme de chaleur à cause de la résistance, on imagine les enjeux économiques rattachés aux matériaux supraconducteurs.32 dIcOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | FACE A FACE Louis Taillefer a attiré l’attention des bonzes de la physique des électrons en fabriquant des cristaux d’un métal fait d’uranium et de platine d’une pureté jamais atteinte.Les miracles de la conduction sans résistance dans les cuprates se produisent pourtant à l'aveuglette, sur des bases entièrement empiriques.« Ce qui permet la supraconductivité dans ces matériaux reste un mystère quasi total », rapporte Louis Tdillefer.Son objectif, et celui de nombreux physiciens depuis 15 ans, est de comprendre et de démontrer les mécanismes qui sont alors en jeu, à l'échelle nanométrique.Et le chercheur ne compte pas y arriver en solo.À l'Université de Sherbrooke, où il vient d'obtenir une chaire canadienne de recherche bien financée, il se joint à des scientifiques qui cherchent eux aussi à élucider le comportement des électrons dans les nouveaux matériaux.« Le département compte des expérimentateurs comme moi ainsi que des théoriciens, qui élaborent des modèles cohérents et émettent des idées innovatrices qui nous inspirent et nous guident.Pour moi, échanger avec d'autres chercheurs est primordial.» C’est cet esprit d’équipe qui l'a amené, en 1992, à l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA), un réseau de scientifiques provenant de diverses universités canadiennes.Le programme de supraconductivité de l'ICRA, sous la direction de Louis Tfiillefer depuis 1998, compte à lui seul une trentaine de chercheurs qui, tout en poursuivant des travaux dans leurs laboratoires universitaires respectifs, mettent en commun idées et matériel.« Ce sont eux mes véritables collègues », glisse le physicien, qui retrouve d'ailleurs à Sherbrooke trois membres de l’ICRA.Publier dans Nature Lorsqu’il signe un article, Louis Taillefer indique ses deux appartenances : l'ICRA et l'université où il travaille.Ce sera bientôt Sherbrooke, mais auparavant, ce furent Tôronto (1998-2002) et McGill (1992-1997).En décembre dernier, Nature comportait un article ainsi signé.et qui n'est pas passé inaperçu.En effet, Louis Taillefer et les stagiaires postdoctoraux de son laboratoire de l'Université de Tôronto y faisaient mentir une règle de base de la physique, vieille de 150 ans : la loi Wiedemann-Franz.Celle-ci fonctionne pour toute matière testée depuis des décennies.Elle établit que les matériaux qui, à basse température, sont capables de transporter l'électricité, sont capables de conduire la chaleur avec la même facilité, parce que les deux fonctions sont assumées par la même entité, l’électron.Depuis la découverte des cuprates, qui deviennent supraconducteurs à une température relativement élevée (entre -238 "C et -150 C), la communauté des physiciens soupçonne que l’électron perd son intégrité, dans ces matériaux.Mais aucun d’eux n’a pu le démontrer.avant Louis Taillefer et ses tech-1 niques instrumentales inventives! Le cher-3 cheur a trouvé une façon de savoir que le transport de la chaleur, dans les oxydes de cuivre, ne coïncide pas avec le transport de la charge électrique.Cette expérience appuie l’idée que l'électron, qu'on se représente classiquement comme une particule chargée qui circule librement dans le matériau, se séparerait en deux composantes, dont l'une seulement transporterait la char-§ ge électrique.« Notre conclusion remet car-^ rément en question le concept même d'électron comme excitation élémentaire dans les cuprates », assure M.Taillefer.Aujourd’hui affairé à monter son nouveau laboratoire à l'Université de Sherbrooke, Louis Tùillefer n'a rien perdu de l’originalité et des compétences en physique expérimentale qui lui ont valu à la fois l’épithète de « cerveau » et de nombreuses distinctions, notamment la bourse Steacie en 1998.Cette bourse est décernée par le Conseil de recherche en science et génie du Canada (CRSNG) pour favoriser l'avancement de scientifiques exceptionnels encore en début de carrière.?Cristaux de cuprates, des supraconducteurs à haute température.DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTO : © MARKTOMALTY / MASTERFILE La science TEXTES DE DOMINIQUE FORGET Lorsqu'on demande à François Péronnet dans quelle branche il travaille, le directeur du Département de kinésiologie de l'Université de Montréal prend soin de choisir ses mots.« Au Québec, si je dis que je fais de la recherche en kinésiologie, à peu près personne ne sait ce dont je parle.J'utilise plutôt les termes “activité physique” ou “médecine sportive”.» Et pourtant, la kinésiologie est une science bien vivante ayant des impacts considérables sur les plans de l'économie, de la santé et de l'éducation.Elle aurait avantage à être mieux connue.Jusqu’au début des années 80, peu de gens s'intéressaient à ce domaine outre les éducateurs physiques, formés pour travailler dans les écoles.Aujourd'hui, les sciences du mouvement, regroupées sous l'appellation « kinésiologie », rassemblent des gens qui étudient en biochimie, en psychologie, en médecine, en nutrition, en physiologie et même en sociologie.Leur point d'intérêt commun : autant les individus qui pratiquent l'activité physique pour atteindre le bien-être que les sportifs de haut niveau qui visent la performance.À l'Université McGill, les chercheurs en kinésiologie travaillent surtout au Centre de recherche sur le hockey, financé par Bauer Nike Hockey et le CRSNG.Certains de leurs collègues s'intéressent aux effets de l'activité physique sur le coeur et les poumons, ou encore, à l'apprentissage moteur chez les enfants qui souffrent de déficiences physiques.Du côté de l'Université Laval, les chercheurs se penchent sur des problèmes tels que l'obésité ou le contrôle moteur des patients atteints de la maladie de Parkinson.Une autre équipe 34 DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | DÉcouvRir LA REVUE DE LA RECHERCHE ABONNEZ-VOUS maintenant et ÉCONOMISEZ 20 % sur le prix en kiosque ! - L’abonnement d’un an comprend : La science vulgarisée dans 5 numéros remplis de nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux sociaux, économiques, culturels et politiques.+ le Bottin de la recherche répertorie plus de 2000 organismes scientifiques, plus de 1500 adresses Internet dans 125 disciplines.v J DËCOIJVRir Cotisation de membre de l’Acfas incluse ?Nouvelle adhésion ?Renouvellement ?Changement, correction Nom Prénom Établissement/entreprise Département/division Adresse ?au travail ?À domicile Rue Ville Code postal Téléphone ?au travail ?à domicile adresse électronique Statut ?CHERCHEUR-SE ATTITRÉ-E ?PROFESSEUR-E ?ADMINISTRATEUR-TRICE O PROFESSIONNEL-LE ?Chargé-e de cours ?Journaliste-relationniste ?Étudiant-e (joindre photocopie de la carte d’étudiant' ?Institution ?Autre Sexe ?féminin ?masculin Domaine d’activité (discipline et spécialisation) Cotisation-abonnement tan 2 ans (toutes taxes incluses) RÉGULIER 48$ ?85$ ?ÉTUDIANT 27 $?48 $?INSTITUTION ET HORS CANADA 95 $ ?170$ ?Paiement ?Visa DMaster Card DAmerican Express DChéoue ou mandat-poste (à l’ordre de l’Acfas) ?Comptant NuméroI I I I I I I I I I I I I I I I I Date d’exp._______________________________ ?J’accepte ?Je refuse que mon nom et mes coordonnées soient inscrits dans la liste publique des membres de l’Association francophone pour le savoir - Acfas Découvrir-Acfas:Téléphone: (514) 849-0045 Télécopieur: (514) 849-5558 decouvrir@acfas.c; http://www.acfas.ca/decouvrir ACFAS 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 s’attaque aux s orts tente d'identifier les gènes responsables de la performance chez les athlètes de haut niveau.Le groupe de l'Université de Montréal est particulièrement actif grâce à ses 20 professeurs.Les sports extrêmes, les maux de dos, la psychologie du sport, les problèmes neuromusculaires et la pédagogie adaptée aux éducateurs physiques ne sont que quelques-uns des sujets abordés par les équipes.Et selon François Péronnet, il y a encore place à l'expansion.« Il reste tellement de questions à élucider dans le domaine du sport et de l'activité physique.Déjà, nous avons réussi à rehausser les performances sportives de nos athlètes et à améliorer la santé publique.Mais nous pourrions aller beaucoup plus loin encore.» Reste à savoir si les départements de kinésiologie recevront l'appui nécessaire à leur croissance.Parfois, ils sont boudés au profit d'autres départements soi-disant plus prestigieux.« Dans le domaine de la santé, tout le monde prêche la prévention par l'activité physique, souligne François Péronnet.Et pourtant, pour obtenir des fonds de recherche dans ce domaine, il faut se battre beaucoup plus fort que si l'on travaillait sur les maladies cardiovasculaires.» ?35 DÉCOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 «I « PHOTO : BERNARD BRAULT/IA PRESSE RECHERCHE Quand science rime " avec perform an ce Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus vite.Pour gagner un millimètre ou un centième de seconde, les athlètes sont prêts à tout.Car la différence entre une première et une deuxième place peut représenter des milliers, voire des millions de dollars en commandites.Pour créer de nouveaux champions, les pays industrialisés ont transformé le sport en une véritable science.Les psychologues, biomécaniciens, nutritionnistes et physiologistes tentent par tous les moyens de perfectionner les traits physiques, physiologiques et psychologiques des athlètes.Et dès qu'on pense avoir atteint les limites de la machine humaine, un autre record olympique est battu.Jusqu'où ira la course à la performance?D’ABORD, MUSCLER LE CERVEAU Lorsque Claude Sarrazin visite des terrains d'athlétisme, il demande souvent aux entraîneurs ce qui fait la différence entre les athlètes de premier niveau et ceux qui, malgré leur talent, n'arrivent pas à monter sur le podium.Presque toujours, on lui répond en se tapotant la tempe.Cela ne fait que confirmer ce qu'il sait depuis longtemps déjà : « La performance, c'est entre les deux oreilles que ça se joue.» Psychologue sportif et professeur au Département de kinésiologie de l'Université de Montréal, M.Sarrazin travaille avec des athlètes de calibre international.Son but : optimiser la performance.Au fil des ans, en étudiant le profil de champions sportifs, il a dégagé quelques constats.D'abord, ceux et celles qui réussissent le mieux ont généralement un plan stratégique.Ensuite, il a constaté que l'être humain est doté de huit « boutons de contrôle » qui peuvent être déréglés par le stress.Ce sont : la détente globale; l'activation de l'organisme; les comportements et attitudes non verbaux; la routine, c'est-à-dire la suite de gestes qui précèdent la compétition; la visualisation; l'attention et la concentration; la conhance sur le terrain; la pensée et les émotions.Si un athlète maîtrise le fonctionnement de ses boutons de contrôle, il sera en mesure de livrer sa meilleure performance, même sous les regards de la foule.Gordon Bloom, psychologue et professeur au Département de kinésiologie et d'éducation physique de l'Université McGill, abonde dans ce sens.« Le cerveau est comme un ordinateur, il peut être programmé.De la même façon qu'un athlète s'entraîne quotidiennement dans la salle de musculation, il doit exercer son cerveau.S'il n'est pas mentalement fort, le sportif ne livrera pas la marchandise.» Depuis un an, le professeur Bloom agit à titre de psychologue responsable des joueurs et des entraîneurs du club Canadiens de ‘f* v w \ V rr-v DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTO : ALLSPORT/ H.BLAIR RECHERCHE W Recherche sur le patinage.Montréal.« Le côté humain est parfois négligé par les athlètes et les entraîneurs.Or les études démontrent clairement que cette omission a des conséquences désastreuses sur Kinésiologue stagiaire qui aide une personne dans son entraînement en salle.la performance.C'est ce que j'essaie d'inculquer aux membres du club.» Son expérience au sein du club Canadiens a incité le professeur Bloom à se pencher sur le phénomène de la violence au hockey.« En interrogeant les hockeyeurs, je me suis rendu compte qu’il y avait certaines règles tacites à respecter en ce qui a trait aux bagarres.Par exemple, si tu es le pire joueur de ton équipe, tu ne vas pas t'en prendre à Wayne Gretzky.Seulement certains joueurs ont le mandat d'aller se battre, et pas avec n'importe qui.» Le psychologue a également étudié l'effet néfaste de la violence au hockey sur la société.« La violence se propage bien au-delà de la glace.À force de voir des hockeyeurs se battre à la télé, les spectateurs haussent leur niveau de tolérance.Cela banalise la violence.» Selon M.Bloom, il faut sensibiliser les hautes instances du sport à ces effets pervers.Mais le déh est de taille.«Thnt que la LNH persistera à croire que les bagarres font vendre des billets, nous aurons bien du fil à retordre.» NUTRITION : L’ÉTOFFE D’UN CHAMPION En période de tournoi, le champion de tennis Sébastien Lareau trouve à peine le temps de souffler.Au cours d'une seule journée, il peut se défoncer à l'entraînement le matin, disputer un match de simple l'après-midi et jouer en double durant la soirée.Comment les athlètes de ce calibre NUMÉRO 1999 / 2000 / 2001 / 2002 / Vous pouvez compter sur nous.Pour une quatrième année consécutive, le magazine LEXPERT/American Lawyer Guide to the Leading 500 Lawyers in Canada a désigné Smart &.Biggar comme étant le cabinet canadien qui compte le plus d'avocats et de plaideurs de premier plan dans le domaine de la propriété intellectuelle.Nous sommes fiers de cet honneur qui nous est fait une fois de plus et tenons à féliciter nos associés dont l’excellence du travail a ainsi été reconnue.SMART 8c BIGGAR Droit de la propriété intellectuelle de la technologie Montréal Ottawa Toronto Vancouver Edmonton smart-biggar.ca DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 RECHERCHE Séances d'entraînement au Cirque du Soleil.ggrjS j «t- •ir ^ • i» mm®' * + arrivent-ils à récupérer si rapidement entre les matchs?En partie grâce aux conseils de nutritionnistes.Professeure au Département de nutrition de l'Université de Montréal, Marielle Ledoux a évalué comment les boissons telles que Boost peuvent aider les sportifs à refaire leurs réserves énergétiques.On sait déjà qu'elles contiennent beaucoup de sucres, plus précisément des glucides.Ces derniers sont la principale source d'énergie utilisée par l'organisme au cours de l'activité sportive.Ils sont d'abord transformés en glucose par l'insuline, puis ils sont stockés sous forme de glycogène et consommés au moment de l'effort.« En donnant du glucose aux athlètes immédiatement après l'entraînement, alors que la concentration d’insuline est à son plus bas dans le sang, on peut accélérer la resynthèse et le stockage du glycogène, explique la chercheuse.Nous avons aussi constaté qu'une boisson maison, faite avec du jus d’orange et du lait, était aussi efficace que les boissons commerciales pour stimuler cette resynthèse.» Forte de ces résultats, elle a poussé ses recherches plus loin.« Je me suis dit qu'il y avait peut-être moyen de bénéficier du même processus pour favoriser le gain de masse musculaire.» Effectivement, en donnant des protéines aux athlètes qui venaient de terminer leur entraînement, elle a constaté que celles-ci étaient métabolisées par l'organisme pour être transformées en muscle, et ce, plus rapidement qu'en situation normale.Une de ses étudiantes de maîtrise, Stéphanie Côté, va maintenant reprendre le flambeau et évaluer la vitesse d'absorption des macronutriments composant les boissons de récupération.« Nous pourrons ainsi trouver la boisson la plus efficace», explique-t-elle.Selon Mme Ledoux, les entraîneurs accordent de plus en plus d'importance à l'alimentation de leurs athlètes.« C'est relativement récent, affirme-t-elle.Quand j’ai « Le côté humain est parfois négligé par les athlètes et les entraîneurs!.] Cette omission a des conséquences désastreuses sur la performance.» cordon Bloom ' ' >.C | DÉCOUVRIR [ SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTO : ALISPORT/ P.RONDEAU PHOTOS : ERIC PICHE Des étudiants diplômés en biomécanique exposent le fruit de leurs recherches.RECHERCHE commencé dans ce domaine, il y a 15 ans, peu de gens prenaient ma discipline au sérieux.Et pourtant, c'est fondamental.Par exemple, une de mes recherches a démontré que le tiers des athlètes de niveau provincial ou national souffraient de carences en fer.En négligeant leur nutrition, les athlètes compromettent leur performance.» Si l'on en juge par la liste d’entraîneurs, d'athlètes et même d’artistes du Cirque du Soleil qui consultent la chercheuse, le message a enfin atteint sa cible.QUE LE MEILLEUR ÉQUIPEMENT GAGNE! Dans son laboratoire de l'Université McGill, le professeur David Pearsall, biomécanicien, fait fonctionner un système qui ressemble étrangement à une guillotine.Du haut de deux montants verticaux, il laisse tomber une masse de magnésium qui vient rapidement s'abattre sur la base de l'appareillage.Un senseur permet de mesurer la force de l’impact.La masse métallique a-t-elle résisté au choc?Bien sûr, elle était protégée.par un casque de hockey.Réalisés en collaboration avec la compagnie Bauer Nike Hockey, les travaux du professeur Pearsall visent à boniher la sécurité des équipements de protection de hockey.Casques, protège-coudes, genouillères, tout y passe.« Autrefois, on procédait un peu à tâtons lorsqu'on développait des équipements sportifs.Aujourd’hui, c'est une véritable science.» En plus de s’assurer que les équipements de protection satisfassent les normes internationales, David Pearsall tente de mettre au point des patins et des bâtons de hockey toujours plus performants.En insérant un senseur dans la bottine de hockeyeurs à qui l'on demande de patiner sur une surface qui imite la glace, le biomécanicien arrive à comprendre comment le pied se déplace à l'intérieur du patin.« Nous cherchons à optimiser le design pour mieux profiter des forces naturelles du pied.Par exemple, lorsqu'on se déplace en marchant, 80 p.100 de notre propulsion vient de la flexion plantaire.En patin, cette force est perdue, car la semelle est rigide.On tente maintenant de développer des patins qui permettront une certaine flexibilité de la plante du pied.Ceci permettrait aux patineurs de se déplacer beaucoup plus rapidement.Déjà, Bauer Nike a sorti un modèle préliminaire qui a pris 100 p.100 du marché.» Ex-champion fondeur et cycliste, Pierre Harvey est ingénieur en mécanique.Lui aussi s'intéresse au développement d'équipements sportifs.« Quand j'ai assisté aux Olympiques de Salt Lake City, j'ai constaté que les fondeurs allemands glissaient beaucoup mieux que tous les En insérant un senseur dans la bottine de hockeyeursf.], le biomécanicien arrive à comprendre comment le pied se déplace à l’intérieur du patin.40 ^|~DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 PHOTO : ALLSPORT PHOTO : EVAN LIPSTEIN/MONGOOSE ALL-TERRAIN BOARDS RECHERCHE autres.Pour moi, c'était clair qu'ils avaient découvert un nouveau produit.Normalement, tout ce qui est utilisé par les athlètes lors des Jeux doit être disponible sur le marché.Mais ce n'est pas le cas.» Alors, l’équipement ferait-il le champion?« Rendu à un certain niveau, il est évident que l'équipement fait une différence, répond M.Harvey.Cependant, je pense qu'il y a beaucoup d'abus à ce sujet de la part des compagnies de marketing.Il faut comprendre qu'avant tout, c'est la bonne forme physique qui compte.Lorsque je vois monsieur et madame Ibut-le-monde s'équiper comme des pros alors qu'ils n'ont pas le Le sport, au péril de leur vie Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tous les athlètes de haut niveau ne rêvent pas de se rendre aux Jeux olympiques.Pour ceux et celles qui pratiquent des sports extrêmes comme le skating, le « stunt bike », l’alpinisme ou les expéditions d’aventure, faire partie d’une fédération sportive reconnue par le CIO est un carcan à éviter à tout prix.« Pour les adeptes de sports extrêmes, les règlements associés aux sports traditionnels sont une plaie, explique Suzanne Laberge, sociologue et professeure au Département de ki-nésiologie de l’Université de Montréal.Ils ne veulent surtout pas d’un entraîneur qui va leur dire quoi faire.Ils tiennent à faire les choses à leur manière.» Bien que quelques-uns soient commandités, la plupart des athlètes spécialisés dans les sports extrêmes ne retirent aucun bénéfice financier de leurs aventures.Alors, qu’est-ce qui les pousse à affronter la mort?« Beaucoup d’entre eux sont des passionnés de la nature et du plein air, avance la chercheuse.Par exemple, l’un des sujets que j’ai interviewés dans mes recherches faisait de l’escalade en solo.Se retrouver en équilibre avec le roc, en parfaite harmonie avec la nature, lui procurait un sentiment de bonheur total.Il atteignait un état de concentration presque surréel.Finalement, son aventure était très spirituelle.On note à peu près le même état d’esprit chez des gens comme Bernard Voyer, qui tentent de repousser les limites de l’être humain.» Mais les adeptes de sports extrêmes ne sont pas tous des marginaux.Dans une étude réalisée par une de ses étudiantes au doctorat, Suzanne Laberge a noté une forte présence de gens d’affaires dans les compétitions d’aventure.« Il s’agit d’épreuves qui durent une dizaine de jours, où des équipes de quatre personnes se retrouvent à mille lieux de la civilisation pour relever des défis sportifs qui dépassent l’entendement.» La professeure et son étudiante ont noté que les professionnels de la finance étaient particulièrement friands de ce genre de périple.« Les valeurs mises de l’avant dans les compétitions d’aventure s’approchent de la nouvelle culture d’entreprise.Dans les deux cas, il faut travailler en équipe et prendre des risques.» Les gens d’affaires chercheraient-ils à évacuer leur stress grâce aux sports extrêmes?Bien au contraire.Ces compétitions sont très stressantes.Les participants dorment peu et peuvent parfois perdre cinq kilos en dix jours.« Ils le font surtout pour la gloire, affirme Mme Laberge.Le beau côté, c’est que même s’il arrive dernier, l’homme d’affaires sera accueilli en héros par sa famille et ses collègues de travail.» 41 | DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2Q02~J| RECHERCHE temps de s'entraîner parce qu'ils sont trop occupés à travailler pour payer leur équipement, je me dis qu'ils feraient mieux d'enfiler leur vieille bécane ou leurs vieux patins et de se pointer le nez dehors.» LE TEST DE DOPAGE : L’ÉPREUVE ULTIME Stéroïdes, stimulants, hormones de croissance.Depuis nombre d'années, la pharmacologie a infiltré les programmes d'entraînement de plusieurs athlètes de haut niveau.Aujourd'hui, personne ne s'étonne quand un champion olympique se fait pincer pour dopage.Et plusieurs croient que l'esprit de loyauté qui entourait autrefois le sport est en voie de perdre la bataille.« Pas si vite!, s'exclame Christiane Ayotte.Les scientifiques responsables des tests de dépistage n'ont pas dit leur dernier mot.» Déjà, au début des années 80, la chercheuse travaillait à la mise au Détail du spectromètre de masse à haute résolution JEOL ^ ^ T Couchez-vous plus intelligent 42 Programme « Étalez votre science ».Production Icotopmc ications Zone science Samedi 17 h Animée par Frédéric Loiselle Télé-Québec telequebec.tv DECOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 RECHERCHE Iîïï?Préparation des échantillons et extraction des produits à analyser.point d'une méthode de dépistage des métabolites urinaires des stéroïdes anabolisants.« Les stéroïdes anabolisants sont des produits synthétiques qui imitent la testostérone, explique-t-elle.Ils ont un impact considérable sur la masse musculaire.» Pour évaluer si un athlète a triché à l'entraînement, inutile de rechercher les stéroïdes dans l'uri- ne : ils sont complètement métabolisés par le foie.« Nous avons dû identifier les principaux métabolites de chacun des stéroïdes.Puis, nous avons développé des méthodes d'analyse par chromatographie gazeuse et spectrométrie de masse afin de les détecter dans l'urine.» Coincés, les athlètes se sont alors tournés vers la testostérone pure ou d'autres hormones naturelles.« Du coup, les preuves sont devenues beaucoup plus complexes à établir.Puisque ces produits sont naturellement présents dans le corps humain, il ne suffit pas de les détecter.Il faut prouver que leur concentration est anormalement élevée.» Pour établir ce genre de preuve, Christiane Ayotte a dû travailler avec un laboratoire allemand et établir des distributions statistiques de la population.« Nous avons évalué la concentration de testostérone normalement retrouvée dans l'urine des athlètes, des hommes et des femmes, tout en tenant compte de facteurs comme la fatigue et le stress.» Mais la lutte n'est pas terminée.Le dopage génétique est vraisemblablement à nos portes.Aux États-Unis, le projet GENEATHLETE recense l'ADN de 350 athlètes mâles de calibre olympique.Il serait bientôt possible d'injecter aux athlètes des vaccins génétiques pour stimuler la croissance de leur masse musculaire.Les tests de dépistage pourront-ils suivre?« Les méthodes se raffineront.Nous surveillons constamment la littérature pour voir ce qui s'en vient, répond Christiane Ayotte.Nous, on fait notre job.Mais le Comité olympique et les fédérations sportives doivent faire leur part.Elles doivent augmenter la fréquence des tests et collaborer.Autrement, on donne des coups d'épée dans l'eau.» ?BIQuébec ^®AITS En collaboration avec Un hommage aux innovateurs de l’industrie des sciences de la vie et des technologies de la santé genesis Lauréats 2002 '< 2002 Theratechnologies Prix entrepreneurship / sciences de la vie Le Dr André de Villers, chef de la direction et vice-président du conseil d’administration de Theratechnologies reçoit le prix entrepreneurship / sciences de la vie de M.Francis Belido, président de SGF Santé, www.theratech.com Andromed Prix entrepreneurship / technologies de la santé M.Victor F.Lanzo, vice-président, Recherche et développement d’Andromed reçoit le prix entrepreneur-ship / technologies de la santé de M.Christian Wopperer, directeur développement des affaires, KM Technologies, www.andromed.com Procréa BioScience / Prix innovation M.François Schubert, président et chef de la direction de Procréa BioScience, reçoit le prix innovation de M.Charles Goyer, agent de brevet de la firme Gaudreau, Gage, Dubuc.www.procrea.qc.ca f QBiogène / Prix transfert-émergence M.Luc Péloquin, vice-président directeur général de Qbiogène reçoit le prix transfert-émergence de M.Jean-Maurice Plourde, président directeur général du Centre québécois de valorisation de la biotechnologie, CQVB.À sa droite, M.Jean-François Morin, vice-président t contrôleur corporatif chez QBiogène.www.qbiogene.com Atrium Biotechnologies / Prix exportation M.Richard Bordeleau, président d’Atrium Biotechnologies reçoit le prix exportation de Mme Anna Martini, associée de Samson Bêlai r Deloitte Touche.www.atrium-bio.com Prix Brio / Madame Clarissa Desjardins, vice-présidente de Caprion Pharmaceuticals Mme Clarissa Desjardins reçoit le prix Brio de M.Luc Bisaillon, premier directeur de marché et chef d’équipe, industrie des sciences et technologies de RBC Banque Royale du Canada.www.caprion.com '?fîj % Le prestigieux Cercle Excelcia accueille un nouveau membre Félicitations au Dr André de Villers, membre du conseil d’administration de Theratechnologies.Le Cercle Excelcia souligne la contribution exceptionnelle de décideurs au développement des bio-industries au Québec.Le Dr de Villers est entouré de M.Bertrand Bolduc, président de BIDQuébec et de Mme Suzanne Tining, sous-ministre adjointe, opération, Développement économique Canada.Partenaires www.bioquebec.com Notre passion, la vie AFFAIRES Goudreiu G.*- Dubuc KM tedmologiei _ _ __ SGF SamsonBélalr ., Deloitte BIOI IHf.’TTTT &Touche - découvrit PinîtPUMniocv IScience ¦ Dévoloppomont Canada Economie _ ¦WR économiqua Canada f Canada et Commerce Québec SS 43 | DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTPDDi: RECHERCHE A vos marques, prêts ****** Ecrasés devant la télévision ou l'ordinateur, consacrant des heures aux jeux électroniques, les jeunes n’ont plus la forme d’autrefois.Selon les observateurs, la condition physique des enfants et des adolescents est si mauvaise qu’elle pourrait sérieusement menacer leur qualité de vie à l’âge adulte.44 ^ DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | À TUniversité Laval, une équipe dirigée par le professeur Jocelyn Gagnon a a lancé le projet Recherche action, c qui vise à aider les jeunes à adopter un mode de vie plus actif à l’extérieur de l’école.« Selon Kino-Québec, la j RECHERCHE bougez, nom de Dieu ! proportion de jeunes obèses a augmenté de 64 p.100 au Québec au cours des 15 dernières années, indique le professeur Gagnon.En voyant ces chiffres, nous avons compris qu'il était temps d'agir.» L’équipe de chercheurs a travaillé en collaboration avec des éducateurs physiques pour développer des stratégies ayant pour but d'inciter les enfants à bouger.Le tout sous forme de jeux et de défis.Dans un cas, les élèves d'une classe gagnaient des points pour chaque heure d'activité physique réalisée durant les soirs et les week-ends.Dans un autre, une chasse aux trésors sur le thème de Harry Potter a été organisée.Les professeurs de l'Université Laval comptent évaluer l'efficacité des différentes stratégies et leur impact sur la santé des jeunes.« Éventuellement, nous aimerions publier un guide pour aider les éducateurs physiques à motiver leurs élèves.» SUPER-WOMEN?PAS SI SUPER QUE ÇA! « Je ne vais pas faire de l'activité physique deux ou trois fois par semaine, parce que je me dis que ça n'a pas de bon sens ! Ce que je ne ferais pas ces deux ou trois soirs-là, je me le taperais la fin de semaine, ou encore, je devrais me coucher à minuit.Autrement, les lunchs ne seraient pas faits.» Cette attitude face à l'activité physique est fort répandue chez les femmes, particulièrement chez les mères d'enfants et d'adolescents.Au cours d’une étude visant à mieux connaître les habitudes des femmes en matière d'activité physique, Suzanne Laberge, sociologue et professeure au Département de kinésiologie de l'Université de Montréal, a organisé quatre groupes de discussion réunissant des Québécoises de 25 à 44 ans.« Nous avons surtout interviewé des femmes dont le risque de sédentarité était élevé, soit celles ayant des enfants et un faible revenu.En effet, lorsqu'on peut se payer une femme de ménage, ça règle bien des problèmes.» En plus d'être épuisées par le cumul des tâches ménagères, les femmes interviewées arboraient un sentiment de culpabilité à l'idée de consacrer moins de temps à leurs enfants ou à leur mari.« Pour les super-women, la priorité, c'est les autres, résume Suzanne Laberge.Elles ont l'impression de devoir faire un choix entre leurs enfants, leur mariage, leur carrière et leur santé.La majorité du temps, c'est la santé qui passe en dernier.» Les quelques-unes qui arrivent à s'entraîner doivent faire preuve DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 [ RECHERCHE d'habiletés de gestion hors du commun.« Leurs adolescents doivent participer aux tâches ménagères et leurs maris aussi.Tbut doit fonctionner sur des roulettes.Malheureusement, les maris sont rarement prêts à faire leur part.» Pour aider les femmes à être physiquement plus actives, Mme Laber-ge a dégagé quelques pistes d'intervention.Par exemple, la professeure suggère d'offrir des services de garderie dans les centres sportifs, service dont le coût serait compris dans le tarif du cours.Elle propose également de permettre une plus grande flexibilité des horaires des cours afin de répondre aux besoins des femmes qui travaillent le soir.« GROUILLE OU ROUILLE » Ttmjours selon Kino-Québec, la pratique d'activité physique chez les aînés a considérablement chuté au cours des dernières années.En 1993, 54 p.100 des femmes et 55 p.100 des Machiste, le sport de haut niveau?Au sein des équipes nationales, 50 p.100 de nos athlètes de haut niveau sont de sexe féminin.Toutefois, même si elles récoltent leur lot de médailles, les femmes restent sous-représentées dans les organisations de sport au Canada.« Seulement 10 p.100 des entraîneurs d’équipes nationales sont des femmes », souligne Guylaine Demers, professeure au Département d’éducation physique de l’Université Laval.I__________________________________ hommes âgés de 65 ans et plus étaient physiquement actifs.En 1998, ce pourcentage avait chuté à 45 p.100 chez les femmes et à 37 p.100 ( chez les hommes.Professeure à la Faculté d'éducation physique et sportive de l'Univer- ( sité de Sherbrooke, Isabelle Dionne 1 travaille en collaboration avec l'Ins- I titut de gériatrie de Sherbrooke, plus f précisément avec le Centre de recher- t che sur le vieillissement.Son programme vise à mieux comprendre la 46 Appel de candidatures POUR DEUX BOURSES POSTDOCTORALES 1.Une bourse postdoctorale de 30 000 $ du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE).2.Une bourse postdoctorale de 25 000 $ de la Chaire de recherche sur le personnel et les métiers de l’éducation de l’Université de Montréal.Chacune de ces bourses est destinée à une jeune chercheuse ou à un jeune chercheur canadien ou étranger de qualité qui désire poursuivre des études postdoctorales en relation avec la thématique générale de recherche de la Chaire ou du CRIFPE.Date limite pour le dépôt des demandes : le 31 octobre 2002 Pour plus d’information, veuillez consulter le site http://crifpe.scedu.umontreal.ca ou contacter Monica Cividini Faculté des sciences de l’éducation, bureau C-510 Pavillon Marie-Victorin, Université de Montréal C.P 6128, succursale Centre-Ville Montréal (Québec), Canada H3C 3J7 Téléphone : (514) 343-5821 Courriel : monica.cividini@umontreal.ca ^GRIFFE Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante à c F d .[ .t i - ^[""découvrir I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | RECHERCHE Au mois de mai dernier, elle a entrepris une étude extensive auprès d’athlètes féminines de haut niveau qui pourraient accéder à la profession d’entraîneurs.La chercheuse a aussi effectué des entrevues auprès d’ex-entraîneuses qui ont abandonné leur vocation.« Nous voulons comprendre pourquoi les femmes choisissent de ne pas poursuivre cette voie.Nous voulons mettre en place des mécanismes pour les aider et les motiver.» Au cours de son projet, elle entend aussi interroger des femmes cadres travaillant dans les organisations de sports.« En ce moment, je cherche des candidates à interviewer, des directrices techniques de fédérations sportives, par exemple.Mais ça ne pleut pas! Lorsqu’on écarte le personnel de soutien, il reste généralement peu de femmes dans les hautes sphères du sport.» sarcopénie, terme technique utilisé pour décrire la perte de masse musculaire associée au vieillissement.« La sarcopénie peut entraîner des maladies métaboliques comme le diabète de type deux ou des problèmes cardiovasculaires, explique Mme Dionne.Elle peut aussi provoquer des incapacités physiques.Les aînés perdent de la force, de la flexibilité.Les tâches quotidiennes deviennent plus difficiles.En fait, la sarcopénie est la plus importante cause d'institutionnalisation chez les personnes âgées.» Les études préliminaires ont démontré que la sarcopénie avait deux causes principales : le stress oxydatif et la sédentarité.Soumises à un programme d’entraînement musculaire, des personnes âgées ont pu contrer les effets de la sarcopénie et rehausser leur masse musculaire.Mais la partie n’était pas gagnée.« L'activité physique, bien qu'elle soit bénéfique, augmente le stress oxydatif, affirme Mme Dionne.C'est un processus normal : lorsqu'on intensifie la respiration cellulaire, on accroît la production de radicaux libres.En vieillissant, on se défend moins bien contre ces molécules qui attaquent nos cellules.Conséquemment, plusieurs cellules musculaires sont détruites chez les personnes âgées qui font de l'exercice.» Ainsi, si l’activité physique présente des avantages à court terme, elle pourrait causer des problèmes à plus long terme.La professeure Dionne songe à entreprendre une nouvelle étude où elle donnera de la vitamine C et E, deux anti-oxydants, à ses sujets de recherche.« J'espère que les deux suppléments pourront contrer l'effet des radicaux libres.Si on gagne notre pari, il restera encore à convaincre les gens âgés de faire de l'activité physique.» ?47 | DÉCOUVRIR | SEPTEMBRE-OCTOBRE 20Q2~J~ Pour participer à notre concours, ne faites Liste des gagnants et gagnantes Concours Nota Bene Mai-juin 2002 Monsieur Michel Gagné Monsieur Benoit Guertin Somabec MonsieurTomas A.Reader UdeM / Physiologie Monsieur Richard Cloutier Université Laval Monsieur Jean Turgeon ÉNAP / Analyse des politigues Madame Marcelle Gingras Université de Sherbrooke Madame Yolande Grégoire-Thibault Université de Sherbrooke Madame Hélène Vézina UQAC/Sciences humaines Madame Suzanne Legault Collège universitaire de Glendon Madame Frédérique Courtois UQAM Monsieur Paul-André David Ministère des Régions Monsieur Vickram Bissonauth Université Laval Éditions Nota bene des livres pour le savoir À chaque parution de DÉCOUVRir, 25 livres des Éditions Nota bene seront attribués au hasard parmi nos abonnés.rien! Pas besoin de lever le petit doigt.Vous aurez plus de temps pour lire! Madame Nancy Côté CLSC Haute-Ville-des-Rivières Monsieur Christian Rouillard ÉNAP Monsieur Halidou Saidou UQAR Madame Michelle Labelle Universté de Montréal Madame Judith Labelle Université de Montréal Madame Dorothée Ouellette CHUS/CRED Madame Wided Ben Tagherouit Université de Sherbrooke Madame Marie Thériault Université de Montréal Monsieur Mathieu Raymond Université de Sherbrooke Madame Denise Paul Université de Sherbrooke Monsieur Jean Boisvert Madame Sylvie Courtine-Sinave Université de Sherbrooke Madame Claire Villeneuve Ministère du Revenu RECHERCHE ¦•iU ¦Û \ M L’exercice : une panacée Les occasions où votre médecin vous prescrivait systématiquement quelques jours de repos pour soigner vos maux et douleurs se feront peut-être bientôt plus rares.De plus en plus, les spécialistes de la santé recommandent à leurs patients d'aller marcher, de s’entraîner, de jouer dehors.L’activité physique n’est plus vue uniquement comme un moyen de prévenir les problèmes de santé, mais également comme un moyen de les traiter, voire de les guérir.Directrice du Département de kiné-siologie et d’éducation physique de TUniversité McGill, Hélène Perrault est spécialisée en physiologie de l'exercice.En collaboration avec l'Institut thoracique de Montréal, elle cherche à déterminer comment l’activité physique peut aider les personnes souffrant de maladies pulmonaires chroniques.48 ^["dIcOUVRIR I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2002 | « Nous avons conçu des programmes d'exercices sur mesure, en fonction des limites des différents patients, précise Mme Perrault.Jusqu'à maintenant, nous avons constaté que ces programmes avaient assurément des effets bénéfiques.Par exemple, certains patients peuvent maintenant se déplacer pour faire leurs courses.Ce sont de petits progrès, mais ils peuvent faire une différence énorme dans la qualité de vie des personnes atteintes de problèmes thoraciques chroniques.» La chercheuse veut maintenant comprendre ce qui se cache derrière les progrès observés.« On ne comprend pas encore les mécanismes qui permettent aux patients d'amé- thérapeutique?RECHERCHE •^>ir h m «-'A %.liorer leurs capacités physiques.Nous en sommes encore aux balbutiements dans ce domaine de recherche et nous avons beaucoup de pain sur la planche.En comprenant mieux ces mécanismes, nous pourrons optimiser les programmes d’exercices.» ESPOIR POUR LES TROUBLES NEURONAUX Les personnes qui souffrent de paralysie à la suite d'un accident cérébrovasculaire ou d'une blessure à la moelle épinière auraient-elles avantage à suivre un programme d’activité physique?Cette question intéresse Phillip Gardiner, ex-directeur du Laboratoire de recherche en plasticité neuromusculaire de l'Université de Montréal et nouveau titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études de l'activité physique et de la santé, à l'Université du Manitoba.« Nos connaissances sur les effets de l'augmentation ou de la diminution de l'activité physique sur le système nerveux sont encore rudimentaires, affirme M.Gardiner.Certaines hypothèses suggèrent que l'exercice pourrait augmenter la régénérescence du système nerveux, mais il reste à les vérifier.» Au cours d'une expérience, le professeur Gardiner a évalué comment des rats paraplégiques réagissaient lorsqu'on leur faisait exécuter un exercice passif.« Les jambes des rats étaient attachées à une machine qui forçait les animaux à plier et à 49 DÉCOUVRIR ] SEPTEMBRE-OCTOBr7:2C>C>2~~J~ PHOTOS : JEAN B- GENEST/GILLES THIBAULT - TAI Jl OUAN rK V j^~s- ¦ > f ** ÎW , „ :• v i.'Vr^.* > ^ -' ' ' o .•'w y ^ _______________;_________________ ï*m#; < RECHERCHE déplier leurs articulations.Puisque la moelle épinière des rongeurs était sectionnée, il n'y avait aucune communication entre le cerveau et les membres inférieurs.Cependant, nous avons enregistré un flux nerveux au niveau des jambes, ce qui démontre que l'activité des neurones était encore possible et que l'activité physique avait un effet sur leur fonctionnement.» De là à savoir si la moelle épinière pourrait être régénérée.il y a tout un vide scientifique à combler.« Aux États-Unis, certaines équipes de chercheurs greffent des tissus embryonnaires dans des moelles épinières endommagées pour voir si l'exercice physique pourrait aider à la régénérescence.Mais on est encore loin d'avoir des réponses.» À plus court terme, le professeur Gar- diner espère répondre à d'autres questions ayant trait à la physiologie de l'exercice.Son prochain défi : évaluer si les enfants hyperactifs pourraient réduire leur prise de médication grâce à l'activité physique.ÉLUCIDER LES MYSTÈRES DU FOIE Chez les diabétiques, les cellules n'arrivent pas à assimiler le gluco- se, la source principale d'énergie du I
de

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