Découvrir, 1 novembre 2002, Novembre-décembre
U L' l\ LA REVUE DE LA RECHERCHE Violeurs et pédophiles sous l’œil des chercheurs n • * \ A Incursion dans la mer de Beaufort Cours d'école intoxiquées Des feu)Tde forêt bénéfiques Quand les jeunes parleront de sexe La recherche nordique se porte bien V: 'P S 1 Otjrîjyl kyjrju.Ja {jyuy juîjjcry y jjyuyyr 7 "¦¦78313 00468 7 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 1260413 77831300468726 Devenez membre de l'Acfas! ¦ Contribuez à promouvoir l'activité scientifique ¦ Aidez à stimuler la recherche ¦ Participez à la diffusion du savoir en français En plus.¦ Recevez la revue Découvrir et le Bottin de la recherche (une valeur de 60 $ en kiosque) ¦ Consultez le bulletin d'information électronique Savoirs ¦ Obtenez un Guide de vulgarisation scientifique ¦ Devenez admissible au tirage de livres des Éditions Nota bene (25 livres attribués tous les deux mois parmi nos membres) Mais encore.¦ Abonnez-vous au Devoir et économisez 10 % ¦ Achetez vos livres à la Librairie Pantoute de Québec ou à la Librairie Olivieri de Montréal et obtenez 10 % de rabais ¦ Louez un véhicule chez Via Route et obtenez en tout temps un rabais de 15 % ¦ Économisez sur l'achat de billets pour les concerts de l'Orchestre symphonique de Montréal et de l'Orchestre symphonique de Québec ¦ Bénéficiez d'un tarif corporatif à l'hôtel Travelodge du centre-ville de Montréal, à l'hôtel Le Saint-Paul, dans le Vieux-Port de Québec et aux hôtels Gouverneur partout au Québec ¦ Obtenez un rabais à l'achat d'équipements informatiques chez Inso à Montréal et STO à Québec ¦ Maintenez la forme chez Énergie Cardio pour 24,65 $ par mois (prix régulier : 31,95 $) Association francophone pour le savoir A c fa s ÉCONOMIE, EMPLOI ET MARCHÉS DÉVELOPPEMENT FONCTIONNEMENT ES PERSONNES ET S COMMUNAUTÉS, ET VIE SOCIALE nature, ym TRANSFORMATION ET GOUVERNANCE * DE LA SOCIÉTÉ ET DES INSTITUTIONS * humaines, en arts et lettre les partenariats nécessaires et les regroupements LE FONDS QUEBECOIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIETE ET LA CULTURE à la mesure des défis de la recherche d'aujourd'hui.pour les innovations sociales et culturelles de la société de demain ! www.fqrsc.gouv.qc.ca VOLUME VINGT-TROIS | NUMÉRO SIX I N O V E M B R E - D É C E M B R E 2002 MOT DE LA RÉDACTION 4 Danielle Ouellet a '• SCIENCE CLIPS 6 COURS D’ÉCOLE INTOXIQUÉES 7 DES FEUX DE FORÊT BÉNÉFIQUES 8 INCURSION DANS LA MER DE BEAUFORT 9 LES OUBLIÉS DE L’INFORMATIQUE lO MATÉRIAUX POREUX : DE VRAIES ÉPONGES! io L’ART DU CAMOUFLAGE 12 QUAND LES JEUNES PARLERONT DE SEXE.13 NŒUDS DANS L’ARN, DÉNOUEMENT DE LA MALADIE?14 LE PHYTOPLANCTON, UN THERMOSTAT NATUREL?16 LES GÈNES DE L’EXTRÊME 16 LA POMPE ET LA GROSSESSE 18 TROUVER LE MOT JUSTE 20 DES PIÈCES DE VOITURE PLUS RÉSISTANTES 22 LES CONTROVERSES DE LA SCIENCE 23 L’APPAREIL DIGESTIF : VEDETTE DU PETIT ÉCRAN 24 ENDOMÉTRIOSE : CELLULES EN CAVALE 26 LE LANGAGE UNIQUE DE LA PENSÉE 27 GÈNES SOUS CONTRÔLE 28 CŒURS EN PANNE FACE À FACE 30 DANIEL LEVITIN : LA MUSIQUE POUR MAÎTRE À PENSER par Sophie Payeur RECHERCHE 36 VIOLEURS ET PÉDOPHILES SOUS l’ P o o 'PM Q Bottinl« recherche 2002-2003 QUI FAIT QUOI -, en science et en technologie Un outil indispensable et simplifié 2200 organismes scientifiques et adresses Internet 192 pages d'information utile Une vitrine pour les décideurs d'aujourd'hui et de demain! 1 Pour trouver un emploi dans votre domaine Pour trouver des partenaires d’affaires Pour faire connaître votre entreprise Pour rejoindre des gens qui partagent vos champs d’intérêt Pour repérer les spécialistes qui répondront à vos questions Pour diffuser vos résultats de recherche Pages blanches Les coordonnées complètes de 2000 organismes de culture scientifique par ordre alphabétique pements et sociétés ent ou de recherche ementales et sociétés d'État Pages vertes Dix index paginés, des références ^cessibles pour 125 disciplines Index des sigles des institutions Index des associations, ordres, regrj Index des établissements d'enseig Index des ministères, agences gouv Index des organismes consultatifs Index des organismes de culture scientttique Index des organismes subventionnaires et des fondations Index des organismes de soutien à l'innovation et aux transferts technologiques et de connaisfcmces Index des médias et éditeurs de livres savants Index des organismes de recherche ou de R-D Pour commander le Bottin de la recherche 2002-2003, remplir et poster cette partie.Prénom __________________________________Nom _________________________________ Adresse -Ville__________ Province ______________ Code postal_______________________Téléphone___________ Je désire recevoir_________copie(s) du Bottin de la recherche 2002-2003 au coût unitaire de : Québec : 36,86 $ (30,00 $ + 2,05 $ expédition + 2,24 $ tps + 2,57 $ tvq) Nouveau-Brunswick / Nouvelle-Écosse / Terre-Neuve 36,85 $ (30,00 $ + 2,05 $ expédition + 4,80 $ tvh) Ailleurs au Canada : 34,29 $ (30,00 $ + 2,05 $ + 2,24 $ tps) Hors Canada : 40,20 $ (30,00 $ +10,20 $ expédition) Paiement : ?par chèque ou mandat-poste à l'ordre de l'Acfas ?Visa ?Master Card ?American Express N° de carte I___I___^____I____I__I____I___I___I___I____I___I Date d'exp____________________ Signature_____________________ ?par carte de crédit Nom du titulaire Prière de joindre votre paiement au bon de commande.Facturation sur demande.N° d'enr.TPS R106728280 N° d'inscr.TVQ 10-0608-7015 Retournez ce coupon à : Association francophone pour le savoir - Acfas 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 2001 / 21 cm X 27,5 cm /192 pages/ ISSN 1498-5845 Tél.: (514) 849-0045 /Téléc.: (514) 849-5558 — decouvrir@acfas.ca / www.acfas.ca Acfas à Violeurs et pédooliiles RECHERCHE Violeurs et pédophiles purgent en moyenne des peines plus longues que tous les autres criminels.De plus, une personne sur quatre emprisonnée dans un pénitencier fédéral est coupable de viol ou d’abus sexuels.Mais les auteurs de ces crimes ne sont pas tous derrière les barreaux, loin de là.La peur des représailles, la honte, le manque de confiance dans le système judiciaire et le jeune âge de certaines victimes font que la plupart des délits ne sont jamais dénoncés.Sans compter que de nombreux agresseurs sont des proches de leur victime, qui hésite à accuser un parent, un ami de cœur ou un collègue de travail.Selon Arlène Gaudreault, membre de l’association Québec Plaidoyer Victimes et professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, on estime qu’environ 90 p.100 des viols ou des actes de pédophilie restent secrets.VALÉRIE BORDE sous l’œil des chercheurs Dans les statistiques, cependant, le nombre de crimes sexuels augmente depuis 20 ans, en partie parce que des amendements au code criminel facilitent aujourd'hui le suivi des plaintes.La multiplication des services d'aide aux victimes et le traitement de certains agresseurs ont aussi permis de mettre au jour de multiples délits restés dans l'ombre.Et le sujet, moins tabou qu'auparavant, fait l'objet d'un nombre croissant de travaux de recherche.En 2001, Québec énonçait ses Orientations gouvernementales en matière d'agression sexuelle.Le développement de la recherche et de l’évaluation y était présenté comme une condition nécessaire à la réussite des interventions.Mais la tâche n'a rien d'une sinécure pour les chercheurs et le travail à accomplir est colossal.D'abord, comme le note le rapport, il n’existe aucune donnée statistique précise sur les agresseurs sexuels ou sur leurs victimes, car les organisations qui offrent des services d'aide, de traitement, de protection ou d'encadrement ne possèdent pas d'indicateurs DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 RECHERCHE communs.Pour mieux comprendre ce phénomène et évaluer les traitements offerts, les chercheurs doivent donc consacrer une bonne partie de leur temps à tenter de constituer des échantillons comprenant suffisamment de personnes, victimes ou coupables.Marc Tburigny, professeur au Département d'éducation spécialisée de l'Université de Sherbrooke, en sait quelque chose.Depuis 15 ans, il étudie l'efficacité de programmes de traitement offerts aux adolescents agresseurs ou aux jeunes victimes.«Habituellement, on doit s'attendre à pouvoir recruter une quinzaine de jeunes par année compte tenu du temps qu'il faut pour obtenir tous les consentements nécessaires », raconte-t-il.Sans compter que pour juger de l'efficacité des traitements ou pour comprendre ce qui amène un jeune à la délinquance sexuelle, il faut pouvoir comparer les agresseurs à d’autres individus présentant des profils comparables, et ces derniers ne sont pas beaucoup plus faciles à recruter.Enfin, rien n’oblige une personne ayant accepté de participer à un protocole de recherche à se rendre jusqu'au bout.Or la plupart des subventions accordées par des organismes tels que le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture ne couvrent que des périodes de deux à trois ans, soit à peine assez de temps pour recruter un échantillon minimal! En effet, la volonté gouvernementale d'encourager la recherche sur les agressions sexuelles ne s'est pas traduite par une hausse significative des subventions.Il faut dire que la mesure n’est guère populaire, comme le souligne Josée Rioux, directrice générale du Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle (RIMAS).« La plupart « Rien ne prouve quai soit en hausse.E la population est plus) des gens pensent que la place des violeurs et des pédophiles est en prison, et qu’il faudrait jeter la clé.» Consacrer des fonds de recherche à comprendre ces personnes dans le but de les réhabiliter est souvent vu comme injuste, voire aberrant.Et si quelques millions de dollars devenaient disponibles pour mener des recherches sur les crimes sexuels, ils iraient très probablement avant tout à des études auprès des victimes.« Dans un sens, c’est tout à fait compréhensible, mais en même temps il faut travailler avec les agresseurs si l'on veut se donner une chance de limiter les récidives ou de faire de la prévention », ajoute Josée Rioux.Dans ces conditions, plusieurs chercheurs choisissent de travailler avec une « clientèle » à la fois plus captive et plus susceptible de leur valoir des subventions dignes de ce nom : celle des agresseurs incarcérés dans un pénitencier fédéral qui, avant d'en sortir, devront subir une évaluation détaillée de leur risque de récidive et poursuivre un traitement approfondi.Depuis une dizaine d'années, le Service correctionnel du Canada finance de nombreux travaux de recherche, réalisés à l'interne ou confiés à des équipes universitaires (encadré).Au Québec, il collabore étroitement aux travaux du Groupe de recherche sur les agresseurs sexuels (GRAS), qui ras- semble également des chercheurs et des cliniciens provenant des Départements de criminologie et de psychologie de l'Université de Montréal et de l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.Cet institut est le seul hôpital au Canada spécialisé en psychiatrie légale et le premier à avoir instauré un programme de traitement pour les agresseurs sexuels.En collaborant avec le Service correctionnel, les chercheurs du GRAS ont accès à une banque de données d'environ 550 personnes incarcérées pour crimes sexuels depuis 1992.À partir de l'étude de ces cas, psychologues et criminologues tentent de bâtir une théorie de l'agression sexuelle, en cherchant à comprendre ce qui pousse une personne à commettre un tel acte.Les premiers travaux sur ce sujet remontent aux années 1960.À cette époque, on croyait qu'une préférence sexuelle déviante, par exemple une attirance pour les enfants ou pour la sexualité violente, expliquait à elle seule le comportement des violeurs ou des pédophiles.Puis, on pensa qu’en établissant le profil des agresseurs, on parviendrait à expliquer leurs actes.On se mit donc à classifier tous les agresseurs en fonction de leur personnalité.Mais il y avait un hic : jusque dans les années 1980, les tests ne permettaient pas de distinguer un violeur d'un pilleur de banque! De DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 ~[ RECHERCHE le nombre d’agressions sexuelles commises par des adolescents En revanche, le nombre de cas connus augmente rapidement: avertie et les victimes révèlent plus souvent les délits.» Monique Tardif nos jours, les évaluations sont beaucoup plus fines et intègrent de nombreux critères.« On sait qu'un agresseur présente non seulement des préférences sexuelles déviantes, mais aussi des distorsions cognitives, comme le fait de croire qu'un enfant qui l'embrasse l'autorise implicitement à aller plus loin.Il souffre aussi de manques n'ayant rien à voir avec la sexualité, tels que des troubles de personnalité, des déficits dans la gestion des émotions négatives et la résolution de problèmes », explique Jean Proulx, directeur de l'Unité de recherche sur la délinquance sexuelle du Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal, et membre du GRAS.Incapable de fonctionner correctement en société ou au travail, l'agresseur typique est régulièrement stressé, ce qui risque de précipiter ses comportements sexuels déviants.« Bien des hommes peuvent fantasmer sur le viol ou sur des jeunes filles, mais ne jamais songer un seul instant à passer à l'acte », ajoute Luc Granger, professeur au Département de psychologie de l'Université de Montréal.Pour évaluer les préférences sexuelles des agresseurs, les cher- cheurs du GRAS disposent d'un laboratoire de phallométrie qui leur permet d'enregistrer les réponses péniennes d'un homme lorsqu'on lui présente des diapositives ou des bandes sonores évoquant différentes situations.Les études permettent surtout de raffiner les procédures d'évaluation conduites par les services correctionnels.Dans quelle mesure l'agresseur peut-il « tricher » en contrôlant ses érections?La phallométrie permet-elle de repérer réellement les pédophiles?Des études ont prouvé, par exemple, que les personnes coupables d'inceste ne font pas montre, lors Ensemble, on bâtit les sciences humaines.' : .l+l Conseil de recherches en Social Sciences and Humanities sciences humaines du Canada Research Council of Canada www.crsh.ca (613) 992-0691 Canada 39 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 RECHERCHE de cette évaluation, d'un comportement sexuel déviant, contrairement aux pédophiles « extrafamiliaux ».Les chercheurs s'intéressent aussi aux distorsions cognitives exprimées par les agresseurs.Ils tentent surtout d’identifier ces idées fausses et de mettre au point des questionnaires fiables permettant de les faire ressortir, même lorsque la personne qui répond a de bonnes raisons de mentir.Ainsi, grâce à des travaux menés aux États-Unis, randi.Monique Târdif, professeure au Département de sexologie de l'UQAM et clinicienne au Centre de psychiatrie légale de Montréal, la clinique externe de l'Institut Philippe Pinel, s'intéresse quant à elle à la structure identitaire des agresseurs, en se basant sur une approche proche de la psychanalyse.« Ces personnes ont souvent des problèmes majeurs dans leurs relations sociales.Elles sont très méfiantes face au monde qui les entoure et souvent, fragiles, surtout en ce qui concerne la multitude d'agresseurs qui échappent à la justice ou qui sont condamnés à de courtes peines, dans des établissements provinciaux.« Les études portant sur les personnes incarcérées dans des pénitenciers fédéraux sont nécessaires, mais il ne faut pas oublier que leurs résultats ne sont pas transférables à l’ensemble des agresseurs », précise Marc Ttmrigny.Mais de l'avis de plusieurs chercheurs, la société semble Nombre de pédophiles croient notamment que les enfants sont attirés sexuellement par les adultes, et ils pensent que leurs actes ne nuisent pas à leurs victimes.on sait que nombre de pédophiles présentent des distorsions cognitives similaires : ils croient notamment que les enfants sont attirés sexuellement par les adultes et pensent que leurs actes ne nuisent pas à leurs victimes.Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs, dont certains membres du GRAS, ont également tenté d'expliquer le processus de passage à l'acte, qui survient souvent après un épisode de colère, d'humiliation ou de solitude.Psychologues et criminologues tentent notamment d'établir des liens entre le processus de passage à l'acte et les troubles de personnalité.En collaboration avec d'autres chercheurs, Jean Proulx a ainsi dressé trois profils de scénarios chez les agresseurs de femmes extrafamiliaux.Ces profils montrent les liens entre la personnalité de l'agresseur — qualifié de sadique, colérique ou opportuniste — et son modus ope-40 M DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 elles se sentent vulnérables », explique-t-elle.Une autre façon d'aborder le problème consiste à étudier la carrière criminelle des agresseurs, dont plusieurs ont commis des délits à répétition.Une étude menée par Marc Ouimet, du CICC, a ainsi montré que la carrière criminelle des violeurs ou des pédophiles compte aussi de nombreux autres délits non sexuels.En cherchant le point commun de tous ces délits, les chercheurs espèrent mieux comprendre ce qui pousse un agresseur à s’en prendre à ses victimes.Malgré les difficultés inhérentes à ce type de recherche, le phénomène de l'agression sexuelle est de mieux en mieux expliqué, mais les progrès sont lents.Au fur et à mesure que les tabous tombent, que les langues se délient, les chercheurs ont la possibilité d'analyser un plus grand nombre de cas, et d'étayer des théories qui restent malgré tout bien aujourd’hui prête à encourager plus concrètement les études sur ce phénomène.Signe des temps : d'ici peu, Marc Tourigny devrait obtenir la première chaire de recherche du Canada sur la violence sexuelle, qui se penchera à la fois sur les auteurs et sur les victimes de tels actes.QUELS TRAITEMENTS POUR LES AGRESSEURS?En 1979, l'Institut Philippe Pinel de Montréal mettait sur pied le premier traitement spécialisé destiné aux agresseurs sexuels.Aujourd'hui, plusieurs hôpitaux, établissements du Service correctionnel du Canada et organismes communautaires prennent aussi en charge ces personnes pour leur apprendre entre autres à gérer leur colère, à se défaire de toxicomanies, à modifier leurs préférences sexuelles, à gérer la frustration qui en résulte et à retrouver des habiletés sociales.Le but de l’opération : un changement en pro- RTS È 11 novembre 2002 proposition de communication libre : 22 novembre 2002 ^ Cégep de WÏ Rimouski Recherche, Science et Technologie Québec o 71e Congrès de l'Acfas «MB»®* maaa» SM «9 mm mm MJtÇ mçsm mmft ÿl'ég, i ié maie Um Kir- ir\ F Appel de candidatures S Date limite de réception des dossiers de candidature 21 février 2003 nx de la echerche cientifique de l'Acfas Prix aux chercheurs Prix Adrien-Pouliot Coopération scientifique avec la France Prix André-Laurendeau Sciences humaines Prix J.-Armand-Bombardier Innovation technologique Prix Jacques-Rousseau Interdisciplinarité Prix Léo-Pariseau Sciences biologiques et sciences de la santé Prix Marcel-Vincent Sciences sociales Prix Michel-Jurdant Sciences de l'environnement Prix Urgel-Archambault Sciences physiques, mathématiques et génie Prix aux étudiants Prix Bernard-Belleau Doctorat - Santé et produits pharmaceutiques Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs Maîtrise et doctorat - Toutes disciplines Prix Ressources naturelles Doctorat - Ressources naturelles Association francophone pour le savoir Renseignements : Téléphone : (514) 849-0045 prix@acfas.ca • www.acfas.ca/prix Acfas fondeur, de manière à minimiser le risque de récidive.« Au départ, plusieurs composantes des traitements s'appuyaient sur des bases empiriques.Ce n'est que depuis une dizaine d'années que la recherche nous fournit des théories plus solides », explique Joanne-Lucine Rouleau, professeure au Département de psychologie de l'Université de Montréal et directrice du Centre d'études et de recherches de l’Université de Montréal (CERUM).Sous cet acronyme anodin se trouve une clinique de traitement exter- groupe; d'autres mettent de l'avant une approche individuelle; d’autres encore marient les deux.Ces traitements sont-ils efficaces?Récemment, Karl Hanson, chercheur pour le ministère du Solliciteur général du Canada, a recensé l'ensemble des études visant à évaluer l'efficacité des traitements psychologiques destinés aux délinquants sexuels.Le sujet est encore peu couvert : seules 43 études, portant sur un total de 9 454 délinquants sexuels, ont été consacrées à cette question dans le monde.Plusieurs de criminologie, ont montré récemment, par exemple, que la nature des troubles de personnalité de l'agresseur semble déterminer le type d'apprentissage qu'il parvient à acquérir pendant le traitement.Monique Tfirdif avance notamment pour sa part que les pédophiles qui s'en prennent aux garçons ne devraient pas être traités comme ceux qui s'en prennent aux fillettes, car ils ne présentent pas le même type de déficits sur le plan social.Les chercheurs doivent non seulement évaluer le contenu des traite- « La plupart des gens pensent que la place des des pédophiles est en prison, et q la clé.» Josée Rioux violeurs et u’il faudrait jeter ne des agresseurs sexuels sortant des pénitenciers fédéraux, qui y poursuivent les thérapies démarrées derrière les barreaux et qui sont encadrés de manière à se réintégrer au mieux dans la société.C’est là, entre autres, que des chercheurs mesurent le risque de récidive de ces personnes souvent considérées comme des cas lourds à leur entrée en prison.Les traitements offerts au Québec reposent pour la plupart sur des concepts psychanalytiques et cognitivo-comportementaux : ils touchent autant à l’histoire de l'agresseur, à son enfance, qu'à son mode de vie actuel, à ses distorsions cognitives et à ses troubles de comportement.Mais les modalités diffèrent considérablement d'un centre à l'autre.Certains privilégient, par exemple, des traitements en études sont incomplètes, analysent peu de cas ou ne comportent pas de groupe contrôle : on ne peut pas, en effet, ne pas traiter un groupe de violeurs pour voir s'ils récidivent plus qu'un groupe traité! D'après Karl Hanson, les traitements actuels permettent de réduire de 17 p.100 à 10 p.100 le taux de récidive chez les délinquants sexuels.Mais tous les traitements ne sont pas efficaces, et tous les agresseurs n'en tirent pas un bénéfice.Et aucun programme n'est jamais parvenu à un taux de récidive nul, qui serait illusoire.Pour améliorer l'efficacité des traitements, de nombreuses recherches sont encore nécessaires.On doit notamment déterminer quelles sont les modalités les plus efficaces pour différents types d'agresseurs.Jean Proulx et Patrick Lussier, de l'École ments, mais aussi leur forme.Les programmes en groupe, que l'on croit plus efficaces, le sont-ils réellement?Pourquoi certaines personnes abandonnent-elles prématurément les thérapies, même lorsqu'elles semblent motivées?De très nombreuses questions restent sans réponse.Les études sur la récidive trouvent des applications pratiques immédiates, puisqu'elles influent sur le choix de remise en liberté d’agresseurs incarcérés.Largement financées par les institutions carcérales, elles ont rapidement progressé au cours des dernières années et ont débouché sur des grilles d'analyse permettant d’évaluer de manière de plus en plus fiable le risque de rédi-cive.Les chercheurs distinguent deux types de prédicteurs de la réci- | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 RECHERCHE 44 La peur des représailles, la honte, le manque de confiance dans le système judiciaire et le jeune âge de certaines victimes font que la plupart des délits ne sont jamais dénoncés.dive : des variables statiques comme les antécédents judiciaires, l'âge, ou l'histoire personnelle, et des variables dynamiques, susceptibles d'évoluer plus ou moins rapidement telles que les préférences sexuelles, les troubles de la personnalité ou l'accès à une victime potentielle.En 1997, des chercheurs du GRAS ont étudié les prédicteurs de la récidive à partir d’un échantillon de 382 agresseurs évalués à l'Institut Philippe Pinel.Ils ont ainsi pu mettre en évidence des éléments qui distinguent les pédophiles récidivistes des non récidivistes, par exemple une préférence sexuelle déviante pouvant être mesurée par phallo-métrie.Au fur et à mesure que les différents types d'agresseurs seront mieux connus, on peut espérer que des traitements plus spécifiques seront mis sur pied.« Des interventions adaptées à chaque type d'agresseur devraient alors permettre de réduire le taux de récidive », croit Jean Proulx.DÉLINQUANTS SEXUELS DÈS L’ENFANCE En questionnant de plus en plus d'agresseurs sexuels, psychologues et criminologues se sont aperçus que nombre d'entre eux ont commencé très tôt leur « carrière » de violeur ou de pédophile.Au Canada, 15 à 30 p.100 des infractions sexuelles sont aujourd'hui attribuées à des jeunes de moins de 21 ans.« Rien ne prouve que le nombre d'agressions sexuelles commises par des adolescents soit en hausse, précise Monique Târdif.En revanche, le nombre de cas connus augmente rapidement : la population est plus avertie et les victimes révèlent plus souvent les délits.» Sept institutions au Québec proposent désormais des traitements aux adolescents agresseurs sexuels.À lui seul, le Centre de psychiatrie légale de Montréal reçoit une centaine de jeunes par an.La recherche sur les adolescents agresseurs en est à ses premiers balbutiements.« Jusqu’à présent, seules une dizaine d'études dans le monde ont tenté d'évaluer des programmes de traitements offerts à des adolescents agresseurs sexuels», explique Marc Tburigny.Avec peu de cas et rarement de groupe contrôle, l'ensemble des études ne permet pas encore de dégager des conclusions fiables.En collaboration avec les sept centres de traitement du Québec, le chercheur compte prochainement rejoindre 150 à 200 jeunes, qui constitueront le plus grand échantillon jamais étudié.Pourquoi des jeunes adoptent-ils de tels comportements?Pour Hélène Manseau, professeure en sexologie à l'UQAM, l'éducation sexuelle offerte aux jeunes de nos jours est largement dépassée.Selon la chercheuse, à l'origine d'un programme d’éducation destiné à la clientèle Recherches récentes Le Comité régional de recherche du Service correctionnel du Canada, région du Québec, regroupe des membres du Service et des universitaires.Il a été mis sur pied en 1990 pour guider les activités de recherche subventionnées par le Service correctionnel du Canada au Québec.Au cours des dernières années, plusieurs projets ont porté sur le phénomène des agressions sexuelles.En voici quelques exemples : • Typologie de scénarios délictuels de meurtriers sexuels (Éric Beauregard, Université de Montréal) • Vérification empirique du cycle abusé-abuseurchez une population de pédophiles (Brigitte Depocas, Université de Montréal) • Analyse des processus délictueux des agressions sexuelles extra-familiales de femmes adultes (Michel Raymond, Université de Montréal) • La relation entre le fonctionnement psychologique, les structures de personnalité et la nature des comportements d’auteurs d’abus sexuels (Jean-Pierre Rousseau, Université Laval) • Relation entre le déni et certaines caractéristiques de la personnalité chez les agresseurs sexuels (Isabelle Cornell, Université de Montréal) • De l’agression sexuelle au meurtre sexuel : Facteurs situationnels et caractéristiques de la victime (Sabine Chéné, Université de Montréal) • Enquête comparative des meurtriers sexuels et des meurtriers en série (Élisabeth Campos, Université de Montréal) • L’adaptation au programme de traitement pour agresseurs sexuels de La Macaza: une recherche qualitative (Martin Drapeau, Université Laval) • La perception de la figure paternelle et les expériences subjectives de la paternité chez les pères incestueux (Marie-Pierre Milcent, Université de Montréal) • L’efficacité des entrevues judiciaires auprès des délinquants sexuels extrafamiliaux (Tony Brien, Université de Montréal) J~~DÉCOUVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 RECHERCHE des centres jeunesse, de nombreux adolescents ont une conception du sexe aberrante, qui fait une grande place à la violence.Et les jeunes abusés sexuellement ou négligés pendant leur enfance ne se défont pas facilement d'un rapport au sexe perturbé.On estime ainsi qu'un adolescent agresseur sur trois fut un enfant abusé ou négligé.Pourrait-on agir plus tôt?Quelques rares chercheurs commencent à s'intéresser aux enfants qui, dès leur plus jeune âge, adoptent des comportements sexuels problématiques.Mélanie Gagnon, psychologue au Centre jeunesse de Lanaudière, étudie un groupe de 36 enfants âgés de 6 à 12 ans qui présentent de tels troubles, et ce, souvent parce qu'ils ont vécu dans un milieu très sexualisé où ils ont vu ou entendu beaucoup de choses.« Certains d’entre eux adoptent déjà un comportement sexuel agressif », explique-t-elle.Dans quelle mesure ce comportement perdurera-t-il?Pour l'instant, la sexualité des enfants reste un sujet tellement tabou qu'aucune étude ne s'est encore intéressée à la question, pourtant cruciale.MYSTÉRIEUSES FEMMES AGRESSEUSES Depuis quelques années, plusieurs chercheurs commencent à se pencher sur le cas des femmes responsables d'abus sexuels, mais ce phénomène reste très peu connu.Pourtant, les rares statistiques à ce sujet estiment que les femmes pourraient représenter une proportion non négligeable des auteurs de crimes sexuels : jusqu'à 24 p.100 des abus de jeunes garçons, selon certaines études basées notamment sur des enquêtes auprès d’adultes ou d'adolescents victimes d'abus dans leur enfance.Jusqu'à récemment, la plupart des spécialistes estimaient que ces fem- mes agissaient presque toujours en complicité avec un partenaire masculin et qu'elles étaient donc plus complices qu'instigatrices.Mais il semble que les mères incestueuses, qui abusent de leurs enfants en bas âge, représentent une proportion importante des auteures de délits.?Ressources : [www.atsa.com/conf.html] 21e Conférence annuelle de l’Association américaine pour le traitement des abuseurs sexuels, 2-5 octobre 2002, Montréal [www.cfwb.be/dgde/] Deuxième Congrès international francophone sur l’agression sexuelle, mai 2003, Bruxelles [www.pinel.qc.ca/psychiatrie_violence/ quebec200i/congres.html] Premier Congrès international francophone sur l’agression sexuelle, janvier 2001, Québec, résumé des conférences [www.pinel.qc.ca] Institut Philippe Pinel et Centre de psychiatrie légale de Montréal [www.rimas.qc.ca] Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle PREMIER CYCLE UNIVERSITAIRE 2002 » 2003 Le concours des Prix du ministre de l’Éducation au premier cycle universitaire est un concours annuel dont l’objet est d’encourager la Création de matériel didactique produit en français et destiné aux étudiantes et aux étudiants du premier cycle de l’enseignement universitaire.; au concours les membres actifs et I des établissements d’enseignement qui ont conçu individuellement 1 ouvrage didactique dans l’une des tion à distance La date limite pour la réception des dossiers a été fixée au 31 janvier 2003.Pour tout renseignement, s’adresser à : M.Raymond Gagnon au numéro (418) 646-4787 ou consulter le site Internet du ministère de l’Éducation à l’adresse suivante : - „ http://www.meq.gouv.qc.ca/prix-min Éducation Québec SS 45 DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 ANIMAUX w- 'Æfo*. PHOTO : © KEITH NEALE/MASTERFILE ENJEUX LES ANIMAUX AU SECOURS DES HUMAINS Des animaux pour la recherche la fin justifie-t-elle les moyens?DOMINIQUE FORGET Au début des années 1980, le Dr Richard Latt, directeur du Centre de soins animaliers de l'Université McGill, assistait à un débat sur l'utilisation des animaux en sciences.« Une femme s’est levée pour exprimer sa gratitude envers la recherche et ses progrès, se souvient le vétérinaire.Elle a dit être reconnaissante qu'on ait utilisé le chien pour découvrir l'insuline.Sa petite fille était diabétique et, grâce au médicament, sa qualité de vie était nettement rehaussée.» La rétorque ne s'est pas fait attendre.Un membre de l’un des groupes de défense des droits des animaux s'est levé pour demander à la dame combien de chiens avaient dû mourir pour que puisse vivre sa fille.« Il s'agit d'un débat très émotif qui a tendance à s'envenimer, souligne le Dr Latt.Souvent, les gens tranchent avant même d'avoir réfléchi aux conséquences de leur opinion.Ils auraient avantage à être mieux informés et à peser correctement les deux côtés de la médaille avant de porter un jugement.» L'expérience d'André Duval, responsable du cours Animaux d'expérience à l'Université Laval, va dans le même sens.Pour satisfaire sa curiosité, il a chargé ses étudiants d'une petite enquête.« Dans un endroit public, mes élèves ont interrogé les passants sur leur opinion en ce qui a trait à l'utilisation des animaux de laboratoire.Plus de la moitié affirmaient être contre.Cependant, dès qu'on leur demandait s'ils seraient prêts à essayer un médicament jamais testé chez les animaux, la quasi-totalité s'opposait à cette idée.» En fait, pour la majorité des cher- cheurs en sciences biomédicales, l’utilisation des animaux en recherche demeure indispensable.« Évidemment, on peut tester des médicaments de façon préliminaire sur de simples cellules, explique le Dr Duval.Mais avant de passer aux essais cliniques, il est essentiel de réaliser des tests sur des animaux.Autrement, on prendrait des risques inacceptables avec des vies humaines.» GÉRER LA CONTROVERSE L'Université de Montréal acquiert chaque année quelque 15 000 animaux de laboratoire.Plus de 99 p.100 sont des rongeurs, mais comme dans la plupart des grands centres de recherche universitaire, des chats et de rares primates sont toujours nécessaires pour des expériences en neurophysiologie.Des porcs 47 DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 ENJEUX LES ANIMAUX AU SECOURS DES HUMAINS a.'.v.1 dam : et des chiens servent à des essais en chirurgie expérimentale.Dans un domaine aussi délicat et controversé, la pression n'est pas toujours facile à gérer.« Certains de mes employés sont mal à l’aise d'avouer à leur entourage qu'ils travaillent dans ce domaine.Or, «Avant tout, nous rendons un service à la population.Nous veillons à ce que les animaux soient utilisés de la meilleure façon possible, avec respect et compassion.Évidemment, certaines personnes persisteront à croire que l'utilisation des animaux de laboratoire est inacceptable.Mais à partir du moment où la société s'est donné le droit d'y avoir recours pour améliorer les conditions de vie humaine, il faut s'assurer que cela soit fait avec intelligence et sensibilité.» DES NORMES QUI ÉVOLUENT Si les chercheurs faisaient à peu près ce qu'ils voulaient avec les animaux de laboratoire il y a 30 ans, les choses sont aujourd'hui bien différentes.« Il n'y a pas de comparaison, affirme la Dre Élyse Bisson-nette, présidente du comité de pro-48 tection des animaux à l'Université Laval.Ce sont non seulement les normes et les règlements, mais également les mentalités qui ont évolué.» Fondé en 1968, le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) veille à faire respecter les principes d'éthique animale auprès des institutions de recherche.« Tbu-te institution qui reçoit des subventions des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ou du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) doit se soumettre à nos lignes directrices», explique le Dr Clément Gauthier, directeur général du CCPA.Entre autres mesures, chaque institution doit compter un comité de protection des animaux.Ce dernier est généralement composé de scientifiques dont les travaux peuvent ou non mettre en jeu des animaux, d'un vétérinaire, d'un membre de l'institution dont les activités n'impliquent pas l'utilisation d'animaux, d'un représentant du personnel technique en santé animale et d'au moins un membre de la collectivité.En plus de visiter les animaleries au moins une fois par année pour s'assurer qu'elles sont conformes aux exigences du CCPA, les comités de protection des animaux doivent approuver chacun des protocoles des recherches menées avec des animaux.« Les chercheurs doivent indiquer clairement à quelle fin ils veulent utiliser les animaux et de quelle façon», précise Marian McGee, professeure en sciences infirmières à l'Université d'Ottawa et présidente du Comité de protection des animaux de cet établissement.« Tout doit être prévu : le nombre d'animaux utilisés, le point limite à partir duquel la recherche sera arrêtée, la liste des substances pouvant être L administrées à l’animal, etc.» M En se basant sur les lignes directrices du CCPA, les comités de protection des animaux doivent décider si les expériences prévues par chacun des chercheurs sont éthiquement acceptables.Par ailleurs, les comités sont tenus de demander au chercheur s'il a songé à utiliser des méthodes de rechange, de façon à éviter le sacrifice d'animaux.« On se pose de sérieuses questions avant d'autoriser l'utilisation d'un animal », fait valoir Mme McGee.DES ENVIRONNEMENTS PLUS SAINS Les lignes directrices du CCPA ont eu un effet indiscutable sur les pratiques d'utilisation des animaux.Au cours des dix années qu'elle a passées à l’Université de Montréal, Marie-Andrée Laniel a constaté un progrès énorme sur différents plans.« Par exemple, la douleur chez les animaux est maintenant jugée inacceptable.Avant d’effectuer toute intervention présentant un risque de douleur pour l'animal, t| DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 | LES ANIMAUX AU SECOURS DES HUMAINS 2 ENJEUX t on utilise des analgésiques, même pour des rats et des souris.» L'enrichissement de l'environnement des animaux est aussi devenu une priorité.Les souris, qui étaient autrefois isolées dans des cages individuelles en acier inoxydable, se retrouvent aujourd'hui dans des cages de plastique et elles y sont regroupées par quatre ou cinq.« La souris est un animal grégaire, explique la vétérinaire Laniel.Elle aime se nicher contre ses semblables.Dans les cages, on met également des bandes de tissu que les souris aiment déchiqueter pour se faire des nids.» Aux lapins, on donne des bouteilles avec des billes à l'intérieur.terventions sur place, dans les confins de l'animalerie.Ttmjours, les animaux doivent y rentrer pour passer la nuit, en toute sécurité.À tout moment, un des vétérinaires de l’université est disponible sur appel.Des techniciens en santé animale sont aussi sur place pour s'assurer du respect des protocoles et du bien-être des animaux.N'UTILISER QUE CE QUI EST NÉCESSAIRE L'utilisation des animaux en recherche a considérablement chuté au Canada au cours des 20 dernières années,et cela malgré la hausse des activités de recherche.À l'exclusion des cochons d'Inde et du poisson, ^ ^-s Évolution de l’utilisation des animaux de laboratoire au Canada Espèce Nombre utilisé ) 1980 1999 Chiens 10 488 7 444 Chats 4 733 2 576 Primates 2 777 1 131 Lapins 32 626 16 566 Hamsters 12 638 4 976 Cochons d'Inde 27 005 44 181 Souris 636 602 648 550 (y compris les souris transgéniques) Rats 331 900 268 583 Poissons 80 499 399 616 Oiseaux domestiques 141 766 188 309 V- SOURCE: CONSEIL CANADIEN DE PROTECTION DES ANIMAUX « Ils aiment le bruit », explique la Dre Laniel.Les cages des rats sont équipées avec des tuyaux de plomberie dans lesquels ils aiment se réfugier.À l'Université Laval, on a adopté les mêmes mesures.« Les animaliers jouent à la balle avec les chiens, précise Dre Bissonnette.On donne des toutous aux chats et des pneus en suspension aux cochons.» Dans la mesure du possible, les scientifiques doivent faire leurs in- utilisés dans divers tests réglementaires de toxicité, ainsi que des souris, les chiffres ont systématiquement diminué entre 1980 et 1999.« Sans cesse, de nouvelles techniques de remplacement sont développées, souligne le Dr André Duval.Par exemple, nous avions à l'Université Laval un professeur qui faisait des expériences sur le système circulatoire.L'objectif ultime était de remplacer des vaisseaux défectueux chez les humains par Expérimenter sur les animaux.pour leur bien-être Selon le Dr Clément Gauthier, les médias projettent trop souvent l’image de l’animal torturé et sacrifié au profit de la science.« Les chercheurs ne font pas que couper et triturer, clame le directeur du CCPA.Même si elle y a encore recours de temps à autre, la science a depuis longtemps dépassé l’étape du scalpel.» En fait, 71 p.100 des expériences sur les animaux n'entraînent aucune douleur significative.Dans bien des cas, on cherche simplement à comprendre le comportement animalier pour mieux traiter et soigner les animaux.Le Dr Balk renchérit : «Trente pour cent des projets de recherche avec des animaux visent uniquement à rehausser leur bien-être.» des vaisseaux sanguins artificiels.Chez le chien, dont le calibre des vaisseaux peut se comparer à celui des humains, le chercheur enlevait une section d’artère pour la remplacer par un vaisseau artificiel tissé avec différents matériaux.Par la suite, les effets des variations de la pression sanguine sur les vaisseaux artificiels étaient mesurés.Après des périodes déterminées, on devait sacrifier l'animal pour voir si l'artère artificielle avait tenu le coup.Bon an mal an, des dizaines de chiens périssaient ainsi au service de la science.Avec l'apparition de la résonance magnétique, on a pu sui- | DÉCOUVRIR | NQVEMBRE-DÉCEMBR?20oT~J[ ENJEUX LES ANIMAUX AU SECOURS DES HUMAINS «Avant de passer aux essais cliniques, il est essentiel de réaliser des tests sur des animaux.Autrement, on prendrait des risques inacceptables avec des vies humaines.» André Duval vre l’évolution de l'état du vaisseau artificiel et obtenir de meilleures informations en sacrifiant seulement quelques animaux.» Selon le Dr Richard Latt de l’Université McGill, la sensibilisation des chercheurs aux questions éthiques n'est pas le seul facteur à avoir contribué à renverser la vapeur.« Garder un chien dans une animalerie représente des coûts considérables qui sortent directement du budget de recherche du chercheur, avance-t-il.Quand je suis entré à McGill il y a 25 ans, on utilisait 1500 chiens par année.L'an dernier, on n'en a utilisé que quatre.En fait, nous sommes en train de fermer toutes nos unités consacrées aux grands animaux.Évidemment, l'éthique y est pour quelque chose, mais également l'évolution des projets de recherche et, sans contredit, les questions budgétaires.» La souris, qui demande moins d'espace et de ressources, est devenue l'animal de prédilection des chercheurs.« Nous sommes à l'ère de la génomique, souligne le Dr Latt.La souris transgénique est en train de complètement révolutionner les anciennes façons de faire.» En effet, pour savoir comment fonctionnent les gènes, les chercheurs étudient des souris ayant subi des mutations génétiques.Pour bien comprendre chacun des génotypes de la souris, on estime qu'en-viron 60 millions d'entre elles seraient nécessaires.« Comme partout ailleurs au Canada, McGill a considérablement réduit l'utilisation des animaux de recherche traditionnels, explique Richard Latt.Cependant, étant donné l'engouement pour la génomique et les souris transgéniques, notre population animale est de trois à quatre fois ce qu'elle était il y a 25 ans.» DES CHERCHEURS MIEUX FORMÉS Même s'il se dit satisfait des acquis, Clément Gauthier juge que le CCPA peut encore aller plus loin dans sa démarche pour rehausser le bien-être des animaux.« Dès janvier 2003, il deviendra obligatoire pour tous les chercheurs travaillant avec des animaux de suivre une formation sur les principes d'éthique animale.» Le Dr Duval voit cette décision d'un bon oeil.« C'est bien beau les règlements et les protocoles, mais il faut avant tout sensibiliser les scientifiques aux souffrances psychologiques et physiologiques des animaux ainsi qu’aux implications de leurs travaux.» Avant-gardistes, l'Université Laval, l'Université de Montréal et l'Université McGill ont déjà mis un cours sur pied.« Nous avons développé un tronc commun qui aborde les grands principes théoriques et éthiques, souligne Marie-Andrée Laniel.Nous avons également développé des modules pratiques, spécifiques aux différentes espèces animales.Les chercheurs et les techniciens y apprennent comment prendre l'animal, comment faire un prélèvement, une injection, une anesthésie, etc.» À l'Université McGill, on offre même un service de formation sur mesure.N'importe quelle personne voulant apprendre une technique particulière, par exemple cautériser un animal, peut appeler au Et le secteur privé?Si le CCPA a une emprise uniquement sur les institutions subventionnées, il déploie tout de même beaucoup d’efforts pour inciter les entreprises privées à se soumettre à ses lignes directrices.« Depuis 1998, nous émettons des certificats de bonnes pratiques animales aux entreprises qui veulent s’en prévaloir, explique Clément Gauthier, directeur général du CCPA.Cette reconnaissance est importante pour l’image des compagnies privées.La plupart des grandes entreprises pharmaceutiques participent à notre programme.» Quant aux petites compagnies, elles n’ont souvent pas les moyens de se payer une animalerie.« Elles doivent nécessairement s’associer à une université pour y faire effectuer à contrat leurs travaux de recherche utilisant des animaux.Ainsi, puisque les établissements universitaires sont nécessairement assujettis à nos lignes directrices, on rattrape les PME par la bande.» 50 J DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 | PHOTO : CENTRE CANADIEN DE PROTECTION DES ANIMAUX ENJEUX LES ANIMAUX AU SECOURS DES HUMAINS 12: Centre de soins animaliers.Une formation spécifique sera organisée et dispensée par l'un des deux vétérinaires de l'établissement.Quant à la nouvelle exigence du CCPA, elle offre un côté fort intéressant : même les chercheurs principaux qui ne manipulent pas les animaux mais qui participent à l’élaboration des protocoles devront retourner sur les bancs d'école.Le bien-être des animaux sera donc pris en considération dès l'étape de planification de la recherche.POUR OU CONTRE LA NOUVELLE LOI?Afin de prévenir la cruauté envers les animaux, le gouvernement canadien a entrepris cette année la modification de la partie de son Code criminel relative à cette question.S'il est adopté dans sa forme actuelle, le projet de loi C15-B enlèverait la notion de propriété liée aux animaux, ce qui, par le fait même, leur conférerait des droits.Les acteurs de la recherche dans le monde biomédical craignent les répercussions négatives que pourrait avoir cette nouvelle législation sur leur travail.La loi pourrait effectivement ouvrir la porte à des poursuites de toutes sortes de la part des groupes de défense des animaux.« Que les pénalités pour la cruauté envers les animaux soient plus élevées est manifestement une bonne chose, affirme la Dre Laniel.En effet, quand la souffrance est injustifiée, il est nécessaire de punir.En recherche toutefois, l'usage que nous faisons des animaux est justifié et la souffrance est réduite au minimum.Il ne s'agit jamais de cruauté.» Même si les plaintes des activistes contre les scientifiques risquent d'être jugées frivoles par les tribunaux, la loi pourrait mettre des bâtons dans les roues de la science.«Les coûts et le temps qui devront être investis par les instances uni- versitaires seront énormes », juge le révérend Roger Balk, président du Comité d'éthique animale de l'Université McGill.« Les avocats participent au processus et l'on pourra attendre des années avant qu'un jugement ne soit rendu.Et ultimement, les chances qu'un chercheur soit condamné sont très minces.Tout le monde y perd.sauf les avocats! » UN FAUX DÉBAT?Pour le Dr Balk, la controverse qui entoure l'utilisation des animaux en recherche est un faux débat.« Les gens seraient surpris de voir à quel point les animaux de laboratoire sont bien traités.En fait, dans notre société, la réelle cruauté envers les animaux est perpétrée par l'industrie agro-alimentaire.Mais les activistes sont peu enclins à s'attaquer à cette industrie multimilliardaire et à ses énormes lobbies.S'en prendre aux chercheurs, c'est facile, et à mon avis, c'est rater la cible.» ?e$t notre m Pour vous abonner : Téléphone 514.873.8095 Fax 514.864.2294 Courriel vie.pedagogique@meq.gouv.qc.ca Éducation Québec « DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 éducation .-•¦'-¦y éducation 4.4.A ZOO ZOOM O ZOOM O 0 ZOOM Au Québec, la recherche en milieux arctique et subarctique n’a jamais cessé de se développer au cours des dernières années.Voilà un constat étonnant puisqu’un rapport canadien, déposé en septembre 2000, concluait au contraire que la recherche nordique était en crise : diminution du volume de recherche sur le terrain, abandon d’infrastructures, manque de relève scientifique.Les deux causes alors pointées étaient les coupures budgétaires au fédéral, en vigueur depuis la fin des années 1980, et la hausse des coûts de la recherche en région éloignée au cours des dernières décennies.Le dépôt de ce rapport a été suivi par l’annonce d’un timide accroissement de l’aide fédérale aux spécialistes du Nord.Les chercheurs québécois ont eux aussi été éprouvés par les coupures fédérales et par la hausse des coûts de transport, souligne Serge Payette, vétéran de la recherche nordique au Québec.« Cependant, souligne-t-il, nous n’avons pas ressenti ces soubresauts aussi fortement que d’autres chercheurs canadiens, en partie parce que nous avions accès à du financement public québécois et parce que les chercheurs ont eu tendance à se regrouper.» Ce sont en effet deux groupes interuniversitaires et un regroupement institutionnel qui tiennent ici le haut du pavé, les trois étant basés à l’Université Laval: le Centre d’études nordiques (CEN),Québec-Océan (le Groupe interuniversitaire de recherches océanographique du Québec — autrefois GIROQ) et le Groupe d’études inuit et circumpolaires (GETIC).Ce qui ne veut pas dire que la recherche nordique soit absente partout ailleurs : elle est, par exemple, en bonne santé dans les deux structures de recherche que possèdent les Inuits, DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 soit l’Institut culturel Avataq (archéologie, linguistique et tradition orale) et le Centre de recherche du Nunavik (qualité du gibier et gestion de la faune).Inventer des solutions « Jusqu’à l’époque des coupures dans les budgets fédéraux, beaucoup de recherches nordiques dépendaient de ministères comme Pêche et Océans, Affaires indiennes ou même Défense nationale », rappelle Louis Fortier, directeur de Québec-Océan, un organisme qui réunit des scientifiques de plusieurs universités québécoises.Ainsi, la recherche océanographique dans l’Arctique était tributaire des bateaux de la garde côtière et a souffert du manque de fonds.« Chez les spécialistes des mers froides, note le biologiste, il manque carrément une génération de chercheurs : il y a des vieux comme moi,qui approchent la cinquantaine, et des jeunes qui viennent de terminer leur doctorat.» Pourtant, en pleine période d’austérité, en 1998, M.Fortier Le Ouébe Depuis les années 1970, la banquise qui couvre le bassin arctique a diminué de 40 p.100 en épaisseur et de 14 p.100 en étendue.a réussi à mettre sur pied et à diriger une mission internationale d’exploration dans la mer de Baffin.Et il s’apprête à reproduire l’exploit en mer de Beau-fort {voir Science Clips, p.8).« Il nous a fallu établir un modèle de partenariat inventif et prouver que les Canadiens pouvaient faire de la “grosse science”, remarque le chercheur.Cependant, nous avons toujours besoin de financement public.» L'expédition en mer de Beaufort bénéficie d’ailleurs d’une importante contribution de la Fondation canadienne pour l’innovation.Il faut dire que les inquiétudes entourant le changement climatique global incitent les instances gouvernementales à reprendre leur soutien à la recherche nordique.Car c’est aux ( pôles que les effets du réchauffement planétaire se font d'abord sentir : depuis les an- t nées 1970, rappelle Louis For- j | tier, la banquise qui couvre en permanence le bassin arctique I ( a diminué de 40 p.100 en t épaisseur et de 14 p.100 en ! ( étendue! Selon lui, il faut déjà prévoir le jour où l’océan Arcti- 1 que sera navigable et ouvert à t la pêche commerciale.¦ LOUISE DESAUTELS en sort bien Dans la continuité Les changements climatiques affectent aussi le subarctique, notamment le Nunavik, où le CEN est très actif depuis sa fondation, par Louis-Edmond Ha-melin, en 1961.« Malgré les coupures au fédéral, nous avons toujours continué à nous développer », se réjouit Yves Bégin, directeur du CEN.Le Centre compte aujourd’hui une trentaine de chercheurs provenant de cinq universités, en plus des 130 étudiants diplômés qui génèrent de nombreuses publications année après année.Il possède des installations majeu- Joueur de tambour traditionnel à Qaanaaq, au Groenland.res dans le Nord, notamment une station bien équipée à Whapmagoostui-Kuujjuarapik et un réseau de 80 postes de mesures climatiques à travers le Nunavik.Un volet important des travaux du CEN concerne le cycle de l’eau en région nordique.Il est financé entre autres par Hydro-Québec, qui s’inquiète des fluctuations des précipitations qui alimentent ses réservoirs.Cette étude met à contribution l’expertise du Centre en dendrochronologie, soit l’art d'interpréter les cernes de croissances des arbres en fonction du climat, des feux ou du passage répété d’animaux.Par cette méthode, Yves Bégin et son équipe ont reconstitué les variations climatiques des 200 dernières années dans le Nunavik.« Nous constatons maintenant que les aménagements hydroélectriques ont été conçus dans la période la plus pluvieuse des deux derniers siècles », dit M.Bégin.En comparant les cycles de réchauffement passé et actuel, le chercheur tente de prévoir les conditions de pluie des prochaines décennies.Sciences humaines : le parent pauvre Pour le directeur du GETIC, FrançoisTrudel, la crise de la recherche nordique est permanente en sciences humaines et sociales! « Nos chercheurs souffrent de sous-financement chronique, alors que les coûts de transport et de séjour dans le Nord sont très élevés », assure-t-il.Le directeur craint même que les bonnes intentions du fédéral, manifestées lors du dépôt du rapport sur la recherche nordique, ne se matérialisent pas hors des sciences naturelles et du génie.En effet, deux ans après ce dépôt, le Conseil de recherche en sciences humaines n’a encore annoncé aucun déblocage de fonds.Malgré des ressources insuffisantes, le GETIC, qui regroupe des chercheurs de l’Université Laval, jouit d’un rayonnement international.Il a notamment mis sur pied la Inuit Studies Conference, principal lieu d’échange des spécialistes du monde inuit circumpolaire et édite la revue scientifique Études Inuit Studies.C’est par ailleurs Gérard Duhaime, exdirecteur du GETIC, qui dirige une recherche internationale sur la sécurité alimentaire en territoires arctique et subarctique.Ce travail, qui implique cinq pays nordiques, permettra d’offrir un portrait des problèmes d’approvisionnement, de production et de consommation alimentaire dans le Nord, selon les différentes régions du monde.D’après M.Duhaime,en plus de la contamination de leur nourriture traditionnelle, les Inuits font face à un problème de taille : le prix exorbitant des denrées compte tenu du revenu disponible.Par exemple, alors que les familles québécoises dépensent en moyenne 18 p.100 de leur budget pour se nourrir, les habitants du Nunavik doivent y consacrer 50 p.100! Au cours des prochaines années, plusieurs projets sur le Nord viendront probablement s’ajouter à la multitude de travaux en cours dans les DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 J ZOO ZOOMZOO ZOOMZOOMZOOM Chercheurs et autochtones en réseau Avec la multiplication des activités de recherche en territoires nordiques, Cris et Inuits voient débarquer dans leurs villages de plus en plus d’économistes, de juristes, de biologistes, de toxicologues.« Pendant des décennies, les seuls scientifiques à mettre les pieds chez les autochtones étaient des anthropologues, qui ont pour tradition de travailler en collaboration avec les communautés.Aujourd’hui, on sent souvent que la recherche porte “sur” les autochtones plutôt qu'elle ne se fait “avec” eux.» Elle-même anthropologue à l’INRS-Urbanisation, culture et société, Carole Lévesque s’active depuis plusieurs mois à mettre sur pied un réseau d’échanges entre les chercheurs de toutes les disciplines, de même qu’entre les organisations autochtones et les chercheurs.« Le réseau permettra de transmettre une approche anthropologique aux spécialistes des autres disciplines », escompte-t-elle.Symposiums, journées d’études, répertoires annotés de travaux et d’experts, site Internet et bulletin imprimé sont prévus.« Les chercheurs de différents horizons scientifiques pourront s’initier aux réalités autochtones et auront accès à une documentation imposante accumulée au cours des 100 dernières années », assure Mme Lévesque.Le réseau offrira aussi un canal de communication aux autochtones, qui veulent désormais être partie prenante des recherches qui les touchent.« Travailler avec les communautés locales lorsqu’on fait de la recherche en sciences naturelles n’est pas un automatisme, remarque Serge Fayette, du Centre d’études nordiques.C’est bon que le réseau nous ouvre à des considérations humaines et sociales.» v universités québécoises.Après la remise du rapport sur la recherche nordique, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie a annoncé un programme de soutien aux étudiants-chercheurs et créé six chaires de recherche universitaire sur le Nord canadien,dont une à l’Université Laval, attribuée à Serge Fayette, du CEN, et une à l’Université McGill, dirigée par Laurie Chan, de CINE, qui s’intéresse aux liens entre alimentation et santé chez les autochtones, surtout dans l’Ouest canadien.Le rapport recommandait cependant la création de 24 chaires! « Nous n’avons eu aucun crédit supplémentaire du gouvernement, mais nous avons réparti différemment nos budgets », plaide Norman Marcotte, directeur du secteur des Sciences de la vie et de la Terre au CRSNG.M.Marcotte assure que le rapport a permis à plusieurs ministères fédéraux et à son organisme d'inscrire la recherche nordique parmi leurs priorités.?Ca fait partie ' de nos vies Zone science 1 ¦ ications Avec la participation du ministère de la Culture et des Commu Samedi 17 h Les répercussions de la science et de la technologie dans la vie de tous les jours.Animée par Frédéric Loiselle du Québec.Programme « Étalez votre science».Production Icotop inc.Télé-Québec telequebec.tv 54 ^["découvrir I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 livres DÉCOUVRÎr Revue bimestrielle de vulgarisation SCIENTIFIQUE, DÉCOUVRIR EST PUBLIÉE PAR L’ACFAS - ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - AVEC L'AIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DE LA RECHERCHE, DE LA SCIENCE et de la Technologie (MRST).QuébecSS Directrice et rédactrice EN CHEF Danielle Ouellet Directeur général de l’Acfas Germain Godbout Secrétaire de rédaction Julie Garneau Recherche photo Julie Garneau Comité de rédaction Johanne Collin, Robert Ducharme, Pierre Fortin, Jean-Claude Guédon, Jacinthe Lacroix, Jean-René Roy, Michel Trépanier Révision linguistique Hélène Larue Direction artistique Martine Maksud Photo de la page couverture David Gifford/Science Photo Library Sorties Postscript Film-O-Progrès Impression Imprimerie Québécor, Saint-Jean Certains articles de Découvrir peuvent ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION OUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À : Acfas 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Tel.: (514) 849-0045 Téléc.: (514) 849-5558 DECOUVRIR@ACFAS.CA www.acfas.ca/decouvrir NOUS REMERCIONS PATRIMOINE CANADA POUR SON AIDE FINANCIÈRE À LA PUBLICATION de la revue Découvrir.Le contenu de cette revue est reproduit SUR SERVEUR VOCAL PAR L’AUDIOTHÈOUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L’iMPRIMÉ.Téléphone : Québec (418) 627-8882 Montréal (514) 593-0103 La revue Découvrir est répertoriée dans Repère et dans CARD.n° de convention de VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 1260413, NOVEMBRE 2002 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE du Québec, troisième trimestre 2002 ISSN 1498-5845 Publicité : Communications Pubii-Services Chantal St-Denis, Jean Thibault Tél.: (450) 227-8414 info@publi-services.com LES FEMMES ET LES CONSEILS MUNICIPAUX DU QUÉBEC, Évelyne Tardy, Éditions Hurtubise HMH, i?5 P- HISTOIRE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA VILLE DE MONTRÉAL, Benoît Gaumer, Georges Desrosiers, Othmar Keel, Les Éditions de l’IORC, 277 p.L’AFFECTIVITÉ EN ÉDUCATION : Pour une pensée de la sensibilité, Catherine Meyor, Les Presses de l’Université Laval, 263 p.LES ENJEUX ÉTHIQUES D’INTERNET EN AFRIQUE DE L’OUEST: Vers un modèle éthique d’intégration, Les Presses de l’Université Laval, 170 p.LA DISSOLUTION D’UN MONDE : La Grande Guerre et l'instauration de la modernité culturelle en Occident,Vincent Fauque, Les Presses de l’Université Laval, 219 p.IDENTITÉS NARRATIVES -.Mémoire et perception, sous la direction de Pierre Ouellet, Simon Harel, Jocelyne Lupien et Alexis Nouss, Les Presses de l’Université Laval, 323 P- MOURIR ET RENAÎTRE : La réception du christianisme par les Inuits de l'Arctique de l’Est canadien, Frédéric Laugrand, Les Presses de l’Université Laval, 559 p.LES GROUPES D’INTÉRÊT ET LES COLLECTIVITÉS LOCALES : Une interface entre le citoyen et l’État, Michel Cartier, Les Presses de l’Université Laval, 137 p.LA BANLIEUE REVISITÉE, sous la direction d’Andrée Fortin, Carole Després et Geneviève Vachon, Éditions Nota Bene, 302 p.PORTRAITS DES ARTS, DES LETTRES ET DE L’ÉLOQUENCE AU QUÉBEC, sous la direction de Bernard Andrés et Marc André Bernier, Les Presses de l’Université Laval, 509 p.L’AFRIQUE NOIRE FACE À SA LABORIEUSE APPROPRIATION DE L'UNIVERSITÉ: Le cas du Sénégal et du Cameroun, Féli-Marie Affa’a et Thérèse des Lierres, Les Presses de l’Université Laval, 321 p.PRATIQUE DE L’IMAGINAIRE : Lecture de Gilbert Durand, Martine Xiberras, Les Presses de l’Université Laval, 178 p.VARIATIONS DE LA PERCEPTION CATÉGORIELLE : Enjeux énonciatifs et interculturels, Khadiyatoulah Fall, Daniel Simeoni et Doumbé Bétoté Akwa, Les Presses de l’Université Laval, 169 p.« LA LIBERTE AUSSI VIENT DE DIEU.» : Témoignage en l’honneur de Georges-Henri Lévesque, o.p., sous la direction de Pierre Valcour et François Beaudin, Les Presses de l’Université Laval, 312 p.DIEU EST MON COPILOTE : La Bible, le Coran et le 11 septembre, ).- Claude St-Onge, Les Éditions Écosociété, 178 p.LA STRATÉGIE DE L’AUTRUCHE : Post-mondialisation, management et rationalité économique, Omar Aktouf, Les Éditions Écosociété, 370 p.TRAITÉ DE LA CULTURE, sous la direction de Denise Lemieux, Les Éditions de l’IORC, 1089 p.-N Précision - Paul Charbonneau, dont il est question dans le Science clip du numéro de septembre-octobre 2002 intitulé « Le soleil dans tous ses états », est bien titulaire de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en astrophysique stellaire.x-, Des nouvelles du Fonds de la recherche en santé du Québec Un nouveau conseil d’administration au FRSO Le docteur Michel A.Bureau, PDG, est heureux d’annoncer la nomination par le Conseil des ministres de six nouveaux membres de son conseil d’administration.Il s’agit de mesdames Louise Pilote, M.D., Ph.D., Marie-France Raynault, M.D., M.Sc., et de messieurs Camil Bouchard, Ph.D., Jean-Denis Dubois, M.5c., Daniel Gaudet, M.D., Ph.D., Raymund J.Wellinger, Ph.D.Les autres membres du conseil sont : Pierre Chartrand, Ph.D., Chéri Deal, M.D., Ph.D., Lucie Germain, Ph.D., Michèle Jean, MA, M.Éd., Jonathan Meakins, M.D., D.Sc., Lise Talbot, Ph.D., et Réjean Tessier, Ph.D.Messieurs Georges Archambault, du MRST, Claude Dussault, du MSSS, et madame Julie St-Pierre, membre étudiante, agissent à titre d’observateurs.Ce nouveau conseil d’administration participera activement à la réalisation de la nouvelle mission élargie du FRSO dont les champs d’intérêt touchent désormais tous les secteurs de la recherche en santé, depuis la génétique jusqu’aux aspects sociaux de la santé, Fonds de la recherche a I hôpital comme a I université.enfanté Québec SS 55 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEM^F^TB la fine pointe 1C CI RAN O Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (Le Cirano) et ses partenaires ont pour mission de développer au Québec un centre de recherche en analyse des organisations destiné à accroître l’efficacité et la compétitivité des entreprises québécoises.Économie en laboratoire Faire de l’économie en laboratoire, un peu comme une expérience de chimie ou de physique, voilà le centre d’intérêt des spécialistes de l’économie expérimentale.Cette jeune science — 30 ans tout au plus — vient de recevoir ses lettres de noblesse avec l’attribution, le 9 octobre dernier, du prix Nobel d'économie à des spécialistes de cette discipline1.Aujourd’hui, on dispose de méthodes pour comprendre le comportement humain et l’efficacité de nouvelles institutions dans certains contextes économiques.Le Laboratoire universitaire Bell en commerce électronique et économie expérimentale(C3E) du Cirano consiste en une grande salle où se trouvent alignés une vingtaine d’ordinateurs isolés les uns des autres par des rideaux.Claude Montmarquette en est le directeur scientifique : « Pour établir une politique de rémunération en entreprise, à la pièce ou à l’heure par exemple, nous invitons des gens à jouer.L’économie expérimentale permet de voir à l’avance ce qui se passera si l’on change les mesures incitatives ou les contraintes,et ainsi de réduire considérablement les coûts privés et sociaux de ces politiques si elles étaient appliquées directement.» On a pu ainsi vérifier qu’une politique de rémunération basée sur l'atteinte d’objectifs peut amener les gens à se décourager si ces objectifs ne sont pas remplis.L'économie expérimentale a aussi permis de démontrer qu’en environnement, il n'est pas suffisant de compter sur la générosité ou sur la bonne volonté des gens : « Il faut des mesures économiques incitatives pour changer les comportements », constate Claude Montmarquette.Cette science a aussi mis un bémol à la théorie des resquilleurs, généralement admise en économie, qui voulait qu’un individu tente toujours de tirer le maximum d’une situation.En fait, l’équilibre de Nash, héros du film A beautiful mind, et Prix Nobel d’économie de 1994, ne fonctionne pas : il laisse de côté un concept lié à la nature humaine, celui de la réciprocité, qui veut qu’un coup de main attire la réciproque.Cela a été vérifié en laboratoire.C’est en s’appuyant sur ce concept que l’on comprend pourquoi des conventions collectives détaillées donnent des résultats souvent décevants : «Une personne qui demande un service à un collègue dans un hôpital, observe Claude Montmarquette, se verra souvent répondre que ce n'est pas dans sa convention collective! En ne laissant aucune marge à la réciprocité, on déshumanise à tort le travail et l'efficacité d’une collaboration.» Au cœur de la méthode expérimentale se trouvent les sujets auxquels on fait appel pour «jouer » en laboratoire :« Nous recrutons des étudiants qui, contrairement à la pratique dans d’autres disciplines comme la psychologie, sont payés en fonction des décisions qu’ils prennent, comme le sont les gens dans la vie courante, ex- plique le directeur.Les étudiants sont rémunérés à leurs coûts d’opportunité et cette approche a été validée partout dans le monde, avec des gens d’affaires, ou avec des Chinois, par exemple, à qui on donnait l’équivalent de leur salaire mensuel pour une heure d’expérience.C'est la nature humaine qui est enjeu ici.» Il reste encore beaucoup à faire pour développer des outils en économie expérimentale, mais les domaines d’applications sont nombreux : la gestion des ressources humaines en milieu de travail, l’évasion fiscale, la fusion d’entreprises, la négociation des conventions collectives, l’incitation au travail, la formation, sont des exemples de thèmes de recherche prometteurs.Le projet d’un réseau d’excel-g lence canadien en économie O ï expérimentale, présenté en juin dernier, a reçu un accueil encourageant : « Développer des méthodes pour comprendre le comportement humain dans le but de promouvoir de nouvelles politiques économiques est une idée qui se vend bien.Alors que le théoricien complexifie quelque chose de simple, l’économie expérimentale simplifie le complexe, d’où son attrait pour évaluer et suggérer de nouvelles politiques », lance le chercheur avec un clin d'œil, en guise de conclusion.DANIELLE OUELLET 0) Vernon L.Smith, professeur d'économie et de droit à l’Université Georges Mason, et Daniel Kahneman, professeur de psychologie à l’Université Princeton.DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 Découvrir remercie les six centres de liaison et de transfert qui participent financièrement à cette chronique.Laboratoire universitaire Bell en commerce électronique et économie expérimentale (C3E). CQlÉB parLenaire de la bio«innouaLu Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) est un chef de file depuis 1985 en valorisation des biomasses et des biotechnologies.Il stimule et accélère l’exploitation industrielle des résultats de recherche.La luzerne pour produire des protéines v s?lÿ: V'N ' ''' y,r- ¦ La luzerne présente un avantage non négligeable pour la production de protéines: elle peut donner jusqu’à neuf récoltes par année! Utilisées notamment dans la miseau point de médicaments, les protéines sont des molécules complexes dont les coûts de fabrication sont très élevés.Ces inconvénients peuvent retarder la mise en marché de médicaments à base de protéines utilisés pour soigner, entre autres, le cancer, l’arthrite ou l’infection par le VIH.Cependant, une nouvelle technologie, conçue par l’entreprise Medicago de Québec, pourrait apporter une aide précieuse dans le domaine.Elle permet de transformer la luzerne en usine vivante afin de produire des molécules destinées à la fabrication de médicaments, de cosmétiques, d’enzymes industrielles et de nombreux autres produits.« Tous les organismes vivants se développent puis se maintiennent en respectant une recette contenue dans leur propre code génétique.Cette recette permet à l’humain, par exemple, d’assembler les protéines qui le composent comme l’hémoglobine ou le collagène », explique François Ar-cand, directeur général et cofondateur de Medicago.De la même façon, un plant de luzerne se constitue protéine par protéine, plaçant au fur et à mesure de son développement une feuille ici, une racine là, etc.C’est à partir de ce constat que les chercheurs de Medicago ont pensé qu’ils pouvaient produire des protéines en ajoutant une copie d'ADN humain aux génomes de plants de luzerne.Le procédé consiste en un simple copier/coller génétique.Ainsi, les plans de luzerne, après avoir intégré cet ADN à leur propre « recette », produisent une petite quantité d’hémoglobine humaine qui se retrouve dans leurs feuilles.Medicago transforme ainsi plusieurs plantes pour ensuite sélectionner celle qui produira une quantité suffisante de la protéine recherchée.La protéine sera ensuite extraite, puis purifiée.D’autres types de plantes sont déjà utilisées à des fins similaires par quelques entreprises, mais la luzerne a un avantage particulier: elle est pérenne, c’est-à- dire qu'elle ne meurt pas lorsque la récolte est terminée, repousse dans les cinq semaines suivantes, hiverne ensui-tejusqu’au printemps pourfi-nalement repousser de nouveau.En serre, la luzerne peut donner jusqu'à neuf récoltes de protéines par année.Les premières plantes qui ont été transformées ainsi en 1995 à Agriculture Canada par Louis P.Vézina, directeur scientifique et co-fondateur de Medicago, produisent depuis sept ans le même anticorps monoclonal, récolte après récolte.Ces plantes-usines ne semblent pas connaître de problème de vieillissement avec une durée de vie de huit à dix ans au champ et beaucoup plus longue en serres, o Actuellement, l’équipe de Me-3 dicago travaille sur l’hémoglo-s bine humaine, sur le collagè-§ ne, sur le dépistage et le trai-^ tement d’allergies, certaines enzymes et des anticorps.«Ceux-ci, par exemple, sont très en demande, puisqu’il s’agit de la nouvelle génération de médicaments.Or, la luzerne génère très bien les anticorps », mentionne M.Arcand.Selon lui, les premiers produits de Medicago devraient entrer en essais cliniques en 2004.Cette nouvelle technologie a entre autres été appuyée financièrement par le CQVB, notamment à ses tout débuts.JACQUELINE BOUSQUET | DÉCOUVRIR [ NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 la fine pointe Centre de recherche informatique de Montréal CRIM Le CRIM (Centre de recherche informatique de Montréal), inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l’information.Formulaires électroniques Vous devez vous rendre à l’extérieur pour les besoins de votre travail.À votre retour, il vous faudra sans doute remplir un formulaire de compte de dépenses et attendre plusieurs jours avant d’être remboursé.Pensez au temps que vous réussiriez à gagner s'il était possible de faire parvenir ce type de formulaire simplement en quelques secondes, grâce à un clic de souris, et ce, d’où que vous vous trouviez dans le monde.À cet effet, le CRIM vient tout juste de réaliser un projet d’accompagnement technologique pour l’entreprise Documex.Cette PME située à Rimouski,qui travaille dans le domaine de la gestion documentaire, a décidé dernièrement d’intégrer et d’offrir une solution électronique de formulaire basée sur la technologie XML.« Chacun des formulaires créé est ensuite personnalisé selon le type de fonction de l’employé à qui il est destiné, explique Philip Kruse, président de Documex.Le nouveau programme peut reconnaître automatiquement le type de fonction de l’employé simplement à partir de son nom, de son numéro d’employé, de son empreinte digitale ou de tout autre mode d’identification.Cette technique a la particula- rité de permettre au système de fonctionner à la fois à l’interne et à l’extérieur.Alors que les systèmes utilisés par la plupart des entreprises ne peu- vent fonctionner qu’en ligne, donc à l’interne, notre système permet une utilisation d’où que vous soyez dans le monde.L’employé peut donc remplir son formulaire à partir non seulement de son ordinateur personnel à domicile, mais aussi de son ordinateur portatif ou de son ordinateur de poche.» Àtitre d’exemple, M.Kruse note que son entreprise a créé récemment des formulaires personnalisés destinés aux employés d’une compagnie miniè- re.« Lorsque les employés se rendent sur un site en hélicoptère, ils peuvent maintenant remplir leurs formulaires à partir d’un ordinateur portatif.Il fallait auparavant attendre environ sept jours pour pouvoir recevoir les formulaires; on peut actuellement avoir accès aux documents presque immédiatement.» Cette nouvelle technologie offre plusieurs avantages.L’employeur peut,d’une part, visualiser très rapidement combien d’employés ont voyagé et à combien s’élèvent pour chacun les dépenses en essence, taxis, restaurants, hôtels, etc.Il peut aussi voir à combien s’élèvent les dépenses pour chacun des services.D’autre part, l’employé obtient son autorisation de remboursement beaucoup plus rapidement.« Généralement, il en coûte à l’employeur en moyenne 150$ par employé pour effectuer ce processus.Avec ce nouvel outil, il ne lui en coûtera plus que 10$ », poursuit M.Kruse.Dirigée par Louis Fortier, l’équipe de R-D Développement et transfert technologique du CRIM a mis quelques mois pour monter ce prototype.« Notre prototype utilise PureEdge, un outil qui permet d’automatiser un maximum de formulaires tout en y mettant un minimum d’efforts de programmation.Le prototype est en fait muni d’un système plus intelligent qui utilise la puissance du protocole XML pour valider des données.Certaines entreprises sont actuellement aux prises avec des centaines de formulaires différents.Cette technologie leur permet d’en faire la gestion de façon simple et rapide et de passer du papier à l’électronique sans avoir à faire appel à un programmeur », explique Adnane Benjelloun, agent de recherche senior au CRIM.JACQUELINE BOUSQUET Développement informatique Gestion \ Impressions! ZJ “T/ FormulairesX papier, J| électronique# Gestion Rapports Module central Migrations ' hors connexion^ Acquisition | de données J Module d affichage Gestion Accès Gestion PerformanceJ La gestion globale de l’information sous forme électronique nécessite un ensemble de modules afin d’acquérir, gérer, consulter, obtenir des statistiques et archiver les informations recueillies.58 U DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 | la fine pointe c&frio mm votre lien avec l'avenir Le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO), contribue à l’amélioration de la performance des organisations grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.Briser l'isolement des écoles rurales Subir trois heures d’autobus scolaire quotidiennement pour se rendre à l’école, ou se priver de suivre un cours de biologie parce qu’aucun enseignant qualifié n'est disponible.Voilà le lot de plusieurs élèves vivant dans les régions rurales du Québec et pour lesquels le temps des Filles de Caleb n’appartient pas tout à fait au passé.En effet, la dénatalité et l’exode des jeunes familles vers les villes engendrent une décroissance de la population en milieu rural.La diminution du nombre d’élèves affecte alors toutes les normes liées au nombre d’enseignants assignés à chaque école.Les classes à multiples niveaux en sont une conséquence.Plusieurs petites localités se butent alors à un choix difficile : soit maintenir les écoles rurales ouvertes malgré le manque de ressources, et donc obtenir une formation de moindre qualité, soit les fermer et exiger des élèves qu’ils se tapent de longues heures d’autobus pour aller dans un autre village.Conscient de cette réalité, le ministère de l’Éducation du Québec s’est adressé en 2001 au Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) pour « évaluer si les technologies de l’information et des communications (TIC) peuvent sauver les écoles rurales », relate Josée Beaudoin, directrice, développement de projets, au CEFRIO.De leurs ré- flexions, est né le projet « L’école éloignée en réseau », dont madame Beaudoin assure la direction.Sa mission est claire : briser l’isolement des écoles rurales.Dans cet esprit, le CEFRIO mènera trois projets pilotes au cours de l’année scolaire 2002-2003.La polyvalente Jacques-Rousseau à Radisson et les écoles primaires Christ-Roi de Saint-Camille à Abestos, et Saint-Cœur-de-Marie à Rivière-à-Pierre au nord de Port-neuf, sont le théâtre, depuis septembre 2002, d’expérimentations visant à ouvrir les éco- les rurales sur le monde grâce aux TIC.Les deux chercheurs principaux du projet, Thérèse Laferrière, professeure de sciences de l'éducation à l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), et Alain Breuleux, professeur au Département de psychopédagogie de l'Université McGill, examinent, de concert avec les écoles, les effets de la mise en réseau des écoles au moyen des TIC.« Nous voulons permettre, par exem- ple, à des élèves de plusieurs écoles de collaborer à distance à des projets communs, note Josée Beaudoin.Nous souhaitons aussi que les enseignants des petites localités puissent se réunir dans Internet pour discuter de problèmes similaires.» Le CEFRIO évalue également comment, grâce entre autres à la vidéo-conférence, un étudiant de l’Abitibi pourrait fréquenter son école les deux tiers du temps et participer virtuellement, le reste du temps, aux activités d’une autre classe située à 400 km de chez lui.« Nous allons tenter plusieurs expériences de mise en réseau à l’intérieur de l’école et, surtout, entre différentes écoles », poursuit la directrice du projet.Celle-ci espère d’ailleurs présenter quelques expériences concluantes en 2003.« L’équipe du projet veut émettre des recommandations sur la mise en réseau d'élèves et d’enseignants dans les écoles éloignées afin de favoriser une éducation rurale de qualité, mais aussi pourfai-re profiter le reste de la communauté des nouvelles technologies », note-t-elle.Ainsi, toute la population rurale pourrait avoir accès à de la formation continue ou à des cours de perfectionnement professionnel.à distance.De quoi laisser Émilie Bordeleau bouche bée! NATHALIE KINNARD 59 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEV^Ï^TW la fine pointe f* flV* CENTRE DE RECHERCHE VV^JL Vd EN CALCUL APPLIQUÉ Le Centre de recherche en calcul appliqué (CERCA), créé en 1992, a pour mission de valoriser la recherche universitaire en calcul appliqué, celle qui intéresse les entreprises et les organismes de services publics.fH» On estime que sept personnes sur dix travaillent dans des immeubles à bureaux.Quand on sait que l’environnement intérieur influe grandement sur la santé, on comprend que le rôle des systèmes Simulation informatique de l’évacuation de la fumée en cas d’incendie.Ce type de simulation permet de déterminer les meilleures stratégies de ventilation.de chauffage, de ventilation et d'air conditionné soit crucial.Les problèmes de santé causés par des moisissures ont à plusieurs reprises fait les manchettes.Un chercheur du CERCA croit avoir trouvé une solution aux problèmes de qualité de l’air en s’inspirant d’une technique issue du monde aérospatial.« Les modèles d’écoulement de l’air sur les ailes d’avion sont étudiés et utilisés depuis 30 ans en génie aérospatial, souligne Marcelo Reggio, ingénieur mécanique et chercheur au CERCA.Si cette technologie permet de concevoir des ailes Visualiser l’invisible.comme l’air qui optimisent l’usage de l’air, pourquoi ne serait-elle pas applicable à la circulation de l’air dans les bâtiments?» Pour adapter ces modèles, le professeur Reggio a choisi, dans un premier temps, d’étudier les milieux hospitaliers.La circu- lation d’air dans les immeubles dépend de multiples facteurs auxquels les hôpitaux sont particulièrement vulnérables.Il s’agit essentiellement des interactions entre l’emplacement des individus et des équipements, des sources de contamination ainsi que des sources de chaleur comme les personnes ou l’artillerie informatique.On peut facilement se faire une idée des risques entraînés par un mauvais système d’aération dans des lieux comme l’urgence ou le bloc opératoire, habités par des microbes et des substances chi- miques qui ne cherchent qu’à se propager.Difficile, toutefois, d'imaginer la dynamique complexe qui commande le transport de l'air et ses conséquences exactes.« Avec la puissance des ordinateurs, réplique le professeur Reggio, on peut maintenant modéliser la dynamique de l'air.Le défi actuel consiste à adapter ces modèles aux bâtiments pour que les firmes de génie conseil puissent les utiliser.» Ces logiciels intègrent et analysent les informations relatives, par exemple, à la vitesse, à la température, à la concentration de gaz carbonique et à la distribution de l’air.La trajectoire de groupes de particules d’air peut être suivie à la trace.« Nous pourrions visualiser le parcours de l’air réchauffé et humidifié par les nombreuses personnes d’une salle d’urgence.Nous serions alors en mesure d’évaluer le risque que l’air entre en contact, quelques mètres plus loin, avec un grand brûlé.» La circulation d'air vicié, la concentration d’un gaz, la propagation d’une bactérie ou d’un microbe, la fuite d’un gaz, le taux d’humidité :tout ou presque peut être simulé avec ces modèles.Marcelo Reggio et son équipe s’intéressent aussi à la simulation des incendies,dans le but, notamment, d'évacuer la fumée plus efficacement.« La force principale de cet outil, selon le professeur Reggio, est d’avoir la possibilité d’envisager plusieurs scénarios.» De cette façon, les responsables de la qualité de l’air peuvent prévoir les effets des modifications à apporter avant même que les ouvriers n’entrent en scène.Dans un avenir plus lointain, cette technique devrait permettre d’optimiser les systèmes de ventilation avant la construction des édifices.« Ce que je souhaite avant tout, lance le professeur Reggio, c’est que cette méthode puisse sensibiliser les administrateurs de bâtiments aux problèmes de qualité de l’air.» -SÜ'PFfFP'ÀYFU'fT Simulation informatique des mouvements de l’air dans un laboratoire.rm 1 mn 60 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 la fine pointe Le Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CORDA), établi en 1993, contribue à accroître les retombées économiques en soutenant activement l’interaction chercheurs-industries reliée à la production d’aluminium et au développement d’utilisations de ce métal.Quand l’erreur n’a pas sa place! L’erreur ne pardonne pas dans les usines de production.Une seule bévue peut faire augmenter dramatiquement les coûts de fabrication d’un produit.Et pourtant, l’erreur est humaine.Le Groupe Vision Interactif (GVI), une entreprise qui a pignon sur rue à Montréal et à Chicoutimi, et qui développe des outils d’aide à la performance en production,croit pourtant que l’on apprend de ses erreurs.Tout comme le Centre technique des industries de la fonderie (CTIF) de France, un pôle d’experts qui dispose d’un savoir-faire reconnu dans le domaine de la fonderie et des industries.Les deux entreprises ont basé le développement d’AI Ex sur cet adage.Al Ex, pour Aluminium Expert, est un logiciel multimédia de résolution de problèmes conçu pour assister les responsables de la reconnaissance et de la réparation des défauts en fonderie d’aluminium sous pression.Le projet prend naissance en 1998, quand le Centre québécois de recherche et développement de l’aluminium (CORDA) confirme au Groupe Vision Interactif que la résolution de problèmes constitue un besoin important chez les industriels de l’aluminium du Québec et du monde entier.Le CORDA organise alors une rencontre entre l’entreprise québécoise et le groupe français, débloque les fonds nécessaires et, deux ans Al Ex ™ utilise des présentations 3D afin de simplifier la reconnaissance des problèmes.Externes — Non-conformités Étamage-arrachement Reprises Bu vu rov.Malvanue/toonque obtenir d'autres explications.Fiches de non-conformité — mode lecture Non-corrtormtté [ Produit Métal Les utilisateurs d’AI Ex ™ peuvent stocker des fiches pour toutes les non-conformités issues de la production.C’est l’étape initiale qui permet au personnel technique de constater la récurrence de problèmes.plus tard, la première version d’AI Ex voit le jour! Le logiciel illustre tous les défauts en fonderie (fissures, failles, bulles d’air) reconnus par les experts de l’industrie.« Grâce à des représentations 3D, des photographies, des vidéos et des fiches descriptives, l’opérateur peut rapidement associer un défaut ou une non-conformité vus en cours de production à ceux décrits par les experts de l’industrie », précise Henri Gagnon, président du conseil d’administration de GVI.Comme Al Ex propose, par ordre de pertinence, les causes et les remèdes associés à chaque défaut, l'employé peut promptement corriger la situation et épargner ainsi temps et argent.Plus encore, l’opérateur a la possibilité de personnaliser le contenu du logiciel.« Il peut, par exemple, ajouter des commen- taires ou enregistrer de nouveaux problèmes », dit M.Gagnon.Al Ex permet ainsi de faire évoluer la connaissance et de transmettre le savoir aux autres opérateurs.Plus de raison de commettre deux fois la même erreur! Depuis quelques mois, la deuxième version d'AI Ex, plus souple et plus efficace, est offerte aux opérateurs des fonderies sous pression.« Le logiciel amélioré permet notamment d’ajouter, de modifier ou de supprimer des photos associées aux fiches descriptives d’erreurs de production », déclare fièrement Henri Gagnon.Alors qu’AI Ex trouve actuellement preneur dans plus de cinq pays, dont la Corée, la France, l’Espagne, les États-Unis et le Canada, GVI travaille à dévelop- per d’autres versions du logiciel.Ainsi, Al Ex Danger vise l'amélioration de la santé et de la sécurité au travail, et Al Ex Dangerélectrique se spécialise dans la santé et la sécurité au travail en électricité.De tels environnements virtuels en ligne, comparables à des jeux, permettent de simuler des situations dangereuses en milieu de travail.Ces logiciels sont un outil de formation qui vise la prévention des accidents de travail et la diminution des coûts reliés aux blessures professionnelles.Parallèlement, Groupe Vision Interactif recherche des partenaires « experts de contenus » pour créer des produits multimédias de résolution de problèmes à l’intention de l’industrie du bois de sciage et des pâtes et papiers.NATHALIE KINNARD 61 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBR?To02~B| SOURCE : GROUPE VISION INTERACTIF point 1 e ( Du chloroforme sous la douche Le chlore utilisé pour traiter l'eau a le fâcheux inconvénient d’entraîner la formation de tri-halométhanes, une famille de composés chimiques dont le plus illustre membre est le chloroforme.Ces composés n’affectent ni l’odeur ni la saveur de l’eau, mais, en concentrations élevées, on les soupçonne de causer le cancer.Les autorités médicales ont établi des normes touchant les quantités de chloroforme dans l’eau, mais uniquement pour l’eau que l'on boit.Y a-t-il des dangers dans le cas de l'eau inhalée ou absorbée par la peau?Des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval ont vérifié.Ils ont estimé que l’absorption de chloroforme attribuable à la douche est 26 000 fois plus basse que la dose critique provoquant des cancers chez les animaux.Les problèmes de somnolence ne sont pas à craindre non plus.Au fil des événements 12 septembre 2002 Lutter contre le décrochage scolaire Un nouveau centre de transfert est né : le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec, qui a pour objectif de faire le pont entre les recherches universitaires et les milieux de l’éducation.Il produira et diffusera des outils pédagogiques efficaces et de qualité, destinés au personnel des écoles primaires et secondaires, des commissions scolaires et des collèges, aux parents et aux élèves, et à différents professionnels qui travaillent avec les jeunes.62 Étoiles exotiques Le champ magnétique des ma-gnétoiles est tellement puissant qu’il peut démagnétiser une carte de crédit à plus de 160 000 km de distance! Une équipe de chercheurs de l’Université McGill a découvert qu’une classe rare et énigmatique d’étoiles à neutrons, dont on ne connaît que cinq exemples, sont en réalité des magné-toiles dont le champ magnétique est des milliards de fois plus puissant que celui du Soleil ou de la Terre.Ces étoiles à neutrons, que l’on appelle des pulsars à rayons X anormaux (AXP), ont défié toute explication physique depuis que la première d’entre elles a été découverte en 1982.Les résultats de McGill ont pour effet de doubler le nombre de magnétoiles connues.Université McGill 11 septembre 2002 Du lait animal pour des bébés plus gros Les femmes enceintes qui consomment davantage de protéines d’origine laitière que d’autres femmes ont des bébés plus lourds à la naissance.Une étude australienne a ainsi démontré qu’une augmentation quotidienne de protéines laitières était traduite par une augmentation moyenne de 43 g de la masse du bébé à la naissance.De plus, ces bébés plus lourds seront en meilleure santé et, en particulier, risqueront moins de souffrir plus tard de problèmes cardiovasculaires ou de diabète.L’étude fait ressortir que les protéines de toutes origines jouent un rôle important dans le développement du fœtus, mais que celles d’origine laitière ont un effet plus marquant sur la masse du nouveau-né.Le Bulletin des agriculteurs 18 septembre 2002 Enfants uniques et hyperactivité Les enfants uniques manifestent plus de comportements hyperactifs que ceux qui ont un ou plusieurs frères et sœurs.À des degrés divers, ils remuent sans cesse, sont incapables de se concentrer, sont impulsifs, ont de la difficulté à attendre leur tour dans un groupe et sont inattentifs.« Et cela est particulièrement vrai dans le cas des garçons de 4 à 9 ans », précise l’auteur de l’étude, Jacques Marleau, qui vient de déposer sa thèse de doctorat à l’Université de Montréal.Dans les familles de deux enfants, les symptômes de l’hyperactivité se déplacent vers le cadet, tandis que l’on observe plus souvent chez l’aîné des symptômes de troubles intériorisés comme l’angoisse, l’inquiétude et la tristesse.Forum Express 18 septembre 2002 L’histoire sans célébrités Le taux de natalité au Canada a chuté à la fin du 19e siècle, à une période où les représentants du gouvernement et les membres du clergé décriaient haut et fort toute forme de contraception.Par ailleurs, la diversité de la population canadienne n’est pas récente, elle remonte aux origines mêmes du pays.Voilà le genre de résultats auxquels on arrive grâce à de nouvelles approches historiques basées sur une analyse fine des recensements.Chad Garfiels, directeur de l'Institut d’études canadiennes de l’Université d’Ottawa, s'attend à ce qu’une étude consacrée aux recensements T”?du 20e siècle révèle plusieurs surprises : « Auparavant, dit-il, la technologie ne permettait pas de travailler avec les masses de données comme les douzaines de variables applicables à des millions de personnes.» Il s’agit d’une nouvelle approche de l’histoire.sans têtes couronnées ni célébrités.Perspectives sur la recherche été 2002 U DFCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2002 déjà plus loin .iq Dimanche matin, mont Bellevue, à deux pas du campus de l'Université de Sherbrooke.Serge Lepage (cardiologie) et Martin Brouillette (génie mécanique) profitent du grand air tout en discutant de leur projet de recherche commun : l'utilisation de la vélocimétrie Doppler à ultrasons pour la détection précoce de la régurgitation mitrale.r La recherche à l’Université de Sherbrooke C’est l’avantage de la ville universitaire dans un milieu de vie exceptionnel C’est la facilité des collaborations interdisciplinaires C’est l’innovation et le dynamisme de I chercheuses et chercheurs renommés et accessibles un nouveau contrat de recherche par jour ouvrable au premier rang des universités canadiennes au chapitre des redevances fonds de recherche de plus de 50 millions $ par an plus de 50 instituts, groupes ou chaires de recherche plus de 60 créneaux d’excellence en administration, en droit, en éducation, en éducation physique et sportive, en génie, en lettres et sciences humaines, en médecine, en sciences, en théologie, éthique et philosophie embauche de 200 nouveaux professeurs www.usherbrooke.ca/recherche T * v.UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE (819) 821-7555 suis une visionnaire.Je veux promouvoir mes idées.Je veux faire avancer les connaissances.Je veux atteindre mes objectifs et inventer ma carrière.L'Université Laval m'offre le meilleur environnement d'études et de recherche.Première université francophone en Amérique I Parmi les 10 plus grandes universités de recherche au Canada Plus de 225 chaires, instituts, centres et groupes de recherche Plus de 1100 chercheurs Environ 170 programmes de formation aux 2e et 3e cycles dont plusieurs avec Profil international 230 millions de dollars en fonds de recherche Bourses, stages, programme études-travail et soutien financier à la réussite Faites des études de 2e et de 3e cycle Le monde s'ouvre à vous.Jusqu'où irez-vous ?À vous de choisir.www.ulaval.ca UNIVERSITE T T W T T * * PI * t * * ü t * LAVAL Aujourd’hui Québec, demain le monde
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.