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Éditeurs :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
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Novembre-décembre
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  • Revues
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six fois par année
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PER {\-52SH BNQ U / 1 u VRJ.i LA REVUE DE LA RECHERCHE VOLUME 24, NUMÉRO 6 | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 L\ 3'hi —) r' ‘ r ' I I 2 J J J J J _x—j _J J ^ _>_i —J —' 27121:77-21,2227; 212 Cî '.Acfas : Spécial Combattre le SRAS L'avenir des terres en friche Évaluer la qualité de vie Des poissons musclés Réinventer la banlieue Croisade contre le cancer -« 0 y r J y ^ üüLJ^ Jy üjyjJJyiJ^ 7 "’VSSIS 00468 7 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 40063507 - decouvrir@acfas.ca 77831300468706 Passé, présent, futur supérieur Au 2e et 3e cycle, vous pouvez choisir parmi plus de 300 programmes réputés et avoir accès à des centaines de bourses et d'emplois à temps partiel liés à l'enseignement et à la recherche.Date limite d'admission : 1er février Information www.fes.umontreal.ca - 514.343.6426 Université de Montréal VOLUME VINGT-QUATRE | NUMÉRO SIX | N O V E M B R E - D É C E M B R E 2003 ¦ 4 MOT DE LA RÉDACTION par Danielle Ouellet 6 SCIENCE CLIPS L'ARGENT QUI NE FAIT PAS LE BONHEUR • COMBATTRE LE S RAS L'AVENIR DES TERRES EN FRICHE • UNE BONNE ÉTOILE POUR DE BONS CALCULS DES POISSONS MUSCLÉS • MON SOMMEIL ME BRÛLE! • RÉINVENTER LA BANLIEUE AU CŒUR DE L'ARN • LE TALENT : HÉRÉDITÉ OU ENVIRONNEMENT?PLACE AUX FEMMES • VERS UNE MÉDECINE PERSONNALISÉE • HORMONE À TOUT FAIRE ANXIÉTÉ : LIBÉRER LES ENFANTS • UN LABO TOTALEMENT GIVRÉ! POUR EN AVOIR LE CŒUR NET • NETTOYER LES TRACES DU PASSÉ L'IMMUNITÉ DANS LA MIRE DE LA GÉNOMIQUE • LE JOURNALISME EN MUTATION LES CHERCHEURS S'ÉCLATENT • SUR LA TRACE DES ANCÊTRES 30 FACE À FACE MIREILLE MATHIEU, LE CHANGEMENT.POUR LE MEILLEUR Mireille Mathieu : « L'unique chose sur laquelle on puisse toujours compter, c'est le changement.» Si une seule phrase devait résumer Mireille Mathieu, ce serait celle-là.En effet, ses vies de chercheuse, de professeure ou de doyenne ont toutes été guidées par le même but : changer les choses, pour le meilleur.Par Sophie Payeur *40S£1 REC H E RC H E CHANGEMENTS CLIMATIQUES LA PLANÈTE COMME UNE BOULE DE CRISTAL SEPT PROBLÈMES, SEPT SOLUTIONS LA TERRE POUR TOUS, TOUS POUR LA TERRE Par Dominique Forget ENJEUX 50 LA RECHERCHE AÉROSPATIALE S’ORGANISE Par Valérie Borde 57 ZOOM CROISADE CONTRE LE CANCER Par Nathalie Kinnard 58 RUBRIQUES LIVRES • DES NOUVELLES DU FONDS SOCIÉTÉ ET CULTURE DANS LE PROCHAIN NUMÉRO 60 LA fine pointe MÉDECINE : DES CARRIÈRES MONÉTAIREMENT ORIENTÉES PLASMA POUR ÉCRAN PLAT À LA RECHERCHE DES SONS ET DES IMAGES VITAMINE K SANS CHROME ÉVALUER LA QUALITÉ DEVIE NOUVELLE FORMATION POUR LES OUVRIERS QUÉBÉCOIS?66 LE POINT S MOT DE LA RÉDACTION 3 Difficile de penser aux sciences sociales lorsqu'on parle des Centres de liaison et de transfert.Les mots technologie, entreprise, informatique, bioprocédés semblent beaucoup plus naturels dans ce contexte.Pourtant, depuis maintenant deux numéros, Découvr/r accueil le un tout dernier-né dans sa chronique La fine pointe : le Centre de liaison sur la prévention et l'intervention psychosociales, le CHRP.Au cours des dernières années, plusieurs n'auraient pas parié deux sous sur sa survie, mais qui connaissait sa fondatrice, Mireille Mathieu, avait des raisons d'espérer.Faire en sorte que les résultats de la recherche sociale soient accessibles aux intervenants du milieu, tel est son cheval de bataille depuis le début de sa carrière.L'idée était tellement nouvelle quelle a dû faire son chemin au rythme des changements de mentalité, c'est-à-dire lentement.Mais le résultat valait les efforts et la persévérance.Dans le Face à face, Sophie Payeur brosse un portrait de cette femme passionnée du changement.pour le meilleur.Au moment où j'écris ces lignes, le mois d'octobre nous offre une magnifique journée, chaude et ensoleillée.C'est l'été des Indiens, disions-nous, à l'époque des explications simples et rassurantes.Aujourd'hui, un enfant affirmerait, sans hésitation : « C'est le réchauffement de la planète! » Au cours d'une réunion avec des journalistes de différents milieux à laquelle j'assistais récemment, certains ont avoué qu'ils n'osaient plus aborder le sujet du changement climatique dans leurs reportages, tellement l'incertitude scientifique leur semblait grande dans ce domaine.Et les gens ont été nombreux, l'été dernier, à refuser de se fier aux prédictions météorologiques des médias.Qu'en est-il au juste?Le dossier Recherche, préparé par Dominique Forget, présente les plus importants centres de recherche sur les changements climatiques au pays et décrit les inquiétudes, les prévisions et les actions des scientifiques dans ce domaine.DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DÉCOUVRIR, LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR LASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR • ACFAS AVEC LAIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET RÉGIONAL (MDER).D4vlopp*mtnt Québec an an DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF DANIELLE OUELLET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION MYRIAMYOUNÈS RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE NOAA, COLOURED BY JOHN WELLS / SCIENCE PHOTO, LIBRARY PHOTO DE MIREILLE MATHIEU ARSÉNIO CORÔA RECHERCHE PHOTO MYRIAMYOUNÈS SORTIES POSTSCRIPT FILM-O-PROGRÈS IMPRESSION IMPRIMERIE QUEBECOR, SAINT-JEAN CERTAINS ARTICLES DE DÉCOUVRIR PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L'ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À : DÉCOUVRIR 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 2M7 TÉL : (514) 849-0045 TÉLÉC.: (514) 849-5558 DECOUVRIR@ACFAS.CA WWW.ACFAS.CA/DECOUVRIR DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ACFAS GERMAIN GODBOUT NOUS RECONNAISSONS L'AIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS RÉDACTIONNELS PAR L'ENTREMISE DU FONDS DU CANADA POUR LES MAGAZINES.LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR L'AUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L'IMPRIMÉ.TÉLÉPHONE : QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605, DÉCEMBRE 2003 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, DERNIER TRIMESTRE 2003 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES STÉPHANE MAILHIOT, JEAN THIBAULT TÉL.: (450) 227-8414 info@publi-services.com Photo de la page couverture : Image satellite en fausses couleurs d'une grosse tempête dans la mer de Béring au large de la presqu'île Kamchatka, prise le 2 avril 1978 par le satellite météorologique Nimbus 5.Bonne lecture à toutes et à tous! Danielle Ouellet, M.Sc, Ph.D.Directrice et rédactrice en chef, Découvrir ouellet@acfas.ca 4 ^ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 coup de soin.Les chercheurs^ l’ont choisi sachant que son^ expression, en temps normal, g est directement influencée par l’action des hormones thyroïdiennes.Le gène en question n’est pas inséré seul dans le noyau.?| DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003' SCIENCE CLIPS ?Il est couplé à un second gène qui, lorsqu'il est activé, produit de la luciférase, un enzyme qui donne aux mouches à feu leur luminescence.« Lorsque le premier gène que nous avons introduit dans le noyau est activé, celui qui code pour la luciférase l’est aussi.Du coup, une lumière est émise.» Si aucune lumière n’est détectée au cours des essais, c’est que les hormones thyroïdiennes n’ont pas fait leur travail : l’expression du gène n’a pas été induite.Les chercheurs tentent alors d’ajouter une ou plusieurs de leurs protéines «partenaires » à leurs essais.« Nous voulons étudier différentes combinaisons afin de refléter la diversité d’expression de ces pro- téines dans les tissus et de bien comprendre le mécanisme d’action de l’hormone.» Si les résultats de l’équipe du Dre Langlois sont concluants, ils pourront éventuellement servir à la mise au point de médicaments.« Les problèmes liés aux hormones thyroïdiennes sont très fréquents, rappelle-t-elle.Par conséquent, les applications le sont aussi.Mais nous avons encore beaucoup de pain sur la planche.Il faut bien comprendre les mécanismes en cause avant de rêver aux médicaments souhaitables.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSO) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.www.puq.uquebec.ca Sports et villes Enjeux économiques et socioculturels Sous la direction de Sylvain Lefebvre 254 pages, 35 $ Presses de l'Université du Québec Les grands diffuseurs de la connaissance Téléphone : (418) 657-4399 Télécopieur : (418) 657-2096 DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 Anxiété : libérer lese Un enfant sur cinq souffre de problèmes d'anxiété assez importants pour que son fonctionnement soit entravé, par exemple, sur le plan scolaire, social ou affectif.Il existe actuellement peu d'outils de dépistage et d'intervention pour venir en aide à ces enfants.Il y a dix ans encore, presque aucun effort en ce sens n'avait été fait et aujourd'hui, cette problématique est toujours peu documentée.Le développement d'un programme de recherche sur l'anxiété chez les enfants d'âge scolaire vient donc combler un besoin criant de cette population.Bien que l'anxiété soit l'une des difficultés les plus fréquentes chez les enfants, on parle beaucoup plus des problèmes qui perturbent l'entourage, comme l'hyperactivité, les troubles de comportement, l'agressivité ou le décrochage scolaire.Pour pallier cette lacune, le Dre Lyse Turgeon, profes-seure à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche Fernand Seguin de l'Hôpital Louis-H.-Lafontaine, a mis au point avec son équipe un programme d'intervention cognitivo-comportementale visant à outiller les enfants pour qu'ils puissent faire face à leurs problèmes d'anxiété.« Pour Dialogues : observez la mâchoire (ASP) - Le dialogue est une chose complexe.Quels sont les signaux que nous envoyons et comment réagissons-nous aux signaux des autres?Pour des psychologues de Montréal et de New Haven, au Connecticut, ces signaux ne sont pas purement acoustiques — du style « je parle », « tu écoutes».Au-delà des sons, il y a aussi toute une dimension physique à explorer.Dans un article paru dans la revue britannique Nature, Stéphanie Tremblay, du Département de psychologie de l'Université McGill, et ses collègues, détaillent les bases « somatosensorielles » de la production de discours, soit l'ensemble des mouvements physiques des lèvres, des maxillaires, etc., qui peuvent servir de signaux à l'interlocuteur. ^enfants aider les enfants à surmonter leurs peurs, nous faisons appel principalement à l'exposition in vivo graduée, qui consiste à amener l'enfant à s'exposer progressivement aux situations qui lui font peur, par exemple une présentation orale en classe.Nous découpons la difficulté graduellement de façon à amener l'enfant à s'y exposer tout en lui faisant prendre conscience que rien de catastrophique ne se produira.Le programme s'appuie aussi sur la restructuration cognitive, qui vise à modifier la perception des événements anxiogènes, de même que sur des techniques comme l'entraînement à la résolution de problèmes, la rééducation respiratoire et la relaxation.Ce programme fait appel à une participation active des parents, qui doi- vent soutenir leur enfant tout au long du processus.» Le dépistage précoce des problèmes d'anxiété est crucial,car les conséquences qui y sont reliées peuvent se révéler importantes.Par exemple, un certain nombre d'enfants, jusqu a 70 p.100 selon certaines études, développeront des problèmes de dépression.Certains ne pourront tout simplement plus aller à l'école, auront des attaques de panique ou refuseront de sortir de la maison.« Jusqu'à maintenant, explique le Dre Turgeon, notre programme de recherche visait essentiellement des enfants démontrant déjà des symptômes d'anxiété.Nos travaux actuels sont désormais davantage centrés sur la prévention; par exemple, on cible des enfants âgés de 4 à 7 ans.De même, nous recrutons des enfants qui sont à risque avant même la manifestation de symptômes d'anxiété, par exemple des enfants de parents qui sont eux-mêmes aux prises avec des problèmes d'anxiété.Notre objectif est de prévenir l'apparition de tels problèmes ».Afin d'intervenir à une plus grande échelle, le Dre Turgeon travaille avec sa collègue et collaboratrice Lucie Brousseau à la rédaction d'un livre s'adressant au grand public,ainsi qu'à l'implantation d'une clinique spécialisée dans les troubles d'anxiété chez les enfants qui sont les plus affectés.ANNIE CHAMPAGNE Découvrir remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.SCIENCE Hêtre et bouleau jaune : espèces en voie de disparition (ASP) - La forêt mature du sud du Québec n'est plus ce quelle était avant l'arrivée des premiers colons.En effet, il a suffi de 20 ans seulement, soit de 1820 à 1840, pour éliminer des populations de hêtres et de bouleaux jaunes dans plusieurs forêts de la région du Haut-Saint-Laurent.C'est le triste constat d'une étude menée par deux botanistes de l'Université de Montréal, Jacques Brisson et André Bouchard, et rapportée dans la revue Écoscience.Ostéoporose : les Canadiens ont des croûtes à manger (ASP) - Savez-vous ce qu'est l'ostéoporose?Non?Vous n'êtes pas seul! D'après un sondage Ipsos-Reid, un Canadien sur huit, soit 13 p.100 d'entre eux, perçoit l'ostéoporose comme une maladie qui ne frappe que les femmes âgées, ce qui est faux.Un tiers croit que le fait d'avoir une alimentation riche en calcium nous met à l'abri, ce qui est en partie faux, et près de la moitié des Canadiens croit que l'ostéoporose se reconnaît grâce à des signes évidents, ce qui est aussi faux.On estime à 1,4 million le nombre de Canadiens qui en sont atteints.Un homme sur huit en souffre, et on s'attend à ce que ce nombre augmente avec le vieillissement de la population.19 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRi~20Q3~[| Un labo totalement givré! pose également d’une installation dans les monts Valin pour étudier/n situ les phénomènes de givrage, un leader mondial de la recherche dans ce domaine.« Ce que nous voulons, explique Masoud Farzaneh, c’est réussir à estimer l’importance du givrage lors d’un événe- Laboratoire de modélisations et simulations numériques.Des pylônes et des fils transformés en gros suçons glacés, voilà le résultat de l’action de la pluie verglaçante, du brouillard givrant et de certaines neiges fondantes sur les installations électriques d’Hydro-Québec.Une action aussi féérique que catastrophique, sur laquelle se penchent depuis 1997 les scientifiques de la Chaire de recherche sur le givrage atmosphérique de l’Université du Québec à Chicoutimi (CIGELE).« La formation de la glace atmosphérique, soit la façon dont celle-ci adhère à une surface et s'y accumule, est un phénomène très complexe, explique le titulaire de la Chaire, Masoud Farzaneh.Or, il nous faut absolument arriver à mieux comprendre ce phénomène si nous voulonstrou-ver les moyens de le combattre.» Un beau défi : le chercheur nous rappelle qu’aucun des modèles de givrage qui existaient en 1998 ne fut capable de prédire avec précision les observations réelles de la célèbre tempête de verglas qui, cette année-là, priva d’électricité la moitié de la population québécoise.Laboratoire de haute tension.L’enjeu, avec les modèles théoriques, consiste à les valider.Or, on ne peut y arriver par la seule observation des événements naturels, ceux-ci étant aléatoires et, heureusement, trop rares.C’est pourquoi les chercheurs du CIGELE se sont dotés, grâce à une subvention de la Fondation canadienne pour l’innovation, de tout ce qu’il faut pour faire non pas « la pluie et le beau temps », mais du givre, du verglas, de la neige à volonté.Ces installations, regroupées dans un nouveau pavillon dédié exclusivement au givrage, comportent, entre autres, un tunnel réfrigéré et une chambre climatique à circulation verticale.Combinées avec les équipements haute tension, elles font de l’Université du Québec à Chicoutimi, qui dis- ment donné.» Et il ne s’agit pas seulement d’évaluer la masse de la glace, mais aussi la forme qu’elle prendra, la glace ne s’accumulant pas de façon symétrique.Une tâche complexe, qui nécessite de tenir compte de nombreuses variables comme le système météorologique à l’origine du givre (pluie, nuages, neige), la topographie et la localisation géographique, ainsi que les caractéristiques des structures en cause comme les câbles, les pylônes, les isolateurs.Déjà, un modèle bidimensionnel de la formation du givre, validé pour les câbles conducteurs, a permis, entre autres, de vérifier l’influence de la nature de la tension sur le givrage.« Selon nos simulations, les câbles qui transportent du courant continu de 20 DECOUVRIR | NOVEMBRE-DECEMBRE 2003 polarité positive accumulent plus de glace que ceux de polarité négative », explique le chercheur.Il ajoute que l’un des problèmes des lignes de très haute tension (735 kV) est que le courant qui y circule étant normalement faible, réchauffement qu’il provoque est insuffisant pourempêcher la formation de glace.D’où l’idée d’avoir temporairement recours à des surcharges de courant pour dégivrer le conducteur.Après un modèle 2D, un modèle 3D de formation du givre sur les isolateurs électriques est sur le point de voir de jour.Les isolateurs du nouveau poste de 735 kV en Montérégie ont d’ailleurs été conçus grâce à ces modèles et aux tests intensifs effectués à Chicoutimi en étroite collaboration avec Hydro-Québec.Les chercheurs du CIGELE comprennent de mieux en mieux comment se forme le givre sur les structures.Reste à le combattre.Et c’est là le rôle d’INGIVRE, la toute nouvelle Chaire de recherche du Canada octroyée à Masoud Farzaneh en janvier 2003.Les travaux de cette chaire portent, en particulier, sur la mise au point de matériaux gla-ciophobes, qu’il s’agisse de matériaux auxquels la glace adhère moins, par exemple certains polymères, ou de matériaux qui permettent de détruire la glace formée, c’est-à-dire piézoélectriques, lesquels, sous l’effet d’une tension, se mettent à vibrer.Bref, l’UQAC a le givre dans les voiles.SOPHIE MALAVOY Découvrir remercie la Fondation canadienne pour l’innovation (FC!) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte. Pour en avoir le cœur net Aux États-Unis, les patients admis à l’hôpital pour un infarctus sont systématiquement soumis à une radiographie afin d’évaluer l'état de leurs vaisseaux sanguins.Si une complication est détectée, on prépare le malade pour une angioplastie ou un pontage, selon le cas.Au Canada, les patients n’ont généralement pas droit à un tel traitement.« On a recours à une approche sélective, explique le Dre Louise Pilote, chercheuse à l’Hôpital général de Montréal.Seuls les patients qu’on juge à risque sont examinés davantage.On laisse partir les autres une fois que l’attaque est passée.On attend de voir s'ils développeront des symptômes nécessitant une intervention.» Selon le Dre Pilote, cette approche s'explique en partie par l’accès limité qu’ont les médecins canadiens aux équipements médicaux.Cette situation nuit-elle à la santé des patients?« J’ai comparé les données de différentes provinces, dont le Québec, avec celles des États-Unis,déda-re-t-elle.Il n’y a aucune différence significative entre la mortalité des Canadiens et celle des Américains sur ce plan.Par contre, la qualité de vie des patients canadiens semble être inférieure à celle des patients américains, après un infarctus.» Grâce à une subvention du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSO), le Dre Pilote a pu monter une base de données qui répertorie tous les patients québécois ayant subi un infarctus.« Je peux savoir combien de patients ont été hospitalisés par année.Pour chacun d’entre eux, je sais quels médicaments ont lement de mener des études comparatives avec les pratiques médicales américaines.Il permet aussi d’évaluer l’efficacité de différents médicaments prescrits aux patients ayant subi un infarctus.« Très peu de compagnies pharmaceutiques subventionnent des recherches qui comparent leur produit à •• Nouvel appareil d’angiographie utilisé au pavillon de l’Hôpital général de Montréal.Cet équipement permet aux radiologistes du CUSM de visualiser en détail les organes internes des patients.été administrés, quel traitement a été suivi après l’hospitalisation, et la longévité du patient après son infarctus.» L’outil mis au point par le Dre Pilote ne permet pas seu- celui de leur compétiteur.Les médecins tiennent pour acquis que tous les médicaments qui appartiennent à une même classe ont sensiblement le même effet.Or, ce n’est pas nécessairement le cas.» En suivant l’évolution des patients compris dans sa base de données et en connaissant les médicaments qui leur avaient été administrés, le Dre Pilote a pu tirer certaines conclusions.« Mes résultats, même s’ils sont préliminaires, démontrent que tous les médicaments appartenant à la classe des statines ont sensiblement le même effet.Cependant, dans une autre catégorie de médicaments, soit les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, un des produits pharmaceutiques m’est apparu nettement plus efficace que les autres.» Le Dre Pilote espère que les médecins tiendront compte de ces constats lorsque viendra le moment de prescrire un traitement aux malades.« L’information inscrite dans la littérature scientifique est très utile, mais incomplète.Mon but est de permettre aux médecins de prendre les décisions les meilleures.Je veux aussi tenter d’influer sur les décisions politiques.Les Canadiens ont besoin d’un accès accru aux interventions cardiaques.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSO) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 V*Tk _ Nettoyer les traces du passé 22 L'industrie minière génère d’importantes quantités de rejets solides et liquides qui menacent l'environnement.Cependant, depuis l’instauration dans les années 1980 et 1990 de différentes lois provinciales et fédérales, les entreprises minières doivent respecter un certain nombre de normes et de procédures environnementales qui réduisent, à des niveaux jugés acceptables, l’émission de contaminants dans la nature.De plus, avant d’effectuer des travaux d’exploration ou d’exploitation, ces entreprises doivent présenter un plan de restauration du site minier.« Mais ces lois ne sont pas garantes du passé », note Bruno Bussière, titulaire de la nouvelle Chaire de recherche du Canada sur la restauration des sites miniers abandonnés.Il existe ainsi au Québec plus de 80 sites abandonnés, non restaurés, qui causent des torts énormes à l’environnement.« Ces sites sont pollués principalement par le drainage minier acide (DMA) », explique ce professeur du Département des sciences appliquées de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.Le DMA se produit lorsque certains métaux sulfureux contenus dans les résidus miniers s'oxydent au contact de l'air et de l’eau, provoquant la formation d’acide sulfurique.L’acide formé, en plus de contaminer les cours d’eau, favorise la mise en solution de divers métaux toxiques, tels le cuivre, le zinc et le plomb, qui détériorent davantage la qualité des eaux et menacent la faune et la flore des écosystèmes environnants.Le problème est particulièrement criant en Abitibi et dans le nord du Québec, où se trouvent 80 p.100 des aires acides de la province.« On a investi beaucoup d’efforts ces dernières années pour trouver des méthodes visant à contrôler la production de DMA sur les sites en exploitation, explique Bruno Bussière, qui se penche sur le sujet dans le contexte de la Chaire industrielle CRSNG-Polytechnique-UOAT en environnement et gestion des rejets miniers, dont il est titulaire adjoint.Mais ces méthodes ne conviennent pas toujours dans le cas des sites abandonnés, pour des raisons techniques et économiques.» En effet, il faudrait que le gouvernement consacre environ loo millions de dollars à la restauration des sites avec les méthodes actuelles.« Notre mission consiste donc, dans un premier temps, à mieux comprendre les aspects hydrogéologiques et géochimiques de la formation du drainage minier acide », dit l’ingénieur minier.Dans le cadre de la Chaire sur la restauration des sites miniers abandonnés, il désire évaluer de nouvelles approches de traitement des effluents à l’aide des propriétés naturelles de divers matériaux.Par exemple, le chercheur prévoit étudier l’efficacité de différentes méthodes de traitement passives, tels les murs réactifs perméables, les drains calcaires et le traitement marécageux, qui visent à retenir les contaminants dans leurs matériaux respectifs pour éviter leur largage dans l’environnement.« Une fois que nous aurons mieux compris comment se forme le DMA dans les rejets miniers et que nousaurons une meilleure idée du fonctionnement des méthodes de traitement passives, nous proposerons des plans de restauration mieux adaptés au cas particulier des sites miniers abandonnés.» Mais en attendant d’appliquer ces techniques, l’équipe de l’ingénieur travaille à terminer l’inventaire des sites miniers abandonnés au Québec.« L’information sera disponible dans Internet à la fin de 2003, signale le chercheur.Afin que tout le monde puisse mesurer l’ampleur du problème.et de la tâche qui nous attend.» NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Chaires de recherche du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.Site minier abandonné.'ÊmÊM V.J ‘V fr * SSliS': -¦ J-DÉCOUVRIR 1 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 | Hrt F Mise en candidature - Renseignements généraux nx de la ¦echerche Date limite de réception des dossiers de candidature : 20 février 2004 cientifique de l'Acfas -^-2004 Prix aux chercheurs_______________________ Prix Adrien-Pouliot Coopération scientifique avec la France Commandité par le ministère des Relations internationales du Québec et le Consulat général de France à Québec i Prix André-Laurendeau Sciences humaines Commandité par Gaz Métropolitain Prix J.-Armand-Bombardier Innovation technologique Commandité par la Fondation J.-Armand-Bombardier Prix Léo-Pariseau Sciences biologiques et sciences de la santé Commandité par Merck Frosst inc.Prix Marcel-Vincent Sciences sociales Commandité par Bell Canada Prix Michel-Jurdant Sciences de l'environnement Commandité par Hydro-Québec Prix Urgel-Archambault Sciences physiques, mathématiques et génie Commandité par lAcfas Prix aux étudiants Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs Maîtrise - Toutes les disciplines Doctorat-Toutes les disciplines (sauf Ressources naturelles) Commandité par la Fondation Desjardins Prix Ressources naturelles Doctorat - Ressources naturelles Commandité par Ressources naturelles Canada Association francophone pour le savoir A c f a s Renseignements : Téléphone : (514) 849-0045 prix@acfas.ca • www.acfas.ca/prix L’immunité dans la mire de lagénomiqu Le système immunitaire est à la fois fascinant et redoutable.Sa mission principale est de nous protéger contre les agresseurs, mais il peut aussi se retourner contre nous et soudainement devenir notre pire ennemi.C’est le cas, par exemple, chez les personnes qui développent une résistance au VIH ou qui deviennent insensibles aux traitements.Pour mieux comprendre le fonctionnement et les aberrations du système immunitaire, le directeur du laboratoire d’immunologie de l’Université de Montréal, Rafick-Pierre Sékaly, a mis sur pied un projet de recherche qui réunit les outils de la génomique, de la protéomique et de la pharma-cogénomique.Il désire tout particulièrement comprendre pourquoi les maladies évoluent différemment d’un patient à un autre.En collaboration avec des chercheurs des universités McGill et deToron-to, l’équipe du Dr Sékaly espère identifier 40 ou 50 gènes qui seraient les meilleurs indicateurs de cette évolution.L’intégration de ces marqueurs dans un système informatique devrait permettre d’offrir aux médecins un outil clinique pour prédire l’évolution d’une maladie chez un patient ou sa réponse à un traitement en fonction de son profil génétique.« La réponse immunitaire est un processus très complexe qui implique plusieurs types cellulaires et une cascade d'interactions moléculaires, explique le Dr Sékaly.Ce que la génomique nous permet de 24 ^ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 | faire, c’est d’examiner l’ensemble des gènes et des paramètres qui sont exprimés à l’intérieur d’une cellule.En ce moment, on analyse l’expression de 19 000 gènes en même temps, ce qu’on ne pourrait ja- de io ans; il s’agit d’individus résistants à l'infection ou aux traitements,ou qui ont une réponse particulièrement favorable aux antiviraux.C’est là un atout très important pour nous.» cellules en même temps, ce qui ne permet pas d’obtenir des données aussi précises.Ils seront aussi des pionniers de la cytofluorimétrie : ils pourront étudier jusqu’à 13 paramètres pour une même Fish’ n’ chips 1 *** • • •••• ^•o O mais accomplir sans la génomique.» Pour mener à terme leur projet, les chercheurs étudieront l’évolution clinique d’une cohorte de 2000 patients sur une période de trois ans.Ils s’intéresseront surtout aux réponses immunitaires anormales comme les maladies virales chroniques telles l’infection au VIH et l’hépatite C, ainsi que les maladies autoimmunes telle l’arthrite.« Ce qui caractérise notre projet, soutient M.Sékaly, c’est que nous disposons de cohortes bien organisées de patients que nous suivons depuis plus Le projet de recherche, subventionné par Génome Québec et Génome Canada, est très ambitieux puisqu’il demandera l’utilisation de techniques de pointe et l’intégration d'un faramineux nombre de données.« Certains des outils que nous utilisons sont particulièrement originaux », explique le Dr Sékaly.Grâce à l’un des ces appareils, communément appelé le Fish’n’chips, nos chercheurs seront les premiers au Canada à étudier simultanément l'expression de 15 gènes sur la même cellule; les techniques habituelles nécessitent d'utiliser plusieurs cellule, et non plus trois ou quatre seulement.Après la fastidieuse étape de collecte de données, une équipe de bio-informaticiens prendra la relève pour l’intégration de toutes les informations.19 000 gènes.2000 patients.Des chiffres étourdissants certes, calculés avec des techniques d’avant-garde, mais qui ne doivent surtout pas masquer le rêve qu’ils font miroiter : une médecine plus personnalisée et, surtout, plus efficace.MARIANNE BOIRE Découvrir remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.' .—. SCIENCE Le journalisme en mutation Représentation classique d'un premier ministre à la fin du 19e siècle, Honoré Mercier.Qu’est-ce que le journalisme, sinon le fait de rapporter les événements les plus récents?De nos jours, cette définition apparaît aussi évidente qu’une vérité de La Palice,mais elle n’aurait jamais tenu la route dans les milieux journalistiques de la fin du 19e siècle.« À cette époque, ce qui intéressait les gens, c’était le fonctionnement des institutions démocratiques et non pas les événements, explique Jean de Bonville, professeur au Département d’information et de communication de l’Université Laval.Cela apparaît très clairement lorsqu’on lit les journaux de l’époque.La manière dont on rapportait les activités politiques, par exemple, était complètement différente.» Imaginez un instant : une échauffourée agite ce matin l’Assemblée nationale et un membre de l’opposition bouscule violemment le premier ministre.Il nous apparaît assuré que toutes les unes de demain rapporteront l’événement.Hé bien non : la nouvelle est impensable au 19e siècle, affirme M.de Bonville.Au 19e siècle, les journaux auraient tout simplement éva- cué l’anecdote au profit du compte rendu détaillé des débats parlementaires.le cauchemar des lecteurs d’aujourd’hui! Au sein de Groupe de recherche sur les mutations du journalisme (GRMJ), Jean de Bonville travaille de concert avec ses collègues Jean Charron et Colette Brin à comprendre les transformations de la pratique journalistique depuis la fin du 19e siècle.Leurs études historiques ont déjà permis de dégager trois périodes importantes.D’abord, avant 1880, les journaux étaient largement dominés par le clergé ou des groupes politiques, qui les utilisaient comme porte-voix pour diffuser leurs convictions; on pratiquait alors un journalisme d’opinion.Puis, avec la Révolution industrielle, cette pratique a été transfor- mée par l’introduction des nouveaux moyens de production et l’augmentation du tirage des journaux.La hausse des coûts d’exploitation a forcé les éditeurs à viser un lecto-rat beaucoup plus large et, dans ce but, à vendre des nouvelles ayant un contenu beaucoup plus « croustillant ».Les débuts du recours aux publicitaires comme bailleurs de fonds ont aussi contribué à transformer la presse de l’épo- Représentation d'un premier ministre au 21e siècle, Jean Chrétien.que.Délivré de l’emprise des politiques et des religieux, le journalisme pouvait désormais prétendre à l’indépendance et à l’objectivité, entrant ainsi dans une nouvelle ère, ^ >- Détecter l'invisible pourvoir le visible (ASP) - Les astrophysiciens ne connaissent qu'une infime partie de l'univers : la matière visible ne constitue en effet que 4 p.100 de l'ensemble! Parmi les candidats en lice pour le 96 p.too restant, se trouvent les particules dites « exotiques », comme les neutralinos, qui n'ont pour l'instant qu'une existence théorique.Voilà plus de huit ans que Claude Leroy et ses collègues du Laboratoire de physique des particules de l'Université de Montréal travaillent sur un piège à neutralinos : un gel dans lequel des gouttelettes de fréon surchauffées sont maintenues en suspension.Le projet prévoit la fabrication de tels détecteurs de grand volume, qui seraient installés d'ici trois ans, à 2 km sous terre, dans la mine de l'Observatoire des neutrinos de Sudbury.Pour plus d'information : www.sciencepresse.qc.ca/archives/ quebec/capqueo6o3b.html DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 PHOTO : JACQUES NADEAU SCIENCE ^ y celle du journalisme d’information.Ce modèle domina la presse du 20e siècle jusqu’au tournant des années 1980.Enfin, selon les chercheurs du GRMJ, le journalisme aurait ensuite pris une nouvelle tangente en privilégiant davantage le commentaire et le contact avec le public que le compte rendu neutre et transparent.Une nouvelle époque, celle du journalisme de communication, commençait.De tels bouleversements sont loin d’être négligeables, explique M.de Bonville.Ils reflètent des périodes d’intenses remises en question au cours desquelles le journalisme s’est complètement redéfini.Au point où on ne devrait pas parler d’un journalisme en évolution, mais plutôt de différents journalismes qui se succèdent.Non seulement les pratiques journalistiques ne sont plus du tout les mêmes, mais le regard que le public et les journalistes eux-mêmes portent sur le métier est aussi profondément ébranlé.C’est sur ces constructions mentales que l’équipe du GRMJ concentrera ses efforts des prochaines années, dans le cadre d’un projet financé par le FQRSC.Jusqu’ici, les chercheurs se sont davantage intéressés au changement de pratiques du journalisme.Ils essaieront maintenant de comprendre comment ces mutations ont modifié les représentations sociales du métier de journaliste.MARIANNE BOIRE Découvrir re/nerc/'e le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.26 [[ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 Les chercheurs s’éclatent Caché au sous-sol du Département de génie mécanique de l’Université McGill, le laboratoire du professeur Andrew Higgins tranche avec l’image traditionnelle des hauts lieux de la recherche et du savoir.On ne trouve ici aucun savant en blouse blanche manipulant fioles et béchers, mais plutôt des chercheurs aux mains couvertes de suie.Entre les murs maculés d’une épaisse couche de poussière noire, il règne une forte odeur de pétard à mèche.Périodiquement, un boum assourdissant fait vibrer la pièce.Arrivé des États-Unis il y a deux ans, Andrew Higgins est l’un des grands experts nord-américains de la recherche sur les explosifs.Il s’intéresse tout particulièrement à un produit québécois : le Nonel.À première vue, le Nonel n’est rien d’autre qu’un mince tube de polyéthylène.Son diamètre externe atteint à peine trois millimètres et son diamètre interne frôle le millimètre.Évidemment, le professeur Higgins n’a pas quitté son pays natal pourde simples fils de plastique.« L’intérieur de ces tubes est tapissé d’une fine couche de matière explosive, explique le chercheur.Une petite étincelle suffit pour mettre le feu à la poudre.Dès lors, l’explosion se propage le long du tube à une vitesse spectaculaire : 6 ooo kilomètres à l’heure.» Le Nonel est de plus en plus utilisé dans l’industrie de la construction, entre autres pour dynamiter du roc lorsque vient le temps d’ériger des fondations.« Auparavant, on reliait les différentes charges explosives par des fils électriques qui convergeaient vers un détonateur.Au moment choisi par le contremaître, on abaissait le levier.Le courant passait par les fils et faisait exploser les charges dispersées sur le site.» Cette bonne vieille méthode comportait des risques considérables.Par exemple, lorsqu’un orage électrique se pointait à l’horizon, il fallait Détonation se propageant dans un explosif solide Détonation Onde de choc combustion />-~-Explosif Produits de Cette photo montre une détonation se propageant de gauche à droite dans ur« explosif solide (moitié inférieure du tube rectagulaire).L'expansion des produit: de combustion engendre une forte onde de choc (Mach 20) dans le gaz devant l;j détonation (moitié supérieure du tube).L'onde de choc élève la température di gaz a plus de 5000 K, rendant ainsi le gaz luminescent.L'Université Laval imiJm dans les étoiles (ASP) - Yvan Dutil frappe encore! L'homme qui semble se donner pour vocation de léguer à la voûte céleste une partie du Québec, récidive : après avoir été derrière le baptême des astéroïdes Hubert Reeves et Mégantic, le voici qui fait sa part pour l'Université Laval.L'Union astronomique internationale (UAI), en effet, a annoncé récemment que l'astéroïde (14424) 1991 SR3 serait désormais connu sous le nom de Laval.Améliorez votre quartier (ASP) -Trottoirs trop étroits, mauvais déneigement, bibliothèques médiocres.Ces petits problèmes que d'aucuns jugeraient triviaux sont désormais au centre d'une recherche universitaire : le Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (voirp.72), à l'Université Laval, veut connaître l'opinion des citoyens sur les façons d'améliorer la qualité de vie dans leur quartier.Le projet, en marche depuis juin 2002, s'est enrichi cet été d'un questionnaire présenté sur le Web : www.girba.crad.ulaval.ca. vite protéger tous les fils.Si la foudre tombait sur l’un d'entre eux, elle pouvait déclencher l’explosion sans crier gare.En remplaçant les fils électriques par le Nonel, les chercheurs ont résolu le problème.« Ce fil de polyéthylène ne peut être activé par la foudre.Il est très sécuritaire.On peut même le tenir dans sa main pendant que l’explosion se propage à l’intérieur.Il est parfaitement imperméable aux bruits électromagnétiques.» Pour l’instant, on comprend encore mal ce qui se passe à l’intérieur des tubes de Nonel.Le professeur Higgins a reçu une subvention du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies pourfaire la lumière sur ce phénomène.Son laboratoire est équipé d’une caméra capable de prendre deux millions de photos à la seconde.« Cela nous permettra de suivre, plan par plan, ce qui se passe à l'intérieur des tubes d'explosif.En comprenant mieux comment se propagent les détonations, on pourra diversifier les applications de ce type d’explosion.» Qu'a-t-il donc en tête?« On a plein d’idées!, révèle-t-il.Déjà, certaines compagnies ont commencé à se servir du Nonel dans la conception des sièges éjectables pour les pilotes de guerre.En effet, dans des situations dangereuses, les pilotes peuvent s’éjecter de leur engin en déclenchant une petite explosion sous leur siège.Auparavant, un fil électrique reliait le poste de commande au dessous du siège.Le remplacement de ce fil par le Nonel assure maintenant la sécurité du pilote en empêchant qu’il ne soit éjecté par une simple décharge électrique.J’espère que mes recherches permettront d’augmenter la fiabilité de tels systèmes.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FORNT) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Comment lancer les véhicules à hydrogène (ASP) - Le coup de foudre pour la voiture à hydrogène est contagieux, à tel point que les chercheurs scientifiques et les fabricants d'automobiles sont déterminés à aller de l'avant.Mais pour que ce véhicule non polluant devienne réalité, il faudra disposer de stations-services.à l'hydrogène.C'est ce qu'a expliqué le phy-sicienTapan K.Bose,de l'Université du Québec à Trois-Rivières, en présentant en juin les résultats préliminaires de ses travaux sur la pile à hydrogène.Ta-pan Bose est chef de file d'un groupe travaillant sur l'infrastructure de la voiture à hydrogène, à l'intérieur du Réseau AUTO21, un réseau de plusieurs centres d'excellence spécialisés dans la recherche sur le développement technologique de l'automobile.npr?tr.4 La recherche pour le mieux-êtr Événement multidisciplinaire, la Journée de la recherche permet aux étudiantes et étudiants de 2e et 3e cycles de toutes les facultés de présenter leurs travaux de recherche dans un congrès scientifique unique au Québec.UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE i 6 novembre 2003 [ion men 30] Centre culturel de l'Université de Sherbrooke • Salon des découvertes • Présentations orales • Atelier et conférence en collaboration avec l'Association des communicateurs scientifiques • Débat «Notre formation à la recherche est-elle trop spécialisée?» • Cocktail et remise de prix 27 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 |ewce Sur la trace des ancêtres L'information généalogique renseigne sur les liens qui existent entre les individus et leurs ancêtres.Cette information, couplée aux données moléculaires ou démographiques comme le lieu de naissance, permet notamment de suivre l'évolution du patrimoine génétique d'une population à travers le temps et l'espace.L'analyse de cette mine de renseignements est cependant très complexe étant donné le nombre de liens et les recoupements existant entre les individus.En effet, une personne a généralement deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents et ainsi suite, et un ancêtre peut être en même temps un arrière-grand-parent et un arrière-arrière-grand-parent.Mais la généalogie d'une seule personne présente peu d'intérêt pour les démographes et les biologistes, qui analysent plutôt l'ensemble de la population.Le nombre de données à traiter augmente donc encore! Malheureusement, les outils statistiques classiques ne permettent pas d'analyser une telle quantité de données.Grâce à une subvention du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Louis Houde, professeur au Département d'informatique et de mathématique de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), et des collègues démographes et biologistes moléculaires du Groupe de recherche interdisciplinaire en démographie et épidémiologie génétique 28 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 | (GRIG) développent des tests statistiques qui permettent de comparer des groupes d'individus entre eux à l'aide de coefficients d'apparentement.« L'apparentement tient comp- ques permettront également de décrire et de comparer les peuplements de différentes régions du Québec, en vue de mieux comprendre le patrimoine génétique propre à le cadre du projet BALSAC à l'UQAC, une banque de données informatisées qui permet la construction automatique des histoires familiales et des généalogies ascendantes ou descendantes.« Les tests dé- Relations d'apparentement Comparaison de deux généalogies par un dendogramme.te du nombre d'ancêtres communs que deux individus partagent, explique Louis Houde.De tels tests permettront, par exemple, de comparer un groupe d'individus atteints d'une maladie avec un autre groupe en santé.Il est parfois possible d'identifier un déterminant génétique pour une maladie en regardant la force de l'apparentement, » poursuit le chercheur.Ainsi, si le groupe d'individus atteints de la maladie présente un coefficient d'apparentement plus élevé que l'autre échantillon étudié, les généalogistes peuvent soupçonnerque la maladie a une origine génétique.Les nouveaux outils statisti- chaque région.« Un de nos défis consiste à déterminer la distribution d'échantillonnage du coefficient d'apparen-tent, c'est-à-dire sa variation naturelle due à l'échantillonnage, en tenant compte de tous les facteurs qui ont mené à la création de la population comme la migration,la mortalité, la consanguinité, etc.», explique Louis Houde.On valide les nouveaux outils statistiques en utilisant des données réelles provenant de la population québécoise, soit un ensemble de plus de 20 000 généalogies ascendantes dont certaines remontent jusqu'à 18 générations.Cet ensemble provient du registre créé dans veloppés par le GRIG doivent déterminer si les différences observées entre les échantillons étudiés sont réelles, précise Louis Houde.Autrement dit, nous voulons savoir si les différences sont causées par un facteur et non uniquement attribuables au hasard.» Il restera ensuite aux différents experts à expliquer ce facteur.Il est loin le temps où l'étude de la généalogie se fai-sait strictement manuellement et visuellement! NATHALIE KINNARD Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte. l’association des éditeurs de magazines canadiens Country.Rétro.Jazz.Montgolfière.Gibelotte.Poésie.Cochon.Crevette.Nous avons nos propres festivals.Nous avons nos propres magazines.Pour découvrir des magazines d'ici ou s'abonner, il suffit de se rendre à magazines-dici.ca FACE À FACE a • .- V* '! • , '?=‘ Mathieu le changement, pour le meilleur « L’unique chose sur laquelle on puisse toujours compter, c’est le changement.» Si une seule phrase devait résumer Mireille Mathieu, ce serait celle-là.En effet, ses vies de chercheuse, de professeure ou de doyenne ont toutes été guidées par le même but : changer les choses, pour le meilleur.SOPHIE PAYEUR On dit qu'elle a la couenne dure et qu'elle trime fort.Quand elle a une idée en tête, elle la défend bec et ongles.« Si elle essuie un revers, dit son ancien collègue Joseph Hubert, elle rebondit toujours avec la même détermination.» Autant le dire tout de suite : Mireille Mathieu vient à bout de tout ce qu'elle entreprend.À preuve : le Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales (CLIPP), qu'elle a créé, son cheval de bataille depuis le début de sa carrière, contre vents et marées.Aujourd'hui, c'est le « bébé » à qui elle consacre tout son temps.« L'accouchement a été difficile, mais j'y suis arrivée! », laisse tomber la mère.Le CLIPP est le tout premier organisme qui cherche à rendre « comestibles » les résultats issus des sciences sociales pour aider tous ceux et celles qui interviennent, de près ou de loin, auprès des personnes aux prises avec des problèmes psychosociaux.« Ça fait 20 ans que j'en rêve! » À LA CONQUÊTE DU CERVEAU Tbut a commencé par La Nausée, de Jean-Paul Sartre.Poussée très jeune à la lecture par son père enseignant et une mère boulimique de livres, Mireille Mathieu est littéralement aspirée alors par les idées de l'écrivain philosophe.Dès ce moment, elle entreprend de conquérir la pensée et le cerveau humains.« J'aurais pu passer par la philosophie ou la neurologie, mais j'ai choisi la psychologie.Et ce n'était pas pour sauver le monde : je voulais comprendre comment se développe notre cerveau, la base du comportement.» Après un baccalauréat en psychologie et une maîtrise en psychophysiologie, Mireille obtient son doctorat, qui porte sur les liens physiologiques entre l'apprentissage et la motivation.Elle poursuit sensiblement les mêmes travaux pendant ses études postdoctorales à l'Université de Lille, en France, puis revient au pays, où elle devient professeure au Département de psychologie de l'Université de Montréal.Mais l'arrivée au Québec de deux confrères chimistes américains va provoquer une réorientation de ses recherches et lui fournir la matière qui l'occupera pour les années à venir.Les deux hommes, fraîchement débarqués d'Afrique, transportent dans leurs bagages Lori et Chérie, deux jeunes chimpanzés mâle et femelle, une aubaine pour la jeune chercheuse.Emballée, elle parie qu'elle arrivera à démontrer que les cerveaux de Lori et Chérie passent par les mêmes stades de développement cognitif que ceux des bébés humains.Dans la résidence des deux Américains, elle improvise un laboratoire où, jour après jour, avec son équipe d'étudiants, elle observe le comportement des deux jeunes primates à travers un miroir sans tain.Après plusieurs mois, le collègue de Mireille Mathieu s'incline : même s'il s'effectue plus rapidement et qu'il est plus limité, le développement cognitif des primates suit les mêmes stades que celui des humains.L'expérience vaut à la jeune femme une généreuse subvention qui lui permet d'acheter une maison mobile où logeront, sur le campus de l'Université de Montréal, quatre bébés chimpanzés venus d'Oklahoma.Elle se souvient encore du voyage de retour en avion, en compagnie de ses deux premiers bébés âgés d'une semaine, Spock et Sophie, que leur mère avait abandonnés.« Mon adjointe et moi avons voyagé avec chacune un chimpanzé et un biberon dans les bras! » Un an plus tard, en 1977, deux autres bébés, Maya et Merlin, s'ajoutent à la joyeuse bande.Cette fois, Mireille applique soigneusement la méthodologie d'observation 31 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-PÉCEMbH^TM PHOTO : ARSÉNIO CORÔA FACE À FACE de Jean Piaget, ce grand spécialiste du développement de l'enfant.Les chimpanzés seront-ils capables de faire des liens entre une cause, par exemple un objet, qu'ils ne voient pas, et ses manifestations?«Les piagétiens nous regardaient avec scepticisme, relate-t-elle, et nous attirions beaucoup l'attention des médias.» En dépit de l'aspect spectaculaire de ces travaux, l'hypothèse de Mireille Mathieu se révèle juste encore une fois.« Même s'il ne va pas au-delà du niveau atteint par un bébé humain peu doué âgé de 18 mois, le développement cognitif du chimpanzé passe par les mêmes stades que le nôtre.» Ses résultats de recherche, appuyés par des épreuves rigoureuses empruntées à la réputée chercheuse Thérèse Gouin-Décarie, sont alors publiés dans plusieurs revues spécialisées.CHANGER LES CHOSES Mireille Mathieu consacre aussi quelques heures par semaine à la psychologie clinique à la Behavior Therapy Unit du Allan Memorial Institute, rattaché à l'Université McGill, tout en étant professeure à temps plein.Elle y effectue des recherches et supervise des travaux cliniques, en thérapie de couple notamment.Elle constate alors que les chercheurs et les praticiens communiquent très peu les uns avec les autres : «Je m'efforçais de transmettre mes résultats à mes collègues cliniciens pour qu'ils puissent améliorer le sort de leurs patients.Malheureusement, les praticiens n'avaient pas beaucoup de temps pour lire les publications scientifiques.J'ai vite observé, avec frustration, que les résultats de recherche en psychologie ne sortaient pas des murs des universités.Et je me disais : À quoi bon faire des travaux sur les problèmes les plus criants de la société si personne n'en bénéficie?» En 1983, Mireille Mathieu cesse ses recherches.« Les chimpanzés étaient devenus costauds, et dangereux.Après sept ans, nous avions fait le tour du sujet.» Elle devient directrice du Département de psychologie de l'Université de Montréal.Ses collègues chimpanzés, eux, sont confiés au Jardin zoologique de Québec.« Ne me demandez pas d'y aller aujourd'hui, ce serait trop difficile pour moi de les revoir.» Mireille dirige le département pendant quatre ans.Elle devient ensuite vice-doyenne à la planification de la Faculté des arts et des sciences, puis vice-doyenne aux études.Même si elle s'éloigne de la recherche active, le peu de diffusion dont souffrent les recherches en sciences sociales, notamment les sciences sociales appliquées, continue de la préoccuper.Elle fait tout en son pouvoir pour promouvoir le rôle social de l'université.C'est l'époque où des organismes qui font le pont entre les universités et l'industrie sont créés par le gouvernement québécois : les centres de liaison et de transfert.Pour Mireille, si l'entreprise a besoin des travaux universitaires en mathématiques et en biologie, la société a certainement besoin, de son côté, du labeur des chercheurs en psychologie.C'est dans cette optique qu'elle présente le projet de création d'un centre de liaison et de transfert sur l'intervention et la prévention psychosociales.Son idée est accueillie chaleureusement par plusieurs chercheurs, mais poliment, sans plus, par les décideurs et les bailleurs de fonds.« Il y avait de l'intérêt, chez ces derniers, mais certainement pas un besoin.Et puis, la recherche psychosociale en partenariat avec les milieux de pratique n'en était qu'à ses débuts chez nous.», confie-t-elle sans trop d'amertume.Cependant, l'idée lui reste collée aux méninges : ce ne sera que partie remise.En 1994, Mireille Mathieu devient doyenne de la Faculté des arts et des sciences.Durant ses huit années à ce poste, elle a à cœur d'offrir les meilleures conditions de recherche aux professeurs, mais elle se préoccupe aussi du sort des étudiants.Pour eux, elle ouvre plusieurs portes sur le monde.Elle contribue notamment à la création du Centre canadien d'études allemandes et européennes, du Centre de ressources sur l'espagnol, du Centre interuniversitaire d'études néohelléniques ainsi qu'au développement du Centre d'études est-asiatiques et du Centre d'études classiques.« Je tenais à offrir aux étudiants des programmes innovants, qui puissent coller le plus possible au marché du travail.Je voulais aussi qu'ils aient l'occasion de se former à d'autres langues, d'autres cultures », relate-t-elle.Joseph Hubert, vice-doyen à la recherche à cette époque, en a long à dire sur son ancienne collègue.« Mireille est une passionnée de la chose universitaire.Elle a été doyenne à une période où les universités subissaient de grandes coupures.Malgré cela, elle était bien déterminée à provoquer des changements.Ses facultés d'analyse sont très aiguisées et elle a une capacité de travail incroyable.Jamais elle n'a accepté le statu quo.Elle a amené plusieurs personnes à se remettre en question et a su tirer le meilleur de nous-mêmes », témoigne celui qui est maintenant doyen de la Faculté des arts et des sciences.DU RÊVE À LA RÉALITÉ En 1999, Mireille Mathieu revient à la charge avec son projet de centre de liaison et de transfert.Elle présente son idée à Jean Rochon, qui dirige à l'époque le défunt ministère de la Recherche, de la Science et de la Tfechno-logie (MRST).Le ministre s'apprête alors à déposer le projet de Politique québécoise de la science et de l'innovation.Cette fois, l'idée de Mireille suscite l'enthousiasme, et ce, tant du côté du Ministère que de celui des chercheurs et des milieux de pratique.Elle se souvient : « Le Conseil québécois de la recherche sociale avait fait DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2QOB | FACE A FACE beaucoup pour le développement de la recherche sociale en partenariat avec les milieux de pratique.Je crois aussi que nos nombreuses tentatives de transfert de connaissances avaient fait prendre conscience de l'ampleur des besoins au Québec.» Malheureusement, le MRST ne disposera pas des fonds nécessaires pour donner des suites favorables à la demande de subvention déposée en juin 2000.Le CLIPP prend tout de même son envol, mais faiblement.Les débuts du Centre ne laissent pas beaucoup de répit à Mireille, qui occupe désormais le poste de présidente-directrice générale à temps plein.De 2000 à 2002, l'organisme a beaucoup de mal à survivre financièrement et vient près de fermer ses portes.Puis, enfin, Valorisation-Recherche Québec (VRQ) apporte une lumière au bout du tunnel: en juin 2002, il octroie au « À quoi bon faire des travaux sur les problèmes les plus criants de la société si personne n’en bénéficie?» CLIPP une subvention de transition, puis une enveloppe beaucoup plus substantielle pour 2003-2006.« Cette subvention nous permettra de déployer enfin nos ailes! », s'exclame la PDG.La première chose à faire?Valoriser les sciences sociales.« Tbut le monde a dans son entourage familial ou professionnel quelqu'un qui s'est suicidé ou qui souffre de violence conjugale, et le public croit connaître ces phénomènes, souligne Mireille Mathieu.Mais la plupart du temps, il y a fausse impression de connaissance.C'est généralement plus complexe qu'on l'imagine, et ce n'est pas une mince tâche que de comprendre ce qui se passe en réalité.» De plus, la recherche en sciences sociales est difficile à médiatiser : pas de laboratoires ultramodernes ni de «visuel » accrocheur.Et les diffuseurs pensent que le public connaît déjà tout sur ces sujets.« Cette idée que les sciences sociales sont des sciences " molles " a des conséquences sur leur valorisation et leur financement, remarque Mireille Mathieu.Pourtant, il n'y a pas de sciences molles : il n'y a que des sciences qui manquent de rigueur.» De l'avis de notre bagarreuse, ce sont les personnes les plus défavorisées psychologiquement qui écopent le plus de la mauvaise tribune faite aux sciences sociales.Le CLIPP compte bien faire en sorte que la recherche psychosociale joue pleinement son rôle au sein de la société.Mais comment?En améliorant les pratiques et les politiques de prévention et d'intervention.Au moment de sa création, le CLIPP a choisi de s'attaquer d'abord aux problèmes des jeunes.Les agressions sexuelles, la négligence, la violence à l'endroit des enfants sont parmi les domaines où il y a urgence d'agir.« Si nous intervenons précocement auprès d'enfants témoins d'actes de violence, peut-être arriverons-nous à prévenir la violence conjugale au sein des jeunes couples.» Des travaux sur le dépistage de la violence conjugale et l'intervention auprès de femmes victimes de cette violence ont bien fait ressortir cette nécessité.Le CLIPP a d'ailleurs préparé une trousse de formation sur le dépistage de la violence conjugale.Thus les établissements du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que les ordres professionnels peuvent se la procurer depuis le printemps 2003.L'École nationale de police du Québec et le Regroupement des centres de la petite enfance de Montréal se sont aussi associés au CLIPP pour mettre en branle un vaste programme de transfert des connaissances.Les phénomènes du bébé secoué et de la maltraitance physique envers les enfants font l'objet d'une autre trousse de formation, destinée celle-là aux intervenants et aux décideurs.Une vaste étude sur les problèmes de santé mentale dans les entreprises est également en cours.Les résultats permettront de déterminer quels sont les besoins principaux des milieux de travail en matière de transfert des connaissances sur la qualité de vie au travail.L'objectif - ambitieux, mais réaliste, selon Mireille Mathieu - est de couvrir d'ici quelques années l'ensemble des problématiques psychosociales.La principale raison d'être du CLIPP est de faire en sorte que tous les intervenants de première ou de deuxième ligne puissent avoir accès aux connaissances les plus récentes sur les problèmes psychosociaux jugés prioritaires.« Le CLIPP veut être LE centre de référence, LE centre de veille stratégique pour ce qui concerne tant les résultats de recherche que les acteurs de cette recherche au Québec et ailleurs », souligne sa fondatrice.Le CLIPP compte ni plus ni moins hausser la qualité de vie de la population québécoise en améliorant les pratiques de prévention et d'intervention.« Et j'entends bien tenir mes promesses! » ?33 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRT~20C>7~B^ Mireille et Sophie, le chimpanzé.JJOl Osez vous serez étonnés! Offrez-vous Le Devoir du samedi Actualités Le monde Perspectives Éditorial Idées Science Éducation Économie Culture Sports CAHIER SAMEDI CAHIER CULTURE CAHIER LIVRES CAHIERS SPÉCIAUX L'AGENDA LE DEVOIR Un journal indépendant Abonnements : 514.985.3355 ou 1 800 463.7559 www.ledevoir.com .¦> w- .• Wf / Wfw .1^ mam PP ique ’ .L£•?•;;V -J&if Tz'&'&SrifeS DECOUVRIR i NOVEMBRE-DECEMBRE 2003 Le champ de glace Columbia est la masse de glace subpolaire la plus considérable en Amérique du Nord.Il est si vaste (superficie de 325 kilomètres carrés ) qu’il est facile de l’apercevoir de la station spatiale internationale.A certains endroits, l’épaisseur de la glace atteint 365 mètres.Ses eaux de fonte alimentent des fermes et des villes comptant des millions de gens, de même qu’une diversité de biocénoses. RECHERCHE La planète comme une boule de cristal DE COMBIEN DE DEGRÉS LA TEMPÉRATURE DE LA PLANÈTE S'ÉLÈVERA-T-ELLE AU COURS DES 100 PROCHAINES ANNÉES?DE DEUX DEGRÉS?QUATRE?DIX?LES PRÉCIPITATIONS SERONT-ELLES PLUS ABONDANTES, AU QUÉBEC?RISQUE-T-ON DE FAIRE FACE A UN NOUVEAU DÉLUGE COMME CELUI DU SAGUENAY?Le spectre des changements climatiques requiert des scientifiques qu'ils puissent prédire l'avenir.Or voilà qui n'est pas évident quand on sait que les météorologues n'arrivent pas à prévoir avec exactitude le temps qu'il fera demain.Mais attention! La climatologie, la science qui nous intéresse ici, est bien différente de la météorologie.« En climatologie, on cherche à établir des projections à long terme, en se basant sur les caractéristiques intrinsèques de la Tferre, de l'atmosphère et des océans, explique Daniel Caya, directeur du groupe Simulations climatiques chez Ouranos.On ne s'intéresse pas à la séquence exacte des événements météorologiques en cours.» PLANÈTE VIRTUELLE Pour effectuer leurs projections, les climatologues tentent de reproduire sur ordinateur le fonctionnement de la Tferre.Ils créent en quelque sorte ?La fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques, de même que leur impact sur les collectivités, sont susceptibles d’augmenter avec les changements climatiques.une planète virtuelle.Des milliers de lignes de code informatique définissent les paramètres les plus variés comme les dimensions de la planète, la distribution des océans, la composition de l'atmosphère et, bien sûr, la quantité d'énergie émise par le Soleil.« Lorsqu’on lance la simulation, c'est comme si l'on allumait un soleil virtuel.L'énergie que ce soleil émet voyage virtuellement jusqu'à la Tferre et interagit avec les gaz de l'atmosphère, également virtuels.Elle réagit aussi avec la surface de la Tferre, avec les océans, la glace, la végétation.Ainsi, la température se réchauffe plus ou moins, selon l'endroit où l'on se trouve.L'eau s'évapore de la surface, forme des nuages et retourne au sol sous forme de précipitations solides ou liquides.» En faisant varier la teneur du C02 dans leur atmosphère virtuel, les scientifiques peuvent constater l'impact de ce changement sur les variables climatiques de différentes régions.Ils peuvent aussi jauger les conséquences de cette variation sur les précipitations.Mais encore faut-il savoir de quelle façon la concentration de C02 dans l'atmosphère évoluera au cours des années à venir.« Des économistes, des démographes et une multitude d'autres scientifiques tentent de prédire comment l'activité humaine progressera dans le temps.Ils essaient de chiffrer la demande future en énergie, d'entrevoir les technologies qui seront développées, etc.Ils peuvent ensuite estimer combien de mégatonnes de C02 seront relâchées par année — pendant les cinq prochaines décennies, par exemple.Ce sont ces chiffres qu'on intègre dans notre simulateur.» MODÈLES GLOBAUX ET RÉGIONAUX Actuellement, on compte dans le monde une quinzaine de modèles globaux simulant le fonctionnement de l'ensemble de notre planète, et à peu près le même nombre de modèles régionaux; plus fins, ces derniers simulent le fonctionnement d'une région ciblée du globe.Les chercheurs québécois et canadiens se sont illustrés sur les deux fronts.Ainsi, le Centre canadien de la modélisation et de l'analyse s climatique d'Environnement Cana-1 da, situé à Victoria, a mis au point I l'un des modèles globaux les plus O O 37 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEM^FT^TB' RECHERCHE m :-.-VV * • "r T'“ Cette photo indique clairement l’ampleur du recul du glacier Athabasca (absent sur la photo) depuis 1970.Le glacier a reculé de près de deux kilomètres depuis 1870 et a perdu 61 p.100 de son volume de glace au cours des 100 dernières années.respectés par la communauté scientifique internationale.Au chapitre des modèles régionaux, ce sont les Québécois qui tiennent le haut du pavé : le Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale de TUniversité du Québec à Montréal et Ouranos travaillent en collaboration pour raffiner un modèle qui a déjà fait ses preuves.« Notre modèle simule le climat de l’Amérique du Nord sur un horizon de 25 ans, mais il peut être utilisé pour n’importe quelle région du globe, explique Daniel Caya.Nous l’améliorons sans cesse.Il y a dix ans, on simulait une planète assez rudimentaire, sans océans.Par la suite, on a ajouté des océans, mais leurs caractéristiques étaient limitées.En ce moment, on travaille à intégrer des océans dynamiques dans le modèle.» Faire tourner une planète virtuelle n’est pas une mince affaire.Ouranos est certes équipé d’un des ordi- nateurs les plus puissants au Canada, mais la machine met tout de même près de deux ans avant de compléter une simulation.«Le programme n’est que 15 fois plus rapide que le temps réel.Pour établir une simulation couvrant 25 ans, il faut compter environ 20 mois.» Le modèle québécois génère des données s'appliquant à tous les 45 kilomètres sur la carte virtuelle de l'Amérique du Nord.« Certains voudraient plus de précision, souligne Daniel Caya.Des mailles de 5 ou même 10 kilomètres seraient sûrement beaucoup plus intéressantes.Cependant, pour générer des données avec une maille de 5 kilomètres, il nous faudrait disposer d'un ordinateur 1 000 fois plus puissant, ce qui se révèle carrément impossible.» PRÉDIRE LE PASSÉ Pour vérifier si leurs modèles sont fiables, les climatologues les utilisent pour prédire.le passé.En Point d’observation de changements climatiques à Havre Saint-Pierre.38 ^["DÉCOUVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 RECHERCHE Pour vérifier si leurs modèles sont stables, les climatologues les utilisent pour prédire.le passé.effet, en comparant des données modélisées à des données historiques mesurées au fil des ans, les experts en simulation peuvent voir si leur programme vise juste.Mais retracer le climat passé n'est pas aussi aisé.Des milliers de données sont disséminées dans des registres aux quatre coins du Québec.Les regrouper, les valider et les numériser représente un véritable travail de moine.Rattaché au volet Données historiques, chez Oura-nos, Luc Vescovi en sait quelque chose.« Dans le passé, la température et les précipitations n'étaient pas toujours analysées avec beaucoup de rigueur, explique-t-il.On changeait d'appareil de mesure d'une année à l'autre, sans se soucier du biais que cela pouvait introduire.On égarait les cahiers de notes, on sautait des années, etc.» En 1995, Environnement Canada a même fermé certaines stations de mesure du programme de collecte de données du Service météorologique canadien.« Heureusement, quelques climatologues férus ont continué à prendre des mesures, par passion et conviction, explique Luc Vescovi.Aujourd'hui, il faut retracer ces vaillants chercheurs et démêler l'information qu'ils ont compilée.C'est long, mais ça vaut le coup.» ET ALORS?Jusqu'ici, les modèles ont démontré qu'ils pouvaient reproduire le climat historique avec une certaine habilité.Alors, que prédisent-ils?Selon le cas, une élévation de la température de 1,5 °C à 6 °C, d'ici 2100.Évidemment, ces prévisions reposent sur des hypothèses quant à l'évolution de notre utilisation de combustible fossile.Car en réalité, personne ne peut envisager les technologies qui existeront en 2050, encore moins en 2100.Mais il faut bien, malgré tout, se préparer à faire face aux grands bouleversements liés aux changements climatiques.Et les prévisions des simulateurs sont un bon point de départ.« Des scientifiques de toutes les disciplines se servent des données générées par nos simulations, fait valoir Daniel Caya.Ils y ont recours pour évaluer l'impact du réchauffement de la planète sur l'agriculture, sur les forêts, sur le pergélisol, sur la santé humaine et même sur le tourisme.Évidemment, ils ne peuvent savoir exactement ce qui va se passer, à quel moment, dans quelle région.Mais ils ont une idée et ils peuvent déjà réfléchir à des solutions.Anticiper l'avenir est la meilleure façon d'y faire face.» ?OJ a; préoccupation] de l'heure occupation de l'aveni r • Formation de 2e et 3e cycle en environnement • Formation à temps plein ou à temps partiel pour les professionnels en exercice • Clientèle multidisciplinaire • Bourses d'admission et d'excellence • Banque de stagiaires et de diplômés • Plusieurs possibilités de collaboration avec les entreprises et les organismes • Formations pouvant être offertes à Longueuil, Québec, Jonquière, Gatineau et Sherbrooke Pour plus ou pour brochures : d'information recevoir nos 1 Formation sur mesure Cours offerts selon les besoins des entreprises et des organismes.1 Maîtrise en environnement Type cours avec stages rémunérés - Type recherche avec régime régulier ou régime en partenariat avec stages rémunérés Diplôme de gestion de l'environnement > Microprogramme de vérification environnementale Reconnu par l'Association québécoise de vérification environnementale.1 Microprogramme de gestion des risques : sécurité civile et environnement m UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE (819) 821-7933 1 866 821-7933 (sans frais) www.USherbrooke.ca/environnement environnement@USherbrooke.ca Microprogramme de gestion intégrée de l'eau > Doctorat interdisciplinaire en environnement 39 | DÉCOUVRIR 1 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003~^' RECHERCHE Sept problèmes, mm AU COURS DES 25 DERNIERES ANNEES, LES SCIENTIFIQUES ONT CONSACRÉ DES EFFORTS CONSIDÉRABLES À DÉMONTRER QUE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES DEVAIENT ÊTRE PRIS AU SÉRIEUX.LA PREUVE EST MAINTENANT FAITE.SAUF EXCEPTION, LES CHERCHEURS S’ENTENDENT MAINTENANT POUR DIRE QUE LE CLIMAT SE RÉCHAUFFE DE FAÇON INQUIÉTANTE.LES GOUVERNEMENTS AUSSI ONT ENTENDU LE CRI D'ALARME.Demeurent les questions les plus fondamentales : Quels seront les impacts du réchauffement sur nos forêts?sur l'agriculture?sur notre santé?Et surtout, comment notre société s'adaptera-t-elle à des orages plus forts?à des canicules plus intenses?C'est autour de ces interrogations que les scientifiques organisent de plus en plus leurs recherches.Directeur du volet Impacts et adaptation, chez Ouranos, Alain Bourque aide les chercheurs à entrer dans cette nouvelle ère.« Chez Ouranos, nos partenaires ne sont pas seulement des scientifiques.Il y a aussi Environnement Canada, Hydro-Québec et huit ministères provinciaux.Tous ces gens attendent des réponses de nos chercheurs.Ils veulent savoir comment orienter leurs politiques et planifier leurs investissements.Mon mandat consiste à faire le pont entre les scientifiques et les décideurs.» Au cours des trois prochaines années, 25 projets seront mis de l'avant par le consortium afin d'aider le Québec à réagir rapidement aux bouleversements qui lui pendent au bout du nez.En voici quelques exemples.SANTÉ : L'HEURE DU BILAN Coups de chaleur, allergies au pollen, réactions au smog, maladies infec- tieuses., les problèmes de santé associés à une éventuelle hausse des températures sont nombreux.Les instances de santé publique croient même que le taux de criminalité pourrait augmenter durant les périodes de canicule.Les gastro-entérites, les crises d’épilepsie ou les affres de la sclérose en plaques pourraient aussi se révéler alors plus sévères.Mais ces constats n'ont jamais été scienti-hquement démontrés.Pour mieux cerner l'impact du réchauffement climatique sur la santé de la population, le Dr Pierre Gosselin, professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval et conseiller scientifique à l'Institut national de santé publique (INSP), s'apprête à entamer des études en collaboration avec Ouranos et le ministère de la Santé et des Services sociaux.« Nous possédons beaucoup de données historiques sur le taux de mortalité de patients hospitalisés ou de résidents de centres d’accueil durant les vagues de chaleur et les épisodes de smog.Cependant, elles n'ont jamais été compilées et analysées.C'est ce que nous voulons faire.» Si l'équipe du Dr Gosselin prouve qu'une hausse du nombre et de l'intensité des canicules a des conséquences graves sur la santé des Québécois, des mesures d'adaptation devront nécessairement être envisagées.« On pourrait, par exemple, sensibiliser les propriétaires de centres pour personnes âgées à l'importance de climatiser durant l'été.Les municipalités pourraient de même faire leur part en aménageant des zones ombragées dans les parcs.» Les employeurs sont aussi dans la mire du Dr Gosselin.« Les gens qui travaillent dans le secteur de la construction, dans les forêts ou dans les champs agricoles sont particulière- Forêt brûlée en 1997 dans la forêt boréale du nord de l’Abitibi.On peut y remarquer la régénération naturelle ainsi que les marques d’écorçage causées par les pics qui se nourrissent des insectes xylophages présents dans les arbres brûlés.40 ^["DÉCOUVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 | PHOTO: ANTOINE NAPPI sept solutions RECHERCHE ment à risque dans les périodes de grande chaleur.Il faut inciter ces travailleurs à prendre leur pouls régulièrement et à boire de l'eau aux vingt minutes.Ces mesures sont en vigueur depuis longtemps dans des pays plus exposés à la chaleur.» FORÊTS SOUS SURVEILLANCE La sécheresse qui a occasionné d'immenses feux de forêt en Colombie-Britannique l'été dernier nous a servi un sérieux avertissement : les humains ne seront pas les seuls à souffrir des changements climatiques.En l'espace de quelques semaines, des centaines de milliers d'arbres et d'habitats naturels ont été détruits par les flammes.Les scientifiques répètent souvent, il est vrai, que les feux font partie du cycle naturel de la forêt, les flammes permettant à l'écosystème de se régénérer.Mais tout est une question d'équilibre.Avec le réchauffement de la planète, la fréquence des feux risque d'augmenter en flèche.Des biologistes craignent que nos forêts n'aient pas le Chaque année, les • ?> if* particulier entre les différentes parties en cause.Au sein des entreprises comme des universités, les négociations entre avocats et autres services du contentieux ont été ardues.« Chaque entreprise, par exemple, devait s'assurer que les ententes qu'elle passait dans le cadre du CRIAQne violeraient pas les règles établies par une de ses filiales qui, quelque part dans le monde, pourrait être en concurrence avec une entreprise reliée à une autre compagnie membre du CRIAQ », explique Serge Tremblay.Ainsi, il a fallu vérifier que par l'intermédiaire du CRIAQ, Cessna, une filiale de Bell Helicopter Textron, ne concurrençait pas les Regional Jet de Bombardier, ou vice versa.Quant aux universités, elles ne tenaient pas à créer un précédent en cédant des droits qui leur étaient devenus indispensables pour assurer leur fonctionnement.Sur les douze projets, neuf attendaient une signature imminente début septembre 2003.Quelques-uns d'entre eux sont probablement signés à l'heure actuelle.Thus les partenaires le reconnaissent : pour qu'un tel projet fonctionne, il faut qu'il soit mené par un « champion », une personne qui y croit dur comme fer et qui cherchera toujours à rassembler au delà des différends.« À la moindre difficulté, les partenaires ont tendance à se dire qu'ils ont toujours fonctionné en dehors de ce genre de consortium et qu'ils n'en ont pas besoin pour continuer », raconte Serge Tremblay.Dans le cas du CRIAQ, Jean Nicolas, de l'Université de Sherbrooke, et Hany Mousta-pha, de Pratt & Whitney, se sont investis corps et âme.Malgré les difficultés, aucun membre du CRIAQ ne s'est désisté.Reste à voir comment le Consortium, bâti pour rester, affrontera la fin de Valorisation-Recherche Québec, prévue pour 2006.« Sans subvention gouvernementale, les entreprises iront voir ailleurs », prévient déjà Guy Lambert, de Bell Helicopter Tfextron.* La liste des projets et de leurs responsables peut être consultée sur le site Web du CRIAQ : www.criaq.aero 55 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCE^^n^TM PHOTO : PRATT & WHITNEY ZOOMZOOMZOOMZOOMZOOMZO O AA Croisade contre le • LE CANCER EST LA DEUXIÈME CAUSE PRINCIPALE DE DÉCÈS AU CANADA.EN 2001, ON A DÉNOMBRÉ 134 100 NOUVEAUX CAS AU PAYS, DONT 34 700 AU QUÉBEC.PAS ÉTONNANT DONC QUE LES CHERCHEURS SE MOBILISENT POUR COMPRENDRE ET COMBATTRE LA MALADIE.PARMI LES ORGANISMES QUÉBÉCOIS DÉDIÉS À LA RECHERCHE APPLIQUÉE AU CANCER, LE CENTRE DE THÉRAPIE EXPÉRIMENTALE DU CANCER DE MONTRÉAL (CTECM), RECONNU COMME L'AXE THÉRAPIE EXPÉRIMENTALE DU RÉSEAU DE RECHERCHE SUR LE CANCER DU FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC (FRSO), EXPLORE DE NOUVELLES POSSIBILITÉS DE THÉRAPIES ET D’APPROCHES PHARMACOLOGIQUES.Le CTECM a été créé en 2000 par le Fonds de recherche en santé du Québec et la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).Les subventions conjointes ont permis à un petit groupe de chercheurs de l’Université McGill,connu alors sous le nom de Centre de recherche appliquée au cancer, de s’adjoindre des scientifiques de Montréal, de Québec et de Sherbrooke.La nouvelle équipe multidisciplinaire, fraîchement composée de scientifiques de cinq universités et de cinq instituts de recherche, a par la suite reçu une subvention de Valorisation-Recherche Québec (VRQ) de 2,7 millions de dollars pour financer des projets de R-D innovateurs.« Nous avons choisi de soutenir le CTECM, car nous avons été impressionnés par la qualité de ses recherches et par sa capacité à établir de nouvelles collaborations», révèle Pierre Lavigne, vice-président recherche de VRQ.La subvention de VRQ a permis au CTECM de cibler quatre thèmes de recherche prioritaires.« Des chercheurs de l’axe Découvertes d’approches phar-56 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 macologiques tentent notamment d’identifier chez les patients atteints du cancer les molécules surexprimées qui peuvent devenir des cibles pour les thérapies, signale Gérald Batist, directeur du CTECM.D’autres étudient des molécules chimiques et biologiques pouvant être dirigées vers ces cibles pour déranger et prévenir la croissance des tumeurs.» Dans le cadre du programme Caractérisation de nouvelles molécules aux propriétés anticancéreuses, des chimistes synthétisent actuellement de nouvelles substances anticancéreuses, alors que des biologistes évaluent le potentiel de substances naturelles, notamment des molécules issues de plantes exotiques.Parallèlement, les scientifiques de l’axe Recherche sur l’environnement, génétique et risques du cancer s’emploient à mieux comprendre le rôle des gènes dans le développement de la maladie, afin d’identifier les personnes à risque.Et un dernier groupe, travaillant dans la R-D en thérapie cellulaire et génique, analyse le potentiel des cellules souches à modifier et à détruire les tumeurs.Les cellules dans la mire Le CTECM fonde de l’espoir dans la thérapie cellulaire et génique.« Il est possible, en effet, d’introduire dans une cellule un gène codant pour une protéine bénéfique.La cellule ainsi “reprogrammée” fonctionne ensuite comme une usine qui produit la protéine nécessaire à l’organisme pour se défendre contre le cancer ou d’autres maladies », explique Gérald Batist.Le Dr Jacques Galipeau, directeur du programme de recherche en thérapie cellulaire au CTCEM, travaille justement à « manufacturer» de la matière génétique synthétique dans le but de reprogrammer une cellule.Son travail consiste à prélever des cellules normales de la moelle osseuse et à les cultiver en laboratoire.Grâce à la manipulation génétique, le chercheur et son équipe programment ces cellules pour qu’elles sécrètent de l’érythropoïétine, une hor- mone normalement synthétisée par le rein en réponse à un niveau de globules rouges trop bas.« Les gens souffrant d’insuffisance rénale ne sécrètent pas ou sécrètent peu d’érythro- I poïétine.Ils tombent alors en anémie sévère, ce qui demande des injections d’hormones I: artificielles de une à deux fois parsemaine, durant toute leur vie, explique l’hématologue.I Mais il serait possible d’injecter ‘ sous la peau des malades une de leurs propres cellules reprogrammées pour produire l’érythropoïétine.» Cette approche permettrait aux patients d’éviter les injections multiples et améliorerait ZOOM O O M NATHALIE KINNARD ancer Salle de préparation de cellules humaines utilisées dans le cadre d'études cliniques sur le traitement du cancer par « immunothérapie cellulaire ».ainsi leur qualité de vie, puisque la cellule injectée a une durée de vie d’un an.De plus, le système immunitaire d’un organisme ne rejette pas une de ses propres cellules.Le Dr Galipeau et son équipe ont testé l’approche thérapeutique sur des souris et les résultats sont probants.Mais l’organisme de la souris ne reflète pas en tous points celui de l’être humain! Avant d’effectuer des tests — très coûteux — sur des humains, le Dr Galipeau a choisi de valider son approche sur le Beagle, une espèce canine au système plus complexe que celui de la souris et dont la taille correspond à celle d’un jeune enfant.En collaboration avec les docteurs Marilyn Dunn et Daniel Martineau de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, l’équipe de Jacques Galipeau a collecté des cellules de Beagle.Les chercheurs vétérinaires les ont ensuite reprogrammées pour qu’elles génèrent de l’érythropoïétine.« Nous avons injecté les cellules reprogrammées dans les chiens et nous sommes présentement en train de compiler les résultats », annonce le professeur Martineau.D’après le Dr Galipeau, « si tout fonctionne bien, on peut espérer réaliser des tests chez les humains d’ici un ou deux ans ».L’approche thérapeutique pourra alors être appliquée à toute une liste de maladies, dont le cancer.« La cellule devient une véritable usine qui peut larguer dans l’organisme des protéines naturelles ou synthétiques, précise le Dr Galipeau.Des cellules reprogrammées pour produire des protéines anticancer provoquent effectivement une régression du cancer lorsqu’elles sont injectées dans les souris.Les espoirs sont donc permis pour l’être humain .» Un autre espoir réside dans un projet que mène le CTECM avec la compagnie française DÉCOUVRIR REMERCIE VALORISATION-RECHERCHE QUÉBEC (VRQ) POUR SON SOUTIEN FINANCIER EN VUE DE LA PUBLICATION DE CE TEXTE Z"' i, r- Immuno-Designed Molecules.Les scientifiques français ont développé une technique qui permet d’éduquer les globules blancs, ces cellules du sang qui défendent le corps contre les infections, à combattre le cancer, « chose que les globules blancs ne font pas naturellement », précise Jacques Galipeau.Les manipulations se font dans un environnement ultra-stérile et à la fine pointe de la technologie, appelé « salle blanche ».Dans le cadre de la collaboration, le CTECM s’est doté d’une salle blanche — une des rares au Canada — et a importé la technique.En retour, les chercheurs québécois offrent l’expertise acquise avec les patients.Ils testent notamment la méthode sur des patientes souffrant d’un cancer de l’ovaire, en injectant les globules blancs rééduqués dans leur cavité abdominale.Devenue l’une des plus grandes équipes en oncologie fondamentale et clinique, le CTECM s’affaire actuellement à construire de nouveaux locaux à l’Institut Lady Davis de recherches médicales de l’Hôpital Général Juif de Montréal.Le nouveau centre de i 860 m2 permettra de mieux regrouper les activités et de promouvoir une dynamique de coopération entre chercheurs et cliniciens.57 DÉCOUVRIR 1 NOVEMBRE-DÉCEMBr¥^ÔÔb~J LIVRES au congélateur ViDdialIniioneicaltureiu Nonavik L'HOMICIDE CONJUGAL AU FÉMININ Depuis toujours, des femmes en arrivent à tuer leur conjoint.Le châtiment de Marie-Josephte Corriveau, accusée du meurtre de son mari en 1763, exécutée puis exposée dans une cage, est resté dans nos mémoires.Bien que peu nombreuses, ces femmes dérangent, étonnent.Elles ébranlent nos valeurs.Quel traitement sociopénal leur est réservé?Ont-elles droit à un procès juste et équitable?Quels sont les motifs invoqués pour expliquer leur geste?Est-ce un meurtre ou de la légitime défense?DE LA BANQUISE AU CONGÉLATEUR.Mondialiation et culture au Nunavik Le ier avril 1999, le Canada signait avec les Inuits du Nunavut une entente historique qui donnait enfin à un peuple autochtone du Canada la possibilité de s’autogouverner.Quelques mois plus tard, le gouvernement du Québec signait avec les Inuits du Nunavik un accord mettant en branle un processus de consultation et de négociation qui permettra aux Inuits de la partie arctique du Québec d'obtenir, à leur tour, un gouvernement autonome au sein du Québec au Canada.Dans cet ouvrage, l'auteur analyse le processus d'émancipation politique, économique et social dans lequel les Inuits de Nunavik se sont engagés depuis les années soixante.r Dans le prochain numéro de Découvrir N DOSSIER Maladies infectieuses ENJEUX Sciences de la complexité ZOOM L Le traitement des langues naturelles J 58 (Itl ITALIES IMAGINAIRES DU QUÉBEC Référence artistique incontournable ou enjeu de la discussion politique, l'Italie, la riche où vont les pèlerins et les voyageurs, comme la pauvre d'où viennent les immigrants, participe de longue date à la vie culturelle du Québec.Les textes ici réunis retracent cette présence depuis l'époque où le clergé voulait faire de Montréal une nouvelle Rome jusqu'à aujourd'hui.LESTERRITOIRES DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE Les changements culturels, sociaux et économiques accélérés, si caractéristiques de notre modernité, déstabilisent les activités traditionnelles de la culture scientifique et technologique (CST).Ils nourrissent et amplifient un doute sur leur légitimité et nécessité.Les auteurs proposent d’amorcer une réflexion en vue d’anticiper les développements prévisibles dans ce domaine ainsi que leurs impacts sur les pratiques actuelles et futures.A F1ATTA .tirSAWTH NABDOUt LAFAtGI Italics imaginaires Qïiébec Les territoires de la culture scientific Erratum - À la page 20 du numéro de septembre-octobre 2003, dans l’article « Raisins rouges contre Parkinson », le mot juste est quercétine et non querticine.Des nouvelles du Fonds Société et Culture Le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture vient de faire paraître son rapport annuel de gestion 2002-2003.On y apprend, entre autres, que le Fonds a investi 29,6 millions de dollars en subventions et 13,6 millions en bourses.Plus particulièrement, 40 p.100 du budget total de 43,2 millions de dollars ont été attribués au soutien à la formation d'une relève de chercheurs, l'une des préoccupations de premier plan du Fonds.Le rapport fait également état du lancement d'un programme d'appui à la recherche innovante, de l'élaboration d'un nouveau programme de soutien aux équipes de recherche, de même que de l'amélioration des programmes de soutien à la recherche-création.Pour obtenir une copie du rapport annuel de gestion 2002-2003 en format pdf, consultez le site Web du Fonds à l'adresse suivante: www.fqrsc.gouv.qc.ca QuébecSS Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture DECOUVRIR | NOVEMBRE-DECEMBRE 2003 -ZmM •••< 31 i ) i t e r n a t i o n a 1 c i e n t i f i Univalor a pour mission de commercialiser les résultats de la recherche universitaire émanant TUNIVALOR d’un regroupement d’établissements, soit l’Université de Montréal et ses établissements affiliés dont Unir le savon à l'économie l’École Polytechnique, HEC Montréal et l’Hôpital Sainte-Justine.Plasma pour écran plat Réacteur plasma de dépôt de couches barriers sur un substrat polymérique.#¦ * •* * mm* Imaginez un écran d’ordinateur plat, flexible, de l’épaisseur d’un acétate transparent, que vous pourriez rouler dans votre poche ou incorporer au pare-brise de votre auto.Un écran de qualité, de surcroît.Eh bien, cette petite merveille sera peut-être disponible un jour grâce aux travaux de chercheurs affiliés à l’École Polytechnique de Montréal! L’effervescence est grande au pays des écrans plats et plusieurs compagnies qui en commercialisent commencent à utiliser une technologie « dernier cri » des plus prometteuses.Il s’agit de la diode organique électroluminescente (OLED, pour Organic Light Emitting Diode).Cette diode est constituée de molécules organiques qui émettent de la lumière quand elles sont mises sous tension électrique.Comparés aux écrans à cristaux liquides, les écrans OLED sont beaucoup plus lumineux,offrent un angle de vue plus large, consomment moins d’énergie, sont plus légers et coûteront moins cher à produire.En prime : les molécules organiques n’ont aucunement besoin d’être maintenues alignées, comme les cristaux liquides, ce qui permet d’imaginer un support flexible.« Le problème majeur, explique Grzegorz Czeremuszkin, chercheur affilié à l’École Polytechnique, c’est que ces diodes organiques ainsi que d’autres composants du dispositif sont très sensibles à la vapeur d’eau et à l'oxygène.Les fabricants d’écrans plats doivent donc les encapsuler avec du verre ou du métal.» Résultat : il leur faut dire adieu à la légèreté, aux faibles coûts de production et surtout à la flexibilité.Or, pourraient-ils utiliser un emballage plus avantageux, du plastique par exemple ?« Contrairement à ce que les gens pensent, les films de plastique sont perméables aux gaz et aux vapeurs, précise le chercheur.C’est pour cela que l’on n’embouteille jamais la bière dans du plastique ordinaire.» Il faut dire que l'imperméabilité requise pour protéger les OLED est extrême.Pour que les diodes atteignent la durée d’exploitation requise d’au moins 10 ooo heures, l’emballage doit laisser passer moins de 0,000 ooi g /m2/jour d’eau, alors que les meilleurs emballages actuellement utilisés dans l’industrie alimentaire ne garantissent que o,i g/m2/jour ! Voilà donc un défi technologique important.La solution préconisée par des chercheurs de l’École Polytechnique fait appel à une technologie pour laquelle ils ont acquis, depuis plus de 20 ans, une expertise reconnue internationalement : les plasmas.« Notre approche, explique Grzegorz Czeremuszkin, consiste à fabriquer un film mince transparent en déposant, à l'aide d'un plasma, plusieurs couches de certaines molécules sur un substrat polymérique afin d’obtenir une structure multicouche parfaitement étanche de l’épaisseur d’un acétate transparent.» Une feuille ainsi produite pourrait permettre d’encapsuler un ensemble de diodes organiques disposées en matrice sur une autre feuille du même type, chaque diode représentant un pixel de l’image.Flexibilité, légèreté et peut-être même faibles coûts de production seraient-ils au rendez-vous?En théorie, oui, mais toute la technologie n’est pas encore au point.Cependant, les tests effectués à ce jour, autant à l’École Polytechnique que par des fabricants, sont si prometteurs que trois chercheurs, Grzegorz Czeremuszkin, Mohamed La-trèche et Michael Wertheimer, ont fondé en 2001, avec l’aide d’Univalor, la compagnie Nova-Plasma inc.pour commercialiser leur produit.Leur concurrent le plus sérieux est une compagnie américaine qui fabrique des films multicouches similaires, mais avec un autre procédé.L'enjeu?Un marché qui devrait atteindre 3 milliards de dollars en 2007.SOPHIE MALAVOY 61 | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 20Q3~J^ la fine pointe CRIM Le CRIM, inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l’information.À la recherche des sons et des images 62 Pouvez-vous me donner tous les extraits audiovisuels où René Lévesque parle de souveraineté?» Si vous posez aujourd'hui cette question au préposé d'une banque de documentaires, il vous répondra probablement : « Voici la liste des films où figure M.Lévesque.» Et vous en serez quitte pour des heures et des heures de visionnement! Heureusement, dans quelques années, la réponse sera probablement différente.En effet, il vous suffira d'introduire un mot-clé dans un logiciel et hop!, vous aurez la liste des titres des vidéos pertinentes et l'on vous fournira aussi des repères permettant de visionner seulement les extraits voulus.La différence entre ces deux réponses réside dans la façon d'indexer les documents.Dans le premier cas, c'est la méthode « ancienne » :on note toutes les métadonnées telles que le titre de la vidéo, le réalisateur, un résumé du contenu, etc.Dans le deuxième, il s'agit de la méthode « futuriste », celle à laquelle travaillent les chercheurs du CRIM, dans le cadre du projet MADIS soutenu financièrement par le réseau canadien CANARIE.Les spécialistes du CRIM développent actuellement des DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 FuNer Cébçn VXfco A/f 0 e *¦ jÉ~ig f?SJ -loi X ¦H»1h| pI ¦ EU 00:QD:3MG -é=i50 m) Exemple d’un item de l’ISOV®.chercheurs et à la population en général, a été bâti par le service multimédia de l'UQAM, grâce au support financier du Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales et de la Chaire en relations publiques de l'UQAM.« Au cours de la “consultation virtuelle” couvrant plusieurs domaines de vie tels que la santé, la vie de couple, nous demandons à la personne d'indiquer sur un cadran où elle se situe par rapport à un état idéal, qui est d'être “parfaitement heureux”.Comme l'idéal n'est pas toujours atteignable, nous culs », explique M.Dupuis.Par la suite, l'utilisateur reçoit un profil de qualité de vie comportant 9 sous-échelles, avec des indications et des conseils au sujet des domaines en difficulté.Le site proposera une évaluation de la QV générale et de la QV au travail, en français ou en anglais.De plus, on prépare une traduction de la mesure de la QV générale en langage des signes québécois (LSQ), en version CD-ROM, qui sera mise en ligne au cours des prochaines années.mais également le point de départ d'autres recherches, notamment dans le domaine de la santé associée à la qualité de vie.Pour la présidente-directrice générale du CLIPP, Mireille Mathieu, la mise sur pied de ce site interactif ainsi que les retombées attendues représentent un cas exemplaire de valorisation de la recherche psychosociale ainsi que d'interface entre les chercheurs et les utilisateurs.http://bd.sav.uqam.ca/qualite/ web final/ ANNIÉ CH AM PAG N F la fine pointe c&frio M votre lien avec l'avenir Le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) contribue à l’amélioration de la performance des organisations grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.Nouvelle formation pour les ouvriers québécois ?E-learning.Le mot anglais sonne bien.Et le vendeur est persuasif.Mais sur quels critères objectifs un industriel peut-il évaluer la pertinence d’acquérir un logiciel d’apprentissage qu’on lui propose pour ses employés?L’investissement en vaut-il la peine?Pour prendre sa décision, cet entrepreneur pourra bientôt s’appuyer sur le guide que prépare une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal, en collaboration avec Les manufacturiers et exportateurs du Québec et le CEFRIO.Grâce à quelques grilles d’analyse simples, à plusieurs exemples et à des explications claires, cet outil permettra à notre industriel de soupeser les avantages et inconvénients des produits qui lui sont régulièrement proposés.Il l'incitera peut-être même à monter ses propres projets de formation assistée par les TIC (technologies de l'information et de la communication), aussi nommée « formaTIC ».« Pour concevoir ce guide, nous avons d’abord voulu connaître la situation actuelle de la formation en entreprise au Québec », explique Louise Marchand, spécialiste en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal et directrice du Groupe de recherche sur l’apprentissage à vie par les technologies de l’information (GRAVTI).Les chercheurs ont visité à plusieurs reprises une dizaine d'usines appartenant à de grands manufacturiers comme Molson, Kruger ou IBM.« Sans toujours être conscientes qu’il s’agissait de e-learning, ces entreprises possédaient déjà plusieurs outils de formaTIC », rap- porte Mme Marchand.Par exemple, chez Alcan, on a conçu une cuve virtuelle de fusion de l’aluminium qui permet aux employés de se familiariser avec les procédés, les mesures de sécurité et les tâches sans se frotter dès le premier jour à la cuve réelle.» En rencontrant la direction, les responsables de la formation et certains employés de production de chacune de ces usines, les chercheurs ont pu se faire une bonne idée des besoins de formation du secteur manufacturier.« Nous devons tenir compte du fait que la formation en usine est très centrée sur les tâches et qu'elle comporte beaucoup d’aspects de santé et sécurité au travail », précise Mme Marchand.Les visites ont également démontré que la formation virtuelle peut être très efficace et qu’elle participe à la valorisation des employés, pas toujours mesurable.Mme Marchand se rappelle notamment la fierté d’un ouvrier qui avait manipulé un ordinateur semblable à celui qui faisait envie à son fils.« Par contre, précise-t-elle, il faut éviter que la formaTIC ne devienne un gadget à la mode et ne remplisse pas ses fonctions.» Ce guide d’aide à la décision s’adresse tant aux PME qu’aux grandes entreprises.Parmi les critères portés à l’attention des entrepreneurs figurent le degré d’automatisation des opérations, le niveau de danger des tâches visées par la formation, l’investissement nécessaire, l’expertise et l’équipement requis pour concevoir et dispenser la formation virtuelle ainsi que les retombées potentielles, par exemple les gains en productivité.« Avoir recours à la formaTIC constitue un défi particulier pour les PME, puisque les outils informatiques sont plus rentables lorsqu’ils sont développés pour un grand nombre d’employés, reconnaît Mme Marchand.Mais il y a des pistes de solution : on pourrait notamment penser à des logiciels communs à tout un sous-secteur manufacturier et qu’il serait ensuite possible d’adapter selon les particularités de chaque entreprise.» Simulations sur écran et interactions avec l’ordinateur feront donc bientôt partie de toute formation, même en usine! LOUISE DESAUTÈLS 65 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBrT~2003 VAI Tutor Plan du cours Profil Chat Forum Mémo E-Conférence E-lnformation Aide Quitter Les gestes défensifs les gestes de domin — Gestes divers Les gestes rythmique^ Révision des gestes a c a3 ^Suivant»») |-ooa- Il est intéressant aussi d’observer comment évoluent les positions de deux interlocuteurs ma- Évolution des positions 1- Le patron, penché en arrière, montre sa supériorité Les yeux baissés de remployée, ses épaules effacées, ses mains dans les papiers, tout dénote une position de 2- Peu à peu.l’employée se détend elle se penche en avant, elle regarde son patron qui adopte alors la même position ce qui ren force la relation Plateforme intelligente d’apprentissage de VAI. point 1 e Bestioles! en 3D Depuis le 10 octobre dernier, le cinéma Imax du Centre des sciences de Montréal présente Bestioles! en 3D, un film tourné dans la forêt tropicale du Sud-Est asiatique et qui met en vedette plus de quarante espèces d'insectes tropicaux.La naissance de centaines de mantes religieuses et la transformation d'une chenille en papillon disputent la vedette Heavy métal et dépression Bob Marley l'emporte de loin sur Metallica au rayon de la bonne humeur! En effet, les jeunes de 15 à 17 ans adeptes de heavy métal sont en général plus dépressifs que les adolescents qui préfèrent d'autres types de musique.Telle est la conclusion d'une étude de Dave Miranda, étudiant au doctorat en psychologie à l'Université de Montréal.Forum Express, volume 3, n° 1, septembre 2003 J aux activités des tarentules, des scorpions, des nymphes de la jungle, des chauves-souris.Quarante minutes de pur délice! SEMENESIS Une étape de plus vers la commercialisation de la technologie Semenesis mise au point par les chercheurs Marc-André Sirard et François Pothier, de la Faculté des science de l'agriculture et de l'alimentation, a été franchie récemment.La firme TGN Biotech inc., une société de biotechnologie de Québec issue des travaux de ces deux chercheurs, a annoncé, au début de septembre, qu'elle installera sa ferme de production de porcs transgéniques à Saint-Tite-des-Caps.Les porcs produits sur ce site synthétiseront, dans leur système reproducteur, des molécules pharmaceutiques à haute valeur ajoutée.Au fil des événements, 11 septembre 2003 66 ^["découvrir I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2003 Sus à la douleur chronique Des chercheurs de la Faculté de médecine ouvrent la porte à une nouvelle génération d'analgésiques.Dans la revue Nature du 21 août dernier, ils expliquent que les douleurs neuropathiques sont dues à une lésion du système nerveux - le plus souvent, un nerf- qui Les jeunes et le jeu S'opposant à une opinion très répandue, les docteurs Jeffrey Derevensky et Rina Gupta, de l'Université McGill, ont découvert que l'argent n'est pas la principale motivation qui pousse des adolescents à trop jouer.à l'argent.Les motifs sont plutôt l'excitation, le plaisir de jouer.Les adolescents en cause disent que lorsqu'ils jouent, tous leurs autres problèmes disparaissent et rien d'autre ne compte.De 3,5 à 6 p.100 des adolescents ont un grave problème de jeu et de io à 15 p.100 des autres sont à risque.Les dents de la nuit Autrefois, on croyait qu'un enfant qui grinçait des dents la nuit avait des vers.La médecine a réfuté cette croyance et expliqué le bruxisme par un mauvais contact entre les dents.On a ensuite associé cette habitude involontaire au stress et à l'anxiété.Gilles Lavi-gne, chercheur aux facultés de médecine dentaire et de médecine de l'Université de Montréal, explique : « On trouve dans le cerveau une région, le "centre de genèse des mouvements”, qui synchronise plusieurs activités rythmiques comme la marche, le rythme survient à la suite d'accidents ou de maladies comme le diabète, le zona ou le cancer.Elles peuvent aussi être associées à des maux de dos.Dans certains cas graves, les personnes atteintes ne peuvent même pas supporter qu'on les effleure et certaines en viennent même au suicide.La perte d'une protéine (KCC2) de la membrane de certaines cellules nerveuses pourrait être à l'origine du problème, soutiennent les chercheurs.Yves de Koninck, qui dirige l'équipe de recherche, tente de restaurer la synthèse de cette protéine : « Parce qu'il s'agit d'un tout nouveau mécanisme, très différent de ceux identifiés jusqu'à présent, nos recherches mèneront sans doute au développement d'une toute nouvelle classe d'analgésiques.D'ici trois à cinq ans, nous pourrions détenir quelque chose de prometteur.» Au fil des événements, 28 août 2003 cardiaque, la respiration, la mastication.Chez une personne atteinte de bruxisme, ce centre semble envoyer des signaux désynchronisés aux mâchoires, ce qui causerait des frottements violents entre les dents.Tout se passe comme si le cerveau activait le centre, mais sans raisons apparentes.» Forum Express, volume 3, n° 1, septembre 2003 - D LA REVUE DE LA RECHERCHE PUBLIEE PAR L’ACFAS de clôture du concours: ier février 2004 Le Concours de vulgarisation scientifique de DÉCOUVRIR est l’occasion de rendre accessibles au grand public tous les domaines dans lesquels travaillent nos chercheuses et chercheurs, qu’il s’agisse de philosophie, de littérature, d’histoire, de démographie, de nutrition, de biotechnologie, d’océanographie, de sciences de l’environnement, etc.Pour qui ?>> Les étudiantes et étudiants universitaires des 2e et 3e cycles; >> Les chercheuses et chercheurs des centres de recherche publics et privés; >> Les professeures et professeurs de cégep et d’université ainsi que toute autre personne faisant de la recherche dans ces établissements.De plus, le concours est ouvert aux Canadiens francophones résidant à l’extérieur du Québec ainsi qu’aux étudiants et aux travailleurs étrangers en séjour au Québec.Comment participer?>> Soumettre un article traitant de son sujet de recherche.Cet article doit comporter un maximum de cinq feuillets à interligne double (consulter le formulaire d’inscription).Joindre un bref curriculum vitae.>> La qualité de la rédaction, la rigueur scientifique, le souci de vulgarisation et l’originalité du traitement seront les critères de base retenus par le jury.Un Guide pratique de vulgarisation scientifique peut être obtenu sur demande au coût de 8 $ (+ taxes + frais d’envoi), à l’adresse suivante : concours@acfas.ca Prix: >> Cinq prix de 2 000 $, ainsi que la publication des textes primés.Le Projet Métropolis, un forum international pour la recherche et le développement de politiques publiques sur les migrations, la diversité et les villes en évolution, double le prix remis par l’Acfas pour des articles traitant de l’immigration et autres sujets apparentés.Voir : www.canada.metropolis.net.Inscription : Le formulaire d’inscription est disponible sur le site Internet de l’Acfas, à l’adresse suivante : www.acfas.ca/concours/formulaire.html DECOUVRir A Développement Québec SS Projet réalisé avec l’aide financière du ministère du Développement économique et régional.425, rue De La Gauchetière Est tél.: (514) 849-0045 • téléc.: (514) 849-5558 Montréal (Québec) H2L 2M7 www.acfas.ca / Courriel : concours@acfas.ca À LA SOCIETE DES SAVOIRS du 10 au 14 mai 2004 APPEL DE PROPOSITIONS Colloques, colloques/ateliers et forums DATE LIMITE : 3 NOVEMBRE 2003 Communications libres DATE LIMITE : 12 JANVIER 2004 RENSEIGNEMENTS : www.acfas.ca/congres congres@acfas.ca UQÀM Prenez position Association francophone pour le savoir Ac fa s
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