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  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
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Janvier-février
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  • Revues
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six fois par année
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Découvrir, 2004-01, Collections de BAnQ.

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#4353 LA NATURE COMPLEXE DU MONDE DECOUVRir VOLUME 25, NUMÉRO 1 | JANVIER-FÉVRIER 2004 LA REVUE DE LA RECHERCHE Le retour des épidémies Génétique et Ritalin Un blé moins frileux Sous la plume des Africains Apprivoiser ses peurs Tai chi pour les aînés L'arbre généalogique du*tfuSï>ec 5,95$ Messageries Dynamiques 7 '"YSSIS 00468 7 De Bucarest à Lennoxville : tribulations et succès d'un scientifique roumain Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Gaucbl^re Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 40063507 - decouvrir@acfas.ca H 77831300468701 LA SOCIETE DES SAVOIRS du 10 au 14 mai 2004 APPEL DE PROPOSITIONS Communications libres DATE LIMITE : 12 JANVIER 2004 RENSEIGNEMENTS www.acfas.ca/congres congres@acfas.ca UQAM Prenez position A Association francophone pour le savoir Acfas VOLUME VINGT-CINO | NUMÉRO UN | J A N V I E R - F É V R I E R 2004 VR1 4 MOT DE LA RÉDACTION par Danielle Ouellet 6 SCIENCE CLIPS TAI CHI POUR LES AÎNÉS • POISSONS EN DÉPRESSION • UN BLÉ MOINS FRILEUX VILLAGES EN VOIE DE DISPARITION • SOUS LA PLUME DES AFRICAINS ÉMOTIONS, VOUS AVEZ TOUTE MON ATTENTION! • AU CŒUR DES MALADIES CHRONIQUES PRODUITS FORESTIERS : ENFIN SORTIS DU BOIS?• ENSEMBLE CONTRE LE PARKINSON ATTENTION, ÉROSION! • PRENDRE LA DOULEUR AVEC UN GRAIN DE SEL CONSOMMATEURS INSATISFAITS, PLAIGNEZ-VOUS! • CELLULES À LA CARTE CARRIÈRE À L'UNIVERSITÉ AU i6E SIÈCLE • CHANGEMENT DE CAP EN ADAPTATION SCOLAIRE DÉBUSQUER DES VARIATIONS GÉNÉTIQUES • COMMUNICATION SOUS TERRE GÉNÉTIQUE ET RITALIN • CANCER DU COL DE L'UTÉRUS : UNE BATAILLE À FINIR APPRIVOISER SES PEURS • L'ASTHME : PRENDRE LE MAL À LA SOURCE LE CHEVAL, UN ALLIÉ CONTRE L'ARTHRITE • LA GÉNÉTIQUE DU PARKINSON 32 FACE À FACE MIHAI SCARLETE : DE BUCAREST À LENNOXVILLE Le parcours du scientifique Mihai Scarlete est celui d'un homme tenace grâce à qui l'Université Bishops vient de vivre une grande première : la réalisation de son tout premier essaimage (spin-off).Par Sophie Malavoy pcrucprue LE RETOUR DES ÉPIDÉMIES Par Dominique Forget ENJEUX LA NATURE COMPLEXE DU MONDE Par Johanne Lebel 56 ZOOM TRACER L’ARBRE GÉNÉALOGIQUE DU QUÉBEC Par Nathalie Kinnard 58 RUBRIQUES LIVRES • DES NOUVELLES DU FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES • DANS LE PROCHAIN NUMÉRO 60 la FINE POINTE CITOYENS ET RISQUES ENVIRONNEMENTAUX TECHNOLOGIE QUÉBÉCOISE AU JAPON DE LA SCIENCE DERRIÈRE LE BOUCHON ORGANES SUR MESURE UN « QUI FAIT QUOI » DE LA SANTÉ MENTALE AU TRAVAIL LA E-DÉMOCRATIE 66 LE POINT S MOT DE LA RÉDACTION r La question de l'exode des cerveaux a fait couler beaucoup d'encre.Les points de vue divergent : certains affirment que la situation est dramatique pour le Québec et le Canada, d'autres prônent le vigilance, et d'autres encore, nombreux, voient dans l’immigration une solution incontournable.Chose certaine, des événements politiques malheureux qui se déroulent loin de chez nous sont parfois l'occasion de précieuses acquisitions.L'ingénieur Mihai Scarlete en est un exemple édifiant.Ayant quitté la Roumanie dans la foulée de la chute de Nicolae Ceausescu, il se retrouva au Québec, où il devint un spécialiste mondial du silicium.Sophie Malavoy nous présente son parcours pour le moins inusité.Le monde est complexe, mais cette complexité relève d'une certaine logique.Dans le dossier Enjeux, Johanne Lebel présente les théories récemment élaborées à ce sujet par les scientifiques, qui cherchent inlassablement à comprendre le fonctionnement de la nature.Nous découvrons ainsi avec émerveillement qu'un géologue, une ingénieure, une mathématicienne, un chercheur en médecine et un physicien trouvent matière, grâce à ces théories, à faire avancer leurs domaines de recherches.Enfin, pour terminer l'hiver, ceux et celles qui n'ont pas reçu leur vaccin contre la grippe auraient peut-être intérêt à le faire, comme le conseillent des chercheurs dans le cadre de notre dossier sur les épidémies.Or la grippe n'est pas la seule à donner des maux de tête aux scientifiques du monde entier : la tuberculose, le 5RAS, le virus du Nil occidental, le sida, l'hépatite C sont autant de fléaux responsables de la mort prématurée de millions d'êtres humains aujourd'hui.Mais l'on s'organise et se réorganise encore pour combattre virus, bactéries, parasites.Dominique Forget nous présente la contre-attaque du monde de la recherche.DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DÉCOUVRIR.LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS AVEC AIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET RÉGIONAL (MDER).Développement Québec nca an DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF DANIELLE OUELLET ADJOINTE À LA RÉDACTION MYRIAM YOU NÉS RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE CRISTINA PEDRAZZINI / SCIENCE PHOTO LIBRARY PHOTO DE MIHAI SCARLETE STÉPHANE LEMIRE RECHERCHE PHOTO MYRIAM YOUNÈS SORTIES POSTSCRIPT FILM-O-PROGRÈS IMPRESSION IMPRIMERIE QUEBECOR, SAINT-JEAN CERTAINS ARTICLES DE DÉCOUVRIR PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À : DÉCOUVRIR 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 2M7 TÉL : (514) 849 0045 TÉLÉC.: (514) 849-5558 DECOUVRIR@ACFAS.CA WWW.ACFAS.CA/DECOUVRIR DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LACFAS GERMAIN GODBOUT NOUS RECONNAISSONS L'AIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS RÉDACTIONNELS PAR L'ENTREMISE DU FONDS DU CANADA POUR LES MAGAZINES.LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR L'AUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L'IMPRIMÉ.TÉLÉPHONE: QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605, JANVIER 2004 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, PREMIER TRIMESTRE 2004 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES STÉPHANE MAILHIOT, JE AN THIBAULT TÉL : (450) 227-8414 info@publi-services.com Bonne lecture à tous et à toutes, et une très heureuse année 2004! Danielle Ouellet, M.Sc., Ph.D.Directrice et rédactrice en chef, Découvrir ouellet@acfas.ca 4 DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2004 | Osez vous serez étonnés! Offrez-vous Le Devoir du samedi Actualités Le monde Perspectives Éditorial Idées Science Éducation Économie Culture Sports CAHIER SAMEDI CAHIER CULTURE CAHIER LIVRES CAHIERS SPÉCIAUX L'AGENDA LE DEVOIR Un journal indépendant Abonnements : 514.985.3355 ou 1 800 463.7559 www.ledevoir.com Tai chi pour les aînés Au Québec, entre 25 et 35 p.loo des personnes âgées de plus de 65 ans tombent au moins une fois par année.Chez les aînés qui souffrent Chercheuse clinicienne du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), Mme Corriveau a amorcé un programme de recherche révèlent plus frêles », mentionne Mme Corriveau.Les aînés recrutés par la chercheuse doivent se soumettre à une séance de 60 mi- de neuropathie liée au diabète ou qui ont eu un accident cardiovasculaire, ce pourcentage est encore plus élevé.«Tomber peut entraîner des séquelles physiques chez les personnes âgées, mais les maux ne s'arrêtent pas là affirme Hélène Corriveau, physiothérapeute et chercheuse à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.Après être tombées, ces personnes développent souvent un sentiment d'insécurité.Elles ont peur de chuter de nouveau et, par conséquent, réduisent leur degré d'activité physique.C'est là, souvent, la première étape vers une perte d'autonomie.» 6 [U DÉCOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2004 visant à prévenir les chutes chez les personnes âgées présentant une déficience.Après avoir analysé les différents systèmes responsables du contrôle de l'équilibre, soit les systèmes musculosqueletti-que, sensoriel et cognitif, la chercheuse évalue maintenant l'efficacité d'une approche originale pour aider ces sujets : la pratique régulière du tai chi.« Des études démontrent que cet art martial peut améliorer l'équilibre chez les personnes âgées qui sont relativement en bonne santé, mais on ne connaît pas encore les bienfaits possibles de cette pratique pour celles qui se nutes de tai chi deux fois par semaine.De plus, à l'aide d'une vidéocassette, ils exécutent quotidiennement des mouvements adaptés spécialement pour eux.« On doit ajuster la pratique du tai chi pour qu'elle soit réalisable et attrayante aux yeux de notre clientèle.Autrement, les recrues seront vite découragées et l'efficacité de cette approche ne pourra pas être démontrée.» La physiothérapeute semble avoir gagné son pari.Les personnes âgées adorent la pratique du tai chi et répètent leurs mouvements religieusement.« Il est encore trop tôt pour évaluer quantitative- ment les retombées du programme, fait valoir la chercheuse.Cependant, les résultats préliminaires sont encourageants : les aînés semblent gagner confiance dans leur niveau d'équilibre.» En plus de mener cette recherche sur les avantages du tai chi pour les personnes âgées, Mme Corriveau vient d'entreprendre une étude qui vise à dépister celles qui risquent de faire des chutes.Avec ses étudiants et son équipe, elle prépare une courte grille qui servira à interroger les aînés qui visitent les salles d'urgence.On les questionnera entre autres sur les médicaments qu'ils prennent et sur leur degré d'activité physique.Une fois les personnes à risque dépistées, on pourra suggérer des interventions axées précisément sur les facteurs de risque.Selon la chercheuse, les stratégies proposées pourraient comprendre, entre autres, l'amélioration de la sécurité des logements.Ceux-ci devraient être mieux éclairés, munis de rampes ou équipés de boutons avertisseurs pour appeler à l'aide en cas d'urgence.Mais idéalement, les interventions iraient encore plus loin : on vise directement l'amélioration de l'équilibre de ces personnes âgées.Comment?« Peut-être en les inscrivant à des séances de tai chi! », conclue-t-elle.DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.4470 SCIENCE Poissons en dépression Le lac Saint-Jean abrite les plus importantes populations de ouananiche.ou saumon atlantique d'eau douce, en Amérique du Nord.Un vrai paradis pour la pêche sportive! Cependant, les années 1992-1993 et 2000-2002 ont été marquées par une diminution importante du nombre de poissons reproducteurs ainsi que par une baisse notoire des récoltes de pêche sportive.Une équipe de scientifiques, composée notamment des chercheurs Pascal Sirois, de l'Université du Québec à Chicoutimi (UOAC), et Michel Legault, de la Société de la faune et des parcs du gouvernement du Québec, a montré que la croissance et la survie de la ouananiche dépendaient en grande partie de la quantité d'éperlans arc-en-ciel, la principale source d'alimentation de la ouananiche au lac Saint-Jean.« Lorsqu'elle dispose de moins de nourriture, la ouananiche doit demeurer plus longtemps dans le lac avant d'atteindre une taille suffisante pour remonter la rivière et aller se reproduire », explique Pascal Sirois.Il en résulte une augmentation de la mortalité de cette espèce, due notamment à la pêche sportive, mais aussi à des causes naturelles.Résultat: moins de poissons reproducteurs remontent en rivière pour procréer, et la population diminue rapidement.au grand dam des pêcheurs, les saisons suivantes! Grâce, entre autres, à une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Pas- cal Sirois s'est penché sur le cas des populations d'éperlan.« Selon de récentes études, la prédation et les variations de débit de la rivière Péribonka expliquent 90 p.100 du déclin des populations d'éperlan », explique ce chercheur, qui est aussi professeur au Département des sciences fondamen- sur la croissance et la survie des ouananiches plus âgées, qui n'ont plus assez de nourriture.Par ailleurs, les débits actuels de la rivière Péribonka, qui se jette dans le lac Saint-Jean, varient beaucoup.« Les courants forts perturbent la reproduction de l'éperlan », note Pascal Sirois.Le chercheur chenaux pour limiter le débit de la rivière durant l’incubation des œufs d'éperlan ou au contrôle du nombre de saumoneaux accédant au lac.Parallèlement, Pascal Sirois poursuit d'autres projets qui portent sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes aquatiques de la zone boréale.« Nous tentons, comme pour la ouananiche et l'éper- ?Spécimens d’éperlans (lac Saint-Jean).?Spécimen de ouananiche (lac Saint-Jean).taies de l'UQAC.Les saumoneaux, soit les ouananiches qui descendent dans le lac après avoir passé deux ou trois ans en rivière, se nourrissent abondamment d'éperlans.Parce qu'ils sont en pleine croissance et qu'ils ne sont pas disponibles pour la pêche sportive, ces jeunes poissons font des ravages.Ils influent sur l'état des populations d'éperlan et, par le fait même, et son équipe investissent beaucoup d'énergie dans le transfert technologique auprès des ges-t i o n n a i r e s .« Nous jetons les bases d'un modèle prédictif qui utilise les données de prédation et de débit pour évaluer l'état des populations d'éperlan et, conséquemment, de la ouananiche», explique le biologiste.Les gestionnaires pourront ainsi prévoir des stratégies pour favoriser le maintien des populations de poissons dans le lac Saint-Jean.On pense, par exemple, à l'aménagement de lan du lac Saint-Jean, d'identifier et de quantifier les facteurs qui déterminent le renouvellement des populations de poissons et qui font varier l'abondance de ces populations annuellement », signale le scientifique.Dans ce but, il étudie l'impact des coupes forestières sur l'état des populations de poissons, ainsi que la contribution des lacs sans poissons à la biodiversité boréale.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.| DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2004 PHOTOS : G.MERCIER 8 Un blé moins frileux Reine des céréales canadiennes, le blé est au cœur de grands enjeux économiques et politiques.Sa culture est d'une importance capitale pour les provinces des Prairies.Malheureusement, des conditions climatiques extrêmes comme le froid et la sécheresse viennent souvent compromettre sa rentabilité.Des chercheurs en génomique s'affairent à lui donner un petit coup de pouce en déchiffrant les codes de sa résistance au gel.« L'avantage de travailler avec un modèle génétique comme le blé, c'est qu'on a plusieurs variétés qui présentent différents degrés de tolérance au gel, explique Fathey Sarhan, professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM.On peut avoir un blé qui meurt à o degré Celsius et un autre qui résiste jusqu'à -28 degrés.» En comparant les génomes des variétés, les chercheurs espèrent identifier les gènes les plus importants dans les mécanismes de résistance au gel.M.Sarhan dirige un projet de recherche financé par Génome Canada, Génome Québec et Génome Prairies et qui regroupe des scientifiques de plusieurs universités canadiennes.« Lorsqu'on aura compris les mécanismes génétiques fondamentaux, on pourra travailler sur une stratégie d'amélioration afin d'augmenter la résistance au froid, chez les céréales mais aussi chez d'autres espèces végétales », soutient M.Sarhan.L'équipe de recherche a déjà relevé le défi une première fois en transférant un gène de blé au génome d'un.fraisier! Les résultats sont impressionnants : les feuilles des fraisiers peuvent maintenant résister à 5 degrés plus froid que leurs parents.« C'est une preuve de concept, précise M.Sarhan.La plante n'est pas encore assez résistante pour passer l'hiver dehors, mais on a démontré qu'on pouvait introduire chez une autre espèce le gène du blé qui protège la membrane des cellules contre le froid.» Le défi, soit chercher à percer les mystères de l'ADN du blé, est très audacieux.En effet, le génome du blé est cinq fois plus grand que le génome humain, résultant de la fusion de trois génomes différents.« Les végétaux sont des organismes très complexes par rapport aux animaux, explique le chercheur.L'avantage d'avoir plusieurs génomes, c'est qu'ils rendent possible le phénomène de compensation.Si un gène est défectueux sur un génome, l'autre génome va le compenser.» Cet imposant pool génétique s'explique entre autres par les mul- tiples croisements qui ont tissé l'histoire de l'agriculture humaine.« Selon nos estimations, le génome du blé comprend environ 45 000 gènes.On pense que 10 p.ioo de ces gènes sont impliqués dans la résistance au froid, soit près de 4500 gènes.» M.Sarhan compare ces gènes à un grand orchestre.Non seulement faut-il connaître tous les musiciens, mais il faut aussi comprendre comment ils interagissent, qui les dirige et qui sont les membres les plus influents.Ce sont eux, en fait, qui pourront servir de marqueurs dans les programmes de croisement traditionnels ou faire l'objet de manipulations génétiques.Les détracteurs des OGM peuvent toutefois se rassurer : aucune variété de blé transgénique n'est actuellement offerte sur le marché.Une fois le développement expérimental terminé, les nouvelles variétés génétiques obtenues par transgénèse devront traverser une panoplie de tests très rigoureux avant de passer le cap de la commercialisation, et cette opération, qui s'échelonnera sur des années, se chiffrera à près d'un million de dollars par gène.« Les biotechnologies comportent des bénéfices, mais aussi des risques, explique M.Sarhan.Il est important quelles fassent l’objet d'un consensus entre les scientifiques, le gouvernement, l'industrie et le public.À mon avis, ce sont des décisions qui doivent être collectives.» MARIANNE BOIRE Découvri r remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.I * i è V Î m J~DicOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 | tciEwci nrn^ Villages en voie de disparition Au Québec,quelque 324 municipalités comptent moins de 500 habitants.Éloignées, dotées d'une économie chancelante et désertées par les jeunes en quête d'emploi, elles voient leurs effectifs fondre d'année en année.Comment ceux et celles qui restent perçoivent-ils leur situation.et leur avenir?« Ils sont très attachés à leur territoire », déclare Majel-la Simard.Ce dernier, diplômé en géographie,vient determiner, à l'Université du Québec à Rimouski, un doctorat qui porte sur la fragilité des petites communautés rurales.Sa thèse a nécessité plus de cinq ans de travail.Le chercheur a examiné de près les 43 municipalités de moins de 500 habitants du Bas-Saint-Laurent.Avec l'Abitibi-Témiscamingue et la Mauricie/Bois-Francs, cette région est parmi celles qui abritent le plus de petites localités.Après avoir scruté l'évolution économique et démographique ainsi que la dynamique sociale de ces municipalités depuis i960, Majella Simard s'est attardé au sentiment qu'entretiennent les habitants de huit de ces communautés face à leur fragilité rurale.« Leur moral est géné- ralement bon, mais ils déplorent le manque de travail.Il est difficile de repenser leur économie.» Ces localités existent et survivent majoritairement grâce à l'exploitation des ressources naturelles.Or, les travailleurs forestiers du Bas-Saint-Laurent sont conscients que leur gagne-pain ne sera pas éternel et ils ont du mal à envisager de se retrouver dans un autre secteur.Les ressources ne sont pourtant pas épuisées: « On pourrait très bien, par exemple, développer une industrie de deuxième et troisième transformation du bois.Le problème, c'est de trouver les ressources humaines et financières.» À ce titre, certaines régions font preuve de beaucoup de dynamisme et d'enthousiasme.Mais Majella Simard a constaté un essoufflement chez plusieurs personnes en raison de ce qu'il appelle le syndromeTLM : ce sont « Toujours Les Mêmes » qui s'impliquent.« La politique de la ruralité instaurée par le gouvernement Landry équivaut, pour chaque individu, à quelques dollars seulement.L'enveloppe consacrée au développement régional ne représente que 0,24 p.100 de l'ensemble du budget québécois, un montant qui est des dizaines de fois inférieur à celui que consacre la France à sa lutte contre les disparités régionales.» Le chercheur souhaite que l'État investisse massivement dans le développement des régions et suggère même une réorganisation sociale du territoire : « Rimouski, par exemple, compte 40 000 habitants.Si nous répartissions cette population dans des villes avoisinantes telles que Rivière-du-Loup et Matane, nous pourrions regrouper des forces.» Mais le géographe est bien conscient que l'idée d'une telle réorganisation pourrait soulever des passions et même ouvrir la porte à un sérieux bouleversement politique.SOPHIE PAYEUR Agence Science-Presse Asphyxier les espèces exotiques RI (ASP) Les eaux de ballast des navires représentent un des principaux moyens par lesquels les espèces exotiques ^ I envahissent un nouveau milieu, comme le fit la moule zébrée au cours des années 90, dans l'est du Canada.Des chercheurs d'Environnement Canada proposent une manière de traiter ces eaux, à l'intérieur même du ¦ bateau : asphyxier les organismes présents dans les ballasts en peuplant ceux-ci de levures.Le problème, en ^ ' 1 effet, c'est que ces micro-organismes utilisent l'oxygène dissous dans l'eau, ce qui en laisse peu pour les autres.I La proposition a été présentée cet été dans le cadre du 133e Congrès de l'Association américaine des pêcheries.BAS Pour plus d'information : www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0803c.html | DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2004 SCIENCE Sous la plume des Africains La littérature africaine écrite n'a pas tout à fait un siècle.Elle est née au 20e siècle dans les soubresauts de la colonisation européenne et découle d'une scolarisation destinée à formater les esprits selon le « modèle » occidental.Porteuse de revendications sociales et politiques, cette littérature propose par la fiction un nouveau regard sur l'Afrique.Les thèmes de prédilection des premiers auteurs, tels Aimé Césaire, Léopold Sédar Sen-ghor ou Ousmane Socé, incluent la réhabilitation de l'image de l'homme noir et de la mémoire africaine, la colonisation et la décolonisation, l'exil, l'immigration ou le métissage.Comme pour la litté- rature québécoise et autres littératures dites mineures, les textes africains sont donc souvent perçus et analysés comme des documents ethnologiques, politiques, culturels et historiques.Mais au début des années 1980, en marge de la dénonciation des nouveaux pouvoirs africains, tout un ensemble d'œuvres littéraires ont renouvelé et redéfini en profondeur les formes des écritures africaines.Justin K.Bisanswa, titulaire de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en littératures africaines et francophonie, analyse l'émergence et l'inscription des romans modernes africains de ces vingt dernières années dans le champ littéraire de leur époque.Il s'intéresse particulièrement à l'utilisation que font de la langue française les auteurs africains, qui relèvent le défi de traduire dans cette langue des réalités issues d'une autre culture.« Nous proposons une analyse du texte africain portée sur la langue, ou si l'on veut sur la forme, comme système d'expression du dis- g cours littéraire.Contrairement ^ aux études antérieures, nous | partons de la forme, et non du 1 contenu, pour déchiffrer Tins- 0 cription de l'Histoire dans ces 1 romans », explique-t-il.Ce professeur au Département des littératures de l'Université Laval et son équipe analysent actuellement quelque 50 romans africains contemporains publiés entre 1980 et 2001 par des auteurs dassi- La recherche qui donne des résultats Avec ses 17 chaires, dont cinq nouvelles en 2003, et ses 24 centres et groupes de recherche, pas surprenant que HEC Montréal soit la seule école de gestion en Amérique du Nord à détenir le triple agrément international.Pour augmenter vos connaissances sur le sujet, rendez-vous à WWW.hec.ca/recherche U£C MONTRÉAL Apprendre et entreprendre U EQUIS HEC Montréal est la seule école de gestion en Amérique du Nord à détenir cette triple reconnaissance internationale hautement convoitée 10 DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2004 | SCIENCE /)&».Jjf'.ques notoires.« Nous avons choisi des textes qui renouvellent l'esthétique romanesque et qui détruisent les anciennes formes d'écriture », note Justin Bisanswa.Le chercheur vise à faire basculer la perception du roman africain d'objet politique et culturel à objet textuel.Il propose ainsi une relecture et une réévaluation du roman africain, qui délaissent la lecture ethnologique et sociologique pour s'attarder à la forme, à la langue, au langage.Il tente d'ailleurs d'élaborer une nouvelle grille d'analyse des littératures africaines, qui combine et fusionne les aspects pragmatiques, tels les sous-entendus, les métaphores, ou l'analyse discursive, les aspects sociocritiques de texte comme les dimensions sociales.« Nous comparons les anciens et les nouveaux romans afin de reconnaître la discontinuité dans la continuité, de percevoir l'unité et l'éclate- ment du domaine de la littérature africaine », signale le professeur Bisanswa.À travers quelle forme d'écriture est nommée la réalité africaine?Comment s'expriment aujourd'hui la misère, la dictature, la famine?Le chercheur et son équipe analysent également les corrélations entre les littératures africaines et les autres littératures francophones.« Par nos travaux, nous souhaitons faire connaître les cultures et les sociétés africaines en dehors de tout stéréotype ou cliché, montrer une Afrique ouverte aux autres cultures et, pourquoi pas, stimuler l'émergence d'une nouvelle approche de la francophonie, celle d'un univers riche de toute sa diversité », conclue Justin Bisanswa.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Chaires de recherche du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.Émotions, vous avez toute mon attention! Il est naturel de penser que les émotions sont étroitement reliées à l'attention que nous portons aux choses.Ainsi, l'attention du promeneur qui éprouve une émotion de peur devant l'ours qui le menace sera entièrement focalisée sur cet ours : aucun mouvement de l'animal ne lui échappera.La vérité de cette affirmation peut ainsi paraître évidente.Mais pourrait-on attribuer de la peur à un agent si l'attention de ce dernier n'était pas dirigée sur l'objet de sa peur?L'hypothèse selon laquelle les émotions auraient un impact sur l'attention a été abondamment étudiée en psychologie, mais elle n'a guère fait l'objet du débat philosophique qu'elle mérite.Christine Tappolet, profes-seure au Département de philosophie à l'Université de Montréal et titulaire d'une Chaire de recherche du Canada^ mis sur pied un projet de recherche visant à mieux comprendre l'impact des émotions sur l'action, la motivation, mais aussi sur les phénomènes cognitifs.?.n | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 PHOTO : EDVARD MUNCH, ANGOISSE, 1894 ?En collaboration avec le professeur Luc Faucher, de l'UQAM, et avec l'aide du Fonds québécois de recherche sur la culture et la société (FORSC), MmeTappolet a cherché notamment à vérifier et à préciser l'hypothèse du philosophe Ronald de Sousa, selon laquelle les émotions auraient pour fonction de diriger notre attention.«D'une manière générale, nous dit la chercheuse, selon les émotions que vous ressentez, vous aurez tendance à faire certaines inférences plutôt que d'autres, ou à "penser” certains contenus plutôt que d'autres.Par exemple, si vous avez peur, votre attention perceptuelle sera focalisée sur l'objet de votre peur, vous aurez peu à peu des pensées qui y seront liées.De plus, vous commencerez à réfléchir sur les moyens disponibles pour vous sortir de cette situation.C'est donc dire que les contenus et les inférences de votre pensée seront vraisemblablement déterminés par votre état émotionnel.» Reste à savoir si cette hypothèse est applicable à tout genre d'émotion.Les recherches de MmeTap-polet mettent également en relief le rôle important des émotions en ce qui a trait à la faiblesse de la volonté.« Il semble assez clair que les émotions puissent avoir un rôle causal, c'est-à-dire qu'elles puissent vous faire agir contre votre meilleur jugement.Encore une fois, la question de la focalisation de l'attention due aux émotions est mise en cause.Prenons, par exemple, une personne souffrant d'une phobie des araignées.Son meilleur jugement lui indique qu'elle ne devrait pas quitter la pièce où se trouve une araignée, mais sa peur l’empêche de suivre son meilleur jugement.C'est cette peur qui explique l'action, car, sur le moment, l'attention de la personne phobique est centrée sur l'objet de sa peur.» Cependant, les émotions jouent, selon elle, plus qu'un rôle causal.« Ce n'est pas seulement une cause qui explique une action, il y a aussi quelque chose qui rend intelligible cette action.Avec notre recherche, nous visons à découvrir la raison justifiant une action qui irait à l'encontre du meilleur jugement d'une personne.Et souvent, une émotion permet de com- prendre pourquoi une action a été accomplie.» Les travaux de Christine Tappolet poussent toujours plus loin la compréhension du rôle des émotions, notamment en éthique.Elle explore maintenant la possibilité que les émotions négatives telle la peur ne produisent pas le même effet sur l'attention que les émotions positives telles que l'amour, la joie, l'intérêt.Les émotions négatives rétréciraient le champ d'attention, tandis que les émotions positives auraient plus tendance à l'élargir, à créer une plus grande ouverture d'esprit.ANNIE CHAMPAGNE Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FORSC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.L’éducation ,Ls, 12 vous abonner : Télépho Fax Courriel Education Québec 514.864.2294 vie.pedagogique@meq.qouv.qc.ca DECOUVRIR | JANVIER-FEVRIER 2004 sciiNCEmrq Au cœur des maladies chroniques Les maladies chroniques, notamment le diabète, les maladies rénales et les troubles cardiovasculaires, affectent la vie de nombreux Canadiens et Canadiennes.La morbidité et la mortalité qui en résultent sont en hausse constante année après année.Ces maladies partagent plusieurs facteurs de risque et mécanismes sous-jacents.Par exemple, le diabète provoque l'insuffisance rénale— le mauvais fonctionnement des reins — chez 30 p.100 des patients.Les personnes souffrant d'hypertension ou de maladies cardiovasculaires sont également très sujettes aux maladies rénales.Par ailleurs, le taux de mortalité cardiovasculaire est beaucoup plus élevé chez les diabétiques, les patients dialysés et ceux qui ont subi une transplantation rénale.Mais ces liens entre les maladies, bien que connus, sont encore mal expliqués.L'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD), l'un des treize Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC),a donc établi un partenariat unique avec deux autres Instituts et trois organismes1 afin de s'attaquer aux aspects communs du diabète ainsi que des maladies rénales et cardiovasculaires.« Les différents partenaires, qui ont accepté de déborder de leur mandat individuel centré sur une maladie en particulier, assurent depuis 2002 le financement de six nouvelles équipes de travail ou NET (New Emerging Teams) sur les maladies chroniques », précise Diane T.Finegood, directrice scientifi- que de NNMD.Les bourses NET, une initiative des IRSC, sont conçues pour soutenir pendant cinq ans la création et le développement d'équipes de chercheurs indépendants qui entreprennent des travaux pluridisciplinaires en collaboration au sein d'établissements de recherche canadiens.lièrement par le vieillissement de la population, l'augmentation du nombre de cas de diabète et les problèmes d'hypertension », explique le Dr Lebel.Les médecins croient que les troubles cardiaques découlent d'un mauvais fonctionnement des cellules dans les vaisseaux sanguins, du durcissement des et le Dr Darren Richard, récipiendaire de la bourse McDonald, la plus prestigieuse au Canada dans le domaine des recherches sur les maladies cardiovasculaires », signale le Dr Lebel.Avec l'expertise de ces chercheurs, le groupe Néphrologie-Hypertension a démarré plusieurs projets de WÊÊm WfÊt.x MMR • ilii Expérience dans un modèle d’artère isolée.Le groupe de recherche Néphrologie-Hypertension, dirigé par le Dr Marcel Lebel, médecin-chercheur à l'Hôtel-Dieu de Québec, s'est vu octroyer une des six bourses NET sur les maladies chroniques pour un projet intitulé «La santé cardiovasculaire en insuffisance rénale chronique ».La Fondation canadienne du rein estime que chaque jour, douze Canadiens apprennent qu'ils souffrent d'insuffisance rénale.Des 1,9 million de personnes atteintes, 40 p.100 décèdent à la suite de complications cardiovasculaires.« Cette situation s'explique particu- artères, du développement de mauvais cholestérol et de diabète, deux complications courantes associées à l'insuffisance rénale et à ses traitements.Ainsi, l'équipe de l'Hôtel-Dieu de Québec explore les mécanismes qui sous-tendent l'atteinte cardiovasculaire découlant de l'insuffisance rénale, afin de pouvoir développer des interventions thérapeutiques plus efficaces et enrayer les complications cardiovasculaires chez les patients atteints de maladies rénales.« Grâce à la bourse NET, nous avons recruté un jeune chercheur clinicien, le Dr Mohsen Agharazii, recherche dans le domaine des maladies rénales et cardiovasculaires, et il espère concrétiser, à long terme, la création d'une Chaire en néphrologie.NATHALIE KINNARD Découvrir /-emerc/e les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.1 L'Institut de la santé circulatoire et respiratoire, l'Institut de la santé des femmes et des hommes, la Fondation des maladies du cœur du Canada, l'Association canadienne du diabète et la Fondation canadienne du rein.13 | DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 14 Produits forestiers : enfin sortis du bois?Votre cour extérieure est-elie équipée d'une terrasse de bois traité, de clôtures à neige ou de balançoires faites à base de bois?Si oui, méfiez-vous! C'est la Société canadienne du cancer qui vous le dit.Pour résister aux insectes, aux champignons ainsi qu'à l'humidité, les structures de bois construites pour l'extérieur doivent être protégées, généralement en les enduisant de produits chimiques.Or, l'agent de préservation le plus répandu, l'arséniate de cuivre et de chrome (ACC), est reconnu comme cancérigène.Grâce aux efforts de scientifiques européens, une nouvelle option est maintenant disponible pour traiter le bois sans agent chimique : le séchage à haute température.La technologie, nommée « Perdure », a d'abord été développée en France.Elle a ensuite été adaptée aux conifères du Québec par une équipe de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), en collaboration avec la firme PCI Industries.Grâce à une subvention du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, les chercheurs travaillent maintenant pour l'adapterauxfeuillusdela belle province.« On fait chauffer le bois à des températures excédant 200 °C, pendant une période variant entre 14 heures et quelques jours selon l'espèce et la dimension de la pièce, explique André Pichette, un chimiste qui fait partie de l'équipe de l'UQAC.Le bois devient alors résistant aux micro-organismes.En plus, il acquiert une coloration fon- cée, très esthétique.Par exemple, le tremble séché prend des allures d'acajou.» Poteaux de téléphone, dormants de chemin de fer, terrasses., les applications de la nouvelle technologie sont vastes.Et elles ne s'arrêtent pas à la production de bois traité.« Pendant le chauffage, le bois relâche des dizaines de composés chimiques, sous forme liquide ou gazeuse, explique le professeur Pichette.On pense que certains de ces sous-produits de séchage pourraient avoir des applications intéressantes, notamment dans le domaine de la biopharmaceutique.» Avec ses appareils de chimie analytique, ce scientifique s'applique à fractionner les sous-produits de séchage.Il obtient des produits purs, qu'il refile à son collègue, le Dr Jean Legault.Ce dernier teste l'activité de chacun à titre d'anticancéreux, d'antibiotique, d'antioxydant et d'antifongique.« Dès que nous aurons confirmé l'activité d'un produit, nous entreprendrons des tests chez les animaux pour confirmer l'effet anticipé», poursuit le professeur Pichette.Si les essais sont concluants, un nouveau produit pourrait se retrouver sur les tablettes des pharmacies.« Le séchage est un peu plus cher que l'application d'agents chimiques, indique le professeur.En valorisant les sous-produits au lieu de nous en débarrasser, nous serons peut-être plus compétitifs.» Depuis le 31 décembre 2003, les fabricants de bois traité ont cessé d'avoir recours à l'ACC.Mais d'autres produits chimiques,jugés moins nocifs, sont encore utilisés.« On a accumulé moins de preuves contre ces autres produits, mais on soupçonne qu'ils puissent être aussi dommageables pour la santé que l'ACC.Rien n'est aussi sécuritaire que le bois traité par chauffage.» Évidemment, les nouvelles options offertes ne feront pas disparaître toutes les structures existantes, déjà traitées avec l'ACC ou d'autres produits chimiques.Si certaines d'entre elles sont dans votre jardin, la Société canadienne du cancer vous recommande de ne pas les démanteler, encore moins de les brûler.Selon l'organisme, il est préférable d'enduire le bois, tous les deux ans, d'un scellant protecteur comme le polyuréthane.DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FORNT) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Four Perdure.DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 PHOTO :UQAC SCIENCE Ensemble contre le Parkinson Lorsqu'ils entrent dans la clinique du professeur Alim-Louis Benabid, à Grenoble, les patients atteints de la maladie de Parkinson sont souvent en proie au désespoir.Les tremblements qui secouent leurs membres ont largement diminué leur qualité de vie.Plusieurs sont condamnés à passer le restant de leurs jours en chaise roulante.S'ils consultent le professeur Benabid, c'est parce qu'ils espèrent un miracle.Ils savent que plus de 80 p.100 des patients qui ont été opérés par ce célèbre neurochirurgien ont vu leurs tremblements cesser.Certains ont même laissé derrière eux leur fauteuil roulant pour ressortir de l'hôpital en marchant.Chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, certaines zones du cerveau dégénèrent progressivement.D'autres régions compensent alors en devenant excessivement actives et en provoquant les symptômes de la maladie de Parkinson.« Dans le passé, les chirurgiens induisaient des lésions dans les zones hyperactives du cerveau, explique le professeur Alessandro Villa, un électrophysiologiste basé à Grenoble qui travaille avec le neurochirurgien.« L’intervention mise au point par le professeur Benabid, il y a une dizaine d’années, consiste à installer des électrodes dans le cerveau des patients.Les électrodes envoient des impulsions électriques et inhibent les zones du cerveau qui sont devenues hyperactives.Grâce à l’élec- trostimulation, on pouvait inhiber l’activité de la cellule, sans détruire celle-ci.» Les fils qui sortent des microélectrodes sont camouflés sous la peau du patient et dirigés vers un pacemaker installé près de l'aisselle.L'appareil est réglé pour envoyer des explique le professeur Villa.Les électrodes peuvent lire les décharges émises par les cellules nerveuses et nous donner des indices pour savoir si l'on est au bon endroit.Toute-fois, ce n'est pas suffisant.» En effet, en plus de lire les signaux émis par les cellules grande compétence dans le domaine de la reconnaissance de la parole et surtout dans le débruitage des signaux sonores.Étonnamment,ce n'est pas si loin du domaine qui nous intéresse ici, à Grenoble.Avec l'aide du ministère des Relations internationales du Québec et du Consulat général de France à Québec, nous Gilles Carie et Chloé Sainte-Marie, porte-parole de la Société Parkinson du Québec.impulsions régulières,au rythme voulu.Une fois l'opération terminée, le patient n'est aucunement gêné par les fils et les instruments.La technique est encore jeune, et pourtant, elle fait déjà des petits.Certains centres hospitaliers ailleurs en Europe et en Amérique commencent à s'intéresser au savoir-faire du professeur Benabid.Mais la technique n'est pas encore parfaite.« Une des principales difficultés,c'est de savoir où positionner les électrodes au cours de l'opération, qui se trouvent à leur pointe, les électrodes captent les décharges émises par les cellules environnantes.Pour permettre au chirurgien de mieux se positionner et de diriger les électrodes, il faut à tout prix éliminer ce bruit de fond.C'est ici que l'expertise québécoise entre en jeu.Le professeur Jean Rouat,du Département de génie électrique et informatique de l'Université de Sherbrooke, a été approché par le professeur Villa.« Je savais que M.Rouat avait une avons établi une collaboration.» Pour le professeur Rouat, l'offre ne se refusait pas.« C'est un très grand défi, qui est d’autant plus stimulant que les résultats de notre collaboration pouvaient aider les patients atteints de Parkinson.Je découvre de nouveaux territoires.Il n'y a rien de plus motivant pour un chercheur.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Consulat général de France à Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.| DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 PHOTO : OFFERT PAR PIERRE DURY SCIENCE Attention, érosion! À part les changements climatiques, quels sont les grands problèmes environnementaux qui menacent notre planète?La pollution de l'eau?L'épandage de pesticides?Ces questions sont certainement préoccupantes.Mais selon Ferdinand Bonn, professeur au Département de géographie et de télédétection de l'Université de Sherbrooke, une autre problématique est tout aussi inquiétante : l'érosion des sols.« En milieu agricole, l'augmentation de la taille des parcelles de terre et l'arrivée de la machinerie lourde ont exercé une forte pression sur l'environnement, soutient le professeur.Les méthodes d'agriculture industrielle laissent très peu de résidus végétaux à la surface du sol à la suite des labours d'automne.On se retrouve donc avec d'immenses zones de sol complètement nu.De plus, ce sol est souvent exempt de vie.En effet, à cause de la surexploitation agricole, on y trouve de moins en moins de matière organique.Même les vers de terre l'ont déserté.» En moyenne, une goutte d'eau qui tombe sur le sol d'une forêt s’infiltre à 80 p.100 dans la terre.Une goutte qui frappe une pelouse se comporte de la même manière.Mais lorsqu'elle tombe sur une surface de sol nu, sans matière organique, seulement 20 p.100 de l'eau arrive à s'infiltrer dans le sol.Le reste ruisselle sur la surface.« Tranquillement, il se forme une croûte à la surface 16 JJ DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 | d'un sol nu, affirme M.Bonn.Tous les pores se bouchent.Du coup, l'eau se met à couler encore plus rapidement.À haute vitesse, elle arrache et emporte sur son passage des particules de sol, qu'elle transporte jusque dans le prochain cours d'eau.» Une fois dans les rivières, l'eau de ruissellement cause des inondations.Et les problèmes ne s'arrêtent pas là.Mêlés aux particules de sol entraînées par les eaux de ruissellement, on trouve d'importantes concentrations de phosphates, un des engrais utilisés en agriculture.Lors- qu'ils atteignent les lacs, les phosphates accélèrent le processus d'eutrophisation.Les algues se mettent alors à pousser, étouffant lentement le lac.De leur côté, les agriculteurs se retrouvent avec des terres dégradées, qui retiennent moins bien les fertilisants.Ils compensent en ajoutant encore plus d'engrais.qui seront à leur tour entraînés par les eaux de ruissellement.Et ainsi tourne la roue.Pour repérer les zones agricoles à risque d'érosion dans le sud du Québec, le professeur Bonn a lancé le projet AGRORIESQ, en collaboration Prendre la douleur un grain de sel On évoque parfois les effets salutaires du rire sur la santé.Mais qu'en est-il du sens de l'humour?C'est la question que s'est posée Simon Laliber-té dans le cadre de sa thèse de doctorat à l'Université de Montréal.À la recherche de méthodes pour soulager la douleurchro-nique, cet étudiant a décidé de sonder les effets de l'humour plutôt que de s'en tenir au rire.Il a eu raison : l'humour s'est révélé plus bénéfique que le rire! Premier test, classique : les effets d'une séance de rire individuelle sur des personnes aux prises avec la douleur chronique.Résultats peu con- cluants : les sujets ne considéraient pas que leur niveau de douleur avait baissé.« Mon hypothèse est qu'un seul épisode de rire est trop ponctuel pour avoir un effet sur une douleur qui est là presque en permanence.» Les mêmes personnes ont ensuite répondu à des questions portant sur la place de l'humour dans leur quotidien et notamment sur son utilisation pour gérer leurs difficultés.C'est là qu'une tendance claire s'est dégagée : « Les gens qui utilisent plus l'humour sont moins affectés psychologiquement par la douleur.» Mais gare aux conclusions hâtives! « C'est peut-être Saint-Casimir.avec parce qu'ils sont moins dépressifs ou qu'ils ont moins de difficultés avec la douleur chronique, que l'humour est encore dans leur vie.» L'humour, c'est plus que le simple fait de rire.C'est aussi le reflet d'une attitude face à la vie, fait remarquer le psychologue.« Une personne qui est capable de faire de l'humour peut regarder une situation sous un autre angle.Voilà une habileté qui peut être transférable pour gérer les problèmes de la vie.» Étonnamment,cet aspect si familier de la vie est encore mal compris.Les scientifiques ne s'entendent pas sur une définition du sens de l'humour. avec le Fonds québécois de recherche sur la nature et les technologies et l'Agence spatiale canadienne.« Nous voulions connaître l'état actuel des sols nus, explique le chercheur.À partir d'images prises par le satellite RADARSAT, nous avons calculé la rugosité et l'humidité des terres agricoles.» Ces deux paramètres ont été utilisés dans des modèles mathématiques mis au point par des hydrologues.« Les zones à risque d'érosion ont été repérées.On sait maintenant où il faut intervenir en premier.» Peut-on réellement contrer le phénomène d'érosion?Le professeur Bonn croit que oui, du moins en partie.« De nouvelles pratiques agricoles ont été développées et sont appliquées par un nombre croissant d'agriculteurs qui laissent en place les résidus des cultures précédentes.Plutôt que de labourer leur terre, ils piquent directement les semences dans le sol au travers des résidus.» De plus, ces méthodes contribuent à lutter contre l'effet de serre, puisqu'elles séquestrent aussi du carbone dans le sol.Selon des essais à petite échelle, le rendement de cette méthode d'ensemencement est légèrement inférieur à celui qu'on peut obtenir en labourant.Mais les gains sur le plan environnemental compensent largement cette perte de productivité.« On ne peut plus se contenter de penser à court terme, affirme Ferdinand Bonn.Notre planète ne le permettra pas.» Grâce au projet soutenu par le FQRNT, les satellites d'observation de la Terre nous aident maintenant à observer et à mesurer le progrès de ces nouvelles méthodes de gestion du sol axées sur le développement durable.DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Mm On s'est aussi rendu compte que les gens avaient tendance à surévaluer leur propre sens de l'humour, un fait que Simon Lali-berté a lui-même vérifié.« De 80 à 90 p.100 des gens vont dire qu'ils ont un sens de l'humour au-dessus de la moyenne! » C'est pourquoi, pour mesurer le sens de l'humour de ses sujets, il s'est plutôt servi de mises en situation.Par exemple : «Vous êtes dans un restaurant et quel- qu'un renverse un verre d'eau sur vous.Comment réagissez-vous?» Il serait maintenant intéressant de vérifier la relation entre douleur chronique et qualité de vie globale, estime le chercheur.Ainsi, le fait de rire avec des amis n'aurait pas les mêmes effets que le fait de rire seul devant sa télé.CAROLINE FORTIN Agence Science-Presse Combien peut-on faire tenir de blanchons sur une banquise?(ASP) Les naissances de phoques du Groenland, près des côtes du golfe du Saint-Laurent et du Labrador,sont plus nombreuses qu'en 1990 et 1994 et seraient considérées comme encore plus nombreuses si l'on utilisait la même méthode de calcul qu'avant 1999.C'est ce qu'a montré le dernier décompte (1999), une vaste opération dont un article paru dans la revue Marine Mammal Science relate la complexité.L'article est signé par des chercheurs de Pêches et Océans Canada, associés à un professeur du Département de mathématique et de statistique de l'Université Laval, Louis-Paul Rivest.| DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 SCIENCE 18 Consommateurs insatisfaits, plaignez-vous! À la lecture de votre relevé bancaire mensuel, vous constatez avec horreur que l'on vous a facturé une fois de plus des frais administratifs non seulement erronés, mais exorbitants.Que décidez-vous de faire?Vous plaindre?Demander réparation?Changer de banque?Ou aucune de ces réponses?Bien difficile à prévoir, répondrait Jean-Charles Chebat, professeur titulaire de la Chaire de commerce à l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal.Ce chercheur s'intéresse aux comportements des clients insatisfaits, particulièrement dans les institutions bancaires.Alors qu'on pourrait s'attendre à ce qu'un client mécontent choisisse une autre banque, on constate souvent qu'il demeure fidèle à la première, malgré ses frustrations.L'inverse est aussi vrai : un client peut décider de quitter l'institution avant même de se plaindre.C'est ce que Jean-Charles Chebat appelle des comportements paradoxaux.« Des études ont révélé que les deux tiers des clients mécontents ne se plaignent pas, explique M.Chebat.Tout le monde y perd : les clients se privent de leur liberté d'expression et les institutions bancaires ne peuvent pas utiliser les commentaires de leur clientèle pour s'améliorer.» M.Chebat explique que cette inhibition de la liberté d'expression du consommateur est générée par un sentiment d'impuissance appris.« L'expérience passée du consommateur lui a montré qu'il ne servait à rien de se plaindre et, surtout, qu'il y avait des coûts importants liés au fait de se plaindre : un coût émotionnel, en termes de stress, mais aussi des frais de transfert élevés qui limitent le passage d'une entreprise à une autre.« Le client applique une forme de rationalisation a posteriori : il se dit qu'il ne lui sert à rien de se battre, que ce n'est pas la peine.Je considère qu'il faut abaisser le coût de cette liberté d'expression, et ce, pour le bien tant des clients que des institutions bancaires.» Libéral dans l'âme, Jean-Charles Chebat a fait de la liberté économique son cheval de bataille.Il souhaite que ses travaux de recherche contribuent à redonner cette liberté aux consommateurs, qui ne devraient pas se sentir atta- chés à une entreprise contre leur gré.Pour mieux comprendre cette dynamique entre les consommateurs et les entreprises, Jean-Charles Chebat mène cette année un projet de recherche qui dépasse le cadre habituel des recherches en marketing de service.Plutôt que de se limiter aux études en laboratoire, ce qu'ils ont fait dans les premières étapes de leurs travaux, M.Chebat et son équipe se proposent d'analyser les récits des clients insatisfaits, recueillis en entrevue.« Il y a une différence entre le laboratoire et la réalité, explique le chercheur.Les études en laboratoire s'intéressent à des situations hypothé-tiques.Mais les émotions qu'on ressent hypothétiquement ne sont pas les mêmes que celles qu'on éprouve dans la vraie vie.La phase du laboratoire est intéressante pour construire les théories, mais il faut ensuite sortir du laboratoire pour comprendre les contraintes et les limites de ces théories.« Contrairement au marketing de produit, poursuit M.Chebat, le marketing de service traite des données très immatérielles comme les expressions faciales, le non- verbal et les interprétations subjectives individuelles.» L'analyse détaillée des témoignages des consommateurs permet de faire ressortir ces nuances, ce qui n'est pas possible en laboratoire.Jean-Charles Chebat soutient que les entreprises sont très intéressées par ce projet financé par le Conseil de recherches en sciences humaines.Le client a peut-être toujours raison, mais encore faut-il qu'il s'exprime.MARIANNE BOIRE Découvrir remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.JAfon '^""DÉCOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2004 | Cellules à la carte Un échantillon de tissu humain, aussi petit soit-il, ne contient jamais une seule cellule, mais plutôt une centaine, voire des milliers d'entre elles.Que faire, alors, si l'on ne s'intéresse qu'à chaque cellule prise individuellement?Les trier?Les trieurs de cellules nécessitent de mettre ces dernières en suspension dans une solution, ce qui détruit toute information sur leur localisation et sur la structure du tissu.Quant aux cultures cellulaires, elles brisent égale- ment l'organisation des cellules.Reste la microdissection manuelle, qui — on le comprend — est aussi difficile que pénible à réaliser.Heureusement pour les scientifiques du Centre de recherche de l'hôpital Sainte-Justine, cette limitation technique n'est plus qu'un souvenir.Grâce à une subvention d'infrastructure de la Fondation canadienne pour l'inno- vation (FCI), ils possèdent maintenant un appareil de microdissection cellulaire par laser.Cet appareil permet de découper à l'aide d'un faisceau laser le pourtourd'une cellule donnée pour la transporter ensuite, intacte, dans un tube.Le chercheur qui observe son échantillon au microscope n'a plus qu'à indiquer la ou les cellules qu'il désire prélever, et l'appareil les lui livre automatiquement.Il lui reste ensuite, par les méthodes classiques de biologie moléculaire, à am- plifier et à analyser le contenu de chaque tube.Ce scalpel cellulaire permet notamment à Hugo Soudeyns de poursuivre ses travaux sur la façon dont le système immunitaire d'une mère et de son foetus arrive à contrôler la transmission de pathogènes viraux comme le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou le virus de l'hépatite C.La transmission mère- enfant n'est, en effet, pas inévitable, car près des deux tiers des enfants portés par des mères sidéennes non traitées contractent la maladie.Il n'y a par ailleurs que 3 p.100 de cas de transmission si la mère est traitée au moyen d'agents antirétroviraux.« Le sida et l'hépatite C étant deux maladies transmises par le sang, le placenta constitue pour nous l'organe clé », explique Hugo Soudeyns.L'un de ses objectifs revient à localiser et à caractériser la na- ture des cellules! du système immunitaire par rapport aux foyers d'infection virale.Ces cellules T ont pour mission de combattre les cellules infectées.Elles comprennent des officiers, les T CD 4, et des soldats, les T CD 8.« L'avantage de la microdissection cellulaire par laser, poursuit le chercheur, est de donner des résultats très détaillés et précis sur la localisation et la nature des cellules T.Cette technique nous permet véritablement d'obtenir une compréhension plus complète des mécanismes immunitaires à l'échelle cellulaire.» Il semble ainsi que plus les cellules T arrivent à bien cibler les zones infectées, comme les ganglions lymphatiques, le foie ou le placenta, plus la réponse immunitaire soit efficace.Les travaux d'Hugo Soudeyns ne sont toutefois pas terminés.Il lui reste à trouver quels signaux déclenchent la migration de ces cellules et les guident vers l’organe où elles doivent agir.Comprendre les mécanismes qui protègent le fœtus permettra sans doute un jour à l'équipe d'Hugo Soudeyns de diminuer le nombre de cas où le système fait défaut.Ce chercheur en immunologie songe notamment à utiliser certains vaccins pour modifier la réponse immunitaire du fœtus en danger.En ce qui concerne le sida, ces travaux pourraient avoir des répercussions particulièrement importantes dans les pays en voie de développement, car, comme le mentionne M.Soudeyns, les médicaments qui permettent de faire chuter le nombre de cas de transmission sont difficilement accessibles là-bas.Si le pourcentage de personnes infectées par le VIH atteignait 0,6 p.100 en 2001 pour l'Amérique du Nord, il était de 8,4 pour l'Afrique subsaharienne! SOPHIE MALAVOY Découvrir remercie la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Coupe de tissu de prostate coloré avec un anticorps fluorescent reconnaissant l’antigène prostatique PSA.19 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 SCIENCE Carrière à Tuniversité au 16e siècle La profession d'enseignant n'a pas toujours ressemblé à ce qu'elle est aujourd'hui.Par exemple, enseigner a longtemps représenté non pas une profession en soi, mais un prolongement obligatoire des études universitaires, période que l'on appelait la « régence».Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle que le système d'éducation universitaire prit ce tournant majeur de la professionnalisation des enseignants.Afin de faire la lumière sur cette importante transformation dans l'histoire des universités, et ce, avec l'aide financière du Fonds québécois de recherche sur la culture et la société (FQRSC), l'historienne Lyse Roy, professeure d'histoire de l'Europe moderne à l'UQAM, a dirigé un projet portant sur l'analyse du processus de professionnalisation et d'identité professionnelle des professeurs au XVIe siècle.Pour les universités, « avec la multiplication des collèges et des congrégations religieuses enseignantes comme les Jésuites, l'énonciation d'un nouveau discours pédagogique par les humanistes et les réformateurs, ainsi que la compétition avec d'autres catégories professionnelles, le XVIe siècle fut une période riche en bouleversements auxquels l'institution universitaire a dû s'adapter.Cette période fut ainsi décisive pour ce qui est du processus de transformation du statut professionnel des professeurs », précise Lyse Roy.Pour retracer les éléments clés de ce parcours, Mme Roy s'est servie principalement des riches archives documentaires des universités françaises de Dole et de Caen.Au Moyen Âge, il y avait peu de démarcation tant entre les années.Selon Mme Roy, « c'est le contexte de crise que vivaient les universités au XVIe siècle, tant sur les plans intellectuel, politique, social, culturel que structurel, qui a amené des transformations profondes au sein de l'institu- mm ü&mim étudiants et les régents qu'entre les professeurs et les praticiens (juristes, médecins).L'insécurité matérielle liée à l'absence de salaire empêchait l'autonomisation de l'occupation, la dévalorisait et dissuadait les maîtres de rester en fonction durant plusieurs tion et a favorisé l'élaboration du processus de professionnalisation des professeurs ainsi que la formation d'une identité sociale.Au XVIe siècle, les professeurs n'ont jamais été aussi visibles dans les archives, lesquelles montrent l'émergence d'un processus de pro- fessionnalisation.» Celui-ci se caractérise de trois façons : il passe par un contrôle de l'accès à l'occupation et par l'énonciation claire de critères de compétence, d'inclusion et d'exclusion, définis par l'université; il est déterminé par l'attribution d'un salaire ainsi que par une reconnaissance sociale; enfin, il se distingue par la stabilisation des effectifs enseignants et, dans une moindre mesure, par l'exercice exclusif de l'occupation.Lyse Roy explique : « Cette étude permet de voir la fonction enseignante dans la ^ pluralité de ses formes et de ?ses états, dans ses variantes | historiques.Aux professeurs 2 de la période de l'Ancien régi- 3 me, qui avaient essentielle-| ment pour tâche l'enseigne-C- ment des savoirs formalisés, | succèdent les professeurs- 2 chercheurs nés avec le modè- u.ü le de l'université moderne for- 3 mulé par Humboldt au début | du XIXe siècle.Et puis, depuis 2 une vingtaine d'années, de z nouvelles tensions entre la re- 0 | cherche, l'enseignement et le 3 marché créent les conditions 5 d'émergence du chercheur-“ entrepreneur, qui, en plus de £ l'enseignement et de la > recherche, doit s'occuper d'in-2 novation et de valorisation 9.économique.» 1 Une compréhension appro-^ fondie de cette transformation de l'institution pourrait permettre de mieux prévoir l'évolution de l'enseignement universitaire.ANNIE CHAMPAGNE Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.20 J-DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 Changement de cap en adaptation scolaire L'adaptation scolaire est en pleine transformation.Depuis quelques années, un nombre croissant d'élèves présentant des troubles de comportement ont droit aux services d'un nouveau système de rééducation : les classes à paliers.Exit la ségrégation permanente de l'enfant difficile dans une classe particulière.Les commissions scolaires misent désormais sur des structures temporaires, conçues pour traiter les dimensions socio-affectives des comportements de cet enfant avant de le réintroduire dans son groupe d'origine.Populaires aux États-Unis depuis les années i960, les classes à paliers n'ont été implantées au Québec qu’il y a une dizaine d'années.D'inspiration comportementale, elles visent davantage la modification du comportement, justement, que le simple rattrapage scolaire.À chaque palier correspond une série de comportements que l'élève devra acquérir avant d'accéder au palier suivant.À l'issue de son séjour, l'élève devra avoir développé des habiletés lui permettant de retourner dans sa classe d'origine.« Les classes à paliers ont l'avantage d'offrir une approche plus organisée que les services d'adaptation scolaire conventionnels », explique Line Massé, professeure au Département de psychoéducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières.Mme Massé dirige une équipe de recherche qui vise à évaluer l'efficacité du programme La Relance,offert parla Commission scolaire du Chemin-du-Roy et qui s’inspire des principes des classes à palier.« Dans les autres types de services, l'intervention auprès des enfants présentant des troubles de comportement se résume souvent à les mettre dans une classe spéciale avec un enseignant spécialisé en adapta- tion scolaire.Mais aucun programme de rééducation ne cible vraiment leurs problèmes socio-affectifs.La Relance se distingue parce qu'il constitue un système bien structuré en ce sens.» La difficulté, souligne Line Massé, c'est que même les classes à paliers sont peu nombreuses à offrir un programme de rééducation complet.« Plusieurs fonctionnent avec des paliers visant la modification du comportement, mais non les aspects tels que l'estime de soi et la motivation scolaire, par exemple.» La chercheuse est catégorique : il est essentiel de s'attaquer à ces problèmes si l'on veut en arriver à une réelle réintégration scolaire.LA REVUE DE LA RECHERCHE Obtenez 5 deux exemplaiS en envoyant vos' découvrir^ ;ratuits La recherche d’ jFSofi rôle dans votre quotidien Maintei 21 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 SCIENCE ^ Dans une première phase de recherche, l'équipe de Line Massé a participé à l'amélioration du service offert par La Relance en proposant des modifications pour mieux adapter le programme aux besoins particuliers des élèves.La chercheuse a notamment contribué à faciliter la réintégration des élèves en maintenant le contact avec la classe d'origine tout au long de leur séjour dans les classes à paliers.Les enfants peuvent ainsi envoyer des nouvelles à leurs anciens camarades de classe et demeurer vivants dans la mémoire du groupe.En n'étant pas oublié, l'enfant maximise ses chances de bien se réintégrer.Dans le cadre d'un projet subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Line Massé, en collaboration avec Catherine Lanaris du Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec en Outaouais, travaille maintenant à évaluer plus en profondeur l'efficacité du programme La Relance.Élèves, parents et enseignants sont invités à se prononcer sur ce service à l'aide de questionnaires et d'entrevues.Les chercheuses espèrent que leurs résultats contribueront à l'amélioration de l'ensemble des classes à paliers québécoises.La population d'élèves ayant des troubles de comportement est sans cesse grandissante, et la recherche en adaptation scolaire est plus que jamais nécessaire.MARIANNE BOIRE Découvrir remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Débusquer des variations génétiques Au cours des années 1990, les généticiens sont parvenus à identifier de nombreux gènes liés aux maladies héréditaires.Aujourd'hui, les chercheurs s'attaquent à une tâche plus laborieuse : dénicher les gènes impliqués dans des maladies communes comme le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires, etc.Plus discrètes que celles des troubles héréditaires, les composantes génétiques de ces maladies sont difficiles à définir.sonne malade, mais présents chez un individu bien portant.Démêler tout cela est pourtant crucial pour comprendre les mécanismes intimes de maladies qui affectent des millions de personnes.Et c'est ce dans quoi s'investit une équipe du Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill.En collaboration avec quatre pays et sept centres de recherche, ces scientifiques participent à l'ambitieux projet international HapMap, nés au sein de la population mondiale.C'est ici qu'entrent enjeu les haplotypes.Les haplotypes sont en fait des suites de variations génétiques consécutives sur le même chromosome.Les variations sont des changements dans l'ordre des paires de bases (A, T, C ou G) qui structurent l'ADN.Généralement, deux chromosomes de deux individus choisis au hasard diffèrent à toutes les 1000 bases environ.« On pense que Lecteur Sherlock d’Illumina utilisé pour lire les génotypes.La capacité totale du lecteur est de 750 000 génotypes par jour.» Très souvent, de nombreux gènes contribuent pour une faible part au développement de la maladie.Ces gènes agissent parfois de manière complexe entre eux, mais ils peuvent le faire aussi avec les facteurs liés à l'environnement et au style de vie.Certains sont même absents chez une per- dirigé par Thomas Hudson, dont le but est de concevoir une carte des blocs d'haplotypes du génome humain.Chacun d'entre nous est génétiquement identique à 99,9 p.100 des autres êtres humains.Malgré cela, il existerait autotal quelqueio millions de variations génétiques commu- le nombre de variations utiles dans le génome devrait être de 300 000 pour une population caucasienne », précise Alexandre Montpetit, stagiaire post-doctoral et leader scientifique pour le projet HapMap au centre montréalais.HapMap veut débroussailler ce vaste terrain en par- DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 CLIPS courant la séquence d'ADN de chaque chromosome.« Lorsque la carte sera complétée, en 2005, ce sera un outil précieux pour les chercheurs qui tentent de faire des associations entre des variations génétiques et des maladies.» L'équipe dont fait partie Alexandre Montpetit et chapeautée par le Dr Andrei Ver-ner étudie le chromosome 2 et le bras court du chromosome 4, soit 10 p.100 de toute l'opération HapMap.Leur matériel de travail est l'ADN de 270 per-sonnes recrutées en parties égales dans trois populations d'Europe, d'Afrique et d'Asie.Pour définir les haplotypes des chromosomes dont elle a hérité, l'équipe d'Alexandre Montpetit utilise le système de génotypage à haut débit BeadArray, mis au point par la société américaine Illumina.Cet appareil affiche un des taux d'erreur les plus bas qui soit.Mis en place au printemps 2003, le lecteur superpuissant ingurgite et caractérise 1536 marqueurs de 96 individus par opération.À une fréquence de six opérations par semaine, les scientifiques du Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill terminent actuellement la première phase du projet, qui consiste à génoty-per un marqueur à chaque 5000 paires de bases.« La deuxième et dernière phase de HapMap consistera à définir un marqueur par 1000 bases pour caractériser les plus petits blocs.» SOPHIE PAYEUR Découvrir remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.SCIE MCE Communication sous terre Depuis dix ans, les compagnies minières canadiennes cherchent à automatiser leurs systèmes de communication pour les rendre plus efficaces et plus économiques.En effet, les systèmes actuels, basés sur la technologie analogique, sont désuets et ne permettent souvent qu'une transmission à la fois.Les mines possèdent ainsi plusieurs systèmes parallèles — pour la ventilation, le contrôle de la machinerie, la communication — qui contribuent à augmenter les coûts d'exploitation.De plus, les travailleurs se heurtent à plusieurs problèmes techniques, dont la perte fréquente de signal.Avec les percées dans le domaine de la communication sans fil, les industries miniè- % res pourront bientôt utiliser 0 une technologie similaire à x celle du téléphone cellulaire pour connecter leurs divers équipements.Cette technologie ayant été conçue pour une utilisation dans des bâtiments, il faut d'abord l'adapter à l'environnement humide et instable des mines souterrai- nes.Une tâche qu'a entreprise René Le, directeur scientifique du Laboratoire de recherche Télébec Mobilité en communications souterraines (LRCS).Installé à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), ce laboratoire unique au Canada mène des travaux sur les transmissions dans les mines souterraines grâce au soutien de plusieurs entreprises du secteur des télécommunications et du domaine minier.En 2002, l'équipe, d'une quinzaine de chercheurs, a reçu une importante subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CR5NG) et d'autres partenaires financiers pour le projet Accès multimédia sans fil, qui porte sur les mines métallifères souterraines.« Nous voulons doter les mines d'un système de transmission moderne et standardisé, qui s'adapte aux technologies existantes telles >- Site expérimental au niveau 40, mine-laboratoire CANMET.160 ans de climat en ligne (ASP) Plus de 200 millions d'observations recueillies sur plus de 7000 sites canadiens depuis 160 ans sont, pour la première fois, accessibles au public, dans Internet.C'est ce qu'a annoncé le ministère canadien de l'Environnement, gardien de ces archives.Outre leur intérêt historique, on s'attend à ce que plusieurs groupes de chercheurs découvrent, pour les données, un avantage jusqu'ici insoupçonné : en santé, par exemple, on pense à d'éventuel- les corrélations entre les conditions météo et l'apparition des moustiques au printemps.Site : www.meteo.ec.gc.ca/canada_f.html, cliquer sur « climats ».23 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 20C>4~~J^ SCIENCE 24 La recherche appliquée à TÊTS Indispensable à une formation de pointe en génie et en technologie Chaires Chaire de recherche du Canada en conversion de l'énergie électrique et en électronique de puissance Chaire de recherche du Canada sur l'aérodynamique des éoliennes en milieu nordique Chaire TransÉnergie sur la simulation et la commande des réseaux électriques Chaire Ultra Electronics (TCS) en télécommunications sans fil Domaines de recherche des centres, équipes, groupes et laboratoires Alliages à mémoire et systèmes intelligents Analyse des contraintes par éléments finis et par expérimentation Applications numériques en ingénierie et en technologie Chaussées, routes et enrobés bitumineux Communications et intégration de la microélectronique Conception et contrôle de systèmes de production Développement et recherche appliquée en modélisation environnementale Électronique de puissance et commande industrielle Génie logiciel Gestion de réseaux informatiques et de télécommunications Imagerie et orthopédie Imagerie, vision et intelligence artificielle Ingénierie des produits, procédés et systèmes Sécurité du travail Technologie thermique École de technologie supérieure mmm Université du Québec 1100, rue Notre-Dame Ouest MIW ^ Montréal (Québec) H3C 1 K3 ¦ Ecol© de technologie supérieure (514) 396-8800 www.etsmtl.ca f Journée portes ouvertes Dimanche 1er février 2004 de 10 h à 11 h Unité d'accès Wirelesss LAN installée sous terre.?Ethernet et TCP/IP, explique René Le.Nous explorons le système multimédia à bande passante ultralarge, un domaine dans lequel il y a de la concurrence et donc de meilleurs prix.» Actuellement, les scientifiques cherchent à modéliser les mécanismes de propagation des ondes dans un tunnel étroit, afin de bien comprendre le milieu des mines souterraines.Ils tentent également de concevoir un système informatisé de repérage et de localisation à l'aide d'unités fixes dans le but d'augmenter la sécurité des mineurs.« Nous devons trouver un système de positionnement autre que le GPS, car ce dernier ne fonctionne pas sous terre », signale ce professeur du Département des sciences appliquées de l'UQAT.Son équipe a d'ailleurs demandé un brevet pour un algorithme de positionnement.Enfin, le groupe du LRCS tente d'implanter un réseau câblé/sans fil pour la transmission en simultané des images vidéo, du contrôle à distance des machines mobiles, de la communication verbale ainsi que de l'aide au repérage et à la localisation des personnes et équipements.« Nous avons implanté un premier système que nous testons actuellement à la mine laboratoire CANMET, de Ressources naturelles Canada, située près de Val-d'Or.Nous projetons d'en installer un deuxième très bientôt », divulgue le Dr Le.Avec un système de communication fiable et accessible, les compagnies minières pourront plus facilement localiser les personnes sous terre et automatiser certaines activités dangereuses pour les travailleurs.Par exemple, un opérateur pourra commander une pièce d'équipement en étant éloigné de la machine, ce qui réduira considérablement les risques pour sa santé et sa sécurité.L'industrie minière de l'Abitibi-Témiscamingue, déjà reconnue mondialement, verra ainsi sa position concurrentielle renforcée.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.^ DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 | PHOTO : UQAT sciiwce HTH1 Génétique et Ritalin Nombreux sont les enfants qui, vers l'âge de 10 ans, ont envie de bouger, de s'esclaffer et de faire des mauvais coups.Tout à fait normal! Mais passé un certain seuil, rien ne va plus : certains jeunes sont tellement agités qu'ils ne restent pas en place une seconde, disent à voix haute tout ce qui leur passe par la tête et, finalement, n'arrivent pas à fonctionner en société.Selon différentes sources, le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDA-H) toucherait entre 1,2 et 20 p.100 des garçons et filles d'âge scolaire.Or, on sait que le méthylphénidate, mieux connu sous le nom de Ritalin, peut améliorer la concentration de ces enfants.Durant les heures de cours, par exemple, la prise de ce médicament leur permet d'acquérir les notions essentielles à leur développement social et intellectuel.Cependant, le Ritalin n’est efficace que chez 70 p.100 des jeunes patients.Chez les autres, il n'a aucun effet.Pourquoi?Selon le Dr Ridha Joober, chercheur à l'Hôpital Douglas et professeur au Département de psychiatrie de l'Université McGill, la réponse se cache dans les gènes.« La science a déjà prouvé qu'une forte proportion des facteurs influant sur les troubles d'attention étaient d'ordre génétique,soulève-t-il.Je crois que la réponse au médicament est elle aussi influencée par les gènes.» Avec ses collaborateurs, le Dr Joober a recruté plusieurs dizaines d'enfants qu'on avait diagnostiqués comme souf- frant du trouble d'hyperactivité.Grâce à une prise de sang ou à un prélèvement de salive, les chercheurs ont eu accès au code génétique de chaque patient.Ils ont ensuite soumis les jeunes à une série de tests, étalés sur deux semaines.« Pendant une semaine, les enfants prenaient du Ritalin et pendant l'autre, un placebo.Personne, à part le pharmacien, ne savait si tel ou tel enfant commençait par le médicament ou le placebo.» Au cours des deux semaines, les chercheurs ont demandé aux enfants d'accomplir certaines tâches scolaires, un devoir de mathématiques par exemple.« Nous avons évalué combien de temps l'enfant pouvait rester concentré sur le devoir.Est-ce qu'il gigotait?se levait?jouait avec les objets autour de lui?Nous avons considéré toute une série de comportements.» En jumelant les données génétiques aux comportements observés, d'une part, pendant la prise du médicament et, d'autre part, pendant la prise du placebo, les scientifiques ont pu tirer des conclusions sur l'implication des gènes dans l'efficacité du Ritalin.Ils ont aussi fait quelques déductions quant au rôle des gènes dans la maladie elle-même, indépendamment du médicament.Selon le Dr Joober, son étude permettra entre autres aux parents de prendre des décisions plus éclairées quant aux avantages du Ritalin pour leur rejeton.« Un grand nombre d'adultes sont très réticents à l'idée de donner un médicament à des enfants.Or, plusieurs parents qui ont partici- pé à ma recherche ont pu faire des comparaisons durant les deux semaines de l'étude et évaluer si le méthylphénidate pouvait significativement améliorer la qualité de vie de leur enfant.» Lorsque les chercheurs comprendront mieux comment les gènes modulent la réponse des enfants hyperactifs au Ritalin, ils pourront prévoir, en se basant sur le code génétique d'un patient don- né, si le médicament sera efficace dans son cas, et ce, avant même de commencer la thérapie.« Il sera plus facile de conseiller la famille.Si l'on sait d'avance que le Ritalin n'agira pas, on recommandera d'autres médicaments.On pourra ainsi économiser du temps précieux.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSO) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.^ i I : Jiii1- .end School M:>rcti-cir•’ \> v^ v à Lennoxville: tribulations et succès d'un scientifique roumain L'Université Bishops vient de vivre une grande première : la réalisation de son tout premier essaimage (spin-off), une création conjointe avec TUniversité de Sherbrooke.Toute une réussite pour un établissement qui ne donne aucune formation de deuxième et troisième cycles ! Mais ce succès, c'est aussi celui d'un homme tenace, un chercheur au parcours pour le moins inusité, Mihai Scarlete.SOPHIE MALAVOY Un petit retour dans le passé s'impose.En 1989, à Bucarest en Roumanie, l'ingénieur Mihai Scarlete termine son doctorat en chimie physique industrielle à l'Institut polytechnique de Bucarest tout en travaillant pour la compagnie de matériaux Matpur (« matériaux ultra-purs »).Étudiant brillant, il vient de mettre au point un nouveau procédé industriel de croissance du silicium, ce qui lui a permis de déposer deux brevets dans son pays.Son employeur commence même à vendre une centaine de kilos de silicium produit selon sa méthode.Mais voilà que le 22 décembre 1989, Nicolae Ceausescu est renversé par un coup d'État du Front du salut national.Tbut éclate.Le professeur qui dirige les travaux de Mihai Scarlete meurt, secoué par les violentes manifestations étudiantes qui suivent la chute du tyran mégalomane.Il est remplacé par un autre professeur, mais celui-ci accepte presque immédiatement un poste d'enseignant.en France.Quant à l'entreprise de haute technologie qui employait le jeune ingénieur, elle doit fermer ses portes au bout de quelques mois seulement.« C'était la débandade totale, raconte Mihai Scarlete.Plus personne ne voulait collaborer avec notre pays, de facto en pleine guerre civile.Les fournisseurs nous lâchaient les uns après les autres, l'approvisionnement devenait impossible.» Et le chercheur d'ajouter, avec 15 ans de recul, que ce fut quand même une expérience fascinante que de vivre de l'intérieur de tels bouleversements.L'exil comme seule issue À l'époque, une seule issue paraît possible pour Mihai Scarlete : il doit lui aussi partir s'il veut poursuivre sa carrière scientifique.En 1991, il choisit Montréal et l'Université McGill, où il décide de commencer un deuxième doctorat, toujours sur le silicium, mais cette fois en chimie pure et spectroscopie.« Je n'ai jamais aimé les grosses structures qui consomment beaucoup d'énergie, confesse le chercheur.Par exemple, les barrages ne m'impressionnent pas.Ils donnent certes de l'énergie, mais il en faut aussi beaucoup pour les bâtir, les faire fonctionner et les maintenir en exploitation.Par contre, prenons le silicium.C'est non seulement l'élément le plus abondant de notre planète, après l'oxygène, mais aussi, selon moi, le matériau le plus important de notre civilisation.Tbut ce qui est électronique, du téléphone à l'ordinateur en passant par la télévision, comporte du silicium, qui demeure le semi-conducteur le plus accessible.» Et que ferions-nous sans électronique?À l'Université McGill, Mihai Scarlete rencontre deux chimistes, John Harrod et lan Butler.Le premier a une connaissance étendue du silicium comme élément chimique et le second est un expert en spectroscopie.Ce contact fructueux permet à Mihai Scarlete de synthétiser et de caractériser non pas du silicium pur, mais de nouveaux matériaux céramiques à base de carbure de » DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 PHOTOS : STÉPHANE LEMIRE FACE À FACE I Les angoisses créatrices d'un chercheur.professeur, ou la naissance de l'ingénierie pédagogique « L'une de mes obsessions est cette question : Qu'arrivera-t-il si, un jour, j'ai moins de temps pour enseigner?» , confie Mi-hai Scarlete.Ses recherches et le démarrage d'une compagnie l'occupant de plus en plus, il a décidé de concevoir un cours complet de chimie physique.en ligne.L’originalité de ce cours consiste dans le recours à un logiciel de calcul symbolique qui traite des notions théoriques de la chimie physique.Ce cours unique, une première au Canada, est utilisé dans une cinquantaine d'universités à travers le monde, la plupart aux États-Unis et en Europe.« Vous voyez, dit-il en souriant, pendant que je vous parle, je sais que mes étudiants ne perdent pas leur temps et qu'ils sont en train de travailler avec mon alter ego numérique! » En quoi consiste ce logiciel?Tout d'abord, étant donné que tous les cours qu'il donne sont basés sur des études de cas, Mihai Scarlete a conçu un logiciel capable de résoudre automatiquement la plupart des problèmes de chimie physique qu'on trouve dans les manuels courants.« Nous avons généré des algorithmes si généraux que presque tous ces problèmes se résolvent à l'aide d'une dizaine d'algorithmes seulement, affirme le professeur.En programmant ces algorithmes, le logiciel arrive, par exemple, à résoudre tous les problèmes du manuel de chimie physique du Massachusetts Institute of Technology, manuel que j'utilise dans mes cours.De plus, les problèmes peuvent être modifiés à volonté, ce qui fait du logiciel un outil très apprécié des professeurs.» Petite anecdote : lors d'un examen, Mihai Scarlete a déjà demandé à ses étudiants de résoudre tous les problèmes d'un chapitre complet du manuel de physique-chimie.Plus de 30 exercices à faire en moins de 50 minutes! Or, la moitié des étudiants réussirent ce terrible test.« Il fallait seulement comprendre que tous les problèmes reposaient sur l'utilisation de deux ou trois algorithmes », ajoute-t-il en riant.Il explique que le contenu de ses cours du ier cycle recoupe même à l'occasion celui du 2e cycle.Peut-on alors se surprendre que 90 p.100 des étudiants en chimie de l'Université Bishops poursuivent aux cycles supérieurs et qu'ils se retrouvent régulièrement parmi les gagnants des compétitions étudiantes régionales, nationales ou internationales (cinq prix depuis trois ans, presque toujours aux côtés d'étudiants inscrits aux cycles supérieurs)?Le logiciel de Mihai Scarlete est offert gratuitement sur un serveur spécial, Chemlog, de l'Université Bishops [http://chem-log.ubishops.ca].Plus de 50 000 visiteurs y accèdent chaque mois.Pour ce qui est du contenu des cours, le professeur a réalisé une vingtaine de cédéroms, qu'il vend.Grâce au produit de ses ventes, il peut améliorer son logiciel et, en plus, remettre un prix au meilleur étudiant-chercheur de l'Université (le Toto-Naica-Bibu Award, honorant la mémoire de ses grands-parents) pour un projet de recherche gagnant d'une compétition provinciale, nationale ou internationale et réalisé dans le cadre du 1er cycle.34 silicium.Fort de cette découverte, il complète rapidement son doctorat.en deux ans et dix mois seulement.L'histoire ne s'arrête pas là.Un an après son arrivée au Canada, soit en 1992, le jeune exilé avait réussi à publier dans The Journal of Electrochemical Society un article portant sur les travaux qu'il avait effectués en Roumanie.Résultat : en 1994, il apprend que, grâce à ce compte rendu, des chercheurs de la compagnie Futjitsu de Kamikodanaka, au Japon, sont en train de développer le premier procédé qu'il avait mis au point.« J'ai été impressionné de voir à quelle rapidité les choses se passaient dans "la vraie" industrie, raconte Mihai Scarlete.Ils appliquaient déjà mes recherches! » Il s'appuie « Le silicium, c'est non seulemem notre planète, après l'oxygène, maisu important de notre civilisation.» alors sur cette reconnaissance inattendue et sur ses publications pour réclamer son doctorat à l'Institut polytechnique de Bucarest.Il l'obtient en 1996, un an après celui de l'Université McGill.« Les années 1995 et 1996 ont été très importantes pour moi, lance-t-il, le sourire aux lèvres.Pour la première fois, j'obtenais la reconnaissance de mes pairs.» Il confie, par ailleurs, qu'il tenait à décrocher ce deuxième doctorat pour rendre hommage à son ancien directeur de thèse, mort dans la débâcle; il voulait qu'il reste une trace des quatre années de recherche menées sous sa supervision.Avec ses deux doctorats en poche, Mihai Scarlete décide alors de rester au Canada même si la situation s'est un peu calmée dans son pays.« La recherche en Roumanie n'est toujours pas remise sur pied, explique-t-il.Faire de la recherche demande d'avoir de l'argent, ce qu'il n'y a pas là-bas.Un professeur d'université gagne moins que le gardien du bâtiment de la Fédération de soccer! » Le double diplômé n'accepte pas non plus l'offre d'une compagnie américaine.Du silicium sous toutes ses formes C'est à l'Université Bishops que Mihai Scarlete choisit de poursuivre ses travaux sur le silicium.Même si cet établissement ne souhaite pas, à l'époque, développer les études de 2e et 3e cycles, il obtient que la fondation de l'Université finance la construction de son laboratoire.Il s'agit d'une chambre blanche, un environnement dénué de toute poussière, qui lui est indispensable pour travailler à la synthèse de matériaux ultrapurs.Il devient également professeur adjoint aux DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 FACE À FACE départements de chimie et génie chimique de TUniver-sité de Sherbrooke, ce qui lui permet de rencontrer des étudiants des cycles supérieurs, en plus de ceux de 1er cycle de Bishops.Tranquillement, tout se met en place.Et il ne perd pas de temps.Rapidement, il peaufine sa méthode de synthèse des céramiques de carbure de silicium.« Cette amélioration, précise Mihai Scarlete, a rendu le procédé viable économiquement.» Il se rend ensuite chez son collègue Cetin Aktik, professeur au Département de génie électrique et d'informatique de l'Université de Sherbrooke, pour faire vérifier les propriétés de sa nouvelle céramique.Les résultats sont l'élément le plus abondant de aussi, selon moi, le matériau le plus — Mihai Scarlete très concluants et les deux chercheurs déposent un brevet, international cette fois.« Quatre-vingt-quinze pour cent des produits électroniques, explique Mihai Scarlete, utilisent de fines couches de silicium pur ou de l'oxyde de silicium (Si02).Dans mon laboratoire, j'essaie d'obtenir des céramiques à base de silicium qui aient des propriétés supérieures à celles de ces deux matériaux.Le carbure de silicium, par exemple, résiste mieux à des températures élevées, se comporte mieux en puissance que le silicium, tandis que les couches de nitrure sont plus résistantes à la corrosion que l'oxyde.D'autres se comportent mieux dans les hautes fréquences.C'est là un beau projet, d'autant qu'entre les carbures, les nitrures, les oxydes et les mélanges possibles de ces trois matériaux, il existe des milliers de combinaisons à explorer.» Pour l'immédiat, le carbure de silicium synthétisé par Mihai Scarlete a déjà des propriétés si intéressantes que Cetin Aktik et lui ont décidé de fonder une compagnie, Amorphous Téchnologies.Premier objectif : créer des cellules solaires à base de ce carbure de silicium.« Je crois que le carbure pourrait remplacer le silicium dans beaucoup de dispositifs, son coefficient général de performance étant dix fois supérieur à celui du silicium.De plus, la cellule solaire est le dispositif le moins compliqué de tous ceux qui utilisent le silicium comme semi-conducteur, affirme Mihai Scarlete.C'est pour cela que nous l'avons choisi comme élément de départ.Et si tout va bien, nous concevrons ensuite d'autres applications à l'électronique.» Actuellement, les deux chercheurs travaillent à améliorer la collecte du courant sur leurs céramiques.« Il faut trouver le bon métal de contact, explique Mihai Scarlete.C'est difficile, mais nous pensons être bientôt capables de récolter avec nos cellules deux fois plus d'énergie solaire qu'avec les cellules conventionnelles.» L'Université de Sherbrooke a d'ailleurs comme projet de construire un pavillon dont le toit serait recouvert de ces nouvelles cellules solaires, ce qui le rendrait totalement autonome sur le plan énergétique.« Si nous avions tous des panneaux solaires sur nos habitations, nous serions moins vulnérables en ce qui concerne l'approvisionnement en énergie », ajoute-t-il.Des chercheurs de l'Université d'Ottawa s'intéressent eux aussi aux céramiques de Mihai Scarlete.« Ils veulent remplacer la couche de carbone qui entoure les fibres optiques par du nitrure de silicium, dont les propriétés réfléchissantes sont supérieures », explique Mihai Scarlete.Bref, encore une autre voie à explorer pour cet apôtre du silicium qui semble vraiment avoir trouvé, avec ses céramiques, un très bon filon.À peine 15 ans après les terribles événements qui ont changé le cours de sa vie, où en est Mihai Scarlete?Rêve-t-il parfois de revenir en Roumanie?« J'y retourne régulièrement pour voir mes parents et ma sœur, mais je ne pense pas retourner y vivre.Je ne pourrais pas y mener mes travaux comme ici et, surtout, ma fille, qui étudie à l'Université McGill, n'accepterait sans doute pas de nous suivre.Elle n'est pas prête à se lancer dans un autre processus de réadaptation.» Et puis, la vie sur le très beau campus de l'Université Bishops n'est pas désagréable pour ce scientifique également très sportif.« On y trouve les meilleurs terrains de tennis et de soccer de la région», dit-il.En d'autres mots, avec un laboratoire qui roule, une entreprise qui démarre et une belle université, Mihai Scarlete a tout pour être, enfin, un homme heureux.?| DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER^TW RECHERCHE Le retour des épidémies DOMINIQUE FORGET À l'instar des guerres, famines et autres grandes catastrophes, les épidémies ont longtemps décimé des populations entières et façonné le destin de l'humanité.Mais l'avènement de la microbiologie, un jour, a quelque peu changé la donne.En effet, à partir des années 40, la découverte des antibiotiques et la mise au point de vaccins ont permis de venir à bout de maladies très redoutables, dont la variole.Forts de leurs succès, les scientifiques se sont mis à caresser les rêves les plus ambitieux : les maladies infectieuses seraient-elles bientôt éradiquées de la surface du globe?36 Plus de 60 ans plus tard, force est de constater que le rêve ne s'est pas concrétisé.Plus que jamais, les bactéries, virus, parasites et champignons de toutes sortes exercent leurs ravages.Dans les pays les plus pauvres de la planète, des maladies comme la tuberculose, le paludisme et le sida font des millions de morts par année.C'est que, contrairement aux Occidentaux, les habitants des pays en voie de développement ne bénéficient pas des derniers progrès de la recherche.Pour eux, le traitement reste inabordable.MOBILITÉ En Occident, par contre, l'arrivée d'immigrants en provenance des régions endémiques entraîne son lot de problèmes.L'épidémie de tuberculose qui a sévi à Montréal en avril 2002 en témoigne.Or ce type d'événement isolé n'est que la pointe de l'iceberg.L'émergence de nouveaux fléaux comme le SRAS, le virus du Nil ou des souches d'in-fluenza inusitées donne bien du fil à retordre aux chercheurs.Sans parler des infections transmissibles sexuellement dont la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia, qui sont en recrudescence dans les pays industrialisés.« Notre monde a beaucoup changé, fait valoir le Dr Marc Dionne, directeur scientifique à la Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels de l'Institut national de santé publique du Québec.La forte concentration urbaine, les centres commerciaux, les voyages, les aéroports internationaux, le tourisme sexuel.Voilà ^ DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 autant de facteurs qui contribuent à multiplier la présence d'agents infectieux à l'échelle de la planète.» Techniciens de laboratoire du CDC (Centre for Disease Control) (CDC) des États-Unis, 1962.RÉSISTANCE Ce ne sont pas seulement les humains qui ont changé.Les agents infectieux ont eux aussi évolué.Plus virulents que jamais, plusieurs résistent aux antibiotiques, aux médicaments antiviraux ou antiparasitaires.« La surconsommation d'anti-infectieux a créé un véritable casse-tête pour les chercheurs », explique Marc Ouellette, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en résistance antimicrobienne à l'Université Laval.Il poursuit : « Les médecins font face à une pression terrible lorsque vient le temps de prescrire un médicament.Les patients veulent à tout prix des antibiotiques.Or, une fois qu'ils les ont en poche, ils négligent souvent de les prendre jusqu'à la toute fin.Les souches de bactéries les plus résistantes survivent alors et resurgissent plus tard.À la faveur d'une recombinaison, d'une mutation ou de l'acquisition de nouveaux gènes, elles deviennent plus fortes et résistent au médicament.DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 RECHERCHE Radiographie pulmonaire indiquant un médiastin élargi en raison du charbon pulmonaire, prise 22 heures avant le décès.Une seule mutation suffît parfois à réduire à néant des années de recherche et des millions de dollars investis pour la mise au point d'un médicament.» Pour combattre la résistance des germes, le Dr Ouellette croit dans les vertus de la polythérapie.« Plutôt que de donner un seul médicament, il faut en donner plusieurs à la fois.En effet, c'est beaucoup plus long pour un germe de développer une résistance simultanée à plusieurs anti-infectieux.Évidemment, il finira par s'adapter et par acquérir cette résistance.C'est pourquoi il faut sans cesse mettre au point de nouveaux médicaments.» BIOTERRORISME Autre élément qui soulève la frayeur et préoccupe les microbiologistes : le bioterrorisme.En octobre 2001, la distribution de lettres piégées dans diffé- Enfant atteint de polio durant l'épidémie de cette maladie au Rhode Island.1 rents bureaux américains a concrétisé nos pires craintes.Cinq personnes sont décédées après avoir respiré les spores de charbon, ou anthrax, que contenaient les fameuses missives.De même, la variole, éradiquée en 1977, fait frémir de nouveau les chercheurs.Officiellement, le virus variolique n'existe plus qu'en deux endroits au monde : dans un congélateur du complexe de recherche et d'essais de Vector, en Sibérie, et dans un laboratoire de haute sécurité du Center for Disease Control (CDC) d'Atlanta.Mais la CIA soupçonne plusieurs pays et groupes de posséder des stocks clandestins du virus.Contrairement au charbon, qui ne peut être transmis par un simple contact avec une personne infectée, la variole est une maladie des plus contagieuses.Si elle refaisait surface, elle pourrait se répandre comme un feu de brousse à l'échelle de la planète.Selon le Dr Paul Le Guerrier, professeur au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal, les menaces de bio-terrorisme sont prises très au sérieux par la Direction de la santé publique.« Nous sommes en train d'élaborer un plan de réponse québécois à la variole, explique-t-il.Entre autres, des protocoles aideront les hôpitaux à réagir rapidement en cas de crise.Nous avons déjà une certaine expertise : dans les années 90, on a organisé une campagne de vaccination de masse pour prévenir une épidémie de méningite.» Évidemment, il ne suffit pas d'organiser la campagne de vaccina- 38 ^[""DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2004 | RECHERCHE «Mettre au point des armes biologiques n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire.[.] Même sans bioterrorisme, les infections font déjà des millions de morts par année.» — Paul Le Guerrier Conditions sanitaires des camps de travailleurs migrants telles que présentées aux inspecteurs de santé publique.tion.encore faut-il avoir le nombre nécessaire de vaccins.« Le Canada a près de 300 000 doses en réserve, explique le Dr Le Guerrier.De plus, selon des études récentes, il semble que même après qu'on a dilué le vaccin par 5 ou par 10, il reste efficace.De toute façon, le Canada s'approvisionnera bientôt avec des doses supplémentaires.» Mais le bioterrorisme n'est pas ce qui préoccupe le plus ce médecin.« Mettre au point des armes biologiques n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire.Cela nécessite des connaissances scientifiques qui ne sont pas accessibles à tout le monde.Au chapitre des maladies infectieuses, d'autres volets sont beaucoup plus alarmants.L'épidémie de sida en Afrique, par exemple.Même sans bioterrorisme, les infections font déjà des millions de morts par année.» ?Génome Québec remercie ses partenaires • Génome Canada • Ministère du Développement économique et régional du Québec • Affymetrix • CGI • Elitra • Alethia • Emerillon • Valorisation Recherche Québec • L'ensemble des universités du Québec ainsi que les hôpitaux universitaires associés Génome Québec offre aux chercheurs EN GÉNOMIQUE ET PROTÉOMIQUE L OPPORTUNITE DE REMONTER A LA SOURCE DE LA VIE Proiets financés par Génome Québec Concours I Création de 5 projets Génome Québec Centre d'innovation Concours en génomique et protéomique appliquées à la santée humaine 86 MS 99 MS Autres initiatives majeures à venir GenomeQuébec www.genomequebec.com 39 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER^T~M RECHERCHE Gros plan d'une culture de bacilles de Koch présentant la morphologie des colonies de cet organisme.TUBERCULOSE : la hantise du passé Au mois d'avril 2002, un vent de panique souffle sur le campus de l'Université de Montréal.La tuberculose pulmonaire vient d'être diagnostiquée chez une étudiante, six mois après que la jeune femme eut commencé à ressentir les premiers symptômes.Dans l'intervalle, 250 étudiants, professeurs et proches de la patiente ont été contaminés.Grâce à l'intervention de la Direction de la santé publique, la situation est rapidement prise en main.Mais l'épisode a réveillé de bien mauvais souvenirs dans la mémoire des Québécois et Québécoises qui avaient souffert des affres de cette maladie.« La tuberculose est en décroissance au Québec, assure le Dr Paul Brassard, professeur au Département de médecine de l'Université McGill et spécialiste de cette maladie.Cependant, surtout en raison de l'immi- 40 J~DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 gration, on recense encore quelques centaines de cas par année, principalement à Montréal.» Grâce aux percées de la recherche, on dispose aujourd'hui de plusieurs antibiotiques efficaces pour neutraliser les bacilles tuberculeux.Tests de tuberculose effectués dans une clinique mobile, 1963.EATM ?>'- '3 '1 r^sâs Mais le traitement n'est pas parfait.« Le patient doit prendre quatre antibiotiques pendant six mois.Plusieurs oublient une dose à l'occasion et c'est là que les problèmes commencent : la maladie réapparaît, souvent sous une forme qui résiste aux antibiotiques.» Test de Mantoux pour la tuberculose.PHOTOS : ©PHIL RECHERCHE LE SRAS : un virus qui prend par surprise j>T Le SRAS n'a fait « que » 44 victimes au Canada en 2003, mais les Tbrontois ne sont pas prêts d'oublier l'épidémie qui a placé leur ville sur la liste noire de l'Organisation mondiale de la santé.« Le virus responsable du SRAS ne ressemblait à rien de ce qu'on avait vu auparavant, explique Guy Boivin, un des membres du Centre de recherche en infectiologie de l'Université Laval, spécialisé dans l'étude des virus en émergence.On connaissait d'autres virus de la même famille, les coronavirus, mais le SRAS était beaucoup plus virulent.Il nous a pris par surprise.» Selon toute vraisemblance, le virus aurait été transmis à l'humain par un animal.Grâce à une mutation génétique, il aurait sauté la barrière des espèces.« On a décelé le coronavirus chez plusieurs animaux domestiques et sauvages en Chine, et entre autres chez la civette, un animal qui ressemble à la belette.Mais cela ne veut pas dire qu'on a trouvé le réservoir animal.Tout comme l'humain, la civette a pu être contaminée par une autre espèce.» Si le réservoir est toujours actif, les chances de voir ressurgir une épidémie de SRAS au cours des pro- Selon le Dr Brassard, il importe de trouver des médicaments qui puissent enrayer les bacilles plus rapidement.A-t-on une piste de recherche?« Seulement 10 p.100 des patients qui contractent la tuberculose développent la maladie.Les autres restent en parfaite santé, même en étant porteurs du bacille; en analysant leurs gènes, on pourra peut-être comprendre pourquoi.Une telle étude nous donnerait sûrement des idées pour développer de nouveaux traitements géniques.» chaines années sont élevées.« Plusieurs experts croient que le SRAS reviendra et je partage leur opinion.Le virus partira probablement encore de la Chine, mais on ne sait pas quelles régions du globe seront SRAS Agent infectieux : Coronavirus Symptômes :Toux, difficulté à respirer, fièvre et douleurs musculaires Mode de transmission : Par les gouttelettes de salive, les contacts fécaux-oraux ou avec des surfaces inanimées (le virus pourrait survivre de deux à trois jours sur une poignée de porte, par exemple) Vaccin : Aucun Traitement: Aucun Pronostic : Entre 80 et 90 p.100 des patients en sortent indemnes Au Canada : 251 cas déclarés à Toronto et 44 décès (en 2003, en date d'octobre) Dans le monde : 8 422 cas (dont 5 327 en Chine) et 916 décès (en 2003, en date d'octobre) affectées.Il peut se retrouver n'importe où.En plus, il risque de revenir sous une autre forme, car on sait qu'il peut muter très facilement.» Pour se préparer à une nouvelle épidémie, les autorités de la santé publique travaillent à mettre au point des protocoles qui aideront les hôpitaux à réagir rapidement en cas de crise.De leur côté, les chercheurs essaient de trouver des traitements.« On pense que l'interféron, une protéine qui stimule le système immunitaire, pourrait entraver la réplication du virus.Les stéroïdes semblent aussi avoir des effets positifs : ils pourraient réduire l'inflammation générée par le SRAS.Mais il est très difficile pour les scientifiques de faire des percées dans ce domaine.Les chercheurs hongkongais et torontois protègent jalousement leurs échantillons du virus.Pour que la recherche avance plus rapidement, il devra s'établir un meilleur partage des spécimens et des connaissances.» Tuberculose pulmonaire Agent infectieux : Bacille de Koch Symptômes : Toux, fièvre et perte de poids Mode de transmission : Par voies aériennes Vaccin : L'efficacité du vaccin BCG chez les adultes est controversée.Son efficacité est plus grande chez les enfants.Traitement : Une combinaison d'antibiotiques pris pendant au minimun six mois Pronostic : Seulement 10 p.100 des patients développent la maladie.Lorsque traitée, la tuberculose disparaît dans 80 à 95 p.100 des cas.Au Canada : 2 000 cas par année Dans le monde : Un tiers de la population mondiale est infectée.Deux millions de patients en décèdent chaque année (y compris des personnes infectées par le VIH).41 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004—J RECHERCHE 1 Le virus du NIL occidental déba rque er 42 Contrairement à la croyance populaire, le virus du Nil occidental (VNO) n'est pas nouveau.Dans les années 30, les chercheurs l'avaient déjà identifié en Ouganda.Il s'est ensuite propagé en Égypte, en Israël et en Afrique du Sud.Mais ce n'est qu'en 1999 qu'il a fait irruption sur le continent nord-américain, à New York plus précisément.Comment a-t-il atteint la Grosse Pomme?Probablement par l'intermédiaire soit d'un oiseau migrateur, soit d'un insecte qui se trouvait dans une soute à bagages.« Une fois en Amérique du Nord, le virus s'est répandu comme une traînée de poudre, relate le Dr Michel Couillard, du Laboratoire de santé publique du Québec.En 1999, il était confiné à la ville de New York.Mais dès 2002, on le trouvait dans 40 États américains, en Nouvelle-Écosse, au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan.» Les modes de transmission de ce virus sont bien connus : la plupart des patients ont été piqués par un moustique, lui-même infecté par le sang d'un oiseau porteur du virus.Au cours de l'été 2003, on a recensé Virus du Nil occidental Agent infectieux : Virus de la famille Flaviviridæ Symptômes : Fièvre, maux de tête et douleurs physiques Mode de transmission : Par piqûre de moustique Vaccin : Aucun Traitement : Aucun Pronostic : Seulement 20 p.100 des personnes infectées développent des symptômes.Dans moins de 1 p.100 des cas, les symptômes sont graves et peuvent mener au décès.Au Québec (été 2003) : 398 cas confirmés et 10 décès Aux États-Unis (été 2003) : 6957 cas et 149 décès Cet oiseau a été capturé dans un filet et fera plus tard l'objet d'analyses sur les arbovirus, dont le virus du Nil occidental.80 oiseaux porteurs du VNO au Québec.« Nous avons demandé aux gens de nous téléphoner lorsqu'ils trouvaient un geai bleu ou une corneille morte, explique le Dr Couillard.On a aussi installé des stations de capture de moustiques dans des régions jugées à risque.Dès qu'on savait que le virus était présent dans un secteur, on intervenait pour limiter sa propagation.» Un des modes d'intervention consistait à informer la population pour l'aider à se prémunir contre les piqûres de moustiques, en recommandant d'appliquer du chasse-moustique, par exemple.Autre mode d'intervention privilégié : l'épandage aérien de larvicide.Selon le Dr Couillard, le produit choisi, Bacillus thuringiensis israelensis, est inoffensif pour la santé humaine.On ne connaît pas toutefois ses retombées sur l'écosystème.« On pense que cet impact est minimal.Mais surtout, on est convaincu que l'épandage était nécessaire pour protéger des vies humaines.En 2002, deux personnes sont décédées au Québec des suites du DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 DECOUVRJf Cotisation de membre de l'Acfas incluse ?Nouvelle adhésion ?Renouvellement ?Changement, correction Nom Prénom Etablissement/entreprise Département/division Adresse ?au travail ?à domicile Rue Ville Code postal ADRESSE ELECTRONIQUE Téléphone ?au travail ?à domicile Statut ?Chercheur-se attitré-e ?Professeur-e ?Administrateur-trice ?Professionnel le ?Chargé-e de cours ?Journaliste-relationniste ?Étudiant-e (joindre photocopie de la carte d'étudiant) ?Institution Sexe ?Autre ?Féminin ?Masculin Domaine d’activité (discipline et spécialisation) Cotisation-abonnement i an 2 ans (toutes taxes incluses) RÉGULIER 48$ ?85$ ?ÉTUDIANT 27 $?48 $?INSTITUTION ET HORS CANADA 95 $ ?170$ ?Paiement ?Visa OMaster Card GAmerican Express DChèoue ou mandat-poste (à l’ordre de l'Acfas) ?Comptant Numéro l J L J___L J L ?J’accepte ?Je refuse que mon nom et mes coordonnées soient inscrits dans la liste publique des membres de l’Association francophone pour le savoir - Acfas Découvrir-Acfas:Téléphone: (514) 849-0045 Télécopieur: (514) 849-5558 decouvrir@acfas.ca http://www.acfas.ca/decouvrir ACFAS 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 RECHERCHE Amérique Femelle du moustique Aedes albopictus se nourrissant sur un hôte humain.; - VNO.En 2003, aucun décès attribuable à cette cause n'a encore été signalé.Notre stratégie semble avoir porté ses fruits.» PALUDISME : une course contre la montre Les voyageurs connaissent bien le paludisme, qu'ils appellent plus souvent « malaria ».Nombreuses sont les personnes qui ont dû prendre des médicaments antipaludéens au cours de leur séjour en terre étrangère.« Avec les médicaments, on peut se protéger du parasite », déclare le Dr Brian Ward, directeur du Centre national de référence en parasitologie à l'Université McGill.Pourtant, le paludisme demeure l'une des maladies les plus meurtrières de la planète.Chaque année, il fait plus d'un million de morts dans les zones tropicales défavorisées d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.« Les antipaludéens doivent être pris sur une base continue, explique le chercheur.Or, pour les habitants des pays en voie de développement, se payer une dose chaque semaine est impensable.» Mais la fondation Bill et Melinda Gates ravive les espoirs.Elle investit maintenant des centaines de millions de dollars pour organiser les soins de santé dans les pays du Sud et assurer la distribution d'antipaludéens connus et efficaces.Les écarts entre les pays du Nord et ceux du Sud ne sont pas les seuls obstacles auxquels font face les chercheurs.« La chloroquinine, l'anti-paludéen le plus connu, n'est plus efficace contre les parasites qu'on trouve en Afrique.Les souches africaines ont développé une résistance à ce médicament.Heureusement, il existe d'autres antipaludéens.Mais éventuellement, ces derniers deviendront aussi inefficaces contre le parasite, qui semble toujours pouvoir s'adapter.Il faut aller plus vite que lui et trouver sans cesse de nouveaux médicaments.C'est une course contre la montre.» Autre objectif pour le Dr Ward : mettre au point un test diagnostique capable de dépister le paludisme en détectant les antigènes du parasite dans le sang.« Au Canada, près de 70 p.100 des immigrants arrivent de pays endémiques pour le paludisme.Plusieurs sont porteurs sans le savoir.Les parasites peuvent rester indécelables pendant des années dans le sang.Héma-Québec ne dispose d'aucune méthode de dépistage pour éviter les transmissions de malaria par transfusion.Il faut à tout prix corriger cette situation pour éviter de faire plus de victimes.» Paludisme Agent infectieux : Il existe quatre parasites : Plasmodium falciparum, P.vivale, P.malariæetPovale.Le falciparum est le plus mortel.Symptômes : Fièvre, frissons, sueur, toux, diarrhée, détresse respiratoire et maux de tête Mode de transmission : Par piqûres d'insectes Vaccin : Aucun Traitement : Les antipaludéens réduisent le risque de développer le paludisme symptomatique.Pronostic : Presque tous les cas de paludisme peuvent être guéris si l'infection est diagnostiquée et traitée rapidement.Les délais rendent le traitement difficile et diminuent le taux de guérison.Au Canada : 400 cas par année avec une incidence maximale de 1 036 cas rapportés en 1997 Dans le monde : 40 p.100 de la population mondiale est à risque.Un million de décès par année.« | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 H| RECHERCHE HÉPATITE C : la grande oubliée PARCE QUE SAVOIR POUVOIR DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 20 000 ACTIONS SOLIDAIRES POUR SOUTENIR RECTO VERSO NOUS AVONS TRAHI VFPsn^VJTijiid le; r^jrtKirfitvTfriitent t : lirpMXjtfirfVo'! -UgriUlLr/ i vü; ),?rfitqe, *.fP7 culturelle Radio-Canada -n CD samedi dimanche 7 h : Nouvelles 8 h : Radioiournal 9 h : Nouvelles 3 h 56 ; Infv-çMlture ) La Grande Fugue Un classique de vos matinées du week-end Une émission de Gilles Dupuis 6 h : Nouvelles 7 h : Nouvelles Rayon musique Du disque rare au disque phare 12 h Animation : Georges Nicholson Réalisation : Michèle Vaudry Des musiques en mémoire Le parcours passionné des musiques traditionnelles Une émission d’Élizabeth Gagnon L'Opéra du samedi L'Opéra du Metropolitan L'art lyrique en versions intégrales Animation : Michel Ferland Réalisation : Maureen Frawley Les Voix du monde Des chœurs qui touchent au cœur Une émission de Claire Bourque Bouquinville Quand lire mène au délire! Animation : Stanley Péan Réalisation : Claude Godin Jusqu'au s octobre Vivement dimanche ! Luxe, calme et volupté musicale.Une émission de Caroline Boyer À compter du 12 octobre Hector BerÜOZ I dix portraits pour un bicentenaire Une série de Sylvia L'Écuyer (Vancouver) - ( 16 h : Chassé-croisé ) Trame sonore Quand la musique nous fait son cinéma.Une émission de Francine Moreau L'Engoulevent Pleins feux sur la chanson francophone d'ici Une émission de Michel Marmen 18 h ’~~18?1 Un air de jazz La passion du jazz selon Gilles Archambault des découvertes, des coups de cœur et beaucoup de plaisir.Silence.on jazz! Du jazz tous azimuts : actualités, nouveautés et concerts enregistrés lors de grands festivals canadiens et internationaux.Une émission d'André Rhéaume (Vancouver) Rayon musique (rediffusion) Une émission de Gilles Archambault Nicholson Fenêtre ouverte sur le présent musical Une émission de Georges Nicholson Le Navire « Night » La nouvelle vague musicale déferle sur nos ondes Une émission d'Hélène Prévost Les Voix du monde (rediffusion) Oh Galaxie De la musique en continu Passionnément 8 h : Radioiournal 9 h : Nouvelles ( 9 h 55 : Info-culture 12 h : Radioiournal 74 h ?18h HE tous les jours ?20 h' le samedi CHAINE I isEtSiïluiugiraig Radio-Canada Les heures indiquées dans ce document sont à l'heure de l'Est. la fine pointe CRIM Le CRIM, inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l’information.De la science derrière le bouchon Station d’inspection des bouchons sur deux lignes de production avec une seule caméra par ligne.On peut y analyser jusqu’à 3 500 bouchons à la minute.L J Pshhhit! Chaquefoisque vous entendez ce son en décapsulant une bouteille de boisson gazeuse, sachez qu'il témoigne de la réussite de tout un système! Pour que le son se produise, en effet, le bouchon doit boucher parfaitement, et donc présenter une rondeur impeccable et une surface sans défaut.De plus, la petite rondelle, celle-là même que vous retirez pour savoir si vous gagnez un prix à l'occasion de certaines campagnes de promotion, doit être bien en place au fond du bouchon poreux afin d'assurer l'étanchéité de l'ensemble du contenant.Pour le consommateur qui prend momentanément conscience de ces critères de qualité, l'examen détaillé est chose facile.Mais pour l'entreprise qui produit des centaines de bouchons à la minute, il en va tout autrement! La firme IC Vision, située dans la région montréalaise, permet à ses clients américains et mexicains de relever ce défi : le système intelligent d'inspection qu'elle fabrique reconnaît les bouchons défectueux en les comparant à un modèle de référence, et ce, à une cadence de 1200 bouchons à la minute.Depuis le printemps dernier, son département de R-D travaille en collaboration avec le CRIM et l'École de technologie supérieure (ETS) pour augmenter la productivité et l'automatisation du système,avec le sou- 62 tien financier du programme Alliance-Précarn-CRIM.La station d'inspection permet de filmer les bouchons et de traiter l'image afin que certains détails entraînent le rejet de tout bouchon imparfait.« Notre système actuel est déjà intelligent, en ce sens qu'il possède une capacité d'apprentissage », précise Serge Lévesque, directeur de la R-D chez IC Vision.L'amélioration de cette faculté d'auto-apprentissage est justement l'une des deux missions confiées au groupe Vision et Imagerie du CRIM.Pour l'instant, à l'usine, entre 100 et 500 premiers bouchons sans défaut passent sous l'œil de la caméra afin que l'ordinateur enregistre les paramètres du produit parfait.Les centaines de milliers de bouchons qui défilent ensuite à toute allure sont jugés par l'ordinateur selon ces paramètres, ce qui entraîne le rejet des mauvais produits.L'apprentissage exige cependant l'intervention d'un opérateur, qui participe à la sélection des informations que le système retient au départ, lors du prétraitement des images.Une fois que les algorithmes que le CRIM définit et teste actuellement seront intégrés au système,cette intervention humaine sera presque éliminée.«Cela réduira d'autant les variations de résultats qui étaient attribuables à la subjectivité des opérateurs », souligne Langis Gagnon, responsable de l'équipe Vision et imagerie au CRIM.Dès cet hiver, les clients de IC Vision pourront profiter de cette première amélioration.Pour la seconde, le délai sera plus long.Il s'agit de rendre le système d'inspection capable de classer les bouchons rejetés selon les défauts qu'ils présentent, par analyse automatique | d'images.Dans un contexte de - productivité, trouver rapide- 0 ment la source d'une même ca- 1 tégorie de défauts sur la ligne de production constituerait une économie appréciable.Ces perfectionnements s'ajouteront à celui que concocte l'ETS, soit le meilleur éclairage des pièces à inspecter, et aux recherches menées par IC Vision, principalement axées sur l'augmentation de la cadence au delà de 3000 bouchons à la minute et la diversification des méthodes d'apprentissage.La nouvelle génération de stations d'inspection permettra ainsi un contrôle de qualité plus efficace.Pour que le bouchon bouche.LOUISE DESAUTELS [[ DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 parLenaire d€ la blo«innouaLlon Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) est un chef de file depuis 1985 en valorisation des biomasses et des biotechnologies.Il stimule et accélère l’exploitation industrielle des résultats de recherche.Organes sur mesure Votre cœur déraille.Vite, il faut le remplacer! Malheureusement, les listes d'attente pour obtenir un organe de remplacement sont interminables.Et les spécialistes de la santé estiment que la demande de greffes ira en augmentant dans les prochaines années, en raison notamment du vieillissement de la population.Le génie tissulaire pourrait bientôt changer cette réalité en offrant entre autres aux patients des pièces de rechange cultivées in vitro à partir de cellules humaines.Et le Québec devrait continuer à se tailler une place de choix dans ce domaine grâce à la création de Biogentis inc., une entreprise qui se spécialise dans le traitement des plaies et la régénération tissulaire.Située à Québec, Biogentis est née de la fusion des trois compagnies québécoises Der-macor inc., Advanced Thera- peutic Technologies AT2 inc.et Altertek Bio inc., grâce notamment à une contribution de 500 000 $ du Fonds Bio-Innovation géré par le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB).« L’intégration des expertises et technologies de ces trois entreprises sous une même direction et structure financière activera la recherche clinique en génie tissulaire », soutient Gilles Bus-sières, vice-président exécutif au CQVB.Le CQVB a d'autant plus à cœur ce projet qu’il implique l'un de ses clients, la firme de biotechnologie et d'ingénierie tissulaire Altertek Bio.« En 1994, nous avons aidé les Drs François Auger et Lucie Germain à créer une entreprise vouée au transfert industriel des travaux issus du Laboratoire d'organogenèse expérimentale (LOEX) de l'Hôpital Saint-Sacrement, affilié à l'Université Laval », explique M.Bussières.Altertek s'est vite démarquée pour son expertise dans la reconstruction de peau humaine et de vaisseaux sanguins in vitro.« Nous avons développé une technologie d'autoassemblage des tissus humains en trois dimensions en cultivant des cellules humaines en laboratoire, sans ajout de matériaux synthétiques ou biologiques, décrit le Dr Auger.Elle tire profit de la formidable propriété qu'ont la plupart des cellules humaines de reconstruire le tissu dont elles proviennent, lorsque cultivées dans des conditions adéquates.» Ainsi, l'auto- assemblage permet notamment de fabriquer des vaisseaux sanguins entièrement biologiques pour la greffe dans les jambes ou des pontages coronariens.« Avec Biogentis, nous avons plus de ressources pour activer les expériences pré-cliniques chez l'animal et arriver plus rapidement aux tests cliniques chez l'humain », affirme le Dr Germain.François Auger soutient par ailleurs que la collaboration interne et l'échange d'expertise avec les deux autres compagnies fusionnées accéléreront la mise au point de produits pour la régénération tissulaire.« Les trois entreprises se trouvent d'ailleurs à des stades différents de développement », précise-t-il.Ainsi, Biogentis propose la technologie Dermalink de Dermacor, un pansement à base d'alginate de calcium et d'hydrogel de fibronectine qui permet la livraison en milieu humide de hautes concentrations de fibronectine à la surface de la lésion.La fibronectine, S une protéine retrouvée naturel-I lement dans le sang, facilite la 5 guérison des plaies et ulcères.^ Le produit fait actuellement 5 l'objet d'une étude clinique en g Amérique du Nord.Par ailleurs, 7 Biogentis devrait commerciali-ïï ser en 2004 au Canada et en o 2005 aux États-Unis le produit de la compagnie AT2, Cyano-Strip.Ce diachylon de rapprochement auquel est appliquée une colle chirurgicale facilite la fermeture des plaies plus rapidement et plus efficacement que les produits actuellement sur le marché.NATHALIE KINNARD Adventice lastes humains + idothélium Méthode de production des vaisseaux sanguins reconstruits par génie tissulaire.DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 la fine pointe a Le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CHRP) a pour mission de contribuer à l’amélioration des pratiques de prévention et d'intervention psychosociales, à la hausse de la qualité et de la pertinence de la recherche psychosociale et à l'élaboration des politiques sur les enjeux à caractère psychosocial.64 Un « qui fait quoi » de la santé mentale au travail Épuisement professionnel, dépression, trouble du comportement, relations conflictuelles, consommation de substances., la liste des problèmes de santé mentale au travail est aussi longue que lourdes sont leurs conséquences.À eux seuls, ils constitueraient 30 à 50 p.100 des causes d'absentéisme au travail.En raison des immenses répercussions économiques et sociales de ces problèmes, la santé mentale au travail monopolise de plus en plus d'attention.Un peu partout, dans les universités, les centres d'aide, les firmes de consultants, les directions de ressources humaines ou les services de santé, des chercheurs et des praticiens étudient la question, développent des méthodes diagnostiques et conçoivent des moyens d'intervention.Résultat : ici comme à l'étranger, la masse de connaissances et d'outils disponibles ne cesse de croître, au point qu'il devient difficile de trouver rapidement ce que l'on cherche.Très difficile.Cette situation préoccupante a conduit le Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) a entreprendre une nouvelle étude particulière.L'idée : pourquoi ne pas aller demander directement aux grandes entreprises et aux PME quels sont leurs besoins en ce qui concerne la diffusion des connaissances en santé mentale au travail?Veulent-elles un inventaire des ressources, des revues bibliographiques ou des outils pour régler des problèmes précis?Et surtout, de quelle façon veulent-elles se faire transférer les connaissances?« Nous faisons en quelque sorte une étude de marché auprès des entreprises, explique la présidente-directrice générale du CLIPP, Mireille Mathieu.L'objectif ultime est de vérifier la pertinence de mettre sur pied un service de courtage entre les producteurs de connaissances en santé mentale au travail et les utilisateurs de ces connaissances.» Par exemple, une compagnie préoccupée par les agressions en milieu de travail pourrait, selon ses besoins, obtenir du CLIPP une synthèse critique des don- nées sur le sujet ou le titre d'une brochure particulièrement pertinente, ou encore, une liste des outils d'intervention spécialement développés pour ce problème.« Il y a tellement de publications, d'études, de vidéos, de formations, de conférences, de séminaires, de questionnaires, de services de consultation, de sites Internet et d'animations de réseaux qu'il se révèle presque impossible de trouver l'information nécessaire ou l'outil approprié, poursuit Mireille Mathieu.Et puis, tout n'est pas de qualité égale.» L'étude du CLIPP comprend deux volets.« Nous allons tout d'abord organiser des groupes de discussion avec des acteurs clés en milieu de travail », précise Marie-Claire Laurendeau, directrice des activités de liaison au CLIPP.Ces personnes ^[""DÉCOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2004 | venues d'horizons variés (coordonnateurs de services de santé et sécurité au travail, représentants syndicaux, responsables des ressources humaines, etc.) seront amenées à définir leurs besoins en termes de transfert de connaissances, qu'il s'agisse du contenu transféré ou des modalités de transfert.La même démarche sera ensuite effectuée, sous forme d'entrevues cette fois, avec des producteurs de connaissances tels que les groupes de recherche universitaires, les ordres professionnels, les firmes privées de consultants, les cliniques médicales ou les dirigeants de programmes d'aide aux employés (PAE).« En servant d'agent de liaison, explique Marie-Claire Laurendeau, le CLIPP pourrait faire connaître ce que produisent tous ces gens, mais aussi les informer sur ce que l'on a trouvé ailleurs comme réponses à des problèmes qu'ils n'ont ni les moyens ni les ressources d'approfondir.» Centre de liaison, centre de courtage, plaque tournante des connaissances en santé mentale au travail : ce nouveau projet du CLIPP — le Centre s'intéresse par ailleurs à de nombreux autres problèmes psychosociaux — et surtout l'accueil qu'il récolte pour l'instant dans les milieux approchés, prouvent encore une fois que le partenariat social n'est pas une utopie.Sophie malavoy la fine pointe cefrio m votre lien avtc l'avenir Le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO) contribue à l’amélioration de la performance des organisations grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.La e-démocratie Nos villes ou municipalités sont-elles e-démocratiques?Vous ne vous êtes sans doute jamais posé cette question.Pas encore.Et pourtant, ça s'en vient ou presque.Le concept de e-démocratie fait référence à l'utilisation d'Internet pour promouvoir une démocratie participative des citoyens et citoyennes.Fait-il son chemin au Québec?Plus particulièrement, l'existence d'une place publique électronique où tous les « ré-seautés » peuvent non seulement recevoir de l'information, mais s'exprimer, peut-elle contribuer à un développement local plus collectif?C'est ce qu'ont voulu vérifier deux chercheurs de l'Université de Sherbrooke, le professeur Paul Prévost et la professionnelle de recherche Mélanie Lagacé.« Pour notre recherche, explique Mélanie Lagacé, nous avons analysé les portails de 13 municipalités du Québec qui s'étaient déjà distinguées en termes de pratique démocratique.» Ces municipalités étaient réparties surtout le territoire et leur population variait de 1300 à 513 000 habitants.Premier constat : la fonction de loin la plus développée sur ces portails est celle d'informer et de diffuser de l'information.Des activités culturelles aux loisirs,en passant par des données économiques, tout y passe.On retrouve même sur certains portails de l'information de nature plus politique tels l'ordre du jour des réunions du conseil municipal ou les procès-verbaux de ces réunions.Toute-fois, « la majorité des municipalités ont adopté une approche top-down », raconte la chercheuse.Ce qui signifie que la majorité des données contenues dans les portails sont produites par la ville et filtrées par cette dernière.Les chercheurs ont ensuite regardé si ces portails mobilisaient leurs citoyens et citoyennes pour les amener à s'exprimer sur des questions précises.Résultat : outre quelques exemples ponctuels de consultations en ligne effectuées par Bro-mont, Québec et Gatineau, la majorité des municipalités étudiées ne le font pas.« Les fonctions dynamiques restent peu développées, précise Mélanie Lagacé, et la mobilisation se limite souvent à inviter les gens à participer à des événements ponctuels non politiques.» Par contre, la possibilité de dialoguer « électroniquement » avec sa mairie existe bel et bien.Tous les portails fournissent de nombreuses adresses électroniques allant de celles du maire ou des conseillers, à celles des gestionnaires municipaux, en passant par celle du service des plaintes.Cependant, il n'est pas encore possible, au Québec, d'assister par Internet au conseils municipaux.Et le taux de participation aux quelques tentatives de consultation reste très faible.Il faut dire que la consultation physique, de par ses nombreuses qualités, apparaît encore comme l'outil de participation démocratique le plus valorisé par les citoyens.Il demeure également un vide juridique sur les règles à suivre pour les consultations virtuelles, sans oublier le problème d'identification et d'authentification des participants.Le vote dans Internet n'existe pas pour le moment.Les seuls votes possibles prennent la forme d'un sondage sur des questions qui ont peu d'impact majeur sur le développement de la ville.Et le réseautage?Cette fonction démocratique est l'une des plus développées dans les portails des municipalités au Québec.Ainsi, la majorité des portails accordent une place aux acteurs de la communauté.Selon Mélanie Lagacé, « l'information sur les entrepreneurs, les organismes communautaires, culturels ou de développement, bref sur tous les acteurs locaux, émane des acteurs eux-mêmes et se trouve sur le portail ».Cette fonction est souvent la plus développée dans les villes rurales où le territoire est large à couvrir.Dans ce cas, le portail devient utile pour ré-seauter les acteurs entre eux.Que conclure de tout ça?Selon Mélanie Lagacé, « la e-démocratie en est à ses premiers balbutiements au Québec.Elle ne se substitue pas aux moyens traditionnels, mais constitue plutôt un outil supplémentaire ou d'appoint ».Son essor dépendra de la volonté de nos leaders politiques de la promouvoir, et de notre capacité à parfaire l'outil et à sensibiliser la population à utiliser ce nouveau mode d'action citoyenne.-$ÔF>HIÈ MÀLAVOY” 65 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 20Q^J point par Myriam Younès 1 e Vivre grâce aux maths Du temps.Et un simple calcul mathématique.Voilà la formule gagnante qui pourrait minimiser de façon spectaculaire le nombre de décès associés au remplacement de valvules cardiaques.En effet, on a remarqué qu'une correspondance imparfaite entre la taille de la prothèse installée et l'orifice aortique pouvait compromettre la survie à court terme des patients.Or, d'après une équi- J pe de chercheurs du centre de recherche de l'Hôpital Laval, il suffirait, avant toute intervention chirurgicale, de faire un simple calcul afin de déterminer la surface minimale que doit avoir la prothèse valvulaire.« Selon nos estimations, on pourrait éviter jusqu'à i ooo décès précoces par année en Amérique du Nord.» Au fil des événements 9 octobre 2003 Les gènes sous la loupe Des chercheurs de l'Université McGill et du Centre d'inno- vation de Génome Québec annonçaient, en janvier 2003, leur contribution à l'identification du gène associé au syndrome de Leigh, une défaillance génétique entraînant généralement la mort avant l'âge de 6 ans.Très répandue dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où une personne sur 23 est porteuse du gène, cette maladie frappe un nouveau-né sur 2000 naissances vivantes.Cette découverte majeure a mené à la mise au point d'un test génétique permettant d'identifier les porteurs de ce gène.Innovation Canada Numéro d'automne 66 ^ DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2004 | Urgence : en faire moins Fait surprenant : dans le monde médical, en savoir trop peut parfois nuire.En effet, plus la formation du personnel d'urgence envoyé sur les lieux d'un accident est poussée, plus les risquent de mortalité des victimes augmentent.Voilà l'étonnante conclusion à laquelle en arrive une équipe de chercheurs canadiens au terme d'une analyse rétrospective de plus de 9000 accidents.Pour André Lavoie, de l'Université Laval, les résultats de l'étude ne sont pas si surprenants : plus l'intervenant sur le terrain est capable d'appliquer des techniques de stabilisation.plus il en applique.Or, les minutes sont cruciales.Il faut s'en tenir au minimum et transporter la victime le plus vite possible au Centre de traumatologie.Au fil des événements volume 39, numéro 11 Sauver 6000 plantes médicinales Grâce à une équipe de chercheurs de l'Institut malgache de recherches appliquées, et avec l'aide financière du CRDI, les quelque 6000 plantes médicinales et aromatiques qu'on l'on retrouve sur l'île de Malga- che ne sont plus menacées.L'industrie pharmaceutique locale produira bientôt des phytomédicaments à partir de certaines de ces plantes afin de traiter des maladies comme le paludisme, la diarrhée et les infections respiratoires aigues.CRDI 17 octobre 2003 Plonger dans le passé Des archéologues sous-marins ont mis au jour, à Red Bay au Labrador, un baleinier du 16e siècle.Cette découverte est le meilleur exemple de l'industrie prospère reposant sur la production de l'huile de baleine dans les années 1550.L'épave conservait depuis des siècles des instruments de chasse à la baleine, de la céramique et des vêtements des pêcheurs de l'époque.Ces trouvailles reposent aujourd'hui dans un nouveau centre, à Red Bay, ouvert au public.Revue Dire volume 13, numéro 1 Les tatouages, pas une histoire d'un jour Le « marquage » corporel, encore récemment considéré comme un phénomène marginal, est de plus en plus en vogue.Mais le Dre Danielle Mar-coux, dermatologue à l'hôpital Sainte-Justine, révèle que la paraphénylènediamine (PPD), une composante des tatouages temporaires, peut être nocive.La PPD est ajoutée au henné, ingrédient de base des tatouages temporaires, afin d'en augmenter la visibilité et la durée.Or, la sensibilisation à la PPD ouvre la porte à une série de réactions allergiques croisées, notamment des réactions aux colorants capillaires ou à toute autre substance ayant une structure chimique semblable.La pénétration du produit risque donc de transformer une petite fantaisie temporaire en problème permanent! iForum 8 septembre 2003 CHASSEUR D'IMAGES FRANÇOIS DESCHÊNES EST VENU À SHERBROOKE POUR UNE PARTIE DE CHASSE HORS DU COMMUN : ARMÉ DE SA SOURIS, IL TRAQUE LES IMAGES VIRTUELLES ET IL COLLECTIONNE LES TROPHÉES ! François étudie la vision artificielle qui permet à l'ordinateur de prendre conscience de l'environnement 3D dans lequel il évolue, sans lequel il ne saurait agir, réagir et prévoir des actions de façon intelligente.Cette technologie est notamment utilisée en médecine, dans les chirurgies assistées par ordinateur, et en robotique, pour les systèmes de guidage automatique.Venu il y a quelques années faire ses études à Sherbrooke, François a mérité bon nombre de distinctions, de prix et de bourses d'excellence, qui témoignent de l'importance de ses travaux.Il est devenu depuis peu professeur à la Faculté des sciences, où il poursuit sa quête tout en partageant son savoir.Les études et la recherche à l'Université de Sherbrooke, c'est.?des encouragements pour foncer ?la capacité d'innover avec des équipes renommées ?l'avantage de la ville universitaire dans un milieu de vie exceptionnel ?une politique qui protège la propriété intellectuelle Programmes d'études Maîtrises et doctorats Droit Génie Informatique Lettres Sciences Sciences humaines Sciences de la santé Sciences de l'administration Sciences de l'éducation et de l'activité physique Études pluridisciplinaires et en environnement I 50 ans • L'audace porte fruit UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca/audace/recherche Je suis un visionnaire.Je veux promouvoir mes idées.Je veux faire avancer les connaissances.Je veux atteindre mes objectifs et inventer ma carrière.L'Université Laval m'offre le meilleur environnement d'études et de recherche.Première université francophone en Amérique Parmi les 10 plus grandes universités de recherche au Canada Plus de 225 chaires, instituts, centres et groupes de recherche Plus de 1200 chercheurs Environ 170 programmes de formation aux 2e et 3e cycles dont plusieurs avec Profil international 270 millions de dollars en fonds de recherche Bourses, stages, programme études-travail et soutien financier à la réussite Faites des études de 2e et de 3e cycle Le monde s'ouvre à vous.Jusqu'où irez-vous?À vous de choisir.UNIVERSITÉ www.ulaval.ca Aujourd’hui Québec, demain le monde
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