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Découvrir
Éditeurs :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
Contenu spécifique :
Mai-juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Découvrir, 2004-05, Collections de BAnQ.

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#4353 VOLUME 25, NUMÉRO 3 | MAI-JUIN 2004 PER LE BATIMENT : UNE INDUSTRIE QUI BAT DE L'AILE LA REVUE DE LA RECHERCHE cerveau Paroles d luet Les sages La tritare électrique Géopolitique du^désert Sida : deux vaccins^ilutôt qu'un Trous de méLireleurones en délire x- A % H Messageries Dynamiques 7 78313 00468 7 et J'd nj^r Association francophone pour (^savoir - Acfas, 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente rétive aux envois de publications canadiennes 40066605 - decouvrir@acfas.ca 77831300468703 VOTRE PORTE VERS L’AVENIR L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Le réseau de toutes les sciences UQAM Université du Québec à Montréal UQTR Université du Québec à Trois-Rivières UQAC Université du Québec à Chicoutimi UQAR Université du Québec à Rimouski UQO Université du Québec en Outaouais UQAT Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue INRS Institut national de la recherche scientifique ENAP École nationale d’administration publique ETS École de technologie supérieure TELUQ Télé-université À la grandeur du territoire Université du Québec www.uquebec.ca VOLUME VINGT-CINQ | NUMÉRO TROIS MAI-JUIN 2004 DÉCOUVRÎr MOT DE LA RÉDACTION Danielle Ouellet 5 PAROLES DE SCIENTIFIQUES Louis Taillefer 1 SCIENCE CLIPS PAROLES DU CINÉMA MUET • IMMUNOTHÉRAPIE ET CANCER DU SEIN LES SAGES DU VOLANT • LE HASARD NÉCESSAIRE COMMUNICATIONS SANS FIL : RÉSOUDRE LE CONFLIT DES GÉNÉRATIONS LA TRITARE ÉLECTRIQUE • MÈRES AU CARRÉ • GÉOPOÉTIQUE DU DÉSERT SIDA: DEUX VACCINS PLUTÔT QU'UN • LA TERRE SOUS L'ŒIL DES SATELLITES CAMPAGNE ET INFARCTUS • INVESTIR DANS L'AVENIR • PRÊT POUR L’ÉCOLE.AVANT L’ÉCOLE BIEN RESPIRER AU BUREAU • BILAN DE SANTÉ • LA BIO-INFORMATIQUE EN PLEIN ESSOR LA PHOTOSYNTHÈSE EN VEDETTE À MONTRÉAL • LA ROUTE, UN DANGER PUBLIC FARINE ET SANTÉ ENRICHIES • LE DROIT À LA CONNAISSANCE LA CHITINE SORT DE SA CARAPACE • UNE COLLABORATION QUI TOMBE PILE FACE À FACE 32 ÉMILIEN PELLETIER « Rimouski est en train de devenir un véritable pôle de l’océanographie et je veux être du voyage.» De l’enfant qui partait à la pêche aux coques avec son père, au chimiste aguerri qui ausculte maintenant nos océans, Émilien Pelletier n’a jamais cessé de penser à la mer.Sophie Malavoy RECHERCHE 36 LE CERVEAU, L’ULTIME FRONTIÈRE Le cerveau demeure une énigme malgré les efforts soutenus des chercheurs.Mais les découvertes s’accumulent.Dominique Forget ENJEUX 50 LE BÂTIMENT, UNE INDUSTRIE QUI BAT DE L’AILE Pour survivre, nos entreprises de construction doivent ouvrir la porte à l’innovation et repenser leur fonctionnement.Sophie Payeur 58 ZOOM NEURONES EN DÉLIRE Nathalie Kinnard 60 CONGRÈS DE L’ACFAS 2004 LA SOCIÉTÉ DES SAVOIRS, LES CHOIX DE DÉCOUVRIR 62 RUBRIQUES LIVRES, DES NOUVELLES DU FONDS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC DANS LE PROCHAIN NUMÉRO 64 LA FINE POINTE MIEUX GÉRER LES RESSOURCES NATURELLES LE SECRET EST DANS LE CŒUR QUELQUES ASTUCES POUR LE FAIRE CRAQUER DE PRÉCIEUX DÉCHETS CONTRE LA VIOLENCE ENVERS LES ENFANTS 70 LE POINT S MOT DE LA RÉDACTION Le plus gros congrès Le 72e Congrès de l'Acfas, qui se tiendra à I’UOAM du 10 au 14 mai 2004, sera le plus gros de son histoire.Plus de 4000 communications scientifiques, près de 200 colloques et quelque 5000 participants seront au rendez-vous.Sans compter la soirée d’ouverture où les témoignages de chercheurs et les prestations artistiques se côtoieront, les conférences grand public, les expositions, les lectures publiques et les colloques parallèles, notamment celui des jeunes scientifiques de l’école Fernand-Seguin.Dans ce foisonnement d’activités, « Les choix de Découvrir» (p.60) sont le fruit d’une délicate opération.Qu’il s’agisse de santé ou de sciences sociales, de sciences de la nature ou de questions de droit, les colloques retenus traitent de sujets en lien étroit avec les préoccupations de la société d’aujourd’hui.Pour donner avec toujours plus d’insistance la parole aux scientifiques, la direction de Découvrir rendra compte de plusieurs de ces colloques dans un cahier spécial qui paraîtra dans le numéro de septembre-octobre.Ne le ratez pas ! En attendant, dans la chronique Paroles de scientifiques, le physicien Louis Taillefer nous parle de l’importance d'établir des réseaux de qualité en sciences.La journaliste Dominique Forget nous entraîne vers l’ultime frontière, celle des recherches sur le cerveau, notamment à Montréal, véritable capitale mondiale des neurosciences.Sophie Payeur rend compte, dans le dossier Enjeux, de la recherche en lien avec l’industrie du bâtiment au Québec et au Canada.Ce sujet, peu analysé par la communauté scientifique, a fait l’objet d’une étude publiée par le Conseil de la science et de la technologie du Québec et les conclusions sont claires : il y a beaucoup d’améliorations à apporter dans ce domaine chez nous.Bonne lecture et bon congrès ! Danielle Ouellet, M.Sc, Ph.D.Directrice et rédactrice en chef, Découvrir ouellet@acfas.ca DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DÉCOUVRIR, LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR L’ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS AVEC L’AIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET RÉGIONAL (MDER).oév.»oPP^».nf ""’Québec SS DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF DANIELLE OUELLET ADJOINTE À LA RÉDACTION MYRIAM YOUNÈS RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE SIMON FRASER SCIENCE PHOTO LIBRARY PHOTO DE ÉMILIEN PELLETIER JEAN ALBERT RECHERCHE PHOTO MYRIAM YOUNÈS SORTIES POSTSCRIPT FILM-O-PROGRÈS IMPRESSION IMPRIMERIE IMPARS LITHO CERTAINS ARTICLES DE DÉCOUVRIR PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À : DÉCOUVRIR 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L2M7 TÉLÉPHONE : (514) 849-0045 TÉLÉCOPIEUR : (514) 849-5558 DECOUVRIR@ACFAS.CA WWW.ACFAS.CA/DECOUVRIR DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’ACFAS CHRISTINE MARTEL DÉCOUVRIR REMERCIE SES PARTENAIRES FINANCIERS : FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIÉTÉ ET LA CULTURE (FORSC), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES (FORNT), FONDS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC (FRSO), INSTITUTS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU CANADA (IRSC), CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU CANADA (CRSH), CONSEIL DE RECHERCHE EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE (CRSNG), CHAIRES DE RECHERCHE DU CANADA, GÉNOME QUÉBEC, VALORISATION-RECHERCHE QUÉBEC (VRO), CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE À QUÉBEC, CIRANO, UNIVALOR, COVB, CLIPP ETVALÉO NOUS RECONNAISSONS L’AIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS RÉDACTIONNELS PAR L’ENTREMISE DU FONDS DU CANADA POUR LES MAGAZINES.LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR L'AUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ.TÉLÉPHONE : QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605, MAI 2004 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, SECOND TRIMESTRE 2004 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES STÉPHANE MAILHIOT, JEAN THIBAULT TÉL : (450) 227-8414 info@publi-services.com DECOUVREZ LE FUTUR Bon 72e Congrès de u Acfas a tous! Nous profitons de l'occasion pour féliciter les récipiendaires des Prix McGill au titre des meilleures communications étudiantes présentées au congrès 2003 de l’Acfas: Youssef Belhamadia, mathématiques et génie, Université Laval et Francis |oud, Centre de recherche en aménagement et développement, Université Laval ?McGill www.mcgill.ca 4 ^ DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PAR LOUIS TAILLEFER Paroles de scientifiques : 3our une culture de a collaboration Dans les milieux scientifiques, on entend beaucoup parler de réseaux et de regroupements, mais la vraie collaboration n’en émane pas toujours.Dans un contexte de compétition féroce, c’est tout un art de regrouper des chercheurs de différentes institutions pour qu'ils entrent dans un état collectif de collaboration authentique.Mais il est indéniable que de tels liens sont porteurs d’innovation.Des visionnaires dans cet art ont fondé il y a vingt ans l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA).Avec comme seule mission de s'attaquer aux grands défis intellectuels de notre temps, l’Institut est largement financé par le privé.Il remplit parfaitement, dans le paysage de la recherche au Canada, ce vide interstitiel entre les universités et les organismes subventionnaires, évitant l’égocentrisme des unes et la bureaucratie des autres.Il s'agit de « philanthropisme» scientifique génialement géré, où la priorité n’est pas l’institution elle-même, mais l’atteinte de l’objectif de recherche.Le paradis du chercheur, quoi ! On dénombre huit programmes avec 200 chercheurs dans toutes sortes de domai- nes, allant de la cosmologie à la santé des populations, de la supraconductivité à la biologie évolutive, de la nanoélectronique à la science de la Terre1.Ces programmes jouissent d’une reconnaissance internationale spectaculaire.Quel est le secret?Les chercheurs de partout au Canada collaborent vraiment et intensément.Pourquoi?Parce qu’ils sentent une allégeance profonde à leur programme.et à l’ICRA, qui pourtant ne finance aucunement leur recherche ! Les causes d’un tel attachement?D’abord, la durée : un programme dure 10,15, voire 20 ans.Mais surtout, l’ICRA ne demande rien aux chercheurs déjà débordés, si ce n’est de répondre à une seule question : comment pouvons-nous vous aider?Leur réponse : en réunissant autour de moi les collègues qui me stimuleront et en me donnant du temps.Solution : l’ICRA aide les universités dans le recrutement de chercheurs pour créer une masse critique ; il organise des rencontres selon les désirs — où, quand, comment et avec qui — et les besoins des chercheurs; il allège la tâche d'enseignement des profs d’université.L’ICRA a ainsi créé une véri- table culture de la collaboration, qui est activement transmise aux générations futures.Les étudiants participent aux activités, ils sont invités aux rencontres et ils sont responsables de leurs propres écoles d’été.C’est bien simple : ils tombent dans la marmite de la collaboration.Au Québec tout récemment, dans mon domaine, soit la science des matériaux, 60 chercheurs de l’Université de Montréal, de l’École Polytechnique, de l’Université de Sherbrooke et de l’Université McGill ont osé mettre de côté l’échiquier de leurs confrontations et miser sur une foire collective unique en créant le Regroupement québécois sur les matériaux de pointe.Puisse le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), qui finance ce nouveau creuset à fort potentiel de collaboration, adapter ses appuis aux chercheurs pour que la symbiose fonctionne.En terminant, j’aimerais redescendre sur terre et détourner votre attention vers la base fondamentale du savoir et la source même de toute innovation, tant scientifique que sociale, à savoir les enfants et leur éducation scolaire.Car s’il y a une priorité absolue à mes yeux, c’est bien celle d'appuyer les écoles primaires et secondaires, et leurs enseignants.Nous avons un défi collectif de la plus grande importance à relever : celui de guider et d’accompagner nos jeunes pour qu’ils acquièrent la force de former une société plus civilisée que la nôtre — où harmonie sociale et respect profond de la Nature logeront non pas seulement à l’enseigne de la tête et des mots, mais aussi, indéfectiblement, à l’enseigne du cœur et de l’action.Beau projet de collaboration s'il en est.Avec comme seule mission de s'attaquer aux grands défis intellectuels de notre temps, l'ICRA [.] remplit parfaitement, dans le paysage de la recherche au Canada, ce vide interstitiel entre les universités et les organismes subventionnaires, évitant l'égocentrisme des unes et la bureaucratie des autres.1.Interface, vol.20, n° 6, novembre-décembre 1999, p.27.Ê Louis Taillefer Professeur à la Faculté des sciences de TUniversité de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en matériaux quantiques.5 [ DÉCOUVRIR | MAI-JUI~N~20Q4 Le Québec, une société des savoirs L’Association francophone pour le savoir - Acfas offre à la communauté scientifique une tribune unique pour partager, en français, l’avancement de nos connaissances.Je me réjouis que vous participiez en grand nombre à son 72e Congrès, qui se tient présentement à l’Université du Québec à Montréal, sur le thème « La société des savoirs».Le ministère de l’Éducation est heureux de s’associer à l’Acfas.Nous partageons les mêmes objectifs de promotion de l’activité scientifique, notamment en ce qui a trait à la recherche et à la diffusion de la culture scientifique.À l’heure de l’économie du savoir, les progrès scientifiques sont des éléments clés de révolution d’une collectivité et l’Association francophone pour le savoir est au cœur de ces progrès.À cet égard, nos établissements d’enseignement supérieur concourent de façon déterminante à l’essor intellectuel du Québec ainsi qu’aux nombreuses activités de recherche et développement qui y sont réalisées.Leur présence au congrès de l’Acfas témoigne d’ailleurs de cette vitalité.Je vous souhaite un bon congrès et vous remercie de contribuer à faire du Québec une société des savoirs qui rayonne sur le monde.Le ministre de l’Éducation, PIERRE REID Décroche tesrêves Québec SCIE MCE Paroles du cinéma muet Demandez à André Gaudreault pourquoi il s'intéresse au cinéma muet : il vous répondra en riant que c'est, justement, parce que ce cinéma n'est pas muet du tout ! « L'appellation “cinéma muet” étaient souvent des gens de date des années 1930 », explique le responsable du Groupe de recherche sur l'avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique (GRAFICS), à l'Université de Montréal.L'expression permettait de différencier le cinéma existant du cinéma parlant en train d'émerger.« Le hic, souligne le chercheur, c'est que les créateurs de cette expression semblent avoir oublié qu'il s'agissait au contraire d'un cinéma très bruyant, haut en paroles et riche en sonorités de toutes sortes.» En plus de la musique qui accompagnait les projections de cinéma dit «muet», les films étaient souvent présentés par des bonimenteurs, ces « conférenciers » qui venaient animer les diffusions dans les salles de cinéma en commentant ou en racontant ce qui était projeté à l'écran.Les travaux de recherche de l'équipe d'André Gaudreault ont fait revivre cette figure oubliée des débuts du cinéma.La démarche des chercheurs est impressionnante : ils ont dépouillé les quotidiens de la presse montréalaise pour analyser tous les articles qui traitaient de cinéma entre 1895 et 1915.Ces recherches ont notamment fait ressortir toute l'importance du bonimenteur, un personnage beaucoup plus présent dans la vie publique qu'ils ne le croyaient au départ.Les bonimenteurs théâtre ou d'autres médias culturels, qui prêtaient leur voix et leur présence, le temps de la diffusion de ce qu'on appelait à l'époque des « vues animées ».technique pour capter des prestations culturelles comme le théâtre ou les spectacles de magie.Les artisans du cinéma provenaient d'autres médias artistiques et ne représentaient pas encore un groupe distinct de créateurs.Le cinéma naissant a donc bénéficié d'un important brassage cul- dreault, c'est là, en effet, une étape très importante, car la naissance de ces journaux traduit le début de l'organisation d'une industrie typiquement cinématographique.Ce n'est que quelques années plus tard, vers 1915, qu'on assistera à l'institutionnalisation proprement dite du cinéma, au moment où le long métrage s'imposera définitivement Les temps modernes, de Charlie Chaplin.Dans le cadre de travaux subventionnés par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC), le GRAFICS s'intéresse de près à la naissance du cinéma et à son affirmation en tant que média autonome.« Au départ, explique André Gaudreault, le cinéma n'était pas un média purement constitué.Il s'agissait en fait d'une simple machine à enregistrer du mouvement.» Le cinématographe n'était alors qu'un moyen turel et de l'influence des autres médias avant de se définir comme média spécifique.Il s'agit là d'un élément déterminant dans son développement et son affirmation médiatique.C'est ce qu'André Gaudreault et ses collègues appellent l'« intermédialité », un concept central dans leurs études.Avec l'apparition de journaux corporatifs spécialisés en cinéma, 1907 sera une année charnière.Pour André Gau- comme la référence cinématographique, au détriment des courts métrages.L'intérêt de ces recherches n'est pas seulement historique, souligne André Gaudreault.En alliant histoire et théorie du cinéma, les chercheurs du GRAFICS souhaitent apporter un nouvel éclairage sur le paysage médiatique actuel et sur les rapports entre les différents médias d'aujourd'hui.MARIANNE BOIRE | DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 SOURCE : CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE SOURCE : N.RUMIANO Immunothérapie et cancer du sein En 1992, année où le Dr Steven Rosenberg publia son désormais célèbre ouvrage The Transformed Cell : Unlocking the Mysteries of Cancer, l'utilisation du système immunitaire dans la lutte contre le cancer paraissait encore une idée insolite.Depuis, l'immunothérapie a ouvert des portes fantastiques aux oncolo-gistes, qui obtiennent aujourd'hui des résultats spectaculaires lorsque vient le temps d'enrayer des mélanomes ou certaines tumeurs du foie, par exemple.Grâce aux travaux d'une équipe menée par le Dr Réjean Lapointe, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM pavillon Notre-Dame), l'immunothérapie pourrait bientôt servir à traiter le cancer du sein.«Chez les patients cancéreux, le système immunitaire ne reconnaît pas les tumeurs comme dangereuses, expli- que le chercheur.Le Dr Steven Rosenberg et ses collègues du National Cancer Institute, aux Etats-Unis, ont toutefois démontré qu'il est possible d'entraîner les lymphocytes T pour qu'ils puissent repérer les cel- lules malignes et les éliminer.Mais les choses sont loin d'être simples.L'entraînement doit être conçu différemment d'un type de cancer à l'autre.» En effet, pour chaque type de cellule cancéreuse, il faut trouver une cible protéique spécifique.« C'est le nerf de la guerre, poursuit le Dr Lapointe.Il faut cibler une protéine qui se retrouve dans les cellules cancéreuses et nulle part ailleurs dans le corps humain.» C'est précisément l'une de ces cibles que le Dr Lapointe a découverte.En fait, avec l'appui du Fonds de la recherche I umeur Lymphocytes T C'MI I Peptide antigènique Mort cellulaire À la suite de l’activation des fonctions effectrices des lymphocytes T, celles-ci peuvent spécifiquement reconnaître et éliminer les tumeurs présentant les peptides antigéniques exposés par le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH).Cette reconnaissance se fait au moyen du récepteur des cellules T (TcR), pour lequel il y a une très grande diversité.Ainsi, chaque lymphocyte T a la capacité de reconnaître un seul peptide dérivé d’un antigène donné.Notre défi consiste à stimuler les lymphocytes T dont le TcR est spécifique à des antigènes présents dans le cas du cancer du sein, dans le but d’éliminer les tumeurs.8 Magnétoiles: énigmatiques et magnétiques (ASP) — Les mystérieuses magnétoiles -des étoiles à neutrons capables de démagnétiser une carte de crédit à des milliers de kilomètres ! - pourraient être plus répandues que l’on ne le pensait.Telle est la conclusion d’une équipe canado-américaine, dirigée par Peter Woods du Marshall Space Flight Center (Nasa), dont faisait partie Victoria Kaspi, physicienne à l’Université McGill.« Les magnétoiles sont les seuls exemples d’étoiles qui ne tirent pas leur énergie d’un mécanisme classique tel que la fusion nucléaire, explique-t-elle.Cette nouvelle façon de briller en fait des objets fascinants.» Détails : www.sciencepresse.qc.ca/archives/ quebec/capque 0104e.html Les mots qui blessent (ASP) — «Je ne t’aime pas».«Je regrette de t’avoir mis au monde».«Tu es un incapable et tu le resteras toute ta vie ».Le rejet par le parent se révèle un geste traumatisant et destructeur, et beaucoup plus difficile à mettre en lumière que les coups.Marie-Hélène Gagné, de l’École de psychologie de l’Université Laval, et sa collègue Francine Lavoie ont mis au point un questionnaire qui sert à mesurer la violence psychologique que subissent les jeunes.Les premiers résultats sont parus dans la Revue canadienne des sciences du comportement.J UfcLUUVRIR I MAI-JUIN 2Q04~~| Les sages du volant en santé du Québec et des Instituts de recherche en santé du Canada, son équipe en a même trouvé deux ! Poury arriver, les chercheurs ont eu recours aux précieux outils de la bioinformatique.« Avec des techniques de séquençage, nous avons identifié une série de gènes qui sont exprimés uniquement dans les cellules du cancer du sein.Après des études plus poussées, nous en avons retenu deux.Une fois les gènes identifiés, nous avons pu déduire quelles étaient les protéines codées par eux.» Au cours d'études futures, l'équipe du Dr Lapointe espère pouvoir immuniser des patientes en injectant dans leur sang des fragments des protéines qu'il a identifiées.Au moment de l'injection, les cliniciens administreront aussi un puissant adjuvant qui stimulera le système immunitaire.« Les cellules immunitaires se multiplieront et reconnaîtront la protéine comme un agent étranger.Elles aiguiseront leurs défenses pour pouvoir la détruire.» Ultérieurement, si tout se passe comme prévu, dès que le système immunitaire repérera les cellules produisant ces protéines, il procédera à leur élimination.Seules les cellules tumorales du sein seront touchées.Le Dr Lapointe fonde beaucoup d'espoir en sa découverte.« Mon rêve serait de pouvoir administrer un vaccin aux femmes ayant des prédispositions génétiques à développer un cancer du sein ou à celles qui viennent de subir une mammectomie.Les nouvelles cellules cancéreuses seraient tuées avant même de pouvoir former une tumeur.» DOMINIQUE FORGET C'est un fait : la population du Canada vieillit.Et cela n'est pas sans impact sur le domaine de la santé, mais aussi sur celui de la sécurité publique.En effet, d'ici peu, la majorité des conducteurs arpentant les routes canadiennes seront des personnes âgées.Et si l'âge en soi n'influence pas les capacités de conduite, les troubles médicaux et moteurs associés au vieillissement affaiblissent les facultés au volant.Ainsi, la loi exige que les médecins signalent tout conducteur inapte à conduire en raison de problèmes de santé, tels des troubles cardiaques ou des maladies neurodégénératives.Cependant, il n'existe actuellement aucune démarche uniformisée pour évaluer l'aptitude d'un conducteur à conduire ou non.Les médecins sont donc laissés à eux-mêmes pour décider du sort des automobilistes.«Mais la révocation d'un permis signifie une perte d'autonomie pour le conducteur, et spécialement pour les personnes âgées qui ont de la difficulté à se déplacer autrement, signale le Dr Malcolm Man-Son-Hing, professeur au Département de médecine de l'Université d'Ottawa.L'impact psychologique est important; certaines personnes sombrent dans la dépression.» D'où le besoin urgent de bien comprendre les enjeux liés au vieillissement et à la sécurité routière.Le Dr Man-Son-Hing et ses collègues Frank Mol-nar et Shawn Marshall ont lancé l'Initiative canadienne sur la conduite automobile par les aînés, CanDRIVE (Canadian Driving Research Initiative for Vehicular Safety SCIENCE E in the Ederly).Ce groupe de recherche interdisciplinaire est financé par le programme de subvention aux équipes en voie de formation, les bourses NET (New Emerging Team) de l'Institut du vieillissement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).« Grâce à ce financement, nous avons mis sur pied une équipe multidisciplinaire de 40 chercheurs canadiens, dont des gériatres, des spécialistes en réadaptation, des épidémiologistes et des psychologues », précise le Dr Man-Son-Hing.Les chercheurs collaborent notamment à une étude pilote qui vise à analyser les caractéristiques entourant les accidents provoqués par les personnes âgées.Pour ce faire, le groupe CanDRIVE projette de suivre pendant un an une centaine de conducteurs.?éw** w ***** «MlMPi DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PHOTO : © TIMOTHY ENDING SCIENCE «Si les résultats sont concluants, nous prévoyons demander un financement supplémentaire aux IRSC afin de pouvoir observer de 3 à 5 000 conducteurs âgés sur une période de cinq ans», note le gériatre.Par ailleurs, des chercheurs mènent une enquête auprès des médecins de famille afin de déterminer leurs connaissances, attitudes et pratiques relatives à l'évaluation de l'aptitude à conduire des personnes âgées.En collaboration avec le Toronto Rehabilitation Institute et le Collège des médecins de famille du Canada, ils désirent développer un outil de dépistage qui permette aux médecins de famille du Canada de reconnaître rapidement les conducteurs à risques.«Nous évaluons également l'efficacité des cours de recyclage et celle de l'émission de permis restreints pour la conduite automobile par les aînés, révèle Malcolm Man-Son-Hing.Ces solutions de rechange à la révocation du permis peuvent aider les conducteurs prudents et compétents à demeurer autonomes.» Les scientifiques évaluent notamment le programme américain de conduite automobile 55 Alive.Ils comparent un groupe d'individus qui a suivi le cours de perfectionnement avec un autre qui ne l'a pas suivi.« Nous voulons vérifier si ce genre de programme aide les conducteurs âgés à retrouver leurs réflexes de jeunesse et à adopter un comportement de conduite plus sécuritaire, conclut le gériatre.Et donc, à garder leur permis ! » NATHALIE KINNARD 10 J"DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 Le hasard nécessaire En génétique des populations, il faut manipuler, comme on l'imagine, de très grands nombres.Les généticiens sont fort capables de réaliser de telles prouesses mathématiques.Mais, dans ce domaine de recherche qui croule sous l’accumulation des données, la contribution des mathématiciens eux-mêmes est très appréciée.C’est un peu par hasard que Sabin Lessard, tout juste titulaire d'un doctorat en mathématiques axé sur la théorie des probabilités, est amené à s’intéresser à la génétique des autres personnes inscrites sur une liste d’attente.Or, comme j'étais déjà rendu en France, j’ai été immédiatement choisi ! » De la chance?Pas vraiment, car ses compétences de mathématicien étaient déjà, à l'époque, fort prisées en génétique des populations.Et comme il le formule lui-même : « Il est plus facile pour un mathématicien d’apprendre de la génétique que l’inverse.» De la génétique, Sabin Lessard en apprend beaucoup durant l’année et demie qu’il travaille auprès de Jacquard.Puis il constate qu’il serait plus temps O' g z> ^ 0 Q n H 2 3 4 5 6 2 3 4 5 6 Processus de coalescence.populations.Nous sommes à la fin des années 70, il est professeur remplaçant à l’UQAM et l’on vient d’y inviter, pour une série de conférences, un spécialiste en génétique des populations, un certain Albert Jacquard.Enthousiasmé, Sabin Lessard se propose pour effectuer un stage postdoctoral avec Jacquard.« Il a considéré ma demande, mais je ne sais pas s’il me prenait vraimentau sérieux.« Dès que j’ai obtenu une bourse, poursuit-il, je lui ai annoncé mon arrivée! Ce que j’ignorais, c'est qu’il fallait d’abord être accepté, puis patienter comme toutes les avantageux pour lui de poursuivre son postdoctorat aux États-Unis.Il s'installe donc à Stanford, où il passe trois années.Durant son séjour, on lui demande d'arbitrer un article soumis à un périodique.Il recommande chaleureusement l’article, qui fera date.Est-ce un hasard?Son auteur était aussi un mathématicien, sir John Kingman.« Dans cet article, Kingman formalisait, pour la première fois, la théorie de la coalescence, le champ de recherche le plus excitant actuellement en génétique des populations.Sur le coup, je n’ai pas vu que ce texte était révolutionnaire, moi qui étais l’un des premiers à le lire.» Manque de pot?« En fait, malgré une approche complètement différente, Kingman apportait des réponses déjà connues à des problèmes classiques.Cela ne m’a pas paru si utile», se souvient Sabin Lessard.De fait, les chercheurs ont mis quelques années avant d’apprécier la fécondité de cette méthode.L’approche classique consiste à déterminer dans quelle direction une population donnée, soumise à certains facteurs d’évolution comme la viabilité, la force de mutation des gènes, les recombinaisons, les flux migratoires, etc., est susceptible d’évoluer.On tente de deviner son état futur.La théorie de la coalescence fait l’inverse : à partir d’un échantillon de séquences d’ADN, on cherche les parents de la génération précédente, puis on remonte à la génération précédente, et ainsi de suite jusqu’à leur ancêtre commun.« Ce concept de coalescence est très avantageux, en théorie d'abord, mais surtout en pratique.Il permet notamment de localiser des gènes inconnus, responsables de certaines maladies.Il est aussi utile pour réaliser des cartographies génétiques ou mieux comprendre les flux migratoires », explique Sabin Lessard, maintenant professeur titulaire au Département de mathématiques et de statistique à l’Université de Montréal et chercheur subventionné par le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG).Et ça, ce n’est pas par hasard.FRANÇOIS GRENIER «La plupart des travailleurs de nuit ne parviennent jamais, même après des années, à s’adapter à un horaire.» Pour les conclusions de cette recherche et de 700 autres études prioritaires en santé et en sécurité du travail, consultez notre nouveau site: www.irsst.ac.ca 0st Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail Communications sans fil: résoudre le conflit des générations Nécessité pour les uns, nuisar cellulaire s’est bel et bien imp D’abord conçu pourtransmet-tre la voix, cet outil de communication mobile a rapidement profité de la convergence des technologies.Derniers en date, les appareils de troisième génération naviguent désormais sur Internet, transportent les images, prennent des photos, etc.Or la vague du G3 touche à peine nos rivages que déjà les chercheurs planchent sur l’ambitieuse plate-forme du G4.; pour les autres, le téléphone nté dans nos mœurs.l’École nationale supérieure des télécommunications de Paris, il s'installait à Montréal.Aujourd’hui professeur agrégé à l’INRS et chercheur en communications sansfil, il détient une chaire de recherche du Canada en communications sans fil à haute vitesse.Sofiène Affès n’est pas un rêveur, mais ses vues sur l’avenir de ce type de communications ont de quoi faire rêver.« Imaginez! On pourra mettre mateurs.Sofiène Affes le concède.L’industrie sera placée devant le dilemme suivant : offrir le service ou créer la demande.Les défis à relever sont gigantesques.«Vous savez, précise-t-il, on parle beaucoup de la convergence des technologies, mais, par rapport à nos ambitions, nous en sommes encore bien loin.» En effet, c'est présentement la jungle.La cause?L’hétérogénéité des services, des technologies, des protocoles, des débits, des réglemen- Chambre anéchoïque pour la caractérisation et la validation, dans un environnement isolé, de nouvelles antennes pour les futures communications sans fil du laboratoire radio-fréquence à l’INRS.I 5 ï: m .KWWtk VWVk l-WVV! rr rr rrrr La recherche dans le domaine des communications sansfil est en pleine effervescence.À ce chapitre, l’Institut national de la recherche scientifique, l’INRS, n’est pas en reste.Sofiène Affes n'a d’ailleurs pas hésité très longtemps avant de venir y compléter son post-doctorat.En 1995, une semaine après la soutenance de sa thèse à ensemble la voix et les images, accéder à la télé et à la radio, consulter des bases de données, naviguer sur Internet, le tout étant intégré dans un terminal multimode sans câble de connexion, totalement mobile.C’est ça, la technologie du G4.» Les sceptiques sont toutefois nombreux à douter de la réponse positive des consom- tations, etc.Par exemple, la voix demande peu de qualité et de précision, mais elle est sensible aux délais.Les fichiers numériques, de leur côté, exigent précision et qualité, mais ils peuvent se transmettre par paquets, parce que moins sensibles aux délais.Et puis, comment faire tenir, dans un même appareil qui reste portatif et convivial, une telle variété matérielle et logicielle?« Plutôt que d’empiler virtuellement, les uns sur les autres, différents récepteurs dans le même appareil, explique Sofiène Affes, l’une des options les plus étudiées est de repousser la frontière du logiciel afin de gérer en même temps des technologies matérielles distinctes, voire de différentes générations.» Outre cette convivialité rétrospective, l’accroissement du débit pose un problème crucial.Plus grande est la largeur de bande passante, plus nombreux sont les problèmes de distorsion, de réplique du signal.Une solution : diviser le canal en sous-canaux plus petits; c’est ce qu’on appelle le « multiplexage en fréquence ».Mieux encore : combiner le multiplexage en fréquence avec le multiplexage spatial.Il en résultera que sur un même canal, plusieurs antennes différenciées spatialement émettront en direction d’un appareil doté de plusieurs antennes capables d’effectuer du filtrage spatial.C’est cette avenue de recherche ou MIMO, pour « multi-input multi-output», que privilégie Sofiène Affes.Au Japon, l’utilisation des appareils de la troisième génération est généralisée, mais pas en Amérique.«On l’annonçait pour 2000, et nous sommes en 2004.Le G3 sera plus présent, estime Sofiène Affes, mais il n’occupera pas la place que l’on pensait.Ce sera une technologie parmi d’autres, rapidement absorbée par le G4, aux environs de l’an 2010.FRANÇOIS GRENIER DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 | SCIENCE mn La Iriiare électrique Quel est l'instrument de musique qui a des cordes en forme de Y et qui peut sonner comme une cloche ou comme une guitare ?La tritare électrique ! Gauthiertravaillaitsurun problème de mathématiques classique, qu'il n'a jamais résolu d'ailleurs.En tentant de le résoudre, il a inventé un sys- Claude Gauthier (à gauche) et Samuel Gaudet.La science en ACTION pour un monde en ÉVOLUTION Plus que des recherches Des solutions L'Institut national de la recherche scientifique (INRS), un réseau universitaire de centres de recherche de premier plan, contribue à l'avancement des connaissances et à la formation de chercheurs dans des domaines de haute priorité scientifique et technologique.Fort d'une expertise qui combine le génie, les sciences naturelles, les sciences biomédicales et les sciences sociales, l'INRS agit là où le sollicitent les enjeux collectifs : :: Changements climatiques : impacts et adaptation :: Gestion des ressources et des risques environnementaux :: Applications photoniques et biomédicales de technologies laser :: Microfabrication, nanofabrication et communications sans fil :: Étude des problèmes de contamination et de leurs effets sur la santé :: Élaboration de vaccins et de médicaments Pour l'instant, Samuel Gaudet, son co-inventeur, peut se targuer d'être le plus grand tri-tariste au monde puisqu'il possède l'unique exemplaire de l'instrument ! «Si l'on en vendait quelques milliers, ce serait un succès, à mon avis », lance ce chercheur en mathématiques appliquées.qui a bon espoir de voir son instrument mis en vente d'ici un an.C'est avec un autre mathématicien de l’Université de Moncton qu'il a eu l'idée de la tritare.« Mon collègue Claude tème de nombres qui a des symétries nouvelles : c'est la fameuse forme en Y.« Un jour, on s'est demandé : si l'on donnait cette forme en Y à des cordes, comment le système vibrerait-il ?On voyait que, mathématiquement, les vibrations différaient de celles de la corde simple.« Il ne faut jamais oublier qu'il existe un lien étroit entre la musique et les mathématiques, poursuit Gaudet, lui-même guitariste amateur.?:: Analyse de tendances économiques et démographiques :: Étude de phénomènes sociaux, culturels, urbains et régionaux Avec un taux de placement très élevé de ses étudiants de 2e et de 3e cycle, l'Institut contribue également à doter le Québec d'une main-d'œuvre de haut niveau.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Téléphone: (418) 654-2500 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 Par exemple, les gammes sont basées sur des observations mathématiques.Pythagore a été le premier à proposer une gamme musicale.» Ce n'est qu'après s'être délectés pendant deux ans avec leur problème de vibration de réseaux de cordes que les mathématiciens se sont attaqués à la conception même de leur instrument.Comme ils souhaitaient que la tritare puisse fonctionner comme une guitare, ils ont opté pour six cordes ou, plus exactement, six réseaux de cordes en forme de Y.L'instrument prend lui-même la forme d'un Y inversé.Les notes se jouent unique-mentsurle plus longdes trois manches, mais on peut pincer n'importe lequel des trois segments de cordes.Et là, surprise! «On peut obtenir un son qui ressemble à celui de la guitare électrique, tandis qu'à l'autre extrémité, les sons font penser à des cloches d'église ou à des cloches tubulaires.» Autrement dit, la tritare a en commun avec les instruments à percussion de pouvoir donner des sons dits « inharmoniques », ce qui est impossible avec les instruments à cordes conventionnels.La demande de brevet que les chercheurs de Moncton ont déposée vise à protéger tout instrument à réseaux de cordes.Car leurs projets vont bien au-delà de la tritare électrique : tritare acoustique, tri-violon, violoncelle avec des cordes en Y.Pourquoi pas?«Ce serait intéressant de sortir un instrument par an », rêve Samuel Gaudet.CAROLINE FORTIN Agence Science-Presse CERCLE DES AMBASSADEURS CONGRÈS ET RÉUNIONS QUÉBEC M Si vous êtes membre d’une association nationale, nord-américaine et/ou internationale, vous êtes l’ambassadeur ciblé.Le Cercle des ambassadeurs vous offre gracieusement ses services: Préparation et présentation de candidature; • Planification, organisation et promotion de votre événement.Venez nous rencontrer au salon des exposants du 72e congrès de l’ACFAS.www.cercledesambassadeurs.com Mères au carré Contrairement aux autres chercheurs qui se sont intéressés aux lesbiennes élevant des enfants, Line Chamberland, chercheuse associée à l’Institut de recherches et d’études féminis- tes de l’Université du Québec ces familles sont « meilleures Elle cherche plutôt à comprendre leurs structures et leurs pratiques.Jusqu’à maintenant, de plus, les études sur les familles homosexuelles ont surtout porté sur le développement des enfants.Leurs conclusions : ceux-ci ne sont pas plus isolés, mésadaptés, abusés ou gais que leurs camarades nés dans une famille hétéro.Line Chamberland et Danielle Julien, chercheuse principale qui dirige l’Équipe de recherche sur la famille et son environnement, ont décidé de plutôt fouiller les dynamiques des différentes familles lesbiennes.Elles ont reçu à cette fin une subvention du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.« Nous n’avons pas d’hypothèses de recherche très précises », admet la sociologue.Plutôt une série de questions qui, toutes, tournent autour de l’origine de l’enfant ou, dans le jargon scientifique, autour de la structure parentale des familles co-maternelles.Les 74 ménages qui ont rempli un questionnaire, en effet, ont tous à leur tête des femmes qui aiment les femmes, mais ils ne sont pas tous pareils.Leurs quelque 120 enfants peuvent être issus d’une relation hétérosexuelle antérieure (60 p.100 des cas), avoir été conçus avec le sperme d’un donneur connu (20 p.100) ou grâce à une Montréal, ne veut pas savoir si ou « pires » que les autres.banque de sperme (18 p.100), ou encore, provenir de l’adop- tion (2 p.100).Or, un bambin né par suite du recours à une banque de sperme ne verra jamais son père, tandis que celui qui habite dans une famille où les co-mères lesbiennes ont chacune eu un enfant dans le cadre d’un mariage hétérosexuel pourrait avoir deux papas, si ces hommes sont restés dans le décor! Sans compter les grands-parents, les oncles ou les tantes.Les chercheuses veulent savoir comment cette famille élargie, qui se distingue par l’acceptation de l’homosexualité, influence la satisfaction conjugale des co-mères, leur santé mentale ou leur relation avec l’enfant.Elles vont aussi regarder comment ce « réseau DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 parental » aide les lesbiennes à faire accepter à leurs enfants leur relative marginalité, malgré l’homophobie ambiante.En effet, le Québec a eu beau voter en 2002 la Loi instituant l’union civile, la discrimination envers les gais est encore présente.Surtout que les mères homosexuelles ne veulent plus vivre dans le placard.Justement, les analyses préliminaires montrent que les lesbiennes ayant recouru à une banque de sperme seraient davantage victimes de discrimination à la garderie, à l’école ou chez le pédiatre.Ces femmes seraient toutefois, à l’instar de celles qui ont enfanté grâce à un donneur connu, plus heureuses ê dans leur couple que les lesbiennes ayant conçu leur enfant dans le contexte d’une relation hétérosexuelle antérieure.Dans cette étude, 90 p.100 des lesbiennes qui ont eu leur bout de chou grâce à un donneur connu sont francophones, contre à peine 44 p.100 pour celles qui ont utilisé une banque de sperme.Pour l’instant, l’échantillon de recherche est trop petit pour conduire à une véritable étude statistique.Aussi, en collaboration avec l'Association des mères lesbiennes du Québec (AMLQ), l’équipe de Danielle Julien ira interroger des mères lesbiennes dans le reste du Canada.D’ici 2005, elles tenteront de confirmer ces résultats et de démêler le reste des liens sociaux, légaux et biologiques qui caractérisent les lesbiennes, leurs enfants et leurfamille élargie.ANICK PERREAULT-LABELLE Géopoétique du desert sciewce HTfTl L’appel des sens (ASP) - Le toucher, l’odorat et le goût sont des sens peu valorisés par les sociétés occidentales.«Ils sont souvent occultés par la vision et l’ouïe, des sens plus civilisés», signale David Howes, anthropologue de l’Université Concordia.Son dernier livre, Sensual Relations : Engaging the Senses in Culture and Social Theory, se penche sur l'importance des cinq sens au sein de différentes cultures.Voir la page Web de la Concordia Sensoria Research Team : http://alcor.concor dia.ca/~senses/ Rachel Bouvet adore lire avec un crayon à la main.Pourquoi ?C'est qu'elle aime non seulement souligner les passages importants, mais surtout dessiner les cartes géographiques des paysages qu'elle découvre au fil des pages ! Professeure au Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Rachel Bouvet se passionne pour un domaine de recherche encore méconnu au Québec : la géopoétique.«La géopoétique est au croisement de la littérature, de la géographie, de la philosophie et des arts, explique cette chercheuse spécialisée en géographie littéraire.Elle met en jeu une toute autre façon de concevoir le monde, selon laquelle l'espace est l'élément premier.» Plus concrètement, la géopoétique est un champ de recherche et de création ouvert en 1989 par l'écrivain écossais Kenneth White.Le mouvement regroupe des intellectuels, des artistes et des créateurs qui entretiennent un rapport particulier avec l'espace.La géopoétique implique une démarche différente de celle qui place habituellement le temps au premier plan.C'est cette logique qui amène des chercheurs en littérature comme Rachel Dans le cadre de travaux Bouvet à étudier un récit subventionnés par le Fonds davantage sous son aspect québécois de la recherche sur géographique que dans une la culture et la société (FQRCS), perspective temporelle.Rachel Bouvet s'intéresse à la 15 | DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 Ëberhardt Lettres cl journaliers «l 'fa *' ¥ — Jll WM *tk £u *-v ht&A géopoétique d'un univers qui la passionne : le désert.«J'ai vécu en Égypte quelques années, explique la chercheuse.Dans ce pays, on est toujours près du désert.Ce paysage me fascine et c'est pourquoi, dans mon travail, je m'intéresse en particulier au désert égyptien, au Sahara, à l'Afrique du Nord et au Moyen-Orient.» Au cœur du désert, la figure du nomade passionne particulièrement Rachel Bouvet.«On assiste présentement à une nostalgie du nomadisme, explique-t-elle.Tout le monde veut redevenir nomade.Mais même si les voyages ont pris beaucoupd'ampleurau cours des dernières décennies, les véritables populations de nomades ont pratiquement disparu.» À travers ses lectures, la chercheuse tente de comprendre les racines de cette fascination et de voir quelle résonance ont les représentations du nomadisme pour nous, Occidentaux.« Pour des lecteurs québécois, le désert est avant tout exotique et toute une imagerie s'installe en nous, avec des caravanes, des nomades, des chameaux.Pour quelqu'un qui vit dans le désert, ou près du désert, la dimension exotique est complètement absente.Le désert représente davantage le lieu d'origine, un milieu difficile à vivre.» Dans le Groupe de recherche sur l'imaginaire du désert, qu'elle dirige à l'UQAM, Rachel Bouvet a choisi d'adopter la perspective de la lecture pour faire ressortir ces différentes figurations du désert.Le corpus de textes étudié inclut des auteurs de différentes époques et origines comme Eber- hardt, Loti, Saint-Exupéry, Le Clézio, Chedid et Mokeddem.Dans sa démarche, la chercheuse s'intéresse davantage au point de vue du lecteur qu'à celui de l'auteur.Elle cherche à comprendre comment les représentations du désert s'intégrent à l'imaginaire des lecteurs, selon leur lieu d'origine.En parallèle avec ces recherches, Rachel Bouvet travaille à mettre sur pied un atelier québécois de géopoétique.Mieux connu en Europe, le mouvement fait ses premiers pas au Québec.Un petit groupe d'artistes et d'intellectuels s'est déjà rallié au projet et travaille à l'instauration d'une structure permanente qui leur permettra de partager leur passion commune pour l'espace et le nomadisme.MARIANNE BOIRE Nous serons présents au congrès de l’ACFAS.Venez-nous rencontrer ! tCOTOXICOLOOIE MOLÉCULAIRE Les traitements antirétroviraux Parents d ailleurs, enfants d'icï Ecotoxicologie moléculaire Experiences et défis Dynamiques d adaptation du role parental chez les immigrants Principes fondamentaux et perspectives de développement Sous la direction de Joseph J.Lévy, Janine Pierret et Germain Trottier Collection Santé et Société Sous la direction d Emilien Pelletier, Peter G.C.Campbell et Francine Denizeau Louise Berube Collection Problèmes sociaux et interventions sociales 252 pages 39 $ 540 pages 129 $ 278 pages 45 $ Téléphone : (418) 657-4399 Télécopieur : (418) 657-2096 Démocraties métropolitaines Sous la direction de Bernard Jouve et Philip Booth Collection Géographie contemporaine 354 pages 45 $ ÊËJ Presses de l-Université du Québec ^ ^de^connaissance WWW.PUP.C0 16 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2Q04~| SCIENCE Sida : deux vaccins plutôt qu'un Vingt ans après la découverte de l'agent causal du sida, le VIH, une centaine de vaccins potentiels ont été mis au point.Mais aucun n'a encore vrai- patients recevront un pla- ment fait ses preuves.Plusieurs scientifiques croient toutefois que la combinaison de deux de ces vaccins pourrait donner des résultats encourageants.Le Dr Jean-Pierre Routy, chercheur à la Division d'hématologie et au Service d'immunodéficience de l'Hôpital Royal Victoria, s'apprête à vérifier cette hypothèse.Il s'intéresse à la combinaison du ALVAC, un vaccin développé par Aventis-Pasteur, et du REMUNE, un vaccin mis au point par les compagnies Immune Response Corporation et Agouron Pharmaceuticals.« Dans les deux cas, il s'agit de vaccins non pas préventifs, mais thérapeutiques, prévient le Dr Routy.En effet, ils ne bloquent pas totalement l'infection virale, mais visent à stimuler la réponse du système immunitaire pour lui permettre de mieux combattre l’infection.» Alors que l'ALVAC favorise la multiplication des cellules CD4+, aussi appelées « lymphocytes T », le REMUNE aide à la production des cellules CD8+.«Les premières voient à l'organisation de l'ensemble des cellules du système immunitaire alors que les secondes détruisent les cellules déjà infectées», poursuit-il.Sur une période de 24 semaines, 60 patients infectés par le VIH se présenteront à la clinique du Dr Routy.Toutes les deux semaines, ils recevront cinq injections : 20 cebo, 20 autres ne recevront que le REMUNE, les 20 derniers recevront l'ALVAC et le REMUNE combinés.Au bout des 24 semaines, les patients pas.« Les malades que nous allons recruter seront en bonne forme physique, fait-il valoir.Chez la plupart d'entre eux, l'infection par le VIH sera récente.Si jamais la vigueur du système immunitaire tombe sous un certain seuil, En effet, même si la trithérapie donne des résultats inespérés, elle n'offre pas à tous la cure miracle.Chez certains patients lourdement traités dans le passé, elle peut devenir inefficace.Chez ceux qui reçoivent des mÊtM Tubes contenant les lymphocytes (échantillons de sang) qui seront analysés avant et après la vaccination.devront arrêter la tri-thérapie, aussi appelée «thérapie antirétrovirale », pendant un mois.Les médecins suivront durant cette période le rebond virologique chez chaque cohorte de patients, en espérant qu'il sera moindre chez la cohorte ayant reçu les deux vaccins.L'arrêt de la tri-thérapie pourrait-il avoir des conséquences graves si les vaccins ne sont pas efficaces ou chez les patients ayant reçu le placebo ?Le Dr Routy ne le croit on relancera la thérapie antirétrovirale et des mesures d'urgence seront prises.» Le médecin ne craint pas d'avoir de la difficulté à recruter des participants pour cette étude, subventionnée entre autres par le Fonds de la recherche en santé du Québec.«Au pays, il s'agit de la première étude clinique pour un vaccin contre le sida.Je pense que les patients seront très motivés à collaborer.Ultimement, c'est leur qualité de vie qui sera améliorée.» antirétroviraux pour la première fois, on estime que la multiplication du VIH sera bloquée pour au moins quatre à cinq ans.Après, il faudra voir.Il faut aussi savoir que les souches du virus résistantes à la thérapie antirétrovirale sont de plus en plus répandues.«Il faut améliorer les traitements offerts aux personnes infectées par le VIH, déclare le Dr Routy.On ne peut s'asseoir sur nos lauriers.» DOMINIQUE FORGET | DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PHOTO : MYRIAM YOUNÈS 1870.Siège de Paris.Pour organiser leur défense, des militaires prennent les premières photographies aériennes à partir de montgolfières.2004.Des satellites photographient l'atmosphère pour fournir aux scientifiques des données qui alimenteront les modèles de changements climatiques et de comportement des écosystèmes.La science de l'observation de la Terre, appelée «télédétection » depuis 1972, se situe aujourd'hui à la convergence des sciences spatiales, de l'informatique et de l'environnement.«La télédétection est l'outil principal pour étudier et comprendre les changements climatiques, la dégradation des sols, l'expansion urbaine ou la déforestation tropicale», note Ferdinand Bonn, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en observation de la Terre.En marge du microscope, qui regarde l'infini-ment petit, et du télescope, qui scrute l'infiniment grand, la télédétection devient un macroscope qui observe et comprend l'infiniment com- plexe.«Mais il reste beaucoup à faire pour que les données issues des satellites soient transformées en une information intelligente, utilisable par les agronomes, les hydrologues ou les géomorphologues pour la gestion de l'environnement, explique ce chercheur qui a fondé le Centre d'applications et de recherches en télédétection (CARTEL) de l'Université de Sherbrooke.La Chaire soutient et renforce les activités de recherche entreprises par le CARTEL pour régler cette question.» Ainsi, Ferdinand Bonn et son équipe développent de nouvelles méthodes d'extraction, d'interprétation et d'exploitation des données-satellite, ainsi que des applications de télédétection aérospatiale et de géomatique pour les sciences environnementales.«Nous voulons notamment mieux comprendre et prévoir les interactions complexes du système Terre-atmosphère-biosphère qui altèrent les données-satellite», signale le géographe.Tout corps dont la température excède - 273,15 °C (zéro absolu) émet un rayonnement électromagnétique qui peut être absorbé, réfléchi ou transmis par les objets qu'il atteint.La télédétection mesure ce rayonnement des corps, capté par les satellites.Mais les mesures sont affectées, dans des proportions variables, par les caractères d'absorption et de diffusion de la tranche d'atmosphère traversée par le rayonnement.Les chercheurs de la Chaire tentent donc d'évaluer l'influence de l'atmosphère sur le rayonnement émis par différents objets.Ils utilisent des parcelles de terrain sur lesquelles ils plantent différents végétaux et où ils contrôlent l'humidité du sol ou l'ajout d'engrais.«Nous comparons le signal reçu par des capteurs situés à 4 mètres de hauteur, donc IE MCE La Terre sous l'œil des satellites Image RADARSAT-i de la crue de la rivière Rouge au Manitoba en 1997.La ville de Winnipeg est au nord de l'image et les zones inondées apparaissent ici en bleu grâce à un traitement informatique.Les images acquises par le satellite canadien RADARSAT-i permettent de suivre et de cartographier les inondations en temps quasi réel parce que ce satellite, qui utilise des microondes, peut « voir » à travers les nuages et que ses modes d'acquisition peuvent être programmés selon les besoins des utilisateurs.Ces images ont été très utiles pour aider les secours sur le terrain, mais aussi pour évaluer les dommages subis par les habitants et l'agriculture.GiantV» Eau-dc-Vy devnn 1 m Suisse \ Histoire de l’alcool en Nouvelle-France (ASP) — « Les Canadiens de la Nouvelle-France consommaient plus d’eau-de-vie que de vin.Et chez les classes populaires, !’eau-de-vie remplaçait le café.Alcool et pain constituaient la collation du matin», raconte Catherine Ferland, étudiante au doctorat en histoire à l’Université Laval.Les Canadiens avaient accès à une bonne variété de boissons, poursuit-elle, et les cabarets étaient nombreux dès 1660 : chaque profession possédait le sien.proche de son travail.Détails : www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0204d.html DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 AU COEUR DE LA MATIÈRE! En explorant la matière à l'échelle infiniment petite des électrons et des atomes, Louis Taillefer est à la recherche de propriétés révolutionnaires des matériaux, telles que la superconductivité.Ses recherches l'ont amené à invalider une loi de la physique datant de 150 ans et à remettre en question la théorie classique des électrons dans les solides.Quand on a affaire à des milliards d'électrons qui collaborent, les possibilités de comportement inattendu sont énormes et le potentiel technologique, stupéfiant ! La recherche à l'Université de Sherbrooke, c'est bien plus que 90 M$ en subventions.C'est aussi : ?des découvertes qui changent le monde ?des ressources efficaces de soutien au travail scientifique Nommé Scientifique de l'année par la Société Radio-Canada en 2002, Louis Taillefer est aussi lauréat du Prix Marie-Victorin 2003, la plus haute distinction accordée à un scientifique par le gouvernement du Québec.Il dirige le programme des matériaux quantiques de l'Institut canadien de recherches avancées, un réseau de scientifiques de haut niveau à travers le Canada et le monde.À 43 ans, Louis Taillefer est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en matériaux quantiques de l'Université de Sherbrooke où il enseigne à la Faculté des sciences.50 ans L’audace porte fruit UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE des collaborations fructueuses entre les disciplines en^éfUdeSSUpénW« en Physique à l'Université de Sherbrooke, c'est aussi une bourse presque assurée pour OUtes les Personnes inscrites ! www.USherbrooke.ca/audace/electron CLIPS SCIENCE 1 Vue du site extérieur de recherche en télédétection sur le campus de l'Université de Sherbrooke.Les rails situés à 4 m au dessus des parcelles de terrain peuvent supporter des répliques fonctionnelles des capteurs spectro-radiométriques qui se trouvent à bord des satellites d'observation de la Terre.Les parcelles elles-mêmes sont truffées d'instruments de mesure de température, d'humidité et de qualité du sol.Elles peuvent être travaillées pour simuler différents environnements agricoles et forestiers et servir ainsi à mieux comprendre les paramètres biophysiques observés par les satellites.non influencé par l'atmosphère, avec celui reçu par les satellites à 600 ou 700 mètres d'altitude», précise Ferdinand Bonn.Parallèlement, le chercheur et son équipe expérimentent des méthodes informatiques qui pourraient servir à extraire et à fournir de l'information plus fiable et plus solide à partir des données-satellite.« Il faut, par exemple, pouvoir traduire les paramètres de rugosité de surface et d'humidité des sols extraits des images-satellite en coefficients de ruissellement», poursuit ce professeur au Département de géographie et télédétection de l'Université de Sherbrooke.Les résultats de ces travaux revêtent une grande importance, car § les interventions sur notre ï environnement, devenues de I g plus en plus urgentes compte t tenu des ressources limitées | de notre planète, dépendent des données plus ou moins | précises d'observation de la S Terre.NATHALIE KINNARD 20 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2Q04~~| Campagne et infarctus Air pur, bonne nourriture, santé.Cette image attachée à la campagne ne serait finalement pas si juste, si l'on en croit l'analyse des cas d'infarctus du myocarde.En effet, les zones rurales ne sont pas la panacée pour le cœur, selon les premières données de l'étude de Julie Loslier, médecin résidente en santé communautaire à la Faculté de médecine de l'Université Sherbrooke.« La ruralité signifie surtout peu, ou pas, d'accès aux services de santé, un faible ratio patient/médecin et des conditions socioéconomiques faibles », explique la chercheuse.Ses premières conclusions montrent ainsi un écart de plus de 5000 $ entre le revenu moyen d'un résident d'un centre urbain de plus de 100 000 habitants et celui d'une personne vivant dans une zone rurale à faible influence urbaine.Entre ces deux pôles, le chômage passe de 11 p.100 à 21 p.too.Et plus on s'éloigne des grands centres, plus l'accessibilité aux services de santé diminue.Ce sont là des situations particulièrement graves dans le nord du Québec, sur la Côte Nord et en Gaspésie.Avant de commencer sa recherche, Julie Loslier a dû trouver une définition adéquate de « ruralité ».Le problème, c'est qu'il n'existe pas de définition officielle.Statistique Canada en donne six ! La jeune médecin en a donc choisi une qui présentait six seuils : grande zone urbaine de too 000 habitants, petite zone urbaine entre 10 000 et 99 000, et quatre zones rurales à influence urbaine forte, modérée, faible ou absente.Cette définition intègre également le critère d'accessibilité à un centre urbain, et donc à son centre de santé.« Plus la ville est éloignée, plus l'accessibilité est réduite.Lorsqu'on sait que les premières heures et les premiers gestes sont essentiels dans le cas d'un infarctus, cela peut faire toute la différence », conclut-elle.Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité au Canada.Julie Loslier appartient à l'équipe Prévention/pratique, Investir dans l'avenir Le décompte est commencé.Les coûts des soins de santé grimpent annuellement de 4 à 6 p.100 et menacent de supplanter ceux des autres programmes gouvernementaux.Les cas de cancers, de maladies cardiovasculaires, d'arthrite et de diabète liés au vieillissement de la population et à l'épidémie d'obésité qui frappe les Canadiens se multiplient.« Il n'existe qu'un moyen pour gagner ce contre-la-montre : la recherche en santé», affirme Alan Bernstein, président des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).Les treize instituts financent depuis trois ans plus de 8 000 chercheurs canadiens qui testent de nouveaux modèles de soins de première ligne ou qui élaborent des méthodes modernes de prévention et de traitement.« En 2003, des scientifiques canadiens ont réussi en 11 jours seulement à séquencer le génome du virus du SRAS», indique Alan Bernstein.Une autre équipe a mis au point trois vaccins possibles contre cette maladie.« La recherche se trouve ainsi au cœur d'interventions rapides et efficaces en cas de nouvelles menaces pour la santé de la population.» Au cours des quatre prochaines années, les IRSC comptent renforcer les milieux de la recherche en santé au Canada.Dans leur nouveau plan stratégique Investir dans l'avenir, ils insistent notamment sur l'importance de regrouper chercheurs, fournisseurs de soins, décideurs et autres intervenants en vue de résoudre plus rapidement les problèmes de santé.Aussi, ils ont lancé récemment l'Initiative stratégique en médecine régénératrice et nanomédecine, sous la direction de l'Institut des neurosciences, de la santé men- FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES recherche et information en médecine de l'Université de Sherbrooke (PRIMUS).Rassemblant médecins, biostatisticien, géomaticien, le groupe tient compte de la variable géographique dans le cadre de recherches en santé publi- tale et des toxicomanies (INSMT).La médecine régénératrice est un domaine en émergence dont l'objectif est de réparer ou de remplacer les tissus et les organes du corps humain en utilisant des moyens naturels ou issus du génie biologique — tissus artificiels, cellules souches, transplantation.Appliquée à ce domaine, la nanotechnologie, soit la conception et la fabrication de dispositifs ou de matériaux de la taille des O O que : ostéoporose, infarctus et accessibilité des soins — ce dernier volet en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS).ISABELLE BURGUN Agence Science-Presse INVESTIR DANS LE SAVOIR POUR RECOLTER CE QUE L’ON SEME IR nos connaissances ,MER une main d’œuvre qualifiée OSER des solutions originales de nouvelles synergies Depuis le 21 juin 2001, le Fonds FCAR est devenu officiellement le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.atomes et des molécules, ouvre des avenues de recherche intéressantes pour le Canada.« Nous voulons rapprocher deux mondes peu habitués à travailler ensemble et former des équipes multidisciplinaires composées de neuroscientifiques, de généticiens, d'ingénieurs, de mathématiciens et de chimistes qui tenteront de résoudre un même problème», explique Rémi Ouirion, directeur scientifique de l'INSMT.L'Institut attend présentement les propositions de recherche des scientifiques canadiens.Par ailleurs, le plan stratégique Notre mission : promouvoir et développer la recherche, assurer sa diffusion et encourager la formation par la recherche dans les domaines reliés principalement aux sciences naturelles et au génie.?140 Grande Allée Est, bureau 450 Québec (Québec) GiR 5M8 Téléphone : (418) 643-8560 Pour en savoir plus, visitez le Fonds de recherche sur la nature et les technologies Québec ESI EJ EJ EJ DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 CLIPS SCIENCE des IRSC souligne la nécessité de former des chercheurs qui ont une vision multidisciplinaire, en finançant davantage de programmes de formation comme celui du Dr Yves De Koninck, du Centre de recherche Université Laval — Robert-Giffard (CRULRG).Il y a moléculaires à l'intérieur des cellules vivantes.« Les avancées de la biologie médicale dépendent du savoir-faire en physique pour le développement de nouveaux instruments», note le Dr De Koninck.Le CRULRG élabore actuellement un programme plus d'un an, le CRULRG s'est associé au Centre d'optique, photonique et laser de l'Université Laval et au Centre for the Physics of Materials de l'Université McGill pour offrir aux étudiants de physique une formation supérieure en biophotonique — étude, par la lumière, des phénomènes international de formation en neurophotonique, une science hybride naissante où l'on se sert de la lumière pourétudier l'activité du cerveau et du système nerveux.Le but est de réunir des spécialistes de la neurobiologie et de l'optique du monde entier.NATHALIE KINNARD Prêt pour l’école.avant l’école Malgré plusieurs campagnes publicitaires et programmes divers, le décrochage scolaire continue d’augmenter au Québec : en 2003, 57 p.100 des élèves du secondaire ont obtenu leur diplôme après cinq années d’études, contre 61 p.too en 2000.Beaucoup de facteurs sont liés à ces statistiques.Un des plus importants est la scolarité de la mère de l’élève.C’est là une variable plus complexe qu’il n’y paraît, et sur laquelle se penchent Sophie Parent, psychoéducatrice au Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale de l’Université de Montréal, et une équipe de scientifiques du Département de psychoéducation de l’Université de Montréal et de l’Institut de recherche pour le développement social des jeunes.Bien avant qu’un enfant n’entre dans une classe, sa mère lui montre comment reconnaître des lettres ou tracer des chiffres.Or, « une mère moins éduquée aura moins tendance à le faire et elle sera plus stressée quand elle le fera », explique Sophie Parent.On s’en doute : son enfant risque de garder un mauvais souvenir de ces « séances scolaires » au climat tendu.Il y a plus : une mère qui a passé peu de temps à l’école occupera plus souvent un emploi au bas de l’échelle, à un échelon, du moins, où il est moins courant de négocier avec son employeur.« En tant que parent, elle mettra alors l’accent sur le respect de l’autorité», dit Sophie Parent.Mais l’enfant doit plutôt développer des rapports sociaux souples avec son professeur et les autres élèves pour réussir à l’école.Enfin, une mère ayant peu étudié risque de vivre dans la précarité, une situation perturbante qui lui laisse moins le loisir de tisser un attachement solide avec son enfant.Résultat : ce dernier verra moins les autres adultes — dont son professeur — comme des personnes à qui on peut se fier.Cet aspect multifactoriel du décrochage scolaire a beau être connu, « les programmes de prévention destinés aux parents ne visent qu’une seule Cyber-thérapie (ASP) — Peut-on se servir d’un ordinateur pour résoudre son mal de vivre?Tout à fait, affirme une équipe de chercheurs de McGill.Ceux-ci se sont lancés dans la création de jeux interactifs qui demandent des réactions rapides, comme de repérer des sourires parmi des grimaces dans une série de photos.Pour l’étudiant au doctorat en psychologie Stéphane Dandeneau, créateur du jeu SE Matrix (pour Self-Esteem), ces exercices mécaniques exécutés pendant quelques minutes entraînent de nouvelles habitudes de socialisation et renforcent l’estime de soi.www.sciencepresse.qc.ca/archi ves/quebec/cap que1203a.html DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 compétence, sans savoir leur enfant.Sophie Parent et laquelle est la plus impor- son équipe adoptent une ap-tante », regrette Sophie Pa- proche plus globale.Elle veut rent.Ils porteront sur les apti- savoir, entre autres, si les en-tudes émotives ou sociales fants passés maîtres dans les des enfants, par exemple, ou compétences socio-émotives sur la façon dont les parents utiles à l’école — demander transmettent des compéten- de l’aide sans fatiguer le procès typiquement scolaires à fesseur, par exemple — sont __________________SCIENCE fflni ceux qui savent le mieux, avant d’arriver à la maternelle, comment tracer leurs lettres et leurs chiffres.«On veut également voir si un attachement sécurisant entre la mère et l’enfant atténue le peu d’enseignement de type scolaire qu’il a reçu», ajoute Sophie Parent.Cette étude longitudinale, financée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, comporte cinq observations de quelque 270 enfants d’âge préscolaire alors qu’ils planchent, en compagnie de leur mère, sur des tâches de lecture, de mathématique ou d’histoire.« Les autres chercheurs, sauf erreur, observent toujours une seule tâche », précise Sophie Parent.Or, une première analyse indi- que que les compétences transmises à l’enfant par la mère peuvent aussi changer selon le type de tâche.Une de ses étudiantes au doctorat, Lisbeth Caron, a montré que l’enfant a davantage l'occasion de pratiquer ses habiletés cognitives quand il trace un dessin en suivant des numéros que lorsqu’il cherche, dans une tâche tout aussi mathématique, quel chiffre correspond à un dessin de huit poires ou de quatre sapins.Il pourraity avoir un lien avec le degré de scolarité de la mère qui laisserait l’enfant s’impliquer plus ou moins selon qu’elle se sent elle-même plus ou moins en sécurité.Cela reste à vérifier, précise Sophie Parent.ANICK PERREAULT-LABELLE Bien respirer au bureau Ce n'est pas une plaisanterie : l'airdu local où voustravaillez peut vous rendre malade.Que faire ?Une recherche québécoise démontre qu'une simple stérilisation du système de ventilation diminuerait considérablement les symptômes des maladies respiratoires, par exemple.« Cette mesure aiderait particulièrement les travailleurs qui souffrent d'allergies, explique le Dr Dick Menzies, directeur du Département d'épidémiologie respiratoire (RECRU) à l'Université McGill.Il y aurait une diminution de plusieurs symptômes, comme l'irritation des yeux et de la gorge, la congestion du nez ou les douleurs aux sinus.» Pendant un an, l'équipe du Dr Menzies a purifié l'air de trois immeubles de Montréal, dont un situé sur deux niveaux.Tous ont subi, pendant un mois, quatre fois dans l'année, une stérilisation interne des systèmes d'air conditionné au moyen de lumières UV (Ultraviolet Germicinal Irradiation).Le système était ainsi débarrassé de ses moisissures, microbes et autres bactéries.La recherche a démontré que 99 p.loo des microbes de surface furent détruits.Mieux encore, alors que 30 p.100 de l'air était ainsi nettoyé, 40 p.100 des symptômes de maladies respiratoires ont disparu ! Ces résultats ont été publiés récemment dans la revue médicale britannique The Lancet [www.thelancet.corn].Évidemment, la qualité de l'air ne représente qu'une par- ' ^ tie du problème.«Certaines tâches, unfaibletauxd'humi-dité, une température inadéquate ou une grande quantité de poussières, augmentent aussi les irritations.Mais cette intervention sur la qualité de l'air à l'aide de UV est facile et relativement peu coûteuse, soit 20$ CAN par employé, par année.Les employeurs ont donc tout à y gagner », assure le Dr Menzies.Une bonne qualité de l'air au bureau éloignerait donc le médecin.et permettrait aux employeurs d'économiser les coûts liés à l'absentéisme.ISABELLE BURGUN Agence Science-Presse 23 DÉCOUVRIR | MAI-JUIn1004~~H Bilan de santé 9m.M « On est ce que l'on mange ».C'est là un vieux dicton plus actuel que jamais, alors que les scientifiques ne cessent de découvrir des liens entre saine alimentation et santé de fer.Par exemple, de bonnes habitudes alimentaires contribuent à réduire le risque de développer certaines maladies chroniques.Mais dans une société où le fast-food est roi et la pauvreté très présente, la nutrition continue d'entretenir des liens avec les principaux problèmes de santé.« L'obésité augmente dans les pays où abondent les aliments, alors que le nombre de familles qui demandent la charité pour pouvoir se nourrir ne cesse de s'accroître, note Lise Dubois, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en nutrition et santé des populations.Cette situation affecte particulièrement les enfants, ce qui laisse présager des conséquences à long terme sur la santé des populations.» Dans le cadre des travaux de la Chaire, Lise Dubois tente de savoir quelles sont les inégalités sociales — emploi, revenu, scolarité, etc.— qui influent sur la nutrition et la santé des individus de différents groupes d'âge.Pour ce faire, elle analyse des données d'enquêtes générales de santé et d'enquêtes de nutrition réalisées au Québec, au Canada et dans d'autres pays.Elle se penche particulièrement sur les résultats de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, menée par l'Institut de la statistique du Québec, qui suit annuellement une cohorte de 2000 enfants nés en 1998, pour relever les facteurs qui contribuent ou nuisent à leur bon développement.«Par divers questionnaires envoyés aux parents, j'ai ramassé de l'information sur l'allaitement et l'alimentation des enfants depuis leur naissance », explique cette chercheuse de l'Institut de recherche sur la santé des populations de l'Université d'Ottawa.Elle a ainsi obtenu, entre autres, de la documentation sur la durée de l'allaitement, l'âge d'introduction aux aliments solides, le type d'aliments donnés.En comparant les réponses avec le revenu familial, le niveau de scolarité, l'emploi du père et de la mère, le type de famille — monoparentale, reconstituée, traditionnelle —, Lise Dubois a conclu que les mères plus instruites allaitent plus longtemps.« L'âge de la mère et son statut économique influent aussi grandement sur la durée de l'allaitement», ajoute-t-elle.Par ailleurs, en 2002, cette scientifique qui est aussi pro-fesseure au Département d'épidémiologie et médecine sociale de l'Université d'Ottawa, a dirigé l'enquête de nutrition réalisée auprès de ces mêmes enfants, alors âgés de quatre ans.Les questionnaires portaient sur leurs habitudes alimentaires et leur comportement à table.«J'analyserai sous peu ces données en lien avec la masse corporelle et l'embonpoint des enfants, afin de comprendre, par exemple, la relation entre la pauvreté, la qualité de l'alimentation et le développement de l'obésité.» En parallèle, la nutri- tionniste étudie une cohorte de 600 paires de jumeaux, nés à la même époque et dans la même population que les 2000 enfants suivis par l'Institut de la statistique du Québec.« Nous voulons comprendre l'influence de l'environnement sur les gènes dans le contexte de la relation entre les inégalités sociales, la nutrition et la santé des enfants.» Ces résultats permettront aux gouvernements de mieux connaître les habitudes alimentaires de la population et, ainsi, d'adapter les politiques de nutrition existantes, comme l'enrichissement des aliments et l'étiquetage nutritionnel, ou d'élaborer de nouveaux programmes qui favoriseront, à long terme, la réduction des inégalités en santé dues à l'alimentation.NATHALIE KINNARD DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PHOTO : © MARK COFFEY SCIENCE La bio-informatique en plein essor Le 19 janvier 2004, on inaugurait, à l'Université de Montréal, le Centre Robert-Cedergren, spécialisé en bio-informatique et en sciences génomiques.Hommage était ainsi rendu à un regretté pionnier dans le domaine, Robert Cedergren, dont les travaux, tout au long de sa brillante carrière de chercheur à l'Université de Montréal, ont contribué à jeter les bases de ce que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de bio-informatique.Les sciences dites «omi-ques », comme la génomique, la protéomique, l'ARNomique, etc., connaissent, à l'heure actuelle, un essor formidable.Appuyées par des technologies toujours plus performantes, elles produisent des masses de données selon une progression logarithmique.Or, pour les interpréter, on doit développer des outils d'analyse et des systèmes informatiques capables d'en gérer la phénoménale complexité.C'est justement le rôle que joue la bio-informatique dans cette gigantesque entreprise qui vise à comprendre l'ensemble des processus en jeu au sein de la cellule.Le directeur du Centre Robert-Cedergren, Franz Lang, l’admet volontiers : « Il s'agit d'une oeuvre immense, colossale, d'une invraisemblable complexité.Nous en sommes conscients, mais heureusement, nous savons que nous travaillons dans la bonne direction — la seule possible, d'ailleurs.» Car pour compren-dre un système aussi complexe qu'une simple cellule, il ne suffit pas de dénombrer la totalité des éléments qui la composent; il faut savoir comment ceux-ci interagissent dans l'espace et le temps.La poursuite de cet objectif a pourcorollaire une mobilisation sans précédent des scien- ces «omiques».Pour Franz Lang, on assiste à une véritable révolution sur le plan tant de nos connaissances que des pratiques en recherche fondamentale.«Il s'agit d'un changement sociologique profond dans la culture scientifique.La mission du Centre Robert-Cedergren est de favoriser la collaboration entre des chercheurs travaillant aussi bien à McGill, à l'UOAM ou à Sherbrooke, qu'à Halifax, à McMas- ter, ou encore, dans les universités de Paris, Marseille ou Strasbourg.» Franz Lang mesure les avantages de ce type de participation selon une arithmétique bien particulière, postulant que 1 et 1 font.3.« Deux chercheurs qui collaborent, explique-t-il, produisent autant que trois chercheurs indépendants.En fait, le chercheur classique, enfermé dans son laboratoire, est une espèce en voie de disparition.» Cette façon de réaliser de la «science intégrative» représente la nouvelle mode en recherche.Une stratégie bien comprise et que promeut d'ailleurs Génome Québec, un important bailleur de fonds du Centre Robert-Cedergren ; cette stratégie conduit même les chercheurs à co-superviser des étudiants boursiers dont les projets sont soutenus par deux universités à la fois.«C'est révolutionnaire, fait remarquer Franz Lang.Auparavant, on protégeait nos étudiants contre tout le monde.Aujourd'hui, multidisciplinarité oblige, nous nous les partageons.De fait, la bio-informatique est en voie de créer une toute nouvelle race d'étudiants et de chercheurs.» La seule façon de se mesurer à la complexité d'une sim- ple cellule, pour la bio-informatique, c'est d'établir les bases d'une toute nouvelle synergie en recherche fondamentale.Une entreprise pharaonique.« Vous savez, confie malicieusement Franz Lang, comprendre toutes les interactions entre les protéines, connaître les nombreux processus biochimiques en cause, bref, ce qu'on essaie de faire-là est impensable ! » FRANÇOIS GRENIER Laboratoire de bio-informatique du centre Robert-Cedergren.a'Yze' 25 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PHOTO : BERNARD LAMBERT / UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL SCIENCE pTffl La photosynthèse en vedette à Montréa PARCE QUE SAVOIR C’EST POUVOIR iii.in.m.ïriiiü 20 000 ACTIONS SOUDAIRES POUR SOUTENIR RECTO VERSO NOUS AVONS TRAHI T/FBSfl ¦ i*jiitfif’lt v,i: \r, nlljgfS'.dénonce FomfoBoochTnl «etlUmon paysanne- ÉCOTÉMINISTES lov VftNDELAC SHIVA MAATHAI BARLOW ELLES NE VEULENT PLUS RIEN CEDER AUX COMPAGNIES ‘v3r- .*1: ¦Q.'iK Xrï'.MAGAZINE .Comment se transforme le monde?Qui décide?Qui écope?Qui propose de faire autrement?Ici comme ailleurs, des gens innovent, bousculent et agissent.Tous les deux mois, nous vous les présentons.1215, de la Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 Téléphone 514.523.5998 | Télécopieur 514.523.5812 Courriel rectoverso@videotron.ca | www.rectoverso.info ABONNEZ-VOUS Avec l’arrivée du printemps, on assiste, sous nos latitudes, au spectaculaire réveil de la nature.En l’espace de quelques semaine, les plantes se couvrent de fleurs et déploient leur multitude de.capteurs solaires.Mais oui, on n’y pense pas, mais un brin d’herbe, une feuille d’arbre constituent en réalité des dispositifs qui convertissent l’énergie du soleil en énergie chimique ! En outre, grâce à ce processus de photosynthèse, les plantes emmagasinent le C02, présent dans l’atmosphère, pour y relarguer de l’oxygène.Bref, les plantes, en plus de nourrir les animaux, leur permettent de respirer.On croit tout savoir sur la photosynthèse, mais il nous reste tout à apprendre.Il s’agit, en effet, d’un vaste champ de recherche qui recrute les compétences de spécialistes tant de la physique, de la chimie, de la biologie que de l’agronomie, la foresterie, etc.Tous les trois ans, ces chercheurs se réunissent à l’occasion d’un congrès international sur la photosynthèse qui, chaque fois, se tient dans un pays différent.Cette année, la treizième édition de ces olympiades de la photosynthèse aura lieu au Palais des Congrès de Montréal, du 29 août 3 septembre.Le président de l’événement est le Dr Robert Carpentier, professeur au Département de chimie-biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.«Nous avons été chanceux, explique-t-il.Dès la première demande, notre candidature a été retenue.» Est-ce là un excès de modestie de la part de cet homme qui dirige le Groupe de recherche en énergie et information biomoléculaires, que subventionne le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) ?On peut soupçonner que sa renommée dans le milieu l’aura précédé.Mais il insiste : « La réputation de Montréal comme ville multiculturelle, son Jardin botanique, le Biodôme ont joué pour beaucoup.» Le thème du congrès, cette année :« Connaître les fondements de la photosynthèse en vue d’une productivité végétale améliorée et d’un climat global équilibré ».« Il est crucial d’étudier le fonctionnement de la photosynthèse, car elle est à la base de toute vie sur Terre.C’est important, insiste le professeur Carpentier, pour comprendre comment les plantes réagissent aux changements climatiques, en partant du postulat selon lequel nous ne serons pas en mesure de renverser la machine industrielle, ni même de la freiner.» De nombreuses questions se posent déjà.Comment les hausses de température modifieront-elles la capture du C02 et la réémission de l’oxygène?Dans quelle mesure les UV peuvent-ils affecter les plantes?Comment protéger la productivité des plantes, voire l’accroître, afin de DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 SCIENCE Transport d’électrons dans la membrane photosynthétique répondre aux besoins alimentaires du futur?Peut-on améliorer l’environnement grâce aux plantes et ainsi compenser l’emballement de la machine industrielle?Pour Robert Carpentier, tout cela ne signifie pas qu’il faille nécessairement s’aventurer sur la voie du transgénique.Certains chercheurs, par Cytochrome b6f t Photosystème I exemple, voudraient modifier génétiquement des plantes afin qu’elles résistent mieux à l’augmentation des UV.« D’accord, concède en souriant le Dr Carpentier, c’est peut-être une solution pour certaines espèces cultivées, mais ça ne va pas sauver les forêts.Imaginez! Des forêts transgéniques! Non, ça, je n’arrive pas à le concevoir.» Bien sûr, il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais ces recherches ont leur pertinence.« De toute évidence, les études sur les changements climatiques n’ont pas le même impact médiatique que la recherche biomédicale, dont je reconnais l’importance.Mais à long terme, si un jour l’oxygène venait à manquer, il n’y aurait plus guère de malades à soigner.» FRANCOIS GRENIER La route, un danger public?Chaque année, plusieurs centaines de Québécoises et Québé- cois meurent sur nos routes.Si l'imprudence et l'inexpérience des conducteurs sont souvent citées comme les causes des accidents, ce ne sont certainement pas les seuls facteurs qui compromettent la sécurité routière.Les conditions météorologiques et l'état du véhicule sont aussi de première importance.Mais d'autres facteurs, parfois négligés, jouent un rôle majeur.Ils ont trait à la conception et à l'aménagement des routes elles-mêmes.C'est sur cette dernière dimension que Bruno Urli et ses collègues Fernando Ouel-let et Didier Urli, tous trois professeurs au Département d'économie et de gestion de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), se sont récemment penchés.En collaboration avec le ministère des Transports du Québec et le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, ils ont pro- posé l'utilisation d'une méthodologie qui permet de classifier, selon leur dangerosité, les tronçons du réseau routier québécois.« Nous voulions ainsi aider les responsables de la sécurité routière à classer par ordre de priorité leurs interventions sur les infrastructures», résume M.Urli.Dans un premiertemps, les chercheurs ont procédé à l'analyse de la base de données DSR-5086, dont dispose le ministère des Transports du Québec.«On y trouve plusieurs informations sur les routes du Québec, explique M.Urli.Par exemple, sur le nombre d'intersections, le nombre de voies, le type d'environnement— urbain ou rural — ou le volume de trafic.» Les recherches du professeur Urli ont toutefois démontré que les informations disponibles dans la base de données du Ministère n'étaient ser la dangerosité des routes.En effet, le nombre de morts, de blessés ou les dommages matériels n'étaient pas directement liés aux données ou données disponibles dans la base.Compte tenu de ces résultats, les chercheurs ont décidé de recenser les facteurs de ris- pas suffisantes pou rca ractéri- différentes combinaisons de que susceptibles de mieux DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 PHOTO : © APRIL CHUN CLIPS caractériser la dangerosité des infrastructures routières.En collaboration avec des experts du ministère des Transports, ils ont retenu 19 critères pertinents.Certains sont déjà recensés dans la base de données DSR-5086.Pour les autres, il n'existe actuellement aucune information quantifiée.Le type d'éclairage, la présence de garde-fous ou encore la signalisation en sont des exemples.En dernière étape, l'équipe du professeur Urli a proposé un algorithme se référant aux différents critères pour classifier la dangerosité des infrastructures.« Les responsables et gestionnaires ont maintenant entre leurs mains un outil pour prendre des décisions éclairées », explique M.Urli.Bien sûr, avant de pouvoir utiliser cette méthodologie, le ministère des Transports devra mesurer la valeur des variables relevées par M.Urli et ses collègues, du moins, celles qui ne figurent pas déjà dans la base de données DSR-5086.Selon M.Urli, cet investissement en temps et en argent en vaudrait certainement la peine.« Certaines routes du Québec sont dangereuses.On n'a qu'à penser à la route 185 qui relie Québec à Chicoutimi.Il importe de connaître les tronçons les plus dangereux et de procéder à leur re-conception.» DOMINIQUE FORGET 28 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004~] Farine et santé enrichies O' 3 Q Depuis que la farine canadienne est enrichie d'acide folique, le nombre de bébés québécois atteints d'une malformation du tube neural a chuté de 32 p.100.« C'est rare qu'en santé publique, on ait un succès de cette ampleur », considère le directeur de cette étude, Philippe De Wals.L'amélioration est d'autant plus spectaculaire que la mesure ne coûte presque rien.On sait depuis de nombreuses années que ce type de malformations sont dues à une carence en acide folique.Elles sont souvent responsables du spina-bifida, une maladie qui peut entraîner de lourds handicaps physiques ou mentaux.L'acide folique est présent naturellement dans beaucoup de nos aliments, dont les légumes verts et les céréales.Mais certaines femmes enceintes, pour des raisons encore mal connues, ont des besoins en acide folique que l'alimentation ne suffit pas à combler.Les folates présents dans les légumes verts et les céréales le sont sous une forme dite conjuguée, ce qui signifie que le corps doit les transformer.Le taux d'assimilation est ainsi très diminué, et il l'est peut-être encore plus chez les fem- mes dont le métabolisme pour 1000entre 1998et2000.comporte un défaut.Bien qu'agréablement sur- 3 En revanche, sous sa forme synthétique, l'acide folique est assimilé à 100 p.100.C'est la raison pour laquelle, depuis 1997, toutes les farines industrielles produites au Canada et aux États-Unis sont enrichies en cette vitamine du groupe B.Les pains, pâtisseries, céréales à déjeuner et pâtes alimentaires en contiennent donc.L'étude de Philippe de Wals, du Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, est la première à évaluer les conséquences de cette mesure de santé publique.Selon les premières données, qui proviennent principalement du Québec, l'incidence des malformations du tube neural serait passée de 1,9 cas par 1000 naissances entre 1992 et 1997 à 1,3 cas pris par ces résultats préliminaires, le chercheur maintient le message diffusé par les spécialistes ces dernières années : «Il est fortement recommandé à toutes les femmes qui planifient une grossesse de prendre de l'acide folique sous forme de comprimés.» Il ne faut pas attendre le diagnostic de grossesse, car la formation du tube neural sera alors déjà bien entamée.Une autre question se pose : Jusqu'où convient-il d'aller ?Le Chili, par exemple, vient de doubler la concentration d'acide folique dans sa farine.«À forte dose, prévient le chercheur, chez des personnes qui ont un déficit en vitamine B12, l'acide folique a tendance à aggraver ce déficit.» CAROLINE FORTIN Agence Science-Presse Camouflet pour les mouflons (ASP) — La chasse aux mouflons d’Amérique à longues cornes a un effet inattendu : les cornes sont de moins en moins longues ! Des chercheurs de trois pays, dont le biologiste Marco Festa-Blanchet, de l’Université de Sherbrooke, viennent de démontrer, dans Nature, que les stratégies des chasseurs qui, dans l’Ouest canadien, privilégient non pas l’animal, mais le « trophée » — ses cornes — ont un effet dévastateur sur l’espèce.De génération en génération, les cornes sont de plus en plus petites.www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0104d.html PHOTO : © AARON KONDZIELA SCIENCE la connaissance Il n’y pas si longtemps Le droit à Il ne se passe pas une semaine sans qu’une découverte ou une nouvelle application en génétique défraie les manchettes.Les progrès accomplis dans ce domaine, qui souvent enflamment les imaginations, ne sont pourtant pas sans susciter, chez plusieurs, une sorte de gêne.éthique.Pour les bioéthiciens, les enjeux que soulève la pratique des manipulations génétiques concernent, bien sûr, l’ensemble de la population.Or, notent-ils, la société civile est, à ce chapitre, le plus souvent absente du débat.Les causes de ce déficit démocratique sont liées, selon la chercheuse Lyne Létourneau, «au mode de développement et de financement de la recherche, qui repose sur une alliance entre l’État, l’industrie et les universités.Une triple alliance dont le joueur absent est la société civile ».encore, Lyne Létourneau, alors étudiante au doctorat en droit à l’Université d'Aberdeen, en Écosse, était tout aussi ignorante de ces matières que la société en général.Or, préoc- cupée par les questions de droits des animaux, elle s’est jointe, en 1996, à un groupe de réflexion sur les animaux transgéniques mis sur pied par François Pothier, Marc-André Sirard et Raymond Lambert, du Centre de recherche en biologie de la reproduction de l'Université Laval.« Au départ, reconnaît-elle, je n’y comprenais pas grand-chose, mais j’ai rapidement appris, disons, par osmose.En discutant avec les biologistes, j’ai acquis des notions de base essentielles en biologie moléculaire tandis que, de leur côté, les chercheurs se familiarisaient avec le jargon éthique et juridique.» L’expérience s’est révélée si féconde que le Centre de recherche en reproduction animale a décidé de se doter d’une composante spécialisée en bioéthique.«Cette initiative était très avant-gardiste, insiste Lyne Létourneau, car elle venait de chercheurs soucieux de mieux comprendre l’impact de leurs travaux sur l’ensemble de la société.» En 2000, Lyne Létourneau sejoi-gnait au Centre de recherche en biologie de la reproduc- tion, à titre de professeure sous octroi.Aujourd’hui, les biotechnologies ne peuvent plus faire l’économie de ces fameux enjeux éthiques.On l’a bien compris chez Génome Québec, qui, par son volet GE3DS (génomique, éthique, économie, environnement, droit et société), et à l’instar de Génome Canada, finance le projet de recherche La génomique dans la société : droits et responsabilités, que dirige Bartha Maria Knoppers, spécialiste mondialement reconnue en bioéthique.En 2002, après avoir été approchée par la directrice de ce projet, Lyne Létourneau proposait de développer, dans Internet, un centre de références portant sur la manipulation génétique des animaux et des plantes.Destiné au grand public, aux gouvernements, aux chercheurs et aux entreprises, ce site Internet a pour but d’offrir les éléments d'information nécessaires à une bonne compréhension des enjeux soulevés par la manipulation génétique des animaux et des plantes.«Cela représente un énorme travail, admet Lyne Létourneau.Au moment d’inaugurer notre site, le 12 mai prochain, à l’occasion du congrès de l’Acfas, seule l’information qui concerne les animaux sera disponible.C’est un work in progress.» À terme, ce qui importe, pour la chercheuse, c’est de faire connaître la pluralité des points de vue exprimés.« En éthique, précise-t-elle, on ne peut pas énoncer La Vérité.C’est paradoxal, car nous aspirons à sa découverte sans pour autant posséder les moyens de l'atteindre ! Cela étant, il ne faut surtout pas ménager nos efforts.J’apporte mon humble contribution en vue de combler un certain déficit démocratique.» Voici l’adresse du site : http://generis-tic.ulaval.ca.FRANÇOIS GRENIER ^.generist'c 01 QUI SOMMES-MOUS 02.APPLICATIONS tféfrvoi ?R*c**ercn* fo» _ Luc ST-MARTIN che produit beaucoup de données techniques, mais peu d'ouvrages de vulgarisation et de diffusion», reconnaît Richard Pleau, du Centre de recherche interuniversitaire sur le béton (CRIB), affilié aux universités Laval et de Sherbrooke.Ce chercheur développe des bétons légers à très grande résistance, une solution de rechange intéressante à l'utilisation du bois pour certaines applications.Comme bien d'autres, Richard Pleau a de nombreuses idées pour revitaliser l'industrie ; québécoise.Il sait toutefois que la recherche exige temps et argent et que les entreprises n'ont pas les moyens d'investir.«Le risque lié à l'innovation est très élevé pour les entrepreneurs», précise-t-il.«S'ils essaient quelque chose et qu'ils se trompent, ils peuvent se faire poursuivre devant les tribunaux », ajoute Luc St-Martin.Mince consolation : plusieurs autres pays font face à des problèmes semblables.Mais ici comme ailleurs, ils ont un prix.La gestion déficiente, notamment lors de la conception, entraîne une qualité douteuse dont le coût se situe entre 10 et 20 p.100 du montant total du projet.On remarque aussi des pertes de temps et de matériaux sur les chantiers.De plus, les lacunes d'organisation ont un coût environnemental : le milieu de la construction génère 30 p.100 des déchets solides de la planète.« Et au Québec, seulement 35 p.100 de ces matières résiduelles est récupéré alors que 90 p.100 pourrait l'être, dit Hélène P.Tremblay, présidente du CST.Il y a là un défi à relever.» L'URGENCE DE FAIRE AUTREMENT Le déclin démographique et le désengagement de l'État en construction ont contribué à rétrécir le marché québécois de moitié en 10 ans.Le vieillissement de la population laisse lui aussi présager que la demande de mises en chantier restera faible au cours des prochaines décennies.Le changement est d'autant plus nécessaire dans le secteur qu'au mmn Pour vous abonner : Téléphone 514.873.8095 Fax 514.864.2294 Courriel vie.pedagogique@meq.gouv.qc.ca Éducation Québec II L’éducation 1.parle éducation revue 53 DÉCOUVRIR | MAI-JUliT~2004 à ENJEUX LE BATIMENT Le cas d’essai est l’édifice de l’École de technologie supérieure, à Montréal.L’édifice compte cinq étages d’une surface de 20 400 m2 ainsi qu’un parc de stationnement souterrain de deux étages.Le bâtiment comportera diverses installations : des salles de cours, des salles d’informatique, une cafétéria, des équipements sportifs et divers services administratifs.- -Vvv Croupe de poutres Modèle architectural créé au moyen du prototype.Volumes indépendants des structures.Géométrie abstraite créée par l’outil FramezD.La combinaison des fonctions PlanarFrame (charpente) et FloorAssembly (plancher) crée Beams (poutres).Résultat : le système de structures.cours des dernières années, certains pays ont déployé beaucoup d'énergie en recherche et développement.Très bien positionnées sur l'échiquier international, les entreprises suédoises et japonaises, qui emploient des centaines de scientifiques, sont de véritables références en matière d'innovation, ce qui leur vaut le respect de la communauté internationale.Le Canada, quant à lui, est pratiquement absent sur la scène mondiale.En 2001, seulement cinq firmes canadiennes se classaient parmi les 225 plus grandes entreprises en construction sur le plan des contrats interna- tionaux.Or, en raison de leurs avancées, les firmes étrangères pourraient concurrencer farouchement les entreprises d'ici.D'abord à l'international, puis ensuite chez nous.Parce que l'industrie québécoise est «beaucoup trop fragmentée pour [.] que les entreprises prennent l'initiative en matière d'innovation dans un avenir rapproché», le CST pense que c'est au gouvernement d'assumer la responsabilité de stimuler l'innovation.Son rapport comporte plusieurs recommandations, dont deux interventions principales : intensifier la recherche et la formation, et créer un centre de recherche, de démonstration et de transfert en innovation sur le bâtiment.POUR UNE VISION D'ENSEMBLE Actuellement, c'est le gouvernement fédéral qui agit comme principal bailleur de fonds de la recherche en construction.L'enveloppe de 42 millions dont il dispose reste néanmoins modeste compte tenu de l'importance économique du secteur.Au Québec, celui-ci représente 9 p.100 du PIB.Sur les 10 millions de dollars que reçoivent annuellement les universités, au Québec, pour le génie civil et L'INDUSTRIALISATION DU SECTEUR SEMBLE ÊTRE LAVOIE À EMPRUNTER POUR RÉPONDRE AUX BESOINS D'HABITATIONS PLUS ACCESSIBLES ÉCONOMIQUEMENT ET CONFORMES AUX CRITÈRES DE DÉVELOPPEMENT DURABLE.54 DECOUVRIR | MAI-JUIN 2004 ENJEUX UNE INDUSTRIE OUI BAT DE L'AILE La Maison évolutive, un prototype de I maison en rangée d’une superficie de i ooo pieds carrés et d’une largeur de 14 pieds, a été conçue pour démontrer qu’il est possible de construire une habitation confortable pour environ 40 000 $, sans que la qualité en souffre.La Maison évolutive I Architecte et chercheur à l'Université I McGill, Avi Friedman a reçu en 1999 le Prix mondial de l'habitat décerné par les Nations Unies pour la conception ] de la Maison évolutive.Lancé en 1989, son projet cherchait à réduire les coûts de construction d'une maison en réduisant sa taille, la dimension des I terrains ainsi que les frais généraux.l| Environ 10 000 maisons évolutives I furent construites au Canada et aux États-Unis à la moitié des coûts habituels.En 1996, Avi Friedman a J aussi entrepris de répondre aux changements sociaux et démographiques j survenus au cours des dernières (années.Il a conçu la Maison redécouverte.Il s'agit essentiellement d'une structure de trois étages qui peut être achetée par niveau pour former soit I une maison individuelle, soit un I duplex, ou encore, un triplex.« Les I usages ne sont pas les mêmes pour les I familles monoparentales que pour les I familles reconstituées ou pour les tra-I vailleurs autonomes qui travaillent à la » maison.Et les adolescents n'ont pas les mêmes besoins d'espace que lorsqu'ils étaient enfants.La maison doit pouvoir s'adapter aux besoins changeants de ses occupants.» La construction de la Maison redécouverte est aussi pensée en fonction des , critères du développement durable et s'inscrit dans une démarche d'optimisation de l'aménagement urbain.(ww2.mcgill.ca/h0mes) l'architecture, un million est consacré spécifiquement au secteur du bâtiment.Le génie civil en reçoit 30 p.100 pour la recherche sur les matériaux et 26 p.100 pour la géotechnique.La recherche en architecture a quant à elle un apport négligeable tage d'ingénieurs spécifiquement dans le domaine du bâtiment, Paul Fazio entreprit, en 1970, de concevoir un programme et un centre de formation.Celui-ci est devenu, en 1977, le Centre d'études sur le bâtiment de l'Université Concordia.rsilmliiarf» ir -’SiiSm—** ¦BSImIwmBB IgBïBÏ \illlii5i—* lüBiiiw—g jHSÎiïï®®*® 00m iSirtÏHMfc*' r III Ht ^ mssm nï m K SS fiiÜÜM HT* fff! TT1 si £ mrrm U U fs Le prestigieux édifice Eaton a abrité un grand magasin pendant près de 75 ans au centre-ville de Montréal.« Aujourd’hui, nous faisons tout d’abord le modèle numérique, alors qu’auparavant nous concevions l’immeuble pour ensuite faire le modèle 3D », déclare Louis Lemay, de Lemay et associés, le cabinet d’architectes responsable du projet.en construction du bâtiment.Enfin, au Québec comme au Canada, les chaires de recherche qui se consacrent directement au bâtiment sont trop rares.«Cette situation doit absolument être corrigée dans les années à venir», insiste le CST.«La meilleure façon d'aider l'industrie, c'est d'investir davantage dans les universités», croit Paul Fazio, qui était étudiant au doctorat entre 1964 et 1968.L'ingénieur a alors été appelé à participer à la création du pavillon de l'Autriche pour l'Expo 67.Très vite, il constata que peu de travailleurs possédaient les connaissances nécessaires reliées au design, à la construction, à l'exploitation et à la structure des bâtiments.Toutes ces disciplines étaient traitées séparément.Concluant qu'il fallait former davan- Aujourd'hui encore, il s'agit du seul centre de recherche universitaire au Canada qui se consacre entièrement au bâtiment.On y mène des travaux sur la qualité de l'environnement intérieur, l'enveloppe et la structure du bâtiment, les services tels que l'électricité et la plomberie ainsi que le design intégré.C'est uniquement à Concordia que les étudiants se familiarisent avec les interactions des différents sous-systèmes que sont la ventilation, le chauffage, l'enveloppe du bâtiment, etc.Aujourd'hui, presque 30 ans plus tard, Paul Fazio constate qu'il y a encore trop peu d'ingénieurs du bâtiment invités à participer aux projets de construction, résidentielle ou non.Pourtant, leur vision holistique du bâtiment apparaît de plus en plus nécessaire pour DÉCOUVRIR | MAI-JUIN~20Q4 2 ENJEUX LE BÂTIMENT répondre aux exigences du développement durable, une tendance devenue incontournable.Le concept de bâtiment durable a été proposé en 1994 et l'OCDE lui attribue cinq objectifs : efficacité de l'utilisation des ressources, efficacité énergétique, prévention de la pollution, harmonisation avec l'environnement et approche systémique intégrée.Comme le souligne le rapport du CST, « [.] produire des infrastructures durables n'est pas un luxe, mais une condition du développement économique».«Malheureusement, nos professionnels sont davantage formés pour réparer que pour prévenir, fait remarquer Paul Fazio.Mais chaque ingénieur du bâtiment que nous formons est un outil de plus pour changer les mentalités au sein de l'industrie.» Formé à Concordia, l'ingénieur du bâtiment Hugues Rivard enseigne pour sa part au sein du programme de génie de la construction de l'École de technologie supérieure.Il développe des logiciels de conception qui facilitent la communication entre les différents acteurs du domaine.Actuellement, les technologies de l'information sont peu utilisées par les entrepreneurs québécois.Les logiciels sont souvent très spécialisés, ce qui contribue, selon lui, à nourrir la fragmentation de l'industrie.«Les outils d'analyse de la structure ne sont pas en mesure de "parler" aux outils reliés à l'efficacité énergétique.Les logiciels permettent peu d'échange de données entre les consultants, alors qu'en fait, ils devraient les favoriser.» Le chercheur pense qu'une nouvelle génération de logiciels permettra à un ingénieur, par exemple, de négocier, avec un architecte, la meilleure façon de construire une maison performante sur le plan de l'efficacité énergétique et de la durée de vie.VERS L’INDUSTRIALISATION Aborder la construction comme un système dont toutes les parties sont interreliées apparaît essentiel pour concevoir des bâtiments acceptables d'un point de vue environnemental.Pour Paul Fazio comme pour de nombreux chercheurs, l'industrialisation du secteur semble être la voie à emprunter pour répondre au besoin d'habitations plus accessibles économiquement et conformes aux critères de développement durable.L'industrialisation vise à réduire au minimum les interventions sur le chantier et à profiter des techniques de production manufacturière telles qu'appliquées à d'autres domaines.Dépassant les aspects purement techniques, son but est d'améliorer la qualité tout en augmentant la productivité.«L'industrialisation coordonne les activités de tous les participants — concepteurs, constructeurs, entre- Fédération % des cégeps Québec Le cégep, une force d'avenir pour le Québec La tactique du tic tac édition Ouvert au grand public Concours intercollégial scientifique et technique Science E , Æ Finale nationale 1er mai 2004 Collège Gérald-Godin 15615, boulevard Gouin Ouest Sainte-Geneviève De 8 h à 17 h du Québec, le Collège de Bois-de-Boulogne, le Cégep de Chicoutimi, le Collège Gérald-Godin, le Cégep de Sorel-Tracy et le Cégep de Trois-Rivières.www.sot.bdeb.qc.ca Science, on tourne! reçoit le soutien financier du ministère du Développement économique et régional et du ministère de l’Éducation.Il est commandité par l’Ordre des technologues professionnels du Québec, IBM Canada Liée, l’École de technologie supérieure, l’Office franco-québécois pour la jeunesse, le Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium, l’Association des cadres des collèges du Québec, le quotidien La Presse, l’Université Laval, l’Université McGill, et l’Université de Sherbrooke.A c fa t LU L’habitation comme ^ déterminant social cr: de la santé mentale 00 Sous la direction de Alain Beaulieu et Henri Dorvil 56 J ULLUUVRIR I MAI-JUIN 20C>4~ ENJEUX UNE INDUSTRIE OUI BAT DE (.’AILE .10 hi preneurs, architectes, ingénieurs, etc.— pour construire un grand nombre d'unités, explique Roger-Bruno Richard, de l'Université de Montréal.Cette façon de faire doit cependant être basée sur de grands volumes afin d'amortir les coûts des équipements, comme on le voit au Japon ou en Suède.» Le chercheur a développé son propre système de construction.Il s'agit d'un module en béton qui regroupe les éléments complexes du logement tels que la cuisine, la salle de bain, etc.Installés sur le chantier, ces «noyaux porteurs» servent de points d'attache aux dalles et aux panneaux, lesquels génèrent, à leur tour, les pièces moins complexes telles que le salon, les chambres à coucher, etc.L'industrialisation de la construction implique, bien sûr, un changement en profondeur du fonctionnement du secteur.« Cela nécessite une concertation des acteurs.Au lieu de construire deux ou trois maisons par année, une entreprise pourrait faire les fondations de 25 bâtiments.Mais pour être rentable, il faut s'assurer d'un grand volume de production.On devra sans doute se tourner vers les marchés extérieurs.Mais il faut aussi faire en sorte que les gens connaissent et voient ce qu'on leur propose.Acheter une maison n'est pas un CST, revêt ici tout son sens et reçoit l'accueil favorable des gens du milieu.Réalisés en partenariat avec les entreprises et les chercheurs, de tels centres agiraient comme des vitrines de l'innovation, à partir desquels les clients pourraient effectuer leurs commandes, comme cela se fait dans les pays proactifs en la matière.«La question de l'image reliée à l'innovation est le plus gros défi de la construction de bois, qui au Canada, Forintek développe des systèmes constructifs préfabriqués.L'entreprise propose de vendre le bois en différents systèmes de montage compatibles entre eux, un peu à la manière des meubles IKEA.«On doit arriver à convaincre les travailleurs de la construction qu'il y a d'autres façons de faire.Ce n'est pas facile.» À ceux qui craignent que la préfabrication et l'industrialisation entraînent l'uniformité des maisons, Roger-Bruno Richard it_ n X Maison résidentielle / ground flo Living Room Timbei parq & Maison résidentielle JD / Tous ?no au n ^ Û I \\\\JL [.0.57 j 100 | i « 1 1,75 i v,2ji J / tAlQU «/too 1 L»JQ*i[gllfrlOIQI»Ql r un Bément ou Dessner ine zone de Sélection C: 20.6 Go ^ 1.12 Go Conception d'une maison résidentielle en 3D.\BORDER LA CONSTRUCTION COMME UN SYSTÈME DONTTOUTES LES PARTIES SONT NTERRELIÉES APPARAÎT ESSENTIEL POUR CONCEVOIR DES BÂTIMENTS ACCEPTABLES )'UN POINT DE VUE ENVIRONNEMENTAL.projet théorique!» Le concept de Roger-Bruno Richard a gagné, en 1976, un concours du gouvernement de l'Iran.Ici, toutefois, personne ne veut prendre de risque.L'idée d'un centre de démonstration et de transfert des innovations, proposée par le représente 96 p.100 des maisons fabriquées au Québec», explique Richard Desjardins, directeur du programme des systèmes de construction et de bois d'ingénierie chez Forintek.Principal centre de recherche en technologie du bois fait remarquer que les multiples combinaisons offertes par la préfabrication laissent plus de choix aux futurs propriétaires, auxquels les architectes proposent actuellement des modèles de maisons similaires.?57 DÉCOUVRIR [ MAI-JUliT7ôo4~J © ARCHICAD ZOOMZOOMZ OOMZOOMZOOMZO OM Neurones en délire Chacun d’entre nous a déjà, une fois ou l’autre, oublié un rendez-vous ou égaré un objet.Avec l'âge, de tels trous de mémoire deviennent plus fréquents.C’est la vie, ou plutôt.la vieillesse ! Mais chez certaines personnes, les troubles de la mémoire constituent le premier signe d’une démence.« La démence se caractérise par des pertes progressives de la mémoire et d’autres aspects de la cognition, tels le langage ou la capacité de résoudre des problèmes », explique Yves Joa-nette, directeur de la recherche à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.Deux tiers des cas de démence cachent la maladie d’Alzheimer, alors que l'autre tiers est associé à d'autres maladies neurodégénératives.De 5 à 8 p.100 des individus âgés de plus de 65 ans souffrent de démence, une proportion qui grimpe à 33 p.100 chez les plus de 85 ans.Face à la population qui vieillit - le nombre de Québécois de plus de 65 ans augmentera de 23 p.100 d’ici 2041 -, il devient urgent de développer des approches thérapeutiques de nature pharmacologique ou comportementale, qui puissent freiner la progression de la maladie dès les premiers symptômes.Yves Joanette et Howard Chertkow, directeur du Centre Bloomfield de recherche sur le vieillissement de l’Institut Lady Davis de recherches médicales de l’Hôpital général juif, à Montréal, ont eu l’idée, en 2001, de créer le Consortium cognition et vieillissement, afin d’accélérer de façon significative et concertée les recherches en vue d’offrir des moyens 58 ^J~~DÉc5uVRIR 1 MAI-JUIN 2004 [ Normal Alzheimer Dégénérescence synaptique et neuronale dans la Maladie d'Alzheimer affectant la région hippocampique, une composante du cerveau considérée importante pour la mémoire.efficaces de décrire et de traiter rapidement les diverses formes de démence.Reconnaissant l’expertise des chercheurs et la qualité scientifique du plan d’action, Valorisation-Recherche Québec (VRQ) a alors accepté de financer le projet pour aider leschercheursà lancerde nouvelles collaborations.Les deux co-directeurs du Consortium ont ainsi pu rassembler une équipe de chercheurs québécois de diverses disciplines, provenant de plusieurs institutions et universités, qui travaillent de concert avec des partenaires pharmaceutiques et des professionnels de la santé.« Les échanges constants avec les professionnels de la santé permettent non seulement de déterminer les objectifs prioritaires de recherche, mais aussi de transférer plus rapidement les connaissances vers leurs applications cliniques», note Yves Joanette.D’ailleurs, devant le dynamisme du Consortium et l’importante expertise qui y est développée, le Dr Chertkow a récemment déposé une demande au comité de direction des Réseaux des centres d’excellence du Canada (RCE) pour rallier cette fois la communauté de recherche canadienne qui se penche sur ces questions.Si les organismes subventionnaires du programme, soit les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et Industrie Canada, reconnaissent la pertinence d’un centre national sur la cognition, le Consortium cognition et vieillissement pourrait bien se retrouver en automne au cœur d’un réseau d’équipes canadiennes travaillant sur les différents aspects des troubles de la cognition et de la démence.« C’est justement le but des subventions de VRQ que de servir de levier pour aller chercher du financement et promouvoir le leadership québécois dans un domaine particulier», précise Pierre Lavigne, vice-président recherche à VRQ.En attendant la réponse des RCE, les spécialistes du Con- * NATHALIE KINNARD sortium poursuivent leur travail et tentent notamment de décrire le « cocktail » des signes précurseurs de la démence.Premier défi : distinguer les changements normaux de la cognition dus à la vieillesse des troubles légers de la cognition, signes d’une démence prochaine.Le deuxième défi des cher-.cheurs consiste à repérer le I plus tôt possible, au moyen de techniques d'imagerie médicale ou d’analyse comportementale, les personnes à risque de développer une démence, notamment la maladie d’Alzheimer.« Mais ce ne sont pas tous les individus affectés par des troubles légers de la cognition qui développent une démence.La proportion serait de 60 p.100 environ sur une perspective de trois ou quatre ans d’évolution», note Yves Joanette.Autre préoccupation du Consortium : vérifier la possible existence de multiples profils de démence causés par l’Alzheimer.« Il y aurait plusieurs types d’Alzheimer, note le professeur titulaire à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.Cela expliquerait que les médicaments contrôlent la maladie chez certaines personnes et pas chez d’autres.» Les chercheurs analysent ainsi, à l’aide de la neuroimagerie notamment, le comportement des patients en lien avec les caractéristiques biologiques pour connaître les patrons d’évolution de la démence et caractériser les sous-types de la maladie d’Alzheimer.Sauver les neurones Par ailleurs, Andréa LeBlanc, chercheuse au Centre Bloomfield de recherche sur le vieillissement, s’intéresse à la mort cellulaire provoquée par la maladie d’Alzheimer.La mort cellulaire fait partie du réarrangement continuel du cerveau.Les chercheurs ont montré que les cellules activent un programme de mort cellulaire, ou apoptose, et se tuent elles-mêmes d'une façon régulée, contrôlée.Chez certains individus cependant, les cellules déraillent et commandent la mort de neurones sains et utiles.Cette apoptose injustifiée ou excessive se trouve au cœur de nombreuses maladies neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer.Récemment, la communauté scientifique pointait du doigt les caspases comme responsables de la mort cellulaire programmée.Ces enzymes, présents naturellement dans le cerveau, s’activeraient à la demande des cellules pourtuer les neurones.«Des cultures de neurones fœtaux humains montrent DÉCOUVRIR REMERCIE VALORISATION-RECHERCHE QUÉBEC (VRO) POUR SON SOUTIEN FINANCIER EN VUE DE LA PUBLICATION DE CE TEXTE que, parmi la quinzaine de caspases existantes, la caspase 6 est activée durant l’apoptose, révèle Andréa LeBlanc.Cet enzyme constitue donc un marqueur précoce de la neurodégénération.» Avec le financement de VRO, la biochimiste essaie de développer des outils diagnostiques de la mort cellulaire en cause dans l’Alzheimer.«Nous avons développé un anticorps qui nous permet de différencier les formes actives des formes non actives de la caspase 6.On a établi que la caspase 6 active est présente dans la pathologie Alzheimer, mais non dans les cerveaux normaux.» Parallèlement, cette professeure au Département de neurologie et neurochirurgie de l’Université McGill tente de comprendre pourquoi les enzymes de la mort s'activent et comment les neurones meurent.Lors de ces études, elle a remarqué notamment que les effets de la caspase 6 peuvent être inhibés, permettant ainsi aux neurones humains d’échapper à une mort cellulaire irréversible.« Les œstrogènes, des hormones sexuelles féminines, semblent agir comme agent protecteur contre la mort neuronale déclenchée par la caspase 6», déclare la Dre LeBlanc.La biochimiste suit cette piste pour, possiblement, trouver un inhibiteur de la caspase 6 induit par les œstrogènes.C’est là un prélude au développement d’un possible traitement contre la maladie d’Alzheimer.?59 DÉCOUVRIR 1 MA1-JUIN~2cÎcm~~J|~ U % La société des Congrès de 1’Ac fat Les choix de Découvrir Voici les choix de Découvrir.Tous les colloques retenus traitent de recherches qui ont impact social très actuel.Un compte rendu détaillé de plusieurs d’entre eux paraîtra dans le numéro de Découvrir de septembre-octobre 2004.Résistance microbienne au Québec : une approche originale (COLLOQUE 110) Les maladies infectieuses constituent encore l’une des principales causes de morbidité et de mortalité à travers le monde.L’émergence de souches résistantes aux antimicrobiens a pris des proportions telles quelle représente un véritable fléau planétaire.Le Québec n’y échappe pas, avec la prolifération de pneumocoques multirésistants et de staphylocoques résistants à la méthicilline, et l’apparition d’entérocoques résistants à la vancomycine.L’efficacité des antiviraux utilisés contre le VIH, l’hépatite B ou les infections pulmonaires diminue au fur et à mesure que les microbes s’adaptent.La récente percée du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) démontre la précarité de la santé humaine.Ce colloque regroupera des chercheurs fondamentalistes et cliniciens experts dans le domaine de la résistance microbienne.On y présentera entre autres des études épidémio-logies et informatiques en cours.Développement de vaccins contre le cancer, le VIH et l’hépatite C (COLLOQUE 121) Plus de ir nouveaux cas d’infection par le virus du sida sont enregistrés chaque minute dans le monde.On dénombre neuf millions de cas d’infection par le virus de l’hépatite C en Amérique du Nord et en Europe.Le cancer est la cause de mortalité précoce la plus importante chez nous.Ces trois maladies se traduisent non seulement par des tragédies sur le plan humain, mais aussi par des pertes économiques importantes.Leur point commun : l’incapacité du système immunitaire à contrôler la maladie.Un groupe de recherche financé par Valorisation Recherche Québec (VRQ) développe des vaccins et des immunothérapies contre le cancer et les infections virales chroniques.Le colloque rendra compte de ce projet multidisciplinaire et multi-institutionnel.Optique guidée et photonique (COLLOQUE/ATELIER 209) L’optique guidée, y compris les fibres optiques et l’optique intégrée, les composants passifs et actifs, les capteurs, l’optoélectronique, l’optique non linéaire, l’optique quantique, la théorie et l’analyse numérique des guides d’ondes, seront autant de sujets abordés dans ce colloque par une quinzaine de conférenciers canadiens, américains et européens.Autochtonie et gouvernance (COLLOQUE/ATELIER 403) Les rapports entre autochtonie et gouvernance constituent l’objet d’un axe de recherche défini par un groupe du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal en collaboration avec l’Assemblée des premières nations Québec/Labrador, la société Makivik et l’Institut culturel Avataq.La gouvernance économique, la gouvernance juridique et la gouvernance en matière de santé seront les trois thèmes privilégiés au cours de ce colloque.60 DÉCOUVRIR 1 MAI-JUIN 2004~j savoirs ) 0-14 mai 2004 Homosexualités : état h des lieux (COLLOQUE 405) Le discours scientifique n’aborde plus l’homosexualité comme une déviation ou une pathologie, mais plutôt comme un élément relevant de phénomènes historiques, sociaux et culturels.En dénonçant la discrimination, l’hétérosexisme et l’homophobie à l’égard des gais et des lesbiennes dans diverses sphères de la vie sociale, de nombreux mouvements actifs au cours des dernières années ont ouvert des axes de recherche.Adaptation des familles d’origine à l’homosexualité de leur enfant, vieillissement et homosexualité, travail et homosexualité, construction de l’orientation sexuelle, nou-i- velles technologies de communications et homosexualité, voilà autant de thèmes qui seront abordés au cours de ce colloque.Religion, violence et contrôle social (COLLOQUE 406) Le thème de la violence dans les mouvements religieux a émergé sur la scène internationale, au cours des dernières années, à la suite de la multiplication d’actes violents ou de terrorisme.On se rappellera le suicide collectif du Temple du peuple et celui de l’Ordre du Temple solaire ou des adeptes du culte Heaven’s Gate en 1997, l’attentat commis par la secte Aum contre le métro de Tokyo en 1995, et, bien sûr, l’attentat du 11 septembre 2001 aux États-Unis.Ajoutons à cela la multiplication des attentats suicides palestiniens en Israël, et le couple violence .et religion semble désormais indissociable, notamment dans la presse et dans l’esprit du grand public.Ce colloque vise à partager les connaissances sur ce sujet d’étude en émergence et qui mobilise l’attention de chercheurs de plusieurs disciplines : sociologie, histoire, théologie, psychologie, criminologie, droit, politique.La gestion du cycle de vie des produits et services comme outil de développement durable (COLLOQUE 623) Avec la ratification du protocole de Kyoto par le Canada et la pression mondiale qui s’intensifie en vue de prendre le virage du développement durable, il devient urgent de développer des outils qui permettent aux entreprises, aux gouvernements et aux consommateurs de participer concrètement aux efforts de réduction des gaz à effet de serre (GES) tout en allégeant le fardeau global pesant sur l’environnement et les ressources.Mais comment atteindre ces objectifs sans compromettre la rentabilité des entreprises?L’approche cycle de vie vise à réduire la pression d’un produit ou d’un service sur les ressources et sur l’environnement tout au long de son cycle de vie, de l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination du produit en fin de vie.Ce colloque réunira l’ensemble des chercheurs québécois qui s’intéressent à cette question et qui travaillent dans les universités, l’industrie et au gouvernement.Le post-humain en évolution naturelle ou programmée (COLLOQUE/ATELIER 671) Nos connaissances accrues concernant le génome humain ouvrent la porte à des recherches sur son utilisation à des fins évolutives.La modification d’un gène pour corriger une fonction ou traiter une maladie est l’une des applications potentielles de la génomique à court terme.Par contre, la modification germinale d’un gène pour que la correction soit transmise à la génération suivante se limite pour l’instant aux espèces animales et végétales.Tout un éventail d’interventions géniques plus ou moins permanentes ou transmissibles se révèlent aujourd’hui envisageables.Que devons-nous faire avec toutes ces technologies?Ce colloque vise à faire le point sur les scénarios actuels relatifs à l’évolution biologique de notre espèce.Santé et sécurité au travail (COLLOQUE 672) La recherche en santé et sécurité au travail touche des domaines scientifiques très diversifiés : gestion, économie, psychologie, santé, ingénierie, etc.Les problèmes, eux, relèvent de multiples spécialités souvent reliées entre elles : organisation du travail, santé mentale, statistiques, toxicologie, ergonomie, sécurité, etc.Ce colloque de trois jours réunira plus de 60 chercheurs et chercheuses du Québec, du Canada et de l’étranger.Lieu de rencontres et d’échanges d’idées, il fournira l’occasion entre autres d’établir les principes fondateurs du Réseau de recherche en santé et sécurité au travail (RRSSTQ) : la diffusion des connaissances, la préparation d’une relève en santé et sécurité au travail, et l’aide à la création de maillages interdisciplinaires ou interinstitutionnels.61 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN~2oÔ4~~J~ RUBRIQUES livres DÉSHUMANISATION/ RÉHUMANISATION Sous la direction de Florence Piron, Les Presses de l'Université Laval, 226 pages AUGUSTIN VIATTE D’UN MONDE À L’AUTRE, JOURNAL D’UN INTELLECTUEL JURASSIEN AU QUÉBEC (1939-1949) Édité et présenté par Claude Hauser, Les Presses de l’Université Laval, 385 pages LA PLANÈTE HYPER, Hervé Fisher, Vlb éditeur, 289 pages LA PRÉCARITÉ PROFESSIONNELLE : EFFETS INDIVIDUELS ET SOCIAUX, sous la direction de Geneviève Fournier et Bruno Bourassa, Les Presses de l’Université Laval, 101 pages AVOIR-L’AUTRE-DANS-SA-PEAU Lecture d’Emmanuel Lévinas, Simone Plourde, Les Presses de l’Université Laval, 133 pages LE TRIANGLE RUSSIE/ ÉTATS-UNIS/CHINE, UN SEUL LIT POUR TROIS?Albert Legault, André Laliberté et Frédéric Bastien, Les Presses de l’Université Laval, 156 pages ARCHIVE ET POÉTIQUE DE L’INVENTION Sous la direction de Marc André Bernier, Éditions Nota Bene, 258 pages APOLITIQUES, LES JEUNES FEMMES?Anne Quéniart et Julie Jacques, Les éditions du remue-ménage, 154 pages ETTatum - Dans le dernier numéro de Découvrir, concernant l'article intitulé Saut évolutif en génomique comparative, précisons qu'il existe 1073 arbres phylogénétiques possibles et non 1073.GLOBE Revue internationale d’études québécoises Université du Québec à Montréal Département d'études littéraires Case postale 8888.Succursale Centre-ville Montréal (Québec) Canada H3C 3P8 télécopieur : +1 (514) 987-8218 courriel : revueglobe@uqam.ca PRÉSENTE DAN Volume 6 2003 Numéro 2 LA CIRCULATION DES DISCOURS Présentation du numéro Introduction • Michel Lacroix L’étude des journaux en histoire internationale.Le Québec et la guerre d’Algérie • Magali Deleuze Structurations particulières du temps et de l’espace chez quatre écrivaines québécoises d’origine est-européenne • Chantal Ringuet « On est Hydro-Québécois ».Consommateur, producteur ou citoyen ?Analyse de la nationalisation symbolique d’Hydro-Québec • Dominique Perron La diversité culturelle telle que racontée par les manuels scolaires d’histoire du Québec et du Canada • Danielle Forget et Boriana Panayotova L’idéologie à travers les questions de langue.Riposte de Firmin Paris à la chronique de langue de Ixmis Fréchette • Gabrielle Saint-Yves ÉTUDES LIBRES Charles Taylor et l’abandon de la survivance • Jean-Félix Chénier Recensions Parutions récentes en études québécoises On peut se procurer un numéro en librairie Directeur : Daniel Chartier ou via www.notabene.ca, ou s’abonner via Secrétaire à la rédaction : Michel Lacroix www.revuegIobe.ca Comité de rédaction : Lise Bissonnette.Gérard Bouchard.Micheline Cambron, Chantal Maillé.Denis Saint-Jacques Comité d'administration : Charles Bellerose.Karine Cellard.Brigitte Faivre-Duboz.Geneviève Lafrance, Katri Suhonen.Éric Trudel.Catherine Vaudry GLOBALISATION ET UNIVERSITÉS : NOUVEL ESPACE, NOUVEAUX ACTEURS Sous la direction de Gilles Breton et Michel Lambert, Édition Unesco, Les Presses de l’Université Laval, 264 pages - Dans le prochain numéro de Découvrir DOSSIER La diversité des communautés culturelles au Québec ENJEUX Arts et sciences ZOOM Développement d’infrastructures pour promouvoir la recherche clinique au Québec Y_________________________________________!______________J SAKHAROV : SCIENCE, MORALITÉ ET POLITIQUE Charles Rhéaume, préface d’Élena Bonner, Les Presses de l’Université Laval, 443 pages Addendum Alexandre Leclerc et Pierre De Coninck sont les auteurs de ce schéma paru dans l’article «Les défis du développement durable» du dernier Découvrir.Le schéma rend compte de l’ajout de la donnée environnement dans la conception de produits et services.Alexandre Leclerc termine sa maîtrise en design et complexité, sous la supervision de Pierre De Coninck, coresponsable de ce programme de l’Université de Montréal.À la conclusion de ses recherches, il constate, entre autres, que les outils pour concevoir efficacement et simplement des produits «durables» sont désormais au point et qu’il n’y manque que la volonté des concepteurs.Éco-produits Des nouvelles du Fonds Société et Culture Le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture vient de lancer une nouvelle revue, Recherches Innovations.Publiée une fois l’an, elle vise à promouvoir, auprès des décideurs, gestionnaires, intervenants, chercheurs et étudiants, la recherche et ses retombées dans les grands secteurs des sciences sociales et humaines, des arts et des lettres.Les thématiques qui y sont abordées renvoient aux préoccupations du Fonds Société et Culture, de même qu’à la recherche et à la formation qu’il soutient dans treize domaines.Vous pouvez obtenir une copie de la revue Recherches Innovations en format pdf dans le site Web du Fonds : (www.fqrsc.gouv.qc.ca) Québec SS Fonds québécois d* la recherche sur la société et la culture DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 12 5 1956.Hans Selye invente le stress.2003.Guy Sauvageau découvre le gène HOXB4.En 1956, le Dr Hans Selye, professeur d'histologie à l'Université de Montréal, publiait Le stress de la vie, premier d'une série d'ouvrages qui allaient enrichir le répertoire des pathologies modernes d'un nouveau concept diagnostique : le stress.En 2003, le Dr Guy Sauvageau, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, ouvrait de nouvelles perspectives dans le traitement des maladies du sang en localisant un gène capable de multiplier le potentiel reproductif des cellules souches.Il n'y a pas de recherche sans tradition de recherche.rHi Université de Montréal www.umontreal.ca 1 a I fine pointe CIRANfO S Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (Le Cirano) et j ses partenaires ont pour mission de développer au Québec un centre de recherche en analyse des i organisations destiné à accroître l’efficacité et la compétitivité des entreprises québécoises.Mieux gérer les ressources naturelles Les ressources naturelles telles que la forêt, l’hydroélectricité et les métaux font la fierté des Québécois et des Canadiens.La façon dont elles sont gérées ne fait toutefois pas l’objet d’autant de satisfaction.On parle souvent de surexploitation, voire de gaspillage.Pour optimiser l’utilisation de ces ressources, trois chercheurs viennent de mettre au point un modèle scientifique, en collaboration avec le CIRANO.« Nous nous sommes interrogés sur l’ordre dans lequel une société devrait utiliser ses ressources au cours du temps », précise Ngo Van Long, professeur au Département de sciences économiques de l’Université McGill et co-auteur de la recherche avec Jean-Pierre Ami-gues et Michel Moreaux, tous deux professeurs à l’Université de Toulouse.Lorsque plusieurs ressources sont disponibles pour un même usage, des questions se posent.Par exemple, dans le cas de l’énergie, les Québécois ont le choix entre l’hydroélectricité, la conversion du vent ou du soleil, ou encore, l’importation de gaz naturel et de pétrole.Quelle ressource devrait-on exploiter en premier?«Il existe déjà plusieurs modèles qui permettent aux gestionnaires de faire des choix optimaux, affirme M.Long.Essentiellement, ces modèles se basent sur les coûts engendrés à partir de l’extraction des ressources jusqu’à leur utilisation : étapes de transport, de transformation et d’élimination des résidus, notamment.On tient aussi compte de facteurs indirects comme le coût environnemental, la création d’emploi et l’incertitude liée à l’approvisionnement.» L'équipe du professeur Long s’esttout particulièrement intéressée à l’incidence d'un progrès technique sur la séquence optimale d’utilisation des ressources.Par exemple, si un chercheur développait une nouvelle cellule photovoltaïque permettant de capter plus efficacement l’énergie solaire, la valeur de l’hydroélectricité et du pétrole devrait être remise en question.«Peu de modèles prennent en considération l’innovation technologique et pourtant, ce type de données est particulièrement pertinent dans le contexte du protocole de Kyoto, explique M.Long.En effet, plusieurs chercheurs travaillent à maximiser la transformation des ressources énergétiques propres.Les gestionnaires auront besoin d’outils solides pour vérifier si les nouvelles ressources proposées sont réellement avantageuses.» Le modèle développé par l’équipe du CIRANO n’est encore qu'à un stade préliminaire, mais les chercheurs comptent le raffiner au cours des cinq prochaines années.En bout de piste, il pourrait servir aux agences gouvernementales qui ont pour mandat d’orienter le choix des ressources naturelles à utiliser pour satisfaire les besoins de la population.Mais le modèle ne sera pas une fin en soi.« L’outil que nous développons pourra certainement aider les gestionnaires à prendre des décisions.Cependant, prévient M.Long, pour assurer le bien commun, les autorités gouvernementales doivent aller au-delà des critères strictement économiques et scientifiques.Elles doivent exercer leur jugement et imposer des règlements lorsque vient le temps de préserver les ressources naturelles ou de limiter l’impact de leur utilisation sur l’environnement.» DOMINIQUE FORGET 64 ^[""picOUVRIR I MAI-JUIN 2004 PHOTO : MARK COFFEY Ti UNIVALOR Unir le savoir à l’économie Univalor a pour mission de commercialiser les résultats de la recherche universitaire émanant d’un regroupement d’établissements, soit l’Université de Montréal et ses établissements affiliés dont l’École Polytechnique, HEC Montréal et l’Hôpital Sainte-Justine.Le secret est dans le cœur Il visait l’hypophyse, il toucha le cœur et ce fut une belle percée scientifique.Huy Ong, vice-doyen à la recherche à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, peut se féliciter d’avoir su observer ce qu’il ne cherchait pas.Alors qu'il travaillait sur une série de petites molécules capables de stimuler la production de l’hormone de croissance par l’hypophyse, le chercheur découvrit que certaines jouaient d’autres rôles, cachés, dans l’athérosclérose et l’hypercholestérolémie.Résultat : un brevet et un contrat avec la compagnie écossaise Ardana Bioscience pour le développement de médicaments destinés au traitement des maladies cardiovasculaires.Belle récolte pour une découverte accidentelle! Plus précisément, les petites molécules auxquelles s’intéresse le Pr Ong sont des peptides synthétiques appelés CHRP, pour Growth Hormone-Releasing Peptides.Ces peptides, plus faciles à produire que l'hormone de croissance, représentent un enjeu important pour l'industrie pharmaceutique.En effet, ils agissent sur l’hypophyse par l’intermédiaire du récepteurdelaghreline, une hormone pour stimuler la sécrétion de l’hormone de croissance.Ça, c’est ce que l’on savait.« Pour étudier les sites de liaison des CHRP, raconte Huy Ong, j’avais choisi, en plus de cellules hypophysaires, des tissus prélevés au niveau du cœur.Ces tissus étaient théoriquement dénués de tous récepteurs à nos peptides CHRP.Ils nous servaient de référence.» Surprise : l'expérience révéla que certains de ces peptides reconnaissent un récepteur, le CD 36, au niveau du cœur.Or, le CD 36 est également présent à la surface des macrophages.Il joue même un rôle important dans le développement de l’athérosclérose, car il permet aux macrophages de capter les lipoprotéines de faible densité (LDL), soit le mauvais cholestérol.Autre avantage de ces peptides agissant sur le CD 36 : ils peuvent être modifiés pour ne plus agir sur l’hypophyse.On pouvait donc penser les utiliser pour moduler les récepteurs CD 36 chez les personnes ayant un taux élevé de LDL, afin de limiter l’accumulation de ces lipoprotéines par les macrophages.Quand les taux de LDL sont très élevés, les macrophages deviennent de grosses cellules qui ne peuvent plus être éliminées, ce qui conduit à la formation de plaques de graisses.En collaboration avec Sylvie Marleau, de la Faculté de pharmacie, et André Tremblay, de l'Hôpital Sainte-Justine, le chercheur a testé son hypothèse sur des souris transgéniques dont létaux de cholestérol était très élevé, en plus de les soumettre à une diète riche en lipides.« Au bout de 18 semaines, explique Huy Ong, les souris traitées avec les peptides ont développé 50 p.too moins de formation de plaques de graisses au niveau de l’aorte que les souris non traitées.» Les macrophages semblaient accumuler moins de lipides et, pour couronner le tout, le taux de HDL plasmatique, soit le bon cholestérol, avait augmenté.Actuellement, les médecins < £ abaissent les taux élevés de ° mauvais cholestérol en admi-S nistrant des statines, un traite-^ ment long qui ne donne des | résultats qu'après deux ans, ^ ceci sans oublier ses effets “ secondaires.«L’action de nos O peptides CHRP est beaucoup plus rapide, avance Huy Ong, et les deux approches pourraient être utilisées ensemble.» L'assise du futur médicament est là.Reste à peaufiner sa structure chimique et surtout à traverser avec succès les phases d’essais cliniques chargées de prouver son efficacité chez l’humain et son innocuité.SOPHIE MALAVOY rHl Un traitement chronique de 12 semaines avec les dérivés de la famille des growth hormone-releasing peptides, l’hexareline (une hormone) et le EP 80317, réduit les lésions athérosclérotiques au niveau aortique.Sont représentés les troncs aortiques disséqués des souris ApoE déficientes sous une diète riche en lipides et ayant reçu du NaCl 0,9 % comme contrôle (en haut), de l’hexareline (milieu) ou du dérivé EP 80317 (en bas).DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2004 la fine pointe Gestion Valeo sec L'UOÀM, l’Université Concordia, l'École de technologie supérieure et l'UOÀR ont confié à Gestion Valeo le mandat de faire fructifier les innovations de leurs chercheurs.Quelques astuces le faire craquer Vous rêvez de le faire craquer, mais ne savez trop comment vous y prendre?Sachez qu’il faut le bichonner, le ménager, mais surtout, le tenir bien au chaud.Disons.850 °C.Mais romantiques et amateurs de revues de mode, détrompez-vous! Ce n’est pas de conquête amoureuse dont il est question ici, mais plutôt du craquage du pétrole.Un procédé grâce auquel on arrive à créer des produits aussi diversifiés que des bouteilles de plastique, de l’antigel ou des bas de nylon.« Lorsqu’on soumet les chaînes d’hydrocarbures à des températures entre 750 et i 000 °C, les molécules se transforment, explique Raymond Le Van Mao, professeur de chimie industrielle à l’Université Concordia.Elles se scindent en plus petites chaînes et perdent des atomes d’hydrogène.On obtient ainsi des produits à très haute valeur ajoutée, dont l’éthylène et le propylène : des monomères qui servent entre autres à produire le polyéthylène et le polypropylène.» Chaque année, il se vend environ 80 millions de tonnes métriques d’éthylène sur le marché international et 50 millions de tonnes métriques de propylène.Avec des prix oscillant entre 500 et 600 dollars américains la tonne, on parle d’un marché qui atteint près de 80 milliards de dollars, 110 milliards en tenant compte des autres produits du craquage comme le butadiène, le benzène et le toluène.S’il est lucratif, ce procédé est loin d’être optimal.Les coûts énergétiques pour atteindre les températures voulues sont exorbitants.Le craquage entraîne aussi la formation de sous-produits indésirables : des dépôts de coke qui encrassent les réacteurs.« Pour nettoyer les appareils, il faut faire circuler de l’air sous pression, explique M.Le Van Mao.L’air arrive à dégager les particules carbonisées, mais entraîne du même coup de grandes quantités de gaz carboniques dans l’atmosphère, avec les effets que l’on connaît sur le réchauffement climatique.» Depuis bientôt 20 ans, M.Le Van Mao met au point des catalyseurs qui facilitent le craquage du pétrole.Les résultats pour sont étonnants.Déjà, en 1985, le professeur avait déposé une demande de brevets canadien et américain pour protéger un catalyseur qui non seulement augmentait la conversion des hydrocarbures en éthylène et en propylène, mais également abaissait la température de réaction.À l’époque, le brevet n’avait pas retenu l’attention de l’industrie pétrochimique.Mais en 1992, des chercheurs chinois ont mis au point un procédé identique à celui du professeur Le Van Mao.De nouvelles usines de craquage utilisant le catalyseur ont été construites en Chine et en Thaïlande.L’industrie américaine s’est réveillée.«Des gens de la compagnie Exxon Mobil ont découvert mon brevet pour le Canada et les États-Unis et m’ont approché », rappelle-t-il.Depuis, le chercheur a mis au point quatre nouvelles versions de son catalyseur.Grâce à l’appui de la société de valorisation Gestion Valeo, il a obtenu cinq brevets internationaux.« La toute dernière version du catalyseur donne un rendement de 20 à 30 p.100 supérieur à celui du procédé de craquage traditionnel.Il permet aussi d’abaisser la température de réaction d’entre 100 et 300 °C.Enfin, mon nouveau catalyseur réduit la formation de coke.» Ainsi, l’invention du professeur Le Van Mao diminue les émissions de gaz à effet de serre.En outre, elle permet le craquage des paraffines légères et du naphte — les produits pétroliers habituellement utilisés — et celui des huiles lourdes.L’éventail des matières premières utilisables s’est donc élargi.Nippon Oil et Nova Chemical se sont ajoutées à Exxon Mobil dans la liste des compagnies intéressées par la technologie.Du 16 au 19 mai, alors que se tiendra à Montréal le 18e Symposium canadien de catalyse, le professeur Le Van Mao tentera d’attirer l’attention d’autres partenaires potentiels.«Je suis très optimiste, affirme le chercheur.Un procédé qui combine des avantages économiques et environnementaux a de quoi séduire l’industrie.» DOMINIQUE FORGET Réacteur semi-pilote utilisé pour tester les catalyseurs de cracking, au centre des technologies de l'énergie CANMET.B ' ’ il 66 ^[""DÉCOUVRIR I MAI-JUIN 200^ la fine pointe parLenaire de la bio» innouaLion Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) est un chef de file depuis 1985 en valorisation des biomasses et des biotechnologies.Il stimule et accélère l’exploitation industrielle des résultats de recherche.De précieux déchets Plus qu'un garde-manger pour l'être humain, le fleuve et le golfe du Saint-Laurent sont une mine de bio-ingrédients marins aux propriétés diverses.Notamment, plusieurs poissons sont riches en acides gras poly-insaturés de type oméga-3, très prisés dans le traitement des troubles cardiovasculaires.Par ailleurs, la transformation de la biomasse marine génère d'importantes quantités de résidus, autre source potentielle de biomolécules actives.Par exemple, les résidus de crevettes, soit la carapace et les viscères, ont longtemps pris le chemin du dépotoir.Jusqu a ce que l’on découvre que la carapace contient de la chitine, principale source de chitosane, une biomolécule soluble aux propriétés fort intéressantes : cicatrisante, antimicrobienne, antitumorale, agglutinante, etc.Les transformateurs marins ont alors vu leurs déchets sous un autre œil et l'engouement pour les biomolécules marines a pris une autre dimension.« Les résidus de crevettes sont actuellement les seuls à connaître une deuxième vie », explique Chérif Aïdara, consultant en biotechnologies marines.Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) a donc décidé de faire connaître le potentiel économique des résidus marins.En collaboration avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et le ministère des Régions, il a notamment dirigé, de juin 2002 à mai 2003, une étude sur les coproduits marins.«Alors que l’industrie de la merfaitface au problème de la diminution des stocks de poissons et de mollusques, les résidus de transformation représentent une source de revenu supplémentaire, signale M.Aïdara, responsable de l'étude.De plus, les normes environnementales plus serrées poussent les transformateurs à trouver des solutions de rechange à l'enfouissement des déchets.» Le CQVB a retenu six espèces marines abondamment transformées au Québec et qui ont généré en 2001 d'importantes quantités de résidus : le crabe des neiges, le pétoncle, la morue, le flétan, le maquereau et le hareng.« Nous avons caractérisé des biomolécules, puis évalué la quantité de résidus disponibles pour les marchés de l'agroalimentaire, des nutra-ceutiques, des cosmétiques et du pharmaceutique, principaux utilisateurs des biomolécules marines», révèle le biologiste.L'étude présente également les techniques de conservation à privilégier pour protéger les résidus à haute valeur ajoutée et éviter, par exemple, l'oxydation des huiles oméga-3.« Notre but est d'obtenir la complicité des transformateurs marins pour mettre en place une filière en biomolécules marines qui inclura pêcheurs, transformateurs, utilisateurs de bio-ingrédients et scientifiques », révèle Geneviève Tanguay, vice-présidente Développement au CQVB.L'étude, disponible au Centre, a d'ailleurs été présentée à une centaine d'intervenants lors de la rencontre technologique Les coproduits des usines de transformation : une vaieur à exploiter, tenue par le CQVB en novembre 2003.« Question de favoriser les échanges entre tous les acteurs de l'industrie émergente des biomolécules, dont les agents de développement économique », précise Geneviève Tanguay.Pour stimuler encore plus l'intérêt envers les biomolécules marines, le CQVB a publié en janvier et en décembre 2003 deux BioVeille, des fiches qui présentent un survol mondial des innovations industrielles, des projets de recherche et de la réglementation qui touchent le domaine.Enfin, le CQVB et le Québec ont été à l'honneur lors du symposium international Nutrition Santé Mer, tenu en France en septembre 2003.NATHALIE KINNARD '>• âêjt.>y -i* A-i \£.' ¦ 67 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN~20Q4 PHOTO : CHÉRIF AÏDARA la fine pointe Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales Le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) a pour mission de contribuer à l'amélioration des pratiques de prévention et d'intervention psychosociales, à la hausse de la qualité et de la pertinence de la recherche psychosociale et à l'élaboration des politiques sur les enjeux à caractère psychosocial.68 Contre la violence envers les enfants De 1993 à 2003, onze centres hospitaliers canadiens ont rapporté 364 cas d'enfants victimes du syndrome du bébé secoué, avec en bout de ligne 69 décès.Et pour rester dans les chiffres peu réjouissants : plus de 600 enfants victimes de mauvais traitements physiques sont signalés chaque année à la Direction de la protection de la jeunesse.Ainsi, de la discipline abusive à la brutalité irrationnelle, la violence n'épargne pas le monde des moins de cinq ans.On le sait, mais sait-on le voir?Tous les spécialistes s'entendent pour dire que ces chiffres sont sous-estimés.Le problème, c'est que la plupart des cas de mauvais traitements physiques infligés aux enfants ne font l'objet d'aucun g signalement et, par conséquent, ^ d aucune intervention.Dans ce S O contexte, le Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) a démarré un projet de prévention pour permettre aux professionnels en cause d'acquérir des connaissances en vue de mieux déceler les cas de violence et, surtout, de mieux intervenir auprès des victimes et de leurfamille.Quels sont les signes d'un mauvais traitement physique?Quelle attitude faut-il adopter?Quel type d'aide peut-on offrir?Voilà les trois principales questions qui seront abordées.Les premières clientèles visées sont les intervenants des centres de la petite enfance (CPE) et le personnel des services policiers, mais le projet s'adressera éventuellement aux intervenants du milieu scolaire, des CLSC-CHSLD, des services de loisirs et des organismes communautaires.Concrètement, ce projet consiste à produire et à diffuser une trousse audiovisuelle de formation et de sensibilisation, constituée de vidéos et d'un guide pédagogique.« De nom- breux ouvrages portent sur les mauvais traitements physiques infligés aux enfants et sur le syndrome du bébé secoué, explique la présidente-directrice générale du CLIPP, Mireille Mathieu.Mais ils sont surtout axés sur les symptômes et les séquelles physiques.Ils contiennent peu d'information sur la façon de repérer, dans les milieux non spécialisés, les cas de mauvais traitement, sur les actions à entreprendre et sur les ressources disponibles.» Elle ajoute que si l'on peut consulter sur le Web plusieurs bons sites qui renseignent notamment sur la question des mauvais traitements physiques infligés aux enfants, peu d'intervenants ont le temps de consulter régulièrement ces données.Ceci sans compter que les informations scientifiques électroniques sont rarement offertes en français.Le matériel du CLIPP sera conçu avec le soutien de comi- tés d'experts composés de chercheurs et d'utilisateurs, afin de s'appuyer sur l'état à jour des connaissances, d'une part, et de bien répondre aux besoins des utilisateurs, d'autre part.Il sera expérimenté auprès de six groupes cibles : trois groupes d'intervenants de CPE et trois groupes de services policiers.L'idée maîtresse du projet est de former des agents multipli- cateurs qui formeront à leur tour les professionnels de leur milieu.« Le relais doit être pris par les gens du milieu, insiste Lucie Joyal, directrice du développement au CLIPP, car notre rôle n'est pas de devenir une faculté d'éducation permanente, mais un centre de liaison entre les producteurs du savoir et ses utilisateurs.» Cela ne veut pas dire que le CLIPP ne désire pas rester actif dans ce dossier.Le Centre prévoit mettre sur pied un forum de discussion sur le Web pour permettre aux personnes formées d'échanger de l'information et d'interroger des experts.Enfin, un répertoire des questions les plus fréquentes sera mis en ligne.Fait à signaler, la réalisation de ce projet, financé par le Centre de prévention du crime du ministère de la Justice du Canada, se fera en collaboration avec l'École nationale de police du Québec, le Regroupement des CPE et l'Institut national de santé publique.SOPHIE MALAVOY Un médecin examine un bébé de neuf mois à l’occasion d’une visite de routine.Ces examens réguliers sont destinés à surveiller la santé et le développement des nourrissons.^["DÉCOUVRIR I MAI-JUIN 2004 | P de nx echerche cientifique de l'Acfas 2004 2e appel de candidatures pour le Prix J.-Armand-Bombardier Date limite de réception des dossiers : 12 juin 2004 Crée en 1980, en l'honneur de J.-Armand-Bombardier, ce prix a pour but de reconnaître une contribution à une innovation technologique dont la commercialisation s'est distinguée par un succès économique.Cette innovation peut être issue de tous les domaines de recherche scientifique.Il est destiné soit à une personne, soit à une équipe, du secteur public comme de l'entreprise privée.Le lauréat recevra une bourse de 5000 $ et une médaille de bronze.Pour connaître les modalités de mise en candidature, veuillez vous référer au site Internet de l’Acfas : www.acfas.ca/prix.JOLICOEUR Bureau de Recherche & ASSOCIÉS Marketing Sociale Recherche sociale appliquée Stratégie et planification Marketing de services La référence en recherche sociale au Québec ^ * Recherche quantitative et qualitative / CNS c k Évaluation de programmes (¦ k Recherche socio-économique et développement régional c k Expertise statistique (- k Évaluation de services à la clientèle
de

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