Découvrir, 1 janvier 2006, Janvier-février
LE TRAVAIL ATYPIQUE.DEVIENT TYPIQUE f\- Bl EVUE DE LA RECHERCHE Biomolécules la chasse est ouvert •v " V # x 7N v * /*> v * ^ ' 7 * a m ^ i , » m •.« .Du pétrole en Gaspésie?La délinquance au féminin Des paysans branchés en Inde Fouiller les archives des océans Redécouvrir les Métis b * Le corps sous toutes ses çputUres p f % y* v #-*, Messagenes Dynamiques 0 1 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Cauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 40063507 - decouvrir@acfas.ca 77831300468701 1-3 r=l a r— wii^Ûàl SAVOIR- vw^rLw m.(fin xn": sœ TRAME DE LA MODERNITE V.Acquis, connaissance(s), culture, erudition, instruction, lumière, science.Plus de 200 colloques Su 'Cf r3 r3 / r-3, -3 ?r-3/H - proposes -le Congrès s'annonce haut en couleur! m 74e Congrès de l’Acfas Du 15 au 19 mai 2006 Université McGill Dates à retenir : Le 6 janvier 2006-Date limite pour soumettre une proposition de communication libre.Le 31 mars 2006-Date limite pour inscriptions à tarif réduit.A Acfas Renseignements: www.acfas .ca/co ng res/ McGill 5 PAROLES DE SCIENTIFIQUES Michel Bergeron 7 SCIENCE CLIPS DU PÉTROLE EN GASPÉSIE?• ÉVALUER LA DURABILITÉ DES FERMES • GRANDS BRÛLÉS: SURVIE ET QUALITÉ DEVIE • DE LA VITESSE DANS LE DIAGNOSTIC • CIGARETTES ET JEUNES: UNE ÉTUDE AU GOÛT AMER • VA SAVOIR CE QU’EST.UNE VILLE DU SAVOIR! • LA FACE CACHÉE DE MADAGASCAR • DES PAYSANS BRANCHÉS EN INDE • INFIDÉLITÉ À LA SAUCE HOMARD • FOUILLER LES ARCHIVES DES OCÉANS • REDÉCOUVRIR LES MÉTIS • DÉCISIONS MÉDICALES : LES PATIENTS VEULENT JOUER UN RÔLE • LA DÉLINQUANCE AU FÉMININ • L’INSOMNIE SERAIT-ELLE PLUS DOMMAGEABLE QU’ON LE PENSE?• NOUVEAU-NÉS EN EAUX TROUBLES • CONCOURS CONSTRUCTIFS • LES GÉNÉTICIENS GRIMPENT DANS L’ARBRE GÉNÉALOGIQUE • QUADRUPLER LA DURÉE DE VIE DU BÉTON • MESURER LA SCIENCE 1906-2006 28 FACE À FACE LUC VIN ET, PREMIER DE CLASSE, NUMÉRO UN DE SON UNIVERSITÉ Mesurant près de six pieds aujourd’hui, le nouveau recteur de l’Université de Montréal avait toujours été beaucoup plus petit que ses compagnons de classe.C’est qu’il était plus jeune.Dominique Forget RECHERCHE 32 BIOMOLÉCULES: LA CHASSE EST OUVERTE Une molécule bénéfique contre le cancer ou le diabète attendrait-elle qu’on la découvre ici même, dans la forêt boréale ou les profondeurs du Saint-Laurent?Des chercheurs mènent leur enquête.Dominique Forget ENJEU 48 LE TRAVAIL ATYPIQUE.DEVIENT TYPIQUE Plus précisément, 31 p.100 des travailleurs ne bossent plus pour une seule entreprise et dans ses locaux, à temps plein et pour une durée indéterminée.Anick Perreault-Labeüe 56 ZOOM LE CORPS SOUS TOUTES SES COUTURES Nathalie Kinnard 59 LA FINE POINTE LES ARTS MÉDIATIQUES, UNE NOUVELLE FORME D’EXPRESSION MATHÉMATIQUES PRATIQUES ET.COMIQUES ! UN THERMOMÈTRE DU DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT MÉDICAMENTS À LIBÉRATION CONTRÔLÉE: PLUS BESOIN D’ENROBAGE VERS UN NOUVEAU TRAITEMENT DE L’ASTHME 66 LE POINT S Avis de réclamation (Dépôt légal) Page : 7 16-11-2005 Livrer à: Bibliothèque nationale du Québec Section du dépôt légal 2275, rue Holt Montréal (Québec) H2G 3H1 Association francophone pour le savoir 425, rue de la Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Quant.Description Titre : Découvrir (Montréal, Québec) ISSN : 1498-5845 Numéro réelamé: 1 (1er avis) Vol.26, no 6, Novembre /Décembre 2005 A oaJiSJ Vol 27-, no' 3aM^/PëV' seq.570621 Nombre total de titres = 1 Nombre total des numéros = 1 Nombre total d'exemplaires = 1 Veuillez retourner cette réclamations avec le(s) document(s), ou selon le cas avec vos commentaires au verso.Si la publication a cessé de paraître, veuillez identifier le dernier numéro paru.Merci de votre collaboration.Pour plus de renseignements, communiquer au (514) 873-1101; pour de Montréal au 1-800-363-9028.Télécopieur: (514) 873-7286.1'extérieur CÉCILE PARC Poste 3818 «Un éditeur qui publie un document doit, à chaque édition, dans les sept jours de sa publication, en déposer gratuitement deux exemplaires auprès de la Bibliothèque.» Extrait de la «Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec» (L.R.Q., c.B-2.2, a.20.1). MOT DE LA RÉDACTION Un rapide regard sur l’année qui se termine m’inspire une pensée réjouissante : après de nombreuses années passées dans le domaine de la communication scientifique, je constate avec plaisir que les efforts des pionniers dans le domaine, Fernand Seguin en tête, portent des fruits, inespérés il y a quelques années à peine.Dans ce domaine, 2005 a été particulièrement fructueuse.Les scientifiques, plutôt farouches il y a 30 ans lorsque venait le temps de s'adresser à des journalistes scientifiques, m’appellent souvent eux-mêmes pour tenter de faire valoir leurs travaux dans Découvrir.Leurs approches restent encore un sujet d’étonnement pour la vétérante que je suis en communication scientifique ! Par ailleurs, universités, centres de recherches, fonds subventionnaires ou centres de transfert se lancent avec enthousiasme dans la communication : l’année 2005 a vu naître un foisonnement de publications diverses, sans doute favorisées entre autres par la convivialité d’Internet.Et on le sent : les gens des communications de ces établissements rivalisent d’ingéniosité pour rendre attrayants les travaux de leurs chercheuses et chercheurs.Les activités de rencontres avec le public sont au goût du jour, qu’il s’agisse de conférences très courues sur les changements climatiques, du Forum Science et Société organisé par l’Acfas et où des scientifiques s’adressent à des cégépiens qui accourent en grand nombre, de la fébrilité autour de l’organisation du Cœur des sciences de l'Université du Québec à Montréal, des blogues de science dans Internet, ou encore, des multiples activités du style portes ouvertes organisées dans les universités.Dans la chronique Paroles de scientifiques, Michel Bergeron vient confirmer ce mouvement et nous annonce l’instauration d’un nouveau droit fondamental, celui de l’accessibilité à l’information scientifique pour tous les citoyens des Amériques ! Si la tendance se maintient, la vulgarisation scientifique obtiendra peut-être ses lettres de noblesse au cours des prochaines décennies.Dans le dossier Recherche, Dominique Forget rappelle qu’en ce qui concerne les biomolécules, la chasse est bien ouverte.Les scientifiques scrutent aussi bien le fond des océans que la flore terrestre à la recherche de molécules miracles qui libéreront encore un peu plus les humains du joug des maladies.Nos institutions et nos ressources nous permettent d’occuper une position de choix sur ce terrain.L’Enjeu nous entraîne dans le monde du travail atypique, celui qui semble dévolu aux jeunes à la recherche d’un sens à leur carrière, mais qui, en réalité, est en train de transformer le monde du travail de l’intérieur.Je souhaite une très heureuse année 2006 à toutes et à tous.Merci à vous, lectrices et lecteurs, de votre fidélité.O O Danielle Ouellet, M.Sc, Ph.D.Directrice et rédactrice en chef, Découvrir / ouellet@acfas.ca DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DÉCOUVRIR, LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR L’ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS AVEC L’AIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, DE L'INNOVATION ET DE L'EXPORTATION (MDEIE).ZïïZZZ», rt a» rc*port»tion Québec h ca DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF DANIELLE OUELLET ADJOINTE À LA RÉDACTION KARINE GAUTHIER COLLABORATION SPÉCIALE DOMINIQUE FORGET RECHERCHISTE JOHANNE LEBEL RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE S.STAMMERS/SPL/PUBLIPHOTO PHOTO DE LUC VINET ARSÉNIO CORÔA RECHERCHE PHOTO KARINE GAUTHIER SORTIES POSTSCRIPT FILM-O-PROGRÈS IMPRESSION IMPRIMERIE IMPART LITHO CERTAINS ARTICLES DE DÉCOUVRIR PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À: DÉCOUVRIR 425.RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 2M7 TÉLÉPHONE : (514) 849 0045 TÉLÉCOPIEUR : (514) 849-5558 DECOUVRIR@ACFAS.CA WWW.ACFAS.CA/DECOUVRIR DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’ACFAS CHRISTINE MARTEL NOUS RECONNAISSONS L’AIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS RÉDACTIONNELS PAR L’ENTREMISE DU FONDS DU CANADA POUR LES MAGAZINES.Canada LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR L’AUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ.TÉLÉPHONE : QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605, JANVIER 2006 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, PREMIER TRIMESTRE 2006 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES / CHANTAL SAINT-DENIS TEL.: (450) 227-8414 - info@publi-services.com DÉCOUVRIR REMERCIE SES PARTENAIRES FINANCIERS : CHAIRES DE RECHERCHE DU CANADA, VALORISATION RECHERCHE QUÉBEC (VRO), GÉNOME QUÉBEC, INRS, INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIÉTÉ ET LA CULTURE (FORCS), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES (FORNT), FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC (FRSO), CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE (CRSNG), GESTION VALÉO, CENTRE QUÉBÉCOIS DE VALORISATION DES BIOTECHNOLOGIES (COVB), CENTRE DE LIAISON SUR L'INTERVENTION ET LA PRÉVENTION PSYCHOSOCIALES (CLIPP), HEXAGRAM - INSTITUT DE RECHERCHE/CRÉATION EN ARTS ET TECHNOLOGIES MÉDIATIQUES, SCIENCES ET MATHÉMATIQUES EN ACTION (SMAC) DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 MICHEL BERGERON Paroles de scientifiques L'information scientifique, un droit pour tous L’accessibilité à l’information scientifique pour tous les citoyens des Amériques : un nouveau droit fondamental emblématique de ce nouveau millénaire.Telle est la première proposition contenue dans la Déclaration de Panama*, présentée par l’association INTER-CIENCIA aux 34 chefs d'État membres de l’Organisation des États américains (OEA/OAS) et réunis à Mar del Plata, en Argentine, en novembre 2005.À cette occasion, les dirigeants ont adopté un plan d'action regroupant quelque 30 résolu- tions qui visent les objectifs de ce IVe Sommet, soit : « Créer des emplois, afin de réduire la pauvreté, et renforcer la gouverne de nos démocraties ».Les membres de INTERCIENCIA, une fédération regroupant 18 associations pour l’avancement des sciences dans les Amériques, dont l’Association francophone pour le savoir-Acfas, partagent cette même conviction, mais soulignent qu’il est impensable au 21e siècle de pouvoir atteindre ces deux objectifs sans avoir recours à la science et à la technologie.La Déclaration de Panama recommande que l’accessibilité à l’information scientifique pour tous les citoyens soit reconnue comme un droit fondamental.Même si une telle accessibilité est intimement liée au droit à l’éducation, sa spécificité doit être reconnue.Pourquoi ?> Parce que beaucoup de nos gestes quotidiens nécessitent un jugement scientifique reposant sur une information rigoureuse et que chacun doit comprendre comment les applications scientifiques bouleversent notre univers.> Parce que la science et la technologie, de même que leurs effets socio-économiques, sont inséparables du processus décisionnel au sein de nos parlements et des instances qui font appel à la participation citoyenne : utiliser les données et savoir les critiquer, en effet, sont essentiels à la bonne gouverne de nos démocraties.> Parce que le transfert des connaissances est au cœur de la création d’emplois et de la lutte contre la pauvreté.Que les solutions à certains problèmes de santé soient connues et ne soient pas appliquées constitue un des scandales de nos démocraties modernes.L’analphabétisme scientifique est, comme tout analphabétisme, souvent associé à la pauvreté et aux mauvaises conditions d’hygiène.Les coûts et les effets néfastes de l’ignorance sont bien connus.En fait, ce nouveau droit répond aux objectifs énoncés dans le chapitre IV de la Charte de l’OEA sur le développement intégral et rappelle que l’éducation à tous les niveaux, pour les femmes comme pour les hommes, est la responsabilité de chaque nation.L’ap- plication judicieuse des technologies et le recours à l’innovation nécessitent la mobilisation de la communauté scientifique.Chaque société doit pouvoir compter en son sein des experts de disciplines variées.L’entrepreneurship trouve son épanouissement si on dispose localement de cerveaux bien formés qui sauront transformer des idées en innovations génératrices d’emplois.Il n’y a pas meilleure façon de réduire la pauvreté et d’éliminer l’exclusion sociale.Enfin, tous les pays de notre hémisphère doivent faciliter l’accès aux professions scientifiques pour les femmes.Ignorer cette dimension, c’est empêcher les femmes de participer pleinement à l’économie du Savoir et, étrangement, c’est accepter de limiter le potentiel intellectuel de sa propre société.INTERCIENCIA rappelle le mandat défini comme prioritaire lors du Sommet de Québec 2001 : « Rendre disponible l’information et favoriser l’expansion des autoroutes électroniques dans les Amériques».Adopter ce nouveau droit vient confirmer et prolonger ce mandat.* www.interciencia.org (oct.2005) JSL ill Michel Bergeron Président de l’association INTERCIENCIA michel.bergeron@umontreal.ca DECOUVRIR | JANVIER-FEVRIER 2006 La Déclaration de Panama recommande que l'accessibilité à l'information scientifique pour tous les citoyens soit reconnue comme un droit fondamental. Denis Bédard rassemble des chercheurs de disciplines variées pour renouveler les méthodes d'enseignement à l'université.Innover L'Université de Sherbrooke propose un cadre de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.• Plus de II 0 millions $ en subventions de recherche (2003) • Plus de 17 millions $ en contrats et partenariats de recherche avec des entreprises (2003) • Plus de 50 chaires de recherche • 19 équipes, 25 centres et 4 instituts reconnus par leurs pairs pour l'excellence de leur recherche dans des domaines de pointe, dont : nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole 22 entreprises dérivées créées depuis 1984, dont : Télogène (biotechnologies), Quantiscript (microélectronique), Kemestrie (chimie environnementale) • L'université canadienne ayant les redevances de brevets les plus élevées au Canada : 14,2 millions $ (2003) • Un régime d'études en partenariat pour une maîtrise ou un doctorat en milieu de travail • Plus d'une centaine d'accords de coopération internationale avec 32 pays • 27 programmes de doctorat et 35 programmes de maîtrise de type «recherche» • Près de 2300 personnes travaillant en appui aux activités de recherche Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE L’audace porte fruit www.USherbrooke.ca/recherche ________________science PTTTT^ Du pétrole en Gaspésie?Québec, le projet qui occupe M.Malo vise à évaluer la possibilité de trouver en Gaspésie de l’or disséminé dans les roches sédimentaires.Pour l’instant, les résultats de ses recherches indiquent que tous les ingré- Puits d'exploration Galt n° 2 foré par JUNEX et ses partenaires dans la région de Gaspé.A SaaSffiw ! n ir, 1 e i; • mm dients géologiques sont réunis dans le sud-ouest de la Gaspésie pour former un gisement d’or comme ceux du Nevada.Pétrole, gaz naturel, or : et si la Gaspésie devenait l’Eldorado québécois du 21e siècle ?FRANCOIS DION L’Alberta, avec ses importantes réserves de pétrole, n’a qu’à bien se tenir ! Voici que la Gaspésie fait depuis quelques années l’objet d’une convoitise grandissante pour son potentiel d’énergie pétrolière et gazière.C’est ce qui incite Michel Malo, géologue au centre de recherche Eau, Terre et Environnement de l’INRS (Institut national de la recherche scientifique), à consacrer la majeure partie de ses recherches à l’étude des possibilités d’exploitation des hydrocarbures en Gaspésie.Pourquoi en Gaspésie ?Cette région est un bassin de roches sédimentaires.Or, explique M.Malo, «les réservoirs qui permettent de piéger les hydrocarbures, qu’ils soient sous forme liquide (le pétrole) ou gazeuse (le gaz naturel), sont toujours constitués de roches sédimentaires.En effet, lorsque qu’elles sont poreuses, ces roches sont comme des éponges : elles peuvent contenir des hydrocarbures et constituer des réservoirs sous la surface ».Mais encore faut-il que ces réservoirs soient remplis! Pour former du gaz ou du pétrole, il faut des roches qui contiennent de la matière organique.De plus, cette matière doit avoir été chauffée convenablement par la chaleur venant de l’intérieur de la Terre pour qu’elles aient expulsé le gaz et le pétrole qu’elles contenaient.Si la température du four terrestre est trop élevée ou que la cuisson dure trop longtemps, le gâteau est raté : le pétrole et le gaz naturel sont détruits.On sait déjà qu’il y a de la matière organique dans les roches gaspésiennes et que certaines, de type calcaire, peuvent constituer des bons réservoirs d’hydrocarbures sous la surface.Un des projets de Michel Malo est d’évaluer si ces roches ont pu produire du gaz et du pétrole.À cette fin, il établira une carte indiquant les propriétés géochimiques des roches de l’ensemble du territoire gaspésien, ce qu’il fera en collaboration avec Stéphanie Roy, étudiante au doctorat, et Rudolf Bertrand (pétrologiste et géochimiste organicien à l’INRS).Cette cartographie sera complétée par des relevés de la densité des roches et de leurs propriétés magnétiques.Un autre projet de Michel Malo vise à mieux comprendre la nature et la géométrie des réservoirs d’hydrocarbures.Il a donc entrepris de visiter deux grandes chaînes de montagnes européennes, les Alpes et les Pyrénées.«Lorsqu'une chaîne de montagnes se forme, explique-t-il, les strates de roches se plissent et c’est précisément à ce moment que se forme la structure rocheuse qui peut cacher en son sein un réservoir d’hydrocarbures.Dans les Alpes et les Pyrénées, on peut observer ce type de structures à la surface.Je les étudie pour me faire une image en trois dimensions de ce que l’on cherche sous la surface en Gaspésie.» Outre le pétrole et le gaz naturel, le sous-sol de la Gaspésie pourrait nous réserver une autre surprise : des gisements d'or! En tant que géologue, Michel Malo s’intéresse également aux gisements de minéraux piégés dans les roches sédimentaires.Il est notamment le cofondateur de DIVEX (Diversification de l'exploration minérale au Québec), un réseau d’une trentaine de chercheurs en sciences de la Terre en quête de nouveaux gisements de minéraux sur l'ensemble du territoire québécois.Dans ce réseau financé par Valorisation-Recherche 7 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2O06~[^ SOURCE : JUNEX Évaluer la durabilité des fermes mes sur le plan social.Des trois aspects du développement durable, c’est celui qui est le plus méconnu et qui cause des problèmes dans la plupart de ces établissements.Selon elle, la diminution du nombre des exploitations et l’augmentation de leurtaille sont en partie responsables de la situation.« Le capital nécessaire pour acquérir une ferme est rendu tellement élevé que plusieurs jeunes se découragent et quittent les campagnes », dit-elle.transferer une partie de leurs responsabilités à leurs successeurs, mais plusieurs omettent de le faire.Autre sujet d’intérêt pour Diane Parent : l’image sociale des agriculteurs, qui s’est sensiblement détériorée ces dernières années, notamment à cause des répercussions des activités agricoles sur l’environnement.« Les consommateurs jugent sévèrement les agriculteurs sans se rendre compte qu’en bout de ligne, ce sont Ferme laitière de Lac-au-Saumon, Bas-Saint-Laurent.Lorsqu’on évoque le développement durable des exploitations agricoles, on songe d’abord à limiter leurs impacts sur l’environnement.Mais pour vraiment s’inscrire dans une perspective durable, les fermes doivent faire plus : elles doivent aussi être viables sur les plans économique et social.Or, au Québec, il n’existe à peu près pas d'indicateurs qui permettent de mesurer la performance des fermes à ces égards.Professeure au Département des sciences animales de l’Université Laval, Diane Parent a obtenu l’appui du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) pour lancer un important projet de recherche qui aidera à développer de tels indicateurs.En collaboration avec les professeurs Guy Allard, Doris Pellerin et Anne Vanasse, également de l’Université Laval, elle suivra au cours des trois prochaines années les activités defermes laitières dans deux régions québécoises très différentes sur le plan agricole, soit la Montérégie et le Bas-Saint-Laurent.« Nous avons choisi les fermes laitières parce qu’elles représentent 28 p.100 des exploitations agricoles au Québec, explique la professeure Parent.En 2003, la production de lait des 8 600 fermes a généré la plus importante part des recettes agricoles du Québec, soit 30 p.100.En outre, c’est le secteur pour lequel les données sont le plus facilement accessibles.» Diane Parent prévoit se concentrer sur la durabilité des fer- Les lacunes sur le plan de la transmission intergénérationnelle des savoirs est un autre sujet auquel Diane Parent compte s'attarder.En principe, les agriculteurs devraient penser à leur retraite 5 ou 10 ans à l’avance et commencer alors à eux qui exigent des denrées à très bas prix, note-t-elle.Ce manque de respect pour leur travail démoralise les agriculteurs et ceux qui voudraient se lancer dans le métier.» Les autres chercheurs de son équipe se pencheront plus particulièrement sur la durabilité environnementale et économique des fermes.« Il existe bien sûr des outils qui permettent d'évaluer la rentabilité économique des entreprises, mais ils doivent être adaptés au contexte des fermes québécoises», précise la professeure Parent.Au final, l’équipe compte intégrer l’ensemble des indicateurs qu’elle aura mis au point en un seul et même outil de mesure du développement du- rable des exploitations agricoles québécoises.« En disposant de tels outils pour évaluer la durabilité des fermes, il sera plus facile de concevoir des plans d’action pertinents pour accroître cette durabilité.» DOMINIQUE FORGET DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 PHOTO : DAVE BÉRUBÉ/©LE QUÉBEC EN IMAGES, CCDMD SOURCE : AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA Grands brûlés: survie et qualité de vie Le bras d’un patient, ayant développé une cicatrice hypertrophique.v- v «M» '.''-J La médecine a franchi des pas de géant au cours des vingt dernières années dans le traitement des grands brûlés et la vaste majorité des victimes survivent aujourd’hui à leurs blessures.Mais la partie est loin d’être gagnée.Au-delà des atteintes esthétiques avec lesquelles ils doivent composer, les survivants doivent généralement apprendre à vivre avec une mobilité réduite.Certains n’arrivent plus à accomplirdes tâches aussi simples que se brosser les cheveux ou faire la cuisine.« Les cicatrices hypertrophiques qui se forment sur le site des brûlures peuvent devenir très épaisses et rigides, ce qui limite le jeu articulaire», explique Bernadette Nedelec, professeure à l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill et chercheuse-clinicienne à l’hôpital de réadaptation Villa Me-dica, un centre qui accueille les patients qui sortent de l’Unité des grands brûlés de l’Hôtel-Dieu du CHUM.Une équipe de médecins, d’infirmières, d’ergothérapeutes, de physiothérapeutes et de psycholo- gues y aide les survivants à compléter leur convalescence, qu’il s’agisse de récupérer certains mouvements, de réintégrer leur communauté ou de combattre la dépression.Pour réduire au maximum l’épaisseur et la rigidité des cicatrices hypertrophiques, Bernadette Nedelec pratique des massages et applique des compresses ou des crèmes sur le site des brûlures.« Nous avons environ 18 mois avant que la cicatrice ne prenne sa forme définitive, dit-elle.Il faut faire le plus possible durant cette période.» Les résultats sont loin d’être miraculeux, mais même une légère amélioration de la mobilité est une victoire lorsqu’on traite les grands brûlés.Qu’importe, la professeure souhaiterait faire plus.En parallèle à ses activités cliniques, elle dirige des projets de recherche qui visent à améliorer le traitement de ses patients.Elle en termine un ces jours-ci, qui permettra auxthé-rapeutes de mieux suivre l’évolution des cicatrices.«Jusqu'à maintenant, les seuls outils disponibles pour évaluer les cicatrices hypertrophiques étaient l’œil, le papier et le crayon, dit l/_ *0^,1 ' .^ m**'s, s.*' .Riz : un petit goût québécois (Agence Science-Presse) - Le décodage du génome du riz, annoncé en grandes pompes en septembre, possède une saveur québécoise.En effet, l’équipe de Thomas Bureau, bioinformaticien à l’Université McGill, s'est investie dans ce projet international, l’un des plus importants dans le domaine.Le Japon apportait la principale contribution au Projet international de séquençage du génome du riz, avec une dépense de 100 millions de dollars américains, soit 55 p.100 du budget.Aucun autre laboratoire au Canada n’a participé à l’aventure.Détails à : www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0g05f.html 9 | DÉCOUVRIR [ JANVIER-FÉVRIER 2006 PHOTO : GRAZYNA RACHELSKA SCIENCE la chercheuse-boursière du Fonds de la recherche en santé du Québec.On décrivait de façon très subjective leur apparence, leur rigidité et leur couleur, ce qui compliquait le suivi.Nous avons eu l’idée de mettre au point des équipements électroniques capables de mesurer de façon exacte et constante leurs caractéristiques.» Ces outils devraient être prêts d’ici quelques mois.La chercheuse s’apprête aussi à tester une crème développée aux États-Unis et censée réduire les démangeaisons associées aux cicatrices hypertrophiques.«Imaginez un coup de soleil, en looofois pire, illustre Bernadette Ne-delec.Les patients souffrent énormément de démangeaisons et ce, pendant plusieurs mois, voire des années.Pour l’instant, il n’existe à peu près rien pour les soulager.Nous allons entreprendre des essais cliniques avec cette nouvelle crème dans l’espoir qu’elle offre un certain apaisement.» En collaboration avec ses collègues de l’Hôtel-Dieu, la professeure souhaite également lancer au cours des prochains mois un projet pancanadien qui permettra de suivre les survivants de brûlures sévères sur plusieurs années.Les chercheurs veulent mieux documenter les défis auxquels font face les patients pour éventuellement mettre en place des interventions mieux ciblées.«Sauver les grands brûlés de la mort est une chose, dit Bernadette Nedelec, mais nous devons également les aider à retrouver une qualité de vie.» DOMINIQUE FORGET De la vitesse dans le diagnostic Michel G.Bergeron reçoit le prix \N\t Une petite révolution a eu lieu dans le monde des maladies infectieuses : on dispose maintenant d’une autre méthode de diagnostic que celle que Louis Pasteur a mise au point.il y a plus de cent ans.L’homme derrière cette découverte est Michel G.Bergeron, directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) du Centre hospitalier de l’Université Laval.Cette nouvelle technique issue du génie génétique permet de débusquer plus rapidement les maladies infectieuses.En plus, elle aidera les spécialistes de la santé à lutter contre la résistance de plus en plus inquiétante des bactéries aux antibiotiques.Tout cela est si significatif que le Dr Bergeron a reçu en novembre dernier le prix Wilder-Penfield 2005, la plus haute distinction québécoise décernée aux scientifiques du domaine biomédical.Pour ce qui concerne l’identification du microbe responsable d’une infection, les techniques ont somme toute peu changé depuis le 19e siècle.« La microbiologie classique est efficace et fonctionne très bien, reconnaît Michel G.Bergeron, qui est aussi chef de la division de microbiologie du Département de biologie médicale de l’Université Laval.Le seul problème, c’est que les résultats sont longs à venir.» Quelqu’un qui souffre d’une pneumonie, par exemple, peut être infecté par différents virus ou bactéries.Pour trouver le coupable, et prescrire le bon médica- ment, le médecin prélève un échantillon de ses expectorations, puis envoie celui-ci à un laboratoire.L’échantillon sera alors placé en culture pendant 12 à 24 heures, puis analysé.Au total, cela prendra au moins 36 heures.Et c’est encore plus long pour les virus ! Ce délai représente un gros désavantage.En effet, faire revenir le patient deux ou trois jours plus tard simplement pour lui donner une ordonnance n'est pas très pratique, ni très sécuritaire : puisque les populations de microbes doublent aux vingt minutes, on se doute qu’elles peuvent faire bien des dommages en 24 heures! C’est pourquoi, souvent, les médecins n’attendent pas les résultats des tests de laboratoire et prescrivent un antibiotique à large spectre, qui combat plusieurs bactéries.Cette solution n’en est pas vraiment une : le remède est fréquemment trop fort pour le mal qu’il traite tandis qu’il rate parfois sa cible ! Il ne sert à rien, par exemple, de traiter une pneumonie d’origine virale avec un antibiotique parce que les virus ne répondent pas à ces médica- Michel G.Bergeron lors de la remise du prix Wilder-Penfield, le 8 novembre dernier par M.Claude Béchard, ministre du Développement économique de l’Innovation et de l’Exportation.DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 SCIENCE Jer-Penfield merits.« Encore en 2005, la médecine est une science empirique, explique Michel G.Bergeron, lui-même médecin : on se fie à notre intuition parce qu’on manque de données fiables.Résultat, 50 p.100 des antibiotiques prescrits dans le monde le sont pour des mala- dies qui ne sont pas d’origine bactérienne.» Ce qui est grave, c’est que cette utilisation inappropriée des antibiotiques favorise la résistance des bactéries : à force d’être exposées à ces remèdes puissants, elles finissent par ne plus y être sensibles.Michel G.Bergeron, qui a fondé le CRI en 1974 et en a fait depuis le plus grand centre de recherche en infectiologie au Canada, cherche donc à réduire le temps de diagnostic des maladies infectieuses.«En 1985, j’ai complètement changé l'orientation de mes recherches, raconte le scientifique, financé entre autres par Génome Québec : j’ai continué à m’intéresser à la pharmacologie, à la toxicité des médicaments et à la résistance antibiotique, mais j’ai commencé à me concentrer sur la prévention plutôt que sur la thérapie.» En 2000, ses efforts portent fruit : son équipe développe un test de microbiologie génétique qui, en à peine 30 à 45 minutes, identifie les bactéries responsables d’une infection à partir d’un échantillon clinique.Plus précisément, cette méthode décèle la présence — ou l’absence — du streptocoque du groupe B chez des femmes enceintes.Lorsqu’elle est présente au moment de l’accouchement, cette bactérie en forme de chaînette peut notamment causer une méningite chez le nouveau-né.Grâce à ce nouvel outil, les médecins donnent des antibiotiques seulement aux femmes infectées alors que, jusqu’ici, ils en distribuaient à tout le monde par mesure de précaution.Cette technique est aujourd’hui utilisée à travers le monde.Depuis, le Dr Bergeron et son équipe ont développé d’autres tests du même genre qui dé- tectent notamment la peste ou Clostridium difficile, cette bactérie qu’on « attrape » souvent dans les hôpitaux et qui fait la une des journaux actuellement.Au cœur de tous ces tests révolutionnaires, on trouve une technique très en vogue dans le monde de la génétique : la réaction de polymérisation en chaîne, ou PCR.Les polymérases sont des enzymes qui facilitent l’analyse d’un brin d’ADN en en faisant des milliards de copies.« La technique de la PCR servait depuis les années 1980 à identifier les microbes, mais elle était alors moins sensible et n’arrivait pas toujours, par exemple, à différencier l'espèce à laquelle appartient une bactérie.La force de notre équipe fut de trouver les gènes qui permettent de distinguer à la fois les familles, les genres et les espèces de ces microbes », dit ce chercheur né dans la ville de Québec.Grâce à ce travail de pionnier, Michel G.Bergeron et ses collègues ont développé une importante banque de séquences génétiques grâce auxquelles les scientifiques peuvent désormais reconnaître presque n’importe quel microbe.Au début des années 1990, quand le Dr Bergeron récolte les premiers résultats montrant que la PCR diagnostique rapidement et correctement les maladies infectieuses, il fonde la compagnie Infectio Diagnostic afin de développer des applications.C’est cette entreprise, par exemple, qui a réuni les fonds privés nécessaires pour faire approuver certains tests par Santé Canada et son équivalent américain, la Food and Drug Administration.Depuis, Infectio Diagnostic a fusionné avec la multinationale GeneOhm Sciences, et Michel G.Bergeron a regagné son laboratoire.«Je siège au conseil d’administration depuis le début, mais je ne suis pas impliqué au quotidien parce que ce sont d’abord la découverte et la recherche fondamentale qui m’intéressent », explique-t-il.La preuve : son nouveau dada est la septicémie, une infection sanguine qui peut venir d’au moins 75 microbes différents! Dans un cas comme celui-là, utiliser sa technique de PCR en temps réel serait trop compliqué.« Elle ne peut détecter que trois ou quatre microbes à la fois», explique le chercheur.Pourtrouver rapidement le microbe qui cause une septicémie donnée, il est donc en train de développer, en collaboration avec des chimistes, des physiciens et des ingénieurs, un CD avec des puces à ADN.Celles-ci ne sont rien d’autre que des plaques où l’on dépose des fragments d’ADN complémentaires aux microbes qu’on souhaite identifier.Si un gène recherché est présent, il s’accroche à « son » fragment d’ADN et la plaque devient partiellementfluores-cente.Le but de l’opération ?Que le CD, et les logiciels qui l'accompagnent, arrivent à extraire l’ADN de l’échantillon, l'amplifient et l’analysent.Bref, qu’ils remplacent les techniciens de laboratoire! À terme, cela permettait aux n | DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2Ôo6~J^ SCIENCE 12 médecins de trouver la cause des maladies infectieuses en peu de temps.et sans quitter leur bureau.Michel G.Bergeron planche aussi sur une autre invention un peu futuriste : le condom invisible.Il s’agit d’un gel inodore et incolore que les femmes appliquent à l’intérieur de leur vagin.Ce gel contient un microbicide qui tue autant les spermatozoïdes que les bactéries et virus transmis sexuellement, dont le VIH.Des essais cliniques sont en cours au Cameroun et, si tout se passe bien, ces condoms nouveau genre arriveront sur le marché autour de 2010.En attendant, Michel G.Bergeron prépare la relève.En collaboration avec le Collège de Lévis, il a créé le programme Chercheur-e d’un jour, qui lui permet d’accueillir chaque semaine une dizaine d’élèves du secondaire.«Jeveuxchan-ger l’image des chercheurs, qu’on voit encore souvent comme des hurluberlus qui portent de grosses lunettes », dit ce père de trois grands enfants.Il invite les jeunes au CRI pour qu’ils voient de leurs yeux ce qu’est réellement un centre de recherche et à quoi ressemblent ceux et celles qui y travaillent.Ils plongent un œil dans le microscope, s’initient à la PCR et entendent parler du condom invisible et du sida, un autre virus sur lequel travaille le médecin.Tout ou presque, en somme, pour leur donner envie de faire des sciences! Et de continuer le combat contre les maladies infectieuses.ANICK PERREAULT-LABELLE Cigarettes et jeunes: une étude au goût amer La fumée secondaire est une fois de plus au banc des accusés.Les adolescents qui y ont été exposés dans leur enfance pourraient être davantage attirés par le tabac, soupçonnent des chercheurs de l’Université McGill.Les effets de la cigarette sont catastrophiques pour la santé.Chaque année pourtant, des milliers de jeunes inhalent leur première bouffée.La pression des pairs et l’exemple des parents sont les raisons les plus souvent évoquées pour expliquer le phénomène.Mais en collectant des données pour une étude sur l’asthme, une épidémiologiste de McGill, Margaret Becklake, et son équipe croient avoir mis le doigt sur une autre cause plus insidieuse.La chercheuse a analysé le taux de cotinine, un produit du métabolisme de la nicotine chez l’humain, dans la salive de 191 filles et garçons de 9 ans, représentatifs de la population «jeune» de Montréal; cette analyse permet de mesurer l’exposition à la nicotine dans les dernières 24 heures.Elle a également posé des questions aux parents concernant le nombre de cigarettes consommées par jour et le lieu de consommation.Puis l’équipe est retournée voir ces jeunes quatre ans plus tard, alors que la grande majorité étaient en puberté.À ce moment, 44 p.100 se dé-crirent comme des fumeurs.Les résultats sont surprenants : « Plus le taux de cotinine d’un enfant de 9 ans est chances qu’il fume à l’âge de 13 ans », affirme Margaret Becklake.Elle observe aussi que les garçons fument plus que filles, et que la puberté joue un rôle dans cette consommation.« Le taux de cotinine relevé lors de la première collecte de données reste tout de même l’in- dice le plus important pour prédire qui deviendra “fumeur” à l’adolescence.» Entre poser l’hypothèse que l'exposition à la fumée secondaire est un facteur qui pousse un adolescent vers la cigarette et affirmer que la fumée secondaire rend dépendant à la nicotine, il y a un grand pas que Margaret Becklake se refuse encore à franchir.« Dans le cadre de cette étude, une per- sonne est considérée comme | U “fumeuse” dès qu’elle con-r Z somme une cigarette par se-S maine pendant un mois.» Se- ^ Ion l'épidémiologiste, un suivi | à plus longterme pourrait per- § mettre de vérifier si ces jeunes ^ resteront « accros » au tabac.3 MARIE-HÉLÈNE VERVILLEl Agence Science-Presse | élevé, plus grandes sont les AVERTISSEMENT VOS ENFANTS VOUS IMITENT Si vous fumez, vos enfants ont deux fois plus de risques de fumer eux aussi.Chez les fumeurs à vie, la moitié de tous les décès prématurés sont dus à l'usage du tabac.Santé Canada Les arbres ne sont pas des puits (Agence Science-Presse) - On ne peut pas compter sur les arbres pour éponger l’augmentation des gaz à effet de serre.Ils ne grandiront pas plus vite, même si on leurfournit davantage de C02, selon une étude signée dans Science en août par des chercheurs de France, de Suisse et du Canada, dont Steeve Pepin, de l'Université Laval.Pendant quatre ans, les scientifiques ont travaillé sur 14 arbres à feuilles caduques qui ont en moyenne 100 ans et qui se trouvent dans une forêt tempérée de Suisse.Un gigantesque réseau de tuyaux, faisant plus de 8 kilomètres, dégageait 2 tonnes de dioxyde de carbone par jour.Détails à : www.sciencepresse.qc.ca/archives/2005/cap1209054.html DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 | Va savoir ce qu’est.une ville du savoir! Pont de l'avenue Congress en direction du centre-ville d'Austin, Texas., T.Les villes du savoir ont bonne presse et tous les politiciens en veulent une sur leur territoire.Ces bourgades, en effet, ont la réputation d’avoir une bonne qualité de vie et un avenir économique assuré grâce à la forte proportion de personnes qui y travaillent, entre autres, dans les secteurs du génie informatique et des biotechnologies.« Par exemple, bien des maires envient Austin, au Texas : grâce au fabricant d’ordinateurs Dell qui y est installé, la ville est mondialement connue et a une économie très prospère », dit Rémy Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les villes du savoir.Les élus, on s’en doute, veulent connaître la recette qui transformera leurs municipalités moribondes en Austin.«Traditionnellement, on comptait sur la présence d’au- toroutes, de stades de sport ou de grandes salles de spectacles», dit Rémy Tremblay.Puis, il y a quelques années, l’urbaniste états-unien Richard Florida a proposé des appâts com- plètement différents.Selon lui, les « talents » — c’est-à-dire ceux et celles qui travaillent Un projet qui donne des ailes !\ J j c* ^- GO ! ' / 1./ Ses 'Ni N : J Armée de son filet.Jade Savage, professeure de biologie, étudie un groupe d’insectes représentant plus de dix pour cent de la biodiversité animale : les mouches.Ses travaux, basés sur la morphologie et TADN de spécimens récoltés lors d’expéditions annuelles dans l’Arctique, visent à mieux comprendre l’évolution de ces insectes en milieux nordiques et l’impact des changements climatiques sur leur distribution.-—— V UNIVERSITE BISHOP’S UNIVERSITY www.ubishops.ca À l’Université Bishop’s, les activités de recherche et l’enseignement de premier cycle vont de pair.Que ce soit en arts, en sciences humaines ou en sciences de la nature, nous sommes déterminés à relever les défis d’un monde en mutation.Une petite université une grande institution | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 -r 14 SCIENCE LE SALON NATIONAL DE LA m RECHERCHE UNIVERSITAIRE m ^ I C’i m \ Colonies de Volvox.Microscopie optique de colonies de Volvox auiçifs, avec éclairage en contraste de phase.Le Volvox a été classé à la fois comme algue verte et comme protozoaire flagellé.Chaque colonie est une grande sphère vide constituée de milliers de cellules.Les cellules forment une couche unique à la surface de la sphère et sont reliées par de minces fils cytoplasmiques.Chaque cellule compte deux flagelles pointés vers l’extérieur, ce qui permet à la colonie de nager dans son milieu d’eau douce.Les colonies-filles (régions vefles denses) sont produites par processus asexué en se séparant au sein de la colonie.Grossissement : 8o X pour une impression de dix centimètres de hauteur.DECOUVRIR j JANVIER-FEVRIER 2006 PHOTO : S.STAMMERS/SPL/PUBLIPHOTO / TRADUCTION : MICHÈLE FITZGIBBONS la chasse est ouverte DOMINIQUE FORGET Une molécule bénéfique contre le cancer ou le diabète se cacherait-elle dans les racines d’un arbre de la forêt amazonienne ou dans les toxines sécrétées par des algues, au large de la Polynésie française?Attendrait-elle qu’on la découvre ici même, dans la forêt boréale ou les profondeurs du Saint-Laurent?Des chercheurs mènent leur enquête.Dans son laboratoire de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (IS-MER), le professeur Émilien Pelletier collectionne les étoiles de mer.Pas celles à cinq branches qu'on voit en vacances dans les échoppes pour touristes, mais des étoiles à six branches, joliment appelées «étoiles de mer boréale».Cueillis dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, ces petits animaux marins jouissent comme leurs semblables d'une propriété peu banale : ils arrivent à régénérer leurs membres lorsque ceux-ci sont amputés.En effet, les étoiles de mer sécrètent des composés chimiques ultra-spécialisés qui leur permettent de Algues marines à marée basse au bord du fleuve Saint-Laurent.Oursin vert.?renouveler, entre autres, leur système nerveux.Des scientifiques croient qu'en isolant les précieuses molécules, on pourrait peut-être s'en servir chez l'humain pour prévenir ou même ralentir la progression des maladies neurodégénératives comme l'Alzheimer.«Pour l'instant, ce n'est qu'une intuition, admet le professeur Pelletier, mais on fouille.De mon côté, je regarde dans les populations d’étoiles des eaux froides du Québec.Peut-être qu'on trouvera quelque chose d'unique.» Les molécules neuroprotectrices ne sont qu'une des pistes suivies par le chimiste rimouskois.Les étoiles du Saint-Laurent produisent également des composés répulsifs qui leur servent à chasser les ennemis.Le chercheur croit que ces molécules pourraient servir à repousser certaines espèces exotiques envahissantes en empêchant la fixation des larves DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER sooirj PHOTO : ÉMILIEN PELLETIER RECHERCHE sur les surfaces solides — les moules zébrées à l'entrée des conduites d'eau potable, par exemple.Ce n'est pas tout! Lorsqu’il ne travaille pas avec les étoiles de mer, Émilien Pelletier étudie les oursins verts ou les concombres de mer, également endémiques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.« Dans le cas des oursins, les gonades sont extraites et vendues sur les marchés asiatiques, explique-t-il.Le reste est mis au rebut.Même chose avec les concombres de mer : on récupère la paroi extérieure pour la consommation humaine et on balance le reste.Or, on jette peut-être le bébé avec l'eau du bain.Il semble qu'il y ait des molécules anti-oxydantes dans les intestins de ces animaux marins.Elles pourraient contribuer à protéger contre certains cancers ou des maladies cardiovasculaires.» Le professeur Pelletier n'est pas le seul de son espèce.Il appartient à une classe de chercheurs très en vo- gue par les temps qui courent : les prospecteurs de biomolécules.Dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, une kyrielle de scientifiques et de jeunes entreprises sondent les trésors du fleuve dans l'espoir d'y trouver des molécules dont les propriétés puissent être intéressantes, pas seulement pour l'industrie pharmaceutique, mais également pour les secteurs nutraceutique, cosmétique, environnemental ou autres.L'idée n'est pas nouvelle.Environ 50 p.100 des médicaments sur le marché ont été développés grâce à des molécules trouvées dans la nature.Mais au Québec, l'engouement pour les biomolécules est encore jeune, et ne cesse de s'intensifier.LE SAINT-LAURENT DÉVOILE QUELQUES SECRETS Sur le même campus que l'ISMER, au Département de biologie, chimie et sciences de la santé de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), le professeur Pierre Blier triture les résidus laissés par les usines de transformation de crevettes dans l'espoir de trouver des molécules qui donneront à ces coproduits autant, sinon plus de valeur que la chair des petits crustacés.Il a déjà extrait des carapaces un complexe riche en pigment nommé «astaxanthine», dont les propriétés anti-inflammatoires sont porteuses d'espoir.«Chez la souris, le pigment À la recherche de molécules miraculeuses, les chercheurs récupèrent plusieurs espèces rejetées des filets des pêcheurs.mmm Pour vous abonner Téléphone 514.873.8095 Télécopieur 514.864.2294 Courriel vie.pedagogique@mels.gouv.qc.ca L'éducation, c’est notre monde! Une revue et un site Internet qui parlent d'éducation www.viepedagogique.gouv.qc.ca Si vous résidez au Québec, vous pouvez maintenant vous abonner à Vie pédagogique ou, le cas échéant, procéder à votre changement d'adresse dans le site Internet.Éducation, Loisir et Sport s~\ » i E9 E3 Quebec » es [["découvrir I JANVIER-FÉVRIER 2006 | PHOTO : MARC LAJOIE/MAPAQ RECHERCHE aide à prévenir les maladies coronariennes qui sont associées à un processus inflammatoire, dit-il.Nous avons entamé une collaboration avec l'Institut de cardiologie de Montréal pour confirmer chez l'humain les résultats que nous avons obtenus chez les animaux.» Le professeur Blier travaille aussi avec des gonades de poissons.Il a, avec son équipe, développé un pro- tentacules jusqu'à Gaspé.Deux de ses chercheurs, Lucie Beaulieu et Serge Laplante, ont effectivement déménagé leurs pénates au Centre technologique des produits aquatiques du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), à l'extrémité de la péninsule gaspésienne.«Nous travaillons surtout avec le crabe des neiges, le maquereau et le lorsqu’elles arrivent avec les autres poissons à l'usine de transformation.Un vrai gaspillage ! » Lucie Beaulieu et Serge Laplante ont déjà repéré quelques biomolécules aux propriétés intéressantes dans les échantillons qu'ils analysent.Il semble que certains de ces composés aient des vertus antimicrobiennes qui pourraient servir à mettre au point de nouveaux anti- ENVIRON 50 P.100 DES MÉDICAMENTS SUR LE MARCHÉ ONT ÉTÉ DÉVELOPPÉS GRÂCE À DES MOLÉCULES TROUVÉES DANS LA NATURE.AU QUÉBEC, L’ENGOUEMENT POUR LES BIOMOLÉCULES EST JEUNE ET NE CESSE DE S’INTENSIFIER.Coproduit du crabe des neiges constitué de la calotte, du céphalothorax et de l'hépatopancréas, et qui sera broyé pour en extraire des biomolécules à haute valeur.* > ' : Procédé d'ultrafiltration membranaire permettant le fractionnement des biomolécules marines, dont les protéines et peptides, selon leur taille moléculaire.cédé industriel d’extraction des fragments d’ADN qu’elles contiennent.«L'industrie cosmétique est très intéressée par ce genre de produit, qu'elle ajoute à ses crèmes dans l'espoir qu'il aide à ralentir les processus de vieillissement de la peau», rapporte-t-il.Pour couvrir le plus large territoire possible dans la chasse aux biomolécules marines, l'UQAR a étendu ses hareng, précise le professeur Laplante.Dans le crabe, on s'intéresse à la partie qui n'est pas consommée, c'est-à-dire tout sauf les pattes.Quant aux maquereaux et aux harengs, on les obtient des pêcheurs qui les prennent dans leur filet sans le vouloir.Ces espèces sont généralement jetées biotiques ou des produits de conservation alimentaire.D'autres montreraient des propriétés anti-oxydantes utiles contre le cancer ou les maladies neurodégénératives.D'autres enfin pourraient accélérer la cicatrisation des plaies chez les grands ?brûlés.35 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2oÔ6~J^ PHOTOS : MICHEL DESBIENS/MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION (MAPAQ) RECHERCHE Sapin beaumier recherché pour ses huiles essentielles contenant deux molécules intéressantes, l’alpha-humulène et le FPL-99.|/~7r • - :;v;' &.’ * ¦ J UNE CHANCE SUR 10 000 À première vue, on pourrait croire que les prospecteurs de biomolécules tiennent dans leurs éprouvettes les remèdes aux plus grandes maladies du siècle.Erreur! Il y a un monde entre la détection d’un effet thérapeutique et l'isolation de la molécule miracle qui pourra soigner le cancer ou l'Alzheimer.Des années de recherche et des centaines de millions de dollars sont nécessaires pour passer d'un point à l'autre.« La première étape consiste à obtenir des extraits à partir des produits marins grâce à un procédé de fractionnement, explique Lucie Beaulieu.On vérifie ensuite la présence d'une activité biologique dans notre extrait.Si les résultats sont positifs, on tente d’isoler la ou les molécules actives parmi les centaines qu’il peut contenir.» Lorsque les chercheurs arrivent à séparer les molécules actives des autres, souvent après des années d'acharnement, ils doivent tester leur efficacité sur des modèles animaux.Au besoin, les chimistes modifient légèrement leur structure pour accroître les bienfaits ou éliminer quelques effets secondaires.Commencent ensuite les études cliniques chez les humains.Des milliers de molécules sont abandonnées en cours de route par les chercheurs ou les compagnies pharmaceutiques qui tentent de prouver leur efficacité.Sur 10 000 molécules prometteuses, une seule servira à mettre au point un médicament.Les scientifiques font donc preuve de prudence lorsqu'ils discutent de leurs résultats.«Il ne faut pas s'emballer trop vite», fait valoir la professeure Beaulieu.Il y a quelques années à peine, l'espérance de plusieurs patients cancéreux avait été nourrie par des résultats préliminaires indiquant que des substances présentes dans le cartilage des requins empêcheraient la formation des vaisseaux sanguins 36 nécessaires à l'alimentation des cellules cancéreuses.Une trouvaille qui n'a pas encore porté ses fruits.LE PACLITAXEL, BIOMOLÉCULE VEDETTE Malgré les probabilités qui jouent contre eux, les prospecteurs de biomolécules multiplient les efforts dans l'espoir de tirer un numéro gagnant.Peut-être, avec un peu, voire beaucoup de chance, dénicheront-ils le prochain paclitaxel?Isolée pour la première fois dans les années 1960 par un chimiste de la Caroline du Nord, cette molécule extraite de l'écorce de l'if de l'Ouest est commercialisée sous le nom de «Taxol».Au cours des dix dernières années, elle a servi au traitement de plus d'un million de patients aux prises avec des cancers du sein, de l’ovaire ou du poumon.La molécule fait toujours partie des meilleures armes de l’arsenal chimiothérapeutique des oncologues.De leur côté, au Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales (LASEVE) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), les chercheurs sondent la forêt boréale, à la recherche eux aussi de la prochaine biomolécule vedette.Ils n'ont pas que les propriétés anticancéreuses dans leur mire : ils testent aussi les molécules pour leur pouvoir ?^J~DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 > 1985-2005, depuis 20 ans, grâce à m/s, vous vivez en direct les progrès des sciences biologiques et médicales Actualités scientifiques > Des nouvelles > Des brèves > Des données chiffrées Consultez medecine-sciences.com ÉPIGéNÉTipUE Médecine/Sciences est indexé dans Index Medicus/Medline Current Contents, série Life Sciences EMBASE/Excerpta Medico PASCAL CABS BIOSIS > Des repères Des articles rédigés par des médecins et des chercheurs de réputation internationale > Des synthèses > Des mini-synthèses > Des hypothèses et débats > Des analyses > Des dossiers éthiques Tarifs d’abonnement pour M/S - 2006 Canada1 USA/Mexique1 France2 UE et Suisse2 Autres pays2 Particuliers ?110 $ CAN ?110 $ US Institutions ?210$ CAN ?210$ US Étudiants ?60$ CAN ?60$ US sur présentation de photocopie R0/V° de la carte d’étudiant Pour la France et autres pays, communiquer avec EDK MES COORDONNÉES nom .PRÉNOM SPÉCIALITÉ .ADRESSE VILLE .PAyS .COURRIEL MON RÈGLEMENT ?Par chèque à l’ordre de Médecine/Sciences (Canada, USA et Mexique) ?Par chèque à l’ordre de EDK (France, UE et Suisse) ?Par carte de crédit ?Visa ?Mastercard Carte n°l I I I I LJ_____I__I__I I__I_I—I—I I—I—I—I—I Date d’expiration 1—1—I I—I—I Signature Pour recevoir une facture, cochez cette case [J CODE POSTAL TEL .^MEDECINE SCIENC^^ À découper et à renvoyer à : Wédecine/Sciences 500, rue Sherbrooke Ouest bureau 800 Montréal (Québec) H3A 3C6 Canada medecine.sciences® bellnet.ca 2EDK BP 15102 31151 Fenouillet Cedex France edk@edk.fr Conformément à la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification des données personelles vous concernant. L(}Prix del 'ÂçfaA 2006 Appel de candidatures Date limite de réception des dossiers de candidature : Ier mars 2006 Prix aux chercheurs Prix Adrien-Pouliot Coopération scientifique avec la France Parrainé par le ministère des Relations internationales du Québec et le Consulat général de France à Québec Prix André-Laurendeau Sciences humaines Parrainé par Gaz Métro Prix Jacques-Rousseau Multidisciplinarité Parrainé par l'Acfas Prix J.-Armand-Bombardier Innovation Parrainé par la Fondation J.Armand Bombardier Prix Léo-Pariseau Sciences biologiques et sciences de la santé Parrainé par Merck Frosst Prix Marcel-Vincent Sciences sociales Parrainé par Bell Canada Prix Michel-Jurdant Sciences de l'environnement Parrainé par l'Acfas Prix Urgel-Archambault Sciences physiques, mathématiques et génie Parrainé par l'Acfas Prix aux étudiants-chercheurs Prix Bemard-Belleau Santé et produits pharmaceutiques Parrainé par Picchio Pharma Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs Maîtrise - Toutes disciplines Doctorat - Toutes disciplines (sauf Ressources naturelles) Parrainé par la Fondation Desjardins Prix Ressources naturelles Doctorat - Ressources naturelles Parrainé par Ressources naturelles Canada Association francophone pour le savoir A c f a s prix@acfas.ca www.acfas.ca/prix Les Prix de l'Acfas sont soutenus financièrement par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation RECHERCHE anti-oxydant, antibiotique et anti-inflammatoire.«Il existe environ 850 espèces végétales dans la forêt boréale, souligne le professeur Jean Legault, membre du LASEVE, et dans chacune, on trouve des centaines de molécules.On a du pain sur la planche ! » Aiguilles du Taxus Brevifolia, 1 kg Au début des années 2000, l'équipe du LASEVE a trouvé deux molécules Extraction Séparation intéressantes dans les huiles essentielles du sapin baumier.La pre- Taxol Brévifoliol propriétés anticancéreuses notamment contre les cancers du sein, du poumon et du colon.La société FPL Pharma, un essaimage de l'UQAC, a été fondée pour poursuivre les essais cliniques chez l'humain, toujours en cours.La seconde molécule, le FPL-99, n'aurait pas d'effet anticancéreux en soi, mais augmenterait l’activité du Taxol lorsqu'elle y est combinée.« Elle permet d'augmenter l'accumulation de Taxol à l'intérieur des cellules cancéreuses», précise le pro- Isolement d’un méta le brévifoliol 0,03 - 0,08 g 4-59 uoz L g D \U fesseur Legault.Les essais cliniques Au Département de chimie et bio-chez l'humain devraient débuter au chimie de l'Université du Québec à cours des prochains mois.Montréal (UQAM), les professeurs Depuis dix ans déjà, le Centre québécois d'innovation en biotechnologie est un incubateur d'entreprises spécialisé en biotechnologie situé au coeur de la Cité de la Biotech, à Laval.Le Centre propose, aux entreprises en démarrage, des services d'accompagnement d'affaires, des espaces locatifs et l'accès à un parc d'équipements scientifiques.H Avec rappui de Quebec u u *** Canada LAVAL TECHNOPOLE CQIB 500, boul.Cartier Ouest, bureau 101, Laval (Québec) H7V 5B7 T.: (450) 688-8377 F.: (450) 688-8528 www.cqib.org info@cqib.org Centre québécois d'innovation en biotechnologie 39 DÉCOUVRIR ] JANVIER-FÉVRIER 20~o6~J^ RECHERCHE Village de Ipeti-Embera où fut réalisé le travail sur la conservation des plantes médicinales traditionnelles.¦m* ¦ - lür Pour la sauvegarde des plantes médicinales en Amérique centrale Dans les villages autochtones du Panama, le savoir ancestral lié aux plantes médicinales est précaire.Autrefois, les secrets entourant les précieux remèdes étaient transmis par les guérisseurs à leurs apprentis.Or, aujourd’hui, les jeunes qui peuvent se permettre de passer des années dans la forêt avec les aînés se font rares.Et les guérisseurs refusent de simplement « brader » leurs bagages de connaissances.Pour combler cette faille, la professeure Catherine Potvin, du Département de biologie de l’Université McGill, a obtenu des fonds du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et mis sur pied une école dans le village d’Ipeti.«Les jeunes apprennent le métier des guérisseurs qui, eux, reçoivent une compensation monétaire pour leurs services », explique la professeure, qui passe jusqu’à sept mois par année au Panama.Sept nouveaux botanistes ont déjà été formés grâce à ses efforts.La biologiste a profité de l’initiative pour lancer la discussion au sein des communautés autochtones à propos des droits qu’ils détiennent sur les plantes qu’ils utilisent.«Je voulais les préparer, au cas où une compagnie pharmaceutique se pointerait un jour avec l’idée d’exploiter ces plantes.À qui reviendraient les recettes ?Aux guérisseurs ?À toute la communauté?Le débat n’est pas clos.Les discussions se poursuivent.» DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 - Plantation de différentes essences à Sar-dinilla, au Panama.Les arbres de la plantation étaient âgés de quatre ans à ce moment-là.Livain Breau et Diana Alison Averill travaillent aussi avec une biomolécule qui pourrait être utilisée en combinaison avec des agents chimiothéra-peutiques connus.«Les travaux ont été lancés au début des années 1990, alors que je travaillais comme stagiaire postdoctoral en Colombie-Britannique, raconte Livain Breau.Il y avait alors un grand intérêt pour l'if de l'Ouest et le paclitaxel.Mais il y avait aussi une certaine inquiétude face aux stocks disponibles.En effet, un arbre met 100 ans pour produire suffisamment de la molécule pour traiter un seul patient.» Le scientifique s'est mis à la recherche d'un composé dans les aiguilles et les fruits de l'arbre.Il a trouvé le brévifoliol, une molécule soixante fois plus abondante que le paclitaxel.Les premiers essais réalisés sur des lignées cellulaires n’ont toutefois montré aucun effet anticancéreux.Avec ses collaborateurs, il a alors entrepris des travaux pour modifier la structure de la molécule et augmenter son activité biologique.À force de persévérance, son équipe et celle de la professeure Averill ont fini par constater que, lorsque le brévifoliol était ajouté à des agents chimiothérapeutiques comme l'adrya-mycine, l'efficacité de ces derniers était rehaussée.«Notre molécule bloque l'action d’une protéine impliquée dans la résistance des cellules au traitement chimiothérapeutique, explique le professeur Breau.Ce ne sont que des résultats préliminaires, mais c'est assez encourageant.» SAVOIRS ANCESTRAUX Si certaines biomolécules révèlent aujourd’hui aux chercheurs leurs propriétés fabuleuses, d'autres se sont fait connaître bien avant.Professeur au Département de pharmacologie de l'Université de Montréal, Pierre Haddad en sait quelque chose.Depuis trois ans, il étudie les pratiques de guérisseurs cris de Mistissini et travaille avec la communauté pour les aider à mieux traiter leurs problèmes de santé, particulièrement en ce qui a trait au diabète.« Dans la population crie, la prévalence du diabète s'élève à 20 p.100, ce qui est entre trois et cinq fois plus élevé que dans le reste du Canada, rapporte le chercheur.La communauté a recours à des végétaux qu'elle trouve dans la forêt boréale pour traiter ses symptômes, comme l'écorce et les épines de certains conifères ou le thé du Labrador.» En 2003, le professeur a obtenu 900 000 $ de l'Institut de la santé des Autochtones des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour vérifier l’efficacité et la sécurité de ces remèdes traditionnels et évaluer s'il serait possible de les bonifier avec RECHERCHE CERTAINS DÉTRACTEURS DES PROSPECTEURS DE BIOMOLÉCULES REDOUTENT QUE LEURS ACTIVITÉS NE MÈNENT À LA SUREXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES.les approches de la médecine moderne.Ces travaux sont aussi appuyés par la Direction des produits de santé naturels de Santé Canada, le nouvel organisme qui réglemente ces produits depuis 2004.En collaboration avec des chercheurs du Jardin botanique de Montréal, de l'Université McGill, de l'Université d’Ottawa, du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James, il a rencontré les aînés et les guérisseurs du village afin d'identifier les plantes qui sont généralement utilisées pour traiter divers symptômes du diabète, dont l'urination fréquente, la soif, la perte de sensation aux extrémités, la fatigue chronique, les troubles de la vision et quelques autres.Parmi les espèces nommées, l'équipe a repéré, grâce à des tests en laboratoire, trois plantes dont les propriétés sont prometteuses.L'objectif de l’équipe n'est pas d'ouvrir la voie aux compagnies pharmaceutiques qui voudraient exploiter le savoir cri, au contraire.«L’idée est d'aider la communauté à mieux se traiter, indique le professeur.Nous voulons nous assurer que les plantes qu'ils utilisent sont aussi efficaces que possible.» Au besoin, les chercheurs les aideront à préparer des extraits de plantes normalisés.« Les connaissances appartiennent aux Cris, nos publications le montrent bien.Si une personne veut en tirer profit, elle devra obtenir l'aval de la communauté.» LA FORÊT ENTRE AU LABO Les prospecteurs de biomolécules n'ont pas que des admirateurs.En effet, certains détracteurs redoutent que leurs activités ne mènent à la surexploitation des ressources naturelles.Après tout, on décime des forêts entières d’ifs pour récolter le paclitaxel.Mario Jolicœur, professeur au Département de génie chimique de l'École Polytechnique de Montréal et titulaire de la Chaire de ?NOUS RECHERCHONS DES PASSIONNÉS.La recherche biomédicale vous captive ?Poursuivez votre formation dans un environnement multidisciplinaire performant.Centre de recherche en pleine expansion orienté vers le succès, l’IRCM offre un encadrement de grande qualité et l’accès à des équipements ultramodernes.Nos chercheurs, reconnus sur la scène internationale dans de nombreux domaines, vous préparent à une carrière scientifique de premier ordre.ET NOUS EN DECOUVRONS Andrés Finzi Boursier du Programme de formation de l’IRCM en recherche sur le cancer (IRSC), Andrés est étudiant au doctorat à l’unité de recherche en rétrovirologie humaine.Son projet porte sur les mécanismes d’assemblage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).Renseignez-vous dès maintenant au sujet de nos programmes d’études supérieures et de formation postdoctorale.Les possibilités d’obtenir une bourse sont aussi excellentes.www.ircm.qcca admission@ircm.qcca (514) 987-5527 La formation et la recherche' la wu Institut de recherches cliniques de Montréal 9IRCM 41 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2oÔ6~J^ RECHERCHE 1 !!!/!' ' '1 fc< ."v- ¦\‘ ?0/ * * jU recherche du Canada en développement d'outils de génie métabolique, cherche une solution à ce problème.Dans son laboratoire, il cultive des cellules de plantes.en réacteur.Le but du jeu consiste à séparer les cellules végétales de leur matrice et à les placer dans des appareils où elles sont agitées très doucement.«On ajoute les nutriments qu'elles trouveraient dans la nature, comme de l'azote et du phosphate, précise l'ingénieur.C'est très délicat! Les cellules sont génétiquement programmées pour vivre dans des conditions très changeantes : il pleut, il fait chaud, il fait froid.En laboratoire, on tente de les adapter tranquillement à un environnement contrôlé.» Certaines cellules végétales survivent très bien dans un tel environnement et se mettent à fabriquer les mêmes biomolécules que dans la nature, mais d'autres sont beaucoup plus capricieuses.C'est le cas de la pervenche de Madagascar, dont on extrait depuis de nombreuses années la vinblastine et la vincristine, deux molécules anticancéreuses.«En réacteur, les voies métaboliques menant à la synthèse de ces molécules sont bloquées», dit le professeur Jolicoeur.Après plusieurs années de travaux, des chercheurs de l’Institut de recherche en biologie végétale, au Jardin botanique, ont Faudrait-il cultiver in vitro des cellules issues des feuilles et d'autres issues de racines, puis mélanger les bouillons de culture pour produire les molécules anticancéreuses en laboratoire ?Peut-être pas.Le professeur Jolicoeur compte ajouter certains gènes aux cellules des racines •4 Culture de cellules de plante (pavot de Californie) sous atmosphère contrôlée, en bioréacteur.?DE LA SÉLECTION À LA CULTURE IN VITRO Étapes requises pour l’obtention de lignées hautement productives : (a) Modification génétique à partir de fragments de feuilles ; (b) Vérification que le gène d’intérêt est bel et bien intégré au génome des cellules ; (c) Obtention de cals cellulaires et de (d) racines transformées ayant démontré qu’elles produisent la biomolécule d’intérêt.Par la suite, les lignées sélectionnées peuvent prendre le chemin de la culture en bioréacteur dans des conditions contrôlées.aussi que le procédé n'entraîne aucune question d’ordre éthique vis-à-vis de l'utilisation d'organismes génétiquement modifiés.«Tout se déroule en laboratoire, dit-il, ces cellules n'auraient aucune chance de survivre si elles se retrouvaient dans la nature.» BIOMOLÉCULES AU MENU Les scientifiques en quête de biomolécules ne se limitent pas à fouiller la mer ou les forêts.D'autres, comme ceux de l'Institut des nutraceuti-ques et des aliments fonctionnels (INAF), concentrent leurs recherches LES SCIENTIFIQUES EN QUÊTE DE BIOMOLÉCULES NE SE LIMITENT PAS À FOUILLER LA MER OU LES FORÊTS.ILS SCRUTENT AUSSI LE LAIT, LES ÉPINARDS, LES PETITS FRUITS OU LE THÉ VERT.42 découvert que deux enzymes étaient nécessaires pour induire la production des précieuses biomolécules.«Une première serait produite dans les feuilles et transportée jusqu'aux racines, où se trouve la seconde enzyme et où se fait la synthèse de vinblastine et vincristine.» de façon qu’elles puissent à elles seules coder pour les deux enzymes.« Si l'on arrive à mettre au point une lignée cellulaire productive, celle-ci pourra se reproduire à l'infini en laboratoire et on n'aura plus à retourner dans la nature pour cueillir la plante.» Le professeur souligne sur le lait, les petits fruits ou le thé vert.Sur la soixantaine de chercheurs qui composent ce centre basé à l'Université Laval, près de la moitié s'intéresse aux molécules bioactives.Dans le lait, les chercheurs ont déjà trouvé des peptides utiles au soulagement du psoriasis, une maladie ^|~DÉCÔUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 | I inflammatoire chronique pour laquelle il existe peu de I traitements efficaces.La compagnie Advitech a été mise I sur pied pour commercialiser la découverte.Les recher-I ches se poursuivent dans l'espoir de trouver d'autres pep-" 1 tides aux propriétés anti-inflammatoires qui pourraient I dans ce cas être utilisés pour le traitement de l'arthrite I et des colites.Éventuellement, les peptides extraits du lait pourraient I aussi entrer dans la composition de crèmes cosmétiques.I «Il semble y avoir dans le lait des petites chaînes d'aci-I des aminés qui ont la propriété d'activer la croissance des cellules de la peau humaine», dit Jean Amiot, directeur J du Département des sciences des aliments et de nutri-I tion à l'Université Laval et membre de UNAF.Il va sans I dire, ce genre de produits intéresse beaucoup l'industrie I cosmétique.Mais encore une fois, les chercheurs con-e| temporains n'ont peut-être rien inventé.«On dit que la I reine Cléopâtre prenait des bains de lait», rappelle le I professeur Amiot avec un sourire.Autre membre de UNAF, Charles Ramassamy regarde I de son côté dans les bleuets, l’huile d'olive et un extrait J standardisé de ginkgo biloba, un arbre dont les feuilles 11 sont utilisées depuis des siècles dans la pharmacopée 11 chinoise.Il se penche sur les propriétés neuroprotectri-11 ces des molécules que l'on trouve dans ces trois produits El naturels.« Nous cultivons des cellules nerveuses dans des : I boîtes de Petri, puis nous induisons un stress oxydant I qui correspond bien à ce qui peut se produire dans le Feuilles du ginkgo biloba, un arbre dont les feuilles sont utilisées depuis des siècles dans la pharmacopée chinoise.cerveau au cours du vieillissement, raconte le professeur, qui est rattaché à l'INRS-Institut Armand-Frappier.Nous avons observé des effets intéressants avec les trois extraits.La prochaine étape consistera à faire des tests chez l'animal.» Suffirait-il de manger des bleuets pour traiter l'Alzheimer?Ce n'est malheureusement pas aussi simple.En effet, il faudrait ingérer des quantités astronomiques du^ RECHERCHE DECOUV LA REVUE DE IA RECHERCHE La science vulgarisée dans remplis de nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux sociaux, économiques culturels et politiques.répertorie plus de 2000 organismes scientifiques, plus de 1000 adresses Internet dans 125 disciplines.ABONNEZ-VOUS maintenant et ÉCONOMISEZ 20% sur le prix en kiosque ! COTISATION DE MEMBRE DE L’ACFAS INCLUSE ?NOUVELLE ADHÉSION ?RENOUVELLEMENT ?CHANGEMENT, CORRECTION NOM PRÉNOM ÉTABLISSEMENT/ENTREPRISE DÉPARTEMENT/DIVISION ADRESSE ?AU TRAVAIL ?À DOMICILE RUE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE ?AU TRAVAIL ?À DOMICILE ADR ESS E É LECTRO N I OU E STATUT ?CHERCHEUR ATTITRÉ ?PROFESSEUR ?ADMINISTRATEUR ?PROFESSIONNEL ?CHARGÉ DE COURS Q JOURNALISTE-RELATIONNISTE ?INSTITUTION ?étudiant (joindre photocopie de la carte d’étudiant) ?autre SEXE ?FÉMININ ?MASCULIN Domaine d'activité (discipline et spécialisation) COTISATION-ABONNEMENT 1 an 2 ans (toutes taxes incluses) REGULIER étudiant institution et hors canada 49$ ?87$ ?28$ ?49$ ?97$ ?174$ ?PAIEMENT ?visa Dmaster card Damerican express ?chèque ou mandat-poste (à l’ordre de l’aceas) ?comptant Numéro j_____^^_____|___|__^^_____|___|___^^^________|__^__L date d’exp.__________________________ ?J’accepte ?Je refuse que mon nom et mes coordonnées soient inscrits dans la liste publique des membres de l’Association francophone pour le savoir - Acfas De:: ,.’ ’-Acfas : aecouvrir!®acfas.ca — www.acfas-ca/decouvrir 025.rue De La Gauchetiere Est, Montréal (Québec) H2I 2M7 ~e'éphone 514 849-0045 Télécopieur : (514) 849-5558 43 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2oÔ6~J~ Obtenez T C f J S r" j Son rôle dans votre^ LA REVUE DE LA RECHERCHE uotidien vos deux exemplaires gratuits en envoyant vos coordonnées à decouvrir@acfas+ca Maintenant en kiosque • www.acfas.ca/decouvrir RECHERCHE Visualisation des protéines cellulaires (rouge) et du compartiment nucléaire (vert) des cellules gliales pour étudier les effets des toxines et les effets protecteurs des biomolécules antioxydantes d’origine alimentaire ou végétale.petit fruit pour jouir des effets thérapeutiques.« Les biomolécules qui servent à la mise au point de médicaments sont hautement purifiées et concentrées», rappelle le professeur Ramassamy.La bonne nouvelle, c'est qu'on ne sera peut-être pas obligé non plus de prendre une pilule pour profiter des effets bénéfiques de certaines biomolécules.«Notre groupe travaille à la mise au point d'aliments fonctionnels, poursuit le professeur.On pourrait incorporer certaines molécules actives à des yogourts ou à des barres de céréales, par exemple.À la concentration visée, on ne parle pas de dose thérapeutique, mais on pourrait certainement jouir d'un effet préventif contre certaines maladies puisque les molécules pourront être consommées de façon quotidienne.» PREMIERS PRODUITS QUÉBÉCOIS SUR LES TABLETTES Si la chasse aux biomolécules est aussi animée au Québec, c'est en partie grâce aux efforts du Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB), qui aide à la valorisation des découvertes.« Ça fait vingt ans que le Centre fait le pont entre les sources du savoir et le secteur privé, dans les domaines de la santé, de la nutri- tion et du développement durable, souligne Geneviève Tanguay, vice-présidente développement au CQVB.Plusieurs découvertes intéressantes ont été faites dans les laboratoires du Québec et des dizaines de petites compagnies sont nées pour les mettre en valeur.» À Saint-Augustin-de-Desmaures, la société PureCell Technologies com- mercialise des extraits d'épinards qui sont utilisés dans des crèmes cosmétiques pour prévenir les méfaits du soleil sur la peau.À Québec, Asma-cure utilise des dérivés de plantes pour agir contre l'asthme et les maladies inflammatoires.Dans le secteur des biomolécules marines, le dynamisme des petites entreprises qui ont reçu un coup de pouce du CQVB est particulièrement impressionnant.Biocean Novatech a mis au point un gel de collagène marin fabriqué à base de molécules tirées de la peau de poissons qui sont rejetés par l'industrie de la pêche.À Rimouski, l'entreprise Biotechnologies Oceanova a extrait, à partir d'algues, des molécules capables de réduire l'expression des enzymes impliquées dans le vieillissement de la peau.Son produit, Aldavine, a été lancé sur le marché international au mois de septembre dernier.Marinard Biotech, située à Rivière-au-Renard, en Gaspésie, n'a pas reçu de financement du CQVB, mais elle est membre de son Réseau Bio-Innovation.L'entreprise extrait la chitine des carapaces de crustacés, essentiellement des crevettes, pour en faire de la chitosane; ce produit a des applications aussi diverses que le traitement des eaux usées, la préparation de crèmes à mains et de dentifrices ou la fabrication de pansements antimicrobiens pour les grands brûlés.«Ce ne sont que quelques exemples, souligne fièrement Mme Tanguay.Le Canada est le pays le plus performant dans le secteur des biotechnologies, après les États-Unis, et le Québec occupe le premier rang au Canada.Une bonne part de ce succès est liée à l'identification et à la caractérisation de nouvelles biomolécules.Des années de recherches et de développement sont nécessaires pour mettre au point des produits commerciaux dans ce domaine, mais certains commencent maintenant à entrer sur le marché.D'autres vont suivre.» ?Cellules nerveuses dans des conditions contrôlées.Cellules nerveuses en présence Cellules nerveuses en présence d’une toxine (beaucoup moins en d’une toxine et d’un antioxydant forme).d’origine alimentaire ou végétale.45 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006~JF PUBLIREPORTAGE LES PRIX DU QUÉBEC 2005 Pierre LEGENDRE PRIX MARIE-VICTORIN Le prix Marie-Victorin, dédié à la recherche dans le secteur des sciences de la nature et du génie, a été accordé à Pierre Legendre, sommité mondiale dans le développement et les applications de la statistique en biologie.Depuis près de 30 ans, l'écologiste Pierre Legendre, professeur au Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal, étudie les processus qui déterminent la structure spatiale des communautés d'organismes vivants.Cette connaissance est fondamentale, car elle permet de comprendre comment la biodiversité se crée et se maintient dans les écosystèmes.Tout au long de sa carrière, Pierre Legendre a allié écologie et mathématiques, en concevant de nouvelles méthodes statistiques sans lesquelles l'écologie ne pourrait vraiment progresser.Chercheur précoce, Pierre Legendre publie, à 33 ans, le fameux ouvrage Écologie numérique avec son frère, l'océanographe Louis Legendre.Rassemblant l'essentiel des méthodes d'analyse des données écologiques, cet ouvrage est devenu un classique dans le domaine de la modélisation spatiale des communautés d'espèces et figure aux programmes d'enseignement aux cycles supérieurs de nombreuses universités.Pierre Legendre a déjà reçu plusieurs distinctions, dont le prix Michel-Jurdant en sciences de l'environnement de l'ACFAS, en 1986 et la prestigieuse bourse Killam du Conseil des Arts en 1989-1990.La Société royale du Canada l'a accueilli parmi ses membres en 1992 et lui a décerné la médaille Romanowski en 1995.L'International Congress of Ecology lui a aussi décerné le Distinguished Statistical Ecologist Award au Royaume-Uni en 1994.Hommage à cinq grands scientifiques Cinq personnes remarquables, pour leur parcours d'une rare envergure et leur contribution exceptionnelle au développement économique et social du Québec, se sont vues remettre des Prix du Québec, la plus haute distinction honorifique attribuée par le gouvernement du Québec.Ces modèles de détermination, animés par une puissante volonté de toujours repousser plus loin les limites de la connaissance, ont joué un rôle important dans l'avancement des sciences au Québec.Marc ANGENOT PRIX LÉON-GÉRIN Le prix Léon-Gérin, dédié au domaine des sciences humaines, a été décerné à Marc Angenot, théoricien littéraire de haute notoriété et chercheur en lettres et en sciences humaines des plus féconds.D'une érudition époustouflante, Marc Angenot est professeur de littérature française à l'Université McGill depuis près de 40 ans.D'origine belge, il est auteur d'une vingtaine d'ouvrages qui font souvent grand bruit.Au début des années 80, il entreprend d'analyser tout ce qui s'est imprimé en France en 1889.De ce travail colossal qui a duré près de dix ans, un ouvrage monumental est publié, Mil huit cent quatre-vingt-neuf : un état du discours social.Depuis 2000, Marc Angenot est codirecteur du Réseau d'analyse des idéologies et des cultures contemporaines (RAICC) et, depuis 2003, vice-président de l'Académie des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada.Régulièrement commentée, son œuvre a fait l'objet de colloques et d'un numéro spécial du prestigieux périodique Yale Journal of Criticism en 2004.Présentement titulaire d'une Chaire de recherche James McGill, Marc Angenot a révolutionné les approches en matière d'analyse des idées, des idéologies et de la circulation des discours dans un état de société, notamment par sa « théorie du discours social », qui sert aujourd'hui de référence à de nombreux chercheurs de par le monde.Voyez les entrevues avec les lauréats dans notre site Web au WWW.gouv.qc.ca Francine DÉCARY PRIX ARMAND-FRAPPIER Le prix Armand-Frappier, attribué pour la création ou le développement d'établissements de recherche ou pour l'administration et la promotion de la recherche, a été remis à Francine Décary, éminente professeure-chercheuse et gestionnaire des plus talentueuses.La docteure Décary est présidente-fondatrice d'Héma-Québec, l'entreprise québécoise d'approvisionnement en produits sanguins.Elle a aussi travaillé pendant 20 ans comme directrice de divers services transfusionnels à la Croix-Rouge canadienne.Francine Décary dirige notamment une équipe d'une quarantaine LES PRIX DU QUÉBEC de chercheurs, située à Québec, qui travaille en ingénierie cellulaire, en recherche opérationnelle et en bioproduction.Depuis 2001, l'entreprise est aussi devenue fournisseur de tissus humains destinés à la greffe, alors qu'en 2004, elle a créé la première banque publique québécoise de sang de cordon ombilical.Elle a en outre mis sur pied un laboratoire de sérologie pour les plaquettes sanguines, et a contribué activement à la création du Fonds Bayer pour la recherche et le développement.Lauréate de nombreux prix et honneurs, la docteure Décary est notamment la première Québécoise présidente de la prestigieuse Société internationale de transfusion sanguine.De plus, son rôle au sein de nombreux conseils d'administration, dont celui de l'Institut Armand-Frappier, en fait un des piliers de la recherche scientifique au Québec et une excellente ambassadrice à l'étranger.Michel G.BERGERON M| PRIX WILDER-PENFIELD ¦A Le prix Wilder-Penfield, relié au domaine des sciences biomédicales, HE a été attribué cette année à Michel G.Bergeron, professeur-chercheur JjH de haute renommée en microbiologie et en infectiologie.Fondateur et directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l'Université Laval depuis 1974, le docteur Michel G.Bergeron a réussi à faire avancer la microbiologie dans une direction révolutionnaire.Il a notamment mis au point des tests de diagnostic rapide rendant possible l'identification de microbes à partir d'un échantillon clinique en 45 minutes alors que 48 heures sont habituellement nécessaires.Parmi ses autres grandes réalisations, le CRI a produit un gel microbicide, aussi appelé le « condom invisible® », qui permet aux femmes de se protéger contre les maladies transmises sexuellement (MTS), dont le VIH/ SIDA.Le CRI figure aujourd'hui parmi les plus importants centres au monde consacrés à l'étude des maladies infectieuses.Le docteur Bergeron est récipiendaire de nombreux prix et distinctions dont le titre de Fellow of the Infectious Disease Society of America, Fellow of the Canadian Academy of Health Sciences, professeur des Universités de France, médaillé de la Société internationale de chimiothérapie, et également lauréat du prix MEDEC, du prix Louis Pasteur et du Prix de l'œuvre scientifique de l'Association des médecins de langue française du Canada.Henry BU1JS PRIX LIONEL-BOULET Le prix Lionel-Boulet, dans le domaine industriel, a été attribué à Henry Buijs, éminent chercheur, visionnaire et bâtisseur.M.Buijs a raffiné des méthodes de calcul dans le domaine de la spectrométrie pour créer des instruments de mesure sophistiqués.Cofondateur de l'entreprise québécoise Bomem, Henry Buijs est notamment l'un des premiers ingénieurs-physiciens à avoir mis au point, au cours des années 70, la technologie permettant de mesurer l'état précis de la couche d’ozone.Aujourd'hui, le spectromètre conçu par Henry Buijs et son équipe estau cœurdu processus de contrôle de la qualité dans des domaines aussi variés que l'industrie de la transformation laitière, les pâtes et papiers, l'industrie pétrochimique, l'industrie pharmaceutique et celle des semi-conducteurs.L'entreprise travaille présentement à la mise au point de spectromètres spatiaux qui seront utilisés, notamment, dans des missions de vérification de l'application du protocole de Kyoto.L'entreprise Bomem est désormais propriété du groupe suisse ABB, dont M.Buijs est actuellement le directeur technique principal.ABB constitue l'un des fleurons de la haute technologie de la région de Québec, en plus d'être une référence mondiale en matière de spectromètres spatiaux.La Société de spectroscopie du Canada et la Coblentz Society ont accordé respectivement à Henry Buijs le Barringer Research Award en 1978 et le Williams-Wright Award en 1998.PARTENAIRES o: Hydro Québec Développement économique.Innovation et Exportation /-v y i ES ES Québec es es PHOTO: MARNIE BURKHART/MASTERFILE LE TRAVAIL ATYPIQUE.LE TRAVAIL ATYPIQUE 48 ~J~dIcCHJVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2006 | ¦ ENJEU DEVIENT TYPIQUE Depuis 1976, la proportion de travailleurs atypiques a augmenté de 63 p.100 au Québec, selon Statistique Canada : ici, presque une personne active sur trois travaille désormais à « temps partiel », « en disponibilité », « à contrat », « à son compte » ou pour une agence de placement temporaire.Plus précisément, 31 p.100 des travailleurs ne bossent plus pour une seule entreprise et dans ses locaux, à temps plein et pour une durée indéterminée.ANICK PERREAULT-LABELLE Cette nouvelle réalité n'a pas bonne presse : on l'associe à la précarité, à de mauvaises conditions de travail et à une fragilisation de l'insertion socioprofessionnelle.Or, Geneviève Fournier et son équipe du Centre de recherche et d'intervention sur l’éducation et la vie au travail (CRIEVAT) de l'Université Laval, après avoir interrogé une centaine de salariés atypiques, ont constaté que parmi eux, un sur trois était relativement heureux de son sort.« Même s'ils n'ont pas nécessairement de bonnes conditions de travail, ils arrivent à en tirer profit : certains travailleurs saisonniers, par exemple, préféreraient peut-être avoir un boulot à l'année, mais ils profitent de leurs périodes de chômage pour prendre soin de leur famille ou s'investir dans une activité qui leur tient à cœur», précise la pro-fesseure à la Faculté des sciences de l'éducation.Les atypiques seront de plus en plus nombreux, selon l'hypothèse de Charles Bujold, professeur retraité de l'Université Laval et partenaire de recherche de Geneviève Fournier.Pourquoi ?« Parce que bien des personnes désirent établir une plus grande harmonie entre la famille et le travail.Il faut aussi tenir compte de la pénurie de main-d'œuvre qui suivra le départ à la retraite des baby-boomers.Donc, plus ça ira, plus les entreprises DÉCOUVRIR 1 JANVIER-FÉVRIER 2oÔ6~J~ A-o Irittmiüii ENJEU T RAVA H ATYPIQUE «JE PRÉFÈRE PARLER DE TRAVAIL PERSONNALISÉ, PARCE QU’IL RÉSULTE DAVANTAGE D’UN CHOIX PERSONNEL : ON N’OCCUPE PLUS UN POSTE SEULEMENT POUR GAGNER DE L’ARGENT, MAIS AUSSI POUR VIVRE SELON LES VALEURS QUI NOUS SONT CHÈRES [.].»> — ALEJANDRO RADA, Université du Québec à Chicoutimi I ! ! I ! s devront bien traiter leurs employés si elles veulent les garder, qu'ils soient atypiques ou non ! » Les deux chercheurs ont aussi découvert que les jeunes sont particulièrement à l'aise dans le monde du travail atypique.« Ils aiment la liberté que cela leur procure, entre autres.Ils ne veulent pas s'encroûter dans le même boulot pendant 30 ans», analyse pour sa part Jacques Hamel, professeur au Département de sociologie de l'Université de Montréal.Les nouvelles générations, par ailleurs, se méfient des syndicats.«Elles les voient comme des institutions dépassées et préfèrent négocier un à un avec l'employeur et, quand le poste ne fait plus leur affaire, partir plutôt que de tenter d'améliorer les conditions de travail.C'est peut-être très individualiste, mais c'est représentatif de toute la société», précise ce chercheur associé à l'Observatoire Jeunes et Société.Parce qu'ils se satisfont ainsi du travail atypique, les jeunes en sont les artisans de première ligne, conclut Jacques Hamel.Concrètement, par exemple, ils n’organisent pas de manifestations publiques pour protester contre leurs emplois à temps partiel ou comme contractuels.«Il est vrai que les altermondialistes descendent dans la rue, mais c'est une minorité, et elle combat bien des choses en plus du travail atypique », dit le chercheur.Pour Alejandro Rada, professeur au Département des sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi, ces nouvelles formes de gagne-pain ont beaucoup de potentiel et ne sont pas que des emplois à rabais! «Je préfère d'ailleurs parler 50 de travail personnalisé, parce qu'il résulte davantage d’un choix personnel : on n’est plus soumis inconditionnellement à un employeur et on n'occupe plus un poste seulement pour gagner de l'argent, mais aussi pour vivre selon les valeurs qui nous sont chères, comme la famille ou l'environnement», croit ce spécialiste en éthique de société.Certes, peu de personnes voient le travail atypique de cette manière, reconnaît-il.«Mais c’est parce qu'elles regardent la chenille plutôt que le papillon, dit-il.La preuve, c'est qu'elles définissent le travail atypique par la négative, en insistant sur ce qui lui fait défaut, comme si on décrivait un ours brun en disant que ce n'est pas un canari ! » Alejandro Rada admet que les travailleurs atypiques connaissent encore des difficultés : ils ont souvent Situations de travail décrites par les travailleurs québécois 9 mentions possibles TOTAL (en %)* ("=625) Détient un emploi régulier à plein temps 76 Est travailleur autonome 13 Travaille à temps partiel 13 A un contrat à durée déterminée sans garantie de prolongement 7 Dirige une petite entreprise avec un employé ou plus 6 Détient plus d'un emploi 5 Travaille à son domicile 5 Travaille sur demande comme occasionnel 4 Travaille par l'entremise d'une agence de placement de personnel 1 Q3.Parmi les caractéristiques suivantes, dites-moi lesquelles correspondent à votre situation de travail * Les répondants pouvant fournir plus d'un élément de réponse, le total excède 100 % JIPdÉCOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2006 | SOURCE : RAPPORT BERNIER PHOTO : PHOTOLINK/PHOTODISC GREEN ENJEU , TRAVAIL ATYPIQUE un statut précaire et vivent dans l'imprévisibilité.Encore pire, «des études montrent qu'ils sont plus sujets que les autres aux accidents du travail», note Jean Bernier, professeur au Département des relations industrielles de l'Université Laval et coauteur du Rapport Bernier sur les besoins de protection sociale des travailleurs atypiques.En termes de sécurité, pourtant, tous les salariés — permanents ou non — ont les mêmes droits.« Mais ceux qui sont temporaires ou occasionnels ont moins de temps pour se familiariser avec toutes les procédures de sécurité », explique le professeur.Les travailleurs autonomes seraient encore plus mal en point : en matière de santé, les donneurs d’ouvrage n'ont pas les mêmes obligations envers eux qu'envers des employés permanents, même si tout ce beau monde travaille côte à côte dans les mêmes bureaux ou usines ! «Le fait qu'il n'y ait plus un, mais des marchés du travail nuit aussi à la solidarité, ajoute Dorval Brunelle, professeur au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Quand les employés d'une même compagnie travaillent à des endroits différents, chez eux ou chez l'employeur, et à des moments différents, le jour, le soir ou la fin de semaine, c'est moins facile de les rassembler en vue de négocier avec la direction.» Les personnes embauchées par l'intermédiaire d'agences de placement temporaire seraient particulièrement vulnérables.«Ce secteur n'est nullement réglementé et on a parfois du mal à savoir qui est leur véritable employeur : l'agence ou l'entreprise qui en est cliente?, dit Jean Bernier.À cause de cela, on peut avoir de la difficulté à déterminer qui prélève des sommes pour l'assurance-emploi sur le chèque de paie de ces salariés, ou même si cela est fait.» Cette multiplication des employeurs engendre parfois des drames.«Il y a eu ce cas d'un ouvrier?Vivre selon les valeurs qui nous sont chères.; Jusqu’où irez-vous?UUQAM offre plus d’une centaine de programmes de cycles supérieurs pour approfondir vos connaissances et vous faire avancer.Ouverte aux grands enjeux mondiaux, la formation est conçue à l’échelle de vos attentes : ^ Encadrement attentif et intégration aux équipes de recherche; Soutien financier, bourses et emplois sur le campus; ^ Laboratoires et équipement de pointe.Renseignez-vous sur l’éventail de nos programmes et nos modalités d’admission.^ Microprogrammes et programmes courts de 2e cycle ^ Diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) ^ Maîtrises (profils recherche, création et professionnel) ^ Doctorats www.uqam.ca/futursetudiants UQÀM Prenez position | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 PHOTO : ISTOCK ENJEU TRAVAIL ATYPIQUE dans une fonderie qui s'est intoxiqué au plomb, raconte Katherine Lippel, professeure au Département des sciences juridiques de l'UQAM.Il avait été engagé comme salarié d'une compagnie sous-traitante et n'apparaissait pas sur la liste des salariés de la fonderie comme telle : personne ne l’avait donc testé régulièrement pour connaître son taux de plomb sanguin.» Les travailleurs autonomes, eux, auront accès au congé parental dès janvier 2006.«Mais ils ne sont toujours pas couverts par l'assurance-emploi et ne sont pas protégés par la Loi sur la santé et la sécurité du travail.En plus, ils doivent payer la part de l'employeur et de PÉDAGOGIE COLLÉGIALE PEDAGOGIE COLLEGIALE RECHERCHES ET PRATIQUES PÉDAGOGIQUES EN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR — Innovations pédagogiques — Didactique des disciplines — Fondements théoriques — Intégration des technologies — Évaluation des apprentissages — Conception de programmes Recherches pédagogiques au collégial et à l'université — Etc.Publié 4 fois par année par l'Association québécoise de pédagogie collégiale Pour abonnement : info@aqpc.qc.ca Tel.: 514-328-3805, Téléc.: 514-328-3824 7000 rue Marie-Victorin, Montréal (Québec) H1 G 2J6 ocpc Association québécoise de pédagogie collégiale l'employé pour le régime de rentes du Québec et n'ont pas droit à la négociation collective, dans le sens où les donneurs d'ouvrage ne sont pas obligés de s'entendre avec les associations qui les représentent», énumère Martine D'Amours, professeure à l'École des affaires publiques et communautaires de l'Université Concordia.Et alors?Pourquoi se soucier de ces travailleurs sans employés qui, après tout, ne représentent que 8 p.100 de la main-d'œuvre ?« Parce qu'ils nous donnent un avant-goût de ce qui s'en vient pour l'ensemble de la population active », répond la chercheuse.La tendance dans les entreprises, en effet, est à l'externalisation du risque.«On le voit avec les retraites : elles sont de moins en moins souvent à prestations déterminées, c'est-à-dire que le salarié sait exactement combien il obtiendra, et de plus en plus à cotisations déterminées, c'est-à-dire que les sommes reçues dépendront notamment des cours de la Niveau d’autonomie par rapport aux employeurs/clients/donneurs d’ouvrages 8 mentions possibles TOTAL (en %)* (n=6oo) Organisation du travail (peu importe le moment, pourvu que le travail soit fait) 78 Méthodes de travail utilisées 69 Heures de travail 63 Supervision du travail/le contrôle 61 Délais de réalisation des travaux 50 Lieu de travail (à l'extérieur du lieu physique de l'entreprise) 40 Choix des contrats sur lesquels vous travaillerez 37 Choix des vacances et des congés 3 Être son propre patron/autonomie (sans précision) 2 Facture mes propres heures/Propre tarification 2 Liberté (sans précision) 1 Autres éléments 4 Je n'ai aucune autonomie 3 Nsp/Nrp 1 Q9a.Parmi les éléments suivants, dites-moi sur lesquels vous estimez avoir de l'autonomie par rapport à votre (vos) employeur(s),client(s),donneur(s) d'ouvrage.+ Q9b.Y a-t-il d'autres éléments sur lesquels vous avez une certaine liberté?* Chaque répondant pouvant mentionner plus d'un élément de réponse, le total excède 100 % Protections sociales des travailleurs à situation non traditionnelle Mis à part les REER,on peut constater que la majorité des travailleurs atypiques ne peuvent compter sur les protections sociales de base dont bénéficient les employés réguliers à temps plein.Assurance Assurance REER Fonds de retraite “ collective privée de l’employeur g (n=6oo) (n=6oo) (n=6oo) (n=6oo) | Oui 41% 38% 53% 3! % ^ Non 59% 62% 47% 68% - =) 52 [["picOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2006 SOURCES : RAPPORT BERNIER la popularité de ces nouvelles formes de travail, lesquelles augmentent la flexibilité des entreprises et diminuent leurs coûts.Par exemple, une compagnie ne verse pas d'heures supplémentaires si elle a deux employés qui travaillent chacun 25 heures par semaine plutôt qu’un seul.qui en travaille 50! De même, les entreprises économisent une bonne somme en échangeant ces salariés pour des travailleurs autonomes.« Si elles font affaire avec des camionneurs indépendants, par exemple, et que ceux-ci perdent plusieurs heures à la frontière, elles n'ont rien de plus à payer : elles rénumèrent ce travailleur au voyage et non à l'heure.Et c'est le camionneur, et non la compagnie qui l'engage, qui est responsable des bris du véhicule», dénonce Martine D’Amours.Enfin, l'entreprise n’a pas à payer de charges sociales pour cet indépendant.Le gouvernement, de son côté, peine à suivre ces développements.Le Code du travail québécois ou la Loi sur la santé et la sécurité du travail s'appliquent mal ou ne s'appliquent pas du tout aux travailleurs atypiques.Les employés à temps partiel ou occasionnels, par exemple, n’ont pas toujours les mêmes droits que les permanents, en termes de vacances ou LE CODE DU TRAVAIL QUÉBÉCOIS OU LA LOI SUR LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL S’APPLIQUENT MAL OU NE S’APPLIQUENT PAS DU TOUT AUX TRAVAILLEURS ATYPIQUES.Bourse», poursuit Martine D'Amours, aussi codirectrice du Groupe de recherche sur les transformations du travail, des âges et des politiques sociales à l'Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation, culture et société.À force de s'y frotter, les jeunes vont peut-être changer d'idée à propos des emplois temporaires ou occasionnels.« Surtout quand ils voudront une plus grande stabilité afin de fonder une famille ou d'acheter une maison», propose Jacques Hamel.Mais ils ont peu de chance de retrouver les postes stables d'auparavant.En effet, ce sont la mondialisation et la compétition qu’elle entraîne qui expliquent d'assurances, bien qu'ils aient tous les mêmes tâches et soient couverts par la même convention collective! L'expression même de «travailleur atypique» pose problème : en mettant dans le même panier une dizaine de réalités fort différentes, on ralentit la mise au point de mesures adaptées à chaque cas.DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 DÉCOUVR]r LE BOTTIN 2005-2006 EN LIGNE OUI FAIT QUOI en science et en technologie 2200 ORGANISMES SCIENTIFIQUES ET ADRESSES INTERNET • 10 INDEX • 125 DISCIPLINES Un outil indispensable et simplifié w SW! Pour trouver un emploi dans votre domaine Pour trouver des partenaires d'affaires Pour faire connaître votre entreprise Pour rejoindre des gens qui partagent vos champs d'intérêt Pour repérer les spécialistes qui répondront à vos questions Pour diffuser vos résultats de recherche Pour avoir accès à cette version électronique, abonnez-vous à Découvrir, la revue de la recherche decouvrir@acfas.ca Association francophone pour le savoir - Acfas 425,rue De La Gauchetière Est,Montréal (Québec) H2L2M7 — Tél.:(514) 849-0045/Téléc.:(514) 849-5558 — www.acfas c f a s ENJEU TRAVAIL ATYPIQUE * Le rapport Bemier, déposé en 2003, propose des solutions et recommande notamment de modifier les lois du travail pour y inclure tous les travailleurs, typiques ou non, et d'inter- dire les disparités de traitement entre les permanents et les atypiques au sein d'une même entreprise.«Cela n'est pas très compliqué à mettre en œuvre d'un point de vue technique », juge Jean Bernier.«Adapter la loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles aux travailleurs atypiques ne nécessiterait pas de gros changements législatifs.Par contre, il faudrait conscientiser les organismes publics et les tribunaux pour qu'ils l'interprètent de façon plus large», renchérit Katherine 1 Lippel.t La preuve que ces ajustements sont 3 possibles, c'est que l'Europe a déjà ïï agi en ce sens.Or, ici comme là-bas, o les entreprises ralentissent leurs ?efforts d'adaptation : elles craignent que ces mesures n'augmentent leurs frais et ne les rendent moins compétitives.Mais Jean Bernier ne se laisse pas démonter : «Calculons très exactement ces coûts additionnels et dépassons les discours idéologiques ! », réclame-t-il.?«ADAPTER LA LOI SUR LES ACCIDENTS DU TRAVAIL ET LES MALADIES PROFESSIONNELLES AUX TRAVAILLEURS ATYPIQUES NE NÉCESSITERAIT PAS DE GROS CHANGEMENTS LÉGISLATIFS.» — KATHERINE LIPPEL, UQAM Suzanne Grenier Sylvie Bérard GUIDE PRATIqUE de communication SCIENTIFIQUE Dans le Guide pratique de communication scientifique, vous trouverez.AUDITOIRE Disponible en librairie • 12 $ Vos recherches vous passionnent?Parlez-en aire ¦ni Des trucs pour cibler votre message et aller à l'essentiel Des outils pour transformer un plan de travail en un discours captivant Des procédés pour garder votre public en haleine Des règles pour maximiser l'usage des aides visuelles Une grille d'évaluation et des exercices pour mettre votre talent en pratique Et les précieux conseils d'orateurs chevronnés A Association francophone pour ie savoir 55 DECOUVRIR | JANVIER-FEVRIER 2006 ZOOMZOOMZOOMZOOMZOOMZO OM Le corps sous toutes ses NATHALIE KINNARD coutures Un outil révolutionnaire bouleverse le traitement de la scoliose.Actuellement, le diagnostic et l’évaluation des déformations de la colonne sont basés sur des images radiographiques, souvent prises de face.«Cette seule prise de vue ne montre pas les courbures normales de la colonne, précise le DrJacques de Guise, professeur à l’École de technologie supérieure de Montréal (ETS).Lorsque l’on traite la scoliose, avec un corset ou des tuteurs installés près de la colonne par voie chirurgicale, on corrige plus que la déformation.On peut redresser aussi toutes les courbes naturelles et se retrouver avec une colonne trop droite.» Par ailleurs, une fois traités, les patients doivent être suivis régulièrement pendant plusieurs années pour confirmer l'efficacité de la correction vertébrale.Ils sont donc exposés à un niveau élevé de radiation.« Il existe bien une autre méthode plus précise que la radiographie, soit la tomodensitométrie ou tomographie scanner en 3D, souligne l’ingénieurspécialiséen imagerie médicale.Mais ce système prend un grand nombre de clichés du corps, ce qui augmente encore plus l’exposition à la radiation et rend plus complexe le traitement de données.» De plus, l’appareil demande au patient d’être couché sur le dos, ce qui ne permet pas d’évaluer la déformation en position debout.56 J~DÉœUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2006 Caroline, 15 ans, souffre d’une déviation de la colonne vertébrale.Les médecins lui font passer de multiples radiographies pour suivre 1 P l’évolution de sa condition.Ce qui ne réjouit pas la jeune fille, qui sait que l'exposition fréquente aux rayons X peut endommager I si les cellules et éventuellement causer le cancer.De 2 à 3 p.100 de Il r‘ , vi 1 Notre-Dame (CHUM) et l’hôpital Sainte-Justine à Montréal leur , offrent une solution : le système EOS™ de radiologie 3D à basse dose.Le corps en haute définition La nouvelle méthode d’imagerie EOS™ est plus précise et moins irradiante.Le Dr de Guise y pense depuis longtemps.Pendant les années 90, avec ses collègues de l’École Polytechnique, de l’hôpital Sainte-Justine, du Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO) de l’ETS et du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), il développe un procédé qui prend deux vues de face et de profil et qui permet d’aller chercher l’information 3D nécessaire pour bien traiter la scoliose.Mais la solution n’est pas complète.Arrive alors une invitation de l'hôpital Saint-Vincent de Paul à Paris : des scientifiques de l’École nationale supérieure des arts et métiers de Paris et de la compagnie Biospa-ce invitent le directeur du LIO à venirtravailler sur un nouveau système de radiographie à basse dose.Ensemble, ils réussissent à coupler l’appareil de radiographie avec le système Système de radiographie biplan EOS™ Système de radiographie à basse dose EOS™ permettant la prise de vue simultanée de deux radiographies, de face et de profil.d’imagerie biplan.Puis, grâce notamment à une subvention de Valorisation-Recherche Québec (VRQ), ils mettent sur pied une équipe francoquébécoise pour développer un premier prototype de radiographie biplan basse dose.Le procédé fonctionne à partir d’un détecteur de rayons X mis au point par Georges Char-pak, Prix Nobel de physique en 1992.L’appareil, muni de deux sources d’énergie et de deux détecteurs coulissant sur une rampe verticale, balaie le corps du patient debout pour acquérir des données numériques.Un ordinateur analyse ensuite les üi données provenant des vues Pe frontale et latérale du corps.» «Grâce au traitement informa- tii tique, il est ensuite possible de m générer une image en trois di- cii mensions à partir de ces deux té plans », signale le Dr de Guise.le Le système permet entre autres et de reproduire précisément un modèle géométrique en 3D 13 d’une colonne vertébrale avec é- deux images face-profil, alors que la tomodensitométrie né- k cessite entre 300 et 500 clichés de rayons X pour obtenir la même représentation tridimensionnelle.«Mais surtout, l’appareil diminue les risques de cancer associés à une exposition répétée aux rayons X, poursuit le chercheur.Il émet de 10 à 20 fois moins de doses de rayons X que les équipements classiques.La technologie convient ainsi très bien aux personnes qui nécessitent un suivi serré par radiographie .» et déformées, provenant de collections de musées anthropologiques.« Toutes ces mesures ont alimenté la base de données qui sert de référence pour la reconstruction géométrique de la colonne, explique le Dr Parent.Plus on a de données, plus la reconstruction est précise et rapide.» Le prototype n’a donc cessé de s’améliorer.Aujourd’hui, le système EOS commercialisé par la compagnie Biospace est prêt à sortir ceptibles par radiographie conventionnelle.«On peut penser adapter le système pour la détection de l’arthrose et des cas en traumatologie», souligne Jacques de Guise.Le nouvel appareil pourrait aussi faire le bonheur des athlètes et des artistes de cirque qui souffrent constamment d’articulations douloureuses, de muscles étirés et de cartilages endommagés.«Ces sportifs ont besoin d’un suivi radiographique régu- colonne déformée par la scoliose.Mais avant, ils doivent relever quelques défis.Notamment : améliorer la vitesse de modélisation pour la faire passer de 1 h 30 à quelques minutes et automatiser les opérations avec des algorithmes.Dans cette optique, le Dr Parent continuera à enrichir la base de Scoliose en 3D Paire de radiographies, de face et de profil, et reconstruction 3D de la colone vertébrale du bassin d’une patiente scoliotique.Radiologie pour tous Pendant plusieurs années, physiciens, radiologistes, médecins, chirurgiens, ingénieurs et mathématiciens ont testé, bichonné, calibré le nouveau système d’imagerie.Notamment, le Dr Stefan Parent, chercheur et chirurgien orthopédiste à l’hôpital Sainte-Justine, a travaillé à améliorer le processus de reconstruction 3D.Il a mesuré plus de 1000 vertèbres de colonnes vertébrales normales des laboratoires pour faire son entrée dans les cliniques de radiologie.Les radiologistes pourront enfin tester l’efficacité du système auprès de patients, ce qui permettra aux ingénieurs d’améliorer encore plus la méthode.Et de diversifier ses applications.Au-delà de la colonne vertébrale, le système biplan peut, en effet, « voir » la cage thoracique, le genou, le fémur et même des tissus mous, imper- lier pour analyser l’état interne de leur corps.Mais à cause des dangers reliés à l’exposition fréquente aux rayons X, les examens radiographiques restent limités.» Par ailleurs, les chercheurs envisagent d’utiliser les données 3D obtenues par la technologie EOS pour alimenter un système de navigation médicale qui guidera les gestes du chirurgien quand il insérera des vis et des crochets dans les vertèbres pour redresser une données du logiciel de reconstruction 3D.« Dans le cadre de ma pratique clinique, j’aurai à utiliser le système EOS pour évaluer des cas de scoliose chez les jeunes.J'aurai à mesurer et à reconstruire en 3D des colonnes vertébrales.Cette information sera ajoutée à la base de données et servira à améliorer notre connaissance de la géométrie des vertèbres et des déformations acceptables ou non.» ?57 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 ^ SOURCES : BIOSPACE/LIO (ETS ET CRCHUM, MONTRÉAL) ET LBM (ENSAM, PARIS) CHERCHEZ MIEUX Patte B v On n’est jamais trop curieux fine pointe 1 a Hexagram est le premier et le plus important institut universitaire canadien dédié à la recherche-création en arts médiatiques.Les arts médiatiques, une nouvelle forme d’expression Il se passe de bien drôles de choses dans les tout nouveaux laboratoires d’Hexagram.Des robes s’allument quand on les touche, des messages numériques défilent sur des bandes de tissu tandis que des codes barres produisent un son ou lancent une vidéo lorsqu’on les scanne.Quelque 70 artistes-chercheurs de l’Université Concordia, de l’UQAM et de l’Université de Montréal, entre autres, sont rassemblés au sein d’Hexagram, aussi appelé Institut de recherche/création en arts et technologies médiatiques.Il s’agitdu plus important consortium universitaire canadien dédié à ces disciplines.Les esprits créatifs ainsi rassemblés ont une mission bien établie : développer des contenus innovateurs destinés aux appareils numériques qui envahissent nos vies, comme les cellulaires, les jeux vidéo ou les téléviseurs nouvelle génération.En clair, tout ce beau monde issu des arts de la scène, du cinéma, des communications, de l’architecture ou du génie tente de faire reculer, au sein d’équipes multidisciplinaires, les limites de nos modes d’expression ! «On aimerait, par exemple, développer un jeu pour les appareils sans fil dans lequel un senseur, quelque part dans la ville, ferait évoluer la partie en envoyant des messages spécifi- ques aux joueurs en fonction de la température ou du niveau de bruit qu’il mesurerait», illustre Michael Longford, responsable du projet Réseau sans-fil numérique populaire d’Hexagram.En tout, près de 100 projets touchant notamment la télévision, le cinéma, la réalité virtuelle, les textiles et la robotique animent ce centre de re- Michel Fleury, de son côté, perfectionne le sélecteur Darwin : un logiciel, qui sera disponible sur le marché très bientôt, qui permet de créer des personnages virtuels à partird'une banque de données dans Internet.« On peut choisir le nez de notre héros, ses yeux, la forme de son visage, ses origines ethniques ou son degré d’athlétisme le Fonds pour la recherche/création en arts et technologies médiatiques en milieu universitaire, auquel participent notamment le Cirque du Soleil et le Groupe spectacles Gillett.« Ce lien entre les universitaires et le monde des affaires est plus marqué dans d’autres disciplines, comme l’aéronautique, alors qu’il n’y a rien de tel dans le monde des arts», dit Alban Asselin, qui a longtemps tra- Le logiciel Sélecteur Darwin permet de créer des person- Un robot de l'installation Machines préhystériques, nages virtuels et leur descendance ! cherche.Bill Vorn, un parmi d’autres, crée des machines-robots qui changent de comportement selon ce que font les spectateurs! «J’invite les personnes qui viennent voir mes œuvres à explorer et à découvrir ces espaces que je crée et où il y a de la musique, de la fumée et des machines qui sont un peu comme des organismes vivants », explique cet artiste dont on a pu voir le travail au Centre des sciences, au Musée d’art contemporain de Montréal et dans la pièce Zulu time, de Robert Lepage.et on peut lui créer des descendants en mélangeant ses “gènes” avec ceux d’un autre personnage virtuel », s’enthousiasme Alban Asselin, directeur général de l’Institut créé en 2001.Hexagram fait plus que rassembler des artistes-chercheurs : il tisse des liens entre eux et le monde des affaires.Par exemple, en plus de recevoir des fonds publics de Valorisation-Recherche Québec ou de la Fondation canadienne pour l’innovation, Hexagram a mis sur pied vaillé dans les relations publiques.Attention : il ne s’agit pas de commander des œuvres aux artistes ni de les obliger à commercialiser leurs travaux.« Mais il faut que leurs recherches trouvent rapidement une utilité, précise-t-il.Bill Vorn, par exemple, ne vend pas ses robots, mais il se sert d’eux pour faire des spectacles.» Et il s’assure ainsi un retour sur ses investissements.Pour le plus grand bien de ses recherches.et d’Hexagram ! ANICK PERREAULT-LABELLE 59 DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2Qo6~J^ PHOTO : BILL VORN la fine pointe La double mission du projet SMAC : éveiller et renforcer chez les jeunes l’intérêt pour les mathématiques et les sciences ; démystifier les mathématiques auprès de la population en général.m Dans un groupe de 23 personnes, quelle est la probabilité que deux d’entre elles soient nées le même jour de l’année ?Allez, creusez-vous les méninges.Fouillez dans vos notions de mathématiques.Vous ne voyez toujours pas ?Peut-être devriez-vous assister au ShowMath.À l’occasion de cette conférence-spectacle destinée au grand public, Jean-Marie De Koninck, mathématicien bien connu au Québec, vous montrera de façon simple comment résoudre le problème.En utilisant humour et multimédia, il vous apprendra également que les mathématiques se cachent dans la musique et dans certaines œuvres d’art.Mais d’où vient ce concept d’un spectacle sur les mathématiques ?« L’idée m’est venue en 2002 alors que je préparais une allocution pour une conférence de la Société mathématique du Canada, explique Jean-Marie De Koninck.Voulant innover, j’ai présenté mon sujet de façon vulgarisée et originale en utilisant le multimédia et l’humour.» Devant le succès de sa présentation, le professeur du Département de mathématiques et de statistique de l’Université Laval décide alors de pousser son initiative plus loin.Avec l’aide d’étudiants et de professeurs de l’Université Laval et du Cégep de Sainte-Foy, dont Sylvain Hallé et Sébastien Roy, membres du groupe Le Duo Tangqui assure la partie technique et la touche humoristique, 60 DECOUVRIR I JANVIER-FEVRIER 2006 Mathématiques pratiques et.comiques ! il monte le ShowMath et, parallèlement, crée SMAC1 - Sciences et mathématiques en action.Le projet prend la forme d’un site Internet, petite mine d'information vulgarisée sur les mathématiques.On y trouve des articles, des explications, des vidéos, des extraits du Show- Math et, bientôt, un jeu en ligne — Math en jeu — où énigmes et stratégies sont au rendez-vous.La mission de SMAC : éveiller et renforcer chez les jeunes l’intérêt pour les mathématiques et les sciences, et démystifier les mathématiques auprès de la population en général.«On remarque une baisse d’intérêt des jeunes Canadiens envers les sciences, signale Jean-Marie De Koninck.Or, pour rester compétitifs dans un monde où sciences et technologies dominent, nous devons encourager nos jeunes à se diriger vers des car- rières scientifiques.» La solution : enseigner les sciences à l’aide d’exemples concrets et descendre dans le terrain de jeu des jeunes, qui comprend vidéos, musique, arts.Ainsi, par le site Web de SMAC et le ShowMath, le scientifique veut montrer que les mathématiques peuvent être plaisantes.Le nombre pi vous rebute?Amusez-vous à repérer dans ses décimales— plus d'un milliard de chiffres — des dates d’anniversaire.Le premier jour de fête apparaît le 23 juillet (2307), à la 63e décimale, et le dernier est le 12 mars (1203), à la 60 872e décimale.Où se trouve le vôtre?Plus encore, les mathématiques sont très utiles ! La loi de poisson ou loi des événements rares, par exemple, permet d'expliquer l’incompréhensible : pourquoi les autobus arrivent-ils presque toujours par trois aux points d'arrêt?Les transformées de Fourier, des algorithmes de calcul, sont à l’origine des MP3 et les probabilités nous révèlent que dans un groupe de 23 personnes, il y a 50 p.100 de chances que deux d’entre elles aient le même anniversaire.« La vulgarisation m’a toujours tenu à cœur, admet M.De Koninck.Grâce à une entente avec l’Université Laval, qui me libère en partie de ma charge de cours, j’ai la possibilité de développer des projets en ce sens.Mon but avec SMAC est d’allumer l’étincelle des sciences chez au moins quelques jeunes.» L’équipe de SMAC prépare déjà un deuxième ShowMath pour l’année prochaine.Au menu :de nouvelles preuves que les mathématiques sont pratiques et comiques! Et à partir du prochain numéro de Découvrir, les chroniques SMAC seront signées par Jean-Marie De Koninck lui-même ! 1 http://www.smac.ulaval.ca CONFÉRENCE À VENIR : Mercredi, 31 mai 2006 - Université de Sherbrooke, Colloque EMF 2006 (L’enseignement des mathématiques face aux défis de l'école et des communautés) http://emf2006.educ.usher brooke.ca NATHALIE KINNARD Par l’utilisation du multimédia et de l’humour, Jean-Marie De Koninck veut enseigner les sciences à l’aide d’exemples concrets et descendre dans le terrain de jeu des jeunes, qui comprend vidéos, musique, arts.moNTea; ae vous EXPLIQUE.3«83672319201 n*nomètrEs la fine pointe Aî Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales Le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) a pour mission de contribuer à l'amélioration des pratiques de prévention et d'intervention psychosociales, à la hausse de la qualité et de la pertinence de la recherche psychosociale et à l'élaboration des politiques sur les enjeux à caractère psychosocial.Un thermomètre du développement de l’enfant Trousse CED pour le dépistage de retards de développement et la construction de plans d’intervention personnalisés.Selon une étude menée dans différents quartiers défavorisés du Grand Montréal, environ 30 à 50 p.100 des enfants âgés entre 20 et 40 mois affichent un retard de développement significatif.Parfois, ce retard sera constaté par les intervenants ou les éducateurs qui travaillent auprès de l’enfant, mais ils ne pourront appuyer leurs observations sur des mesures objectives.Les outils d’évaluation du développement, en effet, sont souvent très complexes à utiliser et requièrent du temps, de l’argent et l’expertise d’un professionnel de l’évaluation, alors qu’il y a urgence d’intervenir.Afin d’outiller les CLSC ainsi que les centres jeunesse et les centres de la petite enfance, des chercheurs du Laboratoire d’étude du nourrisson (LEN), Jacques Moreau, Gérard Malcuit, Andrée Pomerleau, Nathalie Vé-zina et Renée Séguin, ont développé la Grille d’évaluation du développement (CED).Cet instrument, facile et rapide à administrer, ne demande aucune formation spécialisée.Selon Jacques Moreau, de l’Université de Montréal, « le GED peut être un outil précieux pour le dépistage de retards de développement et la construction de plans d’intervention personnalisés ».Pour en assurer la diffusion et former des utilisateurs, les chercheurs du LEN ont confié le GED au Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP).Évaluer un enfant avec le GED n’est pas très long, 30 minutes tout au plus, et les résultats obtenus permettront de situer ses aptitudes sur les plans cognitif et langagier (réagir à des stimulations visuelles et sonores, mémoriser, maintenir son attention, résoudre des problèmes et comprendre des concepts de base, construire des phrases), moteur (degré d’activité physique et tonus musculaire, habiletés motrices globales et fines, qualité des mouvements) et socioaffectif (comportement de l’enfant durant l’évaluation, qualité de ses interactions sociales avec les adultes et avec ses pairs, sensibilité à d’autres adultes que ses parents et aux autres enfants).Pour mieux comprendre ce qu’est le GED, comparons-le à un thermomètre qui indiquerait si l’enfant fait de la fièvre, mais sans dire si cette fièvre est due à un rhume, à une poussée de dents ou à une méningite.Il faut consulter un médecin si la fièvre est trop élevée.Comme le thermomètre, le GED n’est pas un outil de diagnostic; il permet de savoir si l’enfanta un retard et non d’en trouver la cause.Toujours à la manière d’un thermomètre, les scores obtenus dans chacune des échelles se situeront dans trois principales zones : tout d’abord, la zone de «développement adéquat », puis la zone de « développement à questionner», où l’enfant obtiendra des résultats légèrement inférieurs et où il faudra d’abord s’interroger sur le contexte de l’évaluation.L’enfant était-il fatigué ou malade?Y avait-il trop de bruit dans le local?Si le contexte n’est pas en jeu, on peut commencer un programme de stimulation et réévaluer l’enfant quelques mois plus tard.Enfin, la zone de «développement problématique », où le retard de l’enfant se révèle important et nécessite la mise en action immédiate d’un plan d’intervention ou de référence vers un professionnel des centres de santé et de services sociaux (CSSS).Depuis septembre 2005, le CLIPP offre une formation de base, d’une durée de six heures, essentielle à l’utilisation du GED.À partir de janvier 2006, les établissements qui le désirent pourront familiariser certains de leurs employés avec le GED.En effet, une formation de deux jours leur fournira les acquis nécessaires pour former à leur tour leurs collègues.Un forum de discussion en ligne offrira également des réponses aux questions des utilisateurs ainsi que l’occasion de partager des expériences menées dans les différents milieux.GABRIELLE MATHIEU-DUPUIS 61 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER la fine pointe Gestion Valeo sec L’UQAM, l'Université Concordia, l'École de technologie supérieure et l'UQAR ont confié à Gestion Valeo le mandat de faire fructifier les innovations de leurs chercheurs.Médicaments à libération contrôlée : plus besoin d’enrobage 62 Les personnes qui sont en proie à une migraine ou à une crise cardiaque n’ont qu’un espoir lorsqu’elles avalent un médicament : que ce dernier fasse effet le plus rapidement possible.Or, ce n’est pas le cas de tous les consommateurs de produits pharmaceutiques.Certains souhaitent carrément l’inverse.Ceux qui souffrent d’une pancréatite chronique, par exemple, doivent recevoir des enzymes de digestion sur une base presque continue pour soulager leurs symptômes.Puisqu’ils ne peuvent pasavalerdes médicaments constamment, les pilules qu’ils ingèrent doivent libérer leurs enzymes pendant au moins quelques heures.Pour fabriquer des médicaments à libération contrôlée, les compagnies pharmaceutiques enveloppent leurs comprimés dans des enrobages dits « gastrorésistants », inattaquables par le pH acide de l’estomac.Une fois dans l’intestin, l’enrobage se dissout lentement sous l’action des ions en présence.Ne reste alors que le comprimé, constitué d’une molécule active, un enzyme par exemple, et d’un excipient, soit une substance neutre qui sert à soutenir la molécule active et qui se désagrège à une vitesse contrôlée.Professeur au Département de chimie et biochimie de l’Université du Québec à Montréal, Mircea Mateescu a mis au point une nouvelle approche qui pourrait simplifier le procédé et, du coup, permettre aux compagnies pharmaceutiques de produire les médicaments à libération contrôlée de façon plus économique.Ou, en un mot, d’éliminer l’enrobage du médicament.Comment?Le secret repose sur un tout nouveau composé.« Il s'agit essentiellement d'une molécule d’amidon à laquelle j’ai ajouté des groupements carboxyméthyls », précise le professeur.Selon ses recherches, cette nouvelle molécule pourrait très bien servir d’excipient.En effet, elle a la capacité de soutenir une molécule active comme un enzyme, un peptide ou un probiotique.Elle a aussi, comme les au- tres excipients utilisés dans les médicaments à libération contrôlée, la capacité d’étirer la libération de la molécule active qu’elle contient.Mais elle a quelque chose de plus : en présence d’un milieu acide, la molécule se contracte automatiquement.« Dans l’estomac, l’excipient se compresse, explique le professeur, et, ce faisant, il protège la molécule active qui se trouve à l’intérieur.Il joue donc à la fois le rôle de l’excipient et celui de l’enrobage.» Cette percée a beaucoup intéressé Gestion Valeo, la société de valorisation qui a pour mandat défaire fructifier les innovations des chercheurs de l’UOAM.Une demande de bre- vet a été déposée et plusieurs contacts avec des compagnies pharmaceutiques canadiennes, américaines et européenne ont été entamés.« Les applications de cette nouvelle molécule sont multiples et plusieurs entreprises sont susceptibles d’être intéressées », dit Alain Richard, responsable du projet chez Gestion Valeo.Le gestionnaire pense que des licences multiples pour- raient être accordées à des compagnies qui veulent en faire des usages différents.« Nous sommes très confiants, ajoute M.Richard.La molécule répond à un besoin du marché.Nous pensons que d’ici un an, des licences auront été accordées.» DOMINIQUE FORGET Stabilité de comprimés d’amidon HAS-0 CM-HASi CM-HAS2 CM-HAS À l’air Dans l’eau À pH gastrique 1,2 ; pour 2 heures À pH gastrique 1,2 ; pour 2 heures (vue eu coupe) %.C v ***•*• ri * c > HAS-0 : comprimé d’amidon non modifié > CM-HAS : comprimés d’amidon modifiés par des groupements carboxy-méthyls (niveau 1 à 3 ; 3 ayant le plus de groupements) > Une couleur jaune dans le comprimé indique que le colorant est à un pH de plus de 7,5, donc protégé contre l’acidité s’il est en milieu gastrique.^["DÉCOUVRIR I JANVIER-FÉVRIER 2006 la fine pointe parLenaire de la blo* innouaLion Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) est un chef de file depuis 1985 en valorisation des biomasses et des biotechnologies.Il stimule et accélère l’exploitation industrielle des résultats de recherche.Vers un nouveau traitement de l’asthme Souffle court, difficulté à respirer, impression d’étouffer, toux sifflante.C’est la crise d’asthme.Vous devez prendre un cocktail de médicaments pour calmer vos bronches et retrouver une respiration normale.Mais grâce aux travaux du Dr Yvon Cormier, une seule pilule pourrait bientôt vous suffire pour traiter cette maladie inflammatoire des voies aériennes.Le pneumologue et son équipe de recherche de l’Hôpital Laval de Québec, en effet, ont développé une nouvelle classe de molécules thérapeutiques qui agissent à la fois sur l'inflammation et sur la contraction des bronches.Ces molécules fonctionnent un peu comme la nicotine, dépendance en moins.Depuis longtemps, on soupçonne la nicotine d’agir comme un anti-inflammatoire.Les Mayas, déjà, utilisaient les feuilles de tabac pour calmer les crises d’asthme.Les bienfaits de la nicotine font la manchette dans les années 1970, alors que des scientifiques découvrent que les fermiers fumeurs souffrent moins d’alvéolite — une réaction allergique aux poussières d’origine animale ou végétale en suspension dans l’air — que les non-fumeurs.L'explication : la nicotine amoindrit les défenses naturelles du corps.Ainsi, l’organisme des fumeurs ne réagit pas de façon exagérée contre les poussières, alors que celui des non-fumeurs est victime d’un système immunitaire trop zélé.Plusieurs chercheurs avancent alors l’idée qu’on puis- se utiliser la nicotine comme suppresseurdu système immunitaire.«Évidemment, on ne peut utiliser la nicotine pour traiter l'asthme puisque le corps humain devient dépendant de la substance », explique le Dr Cormier.Avec ses collègues, ce professeur au Département de médecine de l’Université Laval entreprend durant les années 90 de tester le potentiel thérapeu- tique de différentes molécules apparentées à la nicotine.Plusieurs années de travail plus tard, les chercheurs développent la molécule ASM-002 qui, comme la nicotine, commande auxcellules immunitaires d'empêcher le corps de développer une réaction trop forte aux substances allergènes.Par contre, contrairement à la nicotine, la nouvelle molécule n’affecte pas les cellules du cerveau et ne crée donc pas d’accoutumance.Des tests en laboratoire et sur des animaux confirment que la molécule agit sur les cellules in- flammatoires et musculaires des voies respiratoires.En 2002, le Dr Cormier et Evelyne Israël-Assayag, adjointe de recherche au Centre de recherche de l’Hôpital Laval, fondent Asmacure.Grâce au soutien financier et scientifique du Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) et de son Fonds Bio-Innovation, l’entreprise de Québec obtient une licence d’exploitation exclusive et mondiale de la molécule.Elle dépose également deux autres demandes de brevets pour une douzaine de molécules à potentiel thérapeutique.Parallèlement, les scientifiques de Québec sondent l’avenir de leurs molécules.Ils désirent mettre au point des médicaments oraux pour prévenir et traiter les problèmes pulmonaires, dont l’asthme, mais aussi d’autres maladies ayant une composante inflammatoire, telles que l’arthrite rhumatoïde, l'athérosclérose et autres troubles cardiovasculaires, l'eczéma.Les dirigeants d'Asmacure analysent actuellement plusieurs demandes de subvention.« Nous voulons du financement pour mener des essais cliniques afin de déterminer de façon beaucoup plus précise l’efficacité de la molécule ASM-002 », rapporte le Dr Cormier.NATHALIE KINNARD Pourquoi l’asthme rend la respiration difficile Inflammation des bronches chez une personne asthmatique.Chez une personne qui ne souffre pas d’asthme, les muscles autour des bronches sont relâchés et les tissus sont minces, permettant à l’air de circuler librement.L’air entre dans le système respiratoire par le nez et la bouche et passe par les bronches.Chez une personne asthma tique, les muscles des bronches se resserrent et s’épaississent et les voies respiratoires s’enflamment et se remplissent de mucus, empêchant l’air de circule^ facilement.Bronches normales.63 | DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2oÔ6~J~ SOURCE : AMERICAN ACADEMY OF ALLERGY, ASTHMA AND IMMUNOLOGY DANS LE PROCHAIN NUMÉRO PRIX DE L'ACFAS 2005 L’ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS REMERCIE SES PARTENAIRES > ASSOCIATION DES DOYENS DES ÉTUDES SUPÉRIEURES AU QUÉBEC > BELL CANADA > CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE À QUÉBEC ET MINISTÈRE DES RELATIONS INTERNATIONALES DU QUÉBEC > FONDATION DESJARDINS > FONDATION J.-ARMAND-BOMBARDIER > FONDS DE RECHERCHE DU QUÉBEC > GAZ METRO > HYDRO-QUÉBEC > MERCK FROSST > PICCHIO PHARMA > RESSOURCES NATURELLES CANADA > UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL > UNIVERSITÉ DU QUÉBEC > UNIVERSITÉ LAVAL > UNIVERSITÉ McGILL 'N DECOUVRir - X DES NOUVELLES DU FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC Une nouvelle entente pour développer la recherche en radiologie La Fondation de l’Association des radiologistes du Québec (FARO) et le FRSO ont conclu une entente de partenariat dans le but de promouvoir et de développer la recherche en radiologie diagnostique et thérapeutique dans le cadre d’un programme commun FRSO-FARO.Le programme est divisé en deux volets : le premier vise l’établissement d’un jeune chercheur en début de carrière et le second soutient des projets de recherche dirigés par des chercheurs autonomes.Pour plus d’information, consultez notre site Web : www.frsq.gouv.qc.ca Fonds de la recherche en santé Québec nn V________________________________________________________________________________________________J DOSSIER Les forêts ENJEU Éthique et biométrie ZOOM Aérospatiale k J 8 façons de voir la science p o ur tous les publics IV*CJ Ainter cerveaux • f RtnfcaÉr dr b# jalousie Mogire ffSin ¦gj l*V£ EAUX l’itim.it’*' cl .iinoufhiKv wwwajbersGenœscom www.acfas.ca/decouvrir wwwquebecoiseaux.qcca wwwamisjardin.qc.ca I I pour les jeunes wwwlesdebrouillards.qc.ca www.lesexplos.qc.ca Tirs plofateufs ÏLesUeso ' ^ 1 m '' plus www.cybersoences-juniororg agence de presse www.sciencepresse.qc.ca 64 ^J~DÉCOUVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 | 14e édition V v ^ w !/• u ns VAcfâA Le Concours de vulgarisation scientifique de l’Association francophone pour le savoir - Acfas est l’occasion de rendre accessibles au grand public tous les domaines dans lesquels ^ travaillent nos chercheuses et chercheurs, qu’il s’agisse de sociologie, d’économie, de littérature, d’histoire, de démographie, de nutrition, de biotechnologie, d’océanographie, de sciences de l’environnement, etc.Date de clôture du concours: ier mars 2006 Pour qui ?>> Les étudiantes et étudiants universitaires des 2e et 3e cycles; >> De plus, le concours est ouvert aux étudiants canadiens résidant à l'extérieur du Québec ainsi qu'aux étudiants étrangers en séjour au Québec.Prix: >> Cinq prix de 2 000 $, ainsi que la publication des textes primés.Le Projet Métropolis, un forum international pour la recherche et le développement de politiques publiques sur les migrations, la diversité et les villes en évolution, double le prix remis par l’Acfas pour des articles traitant de l’immigration et autres sujets apparentés.Voir : www.canada.metropolis.net.Comment participer ?>> Vous nous soumettez tout simplement un article traitant de votre sujet de recherche.>> La qualité de la rédaction, la rigueur scientifique, le souci de vulgarisation et l’originalité du traitement seront les critères de base retenus par le jury.>> Inscription - Le formulaire d’inscription est disponible sur le site Internet de l’Acfas, à l’adresse suivante : www.acfas.ca/concours/formulaire.html 425, rue De La Gauchetière Est tél.: (514) 849-0045 • téléc.: (514) 849-5558 Montréal (Québec) H2L 2M7 Acfas www.acfas.ca / Courriel : concours@acfas.ca Projet réalisé avec l’aide financière du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.Québec ” « PHOTO : PRODUCTIONS PUNCH INC.point J Dominique Forget 1 e Les universités font dans le vert L’École Polytechnique, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et l’Université Concordia ont chacune inauguré cet automne un ou des pavillons conformes à des normes LEED {Leadership in Energy and Envi- ronmental Design) du Conseil du bâtiment durable du Canada.Outre leur grande efficacité énergétique, les pavillons Claudette-Mackay-Lassonde et Pierre-Lassonde de l’École Polytechnique comportent une toiture végétale permettant le captage de l’eau de pluie destinée à l’alimentation des équipements sanitaires.À l’UQAM, le pavillon des sciences biologiques possède lui aussi un système de récupération des eaux de pluie et est équipé de nombreux support à vélos.Il est accessible directement à partir du métro.En outre, les jardins intérieurs du pavillon comprendront des plantes indigènes qui requièrent peu d’eau.Enfin, le pavillon Génie, Informatique et Arts de Concordia a été conçu de façon à tirer profit de la lumière extérieure et tout spécialement de la chaleur du soleil en hiver.Gagner à se connaître Réjean Tessier, professeur à l’École de psychologie et chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de Québec (CHUQ), a mis sur pied un programme d’intervention intitulé « Co-Naître » pour aider les enfants prématurés et leurs parents à mieux communiquer.À cause de dysfonctions neurologiques mineures, les prématurés et leurs parents éprouvent souvent des difficultés à établir des relations harmonieuses au cours des mois suivant la naissance, selon le chercheur.« Co-Naître» propose aux parents des exercices interactifs; par exemple, des jeux d’imitation, Fiers de manger québécois À l’Université de Sherbooke, la Chaire de gestion de la marque a scruté les comportementsm d’achat des consommateurs! québécois pour le compte d’Ali- ^ ments Québec.Les résultats sont sans équivoque : les produits alimentaires qui affichent fièrement leur provenance locale sont plus susceptibles de se retrouver dans les assiettes des consommateurs.Selon François Coderre, titulaire de la Chaire, les entreprises agroalimentaires qui cherchent des façons de vendre leurs produits québécois devraient considérer l'idée de recourir à un logo affichant qu'il s’agit d’un aliment du Québec.Liaison-Recherche, Université de Sherbrooke de regards.Dans le cadre de son étude, le chercheur a trouvé une légère augmentation du quotient de développement des en-fants.Il a vu également augmenter la relation d’attachement des enfants envers leurs parents.Au fil des événements, Université Laval Vingt pulsars de plus dans rUnivers Professeure de physique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en astrophysique d'observation de l’Université McGill, Vicky Kaspi a récemment découvert avec son équipe plus de 20 pulsars dans un seul amas d’étoiles.Cette découverte est impressionnante à plusieurs égards.D'abord, les pulsars sont notoirement difficiles à trouver.Ensuite, la découverte confirme une théorie majeure sur la formation d’a- mas d’étoiles.En effet, les chercheurs avaient formulé, il y a longtemps, une hypothèse selon laquelle les amas d’étoiles abritaient plusieurs pulsars.Pendant longtemps toutefois, ils n’avaient pu en trouver un seul.La découverte de la professeure Kaspi vient donc prouver la théorie.En tête, Université McGill Un nouvel outil de recherche public et gratuit dans Internet Les chercheurs, les étudiants ou les intervenants du domaine de la santé intéressés par la génomique des populations disposent d’un tout nouvel outil d’information depuis le mois d’octobre.En effet, le Public Population Project in Genomics (P3G) Consortium — un organisme international qui vise à promouvoir la collaboration entre les spécialistes du domaine — a lancé dans Internet le P3G Observatory.Les utilisateurs pourront se servir gratuitement de cet outil pour obtenir des renseignements détaillés sur les projets publics en génomique des populations qui sont menés partout dans le monde.On y trouve également d’autres types de renseignements, par exemple des lignes directrices pour la conception d’études, des opinions et des documents sur les cadres éthiques.On peut accéder à l’observatoire à l’adresse suivante :www.p3gob servatory.org 66 J~DÉCC)UVRIR | JANVIER-FÉVRIER 2006 81 QU’EST-CE QU’ON fait L'Université Laval est le premier pôle scientifique québécois en dehors de Montréal et se classe au 6e rang des universités de recherche au Canada.Avec ses 1 200 professeurs-chercheurs rattachés à 220 regroupements de recherche, près de 9 300 étudiants aux cycles supérieurs et des subventions externes de recherche de plus de 280 M $, elle participe concrètement à l'amélioration de nos conditions de vie.L’Université Laval est la seule université du Canada à être l'hôte de trois Réseaux de centres d'excellence de chercheurs canadiens.Elle joue le rôle de leader mondial dans plusieurs secteurs de pointe, dont l'optique, les neurosciences, la génomique et l’obésité.www.ulaval.ca nrcn UNIVERSITÉ LAVAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL Polytechnique offre la plus grande diversité de programmes en ingénierie et compte l'une des plus importantes concentrations de professeurs-chercheurs en génie au pays.Elle réalise à elle seule le quart de la recherche universitaire en ingénierie au Québec et se classe au 1er rang des établissements au Canada pour l'intensité de ses activités de recherche.À Polytechnique, vous trouverez ce que vous cherchez ! LA RECHERCHE À POLYTECHNIQUE C'EST : Un budget de recherche de 66,7 M $ 15 Chaires industrielles 24 Chaires de recherche du Canada 31 laboratoires de recherche 27 Centres et groupes de recherche 141,5 M$ en projets d'infrastructures 1418 mémoires de maîtrise et thèses de doctorat dirigés par des professeurs de Polytechnique depuis 10 ans 7863 publications scientifiques et techniques publiées par les professeurs et chercheurs de Polytechnique depuis 10 ans.Québec-FCI, depuis 1999 POLYTECHNIQUE MONTREAL Affiliée à l'Université de Montréal Pour information : (514) 340-4720 www.polymtl.ca/recherche
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