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  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas),2000-2010,
  • Montréal (Québec) :Acfas, Association francophone pour le savoir
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Décembre-janvier
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  • Revues
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six fois par année
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Découvrir, 2007-12, Collections de BAnQ.

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h ' 52Z BAnQ F* OS «M.S'hab la grippe /• Situation les comm V i ^ ^ L'aluminiü * N- Quand la p 'M ***> AM Messageries Dynamiques 0 5 ’ JË ' ' ïîm-'m' r.Æ 8 j^iF' * gnies d'exploration, qui se concentrent, entre autres, dans la «province» de Grenville, l'une des 17 régions géologiques canadiennes, localisée sur une large bande longeant le nord du fleuve Saint-Laurent.— Innovations pédagogiques — Didactique des disciplines ¦— Fondements théoriques — Intégration des technologies — Évaluation des apprentissages — Conception de programmes _ Recherches pédagogiques au collégial et à l'université — Etc.Publié 4 fois par année par l'Association québécoise de pédagogie collégiale Pour abonnement : info@aqpc.qc.ca Tel.: 514-328-3805, Téléc.: 514-328-3824 7000 rue Marie-Victorin, Montréal (Québec) H1 G 2J6 ocpc Association québécoise de pédagogie collégiale DES ROCHES PRÉCAMBRIENNES AUX SÉDIMENTS GLACIAIRES Le réseau Diversification de l'exploitation minérale au Québec (DIVEX) étudie les processus de minéralisation des métaux.Ainsi, un groupe de recherche s’est penché sur les oxydes de fer pouvant être utilisés comme marqueur de ce type de dépôt.Si l'on connaît la composition d'un oxyde de fer, on pourra déterminer quel type de minéralisation le dépôt peut contenir.Les recherches du DIVEX portent aussi sur la caractérisation des kimberlites à partir des grenats contenus dans la roche.Mais pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs doivent disposer d'échantillons provenant de kimberlites diamantifères.C'est justement là que réside la difficulté.« Les entreprises sont réticentes à confier leurs échantillons.Il est vrai que nous touchons un sujet sensible, mais je n'ai jamais vu une telle confidentialité», déplore Sarah-Jane Barnes, chercheuse au DIVEX et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en métallogénie magmatique.Tout ceci s'applique évidemment aux roches vertes précambriennes de l'Abitibi ou aux autres formations géologiques anciennes, mais, à TURSTM, on n’oublie pas les formations glaciaires récentes du quaternaire.Les chercheurs et les entreprises étudient la chimie et la composition minéralogique de ces formations et, à partir de leur dispersion géographique, peuvent remonter à la source d’indices intéressants.En effet, les glaciers du quaternaire, par leurs mouvements et leur dynamique interne, ont raboté les roches sur lesquelles ils reposaient, entraînant blocs, graviers et farines glaciaires.Il 38 JTIébuVRIR I DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 | RECHERCHE s’agit de reconstituer l'itinéraire de ces formations pour en arriver à la roche d'origine et au gisement, si, bien sûr, leur composition est prometteuse.UNE RECHERCHE VALORISÉE Les objectifs de la recherche minérale sont principalement axés sur les besoins des entreprises d'exploration minière.Que l'on considère l'URSTM, le CONSOREM ou le projet DIVEX, les premiers bénéficiaires des résultats sont les compagnies «juniors», et les travaux de ces groupes de recherche se font en collaboration avec les entreprises de prospection.Le programme de recherche conjoint entre la compagnie Virginia et l'INRS dans le cadre du projet DIVEX illustre bien ces liens étroits entre les entreprises et les universités.«Lorsque nous avons constaté l'importance de notre découverte à l'occasion du projet Éléonore, nous avons pensé que nous avions là un sujet de doctorat», soutient Paul Archer, vice-président de Virginia.Le tout s’est concrétisé en 2005 avec le développement du projet de recherche «Étude métallogénique du projet Éléonore, mines d'or Virginia, Baie-James», supervisé par Benoît Dubé, professeur à l'Institut national de la recherche scientifique et chercheur à la Commission géologique du Canada, dont l'un des axes de recherche porte sur les minéralisations aurifères.PRESQUE 4 MILLIARDS D’ANNÉES SOUS NOS PIEDS Le Québec recèle des roches parmi les plus anciennes de la planète.Alors que la formation de la Terre remonte à quelque 4,5 milliards d’années, une découverte conjointe du Centre de recherche en géochimie et géodynamique (GEOTOP) et du ministère des Ressources naturelles et de la faune (MNRF), en 2002, date à 3,8 milliards d'années les roches volcaniques de Porpoise Cove dans le nord du Québec, près du village d'Inukjuak.Plusieurs épisodes se succéderont pour former l'ensemble du bouclier continental nord-américain du précambrien, période qui s'étend de 3,8 milliards à 550 millions d’années.Au Québec, ces roches couvrent une ligne allant de Val d'Or à l'embouchure du fleuve Churchill au Labrador, et dans la province géologique de Grenville.Ce sont les reliquats d'une grande chaîne de montagnes née il y a environ 1 milliard d'années.C'est dans cet ensemble précambrien que se trouve la ceinture de roches vertes volcaniques de l'Abitibi, exploitée pour ses métaux précieux ou industriels.Le deuxième grand ensemble géologique québécois est représenté par des terrains dits primaires.Ce sont la plateforme du Saint-Laurent et les Appalaches au sud de la province, qui ont vu le jour entre 500 et 250 millions d'années.Enfin, le troisième et dernier grand ensemble de formations est beaucoup plus récent.Il s'agit des dépôts gla- ciaires du quaternaire (depuis 1,5 million d'années), un ensemble non délimité géographiquement.Ces formations géologiques sont issues du broyage des roches par les mouvements des glaciers qui recouvraient le nord du continent américain jusqu'à il y a 8 000 ans.Elles ont pris une place importante dans l’économie et la végétation du Québec.Les «farines» glaciaires ont facilité l’apparition de forêts et les exploitations agricoles.Les tills, mélanges de farine et de blocs multimétriques, ont permis, par exemple, la construction des grands barrages du Nord québécois.?Les sciences de la Terre à l'UQAC • Géologie • Génie géologique Si la nature vous inTERREsse.Environnement • Exploration minière • Hydrogéologie Géotechnique Volcanologie • Géochimie • Géomatique Une carrière passionnante alliant science, nature, voyages, plein air.Pour plus de renseignements 418 545-5011, poste 5202 1 800 463-9880, poste 5202 ue_sc-terre(S)uqac.ca __ qeoloqie.uqac.ca UQAC Université du Québec à Chicoutimi 39 DECOUVRIR | DECEMBRE 2007-JANVIER 2008 PUBLIREPORTAGE LES PRIX DU QUÉBEC 2007 Yves BERGERON PRIX MARIE-VICTORIN Le prix Marie-Victorin, dédié à la recherche dans le secteur des sciences de la nature et du génie, est accordé à Yves Bergeron, sommité internationale dans le domaine de l’écologieforestière etardentdéfenseur de la forêt boréale.Yves Bergeron, qui est biologiste, a été l'un des premiers au Québec à décrire finement l'écologie d'un territoire dans le but d'en permettre l'aménagement éclairé.Yves Bergeron donne vraiment tout son sens à l'expression « travailler sur le terrain ».En effet, les études effectuées au sein du Groupe de recherche en écologie forestière, qu'il a mis sur pied en 1989, ont mené à la transformation d'un territoire de 8 000 hectares situé au nord-ouest de l'Abitibi en un véritable laboratoire à ciel ouvert.Grand vulgarisateur et rassem-bleur, le biologiste y travaille main dans la main avec les gestionnaires industriels et gouvernementaux pour les aider à rendre leurs pratiques plus durables et assurer la pérennité de la forêt boréale, l'un des plus précieux joyaux du patrimoine québécois.Auteur de plus de 200 publications scientifiques, Yves Bergeron a été conférencier dans plusieurs pays.Entre autres distinctions, il a reçu le prix Méritas de la recherche forestière du Conseil de la recherche forestière du Québec en 1997 et le prix Michel-Jurdant de l'ACFAS en 1999.Depuis 1998, Yves Bergeron est à la fois professeur à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-UQAT-UQAM et depuis 2003, également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie et aménagementforestier durable.Hommage à cinq grands scientifiques Cinq personnes remarquables, pour leur parcours d'une rare envergure et leur contribution hors du commun au développement économique et social du Québec, se sont vu remettre la plus haute distinction honorifique attribuée par le gouvernement du Québec, les Prix du Québec.Chacune à sa manière, ces personnes d'exception ont non seulement enrichi notre trésor collectif, mais elles offrent à la relève une puissante incitation à conjuguer le verbe oser à la mesure de leurs rêves Richard E.TREMBLAY PRIX LÉON-GÉRIN Le prix Léon-Gérin, dédié au domaine des sciences humaines, est décerné à Richard Tremblay.Jusqu'à maintenant, ce psychologue a observé systématiquement quelque 30 000 enfants, dans le cadre de ses travaux sur le développement moral et social de l'enfant, particulièrement sur l'origine de l'agressivité de l'être humain.Il s'agit d'une des études les plus exhaustives jamais menées en matière de développement de l'enfant.Sa conclusion déconcerte : l'être humain se montre agressif et violent dès sa naissance, apprenant parla suite progressivement en société à réprimer ses pulsions innées.Richard Tremblay a donc littéralement renversé la façon d'envisager le développement de la violence.Depuis maintenant près de 25 ans, Richard Tremblay et son équipe de chercheurs observent scientifiquement les caractéristiques biologiques, psychologiques et sociales d'une cohorte de 1 000 garçons.Professeur aux départements de psychiatrie, de psychologie et de pédiatrie de l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l'enfant, Richard Tremblay est à l'origine d'une véritable école du développement social de l'enfant.Ses idées trouvent un écho à l'échelle internationale, particulièrement en Europe.Il est directeur du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant et du Centre d'excellence sur le développement des jeunes enfants, membre de la Société royale du Canada, et l'auteur de plus de 400 articles, chapitres de livres et ouvrages scientifiques.Voyez les entrevues avec les lauréats dans notre site Web au WWW.gouv.qc.ca Yves MORIN PRIX ARMAND-FRAPPIER Le prix Armand-Frappier, attribué pour la création ou le développement d'établissements de recherche ou pour l'administration et la promotion de la | recherche, est décerné au cardiologue J Yves Morin.Au cours d'une fructueuse ¦ carrière, il a travaillé sans relâche à l'avancement de la recherche sur les maladies cardiaques ainsi qu'à l'administration de la recherche, à la grandeur du Québec et du Canada.Yves Morin a présidé le Conseil de recherches médicales du Québec et plusieurs commissions.Il a aussi été vice-président du Conseil de recherches médicales du Canada.Dans les années 90, il joue un rôle de premier plan dans la création des instituts de recherche en LES PRIX DU QUÉBEC santé du Canada.En 2001, il est nommé sénateur et conseiller ministériel spécial pour la recherche en santé.Depuis 2005, il préside la Fondation pour la recherche en santé Rx&D et copréside le Partenariat des industries canadiennes de la santé.Yves Morin devient, en 1961, le premier clinicien salarié à temps plein de l'Université Laval, ce qui lui permet de se consacrer à la recherche.Il fait figure d'innovateur en installant un laboratoire d'hémodynamie, qu'il dirige jusqu'en 1966.À cette époque, une maladie cardiaque inconnue frappe une centaine de personnes, dont la moitié meurt.En quelques semaines, le jeune cardiologue démasque le coupable : le cobalt, métal que l'on croyait inoffensif et qu'une brasserie de Québec ajoutait à sa bière pour la faire mousser.Cette découverte vaut aussitôt à Yves Morin une reconnaissance internationale.Yves Morin a reçu l'insigne d'officier de l'Ordre du Canada en 1991, d'officier de l'Ordre national du Québec en 1995 et de chevalier de l'Ordre national du mérite, en France, en 1997.Jacques Y.MONTPLA1S1R PRIX WILDER-PENFIELD Le prix Wilder-Penfield, souligne les accomplissements dans le domaine des sciences biomédicales.Le prix est attribué à Jacques Montplaisir, psychiatre et chercheur en neurosciences, spécialiste des maladies du sommeil.Ce spécialiste de réputation internationale et l'un des pères de la discipline au Québec.On lui doit notamment le Centre d'étude du sommeil et des rythmes biologiques, un centre de très haute renommé qui traite annuellement plus de 1 500 patients.Dans les années 90, Jacques Montplaisir découvre le syndrome des impatiences musculaires.Après avoir démontré que ce trouble touche le dixième de la population canadienne, il met au point et fait breveter le traitement pharmacologique aujourd'hui reconnu comme le plus efficace pour traiter cette maladie.Puis en juillet 2007, il a participé à la découverte de trois gènes de susceptibilité aux impatiences, faite par un groupe de chercheurs de Munich.Sa grande curiosité scientifique lui a par ailleurs permis de repérer, en observant le sommeil, une maladie invisible autrement.Il a ainsi découvert le trouble comportemental en sommeil paradoxal.Ce trouble, qui pousse certaines personnes à passer à l'action en rêvant, pourrait être une manifestation très précoce de la maladie de Parkinson.Jacques Montplaisir cumule plus de 250 publications scientifiques, 55 chapitres de livres et près de 500 abrégés, faisant de lui l'un des plus cités dans sa discipline.Dans les cinq dernières années seulement, il a présenté au-delà de 100 conférences dans 27 pays et présidé plusieurs congrès internationaux en plus de superviser le travail d'étudiants de 2e et 3e cycles.Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le sommeil, il a été honoré par plusieurs distinctions.Maher I.BOULOS PRIX LIONEL-BOULET Le prix Lionel-Boulet récompense les réalisations dans le domaine industriel.Il est attribué au professeur Maher Boulos, l'un des plus éminents spécialistes du plasma, le quatrième état de la matière.Depuis bientôt 40 ans, Maher Boulos, également ingénieur, exploite le potentiel technologique des plasmas.Pour ce faire, il crée sa propre compagnie, Tekna Systèmes Plasma Inc.C'est à l'Université de Sherbrooke, où il obtient un poste de professeur en 1973, que Maher Boulos élabore son programme de recherche.Il acquiert rapidement une réputation internationale dans la conception de modèles mathématiques des plasmas.Mais son intérêt pour l'expérimentation l'amène à explorer le potentieltechnologique des plasmas en 1985.Constatant le manque d'équipements et de connaissances, il fonde, en 1990, Tekna Systèmes Plasma Inc.Le nouvel entrepreneur commence prudemment à vendre la torche à plasma qu'il a mise au point.Son entreprise progresse à un rythme soutenu, desservant même des centres de recherche de réputation mondiale et des multinationales.Sa compagnie est aujourd'hui l'un des moteurs économiques de la région sherbrookoise, et Maher Boulos, quant à lui, poursuit sa mission d'exploration.Travailleur acharné, malgré sa retraite de l'Université de Sherbrooke, il supervise encore aujourd'hui des étudiants de 2e et de 3e cycles, qui se penchent sur des aspects fondamentaux des plasmas.Auteur de près de 150 publications, de deux ouvrages et de plusieurs chapitres de livres, organisateur de conférences internationales ettitulaire de 25 brevets, Maher Boulos a reçu de multiples distinctions.PARTENAIRES BgU Qi Hydro Québec Développement économique.Innovation et Exportation /^\ > 1 E3 E9 Québec eies PAUVRES ET RICHES ENJEU & B m *m0 i 1 25 f « '*»m j Jî' i* n’frtp,.*3; •' £ ,i J »* • ‘1 ' ‘‘k • 5 ;fn feat*.* * „ •» tir, ¦ « »rs* o n "IpTr-i r • ^["DÉCOUVRIR I DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 fBt* î, » *^(v - .¦.?_W ¦a* V k.'iév—“ 1 I ,-U*î ENJEU DES ÉCARTS GRANDISSANTS *>— 1— IT' TTT v,T Pauvres et riches ne vivent pas sur la même planète.Et selon les statistiques, ces deux planètes s’éloignent de plus en plus.Des experts font le point.BENOÎT LACROIX «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.» Voilà ce que dicte le premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'ONU le 10 décembre 1948.Près de 60 ans plus tard, dans son Rapport mondial sur le développement humain 2005, l'ONU compare la distribution du revenu mondial à une coupe de champagne {voirp.44).Au sommet, évasé, les individus qui font partie des 20 p.100 les plus riches de la planète détiennent 75 p.100 du revenu mondial total.À la base, étroite, les 40 p.100 les plus pauvres détiennent seulement 5 p.100 du revenu mondial et, parmi eux, les 20 p.100 les plus démunis en possèdent seulement 1,5 p.100.Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.Il faut toutefois nuancer.«Plus l'échelle est grande, plus c’est Bidonville de la ville de Sào Paolo au Brésil, reflet paradoxal de l’écart grandissant entre riches et pauvres.vrai, note Pierre-André Tremblay, anthropologue à l'Université du Québec à Chicoutimi.Les écarts sont plus évidents lorsqu'on compare les pays entre eux ou les individus au sein d'un même pays, que lorsqu’on analyse le cas d’une ville ou d'un quartier.» En effet, riches et pauvres cohabitent rarement.Afin d’illustrer les écarts, le chercheur utilise l'image du cercle vicieux des pauvres qui 43 | DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-iANviËR~2ÔÔ8~J' PAUVRES ET RICHES ENJEU Où se trouve l’argent Revenu mondial distribué en centiles de la population, 2000 Les plus riches Les plus pauvres Revenu par habitant s'oppose au cercle vertueux des riches.«Non seulement les riches et les pauvres vivent-ils dans des univers distincts, mais ils accèdent à des ressources et surtout à de l'information distinctes.» L’ESCALIER ROULANT DES CHIFFRES Au Québec, selon les données 1997-2005 de l’Institut de la statistique, le revenu disponible de la classe des 20 p.100 les plus riches a augmenté de 47 p.100, pendant que celui de la classe des 20 p.100 les plus pauvres n'a augmenté «que» de 17 p.100.En 2005, les 20 p.100 les plus riches ga- AU CANADA, LE POINT DE RUPTURE DANS LA COURBE DE DÉCROISSANCE DES INÉGALITÉS SE SITUE AUX ALENTOURS DES ANNÉES 1980.JUSQUE-LÀ, LES RICHES SE SONT APPAUVRIS ET À PARTIR DE LÀ, LA TENDANCE S’EST RENVERSÉE.q gnaient neuf fois plus que les 20 riches qui ont profité d'augmenta-p.100 les plus pauvres, comparative- tions majeures de leur revenu.» Pour-ment à sept fois plus en 1997.Même tant, ce sont les seuls à ne pas avoir tendance au Canada.Armine Yalni- augmenté leur nombre d’heures de zyan, économiste pour le Centre canadien des politiques alternatives, mentionne que «l'écart après impôt n'a jamais été aussi élevé au cours des 30 dernières années, et il continue de se creuser à une vitesse jamais atteinte depuis la fin des années 90».Elle constate qu'en 2004, le revenu moyen pour les familles avec enfants du groupe des 10 p.100 les plus riches était 82 fois plus élevé que celui des 10 p.100 les plus pauvres.En 1976, ce ratio était près de trois fois moindre.Alors que l'économie canadienne bat son plein, Armine Yalnizyan note : «Il n'y a que les 10 p.100 les plus II Part régionale de la population pour chaque cinquième du revenu (%) Les plus riches oo o o____a o Tes plus pauvres o Pays à revenus élevés de l'OCDE §: © Europe de l'Est, Europe centrale et CEI S o Amérique latine et Caraïbes ^ o Asie de l'Est et du Pacifique 0 Asie du Sud 3 0 Afrique subsaharienne Un peu d’histoire En 1999, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) écrivait que « [.] l’écart entre le pays le plus riche et le plus pauvre était d’environ 3 à i en 1820, de n à 1 en 1913, de 35 à i en 1973 et de 72 à 1 en 1992 ».Yao Assogba, qui étudie de près la pauvreté en Afrique, rappelle que c’est vers les années 1970 que la pauvreté a explosé.L’aide internationale qui a suivi n’était pas gratuite.Lorsqu’un pays riche finançait une construction dans un pays pauvre, il exigeait que soient employés ses matériaux et non les ressources locales.Résultat : l’économie africaine n’a pu se développer.Puis, dans les années 1980, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont imposé leur programme d’ajustements structurels, des mesures qui visent à lutter, par de nouvelles politiques économiques, contre la dette des pays dont l’économie est jugée déficiente.Les privatisations, les politiques néolibérales et le sida ont alors eu des conséquences désastreuses : détérioration de la santé 44 ^["DÉCOUVRIR 1 DÉCEMBRE 2007-JAIMVIER 2008 | et de l’éducation des populations, croissance des inégalités, appauvrissement.Selon le sociologue, les pays riches veulent imposer à l’Afrique de sauter une étape essentielle à tout développement : l’économie sociale.« Il y a trois étages dans le développement naturel d’un pays : le sous-sol ou l’économie de subsistance, le rez-de-chaussée ou l’économie sociale, et enfin, le premier étage ou l’économie internationale.On ne peut pas passer du sous-sol au premier étage sans passer par le rez-de-chaussée.» Malgré tout, il y a de l’espoir.« Il y a quelques années, on n’aurait jamais osé prononcer le mot “démocratie” en Afrique.Aujourd’hui, la situation est différente.L’idée que la démocratie est bonne est devenue universelle.Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne se taille une place dans tous les gouvernements », croit le chercheur. DES ÉCARTS GRANDISSANTS ENJEU travail.Vivian Labrie, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté de 1998 à 2006, illustre ainsi la situation : «Notre société est comme un palier duquel partiraient un escalier roulant qui monte et un autre qui descend.Vivre la pauvreté, c'est se retrouver en bas d'un escalier qui descend et se faire dire "Monte!” par des gens qui se trouvent sur l'escalier qui monte.» Qu'en est-il d’un point de vue international?L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a constaté une croissance des inégalités dans les pays anglo-saxons autour de 1980 et en Europe continentale vers 1990.Plus récemment, une forte croissance des inégalités a aussi été observée dans les pays Scandinaves.Malgré tout, ces derniers demeurent parmi les régions les plus égalitaires du globe.Les moins égalitaires : l'Afrique et l'Amérique latine.LUTTE À LA PAUVRETÉ : FOURMIS CONTRE ÉLÉPHANTS Comment lutter contre la pauvreté?«Au-delà du lobbying, il faut donner la parole aux pauvres, et en tenir compte», insiste Lucie Gélineau, S chercheuse au Centre de santé et de O | services sociaux de la Vieille-Capitale b et membre du comité de direction 0 g du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion (CEPE).Ce dernier a été 1 créé par le gouvernement québécois à la suite de l’adoption, en 2002, de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.Selon Vivian Labrie, c’est toute notre manière d'envisager l’économie qu'il faut réviser: «La dette totale est égale à la dette monétaire plus la dette sociale plus la dette verte.» Elle propose donc d’augmenter les revenus des plus pauvres, d'impliquer les plus démunis dans les décisions, de réduire les inégalités et de montrer aux travailleurs où ils se situent sur l'échelle de richesse.Au Canada, le point de rupture dans la courbe de décroissance des inégalités se situe aux alentours des années 1980, relate Éric Pineault.«Jusqu’aux années 1980, les riches se sont appauvris.À partir de ce point, la tendance s’est renversée.» Il explique ce revirement par le phénomène de financiarisation de l’économie.Un exemple d’actualité est celui de la crise forestière.« Les fermetures d’usines sont moins dictées par l’offre et la demande en bois que par l’anticipation des effets de la hausse du dollar canadien sur le prix du bois », analyse-t-il.De même, il décrit que la consommation d’un individu n’est plus dictée par son salaire, mais plutôt par sa capacité d’endettement.Il se dit par ailleurs étonné de l’absence de mobilisation de la population face à l’enrichissement exclusif des 10 p.100 les plus riches.Quand on le questionne sur la responsa- bilité des organismes internationaux, M.Pineault explique : « La Banque mondiale, le FMI, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisaion de coopération et de développement économiques (OCDE) ont délibérément tenu un discours néolibéral qui entraînait plus d’inégalités afin de stimuler la compétition et d’augmenter l’efficacité du système économique.Toutefois, à partir de 1995, le néolibéralisme a pris un tournant social.Les institutions internationales ont alors entamé un discours sur les pauvres en termes d’exclus qui sont en déficit de capital humain.» Selon le sociologue, la réforme de l’assurance-chômage est un bel exemple de cette tendance à l’exclusion des pauvres.« L’assurance-chômage, qui était en place afin de protéger les travailleurs des fluctuations du marché, a été remplacée par l’assurance-emploi, qui protège plutôt le marché de l’inadaptation des travailleurs à celui-ci.» 45 J; DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 ENJEU PAUVRES ET RICHES Pourcentage de population vivant avec moins d'un dollar parlour 2- 5% 6-20% 21-41 41-60 61-80% Et la charité?«La charité augmente lorsque les politiques néoli-hérales — privatisations, déréglementation, partenariats public-privé, lois antisyndicales, etc.— font leur effet et que le financement public diminue, constate Éric Pineault, chercheur en sociologie économique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).Du point de vue de l'État, la charité est une dépense puisqu’elle fait l'objet de crédits d'impôts.Ce que l'État aurait pu investir dans la lutte à la pauvreté retourne dans les mains de l'individu, qui donne bien à qui il veut.» Vivian Labrie, elle, croit que la charité a malgré tout sa place : « Elle ne doit tout simplement pas se substituer aux changements structurels, mais plutôt permettre de les réclamer.» Plusieurs chercheurs insistent sur l'importance du mouvement alter-mondialiste afin d'influencer les instances internationales et d'encourager le développement de l'économie sociale.«L'altermondialisme est un mouvement très diversifié, remarque Pierre-André Tremblay.Son discours, basé principalement sur des valeurs sociales et environ-^ nementales, s'oppose complète-° ment au discours néolibéral.Le | Chantier de l'économie sociale | va dans ce sens.Il regroupe et £ fait la promotion des grands re-o présentants de l'économie so-^ ciale, comme le Mouvement Des-g jardins et le réseau des CPE, mais ^ aussi des petites initiatives émer-| gentes comme les cooperatives ^ de travail et de santé.» Quant à Yao Assogba, il souligne : «L'échec de l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) démontre bien le pouvoir du mouvement alter-mondialiste.» Rappelons que l’AMI avait été négocié secrètement, de 1995 à 1998, entre les membres de l’OCDE.Le projet de rapport, dont l'objectif principal était la libéralisation des investissements internationaux à l'avantage des pays riches, avait finalement fait l'objet de fuites.Après d'importantes pressions citoyennes, le projet a été abandonné en 1998.?Suzanne Grenier Syluie Bérard Sophie Malavoy GUIDE P R ATIQ U E DE COMMUNICATION SCIENTIFIQUE COMMENT CAPTIVE* SON AUDITO!** Vos recherches vous passionnent?Parlez-en avec brio! 46 »vAo.)ècVfran.opSo(*-‘ Dans le Guide pratique de communication scientifique, vous trouverez.Des trucs pour cibler votre message et aller à l'essentiel Des outils pour transformer un plan de travail en un discours captivant Des procédés pour garder votre public en haleine Disponible en librairie • 12 $ Des règles pour maximiser l'usage des aides visuelles Une grille d'évaluation et des exercices pour mettre votre talent en pratique Et les précieux conseils d’orateurs chevronnés A Association francophone pour le savoir DECOUVRIR | DECEMBRE 2007-JANVIER 2008 Faites connaissance avec les membres de la famille des publications québécoises de vulgarisation scientifique umTi ilM» B NOS ENFANTS DE PLUS EN PLUS agressifs?INTERNATIONAL Découvrir Des nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux www.acfas.ca/decouvrir QuébecOiseaux La vraie nature des oiseaux ISEAL changements climatiques www.quebecoiseaux.qc.ca Quatre-Temps L'univers fascinant des végétaux et des jardins » j;'V# K clméléon! mm*** w -J >?Pwvns du nezl Les Débrouillards Le magazine drôlement scientifique des 9-14 ans www.lesdebrouillards.com Spectre La science qui s'enseigne/ Enseigner la science www.apsq.org Editions MultiMondes Des livres pour votre intelligence Profil de madame enee Bedard - www.multim.com b science morte de rire, de Jacques Goldstyn, GRATUIT avec toute commande d'un livre en ligne, d'ici au 31 mars 2008 ou jusqu'à épuisement des stocks.Agence Science-Presse d'ici et d'ailleurs www.amisjardin.qc.ca Parce que tout le monde s'intéresse à la science.www.sciencepresse.qc.ca sc?eijrçtg nature De la lecture pour l'intelligence de toute la famille! ZOOMZOOMZOOMZOOMZOOMZO OM CAROLINE VEZINA Quand la pub cible le cerveau QUI A DÉJÀ RÉUSSI À PASSER UNE JOURNÉE SANS VOIR UNE SEULE PUBLICITÉ?ET SANS Y SUCCOMBER DE TEMPS EN TEMPS?LE DÉFI EST PRESQUE INSURMONTABLE.SURTOUT QUE LA SITUATION DEVIENT DE PLUS EN PLUS PRÉOCCUPANTE DEPUIS LA DÉCOUVERTE D’UN NOUVEL OUTIL: LE NEUROMARKETING.AVEC CETTE MÉTHODE, LES MESSAGES PUBLICITAIRES POURRAIENT DEVENIR REDOUTABLEMENT EFFICACES.CETTE QUESTION PRÉOCCUPE LES JEUNES MEMBRES DE LA COMMISSION JEUNESSE 2007 DE LA COMMISSION DE L’ÉTHIQUE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE (CEST), DONT LES POSITIONS SONT EXPRIMÉES DANS UN AVIS PUBLIÉ EN NOVEMBRE 2007.Dès janvier 2006, la Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) et des enseignants du collégial ont décidé d’intégrer le thème du neuromarketing et de la publicité à des cours de philosophie, d’éthique et de politique.Les professeurs ont encouragé les étudiants à s'intéresser au sujet, en vue de préparer un avis destiné au gouvernement du Québec.Du 13 au 15 avril 2007, la station touristique de Duchesnay, près de Québec, a ainsi été le théâtre de vives discussions sur le neuromarketing et la publicité entre ^jeunes choisis pour s’entendre sur des recommandations à formuler aux décideurs politiques.Des débats qui ont porté fruit.« Les jeu nés sont très “allumés”, très ouverts aux questionnements, signale Emmanuelle Trottier, conseillère en éthique à la CEST depuis 2002.La formule de la Commission Jeunesse est vraiment intéressante.D’une part, le format de l’avis est un peu différent de ce que nous faisons habituellement, notamment parce que le contenu du document est dicté entièrement par la Commission Jeunesse.Ce sont ses idées, ses recommandations qu’on y trouve.D’autre part, le sujet de l’avis permet de sensibiliser les jeunes à un sujet en émergence, soit la transformation de la publicité, et d’attirer leur attention sur l’impor- tance d’une consommation responsable.» La formule de la Commission Jeunesse donne ainsi aux étudiants des outils pour aborder des questions d’éthique.Elle leur permet aussi de se familiariser avec une démarche éthique à laquelle ils n’auront peut-être plus accès une fois le cégep terminé.Le neuromarketing Dans la première partie de l'avis, la Commission Jeunesse donne une brève description du neuromarketing.Il s’agit d’une neuroscience, c’est-à-dire une science qui étudie le système nerveux.Elle regroupe nombre de disciplines plus ou moins anciennes, comme la neurobio- logie ou la neuropsychologie.Les recherches en neuromarke- Je ting sont relativement récentes, une quinzaine d’années tout au plus.Ce nouvel outil servirait j « notamment à améliorer les |« techniques traditionnelles de marketing, comme les sonda- J (ji ges et les entretiens individuels, | p; utiles pour connaître les opi- I fe LOCAL à 48 TéZ^UVRIR I DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 * ZOOM nions et attitudes explicites des I consommateurs par rapport à I une publicité.Le neuromarketing ferait plutôt appel aux désirs inconscients et profonds des gens.Les messages publicitaires fa briqués à partir de cette approche seraient donc plus efficaces.Le neuromarketing recourt à : I la neuro-imagerie, unetechni-que médicale qui permet d’approfondir les connaissances sur u| la mémoire, l’attention et la : J conscience, notamment : on s compare la quantité de sang et e d’oxygène dans le cerveau lorsqu’une personne est inactive s, par rapport au moment où elle regarde une publicité.Les cher- cheurs pourraient éventuellement déterminer quelle publicité provoque des émotions positives chez une personne, et donc l’entraîne à effectuer un achat.On est encore loin de ce genre de prédiction, mais on peut déjà imaginer toutes les applications possibles d'un tel outil en marketing.Les jeunes se prononcent Les membres de la Commission Jeunesse se sont longuement questionnés sur le neuromarketing et les retombées potentielles de cette méthode.Ils ont d’abord constaté que nos connaissances actuelles sur le sujet sont insuffisantes pour savoir si l’approche est acceptable ou non.En effet, si le neuromarke- effet, la recherche en neuromarketing en est encore à ses débuts, et très peu de données sont disponibles pour l’instant.De plus, la recherche actuelle s’effectue surtout dans les entreprises privées, qui conservent leurs connaissances pour améliorer leurs propres techniques.On doit donc favoriser les recherches publiques en instaurant des bourses ciblées dans les domaines de la santé, des sciences sociales et des sciences de l’administration.Alors seulement, on pourra décider d’encourager, de baliser ou d’interdire le neuromarketing.La Commission Jeunesse recommande en deuxième lieu de créer un organisme chargé de surveiller le développement Conseil de la science et de la technologie /'-'v I E9 ES Québec es es ment de l’esprit critique des étudiants du secondaire et du collégial, et même de toute la population.Ainsi, chacun disposera des outils requis pour devenir un consommateur responsable.Finalement, la dernière recommandation vise à provoquer une discussion à l’UNESCO sur les objectifs et les impacts potentiels du neuromarketing.Par la suite, la communauté internationale pourra adopter des mesures pour encadrer adéquatement ce phénomène.Sera-t-il possible de mettre ces recommandations en application?« Certainement, acquiesce Mme Trottier, car elles ne sont pas farfelues.» Par le passé, le gouvernement du SI LE NEUROMARKETING PERMET DE CONTRÔLER L’ESPRIT DES GENS, QUE DEVIENNENT L’AUTONOMIE, LA LIBERTÉ DE CHOIX, LA DIGNITÉ HUMAINE OU L’INTÉGRITÉ DE LA PERSONNE?: ting permet de contrôler l’esprit des gens pour leur faire prendre des décisions qu’ils n’auraient pas prises dans des conditions normales, que deviennent l’autonomie, la liberté de choix, la dignité humaine ou l’intégrité de la personne?À la suite de cette réflexion, les jeunes ont soumis quatre recommandations au gouvernement du Québec.La première : créer un fonds de recherche public au Québec.En du neuromarketing, de diffuser l’information et de proposer des balises, si nécessaire.« Cette recommandation est étroitement liée à la précédente, soutient Mme Trottier, car pour pouvoir poser des balises, il nous faut plus d’information.Et pour avoir plus d’information, les jeunes ont choisi d’encourager la recherche publique.» Troisième recommandation : favoriser le développe- Québec a déjà donné suite aux conseils de la CEST.Notamment, dans le dossier des nanotechnologies, il a créé un comité de travail et se prépare maintenant à implanter des programmes de recherche.« Au fond, l’avis suggère d’approfondir nos connaissances dans le domaine du neuromarketing pour pouvoir prendre des décisions éclairées, conclut Mme Trottier.Les jeunes ont très bien cerné le problème.» ?DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-JANVïi7Too8~J^ PRIX 2007 L'AC FAS FELICITE ______________________________ SES LAURÉATS ET LAURÉATES LAURÉATS CHERCHEURS PRIX ACFAS - ADRIEN POULIOT Coopération scientifique avec la France Parrainé par le Consulat général de France à Québec et le ministère deA RelationA internationaleA du Québec EDITH HAMEL Neurobiologie, UniverAité McGill Édith Hamel est reconnue comme une sommité internationale dans le domaine de la recherche cérébrovasculaire.Ses travaux sur la vascularisation du cerveau revêtent une importance critique pour la compréhension de la pathologie vasculaire dans la maladie d’Alzheimer et des troubles de perfusion lors des crises de migraine, ainsi que pour le traitement de ces affections.PRIX ACFAS - ANDRE LAURENDEAU Sciences humaines Parrainé par l'AcfaA Le Prix André-Laurendeau 2007 est exceptionnellement un ex aequo.FRANÇOIS MARC GAGNON HiAtoire de Fart canadien, UniverAité Concordia François-Marc Gagnon est l’un des pionniers de la recherche en histoire de l’art au Québec où il a instauré, dans cette jeune discipline, une tradition de rigueur intellectuelle.Il a formé plusieurs générations à un travail puisant aux sources et à la remise en question des a priori.Il est reconnu au pays comme l’historien de l’art le plus important et le plus influent des trente dernières années.LISEGAUVIN LittératureA de langue françaiAe, UniverAité de Montréal Spécialiste de littérature québécoise, mais également des littératures francophones, Lise Gauvin est reconnue comme une véritable autorité de ce champ de recherche quelle a d’ailleurs contribué à fonder.Au fil de ses travaux, elle a introduit des concepts et développé de nouvelles approches structurant la réflexion dans ce domaine et qui sont aujourd’hui largement repris par la communauté internationale.PRIX ACFAS - JACQUES ROUSSEAU Multidisciplinarité Parrainé par l'AcfaA ¦111 YVES GINGRAS HiAtoire et Aociologie deA AcienceA, UniverAité du Québec à Montréal Sociologue et historien, Yves Gingras est considéré comme une des personnalités majeures dans le domaine des études sociales sur les sciences et les technologies.En fait, il jouit maintenant d’une véritable renommée internationale dans ce domaine.Aussi, il est considéré comme un des leaders mondiaux sur les questions touchant les techniques bibliométriques et scientométriques en histoire et sociologie des sciences.PRIX ACFAS - J.ARMAND BOMBARDIER Innovation technologique Parrainé par la Fondation J.Armand Bombardier .JEAN CARON Hydrodynamique deA aoIa, UniverAité Laval Dans ses travaux de nature fondamentale, Jean Caron s’est intéressé à la diffusion des gaz et aux mouvements de l’eau dans les milieux artificiels.Ces connaissances lui ont permis de développer deux technologies pour le secteur de la production en serres et en pépinières.Aujourd’hui largement utilisées, elles permettent de réduire la consommation d’eau et d’engrais tout en optimisant la production.PRIX ACFAS - MARCEL VINCENT Sciences sociales Parrainé par Bell Canada ALAIN G.GAGNON FéderaliAme, multinationaliAme, pluralisme, UQÀM Chercheur de réputation internationale et politologue engagé, Alain-G.Gagnon contribue magistralement au débat sur l’organisation et le devenir des sociétés occidentales.Ses travaux recoupent divers champs d’analyse allant du développement régional à la sociologie des intellectuels, de l’économie politique aux questions de fédéralisme et de nationalisme. PRIX ACFAS - MICHEL-JURDANT Sciences de l'environnement Parrainé par CaAcadejt, DONALD L.SMITH Sciences vegetal pa et environnement, Un iverAité McGill Donald L.Smith œuvre dans le domaine de l’écophysiologie des cultures.Ses recherches portent sur l’optimisation de la physiologie des végétaux.Ses travaux ont abouti à l'accroissement de la productivité des plantes et donc à l’augmentation de la production de biomasse pour la séquestration de carbone dans le sol et la production de biocarburants.PRIX ACEAS - LÉO PAR1SEAU Sciences biologiques et sciences de la santé Parrainé par Merck ProAAt ANDRÉ VEILLETTE Immunologie, Un iverAité de Montréal André Veillette est l’une des sommités mondiales de la recherche en signalisation cellulaire dans le système immunitaire.La recherche fondamentale en biochimie tout comme la recherche clinique sur les immunodéficiences et les maladies auto immunes ont bénéficié toutes deux largement des efforts constants de ce chercheur chevronné.PRIX ACFAS - URGEL ARCHAMBAULT Sciences physiques, mathématiques, informatique et génie Parrainé par I'Ac/oa VICTORIA M.KASPI AAtrophyAique, UniverAité McGill Physicienne, c’est avec les objets célestes que la lauréate fait ses expérimentations.Elle est reconnue internationalement pour ses travaux sur les étoiles à neutrons.Ces dernières sont considérées comme un véritable laboratoire d’étude de la physique moderne, aux limites de la densité, du champ gravitationnel et du champ magnétique.LAUREATS ETUDIANTS-CHERCHEURS PRIX ACFAS - RESSOURCES NATURELLES Doctorat - Sciences naturelles Parrainé par ReAAOurceA naturelleA Canada MYRIAM DROUIN ScienceA du boiA, UniverAité Laval Les recherches de Myriam Drouin se situent dans le domaine de la transformation du bois.Son projet de thèse vise à faciliter les usages du bouleau à papier, Betula payrifera, dans l’industrie de la transformation du bois.PRIX ACFAS - DESIARDJNS D'EXCELLENCE POUR ÉTUDIANTS CHERCHEURS Toutes disciplines Parrainé par la Fondation DeAjardinA Lauréate Doctorat MARIE HÉLÈNE BREAULT MuAicologie, UniverAité de Montréal Après un premier doctorat en interprétation comme flûtiste, la lauréate entreprend des études de nature plus théorique.Interprète accomplie de Karlheinz Stockhausen (1928 ), elle oriente maintenant ses travaux sur le cycle d’opéras du compositeur : Licht, die sieben Tage der Woche.Lauréate Maîtrise JULIE AUGER Science politique, UQÀM Membre de la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes depuis 2004, elle a choisi de concentrer ses travaux de maîtrise sur un aspect particulier, et souvent ignoré, de la sécurité nationale du Canada : la santé publique.PRIX ACFAS - BERNARD BELLEAU Doctorat — Santé et pharmacologie Parrainé par Picchio Pharma CHARLES GAUTHIER Écopharmacologie, UniverAité du Québec à Chicoutimi Le domaine d’expertise de Charles Gauthier est le développement de nouveaux médicaments à partir de la matière végétale de la forêt boréale.Déjà, il a réussi à synthétiser une vingtaine de composés issus de l’écorce du bouleau blanc et du bouleau jaune.Association francophone pour le savoir Pour en savoir plus sur les lauréats: www.acfas.ca A c f a s la fine pointe 52 CRIM Le CRIM, inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l’information.Des images qui en disent long il Vous souvenez-vous du film culte Le fabuleux destin d’Amélie Poulain?Et de la scène où Nino de Quincampoix suit les flèches bleues sur la butte de Montmartre pour récupérer son album photo?Scène mémorable, mais qui ne peut être appréciée pleinement par un non-voyant, à moins qu’on ne la lui décrive ! Fort heureusement, de plus en plus de films offrent aujourd’hui un outil précieux pour les personnes aveugles : la vidéo description.À l’instar du sous-titrage, qui fournit des informations visuelles pour les malentendants, la vidéo description donne des informations verbales sur l’action, les personnages ou les lieuxclésd’unfilm, pendant les moments de silence.La description narrative facilite ainsi la visualisation mentale d’une scène.Toutefois, le travail de postproduction nécessaire est long et coûteux.« Pour chaque heure de film, la vidéo description nécessite plus de 20 heures de travail et coûte de 2 500 à 6 000 $ US, explique Langis Gagnon, chercheur et responsable du thème « Interaction et extraction de contenu audiovisuel » au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).Il s’agit d’un travail manuel : on visionne de nombreuses fois un film pour en détecter le contenu visuel, ce qui est fort ardu.» DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 I Pour faciliter le processus, l’équipe de Langis Gagnon tente de développer un logiciel qui assisterait les producteurs de vidéo description.Ce travail est fait en collaboration avec les professeurs Denis Laurendeau, : VirtualDub 1.6.14 - lAP_Ch08.«v*l autres éléments visuels utiles à la compréhension d’un film.« Un visage, par exemple, se reconnaît par certaines caractéristiques faciales telles que sa couleur, sa texture et sa forme, explique M.Gagnon.Ces infor- i SMAHlüVD Configuration Dialog Configuration Readng Options Change Reader Slower (-) V Stop video dixng audwviswn readng Layer Activation (9 Closed Capdon F Shot Transftion P Camera Motion » Text M Character Identification P Action Place {Lucien I Épicerie 2000 3000 4000 5000 c&i i|*i •‘-i-*¦] F,ame4247(00249.880)[K| Le logiciel prototype permet l’extraction de certains contenus visuels et la génération de descriptions textuelles.Ces dernières peuvent être lues par une voix synthétique à l’aide du logiciel « frère », montré ici, ou simplement servir pour un résumé vidéo grossier lors de la production de la vidéo description.du Laboratoire de vision et système numérique de l’Université Laval, et James Turner, de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal.L’ordinateur serait en mesure de repérer et de répertorier automatiquement les personnages principaux, la couleur dominante d’une scène, la segmentation de scénarios et certains mations sont “cachées” dans les pixels d’une image et représentent une véritable signature mathématique.Étant donné qu’on trouve plusieurs milliers de pixels par image, il s’agit de faire des liens entre toutes les informations et d’en extraire les plus pertinentes.» Les éléments relevés dépendent du film, des besoins des producteurs et des utilisateurs.C’est pourquoi l’équipe consacre une partie de son projet à consulter des producteurs de vidéo description pour trouver les scénarios les plus utiles et à interviewer des personnes aveugles pour comprendre leur expérience d’écoute.Ces dernières n’expriment pas toutes les mêmes besoins.Certaines préfèrent avoir une description verbale détaillée alors que d’autres ne désirent obtenir des informations que sur les ac-s tions ou les person-u nages.En ce sens, ^ les futurs DVD pour-° raient contenir plusieurs niveaux de vidéo descriptions.Bien qu’il ne soit pas encore complètement au point, le prototype est déjà en mesure d'extraire de nombreux éléments visuels et de les décrire à l’aide d’une voix synthétisée.D’ici 2009, l’équipe vise la création d’un logiciel précommercial plus robuste et capable d’extraire plus de contenu visuel.Read Character Id Read Action Pface SYB1LLE PLUV1NAGE la fine pointe Gestion Valeo s.e.c.L'UOAM, l'Université Concordia, l'École de technologie supérieure et l'UOAR ont confié à Gestion Valeo le mandat de faire fructifier les innovations de leurs chercheurs.Nano contre-attaque de la contrefaçon m Voler dans un avion recelant des pièces contrefaites ou avaler des médicaments issus du marché de la copie illégale peut se révéler autrement plus grave que de se faire berner par un faux sac Chanel.Mais dans un cas comme dans l’autre, la solution réside peut-être.dans les nanotechnologies ! Selon la Chambre de commerce internationale, « la contrefaçon et le piratage sont parmi les plus grands défis auxquels doit faire face l’industrie aujourd’hui».Chaque année, des médicaments ou des pièces électroniques copiés menacent la sécurité des consommateurs, alors que les compagnies essuient des pertes colossales.Comment freiner la contrefaçon ?« Avec les nanoparticules ! », de répondre John Capo-bianco, chercheur à l’Université Concordia.En effet, son laboratoire a réalisé la synthèse d’une nanoparticule qui pourrait devenir un nouveau dispositif de sécurité hautement technologique.« La technologie est mature et elle devrait pouvoir être utilisée d’ici quelques années sur le marché », croit le chimiste.Prenons l’exemple des billets de banque.À l’heure actuelle, ils sont dotés de fibres qui deviennent fluorescentes sous une lampe UV.Toutefois, les fraudeurs connaissent le secret de ce dispositif de sécurité et peuvent le reproduire.Dans le laboratoire de M.Capobianco, l’équipe a mis au point une nanoparticule qui pourrait être intégrée dans l’encre des billets et créer une véritable signature d’authenticité.« Nous cherchions une nanoparticule qui, lorsqu’elle serait excitée à la lu- comptoir d’une succursale bancaire.Minuscule, la nanoparticule mesure environ 27 nanomètres, ce qui est inférieur au diamètre d’un virus de grippe.Sa taille permet de la faufiler partout.Ainsi, outre les billets de banque, les vêtements militaires ou des pièces automobiles pourraient porter sa marque dement.» Valéo, société à but non lucratif chargée de gérer la propriété intellectuelle et la mise en marché des résultats des recherches universitaires, a obtenu deux ententes de commercialisation pour la nanoparticule de M.Capobianco.Les brevets canadiens et américains sont en voie d’obtention.En plus des applications pour la sécurité, une des ententes ouvrira probablement la porte ao 1.Bande métallique (bande holographique) 2.Image fantôme (filigrane) 3.Traits (fil de sécurité) 4.Chiffres en transvision 5.Encre en relief (gravure en taille-douce) 6.UV (fluorescence) 3 » f Les éléments du dispositif de sécurité actuels (mentionnés ci-dessus) sont connus des faux-monnayeurs.L’équipe de chercheurs du laboratoire de John Capobianco a mis au point une nanoparticule permettant de créer une véritable signature d’authenticité intégrée à l’encre des billets.mière infrarouge, émettrait une lumière visible.De prime abord, cela semblait presque impossible ! » Pourtant, ils ont relevé le défi.Leur nanoparticule possède non seulement la capacité de passer de l’infrarouge à la lumière visible, mais en plus, elle peut le faire sous l’excitation d’un laser d’une puissance 13 fois moindre que les nanoparticules de la génération précédente.Voilà qui est plutôt pratique sur le pour gage d’authenticité.« Il deviendra beaucoup plus difficile de se lancer dans la contrefaçon », croit M.Capobianco.Selon lui, « beaucoup d’industries comprennent maintenant la nécessité de passer à l’ère nanotechnologique».Alain Richard, de la société Valéo, confirme : « Il s’agit de l’invention pour laquelle l’intérêt commercial s’est manifesté le plus rapi- à l’utilisation de la nanoparticule dans le domaine de la détection biologique.En effet, en la validant par des tests plus poussés, il sera possible de l’utiliser dans la sphère médicale.Couplée à des molécules capables de reconnaître des drogues ou des cellules cancéreuses, la nanoparticule pourrait permettre une identification très rapide et précise.AMELIE DAOUST-BOISVERT 53 DECOUVRIR | DECEMBRE 2007-JANVIER 2008 la fine pointe " r IRSCCIHR liHtltuts de recherche Canadien tn»titutn or en Mnté du Canada Health Research Les IRSC forment l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada.Composés de 13 instituts, ils offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.La grossesse tardive et ses risques ™ Peu de recherches portent précisément sur la grossesse chez les femmes de 35 ans ou plus.Lorsqu'on s’intéresse aux femmes enceintes, l’âge n’est qu’un paramètre parmi les autres.Et pourtant, il est d’intérêt public, car les femmes ont des enfants de plus en plus tard : elles accouchent en moyenne à 29,2 ans.Statistique Canada nous a appris en septembre 2006 que «[ce sont] les femmes de 30 à toutes les naissances confondues, soit 59 650 naissances.Elles viennent juste après celles de 25 à 29 ans, responsables de 105 560 naissances (30,8 p.100).On le sait : les grossesses tardives ne sont pas sans histoires.« En plus des problèmes de fertilité, de nombreux facteurs de risque augmentent avec l’âge », nous dit Michael Kramer, directeur scientifique de l'Institut du développement de la santé des enfants et des adolescents mère - infection, embolies pul-monaires-en plusd’allongerla durée du séjour à l’hôpital.Le risque de mortalité maternelle augmente aussi avec l’âge, mais dans l’absolu, il reste faible dans les pays développés.« Un autre problème est le fait que le poids d’une personne augmente généralement avec l’âge », poursuit Michel Kramer.Ce facteur entraîne avec lui des risques comme l’hypertension artérielle de grossesse, qui frei- 343ns [qui] ont contribué le plus au nombre élevé de naissances en 2005, avec 107 524 naissances (31,4 p.too du total) ».En outre, on associe aux femmes de 35 ans ou plus 17,4 p.100 de 54 ^["DÉCOUVRIR I DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 (IDSEA), des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).Le risque de césarienne s’accroît avec les années, et cette intervention chirurgicale peut avoir de graves conséquences pour la ne le développement du foetus, ou le diabète de grossesse, qui, au contraire, favorise la prise de poids du foetus et fatigue la mère.De même, le gain de poids pourrait être plus difficile à perdre pour une femme de 35 ans ou plus que pour une femme plus jeune.Ceci peut avoir des répercussions négatives sur sa santé à long terme.Pourtant, les femmes de 35 ans ou plus subissent peu d’examens supplémentaires durant leur grossesse par rapport aux femmes plus jeunes.Seul le syndrome de Down est recherché assidûment.« Nous étudions beaucoup plus les dangers pour le foetus, confie Michael Kramer.Par exemple, les enfants de grossesse tardive ont plus de risques de naître avec un petit poids.» La mortinaissance, mort foetale après 20 semaines de grossesse, est également augmentée, de même que la prématurité.Pour 28 p.100 des femmes de 35 ans ou plus qui accouchent, cette naissance est une première.Plusieurs ont choisi de se consacrer d’abord à leur carrière.Ce choix n’a pas que des désavantages.Les femmes plus vieilles sont souvent plus avantagées socio-économiquement, ce qui peut faciliter le développement de l’enfant.Avec l'âge, les femmes sont aussi plus conscientes de la responsabilité qu’implique une grossesse.En bout de piste, il n’y a pas de « meilleur moment » pour avoir un enfant, sauf celui que l’on choisit.JOANNA PRIME ( la fine pointe L'ORÉAL CANADA La Recherche L’Oréal collabore avec des équipes de recherche dans plusieurs pays à travers le monde.Produits non testés sur les animaux À partir de 2009, aucun produit cosmétique dont les ingrédients ont été testés sur des animaux ne pourra être vendu dans les pays de l’Union européenne.Cette nouvelle loi incite les institutions privées et publiques à trouver des méthodes de rechange en matière de tests.Parmi ces méthodes, le modèle Episkin, de l’Oréal, vient d’être validé par l’ECVAM (European Centerforthe Validation of Alternative Methods).Il permet d’évaluer les irritations cutanées causées par les produits chimiques contenus dans les produits de beauté comme les shampoings, les crèmes pour la peau, le maquillage et les déodorants.Ce test, appliqué à la recherche dermatologique et cosmétique, consiste à reconstruire in vitro des peaux humaines qui intègrent les fonctions physiologiques de l’épiderme.Des cellules de la peau, les kératinocytes, sont tout d’abord cultivées sur des couches de collagène, puis immergées dans de l’eau, des sucres et des acides aminés pen-danttrois jours.Une fois que les cellules se sont développées, la couche supérieure est exposée à l’air pendant dix jours pour créer la couche cornée, l’équivalent de l’épiderme humain.La peau ainsi formée peut ensuite servir pour tester différents produits irritants.Bien qu'elle n’ait été validée que cette année, la méthode Episkin est employée par l’Oréal depuis 1989.Plusieurs modèles cutanés ont été par la suite mis au point pour évaluer la sécurité et l’efficacité des ingrédients et des produits cosmétiques.Selon Jacques Leclaire, directeur de la Recherche avan- cée, Sciences du vivant, chez L’Oréal, la reconstruction de la peau est essentielle pour mieux comprendre sa complexité et tester les produits finis.Chez l’être humain, la peau constitue un des organes les plus importants en termes de surface et de masse, et joue notamment le rôle d'enveloppe protectrice du corps.Elle est composée de trois couches distinctes, l'épiderme, le derme et l’hypoderme, ainsi que d’annexes telles que les ongles, les poils, les glandes su- doripares et sébacées, et quelques 200 000 terminaisons nerveuses.Ses propriétés diffèrent sensiblement de celles de la peau des animaux.Par conséquent, en plus d’épargner la vie de milliers d’animaux, l’évaluation des substances chimiques sur une peau reconstruite est plus efficace.Mais cette méthode n'est pas uniquement employée pour l’évaluation de l’irritation cutanée par des substances chimiques.D’autres modèles ont été créés pour tester les effets du soleil sur la pigmentation et le vieillissement prématuré de la peau.Episkin utilise également des cellules de peaux provenant de femmes de diverses ethnies pour étudier leur sensibilité selon leur couleur.Par ailleurs, une autre réglementation européenne sur les substances chimiques, adoptée en 2006, vise le développement de nouvelles méthodes pour tester les produits destinés à la peau.Ainsi, dans le cadre du programme REACH, toutes les substances chimiques commercialisées en Europe devront être enregis- trées d'ici 2019 avec des données décrivant leurs effets sur l’être humain et l’environnement.Plusieurs avenues de recherche s’ouvrent, telle celle portant sur l’irritation oculaire : SkinEthic, filiale de L’Oréal, soutiendra l’étude de validation d’un modèle de cornée de l’œil.Cependant, des domaines très complexes, comme la toxicité systémique, nécessiteront encore des efforts de recherche intenses.SYBILLE PLUVI NAGE ?Des cellules cutanées adultes sont cultivées et placées dans une boîte qui contient une couche de gel de collagène.Les cellules cutanées provenant de donneurs de races différentes produiront des échantillons d’Episkin ethniquement variés.2 L’échantillon est entièrement immergé dans un milieu contenant de l’eau, du sucre et des aminoacides pendant trois jours.Les cellules commencent à croître.Après trois jours, le dessus de la peau est exposé à l’air pendant dix jours, lui permettant de sécher et de créer une couche rude semblable à la peau naturelle.Une lumière ultraviolette intense peut être utilisée pour « vieillir » la peau, si nécessaire.La peau est alors prête pour les essais de cosmétiques.55 | DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 20Q7-JANVlË71ôôFJ' SOURCE : L'ORÉAL/RECHERCHE/TRADUCTION : MICHÈLE FITZGIBBONS la fine pointe ASSOCIATION DE L'ALUMINIUM OU CANADA L'Association de l'aluminium du Canada (AAC) regroupe les trois entreprises productrices d'aluminium de première fusion ; ces entreprises exploitent onze alumineries au Canada, dont dix au Québec.L'aluminium de A à Z “ A comme aluminium, un métal aux multiples applications.Par exemple, le bois et la babiche des raquettes du temps de Maria Chapdelaine ont été remplacés parde.l’aluminium.Mais l’usage de nouveaux matériaux dans des produits existants ne se fait pas sans heurts.Jean Paré, président d’Alfiniti inc., un des principaux fournisseurs canadiens de pièces d’aluminium pour des articles de consommation, en sait quelque chose.Il n’arrive pas à fabriquer le cadre de raquette idéal certains tubes se fissurent au moment du pliage.M.Paré a donc fait appel à l’expertise du Centre des technologies de l’aluminium du CNRC (CTA-CNRC), dans la région de Saguenay, et du Centre de recherche sur l’aluminium - REGAL.«Ce projet reflète bien le genre d’activités de recherche que mènent les membres du REGAL », soutient Mario Fafard, professeur à l’Université Laval et directeur du REGAL.Ce centre, créé en 2003 sous la forme d’un réseau et subventionné par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), regroupe six établissements universitaires, un cégep1 et dix-huit membres associés provenant des secteurs public et privé, dont le CTA-CNRC.Au total, 39 chercheurs, 150 étudiants et 20 stagiaires post-doctoraux font de la recherche concertée autour du matériau aluminium.«No- tre force est de regrouper, en une seule entité, une expertise de grande valeur qui couvre l’ensemble des créneaux de recherche sur l’aluminium au Québec», précise M.Fafard.Certains chercheurs se concentrent sur les procédés de production de l’aluminium, d’autres s'attardent à élaborer ou à optimiser de nouveaux pro- mation du REGAL.En effet, depuis 2006-2007, le centre reçoit une subvention de 420000 $ par année du programme Centre de recherche du FQRNT.« Depuis 2003, nous étions subventionnés par le programme Regroupement stratégique.Nous n’étions pas un centre de recherche reconnu.La force de notre réseau nous a permis Conception de moules en sable pour la fabrication des centres de roues de la formule SAE lors de la journée étudiants du REGAL.-ST I Æ duits, comme les mousses d’aluminium et composites.Un groupe tente de développer et d’améliorer les procédés de fabrication, parexemple l’assemblage et la mise en forme du métal, alors qu’un autre cherche à intégrer les procédés de fabrication et de conception des produits de base.Ces axes de recherche font partie de la nouvelle program- d’obtenir enfin cette reconnaissance», raconte Mario Fafard.Avec son nouveau statut, le REGAL a ajouté Centre de recherche de l’aluminium à son nom, changé de logo et établi une structure organisationnelle différente : quatre responsables d’axes et un bureau de direction dans lequel le directeur est épaulé par le directeur adjoint, André Charrette, de l’UQAC, et par les six coordonnateurs des universités membres.«Nous avons également accueilli Jean-François Pouliot, directeur du réseau Trans-AI - qui regroupe quelque 200 PME du domaine de l’aluminium-afin d’appuyer nos efforts de transfert technologique vers les PME.» Évidemment, le REGAL poursuit ses liens avec les grandes alumineries et conserve sa mission première : la formation d’étudiants.Ainsi, Mario Fafard a notamment envoyé au CTA-CNRC un étudiant en maîtrise de l’Université Laval.Son travail : déterminer l’impact du traitement thermique d'Alfiniti sur les tubes d’aluminium étirés à froid et trouver le traitement optimal pour que les tubes ne cassent pas.Z comme Zoom sur la recherche sur l’aluminium.«Tout le monde y trouve son compte.L’entreprise acquiert de l'expertise scientifique pendant que l’étudiant se prépare à un emploi post-études », conclut Mario Fafard.Et les consommateurs ont des produits encore plus performants ! 1.École Polytechnique de Montréal, École de technologie supérieure, Université Laval, Université McGill, Université du Québec à Chicoutimi, Université de Sherbrooke, Cégep de Trois-Rivières NATHALIE KINNARD 56 ^["découvrir I DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 RUBRIQUES livres IfS IMPASSES Dt LA WmOiKI Marie-Victorin Cuba LES IMPASSES DE LA MÉMOIRE Histoire, filiation, nation et religion Sous la direction de E.-Martin Meunier, Joseph Yvon Thériault Fides, 390 p.De mal-aimée et de suspecte qu’elle était, la mémoire est devenue le lieu de passage obligé de réflexions majeures en sciences humaines.REGARDS CROISÉS SUR LE CANADA ET LA FRANCE.VOYAGES ET RELATIONS DU XVIe AU XXe SIÈCLE Sous la direction de Pierre Guillaume, Laurier Turgeon Presses de l’Université Laval, 398 p.MARIE-VICTORIN A CUBA Correspondance avec le frère Léon Édition annotée par André Bouchard Les Presses de l’Université de Montréal, 217 p.Marie-Victorin et le frère Léon ont entretenu de 1907 à 1944 une correspondance soutenue qui nous permet de comprendre leur cheminement respectif.SUJET DE VIE OU OBJET DE SOINS Jean-François Malherbe Fides, 471 P- OISEAUX SANS FRONTIÈRES Michel Lebœuf, François Gravel Édition Michel Ouintin, 152 p.Les photos chatoyantes de François Gravel, alliées aux textes enrichissants de Michel Lebœuf, nous invitent à un voyage éblouissant qui ne peut que nous convaincre de l'importance de la préservation du fragile équilibre de nos écosystèmes.CES QUÉBÉCOIS VENUS D’HAÏTI Contribution de la communauté haïtienne à l’édification du Québec moderne Samuel Pierre Presses internationales Polytechnique, 568 p.L’UNIVERS DU TEMPS LIBRE ET DES VALEURS CHEZ LES JEUNES Gilles Pronovost Presses du l’Université du Québec, 192 p.DÉVELOPPEMENT DURABLE ET COMMUNICATIONS Au-delà des mots, pour un véritable engagement Sous la direction de Solange Tremblay, Presses du l’Université du Québec, 294 p.DÉCOUVRÎr DANS LE PROCHAIN NUMÉRO \i RECHERCHE Musique et sciences cognitives ENJEU Avenir du biomédical ZOOM Les stratégies de développement de la recherche - DES NOUVELLES DU FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC L’encadrement des banques de données et des banques de matériel biologique à des fins de recherche en santé doit être revu et modernisé Le 3 mai 2007, le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO) a rendu public le rapport final du Groupe-conseil sur l’encadrement des banques de données et des banques de matériel biologique à des fins de recherche en santé.Dans son rapport, le groupe-conseil formule 15 recommandations s’adressant notamment au législateur, au milieu de la recherche et au FRSO.Reconnaissant la valeur sociale de la recherche, il recommande de moderniser la législation applicable aux banques et d’adapter le consentement au contexte actuel de la recherche.Il propose aussi de réaffirmer la culture éthique et la notion de responsabilité dans les milieux de recherche, de renforcer le rôle des comités d’éthique de la recherche et d’améliorer le concept de consentement libre et éclairé.Le rapport est disponible dans le site Web du FRSO : www.frsq.gouv.qc.ca Fonds de la recherche en santé Québec SS www.frsq.gouv.qc.ca v y 57 |~DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-JANviËR~2oôi~J^ SOURCE : /MARC COE/UNIVERSITÉ DE MELBOURNE point Albanie Leduc 1 e Retour aux écoles de rang Les écoles de village se vident et certaines cohortes sont en nombre insuffisant pour justifier l'ouverture d’une classe.Pour pallier ce problème, un groupe de chercheurs, en collaboration avec des stagiaires et enseignants du Saguenay, souhaite renouveler le système des classes multiâges.Un premier bus quantique Une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke, dont le physicien Alexandre Blais, vient de révolutionner le domaine de l’informatique : après avoir réalisé le premier bit quantique (qubit), ils ont élaboré le premier bus quantique (qubus) permettant de lier l’information que contiennent les qubits.Ne reste qu’àg O ?Alexandre Blais a imaginé le premier bus quantique.A Représentation des qubits, découvrir la façon de faire interagir les qubus entre eux pour développer l’ordinateur quantique, dont la puissance de calcul atteindra des sommets jusqu’aujourd’hui inégalés.Liaison, 27 septembre 2007 DÉCOUVRIR | DÉCEMBRE 2007-JANVIER 2008 1.111! Ils explorent des pistes d’inter-§ vention et des techniques d’en-^ seignement qui pourraient se révéler enrichissantes pour les enfants et adaptées aux classes réunissant deux niveaux.UOACtualité, 5 juin 2007 Regard français sur la Rébellion patriote de 1837-1838 Comment les Français percevaient-ils la Rébellion patriote menée par L.-J.Papineau au 19e siècle ?C’est ce qu’Aurélio Ayala, étudiant à la maîtrise en études québécoises, tente de mettre à jour par une étude sur les représentations de la crise des Patriotes dans le discours des quotidiens parisiens de l’époque.Les résultats montrent un soutien modéré de la part des Français.Plusieurs analyses liaient le sort^ |pat3ic n: de cette rébellion à celui de la guerre d’indépendance des États-Unis du siècle précédent.Entête UOTR, 17 septembre 2007 Un fromage en grains sans kwick kwick Une collection de 13 ferments anciens collectés il y a 40 ans dans des fromageries ontariennes contiendrait les souches bactériennes qui permettraient l’élaboration d’un fromage en grains au goût plus prononcé, moins acide, qui ne suinte pas et se conserve plus longtemps.Jean-Christophe Vuillemard et son équipe du Centre de recherche et technologie du lait ont eu l’idée de combiner ces souches aux bactéries utilisées dans la fabrication du traditionnel Cheddar en grains.Une fois la fabrication industrielle validée, ce pro- duit pourrait bientôt venir modifier nos poutines.Au fil des événements, 7 juin 2007 Des lunettes sonores améliorent l’équilibre L’écoute d’un bruit blanc comme celui des vagues améliore l’équilibre, le toucher et la perception des contrastes d’une image.C’est ce qu’a découvert le psychophysicien de la vision Jocelyn Faubert en cherchant un moyen de limiter les chutes causées par les étourdissements qu’entraîne le port de verres progressifs.Cela s'explique par la résonance stochastique, un phénomène d’amélioration de la transmission d’un signal par l'ajout d’un bruit sur celui-ci.Pour diminuer ces Décathlon solaire 2007 L’équipe Montréal, réunissant des étudiants de l’École de technologie supérieure, de l’Université de Montréal et de McGill, est arrivée au 8e rang du Décathlon solaire, une compétition internationale orchestrée par le US Department of Energy et qui se déroulait en octobre à Wa- pertes d’équilibre, le chercheur pense à une monture dont les branches émettraient le fameux bruit blanc.Forum, 4 septembre 2007 shington.Le défi était de construire une maison solaire entièrement autonome, intelligente et écologique.Lumen-Essence, création de la seule équipe canadienne retenue, sera sous peu exposée à la Biosphère de Montréal.Forum, 24 septembre 2007 et www.solardecathlon.org PHOTO : KAYE EVANS-LUTTERODT U'ON FAIT RCHEÎ Parmi les dix premières universités de recherche au Canada, l'Université Laval est le seul établissement universitaire hôte de trois Réseaux de centres d'excellence.Grâce à ses spécialistes et à ses étudiants, elle joue un rôle de leader mondial dans plusieurs secteurs de pointe, dont les changements climatiques, les études nordiques, l'optique, les neuro-sciences, la génomique, l'obésité, la prévention du jeu pathologique, les études anciennes et la violence à l'école.Excellence, innovations, actions.Parce que le monde a besoin de nouvelles idées ulaval.ca t tUt t UNIVERSITE *Æ LAVAL « 76' Congrès de l'Acfas La rencontre du avec 400 ans d'histoire Soyez des nôtres du 5 au 9 mai 2008 au Centre des congrès de Québec.f caCK£.k;;c;cii::a£B:«c • * L l L .I • Université du Québec Institut national de la recherche scientifique A Association francophone pour le savoir A c f a s Développement économique, Innovation et Exportation Québecnn www.mrs.ca www.acfas.ca
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