Découvrir, 1 février 2008, Février-mars
mm mm w w US /j m fà&Tdy LUME 29, NUMÉRO 1 | FÉVRIER-MARS 2008 mm 't/* A rm: ITfrevue Science et société : Jean-Pierre Alix RECHER LA REVUE DE CHERCHE BAnQ Brie-Hélène Breault sur les traces de Stockhausen Lej vj y ssier de l'amiante, une erreur de vocabulaire?Asociale des bactéries mique et changements climatiques inlieue rend-elle conservateur?Messageries Dynamiques 0 1 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Cauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 40063507 - decouvrir@acfas.ca y ^584197342 76 Congrès de l'Acfas La rencontra du avec 400 ans d'histoire Soyez des nôtres du 5 au 9 mai 2008 pour ce rendez-vous scientifique exceptionnel au Centre des congrès de puébec.Inscription Bénéficiez du tarif réduit en vous Inscrivant avant le 31 mars 2008 Hébergement Réservez dès maintenant et profitez de tarifs avantageux Consultez le www.acfas.ca pour plus de détails KacaEUicuuacalu Université du Québec Institut national de la recherche scientifique A Association francophone pour le savoir A c f a s Développement économique.Innovation et Exportation __ X"\ > 1 ES ES Quebec ta ca www.mrs.ca www.acfas.ca VOLUME VINGT-NEUF I NUMÉRO UN I FÉVRIER-MARS 2008 jvRir MOT DE LA PRESIDENTE DE L’ACFAS Mireille Mathieu 5 PAROLES DE SCIENTIFIQUES Many Moustapha 6 TRIBUNE 7 SCIENCE CLIPS PERTURBATIONS DANS LES LACS DE LA FORÊT BORÉALE 7 • LA BANLIEUE REND-ELLE CONSERVATEUR?8 • LA SCIENCE SE MET AU BASKET! 9 • LE DOSSIER DE L’AMIANTE, UNE ERREUR DE VOCABULAIRE?10 • PANORAMA NUMÉRIQUE DE L’ASIE-PACIFIQUE 2007/2008 il • LE SOMMEIL, UN REMÈDE AU DÉFICIT D’ATTENTION?12 • HAPMAP, PHASE 2 : SUITE ET FIN 14 • UNE TECHNOLOGIE QUÉBÉCOISE POURRAIT RÉVOLUTIONNER L’INDUSTRIE CHIMIQUE 16 • LES SENSATIONS DU CERVEAU 17 • LA CYBER PSYCHOLOGIE À LA RESCOUSSE DES TROUBLES ANXIEUX 18 • GÉNOMIQUE ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES 20 • LA CULTURE DU CRIME 22 • RETROUVER SON FRANÇAIS PAR LES SCIENCES 23 24 ENTREVUE SCIENCE ET SOCIÉTÉ JEAN-PIERRE ALIX La première de cinq rencontres « Science et société ».Johanne Lebel 28 RELÈVE MARIE-HÉLÈNE BREAULT SUR LES TRACES DE STOCKHAUSEN Mathieu-Robert Sauvé LA VIE SOCIALE DES BACTÉRIES Sandra Lai RECHERCHE 30 MUSIQUE EN TÊTE C’est grâce au cerveau musical que l’être humain est capable de percevoir la musique et d’en retirer tout un éventail de sentiments.Tempo des émotions.Sybille Pluvinage ENJEU 40 LA RECHERCHE BIOMÉDICALE AU QUÉBEC La recherche biomédicale est un domaine très compétitif.Le Québec figure dans le peloton de tête, mais pour ne pas perdre sa place, il doit déployer l’énergie nécessaire.Geneviève Bélanger 1 48 ZOOM STRATÉGIES DE RECHERCHE EN SANTÉ Catherine Couturier 50 FINE POINTE ZOOM SUR LA TERRE UN LOGICIEL QUI CHERCHE.ET QUI RETROUVE DISCUTER DE LA SANTÉ AUTOUR D’UN CAFÉ ÉLOGE DU POIL.ET DE SES CELLULES-SOUCHES ALUMINIUM EN PRODUCTION 56 RUBRIQUES MESURER LA SCIENCE LIVRES 58 LE POINT S Section des Nos plus bas prix en 2008 ! 31 abonnements à 15$ ou moins! 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Par ailleurs, les images qu’ils recueillent peu- des conseils aux policiers chargés de l’enquête», explique Laura Huey.Par exemple, ils suggéreront d’analyser les appels effectués sur telle ligne téléphonique ou de relever les empreintes sur tel meuble.Évidemment, le travail des policiers au petit écran ne ressemble guère à la réalité.« Les Pour savoir si C5I a véritablement cet effet, Laura Huey a interviewé une cinquantaine de policiers de l’Ontario et de la Colombie-Britannique et communiquera aussi avec une trentaine d’agents québécois.Selon ses résultats préliminaires, les attentes irréalistes des victimes alourdissent la tâche La sociologue a commencé à étudier la justice criminelle et la culture qui s’y rattache, il y a une dizaine d’années.Depuis peu, elle s’intéresse aux questions de surveillance et d’exclusion sociale, mais aussi aux rapports entre les forces de l’ordre et les citoyens.Ces rapports sont influencés par la culture ambiante, tant la culture matérielle, comme les nouvelles technologies, que la culture idéelle, telles les séries télévisées.Elle s’est penchée, par exemple, sur les groupes de citoyens qui filment les actions des policiers de loin, par curiosité ou vent porter atteinte à la vie privée si elles ne sont pas convenablement détruites.Les répercussions des séries télévisées sur les rapports entre policiers et citoyens sont aussi tombées dans sa mire.Elle mène présentement une recherche sur les téléséries policières comme CSI [Crime Scene Investigation), ou Les Experts, en français.C’est que certains amateurs de cette série, qui se range en tête des cotes d’écoute, croient qu’elle peut les aider à devenir de véritables enquêteurs ! « Si eux-mêmes ou quelqu’un de leur entourage sont victimes d’un crime, ils donnent personnages de CSI regroupent deux métiers distincts : celui du policier spécialisé en identité judiciaire, qui rassemble des indices sur la scène du crime, et celui du policier détective, qui gère le dossier dans son ensemble, notamment d’un point de vue légal », dit Laura Huey.Et alors?«Si la réalité ne correspond pas à la fiction, les victimes risquent de penser que les policiers font mal leurtravail et de perdre confiance en eux», répond la sociologue, qui bénéficie d’un soutien du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour mener son enquête.des policiers : ils doivent désor-maistenircompte des suggestions des citoyens en plus de mener leur enquête.Cela dit, la plupart d’entre eux n’y voient pas un si grand inconvénient.«C’est l'occasion de mettre en valeur leurs compétences et d’expliquer leur travail », dit Mme Huey.Leurs mises au point, cependant, ne risquent guère d’avoir des effets durables, croient-ils.«Leur explication d’une dizaine de minutes ne peut pas rivaliser avec une émission hebdomadaire d’une heure», explique Laura Huey.ANICK PERREAULT-LABELLE DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 PHOTO : JASON HENTHORN/ISTOCK Retrouver son français par les sciences «Quand j’ai été embauché comme professeur à l’école Précieux-Sang, j’étais un francophone assimilé.» Léonard Rivard livre cet aveu dans un français plus qu’acceptable.En une phrase, il vient de résumer l'expérience des Franco-Manitobains de sa génération, qui ont dû se battre pour obtenir l’enseignement dans leur langue maternelle.Léonard Rivard est aujourd’hui doyen de la Faculté d’éducation du Collège universitaire de Saint-Boniface, la seule université francophone du Manitoba.«Mes parents étaient francophones, maisj’ai étudié en anglais.Àtravers une prise de conscience, j’ai pu redevenir francophone », se rappelle-t-il.Il travaille maintenant à la création d’un modèle pédagogique pour l’enseignement des sciences qui tient compte de la réalité de cette situation minoritaire des francophones dans le Canada anglais.Au début des années 1970, à Saint-Boniface, les professeurs ont eu recours à la grève - illégale - pour pousser le gouvernement à créer des écoles francophones.Léonard Rivard, alors jeune enseignant de sciences, raconte qu’il avait fallu utiliser à cette fin des gestes extrêmes.Les écoles réclamées voient peu à peu le jour, mais ce n’est qu’en 1994 qu’on met en place une commission scolaire les regroupant, la Division scolaire franco-manitobaine.« Avant cela, les écoles francophones, qui appartenaient à des divisions anglophones, étaient noyées dans un bain majoritairement anglophone», explique Léonard Rivard.L’enseignement des sciences est l’un des nombreux défis que doivent encore relever actuellement les écoles francophones du Manitoba.Le taux d’analphabétisme, par exemple, est plus élevé chez les francophones minoritaires.Les résultats des élèves en sciences sont problématiques, selon le rapport du Programme d’indi- taires persévèrent moins vers les études postsecondaires.Dans le cadre de ses recherches, Léonard Rivard a observé en direct l’enseignement des sciences dans des classes de 9e année, soit l’équivalent de la 3esecondaire au Québec.C’est l’année charnière où les élèves décident de poursuivre ou non des cours optionnels en sciences.Le projet est soutenu par les fonds des Centres de recherche sur l’enseignement et l’apprentissage des sciences (CREAS) du CRSNG accordés à pas juste le matériel scolaire.Certains élèves agissent comme dans Où est Charlie, en cherchant le mot clé plutôt qu’en lisant».Il explique que la communication verbale entre les élèves et l’utilisation de matériel « authentique », comme des articles de vulgarisation, favorisent la restauration du français chez les jeunes.Les résultats ont surpris et stimulé les enseignants.« L’un d’entre eux y voyait déjà des pistes pour modifier sa manière d’enseigner les sciences », cateursdu rendement scolaire (PIRS), publié en 2004 par le Conseil des ministres de l’Éducation.Par exemple, les élèves de 13 ans du Manitoba qui avaient répondu en français ont démontré un rendement moindre que celui de l’ensemble du Canada, alors que les élèves anglophones se situaient dans la moyenne.En plus, les francophones minori- l’Université du Manitoba, avec laquelle Léonard Rivard est partenaire.Les observations ont montré, entre autres, que les méthodes pédagogiques peu diversifiées posent problème.Par exemple, le manuel scolaire était utilisé 65 p.100 du temps dans une des classes visitées.Pour Léonard Rivard, « il faut utiliser une variété de matériel, relate le chercheur.En établissant le profil des enseignants, il espère provoquer une prise de conscience qui permettra ensuite de les appuyer.En fait, il souhaite la création d'une véritable communauté d’éducation francophone regroupant les professeurs et les intervenants dans l’apprentissage des sciences.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 ENTREVUE , SCIENCE ET SOCIÉTÉ Jean-Pierre Alix Science « en » société EN NOVEMBRE DERNIER, JEAN-PIERRE ALIX A COPRÉSIDÉ AVEC MARQUIS FORTIN, MÉDECIN ET PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL, LE FORUM INTERNATIONAL SCIENCE ET SOCIÉTÉ DE L’ACFAS.CET ÉVÉNEMENT RÉUNISSAIT POUR LA HUITIÈME ANNÉE DES CÉGÉPIENS DE TOUT LE QUÉBEC AINSI QUE DES CHERCHEURS QUÉBÉCOIS ET FRANÇAIS.DÉCOUVRIR A PROFITÉ DE CETTE OCCASION POUR ABORDER LA QUESTION DES RELATIONS ENTRE LE MILIEU DE LA RECHERCHE ET LA SOCIÉTÉ AVEC M.ALIX, QUI VIENT DE LANCER LE PROGRAMME «SCIENCE EN SOCIÉTÉ» DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (CNRS), EN FRANCE.JOHANNE LEBEL Formé en économie, Jean-Pierre Alix choisit, dès le début de sa carrière, de travailler dans le champ de la recherche scientifique.Il participera, entre autres, au développement d'outils de gestion au CNRS, puis à la macroévaluation des organismes et des programmes de recherche pour le gouvernement français.Il travaillera aussi directement avec les chercheurs en dirigeant le programme d'océanographie du CNRS et des universités.C'est lorsqu'il devient conseiller du ministre de l'Éducation et de la Recherche, François Bayrou, en 1995, qu'il découvre la montée de la méfiance du public envers la science.Interloqué, il décide de se consacrer à cette question.Pendant huit ans, il travaille à la Cité des sciences et de l’industrie, un lieu d'interface entre le public et les scientifiques.Il constate alors qu'en dépit de tous les investissements importants que représentent, par exemple, les musées des sciences, la confiance des citoyens continue de se dégrader, et la courbe des vocations des jeunes ne se redresse pas.De plus, il voit surgir dans le paysage une doctrine qui se distingue du rationalisme traditionnel que nous connaissons, et qui est d'une autre inspiration : le créationnisme.Cela le conduit à penser que si les scientifiques eux-mêmes ne sont pas partie prenante de cette relation entre les citoyens et la science, de ce dialogue multiple, il n'y aura pas de solution acceptable.C'est ainsi qu'il lancera, appuyé par la direction du CNRS, le programme Science en société.f Découvrir : Lors d'une entrevue donnée en juin 2006, vous avez souligné que, dans la tête des citoyens, la méfiance et la croyance face à la recherche scientifique étaient étroitement mêlées, avec une intensité quasi égale.Comment expliquer cette montée de la méhance?Jean-Pierre Alix : C'est une situation qui est apparue seulement à la fin du dernier siècle.Tout au long du 20e siècle, la science a créé ses institutions et, surtout, les a développées.DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2Qo8~j Elle a aussi démontré sa « puissance », et cette démonstration s'est accélérée après la Deuxième Guerre mondiale avec les progrès que nous connaissons tous et qui concernent chacun de nos actes au quotidien : la puissance de l’explication et de la méthodologie scientifiques est extrêmement grande, à tel point d'ailleurs que cela a modifié toute notre vie.Que ce soit dans le domaine de la santé, de l'alimentation, de l'énergie, des transports et de la mobilité, de la communication, bref, dans tous les secteurs qui composent notre vie ENTREVUE SCIENCE ET SOCIÉTÉ au quotidien.et j'aimerais y ajouter aussi le travail.Si je fais appel à mes souvenirs de jeune lycéen, par exemple, je repense à l’éblouissement intellectuel que provoquait une grande démonstration mathématique, comme s'il s'agissait d'un objet logique construit pour lui-même, ou, de l'autre côté, à la puissance d'explication qu’avaient les modèles de l'évolution en biologie ou certaines théories physiques pour expliquer le monde, le monde matériel.Donc, il est normal que la science soit comme placée sur un piédestal.Et les scientifiques sont des figures très appréciées de nos sociétés.Mais il y a aujourd’hui - et c'est cela qui est relativement récent -l’apparition d'une méfiance envers cette puissance.La première crise est provoquée par la bombe atomique tombée sur Hiroshima, et la seconde, par la puissance de la biologie.En 1953, Crick et Watson élaborent le modèle de l'ADN qui permettra d'explorer scientifiquement ce qui était considéré comme du domaine du naturel ou du religieux, la vie.Cela suscite des craintes.Et aujourd'hui, c’est de la puissance issue des nanotechnologies que pourrait émerger la troisième crise importante.Donc, vous voyez, ces trois exemples illustrent bien le fait que la science est puissante, mais qu'en même temps, elle peut développer des craintes, des inquiétudes.Qui va alors décider de la recherche qu'il faut faire, et de ses applications?Est-ce que c'est la vision de l'humain?La société?Où est-ce que c'est la science qui va imposer ses décisions?Je pense que c'est le cœur du débat dans la population.Découvrir : Comment gérer ces risques?Peut-on maîtriser cette puissance ?J.-P.Alix : D'un côté, les scientifiques ont besoin d'être libres pour travailler, pour prospecter.Ce sont les explorateurs de l'inconnu.Il faut une liberté d’agir pour faire ce métier ou exercer ce qui est une vocation totale pour certains.De l'autre côté, ce qui est découvert peut modifier profondément nos modes de vie, nos écosystèmes, et cela demande une discussion sociale.Il n’y a pas de solution toute faite.Je pense qu'il faut respecter les deux partenaires ou les deux principes : la science d'une part, la société de l'autre, car elles ne se réduisent pas l'une à l’autre, bien évidemment.L'une des solutions possibles est de développer l'éthique.L'éthique au sens grec, c'est la façon d'habiter le monde.Je crois qu'à partir de cette définition extrêmement simple - et puisque les scientifiques nous proposent d'habiter notre monde différemment -, il faut que nous discutions.Il faut que nous ayons en commun une éthique qui examine les modifications que vont apporter les découvertes et qu'on décide ensemble ce qu’on va en faire, sans entraver la liberté de chercher.Découvrir : Comment consolider ou stimuler ce dialogue entre chercheurs et citoyens?J.-P.Alix : Le dialogue entre chercheurs et citoyens n'est que l'un des dialogues que les chercheurs doivent entretenir, car la place de la science en société est telle que ses interlocuteurs sont nombreux.Alors que précédemment, l'interlocuteur privilégié et parfois unique était l'État, qui pourvoyait aux dépenses de 25 | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2qo8~^ ENTREVUE , SCIENCE ET SOCIETE recherche, la dissémination de la recherche rend co-actrices de grandes institutions ayant des fonctions bien définies et structurantes dans nos sociétés.Le premier interlocuteur est le système éducatif.Pour le chercheur, l'éducation est déjà une tâche importante et difficile dont la nature repose un peu sur l'idée de don.Il faut transmettre les connaissances pour qu'elles soient multipliées et que les générations suivantes se les approprient.directe avec le grand public, selon l'expression consacrée, est quelque chose de difficile, voire d'impossible à grande échelle.Il y a toujours entre les deux, quelque part, un médiateur, qui peut être un musée de science, un journal, une télévision, une radio, un bar des sciences ou autre.C'est aussi une relation qu'il faut comprendre et « manager».La relation de la science avec la culture ou la place de la science dans la culture est un sujet ancien, mais société sont donc multiformes, multiples et résultent en de nombreux réseaux fort dynamiques.Comment le programme Science en société, qui s'est amorcé au CNRS, viendra-t-il optimiser ces relations et rétablir la conhance, peut-être.?J.-P.Alix : Nous voulons d’abord sensibiliser les chercheurs à la problématique et aux actions possibles.Car les actions fonctionneront s'ils y voient eux-mêmes un intérêt pour leur propre activité.Je suis opti- Lors du 8e Forum international Science et société, Jean-Pierre Alix a présenté à des cégépiens la complexité du jeu de relations qui fonde les liens entre la recherche scientifique et la société d'où émergent les connaissances.Cyrille Barrette, biologiste, et Louis Guay, sociologue, tous deux de l’Université Laval, participaient aussi à cet atelier sur la question des responsabilités partagées entre chercheurs et citoyens.i l Une deuxième relation qui est devemie très importante depuis une trentaine d’années, c’est celle de la science avec l’économie.Cette relation est d'une autre nature.C'est celle de l’innovation.La science y est partenaire des marchés, des ingénieurs, des financiers, des juristes.La recherche est un des éléments qui contribuent à l'innovation.Mais le scientifique n'est pas leader dans cette relation.Il apporte ce qu'il sait, dans un environnement qu'il ne maîtrise pas et qui est caractérisé par la compétition dans un contexte souvent mondialisé.Une troisième relation est celle du scientifique avec le politique.Elle est traditionnelle.C'est une relation de connivence, de lobbying, de telle façon que le politique, par la loi, par le financement public, reste le garant de la place des sciences en société.C'est une relation extrêmement importante, encore que prétexte à bien des incompréhensions.Il y a aussi la relation des scienti-bques avec les médias.La discussion maltraité.De très nombreLix mots ont été créés dans toutes les langues poLir exprimer la science, dans ses propres termes comme pour la vulgarisation.Mais on a trop souvent décrété que la science faisait partie de la culture sans examiner les mécanismes par lesquels les mots se répandent dans le langage et deviennent le support de comportements, d'actions ou de rejets.Et c'est un champ de travail extrêmement important.Il y a aussi, bien sûr, la contribution des scientifiques à la défense et à la sécurité.Ici, les connaissances sont pourvoyeuses de technologies pour les systèmes d'armes ou les systèmes de sécurité.Et j'ajouterai qu'il n’y a pas d’harmonie automatique entre ces relations du système scientifique avec sa société, et le monde, mais des combinaisons variées selon l'époque et le lieu.C’est en soi Lin vaste sujet d'étude et de recherche.Découvrir : Les relations entre la communauté des chercheurs et la miste, car les entretiens avec des jeunes chercheurs montrent combien ils sont intéressés par leur rôle et leur responsabilité sociale.La limite est actuellement dans le temps qu’ils peuvent y consacrer, car la pression à publier est très forte, et le reste vient après.Pour sensibiliser, nous organisons régulièrement des colloques.En novembre dernier, par exemple, nous tenions le colloque «Sciences en société au 21e siècle : autres relations, autres pratiques» au Parlement européen, à Strasbourg.En juin, ce sera à Caen, en Normandie.Et d'autres manifestations de ce tj^pe sont en projet sur tout le territoire pour 2008 et 2009.Ensuite, nous allons développer des activités qui mobiliseront les chercheurs non pas sur des connaissances, mais sur des objectifs d'action.Nous allons d'abord monter une sorte de wiki «Science et société», inspiré dLi principe de Wikipédia, qui est un support du débat public au coût peu élevé.Les rédacteurs travail- DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 ENTREVUE SCIENCE ET SOCIETE leront par paires : un scientifique et un profane, de telle sorte que les textes livrés au public soient rigoureux d'un côté et compréhensibles de l’autre.Cette expérience a démarré à la fin de l'année dernière autour de deux thèmes : l'énergie, un problème crucial pour l'ensemble de l'humanité et de notre pays, et le climat.La première phase sera la construction d'un prototype début 2008, puis son élargissement.Naturellement, les francophones pourront y accéder, se pencher sur ces questions en coopération avec les sciences exactes et les praticiens de la médiation science-société, et, je l'espère, vont mettre en évidence un certain nombre de nouveaux raisonnements, à partir d'études de cas, par exemple.Il y a beaucoup à élaborer pour passer du modèle qui caractérise une population par son déficit en connaissances scientifiques à celui d'un dialogue fondé sur un échange de valeurs autant que sur un échange d'informations scientifiques.Enfin, nous avons l'intention de publier de petits documents.Ce ne seront pas des textes scientifiques, mais plutôt des réflexions de grands chercheurs ou encore de personnalités qui ne sont pas des membres de la communauté scientifique, qui ont réfléchi à ces questions selon leurs pour laquelle je préfère le terme «science en société».Découvrir : Pourquoi, à votre avis, cette question de «science en société» occupe-t-elle de plus en plus d'espace dans le discours sur la recherche?J.-P.Alix : La recherche est devenue plus importante que jamais, particulièrement depuis qu'on a compris maintenant grâce à elle qu'on a mis la planète en danger.Il va falloir gérer les ressources naturelles au plus juste, non seulement le pétrole, mais aussi l'eau.Nous avons besoin de science pour résoudre ces ques-tions-là.De même, il y a encore dans le monde des pandémies extrêmement développées, on a même parlé d'une réapparition de la tuberculose dans certaines régions, ce qui s’ajoute à la malaria ou à la bilharziose.Je pense que si nous ne résolvons pas « LE DIALOGUE ENTRE CHERCHEURS ET CITOYENS N'EST QUE L'UN DES DIALOGUES QUE LES CHERCHEURS DOIVENT ENTRETENIR, CAR LA PLACE DE LA SCIENCE EN SOCIÉTÉ EST TELLE QUE SES INTERLOCUTEURS SONT NOMBREUX.» voire y contribuer [voir www.cnrs.tr, mot-clé science et société en mutation].Puis, nous allons réaliser une cartographie d'un certain nombre de laboratoires pour décrire leur système de relations complet avec leur environnement.L'hypothèse est que celles-ci sont beaucoup plus riches que ce que captent les institutions dans leurs circuits administratifs.En fait, la façon de convaincre cette administration qu'il faut reconnaître la valeur de ces relations dans le futur, c'est de montrer qu'elles existent déjà.Ensuite, nous trouverons, en discutant avec ces laboratoires, le moyen de les améliorer pour augmenter la confiance en la science et les vocations des plus jeunes.En 2008, un programme de recherches spécifiques sur cette question de «science en société» débutera.Il va mobiliser différents secteurs des sciences humaines et sociales.Des historiens, des anthropologues, des sociologues et des philosophes vont propres valeurs et qui ont un point de vue structuré, argumenté à proposer.Ces éléments de réflexion et de culture seront distribués dans notre organisme à tous les directeurs de laboratoire.Dans le fond, il s’agit qu'ils en tirent des réflexions personnelles et des idées nouvelles pour « manager» leurs équipes.Découvrir : Pourquoi parlez-vous de science « en » société ?J.-P.Alix : Je préfère employer le terme «science en société» plutôt que celui de «science et société», car ce dernier suggère que ce sont deux entités autonomes évoluant en parallèle, alors que je pense qu'en réalité, on a, entre science et société, dans l'histoire, un battement commun permanent - au sens musical -, une relation qui évolue, qui est parfois conflictuelle, qui est parfois bénéfique; mais la science, comme les autres activités humaines, est enchâssée dans la société, dans sa culture, dans ses traditions, et c’est la raison ces difficultés de place, de rôle de la science en société, nous aurons du mal à simplement convaincre qu'il faut plus de science pour résoudre ces problèmes-là.Il faut que la base, le terreau, le credo partagé redevienne, d'une certaine façon, celui des Lumières.Découvrir : C'est-à-dire?J.-P.Alix : Le siècle des Lumières a porté cette idée qu'en augmentant la connaissance et l’éducation, on aurait les bases pour sortir de la pauvreté et des économies de sous-production dans lesquelles nous étions encore au 18e siècle.Voilà pour le pari matériel.Le pari spirituel est que c'est grâce à la connaissance en général et aux sciences en particulier que l'homme deviendra plus sage, créera des valeurs de civilisation universelles.Cela reste encore à vérifier.C’est pourquoi il nous faut être vigilants.Rien n'est donné, tout reste à faire, le futur n’est pas écrit! ?DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 20q8~J RELÈVE 28 Marie-Hélène Breault sur les traces de Stockhausen Depuis cinq ans, la flûtiste Marie-Hélène Breault se rendait chaque été en Allemagne pour étudier auprès de Karlheinz Stockhausen, considéré par certains mélomanes comme le plus grand compositeur de musique contemporaine, et qui est décédé en décembre dernier.« C’était un homme très intègre, qu’on ne pouvait Après un premier doctorat en interprétation comme flûtiste, la lauréate du Prix Acfas - Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs, Marie-Hélène Breault, entreprend des études de nature plus théorique à l'Université de Montréal.Elle oriente maintenant ses travaux sur un cycle d'opéras du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen.les analyses musicologiques.«J’estime cependant pas qualifier de sympathique ! Il s’était isolé dans une petite ville d’Allemagne, Kürten, pour se concentrer sur sa musique, à l’abri des mondanités.Ça vous donne une idée du personnage », raconte la chercheuse.Mais l’artiste de 80 ans était heureux de savoir son oeuvre diffusée jusqu’au Canada et le courant passait manifestement entre la Québécoise et le maestro allemand : Stockhausen lui avait personnellement remis le premier prix d’excellence en interprétation en 2006 après qu’elle eut remporté le troisième prix, en 2004.Comme flûtiste, elle a beaucoup joué du Stockhausen, mais son véritable coup de foudre a eu lieu lorsqu’elle a interprété Le chant de Kalinka, une de ces partitions où le musicien doit être autant comédien que virtuose.« Dans cette pièce, je dois incarner un véritable personnage qui évolue, costumé, dans les décors, comme dans un opéra, explique-t-elle.Je ne suis pas une chanteuse.» Des instrumentistes qui deviennent des personnages d’opéra?Intéressant! Assez pour qu’elle entreprenne, sitôt son premier doctorat en interprétation achevé, un second doctorat portant sur cet aspect de l’œuvre du compositeur allemand.Elle étudiera Licht, die sieben Tage der Woche [Lumière, les sept jours de la semaine), un cycle d’opéras composé entre 1977 et 2002.Dans cette œuvre, les instruments à vent comme la flûte, le cor de basset, la trompette et le trombone jouent un rôle très important.Les musiciens-acteurs émergent de la fosse d’orchestre, mémorisent leur partie par cœur, revêtent des costumes et sont appe- DÉCOUVRIR [ FÉVRIER-MARS 2008 | lés à se mouvoir sur scène, au même titre que les chanteurs dans l’opéra traditionnel.« Cela force le musicien à donner beaucoup plus que ce qu’on attend habituellement de lui, explique la doctorante.Il doit s’investirtotalement dans l’interprétation de l’œuvre.» Bien qu’elle n’en soit actuellement qu’à la mi-parcours (elle terminera sa scolarité en mai 2008), lajeunefemmeest heureuse de plonger dans la littérature savante et qu’il était important de trouver un angle théorique à ma démarche artistique et j’ai eu envie d’approfondir l’œuvre de Stockhausen », dit la musicienne.MATHIEU-ROBERT SAUVÉ 2007 PHOTO : JOSEE LAMBERT La vie sociale des bactéries Quel est le point commun entre le tartre se formant sur les dents et la couche visqueuse sur les parois d’un vase à fleurs dans lequel l’eau a stagné ?Dans les deux cas, il s’agit d’un biofilm bactérien : une couche de bactéries formant une colonie bien compacte, bien organisée.C’est un fait connu : les bactéries, ces entités microscopiques, mais bien vivantes, se trouvent partout dans notre environnement.Ce qu’on sait moins, c’est qu’elles sont des êtres sociaux ! Leurs communautés, appelées «biofilms», véritables villes microscopiques organisées avec des quartiers et même un système d’égouts rudimentaire, colonisent tout : roches, canalisations, racines des plantes, tube digestif.Et cette organisation sociale n’est possible que parce que chacun de ces individus « parle » ! CommuTriquer pour coopérer et attaquer Pour communiquer, la bactérie utilise de petites molécules-signal, appelées « autoinducteurs », qu’elle relâche dans son environnement.Plus les bactéries sont nombreuses, plus il y a de molécules-signal dans le milieu, ce qui leur permet d'évaluer la densité de leur population.Ce mode de communication, le quorum sensing, est basé sur des messagers chimiques et se compare au langage des phéromones utilisé par les fourmis.Peu nombreuses, les bactéries n’attaqueront pas, mais si elles détectent la concentration nécessaire de molécules-signal, elles peuvent lancer une bataille concertée qui assaillira d’un seul coup le système immunitaire de l'hôte.Le biofilm : une ville microscopique Un biofilm est une communauté bactérienne attachée à une surface et englobée dans une matrice s’apparentant à un gel.À maturité, il prend la forme de microcolonies ressemblant à des champignons et séparées par des canaux aqueux permettant la circulation des nutriments et l’éva- Pseudomonas aeruginosa est une bactérie que l’on retrouve communément sur notre peau.On la voit ici en plein déplacement collectif.cuation des déchets.Les biofilms naturels sont composés de différentes espèces qui cohabitent ensemble.Chaque espèce constitue ses micro-colonies, à l’image de quartiers dans une ville multiethnique.Dans les biofilms, les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques, aux désinfectants et à la réponse immunitaire.Pour s’en débarrasser, il faut gratter les surfaces ou faire usage d’acides corrosifs.Dans les poumons atteints de fibrose kystique, les bactéries sont même impossibles à éradiquer.L’essaimage bactérien : un mode de transport collectif L’essaimage bactérien est un type de migration rapide des bactéries sur une surface.Dans un milieu liquide, les bactéries «nagent» en se propulsant à l’aide de flagelles.Pour effectuer ce déplacement, elles doivent préalablement se transformer.Elles s’allongent et synthétisent plusieurs flagelles supplémentaires.Elles forment ensuite des radeaux multicellulaires, puis se dirigent vers l’extérieur de la colonie.En utilisant la propulsion de tout le groupe, elles peuvent ainsi migrer sur des endroits qu’elles seraient incapables de coloniser individuellement.Elles deviennent aussi plus résistantes aux antibiotiques.Une nouvelle avenue thérapeutique Les antibiotiques sont conçus pour agir sur des bactéries isolées, et non sur des collectivités bien organisées.Une nouvelle avenue thérapeutique s’est donc ouverte depuis la découverte de la relation entre le quorum sensing et la virulence bactérienne : au lieu de les détruire, il suffirait d’interférer avec leurs systèmes de communication pour empêcher la détection du quorum.Des chercheurs ont d’ailleurs montré que l'algue rouge Delisea puichra produisait une molécule, la furanone, capable de bloquer le quorum sensing des bactéries.Ainsi, les bactéries communiquent, se rassemblent et collaborent.Depuis des millions d’années, elles ont déjà compris que l'union faisait la force ! Considérées auparavant comme des organismes simples, elles mènent en réalité une vie beaucoup plus complexe qu’on ne l’aurait imaginé.SANDRA LAI Concours Ivulgansation HlSü TAcfa 29 | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2Q08~J^ 'y.wm RECHERCHE yzfM que en te ^ DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 mm mu 5*À::u Zf fil) mm t/m vmÀ PHOTO : JOHN LEE/MASTERFILE RECHERCHE La musique, dans sa forme la plus simple, est composée de sons produits par les vibrations d’un corps, comme la voix humaine ou les cordes d’une guitare.Ces vibrations créent des ondes sonores d’amplitude et de fréquence variables, qui se propagent dans l’air.C'est la combinaison de certains sons, organisée selon des règles définies par la culture musicale d’un lieu ou d’une époque, qui constitue la musique.Et c'est grâce au cerveau musical que l’être humain est capable de la percevoir et d’en retirer tout un éventail d’émotions.PAR SYBILLE PLU VI N AG E LE CERVEAU MUSICAL Une fois captés par l'oreille, les sons sont analysés et encodés en influx nerveux par les quelque 30 000 récepteurs auditifs situés dans l'oreille interne.«La cochlée, en forme d'escargot, est le premier lieu d'analyse du son, explique Stephen McAdams, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire en musique et médias (CIRMMT, en anglais).À cet endroit, les sons sont classés en fonction de leur fréquence, grave ou aiguë, et de l’évolution de ces fréquences dans le temps.» Cette information traverse ensuite le nerf auditif pour se rendre jusqu'au cerveau.L'ensemble du décodage de la musique a lieu dans les lobes temporaux, des zones cérébrales situées des deux côtés de la tête.C'est là que l'information pertinente est alors extraite, permettant ainsi de différencier les sources sonores.« Lorsqu'on assiste à un concert, par exemple, notre cerveau est capable de dissocier le son d'une guitare de celui du reste de l'orchestre, indique Daniel Levitin, professeur de psychologie à l'Université McGill.Malgré la multiplicité des informations sonores recueillies, le cerveau crée des relations entre les données qui ne concernent que le son de cette guitare.» Une fois la source de musique repérée, l'analyse cognitive se poursuit pour affiner le message reçu.Il s'agit de discerner le rythme, la tonalité, le timbre et la mélodie d'une musique.Enfin, les informations sont comparées à d'autres déjà présentes dans le disque dur de notre mémoire.Ce processus est identique pour l'ensemble de la population.C'est pourquoi, instinctivement, un individu comprend la musique et détecte facilement une fausse note ou un décalage dans le rythme.Selon Daniel Levitin, bien que les spécialistes disposent d’un vocabulaire particulièrement riche pour expliquer ce qu'ils entendent, ils décodent la musique de la même manière que des non-spécialistes.Comme une éponge, le cerveau absorbe les sons qu’il entend, les classe et les structure en fonction de la culture musicale de son socio-système.Ainsi, dès le sixième mois de grossesse, les fonctions neurologiques du fœtus sont en mesure de percevoir et reconnaître certains sons, notamment la voix de la mère.Celle-ci est analysée jusque dans les détails des structures de hauteur et d’accent tonique.«Un bébé est exposé aux sons et aux musiques caractéristiques de sa culture avant sa naissance», affirme Stephen McAdams.Les aptitudes musicales sont donc présentes avant même l'âge du berceau.Ce n'est qu'au cours de l'existence que les neurones s'organisent en réponse à la musique perçue.En grandissant, l’enfant établit des schémas structurels qu'il applique inconsciemment chaque fois qu'il entend une nouvelle musique.CARTOGRAPHIE DU CERVEAU MUSICAL Ce n'est que depuis l'invention du tomographe à émission de positrons (TEP), dans les années 1970, que les chercheurs peuvent observer les régions cérébrales activées pendant l'écoute d'une musique.Pour ce faire, on injecte du glucose ou de l'eau légè- | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008^ SOURCE : DR VINOD MENON/UNIVERSITÉ STANFORD ET D' DANIEL LEVITIN/UNIVERSITÉ MCGILL RECHERCHE Amygdale L Ant.Insula LOFC J- ROFC R Ant.Insula Mid./Post.Insula « -MTG/STG Ces images proviennent de l’observation du cerveau de 13 sujets.Le Dr Menon et le Dr Levitin ont mené une étude afin de localiser les zones du cerveau mises en jeu au cours de l’écoute musicale.Les 13 sujets étaient droitiers, sans problèmes pathologiques d’audition.Ils n’étaient pas musiciens.Ici, on peut voir les régions cérébrales principalement touchées : les cortex orbitofrontaux gauche et droit (OFC) ; l’insula antérieure gauche et droite (Ant.Insula) et l’hypothalamus (Hyp) ; l’insula médiane à postérieure gauche (Mid./Post.Insula).Les autres zones montrées sur cette image sont le gyrus frontal inférieur gauche (IFC) ainsi que les gyrus temporaux moyen et supérieur (MTC/STC).rement radioactifs dans le sang du sujet.Cette substance s’accumule dans les zones du cerveau qui sont davantage sollicitées à l'occasion d'une tâche cognitive.Ces zones sont ensuite détectées sur une image TEP grâce à des couleurs vives qui les mettent en valeur.Le TEP permet ainsi de cartographier le cerveau musical.Cependant, bien que les chercheurs parviennent à reconnaître les régions dti cortex spécialisées dans le traitement de données musicales, ils ne sont pas encore en mesure de bien comprendre le fonctionnement neurologique de la perception musicale.La neuropsychologue Nathalie Gosselin, de l’Université de Montréal, est toutefois parvenue à déterminer le rôle de l'amygdale, un petit centre nerveux situé sous le cortex, dans la reconnaissance des émotions suscitées par la musique, et particulièrement la peur.Sans cette structure cérébrale, la musique des films d'horreur ne produirait aucun effet sur son auditoire ! LA MUSIQUE REND-ELLE PLUS INTELLIGENT?L'écoute et la pratique de la musique à un jeune âge développent certaines aptitudes, telles qu'une capacité à dif- férencier les sons ou une meilleure acuité auditive.Mais existe-t-il un lien entre la musique et le développement de l'intelligence?À l'Université de Toronto, le professeur de psychologie Glenn Schellenberg a démontré par ses recherches que le quotient intellectuel des enfants pratiquant la musique progressait plus rapide- ment; il était en moyenne de trois points phis élevé que celui des enfants n’ayant jamais eu de cours de musique.Les bienfaits de l'éducation musicale s'étendraient donc à la lecture, à la concentration et à la mémoire verbale.Toutefois, le chercheur en conclut que d'autres activités scolaires, comme jouer aux échecs, auraient des effets similaires sur le quotient intellectuel.DYSMUSIES ET AMUSIES C'est souvent par les dysfonctions d’un système que l’on obtient des informations sur le fonctionnement de certaines parties.Ainsi, c'est en étudiant certains troubles qu'Isabelle Peretz, neuropsychologtie à l’Université de Montréal, a mis au jour l'exis- tence d'un réseau neurologique propre à la perception de la musique, permettant ainsi de circonscrire ce que l'on appelle le « cerveau musical ».De 5 à 15 p.100 de la population souffrirait de dysmusie, un trouble congénital affectant la perception de la musique.Pour ces personnes, la .32 J~DÉCOUVRIR I FÉVRIER-MARS 2008 source : www.neuropsychopathologie.fr RECHERCHE musique représente un langage incompréhensible.Elles ne parviennent pas à mémoriser une mélodie pas plus qu’elles ne perçoivent les éléments caractéristiques d'une musique ou ne ressentent les émotions qui y sont associées.«Bien qu'il entendît très bien, le révolutionnaire cubain Ernesto Guevara était incapable de distinguer une salsa d'un tango, illustre Stephen McAdams.Son trouble ne l'empêchait pas d'avoir le sens du rythme ni de danser, mais il ne pouvait percevoir les mélodies.» A la suite de lésions cérébrales, certaines personnes éprouvent des problèmes similaires qui affectent leur perception musicale.On parle alors d'«amusie».Selon les régions du cerveau endommagées, ces individus ont davantage de difficultés à jouer d’un g instrument, chanter une chanson ou 1 garder le rythme.Les travaux d’Isa- § belle Peretz visent à comprendre ces S déficits musicaux.La chercheuse s'est < notamment penchée sur le cas de l Monica, qui, bien qu'elle mène une ^ vie parfaitement normale, est atteinte s < d’amusie.Insensible au rythme et à la -mélodie, il lui est impossible de dif- £ d’autres cas, tel celui du compositeur russe Vissarion Shebalin, la personne ne parvient plus à communiquer verbalement, mais est tout à fait en mesure de comprendre la musique et d’en jouer.Victime d’une attaque cérébrale, ce compositeur souffrait de profonds troubles du langage.Il conserva pourtant jusqu'à la fin de sa vie toutes ses habiletés musicales et put s'exprimer à travers ses compositions.Ainsi, selon les travaux d'Isabelle Peretz, les fonctions qui permettent la perception de la musique seraient innées, puis modulées par la culture.Toutefois, il arrive que certaines personnes naissent privées de ces composantes du cerveau musical.lement associées à deux paramètres musicaux, soit le mode et le tempo.Ce dernier correspond au nombre de battements par minute, alors que le mode, majeur ou mineur, renvoie au sous-ensemble de notes employé dans un extrait musical.Habituellement, une composition dont le tempo est rapide et qui est en mode majeur, suscite des émotions et des sensations telles que la joie, l’entrain, l'espoir et la douceur.Au contraire, une musique lente et en mode mineur exprime la tristesse, la mélancolie, le désespoir et le chagrin.«Les comptines pour enfants, par exemple, sont rythmées et en mode majeur pour exprimer la joie et le bien-être», précise Marc Durand.Cette perception des Imagerie à résonance magnétique du cerveau d’une patiente atteinte d’amusie congénitale.La morphologie et la neurophysiologie des gyrus de Heschel (en couleur) semblent jouer un rôle déterminant dans l’aptitude musicale.Des examens post-mortem pratiqués sur des musiciens ont montré que cette partie du cortex auditif était anormalement développée.UNE FOIS LA SOURCE DE MUSIQUE REPÉRÉE, L'ANALYSE COGNITIVE SE POURSUIT POUR AFFINER LE MESSAGE REÇU.IL S'AGIT DE DISCERNER LE RYTHME, LA TONALITÉ, LE TIMBRE ET LA MÉLODIE D'UNE MUSIQUE.LES INFORMATIONS SONT ENSUITE COMPARÉES À D'AUTRES DÉJÀ PRÉSENTES DANS LE DISQUE DUR DE NOTRE MÉMOIRE.férencier les notes de Frère Jacques de celles d’il était un petit navire.Pourtant, cette femme reconnaît facilement les paroles des chansons et est en mesure de distinguer une voix humaine d’un instrument de musique.Selon la spécialiste, jusqu’à 4 p.100 de la population serait atteinte de ce trouble qui, dans certains cas, devient intolérable.La musique peut rendre littéralement malades ces personnes, provoquant des nausées ou des maux de tête.À l’inverse, dans LE TEMPO DES ÉMOTIONS La musique représente un puissant moyen de communication émotionnelle.«Elle permet d'exprimer des sentiments que l'écriture ou la parole ne peuvent traduire avec autant de finesse, indique Marc Durand, professeur titulaire de piano à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.Ainsi, elle peut enchaîner toute une gamme d'émotions dans un court laps de temps.» Dans la musique occidentale, les émotions sont principa- émotions débute très jeune chez les enfants et s'accroît au cours des années.Ils reconnaissent généralement en premier les extraits musicaux joyeux, puis les plus tristes.Dès l'âge de quatre ans, ils sont en mesure de discerner la colère et la peur.Ce n'est toutefois que vers sept ans qu'ils font le lien entre joie et mode majeur, tristesse et mode mineur.La capacité de la musique à transmettre des émotions est certainement, selon Isabelle Peretz, l'une des DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 RECHERCHE Do ré mi fa sol.la science ! En plus des spécialistes des sciences cognitives, plusieurs mathématiciens, physiciens, ethnologues, chimistes, informaticiens ou zoologistes ont fait de la musique leur champ de recherche privilégié.De l’acoustique des salles de concert au phénomène de la compression numérique, en passant par l’étude du chant des oiseaux et la conservation des instruments, la musique se prête particulièrement bien à une approche transdisciplinaire.C’est ce qui a poussé la Société pour la promotion de la science et de la technologie (SPST) à lancer le projet « Do ré mi fa sol.la science!».Cet organisme sans but lucratif, qui travaille depuis 25 ans avec les écoles et les organismes culturels du Québec, a récemment produit une affiche et un site Internet qui permettent de partir à la découverte des thèmes scientifiques pouvant être abordés à partir de la musique.Une approche prometteuse auprès des adolescents frileux à l’égard des sciences.On y découvre, par exemple, qu’un astrophysicien et un musicien se sont déjà associés pour enregistrer une œuvre à partir des derniers signaux émis par une étoile mourante.Ou que l’évolution des technologies a laissé sa marque dans différents styles musicaux.L’objectif du projet, qui vise aussi à donner des idées aux enseignants, est de susciter des collaborations entre les professeurs de science et de musique, en plus de leur faire connaître les développements récents en matière de recherche scientifique.Pour en savoir plus : www.spst.org ANNE FLEISCHMAN 34 ^[""DÉCOUVRIR I FÉVRIER-MARS 200?raisons expliquant son caractère universel.Celle-ci existe, en effet, depuis la nuit des temps et dans toutes les cultures.Déjà pour les plus anciennes civilisations, la musique constituait un élément essentiel de la société.La découverte de flûtes en os ou de peintures rupestres, lors de fouilles archéologiques, indique que les premiers hommes dansaient et gore expliquaient son importance chez les êtres humains : elle aiderait le corps et l'esprit à maintenir ou à recouvrer la santé.De tout temps, la musique a été considérée comme une science sacrée.Ce n'est toutefois qu’à partir du 20e siècle que le terme « mu-sicothérapie» est apparu en Europe et en Amérique.Cette nouvelle discipline utilise la musique et les élé- DE 5 A 15 P.100 DE LA POPULATION SOUFFRIRAIT DE DYSMUSIE, UN TROUBLE CONGÉNITAL AFFECTANT LA PERCEPTION DE LA MUSIQUE.POUR CES PERSONNES, LA MUSIQUE REPRÉSENTE UN LANGAGE INCOMPRÉHENSIBLE.jouaient de la musique.Celle-ci est souvent associée à l'exercice du pouvoir ou à l'univers de la religion, des mythes et de la magie.Selon plusieurs spécialistes, la pratique de l'activité musicale servirait également d’ancrage au langage et renforcerait le sentiment d'appartenance à un groupe social.Les rassemblements d'individus, comme une cérémonie religieuse ou un événement sportif, sont presque toujours accompagnés de musique et de chants.Mais la musique est également reconnue pour ses vertus thérapeutiques.Déjà, Platon, Aristote et Pytha- ments qui la constituent pour favoriser, maintenir et rétablir la santé mentale, physique, émotionnelle et spirituelle.De plus en plus de chercheurs observent les effets positifs de la musique sur l'amélioration des capacités cognitives, psychomotrices, socio-affectives et sur la diminution de symptômes causés par de nombreux problèmes de santé.Au Québec, plusieurs milliers de personnes ont recours à la musicothérapie, dont près de la moitié souffrirait d'une déficience intellectuelle ou organique, tel le cancer.PHOTO : JOSEP ALTARRIBA/STOCK.XCHNG 'EST-CE RCHEÎ Parmi les dix premières universités de recherche au Canada, l'Université Laval est le seul établissement universitaire hôte de trois Réseaux de centres d'excellence.Grâce à ses spécialistes et à ses étudiants, elle joue un rôle de leader mondial dans plusieurs secteurs de pointe, dont les changements climatiques, les études nordiques, l'optique, les neuro-sciences, la génomique, l'obésité, la prévention du jeu pathologique, les études anciennes et la violence à l'école.Excellence, innovations, actions.Parce que le monde a besoin de nouvelles idées ulaval.ca • * * UNIVERSITÉ [AVAL A AJHs Kant A TOUT D'ABORD FAI| FIGURE dePIONNIER LJN ESSAI COSMO LOG 101 ETONNANT intitulé ( Histoire générale de la nature ety théorie du ciel Concours arisatîon l'Acfas Le Concours de vulgarisation de la recherche de l’Association francophone pour le savoir - Acfas est l'occasion de rendre accessibles au grand public tous les domaines de la recherche, de la sociologie à l’océanographie, de la littérature aux biotechnologies.rs- ‘3 Les étudiantes et ^ étudiants universitaires p des 2e et 3e cycles; ^ Les chercheuses et chercheurs des centres de recherche publics et privés; Les professeures et professeurs de cégep et d'université ainsi que toute autre personne faisant de la recherche dans ces établissements.£ Vous soumettez un .S- article traitant de votre objet de recherche, £! dans un langage p, accessible au « grand public ».M P La qualité de la g rédaction, la rigueur o scientifique, le souci u de vulgarisation et l'originalité du traitement seront les critères de base retenus par le jury.Cinq prix de 2 ooo $, ^ et la publication des textes primés.CLÔTURE DU CONCOURS : 1er MARS 2008 Inscription et information www.acfas.ca | concours@acfas.ca | Tél.: 514-849-0045 poste 221 \-! Association francophone pour le savoir Acfas Développement économique.Innovation et Exportation Québec KM KM EM EM RECHERCHE MONTRÉAL, CAPITALE MONDIALE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN MUSIQUE Depuis la création du International Laboratory for Brain, Music and Sound Research (BRAMS), en 2005, Montréal est devenue la Mecque de la technologie et de la psychologie musicales.Codirigé par Isabelle Peretz et Robert Zatorre, professeur à l'Institut neurologique de Montréal, ce laboratoire de recherche sur le cerveau, la musique et le son réunit trois universités montréalaises, soit l'Université de Montréal, l'Université Concordia et l'Université McGill.À ce noyau se greffent de nombreux autres spécialistes en musique, en cognition et en neurosciences provenant des quatre coins du monde.Comme l'explique Robert Zatorre dans un article paru dans la revue Nature, «[ .] un nombre croissant de chercheurs sont convaincus que la musique peut fournir des informations précieuses sur la façon dont le cerveau fonctionne.Pour ces chercheurs, l'étude de la musique et l'étude du cerveau se rejoignent.» L'objectif premier du BRAMS est de mieux comprendre les processus cognitifs associés à la musique.Dans ce contexte, les études portent à la fois sur la perception, la volonté, le mouvement, l'attention, l'intelligence sociale, l'émotion, l'apprentissage et la mémoire de l'être humain.« Un tel objectif suppose la collaboration de participants de disciplines complémentaires.De ces rencontres émergent de nouvelles disciplines mieux adaptées à l’étude du cerveau musical», explique Stephen McAdams.Le laboratoire BRAMS, situé à l'Université de Montréal, est doté d'équipements de recherche spécialisés permettant l'expérimentation de nouvelles techniques.Les chercheurs disposent notamment de l'un des meilleurs pianos à queue au monde.Équipé de senseurs et de microcontrôleurs, cet instrument, unique au La troisième édition de la conférence Neurosciences et musique se tiendra à Montréal du 26 au 28 juin 2008.Organisée par la fondation Mariani pour la neurologie pédiatrique, cette rencontre scientifique internationale poursuit les travaux sur les interactions mutuelles et les implications sur les fonctions du développement amorcés lors de la première conférence, tenue à Venise en 2002, et ceux de la deuxième, tenue à Leipzig en 2005, sur le fonctionnement du cerveau musical - de la perception à l’interprétation.Cette troisième rencontre mettra l’accent sur les populations spéciales éprouvant des troubles dysfonctionnels du cerveau musical.Pour plus d’information, visitez www.fondazione-mariani.org S’engager dans la création La Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia propose une gamme incomparable de programmes en arts visuels et en arts de la scène au sein de neufs départements et trois instituts de recherche.Reconnue pour son exceptionnel corps professoral composé d’artistes et d’universitaires de talent, elle vient d’obtenir une seconde chaire de recherche du Canada.En 2006-2007, la Faculté a surpassé ses objectifs de recherche en augmentant de 15 % ses subventions fédérales et provinciales.Elle affiche par ailleurs un taux de réussite de 45 % lors du concours de recherche-création du CRSH, un résultat bien supérieur à la moyenne nationale, qui est de 27 %.Instituts • Centre de développement humain par les arts • Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen A.Jarislowsky • Institut de recherche et création en arts et technologies médiatiques (Hexagram) Chaires • Chaire de recherche en art canadien Gail et Stephen A.Jarislowsky • Chaire de recherche du Canada en arts médiatiques • Chaire de recherche du Canada sur la pratique et la théorie de l’art inter-x en musique et en théâtre • Chaire de recherche de l’Université Concordia en études cinématographiques • Chaire de recherche de l’Université Concordia en arts plastiques • Chaire de recherche de l’Université Concordia en histoire de l’art v* V UNIVERSITE Concordia UNIVERSITY www.finearts.concordia.ca DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 RECHERCHE Le piano à queue dont disposent les chercheurs du laboratoire BRAMS est un équipement unique doté d’un système informatique à la fine pointe.Par exemple, la mémoire réactive des marteaux permet d’enregistrer une interprétation, au moyen de capteurs extrêmement précis, de la numériser et de la reproduire telle qu'elle a été jouée par le pianiste.Canada, numérise le jeu du pianiste sans modifier le toucher ni le son du piano.Une fois la pièce enregistrée, l'ordinateur la rejoue dans ses moindres détails, comme si un pianiste invisible l'interprétait de nouveau pour la première fois.C'est à l'aide de ce piano informatisé ainsi que d'un système de détection des mouvements des doigts, des poignets et des bras du musicien que Douglas Eck, professeur au Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal, et Caroline Palmer, professeure de psychologie à McGill, essaient de mieux comprendre les diverses facettes de l'interprétation de la musique, telles que le processus de mémorisation et le contrôle moteur.De l'autre côté de la ville, les chercheurs du CIRMMT, à McGill, approfondissent les connaissances sur la Dans les autres salles du CIRMMT, les recherches vont bon train.Pendant que certains étudient les mouvements et les modes de respiration des chanteurs au moyen de lasers et de naître et de reproduire jusqu'à 100 différentes notes parfaitement, et ce, sans aucune référence», explique-t-il.En analysant les mécanismes qui régissent cette faculté, le chercheur DEPUIS UNE VINGTAINE D’ANNEES, LES TRAVAUX SUR LA PERCEPTION DE LA MUSIQUE SE MULTIPLIENT ET RÉUNISSENT DES CHERCHEURS DE PLUSIEURS DISCIPLINES.[.] ILS SE RALLIENT POUR EXPLIQUER COMMENT ET POURQUOI LA MUSIQUE EST SI PRÉSENTE CHEZ L'HUMAIN.perception de la musique.Affilié au BRAMS, ce centre possède de nombreux locaux permettant l'application pratique de recherches.Ainsi, à l'intérieur même de la salle de concert de l'Université McGill, des dispositifs d’imagerie optique et de capture du mouvement enregistrent simultanément l'activité cérébrale ainsi que les mouvements des musiciens et des auditeurs pendant une performance musicale.«Toutes les réactions involontaires de l'auditoire, comme le rythme cardiaque, les frissons de la peau et les mouvements faciaux, sont captées par des électrodes placées sur les sujets, précise le professeur McAdams.Ces données sont ensuite analysées pour établir quelles sont les composantes d'une musique, comme le rythme et la mélodie, qui évoquent des émotions.» 38 "[[-"DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 | caméras, d'autres procèdent à des essais d'égalisation de son « haute définition».Au total, plus d'une quarantaine de chercheurs, dont plusieurs apportent leur expertise acquise au sein du Groupe d'acoustique de l'Université de Sherbrooke, et des dizaines d'étudiants concentrent leurs travaux sur six axes de recherche : la gestuelle; les dispositifs et les capteurs de mouvements dans la pratique de la musique; la modélisation du son, l'acoustique et l'analyse de signal ; la recherche et l'archivage de l'information musicale; la perception et les processus cognitifs impliqués dans la musique; la pratique musicale élargie.Au Centre, Daniel Levitin s'intéresse à la psychologie de l’ouïe et tente notamment de percer le mystère de l'oreille absolue.«Une personne sur 10 000 est capable de recon- espère comprendre davantage comment les êtres humains perçoivent les sons et la musique.UN CHAMP TRANSDISCIPLINAIRE Depuis une vingtaine d'années, les travaux sur la perception de la musique se multiplient et réunissent des chercheurs de plusieurs disciplines.Neurologues, psychologues, ingénieurs, informaticiens, acousticiens et bien d'autres se rallient pour expliquer comment et pourquoi la musique est si présente chez l'humain.Ainsi, les aspects culturels et biologiques sont pris en considération concurremment.Pourtant, bien que les connaissances s'élargissent, il semble que plus l'on avance, plus le terrain de recherche s’agrandisse.La perception de la musique demeure un secret encore bien gardé.? On n’est jamais trop curieux.—?—— www.ledevoir.com DECOUVRIR j FEVRIER-MARS 2008 LA RECHERCHE BIOMÉDICALE AU QUÉBEC ENJEU au Québec * La course pour trouver des traitements médicaux, et ses retombées économiques, en font un domaine de recherche très compétitif.Le financement et le recrutement des meilleurs scientifiques deviennent ainsi des enjeux majeurs pour assurer l’avenir de la recherche biomédicale.Le Québec figure dans le peloton de tête, tant au Canada qu’à l’étranger, mais pour ne pas perdre sa place, il doit déployer l’énergie nécessaire.PAR GENEVIÈVE BÉLANGER Qu'ont en commun la jambe bionique conçue par Victhom et le test de dépistage du cancer de la vessie développé et mis en marché par Diagno-Cure ?Ce sont deux résultats bien tangibles de la recherche biomédicale au Québec.«Celle-ci comprend la recherche fondamentale (chez les animaux), la recherche clinique (chez les humains) ainsi que tous les soins et services de santé qui donnent accès aux traitements (pharmaceutiques ou autres) mis au point pour soulager les patients», explique le Dr Rémi Quirion, directeur scientifique du Centre de recherche, Institut Douglas, affilié à l'Université McGill, ainsi que de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).Il souligne que le Québec se classe bien dans le domaine, et depuis long-^ temps.g La recherche biomédicale a débuté “ ici dans les années 1960 avec la créa-§ tion du Conseil de la recherche médi- Q < cale du Québec (CRMQ), devenu le 1 Fonds de la recherche en santé du | Québec (FRSQ).«Le Québec a été la ^ première province à créer un tel ° fonds pour financer les chercheurs et les infrastructures, relate le Dr Quirion, et le FRSQ a joué un rôle clé pour assurer la compétitivité du Québec.» En 1998, le Québec devançait même le Canada et les États-Unis, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).Et aujourd'hui, où en est-on ?«Le Québec est reconnu internationalement dans deux grands domaines : la neuroscience, la santé mentale et le vieillissement relèvent du premier, alors que l'hypertension, avec l'expertise en cardiologie notamment, appartient au second», rap- porte la Dre Nicole Gallo-Payet, pro-fesseure titulaire au Département de médecine et vice-doyenne à la recherche de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke, de même que titulaire de la Chaire de recherche du Canada en endocrinologie de la glande surrénale.« Le Québec est en perte de vitesse malgré les initiatives gouvernementales qui l'ont aidé à maintenir le cap», note Rémi Quirion.Même constat du côté de Perry Niro, vice-président, Sciences de la vie -Santé et nutrition, chez Pôle Québec, Chaudière-Appalaches, une agence de développement économique.De son côté, Nicole Gallo-Payet soutient que «le Québec est toujours en avance en neuroscience, mais il lui est de plus en plus difficile de garder cette position ».DES COMPÉTITEURS DE PLUS 1 EN PLUS FORTS 5 x « La recherche biomédicale est large- 1 ment tributaire des fonds gouverne- 2 mentaux, tel le FRSQ», affirme Perry o Niro.Or, pendant que les budgets du y FRSQ stagnent, d'autres provinces comme la Colombie-Britannique, g l'Alberta et l’Ontario investissent DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2Qo8~J~ 42 ENJEU LA RECHERCHE BIOMEDICALE AU QUEBEC FONDATION RECHERCHE MEDICALE Une campagne publicitaire d’envergure est menée actuellement en France par la Fondation pour la recherche médicale.Là-bas aussi, la question de la relève scientifique et de son exil soulève des préoccupations.massivement clans le domaine.M.Niro estime que leur participation, et même celle d'autres joueurs comme les États-Unis et l'Europe, est deux fois plus importante que celle du Québec.«Ainsi, ces trois provinces ont beaucoup amélioré leur compétitivité», constate Rémi Quirion.Résultat ?Elles attirent davantage les chercheurs sur qui repose la recherche biomédicale.«Le départ du Dr Hudson pour l'Ontario est un exemple de cet état de fait», constate Julie Lafond, chercheuse et directrice du centre de recherche BioMed, affilié à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).Le Dr Hudson dirigeait le Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill.Selon Nicole Gallo-Payet, qui déplore elle aussi ce départ, le Québec n'a pas pu retenir ce spécialiste de la biologie molécu- laire qui s’est vu offrir en Ontario un important financement couplé à de nouvelles infrastructures.LES DÉFIS: RESSOURCES HUMAINES, INFRASTRUCTURES ET RÉSEAUX Le financement de la recherche représente un défi important, notamment pour la recherche individuelle, c'est-à-dire celle qui est propre à un chercheur, et qui est en crise actuellement.Ce type de recherche, selon Nicole Gallo-Payet, se révèle pourtant indispensable à la recherche biomédicale, car elle permet d'avoir un nombre suffisant de chercheurs pour alimenter les réseaux de recherche, mais aussi pour assurer la relève.«Il faut convaincre les jeunes d'entreprendre des carrières en recherche parce que les chercheurs, comme le reste de la population, sont vieillis- nouveau et facile >>>> Abonnement en ligne Votre abonnement se termine avec ce numéro?Vous voulez vous abonner à la revue Découvrir ?D allez à www.acfas.ca et activez votre compte d’utilisateur! www.acfas.ca ft INFORMATION: 514 849-0045, POSTE 221 OMfOICAlE DECOUVRIR | FEVRIER-MARS 2008 PRIX 2008 Date limite de PRIX AUX CHERCHEURS réception des dossiers de candidature : PR1X ACFAS _ ADRIEN POULIOT 1er mars 2008 prix@acfas.ca prix acfas - andré Laurendeau www.acfas.ca PRIX ACFAS - JACQUES ROUSSEAU PRIX ACFAS - J.ARMAND BOMBARDIER PRIX ACFAS - LEO PARISEAU PRIX ACFAS - MARCEL VINCENT PRIX ACFAS - MICHEL JURDANT PRIX ACFAS - URGEL ARCHAMBAULT PRIX AUX ETUDIANTS-CHERCHEURS PRIX ACFAS - BERNARD BELLEAU Appel de candidature Coopération scientifique avec la France Parrainé parle Consulat général de France à Québec et le ministère deA RelationA internationaleA du Québec Sciences humaines Parrainé par I'AcfoA Multidisciplinarité Parrainé par leA PondA de recherche du Québec Innovation technologique Parrainé par la Fondation J.Armand Bombardier Sciences biologiques et sciences de la santé Parrainé par Merck FroAAt Sciences sociales Parrainé par Bell Canada Environnement Parrainé par CaAcadeA Sciences physiques, mathématiques, informatique et génie Parrainé par lAcfaA Sciences de la santé et pharmacologie Parrainé par Picchio Pharma PRIX ACFAS - DESJARDINS D'EXCELLENCE Maîtrise POUR ETUDIANTS CHERCHEURS toutes disciplines Doctorat à l’exception de santé, pharmacologie et ressources naturelles Parrainé par la Fondation DeAjardinA PRIX ACFAS - RESSOURCES NATURELLES Ressources naturelles Parrainé par ReAAourceA naturelleA Canada Association francophone pour le savoir Acfas Faites connaissance avec les membres de la famille des publications québécoises de vulgarisation scientifique •• des h.Québec Science Le magazine qui voit les choses autrement www.cybersciences.com INTERNATIONAL QuébecOiseaux ' •'-t Jtü' ÎMIIIMSIiT VICTIMS! MARBRE Découvrir Des nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux www.acfas.ca/decouvrir Par\ons du nez La vraie nature des oiseaux www.quebecoiseaux.qc.ca Quatre-Temps L'univers fascinant des végétaux et des jardins d'ici et d'ailleurs www.amisjardin.qc.ca Les Explorateurs Pour les 6-10 ans curieux de nature www.lesexplos.com Les Débrouillards Le magazine drôlement scientifique des 9-14 ans www.lesdebrouillards.com .Science,, blogue! Profil de madame Renee Bedard La science qui s'enseigne/ Enseigner la science |L www.apsq.org Editions MultiMondes Des livres pour votre intelligence www.multim.com La science morte de rire, de Jacques Goldstyn, GRATUIT avec toute commande d'un livre en ligne, d'ici au 31 mars 2008 ou jusqu'à épuisement des stocks.Agence Science-Presse Parce que tout le monde s'intéresse à la science.www.sciencepresse.qc.ca -5» AGENCE scfeij^g De la lecture pour l'intelligence de toute la famille! LA RECHERCHE BIOMÉDICALE AU QUÉBEC ENJEU 1 sants», poursuit Rémi Quirion.Il croit d'ailleurs que les ressources humaines représentent le principal défi de la recherche biomédicale.« La qualité du personnel est à la base de tout, d'où l’importance de recruter les meilleurs chercheurs et d'investir dans la formation», ajoute le Dr Quirion.Parallèlement au défi des ressources humaines, se pose celui des infrastructures de recherche.Globalement, tous s'entendent pour dire que ces dernières, tels les centres de recherche, répondent bien aux besoins.«Mais il faut continuer à les améliorer, soutient Rémi Quirion.Le Québec a une longue histoire en recherche biomédicale et nos infrastructures sont par conséquent plus anciennes.» chercheurs travaillant sur l'ARN, une molécule proche de l'ADN, ont besoin d'appareils très spécialisés qui font appel à la robotique, notamment.« Pour faire fonctionner ces appareils, il nous faut des personnes avec une double formation, une en informatique et l'autre en biologie, par exemple», précise Nicole Gallo-Payet.«Et les fonds pour recruter ces chercheurs ne sont pas toujours disponibles», ajoute Julie Lafond.Le Québec peut-il relever ces défis et conserver son avance en recherche biomédicale?«Oui, croit Rémi Quirion, mais il faut s'assurer du support financier de notre gouvernement provincial, support qui doit être complémentaire aux initiatives du gouvernement fédéral, afin d'augmenter notre force.» Et puis, le Qué- une différence de salaire qui n'est pas si grande», signale Rémi Quirion.Les possibilités de travailler dans des réseaux, d'entretenir des collaborations, de former de bonnes équipes et d’avoir accès à des infrastructures modernes représentent des atouts tout aussi importants sur lesquels le Québec doit miser.«Un chercheur qui ne peut pas former d’équipe ou qui ne dispose pas d'infrastructures n'acceptera pas d'offre, aussi intéressante soit-elle», ajoute le Dr Quirion.SOIGNER LES MALADIES: LA LIGNE D’ARRIVÉE.Soigner les maladies demeure, selon Julie Lafond, le but premier de la recherche biomédicale.«Celle-ci doit aboutir le plus rapidement possible à la disponibilité d'un médicament PARALLELEMENT AU DEFI DES RESSOURCES HUMAINES, SE POSE CELUI DES INFRASTRUCTURES DE RECHERCHE ET DE LA RELÈVE SCIENTIFIQUE.La relève scientifique dans le milieu biomédical est un des enjeux de l’heure.L’Association francophone pour le savoir - Acfas participe à cet enjeu en encourageant chaque année les étudiants-chercheurs en santé et pharmacologie par la remise du Prix Acfas - Bernard-Belleau.Ci-dessous, les lauréats et lauréates des quatre dernières années (dans l’ordre habituel) : Valérie Mongrain (2006), Charles Gauthier (2007), Solange Landreville (2005) et Nicolas Bisson (2004).Les infrastructures comprennent également tous les équipements de laboratoire nécessaires à la recherche biomédicale.L'utilisation d'appareils souvent très spécialisés constitue un véritable défi technologique pour les chercheurs qui y ont recours.Ainsi, à l'Université de Sherbrooke, des bec a de bons atouts pour se démarquer des compétiteurs, notamment en ce qui a trait au recrutement des chercheurs.Par exemple, la qualité et le coût de la vie au Québec peuvent en intéresser plus d'un.« Acheter une maison à Montréal coûte moins cher que d'en acheter une à Calgary pour pour les patients», rappelle Perry Niro.À cet effet, le Dr Tarik Môrôy, président et directeur scientifique de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), mentionne que le lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique doit être solidifié.«Il faut rapprocher les cher- | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 [| PHOTOS : ACFAS cheurs fondamentaux des médecins parce que leurs méthodes sont très différentes, précise-t-il.Les premiers peuvent répéter une expérience avec des cellules en culture, mais les seconds ne peuvent pas faire venir trois fois un patient pour une expérience ou lui enlever un morceau de foie.» Repenser ces mécanismes permettra de tirer plus de connaissances de la recherche biomédicale, ce qui représente un avantage appréciable pour les patients.Les problèmes de santé auxquels devront s'attaquer les chercheurs au cours des prochaines années sont nombreux.La Dre Lafond cible d'abord les maladies cardio- / .JF / • / / PEDAGOGIE COLLEGIALE PEDAGOGIE COLLEGIALE RECHERCHES ET PRATIQUES PÉDAGOGIQUES EN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR — Innovations pédagogiques —¦ Didactique des disciplines —¦ Fondements théoriques —¦ Intégration des technologies — Évaluation des apprentissages Conception de programmes _ Recherches pédagogiques au collégial et à l'université ” Etc.Publié 4 fois par année par l'Association québécoise de pédagogie collégiale Pour abonnement : info@aqpc.qc.ca Tel.: 514-328-3805, Téléc.: 514-328-3824 7000 rue Marie-Victorin, Montréal (Québec) H1 G 2J6 OCpG Association québécoise de pédagogie collégiale vasculaires, l’obésité et le cancer.«La recherche sur les maladies du cerveau est aussi très importante, souligne Rémi Quirion.Le cerveau est l’organe le plus compliqué du corps humain et le moins connu.» Le vieillissement, la douleur et les maladies infectieuses s'ajoutent à cette liste, selon la Drc Gallo-Payet.AVÈNEMENT DE LA BIO-INFORMATIQUE La recherche pour combattre ces problèmes de santé nécessitera le recours à des domaines de pointe, telle la bio-informatique.«Cet approche aide à comprendre la complexité biologique, précise le Dr Tarik Môrôy.Elle permet de développer des logiciels pouvant gérer l’énorme quantité de données issues, entre autres, du ÜL • I ASSURER L’AVENIR DE LA RECHERCHE BIOMÉDICALE AU QUÉBEC, C'EST AUSSI ASSURER UN AVENIR MEILLEUR AUX PERSONNES MALADES ET À CELLES SUSCEPTIBLES DE LE DEVENIR.séquençage du génome humain.» Autre exemple, la bioinformatique peut aider à étudier l'impact des altérations dans la séquence d'ADN tels les polymorphismes nucléotidique ou liés à un seul nucléotide (SNP).«L'identification et l'étude des SNP permettraient de connaître la prédisposition des personnes à certaines maladies», explique le D1 Môrôy.La bio-informatique ouvre donc la voie à une médecine d'avenir, à savoir la médecine individualisée.«Cette médecine, basée sur les gènes, permettra d’individualiser le traitement d'une maladie en fonction de la génétique et de l'environnement d'un individu», précise Rémi Quirion.Ainsi, les médecins pourront confirmer la prédisposition d'un individu à développer une dépression, par exemple.Cet individu pourra alors choisir un métier peu stressant pour éviter de devenir dépressif.En somme, assurer l'avenir de la recherche biomédicale au Québec, c'est aussi assurer un avenir meilleur aux personnes malades et à celles susceptibles de le devenir! ?46 J~DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 PHOTO : JAYSON PUNWANI / I STOCK AVENTUREUX.AVENTUREUX.^LES MAGAZINES CANADIENS RENDENT VOS CHAMPS D'INTÉRÊT PLUS INTÉRESSANTS.Qu'il s'agisse de voyages ou des arts, tout le contenu reflète une optique originale tout à fait canadienne qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.Recherchez le logo Magazine Canadien dans les kiosques à journaux ou visitez le site magazinescanada.ca pour y trouver ce qui vous intéresse. ZOOMZOOMZOOMZOOMZOOMZO OM CATHERINE COUTURIER Strategies de recherche ^ en santé Durant la première phase du projet, une grande consultation a permis à des représentants de la société et à des membres de la communauté scientifique de déterminer sept défis auxquels le Québecfera face dans les prochaines années, et auxquels la science et la technologie pourront apporter une contribution significative : i) les saines habitudes de vie; 2) l’efficacité du système de santé ; 3) la gestion des ressources naturelles et le développement durable; 4) la U O IO PQrSQQCtiVQSlstS Défi « habitudes de vie » DÉFI HABITUDES DE VIE StuiJqie de recdncM el de liwsfen Québec ! formation; 5) les créneaux de développement stratégiques et prioritaires; 6) les énergies nouvelles et renouvelables; 7) la lutte contre la pauvreté.Au cours de la deuxième phase, les comités de pilotage, composés de chercheurs et d’utilisateurs de la recherche, ont proposé des stratégies de travail (trois de ces stratégies sont décrites en ligne au www.cst.gouv.qc.ca).Celles-ci sont en fait des recomman-48 DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 [ LE CONSEIL DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE (CST) TRAVAILLE À PROMOUVOIR UN DIALOGUE ENTRE LE MILIEU DE LA RECHERCHE ET LA POPULATION QUÉBÉCOISE.C’EST DANS CETTE OPTIQUE QUE LE PROJET PERSPECTIVES SCIENCE-TECHNOLOGIE-SOCIÉTÉ (STS) A PRIS NAISSANCE.LES OBJECTIFS?SENSIBILISER L’ENSEMBLE DE LA SOCIÉTÉ À L’IMPORTANCE ET À L’UTILITÉ DE LA SCIENCE ET DES TECHNOLOGIQUES POUR LA COMPRÉHENSION ET LA RÉSOLUTION DE PROBLÈMES SOCIOÉCONOMIQUES, ET CONSCIENTISER LES MILIEUX DE RECHERCHE AUX PRÉOCCUPATIONS MAJEURES DE LA SOCIÉTÉ DANS CE DOMAINE.dations des comités et ne constituent pas encore des engagements pris par le gouvernement.Deux de ces stratégies concernent la recherche en santé.Nous vous les présentons ici plus en détail : la stratégie touchant l’efficacité du système de santé et celle concernant les habitudes de vie.Les stratégies de recherche en santé En santé, les stratégies proposées par le CST visent à déterminer les besoins en recherche et proposent des actions à entreprendre pour les combler, explique Marie Demers, coordonnatrice des travaux des comités qui s’intéressent aux défis en santé : « L’originalité de la démarche réside dans le fait que ces stratégies vont au-delà de la priorisation de thématiques de recherche pour poser un regard sur l’organisation de la recherche dans son ensemble, qu’il s'agisse du développement des capacités, de la mise en place des infrastructures nécessaires, de l’utilisation des connaissances, ou enfin, du financement requis pour atteindre ces objectifs.» Le défi «habitudes de vie » Vues auparavant comme le résultat de comportements individuels, les habitudes de vie sont aujourd’hui davantage considérées par les chercheurs comme influencées par l’environnement social, physique, politique et culturel.Ainsi, l’aménagement des villes, l’omniprésence de la malbouffe ou certaines politiques gouvernementales encouragent ou restreignent certains comportements qui peuvent avoir un impact négatif sur la santé des gens : alimentation inadéquate, inactivité physique, tabagisme, consommation excessive d’alcool, usage de drogues, pratiques sexuelles à risque, jeux de hasard.Ce sont sur ces habitudes que les experts du comité se sont penchés.Après avoir examiné l’état actuel de la recherche dans le domaine, le comité, sous la présidence du Dr Gilles Paradis, directeur scientifique du Réseau de recherche en santé des populations du Québec, a proposé le développement d’une vision globale de la recherche intégrant l’ensemble des habitudes de vie et leurs détermi- nants.La démarche visait à orienter les efforts de recherche de façon à soutenir l’adoption et le maintien de saines habitudes de vie dans l’ensemble de la population.Vingt-neuf actions stratégiques regroupées sous six grands thèmes ont été proposées.On vise ainsi à i) encourager une vision de la recherche qui favoriserait l’interdisciplinarité pour étudier les habitudes de vie dans leur ensemble ; 2) assurer l’intégration de la relève; 3) consolider la recherche; 4) soutenir l’élabo- ZOOM O O M porspocbvQSl ; s ration et l’évaluation des interventions sur les habitudes de vie; 5) développer l’infrastructure de la recherche ; 6) alimenter et faciliter le transfert de connaissances.Ces grands thèmes sont soutenus par des actions stratégiques, dont la création et le financement d’équipes et de chaires de recherche, de programmes de soutien des jeunes chercheurs et de bourses de carrière.De plus, on propose d’optimiser les partenariats avec les fondations et organismes subventionnaires déjà engagés dans la promotion des saines habitudes de vie, de mettre sur pied un centre de liaison et de transfert et d’organiser un colloque transdisciplinaire sur ce thème.Bref, on vise une meilleure communication entre chercheurs, intervenants et par- tenaires pour pouvoir appréhender les habitudes de vie dans leur ensemble.Le défi « efficacité du système de santé» Le choix du deuxième défi en santé ne surprend pas.Alors que l'état du système de santé québécois fait les manchettes, comment peut-on atteindre les meilleurs résultats possibles en prenant en compte les ressources disponibles ?Le comité de pilotage, sous la présidence de Pierre Joubert, directeur de la planification, de la recherche et de l’innovation à l'Institut national de santé publique du Québec, a d’abord posé un diagnostic sur le système de santé, de façon que les besoins de la recherche soient définis par rapport aux forces et aux lacunes de ce système.Il est apparu essentiel d’en arri- Défi « efficacité du système de santé » BEfl fFFICOtllî DU SVSÏÉME DE SBIlt Shaf*|ie «e iMteicf» el d'ufiüsdfwn des Lonnaissaiwes Québec! verà une meilleure articulation entre la recherche et le système de santé de façon à favoriser une utilisation optimale des résultats de recherche : « Il faut un bon arrimage entre la recherche et les gens qui en utilisent les résultats sur le terrain, souligne Marie Demers.Il ne suffit pas d’avoir des résultats de recherche, il faut pouvoir les intégrer dans l’action.» Vingt-neuf actions stratégiques ont été formulées et regroupées sous cinq grandsthè-mes.On recommande d’abord d’investir davantage dans les secteurs de recherche à fort potentiel d’impact, comme ceux liés aux valeurs qui soutiennent le système de santé, à la prévention ou aux pratiques o professionnelles en changement.La gestion et l’utilisation optimales des ressources, les dimensions sociales et communautaires de même que l’exploitation des connaissances à l’aide de bases de données intégrées sont également visées.La deuxième piste d’action consiste à créer un lieu d’échange d’idées permanent entre chercheurs et utilisateurs de la recherche afin de favoriser une plus grande concertation entre citoyens, décideurs, gestionnai- jg* Conseil de la science et de la technologie Québec ca ca El El res et intervenants dans la prio-risation des recherches.La troisième piste concerne la relève, qui doit être mieux assurée.Des secteurs peu développés comme l’économie de la santé sont particulièrement visés.On propose de maximiser l’utilisation des connaissances, entre autres par la création d’un centre de liaison et de transfert des connaissances.Enfin, ces actions pourraient être financées à l’aide d’un prélèvement effectué chaque année à même les sommes consacrées au financement du système de santé.La concertation : la clé de la solution?Au terme de l’élaboration des deux stratégies de recherche en santé par les comités de pilotage, un groupe d’experts externe les a validées.Ainsi, cette démarche reflète non seulement le point de vue des chercheurs, mais également celui d’experts, d’intervenants et de décideurs gouvernementaux.Soulignons enfin que les deux défis en santé sont reliés entre eux, puisque l’efficacité du système de santé repose en partie sur une meilleure prévention.Et qui dit prévention, dittravail en matière d’habitudes de vie.Ainsi, un investissement dans la recherche sur les habitudes de vie aura des impacts positifs sur le système de santé, contribuant à améliorer la qualité de vie de l’ensemble de la population.et ainsi, à relever le défi.?49 | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 20q8~J^ J la fine pointe CRIM Le CRIM, inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l’information.Zoom sur la Terre Le RADARSAT2, un satellite radar canadien d’observation de la Terre, est sur le point d’être lancé en orbite.L’opération se fera à partir du cosmodrome de Baïkonour, un centre spatial international situé au centre du Kazakhstan.Si tout se passe comme prévu, ce radar offrira d’ici quelques mois une imagerie de haute qualité destinée à plus d’une centaine d’applications.Il facilitera notamment la surveillance des glaces, des mers et de l’environnement, la gestion des catastrophes et des ressources ainsi que les activités de cartographie.L’acquisition detelles images sera possible grâce à un capteur de haute résolution multipolarisé.RADARSAT2 sera le premier satellite radar commercial à comporter un tel capteur, améliorant ainsi les capacités de détection et d’identification de cibles.Comme tout autre radar, ce capteur ne dépend pas de l’éclairement solaire et peut ainsi fonctionner à n’importe quel moment de la journée ou de la saison.Il recueille des informations sur un objet, et cela à des distances considérables, en générant d’abord un rayonnement électromagnétique, puis en analysant l’écho réfléchi par l’objet.Toutefois, alors qu’un radar commercial n’émet généralement qu’un seul type de signal électromagnétique, le RADARSAT2, lui, est capable d’émettre et de recevoir des ondes orientées à la verticale et à l’horizontale.Celles-ci peuvent changer de polarisation en fonction de la cible, c’est-à-dire réfléchir à l’horizontale, à la verticale ou des deux manières simultanément.«Chaque objet possède sa propre signature électromagnétique, explique Samuel Fou-cher, chercheur de l’équipe Vision et imagerie du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).On peut reconnaître, par exemple, les types de végétation.» Par contre, les images radars sont souvent brouillées et peuvent présenter un aspect « poivre et sel ».Ce manque de netteté est causé par des interférences d’ondes, appelées «bruits», qui se produisent dans les cellules de résolution.Chaque image est composée d’une multitude de cellüles de résolution dont la surface détermine la résolution spatiale d’un capteur.« Dans le cas du RA-DARSAT2, la résolution est de trois mètres, ce qui permet de distinguer aisément les maisons et la végétation, souligne le chercheur.Cependant, à l'intérieur même de cette surface balayée, les ondes réfléchissent sur des cibles plus petites, com- tuiles de maison.C’est la compilation de ces ondes qui crée des interférences et brouille l’image créée.» Des méthodes de filtrage aident à atténuer la texture « poivre et sel » d’une image en modifiant cette dernière, cellule par cellule, en fonction de la brillance des cellules voisines.Un tel réajustement permet de lisser l’image, mais peut toutefois effacer des détails importants comme les contours d’un bâtiment ou d’un champ.« Il s’agit de trouver un compromis entre le besoin de préserver la résolution spatiale de l'image là où les informations sont pertinentes et celui d’enlever les bruits dans les zones plus homogènes », dit le chercheur.Un tel compromis est encore plus difficile à trouver quand les images sont produites par des capteurs multipolarisés.En effet, étant donné que la signature électromagnétique d’une cible est composée de plusieurs réflexions d’ondes à différentes polarisations, il faut tenir compte du rapport entre ces ondes.Chacune doit être filtrée de la même manière pour éviter une distorsion de l’information polarimétrique.Bien que les images radars multipolarisées soient encore peu courantes, on sait que les applications se multiplieront dans les prochaines années.Par exemple, on peut prévoir qu’avec le réchauffement climatique, le RADARSAT2 sera en mesure de surveiller efficacement la fonte des mers engla-cées dans le nord du Canada.SYBILLE PLU Vi N AC E Composé couleur d’une image SAR polarimétrique de la baie de San Francisco.La végétation apparaît en vert, la mer en bleu et les habitations en rouge et blanc.me des feuilles d’arbres ou des 50 J~DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008 la fine pointe Gestion Valeo sec L'UOAM, l'Université Concordia, l'École de technologie supérieure et l'UOAR ont confié à Gestion Valeo le mandat de faire fructifier les innovations de leurs chercheurs.Un logiciel qui cherche.et qui retrouve Fabriquer une aile d’avion nécessite plusieurs milliers de pièces.Alors, imaginez le casse-tête quand il s’agit de construire l’appareil au complet! Au moment de concevoir un produit, les ingénieurs peuvent perdre un temps considérable à créer de nouvelles pièces alors que des modèles ou dessins de pièces similaires peuvent exister dans la base de données de l’entreprise.Or, faute d’outil de recherche adéquat, il est très difficile de retrouver ces modèles numériques en regardant les dessins existants un par un.C’est comme essayer d’aller chercher une information dans Internet.sans moteur de recherche.Pour solutionner ce problème, une équipe composée des chercheurs Louis Rivest, Roland Ma-ranzana et Omar Msaaf, de l’École de technologie supérieure, a développé un outil de recherche et de comparaison des pièces mécaniques conçues parordina-teur.Dirigée par le professeur Maranzana, elle a mis au point une suite de logiciels spécialisés nommée PlDM [Parts, Products and Processes Data Mining).La suite P^DM est composée de deux modules.Le premier, PartFinder, se base sur la forme d’une pièce modélisée dans un logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur) pour repérer toutes les pièces semblables dans une base de données.sDCom- parator, le second module, peut déterminer avec précision les différences entre ces pièces.Cette démarche est extrêmement utile pourtout produit nécessitant de très nombreuses composantes, comme dans l’aéronautique ou le secteur automobile.Lorsqu’une entreprise référence une pièce, de nombreuses données y sont rattachées, comme les procédures de fabrication et d’inspection, l’outillage nécessaire, etc.La possibilité de retrouver ces données permet de reprendre ou d’adapter les procédures de fabrication plutôt que de repartir à zéro.Autre exemple d’application : la chaîne d’approvisionnement.S’il s’agit d’une pièce sous-traitée, on peut retracer le fournisseur, et le fait de connaître le prix payé à l’époque facilite grandement la négociation du coût de la nouvelle commande.La suite P^DM est techniquement supérieure à ce qu’on trouve sur le marché à tous les points de vue.M.Maranzana explique : « Par exemple, le Port-F/nc/er effectue des recherches à partir des représentations géométriques exactes des pièces dans les systèmes CAO, alors que le seul logiciel concurrent se base sur des modèles simplifiés et fournit des résultats beaucoup moins précis.» Grâce à cette qualité de recherche, l’outil sDCom-parator réussit à détecter les différences les plus infimes entre deux pièces.M.Maranzana souligne également que son équipe est la première à avoir développé un logiciel de recherche capable de retrouver des pièces définies dans divers systèmes CAO et selon des systèmes d’axes variés, c’est-à- Outil sDComparator : les régions où les pièces diffèrent l'une de l'autre sont en couleur; les autres portions sont identiques.dire dessinées avec des coordonnées spatiales différentes.« Reprenons l’exemple du moteur de recherche.Imaginez que vous cherchiez une information dans Internet avec un outil qui ne pourrait trouver que des fichiers pdf écrits en anglais.Avec P^DM, c’est comme si l’on vous donnait accès à un dispositif capable de chercher parmi tous les formats de fichiers et dans toutes les langues.Vos résultats seront beaucoup plus pertinents et complets.» C’est là un avantage intéressant puisqu’une entreprise et ses sous-traitants peuvent utiliser de multiples systèmes CAO.Par ailleurs, l’outil de comparaison associé, sDComparator, est actuellement le seul en mesure de travailler avec une telle variété de données.La société de valorisation Gestion Valeo, en collaboration avec l’École de technologie supérieure, prépare actuellement le lancement du progiciel sur différents marchés.Pour expérimenter en ligne : http://p3dm.lipps.etsmtl.ca PERRINE POISSON PartFinder, premier module de la suite P3DM, a repéré, dans la base de données, quatre modèles similaires au modèle de référence affiché en haut de l’image.51 | DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 2008~J~ SOURCES: LIPPS/ETS la fine pointe IRSCCIHR Inttituts de recherche Cenedan InMituiee or en tenté du Canede Heahh Keteerch Les IRSC forment l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada.Composés de 13 instituts, ils offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.Discuter de la santé autour d’un café Au Petit Chicago dans le Vieux-Hull, ce mardi soir du 18 septembre 2007, on relaxait tout en discutant du stress au travail.C’était soir de «café scientifique».Animé par Rémi Quirion, directeur scientifique de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies, l’événement réunissait une soixantaine de citoyens auxquels s’étaient joints Jean-Claude Bisserbe, directeur clinique à l’Hôpital Royal d’Ottawa, Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Université McGill, et Richard Bergeron, chercheur à l’Institut de recherche en santé d’Ottawa.Ce «café » est l’une des 50 rencontres du genre organisées ou soutenues par les Instituts de recherche en santé du Canada durant la saison 2007-2008.Créés en 2000, les IRSC sont le résultat d’une réorganisation du mode de financement et de développement de la recherche en santé au Canada.Il s’agit de réseaux virtuels de chercheurs rassemblés autour de 13 « instituts » : nutrition/métabolisme/ diabète, santé des Autochtones, vieillissement, etc.Avec cette réorganisation, les IRSC sont passés en « mode 2 » de production des connaissances1 : transdisciplinarité, savoirs produits dans un contexte d’application et imputabilité envers la société.Il n’est donc pas surprenant de trouver dans leur plan straté-52 gique 2003-2008, cette orientation : développement de partenariats efficaces et de la participation du public.Dès 2003, une équipe est formée pour concrétiser cette direction, et les cafés scientifiques seront l’un des modes choisis.Qu’on parle de « café scientifique » ou de « bar des sciences», le principe est le même : un thème, quelques chercheurs ou « experts », un animateur et suffisamment de participants pour assurer la dynamique des échanges.Selon le petit guide Bar des sciences: mode d’emploi de Raymond Lemieux, rédacteur en chef de Québec Science, ce type de rencontres s’est d’abord développé en Europe.En 1997, à Paris, des bars de sciences, inspirés des cafés philosophiques, étaient organisés par la Société française de physique.Au même moment, en Angleterre, on tenait des cafés scientifiques.Au Québec, en 2000, a lieu le premier événement du genre en Amérique du Nord.Aujourd’hui, on compte un millierde rencon- tres en France et le mouvement s’est répandu au Maroc, en Roumanie, en Espagne, au Cameroun, etc.L’initiative que les IRSC ont lancée en 2006 offre aux Canadiens une plate-forme d’échanges pour les débats en santé.« Nous voulons motiver la classe politique à venir discuter avec les citoyens, mais aussi les professionnels de la santé et les décideurs provenant d’organismes bénévoles.La santé doit être discutée et orientée par tous», souligne Christian Riel, gestionnaire du dossier Sensi- bilisation des jeunes et du public pour les IRSC.Sur les 10 000 chercheurs du réseau des IRSC qu’il a sondés, quelque 2000 se sont montrés intéressés à collaborer à de telles rencontres.« La première fois qu’ils participent, ils font face à une certaine insécurité, mais ils en ressortent toujours ravis d’avoireu l’occasion de bien saisir les préoccupations du public.Certains ont même confié que cette expérience a renouvelée Q leur façon d’envisager leurs pro-2 près travaux de recherche», poursuit Christian Riel.Six cafés scientifiques des ° IRSC se tiendront à Montréal en 2008.Vous êtes invités à veniry discuter des peurs reliées au vieillissement de la population, des aliments-médicaments ou de la santé des enfants et adolescents.Place aux débats ! i.Depuis une vingtaine d’années, le mode de production des connaissances a bifurqué.L’ensemble des nouvelles pratiques a été dénommé « mode 2 » par cinq théoriciens dans un ouvrage-clé : Michael Gibbons, Camille Limoges, Helga Nowotny, Simon Schwartzman, Peter Scott et Martin Trow, The new production of knowledge the dynamics of science and research in contemporary societies, Sage Publications, 1994.JOHANNE LEBEL Bar des sciences du Forum international Science et société de l’Acfas, tenu au Cégep Limoilou en novembre 2007.Quelque 250 cégépiens et une quinzaine de chercheurs ont participé à cet événement où l’on a discuté des relations entre science et progrès.^[-"DÉCOUVRIR I FÉVRIER-MARS 2008 la fine pointe LORÉAL CANADA La Recherche L’Oréal collabore avec des équipes de recherche dans plusieurs pays à travers le monde.Le poil, ce mal-aimé, serait-il l’un des secrets les mieux gardés de la santé de la peau ?C’est ce que croit le biologiste Bruno Bernard, du laboratoire L’Oréal Recherche.Son équipe, avec quelques autres, a découvert que les follicules pileux, à la base du poil, contenaient des cellules souches particulièrement intéressantes.Le secret ?Ce sont elles ! Les cellules souches adultes, tout comme celles d’un embryon, ont la capacité de produire une grande variété detis-sus matures.Ainsi, celles du follicule pileux peuvent reconstituer à partir de rien toutes les cellules qui sont nécessaires à la fabrication du poil.Ce sont elles, par exemple, qui permettent aux cheveux de repousser après un traitement de chimiothérapie.Mais ce n’est pas tout.Elles peuvent aussi évoluer naturellement en cellules d’épiderme, la couche superficielle de la peau.D’où leur importance, car elles participent ainsi à cette fonction essentielle qu’est la cicatrisation d’une plaie.Ce serait peut-être même «l’une des raisons pour lesquelles les mammifères que nous sommes n’ont pas perdu tous leurs poils au cours de l’évolution», suggère le chercheur.Mais au-delà de la spéculation, Bruno Bernard envisage qu’on puisse un jour greffer des follicules pileux chez des grands brûlés pour régénérer leur peau blessée.Éloge du poil.et de ses cellules-souches Cependant, il voit encore plus loin.On sait aujourd’hui que si l’on soumet les cellules souches de follicule pileux à différentes substances, elles sont capables de se différencier en muscles, os, cellules sanguines ou nerveuses.« Tous ces tissus seraient produits à partir de follicules prélevés sur le patient qui en a besoin.Il n’y aurait donc pas de problème de rejet.Et on pourrait même penser à créer des banques de follicules congelés», propose Bruno Bernard.Présentement, pour obtenir des cellules souches, on doit les prélever chez un embryon.Et comme cette opération le détruit, elle soulève de la controverse danscertains milieux.Partir de cellules souches d’adultes permettrait de contourner ce problème.Mais avant d’en arriver là, pour remplir leur rôle au quotidien ou.en médecine régénérative, les cellules souches ne doivent pas s’être déjà transformées en cellules adultes au moment où on a besoin d’elles.Et c’est le rôle du follicule pileux d’y veiller.Il procure un environnement caractéristique, « une niche » comme l’appelle le chercheur, contenant des cellules et des molécules qui empêchent les cellules-souches de se différencier.Par ailleurs, lorsque la peau a besoin de nouvelles cellules pour fabriquer de l’épiderme, souche comme sa mère.Ainsi, même en fournissant des cellules adultes, la population de cellules-souches reste stable.Quant à la cellule-fille destinée à se différencier en épiderme, elle devient d’abord une cellule progénitrice, c’est-à-dire engagée dans une voie de spécialisation, pas encore mûre, mais encore capable de se multiplier pourfournir une grande quantité de cellules épidermiques.Ce genre de cellules progénitrices se retrouve aussi dans le derme, la couche de peau sous l’épiderme.«Mais nous les connaissons encore mal, admet Bruno Ber-^ nard.Cependant, il sem- X i* ble que leur nombre di-5 minue avec l’âge.Nous « cherchons donc à trou-p ver une façon de les ° maintenir au cours du O ____________________________________________E vieillissement.» Il ne Dans la gaine épithéliale externe du follicule s’agit plus ici de guérir pileux humain se trouvent des « niches » conte- .nant des cellules-souches, sous la forme de deux OLI de greffer, mais bien reservoir distal / reservoir proximal anneaux cellulaires.une cellule souche se divise en deux cellules-filles différentes.Seule la première se multipliera en cellules épidermiques.La deuxième restera une cellule- de prévenir.Toute cette recherche aboutira-t-elle à une crème cosmétique contenant des molécules destinées à garder ces cellules progénitrices en santé?Ce serait vraiment au poil ! BRUNO LAMOLET 53 DECOUVRIR | FEVRIER-MARS 2008 ASSOCIATION DE L'ALUMINIUM DU CANADA L'Association de l'aluminium du Canada (AAC) regroupe les trois entreprises productrices d'aluminium de première fusion ; ces entreprises exploitent onze alumineries au Canada, dont dix au Québec.Aluminium en production 54 L’industrie de l’aluminium fait face à de grands défis : hausse de la demande pour le métal, coûts d’énergie trop élevés, prix fluctuant de l’alumine (oxyded’aluminium), émissions de C02, etc.C’est que les procédés qui transforment le minerai bauxite en alumine, puis en aluminium, consomment argent et énergie.Les membres du Centre de recherche sur l’aluminium - REGAL, un réseau de six universités, un cégep1 et i8 membres associés provenant des secteurs public et privé, et subventionné par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), se penchent donc sur ces procédés de production pour les rendre plus efficaces et plus économiques.Ainsi, Lâszlô Kiss, professeur au Département des sciences appliquées de l’Université du Québec à Chicoutimi (UOAC) et coordonnateur de l’axe de recherche Production de l’aluminium du REGAL, s’affaire avec des collègues de l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke et l’École Polytechnique de Montréal à mieux comprendre les procédés de réduction électrolytique de l’aluminium dans les cuves d’élec-trolyse.« Nous développons un modèle mathématique pour prédire les fluctuations de voltage dans les cuves », précise M.Kiss.Ce modèle servira à décrire le mouvement des bulles de gaz (C02) dans la cuve.Celles-ci bloquent le passage du courant électrique dans l’électrolyte, une solution ionique, et génèrent du chauffage inutile.«Nous voulons savoir com- ment distribuer les bulles et les évacuer plus rapidement, signale le chercheur.Or, il faut tenir compte du fait que les bulles sont nécessaires pour brasser la solution électrolytique, distribuer l’alumine et assurer une homogénéité de l’électrolyte.» Le défi : « gérer » les bulles pour privilégier celles de petite taille.Résultat escompté : de l’aluminium de qualité à un coût moindre.Mais les cuves n’ont pas fini de mobiliser l’attention des chercheurs.Certains, parmi la quinzaine qui se penchent sur la production de l’aluminium, travaillent à améliorer les modes de construction et d’utilisation des cuves d’électrolyse pour les rendre plus performantes et, ultimement, diminuer le coût total de la production.«Nous collaborons beaucoup avec les alumineries Alcan, Alcoa et Alouette sur ce plan », note M.Kiss.Gervais Soucy, professeur au Département de génie chi- mique et biotechnologique à l’Université de Sherbrooke, étudie de son côté les matériaux de construction des cuves pour les rendre plus durables.En effet, celles-ci « vivent » de six à huit ans, dix ans tout au plus.Ensuite, il faut en refaire le revêtement.Une facture qui atteint entre 100 et 200 000 $ ! C’est également pour cette raison que Mario Fafard, directeur du REGAL et professeur au Département de génie civil à l’Université Laval, analyse le processus de démarrage des cuves, en collaboration avec des scientifiques de l’UQAC et de l’Université y de Sherbrooke.« Par ex- I E9 ES Québec es es IRSC «Hl MERCK FROSST ŒEEESB leSoleil DÉcouvRir sctfenrp dmovLIwî Science Mesurer la science BENOIT GODIN Chercheur INRS-Urbanisation, culture et société De la régularité statistique 2^ * La statistique participe à la compréhension du monde, tout en évoluant avec elle.Ainsi en est-il de la statistique sur la science, la technologie et l’innovation.Par exemple, la compréhension que nous avons de la science a depuis plus de ioo ans été définie par les statistiques destinées à la mesurer.D’abord, la statistique s’intéressa au nombre de scientifiques, dès le milieu du 19e siècle.Ensuite, elle mesura l’argent investi dans les activités de recherche.Enfin, un ensemble plus varié d’indicateurs, regroupés sous le nom d’« économie» ou «société des connaissances », permit de complexifier la compréhension de la science.Il en va de même de la recherche.Au fil du temps, une conception bien particulière de la recherche s’est imposée.La recherche s’entend d'abord comme une activité de recherche et de développement (R-D), et principalement le dernier terme (développement), reflétant ainsi l’importance de l’industrie dans la comptabilité nationale.Ensuite, la R-D se doit d’être menée de façon systématique (ou régulière) pour être comptabilisée dans les statistiques.Enfin, la mesure de la R-D exclut un ensemble d’activités essentielles à là recherche, mais dites connexes à celle-ci.Dernier exemple des liens que tisse la statistique avec les objets ou concepts : l'innovation.L’innovation technologique renvoya d’abord à des statistiques sur l’invention.Aujourd’hui, une innovation est une invention qui est commercialisée.Elle peut être non technologique, telle l'innovation organisationnelle.Mais la statistique ne s’intéresse en général qu’à l’innovation réalisée dans les entreprises.Comment une statistique parvient-elle à s’imposer ?Premier facteur : une définition explicite du concept à mesurer a été développée.Ce travail en est un de longue haleine.Au départ, une mesure repose sur une définition floue de l’objet à mesurer, puis la définition acquiert une relative stabilité.Ceci grâce - deuxième facteur-à une méthode.En regard de la statistique officielle (gouvernementale), cette méthode est consignée dans des manuels méthodologiques de diverse nature ; les plus connus sont ceux produits par l’OCDE depuis le début des années i960 : le manuel de Frascati sur la R-D, le manuel d’Oslo sur l'innovation, etc.Un manuel méthodologique suggère des définitions des concepts à mesurer, une méthode de collecte des données, et des normes relatives à la production de statistiques comparables entre pays.Mais une définition et une méthode ne suffisent probablement pas pour pour imposer une statistique.Il existe un troisième facteur : la régularité.Si les statistiques officielles sont parvenues à imposer une vision de la science, de la technologie et de l’innovation, c’est parce qu’un ensemble de producteurs adhèrent aux normes relatives aux définitions et aux méthodes, mais aussi parce que les statistiques ainsi produites sont publiées régulièrement, offrant ainsi une source de données à tous ceux et celles qui désirent mesurer le phénomène ou parler en termes quantitatifs de la science, de la technologie et de l’innovation.Régularité ne veut bien sûr pas dire continuité par- faite dans les séries statistiques, puisque des changements constants affectent les définitions et les méthodes, rendant souvent les comparaisons dans le temps difficiles.Néanmoins, le fait qu’une statistique soit régulièrement produite, mise à jour et publiée systématiquement est une façon d’imposer cette statistique et la compréhension afférente de la réalité.En général, seuls les gouvernements et leurs bureaux statistiques disposent des ressources permettant de colliger, produire et publier des statistiques de façon régulière, ce qui fait de la statistique officielle un instrument influent de notre compréhension du monde.Produire et publier des statistiques de façon régulière fait de la statistique officielle un instrument influent de la compréhension du monde.56 ^["dÉCÔUVRIR I FÉVRIER-MARS 2008 | LIVRES JOHANNE LEBEL L'ÉTHIQUE DU vmmî *>»—.FRANCIS .L’ÉTHIQUE DU VAMPIRE : DE LA GUERRE D’AFGHANISTAN ET QUELQUES HORREURS DU TEMPS Francis-Dupuis Déri Éditions Lux 376 p.« [.] il existe en politique des empires que l’on pourrait nommer vempires, tant il est vrai qu’ils puisent leur puissance du sang des peuples, le plus souvent en prétendant vouloir leur bien ».C’est à cette « prétention » que s’est intéressé l’auteur, professeur de science politique à l’UQAM.Son ouvrage présente une analyse bien documentée du discours de justification de la guerre qui vise à faire accepter la violence et à camoufler d’autres intérêts.S’il s’attarde aux conflits des dernières années, de l’Afghanistan à l’Irak, sa réflexion est universelle et intemporelle.Après cette lecture, nous y regarderons à deux fois quand on nous parlera de « pacification » ou de «frappe préventive ».«miituilioii CONSOMMATION ET LUXE.LA VOIE DE L’EXCÈS ET DE L’ILLUSION Benoit Duguay Éditions Liber 147 P- Ce cri d’alarme contre le gouffre de l’hyper-consommation nous provient en direct d’une école de gestion.Rassurant.Benoit Duguay, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UOAM, analyse et critique la question du luxe sous les aspects tant psychologique qu’économique.Aussi, il examine ces excès tant du côté des producteurs que des consommateurs.Chez les deux groupes, il note « un ensemble de comportements exagérés, égoïstes, souvent irresponsables, voire destructeurs, massivement adoptés au nom du luxe ».Et il y a lieu d’être très inquiet de cette tendance si, comme le souligne Gilles Lipovetsky, cité par l’auteur, seul un cataclysme peut arrêter cette bulle.L’IRAN ( RH SI I DE RELIGIONS L’IRAN, CREUSET DE RELIGIONS.DE LA PRÉHISTOIRE À LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE Richard Foltz Presses de l’Université Laval 170 p.Ce livre, selon son auteur, est moins une « traduction exacte » qu’une révision à la française de son ouvrage Spirituality in the Land of the Noble: How Iran Shaped the World’s Religions, paru en 2004.Professeur au Département des sciences des religions de l’Université Concordia, ce chercheur nous propose ici un ouvrage tout destiné aux enseignants qui devront bientôt aborder cette question complexe de la culture religieuse.Si aujourd’hui l’Iran est à 99 % musulman, le pays a vu son territoire traversé par nombre de pratiques et, à lui seul, il constitue un cours d’histoire des religions : judaïsme, bouddhisme, christianisme, manichéisme, etc.-^ UN NOUVEAU PROGRAMME DE BOURSES : STAGE INTERNATIONAL V Le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) a le plaisir d’annoncer la mise en place d’un nouveau programme de bourses, réservé aux regroupements stratégiques soutenus par le Fonds.Le programme Stage international a pour objectifs de favoriser la mobilité internationale des étudiants inscrits au doctorat à temps complet dans une université québécoise et dont les travaux de recherche s’inscrivent dans la programmation ou les priorités de recherche d’un des 26 regroupements stratégiques soutenus par le Fonds.Les stages, d’une durée de trois à six mois, doivent se réaliser dans un des pays (Allemagne, Brésil, Chine, États-Unis, France, Inde, Italie, Israël, Japon, Mexique ou Royaume-Uni) ou une des régions (Catalogne, Flandre ou Wallonie-Bruxelles) prioritaires, tels que définis dans la Politique internationale du Québec.Ils peuvent également s’effectuer dans le cadre de projets multilatéraux ou s’inscrire dans les 6e et 7e programmes-cadres européens.Chaque bourse, d’une valeur maximale de 10 000 dollars, aidera à couvrir les frais de déplacement et de subsistance de l’étudiant ou de l’étudiante.Cette initiative prendra fin le 31 mars 2009.Fonds de recherche sur la société et la culture Québec ïï” www.fqrsc.gouv.qc.ca _______________________________________________________________________________________________________________________J 57 DÉCOUVRIR | FÉVRIER-MARS 20q8~J 3 point Albanie Leduc 1 e J 58 Une image vaut mille sons Il existe désormais une technique pour préserver la musique enregistrée sur microsillon des effets néfastes du temps et de l’usage.Avec un profileur optique à inter-férométrie à lumière blanche, un microscope ultrapuissant, Ichiro Fujinaga et son équipe balaient les sillons des disques longue durée pour en extraire une image informatisée tridimensionnelle.Puis, à l’aide d’un logiciel, ils arrivent à transformer cette image en son! Toutefois, avant que cette technologie ne soit implantée, il faudra raccourcir la durée du balayage, qui est actuellement d’environ 10 jours, jusqu’à 20 minutes de musique à la plus basse résolution.En tête, Université McGill Un meilleur avenir pour les garçons Plus de diplômes, moins de dossiers criminels.Les effets à long terme d'une intervention psycho-§ sociale auprès de garçons présen-S tant des troubles de comportement sont positifs.« Ils ont deux fois plus de chances d’obtenir un diplôme secondaire», soutient Rachel Boisjoli, du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP) de l’Université de Montréal.Une intervention précoce serait même favorable à leur réussite scolaire.C’est ce que révélait un récent article du GRIP paru dans le British Journal of Psychiatry.Alors que le groupe de contrôle affiche un tauxdediplomation de32 p.ioo, celui-ci grimpe à 45 p.100 chez ceux qui ont bénéficié de l’expérience, soit un tiers de plus ! Agence Science-Presse Panasonic World Solar Challenge En octobre dernier, des étudiants de l’École Polytechnique ont pu mettre à l’épreuve le résultat de deux ans d’efforts, soit leur véhicule solaire Esteban IV, capable d’atteindre 110 km/h en n’utilisant pas plus que l’énergie nécessaire.à un séchoir à cheveux.C’est en Australie, lors du Panasonic World SolarChallenge,que la seule équipe québécoise a relevé le défi de parcourir 3000 km dans le désert en 8 jours.Mais ce n’est pas sans péripéties que les étudiants ont obtenu la 14e place ^ sur 19 dans leur catégorie.g École Polytechnique de Montréal, www.polymtl.ca P Bébé naissant pesant.deviendra dominant Une étude menée sur des enfants de 19 mois par Pierrich Plusquel-lec a établi une corrélation entre la domination chez l’enfant et le poids à la naissance.L’expérience consistait à placer un jouet entre deux enfants qu’on laissait agir librement, pour voir lequel l’accaparerait.Le poids à la naissance o est un indicateur du développement prénatal, mais les causes précises de ce lien ne sont pas définies.Ce développement demeure néanmoins, selon le chercheur, « un élément prédictif de la domination à 19 mois entre enfants qui ne se connaissent pas ».Forum, Université de Montréal La géomatique au service du commerce O ®V>, Nicolas le Morvan, étudiant à la maîtrise à Sherbrooke sous la direction de Claude Caron, a créé un nouveau système géomatique pour aider les commerçants à s’implanter plus stratégiquement dans sa ville.Ce système d’analyse commercial vérifie d’abord, en fonction de l’écart entre l’offre et la demande, le potentiel global de marché pour un type de commerce.Ensuite, d’après l’endroit où sont situés les compétiteurs et les commerces complémentaires, et selon les données démographiques et géographiques sur les habitudes des consommateurs, il fait une évaluation géospatiale qui détermine le meilleuremplacement pour l’implantation du commerce.Liaison, Université de Sherbrooke Les maths : une immunité contre les jeux de hasard?Les chercheurs Marie-France Pelletier et Robert Ladouceur doutent de la pertinence d’informer les joueurs compulsifs au sujet des concepts de chance, de statistiques et de probabilités.Ils ont constaté par leur recherche sur le lien entre la connaissance des mathématiques et le comportement face aux jeux de hasard, que les personnes qui avaient une bonne connaissance des mathématiques ne jouaient pas plus rationnellement que les autres.Selon les chercheurs, « les erreurs commises par les étu- diants du groupe Mathématiques ne proviennent pas d’un manque de connaissances du hasard, mais de la difficulté à appliquer concrètement ce concept ».Au fil des événements, Université Laval ^["DÉCOUVRIR I FÉVRIER-MARS 2008 | Luc Gaudreau Luc Gaudreau étudie les mécanismes de transcription génique pour identifier de nouvelles cibles de traitement du cancer.Sauver des vies L'Université de Sherbrooke offre un cadre de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.• La position de tête parmi les meilleures universités canadiennes pour nos installations de recherche (recherche selon The Globe and Mail) • 65 chaires de recherche • Des budgets de recherche qui ont progressé de plus de 60 % depuis 2001 • 12 équipes, 28 centres et 4 instituts reconnus pour l’excellence de leur recherche entre autres en nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole • Près de 2700 personnes travaillant en appui aux activités de recherche • Des redevances de brevets parmi les plus élevées dans le réseau des universités canadiennes • La création de 26 entreprises actives et la détention de plus de 324 brevets établis ou en instance • Plus de 150 accords de coopération internationale avec 39 pays • Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle www.USherbrooke.ca/larecherche UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE UUQAM vous offre plus de 300 programmes d’études pour vous projeter dans l’avenir.^ Journée Portes ouvertes Samedi 2 février 2008, 11 h à 16 h uqam.ca UQAM Prenez position
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