Découvrir, 1 novembre 2008, Novembre-décembre
LA REVUE DE LA RECHERCHE DE L'ACFAS A-52Z BAnQ Messageries Dynamiques 0 5 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Numéro de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 40063507 - PAR 11055 77831300468705 ¦ L'AVENIR A BESOIN DE VOUS.POURSUIVRE SES ÉTUDES AUX CYCLES SUPÉRIEURS À L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL, C'EST : choisir parmi 400 programmes de 2e et 3e cycle, avoir accès à des mesures d'aide financière totalisant 63 millions de dollars, pouvoir travailler dans un des 350 centres et groupes de recherche rattachés à l'UdeM.fesp.umontreal.ca 514 343-6426 iTSi 'frrrr-r^.rHi Université de Montréal UMÉRO CINQ | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 4 MOT DU PRÉSIDENT DE L’ACFAS Pierre Noreau 5 PAROLES DE SCIENTIFIQUES Yvan Lamonde 6 MOT DE LA RÉDACTION Johanne Lebel 7 SCIENCE CLIPS SOS FAUNE SAUVAGE 7 • ATTACHEMENT SÉCURISANT : UN BON DÉPART 8 • JOURNALISME SCIENTIFIQUE SANS FRONTIÈRES 9 • SURPRENANT BABEURRE 10 • LES SŒURS GRISES EN 3D U • NEUROÉTHIQUE 12 • PORCS ET CITOYENS : PARTAGER UN MÊME TERRITOIRE 14 • CENTRE JEUNESSE ET APRÈS.15 • VERS DES THÉRAPIES •PLUS CIBLÉES 16 • UNE SCIENCE POUR LA COLLECTIVITÉ 18 • DIALOGUES SUR LE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL 20 • MON BOSS A-T-IL TOUTES LES QUALITÉS REQUISES?RÉINVENTER LES PAYSAGES AGRICOLES 24 • DONNER UN SENS AUX SCIENCES 26 • DES INITIATIVES LOCALES DANS UNE VISION GLOBALE 27 • 30 ENTREVUE SCIENCE ET SOCIÉTÉ JEAN-MARIE DE KONINCK ET ALBAN D’AMOURS : REGARDS PARTAGÉS Johanne Lebel 3/* RELÈVE LES TERRITOIRES DE LA FINANCE Louis Gaudreau DES FORÊTS D’HIER AUX TOURBIÈRES DE DEMAIN Annick St-Denis RECHERCHE 38 SCIENCE ET SOCIÉTÉ EN PRATIQUES Par le texte et par l’image, nous examinons dans ce dossier les relations multiples qui unissent la recherche à son milieu.Découvrir a rencontré des chercheurs et des acteurs sociaux : Nancy Neamtan, Guy Champagne, Yvon Fortin, Normand Mousseau, Redouane Megateli, Jérôme Elissalde, Maher Boulos, Patrice LeBlanc et Jean-Maurice Plourde.62 ZOOM DES PSYCHOTROPES POUR ÊTRE MIEUX QUE BIEN Valérie Levée 64 LA FINE POINTE L’ALUMINIUM SOUS LE MICROSCOPE DROIT ET NANOMÉDECINE 20 ANS DECRIM LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX : VULGARISER POUR MIEUX PRÉVENIR 68 RUBRIQUES PENSER LA SCIENCE LIVRES 70 LE POINT S DÉCOtJVRir •*rh MOT DU PRillPiWT PE t'AtfA» Science et société : des passerelles aux avenues L’histoire des sciences est traversée par un dialogue asymétrique entre la science et la société.On entretient ainsi facilement depuis longtemps l’idée d’une guerre latente entre l’expert et le profane, entre le chercheur et l’acteur de la vie quotidienne.Il n’y a sans doute rien de plus faux que ces oppositions qui font craindre le pire.La solitude du penseur et l’isolement de la science sont des mythes encore vivants et pourtant constamment contredits par l’histoire.Cette illusion est en partie le produit du décalage qui s’interpose entre chaque découverte et son usage social ou industriel, délai qui contraste avec le sentiment de transparence et d’immédiateté qui marque la société contemporaine.Résultat : le dialogue est loin d’être toujours facile ou acquis.Cette situation soulève le problème de l’imputation du monde scientifique et suppose qu’on rende compte de la pertinence et des retombées humaines, sociales ou environnementales de la connaissance.Mais derrière cette volonté généreuse s’imposent aussi nos consensus changeants.La science devient alors un espace de choix.Se pose ici le grand problème de notre communauté de destin.Nous sommes condamnés à vivre, les uns avec les autres, une destinée imprévue qui nous oblige à des choix dont nous ignorons l'ensemble des conséquences.Toute découverte induit forcément des effets dont on ne connaît pas a priori la nature.Nous vivons la condition d’un monde incertain.Et parce que les conséquences de ces choix nous affectent tous, il est raisonnable que nous en discutions ensemble.C’est un autre horizon du dialogue continu qui s’impose entre la science et la société.De la science « dans » la société.Les écueils, nombreux, relèvent trop souvent de l’idée d’une forme d’incompréhension inévitable entre le scientifique et le citoyen.Cette incompréhension appréhendée justifie à elle seule la nécessité d’une plus grande diffusion de la culture scientifique.Elle oblige cependant aussi le scientifique, le penseur à définir sa recherche comme une expression particulière de la citoyenneté.DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DfCOL/V/?//?, LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR LASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS AVEC LAIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, DE L’INNOVATION ET DE ^ .L’EXPORTATION (MDEIE).Québec n u RÉDACTION JOHANNE LEBEL PRODUCTION ISABELLE GANDILHON RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO EN PAGE COUVERTURE ÉRIC PICHÉ/PÉRISKOP RECHERCHE PHOTO ISABELLE GANDILHON JULIE DIRWIMMER IMPRESSION IMPRIMERIE JB DESCHAMPS DISTRIBUTION MESSAGERIES DYNAMIQUES PRÉPARATION POSTALE JONCAS POSTEXPERTS REDISTRIBUTION EN SALLES D’ATTENTE PRESSE COMMERCE CORPORATION CERTAINS ARTICLES DE DÉCOUVRIR PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS.S'ADRESSER À: DÉCOUVRIR 425.RUE DE LA GAUCHETIÉRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 2M7 TÉLÉPHONE: (514) 849-0045 TÉLÉCOPIEUR: (514) 849-5558 DECOUVRIRCPACFAS.CA WWW.ACFAS.CA DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’ACFAS ESTHER GAUDREAULT NOUS RECONNAISSONS LAIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS D’ENVOI POSTAL ET NOS COÛTS RÉDACTIONNELS 1 PAR L’ENTREMISE DU PROGRAMME D'AIDE AUX PUBLICATIONS ET DU FONDS DU I CANADA POUR LES MAGAZINES.Canada | LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR LAUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ.I TÉLÉPHONE : QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605 - PAP 11055.NOVEMBRE 2008 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, DERNIER TRIMESTRE 2008 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES / CHANTAL SAINT-DENIS TÉL.: (450) 227-8414 - info@publi-services.com DÉCOUVRIR REMERCIE SES PARTENAIRES FINANCIERS : CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT IN- I TERNATIONAL (CRDI), CONSEIL DE LA SCIENCE ET DE LA S TECHNOLOGIE (CST), CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIEN- K CES NATURELLES ET EN GÉNIE (CRSNG), FONDS QUÉBÉ- I COIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIÉTÉ ET LA CULTURE I (FORSC), FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC I (FRSO), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA I NATURE ET LES TECHNOLOGIES (FORNT), GÉNOME QUÉ- I BEC, INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE 1 (INRS), INSTITUT DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT EN AGROENVIRONNEMENT, UNIVERSITÉ CONCORDIA, ASSOCIATION DE CALUMINIUM DU CANADA, INSTITUTS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU CANADA (IRSC), CENTRE DE LIAISON SUR L'INTERVENTION ET LA PRÉVENTION PSYCHOSOCIALES (CLIPP), CRIM.Pierre Noreau Président de l’Acfas Par souci de l'environnement, cette revue a été imprimée sur du papier Enviro 100 pour les pages intérieures.Ce papier québécois fabriqué à partir de l'énergie biogaz contient 100 p.100 de fibres postconsommation.Il est également certifié Choix environnemental et Procédé sans chlore.L'impression est certifiée FSC et contribue à l'utilisation responsable des ressources forestières.DÉCOUVRIR EST ENTIÈREMENT RECYCLABLE.100% FSC Recyclé Contribue S l'utilisation responsable des ressources forestières www fsc.org Certno.SGS-COC-2319 O 1996 Forest Stewardship Council A 4 ^ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2qo8~| Pai/dle, Historien et citoyen PAR YVAN LAMONDE ‘ % ^ Le rapport entre la science et la société se comprend si on le formule en termes de rapport entre l’individu qui fait profession de chercheur et la société.C’est la seule sinon la meilleure façon de se rendre compte que la science est faite par des humains et non par de prétendus habitants de Sirius.Les sciences faites par des humains sont des sciences.humaines.Faites par eux, pour eux.De l’alpha à l'oméga.C’est le point de départ épistémologique de l’historien que je suis depuis 35 ans, que l’histoire soit une science humaine ou une science sociale.Les conséquences du mot de Lucien Febvre à l’effet que l’historien part toujours du présent pour interroger le passé, de SON présent, sont radicales, quand on s’y arrête.La première conséquence est une exigence, celle de connaître le présent, de s’y intéresser, de chercher à le comprendre malgré toutes les tentations, induites par le métier, de se confiner dans le passé et de s’abriter dans les dépôts d’archives et les bibliothèques.Savoir donc, avec la conscience le plus claire possible, dans quel présent plein on se trouve.De ce point de vue, l’historien n’est jamais très loin d’être un intellectuel.S’il l’est le plus souvent de façon critique et, souvent, avec hésitation, c’est qu'il connaît professionnellement l’épaisse couche de profondeur historique, de nuances qu’il faut traverser pour voir clair et pour ne pas tomber rapidement dans le banal domaine de l’opinion.La dialectique intellectuelle du binôme conscience et science est pour lui une donnée fondamentale, la condition de possibilité d’une pensée et d’une pratique éclairées.La conscience du présent ne peut pas ne pas être SA conscience du présent.Le sujet est jusqu’à nouvel ordre le point de départ de sa pratique.Il lui faut d’abord découvrir qu’il ne peut pas sortir, à volonté, de lui-même, ni être,comme l’écrivait le promoteur d’un certain positivisme, Auguste Comte, à la fois le passant sur la rue et celui qui d'une fenêtre le regarde passer.Je ne peux être transparent à moi-même lorsque je m’intéresse à Louis-Joseph Papineau, à Louis-Antoine Des-saulles, au père Georges-Henri Lévesque, à Gérard Pelletier ou à Pierre Vadeboncœur, quand je cherche à comprendre ce qu’ils ont écrit et fait ainsi que les raisons pour lesquelles je me suis intéressé à eux et non pas à d’autres.Le fil subjectif commence alors à paraître.La conscience et la connaissance de soi font partie des moyens de contrôle de l’objectivité d’une démarche intellectuelle et scientifique.À côté d’une connaissance impeccable de l’historiographie de son objet de recherche - qui a écrit quoi et pourquoi avant moi sur ce sujet - et de l'importance accordée à l'acte d’échanger et de communiquer de multiples façons pour mettre ses analyses et ses interprétations à l’épreuve.La preuve de la validité d’une telle position se trouve dans le constat suivant: ce n’est qu’une fois le chemin parcouru, son chemin, qu’on peut voir sa propre méthode, ses propres zigzags et ses propres bouts droits.On peut certes penser « qu’on se voit aller » sur le chemin, mais se met en place, parfois, du haut d’un belvédère temporaire, un regard de plus grande distance franchie dans telle direction.L’auto-analyse du cheminement scientifique me semble développer l’acuité de l’analyse à suivre.Je me suis expliqué à moi-même ce que mon histoire des idées au Québec de 1760 à i960 devait à MON présent, au débat sur la démocratie des années 1950 et i9601.Cette observation n’enlève rien à l’analyse, je pense.Au contraire, elle dit à partir de quel présent j’ai pensé l’histoire des idées, y compris des idées libérales qu’avait adoptées et promues ceux et celles qui se sont battus pour les libertés, pour la souveraineté populaire, pour la démocratie.Cette observation dit à quelle génération je peux appartenir; elle le dit aux générations suivantes pour que celles-ci sachent sur les épaules de qui elles construisent et pour éviter qu'elles (re)commencent avec les fondations.Comportement fréquent au Québec du « Je me souviens » (de quoi au juste) et du « Attendez que ^ je me souvienne ».« 1.Propos développés dans Y.Lamonde, Historien et | citoyen.Navigations au long o O cours, avant-propos de Claude ï Corbo, Montréal, Fides, 2008.Yvan Lamonde Département de langue et littérature françaises Université McGill Les sciences faites par des humains sont des sciences.humaines.Faites par eux, pour eux.De l'alpha à l'oméga.5 | DÉCOUVRIR | NQVEMBRE-DÉCEMBrÎIÔÔFJI Rencontres J/' “ri: MOT Di LA RÉDACTION Les 12 et 13 novembre prochains se tiendra à Montréal une « grande rencontre Science société » réunissant le milieu de la recherche et des acteurs sociaux d’horizons variés.Nous avons profité de l’occasion pour aller observer sur le terrain les pratiques de ce dialogue.Ainsi, dans ce numéro spécial, sous le couvert de l’organisation habituelle des sections et rubriques de Découvrir, vous trouverez une cinquantaine d’exemples témoignant des différents registres où se joue une recherche bien campée dans son époque, dans son milieu social et sur son territoire.De la valorisation du patrimoine par le multimédia à celle du babeurre destiné à l’industrie fromagère, de la recherche fondamentale sur le cancer aux pratiques de collaboration avec les Centres jeunesse de Montréal, la science n’échappe pas à sa collectivité.Nous n'avons pas eu à creuser beaucoup.Peut-être d’abord parce que toute science est humaine, comme le souligne l’historien Yvan Lamonde, mais aussi parce que les défis contemporains se traduisent par une demande sociale très forte pour de l’innovation tous azimuts.Si l’on veut bien saisir l’étendue de l’affleurement de cette recherche « contextualisée », il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici les conclusions du collectif The New Production of Knowledge paru en 1994.On y établissait que le mode de production du savoir était passé de pratiques disciplinaires, largement gouvernées par des problématiques que déterminait le seul milieu universitaire, à un mode transdisciplinaire orienté par le contexte d’application social, environnemental et économique.« Ce mode nouveau ne se substituera pas entièrement au mode traditionnel, mais il est en passe de devenir la dominante », soulignait l’un de ses auteurs, le sociologue et historien des sciences Camille Limoges, en 1996.Mais si on ne peut séparer la science de sa société, il faut l’en distinguer afin de lui assurer l’espace-temps dont elle a besoin pour évoluer.On ne commande pas les résultats de l'activité scientifique; la recherche n’est pas le développement.Ainsi, étant bien loin d'avoir fait le tour de la question, nous continuerons toute l’année en ces pages de réfléchir aux dynamiques « science et société ».Johanne Lebel Rédactrice en chef Les gestes de la recherche Dans le reportage photo qui traverse l’article « Science et société en pratiques », en page 38, nous avons voulu saisir les gestes qui rendent possibles ces pratiques.MODÉLISER ENSEIGNER PUBLIER DIRIGER EXPÉRIMENTER PARTAGER rÆmm Louise Royal et Lise Corriveau, de l’Équipe de recherche sur la coopération et le partenariat en éducation de l’Université de Sherbrooke Benoit Duguay, chercheur à l’UOAM, et son éditeur, Giovanni Calabrese, directeur des éditions Liber Gérard Beaudet, directeur de l'Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal La postdoctorante Nektaria Nico-lakis, au Laboratoire de recherches cérébrovasculaires de l’Institut neurologique de Montréal, dirigé par Édith Hamel Anne Frigon, chercheuse au consortium Ouranos, présentant des données lors d’une réunion de coordination de l’organisation Modélisation d’un bâtiment faisant appel à l’énergie solaire, réalisée par le Réseau de recherche sur les bâtiments solaires de l’Université Concordia 6 J^picOUVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 | pun-rnc o.r SCIENCE SOS faune sauvage Depuis les 50 dernières années, la redéfinition du paysage agricole québécois a favorisé le remplacement des petites cultures extensives, plus diversifiées et écologiques, par des cultures dites intensives.Ces dernières se caractérisent par d’imposantes monocultures de plantes annuelles (blé, orge, maïs) ou une concentration en haute densité d’animaux destinés à la consommation.Si cette industrialisation de l’agriculture a considérablement augmenté la productivité tout en diminuant le nombre d'hectares cultivés, elle a contribué, en contrepartie, à la dégradation de l’environnement, à cause entre autres de l’évolution des modes de production.En parallèle, les communautés biologiques avoisinantes subissent des changements dont les effets, qui diffèrent selon les types de cultures, de produits cultivés,d’élevages et de pesticides utilisés, restent à ce jour mal connus.Ce sont ces effets que tenteront de mieux documenter les chercheurs Dany Garant et Marc Bélisle de l'Université de Sherbrooke, Jade Savage de l’Université Bishop's et Jacques Brodeur de l’Université de Montréal.Leur projet, financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada (CRSNG), consiste à étudier les effets de différentes pratiques agricoles sur les populations animales sauvages, notamment chez les oiseaux insectivores.Pour ce faire, l’équipe procédera à l'analyse de plusieurs niveaux trophiques, c’est-à-dire qu’elle déterminera la position que les divers orga- nismes occupent au sein de la chaîne alimentaire-cequi implique dans ce cas-ci une fine compréhension des relations entre les prédateurs (oiseaux), lés proies (mouches) et les parasites (guêpes parasitoïdes).Leur terrain d'étude, le sud du Québec et plus particulièrement la Montérégie,est propice pour ce genre de recherche.Cette région présente un gradient d’intensification agricole : il s'agit d’un territoire où l’espace cultivé varie selon les types de cultures, et qui s’étend d’est en ouest sur 10 200 km2.La sur- face cultivée est occupée par 40 fermes, parmi lesquelles on trouve quelques cultures extensives, dans des fermes laitières et familiales, qui cèdent graduellement leur place à de grandes monocultures, où la mécanisation complète des modes de production côtoie l’utilisation abondante d'engrais fertilisants et de pesticides.« Alors que les pesticides visent d’abord et avant tout les insectes, ils sont par ricochet intégrés dans la chaîne alimentaire des oiseaux insectivores, notamment de l’hirondelle bi-colore.Toutefois, l’utilisation de ces produits n’est pas le seul facteur à considérer dans la modification des écosystèmes.Notre approche englobe plusieurs indicateurs de l’état de santé général des hirondelles, ce qui nous permettra d’évaluer leurs réponses à l’intensification agricole.Par exemple, la qualité nutritive et l’abondance relative des espèces de mouches, qui varient selon le type d’agriculture, influencent leur santé.Ainsi, la pertinence du modèle que nous utiliserons réside dans le fait que la biologie de l’hirondelle bicolore est intrinsèquement liée à celle des communautés d’insectes, elles-mêmes affectées de plusieurs façons par l’intensification agricole », explique Jade Savage, spécialiste en entomologie.La recherche permettra de constater les retombées des différents types de cultures agricoles sur l’ensemble de l’éco- $ système et non seulement sur O £ certaines de ses parties.« Nous ° serons en mesure de fournir < ^ aux politiciens et aux agricul- o teurs un portrait détaillé en termes d’impacts sur l’environnement; par exemple, nous pourrons leur dire quels types de cultures,de produits cultivés ou d’élevages se révèlent plus ou moins dommageables pour les écosystèmes.Cela conduira à la création d’outils de planification et de gestion du territoire afin d’assurer une protection plus efficace de la biodiversité dans les milieux agricoles », soutient la chercheuse.PIERRE PINSONNAULT "Cf L’hirondelle bicolore, un insectivore, est utilisée comme modèle pour évaluer les effets des pratiques agricoles sur la faune environnante.Sa biologie est intrinsèquement liée à celle des communautés d’insectes, elles-mêmes affectées par ces pratiques.7 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMB^ni 8 Attachement sécurisant : un bon départ Les Centres Jeunesse de Montréal - Institut universitaire (CJM-IU) ont reçu plus de 8 600 signalements pour maltraitance, dont environ 4 400 ont été retenus pour examen.La négligence représente plus de 50 p.100 de ces cas, loin devant les abus physiques (20 p.100) ou sexuels (7 p.100).Afin de transformer les comportements à long terme dans ce secteur, les CJM-IU ont récemment mis sur pied le Centre d’expertise en maltraitance.L’objectif est d’offrir une évaluation spécialisée des compéten- chercheuse espère recruter 120 familles signalées pour maltraitance envers des enfants âgés principalement de o à 2 ans.Dans son étude, elle veut vérifier l’hypothèse selon laquelle les interventions orientées vers l’interaction parent-enfant seraient plus bénéfiques que celles visant principalement le support ou le suivi individuel des parents, plus traditionnelles.En effet, on a constaté que l’amélioration des conditions de vie des parents n’avait pas nécessairement un effet sur le développement de l’enfant.Cette comportements en situation de stress.L’attachement sécurisant, par exemple, s’installe dans un contexte où le parent est sensible aux signaux de son enfant et y répond de manière adéquate.Par exemple, si l’enfant va vers la mère et qu’elle lui tend les bras, cela le conforte dans cette approche et favorise sa régulation émotionnelle.Le type d’attachement que l’on rencontre le plus souvent chez les enfants maltraités est l’attachement insécurisant désorganisé.Il s’installe lorsque le parent démontre des comporte- Dans les cas de maltraitance d’enfant, l'interaction parent/enfant est particulièrement étudiée.Plus précisément, on s’intéresse à la notion d'attachement sécurisant, lequel s’installe dans un contexte où le parent est sensible aux signaux de son enfant et y répond de manière adéquate.Dans les cas de maltraitance d’enfant, l'interaction parent/enfant est particulièrement étudiée.Plus précisément, ces parentales, y compris les capacités de changement des parents à la suite de courtes interventions.Chantal Cyr, professeure au Département de psychologie de l’UOAM, a entrepris de qualifier et quantifier l’efficacité de ces évaluations spécialisées.Soutenue financièrement,entre autres, par le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO), la hypothèse s’appuie sur la théorie suivante : l’attachement sécurisant est un facteur clé de protection et de résilience dans le développement de l’enfant maltraité.Selon cette théorie,formulée par John Bowlby, l’enfant développe sur la base de ses interactions avec son parent des stratégies d’attachement visant à organiser ses émotions et ses ments insensibles, telle l’hostilité, qui activent la peur chez l’enfant.Lorsque celui-ci tente d’accéder à sa mère pour apaiser sa détresse, il peut, par exemple, se figer sur place, s'approcher puis reculer, ou encore, démontrer des signes de peur.Sa source de réconfort devient à la fois sa source de peur.Le programme proposé permettra d’évaluer chaque famille pendant huit semaines.On mettra l'accent sur la rétroaction vidéo, qui consiste à filmer le parent et son enfant, puis à visionner et renforcer les séquences positives tout en soulignant graduellement celles qui sont plus problématiques.Si la mère est filmée alors qu’elle nourrit son enfant, qu’elle le regarde en souriant et qu’il répond par un sourire, l’intervenant ou l’intervenante lui montrera cette image afin qu’elle prenneconsciencede l’influence positive de son comportement sur celui de son bébé.Le parent peut ainsi apprendre à mieux reconnaître et interpréter les signaux de son enfant et à améliorer ses propres réactions.La méthodologie d’évaluation du programme consiste en des pré/post-tests destinés à estimer les capacités de changement du parent et les effets sur le développement émotionnel, cognitif et social de l’enfant.En formant les intervenants relativement à ces concepts et en évaluant les conditions nécessaires à la mise en place et à la réussite d’un tel programme, Chantal Cyr projette de construire un modèle reproductible dans d’autres milieux cliniques travaillant auprès de familles abusives ou négligentes.Cette étude fournira aussi des statistiques précises sur les facteurs de risque familiaux et individuels qui influent sur le développement de l’enfant maltraité, ce qui documentera les connaissances sur les précurseurs de la maltraitance et facilitera le dépistage de ce phénomène ainsi que l’amélioration des services préventifs.MATHILDE LOCH ER Ml DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2O08~| SCIENCE Journalisme scientifique sans frontières Godefroy Chabi, un jeune journaliste scientifique, se présente à l'accueil d’un institut de recherche.Il doit rédiger un article sur l’éducation et les droits de l’homme.Mais les chercheurs refusent de communiquer leurs informations, le journaliste doit présenter une requête par écrit.Ce qu’il fait.Godefroy Chabi n’obtiendra jamais de réponse.Une entrave intolérable aux libertés d’accès à l’information?Pourtant, c’est la vie quotidienne de ce rédacteur africain.Pour aider les journalistes scientifiques à surmonter des obstacles comme celui-là, la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (FMJS) a développé un programme de mentorat par les pairs grâce au soutien du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), du ministère du Développement international du Royaume-Uni et de l’Agence de développement international de Suède.Par le truchement d’une plateforme Internet d’échange de documents, les mentorés bénéficient de conseils et de recommandations de journalistes scientifiques chevronnés d’autres pays.Lancé depuis bientôt deux ans, le programme touche 60 journalistes scientifiques de 35 pays du Moyen-Orient et de l’Afrique.Godrefroy Chabi communique toutes les semaines par Internet avec son mentor, Gilles Provost, journaliste à Radio-Canada.Ils discutent de métho- des de recherche d’informations, d'angle de traitement, d’avancement de carrière.Ensemble, ils trouvent des manières de contourner les obstacles, et gagnent parfois quelques batailles.Par exemple, il y a quelques mois, Godefroy Chabi a convaincu son rédacteur en chef de créer une rubrique Science au sein de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB), chose très rare dans les médias du pays.« Les organismes de presse sont assez indifférents à la science, il s'agit pour eux d’une discipline accessoire.Ils préfèrent la politique ou la culture.Il faut les éveiller à cela », témoigne le journaliste.Grâce au soutien de son mentor, Godefroy Chabi a ac- quis une bonne crédibilité au Bénin, notamment depuis qu’il rédige des chroniques régulières sur le sida pour l'agence +news.« J’estime avoir terminé mon mentorat en 2007, lorsque j’ai reçu un prix de l’African Information Society Initiative dans la catégorie radio.Maintenant, j’ai trouvé ma propre identité, je suis reconnu pour mon travail et je suis capable de traiter des sujets en toute autonomie.» Godefroy Chabi et Gilles Provost communiquent aujour- d’hui comme des collègues, contribuant ainsi à la formation d’un réseau mondial de journalistes scientifiques.Ainsi, Gilles Provost a récemment aidé la toute nouvelle association des communicateurs scientifiques du Cameroun à concevoir son site Internet, et un de ses collègues participe à la création d’une association semblable pour l’ensemble des pays du Maghreb.« Le développement du journalisme scientifique est un cheval de Troie, une porte vers l’amélioration de la qualité des médias, et donc de la démocratie dans ces pays, précise Jean-Marc Fleury, directeur général de la FMJS.Les organismes qui nous soutiennent financent le développement d’une exper- tise scientifique locale.Notre rôle est de former des journalistes capables de diffuser les idées de ces experts pour générer un débat public pertinent localement.» JULIE DIRWIMMER Un programme de mentorat par les pairs, qu’appuie le CRDI, rapproche les journalistes scientifiques du Moyen-Orient et de l’Afrique de leurs homologues.On peut voir, de gauche à droite, Godefroy Chabi (mentoré), Marthe Kakou (ex-mentorée) et Gilles Provost (mentor), lors d’une rencontre à Nairobi, au Kenya.1 }'',V 9 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 ^ PHOTO : CRDI SCIENCE Y Surprenant babeurre Produit résiduel du barattage de la crème en beurre, le babeurre est demeuré longtemps le mouton noir de l’industrie laitière.Concurrent potentiel du lait écrémé dans la fabrication du fromage, il est pourtant rarement utilisé, car il modifie la texture du caillé, produisant un fromage plus humide et à la microstructure plus poreuse.Convaincu que le mal-aimé des sous-produits laitiers n'avait pas encore livré tous ses secrets, Yves Pouliot, directeur de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), s’est penché, en collaboration avec son équipe ainsi que Michel Britter, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada (CRDA, Saint-Hyacinthe), sur les moyens de le valoriser.« Le Québec produit chaque année 30 000 tonnes métriques de beurre, indique le chercheur, qui est aussi professeur au Département Sciences, aliments et nutrition de l’Université Laval de Québec.Chaque kilo de beurre fabriqué permet d’obtenir i kilo de babeurre liquide, dont 10 p.too de composants solides.Ce sont ces 3 000 tonnes annuelles d’éléments solides que nous voulons optimiser.» À l’heure actuelle, la majorité du babeurre est employée en nutrition animale, car il se dégrade rapidement.Seules les compagnies capables de le refroidir et de le sécher immédiatement, peuvent espérer l’utiliser dans l’alimen- tation humaine.Il peut alors remplacer la poudre de lait dans la fabrication du pain, ou le lait écrémé dans l’industrie fromagère.Cependant, les obstacles technologiques persistent et les producteurs et transformateurs de lait sollicitent les chercheurs pour les aider à mieux le valoriser.L’équipe a séparé les différents éléments solides du ba- beurre pour déterminer celui qui réduit la fermeté du fromage.« On a longtemps cru que le problème provenait uniquement des éléments phospholipides, précise Yves Pouliot.Cependant, en comparant du babeurre issu de lait pasteurisé et du babeurre de lait cru, nous avons découvert que la pasteurisation affectait également la texture finale.» En effet, les phospholipides du babeurre, principaux constituants des membranes cellulaires, sont solubilisés par la chaleur, ce qui dénature leurs propriétés émulsifiantes, un peu comme une mayonnaise qui ne prendrait pas.La solution consiste donc à isoler par microfiltration ces éléments perturbateurs.Et les phospholipides, peut-on les valoriser?Ces molécules possèdent des propriétés antioxydantes ralentissant le vieil- Récupération du babeurre dans une baratte.lissement des cellules neuronales.Or voilà qui intéresse le professeur Charles Ramassamy de l’INRS-Institut Armand-Frappier, également membre de l’INAF.Partenaire du projet grâce au soutien financier des producteurs laitiers du Canada, il étudie in vitro le comportement des cellules neuronales mises en présence d’un agent oxydant et auxquelles on ajoute des phospholipides du babeurre fournis par l'équipe d'Yves Pouliot.Si ceux-ci parviennent à ralentir l’oxydation des cellules cérébrales-et donc leur vieillissement -, ils pourraient offrir Vous avez dit « éthique »?Agence Science Presse - La recherche en thérapie génique, dont les résultats sont encore incertains, profiterait-elle de la pauvreté et de l’ignorance des populations locales?C’est ce que croient un bioéthicien de l’Université McGill et son collègue de la Carnegie Mellon University.« Les comités d'éthique doivent évaluer pourquoi les chercheurs choisissent des pays qui ne bénéficient pas d’accès médicaux pour ces études », indique Jonathan Kimmelman, professeur au Département d’éthique biomédicale de l’Université McGill.Dans une récente édition de The Lancet, les deux chercheurs relèvent de nombreux problèmes éthiques liés aux essais cliniques précoces réalisés dans les pays en voie de développement.rg* w Babeurre vu au microscope électronique.On distingue les micelles de caséine (formes rondes) et la membrane du globule gras du lait (forme allongée).Pour les chercheurs, il est difficile de séparer les éléments de cet ensemble hétérogène.DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 | PHOTO : ACADÉMIE NANCY-METZ Les Sœurs Grises en 3d des perspectives intéressantes, notamment dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.Une autre recherche, réalisée en parallèle, étudie les effets des phospholipides du babeurre sur l’assimilation du cholestérol par l'organisme.Leurs propriétés émulsifiantes interagissent avec le cholestérol d’origine alimentaire en réduisant sa solubilisation et par conséquent son absorption par le corps humain.Qu’ils agissent sur les cellules neuronales ou sur l’absorption du cholestérol, les phospholipides du babeurre offrent de belles perspectives de développement de nouveaux aliments fonctionnels, c’est-à-dire d’aliments qui procurent des bienfaits physiologiques au-delà de leurs propres fonctions nutritionnelles de base.Ces travaux de l’équipe du professeur Pouliot ont été financés grâce au Programme de recherche orientée et transfert technologique pour l’innovation en production et en transformation laitières par les organismes suivants : le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), Novalait, une corporation gérant les investissements en recherche et développement des producteurs et des transformateurs du lait, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), et enfin, Agriculture et Agroalimentaire Canada.MATHILDE LOCHER Achetée par l’Université Concordia en 2007, la maison mère de la congrégation des Sœurs de la charité de Montréal, communément appelées les Sœurs Crises, logera dorénavant à la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia.L'un des défis soulevés parce changement de vocation consiste en la sauvegarde du lieu historique qu’est la chapelle de la maison mère.Marielle Nitoslawska a trouvé une façon inédite d’assurer la pérennité de cet héritage culturel en mettant sur pied le projet multimédia Mouvements Possibles.de son travail de professeure, elle a aussi signé l’image ou la réalisation d'une cinquantaine de films et documentaires dont les deux plus récents, Sky Bones (1998) et Bad Girl (2001).Mouvements Possibles est un projet de recherche-création qui intègre de nouvelles technologies à la préservation du patrimoine culturel.Mixant des documents d’archives, dont certains films tournés entre 1930 et 1972 qui n’avaient jamais été classifiés, avec des reconstructions virtuelles des plans architecturaux originels, des anima- Pour mener à bien ce travail ambitieux,elle collabore,entre autres, avec Alison Reiko Loader, responsable du projet 3D, et plusieurs étudiants : Van Royko, Myriam Magassouba, Marie-Ève Fortin, Diego Rivera Kohn, Suzie Synnott, Glauco Bermudez, Katie Jung, Nancy Townsend et Jonathan Ng.Le projet va bon train.L’équipe a déjà terminé les expérimentations et tourné sous les quatre saisons, et ce, pour des questions de décors, d’ambiance, de luminosité, mais surtout pour marquer le passage du temps.Le but?Faire du projet un voya- Des films d’archives des années 1950 montrant la chapelle des Sœurs Grises de Montréal sont surimposés sur des plans 3D reconstituant la même perspective en différentes temporalités.Artiste-chercheuse, Marielle Nitoslawska est professeure titulaire à l’École de cinéma Mel Hoppenheim de l’Université Concordia et directrice de recherche-création pour Hexagram/Concordia.En plus tions numériques et des images tournées en HD, le projet allie histoire, architecture, culture et temporalité.Ce projet sera disposé au cœur même de la chapelle, qui ne servira plus aux offices religieux.ge ou l’on « vole » dans le temps et l'espace.Malgré son changement de destinée, l’héritage culturel laissé par les Sœurs Grises perdurera donc, mais sous une autre dimension.Une dimension DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 PHOTO : ALISON REIKO LOADER SCI E NC E WTffl 12 Neuroéthique ou la conception du temps est loin d’être statique.D’ailleurs, la temporalité, la mémoire et « l’esprit » des lieux sont des variables primordiales dans Mouvements Possibles.Si les Soeurs Grises avaient fait vœu d’aider les pauvres et les démunis de la société, comment Marielle Nitoslawska perçoit-elle son propre engagement?Les projets et les films auxquels elle a participé, explique-t-elle, ont souvent des préoccupations en lien avec les identités culturelles.Dans sa longue filmographie, on trouve également beaucoup d’œuvres qui portent sur l’art, l’ethnographie et - un de ses sujets privilégiés - sur le statut de la femme.À ce propos, la chercheuse s’emballe en évoquant le rôle joué par les religieuses dans l’histoire du Québec, son contact avec les Soeurs Grises lui ayant révélé la force de ces femmes en tant qu'intellectuelles, gestionnaires et artisanes de notre société.En plus de ce désir de valoriser l’histoire des femmes et d’ainsi les représenter comme une source d’inspiration, Marielle Nitoslawska prend position pour la relève.Ainsi, de concert avec l’institut Hexagram, Mouvements Possibles permettra la formation de futurs chercheurs en technologies de pointe.Finalement, l’angle invisible de l’héritage patrimonial l’intéresse particulièrement, c’est-à-dire qu’elle veut, grâce aux nouvelles technologies, raviver l’expérience de ces femmes en ce lieu.Expérience riche et féconde qui dépasse l’aspect habituellement fixe et figé dans le temps des projets de sauvegarde du patrimoine.ANNETHÉRIAULT La bioéthique occupe une place centrale dans la réflexion sur les pratiques scientifiques socialement acceptables.C’est que, d’une part, les sciences biologiques ont connu un développement fulgurant dans les dernières décennies et que, d’autre part, la possibilité de manipuler le vivant suscite des réactions très vives au sein de la société.Banques d’information généti- que, OGM, sécurité alimentaire, don et transplantation d’organes, utilisation des données biométriques ou encore procréation médicalement assistée, sont à l’ordre du jour.Ainsi que les « sciences du cerveau », qui aujourd’hui, en pleine expansion, soulèvent des enjeux dont la société doit se saisir.L’Unité de recherche en neuroéthique de l’Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM), soutenue entre autres par le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), travaille à partir d'une vision générale de ces problématiques émergentes.Tant la conduite responsable de la recherche que les relations médecin/patient,ou l'appropriation sociale des technologies, sont abordés.Un des projets de recherche de l'Unité traite des difficiles questions relatives aux patients en fin de vie et souffrant d’atteintes neurologiques graves.On recueille des témoignages de médecins aux prises avec ces situations, puis on analyse les décisions prises, afin de pouvoir émettre des recommandations éclairées par l’expérience.« Pour le médecin, le travail est délicat, car chaque cas est unique, du fait de la variabilité individuelle et de la complexité du cerveau », explique Éric Racine, directeur de l’Unité.Par exemple, certains patients se trouvent dans un état végétatif complet, mais présentent encore des cycles de veille/sommeil.Leurs yeux sont ouverts et bougent, alors que ces malades ne peuvent plus percevoir.Ce simple fait peut entraîner des tensions entre l'équipe soignante et les familles.JÊÊM Outre la dimension clinique, la neuroéthique traite aussi des usages de l’imagerie cérébrale, telle la résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).Des études sur la qualité de l’information transmise par les médias en matière de neurotechnologies de pointe ont montré que, bien souvent, l’IRMf donne une fausse impression de simplicité.« Ces images reposent sur des présupposés, des calculs statis- Une équipe de l'IRCM, dirigée par Éric Racine, étudie la perspective des chercheurs par rapport aux enjeux éthi ques liés à la neuro-imagerie, dont le tomodensitomètre (ou CT Scan) fait partie.A-*4 ¦ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 [ PHOTO : DON BAYLEY/ISTOCK SCIENCE tiques.Parfois, elles montrent des représentations moyennes des aires activées chez 20 patients, alors que les résultats individuels étaient tous différents », indique Éric Racine.Cette utilisation simpliste de la neuro-imagerie se retrouve aussi en éducation, où l’on teste l'efficacité de programmes d’apprentissage en comparant des images cérébrales avant et après l’assimilation des contenus.Dans le secteur juridique, on commence à utiliser ces images pourvisualiser des anomalies cérébrales chez certains criminels.Une firme américaine développe même un système dedétecteurde mensonge basé sur la neuro-imagerie.Dans un tel contexte, l’équipe de l’IRCM veut, entre autres, connaître la perspective des chercheurs relativement aux enjeux éthiques liés à ces pratiques.Les résultats de ces études neuroéthiques permettront de formuler des recommandations dans le domaine de la recherche tout comme dans celui des pratiques cliniques.« Nos rapports ont aussi pour but de clarifier les problèmes afin de proposer des consultations aux décideurs de tous les domaines concernés, que ce soit au niveau gouvernemental ou institutionnel, explique Éric Racine.Nous travaillons également à améliorer la compréhension du public quant aux enjeux éthiques, et à susciter le débat non seulement au sein de la communauté de chercheurs, mais aussi dans l’ensemble de la société.» PERRINE POISSON Le péril vert Agence Science Presse - Barrière de corail envahie par les algues, lac aux eaux claires qui verdissent.Gary Peterson, de la Chaire de recherche en modélisation socioécologique de l’Université McGill et ses collègues, se penchent depuis quelques années sur les liens entre l’agriculture et la dégradation de l’environnement.« L’agriculture industrielle multiplie les changements qui affectent le cycle mondial de l’eau.Elle pose des problèmes écologiques à l’échelle de la planète », s’alarme le chercheur.Sa modélisation des transformations radicales des écosystèmes - ecosystems flips - est parue dans une récente publication de la revue Trends in ecology & evolution.NOUS RECHERCHONS DES PASSIONNÉS.La recherche biomédicale vous captive?Depuis sa fondation en 1967, l’IRCM offre à ses étudiants diplômés et stagiaires postdoctoraux une formation de qualité et un accès à des infrastructures ultramodernes dans un environnement multidisciplinaire performant.Nos chercheurs, reconnus sur la scène internationale dans de nombreux domaines, vous préparent à une carrière scientifique prometteuse.Renseignez-vous dès maintenant au sujet de nos programmes d’études supérieures et de formation postdoctorale.Les possibilités d’obtenir une bourse sont aussi excellentes.y' V www.ircm.qc.ca admission@ircm.qcx:a (514) 987-5527 • Pierre Guiot-Guillain • Shuofei Cheng • Wafaa Lemsaddek • Malika Oubaha • Jonathan Richard Programme de formation de l'IRCWI en recherche sur le cancer (IRSC) £|RCM Institut de recherches cliniques de Montréal 13 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMB^r^W PHOTO : WIKIPÉDIA SCIENCE USB 14 Porcs et citoyens : partager un même territoire La production porcine du Québec n’a pas encore trouvé son point d'équilibre entre durabilité environnementale, rentabilité économique et acceptabilité sociale.C’est à cette recherche d’équilibre que s’emploie Stéphane Lemay.Ses travaux visent à améliorer les méthodes d’élevage tout autant qu’à informer adéquatement la population concernée.En collaboration avec de nombreux collègues et partenaires, ce chercheur en génie agroenvironnemental de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) travaille essentiellement à améliorer la relation entre recherches scientifiques et communautés locales.« C’est très important de tenir compte des besoins de la société dans nos recherches.Le but d’une production animale est tout de même le “bien-être ’’delà population,soutient M.Lemay.Une de nos approches, qui déjà donne des résultats, consiste à considérer les citoyens comme des partenaires dans nos études.Par exemple, nous avons mesuré l’acceptabilité sociale de deux méthodes d’épandage de lisier de porc : l’épandage en surface et l’incorporation directe dans le sol.Pour ce faire, nous avons invité les gens à venir assister sur le terrain à la démonstration des deux méthodes.Chacun a vu et senti la différence.Puis, nous avons divisé le groupe en deux.Nous avons alors questionné le premier groupe : l'acceptabilité sociale de l'in- corporation atteignait une valeur de 54 sur 80 contre 41 sur 80 pour l’épandage de surface.Pour le deuxième groupe, nous avons doublé la démonstration d’une séance d’information en salle.En jumelant la séance à l'incorporation, l'acceptabilité sociale a alors grimpé à 62 sur 80.On a donc pu cibler nos interventions.Notre rôle d’éclaireur transmettant des données basées sur des faits devient d’autant plus important.» Dans un autre projet, l’équipe de M.Lemay a mesuré, pour répondre à des inquiétudes, la qualité de l’air de six villages.Les résultats obtenus à ce jour durables.« Nous avons conçu un outil visant à protéger l’air, le sol et l’eau, soit un convoyeur à courroie qui sépare les fèces de l’urine.Ce système facilitant la gestion des déjections s’installe à l’intérieur des bâtiments et permet un meilleur contrôle des odeurs.Ainsi, la qualité de l’air s’améliore et les travailleurs sont mieux protégés.» On peut voir ici un réservoir à lisier ainsi que l’instrument permettant d'incorporer le lisier directement dans le sol observer que la transmission de données probantes avait un effet très marqué.» Intégrer l’opinion et l’expérience des personnes qui côtoient les fermes porcines permet aussi au chercheur de fournir des résultats plus adaptés.« Il est sain de remettre nos choix en question.Quand on est bousculé, on prend du recul et on doit justifier nos approches, ce qui permet de consolider notre recherche tout en restant le plus objectif possible.À force d’entendre des idées fausses et de l’information déformée, on en vient à mieux démontrent, de façon surprenante, que la qualité de l’air est équivalente indépendamment du fait qu’un village soit exposé ou pas aux gaz issus de la production porcine.Dans les six villages, les mesures en ammoniac (NH3) et en sulfure d’hydrogène (H2S) ne dépassaient pas les normes de qualité de l’air.L’étude se poursuit afin de confirmer ces résultats préliminaires.Parallèlement aux démarches entreprises avec les citoyens, le chercheur travaille avec les producteurs afin de rendre leurs pratiques plus Mais il n’est pas si facile de rendre acceptable une production tant critiquée, car les chercheurs font face à de multiples obstacles.D’un côté, la marge de manœuvre financière d’un producteur est tellement faible que les nouvelles méthodes doivent être, idéalement, économiques.De l’autre, beaucoup de facteurs sociaux liés à la culture, aux médias et à l’éducation doivent être considérés.L’important, pour se retrouver sur un terrain d’entente, est de travailler tous ensemble, citoyens compris.CAROLINE VÉZINA DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 PHOTO : STÉPHANE LEMAY Centre jeunesse et après.SCjiMCE BSE Quelle réalité se cache derrière le fait que 75 p.100 des jeunes itinérants ont eu affaire, dans leur adolescence, à un centre jeunesse?Pourquoi l’insertion sociale de certains jeunes adultes en difficulté est-elle si aléatoire?C’est pour tenter de répondre à ces questions que Marie Robert, sociologue et profes-seure au Département de psychoéducation et de psychologie de l’Université du Québec en Outaouais, a entamé une recherche sur les trajectoires d’insertion sociale de jeunes issus des centres jeunesse de l’Outaouais, et ce, après leur 18e anniversaire.Soutenue par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC),elle suit, sur une durée de 18 mois, le parcours d’une centaine d’entre eux, soit environ un sur quatre.Après un premier contact avant leur sortie, elle les rencontrera tous les six mois pour faire le point sur leur situation socioprofessionnelle.D’un rendez-vous à l’autre, certains auront disparu sans laisser d’adresse.« C’est une étude quantitative, à court terme et sur un petit échantillon de jeunes qui n’est pas représentatif de la réalité globale, commente la spécialiste de la fugue et de l’itinérance chez les adolescents.Mais on apprend des choses qui recoupent des données dégagées dans d’autres études que je mène de front ou qui émanent de l’étranger.» Les analyses préliminaires de cette recherche, qui s’étendra jusqu’en 2010, révèlent que la plupart du temps, le départ des centres jeunesse, obligatoire à l’âge de 18 ans, est vécu dans l’angoisse.Seuls 11 p.100 des jeunes échappent aux troubles de la conduite et à l’anxiété, parfois accompagnée de symptômes de dépression.Selon la chercheuse, 20 p.100 d’entre eux choisissent de réintégrer les familles dysfonctionnelles Désireuse de porter un regard positif sur le phénomène, la chercheuse s’interroge sur les facteurs de résilience et d’intégration qui peuvent aider ces jeunes et sur leurs dénominateurs communs avec leurs pairs.« On sait que dans les 20 dernières années, le temps de transition de l’adolescence rimentation peut être beaucoup plus dramatique.Et la chose qui me frappe le plus est que, nonobstant leur grande vulnérabilité psychosociale, ils ne disposent d’aucune ressource après leur séjour au centre.» Cette étude et les quatre autres que Marie Robert mène Le parcours des jeunes issus des centres jeunesse, après leur majorité, est très aléatoire et leur insertion sociale ne se fait pas sans embûches.- dont on les avait retirés, sans que leur retour n’ait été planifié ni négocié.Ils retrouvent ainsi des types d’interactions peu propices à leur épanouissement.« Plusieurs études chiffrent à 12 p.100 le nombre de jeunes qui se retrouvent à la rue à la sortie des centres jeunesse, déclare Marie Robert.Des chercheurs américains ont même posé un regard rétrospectif sur des trajectoires plus longues et là, les périodes d’itinérance varient de 20 à 36 p.100.» à l’âge adulte s’est allongé dans les sociétés occidentales, indique-t-elle.Il s’étire maintenant de 18 à 25 ans et parfois même, jusqu’à 30 ans.C’est une période d’expérimentation,de consolidation de l’identité, une période où ils prennent du temps pour se chercher.Plusieurs vivent alors des échecs sporadiques qui n’ont pas d’impact à long terme grâce au filet de sécurité qu’offrent les parents.Hélas, pour les jeunes issus des centres jeunesse, ce processus d’expé- sur l’itinérance des jeunes apportent et apporteront des données probantes qui devraient aider les organismes publics à mieux cibler leurs interventions.Dans cette optique, la chercheuse souhaite voir s’établir des programmes d’accompagnement des jeunes après leurs 18 ans comme il en existe, par exemple, en Australie et aux États-Unis.La prévention n’est-elle pas l’intervention la plus constructive et la moins coûteuse?FABIENNE CABADO 15 1 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBrFsoÔFBI PHOTO : JORDAN CHES8ROUGH/ISTOCK SCIENCE B!Q] Vers des thérapies plus ciblées 16 Le cancer est la deuxième principale cause de décès dans les pays développés, après les maladies cardiovasculaires.Malgré des efforts de recherche considérables, les moyens thérapeutiques actuels ne sont pas encore assez efficaces pour enrayer la maladie.C’est pourquoi l’étude des mécanismes qui règlent le fonctionnement de toutes nos cellules, et en particulier la détermination du rôle des cellules souches dans les cancers, est indispensable pour développer une classe de médicaments mieux ciblés.Comme l'explique Sylvain Meloche, directeur de l’Unité de recherche en signalisation et croissance cellulaire de l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, « il existe une population de cellules plus agressives que les autres dans les tumeurs, et elles sont responsables de la résistance aux traitements de chimiothérapie.Si l’on pouvait éradiquer ce petit noyau de cellules, les traitements auraient beaucoup plus de succès.» En utilisant une plateforme de criblage à haut débit d’ARN interfèrent en vecteur lentiviral, un outil de haute technologie, Sylvain Meloche et Daniel Lamarre, chercheur principal à l'IRIC et professeur au Département de médecine de l’Université de Montréal, proposent de cribler l’ensemble du génome pour trouver les molécules et les voies de signalisation qui contrôlent la prolifération et l’auto-renouvellement de ces cellules.Cette information permettra par la suite de repérer des gènes qui constitueront éventuellement de nouvelles cibles thérapeutiques.En fonction depuis le début de 2008 à l’IRIC, la plateforme de criblage fait appel à la récente technologie de l’ARN interfèrent (ARNi) et constitue une avancée considérable dans l’identification des gènes associés aux maladies.LARNi est une petite molécule d’ARN contenue dans les cellules, capable de se fixer sur un ARN messager et d’induire leur dégradation, réduisant au silence un gène codant pour une protéine.Le mécanisme d’interférence de l’ARN permet ainsi de sélectionner les gènes que les chercheurs veulent « éteindre » afin d’observer les caractères dont ils sont responsables.« Pour étudier un gène donné dans une cellule, illustre Carole Jabet, vice-présidente aux affaires scientifiques chez Génome Québec, on y introduit un ARNi synthétique qui se colle sur l’ARN messager et en bloque la fonction.La cellule ne contient donc plus le gène donné et on peut alors l’étudier par son absence.» Cette césure permet de mieux comprendre comment les cellules normales peuvent différer des cellules cancéreuses.Une observation d'autant plus possible qu’une des grandes forces de l’ARNi consiste en sa capacité à différencier deux ARN messagers de séquences très proches, par exemple un ARN messager normal et un ARN messager muté produit par une cellule cancéreuse.Cette spécificité ouvre une voie de développement pour des thérapies ne visant que la cellule malade sans per- turber les autres cellules saines de l’organisme.On élimine ainsi les effets secondaires.Bien que cette technique soit efficace, son utilisation à grande échelle représente un défi.« Il s'agit de comprendre le réseau cellulaire en son entier, soit 25 000 gènes au lieu d’un seul, explique Sylvain Meloche.Jusqu’à récemment, la technologie ne permettait pas d’effectuer automatiquement des Cellules Hela infectées avec des lentivirus contenant un shRNA.Les colonies de cellules Hela devenues résistantes à la puromycine sont colorées au cristal violet.* * % ** ifl| nFrnuvRiR | novembre-décembre 2008 | PHOTOS : KARINE AUDETTE, IRIC Cellules HEK293 transfectées avec le plasmide TurboGFP, un contrôle positif de transfection.Microscopie a) en contraste de phase b) en fluorescence.'.yfU' mm j.îV-'**, centaines de fois la même opération.Mais à l’aide de la robotisation et de banques d’ARNi, la plateforme permettra de répondre à ce défi.» Ainsi, ce sont plus de 15 000 gènes impliqués dans divers processus cellulaires qui pourront être identifiés et testés.« Ce processus de blocage de TARN messager par un ARNi nous aide à mieux comprendre la fonction de chaque gène à l’intérieur de l’ensemble du tissu, ajoute Daniel Lamarre.C’est une percée importante dans la compréhension des mécanismes des maladies et donc dans l’approche de nouvelles thérapies.» Actuellement, l’IRIC est le seul centre de recherche biomédicale au Canada à offrir cette plateforme technologique d’ARNi.Fondé en 2002, il réunit sous un même toit des outils de haute technologie ainsi qu’une SCIENCE équipe de spécialistes de renommée internationale provenant de plusieurs disciplines.Avec l’émergence de nouveaux outils technologiques et de nouvelles voies en sciences de la vie, comme la génomique et la protéomique, la recherche fondamentale s’est donc éloignée de l’étude traditionnelle des gènes, soit l’analyse de gènes individuels, pour se diriger vers une approche globale, appelée biologie intégrative des systèmes.Cette nouvelle science permet d’appréhender les processus biologiques comme un tout, au lieu d’en saisir uniquement certaines parties.Les spécialistes sont amenés à travailler sur divers aspects de la recherche sur le cancer, de la science fondamentale aux applications cliniques, ce qui conduit à la réalisation de travaux plus approfondis et donc plus prometteurs en matière de mise Des recherches cinq étoiles En regardant le ciel étoilé, qui ne s’est pas interrogé sur les origines et l’immensité de l’univers?Grâce à des données obtenues lors d’observations par téléscope et à l’aide d'un superordinateur récemment développé, un groupe d’astrophysiciens de LUniversité Bishop's, dirigé par le professeur Lome Nelson, essaie d’expliquer un des éléments-clés du casse-tête, les explosions des supernovae.Grâce à la puissance et au caractère novateur des outils scientifiques conçus pour le superordinateur, Bishop’s a pu convaincre des chercheurs d’établissements prestigieux comme le MIT et l’Université Oxford de collaborer au projet.À l’Université Bishop’s, les activités de recherche et l'enseignement de premier cycle vont de pair.Que ce soit en arts, en sciences humaines ou en sciences de la nature, nous sommes déterminés à relever les défis d'un monde en mutation.u x 1 v K R s l I F.BISHOP’S U N I V F.R S I T Y www.ubishops.ca Une petite université une grande institution DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMB^^W SCIENCE Une science pour la collectivité au point d’outils diagnostiques et de médicaments.Dans les années à venir, de nombreux chercheurs provenant de laboratoires privés et publics emploieront la technologie des ARNi dans leurs travaux.La création de cette plateforme génomique à l’IRIC n’a été possible qu’avec l’établissement de partenariats financiers, tant universitaires qu’industriels.Par ailleurs, la compagnie Sigma-Aldrich met à leur disposition son immense collection d’ARNi.« Ce projet confirme une tendance qui s’intensifie au sein de l’industrie pharmaceutique, à savoir le développement de nouveaux modèles de partenariat afin d’accroître la productivité et d'ajouter de la valeur grâce aux projets de recherche publics-privés, dit Daniel Lamarre.À l’IRIC, nous pouvons répondre aux besoins des grosses entreprises pharmaceutiques en assumant les aspects les plus hasardeux de la découverte de médicaments.Notre tolérance au risque est plus grande en raison du mandat que nous avons de créer des connaissances.» Selon les deux chercheurs, la multiplication des collaborations privées-publiques représente une clé importante pour accélérer la découverte de médicaments.SYBILLE PLUVINAGE Ces chercheurs manœuvrent dans l’instant infiniment court pendant lequel des processus physiques se déroulent à des vitesses effrénées.L’objet qu’ils utilisent pour exciter la matière et la faire courir en accéléré?Le photon.Grâce au laser « femto »,qui agit au millionième de milliardième de seconde, ils réussissent à augmenter la vitesse de la matière à des énergies vertigineuses en quelques centimètres seulement.Révolutionnaire, si l’on considère qu’avec la technologie précé- l’INRS-EMT.dente, le cyclotron, on mettait plusieurs kilomètres pour atteindre la même accélération.L’énergie ainsi gagnée et maîtrisée avec un outil compact permettra d’utiliser les particules photoniques pour traverser, par exemple, les tissus biologiques et s’attaquer avec précision aux cellules cancéreuses.La protonthérapie laser sera ainsi une arme redoutable dans cette lutte à finir contre la terrible maladie.Le laser femtoseconde a été mis au point à Varenne dans les laboratoires du Centre Énergie MatériauxTélécommunica-tions de l’Institut national de recherche scientifique (INR5-EMT).Ses usages vont des applications médicales aux techniques de communication ul-trarapides, et ces avancées témoignent, on ne peut mieux, des visées « science et société » au cœur de cet institut.« Les recherches réalisées au Centre EMT sont toujours dans l’esprit initial de la mission de l’INRS : une science orientée vers les besoins de la collectivité et développée en partenariat, avec des organisations du secteur public et privé.L’INRS, par exemple, a installé dès le départ un centre à Varenne pour être à proximité de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec et aborder les questions énergétiques, et un autre centre près de Nortel, pour les télécommunications.En fait, l'INRS a été fondé avec un objectif « société » très affirmé : tous les secteurs ayant besoin de recherches spécifiques pourraient être soutenus par une organisation de recherche nationale », souligne Jean-Claude Kieffer, spécialiste des lasers ultrabrefs et directeur du centre de recherche INRS-EMT.« Aujourd’hui, poursuit-il, il est intéressant de noter que les universités se sont rapprochées de l’INRS dans leur mission de recherche.Cet objectif de por- ter attention aux besoins de la société est maintenant presque tout aussi important pour la recherche universitaire que pour nous; en témoignent la présence des bureaux de liaison entreprises-universités (BLEU) et la multiplication des centres de recherches.De notre côté, nous avons consolidé le volet formation avec l’ouverture de programmes de 2e et 3e cycles.On voit là, dans les deux L’équipe du laboratoire ALLS (Advanced Laser Light Source) en plein travail sur un des lasers femtosecondes de mm» m '^ir DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 PHOTO : INRS-EMT SCIENCS Ma garde-malade est un robot milieux, le développement d’un modèle optimal qui permettrait d’innover rapidement et avec pertinence en demeurant près des besoins de la collectivité, et de façon permanente en s’assurant de transmettre ces expertises à la future génération.» Aujourd’hui, si l’esprit est toujours le même, les priorités de recherche et la clientèle de l’INRS-EMT ont changé.« Côté recherche, le Centre a ajouté la photonique aux télécommunications et à l'énergie.De plus, le portefeuille d’activités de ces secteurs s’est élargi, et nous travaillons dans des échelles de temps plus rapide, de trois à cinq ans.Nous avons abandonné les projets de type Toka-mak, qui duraient des décen- nies, mais nous conservons des activités de veille du secteur thermonucléaire.Côté clientèle, nous travaillons essentiellement avec des PME sur des projets à géométrie variable.L’approche se veut globale.Quand nous collaborons avec des entreprises, nous avons les moyens d’agir sur tous les plans, du développement de prototypes jusqu’à la valorisation.» Quant aux applications médicales du laser femtoseconde, elles progressent.L’hôpital Maisonneuve-Rosemont abrite présentement une petite version,plus manipulable,du laser utilisé au Centre EMT.D’ici deux ou trois ans, les essais chez l'humain devraient commencer.JOHANNE LEBEL Agence Science Presse - Le lendemain de son intervention à la hanche, Lise, une personne âgée, retournera à son domicile.Un robot l'accompagnera pour faciliter sa guérison.Issu d’un projet de téléréadaptation à domicile et manipulé à distance,ce robot permettra aux professionnels de la santé de connaître l’environnement de Lise : risque de chute, sécurité, escaliers, etc.« Ils pourront évaluer l'ergonomie du domicile et répondre aux besoins des bénéficiaires », annonce le professeur Boissy, du Centre de recherche en gériatrie de l’Université de Sherbrooke.La démographie vieillissante, le virage ambulatoire et le manque de professionnels assurent de beaux lendemains à la télésanté.Le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies Favoriser un meilleur dialogue entre les chercheurs et la société, une priorité pour le Fonds Nature et Technologies ! Le Fonds Nature et Technologies, un acteur de premier plan pour la diffusion de la science auprès du grand public: •Reconnaît et valorise les initiatives des chercheurs et des étudiants pour la diffusion des résultats de recherche; •Établit des partenariats avec des organismes de valorisation et de promotion de la science auprès du grand public, des communicateurs scientifiques et des médias.*Réf.: Orientation 4 do Plan stratégique 2007-2010 du FQRNT La mission du Fonds Nature et Technologies est de promouvoir et de développer la recherche, d'assurer sa diffusion et d'encourager la formation par la recherche, dans les domaines reliés principalement aux sciences naturelles et au génie.Pour en savoir plus, visitez notre site au www.fqrnt.gouv.qc.ca Fonds de recherche sur la nature et les technologies Québec EB EB EB EB 19 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 PHOTO : MICHEL CARON/UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Dialogues sur le développement territorial 20 Afin de favoriser le maillage entre les chercheurs et les milieux ayant des besoins de recherche, qu’ils soient gouvernementaux, communautaires, culturels ou industriels, le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FORSC) a mis en place le programme Actions concertées.L’une des préoccupations premières du Fonds est de maximiser ainsi l’utilité des résultats de recherche, en favorisant le sociaux et environnementaux sont devenus des variables tout aussi majeures de l’équation.Ce constat reflète un changement social majeurdans les manières cte penser et de faire.C’est dans cet esprit qu'a été entrepris le projet Dynamique de développement territorial de municipalités régionales de comté (MRC) au Québec et contribution du privé, dirigé par Christiane Gagnon, professeure à I’UOAC et potentiel, mais à faible développement, selon les termes du ministère des Affaires municipales et des Régions.« Cette recherche visait à mieux faire ressortir les facteurs de réussite, les blocages ainsi que le rôle des acteurs territoriaux tout en prenant comme marqueurtempo-rel l’Accord de libre-échange nord-américain, entré en vigueur en janvier 1994 », explique Mme Gagnon.Au-delà des seuls critères économiques, on évalue aujourd’hui la vitalité d’une région en y intégrant les aspects culturels, sociaux et environnementaux.On aperçoit ici le Musée de la nature à Sainte-Rose-du-Nord, dans la MRC du Fjord-du-Saguenay.AL! WPNPV .'rX-;"' transfert de connaissances vers les acteurs territoriaux.Au sein de ce programme, une équipe multidisciplinaire, formée de chercheurs de l’UQAC (Christiane Gagnon), de l’UOO (Serge Gagnon) et de l’UOAM (Luc-Normand Tellier), a mené un projet d’envergure portant sur les dynamiques de développement territorial au Québec.Aujourd’hui,on n’évalue plus le développement au moyen des seuls critères économiques.En effet, les facteurs culturels, responsable de l’axe Recomposition des territoires et développement durable au Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT).L’équipe de recherche a réalisé une étude empirique auprès de quatre municipalité régionales de comté (MRC), soit celles de Des-Collines-de-l’Outaouais et de Memphrémagog, qualifiées de « performantes » à fort développement, et celles de Papineau et du Fjord-du-Saguenay, dites « problématiques » à fort Cinq facteurs stratégiques ont été retenus : la localisation, l’intégration régionale, la maîtrise locale de l’économie, les liens entre les milieux ruraux et urbains au sein de la MRC, et le dynamisme endogène en matière de valorisation du patrimoine, de l’environnement et du capital social.Les recherches ont démontré, entre autres, que le facteur « endogène » est déterminant.En effet, si les acteurs territoriaux font preuve de dynamisme, de gouvernance participative et de vision à long terme, le développement territorial est possible et les obstacles, surmontables.Les chercheurs ont aussi noté que la contribution du privé au dynamisme du développement territorial est influencée par l’ensemble de ces facteurs, tout comme elle les influence.« Il ne s’agit pas d’une étude exhaustive, mais elle a le mérite de mettre en perspective une vision globale, en identifiant les conditions porteuses de développement territorial pour ces MRC, ces conditions ne se limitant pas à la croissance économique, mais incluant aussi la vitalité du capital social et la viabilité du capital environnemental », indique Mme Ga-S gnon.| Les résultats de cette re-£ cherche, disponibles en ligne à g www.uqac.ca/cgagnon, pro-5 cèdent d’une méthodologie § quantitative et qualitative : < ^ « Une fois les données statisti- Z S ques analysées et le diagnostic > territorial réalisé, nous avons O ° fait des entrevues collectives avec des représentants des MRC et des groupes sociaux pour partager avec eux les résultats, mais aussi pour les nuancera la lumière des contextes.» Il s’agit en quelque sorte d’une démarche de « courtage de connaissances », dans le sens où les résultats peuvent être utilisés à des fins de résolution de problèmes, voire de prise de décision.Les résultats ont aussi été présentés aux acteurs gouvernementaux et territoriaux, partenaires de cette action concertée de recherche sous la gouverne du FORSC.PERRINE POISSON ^ DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 | Pr Alexandre Blais invente le premier bus quantique, pièce maîtresse vers la construction de l'ordinateur du futur.UNIVERSITE DE LEADERS Pour dépasser les limites L'Université de Sherbrooke m’offre un cadre de recherche exceptionnel pour combler mes désirs de dépassement.• La position de tête parmi les meilleures universités canadiennes pour nos installations de recherche (selon The Globe and Mail) • 65 chaires de recherche • Des budgets de recherche qui ont progressé de plus de 60 % depuis 2001 • 12 équipes, 28 centres et 4 instituts reconnus pour l’excellence de leur recherche entre autres en nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole • Près de 2700 personnes travaillant en appui aux activités de recherche • Des redevances de brevets parmi les plus élevées dans le réseau des universités canadiennes • La création de 26 entreprises actives et la détention de plus de 324 brevets déposés ou délivrés • Plus de 150 accords de coopération internationale avec 39 pays • Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle www.USherbrooke.ca/larecherche UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE I 1=7 a •• \f^+3;t-5 Découvrir : Dans votre secteur, l'énergie éolienne, combien de PME ont recours à vous actuellement?Que faites-vous pour elles?Redouane Megateli : Nous menons actuellement une dizaine de projets, en collaboration avec des entreprises, dans le but d'adapter l'éolienne à notre réalité nordique.Par exemple, en partenariat avec deux entreprises, nous démarrons des projets visant à tester des tours météorologiques de 80 m afin de pouvoir faire en sorte qu'elles résistent au givre, aux vents violents et aux turbulences.Ces tours servent aux relevés météorologiques pour la prospection des gisements éoliens.Les données amassées permettent de calculer versité du troisième âge ou le projet SEUR (Sensibilisation aux études universitaires et à la recherche), qui cible les étudiants du secondaire.Il faut dire que les physiciens ont une longue tradition d'engagement social, qu'on pense à Albert Einstein, à Andrei Sakharov et à Hubert Reeves, par exemple.Il est certain que je dois également maintenir mes activités de recherche spécialisée.Cela ne me pose aucun problème, car je demeure d’abord et avant tout un chercheur.•* nord l’énergie que le site est en mesure de produire chaque année.Les tours actuelles de 40 m ne sont pas assez hautes.Pour que les mesures soient fiables, il faut que ces tours atteignent au moins la hauteur des rotors des éoliennes, dont le moyeu est situé entre 70 et 120 m du sol.Or, construire de hautes structures est compliqué, surtout quand elles doivent supporter les conditions nordiques.Nous étudions plusieurs pistes de solutions, par exemple des auto-dégivreurs installés à même les éoliennes.D.: Faites-vous de la recherche indépendante des besoins des PME, ou tous vos projets sont-ils développés en réponse à leurs demandes?R.M.: On fait les deux.D'un côté, dès notre première année d'existence, nous avons établi un programme de recherche avec nos partenaires du milieu de l'enseignement sur la base des besoins actuels et futurs de l'industrie éolienne.Nous voulons développer un savoir-faire et de l’expertise pour l'aider à solutionner ses problèmes 77e Congrès de l’Acfas m la science en français UNE AFFAIRE CAPITALE Université d’Ottawa I M 5 Mai 2009 Langue Envir Appel de propositions Communications libres » Colloques scientifiques » Activités spéciales Règlements et formulaires disponibles sur www.acfas.ca RECHERCHE particuliers.De l’autre, nous répondons à des besoins ponctuels.Par exemple, une entreprise nous a demandé de tester son générateur sur notre banc d'essai, capable de reproduire des conditions naturelles d'utilisation, ce qui permet entre autres de mesurer son potentiel de productivité 24 h sur 24.D.: Que reste-t-il à découvrir pour rendre les éoliennes performantes?R.M.: Il reste encore beaucoup à faire.L'Europe, principal fournisseur d'éoliennes ici et ailleurs dans le monde, compte 25 ans de R-D dans ce domaine.Or, ses produits ne sont pas adaptés à notre réalité géographique extrêmement contraignante.Par exemple, les anémomètres et girouettes, cerveau de l'éolienne en quelque sorte, gèlent et faussent les informations transmises à l'ordinateur central qui gouverne l'appareil, ce qui met en péril une machine de 2 à 3 millions de dollars! Ces éoliennes peuvent être productives, mais pas dans des conditions optimales.Nous étudions, par exemple, une technique de bombardement ionique de la surface des pales visant à les empêcher de retenir la glace.Bref, nous devons prendre en considération notre climat pour nous assurer que l'équipement résiste et optimiser la production.À mon avis, il faudra encore cinq à dix ans de recherche pour développer notre savoir-faire et l'exporter vers des régions encore plus nordiques, ici et ailleurs dans le monde.D.: Certains trouvent les éoliennes inesthétiques, bruyantes.Comment réagissez-vous à ces critiques?R.M.: À mon avis, chaque chose a un prix.Et le prix à payer pour l'énergie m & 29 septembre, 16 h 00, Montréal.Kontandrios Glymenakis, retraité, peint de mémoire paysages et natures mortes.Exposant ses toiles régulièrement, il considère sa pratique artistique comme son gage de santé.éolienne est collectivement beaucoup moins élevé que ce que nous « coûtent » les hydrocarbures, le nucléaire ou les centrales hydroélectriques.Par ailleurs, je ne suis pas convaincu que l'éolienne nuise au paysage.Enfin, j'aime mieux opter pour une énergie qu'on peut assumer dès à présent et pour le futur.D.: Pensez-vous que les recherches en cours améliorent d'une façon ou d'une autre la qualité de l'enseignement au Cégep de la Gaspésie et des îles?R.M.: Un groupe formé de chercheurs de Corus et de professeurs-chercheurs du Cégep travaille à développer un système amovible de givrage, une « grande girafe » qui puisse givrer artificiellement, à l'extérieur, des éoliennes de grande puissance.Ces travaux permettent entre autres de tester des systèmes de dégivrage installés à même les éoliennes.C'est un projet futuriste qui crée une interaction continue entre les participants d'un groupe multidisciplinaire.Et cela influence, améliore et enrichit les connaissances des professeurs, ce qui ce traduit dans un enseignement plus dynamique et plus à jour.D.: Êtes-vous suffisamment connus dans le monde de l’éolienne?Vous utilise-t-on à votre plein potentiel?R.M.: Pas encore.Nous sommes souvent présents comme conférenciers-dans les rencontres nord-américaines ayant rapport avec l'éolienne.Les Américains et les Européens s'intéressent de plus en plus à nous.Nous testons, par exemple, des instruments pour une compagnie américaine et une compagnie finlandaise.Nous commençons à avoir une certaine notoriété.Même si le gouvernement du Québec a déployé de grands efforts en implantant des programmes encourageant les PME à utiliser les CCTT, son engagement reste encore timide.L’énergie éolienne est un secteur très prometteur en émergence au Québec, il faut lui donner le souffle nécessaire.¦* « UN GROUPE FORMÉ DE CHERCHEURS DE CORUS ET DE PROFESSEURS-CHERCHEURS DU CÉGEP DE LA GASPÉSIE ET DES ÎLES,TRAVAILLE À DÉVELOPPER UN SYSTÈME AMOVIBLE DE GIVRAGE, UNE "GRANDE GIRAFE"QUI PUISSE GIVRER ARTIFICIELLEMENT, À L'EXTÉRIEUR, DES ÉOLIENNES DE GRANDE PUISSANCE.» — REDOUANE MEGATEL 50 DECOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 RECHERCHE i SANTÉ : QUESTIONS DE LONGÉVITÉ - L’allongement de la durée de vie doit mener à une éthique de la longévité, car nos choix individuels influent sur toute la collectivité.La recherche en santé, en mettant en lumière les mécanismes de vieillissement, nous aide à construire une telle éthique.Tout récemment, en collaboration avec d’autres chercheurs, Édith Hamel publiait un article-dé permettant de faire avancer la recherche sur les liens entre la santé vasculaire et le développement de la maladie d’Alzheimer.« Il apparaît que même très tardivement dans la maladie, on puisse normaliser la communication entre neurones et vaisseaux, ce qui pourrait retarder le développement des dysfonctions neuronales menant à la perte de mémoire.En effet, une bonne circulation cérébrale est essentielle au bien-être des neurones, car elle leur fournit les nutriments et l’oxygène dont ils dépendent à chaque seconde », souligne la chercheuse de l’Université McGill.3 septembre, 10 h 30, Université McGill.Une souris nage dans du lait à la recherche d’une plateforme où se poser.Cette expérience, réalisée au Laboratoire de recherches cérébrovasculaires, permet de qualifier les liens entre mémoire, pathologie neuronale et santé vasculaire.Jérôme Elissalde Arrimer médias et santé MATHILDE LOCHER « Redondante, fragmentée et contradictoire ».C'est ainsi que la majorité de la population juge l'information qu'elle reçoit en matière d'alimentation, selon une étude du Groupe de recherche Médias et santé (GRMS1) de l'Université du Québec à Montréal.Convaincus que cette confusion vient d'un manque de communication entre les professionnels des médias et ceux de la santé, les chercheurs de ce groupe organisent trois fois par an des rencontres avec, d’un côté, des producteurs, scénaristes et télédiffuseurs, et de l'autre, des organismes de santé publique, tels l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la Fondation des maladies du cœur, Kino-Québec, etc.« Ce n'était pas évident au début, car il nous fallait surmonter une certaine méfiance qui est monnaie courante entre les deux mondes, raconte Jérôme Elissalde, agent de recherche en valorisation et transfert de connaissances au sein du groupe.Les chercheurs et les professionnels de la santé craignent parfois que leurs propos soient déformés par les médias, et plusieurs d'entre eux ont une mésaventure à conter à ce sujet.Mais on leur a donné l'occasion de s'apprivoiser, et ils ont finalement découvert que tous partageaient le même objectif : mieux connaître l'impact sur le public des campagnes de sensibilisation relative à la santé.» Au début de chaque rencontre, les chercheurs du GRMS présentent des études en cours, puis la discussion s'amorce avec les participants.« Si la recherche porte sur les calculs de cotes d'écoute ou sur la prise de décision dans une salle de rédaction, ce sont les professionnels de la santé qui demandent des précisions, explique Jérôme Elissalde.En revanche, les questions viendront plutôt des professionnels des médias si on présente une étude sur les préoccupations de leur public cible - les adolescents et leur image corporelle, par exemple, ou le traitement de l'alimentation dans les téléromans.Ainsi, en écoutant la synthèse d'une étude réalisée à partir de 13 téléromans québécois, les scénaristes ont été très surpris du peu de diversité et de considération pour la santé que les séries télévisées véhiculaient en matière d’alimentation.L'étude rapporte, en effet, que sur 127 séquences évoquant un aliment, le café est le plus souvent cité (dans 36 p.100 des scènes), suivi par les boissons alcoolisées (24 p.100), loin devant les fruits et légumes (10 p.100).Le GRMS produit aussi de la documentation.Afin, par exemple, d’aider les scénaristes et les journalistes à s'informer sur les questions de santé publique, il prépare un relevé de faits saillants qui sera mis en ligne sous peu sur son site et sur celui de ses partenaires, notamment l'INSPQet la Direction de santé publique de l'Agence de la santé 51 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DECEMBRE 2008 RECHERCHE I Maher Boulos Mettre en marché I et des services sociaux de Montréal.Le groupe prépare également deux guides qui seront publiés début 2009.Le premier, destiné aux professionnels de la santé publique, proposera des conseils pour faciliter le travail avec les médias pendant les campagnes de sensibilisation.Le second, rédigé à l’intention des scénaristes, offrira des pistes de traitement des sujets en lien avec la santé, grâce aux techniques de veille documentaire par fils RSS en particulier, et proposera des outils pour intégrer ces sujets à leurs scénarios.« Au fil des rencontres, notre groupe reçoit de plus en plus de demandes pour de nouvelles études, se réjouit Jérôme Elissalde.C'est ainsi que l'organisme Acti-menu nous a demandé d'analyser l’impact de la campagne Défi santé 5/30, qui incite le public à consommer cinq portions de fruits et légumes et à faire 30 minutes d'activité physique par jour.« Finalement, notre rôle se résume à créer un pont entre les mondes des médias, de la santé et de la recherche, à les aider à tisser des liens, puis à s'effacer, conclut l'agent de recherche.Ainsi, même si le groupe venait à disparaître, le réseau existant pourrait continuer à se développer.» ¦* i Dirigé par la Dre Lise Renaud, le Croupe de recherche Médias et santé (CRMS) de l’UOAM est une unité pluridisciplinaire dont les travaux portent sur le rôle des médias dans le façonnement des normes sociales de santé.GUY SABOURIN Maher Boulos est un spécialiste de renommée internationale en recherche et applications relatives au plasma inductif.Un plasma se crée lorsqu’un gaz devient tellement chaud que ses atomes libèrent des électrons; ionisé, le plasma est conducteur d'électricité.Certains plasmas se forment dans le Soleil alors que d'autres peuvent être produits, par exemple, à l’aide de générateurs à décharge inductive tels que les torches à plasmas.Professeur au Département de génie chimique et directeur du Centre de recherche en technologie des plasmas à l'Université de Sherbrooke, Maher Boulos a fait le saut dans le monde industriel il y a 18 ans en fondant Tfekna Systèmes Plasma inc.Aujourd'hui, cette compagnie est considérée comme un leader mondial dans la technologie des plasmas inductifs formés à l’aide des torches à plasmas.Les résultats issus des laboratoires de Tekna sont utilisés à travers le monde dans les procédés industriels de densification des poudres, la synthèse des poudres nanométriques, ainsi que la déposition de couches protectrices et pièces de forme par projection des plasmas.L'an dernier, M.Boulos a pris sa retraite de l'université; il continue à diriger son entreprise.f Découvrir : Comment devient-on homme d'affaires, tout en étant professeur et chercheur?Maher Boulos : J'ai appris au moins deux choses : que la persévérance est majeure quand on lance une entreprise et qu'il faut avoir une vision claire de nos objectifs.Au départ, en collaboration avec le Bureau de liaison entreprise université (BLEU) de l'Université de Sherbrooke, nous avons communiqué avec les utilisateurs potentiels de cette nouvelle technologie des plasmas.L'accueil fut plus que mitigé; certains n'y voyaient aucun intérêt.Mais en nous accordant une licence d'exploitation, le BLEU nous a permis de poursuivre nos efforts, fondés sur la forte conviction que cette nouvelle technologie avait sa place à l'échelle industrielle.Nous avons ainsi démarré notre propre entreprise, armés d'enthousiasme, de bonne volonté et d'optimisme.Le chemin fut long et plein de défis.Nous avons réussi grâce à notre ténacité.D.: Vous avez jugé que les entreprises pouvaient profiter de la technologie du plasma.En quoi, de quelle manière?M.B.: Par exemple, la technologie des plasmas inductifs décuple le niveau énergétique de la chimie du milieu dans un réacteur de synthèse.Elle donne accès à des températures très élevées ( + de 5 000 °C), qui permettent par conséquent de modifier la chimie.Nous pouvons alors fabriquer de nouveaux matériaux à haute valeur ajoutée, comme les nanopoudres de métaux et de céramique, ou préparer des matériaux sous forme de micro-sphères pour différentes applications technologiques.Cette technologie possède un grand potentiel d’applications dans les industries microélectronique, médicale, biotechnologique, cosmétique, chimique et aérospatiale.Les clients de Tékna sont répartis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.D.: Vous avez commencé avec la torche au plasma.Aujourd'hui, que vendez-vous à des clients comme la NASA, Hitachi ou le Commissariat à l'énergie atomique de France?52 ^J~DÏCC>UVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008~| echerche fondamentale M.B.: Le développement de cette technologie a connu trois phases distinctes.La première réalisation, la torche plasma, fut directement issue de l'université.Puis, nous avons proposé à nos clients de développer leurs propres applications à partir de cette technologie; nous leur fournissions des systèmes intégrés.La troisième phase, entreprise au tournant des années 2000, concerne le développement de procédés intégrés en vue de la production industrielle de matériaux spécifiques.Par exemple, nous montrons à nos clients la manière de fabriquer des poudres nanométriques métalliques qui entrent dans la fabrication des composantes électroniques.Chaque téléphone cellulaire comprend environ 200 de ces composantes issues de technologies fournies par Tfekna.D.: Entre les univers commercial et universitaire, y a-t-il des similarités ou tout les oppose-t-il?M.B.: Il y a à mon avis beaucoup de similarités et, surtout, énormément de complémentarité.Le domaine industriel ne pourrait vivre sans le support des universités, et vice versa.C'est un grand privilège pour moi d'avoir eu la chance de contribuer au développement des deux secteurs.J'ai découvert que le contact avec le milieu des affaires a eu un impact positif sur la qualité de mon enseignement.Ma vision des activités universitaires a changé.D.: Vos étudiants peuvent-ils profiter de votre pratique industrielle?M.B.: Mon expérience industrielle m'a permis de mieux formuler les besoins de recherche fondamentale nécessaire à l'avancement de cette technologie.Plusieurs thèses ont ensuite été rédigées en rapport avec ces besoins.Les activi-tés des étudiants étaient plus pertinentes pour eux parce qu’ils pouvaient apprécier concrètement leur rapport avec l'avancement technologique en industrie.Aujourd’hui, cinq ou six de mes ex-étudiants ayant fait leur thèse sous ma supervision occupent l’un des 60 emplois de haut niveau chez Tfekna.D.: Que recommanderiez-vous à tout universitaire voulant commercialiser une innovation technologique?M.B.: Première étape, cruciale : trouver un partenaire industriel et travailler avec le BLEU pour obtenir les meilleures conditions d’exploitation possibles, ce qui augmente les chances de succès.Démarrer sa propre entreprise est une démarche lourde; les cinq premières années sont ardues; il faut être patient et déterminé.Une bonne idée ne fait pas forcément un grand succès commercial.Il faut être sûr que le produit apporte quelque chose de nouveau.Enfin, il faut garder le cap, c'est-à-dire savoir ce que l'on veut faire, où on veut aller, prendre les moyens d’y arriver et éviter de se perdre dans les détails.¦* L'Université Concordia axée sur les idées vouée à la découverte tournée vers le savoir anotecnnosog tôle du leadership transformationnel tudes sur le génocide héraoies par les arts h ouvernance DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 fA'*r& te PteîM t>£ COM www.magazinesdescieiice.com DECOUVRJf IScience Energies bifurquer dès maintenant ?^avec mis r Québec écouvrir I V3,99 / Débrouillards I 39,951 Les Explorateurs f 3W,95 1 Quatre Temps 3GJJG “J Québec Oiseaux / 2G33 ] Spectre f 31 SG 1 Nature sauvage I 17.95 1 Nature www.magazinesdescience.com W0N de AGENCE seteag?Nous reconnaissons le soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds du Canada pour les magazines, du ministère du Patrimoine canadien pour les coûts reliés à ce projet.Magazines du Québec Canada RiCHiRCHE Patrice LeBlanc Construire en synergie avec les collectivités CHANTALE DOUCET Aux prises avec un problème dans votre milieu, vous communiquez avec la Chaire Desjardins en développement des petites collectivités afin qu'elle réalise une étude sur la question.Après discussion, la Chaire acquiesce à votre demande, mais impose une condition : votre organisation doit s’impliquer dans le processus de réflexion et participer à la recherche.L'objectif?Favoriser la prise en charge du développement de votre collectivité.« La Chaire n'est pas Un survol de trois projets en cours en 2008 permet de mieux comprendre les formes d’associations qui existent entre le monde universitaire et différents acteurs sociaux.Le premier projet vise à conserver et à consolider des services d'animation jeunesse en milieu rural et s'appuie sur l'évaluation participante.« Cette démarche, explique Patrice LeBlanc, a amené les intervenants à réfléchir profondément sur leurs pratiques et à mieux organiser leurs ac- collectivités est un excellent vecteur de diffusion des résultats dans le milieu.À la demande des élus municipaux de la MRC de Témiscamingue, la Chaire participe, dans le troisième exemple, à la préparation et à l'animation de journées de réflexion sur des thématiques diverses telles que les enjeux entourant l'élection du préfet par les citoyens -alors que, traditionnellement, celui-ci est nommé par ses pairs.Les chercheurs préparent des documents syn- « LA CHAIRE N’EST PAS UNE BOÎTE DE CONSULTATION.NOUS VOULONS, AU CONTRAIRE,TRAVAILLER EN SYNERGIE AVEC LES COLLECTIVITÉS.» — PATRICE LEBLANC une boîte de consultation, souligne son titulaire, le sociologue Patrice LeBlanc.Nous voulons, au contraire, travailler en synergie avec les collectivités.» 1993.Après avoir participé aux États généraux du monde rural, et désireux d’inscrire la recherche au cœur de la réalité régionale, le recteur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamin-gue crée cette chaire de recherche.La région compte alors une forte proportion de petites collectivités ne dépassant pas 3 000 habitants, que Patrice LeBlanc définit comme des « peuplements d’appartenance ».Le Mouvement Desjardins, qui souhaite l'épanouissement des villages - environnement dans lequel plusieurs de ses caisses populaires sont implantées -, s'associe comme partenaire financier.tions.» Le projet n'est pas terminé que déjà des changements s'amorcent avec l'embauche d'une coordonnatrice régionale et la réalisation d’un plan de développement triennal.Lancé par le centre de santé et de services sociaux Les Eskers de l'Abitibi, à Amos, le deuxième projet a pour objectif d'évaluer les besoins en matière d’hébergement et de services connexes pour les personnes âgées en milieu rural.Le centre dispose des ressources humaines nécessaires pour réaliser le projet, mais la Chaire Desjardins assume un rôle d'encadrement scientifique, apportant un soutien éclairé et critique aux différentes étapes du projet : méthodologie, collecte de données, analyse.Emballé par les résultats, le centre organise un colloque qui mobilise plusieurs Abitibiens, signe que la recherche en collaboration avec les thèses qui font état des travaux sur la question en posant les pour et les contre, alimentant ainsi les discussions tout en éclairant, par la suite, le processus décisionnel.Il va sans dire que le soutien de la Chaire s’inscrit dans des processus de production de connaissances, d'acquisition de compétences et d'amélioration des pratiques fort profitables pour les collectivités.Un enrichissement qui profite tout autant au milieu de la recherche, qui se nourrit au contact des collectivités en mouvance, favorisant, du coup, l'émergence de nouvelles pistes de recherche.« Les centres d’intérêt des chercheurs demeurent étroitement liés aux besoins et aux questionnements de la société québécoise dans son ensemble », conclut le titulaire de la Chaire.« | DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 RECHERCHE Jean-Maurice Plourde Valoriser la haute innovation SYBILLE PLU VI N AC E Depuis une décennie, le secteur biotech-nologique québécois est en pleine expansion.Selon Statistique Canada, 30 p.100 des entreprises canadiennes de biotechnologie sont établies au Québec, soit plus de 180 moyennes et grandes entreprises publiques et privées.Elles emploient 4 500 personnes et ont réalisé en 2005 des dépenses de R-D dans la biotechnologie de l'ordre de 560 millions de dollars.Tbutefois, les moyens financiers et les capacités de valorisation des efforts de recherche disponibles actuellement se révèlent encore insuffisants pour assurer la croissance de ces entreprises, et particulièrement celle des PME du secteur.Compte tenu du risque lié au développement d'un produit biotechnologique, les entreprises éprouvent souvent des difficultés à trouver le financement nécessaire pour s'engager dans la phase de développement et de commercialisation.De plus, étant donné que plusieurs d'entre elles hésitent à s'engager dans une démarche d’innovation s'appuyant sur une valorisation des efforts de recherche, les liens entre les entreprises pilotant des projets novateurs, d'une part, et les activités de recherche universitaire, d’autre part, nécessitent la mise en place d'un climat de confiance.La création du Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB) constitue une première réponse à cette problématique.Depuis 1985, le CQVB s'applique à soutenir les PME en biotechnolpgie dès la première phase de leur développement.À l'aide de plusieurs actions, il stimule le transfert des connaissances scientifiques et technologiques au sein de ces PME au Québec.« Il s'agit à la fois d'encourager la démarche d'innovation et de soutenir les PME dans le secteur des biotechno- 56 [["découvrir I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008^ fogies, explique Jean-Maurice Plourde, président-directeur général du CQVB.Pour se distinguer des compétiteurs, les PME doivent utiliser de meilleures technologies et de meilleurs produits.» En premier lieu, le Centre s'est donné comme mission de faire connaître aux entreprises les nouvelles technologies par divers outils de diffusion et de ré-seautage.« Ces outils créent un lien entre les chercheurs et les industriels pour qu'ils puissent éventuellement développer de nouveaux projets, dit M.Plourde.Nous encourageons la coopération entre les acteurs du privé et les universitaires pour mieux répondre à leurs besoins respectifs, soit des attentes de résultats et de moyens.» En second lieu, le CQVB offre un soutien financier et un suivi professionnel aux PME des bio-industries pour qu'elles puissent amorcer le démarrage de leur entreprise et de leur projet technologique.« Commercialiser une biotechnologie, ce n'est pas comme démarrer une compagnie de crème glacée.Avant d’être en mesure de rentabiliser un produit donné, l'entreprise doit passer à travers un processus de développement long et coûteux, comportant des risques élevés », explique Louis P.Vézina, chef de la direction scientifique et cofondateur de la société de biotechnologie publique Me-dicago, une PME qui a ouvert ses portes en 1995.À l'époque, M.Vézina, alors chercheur à Agriculture Canada et à l'Université Laval, et plusieurs collègues se sont lancés dans la commercialisation d'une biotechnologie permettant le développement de vaccins et de protéines thérapeutiques de plantes non transgéniques.Cette technologie offrait des avantages importants en termes de rapidité d'exécution et de coûts par rapport aux technologies concurrentes basées sur les œufs et la culture cellulaire.Tbutefois, bien que leur technologie fût efficace et prometteuse, il fallait régler de nombreuses questions administratives et logistiques pour être en mesure de démarrer l’entreprise.« Ce sont ces questions qui découragent nombre de chercheurs », précise M.Vézina.L'équipe de Médicago a donc fait appel aux services du CQVB pour l’aider à établir son plan d'affaires et à trouver le financement nécessaire au démarrage de l'entreprise.« Comme il s’agit d'activités à haut risque, des mises de fonds importantes doivent être investies pour permettre la commercialisation finale », affirme M.Plourde.La première phase du développement du projet Médicago a été financée par le Centre.« Ce financement en amont du projet lui a donné l'occasion de démontrer qu'il existe un marché pour sa technologie et que son plan d'affaires est viable », ajoute-t-il.Par ailleurs, par le Fonds Bio-Innovation 2 septembre, 10 h 00, Montréal.Réunion de coordination de l’équipe d’Équiterre. RECHERCHE dont il assume la gestion, le CQVB finance des projets jusqu'à 2 millions de dollars.Ce n'est que lorsque l’entreprise atteint un niveau de confort assez élevé que la deuxième phase de financement débute, environ 18 à 24 mois plus tard.À l’aide de nouveaux programmes de financement et de centres qui, à l'instar du CQVB, assureront le lien entre les différents acteurs, le secteur des biotechnologies connaîtra des avancées encore plus rapides dans les années à venir.Au Québec, les activités de recherche sont actuellement foisonnantes dans de nombreux centres de recherche, comme l'INRS - Institut Armand-Frappier, l'Institut de recherches cliniques de Montréal, l'Institut de pharmacologie de Sherbrooke, le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université Laval et la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal à Saint-Hyacinthe.De plus, pour une partie des activités de recherche dans le secteur des biotechnologies, le Québec peut compter sur le réseau solide des centres hospitaliers universitaires ainsi que sur l’industrie pharmaceutique.Le transfert des connaissances scientifiques et technologiques vers les entreprises est la clé du développement des bio-industries au Québec.< Agence Science Presse Communiquer la Science 2.0 PASCAL LAPOINTE Pendant qu'aux États-Unis, toute l’attention se porte sur les scientifiques qui bloguent pour le grand public — dont certains avec un succès impressionnant — , d'autres expériences nous amènent à nous demander si les blogues, les « wikis » et tout ce mythique « Web 2.0 » ne débarqueraient pas au moment même où la communauté scientifique avait justement besoin d’un sérieux coup de pouce.Près de 2 000 scientifiques ou étudiants en science blogueraient actuellement sur une base mensuelle, hebdomadaire, voire quotidienne.Aux États-Unis, c'est dès 2003 que les plus audacieux comprennent combien le blogue ouvre une fenêtre inespérée : d'un côté, une partie inquiétante du public voit encore le scientifique comme un Prof Tôurnesol enfermé dans sa tour d'ivoire.De l’autre, la place que les médias allouent à la science est si mince — et elle rétrécit! — que les scientifiques ont peu d’occasions de renverser cette perception négative.Certes, les professionnels de la vulgarisation ont réalisé d’énormes gains depuis les années 1950-1960.Mais avec les progrès d’Internet, les scientifiques disposent désormais d'outils pour jeter eux-mêmes un pont vers le public : à la différence des outils « traditionnels » — conférences, bars des sciences, magazines, entrevues télévisées, etc.—, le premier venu peut s'approprier les nouveaux outils d'Internet; pas besoin de compétences informatiques, ni du moindre budget, ni d’une salle à louer.Mieux encore, ces outils peuvent s’intégrer dans le travail quotidien des scientifiques.POURQUOI BLOCUE-T-ON?Automne 2004.L'auteur de best-sellers Michael Crichton (Le parc jurassique) publie un roman, State of Fear.Sa trame : le réchauffement climatique constitue CLIMAT : PRATIQUES GLOBALES - Le climat est entré dans une phase d’instabilité et des réactions en chaîne à toutes les échelles de la biosphère bouleversent les habitats humains et naturels.Pour qu’on puisse bien s’adapter à ce changement, les actions sociales, individuelles et collectives doivent être multiformes et la recherche scientifique, transdisciplinaire.Côté « société », Équiterre coordonne de multiples projets dans les domaines de l’agriculture biologique, de l’efficacité énergétique et du transport écologique.Côté « science », le consortium Ouranos met en réseau près de 300 chercheurs issus d’une quinzaine de disciplines, qui développent des connaissances en matière d’enjeux et d’adaptation aux changements climatiques à l’échelle de l’Amérique du Nord.10 septembre, 13 h 30, Montréal.Réunion de coordination des responsables des programmes de recherche au consortium Ouranos.DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRnôôîrB RECHERCHE i 30 septembre, 15 h 00, Montréal.Luxe et consommation rue Ontario.un canular.Et l'auteur d'offrir une bibliographie afin d’appuyer ses dires! Pour une demi-douzaine de climatologues américains, c'en est trop.Ils lancent Real Climate, un blogue voué à donner l'heure juste sur le sujet.Aujourd'hui, c'est un des trois blogues scientifiques les plus populaires au monde.Ce blogue « répond au besoin d'une information brute et accessible, qui va plus en profondeur que les articles de journaux, mais est plus facile à comprendre que la littérature scientifique », résume un de ses fondateurs, Gavin Schmidt, spécialiste de la modélisation des climats à l'Institut Goddard des sciences spatiales.Thus les scientifiques et étudiants en science interrogés — que ce soit par l'Agence Science-Presse, qui a créé en 2005 les premiers blogues rédigés par des scientifiques en français, ou par Nature, qui suit de près le phénomène depuis 2005 — ont répondu qu’ils blo-guaient pour vulgariser leur savoir et pour parler de sujets dont, à leur avis, les médias parlent peu, ou mal.Mais attention : « vulgariser » ne signifie pas rejoindre l'auditoire de La Presse ou du New York Times-, même un billet spécialisé sur un blogue de génétique, s'il rejoint des juristes de la bioéthique ou des biochimistes, atteint du coup un auditoire plus large et plus diversifié.UN CARNET DE NOTES COMMUN Prenons OpenWetWare.Son but premier, en 2005, était de faciliter l’échange d'informations entre les étudiants de deux laboratoires en génie biologique au M.I.T., à Boston.Aujourd'hui, près de 110 laboratoires dans 60 universités sur les cinq continents sont des contributeurs autorisés de ce « wiki », c'est-à-dire un site où, comme Wikipédia, tous peu- vent ajouter du texte ou le corriger.Un carnet de laboratoire commun.Le risque de se faire voler ses données?Voilà qui ne semble pas préoccuper la généticienne Maureen Hoatlin, de l’Université des sciences et de la santé de l'Oregon, pour qui les avantages de l'outil — « m'aider à organiser toute cette information » — l'emportent sur les risques.À Philadelphie, le chimiste Jean-Claude Bradley, Franco-Ontarien d’origine, est engagé dans la même démarche.« Nous ne mettons pas juste [en ligne] ce qui a fonctionné, mais aussi les expériences qui ont échoué.» Ses étudiants de l'Université Drexel entretiennent un blogue très spécialisé, Useful Chemistry, et un wiki qui contient les données brutes.« Nous avons pensé que si nous ne pouvions pas utiliser les données, peut-être que d’autres leur trouveraient un usage.» À l'expression accès libre {open access), il propose d'ajouter open notebook, « carnet de notes libre ».DEUX DÉCENNIES D’ÉVOLUTION Cette évolution a commencé bien avant les blogues.En 1991, le physicien Paul Ginsparg, de l'Université Cornell (New York), lance ArXiv, un « serveur de prépublication » : le but premier est d'assurer à chacun un droit d'auteur sur une découverte ou une idée avant sa parution.Mais la conséquence, c’est un élargissement de l'auditoire.Depuis ce jour, ceux qui ont milité pour un accès libre aux données scientifiques (comme le groupe Public Library of Science - PLoS -, fondé en 2001) n'ont jamais cessé d'accumuler les victoires (déclarations d'intention des universités, appui des fl ( organismes subventionnaires, etc.).Cha- 1 ! que nouvel outil Internet élargit un peu I ( plus l'auditoire et ouvre un peu plus la I \ porte à des échanges entre scientifiques jusque-là séparés par des barrières géo- ?^ graphiques, culturelles ou scolaires.Même l'impérial processus de révi- 1 1 sion par les pairs se retrouve avec le | ‘ potentiel d’être enrichi.Pourquoi se 1 t contenter de deux ou trois commentai- 1 I res anonymes, quand on peut vraiment I s faire un appel à tous?Pourquoi attendre I t un an quand on peut entamer un dialo- 11 gue qui se mesure en semaines, voire en jours?I t « Et si le mantra d'avenir de la recher- I 1 che scientifique n’était plus Publier ou ; périr, mais Télécharger et partager ses J j données brutes, et Avoir un facteur d’im- fl t pact élevé avec son blogue — ou périr ?» Cette boutade, lancée par Nature en dé- I ( cembre 2005, risque de ne plus en être I e une dans 30 ans.j t L’organisme BioMedCentral a lancé I j dans cet esprit Biology Direct, en 2005.Et PLoS a lancé PLoS One en 2006 : les j i articles, après sélection, sont mis en j 1 ligne dans l'espoir que s'y fasse la véri- 1 s table révision par les pairs, grâce aux I 3 commentaires des visiteurs.À cette fin, 8 [ PLoS One a embauché en 2007 un web- j i mestre, l'étudiant Bora Zivkovic, cité ] j plus haut, dont la tâche est de « motiver » I a les visiteurs.Zivkovic était déjà connu 1 t comme un blogueur prolifique (science 1 \ blogs.com/clock/about.php), ce qui fut I s déterminant pour son embauche.« LES SCIENTIFIQUES, DÉJÀ PLUS NOMBREUX À OSER VULGARISER QU'IL Y A 30 ANS, VOIENT AVEC INTERNET UN NOUVEAU TERRITOIRE S'OUVRIR.» 58 BEdIcOUVRIR I NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008^ RECHERCHE CONSOMMATION : STOPPER LES EXCÈS - « La santé économique de nos sociétés repose sur une consommation effrénée qui, elle, trouve son moteur dans la construction d’une image de soi et d’un désir nourri par l’avoir de l’autre », commente Benoit Duguay, professeur-chercheur à l’UQAM et auteur d’ouvrages sur le sujet.Comment sortir alors de cette quadrature du cercle, alors que nous atteignons les limites des ressources naturelles, matière première de cette consommation?En prenant conscience, entre autres, des mécanismes psychosociaux qui la sous-tendent.Voilà où la réflexion des chercheurs à travers leurs écrits, par exemple, nous est utile, quand tout à coup l’on discerne plus clairerfient ce qui nous fait agir.5 septembre, 15 h 00, Montréal.Benoit Duguay rencontre son éditeur, Giovanni Calabrese, directeur des éditions Liber, en préparation d’un ouvrage sur les liens entre technologies et consommation.Sur le plan de la forme, il n’y a qu'une différence de degrés entre cet effort de PLoS One et un Real Climate qui se nourrit des contributions à la fois de ses auteurs et de ses visiteurs.Où passe la ligne entre le blogue spécialisé et le blogue de vulgarisation?Cette ligne n’existe, déjà plus.DANS 30 ANS?Mais jusqu'où cette évolution ira-t-elle?Pour l’Agence Science Presse, créatrice des blogues francophones Science! On blogue (blogue.sciencepresse.info), cette question a une connotation particulière, en cette année de notre 30e anniversaire.Lorsque nous avons commencé à produire de l’information scientifique pour les médias, en 1978, le joueur dominant dans la diffusion de ces données, c'était le journaliste, à titre de professionnel libre et indépendant.Or, depuis 30 ans : o les médias reculent sur tous les fronts (les salles de rédaction des journaux, des radios et des télés réduisent leurs budgets, la profession journalistique est de plus en plus composée d'employés précaires et, au Québec, la plupart des journalistes spécialisés en science sont incapables de survivre en ne traitant que de science); o tandis que l'industrie des relations publiques vit une croissance ininterrompue (les universités, les compagnies, et jusqu'aux hôpitaux et organismes subventionnaires embauchent des relationnistes ou investissent dans les communications et la promotion).En d’autres termes, depuis 30 ans, une bulle rétrécit, celle du journalisme, pendant que l'autre grossit, celle des relationnistes.Parallèlement, une troisième bulle apparaît : les scientifiques, déjà plus nombreux à oser vulgariser qu'il y a 30 ans, voient avec Internet un nouveau territoire s'ouvrir.Ils sont déjà des milliers à bloguer, à créer des wikis, à produire de mini-émissions de radio en baladodiffusion.Le journaliste scientifique Carl Zimmer racontait en 2007 une anecdote révélatrice de ce qui nous attend dans les 30 prochaines années : il achève à peine une entrevue avec un biologiste cellulaire que celui-ci est déjà en train d'en parler sur son blogue, où cela génère une discussion passionnée qui se répercute sur d’autres blogues.L’information se révèle plus riche et plus variée que celle contenue dans l'article du journaliste.qui ne paraîtra que quelques jours plus tard! Bémol : dans notre société, le journaliste est le seul à pouvoir creuser un problème controversé sans risquer d'être accusé de conflit d’intérêts.Si on se réjouit de voir des scientifiques jeter un pont vers un public élargi, on a toutes les raisons de s’inquiéter de ce qui subsistera, dans 30 ans, d’une information scientifique libre et indépendante.-« Pascal Lapointe est co-auteur avec Josée Nadia Drouin, directrice de l’Agence Science Presse, de Science! On blogue (MultiMondes, 2007), le premier livre en français sur les blogues en science.International Banque de textes normatifs Bulletin de nouvelles Éditorial Banque de données sur les enjeux éthiques, juridiques et sociaux EN GÉNÉTIQUE HUMAINE WWW.HUMGEN.UMONTREAL.CA 59 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 B LAURÉATS CHERCHEURS PRIX ACFAS - ADRIEN POULIOT Coopération scientifique avec la France Parrainé par le Consulat général de France à Québec et le ministère deA RelationA internationaleA du Québec PRIX ACFAS - ANDRÉ-LAURENDEAU Sciences humaines Parrainé par I'Ac/oa PRIX ACFAS - JACQUES-ROUSSEAU Multidisciplinarité Parrainé par leA PondA de recherche du Québec PRIX ACFAS - MARCEL VINCENT Sciences sociales Parrainé par Bell Canada PRIX ACFAS - MICHEL JURDANT Sciences de l'environnement Parrainé par CaAcadeA PRIX fcTMafeV 2008 L'ACFAS FÉLICITE SES LAURÉATS ET LAURÉATES PIERRE HARVEY PhotophyAique, UniverAitéde Sherbrooke Travaillant aux frontières de la chimie et de la physique, ce chercheur est un expert de la dynamique entre énergie et lumière, soit la photophysique.Ses collaborations avec des groupes de recherche de France lui ont permis d'effectuer de nombreuses découvertes menant à des applications allant de cellules photovoltaiques à la fabrication de matériaux captant la lumière.ROBIN YATES HiAtoire et étudeA eAt aAiatiqueA, UniverAité McGill Il y a une trentaine d'années, des découvertes archéologiques majeures, qui mettaient à jour des textes oubliés depuis 2000 ans, ont ouvert de nouvelles perspectives sur l'histoire de la Chine ancienne.Le lauréat a contribué à l'exploration de ce nouveau champ de recherche, un domaine jusqu'alors considéré comme quasi-anecdotique.PIERRE HANSEN Mathématique et geAtion, HEC Montréal Créatif et polyvalent, le lauréat est reconnu comme un des dix meilleurs chercheurs mondiaux dans son domaine.Passant d'un champ disciplinaire à l'autre, au gré de sa carrière, les résultats de ses travaux sont aujourd'hui appliqués dans des champs très variés dont le génie électrique, la biologie et l'intelligence artificielle.MAURICE TARDIF Éducation, UniverAité de Montreal La démarche de ce chercheur est très pragmatique : pouretudier et améliorer le système éducatif, il soutient qu'il faut pénétrer au cœur même du travail des enseignants dans les classes et les établissements scolaires.Les nombreuses études empiriques qu'il a menées sur le terrain lui ont ainsi donné une connaissance aiguë de la réalité du métier d'éducateur.RENÉ LAPRISE Climat, UniverAité du Québec à Montréal La plus grande contribution du lauréat a été de poser les bases de la modélisation climatique régionale en tant que discipline scientifique.Les méthodes numériques qu'il a mises en place sont aujourd'hui adoptées, entre autres, par le Canada, le Japon, la France et les États-Unis.Comme membre du Groupe d'experts intergouvememental sur l'évolution du climat (GIEC), il est l'un des lauréats du prix Nobel de la paix 2007. PRIX ACFAS - LÉO PARISEAU Sciences biologiques et sciences de la santé Parrainé par Merck FroAM MICHAEL KRAMER Pédiatrie, UniverAité McGill Le lauréat est reconnu comme un des meilleurs chercheurs en santé infantile à l'échelle internationale, et ce, tout particulièrement pour sa contribution à l'épidémiologie périnatale.Il a dirigé, par exemple, un vaste programme d'études démontrant les bénéfices de l'allaitement pour l'enfant, études qui ont littéralement modifié les politiques et les pratiques périnatales.PRIX ACFAS - URGEL ARCHAMBAULT Sciences physiques, mathématiques, informatique et génie Parrainé par l'AcfaA JAMES D.WUEST Chimie, UniverAité de Montreal Ce chercheur, fait rare, a fondé son propre domaine de recherche : la tectonique moléculaire.Cette méthode originale permet de bâtir des structures ordonnées à partir de molécules très singulières : les tectons.Ses découvertes ont eu un impact significatif, notamment en science des matériaux et en nanotechnologie, ouvrant ainsi un vaste champ de possibilités aux applications industrielles.LAUREATS ETUDIANTS-CHERCHEURS PRIX ACFAS - RESSOURCES NATURELLES Doctorat - Sciences naturelles Parrainé par ReAAourceA naturelleA Canada BENOÎT LAFLEUR ForeAterie, UniverAité du Quebec en Abitibi TémiAcamingue Parfois les méthodes de récolte forestière ne sont pas adaptées aux caractéristiques des peuplements forestiers exploités et limitent la croissance des arbres et la régénération des forêts.Alors, comment adapter nos pratiques sylvicoles afin d’assurer la régénération de nos forêts ?C'est le sujet de recherche de ce doctorant en sciences de l'environnement, travaillant sous la direction de David Paré et d'Yves Bergeron.PRIX ACFAS - DESJARDINS toutes disciplines Parrainé par la Fondation DeAjardinA Lauréate Doctorat MARIE CLAUDE RICHARD Service Aocial, UniverAité Laval La lauréate développe un projet de recherche sur la question de l’insertion sociale et le passage à l'âge adulte de jeunes ayant fait l'objet d'un placement en milieu de vie « substitut » jusqu'à leur majorité.Ce projet s'inscrit dans un contexte où le nombre de jeunes Québécois bénéficiant de mesures de protection de la jeunesse ordonnées jusqu'à 18 ans est en hausse.Lauréat Maîtrise ALI BRANSI Biologie cellulaire et moléculaire.UniverAité Laval Ses travaux visent à caractériser une protéine issue d'un virus mettant parfois en échec la fermentation du lait lors de la fabrication du fromage et à démontrer que cette protéine est un homologue d'une protéine humaine de réparation de l'ADN.Cela permettrait, entre autres, de mieux comprendre les mécanismes d'infection virale et de réduire les pertes de l’industrie fromagère.PRIX ACFAS - BERNARD BELLEAU Doctorat - Santé et pharmacologie Parrainé par lAcfaA HELENE BEAUDRY Ph\/Aiologie, UniverAité de Sherbrooke Cette jeune chercheuse étudie le traitement de la douleur chronique par des analgésiques d'un nouveau genre, les agonistes sélectifs delta.Ses recherches pourraient donc apporter à la fois l'espoir d'un soulagement plus efficace et d'une meilleure qualité de vie pour les quelque dix millions de Canadiens qui, à un moment ou l'autre de leur vie, souffrent de douleur chronique.Association francophone pour le savoir Pour en savoir plus sur les lauréats: www.acfas A c f a s ZOOMZOOMZOOMZOOMZOOMZO OM 62 Des psychotropes pour être mieux que bien LA HAUSSE RÉCENTE DE L’UTILISATION DE PSYCHOTROPES INTERPELLE LES INSTANCES MÉDICALES ET SOCIALES AINSI QUE LE GRAND PUBLIC.CES MÉDICAMENTS AFFECTENT LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL (PRINCIPALEMENT LE CERVEAU); ILS INCLUENT NOTAMMENT LES STIMULANTS, LES ANTIDÉPRESSEURS, LES ANXIOLYTIQUES, LES STABILISATEURS DE L’HUMEUR, LES TRANQUILLISANTS ET LES SÉDATIFS.Ces substances, soulignons-le, sont bénéfiques pour plusieurs personnes qui souffrent de maladies mentales et neurologiques, leur offrant soulagement et guérison là où autrefois elles étaient sans ressources.Mais aujourd’hui, l’utilisation des psychotropes s’élargit et glisse hors du champ des troubles mentaux : y ont recours des jeunes qui perturbent le déroulement des classes, des étudiants en quête de performance, des adultes surmenés, des aînés qui n'arrivent plus à dormir.Pour approfondir ces nouveaux usages des psychotropes et en cerner les enjeux éthiques, la Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) a formé un comité de travail et publiera un avis sur son site Internet au début de 2009.En préambule à la parution de cet avis, Découvrir a rencontré deux membres du comité de travail de la CEST : Lucie Robitaille, directrice du Conseil du médicament, et Johanne Collin, sociologue à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.Découvrir : Pouvez-vous décrire ou définir l’usage ou les usages élargis des psychotropes?Johanne Collin : On pourrait parler d’un usage non thérapeutique des psychotropes.Mais cela ouvre la porte à toute une problématique.On constate dans les sociétés occidentales contemporaines que la frontière entre la santé et la maladie mentale est de plus en plus floue.Il y a une zone grise entre les deux, et l’usage élargi se situe dans cette zone.Certains usages élargis sont très clairs,comme le recours à des stimulants obtenus par voie détournée pour améliorer la performance.Ou encore, autour de la dépression, la pratique médicale de prescription qui donne accès au médicament peut aussi être considérée comme un usage élargi.Lucie Robitaille : L’usage élargi peut également être défini comme un usage qui n’est pas inclus dans les indications officielles et # approuvées, et qui est appuyé ou non par la littérature scientifique.On constate une augmentation de 12,4 P- too de l’usage des psychotropes de 2000 à 2007 chez les personnes assurées à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMO).L’augmentation varie selon la classe de psychotropes.On parle d’augmentations respectives de 79,5 p.100 pour les antipsychotiques, de 67.3 p.100 pour les stimulants du système nerveux central et de 38.3 p.100 pour les antidépresseurs au cours de la période de 2000 - 2007.Il est à noter que ces trois classes représentent 37,2 p.ioo du nombre total des utilisateurs de psychotropes.Selon certaines sources, 35 p.100 des prescriptions d’antidépresseurs ne concerneraient pas un diagnostic de dépression.Certains seraient utilisés pour des usages d’ordre psychiatrique autres que les cas de dépression, comme la boulimie, l’anxiété, la panique.Et 10 p.ioo des utilisations ne seraient pas directement reliées aux troubles mentaux, par exemple pour pallier les bouffées chaleur, la timidité, les troubles sexuels.Du côté des stimulants, on rapporte que des adolescents et des jeunes adultes en consommeraient pour améliorer leur performance à l’école, au travail ou au sport.D.: La science a-t-elle démontré l’efficacité de ces médicaments pour ces utilisations-là?L.R.: Le fabricant fait des études et met en marché les médicaments pour des indications médicales précises.Certains usages élargis se font hors indications et ne sont pas toujours soutenus par des preuves scientifiques, ni pour leur efficacité ni pour leur innocuité.Un usage optimal des médicaments tient compte d’un rapport positif entre les bénéfices et les risques.Si un médicament nous guérit d’une maladie et améliore notre santé, on peut plus facilement accepter ses effets secondaires.Mais si c’est pour une recherche de performance, comment juger que les risques seront compensés par des gains?Il est difficile de prendre une décision éclairée lorsqu’on n’a pas en main tous les éléments d’information.J.C.: D’un autre côté, les prescriptions hors indications permettent aussi de découvrirdes applications, de relancer la recherche et la mise en marché selon ces nouvelles cibles.Il y a une dynamique entre prescription et recherche.Et en médecine, une règle est suivie au moment de la décision concernant le traitement : en cas de doute, il vaut mieux agir, donc prescrire, que ne pas agir.D.: Comment ces usages élargis sont-ils en lien avec l’évolution de la société?J.C.: Un courant de fond soulève actuellement la sphère sociale, qui pousse à une quête de la santé parfaite.Le désir d’être « mieux que bien ».Se multiplient aussi les pressions pour être performant, de bonne humeur, interactif, répondre aux attentes et exigences.Tout ça pour s'assurer d’être fonctionnel, dans le sens de compétitif.C’est ce besoin de fonctionnalité qui régule la détermination du seuil de médication.Performance et V 11 .fl1 É! dl (( 5( fa Éi t( ei St li: îf DÉCOUVRIR [ NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 Z O O AA 1 A NEUROLEPTIQUES (ou ANTIPSYCHOTIQUES) Antipsychotiques typiques et atypiques STIMULANTS Benzodia MAO’ Cholinergiques zépines Stimulants psychomoteurs Méthylxan thines Psychédéliques Demence DÉPRESSEURS HALLUCINOGÈNES De 2000 à 2007,1’ chotiques a augme celui des stimulant veux central de 67 des antidépresseur u 1.Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) 2.Antidépresseurs tétracycliques (TeCA) ] thérapie vont de pair.Pour nous aider à garder ] la tête hors de l’eau en ces temps de commu-1 nications ultrarapides et de surcharge de tra-: I vail, ces médicaments pourraient devenir | d’usage courant et déplacer la norme.Si on I refuse d’y recourir, on peut se retrouver hors 3 compétition.: D.: Et quelles peuvent être les conséquences sur la société?L.R.: L'objectif du régime d’assurance-maladie t j québécois est d'assurer un accès raisonnable et équitable aux médicaments requis selon l’état de santé des personnes.Bien que l’évolution des s coûts soit préoccupante, le régime est un acquis social majeur qui vient d’un choix de société.Il faut donc s’assurer que le médicament traite un état de santé.Mais en santé mentale, il n’est pas toujours évident de différencier le normal du j pathologique,comme il n’est pas toujours facile de distinguer un trait de caractère d’un symptôme de maladie - par exemple, la frontière entre la timidité et la timidité maladive.Étant donné cette zone grise, un état de santé peut ( se confondre avec une maladie parce que cet 1 état ne se conforme pas au bien-être total, qui se veut la norme de la société D.: Quelle est l’influence de l'industrie sur cet usage élargi?L.R.: L’industrie pharmaceutique mène des recherches pour mettre en marché de nouveaux isage des antipsy-ntéde79,5 p.100, s du système ner-,3 p.ioo, et celui s de 38,3 p.ioo.3.Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) 4.Antidépresseurs tricycliques (ICA) SOURCE DE L'INFORMATION :WIKIPÉDIA médicaments, mais aussi pour étendre les indications des médicaments existants à d’autres pathologies.Elle joue de même un rôle de premier plan dans la formation et l’information des médecins et des pharmaciens sur les médicaments.Bien qu’au Canada, la publicité directe vers les consommateurs relativement aux médicaments soit interdite, elle demeure toutefois très présente dans Internet et elle augmente les attentes du public.D.: Comment baliser le recours aux psychotropes?L.R.: Les instances gouvernementales peuvent jouer un rôle indirect, par exemple par la promotion de l’activité physique, d’une bonne hygiène de vie.De façon plus directe, le Conseil du médicament doit procéder à l’évaluation juste de l’utilisation des médicaments et favoriser, par différentes stratégies, leur usage optimal pour maximiser les bienfaits et minimiser les risques pour la population.Le Conseil recoupe les avis d’experts variés et l’évaluation doit tenir compte des options médicamenteuses ou non, des patients, des ressources, des valeurs sociales.J.C.: Il faut poser des balises, mais sans culpabiliser personne.À la base de tout ça, il y a une société, et c’est elle qui conduit à cette pratique.Il faut prendre conscience du phénomène et de ses racines profondes, et agir de manière globale.-« Commission de l'éthique de la science et de la technologie Québec nn « El Quelques-uns des enjeux éthiques sur lesquels se penche la CEST : • Le cerveau est un organe complexe et encore mal connu.Or, les prescriptions et l’utilisation de psychotropes hors indications médicales ne sont pas toujours appuyées par des preuves scientifiques.Quels pourront être les conséquences à court, moyen et long terme sur la sécurité des personnes?• Certains psychotropes permettent d’améliorer la vigilance et la concentration et de réduire la somnolence.Doit-on craindre des pressions de la part des employeurs et des milieux scolaires pour inciter à les utiliser?• L’usage élargi des psychotropes accompagne une quête de la santé parfaite, du comportement social idéal, de meilleures performances cognitives, d’une stabilité émotive.Induiront-ils une uniformisation - médicamentée - de la société autour de nouvelles normes sociales?• Quels sont les rôles et les responsabilités des compagnies pharmaceutiques, des médias, des groupes de pression, de l’État dans l’augmentation de l’utilisation des psychotropes?63 DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE ?nn« la fine pointe ASSOCIATION DE L'ALUMINIUM DU CANADA L'Association de l'aluminium du Canada (AAC) regroupe les trois entreprises productrices d'aluminium de première fusion; ces entreprises exploitent onze alumineries au Canada, dont dix au Québec.L’aluminium sous le microscope Comme tout matériau, l’aluminium obéit au triangle de base de la science des matériaux : tel procédé de fabrication induit telles microstructures qui aboutissent à tels comportements.Il est donc crucial de bien caractériser les microstructures de l’aluminium.Pour cela, les industriels ont des microstructures très fines.Les alliages à nanograins ou les alliages d’aluminium et de nanotubes de carbone présentent des structures de l’ordre de la dizaine de nanomètres.Grâce au microscope électronique à transmission (MET), les X émis par l’échantillon, bombardé par le faisceau d’électrons du microscope.Aujourd’hui, le volume de diffusion du faisceau électronique peut atteindre 50 nanomètres de côté, soit l’ordre de grandeur des microstructures étudiées.Mais pour des structures plus fines, il n’est pas encore un bombardement d’électrons, renvoie des électrons dans des directions spécifiques, déterminées par le réseau cristallin.L’analyse des figures de diffraction permet de connaître la symétrie, la nature, la qualité et l’orientation du réseau à une résolution de 20 à 50 nanomètres.1) Nanotubes à multi-parois dans un alliage d'aluminium avec des dendrites, produit de la solidification.2) Nanotubes de carbone à multi-parois imprégnés dans des sphères d'aluminium produites par solidification.Vues au microscope électronique en balayage à effet de champ.— r •-*?ill S.OkV 3$mm xSO.Qk McGill 5.0kV 3.5mm x200k SEIUI 200nm 1 OOum chercheurs et les industriels disposent de plusieurs techniques, dont la microscopie électronique, et ce tant sur le plan de la conception d’alliages que du contrôle de pièces usagées.Raynald Gauvin, professeur chercheur à l’Université McGill et directeur adjoint du Centre de recherche sur l’aluminium (REGAL), s’attache à développer les techniques de microscopie électronique à balayage à émission de champs (MEB).Ces microscopes permettent d’obtenir des images d’une résolution de quelques nanomètres.Atteindre une telle précision est important.En effet, les alliages sur lesquels travaillent les chercheurs et les chercheurs accèdent à des grossissements semblables, voire supérieurs.Pourtant, malgré son expertise en MET et quelques projets d’imagerie chimique à haute résolution spatiale qu’il affectionne particulièrement, Raynald Gauvin préfère se concentrer sur les possibilités qu’offre le MEB.En effet, outre la précision de ses images et son coût plus « démocratique », l’appareil permet aussi d’analyser la composition chimique du matériau et d’obtenir des indications sur la texture cristallographique de l’alliage.Les chercheurs tentent de rendre plus précise l’analyse chimique par détection des rayons possible d’obtenir des résultats directement.En effet, pour un grain de 20 nanomètres, le volume d’interaction de 50 nanomètres affecte aussi la matrice.Raynald Gauvin utilise alors la méthode de simulation numérique de propagation des rayons X en milieu hétérogène, dite méthode de Monte-Carlo, afin de pouvoir exploiter de tels résultats.Autre piste de recherche, l’analyse cristallographique réalisée grâce à la technique de rétrodiffusion des électrons ou Electron backscattered diffraction (EBSD).Un échantillon possédant une structure cristalline et soumis à Selon Raynald Gauvin, ces recherches sont d’autant plus importantes que l’aluminium doit relever un double défi : profiter de la fenêtre d’opportunité que représente la nécessité de construire des avions ou des trains toujours moins gourmands en énergie, donc plus légers et contenant moins d’acier.Et, pour ce métal léger et robuste, faire face à la concurrence des matériaux polymérisés, comme la fibre de carbone; la dernière version du Boeing 767 comportait environ 65 p.100 d’aluminium, mais le futur 787 n’en affichera plus que 25 p.100.! FRANÇOIS WATIER DÉCOUVRIR | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2008 PHOTOS : CAMILLE PROBST IRSCCIHR tHuti à* letimcly C»n»Oi»n intnui m venté du C«m2|occ i m'° 1 I OJametep- fcH23H |2C £H8C«- \r ll • ; I i Ca th ope f N N+ I I 1 >5 ! 1 I | j I n O stably bonded oxygen-S (i1^81.199(C> , \ (i i À NNRS, la recherche et la formation se font thématiques et s’inscrivent dans des secteurs stratégiques porteurs d’avenir.Centre - Eau Terre Environnement Centre - Énergie Matériaux Télécommunications Centre - INRS-Institut Armand-Frappier Centre - Urbanisation Culture Société WWW.INRS.CA * 0 La décision d’aller plus loin vous appartient.L’UQAM vous donne les moyens de réussir vos études aux cycles supérieurs.Venez échanger sur vos possibilités d’avenir et les programmes qui s’offrent à vous.^ Portes ouvertes Samedi 15 novembre 2008, 11 h à 16 h GRANDE PLACE DU PAVILLON JUDITH-JASMIN uqam.ca/avenir UQÀM Prenez position
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