Découvrir, 1 mars 2009, Mars-avril
PER ^ ïrecouvRir LA REVUE DE LA RECHERCHE DE L'ACFAS Santé VOLUME 30, NUMÉRO 2 | MARS-AVRIL 2009 iimovér et évaluer Entrevue Pas de santé sans politique André-Pierre Coltandriopoulos p 3o Dialogos S'engager socialement Francis Dupuis-Déri et Alejandro Rada p48 Canneberge sur cathéter Si l'on s'intéressait aux hommes.p20 L'Université d'Ottawa reçoit le 77e Congrès de l'Acfas p.2S A A c f a s Association fra Numéro de con r - Acfas, 425, rue De La Cauchetl aux envols de publications cai flflîbec) H2L 2M7 77831300468702 UNIVERSITE Le Pr Luc Gaudreau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les mécanismes de transcription génique.UNIVERSITE DE LEADERS Pour trouver de nouvelles cibles thérapeutiques L'Université de Sherbrooke m’offre un cadre de recherche exceptionnel pour combler mes désirs de dépassement.¦ Parmi les meilleures universités canadiennes pour nos installations de recherche (selon The Globe and Mail) m 70 chaires de recherche ¦ Des budgets de recherche qui ont progressé de plus de 70 % depuis 2001 ¦ 12 équipes, 28 centres et 4 instituts reconnus pour l’excellence de leur recherche entre autres en nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole ¦ Près de 3200 personnes travaillant en appui aux activités de recherche ¦ Au 1er rang canadien quant aux redevances annuelles pour les découvertes de ses chercheurs ¦ La création de 26 entreprises actives et la détention de plus de 324 brevets déposés ou délivrés ¦ Plus de 1 50 accords de coopération internationale avec près de 40 pays ¦ Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle www.USherbrooke.ca/larecherche UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE VOLUME TRENTE DECOIJVRir 4 MOT OU PRÉSIDENT DE L’ACFAS Pierre Noreau 5 PAROLES DE SCIENTIFIQUES Francine Descarries 6 TRIBUNE 7 SCIENCE CLIPS DYNAMIQUE GLACIELLE 7 • DES CASPASES DANS VOS CELLULES 8 • ROMANCIÈRES OUBLIÉES 9 • CANNEBERGE SUR CATHÉTER 10 • POLYMÈRES ET CASINOS 12 • OUTIL POUR UNE ÉCONOMIE « COOPÉTITIVE » 13 • VIVRE MIEUX AVEC LA SCLÉRODERMIE 14 • SYSTÈMES BIOMÉTRIQUES ADAPTATIFS 17 • GÉNÉTIQUE DE L’AUTISME ET DE LA SCHIZOPHRÉNIE 18 • SI L’ON S’INTÉRESSAIT AUX HOMMES.20 • TECHNOLOGIES ET GESTION LOCALE DE L’EAU 21 • CACHEZ CE C02 QUE JE NE SAURAIS VOIR 23 • CATALOGUER BORDUAS 24 • L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA REÇOIT LE 77e CONGRÈS DE L’ACFAS 25 30 ENTREVUE SCIENCE ET SOCIÉTÉ ANDRÉ-PIERRE CONTANDRIOPOULOS : PAS DE SANTÉ SANS POLITIQUE Propos recueillis par Bruno Lamolet 34 RELÈVE DOULEUR OU EFFETS SECONDAIRES : QUESTION DE RÉCEPTEURS François Watier GUERRE BIOLOGIQUE EN VERGER DE POMMIERS Olivier Morisset REC H E RC H E 36 SANTÉ : INNOVER ET ÉVALUER Le développement exponentiel des technologies de la santé et les métamorphoses de la pratique médicale qui en résultent font évoluer en mode accéléré tout le système de santé.Pour réussir cette transition, le développement d’innovations en contexte et une pratique plus étendue de l’évaluation se révèlent deux approches prometteuses.Hélène Laverdière 48 DIALOCOS S’ENGAGER SOCIALEMENT À TRAVERS LA « RECHERCHE CONCOMITANTE » Dans ce nouvel « espace », nous invitons deux chercheurs à discuter autour d’un thème.Pour cette première, Francis Dupuis-Déri et Alejandro Rada échangent des idées autour de l’engagement social et de la démocratie.Propos recueillis par Johanne Lebel 54 ZOOM LES TRUG, GRAINES DE DISCORDE Valérie Levée 56 LA FINE POINTE L’ALCHIMIE DE L’ALUMINIUM UN PETIT GÉNOME QUI VOIT GRAND BOURSES DE RECHERCHE : CAP VERS LE SUD TRANSFERT SOUS ENQUÊTE?60 RUBRIQUES PENSER LA SCIENCE, LIVRES 62 LE POINT S Un AUTRE avantage d'être _ £ membre RabaisCampus corn Un Consultez notre section Nos plus bas prix en 2009 ! 34 abonnements AUTRE avantage d être membre Les plus bas tarifs sur le marché! à 15$ ou moins! LA PRESSE 22 PAGES CHAREST DE JUSTESSE RVSJl î t9995s Jarish»*^k> (traandr un mii plan dr rfbncr LE DEVON! )usqu a leSoleil SPÉCIAL * ^ m rabais IkiosqueH usqu a 1 senti' MM sur le prix en kiosque X ItevivuiL.kNnin.id**< -J' .kvmtl» V I A gentler snwfal cTlif (6a=rttr de rabais les affaires CTmÏi quoi faire QUAND TOU-j- BASCU’j ! N1 14^5$ W^SSm RE ton MUSTANQ: MTTT1 TU* tmU X car-:driver wwm^ RabaisCampus ^com La crtM 4t nnèuslnu automoM* STiT *La déco du masculin % Plus de 200 titres disponibles % Des économies importantes La garantie des plus bas prix RabaisCampus ©com Profitez-en dès aujourd'hui! Consultez notre section ST Pourquoi payer plus cher pour vos abonnements ou renouvellements?Aucuns autres frais à payer! • Aucune autre obligation de votre part Prenez un seul abonnement ou plusieurs, à votre choix! / Service d'abonnement exclusif depuis 1991 Nouveaux titres disponibles cette année! C Journaux 256,88$ 75,26 $ 345,51$ 239,16$ 78,14 $ 312,56$ ND ND Durée La Presse (camelot motorisé>"52 semV7 jrs.Le Devoir 13 sem /6 jrs Le Devoir 52 sem./6 jrs Le Droit 14 sem./6 jrs.Le Droit 56 sem./6 jrs.Le Journal de Montréal (camelot régulier) 52 sem./7 jrs.Le Journal de Québec 52 sem./sam.& dim.Le Journal de Québec 13 sem./7 jrs Le Journal de Québec 52 sem./7 jrs.Le Soleil 13 semV7 jrs.Le Soleil 52 sem./7 jrs.National Post’ 13 sem./6 jrs.National Post-Trousse d’auto en prime!* 52 sem./6 jrs.The Gazette (Montréal & banlieues) 52 sem./7 jrs.The Globe and Mail 15 sem./6 jrs.The Globe and Mail 15 sem./samedi seul.The Ottawa Sun 30 sem./7 jrs.'Les abonnés au National Post pour une durée de 26 semaines ou plus recevront gratuitement une trousse d auto d'une valeur de 40$ Tous les abonnés au National Post ont également accès gratuitement aux abonnements numériques des 11 journaux de CanWest ~ Des tarifs plus bas sont disponibles pour les secteurs avec camelot régulier.192,40 $ 67,95 $ 199,95 $ 51,87 $ 201,76$ 194,48 $ 95,16$ 45,63 $ 182,52 $ 51,89 $ 189,99 $ 29,97 $ 119.88 $ 179.88 $ 95,55 $ 35,49 $ 54,60 $ Prix kiosque 347,36 $ 86.38 $ 324,78 $ 228,80 $ 128,44$ 119,60$ 75,44 $ 57,59 $ 301,75$ 230,36$ 78,91$ 58,95$ 315,64$ 220,54$ 84,76 $ 72,00 $ 339,04 $ 270,00 $ 383,76 $ 257,88 $ 131,78$ ND 33,22$ ND 87,30 $ ND L Nouvelles & Actualités Courrier International 26 nos Courrier International 26 nos L'actualité ( avec renouv automne ) 9 nos L'actualité ( avec renouv.automne ) 22 nos Le Monde Diplomatique 12 nos (1 an) L'Express 13 nos Protégez-Vous (avec édition Internet) 12 nos ( 1 an) 105,00 $ 143,00 $ 129,00 $ 105,00 $ 143,00 $ 129,00 $ 14,99 $ 44,55 $ ND 35,00 $ 108,90 $ 37,95$ 59,00 $ 75,00 $ 85,00 $ 49,95 $ 64,35 $ ND 35,00 $ 63,40 $ ND 19,96 $ 99,00 $ ND Maison • Décoration & Jardinage | ISO Plans 8 nos Décoration Chez Soi 10 nos (1 an) Decormag 10 nos (1 an) Fleurs, Plantes et Jardins 7 nos La Maison du 21 Sème Siècle 8 nos (2 ans) L'Architecture d'Aujourd'hui 6 nos ( 1 an) Les Idées de ma Maison to nos (tan) Rénovation Bricolage 9 nos ( t an) Architectural Digest 12 nos (1 an) Architectural Record 12 nos (1 an) Better Homes & Gardens 24 nos (2 ans) Canadian Gardening 7 nos (1 an) Canadian Home & Country 6 nos (1 an) Canadian Home Workshop 9 nos ( 1 anl Country Home 10 nos (1 an) Elle Decor 10 nos (1 an) Harrowsmith Country Life 6 nos ( 1 an) Home 8 nos dan) Metropolitan Home 10 nos (1 anl Style at Home 12 nos ( 1 anl Wood 7 nos ( 1 an) 21,99 $ 19.95 $ 15,00 $ 15.00 $ 16.95 $ 149,95 $ 14.95 $ 24,75 $ 48,29 $ 52.95 $ 28.95 $ 20.95 $ 19.95 $ 27.95 $ 24,42 $ 18,98$ 13,87$ 24,42 $ 18,50$ 20.00 $ 29,98 $ 71,92$ 49,90 $ 42.50 $ 27.65 $ 47,60 $ 270,00 $ 49.90 $ 44.91 $ 83,88 $ 119,40$ 107,76$ 34.65 $ 29,70 $ 53,55 $ 69.50 $ 59,90 $ 29,70 $ 47.92 $ 59,90 $ 66,00 $ 55.65 $ ND 22,50 $ 19.95 $ 18.95 $ 22,15 $ 215,00$ 22,50 $ 25,99 $ 71,94$ 66,00 $ 37,21 $ 21,65 $ 21,65 $ 28,52 $ 26,55 $ 23,39 $ 19,98$ 19,14 $ 23,39 $ 21,95$ 41,00$ Droit m** l,K DK VOUS 1 ~ iThr(6,urttr le Soleil r Pour une description complète des © Pourquoi payer plus cher pour vos abonnements ou renouvellements?, ____-i.WttL-.g^toiaisirs LEXPRF^S Rachida Dati Les plus bas prix garantis ! publications, consultez notre site Web transactionnel à : Rabais Campus ^ com Les plUS bas Plus de 200 titres disponibles! -Maison Epargnez encore ^ un Alttlimca’KAl HH JM Brad Pitt bDEC®R home-.country l^yBome : ;£.ar»* P 'tmri « ~T~P Prenez un deuxième abonnement ou une deuxième année du même magazine, et déduisez 3$ du coût total de vos abonnements.Prenez 4 abonnements ou plus, et déduisez 8$ Pour commander par téléphone : sans frais à Montréal au (514) 982-0«0 De l'extérieur de Montréal 1 800 265-0180 peut vous faire économiser encore plus grâce à ces HS.URER ECONOMIES!! * Nos plus bas prix en 2009 ! • 34 abonnements à 15$ ou moins! 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O < t kJ a.00 ¦eu U 2 o s Pd on H h- H u 2T w pq LU « o 2: s o LU CO ZD < Q- 00 Q U 2: uj D < Q *-3 CL O LU (J LO oo o CM 1—1 1—1 < < > .-q 1 QO OcC PQ CM C LU u \ 1 Od oo O MONTREAL QC H2L 9Z9 Science & Nature Votre Prix Prix Durée bas prix kiosque courant Biosphère 6 nos O an) 24,95 $ ND 29 00 S Ciel & Espace 14 nos H an) 90,00 $ 117,30 $ 105 00 S Découvrir 5 nos H an) 25,56 $ 29,75 $ 43 99 s Géo 12 nos CHfRCn: r iNSlTUAWtP'SCflS diu Sports & Santé Géo Plein Air Sentier Chasse-Pêche Vélo Mag O yoga Mondô Backpacker O Blackbelt Boating Sports Illustrated Q Vegetarian Times O Voga Journal ing Life 6 nos o Q.O -' C 3 "O « § ^ °: Q) cr o 3 3 a> 3 (T 3 O — û) 0) 3.0) Q.rt> 3 < ÇD O ¦o q -a 3- fT> Q.O.Mr' T_‘ q S' r+ 0) 5 § 11 Pour commander: Visitez notre site Web : www.rabaiscampus.com ou téléphonez à Montréal: (514) 982-0180 Extérieur: 1 800 265-0180 du lundi au vendredi entre 9h00 et 17h00 ou complétez et postez ce coupon avec votre paiement dans l'enveloppe pré-affranchie ci-jointe Conservez ce dépliant pour références futures! 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peau, change l’apparence du visage et tord les doigts.Cette maladie auto-immune vient d’une surproduction de collagène, une protéine présente dans les tissus conjonctifs soutenant la peau et les organes -un peu comme le mortier « supporte » les murs de briques.Les excès de collagène créent aussi des fibroses; celles-ci réduisent la souplesse, provoquent des rhumatismes et troublent le fonctionnement des poumons et des reins,entre autres.Bref, la sclérodermie entraîne beaucoup de douleur chez les quelque 7000 Québécois et Québécoises qui en sont atteints.Les scientifiques ne savent pas pourquoi la production de collagène s’emballe.Ils ignorent aussi à quel point cette maladie affecte la qualité de vie.En effet, « il y a très peu de données sur la fatigue, la douleur ou la dépression que ressentent les personnes atteintes ou sur les conséquences de la défiguration sur la perception de soi », s’étonne Brett Thombs, professeur au Département de psychiatrie de l’Université McGill et chercheur à l’Hôpital général juif.Or, du point de vue d’un patient, ces souffrances de nature psychologique sont sou- vent plus cruciales que les maux physiques.« Je m’intéresse au point de vue qu’ont ces patients sur leur maladie, dit le chercheur, qui est également membre du Groupe de recherche canadien sur la sclérodermie (GRCS).Plus précisément, je regarde quels Immigration et dénatalité Agence Science Presse - Étant donné le peu de naissances enregistrées au Québec, les responsables des politiques d’immigration ont revu à la hausse le nombre de personnes admissibles.« Augmenter le nombre d’immigrants ne préviendrait pourtant pas le déclin démographique québécois, soutient un étudiant à la maîtrise en démographie de l’Université de Montréal, Guillaume Marois.En agissant ainsi, on ne fait que grossir les effectifs de la population adulte et on ne lutte pas contre la dénatalité », relève-t-il.Son mémoire détaille différents scénarios portant sur le déclin démographique annoncé pour 2035.L’une des hypothèses soulevées est même de stopper l’immigration pour se préparer à affronter la réalité irrémédiable du ralentissement démographique.XI DÉCOUVRIR I MARS-AVRIL 2009 | PHOTO : BRETT THOMBS/COLLECTION PERSONNELLE éléments psychosociaux jouent un rôle important quant à leur qualité de vie, comment ces derniers évoluent avec le temps et quels facteurs favorisent leur apparition ou leur maintien.» Par exemple, les patients disent s’inquiéter pour leur vie sexuelle.« Nous allons voir ce qui les distingue à ce sujet d’une population normale.On sait que les femmes atteintes de sclérodermie sont particulièrement sujettes à la sécheresse vaginale.Par ailleurs, on s’attend à ce que ces patients soient particulièrement inconfortables avec leur corps », explique le scientifique, chercheur-boursier du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ).La sclérodermie entraîne aussi des sentiments dépressifs.Mais, prescrire des antidépresseurs n'est pas nécessairement la solution, souligne le Dr Thombs.« Selon certaines recherches, ces médicaments sont surtout efficaces dans les cas de dépression grave.Quand elle est moins sévère, comme c’est le cas pour certains patients avec une sclérodermie, il vaut peut-être mieux traiter directement les causes du sentiment d’abattement, qu’il s’agisse de la perception de soi ou de la fatigue », dit-il.Par ailleurs, les rares études scientifiques qui abordent l’image corporelle s’intéressent surtout à l’anorexie ou à l’obésité.« Ces travaux ne sont pas très pertinents pour les patients qui souffrent de sclérodermie.À ces derniers, il faudrait plutôt demander à quel point ils se sentent à l’aise en public ou s’ils portent des gants pour cacher leurs mains », note le Dr Thombs.Enfin, l’équipe de Brett , Thombs a découvert que les personnes atteintes de sclérodermie éprouvent autant de fatigue que des patients cancéreux soumis à des traitements de radiothérapie ou de chimiothérapie.À terme, le chercheur compte mesurer l’effet de Histoire de billots Agence Science Presse - Pour retracer l'histoire bicentenaire de la forêt du Bas-Saint-Laurent, un jeune chercheur a eu l’étrange idée de faire parler le bois dravé.Cette méthode originale a permis à Yan Boucher de reconstituer l’historique d’exploitation forestière dès le début du 19e siècle.Tels les draveurs d’autrefois, l’étudiant au doctorat en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Ri-mouski et son collègue ont ramené vers la rive le bois flottant déniché dans un méandre en aval du bassin versant de la rivière Rimouski.Puis, ils ont déterminé l’espèce, l’âge, l’année de coupe et le patron de croissance des 700 billots de bois dravés.Cette étude montre qu’une grande variété d’arbres d’essence noble, comme le pin rouge ou le cèdre blanc, étaient particulièrement recherchés pour la construction à cette époque.l’exercice sur tous ces maux.« Quelqu’un qui ressent de la fatigue sera moins porté à faire de l’exercice, illustre-t-il.Or, l'exercice est justement un bon moyen de se ré-énergiser! » Le Dr Thombs compte aussi évaluer l'impact de cours offerts à des patients atteints de sclérodermie par des équipes multidisciplinaires, notamment en SCIENCE Ontario.Dans ces cours, on explique aux malades comment la pensée peut réduire la douleur, quels exercices physiques pourraient les soulager ou quels médicaments sans prescription sont recommandés.Bref,on leur donne la possibilité de reprendre un certain contrôle sur leur qualité de vie.ANICK PERREAULT-LABELLE PÉDAGOGIE COLLÉGIALE RECHERCHES ET PRATIQUES PÉDAGOGIQUES EN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR — Innovations pédagogiques — Didactique des disciplines —1 Fondements théoriques — Intégration des technologies — Évaluation des apprentissages — Conception de programmes .Recherches pédagogiques au collégial et à l'université “ Etc.Publié 4 fois par année par l'Association québécoise de pédagogie collégiale Pour abonnement: info@aqpc.qc.ca Tel.: 514-328-3805, Téléc: 514-328-3824 7000 rue Marie-Victorin, Montréal (Québec) H1 G 2J6 ocpc Association québécoise de pédagogie collégiale 15 [ DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 SCIENCE Systèmes biométriques adaptatifs Londres, septembre 2006.La police recherche un dangereux criminel.Une caméra capte l’image d’un individu au comportement suspect.Son visage est enregistré et codé pour être reconnu par des systèmes automatiques de vidéosurveillance.On ne parvient pas à l’arrêter.Doit-on conserver ces images en banque?Seront-elles encore utiles dans quelques mois et temps.Un élément central de ces systèmes est le classificateur neuronique ou statistique performant, un procédé complexe de classement et de reconnaissance informatique des formes.Ces techniques permettent un apprentissage incrémental des paramètres des classificateurs, c’est-à-dire un apprentissage évolutif qui va en se complexifiant.Elles per- ristiques qui sont discriminantes et invariantes dans le temps, comme la distance entre le nez et les yeux.Ce sont ces données, obtenues grâce à des transformations mathématiques, qui sont exploitées par des algorithmes d’apprentissage complexes pour concevoir un classificateur avec lequel un système de surveillance vidéo fera la correspondance avec ¦BÜ IHËÿfSSS rarnffSess LVnilfes les nouveaux systèmes de reconnaissance pourraient estimer les transformations d'un visage vieillissant.sous différentes conditions d’acquisition si les traits de l’homme venaient à changer à cause du vieillissement, d’une maladie ou d’un changement de poids?Éric Granger, professeur agrégé au Laboratoire d’imagerie, de vision et d’intelligence artificielle (LIVIA) de l’École de technologie supérieure (ETS) de Montréal, développe des systèmes pour la reconnaissance de visages dans des séquences vidéo « adaptatives » dans le mettent aussi de combiner dynamiquement des ensembles de classificateurs.L’une des applications des travaux d’Éric Granger, qui est soutenu par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT),est la conception de systèmes biométriques plus performants, par exemple pour la vidéosurveillance dans un aéroport.Le système extirpe de chaque visage perçu dans une séquence vidéo un certain nombre de caracté- l’identité d’une personne.« L’entraînement de classificateurs repose sur une connaissance opr/or/du concept qu’on cherche à reconnaître, ainsi que sur une base d’échantillons extraits de ce concept », explique le chercheur.La performance de classificateurs appliqués à la reconnaissance biométrique est souvent dégradée en raison de la complexité des environnements où la prise vidéo est effectuée.Par ailleurs, comme les informations recueillies sont souvent limitées, et comme tout concept évolue dans le temps, il est important de pouvoir adapter ces systèmes dynamiquement en fonction des nouvelles connaissances et des échantillons.» La morphologie du concept « visage » peut, en effet, évoluer en l’espace de quelques mois, ou encore, une acquisition vidéo plus fine que les précédentes pourrait en modifier les paramètres de reconnaissance.« Un des problèmes avec l’apprentissage incrémental de nouveaux échantillons est qu’il est très difficile de ne pas corrompre les paramètres de base d’un classificateur, ce qui peut dégrader les performances du système.» Éric Granger cherche à développer des systèmes de reconnaissance biométriques qui sont adaptatifs et robustes grâce à des techniques d’apprentissage incrémental, d’optimisation dynamique et de combinaison de classificateurs.« L’approche classique repose sur une classification à partir de connaissances tirées d’équations, mais cela suppose une situation idéale.L’approche de conception par algorithmes d’apprentissage est plus appropriée lorsque le phénomène est complexe et qu’il évolue dans le temps.» Grâce à ces techniques, on peut ainsi actualiser un système de reconnaissance en vue d’améliorer ses performances, tout en réduisant les coûts attachés à l’apprentissage de nouveaux échantillons.MATTHIEU BURGARD XI | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 CLIPS Génétique de l’autisme et de la schizophrénie Des souffrances énormes pour les patients, une vie chamboulée pour leur famille, des traitements pharmacologiques lourds.L’autisme et la schizophrénie sont deux maladies neurodéveloppementales graves dont les origines génétiques sont encore peu comprises des scientifiques.Ces maladies ont été longtemps délaissées par les chercheurs en raison de leur grande complexité et des limites de la technologie.Des scientifiques, en collaboration avec Génome Québec, relèvent aujourd’hui le défi d’en identifier les gènes responsables.Au cours des trois prochaines années, ils analyseront près de 12 000 fragments d’ADN recueillis auprès de 280 patients.Utilisant les méthodologies les plus avancées et travaillant aux limites de la technologie, ils espèrent ainsi ouvrir la voie à des traitements mieux adaptés, plus ciblés.D’après les données existantes, chez les individus qui ont des prédispositions génétiques, le risque de développer l’autisme ou la schizophrénie passerait de 60 à 80 p.100, en comparaison avec ceux qui n’ont pas de telles tendances.« Les deux maladies ont des causes génétiques similaires.Il est fort probable que l’anomalie se situe dans la formation des synapses, ces minuscules espaces où transite l’influx nerveux d'un neurone à un autre », explique le Dr Guy A.Rouleau, directeur du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine de Montréal.Ce médecin supervise un important projet de recherche sur ces désordres mentaux aux côtés de son collègue Pierre Drapeau, directeur du Département de pathologie et biologie cellulaire de l'Université de Montréal.Le but est de trouver les mutations génétiques responsables.Déjà, on présuppose que ces mutations soit sont héréditaires, soit surviennent spontanément lors de la production des spermatozoïdes ou des ovules.« On pense qu’il y aurait plusieurs dizaines de gènes impliqués dans ces pathologies encore assez méconnues.Heureusement, les avancées technologiques en génomique permettent enfin d’analyser des maladies complexes impliquant de nombreux gènes », affirme Carole Jabet, vice-présidente, Affaires scientifiques, à Génome Québec.En fouillant dans la littérature scientifique, l’équipe du Dr Rouleau a identifié au moins 5000 gènes codant pour les synapses.Pour voir quelles mutations causent telle ou telle maladie, les chercheurs ont choisi d’étudier la composition de 1000 de ces gènes.L’ADN utilisé provient de prélèvements sanguins effectués auprès d’une cohorte de 280 personnes.Pour que l'échantillon soit représentatif des variantes de la maladie, le I groupe comprend à la fois des 0 patients souffrant de l’une ou | l'autre des deux maladies, des membres de leur famille et des « personnes-témoins » du Québec et d’ailleurs dans le monde.Grâce à un séquenceur de gènes à ultra haut débit, les chercheurs obtiennent une lecture automatisée de l'enchaînement des milliers de bases représentées par les quatre lettres (A,T,C,G) qui composent l’ADN.Avec les 12 000 fragments étudiés, ils comparent ensuite les différences entre les individus et décèlent les variations communes à l’aide de logiciels de bio-informatique.La quantité de données à traiter est colossale : plusieurs milliards de paires de bases.Parmi les difficultés rencontrées, il y a d’abord la nécessité de distinguer les mutations n'ayant aucune conséquence sur le développement des synapses de celles provoquant des perturbations dans leur formation.Autre problème, particulièrement complexe :ce n’est pas toujours la même mutation qui provoque la maladie d’un patient à un autre.« Il serait plus juste de parler de syndromes plutôt que de maladies au sujet de la schizophrénie et de l’autisme, car chacune comprend en réalité plusieurs maladies qui s’expriment par les mêmes symptômes », explique Lr Le compositeur allemand Robert Schumann (ci-dessus) et le peintre Vincent Van Gogh auraient été des schizophrènes.Ce syndrome touche 1 p.100 de la population mondiale.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 SCIENCE le Dr Rouleau.Une mutation dans un gène entraînera, par exemple, le trouble neurodéveloppemental dans 5 p.100 des cas tandis qu’une autre mutation causera à elle seule la maladie dans 80 p.100 des cas.« C’est dire comment le volet d’analyse biostatistique est important pour distinguer toutes ces variantes et pour aligner les séquences d’ADN correctement.Nous travaillons à améliorer différents programmes de traitement des informations et à développer des réseaux de données performants », indique le chercheur.Pour valider l’interprétation des résultats, par exemple, il utilise dans certains cas un modèle animal.Il peut alors tester une variation en modifiant temporairement le code génétique d'un poisson zébré, par exemple, et observer la pathologie en fonction de sa façon de nager.L'équipe du Dr Rouleau est à la fine pointe de la technologie grâce à la plate-forme mise à leur disposition par Génome Québec.« Le projet est énorme.Notre investissement, avec nos partenaires Génome Canada et la Fondation canadienne pour l’innovation, entre autres, s’élève à 17 millions de dollars sur trois ans », relève Carole Jabet.Grâce à cet argent, les scientifiques peuvent utiliser les équipements à leur plein potentiel et même atteindre leurs limites en termes de quantités de données traitables.C’est l’équivalent de près d’un cinquième du génome humain que le séquenceur à ultra haut débit permettra d’observer jusqu’à la fin du mandat.Un défi monstre pour une seule équipe de recherche.Selon le Dr Rouleau, « il n’y a peut-être que deux ou trois autres projets similaires au monde.Peu de structures sont capables de séquencer autant de gènes chez autant de patients à la fois.» À terme, les scientifiques espèrent trouver de 10 à 20 gènes clés impliqués dans l’autisme et la schizophrénie.Il sera alors possible d’agir sur les mécanismes codés par ces gènes pour développer des méthodes de diagnostic et de traitement.Celles-ci pourront remplacer les thérapies palliatives actuelles, qui sont souvent très lourdes à supporter pour les patients.Par contre, pour Anne-Marie Alarco, directrice du développement de la recherche à Génome Québec, « il est peu probable que l’on puisse un jour corriger ces gènes directement.La thérapie génique a été à la mode des années 1980 jusqu'en 2000, lorsqu'on étudiait des maladies monogénétiques.L'autisme et la schizophrénie sont d’une complexité telle que seul un traitement pharmacologique est envisageable pour l’instant.» D’ici un ou deux ans, les scientifiques devraient avoir une bonne idée des métabolis- mes en cause dans les deux pathologies.Ils pourront alors procéder au criblage de molécules intéressantes, c’est-à-dire au repérage de celles susceptibles de devenir des médicaments.De là, quelques années seront encore nécessaires pour en arriver à développer des traitements.Il sera aussi possible de mieux diagnostiquer la maladie et d’intervenir plus tôt chez l’enfant.Bientôt,on pourra séquencer un génome humain complet pour 1000 dollars seulement.Débutera alors une compétition féroce.Les scientifiques québécois fourbissent leurs armes pour être en tête de la course.« Nous explorons très activement de nouveaux procédés », commente le Dr Rouleau, qui exploite à fond les nouvelles technologies.Ses recherches ont d’ailleurs déjà fait des petits : une autre équipe, diri- gée par le Dr Jacques Michaud, professeur agrégé au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, travaille sur la génétique du retard mental en utilisant la plateforme d’analyse développée par le Dr Rouleau.Carole Jabet conclut : « On ne sait pas assez que le Québec est un leader dans le domaine des neurosciences.En travaillant sur ces maladies importantes, même si elles n'ont pas une grande incidence, nous consolidons cette expertise.» MATTHIEU BURGARD Les échantillons d’ADN de chacun des patients participant à l’étude sont stockés dans des tubes cryogéniques, et sauvegardés à 4 °C.19 | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 SCIENCE Si l'on s’intéressait aux hommes.Si les mouvements féministes ont contribué durant les dernières décennies à ajuster les services sociaux à la situation des femmes, la nécessité de les adapterégalement aux besoins particuliers des hommes est aujourd’hui mise en lumière.Gilles Tremblay et ses collègues tentent de combler ce retard dans une perspective d’égalité des genres.Plus parti- UÊBÊU&h&'j!* a • culièrement, l’équipe Masculinités et société, un groupe rattaché au Centre de recher- che interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF), examine la condition masculine à travers quatre grandes réalités psychosociales : la violence, la santé, la paternité et la diversité culturelle.« Sexualité, origine ethnoculturelle, travail, pauvreté.Les réalités masculines sont plurielles,explique GillesTrem- blay.Notre équipe prend en considération ces multiples facteurs pour mieux venir en aide aux hommes qui éprouvent des problèmes de famille, de violence ou de santé physique et mentale.» Selon ce travailleur social de l’Université Laval, soutenu par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FORSC), la dimension du genre a beaucoup d’influence sur le comportement et les besoins des hommes.« Un garçon est encore souvent conditionné à réprimer ses émotions dès son jeune âge.Aujourd’hui comme hier, ses pleurs sont très mal reçus.Il apprend vite qu’il doit se débrouiller seul.» L’une des conséquences de ce conditionnement est que les hommes demandent moins facilement de l’aide,tardent à consulter,et, lorsqu’ils le font, le plus souvent c’est en situation de crise.L’intervention médicale et psychosociale doit tenir compte de ce fait.» Ce schéma social, qui valorise la force et l’indépendance chez les hommes, les conduit ainsi souvent à prendre des risques au volant ou à s’isoler.« Beaucoup d’entre eux, par exemple, n’ont aucun confident intime.» Il n’est donc pas surprenant de constater qu’il y a quatre fois plus de suicides chez les hommes que chez les femmes.Selon le chercheur, on note que la séparation amoureuse prendrait alors des pro-y portions particulièrement criti-i ques.^ « Malheureusement, on § passe à côté d’une partie im-“ portante des hommes en dé-§ tresse, car d’après certaines recherches, les critères traditionnels pour qualifier la dépression sont souvent inadéquats.Mais on commence à identifier certaines attitudes singulières Les hommes sont moins enclins que les femmes à consulter un psychologue.X \ I co O O Vitamines et grossesse Agence Science Presse - Une surconsommation de vitamines nuirait au bon développement du fœtus et de la maman.C’est ce qu’avance une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.« Notre étude démontre que les vitamines affectent le placenta, ce qui empêcherait le bon fonctionnement des échanges entre le fœtus et la mère », relève Aziz Aris, professeur au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).In vitro, un régime élevé en vitamines C et E provoque des inflammations au sein des cellules placentaires.Ceci augmenterait la prévalence de bébés de petit poids.Les résultats de cette étude sont parus récemment dans \e Journal of Obstetrics and Gynecology Research.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 | SCIENCE aux hommes, différentes de celles des femmes, notamment l’irritabilité.Par exemple, au lieu d’une baisse de la libido et d'une diminution d’intérêt dans le travail usuel, on remarque que les hommes déprimés ont tendance à surconsommer de la pornographie ou à surinvestir le travail.» Sur le plan de la santé, les hommes célibataires ou veufs semblent être les plus à risque, notamment quant à leur alimentation, qui est souvent déficiente.Le chercheur considère que les données sont suffisamment probantes et qu’elles démontrent qu’il est urgent de passer à l’action.Pour que les résultats de ses recherches soient rapidement repris par les acteurs du milieu, il travaille de concert avec eux en utilisant la recherche participative.C’est ainsi qu’il a collaboré de 2002 à 2005 avec le Cégep Limoilou à un projet de recherche-action pour développer un modèle d’intervention favorisant l’intégration, la persévérance et la réussite des garçons aux études collégiales.Plus globalement, l’objectif des recherches du groupe Masculinité et société ne vise pas la création d’un « homme nouveau ».Pour Gilles Tremblay, il s’agit « de reconnaître la multiplicité des masculinités,d’adapter les services et par ailleurs de contribuer à transformer les types de socialisation masculins dont les effets sont dommageables ».MATTHIEU BURGARD Technologies et gestion locale de l’eau Le continent africain ne détient que 9 p.100 des ressources mondiales d’eau douce.Or, ce n’est pas tant la faible disponibilité de l’eau que sa mauvaise gestion qui rend son accès difficile aux populations.C’est avec cette problématique qu’en 2006, le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) demanda au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal d’assumer la coordination de projets universitaires ou institutionnels en Afrique la participation de la population locale, par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales (ONG) assurant l’application des résultats de recherches.On lança un concours dans Internet et on l’annonça au Forum mondial de l’eau 2006 de Mexico.En seulement un mois et demi, le comité de sélection multidisciplinaire, mis sur pied par Yves Baudouin, directeur du Département de géographie, avait reçu une cinquantaine de propositions de projets.l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar au Sénégal et de l’Institut des sciences des sociétés, affilié au Centre national de recherche scientifique et technologique de Ouagadougou, au Burkina Faso.Le projet de l’équipe béninoise, Modélisation hydrologique dans le bassin du Zou, est une étude sur l’écoulement des eaux de surface de ce bassin versant.Comment se recharge la nappe phréatique?Où se retrouve l’eau disponible pour la population?Comment celle-ci Yeumbeul sud Djidah Thiaroye Kaw &-"sÆ Pikine nord Thiaroye Gare Pikine est Diamaguene Sicap Mbao .iS v ¦ ¦ Guinaw Thiaroye Diaksao Guinaw Rail sud Thiaroye sur mer Zone d’agglomération urbaine avec un bâti très dense _ J Zone marécageuse avec vegetation - ' m K Zone d’inondation dans le bâti et infrastructure routière La ville de Dakar vue du satellite Spot en septembre 2005.Fusionnée avec une image panchromatique, cette carte permet de repérer les zones urbaines inondées.de l’Ouest francophone.Les projets devaient intégrer trois éléments : l’eau, les systèmes d’information géographique (SIG) - des outils numériques permettant d’approfondir la connaissance du territoire - et Trois équipes furent retenues, et on alloua à chacune une somme de 100 000 $ CA.Ces équipes proviennent de la Faculté des sciences agrono-miquesdel’UniversitédAbomey-Calavi Cotonou au Bénin, de peut-elle être distribuée?Telles sont les questions auxquelles la télédétection et la modélisation numérique aideront à répondre.L’équipe sénégalaise, pour sa part, s’intéresse aux inonda- 21 | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 SCIENCE fTTHI tions en milieux urbains dans la région de Dakar, un fléau qui occasionne des pertes d’infrastructures et des problèmes sanitaires affectant particulièrement les plus démunis.Un des objectifs est de développer des indicateurs d’impact environnemental en tenant compte, entre autres, de variables physiques et socioéconomiques pour ultimement construire un outil diagnostique permettant Yves Baudouin accompagné d’une équipe de recherche sur le barrage du lac Nabazana, à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, Burkina Faso.d’élaborer des solutions.Par exemple, sur le plan physique, on relève le taux de certains ions majeurs comme les nitrates, les chlorures et les sulfates, qui peuvent altérer les propriétés physicochimiques des eaux de la nappe et ainsi nuire à la potabilité de l’eau; sur le plan socioéconomique, on s'intéresse à des variables comme le rythme de croissance de la population et du bâti.Le projet des Burkinabés porte quant à lui sur les petits barrages en milieu rural.Quelque i 500 structures, distribuées à travers tout le pays, ont plusieurs vocations, allant de la pêche à la disponibilité en eau pour la consommation et l’agriculture.Plusieurs de ces barrages se détériorent peu à peu, faute d’entretien.Il faut donc trouver un moyen de les maintenir en bon état.« Ce projet est presque parfaitement équilibré entre les trois cibles du CRDI : il concerne l’eau, utilise les SIG - notamment la technologie canadienne RADARSAT, pour localiser les barrages et les populations qu’ils desservent - et fait participer directement la population locale, car il faut déterminer qui s’occupera des barrages et de quelle façon.C’est d’ailleurs pour ce projet que l’apport des ONG est le plus pertinent », estime Yves Baudouin, chef du programme.Les trois équipes se rencontreront au prochain Forum mondial de l’eau, qui se tiendra à Istanbul du 16 au 22 mars 2009.C’est là qu’on saura si les objectifs ont véritablement été atteints, mais M.Baudouin est déjà satisfait du bilan : « Toutes les équipes ont réussi en peu de temps à mener à bien des projets qui auront des retombées concrètes dans le milieu et elles auront aussi favorisé la diplomation d’étudiants africains.» Toutefois, si c’était à refaire, le chercheur croit qu’il accentuerait la participation des ONG parce qu’elles ont l’expertise pour établir des ponts entre la recherche scientifique et le développement local en Afrique : « Dans les pays où les ressources sont particulièrement rares, il est important de canaliser l’information et les recherches afin d’éviter pertes de temps et d’énergie.» ALBANIE LEDUC Cachez ce C02 que j*6 C’est maintenant un fait bien établi par la communauté scientifique : les émissions de gaz à effet de serre issues des activités anthropiques réchauffent dangereusement la planète.Parmi ces gaz, le dioxyde de carbone (C02) représente environ 75 p.100 des émissions.L’usage massif des combustibles fossiles, et, dans une moindre mesure, le déboisement et la décomposition de la biomasse, ont fait croître ces rejets de 80 p.100 entre 1970 et 2004, et d’après l’Agence internationale de l’énergie, ils augmenteront encore de 130 p.100 d’ici 2050.De quels moyens disposons-nous pour contrer cette accélération alors que déjà s’additionnent les effets du réchauffement?Réduire les émissions à la source?Actualiser enfin le protocole de Kyoto?Les chercheurs pensent avoir trouvé une piste prometteuse, accessible à relativement court terme, dans le développement de méthodes de capture et de séquestration du C02 (CSC).« L’idée est simple.Il s’agit de recueillir le C02 directement à la sortie des tuyaux d’usines et de l’enfouir très profondément sous terre », explique Michel Malo, professeur de géologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et titulaire de la toute récente Chaire de recherche sur la séquestration géologique du C02 du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.Première étape : capter le C02.Les technologies pour y parvenir sont bien développées et déjà utilisées.Depuis plus d’une dizaine d'années, certaines firmes d’ingénieurs ont mis au point des procédés chimiques permettant de récupérer le C02 « industriel » avant qu'il ne soit relâché dans l’atmosphère.Deuxième étape : compresser le gaz et l’enfouir à une profondeur supérieure à 800 m.Les conditions de température et de pression y sont telles que le C02 s'y trouve dans un état « quasi liquide », c’est-à-dire dans une phase intermédiaire entre liquide et gaz.Ainsi compressé, à un kilomètre sous terre, une tonne de C02 occupe un volume de 1,39 m3, alors qu’en surface la même quantité occupe 593 m3.« Grâce à la CSC, on estime que l’on pourrait séquestrer jusqu’à 10 000 gigatonnes de C02, de quoi stocker la totalité mondiale des émissions pendant des siècles », s'enthousiasme le professeur.Les sites envisagés sont ce qu'on appelle les « réservoirs géologiques ».Les anciens gisements de gaz naturels et de pétrole ou les aquifères salins, par exemple, se qualifient.Géologiquement parlant, ces réservoirs sont constitués de roche poreuse, appelée roche « réservoir », recouverte de roche imperméable ou roche « de couverture »,telle que l’argile.« On y trouve les conditions idéales pour le stockage, explique la professeur Malo, puisque ces réservoirs ont pu retenir leurs anciens contenus, les hydrocarbures, durant des millions d’années.» Cependant, chaque 22 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 rie saurais voir >4* v: Exemples de roches réservoirs provenant des calcaires affleurant à l'île d'Anticosti.L'agrandissement en bas à droite montre les pores à travers les fossiles.mr, g •iiair ' ¦ ca»-*« de www.acfas.ca 10 10 10 10 10 10 10 10 Dernières parutions en VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE : | 1 La pratique professionnelle en santé : données, résultats et savoirs probants.Sous la direction de Diane Morin 2 La fibrose hépatique et les agents antifibrosants : physiopathologie de la fibrose hépatique et son traitement.Sous la direction de Alexis Desmoulière et BeatrizTuchweber 3 Littérature pour la jeunesse : les représentations de l'enfant.Sous la direction de Suzanne Pouliot et Noëlle Sorin 4 Éducation et environnement : un croisement de savoirs.Sous la direction de Lucie Sauvé, Isabel Orellana et Étienne van Steenberghe 5 Éthique et recherche qualitative dans le secteur de la santé : échanges sur les défis.Sous la direction de Hubert Doucet, Édith Gaudreau et Marie Angèle Grimaud 6 Technologie langagière et apprentissage des langues.Sous la direction de Lise Duquette et Claude Saint-Jacques 7 Les choix en matière de santé et la participation du patient : vers une prise de décision partagée Sous la direction de Lyne Lalonde et France Légaré 8 Développer des compétences en enseignement : quelle place pour la réflexion professionnelle ?Sous la direction de Julie Desjardins, Hélène Hensler, Olivier Dezutter et André Beauchesne RECHERCHE phénomènes d'inertie et de réticences.D'anciennes technologies « résiduelles » survivent parfois en marge des nouveaux développements.Tfel que le souligne M.De Guise, on a beau introduire un exosquelette du genou dans un hôpital donné, il risque fort de se trouver des praticiens qui préféreront s'en tenir aux techniques auxquelles ils ont été formés, et cette réticence risque d'être encore plus forte lorsqu’il s'agit d'une technologie qui bouleverse le paradigme d'intervention.Bien entendu, il ne s'agit pas d'exclure des technologies préexistantes qui, dans certains cas et pour certaines indications, peuvent être encore tout à fait appropriées.Il n'est pas nécessaire, par exemple, ni même pertinent, de faire passer un examen de tomodensitométrie à tous les patients présentant des douleurs abdominales.Bref, on ne peut évaluer les technologies sans se demander qui, que, quoi et quand.ÉVALUER PLUS EN AMONT Pour Pascale Lehoux, cette complexité inhérente à l’évaluation n'est pas sa limite la plus fondamentale.« L'évaluation a un rôle central à jouer pour s'assurer que l'univers technologique du système de santé est optimisé et qu'il peut évoluer sans nous ruiner.Mais ce processus se fait après coup, alors que la technologie est achevée.Or il n'existe pas vraiment de mécanisme pour garantir que dès le moment de la conception d’un produit, ou de la décision de mener des recherches dans un domaine donné, on s'attaque aux problèmes les plus cruciaux, soit en termes de santé publique, soit en termes de gestion des soins médicaux.» Des organisations comme l'AETMIS tentent d’être plus proactives dans l'identification des priorités, mais pour Pascale Lehoux et bien d'autres, il faut aussi que le système d'innovation devienne plus efficient, en s’attachant non seulement aux préoccupations des praticiens et des patients, mais aussi à celles de l'ensemble du système de santé, voire de la société entière.Pour la Dre Lehoux, par exemple, il se révèle dramatique que, dans l'ensemble, on prenne peu en considération les grands facteurs de morbidité, notamment dans leur dimension socio-économique, et les questions d’équité dans l'accès aux soins.Il faut donc élargir le débat public, une nécessité qui rejoint nombre d'acteurs, dont l'AETMIS, dont le mandat est de répondre aux demandes d’évaluation des décideurs à tous les niveaux du milieu québécois de la santé, et les chercheurs qui, tels le professeur De Guise et son équipe, innovent en contexte, ou telle la Dre Lehoux qui a, entre autres, lancé un blogue (www.hinnovic.org) s'adressant à tous les intéressés - grand public, patients, praticiens, industrie, décideurs - en leur offrant non seulement des outils de réflexion et d'information, mais aussi un forum pour échanger des idées.* Scfeno© on tournr ! /T, ^ Fédération des cégeps Et que çat sau e! Éducation.Loisir •t Sport Québec Québec FINALE NATIONALE 2 MAI 2009 CÉGEP RÉGIONAL DE LANAUDIÈRE À L’ASSOMPTION 180, RUE DORVAL www.sot.bdeb.qc.ca SCIENCE, ON TOURNE ! EST ORGANISÉ PAR LA FÉDÉRATION DES CÉGEPS COLLABORATEURS : COLLÈGE AHUNTSIC COLLÈGE DAWSON ‘ COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT COLLÈGE GÉRALD-GODIN • CÉGEP DE LOUTAOUAIS CÉGEP RÉGIONAL DE LANAUDIÈRE À L'ASSOMPTION COLLÈGE SHAWINIGAN • LVM-TECHNISOL RÉSEAU INTERCOLLÉGIAL DES ACTIVITÉS SOCIOCULTURELLES DU QUÉBEC aH Hydro Québec TtCHNOlOGUO MKMISMONNIIS journalisme FîIiliRwS Bourses et stages en journalisme scientifique Premier prix de 12 000 $ associé ô un stage de six mois dans las organisations paiticipantes.dont trois mois à l'émission Découverte de Radio-Canada Deuxième prix de 4 000 $ Association des communicateurs scientifiques 1124.rue Mane-Anne Est # 12 Montréal (Québec) H2J 2B7 Tel 514 844-4388 poste 25G Date de clôture ; lundi 13 avril 2009 - 17 heures ?4 MERCK FROSST scî’en.çf» owaHlMK iScience Concours organisé par : .ACSz- RADIO TÉliVISION INTERNET 47 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 DI ALOCOS Dans le but d’accorder une place de plus en plus grande aux réflexions des chercheurs sur leurs pratiques, nous leur ouvrons ici un nouvel espace.À chaque numéro de Découvrir, nous inviterons deux d’entre eux à échanger librement des idées à partir d’un thème proposé.Pour le premier thème, « engagement social et démocratie », nous avons convié les professeurs-chercheurs Francis Dupuis-Déri, de l’UQAM, et Alejandro Rada, de l’UQAC, à dialoguer.Nous leur avons d’abord demandé de se présenter, puis les avons laissés s’exprimer librement.PROPOS RECUEILLIS PAR JOHANNE LEBEL FRANCIS DUPUIS-DÉRI : Je suis un « hardcore ?> politologue.J'ai étudié en sciences politiques du bac au postdoc, et maintenant j'enseigne dans ce domaine à l'UQAM.Mais j'ai aussi presque toujours eu un pied dans les milieux militants, dans les groupes autonomes qu'on qualifierait d'extrême gauche, qui sont engagés, par exemple, contre la brutalité policière, la guerre ou le néolibéralisme - ce qui correspond, dans ce dernier cas, au mouvement altermondia-liste.Par la suite, ma pratique militante est devenue mon objet de recherche.ALEJANDRO RADA : Je travaille aussi comme militant, avec les jeunes.J'agis un peu comme une éminence grise.Une militance que je dirais indirecte parce qu’elle est parallèlement un labo-48 ^""découvrir I MARS-AVRIL 2009 ratoire de recherche appliquée.Par exemple, après l'organisation de « forums sociaux des jeunes pour un monde meilleur », j'ai collaboré pour transformer les idéaux en entreprises.La première a été la coop VERTE (Vision Entrepreneuriale Régionale Thu-ristique et Environnementale), un centre d'essaimage de PMEJ (PME de jeunes) qui a pour objectif de valoriser l'économie sociale régionale.J'étais déjà engagé dans mon pays d'origine, le Chili, où je travaillais à l'organisation des citoyens avec des jeunes.Ça m'est resté collé à la peau! Ceci dit, j'ai un peu de difficulté avec le terme « militant ».Le mot « militant » (du latin miles-militis, militaire) renvoie pour moi à « rapports de forces », « pression sociale ».Ma collaboration avec le milieu vise l'émergence de l'intelligence collective et l'attirance par des valeurs.Je me considère davantage aujourd'hui comme un citoyen chercheur plutôt qu'un chercheur citoyen à l’occasion.Tbute ma recherche devient ainsi « militante » parce que son sens est défini d'avance en complicité avec le savoir scientifique.F.Dupuis-Déri : La militance peut être aussi d'une certaine manière de l'« observation participante », comme on dit en termes méthodologiques.J’analyse, entre autres, comment les idées politiques sont portées par les mouvements sociaux, et comment elles s'incarnent dans leurs pratiques et leur mode de décision.Je fais donc de la sociologie politique, mais aussi de la philosophie politique, de l’analyse théorique des idées.En termes universitaires ou théoriques, je suis en fait entre deux chaises, DIALOGOS, de dia-, « à travers », eVlogos, « parole » « Dialoguer, c'est moins communiqueÂà autrui des pensées déjà faites, que s'efforcer de les reproduire en accep^nt de^exposer à la critique.» — Pierre Kahn bi ou multidisciplinaire.Finalement, je me penche sur la question de la démocratie, et je suis proche d’une vision, disons, de démocratie directe ou participative.A.Rada : Pour ma part, ma formation est en phénoménologie des sciences et en sociologie de l’économie.Au cœur de ma recherche avec le milieu se trouve la démocratie informationnelle, qui peut être définie comme le pouvoir de la conscience collective des citoyens bien informés.Elle se distingue de la démocratie représentative et de la démocratie participative, qui sont des pouvoirs fonctionnant par volonté et par rapport de forces.La démocratie informationnelle fonctionne par l’intelligence collective et l’information socialement et organiquement partagée.C’est une nouvelle rationalité éthique et politique.Sa légitimité n’est pas dans la volonté populaire ni dans la participation au pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire, mais dans la sagesse des citoyens bien informés - à ne pas confondre avec l’opinion publique.Mon laboratoire, c’est le Saguenay -Lac-Saint-Jean.Je me dois d’avancer au rythme du milieu et de faire la recherche avec lui.Je n’écris jamais un livre à partir des livres.Je tiens compte des recherches précédentes pour ne pas réinventer la roue, mais mon inspiration vient essentiellement des phénomènes eux-mêmes.Il y a dans la société des avancements majeurs de la pensée qui ne viennent ni des technologies, ni de la science, ni de la philosophie conventionnelle.F.Dupuis-Déri : Nos approches se recoupent.Je travaille beaucoup sur - et toujours en contact avec - le milieu, qui aussi me transforme.Ce sont les activistes qui m’ont fait comprendre la réalité, leur réalité, leurs motivations à partir d’entrevues ou d’observations.J’ai pu mieux saisir alors les pratiques démocratiques au sein de groupes d’action et de mouvements sociaux.Il en ressort, entre autres, que ces mouvements sont des lieux d’une expérience politique significative.Cette expérience, elle est beaucoup plus proche, selon moi, des principes de base et des idéaux déclarés de notre démocratie que la plupart des institutions officielles, dont l’État fait partie évidemment.Desquelles je me méfie d’ailleurs en tant que citoyen.z A.Rada : Je vois un renversement avec § les nouvelles générations de chercheurs ° en sciences humaines, dont la tienne, S qui pensent à partir du milieu, mais < agissent aussi à partir de lui.C’est dans g cette approche que je vois un grand es- < poir, car l’espérance de changer la socié- 3 té passe indirectement par les profes- ~ seurs; elle passe d’abord par les jeunes.49 | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 LE CRÉATEUR DE BLÉ QUAND LA SÉLECTION NATURELLE FAIT MIEUX QUE LES OGM.DIMANCHE 22 MARS v-oVV- *’/• ?*> .^y> MAIN TELEVISION mm rp f^n RADIODIFFUSION SAMEDI ET DIMANCHE À 6 H À LA PREMIÈRE CHAÎNE 1-1 EN WEBDIFFUSION SUR RADIO-CANADA.CA/SEMAINEVERTE REALISATEUR-COORDONNATEUR : RAYNALD DAOUST DI ALOGOS F.Dupuis-Déri : Si ça passait par les professeurs, ça n’irait pas très vite.J'ai beaucoup de difficulté à rester uniquement dans l'écriture ou dans la réflexion universitaire.J'ai comme une envie, une colère irrésistible qui fait que souvent je vais prendre la parole publique et écrire, par exemple, des lettres dans les journaux ou même des essais sous forme de livres.J'ai écrit, il y a deux ans, un essai sur la guerre; contre la guerre en Afghanistan, en fait.Une analyse du discours de justification de la guerre.Je ne prétends pas que ce soit un ouvrage universitaire, même s'il est évidemment appuyé par beaucoup de recherche.Mais ce n'est pas purement de l'opinion non plus.A.Rada : J'ai moi aussi de la difficulté maintenant à continuer à reproduire la culture universitaire.Non pas parce que je ne l'aime pas et que je ne pourrais pas y dire des choses, mais parce que le public pour qui j'écrirais est tellement restreint.Et ce public - et ça, c'est prétentieux de le dire de ma part - je le trouve tellement passéiste.La discipline scientifique qu'il vénère le plus, c'est celle qui a les données les plus sures coulées dans le béton du passé.Et ces chercheurs se coupent de la dynamique de la société.Ils en parlent quand le train a déjà passé.Alors, j'écris pour les nouvelles générations.Mais toujours à partir, comme toi, de ce que j'appelle - j'ai mis un nom sur ce que nous faisons - de la « recherche concomitante ».Une recherche qui « se produit en même temps », qui ne se fait pas séparément des gens concernés et qui chemine avec eux.Elle est plus exigeante que la recherche conventionnelle parce qu'elle doit de toute manière se mesurer à celle-ci en plus de faire cela.Je ne fais rien qui ne puisse avoir l'élan de la vie derrière et qui ne puisse être utile à quelqu’un.À quelqu'un qui a un nom et un prénom.F.Dupuis-Déri : Tu continues tout de même à produire dans le circuit scientifique?A.Rada : Oui, on n'a pas le choix.Pour traverser l'évaluation des pairs, on est obligé de faire cela.Mais ma préoccupation principale, c'est d’avoir des résultats dans la société, d'être évalué en fin de compte par la société.Et je n'ai pas voulu développer des théories qui ne pouvaient pas, d'une façon ou d'une autre, se refléter dans la véritable évaluation d'un scientifique : ce que ces théories apportent à l'humanité réelle qui a toujours les deux pieds sur terre.Je veux produire un savoir qui ne soit pas spéculatif, qui ne soit pas au service des cercles scientifiques qui s'autoéva-luent.Parce que le problème fondamental de la recherche, c'est cette autoévaluation, valable mais insuffisante, et on se pose des questions sur sa pertinence.F.Dupuis-Déri : En effet, le milieu se mord la queue; mais il est certain que comme chercheur, il faut jouer le jeu.la constitution de notre CV, le rayonnement, etc.Côté subventions, pour ma part, je fais des demandes surtout -mais je le dis peut-être par autojustification, pour essayer de cacher mon besoin de reconnaissance - pour soutenir les étudiants de maîtrise ou de doctorat, pour qu'ils puissent vivre de leur recherche, de l'université.Je trouve que c’est vraiment important.Et travailler ainsi avec des étudiants, c'est très motivant, stimulant.Ceci dit, il y a des tensions entre vie universitaire et vie « politique ».L'une des problématiques, c'est que les pairs tendent à penser que nos travaux sont du niveau du billet que l’on a signé dans tel journal, ou de l'intervention de trois minutes à la radio.Moi-même, j'ai tendance à évaluer ainsi les autres universitaires qui s'expriment dans les médias, et dont je ne connais pas les recherches, qui sont évidemment plus substantielles.« C'est vraiment pas fort ce que t’as écrit, ça relève plutôt de l'opinion », ai-je Suzanne Grenier Sylvie Beraid Sophie Matavoy GUIDE pratique DF COM MUN IC AT SCIENTIFIQUE Vos recherches vous passionnent?Parlez-en Dans le Guide pratique avec brio! Des trucs pour cibler votre message et aller à l'essentiel Des règles pour maximiser l'usage des aides visuelles de communication scientifique, vous trouverez.Des outils pour transformer un plan de travail en un discours captivant Des procédés pour garder votre public en haleine Une grille d'évaluation et des exercices pour mettre votre talent en pratique Et les précieux conseils d'orateurs chevronnés Disponible en librairie • 12 $ Association francophone pour le savoir A c f a s 51 | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 DI ALOCOS déjà entendu à mon propos.Évidemment, puisque c’est dans la section « Opinions » du Devoir'.Évidemment, quand j'écris un texte pour une revue universitaire, ou quand je monte un programme de recherche et que j'enseigne, je n’adopte pas la même posture, et je n’ai pas le même objectif intellectuel.Il y a différents registres de discours et d'analyse, différentes structures argumentatives.En termes de réflexion et d'écriture, il n'y a pas de manière unique de dire les choses, et je pense que c'est stimulant et même important de faire les deux, l'un nourrit l'autre.Cela dit, la recherche scientifique n'est pas neutre, évidemment, et un texte d'opinion peut dire le « vrai »; je ne suis pas le premier ni le dernier à le rappeler.A.Rada : D'autant qu'à mon avis, les nouvelles sources d'inspiration des sciences humaines émergent toutes de la société, et c'est là qu'il faut être.Mais quand, par exemple, j'ai été obligé d'étudier les sciences politiques, je me suis rendu compte que c'était une science d’auteurs.On n’y travaille que les grands auteurs, à commencer par Machiavel.E Dupuis-Déri : Et Platon, Platon et Platon! A.Rada : En effet.En plus, quand il est question de nouveauté, ils vont chercher Hannah Arendt, la seule qui semble avoir dit des choses extraordinaires avec un langage bien à elle.On ne trou- II y a des collègues qui trouvent « sympathique » ce que je fais, mais qui s'inquiètent un peu parce que je ne suis pas aligné sur les institutions.Quand j'étais un chercheur postdoc et que je me cherchais.un boulot - maintenant que je suis prof, ça va mieux! -, les profs me donnaient ce qu'ils appelaient des conseils d’ami.« Arrête de travailler sur ce que tu fais, sur les actions militantes, car tu vas être identifié à ton sujet.Cela va te nuire, parce qu'on ne veut pas engager des militants, on veut engager des politologues.» Puis je regardais le profil de plusieurs professeurs importants en sciences politiques pour constater qu’ils étaient tous « engagés ».Tfel professeur avait passé son année sabbatique au ministère de la Défense pour travailler sur le livre blanc.Un autre s'était joint au Conseil privé.Celui-là conseillait en pleine campagne électorale le premier ministre provincial pour le préparer au débat des chefs.Un autre était un indépendantiste notoire, l'autre un fédéraliste de haute volée.Bref, ces collègues étaient associés aux plus hautes instances de la société politique; je les regardais et ils m’apparaissaient eux aussi militants.Non seulement cette « militance » semble acceptable, mais elle est en fait invisible dans mon domaine.Or je crois que dans les deux cas, nous mettons notre science au service d’une cause, et qu'une cause nourrit notre science, la stimule.En fait, cela m'a pris des années A.Rada : Un double standard, en effet, avec un côté plutôt bien assis dans le statu quo, donc dans le passé.Pour s’en sortir un peu, il y a la prospective, qui se trouve dans les sciences qui ont acquis leur maturité.On appelle parfois la prospective la « discipline de l'indiscipline », parce qu'elle échappe aux conventions.Elle s'intéresse aux signes avant-coureurs d'une nouvelle société qui se manifestent, par exemple, dans l'altermondialisme.La prospective, quand elle devient stratégique, ajoute l'intention de bâtir le futur choisi en « LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE N'EST PAS NEUTRE, ÉVIDEMMENT, ET UN TEXTE D'OPINION PEUT DIRE LE " VRAI ";JE NE SUIS PAS LE PREMIER NI LE DERNIER À LE RAPPELER.» _ FRANCIS DUPUIS-DÉRI 52 ve pas beaucoup d'avenir dans les sciences politiques actuelles.F.Dupuis-Déri : C'est une discipline très bizarre.Si elle ne se limite tout de même pas aux discussions de textes, son arrimage avec la société reste souvent très institutionnel.C'est une discipline obsédée par l'État et par les institutions officielles.à réaliser qu'il y avait un double standard, entre la militance suspecte et associée à un manque de rigueur et d'objectivité, et la militance acceptable qui n'est pas perçue comme telle, mais comme une prolongation naturelle de la science politique, soit un service à la Cité (en fait, aux élites).incorporant les aspirations de la collectivité.La prospective s'occupe davantage de l'avenir que du futur.Ce n'est pas un jeu de mots.Le « futur » se situe dans l'imaginaire abstrait et peut tout se permettre, y compris de la science-bction.« Avenir », par contre, signifie littéralement « à venir ».L'avenir prend pied dans le devenir-présent pour nous dire DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 ] DI ALOCOS ce que sera le jour de demain à partir de la réalité d’aujourd'hui.L'avenir, en utilisant une expression paysanne, on le trouve « sur le plancher des vaches », là où les scénarios de demain deviennent réellement possibles.Je prépare un programme avec les étudiants qui s'appelle « Prospective scientifique et philosophie de prédictions.Mon approche est plus critique que programmatique.C’est peut-être un défaut.Mais je suis plutôt méfiant ou pessimiste par rapport aux capacités de prédiction de la science politique.Certes, c'est une des disciplines des sciences sociales qui a une grande prétention scientifique.Mais, en recherche.Des doctorants en pleine rédaction de thèse se sont retrouvés sans sujet du jour au lendemain! Un auteur américain, dont j'oublie le nom, disait que parfois, la science doit céder le pas à d'autres outils appréhender ce qui peut advenir, comme des romans d'anticipation.Bref j'ai beaucoup « J'OBSERVE DEPUIS UN TEMPS DÉJÀ UN IMPRESSIONNANT MOUVEMENT DE RENAISSANCE DE LA SOCIÉTÉ; MAIS IL FAUT PRENDRE DE LALTITUDE POUR LE VOIR, ADOPTER UNE VISION SYSTÉMIQUE ET PROSPECTIVE.» —ALEJANDRO RAD/ ^ .des nouvelles générations ».Les étudiants se posent des questions sur leur avenir, et les disciplines scientifiques apportent les acquis de la science et offrent les outils pour répondre et bâtir avec eux la société qui s'en vient, dans la mesure du possible bien entendu.F.Dupuis-Déri : Th es plus optimiste que moi.Je sais que la science se définit, entre autres, par une capacité à prédire.J'ai des principes et des idéaux, des espoirs, mais je travaille peu en termes même temps, elle a eu des échecs retentissants.Le sous-champ des relations internationales, par exemple, n'a pas été capable de prédire l’effondrement du bloc de l’Est.Il y avait des milliers de chercheurs qui travaillaient sur la guerre froide, l'équilibre de la terreur, l'Union soviétique, la kremlinologie, etc.Et le bloc de l'Est s’est effondré devant les politologues, à la limite aussi perplexes que le simple citoyen, sinon plus, parce que c'était leur sujet de de difficulté à travailler en termes de prédictions.A.Rada : TU devrais peut-être sortir de ton domaine - mais tu le fais déjà - tout en demeurant scientifique.Quant à tes idéaux, il s'agit de voir comment cet espoir-là peut être réalisé.Si tu as de l'espoir, cela veut dire que tu es optimiste.Seulement, tu es un petit peu pessimiste sur les moyens.L'espérance, je la définis comme la possession partielle de quelque chose qui adviendra ou qui peut advenir.Donc, si je possède déjà partiellement ce qui va venir, je ne suis plus dans la prédiction rationnelle.Je suis dans la prédiction réelle, dont le rationnel fait partie.La « société de demain », ce n'est pas un concept de sciences sociales ou de sciences politiques.C'est un phénomène.Et pourquoi je suis optimiste?Parce que j'observe depuis un temps déjà un impressionnant mouvement de renaissance de la société; mais il faut prendre de l'altitude pour le voir, adopter une vision systémique et prospective.Et après, y ajouter le « où on veut aller » de la démocratie.Les jeunes générations savent où aller; du moins, elles savent qu'elles veulent un monde meilleur.Elles luttent pour cela.Faire de la prospective en concomitance avec eux, c'est commencer à vivre dès maintenant les valeurs de la nouvelle société, ce qui, par ricochet, se traduit par des comportements qui mènent dans sa direction.¦* DÉCOUVRIR | MARS-AVEDTEETB O O M Z O O M ZOOMZOOM O_ZOOM Valérie Levée Les TRUC, graines de discorde TECHNIQUES DE RESTRICTION DE L’UTILISATION GÉNÉTIQUE, ACRONYME TRUG, AUSSI CONNUES SOUS LE NOM DE « GÈNES TERMINATOR » OU « SEMENCES-SUICIDE »! Brevetées en 1998, ces semences modifiées génétiquement sont stériles.Une récolte et c’est terminé.Pour les pays signataires de la Convention sur la diversité biologique, qui veille notamment à maintenir les variétés agricoles et le savoir-faire traditionnel, l’inquiétude est réelle.En 2000, ils convenaient d’un moratoire pour empêcher les essais en champ des TRUG et leur commercialisation.Depuis, les pourparlers piétinent.Certains craignent les effets pervers de l’intrusion de ces semences dans l'agriculture traditionnelle.D'autres souhaitent relancer les recherches, car les TRUG pourraient bien remédier au problème de la dispersion des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’environnement.La Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) s’est penchée sur la question en complétant son précédent avis Pour une gestion éthique des OGM publié en 2003 par un supplément consacré aux enjeux spécifiques de TRUG.Découvrir s’est entretenue avec deux experts du comité de travail que pilote la CEST : Dany Rondeau, présidente du comité de travail et professeure d’éthique au Département des lettres et humanités de l’Université du Québec à Rimouski, et Dominique Michaud, professeur au Département de phytologie de l’Université Laval.Découvrir : Comment définir scientifiquement ces techniques de restriction?Dominique Michaud : Ce sont des plantes transgéniques dans lesquelles, au lieu d’insérer un gène de résistance aux insectes ou de tolérance aux herbicides, on introduit un groupe de gènes dont les produits agissent en cascade pour rendre les semences stériles.Les graines ne peuvent pas germer et la plante ne se reproduit pas.D.: Quel est l’intérêt de cette technique?D.Michaud : Le fait que les semences se promènent d’un champ à un autre est bien documenté.Or, dans le cas des OGM, cet état de fait ne plaît pas à certains, notamment aux producteurs biologiques, qui ne veulent pas voir leurs champs contaminés par du pollen transgénique.Si le pollen TRUG porte des gènes entraînant la stérilité des semences, il ne pourra pas contaminer les champs voisins.Les TRUG réduiraient ainsi le potentiel de « pollution génétique » des cultures biologiques.Mais c’est théorique.D : Pourquoi théorique?D.Michaud : On ne connaît pas l’efficacité des TRUG.Les principes moléculaires sont mal docu- mentés.En transgénèse, plus le système est complexe, moins il est prévisible et fiable à 100 p.100.D.Rondeau : Nos connaissances théoriques sont extrapolées à partir d’essais en laboratoire.Pour avoir des données concluantes, il faut des essais en champs, ce qui est interdit par le moratoire.C’est un peu un cercle vicieux.D.: Et pour les compagnies se-mencières, quel est l’intérêt?D.Michaud : Les agriculteurs de cultures transgéniques signent, avec ces compagnies, un contrat spécifiant que les graines ne peuvent être récoltées et resse- mées.Ils doivent en acquérir de nouvelles chaque année.Les TRUG permettraient aux compagnies de mieux contrôler la réutilisation des semences transgéniques.Rappelons que dans le cas des hybrides comme le maïs, cette pratique de racheter des semences chaque année existait bien avant les OGM.Les hybrides sont performants, mais pas leurs descendants, de sorte que les agriculteurs n’ont pas avantage à ressemer les graines et doivent acheter des semences régulièrement.D.Rondeau : Leur intérêt est extraordinaire parce que les TRUG assurent un marché qui se renouvelle sans loi, sans brevet, sans contrat, sans surveillance.Les semences stériles génétiquement modifiées pourraient mettre en péril l’agriculture traditionnelle et nuire à la biodiversité.*¦ j -y- ^ DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 D.: Est-ce que ça peut modifier les pratiques agricoles?D.Rondeau : Les TRUC concernent les variétés propices à la culture intensive.Dans ce cas, les impacts ne seraient pas très importants, car les agriculteurs achètent déjà leurs semences.Mais c’est différent pour l’agriculture traditionnelle, où les cultivateurs échangent leurs semences, les réutilisent et font des croisements pour sélectionner les nouvelles variétés.Les semences TRUC risquent de remplacer les cultures locales et d’appauvrir la biodiversité agricole.Ce serait assez grave, car cette diversité sert de réservoir pour continuer à améliorer les variétés locales.D.: D’où le moratoire?D.Rondeau : Il découle d’un principe de précaution par rapport à une technologie dont on ignore beaucoup de choses.D.Michaud : C'est un moratoire de facto qui ne représente pas d'interdiction légale.Dans les faits, il porte sur la commercialisation des TRUC, mais aussi sur les essais en champs qui permettraient d'évaluer les impacts environnementaux.D.: Peut-on faire ces études en serres?D.Michaud : En serres, on peut étudier certaines caractéristiques des TRUC - par exemple, leur mode d’action et leur efficacité à rendre les semences stériles.Mais on ne peut pas, en revanche, étudier leurs impacts environnementaux, comme la pollution génétique ou leurs effets possibles sur la biodiversité à une échelle fidèle à la réalité des écosystèmes agricoles.D.Rondeau : En laboratoire, le système n’a pas démontré qu’il fonctionnait : soit les données de laboratoire n'existent pas et il faut les produire, soit elles existent et il faut les rendre disponibles.D.Michaud : Avec le moratoire, depuis l’an 2000, nos connaissances n’ont pas avancé, comme si pour éviter la commercialisation des TRUC, on bloquait l’avancement du savoir.Mais il est important de faire la distinction entre les risques associés à une technologie et les risques associés à son utilisation.Il faut régler les problèmes étape par étape, donc commencer par étudier les TRUG pour en connaître l’efficacité, puis en évaluer les impacts sociaux en cas de commercialisation, si bien sûr les données sur l’efficacité du système et ses effets sur le milieu en justifient le développement.D.: Faut-il lever le moratoire pour poursuivre les recherches?D.Rondeau : Le comité de travail de la CEST a procédé à une évaluation éthique pour déterminer les conditions nécessaires à la levée du moratoire.Il faut mener davantage de recherches pour mieux connaître les TRUG, en évaluer la fiabilité, et aussi, rendre les données publiques.Et si le moratoire est levé, on recommande de faire une sérieuse évaluation éthique des impacts économiques, sociaux et sanitaires avant toute mise en marché.Commercialiser une technologie, c’est mettre le doigt dans l’engrenage.Elle finira par pénétrer les pays du Sud.Dans les rapports Nord-Sud, les intérêts économiques pèsent souvent plus lourd que les intérêts sociaux et sanitaires.Les pays du Nord ont une responsabilité à l’égard de l’arrivée d’une telle technologie au Sud.Quelques enjeux traités dans le supplément sur les TRUG Un enjeu important du moratoire sur les TRUG concerne la transparence et l’accès aux données scientifiques.Le moratoire recommande que les essais sur le terrain et à des fins commerciales ne soient pas approuvés tant que des évaluations scientifiques adéquates, crédibles et strictement contrôlées n’auront pas fourni des données fiables et transparentes.Sans cela, il est difficile de vérifier si les produits issus de la technologie sont sécuritaires.Si pour une raison ou pour une autre (désastre naturel,crise Commission de l'éthique de le science et de la technologie Québec E3 C3 C3 E3 économique ou sociale), une saison de récolte n’était pas rentable, des agriculteurs pourraient être incapables d’acheter des semences en vue de la prochaine saison.La sécurité alimentaire des pays les plus pauvres pourrait ainsi être compromise.Si elle est stérile, la semence TRUG offre une solution possible au problème de contamination de l’environnement par le pollen transgénique.Mais un moratoire interdit actuellement les recherches au champ et on ignore toujours l’efficacité du système.Faut-il bloquer les recherches et se priver d’une solution à la dispersion des OGM, par crainte dlun mauvais encadrement commercial des TRUG?On reconnaît aux agriculteurs le privilège de produire leurs semences, de les échanger et de sélectionner de nouvelles variétés.Mais ce privilège s’effrite.Les producteurs de maïs hybride doivent acheter chaque année leurs semences et les cultivateurs d’OGM sont liés aux se-menciers par un contrat.Les TRUG sont-ils une autre forme d’expression de cette dépendance des agriculteurs envers les semenciers?•« L’avis de la CEST Pour une gestion éthique des OCM et le supplément sur les TRUC abordent ces enjeux.Il est possible de les télécharger ou d’en commander la version imprimée sur le site de la CEST à l’adresse suivante : www.ethique.gouv.qc.ca 55 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 la fine pointe ASSOCIATION DE L'ALUMINIUM DU CANADA 56 L’Association de l’aluminium du Canada (AAC) regroupe les trois entreprises productrices d’aluminium de première fusion; ces entreprises exploitent 11 alumineries au Canada, dont 10.au Québec.L'alchimie de l'aluminium " Sans y penser, vous avez sûrement déjà claqué votre portière de voiture des dizaines et des dizaines de fois.Rien à faire, cet alliage d’aluminium est imperturbable! Solide, léger et résistant à la corrosion.Derrière ce stoïcisme métallique, on trouve des procédés métallurgiques complexes : déformation à chaud ou à froid, ou durcissement structural à l’échelle atomique.L’aluminium a l’avantage d’être léger.Mais pur, il est plutôt mou.Pour obtenir un matériau solide, mais toujours léger, on le combine au cuivre ou au silicium, par exemple.Première étape : on mélange les ingrédients de cette recette métallique, à une température avoisinant les 650 °C.Puis, on coule le mélange dans des moules.En refroidissant, l’alliage cristallise.« Le problème,explique le professeur Philippe Bocher,chercheur à l’École de technologie supérieure de Montréal, c’est que lors du refroidissement, des imperfections apparaissent.La forme et la taille des cristaux ainsi que leur composition chimique ne sont pas homogènes, les bords du moule refroidissant plus rapidement que le centre.Des bulles de gaz, ou porosités, restent prisonnières au sein du métal, créant des imperfections qui affectent sérieusement les propriétés mécaniques du matériau ainsi formé.» Pour corriger, on « recristallise » le matériau : on le chauffe, et on le déforme afin de casser les cristaux existants, appelés « grains » en métallurgie.On referme ainsi les porosités.« On veut obtenir les grains le plus petits possible, car plus ils sont petits, plus le matériau est dur », précise le professeur Bocher.Deuxième étape : la déformation des plaques, à chaud ou à froid.À chaud, on parle de 300 °C.Les cristaux sont déformés, mais grâce à la chaleur, ils peuvent se réorganiser.Il y a recristallisation.Quand cette réorganisation se fait pendant la déformation, on parle de « recristallisation dynamique ».Ce dernier procédé permet de travailler des lingots de grande dimension, faisant parfois deux mètres d’épaisseur; mais il est difficile de contrôler l’épaisseur des produits fabriqués, et le fini de surface est souvent mate et pas très lisse.À froid, on écrase le matériau avec de puissantes presses, pour ensuite le chauffer au four afin qu’il recristallise et que l’on puisse de nouveau le déformer.Cette technique est utilisée pour traiter les plaques qui serviront, parexemple,àfabriquerdes portières d’automobile.Elle permet de bien contrôler l’épaisseur et la qualité du fini de surface, et d’améliorer la résistance du matériau.Mais elle a des limites, car les forces à appliquer sont considérables et le matériau risque de casser au cours de la déformation.Après ces étapes de déformation et de recristallisation, on forme et on découpe la pièce finale dans la plaque.La portière est née! Mais ça ne s'arrête pas là.Les qualités de l’alliage peuvent encore être améliorées par le « durcissement structural ».Pour ce faire, la pièce subit une succession de chauffages et de refroidissements soigneusement paramétrée.Au cours de ces cycles thermiques, de minuscules structures cristallines, appelés « précipités »,seformentausein de la matière.Si les cristaux ont typiquement une dimension de 50 à too microns, soit le diamètre d’un cheveu, les précipités ne font que quelques microns.Ces mation des plus gros cristaux, permettant d’augmenter considérablement la dureté de l’alliage.Sans changer de poids, votre portière de voiture devient plus résistante et elle ne risque pas de se cabosser en cas de forte pression ou de choc.Tous ces procédés sont ajustés très précisément en fonction de la composition de l'alliage et des propriétés recherchées.Là réside tout le défi des chercheurs.Quelques minutes en moins, ou quelques degrés de trop à l’une ou l’autre des étapes peuvent avoir une influence importante sur les propriétés mécaniques du matériau.« Nous sommes un peu des alchimistes, de dire le professeur Bocher.En contrôlant des paramètres et des procédés à l’échelle de l’humain, le métallurgiste agit sur des processus complexes à l'échelle de la structure atomique du métal.Et même si on ne change pas du plomb en or, on est capable de conférer à l’aluminium des propriétés exceptionnelles qui le rendent plus que compétitif face à l’acier.» PERRINE POISSON ‘fcpf minuscules structures agissent comme des barrières à la défor- Dans chaque portière de voiture se cachent des procédés complexes de traite ment de l’aluminium.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 Les IRSC forment l’organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada.Au nombre de 13, ils offrent leadership et soutien à plus de 12 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.IRSCCIHR Institut* «te ydwwJw ( »na4i«A In»mut« an mm# ou Cansoa Un petit génome qui voit grand Particules d'ATP synthase Espace intermembranaire Cretes Ribosome Granules Schéma fonctionnel d'une mitochondrie humaine.Les mitochondries auraient des origines bactériennes, Membrane interne Ce qui expliquerait pourquoi Membrane externe elles possèdent leur propre information génétique." Mammouth laineux, kangourou et panda sont parmi les derniers à avoir pris l’actualité d’assaut.Presque chaque semaine, on annonce le dévoilement du code génétique d’un nouvel organisme.Alors que tous ces projets se penchent sur l’ADN du noyau, un autre génome s’expose un peu moins dans les manchettes : l’ADN des mitochondries.Il ne se prend pas pour une vedette, mais ce qu’il révèle fera faire un bond en avant à la connaissance.Grâce à la base de données GOBASE, la chercheuse Gertraud Burger lui donne toute la visibilité qu’il mérite.« L’avantage avec les organelles,telles les mitochondries, explique la spécialiste en bioinformatique de l’Université de Montréal, c’est que nous en connaissons le génome complet.» Pas besoin d’attendre que la bette à carde rouge soit séquencée pour la comparer à la laitue frisée : il suffit de sé-quencer le tout petit génome de ses mitochondries ou de ses chloroplastes, une tâche autrement moins lourde.« C’est aussi plus facile de mener des études évolutives, ajoute-t-elle, car les génomes sont plus petits.On peut comparer deux organismes par leur ADN nucléaire seulement s’ils sont séquencés, alors que ça fait 10 ans que la mitochondrie fait l'objet de comparaisons.» Au départ, la scientifique et ses collègues affrontaient un sérieux problème.Dans les bases de données traditionnelles, les séquences d’ADN des mitochondries, siège énergétique de la cellule, se trouvaient truffées d’erreurs et les informations nécessaires aux expériences étaient 5 souvent manquantes.Résultat : | une perte de temps colossale.® « Une équipe devait surveiller et “ corriger chaque entrée », raconte ^ Mme Burger.Son collègue Franz Lang et elle créent alors GOBASE, grâce au soutien des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).En deux ans environ, la base de données spécifiquement adaptée à leur sujet de prédilection voit le jour.Un franc succès! Aujourd’hui, plus de 45 000 personnes la fréquentent chaque mois.GOBASE contient 913 000 séquences mitochondriales et 250 000 séquences chloroplasti- ques, des cyanobactéries aux humains.En plus des génomes complets des mitochondries et des impressionnante d’organismes, la base recense ceux de leurs proches parents.En effet, les scientifiques croient que ces organelles descendent de bactéries qui ont été « absorbées » par les cellules primitives, lesquelles en ont fait leurs centrales énergétiques personnelles.Ils utilisent donc GOBASE pour mettre en parallèle les organelles « modernes » avec les alphaprotéo-bactéries, descendantes probables des anciennes bactéries-mitochondries, et avec les cyanobactéries dans le cas des chloroplastes.« Dans la nature, tout est possible, tant que ce n’est pas nuisible! », répète souvent Gertraud 5 Burger.Quelle ne fut pas sa sur-| prise de découvrir un génome g organisé comme un casse-tête El chez Diplonema! Les mitochon-< dries de ces unicellulairesflagel-| lés ne contiennent pas un, ni o deux chromosomes.mais une | centaine.Surchacund’entreeux, un seul petit fragment de gène.Les gènes sont dispersés sur environ six chromosomes, transcrits individuellement, avant que tous ces ARN ne soient assemblés en un seul ARN messager prêt à coder une protéine.Pourquoi?Peut-être qu’un jour, ce drôle d’arrangement pourrait « servir à créer de nouvelles combinaisons ».AMELIE DAOUST-BOISVERT chloroplastes d’une variété Les chloroplastes sont les éléments permettant aux plantes de réaliser la photosynthèse.Comme les mitochondries, ils sont d’origine bactérienne et résultent de l’incorporation d’une bactérie dans une cellule primitive, il y a 1,5 à 2 milliards d’années (théorie de l’endosymbiose).DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 la fine pointe IDRC #: CRDI Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), une société d’État canadienne, est l’un des chefs de file à l’échelle mondiale de la production et de l’application de nouvelles connaissances pour relever les défis du développement international.Bourses de recherche cap vers le Sud Pour plusieurs, les études de 2e et 3e cycle ouvrent un passage vers la communauté scientifique du Canada.Pour d’autres, elles mèneront sur d’autres rives, en offrant l’occasion de vivre en première ligne les hauts et les bas de la recherche en développement international.Tierno Baldé, par exemple, doctorant de l’Université de Montréal, s’est plongé dans l’analyse du système de surveillance de la santé en Haïti en s’intéressant aux défis de coordination entre les programmes de santé des grands bailleurs de fonds internationaux et le ministère de la Santé haïtien.« Cette immersion m’a permis de bien saisir les dynamiques entre la santé internationale et les interventions de ce ministère, affirme-t-il.C’était une expérience enrichissante tant du point de vue personnel que professionnel.» Sa thèse fournira aux décideurs des recommandations pour améliorer la santé de la population.Tierno Baldé a pu effectuer cette recherche en Haïti grâce à la bourse aux chercheurs candidats au doctorat que le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) lui a octroyée.Société d’État à vocation internationale créée en 1970 par le Parlement canadien, le CRDI remet environ 80 bourses par année, ce qui donne la chance à de jeunes chercheurs de travailler en Afrique,en Amérique latine,au Caraï-58 bes, en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient.« Ces bourses permettent à une nouvelle génération de Canadiens de prendre une part active au développement international et d’envisager une carrière dans ce domaine », soutient Rita Bowry administratrice de programmes principale au CRDI.Le CRDI offre divers types de bourses.Quelques-unes visent à créer un bassin de journalistes sensibles aux questions de développement international.Selon Daphnée Dion-Viens, « c’est un luxe pour une journaliste de passer quatre mois sur le terrain à fouiller un sujet en profondeur ».Cette récipiendaire a pu constater au Niger et au Bénin l’ampleur des drames humains causés par les médicaments contrefaits, et au Burkina Faso, elle a pu observer les actions concrètes d’adaptation aux changements climatiques.Ses reportages ont contribué à faire connaître ces réalités au Québec, et elle occupe aujourd’hui un poste permanent au quotidien Le Soleil, à Québec, où elle couvre l’actualité générale.Certaines bourses appuient la recherche dans des domaines prioritaires au CRDI, tels l’architecture, l’ingénierie et l’urbanisme au service de la pauvreté urbaine, l’évaluation et la foresterie communautaire.Réalisant une maîtrise en économie rurale à l’Université Laval, Elizabeth Hunter s’intéresse aux liens entre régime alimentaire, biodiversité et sécurité alimentaire au Liban, grâce à la bourse Écosystème et santé humaine.Elle a participé à l’analyse de données recueillies auprès de 798 villageois et interviewé des spécialistes de l’agriculture et du commerce.Elle a notamment constaté que certaines politiques gouvernementales -les subventions accordées pour le pain blanc, par exemple - avaient comme effet pervers de soutenir des aliments peu nutritifs.Maintenant établie à Montréal, elle coordonne la nouvelle campagne Océans de Greenpeace Canada.Le CRDI cherche aussi à contribuer à l’accroissement des capacités locales de recherche dans l’hémisphère sud.En 2007, il a mis sur pied le programme Bourses aux chercheurs débutants du Sud, géré localement par cinq institutions en Afrique subsaharienne.Un des premiers récipiendaires, ; Igeme Katagwa, étudiant à l’Université Makerere, en Ouganda, examine les efforts de réintégration des enfants soldats dans les communautés du nord de ce pays.Une autre boursière, la Tanza-nienne Rose Mboya, inscrite à l’Université Kwazulu-Natal en Afrique du Sud, évalue les méthodes traditionnelles d’entreposage du maïs de son pays.Rita Bowry soutient qu’« en offrant la possibilité à des étudiants africains d’acquérir une expérience sur le terrain, le CRDI aide ces pays à se doter d’une masse critique de chercheurs dûment formés et expérimentés, aptes a promouvoir le développement durable et équitable ».Que ce soit au Canada ou dans les pays en développement, les bourses du CRDI renforcent la capacité de recherche afin d’appuyer les politiques et les technologies susceptibles de contribuer : à l’édification, dans les pays du Sud, de sociétés plus saines, plus équitables et plus prospères.LOUISE GUENETTE ET PIERRE PINSONNAULT Une bourse aux chercheurs candidats au doctorat offerte par le CRDI a permis à Teodosia Villarino d'effectuer des travaux sur le terrain aux Philippines.Elle s’intéressait aux stratégies de survie dans un quartier démuni.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosoda les Le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psydrosociales (CLIPP) a pour mission de contribuer à l’amélioration des pratiques de prévention et d’intervention psychosociales, à la hausse de la qualité et de la pertinence de la recherche psychosociale et à l’élaboration des politiques sur les enjeux à caractère psychosocial.sous enquête?Transfert Le transfert de connaissances (TC) représente un enjeu crucial pour améliorer les pratiques et les politiques en sciences humaines et sociales.Pourtant, les chercheurs possèdent peu d’outils et obtiennent peu de soutien pour réussir le partage de leur expertise avec les utilisateurs potentiels.Il existe toujours un décalage important entre les connaissances issues des recherches et celles utilisées dans la pratique de tous les jours.C’est avec l’objectif de cerner ces problématiques et de sensibiliser les chercheurs à l’importance du TC que le projet Valorisation de l’innovation et du capital intellectuel (VINCI) a vu le jour au printemps 2005.Réunissant 16 unités de recherche et établissements affiliés à l’Université de Montréal, le regroupement VINCI a confié à deux chercheurs de l’institution, Christian Dagenais et Michel Janosz, et à une directrice de projet du CLIPP, Julie Dutil, le mandat de réaliser une étude visant à trouver des façons de soutenir les activités de TC.D’abord, l’étude s’est concentrée sur l’attitude des chercheurs ainsi que sur la perception qu’ils ont de la culture universitaire à l’égard du TC.L’analyse démontre que la plupart des répondants sont enclins au TC malgré le peu d’ouverture au sein de certaines instances de l’institution.Ensuite, on a analysé les facteurs qui facilitent et entravent les activités de transfert.Selon les répondants, la culture universitaire, principalement axée sur la production scientifique, et l’insuffisance des ressources constituent des obstacles importants à la réalisatîon de ce type d'activités.De plus, la plupart estiment qu’ils ne possèdent pas suffisamment de compétences ou d’outils à cette fin.Or, il apparaît que plus ils disposent de l’expertise nécessaire pour le faire, plus ils procèdent au TC.Enfin, on a voulu déterminer les principaux besoins des chercheurs en matière de soutien.Selon eux, l’amélioration de la situation passe d’abord par la reconnaissance de la valeur du TC par l’institution universitaire et par l'ajout des activités de transfert dans l’évaluation des dossiers de promotion.Les ressources financières, techniques et logistiques, ainsi que le déve- loppement de compétences pour adapter la diffusion de leurs résultats, constituent également des besoins importants.À la lumière de cette étude se dessinent des pistes de réflexion et d’action.On observe d’abord encore beaucoup de confusion au sein de la communauté des chercheurs quant à ce qu'est et ce que doit être le TC.Ceci s'explique notamment par la présence de plusieurs modèles dans la littérature.Il se révèle primordial de clarifier les concepts entourant cette notion.Il est, par ailleurs, nécessaire de reconnaître la pertinence des activités de TC et de les inclure dans les tâches reconnues pour fins de promotion afin de conférer une légitimité aux personnes qui réalisent ou qui souhaitent effectuer du TC.Afin de bénéficier de toute l’expertise et des moyens nécessaires à la réalisation d’activités de TC, les chercheurs ont besoin de support.Quelles sont les ressources offertes par l’institution?Il faut ensuite assurer la com- munication avec les centres de liaison existants afin qu’ils soient mieux connus par les chercheurs.Enfin, ceux-ci doivent disposer d’un inventaire des sources de financement liées au TC.Pour en savoir davantage, consultez le site du CLIPP au : Référence : Étude des besoins des chercheurs de l’Université de Montréal en matière de transfert des connaissances issues de la recherche, sous la direction de Christian Dagenais, CLIPP et Université de Montréal, et de Michel Janosz, Université de Montréal, novembre 2008,97 p.SYBILLE PLUVINAGE La plupart des chercheurs sont d’accord pour transmettre leurs connaissances, mais cette activité n'est pas valorisée dans l'évaluation de leurs activités.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 PHOTO : MADJAZ BONCINA / ISTOCK Penser la science PAR ARIEL FENSTER Doit-on avoir peur de la nanotechnologie?Dans nos journaux,certaines sources d’anxiété font souvent les manchettes.Un jour, ce sont les gras trans, un autre les gaz à effet de serre, quand ce n’est pas la saga des aliments transgéniques.Faut-il ajouter à cette liste la nanotechnologie?Cette science émergente se spécialise dans l'étude et la manipulation de matériaux dont au moins une des dimensions est inférieure à 100 nanomètres.Le nanomètre représente un milliardième de mètre, soit l'ordre de grandeur des atomes et molécules.Il y a déjà près de 600 produits sur le marché qui se réclament de la nanotechnologie, depuis les textiles résistant aux taches jusqu’aux vitres autonettoyantes, en passant par les crèmes solaires.Mais pour certains, cette avalanche de nouvelles applications technologiques ne tiennent pas compte des risques potentiels pour la santé et l’environnement.Pour eux, contrairement à ce qui s’est passé lors de l’implantation d’autres technologies-je pense, par exemple, aux OGM, introduites sans que le public y soit préparé -, il est essentiel de mettre en place un programme où les risques et les avantages de la nanotechnologie sont examinés de manière rationnelle.Il faut bien sûr comprendre d’abord ceci : le fait qu'un composé soit présent sous une forme nano n’augmente pas automatiquement sa dangerosité.Le groupe envi-ronnementaliste ETC (Érosion,Technologie, Concentration),établi à Ottawa,avait lancé un concours pour choisir un symbole graphique qui indiquerait au public la présence de nanomatériaux potentiellement dangereux.Or si un tel symbole était utilisé systématiquement, il faudrait l’appliquer aux berlingots de lait, par exemple, car ceux-ci contiennent de manière naturelle des nanoparticules de caséine.Ou à nos ordinateurs dotés de micropuces de dimensions nano, ou encore, à l’extrême, à toutes les parties de notre corps, qui sont constituées de nanomolécules.Ensuite, il faut aussi savoir que certaines nanoparticules qui, elles, sont dangereuses, sont aussi d’origine naturelle.C’est le cas, par exemple, des produits de combustion dégagés par les incendies de forêt ou par les éruptions volcaniques.Il y a aussi celles provenant de l’activité humaine, en particulier les émissions des moteurs diesels, qui sont particulièrement nocives.Une condamnation globale de la nanotechnologie serait une erreur, car cette science se révèle très prometteuse dans de nombreux domaines.Notamment, des chercheurs de l’Université du Michigan sont arrivés à détruire chez des rats des tumeurs cancéreuses du cerveau.En effet, ils ont montré que des nanoparticules portant des médicaments anticancer pouvaient, grâce à leur taille, pénétrer dans les cellules cancéreuses et les détruire.Ces chercheurs proposent de développer un traitement qui serait restreint aux cellules malades, laissant intactes les cellules saines.De quoi rêver.Mais c’est justement à cause de leur petite taille, et du fait qu’elles peuvent pénétrer dans les cellules et interférer avec des processus biologiques, que l’introduction sur le marché de nanoparticules d’origine synthétique inquiète.Malheureusement, jusqu’à présent, on a estimé qu’on pouvait continuer à les utiliser, car elles sont faites à partir de produits chimiques considérés comme sécuritaires sur le plan macroscopique.Or ce n’est pas forcément le cas : l’argent est relativement inerte au niveau macroscopique, mais ses propriétés antibactériennes augmentent de manière exponentielle sous la forme nano.Cette propriété est utilisée, par exemple, pour produire des chaussettes « sans odeur » : les nanoparticules d’argent tuent les bactéries responsables de la formation de molécules à l’odeur de camembert.Mais avec le lavage, les nanoparticules se retrouvent dans les cours d’eau, ce qui pourrait avoir des effets potentiellement négatifs sur la vie aquatique.C'est pourquoi plusieurs groupes environnementaux voudraient qu’on interdise l'utilisation de nanoparticules d’argent à cette fin.D’ailleurs, l’EPA (Environnemental Protection Agency), aux États-Unis, a défini les machines à laver le linge « antibactériennes » qui génèrent des nanoparticules d’argent comme étant.des pesticides! Malheureusement, un examen systématique des différentes facettes de cette science, n’est pas encore à l’horizon.Santé Canada et plusieurs agences fédérales avaient mandaté le Conseil des académies canadiennes pour étudier la question.Le rapport du Conseil, publié au mois de juillet 2008, conclut qu’on ne dispose pas de données adéquates pour évaluer les risques.Plus récemment (décembre 2008), l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST), la Commission de santé et sécurité du travail (CSST) et NanoQuébec publiaient conjointement un tout premier guide sur la gestion des risques liés aux nanoparticules de synthèse.Bien que l’effort soit méritoire et que le guide contienne des renseignements utiles, il est à noter que ses auteurs constatent eux-mêmes le manque de connaissances surces risques pour la santé et l’environnement.Voilà qui n’est pas étonnant, car sur les milliards de dollars dépensés à travers le monde pour le développement de la nanotechnologie, on estime que moins de 4 p.100 vont à l’évaluation et au contrôle des risques potentiels.Il serait important qu’on s'intéresse davantage à ce sujet pour que cette technologie pleine de promesses trouve son plein épanouissement.Ariel Fenster Organisation pour la science et la société (OSS) Université McGill 60 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 Indécidable The Undccidable LIVRES JOHANNE LEBEL 1)1 l.’IMl’RIMl LA BATAILLE DE L’IMPRIMÉ À L’ÈRE DU PAPIER ÉLECTRONIQUE Sous la direction d’Éric Le Ray et Jean-Paul Lafrance Les Presses de l’Université de Montréal MySpace?En moins de cinq ans, ce « pays » s’est peuplé de 300 millions de diffuseurs, interreliés en temps réel.Les jeunes?« Ils ont pris l’habitude de lire directement à l’écran »,soulignent les auteurs.Que peut-il arriver alors de la presse écrite, isolée du réseau des réseaux?Assistera-t-on bientôt à la fin de cet anachronisme?Le passage du papier-fibre au papier électronique est en train de s’opérer.Plusieurs technologies sont déjà exploitées.On peaufine, on avance.Ce sera là une autre « révolution » pour le monde des médias, qui déjà se trouve passablement secoué par les nouveaux producteurs de contenus - chacun, individus ou organisations, pouvant désormais devenir imprimeur, diffuseur, éditeur ou entrepreneur.Pour aborder cette question multidimensionnelle, cet ouvrage réunit 29 collaborateurs, tant des professeurs-chercheurs que des professionnels du milieu.Si l’on peut se réjouir, avec la venue du papiel, d’une baisse de l’exploitation de la ressource arbre, on espère que l’on aura prévu une fin plus verte pour ce nouveau support.L’INDÉCIDABLE-THE UNDECIDABLE Écarts et déplacement de l’art actuel Sous la direction de Thérèse Saint-Gelais Les éditions esse « La science n’est pas la seule à tenter d’expliquer les mystères du monde qui nous entoure.[.] Par voies sensorielle, cognitive et affective, les tableaux, les sculptures, les installations décrivent l’univers autrement que ne le font la pensée logique et les sciences exactes et, souvent, l’art fera mieux comprendre le chaos et la complexité de nos vies.» C’est avec ces mots de Jocelyne Lupien que débute Du sens des sens dans l'art actuel, l'un des textes de cette publication à sept voix.Il s’agit, en fait, des actes de l’un des colloques thématiques tenus par les éditions esse.Ces colloques se situent toujours « aux frontières de plusieurs disciplines, à proximité de différentes problématiques sociales ou au sein de situations artistiques plus difficilement identifiables ».Les auteurs déclinent ici la variété de leurs perspectives critiques autour des oeuvres de 30 artistes « qui frayent dans des zones fluctuantes où les marges, parfois, se chevauchent ».De là le titre qui les rassemble, l’« indécidable » faisant aussi référence à cette « zone limite entre l’art et le non-art » dont parle Jacques Rancière.avree m ciAsse eues mots tvmflü bvwé l&séravon o£ etc&iw, ENTRE LA CLASSE ET LES McJOBS Portrait d’une génération de cégépiens Jacques Roy INRS - Les Presses de l’Université Laval « Les jeunes seraient le groupe social dont l’image reflétée par les médias est la plus éloignée de la réalité.Ce qui aurait pour effet de les sous-estimer globalement.Paresseux, nihilistes, incultes, irrespectueux, allergiques à toute forme d’autorité, n’ayant cure de la vie politique et n’écoutant que leur bon plaisir.» Et pourtant, selon l’auteur, les recherches diraient tout autrement.Nous verrions là une génération plutôt ordinaire si on retirait le prisme déformant du regard d’une génération jugeant la suivante à partir de ses repères.Ce fossé entre réalité et perception tiendrait ainsi à un préjugé d’ordre générationnel.Pour recadrer cette perception, l'auteur est allé voir sur le terrain, par la voie de l’enquête, ce qu’il en était.À quoi aspirent les cégépiens d’aujourd’hui?Quelle importance accordent-ils à leurs études?Pourquoi travaillent-ils en même temps qu’ils étudient à temps plein?Voilà autant de questions abordées par Jacques Roy, professeur au cégep de Sainte-Foy et membre-chercheur à l’Observatoire jeunes et société.DES NOUVELLES DU FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC Le FRSO adopte une politique de libre accès aux résultats de recherche publiés Le FRSO a adopté une politique de libre accès aux résultats de recherche publiés.Cette politique (qui touchera les nouvelles bourses et subventions octroyées à partir du mois de janvier 2009) s’applique à toute recherche financée, en tout en partie, par le Fonds, et ce, qu’il s’agisse d’une bourse, d’une subvention nominale ou d’une subvention collective (pour un centre, un groupe, un réseau ou autre).La politique, qui a des visées éducatives, encourage les titulaires de bourses et subventions du FRSO à faire tous les efforts possibles pour que leurs publications soumises à un examen par les pairs soient rendues accessibles librement par le Web.Ceci devra se faire dans les meilleurs délais, idéalement dans une période n’excédant pas six mois à partir de la date de publication de l’article ou de diffusion dans le cadre d’un congrès.À cette fin, les titulaires pourront rendre leurs publications accessibles par le site Web de l’éditeur ou celui de l’organisateur de congrès, ou par des dépôts en ligne.Pour plus d’information : www.frsq.gouv.qc.ca Fonds de Is recherche Québec 5S y DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 point Julie Dirwimmer 1 e Les femmes au Canada Le tout nouveau Réseau d’étude sur l’histoire des artistes canadiennes, basé au Département d’histoire de l’art de l’Université Concordia, étudie l’apport des femmes à l’histoire du Canada.Il rend ses travaux disponibles dans une base de données informatisée comprenant déjà 200 notes de référence sur des personnalités féminines, des renseignements bibliographiques et des sources documentaires.Bien que de telles archives existent depuis longtemps aux États-Unis,en Australieouau Royaume-Uni, c’est une première au Canada.Site Internet de l’Université Concordia L'acier améliore son bilan carbone L’industrie de l’acier émet beaucoup de gaz à effet de serre, mais.la solution se trouve parfois dans le problème! Un résidu du proces- sus de production pourrait lui-même résorber les gaz émis! C’est ce qu’avance l’équipe de recherche en énergies renouvelables et changements climatiques de l’École de technologie supérieure.Les chercheurs proposent une méthode de fixation des gaz par l’utilisation des scories.Ces résidus de l’acier contiennent de la portlandite, une matière qui permet de fixer le C02.Communiqué de l'École de technologie supérieure 62 PI DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2009 | Un miroir liquide Narcisse n’a qu’à bien se tenir, les chercheurs du Centre d’optique, photonique et laser de l’Université Laval ont trouvé bien plus efficace que l'eau d’un lac pour « se regarder dedans ».Ils ont conçu un miroir liquide aux propriétés extraordinaires : comme il est constitué de nanoparticules d’oxyde de fer, on peut lui donner toutes les formes souhaitées à l’aide d’électroaimants.Il permettrait de corriger la distorsion que subissent les rayons lumineux en traversant l’atmosphère.S’il était intégré dans une lunette astronomique, on pourrait obtenir une qualité d’image équivalente à celles du télescope Hubble! Au fil des événements Université Laval De 1’art moléculaire Johannes Vermeer aurait-il pu imaginer qu’un de ses tableaux serait reproduit sur une surface de 200 microns de large?Des scientifiques de l’Université de Montréal, du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, de l’Université McGill et de l'Institut neurologique de ^ Montréal ont relevé le défi.Ils ont mis au point une technologie laser capable de reproduire des motifs protéiques qui entourent des cellules vivantes, et pour s’entraîner, ils ont reproduit La jeune fille à la perle.Le résultat est saisissant! Nouvelles® UdeM Université de Montréal Marée rouge Le 4 août 2008, une véritable marée rouge a envahi le Saint-Laurent.Quelques mois plus tard, Éoliennes : mode d’emploi Installer un parc éolien se transforme vite en parcours du combattant pour les élus municipaux : il faut respecter les plans d’urba- nisme, les politiques provinciales.Sans oublier de consulter les citoyens et les collectivités locales.Pour les aider dans cette tâche, un groupe de chercheurs en développement régional de l’UQAR, en partenariat avec des Conférences régionales des élus du Québec et un laboratoire français, ont publié le guide Énergie éolienne et acceptabilité sociale -guide à l’intention des élus municipaux du Québec.Site Internet de l’UQAR plusieurs chercheurs se sont réunis à l’Institut des sciences de la merde Rimouski pourtémoigner de leur expérience du phénomène.La faute incombe à Alexan-drium tamarense, une algue qui se développerait massivement dans des conditions climatiques très particulières.À haute dose, elle devient toxique et a entraîné l’été dernier la mort d’au moins 20 cétacés et 80 phoques.Un phénomène naturel impressionnant qu’on aurait aussi observé dans la mer Rouge à l’époque de la Bible.Site Internet de l’UQAR I L’effet Roy 'nJ' >% Concevoir de nouveaux médicaments abordables i \ Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie thérapeutique, le professeur René Roy et une équipe de chercheurs ont conçu et commercialisé un vaccin contre la méningite et la pneumonie destiné aux enfants des pays en voie de développement.Fabriqué au moyen de la chimie organique, ce vaccin est produit à un coût accessible et permettra de sauver plus d’un million d’enfants chaque année.Recherchez des professeurs et des programmes qui créent un mouvement.effet.uqam.ca L’effet UQÀM
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