Découvrir, 1 mai 2009, Mai-juin
DECQ PER VUE DE LA RECHERCHE, A'522 BAnQ ‘ACFAS 2 J - 'r1 \ Entrevue Le discours parallèle de l'imag Alberto Cambrosio p.î5 Dialogos | l La recherche sous influences Paul-André Comeau et Jean-Marc Laroj arc Laroi ismtique Cantique à la cryptographie qutfhtique Sauvetage par évolution p 24 Âme sous stress, corps en détresse B 27 Messageries Dynamiques 0 3 (A)8£ VOLUME 30, NUMÉRO 3 | MAI-JUIN, IH£ 92H DÔ IVaaiNOW noH ana ‘stzz saAihoav s anôiHionaia oaaanù no sbivnouvn i/ti S9 Association francophone pour le savoir - Acfas, 425, rue De La Caucheti Numéro de convention de vente relative aux envois de publications cana ^Montréal (Québec) H2L 2M7 10063507 - PAR 11055 Trouvez votre voie en vous inspirant de ces remarquables chercheurs •« .'“îr> *: i m >%u< ?Découverte historique - En 2008, le Pf Don Francis et le doctorant Jonathan O'Neil ont trouvé les roches les plus anciennes de la Terre, datant de 4,28 milliards d'années, et ainsi marqué l'actualité internationale.?Dans le sillage de géants - Nahum Sonenberg, lauréat du Prix international Gairdner, agit comme mentor pour Mauro Costa-Mattioli, récipiendaire du prix Eppendorf et Science en neurobiologie en 2008.?De talentueux porteurs d'avenir - La Pre de génie chimique Nathalie Tufenkji et les étudiants diplômés Robert Delatolla et Irwin Adam Eydelnant ont découvert une approche naturelle pour prévenir les infections.i McGill www.mcgill.ca VOLUME TRENTE 4 5 6 NUMÉRO TROIS | MAI-JUIN 2009 MOT DU PRÉSIDENT DE L’ACFAS Pierre Noreau PAROLES DE SCIENTIFIQUES Béla Joôs DÉCOUVRir MOT DE LA RÉDACTION Johanne Lebel 7 TRIBUNE 9 SCIENCE CLIPS SOCIOLOGIE DES DONS DE SANG 9 • CANTIQUE À LA CRYPTOGRAPHIE QUANTIQUE 10 • DU BOIS MORT PLEIN DEVIE 11 • DOCTEUR, EST-CE QU’ILVA SE RÉVEILLER?11 • DOMAINE D’AVENIR CHERCHE TALENTS 14 • CULTURES DE CONSOMMATION 16 • COLONNES DE PILES 18 • GANGS DE RUE : DÉPASSER LA PERCEPTION 11 • GÉNÉRATIONS D’ENFANTS, GÉNÉRATIONS DE CHERCHEURS 22 • SAUVETAGE PAR ÉVOLUTION 24 • ÂME SOUS STRESS, CORPS EN DÉTRESSE 27 • REMONTER LA FILIÈRE DES MARCHANDISES 28 • L’ÉCOSANTÉ FAIT LE TOUR DU MONDE 29 • 32 ENTREVUE ALBERTO CAMBROSIO : LE DISCOURS PARALLÈLE DE L’IMAGE Bruno Lamolet 36 RELÈVE LE VIRUS DE LA RECHERCHE Mathilde Locher 37 CONCOURS LE BAS-DU-FLEUVE, BERCEAU DE LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Claude La Charité o £1) MÉDICAUIS phemvMJicolo^if .JN stn>ce RECHERCHE 38 VOIR POUR SAVOIR La connaissance par l'image Les images produites par les chercheuses et chercheurs dans le cadre de leurs travaux se sont multipliées à la suite du développement phénoménal des technologies.Plusieurs nouveaux continents ont ainsi été cartographiés au cours des dernières décennies.Les 10 images ou séries d’images de ce dossier, issues d’autant de domaines, en donnent un aperçu.50 DIALOOOS LA RECHERCHE SOUS INFLUENCES Paul-André Comeau et Jean-Marc Larouche S® ZOOM L’APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE Valérie Levée 60 FINE POINTE POUR QUE DURE LA SOUDURE MALADIE DE FABRY CARTOGRAPHIER LES LIENS ENTRE SCIENCE ET SOCIÉTÉ COLLABORER POUR INNOVER 64 RUBRIQUES HISTOIRES DE SCIENCE LIVRES 66 LE POINT S ¦Si MOT PU PRÉSIDENT PE L^ACPAf La recherche comme forme d'engagement Les sociétés contemporaines constituent des tissus d’interactions.Et ces interactions sont si nombreuses qu’il se révèle impossible d’en faire l’inventaire.Il s’ensuit que, peu importe la nature de notre activité, elle a vite fait de se fondre à celle des autres.Le monde de la recherche ne fait pas exception à cette règle générale.Ses origines et ses finalités se mêlent tôt ou tard au quotidien des sociétés, et y participent.Aussi, la distance légendaire qui sépare le scientifique du monde qui l’entoure n’a rien à voir avec la solitude dans laquelle on imagine le chercheur ou le penseur poursuivant ses travaux.Reste la question des modalités de ces interactions.Faisant face comme ses contemporains à la transformation radicale de son environnement, quelle responsabilité le chercheur se reconnaît-il en tant qu’objet et acteur des transformations?On suppose spontanément que le scientifique est enfermé dans l’objectivité de ses observations.Le reste ne serait ainsi que polémique et politique.Il faut espérer, du coup, que les débats menés dans l’espace public reposent toujours sur des résultats de recherche.On sait cependant d’expérience que le monde de la connaissance et celui de la décision ne sont pas toujours l’un vis-à-vis de l’autre, « comme l’eau est dans l’eau », pour emprunter cette image d’un poème de Fernando Ampuero.C’est dans cette césure implicite que la parole du scientifique prend sa signification publique.Au cours des prochaines semaines, deux occasions nous sont données de réfléchir à cette responsabilité.Le 77e Congrès de L'Acfas, organisé à l’Université d’Ottawa cette année, offre la première.Sa tenue illustre par elle-même que la communication publique fait entièrement partie du travail scientifique.Une seconde occasion de réfléchir à l’implication publique des chercheurs nous est fournie par un colloque organisé par l'Acfas sur l’engagement public du chercheur.Ce colloque, intitulé « La recherche bâillonnée?», se tiendra à Montréal le 4 juin prochain.On y abordera directement la question de la responsabilité du chercheur et des conditions de sa contribution particulière à la définition des grandes orientations collectives.C’est sur ces bases que l'Acfas entend poursuivre l’évolution de sa propre mission.En septembre dernier, près de 4000 chercheurs associaient leur nom à un appel public lancé par l'Acfas en faveur de la liberté d’expression des chercheurs.Bien sûr, les modalités de cette prise de parole peuvent varier, mais toutes renvoient le chercheur à sa propre citoyenneté, c'est-à-dire à sa contribution au débat public.Nos sociétés ont besoin de cette science qui parle d’elle-même.Pierre Noreau Président de l’Acfas DÉCOUVRÎr REVUE BIMESTRIELLE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE, DÉCOUVR/ff, LA REVUE DE LA RECHERCHE, EST PUBLIÉE PAR L’ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR - ACFAS AVEC LAIDE FINANCIÈRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, DE L’INNOVATION ET DE L’EXPORTATION (MDEIE).Québec n o RÉDACTION JOHANNE LEBEL PRODUCTION ISABELLE GANDILHON RÉVISION LINGUISTIQUE HÉLÈNE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE MARTINE MAKSUD PHOTO EN PAGE COUVERTURE YVAN SAINT-AUBIN RECHERCHE PHOTO JULIE DIRWIMMER IMPRESSION IMPRIMERIE JB DESCHAMPS DISTRIBUTION MESSAGERIES DYNAMIQUES PRÉPARATION POSTALE JONCAS POSTEXPERTS REDISTRIBUTION EN SALLES D’ATTENTE PRESSE COMMERCE CORPORATION CERTAINS ARTICLES DE DtCOUVM PEUVENT ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À- DÉCOUVRIR 425.RUE DE LA GAUCHETIÊRE EST MONTRÉAL (QUÉBEC) HaL 2M7 TÉLÉPHONE: (514) 849-0045 TÉLÉCOPIEUR: (514) 849-5558 DECOUVRIR@iACFAS.CA WWW.ACEAS.CA DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L'ACFAS ESTHER GAUDREAULT NOUS RECONNAISSONS LAIDE FINANCIÈRE ACCORDÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANADA POUR NOS COÛTS D’ENVOI POSTAL ET NOS COÛTS RÉDACTIONNELS PAR L’ENTREMISE DU PROGRAMME D’AIDE AUX PUBLICATIONS ET DU FONDS DU CANADA POUR LES MAGAZINES.LE CONTENU DE CETTE REVUE EST REPRODUIT SUR SERVEUR VOCAL PAR LAUDIOTHÈQUE POUR LES PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ.TÉLÉPHONE : QUÉBEC (418) 627-8882 - MONTRÉAL (514) 393-0103 DÉCOUVRIR EST RÉPERTORIÉE DANS REPÈRE ET DANS CARD.N° DE CONVENTION DE VENTE RELATIVE AUX ENVOIS DE PUBLICATIONS CANADIENNES 40066605 - PAP 11055, MAI 2009 DÉPÔT LÉGAL : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, SECOND TRIMESTRE 2009 // ISSN 1498-5845 PUBLICITÉ COMMUNICATIONS PUBLI-SERVICES / CHANTAL SAINT-DENIS TÉL.: (450) 227-8414 - info@publi-services.com DÉCOUVRIR REMERCIE SES PARTENAIRES FINANCIERS : CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI), CONSEIL DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE (CST), CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE (CRSNG), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIÉTÉ ET LA CULTURE (FORSC), FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC (FRSQ), FONDS QUÉBÉCOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES (FORNT), GÉNOME QUÉBEC, INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE (INRS), UNIVERSITÉ CONCORDIA, ASSOCIATION DE L’ALUMINIUM DU CANADA, CENTRE DE LIAISON SUR L’INTERVENTION ET LA PRÉVENTION PSYCHOSOCIALES (CLIPP), INSTITUTS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU CANADA (IRSC) Par souci de l'environnement, cette revue a été imprimée sur du papier Enviro 100 pour les pages intérieures.Ce papier québécois fabriqué à partir de l’énergie biogaz contient 100 p.100 de fibres postconsommation.Il est également certifié Choix environnemental et Procédé sans chlore.L’impression est certifiée FSC et contribue à l’utilisation responsable des ressources forestières.' DÉCOUVRIR EST ENTIÈREMENT RECYCLABLE.0 FSC Recyclé Contribue i l'utilisation responsable des ressources forestières wuflN.fsc.org Cert no.SGS-COC-2319 O 1W6 Forest Stewardship Council /V tù 4 DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2009 | En quête de l'équilibre entre recherche et enseignement Un vent d’enthousiasme a parcouru le pays en 2000 à l’annonce de la création des chaires de recherche du Canada et du financement de la Fondation canadienne pour l’innovation.Après un lent déclin, les universités pourraient soudain com-pétitionner à l’échelle mondiale pour obtenir les meilleurs cerveaux et rapatrier des chercheuses et chercheurs exilés.Au Canada,contrairement à beaucoup d’autres pays, une très grande part de la responsabilité en matière de recherche fondamentale incombe aux universités.Ce mandat doit donc s’accorder avec celui de l’enseignement.L’intensité croissante de la recherche met plus d’accent sur les études supérieures et ajoute une pression supplémentaire sur l’enseignement de premier cycle, et ceci dans un contexte où depuis des années, le manque de ressources force nombre d’établissements à retenir des chargées et chargés de cours, ou des professeures et professeurs contractuels temporaires.Je suis d’avis que les universités auraient avantage à remplacer ces postes temporaires par des postes permanents destinés primordialement à l’enseignement - d'autant que le déficit de ressources persistera fort probablement et que les budgets stagnants des uni- versités ne permettront pas d’embaucher suffisamment de professeurs réguliers dans les années à venir.Avec la possibilité d’obtenir la permanence, les titulaires de ces postes deviendraient parties prenantes de leurs organisations, et, libérés de la préoccupation de s’illustrer comme chercheuses ou chercheurs, ils pourraient fournir une contribution pédagogique importante.Il faudra bien les choisir, cependant, en fonction de leur intérêt et de leur enthousiasme pour l’enseignement.On fait trop souvent l’erreur de confier ces postes à des universitaires dont l'ambition postes sont à l’essai, leur proportion est actuellement limitée à io p.100 des membres réguliers du corps professoral d’un département.Certains se disent préoccupés par l’évolution de la carrière de professeures et professeurs destinés exclusivement à l’enseignement : sans les défis du milieu de la recherche qui évolue constamment, s'installeront-ils dans une routine confortable et deviendront-ils incapables d’inspirer et de stimuler les étudiants?Voilà une question de laquelle on pourrait débattre longuement et sur laquelle je L’intensité croissante de la recherche met plus d’accent sur les études supérieures et ajoute une pression supplémentaire sur l’enseignement de premier cycle.première est de s’attirer le respect à titre de chercheurs et non de professeurs.Il ne s’agit pas ici d’un prix de consolation.Les syndicats s’opposent souvent aux postes de professeurs voués exclusivement à l’enseignement, craignant, avec raison, qu’on multiplie leur nombre aux dépens des postes réguliers de professeurs.À l’Université d’Ottawa, où ces veux exprimer mon opinion personnelle.Tous les humains avancent en âge, et il n’y a pas que les professeurs qui soient tentés de s’installer dans la routine : les chercheurs aussi! Combien, parmi ces derniers, s’accrochent à des méthodologies et techniques scientifiques qui ne sont plus optimales?Les PAR BELA JOOS professeurs dévoués qui évoluent dans un milieu dynamique, entourés de chercheurs actifs et d’étudiants avides, se tiendront probablement au fait des progrès dans leur discipline.Il y a plus de chances que ce soient eux qui consacrent un temps précieux à élaborer du nouveau matériel didactique passionnant, plutôt que les membres réguliers du corps professoral qui sont forcés de maintenir leur rendement en recherche ou simplement de faire face aux exigences de leur propre succès.La mise au point de bons cours exige du temps, et une expertise qui s’acquiert lentement.De plus, les étudiantes et étudiants ne cessent de rehausser leurs attentes à l’endroit des professeurs, d’où l’intérêt croissant de la recherche pédagogique dans les facultés de science.Pour permettre à la science d’atteindre son plein potentiel, l’innovation en enseignement doit être nourrie.Un département est une collectivité.Il faut se montrer ouverts d'esprit,, créatifs, et alimenter les talents : disponibles tant en enseignement qu’en recherche.La trans- ; mission du savoir doit être; reconnue comme un art qui peut profiter de la touche de spécialistes.¦« Béla Joôs Professeur, directeur du Département de physique Université d’Ottawa DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2009 JJ1 MOT PE LA RÉDACTION Un « laboratoire » pour l’image scientifique Prendre la science par l’autre bout.Non par les mots, mais par l'image.C’est l’objectif que se sont donné l’Association francophone pour le savoir - Acfas et la Société pour la promotion de la science et de la technologie (SPST) en ouvrant à la mi-mai les portes du « laboratoire » ArtScience.Un « lieu » dédié à l’expérimentation et à la réflexion.Une plaque tournante branchée sur des collaborations et mettant en valeur des projets cousins.Un espace destiné à la recherche, aux essais, à la création, aux événements, à ce qui n’est pas encore imaginé.À (ouverture des portes, vous trouverez un site Internet (www.artscience.vu), un concours dédié aux chercheuses et chercheurs, un café scientifique et deux séries d’articles : l’une réalisée par Pluie de science, le webzine de la SPST (www.spst.org), et l’autre par Découvrir, offerte dans le présent numéro.« La science, c’est une pratique, c’est du travail à la paillasse.C’est dans le cadre de cette pratique scientifique que les images prennent leur importance et veulent dire quelque chose.Elles ne font pas que passer de l'information.Elles façonnent aussi la manière dont les chercheurs manipulent et analysent les objets expérimentaux, et dont Une histoire d'image [ Dans chaque numéro de Découvrir, nous présenterons sous cette rubrique une image produite par des chercheuses ou chercheurs dans le cadre de leurs travaux.Pour cette première, nous avons choisi l’histoire des « Scientifiques de l’année 2008 » de Radio-Canada, titre décerné par l’équipe des Années lumière et qui « illustre »> on ne peut mieux le rôle du visuel en recherche.] Trois astrophysiciens ont réussi, en « atténuant la lumière » d’une étoile, à photographier les trois planètes cachées derrière.Ce trio est composé de deux anciens étudiants de l’Université de Montréal et d’un professeur : Christian Marais, de l’Institut Herzberg d’astrophysique du Conseil national de recherches Canada (CNRC), David Lafrenière, de l’Université de Toronto, et le Pr René Dbyon, de l’Université de Montréal.ils voient et comprennent les expériences qu’ils réalisent », souligne le sociologue des sciences Alberto Cambrosio, interrogé sur le discours parallèle de l’image, en page 32.C’est aussi le constat que l’on peut faire en « visitant » les 10 illustrations du dossier Voir pour savoir-La connaissance par l’image, en page 38.On pourrait croire que les mots sont souverains dans la pratique de la science, que la pensée humaine passe d’abord par la représentation linguistique.Il apparaît plutôt que entre penser et visualiser, la hiérarchie soit loin d’être claire et que les deux modes entretiennent des relations symbiotiques où le bénéfice Image I : L’étoile HR 8799 camouflant ses trois planètes sous sa luminosité.Image II : Les trois planètes apparaissent grâce à la technique d’imagerie angulaire différentielle développée par trois chercheurs québécois.mutuel est tel que souvent l’un vit plutôt mal sans l’autre.Johanne Lebel Rédactrice en chef 6 'JPdIcOUVRIR I MAI-JUIN 2009 | Leurs efforts conjoints ont abouti au développement d’une technique d’imagerie angulaire différentielle produisant des clichés dans l’infrarouge.Ils ont ainsi pu capter directement l’image de ces trois astres, plus massifs que Jupiter, gravitant autour de l’étoile HR 8799 située à 130 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Pégase.Ces images ont fait la couverture de la revue Science du 14 novembre 2008. TB1BUWE Optimiser les échanges entre collèges et universités i Dans les établissements du réseau collégial québécois, on mène des activités de recherche technologique ou de recherche en éducation en lien avec les problématiques des collèges, mais on effectue aussi, ce qui est moins connu, de la recherche fondamentale.L'Association pour la recherche au collégial (ARC) évalue que plus du cinquième des publications des chercheuses et chercheurs de collège appartiennent à ce dernier type de recherche.Cela étant, il est juste d’affirmer que la recherche collégiale est d’abord appliquée.Dans le cas de la recherche technologique, réalisée surtout dans les 40 centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT), elle est aussi en très grande majorité partenariale.Les chercheuses et chercheurs des collèges devraient être,dans ce contexte, des collaborateurs privilégiés de leurs collègues universitaires.Chaque fois que je lis Découvrir, je constate que nombreuses sont les recherches qui pourraient bénéficier d’une telle collaboration.Des exemples?Dans le numéro de novembre-décembre 2008, on nous présente des travaux surla miseen valeurdu babeurre et sur le contrôle environnemental des résidus miniers.Dans ces deux cas, les responsables des recherches se préoccupent de toute évidence de l’application de leurs découvertes.Savent-ils que des expérimenta- tions semblables ont déjà été menées dans le réseau collégial, plus particulièrement à l’Institut de technologie agroalimentaire et au centre Cintech agroalimentaire du.Cégep de Saint-Hyacinthe, ainsi qu’au Centre de technologie minérale et de plas-turgie du Cégep de Thedford?Les collaborations entre les cégeps et les universités sont trop peu fréquentes, et les chercheuses et chercheurs du collégial sont les premiers responsables de cette situation.Mis à part les rapports sur les travaux cordia ait connu 50 collaborations collège/université, alors qu’à l’Université Laval on en compte 32 et à l’UOAM, moins de 10?La réponse se trouve peut-être dans l’inversion de la proposition, c’est-à-dire dans la comparaison des établissements du réseau collégial.Comment expliquer que le Cégep Dawson ait produit 192 publications en collaboration avec une université alors que le cégep francophone le plus productif à cet égard, le Cégep de Sherbrooke, en a 14 et que l’établissement du réseau collégial qui très positivement la qualité et la productivité des chercheuses et chercheurs de collège.Si, en plus, on ajoute la compétence de ceux-ci à trouver des applications de la recherche scientifique et à transférer les produits de la recherche vers ses bénéficiaires, il y a lieu de réfléchir aux moyens de mieux utiliser le potentiel scientifique des collèges.Les collèges doivent faire leur bout de chemin et intégrer de façon plus importante les lieux de diffusion de la recherche.En Les collaborations entre les cégeps et les universités sont trop peu fréquentes, et les chercheuses et chercheurs du collégial sont les premiers responsables de cette situation.de recherche technologique, qui, en raison de leur caractère partenarial, sont presque toujours effectués en équipe (mais rarement avec des universitaires), seulement 35,4 p.100 des autres publications recensées par l’ARC ont été signées par des équipes de recherche.De nos jours, une telle statistique laisse songeur.Qui plus est, lorsqu'on étudie les réseaux de collaboration de celles et ceux qui travaillent en équipe, on demeure perplexe.Comment expliquer qu’entre 1972 et 2005, l’Université de Montréal ait produit, selon nos données, 47 collaborations collège/université, alors qu’à l'Université McGill on en dénombre 174?Comment expliquer que l’Université Con- en compte le plus, l'Institut de technologie agroalimentaire, en a 33?De tels écarts doivent interpeler tous les acteurs de la recherche.Même en considérant les facteurs externes, telle la plus grande difficulté de diffuser ses résultats de recherche en français qu’en anglais, le fait est que la partie anglophone du réseau collégial a intégré avec succès le système de la recherche au Québec alors que la recherche collégiale dans sa partie francophone s’exerce, dans une certaine mesure, à sa marge.Or, plusieurs études, en particulier celle réalisée pour le compte de l’ancien FCAR (1996), ont évalué revanche, les universitaires doivent faire leur part et porter un plus grand intérêt à la recherche collégiale.Le grand gagnant de cette alliance,ce ne seront ni les collèges ni les universités.Ce sera la poursuite du dialogue entre science et société! Pour communiquer avec l’auteur : Sebastien.piche@collanaud.qc.ca Sébastien Piché Professeur d’histoire au Cégep régional de Lanaudière et chargé du projet d’histoire de la recherche à l’Association pour la recherche au collégial (ARC) ECRIVEZ CETTE PAGE VOUS APPARTIENT! nous À decouvrir@acfas.ca DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2009 •203 millions de dollars en subventions et contrats de recherche • 253 unités de recherche actives dans le réseau, incluant les 88 Chaires de recherche du Canada • 6 000 professeurs et chargés de cours • 87 000 étudiants x V*.f m Université du Québec à Montréal I Université du Québec à Trois-Rivières Ê Université du Québec à Chicoutimi Ê Université du Québec à Rimouski t Université du Québec en Outaouais Ê Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Institut national de la recherche scientifique École nationale d'administration publique École de technologie supérieure L'Université pour l'impulsion du Québec "I SCIENCE Sociologie des dons de sang C’est un tout nouveau champ d’études qui s’ouvre avec la Chaire de recherche sur les aspects sociaux du don de sang, inaugurée en janvier 2009 par le centre Urbanisation, Culture et Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-UCS).« Les travaux sur les dons de sang concernent presque toujours l'aspect médical ou psychologique de la question - par exemple, la sécurité des transfusions et les motivations des donneurs », dit Johanne Charbonneau, titulaire de la Chaire.Très peu de scientifiques ont examiné cette problématique sous l’angle de l’histoire, de la famille ou des communautés culturelles,comme le fera cette nouvelle chaire, créée en partenariat avec Héma-Québec.L’objectif principal : aider Héma-Québec à renouveler en continu les donneurs de sang dans un monde vieillissant où les besoins en produits sanguins ne cessent de croître.Une équipe de l'INRS examine déjà les dons du précieux liquide du point de vue des communautés ethnoculturelles à Montréal.L’étude devrait se terminer en 2010.Plusieurs recherches américaines montrent que les minorités visibles se considèrent mal accueillies par les organisations qui collectent le sang.Héma-Québec travaille peu, actuellement, avec ces milieux.Pour récolter des dons, l’organisme collabore plutôt avec des associations locales traditionnelles, comme les Filles d’Isabelle.Avant de se rapprocher des associations communautaires sud-américaines, asiatiques ou africaines, Héma-Québec devra d’abord comprendre comment ces cultures perçoivent les dons de sang.« Dans certains pays, les dons sont rémunérés.Ail- leurs, le mauvais état du système de santé entraîne des infections ou des maladies chez les donneurs, ce qui suscite la méfiance.Dans d’autres cultures, le sang a une valeur symbolique très spéciale et il ne peut être transmis à des étrangers.Sans cette compréhension, on ne peut approcher convenablement les communautés culturelles »,note MmeCharbonneau, sociologue de la famille et de la jeunesse, et directrice de UCS.Cela est d’autant plus important qu’au Québec comme ailleurs, l’acte citoyen de donner son sang est plus rare dans les grands centres urbains, toutes proportions gardées.Or, « c’est justement là où vivent la majorité des immigrants! », souligne-t-elle.En 2010-2011, des chercheurs se pencheront également sur les familles et les jeunes.Plus particulièrement, ils questionneront des donneurs réguliers de moins de 25 ans pour comprendre comment et pourquoi ils ont commencé à donner du sang et à quel moment ils le font, au milieu d’un horaire chargé qui combine souvent travail et études.« Nous allons aussi vérifier si leurs dons s’inscrivent dans une tradition familiale et, si oui, comment cette dernière se transmet.Par exemple, cet acte citoyen est-il lié à d’autres actions bénévoles ou formes d’engagement?Personne n’a examiné cela de manière sérieuse », dit la sociologue.Un autre projet de la Chaire, déjà en cours, permettra de documenter le rôle essentiel que joue le bénévolat dans l’organisation des collectes de sang d’Héma-Québec.En effet, « les collectes bénévoles sont parmi les plus performantes en Amérique du Nord, note Mme Charbonneau.Mais il n’existe pas de document central qui en décrit le fonctionnement.» Les résultats devraient être publiés cet été.Enfin, tous ces travaux s’appuient sur une prérecherche où l’on a cartographié le don de sang au Québec.Pour ce faire, l’équipe du Laboratoire d’analyse spatiale et d’économie régionale de l’INRS-UCS a intégré les données d’Héma-Québec et de Statistique Canada à des cartes géographiques afin de localiser les donneurs selon leur sexe et leur revenu, entre autres.« Nous avons constaté, par exemple, que le don de sang est plus fréquent en Montérégie qu’à Laval, alors que les deux régions sont très proches d’un point de vue social ou économique », dit Mme Charbonneau.ANICK PERREAULT-LABELLE En 2008, Héma-Québec a amassé 234 349 dons de sang en effectuant 2262 collectes mobiles à travers le Québec.— - —.L ** | DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2009 SCIENCE h Cantique à la cryptographie quantique Les méthodes de cryptographie classique déployées pour les achats en ligne sont-elles fiables?Personne ne peut l’attester de manière absolue, car nos connaissances mathématiques des procédés utilisés ne permettent pas d’en arriver à cette certitude.La cryptographie quantique, elle, est au-dessus de tout soupçon, car elle répond à ce problème par des lois inviolables,celles de la physique quantique.Gilles Brassard, professeur au Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal, est l’un des pères fondateurs de cette discipline de l’inattaquable.À l’échelle microscopique, la physique classique laisse la place aux lois de la mécanique quantique.La cryptographie quantique repose sur l’une d’elles, le principe d’Heisenberg, qui stipule que toute prise de mesure d'une propriété quantique perturbe cette propriété.Et qui dit « mesure » dit enregistrement et lecture, soit la base du piratage informatique! Très souvent,en effet, un espion prend en note tout ce qui passe pour ensuite en faire l'étude.En utilisant les propriétés quantiques de particules de lumière appelées photons, la cryptographie quantique rend impossible ce type d'espionnage dit passif.« Ce n’est pas le message secret qu’on envoie par le canal quantique, explique Gilles Brassard.On communique par ce canal une clé aléatoire de même longueur bation, c’est qu’il y a un espion et on arrête la procédure.Sinon, le message, encodé avec une sécurité absolue grâce à cette clé, transite alors par les voies de communication usuelles.» Le réseau de télécommunications actuel n’est pas adapté à cette cryptographie.« Si l'on n’a pas encore déployé de réseau quantique, c’est que ce n’est pas commercialement viable pour le moment », explique-t-il.Selon lechercheur, les méthodes classiques peuvent suffire pour ce qui est d’assurer la sécurité du citoyen.Mais certains secrets sont plus précieux que d’autres, et les conséquences à long terme varient.Si un numéro de carte de crédit est compromis, la consé-quence sera temporaire et n’engagera que des sommes limitées.Par contre, un secret d’État ou un dossier médical mis en cause peuvent avoir des conséquences pendant des décennies.Dans la cryptographie classique, présentement en place, n'importe qui peut surveiller n’importe qui et archiver l'information.« Si l’on découvrait un jour un moyen de déchiffrer les messages, les espions détiendraient toutes les informations rétroactivement.On ne devrait pas attendre de courir à la catastrophe pour réagir.» Les agences gouvernementales, quant à elles, ne s’en cachent pas : elles investissent dans lestechno-logies quantiques.« Imaginez dans le futur un réseau global de satellites pour relayer l’information voyageant par photons.Cela peut paraître chimérique, mais qui pouvait concevoir il y a 50 Enigma est une des premières machines à encoder et décoder des messages.Fonctionnant à l'aide de rotors, bien visibles ci-dessus, elle a été couramment utilisée par le gouvernement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, mais son code a été cassé dès 1933 par des mathématiciens polonais.que le message.S’il y a pertur- 10 Alerte au plancton Agence Science Presse - Alors que la fonte des glaciers fait les manchettes des médias, les chercheurs s’alarment pour le phytoplancton, ces petites algues microscopiques qui forment le premier maillon de la chaîne alimentaire des océans.Il serait aussi un baromètre du fonctionnement de la pompe biologique océanique, un système physicochimique dissolvant le C02 dans les eaux de surface froides des zones subarctiques.Or, Serge Demers, directeur de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, et son équipe de recherche ont démontré que les changements climatiques affectent le phytoplancton dans son rôle de capteur de C02 des océans.H DÉCOUVRIR I MAI-JUIN 2009 [science mm\ ans que le câble transatlantique qui reliait alors l’Amérique à l’Europe pour la téléphonie outre-mer serait un jour remplacé par des satellites?» S’attaquer à des idées délirantes, c'est justement la philosophie de notre chercheur.Ce qui le motive le plus, « c’est d’essayer de réaliser des choses fondamentalement neuves avec la physique quantique ».Ainsi, il a co-inventé la théorie de la téléportation.Cette découverte permet de transmettre l'état quantique d’un photon à un autre arbitrairement distant sans avoir à envoyer la particule physiquement, à condition de détruire l’original.Elle repose sur le phénomène d’intrication, un lien qui unit l’état quantique de deux photons au-delà de l’espace.La téléportation d’êtres humains n’a toutefois pas encore quitté le champ de la science-fiction, et Gilles Brassard laisse ce champ d'investigation à d’autres! Le plus grand rêve du chercheur, récipiendaire en 2009 d’un prix d’excellence du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CR5NG), est de reformuler les fondements de la mécanique quantique.« Je m’applique à définir une nouvelle base, moins éclatée, à partir des propriétés fondamentales découvertes au fil du siècle dernier.» Son instinct d’informaticien lui dit que ces propriétés tourneraient autour de la théorie de l’information.MATTHIEU BURGARD Du bois mort plein de vie Parmi le règne animal connu, quatre espèces sur cinq sont des arthropodes.On en voit partout, et ils sont innombrables! Les écosystèmes forestiers n’échappent pas à l’omniprésence de ces bestioles, qui jouent de surcroît un rôle important dans les processus écosystémiques.Notamment, ils sont impliqués dans la dégradation des matériaux résistants à la décomposition et se situent à la base du réseau trophique.C’est dans le bois mort que l’on trouve les plus grandes quantité et diversité d’arthropodes : « En général, les organismes vivants se défendent contre ceux qui profitent d'eux à leurs dépens.La nécromasse est dépourvue de tels moyens de défense, et le bois mort se révèle un véritable buffet éphémère », constate Timothy Work, chercheur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à la Chaire en aménagement forestier durable.Il ajoute que le bois mort ne sert pas seulement de garde-manger pour les insectes : il vient en aide à des communautés entières formées de mousses, champignons, fongi- vores, prédateurs et autres, qui l’utilisent de multiples façons.Les travaux de Timothy Work s’intégrent dans un programme de recherche qui vise à comprendre, d’une part, les liens entre les coupes forestières et la quantité de bois mort, et d’autre part, leur effet sur les organismes associés à celui-ci dans la pessière noire du nord du Québec, cette forêt dominée par l’épinette noire.L’entomologiste s’intéresse plus particulièrement aux arthropodes, car leur sensibilité aux perturbations en fait de bons indicateurs de l’effet de la sylviculture sur la biodiversité et la conservation.Dans la pessière noire, à cause du processus d’accumulation de la matière organique, ou paludification, la présence de débris ligneux grossiers est relativement précaire.La croissance au sol de la matière organique, principalement composée de mousses ou sphaignes, nuit à celle des arbres en entravant le drainage, puis en diminuant la fertilité des sols et, par le fait même, l’abondance et le diamètre des tiges.Dans une forêt où la quantité de débris ligneux est déjà amoindrie, les coupes viennent réduire davantage la présence de bois mort, non seulement par le retrait de la biomasse coupée, mais aussi parce que les ouvertures dans la canopée amplifient la paludification.De plus, les sphaignes recouvrent les débris ligneux, les rendant ainsi non disponibles pour la faune et modifiant le processus de décomposition.Les recherches de M.Work, réalisées en partie grâce à la participation du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), s’effectuent dans un réseau de coupes partielles en Abitibi.Ce réseau permet de comparer les communautés d’arthropodes des forêts naturelles avec celles des forêts soumises à des coupes intensives ou partielles.Entre autres, le chercheur essaie de voir à quel point les débris ligneux doivent se trouver près les uns des autres pour assurer la survie de la biodiversité qui leur est associée.« Chaque espèce d’arthropode saproxyli-que (qui utilise le bois mort) a ses exigences particulières en Le bois mort est un refuge de prédilection pour les arthropodes, ces petits animaux au squelette externe, formés de segments articulés.Ci-dessus, Thanasimus undatulus, qui se nourrit exclusivement de scolytes, de petits coléoptères s’alimentant eux-mêmes de bois mort.n | DÉCOUVRIR [ MAI-JUIÎI . PHOTO : JULIE MASSON/ISTOCK SCIENCE Docteur, est-ce qu' 12 termes d’essence, mais surtout de stades de décomposition, et elle doit trouver le bois de la catégorie qui répond à ses besoins, affirme le chercheur.Pour un insecte ailé, la distance franchissable entre deux débris d’un même type peut être un peu plus élevée, mais pour un acarien, la route peut être très laborieuse! » « Nous nous intéressons aux arthropodes et notamment aux acariens, car s’il y a des problèmes de connectivité entre les débris, ce sont probablement ces populations qui seront affectées en premier étant donné leur dispersion limitée », poursuit-il.Aucun résultat n’est encore disponible, puisqu’il est extrêmement long de dénombrer et d’identifier les spécimens d’acariens dans les échantillons; mais l’impression de M.Work est que les coupes pourraient effectivement causer un problème de connectivité entre les débris ligneux.« Chaque fois qu’on trouve une différence écologique entre la forêt naturelle et la forêt coupée, c’est une complication ou une opportunité pour les industries forestières, affirme-t-il.Nos recherches sont justifiées, car nous pouvons encore éviter des problèmes similaires à ceux qu’ont éprouvés les pays Scandinaves, aux prises avec de graves déclins de biodiversité.» ALBANIE LEDUC Collisions de voiture, chutes et accidents de travail sont responsables de la grande majorité des traumatismes cranio-cérébraux (TCC).Les conséquences d'un TCC sont parfois fatales.Sinon, elles peuvent maintenir le patient dans un état neurovégétatif durant de longues années, avec très peu d'espoir d'amélioration.Afin d'aider les équipe médicales et les familles dans leur prise de décisions, un groupe de médecins et d'autres intervenants de la santé travaille à l'établissement d'un outil performant et rapide pour établir un pronostic à long terme.Les TCC graves sont provoqués par un choc violent entre le cerveau et la boîte crânienne.Ce choc crée des lésions macroscopiques irréversibles au cerveau, lesquelles, en comparaison, sont beaucoup plus sévères que celles causées par les commotions cérébrales (TCC légers).De 30 à 40 p.100 des personnes qui franchissent les portes de l'unité de soins intensifs avec un TCC grave n'en ressortent pas.Parmi les survivants, 30 p.100 souffriront de sérieuses séquelles neurologiques à long terme.Leur qualité de vie sera fortement altérée, pouvant les empêcher de fonctionner de façon indépendante dans le futur.Or, la majorité des victimes sont âgées entre 20 et 45 ans, et elles ne présentaient pas de problèmes de santé majeurs avant ce coup du sort.Les familles se retrouvent alors dans une situation très difficile et doivent participer à la prise de décisions pénibles qui seront avant tout fondées sur le pronostic à long terme établi par le médecin spécialiste.« Nous avons présentement très peu de bons outils de prévision et il est donc difficile de transmettre de l'information précise.Nous y allons au meilleur des connaissances médicales actuelles et de notre expérience », explique Alexis Turgeon-Fournier, médecin spécialiste en soins intensifs au CHA (Hôpital de l'Enfant-Jésus) à Québec et chercheur au sein du groupe Traumatologie -Urgence - Soins intensifs du Centre de recherche du CHA.« On ne doit pas simplement déterminer si le patient va s'en sortir ou pas, on doit évaluer et expliquer à la famille quelle sera la qualité de vie de la victime si elle survit.» Il n'y a pas de définition parfaite de ce qu'est un bon ou un mauvais pronostic; chaque cas est unique et dépend des conditions de vie que les membres de la famille estiment acceptables pour le patient.S'ils pensent que leur enfant, leur frère ou leur femme n'aurait pas voulu survivre à l'aide d'un respirateur artificiel, dans un état neurovégétatif ou en situation de grande dépendance envers ses proches, des discussions quant à la poursuite ou non du maintien des traitements de support des fonctions vitales s'imposent.Pour améliorer et faciliter la prise de décisions, le DrTurgeon-Fournier développe un programme de recherche transcanadien dont l'objectif est de créer un modèle de prédiction clinique du pronostic à long terme.Cet outil permettra d'éva- Lorsque l’assiette rend malade Agence Science Presse - La malbouffe, c’est connu, contribue aux maladies coronariennes.Des chercheurs québécois avancent qu’une diète trop grasse pourrait également favoriser le dévelop- pement de la maladie d'Alzheimer.« L’hérédité n’explique pas tout», affirme un chercheur du CHUL, Frédéric Calon.Son équipe de recherche de l’Université Laval a récemment démontré la présence de marqueurs neurologiques de cette maladie dans les cerveaux de souris transgéniques nourries avec une diète riche en gras animal et pauvre en oméga-3.Leurs résultats sont présentés dans une récente édition de la revue Neurobiology of Aging.Ijjjjjl DÉCOUVRIR | MAI-JUIN 2009 SCIENCE va se réveiller?À partir de données croisées, les médecins sont capables d'estimer la qualité de vie d’un patient qui a subi un traumatisme crânien sévère.Ils aident ainsi les familles à opter pour le maintien, ou non, des traitements médicaux.luer, dès la première semaine suivant l'admission à l'unité de soins intensifs, l'évolution de la situation du patient dans les mois ou années à venir.« Dans ce modèle, nous inclurons de nombreux facteurs prédictifs connus tels que l'âge du patient, les signes vitaux, l'imagerie médicale, les données électrophysiologiques ou les marqueurs biologiques.Chaque facteur pris individuellement donne des indices, mais ne suffit pas à établir un pronostic adéquat.Notre modèle intégrera un grand nombre de données et produira un score qui aidera à évaluer la situation à long terme des victimes deTCC grave admises aux soins intensifs.» Pour consolider ce modèle, l’équipe du DrTurgeon-Fournier compte, entre autres, étudier un marqueur biologique qui n’est pas encore utilisé en clinique : la protéine S-ioop, pré-o sente dans le sang après un 5 TCC grave.Un taux élevé de | S-ioo(3 semble indiquer que le 5 cerveau aurait subi des dom-| mages importants.« On aime-o rait déterminer, explique le | médecin, s’il existe un seuil au-delà duquel les lésions du parenchyme cérébral sont trop graves pour qu’on puisse envisager une rémission du patient ».Pendant l'étude, les chercheurs espèrent aussi mettre le doigt sur des facteurs qu'ils n'ont pas encore identifiés.Ces découvertes pourraient favoriser de nouvelles approches thérapeutiques.Par exemple, s'ils observent que le taux d'hémoglobine dans le sang à l'arrivée au centre hospitalier joue un rôle quant à l'avenir des patients, ils pourront examiner si le réajustement rapide de ce paramètre serait propice à la survie ou à un meilleur rétablissement.« Ce programme de recherche,appuyé par le Canadian Critical Care Trials Group, sera mené en collaboration avec plusieurs centres hospitaliers à travers le Canada, notamment au Québec, en Ontario et en Alberta, précise le chercheur.Nous devrons suivre de nombreux patients provenant de milieux distincts et soignés dans des environnements médicaux différents.Nous pourrons alors développer un modèle applicable de façon élargie », de conclure Alexis Turgeon-Fournier, chercheur-boursier du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ).PERRINE POISSON Mille et une images en un clin d oeil M oMoicoooinnn'ot uccoocviooi M oiMooii yoioocwioioocioj i ouon h oi wnoi üinooccomoioi f-inoioooi iwJiiiJ omooioomooooo oioiwi i outxxii i iji loiûoi onanou 110011 onoiooooi 101111 OlllOWOrilOOl II 01 MOOlIOOlOO&OOOirOCOll ni KH II 101101101011100000111010101110MW0I tOOIOt 01110 oi oi i looi i oi luiooooiioim oiiwonnoittiiiionioj'iooioowooioocoiioiioimoiioiroiomciooooiiioioioinoicpoiiooioio toicxn nil Idem 01 •ui'jooonoiin 0111000000KCII1 on iooiiooiujûoooioooou 01101111 oiionoioma»ooiiioioioii!nKr.oiiooioioiHi»jiûooiooooooioio(nioi!oooi 101101 iioomioni 011WIIOHOIOOOOMO1111 oïliooooonioom OU 1001 luûi"jOlWO0l'J0001!01Kl!11IO!K»1 loi onioaooomotoionioinooilOClOl 01 lluOiO'XllOOOOOOIOIOOll 01100011 < 09001001101001 OllIOOiiOüOWJOllOiniOlIlOrOOfOlOOlilOllltWll A’!0*»00!00j011 01101111 B110M0101! 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