Progrès-dimanche, 14 novembre 2004, Cahier B
[" ELE dimanche GÉRARD BOUCHARD Explorateur de la pensée québécoise Pages B2 et B3 C\u2019est la grogne chez les artistes en arts visuels.Guy Blackburn joint sa colère aux autres pour dénoncer l\u2019attitude du Conseil des Arts du Canada.¦ À lire en page B-13 Ciné-T élé Photo ROCKET LAVOIE rM -> ; m ?|;f Sjll fil * W/YA' B2 \u2022 PROGRES-DIMANCHE, le 14 Novembre 2004 L E MONDE DU LIVRE Cœur de Gaël Sonia Marmen fait des pas de géant Les Éditions JCL ont eu raison de croire à la saga de Sonia Marmen.À son deuxième tome, «Cœur de Gaël» s'affirme avec une belle maturité.Un pas de géant pour cette auteureî L\u2019audacieuse épopée de la famille Macdonald, qui a débuté par «La Vallée des larmes», AFORGE CHRISTIANE claforge@lequotidien.com a atteint les 125 000 exemplaires vendus.Un phénomène rare dans l\u2019édition québécoise, mais très révélateur de l\u2019impact du romanesque à saveur historique.La grande passion de Liam Macdonald et de Caitlin, dans une Écosse du 18e siècle, a séduit des lecteurs indulgents envers l\u2019auteure.En effet, ce premier tome ambitieux trahissait de nombreuses failles dans l'écriture de Sonia Marmen maîtrisant mal la lourdeur du contenu.Le succès fut cependant au rendez-vous.Avec «La Saison des corbeaux», Marmen démontre qu\u2019elle a manifestement appris à jongler avec les faits historiques tout en peignant les amours tourmentés d\u2019une nouvelle génération de highlanders.Héritier de la fougue maternelle.Ducan s\u2019éprend de la seule femme interdite par son clan, Marion Campbell, dont la famille a été la cause des grands malheurs de Liam.La rencontre se déroule dans un climat de guerre, alors que s\u2019affrontent les partisans des Stuarts et les défenseurs de l\u2019Électeur de Hanovre.Le projet d\u2019union entre l\u2019Écosse et l\u2019Angleterre, acte ratifié en 1707, signe la fin de l\u2019Écosse indépendante et le début de la Grande Bretagne.A travers maintes intrigues, les héros de la vallée de Glencoe vont combattre pour défendre la cause des Stuaits, encourageant des alliances entre frères ennemis.Un terrain propice à l\u2019éclosion des passions, amplifiées par la perspective d\u2019une existence bien éphémère sur les champs de bataille.Le contenu historique est complexe.L\u2019intrigue amoureuse, bien que prévisible, est soumise à des rebondissements constants qui captent l\u2019intérêt du lecteur.On ne peut plus en douter, Sonia marmen a du souffle.Son livre second en fait la démonstration efficace, ce qui augure bien des tomes à venir.En effet, cette saga va se poursuivre pendant plusieurs générations, jusqu\u2019à l\u2019arrivée des Macdonald en terre d\u2019Amérique.Ce qui étonne dans « La Saison des corbeaux», c\u2019est la progression du style.La richesse du vocabulaire, le rythme des phrases, le maintient du suspense, l\u2019enchevêtrement des intrigues.Tout a grandement évolué entre les deux livres.La recherche historique est davantage poussée, plus pertinente, plus fouillée.On peut être agacé ou charmé par l\u2019abondance des textes en langue gaélique, lesquels contraignent le lecteur à se référer constamment aux traductions situées en bas de page.On ne sait trop si l\u2019auteure a voulu faire étalage de sa connaissance de cette langue ou si le but est d\u2019ajouter de la couleur aux propos.Au risque de distraire le lecteur de l\u2019intensité de l\u2019émotion recherchée.La famille Marmen a séjourné en plusieurs provinces canadiennes dont la Nouvelle-Écosse où Sonia découvre l\u2019univers des Highlanders d\u2019Amérique à travers les MacCabe, Macphee, MacNeil et Macdonald.Ce séjour s\u2019inscrira en elle sous le sceau séducteur de l\u2019univers celtique dont elle est issue.Pas étonnant que, bien que dentu-rologue de métier, elle amorce une carrière d\u2019écrivain en s\u2019inspirant de ses racines.Rien de tel que de puiser à la source de ses propres émotions pour toucher un vaste public.«La Saison des corbeaux», tome II de la série «Cœur de Gaël», roman de Sonia Marmen.372 pages.Publié aux Éditions JCL.Buies, Montpetit, Groulx, Harvey et de Ne vers Des similitudes, mais aussi des contradictions «Tous ont un même idéal pour leur peuple.Ils évoquent la mission des francophones en Amérique et en même temps ils ont des propos très durs envers les Canadiens français.Lionel Groulx parle de «lâches», de «mous», de «peureux».Les quatre aussi prônent le relèvement de leur société.La Conquête a été une blessure qui a laissé le pays à la dérive.Il faut se relever et s\u2019affirmer», explique Gérard Bouchard en entrevue.Les cinq affirment ou à peu près que la Constitution de 1867 a en quelque sorte réglé le problème et qu\u2019il ne reste plus qu\u2019à prendre sa place.Jean-Charles Harvey effleure l\u2019idée de la souveraineté mais il se reprend très vite.Tous voient le Québec dans la Confédération et en même temps ils voient bien que les francophones sont menacés.«Les solutions sont différentes mais tous se retournent vers l\u2019agriculture ou l\u2019occupation du sol.Tous prônaient l\u2019industrialisation, l\u2019édu cation même s\u2019ils refusaient un ministère de l\u2019Éducation.Jean-Charles Harvey a ?défendu cette idée.C\u2019étaient les valeurs qui ont fait la Révolution tranquille quand on y pense», affirme « Gérard Bouchard.Tous voulaient sortir du carcan de la vallée du Saint-Laurent.«Edmond de Ne vers prônait l\u2019union avec les États-Unis et même avec le Mexique.Des états francophones ici et là qui correspondaient plus ou moins à la Nouvelle-France.Arthur Buies flirtait aussi avec l\u2019idée de s\u2019annexer aux Américains.De Nevers a prôné le contraire aussi.S\u2019il y avait eu des décisions de prises, le Québec aurait pu s\u2019affirmer comme il l\u2019a fait à la Révolution tranquille mais beaucoup plus tôt.On peut le présumer», renchérit le chercheur.Conditions de vie Gérard Bouchard reste très sensible aux conditions de vie du peuple francophone au début du siècle dernier.La mort alité infantile dans les villes et dans les campagnes.«Une des plus élevée du YVON ypare@lequotidien.com monde», dit-il.Les conditions sanitaires étaient quasi inexistantes.L\u2019eau, les égouts en ville, c\u2019était primaire.On vivait comme au Moyen Âge dans certains quartiers de Montréal.Il y avait aussi l\u2019analphabétisme.On parle de 70 pour cent et plus d\u2019analphabètes alors.Un sacré problème mais on ne voulait pas imposer la scolarité», termine-t-il.Chose certaine, la lecture de cet ouvrage permet de mieux comprendre le Québec d\u2019avant et aussi le Québec de maintenant.«Après le référendum de 1980, certains éléments de cette pensée équivoque ont refait surface mais pas d\u2019une manière systématique», conclut Gérard Bouchard.Un essai fouillé qui permet de mieux comprendre certains comportements et de voir d\u2019un autre œil certains discours qui reviennent au jour le jour dans les tribunes publiques.«La pensée impuissante»; Gérard Bouchard, Éditions du Boréal, 320 pages.29,95 $.Littérature québécoise 1-\t«Ma vie en trois actes»; Jeannette Bertrand, Libre Expression.2-\t«Le vol du corbeau»; Anne-Marie McDonald, Flamarion Québec.3-\t«À la di Stasio»; Josée di Stasio, Flammarion.4-\t«Le carnet rouge»; Michel Tremblay, Actes Sud.5-\t«Les bruits»; Reine-Aimée Côté, VLB Éditeur.Littérature étrangère 1-\t«Nous les dieuc»; Bernard Weber, Albin-Michel.2-\t«La face cachée du 11 septembre»; collectif.3-\t«Les deux frères»; Lars Falgue Christensen, Albin-Michel.4-\t«Rendez-vous»; Danielle Steel, Presse de la Cité.5-\t«L'ombre du vent»; C, Ruiz Zafon, Grasset.Ce palmarès des meilleurs vendeurs est réalisé grâce à la collaboration des librairies suivantes: Les Bouquinistes, Le Royaume du livre, Librairie Marie-Laura et Librarie Harvey. Avec son dernier esscd /'a '2; sa démarche CHICOUTIIVII(YP)-Gérard Bouchard poursuit son travail d\u2019analyse et d'exploration de la pensée québécoise.s A?S'*''* ¦ * j\u20189.\u2022xinifîi s 7%/ÊBUt W i rzÆi / i v Üit vS, fri y\\ if In ?ÉCLAIRAGE - Gérard Bouchard croit que c'est particulièrement intéressant de s'arrêter sur la pensée des penseurs du siècle dernier afin de mieux comprendre le monde contemporain.Dans un livre fouillé, « La pensée impuissante», publié chez Boréal, il s\u2019attarde à quatre penseurs qui ont marqué l\u2019histoire des idées du Québec ou du Canada français entre 1950 et 1960.Il met en lumière cette fois la pensée d\u2019Edmond de Nevers, Arthur Buies, Édouard Montpetit et ' Jean-Charles Harvey.Il se .* permet aussi d\u2019effectuer un £ petit retour sur les réactions qui ont suivi la parution de son essai sur le chanoine Lionel Groulx._____\t«Ce qui est assez étonnant, c\u2019est la constance que l\u2019on retrouve chez ces penseurs.Tous affirment une chose et aussi le contraire dans un laps de temps très court.Tous sans exception démontrent une ambi-W valence et des contradictions incroyables.De Nevers par exem-¦P pie énonce trois théories sur l\u2019avenir 1/ du Canada français et toutes les trois se contredisent.En l\u2019espace de cinq ans, il dit une chose et son contraire», explique le chercheur qui avoue avoir été étonné devant cette démarche intellectuelle.«Je crois qu\u2019il faudrait chercher dans les structures politiques et du clergé pour comprendre vraiment la pensée de cette société pendant cette époque.Taschereau par exemple prônait l\u2019instruction obligatoire mais il n\u2019a jamais légiféré en ce sens.Il avait trop peur du clergé.Il faudrait analyser le monde politique mais aussi aller dans les régions pour étudier comment les évêchés procédaient.L\u2019évêque quand il prenait une décision, cela passait dans toutes les paroisses et il y avait le confessionnal pour tout contrôler.Il y a aussi les collèges classiques.Ce serait bien d'étudier minutieusement la pensée que l\u2019on enseignait dans ces institutions.Cela peut expliquer ce type d\u2019ambivalence», explique le chercheur.Éclairage Du même souffle, Gérard Bouchard croit que cette étude de la pensée, entre 1850 et 1960, explique aussi des comportements contemporains.«Je pense qu\u2019avec la Révolution tranquille, nous avons mis fin à cette relation amour-haine envers nous que ces intellectuels ont entretenue.Ils rêvaient du mieux pour les francophones et en même temps ils avaient des termes épouvantables pour fustiger leurs contemporains.Nous avons commencé à nous aimer I avec la Révolution tranquille.Vigneault par exemple nous a dit que nous étions beaux, que la Côte-Nord était belle.Il y a encore certains relents mais ce sont des cas isolés.On pourrait aussi se pencher sur la pensée de René Lévesque.Des idées assez contradictoires.Il y a aussi des discours qui étonnent pas mal quand on écoute Mario Dumont.C\u2019est la pensée équivoque dans sa plus belle expression», de dire historien de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Gérard Bouchard a en quelque sorte fait le tour de cette pensée équivoque.Bien sûr il croit que beaucoup de chercheurs pourraient se pencher sur d\u2019autres intellectuels mais il croit avoir fait un bon bout de chemin dans cette direction.¦fiÜtoà A R E y p a r e i YVON lequotidlen.com «C\u2019est assez étonnant.Nous avons eu un colloque et certains ont défendu que de Nevers était un modèle de rigueur et d'intégrité quand c\u2019est peut-être le plus farfelu», conclut Gérard Bouchard.Il sourit et croit que c\u2019est nécessaire de retourner en arrière.C\u2019est peut-être un voyage un peu difficile mais particulièrement éclairant.«On a beaucoup montré Jean-Charles Harvey comme la victime du clergé, un homme de droiture et de rigueur.C\u2019est tout le contraire.Il mentait carrément en faisant de la morale quand il acceptait des enveloppes des entreprises.Il a été jusqu\u2019à dénoncer des collègues et il réclamait des lois plus sévèrês», termine M.Bouchard.Citations La Nouvelle-France a suscité des utopies grandioses qui ont pris l\u2019Amérique pour théâtre, mais elles mettaient en forme des rêves du monde ancien, (p.22) Dans son esprit, cette nation serait francophone mais se distinguerait des Canadiens français.Kiel prônait une solidarité panaméricaine, se référait au grand Bolivar, s\u2019appropriait la Bible en la réinterprétant librement, se présentait comme le «Prophète du Nouveau Monde».(p.2X) «Québec est une province de France».Il fallait donc imiter «son immortel génie», se montrer «fidèle aux plus belles traditions du vieux monde», si l\u2019on voulait échapper à la médiocrité qui pesait sur la culture canadienne-française.(Propos de Jean-Charles Harvey p.173) À cette occasion, il dénonça des collègues journalistes (dont André Laurendeau) devant une commission spéciale d\u2019enquête mise sur pied par le gouvernement fédéral - cette fois, ses adversaires le traitèrent de mouchard et d\u2019indicateur de police.(Propos de Jean-Charles Harvey p.213) J\u2019y vois plutôt , quant à moi, une société délabrée qui montrait les signes familiers d\u2019un lourd héritage colonial et, plus généralement, d\u2019une multiplicité de dépendances dont elle n'a pas su se défaire, faut d\u2019un discours efficace nourri de mythes mobilisateurs.(p.255) PROGRES-DIMANCHE le 14 Novembre 2004 -B3 B4 PROGRES-DIMANCHE, le 14 Novembre 2004 «mHhT^K CARTE - Le tableau «Les Patineurs Joyeux» d'Hélène Beck est devenu une carte que I on peut offrir à des amis pendant la période des Fêtes.Hélène Beck Une autre oeuvre en carte de Noël par Yvon Paré CHICOUTIMI (YP) - Hélène Beck a reçu une bonne nouvelle juste avant de prendre le tournant de l'hiver.Encore cette année, elle a vu l'une de ses oeuvres retenue pour devenir une carte de Noël à Toronto.«Je ne sais même pas comment cela se fait exactement.Il y a des gens qui font le tour et comme je suis en permanence dans la galerie Willow de Toronto, ils sélectionnent certainstableaux.Cette année «La Cueillette du Courrier» a retenu l'attention des gens qui choisissent les tableaux.C\u2019est intéressant, surtout que l\u2019on imprime la carte à 70 000 exemplaires.On a fait la même chose l'an dernier avec « Les Patineurs Joyeux».C\u2019est sympathique et c\u2019est une très bonne diffusion», dit-elle.Hélène Beck, qui venait tout juste de recevoir son vaccin contre la grippe, prenait un peu le temps de relaxer même si elle était beaucoup plus encline à parler du livre que sa fille Isabelle vient de publier aux éditions françaises Syros Jeunesse.J'ai dû lui promettre de la contacter pour parler de son livre qui s'intitule «L\u2019ours géant et autres histoires des peuples inuit».Des illustrations de Hélène Muller.On verra un peu plus tard, c\u2019est juré madame Beck.Alors il est donc possible de se rappeler aux bons souvenirs d\u2019ami tout en utilisant une toile d'Hélène Beck qui est fort bien reproduite.Belles couleurs et aussi des scènes d\u2019hiver très vivantes.LE THEATRE Auditorium Dufour Jeudi 18 novembre 2004 à 20 h %/ete c6 ' LE THEATRE DU SAGUENAY Auditorium Dufour Mercredi 1er décembre 20Q4120 b Avec: ^ Sylvie Léonard * Mise en scène: , Yves Desgagné û de Louis Roy et Louis Saïa I \\\\ ¦A- ¦ Billetterie Auditorium Dufour 549-3910 DU SAGUENAY LE THEAFRE Auditorium Dufour Mardi 16 novembre 200 à 20 h « i m-\t
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