Ici Radio-Canada, 20 octobre 1966, Culture Information
CTüÏÏËRJBi information Le symbole de la couleur à Radio-Canada Du 20 octobre au 20 novembre 1966 Le Monde en marche L’interprétation d’une question d’actualité nationale ou internationale Le samedi soir à 10 h.10.au réseau français de radio de Radio-Canada.Gérard Sauvé, réalisateur de l’émission radiophonique le Monde en marche, a bien voulu décrire, pour les lecteurs de CULTURE-INFORMATION, cette émission, qui nous parvient d'Ottawa.La vie politique, ou plutôt les questions socio-politiques, sur le plan national ou international.deviennent de plus en plus accessibles, grâce aux moyens modernes de communications, dont la radio et la télévision.Chaque samedi soir, après le Radiojournal de 10 heures, le Monde en marche offre justement une interprétation de l’actualité socio-politique au pays ou à l’étranger.Cette émission est une métamorphose de l’ancien programme Tour des capitales.Depuis l'ouverture de la saison d'automne, l'émission a modifié sa formule, changé de titre, de thème musical et d’heure de diffusion.L'émission se veut aussi dégingandée, décontractée ou vivante que possible », pour « accrocher » l'auditeur, tout en conservant au fond son caractère sérieux, qui la distingue d'une émission dite « légère ».Le Monde en marche veut être à la fois une analyse et une synthèse hebdomadaire d’un fait important de l'actualité sociale ou politique.11 s'agit de présenter des points de vue complémentaires provenant de divers pays ou de diverses régions.L'animateur, Gaétan Legault.d'Ottawa, présente les éditoriaux ou interroge des experts, tout en replaçant la question dans son contexte.selon le centre d'intérêt ou le thème central traité.Donc, si vous voulez écouter une analyse d'une question de l'actualité sociale ou politique, interprétée par différents experts du monde, écoutez le réseau français de Radio-Canada le samedi soir à 10 h.10.L'émission le Monde en marche est réalisée par ie Service des émissions éducatives et d'affaires publiques de Radio-Canada.à Ottawa.401, Ontario-sud à la conquête du réseau français Le vendredi à 8 h.15.au réseau français de radio de Radio-Canada.Les auditeurs de CJBC, poste de langue française de Radio-Canada à Toronto, ont appris avec joie que depuis le vendredi 23 septembre, des émissions conçues avec leur collaboration lors d'interviews effectuées dans tout le sud de l'Ontario sont diffusées par tous les postes du réseau français de Radio-Canada, de la Nouvelle-Ecosse jusqu’en Alberta.401.Ontario-sud — ainsi a-t-on baptisé l'émission devient donc en quelque sorte l'adresse radiophonique où se retrouvent, chaque vendredi soir à 8 h.15.tous les Cana- diens désireux de bien connaître l'image française qui s'épanouit dans cette vaste région en forme d'un losange délimité par les villes de Kingston.Penetanguishene, Fort-Érié et Windsor.Ainsi que I écrivait Bernard Benoist, réalisateur de 401.Ontario-sud: « Toronto constitue le coeur du losange, de cette région la plus populeuse et la" plus prospère du Canada, et la route 401 en constitue l'épine dorsale ».Durant plus d'un mois, Bernard Benoist a promené son micro dans cette région, a interviewé des centaines de per- R9DID*Cdl\J8Dd Notre couverture : Le papillon, symbole de la couleur à Radio-Canada.Hubert Tison, du Service des arts graphiques, en est le créateur.Voir article en pages 4.5, 6 et 7.Des livres et des hommes A l'émission radiophonique ! Des livres et des hommes, le I mardi 25 octobre à 9 h.30 du soir, au réseau français de Radio-Canada, l'animateur Gilles Marcotte rencontrera M.Ro-S bert Marteau, critique français.M.Marteau a collaboré longtemps au Mercure de j France et à la revue Esprit.C'est un spécialiste de la peinture contemporaine et, à ce titre, il s'entretiendra avec Gilles Marcotte des nouvelles tendances de la peinture, en France, aux Etats-Unis et au Canada, à l'occasion du 25e anniversaire de la mort du peintre Delaunay.Cette émission est réalisée par Fernand Ouellette.sonnes et a recueilli un témoignage vivant de la présence française.Cette réalité brûlante pour certains et surprenante pour d’autres, CJBC et tous les postes du réseau français s’en feront l'écho fidèle au cours de cette série qui se poursuivra pendant 25 semaines.Chantal Beauregard et Jacques Gauthier, deux annonceurs dont la voix a marqué les débuts de la radio française dans le sud de l'Ontario il y a maintenant deux ans, sont les animateurs de 401.Ontario-sud.Rédaction Marguerite Beaudry-Béchard Rédacteurs: Noël Bisbrouck Madeleine Brabant Camille Brousseau Fernand Côté Jean-Jacques Treyvaud Pierre Sarrazin Directeur artistique : Pierre-Yves Pelletier Abonnements Ici Radio-Canada comprend cinq publications: Jeunesse, Madame, Divertissement.Culture-information et l'Horaire hebdomadaire des réseaux français de radio et de télévision 1 publication 2 publications 5 publications $2 00 par année $3.00 par année $5.00 par année (aux Etats-Unis $6 00 par année) Chèque ou mandat à l’ordre de: Société Radio-Canada Courrier Toute correspondance doit être adressée à: ICI RADIO-CANADA Case postale 6000, Montréal.Tél 868-3211 Rédaction: poste 366 Abonnements: poste 1384 Les articles et renseignements publiésdans ICI RADIO-CANADA peuvent être reproduits librement sauf indications contraires.Le ministère des Postes à Ottawa a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Port payé à Montréal.Maquette GraphikArt 2 Wvre anl copays tel est le litre dljilP des nombreuses fjgSiy Ga-nada mett^rfR(MMt|,raire de la télévision, à l’occasion du Centenaire de la Confédération.Les textes âonl d'Eygène Cloutier.Ara)inateur : Albert Miliaire.Sommaire 4.Du dessin animé au papillon de Radio-Canada Auteur: Jean-Jacques Treyvaud Photographie : Jean-Pierre Payette 8.Judith Jasmin, nouveau correspondant à l'Onu Auteur: Noël Bisbrouck 10.Le Sel de la semaine Auteur : Fernand Côté Photographie : André Le Coz - 12.Un musicien canadien, Pierre Mercure Auteur : Noël Bisbrouck Photographie : André Le Coz 15.Tirez au clair, avec Jacques Keable Auteur : Camille Brousseau Photographie : André Le Coz 16.Les Beaux Dimanches Auteur : Fernand Côté Photographie André Le Coz — 18 Les grandes séries d'émissions musicales Auteur : Noël Bisbrouck •*- 20 Henri Guillemin : l’homme et le conférencier Auteur : Fernand Côté Photographie : Pierre-Yves Bezzaz 22.Radio-Canada et la Confédération Auteur : Pierre Sarrazin * 24 Comment apprêter le gibier ?Auteur : Fernand Côté Photographie : Jean-Pierre Payette Un mifsqen canadien, Pierre| Mercure Du dessin animé au papillon de Radio-Canada Par Jean-Jacques Treyvaud Radio-Canada vient d’inaugurer un nouveau moyen audio-visuel, avec l'introduction de la télévision en couleur.A cette occasion, Hubert Tison, spécialiste du film d’animation du Service des arts graphiques de Radio-Canada, a créé de toutes pièces un court dessin animé utilisant le papillon, symbole de la couleur, que plusieurs téléspectateurs connaissent déjà.Nous avons voulu, à l'occasion de la création de j ce symbole, revenir sur ce sujet souvent méconnu du : grand public : le cinéma d’animation.Nous essayons donc de définir, dans ces quelques lignes, quel sera l’apport du cinéma d'animation à la télévision, dans les prochaines années.Les films d'animation annonçant les émissions de Radio-Canada, réalisés par Hubert Tison, ont tous été montés et post-synchronisés par Thérèse Bernard, du Service du film de Radio-Canada.SP., La jeune histoire du cinéma d’animation A qui doit-on l’invention du dessin animé ?11 semble bien que c'est à un Français que revient ce titre envié d’inventeur.En effet, c'est Émile Reynaud, en 1888, qui déposa le premier une demande de brevet pour ce qu’il appelait: le théâtre optique.On était loin des fameux « cartoons » qui inondent le marché, actuellement, mais l’idée de Reynaud était bien celle qui engendra, surtout en Amérique du Nord, une production massive.Le théâtre optique d'Émile | Reynaud était bien simple: ce n’était, au fond, que la bonne vieille lanterne magique re-! produisant des dessins de l'auteur Paul Reynaud avait fait une découverte: il avait tout simplement remplacé le cadre de l’image fixe par une espèce de carrousel horizontal sur lequel il plaçait des bandes dessinées.lesquelles reproduisaient ! par décompositions successives les mouvements gracieux d'une | écuyère.Le cinéma d'animation était inventé.Les personnages dessinés d'Émile Reynaud prenaient vie sur l'écran.Il choisit [ un nom savant pour son appareil: le praxinoscope.Mais Émile Reynaud allait I mourir avant de pouvoir juger j lui-mcme de l'essor que pren- i drait sa découverte.Pour voir apparaître le premier film de dessins animés, il fallut attendre jusqu'en 1908.Émile Cohl.dessinateur humoristique pour un grand quotidien parisien, se mit en tête de réaliser un véritable film d'animation.Il dessina patiemment plus de 10.000 dessins j qu'il filma ensuite.Ce fut le I premier court métrage de des- | sins animés, dont le titre était j Fantasmagorie.Il mesurait un peu plus de 100 pieds de long et durait deux minutes.Émile Cohl fut non seulement l'auteur du premier film d'animation, mais il fut aussi le premier à reconnaître le procédé de tournage image par image des dessins animés.C’était la porte ouverte à la | réalisation industrielle du film d’animation.Les Américains prirent la relève.C'est la découverte du j cellulo par Earl Hud, en 1919, I qui permit aux Américains de s'assurer la suprématie du marché mondial.En effet, la découverte de Hud permettait de réduire considérablement le j travail du dessinateur.La feuille de cellulo transparent devenant le support des dessins, les cellulos se superposant, il devenait possible d'ani-! mer ainsi des dessins dans un ' temps beaucoup plus court, uniquement en déplaçant sur le cellulo certaines parties du dessin.L’animation américaine aux héros immuables Au tout début des années trente, l’ère américaine du cinéma d'animation débutait brillamment avec l'introduction du cinema d'animation parlant.Walt Disney inaugura avec sa série de Mickey la souris; puis ce fut Donald.Pluto, José Carioca, le fameux Goofy et tant d’autres.Walt Disney fut incontestablement le maître du dessin animé des années trente.Il sut créer des personnages typiques de la vie américaine, et à la manière du bon vieux Monsieur de la Fontaine, les déguisa en animaux.Si Mickey est ingénieux, Donald est le type même de l'éternel rouspéteur et Goofy celui de l'idiot parfait, tandis que Pluto personnifie le type bonasse toujours impliqué dans une situation scabreuse par sa bonne volonté irréfléchie.La production de Walt Disney dans le domaine du cinéma d'animation est absolument fantastique.Il est presque impossible de citer le nombre exact de ses oeuvres: plus de 700 longs et moyens métrages de toutes sortes, sans compter son incontestable chef-d'œuvre: Fantasia.5 A Walt Disney, le monde du cinéma d'animation ne doit pas seulement une production sans égale, mais on lui doit notam-I ment l'invention d'une caméra d'animation se déplaçant, non seulement verticalement, mais aussi latéralement.Fleischer, Hanna.Barbera et Cie Devant l'empire Walt Disney.les autres grandes compagnies cinématographiques ne restèrent pas inactives, bien au I contraire.l 'aventure la plus intéres-1 santé est certainement celle des i deux frères Fleischer.Ce fu-! rent eux qui.pendant un temps, luttèrent seuls contre la concurrence de Disney.Mais ils avaient un atout de classe | avec Popeye.le vrai marin et | toute sa famille.Olive, le géant Bluto et les inséparables boîtes d'épinards.S'il nous faut revenir à Hanna et Barbera, c'est surtout à cause de la qualité de I leurs dessins et à l'originalité de leurs scénarios.Ces deux anciens dessinateurs de Walt Disney ont créé des personnages drôles qui ; font encore aujourd'hui les dé-I lices des petits et des grands, i C'est surtout par le naturel et I la fraîcheur de leurs personnages (Yogi.Boubou.Roquet belles oreilles, le Chat Jules.! les petites souris Dixie et Pixie et les deux inséparables Torn et Jerry) qu'Hanna et Barbera j ont réussi ce tour de force.Mais ce qui a surtout servi Hanna et Barbera, c'est la té- lévision.En effet, la majeure partie de leur production est destinée et conçue pour le petit écran.Les chercheurs Mais le cinéma d’animation ne pouvait pas rester un cinéma consacré uniquement à la distraction.Aux quatre coins du monde, des chercheurs réussissaient à sortir le film d'animation de l'ornière où l'industrialisation américaine l'avait enfoncé.Au Canada, nous avons eu heureusement le grand McLaren.Ce qui caractérise le génie de McLaren, c'est sa recherche continuelle d'expressions graphiques nouvelles dans le film d'animation.McLaren a permis au Canada de se placer dans une position enviable sur le marché des films d'animation artistique.C'est la Pologne et la Tchécoslovaquie qui ont innové le plus dans le domaine du film d'animation.La Pologne s'est surtout illustrée dans le film d'animation de marionnettes, dont les téléspectateurs canadiens ont pu très souvent apprécier l'originalité.En Tchécoslovaquie, Trnka et Lenica ont porté tous les deux leurs recherches sur l'expression graphique.Les Vieilles Légendes tchèques de Trnka et Janko Musicant de Lenica sont l'expression même de la perfection à laquelle sont arrivés les deux cinéastes tchèques.Et à Radio-Canada ?Nous sommes forcés de réduire considérablement notre échelle lorsqu'il s'agit de parler de cinéma d’animation à Radio-Canada.Si le réseau anglais de télévision.à Toronto, a commencé déjà depuis plusieurs années à explorer les possibilités du film d'animation en fonction de la télévision, il est à noter qu'il n'en est pas de même au réseau français, à Montréal.La nécessité du film d'animation s'est fait sentir d'une façon bien prosaïque.Il fallait produire des films d'animation en vue de la promotion de certaines émissions télévisées.La projection fixe n'était plus satisfaisante: il fallait faire un nouveau pas.Il fut bien modeste et surtout extrêmement fonctionnel, au départ.Mais cela n'empêcha pas nos artistes graphiques d'y consacrer toute la recherche plastique nécessaire.Ce fut ainsi que se créèrent des petits chefs-d'oeuvre que les téléspectateurs apprécient grandement.En particulier, l'annonce de promotion de l’émission Aujourd'hui.celle de Présent, ou | celle encore de Jeunesse oblige ou celle des publications ICI RADIO-CANADA.Tout dernièrement, la couleur entrant dans la danse, il | a fallu créer ce magnifique papillon qui.désormais, étend ses ailes multicolores avant I chaque émission de la nouvelle I télévision en couleur de Radio-Canada. L’histoire du symbole de la couleur Comme tous les téléspectateurs ont pu s'en rendre compte, chaque émission en couleur de la télévision de Radio-Canada est précédée du symbole de la couleur, illustré magnifiquement par un papillon aux ailes multicolores qui prend son essor en quelques secondes sur l'écran.Il y a quelque temps.Radio-Canada lançait un concours parmi ses employés, pour trouver un symbole de la couleur.Une soixantaine de travaux furent présentés au jury, et les auteurs étaient presque tous des dessinateurs attaché au Service des arts graphiques.Après de longues délibérations.le jury proclama les résultats et c'est le papillon I d'Hubert Tison qui remporta de haute lutte cet intéressant concours.Le symbole créé par Hubert Tison, ce papillon stylisé et I multicolore, a une raison d'être j qu'Hubert nous explique: « J'ai I choisi le papillon parce qu'il symbolise en lui-même la couleur.L'homme a toujours ad- j miré le papillon pour la multi- | tilde de ses couleurs.Dans le | cadre du mécanisme électronique du petit écran, le pa- j pillon apporte la grâce, la légèreté, la poésie, la fraîcheur, la finesse, la couleur.» Un entretien avec Hubert Tison Hubert Tisson est un jeune Montréalais qui, après avoir fini ses études d'arts dans la Métropole, suivit des cours de ; cinéma d'animation à l'école des arts graphiques de Zurich, en Suisse, pendant une année, puis à Londres et ensuite un stage pratique à l'O.R.T.F., à Paris.C'est donc à lui que nous avons fait appel pour qu'il nous révèle comment un film d'animation est réalisé.Il faut tout d'abord, et chacun s'en doute, un sujet, j A Radio-Canada, de sujet est.j pour le moment, souvent terre-à-terre.car ce sujet est avant tout une émission à promouvoir au petit écran.Le sujet déterminé, l'artiste graphique va concentrer ses efforts sur l'imagination d'une synopsis graphique.Cette synopsis résumera les principaux points d'intérêt du scénario et illustrera l'articulation que le dessinateur veut donner au film.Il soumet, une fois terminée, sa synopsis graphique aux intéressés.et les derniers ajustements sont donnés au scénario.Du scénario au film Hubert Tison nous montre ensuite la charte de minutage de chaque séquence principale.Il calcule le nombre d'images à produire par seconde et J transcrit ensuite ces calculs sur ; ses ccllulos.faisant bouger j presque imperceptiblement cer- j tains éléments de son dessin.Quand une série de cellulos est prête, c'est-à-dire vingt, j quarante ou soixante secondes de tournage, il se rend dans la chambre de la caméra, où une caméra, disposée verticalement.permet de photographier image par image les cellulos que l'on dispose sous elle sur une table mobile.Petit à petit, avec le même procédé, les séquences s'accumulent sur le film placé dans la caméra.Il suffira, après plusieurs jours de tournage et quelques milliers de dessins, de développer le film et de procéder au montage.Le découpage et le montage se font dans une salle équipée spécialement à cet effet.Le montage est nécessaire, car souvent on retranche du film certaines parties qui se révèlent inadéquates à la projection.Une fois le montage terminé.on s'occupe alors de sonoriser ce bref film d'animation.LJn scripteur est engagé pour écrire le texte conformément aux données du scénario, puis un annonceur ou un comédien vient enregistrer le texte sur bande magnétique.Il ne reste plus qu'à postsynchroniser le film et le son, et voilà notre petit film d'ani- j mation prêt pour une carrière [ plus ou moins longue.Un rêve d'Hubert Tison Le voeu d'Hubert Tison est de réaliser le plus tôt possible un véritable film d'animation, j où son imagination créera une suite d'expressions graphiques nouvelles et pleines d'une vie | que seul le cinéma d'animation pourra lui donner.Souhaitons que le voeu d'Hubert Tison se réalise. aux Nations Unies Par Noël "" ‘MuÜHiramn tttrttîmtnmmînitühiîrîi fUntîTîîîiifîiînîîiÉniüiî •ir Depuis le 19 septembre.Judith Jasmin est correspondant de Radio-Canada aux Nations Unies, à New York.Cette journaliste que Premier plan et le Sel de la semaine nous ont rendue familière sera chargée désormais de nous communiquer.tant à la radio qu’à la télévision, les faits importants des débats de l'Onu.Nous étions habitués à la voir revenir d'Europe.d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud et nous rapporter quelque important reportage sur un pays, une question sociale, une personnalité de premier plan.La voici maintenant au centre même de la vie internationale, politique, économique ou sociale; à New York, elle vivra au milieu des délégués du monde entier, mais immobilisée pour ainsi dire avec eux.dans cette grande cage de verre qu'est le Palais de l'Onu.Les huit jours quelle vient d'y passer ne l'ont pas du tout anémiée.Elle a gardé son sourire accueillant et son air interrogateur.Le plaisir qu'elle manifeste à parler de ses nouvelles fonctions témoigne de son enthousiasme à entreprendre cette découverte du monde diplomatique et à nous faire part des aléas de la politique internationale.Mlle Jasmin, en quoi consiste votre tâche de correspondant de Radio - Canada à l'Onu ?Plusieurs genres de travaux sont prévus.Tout d’abord, je dois rendre compte, sous forme de topo, de tout événement, de toute nouvelle importante dans la vie de l’Onu.Ce topo est un peu plus qu'un bulletin de nouvelles, un peu moins qu'un éditorial.Pendant la session.je dois donc suivre les principaux discours de l'Assemblée et les travaux des comités, ^ surtout ceux des affaires politiques et des affaires économiques.C'est dans ces comités que j’ai l'intention d'aller chercher la nouvelle, à l’exemple des autres correspondants étrangers.De plus, je participerai de temps en temps à Caméra 66, émission qui relève du Service des nouvelles.Enfin, quand il y aura des temps morts, c'est-à-dire en dehors des sessions, je serai appelée à faire de petits reportages sur la vie aux Etats-Unis, reportages qui ne relèveront pas du domaine de mon camarade Roméo Leblanc, notre correspondant à Washington.Etes-vous la seule femme correspondant de Radio-Canada ?Eh oui 1 1 a seule femme, actuellement.Mais il faut dire que la politique de Radio-Ca- I nada en ce domaine a changé, I dernièrement.Autrefois, il n'y j avait que trois ou quatre cor- j respondants de langue fran- j çaise à Radio-Canada, tandis | que maintenant nous sommes | dix-huit.A mon grand étonnement, i j'ai observé qu'il y a beaucoup ' de femmes à l'Onu comme re- j présentants de journaux euro- j péens et américains.On m'a expliqué que cette occupation i convenait fort bien aux femmes.C’est un travail tranquil- f 8 le, qui s’accomplit dans un immeuble confortable et parmi des gens polis.C’est aussi une occupation qui s’effectue au milieu de conversations courtoises et grâce aux relations qu'on s'y fait.Avez - vous réussi pendant votre première semaine de travail à entrer en contact avec un certain nombre de personnes ?Oui, j'ai interviewé déjà une dizaine de délégués francophones de pays différents.J ai constaté que la langue diplomatique est extrêmement courtoise, aimable et nuancée et qu’elle est également hermétique; il est souvent difficile d’y démêler la vraie pensée de l'interlocuteur.La plupart des diplomates ne peuvent exprimer clairement leur opinion; ils l'enveloppent de formules vagues et polies tant que dure l'interview officielle.Est-ce que Radio - Canada vous a donné des directives précises ?Je n'ai pas eu de lavage de cerveau.Mes patrons ont été très libéraux.On m'a demandé d'être objective, ce qui est le minimum qu’on puisse demander à un journaliste.Nous ne sommes pas là pour faire du militantisme.Le lecteur d'un journal, l'auditeur ou le téléspectateur, cherche avant tout à être renseigné sur les faits.De toute façon, le journalisme relève d'une certaine probité intellectuelle et professionnelle.Depuis combien de temps faites-vous du journalisme ?Cela doit faire quinze ou seize ans.J'ai commencé au I Service international de Radio-Canada, avec Gérard Arthur, André Langevin et d’autres.Nous étions un petit groupe de personnes à essayer de donner, par des reportages et des informations, une image saine et joyeuse du Canada français aux populations francophones qui écoutent les ondes courtes à travers le monde.Cependant, nous avions alors l'impression de parler un peu dans le vide, faute de connaître les réactions des auditeurs.Votre expérience acquise à Premier plan et au Sel de la semaine vous sera -1 - elle utile ?A Premier plan, il s’agissait de fouiller un caractère, de présenter une personnalité le plus complètement possible.Pour le moment, ce n'est pas ce que l’on me demande.C'est de la nouvelle qu'il faut.Cependant, il n'est pas exclu que je participe de temps en temps aux émissions d'affaires publiques.Il sera possible alors I d'interviewer quelqu'une des personnalités qui viennent à j l'Onu, chef d'Etat, premier ministre, etc.Si le général de Gaulle venait à l'Onu et acceptait d’être interviewé, il est certain que notre Service des affaires publiques agréerait ma proposition.Etes - vous nécessairement en relation avec les diplomates canadiens ?Non.Mais, à l'occasion de la visite de M.Martin à New York, j'ai interrogé notre ministre qui était entouré de toute une délégation de diplomates et de parlementaires.Al Avez-vous des opinions en politique internationale ?Non, pas du tout.Je me suis toujours tenue au courant de la politique internationale; mais la politique est chose tellement fluctuante, faite de rapports de forces entre les puissants et quelques autres qui n'ont pas les moyens de parler très fort ! Il faut en savoir davantage pour se faire une opinion valable.Bien sûr, je souhaite que disparaissent la guerre et la pauvreté et cette tension entre certaines puissances.Quel est le climat de l’Onu ?Dans cette grande cage de verre qu’est l'immeuble des Nations Unies, l'atmosphère semble un peu factice.Si l'on y passe en touriste, on pourrait croire que c’est un lieu où l’on parle beaucoup, un monde indifférent à la réalité souvent tragique.Tous ces diplomates parlent lentement, calmement; ; on les entend lancer des attaques violentes contre l'un ou l'autre pays et, quelques instants plus tard, on les retrouve tout souriants avec leur adversaire, à l’occasion d'un cocktail.D'autres fois, on les voit faire des promesses de paix, tandis qu’à des milles de distance leurs pays lancent des bombes de napalm.Cependant, tout ce déploiement de diplomatie a quand même réussi à régler des conflits mineurs comme le Cachemire et Chypre .qui pouvaient dégénérer en catastrophe.De plus, les discours des Nations Unies sont vulgarisés par la presse et la radio: ils influent sur l’opinion publique et, tôt ou tard, ils pèseront sur la destinée du monde.I.es diplomates sont des gens sérieux, conscients de la gravité des situations.Leurs discours ne sont parfois qu’un écran dressé pour gagner l'opinion publique.Parmi tous ces gens sérieux et solennels, il existe néanmoins des personnages colorés, | amusants même.Des confrères de l'AFP, qui suivent les débats de l'Onu depuis plusieurs années, m'ont signalé en particulier le délégué de l’Irlande, qui ne fait pas comme tout le monde, et celui de l'Albanie, qui est le seul Européen pro-chinois et, à ce titre, semble très isolé et solitaire.Je me propose bien de l’interviewer, car il fait partie des particularismes étrangers.Aurez-vous des loisirs à New York ?Certainement.J'aime le théâtre.le cinéma, les musées, les beaux magasins.J'ai de quoi me distraire.Avez-vous un violon d'Ingres ?Je ne fais ni peinture ni musique.Je n'écris pas de romans ou de poèmes.Je n'ai pas de dons créateurs de ce genre.Avez-vous des amis à New York ?Non.Je commence solitaire.Mes amis habitent Montréal et je n'ai pas l’impression de les avoir quittés.Montréal n’est pas si loin.Je doute fort que Judith Jasmin reste longtemps à l’Onu sans se faire de nouveaux îtmis.9 itokaMsM français I de tel Au 25c étage d'un luxueux immeuble de la rue Sherbrooke ouest, Fernand Seguin travaille.Le panorama de la ville est magnifique.A-t-il seulement le loisir de le contempler ?Peut-être: il y a une chaise sur le balcon minuscule.Mais la plupart du temps, le sympathique animateur du Sel de la semaine reste rivé à son bureau, ses livres, ses dossiers, ses journaux et ses revues.C’est sans doute à cause du bruit qu'il a choisi le 25e étage.De là-haut, la grande voix de Montréal arrive affaiblie, atténuée, presque aphone.Heureusement ! Le Sel de la semaine a j débuté le mardi I I octobre à 10 heures du soir, au réseau j français de télévision de Radio-Canada.Comme premier invité.Fernand Seguin avait un 1 homme remarquable, Jean Fe-canuet.un des rares Français qui a osé concurrencer Charles de Gaulle lors des élections à la présidence de la République, en décembre 65.Au cours de la saison, le Sel de la semaine recevra beaucoup d’autres invités de marque : Canadiens.Américains, Français ou autres.Fernand Seguin nous dit : « Le Sel de la semaine ne vise pas l'actualité immédiate: le Service des nouvelles ou celui des reportages sont là pour ça.Le Sel de la semaine traite de l'actualité permanente, si on peut dire, de cette actualité qui est dans l'air, dont tout le monde parle, qui a fait récem-| ment ou fait encore à l'occasion la manchette des journaux et le sujet îles conversations.» Par exemple (ce n'est qu'une probabilité et je ne vous dis pas que je les aurai comme invités, mais, si c'était possible), le 22 novembre, à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinat de John Kennedy, j aimerais avoir a l'émission soit Hugh Trevor Roper, qui a dénoncé le rapport de la C ommission Warren, ou encore le sénateur Robert Kennedy.Encore une fois, ce n’est qu'un exemple de ce que j'aimerais faire.Fout comme j'aimerais inviter Charles de Gaulle à l'émission si.par hasard, il •v 10 venait à Montréal et daignait répondre à mon invitation.« Tout ceci pour vous dire que le Sel de lu semaine se propose de faire connaître au grand public des personnalités que la presse, le cinéma, la radio et la télévision lui ont présentées des centaines de fois mais sous l'aspect officiel.Au Sel.je me propose de les présenter sous un autre jour, c'est-à-dire de poser à ces gens des questions qui révéleront une autre face de leur personnalité.» Pour ça.on fait confiance à Fernand Seguin.On l'a déjà vu à l'oeuvre et on sait qu'il possède à fond l'art de sortir de la banalité, des sentiers battus.Il faut dire aussi que Fernand Seguin n'arrive pas au studio la tète vide.Il les prépare, ses interviews.Il consulte lui-même des liasses de documents et il se fait aider par une équipe de rédacteurs-recher-chistes triés sur le volet.C'est avec enthousiasme qu'il parle de l’équipe du Sel de la semaine : « Il y a d'abord le réalisateur.Gérard Chapde-laine.homme d’expérience, dynamique et de vaste culture, un homme qui ne craint pas l’aventure, qui ne manque pas d'audace, tout en étant très réfléchi.Quant au groupe de recherchistes, il comprend des scripteurs chevronnés comme Alec Pelletier.Réginald Boisvert et Gérald Tassé, ainsi que deux jeunes de grand talent, Denis Héroux et Jacques Renaud.lis travaillent soit individuellement.soit à deux et ordinairement sur les sujets qui leur plaisent particulièrement.Ils ont toute liberté d'action pour les recherches et la documentation, et ils n’écrivent pas de textes véritables puisque je ne fais jamais mes interviews avec un texte en main.Ils me fournissent seulement ce que j'appellerais un scénario de l'émission, sur lequel je me base pour travailler.» Comme Fernand Seguin parlait d'invités probables qui seraient d'expression anglaise ou autre, j'objectai le problème des langues, en cours d'interview.A cela, l'animateur du Sel de la semaine répond : « Nous y avons pensé et nous songeons à utiliser une machine qui donnerait des sous-titres en français pendant les interviews.Mais cette machine n'est pas encore tout à fait au point et je ne sais pas si nous pourrons nous en servir cette saison.» F.nfin, comme le Sel de la semaine s'est payé cette année le luxe d'un orchestre, j'en demande la raison à Fernand Seguin qui répond : « Un orchestre ?Ça crée une ambiance.mieux que des disques.Surtout quand cet orchestre est dirigé par un musicien de talent comme Paul de Margerie.Il est formidable, ce garçon.Avec lui.on peut tout avoir dès qu'il s'agit de musique.Je peux lui demander : fais-moi une musique de joie, ou d’angoisse, une musique tragique, une musique triste, une musique comique.et il la fait et c'est toujours bien.Pour les transitions musicales, pour mettre les téléspectateurs dans le coup avant une interview, pour interpréter la meilleure chanson d'un artiste invité.Paul de Margeiie et ses musiciens seront très utiles au Sel de la semaine.» ' ^ .y ^ % -vW.¦ T • - jf s* t EPa1 Un musicien canadien Pierre Mercure V La mort accidentelle de Pierre Mercure survenue en janvier dernier nous a empêché de présenter plus tôt ce musicien montréalais et l'ensemble de son oeuvre.Parler d'un disparu devient vite un panégyrique — ou une oraison funèbre — et risque de nous empêcher d'aller à la découverte d’une pensée musicale et d'une oeuvre proprement créatrice.Pierre Mercure appartient désormais au passé, même si sa musique était encore, en janvier dernier, située à l'avant-garde de l'expression sonore au Canada.Sa disparition reste sensible à tous les mélomanes attentifs à la musique actuelle; jusque-là, il ne se passait jamais longtemps sans qu'il nous étonnât par une oeuvre musicale ou une réalisation de télévision.Depuis son départ, il ne semble pas qu'un autre musicien ait pris la relève.Parler de Pierre Mercure, c'est rappeler à la fois sa vie de compositeur et celle de réalisateur de télévision.Car pour lui, la réalisation d'une Heure du concert était presque toujours l'occasion de manifester ses préoccupations esthétiques et de promouvoir l'art d'aujourd'hui.Pierre Mercure est né à Montréal en 1927 dans une famille bourgeoise où la musique et le théâtre étaient à l'honneur.St n père, bien qu'a-vocat très occupé par sa profession, a pris une part active aux représentations théâtrales de Montréal et sa mère a été une pianiste bien connue dans les cercles musicaux de la Métropole.A 1 1 ans, il prend ses premières leçons de piano; bien vite il s'initie à d'autres instruments tout en continuant ses études secondaires dans un collège classique de Montréal, l orsqu'il quitte le collège, il est engagé comme basson à 'Orchestre symphonique de Montréal, nanti d'un premier prix du Conservatoire de musique.Il restera à l’orchestre pendant quatre ans.Entretemps, il étudie la composition avec Claude Champagne.Sa première oeuvre im- portante est une fantaisie symphonique pour grand orchestre, Kaléidoscope, écrite en 1948, que les musiciens reconnaissent comme « une oeuvre de musique sincère et de musique qu'il entendait ».signifiant par là combien le compositeur témoignait, dès ce moment, de son souci de la sonorité et de la couleur musicale.La même année, il présente son premier ballet, Pantomime.Ecrite pour instruments à vent, cuivres et percussion, cette oeuvre nous montre un compositeur soucieux des contrastes de lignes et de forme et curieux de timbres musicaux nouveaux.C’est, à Montréal, l'époque des manifestes artistiques {le Refus global) et des groupements esthétiques (les Rebelles), dont le but est l'émancipation du traditionalisme et du conventionalisme.Pierre Mercure.François Morel, Clermont Pépin.Serge Garant, Roger Matton et d'autres vont à la découverte d'un monde nouveau.En 1949.Pierre Mercure est à Paris.Il travaille avec Nadia Boulanger, Arthur Hoérée et Jean Fournet.Il y retrouve trois camarades du Conservatoire.Gabriel Charpentier.Clermont Pépin et Jocelyne Binet.Comme eux, il y découvre les expériences sonores de Pierre Schaeffer, au studio d'essai de la R T F.« La musique concrète, dit Mercure, tout comme la musique aléatoire me plaisait énormément.Gabriel Charpentier et moi-même avons passé des heures et des heures à faire des expériences de compositions fortuites et d'improvisations.» A l'été de 1951.Pierre Mercure est à Tanglewood; il travaille sous la direction de Luigi Dallapiccola.Il fait plus ample connaissance avec la technique sérielle.Pour gagner sa vie, il fait toujours partie de l'Orchestre symphonique de Montréal.L'année suivante, il est appelé à entrer au service de la télévision de Radio-Canada.Le voici désormais en plein centre de la création musicale.Ses responsabilités de réalisateur -—.J- >1 Oeuvres symphoniques Kaléidoscope 1948 Pantomime, pour instruments à vent, cuivres et percussion 1948 Triptyque 1959 Lignes et points, pour grand orchestre 1965 Oeuvre pour orchestre à cordes Divertissement, pour quatuor à cordes et orchestre à cordes 1957 Oeuvres vocales Dissidence, trois mélodies pour soprano et piano, sur des poèmes de Gabriel Charpentier 1955 Cantate pour une joie, pour soprano, choeur et orchestre, sur des poèmes de Gabriel Charpentier 1956 1961 1961 1961 1961 1963 1963 1964 1965 Musique électronique et concrète Incandescence, ballet de sons synthétiques sur ruban magnétique Structures métalliques nos 1 et 2 (quatre pistes sur ruban magnétique — sons métalliques) Répercussions (trois pistes sur ruban magnétique — sons de carillon japonais) Improvisation (ruban magnétique à piste unique — sons de piano) Psaume pour abri, cantate pour récitant, musique électronique, cordes, cuivres, percussion, harpe, clavecin et deux choeurs, sur des poèmes de Fernand OueHette Tétrachromie, pour instruments à vent, percussion et bandes électroniques Formes 64 (film), musique concrète et instruments à vent (saxophone, tuba, trombone) Éléments III (film), pour flûte et musique concrète musical lui permettront de donner toute sa mesure; elles le mettront plus que jamais en rapport avec des artistes créateurs, compositeurs, décorateurs, sculpteurs, chorégraphes, danseurs.En 1955, Pierre Mercure achève Dissidence, trois mélodies pour soprano et piano, sur des poèmes de Gabriel Charpentier.L'année suivante, le concert annuel de la Ligue des compositeurs présente sa Cantate pour une joie, écrite sur sept poèmes de son ami Charpentier et composée pour soprano.choeur et orchestre.En I957.il termine le Divertissement pour quatuor à cordes et orchestre à cordes.En 1959, il compose un Triptyque pour un grand orchestre, donné au Festival international de Vancouver.sous la direction de Walter Susskind.Toutes ces oeuvres sont diffusées aux réseaux radiophoniques de Radio-Canada; plusieurs sont entendues dans des salles de concert européennes; cinq sont présentées de 1955 à 1961 à la télévision.1961 est une année faste pour Mercure.Tous les musiciens se souviennent de la Semaine de musique actuelle présentée au cours des Festivals de Montréal.« Grâce à Mercure, dira Serge Garant, le public canadien fait la connaissance de la musique de Earl Brown, de Karl Stockhausen, de Pierre Schaeffer, de Pierre Boulez, de John Cage et de plusieurs autres.De son côté, il fait entendre Incandescence, ballet de sons synthétiques sur ruban magnétique; Structures métalliques nos 1 et 2: Répercussions et Improvisation.Désormais, Pierre Mercure est engagé dans le mouvement de la musique actuelle; il lutte contre le mauvais goût du pu- I hlic; il rêve d’un auditeur nou- | veau; il prend exemple sur les musiciens de la Renaissance et I du Moyen Age qui inventaient des techniques, des sons, des voix et des instruments pour créer des sonorités nouvelles, que ce soit avec les instruments j 13 mpWi traditionnels de l’orchestre, que [ ce soit avec l’aide de rubans magnétiques et de tout moyen susceptible de créer des sons.| Il compose successivement des oeuvres audacieuses: Psaume pour abri (1963), cantate pour récitant, musique électronique, cordes, cuivres, percussion, har-j pe.clavecin et deux choeurs, sur des poèmes de Fernand Ouellette: Tétrachromie {1963).[ ballet pour instruments à vent, percussion et bandes magnéti- | ques: Formes 64, trame sonore | icalisée pour un film témoin j du Symposium international de I sculpture de Montréal: cette j oeuvre est faite à la fois de | sons concrets enregistrés pendant le symposium et transformés en studio électronique et aussi d'une musique improvisée par cinq cuivres: le mixage de ces sons met en valeur la tex-I ture des matériaux, leurs cou-I leurs, leurs lumières et tente d'exprimer la sensation des j masses: Eléments III (1965).J musique de film écrite pour flûte et musique conciète.De cette dernière oeuvre on a dit qu'elle « ressemble beaucoup à une longue méditation lyrique sur la valeur de l'eau ».14 La même année, en 1965.l'Orchestre symphonique de Montréal faisait entendre, au cours de sa saison régulière.Lignes et points, que le compositeur présentait comme un essai de synthèse entre l'écriture instrumentale et les moyens sonores nouveaux qu'ont ap-i portés les techniques de la musique électronique .« Cette synthèse, entre deux mondes sonores, disait-il.est pour moi un symbole de maturité ».Cette oeuvre dédiée à sa femme.Françoise Riopclle.demeure en somme son testament musical et le témoin de sa maturité.Elle est un discret hommage à celle qui.depuis huit ans.partageait avec lui son goût pour l'art total et toujours en devenir.Avec elle il a composé Incandescence, avec elle il a imaginé sa dernière réalisation à la télévision, l'opéra Toi de Murray Schafer.Avec elle il avait découvert, vers les années 58 - 60.Pierre Boulez et Maderna.On ne peut parler du compositeur Pierre Mercure sans évoquer brièvement son travail de créateur à la télévision canadienne.Parlant de lui.à l'annonce de sa mort, le chef d'orchestre Zubin Mehta déclarait: « Il possédait la plus grande qualité d'un compositeur, I invention »: et dans ce même sens, Serge Garant disait: « Le C anada a perdu un de ses compositeurs les plus audacieux et les plus imaginatifs ».Ce don de l’invention, de la trouvaille.Mercure l'a exprimé maintes fois dans ses quatorze années de réalisations télévisées.Il nous a fait connaître des musiciens, des danseurs, des compositeurs nouveaux.On se souviendra longtemps de la présence, à Radio-Canada, de Pierre Boulez, de Bruno Maderna.de Luigi Dallapiccola, de Karl Stockhausen.Il a présenté les Fêtes d'Héhé, opéra - ballet de Jean-Philippe Rameau: l'Heure espagnole de Maurice Ravel: Angélique de Jacques Ibert: Orphée de Gluck: Pelleas et Mélisande de Claude Debussy; le Roi Davu! et Jeanne au bûcher d’Honegger (qu’il se proposait de monter en couleur, cette fois), le ( luit eau de Barbe-bleue et ses décors translucides de Bartok, et combien d'autres! Le ballet a eu sa grande part, dans les productions télévisées de Pierre Mercure.Mais ici encore, ce sont les chorégraphes de notre temps qui avaient sa préférence: Balanchine et ses étoiles du New York City Ballet.Alwin Nikolais et sa troupe de New York.Jean Ba-bilée de l'Opéra de Paris, Jeanne Renaud.Françoise Riopclle et le Groupe de danse moderne de Montréal illustrant les Forons disponibles d'Farl Brown.Sa dernière émission mettant en scène l'opcra Toi de Mur-ras Schafer n était-elle pas une sorte de grand ballet lyrique présenté dans un contrepoint u images subtiles et émouvantes ?On ne saurait mieux conclure ce bref aperçu sur l’oeuvre de Mercure qu'en citant une phrase d'un hommage de Jean Vallerand.dans La Presse du 5 février: « La musique du Ca-! nada vient de perdre un mili-I Ont courageux et sincère dont I absence serti lourde de consé-I quenccs tragiques.» Jacques Keable De La Presse à Tirez au clair en passant par le Sel Le mercredi soir à 10 h.15, au réseau français de télévision de Radio-Canada.Par Camille Brousseau La saison dernière, Jacques Keable, ci-devant attaché à La Presse, faisait, après plusieurs années de journalisme écrit, de brillants débuts de reporter à la télévision.C'était au Sel île la semaine.Cette année, il a décidé de recommencer, de continuer, voire de tirer tout au clair.D'autant plus qu'au Sel.il s'est fort bien .tiré d'affaire.De l'information avant tout C'est d'ailleurs avec une émission qui s'appelle Tirez an clair que Jacques Keable poursuit sa carrière dans le journalisme parlé.Le réalisateur de Tirez an clair.Claude Dé-sorev, était également, au cours de la saison 1965-66.de l'équipe du Sel de la semaine.La collaboration Désorcy-Keable n'est donc pas nouvelle, et c'est heureux.Voilà deux hommes dont l’expérience des salles de dépêches, des studios de télévision.des salles de montage est certainement de bon augure pour le téléspectateur qui aime être bien informé.Car Tirez an clair, c'est avant tout de l'information.De l'information sur un sujet bien précis.On n'y aborde, en effet, qu'un sujet par semaine.I 'émission, d’une durée de 45 minutes, se divise en trois parties.D'abord un exposé Elle débute avec un exposé, par l'animateur, du sujet de la semaine.Cette première partie.qui ne dépasse pas huit minutes, est généralement illustrée de films, de diapositives, de graphiques.« Il s'agit ici.dit Claude Désorcy.de donner l'option immédiate dans laquelle on voudrait voir le sujet traité.Car il n'est pas question de le considérer dans son ensemble, mais sous un angle particulier.» — « Ainsi, le téléspectateur se sent vraiment concerné», ajoute Jacques Keable.En guise d'exemple, l'équipe Désorcy-Keable parle de la guerre du Vietnam, réalité qui pourrait faire l'objet d'une émission de Tirez an clair.Il ne serait pas question, mais alors pas du tout, de faire connaître le bilan de la situation au Vietnam, de se demander si on s'y livre une guerre sainte.Non.On tenterait plutôt de faire ressortir le rôle que notre pays qui, comme on le sait probablement, est membre d’une commission de contrôle, joue dans ce conflit.Contrairement à ce qui se produit, la plupart du temps, lorsqu'on prépare une émission c- V d'information pour le petit écran, l'équipe de Tirez an clair tourne très peu de films.On utilise surtout de la pellicule déjà existante.Ainsi, le 5 octobre, lors de la première émission, qui était consacrée à l’inflation, on nous a montré des séquences qui furent tournées entre 1920 et 1928.soit au cours des années qui ont précédé le fameux krach de 1929.Ces bandes devenaient alors une sorte de rappel des années qui ont amené la célèbre débâcle financière.Un affrontement La seconde partie de Tirez an clair comporte une interview.un échange d'opinions et un affrontement.Elle met en vedette l'animateur et deux invités de tendances opposées.Le 5 octobre, on a vu M.Marcel Pepin, président général de la Confédération des syndicats nationaux, et M.Maurice Sauvé, membre du gouvernement canadien.Et pour finir, un débat Enfin, la dernière partie de l'émission, la plus importante au point de vue durée (une demi-heure environ), permet un débat entre les deux invités et un public choisi selon le sujet à l'ordre du jour.A la | première, on avait réuni des représentants de la C.S.N., de la Fédération des travailleurs du Québec, des Chambres de commerce, de l'Associatiort professionnelle des industriels, de l'Association des manufacturiers, de l'Association des consommateurs et de celle des étudiants de l'École des Hautes Études commerciales.Projets L'assurance-santé, le statut du prisonnier politique dans notre pays, la succession de LJ Thant, l’éducation au Québec.l'administration des hôpitaux.l'indépendance du Québec, les états généraux, Sidbec sont d'autres sujets qui pourraient être étudiés par l'équipe de Tirez an clair, au cours des semaines, des mois à venir.L'équipe A propos, cette valeureuse équipe, elle comprend, outre Jacques Keable et Claude Désorcy: Daniel Simard, chargé de rejoindre les groupes qui forment le public en studio; Michèle Khaliq, recherchiste en ce qui concerne le film, et Rita Martel, script-assistante.Tirez an clair est à l'horaire du réseau français de télévision de Radio-Canada, le mercredi | soir, de 10 h.15 à 11 heures.15 Les Beaux Dimanches Une invitation au théâtre, au concert et à la poésie.Le dimanche de 8 heures à 10 heures, au réseau français de télévision de Radio-Canada.Par Fernand Côté Au programme de la série les Beaux Dimanches, entre le 23 octobre et le 27 novembre : quatre pièces de théâtre, un concert et une émission littéraire.Calendrier des Beaux Dimanches Le 23 octobre, à 8 heures : Béthanie de Giraudoux (téléthéâtre) Le 30 octobre, à 8 heures : L'Arroseur arrosé (divertissement) A 9 heures : L’Amant de Harold Pinter (théâtre d'une heure) Le 6 novembre, à 8 heures : Place à Olivier Guimond (variétés) A 9 heures : Sergiu Celibidache (heure du concert) Le 13 novembre, à 8 heures : Gai-gai la Belle Province (revue musicale de Muriel Millard) A 9 h.30 : Souvenir en accords brisés d’Andrée Maillet (théâtre d'une heure) Le 20 novembre, à 8 heures : Cet animal étrange de Tchékhov (téléthéâtre) A 9 h.30 : Hommage à Nelligan (émission littéraire) Le 27 novembre, à 8 heures : Chanson-thème Expo 67 (variétés) « Béthanie » « L'Amant » de Jean Giraudoux de Harold Pinter l e 23 octobre à 8 heures du soir, les Beaux Dimanches présentent Béthanie de Jean Gi-raudoux.Réalisée par Jean Faucher, cette oeuvre aura pour interprètes Tania Fédor.Denise Provost.Lucille Cousineau.Huguette Oligny et plusieurs autres comédiennes.l es costumes ont été dessinés par Jérôme Marchand et le décorateur-conseil était Gabriel Contant On ne sera pas étonné que la distribution de Béthanie soit exclusivement féminine : la pièce se déroule dans un couvent.Afin de créer l'illusion parfaite, Jean Faucher a obtenu de Radio-Canada et des Pères Jésuites l'autorisation de tourner Béthanie dans une maison de retraites fermées des environs de Montréal.Béthanie nous raconte à la fois le drame d'une toute jeune religieuse qui a tout quitté pour se consacrer à Dieu, en même temps que l'histoire d’une petite communauté qui se dévoue au rachat des filles perdues; plusieurs des soeurs de Béthanie étant elles-mêmes d'anciennes pécheresses.I e 30 octobre, les Beaux Dimanches mettent à l'afliche une oeuvre du dramaturge américain Harold Pinter intitulée F A niant.Adapté pour la télévision canadienne par Fric Kahane.l'Amant a été réalisé par Paul Blotiin.La pièce ne comporte que deux personnages.qui seront incarnés par Monique Miller et Jean Coutu.lé A niant a été réalisé dans des décors de Claude Fortin, avec des costumes signés Yvon Du-haime.lé A niant est une pièce qui étonnera beaucoup les téléspectateurs.Peut-être même les choquera-t-elle, au début.Ils écouteront; ils regarderont, puis ils souriront, car ils comprendront.Bien sûr.on se veut évolué, sans préjugés, ouvert.Pourtant, on a beaucoup de mal à avaler certaines façons de voir, de vivre, chez les autres ! Devant l'Amant, ce sera là sans doute là première réaction des téléspectateurs bien-pensants.Qu'ils se rassurent ! Sous des apparences légères, voire équivoques parfois, l'Amant n’est pas immoral.16 « Sergiu « Souvenir Celibidache » en accords brisés » d'Andrée Maillet « Cet animal étrange » de Tchékhov « Hommage à Nelligan » Le 6 novembre à 9 heures du soir, les Beaux Dimanches présenteront aux téléspectateurs du réseau français de Radio-Canada le célèbre chef d'orchestre roumain Sergiu Celibidache.Cette heure de musique avec Celibidache a été enregistrée à Québec par Fran-çoys Bernier.Le grand chef d'orchestre roumain dirige l'Orchestre symphonique de Québec dans la suite Roméo et Juliette de Serge Prokofiev, dbnt on entendra Montaigu et C'a pu let.Juliette, jeune fille.Danse des jeunes Antillaises.Roméo sur la tombe de Juliette et Mort de Thibald.Plus qu'un concert, cette heure avec Celibidache sera une suite d'images sonores sur le travail d'interprétation d’un grand maître de la musique.On sait que Sergiu Celibidache a la réputation d'un chef d'orchestre non seulement très compétent mais extrêmement exigeant envers ses musiciens.Lorsque Celibidache accepte de travailler avec un orchestre symphonique, il exige un nombre de répétitions illimité.C'est I un perfectionniste qui a la phobie de la médiocrité.Le 13 novembre, les Beaux Dimanches offriront aux télé- j spectateurs du réseau français J de Radio-Canada un théâtre J d'une heure signé Andrée Mail- j let et intitulé Souvenir en accords brisés.Mis en scène par Jean Faucher.Souvenir en accords brisés mettra en vedette Françoise Faucher.Paul Dupuis et Roger Garceau.La pièce d’Andrée Maillet a été filmée dans des décors de Jean-Louis Garceau.avec des costumes de Solange Legendre.Souvenir en accords brisés pourrait s'intituler l ingt ans après.Il s'agit véritablement de « souvenir » et
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