Ici Radio-Canada, 21 juin 1975, RADIO
RADIO 21 juin 1975 / no 163 Sommaire Une tasse d’été de Normand Chouinard et Rémi Girard 2 Turangalîla-Symphonie de Messiaen 3 Les Ecrivains sont-ils intelligents ?5 Biedermann et les incendiaires de Max Frisch 7 Hommage à Gabrielle Roy 8 Tosca de Puccini 18 Que sera la télévision de demain ?19 Plaisir à Malraux 20 Glenn Gould 21 La Francophonie et nous 22 Musique de chambre 23 Les Récitals du réseau FM 24 MONTRÉAL Il IMtll1 'liillil'M il niriü' iHitr'iiiiijii QUEBEC CHICOUTIMI ciiiu-'i-iiwii/iioû'i;ii’ OTTAWA-HULL i;:ii:iioifï“ififli/iiit>:;i!„!iii RADIO-CANADA FM STÉRCO Prerriieres Réseau FM vendredi 27 juin, 21 heures UNE TASSE D’ÉTÉ de Normand Chouinard et Rémi Girard Durant la saison estivale il est toujours agréable d’entendre des émissions vivantes, fraîches, désinvoltes, pleines d'humour et d’esprit.Les auditeurs de Premières seront à ce propos servis à souhait le vendredi 27 juin à 21 heures alors que Normand Chouinard et Rémi Girard viendront les « rafraîchir » avec Une Tasse d'été.Cette pièce gaie, accompagnée de chansons et de gags, est écrite par des jeunes comédiens qui viennent de sortir du Conservatoire.Elle est entièrement au goût du jour mais elle saura sûrement intéresser tout le monde.Une Tasse d'été, de Normand Chouinard et Rémi Girard est une émission de la série Premières.Distribution: Martine Beaulne, Normand Chouinard, Rémi Girard et Pierre Legris.Diffusion: réseau FM de Radio-Canada le vendredi 27 juin à 21 heures.Réalisation à Québec: Michel Gariépy.Cet horaire est diffusé intégralement à l’antenne du réseau FM de Radio-Canada.Un certain nombre d’émissions incluses dans cet horaire sont aussi diffusées par les postes du réseau français AM de Radio-Canada à l’exclusion de CBF-690 Montréal, CBV-980 Québec, CBOF-1250 Ottawa et CBJ-1580 Chicoutimi.Si vous ne demeurez pas dans le territoire couvert par les émetteurs du réseau FM, veuillez consulter l’horaire local.Les articles et renseignements publiés dans Ici Radio-Canada Radio peuvent être reproduits librement, sauf indications contraires.RÉSEAU FM Édition Société Radio-Canada CBF-FM/100,7 MONTRÉAL Service de la publicité de la radio CBV-FM/95,3 QUÉBEC C.P.6000, Montréal CBJ-FM/100,9 CHICOUTIMI H3C 3A8 CBOF-FM/102,5 OTTAWA-HULL Rédacteur René Laporte RÉSEAU AM en chef CBJ/1580 CHICOUTIMI Rédacteurs Charlotte Ferland René Houle CHFA/680 EDMONTON Horaires Claire Duval CFRG/710 | ( GRAVELBOURG Distribution tél.285-2671 CFGR/1230 ) Numéro gratuit CBGA/1250 MATANE Frais d’expédition à domicile: $6.60 CBAF/1300 MONCTON Tout chèque ou mandat doit être CBQF/1250 OTTAWA fait à l’ordre CBV/980 QUÉBEC de Periodica Inc.et adressé à Ici Radio-Canada Radio CFNS/1170 SASKATOON C.P.220 CJBC/860 TORONTO Ville Mont-Royal CBUF-FM/97,7 VANCOUVER H3P 3B9 Tél.274-5468 CBEF/540 WINDSOR DêpOt légal — Bibliothèque national» CKSB/1050 WINNIPEG du Québec No D725-304 2 Orchestre symphonique Réseau FM de lioston dimanche 22 juin, 22 heures DE MESSIAEN, ÉCOUTONS LA TURANGALÎLA-SYMPHONIE C’est une œuvre encore trop peu jouée, la Turangalîla-Sym-phonie, qui sera à l'affiche de l’émission Orchestre symphonique de Boston, le dimanche 22 juin à 22 heures, au réseau FM de Radio-Canada.Dirigées par le chef bien connu Seiji Ozawa, directeur musical de la formation, ces pages exceptionnelles d’Olivier Messiaen mettront en vedette les sœurs Loriod.Yvonne au piano, et Jeanne aux ondes Martenot.La Turangalîla-Symphonie a été commandée en 1945 par Serge Koussevitzky et la Fondation Koussevitzky pour l’Orchestre symphonique de Boston: « Je n’ai écrit que très peu sur commande dans ma vie, trois ou quatre fois au maximum, et cela à cause de mon humeur changeante, commentait à ce sujet Olivier Messiaen .Mais jamais commande n'a été faite dans des conditions aussi aisées à remplir que celle de la Turangalîla.En effet, Serge Koussevitzky m’a dit: ‘Faites-moi l’œuvre que vous voulez, dans le style que vous voulez, de la durée que vous voulez, avec la composition instrumentale que vous voulez, et je ne vous impose aucun délai pour me remettre votre travail.’ J’ai largement profité de ces amicales conditions .mais, après avoir longuement médité à l’œuvre, je l’ai tout de même écrite et orchestrée relativement vite, du 17 juillet 1946 au 29 novembre 1948 exactement.» Gigantesque par ses propositions, énorme par le nombre de ses mouvements — on en compte dix: Introduction, Chant d'amour 1, Turangalîla 1, Chant d'amour 2, Joie du sang des étoiles, Jardin du sommeil d'amour, Turangalîla 2, Développement de Tamour, Turangalîla 3 et Final — ainsi que par l’appareil orchestral qu’elle demande, la Turangalîla fut composée durant la période la plus riche et la plus féconde du maître.Conçu entre Harawi, chant d’amour et de mort pour voix et orchestre (1945) et Cinq Rechants pour douze voix mixtes a cappella (1949), ce vaste monument symphonique constitue, avec les deux autres, le panneau central du tryptique qui s’apparente à Tristan et Iseult, l’un des sujets de prédilection du compositeur.La première audition de la Turangalîla eut lieu au Symphony Hall de Boston, le 2 décembre 1949.Leonard Bernstein dirigeait l’Orchestre symphonique de Boston alors que les solistes étaient Yvonne Loriod, pianiste, et Ginette Martenot, ondiste: « En tête du programme de Boston, confiait encore le musicien à Antoine Goléa, j’avais écrit ces simples mots: Cette œuvre est un chant 3 d’amour.Je crois qu’il n’est pas nécessaire de donner d’autres explications.Quant au mot Turangallla, qui a tant intrigué le public et la critique, je l’ai seulement choisi pour ses Qualités euphoniques .c’est un mot sanscrit, qui symbolise assez bien le dynamisme et la vie que j’ai essayé de communiquer à cette œuvre././7a, en effet, signifie à la fois la force de vie, le jeu de la création, le rythme et le mouvement; Turanga est un mot qui a une signification analogue à tempo chez nous.Littéralement, ce serait l'allure du coursier.» Quatre thèmes importants jalonnent la partition de la Turanga-lîla: le thème-statue exprimé par des trombones; le thème-fleur traduit par deux clarinettes; le thème-d’amour confié d’abord à l’onde Martenot que doublent progressivement cuivres et cordes, enfin le thème d'accords, tantôt lourd, tantôt léger.Correspondant à des motifs-conducteurs, ces thèmes viennent s'imprimer dans la mosaïque du langage musical pour donner des sonorités baignées de couleurs et de lumière, sonorités qui provoquent chez presque tous les publics un coup de foudre quasi irrésistible.On a longtemps pensé que les modes et les rythmes employés dans la Turangallla étaient empruntés au folklore hindou.Aussi, le compositeur a-t-il décidé, en s’entretenant avec M.Goléa, de mettre les choses au point: «.si vous voulez absolument trouver une influence, elle serait plutôt d'ordre instrumental et orchestral.Elle est double: les Choros de Villa-Lobos, que je tiens pour des merveilles d’orchestration, ont été le point de départ de certains fouillis de timbres; dans les mouvements les plus dynamiques, le gamelan balinais m’a d’autre part amené à l’adjonction, à l’intérieur de l’orchestre, d’un ensemble de timbres percutants, de trois claviers, le Glockenspiel, le célesta et le vibraphone, auxquels s’ajoute souvent le piano solo.» Après la création du 2 décembre, la deuxième audition de la Turangalila-Symphonie eut lieu dès le lendemain, à Boston également; la troisième, le 10 décembre, jour de l’anniversaire du compositeur, au Carnegie Hall de New York.En ce qui concerne la quatrième, elle fut donnée le 25 juillet 1950, au festival d’Aix-en-Provence, sous la direction de Roger Désormière.Par la suite, les mélomanes entendirent l’œuvre à Baden-Baden par Rosbaud, à Bruxelles par Franz André, à Munich par Rudolf Albert, à Londres par sir Walter Goehr, à Vienne et à Turin par Rudolf Albert.Le 4 mars 1954, la Turangallla était finalement présentée à Paris, au théâtre des Champs-Elysées, par le même Rudolf Albert au pupitre de l’Orchestre national.Tout comme cette semaine à l’Orchestre symphonique de Boston, Yvonne et Jeanne Loriod étaient les solistes de ce concert mémorable.Notons en terminant que c’est la première fois, depuis 1949, que ces pages sont de nouveau jouées par le célèbre ensemble américain.Animateur: Henri Bergeron; réalisation: André-F.Hébert.C.F.4 Littérature Réseau FM au pluriel mercredi 25 juin, 20 heures LES ÉCRIVAINS SONT-ILS INTELLIGENTS ?« Si, aujourd'hui, on ne confond plus intelligence et mémoire ou intelligence et instruction, il arrive malheureusement qu’on confonde encore intelligence et spéculation », écrit quelque part Henry de Montherlant.Et il donne Stendhal comme exemple d’intelligence philosophique suprême.Mais les écrivains sont-ils nécessairement tous et toujours intelligents ?C’est la question qu’on a posée à plusieurs auteurs québécois qui, dans le cadre de Littérature au pluriel, répondent de façon, il va de soi différente, mais, vous pourrez en juger, très intelligente.Selon le critique Jean-Ethier Blais, l’intelligence se répartit très équitablement dans l'ensemble de l'humanité et les écrivains en général ne sont pas mieux servis sur ce plan que les autres groupes humains.Des littérateurs comme Gide et Flaubert sont des esprits à la fois brillants et profonds; mais eux-mêmes reconnaissaient qu’il n’était pas nécessaire d’être très intelligent pour être un grand écrivain.Quant à Réginald Martel, qui fait montre de trouver cette question trop subtile, il nous dit demander aux écrivains d’écrire et d’avoir du style et ne s’inquiéter que subsidiairement de la qualité de leur intellect.Si le romancier Claude Jasmin se targue presque de n’être pas intelligent, un peu à la manière de Victor Hugo, c’est pour mieux affirmer son intelligence profonde des êtres, des choses, du monde, à travers l’intuition, l’instinct et la sensibilité.Jacques Benoit ne parle pas de son cas personnel mais il n'est pas loin de penser comme Claude Jasmin.Pierre Turgeon ne conçoit pas une seconde qu’un bon écrivain puisse manquer d’intelligence, bien au contraire ! Mais son exposé recoupe la conception montherlantienne.Pour sa part Jacques Brault — bel exemple d'écrivain intelligent — est convaincu qu’un auteur se doit de l’être puisqu’il travaille à même le langage et qu’il doit être aussi habile à l’analyse qu’à la synthèse.Michèle Mailhot n’y va pas par quatre chemins et décerne des certificats d’intelligence ou de stupidité selon la qualité des œuvres des auteurs.Mais, par contre, John Richmond, du Montreal Star, croit d'emblée à l'intelligence de ceux qui écrivent.5 Jean-Marie Poupart, qui ne se prive pas d’ironiser sur l’intellectualisme des gens de plume, nous fait sentir en même temps comme il vit son destin avec mauvaise conscience.A l’instar de Claude Jasmin, Michèle Lalonde définit l’intelligence de l’écrivain en fonction de sa sensibilité, de son instinct, de son intuition; mais elle croit néanmoins au perfectionnement des qualités intellectuelles des auteurs selon les progrès qu’ils accomplissent dans leurs œuvres.Passionné de vie et d’intelligence, Marcel Godin affirme que cette faculté est l’instrument même de l’écrivain et que l’œuvre de ce dernier dépend de la qualité de son intelligence.Il prend bien garde cependant de confondre intelligence et spéculation, encore qu’il dise admirer toutes les formes que cette faculté peut prendre à travers les différentes disciplines.Il parle des écrivains intelligents avec gourmandise et des autres avec un dédain de gourmet.Finalement Jacques Godbout, — à qui on ne saurait reprocher de manquer d'intelligence, — ne pense pas que les écrivains soient plus favorisés sous ce rapport que les autres groupes humains mais, affirme-t-il, il n'est pas d’exemple d'un grand écrivain sans intelligence profonde .Cette émission de la série Littérature au pluriel sera diffusée au réseau FM de Radio-Canada le mercredi 25 juin à 20 heures.Interviews, texte et réalisation: Gilles Archambault.René Houle A l’Atelier des inédits du mardi 24 juin à 22 h 30, Charlotte Boisjoli lira, en première partie, des poèmes de Dominique Bru-neau.En seconde partie, Julien Genay, Michèle Léger et Anne Villeneuve nous livreront un récit poétique de Pierre Monette intitulé: Iliade l’espoir.Réalisation: Gilbert Picard. Sur toutes les scènes du monde Réseau FM lundi 23 juin, 20 h 30 BIEDERMANN ET LES INCENDIAIRES de Max Frisch De mystérieux incendies ont éclaté un peu partout dans la ville et Théodore Biedermann, un riche bourgeois, voudrait voir prendre les incendiaires.Joseph Goulot dit « Joe *>, lutteur poids lourd, à présent chômeur se présente chez lui, affamé et à la recherche d’un abri.Usant tour à tour de la menace vague et de la politesse excessive, Joe finit par convaincre Biedermann qui le fait coucher dans son grenier.Fils de charbonnier, Joe est un homme sans enfance qui a connu la misère, l’orphelinat, la prison.Trop lâche pour ensuite le mettre à la porte, Biedermann a chargé sa femme de cette corvée, mais elle se laisse « entortiller » à son tour.Se prévalant de ses « droits de propriétaire », Biedermann, fou de rage, menace d'appeler la police.C’en est rop: Goulot a fait entrer un ancien maître d’hôtel de sa condition et les deux hommes ont passé la nuit à entasser des bidons d’essence dans son grenier; mais Biedermann lui-même a affaire à la police: il a gagné beaucoup d’argent avec un produit discutable et vient de licencier un vieil employé qui a fait sa richesse.Le vieil homme s’est suicidé au gaz.Biedermann en appelle à la bonne volonté des deux intrus: il n'y a pas de différences de classes, un peu d’idéalisme et chacun aura sa tranquillité ! Il les convie à dîner: l’angoisse monte.Biedermann a fait disparaître toutes les marques de richesse pour « effacer les différences ».« Un intellectuel » vient se désolidariser des événements en cours.Présentée en version originale allemande par le Schauspielhaus de Zurich en 1953 au Festival des Nations de Paris sous le titre Monsieur Bonhomme et les incendiaires, la pièce a été la révélation de ce Festival.Ce succès a été confirmé depuis.
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