Le soleil, 25 avril 1987, Cahier B
[" Quebec.Le Soleil, samedi 2$ avili U B DOSSIERS Consulte/ également ¦tti MAGAJ votre horaire complet* .Le Québec au menu des premiers ministres Vers une Même avec la bonne volonté affichée par Brian Mulroney, le Québec a bien peu de chance d\u2019obtenir dés maintenant une réponse favorable aux exigences qu\u2019il pose pour s\u2019insérer à l\u2019intérieur d'ûn nouvel accord constitutionnel.En effet, les participants à la conférence des premiers ministres, qui débutera jeudi à Ottawa, ont peu intérêt à donner à Robert Bourassa un statut particulier qui ne peut que les desservir.Pierre-Paul Noreau fait le point.?La bonne volonté de Brian Mulroney ne suffira pas a elle seule a corriger l'Histoire.A quel* ques jours de la rencontre des premiers ministres, il semble bien pourtant que ce soit la le seul facteur dynamique sur lequel puisse compter le Québec dans sa quête d'une place acceptable au sein de la federation canadienne.Jsi\tpar Pierre-Paul NOREAU L'intérêt pour la question constitutionnelle ne dépassé tout simplement pas les frontières des capitales canadienne et québécoise.On voit mal en effet ce qui pourrait soudainement motiver les représentants des provinces comme la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Manitoba et la Nouvelle-Ecosse à changer d'approche.La question est simple: en quoi leurs intérêts seraient-ils mieux servis par la participation pleine et entière d'un Québec jouissant d'un statut particulier?Les premiers ministres ont bien sûr unanimement souscrit à la déclaration d'Edmonton l'été der- nier, faisant du dossier du Quebec la plus haute priorité constitutionnelle.Il n'y a pas de mal à faire un effort de bonne volonté.Tout particulièrement du fait que les relents du coup fourré d\u2019avril 1981 ne veulent pas s'estomper et sont quelque peu gênants.Il faut toutefois avouer qu'entre le fait de bien vouloir etudier les cinq conditions emises par le premier ministre Robert Bourassa et celui d'accepter ces exigences, il y a un pas que les provinces sont bien loin d'avoir franchi.Bourassa patient De toute manière, le premier ministre québécois n'a pas intérêt pour l\u2019instant à voir les choses se tasser au point où une solution pourrait sembler acceptable à tous, sauf à lui.Sa position de négociation est tout bêtement trop mauvaise pour qu'il puisse arracher ce qu'il réclame.Il a donc tout intérêt à être patient, du moins jusqu\u2019à ce que le contexte fasse en sorte que sa participation devienne nécessaire à la majorité sur un dossier précis.M.Bourassa peut insister pour dire que ses conditions sont des exigences minimales, et son ministre des Affaires intergouvemementales peut renchérir en disant que les Québécois ne sont pas des quèteux.Mais dans l'esprit de ses vis-à-vis provinciaux, il s'agira tou- nouvelle impasse if» Des alliés isoles.jours de la position de depart d\u2019une négociation, ce qui laisse nécessairement place à une certaine marge de manoeuvre.M.Bourassa n\u2018a pas voulu participer personnellement à la dernière conference constitutionnelle des premiers ministres sur les questions autochtones qui s'est déroulée à Ottawa il y a quelques semâmes.Il aurait pu y être en s\u2019abstenant de voter et en limitant sa participation à l'énoncé de la position de sa province sur les conditions de mise en place des gouvernements\tautonomes autochtones.Son geste était évidemment destiné à bien mettre en relief le fait que le Québec est toujours à l'extérieur du cercle constitutionnel.Malheureusement pour lui, le scénario qui aurait rendu cette absence beaucoup plus dramatique, ne s'est pas produit.Québec n\u2019a jamais détenu le vote qui aurait pu rendre un accord possible.L'absence de M.Bourassa est en conséquence restée un élément d\u2019arrie- re-plan, principalement releve par les représentants des autochtones qui y ont vu un affront.La place de l\u2019Indien Jeudi au lac Meach, le premier ministre québécois sera present et, d'une certaine façon, occupera la place que détenaient la dernière fois les Indiens et les Metis.C'est effectivement le Quebec qui est en position de revendication.M.Bourassa ne s'en va pas à Ottawa réclamer la rétrocession de territoires, mais s'attaque tout de même à des principes et à des juridictions jalousement gardées.Au chapitre de l'immigration par exemple, le gouvernement fédéral est disposé à faire certaines concessions sur sa juridiction au sujet de la sélection des nouveaux arrivants.U y a toutefois des objections quand vient le temps d'aller aussi loin que de laisser le Quebec déterminer le niveau d\u2019immigration et l\u2019équilibre démographique par rapport au reste du pays.De la même manière, mais par rapport aux autres provinces cette fois, le droit de veto reclame signifie la creation de deux catégories de partenaires constitutionnels.Déjà l'Ouest estime ne pas recevoir ses justes retombées de l'association fédérative, estimant que le Québec et l'Ontario accaparent l'essentiel du gâteau.Il serait en conséquence'Surprenant qu'un statut particulier devienne possible dans un tel contexte.Le premier ministre Brian Mulroney tente d'ailleurs de jouer sur cette corde sensible pour inciter ses homologues provinciaux à chercher un accord rapide.Dans ses propositions transmises le 10 avril aux provinces, il suggère en effet la tenue d'une ronde sur la réforme du Sénat, les pèches et les droits de propriété, ronde suivant celle en cours sur le Québec.L'Ouest compte justement sur un Sénat élu, comportant un nombre identique de représentants par province pour rééquilibrer les zones d'influence à Ottawa au moment où sont prises des decisions comme celle du contrat d'entretien des F-18 Cet incitatif mis de l'avant par Ottawa respecte de toute manière l\u2019esprit de la declaration d Edmonton qui précisait ces points comme elements prioritaires après le cas québécois.Les premiers ministres concernes savent fort bien de toute manière qu advenant l'impasse sur les conditions du Quebec, il faudra bien que le federal accepte de discuter des autres préoccupations provinciales Somme toute, outre le désir ardent de Brian Mulroney de remplir son engagement de faire signer l'Acte constitutionnel par le Quebec «dans l'honneur et l'enthousiasme», il ne reste que des motifs théoriques militant derrière un accueil favorable des demandes québécoises.L'arrogance plus payante?Mais comme le faisait remarquer l'ex-ministre pequiste Claude Morin cette semaine, la sincérité du premier ministre canadien dans son souhait de completer un accord constitutionnel boiteux sans le Quebec, ne repose que sur un maigre 20 pour 100 d'appui populaire.Le gouvernement conservateur n'est vraiment pas en position pour exercer une pression énorme sur les Bill Van der Zalm, Don Getty, Howard Pawley et John Buchanan pour ne nommer que les plus irréductibles à l'endroit d\u2019un statut particulier pour le Quebec.Comme le soulignait avec deception un depute conservateur québécois lors d'une conversation privée cette semaine, il faut presque conclure devant l'impasse qui s'annonce encore une fois, que l'arrogance d'un Pierre Trudeau engendre sur ce genre de question plus de résultats tangibles que le climat d'ouverture et de reconciliation nationale instauré par Brian Mulroney.La vente de Dome Petroleum Et si la canadianisation n\u2019était qu\u2019un rêve?En Alberta, on se réjouit de la possible transaction qui ferait d\u2019Amoco l\u2019acheteur de Dome Petroleum.C\u2019est qu\u2019en période de récession, les certitudes économiques plaisent davantage que l\u2019idéologie de la canadianisation.Surtout si cette dernière a ses racines à Ottawa.Pour les Alber-tains, la vente de Dome Petroleum à Amoco représente 3,900 emplois protégés et la stabilité économique.La canadianisation n\u2019apporte pas de pain sur la table, et les Américains, vus de Calgary, semblent beaucoup plus près de la frontière albertaine qu Ottawa.Erik Tremblay, de l\u2019agence Canadascope, fait le point.?La création de Dome Petroleum, en 1950, a jeté les fondements d'un grand rêve qui, vingt ans plus tard, allait animer plusieurs politiciens, dont Pierre Trudeau: la canadianisation.Le secteur énergétique et plusieurs des ressources du pays pourraient nous appartenir, pensait-on.par Erik TREMBLAY (collaboration spéciale) Cette volonté politique et économique, si elle se concrétisait, pouvait faire du Canada un pays autonome au chapitre de l'énergie.Lorsque Jack Gallagher, fondateur et président de Dome Petroleum décida d'installer le géant canadien à Calgary, il voulait pousser le projet jusqu'aux confins de la mer de Beaufort, dans l'Arctique.L'Ouest canadien, désormais, faisait partie du grand rêve.Dome Petroleum avait le vent dans les voiles, et se préparait à percer les glaces épaisses de l\u2019Arctique.La chute des pnx du petrole, la montée des taux d'intérét et l\u2019achat de Hudson's Bay Oil and Gas par DOME, au coût de 4 milliards, a fait souffler un vent glacial sur tous ces projets.Avec une dette dépassant 6 milliards et le pnx du petrole qui traine toujours sous les 19 dollars le baril.Dome Petroleum est un géant blessé qui a déjà profité de plusieurs millions de dollars offerts par Ottawa.Pour les Alber-tains, dont l'économie est centralisée autour de l\u2019industrie pétrolière, la survie de Dome est un symbole de stabilité economique.C\u2019est pour cette raison que plusieurs ont soupiré, lorsqu'on a annoncé, le jour de Pâques, qu\u2019une entente d'achat était intervenue entre Dome et la compagnie américaine Amoco.Deux points de vue Les Albertains, sans y voir une résurrection économique, savent que des milliers d'emplois seront protégés grâce à cette transaction.Le ministre de l'Energie en Alberta, Neil Webber, s'est réjoui, tout comme les Conservateurs à Ottawa, d'apprendre que le secteur privé avait pu trouver une solution au problème Dome, sans l'intervention d'un gouvernement.Toutefois, cette manière de voir la situation ne fait pas l'unanimité.Certains s'inquiètent de voir passer la compagnie aux mains d'hommes d\u2019affaires américains.Edward Schaffer, professeur d\u2019économie à l'Université de l\u2019Alberta à Edmonton, voit d'un mauvais oeil l'achat de Dome par une firme américaine.Selon lui, le rêve de la canadianisation est plus qu'un fantasme, c'est une nécessité.La souveraineté canadienne est essentielle.La vente de Dome Petroleum à une compagnie américaine menacerait cette souveraineté.\"Prenons l'exemple du Nicaragua.Que se passerait-il si le Canada décidait de vendre du pétrole a ce pays d'Amérique latine?Une compagnie américaine, installée au Canada, pourrait difficilement ne pas céder aux pressions du gouvernement américain qui refuse d'établir des liens économiques avec le Nicaragua.Le Canada aurait alors les mains liées aux intérêts des Etats-Unis.\" Le docteur Schaffer s'inquiète aussi d'une certaine hémorragie de capitaux canadiens vers l'étranger qui ne pourrait que s'aggraver si Dome passait en mains américaines.\"Durant les six premiers mois de 1986,1,3 milliard de dollars ont quitté le pays.C'est un phénomène, qui, chez nous, provoque la chute du dollar et la montée des taux d\u2019intérêt.Bref, notre économie s'affaiblit.\" Edward Schaffer pense que le problème se complique encore davantage, car le seul acheteur canadien qui est dans la course est TransCanada Pipelines.Cette compagnie transporte tout le gaz naturel du pays, d'Ouest en Est.L\u2019acquisition de Dome Petroleum conférerait a TransCanada Pipelines un monopole presque absolu sur le gaz naturel du pays.Plusieurs nationabstes voient en Petro-Canada l\u2019acheteur ideal.Cette solution, qui rappelle l'effet d'un boomerang, est loin de plaire à Ottawa.D'autant plus que ce dernier s'est engagé dans des négociations de libre échange avec les Etats-Unis.En favorisant une compagnie canadienne au détriment d'une firme américaine, Ottawa serait perçu comme un gouvernement inconsistant à Washington.Quant aux Albertains, ils ne croient pas que Petro-Canada possédé l\u2019épine dorsale d'Amoco.Dome entre les mains de Petro-Canada représente une chirurgie incertaine.au moment où les Albertains recherchent la stabilité et la santé économique.Et par-dessus tout, le milieu du petrole en a toujours eu contre cette Société de la Couronne qui lui fait concurrence Un puits de forage de Dome Petroleum dans la mer de Beaufort.: %# ¦ < .w H % U .4:^; i r Quebec.Le Soleil, samedi 25 avril 1987 G-2 DOSSIERS Le sociologue libanais Georges Corm.Georges Corm et le Liban Inscrire la paix parmi les droits de l\u2019homme Georges Corm, économiste et sociologue libanais, propose une lecture sévère et extrêmement lucide de la crise qui déchire son pays depuis maintenant douze ans.Il s\u2019en prend à ce qu\u2019il appelle la «logique des milices», ces factions minoritaires qui persistent à vouloir sectoriser le pays par la force des armes.Il vilipende aussi les puissances étrangères qui alimentent la crise en négociant directement avec les miliciens et en les finançant.Le coût en vies humaines et en argent de cette guerre absurde relève du cauchemar.C\u2019est pourquoi le sociologue déclare sa guerre à la guerre.Georges Corm était récemment de passage au Québec.René Beaudin l\u2019a rencontré.?Les Sages ont la peau dure.Georges Corm, sociologue libanais, lecteur sévère et lucide des hommes et des événements qui déchirent son pays, est l'un de ceux-la.par René BEAUDIN L'homme était récemment de passage au Quebec, invite par le «Carrefour des Cèdres», organisme d'aide et de copération avec le Liban, installé à Montréal.Qui est Georges Corm?Georges Corm est économiste et sociologue, auteur de deux livres assez retentissants pour ceux qui suivent l'actualité du Proche-Orient «Le Proche-Orient éclaté» en 1983, mais surtout, beaucoup plus récemment «Géopolitique du conflit libanais».Il vit actuellement et enseigne à Paris même si son coeur est «plus que jamais à Beyrouth».L'auditoire venu ce soir-la ecouter son message était petit mais attentif.Et il y avait de quoi.L\u2019homme proposait une nouvelle lecture du conflit libanais, séduisante certes, mais qui ne semblait pas rallier tous ses interlocuteurs.Il s'est porté à la défense de l'Etat libanais, «ni meilleur, ni pire» que les autres.Voilà une guerre qui dure depuis douze ans et dont rien n'annonce l'issue.Sa complexité est telle que nombre de médias et d'hommes politiques occidentaux ne veulent plus rien savoir.Les Libanais ne sont pjus que des «terroristes», affume-t-on.En témoignent, dit Georges Corm, les vexations de toutes sortes que subissent ses compatriotes qui voyagent.Il évoque la «terreur» qu'il soulève lui-mème lorsqu\u2019il passe aux contrôles de sécurité avant de prendre un avion.L'homme fait pourtant très européen, très sérieux, très distingué.Il devrait normalement être au-dessus de tout soupçon.Mais il est Libanais.«Carnage I», nous dit-on, et on tourne le regard ou on ferme ses pages à ceux qui croient pouvoir expliquer ce qui se passe, comme si la violence libanaise était le produit d\u2019une mystérieuse barbarie dont nul n\u2019est responsable, ni les grandes puissances, ni Israël et les pays arabes, ni les chefs de guerre libanais; à moins qu'on ne l'explique par la dichotomie simpliste qui oppposerait «chrétiens» et «musulmans».«Faux!» de dire Georges Corm, selon qui les affrontements au sein des deux grands groupes confessionnels ont fait plus de victimes que les combats entre ces deux mêmes grands groupes.Le «clivage décisif» n'est pas entre chrétiens et musulmans, ni de nature ethnique, il est dans le peuplement de la montagne et de la ville ou de la côte.Au Liban, explique-t-il, il n'y a que deux groupes ethniques comme tels, les Kurdes et les Arméniens, très minoritaires, et fort peu impliqués dans la guerre, même s'ils en subissent les affres comme tout le monde.Les chiites, druzes et maronites, jadis plus pauvres, se sont installés dans la montagne.Les sunnites et les grecs orthodoxes, mieux nantis, vivaient dans la ville.Georges Corm note que ce qu'il appelle la «population milicienne» vient de ces milieux, ruraux et défavorisés.Comme preuve de sa démonstration , Georges Corm note l'insignifiance ou l'absence de milices sunnites ou grecques-ortho-doxes.Ces communautés sont les secondes en nombre chez les chrétiens et les musulmans mais détenaient le pouvoir traditionnel.«On peut dire que la guerre actuelle est la conquête de la ville par la campagne».L'interminable bataille de Beyrouth, et l'insécurité qui l'accompagne, en seraient le symbole et l'exemple toujours vivant et tragique.La proclamation de l'indépendance en 1943 et la naissance d'Israél, cinq ans plus tard, ont fourni des impulsions décisives à ce clivage essentiel.L'indépendance a en effet entraîné une rupture avec la Syrie et un déséquilibre de l'économie de l'est et du nord du pays.D'où un premier grand exode vers Beyrouth et sa banbeue.La logique milicienne.La naissance d'Israël a eu le même effet dans le sud.Il y a eu cassure de l'économie sud-libanaise jusque là intégrée à celle de la Palestine, d'où un nouvel exode vers Beyrouth.L'installation des organisatioi.s de combat palestiniennes et le développement des «milices sectaires» à partir de 1969 et 1975 ont accéléré et finalisé le processus.Le conflit israélo-arabe, la rivalité Est-Ouest, les déchirements au sein du monde arabe ont fait le reste.Apres douze ans de guerre, celle-ci est désormais réduite à la «logique milicienne», à la violence des milices contre une population pour la regrouper sur des bases sectaires ou communautaires.Georges Corm évalue à 10 ou 15,000 cette «population milicienne» qui veut imposer sa loi à 3 ou 3,5 millions de Libanais.Les francs-tireurs sont les artisans du «dépeçage» du pays et de l'établissement des «enclaves» et des «no man s land».Une dizaine de milliers de civils sont ainsi tombés sous les balles parce qu'ils refusaient la «logique milicienne» et entendaient passer d\u2019une zone a l'autre de Beyrouth envers et contre tout.Georges Corm est l'un de ceux qui ont défie les balles presque quotidiennement pendant dix ans pour traverser en zone dite «ennemie».Et il entend recommencer à le faire à plus ou moins brève échéance, ne jugeant son séjour en France que provisoire.Ses racines sont toujours à Beyrouth et il trouve l'«exil» difficile.Il garde d'ailleurs toujours son appartement a Beyrouth-Ouest même si, pour un chrétien, la vie n\u2019est pas toujours facile en secteur musulman.Mais dans ce défi aux circonstances, Georges Corm voit une forme de «guerre à la guerre», de «non-violence».Les enlèvements sont le second volet de la «logique milicienne».Georges Corm estime ainsi que 10,000 de ses compatriotes sont ainsi disparus pour avoir voulu passer d'une zone à l'autre.Les bombardements de quartiers civils sont le troisième volet de la «logique».Ces «bombardements de routine» ont fait de 30 à 40,000 victimes.Ils coûtent de $2 à $3 millions par nuit.Le prix se multiplie à l'occasion par 10.Pour un pays si petit, sans ressources, c'est gigantesque.Cela est financé par les prélèvements sur les populations locales.et celle des Occidentaux Georges Corm fustige les gouvernement étrangers qui financent les milices et négocient avec elles.Absurde revirement de situation où les chefs de milices sont considérés comme des «héros» et les civils comme des «terroristes» et que l'on ignore l'Etat libanais parce que «faible».Les prises d'otages étrangers, soutient Georges Corm, découlent directement de la «faiblesse» des démocraties occidentales qui ont décidé de transiger directement avec les milices.«C'est aberrantl», soutient-il.Ces mêmes pays occidentaux transigent allègrement avec les milices sous prétexte qu'elle sont la force dominante sur le terrain, mais refusent en même temps de négocier avec l\u2019Organisation de libération de la Palestine parce que, dit-on, elle ne représente pas tous les Palestiniens.Comment s'en sortir?Georges Corm plaide pour l\u2019action non-violente et mise sur les realites sociales et politiques fondamentales à savoir que l'homogénéité ethnique et religieuse des divers milieux géographiques manquera toujours aux «stratèges sans scrupule» qui veulent diviser la région pour mieux régner La «guerre à la guerre» qu'il propose doit avoir un champ de bataille privilégié: celui des droits de l\u2019homme, qui permet de s\u2019élever au dessus des discours confessionnels, sectaires ou miliciens.La paix en effet, soutient-il, est un «droit de l\u2019homme» et il faudra bien un jour le reconnaitre aux Libanais.La violence à l\u2019école Quand les enfants sont trop stressés Le phénomène de la violence dans les écoles n\u2019est pas nouveau.Ce qui l\u2019est davantage, c\u2019est la compréhension qu\u2019on commence à en avoir.Les situations stressantes vécues par les enfants seraient en grande partie responsables de cette situation.Une recherche-action menée par le psychologue Michel Vézina dans le plus gros établissement primaire du Québec \u2014l\u2019école Marguerite-Bourgeoys-ae-la-Salle, en banlieue de Québec\u2014 tend à prouver cette relation de cause à effet Les parents et les enseignants ont par ailleurs collaboré i cette recherche avec empressement.Richard Hénautt explique.4 Le phénomène de la violence avec lequel nombre de nos écoles sont aux prises, serait-il un symptôme du stress qu'éprouvent les enfants?C'est bien ce que tend a prouver une recherche-action sur le point de prendre fin, dans le plus gros etablissement primaire du Québec, l'école Marçuerite-Bour-geoys-de-La-Salle, a Saint-Augustin en banlieue de Québec.par Richard RENAULT En septembre 1985, les enseignants et la direction de l'école de 950 élèves, en milieux rural et semi-urbain, faisaient appel au Centre local de services communautaires Laurentien en vue de diminuer la violence et la tension a cet endroit.Un psychologue du CLSC, Michel Vézina, a alors pris le dossier en main et, après analyse du problème, il lui est apparu que la violence était associée à des agents stresseurs et à des réactions au stress vécu par les jeunes.Une etude faite en 1982 auprès de professionnels en santé mentale et d\u2019enseignants avait déjà fait ressortir une quarantaine de stresseurs externes directs ou indirects vécus par l\u2019enfant.«Notre originalité a sans doute été de privilégier une approche communautaire utilisant les ressources du milieu plutôt qu'une approche ponctuelle orientée sur le contrôle des enfants», rappelle le psychologue.Qu'en est-il, aujourd'hui, de la violence dans l'école?«De l'avis de tous, l'amélioration est considérable, rapporte Isabelle Morin, l'infirmière de l'école, qui a collaboré à la recherche.Le climat est beaucoup plus calme et les manifestations de violence sont presque inexistantes.» Six phases La recherche-action comportait six phases.Au tout début, il a fallu identifier les stresseurs à l'aide de questionnaires et d'entrevues avec les enfants, les parents et les enseignants.La deuxième phase du projet portait justement sur la gestion du stress chez ces derniers car, comme le note Michel Vézina, «une intervention doit débuter par les personnes les plus susceptibles d'influencer les enfants».Dans cette deuxième phase, deux types d'intervention ont été effectues: d\u2019abord des rencontres sur la gestion du stress dans la vie de l\u2019enseignant puis une autre série de formation sur les habiletés à intervenir auprès des enfants.La troisième phase a porté sur l'application quotidienne de techniques de relaxation dans la classe.D'autres techniques se greffent à ces «temps d'arrêt», comme la visuabsation créatrice, le massage énergétique, le stretching, la musique de détente, des exercices de diminution de la fatigue visuelle, etc.La quatrième phase est de presenter annuellement une semaine thématique au cours de laquelle des activités sont organisées dans les classes.Elle comporte aussi un volet «parents» avec des atebers.La cinquième phase cherche a impliquer les différentes ressources communautaires du milieu, dont Parents-secours, Entraide-parents, l'Association des familles monoparentales et l'Association des grands frères et grandes soeurs.Enfin, la sixième phase est celle de l'évaluation des interventions à l'aide d'une série de questionnaires adressés aux parents et aux enseignants à différents intervabes.Résultats A l'étape des résultats, Michel Vézina note «une plus grande fa-cibté à effectuer la tâche d'enseignant, un automatisme à intervenir lors des situations stressantes vécues par les enfants, une plus grande capacité d'attention et de concentration et une amébora-tion du climat de l'école.» Le directeur de l'école, M.Jacques Demers, rappelle quant à lui avoir été pleinement d'accord avec le projet: «Je ne regrette pas que nous nous y soyions engages puisque tout le monde prend au Le psychologue Michel Vézina.sérieux le problème du stress.Les enfants ont besoin des techniques de relaxation.» A tel point, d'ajouter M.De-mers, que les jeunes incitent maintenant leurs parents à se b-vrer aussi à des exercices.Même type d'intervention auprès de leurs enseignants, soubgne l'infirmière IsabeUe Morin: «A certains moments, ils demandent eux-mèmes d'interrompre le travail pour faire des exercices.» Le directeur de l'école confirme les propos de l'infirmière selon lesquels le cbmat de l'école a considérablement changé.«Il y a beaucoup moins de violence, note M.Demers, même si on en trouve encore quelques manifestations.Les enfants sont moins stressés et plus calmes qu\u2019il y a un an et demi, autant dans les corridors que dans les classes et à l'approche des examens.» S'il n'en tient qu'au directeur, les exercices de relaxation se poursuivront, même après que les professionnels du CLSC auront mis un terme à leur projet.De son côté, le psychologue Michel Vézina constate que les enfants ont développé un automatisme d'intervention lors de situations stressantes et ont amélioré leur capacité d'attention, leur concentration, leur alimentation et leur sommeil, tous des points ou ils éprouvaient des difficultés, selon les questionnaires rempbs par leurs parents et leurs enseignants.Il est d'ailleurs intéressant de noter, à la lumière des informations fournies par ces questionnaires, que le stress cause davantage des malaises physiques chez les fillettes, et des comportements particuliers chez les garçonnets.Des malaises se manifestent aussi plus intensivement durant certaines années du primaire.«Par exemple, explique Isabelle Morin, pas moins de 50 pour 100 des élèves de troisième année souffrent régubèrement de maux de tète, selon leurs parents.Surpris par cette révélation, nous avons consulté les médecins du mibeu qui ont confirmé cet état de choses.L'approche des premiers sacrements ainsi que le passage prochain au niveau secondaire, dans le cas des jeunes de sixième année, seraient à l\u2019origine de malaises causés par le stress.» Dans une étude sur les sources de stress des enfants, en 1982, Barbara Kuezen soulignait d'ailleurs qu'à chaque stade de développement de l\u2019enfant, «il se produit des changements face à sa façon d'appréhender et d'agir sur son environnement» Des confirmations Le projet piloté par Michel Vézina fera l'objet d'un article, l\u2019automne prochain, dans une importante revue médicale canadienne.Entre-temps, le psychologue entend procéder à d'autres évaluations et, si on le lui permet, faire des recoupements d'informations permettant éventuellement d'identifier d'autres origines au stress des enfants.D'ailleurs, les données transmises par les parents peuvent s'avérer une véritable mine d'informations à ce sujet.«Alors que dans une opération de sondage similaire, raconte Michel Vézina, le taux de réponses est d'environ 20 pour 100, plus de 900 parents sur 950 ont répondu au nôtre.Imaginez la fiabibté et l\u2019importance qu'ils accordent au problème!» Avant d'entreprendre son etude, le psychologue avait parcouru un grand nombre de pubb-cations sur le sujet et il a été à même de corroborer quelques conclusions qui en ressortent A titre d'exemple, dans une étude sur les attitudes des Canadiens en matière de santé, on avait déjà signalé que les maux de tète, les problèmes de sommeil et «se faire du souci» semblent être vécus par un nombre étonnant d\u2019enfants.On observe même que près du tiers des élèves de quatrième année n'arrivent pas à dormir tellement ils sont inquiets.Des techniques de relaxation pour contrer le stress.> 1 i î Quebec.Le Soleil, samedi 25 avril 1987 DOSSIERS B-3 L'autobiographie de Lech Walesa Les coulisses de l\u2019état de guerre Des chantiers de Gdansk au Prix Nobel de la paix, en passant par le Vatican et.les prisons polonaises, un obscur électricien a fait trembler les fondements du pouvoir central en Poloone au début des années 80.Lech Walesa, lex-president de Solidarnosc, a bien préparé son dernier coup.Avec la complicité de l\u2019éditeur français Fayard, Il vient de publier une volumineuse autobiographie qui constitue un véritable manuel d\u2019histoire vivante de la naissance des syndicats libres dans ce pays.Le Soleil publie aujourd\u2019hui en primeur des extraits de ce volume de 600 pages qui sera disponible en librairie à compter de lundi.+ Le 13 décembre 1981, le général Wojciech Jaruzelski fait sa rentrée sur la scène nationale dans un tout nouveau rôle.Les menaçants nuages qui planaient sur le pays donnent naissance à l'état de guerre décrété dans la nuit du 12 au 13.C'est ainsi que se conclut la période de dialogue amorcée par la signature des accords aux Chantiers navals de Gdansk.L'etat de guerre ne prend pas d\u2019emblée une forme bien définie.Décrété, il ressemble plutôt à une action militaire de grande envergure.C'est avec le temps que vont apparaître toute sa signification politique, l'ampleur de ses effets en cascade, dépassant de loin toutes les prévisions.À l\u2019heure qu'il est, plusieurs années ayant passé et autorisant un certain recul, on peut estimer qu'un mouvement comme le nôtre ne pouvait résister à l'avalanche de moyens déployés pour «changer le cours des événements» en Pologne.L\u2019état de guerre ne se limite pas à la sphère politique.La lutte est déclarée sur différents plans.Solidarnosc et tous les Polonais avec elle sont alors confrontés à quelque chose qui ressemble à un coup du Destin: bouleversant les situations familiales, altérant le caractère des relations sociales et des échanges d'idées, la position personnelle de chacun, perturbant et brouillant des notions aussi intimes que celle de communauté nationale.L'état de guerre civile s'installe, tout en n'étant révélé et perçu que progressivement.Le «dialogue pour la Pologne» est clos; place à une «guerre pour la Pologne».Le général Jaruzelski se montre un metteur en scène habile, mais logique: le cours des événements précédant l'état de guerre avait déjà dessiné un ensemble cohérent de faits et d'impressions susceptibles d'y préparer l'opinion.On en retirait le sentiment très net que c'en était bel et bien fini de la période d'espoir et d'enthousiasme.L'énergie sociale était vouée à se dissiper, elle s'était déjà muée en frustration face à un avenir bouché.Les magasins étaient vides, les files d\u2019attente s'allongeaient.Jamais on n'avait manqué comme à ce moment-là de biens de consommation les plus courants.C'était comme si le Grand Distributeur était parti en vacances sans dire quand il reviendrait et en laissant son bureau fermé à clé.La propagande officielle laissa entendre qu'il n'y avait d'autre responsable à cet état de chose que Solidarnosc, alors que, d'après les informations qui me parvenaient constamment, nombre d\u2019entrepôts étaient pleins à craquer.Questionné à ce sujet, je répondais: «Tenez bon, chaque mois qui passe assure notre avantage.».Mais il n'y avait plus de possibüité d'un rapprochement indispensable au dialogue.Or, Solidarnosc n'existait que grâce au dialogue.En lui résidaient sa nature et sa force.Tout progrès était enrayé.Les problèmes, ressassés sans cesse, restaient sans solution.Tous les arguments demeuraient lettre morte, il n'y avait d'ailleurs plus personne pour les écouter.Une fraction assez importante de gens au pouvoir étaient partisans du recours à la force.Ils soutenaient qu'il fallait «serrer la vis, en mettre un certain nombre au trou, casser leur baraque, semer la zizanie parmi eux, etc.».Ces partisans de la manière forte étaient relativement organisés.De son côté, le courant «libéral» au sein du Parti et du gouvernement perdait de ses soutiens et commençait à se tarir.Les indécis, qui flairaient qu'«autre chose» se mijotait, prenaient peu à peu leurs distances.Tous déguerpirent.Les heures d'euphorie.avant l'état de guerre.En témoignent les militants du Parti issus de milieux universitaires et des cellules du Parti au sein des Chantiers navals, qui appartenaient au cercle formé autour de deux des signataires des accords de Gdansk, Fiszbach et Kolodziejski.Leur récit mérite d\u2019étre reproduit ici: «Nous avons aussitôt senti le vide se faire autour de nous.Ce fut flagrant avant même le Congrès extraordinaire du Parti.C'est après ce Congrès qu'on est passé des préparatifs à la mise en oeuvre.Déjà, pendant le Congrès, le fait que l'intervention de Fiszbach ait ete pratiquement escamotée révèle bien quelle était l'ambiance.Il est vrai qu'aupara-vant, son allocution lors du Plénum du Comité central du Parti avait ete maintes fois interrompue.La salle tapait des pieds comme pour couvrir ses paroles.Pourtant, c'est chez eux, à Gdansk, que la situation la plus difficile attendait les deux signataires des accords.Fiszbach eut le plus grand mal à se faire élire délégué au Congrès; quant au voivode Kolodziejski, il fut carrément éliminé.De plus en plus, notre position a été considérée comme celle de deux rêveurs, d'utopistes, tellement à côté de la réalité qu'il ne valait même pas la peine d'en parler.Les éléments favorables à la politique de compromis avec Solidarnosc ont vu leurs rangs se clairsemer après le Congrès du Parti, et, après celui de Solidarnosc, nous sommes restés seuls sur le carreau.Au début, il avait été possible et même assez aisé de neutrabser les menaces, grâce à la présence en haut lieu de gens qui, à certaines conditions, se montraient plutôt favorables à la recherche d\u2019un accord.On pouvait ainsi discuter avec Rakowski (vice-premier ministre charge des syndicats), Barcikowski (ancien président de la commission gouvernementale dans les pourparlers avec les grévistes), avec le Général (Jaruzelski) ainsi qu'avec pas mal de responsables de second rang.Avec Kama (premier secrétaire du Comité central du parti de 1980 à 1981) aussi, la discussion était possible.La situation devint plus lourde de menaces a la suite de divisions dans les sphères dirigeantes, notamment au sein du Parti.Dans leur ensemble, les gens du Parti penchaient pour la solution de force.L'entente avec Solidarnosc n'était pas à leur goût, elle heurtait leurs habitudes aussi bien que leurs convictions.Elle les reléguait à une position subordonnée par rapport à la société, leur ôtant le sentiment d\u2019en être les acteurs de tout premier plan.On assistait aussi à certains changements dans les profondeurs du pays, les mentalités: disparition du sens des valeurs, agressivité de plus en plus marquée, réactions de gens conduits au bord du désespoir.On sait que c'est de situation de ce genre que naissent les révolutions.Cet état d'esprit quasi insurrectionnel, cette montée de la violence causaient beaucoup de souci à Solidarnosc.La question revenait souvent dans les AP conversations que nous menions avec Walesa a l'echelle de la voivodie (division administrative): -Vous vous figurez que je vais poser ma tête sur le billot?! s\u2019excla- mait-il.C'est vous qui avez flanque l'économie par terre, ce n\u2019est pas à moi de fournir des explications.Allez vous expliquer vous-mémesl - Mais tout cela va dégénérer en.-Sans doute, mais je ne peux pas me montrer trop conciliant, au risque de perdre toute crédibilité.Au moment de l'instauration de l'etat de guerre, il n\u2019y avait plus personne au sein du pouvoir pour souhaiter parvenir a un accord avec Solidarnosc.Les instances dirigeantes avaient ete remaniées, débarrassées des cléments qui auraient pu constituer une fraction capable de faire prévaloir le dialogue.Exceptionnellement, il n'y avait pas eu de tels changements à Gdansk, on nous avait fichu la paix, mais les événements ultérieurs révélèrent qu'on nous tenait à l'oeil, prives en fait de toute liberté d'action.Dans la plupart des autres regions, on avait procédé à de nombreuses mutations du personnel dirigeant.À l'échelle du pouvoir central, ces changements, pour être moins spectaculaires, n'étaient pas moms importants: hauts fonctionnaires limogés, tous les liberaux sans exception balayés.Les partisans de la manière forte avaient le champ libre.Le scénario de l'état de guerre était très opérationnel, prévoyant plusieurs actions simultanées et se subdivisant en plans partiels.Les autorités s'attendaient sans doute à un plus grand nombre de victimes.D'après les témoignages concordants de gens qui furent à divers titres impliqués dans les préparatifs, il était prevu que l'effusion de sang serait plus importante.Les événements vinrent contredire les pronostics.D'après certains, ce succès si facile et si rapide suscita une certaine euphorie parmi les sphères dirigeantes, ce qui consolida definitivement l'influence des partisans de la manière forte.Ceux-ci avaient beau jeu de dire: «Vous voyez bien qu\u2019il aurait fallu agir tout de suite.Vous vous êtes laissé mener en bateau par des libéraux qui vous ont fait avaler un tas d'inepties.Ça suffit comme ça!» Psychologiquement, cette euphorie facilita le grand ménage au sein du gouvernement et du Parti, débarrassés de tous leurs cléments libéraux.Jaruzelski lui-méme fut pris au piège de ce succès: la situation, brusquement déséquilibrée, l\u2019obligea à pencher du côté des «durs».Tout s'était déroulé avec une facilité si inattendue, si déconcertante, qu'il lui fallut en assumer les conséquences sur sa propre attitude.Probablement n'avait-il pas délibérément souhaité en arriver la.Jaruzelski se retrouva piégé par ces mêmes forces sur lesquelles il s'etait appuyé pour instaurer l'état de guerre.».- , .< ' ¦ - Une cause toujours vivante ™ J i Il faut savoir pour *(~.)J'ai compris que, pour le moment, notre mouvement est stoppé.Il faut l'accepter, de même qu\u2019on a accepté les règles du jeu.Quand vient le tour du joueur qui nous fait face, il faut savoir se retirer, réfléchir à tête reposée, garder bon moral et refaire ses forces pour affronter la suite.Je ne connais pas d'autres moyens.La panique, la lutte désordonnée ne mènent à rien.Pendant toute la période d'existence légale de Solidarnosc, mon but principal fut de gagner du temps: encore une semaine, encore un mois.C'est ainsi que finissait par apparaître la chance d'un arrangement.Mais celui-ci était-il possible?N'y avait-il pas eu dès le début volonté d'écraser notre mouvement?Encore en août 1980, le jour où la tension sur les Chantiers atteignit son comble et où on s'attendait à un débarquement plus que probable en provenance de la mer, bien avant la signature des accords, le haut fonctionnaire de la Sécurité présent sur place confia à un journaliste que sa profession l\u2019amenait à s'occuper de politique depuis 1967, ce qui l'aidait en fait à mieux comprendre qui et quoi il avait avantage à servir.-Je préférerais m\u2019occuper exclusivement de ce qui relève de ma mission.Ce qu'on appelle «diversion politique» n'est en fait qu'une affaire d'opinion.Cela concerne la presse, ceux qui écrivent, et la propagande elle-même, pas la Sécurité.On exige de moi que je travaille en ce domaine, or je suis avant tout membre du Parti et si j'ai choisi ce travail, c'est pour combattre les vrais espions, ceux qui opèrent une vraie «diversion».Puis il s'était mis à esquisser à grands traits le développement de la situation à venir tel qu\u2019il l'envisageait à court terme: -Toutes les forces politiques du pays sauf une \u2014 celle qui détient le pouvoir \u2014 souhaitent la signataure des accords.Le problème va se poser après que les accords auront été signés.Les forces qui n'ont nul besoin d'une véritable démocratie se serviront des accords sur le plan tactique.Bientôt elles s'évertueront à saper le moral de l\u2019opinion jusqu'à la pousser à réclamer elle-même un pouvoir fort.À ce moment-là, le «pouvoir fort» apparaitra sous les traits d'une sorte de De Gaulle polonais.Nous nous demandâmes à l\u2019époque qui pourrait bien être un jour ce De Gaulle polonais.On pouvait d'autant plus s'interroger là-dessus que, peu après, c'est Kania qui fut nommé au poste de Premier secrétaire du Parti: ça ne collait pas du tout!.À l'issue de cette conversation avec le fonctionnaire de la Sécurité, le journaliste nous remit son enregistrement.Nous l'avons retranscrit et ce document est une autre preuve que le scénario des événements n\u2019a pas été l\u2019oeuvre d'un «illuminé».Il existait déjà bel et bien longtemps avant le 13 décembre 1981.Les théoriciens sont d'avis que si la situation est bouchée sur le plan politique, s\u2019il n'existe pas de moyens politiques de répondre à ce qui s'est passé depuis le 13 novembre 1981 en renouant les fils d'une jeune histoire amorcée cinq cents jours auparavant, c'est qu\u2019il n'existe alors aucun autre moyen, à cause du poids de ces quarante années qui nous ont irrémédiablement courbé la tète et brisé les reins.J'ai beau être théoriquement d'accord avec les théoriciens, je suis avant tout un homme de terrain, et la pratique m'a enseigné qu'à défaut de moyens politiques, il en est d'autres: c'est même précisément parce qu\u2019il n\u2019y a pas de possibilités d'action pobtique que je ne suis pas resté les bras croisés à les attendre.se retirer ses forces Au demeurant, par chez nous, qui ne réclame aujourd'hui des réformes en profondeur, le remplacement des cadres qui ont fait la preuve de leur incapacité ou de leur corruption?Si nos dirigeants reconnaissent que la voie de la répression était mauvaise et que nos revendications n'étaient pas infondées, ou si, sans même oser le reconnaître, ils se mettaient à agir comme s'ils avaient fait amende honorable, s'employant a redresser l'économie, a faire que la loi redevienne la loi, a redonner vie aux libertés essentielles, alors tout ce qui motivait l'action de Solidarnosc serait en passe de trouver la bonne réponse.Mais si le pays et son peuple restent plongés dans l\u2019impasse, si rien n'est fait pour satisfaire les besoins quotidiens et les aspirations des gens, alors le mécontentement et la volonté de lutte l'emporteront sur la résignation et le désespoir, et Solidarnosc, que ce soit dans un jour ou dans dix ans, connaîtra une seconde naissance.Premier cas de figure: si le marasme se poursuit, si les mesures prises sont trop lentes, pas assez profondes, alors éclatera une protestation légitime analogue a celle d\u2019août 1980.Cette fois, cependant, nous aurons acquis une longue expérience, tiré de bonnes leçons de l'action passée.Nous saurons mieux faire.Second cas de figure: si le pouvoir prolonge l'action qu\u2019il a entreprise avec la libération des prisonniers politiques, s'il se décide a amorcer un processus de démocratisation et à reconnaître les droits légitimes des travailleurs à favoriser l\u2019intervention de l'Église, tout cela finira peut-être à long terme par répondre à nos aspirations et rendre vie aux Accords de Gdansk.Dans les deux cas, ce ne sont pas les intérêts particuliers ou de groupe qui comptent, mais la mise en oeuvre de nos idéaux.Ou bien celle-ci se fera par le biais d'une protestation aussi légitime qu'impossible à contenir, ou bien le gouvernement aura su décider et assurer les évolutions nécessaires.Il est évident que, dans cette demiere hypothèse, certains se trouveront hors du coup, a commencer par moi.Mais ni moi ni ceux qui m'entourent ne faisons partie de l'enjeu: il ne s'est jamais agi que de notre cause, de la réalisation de nos idéaux.Si la cause doit l'emporter et que, pour y parvenir, Walesa et quelques autres doivent en faire les frais, tant pis pour nos médailles! Quant au monument à notre mémoire, il attendra de toute façon un ou deux siècles! Impossible de revenir en arriéré, impossible d\u2019empècher les progrès et réformes nécessaires de se réaliser tôt ou tard.Ce serait bien sûr aux responsables politiques de faire preuve d'imagination et de concevoir ces solutions d'avenir.Mais a celui qui est obsédé de garder son fauteuil, il reste peu de temps pour réfléchir.C'est un des drames de notre époque: le niveau intellectuel de la population s'élève, celui de la classe politique stagne honteusement.Je me sens parfois appartenir déjà a une époque révolue, celle qu\u2019incarne si bien notre hymne national, La Pologne n'est pas encore morte.Les conditions dans lesquelles cet hymne vit le jour sont pourtant encore les nôtres, de même que les aspirations et vertus qu'il exprime: courage, révolte, fierté.Mais viendra un temps, que je ne verrai sans doute pas, où l\u2019harmonie et la paix instaurées sur la planète entière demanderont à s'exprimer dans un autre chant, et je souhaite que nos enfants ou les enfants de nos enfants puissent alors clamer après nous: Le monde n'est pas encore mort! WALESA.Un chemin d'espoir, autobiographie.Editions Fayard, Paris 1987, 606 pages.aller refaire B-4 Quebec, Le Soleil, samedi 25 avril 1967 LA PAK LDITOIUALH LE SOLEIL Pr«6KMrt au conMi* a» t a»8ur jacoues-c nuNcoeuM 10«*u< ddjoml «» teôacteui eo cf«< M' mianm GILBERT ATHOT P>evaent al avactom ganarai PAUL A AUDCT OMecteur ae I mtofmahor GILBERT ATHOT V«r» praaioani al vaaoner CHARLESA POUUN Oaeciaui M i eoAcxiai JACQUES DOUAIS par Visnney DUCHESNE Menaces indues des retraités ?Le succès des personnes agees et retraitées dans leur lutte contre le gouvernement federal pour conserver l'indexation des pensions de vieillesse et les allocations d'assu-rance-chômage leur a fait découvrir la puissance du «pouvoir gris».Après le premier ministre Brian Mulroney, c'est maintenant au tour du ministre Gèrard-D.Levesque des Finances du Québec (Fè.tre la cible de ceux qui soutiennent avoir une bonne mémoire aux élections.La Coalition des aines du Québec somme le ministre Lévesque d'apporter, dans son budget du 7 mai prochain, des modifications aux avantages Fiscaux dont sont privées les personnes de plus de 65 ans, depuis le premier janvier 1986, parce qu'elles demeurent sur le marché du travail.Le groupe, qui représente entre 300,000 et 400,000 des 625,000 électeurs âges du Québec, pretend que les mesures, prônées par l'ancien ministre pé-quistc des Finances et adoptees l'an dernier, appauvrissent les gens du 3e Age et découragent le maintien sur le marché du travail apres 65 ans alors que la loi a aboli la retraite obligatoire.En fait, le fisc a remanie les modalites d'apphcation de l'exemption en raison de l'àge et de celle délimitant le plafond des deductions pour revenus d'intérêts ou de dividendes.Concrètement, une personne de plus de 65 ans qui avait des revenus de S 13,500 ($9,000 de retraite, $1,000 de revenus d'intérêts et $3,500 d'un emploi) en 1985 et en 1986, paie $556 de plus d\u2019impôt pour l'an dernier; une augmentation de 96 pour 100 par rapport aux $579 de 1985.Traitement injuste et discriminatoire, clame la coalition.Toute situation inequitable mérite d'être dénoncée et encore plus quand elle touche des citoyens aussi démunis que les vieux.Une récente enquête de l'Association des consommateurs du Québec (section Quebec-Sainte-Foy) a révélé qu'une personne agee sur deux se nourrit mal.Le logement manque de confort et les loisirs font défaut.La responsable de l\u2019étude n'a pas hésité a soutenir que les résultats obtenus dans la region de la Capitale sont transposables a l'ensemble du Québec.t \u2022 \u2022 La perte de revenus, ne serait-ce que quelques centaines de dollars par année, entraîne des conséquences désastreuses quand on vit autour du seuil de la pauvreté établi à $9,723 pour une personne seule et à $12,820 pour deux personnes par le Conseil national du Bien-être social.Comment un gouvernement qui a la réputation de très peu faire payer des centaines de sociétés riches pourrait-il se justifier de glisser sa main dans ¦a poche de ces contribuables?Par contre, la Coalition des ainés du Québec n'a pas fait la preuve que le fisc égorge réellement cette classe de la société.Seulement 41,000 travailleurs et travailleuses du Québec ont plus de 65 ans.Combien parmi eux et elles ont des revenus si bas qu'ils se rapprochent de l'exemple des $13,500 soumis par le groupe de protestataires?Le nombre est certes très loin des 300,000 ou 400,000 votes que l'on menace de retirer au ministre Levesque.Un citoyen qui choisit librement de demeurer au boulot doit-il être privilégié par le fisc en raison de son âge?Il y aurait la aussi danger de discrimination a l'endroit des plus jeunes.Ceci dit, les personnes àgecs, comme tous les autres groupes de la société, ont raison de vouloir provoquer une réforme fiscale qui traine depuis trop longtemps.Le moment est propice aux doléances mais la coalition s'assurerait plus de crédibilité en étoffant mieux ses requêtes au lieu de les assaisonner de menaces.En visant aussi l'equilibre du partage fiscal dans une société où des jeunes sont plus pauvres que des vieux, bien que cela n'enlève rien à la pauvreté de ces derniers.D'autre part, la plupart des pays industrialisés adoptent des mesures qui incitent les aines a opter pour la retraite à l'âge de 65 ans et même avant comme c'est le cas en France.Le vrai défi, c\u2019est de s'assurer ici, avec le vieillissement de la population, qu'on garantit aux plus démunis qu'ils pourront au moins vivre décemment sans devoir s'accrocher a un travail misérable pour boucler les fins de mois.# \u201cFAITES QUE LE5 NÜRDIÇUEJ £A£K>EMT MS'îlLW plait, PA5 DE.MIRACIÉ INTEliPÉSri^ ÉTlFfEZ LA SÉRIE AU BOUTTE LL BUPéET DE LA VILLE A PRÉVU TR0I5 PARTIES A QUE3EC.Anm\" // IPOINT DE VUEI La relance passe par l\u2019électricité par Rodrigue LEBLANC ?Après l\u2019électrification rurale, la nationalisation de l'électricité, les barrages de la Ma-nicouagan, U y a eu le «Projet du siècle».Il est question maintenant d'une deuxième Baie James attendue impatiemment par plusieurs et contestée par d'autres.Disons, en premier lieu, que ce fut une grande erreur d'avoir stoppé radicalement ces derniers grands travaux hydroélectriques.Le Québec se serait mieux sorti de la crise de 1982 s'il avait maintenu, à une cadence réduite bien sùr, le harnachement des autres rivières du Grand Nord.En plus de sauver des emplois, cela aurait empêché de littéralement démolir des infrastructures et de la machinerie de toutes sortes qui coûteront très cher à remettre en place à la reprise des travaux.De plus, le contentieux avec les premiers habitants de ce territoire risque de renaître de ses cendres.La continuation des constructions de barrages à la Baie James et le développement du reste de notre potentiel hydro-électrique se justifient d'emblée si l'on en fait le fer de lance d'une véritable stratégie nationale de relance industrielle.Pendant plusieurs siècles, nos rivières ont fourni l'énergie à nos industries.Il est maintenant temps de leur redonner ce même rôle grâce à l'électricité qu'elles génèrent.Cela nous mettrait â l'abri du prochain choc pétrolier avec comme résultat une meilleure productivité de nos entreprises aux dépens de pays industrialisés utilisant le pétrole comme principale source d'énergie.Pour en arriver là, il faudrait que le gouvernement du Québec incite l'industrie, grâce à une tarification de l'électricité appropriée, à remplacer partout où c'est possible le moteur diesel par celui a l'électricité ou a utiliser davantage et plus ingénieusement ce dernier le cas échéant.À titre d'exemple, il y aurait lieu au niveau des transports en commun, de réutiliser l'autobus électrique dans nos grandes villes et le train du même nom sur les principales arteres du Québec.Dans ce cas, l'électricité fournie gratuitement aux compagnies de transport tiendrait lieu de subvention épargnant ainsi au gouvernement des sommes d\u2019argent qui vont à l'achat de pétrole.Trop de nos petites et moyennes industries utilisent malgré elles le moteur diesel faute d'une alimentation suffisante en électricité quand ce n'est pas son coût inexplicablement élevé qui les en empêche.En agriculture, l'électrification des champs permettrait d'utiliser de la machinerie agricole électrique puisque la technologie, qu\u2019il reviendrait aux Québécois de mettre au point, existe.Enfin, dans l'industrie de la construction, la soudeuse, le compresseur et beaucoup d'autres machines fonctionnent au diesel malgré nos surplus d'électricité.Advenant une plus grande demande pour de l'électricité par l'industrie québécoise, le réseau de distribution actuel s'avérerait inadéquat puisqu'il suffit à peme aux fins domestiques en période de pointe.Il y aurait donc lieu, avant tout, que l'État dote toutes les régions du Québec d'un réseau approprié pour desservir efficacement toute l'industrie et non seulement la plus importante comme les alumineries.Fournir de l'électricite aux industries a de meilleurs taux qu'actuellement constituerait un manque a gagner important pour Hydro-Québec.Par contre, la reprise économique importante qu\u2019engendrerait pareille politique augmenterait les revenus du gouvernement lui permettant ainsi de financer sa principale société d'État au besoin.L'important c'est que cette dernière, en conformité avec les grands objectifs de la nationalisation de l\u2019électricité, joue le rôle qui lui revient dans la grande stratégie industrielle que se doterait le Québec pour enrayer le chômage # ?Rodrigue Leblanc, de Joly (Lotbinière), est un ex-fonctionnaire de l'enseignement oeuvrant dans le domaine de la construction.I L\u2019AIR DU TEMPSI Cher toi (t) ou le vieux rêve du bonheur collectif % par Nicole BEAULIEU k COllOOOI-OllO\" I_____M>«COl« ?Le toit du stade devrait me laisser indifférente.Il abritera a Montreal, ville où je ne mets jamais les pieds, des jeux auxquels je n'entends rien.Pourtant, il me hante.Depuis le 13 avril, date de son éclosion.je ne tiens plus en place.Un fol espoir m'habite.A tel point que je n'ai pu résister a l\u2019impérieux besoin de m'adresser a lui.L\u2019entreprise n'est pas sans risque.On en concluera peut-être que je fais, moi aussi, du chapeau.comme le stade et ses concepteurs; que mon dernier article, celui sur les cloches, m'a sonnée; ou que le Festival folie,'culture qui se tient ces jours-ci à Québec et à Montréal m\u2019incite à la déraison.On dira ce qu'on voudra: j\u2019ai décidé d\u2019écrire au toit.Après tout, si les murs ont des oreilles pour entendre, les toits peuvent bien avoir des yeux pour lire, de haut, les missives qui leur sont destinées.De toute façon, c'est sûrement aussi efficace qu'un message au premier ministre.Voici donc copie de la lettre a laquelle je n'ai pas encore obtenu réponse, le service postal canadien étant ce qu'il est.\u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Cher Toi(t), Rassure-toi.Je n'ai pas l\u2019habitude d'écrire aux objets, ovnis ou honnis, je me contente généralement de les décrire.Mais il fallait que je te parle.D'abord pour te remercier d'être là.Tu tombes pile.En cette annee internationale des sans-abn, qu\u2019espérer de plus magnifique?Mille mercis.Peut-être crois-tu sentir le piquant de la dérision sous le velours des mots?Erreur.Crois-moi, pour rien au monde je ne voudrais te froisser.Soit, tu m'as déjà agacée.Plus maintenant.Ton histoire me touche.Onze ans de captivité.Onze ans pendant lesquels ce stade dit couvert restait ouvert à tous vents.Quelle ironie! Te rends-tu compte?entre l\u2019ouvert et le couvert, il n\u2019y a qu\u2019une lettre, un minuscule c, un fragment d'o.Dérisoire obstacle.Un c et.quelques millions.Combien déjà?120, je crois.$120,000,000.Cher toi(t), val Il serait facile de te griffer à coups de chiffres.Les coûts ont triplé en cours de route.Est-ce ta faute?Il est vrai que de beaux projets auraient pu être taillés dans ta faramineuse toile de kevlar.Et combien donc dans ce stade qui a englouti, «titaniqué» 1.2 milliard de dollars! Si tu veux mon avis, c'est beaucoup pour asseoir les gens.Mais suffit! tu as reçu ta part de quolibets à l'époque où tu gisais dans ton entrepôt.Et maintenant, il te faudra subir les Expos et leur miroir aux alouettes.Je te plains.Mais laissons les remords et les regrets.Tu es la et c'est ce qui compte.U faut que je t'avoue une chose.Dès que je t\u2019ai vu dans les journaux, immense meringue posée sur l'assiette Taillibcrt, j'ai eu le coup de foudre.Par la magie de l\u2019art et de la technique, tes 65 tonnes paraissaient aussi légères qu\u2019une fleur de soie.Merveille de l'esprit humain qui transcende la matière et met des ailes aux éléphants.blancs, tu me remplis d'espoir.Car vois-tu.depuis ta floraison, je me dis que tout est possible.Suffit de vouloir.Ecoute, le vent tourne.J'en suis sûre.Le discours des dernières années nous a fait croire au racornissement des idees et des idéaux.Ce n\u2019était que babillage.Je sais à te voir, voile tendue, que la générosité renait.Maintenant que le Québec a réglé le sort des sans-abri du sport-spectacle, que ne fera-t-il pour les itinérants qui errent dans ses villes?Que ne fera-t-il pour tous ceux, enfants mal aimés ou femmes violentées, qui cherchent un havre?Leurs requêtes sont, somme toute, modestes.À Montréal, un comité réclame des logements et $5 millions de Quebec \u2014 et d'Ottawa \u2014 pour aider 10,000 itinérants.A bout de souffle, les 44 maisons d'hébergement pour femmes et enfants violentés demandent $14 millions: les grenailles qu'on leur propose ne sauraient suffire à endiguer le malheur de milliers de familles.Pourquoi leur refuserait-on obole bien plus mince que celle que tu as reçue?J'en ai parlé a des amis.Ces rabat-\u2022joie tentent de me ramener à la logique comptable des gestionnaires de la décroissance.Ils disent que pour toi, ce n\u2019était pas pareil.Que les autorités n'avaient pas le choix: prises dans une sorte d'engrenage, elles se devaient de parachever le stade: à découvert, il se dégradait; l'entreposage de la toile coûtait cher; bref, l'argent était garroché par le «o».Je réponds que l'entreposage de la souffrance humaine coûte cher aussi.Beaucoup trop pour une société qui se doit de rationaliser ses dépenses.Et que c'est tout l\u2019édifice qui se trouve miné par des économies de bouts de chandelles.Je ne suis pas très ferrée en «management», mais U me semble que le gaspillage des ressources \u2014 matérielles ou humaines \u2014 n\u2019est jamais payant.Tu vois, ta présence ranime mon vieux rêve de bonheur collertif.Comme c'est drôle.Symbole de l\u2019idéal olympique trahi, te voilà devenu gage de fraternité.Je te souhaite longue vie.Surtout, ne te retracte pas.Tant d'autres abusent de ce pouvoir.Bien à toi(t), d'une admiratrice.# ?Nicole Beaulieu est une journaliste pigiste de la région de Québec.» Quebec, Le Soleil, samedi 25 avril 1987 Ryan: une belle-mère sympa ?Le ministre de l'Education, M.Claude Ryan, contredit sa propre théorie sur les belles-meres- per J-Jscquma SAMSON £3 D'abord, son image publique est totalement refaite.Il est suivi par des journalistes qui se spécialisent dans les questions de l\u2019éducation.En raison de l'importance fondamentale de l\u2019éducation dans une société, de la part énorme du budget de l'état qu'elle commande {$8 milliards sur S30 milliards) des journalistes vivent, dans les milieux de l'enseignement, avec les professeurs, les parents, les élèves, ce qui se fait dans les écoles et les politiques du ministère.Par ailleurs, chaque fois qu\u2019il intervient publiquement, comme membre du gouvernement, l'ancien chef du PLQ est assuré d\u2019une couverture d'un mur à l'autre.Ses réflexions sont recherchées, qu'il s'agisse de questions linguistiques ou du sort des recommandations des comités des sages.M.Ryan est devenu dans certains milieux une caution intellectuelle pour un gouvernement de gens d'affaires.Sa cote de popularité parmi ses collègues libéraux est aussi à son sommet.Poussé à la porte, en 1982, par des députés et des militants amers après la défaite d\u2019avril 1981, il n\u2019est pas rare de voir certains de ses plus virulents détracteurs d'hier s'esclaffer de ses traits d'humour à l'Assemblée nationale, applaudir à tout rompre lorsqu\u2019il rive son clou sans pitié à un députe de l'opposition ou lui taper même dans le dos, comme à un coéquipier après un bon coup.fl s'est aussi révélé un homme de parti acceptant de ravaler sa décision sur la hausse des frais de scolarité dans les universités; il s'est retenu de faire des éclats lorsqu'il n'a pu infléchir le trésorier Paul Gobeil qui lui refusait des crédits additionnels.Fidèle à sa réputation, U travaille comme un forcené.Ü est, en plus, très présent sur le terrain, n'hésitant pas à aller régler lui-méme un conflit en région.U a défendu âprement des décisions difficiles comme l'amnistie des enfants illégaux.Pour plusieurs députés anglophones et allophones, il est demeuré une sorte de phare dans les moments de tensions internes.Toutes ces réflexions me sont venues jeudi, pendant qu'il badinait avec son collègue Marc-Yvan Côté, au cours d'un diner gastronomique a la polyvalente de Charlesbourg, près de Québec.II n'a même pas eu un mot méchant pour ses critiques, lui parfois si cruellement mesquin en 1981-82.Le ministre de l\u2019Éducation a fait une savoureuse présentation de sa vision de rapports honnêtes avec la presse, depuis trois ou quatre ans, après ses avatars comme chef.Puis, sans paternalisme, toujours avec le sourire, il a prodigue quelques conseils pour bien faire le metier de journaliste.S'appuyer sur une solide recherche pour deterrer les vrais problèmes et imposer ses propres thèmes au gouvernement plutôt que d'étre à sa remorque; se tenir plus près des préoccupations reelles des gens; s'atteler à des articles de fond sur des sujets pertinents comme l\u2019aide financière aux étudiants; demeurer longtemps dans une même spécialité pour bien la maitriser.De ses relations présentes avec les journalistes, il ne peut que se féliciter.Ü a confessé ses erreurs de chef de répondre à toutes les questions pièges de la presse parlementaire.On ne l'y prendra plus.Les journalistes sont des intervenants utiles, dit-il.M.Ryan s'impose de se présenter devant eux avec des dossiers à la fois étayés et bien résumés; il ne les convoque pas inutilement; il demeure disponible; il ne tronque pas la vérité (plutôt s'abstenir de repondre, sug-gère-t-il) et il a appris à encaisser la critique.Il a tout débité sa leçon avec un humour délicieux, sautant des condoms à la bible.Dire que c\u2019est lui qui s'opposait au retour de Robert Bourassa lorsqu\u2019il était chef, sous prétexte qu'il ne voulait pas de belle-mère dans la maison.Il fait la preuve qu'une belle-mère peut être vivable.Si elle change.# B-5 Le bilan atteindrait 28 morts L\u2019espoir s\u2019estompe à Bridgeport < * ***** * BRIDGEPORT, Connecticut (APAFP) \u2022 Ayant recours a des chiens entraînes à cette fin et des micros très sensibles, les sauveteurs ont poursuivi hier leurs fouilles des décombres d'un immeuble en construction de 13 etages a Bridgeport qui s'est effondre jeudi, dans l'espoir de retrouver encore vivants 19 ouvriers encore portes disparus.Hier, les autorités municipales ont annonce que neuf cadavres avaient ete retrouves et que 12 autres travailleurs étaient hospitalises.'xes chances de trouver quelqu'un vivant sont très minimes.Mais nous n\u2019avons pas abandonne l espoir'' que certains des disparus puissent se trouver dans des poches d'au*, a declare le maire de la ville, M.Thomas Bucci.Les responsables des équipés de secours ont indique avoir entendu des coups frappes dans les ruines de l'immeuble, qui s'accumulent sur une hauteur de deux etages, mais n\u2019ont pu determiner avec precision leur nature et leur origine De temps en temps, le silence total a été réclamé dans l\u2019espoir que les micros puissent percevoir un signal d'un survivant.Le nombre des secouristes a d'ailleurs été délibérément réduit en raison des conditions extrêmement dangereuses de Ce chien a vainement tenté hier de découvrir des signes de vie dans les décombres de l'édifice qui s\u2019est écroulé jeudi à Bridgeport.Euromissiles: Moscou dévoilera son offre lundi ?WASHINGTON (d'après AFP) -L'URSS a informé les Etats-Unis qu'elle présentera lundi à Genève sa proposition de traité sur l'élimination des euromissiles (INF), a-t-on indiqué officiellement hier à Washington.Ce projet, a précise un responsable gouvernemental ayant demande a conserver l'anonymat, devrait egalement contenir des suggestions soviétiques concernant la vérification de l'application d'un eventuel traité.son côté estimé que la solution pour les SRINF consistait à les éliminer totalement, où à trouver un moyen terme, qui amènerait les Américains à se doter eux-mèmes d'une certaine quantité de ces missiles dont ils affirment ne posséder aucun exemplaire.Toutefois, il semble que cette dernière option est visée par Washington.Une source américaine bien informée a révélé, hier à Genève, que les Etats-Unis avaient déjà proposé, pour rétablir l'équilibre, de se doter d\u2019un nombre de missiles de courte portée égal à celui dont disposent actuellement les Soviétiques.Cela s'accompagnerait, dit-on de même source, d\u2019un gel de l\u2019arsenal soviétique à son niveau actuel.Selon les estimations améri- caines, l'URSS disposerait de 130 a 140 vecteurs de ce type-le secretaire d'Etat George Shultz avait parlé jeudi de 600 à 700 têtes nu-cléaires- dont les deux tiers seraient installés dans la partie européenne de l'URSS et les pays du Pacte de Varsovie et le reste en Asie soviétique.II s'agit des SS-23, d'une portée de 500 km et des SS 12-22 d\u2019une portée de 925 km.# travail, les sauveteurs risquant à tout moment d être écrasés par un poutre d acier ou un morceau de béton.L'edifice, \"L'Ambiance Plaza ', s\u2019est écroule comme un château de cartes, selon des témoins, lorsque 69 ouvriers travaillaient sur le chantier # Walesa demeure optimiste ?PARIS (AFP) \u2022 Lech Walesa s'est présenté comme un homme profondément convaincu des chances de reformer son pays, dans une interview realisee clandestinement et diffusée hier soir par la deuxième chaine de la television française à l'occasion de la sortie de ses mémoires.Ces reformes, a-t-il dit au cours de l\u2019émission littéraire Apos trophes, «j'en vois déjà les formes, les premisses et les difficultés».«Il n\u2019existe pas de voie en dehors de ces reformes, elles se feront, qu on le veuille ou non», a-t-il souligne dans cette interview de 40 minutes où il a pris soin de ne pas s'attaquer au regime du general Wojciech Jaruzelski.Le numéro un polonais reste «l'homme du 13 décembre», date de la proclamation de la loi martiale en 1981, a estimé Walesa, mais cette «victoire physique» sur le syndicat Solidarnosc est «absurde».La diffusion de cette interview, réalisée en janvier dernier à Gdansk dans la clandestinité, accompagne la mise en vente de son livre «Un chemin d\u2019espoir».# En ce qui concerne les missiles a moyenne portée (1,000 à 5,000 Km), rappelle-t-on, le texte déjà présente par Washington reprend les bases de l'accord esquissé au sommet de Reykjavik: réduction de l\u2019arsenal à 100 ogives nucléaires de part et d'autre, et élimmation totale de la présence de ces missiles en Europe.Les propositions soviétiques pourraient contenir des clarifications sur la position de M.Mikhail Gorbatchev concernant les missiles à plus courte portée, (500 à 1,000 Km), les \"SRINF\", a-t-on ajouté de même source.Jeudi dans une intervention télévisée, M.George Shultz avait de Rappelez-nous! * LONDRES (Reuter! - Trois malfaiteurs qui avaient enlevé un boulanger italien et menaçaient de lui tirer une balle dans les jambes s\u2019ils ne recevaient pas $10,000 de rançon, se sont perdus eux-mèmes en donnant leur numéro de téléphone à sa famille.\"On ne va pas vous retéléphoner, c'est vous qui aller nous rappeler\", ont ordonné les ravisseurs à la famille de Michael Varone, qui venait de les supplier de leur accorder un délai pour trouver l'argent de la rançon.La police n'a eu aucune difficulté à localiser le numéro, une cabine téléphonique de Peterborough, dans l'est de l'Angleterre, où ils ont tranquillement patienté jusqu 'à ce que les ravisseurs reviennent comme prévu pour attendre le coup de téléphoné des Varone et se jettent dans la gueule du loup.\"L'enlèvement n'etait peut-être pas aussi sophistiqué qu'on l\u2019avait d'abord craint\", a déclaré, impassible, un policier.0 CORRECTIONS Dans notre cahier publicitaire de 12 pages.\u201cSolde des remises EXTRA distribué vers le samedi 25 avril 1987, veuillez noter les corrections suivantes En page 3 On aurait dù lire \"Pince-etau au lieu de \"Etau d'établi\".En page 6 Le fer Black & Decker en solde à 34.88 $ ne sera pas disponible en raison de problèmes de livraison de la pari du fabricant.Toutefois, des bons de réservation seront émis En page 10 Une erreur s est glissée dans les prix de solde des chaussures pour hommes.Chaussures Oxford tout-aller le prix de solde aurait dù se lire 21$ et non 15$ tel que mentionné.Chaussures Oxford à oeillets jumelés le prix de solde aurait du se lire 15$ et non 21$ tel que mentionne Nous nous excusons des inconvénients que ces erreurs auraient pu causer a notre clientèle Sonimart « \u2014ogCT»- irrrt mtcui d» »\"¦¦¦ ^5 % tllëip* ENFIN LA KTERIE G International Vidéo Film En exclusivité dans les 45 succursales Club International Vidéo Film.45 lots de magnifiques prix à gagner valeur totale des prix ; >¦ .\u2022 «1 i 1 IM-AV wALKman (règlements en magasin) BEAUPRÉ 10705.Boul St-Anne CARTIER 1019.rue Cartier CHARLESBOURG 8379.Boul Henri-Bourassa DE L'ÉGLISE 989.route de l'Eglise DUBERGER 2018, Père Le Lièvre LAC ST-J0SEPH 135, Boul Gingras LÉVIS 59 ouest.Trans-Canada UMOILOU 2854.1ère Avenue NEUFCHATEL 10765 Boul.L'Ormière STE F0Y 2140.Chemin Ste-Foy (î> If» Club lnt«>r n.itu n 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