Le soleil, 25 juin 1988, Cahier B
[" Quebec, Le Soleil, samedi 25 iuin 1988 /'¦ m f'V î Ha»i La «façade démocratique: vole en éclats dernière « façade démocratique » a volé en éclats, en début de semaine, à Haiti.Une « révolution de palais » qui tient plus de la lutte de pouvoir à rintérieur de forces armées jalouses ÿe leurs privilèges que du véritable coup contre un Etat mort-ne.i SJ I f U fff I i i I « I I \" » Il J il I i i î i n r- f38Si^ü-r,: '\t«\t.'V '\u2022 Mi*! m fit y Le palais présidentiel, à Port-au-Prince.?Il y a eu deux rébellions militaires cette semaine à Port-au-Prince.Mais la plus importante est passée inaperçue.Le général Henri Namphy présente son nouveau gouvernement militaire (photo du bas) pendant que le president déchu, Leslie Manigat (photo du haut) rencontre la presse en Republique dominicaine où il a trouve refuge.René BE A U DI N Cette conclusion se dégage du récit détaillé du coup d'Etat de lundi que font au SOLEIL des sources très bien infomiées de Port-au-Pnnce.Le coup d\u2019Etat du général Henri Namphy contre le président Leslie Manigat a fait les manchettes, mais la rébellion des « soldats de toile » contre les « soldats de plomb» est restée dans l'ombre.C'est pourtant la plus décisive parce que sans elle le premier n\u2019aurait pas eu cours.Les « soldats de toile », ce sont les simples soldats jusqu'au sergent-fourrier qui se nomment eux-mémes ainsi parce que leurs gallons, grades et insignes sont en tissu, alors que les « soldats de plomb», les officiers de l'adjudant jusqu\u2019au général, ont des insignes en métal.Depuis la naissance de la république haïtienne en 1804, la politique est l\u2019affaire des « soldats de plomb ».Ce sont eux qui font et défont les gouvernements quand ils ne sont pas eux-mémes directement au pouvoir comme c'est le cas depuis lundi.Le coup d'Etat de lundi est sans doute l'oeuvre des « soldats de plomb », mais il a été accompli sous l\u2019impulsion des « soldats de toile ».C\u2019est là une nouveauté peut-être «décisive», mais de laquelle il est peut-être trop tôt pour tirer une quelconque signification sociale ou politique.Les privilèges des militaires Rarement coup d'État fut aussi inutile et indésiré par ceux-là même qui l\u2019ont accompli.Les forces armées étaient déjà au pouvoir.Leslie Manigat était leur homme.Il leur devait le pouvoir.Il leur fournissait une façade civile et démocratique qui ne trompait sans doute plus grand monde, mais qui demeurait quand même fort commode en tout cas du point de vue des relations internationales.Les choses sérieuses étaient laissées aux militaires.Pourquoi alors renverser Leslie Manigat?L\u2019homme est haï par presque tout le monde en Haïti, par ceux qui se sont abstenus de voter en janvier dernier, ceux qui ont voté contre lui et aussi ceux qui ont voté pour lui.Mais la haine qui compte politiquement en Haiti, est celle que lui vouent les forces années.Elles reprochent à Manigat d\u2019être « chiche » de ne jamais donner d\u2019açgent, d\u2019être hautain vis-à-vis les soldats, de ne même pas offrir un verre d\u2019eau ou de la nourriture aux soldats qui montent la garde à la Villa d\u2019accueil, sa résidence privée.Ils sont par contre reconnaissants à Namphy d\u2019a-vou\" augmenté leur solde.Et enfin ils sont humiliés de la manière dont Manigat un « civil » s\u2019est permis de traiter le général Namphy.La haine à l\u2019égard de Manigat relève de motifs sans doute plus politiques chez les « soldats de plomb » alors qu\u2019elle colle davantage aux tripes chez les « soldats de toile ».Ce sont de simples soldats, l\u2019après-midi de dimanche dernier, qui se sont rendu à la Villa du repos.la résidence privée du général Namphy, où il est gardé sous surveillance.pour l\u2019informer, qu\u2019« on viendra le chercher vers 20 heures ».En soirée ce sont des hommes de troupes et des sous-officiers de la Garde présidentielle, l\u2019une des unités de l\u2019armée haïtienne en poste à Port-au-Prince, qui passaient aux actes et forçaient deux de leurs officiers supérieurs à prendre le volant de « command-cars » pour aller chercher le général Namphy et le conduire au Palais national d\u2019où il commençait les transactions avec les autres corps d\u2019armée pour qu\u2019ils se rallient au coup d\u2019Etat.C\u2019est en voyant la détermination de la troupe, que le colonel Prosper Avril, un haut officier de la Garde présidentielle, longtemps associé aux duv\u2019aliéristes, intervient et prend la tête de ce « mouvement spontané ».Même chose aux casernes Dessalines, fief du colonel Jean-Claude Paul, contre qui le coup d\u2019Etat du général Namphy est aussi dirigé.Là aussi les «soldats de plomb» impasent leur volonté à leur chef non par leurs actes cette fois, mais au contraire par leur inaction.Là, les « soldats de toile » refusent de combattre le coup d\u2019État.Leur chef.Le colonel Paul est l\u2019allié de Manigat.Ils adorent le colonel Paul, mais leur haine de Manigat l\u2019emporte.Finalement, le colonel Paul se rallie au mouvement avant d\u2019en être victime.Le colonel Paul est toujours à son fxjste, mais il a sans doute perdu une part de son auréole et de son prestige auprès de ses hommes.« L\u2019armée est ainsi en crise parce qu\u2019elle s\u2019est Iciissée dominer par sa base ».dit-on.La démocratie au rancart Ce ne fut donc qu\u2019une « révolution de palais», qu\u2019un «changement de personnes», plus révélateur que catalyseur.Le sang n'a même pas coulé Le nouveau regime n'est ni plus ni moins legitime, ni plus ni moins démocratique que a'Iui qu\u2019il remplace.Seuls quelques restants d'apparence se sont dissipes.L\u2019operation n\u2019a pas ete menee au nom du peuple.Elle n\u2019a pas été dirigée non plu-s contre lui.Il y a pourtant eu beaucoup de bruit et de fureur durant la nuit du coup d'Etat à Port-au-Prince.Mais l'armee voulait forcer les habitants de Port-au-Pnnce à se terrer.Elle veut le champ libre pour ses grandes manoeuvres.11 n\u2019y aura ni morts, ni blessés.Ce ne fut qu\u2019un « flamboyant spectacle ».« Les gens sont comme des spectateurs qui assistent à un tournoi de soccer triangulaire - entre Manigat.Paul et Namphy -depuis des gradins d\u2019où ils comptent les points», précisent nos sources.En témoigne la rapidité du retour à la normale à Port-au-Prince.Les communications téléphoniques n\u2019ont été que très brièvement interrompues lundi, pre.sque pour la forme.Tout coup d\u2019État qui se respecte, se doit de couper les communicatioas internationales.Mais dès lundi soir il était aassi facile de téléphoner de Quebec à Port-au-Prince qu\u2019à Saint-Tite-des-Caps.Un pays et une armée déchirés ?n y a quand même une leçon à tirer de cette révolution de palais.Les choses sont beaucoup plus claires.La fiction d\u2019un gouvernement civil et d\u2019une armée respectueuse du pouvoir constitutionnel s\u2019est dissipée.L\u2019armée est en crise, comme toutes les autres institutions du pays d\u2019ailleurs.C'est tout l\u2019État haïtien qui se dégrade depuis la chute de la dictature en 1986.Toutes les institutions du pays sont en crise, explique-t-on.Il y a la crise de l\u2019école: 16,(X)Ü étudiants n\u2019ont pu se rendie aux examens de fins d\u2019études secondaires.D y a la crise de la justice: les criminels notoires et les tortionnaires du régime du-v'aliériste que l\u2019on ne poursuit pas.Il y a la crise de l\u2019Eglise qui fait que la fameuse mission Alpha, vaste programme d\u2019alphabétisation populaire, marque le pas.Crise de l\u2019économie, abandonnée au marché noir et à la contrebande qui sape l\u2019agriculture locale.Et enfin, la crise de l\u2019État toujours sans foi ni loi.Tout cela va ensemble.Mais la crise de l'armée est d'une toute autre nature.Elle est le détenteur traditionnel du pouvoir politique.Elle est en outre le seul lieu de promotion sociale des milieux populaires.Elle fournit prestige, puissance et.dans une certaine mesure, richesse aux siens.Elle est.avec l\u2019Eglise, la seule force so-aale dominante.Les grandes ambitions s\u2019y donnent libre cours.Les grands destins y transitent presque fatalement.Elle est une force conservatrice qui.par nature, privilégié les valeurs d\u2019ordre et les solutions autoritaires Une armee « macoutlsée » Pendant la dictature duvaliériste, ses relations avec le pouvoir sont ambiguës.Elle perd sans doute son rôle traditionnel de fai.seuse et de defaiseuse de gouvernements.Elle n\u2019est pourtant pas une force d\u2019opposition.Si elle en fut un pilier, ce fut un pilier fragile au point que François Duvalier mit sur pied cette fameuse milice, les Tontons Macoutes, qui fut le véritable appareil de répression du régime.Elle n\u2019a ni soutenu ni empêché le renversement de la dictature.Le 7 février 1986, elle a hérité du pouvoir.Elle ne l\u2019a pas pris.Elle n\u2019était pas neutre.Elle était « macoutisée ».Et elle l\u2019est encore.Et elle ne peut faire le ménage sans se déchirer.La première préoccupation d\u2019une force armée est de maintenir son unité.C\u2019est plus \\Tai peut-être pour l\u2019armée haïtienne que pour d\u2019autres à cause de sa « mission » politique traditionnelle.Et c\u2019est encore plus vrai aujourd\u2019hui qu\u2019hier parce qu\u2019elle est le gouvernement.Or, la poignée de main du colonel Paul au général Namphy ne saurait faire oublier que les forces armées haïtiennes sont déchirées.« Ne comptez pas sur les forces armées pour démocratiser Haiti », dit-on.Ce n'est pas pour autant une main de fer qui s\u2019abat sur le pays où une dictature qui voit le jour Le coup d\u2019État de lundi n\u2019a renversé qu\u2019un président civil plus ou moins élu.d\u2019une légitimité douteuse.Mais on oublie que le général Namphy a aussi dissous le p2irlement.fief des duvaliéristes et des néoduvaliéristes.lui aussi d\u2019une légitimité douteuse mais un peu moins «docile» et « contrôlable » que l\u2019ex-president Manigat.Dans son discours de lundi, le général Namphy a annoncé le retour à la loi et l\u2019ordre, sans que l\u2019on se sache qui est d\u2019abord visé par ces « menaces »: s\u2019agit-il de ce secteur macoute de l\u2019armée dont le colonel Jean-Claude Paul est le chef de file à Port-au-Prince?S\u2019agit-il de !\u2019« appareil » macoute dans son ensemble, trop inconsistant pour envisager sérieu^ment la prise du pouvoir par un coup d\u2019État.mais capable d\u2019entretenir une insécurité généralisée dans tout le pays, du banditisme crapuleux qui se confond plas ou moins avec cette terreur macoute\u2019 S\u2019agit-il du secteur démocratique de la société haïtienne qui fait de la mission Alpha l\u2019un des moteurs de la reconstruction soaale haïtienne?Un avenir incertain «Il y beaucoup d\u2019inconnues», dit-on.Mis à part le discours sur la loi, l\u2019ordre et la discipline, les militaires n\u2019ont pas encore vraiment présenté de programme de gouvernement.Le général Namphy veut une équipe cohérente.U ne s\u2019est entouré que de militaires.tous des « soldats de plomb », qui lui ressemblent.Ce ne sont pas de grands démocrates.Mais ce sont pas non plus de grands macoutes ou des duvaliéristes notoires mis à part peut-être le colonel Wfilliam RegaJa, le ministre de la défense et de l\u2019intérieur, homme fort de l\u2019ancien Conseil national de gouvernement, mais qui a quand même perdu beaucoup de plumes lundi dernier pour sa participation au gouvernement de Leslie Manigat.Il s\u2019est finalement « racheté » en s\u2019entremettant entre le général Namphy et le colonel Paul pour obtenir la « reddition » ou le « ralliement » de ce dernier.Nul civil pour entretenir l\u2019ambiguité.Ce seraient en quelque sorte des « modérés ».Nulle échéance électorale ou constitutionnelle pour entretenir l\u2019attente ou justifier l\u2019inaction.Ils sont apparemment unis, mais ils ont en dessous d\u2019eux des « soldats de toile » qui étaient nettement disposés à faire le coup de feu contre les hommes du bataillon Dessalines, l\u2019unité que l\u2019on dit la plus macoutisée des forces armées haïtiennes à Port-au-Prince, pour dégommer Leslie Marugat Ce ne fut peut-être qu\u2019une viilgaire « révolution de palais », qu\u2019un simple « changement d\u2019hommes», mais il y a quand même quelque chose de changé.Tôt ou tard, il faudra bien rebâtir une façade démocratique.Mais comment et surtout avec qui\u2019\u2019 Y * \\ Le général Namphy.Au pouvoir malgré lui? B-2 ILES DOSSIERS I Qu«b«c.La SoMI.MmadI 25 Juin 1968 Les Américains attendent toujours une récession ~ Comme si tout allait trop bien Le krach d*octobre dernier a laissé des traces profondes dans la psychologie de VAmérique de Ronald Reagan.Et ^économie a beau se porter de mieux en mieux, on craint encore que rédifice ne s*effondre.a Depuis quelques semaines, on ne chante plus le « blues », on crie au « boom ».U y a encore des alarmisles, les économistes qui refusent de renoncer a leurs predictions de recession ou même de depression et se contentent d\u2019en reculer la date.Et il y a Wall Street encore toute echaudee d\u2019octobre, pour dire que c\u2019est trop beau pour être vrai.par Yvette LAUDY (collaboration speaaJe) On a connu des temps durs.Si durs que les chômeurs du Nord et Midwest mdustriels fuyaient « la ceinture de la rouille » pour errer a la recherche d'un travail minable dans « la ceinture du soleil » qui n\u2019était souvent qu'un miroir aux alouettes.On a découvert la faim dans « le panier a pain » de l\u2019Amérique.On a pleure sur le triste sort des « nouveaux pauvres ».sur la sombre histoire de cultivateurs forces de vendre la ferme familiale.On en arriva même a plaindre les J.R du soudain « pauvre Texas » dont l\u2019or noir avait perdu beaucoup de valeur.On faisait le total des banques qui ont fait faillite en nombre croissant depuis 81, avec un record de 184 en 1987 Ou était la prospérité dont parlait Reagan?Chez les nches.Chez les spéculateurs de Wall Street Dans le secteur des services (qui paie mal et emploie a temps partiel), de la defense, ou de la hi tech qui demande une haute spécialisation.Puis le krach d'octobre aurait du ebranler la confiance.Il y avait quelque chose de pourri dans la république.et on n'avait encore nen vu ! Du blues.au boom Tout a coup, les bonnes nouvelles se sont multipliées.Cela a commencé par le déficit commercial qui a fondu en mars, plas encore que ne le prévoyaient les plus optimistes.Et des exportations records.un saut de 20 pour 100 tandis que les importations croi.ssaient d'un raisonnable 3,4 pour 100 surtout en équipement, ce qui augurent de modemi-satioas salutaires La nécessité d\u2019affaiblir encore le dollar diminue, le consommateur a prouve, en achetant toujours, qu'il n'a pas perdu confiance en une économie qui esl visiblement dynamique « Izîs USA sont plus compétitifs et l\u2019etrànger a de l\u2019appétit pour nos produits, ce qui montre que l\u2019économie mondiale est plas .saine qu\u2019on croît », observe l'économtste Jasi-nowski de l'Association of Manufacturers Il n'y avait qu\u2019à voir les titres des journaux (qui dit que la presse ne s'intéresse qu\u2019aax mauvaises nouvelles?) pour être réconforté.« La croissance des exportations eperonne un boom de l'emploi daas le Midwest », rapportait le ISlew York Times.Il cxmstate que dans les grandes villes et dans les villages, on ne fait plus la queue aux bureaux du chômage, que l'exode vers le sud-ouesl s\u2019est renversé, les travailleurs reviennent, que les entrepri.ses sont en pleine expansion.On fabrique même des baguettes pour l'exportation au Japon! Au totcil.huit états du Midwest ont créé plus d\u2019emplois dans la fabrication (entre 3.1 et 7.3 pour ItX)) que la moyenne nationale de l.,5 pour lOO.Des 12 états de cette region malmenee, seul le Michigan a perdu des emplois dans la fabrication, mais il se rattrape dans le secteur des services qui croit lentement mais sûrement Le grand reveil « IjC nombre des banques en danger diminue de 14 pour lOO grâce a la relance agricole», rapportait aussi le Wall Street Journal, la demande d'emprunt augmente car les fermiers ont besoin de nouvel équipement, ils n'ont plus de dettes et les terres, qui servent de garantie, augmentent à nouveau de valeur.Le i\\ew York Times, qui s'intéresse décidem-ment aux régions, décrit le marché du travail floris-.sant surtout côté services et hi-tech.dans le nord-est.et l\u2019agnbusiness.le bois et autres ressources naturel- les.la biotechnologie et l\u2019electroruque sauf chez les fournisseurs du Pentagone a l\u2019ouest « L\u2019acier se débarrasse de sa rouille, c\u2019est la rela/KC apres des pertes de $12 milliards en quatre ans et 280,(XX) mises à pied, l\u2019investissement en technologie et training commence a payer», armonce aussi le Christian Science Monitor q\\ù loue « le réveil des USA a leur potentiel d\u2019exportabons dans tous les secteurs».Bref, tout va bien.Même Detroit s\u2019est relevée de son long déclin et vend ses grosses et moyennes américaines a l\u2019etranger, ou encore les petites Honda «made in USA».Malgré la chute des prix, les géants du pétrole voient leurs profits monter d\u2019entre 36 et 80 pour 100 car les prix n\u2019ont pas tellement diminué à la pompe, et leurs raffineries ou leurs laboratoires chimiques font plus de bénéfices.Plus étonnant, certains pauvres semblent enfin sortir de l\u2019omiére: 7 pour lOO de Newyorkais ont cessé d\u2019émaiger à l\u2019assistance publique.Les commandes de biens d\u2019équipement ont augmenté en février, mars et avril.Les usines tournent a 89 pour lOO de leurs capacités.Les faillites ont diminue de lO pour lOO pendant le premier trimestre et pour la même période, le P.N.B.accuse une croissance de 3.9 pour lOO.Un signe encourageant, estime M.Sprinkel, président du « Council of Economie Advisers », car les exportations mènent la danse, tandis que la demande à l\u2019intérieur a ralenti Casse-cou ! Tout le monde ne le prend pourtant pas ainsi.Les limites de la capacité de production face à la demande, surtout étrangère, et la croissance du P.N.B.font craindre une poussée d\u2019inflation qui forcerait le Federal Reserve Board à hausser encore les taux d'intérét.Et ce terrible rouleau compresseur amènerait peut-être ainsi le ralentissement ou même la récession redoutée par les républicains en pleine election.Les partisans de la «courbe Phillips» préviennent que la croissance est inflationniste surtout si elle coïncide avec un chômage très réduit - et il est tombé à 5.5 pour lOO, le taux le plus bas depuis 14 ans.Jusqu\u2019à présent, cela ne se vérifie guère.L\u2019index des prix monte et l'inflation, qui fut de 4.4 pour 100 en 87.est évaluée à 4.5 pour 100 (5.3 au pire) pour cette année.Rien donc d\u2019alarmant comparé aux 12.6 pour 100 que Carter a légué à la fin de son mandat quand le chômage était à 7.5 pour 100 en route vers 11 pour KX)! Les salaires vont sans doute augmenter mais la croissance de la productivité (1.6 pour 100) semble pouvoir compenser.De plus, le léger ralentissement de la demande et surtout la pression de la compétition étrangère font hésiter les entreprises à hausser les prix même si le prix des matières premières monte Alors?On ne comprend pas pourquoi les bonnes nouvelles deviennent mauvaises quand elles arrivent à Wall Street.On accuse les oiseaux de mauvaise augure d'étre des hypocondriaques économiques.Un analyste du Washington Post juge que le Stock Market souffre d'une «psychose de l\u2019inflation » ou de paranoïa.Et un autre attribue le vague malaise de l\u2019électorat à une curieuse schizophrénie qui fait que les gens sont optimistes quant à leur situation financière - après tout, leurs revenus ont augmenté en moyenne de 11 pour KX) de 1982 à 86 mais pas quant à l'avenir économique du pays Il faut être vigilant, admettent beaucoup d'économistes mais il y a encore de la place pour une expansion raisonnable.Et les partenaires qui ont demande à Washington de réduire la gloutonnerie du consommateur américain doivent réaliser que l\u2019équipe Reagan ne fera rien de tel avant l'élection.M.Bush a déjà trop de mal à capitaliser sur la prospérité actuelle.Watt» Laudy «si un* )ouni*Mste pIgtstB en post* à MfMMbgton.\u2022r- \u2014¦ / ^ Octobre 1967 ¦ fait trembler l\u2019Amérique.Un krach qui a errglouti des forlunea et alimente i ritable pararKHa de la rècetalon.I ur>e va- EKICANOS [SP lOOOD BLS .H C\u2019est le général Cardenas qui, pendant qu\u2019il fut au pouvoir (1934-40), réalisa ur>e vaste réforme agraire au profit de centaines de milliers de paysans et procéda à la nationalisation du pétrole et d\u2019autres industries.Quand le Mexique rêve aux héros de sa révolution Soixante ans de pouvoir absolu ont largement miné la crédibilité d\u2019un rejeton audacieux et niodeme de la révo-lution mexicaine de 1910-1919: le Parti révolutionnaire institutionnel.Un parti que conteste aujourd\u2019hui, avec un succès inattendu, Cuauhtemoc Cardenas, le fils d\u2019une autre figure légendaire de l\u2019histoire mexicaine: le général Lazare Cardenas.é MEXICO \u2014 Le «phénomène Cardenas» bouleverse la campagne électorale mexicaine.Personne ne s\u2019y attendait vraiment et pourtant c\u2019est arrivé.Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui «régne» incontestablement sur le Mexique depuis 1929, affronte une véritable opposition au cours de la campagne électorale actuelle.par Caroline JARRY (collaboration .spéciale) on ne s\u2019y méprenne pas; le candidat du PRI.Carlos Salinas de (^rtari, n\u2019en sortira pas moins vainqueur des elections présidentielles et législatives du 6 juillet prochain.Près de 60 ans de pouvoir absolu ont en effet confondu le parti et l'État à un point tel que malgré sa popularité déclinante, le PRI dispose de nombreux recours pour remporter les élections.Mais les difficultés de cette campagne électorale constituent à n\u2019en pas douter un vigoureux signal d\u2019alarme pour le PRI et annoncent le déclin de tout un pan de l\u2019histoire du Mexique contemporain Le fils du bien-aimé général L'opposition inattendue vient de Cuauhtemoc Cardenas, nul autre que le fils du président le plus chéri du peuple mexicain: le Général Lazaro Cardenas.au pouvoir de 1934 a 1940.La campagne électorale de Cuauhtemoc Cardenas a attiré des foules que les journaux mexicains qualifient de «sans précédent récent».À l\u2019Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), le 26 mai dernier, des dizaines de milliers d\u2019étudiants sont venus l\u2019entendre, témoignant de sa popularité au sein de la jeune.sse mexicaine urbaine.Mais il est aussi particulièrement bien reçu par la population paysanne.Lors de ses déplacements à travers le pays, plusieurs paysans vont le voir personnellement: «Cette main qui serre la vôtre a reçu une terre de votre père», lui dit-on souvent.C\u2019est que les Mexicains ressentent une profonde reconnaissance envers le gênerai Cardenas.Pendant qu\u2019il fut au pouvoir (1934-40), celui-ci réalisa une vaste réforme agraire au profit de centaines de milliers de paysans et procéda à la nationalisation du pétrole et d\u2019autres industries.Sous sa présidence, l\u2019intervention décisive de l\u2019État dans l\u2019économie a pavé la voie à quatre décennies de croissance économique ininterrompue.Aujourd\u2019hui, les politiciens mexicains de toutes tendances mesurent soudain, surpris, la puissance du sentiment que la population voue encore a Lazaro Cardenas.Un sentiment qui s\u2019est transmus d\u2019une génération à l\u2019autre, remarque-t-on.et que la candidature de son fils a brusquement transformé en donnée politique fondamentale.Car la grande difference entre Cardenas pere et Cardenas fUs.c\u2019est que ce dernier, après avoir été un membre important du PRI pendant des années, a changé de camp.Après avoir tente pendant deux ans.sans succès, de transformer le PRI «de rintérieur> fü dirigeait la «tendance démocratique»), Cuauhtemoc Cardenas a dû quitter le parti.Aujourd\u2019hui, il représente le Front Démocratique National (FDN), qui regroupe 17 partis politiques et organisations de centre-gauche.Son depart a ete interprété ia comme une inca-paaté du PRI d\u2019accepter la dissidence interne et de se démocratiser.La fin d\u2019une époque De fait, le PRI n\u2019est plus ce qu il était Rejeton audaoeux et moderne de la révolution mexicaine de 19I(>-19I9, il se signala en Aménque Latine par son avant-gardisme.U sépara très tôt les fonctions de l\u2019Église et de l\u2019État, il éloigna les forces armées du pouvoir, il fit jouer à l\u2019État un rôle détenninant dans l\u2019économie, et enfin, sur le plan politique, il eut la sagesse et l\u2019audace de donner aux partis de gauche un rôle parlementaire.L\u2019une des deux chambres législatives du Congrès esl en effet élue partiellement (1/4), selon le mode proportionnel, de sorte que le Parti révolutionnaire des travailleurs (trotskyste) compte six députés dans la chambre législative actuelle, le PSUN (communiste) en a 12, et plusieurs autres petits partis ont également leurs représentants.Sur un total de 400, les quelques députés de gauche et les 31 que compte le Parti d\u2019Action Nationale (PAN), de droite, ne pèsent pas lourds, dira-t-on.Et on aura raison; c\u2019est précisément là que réside la grande habilité du PRI, qui a su garder une hégémonie absolue tout en donnant aux autres forces politiques un rôle parlementaire qui «les tient occupées et ne dérange personne», comme certains disent ici.Mais le contrôle dont le PRI a joui pendant si longtemps est aujourd\u2019hui menacé.D\u2019une part pour des raisons d\u2019ordre externe: la crise economique, le protectionnisme des pays industrialisés, la chute du prix du pétrole et la hausse des taux d\u2019intérêt qui augmentent d\u2019autant la gigantesque dette exiérieure et.d\u2019autre part, pour des raisons d\u2019ordre interne: incapacité de résoudre la crise, conservatisme, corruption.Personne n\u2019envisage serieusement que le PRI puisse perdre les élections le 6 juillet prochain, mais indépendamment du résizltat du scrutin, il est devenu évident que la crise économique mexicaine a envahi de façon irréversible le terrain politique.Solutions Le président sortant, Miguel de la Madrid, n\u2019a pas su résoudre les problèmes qu\u2019affronte actuellement le Mexique.Cuauhtemoc Cardenas accuse son gouvernement d\u2019avoir «vendu le pays» en libéralisant l\u2019économie et en privatisant un grand nombre d\u2019in-dustnes, en ouvrant la porte autrefois fermée aux capitaux étrangers et en stimulant les exportations.Les politiques du gouvernement actuel, estime-t-il, ont à la fois appauvri la population et entraîné une baisse du niveau de la productivité industrielle.Et rien n indique que Carlos SaUnas de Gortari pourra offrir mieux puisque c\u2019est lui-méme qui, à titre de ministre de la planification et du budget, a dirigé la politique d\u2019ouverture du gouvernement de la Madrid.Mais la naissance d\u2019une véritable opposition au Mexique pourrait signifier, à moyen terme, la mise en avant de solutioas alternatives à la crise.Carxle-nas propose par exemple la suspension du paiement de la dette extérieure jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit renégociée selon des termes acceptables, le gel du prix des produiLs de base et une forte stimulation de la demande intérieure.Enfin, il est partisan de la poursuite de la réforme agraire, laquelle a perdu du terrain récemment au profit des cultures d\u2019exportation.Plusieurs .syndicats puissants comme celui des employes du secteur pétrolier, et combatife (électricité.téléphone) lui ont apporté leur appui.Il y a même dans l\u2019armée mexicaine, assure M.Cardenas, \u201cun groupe très important qui réclame la fin de la corruption et le retour à la démocratie\u2019\u2019, les problèmes se posent depuis plusieurs années déjà et des solutions dirergentes emergent Le Mexique est a la croisée des chemias JoumaiM» pigirt*, Clwo»w\t*\u2022( feMtaM* A Quebec, Le Soleil, samedi 25 juin 1988 B-3 La reconnaissance des femmes au Québec LES DOSSIERSI Un accouchement «compliqué La d^ision de la ministre Thérèse Lavoie-Roux de reconnaître le statut des sages-femmes au Québec est attendue avec impatience dans les milieux concernés.Un choix politique que contestent d\u2019avance les organisations de médecins mais que de simples médecins endossent ?Les sages-femmes du Quebec sont sur les dents.Après dix ans de tergiversations, d\u2019etudes, de consultations et de débats interminables, le gouvernement s\u2019est enfin engage à statuer sur leur sort.V'a-t-on reconnaitre légalement la pratique de sages-femmes?Si oui, à quelles conditions?La ministre de la Santé et des Services sociaux, Therese Lavoie-Roux, s\u2019est donne jusqu\u2019à l\u2019automne pour accoucher d\u2019une décision.Mais tout laisse croire, déjà, qu\u2019il s\u2019agira d\u2019un accouchement «compliqué».par Pierre BOULET Ce n'est pas pour rien qu\u2019à Québec, les gouvernements successifs ont mis tant de temps à se brancher.Le dossier sent le conflit à plein nez.Depuis le début, la Corporation professionnelle des méde- cins du Quebec et les diverses federations medicales ont mene une guerre de tranchées contre l'apparition de ces « nouvelles intervenantes » dans le réseau de la périnatalité (l'ensemble des soins et des interventions entourant la naissance).Parallèlement, les sages-femmes se sont attire d\u2019innombrables appuis.Plusieurs, bien sûr, viennent d\u2019organismes et de groupes de femmes (Conseil du statut de la femme, AFEAS, Fédération des femmes du Quebec, cercles de fermieres, etc.).Mais il s\u2019en trouve aussi beaucoup qui émanent du réseau québécois de la santé (hôpitaux, CLSC, Federation des infirmières et infirmiers du Québec.et plusieurs médecins gymecologues-obstétriciens).En 1987, un comité de travail, forme à la demande de la ministre de la Santé, recommandait la reconnaissance de la pratique de sages-femmes au Québec.Peu apres, le Conseil des affaires sociales et de la famille émettait un avis dans le même sens et recommandait, entre-temps, l\u2019implantation de projets pilotes.La même Plusieurs Neo-Quebécoises ont amene avec elles la pratique de sages-femmes.La corporation s\u2019oppose ?Cernée par les faits, la ministre Lavoie-Roux aurait en principe beau jeu pour ouvrir la porte toute grande aux sages-femmes.C\u2019est compter sans l\u2019irréductible opposition des chàtcaux-forts de la médecine.Ils avaient fourbi leurs armes avec un certain succès, lors de la reconnaissance professionnelle des chiropraticiens et des acupuncteurs.Dans les faits, ils avaient gardé le contrôle sur la pratique de ces professions périphériques à l\u2019exercice de la médecine.Cette fois, on vient les attaquer sur leur terrain, dans leur champ de pratique, à même leur marché.Officiellement, la Corporation professionnelle des médecins et la F'édération des médecins omnipraticiens ne prendront position qu\u2019à l\u2019automne dans le dossier des sages-femmes.une fois que la ministre aura pris sa décision.Dans les faits, les deux organismes ne cachent pas leur vive opposition.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019Augustin Roy.président de la corporation, de Clément Richer ou de Georges Boileau, président et directeur des communications de la FMOQ, ou encore d\u2019Antonin Rochette, président de l\u2019Association des obstétriciens-gynécologues du Québec, l\u2019argument est le même.ILs déroulent la même cassette, mot à mot; seules les voix changent.« Le CJuébec occupe le quatrième rang au monde pour la qualité de ses services de périnatalité.Rien ne nous prouve scientifiquement que l\u2019ajout d\u2019une nouvelle intervenante améliorerait cette qualité.Nous ne nions pas la compétence des sages-femmes.Nous disons seulement que nous n\u2019en avons pas besoin.Nous n\u2019en avons pas les moyens non plus.» Pour les porte-parole médicaux, le facteur «risque» joue aus.si: « Nous ne pouvons affirmer qu\u2019un accouchement est « normal » tant qu\u2019il n\u2019est pas terminé.» Face à l\u2019argument de !'« accident imprévisible ».la corporation et la f^éra-tion s\u2019entendent: « Pas question de cautionner les accouchements hors de l\u2019hôpital! » Le président de la Corporation professionnelle des médecins, Augustin Roy, va encore plus loin Pour lui, les coasultations menées par le ministère de la Santé et des Services sociaux .sur la périnatalité ne sont qu\u2019« un prétexte pour amener les sages-femmes au (Québec ».« C\u2019est de la frime », ajoute-t-il.La preuve?« La corporation et les fé-dératioas de médecins ont été tenues à l\u2019écart de ces consultations » Le président de la CPMQ ne croit pas qu\u2019il y ait une véritable demande populaire pour la pratique de sages-femmes.Ses .statistiques révélent que .seulement deux pour 100 des Canadiens y seraient favorables.Le docteur Roy est d\u2019avis que si les médecins tiennent un discours « scientifique » dans ce dossier, les tenants de sages-femmes, eux, tiennent un discours «émotif».Il qualifie d\u2019ailleurs de « marginal » le mouvement d\u2019appui à la pratique de sages-femmes.« C\u2019est l\u2019affaire d\u2019un petit groupe d\u2019activistes féministes.» «Je suis prêt à les affronter n\u2019importe quand.je les attends », conclut le président de la CPMQ.Mais à l\u2019automne, c\u2019est la ministre Lavoie-Roux que le docteur Roy trouvera sur sa route.Reste seulement a savoir si elle aura envie de relever le gant.année.l\u2019Office des professions du Quebec proposait de permettre « l\u2019expérimentation » de la pratique de sages-femmes dans un cadre légal au Quebec.La pression politique Au sein même de la population, le désir d\u2019« accoucher autrement » se manifeste aussi de plus en plus perceptiblement.Un sondage mené en 1985 dans l\u2019CXitaouais auprès d\u2019une population-cible de femmes âgées de 20 à 45 ans révélé que fi>8 pour 100 des repondantes souhaiteraient avoir recours à une sage-femme pour accoucher.Bref, la pression politique est telle que la ministre Lavoie-Roux a senti le besoin de fixer une échéance.Elle a même choisi d\u2019annoncer une partie de ses couleurs, en mai, devant ceux qui incarnent la résistance la plus acharnée à la reconnaissance des .sages-femmes: les membres de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMO(2) « Cette question est sur la table depuis dix ans.Les femmes demandent à pouvoir démédicaliser l\u2019acte de l\u2019accouchement», a déclaré la ministre.«Je comprends que la FMOQ défende les intérêts de ses membres, mais le gouvernement doit tenir compte de l\u2019ensemble des aspirations de la popula- tion, et doit être à l\u2019ccoutc besoins qui sont exprimés.» des On peut donc s\u2019attendre à ce que la ministre reconnaisse légalement les sages-femmes.Voila pour le pot lance à la tête des omnipraticiens.Mais il se pourrait bien, du même coup, que Mme Lavoie-Roux leur reserve une fleur: reconnaissance, oui.mais sous contrôle médical, a l\u2019intérieur d\u2019équipes multidisciplinaires, dans les seuls services d\u2019obstétrique des hôpitaux.C\u2019est précisément ce que ne veulent pas les sages-femmes! Une pratique différente Si les sages-femmes réclament qu\u2019on les reconnaisse légalement, elles tiennent aussi mordicus a ce que le gouvernement cautionne leur champ de pratique; la possibilité d\u2019assurer la préparation, l\u2019accouchement et le suivi de femmes présentant une « grossesse normale ».En deux mots, une approche globale de la périnatalité.Cette pratique, elles veulent en outre pouvoir l\u2019a-ssumer dans un contexte démédicalisé, hors de l'hôpital (à la maison, dans des centres de maternité tenus par des sages-femmes, dans les CLSQ.C\u2019e.st là, d\u2019ailleurs, l\u2019une des caractéristiques essentielles de la philosophie et de la pratique des sages-femmes.Pour Jocelyne Gagné, coordonnatrice du œmite de travail forme a la demande de la ministre l.avoie-Roa\\, « on passerait complètement à œte de la pratique de sages-femmes si on confinait ces dernières aux hôpitaux ».« Il n\u2019y a nen de plus natua'l qu\u2019une grDs.ses.se et qu'un accouchement », affirme laicie Couillard, secretaire de l\u2019Association des sages-femmes du (^ebec.« Accoucher, ce n\u2019est pas une maladie.» Pourtant, l\u2019article .11 de la loi de la médecine continue d'as,socier « la pratique de l\u2019accouchement » au traitement d\u2019une « déficience de la santé » et.a ce titre, en reserve l\u2019accès aux seuls medmns Dans ce contexte et à quelques exceptions prés, la pratique d\u2019un accouchement par une sage-femme constitue toujours un acte illégal A ce chapitre, le Quebec inscrit un retard considerable sur l\u2019ensemble du monde indastriali.se ()u\u2019il suffise de dire que 96 pour 100 des pays membres de l\u2019Organisation mondiale de la santé ((3mS) reconnais.sent officiellement la pratique de .sages-femmes.En dépit des contraintes jundi-ques et professionnelles, les .sages-femmes sont en demande, au (Quebec.L\u2019Association des sages-femmes et l\u2019Alliance québécoise des .sages-femmes comptent a elles deux plus de 70 membres, qui pratiquent au total entre 2,000 et 3,(KK) accouchements p.ir .innee 1 n outre, 1.17 infimiieies (lo.s.sed.iient, en 198,1, un diplôme de sage-femme l\u201ei présidente de l'.Vssix'ia-tion, Gertmde Livoie, évalué ;i près de .'l(X) le nombre de sages-femmes au Qui'btx Les sages-femmes ()ui pratiquent au Quebtx- ont nH,!! leur formation d\u2019ecoles n'connues daas d\u2019autres pays, au (Juelxx' (l'hôpiial du Saint-Saemment a olfert un cours de 1962 a l!t72), ou se sont auto-formrt\u2019s la secretaire de rAs.s(x'iation, lAicie Couillard, reoinnait qu\u2019il se pratique des atrouchements a la mai.son par des sages-femmes dont la formation n'e.st pas adequate.« C\u2019e.st un argument de plas, affir-me-t-elle, pour reœnnaitre la profession et contrôler ainsi la formation » l e comité de travail ministeriel et les groupes de .sages-femmes recommandent, a ce chapitre, l\u2019obtention d'un diplôme universitaire spécialisé de premier cycle jx)ur accéder au droit de pratique Quoi qu\u2019il en soit, toas les intervenants daas ce dossier, de quelque camp qu'ils soient, s\u2019entendent pour dira que la mini.stre de la .Santé et des Services s(x:iaux disperse depuis longtemps de tous les éléments sasceptihies d\u2019éclairer sa décision Le reste n\u2019est que politique.Des médecins sont d\u2019accord ?Si les dinosaures de la médecine québécoise résistent farouchement à l\u2019intégration des sages-femmes dans le champ de la périnatalité, il en va autrement de plusieurs institutions et professionnels du réseau de la santé.C\u2019est ainsi que la direction de l\u2019hôpital du Saint-SacremenL de concert avec ses médecins, a décidé d\u2019appuyer officiellement le projet d\u2019implantation d\u2019un centre de maternité autonome entièrement conçu et tenu par des sages-femmes.Ce projet, dont LE SOLEIL a livré les grandes li^es dans .son édition de samedi dernier, fait partie d'une brochette de six projets pilotes soumis à l\u2019approbation de la ministre Lavoie-Roux.Le conseil d\u2019administration de l\u2019hôpital a décidé d\u2019apporter son .soutien au centre de maternité, pour peu qu\u2019il soit implanté à moins de dix minutes du centre hospitalier.C\u2019e.st d\u2019ailleurs au Département de santé communautaire (DSQ de Saint-Sacrement que reviendrait la res- ponsabilité d\u2019évaluer la marche du projet.Pour le président du coraseil des médecins et dentistes de l\u2019hôpital, Claude Petitclerc, «le sérieux du projet ne fait pas de doute ».La résistance de la Corporation professionnelle n\u2019ébranlera pas, sem-ble-t-il, la position des m^ecins de Saint-Sacrement.« S\u2019il le faut, nous retournerons consTilter nos membres.Dans la mesure ou le projet est bien encadré, noas continuerons de l\u2019appuyer.Ici, à l\u2019hôpi- tal, nous sommes prêts a répondra à toute complication qui noas arrivera du centre de maternité.» Le docteur Petitclerc croit en outre que la Corporation professionnelle des médecins aurait peut-être intérêt a attendre l\u2019évaluation des projets pilotes avant de prendre une position définitive quant aux sages-femmes.Pour sa part, le docteur Pierre Blanchet, obstétricien-gynécologue a Saint-Sacrement, a déjà donné * .V \"ï ^ V -.I, Jlcp - ! ih88ti X J '\\ .\u2019.L La\tAo(«nd Mafcoui Table-ronde à l\u2019hôpital du Saint-Sacrement: Pierre Blanchet obstétricien-gynécologue; René Tremblay, directeur du DSC; Gertrude Lavoie, sage-femme; Jocelyne Gagné, coordonnatrice du comité de travail ministériel sur la périnatalité; Fernand Boutin, directeur général; Claude Petitclerc.président du conseil des médecins et dentistes; Lucie Couillard.sage-femme; et Rita Martel, directrice des soins infirmiers.un appui cent au projet de mai.son de maternité.« Il faut, dit-il, se rendre a l\u2019évidence qu\u2019il y a une demande de plus en plas forte pour les sages-femmes.Avec un enai-drement et un suivi efficaces, la pratique de sages-femmes nous permettrait d«M tfaonuniiirwion mCRRE DES MAAAIS H PTMXlani « EdMur ROSCRT NOMiAMO EdWur adtant \u2022« iddacMur an CLAUOCGIUVeL ?vactaui de \u2022 rtorrmiori OEWS ANGERS Vioa-pféadant al eaaonaf CHARL» < )rd 20.50 I »,.55( H.56.1 II) 1)1) Ord 21 51) 15.05( H.V5onderBi-a n\" 16\u201d5 a .irinauia- pour soiioen léger Blanc ou Ix ige .5 i a .56 A.C 5 1 à 5H, B Ord I ).50 10,15(11.Playtax n\" 72218-houfes sans coutures Blanc ou beige 36 à 38B 36 à 42C.Ord 25.50 17,85 CH.36 à 42D, DD Blanc seulement.Ord.27.50 19,25 CH.Pla> Icx n\" .59 5 I es Beautés ( ix'ur ( mise sans couluas Blanc ou beige 51 a ,58 B, C.Oal 22S 15,40(11.Vtarncr\u2019sn\" llMKiMzzlesà arnuiua- Ivoia tuimoka 5 ià 56 A.B.C, D Ord IHS 12,60 CH.Warner's n\" 25iOà armaïua-et Ninneis moulés Blanc ou beige .51 à 58 B, C.Ord S 20 1.5,99 CH.51 à 58 D Oal 21S |4,'\u20190CH.» \\' Vogue n \" l'tiOpourle sport, fraitheet tonlonabir.Blanc ou beige 5 i a 58 B.C.D Oal rs 1I,90CH.Vogue n» \"210 \"Iniimates à arnialua sanscouiua-s Blanc beige 51 à 58 B, C Ord 16 50 11,55 CH.Culotte échancrée en coton n° 845 Coutures discrètes BlarK P M G Ord 3.50 2.39 CH.Culotte en pur coton Pima n°710 Blanc PMQ.Od 2.69 1.69 CH.Bikini cchancré en pur colon f\u2019ima n\" 8
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