Le soleil, 8 janvier 2005, Cahier D
[" Cahier D LE SOLEIL ZOOM CAHIER SPÉCIAL LES PERCÉES ET LES DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES À QUÉBEC EN 2004 Le samedi S^Lianvier 200 Dans les laboratoires de Québec, 7000 personnes découvrent et inventent des choses qui pouiraient changer vos vies.LE SOLEIL a visité ces laboratoires et vous propose un survol des percées scientifiques les plus significatives de la dernière année.OBESITE Un mystère du stockage de la graisse révélé D2 SANTÉ Un petit fruit qui protège le cœur D3 MÉDECINE Valve cardiaque faite de cellules humaines 05 ASTRONOMIE La performance des télescopes multipliée 07 AGRONOMIE Des moutons en amour plus souvent 010 ENVIRONNEMENT Bulletin d\u2019une mort annoncée Bulletin d\u2019une mort annoncée Violaine Ballivv VBallivy®!^ soleil.com ¦ Un incontournable.L\u2019une des plus Importantes missions jamais effectuées dans l\u2019Arctique est revenue au port de Québec cet automne.Pilote de l\u2019entreprise, Louis Fortier, chercheur à l\u2019Université Laval, rapporte un constat encore plus dur que les prévisions ne le laissaient croire.D ici 50 à 100 ans, l\u2019océan septentrional sera libre de glace et les ours polaires rejoindront les licornes dans les livres pour enfants.Disparus de la surface de la terre, sinon dans les zoos.Il est difficile de cerner une seule découverte avec Louis Fbrtier.Avec son équipe multidisciplinaire, ce sont des milliers de données qu\u2019il rapporte, autant de résultats à analyser, d\u2019études sur la santé des Inuits ou les populations de mammifères ours polaires qui renvoient toutes un même cri d\u2019alarme.Mais le chercheur est particulièrement fier d\u2019avoir résolu le « mystère de la morue arctique manquante ».Ce petit poisson de rien du tout, même pas très bon au goût, intrigue les océanographes depuis toujours parce qu\u2019ils n\u2019arrivent pas à le trouver en grande quantité ailleurs que dans l\u2019estomac de ces gloutons de mammifères marins.«Au moins 30% des poissons échappaient à nos observations.» Louis Fbrtier les a dénichés, lui, bien cachés dans le fond de l\u2019eau, blottis tellement densément que les sonars les confondaient avec le fond marin.ADAPTATION Cette découverte est très significative.C\u2019est la preuve que l\u2019écosystème arctique est mieux adapté que prévu au climat rigoureux et donc, plus sensible à la moindre perturbation.Si les poissons s\u2019agglutinent en profondeur, explique M.Fortier, c\u2019est pour se nourrir de plancton.Ainsi, contrairement à ce qu\u2019imaginaient les chercheurs, la faune arctique ne s\u2019endort pas pendant le long hiver\u2014de septembre à juillet\u2014, mais reste bien active.Cet équilibre est cependant précaire.« Dans les prochaines années, les espèces locales vont profiter du réchauffement climatique », dit le chercheur.« Le phytoplancton fera plus de photosynthèse et la chaîne alimentaire aura plus de nourriture.Mais dès que la hausse atteindra cinq, six ou sept degrés, la faune va disparaître rapidement au profit d\u2019autres espèces habituées à des climats plus chauds.» Les ours polaires et les morses vont beaucoup souffrir, probablement disparaître.« Dans 50 ans, 100 ans au maximum, l\u2019écosystème aura disparu.L\u2019océan Arctique aura la même allure que le fleuve Saint-Laurent.» CETTE GLACE QUI RESPIRE Cette énigme résolue, Louis Fbrtier en a fait naître une autre.Une astuce bien hollywoodienne pour tenir son public en haleine pendant ses autres péripéties à bord de M Hunier % ARCHIVES LE SOLEIL RAYNALD LAVOIE Dans le territoire arctique, Louis Fortier a pris le pouls d\u2019un écosystème malade.«Dans 50 ans, 100 ans au maximum, l\u2019écosystème aura disparu.L\u2019océan Arctique aura la même allure que le fleuve Saint-Laurent », dit-il.YAmundsen, financées à tout le moins pour les sept prochaines années.Le nouveau casse-tête de l\u2019aventurier polaire, c\u2019est celui de la glace qui respire.Louis Fbrtier a découvert que l\u2019eau gelée a la capacité d\u2019absorber jusqu\u2019à 20 mg de carbone par mètre carré.«Ça semble peu, comme ça», dit Louis Fbrtier.Mais, en multipliant ce facteur par la superficie totale de la calotte glacière, on comprend alors qu\u2019elle nettoie de 7 à H % des rejets de polluants dans l\u2019atmosphère, soit l\u2019équivalent de ce qui pourrait être atteint avec l\u2019application du l\u2019rotoco-le de Kyoto.«On croyait que la glace était complètement étanche, or, c\u2019est faux.Cette nouvelle donne est primordiale pour établir de meilleures prévisions climatiques.» D\u2019autant plus qu\u2019il faut penser à ce qui se passera quand cette glace se sera évaporée.« Et ça, on ne le sait pas du tout», admet M.Fortier.D\u2019une part, les scientifiques ignorent où la glace cache le gaz carbonique (C02) qu\u2019elle avale.S\u2019il est stocké dans l\u2019eau gelée, on pourrait craindre qu\u2019il soit libéré lorsque les icebergs se liquéfieront.À l\u2019opposé, et fort ironiquement, le grand dégel pourrait permettre de contrer l\u2019effet de serre puisque les océans libres sont d\u2019encore meilleurs poumons que les banquises.Mais avec son esprit cartésien, Louis Fbrtier ne se laisse pas emballer.Cet effet, dit-il, sera sûrement annihilé par d\u2019autres facteurs.L\u2019effet Albédo, entre autres, qui désigne le phénomène par lequel la glace réfléchit les rayons du soleil vers l\u2019espace.Au fur et à mesure que la glace disparaîtra, les radiations seront mieux absorbées par l\u2019eau, et la hausse des températures sera accélérée.« Pour stabiliser la situation, on aurait besoin d\u2019appliquer 10 Protocoles de Kyoto, mais on a de la misère à le faire pour un seul.Il faut se préparer au plein impact de la disparition de l\u2019Arctique.» Pessimiste, le chercheur?Pourtant, non.« L\u2019esprit humain envisage toujours le changement d\u2019un mauvais œil.Mais on peut voir les choses d un autre côté.En ce moment, c\u2019est comme si le Sahara se transformait en forêt amazonienne.» Fit puis, «je ne me plaindrai pas s\u2019il fait un peu plus chaud à Québec ».«On aurait besoin^ d\u2019appliquer 10 Protocoles de Kyoto, mais on a de la misère à le faire pour un seul.» ?Fiche technique ?\tChercheur Louis Fortier, océanographe ?\tUnité Québec-Océan (Groupe interinstitutionnel de recherches océanographiques du Québec), rattaché à l\u2019Université Laval, et Articnet, réseau des centres d\u2019excellence en océanographie nordique.Deux cent vingt-cinq chercheurs provenant de huit pays ont participé à l'expédition ?\tSubventions : 10 millions $ pour transformer le brise-glace Amundsen en laboratoire de recherche flottant, plus 10 millions $ pour en assurer le fonctionnement l\u2019an dernier.Des enveloppes annuelles de 6,4 millions $ permettront de poursuivre les recherches encore sept ans ?\tSource Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et Fondation canadienne pour l\u2019innovation ¦M as*.Jean Man.bnjnei LE NATURISTE tSI-S24* Une vaste gamme de produits pour la santé et Nfbien-être (système nerveu*, digestif ou immunitaire, facultés intellectuelles, fonctions cardiaques, articulations, condition physique.).Suppléments alimentaires et vitaminiques, produits naturels, produits de beauté et de soins corporels.Exclusivités: produits le Naturiste et Gamme Nature en pratique emballage avec sachet individuel pour dose quotidienne LES-HALLES DE-SAINTE\u2019FOY ¦ -\u2014¦ D 2 ZOOM LE SOLEIL.Le samedi 8 janvier 2005 Le samedi 8 jai Un «gène de la faim»qui pousse à trop manger Un jour, une simple goutte de sang révélera si vous êtes porteur du « gène de la faim », découvert par le chercheur Louis l\u2019érusse, professeur de kinésioiogie de la faculté de médecine de l\u2019Université Laval.Les porteurs de cette mutation génétique, qui prédispose à l'obésité, sont fragiles à la sensation de faim et donc facilement portés à s\u2019empiffrer.Le I)' l'érusse estime que 10% de la population pourrait en être affectée, en se fondant sur les résultats de son étude sur 660 sujets de la région de Québec.Ces gens font partie d\u2019une population de 1000 personnes suivie depuis 30 ans par des chercheurs de Laval.A moyen terme, estime-t-il, les médecins et les nutritionnistes pourront ci- bler les gens à risque et tenter de modifier précocement leur comportement alimentaire.Le spécialiste en nutrigénomique ne croit pas qu\u2019on ira jusqu\u2019à vouloir modifier ce gène problématique chez les porteurs.U* brevet que détient l\u2019Université l>a-val sur ce gène pourrait éventuellement mener à l'élaboration d\u2019un médicament susceptible de donner un coup de pouce à ceux qui désirent perdre du poids, poursuit le prof.Une possibilité sérieuse quand on sait que l\u2019industrie de la lutte contre les kilos engrange 30 milliards S par an, aux États-Unis seulement.La découverte du gène de la faim est l\u2019heureux résultat d\u2019une partie de pêche lancée par le chercheur.Son équipe avait planté 450 « poteaux » ou LE SOLEIL STEVE DESCHENES b hum Féru**?, profrtuteur agrégé de kinésiologie a la faculté de médecine de l\u2019Unicenité bu al.marqueurs à divers endroits du génome sur ses sujets.La prise a surgi dans la région du chromosome 15, qui leur a livré la protéine neuromédine-B.Chez les porteurs du gène muté, le message se rend moins bien à la protéine qui émet le signai de rassasiement.Une analyse de leur comportement révélait qu\u2019ils sont effectivement deux fois plus susceptibles que les autres de céder à la tentation, en situation de stress ou devant un buffet bien garni ; en six ans, ils avaient pris deux fois plus de poids que les autres participants à l\u2019étude.La théorie du !> l'érusse a soutenu avec brio une vérification effectuée, dans une seconde étape, sur les tissus gastriques de patients obèses, prélevés lors de chirurgies bariatriques à l\u2019hôpital Laval : la mutation génétique a été observée dans ces tissus.Cette découverte fera prochainement l\u2019objet d\u2019un article dans VAmerican Journal of Clinical Nutrition.Marie Caouette ?Fiche technique j Découverte une mutation génétique qui inhibe l\u2019action de la protéine neu-romédme-B.responsable de la sensation de satiété j Nom du chercheur: 0 Louis Pérusse.division de kinésiologie de la faculté de médecine, et Marie-Claude Vohl.du Centre de recherches sur les maladies lipidiques _l Champ de recherche nutrigénomique J Subvention 132 000 S des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) j Établissement Université Laval Acquise tout récemment parl\u2019INAF, cette grosse machine reproduit arec fidélité le système digestif.DECOUV DECOUVERTES 2004 i Sa découverte sur la protéine SIRT1 propulse Frédéric Picard au poste de directeur de recherche à 30 ans > Fiche technique ?\tDécouverte les liens entre la protéine SIRT1 et l\u2019accumulation de graisses dans les tissus et le fonctionnement des mitochondries L) Nom du chercheur: D Frédéric Picard ?\tChamp de recherche: biologie moléculaire J Budget et subventions bourse doctorale.Fonds du Massachusetts Institute of Technology, Institut de recherche en santé du Canada, Fonds de recherche en santé du Québec Marie Caouette MCaoucttc@lcsolcil.cotn ¦ L'importance de la découverte effectuée, l'an dernier, par Frédéric Picard, dans le domaine de la biologie moléculaire, lui vaut de diriger, à 30 ans à peine, une équipe de cinq biologistes et biochimistes au Centre de recherche de l\u2019hôpital Laval.« l\\)ur quelqu\u2019un qui commence, c'est une situation assez exceptionnelle, dit le jeune chercheur originaire de Saint-Romuald.C\u2019est habituellement assez difficile d'attirer des étudiants.Toutes les semaines, je reçois des propositions de gens qui veulent travailler avec moi ! » Cette notoriété découle du fait que le professeur Picard a percé un des secrets de la protéine SIRT1, au cours d\u2019un second stage postdoctoral, au Massachusetts Institute of Technology.Déjà associée au phénomène du vieillissement, cette protéine est aussi responsable de l\u2019accumulation de graisse, a-t-il découvert.Le jeune chercheur a d'ailleurs cosigné un article sur le sujet, en juin, dans la revue Nature.LIEN AVEC LE VIEILLISSEMENT Les Américains avaient déjà établi le lien entre la protéine et le vieillissement cellulaire de certains organismes>xplique Frédéric IVard.L\u2019âge amène une diminution d'activité de SIHT1 et cela \\ Cette nouvelle percée sera l\u2019objet d'un nouvel article, bientôt, dans la revue Gènes and Development.DES PONTS Ces dernières avancées ont amené l\u2019équipe de chercheurs à jeter des ponts avec le service de chirurgie bariatrique de l\u2019hôpital Laval, qui traite les personnes souffrant d\u2019obésité morbide.« On veut voir si la protéine SIRT1 fonctionne moins bien chez des sujets obèses.» Les chercheurs vérifieront leur hypothèse sur les Ses travaux pourraient mener à la mise au point (Tun produit pour combattre l\u2019obésité en stimulant le brûlage des caTories et en LE SOLEIL JEAN MARIE VILLENEUVE tredenc Ficard est le directeur d'une équipe de recherche sur l'obésité au Centre de recherches de l'hôpital biral qui a fait un nouveau pas.l'automne dernier, dans la connaissance des propriétés ohésigènes de S1RT1.entraîne le vieillissement des cellules.L\u2019apport original du jeune chercheur, c'est le lien qu'il a réussi à faire entre la baisse d'activité de SIRT1 et l\u2019accumulation de graisse dans les tissus adipeux qu\u2019il a observée chez les souris de son labo.Installé»' temporairement dans des locaux provisoires à l\u2019Université Laval, l\u2019équipe de Frédéric licard continue de progresser.Elle a fait un nouveau pas.eet automne, dans la connaissance des propriétés ohésigènes de SIKT1, annon- çait-il en entrevue au début décembre.Lorsqu\u2019elle est en parfait état de marche, la protéine active le fonctionnement des mitochondries ; les mitochondries, et' sont des organismes intracellulaires qui s\u2019apparentent à des usines à fabriquer de l\u2019énergie à partir de la nourriture, décrit le prof l*icard.Quand la protéine ralentit son activité.la fonction thermogénique des cellules diminue.ce qui Chtraine l\u2019accumulation de graisses dans les tissus.empêchant le stockage des graisses quelque 300 nouveaux cas qui passent sous le bistouri chaque année.Ils auront aussi accès à la banque de tissus prélevés lors de chirurgies antérieures.«Cela représente des milliers de patients.» A plus long terme, Frédéric Picard souhaite comparer ce groupe à un éventail plus large de la population pour tenter d\u2019y déceler une mutation de la protéine qui pourrait être responsable de son mauvais fonctionnement.Ce projet n\u2019est encore qu\u2019au stade de l\u2019évaluation par un comité éthique.IX'jà, les deux brevets mis au point par le jeune chercheur ont été achetés par une petite entreprise de biotechno de Boston, appartenant au MIT, pour lequel travaillait Frédéric Heard.Les travaux du I> Heard pourraient mener, un jour, à la mise au point d\u2019un produit commercialisable à partir de la molécule active de la protéine SIRT1.Un tel médicament pourrait contribuer à combattre l\u2019obésité en stimulant la fonction de brûlage des calories e#en empêchant liv* stockage de graisses dans les tissus.Fie ü Découj santé i ?\tNom dl ?\tChamif ?\tBudge en sanl Coalitil 500001 Québef Laval < de canl ?\tLieu el et des T ¦ Depuis octobr nouveau métier nouvelle pour la Et une excellente et son équipe, à i l La jasettl était visilf SOLEIL < nutraceul eirculatû venir les [ siste d\u2019e rougi' nej demmenl Le samedi 6 janvier 2005 ZOOM LE SOLEIL D 3 Acquiêe tout recrmment par l IXiF, cette grotte machine reproduit acec fidélité te sy» terne digetttf.L\u2019estomac à un million Quelque pari à l'Institut des nutraceutiques et aliments fonctionnels de ('Université Laval (1NAF) se cache une drôle de bête.L\u2019objet de fascination en question ?Un robot-estomac à la fine pointe de la technologie.Acquis en octobre d'une firme des Pays-Has, cet instrument unique en Amérique du Nord simule l'estomac.l\u2019intestin grêle et le côlon.11 servira à comprendre les mécanismes de la digestion et à développer de nouveaux médicaments, ex- plique le 1V Ismail Fliss, du departement des sciences des aliments et de nutrition.Joint en Suisse, où il est présentement en année sahha tique, le professeur n'était pas peu fier du « bébé » qu'il a acheté au coût de 1 million $ grâce à une bourse de la Fondation canadienne pour l\u2019innovation.« 11 s'agit d'un système très fiable qui peut simuler la digestion chez les adultes ou les enfants», explique-t-il.La « bête ».qui ressemble à deux gros réfrigérateurs, peut aussi être adaptée pour recréer le système digestif d'un animal ou celui d'une personne malade.L\u2019appareil a aussi des impli- cations éthiques en limitant le recours à des sujets humains ou animaux, ajoute M Fliss.Et pour ceux qui se le demanderaient : non, on ne peut pas placer une poutine â une extrémité de la machine et observer le résultat ! « Mais nous avons fait le test avec du lait, du yogourt, du fromage et des produits prédigérés », explique M Fliss selon qui cet outil fascinant sera aussi utile à ses collègues.«Je pense que les retombées seront énormes, pas seulement pour moi, mais pour tous les chercheurs de l\u2019INAF et pour la région de Québec.» Vaiene (iaudreau DÉCOUVERTES 2004 ALIMENTATION Un p\u2019tit rouge à votre santé! Le jus de canneberge aide à protéger le cœur ?Fiche technique ?\tDécouverte : l\u2019effet bénéfique du jus de canneberge sur la santé cardiovasculaire ?\tNom du chercheur : D Charles Couillard ?\tChamp de recherche : alimentation, nutrition ?\tBudget ou subvention de recherche Institut de recherche en santé du Canada (IRSC), 199000$ pour deux ans; Coalition des producteurs de canneberge du Canada, 50000$ pour un an; Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), 44 000$ + la contribution de l\u2019Université Laval (salaires); la compagnie Ocean Spray a fourni le jus de canneberge ?\tLieu et nom de l'établissement Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval Valérie Gaudreau VGaudreau@lesoleil.con) ¦ Depuis octobre 2004, le jus de canneberge s est trouvé un nouveau métier ; celui de protecteur du cœur! Une bonne nouvelle pour la prévention des maladies cardiovasculaires.Et une excellente nouvelle aussi pour le Dr Charles Couillard et son équipe, à l'origine de la découverte.La jasette facile, le sourire franc, le Dr Charles Couillard était visiblement Tier de ses recherches lors de la visite du SOLEIL dans les locaux encore tout neufs de l'Institut des nutraceutiques et aliments fonctionnels (INAF) à l\u2019Univer- Il fait augmenter le taux de « bon » cholestérol sité Laval.Il faut dire que ça va plutôt bien pour ce jeune chercheur de 35 ans.En octobre dernier, les résultats de ses études cliniques menées pendant trois mois auprès de 30 hommes de 18 à 70 ans ont démontré que la consommation quotidienne de 250 à 500 ml de cocktail de canneberge sans sucre (léger) a permis d'augmenter le taux de bon cholestérol (HDL) de 8%.En améliorant la circulation sanguine, ce bon cholestérol peut aider à prévenir les maladies cardiovasculaires.Charles Couillard in- siste d'ailleurs sur le verbe « prévenir », signe que ce jus rouge n'est pas pour autant une « potion magique ! »! « Evidemment.si on continue à manger tout croche et à ne pas mm, PHOTOS LE SOLEIL JOCELYN BERNIER Charley Couillard bouger, ça ne changera rien », dit-il.Reste que pour une personne qui fait de l\u2019activité physique et s\u2019alimente bien, la canneberge peut donner un sérieux coup de pouce à la « patate ».Les vertus de la petite baie étaient connues, même du temps de nos ancêtres, notamment contre le scorbut, poursuit Charles Couillard.«La nouveauté, c\u2019est son rôle sur le bon cholestérol», indique Guillaume Ruel, étudiant à la maîtrise en nutrition à l\u2019Université Laval.C\u2019est lui qui a présenté les résultats de l\u2019étude de l\u2019équipe du O' Couillard au Congrès annuel canadien de la santé cardiovasculaire à Calgary, fin octobre.Une présentation qui a mérité à la canneberge une attention toute particulière ! DU LABORATOIRE À L\u2019ÉPICERIE En effet, les conclusions positives des recherches ont soulevé l\u2019intérêt, notamment celui des médias, dont LE SOLEIL, qui leur a consacré un article le 26 octobre dernier.Les recherches ont même inspiré les.caricaturistes ! Serge Chapleau de La Presse et Aislin de The Gazette ont tout deux fait allusion au jus de canneberge dans leurs caricatures le lendemain de la parution des résultats.Un petit velours que montre fièrement Charles Couillard.Un signe, dit-il, que de telles recherches portent sur des choses concrètes qui ont un écho immédiat.Autre exemple de l'impact de cette découverte : « Certains commerces ont connu une pénurie de jus de canneberge ! » lance Sonia Fomerleau, nutritionniste et membre de l\u2019équipe du O\u2019 Couillard.Un engouement dont M.Couillard a pu être témoin de visu la semaine suivant l'annonce des résultats.« En faisant mon épicerie, je voyais les étalages de jus de canneberge léger presque vides et des gens lisaient les étiquettes sur les bouteilles, relate-t-il en se réjouissant de « ces petits gestes » quotidiens.CE N\u2019EST QU\u2019UN DÉBUT Maintenant que Charles Couillard et son équipe de l\u2019INAF ont observé l'effet bénéfique du jus de canneberge sur le bon cliolestérol, le travail est loin d\u2019être terminé.En Une équipe \u2022dans le jus!» qui étudie l\u2019effet bénéfique du jus de canneberge sur les maladies cardiarasculaires: l'infirmiere Danielle Aubin et la nutritionniste Sonia Pomerleau.ainsi que le O' Charles Couillard et Guillaume Ruel.étudiant a la maîtrise en nutrition.fait, il ne fait que commencer.Maintenant, il reste à savoir avec plus de détails ce qui cause l\u2019heureux phénomène.« Présentement, c\u2019est comme si on avait une photographie.Là, il faut savoir pourquoi les gens qu\u2019on y voit se sont retrouvés dessus ! ».illustre le chercheur.C\u2019est pourquoi ces prochaines semaines, 50 autres participants se prêteront à une nouvelle étude portant sur la santé des vaisseaux sanguins dont les résultats préliminaires devraient être connus en juin.Une suite des choses que le lï Couillard envisage avec enthousiasme.«Obtenir des résultats positifs est toujours le fun.Ça permet de poser les ja^ns pour les prochaines recherches.» ZOOM LE SOLEIL Le samedi 8 janvier 2005 D 4 SCIENCES HUMAINES Le sommeil sans pilule Jkan-Fhançois Cliche J PCI i e he@lesoleil.coM ¦ C\u2019est un refrain assez connu : trop de gens prennent des médicaments pour dormir, et une bonne partie d\u2019entre eux en consomment trop, trop longtemps.Mais comment les éloigner durablement de leur pharmacopée si cela signifie qu\u2019ils ne dormiront plus?U1 psychologue Charles M.Morin, professeur à l\u2019Université Laval, y est parvenu.Le point de départ de ses recherches est un fort, fort grand mot.Benzodiazépine.Plus facile à avaler qu\u2019à prononcer, il s\u2019agit d\u2019une famille de médicaments utilisés dans le traitement de l\u2019insomnie, dont le fameux Valium fait partie.Ces produits peuvent être efficaces dans de nombreux cas, mais leur utilisation ne devrait pas s\u2019étendre au-delà de deux à quatre semaines.( )r, c\u2019est précisément ce qui arrive: on sait en effet depuis plusieurs années que les deux tiers des « usagers » en consomment pendant plus d'un an, et qu\u2019un tiers le font pendant plus de cinq ans.À long terme, et surtout chez les personnes âgées, qui les métabolisent moins bien, les benzodiazépines peuvent engendrer des déficits d\u2019atten-La thérapie\ttion et des problè- -\u201c7 r T mes de motricité, en cognitive-comportementaie plus de diminuer la coiwiste à changef de mauvaises habitudes de\tcausent aussi une -\tdépendance, ht sommeil et de fausses\tC\u2019est ici que réquipe de M.Morin est in- croyances sur I insomnie\ttervenue _ avec succès.« Il y a des gens qui ont l\u2019impression qu\u2019ils ne sont pas capables de s\u2019en défaire, dit M.Morin.Ces personnes ne sont pas toujours guidées dans leur démarche de sevrage.(.) « Les gros consommateurs qui arrêtent tout d\u2019un coup peuvent aussi souffrir d\u2019une \u201cinsomnie de rebond\u201d \u2014 encore pire que celle que les comprimés devaient régler \u2014 qui les ramène vers les médicaments.» M.Morin a donc testé trois avenues de sevrage sur 7(i sujets : le sevrage supervisé, la thérapie cognitive-comporte-mentale et un mélange des deux.Tous consommaient au départ des benzodiazépines avant de se coucher.Appliquée à l\u2019insomnie, la thérapie cognitive-comporte-mentale consiste, concrètement, à changer de mauvaises habitudes de sommeil et de fausses croyances au sujet de l\u2019insomnie.Après 12 mois, l\u2019ensemble de ces patients étaient parvenus à réduire leur consommation de somnifères de 90%, et ils en prenaient moins souvent \u2014 2,29 soirs par semaine en moyenne, contre 6,7 auparavant.C\u2019est en combinant un programme de sevrage et une thérapie cognitive-comportementale que l\u2019on semble obtenir les meilleurs résultats.En effet, ceux qui ont bénéficié de ce traitement combiné sont aussi ceux qui, après 12 mois, ingéraient des benzodiazépines le moins souvent, avec une fréquence moyenne d'utilisation de 0,19 soir par semaine.Us étaient en outre plus nombreux (85% contre environ 50%) à ne plus consommer de benzodiazépines du tout.«Le but de tout ça, commente M.Morin, c\u2019est toujours de rendre un service plus accessible à la population.Ici, il y a peu de gens souffrant d'insomnie qui vont consulter, en partie parce qu\u2019ils ne veulent pas prendre de somnifères.» En mettant au point une thérapie sans médication \u2014 ou qui permet de s\u2019en débarrasser \u2014 M.Morin espère que davantage d\u2019insomniaques pourront être traités.Un psy efficace au.( )n savait déjà que l'approche comportementale donnait de bons résultats dans le traitement de l'insomnie.Ce qu\u2019on ignorait, c\u2019est qu\u2019elle est aussi efficace au téléphone que lorsque le psychologue rencontre son patient en personne.Une équipe de chercheurs de l\u2019Université Laval, menée par Céline Bastien, a entrepris cette année de donner ce type de traitement à des insomniaques en sessions individuelles, de groupe et téléphoniques afin de comparer les résultats.Surprise.«On s\u2019attendait à ce que la thérapie par téléphone soit moins efficace, mais ce n\u2019est pas le cas », constate Mm' Bastien.Les patients traités au téléphone, en effet, ont aussi bien « guéri » que les autres.La différence \u2014 et l\u2019intérêt de cette expérience \u2014, souligne M\" Bastien.tient à l\u2019accessibilité plus grande du traitement : à succès égal, le téléphone évite aux patients de se déplacer et les sessions ne durent que 20 minutes, contre une heure pour les sessions individuelles et t hitO pour les sessions de groupe.On pourrait donc, éventuellement.soigner son insomnie pour moins cher et sans se rendre en clinique, ce qui aurait aussi pour effet d\u2019éloigner un certain nombre d\u2019insomniaques des somnifères.La chercheuse croit que cette avenue pourrait éventuellement être appliquée à d'autres therapies \u2014 dans la mesure où leur efficacité est déjà bien établie.Jean-Fmnçai* curhe Quand le plomb parle COMMUNICATIONS Un 9-1-1 à l\u2019échelle planétaire ARCHIVES LE SOLEIL Mario Girard, de Nstein Technologies N\u2019ayons pas peur des mots.A l\u2019heure où la planète semble de plus en plus petite et que des événements à un coin du globe peuvent avoir des conséquences désastreuses ailleurs en moins de temps qu\u2019on ne crie avion, il vaut mieux bien se comprendre.Et pour y arriver, la lâche revient à la plateforme informatique conçue par Nstein Technologies.L\u2019entreprise fondée à Québec, mais qui possède maintenant ses installations à Montréal et aux Etats-Unis, fournit en effet la technologie derrière le Réseau mondial d\u2019information en santé publique (KMISBII).Brace à un puissant logiciel de reconnaissance de textes qui fonctionne désormais en sept langues, Nstein offre la capacité de résumer, de comprendre, d\u2019analyser et de traduire d\u2019énormes quantités d\u2019information, en temps réel.Multiples fils de presse ou sites Internet, le RM1SPII est à 1 affût de signaux d\u2019alerte identifiés par des groupes comme l\u2019( irganisation mondiale de la santé (< ).MS) ou le Center for Disease Control and ITevention (CDC) américain.« L\u2019objectif est d\u2019obtenir une action concertée mondiale», précise Rina Marchand, responsable des relations avec les médias pour Nstein.Dans la foulée des incidents comme le SRAS et la grippe aviaire, la performance de la seconde version du système de veille initiée par l\u2019Agence de la santé publique du Canada, réalisée par Nstein et récemment présentée devant les Nations unies, apparaît encore plus importante.En moyenne, cinq ou six «cas suspects » par semaine sont détectés sur la planète grâce au RMISPII.Et les applications d\u2019une telle technologie ne manquent pas, qu\u2019on pense seulement à la surveillance d\u2019un autre fléau dans l\u2019air du temps : le terrorisme.Jean-Sébastien Massicutte Grammaire de l\u2019image Lionel et i*ascal Audant veulent inventer un langage qui se passera de mots.Les deux partenaires, père et fils, ainsi que leurs associés ont déjà obtenu un brevet pour leur concept qui vise à remplacer les mots d un texte par des images animées compréhensibles pour n\u2019importe quel observateur, quelle que soit sa langue.\t_ Le prochain brevet de leur entreprise, L nima, portera sur le système lui-même, un logiciel par lequel on pourra « écrire » des images au lieu de les dessiner.Il suffira de taper: « la jeune fille ouvre le journal, elle regarde sa montre, une voiture passe.», pour voir la scène se dérouler sous nos yeux.Lionel Audant, professeur de philosophie au Collège E-X.-Carneau, veut développer une « grammaire » de l\u2019image pour identifier des signes, des gestes, des symboles qui sont reconnaissables par tous afin de permettre aux gens de communiquer par l\u2019image.«C\u2019est la pensée en image, c\u2019est comme ça qu on pense et c est par elle que les premiers hommes ont voulu s\u2019exprimer », dit-il.\t.\t: l'as cul, lui, enseigne l\u2019informatique au meme co-gep, et il est responsable de cet aspect de leur projet.Leur logiciel ouvre un champ d\u2019application inédit.Ils pensent à l\u2019écriture de films, à l\u2019aide à l\u2019alphabétisation, à des messages d\u2019information pour les voyageurs.«On annonce l\u2019émergence d\u2019une nouvelle formé d\u2019écriture, conclut-il.On utilise déjà les Smilies\u2019 et les Avatars dans les chats, pourquoi pas des personnages animés qui exécuteraient ce que lesclavardeursécriraient ?» PierreAssetin Le cœur à l\u2019ouvrage Medical Intelligence a mis au point un système d\u2019alarme cardiaque portable IX'ux chercheurs de l\u2019Université Laval se sont transformés en policiers du temps l\u2019an dernier.Leurs travaux ont permis de prouver que l\u2019explorateur Martin Frobisher a menti pour financer ses explorations dans le Nord canadien.il y a 425ans ! Frobisher découvre en 1576 des roches sur la Tèrre de Baffin qui ressemblent à de l\u2019or.Or, l\u2019analyse des pierres par deux alchimistes londoniens démontre clairement l\u2019absence du précieux métal.I Vu importe, un troisième alchimiste conclura que les échantillons débordent d\u2019or.Lbrt de ces résultats faussés.Frobisher convaincra ses créanciers, dont la reine Elizabeth 1.de financer deux nouveaux voyages en 1577 et 157S.Le géologue Oeorges Beaudoin, dé l\u2019Université Laval, a analysé cinq billes de plomb découvertes en 1994 par son collègue archéologue Réginald Auger sur les sites de Frobisher.Résultat : elles ne contiennent aucune tract' d\u2019or.U' troisième alchimiste londonien aurait dotte ajouté délibérément de l\u2019or pour aider l\u2019explorateur avide de financement.Pierre-Antire Snrmantiin ,]kan-Skuastikn Massicotth J S M assicotte@l e s olcil.com ¦ Une chose est certaine en 2005 pour l\u2019entreprise de Québec Medical Intelligence.Son produit vedette servira à sauver des vies à coup sûr.Après quatre ans de recherche et de développement, le Vital Positionning System (VPS), le premier système d\u2019alarme cardiaque portable sans fil, est désormais pleinement fonctionnel et fin prêt à passer à l\u2019action pour les cœurs en défaillance.Mais en attendant, c\u2019est surtout le muscle cardiaque du président et chef de la direction chez Medical Intelligence, le Dr Stéphane Bergeron, qui a besoin d\u2019être solide.Depuis la présentation de l\u2019appareil de détection et d\u2019alerte des signes annonciateurs d\u2019un malaise cardiaque, à l\u2019automne dernier à Paris, l\u2019intérêt est impres-sionnant.« Disons qu\u2019on use nos passeports», rigole le IV Bergeron au sujet des nombreux déplacements qu\u2019il effectue depuis quelque temps avec son associé, Louis Massicotte, président fondateur de l\u2019entreprise et chef des produits.Israël, Allemagne, Chine, États-Unis et Canada ne sont que quelques pays qui veulent désormais en savoir plus sur le VPS.Idée originale de M.Massicotte, l\u2019appareil permet d\u2019identifier les tout premiers signes d\u2019un infarctus aigu ou d\u2019une arythmie cardiaque maligne.C\u2019est alors qu\u2019il s\u2019est inquiété des conséquences d\u2019un entraînement intense en vue d\u2019un marathon que l\u2019inventeur a eu l\u2019inspiration du VPS.De façon simple, des capteurs en place sur la poitrine analysent les battements cardiaques grâce à une intelligence artificielle, qui détecte les anomalies potentiellement dangereuses.Le tout dans un format sans fil, compact et avec une efficacité en tout point semblable à ce qui est en fonction dans les hôpitaux.En lien avec un réseau de téléphonie cellulaire, le VUS peut signaler automatiquement un accident cardiaque aux services d'urgence.Vous êtes alors inconscient?Aucun problème, puisque votre localisation est donnée au même moment grâce au module de positionnement Cl\u2019S (Global litsitionning System) intégré.Voilà de quoi soulager de leurs inquiétudes les quelque 100 millions de personnes atteintes d\u2019une maladie cardiovasculaire et qui pourraient bénéficier de cette technologie.Actuellement, c\u2019est une équipe d'une dizaine de personnes qui anime les bureaux de Medical Intelligence sur le boulevard René-Lévesque.Du nombre.la grande majorité sont des ingénieurs.Si le IV Bergeron est désormais le seul du groupe avec une formation en santé, ce dernier ne s\u2019en formalise pas.Au besoin, l\u2019equipe fait appel à des ressources spécialisées, selon les problématiques rencontrées.IX\u2019s cardiologues aux techniciens en téléphonie cellulaire, les ressources ne manquent pas, affirme le médecin.À cet égard, le président et chef de la direction constate avec enthousiasme le talent local dans cette discipline en V nr i émergence qu\u2019est « la télé-sécurité humaine».Il souligne notamment la collaboration qu\u2019il reçoit à l\u2019hôpital Laval.« l Yofitons-en ! On a une expertise qui est là et qui nous donne une longueur d'avance.» Et celle-ci semble bonne pour Medical Intelligence.«On est les seuls présentement à offrir une solution globale », explique le IV Bergeron.Tout juste de retour de San Diego pour rencontrer les représentants du troisième plus grand fournisseur en téléphonie cellulaire des États-l'nis, il en a reçu la preuve.« 11 parait qu'ils ont fait le tour du monde pour trouver une entreprise capable de coupler un cellulaire avec un bio-senseur.Nous, on le fait déjà ! » POINTE DE L\u2019ICEBERG Alors que la commercialisation du VI\u2019S est prévue pour la France cette année.Medical Intelligence profite de cette percée pour poursuivre son avance en tête.« Ce n'est que la pointe de l'iceberg», insiste le IV Bergeron.Déjà des adaptations du VPS destinées aux diabétiques et aux épileptiques sont envisagées, tandis que le lancement, toujours chez nos cousins, du bracelet Columba de géolocalisation avec alerte automatisée pour les victimes d\u2019Alzheimer est imminent.Preuve encore une fois que la technologie peut bel et bien être au service de l\u2019homme.et non l'inverse! LE SOLEIL CLÉMENT THIBEAUÉT Stéphane Bergeron, Louis Massicotte et Jean-François Montplaisir, de Medical Intelligence.Québec ne mangue pas de talents dans le domaine de la « télé-sécurité humaine».> Fiche technique j Découverte VPS (Vital Positionning System) j Nom des chercheurs idée originale de Louis Massicotte mise en œuvre par Medical Intelligence de Québec j Champ de recherche : communications\u2014technologies j Nom du laboratoire Medical Intelligence.1256.bout René-Lévesquft Ouest.Québec www medicalfftlelligence.ca 8188 Le samedi 8 janvier 2005 LE SOLEIL ZOOM D 5 DECOUVERTES 2004 GÉNIE MEDECINE Cellules transplantées Une équipe supervisée par le professeur Jacques P.Tremblay, de la faculté de médecine de l\u2019Université Laval, a réussi en début d\u2019année la première transplantation mondiale üe cellules musculaires chez des personnes atteintes de la dystrophie musculaire de Duchenne.Trois enfants ont reyu par injection des cellules musculaires normales de leur père.Les cellules saines ont fusionné avec les cellules malades et sont parvenues à produire une protéine, la dystro-phine, qui fait défaut aux personnes atteintes de la maladie.Des tests réalisés un mois plus tard ont démontré que b à 11 % des cellules greffées avaient produit de la dystrophine, au plus grand plaisir du professeur Tremblay, qui travaille à ce projet depuis 15 ans.La dystrophie musculaire de Duchenne touche un garçon sur 3500.Cette maladie héréditaire entraîne une dégénérescence musculaire et éventuellement la mort.La plupart des malades perdent leur combat avant 25 ans.Pour l'instant, seule la réadaptation peut aider les patients à améliorer leur qualité de vie.Daphné Bédard La schizophrénie repérée Avec le brevet déposé en 2004, l\u2019équipe du Dr Michel Maziade espère devenir la première au monde à mettre au point un test génétique pour diagnostiquer la schizophrénie (SZ) et, éven- tuellement la maladie bipolaire (BP, ou psychose maniacodépressive).11 faut présentement des mois et même des années avant de savoir avec certitude si une personne souffre de schizophrénie ou non, faute de marqueur biologique.L\u2019équipe du Centre de recherche Université Laval Robert-Ci iffard (CRU LR(î) a fait un pari audacieux voilà plusieurs années en recherchant un lien entre la SZ et la Bl* Certains medicaments traitent des symptômes pour les deux maladies, ce qui indique que certains gènes sont communs aux deux, explique le D Maziade.11 y a en fait plusieurs types de schizophrénie ou de maladies bipolaires, parce que plusieurs gènes entrent enjeu.Certains sont spécifiques à l'une ou à l'autre, d'autres sont communs.La ou plutôt les maladies sont le résultat de différentes combinaisons entre ces gènes.«On a pris un risque parce qu'on était les seuls au monde à étudier les deux à la fois.Mais maintenant, les résultats internationaux commencent à reproduire ce qu'on voit.» Le brevet porte sur une combinaison de deux sites de vulnérabilité qu'on retrouve sur 50% des malades atteints de SZ.Le médecin-chercheur pense être à moins de cinq ans d'un test diagnostique et à 10 ans d\u2019une molécule qui pourrait soulager les malades.La compagnie NDE1 formée avec la SON AR (Société de valorisation de la recherche de l\u2019Université Laval) dispose de 1 millions, mais elle a besoin de 4 millions S pour réaliser les travaux prévus dans les deux prochaines années, pu-rre .UseUn Le corps parle à la machine Avec le nouveau système que la compagnie Yie-thotn a entrepris de développer en 2004.la machine peut non seulement donner des commandes au corps, elle est désormais capable d'entendre ce que le corps lui dit.L'entreprise québécoise a annonce en décembre qu elle s apprêtait à déve- .-1 lopper un nouveau système, le Bionic CUS (pour Closed a ^\tLoop System), qui permet d'integrer deux fonctions essentielles en bionique: envoyer des messages pour la stimulation du système ner- Henoit Côte,\tVl>ux-nmis au8si ravoir de 1 ïcthom\tdes signaux neurologiques sur l\u2019état d'un organe ou d\u2019un muscle.Le nouveau produit de \\ iothom sera parmi les premiers au monde à intégrer les deux fonctions grâce à l'interface développée par la compagnie.La première application vise l incontinence urinaire.Le système sera en mesure d\u2019indiquer au patient l'état de sa vessie et ensuite de donner le signal de relâcher au moment où il doit aller uriner.Une deuxième version du système pourrait venir en aide aux personnes souffrant d\u2019une vessie hyperactive, qui doivent uriner des dizaines de fois par jour Victhom prévoit que sa nouvelle plate-forme sera aussi utilisée pour d\u2019autres applications, notamment le soulagement de la douleur chronique, des problèmes cardiaques et de l'apnée du sommeil.iHerre iiaeUn \u2014 tl SOOIl S1EVI DISCMtNIS Michel Fortin, chercheur, et André Fortin, directeur du GIREF.Us recherches du GIREFpourmient notamment contribuer « faire baisser le prix des pneus.Le pneu réinventé t Fiche technique ü Découverte un pneu redessiné, plus efficace sur la route et plus économique j Nom des chercheurs Michel Fortin, Éric Chamberland, Nicolas Tardieu, André Fortin et Robert Guénette.Département de mathématiques et de statistique, Université Laval j Champ de recherche : modélisation mathématique et numérique et calcul haute performance ?Partenaire industriel : société de pneumatiques Michelin, France j Nom du laboratoire Groupe inteidisciplinaire de recherche en éléments finis (GIREF) Louis-Guy Lkmikux LE SOLEIL.PATRICE LAROCHE Lucie Germain et François A.Auger ont mis au point une valve cardiaque faite de cellules humaines.Prothèse vitale François A.Auger et Lucie Germain sont passés kaîtres dans l\u2019art de la culture cellulaire \\l> Fiche technique Découverte : valve cardiaque de cellules vivantes *\t^ ?Nom des chercheurs D François A.Auger et ; z D,e Lucie Germain Champ de recherche médecine I Ta Subventions de recherche 350 000S *\t! ?Nom du laboratoire : Laboratoire *\t?d'organogenèse expérimentale (L0EX) Daphné Bédard OBedard@lesolril.coni Les cellules humaines n'ont pratiquent plus de secret pour le Dr François A.ger.Il est le fondateur du Laboratoire rganogenèse expérimentale (LOEX); i expertise en médecine régénératrice reconnue à l\u2019échelle planétaire.Coup eil au microscope sur sa plus récente in-vation : la valve cardiaque faite de cel-es humaines.ite découverte, qui est en très grande partie le )é de la coordonnatrice scientifique du LOEX.D\" Lucie Germain, suscite l'espoir chez les lades cardiaques et fait rougir d'envie bien , spécialistes.Nos deux chercheurs ont de ni être fiers.Ils ont été les premiers au monde oncevoir une valve cardiaque constituée d un su vivant cousu sur un support en biomate-Àix.Actuellement, les chirurgiens cardiaques lisent des valves porcines, dont les cellules t été tuées en laboratoire, pour permettre aux \u2022urs fragiles de continuer à battre, a D\" Germain expose l'un des problèmes cau-s par ces prothèses : « Étant donné que le tissu t mort, la valve ne peut grandir.» l\u2019ar conse-ent un enfant qui se fait implanter une valve reine aura probablement à la changer a deax trois reprises au cours de sa vie.« Chaque fois, ça nécessite une opération à cœur ouvert.C\u2019est très traumatisant pour les enfants », souligne-t-elle.Dans le monde, plus de 200 000 valves cardiaques sont remplacées chaque année.De là la nécessité de réfléchir à d\u2019autres options.Le LOEX collaborera dès la mi-janvier avec l\u2019Institut de cardiologie et de pneumologie de l\u2019hôpital Laval dans le cadre de ce projet.Il a fallu deux ans et demi à une équipe de six chercheurs pour parvenir à un résultat si probant.La nouvelle valve « vivante » évoluera avec la croissance des petits.IMur les adultes aussi, il y a des avantages probables : « La valve ne se calcifiera pas », pense pour le moment le Dr Auger.Selon le chercheur, il est réaliste de croire que de telles valves seront implantées chez des patients dans une dizaine d\u2019années.D\u2019ici là, une batterie de tests doit être réalisée en laboratoire et sur des animaux afin de vérifier la résistance de la prothèse.Les résultats de ces évaluations devront être extrêmement convaincants puisque « chez un cœur malade, si la valve cède, c\u2019est la mort en quelques minutes», signale le Dr Auger.Les valves, dont le LOEX détient le brevet avec les sociétés Biogentis et Edwards Life Science de Californie, pourraient durer de 25 à 40 ans, soit deux fois plus longtemps que les valves actuelles.EN PLEINE EXPANSION Dans le pavillon Saint-Sacrement du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA), les D\" Auger et Germain supervisent une équipe multidisciplinaire de 60 personnes qui, chaque jour, s\u2019affairent à recréer des tissus à partir de cellules humaines.Un groupe dynamique et jeune.la moyenne d age étant de 24 ans.Les recherches du LOEX s\u2019étendent présentement à cinq autres domaines: cutané (peau), vasculaire (vaisseaux sanguins), orthopédique (ligaments, os et cartilage), pulmonaire (substitut bronchique) et ophtalmologique (cornée).Le LOEX était en premier lieu spécialisé dans les soins de haute technologie pour les grands brûlés.On lui attribue le développement d\u2019un procédé unique au monde: l\u2019autoassemblage des cellules en tissu.«On cultive des cellules vivantes (primaires) et on leur fait produire une matrice extracellulaire (grâce à la vitamine C), ce qui nous permet de reconstruire un tissu, vulgarise la D\" Germain.Ça fait un tissu très biologique, sans collagène de vache ou de porc, ni de biomatériaux.C\u2019est ce qui nous a distingués.» « Les cellules transformées peuvent pratiquement pousser sur le plancher, ajoute le Dr Auger.Pour les cellules primaires, qu\u2019on prend d\u2019un patient, c\u2019est plus complexe.Ça prend beaucoup d\u2019habileté pour les faire pousser.Ce n\u2019est pas seulement de la science, c\u2019est l\u2019art de la culture.» Depuis 20 ans, le laboratoire a confirmé son avant-garde, d\u2019autant plus qu\u2019il détient à son compte trois autres découvertes mondialement reconnues: le premier substitut biologique de vaisseaux sanguins (1998), le premier système de microvaisseaux capillaires in vitro pour la peau reconstruite (1998) et la première reconstruction de la cornée humaine normale grâce au génie tissulaire ( 1999).Le LOEX est aujourd\u2019hui le plus grand laboratoire de génie tissulaire et de médecine régénératrice au Canada avec ses 20 0(H) pieds carrés.« Nous avons le plus gros body sh/rj> de pièces de rechange au Canada », dit avec le sourire aux lèvres le IT Auger.Une équipe de chercheurs planche maintenant sur la reconstruction de la vessie.Et bientôt, le laboratoire prendra encore plus d\u2019expansion grâce à un nouvel emplacement de 50 (KM) pieds carrés en basse ville, un investissement de plus de 15 millions$.IMurquoi tant d\u2019engouement pour la médecine régénératrice?La réponse est à la fois simple et troublante.Selon les données de Santé ( anada, plus de 3500 malades attendent une transplantation d\u2019organe et, chaque jour, 150 d entre eux meurent sur une liste d\u2019attente.La médecine régénératrice pourrait venir à leur secours.Le IT Auger hésite toutefois à donner trop d'espoir aux patients à court terme.Reste que ces derniers ont foi en ce chercheur talentueux et surveillent de près ses réalisations.LG Le ni i e u x @ lesole il.eo m ¦ Des chercheurs de l\u2019Université Laval redessinent le.\t'\t'\t' .Autrement dit, ils le réinventent.Ce pneu ne sera pas carré, ni rectangulaire, bien sûr II demeure rond comme la roue et est toujours fait à hase d\u2019acier et do différents types de gommes de caoutchouc.La nouveauté, c\u2019est le design ou, plus justement, la remodélisation.Cette recherche est effectuée par le mathématicien Michel Fortin, pour le compte de la société de pneumatiques Michelin, F\u2019rancc.Le chercheur s\u2019appuie sur le Groupe interdisciplinaire de recherche en éléments finis (GIREF), un regroupement de mathématiciens et d ingénieurs créé à l\u2019Université Laval au début des années 90 et qui jouit maintenant d\u2019une réputation internationale dans le domaine, notamment, de la modélisation numérique.A partir dos recherches de Michel Fortin et du GIREF, la compagnie Michelin pourra mettre bientôt sur le marché des pneus ayant une faible résistance au roulement, ce qui signifie des économies d\u2019essence.I K> plus, ces pneus résisteront mieux à l\u2019usure et présenteront une bonne adhérence au sol pour une meilleure sécurité.Un des avantages de la simulation sur ordinateur est qu\u2019elle ne coûte presque rien Le directeur du GIREF, André Fortin, précise que la conception des pneus est un processus complexe.Les courses de Formule 1 témoignent mieux que tout de l\u2019importance des pneus sur la performance des bolides.Le pneu est l\u2019élément premier de la large majorité des véhicules commerciaux et privés.Pour la performance, mais aussi et surtout pour la sécurité.Le directeur du GIREF explique dans son jargon savant que la recherche de son groupe consiste à « modéliser le problème du contact du pneu et de la route, c\u2019est-à-dire à le reformuler sous forme d\u2019équations mathématiques qui sont alors résolues à l\u2019aide d\u2019ordinateurs de grande puissance».On parle ici de problèmes de 1 ordre de plusieurs milliers d\u2019inconnues.Ces travaux de recherche mèneront à de meilleurs outils de modélisation qui seront intégrés dans la chaîne de conception et de design chez Michelin.Michel F\u2019ortin précise que l'un des avantages de la simulation sur ordinateur est que cela ne coûte presque, rien financièrement parlant, comparé aux essais sur route qui coûtent une fortune.Cette économie pourrait même avoir une incidence sur le prix des pneus vendus au détail.Autrement dit, la société Michelin a donné au chercheur de Québec et au GIREF le mandat de repenser la conception globale des pneus.Le savoir-faire du groupe de chercheurs ne s\u2019arrête pas aux pneus.Ainsi, le GIREF termine actuellement, en collaboration avec un chercheur de l\u2019école Polytechnique de Montréal, la mise au (>ôfnt finale d\u2019une pontpe cardiaque dont on entendra parler bientôt.155424 LE SOLEIL Le samedi 8 janvier 2005 D 6 ZOOM I DÉCOUVERTES 2004 OPTIQUE-PHOTONIQUE Les polymères qui éclairent l\u2019ADN Kst-cc* qu\u2019il Katfit d'une vraie lîrippe ou d\u2019une « «rippe d\u2019homme >» ?Avec les tests actuellement utilisés, il faut deux à trois jours pour répondre à la question, mais la méthode de détection des séquences d\u2019ADN développée Michel Bergeron, du Centre de recherche en infectiologie LE SOLEIL STEVE DESCHfNES conjointement par trois centres de recherche pourrait re-eonnaitre le virus en tout juste une heure.Mario Leclerc et ses colleges du Centre de recherche en sciences et ingénierie des macromolécules (CERSIM), Michel Bergeron, Maurice Boissinot, du Centre de recherche en infectiologie (CRI), et Denis Boudreau, du Centre d\u2019optique photonique et laser (COPL) ont uni leurs efforts pour développer une approche plus simple d\u2019identification des séquences d\u2019ADN.Tout repose sur la façon dont certains polymères mis au point par le CERSIM interagissent avec l\u2019ADN.Des polymères « intelligents» s\u2019enroulent en hélice autour de l\u2019ADN et prennent alors une couleur particulière.11 s\u2019agit donc de choisir un polymère qui s\u2019enroule parfaitement autour des nucléotides propres à l\u2019ADN du virus de la grippe.Les instruments du COPL permettent de reconnaître la coloration particulière que prend le polymère selon la façon dont il s\u2019enroule, par fluorescence.« ( )n est capable de savoir si la reconnaissance est parfaite ou non, explique Maurice Boissinot, et le polymère nous donne ça d\u2019une façon très rapide et très sensible.» La rapidité est essentielle, dit-il, parce qu\u2019il existe un médicament qui agit contre la grippe, mais il doit être administré dans les deux premiers jours.L\u2019équipe a démontré en 2004 qu\u2019elle était capable de reconnaître rapidement le virus de la grippe.Elle a obtenu une subvention de Génome Canada pour développer des tests qui viseront non seulement la grippe, mais aussi d\u2019autres virus respiratoires.Elle regarde aussi du côté des bactéries qui causent des septicémies (infections dans le sang).PierreAsneUn Trous lumineux C\u2019est à Québec que prennent forme les fibres optiques de demain ?Fiche technique U Nom de la découverte méthode de fabrication de fibre optique à gaine trouée ü Nom du chercheur et de rétablissement : Centre d\u2019optique, photonique et laser (COPL): Antoine Proulx, Réal Vallée Institut national d\u2019optique (IN0) : Steeve Morency, Claude Paré, Bruno Bourliaguet, André Croteau _) Champ de recherche : optique-photonique PlEKHK ÂSSEL1N l'A s selin@lcsoleil.co m ¦ Québec est la seule ville au Canada, et une des rares en Amérique, capable de produire les fibres optiques de la prochaine génération, qui ont une caractéristique très spéciale: des trous.Grâce au travail d\u2019Antoine l\u2019roulx, étudiant au doctorat, le Centre d\u2019optique, photonique et laser (COPL) de l\u2019Université Laval et l\u2019Institut national d\u2019optique (1NO) ont développé l\u2019expertise nécessaire pour la fabrication des fibres optiques à « gaine trouée », qui peuvent multiplier la capacité de la fibre traditionnelle en termes de bande passante et de portée.Elles sont appelées à jouer un rôle important pour permettre l\u2019avènement des technologies tout optique, où l\u2019ordinateur utilisera la lumière elle-même au lieu de la convertir en signal électrique ; elles serviront aussi en imagerie médicale ou pour des lasers à haute puissance, etc.Les premières fibres à gaine trouée ont vu le jour en Angleterre voilà moins de 15 ans.explique le directeur du Centre d'optique, photonique et laser (COPL), Réal Vallée.Très peu d'institutions sont capables de les fabriquer tellement le procédé est complexe.TOUR DE FORCE C'est le projet auquel s\u2019est attaqué Antoine Proulx, sous la direction de M.Vallée, pour son doctorat.«J\u2019avais assisté en 1999 à une conférence don-née par un Britannique et j\u2019étais emballé.Je savais que Réal Vallée voulait aller dans cette direction alors j'ai dit : \u201cMoi j\u2019embarque !\u201d » 11 a développé, avec l\u2019INO, une expertise unique qui place l\u2019Institut en avance sur les autres centres de recherche pour ce nouveau procédé de fabrication.Les trous de cette fibre optique s'étirent sur toute sa longueur, comme des tubes.Obtenir ce résultat sur un morceau de verre à peine plus gros qu'un cheveu est un tour de force.Il faut commencer par fusionner ensemble des tiges pleines et des capillaires de silice pure pour faire une préforme qui sera ensuite chauffée avant d\u2019être étirée pour former un long fil de verre.Le vide à l'intérieur de chaque capillaire est conservé et forme un long « trou » dans la structure.Et on ne se contente pas de faire ces trous au hasard, il faut pouvoir leur donner une forme, une dimension et une position précises pour qu'ils produisent l\u2019effet voulu.Une fibre optique traditionnelle est faite d\u2019une gaine en silice pure et d'un cœur où la sillet est dopée au gormK-nium et dans lequel voyage la lumière.\u2022¦'s.VV'C LE SOLEIL JEAN MARIE VILLENEUVE «Ko *988 L\u2019indice de réfraction n\u2019est pas le même pour les deux et la gaine agit comme un miroir qui empêche la lumière de sortir du cœur.Dans une fibre à gaine trouée, il n\u2019y a plus de cœur à proprement parler.Les trous ont des dimensions du même ordre de grandeur que la longueur d'onde de la lumière et ce sont eux qui concentrent colle-ci au centre.Le principe n'est pas sans rappeler celui d\u2019un écran qui empêche les ondes de s\u2019échapper en dehors de votre four à micro-ondes, mais dans la réalité, ce n'est pas vraiment la même chose, indique Antoine l\u2019roulx.nir dans une fi-optique.El-t permet-; d'utiliser des fueurs d'ondes érentes de ce >n utilise dans télécommunications et ça pour-révolutionner la technologie.» Le directeur du Centre d'optique, photonique et loner.Béal Voiler Très peu d\u2019institutions sont capables de les fabriquer tellement le procédé est complexe ROBOTIQUE * Fiche technique j Nom de la découverte main SARAH (Self-Adaptive Robotic Auxiliary Hand) J Nom du chercheur Clément Gosselin j Champ de recherche : robotique et mécatromque _l Budget ou subvention de recherche 500 000$ du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et de la compagnie MDR _i Lieu et nom de l\u2019établissement Chaire de recherche du Canada en robotique et mécatronique de l\u2019Université Laval LE SOLEIL.STEVE DESCHfNES La main robotisée mise au point par le professeur 'JM' < \\ Clément Gosselin et ses collaborateurs, Thierry Laliberté, Lionel Berglen et Mathieu Goulet, intéresse la compagnie MDR, qui construit le bras canadien.L\u2019espace à portée de la main Pierre-André Normandin PANormandin@lesoleil.com ¦ Clément Gosselin n\u2019ira probablement jamais dans l\u2019espace de sa vie.Mais sa main, elle, sûrement un jour.Ce professeur de mécanique de l\u2019Université ^aval a en effet développé une main robotisée qui devrait bientôt trôner au bout du bras canadien.Depuis 10 ans maintenant, M.Gosselin œuvre à simplifier la robotique grâce à la mécanique.En 1994, l\u2019Institut pour la recherche en santé et sécurité au travail l\u2019approche pour créer une main robotisée qui puisse accomplir un éventail de tâches plus large.Traditionnellement, les pinces des appareils ne font qu\u2019ouvrir et fermer.Et pour cause : chaque opération supplémentaire nécessite l\u2019ajout d\u2019un moteur, ce qui entraîne un surplus de poids et une baisse de la performance.M.Gosselin a donc eu l\u2019idée de faire appel à la mécanique pour réduire la présence des composantes électroniques.En deux ans de travaux, l\u2019ingénieur de recherche Thierry Laliberté conçoit le doigt sous-actionné.A l\u2019image de la main humaine, ces doigts robotisés se referment lorsque l\u2019une de leurs phalanges rencontre une résistance.Feu de temps après cette percée, la main MARS voit le jour.« Maintenant, au lieu d\u2019avoir une main qui pèse 100 kg et qui peut soulever une charge de 10 kg, on a une main de 10 kg qui peut soulever 100 kg», illustre M.Gosselin.Four prouver ses dires, le professeur fixe la main à un robot.Il insère ensuite un barreau auquel Thierry Laliberté, en brave volontaire, se suspend.« Maintenant on sait qu\u2019elle peut lever 150 livres », dit-il à la blague.DANS LA SIMPLICITÉ Rapidement, la compagnie MDR, qui construit le bras canadien, s\u2019est intéressée à la technologie pour améliorer les performances de son appareil, qui équipe les navettes spatiales américaines.Mais avec ses six moteurs, la main MARS est encore trop complexe.Comme le bras canadien ne dispose que d\u2019un seul moteur, aussi puissant qu'un tournevis électrique, M.Gosselin et son équipe doivent retourner à la planche à dessin.Les chercheurs trouvent alors comment utiliser le sous-action-nement entre les doigts, ce qui diminue encore une fois le nombre de moteurs nécessaire.La main SARAH verra le jour en 1999.Mue par un seul moteur dont un principe mécanique arrive à doubler la puissance.SARAH dispose de 10 degrés de liberté.Elle peut donc effectuer 10 mouvements différents.En comparaison, la main MARS nécessite six moteurs pour avoir 12 degrés de liberté.« Dans l\u2019espace, tous les systèmes électriques doivent être isolés parce qu\u2019ils s\u2019abîment dans le froid.Comme SARAH n'a pas de moteur incorporé, on peut en entreposer plusieurs sur la station spatiale et aller la récupérer si jamais une main brise», explique M.Gosselin.En fait, la simplicité d'utilisation de SARAH représente sa principale particularité.« On a décidé de transférer la complexité dans la conception plutôt que dans 1 utilisation».résume Clément Gosselin.DÉVELOPPER UNE MAIN HUMANOÏDE Lorsque les doigts sont munis de capteurs sensoriels, la précision de ces mains est très fine.Four le prouver, le chercheur Lionel Berglen a manipulé un œuf grâce à la main MARS sans jamais le casser.Et ce.même si les doigts sont assez puissants pour broyer les os d\u2019une main humaine, quoique les chercheurs n'aient pas encore tenté la chose.IX\u2019puis le lancement du projet des mains robotisées, huit chercheurs de la Chaire de recherche du Canada en robotique et mécatronique ont collaboré de près ou de loin à l\u2019élaboration de SARAH.IVndant que certains trouvaient des solutions aux problèmes mécaniques, d'autres ont étudié.grâce à des simulations informatiques, les limites d'utilisation de l'appareil.Maintenant, l'équipe de recherche s\u2019intéresse au développement d'une main humanoïde.Les chercheurs espèrent créer une prothèse qui pourrait tout at/ssi bien servir aiA robots qu'aux humains handicapés. Le SAMEDI 8 JANVIER 2005 LE SOLEIL ZOOM D 7 ASTRONOMIE ENVIRONNEMENT L* » i X.LE SOLEIL JEAN MARIE VIUEHEUVE Laurent Drùuten, Jean-François Rochon, Jean-François Ixu igne.Frédéric Grandmont et Anne-Fier Bemier ont mis au point un instrument qui multiplie la puissance des télescopes.Lumière sur les étoiles Pierre-André Normandin Loin de la panne sèche HydnnQuébw aura de plus en plus de mal à justifier la construction de centrales thermiques par la sécheresse de ses réservoirs de la haie James Après avoir minutieusement analysé l'état des arbres dans le territoire du complexe La (irande.Yves Begin a compris que le phénomène de faible hydraulicité n\u2019a rien d\u2019exceptionnel puisqu'il se serait déjà repnaluil à six reprises depuis 200 ans « Si on regarde les données à long terme, on constate meme que les niveaux d'eau ont plutôt tendance à augmenter depuis un siècle ».dit le directeur du centre d'études nordiques de l'Université Laval.Iji preuve : eette quantité impressionnante de conifères retrouvés morts en marge des lacs, noyés par des crues toujours plus fréquentes et importantes dans le nord du Quebec.Et la situation ne changera pas de sitôt: les observations de M.Bégin collent aux modèles climatiques qui prévoient une hausse de 15 a 2o V des précipitations d'ici 2025.Bref, les turbines des barrages LG sont loin de la panne sèche.Uotainc BalUrt Ménager le cerf et le chou Ménager la chèvre et le chou.Ou plutôt, le cerf de Virginie et la végétation de l\u2019île d'Anticosti.Peux biologistes de l\u2019Université Laval.Jean Huot et Steeve Côte, ont prouve en 2004 que c\u2019était possible.Aidés par l'absence de prédateurs, les ongulés sont si nombreux dans l'ile (jusqu'à 2.> HVtS If SOI ( U l m' surpopulation (le cerfs à Anticosti [xturrait mettre en peril l'existence de certaines liantes dans l\\le.tètes à cornes par km !) qu'ils mettent en péril l'existence de certaines plantes dans l'ile.« Presque la moitié des espèces végétales ont pratiquement disparu de I ilc.constate le biologiste Jean Huot.de 1 1 niversite Laval On ne trouve à peu près plus de framboises ni de bleuets.» l'as question de liquider tout ce qui broute, cependant au pnvs d'Anticosti.le cerf est une ressource preneuse qu il faut conserver.MM Huot et Côte ont donc entrepris tie trouver la densité de population critique en dt\\à de laquelle la végétation indigène (>ourrn se régénérer l\\»ur ce faire ils ont érigé de longues clôtures autour d aires déboisées où des chasseurs s()ortifs ont pu s\u2019adonner a leur loisir automnal Comme les cerfs qui s\u2019y trouvent sont captifs, le dispositif permet de comprendre à la fois comment les chasseurs pèsent sur la population de cerfs et comment la végétation réagit à une baisse de la prédation La recherche, entreprise il y a quelques années, commence a porter ses fruits.Et les nouvelles sont plutôt bonnes la densité cible si1 situerait entre 7 et 15 cerfs par km .« soit plus que ce à quoi nous nous attendions», confie M Huot.Jean-tYanfois Cliche DÉCOUVERTES 2004 PAN or mandin@lesoleil.com ¦ La découverte au compte-gouttes des étoiles pourrait bientôt tirer à sa fin grâce à une équipe de chercheurs de 11 niversité Laval.Ils viennent en effet de mettre au point un instrument qui multiplie par lü.peut-être même par 1000 selon les plus optimistes, la puissance des télescopes.mathématiques La majorité des découvertes astronomiques sont réalisées grâce aux spec-tromètres.Ces appareils analysent les éléments chimiques qui composent la lumière qui parvient jusqu\u2019à la Terre.« Les images, c\u2019est bon pour le public, mais ça ne fournit pas beaucoup d'informations», indique le principal chercheur du projet, Frédéric Grandmont.Toutefois, les chercheurs d\u2019étoiles ne peuvent obtenir le spectre de l\u2019ensemble de l\u2019image fournie par un télescope.Ils doivent se contenter d'analyser une ligne.«Chaque fois, on est donc obligé de sacrifier une partie de la lumière qu\u2019on recueille», explique Frédéric Grandmont.C\u2019est pour ça que la plupart des grosses découvertes sont fortuites.» En effet, les nouvelles étoiles se trouvent « par hasard » sur cette ligne tirée, elle aussi, au hasard.Or, avec ce nouvel instrument, surnommé SPIOMM, l'ordinateur peut enregistrer l\u2019ensemble des points lumineux sur l'image.Comment ?Les chercheurs ont simplement eu l\u2019idée d'utiliser le spectromètre à transformée de Fourier.Cet appareil a longtemps décourage les scientifiques en raison de la complexité de ses éléments optiques, électroniques et mécaniques.De plus, la faible puissance des ordinateurs jusqu\u2019à récemment empêchait de traiter adéquatement les données recueillies.« Grâce à cet appareil, on peut recueillir un million et demi de spectres en même temps, soit plus d un million d\u2019étoiles.Au lieu de rejeter 99% de la lumière, on l\u2019utilise à 100%», explique le directeur du groupe de recherche, Laurent Drissen.CONCEPTION ARDUE Employé de la compagnie ABB, qui se spécialise dans les spectromètres, Frédéric Grandmont décide de faire un doctorat sur le sujet.Pendant deux ans, le chercheur conçoit un interféro-mètre.Cet appareil permet de recueillir les longueurs d\u2019ondes de la lumière captée par les télescopes.I ne fois traitées, ces données permettent de déterminer précisément les éléments chimiques qui composent la source lumineuse.Jean-François Lavigne s\u2019est ensuite joint au projet pour la conception des lentilles.Comme l\u2019instrument est attaché au télescope, le jeune chercheur a dû trouver comment concentrer la lumière captée pour qu\u2019elle soit totalement transmise dans l\u2019interféromètre.Assisté d\u2019un expert de l'Institut na- tional d\u2019optique, Jean-François Lavigne a mis un an avant d y parvenir.Deux ordinateurs sont requis pour l\u2019instrument.Un sert à recueillir les données tandis que l\u2019autre s\u2019assure du positionnement du miroir de l\u2019interféromètre 2000 fois par seconde.En effet, un déplacement aussi petit que le millième de la taille d'un cheveu peut fausser les résultats de 1 appareil.PREMIERS ESSAIS Les chercheurs ont testé pour la première fois leur instrument en février, pendant trois jours, à l\u2019observatoire du mont Mégantic.«C\u2019est un endroit formidable pour faire de la recherche», croit M.Grandmont.Une succession de problèmes techniques a toutefois causé un échec.Seule avancée significative, ils ont pu déterminer que les lentilles de Jean-François Lavigne fonctionnaient à merveille.Fin avril, les étudiants reviennent à la charge.pour essuyer un nouveau revers.Les tests sont très mal tombés en raison d\u2019un concours de circonstances.En effet, la conjointe de Frédéric Grandmont accouchait au même moment, empêchant ainsi le chercheur de contribuer à cette seconde expérience.En juin, l\u2019instrument fournit ses premières images.« On a réussi à voir des spectres, mais il y avait beaucoup de bruit», dit Anne-Fier Bernier.Ce « bruit » est causé par des vibrations et empêche de différencier clairement les spectres observés.L\u2019équipe enregistre finalement ses premiers succès lors d\u2019une simulation en septembre.« On a simulé un champ d\u2019étoiles et l\u2019instrument nous a donné exactement le spectre que nous avions produit », relate Frédéric Grandmont.L\u2019essai effectué la journée même à l\u2019observatoire du mont Mégantic échouera toutefois en raison du bris d\u2019un moteur.Peu importe, les chercheurs ont la conviction qu\u2019ils réussiront à la prochaine tentative.Une réussite représenterait une sorte de pied de nez à l\u2019Agence spatiale canadienne qui n a pas considéré la technologie pour sa nouvelle génération de télescope spatial.Si l\u2019instrument finit par fonctionner sur Terre, les chercheurs auront fait la démonstration qu\u2019il est prêt pour l\u2019espace.En effet, selon M.Grandmont, les conditions d\u2019utilisation dans l\u2019espace sont beaucoup plus adéquates pour ce type d\u2019appareil trop sensible aux vibrations terrestres.-T V Z / ^\u20142 Z if soifU suvf 0ESCHfNrs * Ko***, chercheur eC pn,/e*,eur nu hépuCcn.cn, * u,a,hcn,aHmc.e, * .Mùhihue h, WnicerM» W Combinaison gagnante Les travaux de Jean-Marie de Koninck font avancer la cryptographie ' t f \u2014.,.\til m
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