Le soleil, 28 avril 2001, Cahier D
[" Cahier D Le samedi 28 avril 2001 LE SOLEIL M DISQUES Annie Brocoli plane! L'amie préférée des petits vient tout juste de sortir son deuxième album, Annie Brocoli dans l'espace, et rencontrera les enfants aujourd'hui, à Sainte-Foy.Page D 8 LAN Catherine Bergman a passé près de cinq ans au pays du Soleil levant.La journaliste a constaté que la question de l'identité natio-j** nale tracasse 5S3@* beaucoup les Japonais.Page D 3 ,rr ¦triai LIVRES DISQUES Comment sauver les langues?En aimant la sienne.et en apprenant les autres, répond la linguiste Henriette Walter, pour qui notre propre parler ne peut s'épanouir que dans la diversité linguistique.Page D 13 du doute Des chansons produites sur une chai-ne de montage, très peu pour Lionel Richie.Le public s'ennuie des belles mélodies, affirme la mégastar en entrevue au SOLEIL.Page D 5 L'auieur dramatique Éric-Emmanuel Schmitt aime casser les certitudes Kpl nH à : W 1 HIH Hg\t.éêé ™ « - s\tt -îr-**?iE-W©?'î ' Us- fifp mww*\u2019 ¦ * * ^ - JEAN ST-HILAIRE JSTHILAIRE@LESOLEIL.COM QUÉBEC \u2014 À l'encontre des prétentions tristes, il a choisi de croire dans le mystère de la vie.Foi en Dieu, foi dans le merveilleux, foi en la soif du spectateur de penser en se divertissant, Éric-Emmanuel Schmitt est un homme de paris.Ses paris pascaliens en faveur du sens et de la hauteur, il les gagne, ô comment! Sa carrière d\u2019auteur dramatique tient du phénomène : traduit en 20 langues, joué dans 32 pays, tout ça en 10 ans d\u2019écriture.Une année donnée, à la fin de la dernière décennie, on a dénombré près de 100 productions de ses pièces rien qu\u2019en .Allemagne.Côté roman, ça ne va pas mal non plus.Son petit dernier, L\u2019Évangile selon Pilate, fait un tabac.Pareil engouement demande explication.Nous le rencontrons à la place D\u2019Youville, au lendemain de la première au Théâtre du Nouveau Monde de sa pièce Variations énigmatiques, promise au public de Québec pour les 23 et 24 octobre, au Palais Montcalm.Pas une once d\u2019affectation chez cet intellectuel sportif issu de filières scolaires enrichies.Doctorat en philosophie à l\u2019École normale supérieure de Paris (agrégé à 23 ans) après des études de piano au Conservatoire de musique de Lyon, où il est né.Enfin presque, puisqu\u2019il a vu le jour en face, sur la rive ouest de la Saône, à Sainte-Foy-lès-Lyon.Il est venu à l\u2019écriture dramati- que tout en enseignant la philo à l\u2019Université de Chambéry, en Savoie.Sa science explique le propos élevé de ses théâtres, ça va de soi, mais ne justifie pas seule son succès.Éric-Emmanuel Schmitt sait relier la panse à l\u2019esprit, faire vibrer la corde invisible tendue entre le chaos quotidien et les grandes aventures spirituelles qui fondent Philosophique sans être à thèse, le théâtre d'Éric-Emmanuel Schmitt s'abreuve à tous les genres notre civilisation.11 se réclame volontiers de son « concitoyen » Guignol, dont il a l\u2019oeil étonné et la mine bon enfant.« J\u2019aime l\u2019humour jusqu\u2019à la cruauté, peut-être, éventuellement.glisse-t-il.J\u2019aime bien jouer sur les nerfs des spectateurs ; le quatrième mur me permet d\u2019exprimer mon sadisme et ma générosité tout à la fois.» Guignol Schmitt n\u2019utilise jamais que des arguments pour bâton et il en don- ne à tous ses personnages.Il voit l\u2019écrivain.comme « un semeur, non pas tant d\u2019idées que de débats ».Il n\u2019éprouve aucun désir de convaincre, le théâtre dogmatique et le roman à thèse l\u2019horripi-lent.« J\u2019aime casser les certitudes, j\u2019écris sur le fil du doute », dit-il.Dans son théâtre, il s\u2019efforce « de redonner de la chair aux idées, de réactiver la réflexion pour que le public sorte de la salle en se posant des questions.»\tj UNE NUIT, SUR LE TAHAT.i Philosophique sans être à thèse, le théâtre d\u2019Éric-Emmanuel Schmitt s\u2019abreuve à tous les genres.Sa première pièce, La Nuit de Valognes (1991) est une variation sur le thème de Dom Juan ; Le Visiteur fantasme sur la rencontre crépitante de Freud avec une possible incarnation de Dieu à l\u2019aube de la Deuxième Guerre mondiale ; Golden Joe (1995) expose l\u2019examen de conscience d\u2019un magnat de la finance ; Le Libertin, les contradictions du rationaliste Diderot, par ailleurs sujet de sa thèse de doctorat de troisième cycle, tandis qu\u2019Hôtel des deux mondes (1999) met en scène des comateux.Tous textes qui célèbrent la grande tradition française du dialogue élégant et spirituel, mais en traversant un large spectre d\u2019émotions.« Toujours, il y a des intellectuels contredits chez mes personnages », dit-il.L\u2019auteur et le philosophe s\u2019épaulent tout en s\u2019affrontant en lui.« Je suis un déçu de la philosophie en mê- me temps que je reste philosophe, car comme l\u2019a dit Pascal : \u201c Refuser la philosophie, c\u2019est philosopher.\u201d » Il l\u2019a épousée à 18 ans avec la certitude qu\u2019elle l\u2019aiderait à comprendre le monde et à y marquer sa place.« Je me suis rendu compte que c\u2019était faux, fait-il calmement.Qui suis-je ?Pourquoi je le suis ?La philosophie n'a jamais comblé mes interrogations.Elle crée des fictions explicatives, nobles certes, qu\u2019on partage en s\u2019échangeant des arguments, mais elle ne dit pas tout de la vie.Celle-ci est-elle absurde ou mystérieuse ?J\u2019ai fait le pari qu\u2019elle est mystérieuse, car penser qu elle est absurde, comme l\u2019ont professé les existentialistes par exemple, c\u2019est croire que l\u2019homme est le seul producteur de sens.Moi, je crois que le mystère de la vie excède Voir DOUTE en D 2 ?AUTRE TEXTE ?Mélodie de l\u2019inconnu Page I) 2 IE SOLEIL PATRICÏ LAROCHE Moi, Je crois que le mystère de la vie excède ma compréhension, déclare le dramaturge Éric-Emmanuel Schmitt.La vie est une promesse de sens, et non une absence de sens.» Sa pièce \u2022 Variations énigmatiques » sera présentée les 23 et 24 octobre, au Palais Montcalm.Affichez i ^ C'est obligatoire.En vertu de la Loi SUP le tabac, l'exploitant d'un Heu ou d'un commerce a l'obligation d'indiquer au moyen d'affiches* les endroits où H est interdit de fumer.Région St Québec : (418) 646-8884 Auteurs au Québec (sms frais) : 1 877 41B-1XBA (8222) www.msss.gouv.iic.ca/loi-tabac Québec S S Ministère de la Santé at das Services sociaux PRIMEURS Lk samedi 28 avril 2001 POUR LA PRE S Le Théâtre Périscope présente CONSUL ' DCS AJITO f T DCS lin «S DO QutICC Du 2 au 5 mai 2001 Molière du meilleur 1000 one man snow en 1999 Texte, mise en scène et interprétation: Philippe Avron Musique : Jean-Jacques Lemêtre Eclairages: André Diot québec HÔTEL LOEWS LE CONCORDE Q U £ \u2022 ¦ C h é é t PERISCOPE 2, rue Crémazie Est angle de Salaberry Reservation (418) S29-2183 ARTHUR LE COUREUR DES BOIS EN SPECTACLE au Grand Theatre de Quebec m M hi \\ n «Un spectacle amusant et fort coloré qui comble les enfants de ravissement.» La Tribune Dimanche Grand Theatre de Québec Salle Octave-Crémazie Billetterie: 643-8131 1 877 643-8131 iDIraTrîi il SiU- TFJStll TKia GCoSk, Jeudi 17 mai 22H00.'WÂH .Ê UKaiS iCLAVU çuaktçt M Samedi 19 mai 20H00 torampac 7i .,,,.« » cas^des Samedi 19 mai 22H00 TAHTPhAS Dimanche 20 mai 22H00 EÜI (El ®kûï Wi> miru / m ïaskzii i>AVl U\u2019b&AF&P / pw Z-pfcH Lundi 21 mai 20H30 «ife forfait Festival 745 + taxes Incluant une nuit avec petit-déjeuner et (occ.double) une entr?eP°ur concerts Réservation : Complexe hôtelier Colibri 1-8Q0-563-0S33 www.fimav.qc.ca Québec îî! FESTIVAL\t.w.5 musiQVI Tél : (819) 752-7912 \u2022 info@fimav.qc.co * ADMISSION: (514) 790-1245 1 800-361-459S\ti Billetterie \u2022 Information Québec i m.\" t f Vutirtorttlf Canada 23 I f* Arts du Maurier YAMAHA' LE SOLEIL « VARIATIONS ENIGMATIQUES » L'amour, mélodie de l'inconnu JEAN ST-HILAIRE JSTHILAIRE@LESOLEIL.COM QUÉBEC \u2014 Dieu, la vie et son mystère et l\u2019amour sont les thèmes angulaires du théâtre d\u2019Éric-Emmanuel Schmitt.Variations énigmatiques, que le TNM affiche jusqu\u2019au 20 mai, dans la mise en scène de Daniel Koussel, traite de l\u2019amour.Les exposants en sont deux hommes.Chacun a son rapport bien à lui au maître sentiment.!>rix Nobel de littérature, Abel Znorko (Guy Nadon) vit en ermite dans une île de la mer de Norvège, au nord du cercle polaire, perdu dans le souvenir d\u2019une femme avec qui il a entretenu une longue correspondance passionnée.Ce jour-là, au dernier soleil de minuit de l\u2019été, il reçoit Erik Larsen (Michel Rivard), en principe journaliste d\u2019un humble périodique de province.Leur entretien vire vite aux étincelles.Le cassant Znorko et le sentimental Larsen s\u2019engagent dans un échange hargneux de révélations.Le titre est.énigmatique.Il est emprunté à une oeuvrai de jeunesse d\u2019Edward Elgar, oeuvre composée en 1899 é tenue pour clé du renouveau qui soufflera bientôt sur la musique anglaise.Schmitt l\u2019a adopté pour sa pièce plein concert, au Théâtre des Champs Elysées.«Je me suis rendu compte que ça traitait exactement de ce que j\u2019étais à raconter dans ma pièce, explique-t il.11 s\u2019agit de 14 variations sur une mélodie qui n\u2019est jamais énoncée, mais qui est apparemment connue et dont Elgard a emporté le secret dans la mort.« L\u2019être qu\u2019on aime, décode-t-il, c\u2019est une mélodie qui peut nous accompagner toute la vie, mais qui nous reste inconnue.Car aimer, ce n\u2019est pas connaître, c\u2019est entretenir une relation avec un mystère, avec quelqu\u2019un qui est libre de vous mentir, de vous trahir, de vous tourner le dos.Avec quelqu\u2019un qui peut toujours se replier dans cette zone d\u2019ombre qu\u2019on appelle la liberté.» Znorko est pour Éric-Emmanuel Schmitt « l\u2019écrivain complet qui a construit sa vie pour se protéger de la vie » et qui écrit parce qu\u2019 « habité pari la peur de la vie ».À terme, il va s\u2019apercevoir que | tout était faux dans cette histoire d\u2019amour qu\u2019il a cru vivre jadis.Le «journaliste », ou ce qu\u2019il en est en vérité, représente pour l\u2019auteur « la vie qui entre chez Znorko avec ses contradictions, un peu comme dans Le Visiteur l\u2019absolu entre chez Freud » sous les traits du mystérieux personnage venu ébranler ses convictions.Les billets pour Variations énig- |j matiques sont d\u2019ores et déjà en vente.Réservations au 670-9011.*¦ LE SOLEIL PATRICE LAROCHE «Aimer, ce n\u2019est pas connaître, c\u2019est entretenir une relation avec un mystère, avec quelqu 'un qui est libre de vous mentir, de mus trahir, de vous tourner le dos», affirme Éric-Emmanuel Schmitt.Écrivain catholique DOUTE Suite de la D1 ma compréhension.La vie est une promesse de sens, et non une absence de sens.» Cette conviction est encore jeune chez ce fils d\u2019une famille d\u2019athées.Elle lui est venue en 1989, pendant une expédition dans les Hoggar, dans le sud de l\u2019Algérie.Avec des amis, il avait fait l\u2019ascension du Tahat, le point culminant (2918 m) de cette chaîne de montagnes, et en redescendant, il a été « pris d\u2019une pulsion, d\u2019une curiosité intense de me perdre ».Il a divergé du groupe pour se retrouver sur le versant opposé où la nuit l\u2019a surpris, sans rien à boire ni à manger.Elle était magnifiquement étoilée, mais froide, cette nuit de désert.« Pour me protéger, je me suis ensablé près d\u2019un rocher et là, au lieu d\u2019avoir peur, je me suis senti rempli de confiance.J\u2019ai eu le sentiment très fort que tout est plus grand que moi, que tout est justifié.« Au matin, j\u2019étais différent.J\u2019avais la foi, moi qui ne l\u2019avais jamais eue.» L\u2019expérience a libéré son écriture, affirme-t-il.Celle-ci, à l\u2019image de sa carrière d\u2019auteur, a quelque chose de mé-téoritique.On dit de lui qu\u2019il incube ses sujet des mois durant, puis qu\u2019il ouvre les vannes.« Oui, je suis comme une mère éléphant : je porte longtemps, mais j\u2019accouche rapidement.» Prenez son roman L\u2019Évangile de Pilate.Trois petits mois.De reconstitu- tion.On lui avait volé son ordinateur, disquettes et tout.Confortable, la position d\u2019écrivain catholique en France?« Non», répond-il après hésitation.Puis il ajoute tout de go : « Chrétien, mais où est le problème ?Y\u2019en a d\u2019autres.» La compagnie est même très bien.Il cite Mauriac, Green, Bernanos, disparus toujours vivants qui ont bousculé le jeune indifférent qu\u2019il était à une certaine époque de « jeunesse impérialiste ».Ét surtout Claudel : « La plus belle pièce du XXe siècle, c\u2019est Partage de midi.» LE VISITEUR La Nuit de Valognes avait fait dévier des feux sur lui, mais c\u2019est Le Visiteur qui a fait sa carrière, de son propre aveu.Des débuts fragiles cachaient le miracle.« J\u2019avais écris ce texte pour déposer les intimités sur la difficulté de croire, rappelle-t-il.Les amis étaient enthousiastes, mais moi, j\u2019étais persuadé que ça n\u2019intéresserait jamais personne.» Une atmosphère de « bide noir », du reste, à la première, au Petit Théâtre de Paris.Deux payants dans la salle : papa et maman.Puis critiques et autres convertis sont repartis et ce fut le triomphe.« On ne force pas le destin, j\u2019ai été le dernier à y croire.» En France comme ailleurs, dont ici, les spectateurs ont eu le sentiment de renouer avec une question fondamentale poussée trop vite sous le tapis.Dans le plaisir et l\u2019intelligence, ils ont eu droit à une belle revue de situation.« Des Juifs m\u2019ont dit : \u201cC\u2019est une belle méditation hassidique\u201d ; des catholiques : \u201c C\u2019est du Pascal \u2019\u2019 ; des protestants : \u201c Mais vous êtes protestant ! \u201d, et des athées : \u201c J\u2019ai entendu ma voix\u201d.ce à quoi j\u2019ajoutais : \u201cOui et vous avez peut-être aussi entendu la parole de l\u2019autre.! \u201d » À quoi attribue-t-il son succès?« Peut-être que je m\u2019exprime intimement de façon théâtrale.J\u2019ai appris que, quand on va au plus intime, on ne va pas qu\u2019à soi, on trouve les autres aussi.» Quant à son Pilate romanesque, il en a fait le blason de l\u2019homme moderne qui n\u2019a rien à faire de l\u2019incertain, un homme mû par « une vision purement politicienne des choses », mais entraîné à douter devant le mystère de Yé-choua (le Christ) par la femme de sa vie, qui elle a fait le pari de croire.À l\u2019instar du Visiteur, l\u2019oeuvre propose une irrésistible incursion dans l\u2019aventure de Dieu.Éric-Emmanuel Schmitt ne tient pas de journal écrit.Le sien est pianisti-que.Gershwin pour l\u2019entrain, Chopin pour la souffrance, Mozart pour.« Ma sérénité, ce n\u2019est pas Bach, c\u2019est Mozart.Pour l\u2019équilibre et la grâce.J\u2019aime Bach, mais il m\u2019en impose.» Une conversion dans sa vie en musique : Schumann.« J\u2019en joue tous les jours, et dire que c\u2019est le compositeur que je détestais plus jeune.» création Théâtre de la Vieille 17 Théâtre du Frêne Théâtre Niveau Parking Théâtre populaire d'Acadie en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts .puisque le monde bouge.«COVT»\"* Direction artistique Michel Guy René Robert Nadeau I Freixe I Cormier Bellefeuille «Comédie de moeurs pétillante, elle évoque les derniers Bergman, le Radio Days de Woody Allen (.)\" Éric Moreautt, Le Soleil Du 10 au 28 avril 2001 à 20 h théâtre 2, rue Crémazie Est, angle de Salaberry PERISCOPE (418) 529-2183 équipe de créât Fr«n I.< .w 4» ».4.~.4.\trfV Québec SS Canada £ Cdwyc ET (*^ .'4.k.V-(#/WÏ ¦?¦s: A rr.».,\timejb wv nuNtorxoMf t Le samedi 28 avril 2001 www.lesoleil.com D 3 RS/GROS PLAN .Pièges d identité Dans «L'Empire désorienté», la journaliste Catherine Bergman peint 25 tableaux d'un Japon déchiré entre modernisme et tradition LISE LACHANCE LLACHANCE@LESOLEIL.COM Le Québec et le Japon partagent la même préoccupation existentielle: leur identité nationale.Ce parallèle saute aux yeux lorsqu\u2019on lit L\u2019Empire désorienté de la journaliste Catherine Bergman qui a passé près de cinq ans au pays du Soleil levant où elle accompagnait son mari, Donald Campbell, alors ambassadeur du Canada.«La ressemblance est évidente.Je n\u2019ai pas fait ce rapprochement dans le livre mais l\u2019éditeur (Art global/Fiam-marion Québec) a pensé le souligner dans la quatrième de couverture.Finalement.il s\u2019est abstenu, de crainte que cela fasse trop mercantile », précise l\u2019auteure depuis la France où elle est allée se remettre, chez sa sœur, des émotions du lancement et des séances de signature accordées dans le cadre du Salon international du livre de Québec, à la mi-avril.Bien sûr, la question de l\u2019identité se pose différemment ici et dans l\u2019ancien territoire des samouraïs.Dans ce dernier endroit, elle s\u2019appuie sur une « immense nostalgie pour un Japon qui n\u2019existe pas, qui n\u2019existe plus, qui n\u2019a peut-être jamais existé».Au point où un mandarin de l\u2019État s\u2019est senti obligé de démissionner pour se lancer dans une entreprise étonnante: trouver des modèles pour ses contemporains.Plongeant dans des livres d\u2019histoire, il a découvert, dans les multiples aventures d\u2019un guerrier qui a unifié le pays il y a cinq siècles, les ingrédients nécessaires à la création d\u2019un héros.La télésérie tirée de son livre a connu un succès retentissant et rassemblé toutes les générations devant le petit écran.Mais, se demande Catherine Bergman, «que faut-il penser d\u2019un peuple qui est obligé de remonter jusqu\u2019au XVT siècle pour trouver un héros acceptable?Ét, surtout, que faut-il penser d\u2019un pays qui a besoin d\u2019un haut fonctionnaire pour se fabriquer des héros et reconstruire un passé, par tâtonnements, comme on reconstitue un puzzle?» ANGOISSES EXISTENTIELLES Quel que soit leur bagage idéologique, dit la journaliste, les Japonais partagent non seulement cette nostalgie.mais aussi une ambiguïté profonde envers leur passé (ils se demandent encore s\u2019ils ont été agresseurs ou victimes durant la dernière guerre !).une .incertitude intolérable quant à leur identité et un sentiment d\u2019urgence concernant l\u2019avenir.Les valeurs traditionnelles peuvent-elles surv ivre à la mondialisation ?Si oui.lesquelles faut-il protéger?Est-il possible d\u2019être moderne sans être occidental?Et sans devenir américains?Telles sont les questions existentielles qui secouent le Japon.«Plusieurs pays occidentaux s\u2019interrogent sur le mariage modernité-américanisation, mais ils peuvent partager leurs craintes avec leurs voisins, se comparer à eux, tandis que les Japonais sont seuls dans leurs îles.Par ailleurs, en tant que deuxième puissance économique mondiale, le Japon devance à ce point les autres pays asiatiques qu\u2019il fait cavalier seul, n\u2019a pas de modèle dont il pourrait s\u2019inspirer», affirme Catherine Bergman au SOLEIL.Même si l\u2019auteure a longtemps collaboré au Téléjoumal de Radio-Canada à titre de correspondante parlementaire à Ottawa, elle ne s\u2019attache pas qu\u2019à la politique L'Empire désorienté.Au contraire, elle aborde de multiples aspects de la vie au Japon.D\u2019entrée de jeu, elle avoue qu\u2019en dépit de son expérience de journaliste, qui lui a « appris à faire la part de l\u2019inévitable subjectivité de l\u2019observateur, de la relativité des cultures, de la fragilité des absolus et des limites de la parole ».elle n\u2019était pas préparée à ce qui l\u2019attendait à son arrivée là-bas.Elle avait l\u2019impression de pénétrer dans un monde où tout est différent, où le temps et l\u2019espace appartiennent à d\u2019autres dimensions « Nos termes de référence, nos grilles d\u2019appréhension de la réalité y deviennent inutilisables », note celle qui s\u2019est souvent surprise à douter de ses propres sens et de son propre entendement.De là à conclure que « le Japon, littéralement, est indicible», il n\u2019y a qu\u2019un pas.Et elle le franchit.Au rythme des pages, toutefois, le lecteur constate que Catherine Bergman a l\u2019art de dire l\u2019indicible.Cela tient sans doute à une combinaison faite d\u2019empathie, d\u2019absence de préjugés et d\u2019un sens aigu de l\u2019observation.L\u2019écriture précise et élégante, qui sait camper les gens, rendre une atmosphère, cerner un phénomène de société ou expliquer des concepts, n\u2019est pas étrangère à eette réussite.ZOOMS RÉVÉLATEURS Chacun des 25 chapitres porte sur un thème différent.En quelques coups de pinceau très efficaces.Catherine Bergman brosse un tableau à la fois succinct.et nuancé.Pas d\u2019antagonisme, ici, entre ces deux termes.L\u2019en- Quel que soit leur bagage idéologique, dit Catherine Bergman, les Japonais partagent une ambiguïté profonde envers leur passé: ainsi, ils se demandent encore s'ils ont été agresseurs ou victimes durant la dernière guerre.semble des facettes décrites nous donne un portrait global \u2014 et extrêmement vivant \u2014 du Japon.« J\u2019ai conçu chaque chapitre comme un reportage télé car je voulais être sûre de bien retenir l\u2019attention des gens.Je commence donc toujours par une image forte et je change de rythme », souligne-t-el-le au SOLEIL.Le zoom est braqué aussi bien sur des hommes et des femmes qui sortent du rang que sur la corruption des politiciens, l\u2019amnésie collective quant à la montée du nazisme au Japon et le massacre de la Mandchourie lors de la dernière guerre, les relations hommes-femmes (notamment le manque de tendresse et l\u2019horreur du «Je t\u2019aime »), le harcèlement sexuel, la famille impériale, les geishas, le drame des Coréens vivant au Japon, les trous dans les manuels d\u2019histoire, les Intouchables, la très florissante pornographie infantile, les travestis, l\u2019extrême-droite, le système judiciaire, le journalisme, le shinto et ses phallus, la peur des étrangers, le culte de l\u2019ambiguïté et du flou, le devoir d\u2019harmonie, le rejet (ou plutôt l\u2019incompréhension totale) de la notion de multiculturalisme.Catherine Bergman ne s\u2019est pas contentée de humer l\u2019air du temps et de coucher sur papier ses états d\u2019âme.En bonne journaliste, elle s\u2019est documentée, a créé des liens avec des Japonais de tous horizons et des étrangers, s\u2019est mêlée à la foule, a fait de nombreuses entrevues.Quand son interlocuteur ne parlait pas anglais ni français, elle offrait à une personne intéressée par le sujet de l\u2019entretien de l\u2019accompagner.En retour, celle-ci ser- vait d\u2019interprète.«J\u2019ai suivi pendant un an, à plein temps, des cours de japonais.J\u2019arrivais donc à me débrouiller mais je ne maîtrisais pas suffisamment la langue pour tout saisir.Il faut au moins trois ans pour y parvenir », dit-elle.DES SURPRISES L\u2019étonnement est souvent au rendez-vous à la lecture de L\u2019Empire désorienté.On tombe de haut, par exemple, quand on apprend que le Japon se vante d\u2019être un Etat fondé sur la race ; que la victime y est considérée comme coupable elle aussi ; que les citoyens ont des devoirs mais pas de droits correspondants; que le «péché» impardonnable entre tous réside dans la rupture de l\u2019harmonie ; que la peur de se tromper est une véritable psychose collective ; que les mariages arrangés existent toujours; que, pour plaire, la Japonaise ne peut être que «vierge, pure et innocente comme une enfant ».D\u2019où, en public, la nécessité pour les Japonaises de présenter une image caricaturale de la féminité faite de voix haut perchée et d\u2019un petit rire enfantin, la main devant la bouche.Cette attitude leur sert à la fois « de masque et de bouclier ».En réalité, a constaté Catherine Bergman, elles font souvent preuve d\u2019une volonté de fer, d\u2019une concentration de tous les instants sur les buts à atteindre et d\u2019une obsession « Que faut-il penser d'un peuple qui est obligé de remonter jusqu'au XVIe siècle pour trouver un héros acceptable?» de l\u2019excellence qui les rend redoutables.Montrer aux hommes qu\u2019elles sont fortes serait contre-productif.«Quand nous arrivons au pays du Soleil levant, nous trouvons les Japonais très occidentalisés.Ils sont habillés comme nous et vivent dans des villes très modernes.Mais les apparences sont trompeuses.Leur grille d\u2019analyse est tout autre.Il y a des différences fondamentales dans la façon de se voir et de voir le monde.C\u2019est là que nous nous cassons le nez », affirme la journaliste.Même si elle préfère encore la caméra et le micro à l\u2019ordinateur, bref la télévision à l\u2019écrit, Catherine Bergman vient de nous offrir un livre-essai qui se dévore et dessille nos yeux sur la deuxième puissanee économique de la planète.CATHERINE BERGMAN, I Tmpùv demrimte.Art global /Flammarion Quét^c.Montréal SWp Écoutez demain Ul GRAND DECOMPTE Semaine» du 29 avril 2001 avec Mike Gauthier et Anne-Marie Witenshav.dimanche de 9 h à 12 h SD CS Angel *********************** Shaggy La Bomba ****************** «jng Africa Just Got Paid ****************** n Sync Black Velveteen ************ Lenny Kravitz Rise Up ************** Sunkids feat.Chance All 4 You ***************** janet Jackson Holy Water ***************** Oliver Haze Astounded *************** Bran Van 3000 Drops Of Jupiter ***************** jrain Butterfly ******************* Orazy Town Hanging By a Moment ********* yfehouse Survivor ***************** Destiny's Child If That Were Me ************** Melanie C Loser ******************* 3 Doors Down Ride With Me ******************* |\\]e||y Warning ******************* Qreen Day Dream On *************** Depeche Mode What It Feels Like For A Girl ***** Madonna Better Man ************** Robbie Williams Ljfe ******************** 0ur Lady Peace Jaded ********************** Aerosmith piay ******************** jemjfer Lopez Flavor of the Weak ********* American HI-FI One Wild Night **************** Bon Jovi Turn Off The Light *********** Nelly Furtado Days Like That ************* sugar Jones Elevation *********************** U2 Waiting ******************** Qreen Day Clint Eastwood ***************** Qoriiiaz Lady Marmelade * * * C Aguilera-Pink-LiTKim-Mya avec Nadia Bilodeau dimanche de18hà19h SD CS 4.\t1.De héros à zéro ************ pr0jet Orange 2.Encore plus fort * * * * * Gabrielle Destroismaisons 5.1.\t3.Gitan *********************** * * Garou 6.\t4.Boules à mites ************ Daniel Boucher 7.\t5.Depuis que t\u2019es parti *********** lui Fatale 2.\t6.Le nombril *\u201c************ Nancy Dumais 3.\t7.L\u2019homme invisible ******** Patrick Bourgeois -\t8.You ************************ ***Sky 9.Les Ricky Iglesias * \u201c * \u201c Les Grandes Gueules 8.\t10.Lumière ****************** Mario Pelchat 983 LE SOLEIL www.radioenergie.com PIIIIIIEllllS/DISllUES Lk samedi 28 avril 2001 D'UNE PLAGE À L'AUTRE ROC TUF f nr >upsour Rocket From the Crypt POWDERFINGER StvNUMBERFIVE p*J*i*-> - i L fzi 1 Tagada Jones Poirderfinger 1 \u2022 \u2022Of, .^.Kmz Su mi Jo Big Dumb Face Candida et Floricelda Faez Saga Massive attaque Les gars de Tagada Jones frappent indiscutablement un grand coup avec leur troisième essai.Voilà un disque qui démontre \u2014 si besoin était \u2014 qu\u2019il faut maintenant compter avec eux.Pas surprenant que le quintette se retrouve en première ligne sur la scène alterno hexagonale.Le groupe de Rennes s\u2019est associé au réalisateur André (iielen (Lofofora) et cette belle équipe vous a concocté un disque qui frappe comme une tonne de briques.Une belle collection de brûlots ! D\u2019entrée de jeu, le groupe donne l\u2019heure juste avecAs-sez /, un punk hardcore teinté de métal d\u2019une redoutable efficacité.Vindicatifs et revendicateurs, les musiciens « s\u2019attaquent » tout autant à des sujets comme la peine de mort (Assez!), les médias (Manipulé), le trafic d\u2019armes (État d\u2019armes) et les manipulations génétiques (G-Nome) avec une irrésistible comiction.Michel Bilodeau (collaboration spéciale) Tagada Jones Manipulé (Indiea) ?Sumi Jo : sur la terre comme au ciel Du gospel franchement populacier à la plus subtile des incantations, en américain de la rue ou en latin, au music-hall ou à l\u2019église, Sumi Jo se jette à pleine voix dans la prière.L\u2019office s\u2019élève plutôt subtilement avec le Kaddisch de Maurice Ravel, mélodie araméenne aussi pénétrante que le parfum de l\u2019encens.Dans l\u2019atmosphère imprégnée s\u2019élève ensuite la délicate ferveur du Lauda te Dominum de Mozart.Le douloureux A ve Maria de Caccini et le traditionnel A/w/?/w/ Grace, nasal à souhait, nous ramènent bien vite sur terre.Après Richard Strauss, puis Rossini ainsi qu\u2019un planant Pie Jésus de Fauré, on atterrit chez Schubert avec \\& Prière de Kâtchen, fragment délicieux et léger comme une opérette française au cours duquel la soprano montre qu\u2019elle n\u2019a rien perdu de son agilité.Une trop brève incursion dans le Broadway des belles années, avec Bernstein (1600Pennsylvania Avenue) et surtout Loewe (Giyi), complète ce tour d\u2019horizon marqué du sceau de l\u2019éclectisme.Pour l\u2019accompagner, la diva a retenu les services de l'américain James Conlon.ici à la tête du Gürzenich de Cologne et du parfois trop puissant Chœur philharmonique de Cologne.Richard Boisvert (collaboration spéciale) Sumi Jo Prayers (Krato) ?Les deux sœurs Il y a parfois des chansons qui vous marquent le cœur d\u2019un trait indélébile.De ces chansons qu\u2019on alignerait pieusement avec d\u2019autres \u2014les Kindertotenlieder de Mahler par Kathleen Perrier, par exemple, ou encore le Godls in the House de Nick Cave\u2014 qui n\u2019ont aucun rapport sinon celui d\u2019avoir déplacé nos vies à jamais, ne serait-ce que d\u2019un souffle.Chantée par les sœurs Candida et Floricelda Fàez, deux Cubaines hors d'âge, Perdon (Pardon) est de celles-là.Au-delà de la mélodie et des harmonies, voilà deux voix qui s\u2019interpellent, qui étalent sans façon la fibre granuleuse de la vie arrachée à (50 ans de métier, à 60 ans de passion.Dans la foulée de la déferlante cubaine amorcée par le Buena Vista Social Club, les sœurs Fàez nous sont apparues en 1999, sur La Casa de la Tro-va qu\u2019elles partageaient avec plusieurs vedettes du cru.Cette fois, avec La Trova de las Faez, la scène leur appartient complètement, soutenue par une complicité tous azimuts : le violoncelliste Vincent Courtois, les bandéonistes Juan José Mosalini (père et fils), l\u2019accordéoniste Marcel Az-zola.le contrebassiste Patrice Carati-ni, le pianiste Omar Sosa et bien d\u2019autres.Si imposant que soit le déploiement, ce sont pourtant les deux filles de cheminot qui ouvrent la voie, qui font se braquer nos cœurs.Fin 13 titres.que l\u2019amour au menu.Coquin.* brisé, brûlant, tragique.D\u2019une jeunesse qui a si bien vieilli qu\u2019elle donne à la passion un goût d\u2019éternité.Après la surexposition cubaine qui n\u2019en finissait plus de récupérer les fonds de tiroirs, La Trova de las Faez appelle à la réconciliation, à l\u2019abandon.Sans doute la meilleure parution du genre depuis le trait de génie de Ry Cooder ! Pierre Boulet Candida et Floricelda Faex La Trova de las Faez (Détour\u2014Warner) ?Rocket From The Crypt: flagrant délice Rocket F\u2019rom The Crypt a enfin attiré l\u2019attention qu\u2019il mérite avec son CD précédent, un éponyme paru en 1998.Mais son alternoska vitaminé passe à la vitesse supérieure avec Group-sounds.Le sextet de San Diego, qui fait figure de vétéran dans Y under-ground, vient de trouver un deuxième souffle.Il se concentre sur l\u2019essentiel et se disperse moins.A savoir deux, trois accords dévastateurs, une section rythmique qui brasse, des cuivres qui pètent le feu \u2014 on se permet parfois des improvisations très free jazz \u2014 et des refrains à plusieurs voix.Un peu comme si les Ramones jouaient du ska.Ce qui donnerait du skacore ?Évidemment, pour la diversité, on repassera.Mais on s\u2019en fout parce qu\u2019on ne s\u2019ennuie pas une seconde sur Groupsounds : pas le temps.En deux minutes, maximum trois, le plaisir est consommé.Un peu trop rapide?Il y a quand même 13 pièces dont la dernière.Ghost Shark, « s\u2019éternise » pendant cinq minutes sur un tempo plus lent.Dans le genre pur plaisir musical exubérant, difficile de faire mieux.En fait, RFTC ne m\u2019a jamais paru autant en possession de ses moyens : parfait pour un party d\u2019été endiablé.Eric Moreault Rocket From The Crypt Groupsounds (Vagrant Records) ?1/2 Big Dumb Face: juste pour rire l\u2019rofitant de la notoriété de Limp Biz-kit, Wes Borland s\u2019est payé un petit trip personnel avec Big Dumb Fàce.Il eu mu le ici les rôles de compositeur, musicien, arrangeur et réalisateur.Un enregistrement maison, qui, autant le dire tout de suite, risque fort de déconcerter les fans des Bizkit.Si, d\u2019entrée de jeu, Borland attaque avec un rock heavy et voix d\u2019outre-tombe qui décape sérieusement, la seconde pièce, elle, donne carrément dans le country (genre chanson-thème àeBonanza'.).Tout un contraste, làr la suite, si on renoue à l\u2019occasion avec le heavy décapant (Blood Bed Head on Fire, Organ Splitter.), ce sont surtout des rocks déjantés, des «curiosités » avec voix traitées en accéléré et pas toujours assurées qui meublent le reste de ce disque.La palme de la curiosité revenant kit's Bight in Here qui.après environ quatre minutes, se transforme en un ramassis de bruits de pas, de voix, de portes, de reniflements et de cris, couronné par le son d\u2019une chasse d\u2019eau, tout juste avant d\u2019atteindre les 20 minutes au compteur.Disons que Wes Borland a un sens de l\u2019humour particulier et qu\u2019il s\u2019est bien amusé.Ce que sa notoriété lui permet.Mais on aurait souhaité qu\u2019il conserve certains enregistrements pour ses archives.M.B.Big Dumb Face Duke Lion Fights the Terror (Geffen\u2014Universal) ?1/2 Powderfinger : jouer «safe» On prétend que Powderfinger est à l\u2019Australie ce que The Tragically Hip est au Canada \u2014 le portrait-type du groupe rock formé de gars ordinaires qui travaillent d\u2019arrache-mains pour compenser un talent moyen.Sans rien enlever à Bernard Fanning, il lui reste du chemin à faire s\u2019il veut un jour « accoter» Gordon Downie en termes d\u2019intensité et d\u2019interprétation sentie, malgré un timbre de voix plus agréable.Et je ne parie pas de la plume, très premier degré.Les harmonies vocales, par contre, sont vraiment pas mal, dans la lignée beatles-que.Tiens, au petit jeu des références \u2014 c\u2019est pas moi qui ai commencé \u2014, Powderfinger serait d'ailleurs plus proche des Grapes of Wrath qu\u2019autre chose.Du rock qui flirte avec la pop.de solides mélodies mais un manque flagrant d\u2019audace et d\u2019inventivité.En fait, je me répète, des bons gars qui jouent safe et composent des pièces classiques, intéressantes mais sans surprise et sans piquant.Le CD parfait, au fond, pour tous ceux qui croient que l\u2019aventure consiste en un voyage organisé à Toronto.J\u2019ai l\u2019air de me moquer, mais Odyssey Number Five possède des qualités indéniables.Ét laisse parfois deviner un potentiel inexploité.Suffit d\u2019écouter Like a üog, que David Bowie n\u2019aurait pas reniée à une certaine époque.On verra bien.É.M.Powderfinger oo% ^
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