Le petit Canadien : organe officiel de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fondée en 1834 et de la Caisse nationale d'économie fondée en 1899, 1 juillet 1916, Juillet
Vol.13.— No 7.MONTRÉAL, JUILLET 1916.50 sous par an.Scols Normale «TaccLues—Cartier, Parc Lafontaine, Montréal.Le Petit Canadien Organe de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal SOMMAIRE I.—LENDEMAIN DE CONGRES .IL —CHEZ NOS FRÈRES DE L’ONTARIO .III.— pÊle-mÊle.IV.—PARLONS MIEUX.V.—BIBLIOGRAPHIE.Victor Morin.V.-E.Beaupré.Arthur Saint-Pierre.Abbé Étienne Blanchard.A.St-P.et L.R.LA CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE Nos nouveaux bureaux.- Tableau des organisateurs permanents.- Bilan de juin 1916.Rédaction et Administration : SECRÉTARIAT DE LA SOCIETE' SAINT-JEAN-BAPTISTE MONUMENT NATIONAL, 296, rm* SAINT-LAURENT .MONTRÉAL. SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Grand aumônier : Monseigneur i;Archevêque de Montréal.Président général : Victor Morin, LL.D., notaire, 97, rue SainWacques.1er Vice-président général : Joseph Gauvreau, D.M., Edifice Dandurand.2ème Vice-président général : V.-E.Beaupré, I.C., professeur, 372, rue du Parc [Lafontaine.Secrétaire général : J.-B.Lagacé, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Trésorier général : Joseph Hurtubise, courtier en assurance, 2, place d’Armes.Directeurs : L’hon.L.-O.David, sénateur.Hôtel de Ville.— E.-P.Lachapelle, D.M., 267, ouest, rue Prince-Arthur.— Thomas Gauthier, courtier, 11, place d’Armes.— Ü.-H.Dandurand, financier, Edifice Dandurand.— Victor Doré, professeur, 446, rue Fidlum.— Guy Vanier, LL.L., avocat, 97, rue Saint-Jacques.— Joseph Girard, rentier, 46, ouest, boulevard Saint-Joseph.Chef du Secrétariat : Arthur Saint-Pierre, Monument National.Administrateur général : J.-P.-L.Bérubé, Monument National.Corporations filiales de la Société : Caisse Nationale d’Economie.— Caisse de Remboursement.— Compagnie du Monument National.— Société Nationale de Fiducie. Le Petit Canadien 0 BQ ANE DE LA SOCIÉTÉ SAINT - JEAN - BAPTISTE 3313 Vol.13.— Xo 7.i MONTREAL, JUILLET 1016.50 sous par an.LENDEMAIN DE ((INGRES Les grandes assises de la famille canadienne-française ont eu lieu.Les groupes essaimes depuis le pays d’Evangeline jusqu’aux plaines de rOuest, ont pris contact les uns avec les autres; ils ont évoqué ensemble les visions d’un passé héroïque et souvent douloureux, en le comparant à leurs conditions actuelles d’existence: au souvenir des luttes passées, ils ont ravivé leur ardeur à soutenir celles de l’heure présente et ils retournent dans leurs foyers avec une confiance inébranlable dans l’avenir.Quarante-deux groupements de canadiens et d’acadiens de langue française, représentés par plus de cent délégués accrédités, se sont réunis au foyer familial de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.La présence de Nos Seigneurs l’archevêque et l’évêque auxiliaire de Montréal, de Mgr le vice-recteur de l’Université Laval, de M.le doyen de l’Ecole polytechnique, de M.le supérieur du Collège acadien de la Nouvelle-Ecosse, des représentants officiels de Nos Seigneurs l’archevêque de Saint-Boniface et le vicaire apostolique du Keewatin, le concours actif de plusieurs membres du clergé patriote qui conduit si virilement la lutte pour la revendication de nos droits dans l’Ontario, celui des délégués acadiens et franco-américains, joints aux représentants de nos diverses sociétés nationales du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et jusque de l’Alberta, démontre suffisamment l’importance de ce premier Congrès d’Action Française.Et tous en sont sortis plus forts, plus ardents, plus convaincus que jamais des destinées impérissables de la race canadienne-française en cette terre d’Amérique, et déterminés à lutter, partout et sans relâche, contre l'hydre toujours renaissante de la persécution de race.Que les tentatives d’asservissement et d’assimilation de l’élément canadien-français soient les mêmes dans toutes les parties du pays, les statistiques recueillies dans la préparation du congrès l’ont assez démontré.Nos adversaires déçus de voir nos groupes s’accroître en nombre et en influence au lieu de s’éteindre à petit feu comme ils l’espéraient, se sont finalement avisé de confisquer à leur profit les forces vives dont 102 LE PETIT CANADIEN notre race a fait preuve ; ils ont espéré y réussir en édictant des mesures destinées à nous absorber dans l’espace d’une génération, mais de même que le boa constrictor, qui possède une force d’absorption capable de digérer un boeuf entier, a rencontré dans le porc-épic une proie dont il n'a pas encore réussi à faire une victime, l’assimilateur anglais rencontre chez les nôtres une surface absolument réfractaire à l’absorption.Aussi faisait-il bon au coeur de voir ces francs patriotes, interprètes accrédités d’une race déterminée à survivre en dépit des assauts dirigés depuis un siècle et demi contre son existence, ces soldats continuateurs d’une lutte séculaire, résolus à combattre sans répit pour conserver intact à leurs enfants le dépôt sacré de la langue et de la foi qu’ils ont reçues comme un patrimoine ancestral.Il faisait bon entendre la voix chaude et fière des fils de la renaissance acadienne, plus forts et plus attachés que jamais à l’idéal de la patrie, après avoir survécu à l’épreuve d’une persécution sans exemple.Il faisait bon entendre rappeler la résistance inlassable de nos compatriotes franco-américains, rebelles à l'asservissement, au prix de sacrifices de toutes sortes.Il faisait bon entendre les opprimés de l’Ontario et du Manitoba proclamer à la suite de l’énergique archevêque de Saint-Boni-face, qu’ils sont entrés dans la lutte pour y rester jusqu’au bout et affirmer leur confiance inébranlable dans le succès final.Et pour sanctionner cet espoir, il faisait également bon entendre les fils de la vieille province-mère de Québec rappeler le souvenir des victoires nationales conquises après des luttes de plus d'un siècle, et promettre à leurs frères opprimés leur indéfectible appui dans les combats à soutenir.Mais il ne faudrait pas conclure de cet exposé que les travaux du congrès se soient bornés à des paroles stériles; l'unité d’action de nos groupes dans les luttes à venir, saura démontrer le contraire.De fait, la situation générale ayant été nettement exposée dans les questionnaires envoyés à l’avance, résumée dans un rapport lumineux et concis du secrétaire-général et commentée par les délégués, les remèdes à apporter furent pleinement discutés et les moyens d’action adoptés à l'unanimité des voix.L'une des observations les plus caractéristiques, fut faite par le délégué de la Saskatchewan, en exposant la nécessité de détromper ceux de nos compatriotes de langue anglaise qui se laissent égarer par quelques journaux sectaires au point de croire que nous voulons asservir la majorité anglaise, et même escamoter ce pays à la couronne britannique pour y établir le royaume temporel du Souverain-Pontife ! Peut-on concevoir que des gens sensés puissent émettre sérieusement de semblables insanités?C’est un peu ce qui nous explique l’hostilité irréductible d’un certain nombre de nos adversaires qui persistent, en dépit de la plus élé- 103 LE PETIT CANADIEN nientaire justice, à nous refuser Texercice de droits consacrés par les traités et reconnus dans tous les pays civilisés.Aussi n’est-il pas surprenant que notre Congrès d’Action Française ait provoqué, dans certains milieux, des appréhensions telles que, quelques journaux fanatiques ont prétendu n'y voir rien moins qu’un complot destiné à renverser l'ordre de choses établi.On en a la preuve, dans les dénonciations dont nous avons été l’objet à cette occasion, et dans les démarches qu’ils ont faites pour connaître le caractère de nos réunions et le programme des questions 44 subversives ” que nous avions sous étude.Afin de rassurer ces bonnes âmes, et porter en même temps à la connaissance de nos compatriotes, les principales délibérations du Congrès, il nous fait plaisir de leur faire part des conclusions suivantes : lo Les Canadiens-français de toutes les parties du pays ont affirmé leur détermination de lutter jusqu'au succès final pour la conservation de leurs droits nationaux, et d’opposer une résistance énergique à l'assimilation.2o Dans la conduite de cette lutte, ils établissent comme point de départ le respect des droits et des sentiments de leurs adversaires, comme ils réclament également le respect des leurs.3o L’unité d’action étant le premier élément du succès, les divers groupes établissent entre eux des relations étroites et suivies, afin de se prêter main-forte partout où leur autonomie sera menacée.Et pour atteindre ce but, quels sont, nous direz-vous, vos moyens d’action?— Il serait vraiment trop naïf de démasquer nas batteries au moment où la lutte va s’engager avec plus d’acuité peut-être que jamais, mais nous pouvons assurer nos amis comme nos adversaires, que nous avons donné à ce facteur important de notre succès toute l'attention voulue.Et maintenant, n’allons pas croire que la voie étant tracée, il n’y a plus qu’à se croiser les bras, en attendant les résultats; tout au contraire, le véritable travail n’est qu’ébauché.Les divers groupes de la famille, réunis au foyer paternel comme des frères dispersés depuis si longtemps qu’ils se connaissaient à peine les uns les autres, ont appris dans cette courte réunion, à s’aimer et à s'apprécier ainsi que le faisait observer avec tant de bonheur l’un des sympathiques délégués acadiens.Cette sympathie mutuelle est la meilleure garantie de la sincérité des efforts que tous seront appelés à produire pour défendre efficacement nos positions menacées; et puisqu’on a fait à la Société Saint-Jean-Baptiste l’honneur de préparer le ralliement des forces vives de la race canadienne-franeaise, elle fait appel aux concours de tous les groupes, car le véritable travail de l’Action Française va maintenant commencer.Victor Morin. m LE PETIT CANADIEN CHEZ NOS FRÈRES DE L’ONTARIO Lt»s derniers jours de juin sont d’ordinaire dans les écoles jours de fête et de récompense ; c'est l'époque où toute la gent écolière voit les lauriers couronner son année de.labeur, où comme une bande d’oiseaux joyeux elle s’envole vers la lumière et le grand espace des vacances.Sur notre belle terre du Canada il est cependant des régions où l’école est devenue un champ de bataille et une forteresse qu’il faut défendre : l'atmosphère qui y règne est faite non de quiétude et de sérénité, mais de vigilance et de combativité; elle met sur les physionomies enfantines un air de gravité et de décision inaccoutumé ; les gentils bambins sentent se projeter sur eux l’ombre des vautours, ils sont témoins des efforts de leurs parents pour los arracher aux rapaces, ils prennent leur part des sacrifice* et de la lutte: leur âme en conçoit un vague effroi sans doute, mais elle apprend aussi à se raidir contre l’oppression; ils tromperont les calculs perfides de ces ravisseurs d’enfants, mais honte à ceux qui, pour arracher brutalement cette enfance à sa croissance traditionnelle et naturelle, n'hésitent pas à meurtrir toute cette fraîcheur et cette aimable insouciance, à mettre de l'angoisse et de l'amertume dans des coeurs de cinq ans: ce sont des tueurs d’enfante ! Les petits ontariens en savent quelque chose eux qui, durant l’année écoulée, ont vu tant d’incidente dramatiques se dérouler autour de leurs écoles, en particulier ceux d'Ottawa et de Green-Valley ; deux noms en effet qui.au cours de l'an dernier, se sont détachés en un relief tout particulier, dans cette lutte magnifique, que nos compatriotes d’Ontario mènent partout avec une si belle énergie.L’année scolaire de ces petits ontariens, marquée par des événements d’une si haute portée, devait-elle se clore dans la banalité des fins d’années ordinaires, sans qu'aucun geste ne vint souligner l’importance des sacrifices faits et des décisions prises ?Les classes d'Ottawa silencieuses depuis plusieurs mois, où seules veillaient de vigilantes et inlassables gardiennes, devaient-elles s’envelopper dans le silence plus profond des vacances, sans que rien ne vint rappeler l’odieux des mesures qui rendent nécessaire une telle situation ?Et à ces petits écoliers de Green-Valley qui, dans l'isolement de leur jolie campagne, ont été les témoins et les acteurs d'un combat victorieux contre le fanatisme intolérant, qui ont vu leurs parents inquiétés, traînés devant les tribunaux, menacés de l'amende et de la prison; puis l’abandon de l’école habituelle d’où les mots français sont bannis, l’installation dans une école provisoire, pauvre et étroite, mais où les coeurs sont à l’aise dans une atmosphère de liberté; ne convenait-il pas, au moment où ils allaient terminer leurs premiers mois d’école française indépen- LE PETIT CANADIEN 105 dante, d aller porter à ce» petit», le témoignage de 1 intérêt cpie toute la race porte à la vaillante attitude des leurs ?Il sembla
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