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Titre :
Le petit Canadien : organe officiel de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fondée en 1834 et de la Caisse nationale d'économie fondée en 1899
Éditeur :
  • Montréal :Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal :1913-1918
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Caisse nationale d'économie
  • Successeurs :
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne ,
  • Revue nationale
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Le petit Canadien : organe officiel de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fondée en 1834 et de la Caisse nationale d'économie fondée en 1899, 1918-04, Collections de BAnQ.

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Vol.IS MONTRÉAL, AVRIL 1918 No 4 Ecol ti nt.'éal, etit Canadien Organe de la Société?Saint * dean - E3aptl«t< de Montréal SOMMAIRE PlOSB Le Canada et l’impérialisme militaire Adélard Leduc 97 Un réveil national: Le règne de la Vérité .Pierre Daragon 106 Deux beaux livres: 44 Fleurs de lys ” et44 Corvée »» * * * 110 Le premier abatis (Nouvelle) Damase Potvin 111 Pour la terre Louis Lalande, s.j.117 Le sort de la Confédération Charles Leclerc 119 A nos correspondants Le chef du Secrétariat 119 Livres de chez nous ¦ C.R., C.H.et E.M.121 LA CAISSE NATIONALE D’ECONOMIE Un chef de famille clairvoyant .Arthur Gagnon 123 Bilan des mois de janvier et février 1918 Arthur Gagnon 126 Rédaction et administration : 296, rue Saint-Laurent, Montréal Abonnement annuel : Canada (Montréal excepté), 50 sous.Montréal et Etranger, 60 sous.Le Petit Canadien paraît vers le 25 de chaque mois.— Lee abonnement* partent invariablement du 1er janvier.— Toute demande de changemeBt d’adresse doit être accompagnée de 5 sous en timbres-poste. SOCIÉTÉ SAINT'JEAN'BAPTISTE DE MONTREAL — Qr*nd aumônier: Monseigneur l’Aechkvêque de Montréal.PréHdmt général: Victo» Momw, LL.D.t notaire, 97, rue Saint-Jsoques.1er Vice-prértdent général: V.-E.Beaupré, I.C., professeur, 676,rue S^nt-André.le Vice-préHdent général: J.-B.Laoacé, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général: Guy Vaniee, LL.avoo&t, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général: Joseph Huetuiise, courtier, 2, place d’Armee.Directeurs: IThon.L.-0.Datib, sénateur, Hôtel de ViUe; — E.-P.Lachapelle, D.M., 267 ouest, rue Prince-Arthur ; — Thomas Gauthier, courtier, 11, place d'Armes ; — Victo* Doré, professeur, 214, rue Berri ; — J.-V.Desaul-noes, courtier en immeubles, 11, place d’Armes ; — O mer Héroux, journaliste, 43, rue Saint-Vincent ; — Arthur Courtois, notaire, 35, rue Saint-Jacques.Chef du Secrétariat: Emile Miller, bureau I, Monument national.Sous-chef du Secrétariat: Joseph Duiawd, bureau I, Monument national.Corporations filiales de la Société : Caisse Nationale d’Economie — Caisse de Remboursement — Compagnie du Monument national — Société Nationale de Fiducie.m 55 jk»** SÊfkkï f?., v .' fit ^ OUVRANT rM-yW* WT#: •? Le Petit Canadien ORGANS DE LA SOCIÉTÉ SAINT - JEAN - BAPTISTE X>:E2 1VTONTH.É-A»Xj Vol.15 MONTRÉAL, AVRIL 1918 No 4 LE CANADA ET L’IMPERIALISME MILITAIRE Au mois d’août 1914, après que l’Allemagne eut déclaré la guerre aux pays de l’Entente, Guillaume, roi des Prussiens, avait résolu d’atteindre le coeur de la France à travers les flancs de la Belgique.Le traité de neutralité qui garantissait à la nation belge l’inviolabilité de son territoire était déchiré comme un vulgaire “ chiffon de papier Attaqué dans son honneur et dans ses biens, ce petit pays bilingue, face au barbare, lui a rappelé par la bouche de ses canons ‘ ‘ que le droit prime la force , et l’univers assista pendant trois semaines à une lutte gigantesque et inégale entre le faible, fort de son droit et la force, faible de sa brutalité.A ce même moment, il était un autre petit pays bilingue, immense par son territoire, riche par ses ressources naturelles : le Canada, jouissant lui aussi d’un traité qui le protégeait contre les invasions d outre-mer et qui ne l’obligeait à prendre les armes que pour défendre ses propres frontières.Or l’impérialisme a commencé à déchirer sa constitution comme un vulgaire “ chiffon de papier ”.Attaqué dans ses droits, à l’instar de la Belgique, le vrai Canadien, non pas celui qui brûle l’encens devant le veau d or, non pas celui qui aime tellement son parti qu’il ne lui reste plus d’amour pour sa patrie; mais le vrai Canadien, qui est, dans les partis politiques, la raison d’être de tout ce qu’ils ont de bon et l’excuse de tout ce qu’ils ont de mauvais, celui-là s’est levé contre le monstre nouveau.Il lui a rappelé ses droits et ses devoirs, et lui a déclaré qu’il préférait garder son sang pour la défense de son territoire, pour la conservation de sa langue et de ses institutions politiques.Avant qu’on ait fini de déchirer la constitution de notre pays, il est bon de se remettre en mémoire l’histoire de son autonomie au point de vue 98 LE PETIT CANADIEN militaire.^ oyons quel est notre devoir en matière de défense et quelle est la part respective de l’Angleterre et du Canada dans la défense de ce du nier.1 uis nous conclurons que l'effort militaire donné inconstitution-nellement ne peut plus être prolongé, si l’on veut éviter la ruine et la banqueroute irrémédiables de notre pays.C’est Fontenelle qui disait “ Il y a trois choses que j’ai beaucoup aimées sans y rien comprendre: la musique, la peinture et les femmes.” Nous pourrions ajouter: il y a une chose que nombre de Canadiens ont beaucoup aimée sans y rien comprendre: c’est l’histoire du Canada.Au-jourd’hui, grâce à l’éveil des collèges classiques, grâce à la jeunesse studieuse, grâce aux discours et brochures de M.Bourassa, de l’abbé Groulx, grâce à I A.C.J.C., grace à la Société Saint-Jean-Baptiste, nous commençons à comprendre l’histoire de notre pays et les leçons qui s’en dégagent, puis nous l’aimons mieux, et maintenant chacun peut se dire : O notre histoire, écrin de perles ignorées, Je baise avec amour tes pages vénérées.• • • Si nous voulons comprendre parfaitement le troublant problème de nos relations avec la mère-patrie, quant à la participation à ses guerres, il nous faut d’abord nous poser cette question: quels étaient, lors de la cession du pays à l'Angleterre, les principes de droit public applicables à l’organisation militaire des pays britanniques?Ils se résument à quatre.Le premier principe c’est l’égalité de tous les sujets britanniques devant la loi.Me serait-il permis d’espérer qu’un jour tous les Canadiens comprendront ce principe.La méconnaissance de cette base de notre droit constitutionnel nous a fait tant de dommages ! Combien de nos hommes publics l’ont méconnue.Est-ce par ignorance ?Est-ce par intérêt ?Nous a-t-on assez prêché que nous n’avions pas autant de libertés qu’un habitant de Londres ou de Liverpool ?A-t-on assez crié sur tous les toits, dans un but de fausse conciliation, que nous avions tous les devoirs des sujets britanniques d’Angleterre, sans en avoir tous les droits et tous les privilèges ?Cette attitude nous a valu le mépris de l’Anglais qui se tient a sa place si l’on sait garder la nôtre, et qui ne se gêne pas pour la prendre si nous avons la faiblesse de l’abandonner.A ceux qui voudront nous dire qu’il y a une différence devant la loi entre le sujet britannique habitant Londres et le sujet britannique habitant le Canada, il faut rap- 99 le petit canadien peler ce principe que nous devrions bien conserver en notre mémoire, a savoir que tous les sujets britanniques sont égaux devant la loi.Le deuxième principe, c’est la suprématie du parlement, interdiction au souverain d’agir sans le concoure des représentants du peuple et de son conseil exécutif.Ici encore on a fait preuve d’ignorance de notre histoire constitutionnelle, en affirmant - et j’ai entendu cette affirmation de la part d’hommes généralement bien renseignes — que le roi d Angleterre p vait de par sa seule volonté, lever les troupes dont il aurait besoin poui les guerres impériales.En vertu du principe que nous venons de rappeler je n’ai aucune crainte d’affirmer tout d’abord que le roi, voulut-il lever des troupes au Canada pour garder les tranchées des Flandres, que le parlement du Royaume-Uni n’eût pas permis à son souverain d agn sans le concours des représentants du peuple des Iles Britanniques.De plus Georges V sait fort bien que le duc de Devonshire est son représentant dans notre Dominion, et que lui aussi, tel son souverain en Angleterre ne peut rien faire sans le concoure des représentants du peuple canadien, c’est-à-dire sans l’assentiment de la Chambre des communes et du Conseil des ministres.Le troisième principe est que l’armée et la flotte sont subordonnées au pouvoir civil.En théorie, je crois que ce principe a été respecté, en fait aussi ; mais il ne faudrait pas que la guerre se prolongeât encore plusieurs mois pour assister à la violation de ce droit constitutionnel.L’arrogance de la soldatesque envers les civils d’Ottawa, de Winnipeg et de Calgary, sous l’oeil paterne d’un gouvernement qui n’a plus rien à envier au prussia-nisme, témoigne de mon assertion.Le quatrième principe est l’illégalité de toute imposition de taxe et de toute appropriation de deniers publies pour des fins de guerre, sans le consentement du parlement.A ce quatrième principe, je ne puis dire que le gouvernement du Canada a fait un accroc.Point n’est besoin de le faire, quand on sait que l’Opposition, dans la poursuite de la guerre jusqu’au bout, a acquiesce a la parole de l’honorable Meighen: “ jusqu’au dernier homme et jusqu au dernier sou ”.Libéraux et conservateurs admettent “ qu’il est illegal d’imposer des taxes et d’approprier les deniers publies à des fins de guerre, sans le consentement du parlement.” Comme tout usurpateur habile, ils adorent les lois qui ne nuisent pas à l’accomplissement de leurs méfaits. 100 LE PETIT CANADIEN Partout dans 1 immense empire britannique, qui couvre plus d’un sixième des terres du globe et qui compte près d’un cinquième du genre humain, partout où un sujet britannique transporte son foyer en terre britannique, il apporte avec lui les prérogatives qui découlent des principes que nous venons d'énoncer, et ces prérogatives appartiennent aux sujets de naissance ou d’adoption, habitants du Royaume-Uni ou de tout autre pays britannique.Pour se convaincre de cette assertion, il faut lire le volume des archives canadiennes de Shortt & Doughty, qui rapporte un arrêt célèbre de la (tour d’appel du Royaume-Uni.Cet arrêt est la base de la jurisprudence applicable aux possessions acquises à l’Angleterre par le traité de Paris, lequel afiirme que les nouveaux sujets de la Couronne jouissaient de tous les privilèges des sujets britanniques et qu’ils étaient soumis aux mêmes obligations.• • • A l’exemple de bien d’autres métropoles, l’Angleterre ne nous a pas donné immédiatement la jouissance de chacun de nos droits.Elle n’a pas été généreuse ; elle a souvent repris d’un main ce qu’elle nous donnait de l’autre; aussi, rien n’est-il plus faux et plus avilissant que cette légende créée chez nous, de la libéralité de l’Angleterre.Une chose qu’elle ne nous a jamais contestée jusqu’à l’apparition du symptôme de la folie de l’impérialisme, c’est notre autonomie militaire.En cela, l’Angleterre a reconnu l’une des grandes idées directrices de la vie humaine au sujet de la patrie, à savoir que chaque nation n’a pas le droit d intervenir dans l’organisation intérieure des autres pays et ne reconnaît pas à ces autres pays le droit d’intervenir dans la sienne propre.Depuis l/6o, le Canada, d accord avec les grands hommes politiques de l'Angleterre, ne s’est reconnu d’autre obligation que celle de protéger et de défendre son propre territoire.Les seules disputes qui ont pu s’élever entre la mère-patrie et sa colonie avaient pour objet la part que chacun de ce pays devait assumer dans la défense du Canada.Etudions les ordonnances émanées depuis 1777 jusqu’à 1839, les lois sur la milice de 1816 à 190-t, le contrat de 1851 et le traité de 1865.Ces différents actes permettent de constater,chez nos gouvernants d’alors, le souci constant de circonscrire notre effort militaire à la défense de notre seul pays. LE PETIT CANADIEN 101 Le 29 mars 1777, le gouverneur, sir Guy Carleton, signait une ordonnance par laquelle il enjoignait à tous les Canadiens de 16 à 60 ans de s'enrôler dans la milice, à l'appel des officiers désignés par le gouverneur.L'objet de cette ordonnance était de “ résister à tous ennemis, pirates et rebelles, tant par terre que par mer " et de “ préserver et sauver la Province de tous ennemis usurpateurs." L’auteur visait évidemment les Anglo-Américains qui venaient de se soulever contre l'Angleterre, parce qu'elle avait osé violer le principe déjà établi: No taxation without representation, principe implicitement compris dans les quatres maximes que nous avons examinées.Les Canadiens français ont conservé à la mère-patrie le Canada, en dépit de l'agression des Anglo-Américains, et ils le feraient encore si l’occasion se présentait, de préserver nos frontières.Le 23 avril 1787 le gouverneur sanctionnait une ordonnance régulière de son conseil “ qui régla plus solidement les milices de cette province et qui les rendit d'une plus grande utilité, pour la conservation et la sûreté d'icelle.” L’article V de cette ordonnance décrète que lorsque “ la sûreté des frontières exige un corps de milice prêt et suffisamment exercé, son Excellence le capitaine général pourra lever et assembler des détachements tirés de telles compagnies des milices." Pour bien démontrer que nos frontières ne s’étendent pas jusqu'aux Flandres ni jusqu’à Salonique ou Constantinople, rappelons qu'en 1789, les soldats du Boy al Canadian, enrégimentés sous l'empire de l'ordonnance de 1787, refusèrent de traverser les mers pour guerroyer pour le compte de l'Angleterre; et pourtant, Napoléon 1er était un ennemi tout aussi redoutable que Guillaume II.Par la constitution de 1791, qui sépare le Canada en deux provinces, le Bas-Canada et le Haut-Canada, voyons-nous un changement dans nos lois militaires, qui autorise les gouvernements soit d'Angleterre, soit du Canada à lever des troupes pour des fins étrangères à la sûreté des frontières?Pas que je sache.En effet, l'Ordonnance de 1787 reste en vigueur dans le Bas-Canada; tandis qu'en 1808 la législature du Haut-Canada passe une nouvelle loi de la Milice.Cette loi stipule “ qu’il ne sera pas légal d'ordonner à la milice, ni à aucun de ses corps (any part thereof), de marcher en dehors de cette Province excepté pour porter secours à la Province du Bas-Canada lorsque celle-ci sera envahie ou en état d'insurrection ou excepté pour poursuivre un ennemi qui aurait envahi la Province." Nos Ontariens d'à-présent sont-ils plus loyaux que les Loyalistes de 1808 qui, en nombre considérable, avaient quitté les Etats-Unis, 102 LE PETIT CANADIEN après la guerre île LIndépendance, et s’étaient réfugiés dans le Haut-Canada, pour rester fidèles à la Couronne d’Angleterre ?Pourtant, ces Loyalistes, lorsqu’ils votèrent la loi de 1808, ne furent pas traites de “ slackers ” et personne ne leur fit le reproche de manquer à un devoir national.Plus tard, après les éehaffourées de 1837 et de 1838, dont se sont rendus coupables et les Canadiens français et les Canadiens anglais, alors que la constitution de 1791 fut suspendue, le Conseil spécial du Bas-Canada passa une loi en 1838, qui ordonne que tout habitant mâle valide, de cette province âgé de plus de 18 ans et au-dessous de l’âge de 60 ans, sera sujet à servir comme milicien pour la défense de la province et de l’ordre et de la tranquillité publiques en icelle.Comme on le voit, nos gouvernants ne songent nullement à j>rofiter des troubles récents pour charger notre pays d’une obligation nouvelle.De son côté, la législature du Haut-Canada codifiait de nouveau ses lois de milice.Leur objet reste le même; et, par cette législation, l’Ontario ne vise qu ’à la défense de son territoire.Après 1841, sous le régime de l’Union, constatons-nous un revirement des esprits quant à la défense de notre pays?Après avoir proscrit la langue française, après avoir ordonné aux Canadiens français du Québec de payer les dettes des “ Loyalistes ” de l’Ontario, le gouverneur d alors et ses comparses ont-ils songé à passer une loi contraignant les Canadiens à prendre part à toutes les guerres “ justes ou injustes ” de l’Angleterre?Non pas.La législature des Canadas-Unis abrogea en 1846 les lois et ordonnances antérieures et les remplaça par une nouvelle loi de la milice applicable à toute la colonie, et cette législature prit les mêmes précautions afin de limiter l’emploi des forces coloniales à la défense exclusive du pays.Dans ses instructions à lord Elgin, lord Grey avait posé ce principe : Il ne saurait être trop nettement reconnu qu’il n’est ni possible ni désirable de gouverner aucune des provinces britanniques de l’Amérique du Nord, contrairement à l’opinion de ses habitants.” Puisque l’Angleterre nous reconnaissait pleinement le droit au gouvernement responsable, il était juste que nous songions à un ré-ajustement de nos obligations en matière de défense.Le Canada ne s’est pas soustrait a ce principe d’équité, que lord Grey nous a rappelé dans une dépêche à lord Elgin, en date du 14 mars 1851.C’est ici le moment de constater que la correspondance échangée entre lord Grey, ministre des colonies en 1851, et lord Elgin, gouverneur du Canada, prend toute la valeur d’un 103 LE PETIT.CANADIEN contrat entre les deux pays, si elle n’en a pas la forme.Le Canada, écrivait-il, possède maintenant en commun avec les autres Provinces britanniques de l’Amérique du Nord et de la manière la plus ample et la plus complète possible les avantages du Self Government, en tout ce qui touche à son administration interne.” “ Il semble au gouvernement de Sa Majesté que cet avantage doit entraîner des responsabilités correspondantes et que le temps est venu ou le peuple du Canada doit être appelé à assumer une part plus large qu il n’a prise jusqu’ici des dépenses qui résultent à son bénéfice de cette situation.De ces dépenses, la charge de beaucoup la plus lourde qui pèse sur ce pays (le Royaume Uni) est celle encourue pour la défense militaire de la Province.” “ Considérant le Canada comme une partie très importante et très appréciable de l’Empire, et croyant que le maintien du lien qui unit la mère-patrie et la colonie est éminemment avantageux aux deux pays, le gouvernement de Sa 'Majesté est loin de penser que l’ensemble des forces militaires de l’Empire ne doit pas servir à la protection de cette partie des domaines de Sa Majesté.Mais, tenant compte des progrès rapides que le Canada fait aujourd’hui en richesse et en population et de la prospérité dont il jouit en ce moment, le gouvernement de Sa Majesté est convaincu qu’en toute justice le peuple du Royaume devrait être déchargé d’une forte proportion des charges qui lui ont été imposées jusqu’ici pour la protection d’une colonie, qui est maintenant en état de faire beaucoup pour assurer sa propre protection.“ Il n’est guère nécessaire de vous rappeler qu’en adoptant ce système, le gouvernement de Sa Majesté ne ferait que revenir à l’ancienne politique coloniale de ce pays.’ Cette doctrine est acceptée par les représentants du Canada.Ceux-ci lui ont apporté, toutefois, un correctif important.“ Je maintiens, écrivait lord Elgin le 18 décembre 1854, à sir Georges Grey, deuxième successeur de lord Grey, qu’aussi longtemps que les habitants de la colonie n’auront pas voix délibérative dans les Conseils de l’Empire, ils ont le droit d’attendre des autorités impériales la protection contre les hostilités qu’ils ne contribuent nullement a provoquer.“ Il est donc à propos de maintenir des garnisons impériales dans certaines stations militaires importantes telles que Québec, comme garantie que cette protection, si jamais la nécessité s’en présente, ne sera pas invoquée en vain.Néanmoins, j’ai confiance que si les habitants de la Colonie assument une part de responsabilité dans la défense de leur pays 104 LE PETIT CANADIEN et la préservation de Tordre intérieur, responsabilité qui a pesé jusqu’ici tout entière sur la mère-patrie, rien ne tendra plus efficacement à assurer la sécurité de l’Empire et à établir dans la colonie un haut idéal national et des moeurs viriles.” Le duc de Newcastle, successeur de lord Grey, et sir Georges Grey qui lui succéda, reprirent la question et posèrent les mêmes principes.En 1854 éclate la guerre de Crimée, entreprise pour maintenir en Asie Mineure l’abrutissante et cruelle dmination des Turcs.Les Russes, alliés transitoires de l’Entente, étaient les tyrans et les barbares ; la faiblesse opprimée, c’était la Turquie, notre alliée d’alors et notre ennemie d’aujourd’hui.Or, en ce temps-là, l’Angleterre ne nous reconnaissait aucunement l’obligation de lever des troupes et de les diriger sur Sébastopol.A-t-on rappelé aux Canadiens français qu’ils avaient 1 obligation morale d’aider la France à sauver la civilisation contre la barbarie russe?Notre situation par rapport à la France et à l’Angleterre en 1854 était la même que celle qui nous est faite aujourd ’hui.Si le danger est le même, pourquoi notre devoir changerait-il ?Le ministre des Colonies de 1854, loin de nous demander de participer à la guerre de Crimée, reconnaît alors la responsabilité qui lui incombe de nous protéger contre toute agression, et cela dans une lettre à lord Elgin, dans laquelle il disait “ que le Gouvernement de Sa Majesté avait décidé de rapatrier quelques-uns des régiments qui font du service dans les colonies de l’Amérique du Nord et les autres possessions de la Couronne.Heureusement, le caractère de la guerre nous permet d’utiliser ces ressources sans laisser les colonies courir le risque d’une attaque extérieure.Le gouvernement de Sa Majesté reconnaît pleinement le devoir et la responsabilité qui lui incombent de protéger les colonies contre toute agression.D’autre part, Sa Majesté croit que la paix intérieure de la Province peut être en toute sûreté confiée à ses sujets du Canada.” Cette lettre, nous confirme une fois de plus que notre seul devoir, à nous, Canadiens, c’est de défendre nos frontières.N’avons-nous pas raison de dire, que depuis 1 ordonnance de Guy Carleton, le Canada n’a d’autre obligation que pourvoir à sa propre défense.Lord Grey va plus loin et il affirme que l’Angleterre est obligée de nous aider dans l’accomplissement de ce devoir national.Pourquoi, aujourd’hui, veut-on nous faire reconnaître envers la métropole des obligations qui n’existent pas, quand, au contraire, c’est l’Angleterre qui en a envers nous ?La loi de la milice de 18o5 est quelque peu modifiée; elle pourvoit à l’augmentation du budget de la défense.Holton, Galt et Sanfield McDonald s’opposent à la loi, disant que c’est à la mère-patrie qu’il incombe LE PETIT CANADIEN 105 de pourvoir à la défense du Canada.Loranger et Rankin votent pour l’adoption de eette loi, afin d’arriver plus sûrement à rindépendance.On savait, en ce temps-là, se tenir debout et l’on se reconnaissait le droit d’exprimer une opinion, sans avoir à se demander si elle plaira au chef du gouvernement, au ministre de la Milice, voire au simple soldat revêtu de Puniforme militaire.La loi de 1863 était à peu près la même que celle de 1855.Elle précise mieux le sens de l’article 46.* * * Traité de 1865.— Cartier, McDonald, Brown et Galt vont à Londres en 1865, avec un mandat précis, quant à la défense du Canada: il s’agit d’arriver à xi l’entente nécessaire pour assurer la défense du Canada en cas de guerre avec les Etats-Unis, et la proportion des contributions respectives de la Grande-Bretagne et du Canada à cet égard.Dans le rapport de leurs délibérations, en date du 12 juillet 1865, on y voit que “ pour obtenir le cordial assentissement du parlement et du peuple à toute modification des relations militaires entre la mère-patrie et la colonie, une explication mutuelle et complète s’impose afin d’arriver à une entente claire entre les deux pays, sur la contribution que chacun doit faire à la défense de la Province.Cardwell, ministre des Colonies, apporte, dans une dépêche la preuve de la conclusion d’un véritable traité entre les deux pays.Entre autres choses, la dépêche dit: “ Et, en retour, nous avons assuré aux représentants canadiens que le gouvernement Impérial reconnaît sans réserves son obligation réciproque de consacrer à la défense de chacun des pays de l’Empire toutes les ressources dont il peut disposer.” Cartier, McDonald, Brown et Galt se contrediraient-ils aujourd’hui et crieraient-ils: “ Jusqu’au dernier homme et jusqu’au dernier sou ” pour l’Angleterre ?Après la lecture des différents actes que je viens d’énumérer, déjà s’affirme notre conviction que notre seul devoir est de protéger les frontières du Canada avec l’aide de l’Angleterre.Quand* nous aurons étudié les actes de la milice de 1868, de 1883 et de 1904, nous comprendrons pourquoi nos hommes d’Etat ont substitué le culte de l’empire au culte de la patrie.Adélard Leduc 106 LE PETIT CANADIEN UN RÉVEIL NATIONAL Le règne de la Vérité Voyageurs désabusés, enfants prodigues de sang et de pièces, les Canadiens retournent au pays de leurs pères.Partis au cours de tout un siècle, qu’ils reviennent donc de loin! Voyons un peu.Déserté par sa mère, que le Cunning John 1 venait de pousser à la guerre traditionnelle de voisinage, notre Vaterland2 passait en 1760, au giron d’une belle-mère, et, à peine un siècle après, les Canadiens, qui ont pris de l’âge et possèdent, bien à eux, une terre ancestrale, mais qui ne savent pas détacher leur esprit colonial d’une France qui devient jacobine, et d’une Angleterre dont le coeur n’a que des pulsations de métal, quittent le pays.Ils couvrent d’abord, comme P’tit Thur Aubin de la chanson, weaver à Tisdale, dans l’z Etats, l’Amérique des Pilgrims.On les aperçut plus tard, au vaal hollandais, en Afrique australe, et depuis quelques années, le correspondant de la Presse Associée les vit dans la boue de Salisbury Plain, puis en France, qui les reconnut, paraît-il, très habiles à dresser des tentes à l’indienne, puis en Grèce, en Italie, en Egypte, en Mésopotamie.Nous apprenons actuellement, au prix de deux cent mille vies fauchées ou estropiées, que le gros nombre des deux peuples de ce pays ne se reconnaît pas d’autre patrie que la terre qu’il habite et cultive depuis ou Samuel de Champlain ou James Wolfe.Nous savons de plus qu’il y a au Canada des canadianisants, qui ont la certitude de posséder des bouches d’éloquence à remplir toutes les chaires, voire la plus grande, et des savants capables d’enseigner toute chose, même la littérature.1 La pensée de l’amiral Clark, fidèle de Cromwell, “ Our business is to keep foreigners from fooling ns ”, a inspire toute la politique anglaise, qui se resume ainsi : Lc£ us fool others first.2 “ We have conquered Canada in Germany ”, mot historique de William Pitt, premier du nom. 107 LE PETIT CANADIEN 11 vient, ce réveil national tant souhaité par J.-P.Tardivel, prévu et prédit depuis vingt ans, et fouetté à coups de journal, de volumes, de conférences, de conversations et d’exemples de travail persévérant, par un homme qui s’est consacré à cette tâche, avec toute l’énergie que donnent l’amour du sol natal, la possession de la vérité et un talent extiaor-dinaire.Oh! Je sais qu’elle existe encore l'indifférence populaire à se laisser déménager chez le voisin Jonathan, aux culottes étoilées et aux fabriques meurtrières, la maladie latine de la partisannerie politique, le jansénisme national de la conciliation, l’asservissement au journal jaune, la méfiance du prêtre osant insinuer un conseil politique, la vanité, puis la jalousie d’un sang portant au coeur trop de richesse, l’abject esprit colonial, le gogoïsme, ou la course aux pâmoisons, l’accouplement à l’Internationale, faisant son paradis du Canada, au moment ou Henderson, Scheideman, Gompers et tous les socias de France, s’agrippent aux pans d’habit de leur gouvernement, l’épattement de négrillon devant le prestidigitateur maçonnique ou protestant, qui, pour capter 1 ame populaire et lui escamoter ses vertus d'honnêteté, de justice, de respect à 1 autorité, annonce dans tous les journaux, chaires et rostres du monde, la panacée exclusive de la démocracie, du vote égal pour le sans-le-sou et le rente, l’intelligent et l’imbécile, le pourvoyeur du vice, plus nombreux que les gouvernants qui le protègent.Ces dix plaies, dont chacune peut tuer une nation, béent toujours: oui, oui, oui! Mais la vérité, comme un soleil éblouissant et chaud, libère actuellement les esprits et fait surgir des hommes et éclore des oeuvres, dont on attend la renaissance canadienne.Oh! la vérité! Liberabit vos.et, j’ajoute, omnes nationcs; elle vous rendra libres, vous et.toutes les nations.Celui qui la possède sent les ailes de son âme, s’élève de terre et regarde avec pitié et tristesse ce monde assailli par le maître des ténèbres et de l’erreur pour avoir pris pour guides des lumières sous le boisseau ou de bonnes grosses bougies.sans mèche.Qu’est-ce que la vérité ?Car, enfin, je ne saurais entendre autre chose, par réveil national, que le retour d’une nation, dans sa marche religieuse, politique, économique, littéraire, sociale, dans la "voie qui mène à la possession de la Vérité, de Dieu, retour possible qu’à la clarté des enseignements divins, dont les lois humaines ne doivent être que Tappli-cation à nos actions individuelles et collectives.Pourquoi bafouillerais-je, comme le font, à la tonne de papier, tous les hérétiques, les impies et les mécréants ou imbéciles, quand ils parlent de liberté, de progrès, de démocratie, de religion, de tout ! 108 LE PETIT CANADIEN Je réponds donc, la Vérité, de sa nature, c^t Dieu lui-même : Ego sum Veritas.Je suis la Vérité.3 Elle apparut sur la terre dans la personne du Christ, mais voilée par la nature humaine.Une seule fois, à la Transfiguration, se montra-t-elle un peu, et les apôtres n’en revinrent pas de Lavoir aperçue, blanche comme la neige et éblouissante comme le soleil.Imaginez ensuite la figure de pitié que fit le Christ, lorsqu’il entendit cette épaisseur de Pilate demander: 44 Qu’est-ce que cela, la Vérité ?” La Vérité a parlé.D'abord à nos premiers parents, puis aux patriarches, aux prophètes, à Moïse plus qu’aux autres, aux apôtres pendant trois ans.Elle dirige son Vicaire depuis vingt siècles; et tous ses enseignements, que l’on appellera Bonne Nouvelle, Evangile, Testaments, Inspiration, c’est aussi la vérité, mais mieux, la voie vers la Vérité.Je suis la voie4; personne ne parvient à mon Pèrre, si ce n’est par Moi.Enfin, l’action humaine, le geste individuel ou collectif, conforme aux enseignements divins, se nomme aussi la vérité, mais mieux la vie : Ego sum vita—“ Je suis la vie ”.C’est pourquoi, tout acte humain qui ne tend pas à la possession de la Vérité, de la Vie, de Dieu, est un geste de mort, un geste d’iniquité, plus révoltant que le néant, qui, lui, n’outrage pas la Divinité; et c’est pourquoi aussi, l’action protestante, depuis trois cents ans, diffusée même en pays catholiques, toute terrestre et matérialiste, poussant au culte du cochon d’or, aboutissant fatalement à la présente guerre, dans laquelle cinquante millions d’hommes s’entre-tuent, est une action d’enfer, une jouerie séculaire du Malin.La Vérité a parlé pour nous réapprendre à ne faire que des gestes de vie, conformes à notre fin éternelle.Mais la Vérité n’a donné que les grandes lois qui doivent régir nos actions; c’est l’Eglise qui a reçu la charge d’appliquer, d’expliquer et de développer les enseignements de Dieu, pour le salut des individus et des nations: Pais mes agneaux, pais mes brebis ”.L’Eglise n’a pas manqué à la Vérité, et les siècles qui l’ont écoutée, ont été des siècles de lumière et de vie, — dark ages, traduiront tous les livres protestants, — les siècles des théologiens, des cathédrales, ces hymnes de prière, des corporations catholiques, des saints, du monde aux genoux du Pape, de la paix universelle.Le maître des ténèbres, toujours menteur comme au Paradis terres- 3 Efjo sum via et veritas, et vita.(Joa., XIV, 6.) 4 Joa., XIV, 6. LE PETIT CANADIEN 109 tre, aiguillonnant la nature déchue, l’orgueil de la vie, introduisit son pied de bouc entre la Vérité et la soumission des hommes, et nous eûmes la Renaissance, — lisez : la décrépitude d’une vie naguère si véritable ; nous eûmes les Encyclopédistes, — lisez*, la sottise en volumes ; nous eûmes Luther, Calvin, Henri VIII, Pompai, cet esprit livré à la folie de 1 erreur soufflant en tempêtes, la chair devenue de la pourriture; nous eûmes la liberté des peuples.leur esclavage aux mains de tyrans; nous eûmes la Révolution française et la Révolution russe, Robespierre et la Garde rouge, Gambetta et Lénine, la France de Cailloux et la Russie de Trotzky; la Révolution portugaise et la Révolution mexicaine, l’Espagne de Ferrer et de Romanones, et l’Italie de Nathan et de Domnino; Ber-nadino Machado, Venizelos, Caranza et Pierre de Serbie, heurtant du pied pour monter sur le trône les cadavres de ses prédécesseurs assassinés; nous eûmes le Libéralisme: Gladstone, appelant un quasi-impie à un des principaux évêchés anglicans; Emile Ollivier, 5 lâchant la bride aux journaux et aux députés, puis rejetant sur eux, les responsabilités de la guerre de 1870; nous eûmes le Modernisme et le Paganisme actuel : Viviani, éteigneur d’étoiles, et Bruxelles, élevant une statue à Ferrer, cinquante millions d’impies aux Etats-Unis d’Amérique, où des femmes viennent d’appliquer 25 000 piastres à un mariage de.chiens; nous eûmes le Progrès,—le Strand et White Chapel, l’enterrement de la misère — hard times,—l’an dernier, dans la république voisine, et cette année ce même pays faisant la queue aux portes des boutiques; et enfin.la guerre mondiale, c’est-à-dire le rêve de George Barrow, 6 ce type achevé du colporteur de bibles, réalisé: l’hérésie protestante, ne mourant pas d’inanition sur son île, mais, comme l’Arianisme sous le glaive de Mahomet, s éteignant dans un déluge de sang et entraînant avec elle, dans le cataclysme actuel, vingt nations prévaricatrices.Après cela, il nous vient sous la plume le cri de colère d’un Father Lamberts, piétinant un Inger-soll7: “Dis que tu as menti”.—Mensonge, où je te livre à ta géhenne ! Nous verrons, dans un autre article, si la Vérité règne au Canada.Pierre Daragon.s L'Empire libéral.6 Bible in Spain.7 Notes on Ingersoll. LE PETIT CANADIEN DEUX BEAUX LIVRES Fleurs de lys Fleurs de lys ! c’est le cachet que porte l’acte de naissance de notre nationalité, c’est le symbole qui résume l’étincelant matin e no re toire.Fleurs de lys répondent bien à la magie évocatrice de leur titre; car il v a là tracés avec un grand art, d’admirables figures, episodes et ta-l!lLV de ^ premiers Lp*.Od le, huit nouvelle» ^torutue, primées au 3e ooneours littéraire de la SocjéU S.mtJe.nrB.pMte de Montréal.Mlle Angéline Demers a écrit Profils de saints, * Potvin, Le premier abatis, - M.Sylva Clapin La ^ande avenue du sicur de Savoisy, — M.Yiateur Farly, La vmx des drapeaux, Fr., Pierre LeMoyne d’Iberville, - Fr.Robert, Une expédition au lac Supérieur, _ M.L.-R.de Ijorimier, Le recensement de Ville-Marie par Talon, en 1667, — Fr.Rodolphe, Les derniers.lys de France.On ne lira pas sans émotion ce faisceau de nouvelles qui racontent, peignent ou décrivent un passé qui fut fertile en actions epiques, en grandes et nobles âmos.In-8 de 160 pages, enriehi de huit hors-texte et d’un ,J“ aux plus populaires de nos illustrateurs: J.-B.Lagace, Charles Gdl, O.-A.Léger, Joseph Saint-Charles, J.-C.Franchère, E.-J.Massicotte, Georges Delfosse et A.-S.Brodeur.— Se vend 60 sous, franco 70 sous.La Corvée Y a-t-il une coutume de nos campagnes qui soit plus pittoresque que celle-là, qui peigne mieux l’âme de nos gens?Avant que nos vieilles traditions sdent disparues, la corréc vient d’être décrite et racontée par la plume, avec l’aide du pinceau.Nos littérateurs, répondant à l’invitation que leur faisait la grande Société nationale du Canada français, la Saint-Jean-Baptiste de Montreal, ont traité en seize contes les formes les plus diverses de a corvee : abattage de l’orme, levage de la grange, plumage des oies, epluchette du bk-d’Inde, charroyage de l’érable, fenaison, rehaussement du cimetière, piqûre du couvre-pieds, etc.Il faut lire ce livre admirable ou revit 1 ame des aïeux. LE PETIT CANADIEN 111 La Corvée est un superbe volume in-8 de 240 pages, enrichi d’une trentaine de gravures hors-texte et intercalés dans le texte.L’ouvrage se vend 65 sous, franco 75 sous, au Secrétariat de la Société, Monument national, 296, S.-Laurent, Montréal, et chez les libraires du Canada et des Etats-Unis.Prix spéciaux pour le commerce et les maisons d’éducation.LE PREMIER ABATIS (Nouvelle) A Québec, voilà trois cents ans, un soir doux d’arrière-été.Le Promontoire, aussi loin que la vue se porte, est couvert d’une forêt sans limites de noyers puissants, de chênes aux fortes ramures, de sapins ombreux et d’épinettes géantes.Tout alentour se déroule un panorama d’une sauvage grandeur.En face, les rochers escarpés de la rive sud du Saint-Laurent ; au nord, le colysée abrupt des Laurentides ; plus près, à gauche, la côte ombreuse de Beaupré ; un peu au milieu du fleuve, à gauche encore, l’île d’Orléans, massive.Partout, le bois épais, sauvage, impénétrable; 'la forêt millénaire, sombre demeure du fauve et de l’Indien aussi féroce l’un que l’autre.Le soleil descend vite ; à peine a-t-il atteint la cime des pins qui couronnent les pics laurentiens qu’il disparaît aussitôt derrière.Alors le crépuscule commence à s’étendre sur toute cette nature primitive.Des lambeaux de pourpre flottent pêle-mêle, au bas du ciel, et, sous leur éclat, le fleuve étincelle comme une coulée d’argent.Tout est lourd, pesant, à force d’arbres, à force de silence.L’île d’Orléans fait encore une grande tache d’ombre dans la nacre de l’eau.Au bord de la falaise qui surplombe le fleuve, du côté du nord, un homme contemple avec mélancolie ce spectacle grandiose de l’agonie d’un jour en plein centre de la barbarie.L’homme est de solide structure ; ses traits sont rudes, énergiques, et ses yeux brillent d’un éclat qui indique la volonté tenace.Il est assis sur la souche d’une gigantesque épi-nette fraîchement coupée et dont les ramures odorantes gisent tout près.(Maintenant, les teintes roses du crépuscule s’effacent.Les berges boisées du fleuve, de vertes sont devenues d’un violet tendre.La nuit va 112 le petit canadien bec, à petits coups redoublés, frappe l’écorce d’un ^«leau’^dl* q „rsHtottreTnS la gr.a* fro.Klaison d’un noy.r où ,1s passeront a "I Su» autres” olseans trave^ent l'espaee, au-dessus de la falaise.Tous semblent chercher un endroit pour dormir.Brisé de fatigue, grisé par l’engourdissante splendeur du spectac e l’homme6de^a falaise s’est^assoupi au pied de la souche de l’epmette géante., ., A ce moment, une femme, Joyeuse, essoufflée, -caladaü la unonta „ne par un petit sentier abrupt, aux méandres nombreux.Elle par bientôt au sommet du promontoire et aperçut l’homme qui dorma .Louis! Louis! cria-t-elle, Monsieur de Champlain vient te faire visite ; il sera ici dans une demi-heure.Et la femme courut à la maison qui s’élevait à quelques pas de la tout au bord de la montagne.C’était une bâtisse en pierre avec pignons de bois - sa facade percée d’une porte et de deux fenetres regardait le fleuve- elle était fraîchement construite au milieu d une clairière et il y avait^en arrière, un Jardinet où il poussait un peu de tout: des legumes et quelques fleurs.L’homme dont un soudain sourire de satisfaction illumina la figure tr.non < e donner à chacun de ses héritiers deux livrets de la classe B, afin de leur procurer une rente plus substantielle, lorsque serait arrivée 1 époque des rentes.De plus, en homme prévoyant, il vient d’acquitter pour la période des premiers vingt ans.les contributions de tous ses descendants, afin qu’aucun d’eux ne puisse jamais se trouver en defaut envers a Société, jusqu’à ce qu’il retire ses premières rentes.L’occasion a été donnée récemment à l’administrateur de la Caisse, de converser avec M.Langlois et de lui faire part des nouveaux pouvoirs que la Société Saint-Jean-Baptiste a reçus à la dermere session c e a Législature, pour établir une classe additionnelle de deuxieme période.En adhérant à cette classe dite de deuxième période, presque tous les sociétaires de M.Langlois pourraient réaliser un benefice considéra > e , vu leur entrée dans la Société dès leur bas âge, ils auraient la faculté, à l’époque de la distribution de leur première rente, de laisser a la bocie e Saint-Jean-Baptiste, l’administration en fidéicommis de ees dites rentes pour vingt années additionnelles, ces dernières s’accumulant pendant au moins vingt ans, avec intérêt composé, ce qui produirait a l époque de cette deuxième rente, un revenu cinq ou six fois plus eleve que la première rente.De sorte que si la première rente de ces sociétaires était e cent piastres, la deuxième, qu’ils pourraient toucher à l’age de quarante ans, serait de cinq à six cents piastres.Il est bien entendu que si la rente s’élevait à cent cinquante ou deux cents piastres, la meme proportion de revenus existerait à cette epoejue.Pour déterminer la valeur de l’héritage, provenant de la Caisse un livret de la classe B, en supposant qu’ils auraient l’avantage de reti-,Irait déterminer au juste le montant de la rente qui sera distribuée dans la deuxième période, chose qu’il nous est pour le présent impossible de faire: cependant, comme M.Langlois veille aux meilleurs interets de trente-six sociétaires, lesquels, avons-nous dit, possèdent au moins chacun un livret de la classe B , en supposant qu’ils auraient l’avantage de retirer chacun, à l’âge de quarante ou quarante-cinq ans, un revenu de deux cent cinquante piastres, c’est une somme de neuf mille ($9 000 piastres, qui serait retirée à cette époque, par les héritiers de M.Langlois, en supposant qu’ils continuent de vivre jusqu’à cette époque. LE PETIT CANADIEN 125 Si Don fait le calcul de la somme qu’il faudrait placer à intérêt, pour que le revenu donnât un chiffre équivalent au chiffre qui vient d être mentionné, on arrive bien près d une somme de cent cinquante mille piastres, ($150 000), à 6% d'intérêt, afin de procurer chaque année, à ces trente-six sociétaires, un revenu approximatif, equivalent a celui qu’ils pourront retirer de la Caisse Nationale d Economie.Nous donnons cet exemple parce qu'il démontre à l'évidence les bénéfices qui seront retirés plus tard de la Caisse Nationale d Economie.Naturellement, ces chiffres ne sont pas exacts.Pour chaque sociétaire qui s’inscrit à la Caisse, — la plupart ne s’inscrivent que dans la classe A ou B, quelle que soit la classe à laquelle ces membres pourront appartenir dans l’avenir, — la proportion des bénéfices sera toujours en rapport avec la classe qu’ils auront choisie.On peut obtenir de plus amples renseignements au bureau principal de la Caisse National d’Economie ou auprès des percepteurs des sections.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, ayant la responsabilité complète du fonctionnement de la Caisse, est la sauvegaide des intérêts de chacun de nos sociétaires.Arthur Gagnon, Administrateur.LE PETIT CANADIEN Organe officiel de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Paraît à 32 pages, le 25 de chaque mois.Revue essentiellement dévouée à la défense des droits de la langue française, aux intérêts économiques des Canadiens français, ainsi qu au maintien de leurs traditions.Publie les travaux primés aux concours littéraires de la Société et les états financiers de la Caisse Nationale d’Economie.Son tirage élevé, atteignant une clientèle choisie et nombreuse, donne une importance toute particulière a sa publicité.Abonnement : Canada (Montréal excepté), 50 sous.Montréal et Union Postale, 60 sous.— Rédaction et administration : Monument national, Montréal. 126 LE PETIT CANADIEN CAISSE NATIONALE D’ÉCONOMIE BILAN DES MOIS DE JANVIER ET FEVRIER 1918 RECETTES : Balance au 31 décembre 1917.Versement» Classes “A” “B” “c’ JANVIER $7,690.75 $2,947.00 $32.50 FEVRIER 6,624.00 2.470.75 1) i.00 $2.00 $63.00 $10,670.25 9,214.75 Emprunt temporaire .Intérêt sur dépôt en banque .Ville Saint-Michel, intérêt .Intérêt sur montant payé en retard.Salnt-Rédempteur-de-Hull, intérêt .• • Comm.Sco.Saint-Jean-Rerehmans, intérêt Mun.de Sudbury, intérêt.___ amortissement .• • 518.60 1,086.28 Ville de Saint-Louis, intérêt.Intérêt sur contributions mensuelles $ 4.007.13 19.885.00 17.500.00 11.19 1.500.00 22.50 1.625.00 2.160.00 1,604.88 450.00 4.90 $48,770.60 DEBOURSES : $ 71.74 Escompte mensuel .94.79 Intérêt sur emprunt temporaire.9 Remboursement à cause do décès ••••••.19,938.10 L'Ecole Polytechnique de Montréal, prêt.17,500.00 Remboursement d’emprunt temporaire .- 37,614.38 Balance en banques $11,156.22 PRETS CAPITAL INALIENABLE AU 28 FÉVRIER 1918 Report.$790,215.40 Comm.Scol.Côte S.-Louis.Fr.Sacré-Coeur, Arthabaska.Oeuvre et fabrique de la paroisse de Isabelle .Mun.du canton de Maniwaki.Comm.scolaire, Shawinisan.Ecoles séparées, Alfred, Ont.— Nepean, B.Mun $20,000.00 5,505.22 17,938.35 7,604.11 10,645.91 900.00 3,000.00 de .Tonquières.24,23^ol __ Sturgeon Falls .26,614.36 __ Sudbury, Ont.9,285.92 Comm.Sco.de Klgaud.r'cnToi Ville de Roberval.ulolog __ Victoriaville .oe Div.Co.Lac Saint-Jean- 5’32I ^ Mun.du village de Warwick.13,800.00 Syndics Ecole de Danville.5,-7b.ie Mun.du canton de Windsor.Com.Scol.St-Saerement.Lachine __ — de Longueuil .23,083—» oq .-«aft na Municipalité Oeuvre et fabrique de St-Sta- nlslas (Mtl) .Société S.Jean-Bte, Montréal.Village Rivière 11,502.46 20.000.00 Gouvern.Mun.d’Asbestos .38,495.50 225.000.00 120.000.00 S.-Pierre.95,260.00 Comm.Scol.Tétreaultvllle.22,500.00 __ __ St-Jean-Berchmans 6
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