Le soleil, 19 février 1977, Supplément 1
[" E ».\t1 ,X^'\t^ PERRON (ABITIBI), 23 HABITANTS Kl O.\\ Pm yi V ly \\ \u2022 .¦ -.Ky-.^ ,., '^ '«S V ^ \u2022 L\\.'X \\'j * /- * .// '\t/.I V,;\t.V H >»: y-\" I .-\u2022l' Dans ce plus petit village duC^ébecy on vit de souvenirs (miniers) et d*un secret espoir y.^ ,1 < 2 ¦ 79 /évr/er 7977 TEXTE ET PHOTOS PEDRO RODRIGUES Une route entaille la forêt abitibienne, une de ces routes des pays de colonisation, droite comme la marge d'un cahier d'écolier, lancée vers le nord sans jamais en dévier d'une seule seconde d'arc, une route opiniâtre, Eiête à passer au fond d'un lac par orgueil de ne pas dévier de sa course, une route à vous démoraliser un cheval Parfois, au passage d'un canton à un autre, la route décroche \u2014 toutes les routes décrochent \u2014 de 100,200,500 pieds peut-être, puis repart avec autant de frénésie dans un second segment rigoureusement parallèle au premier le cartographe du gouvernement s'est ici, il y a cinquante ans, trompé dans ses calculs.L'arpenteur, fidèle, a répété l'erreur, le cantonnier l'a suivi et lorsque le cartographe, constatant son erreur, a d'un coup de gomme méticuleux corrigé sa carte de la largeur d'un trait de crayon, il était déjà trop tard: la route conserve depuis ce temps, à l'échelle, l'indication de la largeur de la plume qu'il avait employée Puis soudain, par ennui?par erreur?la route vire à gauche, brusquement, sans raison apparente, et fonce niaintenant vers l'ouest avec autant de ferveur, aussi aveuglément qu elle avait jusqu'ici cherché à atteindre le nord Voici que de place en place, de vastes échancrures découpent la forêt d'épinettes grises, balafres que peu à peu cicatrisent les aulnes.De vieux camions rouillent dans les taillis, hébergeant au hasard une perdrix blanche qui s'enfuit apeurée.Parfois, d'étranges structures se dessinent sous la neige; ici une roue d'engrenage aux dents cariées émerge d'un boscjuet, un tronçon de solide câble jadis galvanisé serpente là entre des éclats de rocher.Voici certes un paysage fort peu agricole' Que peut-il bien s'être passé ici?L'on ne s'étonnerait plus de voir surgir cjuelque village fantôme au détour du c hemin.Une dizaine de maisons vieillottes apparaissent bientôt voici Perron au détour du chemin Village fantôme?Peut-être dans un sens, mais ici, les fantômes sont bien vivants.Perron a jadis tout joué dans les mines.Perron a tout perdu mais, joueur digne ou trop fier, n'a pas quitté la table Voilà pourquoi Perron est aujourd'hui le plus petit village du Québec Huit contribuables, douze familles, une liste électorale longue de dix-huit noms, cinq enfants, 23 habitants et quelques chiens, voilàice qui reste d'un gros bourg où naguère 3 (XX) hommes descendaient à la mine.Le plus petit sans doute, mais Perron demeure malgré tout un vrai village, doté d'un vrai maire et d'un véritable aqueduc II est vrai que la poste y tient dans une grosse boîte métallique, la mairie dans le tiroir du haut d'une commode, qu'il n'y reste aucun établissement commercial, que l'unique pompe à essence sert aux seuls camions du maire, mais Perron, aux yeux de la loi, est encore une municipalité autonome Automone, certes, sauf que les pompiers doivent venir de Val-d'Or, quinze milles de chemin de terre à l'ouest, et qu'ils doivent probablement se renseigner en chemin \"(,a ne fait rien, précise René Paré, maire, gérant et principal \u2014 pardon, seul \u2014 employeur du village, car de toute manière ils arrivent toujours trop tard Ici, toutes les maisons sont en bois, et elles ne sont pas jeunes, alors, la plupart du temps, on se débrouille On ne prend même plus la peine d'appeler les pompiers.\" Pas de services, mais pas de taxes Depuis deux ans, les contribuables de Perron n'ont plus à contribuer car tout est payé: la dernière grosse dépiense fut de creuser un nouveau puits municipal lorsque la pompe de l'ancien aqueduc s'est brisée.Léguée par la mine, c'était une véritable pièce de musée dont on n'a jamais réussi à retracer le fabricant Elle dort aujourd'hui au pied de l'impiosant château d'eau aux douves de Eiois cerclées de fer, vestige lui aussi des installations minières d'antan.L'entretien des chemins relève de la voirie jirovinciale, l'école du village, une bielle école de six classes, a déménagé corps et biens à Senneterre, à une trentaine de milles plus au nord, quand il n'est plus resté assez d'enfants au village pour en motiver l'entretien Aujourd'hui, il ne reste plus à Perron que cinq enfants, les deux jeunes fils du maire et les trois filles de son unique employé \"C'est un peu ennuyeux ici\", se plaint Denis Paré, à 13 ans, il doit jiarcourir chaque jour 30 milles pour aller à l'école à V'al-d'Or, alors que son jeune frère Daniel, âgé de 13 ans lui aussi, frérjuente l'école de Val-Senneville, le village voisin distant de six milles les filles, c'est bien gentil, poursuit-il avec un peu de dépit, mais elles ne jouent pas aux mêmes jeux que nous, quand ça ne tente pas Daniel, faire six milles pour jouer au hockey, c'est un peu long! Heureusement que, l'été venu, nous allons à la campagne dans notre chalet à Obaska!\" Louis Lévesque a 70 ans; c'est le grand-père de Denis et de Daniel Paré, c'est aussi le ()lus ancien citoyen du village \"le suis arrivé à Perron en 1933, ex|)lique-t-il, alors que la mine venait tout juste d'ouvrir \" Louis Lévesque, originaire de l'Outaouais, était scaphandrier, établi à l'épcxiue depuis huit ans aux Etats-Unis, et fatigué de construire des quais dans l'eau froide des Grands Lacs )e voulais changer d'air \u2014 façon de parler \u2014 et toute la publicité que I on faisait jK)ur établir colons et mineurs m'attirait, surtout que la mine de la société Perron était une mine d'or \" Le voyage vers l'Abitibi n'était i)as une sinécure en 1933 Parti d'Ottawa en train, Louis lévesque arriva deux jours I>lus tard à Amos pour apprendre que le seul moyen de rejoindre V'al-d'Or \u2014 Bourlamac)ue à l'époque \u2014 était d'y aller en batc*au Un j)etit vapeur assurait en effet depuis cjuelcjues années depuis Amos le service des établissements situés le long de la rivière Harric ana II s'embarqua donc et Suite page 4 f Devant le bureau de poste', Denis Pare, ci-dessui, consulte la courte liste électorale de Perron.Son grand pt're, Louis Levesque, ci-contre, tut l'un des pionniers du village dont il est un des derniers habitants., a 7 19 lévrier 1977 ¦ 3 De beaux ongles .car vous ne les rongerez plus! Trois pentes semaines et vous aurez de heaus ongles, longs et durs.Avec Stop 'n Cirow \".jamaisplus vous ne les rongerez.I>e la volonté en bouteille, jusqu',iii bout des doigts.Stop 'n Grow est transparent, vous pouvez meme l'appliquer sur le vernis.Vous aurez, des mains adorables, aux ongles longs et élégants, ce dont vous avez, toujours rêve.Avec Stop 'n Grow, vous ne rongerez, plus vos ongles Satisfaction garantie ou argent remis par Mentholatuni.Tort Trie, Ontario.stop 'n grow DANS TOUTES LES PHARMACIES TIMBRES GRATIS 100 0»FFER\u20acNTS TIMSAES OU MONDE ENTCN .J 4-4 il; (llll OOOffTOMETRE r x S En plus.h$te de paquets et odonto-meire gratuits Cette magmtique cotlec-tK>n vous est oHerte aAn de vous faire conrvaitfe r>os approbations intiurA csnN pour fran de manuiennor^ RËG 100 nMBRES CANADA\tSI 00 100 TIMBRES E U.\tSi 00 Special deux pour $1.2$ CENTRE PHILATËLK3UE £ DE QUÉBEC INC.\t^ 330 DE LA COURONNE QUEBEC 2.QUE.D«pt K) Q1K6E6 perspectives i\u2018sî\t( hsique sem«iint* p.ir\ttiv^N )n< 211 rue Saint (arques .Montréal H2V 1Mb« Tel 2i\\2-222A Directeur de la rédaction Piern* Cax on Directeur adjriint lean Mmithillette Directeur artistique Pir*rro I egault Redaction t (fouarri Ooiu et l>alx*He lefrancois ( eline I e«aré Adrien Kobitaille Photographe OeniN Plain Secrétariat (jisele Payant l iliane Galissaires Service artistique Marthe Boldut Mi< bel Brunette Royer Oion Mi< bel Om*sf 1\tf.in< e lafond President (ean Robert Bélanyer Vice-president Paul A Audef Secrétaire ( harles d Amour Trésorier T>uv Pépin Représentant publicitaire MayanaMedia I imitée 2\true Saint lacquev Montréal H2Y IMti Tel JH2-2120 IS'jS (HH4)n7\u201810 Ferrofi remonta la rivière, passant par le lac Malartic.Après avoir lait escale à l'île Siscoe, qui n'était pas encore à l'épcxtue relu'-e par une |etè«» au rivaye du lac de Montigny, le petit vapeur reprenait la rivière jusqu'au lac Blouin où il accostait au ctuai de Bourlamaque Auc un«\u2018 route, à l'èpociue, ne reliait encore la mine l\u2019c'rrcsn à Hourlamac|ue, et c'est par un moyen de transport (Uu\u2018k|uc* (jeu inusité (tue x'ellectuaient les dix ou douze dc'rniers milles du voyage c ette dernière' étape se faisait en \"|)ole track \", ainsi c|uc\u2018 le nommaient les mineurs dans leur (argon Le \"pole track\" était une es|)è( e de \"chemin de fer\" en miniature circulant à une dizaine de ()iecJs au-dessus du sol I es rails de ce chemin de fer peu commun étaient en bois, et c.'c'st un vieux camion qui y faisait office de locomotive, tirant deux ou trcjis longs chariots Les roues rie cet étrange ckiui()age avaient été transformées afin de s'ada|)ter aux billots longitudinaux \u2014 ceux-là mêmes d où venait le nom de \"pole trac k \" \u2014 qui sc'rvaic'nt de rails f aute de pouvoir tourner en arrivant au terminus, le convoi revenait simplement en marche arriére! Avec son haut chevaU'ment (Je bcjis ciui cfczminait le' (laysage, Perron avait \u2014 c'est le cas de le dire \u2014 bonne mine en 19H.Déjà la mine s'enfonçait au gré des filons file atteindra la profondeur resjiec table de prés d'un demi-njille vers la fin de son exjiloitation au milieu des annex\u2019s cinquante Autour de la mine s'c'tablissait un village Perron, village dit de com[)agnie', tout y a|)partenait à la société minière Louis Lévesc|ue, ajjrés avoir passé huit ans sous l'eau, décida de ne pas moisir sous terre tro[) longtem(}s Ramassant ses c'conomies, il décida, au bout de trois ans, de se lancer en affaires Une vaste proportion des mineurs de Perron étaient formée' d'aventuriers ou d imigrants venus tenter fortune, désireux de (irofiter de ce nouveau Klondyke De tem|)s à autre, un contremaître de la sex iélé descendait à Montréal et ramenait (K'u de* temps a|)rés vingt, vingt-cinc| ou trente immigrants, selon les bc'soins de la mine en main d'oeuvre à bon marché Tous cc's travailleurs étaient célibataires, et (|ui ()lus est, assoiffés Dans ciuel commerce* croyez-vous rtue louis IcA'Csque se lançai flcTtelier, ()arfai*ement' f)ès son ouverture en 19W), l'hcTtel de Perron, libre de toute concurrence, s'emplit à crac|uer \"l'avais 17 lits et, pendant des annéc'S, j'ai rarement eu moins de 17 |)ensionnaires.\" I hôtel, outre ses Dominé par le chevalement de la mine, voici Perron tel qu'il apparaissait en 1939.chambres, offrait une denrée encore plus précieuse en ces tem()s de [iruhibition le (jermis de vente d'alcool n'a suivi que de huit ans l'ouverture du bar, mais les (irofits valaient bien l'amende oc casionnelU*.C'était bien, à n'en pas douter, le \"salcxzn\" typique de la conciuête de l'Ouest, que cet établissement Pans, tours de force, bagarres, rien ne semblait y manquer jusqu'à ce (|u'un incendie détruisit l'année dernière l'hr'jtel devenu, l'hiver, (joint de ralliement dés motoneigistc's de la région, louis Lévesc(ue montrait fièrement à ses cli«*nts cette lourde table de chêne massif (jortant l'empreinte profonde d'une rangée* de dents \"Un mineur, au début des annéc's C(uarante, avait (jarié ((u'il txjuvait soulever cette table (lar la sc'ulc* force?de sa mâchoire, et enc czre sans renverser un seul verre II a gagné scjn pari\u2019\" D'autres mine's vinrent vers la fin de la guerre s'im()lanter dans la région, mais deux coups durs allaient frap()er Perron à dix ans d intervalle Le 8 juillet 194-4, dans l'espace de r(iiatre heures, un feu de forêt rase complètement le village' voisin de Pascalis A moins d'un mille de distance, Pascalis était (jeu à (jeu devenu la raiscjn de vivre de Perron C'était un village ticjrissant, \"le\" gros centre de la région où se trouvaient les magasins, l'église, le bureau de (xjstc*, la gare*.Tout ceci dis(jaru, une (jartic* de la (JO(julation de Perrcjn, déjà (jlongéc?dans le marasme, déménagea vers les villes voisines A Val-d Or ou à Sennc'terre, Louis 1 c'vesque revoit parfois ses anc ic'ns voisins, ou du moins les maisons de ses anciens voisins les familles déménageaient jusqu'à leur maison en ((uittant le village f n 195,\u2018j, un accident (jorta le coup de grâce à Perron un dynamitage de routine fit s'effondrer la (jIus grande* (jartie de la mine.Il n'y eut aucune victime, njais le gagne-(jain des mineurs était irrémédiablement comprcjmis les ingénieurs de la conj(jagnie, établissant le bilan de ce qu'il on ccji'îterait pour remettre en état des installations déjà (jeu rentables, décidèrent tout bonnement de condamner la mine et de c lôturer le gouffre qui s'y était (juvert 1 c*s minc'urs ((ui restaient sc> retrouvèrent tant bien r(ue mal un c\u2018m|jloi dans d'autres mines du voisinage, mais l'émigration accéléra Seule une (xjignée de rentiers déc ida de rester, de même que ((uelques familles c(ui ne dépendaient pas de la mine (Jour vivre Chac(u(' année*, la (jfj[julation diminue, mais c(uel((ues citcjyens semblent ancrés à jamais dans ce coin eje toret abitibic'iine II faudra bien un jour s'annexer à Val Senneville, mais rien ne (jrc'sst* c'ncore Quand cjn lui demande (jcjurctuoi il habite tcjujours Perron, louis léves(|ue ne sait tro() ((uoi ré()(jndre A 70 ans, cjù diable irait-il donc* It cjù iraic-nt se-> voisins^ t hiver, ((uand il tait très trend, d'in((uiétantc\u2018s va(j('urs s'élèvc'nt efes collines c 'est la mine* qui, (jar d(> ncjmbreuses c revasses, rc*s(jire \u2022 \u2022ncore ccjmme un monstre endormi Quand cjn lui demande s'il reste cfe l'or dans la mine abandonn('*e, louis I (*vesc(uc' trcjijce les sourcils et ré(jcjnd vite que non Pi'ut-c'-tre trrjp vite\u2019 Puis il sc* met à rêv(*r.avec toute cette machinerie C(u accumule* (jour ses travaux d'entretien des rcnites son maire de gendre*, qui sait?Un (cjur.[jeut-être?4 ¦ 19 février 1977 La Matinée FILTRE SPECIAL r LE DOUX EQUILIBRE 1 \u2018.É \u2022\"'tTR SPEç, La Matinée FILTRE SPÉCIAL est la seule cigarette dans sa catégorie à offrir un équilibre entre le filtre et le tabac.Son filtre spécial exclusif est tellement efficace qu\u2019il permet l\u2019emploi d\u2019un riche tabac corsé.Vous obtenez donc une saveur plus franche, une satisfaction plus complète.Elle est disponible en formats King Size et 100 mm.' La Matinée FILTRE SPÉCIAL AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage-éviter d'inhaler Moyenne par cigarette-100 mm: \"goudron\" 11 mg, nicotine 0.8 mg King Size: \"goudron\" 10 mg.nicotine 0 7 mg t _\u2022 Deux interprétations de Leo Munger Ci-dessous, la Zarzaise dans la Gloire des filles à Magloire, en compagnie de Michelle Rossignol Photo du bas, aux côtés de Normand Lévesque dans les Célébrations, de Michel Carneau.\u2018V & LBO MUNGER A23ANS.DEL\u2019ABATIAGE.DEL\u2019APUXMB.DU CHIEN PAR ANDREDUCHARME Le délire, ou en tout cas une espèce de bonheur collectif Un miracle, p)eut-étre Le public, entassé dans la petite salle du Conservatoire de Québec, venait d'éprouver, pas loin du coeur, un superbe choc Un coup de foudre pour l\u2019interprète de Polly Peachum, dans l'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht, spectacle de fin d'année des étudiants en interprétation Minuscule poupée hypnotisante, nette, incisive, subtile et tordante, elle laissait une performance éblouissante que n'aurait pas reniée la Polly de 1%1, au Théâtre du Nouveau Monde Monique Leyrac C'était à l'été 1975 et il faisait terriblement chaud File est là dans l'hiver, simple et captivante, dangereusement lucide Le sourire plein de santé, les yeux sombres, grands parleurs, des cheveux à n'en plus finir Belle, mais loin des clichés Transparente Elle est petite \u2014 très \u2014 et alors' Sa taille étonne mais ne dérange personne Elle s'exprime avec générosité en faisant danser ses mains et en rattrapant sans cesse ses phrases pour les enrichir et les clarifier Elle s'appelle, pour tout vous dire, Léo Munger Léo une fille?\"L'idée de changer de prénom m'est venue après qu'un de mes professeurs, qui fait l'étude cabalistique des noms, m'eut annoncé que mon prénom véritable, Micheline, ne me préparait rien de bon dans ma carrière J'ai trouvé ça drôle et je me suis dit pourquoi pas?Je suis partie à la recherche d'un prénom que je voulais court J'ai choisi Léo parce cjue je trouvais ça beau et qu il correspondait aux bons chiffres, à ceux qui laissaient entrevoir de bonnes choses Mais je n'ai pas du tout tiqué sur le fait que Léo soit masculin \" Tireuse de cartes comme ses tantes, alléchée par les secrets du tarot et des boules de cristal, elle s'intéresse, avec une intelligence discriminatoire et un grand sens de I humour, aux histoires qui laissent froids ou irritent les autres Cet engouement pour l'insolite s'ajuste comme sa robe à I image bohémienne qu elle dégage Un choix décisif Née à baint-Bruno, village du Lac-Saint-Jean, elle est, à 23 ans, l\u2019aînée d'une lignée de 10 enfants dont 8 garçons \"Je SUIS en tram de régler mes 20 premières années Car mon enfance, c'est une affaire ratée Mais c'est là où je puise toutes les références dont j'ai besoin jmur jouer mes rôles j'ai beaucoup de souvenirs bons, mauvais Mauvais surtout l'aurais pu faire comme ma petite soeur, me marier et avoir des enfants, mais j'aurais été le genre de femme à tajx'r des déj)ressions Moi, l'avais des choses à prouver ' Toutes les pressions qui l'assaillent au sein du clan, elle les canalise dans une énergie créatrice, voire exhibitionniste, qui se bute à son milieu, peu enclin au rêve et au jeu Capricieuse, la terre impose ses impératifs la besogne avant le divertissement Issue d'un milieu (K>pulaire, de parents affectueux tri- niant dur, Léo, la petite fille spéciale, la marginale, le fantôme des scènes d'école, effectue un choix Décisif, irréversible \"C'était moi ou eux \" Les heurts de la rupture trouvent un pansement dans sa volonté acharnée de faire du théâtre, du vrai Pour cela, il faut apprendre, suivre des cours, s'exiler Arriver en ville.Elle s'installe à Québec à 19 ans, après avoir fait un détour par le cégep de jonquière, histoire de se familiariser un peu avec l'éducation spécialisée Parallèlement, bien sûr, elle collabore à quelques pièces qui lui confirment définitivement sa \"voca tion\" Elle passe énergiquement les aucJitions du Conservatoire et, on le devine, \"est acceptée La nouvelle vie commence \"Pour moi, ç'a été un véritable monastère Pas d'amis, pas d'amour rien d'autre que le théâtre j'ai tout misé là-dessus Ça été très dur II faut que tu communiques avec les autres qui n'ont pas ton âge, pas ton passé non plus et qui proviennent de milieux différents Notre seul terrain d'entente, l'amour du théâtre et l'ambition d'apprendre quelque chose Ce que j'ai appris d'essen-tieR Continuer la recherche de moi-méme Je considère avoir fait ma thérapie au Conservatoire \" Une thérapie difficile puisque pratiquée au milieu d'une famille artificielle* qui relance plus crûment les conflits de la rellule originelle D'ailleurs, elle avoue qu'elle hésiterait à reprendre ces trois années, elle croit en une école de théâtre fondée sur d'autres valeurs Moins élitiste, plus ouverte Populaire \"Pour moi \u2014 mais je sais que cela entraînerait une autre forme de système \u2014 , le Conservatoire devrait être une espèce de laboratoire bien équipe, offrant à des groupes naturels, formés dans telle ou telle région, des animateurs de théâtre Les groupes pourraient venir chercher ce dont ils ont besoin (lour mieux fonctionner cours de diction, de pose de voix, etc \" Certes elle a découvert des trucs corrigé ses tirs, répertorié ses possibili tés Mais ce qu'elle retient surtout de ce laborieux apprentissage, c'est que la formation de l\u2019acteur n'est jamais ache vée, cju'elle donne la main à la recher che de soi, l'une nourrissant l'autre en symbiose Léo Munger ne désire pas atteindre un statut moelleux et définitif dans lequel elle pourrait se vautrer et distribuer mécaniquement et sans bavu re l'experienceet la technique acquises Le jiublic sent la feinte et n'éprouve rien devant une machine à émotions \"le crois au travail et à la discipline le SUIS extrêmement rigoureuse )e commence à savoir que j'ai un talent mais ce n'est pas tout Je veux m»* j)erfc*cfionner Je veux toujours me réinvestir pour être plus terrible Plus vraie je ne veux pas donner à 50 ans ce cjue je donne maintenant \" ft.ipe importante clans sa démarche un accident asse^ grave, survenu à la fin de sa 2e année d'études L\u2019hospitali-sation et son interminable amie, la c nnvalescence, l'empêchent de participer aux premiers exercices publics \u2014 \"il n'y a pas d'actrice sans public\" \u2014 et ' - ¦ 6-19 Février 1977 itinaHBSi |i compromettent sa contribution à la dernière production: 1 Opéra de quaf sous Or, elle dédramatise l'événement, culbute l'enlisement dans lequel on veut la faire sombrer et assimile une dimension essentielle \"l'ai pris conscience, dans l'isolement de ma chambre d'hôpital, que j'étais seule même si je trippais avec d'autres.I ai appris à ne plus compter sur le monde A me prendre en charge j'ai dit ^ Wo aux médecins et aux autres et je me suis juré que j'allais faire le spectacle du Conservatoire et aussi que j'allais jouer à ma sortie.\" 'i Succès retentissant Pour le comédien, cela est une priorité.Mais, dans ce métier, l'intention seule ne compte pas Les meilleures dispositions causent parfois de profondes écorchures quand le téléphone, messager de contrats, ne sonne pas.Et l'attente d'un appel, ce n'est pas du théâtre! A cause de plusieurs facteurs dont elle extirpe plus volontiers la chance que le talent, Léo Munger est catapultée dans le milieu professionnel Vite, très vite On la cueille à la porte du Conservatoire Non pas avec des promesses mais avec des rôles.\"C'est après m'avoir vue dans le rôle de Polly qu'André Brassard m'a demandée pour la pièce d'André Ricard )'ai accepté tout de suite car j'avais des choses à vérifier dans le théâtre psychologique.Ce n'est pas une forme de théâtre doiît je raffole, car c'est dur et indécent, le public est voyeur au théâtre psychologique Et il y a autre chose c'est vidant.Les bibittes que tu engages là-dedans, il ne faut pas que tu les engraisses à force de les utiliser C'est pour cette raison que le ne crois |)as que j'aurais pu jouer la Zarzaise très longtemps \" Merveilleux personnage que celui de cette émouvante désécjuilibrée, figure de proue de la Gloire des fille à Magloi-re, créée, à Québec, à l'automne 1975 par le Trident Cette demeurée inquiétante, elle la façonne toute seule, avec ses tripes, car André Brassard, trop préoccupé par la vision d'ensemble, n'est à peu près fias intervenu dans sa recherche.Fière de la latitude dont elle dispose, elle campe, en dosant savamment le comique et le tragique, un immense personnage dans la galerie des êtres qu'elle a enfantés jusqu'ici ' \"Evidemment, le public riait car les fous ont toujours fait rire.Mais ce rire était un tremi)lin vers la réflexion Quant à moi, j'ai adoré ce rôle car ma démarche jîour l'aborder a été très imi)ortante l'étais très proche de ma Zarzaise, de ce quelle vivait Son milieu, le rang, je le connaissais très bien Beaucoup de sons et d odeurs me sont revenus l'ai implicjué là-dedans ma |>art de folie pour l'exorciser.\" Par son interprétation, qui se frotte, assurée, souple et flamboyante, à celle des \"vedettes' \u2014, Denis Drouin et Michèle Rossignol \u2014, elle mérite un succès personnel et les bons mots de la critirjue \"A ce moment-là, j'ai eu peur que ce 19 Février 1977 -7 qui m'arrivait me monte à la tête, m'influence, l'ai donc travaillé sur l'humilité, parcourant très rapidement ce qu'on disait de moi Aujourd'hui, avec le recul, je pourrais relire les critiques et faire la part des choses.\" Tranquillement, l'aplomb s'insinue.Ne voulant pas chômer, le goût de jouer et la jouissance d'être sur une scène revendiquent tous les droits.Immédiatement après cette expérience coup de poing, elle s'engage à tous les niveaux \u2014 textes, régie, publicité, etc.\u2014 dans la fondation du Théâtre en couleurs, réponse enjouée à la stagnation théâtrale à Québec II y a le Trident, point, à la ligne, mais cette vaste organisation, enfoncée dans une jungle administrative, rejoint une clientèle définie.Dans le but de soulager la haute ville de quelques-uns de ses privilèges culturels et de rendre le théâtre accessible à des gens qui y sont moins habitués, la troui)e présente le Club Frank \"Eros\" Robidoux, dans un local de Limoilou.Fort d'un succès retentissant de 9 semaines, le groupe emménage au Théâtre d'aujourd'hui à Montréal, et y passe un lumineux mois et demi La pièce, élaborée par les comédiens à partir d'improvisations, est selon Léo un petit bijou de performance à l'état pur' Elle s'est écrit, pour ce spectacle fusionnant danse, chanson, théâtre et prestidigitation, deux rôles diamétralement opposés: une adolescente amoureuse-sangsue de son professeur et, surtout, une femme à la ménopause qui raconte, par le biais d'une ligne ouverte radiophonique, ses problèmes sexuels.Indécent et violent, ce court et sobre monologue ébranle le public qui désamorce son effroi dans le rire \"Ce rôle est sorti de mon subconscient II est très engagé face à ma recherche en tant que femme le l'ai fait en improvisant, mais je ne soupçonnais pas toute sa valeur le l'ai jjoli en le jouant, le sais maintenant cjue je n'improviserai plus sur les mêmes affaires, l'ai prouvé que je jxiuvais faire des jiersonnages qui se garrochent sur les murs Maintenant, il faut que je passe à autre chose \" Elle passe effectivement à autre chose.Et comment! En effet, la télévision, mangeuse de talents et de savons, a de longues antennes.(Tn l'apjiroche donc pour tenir un rôle secondaire dans la série Chère Isabelle à Télé-Métropole Perspicaces, les resjronsables de l'émission, imj)ressionnés par son potentiel, accordent plus d'importance au jjersonnage Mais, coup de théâtre elle démissionne \"En travaillant au canal 10, j'annonçais, sans faire de messages publicitaires, des bières et toutes sortes d'affaires contre lesquelles je suis le veux bien apjrrendre mais pas à n'importe (juel prix \" Personne, bien sûr, ne comi)rend \u2014 ou j)ire n'essaie de comprendre \u2014 son départ On la traite de tous les noms de la terre: qui est-elle donc pour \"cracher sur le pain béni '|e sais que j'avais une chance énorme, on a vu en moi une relève jxiur le comique Mais à cause du jxiuvoir dont je bénéficie en tant qu'actrice, et Suite page 8 Les oranges à l\u2019épicerie.Les Parametté.à la pharmacie.'mn V 72C J a -\t6 vnsatiKifrE: jBscBrivns crextuer pour tous les jeunes qui les preferent Les vitamines contribuent a garder la famille en bonne santé L epicier s y connaît en oranges, le pharmacien en poly-vitamines! C est pourquoi les Paramétré sont en vente exclusivement dans les pharmacies Et SI vous vous posez des questions au sujet des besoins particuliers de votre famille en vitamines les Laboratoires Ayerst croient que c est votre pharmacien qui peut vous renseigner Alors, en toute logique, ils confient la vente des vitamines uniquement au pharmacien Les Laboratoires Ayerst sont les plus importants fournisseurs aux pharmacies de detail au Canada Or.Paramétré est le produit polyvitaminique le plus vendu dans les pharmaciés Les Paramétré sont presentees sous quatre formes differentes Elles sont donc sûres de plaire a toute la famille les comprimes pour adultes, le sirop pour enfants, les Paramétré Junior pour adolescents et les dragees a 1 ABOrrATOIRES AYETRST division ilp AyerM McKenna 4 Harnson Limitée Montreal Canada Les comprimés Paramette\t pour adultes contiennent huit\t vitamines essentielles plus\t du fer.\t Vitamine A\t10.000 u.i Vitamine D\t400 u.i.Vitamine Bu.\t3,0 meg Thiamine\t3,0 mg Riboflavine\t5.0 mg Niacinamide\t25,0 mg Pyridoxine\t1,0 mg Vitamine C\t150.0 mg Fer\t4.0 mg Les Paramette sont les vitamines pour toute la famille Achetez-les a la pharmacie ou se trouvent les vitamines et non a l'épicerie ou vcxis achetez les oranges\t^ * Oem«ncf«t su pharmacien de vous parter de chkis LËO MUNGER surtout à la télé, qui est un médium très dangereux, le ne veux pas dire n'importe quoi Faire rire oui, je suis bien d accord, mais en faisant passer quelque chose de sensé.Le public, au Québec, a atteint la maturité et la conscience et je n'ai pas le droit de me situer en-dessous de cela \" En même temps que la télévision, les principales compagnies de théâtre s'avancent avec leurs gros sabots.Elle reçoit en septembre 1976, un éventail impressionnant de propositions.Elle les refuse, car elle veut, de toute urgence, faire le point et se retrouver Résister à la tentation de la dispersion.\"Quand le monde du milieu découvre une fille qui sort un peu de l\u2019ordinaire, il se dit on la veut à tout prix, puis il la consomme, la consomme, la consomme et c'est fini comme le reste.Je ne suis pas une denrée.\" Cependant, plus que cet assaut affolant du milieu professionnel montréalais, elle est victime d'une menace sournoise et invincible qui la gruge au dedans comme au dehors la ville Pourtant génératrice d'espioir pour la plupart des comédiens ' Montréal, pour moi, est une ville tuckoe.speeds, piolluée.Malgré tout ce qui m arrivait, je me suis aperçu que j etais juste un peu plus malade et un peu plus endettée Ça allait trop vite pour moi et le \"social' autour de ce métier est épuisant Quand tu es actrice et que tu veux le rester, il faut que la guitare qui est ton corps joue parfaitement, que tu V portes attention Et c'était trop dur physiquement J\u2019étais rendue au point que j'avais mal au coeur du monde, de tous ces gens qui m'entouraient et voulaient tirer le meilleur de moi Je ne me reconnaissais plus \" re la pièce avec Normand.C'est un défi exaltant que de diffuser une oeuvre.Nous avons d'ailleurs des projets pour une tournée.\" A l'heure paniquante ot'i les comé- aussi sur la scène.Je veux contrôler mon trip, sinon quelqu'un va se charger de le faire Et je refuse, car la seule cause que je veux défendre, c\u2019est Léo Munger, la femme et l'actrice \" Femme et actrice Par ailleurs, elle accepte, dans ce brouhaha stressant, de créer les Célébrations, un texte de Michel Carneau écrit expressément pour elle et pour Normand Lévesque Montée d'abord au Théâtre du Horla, à Saint-Bruno \u2014 là où elle a aussi assumé un rôle dans Gérard, c'était son nom a Gérard mon mari \u2014, reprise au Centre d'essai de l'université de Montréal, la pièce est finalement présentée dans un café-théâtre de Qué-t)ec, et l'on doit ajouter une foule de séances supplémentaires Le succès aurait-il une protégée?\"C'est une pièce que je trouve très fjelle J'aime mon rôle, il est straight et il a presque mon âge II faut que je lâche les rôles de folles et de vieilles je ne veux pas être étiquetée II y a aussi que Carneau, de qui j'ai également joué Rien que la mémoire avec le groupe Voyagements, est peu diffusé hors de Montréal J'ai donc eu envie de produi- Scuipturr dè bn'fx/e C'ne CT*«t>on de Henhrrto liurer pinir U cotkriKin Kinjt Arthur de Seefram Le savoir-faire et la poursuite de l'excellence.Voila qui est à l'oriane du çoût pur, franc et sec a souhait du gin King Arthur.I,a procaine fois, dites King Arthur.Et goûtez un plaisir tout neuf signé Seagram.diens, frais sortis des écoles, se pressent de décrocher des contrats, de se modeler une image et d'obtenir \u2014 le vedettariat n'est pas mort \u2014 une petite gloire et Eieaucoup d'argent, t.éo Munger dresse le bilan de sa carrière d\u2019un an, perlée de réussites 'Depuis un an j'ai tellement donne de moi-même l'ai fait S créations, c'est vidant l'ai besoin de me remjilir à nouveau jiour mieux donner le cher the, je creuse, j ajiprotondis le veux dans ma vie, réaliser le plus (xissible et être de mieux en mieux dans ma [)eau Et Sa vie, celle-là même qu'elle déshabille sur la scène, elle la coule à Québec, dans le quartier Saint-Jean-Flaptiste, Elle apprivoise aussi la relation de couple avec un chum qui me ramène souvent à la réalité\".Dans son appartement qu'eUe maquille de plantes et de douceurs, elle lit des femmes, fait du macramé, écoute de la musitjue Emmagasine des rétèrences libère ses rêves nie adore lean-Paul Lemieux loulouse-Lautret et le monde, il taut l'avoir vue at cueillir les spectateurs à rentrée de certaines salles de théâtre pour saisir toute la qualité d'un contact chaleureux Ça ne peut être du bluff tant le sourire pète de franchise et le verbe, de spontanéité.Chanson, danse.Le public pourra la voir et la juger du 7 avril au 21 mai dans l'Opéra de i quat'sous que Guillermo de Andrea met ^ en scène pour la compagnie québécoise du Trident.Pour l'instant c\u2019est, avec son ; bien-être, la seule chose qui l'accapare, % elle s'y voue entièrement,consacrant s même plusieurs heures à sa diction M pour la soulager de l'accent québécois exigé par ses derniers (jersonnages.Elle refait, bien sûr, Polly Peachum, et -certains pensent qu'il lui serait aisé de retrouver, en fouillant juste un pietit peu, le moule et de le restituer, ce serait trop facile et elle a horreur de la paresse.D'ailleurs, elle veut dépasser sa propre interprétation, gravée déjà dans quelques mémoires Donc, régime disciplinaire: une deux, une deux ou presque.Les répétitions, le travail d'équipe, l'élaboration du spectacle l'excitent car cette pièce de Brecht, fondant le plaisir et l'enseignement, correspond joyeusement au genre de théâtre auquel elle aspire \"Ce que je préfère, c'est la forme cabaret chanson, danse et théâtre imbriqués Et parourrait bien passer avec un égal bonheur de la publicité, où il fit ses premières armes, au théâtre, où il souhaite émerger à l'aurore de ses 40 ans Mais je vous parlerai un peu de Villeneuve, Arthur de son prénom, f)eintre naïf maintenant célèbre II crée comme on respire, comme on rit, comme on chante, comme on a peur aussi Beautés étranges, ses toiles exorcisent ses démons intérieurs L'oeil paisible, cet ancien garçon coiffeur vit avec ses pinceaux, ses couleurs, comme un enfant, une étrange aventure de création qui, son entourage ayant le sens des affaires, a fini par rapjjorter gros Ce petit homme-là, sans modèles, sans cartons, sans règles, sans maîtres, sans idées reçues, sans entraves, a réalisé comme en se jouant 2 800 tableaux dont 125 font 3a x 40' Il y a toujours, dit-on, quelque rappel du Saguenay et de sa ville natale dans ses toiles Mais le C M qu'il appose sous sa signature n'est pas une contraction de Chicoutimi, mais veut dire \"Chevalier membre de l'Ordre du Canada \" Il apporte à Salut Calarneau!, roman, une saveur, une chaleur, une ingénuité que rien ne remplace Le roi du hot-dog est là, bien en place dans son île \u2014 Perrot \u2014 , I autobus à peine décalé par rapport à la véracité du livre, mais la tour Eiffel n'est pas oubliée qui veille au loin Seulement, les personnages à plat ont des têtes disproportionnées et l'imagerie villeneuvienne se reconnaît là qui éclate encore dans les dragons, bêtes sauvages, crcKodiles et lézards qui remplissent la toile comme autant de cailloux Ce qui fit dire à Jacque Godbout; \"Je reconnais mon livre, je reconnais i'anecdote Et l'/s/e aux dragons \u2014 c'est son dernier livre \u2014 me semble déjà pressentie ml Ignorant les conventions picturales, le dessin rudimentaire et parfois hésitant caché sous une ribouldingue de couleurs, Villeneuve a obligé le sérigraphe à une technicité poussée, inventant des solutions imprévues C'est ce que j'ai appris, entre autres choses, un jour d'hiver où, refaisant le périple de l'éditeur, j'ai visité tour à tour le relieur, le sérigraphe et l'imprimeur, allant là où le travail des mains rejoint celui de l'esprit La journée commença à Boucherville où le sérigraphe-graveur Louis Desaulniers, ayant aménagé un atelier dans le sous-sol de sa demeure, se colletait à Villeneuve, \"ce cher Arthur'\" comme dit doucement sa femme Ceux-là, ce n'est pas une équipe m même un tandem, c'est le sérigraphe en deux personnes II est chaleureux, elle est discrète II choisit les couleurs, elle manie l'X-acto, découpant avec une précision parfaite les formes dans un film spécial, elle effectue les repères minutieusement sur la trame de soie, il répartit la couleur, sans àur soulager presque instantanément les démangeaisons vaginales externes Vagisil torme une pellicule proiecincc rafraîchessante qui empêche le pullulement des hacienev soulage les tissus affectés et accéléré la guenson naturelle Eprouvée par les medeems.Vagisil est une creme non-grasse qui ne tache pas Elle est delïcaiemenf parfumée Disponible au comptoir des produits d'hygienc féminine Vagisll NE vous OFFREZ PLUS DES REPAS MONOTONES! 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Modeste, Jean Demers, imprimeur commercial le jour, a passé de longues soirées à l'abri du tumulte habituel de l'atelier, s'armant de patience et d'huile de bras, à repasser sur la presse manuelle les pages de Salut Galarneau* comme il l'avait fait hier de la Guerre, yes sir* 10 000 passages à la main, ça vous vaut bien des ampoules! Ce travail obscur, dont les spécialistes seuls voient la magie, on le reconnaît en vérifiant à la loupe qu'il n'y a aucun point blanc entre les lettres noires Mais de page en page, même le profane apprécie le festival délicat et nuancé du fait main Ce sont ces pages que Jean Demers confiera ensuite au \"ligator \" qui scellera l'oeuvre Restons sur la rive sud A l'île aux Noix, justement, se trouvait Pierre Ouvrard, maître relieur Un grand atelier au coeur de la plaine que sépare sur le long une immense table ou s'emmêlent les pteaux de truie, de cerf, de mouton, de veau, les feuilles d'étain et d'or, pendant que dégringolent des étagères les papiers à la cuve, jaspés et marbrés Dans ce pays plat et calme, Ouvrard depuis 25 ans manie le zinc, le plioir, l'étau, les cisailles, la presse à rogner, la presse à percussion, les ais, la scie et les ais à grecquer, les ais à bercer, la grille à jasper, la presse à tranchefiler, le cousoir II jongle avec les nerfs \u2014 ce sont les cordelettes de reliure apparentes sur le dos du livre \u2014 et travaille son cuir brûlé aux acides ou rehaussé de mousse d'orignal, de lichen, de feuille, ajoute sur les pages de garde ces herbes cueillies à la fin de l'été et mises au congélateur l'éjiervière, le lichen, la feuille de garde Et prépare un habit digne du conte Mais il y a p>eu d'adeptes pour cet art qui disparaît On compte trois ou quatre relieurs au Québéc Seulement, ce métier-là, comme qui dirait, est en tram de voir surgir un flot d'amateurs qui suivent des cours dans les ateliers du Vieux-Montréal, afin de restaurer eux-mêmes leurs grimoires Je vous dirai peu de choses des de Passillé-Sylvestre non pas que je n'en aurais rien à dire, mais ils vous sont connus déjà, leurs émaux étant partout, car ils ont su industrialiser leur travail tout en ne commercialisant pas leur art Mais même cette industrie-là commence de les gêner aux entournures, et ils guignent maintenant, en vrais créateurs, vers des formes d'expression nouvelles J'ai parlé longuement un certain midi, au Gobelet, avec André Prud'homme, joaillier et sculpteur Le hasard me l'avait laissé comme voisin de table ce jour où, attention charmante, de l'éditeur, tous les artisans de Salut Galarneau* se trouvèrent réunis Prud'homme a philosophé longtemps sur le langage du bijou, moins riche que le langage graphique et qui quitte son concepteur pour révéler celui qui le porte II a regretté qu'on investisse si peu dans la sculpture dont les jxjssibilités chez nous sont limitées La sculpture, objet à trois dimensions, appelle le contact physique dangereux pour la plupart des gens, presque tabou Quand on va dans un musée, on caresse rarement une sculpture, on se contente de la regarder de loin Et c'est cela peut-être qui fait que la sculpture est un art difficile à faire, difficile à vendre On en refuse le pur spectacle, et c'est avec appréhension qu'on la considère, refusant déjà la moitié du contact possible, la moitié du plaisir jwssible.Mais c'est une sculpture tout de même, ou un bijou, qu'on retrouve en couverture de Salut Galarneau, soleil éclairant la reliure bleu sombre d'un éclat qui lui convient Enfin, oserai-je en ces temps d'égalité des sexes, recopier ceci; \"Quand vous avez le coup de foudre pour une charmante créature et que vous rêvez de la séduire, vous ne calculez pas ce que ça va vous rapporter, du moins je veux le croire Le livre, c'est aussi une affaire de coeur et, comme telle, il doit se vivre, c'est-à-dire n'être jamais évalué pécuniairement*\"* 12 - 19 Février 1977 Choisissez Six de Ces Fameux Produits Gratuitement Choisissez les six produits que vous désirez le plus essayer.Vous recevrez les six produits de votre choix GRATUITEMENT.Il vous suffit de remplir le coupon ci-dessous et D'INCLURE $1.00 POUR FRAIS DE POSTE ET D'ADMINISTRATION SOUS PROPRIETE INDUSTRIELLE.BUFF'N SHINE Prêté de t'éclal il vos ongles avec cet excel lent produit natiiiel et durable Plus de taches, ni de sillons Le vernis à ongles peut être appliqué et parait plus lisse.Vous recevrez un coupon d'une valeur de $2.50 de rabais sur votre prochain achat de BUFF N SHINE BAN BASIC Nouvel antisudorifique en vaporisateur non-aêrosol, protège mieux et est plus écorKtmique.Le désodorisent F.D.S.pour l'hygiène feminine, sous forme pratique de petites serviettes emballées dans du papier d'aluminium (2 petites serviettes).Les petites serviettes irtdividuelles préhumectées F.D.S.\u2014 pour garder votre fraicheur plus longtemps que si vous utilisiez seulement de l'eau et du savon.MAZON\u2014La rtouvelle formule médicamenteuse à l'odeur agréable du shampooing Mazon aide à soulager des symptômes dus aux psor-iases et aux pellicules Format d'essai de 15g TOSV COCO-TAN 78% beurre de cacao pur.Un excellent produit hydratant pour tout le corps toute l'année.Vous recevrez un coupon d'une valeur de $1.00 de rabais sur votre prochain achat de COCO-TAN.FOND DE TEINT LIQUIDE BRYNA POUR LE MAQUILLAGE Couvre les petites imperfections de façon très naturelle.Le format de début comprend trois teintes convenant aux diverses carnations: 3A clair, 3B médium, 3C foncé.SHAMPOOING VOS EQUIU-BRE AU pH NATUREL Un shampooing doux, \"non-alcalin\", au délicieux parfum de pommes*.Rend les chevaux plus propres, plus brillants et d'apparence plus saine que jamais.(Sachet format d'essai) 1 OFFRE INTERESSANTE II 8 IwM Ienvoyez a IBox 1750 Station 'R S.V.f |iD ¦TAr FREE FOR ALL POUR UN AMI\tO Ne collez pas\tJ Toronto.Ont M4G3W7 l\u2019argent au coupon ¦S.V.P envoyez rnoi les six échantillons marques 2CI1\t5 P 6[I] '7An 7BD 7CC+^ 9G iAttachez $1.(X) pour frais de poste et d'administration sous propriété iiKfustrielle ____\t\u2014\t- -Age- Tenvoyez à IBox 1750 Station ¦ R Sachets de Sugartwin (10 sachets individuels) Sugartwin, le nouvel édulcorant léger qui s'utilise comme le sucre Chaque sachet a le même pouvoir sucrant que 2 cuillerées è thé de sucre, mais 91% de calories en moins Pour 50 cents seulement, vous pouvez donner è votre chevelure un traitement à l'huile chaude genre salon de coiffure\u2014pour emploi è domicile La traitament V05 à l'huile chaude rend vos chevaux lustrés et dociles et leur donne une apparence plus saine.(Tube pour une seule application).__________ FREE FOR ALL 9 s V.P POUR VOUS ,\tNe collez paa Toronto.Ont W4G3W7 l'Argent au coupon envoyez-moi les six échantillons marqués \"Adresse-/\u2022Ile- I \u2019 I I lD 2D 3D ^ bD 6L\u2019\tI ¦ 7AD 7B[j 7CZr SZT 9Ü\t! i Attachez SI.00 pour frais da jmste al d'adminisiration tous propriaia I industrialle.\tT* heurte I - I .Piov.-Code.¦Prévoir 6 à 8 semaines pour livraison Offre valable au Canada tseulement Offre limitée premier arrive prernier servi Date d expiration le 3C avril 1977 Vous recevrez les produits ¦représentes mais I emballage peut varier________________________ I Non-_______ Adresse_____ Ville.- Prévoir 6 à j seulement I d expiration - Age_ .P'OV__________ .Code_ 8 semaines pour livraison Offre valable au Canada Offre limitée premier arrive, premier servi Date le 30 avril 1977 Vous recevrez les produits ^représentes mais I emballage peut varier TARGET SAMPLING CORPORATION, 200 Consumers Rd., Suite 200.Willowdele, Ont.M2J 1P8 Personne n^le droit de vous forcer à boire.\u201cComment! Tu ne bois pas?\u201d Aujourd\u2019hui.lorsqu\u2019on nous demande, \u201cQu\u2019cst-ce que tu bois?\u201d, vous pensez automatiquement que c\u2019est de l'alcool qu'on vous offre.Vous aimez bien prendre un verre à l'occasion et celui qui vous l\u2019offre le fait par amitié.Mais il arrive que vous n\u2019ayez pas envie de \u201cboire\u201d, ou que vous en ayez assez.La personne qui insiste alors pour vous faire boire n\u2019est plus si amicale.Certains deviennent carrément hostiles si vous refusez de boire avec eux: \u201cTiens, le casseux de veillée!\u201d Ne vous laissez pas faire! Il n\u2019est pas facile de résister.Mais pour régler le problème de l\u2019alcool dans ce pays, il faut commencer en refusant le verre qu\u2019on veut vous forcer à boire.Considérez les faits: environ 40 p.cent de tous les accidents de la route sont reliés à l'alcool.On estime que les coûts liés à l\u2019abus de l\u2019alcool dépassent le milliard par année.A l\u2019heure actuelle, plus de 600.000 Canadiens vivent le problème de l\u2019alcool.Tous les chiffres se réduisent à ceci: la responsabilité du verre que vous tenez à la main.Si notre comportement contribue au problème.un changement en ce sens aidera à le régler.Mettez cartes sur table.En ayant le courage de vos convictions et en dénonçant l\u2019irres ponsabilité de ceux qui veulent forcer les autres à boire, vous encouragerez d\u2019autres personnes à vous imiter.Si vous ne savez pas comment vous y prendre, décou pez cette annonce.Elle p>ourra vous aider à clarifier votre position.Le \u2018Dialogue sur l\u2019alcool\u2019 est conçu justement pour vous aider en ce sens.Discutez du problème.Si vous avez des commentaires spécifiques, nous aimerions les connaître.Plus nous serons nombreux à aborder le problème, plus nous nous rapprocherons de sa solution.Dialogi sur l\u2019alcool'^ Une idée de Santé et\tHealth Bien-être social and Welfare Canada\tCanada C.P 8888.Ottawa et de votre Gouvernement provincial.un prograrrwn* k* iMltMion VrM-Vi« pas: -ij PAR lEAN BLOUIN L'étude des textes anciens réserve des découvertes que le recul du temps rend amusantes, en dépit du caractère ultra-sérieux que ceux-ci revêtaient à l'époque, et nous rappelle surtout cette vérité élémentaire que le passé contient déjà un pteu le présent, en tout cas permet de l'entrevoir, y compris ses aspects les moins plaisants.Ainsi en est-il de notre penchant irrespectueux pour la vitesse.Il ne nous est peut-être pas particulier mais il est ici particulièrement coriace V'ous croyez qu'il est apparu avec l'automobile?Détrompez-vous.Il remonte à fort loin, il s'exerçait même en Nouvelle-France dès le début du XVIIIe siècle, avec une singulière intensité en hiver.Il s'agissait alors de voitures à, chevaux, de carrioles pour être plus exact, que des écervelés poussaient à une vitesse \"époustouflante\" dans les endroits publics, mettant en danger la sécurité physique des paisibles citoyens déambulant par là, en plus de troubler leur quiétude Quelle manifestation d'extravagance et de légèreté devait paraître à ceuxr»-po»t« wcutatr» comme in-cftoue M d«»us, repré\u2014ntânt le premier timbre emt« per les Étets-Ums -derts 18471 2.\tCoHectien de 19 timlires des E.U tous differents dix-neuieeffie siècle, timbre db $5 00.etc.3.\tCoUectMMt des commémoretifs estimé Guerre amie emérieeine.un beteev è «epeur de le Misemippi, beaucoup cTautrw.En plus, vous recevree (feutres timbres pour examen gratuit.Acbetez-en ou n(»n.renvcndz le reste, annulez le service I tout moment.Plia un gr
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