Le soleil, 1 octobre 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" Québ«c, L« Sol«ll, Mmedi 1*r octobr» 1994 A-3 LA TROIS LE SOLEIL Jour de deuil à CJRP «Perdre son job en gang, maudit que c\u2019est plate \u2014 « J ai perdu ma job tout seul une fois.Tu t\u2019en v\u2019a.s nnnr^ les décisions coûteuses\tnvi\u2019w mianH t » QUÉBEC \u2014 « J\u2019ai perdu ma job tout seul une fois.Tu t\u2019en v-as chez vous.Mhls perdre ta job en gang, maudit que c\u2019est plaU*.Réjean Bergeron a été l\u2019un des premiers employés de CJRP a sortir de la station, hier midi.Il était encore sonné, comme ses collègues, trois heures après l'annonce brutale de la fermeture de la station où il travaillait depuis quatre ans.La journaliste Rachel Brillant a voulu éviter les journalistes à sa sortie de la station, hier midi.«Je me sentais comme si ma maison venait de passer au feu», a-t-elle déclaré.par GHISLAINE RHEAULT LE SOLEIL Les autres employés sont sortit un a un de la station peu après midi, lis avaient eu le temps de refouler leurs larmes et de se dire au revoir derrière les portes closes gardées par un agent de sécurité.« Il n\u2019y a plus rien.Il y a déjà des journalistes sans emploi.On se rajoute au-dessus de la pile », a dit Réjean Bergeron, exprimant l\u2019angoisse qui les étreignait tous.« C\u2019est triste et brutal.J\u2019aurais aimé qu\u2019on dise bonjour à nos auditeurs », a commenté Pierre Tur-geon, l\u2019un des membres de La bande à Gillet « Le pire, c\u2019est de ne pas avoir pu dire au revoir à nos auditeurs.Le CRTC pointé du doigt La fermeture de CJRP sème la consternation dans la région J\u2019en profite pour leur dire merci.On n\u2019a pas pu le faire.Ils nous ont coupé le sifflet à 9 h 15 », a ajouté Réjean Bergeron.Invité au Grand Journal de TQS, Robert Gillet en a aussi profité pour saluer ses auditeurs.Patrons accusés Animateurs et journalistes ont pointé les dirigeants de Radiomu-tuel et Télémédia d\u2019un doigt accusateur.«Ce sont ces personnes qui ont administré les deux réseaux depuis de nombreuses années, a dit Robert Gillet.J\u2019espère qu\u2019ils vont être plus efficaces.» « Je trouve ça injuste, dit Pierre Turgeon, l\u2019un des cinq journalistes remercié après quatre ans au service de CJRP.Ceux qui ont pris les décisions et qui ont conduit CJRP là s\u2019en sauvent tous, et les travailleurs sont presque tous punis.» Plusieurs employés ont dé- a^l noncé les décisions coûteuses prises par Mutuel, les changements de programmation aux trois mois et la folie de vouloir être numéro un à tout prix.Les sacrifiés Une trentaine d\u2019employés, dont 20 permanents, sont rentrés chez eux avec un mois de salaire et deux semaines par annee d\u2019ancienneté.« Je me sens comme si ma i son passait au feu, a dit Raclél Brillant.Je ne voulais pas pleurer devant les caméras.Je ne suis pas sortie quand il y avait un barrage de journalistes.» « Ne venez jamais travailler avec moi, a dit Paul Burroughs.Ça fait trois fermetures que je vis après 15 ans de carrière.» Il venait d\u2019étre embauché à CJRP il y a trois semaines.Charlotte Lemieux a pour sa part animé Neuf semaines et demie le matin, pendant neuf jours et demie, a-t-elle fait remarquer avec ironie.Simon Chouinard revivait aussi un cauchemar.Comme trois ou quatre collègues, il était parmi les employés de CKCV quand Télémédia a mis la clé dans la porte le 24 septembre 1990.Les rescapés Quelques contractuels, comme Jean Perron et Alain Crète, étaient assures d\u2019un emploi.« Mais c\u2019est un jour de deuil, a dit Jean Perron avant d\u2019annoncer qu\u2019il s\u2019en allait jouer au tennis « pour se défrustrer sur quelque chose ».Quant à Robert Gillet, il devait avoir des discussions avec le vice-président en fin de semaine, mais il ne savait pas ce qui l\u2019attendait lundi matin.Gérard Roy, journaliste ayant 17 ans de service est le seul employe syndiqué rapatrié à CHRC.La directrice de la station Mar-lèhe Simard et le directeur des programmes Daniel Plante déménagent aussi à CHRC alors que leur ex-collègue Damien Rousseau doit quitter CHRC où il venait tout juste d\u2019étre embauché.André Gagnon, vice-président de Mutuel à Québec, devient directeur général de CHRC alors que M.André Fleury, de CHRC prend la direction de CHOI-FM.QUÉBEC \u2014 La région de (Québec a appris avec stupéfaction la fermeture de (iiRP.On pointe du doigt le CRTC et le manque d\u2019originalité de la radio pour la dégradation de la situation.Phr ROBERT FLEURY LE SOLEIL mpter les salaires payés aux dironiqueurs vedettes ! Il y a un manque de sens commun», déplore Jacques LaRoche, fondateur de CJLR, le précurseur de CJRP.Le propriétaire de Voyages Laurier a fondé CJLR en 1959 et 1^ vendu 10 ans plus tard à Radio-léutuel, au moment où cette compagnie créait son réseau.De 18 employés à sa fondation, la station eji comptait 45 lors de la transaction.À sa fermeture, hier, il n\u2019y avait plus que 20 permanents.- « Il y avait deux stations privées, CHRC et CKCV, toutes deux propriété de MM.Baribeau et Pratte, comme Télé-4.Les vieilles .stations fermaient à minuit.J\u2019ai ouvert 24 heures et, avec nos unités mobiles, nous avons changé la manière de faire la radio à Québec », dit celui qui avait convaincu son ami Paul Desmarais d\u2019installer des radios dans ses autobus : les véhicules ne syntoni-saient que CJLR ! L\u2019homme de radio-télévision Louis Fortin, lequel fut pendant 35 ans tour à tour animateur, gestionnaire et directeur de la station de Québec de Radio-Canada, déplore aussi la grande uniformité de la radio commerciale.« C\u2019est un moment difficile que vit la radio à Québec.Les stations se ressemblent beaucoup trop.Une personne-orchestre, des annonces, de la musique.très peu de contenu.Ce qui me peine le plus, c\u2019est de perdre Robert Gillet.J\u2019espère qu\u2019une autre station va le récupérer», dit le retraité.Les élus de Québec et Sainte-Foy sont également consternés.« C\u2019est un deuil, commente la mairesse de Sainte-Foy, Mme Andrée Boucher.Nous avons déjà perdu CKCV il y a quelques années.La concurrence des stations de télévision y est pour quelque chose, les annonces se vendent presque le même prix ! C\u2019est trop tard maintenant : c\u2019est avant d\u2019émettre des permis qu\u2019il faudrait réfléchir.Nous ne pouvons pas nous immiscer dans la gestion de stations privées mais nous aurions dû être beaucoup plus vigilants quand Radio-Canada a fermé ses stations dans les régions.Cette fois-là c\u2019était notre argent ! » Le maire de Québec, Jean-Paul L\u2019Allier, estime que la fermeture de la station est une mauvaise nouvelle pour le monde des communications et pour la démocratie.L\u2019ex-ministre des Communications pointe du doigt le CRTC pour l\u2019octroi de permis en aussi grand nombre aux stations FM.« On vient d\u2019enlever une voix différente des autres, c\u2019est la radio régionale qui disparait peu à peu avec la concentration de la presse.Le CRTC doit questionner l\u2019abandon de cette licence d\u2019exploitation : s\u2019il tient des audiences à ce sujet, je vais analyser la question en détail et j\u2019interviendrai sûrement», dit M.L\u2019Allier.Le chef de l\u2019opposition à la ville de Québec, Jacques Jobin, a qualifié de « sauvage et d\u2019inacceptable comme comportement », le geste des dirigeants de la nouvelle société formée par la fusion de Télémédia et Radiomutuel.« Il n\u2019y a eu aucun avertissement.Il faut voir avec les employés si on peut relancer la station », dit M.Jobin.¦if 4 f y' ¦y L\u2019animateur Robert Gillet, au centre, a connu des jours meilleurs.Sur cette photo, on peut le voir lors de l\u2019annonce de la signature de son contrat de cinq ans avec CJRP, en 1992.Il était alors entouré de Marlène Simard, qui était directrice de la station et qui est depuis hier matin directrice des ventes de CHRC, ainsi que de Damien Rousseau, à l'époque directeur des programmes de CJRP.M.Rousseau venait de passer à CHRC et a été le seul cadre licencié à cette station.Survivante mais ébranlée CHRC espère sortir du marasme Le groupe Cadrin a vendu ses actions en grand secret mardi QUÉBEC \u2014 Survivants de l\u2019opération fusion dans la région de la capitale, les employés de la station CHRC ont eu des réactions ambivalentes hier, étant à la fois affectés par les piertes d\u2019emploi et animés de l\u2019espoir de pjouvoir enfin sortir du marasme sévissant dans le monde de la radio AM.(ÿ JÉBEC \u2014 Le groupie Cadrin-Verreault-Tanguay a vendu ses actions des Entrepri.ses de radiodiffusion de la Capitale à T^lémédia CHRC-CHOI-FM dans le plus grand secret, le mardi 27 septembre.par GHISLAINE RHEAULT LE, SOLEIL t Mais comme Télémédia qui possède aussi CITF-FM, devra revendre CHOI-FM pour satisfaire aux exigences du CRTC, l\u2019ex-prési-dent Michel Cadrin se dit très intéressé à racheter la station avec ses associés.« Mais ils vont me demander plus cher que ce que j\u2019ai vendu », dit-il.C\u2019est l\u2019un des aspiects cocasses de la transaction expliquée hier par M.Cadrin au côurs d\u2019une entrevue téléphonique.«C\u2019est le redressement le phis spectaculaire et le plus rationnel que j\u2019ai jamais vu en 20 ans de carrière, dit-il.Je lève mon chapieau à Mutuel et Télémédia.» A la grande surprise de M.Cadrin, le 23 septembre.Télémédia a exercé toutes les options d\u2019achat qu\u2019elle détenait sur les actions des Éntreprises de radiodiffusion de la capitale depuis février.«Je me doutais de ce qu\u2019ils allaient faire ensuite.Mais je ne pensais jamais qu\u2019ils avaient le \u201cgutts\u201d de faire ça », dit-il.Il n\u2019a été mis au fait du plan d\u2019ensemble qu\u2019hier à 7 h, a-t-il dit.M.Cadrin n\u2019a pas voulu révéler le montant de la vente des Entreprises dont son groupie détenait 75 % des actions.Elle a été conclue hnalement mardi.Mais il affirme que son groupie a fait des profits, « après avoir sauvé CHRC, retiré notre mise de fonds dans les Entreprises depuis 1983 et remboursé tous les actionnaires privi- légiés des débuts, les Rouleau, La-li^rté et compagnie.» Au printemps dernier, la fusion de CHRC et de CJRP est venue à un cheveu de se réaliser, raconte M.Cadrin.Mais au lieu de cela, on a donné l\u2019option d\u2019achat à Télémédia qui s\u2019engageait à assumer les pertes des Entreprises.Ces piertes se sont élevées à près de 600 000 $ au cours de la dernière année, dit M.Cadrin.M.Cadrin révèle aussi que le groupe CKVL-CKOI était intéressé à acheter CHRC et CHOI-FM piour constituer un réseau.Mais la situation financière du groupie de Pierre Béland n\u2019était pas assez florissante piour conclure cette transaction.C\u2019est finalement Mutuel et Télémédia qui ont ramassé le morceau.Mais CJRP et cinq autres stations du Québec ont été sacrifiées dans l\u2019opération.par PIERRE-PAUL NOREAU LE SOUEIL Le bilan en fin de journée était de 12 mises à pied chez les syndiqués de la station du chemin SainteFoy, dont trois animateurs et trois journalistes.Chez les cadres, seul Damien Rousseau, directeur de la programmation depuis dix jours, a été officiellement remercié, l\u2019incertitude planant cepiendant sur d\u2019autres têtes.Après un premier échange avec les nouveaux plâtrons, le président du syndicat des employés de CHRC, Paul Ouellet, a indiqué qu\u2019il y aurait contestation des avis donnés par l\u2019employeur relativement à l\u2019abolition d\u2019une douzaine de piostes d\u2019ici 30 jours.« Il y a cinq piersonnes qui sont nommées dans une lettre d\u2019entente qui dit qu\u2019elles ne seront pas mises à pied, tant et aussi longtemps qu\u2019il n\u2019y aura pas de problèmes financiers mettant en piéril la survie de l'entreprise.» Or, constate-t-il, loin d\u2019être en piéril, CHRC semble aujourd\u2019hui en meilleure piosition qu\u2019avant.Conséquemment, même si les animateurs Nap Gariépy, André Paillé et Pierre Aiibé alias Jean-Pierre Tanguay, la recherchiste Lise Robitaille et le journaliste Robert Morisset ont été avisés que leurs postes étaient abolis, ils sont protégés, estime le dirigeant syndical.Ils pourraient, soit être impliqués dans une opiération supplantation ou conserver tout simplement leur poste actuel, croit-il.Pour ce qui est des autres, ils doivent se soumettre à l\u2019opération « chaise musicale » en respiectant l\u2019ancienneté.Le journaliste Gérard Roy, seul rescapé de la station CJRP, s\u2019insérera dans ce mouvement.Arthur en flottement Le sort de l\u2019animateur vedette André Arthur sera par ailleurs tranché en fin de semaine.Les relations entre le roi des ondes AM à Québec ne sont pas particulièrement bonnes, ni avec Radiomutuel, ni avec Télémédia, et tout particulièrement avec le grand patron, Philippie de Gaspié Beaubien.En ondes hier matin, le piolé-miste n\u2019a d\u2019ailleurs pas ménagé les responsables de la fusion, les blâmant pour les 100 mises à pied chez les artisans de la radio au Québec et pour le choix réduit d\u2019options dorénavant offertes aux auditeurs.«Je ne sais pas si le CRTC (Conseil canadien de la radiodif-^sion et des télécommunications canadiennes) va avaler ça facilement.» Pour ce qui est de son avenir personnel, il reconnaissait que « mon éventail de possibilités face à un patron qui me faisait faire des niaiseries.est aujourd\u2019hui plus faible».Deux options s\u2019offrent à lui, soit s\u2019entendre avec la nouvelle équipie pour continuer à CHRC ou opter pour CKVL, où il est déjà entendu le midi.Il n\u2019est effectivement plus concevable qu\u2019André Arthur puisse concilier comme maintenant CKVL et CHRC, puisque l\u2019achat de cette dernière station par Télémédia les place dorénavant en compétition directe.Selon les informations obtenues de source syndicale, les dirigeants de Radiomédia ne courraient aucune risque, négociant avec Robert Gillet aujourd\u2019hui, afin de s\u2019assurer d\u2019avoir au moins une vedette en ondes lundi matin en cas d\u2019échec lors des négociations avec André Arthur demain.Inquiets du sort de leurs collègues de CHRC et déçus de la fermeture de la station concurrente où chacun avait des amis, les employés de CHRC ne cachaient pas par ailleurs l\u2019espoir de jours meilleurs.« Nous travaillions sans aucun moyen depxiis un moment.C\u2019était tellement difficile comme conditions de travail qu\u2019on a un certain espxiir, expliquait le journaliste Gilles Laberge.Mais on va attendre les preuves », tranchait-il tout de même, sceptique devant ces nouveaux piatrons qu\u2019il connaît trop bien.CHEVROLET LUMINA VAN 1994 \u2022\t7 passagers «air climatisé \u2022\trégulateur de vttesse \u2022\tradlocassette AM-FM «volant ajustable qiQ94$ 019s.Prêt-rachat Royal UM POIIMT' e'EsriWT! ij^wr TAC \u2022\tFnl«d«|Mtlen.»mpo>t«lpHpinllenlncliM.mM«i«is \u2022\tPTtad*«(nt*St1*Utt.llnanc«nMnld*
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