Le soleil, 9 juillet 1977, Cahier B
[" LE SOLEIL QUEBEC, SAMEDI 9 JUILLET 1977 les dossiers ^\tr A v V ; JV / r^:: De gauche à droite, (en haut) Edgar Charbonneou, président de lo Chambre de commerce de Montréal, un Amérindien; Comille laurin ministre d'Etat au développement culturel.Gary Ouellet, représentant les anglophones de Québec.De gauche à droite, (en bos) Yvon Charbonneou, président de la CEO, Jean-Guy Cardinal, président de la Commission parlementaire.Robin Prott représentant les Naskopis, Thérèse Lavoie-Roux, député de l'Acadie.Les débats ont manqué de passion par Raymond Giroux Cinq semaines d'auditions auront provoqué plus d'une centaine d\u2019heures de débats parfois mouvementés, parfois intéressants, mais le plus souvent d'une platitude sans rapport aucun avec l'intensité des sentiments provoqués par les discussions entourant l'adoption des lois 63 et 22.La commission parlementaire sur la Charte du français aura ainsi servi d'éteignoir, volontaire ou non, en faisant ressortir la faiblesse des opposants en regard de la détermination gouvernementale illustrée par l'inflexibilité soutenue du parrain du projet, M.Camille Laurin.Depuis le 7 juin dernier, une cinquantaine de groupes et quelques rares individus ont réussi à présenter leurs doléances aux 19 membres de la commission.L'accueil fut tantôt glacial de la part des péquistes et chaleureux de celle des oppositions libérale et unioniste, tantôt le contraire.Les ministériels sortaient alors leurs plus vieux souvenirs de cours classique pour trouver des citations en latin ou en français à l'endroit des mémoires favorables, alors que l'opposition pourfendait en tout sens ces mêmes intervenants Seuls quelques rares groupes comme le Barreau ou la Chambre de commerce de Montréal ont su obtenir des félicitations des deux côtés de la table en présentant des propositions à la fois souples et logiques.Le Parti québécois a ainsi pu compter sur l'appui indéfectible des mouvements nationalistes et syndicaux: le ministre d'Etat au développement culturel les a inondés d'épithètes toutes plus louangeuses les unes que les autres.Ces groupes (la CSN, la CEQ, la FTQ, la SSJB de Montréal, le Mouvement national des Québécois, le Mouvement Québec français) avaient d'ailleurs livré en compagnie du PQ des luttes épiques contre l'adoption des anciennes lois linguistiques, et ne pouvaient faire autrement que venir pour une fois appuyer un gouvernement.Un minimum Mais peu habitués à lancer des fleurs aux pouvoirs publics, ils ont admis que le projet de Charte n'était qu'un minimum, à leurs yeux, tout en insistant sur leur représentativité en nombre.Même si le MQF indique qu'il représente 750,000.il n'en reste pas moins que plusieurs d'entre eux ignorent leur appartenance au mouvement.Outre ces habitués, la politique péquiste a trouvé de rares appuis, et tout-à-fait surprenants- la Bourse de Montréal, par exemple, accepte le principe de l\u2019unilinguisme officiel.Le Comité anglophone pour un Québec unifié, à l'autre extrémité de l'éventail socio-économique, a adopté, lui aussi, une position iden- tique: il est vrai qu'il s'agit d\u2019un groupe de militants de la CSN de langue anglaise dont on ne sait s'ils représentent une fraction de l'opinion superpolitisée ou comme ils le prétendent, s'ils transmettent la pensée de l'anglophone moyen qui ne vit pas à Westmount, ou à Pointe-Claire.Opposants acharnés Dans le camp des opposants acharnés, on retrouve tous les milieux anglophones qui touchent au monde de l'éducation: commissions scolaires, comités de parents, et les plus revendicateurs de tous, les deux syndicats d'enseignants catholiques et protestants.Le Provincial Association of Catholics Teachers (PACT) et le Provincial Association of Protestants Teachers (PAPT) voient dans le projet de loi une menace directe pour leurs emplois, car le gouvernement a l'intention bien arrêtée de faire subir une \"cure d'amaigrissement\" au réseau scolaire anglopho- Les non et les oui de Laurin Des centaines de propositions d'amendements au projet de Charte du français entendues lcrs des auditions de la Commission parlementaire depuis plus d'un mois, certaines sont tombées carrément dans l'oreille d'un sourd (celle de M Laurin).Tout ce qui touche les chapitres du projet sur la langue d'enseignement, par exemple, a été rejeté parfois durement, quand il s'agissait d\u2019assouplissements trop majeurs au goût du ministre, parfois doucement, quand certains nationalistes voulaient restreindre encore plus l'accès aux écoles anglaises.Mais le ministre d'Etat au développement culturel a prêté une oreille fort attentive sur plusieurs autres sujets, et même déjà annoncé une série d\u2019amendements que le caucus des députés ministériels et le Conseil de ministres ont déjà approuvés: \u2014 il y aura ainsi un droit d appel sur les décisions rendues par l'Office de la langue française dans le cadre des programmes de francisation, ce qui répond à une demande presque générale.\u2014 Une entreprise ne pourra perdre son permis d'exploitation même si elle ne se conforme pas aux normes \u2014 L'article 172, qui assure la primauté de la Charte du français sur celle des droits et libertés de la personne, ne sera pas maintenue.Le député Pierre de Belle-feuille a suggéré qu\u2019on l'abandonne purement et simplement et qu\u2019on laisse jouer les forces de la nature.La Commission des droits et libertés, de son côté, aimerait qu'on précise dans sa Charte à elle les droits des minorités, ce qui réglerait la question.\u2014 Le préambule de la Charte, qui affirme la langue française est la langue du peuple québécois, sera amendé pour faire une plus large part aux minorités.C'est là une condition essentielle, reconnue par le ministre lui-même, de l'acceptation de la loi par tous les non-francophones.\u2014 Les Indiens et les Inuit conserveront tous les droits prévus dans la convention de la baie James.\u2014 La question de la langue de travail des sièges sociaux devra être précisée même si l'article 113 du projet laisse toute latitude au ministre.Les grandes entreprises comme Bell Canada et les banques de Montréal et Royale ont pris bonne note des intentions louables du gouvernement à leur endroit, mais il ressort clairement de leur attitude qu'elles ne sont pas tout-à-fait rassurées.\u2014 Le droit au travail des anglophones sera garanti, mais pas dans la Charte du français, a dit le ministre La même situation prévaut en ce qui concerne l'enseignement de la langue seconde.examen de français sans proposer l\u2019équivalent pour les diplômés francophones.Face à l'échec reconnu de l'enseignement de la langue seconde dans les écoles françaises, ces groupes réclament soit le libre accès au réseau anglais, soit une garantie écrite qu\u2019ils sortiront bilingues des écoles françaises.Or, M.Laurin refuse la première solution et n\u2019a pas autorité pour inscrire la seconde dans son projet.Francisation des entreprises 0ui.mais Il s'agit dans ce cas du problème le plus discuté au cours des débats de ta Commission parlementaire, et ce en l\u2019absence presque continuelle du ministre de l'Education qui a la responsabilité du dossier.Anglophones comme hommes d\u2019affaires, en passant par les Grecs et les Italiens, tous sont d'accord pour apprendre le français et en faire la langue de travail et de communication au Québec.Mais les groupes ethniques, en particulier, désirent également apprendre l'anglais car ils se définissent avant tout comme des nords-américains.Ils ne comprennent pas que la Charte oblige les diplômés des écoles anglaises à réussir un Honnis la langue d\u2019enseignement.le chapitre le plus controversé du projet parraine par M.Laurin demeure celui de la francisation des entreprises.Non pas que les sociétés et les hommes d'affaires refusent le principe.Ils se disent au contraire très favorables, mais s'opposent à toute mesure coercitive comme étant une entrave au libéralisme économique L\u2019Association des manufacturiers canadiens, par exemple ou le Montreal Board of Trade, affirment que la progression naturelle des francophones vers les sommets, dans les entreprises, suit allègrement son petit bonhomme de chemin et qu'il est inutile de forcer la main aux milieux d'affaires.Chiffres à l'appui, ils ont tenté, mais en vain, de convaincre le ministre du bien-fondé de leur position M.Laurin se demande cependant si ces entreprises font réellement tous les efforts possibles pour assurer le recrutement de cadres francophones, et nie qu'il y ait eu un progrès si énorme depuis quelques années.L opposition des milieux d affaires se généralise une autre fois quand il est question de créer des comités de francisation décisionnels et sur lesquels siègent un tier d\u2019employés et deux tiers de patrons.Le Conseil du patronat %'oit dans cette mesure une atteinte aux droits de gérance et un instrument de revendication supplémentaire accordé aux travailleurs.De son côté, le président de la FTQ, M.Louis Laberge devait répondre avec un grand sourire que cette mesure était parfaitement normale et que les travailleurs sauraient l'utiliser à bon escient.Les sociétés refusent également l\u2019obligation qui leur est faite, à l\u2019article 37, d\u2019assurer le fardeau de la preuve de la nécessité qu un employé parle anglais pour occuper tel ou tel poste.Les entreprises ont exprimé également une autre demande que le ministre n'a pas acceptée, du moins jusqu'à maintenant: elles aimeraient que les professionnels qU elles embauchent et qui n'ont pas affaire avec le public soient dispensés de la nécessité de parler français pour obtenir un permis de l'Office des professions.M Laurin proposerait vraisemblablement un compromis, toutefois.qui accorderait des délais plus long que celui d\u2019un an prevu dans le texte actuel.ne.ce qui va inévitablement entraîner une perte d'emplois.Les organisations \"sociales\" anglophones s'y opposent également: les riches membres du Montreal Lakeshore University Women's Club, par exemple, constituent la caricature même des anglaises riches et oisives pour qui tout va très bien dans le meilleur des mondes bilingues.D'autres \"Anglais \u201d plus ordinaires, comme les résidents de la région de Québec, ont reçu le projet de Charte comme une \"claque dans la figure\", selon leur porte-parole, M.Gary Ouellet.Ils n'ont rien fait de mal, disent - ils.Ils sont même en voie d\u2019extinction! Un groupe de plus de 300 francophones, en majorité des milieux d affaires, ont également signé une longue pétition, le mois dernier, dans laquelle ils jugent le projet comme n'étant pas nécessaire: ce coup d'éclat leur a valu le qualificatif d'inféodés de la part du ministre Laurin.Mais devant le mauvais effet de sa réplique brutale, le ministre a reculé quelque peu et par la suite adouci considérablement sa façon de déculotter ses adversaires.Mais la forte majorité des intervenants ont manifesté une position du style \"oui.mais\".C'est-à-dire qu'ils endossent verbalement les principes de la francisation du Québec tout en s'opposant à une proportion plus ou moins grande des méthodes envisagées.Ces positions nuancées sont le fait notamment des entreprises autant francophones qu'anglophones, des groupes ethniques comme les Grecs et les Italiens, et ainsi de suite: tous réclament plus de bilinguisme et moins de contraintes.Quant aux partis d'opposition, ils cherchent encore la vérité: l'Union nationale veut une langue prééminente et deux langues officielles, tandis que les libéraux se demandent comment faire oublier la loi 22 La politique c uébécoise de la langue française I .» B 2 Québec, le Soleil, samedi 9 juillet 1977 î Immunité non méritée?L«8 députés méritent-ils l\u2019immunité parlementaire dont ils jouissent de temps immémorial\u2019^ Encore plus, sont-ils dignes que ce privilège exclusif s\u2019étende à la radiodiffusion et à la télédiffusion des débats parlementaires?La question se pose avec acc uité au moment où le gouvernement songe à faire des essais en ce sensl probablement au cours de l\u2019automne prochain.En fait, s\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019aux ministériels, l\u2019expérience aurait déjà été tentée à quelques reprises, soit à l\u2019ouverture des travaux ses-sionnels, début mars, au discours du budget, à U mi-avril, et finalement à la commission parlementaire sur le projet de charte linguistique Par trois fois, le gouvernement a fait mine de tenter l'expérience par trois fois, l\u2019opposition, surtout libérale, a soulevé des objections.gilles lesoge des doutes et des inquiétudes.Tandis que le ministre d'Etat à la réforme électorale et parlementaire, M.Burns, disait que le Parti québécois voulait gouverner \u201da ciel ouvert\u201d, les libéraux l'accusaient d'improvisation et de recherche d\u2019une publicité facile et abondante.Une comité spécial a été formé pour faire le tour de la question, plus complexe qu\u2019il n\u2019y paraît à première vue.De son côté, le président de la I Assemblée nationale.Me Clément Richard, a demandé une opinion juridique concernant l'immunité parlementaire et la diffusion des débats à Me Jean-Charles Bonen-fant, professeur en droit à Laval et éminent spécialiste des questions parlementaires.Cet avis, remis il y a un mois déjà, a été diffusé récemment par Me Jean-Noël Lavoie, leader parlementaire de l'opposition parlementaire.les pays, les membres du Parlement jouissent de certains privilèges nécessaires à l\u2019exercice de leurs fonctions.En particulier, ils sont protégés par ce qu\u2019on appelle les immunités parlementaires, dont la principale est celle de l\u2019irresponsabilité juridique des paroles qu\u2019ils prononcent à l\u2019Assemblée ou dans une commission de l\u2019Assemblée.\u201dC\u2019est évidemment une importante dérogation aux principes de l\u2019égalité théorique de tous devant la loi et la justice, note M.Bonenfant, et, comme il s\u2019agit d\u2019une dérogation aux règles générales du droit, il faut l\u2019interpréter restrictivement\u201d.^ privilège actuel des députés n\u2019existe qu\u2019à l\u2019intérieur de la Chambre et de ses commissions, au Salon de la race, si l\u2019on veut Le député dont le discours est diffusé ou télédiffusé ne jouit d\u2019aucune immunité, ni absolue ni relative.M, Bonenfant ne s\u2019oppose pourtant pas à la diffusion des débats, pour autant qu\u2019on prenne les dispositions législatives nécessaires.Il suggère que l\u2019immunité des députés s\u2019applique aux paroles prononcées à l\u2019Assemblée ou devant une de ses commissions, lorsqu\u2019elles sont imprimées au Journal des débats ou diffusées en direct Pour ce qui est de la diffusion en différé, il laisserait jouer l\u2019immunité relative, qui exigerait une certaine prudence de la part des députés et des diffuseurs.L\u2019expert suggère la création d\u2019un comité de l'Assemblée qui aurait un droit de surveillance et même de décision sur tous tes aspects de la diffusion en direct ou en différé.Pour ce qui est des témoins contraints ou volontaires, finalement M.Bonenfant laisserait jouer les lois ordinaires comme devant les tribunaux.Deux poids, deux mesures Je ne suis pas d\u2019accord.Pourquoi deux poids deux mesures, l\u2019une pour les députés, l\u2019autre pour les citoyens ordinaires?Passe encore que les députés jouissent de l\u2019immunité parlementaire à l\u2019intérieur des murs où se déroulent leurs délibératioms.Principalement à cause du poids d\u2019une longue tradition à cet égard et qui remonte dans la nuit des temps.britanniques.A l\u2019occasion, il est vrai, certains députés utilisent à mauvais escient ce privilège exclusif, mais la très grande majorité s\u2019en sert avec discrétion et discernement Comme il est déjà là, aussi bien le garder.Mais c\u2019est une autre histoire quand ces dames et ces messieurs songent à nous relancer dans nos salons et nos cuisines, par les ondes de la radio et les images de la télévision.Là, je regrette, mais je tiens à ce que le \u2019\u2019specUcle\u201d soit de la plus haute qualité, et à ce que tous les \u2019\u2019artistes\u201d, professionnels ou amateurs, permanents ou occasionnels, soient strictement sur le même pied.Autrement dit, pas d'irresponsabilité juridique pour qui que ce soit, pas de dérogation à l\u2019égalité de tous devant la loi et la justice.Prudence et responsabilité Je sais bien que, dans le feu des débats animes \u2014 et il y en aura pléthore au cours des prochaines années \u2014 les députés peuvent avoir des paroles malheureuses qu\u2019ils regrettent aussitôt après.Mais la même chose peut arriver à des témoins irrités ou poussés à bout Et je ne vois pas pourquoi le simple citoyen devrait quand même en assumer la responsabilité, tandis que celui qui a déjà le grand privilège d'être élu se réfugierait derrière son immunité parlementaire, comme un malade mental derrière son interdiction.Je tiens fermement à ce que les représentants du peuple, sur le même pied que M.Tremblay de Chicoutimi ou Mme Leblanc de Gaspé, soient à la hauteur d\u2019un specUcle \"pour toute la famille\u201d, ne se lancent pas des injures ou des insanités.Ils seront sur leurs gardes, ils ne se laisseront pas aller?A la bonne heure! Les films d\u2019horreur ou d\u2019angoisse sont diffusés après minuit et j\u2019imagine que l\u2019Assemblée nationale exigera une meilleure heure d\u2019écoute.La meilleure?C\u2019est à elle de la mériter, et elle ne passe pas, selon moi, par le main tien ou l\u2019extension de privilèges médiévaux ou seigneuriaux.Ces privilèges doivent d\u2019ailleurs répugner à l\u2019esprit social-démocrate dont le gouvernement se dit imbu et inspiré.La vraie dignité n\u2019a que faire d\u2019une immunité qui doit, au mieux, rester très relative.En cette matière, prudence et responsabilité sont les mots-clés, et il n'y a pas de passe-partout! Une opinion A la lecture, on comprend pourquoi.Car, sans prendre parti dans les débats partisans ou tactiques qui entrent inévitablement dans le menu parlementaire, M Bonenfant fait droit aux réserves de l\u2019opposition II résume lui-même ainsi son opinion 1)\tun député ne serait pas protégé par l\u2019immunité absolue si les débats étaient diffusés ou télévisés en direct ou en différé; 2)\til en serait de même des personnes assignées ou qui se présenteraient d'elles-mèmes; 3)\tl\u2019immunité du Journal des débats est douteuse; 4)\til faudrait adopter des lois spécifiques pour assurer l'immunité qu\u2019on désire; 5)\tcependant, la radiodiffusion ou la télédiffusion pourrait être tentée sans grand danger pour autant qu\u2019on avertirait les intéressés de l'absence plus que probable d'immunité.Ce ne serait pas pire que dans une foule d'organismes qui siègent sans qu\u2019il y ait immunité.estime M Bonenfant Il fait observer que, dans tous 18ans Adultes 9-y- 77 Les trois urgences belges l« nouvèiu couvamtmtnl balga, qua diriga M.Léo Tindamani, ast an plaça.Sauls, las libéraui lui ont rofuté la confianca au Parlamant.La voilà donc assuré da vivra an toula quiétuda.Il lui rasta toutafois à trouvar la cohésion intorno nécassaira pour s'attolor à trois tâchas majauras: las rassourcas budgétairas, las pris at la chômaga.Jaan-Piarro Dafranna, du Buraau intarnational da prassa, brossa un tablaau da la situation.par Jean-Pierre Defrenne Déjà des mouvements de mauvaise humeur créent des tiraillements au sein de la majorité.M.Maertens, président des sociaux-chrétiens flamands ne cache pas sa mauvaise humeur à l'égard de la \"Volksuni\u201d Les sociaux-chrétiens francophones masquent, eux.difficilement une réticence marquée à l'égard des socialistes.Est-ce une union qui commence mal ou tout simplement une union au sein de laquelle tous les liens qu elle nécessite ne se sont pas encore développés\u2019\u2019 Peut-être vit-on encore trop avec des idées et des appréhensions électorales.Quoi qu\u2019il en soit, la situation économique telle qu'elle se présente, offre des visages variés- impression négative en matière fiscale et de prix.Impression plutôt positive en matière d'emploi.Résultats peu satisfaisants Les recettes fiscales du mois de mai sont peu satisfaisantes.Après cinq mois d'exercice, il manque près de 9,300 milliards de francs belges sur ce que l'on escomptait comme rentrées dans les caisses de l'Etat.La période écoulée est certes trop courte pour que l\u2019on puisse tirer des conclusions définitives, mais la ventilation des différents postes de recettes en mai indique que c\u2019est à l'insuffisance de la perception de l'impôt direct, conséquence du chômage important, qu\u2019est imputable la détérioration de la situation par rapport aux prévisions initiales.En mai, l\u2019impôt sur lerevenu professionnel a été de quelque 2.5 milliards de francs belges inférieur à ce que l\u2019on escomptait en juillet.Ce n\u2019est pas fait pour améliorer la situation financière du pays.Pour assainir la situation, l'Etat belge est en train de battre tous les records d'endettement Dans les milieux officiels, on estime à 100 milliards de francs belges le montant que les pouvoirs publics devront emprunter après la trêve des vacances, c\u2019est-à-dire entre septembre et décembre, pour couvrir leurs investissements et l'impasse laissée par les recettes fiscales et les dépenses ordinaires du gouvernement Cela montre à quel rythme se dégradent les finances nationales.L\u2019an dernier, on s'était contenté d une ponction de 196 milliards de francs sur les liquidités de marché, soit 32,5^1^ de moins qu en 1977 Le niveau des prix en Belgique ne se porte guère mieux.Les résultats des premiers relevés destinés au calcul de l indice, indiquent une hausse probable de 0,9 point Si cette nouvelle est confirmée, pour les douze derniers mois, le rythme de l\u2019inflation atteindrait 7,8 9fc.En avril, il était descendu à 7% pour remonter en mai à 7,3%.Situation encourageante Dans les prochains jours, les ministres des Affaires économi- ques, M Claes, et de l'Emploi et du \u2019Travail, M.Spitaels, devraient rendre publiques les propositions qu'ils sont en train d'élaborer.Celles du premier visent à régulariser la vie économique qui se dégrade de nouveau, celles du second concernant surtout l\u2019évolution future du marché de l\u2019emploi.La situation actuelle dans ce domaine est encourageante.L'Office national de l'emploi a enregistré moins de 249.000 chômeurs complets à la mi-juin.C\u2019est une nouvelle et importante diminutioa On enregistre une réduction de 2,753 unités du nombre de chômeurs complets qui ramène ainsi ce nombre à 248.508.La diminution touche principalement les hommes, elle est faible en ce qui concerne les femmes.La diminution du chômage complet se manifeste dans la plupart des secteurs et principalement dans ceux influencés par une reprise de l\u2019activité saisonnière: l\u2019industrie hôtelière, la construction et l\u2019alimentation.Mais cette situation pourrait rapidement se dégrader au cours des semaines à venir.Plusieurs milliers de Jeunes diplômés vont sortir des écoles et universités Or, 12.000 jeunes sortis des écoles en 1978 sont toujours à la recherche d un emploi (rapj'rixhl by BIP) AAftS Jean-Luc Pepin, l'un des sept sages.Une mission impossibie OTTAWA \u2014 Le mandat apparent du Groupe de travail sur l\u2019unité canadienne n\u2019évoque pas de difficultés insurmontables; son mandat réel, que personne n\u2019ose expliciter, représente une sorte de mission impossible.Aux termes d\u2019un communiqué de presse, le premier ministre Trudeau demande, ou plutôt semble demander simplement au groupe Pepin-Robarts d'épauler et d'éclairer le public, de concevoir des mécanismes et de conseiller le gouvernement fédéral, dans le dessein de promouvoir l'unité nationale.Le groupe comprendra cinq membres; M.John R.Elvans, qui représente l\u2019Ontario; M.Richard jeon^morc I\t.jwd-iiivai KYb poliquin Cashin, porte-parole des provinces de l\u2019Atlantique; Mme Muriel Kovitz, pour les Prairies; M.Ross Marks, émissaire de la côte du Pacifique.Le cinquième, mandataire du Québec, est la perle rare que les envoyés du maître cherchaient encore fébrilement à trouver, le 5 juillet.Il est assez inquiétant de voir que, sur cinq millions de francophones, il ait été si difficile d'en trouver un pour mettre en lumière les avantages d\u2019ailleurs incontestables de la Confédération.Avec MM.Pepin et Robarts, cela fera un total de sept sages.De ce nombre, cinq doivent exercer leurs talents de persuasion auprès des anglophones.Cinq Salomons Au cours du débat parlementaire sur l'unité canadienne, mardi dernier, le premier ministre Trudeau a expliqué la tâche de ces cinq Salomons, en déclarant: \u201dLa majorité anglophones devra accepter certains accommodements, comme par exemple partager une plus grande part des pouvoirs avec les Canadiens français au sein des affaires, des professions et des associations privées, ou obtenir que les gouvernements provinciaux, les collectivités locales et les commissions scolaires fassent meilleur accueil aux minorités francophones.La majorité anglophone devra aussi mieux accepter le principe de l'égalité linguistique au sein des institutions fédérales\u201d.En d'autres mots, il s\u2019agit d\u2019amener les anglophones à vouloir vivre au Canada avec une collectivité francophone \u2014 cinq millions au Québec, un million dans les autres provinces \u2014 \"dont les membres parlent français depuis près de 400 ans, continueront à parler français et continueront à s'affirmer comme collectivité\u201d.M.Trudeau a longuement insisté sur l'importance de maintenir la vitalité de nos minorités de langue officielle.Il juge que la minorité anglophone du Québec et les minorités francophones hors Québec doivent se faire équilibre en quelque sorte.D ne veut pas que l'évolution de l\u2019état de choses actuel débouche sur la coexistence de deux ghettos linguistiques: un Québec exclusivement francophone, et pour le reste un Canada exclusivement anglophone.Peu de précisions Le premier ministre du Canada a donné peu de précisions sur la besogne que devront abattre les deux Québécois, au sein de ce groupe de travail.En revanche, il leur a rappelé que, dans sa lettre de janvier dernier, aux premiers mi-njstres des provinces, il se montrait disposé à aborder \u2019\u2019les réformes les plus radicales et les changements les plus fondamentaux touchant tous les aspects de notre régime fédéral\u201d.M.Trudeau a omis de dire qu\u2019en fin de compte, le groupe Pepin-Robarts doit faire échouer le référendum sur la souveraineté-association.Qu\u2019on veuille l\u2019admettre ou non, le groupe Pepin-Robarts devrait en principe se constituer en section d'artillerie antiréférendum.En pratique il m\u2019en parait incapable, non seulement parce qu\u2019il est une petite créature fédérale, mais aussi parce qu'il a affaire à une grosse équipe péquiste dont la sagacité dans la propagande est pour l'instant un bloc sans fissure.La bataille pour le Québec dans un Canada uni doit se livrer tout proche des plaines d\u2019Abraham, à partir de l'Assemblée nationale, par les soins de l\u2019opposition parlementaire.Le groupe Pepin-Robarts peut tout au plus concourir à y préparer le terrain.Il n\u2019est pas armé pour l'assaut final., Rfch»'' ¦ ¦¦¦* X'* ¦ '\tJ John Robarts ouro à persuader les anglophones 0^b#c, La Solail, lamadi 9 juillet 1977 fs- m' V' ¦>%j ^ I \u201c\t4, f ^ '**^*.'1 f^'i '4 § ./,% Sâ«t >« sort ^ ti i# \u2022* ''\u2022\u2022 ^ *.¦> ^ .1.T.^ - B 3 Ÿ.¦.V^l ?\t, SJf \\*èf ^1\u201c ms *1^ àr- .¦> .-v>f 1/\t,''î |r?^',' ¦> V/ ^ W ;ss '/?
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