Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2010-01-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
V y» CHAREST INVITE SES PARTENAIRES A DEFINIR LE QUEBEC DE 2030 Page A 4 WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR V 0 L .C I N ° 1 0 4 LE JEUDI 21 JANVIER 2010 1,10$ + TAXES = 1,25$ y AGENCE ERANCE-PRESSE Des militaires américains saluaient les sinistrés du violent séisme du 12 janvier, hier, à Port-au-Prince.Le Pentagone a annoncé le déploiement de 4000 soldats supplémentaires en Haïti, alors que plusieurs voix s’élèvent pour désapprouver sa mainmise sur les opérations de secours.Les Américains renforcent leur emprise Plusieurs intervenants accusent le Pentagone de militariser l’aide en Haïti CLAUDE LEVESQUE MARCO BÉLAIR-CIRINO Washington a annoncé hier l’envoi de 4000 soldats supplémentaires en Haïti, ce qui portera à 15 000 leurs effectifs militaires dans la république antillaise frappée par un séisme le 12 janvier, alors que l’emprise américaine sur les opérations de secours fait l’objet de nom- breuses critiques depuis quelques jours.Les militaires Américains ont notamment pris possession de l’aéroport de Port-au-Prince le surlendemain du séisme, et cette mainmise a suscité la grogne de plusieurs intervenants, qui accusent le Pentagone de contrôler ou de militariser l’aide.Le week-end dernier, le ministre français de la Coopération, Alain JoyandeL avait parlé d’élever une protestation parce qu’un vol humanitaire français n’avait pas reçp l’autorisation d’atterrir à Port-au-Prince, mais l’Elysée s’est ensuite employé à dissiper toute idée de brouille entre Paris et Washington.Médecins sans frontières, de son côté, a rapporté cette semaine qu’un avion transportant des fournitures médicales qui lui étaient destinées avait été empêché d’atterrir dans la capitale haïtienne à VOIR PAGE A 8: HAÏTI ¦ Ottawa refuse toujours d’en faire plus, page A 3 ¦ L’éditorial de Josée Boileau: La porte fermée, page AGI Des mesures d’accueil à la hauteur de l’urgence et L’envers caché du décor, page A 7 McGill défie Québec Les droits de scolarité des étudiants inscrits au MBA seront de 29 500$ dès l’automne LISA-MARIE GERVAIS Ly Université McGill fait h des règlements édic-f tés par Québec et va de l’avant avec son projet de faire payer 29 500 $ aux étudiants inscrits au programme de MBA dès la session d’automne.Qette décision irrite profondément la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, qui avait déjà rappelé à l’ordre l’Université lorsque celle-ci avait annoncé, en septembre dernier, qu’elle multiplierait par 20 les droits de scolarité de son programme, qui coûtait jusqu’ici 1673 $, frais afférents en sus.Dans une lettre datée du 15 janvier 2010 dont Le Devoir a obtenu copie, la ministre Courchesne rabroue la principale et vice-chancelière de l’Université, Heather Monroe Blum, en lui rappelant que «ce type de programme ou d’activité nécessite, en vertu de règles budgétaires s’appliquant aux universités, que l’établissement qui souhaite l’offrir obtienne l’autorisation du ministère».Or, le programme de MBA normal offert au coût de 30 000 $ «contrevient au principe même d’accessibilité», écrit la ministre.Pourtant, la direction de l’Université ne semble pas vpuloir se plier aux directives du ministère de l’Éducation et continue de faire à sa tête.Elle ne s’en cache d’ailleurs même pas: le nouveau montant de 29 500 $ qu’on exigera des étudiants, peu importe s’ils sont du Québec ou «On les a avisés deux fois qu’ils n’avaient pas le droit de procéder à cette augmentation», dit Québec VOIR PAGE A 8: McGILL Jusqu’à 500 $ par mois pour une chambre miteuse Le parc de maisons se réduit constamment, en quantité et en qualité LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le parc de maisons de chambres se réduit comme peau de chagrin à Montréal.Et pas qu’en nombre, a fait valoir hier la Commission po-pulaire sur la sauvegarde des maisons de chambres, qui constate aussi une dégradation générale de la qualité des chambres privées.Une gangrène multiforme qui menace la survie même de ces unités formant le dernier rempart contre la rue ou un précieux passeport pour en sortir.Il y a 30 ans, on comptait 10 000 maisons de chambres sur l’île.Le parc aurait fondu de moitié VOIR PAGE A 8: CHAMBRES INDEX Annonces.B 3 Avis pubUcs.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 3 Economie.B 1 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 8 Sports.B 6 Sudoku.B 6 Éditorial .A 6 Télévision.B 7 Le secret de la beauté démystifié Le nombre d’or, qui a nourri plusieurs chefs-d’œuvre, inspire des formes facilement décodées par le cerveau EREDERIQUE DOYON Il a stimulé de nombreux chefs-d’œuvre, parfois à l’insu de leurs créateurs.Léonard de Vinci l’aurait appliqué à sa Mona Lisa et l’architecture du Parthénon en dériverait.Voici que le nombre d’or, cette «divine proportion» longtemps perçue comme le secret de la beauté, est dé- mystifié par l’ingénieur américain Adrian Bejan.La relation entre beauté et proportion a fait couler beaucoup d’encre scientifique et mystique dans l’histoire à cause d’un «phénomène accidentel», selon le professeur de génie mécanique de l’Université Duke, en Caroline du Nord.«Si Euclide n’avait pas découvert le nombre d’or [1,618 033 989], les humains n’auraient pas pu le nommer et lui attacher un sens surnaturel, mais ils auraient continué à pr^érer les images avec cette forme rectangulaire particulière», souligne au Devoir Adrian Bejan, joint en Arabie Saoudite oû il séjournait à titre de conférencier.Car rien dans notre environnement n’incarne exactement ce nombre VOIR PAGE A 8: SECRET n AGENCE ERANCE-PRESSE Léonard de Vinci aurait appliqué le nombre d’or, cette «divine proportion», à sa Mona Lisa.77831302383104 RENCOlVrRE ÉCONOMIQUE 2010 Pour une reprise économique axée sur la qualité et la diversité de notre main-d'œuvre Monsieur le Premier Ministre, ayons l'audace de notre savoir-faire ! La crise économique qui a sévi au cours de la dernière année a été moins prononcée au Québec qu'ail-leurs au Canada.Chiffres à l'appui, les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires sur le plan de l'emploi y sont pour beaucoup.Investir dans les mesures de formation et d'insertion en emploi pour toutes les personnes souhaitant intégrer le marché du travail ainsi que dans des initiatives visant à contrer les pertes d'emplois a été payant.Fort d'une main-d'œuvre diversifiée et d'une économie s'appuyant notamment sur le développement local et communautaire et sur les entreprises d'économie sociale, le Québec a su profiter de l'apport d'organisations efficaces issues des collectivités et répondant aux besoins spécifiques de la population.Partenaires actifs du marché du travail, les organismes communautaires ont soutenu et mis en œuvre avec énergie et rigueur les initiatives en faveur de l'emploi.Aujourd'hui, force est de reconnaître que ces stratégies économiques axées notamment sur la solidarité et l'innovation ont contribué directement à amoindrir la crise.Alors que celle-ci tire à sa fin, les mesures à privilégier pour assurer la reprise ne peuvent faire l'économie des moyens qui nous ont permis jusqu'ici de garder la tête hors de l'eau.La preuve a été établie à l'effet que tous les partenaires du marché du travail ont développé un précieux savoir-faire sur lequel il est plus que jamais essentiel de s'appuyer.À terme, des pénuries de main-d'œuvre attendent toujours les entreprises, dont en grande partie les PME, qui auront un criant besoin de soutien et d'accompagnement en vue de l'intégration et du maintien en emploi du plus grand nombre de travailleurs et de travailleuses.La formation de la main-d'œuvre, notamment via l'apprentissage en milieu de travail, devra être facilitée et soutenue activement.La lutte au décrochage scolaire et le travail en faveur du raccrochage devront être accélérés.L'innovation devra être encouragée.À Montréal, où la situation est plus préoccupante et exige des interventions spécifiques, comme partout ailleurs aux Québec, les organismes communautaires dédiés au développement de la main-d'œuvre sont des partenaires de première ligne en mesure de contribuer concrètement à la mise en œuvre des stratégies à privilégier.Pour continuer à faire de l'emploi le principal vecteur de la reprise économique, pour favoriser le maintien et la création d'emplois et hausser la productivité des entreprises, pour aider, préparer et accompagner toutes les personnes sans emploi à intégrer le marché du travail, pour faire de la formation de la main-d'œuvre un facteur de succès et pour améliorer le niveau de vie des Québécois, Monsieur le Premier Ministre, misons sur notre capital humain et ayons l'audace de notre savoir-faire! Développer sans exclure COCDMO -É- RQuODE Regroupement québécois des oiganismes pour le développement de l’employabilité O Corporations de développement économique communautaire CDEC du Québec icéa RSSMO Réseau des services spécialisés de main-d’oeuvre Institut de coopération pour l'éducation des adultes Collectif des entreprises d'insertion du Québec ravai Ommà nntKTwSw pouf l^»c^S^ tm fwiinm m ROSEPH Regroupement des organismes spécialisés pour l*emploi des personnes handicapées ASSOCIATION DES CENTRES DE RECHERCHE D'EMPLDI DU OUÉBEC LE DEVOIR, LE JEUDI 21 JANVIER 2010 A 3 HAITI DEVASTE Pour faire un don ¦ La Croix-Rouge canadienne: ® 1800 418-1111 ou en li^e au www.croixrouge.ca ¦ Centre d’étude et de coopération internationale (CECI - Campagne Urgence-Haiti): ® 514 875-9911 ou 1877 875-2324.Don en Hgne: www.ceci.ca ¦ La Coalition humanitaire (CARE Canada, Oxiam Canada, Oxfam-Québec et l’Aide à l’enfance Canada) : ® 1800 464-9154 ou en ligne au www.lacoali- tionhumanitaire.ca ¦ Développement et Paix (Urgence Haiti) : ® 1888 664-3387 ou en ligne au www.devp.org ¦ L’œuvre Léger (Secours Haiti) : ® 514 495-2409 ou 1877 288-7383.En ligne au www.leger.org ¦ Médecins du monde Canada: ® 1877 896-8998 ou au www.medecinsdumonde.ca ¦ Médecins sans frontières Canada: ® 1800 982-7903, www.msf.ca ¦ Vision Mondiale: ® 1800 817-7790.Don en ligne: www.visionmondiale.ca Entretien avec le président haïtien Haïti a besoin de Paide de tous les pays « Ce qui est important, ce n’est pas d’aller pleurer devant les malades, c’est de travailler pour apporter de l’aide » - René Préval Après six jours de silence, qui lui ont valu la colère de la population, le président René Préval a tenu hier une conférence \ de presse.Puis il a accordé une entrevue à Libération.A 67 ans, il a été à deux reprises président.Cet ancien proche du président Aristide entamait sa dernière année de mandat lors du séisme.Les troupes américaines ont atterri au palais présidentiel et se déploient dans votre capitale.C’est une invasion amicale?Ce sont des soldats du génie, des ingénieurs, des médecins et ceux qui peuvent assurer la protection des transports et des travaux.Nous travaillons en coordination avec eux et en coordination avec la mission des Nations unies [MINUSTAHl.Les Américains ne font pas partie de cette mission.Mme Clinton est venue cette semaine et m’a demandé si j’étais d’accord pour que les militaires américains des corps de spécialité que je vous ai indiqués puissent venir aider.Je lui ai dit oui.C’est dans ce cadre que cela s’est fait.Nous n’éprouvons aucune douleur, aucun blocage idéologique à recevoir l’aide des Vénézuéliens, des Cubains ou des Prançais.Nombre d’observateurs disent que votre cabinet est incapable de faire face à cette crise.Ce sont des ignorants.Ce qui est arrivé en une minute ici est l’équivalent d’un pays en guerre qui aurait subi des bombardements pendant .plusieurs jours.C’est vrai: l’Etat n’était pas fonctionnel.Mais aujourd’hui, nous avons rétabli plus ou moins le téléphone, les routes sont nettoyées et plus de 70 000 cadavres ont été enlevés.Au fur et à mesure, avec l’aide internationale, les choses s’améliorent.Il faut continuer à assister les blessés.Les hôpitaux sont pleins.L’aide commence à arriver.Le grand problème, c’est la coordination, mais j’y travaille avec le représentant de rONU.On vous a reproché votre silence pendant ime semaine.Ce qui est important, ce n’est pas d’aller pleurer devant les malades, c’est de travailler pour apporter de l’aide.Et pour ça, il faut tenir des réunions, travailler avec ceux qui peuvent apporter de l’aide.Malheureusement, cette activité ne se voit pas, mais elle porte ses fruits.Et n’oubliez pas que je n’ai pas de staff vu le choc que l’on a reçu.Certains proposent de mettre Haïti sous tutelle, ou d’en faire un pupille de la communauté internationale.Haïti n’est pas sous tutelle.Haïti a rendu un service énorme à l’humanité en 1804 en se libérant de l’esclavage.Ç’a été une contribution énorme et nous avons été mis à l’index pendant des années parce que c’était un mauvais exemple.Aujourd’hui, je crois que c’est un juste retour des choses.Propos recueillis par Christophe Ayad Libération NICHOLAS KAMM AFP Le président haïtien, René Préval, avec la secrétaire d’Etat américaine, Hilary Clinton, lors de son passage à Port-au-Prince plus tôt cette semaine.Trois Rivière^ SÎX,, Bilan des étrangers morts ou disparus 5TA REUTERS Au port de La Saline, à Port-au-Prince, des sinistrés teiiiem u embarquer sur un navire, le Truis Rivinrns, eu esperaiii eciiapper au cauchemar qui les hante depuis une semaine.¦ Allemagne: 1 mort, 2 disparus et 7 personnes dont on est sans nouvelles.¦ Antigua et Barbuda: 2 disparus.¦ Argentine: 1 mort.¦ Autriche: 1 mort.¦ Belgique: 1 mort, 1 disparu.¦ Brésil: 19 morts, 1 disparu.¦ Canada: 13 morts, 479 personnes dont on est sans nouvelles.¦ Chili: 1 mort, 1 disparu.¦ Chine: 8 morts.¦ Colombie: 3 disparus.¦ Costa-Rica: 2 disparus.¦ El Salvador: 2 disparus.¦ Espagne: 3 morts, 9 personnes dont on est sans nouvelles.¦ Etats-Unis: 33 morts, dont 1 employé du gouvernement américain: 3 disparus.Le nombre total d’Américains en Haïti est estimé à 45 000.¦ Erance: 17 morts, le gouvernement reste toujours sans nouvelles de 16 personnes supplémentaires.¦ Grande-Bretagne: 1 mort.¦ Italie: 2 morts, dont un responsable de rONU, 2 disparus dont on craint qu’ils soient morts, 2 personnes dont on est sans nouvelles.¦ Jordanie: 3 morts, 23 blessés, tous membres de la Mission des Nations unies en Haïti.¦ Kenya: 1 mort, 2 disparus.¦ Mexique: 1 mort, 27 disparus.¦ Pays-Bas: 11 disparus, dont 3 enfants adoptés; 3 blessés.¦ Pérou: 1 mort.¦ Pologne: 4 disparus.¦ République dominicaine: 24 morts, 24 disparus.¦ Tunisie: au moins 1 mort (Hédi Annabi, chef de la MI-NUSTAH).¦ Uruguay: 1 mort, deux dispa-rus (dont un enfant de trois ans).¦ Nations unies: 49 membres du personnel de l’ONU sont morts et on est sans nouvelles de plus de 300 autres.Certains membres du personnel peuvent aussi être comptabilisés par nationalité.¦ Délégation de l’Union européenne: 3 disparus.Associated Press « C’est tout le pays qui s’est écroulé » - Jean Bonnelus, professeur qui se retrouve sans élèves ni revenus CAROLINE D’ASTOUS Le Devoir en Haïti Une nouvelle réalité touche Haïti.Le tremblement de terre qui a frappé Port-au-Prince a durement touché les institutions du gouvernement.Dans tout l,e pays, les divers employés de l’État et des organisations internationales ne savent pas quand ils auront la chance déboucher à nouveau un salaire.«Étant donné que le gouvernement n’a jamais voulu décentraliser Port-au-Prin-ce, avec le tremblement de terre, c’est tout le pays qui s’est écroulé», cqnfie Jean Bonnelus, salarié de l’État et professeur dans une école secondaire depuis huit ans.En Haiti, les salaires sont versés mensuellement.Le gouvernement et les divers organismes internationaux n’ont souvent pas les moyens financiers d’offrir des avantages sociaux ainsi qu’une assurance salaire à leurs employés.«Toutes les institutions àa-tiques sont disparues.Comment va-t-on faire maintenant pour recommencer et bâtir le pays?», s’interroge le professeur.Par voie de communiqué de presse, présenté à la télévisjon nationale, les salariés de l’État ont été informés qu’ils n’auraient aucune rémunération pour les trois prochains mois et que la situation serait réévaluée par la suite.Une compression salariale qui plonge un peu plus enore les familles dans la pauvreté.Le plus tragique, c’est que ces familles avaient souvent prises à leur charge des frères et sœurs moins fortunés.«C’est vraiment catastrophique.Mon salaire ne me suffisait déjà pas pour nourrir toute ma famille»,^ explique Jean Bonnelus, habitant une petite maison de deux pièces.A 25 ans, la vie se présentait bien pour Desfinoble Jean-Seïde.Grâce à l’aide financière de différentes organisations internationales, il a réussi à faire des études supérieures à l’Université de Port-au-Prince.Diplôme d’enseignement en poche, il a décroché un poste au sein d’une école privée.Professeur depuis deux ans, sa vie s’est écroulée le 12 janvier.Mariés depuis juillet 2009, Desfinoble et son épouse attendent son premier enfant en avril.«Le prix des marchandises ne fait qu’augmenter.Pour le moment, ont vit sur nos réserves.Je ne sais même pas si je vais trouver de l’argent pour payer l’accouchement», confie-t-il, la voix angoissée.Le couple loue une maison ayant une seule pièce et partage les latrines et l’espace cuisine avec le voisinage.«Mon père est décédé.Je dois payer pour le logement de ma mère», ajoute le jeune homme.Lors d’une réunion toute simple dans la cour arrière de l’école, le responsable américain de l’institution a informé l’ensemble du corps ensei^ant qu’il ne recevrait aucun salaire jusqu’à nouvel ordre.«Le ministère de l’Éducation s’est écroulé.Il n’est pas possible de donner des cours.Les parents ont peur d’envoyer les enfants à l’école», explique Desti-nolpleJean-Séïde.A Port-au-Prince, les banques se sont pratiquement toutes écroulées.Difficile d’obtenir de l’argent comptant pour acheter de la nourriture ou de l’essence.Seules quelques institutions financières en région, dont la Banque centrale d’Haïti, commencent tranquillement à ouvrir leurs portes, trois heures par jour.Des foules immenses se font la lutte pour entrer.La police nationale haïtienne est débordée.«H y a des gens qui font le trajet de Port-au-Prince juste pour venir chercher de l’argent en région.C’est horrible!», dénonce Jean Bonnelus.La situation est identique devant les portes des compagnies de transfert international d’argent, où des centaines de familles attendent l’aide financière de leurs familles à l’étranger et celle de généreux donateurs.Collaboration spéciale Immigration Ottawa refuse d’en faire plus Pas question d’élargir la notion de famille, dit Kenney GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Malgré les demandes répétées de plusieurs groupes communautaires, du gouvernement québécois et de toute l’opposition à Ottawa, le gouvernement conservateur a maintenu hier sa position concernant l’immigration haïtienne: pas question d’ouvrir plus grandes les portes du pays.En conférence de presse à Ottawa, le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, a indiqué qu’il n’assouplirait pas davantage les règles qui encadrent les procédures de réunification familiale prévues par la Loi canadienne sur l’immigration.Celle-ci ne considère pas les frères, les sœurs, les oncles ou les tantes d’une personne comme étant admissibles au parrainage.Depuis le début de la semaine, plusieurs organismes et parfis politiques ont demandé à Ottawa de se montrer plus souple envers les Haïtiens, étant donné l’urgence et la gravité de la situation.On souhaite notamment un élargissement au cas par cas de la notion de famille et l’abandon des frais de traite- ment des dossiers.«Nous avons une loi qui définit ce qu’est une famille», a répliqué hier M.Kenney.Il estime que cette définition est la plus «généreuse» possible et qu’il serait injuste de faire une exception pour les Haïtiens.En 2005, le gouvernement avait toutefois accepté de faire cette même exception en acceptant que soient parrainés des membres plus éloignés des familles touchées par le tsunami.Les chefs des trois partis d’opposition à Ottawa ont continué hier de faire pression pour que le gouver-nement change d’avis.«Sans vouloir jouer de jeu partisan, je crois que M.Kenney, avec tout le respect [qu’on lui doitl, a mal compris l’esprit des Canadiens», a notamment fait valoir Michael Ignafieff.Adoption Par ailleurs, Ottawa a indiqué hier qu’il fera tout son possible pour faciliter l’arrivée au pays d’enfants haïtiens qui étaient en Le gouvernement facilitera l’arrivée des enfants haïtiens en voie d’être adoptés voie d’être adoptés par des Canadiens.Le ministre Kenney a mentionné que le gouvernement prendra connaissance instamment d’une centaine de dossiers déjà acceptés par les autorités provinciales.Dans la majorité des cas, a dit le ministre, ces dossiers en étaient à l’étape de l’approbation par les autorités haïtiennes.Le Canada essaiera d’obtenir rapidement ces approbations, absolument essentielles pour que ces enfants soient placés à bord d’un avion et remis à leur famille adoptive.Lorsque les dossiers d’adoption seront approuvés, le ministère accordera un permis de séjour temporaire aux enfants.Il assumera aussi les frais de traitement des dossiers ainsi que les frais de santé dont ils pourraient avoir besoin jusqu’à ce qu’ils soient couverts par les systèmes de santé provinciaux.Le Devoir Avec Hélène Buzzetti et La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR LE JEUDI 21 JANVIER 2010 POLITIQUE Les effets secondaires out le monde est atterré par les catastrophes comme celle qui a frappé Haïti, mais force est de constater qu’elles ont souvent des effets secondaires positifs pour les gouvernements.La crise du verglas de 1998 était évidemment une peccadille en comparaison du drame haïtien, mais elle avait quand même fait oublier d’un coup tous les griefs à l’endroit de Lucien Bouchard.Son intervention quotidienne à la télévision, aux côtés du président d’Hydro-Quéhec, André Caillé, avait fait remonter sa cofe instantanément.A moins d’une gestion de crise désastreuse, comme celle de l’administration Bush après l’ouragan Katri- aHchel na, l’opposition est David contrainte de se montrer solidaire, sous peine d’être accusée de sabotage ou de chercher à se faire du capital politique sur le dos des sinistrés.Gilles Duceppe n’avait donc que du bien à dire de la façon dont le gouvernement Harper a organisé les secours à Haïti, même s’il plaide en faveur d’un assouplissement des critères de réunihcation des familles.Depuis une semaine, plus personne ne parle de la prorogation de la session parlementaire à Ottawa, qui avait indigné tout le pays.On semble aussi avoir oublié l’attitude déplorable de M.Harper lors de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques.Le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir a donné la mesure de la dégringolade du Parti conservateur au, cours des dernières semaines.A 75 %, l’insatisfaction à l’endroit du gouvernement Harper avait atteint un sommet entre le 11 et le 14 janvier.En revanche, 60 % des Québécois ont dit approuver sa réaction au tremblement de terre qui a laissé Haïti en ruine.Qui sait, cela pourrait être l’occasion d’un nouveau départ pour M.Harper.Coïncidence, il a choisi ce moment pour remanier son cabinet.Au Québec aussi, le drame haïtien semble avoir permis d’effacer l’ardoise.Le débat sur la tenue d’une enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction, qui a empoisonné la vie du gouvernement Cha-rest durant tout l’automne, a été complètement évacué.La pétition que le PQ avait mise en ligne sur le site de l’As-semblçe nationale n’a pas décollé.A moins de nouvelles révélations, les libéraux peuvent raisonnablement espérer que l’opinion publique est passée à autre chose.Quand l’Assemblée nationale reprendra ses travaux, le 9 février, tous les yeux se tourneront vers les Jeux olympiques de Vancouver, avant de retomber dans la réalité plus terre à terre du premier budget de Raymond Bachand.Le sondage Léger Marketing-Le Devoir est plutôt encourageant pour les libéraux.La dégringolade semble terminée.Même s’il demeure élevé (58 %), le taux d’insatislaction à l’endroit du gouvernement a diminué de deux points depuis la fin de novembre, tandis que les intentions de vote en faveur du PLQ ont augmenté de deux points.Si des élections générales avaient eu lieu la semaine dernière, l’avance de 20 points que détenait le PQ chez les électeurs francophones lui aurait assuré une majorité de sièges, mais il n’y aura pas d’élections avant trois ans.M.Charest a repris le contrôle du programme politique et son gouvernement occupe presque tout l’es-pace médiatique.Même s’il ne faut rien attendre de concret de la rencontre économique qui se tient aujourd’hui à Lévis, un événement comme celui-là peut difficilement lui nuire.D’autant que l’opposition officielle, qui n’aura droit qu’à une intervention de.deux minutes, est reléguée au rôle de plante verte.Les effets secondaires d’une catastrophe qui permet au gouvernement de se mettre en valeur sont généralement très nocifs pour les partis d’opposition.Depuis le début de l’année, Pauline Marois a été presque invisible.Pendant que M.Charest exposait les détails de la contribution québécoise aux opérations de secours à Haiti, la chef du PQ en était réduite à l’expression de sa sympathie et aux appels à la générosité.Elle ne peut faire autrement qu’appuyer M.Charest quand il réclame d’Qttawa un assouplissement du programme de réuni-bcation des familles et une plus large débnition de la notion de réfugiés.Malgré l’ampleur de la tragédie, Mme Marois serait également mal venue de reprocher au premier ministre de vouloir tenir compte de la capacité d’intégration de la société québécoise et du coût de l’accueil des sinistrés.Le PQ ne peut s’opposer non plus à la participation du premier ministre du Québec à la conférence internationale de lundi à Montréal.Daniel Johnson avait vécu une expérience tout aussi mortifiante durant la crise du verglas.Alors que certains l’accusaient d’avoir abandonné ses électeurs de Vaudreuil et d’avoir profité de l’occasion pour prendre des vacances, ce qui était faux, le Globe and Mail lui avait reproché de ne pas avoir saisi l’occasion de démontrer «subtilement» les mérites du fédéralisme.Non seulement le chef du PLQ avait su résister aux pressions de ceux qui l’invitaient à tirer probt de la situation, mais il avait même félicité Lucien Bouchard pour son efficacité, au risque d’affaiblir davantage son propre leadership.mdavid@ledevoir.com WOLFGANG RATTAY REUTERS Rencontre économique 2010 Charest invite ses partenaires à façonner le Qnébec de 2030 ROBERT DUTRISAC Lévis — A l’ouverture de la Rencontre économique 2010, le premier ministre Jean Charest a livré quelques bribes de sa vision de l’avenir, qui repose essentiellement sur «l’économie du développement durable» et sur sa volonté de faire du Québec un «pôle d’attraction» pour les «cerveaux» du monde entier.C’est devant une centaine de représentants du monde des af faires auxquels se mêlaient quelques chefs syndicaux que Jean Charest a donné le coup d’envoi à cette rencontre économique avec une allocution de quelque 30 minutes, dans laquelle il commençait par vanter la façon dont son gouvernement a géré la crise économique.«En menant un combat efficace contre cette crise, nous nous sommes donné une longueur d’avance, a-fil déclaré.La question est maintenant de savoir comment préserver et accroître cette avance.» Jean Charest a lancé quelques pistes en afbrmant vouloir faire du Québec une «puissance nord-américaine des énergies propres».Qn pourrait, par exemple, «se fixer JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest comme objectif de devenir la première société d’Amérique du Nord à électrifier son parc automobile et ses transports publics», a-t-il évoqué.En outre, le système d’éducation du Québec pourrait devenir «un moyen d’attirer des jeunes de partout», notamment des étudiants de l’Inde où le premier ministre mènera une mission à la bn du mois, a-t-il mentionné.Jean Charest a évoqué brièvement les «décisions difficiles» qui seront prises dans le prochain budget du ministre des Einances, Raymond Bachand.11 faut, selon le premier ministre, éviter de prendre des décisions à court terme, comme par le passé, qui ont entraîné de graves problèmes à moyen terme, une référence aux mesures prises par le gouvernement de Lucien Bouchard pour atteindre le débcit zéro.Mais il a surtout invité les participants à la rencontre à «se détacher de l’échéance du prochain budget».La démographie pose un déb pour le Québec, mais il n’est pas le seul Etat confronté au vieillissement de la population, a tempéré Jean Charest.«Pour moi, il y a toujours la question de l’avenir de notre peuple, de notre langue et de notre culture», a-t-ü dit en abordant ce thème.Certes, la dette du Québec pose problème, mais pas tant en raison de son ampleur qui se compare à celle d’autres pays développés, mais à cause du vieillissement de la population et du déclin du nombre relatif de travailleurs.Mais Jean Charest a relevé que l’indice de fécondité du Québec a retrouvé son niveau des années 1970 et qu’il est maintenant le plus élevé au Canada, un phénomène qu’il explique par l’Aide à la famille, à laquelle son gouvernement consacre près 60 % plus d’argent qu’en 2003.«On ne parle plus de déclin de la population au Québec», s’est réjoui Jean Charest, qui a souligné par ailleurs que de 1998 à 2008, le taux de parbcipabon des femmes au marché du travail avait grimpé de 77,3 à 83,8 %.«On peut donc agir et changer les choses», a-t-ü fait valoir.Le prochain groupe de la po-pulabon sur lequel son gouvernement entend agir, ce sont les personnes de 55 ans et plus qui sont moins nombreuses au Québec à demeurer sur le marché du tra-vaü, a signalé M.Charest.En matière d’éducation, Jean Charest voit aussi les choses du bon côté.Le problème n’est pas que les jeunes Québécois n’obtiennent pas de diplôme d’études secondaires, mais que «ça prenne trop de temps».Ainsi, le Québec arrive au premier rang au Canada pour son taux de di-plomation au secondaire et au 6" rang des pays de l’QCDE.«Une nation forte, c’est une nation prospère», a déclaré Jean Charest à la fin de son allocu-bon, dans laquelle il a posé aux participants différentes questions, toutes liées à la création de richesse, questions auxquelles ils sont invités à répondre aujourd’hui.Le Devoir Budget 2010: le Bloc pose ses conditions GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Québec — Le ministre des Einances, Jim Elaherty, voulait des suggestions pour son prochain budget?Le Bloc québécois a attrapé la proposition au bond et déposé hier un cahier comprenant des dizaines de demandes chiffrées.Au bnal, le Bloc québécois estime que ses propositions permettraient de dégager une marge de manœuvre de 2,3 milliards, soit 18,2 milliards en revenus contre 15,9 milliards en dé- penses.Le plan a été envoyé hier à M.Elaherty, mais il pourrait être modibé au terme de la tournée de consultations prébudgétaires qu’entreprendra sous peu Daniel Paillé, porte-parole du Bloc en madère de bnances.En notant que le dernier budget «était taillé sur mesure pour l’Ontario», le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a dit souhaiter que le prochain fasse au contraire la part belle au Québec.Le Bloc demande ainsi un soutien adéquat pour l’industrie forestière, la mise en place d’un plan de lutte contre les gaz à ef fet de serre qui respecte les ef forts déjà faits par les entreprises du Québec et des actions concrètes pour diminuer la dépendance au pétrole.Abn A’«aider les laissés-pour-compte» touchés par la crise b-nancière, le Bloc réitère ses demandes pour une réforme globale de l’assurance-emploi, un programme d’aide aux travailleurs âgés et une aide pour les aînés les plus démunis.Qutre une série de demandes quasi historiques sur la relation fiscale entre Qttawa et Québec, le Bloc milite aussi pour que le prochain budget Elaherty s’attaque de front au déficit actuel.11 propose entre autres l’imposition d’une surtaxe aux contribuables les mieux nanbs (1 % pour ceux qui gagnent plus de 150 000 $, ce qui voudrait dire 1,5 milliard en revenu), une «supertaxe» pour les dirigeants d’entreprise, une révision de la politique fédérale d’achats militaires (2,5 miïïiards avec la bn de la mission en Afghanistan) et la bn des paradis bscaux (3 miïïiards).Le Devoir C-130J : l’industrie aérospatiale dénonce les façons de faire du gouvernement Harper ALEC CASTONGUAY Les parbs d’opposibon à Qttawa et l’Association québécoise de l’aérospatiale ont dénoncé hier le dérapage bnancier ïïé au contrat d’entreben des avions de transport militaire C-130J.Tous estiment que le gouvernement a mal géré l’attribution de ce contrat, ce qui entraîne des coûts imprévus, comme l’a révélé Devoir hier.«Il y a un problème avec ce contrat.A partir du moment où le gouvernement décide de négocier l’achat et l’entretien des avions de manière séparée, on ne s’est pas donné le meilleur levier de négociations possible», a afbrmé au DeîioîV Jacques Saa-da, le président de l’Associabon québécoise de l’aérospabale.La facture d’entretien des avions C-130J sera beaucoup plus salée que prévu.Le coût total sur 20 ans ne sera pas de 1,7 mïïïïard de dollars, tel qu’annoncé il y a deux ans, mais bien de 2,5 mïïliards, soit un bond de 800 miïïions, selon les ïïiforma-bons obtenues.11 y a deux ans, le gouvernement fédéral a annoncé l’acquisition de 17 avions C-130J du constructeur américain Lockheed Martïïi.Le gouvernement Harper avait toutefois décidé de négocier séparément le contrat d’entretien des avions avec le constructeur.Mais les négociabons ont dérapé, de sorte que le gouvernement a annoncé la semaine dernière un contrat d’entretien de seulement six ans (723 mïïlions de dollars), alors que la norme est de 20 ans.«Ça va coûter plus cher et le gouvernement tente de le camoufler en annonçant seulement la première tranche de six ans», dit le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair.Ujjal Dosanjh, porte-parole du Parti libéral du Canada en madère de défense, souïïgne quant à lui que, dans cette entente, Lockheed Martin conserve la propriété intellectuelle des avions, ce qui empêche les compagnies canadiennes de faire des entretiens complexes sur les appareils.«On prive l’industrie canadienne de retombées structurantes parce qu’il n’y a pas de transfert technologique», dit-il.De plus, cet important contrat d’entretien des C-130J profitera très peu au Québec.Même si la provïïice abrite 55 % de l’industrie aérospatiale du Canada, le constructeur, Lockheed Martin, a décidé de remettre l’entretien des différentes parties de l’avion entre les mains de compagnies situées hors du Québec.«C’est essentiel qu’un gouvernement national ait une perspective nationale des retombées économiques, dit Thomas Mulcair.Ça veut dire penser au Québec et s’assurer qu’il a sa part pour que son industrie continue de se structurer.» Jacques Saada a préféré ne pas commenter la quesbon des retombées économiques régionales.«On espère toujours que nos entreprises vont recevoir des contrats», a-f ü dit.Le Devoir E N BREF Arthur Quentin SOLDE du 7 au 24 janvier 20% SUR TOUT 50% sur certains produits sélectionnés 3960 Saint-Denis Montréal 514.843.7513 3 9 13 BLEU NUIT Inertie coûteuse L’opposibon à l’Hôtel de Vïïle de Montréal a vivement reproché hier à l’admïïiistrabon Tremblay d’avoïï’ fait preuve d’«inertie» dans le dossier du Forum universel des cultures, une mani-festabon triennale ïïiternabonale qui relève de l’UNESCQ.Comme le révélait Le Devoir hier, en 2007, la mïïiistre de la Culture Christine St-Pierre avait proposé à Montréal de l’appuyer dans le dépôt de sa candidature pour tenïï’le Forum.Mais Montréal a tardé à donner sa réponse, ce qui a conduit Mme St-Pierre à offrir son aide au maire Régis Labeaume, de Québec.La capitale a déposé sa candidature à la mi-janvier.«Montréal a raté une autre occasion», pestait hier Elaine Ayotte, porte-parole de Vision Montréal pour les dossiers ïïiternabonaux.Elle soudent que «l’histoire se répète: la même chose s’était produite pour l’exposition universelle de 2016».- Le Devoir SOLDE du 7 au 24 janvier 20% SUR TOUT 50% sur certains produits sélectionnés 39 I 3 Saint-Denis Montréal 514.843.5702 LE DEVOIR LE JEUDI 21 JANVIER 2010 A 5 ACTUALITES Projet Montréal propose de taxer tous les stationnements JEANNE CORRIVEAU Projet Montréal propose que la nouvelle taxe sur le stationnement décrétée par le maire Gérald Tremblay s’applique à tout le territoire de la ville de Montréal et pas uniquement au centre-ville.Plus équitable, cette formule permettrait à la Ville de récolter plus de 135 millions de dollars par année pour financer ses projets de transports en commun.La semaine dernière, le maire Tremblay avait annoncé l’imposition d’une taxe pour les parcs de stationnement non résidentiels du centre-ville, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs.11 estimait alors à 20 millions de dollars par année les revenus supplémentaires engendrés par cette taxe.Le conseiller de Projet Montréal dans Notre-Dame-de-Grâ-ce, Peter McQueen, croit que les commerçants du centre-ville ont raison de se plaindre de l’iniquité de la mesure.11 suggère donc que le taux de taxation soit abaissé pour chaque unité de stationnement, mais qu’il soit appliqué à l’ensemble des stationnements montréalais, y compris ceux des centres commerciaux en périphérie, qui sont ^atuits à l’heure actuelle.ITojet Montréal calcule que la Ville pourrait alors récolter 135 millions par année et suggère même d’étendre cette taxe à tout le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Mais pour ce faire, il faudrait l’accord de Québec.«On pourrait améliorer l’offre de service de transports en commun et financer des projets qui figurent dans le plan de transport, comme la navette vers l’aéroport Montréal-Trudeau ou le tramway», explique M.McQueen.Du côté de l’administration Tremblay, on rétorque que la Ville n’a pas encore fait l’inventaire de tous les stationnements du territoire montréalais et qu’elle n’aurait pas le pouvoir d’appliquer une telle taxe à la grandeur de la CMM.Qn juge par ailleurs que cette taxe ne nuira pas aux commerces du centre-ville.Le Devoir EN BREF Services essentiels Les cols bleus et la Ville de Montréal ne s’entendent pas sur les services qui devront être offerts pendant la grève torunante, qui se déroulera du 25 janvier au 5 mars.Lors d’une rencontre hier devant le Conseil des services essentiels (CSE), la Ville a fait valoir qu’il était primordial que les opérations de déneigement soient maintenues pendant tout le conflit alors que le sjmdicat juge que les cols bleus ne devraient déblayer les rues que si plus de neuf centimètres de neige s’accumulent au sol.Comme la grève se fera dans un arrondissement à la fois, polu une période de 24 heures, le syndicat estime que la comte période de débrayage ne rend pas indispensable le chargement de la neige.Le CSE tranchera aujorud’hui.- Le Devoir SOLDES HIVER 2010 40% à 70% vêtements de maternité à 50% de rabais 1007, RUE Laurier Ouest, Outremont , Tél.; (514) 274-2442 , Éolien : les États-Unis venlent faire deux ou trois fois mieux que le Québec LOUIS-GILLES ERANCŒUR Les Etats-Unis ont publié hier une stratégie qui leur permettra de produire avec des éoliennes d’ici 2024 de 20 à 30 % de l’électricité consommée dans l’est du pays, indique une étude publiép hier par le département de l’Energie (DQE) des Etats-Unis.Et ils comptent y arriver en important notamment 4000 MW de plus du Canada (hydro et éolien), en plus des 5000 à 6000 MW que forunissent les interconnexions actuelles.Selon cette étude, en amélio- rant à la fois la capacité d’intégration des parcs éoliens aux réseaux de l’est des Etats-Unis, en distribuant aux quatre vents les parcs éoliens et en investissant dans l’amélioration des réseaux de transport il est possible d’intégrer d’ici 14 ans au moins 20 % d’énergie éolienne dans le réseau national étatsunien.En comparaison, la dernière étude québécoise sur la question, produite en 2005 par le ministère des Ressources naturelles du Québec, fixait la limite d’intégration de l’éolien à 15 % du réseau québécois, soit 6000 MW sur les 40 000 disponibles en pointe de la demande.Dans les dernières années, le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, évoquait plutôt une lirnite de 10 %, que Québec a retenue dans sa stratégie énergétique, où l’éolien est plafonné à 4000 MW sru les 40 OQO disponibles en pointe.Les Etats-Unis produisaient en 2008 quelque 25 000 MW d’éolien.En 2009, 4500 MW se sont ajoutés d’un coup, faisant de ce pays un point d’attraction qui déclasse le Québec chez les grands investisseurs.Le pays voisin s’est donné comme objectif de produire au moins 20 % de toute son électricité avec des éoliennes en 2030.Mais l’étude publiée hier par le DQE in- dique qu’il sera possible d’atteindre 30 % en 2024, ce qui por-teraif la production éolienne des Etats-Unis à 330 000 MW, ou à 225 000 MW dans un scénario plus prudent de 20 %.Polu atteindre l’objectif de 30 %, le plan dévoilé hier indique qu’il faudra porter la production éolienne en meç à 79 000 MW dans l’est des Etats-Unis.Mais cette production demeurera plus coûteuse que celle des Grandes Plaines centrales, le plus jmportant gisement éolien des Etats-Unis, lequel se compare au potentiel inexploité du centre du Québec.C’est en investissant rapide- ment dans l’augmentation d’un réseau de transport de fort calibre que les Etats-Unis pourront rapidement exploiter le potentiel éolien de la partie est de ce pays, indique le rapport.Le coût de cette amélioration ne dépasse pas 10 $ par MWh d’éolien transporté ou 0,002 $ par kilowattheure livré au consommateru.Sans ces améliorations et les investissements requis, précise le rap-porti il faudra limiter le développement de l’éolien, compromettant ainsi l’atteinte des objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre.Le Devoir Une personne agressée sur cinq garde son secret pour elle PAULINE GRAVEL Le tabou entourant les agressions sexuelles affecte beaucoup plus les hommes que les femmes, révèle une étude effectuée au Québec, où les stéréotypes sexuels ont la vie dure.Une enquête téléphonique menée auprès de 800 Québécois d’âge adulte a révélé que 22 % des femmes et près de 10 % des hommes interrogés avaient été victimes d’agression sexuelle — allant de l’at- touchement non désiré au viol — durant l’enfance.Ces nombres, bien qu’imposants, sont comparables à ceux observés aux Etats-Unis et en Europe, soulignent des chercheurs de l’UQAM et de l’Université de Montréal, qui ont publié leurs observations dans The Canadian Journal of Psychiatry.Les données indiquent aussi qu’une personne sur cinq (20 %) n’avait jamais di-vul^é l’agression qu’elle avait subie durant l’enfance avant qu’on lui pose la question dans cette enquête.Celle-ci a également permis de constater que près de 50 % des victimes avaient tendance à attendre plus de cinq ans suivant la première agression avant de révéler ce qu’on leur avait fait.Les hommes étaient plus nombreux (34 %) que les femmes (16 %) à avoir gardé secrète leur agression.«Les hommes ont tendance à moins rapporter le fait qu’ils ont été agressés sexuellement parce qu’ils éprouvent souvent un sentiment de honte.En raison du rôle traditionnel de la masculinité dans notre société, qui est associée à la force, ils ont tendance à se blâmer de ne pas avoir pu prévenir l’agression», explique une coauteure de l’étude, Mireille Cyr de l’Université de Montréal.Les agressions qui avaient été perpétrées par une personne étrangère à la victime étaient plus promptement dénoncées que celles, pourtant beaucoup plus fréquentes (90 %), commises par une personne connue, pouvant faire partie de la famille immédiate ou étendue.Les victimes qui avaient longtemps gardé secrète leur agression étaient plus enclines à souffrir de détresse psychologique, voire de stress post-traumatique.«Le fait de dévoiler tôt, alors qu’on est enfant, permet, à travers les traitements, d’acquérir des outils pour se défendre, pour s’affirmer et pour reprendre confiance en ses moyens», explique Mme Cyr.Le Devoir REER INVESTISSEZ ICI obtenez maintenant +30 % d’économies d’impôt Cotiser à un REER du Fonds de solidarité FTQ, c’est investir dans des entreprises québécoises prestigieuses et FAIRE TOURNER L’ÉCONOMIE D’ICI.^LE FONDS INVESTIT ICI Fier partenaire d’affaires de TRANSAT RÉGION DE MONTRÉAL ., FONDS de solidarité FTQ SIEGE SOCIAL 8717, rue Berri, Montréal BROSSARD 4805, bout Lapinière LAVAL 2100.bout Le Corbusier, bureau 1 POINTE-AUX-TREMBLES 13515, rue Sherbrooke Est 514 383-FONDS (3663) 1800 567-FONDS (3663) www.fondsftq.com Heures d ouverture du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h La valeur de l’action fluctue.Pour des renseignements détaillés sur les actions du Fonds, consultez le prospectus disponible à nos bureaux et sur notre site Internet. A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 21 JANVIER 2010 EDITORIAL La défaite des démocrates La paire de gifles Le symbole est puissant: un républicain a été élu sénateur d’un Etat où le nombre de démocrates inscrits surpasse largement celui des républicains au siège qu’occupa pendant près de 50 ans Ted Kennedy.Ce cboc annonce évidemment un réexamen de la ligne d’action politique de Barack Obama.T out d’abord, il faut rappeler un fait d’une grande importance: les citoyens du Massachusetts bénéficient depuis plusieurs années d’une assurance maladie universelle conçue par l’administration publique lorsque Kennedy était sénateur.Scott Brown, qui vient de l’emporter sur la démocrate Martha Coakley, avait d’ailleurs voté pour cette initiative.Cela précisé, les électeurs de Boston et,des environs appréciant cette couverture de l’Etat affichent, à l’égard de la réforme souhaitée par Obama, une évaluation différente de celle des résidants de riqwa ou du Texas, qui crient à hue et à dia dès que l’ombre de l’État fédéral se profile à l’horizon.Bref, le scrutin d’avant-hier n’était pas un référendum portant exclusivement sur l’ambidon que caresse Obama en la matière.La réalité, d’ailleurs brutale, est que les électeurs, les indépendants au premier chef qui ont favorisé les démocrates lors des législatives de 2006 et la présidentielle de 2008, ont voulu administrer une leçon, sur fond d’économie, à Vestablishment démocrate, Obama compris.Et ce, après que leurs concitoyens de Virginie et du New Jersey en eurent fait au-tant l’automne dernier en élisant des républi-cains aux postes de gouverneurs.Selon ce que révèlent les analyses consacrées aux hu-^ meurs politiques des individus, ces derniers ^ ’ jugent que l’administration Obama a fait da- vantage pour les banques, les compagnies d’assurances et l’industrie automobile que pour eux.O L’annonce par les Goldman Sachs et JP Morgan de ce monde, en pleine campagne 1RUFFAUT électorale, que le montant des primes accor- dées à leurs cracks de la finance était pour ainsi dire égal au record enregistré en 2007 a eu sur les habitants du Massachusetts les effets que l’on prête aux lendemains de veille.Parmi les mots formulés pour exprimer leurs sentiments, la colère revenait plus fréquemment que d’autres.D’autant plus que des maisons sont toujours saisies, que des emplois sont perdus, que les salaires sont gelés.Si l’on croit les commentaires des proches conseillers d’Oba-ma, il faut s’attendre à une réarticulation des hiérarchies politiques fixées par la Maison-Blanche.Tout logiquement, l’économie devrait être au premier rang des préoccupations de l’exécutif.De ce qui ressort pour l’instant, ce dernier entend se montrer plus agressif sur le front du chômage en espérant une baisse de celui-ci d’ici novembre prochain.En ce qui concerne la réforme de la santé, elle ne sera pas abandonnée.Loin de là.Les leaders démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat se sont engagés à mieux harmoniser leurs versions du dossier.Afin de convaincre des républicains comme Olympia Snowe du Maine de voter pour, on annonce déjà des amendements.Bref, sur ce flan il ne faudrait pas s’étonner que tout ce processus accouche d’un plan passablement édulcoré.De manière plus générale, ici et là, on s’attend à ce que la Maison-Blanche se montre plus agressive ou plus combative afin d’inverser l’inflexion politique de l’électeur.L’objectif?Rappeler que les républicains sont les principaux responsables du marasme économique dans lequel le pays est plongé.Haïti La porte fermée 1 faut bien enfoncer le clou puisque le gouvernement conservateur s’est montré plus ferme que jamais hier.Hors de question, a dit le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration, d’assouplir les critères déjà existants afin de faciliter la venue d’Haïtiens touchés par la catastrophe que l’on sait.Le raisonnement du ministre Jason Kenney s’appuie sur une fumeuse explication: on peut revoir les critères pour des réfugiés qui fuient la guerre, la violence, la persécution — ce que le Canada a fait pour le Kosovo —, pas pour les victimes de catastrophes naturelles.L’idéal pour ceux-là, c’est d’être aidés sur place et de participer à la reconstruction de leur pays.Le gouvernement haïtien, a précisé le ministre, n’aimerait pas que les pays occidentaux dépeuplent Haïti.Et puis, comment peut-on permettre à une famille haïtienne de faire venir oncle ou nièce si on ne l’a pas permis à des familles chinoises ou pakistanaises quand leur pays d’origine a aussi connu des tremblements de terre.Il y va de l’importance d’être constant, a résumé le ministre.Mais la constance n’est pas la justice.Et ici, il y a erreur de fond quant à l’évaluation de la situation.Il faut le redire: ce que vit Haïti est sans précédent.Même le tsunami ne peut s’y comparer: celui-ci a causé des dégâts matériels gigantesques, des pertes de vie innombrables, mais l’infrastructure gouvernementale, administrative, sociale des pays touchés n’a pas été atteinte.En Haïti, le gouvernement et les piliers de la société se sont effondrés, au propre comme au figuré.M.Kenney en a involontairement donné un exemple hier.Eaisant état de procédures accélérées pour finaliser l’adoption d’enfants haïtiens, le ministre a souligné la complexité de la situation puisque le juge haïtien chargé d’approuver les demandes était décédé dans la catastrophe! On cherche quel pays a déjà eu à vivre un tel vide dans toutes les strates de son fonctionnement.En fait, les autorités haïtiennes en ont plein les bras et la crainte d’une dépopulation est le cadet de leurs soucis.Par contre, les Haïtiens d’ici sont prêts à prendre le relais et à s’occuper de leurs proches, abandonnés à leur sort.Aider Haïti, c’est aussi le soulager de certaines de ses obligations.Selon la loi, notre ministre fédéral de l’Immigration a tous les pouvoirs pour agir, en fixant les critères de son choix.II peut élargir la définition de famille — pour le moment limitée aux enfants, conjoints et grands-parents; y ajouter une limite d’âge (par exemple les neveux et nièces de moins de 14 ans), choisir une catégorie de personnes (les grands blessés), délivrer des visas temporaires, fixer un nombre précis de cas d’exception, etc.C’est lui qui en tout temps a le contrôle.En outre, comme ce sont les familles qui doivent assurer le soutien financier des gens qu’elles parrainent, le coût d’une action plus généreuse est bien faible pour le gouvernement.Elle est rentable politiquement.Et elle s’impose humainement.jboileau@ledevoir.corn Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO /tanTPonnL.- 0 Un convoi de médecins on de jonmalistes ?Il y a une semaine, Haïti tremblait.Depuis, le monde occidental est rivé à son écran.L’écran de la souffrance.Ce pays paupérisé est encore une fois affligé par une catastrophe.Les organismes humanitaires connaissent bien la région, et tout particulièrement cette île.Ils y sont bien implantés.Mais ils manquent de ressources pour bien faire leur travail, et cela, nous le savons.Des gens de partout se mobilisent: dons d’argent, groupes de médecins, d’ingénieurs, etc.Cependant, «les secours tardent encore à arriver», comme les médias nous le rappellent à répétition.Médias qui, eux, sont parvenus à dépêcher leurs troupes: des équipes monstres de journalistes, cameramans, photo^aphes, leur matériel et tout le nécessaire pour survivre.On va même jusqu’à envoyer la lectrice de nouvelles.Pourquoi tant de personnes, qui ont des ressources (avions, voitures, lieux décents pour se loger, eau, nourriture.) qui pourraient être fort utiles au peuple haïtien?J’écoutais tout récemment une géologue de l’Université de Louvain, sommité en matière de séismes, répondre de la manière suivante à une journaliste qui lui demandait si elle partait bientôt pour Port-au-Prince: dans mon domaine, l’éthique exige que nous attendions au moins trois mois avant d’aller sur les lieux de la catastrophe afin de laisser les secours se déployer pleinement.On le comprend aisément.Dans de telles circonstances, les recherches de cette professeure sont secondaires par rapport aux nécessités du peuple haïtien, pour l’instant à tout le LETTRES moins.À quand le moment où le quatrième pouvoir remettra en cause le fait de servir ses propres fins?Julie Girard-Lemay Le 19 janvier 2010 Honte au gouvernement de Stephen Harper Il semble impossible pour le gouvernement fédéral de gérer des dossiers importants sans déraper ou sans se draper derrière une bureaucratie moyenâgeuse.Le cas d’Haïti démontre clairement que notre ministre de l’Immigration, Jason Kenney, manque d’empathie et, pire encore, de jugement.Il faut accueillir les Haïtiens et poser les questions ensuite.Des répondants en très grand nombre se portent garants des nouveaux arrivants; que faut-il de plus?H eut mieux fallu perdre ce dossier dans une aventure à la Maxime Bernier que de le laisser entre les mains de ce ministre.Bonne chance, Haïti.Avec des amis comme le gouvernement canadien, vous n’avez pas besoin d’ennemis.Georges Daigle Franklin, le 19 janvier 2010 Des animaux aux humains, il n’y a qu’un pas.Monsieur le Premier Ministre Stephen Harper, Comme on peut le remarquer sur votre page Internet, vous vous engagez personnellement et institutionnellement auprès des familles d’accueil pour animaux domestiques abandonnés.Il s’agit là d’une belle initiative pour les droits des animaux.Comme cet intérêt démontre chez vous une certaine empathie, j’imagine que vous n’êtes qu’à un pas de développer une plus grande empathie pour l’humanité.Le drame qui sévit actuellement et qui empire chaque minute en Haïti mérite nettement une plus grande implication de votre part.Premièrement, parce que les Canadiens vous le demandent.Il faut absolument aider à faciliter le rapatriement des membres des familles néocanadiennes dans des temps records.En tant que Nord-Américains, nous avons une responsabilité de proximité par rapport à ce petit pays qui a déjà souffert plus que son dû.De nombreuses familles canadiennes ont maintenant des origines haïtiennes.Notre gouverneure générale est originaire de ce pays.Le «multiculturalisme» tant chéri du Canada devra un jour devenir autre chose qu’une image politique: il s’agit d’une ouverture sur les autres, un vivre-ensemble particulier basé sur le respect.C’est comme cela qu’il se vit pour la grande majorité des Canadiens.Vous êtes aussi le représentant de ce Canada-là.Je vis en Espagne et des efforts très importants sont déployés tant en matière d’aide sur place que d’immigration.Vous devriez vous afficher comme un leader en ce qui concerne l’accueil aux sinistrés, car dans l’état dans lequel se trouve Haïti, rien n’équivaut à l’asile.Les Canadiennes et les Canadiens ne peuvent plus continuer de voir en direct des personnes s’éteindre à petit feu sous les décombres comme sous les machettes.Je vous presse donc personnellement de réagir, de faire preuve d’initiative et d’esprit chrétien.Aidez votre voisin comme vous souhaiteriez être aidé.Hélène Giguère Cadiz, Espagne, le 19 janvier 2010 LIBRE OPINION Crises économique et écologique HARVEY L.MEAD Fondateur de Nature Québec et ex-commissaire au développement durable En mars dernier, le premier ministre Jean Charest a ouvert la nouvelle session de l’Assemblée nationale en prenant la peine de souligner la présence de plusieurs crises devant nous.La crise économique n’est pas le seul défi auquel nous faisons face.Cette économie, que tous les pays du monde essaient aujourd’hui de relancer, a fait une si mauvaise utilisation des ressources de la planète qu’elle est devenue une menace.Et il y a aussi la crise environnementale.J’ai la profonde conviction que cette double crise déclenchera la véritable révolution du développement durable.Un meilleur monde en émergera, et le Québec y contribuera.Tout au long de l’année, le premier ministre a mis l’accent sur les fait que les changements climatiques pouvaient être le résultat de telles crises.Il a évoqué son intention de s’en occuper.De manière quasi explicite, il constate que ces crises de ressources et de l’environnement découlent de nos gestes économiques, alors que la crise économique elle-même montre directement des faiblesses du modèle économique.Nous sommes depuis deux ou trois mois dans un processus de consultation «prébudgétaire» qui cherche à «dresser les ac- tions à privilégier et la marche à suivre pour accélérer la reprise», comme inscrit dans le mandat du comité consultatif sur l’économie et les finances publiques mis en place pour soutenir la démarche.Le premier fascicule du rapport de ce comité conclut qu’il faut viser «un niveau de dépenses publiques respectant notre capacité de payer, une fiscalité efficace ne compromettant pas notre développement économique et une dette sous contrôle, dont l’importance n’hypothèque pas les choix de nos enfants».Il poursuit en disant que «ces choix devraient aboutir à faire bénéficier le Québec de finances publiques équilibrées à long terme, respectant la capacité des générations futures d’effectuer leurs propres choix, ce qui correspond à la définition même du développement durable».[.] La lecture du premier fascicule du rapport du comité consultatif permet de cerner des laçunes qui méritent d’être commentées.A dtre d’exemple, le Québec est comparé à l’ensemble des provinces canadiennes en madère de PIB par habitant.Qn découvre que les trois provinces productrices de pétrole — l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador — occupent les trois premières places.Leur succès en matière de croissance économique amène les auteurs du rapport à conclure que ces provinces sont plus riches que la nôtre.Qn n’évoque aucunement dans ce bilan des provinces productrices de pétrole leur lourd passif, associé à leur contribution aux changements climatiques (pour ne parler que d’eux).C’était le sujet principal de la conférence échouée de Copenhague.En dépit des nombreuses interventions du premier ministre sur ce problème critique qui dominera les vingt prochaines années, il semble que le Québec maintienne l’approche de l’ensemble des acteurs à Copenhague.Les crises écologiques ne devraient pas être mises en corrélation avec l’économie, même si cette économie est «devenue une menace».Qn pourrait ajouter que la quatrième place est occupée par l’Qntario, dont l’économie comporte un important secteur voué à l’automobile (et pas les plus petites).Nous ne perdrons pas nos automobiles demain, mais il s’agit d’un autre secteur de «croissance» (en oubliant les déboires de 2009) qui comporte un passif important et qui devrait forcer la réflexion sur la façon de stimuler le développement urbain pour rendre les transports en commun possibles, physiquement et financièrement.Pour les participants au forum, il semble qu’il n’en sera rien.C’est comme si les crises mentionnées par M.Charest n’existaient pas, tout compte fait.La «définition même du développement durable» n’inclut justement pas la capacité de support des écosystèmes planétaires. LE DEVOIR, LE JEUDI 21 JANVIER 2010 A 7 IDEES Haïti dévasté Des mesures d’accueil à la hauteur de l’urgence DOMINIQUE PESCHARD Président de la Ligue des droits et libertés Monsieur Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme du Canada, Madame Yolande James, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, omme d’autres organismes vous l’ont signalé, dont le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), la Maison d’Haïti et le Conseil national des citoyens d’origine haïtienne, la Ligue des droits et libertés demande à vos gouvernements qu’ils agissent en conséquence de l’urgence de la situation et de l’ampleur des besoins et mettent en place, dans les plus brefs délais, un programme spécial permettant aux victimes du séisme qui ont de la famille et des proches au Québec ou ailleurs au Canada d’être accueillies rapidement.De plus, considérant les obligations du Canada en matière de coopération économique et sociale internationale, considérant les obligations de vos gouvernements respectifs découlant du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, considérant également la «responsabilité de protéger» dont le Canada s’est fait le champion ainsi que le caractère indivisible des droits humains que nous avons le devoir de défendre tout spécialement dans les situations de «risque généralisé», la Ligue ajoute aux demandes déjà formulées par d’autres organismes certains autres éléments.Nous demandons aux autorités canadiennes et québécoises: ¦ Que les mesures d’accueil et d’immigration ne soient pas limitées en raison des critères habituellement retenus pour définir les catégories de personnes qui peuvent présenter une demande de réunification familiale et celles qui pourraient être l’objet d’une telle réunification familiale.Ainsi, en plus des familles, des amis ou proches de ressortissants haïtiens pourraient présenter une demande de «réunification familiale» (que nous pourrions ici appeler demande d’accueil).Aussi, en plus des parents et enfants constituant les catégories régulières de personnes parrainées, d’autres membres de la famille et des personnes qui étaient jusqu’alors prises en charge par ces personnes en Haïti pourraient être l’objet de ces demandes de «réunification familiale» ou d’accueil.¦ Que ces mesures de «réunification familiale» ou d’accueil ne soient pas conditionnelles à la capacité financière des personnes disposées à accueillir.-fl# X V.WOLFGANG RATTAY REUTERS Aikta, quatre ans, rescapé du tremblement de terre, pleure en attendant qu’un médecin s’occupe de son cas.¦ Que les Haïtiens qui sont l’objet d’une demande de «réunification familiale» ou d’accueil au Québec et au Canada puissent venir dans les plus brefs délais par le biais de visas temporaires et ainsi effectuer leurs démarches à partir d’ici.¦ Que des visas temporaires puissent être délivrés à des personnes victimes du désastre et dépourvues de tout, lorsqu’elles sont invitées par des parents ou amis à venir ici pour une période déterminée afin de se faire soigner, refaire leurs forces, terminer leur année scolaire en vue de retourner en Haïti dès que les conditions de leur famille restée là-bas le permettront.¦ Que les Haïtiens venant au Québec avec des visas temporaires dans le cadre de toutes ces mesures aient accès aux mêmes services publics et programmes sociaux que les personnes ayant la résidence permanente.¦ Que les demandeurs d’asile haïtiens au Canada aient leur audience dès que possible afin qu’ils puissent déposer une demande de réunification familiale ou encore qu’ils puissent déposer une telle demande avant leur audience.¦ Que les ressortissants haïtiens actuellement sans statut permanent vivant sous moratoire de renvoi aient accès dans les plus brefs délais à la résidence permanente, au même titre que les personnes dont le statut de réfugié a été reconnu, leur permettant ainsi d’avoir accès à ces mesures d’accueil.¦ Que soient facilités d’autres types d’accueil et d’immigration, sur une base temporaire, par exemple permettre l’accueil de blessés à être soignés par des établissements qui se montrent intéressés à le faire.¦ Que toute procédure qui touche ces mesures d’accueil et d’immigration soit gratuite.¦ Que des ressources financières supplémentaires soient données aux organismes de la communauté qui sont débordés par le soutien psy- chologique, social et juridique à apporter aux Hàïtiens vivant ici.Mesures d’exception Par ailleurs, quelles que soient les mesures d’accueil et d’immigration mises en œuvre par le Canada et le Québec en regard de la situation en Haiti, nous tenons à souligner que ces mesures ne peuvent se substituer à l’aide d’urgence à laquelle il faut absolument que vos gouvernements contribuent, tout autant que les mesures de soutien à la reconstruction d’Hàïti, considérant que cette aide d’urgence et à la reconstruction doit pleinement respecter la souveraineté du peuple haïtien et de ses institutions.Comme le mentionnait monsieur Gilles Rivard, ambassadeur du Canada en Haïti, sur les ondes de Radio-Canada le 18 janvier dernier, «aux situations exceptionnelles, des mesures exceptionnelles» s’imposent.L’envers caché du décor A MICHELINE CARRIER Editrice du site sisyphe.org U cours des sept longs jours qui se sont écoulés depuis le séisme qui a frappé Haïti, je suis passée de l’anéantissement à la colère devant la détresse que vit le peuple haïtien et le spectacle que nous en donnent les médias.La colère de l’impuissance, certes, mais pas seulement.La colère d’une citoyenne qui a l’impression qu’on lui cache une partie de la vérité sur la «gestion» de ce drame.Sans doute les médias québécois et canadiens — ceux qui nous sont les plus familiers — se croient-ils investis de la mission de susciter compassion et générosité en nous montrant quotidiennement, et à répétition, des images qui transmettent toutes le même message sur la cruelle réalité.Mais ce faisant, ils tissent aussi le rideau qui nous cache l’envers de la scène.Car il y a un envers à ce triste décor, et peut-être est-il moins «montrable» que le devant, d’où les questions esquivées ou à peine formulées.Une fois dégagé des émotions paralysantes, on constate que les médias jouent un double rôle dans cette crise, celui de témoins-voyeurs et celui de courroies de transmission des points de vue officiels.Au septième jour de cette tragédie, ils en sont encore à nous répéter que «les secours commencent à s’organiser».Mais quant à savoir pourquoi les secours commencent seulement à s’organiser, ils restent vagues: les décombres empêchant la circulation, la destruction des infrastructures, la difficulté de circuler, l’aéroport congestionné, la désorganisation du gouvernement en place.Curiosité engourdie Mais encore?Les médias se montrent habituellement plus curieux.Cette fois, ils ont l’air de vouloir nous distraire de questions lancinantes.Comment expliquer le flagrant manque de coordination des activités de secours?Pourquoi a-t-on laissé une population en détresse errer dans une ville ravagée, Port-au-Prince, au lieu d’organiser dès les premiers jours son déplacement par groupes (à pied au besoin, les Haïtiens en ont l’habitude) vers différents points du pays, ce qui aurait pu faciliter les fouilles dans les décombres et la distribution de l’aide humanitaire, des vivres et des soins médicaux?Bien sûr, il est facile de penser ainsi quand on n’est pas sur place.Mais ne pas être témoin direct d’un événement n’a jamais empêché quiconque de s’interroger, surtout quand ceux dont c’est le métier de le faire s’en abstiennent pour ne rapporter à satiété que ce que tout le monde a compris depuis sept jours: les Haïtiens ont besoin d’aide, ils souffrent, ils sont malheureux.Pourquoi le plus riche et le plus puissant pays du monde, détenteur de technologies hyperso-phistiquées, de communications aériennes hy-perdéveloppées, capable d’envoyer des gens sur la Lune depuis quatre décennies et d’occuper d’autres pays en y semant la guerre, pourquoi ce pays n’a-t-il pas réussi, après sept longs jours, à fournir suffisamment de nourriture, d’eau et de services médicaux à une population située à quelques centaines de kilomètres de ses côtes?Serait-ce parce qu’il est plus apte à semer le chaos dans le monde qu’à y mettre fin?Des rôles inconnus Quelle est la responsabilité de chacun dans la lenteur des opérations?Le souci de qui doit commander y est-il pour quelque chose?Quelle place les rivalités France-États-Unis y jouent-elles?Et le Canada?Outre le fait de gérer l’aéroport de Port-au-Prince, quel rôle jouent les États-Unis dans l’organisation et l’offre des secours aux sinistrés?Et pourquoi ont-ils empêché à plusieurs reprises les avions de Médecins sans frontières, chargés de matériel et de personnel médical, d’atterrir alors que des gens meurent faute de soins?Certains seraient-ils davantage préoccupés par le risque que des terroristes puissent profiter du chaos pour les attaquer, à partir d’un pays dévasté, que par la détresse du peuple de ce pays?On en apprend finalement assez peu sur ce que font concrètement les secours étrangers sur le terrain.Nous montrer des parachutes laissant tomber des vivres et de l’eau sur un grand terrain ne nous explique pas pourquoi des avions ou des hélicoptères avec du personnel ne peuvent se poser pour aller distribuer dans un ordre relatif ces vivres.Il est facile de conclure que les plus forts y auront accès d’abord.A une émission de radio, un Haïtien sur place rapportait que des hommes jouent du muscle et refoulent femmes et enfants de certains lieux où se distribue la nourriture.Tout le monde a faim et soif, il revient aux responsables de l’aide humanitaire de s’assurer que tout le monde reçoive sa part.Promesses tenues?Il ne sert à rien de faire valser les centaines de millions de dollars que tout un chacun a promis pour aider Haïti.Voyons si ces promesses seront tenues et comment.Si cet argent servira le pays ou les firmes internationales qui iront y construi- re, les compagnies pharmaceutiques et autres multinationales fournisseuses de services.On a fait ces promesses ailleurs, en Afghanistan, par exemple, où une grande partie des milliards promis a servi surtout à occuper le pays et à y faire la guerre pour des intérêts autres que ceux des Afghans.Des pays comme le Canada, les États-Unis, la France pourraient-ils être tentés de profiter de la situation de détresse d’Hàïti?Hélas, le passé est garant de l’avenir.Quelles tractations y a-t-il en coulisse afin d’imposer à Haïti des conditions à l’aide qu’on lui apporte?Ne serait-il pas tentant pour les pays aidants de «reconstruire Haïti» en cherchant à résoudre leur propre crise économique?Par exemple, en créant des emplois pour leurs ressortissants, dans ce pays dévasté, sans que le peuple haïtien lui-même en tire profit à moyen et long terme?Le fait que l’on parle déjà de «reconstruire Hàï-ti» alors que des milliers de personnes sont encore sous les décombres, que des milliers souffrent de la faim et de la soif, que des milliers ne reçoivent pas les soins d’urgence requis, et que «les secours commencent [seulement] à s’organiser», selon les médias, devrait nous rendre prudents et critiques.Il n’est pas nécessaire d’envoyer en Haïti plus de reporters qui nous répéteront et montreront ce que nous savons déjà.Des journalistes critiques, des analystes, des journalistes d’enquête mandatés pour s’interroger sur les jeux de pouvoir qui se profilent dans la gestion de cette crise humanitaire.C’est ce qu’il faudrait.Des médias moins voyeurs que des chiens de garde de l’information, de toute l’information.Qui cherchent toute la vérité et qui nous la transmettent.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de Vinformation), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervris (éducation), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Eric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Jean-Jacques Coulombe et Emilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', David Dumouchel et Etienne Plamondon-Emond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (JSPontréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthevys (technicien informatique).PROMOTION, DISTTUBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 21 JANVIER 2010 ACTUALITES CHAMBRES «On se sent coincés.Si on dénonce, la maison va fermer et tous ces gens risquent de se retrouver à la rue.C’est arrivé trop souvent.» SUITE DE LA PAGE 1 depuis.Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (R^SIM) estime à 2000 le nombre de chambres dites socialisées et à un peu moins de 3000 le nombre de chambres privées.Ce sont ces dernières qui préoccupent plus particulièrement les commissaires.L’itinérance en croissance à Montréal a en effet un impact direct sur la fréquentation des maisons de chambres où la demande surpasse largement l’offre.«Les propriétaires ont beau jeu de réclamer des loyers qui vont maintenant jusqu’à 400 voire 500 $ pour une chambre privée» y dénonce le président de la Commission, Pierre Ingres.Cela, sans même avoir à «se formaliser de leur état de salubrité».Le 20 octobre dernier, les commissaires ont entendu les témoignages d’une centaine de personnes qui gravitent dans ce milieu, dont plusieurs locataires, qui ont fait état de graves problèmes d’insalubrité dans une majorité de chambres privées.La visite de la petite chambre de Roger, semblable à des centaines d’autres au cœur du centre-ville, a permis au Devoir de mesurer l’ampleur du problème.Exiguë, mal insonorisée, mal chauffée et infestée de punaises, cette chambre n’a plus de serrure depuis deux ans.Résultat: Roger se fait voler constamment et plusieurs ne se gênent même plus pour entrer sans frapper, de jour comme de nuit.«Tout ça pour 385 $ par mois avec un chèque de 592 piasses.Ça n’en laisse pas beaucoup pour manger.Même pas 50 $ par semaine.» Comme plusieurs, Roger n’a pas de boîte aux lettres, ce que dénoncent les commissaires dans leur rapport.Il n’est pas rare, écrivent-ils que les propriétaires se servent de cela «pour s’approprier les chèques de pension ou de sécurité du revenu» y ouvrant ainsi la porte à «la saisie illégale de revenus» pour payer le loyer, rembourser un emprunt ou même s’octroyer un pourcentage sous prétexte d’offrir un service d’encaissement.Malgré cela, et même s’il n’a pas de cuisinière et doit partager les toilettes, Roger préfère ce toit à la rue ou aux refuges qu’il a longtemps fréquentés.«Dormir à 60 dans une chanére, c’est fini.Tu fais la ligne pour manger, la ligne pour te laver, la ligne pour dormir.Ça pète, ça ronfle, ça pue.J’en peux pu.» Cela explique aussi pourquoi Roger héberge régulièrement un ami sans-logis qui attend depuis trois ans qu’une chambre socialisée se libère, faute de pouvoir se payer une chambre privée.Les quelque 2000 chambres privées transformées en logements sociaux sont en effet beaucoup plus abordables, coûtant généralement entre 200 et 300 $ par mois, soit l’équivalent de 25 % du revenu du locataire.Ces chambres dites socialisées sont de surcroît plus vastes, mieux aménagées et bien entretenues, avec en prime des services de soutien sur mesure pour cette clientèle majoritairement masculine, fragile et démunie.La Commission demande donc à la Ville de Montréal de poursuivre la socialisation du parc, à raison de 100 chambres par année pendant dix ans.Le conseiller associé à l’habitation au comité exécutif, Alain Tassé, assure que la Ville est prête à aller en ce sens, dans la mesure de ses moyens.«Nous voulons en socialiser au minimum 300 au cours des quatre prochaines années,^ on n’est pas loin du compte.» Les commissaires souhaitent aussi que la Ville dresse un portrait complet des maisons de chambres existantes pour pouvoir en assurer une surveillance systématique.«On aimerait que la Ville soit plus proactive et fasse des inspections pour veiller sur la salubrité et la sécurité des chambres», explique Pierre Gaudreau, aussi coordonnateur au RAPSIM.Un pareil mécanisme serait trop lourd, rétorque M.Tassé.«Nous préférons fonctionner de manière ciblée en travaillant avec les associations de locataires.» La Ville entend aussi demander la collaboration d’un peu tout le monde, de la santé publique aux CSSS, en passant par le service des incendies ou de la police, pour dénoncer les situations «les plus problématiques».Une perspective qui ne sourit guère à la Commission.«On se sent coincés, raconte Pierre Legros.Si on dénonce, la maison va fermer et tous ces gens risquent de se retrouver à la rue.C’est arrivé trop souvent.» Ce n’est pourtant pas la pratique de la Ville, défend Alain Tassé.«Nous avons un service de référence pour réinstaller les gens en cas d’incendie ou d’insalubrité.Il fonctionne pour tout le monde, y compris les chambreurs.» Peut-être, mais il gagnerait certainement à être mieux connu, croient les commissaires, qui formulent dix recommandations dans ce rapport.Si la majorité concerne la Ville, certaines interpellent aussi Québec, notamment par le biais de son programme AccèsLogis qui a, selon eux, besoin d’être élargi et bonifié.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 SECRET SUITE DE LA PAGE 1 irrationnel, mais beaucoup de choses y tendent.Ce qui explique que certains artistes comme de Vinci, Le Corbusier ou Salvador Dali ont créé des œuvres explicitement basées sur le nombre d’or, cette «divine proportion», comme l’a nommée le mathématicien italien Luca Pacioli.Alors que d’autres œuvres semblent illustrer ce nombre bien involontairement de la part de leur créateur.En regardant autour de lui, le professeur a observé que non seulement les grandes peintures, mais aussi plusieurs objets usuels de notre quotidien moderne — des écrans de télé et d’ordinateur aux paragraphes d’un article de journal — se présentent souvent dans la forme d’un rectangle dont le rapport entre la longueur et la hauteur «ressemble au nombre d’or», écrit-il, dans le dernier numéro de Y International Journal of Design & Nature andEcodynamics.Pourquoi?Cette tendance répond d’une loi naturelle, selon le scientifique.«Les formes qui imitent le nombre d’or facilitent la lecture des images et leur transmission, via les organes de la vision, au cerveau», écrit M.Bejan.Le proverbe «joindre l’utile à l’agréable» résumerait en quelque sorte la quête de la beauté des artistes.En esquissant le nombre d’or dans leurs œuvres, «les artistes répondent au sentiment de plaisir qui émane d’un beau tableau, et le plaisir est conçu pour tendre vers des choses qui nous sont utiles», selon le professeur francophile.Une approche très déterministe, reconnaît celui qui fonde entre autres son analyse mathématique sur les rapports de vitesse entre les visions verticale et horizontale chez les mammifères.«Quand on balaie une surface du regard, il y a deux vitesses en jeu; l’horizontale est plus rapide que la verticale, d’où la forme privilégiée du rectangle», pour arriver à des vitesses de lecture égales, qui optimisent la vision, dit-il.Diversité et récurrences L’explication du nombre d’or dérive de la «loi “constructale” des configurations dans la nature», que le professeur américain d’origine roumaine a établie en 1996.«Tout système de flux, pour durer dans le temps, doit évoluer en fournissant toujours un meilleur accès à ce flux», résume-t-il.Sa nouvelle loi s’applique tant dans le règne naturel, où elle met en lumière la forme dendritique des arbres, des bassins versants, des systèmes sanguin ou pulmonaire, que dans la mécanique (réseau de distribution d’eau, système de refroidissement).Elle jette un pont entre la mécanique, la physique et la biologie, et essaime en sciences cognitives et en géophysique.«Je me suis retrouvé à établir les bases scientifiques qui expliquent les dessins dans la nature» animée et inanimée, dit-il.Sur cette base, M.Bejan a aussi décrypté la géométrie des pyramides et expliqué comment les athlètes sont devenus plus grands, gros et rapides dans le dernier siècle {www.constructal.or^.Ses conclusions déterministes font pendant aux recherches en biologie et en géophysique, surtout préoccupées par la diversité et l’aléatoire, selon lui.«It takes two to tango, lance-t-il.La diversité est une façon de décrire une peinture, l’autre est d’y voir des motifs récurrents.C’est la façon dont la nature est faite.» Le Devoir HAITI SUITE DE LA PAGE 1 trois reprises depuis dimanche.Selon l’organisation humanitaire, cinq vols ont ainsi été détournés vers la République dominicaine voisine depuis une semaine.«C’est une pure question de physique et de géométrie: tout le monde ne peut pas être là-bas», a assuré hier un haut responsable militaire américain sous le couvert de l’anonymat.Le militaire a précisé que les décisions sur les atterrissages étaient prises par le gouvernement haïtien et les Nations unies, les Etats-Unis n’ayant que la responsabilité de les appliquer., De son côté, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est dite «évidemment mécontente de savoir que le matériel et les équipes de secours ne sont pas encore parvenus à tous ceux qui en ont besoin», ajoutant: «Cela dit, je suis tout à fait consciente des obstacles posés par cette terrible catastrophe naturelle.» Dans une entrevue à une radio française, le président haïtien, René Préval, a écarté hier toute critique envers les Etats-Unis, dont les parachutistes avaient pris position la veille devant le palais présidentiel en ruines.Cette présence symbolique a été diversement perçue par les citoyens d’un pays ayant subi l’occupation américaine de 1915 à 1934.«Nous avons une collaboration avec plusieurs partenaires.[.] Les Américains ont, sous l’égide de la [Mission de stabilisation des Nations unies] MINUSTAH, tout en ne faisant pas partie de la MINUSTAH, offert leur aide pour la reconstruction.C’est toujours la MINUSTAH, avec la police, aidée par les Américains», qui est responsable de la sécurité à Haiti, a déclaré M.Préval.Deux agences onusiennes, soit le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), se sont également dissociées hier des critiques adressées aux Etats-Unis.«Genève est au cœur de la réponse opérationnelle», a assuré Elisabeth Byrs, porte-parole de l’OCHA.Les Etats-Unis vont donc déployer 4000 soldats supplémentaires en Haiti, soldats qui devaient initialement être envoyés en Europe et au Moyen-Orient Us pourraient arriver sur l’île d’Hispa-niola d’ici à demain, à bord de trois bateaux et d’hélicoptères, faisant passer à 20 le nombre de navires américains dans la zone.D’autre part, le port de Port-au-Prince, endommagé par le séisme du 12 janvier, va rouvrir au trafic à partir de demain, a assuré le général américain Ken Keen, qui supervise l’ensemble des opérations militaires américaines en cours à Haiti pour venir en aide aux sinistrés, après le séisme dévastateur qui aurait fait près de 200 000 morts.Un bâtiment français était pourtant déjà amarré à quai hier et déchargeait du matériel d’aide humanitaire.Quant à elle, l’armée cana- JEWEL SAMAD AGENCE ERANCE PRESSE Une vendeuse itinérante de chaussures patiente avant Tarrivée de clients.dienne s’affairait hier à remettre en état l’aéroport de Jac-mel, ce qui permettra de désengorger celui de Port-au-Prince, distant d’environ 50 km.Une réplique majeure Les opérations humanitaires continuaient laborieusement de se déployer dans un pays en ruines et sous tension, alors qu’un nouveau séisme de magnitude 6 a secoué à l’aurore.Au moins trois bâtiments se sont effondrés à Port-au-Prince et à Carrefour, une banlieue proche, mais sans faire de victimes.L’Hôpital général de Port-au-Prince a été évacué, de crainte qu’il s’écroule.Cette nouvelle réplique, la plus forte depuis le séisme de magnitude 7 qui a dévasté Haiti, a ajouté au traumatisme des habitants, déjà bouleversés après avoir enterré au moins 75 000 de leurs compatriotes.«Tous les Haïtiens vont finir par mourir parce qu’ils sont maudits», a lancé une mère de famille à bout de nerfs.Les chances de retrouver des survivants semblent infimes, mais les sauveteurs poursuivent leurs efforts.«La secousse [d’hier] peut avoir fait s’affaisser des structures, mais elle peut aussi avoir libéré des personnes piégées entre deux dalles de béton», a fait remarquer Gilles Perroux, sapeur-pompier franpis.«Au 8^ jour, quelqu’un de vivant?On y croit, sinon on ne serait pas là.Tant qu’on reste dans le pays, on garde espoir, a ajouté Fabrice Montagne.Les chances sont minces.Mais si les victimes ne sont pas trop blessées, qu’elles se trouvent dans une poche de vie, qu’elles ont de quoi boire et manger, c’est possible», a-t-il fait remarquer.Jusqu’à présent, les équipes de secours venues des quatre coins de la planète ont retrouvé 121 personnes sous les décombres, selon l’ONU.Enfin, à quelques jours de la conférence des «pays amis» d’Haiti qui se tiendra à Montréal, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a quant à lui appelé la communauté interna-tionde à lancer «une sorte de plan Marshall» pour Haiti, dont la reconstruction pourrait prendre au moins 25 ans, selon l’ambassadeur haïtien en Espagne.A ce jour, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars provenant d’Etats ont déjà été recueillies par rONU.Mais dans un bidonville de Port-au-Prince, les habitants attendent toujours un premier camion d’aide.«On ne sait pas si l’aide est arrivée dans d’autres endroits de la ville.Mais ce qui est certain, c’est que nous n’avons rien vu», a dit un père de quatre enfants.Placide Jemais.Le Devoir Avec Reuters et VAFP McGILL « Il va y avoir un programme de MBA accessible aux étudiants en général et un autre, de luxe, pour ceux qui ont les moyens de payer» SUITE DE LA PAGE 1 d’ailleurs, est annoncé sur le site Internet de la faculté de gestion.Des dépliants distribués aux futurs étudiants font également mention du nouveau prix du MBA.Lors d’une séance d’information qui avait lieu mardi soir à la faculté de gestion Désautels de l’Université McGill, plusieurs membres de l’assistance ont sursauté en constatant la hausse des frais.«Qu’est-ce qui justifie une telle augmentation?», a demandé une étudiante dans la salle.«Est-ce légal?McGill est une institution publique», a lancé un autre.Visiblement dans l’embarras, le vice-doyen de la faculté de gestion.Omar Tulan, a répondu que «le gouvernement est au courant de la démarche» de cette augmentation des droits et que la direction de l’université suit toutes les étapes qu’elle s’est fait dire de suivre par le ministère de l’Éducation.Or, au cabinet de la ministre, on récuse cette affirmation en indiquant que jamais McGill n’a entrepris de démarches en vue d’obtenir l’autorisation d’augmenter les droits de scolarité pour son MBA.«Et on leur a écrit que même s’ils l’avaient fait, on ne leur aurait pas accordée», a dit Tamara Davis, l’attachée de presse de la ministre.Vers une université pour riches ?Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec craint un effet domino.«On ne voudrait pas que les universités comme HEC emboîtent le pas.[.] On a peur de la création de deux classes d’étudiants.Il va y avoir un programme de MBA accessible aux étudiants en général et un autre, de luxe, pour ceux qui ont les moyens de payer.Ça va briser le concept d’égalité sociale qui est cher au Québec», a soutenu Jean Grégoire.«McGill est un réseau public.Il aurait dû attendre et avoir une conversation avec toutes les parties, la ministre, les étudiants, avant de publiciser quoi que ce soit.Mais elle ne l’a pas fait», a déclaré pour sa part Daniel Simeone, président de l’Association des étudiants de deuxième et troisième cycles de l’Université McGill.Sans une telle hausse des droits de scolarité, le vice-doyen de la faculté de gestion a expliqué que McGill ne pourrait pas soutenir son niveau et ne serait pas dans la course.«C’est ça que ça coûte, un MBA», a-t-il lancé en précisant que les étudiants pourront solliciter des bourses d’excellence octroyées par l’institution et le gouvernement, ou des prêts d’institutions privées.Il rappelle qu’à l’Université de Queens, en Ontario, le même programme coûte plus de 60 000 $.A l’École des hautes études commerciales, un étudiant doit payer des frais de 6500 $ pour un programme de MBA d’un an.Le président de la FEUQ souhaite que les droits de scolarité fassent partie d’une loi-cadre.Québec n’y songe pas pour l’instant, mais a déjà avisé l’Université McGill qu’il lui couperait les vivres si elle mettait son projet à exécution, soit 10 000 $ en subvention par étudiant au MBA Les règles budgétaires établies par le ministère n’ont pas force de loi, mais elles doivent être respectées sous peine de sanction.«Toute dérogation à ces décisions peut entraîner un ajustement de la subvention», peut-on lire dans la section Respect de la politique relative aux droits de scolarité.Le dernier avis de la ministre est clair en ce sens, rappelle son attachée de presse.«On les a avisés deux fois qu’ils n’avaient pas le droit de procéder à cette augmentation [.] et que dans la mesure où ce n’est pas respecté, il y aurait des pénalités, soit des coupes», a indiqué Mme Davis.La direction de l’Université McGill a indiqué qu’elle ne ferait aucun commentaire.Le Devoir Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir corn La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel redaction( La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par telecopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition d organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9 etage Montreal (Quebec) H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.