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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-01-26, Collections de BAnQ.

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www.ledevoir.com Le Devoir Vol.ci N ° 1 4 ?LE MARDI 26 JANVIER 2010 I,IO$+TAXES= 1,25 é i JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, s’adresse à Lawrence Cannon, ministre canadien des Affaires étrangères et président du sommet international tenu hier à Montréal sur la reconstruction en Haïti.Au moins dix ans d’efforts pour Haïti Le sommet de Montréal ébauche une feuille de route en vue de la reconstruction GUILLAUME B OURGAULT-C ÔTÉ Un engagement commun des pays amis à maintenir l’aide en Haïti pour au moins 10 ans et une reconnaissance formelle de la souveraineté du gouvernement haïtien dans le pro- cessus de remise sur pied du pays des Antilles: à défaut d’améliorations immédiates sur le terrain, le sommet de Montréal aura permis hier de jeter les bases du processus de reconstruction d’Haïti.Au terme d’une courte journée de discussions, les participants à la Conférence ministérielle pré- paratoire de Montréal ont convenu de reprendre leurs travaux en mars, lors d’une véritable conférence internationale des bailleurs de fonds.La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a offert que celle-ci se tienne à New York.«D’ici là, nom aurons pu faire une analyse des besoins» plus pré- cise, a mentionné Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères et président de la rencontre d’hier.«Ce n’était pas une réunion pour se lamenter ou exprimer notre compassion, mais bien une réunion VOIR PAGE A 8: HAÏTI Hillary Clinton rassure les ONG MARCO BÉLAIR-CIRINO séismc du 12 janvier dernier.Mais les ONG garde- ront la communauté internationale à l’œil.Les organisations non gouvernementales «Ce changement de paradigme, de faire autre-(ONG) présentes en Haïti et des porte-parole ment, de ne pas répéter les erreurs du passé, est à de la diaspora haïtienne se sont dits rassurés par les mon sens porteur d’espoir», a lancé la présidente propos des représentants des pays qmis d’Haïti, de la Jeune Chambre de commerce haïtienne de dont, au premier chef, la secrétaire d’Etat américai- Montréal, Kerlande Mibel.ne, Hillary Clinton.Ils voient d’un bon œil l’assuran- Représentant la Eédération internationale des ce donnée hier à Montréal que le gouvernement Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, haïtien sera aux commandes de la reconstruction et du développement du pays dévasté par le violent voir page a 8: clinton JACQUES NADEAU LE DEVOIR La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, entourée du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et de ses homologues canadien et français, Lawrence Cannon et Bernard Kouchner.Autres textes en pages A 2 et A 3 ¦ La chronique de Michel David, page A 3 ¦ L’éditorial de Marie-Andrée Chouinard, page A 6 ¦ L’importance du secteur rural, page A 7 PEDRO RUIZ LE DEVOIR BUDGET DE MONTREAL Bergeron se range derrière Tremblay ¦ À lire en page A 5 PROCÈS NORBOURG Le jury est dans l’impasse ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.A4 Avis publics.B 4 Culture.B 7 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde .B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 ANTHROPOLOGIE Une histoire inscrite dans les os Publié chez EDP sciences.Secrets d’ossements, de l’anthropologue Guy Gauthier, qui paraît ces jours-ci à Montréal, montre comment l’anthropologie médico-légale a résolu ou laissé pendantes les grandes enquêtes de l’histoire.CAROLINE MONTPETIT orsqu’un cadavre se décompose, dans un climat chaud, la mouche bleue à viande y fait son apparition dans les trois premiers jours.Dans les quatre jours suivants, ce sont les coléoptères qui s’y installent.Viennent ensuite, entre 8 et 18 jours après le décès, les fourmis et les blattes.Suivent enfin les collemboles dans le corps postdécomposé, puis après 30 jours, alors que le corps est sec, c’est le lucane africain qui y trouve refuge.VOIR PAGE A 8: HISTOIRE Guy Gauthier ALI AL-SAADI REUTERS L’anthropologie médico-légale permet de reconstituer des squelettes et leur histoire, comme ce fut le cas après la découverte de fosses communes en Irak.Prisonniers afghans Représailles financières d’Ottawa contre Colvin ?HELENE BUZZETTI Ottawa — La prorogation du Parlement avait presque fait oublier le dossier des prisonniers afghans, mais de nouvelles accusations lancées par le fonctionnaire délateur Richard Colvin relancent toute l’affaire.M.Colvin soupçonne Ottawa de vouloir le faire taire en ne payant plus ses frais juridiques.Richard Colvin est ce haut fonctionnaire fédéral ayant déjà été en poste à Kaboul et à Kandahar qui prétend qu’Ot-tawa savait depuis longtemps que les prisonniers remis par le Canada aux autorités locales risquaient de subir de mauvais traitements.Il soutient que le gouvernement conservateur avait été alerté, par lui-même notamment, des risques dès 2006 lorsque les VOIR PAGE A 8: COLVIN ¦ Le PLC et le NPD veulent encadrer le droit de proroger le Parlement, page A 4 Richard Colvin RENE HOMIER-ROY EN SEMAINE 5H30 Aujourd’hui à 6h40, le verdict dans l’affaire du hockeyeur Patrice Cormier Réalisation: Nadia Peiellon #95,1 PREMIERE CHAINE FM Radio-Canada.ca/bienmeiileur 77831302381705 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 26 JANVIER 2010 HAITI DEVASTE Certains craignent l’éclosion d’un trafic d’enfants MATTHEW BIGG Port-au-Prince — Les petits Haïtiens qui ont perdu leurs parents dans le séisme du 12 janvier risquent de devenir la proie des trafiquants d’enfants, s’inquiètent le gouvernement de Port-au-Prince et des groupes humanitaires.Une unité de la police spécialisée dans la protection des mineurs a envoyé des hommes à la frontière avec la République dominicaine, dans l’est de l’île.«Nom sommes très inquiets, on parle de plus en plus d’enfants emmenés hors du pays», a déclaré hier Kent Page, un porte-parole de l’UNICEF, ajoutant toutefois n’avoir aucun détail ni cas précis susceptibles de permettre de lancer des investigations.Les autorités haïtiennes craignent aussi que des associations n’aient en toute bonne foi envoyé des enfants à l’étranger pour qu’ils y soient adoptés, sans avoir épuisé tous les moyens pour tenter de retrouver leurs parents.Le gouvernement haïtien a décidé la semaine dernière de suspendre ce type d’adoptions.«Il n’est pas question que des ONG ou n’importe quelle institution ramassent comme cela des enfants dans les rues en disant que ce sont des orphelins», a averti le premier ministre, Jean-Max Bellerive.Dans le chaos qui a suivi le séisme, il n’est pas possible de connaître le nombre exact d’enfants qui se retrouvent sans parents à Port-au-Prince.Sept cents d’entre eux ont été recensés et placés dans des centres del’UNICEE «Aller en Amérique» Une association haïtienne d’aide à l’enfance qui travaille dans le quartier de Delmar 31 a recensé pour sa part 3000 enfants qu’elle estime en danger.Certains mineurs ont rejoint la semaine dernière des groupes de pillards et se sont attaqués à des magasins à la recherche de vivres ou de marchandises qu’ils peuvent ensuite revendre, explique Alveus Prospère, président de l’Organisation pour un meilleur avenir des enfants.D’autres enfants ont été recueillis par des parents ou des voisins et survivent dans des conditions précaires dans les camps de fortune qui parsèment la capitale.Une association chrétienne américaine.For His Glory Outreach, a envoyé saipedi 80 enfants par avion aux Etats-Unis afin qu’ils y soient adoptés et prévoit en envoyer 29 autres dans les jours qui viennent, a dit l’un de ses membres, Michael Gibson.Les enfants vivaient dans un orphelinat de la capitale haïtien-pe avant leur départ pour les Etats-Unis et tous les papiers nécessaires avaient été obtenus des autorités haïtiennes avant le tremblement de terre, a-t-ü dit Avant même le cataclysme du 12 janvier, les dures conditions de vie à Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde, ont poussé des parents à placer leurs enfants dans des centres d’adoption.Cela était le cas pour la plupart des enfants confiés à For His Glory Outreach.Judlanda Toussaint, 12 ans, est à l’orphelinat depuis trois années, ses parents ne pouvant plus s’occuper d’elle.«Je veux aller en Amérique; de là je pourrai aider ma famille», dit-elle.Reuters JEWEL SAMAD AEP C’EST FACILE DE CHOISIR SON le nom le dit ÉPARGNE VOTRE PLACEMEN QUEBEC À100% 1 800 463-5229 I www.epq.gouv.qc.ca BONI DE 1% la première année pour les nouveaux fonds REER, FERR, CRI et FRV Epargne Placements QuéDGC ca Ea Le plus gros déploiement de la Croix-Rouge CAROLINE D’ASTOUS Le Devoir en Haïti Sous leurs abris de fortune fabriqués avec des morceaux de chiffons qui volent au vent, üs sont des milliers de sinistrés à attendre l’arrivée des premiers secours.Certains ont récupéré un peu de matériel pour maintenir un semblant de vie normale.Les sinistrés sont installés dans les rues, les parcs et les cours d’école.Certains sont couchés dans leurs abris et en mauvaise santé.Ils n’ont pas «Il faut tout la force de se déplacer en refaire et direction de l’hôpital ou P^iiser dans une cli- autrement» nique itinérante.Alors - Jean-Pierre que je mar- Taschereau chais à travers les abris, dans un camp situé dans le quartier du Carrefour, les sinistrés me posaient tous la même question: «Etes-vom de la Croix-Rouge?» Dans les rues de Port-au-Prince, on voit circuler les camions de la Croix-Rouge haïtienne, de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.Je suis partie à la recherche du quartier général de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans la journée du 22 janvier en moto avec mon interprète.L’endroit est difficile à trouver.Bien caché dans un coin retiré, à proximité de la base des Nations unies, dans le quartier situé près de l’aéroport Un drapeau de l’organisation flotte sur l’endroit, désert à première vue.Les bureaux de la Croix-Rouge haïtienne sont inutilisables depuis le tremblement de terre.Seulement quelques camions ont été récupérés.Le quartier général de la Fédération a été installé sur le vaste terrain où est situé l’entrepôt de la Croix-Rouge haïtienne.«L’actuel déploiement de la Fédération est le plus gros jamais monté au monde.E faut tout refaire et penser autrement, car l’infrastructure du pays n’existe plus», mentionne Jean-Pierre Taschereau, membre de l’équipe canadienne et responsable de l’équipe de coordination et d’évaluation.Ils sont plus de deux cents membres de la Fédération à occuper le quartier général.Des secouristes provenant de plus de 22 pays y ont trouvé refuge.«On s’est installés dam l’entrepôt pour pouvoir évacuer rapidement adve-nant une secousse.Ce ne sont pas les conditiom idéales», indique-t-ü.Jean-Pierre Taschereau compte plus de dix ans d’expérience sur le terrain.H a vécu le tsunami de 2007, le tremblement de terre au Pérou, etc.«Cela a l’air beaucoup pim gros que le tsunami Ac-tuellement, le déploiement de la Fédération représente un budget de 123 milliom de francs suisses sur cinq am.On travaille dam des conditiom qui dépassent l’imagination», dit-il, précisant que l’organisation du quartier général est assurée par la Croix-Rouge canadienne.Au moment de ma visite, les personnes du quartier général célébraient modestement l’arrivée d’une équipe allemande de personnel médical venue installer un hôpital temporaire.«E y a encore des gem qui arrivent avec des blessures.Le volume est comi-dérable.Tout le monde travaille comme des malades», ajoute-t-il, expliquant que la Fédération a distribué plus 1 200 000 litres d’eau aux sinistrés.Sur le plan de la logistique, l’équipe travaille pour améliorer la livraison de la marchandise.Un problème majeur considérant l’effondrement des moyens de transport locaux.«On se questionne sur ce qui va arriver au niveau des camps de sinistrés.On doit agir vite.Impliquer les Haïtiem et l’organisation de la Croix-Rouge haïtienne dam notre système», explique Jean-Pierre Taschereau, surpris par le dévouement des Haïtiens.La Fédération tiendra une rencontre les 9 et 10 février à Montréal.Le but: préparer l’intervention à mettre en place après la phase d’urgence.Collaboration spéciale LE DEVOIR, LE MARDI 26 JANVIER 2010 A 3 HAITI DEVASTE Pour faire un don ¦ La Croix-Rouge canadienne: ® 1800 418-1111 ou en ligne au www.croixrouge.ca ¦ Centre d’étude et de coopération internationale (CECI - Campagne Urgence-Haïti): ® 514 875-9911 ou 1877 875-2324.Don en Hgne: www.ceci.ca ¦ La Coalition humanitaire (CARE Canada, Oxlam Canada, Oxfam-Québec et l’Aide à l’enlkice Canada) : ® 1800 464-9154 ou en ligne au www.lacoali- tionhumanitaire.ca ¦ Développement et Paix (Urgence Haïti) : ® 1888 664-3387 ou en ligne au www.devp.org ¦ L’œuvre Léger (Secours Haïti) : ® 514 495-2409 ou 1877 288-7383.En ligne au www.leger.org ¦ Médecins du monde Canada: ® 1877 896-8998 ou au www.medecimdumonde.ca ¦ Médecins sans frontières Canada: ® 1800 982-7903, www.msf.ca ¦ Vision Mondiale: ® 1800 817-7790.Don en ligne: www.visionmondiale.ca La mesquinerie Michel David Alors qu’Haïti en est encore à compter ses morts, il aurait été un peu indécent de déclencher une nouvelle chicane avec Ottawa à propos de la conférence préparatoire sur la reconstruction du pays.Le premier ministre Charest, qui pensait pouvoir compter sur la bienveillance du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, n’a d’ailleurs pas insisté outre mesure pour y participer.Même le PQ a fait preuve d’une retenue à laquelle il ne nous a pas habitués quand il s’agit d’affirmer la personnalité internationale du Québec.Il est vrai que la coordination de ce gigantesque chantier, que la conférence d’hier a à peine esquissé et qui s’échelonnera sur une décennie, sera suffisamment complexe sans y ajouter le grain de sel constitutionnel canadien.Au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier, la Prance avait également jugé préférable de ravaler la frusjration que lui causait l’attitude hégémonique des Etats-Unis, qui n’entendaient manifestement pas partager la direçtion de l’aide à Haïti.j^rès que le secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet, s’était plaint qu’on ne laissait pas atterrir les avions français à l’aéroport de Port-au-Prince, le président Sarkozy avait jugé préférable de rectiher le tir et de louer «la mobilisation exceptionnelle des Etats-Unis».Bien entendu, Stephen Harper aurait pu choisir de faire preuve d’élégance, mais le «principe de courtoisie» qu’évoquait l’ancien ministre Benoît Pelletier dans son rapport de 2001, qui constitue toujours le fondement de la politique constitutionnelle du gouvernement Charest, n’a jamais fait partie de la philosophie de M.Harper.Dans le cas qui nous occupe, cela ressemblait plutôt à de la mesquinerie.Puisque le Canada était le pays hôte de la conférence et qu’Haïti fait partie de la Prancophonie, où le Québec jouit d’un statut de gouvernement participant depuis un quart de siècle, rien n’empêchait Qttawa de lui faire une place.Hormis la présence d’un fonctionnaire du ministère des Relations internationales, conhné à un rôle d’observateur silencieux, le Québec était complètement invisible hier au siège de l’Qrgani-sation de l’aviation civile internationale.Si l’on a pu lui trouver un strapontin au siège de l’UNESCQ à Paris, en incluant son représentant dans la délégation canadienne, il était certainement possible de l’inviter à une rencontre ad hoc, qui avait lieu de surcroît à Montréal.Plusieurs organismes non gouvernementaux avaient d’ailleurs été invités à y participer.Le hasard a voulu que cette conférence coïncide avec le quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir des conservateurs.M.Harper aurait pu profiter de l’occasion pour démontrer qu’il croyait encore au «fédéralisme d’ouverture» qu’il avait fait miroiter dans son «discours de Québec» en décembre 2005.Il a sans doute gardé en travers de la gorge les reproches que Jean Charest lui a adressés à la conférence de Copenhague sur les changements climatiques.Sa récidive à Rivière-du-Loup n’a pas dû améliorer les choses.Personne au Québec n’aurait même songé à participer à une conférence comme celle d’hier, si le tremblement de terre avait dévasté la République dominicaine ou encore la Jamaïque.Il saute aux yeux que le Québec entretient une relation tout à fait particulière avec Haïti.Dans sa déclaration, M.Harper n’a fait aucune référence au rôle que le Québec pourrait être appelé à jouer dans sa reconstruction.Encore moins aux mesures qu’il a prises ahn de faciliter l’accueil des sinistrés, alors qu’Qttawa a adopté une attitude très bureaucratique.Le Canada esf le deuxième bailleur de fonds d’Haïti après les Etats-Unis, mais la participation canadienne à la reconstruction sera largement le fait des Québécois, déjà très présents dans le pays.Ce n’est certainement pas im hasard si Montréal, où résident la très grande majorité des 150 000 Canadiens d’origine haïtienne, a été choisi pour tenir la conférence.Les compétences de la diaspora seront essentieUes au relèvement haïtien.Alors que les sinistrés manquent de tout, la priorité doit aller au rétablissement des services essentiels et à la reconstruction des infrastructures, mais le relèvement du pays passera obligatoirement par celui de l’Etat.Déficient à tous égards même avant la catastrophe, le gouvernement haïtien est totalement incapable de prendre les choses en main, même si les participants à la conférence d’hier ont lourdement insisté sur le respect de la souveraineté haïtienne.Les Haïtiens sont les premiers à mesurer l’incurie et la corruption de leur État Il faudra beaucoup de fravail pour en faire un gestionnaire efficace.()’est peut-être à ce chapitre que la contribution québécoise pourrait être la plus si-gnihcative.En vertu d’im protocole d’entente signé par les gouvernements canadien, québécois et haïtien en novembre 2007, l’Ecole nationale d’adminis-fration publique assure déjà la maîtrise d’œuvre du Projet d’appui à la gouverne de l’Etat haïtien, qui devait durer cinq ans et coûter 7,2 millions de dollars.De toute évidence, il faudra repartir de zéro.mdavid@ledevoir.com Du pain et des abris Besoin urgent de 200 000 tentes et de nourriture MARCO BELAIR-CIRINO Le président haïtien, René Préval, a appelé hier la communauté internationale à fournir de toute urgence quelque 200 000 tentes pour protéger les familles que le séisme a laissées sans abri, avant que la saison des pluies ne ruine les efforts déjà entrepris.«L’urgence s’aggrave avec la proximité de la saison des pluies», a-t-il indiqué.La saison des pluies commence habituellement en mai en Haïti, mais des tempêtes peuvent survenir plus tôt.Quelque 200 000 tentes familiales respectant les normes onusiennes «sont urgemment nécessaires», a affirmé M.Préval, invitant les pays participant à l’aide à puiser dans leurs stocks militaires au proht du million de sinistrés.L’QNU a mis en garde contre le risque de catastrophe sanitaire que pourraient provoquer de fortes pluies alors que des centaines de milliers de personnes sont toujours sans abri.Quelque «36 milliom de rations alimentaires prêtes à manger sont indispensables pour faire face aux besoins de 1,5 million de personnes pendant 15 jours», a affirmé le président haïtien.D’ailleurs, une opération de distribution d’aide quotidienne a viré au chaos hier à Port-au-Prince devant le palais présidentiel haïtien, alors que 18 Casques bleus tentaient à eux seuls de contenir une foule d’environ 4000 Haïtiens affamés.Un soldat repoussait la foule avec un bouclier en plexiglas, tandis que ses collègues utilisaient des bombes au poivre contre les Haïtiens les plus proches.D’autres Casques bleus tiraient des balles de caoutchouc en l’air, dans l’indifférence quasi totale des Haïtiens se bousculant pour les précieux vivres fournis par l’organisation américaine Eagles Wings Eoundation.«Uno! Uno! Uno!», criaient en vain les soldats uruguayens pointant le doigt en l’air dans l’espoir que la population forme une hle ordonnée.Mais la foule avançait au contraire de façon désordonnée vers les camions chargés de sacs de riz et de bidons d’huile de soja.«Nous allom partir dam cinq minutes parce que nous allom être débordés», a prévenu un Casque bleu.Une fois le départ des soldats effectué, l’attroupement a plongé sur les 50 sacs de riz qu’ils avaient laissés derrière eux.«Tout est parti, ils n’ont rien laissé», s’est lamentée Geneve, une Haïtienne âgée, en atteignant enhn les récipients pié-tinés et désespérément vides.Elle a alors rejoint la dizaine de personnes agenouillées dans la rue souillée de détritus pour ramasser les derniers grains de riz un par un.La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’QNU, Josette Sheeran, a souligné la nécessité que la nourriture livrée à Port-au-Prince le soit sous escorte militaire.Çlle a loué le rôle des troupes de l’QNU et des Etats-Unis dans ce domaine, malgré quelques débordements de violence.«Chaque fois que nous n’avions pas un service d’ordre adéquat, nous avom eu des émeutes sur les sites de distribution de nourriture», a-t-elle dit, soulignant que le PAM A S JEWEL SAM AD AEP Devant le palais présidentiel, les sinistrés se bousculaient pour obtenir un peu de nourriture.voulait assurer que les femmes et les enfants, «les plus vulnérables», aient accès à la nourriture.«Notre méthode consiste à ne distribuer qu’aux femmes pour assurer que la nourriture parvienne aux femmes et aux enfants à Haïti», a-t-elle ajouté.Josette Sheeran a aussi lancé hier aux armées présentes sur le terrain un nouvel appel à la fourniture de rations de survie pour les Haïtiens sans abri et démunis depuis le séisme.Mme Sheeran a indiqué que le PAM avait «quasiment épuisé toutes ses réserves» de repas prêts-à-manger,et en conséquence «appelait les forces armées des Etats à mettre à sa disposition les éventuels surplus des ratiom militaires qu’ils fournissent à leurs troupes».Le Devoir D’après VAgence Franee-Presse et Reuters 21 morts canadiens ¦ Le bilan des victimes canadiennes du séisme du 12 janvier en Haïti s’étabHt à 21 morts et 171 disparus, a annoncé hier le gouvernement du Canada dans une mise à jour diffusée en hn d’après-midi.Les Canadiens portés disparus sont ceux qui se trouvaient dans la zone touchée par le séisme et dont les lamiUes n’ont pas reçu de nouvelles depuis la catastrophe.Alertés, les services consulaires canadiens n’ont toujours pas réussi à les locaHser.¦ Depuis le séisme, 2424 Canadiens ont été rapatriés au Canada.Le défi quotidien des équipes médicales À Léogâne, une ONG canadienne soigne les plaies dans des conditions épouvantables VALERIAN MAZATAUD Le Devoir en Haïti \ A Haïti, alors que les derniers miraculés ont été extirpés des décombres, il faut maintenant soigner les milliers de blessés qui attendent dans les pitoyables çonditions d’hygiène des camps de réfugiés.À Léogâne, une des villes les plus sérieusement touchées, une équipe de médecins canadiens s’active au chevet de la population.Le D" Donna Smith se concentre, penchée sur le pied droit d’une jeune habitante de Leogâne.Le front perlé de sueur, la chirurgienne de Vancouver recoud avec application le pied de l’adolescente, qu’elle vient tout juste d’amputer d’un orteil.Quelques instants plus tôt, deux répliques de 4,8 et 4,9 sur l’échelle de Richter ont agité les installations de l’hôpital de campagne du Canadian Medical Assistance Teams (CMAT), ouvert depuis le mercredi 20 janvier.Léogâne, une ville de 200 000 habitants située à l’est de Port-au-Prince, à une heure de route, a été détruite à près de 80 %, et le nombre des victimes y dépasse les 10 000.Quelques jours après la catastrophe, le CMAT a envoyé une équipe d’évaluation de six personnes.En arrivant à Léogâne, les médecins et infirmières de l’QNG canadienne ont vite mesuré l’ampleur du désastre: une ville coupée de tout et peuplée de blessés sans eau et sans nourriture.«L’échelle de ce drame est absolument catastrophique», souffle Bill ColtarL aide médical et coordonnateur.Le lundi 18, une équipe de dix personnes atterrissait en Haïti pour entreprendre la construction d’un hôpital de campagne, avec l’aide inespérée de la marine canadienne.«Nous étions prêts à être autosuffisants», explique Valery Rebka, chef d’équipe, «mais nous sommes chanceux que l’armée nous aide, car la logistique est un cauchemar».L’aide est insuffisante par rapport aux besoins de la population Aide insuffisante La marine, partie de Halifax le 15 janvier et arrivée le 19 à Léogâne, a pris en main l’approvisionnement en nourriture et en eau potable, ainsi que les télécommunications et la sécurité du camp.«Cela nous permet de travailler à pleine capacité», avoue Valery Rebka.Pour autanp l’aide reste encore tragiquement insuffisante par rapport aux besoins d’une population qui manque de tout.Macanzie Spadie, 17 ans, et Ju-del Dort, 23 ans, deux voisins dont le quartier a été rasé, sont venus chercher un peu d’eau potable à la clinique, installée sur le terrain de football de l’école Bono.C’est le sous-lieutenant Philip Rumsay qui se charge de leur annoncer la mauvaise nouvelle: «Désolé, on n’a pas d’eau ici.Il y en ajuste assez pour les médecins.» Ces derniers, sur le pied de guerre dès six heures du matin, traitent plus de 150 patients par jour.«La première journée, nous avons dû effectuer huit opérations chirurgicales, ainsi qu’un accouchement», explique Bill Coltart.Les soins les plus courants concernent des plaies ouvertes de toutes tailles, ainsi que de nombreuses fractures des membres inférieurs.Le plus inquiétant reste cependant le suivi.Les patients vivent pour la plupart dans la rue, dans des conditions d’hygiène inexistantes.«Les risques d’infection sont considérables», avoue le D" Smith.Pour limiter les problèmes, les médecins privilégient la pose de broches extérieures pour les fractures, et les patients repartent chez eux avec antibiotiques et rendez-vous de contrôle, pour les cas les plus sérieux.Les nombreux marins francophones jouent le rôle de traducteurs entre le créole des Haïtiens et l’anglais du personnel médical.Le marin Petitpas, im Montréalais ayant vécu en Haïti, où il a appris à parler créole, est sollicité sans relâche pour traduire symptômes et posologies.Dans les blocs opératoires improvisés, on essaie de maintenir une zone stérile, même si les patients sont couchés sur une civière étendue sur des parpaings.«Les deux tiers de notre équipe sont habitués à fonctionner dans ce type de conditions.Nous sommes une machine bien huilée», explique Valery Rebka.Le CMAT, une organisation non gouvernementale basée en Qntario et fondée il y a 15 ans sous le nom de Canadian Relief Eoundation, s’est restructuré en 2005 lors du tsunami qui a dévasté l’Asie du Sud-est.L’équipe, en poste pour deux mois, est la première à être arrivée à Léogâne depuis l’étranger.Beaucoup trop occupés à la clinique, les membres du CMAT n’ont pas le temps de se déplacer au chevet des patients incapables de bouger, une problématique que l’arrivée prochaine de dix nouveaux sauveteurs pourrait ai-deç à résoudre.A quelques centaines de mètres, les jeunes étudiants de la Eaculté des sciences inhrmières de Léogâne s’activent sans arrêt depuis le soir de la catasfrophe du 12 janvier.Aujourd’hui, ils rendent visite à la clinique du CMAT, et en repartent avec des sacs de bandages et de compresses.«Maintenant, nous recevons l’aide de médecins américaim et japonais, mais il y a encore beaucoup de patients à traiter dans la cour de la faculté.» Devant l’affluence, le ()MAT est obligé de fermer ses portes à 13li, et ne finit de traiter la file d’attente qu’en début de soirée.Le matin, les patients sont en premier lieu inspectés et triés par un aide médical qui répartit les cas en trois catégories: vert pour les plaies bénignes, jaune pour les problèmes graves et rouge pour les interventions chirurgicales immédiates.Plus de dix jours après la catastrophe, de graves infections, pouvant parfois attaquer les os, forcent les chirurgiens à amputer pour éviter la gangrène.«Les gens hésitent très peu.Ils ont parfaitement conscience des terribles conditions dans lesquelles ils se trouvent, et de ce qu’ils doivent faire pour survivre.» Collaboration spéciale A 4 LE DEVOIR LE MARDI 26 JANVIER 2010 ACTUALITES Reprise parlementaire virtuelle à Ottawa Le PLC et le NPD veulent encadrer le droit de proroger Les deux partis proposent deux approches différentes, tandis que le Bloc juge qu’il y a d’autres urgences Prorogation ou pas, les libéraux et les néodémocrates se sont présentés au travail hier sur la colline parlementaire.Les deux partis proposent de codifier les modalités de suspension des travaux de la Chambre des communes, mais ne s’entendent pas sur les moyens d’y parvenir.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Cétait jour de reprise parlementaire hier à Ottawa, du moins pour les élus du Parti libéral et du NPD qui se sont présentés sur la colline malgré la prorogation qui suspend les travaux de la Chambre des communes et du Sénat jusqu’en mars.Le chef libéral, Michael Ignatieff ,en a profité pour présenter son plan afin d’éviter à l’avenir d’autres prorogations injustifiées.La proposition libérale consiste à modifier le règlement de la Chambre des communes pour obliger le premier ministre à donner un avis d’au moins 10 jours expliquant les raisons pour lesquelles il veut proroger et tenir un débat.Ce débat devra se conclure par un vote seulement si la prorogation est exigée moins d’un an après le dernier discours du Trône ou si sa durée est de plus d’un mois.Il serait interdit de proroger si un vote de confiance est prévu à la Chambre des communes, comme ce fut le cas en décembre 2008.Enfin, les comités parlementaires auraient désormais le droit de poursuivre leurs travaux pendant la prorogation.«Le peuple a parlée il a dit ''Nous n’aimons pas cela”, et nous sommes à l’écoute», a expliqué M.Ignatieff en point de presse hier matin.Samedi, une soixantaine de manifestations antiprorogation ont eu lieu partout au pays, d’Edmonton à -1 CHRIS WATTIE REUTERS Le chef libéral, Michael Ignatieff, a rappelé ses députés à Ottawa en dépit de la prorogation de la session.Sydney en passant par North Bay.À Toronto, entre 3000 et 4Q00 personnes ont bloqué une artère de la ville.À Ottawa, 3500 personnes se sont massées devant le parlement.Le chef du NPD, Jack Layton, a promis la se- maine dernière de déposer un projet de loi obligeant la tenue d’un vote au Parlement avant toute prorogation.M.Ignatieff a soutenu que son projet allait plus loin.«Dans le cas d’un gouvernement majoritaire, le gouvernement aurait toujours le contrôle», selon le scénario du NPD.Jack Layton n’a pas dévoilé encore son projet de loi, mais on sait déjà qu’il n’obtiendra pas l’appui du Bloc québécois, qui dit avoir des demandes constitutionnelles plus pressantes.L’expert en procédure et en constitution canadienne Ned Eranks ne croit pas que la proposition soit réaliste, car elle altérerait le privilège de la couronne.Il faudrait prévoir une échappatoire, dit-il tout en reconnaissant que cela rendrait la loi caduque.C’est d’ailleurs ce qui est arrivé, note-t-il, avec la loi sur les élections à date fixe, qui nécessitait une telle échappatoire pour être constitutionnelle, échappatoire qui a été utilisée par M.Harper en septembre 2008 lorsqu’il a déclenché lui-même l’élection.M.Ignatieff croit au contraire que la gouver-neure générale n’aurait pas le choix de respecter les règles du Parlement.«Nous croyons que le Parlement est souverain, qu’il fonctionne en vertu de conventions constitutionnelles et que la gouverneure générale respecte ces conventions», explique-t-il.Toute la semaine, par ailleurs, les libéraux tiendront des séances de discussions sur les enjeux de l’heure animées par les intervenants du milieu.Pour la petite histoire, le chef du NPD a organisé un point de presse avec son caucus derrière lui juste devant les portes fermées de la Chambre des communes.«Nous nous trouvons aujourd’hui devant les portes closes, mais les représentants élus du peuple ne peuvent entrer pour faire leur travail», a dit M.Layton.Une heure plus tard, Michael Ignatieff s’est prêté au même jeu, cette fois devant les portes ouvertes de la Chambre des communes pour bien montrer qu’elle était vide.En temps normal, ces portes de bois restent fermées quand la Chambre siège.Le Devoir Boissons gazeuses et énergisantes Taxer pour vivre en santé ?FABIEN DEGLISE Une vaste coalition d’organismes versés dans la santé et dans l’éducation ainsi que des groupes communautaires et des représentants des municipalités demandent à Québec d’adopter une taxe sur les boissons gazeuses et les boissons énergisantes.But de l’opération?Enrayer la progression de l’obésité, dans toutes les strates de la population, mais aussi financer des programmes de prévention pour lutter contre les mauvaises habitudes alimentaires avec l’argent ainsi récolté.La Coalition québécoise sur la problématique du poids vient d’en faire officiellement la demande au gouvernement dans le cadre des consultations prébudgétaires 2010-2011 amorcées par le ministre Raymond Bachand.«En matière de santé et de lutte contre l’obésité, la prévention est nécessaire au Québec», a résumé hier Suzie Pellerin, directrice de la coalition.Le terrain est de plus en plus fertile au Québec pour une telle taxe.En septembre dernier, la Commission politique du Parti libéral a d’ailleurs adopté à l’unanimité une résolution en faveur d’une taxe d’accise visant les produits alimentaires «aux vertus nutritives douteuses».Pour la Coalition, Québec de- vrait se concentrer sur les boissons gazeuses et énergisantes dont la taxation, à des fins sanitaires, comporterait un double avantage, peut-on lire dans le mémoire déposé par le groupe de pression.Cette taxe enverrait un «signal important qui valorise les saines habitudes de vie».Qui plus est, la recette fiscale pourrait aussi être affectée à un fonds pour «financer des actions de prévention pour lutter contre l’épidémie d’obésité».La Coalition estime d’ailleurs à 71 millions de dollars la valeur de l’enveloppe ainsi constituée.Et ce, sur la base d’une taxe santé de 0,05 $ par contenant La taxe suggérée par la Coalition est un premier pas salutaire, selon le groupe, dans une société où 56,3 % de la population est en surcharge pondérale, selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec.Par ailleurs, partout au pays, la «composition corporelle» des 6 à 19 ans s’est détériorée de manière significative, fait remarquer le groupe qui montre du doigt une alimentation carencée tout comme la sédentarité, mais surtout la consommation quotidienne de boissons sucrées qui ferait grimper les risques d’obésité de 60 %.Le Devoir Droits et Démocratie Les employés sont en conflit ouvert avec le président par intérim ALEC CASTONGUAY Le conseil d’administration de Droits et Démocratie a visiblement choisi de jouer la ligne dure contre les employés de l’organisme fédéral.Vendredi soir dernier, les membres restants au conseil d’administration (il y a 4 postes vacants sur 13) ont décidé de nommer l’avocat torontois Jacques Gauthier comme président par intérim de l’organisme, a appris Le Devoir.Cette nomination a provoqué une onde de choc hier à l’intérieur de l’organisme basé à Montréal, puisque Jacques Gauthier faisait partie des trois membres du conseil d’administration dont les 47 employés de Droits et Démocratie ont réclamé la démission il y a deux semaines à peine.Malgré cette grogne interne, M.Gauthier devient quand même président par intérim pour les trois prochains mois, ou jusqu’à ce que le gouvernement nomme un nouveau président.L’ancien président, Rémy Beauregard, est décédé d’une crise cardiaque le 7 janvier der- nier, au moment où des réunions houleuses du conseil d’administration se tenaient à Toronto.Son décès et une série de démissions au conseil d’administration ont entraîné une crise sans précédent au sein de l’organisme fédéral indépendant, créé par le Parlement en 1988.Le 12 janvier dernier, les employés de Droits et Démocratie ont signé une lettre pour demander la démission de trois membres du conseil d’administration: le président, Aurel Braun, le vice-président, Jacques Gauthier, ainsi qu’El-liott Tepper.Dans cette lettre, le personnel exprime sa perte de confiance, qui est liée aux agissements des administrateurs.Les trois sont toujours en poste.On leur reproche notamment un harcèlement psychologique contre certains employés et d’avoir exercé une pression injustifiée sur Rémy Beauregard, l’ancien président.Les trois administrateurs ont notamment lancé une évaluation secrète de la performance de M.Beauregard le printemps dernier.Le 8 janvier dernier, deux membres du conseil d’administration ont démissionné pour protester contre un virage idéologique que certains membres du conseil tenteraient d’imposer à l’organisme.Sept des treize membres du conseil d’administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaitent que Droits et Démocratie ne mène plus certains programmes au Proche-Orient et qu’il cesse d’entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël.On voudrait aussi que l’organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, lequel n’a pas la faveur du gouvernement Harper.Le gouvernement fédéral n’a pas d’autorité directe sur Droits et Démocratie, puisque c’est le conseil d’administration qui décide des orientations.Par contre, le gouvernement nomme dix des treize membres du conseil d’administration.Le gouvernement Harper, malgré nos demandes répétées, ne s’est pas encore prononcé sur les événements des dernières semaines.Le Devoir E N BREF Pétition Le Parti québécois entreprend aujourd’hui une campagne pour inciter les citoyens à signer sa pétition par laquelle il réclame une enquête publique sur la construction.Jusqu’à maintenant, moins de 25 000 personnes ont signé la version électronique du texte, qui se trouve sur le site de l’Assemblée nationale.La date limite pour le faire est le 4 février.La semaine dernière, le PQ a fait distribuer une copie papier aux membres de son caucus pour la faire signer partout au Québec.Ce matin, Agnès Maltais sera à la Place DTouville à Québec pour faire le plein de signatures.- Le Devoir Accords Le premier ministre du Québec, Jean Charest, espère avoir conclu la totalité des arrange ments de reconnaissance mutuelle sur les métiers et professions concernés avec la Erance d’ici sa prochaine visite dans ce pays, en octobre ou novembre.Jusqu’ici, 22 arrangements de re-connaissance mutuelle entre mé-tiers et professions en Erance et au Québec ont été signés.Ultimement, c’est donc une centaine de ces accords qui devraient être conclus d’ici la visite de M.Charest à Paris, l’automne prochain.- La Presse canadienne Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur ; 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesamionces@ledevoir.com AVIS DE DECES I 'N -D -E -X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100* 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100* 150 Achat-vente-échange 160* 199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 * 250 Achat-vente-échange 251 * 299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES APPARTEMEN1SET L0GEMEN1SÀL0UER CDN, AVENUE RIDGEWOOD Grands 1 1/2 et 3 1/2, chauffé/eau chaude inclus, contactez kim 514-710-7157 fraîchement rénové, beaucoup de cachet, 3 ch., 1500$ 514-594-4594 OUTREMONT -1535 BERNARD Grand 5 1/2,2e, tout compris.Meublé si désiré.Prés Stanislas.Avril.1500$ Gar.514 271-4168 PLATEAU, Chambord et Laurier, 5 1/2, r.de c., cours arriére, 1200$ Libre 1er mars 514-570-2234 LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 5l 4-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit SECTEUR VENTE COURS APPARTEMEN1SET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de et à ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap^ APPARTEMENTS ET L0GEMEN1SÀL0UER PRÈS TUNNEL LAFONTAINE 41^2 Rue Hochelaga.Bus à la porte.A/c.Rénovation supérieure : céram., plancher terrazo.4 électros 900$.Ross, meublé : 1000$ Chauffé et éclairé.514 945-1030 VILLERAYprès Métro Jarry.Haut duplex, 5 1/2 -u salle de 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connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas responsable des erreurs répétées.Merci de votre attention.Nouvelle adresse 1855, me Du Havre Montréal Qc H2K 2X4 Téléphonez dès maintenant 514 525-1149 Télécopieur; 514 525-7999 necro(ogie9lememoriel.con[i Le mémorlel Bureau ouvert du lundi au vendredi de 10h30 â IBtiSO Par téléphone, télécopieur ou par oourtiel le; samedi et dimonche de 12h00 è 17h30 QUAND LA TOXICO MANIE PREND faites les premiers pas (514) 939-0202 www.portage.ca Pour vaincre la toxicomanie LE DEVOIR LE MARDI 26 JANVIER 2010 A 5 ACTUALITES Budget : Bergeron appuie Tremblay, à l’encontre de son propre parti JEANNE CORRIVEAU Membre du comité exécutif, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a décidé d’appuyer le budget de l’administration Tremblay même s’il en désapprouve de grands pans et que les élus dp sa propre équipe le rejettent.A ses yeux, cette position ne constitue pas une contradiction, mais bien une attitude «responsable».Réunis à l’hôtel de ville hier, les membres du conseil municipal ont débattu toute la journée du budget 2010 de la Ville qui prévoit des hausses de taxes de 5,3 % pour les contribuables montréalais.Les échanges se sont poursuivis en soirée, mais, au moment de mettre sous presse, le vote n’avait toujours pas eu lieu.L’adoption du budget de 4,3 milliards de dollars ne faisait toutefois pas de doute compte tenu de la majorité que détient le parti de Gérald Tremblay au conseil municipal.Dilemme En après-midi, Richard Bergeron a pris la parole pour faire savoir qu’il comptait appuyer le budget de l’administration Tremblay même s’il rejette plusieurs éléments qui s’y trouvent.«Je ne le ferai pas par opportunisme, comme certains mauvais esprits pourraient être tentés de le penser, mais bien parce que f estime que ce budget va, à maints égards, dans la bonne direction», s’est-il efforcé d’expliquer lors de son intervention.S’il applaudit aux investissements importants consacrés aux transports en commun — 433,7 millions de dollars, dont 359,4 millions pour la Société de transport de Montréal — de 9 Richard Bergeron même qu’à la réserve de 10 millions destinée à renforcer l’expertise technique de la Ville et à l’enveloppe de 12 millions supplémentaires pour les arrondissements, M.Bergeron aurait souhaité que la Ville abaisse le prix de la carte autobus-métro (CAM) à 60 dollars et investisse massivement dans la construction de logements sociaux.Il a aussi suggéré la création d’un fonds Transit Oriented Development (TOD) de 1,5 milliard de dollars pour financer une stratégie de développement axée sur le transport collectif.Qu’importe, M.Bergeron votera en faveur de ce budget alors que les neuf autres membres de sa formation le rejetteront.H estime que sa position lui permet d’être à la fois solidaire du comité exécutif dont il fait partie depuis novembre dernier et solidaire des élus du parti qu’il dirige.Tous les membres de son équipe ont approuvé sa décision, a-t-il assuré.«C’est un peu long à expliquer, mais je crois vraiment avoir résolu la quadrature du cercle, pas dans le sens mathématique du terme, mais dans le sens de la politique montréalaise, a-t-il indiqué JACQUES NADEAU LE DEVOIR en marge de la séance.Je me sens très à l’aise de voter avec mes collègues du comité exécutif et je me sens très à l’aise que mes neuf collègues élus de Projet Montréal votent contre le budget.Ça semble un peu tarabiscoté, mais c’est plus responsable que de simplement se lever et de quitter la salle.» f Etonnement La chef de l’opposition, Louise Harel, n’en revenait pas du raisonnement de son collègue.«C’est la première fois en 27 ans de vie politique que je vois un élu parler contre [un budget] et voter en [sa] faveur», a-t-elle résumé.La conseillère de Louis-Riel, Lyn Thériault, qui siège elle aussi au comité exécutif, entendait sortir de la salle au moment du vote, quitte à devoir payer une pénalité de 100 $.«Je ne pense pas que pour avoir le courage ses convictions, ce soit ce montant qui la préoccupe», a indiqué Mme Harel.Plus tôt dans la journée, la chef de l’opposition avait pris soin de demander à Gérald Tremblay quelles directives il donnait aux deux membres de l’opposition siégeant au comité exécutif.Le maire avait répondu qu’en cas d’opposition, il suggérait aux deux élus de quitter la salle au moment du vote, mais qu’il remettrait en question la cohabitation si ceux-ci votaient contre le budget.Les troupes de Louise Harel avaient clairement l’intention de rejeter le budget.La chef de l’opposition juge qu’en campagne électorale, le maire Tremblay n’a pas donné l’heure juste aux Montréalais en taisant les importantes hausses de taxes qui les attendaient.Lors de la plénière, les élus de Vision Montréal ont maintes fois dénoncé la réduction des investissements prévue en 2010 en raison de la révision des processus d’octroi de contrats décrétée par le maire Tremblay.Invariablement, les fonctionnaires ont répondu que le comité exécutif devrait ultérieurement cibler les dossiers prioritaires.«C’est une drôle façon de fonctionner.On a l’impression de signer un chèque en blanc», a fait remarquer Mme Harel qui voyait mal comment les élus pouvaient approuver à l’aveuglette de telles dépenses.Les partis d’opposition ont multiplié les amendements avec un succès inégal.En coulisse, on a évoqué la possibilité que le parti du maire ait recours à une question préalable pour mettre fin aux discussions et forcer la tenue du vote.Les débats se sont déroulés en l’absence du numéro deux du parti Vision Montréal, Pierre Lampron, qui a été hospitalisé après avoir été victime d’un malaise jeudi dernier.H devait subir un pontage coronarien hier.Le Devoir LE DROIT A LA SANTE fi-?O,'-,'- JACQUES GRENIER LE DEVOIR UNE CINQUANTAINE de manifestants, souvent issus d’organismes communautaires, ont marché hier pour la création de sites d’injections supervisées à Montréal.Fleurs et pancartes à la main, ils ont défilé sur le boulevard René-Lévesque, en direction des bureaux montréalais de Santé Canada.Ils y ont déposé un cercueil et les fleurs, symboles des toxicomanes qui périssent en raison des mauvaises conditions dans lesquelles ils consomment la drogue.Ils demandaient au gouvernement Harper de modifier la Loi sur les drogues pour que les sites d’injections deviennent légaux sans avoir à obtenir une exemption de la part de gouvernement.«On croit que les sites d’injections répondent à un droit à la santé, indique un responsable de l’événement, Roger Gaudet.On a déjà des lieux à Montréal qui distribuent des seringues propres, ça ne coûterait presque rien pour les transformer en site d’injections, à part les services d’une infirmière.Et si quelqu’un veut se reprendre en main, ce n’est pas en solitaire dans les ruelles qu’il va réussir.» Les marcheurs fêtaient également la victoire du seul site d’injections supervisées au Canada, le centre InSite de Vancouver, qui a été reconnu de nouveau comme un service essentiel devant la cour le 15 janvier.E N BREF 300 000 $ pour rajeunir l’image de la Vieille Capitale Le Erançais Clotaire Rapaille, qui a été embauché par la ville de Québec pour rajeunir son image de «vieille capMe», coûtera 300 000 $ aux contribuables, a ré vêlé hier la radio de Radio-Canada.Le spécialiste du marketing qui est attendu à Québec le 2 fé vrier prochain sera payé conjointement par la Ville, l’Office du ROBERT GREFFARD QUEBEC tourisme et l’organisme de développement économique Pôle-Chaudière-Appalaches.Cette ré partition des honoraires fait passer la part de la Ville sous la barre des 100 000 $, ce qui la soustrait à un processus d’appel d’offres public.- Le Devoir François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Les malades cardiaques de plus en plus jeunes MELISSA GUILLEMETTE Le patient à risque de maladie cardiaque typique n’a plus le visage d’un homme d’âge mûr.Il rajeunit de plus en plus en raison des mauvaises habitudes de vie des Canadiens.C’est ce qu’a constaté la Eon-dation des maladies du cœur du Canada et c’est ce qu’observe tous les jours le George Ho-nos, chef du Service de cardiologie et cogestionnaire médical du regroupement cardiovasculaire du CHUM.«La salle d’attente rajeunit, et on voit passer beaucoup de gens de 30 et 40 ans qui ont un accident vasculaire cérébral [AVC].Ils sont jeunes et prennent déjà cinq à dix pilules par jour.» Un phénomène qui était encore inimaginable il y a dix ans.Les jeunes de 20 à 34 ans se sentent quant à eux à l’abri des maladies du cœur, selon la Eon-dation, alors qu’ils devraient déjà travailler à réduire les facteurs de risque présents dans leur vie.Trois millions d’entre eux sont en effet sédentaires, deux millions fument, 2,5 millions sont obèses et 164 000 souffrent d’hypertension artérielle.L’insouciance est la même chez les 35 à 44 ans.«Le problème, c’est qu’ils se sentent bien, car ce sont des problèmes silencieux, ajoute le D" Ho-nos, qui est également porte-parole de la Eondation des maladies du cœur.Souvent, ils n’ont pas de médecin de famille et ignorent les facteurs de risque.» Ces facteurs de risque sont d’ailleurs souvent combinés.Les autochtones, les baby-boo-mers et les femmes cassent également le stéréotype du patient qui a des problèmes de cœur.Certaines populations ethniques sont aussi plus à risque, note-t-on dans le bulletin 2010 de la Eonda- tion.Les citoyens d’origine sud-asiatique ou afro-caribéenne, qui souffrent plus souvent de diabète et d’hypertension artérielle, sont en effet plus exposés aux maladies du cœur.Les habitudes de vie sont à revoir d’un océan à l’autre.Si les Canadiens sont légèrement plus actifs ces dernières années et fument moins, l’obésité a augmenté de 18 % entre 1994 et 2005.Le Québécois se situe au 4" rang des provinces et territoires qui ont des comportements sains pour le cœur.Les Québécois occupent la première place quant au rang de consommation de fruits et légumes, mais obtiennent la 10" place sur le plan de l’activité physique, ex æquo avec Terre-Neuve-et-Labrador.«C’est grave, estime le Ho-nos, car on a développé des traitements très efficaces et des moyens facilement accessibles de détecter l’hypertension, mais les Canadiens se mettent eux-mêmes en danger en ayant des comportements à risque.Si ça continue comme ça, les avancées vont être contrées.» La Eondation des maladies du cœur prépare une stratégie de sensibilisation pancanadienne pour contrer la disparité qui existe entre les provinces et territoires.«On demande aussi quelques mesures au gouvernement pour aider les gens à adopter des comportements sains, comme une aide pour s’assurer que les aliments “santé” soient accessibles au même coût partout au Canada, explique la directrice des Affaires santé et recherche à la division québécoise de la Eondation, Erancine Eor-get Marin.Mais les gens aussi doivent faire des efforts.Tout le monde doit faire sa part.» Le Devoir PREUNIVERSITAIRE i is Saviez-vous que.l'École de musique Vincent-d'Indy offre un vaste choix de programmes du collégial qui s'adressent autant aux futurs musiciens qu'à ceux qui désirent une bonne formation en musique tout en se dirigeant vers d'autres champs de spécialisation ?Les programmes jumelés (200.11,300.11 et 500.11) sont offerts en partenariat avec ie Collège Jean-de-Brébeuf.Le mardi 2 février 2010, c'est journée portes ouvertes à l'École de musique Vincent-d'Indy de 17h à 20h.ÉCOLE DE MUSIQUE Vincent-d’Indy 628, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Outremont (Québec) H2V 2C5 Téléphone 514-735-5261 Télécopieur 514-735-5266 Courriel admission@emvi qc ca www emvi qc ca ÉDOUARD MONTPETIT A 6 LE DEVOIR LE MARDI 26 JANVIER 2010 EDITORIAL Conférence de Montréal sur Haïti Feuille de route Pour un trémolo meurtrier de 30 secondes, il faudra une décennie entière de reconstruction.La première rencontre qui s’est déroulée hier à Montréal a confirmé Haïti, pays dévasté mais volontaire, pour le commandement de cette renaissance.Il s’agissait d’une décision nécessaire, dans laquelle réside un formidable défi, tant pour Haïti que pour ses pays partenaires.L Marie-Andrée Chouinard a «réunion de travail» — pour reprendre l’expression du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive — qui s’est déroulée hier à Montréal a convenu qu’Haïti, malgré l’extraordinaire gageure que cela comporte, serait maître d’œuvre de sa remise à neuf.Pour ce pays déjà affaibli, le défi est prodigieux, car, au-delà de la reconstruction matérielle, le gouvernement devra rassurer la population sur la solidité de ses bases.Voilà certes un domaine où, par le passé, il n’a pas particulièrement excellé.Agglutinés autour du premier ministre Bellerive, les pays «amis d’Haïti» semblaient faire consensus sur l’importance de placer ce pays au cœur de sa reconstruction.Ils cautionnent le principe, dont la charge symbolique est grande, mais les «partenaires» semblent réticents à lâcher totalement les rênes.Haïti fut grevé par les dictatures, les conflits; sa démocratie est rapiécée, son économie faible; l’instabilité politique y règne encore, la corruption aussi.Le pays aura besoin du soutien de l’ONU, à qui l’on confie le rôle crucial de coordonnateur des opérations, pour se redessiner lui-même jusque dans sa gouvernance.Mais il faudra, avec l’apport de ses communautés d’ici et de là-bas, lui faire confiance.Une autre pierre est importante dans ces nouvelles fondations, et il s’agit de l’engagement formulé par les «amis» de rester présents, même quand les caméras seront braquées sur un autre drame.Dix ans.Voilà l’échéancier minimal lié à cette feuille de route.Une prochaine rencontre — menée au siège social de l’ONU, à New York — aura lieu en mars pour préciser les besoins, qui seront mieux connus alors.Le premier ministre haïtien a évoqué sa préférence pour le concept de «relance» plutôt que de «reconstruction».Il ne s’agit pas d’un caprice sémantique.Il évoque là le fait que le pays est à refaire avec bien plus que du béton.Au-delà des gravats à balayer, des entreprises, bâtiments publics, résidences, infrastructures à reconstruire, le pays doit connaître un nécessaire second souffle.Nation exsangue, Haïti était déjà au tapis bien avant ce énième cataclysme.Dépendant des importations pour 40 % de son alimentation, le pays doit njiser sur une économie alimentaire autonome — le soutien des Etats-Unis à l’agriculture est une bonne nouvelle, non seulement pour l’immédiat, car la saison des semis approche, mais aussi pour l’avenir.Ce renouveau est aussi l’occasion de miser sur l’éducation, que l’on sait le cœur du développement d’une nation.Ce sont des pas de géant qu’Haïti doit franchir là, car, avant la catastrophe, qui a détruit les écoles, 40 % des enfants n’allaient pas du tout en classe.La «réunion de travail» d’hier ne changera rien aux immenses failles encore visibles dans l’aide d’urgence, dont doivent se prévaloir 400 000 familles haïtiennes sans abri.Mais elle ouvre la porte, pour le peuple, à un peu d’espoir dans cette infinie tragédie.Un «nouvel Haïti», dont le futur repose sur une organisation efficace, un soutien financier imposant et durable et des assises politiques plus solides.machouinard@ledevoir.corn Exclusion des sunnites en Irak Le sectarisme chiite I y a tout d’abord ces attentats, au nombre de trois, commis hier en plein cœur de Bagdad.Ensuite, il y a eu l’exécution, toujours hier, de Hassan al-Majid, un sunnite surnommé Ali le Chimique parce qu’il était l’exécuteur des basses œuvres de Saddam Hussein.II y a également ces manifestations organisées la semaine dernière dans plusieurs villes et au cours desquelles des milliers et des milliers de chiites ont défilé en clamant «Non au retour des assassins», soit les sunnites en exil.Il y a enfin et surtout cet interdit frappant plus de 500 sunnites qui s’étaient portés candidats aux élections législatives qui se tiendront au début de mars.Une décision qui agace d’autant plus la Maison-Blanche que, ce faisant, l’Irak se réinvite, si l’on peut dire, dans l’échelle des priorités.Détaillons.L’homme qui s’est le plus démené pour qu’autant de sunnites soient condamnés à rester sur les bas-côtés de la campagne électorale s’appelle Ahmad Chalabi.On a ^-peut-être oublié que ce maître des apparences \ fut le chouchou de l’administration Bush jus-celle-ci découvre qu’il était en fait .jg serviteur zélé des intérêts ou plutôt des am- \ bitions que l’Iran cultive dans la région.C’est Téhéran qui, assure-t-on, a commandé au président de la Commission responsabilité et justice, soit Chalabi en personne, que 500 sunnites disparaissent des listes.Il s’est d’autant moins opposé à cette requête aux relents dictatoriaux qu’il rêve d’être calife à la place du calife.Il veut être premier ministre.En attendant, Chalabi est le chef d’orchestre d’une coalition, l’Alliance nationale irakienne (ANI), qui rassemble les partis fondés en Iran par des exilés irakiens, lorsque Hussein était aux commandes.Des partis financés par l’Iran.Des partis instrumentalisés par Téhéran qui aujourd’hui adopte la posture du créancier qui réclame le retour sur investissement.Lors,des élections, l’ANI disputera les votes avec l’Alliance pour l’Etat de droit animée par l’actuel premier ministre, Nouri al-Maliki, l’Alliance pour l’unité de l’Irak et le Mouvement national irakien.Sachant que les Kurdes vont voter en masse pour la coalition kurde, les trois autres vont tenter de séduire une base électorale où la minorité sunnite voisine, tant bien que mal il est vrai, avec la majorité chiite.Autrement dit, il est écrit dans le ciel que le vote de ces derniers va se diviser au profit de Chalabi et de ,ses associés.À moins d’un revirement, à moins que l’arrêt Chalabi ne soit renversé, Jes semaines et les mois à venir s’annoncent difficiles pour les Etats-Unis qui escompfaient un retour de milliers de soldats au pays d’ici la fin août.À la suite des récents attentats, la Maison-Blanche craint comme la peste que le sectarisme ne reprenne le dessus comme ce fut le cas après les élections de 2005 que les sunnites avaient boycottées.En clair, l’administration Obama envisage avec effroi que ces derniers en fassent autant lors du scrutin du 7 mars parce qu’ils sont convaincus que jouer selon les règles est impossible.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO jri AAlMisTRC JfAN-/WAX > uA suR U p*havt1 REC0N5TRwt?^C Le silence de Renée Ma cousine Renée ne répond plus, disparue lors de l’effondrement de l’édifice des Nations unies à Port-au-Prince.Son silence, qui faisait partie de sa personnalité, est devenu insupportable aujourd’hui pour ses proches.En ce qui me concerne, je sens une obligation de la faire sortir, pour un court moment, de l’ombre où elle préférait rester.Discrète Renée.Elle me pardonnerait, je suppose, car c’est pour une bonne cause: les jeunes ont besoin de modèles.Copines pendant l’enfance et l’adolescence, nous nous sommes perdues de vue ensuite.Nous avons grandi.Elle a grandi en force et en courage.Puis, un jour, elle en a eu assez d’un travail sans intérêt.Elle est partie.Déterminée, elle s’était d’abord préparée avec sérieux, avait perfectionné sa formation: français Qe pense à un cours par correspondance de l’IIniversité de Montréal qu’elle m’avait fajt connaître) et anglais, long séjour aux Etats-Unis, accueillie par une autre cousine et amie.Puis, le destin.Départ pour New York, sélectionnée pour un poste aux Nations unies.Partie vivre ailleurs.Le travail et les voyages à l’étranger occupaient tout son temps.Beaucoup de travail, j’ai su qu’elle faisait de longues heures.J’ai su aussi qu’elle en était à sa dernière mission, qu’elle se préparait à revenir enfin à Montréal pour se rapprocher de sa famille qu’elle aimait tant.Pourtant, en lisant mon journal la semaine dernière, j’ai compris, après une période de déni, qu’elle ne reviendrait pas.J’imagine le vacarme à Port-au-Prince, un LETTRES fracas effrayant.Trop de bruit aussi à Montréal, beaucoup de mots.Je suis pourtant obsédée par ton silence, sobre et audacieuse Renée, celui d’aujourd’hui comme celui d’avant.Pacifique au quotidien par ton attitude, je pense que ce sont des personnes comme toi qui nous permettent de croire que les choses peuvent changer, en Haïti comme ailleurs.Line Chabot Le 23 janvier 2010 Le drapeau en berne Québec/Haïti, tricotés serrés.Depuis longtemps.Plus précisément depuis 1943 quand, arrivés diçectement à Ottawa, le président d’Haïti, Elie Lescot, et sa délégation s’étaient vu refuser d’être reçus et accueillis par le gouverneur général et le premier ministre du Canada.C’est Adélard Godbout, premier ministre du Québec, qui répara l’affront en les recevant au Parlement de Québec.S’en est suivie une multitude d’invitations qui firent se rencontrer des écrivains et des artistes et travailler ensemble des ingénieurs, des professionnels et des mandarins.La suite allait faire du Québec et d’Haïti des frères! Dès le début des années 60, ils sont nombreux à faire )a Révolution tranquille et à bâtir avec nous l’État moderne du Québec.Depuis, ils ont pénéfré tous les secteurs d’activité.Ils sont nos conjoints, nos femmes, nos enfants, nos collègues, nos amis.Ils sont d’ici.90 % d’entre eux choisissent le Québec.Un grand malheur frappe-t-il leur pays d’origine, c’est tout le Québec qui est tou- ché et qui vibre de compassion.Le nombre de spectacles-bénéfice et les sommes recueillies en témoignent éloquemment.Pour surmonter ce même malheur et reconstruire le pays, c’est encore le Québec principalement qui est et sera mis à contribution, celui d’origine haïtienne comme celui des autres origines, dans ses champs de compétences et de responsabilités: santé, services sociaux, éducation, immigration, sécurité, infrastructures, etc.Et c’est normal.Haïti c’est aussi nous.Le Québec serait souverain qu’il serait, dans le cadre de la conférence internationale de Montréal, l’ardsan de la mobilisation de toutes les disponibilités et des volontés internationales de participer à la relance d’Haïti.Il le serait avec l’extraordinaire expertise que ses concitoyens d’origine haïtienne ont développée ici.Il le serait avec toutes les sensibilités que 70 ans de compagnonnage lui ont permis de développer.Il n’en sera pas l’artisan.Il n’est même pas invité à cette conférence.Il y serait qu’il devrait se contenter, comme à Copenhague, d’y jouer les QNG! Volonté du Canada.Le Canada est souverain.C’est en vertu de ce statut qu’il a convoqué cette conférence internationale.Il la présidera.Mais surtout, et encore une fois, l’expertise québécoise lui servira de marchepied pour hisser très haut son drapeau.Alors qu’au Québec, par la volonté du premier minisfre Charest qui a refusé de livrer tout combat pour quç Québec y soit, le drapeau sera en berne et l’État en burqa.Inexistant politiquement et étatiquement Gérald Larose Le 24 janvier 2010 LIBRE OPINION Le syndrome de la dernière chance GABRIEL LAROCHE Haïtien d’origine, économiste et ex-membre de la fonction publique du Québec Que faire avec tant de malheurs?Avec tant de morts?Avec tant de destruction?Peut-on trouver un sens à cette tragé4ie sans nom qui s’est abattue sur Haïti?A défaut de lui trouver un sens a priori, il faut lui en donner un.La formidable réponse de solidarité et de compassion qui a traversé le monde entier nous indique la voie.Avec toute cette mort, il faut faire de la vie.Par respect même pour les morts, il faut en faire l’occasion du dernier sursaut pour arrêter l’interminable agonie d’un peuple qui est entré dans l’histoire par la grande porte, par une épopée de libération sans précédent et qui menaçait de finir au bout de son sang dans l’indignité et l’obscénité.Nous voilà maintenant projetés soudain dans une autre dimension qui marque une rupture dans notre temps historique et qui nous donne l’occasion ultime de nous rattraper et de donner un avenir à nos compatriotes survivants.C’est en même temps notre dernière chance.Mais en écrivant ceci, il me semble important de rappeler que ce n’est pas la première fois que les Haïtiens ont le sentiment que leur pays est arrivé au carrefour de la dernière chance.Lorsqu’au bout d’environ trois décennies de duvaliérisme, le verrou de la dictature a enfin sauté, un espoir énorme s’est engouffré dans l’âme des Haïtiens, mais cet espoir a été bafoué parce qu’il n’a jamais pu trouver des dirigeants à sa hauteur pour l’assumer et lui donner un sens.Durant le quart de siècle qui a suivi, de- vant la dégradation croissante des conditions de vie des Haïtiens, au fil des événements dramatiques qui ont marqué cette période d’instabilité et de bouleversements politiques, combien de fois n’a-t-on pas eu le sentiment aigu d’être arrivé à un point ultime de régression où un retournement était absolument nécessaire si l’on voulait préserver notre survie même en tant que nation?Et invariablement, chaque fois, les espoirs étaient déçus et l’échec ramenait le pays à un état pire qu’au point de départ.Combien d’occasions perdues, gaspillées, alors que le peuple n’attendait qu’un signal pour s’investir à corps perdu dans le sauvetage du pays et que les circonstances étaient favorables à l’obtention d’une aide substantielle pour amorcer le grand chantier du développement?Il reste à identifier le maillon faible qui chaque fois a empêché que s’amofce la pompe du développement d’Haïti.A n’en pas douter, on peut nommer une défaillance gravissime et chronique en matière de gouvernance publique comme étant l’une des causes à la source de cet échec chronique.Au niveau le plus élevé, il a toujours manqué le leadership politique d’un État véritable, incarné par des dirigeants capables de porter les espoirs et les ambitions du pays et de son peuple, d’assumer des choix conformes à l’intérêt national bien compris, de les traduire dans des priorités claires et lisibles par toute la population, d’animer la mobilisation des citoyens de l’intérieur et de la diaspora, permettant au pays de prendre avantage du potentiel d’aide disponible et dont la concrétisation dépendra toujours du djmamisme et de la capacité d’initiative des dirigeants.Il nous faut donc tenir compte de cette carence majeure et nous prémunir contre elle si l’on veut éviter le prochain échec, qui sera l’ultime échec.L’émergence d’un authentique leadership politique interne responsable et cohérent, répondant à des normes élevées d’intégrité et de moralité, en coimexion directe avec les besoins de la population, animé du sens de l’intérêt national et de la grandeur du service public, est absolument vitale si l’on veut préserver la péreimité de notre expérience en tant que sujets historiques autonomes.Dans les semaines et les mois à venir, c’est par dizaines que vont s’accumuler les propositions de toutes sortes sur l’avenir d’Haïti.Il n’y a pas de doute que la machine de l’aide internationale va s’ébranler et des centaines de décisions majeures aux conséquences incalculables vont se prendre dans ce qu’on appelle déjà un plan Marshall de la reconstruction d’Haïti.Il faut absolument que les puissances internationales trouvent un interlocuteur politique crédible, appuyé sur les ressources de la diaspora aux compétences multiples, totalement dévoué aux intérêts du peuple haïtien et conscient de son rôle en tant que dépositaire et garant de la souveraineté nationale.Toute l’aide internationale du monde, ne pourra jamais compenser l’absence d’État et de leadership politique interne véritable.L’affirmation d’un tel leadership est une condition essentielle à remplir si l’on veut éviter de rater encore une fois notre «ultime» dernière chance.C’est pourquoi, plus que jamais, la balle est dans le camp des survivants, ceux de l’intérieur comme ceux de la diaspora. LE DEVOIR, LE MARDI 26 JANVIER 2010 A 7 IDEES Haïti dévasté L’importance du secteur rural pour la sécurité alimentaire FREDERIC APOLLIN Directeur des opérations pour Agronomes et vétérinaires sans frmtières aïti est une terre paysanne: plus de 60 % de la population haïtienne vit en milieu rural.Le séisme ne l’a pas épargné, qui a également touché les zones rurales dans les départements de l’ouest et du sud-est autour de Jacmel.Il a très certainement fait plus de victimes sous le héton des villes de Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne que dans les maisons de hois, de chaux et de paille des petits paysans haïtiens.Mais pour beaucoup d’entre eux, les conséquences du séisme sont dramatiques: destruction des écoles rurales, perte de leur habitat, dégradation d’infrastructures agricoles, disparition d’animaux, etc.Sans compter les difficultés d’écoulement et de vente des produits en raison du manque d’essence, de transport et de liquidité financière dans tout Ip pays, ou l’incapacité subite de financement de l’État pour l’achat de leurs productions (riz, haricot, lait, etc.) à destination de programmes fondamentaux d’alimentation des écoles et cantines scolaires.Des tonnes de nourriture arrivent aujourd’hui chaque jour à l’aéroport de Port-au-Prince, qui sauvent des vies.Mais, dans quelques semaines — on ne parle même pas de mois —, le premier enjeu sera de pouvoir s’approvisionner aussi localement en aliments de base et de s’assurer que la production vivrière du pays sera au pire maintenue, mais sans doute accrue.Sait-on que le milieu rural recèle des succès dont on ne parle pas assez?Concurrence déloyale Terre paysanne et rurale, Haïti tire de l’agriculture 25 % de la production de richesse du pays.Mais la production vivrière couvre moins de 45 % des besoins en aliments de base que consomment les 9 millions d’habitants du pays.Encore aujourd’hui, plus de 60 % des familles paysannes vivent avec moins de un dollar américain par jour.Et près de 60 % des besoins alimentaires de base sont assurés par les importations.En cause: la concurrence déloyale des produits de l’agriculture, du Nord, mais aussi la difficulté pour un État fragile de mettre en œuvre des politiques ambitieuses dans ce domaine et de défendre son marché intérieur.L’agriculture assure pourtant encore près de 10 % de la valeur des exportations nationales sur le café, les mangues, le cacao et les huiles essentielles.Alors que le séisme provoque des difficul- tés de transport, d’écoulement des produits sur les marchés nationaux et d’exportation qui touchent bien plus que les seules régions rurales sinistrées, le deuxième enjeu est de relancer rapidement l’activité économique en milieu rural: elle doit contribuer dès maintenant à soutenir la reconstruction du pays.Or au-delà des clichés que porte comme un fardeau Haïti, pays le plus pauvre sur le plan économique de l’hémisphère Nord, sait-on que le milieu rural recèle des succès dont on ne parle malheureusement pas assez?Sait-on qu’au cours des quinze dernières années, des organisations paysannes se sont rendues maîtresses dans tout le pays de la filière café — historiquement «l’or noir» d’Haïti — depuis sa production jusqu’à sa commercialisation alors que ces familles ont fait historiquement l’objet d’une extorsion permanente de la valeur ajoutée produite de la part de quelques exportateurs en position monopolistique?Produits laitiers Sait-on que des organisations de petits éleveurs ont pu développer une filière nationale d’approvisionnement en produits laitiers d’origine paysanne, disponibles dans tout le pays, à partir d’un réseau de mini-laiteries, alors que l’importation de lait en poudre représentait en 2008 le deuxième poste d’importation budgétaire du pays?.En dépit de l’incapacité financière de l’État d’assurer l’entretien des systèmes irrigués, sait-on que les familles paysannes ont souvent réussi au cours des vingt dernières années à maintenir et à entretenir au moins partiellement ces infrastructures pour assurer leur sécurité alimentaire et conserver une capacité d’alimentation du pays en produits vivriers?Autant de succès promus et appuyés par des ONG haïtiennes dynamiques et innovantes, et plusieurs avec le concours d’Agro-nomes et vétérinaires sans frontières.On ne peut donc pas parler de reconstruction sans considérer l’appui immédiat au secteur rural au cours des toutes prochaines semaines: il est fondamental et urgent dans cette phase qui doit dès maintenant commencer.C’est aussi là l’un des enseignements de précédentes catastrophes comme le tsunami en Indonésie.L’enjeu à court terme est d’appuyer et financer de manière volontaire la consolidation de ces initiatives dans les zones touchées par le séisme, mais également sur l’ensemble du territoire national.L’exode depuis la capitale vers la province bouleverse déjà les économies locales, en particulier sur les conditions d’accès à l’alimentation de même que sur l’emploi rural.Au moins 500 000 personnes ont déjà quitté ou quitteront prochainement Port-au-Prince.Comment les nourrira-t-on demain?ILLUSTRATION TIFFET Au moins 500 000 personnes ont déjà quitté ou quitteront prochainement Port-au-Prince.Comment les nourrira-t-on demain ?Des partenaires Ces initiatives dans les campagnes sont portées par une société civile haïtienne intelligente et active: de grandes organisations paysannes comme le MPPl sur le Plateau Central (Hinche) ou CROSE2 dans le département du sud-est Qac-mel), des associations et coopératives de petits paysans regroupées aujourd’hui en union ou fédération sur des produits alimentaires et d’exportation stratégique (lait, riz, café, cacao, mangues, autres fruits), enfin des ONG haïtiennes.Ce sont nos partenaires.Cette société civile s’est mobilisée dans l’urgence, ils ont été les premiers sauveteurs de leurs compatriotes et, malgré le traumatisme et la douleur, elle est déjà à l’œuvre pour la reconstruction.Ce sont ces organisations, déjà opérationnelles, que la communauté internationale devrait avoir l’intelligence d’écouter et sur lesquelles elle devrait s’appuyer pour répondre au mieux aux besoins du pays et reconstruire une réelle capacité de production pour la sécurité alimentaire des populations rurales et urbaines, pour la création d’emploi en milieu rural et la production de richesse pour Hàïti.Quand le showbiz s’empare d’Haïti FABIEN LOSZACH Doctorant en sociologie à l’UQAM «C’est l’invasion des mièvreries, c’est le grand gala du show du cœur.» — Philippe Muray 1 y aurait, selon certains observateurs, trop de journalistes sur le terrain en Hàïti, ce qui ralentirait le travail des secouristes et des ONG.Cela fait débat.Pourtant, s’il y a bien un terrain qui est occupé, c’est celui de la charité, et par les vedettes du show-business.Et c’est ici que ça se passe.Éa chose semble entendue: à chaque grande catastrophe humanitaire, outre les collectes de fonds menées par les associations caritatives, le monde du show-business se «mobilise» pour organiser une pléthore de spectacles-bénéfice, de mégashows solidaires et humanitaires.On dirait que les organisateurs de ces grand-messes culturelles sont déjà dans les starting-blocks avant même que les catastrophes n’aient eu lieu et qu’ils les voient venir comme les animaux anticiperaient les tremblements de terre.Ainsi, quelques heures après l’annonce du tremblement de terre, les gérants de spectacle et les artistes organisaient les premiers préparatifs.Attention, il ne faut pas louper le train de la générosité: quand il est en marche, il ne s’arrête plus (on l’oublie, c’est différent).Pour vous tirer des larmes Le catéchisme collectif prend de multiples formes et est extensible à l’infini: spectacles en tous genres, concerts, théâtre, cirque, et bien sûr, comme de juste, la fameuse chanson qui regroupe un pot-pourri de tout de qui sq fait de mieux comme bonnes âmes solidaires.A Montréal, on pouvait aller se recueillir, cette semaine.au Gesù en compagnie d’Ariane Moffatt pour un spectacle intitulé L’union fait la force au profit de l’organisme Médecins sans frontières.Le lendemain, si vous étiez encore en forme, le festival de l’altruisme se transportait dans votre salon puisque «L’habituelle concurrence des grandes chaînes de télévision et de radio québécoises [faisait cette fois] place à l’entraide», et l’on pouvait regarder sur tous les postes le spectacle Ensemble pour Haïti, coanimé par Erance Beaudoin et Luck Mervil.En Erance, des chanteurs et acteurs se sont «mobilisés» autour du rappeur oublié Passi, de Charles Aznavour, Anthony Kavanagh et Ophélie Winter (sic) entre autres, pour enregistrer la désormais classique chanson du temps de crise humanitaire.La chanson, musicalement indigeste, est à placer à la suite d’une longue série de mièvreries solidaires: en 1985 en pleine crise éthiopienne, Michael Jackson et Lionel Richie écrivent We Are the World, la même année, Renaud et les Chanteurs sans frontières (français, mais vivant parfois en Suisse) interprètent la chanson Éthiopie.Plus près de nous à la même époque la fondation Québec Afrique enregistre Les Yeux de la faim.Toujours le même leitmotiv: vous tirer les larmes des yeux en ne parlant que des enfants qui souffrent, exit la politique et les vrais responsables de la famine (la junte militaire de Mengistu).Mobilisation de vedettes Laurence Haim, correspondante à Washington pour la chaîne d’information iTélé raconte que Y «on n’a jamais vu autant de journalistes se mettre en scène, et de stars se mobiliser pour Haïti».Elle cite l’exemple de Jennifer Lopez qui a fait la veille à la télévision américaine un téléthon en direct où elle répondait elle-même en direct et en sanglots pour dire sa peine.Elle n’était pas la seule sur le créneau du téléthon puisque George Clooney Madonna, Steven Spielberg, Julia Roberts, Alicia Keys, Shakira, Bruce Springsteen et Stevie Wonder entre autres ont aussi organisé le leur.Enfin, à Toronto, c’est notre Céline Dion nationale (pourquoi était-elle là-bas plutôt qu’ici?), James Cameron et Michael J.Eox qui ont uni leurs forces pour lancer un appel aux Canadiens (on n’oubliera pas dans les médias d’ici de comparer la générosité réticente des Canadiens et celle sans commune mesure du peuple québécois, plus altruiste et entretenant avec Haïti une vraie relation fraternelle.), Pour Laurence Haim, «c’est comme si les stars d’Hollywood découvraient que depuis des années, voire des siècles, Haïti est un des pays les plus pauvres du monde».Cela est «très gênant pour tout observateur indépendant de voir ce mélange de star-système et de vedettes journalistiques se mettre en scène.».Une fête avec le Bien Car c’est bien de cela qu’il s’agit: la mise en scène de la charité et de la solidarité et de la mise en spectacle du Bien par des artistes vertueux, pleins de bons sentiments et de compassion, censés nous sensibiliser du haut de leur hurnanisme (consubstantiel à leur identité d’artiste).A la manière des féministes qui dans les années 60 criaient «ne me libérez pas, je m’en charge», j’aimerais leur dire «ne me sensibilisez pas, je vous en prie, j’y arrive très bien tout seul».«Quand j’étais enfant», racontait cet automne Pierre Eoglia dans La Presse, «le Bien se faisait discrètement.On faisait l’amour à son prochain comme on le faisait à son épouse, sans gymnastique particulière, à la missionnaire si j’ose dire, et surtout sans en parler sur la place publique».Aujourd’hui, il faut que le bien devienne une fête, qu’il s’affiche et puis il faut de l’émotion, beaucoup d’émotion, à en vomir; il faut montrer des enfants parce que les enfants incarnent le bien absolu, le «passe-partout intouchable» (Philippe Muray) ; il faut que Céline pleure aussi: Take a Kayakl Peut-on remettre en doute la bonne foi et la générosité des vedettes du show-business?Qui oserait le faire publiquement sans craindre le courroux?A-t-on le droit de soupçonner l’opportunisme de quelques-uns?Sûrement pas et, dans ces moments eArêmement tragiques, le monde médiatique devient si consensuel que le moindre pas de côté vous assure un lynchage.Évangile médiatique Pourquoi?Simplement parce que l’artiste incarne la conscience morale de notre société, c’est le citoyen contestataire et le rebelle solidaire au grand cœur par excellence.Voilà le nouvel évangile médiatique: l’artiste fait le bien, sa mission est juste, et comme dans tout bon évangile, elle n’accepte aucune critique sous peine d’excommunication.Pourtant, ces galas de bienfaisance sont une bonne publicité pour les vedettes, publicité qui demande peu d’investissement et qui permet une belle rétribution en capital sympathie et donc en ventes futures.La solidarité est-elle un placement sans risque à taux élevé?Un rêve de financier, une réalité du show-business.Eoglia explique qu’en son temps, la guerre contre la pauvreté se menait individuellement, dans la retenue et sur le terrain politique, à travers des mesures sociales, une idéologie.Pourquoi personne n’a milité pour un impôt exceptionnel, une taxe solidarité perçue au prorata des capacités de chacun?A cause de l’urgence de la situation?Non, mais parce que notre société a déserté le monde de la politique pour le spectaculaire et le médiatique.Imaginez Céline Dion sur TVA en train de montrer que, rationnellement, il est plus efficace de collecter l’impôt: exit l’émotion, exit la chanson, exit les larmes.et l’investissement sans risque à taux élevé.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Mane-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair Cirino (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-GiUes Francœur (environnement), IrsaMane Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel David (chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporter) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Pare (reporter), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Enc Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Jean-Jacques Coulombe et Emilie Folie-Boivin (commis Internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), David Dumouchel et Etienne Plamondon Emond (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa) PUBLICITE Julie Chretien (directrice adjointe), Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Véronique Langlois, Amelie Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthevys (technicien informatique) PROMOTION, DISTTUBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientele), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Mane-Lune Houde Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Beliveau (adjointe administrative), Celine Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 26 JANVIER 2010 ACTUALITES COLVIN SUITE DE LA PAGE 1 transferts ont débuté.Ottawa n’a finalement accepté de modifier les modalités de transfert qu’un an et demi plus tard, après une série d’articles dévastateurs parus dans le quotidien toron-tois Globe and Mail M.Colvin a été invité à comparaître d’abord devant la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, puis en comité parlementaire.A titre d’employé de l’État, il a droit à des services juridiques indépendants payés par l’État jusqu’à un maximum de 50 000 $.Mais voilà.Si Ottawa a accepté de payer les deux premières factures, le 9 septembre puis le 16 novembre 2009, il n’a plus rien reçu depuis.Or, ce n’est que le 18 novembre qu’il a livré son témoignage-choc devant le Comité parlementaire spécial sur la mission canadienne en Afghanistan.Ses frais juridiques ont donc continué à s’accumuler, mais Ottawa ne répond plus à ses demandes de remboursement.«Considérant les attaques publiques auxquelles s’est livré le gouvernement à l’endroit de M.Colvin et de son témoignage devant le Comité parlementaire spécial sur la mission canadienne en Afghanistan, notre client en arrive à la conclusion raisonnable que le refus d’indemnisation supplémentaire est une mesure de représailles pour sa participation devant le comité et la Commission», écrit son avocat Owen Rees, dans une lettre remise à la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire pour expliquer son retard à fournir certains documents.Le ministère des Affaires étrangères a donné un tout autre son de cloche hier.Ottawa aurait déjà payé 21 000 $ en frais d’avocat.«Une troisième facture dépassant le montant approuvé en novembre a depuis été reçue.Le ministère l’examine et prendra une décision sous peu», indique le ministère dans un courriel.La Politique sur les services juridiques et l’indemnisation du gouvernement fédéral est limpide.«La prestation de services juridiques aux fonctionnaires de l’Etat et leur indemnisation sont essentielles à la protection des intérêts de l’Etat, au traitement équitable de ses fonctionnaires et à la gestion efficace d’une organisation», est-il écrit en guise d’introduction.«// est nécessaire qu’ils reçoivent les services juridiques appropriés et soient protégés de la responsabilité personnelle dans la mesure ^où ils n’agissent pas à l’encontre des intérêts de l’État.» La Politique stipule notamment que «l’intérêt publiç général» est bien servi si les fonctionnaires de l’État «collaborent pleinement aux procédures judiciaires, y compris aux procédures parlementaires, aux commissions d’enquête, aux enquêtes et autres instances similaires» et que la politique vise «à encourager une telle collaboration».«Choquant», dit Bob Rae Lorsque le premier ministre Stephen Harper a prorogé les travaux parlementaires après Noel, la question des prisonniers afghans monopolisait l’actualité politique fédérale.Il ne se passait pas un jour sans que l’opposition attaque le gouvernement à ce sujet.Elle craint qu’en tardant à s’assurer que ses prisonniers étaient bien traités, Ottawa ait contrevenu aux conventions internationales sur la torture.La prorogation a eu pour effet de faire cesser les travaux du comité parlementaire et d’annuler une demande de documents non censurés formulée par la majorité de la Chambre des communes.La lettre d’hier a relancé tout le débat.«C’est une absurdité.C’est contre toutes les règles existantes», a lancé le critique libéral en matière d’Affaires étrangères.Bob Rae.«Il a fait son devoir comme citoyen, et c’est absolument choquant que le gouvernement refuse de payer ses frais.[.] C’est dommage qu’on ne soit pas duns la Chambre pour poser des questions là-dessus.» N’eût été la prorogation, les travaux de la Chambre des communes auraient repris hier.D’importantes manifestations antiprorogation ont eu lieu un peu partout au pays samedi, attirant les milliers de personnes.Pour le critique du Bloc québécois en matière de Défense, Claude Bachand, le refus de payer les frais juridiques de M.Colvin participe d’un «cheminement antidémocratique de ce gouvernement».«On a vu des pancartes aux manifestations ce week-end où on ne parlait plus seulement d’attaques contre la démocratie, mais de crime contre la démocratie.» Quant au néodémocrate Paul Dewar, il ne manque pas de rappeler que la politique sur les services juridiques et l’indemnisation a été utilisée pour des causes moins nobles.«C’est ce même programme qui a permis à [Brian] Mulro-ney d’obtenir des services juridiques, et ses factures étaient bien plus importantes que celles de M.Col-vin», note M.Dewar en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un ancien premier ministre progressiste-conservateur.«Cela mine encore davantage la crédibilité du gouvernement dans le dossier des prisonniers afghans.» M.Mulroney a été appelé à témoigner devant la commission d’enquête publique sur les sommes d’argent comptant qu’il avait acceptées de l’homme d’affaires Karlheinz Schreiber.La facture des frais juridiques de M.Mulroney, assumée entièrement par Ottawa, s’est élevée à 1,6 million de dollars.La politique d’Ottawa ne prévoit aucune limite pour les anciens premiers ministres.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 HAÏTI SUITE DE LA PAGE 1 de travail pour demain», a souligné son collègue français, Bernard Kouchner.La rencontre aura tout de même permis de débroussailler le terrain.Sans engagement financier précis, la déclaration commune présentée en fin de journée par M.Cannon établit une «feuille de route» pour la reconstruction d’Haiti, deux semaines après le tremblement de terre meurtrier et destructeur du 12 janvier.Évaluation des besoins, coordination de l’aide et planification technique de la reconstruction sont au menu, sans grand détail toutefois (notamment pour savoir qui s’assurera que l’argent promis et investi sera bien dirigé).Mais la déclaration de trois pages souligne surtout une série de principes qui «orienteront la démarche conjointe» des pays amis pour la reconstruction et le développement d’Haïti.Les participants (une quinzaine de pays amis, l’Union européenne, les Nations unies, l’Organisation des États américains et la Caribbean Community) écrivent que la situation «demeure désastreuse» et qu’elle nécessite une intervention à court, moyen et long terme.Le premier principe établit que «les Haïtiens sont maîtres de leur avenir».C’est ainsi le gouvernement haïtien qui établira les priorités de la reconstruction, indique-t-on.Lors de la conférence de presse bilan de la journée, tout un chacun a souligné l’importance de cet énoncé.Ce qui ne veut pas dire que la communauté internationale n’aura pas son mot à dire dans le processus.Les partenaires de la reconstruction (États, organisations nationales, internationales et régionales, institutions financières) «cerneront ensemble les secteurs prioritaires et les responsabilités qui en découlent», dit la déclaration finale.Interrogée sur cette répartition des tâches lors de la conférence de K ' 'Al 'l! JEWEL SAMAD REUTERS Un tailleur travaillant à ciel ouvert dans une rue de Port-au-Prince, hier.Le 12 janvier, «60 % du PIB du pays a disparu en 30 secondes», a expliqué hier à Montréal le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive.presse bilan, Hillary Clinton a indiqué que «la bonne approche à suivre sera déterminée dans les prochaines semaines.[.] Il y a d’autres exemples que nous allons regarder.Par exemple, ce qui s’est produit après le tsunami, une autre importante catastrophe naturelle, et tout particulièrement comment le gouvernement de l’Indonésie a travaillé avec la Banque mondiale, les Nations unies, et les pays donateurs».Les participants se sont aussi engagés à maintenir leur aide pour au moins dix ans,^ «afin de renforcer les capacités de l’État haïtien», et à tout faire dans un esprit de développement durable.Éa résistance aux changements climatiques et la réduction des risques en cas de catastrophe naturelle constitueront donc «une pierre d’assise à notre démarche conjointe», indique la déclaration.Trois autres principes généraux s’ajoutent à la liste: l’aide devra être «efficace» (les «leçons apprises» de précédentes tragédies comme le tsu- nami serviront de guides) ; l’inclusion des Haïtiens dans toutes les étapes du processus de reconstruction; et l’adoption de mécanismes de transparence.Nouvelle Haïti Dès le début de la journée, le premier ministre haïtien, Jean-Max Belle-rive, a plaidé pour que les efforts de reconstruction permettent «de relancer le pays sur la voie du développement».«È ne faut pas revenir au statu quo qui prévalait auparavant», a lancé M.Bellerive, qui estime qu’il faudra au moins quatre ou cinq ans avant de revenir au point de départ d’une situation qui n’était pas acceptable.M.Bellerive a parlé de l’importance de «recomprendre» un territoire qui a changé du tout au tout dans les derniers jours: physiquement, avec les destructions massives, mais aussi humainement, avec ces centaines de milliers de familles déplacées.Selon M.Bellerive, il faut lutter contre la «centralisation excessive» des ressources qui ont fait que «60 % du PIB du pays a disparu en 30 secondes».«Décentraliser est la seule façon d’être efficace et de s’assurer que le problème ne se repose pas», croit-il.Avec humilité, le premier ministre a dit souhaiter que l’exercice de réflexion qui sera mené autour d’Haiti dans les prochains mois serve à «comprendre ce qui n’a pas marché jusqu’à aujourd’hui».Éa déclaration finale a fait écho à ces préoccupations en énonçant une série d’objectifs stratégiques à poursuivre à long terme.On parle notamment d’une «gouvernance démocratique renforcée» où les institutions démocratiques seront responsables, transparentes et capables d’assurer les services de base et de protéger les droits de la personne.On évoque également l’importance de placer le développement social et économique durable au cœur du processus, cela pour réduire la pauvreté.Urgence Plusieurs l’ont signalé hier: il est encore trop tôt pour chiffrer et mesurer l’ampleur des dégâts infligés au territoire haïtien.La situation est encore trop confuse, et la phase des secours d’urgence est loin d’être terminée.«La priorité demeure d’offrir à boire et à manger à la population», a indiqué Jean-Max Bellerive.Le portrait de situation brossé en matinée par John Holmes, coordonnateur des secours d’urgence aux Nations unies, n’est en effet guère réjouissant: il fait état de ravages gigantesques qui s’ajoutent à une pauvreté profonde; une crise majeure de santé publique est imminente.Si 200 000 personnes reçoivent des rations d’eau actuellement, il en manque un demi-million.Les affamés se comptent par centaines de milliers.Il manquerait au moins 160 000 tentes pour abriter les sinistrés, encore que ces tentes seront inadéquates lorsque la saison des ouragans sévira, à compter d’avril.Avec la collaboration de Marco Bélair-Cirino Le Devoir CLINTON SUITE DE LA PAGE 1 le Québécois Conrad Sauvé estime que la rencontre d’hier «a permis de faire passer le message que l’aide doit être acheminée par une structure de coordination qui doit appartenir à l’État haïtien.L’enjeu est énorme: l’État est affaibli, il faut le renforcer tout en s’engageant à respecter sa souveraineté.Là-dessus, on a eu une belle unanimité.Mais il faudra voir dans la pratique», a déclaré M.Sauvé.D’autre part, il prévient que le sommet de Montréal ne changera rien ce matin dans le travail à faire sur le terrain.«Mais planifier le moyen terme est crucial», a-t-il dit.Kerlande Mibel a jugé «louables» les grands principes — appropriation, coordination, durabilité, efficacité, inclusivité et responsabilité — qui guideront la communauté internationale dans la reconstruction et le développement d’Haiti, mais elle espère voir un «plan d’action» sous peu assorti de sommes d’argent.La plupart des intervenants rencontrés hier par Le Devoir ont aussi qualifié d’incontournable l’exercice qui consistait à tracer le bilan le plus exhaustif qui soit de la situation en Haiti.«C’était important de faire le point.Il y a beaucoup d’acteurs sur le terrain et de choses qui s’y passent.On reçoit les informations au compte-gouttes», a dit la directrice de projet dans l’ONG spécialisée dans le microcrédit Fonkoze, Katleen Felix.Monica Ricourt, conseillère d’arrondissement du district d’Ovide-Clermont de Montréal-Nord, s’est pour sa part réjouie du fait que la communauté internationale parle désormais çle «développement plutôt que de reconstruction».A cet égard, «la diaspora doit faire partie de cette démarche-là.On ne peut pas être que des observateurs», selon elle.Katleen Felix estime aussi que la communauté internationale doit prendre la diaspora haïtien- ne en considération lorsqu’elle fixera les priorités de son action sur l’île d’Hispaniola.«On pourrait contribuer.On a de quoi contribuer.Il faut qu’on nous reconnaisse comme un partenaire important», a-t-elle affirmé, avant de faire remarquer que la diaspora haïtienne transfère près de deux milliards de dollars annuellement vers Haiti.Michel Verret, directeur général par intérim d’Oxfam-Québec, a de son côté pu exprimer de vive voix à l’assemblée en matinée le souhait de l’organisme que «l’appui ne soit pas uniquement dans les zones touchées par le séisme, mais qu’il rejoigne aussi les régions les plus pauvres».Oxfam a aussi milité — à l’instar de nombreuses ONG — pour que les bailleurs de fonds éliminent la dette d’Haiti ou octroient des subventions plutôt que des prêts.Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté Le Devoir HISTOIRE SUITE DE LA PAGE 1 C’est l’entomologie judiciaire qui aide à déterminer le moment du décès lorsqu’un cadavre est retrouvé.«Les entomologistes ont recensé plus de 524 espèces d’insectes différentes colonisant les cadavres, écrit Guy Gauthier.Chaque espèce a sa propre durée de développement.La nature des larves et leur degré de maturité déterminent le moment du décès.» L’entomologie judiciaire est l’une des nombreuses techniques que Guy Gauthier explore dans son livre, principalement à travers la mention de grandes enquêtes, de celle entourant le corps du tsar Nicolas II à ceUe portant sur l’empoisonnement de Napoléon ou de Toutankhamon, en passant par celle menant à la condamnation du nazi Klaus Barbie, surnommé le boucher de Lyon, pour les massacres perpétrés durant la Seconde Ôuerre mondiale.C’est l’analyse des os crâniens figurant sur différentes photos qui a permis d’associer de façon déterminante le Haus Barbie actif durant la guerre et le Klaus Altmann réfugié en Bolivie jusqu’en 1987 où il travaillait comme conseiller militaire pour le gouvernement.Les squelettes n’indiquent pas seulement comment ou quand on est mort, ils donnent également des indices sur la façon dont nous avons vécu.En 1986 et 1987, on découvre, en faisant des travaux de restauration des remparts de Québec, les ossements de cinquante squelettes emmurés.On finit par les identifier par des journaux personnels écrits par des prisonniers anglais, du temps de la Nouvelle-France.Ce sont des prisonniers anglais victimes de la guerre de succession d’Autriche, qui a opposé la France et l’Angleterre.Au moment de la décou- verte, l’anthropologue physique du Musée canadien de la civilisation peut, en analysant les ossements, déterminer qu’ils ont entre 8 et 74 ans; 45 sont des hommes, quatre sont des femmes, un est de sexe inconnu.Ils ont une stature moyenne de 1,70 mètre.La très grande majorité ont des abcès et des dents cariées, ce qui indique une alimentation riche en sucre et en féculents, dont, semble-t-il, de la mélasse et des pommes de terre.Leurs dents sont souvent usées par le va-et-vient du tuyau abrasif d’une pipe de terre.La plupart seraient morts d’affections aigues ne laissant pas de traces sur les os.L’état de leur dos montrait par ailleurs qu’ils avaient dû porter de lourdes charges.Herculanum De la même façon, lorsque l’on a découvert à Herculanum, au début des années 80, 84 squelettes figés depuis l’an 79 après J.-C.dans les coulées de boue du Vésuve, l’analyse des squelettes étonnamment bien préservés a donné une foule d’informations sur leur mode de vie.La plupart des squelettes étaient en bonne santé au moment de leur mort, «à l’exception des esclaves, qui souffraient d’anémie, de malnutrition et qui portaient souvent des charges trop lourdes».D’ailleurs, l’analyse de traits négroïdes, mongoloïdes et caucasiens de quatre squelettes découverts dans une maison de Pointe-au-Chêne en 1996, au Québec, a permis à des anthropologues d’avancer qu’il y avait là un cimetière de Noirs datant de plus de 100 ans, «ce qui laisse supposer que l’esclavage était pratiqué dans cette région», écrit Gauthier.Nos ongles révèlent nos épisodes de stress et nos carences alimentaires ou en fer, notre diabète, nos insuffisances rénales, ou nos cancers.Ils se carbonisent par ailleurs complètement à 400 degrés Celsius, comme nos dents.Les poils de notre corps commencent à se carboniser à 250 degrés et, enfin, notre corps se calcine complètement entre 600 et 1000 degrés.Lors des attentats du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center de New York, seulement 1594 personnes ont été identifiées, à partir des quelque 20 000 restes humains qui y ont été découverts, sur les 2749 qui y ont perdu la vie.Les dépouilles identifiées ont été remises aux familles.Certaines n’ont reçu qu’un doigt, sur lequel on avait prélevé des empreintes digitales.C’est sans parler évidemment de l’ADN, désormais omniprésent dans le processus d’identification d’un cadavre, qui a permis d’identifier 850 victimes de l’attentat de New York.Dans les milieux froids, les déserts chauds et secs, les tourbières et les fosses à goudron, l’ADN ancien peut être très bien préservé.On en a prélevé sur un coléoptère fossilisé du crétacé, c’est-à-dire d’il y a 120 à 135 millions d’années.L’anthropologie médico-légale pose parfois des balises à l’histoire elle-même, notamment en ce qui a trait au peuplement de l’Amérique.En 1996, on retrouve dans le bassin d’un squelette, découvert dans la rivière Columbia à Washington, une pointe de flèche semblable à celles utilisées il y a 17 000 ans en France et en Espagne par la culture des Solutréens.Selon certains anthropologues, ce squelette présente des caractéristiques caucasiennes, d’autres chercheurs le rapprochent plutôt des Polynésiens ou des Ainus, un peuple autochtone du Japon.L’anthropologue Jon Érlandson croit par ailleurs que ce squelette, que l’on a baptisé l’homme de Kennewick, se serait trouvé parmi une vague d’immigra-tion arrivée en Amérique par bateau il y a 12 500 ans.L’histoire est à suivre.Le Devoir Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir corn La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel redaction( La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par telecopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition d organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9 etage Montreal (Quebec) H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
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