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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-01-29, Collections de BAnQ.

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L’OLYMPIADE CULTURELLE DE VANCOUVER COMME SI VOUS Y ÉTIEZ Page B 4 www.ledevoir.com LE DEVOIR V O L .C I N “ 1 7 ?LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 I,I0$ + TAXES = 1,25$ Jerome David Salinger 1919-2010 L’écrivain culte malgré lui CAROLINE MONTPETIT ermite nous a quittés.Après plus de cinquan-r te ans de réclusion dans son domaine de Cornish, dans le New Hampshire, autour duquel il avait d’ailleurs érigé une clôture de six pieds, Jerome David Salinger, auteur du livre-culte Catcher in the Rye, traduit en français sous le titre L’Attra-pe-cœurs, est mort mercredi à l’âge de 91 ans.Après avoir été porté aux nues par toute une génération, après avoir décrit des personnages qui ne trouvaient leur place nulle part dans le monde, l’écrivain avait définitivement tourné le dos à la célébrité dès le milieu des années 1950.Tout au plus avait-il fait une brève apparition publique en 1974, dans le Times, au moment où il tentait d’empêcher la publication d’inédits.Il aurait alors lancé: «Il y a une paix merveilleuse dans le fait de ne pas publier C’est paisible.Calme.La publication est une terrible invasion de la vie privée.J’aime écrire.J’adore écrire.Mais je n’écris que pour moi et pour mon propre plaisir.» On dit de lui qu’il a ouvert la porte aux Philip Roth et John Updike, mais aussi à Jack Kerouac et à la génération beat.«C’est un livre qui a relancé l’oralité dans la littérature américaine, dit Jean-François Chassay, professeur de littérature américaine à rUQAM.La littérature des États-Unis a toujours été marquée par les tall-tales, des histoires folkloriques qu’on oralisait.» Toute la tension de L’Attrape-cœurs, qui met en scène un adolescent qui s’est échappé du Preparation School, tient dans l’utilisation de différents niveaux de langage, note-t-il.Et il ajoute que c’est ce qui en rend la «La publication est une terrible invasion de la vie privée.J’aime écrire.J’adore écrire.Mais je n’écris que pour moi et pour mon propre plaisir.» VOIR PAGE A 10: SALINGER LA PRESSE CANADIENNE SOURCE REFUGE PAGEAU JOSEE BLANCHETTE Un bestiaire en Abitibi À la merci du zoo humain ¦ À lire en page B 10 HAÏTI Les abris, des guets-apens pour les fenunes et les enfants Le viol s’ajoute à la liste des violences commises ¦ À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Cinéma.B 3 Décès.B 4 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B 7 Monde.B 9 Mots croisés.B 7 Nature.B 8 Resto.B 7 Sudoku.B 7 Télévision.B 2 Week-end.B 1 AFGHANISTAN Le volet militaire son temps Les Afghans prendront plus de responsabilités AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre britannique Gordon Brown et le président afghan Hamid Karzaï font leur entrée à la Conférence de Londres sur l’Afghanistan.ALEC CASTONGUAY La conférence de Londres sur l’Afghanistan s’est conclue hier sur un constat limpide: il est temps que la politique, la diplomatie et les questions de gouvernance tiennent le haut du pavé.Malgré l’envoi de renforts des pays de l’OTAN, l’avenir de ce pays ne passe pas par une solution militaire.Les 70 pays réunis dans la capitale britannique ont accouché d’un plan de transition qui devrait permettre au gouvernement afghan une prise en charge plus importante des défis dans ce pays en guerre.Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s’est réjoui de ce nouvel élan.Le communiqué final diffusé hier par la communauté internationale parle d’ailleurs d’une «nou- « Malheureusement, la stratégie politique est devenue une annexe de la stratégie militaire.Il faut démilitariser la stratégie en Afghanistan.Il faut un plan politique avec une composante militaire, pas le contraire.» velle phase» vers la pleine souveraineté afghane.Le Canada a toutefois préféré investir hier dans la lutte contre le trafic de la drogue en Afghanistan (25 millions de dollars), plutôt que dans le nouveau fonds pour la réconciliation na- tionale du président afghan, Hamid Karzaï, qui servira à financer les négociations de paix avec les talibans modérés.Au bureau du ministre Cannon, on explique vouloir analyser ce nouveau fonds et ses mécanismes avant d’y investir.«La réconciliation est une des priorités du Canada en Afghanistan», a toutefois rappelé le ministre.Le Canada, qui va retirer toutes ses troupes d’Afghanistan en 2011, a visiblement perdu de l’influence dans ce type de rencontres internationales.Le VOIR PAGE A 10: AFGHANISTAN Gare à la révolution numérique «L’évolution technologique a été fulgurante et les atteintes à la vie privée l’ont été tout autant » FABIEN DEGLISE La révolution numérique est en marche et elle pourrait bien finir par se retourner contre nous.C’est du moins ce que pense la commissaire à la protection « Pour préparer un vol d’envergure, de la vie privée, Jenni- Pacebook est utile.Couplées fer Stoddart, qui vient , „ .de lancer une vaste a Street View, ces informations consultation publique simplifient la planification du méfait.sur la numérisation des activités sociales et commerciales et l’impact qu’a cette mutation sur les consommateurs.L’exercice est d’ailleurs plus que nécessaire, selon elle, alors que le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada vient d’ouvrir cette semaine une autre enquête sur le réseau social Fa- cebook, accusé une nouvelle fois de se jouer des règles élémentaires de confidentialité, mais aussi au temps du Web 2.0 où le profilage, la surveillance et le ciblage des consommateurs vont en s’accentuant.Dans la plus grande indifférence.«Il y a une très grande insouciance des Canadiens quant à la numérisation des comportements et à l’effet de cette numérisation sur la vie privée, a indiqué hier au Devoir Mme Stoddart.C’est dommage.J’espère que cette consultation va contribuer à renverser cette tendance et surtout à amener les gens à réfléchir sur les limites de la société numérique.» Les défenseurs de la vie privée s’inquiètent.VOIR PAGE A 10: RÉVOLUTION Web Images Vdéos Maps Actual tés Livres Gma plus Go )glc maps It néraire Mes cartes 560 kernedy Geoge Maps propose en ano as Reference! mire entreprise sur Gotig e Maps A de I Connexion Affaire Clearstream Villepin acquitté Un camouflet pour Sarkozy CHRISTIAN RIOUX Paris — L’ancien premier ministre Dominique de Villepin est sorti blanchi d’une des affaires politico-financières les plus rocambo-lesques de la vie politique française.Accusé d’avoir trempé dans la divulgation de fausses listes de comptes bancaires visant à compromettre directement le président Nicolas Sarkozy, il a été acquitté hier par le Tribunal correctionnel de Paris.Le dénouement de cette affaire, dont les origines remontent à 2004, apparaît comme un revers pour le président français qui avait fait de ce procès un combat personnel au point de se porter partie civile, une procédure qui permet aux victimes d’intervenir directement dans le procès avec leurs avocats.Sur le ton de la victoire, l’ancien premier ministre s’est avancé vers la meute de journalistes et de partisans qui s’étaient massés dans le palais de justice.Sur un ton presque présidentiel, il a affirmé: «Je salue le courage du Tribunal qui a su faire triompher le courage et le droit sur la politique.Je suis Nicolas Sarkozy fier d’être le citoyen d’un pays, la France, où l’esprit d’indépendance reste vivant.» Ce jugement apparaît comme une véritable résurrection politique pour l’ancien premier ministre de Jacques Chirac qui ne cache pas ses ambitions pour la présidentielle de 2012.Depuis l’ouverture du procès, en septembre dernier, cet interminable combat judiciaire avait pris l’allure d’un véritable duel entre Dominique de Villepin VOIR PAGE A 10: VILLEPIN Dominique de Villepin 77831302384805 A 2 LE DEVOIR, LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 ACTUALITES Les Yes Men s’invitent au Forum LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les Yes Men ont pris pour cible hier le forum économique de Davos, en visant une nouvelle fois le premier ministre Stephen Harper dans un faux site Internet (www.we-fo-rum.org) très semblable à l’original {www.weforum.org).Alors qu’on fait parler dans des entrevues fictives bien imitées les principaux leaders politiques de la planète sur les problèmes de la pauvreté, Stephen Harper y va d’une entrevue télévisée avec le présentateur de CBC Peter Mansbrigge, dans laquelle on lui fait confirmer son intention de mettre au pas le «monopole du carbone» au Canada et de ralentir l’exploitation des sables bitumineux.Faisant référence dans cette entrevue fictive aux changements climatiques, on fait dire au premier ministre Harper que les Canadiens ne veulent vraiment pas d’une catastrophe écologique majeure et qu’ils ne veulent surtout pas se retrouver avec la réputation d’y avoir participé.Stephen Harper ajoute qu’il ne veut plus se conduire comme il l’a fait à Copenhague.Il concède alors d’emblée que le Canada n’a pas assez investi dans les énergies alternatives et dans le «développement vert», tout en promettant d’avoir le «courage» de poursuivre dans cette nouvelle voie.Les Yes Men avaient monté à Copenhague un faux communiqué d’Environnement Canada qui annonçait un virage à 180 degrés dans le dossier du climat, au point d’aligner le pays derrière l’Europe.Dans la série des interviews fictives, on retrouve la reine Elisabeth qui s’excuse pour le colonialisme dont son pays a fait preuve et qui s’engage à remettre une partie des richesses de la Couronne britannique aux pauvres.Bill Clinton concède que depuis 400 ans les Occidentaux se sont enrichis aux dépens de pays pauvres comme Haïti, mais qu’on va cette fois reconstruire ce dernier pour le rendre vraiment indépendant et prospère! Le Devoir # V-U- ÙÏ TP ARND WIEGMANN REUTERS Vue du village touristique de Davos où se réunissent les grands décideurs du monde.Améliorer le sort des femmes et des enfants À Davos, Harper réitère ses nouvelles préoccupations GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — Ceux qui attendaient le discours du premier ministre Stephen Harper au Forum économique mondial de Davos pour en connaître plus sur son nouvel engagement à améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants pauvres devront patienter: aucun détail n’a été révélé hier.Au final, le premier ministre a consacré environ 330 mots sur les 3700 de son discours à la question de la santé maternelle et juvénile, soit moins de 9 %.Tout le reste fut consacré aux questions économiques et au rôle du G20.De son initiative-surprise annoncée mardi par lettre ouverte, Stephen Harper n’a rien ajouté hier.Il a simplement réitéré l’engagement du «Canada à défendre une initiative majeure pour améliorer la santé des femmes et des enfants dans les régions les plus vulnérables de la planète» lors du prochain sommet du G8, qui WORLD "*OMlC IM Annual Meeting 2010 se tiendra au pays en juin.Selon M.Harper, «d’autres membres du G8 partagent cette préoccupation et seraient récep-tijs à une telle proposition».Cette dernière n’a toutefois pas CHRISTIAN HARTMANN REUTERS été définie.Rappelant quelques statistiques-chocs (500 000 femmes meurent chaque année pendant leur grossesse et neuf millions d’enfants décèdent avant leur cinquième anniversaire), le premier ministre estime qu’il est «temps de [se] mobiliser et défaire quelque chose pour ceux qui sont démunis; remplacer de bonnes intentions par des manifestations de bonne volonté».M.Harper a avancé que les solutions à ce problème sont «souvent aussi simples [que d’offrir] de l’eau salubre ou un traitement de base contre les infections».Il n’a pas abordé des questions plus sensibles, comme l’utilité de la régulation des naissances ou le recours à l’avortement dans certaines circonstances.Mercredi, les partis d’opposition avaient exprimé des doutes sur la valeur de l’engagement du premier ministre envers les femmes et les enfants.Certains ont qualifié à’«hypocrite» ce changement de ton, alors que le gouvernement conservateur a diminué les vivres à des organismes nationaux de soutien aux femmes depuis son arrivée au pouvoir.Le Devoir Charest voyage trop, dit Marois ANTOINE ROBITAILLE Orford — En voyageant beaucoup comme il le fait, Jean Charest néglige les affaires domestiques, a soutenu Pauline Marois hier, au terme du caucus pé-quiste à Orford.Elle estime que tout premier ministre doit être «capable de représenter le Québec à l’étranger» et que «généralement», quand Jean Charest voyage, «c’est pertinent».Sauf que les déplacements et missions du premier ministre se multiplient depuis no-vembrp: France, Russie, Danemark, Etats-Unis, Suisse (il a été à Davos cette semaine) et Inde à partir d’aujourd’hui.«Actuellement, je pense qu’il est sorti pas mal du Québec.Il ne s’occupe pas beaucoup des choses internes», a-t-elle soutenu.Entre autres, dans son caucus «où ça cafouille pas mal», où c’est le «vaudeville», a raillé la chef pé-quiste, s’arrêtant à deux cas: d’abord, celui de Jean D’Amour, dont l’ex-firme BPR a été pointée cette semaine par le Commissaire au lobbyisme.Ensuite, celui de l’ex-ministre David Whissell, qui est en guerre contre l’entreprise ABC-Rive Nord, dont il possède 20 % des actions.La Presse révélait hier que les autres actionnaires ont refiisé de le réintégrer à l’entreprise et ont même offert de racheter ses actions pour 4 millions.Ce à quoi M.Wfiissel a répondu par une contre-offre de racheter les leurs pour 16 millions.«Ça m’a fait sourire un peu», a dit Mme Marois, constatant que M.Whissell, même s’il répète que ses actions sont dans une fiducie sans droit de regard et que ce n’est pas lui qui les gère, est «en train de négocier son retour à l’entreprise».«J’imagine que s’il [y retourne], c’est qu’il a compris que sa situation est intenable.Ça aussi, ça rentre dans le vaudeville».D’autres élus péquistes ont commenté les nombreux déplacements du premier ministre.L’ancien ministre des Relations internationales Sylvain Simard a soutenu que c’était «bon pour le Québec».Le député de Rober-val, Denis Trottier, a lancé pour sa part: «Je pense qu’il voyage plus pour lui que pour le Québec.Je pense qu’il est en train de planifier son futur emploi.» Le Devoir E N BREF Khadr saura aujourd’hui Ottawa — C’est ce matin que la Cour suprême rendra sa décision dans le dossier Omar Khadr.Sa décision pourrait mettre fin à une longue bataille juridique opposant le gouvernement aux avocats de Khadr.Le gouvernement conservateur conteste en effet des décisions antérieures de la Cour fédérale et de la Cour d’appel, qui ont toutes deux jugç qu’Ottawa doit demander aux Etats-Unis le rapatriement du jeune homme arrêté en Afghanistan en juillet 2002.Il était alors âgé de 15 ans.- Le Devoir SOLDES HIVER 2010 40% à 70% AVANT-DERNIER JOUR DE SOLDES Vêtements de maternité à 50% de rabais 1007, RUE Laurier Ouest, Outremont , Tel.: (514) 274-2442 , Marois se range à l’avis des économistes i La chef péquiste suggère de réduire la bureaucratie, notamment dans le secteur de la santé ANTOINE ROBITAILLE Orford — Il faut «dégraisser» la santé et les sociétés d’Etat avant de hausser toute taxe ou tout tarif, a soutenu Pauline Marois, au terme de deux jours de caucus péquiste à Orford.«Avant d’aller fouiller dans la poche des citoyens, on devrait regarder dans sa propre cour», a lancé la chef du Parti québécois.Mme Marois a dit s’inspirer des idées, qu’elle a qualifiées d’«intéressantes», se trouvant dans le deuxième «fascicule» commandé dans le cadre des consultations prébudgétaires par le ministre Raymond Bachand.Ce document a été dévoilé mercredi et est l’œuvre d’un comité consultatif d’économistes souvent étiquetés de «lucides»: Pierre Fortin, Luc God-bout et Claude Montmarquette.Le comité est coprésidé par MM.Bachand et Robert Gagné, professeur à HEC Montréal et directeur du Centre sur la productivité et la prospérité.Mme Marois a noté que l’on y fait référence «aux structures du système de santé».Ces dernières années, a-t-elle précisé, on a modifié profondément la façon de «livrer les services en santé et on a oublié une structure [.] quia moins son rôle, qui a moins de responsabilités.On pourrait dégraisser de ce côté-là», a-t-elle dit.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pauline Marois Elle soutenait ainsi qu’il fallait réduire à leur plus simple expression les 18 agences de la santé et de services sociaux du Québec.Depuis que l’on a concentré dans 95 centres de services sociaux toute la distribution des services, ceux-ci deviennent «gé-rables» sans qu’il y ait les agences.Elle a soutenu qu’«il pourrait y avoir des services gouvernementaux très allégés qui font la relation», mais il ne serait pas nécessaire de tout conserver.Réduire cette bureaucratie représenterait une économie de 600 millions dans le domaine de la santé, a-t-elle précisé, se fiant aux fascicules du ministre Bachand.«Ce n’est pas rien, ça.Alors avant d’aller imposer une TPS [sic], à ce moment-ci, je crois que c’est le ménage qu’on devrait faire, et éliminer les gaspillages», notamment chez Hy-dro-Québec, Loto-Québec et à la SAQ.Plus tôt, le critique péquiste en matière de finances publiques, Nicolas Marceau, avait souligné que dans le deuxième fascicule Gagné-Bachand, on met en relief qu’Hydro, pour ses secteurs transport et distribution, s’est classée dans le «troisième quartile» lorsque sa performance a été évaluée.Bref, Hydro est «du mauvais côté, en bas de la moyenne» et «on peut faire mieux».Mais à Hydro, «on ne semble pas recevoir ce message qu’il faut resserrer la gestion», a déploré M.Marceau.Il a indiqué que dans les prochaines semaines, lorsque le rapport annuel d’Hy-dro-Québec sera déposé, on pourra prendre connaissance d’un «premier vrai exercice de comparaison avec d’autres entreprises équivalentes du Canada».Il croit aussi que des comparaisons de gestion entre la Société des alcools et la LCBO ontarienne ou «la compagnie qui vend de l’alcool en Alberta» seraient très profitables.«Si on se rend compte que, à la SAQ, on fait ça à un coût qui est trop élevé, qu’on prenne les mesures» pour les réduire, a-t-il conclu.Pour l’instant, il rejette l’idée de privatiser la SAQ, comme l’a fait l’Alberta à la fin des qnnées 1990 avec sa société d’Etat qui vendait de l’alcool.Le Devoir Le Sénat remodelé au goût de Harper GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — C’est aujourd’hui que le premier ministre Stephen Harper doit annoncer la nomination de cinq nouveaux sénateurs.Il profitera d’un arrêt à Terre-Neuve, à son retour de Davos, pour en faire l’annonce.Pierre-Hugues Boisvenu devrait obtenir le seul siège libre pour le Québec.Ces cinq nominations porteront à 33 le nombre de sénateurs que Stephen Harper a placés à la Chambre haute, ou 34 si on compte son ministre Michael Fortier, qui a démissionné depuis.Les conservateurs auront alors 51 sièges au Sénat, contre 49 pour les libéraux.Les cinq autres sièges sont occupés par des indépendants ou des sénateurs affiliés à d’autres formations (notamment feue la progressiste-conservatrice) .S’il accepte l’offre, Pierre-Hugues Boisvenu pourra devenir le porte-étendard conservateur au Québec en matière de justice.A titre de président et fondateur de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, il s’est souvent prononcé sur la place publique pour une justice criminelle plus sévère.Il a à l’occasion donné son appui à certains projets de loi conservateurs, notamment celui sur la fin des libérations conditionnelles au sixième de la peine.En prorogeant le Parlement, Stephen Harper a fait avorter la presque totalité de ses projets de loi en matière de justice.M.Boisvenu avait refusé de se porter candidat à l’élection pour le Parti conservateur encore l’automne dernier.M.Boisvenu devra par ailleurs démontrer une assiduité sans reproche au Sénat.Un autre sénateur du Québec, l’ancien entraîneur du Canadien Jacques De-mers, s’est fait critiquer du fait qu’il accorde peu de temps à son nouvel emploi.Nommé en août, M.Demers n’a assisté qu’à 23 des 33 séances.Les dix séances qu’il a ratées correspondent à des journées de matchs du Canadien de Montréal, qu’il a commentés sur les ondes de RDS.M.De-mers a conservé son contrat avec le Réseau des sports malgré ses nouvelles fonctions de législateur.Si le taux de présence des sénateurs conservateurs nommés par M.Harper est en général honorable, certains se démarquent.Ainsi, l’organisateur électoral en chef des conservateurs, Doug Finley, aurait affiché une fiche presque parfaite n’eut été de ses 6 absences sur 10 en octobre, mois où les spéculations électorales allaient bon train à Ottawa.M.Finley a été nommé au Sénat en août.Fred Dickson, de la Nouvelle-Ecosse, a été nommé en janvier 2009.Cet automne, il a manqué 20 des 33 séances du Sénat, dont au moins 10 ont été justifiées par la maladie.Le Sénat siège trois jours par semaine en général.Le Devoir LE DEVOIR LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 A 3 ACTUALITES Gambard 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514)866-3876 ROLEX Vente et service Rayhana et les autres Christian Rioux ayhana est une belle femme aux longs cheveux roux.Le 12 janvier dernier, en plein Paris, deux hommes s’approchent d’elle et l’aspergent d’essence.Avec une cigarette allumée, l’un d’eux tente d’immoler cette Algérienne de 45 ans.Cette agression serait un simple fait divers si Rayhana n’avait pas écrit une pièce de théâtre qu’elle interprète chaque soir au petit théâtre des Métallos dans le XI® arrondissement La pièce met en scène des femmes voilées et raconte l’histoire d’une Algérienne de 16 ans que son frère cherche â tuer parce qu’elle est enceinte.n faut, bien sûr, se garder de conclusions hâtives, mais Rayhana ne voit pas d’autres raisons â cette agression.Aujourd’hui, le petit théâtre est sous la protection des policiers et l’enquête a été confiée â la brigade antiterroriste.Lorsqu’on est loin de ces réalités, il est facile de croire que le débat sur le port de la burqa en France n’est dû qu’au caprice de quelques lai-cards ou, pire, qu’ü est la manifestation d’une manipulation politique â la veille des élections régio-ndes.n n’en est pourtant rien.Devant le sort de Rayhana, on saisit toute l’inconscience de ces élites bien-pensantes qui, comme la Fédération des femmes du Québec, prétendent que le débat sur le voüe est une simple affaire de choix individuel dans lequel les démocraties n’auraient pas â s’immiscer.Faudra-t-il d’autres attentats de ce genre pour comprendre que le voile, dont la burqa n’est que la manifestation extrême, est aujourd’hui un symbole plus politique que religieux?«La pointe émergée de l’iceberg», dit fort justement le député français André Gerin.Nos relativistes font mine de croire que le voile est une simple trace du passé, un résidu de pratiques misogynes ancestrales, alors qu’il est au contraire le symbole du nouvel intégrisme qui afflige les pays musulmans et nombre de pays européens.Le voile que portent aujourd’hui les jeunes filles d’Alger, de Clichy-sous-Bois et des environs du marché Jean-Talon, â Montréal, est un voile que leurs mères n’ont jamais porté.Ce n’est pas celui que portaient encore les grands-mères des villages de la province tunisienne ou marocaine.C’est celui qui est né de la révolution islamiste en Iran, des massacres perpétrés par les intégristes en Algérie et que brandissait l’assassin de Théo Van Gogh â Amsterdam.Mettons de côté le débat juridique complexe sur l’interdiction de la burqa dans l’espace public qui se poursuit en France.L’essentiel n’est pas lâ.n est, comme l’ont bien compris les membres de la mission française sur le voile intégral, dans la dénonciation d’un phénomène qu’une partie de nos élites s’applique â ne pas voir sous prétexte de multiculturalisme, de diversité, de tolérance, d’interculturalisme ou de «laïcité ouverte».C’est pourquoi l’Assemblée nationale française s’apprête â voter unanimement une résolution condamnant le voile intégral comme contraire aux valeurs de la France et de son identité.Il serait faux de sous-estimer l’importance d’une telle prise de position soutenue par toutes les fractions de la société, y compris l’immense majorité des musulmans.Comme l’affirmait l’écrivain Abdelwahab Meddeb, «l’essentiel est que l’Etat réagisse».Bref, qu’il exprime ce que les citoyens ordinaires pensent â l’égard de pratiques aussi scandaleuses, mais que nos élites ont peur de dénoncer haut et fort tant elles ont capitulé devant toutes les formes de multiculturalisme ou la simple peur de se faire accuser de racisme.Une fois reconquis le droit de parler, l’autre priorité consiste â protéger ces femmes â qui le voile est imposé par la force ou la pression sociale et religieuse.Les commissaires demandent aux fonctionnaires de signaler â la protection de la jeunesse les cas oû des mineures porteraient la burqa.Ils proposent aussi d’offrir l’asile politique â ces femmes venues de pays oû elle est plus ou moins obligatoire.«Voyons, les Français n’ont-ils pas d’autres problèmes que la burqa?», me demandait récemment une amie féministe.Les multicultura-listes, dans leur passion pour tout ce qui est exotique, traitent la question avec désinvolture.Ils ne cessent de rappeler qu’il n’y aurait pas plus de 2000 femmes portant le voile intégral en France.Une misère! Essayons d’appliquer le même raisonnement aux femmes battues.Suffirait-il de démontrer qu’il n’y a que 2000 femmes battues au Québec pour convaincre les gouvernements d’adoucir nos lois?La caractéristique du multiculturalisme, c’est de pratiquer le deux poids deux mesures dès que l’on vient d’ailleurs.Et encore plus lorsque le prétexte est religieux.Ce qui étonne le plus, c’est le ralliement d’une certaine gauche â ces idées.Et même d’une frange du mouvement féministe.Porter le voile serait même «libérateur», selon la féministe américaine Naomi Wolf! On aura tout entendu.C’est avec raison qu’une féministe algérienne comme Wassyla Tamzani vit cette «amnésie des féministes post-modernes» comme une véritable trahison qu’elle identifie â un «renoncement de la pensée européenne» {Une femme en colère.Lettre d’Alger aux Européens désabusés, Gallimard).Ce débat ne concerne pas que les Français, mais tous ceux qui sont épris de liberté.crioux@ledevoir.corn La pilule du surlendemain Les Européennes ont accès à un «plan B» efficace cinq jours après, mais les Canadiennes n’y ont pas droit Les Européennes ont accès depuis octobre à la «pilule du surlendemain», les Américaines pourront se la procurer sous peu.Le nouveau contraceptif d’urgence, l’ulipristal, remplace avantageusement le traditionnel «plan B», un comprimé de levonorgestrel, car il agit jusqu’au cinquième jour après une relation sexuelle.Mais rien n’indique que les Canadiennes y auront accès dans un avenir rapproché.AMELIE DAOUST-B OISVERT Une nouvelle contraception d’urgence s’avère plus efficace que la traditionnelle «pilule du lendemain» pour prévenir les grossesses non désirées jusqu’à cinq jours après une relation sexuelle.Mais pas pour les Canadiennes.Deux études publiées cette semaine, une américaine et l’autre britannique, confirment l’efficacité de l’uli-pristal, déjà prescrit en Europe ^ous le nom d’EllaOne.Les Etats-Unis entament la procédure d’autorisation, mais le Canada ne semble pas suivre le mouvement Santé Canada refuse «pour des raisons de confidentialité de confirmer si une demande de licence de mise en marché fait l’objet d’un examen ou non», a écrit son porte-parole Gary Ho-lub au Devoir.L’efficacité du plan B, après trois jours, chute.Pourquoi chercher â atteindre cinq jours?C’est justement la durée de vie des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines.Les effets secondaires des deux comprimés — nausée et maux de tête, principalement — se comparent.La chercheuse Anna Glasier publie aujourd’hui en ligne, dans la revue médicale The Lancet, des résultats qui confirment l’efficacité de l’uli-pristal sur cinq jours.Sur les 1696 femmes qui ont reçu la contraception en deçà de 72 heures, 22 de celles qui ont suivi le plan B sont devenues enceintes, contre 15 dans le groupe de I’nlipristal.Aucune des 203 femmes qui ont reçu l’ulipristal entre 75 et 120 heures après la relation sexuelle n’est tombée enceinte, contre trois avec le plan B.Des taux de grossesse comparables â ceux attendus sans contraception d’urgence dans les deux cas, soit 6 pour 100 femmes.Une étude américaine pu- bliée dans le journal Obstetrics and Gynecology en ligne cette semaine arrive â la même conclusion.«C’est justement ce délai de cinq jours qui rend ce médicament si intéressant», souligne la chercheuse â la Faculté de pharmacie de l’Université Laval Louise Beaulac-Baillar-geon, spécialisée en santé des femmes.Une option qu’elle aimerait bien voir apparaître au Québec, étant donné la solidité des études qui en confirment l’efficacité et l’innocuité.Bon an, mal an, 27 000 femmes choisissent l’avortement au Québec, aux prises avec une grossesse non désirée.La «pilule du lendemain» prévient la conception en empêchant l’ovulation.L’ulipristal empêcherait rovulation dans 60 % des cas, même s’il est avalé juste avant cette phase de fertilité critique, autour du jour 14 du cycle menstruel.Période fertile pendant laquelle le levonorgestrel échouerait plus de 85 % du temps.L’ulipristal requiert une ordonnance du médecin, ce qui fi'eine son utilisation en Europe.Les femmes peuvent se procurer le lévonorgestrel sans ordonnance dans une cinquantaine de pays, dont le Québec et la France.ellaOne tablet ARCHIVES AFP Bon an mal an, 27 000 femmes choisissent l’avortement au Québec, aux Le Devoir prises avec une grossesse non désirée Dans un gisement vieux de 100 millions d’années situé dans le nord-est de la Chine, une équipe de paléontologues ont exhumé les plumes fossilisées de théropodes La vraie couleur des dinosaures Comme leurs descendants les oiseaux, les théropodes étaient pourvus de plumes colorées, selon une découverte de paléontologues britanniques et chinois servir PAULINE GRAVEL TOUS les dinosaures n’étaient pas, comme op le croyait, de ternes reptiles sans éclat.A l’instar de leurs descendants les oiseaux, les théropodes arboraient vraisemblablement de vives couleurs, dont des paléontologues britanniques et chinois viennent de découvrir les pigments dans leurs plumes fossilisées.Dans un gisement vieux de 100 millions d’années situé dans le nord-est de la Chine, une équipe de paléontologues dirigée par Michael Benton, de l’Université de Bristol au Royaume-Uni, et Zhonghe Zhou, de l’Institut de paléontologie des vertébrés et de pdéoanthropologie de Beijing, ont exhumé les plumes fossilisées de théropodes — une branche de la famille des dinosaures â laquelle appartient le fameux tyrannosaure —, dans lesquelles ils ont découvert la présence de petites organelles, appelées mé-lanosomes, remplies de pigments qui servent â colorer les poils et les plumes de noir, de gris, ou de tons roux, allant de l’orange au brun.Plus précisément, deux types de mélanosomes étaient enfouis au creux des plumes fossilisées d’un Sino-sauropteryx et d’un Sinornithosaurus, deux espèces de petits théropodes: d’une part, des organelles de forme cylindrique qu’on retrouve aujourd’hui dans les rayures noires du zèbre et le masque noir du cardinal, et d’autre part, des organites sphériques (dénommés phaeomélano-somes) contenant le pigment responsable des tons roux que l’on retrouve dans la queue de certains faucons et de certains cheveux humains.L’analyse des fossiles d’un Sinosauropteryx a permis de déterminer que l’animal portait une crête de plumes rousses qui se poursuivait jusqu’au milieu du dos, et que sa queue était aussi couverte de ces plumes rudimentaires qui faisaient apparaître Les plumes rudimentaires pouvaient à la parade, comme chez les oiseaux une alternance de rayures claires et foncées.Les chercheurs ont trouvé que les plumes des régions sombres de la queue étaient remplies de phaeomé-lanosomes, indiquant qu’elles étaient rousses ou orange.«Les bandes claires ont pu être blanches, mais étant donné que certains pigments ont pu se dégrader et ne laisser aucune signature fossile, il est difficile d’en être certain», a précisé Michael Benton au magazine en ligne Nature.Les chercheurs, qui font part de leur découverte dans le dernier numéro de la revue scientifique Nature, font remarquer que les mélanosomes font partie intégrante de la robuste structure protéique de la plume, ce qui leur a permis de subsister si longtemps.Bien qu’ils n’aient pas trouvé de structures cellulaires ou de machineries associées aux autres couleurs, les paléontologues croient que les cellules de dinosaure pouvaient probablement produire d’autres pigments, tels que des caroténoides et des por-phyrines (responsables des pourpres), dont les protéines qui les constituaient se sont dégradées plus rapidement que les organelles, et, par le fait même, n’ont laissé aucune trace dans les fossiles exhumés.Cette découverte contribuera vraisemblablement â clore le vieux débat sur la véritable fonction de ces embryons de plumes.Ces petits poüs duveteux que portaient les théropodes ne pouvaient vraisemblablement pas servir â voler, car ils n’aidaient en rien â la portance.De plus, le fait qu’ils n’étaient présents que sur certaines parties du corps, comme le suggère cette dernière découverte, exclut aussi l’hypothèse qu’ils servaient d’isolant thermique.Le fait que ces plumes rudimentaires étaient, apprend-on aujourd’hui, colorées renforce l’idée qu’elles servaient probablement â la parade, comme chez les oiseaux.Le Devoir Le professeur Xu Xing, ITnstitut de paléontologie des vertébrés et de paléoan-thropologie de Beijing examine le fossile d’un dinosaure. A 4 LE DEVOIR LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 ACTUALITES Compétition de chasse-neige à Québec ISABELLE PORTER Québec — Epreuve de slalom, course à obstacles, figures imposées.Les meilleurs conducteurs de chasse-neige de la planète s’affronteront dans une course à Québec à l’occasion du Congrès international de la viabilité hivernale qui se déroule du 8 au 11 février dans la capitale.La course, qui aura lieu le 10 février prochain à la baie de Beau-port, verra rivaliser une vingtaine de concurrents d’ici, mais également des conducteurs de huit pays étrangers, dont le Japon et la Suède.Alain Labonté, qui coordonne l’événement pour le ministère des Transports (MTQ), assure que les concurrents sont «les meilleurs».«Ça se fait de façon amicale, mais les gens prennent ça au sérieux», assure-t-il.Avis aux curieux, l’événement n’est pas ouvert au public.Le ministère des Transports organise ce genre de course depuis une dizaine d’années déjà à l’échelle locale avec les opérateurs du ministère, des municipalités et des sous-traitants.Une façon comme une autre de valoriser une profession hautement stratégique.Pas moins de 1500 congressistes en provenance de 52 pays doivent participer au Congrès de la viabilité hivernale.Organisé par l’Association mondiale de la route, cet événement qui se tient aux quatre ans en est à sa prq-mière présence en Amérique.À titre de ville-hôte, Québec succède à Turin, en Italie, et à Sapporo, au Japon.Le programme en témoigne: le déneigement des routes est un art de plus en plus complexe.À titre d’exemple, des ateliers sur le dernier cri des «stations mé-téoroutières», des espèces de capteurs qui permettent de mesurer à distance les conditions routières, explique le représentant du Québec au sein de l’Association mondiale de la route, Richard Charpentier.Ces capteurs, dont le Québec compte une trentaine d’exemplaires, sont installés sur des tours le long de la route ou sous la chaussée.«La température du pavage descend beaucoup moins rapidement que celle de l’air, souligne M.Charpentier.Le capteur nous permet de détecter les endroits où la glace noire risque de se former et d’intervenir avant des situations problématiques.» Autre sujet, les solutions de rechange aux sels dont on asperge les chaussées du Québec.Des conférenciers suisses doivent présenter un matériau composé de plaquettes de bois beaucoup moins polluant.En Allemagne, on utilise un produit liquide, et ce, avant les précipitations.Ces technologies pourraient, selon M.Charpentier, contribuer à réduire la présence des camions de déneigement sur les routes et leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre.Ironie du sort, le réchauffement climatique n’aurait pas pour effet de limiter à long terme les besoins en matière de déneigement, dit-il.«Les spécialistes nous disent plutôt qu’il va y avoir une augmentation des chutes de neige, non pas en termes de quantité, mais de fréquence.» Le Devoir Opération Marteau Des entreprises de construction reçoivent la visite de policiers Le Parti québécois parle d’une opération de relations publiques KATHLEEN LEVESQUE La Sûreté du Québec a multiplié hier les visites à des entrepreneurs de construction de la région montréalaise dans le cadre de l’opération Marteau, une opération jugée sans force par le Parti québécois, qui réclame toujours la tenue d’une commission d’enquête.En matinée, ces visites étaient présentées comme des perquisitions dans le cadre de l’opération Marteau, qui lutte contre la corruption et la malversation dans le monde de la construction.En après-midi, la Sûreté du Québec précisait qu’il s’agissait plutôt de rencontres avec neuf personnes liées à cinq entreprises en construction.Il n’était pas question non plus de procéder à des arrestations pour l’instant, a précisé le sergent Claude Denis, de la SQ.«C’est une étape dans l’enquête.Les enquêteurs de l’opération Marteau sont actifs et ont le soutien du Directeur des poursuites criminelles et pénales», a-t-il souligné.Les sièges sociaux des entreprises visitées sont situés à Laval, à Brossard, à Boucherville, à Anjou et à Montréal.Les entreprises de Tony Accurso et de Lrank Catania, deux importants VECUTES PAR 3X ÿO0û V La dette qui tue Haïti écrasé par les esclaves de l’argent et du pouvoir.Le pays le plus pauvre dont ni l’ombre d’un gouvernement ni l’élite ne veulent vraiment s’occuper de la santé, de l’éducation, de la sécurité et de la vie de leur peuple.Haïti croulant sous une dette de près d’un milliard de dollars et dont les débiteurs étrangers encaissent les intérêts sans sourciller.Crimes contre l’humanité.Si les secours d’urgence sont une nécessité absolue, la levée des jougs qui tuent le corps, le cœur, l’âme et la famille sociale est aussi une nécessité fondamentale.11 faut aller à la racine des maux.11 y a un retournement du cœur, des consciences et des pratiques économiques et politiques à opérer, pas seulement en Haïti.Démocratie, respect de la vie, de la nature, justice sociale.11 faut lever la dalle de béton de la dette qui tue plus que le tremblement de terre.Une pétition circule en ce sens, pilotée par Avaaz.Attention aussi aux vendeurs du temple de tout acabit.Ils se servent de la misère et de la religion pour leur propre gloire, usurpateurs de la bonté de Dieu, marchands d’esclavage qui aliènent les êtres et les peuples au lieu de libérer.Ils sont comme des vautours autour d’im cadavre.On les reconnaît à leurs fruits.Gérard Laverdure Montréal, le 28 janvier 2010 LETTRES L’argent de «Bébé Doc» Lors de la conférence de Montréal sur la reconstruction d’Haïti, il a été reconnu par les représentants des pays participants qu’une reconstruction viable de ce pays passait par une approche nouvelle et qu’il fallait le rebâtir mieux.Autrement dit, le retour à la situation prévalant avant le séisme n’est pas acceptable.Fort bien.Cela dit, cette volonté affichée par la communauté internationale ira-t-elle jusqu’à forcer l’ex-dicfateur Jean-Claude Duvalier à rendre à l’État haïtien les millions qu’il a volés au moment de son départ, millions qui font cruellement défaut au gouvernement, ou bien est-ce que cette volonté d’aider le peuple haïtien se heurtera aux portes des paradis fiscaux?Michel Gohier Gatineau, le 26 janvier 2010 Madame la marquise Weil Elle est vraiment marrante, la ministre de la Justice Kathleen Weil! A la suite de l’avortement du mégaprocès Norbourg, elle livre au petit écran cette perle qui restera sans doute historique: «La justice roule bien au Québec.» Quatre mois de procès, des actes d’accusation par centaines, une bibliothèque entière de témoi- gnages, une perte de temps pour juge, avocats de la poursuite et jurés, un public encore plus désabusé du système judiciaire, des anciens clients floués de Norbourg pour le moins mécontents, mais, selon la ministre, malgré cela, c’est le paradis au Québec en matière de justice.Tout va très bien, madame la marquise.Je dirais plutôt, la justice ne roule pas rond, mais carré! Heureusement que le ridicule ne tue pas en ce pays! Michel Lebel Entrelacs, le 27 janvier 2010 Des « bénévolants » ?Des bénévoles qui réclament être payés pour leur bénévolat! On aura tout vu! Est-il possible que ce soit plutôt des hjqiocrites qui, sous le couvert du bénévolat, retournent la situation à leur avantage en profitant de la misère des autres pour se remplir les poches?Ces «bénévolants» usurpent-ils le nom de «bénévole» pour se donner bonne conscience?Je n’ai pas fait un don à Haïti pour payer des bénévoles, je l’ai fait pour ajouter à l’action des bénévoles.Mais en fait, qui sont ces prétendus bénévoles?Gisèle Fillon Montréal, le 28 janvier 2010 LIBRE OPINION Réplique à Michel David PIERRE KARL PELADEAU Président et chef de la direction de Québécor Cy est avec intérêt que j’ai lu votre chronique du 28 janvier 2010.Vous qualifiez sans nuance les 280 publications de Sun Media de «feuilles de chou», verdict gratuit qui tranche singulièrement avec la solidarité dont on pourrait autrement vous croire habité.Vous disqualifiez le travail lu par des millions de gens, de centaines de vos confrères et consœurs autant au sein de notre entreprise que ceux qui œuvrent dans les nombreuses agences de presse que nous relayons, dont la plus importante au Canada, la Presse canadienne.Ironie du sort.Le Devoir Mssât référence, aussi récemment que le 27 janvier, sous la signature d’Alexandre Shields, à un article écrit par Rémi Nadeau du Journal de Québec (qui travaillait encore à la Presse canadienne il y a quelques semaines) faisant état du manque de transparence dans la divulgation du règlement du renouvellement de la convention collective à la SAQ, étrangement qualifiée de paix industrielle alors que l’on passait sous silence l’augmentation de la masse salariale de 100 millions à 123 millions.Vous n’êtes pas sans savoir que Québécor n’est pas une PME.Nous faisons travailler directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes et recoupons en notre sein plus de cent syndicats distincts, œuvrant dans des industries variées aux enjeux divers.Nous sommes un acteur important de l’économie et de la culture québécoises.Nous investissons ici chaque année plusieurs centaines de millions de dollars, créant ainsi des milliers d’emplois de qualité, dans des secteurs en croissance.Notre siège social de Montréal et ceux de nos filiales emploient des centaines de Québécois dans des postes clés.J’ai le pri- vilège de la diriger et de participer aux très nombreux succès qu’elle a réalisés durant les 10 dernières années de ma présidence, dont notamment le repositionnement complet de Vidéotron, qui offre maintenant en plus des produits de grande qualité orientés sur les dernières technologies, un service à la clientèle qui fait l’envie de très nombreuses entreprises.C’est avec tout autant d’énergie que nous avons lancé le projet de modernisation de nos activités d’édition il y a quelques années, permettant ainsi à Sun Media de devenir le plus important éditeur au Canada.Cette dernière jouit maintenant d’une santé financière lui permettant de traverser la crise actuelle et d’assurer son avenir dans un environnement dont tous, notamment votre directeur Bernard Descôteaux en ces pages hier, reconnaissent la dramatique transformation.En quoi la modernisation du Québec ferait-elle de nous des dinosaures intransigeants?Quant à votre procès d’intention, il apparaît cocasse que vous repreniez l’argument de ce banquier dont l’industrie combat avec succès depuis des décennies la sjmdi-calisation de ses employés.Vous voici protecteur de principes dont il est désormais interdit, sous peine d’attaques ad hominem et d’accusations de lèse-majesté, de remettre en question les fondements.La liberté d’esprit qui a toujours prévalu au Devoir semble s’être abstenue sous votre plume et me ramène aux pires heures de la direction de Georges Pelletier.Pourquoi serait-il donc illégitime de s’interroger sur la transparence des sjmdicats quant à leur gouvernance, par exemple, celle du Fonds de solidarité de la FTQ, où l’on constate que 12 des administrateurs sur 17 occupent des postes de président de sjmdicat?Cette organisation gère des millions de dollars, obtenus en grande partie grâce aux généreux crédits d’ipipôt dont sont ainsi privés les coffres de l’État.Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question de syndicats, confère à ce groupe une sorte d’immunité qui tue dans l’œuf tout échange.Nous sommes bien loin de l’audace et du choc des idées auxquels nous avait habitués Le Devoir.Dans la même veine, votre attitude et celle de vos collègues de la Tribune de la presse, feignant la neutralité pour justifier le refus de l’accréditation à vos confrères du Journal de Québec, sont absolument sidérantes.Selon vous, donc, le droit à l’information et à sa diversité est maintenant subordonné aux droits de travailleurs.Hemi Bourassa en serait pour le moins étonné! Réplique Le procédé qui consiste à déformer des propos pour mieux attaquer leur auteur est bien connu.Je n’ai jamais prétendu que les 280 publications de Sun Media étaient des «feuilles de chou».Je m’inquiète plutôt de ce que M.Péladeau cherche à en faire avec sa «modernisation».Je veux bien qu’il cherche une façon de me mettre en contradiction avec Le Devoir, mais je me demande ce que le règlement à la SAQ a à voir avec la législation que M.Péladeau dénonçait dans son texte publié dans Le Journal de Montréal le 21 janvier.Quant aux demandes d’accréditation à la Tribune de la presse de nouveaux journalistes du Journal de Québec, il n’en avait jamais été question avant que leurs collègues du Journal de Montréal ne soient mis en lock-out.Dans l’esprit de M.Péladeau, la diversité de l’information semble consister à publier les mêmes textes dans le plus de journaux possible.Michel david LE DEVOIR LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 A 9 IDEES J JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre d’Haïti, Jean-Max Bellerive, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, et la secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton, lors de la réunion de Montréal.Reconstruction d’Haïti Vers une nouvelle « souveraineté-association » ?YVAN CONOIR Consultant et chercheur associé à l’Observatoire sur les missions de paix de la chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM e passage à Montréal la semaine dernière, le premier ministre d’Haïti, Jean-Max Bellerive, a dit ce que tout le monde souhaitait entendre: respectons la souveraineté pleine et entière d’Haïti.Les ministres des Affaires étrangères présents ont déclaré ce qu’il était convenu de dire: que la communauté internationale était là pour appuyer et non se substituer à l’Etat haïtien.Et les Haïtiens de Port-au-Prince comme d’ici vont faire semblant de croire qu’ils vont tous pouvoir se relever comme avant, sans changer les,règles d’un jeu de pouvoirs et de direction d’un Etat historiquement inégal, inefficace, imparfait et corrompu.Dans cet apparent jeu de dupes, une lecture réaliste des enjeux relatifs aux déboursements des centaines de millions — voire de milliards — de dollars de la reconstruction dans les six mois à cinq,ans à venir impose de tenir un autre langage.L’Etat haïtien n’est ni «fragile», ni «failli», ni capable.Il est tout simplement très, très faible, sans pouvoir de contrôle réel et intègre sur la gestion des immenses investissements à venir, et sans beaucoup de ressources pour éviter rapidement mille dérives arrivistes, affairistes et politiciennes sur la gestion des engagements financiers à venir de la communauté internationale.Bilan négatif Il faut être un bon samaritain pour croire que le malade peut se relever rapidement sans une assistance extérieure «robuste» et sérieusement coordonnée.Si le «modèle afghan» de relèvement, depuis 2001, source d’une corruption et d’une inefficacité sans nom, est à proscrire; si le modèle d’administration temporaire des Nations unies est à éviter, parce que Haïti, République deux fois centenaire, n’est pas un «non-Etat» comme l’étaient le Kosovo (1999) ou le Timor-Leste (2000) avant leur mise sous tutelle onusienne, force est de constater qu’Hàïti n’est certainement pas à court terme l’État capable d’absorber et gérer de manière efficace et efficiente les futurs investissements massifs de la communauté internationale en Haïti.Le premier ministre Bellerive ne tenait pas un autre discours en dressant le bilan négatif des milliards de dollars investis par la coopération internationale dans son pays par le passé.Double langage La déclaration de Montréal de ce 25 janvier est un vrai modèle de double langage.H est plus que légitime de prôner «l’appropriation», puisque seuls les Haïtiens seront maîtres de leur destin.Un gouvernement légal et légitime doit assurer la gestion straté^que de son destin politique et économique.La suite est plus ambiguë.Pour «adhérer aux principes de l’efficacité de l’aide», travailler sous la «coordination clé des Nations unies» et assurer la «responsabilisation et la transparence [.], particulièrement au chapitre de la répartition et de la gestion des ressources» et adopter des «mécanismes solides de suivi et d’évaluation», il devient clair que si la gestion stratégique des opérations demeure la responsabilité régalienne du gouvernement haïtien, le mode de gouvernance de la gestion de l’assistance internationale pour le déploiement de cette dernière doit relever d’un modèle qui oscillera entre une mise en œuvre opérationnelle et un suivi tactique sous tutelle étroite des bailleurs les plus importants.Certains vont jusqu’à préconiser «de verser pendant cinq années une contribution financière, dont le bon usage serait contrôlé par une commission mixte — donateurs et bénéficiaires» (Régis Debray, Le Monde, 20 janvier 2010).Il importe donc, demain comme aujourd’hui, d’inventer de nouveaux modes de gouvernance de l’aide en Hàïti.Une partie de la solution pourrait résider dans le développement d’un modèle innovateur de «souveraineté-association», mot qui en fera sourire certains, entre des gouvernements soucieux d’action concrète et un gouvernement trop faible pour assumer de manière intégrale une souveraineté pleine et entière.L’association reposerait sur un modèle de cogestion temporaire de fonctions administratives, institutionnelles et administratives particulières.Certaines concessions partielles de souvefaine-té (espace aérien ou maritime géré par les É.-U.) facilitent déjà la sécurisation et une logistique humanitaire ,d’envergure.Sans absoudre la souveraineté de l’État sur les coqjs et entités constituées, l’on peut parfaitement imaginer le déploiement A’«équipes d’intervention civiles en cas de catastrophes» pour remplacer (première phase), reconstituer et reconstruire (deuxième phase), puis renforcer, (troisième phase) certaines des fonctions de l’État les plus touchées par la catastrophe: ministères de première ligne, corps et administrations spécialisés, ceci sous la forme d’équipes internationales conséquentes, envoyées et soutenues par le groupe des Amis d’Hàiti.Ami fidèle, partenaire efficace et reconnu, associé dans le relèvement et la reconstruction de plusieurs entités de l’État haïtien, le Canada dispose à cet égard de plusieurs atouts, à Montréal, au Québec comme au Canada, pour déployer des unités spécialisées de ce type à court et à moyen termes, pour participer à la mise en œuvre de ce nouveau continuum de «remplacement, reconstitution-reconstruction et renforcement» qui présidera aux destinées du pays comme de Port-au-Prince dans les mois et années à venir.Profîlage racial Les responsabilités des élus de Montréal L REAL MENARD Maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, vice-président de la Commission permanente de la sécurité publique au conseil d’agglomération de Montréal et ancien député du Bloc québécois e 1“ février prochain, les élus du conseil municipal de Montréal seront appelés à voter sur une motion que j’ai déposée, au nom de l’opposition officielle, et qui touche le profilage racial.La motion est libellée de la façon suivante: «Le conseil municipal de Montréal enjoint le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de collaborer avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ), et ce, à toutes les étapes des enquêtes en matière de profilage racial, et plus particulièrement devant le Tribunal des droits de la personne.Qu’en conséquence, le mandat donné au Service du contentieux soit réévalué.» Il est pour le moins regrettable qu’une assemblée d’élus soit obligée de demander à un organisme public comme le SPVM de collaborer avec la Commission des droits de la personne du Québec.Cette obligation, les élus doivent l’assumer pour trois raisons.Démocratie entravée Depuis 2005, la Commission tente de déférer au Tribunal des droits de la personne cinq dossiers qui impliquent une dizaine de personnes.Le SPVM, invoquant le droit au silence des policiers lorsque le comité de déontologie policière n’a pas mené ses travaux à terme, multiplie les subterfuges procéduriers: requêtes en irrecevabilité, appels de décisions interlocutoires, requêtes en révision judiciaire, etc.Le résultat final est que, depuis 2005, le Tribunal des droits de la personne n’a pu rendre aucun jugement sur le fond.Cette situation est préoccupante sur le plan de la démocratie et du fonctionnement de nos institutions.Si la CDPDJ ne peut enquêter lorsqu’il y a des accusations de profilage, on peut légitimement se demander qui le fera.D’autant que les cinq causes qui ont été retenues pour être déférées devant le Tribunal révèlent des faits troublants: elles impliquent toutes des personnes de race noire, les policiers sont tous intervenus sans qu’il y ait appel des citoyens, et dans une majorité des cas, les événements reprochés se sont déroulés sur le domaine privé.Conséquences néfastes La deuxième raison qui doit amener les élus à demander au SPVM de revoir sa stratégie est que la pratique du profilage racial est lourde de conséquences.Le profilage racial est une propension qu’ont certaines personnes en situation d’autorité à adopter des comportements et des attitudes voulant que certains genres de délits soient reliés aux individus appartenant à des groupes ethniques en particulier.Le profilage racial criminalise davantage les jeunes de certaines communautés ethnoculturelles, il compromet de ce fait le droit à l’égalité et il stigmatise certains groupes dans leur utilisation de l’espace public.Pire encore, il engendre une attitude de méfiance et de démission de la part des personnes «racialisées» à l’égard du fonctionnement des institutions, ce qui est néfaste pour le civisme et la cohésion sociale.Le fait que les Noirs représentaient, en 2008-09, 6,9 % des délinquants sous responsabilité fédérale, alors qu’ils ne composent que 2,2 % de la population totale, soulève des questions quant à l’existence du phénomène de profilage racial, qu’il soit systémique ou non.Fonds publics La troisième raison qui milite pour un changement de stratégie de la part du SPVM est qu’il n’est pas acceptable que des fonds publics, votés par le conseil municipal, soient utilisés pour empêcher la Commission des droits de la personne de faire son travail, d’autant qu’elle détient son mandat de l’Assemblée nationale, de laquelle relève le conseil municipal de Montréal.La stratégie du SPVM est d’autant plus incompréhensible que ce corps policier a fait des gestes très concrets pour lutter contre le profilage racial: adoption d’une politique en 2004; mise sur pied de l’unité profilage racial relevant des stratégies d’action avec la communauté: embauche d’une ressource-conseil; démarchage au New Jersey, en mai 2006, pour s’informer sur les meilleures pratiques pour contrer toute forme de profilage racial; mise sur pied d’un comité consultatif avec des partenaires externes, etc.H ne fait aucun doute que les élus du conseil municipal de Montréal doivent faire un geste concret pour lutter contre le profilage racial et voter à l’una-nimité pour la motion de l’opposition officielle.Connaissez-vous Davos?Lise Payette avos est un joli petit village où on peut faire du ski dans un confort total.Il s’anime depuis quelques années, chaque fois que le monde financier international débarque pour y régler, dans l’harmonie, le sort du monde entier.J’ai toujours pensé que Davos était une sorte «d’énorme» jeu de Monopoly où les vrais propriétaires du pouvoir venaient se faire des propositions, des échanges même, acheter, vendre derrière des portes closes sans n’avoir rien à expliquer à personne.Nos deux brillants premiers ministres sont à Davos en ce moment.Celui d’Ottawa, pour parler d’environnement, a-t-il dit sans rire, sentant peut-être qu’il doit participer, contrairement à ce qu’il a choisi de faire à Copenha^e.Jean Charest aussi y est H serait méchant de dire qu’il n’y est que pour le plaisir que ça lui procure de se frotter à ceux qu’il qualifie de «grands de ce monde», petit groupe auquel il aspire tant à appartenir.Comme ce serait aussi méchant de se dire qu’on aurait pu lui offrir un billet d’avion «aller seulement», histoire de faire des économies pour le Québec.C’est sûr qu’au cours de cette rencontre au sommet, quelqu’un à un moment donné va parler d’Hàiti.C’est pratiquement impossible qu’il en soit autrement.Pensez.un pays entier à reconstruire avec de l’argent des autres pays qui ont juré, dur comme fer, qu’ils tiendraient pendant au moins dix ans, et plus s’il le fallait.Quel beau sujet pour Davos.Au cours de la discussion, où chacun ira de son trémolo, il finira bien par être question DU sujet que tout le monde essaie d’esquiver depuis deux semaines: la corruption inquiétante qui a sévi en Haiti avant le grand séisme.A la rencontre de Montréal, lundi dernier, rencontre présidée par Lawrence Cannon, c’est tout juste si la question a été évoquée.On a peur de vexer le premier ministre haïtien, qui était présent, et de se mettre les élites hàïtiennes à dos en parlant publiquement du fait que l’argent donné pour le développement d’Haïti ne s’est pas toujours rendu là où il devait aller.On raconte qu’il y avait depuis longtemps un système corrompu qui faisait que chacun se servait quand l’argent se pointait.La rumeur a été confirmée par plusieurs sources.Personne ne souhaite que ce comportement continue avec les dons qui viendront de partout pour soulager la misère de ce peuple martyr.Mais comment faire?Prêcher par l’exemple ?Qui sommes-nous pour parler de la corruption des autres, je vous le demande?Notre corruption, nous l’avons bien vu avant la fin de 2009, n’existe pas pour sortir les plus démunis de la misère, elle sert à enrichir ceux qui grouillent et grenouillent autour du pouvoir politique, ceux qui se croient au-dessus des lois et qui mettent en place des systèmes qui permettent à quelques-uns d’empocher l’argent qui devrait servir au mieux-être des contribuables.On gonfle les factures, on copine avec le pouvoir, on se donne des airs de grand seigneur et on s’en met plein les poches.Le Québec tout entier a réclamé une commission d’enquête pour permettre aux autorités de faire le ménage au vu et au su de tout le monde.Nous l’avons dit, nous l’avons écrit, il fallait vider l’abcès.Malgré notre insistance, le parti au pouvoir à Québec a décidé de ne rien entendre et d’aller se pavaner à Davos, sans gêne, en laissant le linge sale à la maison.Nous en sommes là.Nous avons pleuré sur Haiti.Nous avons soutenu les Haïtiens, aidé de toutes les façons imaginables.Nous avons mis de côté tout ce qui faisait de nous un peuple abusé par des gens proches du pouvoir qui vont pouvoir continuer à n’en faire qu’à leur tête à moins que nous mettions toutes nos forces ensemble pour les arrêter.Le moment est venu de reprendre nos affaires en main.La première, c’est de bien faire comprendre à Jean Charest que nous tenons à cette commission d’enquête.Que ce n’est plus une demande que nous lui faisons, mais un ordre que nous lui donnons.Le peuple est souverain.Jean Charest n’est qu’un élu à notre service et non l’inverse.H faut le lui rappeler de temps en temps parce qu’il a de plus en plus souvent la tentation de se prendre pour Louis XIV et que même physiquement, ma foi, il cultive la ressemblance.Je suis sûre qu’on est tous capables de «marcher et de mâcher de la gomme en même temps».On peut très bien continuer à aider Haiti d’une part, en s’occupant de nos propres problèmes en même temps.Et la corruption, ici, c’est notre problème.Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les anatyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervris (éducation), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Eric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Jean-Jacques Coulombe et Emilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', David Dumouchel et Etienne Plamondon-Emond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Portier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthevys (technicien informatique).PROMOTION, DISTTUBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI 29 JANVIER 2010 ACTUALITES SALINGER SUITE DE LA PAGE 1 traduction extrêmement ardue.Par ailleurs, Catcher in the Rye y pour ne nommer que celui-là, est rapidement devenu emblématique de cette jeunesse américaine de Taprès-guerre qui croyait en l’avenir des choses mais qui ne savait pas encore de quoi elle voulait tisser cet avenir.Mais sa gloire a échappé au contrôle de son créateur.En 1980, l’assassin de John Lennon, Mark David Chapman, aurait même avancé qu’il fallait chercher l’explication de son geste dans Catcher in the Ryey qu’il portait sur lui au moment du crime et qu’il venait de faire dédicacer par John Lennon.Jerome David Salinger, quant à lui, s’était depuis longtemps retiré de ces débats enflammés.«Salinger a déjà déclaré qu'il était dans ce monde, mais pas de ce monde», a fait valoir, dans une déclaration suivant son décès, sa famille endeuillée.Né en 1919 à New York, d’un père juif et d’une mère d’origine irlandaise, Salinger a fréquenté un moment l’académie militaire Valley Lorge en Pennsylvanie, et on dit que c’est cette école qui a inspiré l’institution Pencey Prep, que fréquente Holden dans Catcher in the Rye.Suivent quelques années à Ursi-nus College, où, selon Wikipedia, un professeur aurait dit de lui qu’il était «le pire étudiant d'anglais dans l'histoire du collège».C’est enfin à l’Université Columbia, où il suit des cours d’écriture que Salinger rencontre le professeur Whit Burnett, qui est aussi éditeur de Story Magazine, où le jeune homme publiera sa première nouvelle, The Young Folks.Après avoir servi dans l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale, il revient en état de stress post-traumatique, état qui lui aurait inspiré le personnage du narrateur dans la nouvelle For Esmé, With Love and Squalor.Le personnage Holden dans Catcher in the Rye a pour sa part vu le jour d’abord dans une nouvelle intitulée Slight Rebellion off Madison, écrite en 1942, que le New Yorker n’aurait publié qu’en 1946, possiblement, selon le New York Times, pour ne pas encourager les jeunes gens à abandonner l’école.Après Catcher in the Rye, Salinger publie le recueil de nouvelles Nine Stories, mettant en scène la famille Glass, qui reviendra dans Franny and Zooey, et aussi et dans Raise High the Roof Beam, Carpenters and Seymour, An Introduction.Sa dernière oeuvre publiée est une nouvelle intitulée Hapworth 16,1924, parue en 1965.Depuis, la vie de reclus de Salinger a alimenté les rumeurs les plus diverses.En 2000, sa fille Margaret publie un livre.Dream Catcher, où elle le dépeint comme un tyran obsédé par l’homéopathie, le bouddhisme et la scientologie, qui boit sa propre urine et qui brutalise sa femme.Le fils de Salinger, Matthew, écrit alors au New York Observer pour dire que sa sœur a «l'esprit dérangé» et qu’il ne reconnaissait pas son père dans le portrait qu’elle en avait fait dans ce livre.Différentes sources affirment par ailleurs que J.D.Salinger aurait caché de très nombreux inédits.Il laisse dans le deuil sa dernière épouse Colleen O’Neill, ses deux enfants, Matthew et Margaret, et trois petitsrfils.Ses agents littéraires ont fait circuler une déclaration selon laquelle, «en accord avec avec son désir absolu de protéger et de défendre sa vie privée, il n'y aura pas de service».Ses écrits suffisent Le Devoir Une meute de journalistes attendait Dominique de Vilepin à sa sortie du tribunal hier.VILLEPIN SUITE DE LA PAGE 1 et le président de la République.Non seulement Nicolas Sarko^ s’est-il constitué partie civile, mais à la télévision, ü avait oublié la présomption d’innocence et désigné les accusés comme des «coupables».Lors des audiences, c’est son avocat personnel, M"^ Thierry Herzog, qui a mené la charge la plus virulente contre Dominique de Villepin.Ce dernier avait, quant à lui, accusé nommément Nicolas Sarkozy de vouloir le suspendre à «un croc de boucher», selon les mots attribués au président par le journaliste Lranz-Olivier Gies-bert.A Paris, le procureur Jean-Claude Marin, qui a instruit le dossier d’accusation, a la réputation d’être un proche de Nicolas Sarkozy et de soutenir certaines de ses réformes.La presse affirme qu’après avoir songé à prononcer un non-lieu, il a cédé aux pressions de l’exécutif pour finalement monter un dossier d’accusation plutôt mince.Chose jamais vue en Lrance, il était allé défendre publiquement sur les ondes d’Europe 1 sa décision de poursuivre Dominique de Villepin.Le président, qui fêtait hier son 55"^ anniversaire de naissance, a réagi par un communiqué affirmant qu’il avait «pris acte» du jugement et qu’il ne ferait «pas appel».Une affirmation surprenante pour un avocat de profession puisque seuls les condamnés et le parquet ont légalement le droit de faire appel.«La nouvelle gaffe de Sarkozy», titrait le site Internet du journal Libération.Contrairement à Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, Dominique de Villepin est exonéré de l’accusation de «complicité de dénonciation calomnieuse».Les juges estiment qu’il n’a pas comploté pour fabriquer et diffuser les fausses listes bancaires de la banque suisse Clearstream.Selon les juges, Dominique de Villepin ne pouvait pas non plus dénoncer un complot dont il n’a eu la certitude qu’en octobre 2004.Les juges soulignent tout de même «qu'il pressentait l'avantage politique qu'il pouvait tirer de ces révélations dans un contexte de rivalité notoire».La Lrance était alors à l’aube d’une campagne électorale.Les juges ont identifié l’ancien numéro deux de la société d’aéronautique EADS, Jean-Louis Gergorin, comme le cerveau de cette manipulation.Gergorin, qui a transmis ces fausses listes à la justice, a été condamné à trois ans de prison, dont 15 mois fermes.Le mathématicien Imad Lahoud est aussi condamné à trois ans de prison, dont 18 mois fermes, pour avoir comploté avec Gergorin.Cet expert en informatique est désigné comme celui qui a falsifié les listes de comptes bancaires en y ajoutant des noms de personnalités politiques.Le juriste Llorian Bourge a aussi été condamné pour avoir subtilisé les dossiers de Clearstream.AGENCE ERANCE PRESSE «Pour Dominique de Villepin, c'est évidemment un pari politique et judiciaire de gagné», affirmait hier le journaliste du Figaro Bruno Jeudy.Depuis la fin du procès, Dominique de Villepin était pratiquement déjà en campagne.Le leader du dernier quartier des chiraquiens a multiplié les déplacements.La semaine dernière, il était à Bondy, le genre de banlieues difficiles où Nicolas Sarkozy s’aventure rarement.Ses partisans sont pour l’instant peu nombreux et ses moyens, assez maigres.On lui attribue surtout une «capacité de nuisance» qui pourrait faire perdre de précieux votes à Nicolas Sarkozy dans un éventuel duel à droite.Cela ne l’empêchait pas hier de déclarer vouloir contribuer «au redressement de la France».«Le président de la République a, dans cette affaire, instrumentalisé la justice pour régler des comptes.Il vient d'être violemment démenti par un juge indépendant et son tribunal», a déclaré le socialiste Arnaud Montebourg.Loin d’afficher la même retenue que le président, le porte-parole de l’UMP Lrédéric Lefebvre a affirmé que ce sont «les exécutants qui paient».Il n’est pas exclu que, d’ici dix jours, le parquet fasse appel de la relaxe de Dominique de Villepin.Déjà, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud ont annoncé qu’ils en appelleraient de leur sentence.Cet incroyable scandale n’est pas encore tout à fait sorti du paysage politique français.Correspondant du Devoir à Paris REVOLUTION SUITE DE LA PAGE 1 C’est que les téléphones intelligents, les technologies de géolocalisation, l’engouement pour les Twitter, Lacebook, Linkedin et consorts, la prolifération de blogues à saveur personnelle, le commerce en ligne.viennent aujourd’hui passablement remettre en question les contours de la sphère privée, tout comme son respect.«L'évolution technologique a été fulgurante et les atteintes à la vie privée l'ont été tout autant», dit Nicole Lillion, coordonnatrice de la Ligue des droits et liberté qui, ce soir et pour deux jours, va tenir colloque à Montréal sur la protection des renseignements personnels à l’ère des technologies de l’information et des communications.L’événement s’intitule «On nous fiche, ne nous en fichons pas!».Mme Stoddart doit y pendre la parole.«Aujourd'hui, cette technologie permet de constituer facilement et rapidement des bases de données avec ces renseignements, ajoute la porte-parole de la Ligue.Or, en croisant ces bases, on peut connaître les habitudes précises de consommation d'une personne, ses déplacements, ses liens sociaux, ses champs d'intérêt, ses activités militantes.et qui sait où ces informations peuvent atterrir et ce que l'on peut finir par en faire?» Enquêter pour discriminer La firme de recherche américaine Cross-Tab a apporté hier un début de réponse en dévoilant une étude produite pour le compte de Microsoft sur la réputation numérique dans un monde branché.En substance, on y découvre qu’aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Lrance, 78 % des 275 responsables de l’embauche consultés ont avoué passer le nom de leurs candidats dans un moteur de recherche.Pour voir.Les deux tiers sondent aussi les réseaux sociaux pour définir leur profil, mais ne délaissent pas non plus les sites de partage de photos et de vidéos (59 %), les espaces de réseautage professionnel (57 %), les sites personnels (48 %) ou les blogues (46 %), poursuit le document.Ce profilage numérique seraif d’ailleurs utile pour les recruteurs, surtout aux Etats-Unis, où 70 % d’entre eux indique avoir mis un curriculum vitæ au rancart au terme d’une telle recherche dans les univers numériques.Paradoxalement, à peine 7 % des citoyens ayant pris part à cette enquête pensent que les informations en ligne les concernant pourraient avoir une influence sur la recherche d’un travail.Cette indolence n’étonne pas Paul-André Co-meau, ex-président de la Commission d’accès à l’information.«L'attrait des technologies est très fort et les questions qu'elles soulèvent quant au respect de la vie privée^ ne viennent pas spontanément», dit le prof à l’École nationale d’administration publique (ENAP) qui va prendre la parole samedi dans le cadre la conférence organisée par la Ligue.«Et puis, leur convivialité a tendance à nous rendre aveugles.Et c'est dommage.» Les firmes de recherche et de marketing ne s’en plaignent d’ailleurs pas, elles qui ont désormais en main les outils nécessaires pour sonder l’âme du consommateur sur la base des détails sur sa vie qu’il a lui-même, et pas sous la menace, laissé traîner dans un espace numérique de socialisation ou de communication.Ces données ouvrent d’ailleurs tout grand la porte à la publicité ciblée qui a fait son apparition dans le Web et qui prépare sa prolifération dans un téléphone intelligent près de chez nous, grâce à la technologie de géolocalisation et des outils comme Google Map, Google Earth ou Street View.Entre autres.«C'est vrai que la technologie rend la vie en société plus facile, dit Mme Lillion.Mais au nom de la transparence [concept chéri dans les environnements du Web 2.0] et sous prétexte que l'on n'a rien à cacher, comme le disent les gens, on a fini par banaliser les dérives possibles et leur impact sur nos vies.» Et pourtant, les réseaux sociaux et les informations personnelles qu’ils contiennent sont en voie de devenir l’outil de travail de prédilection des cambrioleurs spécialisés dans le résidentiel, fait remarquer M.Comeau, citant un article du New York Times.«Pour préparer un vol d'envergure, Facebook est utile [pour savoir quand une famille est en vacances, par exemple], dit-il.Couplées à Street View [pour repérer avec précision les lieux], ces informations simplifient la planification du méfait.Mais les 350 millions d'abonnés au réseau ne semblent pas trop réfléchir à ça.» Jennifer Stoddart le déplore d’ailleurs, tout en mentionnant que la criminalité en ligne doit être prise au sérieux puisque «les pertes qu'elle engendre, c'est le consommateur qui finit par en payer la note», dit-elle.Comme quoi: quand on n’a rien à cacher, on a aussi tout à perdre.Le Devoir AFGHANISTAN SUITE DE LA PAGE 1 Canada est encore félicité et montré en exemple pour sa contribution, mais il n’est plus le joueur incontournable qu’il était, surtout depuis l’arrivée massive des États-Unis dans la région de Kandahar.Par exemple, le fonds pour la réconciliation nationale a été mis sur pied par le président Karzaï avec l’aide de la Grande-Bretagne, du Japon et des États-Unis.Le Canada a été mis au courant de ce fonds à la dernière minute et n’a pas eu la chance d’en connaître les détails à l’avance.N’empêche, Ottawa est très favorable à une politisation des enjeux afghans, telle que décidée hier à Londres.Ée représentant spécial de l’ONU en Afghanistan, Kai Eide — qui cédera sa place dans les prochaines semaines —, a d’ailleurs soutenu hier que l’approche centrée uniquement sur le volet militaire a fait son temps.«Malheureusement, la stratégie politique est devenue une annexe de la stratégie militaire, a-t-il dit quelques minutes avant le début de la conférence.Il faut démilitariser la stratégie en Afghanistan.Il faut un plan politique avec une composante militaire, pas le contraire.» Kai Eide a ajouté que la seule manière d’arriver à ce que les Afghans ne se sentent pas comme des étrangers dans leur propre pays, c’est de les impliquer davantage.«On a trop souvent traité l'Afghanistan comme un no man’s land.On a développé des stratégies à des milliers de kilomètres de distance, sans suffisamment consulter», a-t-il dit.Transition militaire La communauté internationale a lancé hier cette «afghanisation» du conflit avec une série de mesures.D’abord, l’OTAN va transférer progressivement la responsabilité de la sécurité de plusieurs provinces aux forces afghanes dès la fin de 2010, et en 2011.«L'armée afghane devra conduire la majorité des opérations dans les zones dangereuses dans un délai de trois ans», peut-on lire dans la déclaration finale.Les provinces plus stables du nord et de l’ouest du pays sont prioritaires.Présentement, l’armée nationale afghane a uniquement la responsabilité de la capitale, Kaboul.Il a également été convenu d’augmenter et d’accélérer la capacité des forces de sécurité afghane.L’armée devrait ainsi passer de 134 000 à 171 600 soldats d’ici octobre 2011, alors que la police devrait passer de 109 000 à 134 000 agents dans la même période.Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Logh Rasmussen, a tenu à souligner que la «transition» ne cache pas une «stratégie de sortie» de la communauté internationale.D’ailleurs, aucun calendrier de retrait des alliés n’est fixé.«La mission va continuer tant et aussi longtemps que les Afghans ne seront pas capables d'assurer seuls la sécurité de leur pays», a-t-il dit.Lors d’une entrevue à la BBC, le président Karzaï a affirmé que son pays aurait besoin d’une aide militaire pour les 5 à 10 prochaines années et d’une aide financière substantielle pendant encore de 10 à 15 ans.Les alliés de l’Afghanistan et le gouvernement Karzaï ont annoncé une série de mesures pour contrer la corruption.Ainsi, le gouvernement afghan devra mettre sur pied d’ici 30 jours un bureau de lutte contre la corruption qui devra «enquêter et sanctionner les responsables corrompus».Une équipe internationale anticorruption sera mise sur pied et effectuera sa première visite d’ici trois mois.De plus, un nouveau programme verra le jour pour former 12 000 fonctionnaires.«Combattre la corruption sera la priorité de mon second mandat», a dit Hamid Karzaï.Négocier avec les talibans Par ailleurs, le président afghan a réussi à rallier la communauté internationale à sa nouvelle stratégie de la «main tendue» aux talibans repentis.«Nous devons tendre la main à tous nos compatriotes, en particulier à nos frères désabusés qui ne sont pas membres d'al-Qaïda ou d'une autre organisation terroriste», a déclaré M.Karzaï en présentant son plan de réconciliation qui propose argent, travail et éducation aux insurgés modérés s’ils déposent les armes.Un fonds international est créé pour soutenir la réintégration.L’objectif est de 500 millions de dollars.Hier, les engagements ont atteint 140 millions.Ée Japon, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Allemagne sont les plus grands contributeurs.Le président afghan a appelé les pays voisins, en particulier le Pakistan et l’Arabie Saoudite, à soutenir son plan de réconciliation, ajoutant qu’il convoquerait une conférence à Kaboul ce printemps pour discuter des propositions.Les talibans seront invités à la conférence de la réconciliation à Kaboul, a soutenu Hamid Karzaï.Les talibans ont rejeté les conclusions de la conférence de Londres, qu’ils ont qualifiées de «propagande».«Les tentatives de l'ennemi pour acheter les moudjahidine en leur offrant de l'argent et des emplois afin qu'ils abandonnent le djihad sont vaines», indique le Conseil du commandement des talibans afghans dans un communiqué mis en ligne sur un site islamiste.Le Devoir LE DEVOIR www.Iedevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel redaction( La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au 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