Le devoir, 1 février 2010, Cahier A
SAJVTE; UN SYNDICAT SE BUTE A DES INFIRMIERES DU PRIVE Page A 3 WWW.iedevoir.corn 4- LE DEVOIR Vol.ci N ° 2 0 ?LE LUNDI I^'^FEVRIER 2010 I,I0$+TAXES= 1,25$ Les spécialistes veulent 4 % par an minimum LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les médecins spécialistes refuseront catégoriquement tout régime minceur imposé par Québec.En entrevue au Devoir, le président de leur fédération, le Gaétan Barrette, a été catégorique: aucun recul par rapport à la moyenne canadienne ne sera toléré lors de la prochaine négociation.Un impératif qui rime avec des hausses de salaire d’au moins 4 %, voire 5 à 6 % par année.Les gains âprement négociés en 2007 par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) auront permis à ses membres de réduire substantiellement l’écart de rémunération qui les sépare de leurs collègues des autres provinces, le faisant passer de 55 % à 17 % en 2015.Or, ces gains, que le Barrette préféré qualifier aujourd’hui de «correctifs», dépendent directement de la prochaine période de négociations qui s’enclenchera à la fin mars.Malgré la correction, l’écart dénoncé par les médecins spécialistes québécois a recommencé à se creuser sitôt l’entente scellée, calcule la FMSQ.Les spécialistes québécois ont en effet obtenu 6,1 % sur trois ans, soit de 2007 à 2010.Pendant cette même période.leurs collègues canadiens ont plutôt récolté une augmentation moyenne de 11 %.«Veut, veut pas, il y a un différentiel qui se creuse depuis, et il n’est tout simplement pas acceptable», fait valoir Gaétan Barrette, en rappelant que tous VOIR PAGE A 8: SPÉCIALISTES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gaétan Barrette HAÏTI: DES AMERICAINS ACCUSES D’AVOIR VOULU ENLEVER DES ENFANTS 2.ROBERTO SCHMIDT AGENCE ERANCE-PRESSE UN GROUPE de dix Américains a apparemment tenté d’enlever 33 enfants haïtiens, dont ce tout-petit de 33 mois, alors que le chaos règne dans le pays depuis le séisme du 12 janvier.L’organisation non gouvernementale SOS Villages d’enfants assure que plusieurs de ces enfants âgés de 2 mois à 12 ans ont encore de la famille.Nos informations en page A 5.Climat : salve de critiques contre Ottawa L’objectif de réduction des GES a été abaissé MARCO BÉLAIR-CIRINO Les partis d’opposition et les groupes environnementaux fustigent les nouvelles cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) dévoilées sans tambour ni trompette par le gouvernement conservateur samedi.Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a annoncé in extremis qu’Ottawa s’alignerait sur Washington en matière de réduction de GES et que le gouvernement canadien se donnait dix ans pour diminuer ses rejets de 17 % par rapport à ceux de 2005.«Tout au long du processus, nous avons manifesté notre intention de respecter le dénouement de la Conférence de Copenhague et VOIR PAGE A 8: CLIMAT L-:v.- A Mû VIVEK PRAKASH REUTERS TENNIS Un 16® titre du Grand Chelem pour Federer ¦ À lire en page B 4 UNION AFRICAINE Le Malawi succède à la Libye à la présidence ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Convergence.B 7 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Sudoku.B 2 Télévision.B 7 il l JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le bédéiste Michel Rabagliati a réalisé une première québécoise en recevant le Prix du public, hier, au Festival de la bande dessinée d’Angoulême.BANDE DESSINÉE Paul à Québec honoré à Angoulême Le Prix du public confirme le caractère universel de l’œuvre de Michel Rabagliati FABIEN DEGLISE Cy est une première dans l’histoire de la bande dessinée québécoise.Le bédéiste Michel Rabagliati, avec son personnage Paul, a décroché hier à Angoulême, en France, un prestigieux prix Fauve, prix qui célèbre, à l’occasion du Festival international de bande dessinée, les œuvres marquantes du 9® art.A ce jour, aucune création publiée au Québec n’avait réussi à mettre la main sur un de ces prix convoités par les créateurs d’histoires en cases.«C’est une surprise totale, a indiqué hier M.Rabagliati, joint par Le Devoir à sa résidence de Montréal.Etre dans la sélection officielle d’Angou- lême 2010 était déjà étonnant.En sortir avec ce prix, c’est au-delà de mes espérances.Je prends ça comme une montée d’amour pour Paul, à l’approche de la Saint-Valentin, et c’est génial.» Au terme de la 37® édition du Festival de la bande dessinée d’Angoulême, Paul à Québec (La Pastèque) s’est vu décerner le Prix du public, baptisé Fauve FNAC-SNCF.Le titre était en compétition pour ces Oscar du 9® art, avec une soixantaine d’autres albums francophones édités en Europe dans la dernière année.Il était le seul titre en provenance du Québec dans la course.La cérémonie de remise des prix s’est tenue VOIR PAGE A 8: PAUL L’ENTREVUE La médecine désarmée devant la mort Le père des soins palliatifs au Canada propose une approche plus humaine Considéré comme le père des soins palliatifs au Canada, le D® Balfour Mount plaide pour une médecine holistique, qui se préoccupe autant de la pathophysiologie de la maladie que de ses aspects psychologiques, sociaux et spirituels.Selon ce professeur émérite de l’Université McGill, l’adoption d’une telle approche auprès des patients en phase terminale réduirait les demandes d’euthanasie.PAULINE GRAVEL En 1973, le D® Mount, chirurgien-clinicien en urologie-oncologie à l’Hôpital Royal Victoria, entreprend une étude sur les soins prodigués aux patients en phase terminale dans son institution.Le constat qu’il fait le trouble profondément.«Je savais le personnel hospitalier très compétent, attentionné et ayant à cœur d’offrir les meilleurs soins possible aux patients.La technologie médicale, nous l’appliquions très bien, mais nous avions omis le fait qu’il y a une importante différence entre la pathophysiologie de la maladie sur laquelle nous concentrions nos efforts et l’expérience subjective de la maladie qui est influencée par ce que nous Balfour Mount sommes comme personne.Car il y a des aspects physiques, psychologiques, sociaux, spirituels, voire financiers, qui modifient cette expérience», souligne le D® Mount avant de rappeler que «quand on ne peut plus espérer prolonger la vie, l’objectif est d’amélio-% rer la qualité de vie, ce qui est expressément le but des soins palliatifs.Or, les patients se faisaient souvent dire qu’on ne pouvait plus rien faire pour eux.On leur faisait sentir qu’ils occupaient un lit dont nous avions besoin pour un patient pour lequel on pouvait faire quelque chose», raconte le D® Mount.«Cette attitude reflétait notre manque de compréhension et notre ignorance de ce qui peut être fait pour ces patients qui sont les plus malades de notre VOIR PAGE A 8: MÉDECINE 77831302380006 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI I“EÉVRIER 2010 LE DEVOIR, C’EST MOI Goûter les joies de la résistance au quotidien Faire partie du Devoir, c’est y travailler, l’appuyer, le lire assidûment.De cette communauté, qui s’est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits.Chaque lundi, jusqu’en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d’ailleurs, abonné récent ou fidèle d’entre les fidèles.Et c’est avec un jeune homme de Québec que nous lançons cette série.ISABELLE PORTER Québec — Des débats entourant la sortie du film L’Erreur boréale à ceux plus récents sur le pouveau régime forestier, Etienne Bellemare-Racine, 26 ans, a suivi dans Le Devoir le dossier qui allait devenir sa profession.Tout se serait bien passé n’eût été la terrible influence du chroniqueur Jeap Dion! Etienne effectue actuellement sa maîtrise en foresterie à FUniversité Laval.Aussi avons-nous choisi de le rencontrer dans le nouveau pavillon de la Eaculté, un magnifique ouvrage tout de bois et de lumière.Voilà 20 bonnes minutes que nous parlons forêts, biomasse et copeaux quand notre interlocuteur, un brin gêné, nous fait cette confidence.«Etrangement, j’ai un peu intégré les longues parenthèses de Jean Dion à ma façon d’écrire et de parler.J’ai tendance à diverger et j’aime bien les sarcasmes.Avec des amis, on s’amuse à pousser des raisonnements à l’extrême.» Etienne avait 14 ou 15 ans 100 ans de regards sur l’information quand, un matin, sa mère lui a fait lire une chronique de Jean Dion.«Quand on est jeune, on est plus malléable.A force de le lire et de le trouver drôle et intéressant, ç’a modulé ma façon de penser.» Le responsable de cette pernicieuse transmission du savoir np l’a jamais su.Eidè-le lecteur, Etienne n’est toutefois pas de ceux qui écrivent aux journalistes et commentent leurs articles en ligne.Malgré son jeune âge, il dit aimer Le Devoir parce qu’il est en papier.Et cela n’a rien à voir avec la foresterie.Enfin, d’une certaine façon.«Je passe ma journée devant mon ordinateur.Au moins, le matin, je ne déjçune pas devant mon écran.» À Outremont où il a grandi, le journal faisait partie de la famille, avec moult débats politiques autour de la table.À l’école secondaire, un professeur projette le film de Richar,d Desjardins dans la classe d’Etienne.Le propos le choque.Pour avoir passé ses étés dans le bois à travailler, dans les camps de vacances, Etienne est scandalisé.11 suit le débat dans Le Devoir notamment.«Je me rappelle les textes de Louis-Gilles YAN DOUBLET LE DEVOIR Étienne Bellemare-Racine, dans le nouveau pavillon de la Faculté de foresterie de l’Université Laval.Francœur là-dessus.» Un futur ingénieur forestier était né: il fera ses études universitaires à Québec, dans ce domaine., Après six ans d’études, Etienne a pris ses distances du film et croit à la possibilité d’exploiter la forêt sans la faire disparaître.Avec le recours à la biomasse poiu produire de l’énergie et les nouvelles technologies, il est convaincu que «le bois est le matériau de l’avenir».Comme beaucoup d’autres toutefois, il est moins confiant en l’avenir du papier, journaux inclus.Mais en attendant, il goûte les joies de la résistance.Comme en témoigne cette anecdote.«Quand je vivais en appartement dans le Vieux-Québec, j’allais chercher mon Devoir en bas, dans l’entrée où le camelot le déposait.J’avais remarqué qu’il y avait deux Devoir.Puis un matin, je croi- se mon voisin, en pyjama, qui s’en allait chercher son journal.Il s’exclame, heureux de m’avoir démasqué: “C’est toi qui lis Le Devoir!”.Il était l’autre lecteur.Les autres matins, lorsqu’il allait chercher le journal avant moi, il le déposait dans ma boîte aux lettres.» Et l’histoire de se reproduire: «Il y a quelques semaines, quand j’ai aperçu le journal qui traînait sur la table de mon voisin (un autre, j’ai déménagé depuis), je lui ai demandé s’il était abonné.Il m’a dit oui et m’a demandé si je l’étais aussi.On s’est immédiatement sentis plus proches.Au-delà de l’anecdote, c’est comme si Le Devoir était une communauté dont on était heureux de faire partie.On se sent comme des résistants.» Le Devoir ACTUALITES EN BREF Mandat de grève pour les chargés de cours de TUdM Les chargés de cours de l’Université de Montréal ont voté, hier, pour donner le mandat à leur exécutif de déclencher une escalade de moyens de pression, y compris le recours à la grève illimitée.Lors de leur assemblée générale, les membres ont voté dans une proportion de 71 % en faveur de ce mandat Le syndicat se dit toutefois prêt à se lancer dans un exercice de conciliation avec la partie patronale.Une demande a été déposée en ce sens le 13 janvier dernier auprès du ministère du Travail.Les points en litige portent siu la taille des groupes d’étudiants, la question salariale, l’instauration d’un comité de santé et de sécurité, l’ancienneté et les libérations syndicales.-La Presse canadienne LOTO OUÉBEC Résultats des tirages du : 2010~01 ~30 02 31 32 34 40 49 Gagnants 0 5 80 5 324 104 895 85 657 Ventes totales Lots 945 156,00 $ 56 359,30 $ 2 909,80 $ 82,80 $ 10,00 $ 5,00 $ 13 570 318 $ Prochain gros lot (approx.) : 8 000 000 $ 02 04 10 ^ ÎT 25 26 Gagnants 6/6 0 5/6+C 3 5/6 33 4/6 1 245 3/6 18 580 2/6+C 11 024 Ventes totales Lots 2 000 000,00 $ 75 000,00 $ 750,00 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 737 428,00 $ E|tra 9942566 COMPLEMENTAIRE (C) Eitra Résultats des tirages du : 201 0~01 ~29 S 4312625 GAGNANTS LOTS 7/7 0 20 000 000,00 $ 6/7+ C 2 139 371,80 $ 6/7 45 6 194,30 $ ) 5/7 2 796 124,60 $ 4/7 60 235 20,00 $ 8/7+ C 56 124 20,00 $ 8/7 538 693 Participation gratuite Ventes totales 22 059 655 $ Prochain gros lot (approx.) ; 25 000 000 $ Pariez sur le hockey! Demandez le PROGRAMME 1 OU 6.En cas de disparité entre cette liste et la liste I cfficielle de Lctc-Québec,| cette dernière a pricrité.Charest uie multiplier les déplacemeuts à l’étrauger pour éviter de se justifier ALEXANDRE ROBILLARD Bombay, Inde — Le premier ministre du Québec, Jean Charesf s’est défendu, hier, de multiplier les déplacements à l’étranger pour éviter les problèmes auxquels il ferait face au Québec.M.Charest a affirmé que ses dernières missions en Russie, au Danemark, en Suisse et, cette semaine, en Inde, avaient pour objectif d’améliorer l’économie québécoise.Le premier ministre a soute- nu que ses déplacements servent à faire la promotion du Québec, à ouvrir des marchés pour ses entrepreneurs et non à fuir les problèmes.«C’est impossible de les fuir d’autant plus qu’en étant ici, c’est exactement ce que nous faisons, soit justement nous occuper de questions d’économie», a-t-U dit.La semaine dernière, la chef péquiste Pauline Marois s’est interrogée sur l’effet des récentes absences de M.Charest.Mme Marois avait laissé entendre qu’il cherchait à éviter les problèmes, alors qu’un de François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 ses députés est dans l’embarras et que le gouvernement n’a toujours pas trouvé la voie du re-toiu à l’équilibre budgétaire.Faire avancer l’économie Lors d’un point de presse hier à Bombay, en Inde, M.Charest a déclaré que peu importe où il se trouve, il continue d’assurer la gestion quotidienne.«Peu importe où je suis, de toute façon, on s’occupe des affaires au Québec, a-t-il dit.Au contraire, c’est une occasion de travailler pour faire avancer l’économie du Québec.» Quelques heures plus tôt, le premier ministre était arrivé de la ville suisse de Davos, où il a participé au Eorum économique mondial.En décembre, il s’était rendu à Moscou et Saint-Pétersboiug, puis à Copenhague, où se tenait un sommet sur les changements climatiques.M.Charest a amorcé son sé-joiu en Inde en insistant sur les occasions d’affaires dans ce pays qui compte près de 1,2 milliard d’habitants, un marché cible poiu son gouvernement Selon lui, alors que plusieius pays se préoccupent davantage de redresser leur économie que d’ouvrir des marchés, le Québec doit profiter de ce contexte pour occuper le terrain et nouer des partenariats.Aujourd’hui, M.Charest, dont c’est la deuxième mission économique en Inde, rencontrera des politiciens et des gens d’affaires de l’État du Maharashtra.11 inaugurera aussi officiellement le Bureau du Québec à Bombay, qui est en activité depuis mai 2008.Dans le cadre de cette mission économique, le premier ministre est accompagné de deux de ses ministres, de 125 gens d’affaires, du milieu de l’éducation, ainsi que dçs représentants de sociétés d’État.Par ailleurs, hier, M.Charest a rendu hommage aux deux Québécois, Elizabeth Russell et Michael Moss, qui ont perdu la vie lors d’attentats terroristes à Bombay, à la fin de 2008.Lors d’une brève cérémonie à l’hôtel Taj Palace, où ils ont péri, M.Charest a signé un livre d’or commémorant les attentats qui ont frappé cet établissement, entre autres endroits dans la ville, faisant 164 morts.La Presse eanadienne VIVRE JUSQU'AU BOUT DU AU 5 FÉVRIER À 13 H Après la série radiophonique VIVRE AUTREMENT, Mario Proulx aborde cette fois le tabou de la mort et l’urgence de vivre Conception, réalisation et narration : Mario Proulx #95.1 PREMIERE CHAINE FM Radio-Canada.ca/jusquaubout LE DEVOIR, LE LUNDI I“EEVRIER 2010 A 3 ACTUALITES Un moment charnière ?Chantal Hébert epuis l’annonce, au beau milieu des Fêtes, de la prorogation du Parlement jusqu’en mars, l’avance du Parti conservateur dans les intentions de vote a fondu.Malgré les bonnes notes accordées au gouvernement Harper pour sa réaction rapide à la crise humanitaire en Haïti, la tendance ne se dément pas.Alors que les projections de sièges de la maison de sondages Ekos plaçaient la formation de Stephen Harper en territoire majoritaire au milieu de l’automne, son plus récent relevé hebdomadaire donnait l’avantage au PLC, 119 sièges contre 110, la semaine dernière.L’importance de ce revirement et sa résilience font dire au sondeur Frank Graves que la correction en cours sur le front des intentions de vote pourrait finalement être structurelle.En entrevue avec un quotidien torontois la semaine dernière, le sondeur disait déceler un ras-le-bol plus généralisé à l’égard du gouvernement conservateur.La firme Angus Reid a abordé la même question différemment, sous l’angle du de^é d’intérêt des Canadiens pour la tenue d’élections générales.Même si aucun parti fédéral ne parle actuellement de faire tomber le gouvernement, une majorité claire de répondants (57 %) s’attend néanmoins à un scrutin d’ici à la fin de l’année.Par ailleurs, 61 % d’entre eux désapprouvent la décision de fermer le Parlement poru l’hiver.Devant de tels chiffres, la question n’est pas de savoir si le Parti conservateur a perdu la bataille de l’opinion publique au sujet de la prorogation, mais plutôt de se demander si cette tempête de début d’année laissera des traces durables une fois que la vie arua repris son corus normal sru la colline parlementaire.Chose certaine, elle comporte des éléments troublants pour le gouvernement conservateur.D’abord, la grogne vise, au premier titre, le premier ministre lui-même.En soi, cela n’a rien d’étonnant.Les premiers ministres font toujours office de paratonnerre pour leurs gouvernements et, encore plus que ses prédécesserus, Stephen Harper incarne un régime qu’il domine complètement.Mais qn est ici devant un phénomène plus personnel.À l’époque de la descente aux enfers du gouvernement Mulroney, par exemple, les électeurs en voulaient au premier ministre parce qu’ils l’identifiaient à des politiques impopulaires comme ses manoeuvres constitutionnelles ou encore l’instauration de la TPS.Dans le cas de Stephen Harper, ce ne sont pas ses politiques qui sont en cause autant qu’un style de gestion de plus en plus perçu comme abusif Au cours des dernières semaines, le sentiment que la fin justifie les moyens pour le premier ministre lui a valu des remontrances jusque dans les pages d’opinion de quotidiens habituellement acquis à la cause de son gouvernement.Si la prorogation du Parlement a eu une telle résonance, c’est parce qu’elle est emblématique, aux yeux d’un nombre croissant d’observaterus et de membres de la société civile, du peu de cas que fait le premier ministre actuel de la santé démocratique des institutions publiques.Le résultat, c’est qu’à force de vouloir réduire l’importance de la fermeture imposée du Parlement, les stratèges conservaterus aggravent leru cas.Le chroniqueru du Globe and Mail, Lawrence Martin, a trouvé suffisamment de matière dans les quatre années du règne de Stephen Haiper poru en faire le sujet d’un ouvrage prochain, intitulé Harperland, sru la contribution, jugée exceptionnelle dans le mauvais sens du mot du premier ministre actuel, à un déficit démocratique toujorus croissant au Canada.Poru l’heure, l’œil de la tempête est centré sru l’Ontario.Dans l’histoire récente, rarement premier ministre fédéral aura-t-il été aussi sévèrement rabroué par la grande presse torontoise que Stephen Harper pour sa décision de faire proroger le Parlement.Pas étonnant, dans les circonstances, que le mouvement à la baisse des appuis conservaterus soit particulièrement prononcé en Ontario.Dans cette province, déterminante dans la composition du prochain gouvernement fédéral, le PLC a suf fisamment repris du poil de la bête depuis le début de l’année pour recommencer à croire à ses chqnces de remporter les prochaines élections.À l’époque du scandale des commandites, les libéraux de Paul Martin étaient descendus aux enfers pour y rester en l’espace de 48 heures au Québec.Mais dans le reste du Canada où l’information circule de façon plus diffuse, dans un marché moins homogène et tricoté moins serré, les mouvements d’humeur sont plus rares et siu-tout généralement moins brusques.Par contre, le réveil, quand il se produit, peut être brutal et, à terme, irréversible.Le Parti conservateur et son chef n’en sont pas là, mais le grand malaise suscité par la prorogation du Parlement est néanmoins devenu dans le reste du Canada ce que les compressions en culture ont été au Québec au début de la dernière campagne fédérale: un symptôme qui porurait, si le gouvernement continue de tenter de le minimiser, devenir le commencement d’ime certaine fin.Chantal Hébert est eolumnist politique au Toronto Star.ehebert@thestar.ea CSSS de La Mitis Des infirmières du privé préfèrent travailler ailleurs que de se syndiquer Le recours aux tribunaux pour fermer la porte aux agences privées n’aura pas donné les résultats escomptés dans le Bas-du-Fleuve Le recours aux agences privées ne cesse de croître dans les établissements de santé du Québec.Et avec lui, les critiques.Au point que certains syndicats se tournent désormais vers les tribunaux pour faire cesser cette pratique.Une bataille complexe qui, au CSSS de La Mitis, dans le Bas-du-Fleuve, s’est soldée par un retour à la case départ sur le plan de la pénurie.MELISSA GUILLEMETTE Neuf infirmières d’agences privées sommées par la Commission des relations du travail (CRp d’intégrer le syndicat de l’établissement public où elles travaillaient de façon régulière ont tout simplement cessé d’y travailler, le laissant à nouveau en pénurie.«On est à nouveau en manque de personnel», a laissé tomber une employée des ressources humaines du Centre de la santé et des services sociaux (CSSS) de La Mitis, dans le Bas-du-Fleuve.La stratégie qu’utilisent présentement en cour les syndicats de la santé dans une vingtaine de cas impliquant des centaines de travaillerus indépendants au Québec peine à ramener les infirmières du privé dans le public.En décembre dernier, la Cour supérieure du Québec confirmait le jugement de la CRT.Neuf infirmières privées œuvrant au service Info-Santé du Bas-du-Fleuve devaient devenir membres du sjmdicat, le CSSS de La Mitis étant considéré comme leur employeur malgré le fait qu’elles étaient employées par deux agences privées.Le juge a conclu que le CSSS contrôlait la plus ^an-de part du travail des infirmières et que les infirmières privées avaient le même statut que les autres, puisqu’elles partageaient, souvent depuis plusieurs mois, les mêmes locaux, outils, formations et horaires.Les travailleuses visées ont toutefois préféré quitter Info-Santé plutôt que d’intégrer le personnel du CSSS.La copropriétaire d’Arrimage Santé, une agence privée qui fournissait deux des infirmières visées chez Info-Santé à Mont-Joli, savait bien qu’elles ne feraient pas le saut vers le public.«Les infirmières d’agence, ce sont des femmes qui ont travaillé dans le réseau public et qui en ont eu assez, dit Céline Plante.On est la dernière étape avant d’aller vers une autre profes- ensemble et font le même travail.» Les infirmières d’agences privées reçoivent un salaire horaire plus élevé que les syndiquées, contrôlent leurs horaires et ne peuvent pas être obligées de faire des herues supplémentaires, mais n’ont toutefois pas accès aux avantages sociaux et à la caisse de retraite de leurs consœius.Le Syndicat des infirmières, infirmiers auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec, qui a intenté le recorus à Mont-Joli, avait bon espoir que les infirmières des agences accepteraient de rejoindre ses rangs.La présidente, Micheline Bar-riaulL voit bien que la décision est loin d’avoir réglé le manque de personnel au service Info-Santé de La Mitis.«Mais je suis de plus en plus convaincue que la solution passe par le mi- La présidente de l’agence Source Santé Action, nistère [de la ^té et des Ser- vices sociaux].' il doit amélio- Josée Rivest, a accueilli la décision de la CRT avec rer les conditions de travail , ,, ^ , Ml Ml 1 , , , pour attirer les gens dans le ré- circonspection.«On travaille ailleurs, c est tout.» seau public.» Un autre cas sera bientôt sion.» La présidente de l’agence Source Santé Action, Josée RivesL a quant à elle pris la décision de la CRT avec circonspection.«On travaille ailleurs, c’est tout» La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) vient de déposer une quinzaine de dossiers du même type devant la cour.Le résultat dans le CSSS de La Mitis décourage-t-il ses membres?«Non, nous, on fait tout pour que les infirmières du privé reviennent dans le réseau public, explique la présidente de la Fédération, Régine Laurent.Ne rien faire, s’en laver les mains, ce serait laisser aller le système de santé public.On veut arrêter les injustices entre les infirmières du privé et du public, parce qu’elles travaillent toutes en révision judiciaire à la Cour supérieure, concernant cette fois le CSSS de la Montagne, à Montréal.Ce sont 49 infirmiers et infirmières qui ont été jugés comme étant des salariés du CSSS devant la Commission des relations du travail.Qn dénombre plus de 145 entreprises privées de placement en soins dans la province qui foiu-nissent du personnel sru demande.Leru présence dans le système de santé est croissante — une hausse de 7,96 % a été eiuegistrée au cours des cinq pfemières périodes budgétaires de 2009-2010.À Montréal, la main-d’œuvre indépendante représente 6,6 % des heures travaillées.Le Devoir La vigilance pour faire reculer le suicide Les interventions des dernières années ont permis au Québec de quitter les rangs des cancres de la classe mondiale STÉPHANE BAILLARGEON Le Québec n’est plus le cancre de la classe mondiale en matière de suicide, même si le triste phénomène y est encore très présent.Le taux de suicide y demeure en fait le plus élevé des provinces canadiennes, tant chez les hommes que chez les femmes.Un peu plus de 1100 personnes se sont suicidées au Québec en 2008, selon les dernières données officielles disponibles, décortiquées hier au lancement de la 20® Semaine de prévention du suicide.Le nombre de Québécois suicidés diminue régulièrement depuis une décennie, soit d’environ 4 % par année, et jusqu’à 12 % annuellement chez les plus jeunes.Le taux est maintenant d’environ 14 décès par ce moyen pour 100 000 Québécois par rapport à 22 pour 100 000 en 1999.La moyenne canadienne oscille autour de 10 comme ep celle de l’Australie, de l’Allemagne et des États-Unis.Les comptes français sont à 15,3, ceux du Royaume-Uni à 6,3.Tout de même, la situation s’améliore au Québec.Comment expliquer la réussite relative?«Les Québécois reconnaissent de mieux en mieux les signes d’une personne en détresse», a répondu hier matin Bruno Marchand, le directeru général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS).«Ce sont des données encourageantes.Les Québécois comprennent de plus en plus que, dans le doute, il ne faut pas s’abstenir d’intervenir.» Alexina Bouchard a livré un touchant témoignage sur la disparition de son jeune frère, William, à quinze ans.Elle a parlé d’un adolescent magnifique, «beau, grand, fort», avec toutefois un je-ne-sais-quoi de désespéré «au fond du regard» qui a fini par l’emporter.William a disparu le 7 novembre 1993, et son corps n’a été retrouvé que quinze ans plus tard.«J’ai encore beaucoup de difficulté à prononcer le mot suicide, a dit très dignement Mme Bouchard.Ce mot évoque pour moi une incapacité à avoir su lire les signes de détresses de William.Je mesure maintenant l’importance de leur prêter attention.Si je suis un peu capable d’éveiller à la vigilance envers ceux et celles qui souffrent en silence, j’aurai donné un certain sens à la mort de mon frère.» La clinicienne Françoise Roy, active dans le secteur depuis un quart de siècle, présente à la conférence de presse, a mis l’accent sur les effets bénéfiques des actions entreprises par son milieu depuis une bonne décennie.«La stratégie québécoise s’est organisée autour de différents axes depuis la fin des années 1990, dit-elle.Les actions visent la promotion des centres et des techniques d’intervention que la prévention auprès de certains groupes cibles, les jeunes notamment, ou la mobilisation des acteurs pour prévenir les récidives, par exemple quand un suicide survient dans une école.Ces efforts combinés ont porté leurs fruits.» La mutation sociale se vérifie un peu partout.M.Marchand observe que le sujet n’est plus tabou.Les médias en parlent, et les notices nécrologiques des suicidés indiquent ouvertement à la cause du décès, note-t-il.Il ajoute que la recherche psychomédicale permet maintenant de mieux saisir les liens entre la pulsion de mort et la dépression.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Alexina Bouchard a livré un touchant témoignage sur la disparition de son jeune frère, William, à quinze ans.«Si je suis un peu capable d’éveiller à la vigilance envers ceux et celles qui souffrent en silence, j’aurai donné un certain sens à la mort de mon frère.» La nouvelle semaine de prévention de l’AQPS a cette fois pour thème «Yavez-vous déjà pensé?».Selon une enquête de 2005, près de 2 % de la population québécoise avait eu de «sérieuses» pensées suicidaires pendant l’année précédant l’enquête.Les jeunes (2,3 %) sont plus à risque de ce point de vue que les personnes âgées (0,6 %).Documenter la situation masculine Mme Roy comme M.Marchand insistent sur la nécessité de mieux documenter la situation masculine.Les hommes continuent à se suicider davantage que les femmes au Québec.En 2008, près de 850 hommes se dont donné la mort par rapport à 260 femmes.Le Québec se situe au cinquième rang pour les suicides des hommes et au 9® rang pour ceux des femmes dans la liste des pays développés.«Les hommes utilisent des moyens suicidaires plus radicaux, explique le directeur général.Ils ont aussi moins tendance à lancer des appels à l’aide.De ce point de vue, ils demeurent plus vulnérables.[.] Les ressources semblent également moins bien adaptées à leur réalité.Les hommes en dépression ont par exemple tendance à devenir hyperactijs et plus agressijs.Il faudra mieux comprendre ces signes pour mieux intervenir à l’avenir.» Les liens complexes avec la situation sociale ou communautaire ont évidemment été évoqués.Sinon, comment expliquer que la société québécoise soit davantage «suicidogène» que le reste du Canada, ou que les Japonais s’autodétruisent plus que les Italiens?Si Montréal s’en tire mieux que le reste du Québec, est-ce par exemple parce que l’on y trouve de meilleures ressources d’aide et que certaines communautés ethnoculturelles y maintiennent de forts et profitables liens sociaux?Le directeur général Bruno Marchand a surtout proposé que la société québécoise dans son ensemble s’inspire des exemples des meilleures sociétés, de la Grèce notammenfi la championne d’Europe avec seulement 2,6 suicides par 100 000 habitants.«Les Grecs se suicident six fois moins que les Québécois, a-t-il observé.Est-ce qu’ils souffrent moins?Non, évidemment Par contre, la société grecque semble réagir différemment à la très grande souffrance de certains de ses membres.» Le Devoir Oauvidec PAROLE ET VIE est une production AUVIDEC en collaboration avec VOX d’inspiration chrétienne sur les grands thèmes actuels PAROLE ET VIE Votre magazine télévisé à caractère spirituel Lundi 10 h À l'occasion des 100 ans du journal Le Devoir, Lise Garneau et Alain Faubert reçoivent : Bernard Descôteaux Directeur du Devoir Jean-François Nadeau Historien, journaliste au Devoir directeur des pages culturelles Jean-Pierre Proulx Docteur en théologie pastorale, professeur et journaliste Dominique Marquis Historienne, professeure à l’UQÀM Rediffusions : lundi 15 h, jeudi 15 h et vendredi 9 h V X CHAINE EXCLUSIVE AUX ABONNES VIDEOTRON CANAL chaîne 9 et 609 en HD voxtv.ca I 900 VIDEOTRON Une compagnie de Québécor Media Su A FAIT VOIR.A 4 LE DEVOIR LE LUNDI I“EÉVRIER 2010 ACTUALITES Voile intégral Le Canada invité à suivre l’exemple français LISE MILLETTE Le débat sur l’interdiction de la burqa a été relancé une fois de plus.Des pressions s’exercent pour que le Canada emboîte le pas à la France sur la voie du bannissement du voile intégral.Au cours des derniers jours, le chef libéral, Michael Igna-tieff, s’est inscrit en faux contre la détermination de la France.Il estime que le Canada ne doit pas suivre le courant et tenter de bannir le port de la burqa.Cette déclaration a fait sursauter l’auteure du livre Ma vie à contre-Coran.Djemila Benhabib, qui a vécu une vingtaine d’années dans un pays musulman, estime que le port de la burqa n’a rien à voir avec la religion.«J’ai vécu 20 ans dans un pays musulman et je n’ai jamais vu, en Algérie, des musulmans s’habiller de cette façon.Ce vêtement n’est pas greffé dans l’islam», a soutenu Djemila Benhabib.D’im ton assiffé, elle a affirmé ne pas comprendre et ne trouver aucun motif pour justifier le port de la burqa, ni la croyance, ni la tradition, ni la culture.Ce signe, elle le perçoit d’abord comme un geste politique.La prise de position du chef libéral faisait écho à une demande du Congrès musulman canadien qui considère que la notion du multiculturalisme telle qu’elle est véhiculée au Canada devrait être mieux encadrée pour éviter d’accepter les glissements des courants religieux extrémistes.Cette idée est reprise par Mme Benhabib qui estime qu’il faut lutter contre l’intégrisme.L’auteure considère qu’au XXI® siècle les femmes n’ont aucune raison de s’effacer et de cacher leur identité pour marcher dans la rue.«Les politiciens canadiens sous-estiment le danger de l’intégrisme musulman et ils n’y portent pas toute l’attention qu’ils devraient.Les démocraties respectent la liberté de conscience issue des luttes collectives.La burqa n’est pas liée à la liberté de croire ou de ne pas croire», a ajouté Mme Benhabib.Au coiu-s des derniers jours, le chef libéral a énoncé qu’il croyait «profondément dans la liberté de la religion et la liberté de la croyance».Il a fait état du néces- saire respect des choix, tout en attribuant à la société un rôle qui permet aux femmes d’être appuyées, si elles désirent échapper à l’emprise de leur foi.Ces propos, aussi nuancés que possible, n’apaisent pas Djemila Benhabib.Elle dit souscrire à cette liberté, mais avoue préférer à la liberté religieuse la liberté de conscience.Elle insiste sur le tait que la burqa est réductrice tant pour l’homme que pour la femme.Le premier étant relégué à un statut d’éternel prédateiu- et la seconde étant perçue comme éternelle tentatrice.«C’est une question qui regarde tout le monde et qui touche à la dignité des hommes et des femmes.Nous devons nous débarrasser de ce schéma stérile, infantilisant et animal», insiste-t-elle.En France, le sort de la burqa n’en est pas encore jeté.Le premier ministre, François Filfon, a demandé au Conseil d’Etat d’étudier les possibles solutions juridiques qui lui permettraient d’interdire ce voile dans les services publics et les lieux d’accueil du public.La Presse eanadienne NICOLAS ASFOURI AGENCE FRANCE-PRESSE Une femme marche dans les rues de Kaboul vêtue d’une burqa.Des pressions se font sentir au Canada pour que le gouvernement banisse le port du voile intégral sur son territoire.AFGHANISTAN La politique de la main tendue pourrait nuire aux pays alliés STEVE RENNIE Kandahar, Afghanistan — L’ambassadeur du Canada en Afghanistan, William Cros-bie, prévient que courtiser les talibans est une stratégie qui pourrait se retourner contre les forces de la coalition internationale si jamais les Afghans pacifiques se sentent rejetés.M.Crosbie a affirmé à des journalistes, hier, que la manœuvre deviendrait inutile si jamais les Afghans n’ayant pas pris les armes avaient le sentiment qu’elle favorisait les insurgés.Le plan visant à éloigner les talibans modérés des éléments les plus radicaux a émergé d’une conférence internationale qui avait lieu à Londres, la semaine dernière.La stratégie mise en avant consiste à verser des centaines de millions de dollars à certains talibans afin qu’ils fassent défection.Des emplois et de la formation professionnelle sont également prévus à l’intention des insurgés acceptant de déposer les armes.Cependanfi M.Crosbie a lancé une mise en garde contre toute initiative susceptible de faire croire aux Afghans ordinaires que les talibans sont mieux traités qu’eux.La coalition internationale espère que le plan de réconciliation, auquel les alliés se sont engagés à verser au moins 500 millions de dollars, sera suffisant pour éloigner pour de bon de la cause talibane des dizaines de milliers d’insurgés.Le Canada a décidé d’observer ce qui se passera avant de décider s’il contribuera au fonds ou non.«Il n’est pas uniquement question du fonds, a déclaré M.Crosbie.Il y va du processus de réconciliation.» L’ambassadeur canadien a estimé que la nouvelle stratégie devait recevoir l’appui de l’ensemble de la société afghane.«Certains ajghans, y compris les femmes, ont affirmé que la réconciliation ne devrait pas se faire au détriment de leurs droits et des gains qui ont été réalisés avec la noii-velle constitution», a-t-il ajouté.A l’occasion de sa première conférence de presse depuis son retour de Londres, le président afghan, Hamid Karzaï, a affirmé hier qu’il souhaitait une réconciliation avec les dirigeants talibans, mais qu’il n’était pas disposé à tendre la main aux membres du réseau terroriste al-Qaïda.Jusqu’à présent, les talibans ont rejeté la proposition leur ayant été faite.Dans une déclaration affichée sur un site Web taliban, la semaine dernière, ils ont indiqué que leurs combattants ne se laisseraient pas influencer par quelque avantage financier que ce soit.Les talibans affirment que des négociations de paix n’auront lieu qu’à la condition que les troupes internationales quittent l’Afghanistan.M.Karzaï a cependant jugé cette demande irréaliste, estimant que les forces de la coalition devaient demeurer sur place tant qu’elles n’auront pas débarrassé le pays d’al-Qaïda et de toute autre menace terroriste.La Presse eanadienne Fonction publique Les retraités réclament la suspension des présentes négociations Québec — Les négociations des conventions çollec-tives des employés de l’Etat doivent être suspendues, selon l’Association québécoise des retraités des secteurs public et pa-rapublic (AQRP).Une demande de suspension en règle a été soumise à la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay.Le commissaire au lobbyisme a aussi été sommé d’intervenir.Le directeur général de l’AQRP, Luc Vallerand, affirme que des questions touchant des personnes retraitées ont été discutées lors des présentes négociations des conventions collectives entre le gouvernement du Québec et le Front commim syndical, qui représente les employés de la fonction publique.Il dit en avoir obtenu la preuve en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.Il exige que cesse cette situation et que les principaux concernés, les retraités des secteurs public et pa-rapublic, soient consultés.Luc Vallerand allègue que, selon un document du commissaire au lobbyisme, les éléments qui touchent aux régimes de retraite ne peuvent être directement discutés dans le cadre de la négociation d’un contrat collectif de travail.Lors de la mise en place du Front commim syndical pour cette période de négociation des conventions collectives, l’AQRP avait réclamé la création d’une table de travail.La Presse eanadienne LE DEVOIR LE LUNDI I“EÉVRIER 2010 A 5 HAITI DEVASTE Des Américains sont arrêtes pour trafic d’enfants à Port-au-Prince Port-Au-Prince — La police haïtienne détenait hier dix ressortissants américains, membres d’une association chrétienne, accusés par Port-au-Prince d’avoir «volé» 33 enfants à la faveur du séisme du 12 janvier, qui fait craindre une résurgence du trahc d’enfants.«Dix Américains sont détenus par les autorités haïtiennes pour violation présumée des lois haïtiennes sur l’immigration», a indiqué l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, à propos de cette affaire qui évoque celle de L’Arche de Zoé en 2007 entre la France et le Tchad.Samedi, le ministre haïtien des Affaires sociales et du Travail, Yves Christallin, avait annoncé que dix Américains, cinq hommes et cinq femmes, avaient été appréhendés près de la frontière dominicaine, en compagnie d’une trentaine d’enfants qu’ils avaient selon lui «volés».Ils étaient à bord d’un bus avec 33 enfants de 2 mois à 14 ans, a précisé la ministre de la Communication, Marie Laurence Joceljm Lassegue.«Lorsqu’on leur a demandé les documents concernant les enfants, ils n’en avaient pas, a- t-elle précisé.La police a décidé de conduire l’autobus à Port-au-Prince.» À la direction centrale de la police judiciaire où le groupe était détenu, la porte-parole du groupe, Laura Silsby, a déclaré à l’AFP: «Nous ne sommes venus que pour aider les enfants.Nous avions de bonnes intentions.» «Nous voulions aider ceux qui ont perdu des parents lors du tremblement de terre ou étaient abandonnés», a-t-elle ajouté.Elle n’a pas pu donner de précision sur la suite de la procédure qui les attendait et s’ils devaient être présentés à un juge aujourd’hui.Une enquête est ouverte Elle et ses compatriotes sont des baptistes membres d’une association caritative baptisée «Le refuge pour une nouvelle vie des enfants», basée ^ans l’idaho (nord-ouest des Etats-Unis).Selon le directeur général de la police, Mario Andresol, deux complices haïtiens présumés sont également détenus.Une enquête a été ouverte pour déterminer dans quelles circonstances les Américains sont entrés en possession des enfants qui ont été placés par les autorités dans un centre d’accueil à Croix-des-Bouquets, à une trentaine de kilomètres de la capitale.«La plupart des enfants ont encore de la famille», a indiqué Patricia Vargas, directrice régionale de ce centre d’accueil de l’association SOS Children’s Village.«En parlant avec des enfants plus grands, âgés de plus de sept ans, nous avons appris que leurs parents sont en vie.Certains nous ont donné des adresses et des numéros de téléphone», a précisé Mme Vargas.Une petite hile, âgée de quelques mois a été hospitalisée samedi, souffrant de malnutrition.Des personnes se présentant comme des parents se sont présentées auprès du centre, mais les enfants ne leur ont pas été encore remis, a indiqué Mme Jeanne-Bernard Pierre, directrice de l’Institut haïtien du bien-être social, chargé des adoptions en Haïti.De nombreux enfants ont été adoptés depuis le tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier, faisant 170 000 morts et jetant à la rue un million de persoimes.La France a ainsi accueilli 226 enfants depuis le séisme, a indiqué l’ambassade.Hier était aussi l’occasion pour des milliers de réfugiés massés dans des camps de fortune à Port-au-Prince de chercher du réconfort au corus d’of-hces religieux, catholiques ou protestants.Du camp du quartier de Canapé vert s’élevaient des prières, des chants et de la musique.«Je suis venue prier pour mes morts et mes blessés», a expliqué à l’AFP Adeline Co-quillon, 25 ans, réfugiée dans ce camp, alors qu’elle participait à un office.En d’autres endroits, selon des points hxes de distribution désignés récemment par rONU, des Casques bleus assistés de soldats américains distribuaient des sacs de riz de 25 kilos, conséquence d’une décision du Programme alimentaire mondial (PAM) qui souhaite mieux distribuer l’aide alimentaire en la confiant aux femmes.Agence France-Presse PRETER SA VOIX A CEUX QUI N’EN ONT PLUS FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR QUELQUE 200 personnes ont manifesté, hier après-midi, à Montréal-Nord, leur solidarité avec le peuple haïtien durement éprouvé par le séisme du 12 janvier.Elles étaient toutes conviées, quelques heures plus tard, à l’école secondaire Calixa-Lavallée, dont le quart de la population étudiante est d’origine haïtienne, où était offert un spectacle-bénéfice pour la Croix-Rouge canadienne.Les miraculés de Saint-Vincent Seulement une petite poignée de résidents ont survécu à l’effondrement de l’établissement CAROLINE D’ASTOUS Chaque matin, Céres-te Chérismé commençait sa journée avec la même routine.Au son de la cloche matinale, il agrippait sa prothèse orthopédique pour l’insérer dans sa jambe droite.De cette façon, il pouvait se lever et marcher en direction de la salle à manger pour aller rejoindre ses compagnons.Au cours de la journée, il avait la chance de rencontrer différents spécialistes, d’aller à l’école et de recevoir les soins médicaux néces-saires.Sa vie quotidienne s’est interrompue brusquement le 12 janvier dernier.Marchant lentement en direction de la salle de repos, il a senti la terre s’agiter sous sa jambe.«J’ai vu le toit de la salle de repos tomber sur mes amis», explique-t-il, la voix encore émue par le tremblement de terre.Céreste Chérismé est un résident du Centre Saint-Vincent.Un établissement qui accueille des enfants lourdement handicapés physiquement et mentalement venus des quatre coins d’Haïti.Situé à deux coins de rue du palais présidentiel, rue Paul VI, le Centre Saint-Vincent s’est complètement écroulé à la suite des secousses du tremblement de terre.Sur la cinquantaine de résidents permanents, seulement un petit groupe est encore en vie.Pour la majorité d’entre eux, le Centre Saint-Vincent est l’unique famille qu’ils ont et la seule maison qu’ils connaissent.Plus de traces de leur famille pour la plupart.Laissés aux bons soins de l’établissement.«Ils sont bien au Centre.Certains apprennent à lire, à écrire et à compter.Ils sont encadrés et suivis», explique Louis-Jean Wilson, directeur de la clinique Saint-Paul, située à Mon-trouis, dans la commune de Saint-Marc.Céreste Chérismé ne connaît pas ses parents.Il n’a plus de famille pour venir le chercher.Au fil des années, son nom a été oublié.Il est resté sept jours à vagabonder dans les rues de Port-au-Prince avec ses compagnons de l’établissement, mira- Le prêtre Saint-Denis Léon a trouvé de petites tentes rouges pour héberger les miraculés culés après le séisme.«Le prêtre Saint-Denis Léon est venu nous voir le lendemain du tremblement de terre.On devait attendre.Le prêtre a trouvé un autobus et est venu nous chercher le 19 janvier», dit-il.Le prêtre Saint-Denis Léon a laissé une note manuscrite sur les débris du Centre avec l’adresse où les miraculés seraient hébergés.Sur les lieux de l’établissement, il ne reste plus rien.Le toit recouvre toute la superficie du bâtiment écroulé.Aucune recherche n’a été effectuée dans les ruines.«Il y a des familles qui appellent pour savoir si leur enfant est vivant.Elles sont prêtes à venir le chercher.Si leur nom n’est pas sur la liste, ça veut dire que leur corps est encore sous les décombres», confie Louis-Jean Wilson, directeur de la clinique Saint-Paul, qui accueille sur son terrain les anciens résidents du Centre Saint-Vincent.Grâce à l’aide internationale, le prêtre Saint-Denis Léon a trouvé de petites tentes rouges pour héberger les miraculés.Ils ont été placés sous des arbres pour éviter les risques d’insolation au soleil.Des matelas de sol ont été installés dans les tentes pour améliorer leru confort Les bénévoles de la clinique Saint-Paul préparent des repas et aident les résidents à se déplacer.Au moment de ma visite à la clinique Saint-Paul, le prêtre Saint-Denis Léon était parti à Port-au-Prince à la recherche de médicaments.Le besoin est criant.Sur le terrain de la clinique Saint-Paul, le temps s’est arrêté pour ses nouveaux résidents.Ils ont retrouvé la paix et la tranquillité.Certaines familles sont venues chercher leurs enfants poru les ramener dans leurs villages d’origine.Mais en quittant les responsables du Centre Saint-Vincent, ils n’ont plus accès aux soins médicaux et aux médicaments pour la plupart.«Le Centre accueillait des gens aveugles, des muets, des personnes handicapées physiquement et mentalement.Certains sont très conscients des événements et sont encore sous le choc», explique le responsable de la clinique.Collaboration spéciale LA VER TE ^ J _ CE SOIR 21 H / tva.canoë.ca Diffusion simultanéG REVOYEZ AU Une compagnie de Québécor Media CANAL 900 A 6 LE DEVOIR, LE LUNDI I“EEVRIER 2010 EDITORIAL Consultations prébudgétaires D’abord les dépenses ! Le deuxième «fascicule» produit par le comité consultatif sur l’économie et les finances publiques coprésidé par l’économiste Robert Gagné et par le ministre de Finances, Raymond Bacband, montre du doigt la façon de dépenser du gouvernement et le manque d’efficacité des sociétés d’Etat comme Hy-dro-Québec.Il confirme une impression généralisée que nous n’en avons pas poiu notre argent.f Jean-Robert Sansfaçon ême si le comité consultatif formé de quatre économistes a reçu le mandat très large de réfléchir «aux grandes orientations économiques à privilégier et aux moyens à mettre en œuvre pour sortir de la récession, développer le potentiel de notre économie et rétablir l’équilibre budgétaire» (oufl), tout le monde sait que la priorité du gouvernement cette année ira au dernier volet du mandat: l’équilibre budgétaire.Dans le premier fascicule publié en décembre, le comité rappelait que la dette brute du Québec atteignait 150 milliards, dont les deux tiers, disait-on, étaient dus à une accumulation de dépenses d’épicerie impayées.Pas facile de s’entendre sur les chiffres étant donné les réformes comptables successives.Jusqu’en 1997, par exemple, les investissements en infrastructures étaient considérés comme des dépenses courantes qui venaient gonfler le déficit annuel.Aujourd’hui, les dizaines de milliards que Québec consacre aux infrastructures n’apparaissent plus dans les dépenses de l’année, mais s’ajoutent directement à la dette.C’est d’ailleurs ce qui explique que notre dette ait continué de croître malgré l’absence de déficit depuis dix ans.Aurait-il mieux valu moins investir?De toute façon, les experts reconnaîtront que ce n’est pas le montant brut de la dette qui compte, mais son rapport au PIB, et surtout le montant des Intérêts à payer chaque année.Depuis quelque temps, ce montant est stable à six milliards.C’est beaucoup, mais ça ne représente tout de même que 10 % des recettes budgétaires comparativement à 17 % il y a dix ans.Ce qui est plus inquiétant, c’est que ce pourcentage devrait s’accroître à cause des dizaines de milliards d’emprunts prévus pour les infrastructures et de la hausse probable des taux d’intérêt.Par ailleurs, la diminution de la population active qui s’annonce aussi pour bientôt menacera la qualité des services publics si rien n’est fait pour rétablir l’équilibre budgétaire et stabiliser le service de la dette sur un horizon raisonnable de cinq ou six ans.?Le second fascicule publié la semaine dernière par le comité consultatif accuse Québec d’être en retard sur plusieurs pays de l’QCDE en matière de réformes dans la gestion des dépenses publiques.En santé, par exemple, Québec n’a jamais donné suite aux commissions d’enquête qui lui ont suggéré de réduire la bureaucratie, d’introduire des éléments de concurrence entre les établissements du réseau et de modifier le mode de financement pour que l’argent suive le client et non pas l’établissement.Que l’on se rappelle la loi qui devait conduire à la disparition des agences régionales pour les remplacer par les centres de santé locaux issus de la fusion des CLSC, des CH et des CHSLD.Ces grandes manœuvres ont-elles permis d’économiser les millions promis?Qù sont les évaluations?Tout ce que l’on en sait, c’est que les agences existent encore, que l’informatisation du réseau est au point mort, mais que le nombre de cadres a augmenté partout malgré les fusions.Que dire encore de l’augmentation de salaire de 400 millions pour les 16 000 médecins du Québec, soit autant que pour les centaines de milliers de salariés de la santé réunis?De cela, le comité ne parle pas, mais ces questions se posent aussi.Le comité se demande si les sociétés d’Etat comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des alcools sont aussi performantes qu’elles le devraient.Parce qu’ils rapportent beaucoup, ces monopoles commerciaux nagent dans les privilèges et sont loin de répondre aux exigences d’une évaluation sérieuse.Même avec les meilleurs arguments, le ministre Raymond Ba-chand ne réussira pas à obtenir l’appui des Québécois pour une augmentation généralisée des tarifs et des taxes s’il ne fait pas la preuve que tout a été mis en œuvre pour tirer le maximum du volet des dépenses.Pour le moment, nous sommes loin du compte! j-rsansfacon@ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO JÇAN în Mon tf 1/01,AnT‘ fT AixTÇLZS TARif^ ! \ f Le temps est venu pour une gouvernance mondiale Avec les grandeurs et misères de l’aide internationale déployée en Haïti depuis bientôt trois semaines, une constatation s’impose: il nous faut passer à une étape plus avancée de la collaboration entre les peuples et de la gouvernance mondiale.Les Nations unies représentent depuis longtemps le début de cette gouvernance mondiale.Avec ses hauts et ses bas, et avec ses limites.L’ONU est pour bien des habitants de la terre le symbole de la fraternité universelle et pour les plus démunis de la planète une source d’espoir et une aide essentielle en cas d’urgence.L’organisation malgré ses manques, sa lourde bureaucratie et ses gros salaires mérite notre respect.Que ce soit sous la forme de l’aide humanitaire ou d’une intervention des Casques bleus dans plusieurs coins du globe sa présence est importante et inestimable, et souvent avec des moyens insuffisants dus au manque de générosité des pays donateurs.L’ONU doit cependant élargir son mandat et se donner les moyens d’agir avec plus de rapidité et d’efficacité.Moins de gens dans les bureaux et plus de gens sur le terrain serait déjà un progrès.De plus, l’ONU n’est pas préparée pour faire face à des catastrophes humanitaires de l’ampleur de ce qui se passe en Haïti actuellement.H faudrait maintenant que l’ONU ait sous son entière responsabilité des équipes permanentes de secouristes, du personnel médical et un contingent militaire entraîné pour opérer dans les situations de sinistre ou de conflit.Elle n’aurait pas ainsi à faire appel à chaque pays individuellement pour former un LETTRES contingent d’aide chaque fois.Son intervention n’en serait que plus rapide, plus massive et plus efficace.Pour atteindre cet objectif, il faudrait que les nations développées acceptent d’augmenter substantiellement leur contribution à l’ONU et de céder une part de leur pouvoir et de leurs responsabilités à cette instance internationale.Comme nous vivons dans un monde de plus en plus instable à tous les niveaux, le moment est arrivé de faire un pas de plus vers une gouvernance mondiale puisque nous vivons de plus en plus interreliés les uns aux autres sur la planète Terre.Yves Chartrand Montréal, le 28 janvier 2010 Le voile, ça va, mais pas la burqa Le voile, ça me va.Une coiffe portée par les femmes vivant autour de la Méditerranée depuis des siècles.Mais la burqa et le voile intégral doivent être non seulement bannis de l’espace public, mais déclarés crimes contre la personne, car c’est une manière de nier à un être humain le droit d’être reconnu comme une personne à part entière, distincte de tous.On doit faire du port de la burqa ou du voile intégral un acte criminel punissable de la prison et on doit punir non la femme qui porte ces accoutrements, mais le mari, le père ou les frères, selon le cas.Et la loi doit prévoir que toutes les personnes en cause ont droit à un service de déprogrammation psychologique payé par l’Etat afin que tous puissent s’intégrer harmonieusement à la société.Claude Côté Québec, le 28 janvier 2010 Le singe Igor non, mais Clandette Carbonnean oni.Vous rappelez-vous la campagne de publicité «Igor» laite par Saputo et adressée aux enfants dans les CPE?Saputo s’était reconnu coupable d’avoir enfreint la Loi sur la protection des consommateurs en distribuant dans des centres de la petite enfance du matériel publicitaire mettant en vedette ses petits gâteaux Igor.L’interdiction québécoise de la publicité destinée aux enfants s’en trouvait confortée.Vendredi soir, en allant chercher mon jeune garçon au service de garde de l’école primaire Mère Marie-Rose de Contrecœur, j’en fus quitte pour une surprise: on avait dans le service de garde six af fiches sjmdicales, trois du front commun, deux de la CSQ et une contre la loi 142! De plus, trois de ces affiches étaient posées à la hauteur des yeux des entants, comme quoi ça leur était destiné.Je ne sais pas pour vous, mais je suis moins offusqué de voir le singe Igor que les affiches de Claudette dont les demandes feront augmenter mes impôts.Nous avons sorti la religion des écoles, puis les entreprises privées.Quelqu’un peut-il alors m’expliquer pourquoi on y tolère la publicité de la CSN?Ces affiches devraient être posées sur le babillard du personnel, pas ailleurs dans l’école selon moi.11 serait intéressant de demander à Mme Carboimeau de prendre position publiquement à ce sujet puisque j’ai l’impression que cette école n’est pas une exception: est-il convenable de laisser de telles affiches dans un lieu destiné à l’éducation de nos enfants et respecte-t-on la loi sur la publicité aux enfants selon elle?On ne me dira toujours pas que c’est de la publicité éducative.Daniel Castonguay Contrecœur, le 26 janvier 2010 LIBRE OPINION Réinventer la gouvernance GERARD LATULIPPE Ancien député, ministre du gouvernement québécois et délégué général du Québec à Mexico et à Bruxelles et actuel directeur d’une ONG en Haïti La nuit du tremblement de terre, le stationnement de l’hôtel Villa créole a été transformé en dispensaire d’urgence.Avec un collègue québécois, trois médecins et quelques autres étrangers, nous avons pansé, sans moyens, les blessures de plus de 150 Haïtiens qui, gravement blessés, vepaient du voisinage.Je n’ai vu personne de l’État haïtien.Le lendemain, en parcourant la ville pour chercher des médicaments et de la nourriture, je n’ai croisé que des cadavres étendus sur le pavé, des gens pleurant et hurlant dans les rues, dçs blessés que l’on ne transportait nulle part.L’État haïtien était invisible.«Je suis en vie, mais je n’ai plus de pays», disait Jimmy, un Haïtien que je connais.Le gouvernement haïtien n’a plus aucune capacité à secourir son peuple, à le nourrir, à lui obtenir du travail, à lui fournir des soins de santé, une éducation décente, à le protéger contre les gangs qui prennent le contrôle déjà rue.Mais alors, cet État haïtien, avait-il la capacité de fournir tous ces services avant le tremblement de terre?Demandez-le aux Haïtiens que vous connaissez.Avaient-ils confiance en leurs institutions?NON.Avaient-ils confiance en leur classe politique?NON.Haïti est rongé par le cancer de sa politique.En premier lieu, il y a la corruption, une mala- die dégénérative quj frappe toutes les institutions d’un État fra^e.É’État haïtien a été rendu impotent par le pillage de ses ressources durant des années, voire des décennies.Même les ouragans meurtriers de l’automne 2008 n’ont pas servi de leçon.11 faut voir Gonaïves, cette petite ville dans la région de l’Ardbonite qui a été envahie par les boues.Les travaux d’enlèvement ne sont pas achevés.Ce sont les ONG qui ont réalisé la majorité des travaux de réhabilitation.De nombreux citoyens vivant dans des abris de fortune n’ont pas encore de logement décent.11 y a aussi ces mafias d’intérêts obscurs qui s’enrichissent du pillage des ressources du pays comme aux deux parcs nationaux, le parc Macaya et Parc La Visite où le peu d’arbres qui restent encore dans ce pays sont coupés, achetés de pauvres paysans pour une poignée de dollars et vendus à prix d’or, principalement au marché de Port-au-Prince.Ce pillage orchestré par un groupe de mafieux concerne toute la planète, car sachez que le pays d’Haïti est considéré comme l’un des plus riches pays des Caraïbes en matière de diversité biologique.Mais le ministère de l’Environnement a toujours été aux abonnés absents.11 y a aussi le gouvernement et le Parlement dont la légitimité démocratique est fragile, voire fortement contestée par de nombreux leaders haïtiens.C’est une année électorale en Haïd.Les législatives devaient avoir lieu en février prochain et la présidentielle au mois de novembre.Le terme de la législature vient de se terminer.Le président avait déclaré une session extraordi- naire, soit une prolongation de la législature, ce qui a provoqué un tollé chez de nombreux leaders politiques et constitutionnalistes recoimus.Ils ont soutenu que cette décision était illégale.Le président lui-même, en fin de mandat, affaibli, n’a plus le droit de briguer un nouveau mandat.La légitimité du pouvoir en place est pour le moins fragilisée.Le tremblement de terre a aussi détruit la capacité du pays d’exercer sa souveraineté.Si l’idée d’un plan Marshall pour Haïti fait son chemin, il ne réussira que si la communauté internationale réinvente un modèle de gouvernance politique.Générer la stabilité Il faut aller plus loin que les modèles de protectorats internationaux, comme au Kosovo ou au Cambodge si l’on veut que le plan Marshall puisse générer la stabilité du pays, l’adhésion du peuple haïtien, la reconstruction politique ainsi qu’un développement durable.Mon expérience au cœur des institutions politiques haïtiennes, comme au sein de la communauté internationale dans ce pays, me permet de vous livrer le produit de ma réflexion.¦ L’autorité provisoire doit être créée pour une période de temps suffisante afin de permettre la reconstruction physique, la relance de l’économie locale, la mise en place d’une fonction publique efficace et la reconstruction du système politique.C’est une tâche herculéenne qui ne pourra pas se réaliser en moins de cinq ans.¦ Les Haïtiens doivent être associés à l’effort de reconstruction de LEUR pays.Il faut cependant éviter de tomber dans le piège d’un partenariat avec le gouvernement tel qu’il existe actuellement.Il faut plutôt penser en termes d’états généraux des forces vives du pays, de personnalités politiques, de la société civile et de la diaspora.¦ L’autorité provisoire devrait avoir un haut niveau d’autonomie face à la lourde bureaucratie onusienne dont le siège social a été détruit à Port-au-Prince.¦ La reconstruction du système politique haïtien doit absolument permettre et faciliter l’émergence d’une nouvelle classe politique où les jeunes et les femmes, jusqu’à maintenant marginalisés, joueraient un rôle de premier plan.¦ On doit dormer une priorité à la construction d’une fonction publique haïtienne bien formée, efficace, suffisamment payée et empreinte d’éthique.Depuis longtemps déjà, des critiques s’élevaient pour déplorer le fait que la multiplicité des,ONG sur le territoire se substituaient de fait à l’État haïtien dans la livraison des services essentiels à la population.Cette dépendance ne devrait pas être reproduite dans le cadre de la, reconstruction du pays si l’on veut créer un État haïtien fort et souverain.¦ Le processus de reconstruction de Haïti par l’autorité provisoire devrait faire l’objet d’une surveillance étroite par une unité internationale de vigilance et de «monitoring» composée d’experts internationaux et haïtiens.Munie de ressources suffisantes pour mobiliser l’opinion publique mondiale, elle devrait jouir d’une indépendance envers les gouvernements et les Nations unies. LE DEVOIR LE LUNDI I EEVRIER 2010 A 7 IDEES Usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup Un excellent projet, mais un mauvais mandat d’étude KIM CORNELISSEN Consultante en développement régional et international ^ I Rivière-du-Loup, si l’on s’en était tenu aux résultats de l’étude de faisabilité, on au- Arait rejeté le projet de biométhanisation qui vient d’étrp lancé le 13 janvier dernier.A première vue, c’était «la solution la plus coûteuse et la moins efficace» qui l’aurait emporté (voir article de Louis-Gilles Francœur, édition du 14 janvier 2010).Et pourtant, c’est de loin le projet le plus structurant pour la MRC Rivière-du-Loup et un magnifique modèle de projet qui s’inscrit en conformité avec les principes du développement durable.Il n’y a rien à reprocher à l’étude de faisabilité de la firme de consultants Collectivités écologiques du Bas-Saint-Laurent; le problème, c’est que ce n’est pas la bonne étude.Elle ne compare pas les bons types de projets.On n’y considère que la valorisation des déchets organiques, et non la production de biocarburant également, qui faisait partie intégrante du projet finalement sélectionné.Du coup, cela invalide cette étude parce que l’on compare un projet qui inclut valorisation des déchets et production énergétique avec d’autres projets qui n’ont que de la valorisation de déchets.Pourtant, cette valorisation des déchets organiques à des fins de production de bioénergie s’inscrit tout à fait dans l’un des objectifs du projet de politique de gestion des matières résiduelles du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).Le projet sélectionné est un modèle qui illustre parfaitement la vision du MDDEP: de propriété publique, il permet de détourner les matières putrescibles en produisant à la fois du fertilisant de haute qualité et du biométhane.On peut penser que le MDDEP va se servir du projet de Rivière-du-Loup pour faire la promotion de son programme de biométhanisation auprès d’autres municipalités ou MRC québécoises.Si l’étude de faisabilité doit être rejetée, c’est qu’elle n’a pas reçu le bon mandat: celle-ci aurait dû comparer diverses propositions incluant à la fois la gestion des déchets, la production de biocarburants et la propriété publique.Par exemple, l’étude aurait pu comparer des projets de production d’éthanol et de biodiesel issus de matières résiduelles et de boues usées, d’où le projet de biométhanisation serait sans doute sorti gagnant.Paramètres significatifs En comparant des projets semblables à celui du projet sélectionné, les paramètres de l’étude de faisabilité auraient pu inclure des questions de développernent durable plus significatives et plus inclusives.A titre d’exemple, parmi les questions à caractère économique, on aurait pu évaluer les coûts liés à la conversion vers le biogaz des véhi- 4:.» ' 'V J.' " YUKIRO NAKAO REUTERS Un exemple d’usine de recyclage de déchets organiques au Japon cules convertis au biogaz/gaz naturel.Cependant, on aurait alors calculé aussi les économies réalisées par le remplacement du diesel/essence par le biogaz/gaz naturel et les crédits d’émissions de GES.En ce qui concerne le caractère social des projets, y compris la production de biocarburants, on aurait pu évaluer l’impact combiné sur les communautés locales d’un projet de propriété publique.Il aurait alors fallu tenir compte de l’impact des projets comparés sur la gestion des matières résiduelles et sur la production d’un carburant alternatif moins nocif pour la santé et l’environnement.Bien entendu, toute la question de la gestion locale de la production et de l’utilisation de l’énergie ainsi que l’amélioration des relations rurales/urbaines auraient pu être considérées également.Ce sont des bénéfices inhérents à ce type de projet.Il est à noter que de tels critères non économiques sont de plus en plus utilisés dans les appels d’offres gouvernementaux, dont l’éolien.En matière d’environnement, les données auraient dû inclure également deux éléments: la diminution totale des émissions de GES liées au transport local des matières résiduelles et la diminution de la quantité de combustibles fossiles qui n’ont pas à être transportés pour utilisation dans les véhicules au biogaz.Le défi d’innover La MRC et la ville de Rivière-du-Loup ne peu- vent être blâmées d’avoir choisi un autre projet que celui proposé par l’étude.Cette décision d’aller à l’encontre des résultats d’une étude dont ils avaient défini le mandat est normale et de bon augure.Dans un contexte où il s’agit d’un premier projet de biogaz comme biocarburant au Québec et que celui-ci s’inscrit véritablement dans une optique de développement durable, il faut pouvoir changer d’idée.La mise en valeur du biogaz comme biocarburant n’est pas chose facile, et ce, parce qu’il est peu connu.On le confond régulièrement avec l’éthanol, et peu de gens savent qu’il est utilisé en transport depuis plusieurs années dans plusieurs pays européens; son marché est particulièrement développé en Suède.La bonne nouvelle, c’est que l’on peut constater qu’à travers de telles expériences, le Québec cherche à faire émerger des projets qui améliorent la qualité de vie de ses communautés.En même temps, nous nous familiarisons progressivement avec des processus innovateurs qui sont issus d’une vision plus globale qui, espé-rons-le, pourra régler plusieurs problèmes à la fois.En innovation, le principe de base est le «droit à l’erreur»; il faut également avoir la volonté de sortir d’une vision «en silo» pour favoriser des projets plus visionnaires.En choisissant de subventionner ce projet de biométhanisation, c’est exactement ce qu’ont fait tous les paliers de gouvernement (Canada, Québec, MRC, ville), et en collaboration avec l’entreprise privée.Lettre au premier ministre du Québec 2030 sera-t-elle culturelle ?M STANLEY PEAN Ecrivain et porte-parole du Mouvement pour les arts et les lettres onsieur le premier ministre Jean Charest, Le 21 janvier dernier, vous preniez l’initiative de tenir un forum sur l’économie du Québec des vingt prochaines années.Dans cette période d’incertitude économique, il semble que vous ayez privilégié une posture consistant à maintenir un regard porté vers l’avenir.Voilà qui vous honore, car c’est bien l’attitude que nous attendons d’un premier ministre.Ainsi, les gestes faits aujourd’hui déterminent ce qu’il adviendra des décennies à venir.Le budget de 2010-2011, en particulier, en portera les germes.A l’heure des choix, ce budget nous dira notamment quels secteurs de l’économie votre gouvernement considère comme porteurs et sur lesquels il misera à long terme pour créer les ern-plois et la croissance économique de l’avenir.A cet égard, il nous renseignera en particulier sur vos convictions envers le secteur culturel.La culture, bien sûr, ne se limite pas à sa seule dimension économique.Elle est infiniment plus que cela.Elle nous définit, ce qui exige déjà un appui irréductible de l’État, tout particulièrement ici, au Québec, foyer principal de la culture francophone en Amérique du Nord.Elle est aussi une sphère d’activité économique importante et promet de l’être encore plus à l’avenir.Le secteur des biens et des services culturels ne cesse de prendre de l’ampleur partout dans le monde.Quelle place le Québec vou-dra-t-il occuper dans ce grand mouvement?En ces moments de réflexion et de décision, la ques- MARC-ANTOINE DUHAIME La Princesse Turandot, de Hugo Bélanger, un spectacle présenté actuellement au théâtre Denise-Pelletier.Porter son regard vers l’avenir, c’est comprendre que ce sont les créateius qui rendent possible l’industrie culturelle.fion se pose.Mieux que tout discours sur l’avenir lointain, les décisions fourniront une réponse véritable à cette question.Porter son regard vers l’avenir, c’est aussi comprendre que ce sont les créateurs qui rendent possible l’industrie culturelle.Les œuvres naissent invariablement dans l’esprit d’un créateur, fût-il écrivain, auteur, compositeur, dramaturge, peintre, sculpteur, chorégraphe, metteur en scène, illustrateur ou artisan, dont l’essentiel du travail est d’alimenter nos âmes, nos cœurs et nos esprits en œuvres originales qui émeuvent, font réfléchir et forgent nos valeurs.Ensemble, ces travailleurs constituent le cœur créatif du secteur culturel; ils irriguent le tout; sans eux, c’est l’assèchement.L’un des indicateurs de base pour mesurer la conviction à long terme de votre gouvernement envers le secteur culturel est certainement le niveau de ressources dont disposera le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).Les ressources du Conseil sont de première ligne dans l’émergence et le développement des artistes de talent et la création des œuvres originales qui constitueront la source de l’industrie culturelle de demain.Une conviction forte de votre gouvernement envers la culture comme secteur d’avenir doit prendre la forme d’une vision budgétaire garantissant à long terme au CALQ des ressources suffisantes pour avoir un impact réel positif sur l’activité culturelle.Un exemple.Récemment, le chef du Parti libéral du Canada, M.Michael Ignatieff, s’est engagé à augmenter le budget du Conseil des arts du Canada.Vous me direz qu’il n’est pas premier ministre et que cela fait toute la différence.Je suis plutôt enclin à penser qu’il y a là une conviction forte envers les créateurs et ce qu’ils peuvent apporter, notamment à l’économie.Nous vous enjoignons, Monsieur le premier ministre, de faire preuve d’autant de conviction envers le cœur créatif du Québec.Si le prochain budget se veut un acte de vision à long terme, 2030 sera-t-elle culturelle selon vous?Une dernière note: je n’ai pas insisté sur le fait que ce cœur créatif compte parmi les groupes de travailleurs (généralement autonomes) les plus précaires au Québec et que la crise actuelle aggrave encore leur situation, mais je crois que vous reconnaissez volontiers cette précarité — qui confine parfois à l’indigence —, car beaucoup a été dit à ce sujet.A Expérience novatrice ou schizophrénie politique ?Le vote du chef de Projet Montréal en faveur du budget de l’administration Tremblay soulève des questions de fond PAUL CLICHE Membre fondateur de Projet Montréal près l’avoir sévèrement critiqué, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a finalement voté en faveur de l’adoption du budget de l’administration Tremblay pour se montrer «solidaire» des autres membres du comité exécutif dont il a accepté de faire partie même s’il siège dans l’opposition.Mais les autres conseillers qu’il dirige à l’Hôtel de Ville s’y sont opposés parce qu’il ne satisfait pas aux conditions minimales posées par leur parti.Interviewé à la radio sur ce qui paraît de prime abord être de la schizophrénie politique, M.Bergeron a expliqué que son comportement était dicté par son désir de réformer la gouvernance municipale.H a dit avoir l’appui du caucus de ses conseillers à ce sujet.Prié par un chroniqueur municipal d’expliquer les contradictions entre ses virulentes dénonciations du maire Gérald Tremblay au cours de la dernière campagne électorale et l’appui qu’il lui accorde maintenant, M.Bergeron a répondu que son opinion avait changé parce que ce dernier avait changé.Sa nomination au comité exécutif n’aurait rien à voir avec sa nouvelle attitude; le chef de Projet Montréal veut oublier le passé et penser au futur.Il admet que sa position a aussi un côté pragmatique, car il estime que l’on est plus efficace en agissant à l’intérieur du cénacle du pouvoir qu’en brassant les portes pour tenter d’y pénétrer.Que penser de cette situation pour le moins tarabiscotée?Sans mettre en cause la bonne foi de M.Bergeron, je pense qu’il fait preuve de naiVeté ou d’inconscience s’il pense qu’un seul individu, fût-il chef d’un parti, peut devenir l’élément déclencheur d’une réforme réelle de la gouvernance municipale.Le rôle qu’il joue au comité exécutif lui permettra probablement de faire adopter quelques mesures intéressantes en matière d’urbanisme ou d’aménagement.Mais combien de couleuvres, comme le budget, devra-t-il avaler en contrepartie?Sans compter que la caution qu’il fournit à l’administration Tremblay vaut son pesant d’or pour cette dernière.M.Bergeron prétend que le maire Tremblay a changé.Pour nous convaincre, qu’il le mette à l’épreuve immédiatement en lui demandant, par exemple, de rendre publiques les réunions du comité exécutif puisque ce dernier reste un des rares qui siège encore à huis clos parmi les grandes villes canadiennes et américaines.Qu’il lui demande aussi d’entreprendre une démarche en vue de l’instauration d’un scrutin proportionnel permettant à tous les votes de compter.A noter que ces deux réformes font partie du programme de Projet Montréal et que ce dernier a été la principale victime du mode de scrutin majoritaire actuel aux élections de novembre.Je crains pour ma part que l’expérience de M.Bergeron ne tourne en une folle équipée personnelle dont Projet Montréal et ses idées progressistes feront les frais.Des dizaines de milliers de Montréalais ont fait confiance à ce jeune parti réformiste lors de l’élection de novembre dernier.Il ne faudrait surtout pas que cet espoir collectif soit déçu.Suis-je trop pessimiste?L’avenir le dira.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et membre du comité exécutif de la Ville de Montréal L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de Vinformation), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervris (éducation), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Eric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Jean-Jacques Coulombe et Emilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', David Dumouchel et Etienne Plamondon-Emond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthevys (technicien informatique).PROMOTION, DISTTUBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI I^ EÉVRIER 2010 ACTUALITES CLIMAT SUITE DE LA PAGE 1 d’aligner nos politiques en matière d’énergie propre et de (Rangements climatiques avec celles de l’administration Obama», a déclaré M.Prentice, samedi soir, à Toccasion d’une conférence de presse à Calgary.Les Etats-Unis avaient pour leur part fait savoir jeudi qu’ils comptaient réduire leurs émissions di «environ 17 %» par rapport à 2005, et ce, d’ici 2020.«Nous savons qu’il nous est possible d’atteindre notre objectif, nous sommes prêts à le respecter, et les autres pays devront faire de même», a renchéri Jim Prentice.Le gouvernement canadien balaie ainsi du revers de la main sa cible d’abaisser les rejets de GES de 20 %, par rapport à ceux de 2006.«On se doutait bien que le gouvernement canadien ne respecterait pas l’avis des scientifiques, mais jamais on ne pensait que le gouvernement pousserait l’odieux en reniant ses propres objectijs de réduction de GES», a déclaré Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois en matière d’Environnement.M.Bigras déplore par ailleurs qu’Ottawa ait engagé six fois moins d’argent par habitant que Washington dans la lutte contre les changements climatiques.«La nouvelle cible va conduire à augmenter les émissions de gaz à effet de serre plutôt qu’à les réduire», souligne pour sa part Greenpeace.groupe environne ment Greenpeace estime que les objectifs dévoilés par le gouvernement canadien feraient augmenter les émissions de gaz carbonique de 2,5 % par rapport au niveau de 1990.Or en 2006, le Canada s’était fixé l’objectif de réduire ses émissions de 3 % par rapport à la même l’année.Greenpeace exige une réduction de 25 à 40 % des GES sous le niveau de 1990, et ce, d’ici à 2020, pour les pays industrialisés.Le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière d’environnement et d’énergie, David McGuin-ty, a manifesté son étonnement à la suite de l’annonce de Jim Prentice.«Le plan américain, qui compte plus de MOO^pages et qui est très détaillé, a été développé pour les Etats-Unis et non pour le Canada.[.] Au Canada, nous n’avons toujours pas de plan pour les changements climatiques», a-t-il déclaré à La Presse canadienne.«B n’y a pas vraiment d’annonce ici» «Non satisfait d’avoir saboté l’effort international à Copenhague, le gouvernement Harper doit encore affaiblir les cibles canadiennes», juge quant à elle la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May.Minuit moins une pour le Canada Le ministre de l’Environnement s’est gardé d’expliquer dans le détail la stratégie gouvernementale pour atteindre ses objectifs de réduction des GES.«Éventuellement, nous nous pencherons sur les sables bitumineux et sur les différentes sources d’émissions.Mais, aujourd’hui, notre objectif était de nous acquitter de nos obligations relativement à l’accord», a fait remarquer M.Prentice, à 24 heures de l’expiration du délai convenu par les pays signataires de l’Accord de Copenhague pour communiquer leurs objectifs de réduction de GES aux Nations unies.M.Prentice a néanmoins indiqué que le Canada et les EtatSrUnis harmoniseraient leurs objectifs de réduction dans certains secteurs d’activité.«A partir de 2011, nous allons mettre en place des normes d’émissions [de CO2 pour toutes les automobiles en circulation en Amérique du Nord]», ainsi qu’en matière de «transport aérien, maritime et pour les poids lourds».Le Secrétariat de la convention sur le climat publiera aujourd’hui la liste des engagements de chaque pays dans la lutte contre les GES.Les Etats de l’Union européenne (UE) se sont donné dix ans pour réduire de 20 % leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990.LUE s’est dite prête à intensifier son effort de guerre, en hausr sant de 30 % ses émissions de GES, «en cas d’offres comparables» des autres pays industrialisés «et de contributions adéquates» des pays émergents.Alors que l’Accord de Copenhague a pour objectif de limiter à 2 °C le réchauffement de la planète par rapport à l’ère préindustrielle, les engagements actuels produiront une hausse des températures de 3,5 °C, selon Ecofys.Le Devoir Avec La Presse canadienne et Reuters SPECIALISTES SUITE DE LA PAGE 1 exercent pourtant selon les mêmes normes, dans un même système public.Cette différence l’agace d’autant plus que d’autres reculs sont à prévoir.Pour la période allant de 2010 à 2013, les médecins spécialistes du ROC {rest of Canada) ont en effet négocié des augmentations annuelles importantes, soit 4 % en moyenne.Selon le D" Barrette, Québec ne peut pas se permettre d’offrir moins à ses spécialistes.«Autrement, je peux vous garantir que mes joueurs vont grimper dans les rideaux et se battre.» Ces 4 % ne sont toutefois considérés que comme un minimum vital.La EMSQ estime que Québec doit aussi prévoir un mécanisme de rattrapage pour le recul enregistré au cours des trois dernières années.Ce qui pourrait porter ses demandes jusqu’à 5 voire 6 % par année, confirme le D" Barrette qui refuse toutefois de donner davantage de précisions.On est loin, très loin des 7 % sur cinq ans proposés à la fonction publique par le gouvernement Charest.On est aussi loin, mais un peu moins, des demandes formulées par les employés de l’État, qui réclament pour leur part 3,75 % par an pour les trois prochaines années.Demandes par ailleurs accueillies fraîchement par le gouvernement Charest, mais aussi par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui les a jugées «à première vue un peu élevées», la semaine dernière.Concurrence oblige Le D’^ Barrette est conscient que ses 4 à 6 % risquent d’en faire tiquer plus d’un en ces temps économiques difficiles.Mais il persiste et signe.«Les augmentations obtenues dans les autres provinces ont été négociées par des gouvernements qui ont tous à faire face à un déficit budgétaire.[.] Mais à la différence du Québec, ces gouvernements ont compris que, pour garder leurs docteurs, il leur faut aussi les rémunérer.» A ce jeu de la concurrence, le Québec part perdant, croit le président de la EMSQ.«Ici, on nous rentre dans la politique de rémunération des employés de l’État.C’est plate, mais dans les autres provinces, ça ne se passe pas comme ça.[.] Quand l’Ontario donne 4 % par année à ses médecins en temps de récession, ce n’est pas pour faire plaisir aux docteurs, c’est pour suivre le marché, point.» Et ce marché, il est sans pitié.Spécialement avec un voisin américain qui n’a de cesse de tirer les salaires vers le haut.«Si on était dans le privé comme aux États-Unis, il y aurait moins de services, mais on serait bien mieux payés, même probablement trop, comme le sont les Américains», rappelle le D’^ Barrette.Sans verser dans ces excès, le Québec doit à tout le moins être en mesure de concurrencer les autres provinces, poursuit-il.«Il n’est pas normal qu’on ne reçoive même pas l’équivalent des autres provinces, dont certaines sont même plus pauvres que nous.» Dans un monde idéal, la prochaine négociation mettrait un terme à tous ces déchirements avec l’adoption d’une formule qui puisse prendre en compte la moyenne canadienne, résume le président de la EMSQ.«Il n’y a pas de raison intelligente, d’aucune manière, pour qu’on creuse encore l’écart.[.] Le gouvernement devrait être suffisamment responsable, et je parle ici de responsabilité sociale, pour éviter les perturbations dans le réseau en acceptant d’adopter une formule valide pour toutes les négociations à venir.» C’est aussi l’avis des membres de la EMSQ, qui sont prêts à se battre pour défendre leurs acquis.Au début du mois, 91 % d’entre eux ont donné leur appui aux propositions du D" Barrette et de son équipe.«Croyez-moi, personne n’est prêt à revenir en arrière.» Le Devoir Gala des Grammys Fearless, de Taylor Swift, album de l’année DANNY MOLOSHOK REUTERS Betty Bonifassi, du duo Beast, lors du gala hors d’ondes des Grammys, hier.Los Angeles — La jeune chanteuse de country Taylor Swift, 20 ans, a obtenu hier à Los Angeles le prix de l’album de l’année pour Eearless, lors de la 52"^ cérémonie des Grammy Awards, les récompenses annuelles de la musique populaire américaine.Eearless était opposé kl Am.Sasha Eierce de Beyonce, The E.N.D.des Black Eyed Peas, The Eame de Lady Gaga et Big Whiskey and the Groogrux King de Dave Matthews Band.Beyonce faisait jusque-là figure de grande favorite après avoir décroché six récompenses depuis le début de la soirée, mais la diva du R&B a dû s’incliner in extremis pour la récompense phare face à sa jeune rivale.Du côté des Canadiens, le rockeur Neil Young, le comédien Michael J.Eox et le crooner Michael Bublé ont été honorés, alors que le duo montréalais Beast est reparti bredouille.Beast était finaliste dans la catégorie vi- déoclip de l’année pour sa chanson Mr.Hurricane.Les artistes canadiens ont reçu leurs prix au cours du segment non télévisé présenté en fin d’après-midi, hier.Le Torontois Neil Young a ainsi reçu son premier trophée Grammy dans la catégorie «meilleur coffret» pour sa compilation Michael J.Eox, qui a grandi à Burnaby, en Colombie-Britannique, a quant à lui reçu le prix du meilleur album parlé pour Always Looking Up, qui raconte l’histoire de sa lutte contre la maladie de Parkinson.Michael Bublé a mis la main sur le prix décerné au meilleur album vocal traditionnel pour Michael Bublé Meets Madison Square Garden.Un hommage a par ailleurs été rendu à l’auteure-compositrice-interprète québécoise Kate McGarrigle, décédée il y a deux semaines d’un cancer.La Presse canadienne et TAFP PAUL SUITE DE LA PAGE 1 hier en Erance, lors de la clôture de cette grand-messe internationale de la bédé, en présence du ministre de la Culture, Erédéric Mitterrand.Elle a aussi placé le tome 3 des aventures de Pascal Brutal, Eluide Glacial — «Plus fort que les plus forts», c’est son titre — de Riad Sattouf au sommet de la pile.Cette bédé a obtenu le Eauve d’or, prix du meilleur album de 2010, selon le jury présidé cette année par l’auteur Blutch.«Que la reconnaissance vienne du public, c’est exceptionnel, a commenté hier Erédéric Gauthier de la maison d’édition La Pastèque.La série Paul est distribuée en Erance depuis 1999, mais a toujours eu une visibilité restreinte.Elle est dans les circuits spécialisés.Là, avec ce prix Eauve, l’impact pour Paul en Erance va être phénoménal.» Le titre va en effet se retrouver bien en vue dans le mé- garéseau de librairies de la ENAC, qui commandite ce prix, en plus d’être mis à l’honneur dans le réseau des gares et trains français par l’entremise de la SNCE, un réseau où transitent chaque jour des millions de passagers.Sous le choc, mais comblé, Michel Rabagliati n’a pas caché hier son intention de partir prochainement à la conquête de la Erance avec son personnage.Une tournée de promotion d’une semaine est d’ailleurs prévue en mars prochain afin de rencontrer les lecteurs et les libraires, a-t-il indiqué.«On voulait mieux s’implanter en Erance cette année, a dit M.Gauthier.On a maintenant une bonne raison de réussir.» Lancé en avril dernier, Paul à Québec est le sixième titre de cette série semi-autobiographique qui prend place dans le Québec ordinaire et familial d’hier et d’aujourd’hui.Profondément intimiste, cette dernière aventure, acclamée par la critique et le public, propose un face-à-face vibrant avec la maladie et la mort, celle du beau-père de Paul, et avec les questionnements qui viennent avec.En novembre dernier, l’album a fait école en devenant la première bande dessinée en compétition pour le Grand Prix du livre de Montréal, et ce, aux côtés de LÉnigme du retour de Dany La-ferrière, qui a décroché la palme.Le Eauve ENAC-SNCE vient une fois de plus confirmer le talent narratif de Rabagliati dont l’œuvre, avec ses traductions en anglais, espagnol ou néerlandais, n’a jamais caché son caractère universel.Outre Paul à Québec, Dungeon Quest (L’Association) de Joe Daly est reparti d’Angoulême avec le prix spécial du jury alors que Rebetiko (Euturopolis) de José Munoz a décroché le Eauve Regard sur le monde.La compétition était serrée avec, en lice, des titres prestigieux et marquants de 2009, comme Pachyderme (Gallimard) de Erederik Peeters, le tome 5 de Magasin Général (Casterman) de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp ainsi que le tome 7 de l’Épervier (Soleil) de Patrice Pellerin.Entre autres.Le Devoir MÉDECINE SUITE DE LA PAGE 1 système de santé.Nous ne satisfaisions pas les besoins psychosociaux, voire physiques de ces patients.Personne ne s’était penché sur ce que pourrait être un contrôle adéquat des symptômes, dont la douleur, chez cette population de patients.» D’autres médecins incapables d’avouer à la famille qu’il n’y a plus d’espoir pour le patient proposent une autre chimiothérapie, ne sachant que faire d’autre.«Les demandes pour une euthanasie découlent souvent d’un rejet de ces soins agressifs et inappropriés», affirme le D" Mount, pour qui l’euthanasie est tout à fait incompatible avec les soins palliatifs, même s’il concède que les deux visent à diminuer la souffrance.«La durée de la vie est hors de notre contrôle, et ce n’est pas à nous d’en décider», déclare le D’^ Mount, pour qui la légalisation de l’euthanasie mettrait en danger les plus vulnérables de notre société, comme les handicapés et les vieillards, lesquels se sentent parfois comme un fardeau pour leur famille et la société.Un temps précieux Les dernières semaines de vie d’un cancéreux représentent «le temps le plus précieux de la vie d’une famille», car c’est le moment où peuvent se dénouer des affaires irrésolues, où l’on peut avouer l’amour et l’attachement que l’on porte à ses proches.«H s’agit LE DEVOIR www.Iedevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 d’un important moment de partage qui peut adoucir la mort de la personne qui agonise et qui peut rendre les 40 prochaines années plus sereines et plus heureuses à ceux qui lui survivront.Ce temps recèle un incroyable potentiel qui est perdu si l’on euthanasie la personne», souligne le professeur Mount qui déplore le fait que la mort soit un sujet de discussion tabou dans notre société, «n faut aider les gens à dédramatiser la mort, nfaut leur faire voir la mort comme un phénomène naturel, un événement normal», dit-il.Le D" Mount est scandalisé d’entendre des dirigeants d’hôpitaux affirmer encore aujourd’hui que les soins palliatifs coûtent cher, insinuant peut-être par là que l’euthanasie permettrait probablement de réduire les coûts.Il est outré de la fausseté d’une telle affirmation, lui qui a clairement démontré, il y a 30 ans, l’efficacité d’une unité de soins palliatifs dotée d’une douzaine de lits à l’Hôpital Royal Victoria, et d’un programme de soins à domicile desservant l’île de Montréal qui était destiné à aider les gens à mourir à la maison.En 1973, après avoir constaté que l’approche du personnel soignant auprès des malades en phase terminale était inadéquate, Balfour Mount part à Londres visiter le St.Christopher’s Hospice mis sur pied en 1967 par la D""^ Cecily Saunders, pionnière des soins palliatifs dans le monde.A son retour en 1974, il convainc ses supérieurs Ôl «intégrer au sein de l’Hôpital Royal Victoria» une unité où l’on prodiguerait aux patients en fin de vie des soins à l’image de ce qu’il a vu à Londres: une première au Canada, voire en Amérique du Nord, qu’il désirera sous le vocable de soins «palliatifs», après avoir hésité sur le mot «hospice», qui avait une Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel redaction( La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 connotation plus péjorative pour les francophones.Une autre leçon que l’équipe du D" Mount a tirée de son enquête fut que l’attention ne devait pas être tournée uniquement vers le patient, mais également vers son environnement social.«Il est apparu essentiel qu’il fallait aider la famille à surmonter le chagrin et le deuil qu’elle vivait afin que chaque membre du cercle familial puisse reprendre une vie normale.La société a intérêt à soutenir les proches afin qu’ils retournent au travail et redeviennent productifs à nouveau», fait remarquer D’^ Mount qui avait également mis sur pied un programme de suivi des personnes endeuillées.Uenseignement des patients Le D" Mount affirme humblement que ce sont deux de ses patients qui lui ont donné les meilleurs enseignements.L’un d’eux, un brillant jeune homme de 30 ans, surnommé Chip, membre de l’équipe olympique canadienne de ski, qui avant son cancer généralisé «ressemblait à un dieu grec et excellait dans tout ce qu’il entreprenait», confia au D’^ Mount, peu avant sa mort, alors qu’il était devenu squelettique comme les rescapés d’Auschwitz, qu’il «venait de vivre la meilleure année de sa vie».«J’ai eu une vie merveilleuse, tournée vers le monde extérieur.Durant cette dernière année, fai fait un voyage intérieur et ce fut le voyage le plus extraordinaire de ma vie», lui avait-il dit à l’insu de sa famille.«Ce patient m’a enseigné que l’on ne peut juger la souffrance d’autrui», car, même dans un état physique effroyable, un mourant peut vivre les meilleurs moments de sa vie.Dans son cas, «sa famille souffrait probablement plus que lui et projetait sa propre souffrance sur lui», explique le D’^ Mount.La recherche de «sens» dans nos vies est probablement ce qui préoccupe le plus les mourants, souligne le D" Mount.Certains, comme le skieur Chip, le trouvent à l’intérieur d’eux-mêmes.D’autres le découvrent dans une étroite «connexion avec les autres».Nombreux sont ceux qui établissent cette «connexion cicatrisante» {«healing connection») avec «la musique ou une autre forme d’art, voire avec la nature», alors que plusieurs autres trouvent ce sens à travers une «connexion spirituelle avec une réalité suprême» qui peut être la «complétude quantique ou dieu».Dans son étude, le D" Mount a remarqué que les individus qui avaient trouvé ce sens de complétude vivaient une grande paix intérieure et n’étaient pas envahis par l’angoisse et la frayeur de la mort comme ceux qui ne l’avaient pas trouvé.Et pour aider ces derniers, le D" Mount réitère l’importance de bien contrôler leurs symptômes et de créer autour d’eux un environnement à leur image — et non celui que l’on croit être le meilleur pour eux —, qui leur permettra de se sentir en sécurité.Il insiste finalement sur la nécessité d’écouter le patient afin de pouvoir l’aider à trouver le genre de connexion qui l’apaisera.En 1999, le D" Mount a abandonné la chirurgie pour se consacrer entièrement à la médecine holisr tique, n a créé le Programme in Whole Person Care de McGill, dans lequel il s’est appliqué, jusqu’à sa retraite en 2007, à intégrer les enseignements qu’il a tirés de sa recherche sur les soins palliatifs à l’ensemble des spécialités médicales.Le Devoir Les avis publics et 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rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l’imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007
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