Le devoir, 20 février 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 EEVRIER 2010 DANSE Meg Stuart explore les tensions inscrites dans la famille Page E 4 CINEMA Scorsese livre une véritable leçon de cinéma avec Shutter Island Page E 9 CULTURE Vi n JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Dans la nouvelle salle, tout ce que nous avons travaillé va faire sens et s’imposer de manière logique, organique» Faire table rase des habitudes CHRISTOPHE HUSS Cela fait trois ans et demi que Kent Nagano est directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM).Son mandat prendra fin au milieu de l’année 2012 et un renouvellement est en cours de renégociation.Comment voit-il la tâche accomplie et celle restant à accomplir?Entretien pour un bilan à mi-mandat.Le souhait de rester A la porte du bureau de Kent Nagano, un trophée que bien des Québécois devraient lui envier: un vrai chandail du Canadien à son nom.11 lui a été offert lors de la soirée Les Glorieux, l’opération séduction la plus réussie et la plus en vue de ses quatre saisons à la tête de l’OSM, avec, à la clé, une reprise au Centre Bell devant 12 000 per-soimes en avril dernier.Pas de doute, Kent N^a-no a repositioimé l’OSM comme un acteur majeur de la vie montréalaise.Nous avons rencontré Kent Nagano après les sessions d’enregistrement de la Symphonie héroïque de Beethoven pour Sony-BMG.Montréal avait voulu voir en lui un chef plus cool que nature, un gars de la Californie qui fait du surf iL Kent Nagano avec lequel nous avons discuté est en phase de germanisation avancée; il réfléchit à des concepts profonds, cite Nietzsche.11 se réjouit d’ailleurs de ses progrès dans la langue de Goethe — «pour la première fois dans ma vie je deviens ‘fluent’’ en allemand, je peux même redécouvrir certaines poésies, certains textes que je ne connaissais qu’en traduction.» On le sent aussi bien installé ici.Kent Nagano a déjà intégré la future salle à ses perspectives artistiques et esthétiques.Mais pour en profiter, il lui faudra im renouvellement de mandat.«Nous sommes en pleine discussion.Si j’en dis plus, Madeleine Careau [chef de la direction de l’OSM] va me frapper! Mais je suis très optimiste.» L’objectif est clair.La nouvelle salle permettra de pousser plus loin le développement de l’orchestre.Le chef prend pour exemple le contrôle des djmamiques.«Forte ne signifie pas bruyant et piano n’est pas forcément synonyme de doux.Dans la salle Wilfrid-Pelletier, en raison de la diffusion du son et du bruit de la climatisation, il est difficile d’encourager l’orchestre à explorer une vraie gamme de nuances.Apprendre àjouer\)\)\) mais aussi fff, un fff qui ne soit pas dur et agressif En allemand, il y a cet adjectif weich [doux], qui, appliqué au triple forte symbolise la différence entre force et puissance, notamment chez Bruckner.J’ai décidé de travailler sur répression des ppp, même si à Wilfrid-Pelletier certains auditeurs entendent autant de climatisation que de son.Dans la nouvelle salle, tout ce que nous avons travaillé va faire sens et s’imposer de manière logique, organique.» La revanche de papa Haydn Autre effet anticipé du nouvel eldorado acoustique: un rééquilibrage du répertoire.«J’ai dirigé Haydn ici, mais c’est très dur de créer l’humeur, la fantaisie, la danse», résume Kent Nagano.On va trouver dans les nouveaux lieux «une tradition Haydn, une nouvelle rencontre avec Mozart, mais aussi C.P.E.Bach, Stamitz et ce glorieux répertoire», qui «ne fonctionne pas» dans la salle actuelle.Le contrôle artistique et esthétique est un thème récurrent et apparent dans les réflexions du chef Ainsi, l’idée de programmer Ein Heldenle-ben {Une vie de héros) de Richard Strauss provenait d’une constatation à la consultation des archives: «J’ai vu que cette œuvre avait été programmée fréquemment ici, mais avec très peu de répétitions, juste pour faire “ka-boum, ka-boum”.Pour ma part, je voulais que le public puisse sentir la dimension tragique du héros.Quand quelqu’un de- vient un héros, ce n’est pas forcément un cadeau!» C’est donc à cette partition qu’a été associée la création des Glorieux, oeuvre de François Dom-pierre sur nos héros modernes: les hockeyeurs.Kent Nagano est l’homme qui peut faire un raccourci de Nietzsche {«j’ai relu les citations de Nietzsche qui ont occupé Strauss au moment de la composition d’Em Heldenleben») à Guy Lafleur, rappelant que ce dernier a vécu beaucoup de choses difficiles dans sa vie personnelle.Pour ce qui est de comprendre le Québec, Kent Nagano a plus de flair que Clothaire Rapaille! Des acquis Kent Nagano s’est aussi penché sur la programmation d’œuvres canadiennes.«Je me suis aperçu qu’il y avait une sorte de quota non écrit en la matière amenant à programmer des œuvres juste parce que le compositeur était canadien.J’ai voulu changer la perspective.Nos commandes ont été des contrepoints ou des éclairages de programmes que je dessinais dramaturgiquement.Ainsi, le Concerto pour orchestre d’Ana Sokolovic s’inscrivait dans un programme sur l’idée de révolution.» Assurément, ces profondes pensées mériteront d’être mieux expliquées aux auditeurs à l’avenir.Quels sont les acquis dont Kent Nagano est le plus fier dans le développement de la persoimalité de l’OSM?«L’enregistrement de la Sjmiphonie héroïque nous permet un regard rétrospectif et prospectif Dans tout l’orchestre, mais principa-lement chez les cordes, il y a une évolution impressionnante dans l’élargissement du vocabulaire: palettes de sons, de tons, de couleurs, d’articulations et de dynamiques.J’observe aussi une habileté supplémentaire dans répression poétique: dolce peut vouloir dire une infinité de choses, tout comme cantabile, selon les époques et les répertoires.L’habileté à s’exprimer à travers la musique est devenue plus flexible et plus variée.» VOIR PAGE E 2: NAGANO E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 EEVRIER 2010 CULTURE Mémoire en ligne Odile Tremblay out coffret digne de ce nom contient par essence des trésors, bijoux ou lingots d’or.Des oeuvres d’art aussi, joyaux de l’esprit.Le moindre génie de la lampe vous l’assurera.Les dragons qui les gardent aussi.Chez moi, plusieurs beaux coffrets de la collection «Mémoire», consacrés par l’Office national du film (ONF) à ses cinéastes phares, trônent sur mes étagères.Certains soirs, un de ces beaux objets, porteur d’un livret et de films: La Bête lumineuse de Pierre Perrault, L’Eloge du chiac de Michel Brault ou Le Temps de l’avant d’Aime-Claire Poirier, se laisse savourer en pleine chaleur du divan, permettant de retrouver des maîtres dans leur grande époque créative.Chaque nouvelle édition se vit dans la fête.Cette année, l’intégrale de Pierre Perrault et celle moins monumentale de Jacques Drouin, l’animateur sur écran d’épingles, firent mon bonheur de cinéphile.Autant épousseter pieusement ces coffrets, car aucun nouveau trésor ne se profile à l’horizon.La nouvelle avait circulé sous le manteau.Carol Faucher, à l’ONF depuis une trentaine d’années, âme derrière les coffrets Perrault et Brault, vient d’être démis de ses fonctions et s’en désole.Des amis, des supporteurs pleurent de concert.Mais l’expert fait ses boîtes.Adieu! Monique Simard, à la tête du Programme français de l’Office, évoque une fin de contrat plutôt qu’un congédiement.Sauf que, dans une même foulée, la collection «Mémoire» s’évanouit en des limbes incertains.Monique refuse aussi de parler d’abolition de programme, terme qui court pourtant à pleins corridors de l’institution, sur Côte-de-Liesse.«Au besoin, un jour, en fonction de la demande.Un autre coffret.Sait-on jamais?» Mais comment y croire encore?Car des pages se tournenf mine de rien.De l’avis de Monique Simard, la plupart des cinéastes phares ayant fait carrière à l’ONF ont déjà leur coffret attitré.On songe à part soi aux noms demeurés orphelins.Il en reste, bien sûr.James Robert, très engagé dans la diffusion du patrimoine, précise que l’ONF va réinventer le concept en fonction des techniques actuelles.Nés au cours des années 90, à l’ère de la vidéocassette, quand les nouvelles technologies balbutiaient encore, ces coffrets auraient fait leur temps, tels les pianos mécaniques chantés par Léveillé.Très coûteux à produire, jamais rentabilisés.Avec le virage numérique, la demande du public irait plutôt du côté des films en ligne.Et l’ONF en déverse sur son site entre 200 et 300 par année, 1400 jusqu’ici, avec accélération de cadence future.Depuis vint ans, j’aurai vu l’Office perdre tellement de plumes: studios, plateau de tournage, laboratoires, cinéastes permanents, bureaux régionaux, alouette! Faut-U cogner à pieds joints une fois de plus sur cette boîte septuagénaire, accablée par mille compressions?Mais s’interroger sur ses changements de cap?Oui, bien entendu.L’ONF a pris le virage numérique qui s’imposait.Les temps changent, et les nouveaux outils doivent exporter ses collections le plus loin possible.Soit! Le patrimoine dont il conserve la garde ne saurait se contenter toutefois de faire surface sur un clic de souris.Une vraie mémoire devrait s’inscrire aussi sur des supports solides, permanents, comme des monuments.Les sites en ligne nous maintiennent quand même dans un monde fugace de consommation éclair.Et depuis quand un miniécran d’ordinateur constitue-t-il le cadre idéal pour visioimer un film de Jutra ou de Godbout?Du côté de l’ONF, des voix rétorquent: «Bientôt, les oeuvres en ligne pourront être rediffusées sur les grands écrans plats de télé.» On n’arrête pas le progrès.Alors?L’Office n’a pas remisé sa création.Au documentaire, souvent en coproduction avec le privé, il dilue tout de même sa signature.L’animation demeure une de ses cartes maîtresses.Des cinéastes de la relève, du sang neuf, de bons projets sortent de la boîte, mais son âme vive flotte désormais entre un monde virtuel et un univers révolu.Le temps oû les Gilles Groulx, les Norman McLaren, les Claude Jutra, les Pierre Perrault, les Michel Braulfi les Arme-Claire Poirier et tant d’autres réinventaient notre septième art, et notre société un coup parti, appartient à sa prestigieuse légende.La frénésie de la ruche à rêves aux projets en- a SOURCE ONF La directrice généraie du Programme français de i’ONF, Monique Simard fiévrés, les histoires mjdhiques de pellicule volée pour détourner des projets à des fins plus créatives, comme le fit Gilles Carie pour Ln.Vie heureuse de Léopold Z, constituent des faits d’armes issus d’un bel autrefois.La nuée des grands créateurs poussant à la même roue d’une oeuvre collective comme le film La Lutte tout autant.Offre et demande, marché, transfert sur numérique, rentabilité.Allez! On comprend.Sauf que des mots nous heurtent parfois.Appelez ça de la sentimentalité.Un jour viendra oû les gens n’auront ni bibliothèque ni vidéothèque, mais accrocheront des chapitres de livres et des fragments d’images en ligne avant de filer regarder ailleurs.Sentimentalité malvenue donc, sotte nostalgie des belles reliures, des coffrets aux enchantements sur leurs rayons, en mémoire vive.Certes.Mais faut-il vraiment qu’une institution, hier glorieuse, choisisse de préserver ses trésors sur du sable, en laissant tomber pierre et béton?otremblay@ledevoir.corn Les prix RIDEAU récompensenb l’innovabion eb l’audace en diPPusion des arbs de la scène FÉLICITATIONS AUX LAURÉATS DES PRIX RIDEAU 2010 PRIX RIDEAU RECONNAISSANCE : : Roland Janelle, directeur général de la Corporation du Centre culturel de Drummondville PRIX RIDEAU/XM Canada DIFFUSEUR :: Au Vieux Treuil, îles-de-la-Madeleine PRIX RIDEAU/XM Canada INITIATIVE : : Ville de Gatineau — salle Jean-Desprez et cabaret La Basoche pour Une sortie culturellepottr totiA PRIX RIDEAU/XM Canada PARTENARIAT :: Village en chanson de Petite-Vallée, C.D, Spectacles de Gaspé, La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils et la Corporation des Fêtes de Gaspé 2009 pour Ze 475’’ anniversaire de Varrivée de Jacques-Cartier à Gaspé PRIX RIDEAU TOURNÉE :: Les Cowboys Fringants, Fondation Cowboys Fringants et la Compagnie Larivée Cabot Champagne pour La tournée verte des Cowboys Fringants PRIX RIDEAU HOMMAGE : Les membres du conseil d’administration de RIDEAU ont décerné ce prix à Yves Lambert, pour sa présence rayonnante et assidue sur les scènes du Québec.RIDEAU, le Réseau indépendanb des diPPuseurs d’événemenbs arbisbiques unis www.rideau-inc.qc.ca ({(XM))) !ZI xENNHEisER QuébecSn 14>l Qowemement ©ovemmenf Ville df ^^2 mUSICaCtiOn duCanad, otCriKta C^ÉBEC al ©GALAXIE Il UHIVIM HUtlCAL NAGANO C’est la quatrième œuvre de Beethoven en autant d’années que rOSM enregistrait la semaine passée SUITE DE LA PAGE E 1 Habitudes et tradition Pour la présente saison, Kent Nagano avait eu le mandat de «permettre la stabilisation financière de l’orchestre».Il y a vu l’occasion de travailler davantage Bach, Mozart et Beethoven, lui qui refuse la confusion entre «habitudes et tradition».Pour lui, «la tradition reflète une identité, des valeurs partagées identifiables».Faire table rase des habitudes est une nécessité, c’est «retourner aux sources du compositeur; s’intéresser aux recherches de la pratique historique; revenir aux éditions Urtext et se poser la question de savoir si ce qu’on a fait depuis un quart de siècle reste pertinent».Conséquence pratique: «Depuis mon arrivée, nous avons changé pas mal de matériel d’orchestre.Une large partie de notre bibliothèque a évolué.» L’identité de l’orchestre aussi: c’est la quatrième oeuvre de Beethoven en autant d’années que l’OSM enregistrait la semaine passée.Avant cela, le compteur était resté à zéro pendant trois quarts de siècle! Le Devoir EORÇ- EPIC MBE EU SCÈNE THEATRE DU 16 FEVRIER AU 13 MARS 10 DU MARDI AU VENDREDI A 20H, LE SAMEDI A16H PRÉSENTÉ À ESPACE GO, 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETS 514-845-4890 I ADMISSI0N.COM 514-790-1245 piTl ANTOINE BERTRAND I JEAN-PASCAL FOURNIER I MARIKA UlOUMEAU DOMINIQUE QUESNELI GENEVIÈVE SCHMIDT Collaborateurs I CAIHERIHE LA FRENIÈRE I NAIHAUE1RÉPANIER I ANDRÉ RIOUX I PASCAL RORITAIUE JUUE BRETON I DAVID OUELIET I FLORENCE CORNET I SIMON CLOUTIER DIRECTION ARTISTIQUE I CLAUDE POISSANT ET ROIRICE DUBOIS THEATRERAP.COM Censeff des arts etdes/ettres Québec O « LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 EEVRIER 2010 E 3 CULTURE théâtre « American pie » Les États-Unis vus par.met fin au cycle américain du Théâtre de l’Opsis.Bilan.MICHEL BELAIR De passage au journal entre un cours à l’Option théâtre de Saint-Hyacinthe et une répétition, Luce Pelletier lâche rapidement le mot: ce dernier spectacle du cycle américain de sa compagnie est un «hybride».«Un bizarre d’hybride même puisque j’ai voulu multiplier les angles et les regards des créateurs d’ici sur les Etats-Unis, enchaîne-t-elle.Cela se sentira dans la forme même du spectacle, dans son rythme aussi Au départ, cinq auteurs que j’ai voulus les plus différents possible—François Archambault, Michel Marc Bouchard, Jasmine Dubé, Catherine Léger et Pierre-Yves Lemieux — nous ont chacun proposé un court t^e d’une quinzaine de minutes, pendant que trois compositeurs — Richard Séguin, Martin Léon et Emilie Proulx — écrivaient une nouvelle chanson pour la production.» La metteure en scène expliquera aussi qu’une fois les éléments du spectacle en mains, elle n’a pas pu résister à l’envie de mêler tout cela et de tisser elle-même la trame des Etats-Unis vus par.Fildeféresque En décrivant le ton et les enjeux des textes de chacun des auteurs de cette vaste mosaïque.Luce Pelletier souligne le côté périlleux de l’aventure.qui rejoint le mandat que s’est donné l’Opsis depuis sa fondation.Pas du tout évident de lier cinq écritures aussi différentes et de greffer à l’ensemble trois chansons neuves de compositeurs connus.Mais aussi différentes soient-elles, ces huit paroles sont là pour répondre aux huit précédents regards américains sur l’Amérique et conclure ainsi l’ensemble du cycle.La proposition est formelle, risquée.Audacieuse.Et elle témoigne aussi de ce que les créateurs sont prêts à investir en travaillant avec l’Opsis.«Je conviens du fait que c’est un peu fildeféresque, reprend Luce Pelletier.Les défis sont énormes; c’est la marque de l’Opsis.On sentira certains changements de ton d’un auteur à l’autre, mais je pense que l’unité profonde de l’ensemble de la mosaïque s’imposera.[.] C’est un état de situation qui clôt le cycle de façon ouverte.» Sous la torture, elle avouera aussi qu’il est «difficile de quitter un cycle» qui lui aura fait signer plus de mises en scène que les précédents; puis elle se fait critique, lucide, fière aussi, parle de «signature» en regardant l’ensemble de ce cycle américain auquel succédera un prochain dont elle ne veut, évidemment, rien dire.La période qui s’annonce, avec ses recherches et ses fouilles de toutes sortes à venir, n’est surtout pas triste.Mais notre touche-à-tout tient à souligner à larges traits sa plus grande satisfaction: celle d’avoir beaucoup plus tourné ce cycle américain un peu partout en région.D’avoir fait là des rencontres enrichissantes qui élargissent le cadre des réflexions sur le métier et qui donnent le goût de continuer pour un public renouvelé.On est toutefois encore loin d’un nouveau cycle.Et pour «clore de façon ouverte» celui-ci, aux dimensions d’un continent tout entier, reste à voir l’hybride «American pie» que nous a concoctée Luce Pelletier.Le Devoir LES ÉTATS-UNIS VUS PAR.Production du Théâtre de l’Opsis mise en scène par Luce Pelletier au théâtre Prospero du 23 février au 13 mars.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Luce Pelletier A' ' , ' V LIS-' JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Je n’en aurai jamais fini avec la famille.C’est un sujet sans fond», explique Serge Boucher, qui revient au théâtre avec Excuse-moL théâtre Un air de famille Après le succès public et critique de sa télésérie Aveux, Serge Boucher renoue avec son premier amour: le théâtre.Rencontre avec un auteur secret et familier.LUC BOULANGER Huit pièces en vingt ans.Serge Boucher est un peu le Jacques Poulin du théâtre québécois: un auteur qui travaille à son rjHhme, creusant son sillon dramatique avec patience, talent et amour.Loin des projecteurs.Un écrivain qui sonde le cœur humain, ce chasseur solitaire, pour créer des pièces qui sont des condensés de vies; des portraits à la fois sombres et lumineux de la condition humaine.L’œuvre de l’auteur AAveux pourrait se résumer en une phrase: la quête de personnages «qui s’aiment tout croches mais qui s’aiment quand même».(Parenthèse à propos A’Aveux, cette première incursion en dehors du théâtre n’est pas «un accident de parcours».Serge Boucher planche actuellement sur un deuxième projet télévisuel.dont, hélas, U ne veut dire mot) En général, les personnages de Boucher font partie d’une même famille, là où l’amour n’est pas toujours inconditionnel.«Je n’en aurai jamais fini avec la famille.C’est un sujet sans fond», explique l’auteur, rencontré dans les bureaux de l’agence Goodwin, rue Sherbrooke, à quelques heures de la première AExcuse- moi, sa nouvelle pièce créée chez Duceppe, sous la direction du fidèle René Richard Cyr.Michel Tremblay — avec qui on le compare parfois — a peint le côté tragique de la famille québécoise.De son côté, Serge Boucher en parle comme «d’un mal nécessaire», un clan dans lequel on retrouve autant des gestes d’amour que des non-dits, des épanchements et aussi des secrets bien gardés.«Curieusement, nos proches devraient être les gens qu’on connaît le mieux au monde.Or c’est souvent le contraire, ils nous sont étrangers», re-marque-t-il.Explorer le gris de l’âme Dans les pièces de Boucher, il y a (presque) toujours un membre de la famille en retrait, tel un observateur d’un univers étrange et familier.Dans Excuse-moi, on retrouve ce personnage, alter ego de l’auteur.Il se nomme encore Erançois.Il est en visite chez ses parents, les Dubé de 24 poses, toujours incarnés par Louison Danis et Michel Dumont (d’ailleurs, le dramaturge avait en tête les voix de ces acteurs pendant l’écriture).Or voilà, leur fils (Benoît McGinnis, un autre fidèle du théâtre de Boucher) ne se contente plus de jouer un rôle effacé: il décide de confronter ses parents.D’abord, en 1998, Erançois critique son père, un alcoolique qui fait une rechute.deux semaines avant une importante intervention chirurgicale.Dix ans plus tard, il tiendra tête à sa mère, en la confrontant à ses souvenirs et à la déchéance qui semble poindre à la fin de sa vie.A la fin, l’auteur expose la dynamique de ce vieux couple, basée sur la fuite du père et le déni de la mère.Une dynamique plus répandue qu’on voudrait le croire.Et pas seulement chez les vieux couples! «En écrivant, confie Serge Boucher, f essaie de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de cette machine belle et complexe: l’être humain.Nos vies ne sont jamais ni tout à fait noires ni tout à fait blanches.J’explore chaque fois le gris de l’âme.» «Par exemple, poursuit-il, mon père [qui est mort deux semaines avant la première de Motel Hélène, en février 1997] ressemblait au père de François.Il était alcoolique et fuyait dans le travail.Toute sa vie, il a mis de l’argent de côté pour sa retraite.Et il est mort à 65 ans.Sans en avoir profité.Aujourd’hui, à 46 ans, je ne m’explique pas encore la tristesse de mon père.» Collaborateur du Devoir EXCUSE-MOI Texte de Serge Boucher mis en scène par René Richard Cyr.Au théâtre Jean-Duceppe, jusqu’au 27 mars.LE THEATRE DE LA MANUFACTURE présente AU CHAMP DE MARS DU 26 JANVIER AU 6 MARS 2010 mxiB Pierre-Michel Tremblay Misa m scàn Michel Moity Ane Josée Deschâms, Justin Laramée, MalMeu Quesnel, Sébastien Rblone ai David Savard 'M Cast extrèmunaat lucide, drôle et poignant Alle^yl Rafaële GGmiain—Je l'ai vu à la radio / SHL Au-delà du sujet lui-même, la justesx fascinante.Aurélie Olivier—Voir Ce texte serré bénéficie d'une efficace mise en scène de Michel Monty, Marie Labrecque - Le Devoir et quart de ce ballet dramatique,.Jean Siag —La Presse Une formidable réfimdon sur la guerre.U Au champ de Mais a/a très grande etrénéchie.Philippe Meilleur—niefrontenac.com Retenu ce nom ! L) Je sms restee presque tétanisée par celte perfom Nathalie Pelrowski—Six dans lacité/SRC Une solide comédie satirique.Une pièce choc dans une mise en scene de Michel Monty, merveilleux diremeur rfacteurs.Francine Grimaldi—Samedi et rien d autre / SRC (.) satirise, touchant actuel.Une pièce à voir, définitivement id Lefebvre—montheatre.qc.ca 4559, PAPINEAU*514.523.2Z45 theatrelalicorne.com .«nnur RÉSEAU ADMISSION LA LICORNE 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 LEDEVOni Télé-Québec I DU 16 FÉVRIER AU 6 MARS 2010 LES ESSAIS D’APRES MONTAIGNE Une création du Théâtre du Sous-marin jaune, en coproduction avec la Fabrique de Théâtre (Province du Hainaut), le Théâtre de l’Éveil (Bruxelles), le TJP Strasbourg (CDN Alsace) et le Théâtre de la Bordée (Québec), en codiffusion avec le Théâtre d’AuJourd’hui DU LOUP BLEU ET DE MICHELTANNER - MISE EN SCÈNE JACQUES LAROCHE AVEC ANNIE DARISSE.BÉATRIXFERAUGE, ANTOINE LAPRISE, JACQUES LAROCHE ET GUY DANIEL TREMBLAY - « UN SPECTACLE QUI «SURFE» SUR LA LITTÉRATURE, LA PHILOSOPHIE, L'HISTOIRE, LA MARIONNETTE, LE CINÉMA ET LE ROCK'N'ROLL.» - LE DEVOIR - 11 AVRIL 2609 EN SUPPLÉMENTAIRE LES SAMEDIS 20, 27 FÉVRIER ET 6 MARS À 15H THEATRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL, H2W 2M2 m SHERBROOKE 514-282-3900 WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.WWW.LOUPBLEU.COM CA/ESSAIS L£ UkK.MRON 3AüNe efdMtetfra* Québec a 0 E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 EEVRIER 2010 CULTURE DANSE Intimités fouillées FREDERIQUE DOYON Alibi avait secoué le public d’un électrochoc en 2003.Forgeries, Love and Other Matters (créé avec Benoît Lachambre) l’avait plutôt plongé dans une anti-romance de fin du monde en 2006.Le travail artistique inclassable de la chorégraphe Meg Stuart fréquente des univers parallèles, qui révèlent les contradictions humaines.Do Animais Cry, présenté cette semaine à l’Usine C, explore les drôles de tensions à l’œuvre au sein de toute cellule familiale.«On ne choisit pas sa famille», lance au téléphone la chorégraphe d’origine américaine qui vit à Berlin, dont la compagnie Damaged Good est basée à Bruxelles depuis 1994.Comme si ce constat résumait à lui seul l’esprit de la pièce pour six perfor-meurs créée en 2009.Pourquoi la fréquentation d’un-tel nous rend-elle soudain mater- nel, enfantin ou irritable?La famille, donc, comme lieu de réconfort, source de conflit et moteur de socialisation.Elle-même reconnaît que l’arrivée de son fils dans sa vie (ü a aujourd’hui sept ans) a modifié son rapport au temps, à la mort et à la création.Entre le réel et le fantasmé Mais Do Animais Cry déborde de la stricte notion de la famille.«Ça ne traite pas seulement de la famille, rectifie-t-elle, mais aussi du familier, des espaces intimes, des dif férentes constructions de la famille.Toutes ces énergies différentes basées sur des obligations ou l’attachement Comment c’est dur de s’y connecter et comment, parfois, c’est trop.» Difficile de mettre des mots sur le monde créatif de Meg Stuart, qui évolue souvent en territoire flou, dans cet entre-deux peuplé d’énergies, entre le réel et le fantasmé.Parce qu’il faut bien nommer les choses, on dira qu’ü « .Une belle découverte.cela fonctionne à merveille! Suzanne Champagne est juste et émouvante.Roger La Rue, bouleversant, joue l’un des plus grands rôles de S3 carrière.» —Luc Boulanger, Le Devoir « La forme du récit.est extrêmement efficace.Mon corps deviendra froid.nous touche et nous bouleverse.» Jean Siag, La Presse | «.l auteure a parseme sa piece de métaphores, des procédés franchement théâtraux que le metteur en scène a su traduire avec sensibilité, c’est-à-dire en faisant affleurer la drôlerie, la tendresse et la bonne volonté.» — Christian St-Pierre, Voir «Anne-Marie Olivier livre ici son œuvre f la plus achevée — Olivier Dumas, Monthéâtre.qc.ca « Mission réussie,^, donc, pour le metteur en scène Stéphan Allard qui tire les ficelles d’un sujet aussi délicat avec précision.» ' — Claudia Larochelle, rLiefrontenac.com Mon corps deviendra froid TEXTE : ANNE-MARIE OLIVIE^jlSEENSÇÈNE^STÉPHAMALLARD^^ « Concepteurs : Angelo Barsetti, Juli^esjauriera^lme^aude^SaraiU Sophie Martm^ [Jean-Frédéric Messier, Sjjaron^£ottj_Martin_$iroi£^^^^^^^^^^^|^^^^^B/l ^ I UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAT 25 JANVIER AU 27 FÉVRIER 20101 ::;a DERNIERE CHANCE! PLUS aUE 6 REPRÉSENTATIONS Québec H i' emalldi*Aia Csitxle OMiidl 845-7277 I .corn SILENCE RADIO UNE CREATION DU_________________ THÉÂTRE DE LA BANQUETTE ARRIÈRE MISE EN SCÈNE PAR GEOFFREY GAQUÈRE DISTRIBUTION AMÉLIE BONENFANI___ SOPHIE CADIEUX_______ROSE-MAÏTÉ ERKOREKA_______MATHIEU GOSSELIN PATRICK HIVON____JEAN-SÉBASTIEN LAVOIE____ANNE-MARIE LEVASSEUR LISE MARTIN________ÉRIC PAULHUS DU 18 FEVRIER AU 6 MARS 2010.PBESEKTEE BANQUEnE IBIE Conseii des Arts Canada Coundi du Canada for the Arts Conseil des arts et des lettres Québec DD on.espace LIBRE 1945, rue Fullum, Montréal www.espacelibre.qc.ca Billetterie : 514 521-4191 s’agit de danse-théâtre, où des bribes de texte éparses prennent leur sens avec le mouvement.Les performeurs ne racontent pas une histoire linéaire; ils fouillent la mémoire du corps, à partir d’improvisations.«Le texte est minimal, note-t-elle.C’est surtout alimenté par des états de corps [body states] exagérés.» De ceux-ci surgissent les traits et contrastes de notre nature humaine qui construisent une dramaturgie.«Ce n’est pas une dissertation, précise-t-elle, c’est d’abord une chorégraphie traversée par la musique, c’est très filmique.Les performeurs campent des portraits qui sont comme des peintures classiques, ou glissent dans des fantasmes.Ils vont et viennent dans et hors de la réalité.By a de petits drames qui se rejoignent, d’autres qui s’évanouissent.C’est très ludique aussi: ils jouent ensemble, parfois des jeux cruels, puis on sent que la famille se disloque parce qu’il y a un manque de communication.» La chorégraphe, qui aime multiplier les rencontres artistiques, a développé une belle collaboration avec le Québécois Benoît Lachambre.Elle est d’ailleurs arrivée à Montréal une semaine A Un extrait de Do Animais Cry avant son spectacle pour travailler avec lui sur la nouvelle création qui mettra en scène, l’été prochain à Mienne, la comédienne Céline Bonnier et la danseuse Annick Hamel.Tunnel, plateforme et chute libre Pour Do Animais Cry, elle travaille avec des partenaires de longue date, notamment Doris Dziersk à la scénographie et Hawn Rohe à la composition musicale.«Doris a fait Forgeries;' elle s’adapte vraiment facilement.Elle a fait un tunnel avec des perruques, on a parlé de nids, de lieux CHRIS VAN DER BURGHT de secrets familiaux, de choses tues que les gens fourrent dans un tunnel où üs restent pris.» Au cœur de son travail, ses projets d’improvisation {Crash Landing, 1996-1999; Am/dew Tisch, 2005) alimentent les créations plus «finies».Les premiers servent de «plateformes de rencontres» humaines, si riches et essentielles aux secondes.Les artistes rencontrés viennent ensuite «court-circuiter» son propre processus créatif.Ils l’amènent ailleurs, dans des lieux «qu’on ne reconnaît pas».«C’est tellement difficile et excitant d’improviser, confie-t-elle, un peu comme une chute libre en parachute.» Les improvisations, toujours captées sur vidéo, fournissent le noyau dur de ses œuvres.Les interprètes tentent même de recréer ce qu’ils ont improvisé à partir de la vidéo I E3 E9 Quebec ca b MONTREM ES tUMlERÉ BLiSS LiS£ VAChOn (Belgique) C0RPS.R£LATI0I/1S MARIA KSfiROVA 25, 26^27 28 févii^ à L—i Bi TangSnte I 1% “ T (mi 0 à 19h30 Billetterie = 514.525.1500 Réseau Admission s 514.790.1245 840, rue Cherrier, Montréal (métro Sherbrooke) www.tangente.qc.ca l [ r H E A1n DE l LES Eims-I vus PAR- Motd BoucJiotd ^cuS/yi 'tr^ dat/TeFftie.Lê^jeT' é/yti/ie.Ptoùl/x Séguin Mise en scène de Luce Pelletier 5 VEGA Avec Catherine De Léan, Jean-François Nadeau, Benoit Rousseau, Marie-Hélène Thibault Concepteurs Daniel Fortin, Catherine Gadouas, Olivier Landreville, Jocelyn Proulx Du 23 février au 13 mars 2010 Mardi / jeudi / vendredi / samedi : 20 h - mercredi :19 h Billetterie : 514-526-6582 / 514-522-9393 Admission : 514-790-1245 ON JOUE AU [PROSPERo] ! CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Québ6C El Ea ConseH des arts etdeslettns Québec DD LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 EEVRIER 2010 E 5 CULTURE KONSTANTIN KERN Gary Peacock, Marc Copland et Paul Motian JAZZ Marc Copland : pianiste de la finesse SERGE TRUFFAUT Comme disait l’autre, on ne sait pas qui, l’occasion fait le larron.De quoi s’agit-il?Le pianiste Marc Copland a été invité par le contrebassiste montréalais Adrian Vedady à se produire le 24 février prochain à L’Astral.D’où l’occasion d’évoquer un jeu, un style, aussi cristallin et précis que le maître du genre: John Lewis, architecte des élégances dispensées aux quatre coins du globe par le Modern Jazz Quartet Chez Copland, né en 1948 à Philadelphie, il y a un paradoxe.Un hiatus instrumental.A l’âge où débutent les études dites primaires, il a commencé son apprentissage du piano.Un solide apprentissage.Puis, à l’âge où se profilent les études secondaires, il a abandonné les touches noires et ivoire pour mieux adopter le saxophone alto.C’est sur ce dernier instrument que Copland s’est fait connaître et reconnaître grâce aux amitiés musicales nouées dans les années 70 avec Michael Breaker, John Abercrombie et Chico Hamilton.Il commença â jouir d’une réputation, la bonne, lorsqu’il décida de remiser l’alto au grenier pour mieux dépoussiérer le piano.S’ensuivit un déménagement de New York â Washington, où pendant une dizaine d’années il mit son talent au service des musiciens de passage.C’est au cours de ce long séjour qu’il peaufina son jeu en compagnie de Blue Mitchell, de Harold Land, de Curtis Fuller et d’autres sabreurs du bebop.Mais de ce long séjour, il faut souligner sa rencontre avec les contrebassistes Gary Peacock et Drew Gress, qui 30 ans plus tard demeurent ses fidèles, ou plutôt ses complices favoris.Une fois habité par la certitude que son jeu s’était suffisamment développé pour arpenter des chemins musicaux faits d’obstacles, donc plus propices â l’aventure, Copland a repris la direction de New York au moment où Ronald Reagan installait ses pénates â la Maison-Blanche.Rapidement, il devint l’accompagnateur de Joe Lovano, de John Scofield, etc.Mais c’est surtout son désir de jouer en trio, en duo ou en solo qu’il faut retenir de cette période-lâ.Tout cela rappelé, on peut maintenant s’attarder â ses productions dont la haufeur de vue est la constance.A l’évidence, ce musicien est un perfectionniste.Un grand artiste.Un monsieur.Le seul problème, c’est que ses albums ont paru sur des labels en majorité européens: Hat Hut, Pirouet, Steeplechase et quelques autres.Et alors?Le prix est salé.Pour le volume 2 de sa série New York Trio Recordings avec Peacock et Paul Motian â la batterie, on a déboursé 45 $, taxes comprises.Soit dit en passant, c’est chez Archambault que l’on a trouvé cette splendeur.Soit dit en passant {pis), HMV et le jazz, désormais ça fait deux.Ça se dégrade â la vitesse grand V.Mais bon.ne gâchons pas notre plaisir.Ce numéro 2 comprend huit pièces, certaines écrites par Copland, certaines par Peacock et une par Miles Davis, soit A// Blues.Rien de moins.Ce choix, d’ailleurs, on pense â AU Blues, en dit long sur le souci perfectionniste augmenté d’une inclination pour le risque de Copland.S’attaquer â un morceau enrichi par le jeu de John Coltrane, alimenté par celui de Cannonball Adderley, sculpté par Miles Davis, sans oublier le piano de Bill Evans, c’est â la limite de l’imprudence.Tout dans ce disque, comme d’ailleurs dans d’autres — on pense â Haunted Heart and Other Ballads sur Hatology —, n’est que finesse, légèreté, simplicité extrême.C’est du grand art Espérons qu’il en sera ainsi le 24 février â L’Astral.Prix du billet?16,50$.?Bon, histoire de vous informer plus régulièrement, l’affreux signataire de ces lignes a ouvert un blogue, comme disent les jeunes.L’adresse?truf-fautjazz.hlogspot.com CHANSON Les Trois Accords entre les feux de Vancouver et ceux du Métropolis PHILIPPE PAPINEAU Plus de quatre mois après le lancement de leur troisième album.Dans mon corps.Les Trois Accords filent encore le parfait bonheur.Deux pièces, dont l’hyper accrocheuse Caméra vidéo, se sont récemment hissées au sommet des palmarès, alors que le ruban du vidéoclip de la pièce éponyme est usé â la corde.Quelque part sur la route, le batteur du groupe Charles Dubreuil piaffe d’impatience d’aller jouer aux Olympiques de Vancouver lundi et mardi, pour ensuite monter sur la scène du Métropolis jeudi pour la rentrée montréalaise du groupe.Le Devoir: Est-ce qu’un spectacle pendant les Jeux, c’est un spectacle comme les autres?Charles Dubreuil: C’est différent parce qu’on y fait quatre courts concerts de 30 minutes en deux jours.Mais moi et Alexandre [Parr, le guitariste, NDLR], on est deux très, très grands fans des Olympiques.Si on me demandait â quel moment je prendrais mes vacances idéales, je dirais tous les deux ans pendant les Jeux, pendant 14 jours! Alors, t’imagines pour nous comment c’est spécial d’aUer là.L.D.: La faible présence du français à la cérémonie d’ouverture des Olympiques fait beaucoup jaser.C’est un sujet qui vous tient à cœur?C.D.: On ne s’est jamais mêlés à des débats du genre.On veut juste jouer de la musique, et on laisse les guerres linguistiques et les guerres politiques à ceux que ça intéresse.Ça peut nous toucher d’un point de Constantinople Ktya dahassian, direction artistique ELGRITO, ELSILENCIO Elans flamencos KIYATABASSIAN, SETAR ET VOIX; ZIYA TABASSIAN, PERCUSSIONS; PIERRE-YVES MARTEL, BASSE ET DESSUS DE VIOLE, AVEC LEURS INVITÉS DE SÉVILLE ROSARIO LA TREMENDITA, VOIX; JUAN REQUENA, GUITARE FLAMENCO Vendredi 26 février à 20h SALLE PIERRE MERCURE, MONTRÉAL 300 EST DE MAISONNEUVE, MÉTRO BERRI-UQAM BILLET.PIERRE MERCURE 514.987.6919 / ADMISSION 514.790.1245 En tournée au Québec : 19 FÉV.AU THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND de L’ASSOMPTION 20 FÉV.AU CENTRE CULTUREL de SHAWINIGAN 27 FÉV.AU THÉÂTRE CENTENNIAL de SHERBROOKE WWW.CONSTANTINOPLE.CA FESTIVftL MONTRtM.EN LÜMItRE LES ARTS LAG EN DA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR JACQUES GRENIER LE DEVOIR Simon Proulx, Charles Dubreuil, Alexandre Parr et Pierre-Luc Boisvert, des Trois Accords vue personnel, mais pas d’un point de vue artistique.L.D.: Au Métropolis, jeudi, il faudra apporter ses lunettes de soleil, il paraît?C.D.: On a eu une rencontre avec le gars de Solotech et on a arrêté de louer des lumières quand on s’est rendu compte qu’on était en train de faire sauter les fusibles du Métropolis! On s’est dit que, comme ça se passait pendant Montréal en lumière, aussi bien mettre le paquet.Ils vont ouvrir les valves à LG2! L.D.: Vous allez inviter la section de cuivres et l’harmonie d’école de Dans mon corps?C.D.: La réalité de la tournée fait qu’on n’a pas tout le temps les moyens de traîner des cuivres avec nous — j’en ai un à côté de moi et il coûte cher en maudit pour lire son livre! —, mais au Métropolis, on va s’arranger pour qu’ils soient là.Par contre, on ne sait pas encore si ça va marcher avec l’harmonie, c’est quand même compliqué, des jeunes de seize ans; tous des drogués, tsé, on ne sait pas si on va être capables de les gérer.Au fond, on va juste essayer de faire ce qu’on fait depuis toujours: faire rire le monde et le faire chanter à tue-tête., Le Devoir ¦ A Montréal, au Métropolis, le 25 février.Entrée: 25 $.¦ A Québec, au Petit Champlain, les 19 et 20 mars.Entrée: 25 $.ENSEMBLE CONTEMPORAIN DE MONTREAL+ ET PROXIMA CENTAURI (FRANCE) PRÉSENTENT GT flUTRGS MeTISSflGGS SPECTACLE MUSICAL À LA CROISÉE DES CULTURES NORD-AMÉRICAINE ET EUROPÉENNE OEUVRES DE ARROYO IFr.l | DHARMOO (Qc) I DUFOUR-LAPERRIÈRE IQd GONNEVILLE (Qc) I HAVEL (Fr.) I ROSSÉ IFr.) Mercredi I 3 mars 2010 119h30 EXCENTRIS (SALLE CASSAVETES) I 3536 BOUL.ST-LAURENT, MONTRÉAL ( MÉTRO ST-LAURENT) I RENSEIGNEMENTS : WWW.ECH.QC.CA ECA1+ I Ensemble contemporain de MontréaK Véronique Lacroix | Directrice artistique :i il '! Il !! vl i'f ‘‘l :i 1 â n socanI nt#rnaeKin0
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