Le devoir, 6 mars 2010, Cahier A
QOe soirée des Oscar L/ ^ Les choix et prévisions des critiques du Devoir Page A 9 et dans L’Agenda www.ledevoir.com Le Devoir Vol.ci N ° 4 8 LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 A R S 2 0 10 2,44S + taxes = 2,75 Tanguay premiere superstar américaine La rockeuse féministe québécoise inventa l’art de la célébrité ^SEE DE DUDSWELL Qui donc a chanté Go As Far As You Like, tétanisé foules et médias avec ses costumes osés et son style de rockeuse, empochant les plus gros cachets du monde du spectacle?Britney Spears, Madonna?Non, Eva Tanguay, première grande star de l’industrie culturelle de masse en Amérique.ISABELLE PARE Il y a 100 ans, Eva Tanguay était au faîte de sa gloire.Reine du vaudeville, elle dominait sans partage les scènes populaires.La diva stupéfiait les foules avec son style halluciné, sa personnalité flamboyante et des paroles qui avaient de quoi faire blêmir les esprits les plus libéraux de Tépoque.Rockeuse avant l’heure, Tanguay fait pourtant Tobjet d’une amnésie collective, aux Etats-Unis comme au Québec, sa terre natale.Pourtant, son arrivée dans le monde du spectacle, au tournant du siècle dernier, avait eu l’effet d’une bombe.«Le vaudeville fut la première forme d’industrie culturelle telle qu’on la connaît VOIR PAGE A 10: SUPERSTAR Un modèle pour les suffragettes ¦ Les hauts et les bas d’une reine du vaudeville, pages A 4 et A 5 Budget Flaherty Coupes à l’aveu^e L’opposition déplore le manque de détails sur les réductions budgétaires annoncées HELENE BUZZETTI Ottawa — Au lendemain du dépôt du budget fédéral, les trois partis d’opposition à Ottawa ont été unanimes hier à dénoncer la stratégie de lutte contre le déficit du gouvernement de Stephen Harper.Selon eux, les conservateurs se déresponsabilisent en déléguant à leurs fonctionnaires la tâche ingrate de choisir quelles dépenses gouvernementales couper.En outre, un ancien grand patron de la fonction publique avertit que l’exercice minceur fera plus mal que ne veut l’admettre le gouvernement.Le budget 2010-11 déposé jeudi par le ministre des Finances, Jim Flaherty, a dévoilé la stratégie qu’entend adopter Ottawa pour retrouver l’équilibre budgétaire dans cinq ans.Si le gouvernement mise en grande partie sur la reprise économique pour assainir ses finances, il prévoit quand même retrancher de ses dépenses 17,6 milliards de dollars en cinq ans.De cette somme, la moitié proviendra du gel des budgets des ministères (6,8 milliards) et de la révision stratégique des programmes (1,3 milliard).Le hic, c’est qu’Ottawa a accordé des augmentations salariales à ses fonctionnaires de 1,5 % cette année, ou environ 300 millions de dollars, et autant l’année suivante et 1,1 % la troisième année.«Les ministères seront tenus de réaffecter des sommes provenant des autres éléments de leurs budgets de fonctionnement pour financer ces augmentations», est-il écrit dans le budget.Sans compter que les ministères devront aussi absorber l’impact de l’inflation faisant en sorte que les fournitures de bureau, les services de télécommunications, les loyers et tutti quanti coûtent plus cher chaque année.Où prendront-ils l’argent, et les services aux citoyens seront-ils touchés?Mystère.«Ça m’inquiète, lance le critique libéral en matière de finances, John McCallum.Je pense VOIR PAGE A 10: BUDGET Jim Flaherty ECONOMIE Hydro augmentera ses tarifs en avril À lire en page B 1 INDEX Actualités.A3 Annonces.B 8 Avis publics.B 9 Bomse.B 2 Carrières.B 4 Décès.B 8 Economie.B 1 Éditorial.C 4 Idées.C 5 Monde.B 7 Mots croisés.D 5 Météo.B 6 Perspectives.C 1 Rencontres.D 4 Sports.B 9 Sudoku.B 7 L’indépendance sur papier Qu’est-ce qu’un journal indépendant?À quoi sert-il dans une société démocratique?À quel avenir est-il promis?STÉPHANE BAILLARGEON L a personne interviewée est à New York, alors aussi bien commencer par causer du New York Times (NYT), franchement un des deux ou trois plus fabuleux quotidiens du monde.Le journal, fondé en 1851, a déjà remporté 98 prix Pulitzer, la plus prestigieuse récompense du journalisme américain.Sa présentation générale a encore été encensée au dernier concours de la Society VOIR PAGE A 10: JOURNAL 100 ans de regards sur l’information mTOrat» U: l)i:v'’k§.v Ottawa nV A M 2^^ PEDRO RUIZ LE DEVOIR CONCOURS A SURVEILLER DANS LE DEVOIR DE LA SEMAINE PROCHAINE 77831302385510 atigneyévelop^ement des compétences d’apprenti (secteur de la fabrication) y Biotechnologie • Développement des régions rurales • Subvention à l’achèvement de la formation Élimination des tarifs douaniers Élargissement du travail partagé • Nouvelles prestations pour les travailleurs indépendants DOTS et ae taxes Appui aux nouveaux chercheursl prometteurs Énergie propra Recherche dans l’Arctique •Robotique Renforcement des entreprises grâce à l’innovation Technologie spatiale • Initiatives dffléveloppement économique • Prestations bonifiées d’assurance-emploi • Génomique LE PLAN D'ACTION ECONOMIQUE DU CANADA ® 2 ' ANNEE LE BUDGE 1 DE 2010 Tracer la voie de la croissance et de l'emploi Déposé à la Chamhre des communes par le ministre des Finances l'honorahie lames M Flaherty, c-p-, député Le 4 mars 2010 D'ACTION Découvrez comment vous pouvez tirer avantage de la 2® année du Plan : 1 800 0-Canada I plandaction.gc.ca ECONOMIQUE DU CANADA Les mesures budgétaires sont assujetties à i’approbation pariementaire.Canada LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 A 3 ACTÜALITES U m Gambard 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514)866-3876 DETENUS AEGHANS Harper charge un ancien juge d’évaluer les documents «C’est une manœuvre qui peut sembler élégante, mais qui sert à gagner du temps», dénonce le Bloc GUILLAUME B O U RG AU LT-C OTE Ottawa — Après la prorogation, la prolongation.Le gouvernement conservateur a chargé hier l’ancien juge de la Cour suprême Frank lacohucci d’étahlir la liste des documents du dossier des détenus afghans qui pourraient être remis à l’opposition.Mais celle-ci proteste: Ottawa ne fait qu’acheter du temps pour ne pas répondre à un ordre de la Chambre, dit-elle.Le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a surpris l’opposition hier en annonçant en Chambre que M.lacohucci avait été engagé pour réaliser un «examen approfondi et indépendant des documents en jeu».«Son intégrité est au-dessus de tout reproche, et il possède une expérience et une expertise spécifique par rapport à la divulgation de documents dans des cas qui touchent la sécurité nationale», a indiqué M.Nicholson.Frank lacohucci se rapportera à M.Nicholson et présentera un rapport à la Chambre pour faire état de ses conclusions.On ne sait toutefois pas quand, non plus que les détails de son mandat et l’étendue de sa liberté d’action.M.lacohucci a été juge à la Cour suprême entre 1991 et 2004.En 2007 et 2008, il a présidé une enquête sur le sort subi par trois Canadiens d’origine arabe qui affirmaient avoir été maltraités à l’étranger.11 avait conclu que les autorités canadiennes avaient contribué à la torture des trois hommes en partageant certains renseignements avec des services de renseignement étrangers.Selon M.Nicholson, le travail de M.lacohucci permettra de trouver l’équilibre entre les demandes de l’opposition et la protection de la sécurité nationale.La majorité de la Chambre a adopté le 10 décembre une motion ordonnant au gouvernement de dévoiler plusieurs documents non censurés concernant les détenus transférés par le Canada et possiblement torturés par les autorités afghanes.Ottawa refuse, arguant que la divulgation de ces informations pourrait mettre en péril la sécurité nationale et le travail des troupes canadiennes en Afghanistan.Selon Rob Nicholson, l’intégrité de Frank lacohucci «est au-dessus de tout reproche» Accueil froid La décision de M.Nicholson a été accueillie froidement par les trois partis d’opposition, qui estiment qu’il s’agit d’une diversion.Le député libéral Derek Lee — qui devait soulever incessamment une question de privilège à la Chambre pour introduire une motion d’outrage au Parlement contre le gouvernement —, a fait remarquer hier que Rob Nicholson n’avait pas reconnu dans son intervention «le pouvoir de la Chambre de convoquer des témoins ou d’ordonner la production de documents».Pour son collègue Dominic Leblanc, critique en matière de justice, «ce n’est pas suffisant.C’est une demi-mesure improvisée un vendredi matin pour éviter de répondre à un ordre de produire des documents».Selon M.Leblanc, le gouvernement devrait utiliser pleinement les compétences du juge lacobbucci et lui confier le mandat de présider une commission d’enquête publique.Au NPD, les députés Jack Harris et Paul De-war se sont dits insatisfaits de la décision d’Ottawa.«Nous voulons les documents», a réitéré M.Dewar, qui donne jusqu’au 19 mars au gouvernement pour répondre à l’ordre du 10 décembre, sans quoi il entend aller de l’avant avec une motion d’outrage au Parlement.«Ce que nous voyons ici, c’est du mépris et un déni de la vérité à propos de la torture», a aussi indiqué le chef Jack Layton.«Ça ne suffit pas», croit aussi Pierre Paquette, leader parlementaire du Bloc québécois.«Je ne vois pas en quoi un juge serait mieux placé que les membres du comité sur l’Afghanistan ou de la Chambre pour décider de ce é)nt a besoin le comité pour faire la lumière.C’est une manœuvre qui peut sembler élégante, mais qui sert à gagner du temps.» Selon les règles parlementaires, il appartient à la Chambre de décider si la réponse du gouvernement à l’ordre du 10 décembre est satisfaisante ou pas.k 1 Le ministre des Finances, Jim Fiaherty a entrepris de «vendre» ie budget aux Canadiens par une tournée pancanadienne.GEL DU SALAIRE DES CONSERVATEURS Une économie d’un maigre million Devant l’opposition publique, le gouvernement ne touchera pas au Ô Canada HELENE BUZZETTI Ottawa — Deux des éléments hautement symboliques annoncés dans le discours du Trône mercredi ont du plomb dans l’aile.Devant le tollé, le gouvernement conservateur renonce à réécrire la version anglaise de l’hymne national.Et on apprend que le gel, annoncé en grande pompe, des salaires des élus, sénateurs et des budgets des bureaux de ministres permettra à peine d’économiser 1 million de dollars.La feuille de route du gouvernement conservateur, lue cette semaine par la gouverneure générale Michaëlle Jean, contenait de nombreuses promesses accrocheuses.Dans la section portant sur la lutte contre le dé-bcit, les conservateurs s’engageaient à se mettre au régime les premiers.«Notre gouvernement prêchera par l’exemple et présentera des mesures législatives pour geler les salaires du premier ministre, des ministres, des députés et des sénateurs», était-il écrit au sommet de la liste des mesures envisagées pour par- venir à l’équilibre budgétaire.«Il gèlera le budget global des cabinets des ministres et demandera aux députés et aux sénateurs de faire de mê,me», continuait le discours.Etrangement, le budget du lende- Le O Canada parle des «fils» allant au front qui commandent notre respect, Il était question de le remplacer par une formule neutre.per, et 105 sénateurs.Cette économie de 1 million de dollars, ou de 5 millions d’ici 2014-15, représente une infime part des restrictions budgétaires qu’Ottawa impose à la machine gouverne-mentale: 0,03 % des 17,6 milliards de dollars coupés.main ne pipait mot des sommes qu’Ottawa entendait épargner ainsi.Après de nombreuses demandes effectuées par Le Devoir, la réponse est finalement venue hier après-midi: 1 million de dollars par année.Le premier ministre touche un salaire d’environ 310 000 $ par année, les ministres, 225 000 $, les députés, 155 000 $ et les sénateurs, 130 000 $.11 y a 26 ministres et 11 ministres d’Etat (ils touchent le même salaire), 308 députés, dont le premier ministre Stephen Har- Le «O Canada» intouchable Le bureau du premier ministre a annoncé hier en bu de journée qu’il faisait marche arrière dans sa volonté de revoir la version anglaise de l’hymne national canadien.«Nous avons consulté les Canadiens et Canadiennes sur cette question, et ceux-ci se sont exprimés haut et fort: par une immense majorité, ils ne veulent pas ouvrir ce dossier.Le gouvernement n’ira pas plus loin en vue de modifier l’hymne national», a indiqué le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas.Le gouvernement entendait changer l’hymne pour qu’il soit inclusif des femmes.En effet, la version actuelle parle des «fils» allant au front qui commandent notre respect.11 était question de le remplacer par une formule neutre.Mais les médias se sont déchaînés: la plupart des journaux ont fait état de ce changement proposé à leur une.Les bulletins de nouvelles ont effectué des vox-pop.Même le Toronto Star, le quotidien ayant le plus grand tirage au pays, s’est fendu hier d’un éditorial endossant les changements.Cet hymne, composé en 1880 à la demande du lieutenant-gouverneur du Québec pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste du 24 juin, a été rédigé par Adolphe-Basile Rou-thier et mis en musique par Calixa Lavallée.La version anglaise est venue par la suite, mais les anglophones se sont souvent plaints de cette version mal adaptée à la musique et difficile à prononcer.La version anglaise a changé à quelques reprises poqr cette raison.Finalement, le O Canada n’est devenu l’hymne national du Canada officiellement.WEDIA Exposition "Pure" 2 mars au 20 mars 2010 .- - A .c- 74 VC C'-.,''-; ' -% ; .Uv GALERIE GORA 279 Sherbrooke Ouest, #205 Montréal ¦ (514) 879.9694 Métro Place-des-arts (sortie Bleury) a rt(g)gal lerygora.com www.gallerygora.com Spécialiste en restauration d’antiquités, artefacts et objets de collection MONSIEUR Depuis 1953 T J/cNtAr restaifro/isy tout/.cœurs/ôri&Œ/.t 514 484-8332 4652, boul.Décarie, Montréal www.themrfixit.com Flaherty se pavane, l’opposition dénonce GEOFF ROBINS REUTERS EANNIE OLIVIER Ottawa — Pendant que le ministre des Finances Jim Flaherty entame une tournée pancanadienne pour vanter les mérites de son budget, les partis d’opposition à Ottawa dénoncent un document jugé incomplet, et surtout imprécis.L’absence de mesures considérables pour lutter contre les changements climatiques, pour venir en aide aux personnes retraitées ou encore pour soutenir les industries en difficulté fait partie des lacunes décriées par l’opposition.Le peu de détails quant aux étapes pour enrayer l’imposant déficit budgétaire frôlant les 50 milliards pour l’exercice financier à venir ajoute à l’irritation des adversaires politiques des conservateurs.Ses troupes voteront contre le budget, qui entraîne automatiquement un vote de confiance, maïs elles ne se présenteront pas en nombre suffisant pour faire tomber le gouvernement minoritaire de Stephen Harper.M.Ignatieff évite ainsi d’avoir à porter l’odieux du déclenchement d’élections générales, ce qui déplairait aux Canadiens, mais 11 se place dans une position délicate, soutenant Implicitement les actions d’un gouvernement qu’il dénonce.Flaherty en tournée Alors que le débat sur le budget battait son plein en Chambre hier, le ministre des Finances a entrepris de «vendre» ce budget aux Canadiens par une tournée pancanadienne qu’il a entamée à London, en Ontario.Afin de justifier le déficit impressionnant de 50 milliards qu’il prévoit cette année.Jim Flaherty a rappelé à son auditoire à quel point la crise financière mondiale avait été profonde.«Il est facile d’oublier où nous nous trouvions il n’y a pas très longtemps.Nous avions à enregistrer un déficit afin d’aider les gens au Canada durant la récession, qui est venue de l’étranger», a indiqué M.Flaherty devant des gens d’affaires de la région.«Nous terminons ça et après nous allons revenir à un budget équilibré.C’est ce que font les conservateurs», a-fil lancé.E N BREF FCSCA: Prentice confirme Ottawa — Le ministre de l’En-vironnemenf Jim Prentice, a confirmé hier que le financement de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) ne sera pas renouvelé, comme le laissait présager le budget Flaherty de jeudi.M.Prentice a indiqué après la période de questions que si le gouvernement a choisi d’augmenter les fonds pour la recherche scientifique, la subvention de la FCSCA était pour sa part bel et bien épuisée.Le ministre a autrement affirmé que l’engagement du Canada pris à Copenhague d’aider financièrement les pays en développement à s’adapter aux changements climatiques serait respecté, même si aucune somme n’a été Membre O.P.Q.et R.C.P.O.S.S.Psychologue clinicienne Adultes • Couples 25 ANS d’expérience 514*861 *0630 Vieux-Montréal François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 A 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 EVATANGUAY5 5ûNG HiT 1ERE ET SUPER JulirCIULLINS v.ii.g'dradner Jeronie h femtCkiLo KojMSflriat NATIONAL MUSEUM OF AMERICAN HISTORY, SMITHSONIAN INSTITUTION www.artisan-du-store.ca ‘Mj de rabais ou installation -U gratuite Stores sur mesures *Bois ou PVC Horizontaux ou Verticaux couleurs et teintes à votre choix OPAQUES ou SOLAIRES • Toiles à rouleau • Stores romains • Panneaux coulissants • Persiennes 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victorienne qui réservaient à la femme du début du siècle le rôle de l’épouse digne et réservée.Sans le vouloir, Tanguay fut donc une féministe avant la lettre.Elle déboulonnait les modèles traditionnels, multipliait les amants et négociait à la dure ses cachets astronomiques, plus élevés que ceux de plusieurs grandes stars masculines.Pour la première fois, une femme proclamait sur scène «I don’t care» et tournait en dérision le mariage et les danseuses, belles mais insipides, engagées sur Broadway.«C’était excitant pour les femmes de voir l’une d’entre elles s’imposer.Car en 1900, elles devaient rester dans l’ombre de leur mari.Tanguay est devenue une héroïne parce que l’un des plaisirs du théâtre était de voir les règles transgressées.Il y avait beaucoup de critiques à l’égard de ce genre de spectacles, mais cela ne faisait qu’attirer davantage de publicité à Tanguay, qui était passée maître dans l’art de l’autopromotion», explique Susan A.Glenn, professeure d’histoire à l’Université de Washington à Seattle et auteu-re de Theatrical Roots of Modem Feminism.Dans son livre, Glenn assimile Eva Tanguay à un symbole naissant de l’affirmation féminine.«La sexualité était peut-être le côté le moins important de sa performance.Sa marque était celle de l’assurance», pense-t-elle.Uqe vraie contribution À son insu, l’exubérante actrice allait jouer, comme d’autres rares comédiennes du vaudeville, un rôle-clé dans l’avènement du droit de ,vote pour les femmes aux Etats-Unis.Eva Tanguay a déjà 22 ans quand le mouvement des suffragettes américaines, vers 1903, prend du galon sous la houlette de Carrie Chapman Catt, présidente de la National American Women Suffrage Association (NAWSA).Selon Susan A.Glenn, la carrière fulgurante des grandes stars du vaudeville, comme Tanguay, n’est pas étrangère à l’acceptation graduelle du mouvement des suffragettes, longtemps décrié, et à la reconnaissance de leurs revendications pour faire amender la Constitution américaine.La présence de fortes personnalités féminines sur les scènes constitue alors un formidable outil pour faire avancer leurs idées.«Sur scène, ces femmes confrontaient les règles établies, osaient dévoiler leur sexualité, faisaient de l’argent, étaient affirmées et autonomes.La scène leur permettait de prendre une place qui n’existait pas pour les femmes dans la société d’alors», soutient l’historienne.Même si Eva Tanguay ne eva Canquay’s Covc Song ville h.(>olliii«« MUSEE DE DUDSWELL vote.Au Canada, ce droit fut acquis en 1918, et seulement en 1944 au Québec.Pour Glenn, Eva Tanguay fut, avec Sarah Bernhardt, une des premières femmes à prôner, sous les feux de la rampe, l’émancipation féminine à tout niveau.Cette dernière décrit d’ailleurs Tanguay comme l’ins- «Les suffragettes ont abondamment utilisé ces actrices comme symbole d’affirmation.Leurs discours étaient précédés de performances par des artistes invitées.» s’est jamais affichée comme partisane du mouvement des suffragettes — au contraire d’autres de ses collègues de scène —, sa personnalité, combinée à sa célébrité galopante, a inspiré de nombreuses militantes, notamment pour les costumes portés lors de manifestations ou d’assemblées politiques.«Les femmes au théâtre ont été à l’avant-garde de ces mouvements féministes.Les suffragettes ont abondamment utilisé ces actrices comme symbole d’affirmation.Même leurs discours étaient précédés de performances par des artistes invitées», soutient Susan A.Glenn.Spectatrices, votre vote ! Lors de l’élection présidentielle de 1908, un théâtre new-yorkais où se produisaient des actrices de vaudeville décida même de soutenir la cause des suffragettes en dressant dans son hall de faux bureaux de vote pour permettre aux femmes de voter symboliquement.L’affaire, rapportée par le New York Times et le New York Telegraph, fit alors grand bruit.Mais il fallut attendre jusqu’à 1919 avant que les femmes américaines puissent légalement cocher un bulletin de 11 g a t r 1 c e d’une longue lignée d’actrices et de chanteuses qui, plusieurs décennies plus tard, ébranleront aussi à leur façon les stéréotypes féminins.«On peut dire que Madonna fut une version moderne d’Eva Tanguay, non seulement en raison des tabous sexuels qu’elle a brisés, mais aussi à cause des modèles qu’elle a transgressés», pense Mme Glenn.D’ailleurs, après la mort lente du vaudeville, l’industrie naissante du cinéma, contrairement à la scène, n’offrira guère ensuite aux femmes que des rôles d’épouses ou d’amantes romantiques.«Contrairement au théâtre, l’industrie du cinéma n’a pas toléré ce genre d’audace.Il faudra attendre l’après-guerre, cette fois dans le secteur de la musique, pour que les idéaux féminins soient à nouveau aussi contestés, avec la venue des Aretha Franklin, Bette Midler et Janis Joplin», pense-t-elle.D’ailleurs, c’est Eva Tanguay qui inspira à Mae West, un des rares sexe-symboles de l’entre-deux-guerres, son culot et son franc-parler.Encore enfant, raconte Mae dans son autobiographie, sa mère l’emmenait sur Broadway pour voir chanter et danser cette jeune femme incroyable, nommée Eva, dont toute la ville parlait.Le Devoir Oi jMISEen LES PRIX DU QUÉBEC www.prixcluquebec.gouv.qc.ca O eu CANDIDATURE domaines CULTUREL ET SCIENTIFIQUE Date limite I 9 avril Québec O O ET DIMANCHE 7 MARS 2010 A 5 STAR QIIUBRCOISE ¦ 1878: Hélène Eva Tanguay naît le H" août à Harding Corner, dans le petit village de Marbleton, dans les Can-tons-de-l’Est; elle est la dernière d’une famille de quatre enfants.¦ 1883: les Tanguay émigrent au Massachusetts et s’installent dans le village de Holyoke, qui compte déjà 6000 immigrants de souche canadien-ne-française.Eva a six ans.¦ 1886: le père d’Eva Tanguay, un médecin de famille, meurt en laissant sa famille sans revenus.¦ 1886: Eva fait ses premiers pas sur scène à huit ans, à l’occasion d’un concours de talents.Affublée d’un costume fabriqué à partir de la soie d’un parapluie, elle danse, chante et repart avec le premier prix en poche.¦ 1888: Eva est engagée par la Redding-Stanton Company pour remplacer un jeune comédien malade.Elle tourne cinq ans avec cette rpême compagnie à travers les Etats-Unis.¦ 1901: à 23 ans, Eva joue pour la première fois à New York, dans la comédie My Lady, une parodie des Trois Mousquetaires.¦ 1902: Eva attire les foules dans la pièce The Chaperons, où elle interprète la chanson The Sambo, qui deviendra un tube.¦ 1904: Eva joue dans The Sambo Girl, où elle interprétera pour la première fois la chanson I Don't Care, qui deviendra sa chanson iconique.¦ 1907: Eva se fiance avec Edward V.Darling, producteur influent de l’industrie du vaudeville, mais ne l’épousera jamais.¦ 1908: à 30 ans, elle tient l’affiche pendant 14 mois consécutifs à New York, un record.Elle se fiance (probablement pour des raisons publicitaires) avec Julian Eltinge, travesti et l’une des plus grandes stars du vaudeville.¦ 1908: les suffragettes tiennent d’importantes manifestations à New York, dont certaines mettent à contribution des actrices de vaudeville.¦ 1909: Eva est arrêtée à New York pour avoir dansé de «façon indécente», violant la Loi du dimanche.¦ 1909: le magnat des producteurs de Broadway, Elorenz Ziegfeld, embauche Eva Tanguay en lieu et place des deux grandes stars de l’heure Nora Bayes et Jack Norworth.Elle déambule sur un éléphant, chante Go As Far As You Like et devient connue des élites.¦ 1916: le New York Dramatic Mirror affirme que seules Mary Bickford, star naissante du cinéma muet, et l’actrice française Sarah Bernhardt déplacent autant les foules qu’Eva Tanguay.¦ 1915-18: Eva tient l’affiche au Palace, le plus important théâtre de vaudeville de New York, à dix reprises.¦ 1916: elle autoproduit le film Energetic Eva, dont aucune copie ne subsiste.Bar des sciences Santé mentale au travail Sommes-nous sourds?• • • • cœur des sciences uqAm Chaque semaine, près d’un demi-million de Canadiens manquent au travail pour cause de santé mentale, un problème qu’il devient impossible de nier.Mais sommes-nous prêts à l’entendre?Un regard sur la «surdité» organisationnelle, syndicale et individuelle et sur les «traitements» possibles, avant de se poser la question : que fensns-nous une fois que nous entendnsns?Avec la participation de divers représentants du milieu médical, universitaire et social.Jeudi 11 mars à 18 h Ouverture du bar à 17 h30 GRATUIT Agora Hydro-Québec 175, avenue Président-Kennedy @ Métro Place-des-Arts RÉSERVATIONS : wvvw.coeurdessciences.uqam.ca or Hydro Québec LE DEVOIR .ji Université fHt de Montréal C^LEPSYQ UQÀM Déperta—t de pqchokgie Faculté dss nences huireinas Univanliâ du Qi^Iec effondrement d’un sta-I tionnement souterrain à Saint-Laurent, qui a causé la mort d’un homme, aurait pu être évité et est dû à des lacunes dans la construction et l’entretien de la structure.C’est ce que conclut la coroner Catherine Rudel-Tessier, dans un rapport qui vient d’être rendu public sur le décès de M.Mahamat Saleh Khazali, survenu le 26 novembre 2008.L’homme était dans sa voiture, dans le stationnement, lorsqu’une dalle de béton de 60 pieds sur 80 pieds s’est écroulée.11 est mort par asphyxie, puisqu’il ne pouvait res- La coroner a pirer dans la position expliqué que dans laquel- , , „ , 1p il a AfA la dalle de retrouvé, a ^éton avait explique la coroner, en «dépassé entrevue.Dans son sa vie utile» rapport, elle indique comme causes de l’ef fondrement des lacunes dans la construction, c’est-à-dire des variations dans l’épaisseur de la dalle de béton, ainsi qu’une mauvaise disposition des barres d’armature et des moules en carton utilisés comme coffrage.Les normes de construction ont toutefois été resserrées depuis.Elle identifie également des lacunes dans l’entretien.«Les réparations et l’entretien n’ont pas été adéquats; c’est ce que les experts, tous, ont pu me dire», rapporte-t-elle.La dalle, écrit-elle, était dans un «piètre état» à cause de la corrosion et du délaminage du béton.Elle avait d’ailleurs «dépassé sa vie utile».Selon ce qu’elle a pu constater, c’est d’abord la perméabilité de la surface qui a entraîné rînhltratîon du sel.Ce sel a dégradé l’acier d’armature de la structure.La rouille a alors fait gonfler le volume des barres, provoquant à son tour le délaminage du béton.«Il y avait des signes visibles d’érosion que les locataires, notamment, avaient signalés aux propriétaires.Et les propriétaires s’apprêtaient justement â faire faire une inspection et â regarder ce qu’il en était.» Lait à noter, le propriétaire du stationnement ne l’était que depuis septembre 2005.Il y a eu plusieurs autres propriétaires auparavant.Le stationnement a été construit vers 1970.La coroner a souligné qu’on ignore s’il y a eu des inspections au fil des ans et, si oui, combien ou de quelle façon.«Des inspections?On ne le sait pas, parce qu’il n’y a pas de registre de ce qui a été fait.» Recommandations La coroner formule donc plusieurs recommandations pour éviter que de tels drames se reproduisent, notamment le fait de prévoir, dans le Code du bâtiment, des mesures d’inspections et des programmes d’entretien spécifiques que les propriétaires devraient respecter, et ce, sous peine de sanctions.«Il faudrait que les propriétaires, surtout les propriétaires d’immeubles de plus de 20 ans, fassent vraiment examiner leurs immeubles», surtout les stationnements, «qui sont beaucoup plus atteints par la corrosion que n’importe quel immeuble», fait-elle valoir.Elle recommande également d’élaborer une grille d’entretien et d’inspection des bâtiments, notamment des stationnements souterrains.Elle conseille aussi de mieux sensibiliser les propriétaires de stationnements souterrains relativement à leurs obligations.La Presse canadienne LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 A 7 ACTUALITES Droits et Démocratie La FIDH épingle Stephen Harper La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme dénonce la nomination de Gérard Latulippe ALEC CASTONGUAY La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), qui regroupe 155 organismes dans le monde, épingle le gouvernement Harper concernant sa gestion de la crise à l’organisme fédéral Droits et Démocratie.La FIDH réclame une enquête indépendante et dénonce la nomination de Gérard Latulippe au poste de président de l’organisme.Dans un communiqué de presse diffusé simultanément hier à Montréal et à Paris, la FIDH dit s’inquiéter de la crise actuelle à Droits et Démocratie, «qui met en péril le travail de cette organisation» versée dans le respect des droits de la personne.La FIDH et sa composante au Canada, la Ligue des droits et libertés, se disent également «très préoccupées par la confiance accordée par le gouvernement canadien au conseil d’administration actuel», qui est au cœur de la tempête depuis des semaines.La FIDH ajoute: «Certaines positions de M.Latulippe, notamment sur la peine de mort et le mariage homosexuel, telles que dévoilées la semaine dernière dans les médias canadiens, dowt Le Devoir, démontrent clairement que M.Latulippe n’a pas l’autorité morale pour diriger Droits et Démocratie.La FIDH et la Ligue demandent donc au Canada de reconsidérer cette nomination.» La crédibilité du Canada Les deux organismes affirment que la «crédibilité» du Canada est en jeu.«Droits et Démocratie traverse depuis près d’un an une crise qui entache gravement sa réputation et fait craindre pour son avenir.C’est pourquoi la FIDH demande au gouvernement canadien d’ordonner immédiatement la tenue d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur tous les événements récents et de nommer une présidente ou un président dont l’indépendance et l’expertise en droits de la personne sont reconnues et un conseil d’administration compétent et indépendant.» Malgré l’opposition du Parti libéral, du Bloc québécois et du NPD, Gérard Latulippe a été nommé à la présidence de Droits et Démocratie mercredi dernier par le ministre Lawrence Cannon.M.Latulippe a déjà soulevé la controverse dans le passé.11 été ministre libéral provincial sous Robert Bourassa, où il a dû démissionner pour des raisons de conflit d’intérêts.En 2000, il a coprésidé la campagne à la chefferie de Stock-well Day qui, une fois chef, en a fait son lieutenant québécois pour l’Alliance canadienne.Celui qui dirigera la destinée de l’organisme qui se consacre aux droits de la personne s’est déjà prononcé contre le mariage homosexuel.11 s’est aussi prononcé pour la peine de mort dans le cas de «criminels en série».11 a déposé un mémoire à la commission Bouchard-Taylor dans lequel il faisait le lien entre une immigration musulmane croissante et les menaces terroristes au Québec.11 a déjà été délégué du Québec à Bruxelles et Mexico.Récemment, il était directeur résident du National Democratic Institute (NDl) en Haïti.11 était auparavant directeur du NDl au Maroc.Le Devoir Le Chili secoué trois nouvelles fois moïses AVILA ROLDAN GAËL EAVENNEC Concepcion, Chili — Trois répliques sismiques, dont une de magnitude 6,6, ont secoué hier le Centre-Sud du Chili.Le secrétaire général de l’QNU, Ban Ki-moon, a appelé à la solidarité internationale, six jours après le séisme et le tsunami qui auraient fait plus de 800 morts.Trois secousses de magnitude 6,2, de 6,6 puis de 6,0 en l’espace de deux heures et demie ont réveillé à 6h20 les habitants et semé un début de panique à Concepcion, la deuxième ville en importance du pays, sinistrée après la catastrophe du 27 février.Les répliques n’ont provoqué ni «victimes ni dégâts», a rassuré le Bureau national des urgences (QNEMl).Mais des journalistes de l’AFP ont vu des bâtiments endommagés s’effondrer complètement à Concepcion.Les secousses se sont produites quelques heures avant l’arrivée à Santiago du secrétaire général de l’QNU, Ban Ki-moon.M.Ban, en visite pour deux jours, a appelé la communauté internationale à manifester «une générosité aussi grande» envers le Chili que «l’extraordinaire générosité» dont ce pays avait fait preuve en janvier envers Haïti, frappé par un séisme ayant fait plus de 225 000 morts.Le Chili avait été l’un des tout premiers pays à envoyer des secouristes sur l’île caribéenne.L’QNU, a annoncé M.Ban, va octroyer 10 millions de dollars d’aide d’urgence au Chili, via un transfert de son Fonds de réponse d’urgence aux catastrophes.La présidente sortante Michelle Bachelet a indiqué que 35 pays avaient déjà répondu à des demandes d’aide spédhque du Chili.Sur place hier, un téléthon d’artistes et de sportifs chiliens tentait de récolter environ 30 millions de dollars pour les 2 millions de sinistrés.Un concert-bénéfice aura aussi lieu à Montréal le 10 mars prochain.Du Nord au Sud: tous unis pour le Chili, animé par Benoit Gagnon et Pénélope McQuade, remettra les dons à la Croix-Rouge canadienne.Agenee Franee-Presse JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Max Bellerive a rencontré son homologue québécois, Jean Charest.Bellerive n’a pas hésité à souiigner ia reiation priviiégiée qu’entretient son pays avec ie Québec.Colloque «Reconstruire Haïti» Jean-Max Bellerive craint que l’aide humanitaire ne devienne une habitude Le premier ministre haïtien demande l’aide de sa diaspora GWENAELLE REYT AU deuxième jour du colloqqe Reconstruire Haïti qui se tient à l’Ecole polytechnique de Montréal, le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a fait une apparition très attendue où il a énoncé les défis humanitaires, mais aussi de développement et de coordination auxquels Haïti devra faire face.Bien qu’il faille encore répondre aux besoins fondamentaux de nourriture et d’abris, Jean-Max Bellerive s’est inquiété du fait que la situation d’aide humanitaire se prolonge.«Les gens ne doivent pas s’habituer à attendre le camion qui distribue des vivres pour subvenir à leurs besoins.Actuellement, 90 % de la population est au chômage et je crains qu’elle s’installe dans une situation qui tue l’envie de travailler», a prévenu Jean-Max Bellerive, qui a rappelé que les problèmes du pays ne datent pas du 12 janvier.C’est le cas par exemple du système d’éducation, qui était déjà largement défaillant avant le séisme et qui devra être totalement revu et reconstruit afin de permettre la scolarisation de l’ensemble des jeunes.Environ 200 000 enfants se sont re- trouvés sans école après le tremblement de terre, alors qu’avant, près de 500 000 n’avaient déjà pas accès à l’école.Pour le premier ministre, il est donc important de tirer des leçons du passé pour créer quelque chose de nouveau qui soit réellement adapté aux Haïtiens.«Je ne crois pas aux plans de reconstruction américain ou canadien.Il nous faut un plan fait par et pour des Haïtiens et évalué par des Haïtiens.C’est une question d’efficacité afin de répondre aux réels besoins», assure le premier ministre.Plus tôt dans la journée, Jean-Max Bellerive a rencontré son homolo^e québécois, Jean Charest.«C’est une visite amicale.Nous avons discuté de la situation parfois difficile des étudiants haïtiens au Québec, ainsi que des occasions à saisir pour les entreprises lors de la reconstruction», explique le premier ministre haïtien, qui n’a pas hésité à souligner la relation privilégiée qu’entretient son pays avec le (Québec.Pour lui, les partenaires qui ont montré leur soutien à Haïti doivent aussi prohter des occasions offertes par la reconstruction.«Les entreprises québécoises doivent prendre leur part du gâteau, car l’aide humanitaire ne dure pas, mais les intérêts, oui», confie-fil.Le Québec aurait, d’après lui, un rôle à jouer, par exemple dans la construction de logements et d’entreprises.Mais c’est surtout auprès de la diaspora que le premier ministre haïtien est venu chercher un appui, tout en précisant qu’il n’était pas là pour faire campagne et que les divergences devaient êtres mises de côté.«Nous n’étions pas préparés à cela.Le gouvernement est englué dans l’urgence.Je veux juste remplir au mieux mon mandat avec votre aide, celle de l’opposition et de l’ensemble de la population», concède-t-il.11 a proposé que la diaspora s’intégre dans les différentes structures de coopération qui seront actives dans le pays, car ce sont ces organismes qui géreront Haïti ces prochaines années.Le colloque a été l’occasion pour beaucoup d’exprimer leur volonté de s’investir et de présenter des projets d’aide.Les réflexions élaborées lors de cet événement serviront à établir un plan de reconstruction qui sera présenté le 31 mars prochain à New York lors de la conférence des donateurs.Le Devoir Mort de Zahra Kazemi Stephan Hashemi envoie une lettre virulente à Ottawa Le hls de la photojournaliste canadienne d’origine iranienne Zahra Kazemi, qui a été tuée en Iran en 2003, a envoyé une lettre virulente au premier ministre Stephen Harper dans laquelle il reproche au gouvernement canadien la gestion de cette affaire au cours des sept dernières années.Stephan Hashemi accuse le gouvernement d’avoir constamment formulé des protestations d’indignation vides de sens, sans jamais les appuyer de sanctions concrètes contre l’Iran.M.Hashemi note que le gouvernement Haiper s’est même rangé contre lui dans une poursuite judiciaire qu’il a intentée à l’Iran devant les tribunaux canadiens.«Les gouvernements qui se succèdent à Ottawa, le vôtre comme ceux de vos prédécesseurs, clament depuis six ans et demi déjà leur indignation quant aux actes du gouvernement de l’Iran, a écrit M.Hashemi.[Mais] votre gouvernement s’oppose toujours aux procédures judiciaires que j’ai moi-même intentées contre le gouvernement de l’Iran à Montréal.» 11 demande au gouvernement de cesser de défendre la Loi sur l’immunité des Etats, une loi qui protège les gouvernements étrangers contre toute poursuite au Canada pour des crimes contre l’humanité, notamment la torture.La Presse eanadienne Destinations APPRENDRE UNE LANGUE TOUT EN VOYAGEANT adolescents - adultes -1 ¦www.scjonr .travel 877-278-3867 Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au 514 985-3456 - jdebilly@ledevoir.com iltulairô d'un normio W.n.î.O m permis du Québec I 800 Carlson (1 800 227 57661 www.cwtvacances.ca tRANCE ITALIE AUTRICHE PORTUGAL DES DÉCOuKên PRIME, Réservez et obtenez Oratultemenf.auchoil® DE VIVIER PHARMA PARIS forfait VILLE LISBONNE FORFAIT VILLE 1399^ Déports les 2 et 9 juin 1459$ Deparfi lee V, fj et 18 avril VIENNE forfait VILLE LIDO DI JESOLO FORFAIT BALNÉAIRE HOTEL MERCURE MONTMARTRE 3+ Vols 7 nuits d'hôtel, petits-déjeuners, transferts + prime HOTEL MUNDIAL 4*- Vols, 7 nuits d'hôtel petits-déjeuners et location de 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(Québec) H2X 4C2.Prix excluant le 3,50$/1000$ de services touristiques achetés représentant la contribution des ciients au Fonds d’indemnisation des ciients des agents de voyages. A 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 CULTURE De zéro à superhéros Relooké, glorifié et acclamé, le geek surfe en plein âge d’or pour son premier festival montréalais L’époque où le geek était la risée de la classe est révolue.Game over.Non seulement on lui emprunte son look, des lunettes à larges montures au cardigan, mais maintenant, son cerveau est glorifié.Alors qu’il pourrait se venger de ses bourreaux, aujourd’hui il les invite plutôt dans son univers.Pas fou, le geek.EMILIE EOLIE-BOIVIN Il n’y a qu’à penser à Steve Jobs, véritable rock star de l’informatique acclamé à chaque présentation d’un nouveau fruit d’Apple, pour constater qu’on surfe en plein âge d’or du geek.Cette version branchée du nerd se taille désormais une place importante dans la culture populaire à travers les Napoleon Dynamite et autres Big Bang Theory, il accède au pouvoir grâce à ses innovations technologiques, bref, il est si bien ancré dans notre société que le Larousse l’a même cristallisé dans sa récente édition comme un passionné des technologies de l’information.La définition ratisse large, mais pour une fois, les clichés de l’intello asocial et mal fagoté sont esquivés.Ceux-là, on les réserve encore aux nerds.Le geek, dont le nom vient du dérivé de «freak» et de «gek» (quelque chose de fou, en néerlandais) mais qui possède autant de déhnitions qu’il existe de dérivés de l’espèce, n’est pas plus intelligent que la moyenne.Ce qui le caractérise, c’est sa passion extrême, à la limite de l’obsessif, pour l’in- formatique, les jeux vidéo, les animations japonaises.Star Wars, la science-fiction, la fantaisie.Entre autres.Pour le geek, tout a changé il y a une quinzaine d’années, vingt, tout au plus.Pour ça, il en doit tout une au Web.«Aujourd'hui, si Von ne comprend pas Internet et les ordinateurs, c’est nous les losers, constate Shirley Steinberg, professeure agrégée au Département d’études intégrées en sciences de l’éducation à l’Université McGill et spécialiste de la culture populaire.Ils ont pris le pouvoir par leur connaissance du monde virtuel.» Car l’univers des triples w lui permet de pousser les limites de sa «geekitude» en s’alliant d’autres passionnés comme lui sur les réseaux sociaux que sont Twitter, Face-book et Linkedin, d’ailleurs créés par des membres de sa communauté.Des révolutions MB "" ^7 ¦.VV "fi P H' Voici une bonne raison de célébrer Économisez au moins 25 % sur l’hébergement dans un hôtel au Walt Disney World ResorV.ÉCONOMISEZ 25% lorsque vous séjournez de 1 à 4 nuits dans un hôtel Disney sélectionné de catégorie « Value ».Tarif à partir de 90$ US par nuit! 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Assurez-vous de réserver avant le 27/03/10.RescrtenFlcnJe làoùlesrêvesseréaUsem 1 888 672-7839 www.caaquebec.com Les prix n’incluent pas la contribution au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages de 3,50 $ par 1 000 $ Cad.Voyages CAA-Québec est titulaire d’un permis du Québec.Le nombre de chambres disponibles à ces tarifs est limité.Certaines exigences minimales concernant la durée du séjour peuvent s'appliquer pour les arrivées le vendredi ou le samedi.Les économies sont calculées par rapport au prix régulier de la même chambre.S'il y a plus de deux adultes par chambre, des frais supplémentaires par adulte s'appliquent.Les tarife de groupe et autres rabais ne sont pas applicables.Taxes de la Floride incluses.Demandez le code de forfait PHU.Réservations à l'avance requises.©Disney LUKAS JONHSON REUTERS L’actrice et scénariste Tina Fey, bien connue pour 30 Rock et sa parodie de Sarah Palin, a été nommée parmi les geeks de l’année 2008 par le magazine Wired.technologiques qui ont participé à rendre cette contre-culture socialement enviable aux yeux de la majorité.Plus que ça, «le geek devient même essentiel au fonctionnement de la société, que ce soit sur l’aspect des loisirs ou même des processus d’affaires des entreprises», suggère Yan Fortin, éditeur en chef du site Geeks Are Sexy, qui reçoit la visite de 700 000 geeks par mois.Si ce n’était de leur créativité, les ados joueraient encore au Parcheesi plutôt qu’à Brin-ce ofBersia sur PlayStation.Ils ne se contentent pas de consommer la culture: ils l’enrichissent littéralement.Y a qu’à jeter un œil aux personnalités qui ont marqué l’année dans le magazine Time, depuis la bulle technologique il y a une décennie.Ils y sont tous passés, Bill Gates, les gars de Twitter et les autres gourous de Google et YouTube.«Les gens les plus riches de la planète sont à peu près tous des nerds, et ils ont presque tous fait fortune grâce à la technologie», observe Pascal Forget, chroniqueur à La Revanche des nerdz depuis les débuts de l’émission en 2000.Le monde est fait pour lui.Celui qui se qualifie de nerd ajoute que l’économie d’aujourd’hui est basée sur des concepts abstraits et moins sur des choses tangibles, comme les voitures.Par leur aptitude à utiliser des outils virtuels, ils auraient pu réussir à se hisser à la tête d’entreprises et participer à la création du monde tel qu’on le connaît.C’est encore eux qui ont réussi à débroussailler à la mitaine les premiers systèmes de création de sites Web, qu’on utilise maintenant pour mon- ter son espace virtuel d’un seul clic de souris.Mme Steinberg, qui a publié plusieurs textes sur la culture geek, va même plus loin en affirmant que les geeks sont devenus les superhéros de notre époque.Alors qu’ils se nourrissent d’imaginaire et se donnent des pouvoirs surnaturels dans leurs vies parallèles par le biais de leur avatar, ils ont créé une réalité qui leur permet de tirer profit de la force de leur organe cérébral.«Le Weh 3.0, c’est eux qui vont le créer, tout simplement.Etre brillant, c’est rendu très cool», dit-elle.Tellement que le premier Festival Geek de Montréal s’ouvre aujourd’hui, avec la mission non seulement de rassembler tous les types de l’espèce, mais aussi de rendre leurs passions «accessibles», explique le créateur de l’événement, Frédéric Harper.«En gros, je veux démystifier le geek de façon à ce que ma mère comprenne pourquoi, quand j’habitais chez elle, je passais mes soirées devant mon ordinateur au sous-sol.» Au programme, LAN party, jeux rétro et vidéo, concours de programmation, d’art et de bouffe geek, sans oublier les débats.L’un pour parler de la place des geekettes, la version féminine du geek, un pour définir le geek, mais d’abord un débat chaud l’opposant au nerd.Ce dernier s’annonce délicat, puisque certains geeks refusent d’être associés aux nerds (dont le genre est péjoratiO, tandis que les nerds lèvent le nez sur la «co-olitude» de son frère d’esprit.Comme quoi même à l’intérieur d’une caste, on reste toujours le rejet de quelqu’un.Le Devoir Le Centre d’exposition de Repentigny et Festival Feu et Glace présentent EVRIER AU 14 MARS 2010 EXPOSITION LA COLLECTION LOTO-QUÉBEC EN MOUVEMENT c Collection on s 1 XI4:, Loto-Québec u\J < En collaboration avec cyberpresse.ca Frédéric BACK Paul BÉLIVEAU Michel BELLEAU Léon BELLEFLEUR Anne BERTOIN Alain BONDER Sylvie BOUCHARD Kittie BRUNEAU François CHEVALIER Geneviève CHICOINE Lorraine DAGENAIS Don DARBY Élyse DE LAFONTAINE René DEROUIN Albert DUMOUCHEL AAarcelle FERRON Marc-Aurèle FORTIN Pierre GAUVREAU Suzanne GRISÉ Torn HOPKINS Éric LAMONTAGNE Rock LAMOTHE Guy LARAMÉE Fernand LEDUC Ozias LEDUC Jean Paul LEMIEUX Serge LEMOYNE Aline AtARTINEAU Christine AAATTIA Guido MOLINARI Jacques PAYETTE Léopold PLOTEK Sophie RAUCH Jean-Paul RIOPELLE Antoni ROAAASZEWSKI AAartine SAVARD Francine SIMONIN Françoise SULLIVAN AAarc-Aurèle de Foy SUZOR-CÔTÉ François VINCENT Robert WOLF Vladimir ZABEIDA Entrée libre 4 Centre d’exposition de Repentigny 3, plaCG d’Evry (adjacent à la Bibliothèque Robert-Lussier) Heures d’ouverture : mercredi et jeudi : 13 h à 17 h, 19 h à 21 h vendredi, samedi et dimanche : 13 h à 17 h 450 470-3400 vilie.repentigny.qc.ca/expositions ^pentigny S'épanouir LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 A 9 CULTURE 4 PHOTOS SOURCE MAPLE PICTURES ET TWENTIETH CENTURY EOX Œuvre de finesse, dure, sans concession, The Hurt Locker mesure à la mégaproduction 3D Avatar, championne au guichet mondial.David affronte Goliath aux Oscar The Hurt Locker cmixQ Avatar^ ou quand l’intime affronte le spectacle Le duel entre Avatar et The Hurt Locker (9 nominations chacun) se jouera demain soir au Kodak Theatre d’Hollywood sous les gags plus ou moins lourds des animateurs Steve Martin et Alec Baldwin, chargés de mettre du pep dans la soirée.ODILE TREMBLAY Ça prend, semble-t-il, un côté sexy, voire «té-léréalitaire» pour attirer le spectateur devant le gala des Oscar.Cette année, l’assis aura droit à un Kramer vs Kramer, ex-couple s’affrontant à la barre, comme dans le film de Robert Benton.Mais balayons la plus-value d’un combat d’anciens conjoints.Ce sont deux visions de cinéma qui s’affrontent: l’intime contre le spectacle.David contre Goliath.Avatar de James Cameron, champion du guichet mondial, mégaproduction 3D à effets spéciaux handicapée du scénario, affronte The Hurt Locker (Démineur) de son ex-épouse Kathrjui Bigelow, œuvre de finesse, dure, sans concession, brillamment réalisée et scénarisée siu la guerre et ses souffrances, qui mériterait tous les honneius.Pour l’anecdote, précisons que son producteur français Nicolas Chartier est interdit de gala poiu avoir attaqué Avatar devant les membres de l’Académie, en poussant son poulain.On s’attend à ce que les votants coupent lâchement la poire en deux.Octroyant a Avatar (hélas!) la statuette du meilleiu film en plus d’un bouquet de prix techniques, histoire de réconcilier les Oscar avec leiu vocation commerciale, et à Kathrjui Bigelow la palme de la meilleiue réalisation pour The Hurt Locker.Ce serait, au toiunant du 8 mars, une première victoire féminine dans cette catégorie en 82 ans de pét^e de bretelles masculines.Il n’est pas trop tôt.Si Bigelow gagnait également l’Oscar du meilleiu film, le septième art en ressortirait anobli et les femmes, prises pour une fois vraiment au sérieux.On peut toujoius rêver.Cette année, l’Academy lança dix titres dans la course au meilleur film, histoire d’appâter le grand public, mais personne n’a été dupe.The Blind Side, navet pétri de bons sentiments.District Nine, intéressante fable anti-apartheid avec extraterrestres, le charmant An Education sur une jeune fille à la croisée des chemins.Up, gentillette animation 3D et A Serious Man, amusante comédie des frères Coen en mode mineur se voyaient placés là pour la bonne bouche.Seuls les cinq joueurs en selle également pour la meilleure réalisation constituent les favoris de la course: Avatar, The Hurt Locker, Inglorious Basterds de Quentin Trantino, Precious de Lee Daniels.Aussi, la comédie Up in the Air du Montréalais d’origine Jason Reitman, présente dans six catégories, qui se contentera peut-être d’un meilleur second rôle féminin.Cette année, l’Academy lança dix titres dans la course au meilleur film, histoire d’appâter le grand public, mais personne n’a été dupe plus sûrement de la statuette du meilleur scénario adapté.Celle du meilleur scénario original devrait échoir à The Hurt Locker.Mis à part un restant de suspense autour du meilleur film, peu de grandes surprises en perspective pour cette 82® cérémonie.Le minable The Blind Side, de John Lee Handcock, pétri de bons sentiments, vaudra selon toutes probabilités le prix de la meilleure actrice à Sandra Bullock, dans un rôle de madame personnalité.Bullock est plus une habituée des Razzi, les prix citrons de l’année, que des Oscar.Mais chez les meilleurs actrices, les nominations sont plutôt faibles cette année: Helen Miren, hystérique en épouse de Tolstoï dans The Last Station, Meryl Streep, en dessous d’elle-même dans l’insipide Julie & Julia, Gabourey Sidibe trop monolithique en fille abusée dans Precious quoique favorite de certains parce que Noire, obèse et très rectitude politique, Carey Mulligan, la jeune Britannique de An Education, juste mais sans grand éclat.Autre nomination quasi assurée: Jeff Bridges, inoubliable chanteur country dans Crazy Heart (quatre nominations, jamais primé), mérite son lot du meilleur acteur.Davantage que George Clooney, drôle et punché mais peu profond dans Up in the Air, Colin Firth, quand même vibrant en homosexuel dans A Single Man ou Morgan Freeman en Nelson Mandela dans le décevant Invictus.Seul Jeremy Renner, le touchant démineur de The Hurt Locker, se révèle un concurrent solide poiu Bridges.Du côté des acteurs de soutien, l’Autrichien Christoph Waltz, déjà couronné à Cannes pour sa prestation exceptionnelle de féroce colonel nazi dans Inglorious Basterds de Tarantino, apparaît imbattable.On lui octroie sa statuette d’office.Chez les actrices de soutien, deux concurrentes sérieuses: Anna Kendrick en jeune ambitieuse toute croche dans Up in the Air et Mo’Nique, la mère indigne de Precious.Pénélope Cruz leur fait concurrence pour son rôle de femme d’à côté dans la comédie musicale ratée Nine, mais devrait repartir bredouille.Je mise sur Kendrick, mais Mo’nique l’aura peut-être.Meilleur film d’animation: Sans doute Up, de Pete Docter, parce qu’il est aussi en nomination pour le meilleur film.Quoique Corali-ne, Eantastic Mr.Eox, The Princess and the Erog le mériteraient davantage.Meilleur film en langue étrangère: on choisit Un prophète du Français Jacques Audiard.À moins que Le Ruban blanc de l’Autrichien Michael Haneke, Palme d’or cannoise, ne remonte sur un autre gros podium.Les deux concurrents sont plein d’atouts.Qn réclame du suspense de toute façon.Le Devoir KIM MCCARTHY Monique Prudhomme Une costumière québécoise aux côtés des stars En lice dans la course aux Oscar pour ses costumes du film de Terry Gilliam, L’Imaginarium du docteur Parnassus, la Québécoise Monique Prudhomme retient son souffle.Demain, elle ira s’asseoir sur un siège VIP au chic Kodak Hall d’Hollywood, avec stars en paillettes.ODILE TREMBLAY Jamais Monique Prudhomme, Québécoise établie à Vancouver depuis 25 ans, n’avait eu costumes plus éclatés à concevoir que poiu ce toiu-nage-là.Il faut dire que le Britannique Terry Gilliam (Brazil, Twelve Monkeys, etc.) à l’univers siu-réaliste, offre un régal aux artisans qui travaillent à ses côtés.«Quand j’ai quatre idées, il en a 400, précise la costumière.Terry a un tel sens du design.Mais il m’a fait beaucoup confiance.» The Imaginarium of Doctor Parnassus, d’une fantaisie débridée quoique reposant siu un scénario trop touffu, a soufflé la galerie par son esthétique délirante.L’histoire est celle à Londres d’un personnage immortel, ayant ________________ fait un pacte avec le diable, le forain Parnassus (Christopher Plummer).Il veut sauver sa fille des conséquences fatales du pacte faustien avec l’aide d’un mystérieux passeur, lequel entraîne les spectateurs dans un univers parallèle.«Le film étant coproduit par la Grande-Bretagne et le Canada, Gilliam cherchait un créateur de costumes canadien, explique Monique Prudhomme, et c’est moi qui ai reçu le cadeau.» Elle avait entre autres conçu les costumes du film Juno de Jason Reitman.Aujourd’hui, sa citation aux Qscar l’étonne un peu: «Moi, une Canadienne vivant à Vancouver.Pourtant, m’y voici! La direction artistique du film est en nomination également!» Le tournage de L’Imaginarium.fut, rappe-lons-le, marqué par la mort brutale de l’acteur Heath Ledger, qui jouait le rôle du passeur.«Ce fut un grand choc.On a failli perdre le film et le plateau s’est arrêté trois semaines, avant que l’idée de prendre trois autres interprètes pour créer de nouvelles facettes du rôle: Johnny Depp, Jude Law et Colin Earrell, ne prenne corps.» Heath Ledger l’avait reçue chez lui avec une partie de l’équipe.«Il était si plein de vie.Pour lui, Terry Gilliam était un mentor, car il voulait réaliser son propre film.Après avoir essayé le trois-pièces blanc que je lui proposais pour son rôle, il l’avait adopté tout de suite.Rus tard, quand son personnage fut repris par trois acteurs différents, j’ai trouvé un autre cent mètres de tissu blanc.» Comme le personnage central de Parnassus a mille ans et qu’il fait du théâtre, Monique Prudhomme s’est inspirée des costumes du XVI® et XVII® siècles issus de l’univers de la Commedia delTarte: «J’ai ajouté des éléments folkloriques provenant d’Europe de l’Est, mais aussi de l’Inde, de la Chine et du Japon.» La costumière précise avoir fouillé les marchés aux puces et les maisons de costumes, en dégotant des trésors pour les couches différentes du costume de Parnassus: cardigan, cape, kimono, châle, à mettre ou enlever au fil des humeurs.«J’ai créé également mes propres pièces.» Elle a conçu en fait trois types de costumes pour les excentriques personnages: ceux destinés à la scène, ceux du monde parallèle et ceux de la vie quotidienne.«Lily Cole, qui incarne la jeune fille, est un mannequin connu en Europe.Grande et belle, ce fut un plaisir de l’habiller.Je lui ai donné une robe rouge, symbole de pouvoir, ailleurs un manteau blanc, symbole de renouveau.Pour Torn Waits, qui joue le diable, les références furent celles des oripeaux de l’Opéra de Quat’Sous.» Qn verra les prochains costumes des Monique Prudhomme dans le film pour toute la famille Diary of a Wimpy Kid, bientôt sur les écrans.Mais si la costumière gagne la statuette, qui sait sur quels nouveaux plateaux prestigieux elle pourrait atterrir?Car un Qscar change parfois la vie.Le Devoir DANSE A Epices La route est longue PAUL-ANTOINE TELLIER REUTERS Boa Goa ne raconte pas une histoire, mais un rêve.BOA GOA De Pigeons international.Mise en scène, chorégraphie et scénographie: Paula de Vascon-celos.Concepteurs: Owen Belton (musique), Michel Beaulieu (éclairages), Anne-Marie Vee-vaete (costumes), Roger Sinha (chorégraphie).Interprètes: Alejandrp Alvarez, Gessuri Gaitan, NataHe Zoey Gauld, Erika Morin, Laurence Ramsay, Shigeki Yamada.Présenté du 2 au 20 mars à la Cinquième Salle de la Place des Arts.ERÉDÉRIQUE DOYON Avec Boa Goa, Paula de Vasconcelos a voulu rendre hommage aux navigateurs portugais qui ont découvert la route maritime vers les Indes.La chorégraphe et metteure en scène y délaisse un peu le jeu et la narration pour faire plus de place à la poésie de la danse.Boa Goa ne raconte pas d’histoire, prévient la directrice artistique de la compagnie Pigeons international dans le programme.II s’agit plutôt d’un rêve.Une interprétation donc très libre du voyage en mer des explorateurs et de la découverte d’un autre monde.Elle a voulu éviter le piège du récit, mais les titres de chapitres et les dialo^es projetés en fond de scène, si poétiques soient-ils, en entretiennent l’illusion, appellent un sens qui ne vient pas toujours.Les tableaux de danse forment plutôt un patchwork d’évocations pêle-mêle, de scènes en raccourci.«Ici, il y a la mousson», lit-on au tiers du parcours, après une longue traversée et le roulis incessant de la danse-mer.Ah tiens, nous voilà aux Indes.De fait, le dieu Shiva annonce le défilé de ses divinités multiples, campées par les danseurs dans une suite de postures inspirées du kathak — danse traditionnelle indienne — qui teintera d’ailleurs le reste de la chorégraphie.Puis un interprète énumère les diverses épices devenues l’or des explorateurs: poivre, muscat, clou de girofle, cannelle, indigo.Le matelot qui tantôt maniait si habilement une boule évoque ici un fakir comme ces vendeurs de sor- tilèges qui font la réputation de l’Inde.Belle idée, mais trop peu ou mal exploitée.La scénographie évoque à la fois le pont du bateau et l’église, tout comme les costumes rappellent la soutane et le manteau de matelot.Qui prend la mer (surtout au XV® siècle) s’en remet à Dieu?La métaphore s’arrête là.Et c’est là le problème de cette pièce, trop floue pour raconter et pas assez allusive pour entretenir le rêve.Depuis sa Trilogie de la Terre, Pigeons international embrasse peut-être de beaux thèmes trop vastes.L’harmonie de certains tableaux chorégraphiques finit par manquer de consistance.Si généreux soient-ils, les six jeunes danseurs ne parviennent pas à nous transporter vers ces ailleurs inconnus, sources d’espoir et d’angoisse.La berce lancinante de la houle qu’ils incarnent tourne en rond, s’essouffle.La route du bout du monde est longue et les navigateurs aussi ont dû s’ennuyer.Le Devoir A 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE MARS 2010 iLiàÉtinil! Enregistrement en ligne k PARIS Maintenant disponible ! ROME BRUXELLES ;k aller^etour 345$ 445^ VOL aller-retour 9 partir de air transat VOL aller-retour à partir de aller-retour a partir de Départs en mai et juin à partir de Départs en mai Départs en Marseille, Lyon Départs en avril Nantes 245$ (juin) Venise 545$ (mai) I 'smo7ia 595$ (jui C/ubl PersonnaliséTl!^!.! Visitez AIRTRANSAT.CA ou contactez votre agent de voyage DÉPARTS DE MONTRÉAL Prix par personne en classe Économie, valides à l’achat d’un vol aller-retour Les prix sont ceux disponibles au moment de mettre sous presse et sont valides pour certains départs en avril, mai et juin 2010 Les tarifs peuvent varier selon la date de départ, ainsi que la destination sélectionnées Les tarifs sont valides pour les nouvelles réservations individuelles seulement Les sièges disponibles aux tarifs affichés sont en quantité limitée Taxes et frais (DPSTA, frais aéroportuaires, assurances et surcharge de carburant), si applicables, ne sont pas inclus ACTÜALITES SUPERSTAR SUITE DE LA PAGE 1 aujourd’hui.En ce sens, on peut dire qu’Eva Tanguay fut la première grande vedette de l’industrie culturelle de masse en Amérique», avance Andrew L Erdman, auteur de Blue Vaudeville, Sex, Morals and The Mass Marketing of Amusement, 1895-1915, joint par Le Devoir à New York.Erdman est d’ailleurs en train de rédiger la toute première biographie consacrée à la star de souche québécoise.Le Devoir a pu prendre connaissance du manuscrit.Une vie comme un roman Reportonsruous en 1888.Eva Tanguay, tout juste émigrée au Massachusetts avec sa famille, vient de perdure son père.Pour gagner un peu d’argent, la mère inscrit la fillette de huit ans à un concours d’amateurs, où elle fait sensation et remporte le premier prix.Recrutée par un producteur de spectacles pour jouer divers rôles 4’enfants, elle sillonne l’Amérique pendant cinq ans.A l’âge de 23 ans, son étoile commence déjà à briller à New York quand elle interprète la chanson The Sambo dans la pièce The Chaperons.En 1904, elle devient une réelle vedette avec sa chanson \comç{\xe I Don’t Care, qui clame l’insouciance et l’indépendance, une gifle assenée au visage de l’Amérique post-victorienne, encore frileuse et puritaine.En 1908, Eva Tanguay est propulsée au zénith du vaudeville.Son style inimitable, qualifié de «cyclonique», attire les foules et lui assure des revenus qui atteindront jusqu’à 3500 $ par semaine (100 000 $ aujourd’hui en dollars constants), ce qui en fera l’artiste la mieux payée à l’époque, après le grand maître de l’illusion Harry Houdini.Ces cachets stratosphériques dépasseront même ceux du légendaire chanteur Enrico Caruso.Energique et athlétique, l’artiste, affublée de tenues excentriques et affriolantes, tourbillonne à une vitesse folle sur scène.Ses coiffes sculpturales et ses chorégraphies bizarroïdes mystifient les spectateurs.Elle accordait une importance folle à ses costumes insolites, se changeant jusqu’à 10 fois en 30 minutes.Dotée d’un sens du timing imparable, la dame se présenta dans une robe entièrement faite de pennies, pesant 45 livres, lors du lancement de la fameuse pièce d’un cent à l’effigie de Lincoln.«Il n’y a pas de façon passive de regarder ce cyclone.Quand Tanguay arrive, vous avez le même sentiment que celui que les habitants de Londres ont eu en voyant le Zeppelin sortir des brumes», décrit le critique du New York Dramatic Mirror en 1915.Malgré sa voix de crécelle et son physique ingrat, Eva Tanguay fascinait son public par son exubérante personnalité et une confiance indéfectible en ses moyens.«Ils disent que je suis folle, ou insensée, mais je m’en fous.Je suis indépendante.D’une race intelligente je descends.Mon étoile est montante, alors je m’en fous!», clame la chanson /Dd/z Y Care, qui, entre toutes, deviendra son hymne personnel.«Elle se riait de son manque de talent.Son spectacle, c’était sa propre personnalité.Elle était bruyante, hyper-sexuelle, une figure iconique.Bref, tout ce que n’étaient pas les femmes à cette époque», explique Susan A.Glenn, auteure du livre Theatrical Roots of Modem Feminism et professeure d’histoire à l’Université de Washington à Seattle.Les titres de ses chansons semblent tout droit sortis du Billboard des années 2000: It’s AU Been Done Before But Not the Way I Do It ou I Want Someone to Go Wild With Me.En 1909, alors qu’elle s’apprête à entamer une tournée en Angleterre, le pape de Broadway, producteur des Ziegfield Follies, la débauche pour sa célèbre revue, la préférant à la grande vedette de music-hall de l’heure, Nora Bayes.La nouvelle égérie pénètre ainsi dans les cercles de l’élite culturelle pour se produire dans une mégaproduction où elle triomphe, paradant à dos d’éléphant.Entre 1910 et 1921, Eva Tanguay tiendra l’affiche l’équivalent de 14 mois à New York.Son nom ornera 18 fois la marquise du Palace Theater, le plus prestigieux théâtre de vaudeville de la Grosse Pomme.Dès 1915, le New York Dramatic Mirror proclame que seules Sarah Bernhardt et Mary Pickford soulèvent à ce point les foules.Forte de cette célébrité, Tanguay exige des cachets toujours plus mirobolants.A un producteur de Buffalo qui refusait de se plier à ses demandes, elle négocia l’excédent des recettes moyennes de la semaine.Elle repartit avec 12 000 $ en poche après avoir fait salle comble, établissant un nouveau record à claironner dans les journaux.La presse et le vaudeville Mais comment une petite fille, sans grand talent apparent, a-t-elle pu se hisser ainsi au sommet du show-business américain?Comme diraient les Anglais, «timing is everything».Au tournant du siècle, plus de la moitié des Américains habitaient la ville.Une imposante classe moyenne naquit alors, avide de divertissements populaires.A l’époque, le réseau des théâtres de vaudeville comptait plus de 500 salles aux EtatSrUnis et rapportait 100 millions de dollars par année, l’équivalent de près de deux milliards en dollars d’aujourd’hui, propulsant des célébrités comme Sophie Tucker, Buster Keaton ou les frères Marx.L’argent a donc vite raison des pressions exercées par les ligues puritaines, et le vaudeville, qui régnera sur la culture américaine de 1890 à 1920, génère une couverture de presse abondante, sème les premiers germes de la relation symbiotique qui lie les médias et le star-système tel qu’on le connaît aujourd’hui.Eva Tanguay saisit vite de quoi se nourrit ce monstre médiatique.Ses moindres exploits, ses incartades avec les producteurs, ses rixes avec des stars rivales sont judicieusement mis en scène pour alimenter la presse.Les médias font leurs choux gras de son tempérament volcanique, propice aux déclarations incendiaires.Arrêtée par la police après avoir agressé un comédien, la diva tendra une liasse de billets verts et dira au chef de police: «Prenez cela et laissez-moi partir, puisque c’est maintenant l’heure de mon dîner!» Elle vivait par et pour les médias.Bref, les Paris Hilton et Britney Spears de ce monde n’ont rien inventé.Comment un tel phénomène a-t-il pu dès lors disparaître des écrans radars?Il aura fallu le patient travail d’un historien de l’Estrie, Jacques Robert, pour remettre en place les pièces du puzzle et créer une petite exposition à la mémoire d’Eva Tanguay à Dudswell, qui englobe aujourd’hui son village natal.«J’ai pu retrouver son baptistaire à Sherbrooke, celui de tous ses ancêtres, et trouver des photos sur eBay.Il faut dire qu’à l’époque, elle n’était pas très bien vue au Québec, ce qui explique peut-être qu’il n’y a à peu près aucune mention d’elle dans les journaux de l’époque», explique-t-il.Dans la Priest-ridden Province, des théâtres sont littéralement fermés ou censurés sous la pression des autorités ecclésiastiques.Il est donc peu étonnant qu’à peu près rien n’ait été écrit sur Eva Tanguay, confirme André Bourassa, professeur émérite de l’Ecole de théâtre de l’Université du Québec à Montréal, qui a rédigé plusieurs pans de l’histoire du théâtre classique au Québec.Morte dans Toubli Avec l’arrivée du cinéma muet, les rires et les applaudissements qui ont fait les beaux jours du vaudeville ont fait place à l’obscurité des salles de cinéma feutrées.Et dans la foulée, Eva Tanguay est passée en coulisse.«Le nom d’Eva Tanguay était tellement associé au vaudeville, plus qu’à toute autre forme d’art, qu’elle a disparu avec lui», croit Andrew L.Erdman.Contrairement aux Keaton, Tucker, frères Marx et autres acteurs de vaudeville qui firent le saut au grand écran, Eva Tanguay fit deux films qui furent de réels fiascos.«C’était une performer du théâtre vivant.Elle tenait le public entre ses mains.Ce genre de charisme ne pouvait se transmettre sur film, conclut Erdman.D’ailleurs, la rendre muette au cinéma, c’était lui enlever ce qu’elle avait de plus puissant: sa personnalité.» La star a donc fini sa vie misérablement dans un bungalow de Hollywood, quasi aveugle et grabataire.Le krach boursier de 1929 a emporté sa fortune et ses 14 maisons.A sa mort, elle n’avait plus que 584 $ en banque.Et c’est seulement à ce moment qu’au Québec quelques articles ont fini par parler d’elle.Le Devoir Pour une version longue de ce texte ainsi que des photos et vidéos d’Eva Tanguay, rendez-vous sur notre site Internet.JOURNAL SUITE DE LA PAGE 1 of News Design, qui lui a remis une de ses trois médailles d’or.Son site Internet est fréquenté par vingt millions de visiteurs par mois et vingt-4eux des cinquante blogues les plus lus aux Etats-Unis lui appartiennent.Le NYT est donc un excellent journal.Est-ce un journal indépendant pour autant?Sa structure de propriété a été modifiée pour recapitaliser l’entreprise tout en la conservant sous le contrôle de la famille Ochs-Sulzberger.D’ailleurs, que veut dire l’indépendance dans ce cas?«Aujourd’hui, c’est la pression financière qui met en cause l’indépendance du New York Times, le fait que des investisseurs réclament du rendement pour ainsi dire à tout prix», dit l’interviewé, le professeur Marc Raboy, directeur de Média@McGill, qui co-organise la semaine prochaine (le vendredi 12 mars), à la Grande Bibliothèque à Montréal, un colloque international sur le thème «Journal indépendant: vue de l’esprit ou phare de la démocratie?».L’événement, inscrit dans les commémorations du centenaire du Devoir, est aussi piloté par le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval et son directeur Florian Sauvageau.«Pour moi, un journal indépendant, c’est un journal qui n’est pas obligé de générer des profits ou des rentes à des actionnaires afin de justifier son existence, poursuit M.Raboy.Il y aura toujours quelqu’un, quelque part, pour contrôler les journaux et c’est acceptable de rendre des comptes.C’est l’imputabilité qui assure le lien essentiel entre le journal et son public.Seulement, la crise actuelle, la crise de rentabilité, menace le cœur du système.» La simple question cache donc une forêt de problèmes.Dès qu’on pose cette notion de l’indépendance et de l’avenir du journal, en surgissent d’autres sur la nature de l’indépendance et la nature exacte des menaces qui confrontent cette valeur suprême.L’avenir de l’industrie de la presse appelle en plus des interrogations concernant le contenu, la distinction d’un média par rapport aux autres, la raison d’être de l’information pour une entreprise et pour une société.La brochette de personnes invitées pour débattre de ces idées lourdes fait saliver les connaisseurs d’un monde en pleine mutation.Les échanges réuniront notamment Karen Dunlap, présidente et directrice générale du Poynter Institute; l’économiste des médias Robert Picard; John Honderich, président du conseil d’administration de Torstar (qui édite le Toronto Star); la journaliste indépendante Anne Nivet, spécialisée dans le reportage de guerre; Persephone Miel, de l’Université Harvard, qui réfléchit à la réinvention du journalisme et de l’information.«On ne veut pas dire qu’un journal indépendant est nécessairement meilleur qu’un journal lié à un consortium, poursuit le professeur Raboy.On veut plutôt dire que, quand ça va bien, un journal commercial aussi peut produire de l’information de très grande qualité, mais quand ça va mal, quand un journal ne génère plus de profits, il faut bien trouver des solutions de rechange pour s’assurer de la production d’une information de qualité.» Marc Raboy souligne alors que le Congrès américain a recommandé il y a quelques mois de favoriser l’émergence de compagnies sans but lucratif pour prendre le contrôle des entre- prises médiatiques.«Il faut réfléchir en ce sens pour mettre les journaux à l’abri des contraintes et des pressions, dit-il.Le journal en tant qu’insti-tution, le journal comme mécanique à collecter, à critiquer et à distribuer de l’information, peu importe par quelle entremise, a encore un avenir illustre.Le défi qui se pose, et qui se pose aux démocraties, c’est de trouver le modèle structurel qui permettra à cette institution de perdurer.» Le Devoir offre un de ces modèles.The Guardian de Londres, un autre merveilleux journal anglophone, a le sien et Liz Forgan, présidente du Scott Trust, qui le contrôle, sera ici vendredi prochain pour en parler.«La raison d’être du Trust est de subventionner The Guardian, qui n’est d’ailleurs pas tout à fait rentable, explique le professeur Raboy.D’autres activités profitables, y compris d’autres journaux, permettent donc de soutenir la production d’une information de qualité.» Il sera bien sûr question des nouveaux médias, des nouvelles expériences en ligne, des indépendances plus ou moins expérimentales qui cherchent tout autant un modèle d’affaires viable.Ce monde neuf se rattache d’ailleurs au vieux, les plus intéressants nouveaux médias étant souvent des dérivés des anciens.A ce propos, l’excellent site du New York Times sera payant à partir de l’année prochaine.«Mais nous traitons d’abord et avant tout de l’indépendance des journaux parce que ces médias se retrouvent à la base de la structure d’information, dit finalement Marc Raboy, joint cette semaine à New York.Longtemps, on les a crus invincibles, comme des dinosaures.On se rend compte maintenant de leur fragilité et de leur importance.» Le Devoir BUDGET SUITE DE LA PAGE 1 que les conservateurs ne veulent pas nous dire cela, parce qu’ils veulent cacher les mauvaises nouvelles.Si on dit un gel, on ne sait pas encore quels programmes sociaux on va perdre, qui seront les Canadiens qui vont souffrir.C’est inévitable que si on a un gel pour trois, quatre ans, il faille couper des programmes sociaux.» Selon le député bloquiste Pierre Paquette, «il faut qu’il y ait une étude beaucoup plus précise des ministères, mission par mission.On ne pense pas que du mur-à-mur soit la bonne façon de procéder».Quant au NPD, il déplore que le choix des restrictions budgétaires soit fait par les fonctionnaires et non les élus.«C’est important que le Parlement ait un droit de regard sur ces décisions.Laisser [ce choix] aux ministres et sous-ministres, ça peut produire de grands problèmes, estime le chef, Jack La^on.Mon inquiétude, c’est que M.Harper poursuive son approche idéologique par rapport aux programmes du gouvernement.On sait qu’il n’aime pas beaucoup le gouvernement en soi!» Des ministres rassurants Les ministres interrogés hier se sont montrés confiants.«Il n’y a pas de doute dans mon esprit qu’il y a au sein du gouvernement beaucoup de possibilités d’économies administratives», estime le ministre du Commerce international, Peter Van Loan.L’attrition de personnel, à son avis, y sera pour beaucoup.Il a toutefois admis qu’il ignorait la valeur de l’augmentation salariale dans son ministère et donc la valeur des économies devant être dénichées.Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, dit «assumer totalement la responsabilité de [son] ministère», mais il indique que ce sont «les dirigeants du ministère, qui sont très professionnels, comme dans les autres ministères, qui évalueront de manière responsable la performance d’Environ-nement Canada dans chacune de ses missions».Le ministère de l’Environnement fait partie des trois ministères qui sont soumis à un régime minceur en vertu de l’exercice de révision stratégique.n a trouvé 53,1 millions de dollars à couper dans ses dépenses internes au cours des trois prochaines années.Les salaires à financer à l’interne s’ajouteront à cette somme.Ressources naturelles (102,9 millions) et Sécurité publique (35,8 millions) sont les deux autres ministères touchés.Huit agences et commissions fédérales de toutes sortes ont aussi trouvé des économies, de même que le Service canadien du renseignement de sécurité (15 millions), pour un total de 686,1 millions en trois ans.Le budget ne précise pas d’où le reste du 1,3 milliard promis proviendra.Le gel, bien que réalisable, sera difficile, croit pour sa part l’ancien greffier du Conseil privé, Mel Cappe.«Les fonctionnaires vont trouver les moyens d’atteindre les objectifs, mais ça va changer la qualité des services, croit-il.On ne peut pas faire plus avec moins.On peut faire moins avec moins.Il n’y a pas beaucoup de gaspillage et de duplication, assure cet ancien grand patron de la fonction publique fédérale.Il y en a, mais au même titre qu’il y en a dans une grande entreprise comme Air Canada.» Il donne l’exemple de GM, qui a fermé des usines et congédié des employés.«Le public a arrêté d’acheter des autos!» L’IPFPC, le syndicat représentant les 57 000 ingénieurs, chercheurs, médecins et autres professionnels de la fonction publique, craint le pire.«Ce ne sont pas nécessairement des services directs à la population qui seront affectés, mais le public verra la différence dans le futur, estime son président.Gary Corheh.Admettons qu’une conduite de pétrole sur un site d’extraction éclate, il y a un fonctionnaire d’Environnement Canada qui se rend sur les lieux.Il a des pouvoirs similaires à ceux d’un policier.Il fait enquête, et c’est lui ensuite qui recommande s’il y aura poursuite et à qui impartir la faute.» Avoir moins d’argent, illustre-t-il, c’est permettre moins de sorties sur le terrain de ces inspecteurs.Denis Desautels, ancien vérificateur général du Canada et ex-directeur du Centre d’études en gouvernance de l’Université d’Ottawa, n’est pas aussi pessimiste.Selon lui, il est possible de réduire les frais de déplacement des fonctionnaires, ou encore celles des télécommunications (en réduisant le nombre de BlackBerry en circulation, par exemple).«Ce n’est pas si dramatique que ça.» Il concède toutefois qu’au-delà d’une année, le gel fera plus mal.«Après deux ou trois ans, ça devient plus difficile.D’autres solutions devront être trouvées, dont l’élimination de certains programmes.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.coin Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9"^ étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Les abonnements Au téléphone Par télécopieur Par courriel 514-985-3344 514-985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la 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services de Timprimene du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007
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