Le devoir, 6 mars 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 THEATRE L’enfer, c’est Pascale Bussières, dmsHuis clos au TNM! Page E 3 CINEMA Le retour de l’homme le plus dangereux des États-Unis Page E 9 CULTDRE «Cet animal s’amuse à remuer LE SOL sous NOS PIEDS ET À RENVERSER NOS CONFIGURATIONS HABITUELLES» f, Af */' '-V- m.;s; ¦ mmè-4 Mathieu Beauséjour, la taupe révolutionnaire Il recevait le prix Giverny Capital en février.Une première reconnaissance pour un artiste peu conformiste que Ton peut voir dans le cadre de l’événement Art souterrain jusqu’au 14 mars lANICK MARCIL Performance Monument JÉRÔME DELGADO La cagoule bien enfoncée, «sa» guillotine derrière lui (l’œuvre Monument), Mathieu Beauséjour a joué les bourreaux lors de la Nuit blanche.Son «tableau vivant», comme il désigne ses performances où il répète un même geste sans fil narratif, avait des airs gothiques.Le rouge sang du vin maculait son froc blanc, on entendait une musique faite de bruits et de sons méta-liques.Lui, l’artiste qui s’est fait connaître pour avoir marqué des billets de banque du tampon «virus», cassait des cents noires.Monument, l’œuvre-guillotine créée en 2007, est exposée dans le cadre de l’événement Art souterrain, en cours jusqu’au 14 mars.Elle a atterri dans un corridor sous la tour de la Bourse.Un hasard qu’a su exploiter Mathieu Beauséjour.«J’ai voulu faire un spectacle, dit-il.Par rapport à la Bourse, c’était.de la haine.J’essaie de trouver un autre mot, mais c’était ça.Je rendais obsolètes 23 rouleaux d’un cent.» L’argent et son pouvoir Même un Mathieu Beauséjour, avec son âme anarchiste, n’arrive pas à s’en distancer.Il y a un mois, il recevait le prix Giverny Capital, un gros prix, par sa valeur (10 000 $) et par le jury qui l’a attribué — des représentants de quatre musées québécois plus Louise Déry, de la galerie de l’UQAM.Giverny, du nom de la firme de gestion de portefeuilles.«Il n’y a pas paradoxe, mais c’est sûr que ça fait sourire», dit le lauréat, avant de lâcher un des commentaires épicés qui font sa réputation.«L’argent attire l’argent.J’ai fait un pacte avec le diable.» François Rochon, président fondateur de Giverny Capital, vit bien avec le choix du jury.«L’artiste, croit-il, doit porter un regard différent sur la société.Je ne me sens pas visé, et si je le suis, eh bien, il a le droit de le faire.C’est son rôle.» Ce prix.Rochon l’a d’ailleurs créé pour «reconnaître un artiste à sa juste valeur».Beauséjour, vierge de tout prix jusque-lâ, il le connaissait â peine, preuve qu’il correspondait au candidat idéal.Actif depuis une quinzaine d’années, jadis porte-parole du centre Clark, aujourd’hui au Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec, Mathieu Beauséjour a bâti sa pratique sur deux axes.La résistance â l’oppression, politique comme esthétique, et la mise en valeur de la collectivité.Pour Bernard Schütze, un des auteurs de la monographie accompagnant l’exposition â la Fonderie Darling pour laquelle a été créée la guillotine (et des tables de pique-nique gravées de principes révolutionnaires), Mathieu Beau-séjour est une «taupe qui dérange».«Cet animal s’amuse à remuer le sol sous nos pieds et à renverser nos configurations habituelles, écrit-il.Beauséjour a commencé sa carrière à la manière d’une taupe, en creusant dans les tunnels de l’échange monétaire et en causant des perturbations mineures, mais symboliquement signifiantes.» Ses installations, ses photographies et ses performances portent la révolution tatouée, chantent l’Internationale et se posent en porte-â-faux du capital.D’une œuvre â l’autre, de son Survival GUY L'HEUREUX Performance Monument Virus de survie (l’estampe apposée sur 5000 billets de dollars canadiens entre 1991 et 1999) â Monument, il s’approprie et donne de nouvelles interprétations â des icônes historiques.«Des objets de pouvoir, souligne-t-il, l’argent est celui auquel tout le monde peut s’identifier.On connaît ses mécanismes.Et c’est un objet banal, un bout de papier, un bout de métal.» L’avant et l’après Ces dernières années, il a remplacé le billet par la pièce de monnaie.Sa série Kings and Queens of Québec (oui, comme ça, en anglais et avec un accent aigu) reproduit, sur fond noir, les effigies que l’on retrouve sur la monnaie.Il en a fait une installation in situ dans le vénérable palais du Tau, â Reims, lors de l’expo Québec Gold, en 2008.«Je suis passé, dit-il avec son sarcasme habituel, de la guillotine à des têtes coupées.» Cette série de rois et de reines est un pivot dans sa pratique.L’avant, c’était des «lieux de convergence»: un local anarchiste {Spare Some Social Change, 2001), une place publique {Monument), un appartement {1/2 métro Côte-des-Neiges, 2006).L’après, ce sont des expériences davantage solitaires et ésotériques, dont une en particulier qui l’occupe, autour du mythe d’Icare.Hier l’étoile rouge, désormais le soleil lumineux.S’il croit encore au collectif, il se dit aujourd’hui «désillusionné».Il ne comprend pas pourquoi les gens ne se révoltent pas.Ses projets futurs seront dès lors portés par des réflexions intérieures, intimes.«Icare, c’est l’effondrement du capitalisme, la volonté d’aller de plus en plus VOIR PAGE E 2: LA TAUPE E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 CULTURE Le chemin des dames Odile Tremblay etour de la Journée internationale des femmes lundi prochain.Confusions, reculs, reniements d’usage, solidarité annuelle fragmentée, mais célébration tout de même et occasion de sentir qu’on ne saurait briser des mentalités millénaires en deux coups de cuillère à pot.«Féministe, moi, jamais!», clament bien des jeunes femmes, pour qui le mot semble recouvert d’une carapace préhistorique.Faute de recul, il faut remonter quelques décennies en arrière, hier en somme, et peut-être aujourd’hui, pour sentir la fragilité de ces acquis.Soufflez dessus et le bâtiment vacille.Suffit parfois de replonger dans des textes littéraires des années 60 et 70 pour toucher du doigt les contradictions, les espoirs, les craintes dont s’est nourri le féminisme dès ses débuts.Surtout quand il ne s’affichait pas comme tel.L’œuvre de Madeleine Perron, disparue en fin de semaine dernière, m’apparaît révélatrice de ces tiraillements, car la dame se tenait à la tête des eaux, un pied dans une tradition pas totalement reniée, un autre dans un avenir à construire.Cette écrivaine-là avait commencé à écrire sur le tard, quadragénaire au milieu des années 60, à pne époque où toute la société changeait.Elevée dans la religion, mais anticléricale.issue d’une génération marquée par la Grande Noirceur, mais ayant grandi au sein d’une famille d’artistes et d’intellec- tuels.Féministe, mais sans la rage de ses ca-deftes.Oui, à la tête des eaux.A l’annonce de sa mort, des fragments de cette femme-là me sont remontés en mémoire.Par toutes sortes de recoupements, Madeleine Perron avait été çà et là présente dans mon décor de jeunesse, ombre tutélaire.Confusément, je la sentais forte de prendre la plume quand son frère Jacques, auteur de L’Amélanchier et de La Charette, était déjà un auteur si célèbre, fondateur du Parti Rhinocéros par-dessus le marché, vraie sommité.Forte aussi d’avoir survécu à la personnalité flamboyante de son mari, l’avocat Robert Cliche, sorte de lion rugissant à crinière.Les femmes se tenaient debout dans sa famille et créaient.Sa sœur Marcelle, signataire du manifeste Refus global, a laissé dans son sillage des verrières et des tableaux lumineux.Elles étaient des modèles pour les plus jeunes, des ovnis pour leur génération.Madeleine Perron, fine observatrice de mœurs au style de précision, de dérision, préférait la nuance à la force de frappe, comme tant 4e femmes depuis que le monde est monde.A la librairie, j’ai couru racheter deux de ses recueils de nouvelles, avant de les dévorer, fascinée.Dans Cœur de sucre, le premier ouvrage de sa vie, elle écrivait en 1966: «J’aime les gens qui meurent avec une discrète rapidité, qui ferment leur grand livre en effeuillant à peine les dernières pages.» Mais l’alzheimer qui l’emporta à 87 ans ne lui laissa guère le luxe de cette discrète rapidité.Son dernier compagnon, l’urbaniste Jean Cimon, s’est beaucoup occupé d’elle en fin de vie.De cela aussi, j’ai entendu parler.Elle eut de la chance dans son malheur.Son recueil Le Chemin des dames fut écrit en 1977.Perron y brosse toutes sortes de 'S "V JACQUES GRENIER LE DEVOIR Madeleine Perron en 1993, lors de la sortie de son roman Adrienne portraits de femmes aliénées, mais poussant le couvercle.Des élans féminins balbutiants, souvent brisés sous le poids des interdits, pesant lourd dans sa Beauce qui sert de cadre à plusieurs récits.M’enfonçant dans le livre, je l’ai accompagnée dans un univers à peine décalé dans le temps, exotique malgré tout.Les femmes de ses nouvelles cherchaient à tâtons à se libérer, malgré des obligations de famille, un mari venu de Mars.Ses veuves sont joyeuses, ou enjolivent en pensée l’époux jadis indifférent, aimantes malgré tout.Elle parle d’une femme ancrée dans la vie sociale qui aurait préféré une chambre à elle.«Je suis née solitaire comme d’autres naissent infirmes», avouait-elle alors tout simplement devant le regard interrogateur de son mari.Surgissent les vieilles histoires de fiancée qui se jette dans un puits au matin de ses noces, «flottant à la surface de l’eau, nimbée de son voile de mariée».Par ici aussi «la tante répudiée par sa famille, bannie de son village natal pour avoir épousé un Frank Taylor anglophone et protestant».Des destins tragiques, émouvants ou comiques: celui de cette mère épuisée par les grossesses et le travail à la ferme, qui feint la maladie mentale pour s’évader d’un quotidien trop lourd.Cette coiffeuse cynique et libertine, cette amoureuse en quête d’indépendance financière afin de se sentir l’égale du mari, cette inspectrice de caisse populaire, nouvellement promue, trop zélée au travail, soudain effrayée à l’idée de se faire exploiter sur le terrain professionnel comme ailleurs.Les héroïnes ne choisissent pas leur sort, ou le cas échéant le paient cher.Ces portraits écrits il y a un peu plus de trente ans parlent de nos mères, de nos grands-mères et, quoiqu’on se sente parfois à des années-lumière de leur mode de vie, beaucoup de nous-mêmes aussi.otremblay@ledevoir.corn OÆ ACTI— PIERRE A PIERRE HOME DIBUIXAT Dimanche 7 mars, 11 h et 15 h Théâtre de marionnettes Le théâtre espagnol l'Home Dibuixat présente Pierre à Pierre, un spectacle conçu pour réveiller l'imagination des tout-petits grâce à des objets inanimés.Parce que si on regarde à l'intérieur d'une pierre, c'est tout un monde qu'on découvre ! Salle E Casteliers Partenaire MÉDIA ^ laplacedesarts.com 514 842 2112/1866 842 2112 PROGRAMMATION COMPLETE jeunesse.laplacedesarts.com LE DEVOIR ¦T I® groupe de H I9veillee - présente du 13 avril au 8 mai ¦*' fC avec Andrée Lachapelle Marie-France Marcotte Chantal Dumoulin Gabriel Arcand Concepteurs : Lude Bazzo, linda Brunelle Véronique Bertrand, Érik Shoup ON JOUE AU [pROSPÉB]/ Réservation 514 526-6582 Admission 514 790-1245 Québec nn Sonlte .a automne cl automne de JNUPSrAIR5IA2.C0M • WWW.UPSTAIR5IA2Z.COM E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Simon Boccanegra, un Verdi à découvrir L’opéra méconnu de Giuseppe Verdi prend l’affiche de l’Opéra de Montréal samedi prochain pour cinq représentations CHRISTOPHE HUSS Ly œuvre, appréciée des ama-' Leurs d’art lyrique, est peu connue du grand public.C’est pourtant un ouvrage important de Verdi, renfermant l’un des plus beaux rôles de baryton de tout le répertoire.Condition sine qua non avant de l’apprécier: il faut se dépêtrer de l’intrigue.Ce n’est pas toujours une mince affaire.Le premier doge Nous sommes au XfV" siècle, à la veille de l’élection du premier souverain de la république de Gênes.Patriciens (nobles) et plébéiens s’opposent.La candidature du corsaire Simon Boccanegra, au nom des plébéiens, est poussée notamment par Paolo Albiani.Boccanegra a pour ennemi Jacopo Fiesco, important patricien.Mais Boccanegra est aussi amoureux de Maria, la fille de Fiesco, avec laquelle il a eu une fille illégitime, qu’il a placée en pension chez une vieille dame.Maria vient de mourir et Fiesco n’accepte l’idée d’une réconciliation avec Boccanegra que si celui-ci lui rend sa petite- fdle.Le corsaire ne peut satisfaire à cette exigence, car l’enfant a disparu.Sur le plan personnel, tout va mal, mais Boccanegra est élu.Ceci résume le prologue.L’opéra proprement dit, en trois actes, se déroule 25 ans plus tard.Boccanegra est devenu un doge respecté, ferme mais épris de paix.Fiesco s’est exilé sous le nom de Grimaldi et a recueilli une jeune orpheline nommée Amelia.Celle-ci, devenue une belle jeune fdle, est éprise de Gabriele Adorno, le chef des patriciens.Mais elle est aussi convoitée par Paolo Albiani, devenu le bras droit du doge.Boccanegra se rend dans la demeure des Grimaldi afin de demander la main d’Amelia pour Paolo.Là, beaucoup de surprises l’attendent: il découvre qu’Amelia est en fait sa fille et qu’elle aime Gabriele, son principal opposant politique.Boccanegra, très ému par les retrouvailles, refuse la main de sa fille à Paolo Albiani.Ce dernier, furieux, décide de l’enlever.La suite varie selon que l’on joue la version originale (1857) ou révisée (1881) de l’opéra.C’est cette dernière qui sera présentée à Montréal.Gabriele Adorno a réussi à retrouver sa chère Amelia et à la libérer.En pleine scène du conseil, il accuse le doge du forfait.Ce dernier parvient à rétablir le calme, surtout qu’Amelia, qui dit connaître le nom du coupable, le disculpe.Paolo est obligé de maudire le coupable: lui-même.Les deux derniers actes peuvent être résumés par le sous-titre Assassinat et œuvres de paix de Boccanegra.Le méchant Paolo verse du poison dans la coupe du doge et incite Gabriele Adorno et Fiesco (alias Grimaldi) à tuer Boccanegra.Fiesco refuse.Gabriele est bien tenté, mais sera stoppé par Amelia.11 se repent, Boccanegra pardonne et l’envoie porter un message de paix à ses partisans.Au dernier acte, la santé de Boccanegra se dégrade, Paolo est démasqué et mené à la potence.En chemin il croise Fiesco, auquel il révèle avoir empoisonné Boccanegra.Ce dernier, au plus mal, avant de mourir, fait la paix avec Fiesco et bénit l’union d’Amelia avec Gabriele Adorno, qu’il proclame comme son successeur.Un personnage fort Dans la décennie 1850, qui voit la réalisation de la version princeps de Boccanegra, pour le théâtre de La Fenice de Venise, Verdi est obsédé par une adaptation lyrique du Roi Lear.Boccanegra sera en quelque sorte son Lear de substitution.La premier Boccanegra est un four.On joue logiquement en général la version révisée par Arrigo Boïto en 1881, qui portera l’ouvrage au triomphe et comprend deux innovations majeures: une impressionnante scène du conseil (acte 2) inspirée par deux véritables lettres de Pétrarque réclamant la paix entre les républiques de Gênes et de Venise, ainsi qu’un grand monologue de Boccanegra quj cerne sa stature d’homme d’Etat.Pourquoi Simon Boccanegra n’est-il pas plus populaire?11 y a trois raisons majeures.C’est davantage un opéra de scènes que d’airs.Par ailleurs, l’intrigue est touffue, avec pas mal de raccourcis plus ou moins cré- Musique élisabéthaine pour Broken Consort, Direction musicaie : Sylvain Bergeron | Margaret Little { Susie Napper ( Une production de La Mef En CO laboration avec ' ^Lv hu! Samedi 13 mars 2010 a 20h Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, 400, rue Saint-Paul Est, Montréal Billets : Réguliers 25$ | Aînés 20$ | Étudiants 10$ 514.790.1245 wwwla-nef.com La Nef Admission 514.523.3095 ï LES IDEES HEUREUSES -nrnçviftie sotÿ- « Le concert de toute une vie ! » VALERY Gergiev Un des chefs les plus charismatiques au monde Orchestre Mariinsky DE SAINT-PÉTERSBOURG Un des plus grands orchestres de la planète en première à Montréal Denis Matsuev «Un virtuose dans la plus grande tradition russe » Gramophone Berlioz : Les Troyens (extraits) Rachmaninov : Concerto pour piano n-S Chostakovitch : Symphonie n° 75 14 MARS ¦ 19h30 UN SOIR SEULEMENT ’ SAEEE WiEERID-PEEEETIER laplacedesarts.com #classique musique 514 842 2112/1 866 842 2112 100,7“ Une présentation de ShowOne/Svetlana Dvoretskaia •www.showoneproductions.ca SOURCE OPERA DE MONTREAL Le baryton Alberto Gazale sera Simon Boccanegra.dibles.Enfin, les deux piliers vocaux sont un baryton (Boccanegra) et une basse (Fiesco).On a évidemment une soprano (Amelia) et un ténor (Gabriele), mais ils ne sont pas les pivots de l’ouvrage.Il faut faire fi des préjugés: un Simon Boccanegra bien monté — comme récemment au Met — est un spectacle poignant, musicalement très raffiné.Distribuer cet opéra est un défi à la hauteur du Trouvère ou d’Otello.L’Opéra de Montréal a misé sur deux Italiens, le baryton Alberto Gazale (Simon Boccanegra) et le ténor Roberto De Biasio (Gabriele Adorno) et sur une basse turque, Burak Bilgili (Fiesco).Nous sommes aussi heureux de retrouver, en Amélia, la so- prano Hiromi Omura, inoubliable Butterfly il y a deux ans.Keri-Lynn Wilson dirigera l’Orchestre métropolitain et David Gately, qui a fait ses preuves ici dans Don Pasquale et Lucia di Lammermoor, mettra en scène.Le Devoir SIMON BOCCANEGRA Opéra de Giuseppe Verdi.Alberto Gazale, Burak Bilgili, Roberto De Biasio, Hiromi Omura, Daniel Sutin.Direction: Keri-Lynn Wilson.Mise en scène: David Gately.Décors: John Coyne.Eclairages: Guy Simard.Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts, les 13,17, 20, 22 et 25 mars 2010 à 20h.® 514 842-2112.Q^^Ouébec MuSS PRÉSEKTE 2009 - 20 I 0 Lundi, 8 mans 2010 à 19 h 50 Divas www.piLomusicajDivas.com au Théâtre Maisonneuve Cfe veRONika eBeRLe,moZon de l’Allemagne « Veronika Eberle est l’une des musiciennes les plus prodigieusement douées que j’ai pu entendre.Il est probable qu’elle compte bientôt parmi les artistes européennes les plus en vue.» (Sir Simon Rattle) • Schubert, Sonate (Grand duo) en la majeur, D 574 • Debussy, Sonate en sol mineur • SchumEinn, Sonate n° 2 en ré mineur, op.121 en ré mineur, op.108 www.promusica.qc.ca | Tél.514.845.0532 laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 40 $, 35 $, 20 $ (étudiants) 1»XES et frais en sus Québec e fl BELLA COSTflfll LE 15 MARS A 19H30 EXTRAITS D’UN OPÉRA PASTORAL DE C.GRAUPNER EN VERSION CONCERT AVEC DANSE BAROQUE SALLE PIERRE-MERCURE - CENTRE PIERRE-PÉLADEAU NATHALIE PAULIN, SOPRANO - NORMAND RICHARD, BASSE LES JARDINS CHORÉGRAPHIQUES, DIR.MARIE-NATHALIE LACOURSIÈRE L'ENSEMBLE DES IDEES HEUREUSES, DIRECTION GENEVIÈVE SOLY BILLETTERIE : ADMISSION.COM • IDEESHEUREUSES.CA A • m m m m m m m m m m mm m m ¦¦¦¦ mm m i \S âV^â ¦ orchestre baroque Direction artistique Claire Gulmond J.S.BACH CANTATES & CONCERTOS 11 & 12 mars, 20h Salle Claude-Champagne, Université de Montréal j ^ Edouard-Montpetit (Navette gratuite disponible) Conférence avant-concert VIP par François Filiatrault, musicologue chef invité: Alex Weimann claveciniste (Canada) Soliste invitée: Christine Grandes soprano (États-Unis) BILLEHERIE & INFORMATIONS Billets à partir de 10$ I 514.355.1825 www.arionbaroque.com Québec Sn Hydro Quét ©l3i^Gry iv:i-j:iTTn ^^nscontinental DROIT «-AFFAIRES USCENA Québec £ ¦•1 CONSEILDESARTS Canadian DI MONTREAL Heritage LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 E 7 CULTURE JAZZ Tout commence avec Malaby SERGE TRUEEAUT Oyez, oyez, braves gens! Le saxophoniste ténor Tony Malaby a fait le trajet New York-Montréal.Son point de chute?L’Upstair’s, où il se produira ce soir en compagnie du trio de Marianne Trudel, pianiste d’une finesse certaine.Plus tard dans le mois, le batteur Matt Wilson, le contrebassiste Larry Grenadier et le guitariste Peter Bernstein emprunteront la même route que celle de Malaby pour jouer eux aussi au même endroit.Bref, le mois du Upstair’s est un gros mois.Bon.On ne connaît pas très bien Malaby?C’est bien simple, ceux qui fréquentent la Casa del Popolo ou la Sala Rossa savent fort bien qui il est.On introduit le sujet ainsi parce que Malaby allie, mélange, fusionne un son ample avec une déclinaison de notes très actuelles, très modernes, très urbaines qu’affectionnent les abonnés à la Casa.En un mot, Malaby est amant de l’improvisation.Au cours d’une discussion, il nous a longuement confié combien il aimait jouer dans l’instant ou, plus exactement, combien il appréciait prendre le pari du moment, du risque.11 y a du futurologue en lui, de l’aventurier, de l’éclaireur.Cela précisé, on ne sera pas étonné d’apprendre qu’à New York comme en Europe, il joue en compagnie des instrumentistes les plus portés vers l’avenir, et non vers le passé, sans pour autant renier totalement celui-ci.Peut-être que le meilleur moyen de vous sensibiliser, si possible, à son art est d’évoquer les noms de ceux qui ont fait appel à son jeu où les emportements et la note allongée, méditée, dominent.Qui sont-ils?Charlie Haden pour Liberation Music Or- chestra, Paul Motian pour son Electric Bebop Band, Mark Elias, Michel Portai, Tim Berne, Marty Ehrlich, Daniel Humair, Torn Rainey, William Parker (Yes!).soit le club regroupant tous ceux qui bousculent les conventions dans la joie.Si vous avez une inclination pour la curiosité, ou plus précisément si vous avez du goût pour des univers sonores où se côtoient les fantômes de Julius Hemphill et de Jimmy Giuffre avec les bien vivants Paul Bley, Evan Parker et autres, alors on vous conseille l’acquisition de son album Voladores paru sur étiquette Clean Peed Records.Cela étant, l’alchimie du style éclaté de Malaby avec celui d’une Trudel encline aux subtilités, aux ponctuations des nuances, devrait produire de l’intéressant dans le sens le plus singulier du terme.C’est une histoire de prix, du bon prix, si tant est que celui-ci puisse exister.C’est tout simple, lors de notre shopping musical, on a eu la surprise de tomber sur des albums produits par l’étiquette Nocturne qui retracent l’histoire du jazz de l’époque classique avec des pochettes dessinées par le caricaturiste Cabu.Où est la surprise?La Bouquinerie du Plateau, située au 799 de l’avenue du Mont-Royal Est, vend chacun de ces doubles compacts, tous neufs, à 12 $, au heu de 20 $ et bien davantage dans les autres magasins ou chaînes.C’est vraiment de l’aubaine! Count Basie, Jimmy Lunceford et autres Duke Ellington à 12 $! Pour une fois qu’on ne prend pas le consommateur pour un cochon de payant.Le Devoir S S DE CŒUR ARTISTE IN¥ITÉ:KLEZTORY CHEF: ALAIN TRUDEL AU PROGRAMME: MUSIQUE KLEZMER ET SYMPHONIQUE Yf ORCHESTRE |b symphonique W DELAm J Alain DSLDC.CA EXPOSITIONS La séduction des images BOX Olivia Boudreau, Dazibao, centre de photographies actuelles, 4001, rue Berri.www.dazibao-photo.org JÉRÔME DELGADO Ses images sont séduisantes, pour ne pas dire alléchantes, érotiques.L’art d’Olivia Boudreau, prometteuse vidéaste diplômée de l’UQAM, met constamment le public dans une position inconfortable.L’œil accroche, s’accroche, en attente d’un dénouement (heureux?), d’un moment de plus à savourer.Sans doute, il y aura déception de ce côté-là.Mais c’est dans cette confrontation du spectateur consommateur, du spectacle consommation, que réside la force de ce travail.L’exposition à Dazibao, inaugurée lors de la Nuit blanche, n’est d’ailleurs composée que de deux œuvres.L’espace très grand de la galerie, avec ses deux salles, semble presque inoccupé.Les deux vidéos, pourtant sonores, se font aussi très discrètes.Et elles sont de longue durée, de très longue durée (23 heures, pour l’une d’entre elles), avec des plans-séquences, des plans fixes, dans lesquels il ne se passe rien.Ou peu de choses.Aussi bien dire que le visiteur est, en partant, condamné à une certaine frustration.Physiquement, aussi, l’expérience peut s’avérer difficile, exténuante, si jamais on s’évertue à vouloir tout voir.Quotidien et sexualité confondus Dans la grande salle, la pièce-titre, Box, montre le quotidien d’un cheval dans son écu- rie (c’est elle, l’œuvre de 23 heures).Selon le moment que l’on attrape, il peut se passer quelques minutes avant de comprendre la scène.L’artiste a une manière de cadrer, très soignée, très serrée, qui multiplie les ambiguïtés.En fait, ce sont souvent des détails (une courroie) ou des bruits hors champ (le cheval qui mange, un chien qui aboie) qui nous éclairent.Autrement, même dans le dos noir du cheval (symbole érotique s’il en est un), surgit une ligne sinueuse, un corps étendu, offert au regard.Olivia Boudreau travaille sur la sexualisation du corps.C’était très explicite dans Pelures, l’œuvre de fin de maîtrise dévoilée l’an dernier à la galerie de l’UQAM.La figure féminine, qu’elle personnifie souvent elle-même, traverse de manière régulière sa pratique.Dans La Levée, l’autre vidéo de l’actuelle expo (celle-ci de 53 minutes), une femme, dans l’obscurité, se déshabille.On ne voit que ses jambes, on ne la voit que pendant un court laps de temps — moment clé remarquez: elle enlève sa culotte.Le reste, dans le noir total, se devine à travers les quelques indices sonores.Le geste est répété, la scène est recommencée, une façon de nous entraîner dans une réalité où le quotidien et la sexualité se confondent.C’est une critique féministe, certes pas nouvelle, mais qui se distingue par un rapport avec le spectateur très intimiste que met en scène Olivia Boudreau.Très constante d’une vidéo à l’autre, celles-ci toujours animées par la lenteur de leurs 'N SOURCE CENTRE DAZIBAO Une séquence tirée de Box, une vidéo d’Olivia Boudreau images, elle explore des éléments propres à son art (le temps, le cadrage, la lumière, le son, le hors-champ).C’est en acceptant ces normes, ce jeu du regardeur, que l’on peut assumer sans embarras le fait d’être séduit.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Québécor Media ANALE KTA Angele Duseau & La Pietâ A DÉCOUVRIR ARCHAMBAULT Arvo Part Portrait ANGÈLE DUBEAU &LAPIETA Arvo Part, Portrait CARISSIMI ORATORIOS aimeî/fj Après Philip Glass: Portrait, Angèle Dubeau nous entraîne sur les traces du compositeur contemporain Anro Part.Souvent qualifiée de méditative, Part décrit sa musique comme une lumière traversant un prisme, chaque auditeur en ayant une perception dlftérente.Arvo Part: Portrait, un album nécessaire pour une époque qui ne semble pouvoir s’arrêter.L’ensemble vocal Les Voix Baroques chante quatre histoires sacrées de Cartssiml: Jonas, Jephte, Ezechia et Job.Des voix émouvantes sur des textes sacrés qui résonnent encore aujourd’hui.LES VOIX BAROQUES LES VOIX BAROQUES SUZIE LEBLANC, MATTREW WHITE CarissimI Oratorios 1499 U CO 'UJ I— s > O HÉLÈNE PLOUFFE Viola D’Amore ELSONFRÊIfiJ UTj mW SHANNON MERCER, SYLVAIN BERGERON Caccini, 0 Viva Rosa NELSON FREIRE Chopin, The Nocturnes MEASHA BRUEGGERGOSMAN Night and Dreams CO 'UJ I— S > o Ba CECILIA BARTOLI -1799 Sacri1icium,TheArt • » of the Castrati ELINA GARANCA, 1799 LAURENCE BROWNLEE, METROPOLITAIN OPERA ORCHESTRA Rossini, La Cenerentola Hydro Québec présente fsstival Orford 2010 La semaineX Kent Nagarp\ eti’OSM du 31 juillet au 8 août 2010 Venez entendre l'OSM, de grands solistes dont les pianistes AIdo Ciccolini et Till Fellner, le violoniste Christian Tetziaff, la soprano Adrianne Pieczonka, le clarinettiste Jôrg Widmann, et l'OAO! dirigé par Jean-François Rivest, directeur artistique du CAO.Billets en vente dès maintenant! Tous les détails au 819 843-398111 800 567-6155 www.arts-orford.org La culture du divertissement 15 MAGASINS • ArchambaulLca • 514.849.8589 • 1.877.849.8589 SERVICE AUX INSTITUTIONS ET ENTREPRISES • Archambault-sie.ca centre d’arts .orford canadien Heritage La Tribune I I ORCHESTRE I cïÇtuI I SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL présenté par Hydro-Québec SS avâuxa LE DEVOIR E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 DE VISU Npiphes jonchant le sol NINFA MODERNA Christine Major Galerie Donald Browne 372, rue Saint-Catherine Ouest, Montréal, espace 528, jusqu’au 20 mars MARIE-ÈVE CHARRON Les tableaux récents de Christine Major osent, croit-on au premier abord, la séduction par l’audace d’une palette tonique qui s’organise en combinaisons criardes sur la toile.Quand on y regarde de plus près, quand on lit surtout les titres qui accompagnent chacune des œuvres de cette production, les compositions deviennent grinçantes jusqu’à troubler.Les Ninfa moderna, désignées par l’intitulé de l’exposition, sont une collection d’images de la femme où la violence domine tragiquement de l’enfance à la vie adulte.Le thème de la ninfa, Christine Major l’emprunte à Georges Didi-Huberman, dont elle est une lectrice assidue.Dans son essai Ninfa moderna, l’historien d’art français revient sur les travaux d’Aby Warbug qui constatait, au tournant du XX® siècle, la «survivance» du motif de la femme drapée dans l’art occidental depuis l’Antiquité.Sous forme de corps allongés, assoupis, alanguis et abandonnés, cette figure de la femme a fini à travers le temps par se délester du drapé.Didi-Huberman, inspiré aussi par les écrits de l’historien Walter Benjamin, retrouve, lui, ce drapé entre autres chez Brassai', dans ses photographies de serpillières abandonnées dans les caniveaux parisiens.Au dire de Didi-Huberman, la modernité réservait au motif de la ninfa son déclin, sa chute dans la misère; se laissant choir ainsi que son dra- pé, le corps féminin ainsi montré affirme que la vitalité du désir est proche aussi de la mort, du corps gisant,enve-loppé dans un linceul.À voir les poupées Barbie tronquées et le visage contre le sol — complètement dénudées ou déculottées — ainsi que les points de vue de tableaux dépeignant des planchers recouverts d’immondices, de tas informes, force est de constater que c’est cette part déchue de la ninfa qui a intéressé Major.Ou que l’actualité avait à offrir.Faits divers Loin en effet des nymphes idéalisées de l’Antiquité, les figures féminines retenues par Major sont celles qui ont tristement occupé l’espace médiatique récemment.L’une d’elles, révélatrice, titre le tableau 6 décembre 1989.La référence au terrible événement de l’Ecole polytechnique, dont le 20® anniversaire est encore frais, y est claire.L’image peinte, toutefois, n’est pas aussi explicite tant sa facture est grossière; les larges traits hachurent la petite surface de la toile comme s’il avait fallu la couvrir avec urgence, prestement.La scène schématisée, montrant ce que l’on devine être des ambulanciers affairés autour d’une civière, a un potentiel d’évocation puissant qui rappelle le drame tout en pouvant aussi le dépasser.Comme par le passé, la peinture de Christine Major fuit la pureté, se nourrit d’images déjà existantes provenant de sources diverses.Les photographies de tragédies et de faits divers portant sur des femmes victimes de violence composent dans factuelle série le répertoire de prédilection.Il se caractérise par son imagerie amateur ou de presse, des images dont Chambre de visionnement porno (l’affaire Jaycee Lee Dugard), 2008, de Christine Major AFGHANISTAN LES TRESORS RETROUVES UN RÉCIT DE COURAGE ET DE SURVIE Cette exposition saiuée par le public dévoile des trésors J qui ont miraculeusement survécu à la guerre et au chaos en Afghanistan.â! Y(N' S O L.-y.Ik m \ Fl regorge Internet.Et pour cause, c’est cette prolifération que semble remettre en question fartiste, qui isole et recharge à sa façon les images que la multiplication a parfois plongées dans l’indifférence ou transformées en vulgaire spectacle.L’affaire Jaycee Lee Dugard est d’ailleurs un de ces thèmes retenus par la peintre, qui s’est approprié des photos des lieux où la jeune fille a été retenue en captivité pendant 18 ans, images que les médias ont largement diffusées.Il en est ainsi de ces vues de pièces encombrées, dont l’une, notamment, nommée «Chambre de visionnement porno», possède un écran vierge, tout au centre, qui impose sa blancheur tandis que le reste de la scène s’embrouille dans des teintes de mauve, de vert et de rouge.Ces toiles, bien qu’on les sache arrimées à des référents sordides que l’on pourrait qualifier d’irreprésen- tables, sont remarquables dans leur exécution.Non pas qu’elles soient précises, mais elles trahissent la gestualité de la peintre, empruntent des accents fauves et expression- Comme par le passé, la peinture de Christine Major fuit la pureté, se nourrit d’images déjà existantes provenant de sources diverses nistes, pour donner à voir, à travers une matière picturale parfois rugueuse, des scènes frappées par des luminosités dures et nocturnes.Intensifiant la dimension tactile de la peinture, ces toiles désarçonnent le regard, dérangent et font même frissonner.Les tableaux, au nombre de 11, n’ont pas tous la même gravité.La Dépense, montrant une femme assise dans une allée d’épicerie, n’inspire pas le même effroi que Cuisine rouge, où, cette fois, le per- GALERIE DONALD BROWNE sonnage féminin est affalé au sol, inanimé, dans un autre fatras qui suggère que la tragé-diq vient d’arriver.À travers le désordre de cette scène se trouve un chat.Ailleurs, c’est un chiot et un oiseau en vol.Dans Survivants, ce sont les visages souriants d’une poupée Barbie et d’un singe.Christine Major ne semble donc pas avoir tout abandonné du bestiaire qui occupait ses séries antérieures et à travers lequel elle étudiait les travers humains.Cette production récente s’en distingue par ses sujets, marquant un tournant dans le travail de l’artiste, qui continue pourtant à faire de sa peinture le lieu d’une réflexion incisive et sin-^lière sur l’image et les relations de pouvoir.Collaboratrice du Devoir UNIQUE PRESENTATION en Amérique du Nord! Ferme le 25 avril.Organisée en collaboration avec ?NATIONAL GEOGRAPHIC GALERIE DIVISION - H?s ^ A.' MUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONS CANADIAN MUSEUM OF CIVILIZATION Partenaire média OTTism&CrnzEN vvvvw.civilisations.ca/tresors 1100, rue Laurier, Gatineau, QC Canada mmi NOUVEL EMPLACEMENT BONNIE BAXTER L'AMÉRIQUE DE JANE EXPOSITION 10 MARS AU 24 AVRIL 2010 VERNISSAGE ET LANCEMENT DU LIVRE «ROSE DÉSARROI», ÉDITIONS ROSELIN LE 10 MARS, 17 H À 19 H GALERIE DIVISION 1368 AVENUE GREENE | WESTMOUNT QC | T : 514.938.3863 | www.galeriedivision.com DU LUNDI AU VENDREDI DE 10 H À 18 H | LE SAMEDI 10 H À 17 H LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 E 9 CINEMA IcfeACÛLâ UliFILMDESERMÂN 6UT1ÉRREZ ET CARMEN GARCIA K-FILMS AMÉRIQUE PRÉSENTE ^ k k k r> CS ?-film À VOIR absolument.ifcGotiT.bü vRAifcéa^É^ M À L’AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ ! S -SÛT- ENTREVUE Une invitation à briser les préjngés Dans Le Hérisson, premier long métrage de la Française Mona Achache, la valeur cachée des êtres se voit révélée par les liens du hasard.Il prendra l’affiche vendredi prochain en salle.ODILE TREMBLAY Il y eut d’abord le coup de cœur de la jeune cinéaste Mona^Achache pour le best-seller L’Elégance du hérisson, de Muriel Barbery.Suivi d’un désir éperdu: obtenir les droits d’adaptation cinématographique chez Gallimard.Pas évident lorsque d’autres réalisateurs sont de la course et qu’on n’a que des courts métrages à sa propre feuille de route.Mais elle et sa productrice se montraient si emballées et convaincantes que Gallimard leur a donné le feu vert.Mona Achache dit s’être laissé d’abord séduire par le jeu de ces rencontres impossibles que le sort réserve, également par l’ouverture d’esprit véhiculée dans le bouquin: cette invitation à briser les préjugés, pour voir au-delà.Rappelons que l’histoire repose à Paris sur un trio de personnages excentriques dans un immeuble: la concierge Renée Cosiane Balasko), une lettrée aux allures d’ourse; Palo-ma (Garance Le Guillermic), une petite fille surdouée et suicidaire; et le nouveau voisin Kakuro Ozu (Togo Igawa), cultivé et exotique.Chacun se métamorphose au contact de l’autre.Madame Michel cache derrière sa vie banale un raffinement secret et cette petite fille si intelligente est au bord du gouffre dans cet immeuble devenu bocal.Pour ses premières armes au long métrage, Mona Achache avait des appréhensions: «J’avais peur que cette histoire émouvante ne verse à l’écran dans le pathos.» Elle a choisi de faire alterner le point de vue de la concierge et celui de la petite fille, sans donner préséance à l’une ou l’autre.Dès le départ, la cinéaste voyait Josiane Balasko dans la peau de la concierge, mais elle craignait un refus.«Sans Josiane, qu’aurais-je fait?de-mande-t-elle.Quelle autre comédienne pouvait se ficher à ce point des apparences?Après son “oui”, je me suis demandé quel espace elle occuperait sur un tournage.En fait, Josiane vécut comme des va- cances le fait de jouer dans un film qu’elle ne réalisait pas.» La poésie et le rire Josiane Balasko, ex-prêtresse de la troupe du Splendid, actrice mythique et cinéaste notamment de Gazon maudit, précise avoir été fascinée par son personnage à contre-courant de tous les stéréotypes: la concierge au double visage.«Renée ignore posséder des trésors en elle et éprouve un choc lorsque d’autres les lui révèlent.Ce fut un rôle agréable à jouer: ni exotisme, ni sexe, ni coups de théâtre.Juste une femme qui découvre sa féminité.C’est moi qui ai eu l’idée de lui donner des sourcils bas, qui ne laissent rien transparaître de son intériorité.» Mona Achache ne désirait pas faire une transposition hollywoodienne ni une adaptation trop serrée, mais remplacer les mots par des images et des sons, en mettant l’accent sur le côté onirique, la poésie et le rire.«Dans le roman, la petite fille écrit son journal.Au cinéma, mieux valait la faire dessiner et lui donner une caméra vidéo, pour dynamiser et créer des éléments visuels.» «Extérieur art nouveau, intérieur réinventé en studio, j’ai obtenu les meilleurs décors, les meilleures conditions de tournage possibles», ajoute la cinéaste, en précisant avoir rencontré 200 petites candidates pour le rôle de Paloma.Togo Igawa, grand acteur nippon (Le Dernier Samouraï, Mémoires d’une geisha), éprouvait une crainte folle: jouer en français.Il devait apprendre phonétiquement ses lignes, mais s’amusa à enseigner de son côté des phrases en japonais à la petite Garance.Le Hérisson fut coupé au montage, car la cinéaste s’est recentrée sur les trois personnages principaux et des figures secondaires furent sacrifiées.Quoi qu’il en soit.Le Hérisson a connu un certain succès en France, et Mona Achache se lance à l’assaut d’un autre projet: portrait de trois femmes de générations différentes.Le Devoir SOURCE ALLIANCE La cinéaste Mona Achache et la jeune Garance Le Guillermic 2 NOMINATIONS AUXOSCARS' MEILLEURE ACTRICE MEILLEURACTEURDE SOUTIEN HELEN MIRREN CHRISTOPHER PLUMMER THE LAST STATION CASÉ SURUE ROMAN DE JAY PARINI ADAPTÉ POURL'ÉCRAN ET RÉAUSÉ PARMICHAEL HOFFMAN AmgOTOUadSUCSr W¥rW.THELA8T8TATIONFILM.COM métrogde m A L'AFFICHE! VERSION OBIGINALE |- CINÉMAS flMC -1 anglaise [i^ forum 2^ :^m etropolefjlms.com Si, SOURCE CINEMA DU PARC Daniel Ellsberg dénonçait les horreurs de la guerre du Vietnam.Un homme de principe THE MOST DANGEROUS MAN IN AMERICA: DANIEL ELLSBERG AND THE PENTAGON PAPERS Réalisation: Judith Ehrlich et Rick Goldsmith.Scénario: Lawrence Lerew, Michael Chandler, Judith Ehrlich, Rick Goldsmith.Image: Vicente Franco.Montage: Michael Chandler, Lawrence Lerew, Rick Goldsmith.Musique: Blake Leyh.Etats-Unis, 2009,94 min.Présenté en exclusivité au cinéma du Parc.ANDRÉ LAVOIE Il était la bête noire du président Richard Nixon, qui ne se privait jamais de le qualifier de «son of a bitch» entre les murs (tapissés de micros par ses bons soins!) du bureau ovale.L’emmerdeur en question se nomme Daniel Ellsberg et, au début des années 1970, cet homme n’avait rien d’un pacifiste idéaliste avec des fleurs dans les cheveux.Ce brillant diplômé de Harvard, ancien marine et proche conseiller du secrétaire à la Défense Robert McNamara, en savait long sur les opérations militaires du gouvernement américain.Il ira même au Vietnam constater de ses propres yeux, et sur le terrain, la tragédie quotidienne qui se jouait là-bas, un massacre à la fois.Cette visite au cœur des ténèbres ne sera pas la seule illumination de cet employé du Pentagone, ce «war thinker» qui prendra peu à peu conscience que cette guerre, et d’autres avant elle, fut justifiée grâce à des mensonges savamment orchestrés.Ceux-ci tiennent dans près de 7000 pages classifiées «top secret», qu’Ellsberg va photocopier, avec ses deux enfants, pendant des nuits entières, pour ensuite les livrer aux médias après le refus poli de politiciens frileux.C’est cette incroyable aventure que les documentaristes Judith Ehrlich et Rick Goldsmith relatent dans The Most Dangerous Man in America: Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers.Ft qui de mieux pour raconter cette histoire que le héros lui-même, Ellsberg étant ici le narrateur et la vedette de cette période charnière de son histoire personnelle, et celle de toute une nation?La divulgation de ces informations sensibles sur les stratégies gouvernementales en juin 1971 aura l’effet d’une bombe — c’est le cas de le dire! —, mais pas vraiment auprès des électeurs qui, un an plus tard, vont reporter Nixon au pouvoir malgré ce dossier accablant, pour lui et pour ses prédécesseurs.Or les mé- GAGNANT • PALME D’OR FESTIVAL DE CANNES 2009 b MEILLEUR FILM EN LANGUE ETRANGERE-MEILLEURE CINEMATOGRAPHIE ?VOIR IA PRESSE Un film de Michael Haneke; LE RUBAN BLANC De l’auteur et réalisateur de «Caché» et «La Haniste» www.motropolefilms.coni mé - VERSIONORIGINALEALLEMANDEAVECSOUS-T1TRES FRANÇAIS - 1 À TMFRTPTTFI | cinéma R&RALLÉLb] rCINÉMA MÉGA-PLBC*GUZZ0—irCteHSCDIVERTIBSEMQn- J il L tirriLlUtt I I I 2308, Boauhbn E.781.6000 | I PONT-VIAU 16 IIbOUCHECTLLE I MAISON DU CINÉMA 11 CINÉMA PINE 11 CINEMA I SHERBROOKE II STE-ADÈLE II LE CLAP AVEC SCUS-TTinES ANQIAIS ¦- CINÉMAS AMC -1 Ile forum 221 lerubanblanc.ca ' I,:' pjlinilpj Ii;nja:ll,i! i'il:llirfiîll!'l|-( ill I|iîa:ili|ll fllillliüll.lil I 3 NOMINATIONS AUX OSCARS^ MEILLEUR FILM MEILLEURE ACTRICE MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ Y MULLIGAN NICK HORNBY GAGNANT- ^MEILLEURE ACTRICE CABEY MULLIGAN ÜKi National Board of Review • Alliance of Women Film Joumallsta • CUca^ Him Critics British Indqxaident Him Awards • DaDasIFt.W3rtii Him Critics HoDywood Film Festival ¦ Houston Him Critics Auodation • Tbronto Film Critics Indiana Film Journalists Assodation «UNE DISTRIBUTION EXCEPTIONNELLE!» -Maic-Andie Lussiet LA PRESSE UN FILM DE LONE 8CHERFIG métropole WWW.ANBDUeATIONFILM.COM 1 VERSION FRANÇAISE ¦ A L’AFFICHE! roû^jERLATmi | 20e SEMAINE! VERSION ORIGINALE ANGLAISE CONSULTEZ LES 17^ GUIDES-HORAIRES Ile forum 221 des cinémas metropolefilms.com ''Z thodes utilisées pour discréditer Fllsberg devant le tribunal, comme le vol de son dossier personnel dans les bureaux de son psychanalyste, mettront la puce à l’oreille de ceux qui ont vu là d’étranges similitudes avec le cambriolage des bureaux du Parti démocrate dans l’édifice Watergate.Comme l’expliquent d’autres protagonistes de cette affaire hors du commun, Fllsberg agissait par principe, par respect pour le peuple américain, mais il n’aurait jamais cru qu’il allait planter le premier clou du cercueil de Nixon.Son but était d’arrêter une guerre inutile, barbare, coûteuse et injustifiée — c’est fou comme l’Histoire se répète —, pas d’accélérer la déchéance d’un président impérial et paranoïaque.Celui que Henry Kissinger avait baptisé, sans même une once d’ironie, «a dangerous man», se livre ici avec sincérité, et parfois les larmes aux yeux.Sa soif de vérité est mise en lumière par deux documentaristes qui en retracent avec effi- cacité les difficultés, les contradictions et les méandres.Collaborateur du Devoir consultez notre site Internet SHUTTERISLANDistr-FISHTANKistf) LES OSCARS-L'ENFER DINRI-GEORGESCLOUZOT THE MOST DANGEROUS P IN AMERICA Mdtro Place des arts rCINÉMA DU PARC lai Autobus ao/129 I 3575 Du Paie 514-281-1900 EN NOMINATION AUX OSCARS^ MEILLEUR LONG MÉTRAGE D'ANIMÆTION NOMNAnON • MBLLEUR LONG MÉTRAGE D'ANIMARON EUROPEAN HLM AWARDS • PRIX ASiA AMIE l'iüiuiüi version française version originale ANi_ rciNÉMA Seatt^iai] 17^ I 2396, Beaubien E 721-flOCO I |LE FORUM 22 | CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉM;^ "îmetropolefilms.comij ARCHAMBAULTSI Una œmpagnia de Québécor Media PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 23 février au 1” mais 2010 RUMEURS Saison 5 MICHAELJACKSOH This is it RUMEURS Saison 6 MHlAGAÙRE Saison 2 COCO AVANT CHAHEL SCOOP Saison 1 HERCULE POIROT Coffret 5 LES 6RAHDS PROCÈS Le coffret THE BOX J’AI TUÉ MA MÈRE THE SEPTEMBER ISSUE BE PÈRE EH FLIC LE JOURHAL D’AHHE HIAHK THEPEHGUIHSOF MADAGASCAR: OPERAHOH CRUSOÉ LE VILLAGE DE HATHAUE Coffret SIAHLEY KUBRICK COLIECTIOH THE VAMPIRE’S ASSISIAHT : CIRQUE DU FREAK THEIHFORMAMT LAW ABIDIHG CmZEH ?«Un film admirable, souvent drôle et plein de vie!» SyMe St-Jaequas, La Presse «Un très beau film, poignant et fort!» Mare Casshri, La Presse «Un des films les plus sensibles de l’année.Vrai bijou, que ce Fish tènkl» I Odile IVemblaK Le Devoir i U KATIE JARVIS MICHAEL FASSBENDER KIERSTON WAREING FISH TANK ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR ANDREA ARNOLD, LAURÉATE D’UN OSCAR° ICONTENTFILM ] iFCFilms www.fishtankmovie.com ITlétrO[Do|G A L’AFFICHE! ¦'^metropolefilms.com> E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 MARS 2010 CINEMA Une Alice en quête de sens ALICE IN WONDERLAND (ALICE AU PAYS DES MERVEILLES) Réalisation: Tim Burton.Scénario: Linda Woolverton d’après les romans de Lewis Cdir'r'o\[ Alice’s Adventure in Wonderland et Through the Looking Glass.Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Helena Bonham Carter, Anne Hataway, Crispin Glover, Matt Lucas.Image: Dariusz Wolski.Musique: Danny Ehman.Montage: Chris Lebenzon.ODILE TREMBLAY Après l’énorme battage publicitaire ayant entouré l’adaptation AAlice au pays des merveilles par le gothique et génial Tim Burton, et le suspense pour sa sortie en salle européenne dans la foulée d’une saga quant aux supports de diffusion, voici donc cette mégaproduction en 3D sur nos écrans.Hélas! le film déçoit.Comme si le mariage entre le cinéaste d’Edward Scissorhands et l’équipe Disney avait entraîné des tiraillements et des concessions qui empêchent le film de trouver souffle et ancrage.Une armée de techniciens a pourtant travaillé sur cette Alice dont le générique tient du roman-fleuve.Bien évidemment, certains éléments sont réussis — combinez Burton et Alice, il en sort nécessairement quelque chose.Les animaux sont souvent merveilleux, tant le lapin à la montre que la chenille fumante, ou le terrifiant Jabberwocky.Johnny Depp, éternel collaborateur de Tim Burton, est craquant en chapelier fou et Helena Bonham Carter, au crâne surdimensionné, se révèle saisissante en reine de cœur cou-peuse de têtes, reléguant à l’insignifiance Anne Hataway, reine blanche trop fade.Tweedle-dee et Tweedledum, les gros jumeaux stupides, apparaissent un peu lourds, mais hilarants.Décors et costumes (des soldats de l’armée rouge parfaits) sont en général complètement éclatés.La chute dans le terrier, le jeu des têtes coupées flottant dans la rivière au- tour du château, la partie de croquet chez la reine rouge, sont saisissants.Le chat du Cheshire, avec ses grands yeux attendrissants, a tout d’une créature Disney et pas grand-chose de Burton.Beaucoup de beauté visuelle est au rendez-vous, mais ça cloche.La magie n’opère guère.Le film rencontre des problèmes de rythme, avec des longueurs, un manque de punch et des ruptures de ton.L’idée de choisir une adolescente (Mia Wasikowska, sans grand charisme) pour incarner une Alice de retour de l’autre côté du miroir après avoir repoussé la demande en mariage d’un abruti, n’est pas des plus heureuses.La jeune actrice semble là pour apporter du sex-appeal au personnage, avec de jolies robes et de charmantes mimiques, dénaturant le climat des contes de Carroll, ode à l’imagination pure au royaume de l’enfance.Un dénouement raté à saveur féministe s’éloigne carrément des eaux du fantastique.Par-delà d’imposants effets spéciaux — les acteurs jouaient souvent devant un écran vert et le reste relève d’effets numériques —, le 3D n’est pas pleinement utilisé et loin s’en faut.D’ailleurs, le film fut tourné en deux dimensions puis reconverti.Il peut aussi bien être vu en 2D, d’où sans doute la décision de Disney de le diffuser sur DVD avant échéance, car le succès en salle n’est pas assuré à très long terme pour cette Alice en quête de sens.Le Devoir SOURCE BUENA VISTA Johnny Depp en chapelier fou {mSuBeiI /COHfiniOIOFIIIEUi I IWEini]IIOIHSl£ ?«SUPERBE!» VOIR HSaiCnOIIOFIIMl SXSWTEXASj !Oio y « A VOIR ABSOLUMENT ! » «UN PETIT BUOUITHUMANTTE, DE LUMIÈRE ET D’ÉMOTION PURE ! » S4IBlAaEB MA’RTBi-frtn'.fiîMia FRANCIS DANIFLXÆ] martb BESJ^VANCE DUCHABME OUIMET BRÀSSABD LES SIGNES VITAUX xiNFiLunE SOPHIE DERASPE 1 i X r, , CONSULTEZ LES QUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS CINÉMA FVXRALLÈLE TCINÉMA asae DoumBuœ SAiifT-iiuiREHr I TJaI ô n4-S47-220B I 2306, BsEiubien E.721-6060 A L’AFFICHE! sîgnesvitaux.ca ' FIFEM hrvjTiJê tq n'hi Un certain goût pour la mort LES SIGNES VITAUX Réalisation, scénario et image: Sophie Deraspe.Avec Marie-Héléne Bellavance, Francis Du-charme, Danielle Ouimet, Marie Brassard.Montage: S.Madeleine Leblanc.Musique: Jean-François Laporte, Krista Muir.Québec, 2009, 87 min.ANDRÉ LAVOIE Une incessante quête de vérité traverse les films de la cinéaste Sophie Deraspe.Elle s’articule grâce aux mécanismes de la fiction, mais l’espace d’une image provocante, le temps d’une séquence dépouillée d’artifices, tout bascule pour créer un sentiment d’inconfort, de perplexité.Devant Rechercher Victor Pellerin, certains ont pu croire à l’existence de ce peintre en cavale, dont le profil était reconstitué par ceux qui l’avaient connu; rarement faux documentaire sembla parfois aussi vrai.Une même authenticité au parfum pessimiste donne à son second long métrage.Les Signes vitaux, son caractère singulier, métissant une fois encore les diktats de la fiction avec le réalisme blafard d’un environnement protégé, celui où l’on pousse son dernier souffle.Ni foudroyante ni spectaculaire, la mort s’incruste tout doucement dans les chambres de ce centre de soins palliatifs, refuge des condamnés de la médecine supposément toute-puissante mais aussi celui d’une jeune femme devenue bénévole et qui en a fait son dernier retranchement.Simone (Marie-Hélène Bellavance, une présence énigmatique, charnelle, jamais flamboyante) ne croyait pas que le décès de sa grand-mère — en son absence — Francis Ducharme dans Les Signes vitaux, de Sophie Deraspe aurait sur elle autant d’impact.Revenue de Boston pour l’occasion, elle n’arrive plus à repartir, décidant de se faire présente, de manière excessive, auprès des voisins d’étage de la défunte.Cette fréquentation quasi quotidienne a un impact sur sa relation avec son copain Boris (Francis Ducharme), tissant une intimité parfois plus grande avec des personnes brisées par la souffrance, certaines capables de dignité, comme Mme Perrin (étonnante Danielle Ouimet), d’autres rongées autant par la colère que par la maladie, telle cette mère au cœur de pierre (Marie Brassard, percutante à chaque scène).A cette quête intérieure chao- tique — ou ce désir inavoué de rédemption?— se superposent les tremblements de cœur d’une faune immobile, rêvant d’une sortie de piste rapide ou incapables de se résoudre à quitter ce monde, aussi beau qu’impitoyable.La trajectoire de cette jeune femme dont on ne saura finalement que peu de chose est souvent ponctuée de moments étranges, des parenthèses musicales qui semblent plus près du rêve que de la réalité, et de scènes loufoques et impudiques que la caméra se contente de capter, comme en retrait, rarement voyeuse.Elle dévoile ainsi toute la fragilité de Simone — que l’on se gardera de révéler ici —, donnant à ce personnage en apparence fade SOURCE MONGREL MEDIAS l’étoffe d’une héroïne de tragédie sans les excès larmoyants.Les Signes vitaux expose, sans grands discours ni effets racoleurs, la fracture d’une société cherchant à tâtons de nouveaux rituels pour apprivoiser la mort.Entre les marques rassurantes du passé, celles des quartiers ouvriers de Québec avec ses rues étroites et ses églises pas encore transformées en condos, et la blancheur aveuglante des corridors d’hôpitaux, Sophie Deraspe prend la mesure de cette angoisse, de ce vertige, vécu en solitaire et sans garde-fou.Mais dans ce film délicat et sensible, tant qu’il y a de la vie.Collaborateur du Devoir NOMINATION AUX OSCARS MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE 0 G A G NT A JST T C É s A R 2 0 1 0 / dontMIUIEURFILM • MEILLEURRÉALISATEUR • MEIllEURACTEUR LA PRESSE • TW GAZEUE • VOIR FOUDROYANT! UN THRILLER CAPTIVANT ET ÉBLOUISSANT DE MAÎTRISE!» MAIÏÏIN BILODEAU.LE DEVOIR GAGNANT GRAND PRIX FESTIVAL DE CANNES IJ I UN FILM DE JACQUES AUDIARD : AVEC NIELS ARESTRUP et TAHAR RAHIM www.metropolefilms.com métro|3ole 16 PRESEISTTEMENT A L’AFFICHE! - VERSION ORIGINALE FRANÇAISE rCINEPLEX DIVERnSSEMENTn pCINEPLEX Dn/ERnSSEMENT-i pCINEPLEX Dn/ERnSSEMENT-i i— MÉGA-PLEX~ GUZZO —i rQUARTIER latin!ISTARCrrÉ MONTRÉALlI BOUCHERVILLE II PONT-VIAU 16 I I— MAISON DU CINÉMA ^i- CINEMAS -ii-CINEMAPINE-1 pCINEPLEXDIVERnSSEMEMTn I SHERBROOKE II GATINEAU II STE-ADËLE I|CIHEP1B(0DE0IISTE-F0Y| VERSIONORIGINflLEFBMÇSiSE [— CINÉPJflSfl^ IlFi! I F 11111111 R MAQCI TCNÉMA BeOtéie»] AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS |LE FORUM 22 | UCü LC LUNUI 0 IVInnu! I 2300.eoaublgn E.721-0000 I CONSULTEZ l£S GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ¦f unproDhete.ca LE PLUS GRAND SUCCÈS DE 2009 : TROPHÉE DU FILM FRANÇAIS « UN PUR BONHEUR dudébuiAiafini» Simm MÉNARD, 00501 «UNESPUHDIDE ADAPmiOH: UH EXPLOIT VISUEL I » AIOIÉ LAVOIE, UDCHU3 « RALIJETOUS LES PUBUCSI » FESTIVAL UnERNATIONAL DU FILM POUR ENRAHTS DE MONTRÉAL Rdôllté et IMAV piésentent en OBSoclaUon avec Wild Bunch VALÉRIE LEMERCIER KAD MERAD SANDRINE KIBERLAIN ^LPdiiTlkolciÂ, Un film de LAURENT TIRARD PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! HORAIRES DES CINÉMAS ROIE HOMIER ROY.SIXDRHSUl CITÉ, RADIO-C/iim ANDREE LACHAPELLE JACQUES JACQUES LEA POOL ALIOCHA SCHNEIDER La Dernier ue "^rCOUOTÉMANCH Ê’ UNE FRDCUCnCN CE.LYSE LAFOhnAINE CT NICOLAS STEIL PRESENTEMENT A LAFFICHE! du 27 février PENDANT LA SEMAINE DE RELÂCHE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM POUR ENFANTS^ de MONTRfAl -21010 \ INFOS ET BILLETTERIE : PROGRAMME OFFICIEL OFFERT PAR -www.fifem.com Renaud-Bray Caisses populaires Desjardins : De Lorimier de Rosemont Préfontaine-Hochelaga ^ Desjardins c
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