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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-03-08, Collections de BAnQ.

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PARIS La zone euro aidera la Grèce, ; V si nécessaire, promet Sarkozy ^ Page A 5 -?www.ledevoir.corn ?CHANSON Cœur de pirate obtient le prix du public en France Page B 8 LE DEVOIR Vol.ci N ° 4 9 ?LE LUNDI 8 MARS 2010 I,IO$ + TAXES = 1,25$ L’AUTRICHE A L’HONNEUR AUX OSCAR -'"lu ' ¦" '¦ , , GARY HERSHORN REUTERS PRESENTE par Pénélope Cruz, l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, premier prix de la 82 cérémonie annuelle des Academy Awards, a été remis hier à l’acteur autrichien Christoph Waltz, qui incarne un colonel nazi dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino.Mis en nomination pour la première fois par VAcademy, il avait reçu le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2009 pour ce même rôle.Avant de mettre sous presse cette première édition, le prix du meilleur film d’animation avait été remis à Peter Docter, pour Up, de Disney et réalisé par les studios Pixar.The Weary Kind, composée par Ryan Bingham et T Bone Burnett pour le film Crazy Heart, a pour sa part été élue meilleure chanson originale.Toutes nos informations sur la cérémonie des Oscar sur ledevoir.com.Irak : severe camouflet à al-Qaïda Participation massive aux législatives malgré les bombes MARCO BELAIR-CIRINO Les tirs de mortiers et de roquettes, et les bombes n’ont pas réussi hier à empêcher les Irakiens de se rendre massivement aux urnes pour les secondes élections législatives depuis la chute de Saddam Hussein, en 2003.Par contre, le bilan des victimes est lourd: près de 40 morts dans tout le pays, dont 25 personnes tuées dans le nord de la capitale, à Our, dans l’effondrement d’un immeuble frappé par une roquette.On compte aussi 110 blessés.Les sunnites, qui avaient largement boycotté le précédent scrutin en 2005, se sont rendus dans les bureaux de vote en plus grand nombre que les chiites, ne voulant plus être marginalisés comme ils Tétaient sous la précédente législature.Ainsi, 90 % des électeurs se sont rendus aux urnes dans la province de Diyala et, dans la province de Kirkouk que se disputent Arabes et Kludes, 70 % des électerus ont exercé leur droit de vote.En revanche, dans les régions chiites le poiu-centage varie entre 46 % à Kut à 64 % à Mouthana.Ce taux de participation constitue un sévère camouflet pour al-Qaïda qui avait menacé de mort Ne voulant plus être marginalisés, les sunnites ont été les plus nombreux à voter VOIR PAGE A 8: IRAK Financement des partis politiques: Robert Bums à la défense de sa loi LIA LEVESQUE Le père de la Loi sru le bnancement des partis politiques, l’ancien ministre péquiste Robert Bruns, n’aime pas ce qu’il entend ces jours-ci sru sa loi, une loi «qui fait la fierté des Québécois».En entrevue à La Presse canadienne, l’ancien ministre de René Lévesque trouve que Ton ferait «une grave erreur» en permettant aux entreprises de contribuer au financement des partis politiques, comme Tout suggéré certains, ou en balançant la loi par-dessus bord sous prétexte qu’elle est contorunée par différents stratagèmes.«Je trouve qu’on fait erreur quand on dit que la loi est contournée, donc qu’il faut abolir ça et permettre aux entreprises de contribuer.Je pense qu’on ferait une grave erreur.C’est un peu comme si on disait “les gens passent sur la lumière rouge, alors on va abolir les lumières rouges” ou VOIR PAGE A 8: BURNS INDEX Annonces B4 Idées A7 Avis publics.B6 Météo B5 Convergence.B 7 Monde B1 .X-je:- r/# Culture B8 Mots croisés B5 Décès B4 Religions B6 Economie .B3 Sudoku A5 m Editorial .A6 Télévision B7 L’ENTREVUE Plaidoyer contre la culpabilité La philosophe Élisabeth Badinter déplore la nouvelle oppression des mères De l’éloge de l’allaitement à celui de l’enfant parfait, c’est toujours la femme que Ton culpabilise.Élisabeth Badinter s’en prend au nouveau féminisme écolo qui veut renvoyer la femme à sa seule fonction de mère biologique.CHRISTIAN RIOUX Paris — Avouons-le, Ébsabeth Badinter ne se recoimaîtplus dans le féminisme d’aujorud’hui.A l’époque où elle avait publié L’Amour en plus, une critique magistrale de T«instinct maternel» et de la «nature féminine», elle avait été acclamée par la critique.Trente ans plus tard, il n’est pas exagéré de dire que son nouvel essai, Le Conflit -La femme et la mère (Elammarion), a été accueilb dans certains mibeux avec «une brique et un fanal».Et les critiques sont particubèrement virulentes dans certains cercles féministes.VOIR PAGE A 8: BADINTER PHOTO © HELENE BAMBERGER ELAMMARION La philosophe Élisaheth Badinter JOURNEE INTERNATIONALE DES EEMMES J cja,diou^ JACQUES GRENIER LE DEVOIR ¦ Rechausser les souliers pour l’égalité, page A 3 ¦ Le Devoir, c’est moi: Andrée Ferretti, écrivaine et militante, page A 2 ¦ Pauline Marois, à hauteur de femme, page A 3 ¦ Les chroniques de Manon Cornellier et d’Éric Desrosiers, pages A 3 et B 3 ¦ L’éditorial de Josée Boileau: Le recul, page A 6 *' Musique 100,7’** Radio-Canada.ca/musIquG Aujourd’hui à 16 h Monique Giroux En direct de la place du Québec à Paris: tout sur les Victoires de la Musique avec Cœur de pirate et Ariane Moffatt ! Réalisation: Yves Bergeron 778313023800 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 8 MARS 2010 ACTUALITES KMFOffi.CWMOI Une liaison qui dépasse le cap des noces d’or Femme de lettres, polémiste, militante souverainiste de la première heure, Andrée Ferretti n’a pas seulement lu Le Devoir, elle l’a aussi façonné Faire partie du Devoir, c’est y travailler, l’appuyer, le lire assidûment.De cette communauté, qui s’est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits.Chaque lundi, jusqu’en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d’ailleurs, abonné récent ou fidèle d’entre les fidèles.Cette semaine, une femme de lettres et une militante, Andrée Ferretti.ODILE TREMBLAY « E n ces temps de détresse universelle, les uns fuient le réel sur toutes les surfaces de railleurs miroitant, les autres tentent de s’enraciner dans les profondeurs du sens dont la culture est l’humus et la lumière», écrivait Andrée Ferretti dans la page Idées du Devoir en mars 2002.Ses mots réclamaient alors un enseignement accru de la littérature québécoise, essentielle à ses yeux pour fournir des assises à un peuple.Aujourd’hui, c’est dans une salle du Devoir, «mon journal, celui dont je partage la sensibilité intellectuelle», que la militante enfourche ce même cheval de bataille.«J’aimerais que Le Devoir accorde beaucoup plus de place à la culture, fer de lance de notre identité», s’exclame-t-elle.Le Devoir, cette femme de combat l’aura fréquenté en amont et en aval.Longue liaison qui dépasse le cap des noces d’or.Entamée jadis par une jeune femme autodidacte et toujours vivace à 75 ans chez une militante et écrivaine derrière trois romans, des essais, des nouvelles, un recueü de poésie.«Quand je me suis engagée en 1963 en faveur de l’indépendance, j’étais une des rares femmes à oser prendre la parole.Ça a frap- 100 ans de regards sur l’information pé les imaginations.Même celles des plus jeunes.» Devenue une légendaire passionaria.Verbe haut et coups de poings sur la table, mais une sensibilité culturelle de finesse aussi.Quand on a vu le jour en 1935 à Villeray dans un berceau modeste, poussant entre un père ferblantier analphabète et une mère lectrice fidèle de La Presse, Le Devoir réputé intellectuel semble issu d’un univers parallèle.Retour au milieu des années 50: son futur mari, d’origine italienne, arrivait un Devoir sous le bras à la librairie Beauche-min, où ils travaillaient tous deux.Ce temple du livre joua un rôle crucial dans la vie d’Andrée Ferretti.Le poète Gaston Miron, qui allait être un de ses mentors et grands compagnons de lutte, dirigeait la boîte et fit les présentations.Deux semaines plus tard, elle lisait tous les jours Le Devoir avec son amoureux à l’accent italien.Après leurs noces, même si l’argent manquait souvent, ce journal allait faire partie de leur vie, dès 1960 livré à domicile; pour commencer la journée avec sa lecture, avant de foncer à une réunion militante.Nommée vice-présidente du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) en 1964 aux côtés du non moins bouillant Pierre Bour-gault, elle allait traverser les orages et le feu des engage- 4 ^ 'N.Comme polémiste, Andrée Ferretti a beaucoup écrit dans nos pages d’opinions.ments souverainistes.Le Devoir deviendra du coup pour elle un autre type de tribune.Comme polémiste longtemps, elle a beaucoup écrit dans nos pages d’opinions, particulièrement entre le milieu des années 1960 et 1985.«Ce fut un grand forum de diffusion de mes convictions, un cadre de discussions aussi, car on usait de notre droit de réplique.» Pour ses prises de position chocs, Andrée Ferretti s’est fait parfois vertement décrier.En 1991, après avoir écrit un texte fort contestable: «Faut-il éclater d’un rire sauvage?», dans lequel elle remettait en cause la richesse de l’héritage autochtone, le statut de peuple fondateur des Premières Nations et leur droit d’opposer un veto à une éventuelle séparation du Québec, des protestations indignées ont fusé de toutes parts.D’autres papiers ouvraient sur des facettes différentes de son être.Entre 1981 et 1985, elle fut critique d’essais québécois pour la section littéraire du Devoir, penchée sur l’éventail des idées émises dans une société en quête d’elle-même.Son hommage à Pierre Bour-gault après sa mort dans un cahier spécial du journal en juin 2003 demeure un modèle du genre.«Je n’aimais pas cet homme et il ne m’aimait pas», prévint-elle d’entrée de jeu.Au RIN, leurs affrontements légendaires avaient entraîné la démission fracassante d’Andrée Ferretti.Mais elle lui tira un très élégant coup de chapeau à l’heure des adieux.Comme lectrice du Devoir, la dame salue la qualité de sa langue écrite, l’importante de sa tribune de débats «Le Devoir contribue à l’avancement de la société, mais aussi à maintenir vivante la question nationale.Avant d’étre indépendantiste, ce journal était nationaliste, témoin actif de chaque combat, pour la langue française, l’émancipation politique.» Aujourd’hui, Andrée Ferretti s’inquiète de trouver notre quotidien globalement JACQUES NADEAU LE DEVOIR moins ferme dans ses positions qu’autrefois.Elle savoure encore le «Non» de Lise Bissonnette en juillet 1992, avant l’accord de Charlottetown, tout en révolte concentrée.L’indépendantiste radicale au tempérament batailleur, envoyée sous les verrous durant les événements d’Qctobre, se désole parfois: «J’ai peur de ne pas voir l’indépendance de mon vivant et c’est très douloureux.» Puis renaît un fol espoir: «L’histoire est toujours inattendue.J’attends l’événement.» Baisser les bras n’est pas sa tasse de thé.Le Devoir LOTO QUÉBEC Résultats des tirages du ; 2010-03-06 OZ 09 14 24 25 44 Gagnants 28 compli 6/6 0 5/6+C 4 5/6 185 4/6 10 010 3/6 180 133 2/6+C 122 189 Ventes totales Lots 16 137 486,00 $ 84 461,40 $ 1 508,60 $ 52,80 $ 10,00 $ 5,00 $ 1 7 633 732 $ Prochain gros lot (approx.) : 22 000 000 $ ^ 09 gr 22 Gagnants Ventes totales 1013 3146 _ Lots 2 000 000,00 $ 75 000,00 $ 750,00 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 788 167,00 $ 9062156 Résultats des tirages du : 2010-03-05 E|tra 9599900 GAGNANTS 7 2 T+C 1 7 51 ?3 673 T 79 608 ^+C 74 210 f 702 724 Ventes totales Prochain gros lot (approx.) ; Votre meilleur chance* de DEVENIR millionnaire! Tirage le 28 mars.*P*B L'aWJT 8 UH BIUET M KOBBli ftU OVËBEg.LOTS 9 500 000,00 $ 356 488,00 $ 6 990,00 $ 121,30$ 20,00 $ 20,00 $ Participation gratuite | 28 489 785 $ 10 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste 1 oflicieile de Loto Québec | cette dernière a priorité Journée internationale des femmes Michaëlle Jean en Haïti pour rendre hommage aux combattantes du quotidien Washington — La gouver-neure générale du Canada, Michaëlle Jean, se rendra en Haïti aujourd’hui, son pays d’origine, pour célébrer la Journée internationale de la femme, alors que le pays tente de se reconstruire près de deux mois après le séisme dévastateur du 12 janvier.«Nous savons que Vile endure de terribles souffrances en raison du séisme et de la pauvreté, déjà endémique avant la catastrophe», a dit la gouverneure générale avant un voyage de trois jours au cours duquel la représentante 4e la reine Elisabeth II, chef d’Etat en titre du Canada se rendra aussi en République dominicaine voisine.«Dans ces situations de crise et de déstabilisation, les femmes continuent de pourvoir aux besoins de leurs enfants et des leurs.Cette année, la Journée internationale de la femme aura pour moi une signification d’autant plus émouvante que je serai aux côtés de ces Haïtiennes qui déploient tous les efforts pour se relever de l’héca- tombe et reconstruire», a ajouté Michaëlle Jean.«Les Haïtiennes sont reconnues pour leur tempérament, leur détermination, leur courage et leur force», a poursuivi Mme Jean sur son blogue disant s’attendre «au pire quant à l’état des lieux» du pays.la gouverneure générale du Canada est née à Port-au-Prince en 1957 et a passé ses vacances estivales pendant son enfance dans la ville côtière de Jacmel, touchée par le séisme.Elle a quitté le pays avec sa fa- mille à l’âge de 11 ans pour fuir la dictature des Duvalier.Au cours de sa visite, Mme Jean doit rencontrer le président, René Préval, et le premier ministre, Jean-Max Bellerive, ainsi que des représentants de la société civile.Son séjour fait suite à celui du ministre de la Défense du Canada, Peter MacKay, qui a rendu visite ce week-end au contingent militaire canadien de 1500 soldats déployés en Haïti.Agence France-Presse CE SOIR 21 h MES SOEURS MUSULMANES PORTRAIT DE DEUX QUEBECOISES CONVERTIES À L’ISLAM UN DOCUMENTAIRE DE FRANCINE PELLETIER telequebec.tv 1^ ' I / , / y A ' / Télé-Québec Porter le voile par choix LE DEVOIR, LE LUNDI A R S 2 0 10 A 3 H H MMES El MARCHE Déficit d’équité Manon ' I CORNELLIER Q uand le gouvernement Harper a présenté le premier volet de son plan de relance, l’an dernier, plusieurs groupes et experts en matière de condition féminine ont protesté.L’accent mis sur la brique et le mortier risquait de priver les femmes de leur juste part des retombées promises.Cette crainte était inspirée par la logique, mais ne reposait sur aucune analyse approfondie.Le budget présenté jeudi, quatre jours avant la Journée internationale des femmes, n’a pas calmé les inquiétudes, d’autant moins que l’on a maintenant une première étude qui démontre leur bien-fondé et mesure l’importance de l’écart.Professeure à la faculté de droit de l’Université Queen’s et spécialiste en droit fiscal, Kathleen La-hey a passé au peigne fin tous les projets et mesures financés par le plan de relance conservateur dévoilé en janvier 2009 ainsi que fensemble des mesures fiscales adoptées depuis quelques années.Elle voulait savoir si les femmes y trouvaient leur compte.(L’étude doit être publiée incessamment dans le numéro spécial de la Revue Femmes et droit/Canadian Journal of Women and the Law portant sur les femmes et l’équité fiscale.) Les quelques résultats qu’elle a pu partager avec Le Devo/r avant publication, et qu’elle a mis à jour à la suite du budget de jeudi, sont éloquents et la conclusion tranchée.Selon Mme Lahey, les femmes sortent perdantes.Cela est particulièrement évident avec le programme d’infrastructures auquel le gouvernement a consacré 8 milliards l’an dernier et 9,6 milliards en 2010-2011.La majeure partie de ces fonds servira à financer la réfection de routes, de ponts et d’édifices.Or, seulement 7 % des travailleurs des secteurs de la construction et du transport sont des femmes, souligne Mme Lahey.En génie, dans le secteur manufacturier et les industries primaires, seulement 21 à 22 % des travailleurs sont des femmes.Ce sont donc surtout des hommes qui bénéficient des emplois protégés ou créés grâce à ce plan.Il en va de même avec les infrastructures universitaires, dit-elle.On pourrait toutefois objecter qu’une autre partie des fonds ira à la recherche, ce dont les femmes peuvent davantage profiter.Kathleen Lahey taille cet argument en pièces.Elle note que les secteurs ciblés sont très fortement masculins (entre 73 et 70 % d’hommes).On parle de génie, de mathématiques, d’informatique, de sciences de l’information.Les mesures fiscales ne trouvent pas davantage grâce à ses yeux.Alors qu’elles forment un peu plus de la moitié de la population, les femmes ne profitent que de 40 % ou moins des réductions de taxes et impôts.Les données sur les revenus sont souvent confuses, mais on sait que les femmes gagnent généralement moins que les hommes, travaillent plus souvent à bas salaire et à temps partiel et qu’elles sont surreprésentées dans la catégorie des familles monoparentales.Elles bénéficient donc moins que les hommes des allégements fiscaux.Un exemple parmi d’autres cités par Mme Lahey est la baisse de la TPS.On calcule que les contribuables appartenant au quintile le plus bas des revenus économisent environ 280 $ par année grâce à cette baisse.Ceux appartenant au quintile le plus élevé, 1244 $.Or, la proportion de femmes dans le groupe le moins nanti est plus grande que dans le groupe le plus riche.Dans le cas de l’assurance-emploi, le gouvernement a adopté des mesures pour prolonger la durée des prestations, faciliter la formation et le travail partagé.Encore faut-il y être admissible.Les gens travaillant moins de 35 heures par semaine ont souvent moins de facilité à se qualifier.Or, 70 % des travailleurs à temps partiel sont des femmes et elles sont moins nombreuses à avoir droit à f assurance-emploi.En fait, dit funiversitaire, elles ne représentent qu’environ 36 % des prestataires réguliers, ce qui veut dire qu’elles profitent moins des bonifications annoncées.Le gouvernement fédéral n’a pas exigé que les investissements, dans les infrastructures par exemple, profitent autant aux femmes qu’aux hommes.En fait, la répartition des fonds n’a été soumise à pratiquement aucun critère d’équité, à part un partage entre régions qui soit à peu près proportionnel à la population.Mais le gouvernement n’a pas non plus décidé de façon délibérée de privilégier les hommes.Les effets discriminatoires des politiques ne sont généralement pas voulus, mais ils sont insidieux et très réels.Ils se produisent parce que f on n’y pense pas, parce que l’on est rarement conscient de leur existence ou parce que l’on refuse tout simplement de la reconnaître.Eviter ces effets pervers n’est pas une préoccupation ni un réflexe.On constate leur existence après coup.On s’en désole, mais une fois que le mal est fait.Il est très rare que les gouvernements évaluent leurs politiques à l’aune de l’équité entre les sexes.On n’en ressent pas le besoin parce que l’on est persuadé qu’elles sont neutres.Eormelle-ment, elles le sont, mais dans la réalité, quand on les applique, c’est une autre paire de manches.Tout le monde ne part pas du même point.Cela est particulièrement vrai sur le plan économique et, pour certains groupes, cela peut se traduire par des obstacles supplémentaires pour profiter de l’aide gouvernementale.Personne ne dit que c’est ce que les conservateurs souhaitaient pour les femmes avec leur plan, mais il semble que c’est ce qui est en train de se produire.mcornellier@ledevoir.com È I JACQUES GRENIER LE DEVOIR Première étape d’une mobilisation qui culminera en octobre, la Marche des femmes 2010 a pris son envol hier au centre ville de Montréal.Les femmes rechaussent leurs souliers pour l’égalité «Tant que toutes ne seront pas libres, nous serons en marche ! » Dix ans après la Marche mondiale des femmes, qui avait mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers la planète, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que Légalité entre les sexes soit une réalité, ont soutenu en chœur les participants à une réédition de la Marche des femmes, hier, à Montréal.ALEC CASTONGUAY Première étape d’une mobilisation qui culminera en octobre, lors d’un grand rassemblement prévu à Rimouski, la Marche des femmes 2010 a pris son envol hier au centre-ville de Montréal.Et comme en 2000, alors que la Marche mondiale des femmes avait commencé au Québec avant de s’étendre au reste de la planète, l’événement montréalais d’hier n’est que le début d’une nouvelle sensibilisation planétaire.Au cours de l’année, des marches auront lieu dans 70 pays sur cinq continents.En 2010, la Marche mondiale des femmes rallie 4500 organismes dans 150 pays.En début d’après-midi hier, sous un magnifique soleil venu réchauffer la foule, environ 2000 personnes ont usé leurs souliers pour rappeler aux gouvernements et à la population en général que le combat pour l’égalité n’est pas encore gagné.A 13hl5, Alexa Conradi, la présidente de la Eédération des femmes du Québec — l’organisme qui coordonne les activités de la Marche mondiale des femmes — est montée sur un talus du square Phillips pour livrer un discours passionné et résolument à gauche de l’échiquier politique.«Le caractère anémique des réponses gouvernementales, ces dernières années, l'ampleur de certains recuis, voire l'ignorance envers nos revendications, nous forcent à remettre nos souliers et à marcher, a-t-elle lancé.Les droits des femmes ne doivent pas être sacrifiés aux aléas du marché.Nous sommons les deux paliers de gouvernement d'inscrire, d'ici le printemps, les revendications du mouvement des femmes à leur agenda politique.» Plusieurs demandes Au nombre des revendications, on compte «la lutte contre l'hypersexualisation et la marchandisation du corps des femmes», notamment au moyen d’une loi qui empêcherait les publicités sexistes.On souhaite aussi le retour des cours d’éducation sexuelle au secondaire.Les groupes présents hier, notamment les centrales syndicales, souhaitent aussi «mettre fin au démantèlement des services publics par le recours à la privatisation».La protection de l’eau, le droit à l’avortement, une hausse du salaire minimum à 10,69 $ l’heure, le retrait des soldats d’Afghanistan et la signature par le gouvernement canadien de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones font également partie des revendications énoncées hier.Dans une atmosphère festive alimentée par 25 percussionnistes aux perruques exubérantes et colorées, la foule s’est mise en marche jusqu’au bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, situé quelques rues plus loin.On lui a alors remis symboliquement des centaines de souliers usés par 10 ans de combat féministe.La députée du Parti québécois Louise Beaudoin, qui ac- compagnait sa chef Pauline Marois hier, soutient que les inégalités perdurent, même au Québec, alors que le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes.«On est mieux ici qu'aiHeurs, c'est évident, mais l'idéal de l'égalité n'est pas encore atteint.Je suis ici parce que J'y crois, à cet idéal», a dit Mme Beaudoin.Député de la formation Québec solidaire, Amir Khadir affirme que la violence faite aux femmes demeure une réalité.«On a l'impression que c'est réglé parce que la société ne tolère plus cette violence sexiste, mais sur le terrain, beaucoup de femmes souffrent encore.» Pour Martine, une jeune femme dans la trentaine qui vit à Longueuil et qui était avec sa fille de cinq ans hier après-midi, le message des féministes de la première heure ne doit pas être oublié.«Je suis là parce que Je crois que c'est important de rappeler la lutte des femmes et parce que la sensibilisation et la vigilance ne doivent pas s'arrêter», a-t-elle dit au Devoir quelques minutes avant d’entrer dans le cortège de marcheurs.Dans la foule, les slogans comme «à bas les emplois précaires, pour les femmes un vrai salaire» ou encore «les grandes entreprises nous prennent pour de la marchandise», avaient droit de cité.Alexa Conradi a dit souhaiter «une société plus égalitaire, généreuse et solidaire».«Alors que la droite fait du chemin, nous appelons à une mobilisation créative», a-t-elle dit aux participants, qui l’ont chaudement applaudie.Et ce clin d’œil au reste du monde: «Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!» Le Devoir DIX ANS DE COMBAT ET DE SEMELLES USEES T^rininr p
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