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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-03-18, Collections de BAnQ.

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CONSTRUCTION: HAMAD PANIQUE, PESTE LE PRESIDENT DE LA FTQ Page A 3 WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ci N ° 5 8 LE JEUDI 18 MARS 2010 I,I0$ + TAXES = 1,25$ Retour en force des petites centrales Une nouvelle mobilisation se prépare dans le milieu artistique LOUIS-GILLES FRANCŒUR que 150.Ce qui est déjà trop pour les écologistes.En présentant deux fois plus de projets que Les promoteurs de petites centrales reviennent l’appel d’offres d’Hydro-Québec, les promoteurs en force pour la troisième fois au Québec avec donnent l’impression cette fois que cette filière 31 nouveaux projets d’une puissance installée tota- est en perte de vitesse par rapport à l’éolien.En lisant 356 MW, tandis qu’Hydro-Québec n’en veut effet, les appels d’offres antérieurs ont démontré que les promoteurs avaient présenté quatre fois plus de puissance installée en éolien que n’en réclamait Hydro-Québec.Il faut dire cependant qu’Hydro-Québec a plafonné le prix que l’électricité des petites centrales à 7,5 cents du kilowatt, avec indexation de 2,5 % par année, ce qui a pu décourager plusieurs promoteurs.Des 31 projets présentés, 11 ont été soumis par des sociétés d’autochtones, tous concentrés sur les rivières de la Côte-Nord, ce qui pourrait y VOIR PAGE A 8: CENTRALES Une autre chaîne de garderies privées voit le jour sons les libéraux Le réseau de 800 places à 7 $ encaisserait 8 millions par an en subventions de l’État ROBERT DUTRISAC Québec—Une chaîne de dix garderies, appartenant à deux conüibuteurs à la caisse du Parti libéral du Québec, s’est déployée sous le gouvernement Charest même si ce type de développement de services de garde commerciaux «à la Wal-Mart» ne devait pas prendre de l’ampleur, avait promis l’ancienne ministre de la Eamille Carole Théberge.Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, le député de Gouin et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Ni- colas Girard, a dit vouloir «ouvrir un nouveau chapitre dans le scandale des garderies libérales».Il a dénoncé le cas du Groupe Merveilles, qui exploite dans la région de Montréal un réseau de dix garderies totalisant 762 places auxquelles s’ajoutent 38 places, octroyées en 2008, qui seront offertes en 2011.Ce réseau de 800 placqs à 7 $ encaisse 8 millions en subventions de l’Etat par an, a calculé le député.«Il y a certaines personnes qui n’ont aucune compétence et qui ont obtenu des permis.Et je me demande comment ça se fait» Les dix garderies du Groupe Merveilles appartiennent à Ezio Carosielli et à sa conjointe Luisa Sassano qui ont versé, avec des membres de leur famille, 14 000 $ au Parti libéral depuis 2003, a signalé M.Girard.Mais M.Carosielli, qui ne semble pas être un docile militant libéral, a répliqué hier, critiquant le mode de sélection VOIR PAGE A 8: GARDERIES Chirurgiens diplômés cherchent emploi Québec n’a aucun poste à offrir à des spécialistes formés à grands frais LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY est le monde à l’envers.Pendant que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, met tous les maux du réseau de la santé sur le compte de la pénurie de personnel, trois jeunes chirurgiens cardiaques fraîchement diplômés n’arrivent pas à trouver de poste au Québec.Une situation tout à fait inhabituelle, qui risque fort de se répéter à l’identique dans d’autres spécialités si rien n’est fait pour repenser la planification des effectifs.Ce n’est un secret pour personne que le temps opératoire est une denrée rationnée au Québec.Le phénomène s’est d’ailleurs accentué ces dernières années avec la pénurie de personnel infirmier et la fermeture de lits de soins critiques, cela de l’aveu même du ministère.Résultat: trois jeunes chirurgiens cardiaques sont forcés de rester sur la touche au moment même où un patient sur quatre n’est pas opéré dans les délais prescrits dans leur spécialité.Ce cul-de-sac est vivement critiqué par la Pédé-ration des médecins résidents du Québec (EMRQ) qui demande au ministère de la Santé VOIR PAGE A 8: CHIRURGIENS Les hôpitaux et le ministère devraient mieux informer les résidents de leiu-s besoins réels AGENCE ERANCE-PRESSE JEAN DION Le coefficient pythagorique À lire en page B 6 INDEX Annonces.B 3 Avis pubUcs.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 3 Economie.B 1 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 6 Sports.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 La vie avant la mort Bernard Héber et Renée-Claude Riendeau présentent Offre-moi ton corps au FIFA CAROLINE MONTPETIT On le regarde en secret avec affection, avec ses taches, ses cicatrices, ses rides, ses rictus, son âge.Puis on le compare avec une moue déçue à l’image uniformisée du corps idéal des grandes affiches de sous-vêtements à la mode.Dans Offre-moi ton corps, le film de Bernard Héber et Renée-Claude Riendeau, le corps, celui de la femme surtout, est le personnage principal.Les autres, ce sont les dix photographes qui proposent un regard original sur le corps humain à VOIR PAGE A 8: FIFA ¦ Autres textes à lire en page B 8 r y SOURCE: CLAIRE OBSCURA Elinor Carucci, une des dix photographes qui proposent un regard original sur le corps humain.77831302383112 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 18 MARS 2010 ACTUALITES Collecte sélective Les entreprises paieront bientôt toute la facture LOUIS-GILLES FRANCŒUR Québec haussera progressivement, d’ici 2015, de 50 % à 100 % le taux facturé aux entreprises pour couvrir les coûts de la collecte sélective (bac vert ou bleu) par les municipalités.Un projet de loi en ce sens a été déposé hier à l’Assemblée nationale par la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp.Selon la ministre, cette hausse devrait inciter les entreprises à réduire à la source les matières qui finissent aux ordures ou au recyclage, comme les emballages inutiles, composites ou exagérément importants.Par ailleurs, le projet de loi révise un volet de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE) afin de modifier la hiérarchie des filières de valorisa-tiop des déchets.A moins qu’une analyse environnementale ne démontre le contraire, précisait la déclaration ministérielle, les acteurs devront prioriser dans l’ordre suivant: la réduction à la source, le réemploi, le recyclage (ce qui comprend le traitement biologique), la valorisation énergé- tique et l’élimination.Le nouveau cadre financier de la collecte sélective prévoit hausser de 1,3 à 3,5 millions par année la part des médias, lesquels pourront comme par le passé rembourser leur quote-part en services publicitaires pour soutenir les campagnes de sensibilisation du gouvernement et de Recyc-Québec.Par contre, les revues et les magazines ont été retirés de ce groupe.Le partage de la quote-part des médias ne se fait pas cependant sur la base du ratio publicité versus information, comme on le fait en Europe en certains endroits pour ne pas pénaliser le «droit à l’information».Pour la Pédération québécoise des municipalités (LQM), le projet de loi renie la promesse électorale du gouvernement en élection d’atteindre 100 % du financement de la collecte sélective d’ici 2010.Et la PQM ajoute que Québec ne reconnaît pas dans l’évaluation des coûts municipaux tous les frais réels d’administration.Au ministère, on répliquait hier que le montant versé pour l’administration sera le même que par le passé, ce que l’augmentation des subventions ne devrait pas faire varier.Le Devoir Superinfirmieres : topjours pas de financement en vne LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les doyennes des écoles de sciences infirmières sont sorties bredouilles hier de leur rencontre téléphonique avec les représentants des piinis-tères de la Santé et de l’Education.Bredouilles, et un peu plus inquiètes encore que la veille pour l’avenir de leurs pro-^ammes destinés à former des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), ces superinfirmières destinées à ranimer notre réseau sous perfusion.Le gouvernement Charest n’a vraisemblablement pas été ébranlé par l’appel à l’aide des universités, qui menacent de mettre leurs programmes sur la glace sans ime aide financière négociée d’ici le 1" avril.Au téléphone comme en Chambre, le gouvernement a répété qu’il croit en ce projet.11 a toutefois refusé de présenter une offre de financement concrète malgré des promesses répétées en ce sens.La déception était vive pour la doyenne de la Paculté des sciences infirmières de l’Université Laval, Diane Morin.«Nous avons la certitude d’avoir bien travaillé avec nos deux collègues des ministères, qui ont toute notre confiance.Nous sommes d’autant JACQUES NADEAU LE DEVOIR Toutes spécialités confondues, le réseau compte 59 infirmières praticiennes spécialisées.plus désolées de voir que, malgré le chemin parcouru, Québec n’est toujours pas en mesure de nous donner les paramètres optimaux poi{r déployer ces programmes.» À la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), on commence aussi à s’impatienter.«Il y a un an et demi, nous avions reçu un excellent accueil des deux ministres qui avaient dit vouloir mener ce dossier avec diligence.Ils nous avaient promis une annonce en novembre, annonce qui a été reportée à décembre, puis janvier, février, mars et puis, plus rien», déplore le président de la Table de concertation en sciences infirmières, Bernard Garnier.Acculées au pied du mur, les doyennes tout comme la CREPUQ misent leurs derniers espoirs sur le budget provincial qui sera présenté à la fin du mois.«Nous restons quand même optimistes.La formation des IPS fait l’objet d’un consensus unanime dans le réseau de la santé», a fait valoir M.Garnier.Mais si leurs espoirs sont encore déçus, les doyennes sont prêtes à prendre les grands moyens.«Nous allons surseoir nos programmes jusqu’à ce que Québec consente à les financer», a indiqué hier Mme Morin.Explosif, le dossier a rebondi hier à l’Assemblée nationale.Le critique en matière de santé, Bernard Drainville, a accusé le ministre Bolduc d’avoir sciemment retardé la création d’IPS, une promesse que le gouvernement Charest traîne depuis sept ans.Yves Bolduc a reconnu que le Québec manque cruellement d’IPS.Mais il assure tout faire pour y remédier.«On est en train de regarder à mettre tout ça en place.» lYécisons que toutes spécialités confondues, le réseau québécois compte 59 IPS, auxquelles s’ajoutent 39 IPS en formation.Par comparaison, l’Qn-tario en a 1240, seulement sur sa première ligne.Le Devoir Quand on choisit une ville, tous les atouts comptent! Laval en a plusieurs, parmi ceux qui comptent le plus, pour les gens comme pour les entreprises.Par exemple : • Un transport collectif intégré (réseau routier interne et régional, métro, train de banlieue, autobus) • Un accès efficace au marché, aussi bien vers l'Europe que vers le marché des Amériques • Des outils majeurs : un cargo aérien à 15 minutes, la proximité du port de Montréal, une toile ferroviaire qui offre tellement de possibilités.et le réseau routier interamérique • Sans oublier l'espace, beaucoup d'espace à un prix encore très abordable Laval, c'est une excellente raison de choisir le Grand Montréal.H y en a beaucoup d'autres, nous y reviendrons! 1555, boulevard Chomedey Bureau 100 Laval (Québec) H7V 3Z1 Téléphone : 450 978-5959 Télécopieur : 450 978-5970 info@lavaltechnopole.com www.lavaltechnopole.com LAVAL TECHNOPOLE DES EXPERTS AU SERVICE DES ENTREPRISES DE LAVAL H y a une place pour vous à Laval.Jeunes contrevenants Les critiques veulent une protection durable HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Les avocats spécialisés en justice pénale pour les mineurs déplorent que le gouvernement conservateur ait désormais à cœur la protection immédiate, plutôt que durable, du public.Le ministre de la Justice fédéral, Rob Nicholson, a déposé mardi un projet de loi boitifié visant à modifier le régime de justice pénale pour les adolescents.Sa précédente tentative, moins ambitieuse, n’avait pas été menée à terme à cause de l’élection de 2008.Rachel Grondin, profes-seure de droit à l’Uitiversité d’Qt-tawa, fait remarquer qu’un des objectifs de la loi actuelle est de RD ACTUALITES Greenpeace part en guerre contre Nestlé Par son utilisation d’huile de palme, le géant est accusé de détruire la forêt tropicale FABIEN DEGUISE Coup de barre contre la multinationale de l’alimentation.Le groupe de pression enviroime-mental Greenpace a accusé hier le géant suisse NesÜé de contribuer, avec ses populaires produits, à la dévastation de la forêt tropicale.Raison invoquée?L’utilisation massive par le transformateur alimentaire d’huile de palme provenant d’Indonésie et dont la production, en hausse depuis quelques années, est à l’origine de la destruction de cette forêt et de sa biodiversité.«Chaque fois que vous faites la pause Kit-Kat et mordez dam une barre de chocolat de Nestlé, vous contribuez à la destruction de la forêt tropicale indonésienne.Or, ces forêts sont essentielles à la survie des orangs-outans», a indiqué hier Métissa Fition, directrice de Greenpeace au Québec, qui demande à la multinationale de cesser immédiatement ses approvisionnements en huile de patine «auprès de fournisseurs qui détruisent les forêts indonésiennes».Dans les trois dernières années, Nestlé a plus que doublé sa consommation de cette huile tropicale qui entre dans la confection de plusieurs barres de chocolaL dont les Rolo, Coffee Crisp, Turtles et Aero, comme substitut aux huiles végétales partiellement hydrogénées à l’origine de la formation des gras trans dans l’alimentation industrielle.Ces gras trans ont été conspués dans les dernières années en raison de leurs effets délétères sur la santé.«Chaque fois que vous mordez dans une barre de chocolat de Nestlé, vous contribuez à la destruction de la forêt tropicale indonésienne» m 1>HÜNV JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dans les trois dernières années, Nestié a pins que doubié sa consommation d’huiie de paime, qui entre dans ia confection de piusieurs barres de chocoiat comme substitut aux huiies végétâtes partieiiement hydrogénées à i’origine de ia formation des gras trans.Dans un rapport de 13 pages dévoilé hier, les gardiens de la paix verte dénoncent les tiens étroits entre Nestlé et le géant indonésien Sinar Mas, un gros fournisseur d’huile de palme en Indonésie, dont les activités contribuenL selon Greenpeace, à la dévastation de la forêt tropicale, des tourbières ainsi que des zones d’habitat naturel des orangs-outans.Le défrichement illégal de zones forestières afin d’y planter les lucratife palmiers à huile est à la source du problème.Mis au parfum de ces pratiques en décembre dernier, Unilever et Kraft ont d’ailleurs cessé leur approvisionnement auprès de Sinar Mas, rappelle Greenpeace, qui ne comprend pas pourquoi Nestlé ne leur emboîte pas le pas.Malgré nos appels, il n’a pas été possible de par- ler hier à un représentant canadien de la multinationale.Dans un avis diffusé l’an dernier, Nestlé s’est engagé à utiliser uniquement de l’huile de patine répondant à des critères de développement durable d’ici 2015.Cette huile est certifiée par la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), un organisme international fondé en 2004.Nestlé s’en est rapproché afin de répondre aux critiques des consommateurs.ActuelîemenL à peine 20 % de la production mondiale est certifiée.Avec 320 000 tonnes consommées chaque année, Nestlé n’absorbe que 0,7 % de la masse visqueuse d’huile de palme produite sur la surface du globe.Le Devoir Le premier ministre et YouTube : une occasion manquée, dit l’opposition GUILLAUME B O U R G AU LT-C OT E Ottawa — Stephen H^er et YouTube ont raté leur mariage, ont estimé hier les partis d’opposition, au lendemain de la diffusion d’une entrevue exclusive du premier ministre accordée au site.Pour le député libéral Denis Coderre, grand adepte des réseaux sociaux, M.Harper n’a simplement pas compris un média dont l’objectif est «d’arriver à une certaine proximité» et «authenticité».«Il a voulu jouer à Barack Obama, mais ça n’a pas marché», a-t-il dit.Au bureau de Michael Ignatieff, on estime que l’exercice a été «une mauvaise conférence de presse avec une mise en scène assez médiocre».Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a pour sa part estimé que les réponses offertes par le premier ministre «étaient les mêmes que celles qu’on entend à la Chambre des communes depuis longtemps», alors que Gilles Duceppe a vu des similitudes entre la vidéo de M.Harper et celle, légendaire, de Stéphane Dion en 2008.«Ça semblait d’aussi bonne qualité.» «Je ne crois pas que le gouvernement sortira grandi de cette expérience», analyse Thierry Gias-son, spécialiste de la communication politique à l’Université Laval.«Ça eu l’air d’un exercice très convenu.M.Harper n’a pas répondu aux questions, il a tout contourné, sauf la question sur la légalisation de la marijuana.» C’est sur ce thème que M.Harper a semblé le plus inspiré mardi.«Quand les gem achètent de la drogue, ils ne l’achètent pas de leur voisin, a fait valoir le premier ministre.Ils l’achètent de cartels internationaux qui sont impliqués dam une violence inimaginable, de l’intimidation, des désastres sociaux à travers le monde.» Sur les 11 autres questions posées, Thierry Giasson estime que Stephen Harper a parlé de «façon partisane et idéologique».Mais il ne fallait pas s’attendre à autre chose, dit-il: la formule était fermée.«Il n’y avait pas d’interaction, ni entre les citoyens et M.Harper, ni entre celui-ci et l’animateur, explique M.Giasson.M.Harper aurait été mieux servi par une vraie entrevue menée par un journaliste, il aurait eu l’air plus courageux.» Autre point décevant à ses yeux: Google a mal fait son boulot en livrant un produit pauvrement réalisé et présenté avec plus d’une heure de retard.L’entrevue de Stephen Harper avec le chef financier de Google avait été vue par 43 000 personnes en fin de journée hier.Le bureau du premier ministre s’est dit «très satisfait» de l’expérience.Le Devoir Envois postaux Harper invite les libéraux à cesser eux-mêmes la pratique HELENE BUZZETTI Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper n’est pas encore prêt à mettre un terme au privilège des députés fédéraux d’envoyer aussi souvent qu’ils le souhaitenfi et sans frais pour eux ou leur parti, des dépliants aux électeurs du pays.Au lendemain de l’adoption par la Chambre des communes d’une motion libérale demandant que cesse cette pratique dite des «10 %», M.Har- per a invité les libéraux à commencer par arrêter eux-mêmes d’envoyer ces feuillets partisans.«Après avoir vu quelques-uns de ces 10 % libéraux, je suis bien content que ce programme soit annulé», a lancé M.Harper lors de la période de questions.Son entourage a précisé qu’il voulait dire par là qu’il se réjouissait de la promesse libérale de cesser d’envoyer des «10 %».Les conservateurs n’ont pas pris le même engagement.Les députés ont le droit de taire imprimer par la Chambre des communes des dépliants en quantité pour ainsi dire illimitée qu’ils envoient aux électeurs de leurs adversaires.Ce programme devait permettre à l’origine aux élus de rester en contact avec certains commettants déménagés hors de la circonscription.Depuis quelques années, il sert à démolir l’adversaire avec des attaques ul-trapartisanes.La Chambre des communes y consacre environ 20 mil- lions de dollars par année.Les élus conservateurs sont les plus gourmands, ayant engendré à ce chapitre des dépenses moyennes de 38 000 $ par année chacun.La question sera discutée à la régie interne de la Chambre des communes, à laquelle siège un représentant de chaque parti.Les décisions y sont généralement prises par consensus.Le Devoir DISCRIMINATION L’ONU propose une collecte de données Gay McDougall note «des problèmes significatifs et persistants» pour les minorités BRIAN MYLES L> experte de l’ONU des droits des minorités, ' Gay McDougall, recommande au Canada de colliger plus de données statistiques sur les minorités afin de venir à bout de la discrimination dont ils sont victimes.Mme McDougall a déposé son rapport, mardi à Genève, lors d’une séance publique du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.Tout en reconnaissant que le Canada s’est doté d’une politique impressionnante faisant la promotion du multiculturalisme et de l’égalité à l’emploi, l’experte de l’ONU a constaté que «des problèmes significatijs et persistants» affligent les membres des minorités ethniques ou religieuses.Le rapport cite notamment les données de Statistique Canada, selon lesquelles les membres de minorités ont deux fois plus susceptibles que le reste de la population d’avoir vécu des expériences de discrimination.Lors de sa visite de dix jours au Canada l’automne dernier, Mme McDougall a constaté que la discrimination sévit sur le marché de l’emploi, à l’école et dans les rapports quotidiens des minorités avec les forces de l’ordre.Les enfants issus des minorités africaines ou asiatiques vivent «des expériences négatives» dans les écoles publiques, fait remarquer Mme McDougall.«Les taux de décrochage scolaire chez les garçons sont particulièrement élevés dans ces communautés», observe-t-elle.L’experte de l’ONU expose aussi le paradoxe de la politique d’immigration du Canada.Les autorités fédérales encouragent des immigrants hautement qualifiés et scolarisés à immigrer au pays, mais leurs compétences ne sont pas reconnues par les provinces et territoires.«Plusieurs professionnels sont incapables de trouver un emploi dans leurs anciennes professions et se retrouvent avec des emplois sous-qualifiés, sous-payés et précaires, souvent pendant des années», écrit-elle.Profîlage des policiers Sans se prononcer sur le fond, Mme McDougall fait état des récriminations au sujet du profilage racial fait par les policiers, qu’elle décrit comme «une pratique systémique» envers les membres des minorités, en particulier les jeunes noirs et les ressortissants musulmans.Le rapport suggère au Canada — et aux services de police en particulier — de colliger davantage de données sur les minorités visibles afin d’obtenir le portrait le plus juste de la réalité.Selon Gay McDougall, il s’agit d’une «première étape essentielle» afin de mesurer l’acuité du problème.Si les policiers devaient recueillir et publier les données sur les arrestations en fonction de l’origine ethnique des suspects, la société civile pourrait y voir plus dans les allégations de profilage racial.Fo Niemi, directeur du Centre de recherche action en relations raciales (CRARR), juge cette avenue «très intéressante».«Même les policiers devraient être d’accord, parce que ça pourrait les aider à mieux faire leur travail et à réfuter les allégations de profilage racial s’il s’avère qu’elles sont non fondées», a-t-il dit.Le Devoir L’AVENIR DES VILLES PASSE-T-IL PAR L’INNOVATION ET LA CRÉATIVITÉ?Gerald Pillion et son invité Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en discutent.RDI ECONOMIE CE SOIR 18 H 30 » > RD A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 18 MARS 2010 EDITORIAL Crise entre les États-Unis et Israël Le provocateur Les relations d’Israël avec les Etats-Unis, son plus fidèle allié, sont empreintes d’acrimonie, voire de colère, comme jamais en trente ans.L’origine de ce froid?Benjamin Nétanyahou s’est excusé du bout des lèvres pour la mise en scène au cours de laquelle une autre colonisation a été annoncée, sans ordonner l’arrêt de celle-ci.Bref, le premier ministre israélien maintient son attitude de provocateur.D Serge Truffaut e deux choses l’une, soit Nétanyahou est, un menteur, soit sa gestion des affaires de l’État est bancale.On s’explique.Dans la foulée de l’humiliation servie au vice-président Joe Bi-den, «Bibi», ainsi qu’on le surnomme, a affirmé qu’il ne savait pas que l’information concernant la construction de centaines de logements serait formulée à voix haute alors que Biden était dans les environs.Si tel est le cas, cela signifie qu’il ne maîtrise pas ou qu’il fait peu de cas d’un dossier très délicat, pour ne pas dire explosif.De cela, on peut évidemment douter.D’autant que lorsqu’on s’attarde aux divers éléments inhérents à ce dossier, notamment ceux présentant un caractère historique, tout porte à penser que l’annonce en question fut préméditée dans le but de geler les pourparlers avec les Palesti- __ niens que l’envoyé spécial d’Obama dans la région.George Mitchell, essaye de réanimer ^ V depuis des mois.Le coup fait ces jours-ci à Bi- dep, les Israéliens l’ont fait aux secrétaires \ ' d’État James Baker lorsque Bush père était T — - président, à Madeleine Allbright lorsque Bill ^ Clinton était à la Maison-Blanche, à Condo-leezza Rice lorsque Bush fils était en poste.L’épisode dont Allbright fut le sujet a ceci de particulièrement intéressant que Nétanyahou était alors premier ministre.Pendant que la secrétaire d’État s’envolait pour Tel-Aviv, il annonça l’implantation d’une colonie en Cisjordanie.Et comme aujourd’hui, il communiqua cette intention à quelques mois des.législatives américaines! Son pari politique?S’employer à retarder la tenue ^e énièmes négociations devant déboucher sur la création d’un État palestinien, en espérant que Ip sursaut dont les républicains bénéficient actuellement aux États-Unis se traduise par des gains rabaissant le Parti démocrate au rang de formation minoritaire au Congrès.En attendant, «Bibi» a gagné une première manche.À la suite de l’affront fait à Biden, le président de l’Autorité palestinienne.Mahmoud Abbas, n’a pas eu d’autre choix que de signifier à Mitchell qu’il annulait, pour l’instant du moins, la première ronde de négociations.Par contre, il pourrait bien, comme cela fut observé au milieu de la décennie antérieure, perdre la deuxième manche si Obama décidait d’imiter Clinton en adoptant à l’endroit de «Bibi» une politique plus musclée.Paradoxalement, Israël a davantage besoin des États-Unis aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans.La raison est toute simple: les ambitions nucléaires de l’Iran.C’est Obama et non Nétanyahou qui mène une guerre sourde pour contrecarrer les plans iraniens.C’est le chef de l’exécutif américain qui est au front, alors que le chef du gouvernement israélien est dans l’arrière-cour.Dans un commentaire qu’il vient de consacrer à la passe d’armes entre Washington et Tel-Aviv, IVjartin Indyk, directeur de Foreign Policy et ex-ambassadeur des États-Unis en Israël sous Clinton, rappelle que lors de l’affront fait à Allbright, cette dernière avait fait passer le message suivant: «Dites à “Bibi" de se préoccuper un peu moins de ses colons et un peu plus des Etats-Unis.» Obama devrait reprendre cet avertissement à son compte.Superinfîrmières Question de priorités ela fait sept ans que chemine dans les instances politiques le projet des superinfirmières, destiné à soulager la crise éternelle dont souffre notre réseau de santé.Sept ans que les discours officiels font de ces infirmières praticiennes spécialisées 0PS) de véritables bienfaitrices, par lesquelles le désengorge-ment doit passer.Sept ans que cette idée, qui ne connaît pas de détracteur, n’est soutenue que par des promesses.La journaliste du Devoir Louise-Maude Rioux Soucy a récolté les aveux des universités, qui soutiennent depuis trois ans les programmes de formation de ces,superinfirmières sans l’ombre d’un budget fourni par Québec.À bout de ressources, elles ne peuvent plus garantir l’inscription de nouvelles venues.Leur recul n’est qu’une addition à un ras-le-bol général: même diplômées, ces superinfirmières, censées soulager les médecins de certaines tâches, ne trouvent pas de postes.Les hôpitaux, qui doivent payer ces employées à même leur budget, n’ont pas d’argent frais — et ils dépensent des fortunes en infirmières d’agences! Abattues par un horizon aussi obscur, les étudiantes abandonnent en cours d’études.Il semblerait que les idées révolutionnaires destinées à solidifier une première ligne défaillante ne se réalisent jamais.Virage ambulatoire, groupes de médecine familiale, superinfirmières: à la pièce et à l’aveugle, on retouche l’organisation du travail sans parachever les projets.En résulte un système de santé coûteux, complexe, qui n’adopte pas le virage du partage des compétences.L’Ontario compte 1240 infirmières praticiennes spécialisées.Au Québec, elles ne sont encore que 19.Il aura fallu cette semaine que les médecins se postent aux côtés des infirmières pour attester du sérieux de leurs revendications, un geste symbolique qui traduit malheureusement la faible portée de la voix des infirmières.Elles occupent pourtant un rôle névralgique.Tous dénoncent le manque de volonté politique qui chapeaute cet échec en santé — censée être l’absolue priorité politique.En cette matière, le gouvernement Charest n’est pourtant pas entièrement statique.N’a-t-il pas récemment annoncé son intention de financer la fécondation in vitro (EIV) ?Dans un contexte où deux millions de Québécois n’ont toujours pas accès à un médecin de famille, où faute de ressources sur la première ligne 70 % des patients qui atterrissent à l’urgence auraient dû être vus ailleurs, ce choix politique est insensé, si chargé émotivement soit-il pour les couples infertiles.Côté pile, il en coûterait 80 millions pour soutenir la procréation assistée, une option qui suscite encore des réserves, même en science.Côté face, il en coûterait apparemment 100 millions pour financer la réalisation du projet des superinfirmières, que tous associent à l’option du succès.Si ce choix peut soulager l’ensemble du réseau de la santé, il s’agit sans contredit d’une voie prioritaire.machouinard@ledevoir.corn c Marie-Andrée Chouinard LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO lî 5PVM V£uT irs CA&ùuUS tant Wh âiftiîA'o'îrf OtflO .03-10 Laïcité : donner l’exemple Rufin un manifeste clair et équilibfé sur l’épineuse question de la laïcité de l’État et du pluralisme.Les auteqrs font bien valoir que «pour être neutre, l’État doit se déclarer neutre», sans quoi il laisse aux tribunaux la besogne de çréer le droit cas par cas.De même que l’État exige de ses agents au travail d’exercer un devoir de réserve quant à leurs convictions politiques, il doit leur interdire «d’afficher leur appartenance religieuse, philosophique.» par tout insigne.Sans mot dire, celui-ci parle.Je souhaite, que le Québec donne l’exemple aux États provinciaux et fédéral en demandant à «tous ses représentants» de pratiquer l’abstinence d’insignes religieux.Nos États empêcheront ainsi la «surenchère d’expression de convictions», leur évitant plus tard l’impossible arbitrage entre porteurs de calottes, capines, cols romains, hidjabs et turbans, sans pour autant leur nier le droit de les arborer en dehors de leurs fonctions et sans pour autant empêcher leur présence sur un banc d’école ou sur une civière, point manquant au manifeste, par respect de la liberté individuelle.Pascal Barrette Ottawa, le 16 mars 2010 Je ne comprends pas.Monsieur Goyette, le grand patron de la FTQ-Consfrucdon, est venu asperger le Québec de ses propos pour défendre son organisation.Alors, pourquoi est-il le seul au Québec avec monsieur Charest à s’opposer à une enquête publique qui permettrait à son organisation d’êfre blanchie de toutes allégations?Je ne comprends pas! Qu peut-être frop.Michel Leclerc Québec, le 15 mars 2010 LETTRES Honte à l’UdeM L’Université de Montréal, mon aima mater, s’apprête à revendre à un promoteur privé — qui fait en ce moment l’objet d’une enquête administrative et policière — un immeuble pafrimonial qu’elle a acquis à très bon compte de la congrégation des sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie qui avait cru, sans doute à tort, que la vocation éducative de l’établissement serait ainsi préservée.Seraient aussi compromises, par une telle vente, la vocation verte et la gestion écologique du flanc nord du mont Royal.Pour une affaire de gros sous et sous prétexte de développement, l’Université, par ses administrateurs actuels, cherche à se dérober à ses obligations sociales envers la population et à ses dettes morales envers ses donateurs, autant ceux qui ont financé l’acquisition de l’actuel campus par leurs impôts et les souscriptions publiques de 1920 et 1947, que les religieuses qui lui ont légué une propriété et un édifice acquis et entretenus grâce aux sacrifices des membres de la congrégation et à la générosité de ses milliers de bienfaiteurs.Pour boucler cette fransacdon qui confine au gangstérisme immobilier et financier, l’Université demande à la Ville de s’y associer par un changement de zonage, et donc de destination de ces immeubles.Déjà, par leur opposition ou leur abstention, une majorité d’élus au conseil municipal ont réussi à reporter cette autorisation éminemment contestable.Souhaitons que l’opinion publique s’émeuve et condamne cette opération indécente et que nos élus y résistent puisque l’Université persiste à foncer sans se soucier de son honneur, de sa réputation et de ses obligations fiduciaires envers le bien public.René Laperrière Montréal, le 16 mars 2010 Égales, mais à part ! Il me semble qu’on se trompe en opposant le principe de l’égalité hommes-femmes au port du voile musulman et à tout ce qui l’accompagne.Le voile ne prive la femme musulmane d’aucun droit, au Québec en tout cas, mais il la met à part; à part des hommes, à part de la vie sociale générale, considérée comme menée par les hommes et d’abord pour eux.Égales, mais à part! C’est le malaise que je ressens de plus en plus en voyant comment les femmes musulmanes les plus convaincues en cette matière s’expriment et se comportent.Cela m’a particulièrement frappé lors du visionnement du film de Francine Pelletier, Mes soeurs musulmanes, sorti récemment.Leur voile et leur habillement les mettent à part, ne serait-ce que symboliquement, mais ils évoquent tout de suite la femme qui, ailleurs et peut-être encore parfois ici, doit rester au foyer, qui ne peut sortir qu’accompagnée d’un homme, qui ne peut partager la vie sociale des hommes.Une anthropologie inconsciente me semble être à la base de cela, centrée sur une seule perception: la femme est l’objet du désir irrépressible de l’homme; l’homme est le sujet dont la femme veut se faire désirer.En résulte la loi: la femme et l’homme ne peuvent être ensemble que dans le mariage.C’est un peu ce qui a prévalu aussi en Qccident jusqu’à il y a moins d’un siècle.Espérons que nos frères et sœurs musulmans feront plus rapidement que nous le chemin vers une société faite d’hommes et de femmes vivant vraiment ensemble.André Stainier Québec, le 14 mars 2010 LIBRE OPINION Un oui haut et fort à un Québec laïque et pluraliste SIMONE LANDRY Professeure associée à l’Université du Québec à Montréal Tout d’abord, une anecdote.A plus de 90 ans, ime femme de mon proche entourage, en perte de mémoire depuis deux ou trois ans, se brise une hanche, comme c’est si souvent le cas.Elle se remet autant que faire se peut, dans un hôpital de la Montérégie.Dans sa chambre, au-dessus du grand cadran égrenant les secondes, les minutes, les heures qui n’en finissent plus de s’écouler, im crucifix, pas très grand, mais assez pour accrocher l’œil fatigué qui ne voulait que regarder l’heure.La femme dont je parle a grandi et élevé sa famille dans la région de Lanaudière, jusqu’au milieu des années 1950.Petit à petit, sans en faire tout un plat, elle a cessé de fréquenter l’église — non sans avoir dit en son temps au curé, qui la soupçonnait «d’empêcher la famille», qu’ils étaient deux dans la chambre à coucher et n’avaient pas besoin d’une troisième personne.Nous visitons cette femme devenue légèrement aphasique.Elle pointe le crucifix et demande qui l’a placé là.Elle croit avoir vu un homme entrer dans la chambre, du côté de la fenêtre, pour installer au mur ce crucifix, juste au-dessus de l’horloge.Ce crucifix la dérange, elle qui a pourtant été élevée dans la religion catholique.Elle, qui se voit perdre toutes ses facultés et qui ne cesse de répéter qu’elle voudrait mourir, est contrainte de voir devant elle ce crucifix, heure après heure, jour après jour.Dans un autre hôpital, dans une chambre de soins palliatifs où est décédée il y a peu une autre femme, très proche, beaucoup plus jeune, ses enfants, au moment où elle a intégré cette chambre, ont enlevé eux-mêmes le crucifix fixé au mur.Cette femme, au fil des ans, s’était ouverte à d’autres voix spirituelles, que ce crucifix ne pouvait symboliser.La Déclaration des intellectuels pour la laïcité, dans un texte d’une intelligence et d’une clarté lumineuses, présente une synthèse d’une granule cohérence, fondant la nécessité pour l’État québécois d’affirmer sans ambages sa laïcité, laquelle, aux yeux des auteurs de ce manifeste, «fait partie du paysage historique québécois», ses acquis récents caractérisant par ailleurs le Québec moderne.C’est dans cet esprit que la laïcité «ouverte» prêchée par le rapport Bouchard-Taylor est ici décrite comme étant «en pratique une négation de la laïcité de l’État puisqu’elle permet toute forme d’accommodement des institutions publiques avec une religion ou une autre».Ainsi, le port du foulard islamique pour une enseignante dans une école publique déroge de toute évidence à ce principe de neutralité religieuse qui doit caractériser les institutions publiques.Tout comme le port de la kippa par un professeur d’université.Le crucifix de l’Assemblée nationale et des salles de conseils ipunicipaux doit aussi disparaître dans un État vraiment laïque.Et le crucifix qui surplombe les horloges de toutes les chambres des malades de l’hôpital où repose, en espérant la mort, la vieille dame dont je parle plus haut, troublant la paix de l’âme à laquelle elle a droit, doit aussi s’en aller.Je n’ai évoqué ici que la question des signes religieux dans les institutions publiques, et plus particulièrement du crucifix des catholiques.L’étaJ)lissement d’une véritable laïcisation de l’État québécois va certes beaucoup plus loin.Mais si j’ai choisi de m’intéresser plus spécifiquement à la question du crucifix dans les chambres d’hôpital, c’est que j’ai pu constater jusqu’à quel point, pour des Québécois nés en cette terre, élevés dans la religion catholique qu’ils ont ensuite choisi de quitter, la présence de ce symbole, alors qu’ils sont en état de très grande vulnérabilité, peut être troublant et même irritant.Et pour bien marquer, comme le font les signataires de la Déclaration des intellectuels pour la laïcité, qu’opter pour la laïcité de l’État québécois n’est pas une posture raciste ou xénophobe.Je tiens donc à affirmer ici haut et fort mon appui sans réserve à la déclaration de ces intellectuels éclairés, dont j’esdme faire partie. LE DEVOIR, LE JEUDI 18 MARS 2010 A 7 IDEES Exploration des gaz de schistes dans la vallée du Saint-Laurent Un projet qui n’a rien de vert LUCIE SAUVE Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement de l’UQAM PIERRE J.HAMEL Professeur-chercheur à l’INRS Centre urbanisation culture société lors qu’il existe des fdières plus prometteuses, le gouvernement du Québec a fait le choix de lancer le vaste chantier économique de l’exploitation des gaz de schistes dans la vallée du Saint-Laurent.Près de 600 permis d’exploration ont déjà été octroyés et d’autres seraient bientôt accordés à des compagnies étrangères et canadiennes pour forer dans les terres agricoles du Québec.Le processus n’a rien de démocratique.Les municipalités sont privées de décision quant à l’aménagement de leur territoire: les projets sont imposés.Dans les meilleurs cas, les citoyens sont informés de l’imminence d’un chantier; quand la nouvelle leur parvient, il trop tard pour réagir.Lois et règlements empêchent tout processus de démocratie participative et représentative.Le Québec, terre A’Avatar"^ Les contrats de location des terrains de forage ont été signés en catimini entre des propriétaires privés et les entreprises d’exploitation, alors qu’il ne s’agit certes pas d’une affaire privée mais bien d’ime affaire publique par excellence, qui concerne toute une communauté, une municipalité, une région, les citoyens de la province entière.À l’instar de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), les MRC de six répons ont bien compris l’ampleur de la problématique et ont demandé un moratoire sur la mise en oeuvre des chantiers.Les avez-vous entendus?Tourner la page Le choix de développer la fdière des gaz de schistes n’a rien à voir avec ce «développement durable» dont le gouvernement du Québec se dit si fier.Cela est inacceptable dans un contexte d’«après-Copenhague» où la communauté internationale (outre certains dinosaures avides et récalcitrants) se mobilise pour réduire la production de gaz à effet de serre.Monsieur le Premier Ministre Jean Charest, vous vous êtes montré dans les médias comme une figure de proue de la réduction des émissions de tels gaz.Comment pouvez-vous alors justifier le choix de la filière des gaz de schistes, en cette époque où l’on doit se tourner vers l’alternative énergétique?L’époque de la pétroculture, celle des hydrocarbures, est révolue.Il faut tourner la page, de manière responsable.Certes, taisant fi des problèmes liés à son exploration et à son exploitation, les compagnies gazières argumentent que le gaz naturel est moins polluant que le mazout, qu’il permettra une économie d’importation et fournira une ressource exportable.Ces raisons permettent d’endormir «au gaz» une population «rassurée» par des promesses de prospérité à court et moyen termes et de fausses garanties d’un certain «développement durable».Simplistes, celles-ci ne résistent pas à l’analyse globale.Effets négatifs Qn connaît les problèmes socio-écologiques et les risques soulevés par l’exploitation gazière: l’usage et la pollution (métaux lourds, produits r -f m i ’ -r ¦iar JASON COHN REUTERS Aux Etats-Unis, dans l’Etat de New York, l’expérience négative de l’exploitation des gaz de schistes a mené entre autres à la cessation des opérations dans une partie de son territoire de l’une des plus grandes compagnies d’extraction de ce type de gaz, Chesapeake.chimiques) d’une quantité faramineuse d’eau prélevée dans les cours d’eau avoisinants, ou possiblement à même les aqueducs municipaux, l’utilisation des usines d’assainissement des eaux non conçues à cet effet, la pollution de l’air, la dégradation des paysages, la possibilité d’odeurs soufrées et de contamination liée aux émanations (le sulfure d’hydrogène peut être mortel), le bruit (forage, camionnage, combustion du gaz à fair libre), le risque d’explosion, la dévaluation des propriétés et la perte de qualité de vie des résidants sacrifiée sur l’autel d’un «développement économique» qui profitera d’abord aux compagnies étrangères et canadiennes, plutôt qu’à la société québécoise.Aux Etats-Unis, dans l’Etat de New York, l’expérience négative a mené entre autres à la cessation des opérations dans une partie de son territoire de l’une des plus grandes compagnies d’extraction de gaz de schistes, Chesapeake (http://www.nytimes.com/2009/10/28/bu-siness/energy-environment/28driU.html?_r=î).Mais au-delà de ces inquiétudes locales et régionales se pose de façon aiguë la question des choix énergétiques au Québec, dans un projet de développement économique «durable».Rien de durable ici: la plupart des puits ont une durée de vie limitée (tous seront épuisés à plus long terme), l’environnement sera dégradé, la sécurité et la santé des populations seront mises à risque.Développer les gaz de schistes n’a rien à voir avec le développement durable les emplois créés seront temporaires et généralement offerts à une main-d’œuvre spécialisée qui n’est pas locale.Et quant à la dimension économique de cette filière gazière, on est en droit de se demander: à qui profitera tout cela?Pourquoi allouer quatre millions de dollars et geler les redevances pour cinq ans sans réglementation adéquate, et surtout sans aucune consultation du public, voire des municipalités et MRC concernées?Pourquoi soutenir un usage industriel qui risque d’entrer en conflit avec l’apiculture et avec la nécessité de réduire les gaz à effet de serre?Pourquoi soutenir un développement énergétique qui va à l’encontre des objectifs de plusieurs politiques et programmes qui, eux, ont fait l’objet de consultations publiques?promu par Géothermie Jean Charest Les innovations et l’énergie verte sont importantes pour le Québec: les filières et réseaux de production et de distribution alternatives sont connus; les modes d’utilisation responsable également.Le gouvernement s’est déjà engagé — de façon encore trop timide — dans certaines de ces filières.Un développement responsable de l’énergie implique que certaines avenues soient rejetées pour favoriser l’émergence de celles qui sont les plus «durables».Non durable, la filière du gaz de schistes doit être délaissée au profit par exemple d’une intensification du soutien à la géothermie (bien au-delà de l’usage domestique), combinée à un ensemble d’autres stratégies «vertes» comme celle des biogaz, une forme de gaz naturel qui règle des problèmes environnementaux plutôt que d’en poser.Jumelées entre autres à la serriculture (dans une perspective de souveraineté alimentaire), à f efficacité énergétique et à une production d’énergie gérée par les communauté locales, ce sont les énergies vertes qu’il faut privilégier, à l’instar de plusieurs pays européens nordiques qui en ont montré la viabilité.Investissons plutôt dans le développement de fdières alternatives: elles sont diverses et prometteuses.Nous pourrions être novateurs, comme on sait si bien le faire dans d’autres domaines au Québec.Qu’attendons-nous pour devenir un pays modèle et d’avant-garde?Pourquoi vendre le Québec aux colonisateurs économiques?La planète s’échauffe et se met en tempêtes.L’exploitation des gaz de schistes fait reculer les objectifs du Québec en matière de développement durable.Les citoyens informés l’ont déjà compris et s’en inquiètent vivement.Un mouvement de résistance s’est amorcé.Comme dans le cas des porcheries industrielles, du projet de centrale au gaz du Suroît ou de la mine d’uranium à Sept-Iles.Qn observe le même scénario, la même dynamique malsaine d’un certain pouvoir politico-économique.Voilà un trop lourd fardeau sur le dos des citoyens pour contrer les dérives de décideurs si mal éclairés.Briser les mythes du secteur énergétique L NORMAND MOUSSEAU Professeur de physique à l’Université de Montréal et auteur de L’Avenir du Québec passe par l’indépendance énergétique (éditions MultiMondes, 2009) e Québec dispose d’immenses ressources énergétiques — hydrauliques, bien sûr, mais aussi éoliennes et, on le sait depuis quelque temps, gazières.Alors que le reste de la planète cherche un moyen de remplacer ses centrales au charbon et au mazout par de l’énergie propre, nous sommes une des rares nations à disposer d’un suiplus important d’énergies vertes.En utilisant ces ressources stratégiquement, il serait possible d’en faire un des principaux leviers de développement économique du Québec du XXI® siècle.Pour y parvenir, il est nécessaire de mettre en place une politique énergétique cohérente et ambitieuse évitant les lieux communs et les fausses évidences pour cibler plutôt les actions concrètes et constructives.Ainsi, les pressions se multiplient pour la hausse des tarifs d’électricité au Québec.Cette hausse, dit-on, permettrait d’économiser l’énergie que l’on gaspille allègrement, libérant une marge suf lisante pour établir des ententes lucratives à long terme avec nos voisins.Cet argument, pourtant, ne tient pas la route.Tout d’abord, les citoyens ne sont pas les gaspilleurs qu’on raconte.La consommation énergétique du secteur résidentiel depuis 1980 est restée stable à environ 7,5 millions de tonnes équivalentes de pétrole.alors que seulement depuis 10 ans, le nombre de logements a augmenté de 13 %.Au cours de ces mêmes 30 années, le secteur commercial a vu sa consommation énergétique augmenter de 60 %! Un pactole, vraiment?La nécessité de libérer de l’électricité pour la vendre à l’étranger ne tient pas non plus.Lan dernier, Hydro-Québec n’a pas pu vendre tous ses surplus, faute de çlients.Pour le moment, notre société d’Etat a plutôt intérêt à ce que les Québécois consomment autant que possible! De plus, si la vente de l’électricité sur le marché «spot» s’avère particulièrement rentable, les ententes à long terme sont loin de représenter le pactole que l’on nous fait souvent miroiter.Ainsi, Jean-Thomas Bernard, de l’Université Laval, a calculé que l’entente de 26 ans signée avec le Vermont concerne un tarif de seulement 4,5 cents le kilowattheure (kWh).C’est un peu plus élevé que le tarif du bloc patrimonial, mais nettement en dessous ce que coûte la construction du complexe de la Romaine, qu’on évalue à environ 10 C/kWh.Qr, selon Hydro-Québec, l’électricité produite à partir de ce complexe sera dédiée avant tout aux exportations.Même chose du côté du Nouveau-Brunswick, où Hydro devrait vendre son électricité à 7,35 C/kWh tout en épongeant une dette de La poHtique énergétique québécoise est loin de représenter le levier 3,2 milliards appartenant à Énergie NB en échange des actifs de production, dont des centrales thermiques qui devront être fermées à moyen terme.Le tarif en vigueur, en comptant cette dette, est donc nettement moins favorable qu’il ne le paraît au premier abord et implique, encore une fois, que les coûts des nouvelles infrastructures de production d’électricité destinées à l’exportation dépassent largement les tarife qu’il est possible d’obtenir avec des contrats à long terme.economique qu’on a fait miroiter Gaz naturel Qn peut d’ailleurs se demander pourquoi Hydro-Québec signe des contrats à long terme alors que la demande pour l’électricité dans le nord-est de l’Amérique du Nord a atteint un creux avec la crise économique qui sévit depuis l’automne 2008, faisant chuter les prix de l’énergie.Pour le savoir, il faudrait que le public ajt accès à ces contrats.Qr, notre société d’É-tat refuse de dévoiler ses contrats et sa stratégie à long terme, sous prétexte qu’il s’agit de secrets industriels.Aujourd’hui, il est plus facile de connaître les coûts et les stratégies de Suncor, géante des sables bitumineux, que d’Hydro-Québec.Voilà qui n’est pas banal, surtout dans ime démocratie.Les ressources énergétiques du Québec ne se limitent pas à l’électricité.Le secteur du gaz naturel subit des bouleversements majeurs en Amérique du Nord avec le développement de nouvelles technologies permettant d’exploiter à prix compétitifs les schistes gaziers qu’on retrouve dans de nombreuses régions du continent, dont au Québec.Désirant se positionner rapidement dans le secteur, le gouvernement de Jean Charest a multiplié les encouragements auprès de l’industrie gazière et pétrolifère mal^é les risques environnementaux possiblement importants associés avec l’exploitation de ces gisements.Déjà, plusieurs compagnies ont commencé à exploiter, à petite échelle pour le moment, les schistes gaziers du Bas-Saint-Laurent, avant même la mise en place d’une politique environnementale dédiée à cette nouvelle industrie.Sans débat, le gouvernement a également accordé un congé de redevances de cinq ans sur ces exploitations.Qr, comme le pic de production d’un puits gazier est de quelques mois au maximum, cela veut dire que les redevances ne seront payées que sur la portion congrue de la production totale de chaque puits.Dans un contexte nord-américain où États et provinces rivalisent pour s’établir comme la nouvelle «Alberta du gaz naturel», cette situation risque de perdurer: afin d’attirer et de conserver l’industrie gazière, les gouvernements et les citoyens devront se çontenter de très peu.À la lumière de ces éléments, on doit conclure que la politique énergétique québécoise actuelle est loin de représenter le levier économique qu’on a fait miroiter à la population.Le gaz naturel et l’électricité étant bradés à l’étranger, il semble que la seule avenue restante pour profiter de la manne énergétique soit de se taxer soi-même.Ne peut-on vraiment pas faire mieux?L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien DegHse (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), PhiHppe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaiUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ;Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ;André^ne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Émilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, David Dumouchel et Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint) ,'Se.axi de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie FÜion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 18 MARS 2010 ACTUALITES GARDERIES SUITE DE LA PAGE 1 des garderies introduit par les libéraux.«Il y a certaines personnes qui n’ont aucune compétence et qui ont obtenu des permis.Et je me demande comment ça se fait» y a-t-il dit à Radio-Canada.Il en va de la santé des enfants, a-t-il soutenu, réclamant une enquête du Vérificateur général du Québec.Il a soutenu qu’il fallait revenir à l’ancien système d’allocation des places: c’était une instance locale qui sélectionnait les centres de la petite enfance ou les garderies privées qui devaient obtenir les nouvelles places.M.Carosielli n’a pas rappelé Le Devoir hier.Tony Tomassi a plaidé qu’il n’avait eu rien à voir avec l’octroi des places en garderies au Groupe Merveilles, ni à aucune autre garderie.Depuis sa nomination comme ministre de la Famille, il n’a accordé aucune place dans les services de garde, a-t-il souligné en fin d’après-midi hier, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres.«On est sur le plan des 18 000 places qui ont été accordées en juin et en juillet»y a-t-il précisé, c’est-à-dire par sa prédécesseure, Michelle Courchesne.Quant à la chaîne du Groupe Merveilles, elle s’est constituée au fil du temps grâce notamment à des acquisitions.Selon ce que M.Carosielli a affirmé à Radio-Canada, il exploitait cinq garderies dont les permis avaient été délivrés par le gouvernement péquiste et il en a acquis cinq autres.Sans viser la chaîne de M.Carosielli, le président de l’Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, a signalé, hier au Devoir y que la grande majorité des plaintes visant les garderies privées proviennent de parents dont les enfants fréquentent les chaînes commerciales de garderies.M.Carosielli n’est pas le seul à critiquer le mode de sélection des services de garde.Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, c’est le ministère qui détermine quels CPE ou garderies auront les nouvelles places.Sylvain Lévesque estime qu’il faut revenir au mode de sélection antérieur, selon lequel c’était le Conseil régional de développement (CRD), auquel siégeaient la commission scolaire, des représentants des garderies privées, ceux des centres de la petite enfance et d’autres représentants locaux, qui faisait ses recommandations au ministre sur le choix des projets de nouvelles places.Ce système, instauré par le gouvernement péquiste, n’a jamais entraîné de contestations, a fait valoir M.Lévesque.Mais la première chose que la nouvelle ministre de la Famille, Carole Théberge, a fait, c’est d’ignorer les recommandations des CRD, une instance que le gouvernement Charest a abolie par la suite, et d’accorder des places à des projets de moins bonne qualité, dont ceux qui émanaient de chaînes commerciales de garderies, a rappelé Sylvain Lévesque.Au cœur d’une controverse à la fin de 2005, la ministre avait affirmé par la suite que les chaînes de garderies commerciales n’obtiendraient plus de nouvelles places compte tenu des «standards élevés» imposés par son ministère.Trois chaînes avaient fait les manchettes alors: Mad Science, KI.D.S.et Kinderville.A l’Assemblée nationale, Nicolas Girard a lancé une deuxième attaque contre Tony Tomassi.Le député péquiste a soutenu que six membres du comité exécutif élargi de l’Association libérale de LaFontaine, la circonscription du ministre, avaient obtenu cinq permis de garderies privées depuis 2003.M.Tomassi a répliqué en révélant qu’il avait demandé à ces six personnes de démissionner de l’exécutif dès qu’il a été nommé ministre en décembre 2008, ce qu’elles ont fait.Le Devoir CENTRALES SUITE DE LA PAGE 1 provoquer des remous devant la disparition de plusieurs des plus belles chutes de cette région.L’appel d’offres d’Hydro-Québec a été lancé le 15 juillet 2009.C’est le troisième programme de construction de petites centrales au Québec.Le premier avait été lancé sous le gouvernement de Robert Bourassa au début des années 1990.Il a donné lieu à plusieurs mobilisations citoyennes et surtout, à une commission d’enquête présidée par le juge François Doyon.Le deuxième programme a été stoppé net en cours de route par l’ancien premier ministre Bernard Landry au moment du lancement de la Politique nationale de l’eau, une suite de la mobilisation de dizaines d’artistes et de personnalités publiques, mobilisés par la fondation Rivières.C’est en mai qu’Hydro-Québec fera connaître les projets choisis, ce qui déclenchera une nouvelle mobilisation des artistes par la fondation Rivières, affirmait hier soir au Devoir le comédien Roy Dupuis, son porte-parole.En entrevue au Devoir y ce dernier a qualifié «d’odieux qu’à l’heure où on vend notre électricité à rabais aux Américains — notamment au Vermont à 4,5 cents du kilowatt —le gouvernement Charest se lance dans un programme de destruction massive de nos plus belles rivières et chutes».Il rappelle qu’à Trois-Pistoles, Québec a payé plus de 3 millions pour arrêter un projet de petite centrale privée, que la MRC ose relancer après avoir obtenu du gouvernement Charest les droits hydrauliques sur ce cours d’eau: «Un gaspillage de fonds publicSy dit-il, pour lequel il faudra trouver une explication.Ça échappe à toute logique.Quelles sont les tractations qui ont permis cela?Est-ce que Jean d’Amour a eu un rôle à jouer dans cette affaire, car c’est BPR qui a absorbé la firme d’ingénierie qui avait préparé le premier projet.Voilà beaucoup de questions auxquelles il faudra trouver des réponses.» De plus, Roy Dupuis s’interroge sur le fait que Québec n’ait pas encore protégé la moindre rivière au Québec, comme si tout ce patrimoine était à vendre ou à bétonner.Comme les promoteurs doivent avoir obtenu, au moins en principe, les droits hydrauliques sur les cours d’eau convoités pour se qualifier dans l’appel d’offres, le comédien en comprend que Québec a fait fi de la recommandation du BAPE d’épargner une rivière de la Côte-Nord pour chacune de celles qui ont déjà été bétonnées.Enfin, le comédien, qui entend mobiliser encore plus ses collègues que par le passé en raison du nombre décroissant de cours d’eau vierges, qualifie «d’inacceptable» le fait que Québec et Hydro-Québec n’aient pas inscrit la protection de l’environnement dans les critères de choix des projets.Certes, dit-il, les projets de plus de 5 MW devront passer par une audience publique.Mais rien ne dit que les projets présentés sont les meilleurs pour l’environnement: le fait que le BAPE les juge acceptables ne nous dit pas si les projets écartés auraient été meilleurs, par exemple, sous l’angle des débits réservés ou des impacts fauniques.Le fait, par exemple, que certaines firmes envisagent des projets dans des rivières à saumon, comme la Jacques-Cartier ou la Saint-Jean, indique à son avis que Québec a déjà consenti à l’artificialisation croissante de ces cours d’eau, un révélateur impitoyable, dit-il, de la philosophie environnementale du gouvernement Charest.Un biologiste de haut niveau au ministère des Ressources naturelles et de la Faune indiquait par ailleurs au Devoir hier sous le sceau de l’anonymat que les services fauniques ayant déjà été intégrés dans ce ministère à vocation économique, «ils sont bâillonnés alors que de l’extérieur, comme par le passé, ça ne se serait pas passé comme cela».On peut aussi constater la souplesse des critères quand on constate que les citoyens de Montauban, en Mauricie, ont réclamé par vote un référendum sur le projet local.Deux fois plus de citoyens ont signé le registre que le nombre exigé pour déclencher cet exercice, ce qui donne une idée de la force des opposants.Or, les projets présentés doivent avoir fait la preuve qu’ils sont l’objet d’un véritable consensus social.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 DENISE BOMBARDIER HONORÉE ir YAN DOUBLET LE DEVOIR Notre chroniqueuse Denise Bombardier a reçu hier le prix «Reconnaissance-Francophonie 2010» au Musée de la civilisation de Québec, lors d’une cérémonie à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie.«Denise Bombardier défend avec conviction l’importance de la langue française.Elle l’exprime et l’écrit de façon magnifique, ce qui témoigne à la fois de son talent mais aussi du respect qu’elle lui porte», a déclaré à cette occasion le ministre des Relations internationales Pierre Arcand.Ce prix, qui vise à honorer une «contribution exceptionnelle à la langue française et à la culture québécoise sur la scène internationale», avait été décerné l’an dernier au chanteur Jean-Pierre Ferland.FIFA SUITE DE LA PAGE 1 travers leur travail.Ils photographient des femmes en position décontractée ou des femmes enceintes, des transgenres en cours de transformation d’un sexe à un autre, des enfants pleurant et criant, mais aussi des poupées-femmes offrant leur compagnie muette à des hommes esseulés, ou encore des corps décédés dont on a traqué sur les visages la dernière expression, enfin délivrés des souffrances terrestres.Ce film sera présenté dimanche, le 21 et mardi le 23 mars prochain au Festival international du film sur l’art, qui débute aujourd’hui à Montréal.Déjà, l’an dernier, les deux cinéastes avaient présent L’Art du nu, un triptyque documentaire qui proposait le regard des modèles sur cet art.Si la peinture et la sculpture y avait été largement abordées, la photographie y était seulement effleurée.Petite-fille du peintre Stanley Cosgrove, Renée-Claude Riendeau a longtemps vécu dans l’intimité d’un modèle puisque sa grand-mère posait régulièrement pour son mari.Et c’est au Mexique, en se lançant sur les traces de son grand-père Cosgrove, ami du fresquiste mexicain Orozco, que Renée-Claude a rencontré Bernard Héber, qui allait devenir son associé.Cette fois, les cinéastes offrent un regard sur le corps réel des modèles amateurs comme professionnels, nous forçant à constater l’écart entre la réalité rêvée et la réalité vécue.Cela commence par Elinor Carucci, qui se penche sur elle-même pour prendre par exemple des photos de son nombril, d’un grain de beauté au coin d’une bouche.«Quelque chose d’honnête», voilà comment elle décrit son travail de création.Plus tard, on la verra aussi photographier ses enfants, boudant et grognant.Elle raconte d’ailleurs qu’elle leur a formellement interdit l’usage du mot «cheese», à la maison.Suit, entre autres, Jeff Bark, photographe de mode, qui, n’en pouvant plus de photographier des corps «tous pareils», grave sur pellicule des femmes grosses, aux formes tombantes, dont il camoufle parfois le visage sous des sacs ou des oursons de peluche.Les projets d’Elena Dorfman sont plus troublants encore.Dans le film, elle s’intéresse d’abord à la transformation des transgenres, à des femmes devenant graduellement des hommes.Elle traque cette transformation dans des gestes quotidiens, observant par exemple comment ces hommes en devenir nouent leur cravate.Plus loin, Elena Dorfman nous entraîne dans le jardin secret d’un homme qui vit en compagnie de cinq poupées, déguisées en pin up, en partenaires sexuelles, en épouses, en amies.«Non seulement les femmes veulent ressembler à des poupées, mais les poupées veulent ressembler à des femmes», dit l’homme qui vit à l’abri des regards de sa communauté, en Angleterre.Selon lui, on se leurre toujours en jaugeant les gens à leur apparence puisqu’on a jamais d’eux qu’une perception subjective.Ses poupées, quant à elles, ne sont qu’apparence.Impossible de se fourvoyer à leur sujet.Des feuilles qui tombent avant Tautomne On traverse aussi l’univers d’Art Myers, qui photographie des femmes atteintes du cancer du sein en tentant de montrer leur existence dans son ensemble, plutôt que de ne se concentrer que sur leurs cicatrices et leurs maladies.«Ces femmes ne se voient pas comme endommagées», dit-il, ajoutant qu’elles continuent d’avoir une vie sexuelle entière.L’une de ses photos s’intitule Parfois les feuilles tombent avant l’automne.L’ensemble du film porte une lourde charge émotive pour Renée-Claude Riendeau, qui a souffert d’un cancer du sein et qui a dû subir l’ablation de ses deux seins au cours de la réalisation A’Offre-moi ton corps, à l’âge de 35 ans.Les scènes les plus difficiles à monter pour elle, plus encore que les photographies mettant en scène la mort elle-même, ont été celles présentant des femmes en train d’allaiter.Tout le long du Festival international des films sur l’art (FIFA), les œuvres de certains photographes présentés dans le film.Art Myers, Ele-nor Carucci, Elena Dorfman, seront exposées à la Maison du Festival, rue Sainte-Catherine.On y trouvera aussi un photomaton, où les passants pourront faire photographier n’importe quelle partie de leur corps en toute intimité.Chacune des photos saisies fera partie d’une grande murale exposée à la fin du festival.Le film se clôt avec une entrevue saisissante avec Walter Schels, un photographe allemand qui a photographié des bébés naissants, des aveugles, mais aussi des morts.Dans le cadre de son exposition La Vie avant la mort, le photographe a en effet accompagné 24 malades aux soins palliatifs, et a pris des photos d’eux durant cette période.Il a ensuite juxtaposé ces portraits avec d’autres, pris exactement sous le même angle que les premiers, immédiatement après leur mort.Dans le film, il raconte que ce projet lui a appris à surmonter sa peur panique de la mort, lui qui avait vécu les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.Walter Schels raconte aussi son expérience de photographe auprès des bébés naissants: «La deuxième tragédie (après la naissance), dit-il, c’est de savoir de quoi on a l’air.» Le photographe parle aussi d’un projet qu’il a mené auprès d’aveugles.Et il est étonnant de constater qu’une fois le projet complété, les aveugles ont insisté pour qu’on leur fasse visiter l’exposition en leur décrivant à quoi ils ressemblaient sur les photos.Le Devoir CHIRURGIENS SUITE DE LA PAGE 1 de rebrasser ses cartes.Et vite, avant que ces trois recrues trouvent mieux ailleurs.«Pour maintenir ses compétences, un chirurgien cardiaque doit faire au moins 175 opérations par année.À l’heure actuelle, on ne leur en offre que le quart ou la moitié», raconte le président de la FMRQ, le D" Yann Dazé.La Fédération est d’autant plus étonnée par la timidité du geste que le besoin en chirurgie cardiaque est encore très important.Le mois dernier, l’Association des chirurgiens cardiovasculaires et thoraciques du Québec tirait d’ailleurs la sonnette d’alarme.Son président, le D" Yves Langlois, révélait qu’environ 630 personnes attendent présentement l’intervention qui changera leur vie.Un chiffre élevé qu’il n’avait pas vu depuis longtemps dans sa spécialité.Et pourtant, Québec n’a pas de postes à offrir dans cette discipline.La situation est tout à fait nouvelle pour la Fédération, qui en a saisi la Table de concertation permanente sur la planification de l’effectif médical.Le D’^ Dazé espère une réponse rapide de la part du ministère.C’est que «beaucoup d’autres spécialités pourraient connaître des difficultés semblables à court ou moyen termes», spécialement la radio-oncologie et les chirurgies urologique ou générale, qui affichent déjà un taux de saturation élevé.En chirurgie urologique par exemple, deux jeunes finissants n’ont pas su trouver une place à leur convenance cette année.«Il y a beaucoup de postes virtuels sur papier dans ce domaine.Mais sur le terrain, ce qu’on note, c’est que le besoin n’est tout simplement pas là», explique le D’^ Dazé.Plutôt que de se tourner les pouces, les deux finissants laissés en plan ont décidé d’aller opérer en Ontario.En radio-oncologie, le problème est quelque peu différent.En quelques années seulement, le Québec est passé d’une forte pénurie à l’abondance après avoir ouvert des places de résidence et recruté des professeurs à l’étranger.L’opération de charme a si bien fonctionné que les finissants ont aujourd’hui de plus en plus de mal à se trouver un poste.«Ceux qui ont terminé cette année se sont trouvé un poste de peine et de misère, raconte le président de la FMRQ.L’an prochain, on peut présumer que ce sera plus difficile encore puisque leurs milieux sont déjà saturés.Il n’est donc pas dit qu’on ne se retrouvera pas en radio-oncologie avec le problème que nous connaissons aujourd’hui en chirurgie cardiaque.» Le responsable des affaires médicales au ministère de la Santé, Michel Bureau, confirme que le Québec — qui affiche toujours un déficit de 800 spécialistes au compteur — a réussi à faire le plein dans certaines spécialités.«On ne manque pas de spécialistes dans tous les domaines», a-t-il confié à la radio de Radio-Canada, qui a levé le voile sur cette affaire hier.Le D" Bureau précise même qu’en chirurgie, certains spécialistes ne réclament plus de renforts, mais du temps pour opérer.Toujours à Radio-Canada, le D" Bureau a convenu que les hôpitaux et le ministère devraient mieux informer les résidents des besoins réels pour les spécialités de pointe avant de les envoyer se spécialiser à l’étranger.Mais attention, prévient toutefois le D’^ Dazé, il ne faudrait pas noircir le portrait plus que nécessaire au point où plus personne ne voudra se tourner vers ces disciplines souvent saturées artificiellement par les pénuries de personnel et le manque de lits.«Nous avons affaire ici à un surplus temporaire.La Société canadienne de chirurgie cardiaque prévoit par exemple que d’ici 2020 à 2030, il pourrait y avoir entre 20 et 30 % des postes en chirurgies cardiaques qui seront vacants au Canada sur un total de 150.» Le Devoir Rectificatif Dans l’article intitulé «Dépassé des jeunes délinquants scruté à la loupe et consigné», publié dans notre édition d’hier, nous avons mal rapporté le nom d’un des intervenants cités.L’avocate de la section jeunesse de l’aide juridique de Longueuil s’appelle Marie-Pierre Blouin, et non Poulin.Nos excuses.Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir corn La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel redaction( La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par telecopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition d organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si 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