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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier G
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2010-03-27, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 MOffTREAL GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS LE DEVOIR P PHOTO: CONCEPTION LEVY & CAMIL SCORTEANU Elektra, Sho(u)t, Vincent Elka [FR] 2008 - Cinémathèque québécoise Arts numériques Les frères électroniques sont à la fête « Montréal est la ville de l’art numérique en Amérique du Nord » Elektra et MUTEK sont des âmes sœurs, des festivals frères: tous deux montréalais, consacrés à la musique électronique et ayant soufflé leurs 10 bougies l’an dernier.En leur attribuant conjointement son 25® Grand Prix, le Conseil des arts de Montréal souligne le chemin parcouru en arts numériques.CATHERINE LALONDE Cette nomination conjointe nous donne une force de frappe par rapport aux arts traditionnels pour aller chercher le Grand Prix», se réjouissait déjà Alain Thibault, à la tête d’Elektra, au moment de l’annonce des finalistes.Son festival, organisé par l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec, donne la vedette aux artistes qui allient la musique électronique à la création visuelle.Animation, installation, robotique, vidéo, cinéma et jeu se déploient autour du cœur que forment la musique et les nouvelles technologies.De son côté, MUTEK propose des créations numériques sonores, musicales et visuelles.Et ratisse large.«On a des concerts formels mais où, d’assis au Monument-National, explique le directeur Alain Mongeau, on va finir la soirée en dansant au Métropolis lors d’un show grand public.Cette modulation est importante pour nous, comme la cohabitation d’artistes qui se tiennent aux extrêmes, qui sont expérimentaux ou populaires.On cherche le plus grand écart possible.» Acrobaties numériques «Si les arts numériques sont pour nous le quotidien, le genre est encore marginal, admet Alain Thibault, la tête pensante d’Elektra.Les gens ont encore besoin de voir des acrobaties physiques pour considérer un art, mais la vision change tranquillement.La jeune génération, née avec l’ordinateur et Internet, est très intéressée quxpossibilités créatrices des technologies.» A MUTEK, le directeur Alain Mongeau se remémore: «Quand on a commencé, on faisait beaucoup de pédagogie, on devait expliquer aux gens ce qu’on faisait.Avec le temps, on a complètement arrêté.Les Montréalais sont entrés en synchronici-té avec ces formes de création.» Un parcours qui lui semble normal, puisque, comme événement «avant-gardiste, on est toujours en avant de la masse.C’est dans notre définition de rechercher des nouveaux trucs.» MUTEK et Elektra ont réussi, en une décennie, à se monter un public et à se faire connaître un peu partout.«Montréal est la ville de l’art numérique en Amérique du Nord», précise Thibault.Grâce à l’intérêt des artistes et à celui des subventionneurs, bien sûr, mais aussi grâce au lien particulier entre Montréal et l’Europe.Les deux festivals sonf, pour le monde, une vitrine de talents.A MUTEK, 31 % des quelque 20 000 spectateurs en 2009 venaient de l’extérieur du Canada, et 16 %, de l’extérieur du Québec.Et Elektra est particuliérement fier d’avoir 40 % de femmes dans son public, un taux rare pour un événement en électronique.Malgré ce rayonnement, la reconnaissance tarde à venir et surtout à se changer en écus sonnants.Alain Thibault: «Quand le succès se calcule par un grand nombre de chambres louées dans les hôtels et de bières vendues.Alors que nous, ce qui nous intéresse, c’est de montrer aux Montréalais ce qui se fait de plus nouveau, ici et à l’international, avec des spectacles qui posent un défi.» Lendemain de veille Si les gens viennent de loin pour y assister, les deux festivals doivent encore «lutter pour exister.Après 10 ans, renchérit Mongeau, de MUTEK, on est encore en train de plaider pour les subventions de fonctionnement auprès du lou^e'roy «Notre rôle est de favoriser les liens entre les générations» Page 2 Conseil des arts du Canada et on n’entre encore nulle part, dans aucune catégorie.La beauté du Conseil des arts de Montréal, c’est que ses gens sont sur le terrain.Ils ont le meilleur radar, les tentacules les plus sensibles.Dans l’écologie du milieu, ils ont une fonction importante.Et un fort instinct.Sans leur geste, MUTEK n’existerait pas, car ils ont été les premiers à intervenir en 2000.Le drame, par contre, c’est que c’est ce conseil qui a le moins de moyens.» Plafond financier imposé, donc, pour Elektra comme pour MUTEK, qui ont tous deux, au lendemain de veille de leur dixiéme anniversaire, un déficit à éponger: «Je ne suis pas gêné d’en parler, indique Mongeau.C’est la réalité: on n’est pas soutenu à la juste valeur de ce qu’on fait.» Ce qui n’empêche pas de continuer: Elektra revient du 5 au 9 mai prochain et annonce des spectacles du Finlandais Mika Vainio, une création de Jean Piché pour l’ensemble à percussions Srxtrum et une performance pour lasers du Néerlandais Edwin van der Heide.Tous les spectacles se retrouveront bientôt à www.elek-tramontreal.ca.MUTEK, de son côté, se fient du 2 au 6 juin et sa programmation, qui inclut Matmos et Vladislav Delay, est disponible à www.mutek.org.Collaboratrice du Devoir HELEN FOTOPULOS « La culture est un vecteur du dpamisme économique » Page 5 THEATRE Petit à Petit ARTS VISUELS Oboro Page 3 CINÉMA Rencontres intemationaies dn docnmentaire MUSIQUE Ensembie Caprice DIVERSITÉ Rômmei Ribeiro Page 4 LITTÉRATURE Esse + opinions DANSE Regronpement qnébécois de ia danse Page 5 NOUVELLES PRATIQUES Festivai Voix d’Amériqne Page 6 La vie est plus radieuse sous le soleil de la Sun Life.Financière Sun Life G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 ARTS Présidence Place à l’innovation, à la relève et à la diversité « Notre rôle est de favoriser les liens entre les générations » Le Conseil des arts de Montréal estime que les questions d’innovation, de relève et de diversité culturelle ainsi que les liens arts-affaires constituent des défis d’avenir, comme l’indique sa présidente, Louise Roy, qui ajoute que l’organisme prend et entend prendre des mesures dans chacun de ces domaines.BRIGITTE SAINT-PIERRE «U > innovation, elle est là.Le défi, c’est de la soutenir», affirme Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal (CAM).«On a des organismes qui sont déjà très innovants», souligne-t-elle ainsi, ajoutant que les finalistes du 25® Grand Prix du CAM en témoignent.Mme Roy rappelle que le Conseil des arts de Montréal soutient des pratiques émergentes et a mis sur pied des programmes de résidence dans des écoles et des bibliothèques ainsi qu’un centre d’arts visuels, avec la collaboration de divers partenaires.Dans le cadre du programme Libres comme l’art, 25 écoles primaires et 11 écoles secondaires accueillent 10 projets artistiques en 2009-2010.Il s’agit d’une initiative du Conseil des arts de Montréal, de la Conférence régional^ des élus de Montréal (CRE) et du Programme de soutien à l’école mpntréalaise du ministère de l’Education, du Loisir et du Sport du Québec (MELS).Et, l’automne prochain, la Ville de Pointe-Claire et l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce recevront des écrivains en résidence dans leurs bibliothèques, grâce à un programme créé par le CAM, en collaboration avec l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ).Des auteurs ont par le passé effectué des résidences dans des bibliothèques publiques des arrondissements de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, du Plateau-Mont-Royal et d’Ahuntsic-Cartierville.La Penderie Darling, Centre d’arts visuels, accueille quant à elle des artistes ainsi que des commissaires indépendants ou des critiques d’art, dans le cadre de la Résidence des Amériques du CAM.Relève Le Conseil des arts de Montréal veut aussi aider les artistes de la relève.«Notre rôle à nous, c’est surtout d’essayer de leur ouvrir des portes, de les mettre en réseau, de favoriser les liens entre les générations», affirme Mme Roy.Le CAM a lancé le Prix de la relève - Caisse de la culture, décerné pour la première fois mardi.Ce prix vise à reconnaître le travail de jeunes artistes ou d’organismes qui aident la relève.La Caisse de la culture verse une bourse de 5000 $ au lauréat de ce prix.Le Conseil a aussi créé le programme Premières Expériences de travail dans des fonctions liées au domaine artistique, en collaboration avec Service Canada, le Ponds de solidarité PTQ et le Porum jeunesse de l’île de Montréal.Douze jeunes diplômés effectuent ainsi actuellement un stage rémunéré au sein de différents organismes artistiques montréalais.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise Roy, présidente du Conseii des arts de Montréai Le CAM et le Porum jeunesse de l’île de Montréal or- ganisent par ailleurs des journées interdisciplinaires de la \ i ?AGIR DE FAÇON RESPONSABLE ET DURABLE «JE SUIS HEUREUX D’ENCOURAGER LE TALENT DE NOS ARTISTES ET LA CRÉATIVITÉ AU QUÉBEC.» LOUIS PELLETIER.CONSERVATEUR Depuis maintenant 30 ans, la Collection Loto-Quebec offre une vitrine privilégiée aux créateurs et artistes contemporains de chez nous.D’ailleurs, notre Collection compte au-delà de 4 000 oeuvres réalisées par plus de 1 000 artistes québécois.relève artistique montréalaise, qui comprennent des ateliers-conférences et des rencontres de réseautage.La plus récente a eu lieu en février dernier et quelque 230 jeunes artistes et travailleurs culturels y ont pris part.Diversité Mme Roy évoque aussi le défi de la diversité.Le Conseil des arts de Montréal appuie ainsi les artistes issus de l’immigration ou membres d’une communauté ethnoculturelle, d’une minorité visible ou d’une Première Nation.«Notre rôle, c’est d’abord de les connaître, parce que ce n’est pas toujours évident de connaître les artistes qui sont issus de la diversité, de les faire connaître, d’en favoriser la diffusion; c’est pour ça qu’on les intègre dans nos programmes de tournées de plus en plus», dit Mme Roy.Depuis 2006, le CAM a sa Politique de promotion et de développement de la diversité culturelle dans les arts.Le Conseil des arts de Montréal a créé le Prix de la diversité, de concert avec CBC Radio 2, MAI (Montréal, arts intercultureis), la Place des Arts et Vision Diversité.Ces partenaires offrent au lauréat un soutien et «un accompagnement à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation».Ce nouveau prix a été décerné mardi.La présidente du CAM men-tionne par ailleurs que rejoindre des publics de gens issus de la diversité ethnoculturelle constitue aussi un défi.«Je pense qu’il faut qu’on travaille beaucoup avec le milieu, dit-elle.Le programme de tournées nous aide, parce qu’on va dans toutes les municipalités, les arrondissements, pour essayer d’attirer les publics qui sont un peu plus diversifiés.Mais je pense que ça reste un défi, ça, pour tout le monde.» Liens arts-affaires Les liens arts-affaires font aussi partie des priorités du Conseil des arts de Montréal.Ce dernier a mis sur pied une table d’action arts-affaires qui rassemble les groupes qui s’intéressent à cette question.Le CAM et la Jeune Chambre de commerce de Montréal ont aussi créé le programme Arrimages.Dans le cadre de ce programme, de jeunes professionnels et entrepreneurs assistent à des spectacles ou visitent des expositions et rencontrent les créateurs ainsi que des philanthropes.«On voudrait essayer de stimuler aussi le mécénat et la philanthropie à travers ça», explique Mme Roy.Une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain rendue publique l’an dernier a révélé que les petits ou moyens organismes culturels recevaient un moins grand pourcentage de fonds privés que les plus grands, c’est-à-dire ceux ayant un budget plus élevé.Mme Roy mentionne que certains organismes artistiques innovants, de taille moyenne, sont ainsi peu soutenus par le secteur privé.«Il va falloir qu’on trouve des moyens de mettre en relation le milieu des affaires avec ces organismes-là», dit la présidente du CAM.Gouvernance «On a fait des changements majeurs en ce qui concerne la gouvernance du Conseil», indique par ailleurs Mme Roy.Auparavant, la fonction d’évaluation relevait uniquement des membres du CAM, au nombre de 25.Mis sur pied l’an dernier, des comités de pairs, présidés par un membre du Conseil, évaluent maintenant les demandes de subvention et celles liées au programme de tournées et ils formulent des recommandations.«Ç’a permis d’ouvrir, je dirais, le Conseil à beaucoup d’autres idées, influences, compétences», affirme Mme Roy, qui précise qu’une quarantaine de personnes de plus travaillent maintenant, bénévolement, avec l’organisme.Le CAM entend consolider son nouveau mode de fonctionnement cette année.Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 G 3 ARTS Philanthropie Ils parrainent la cnlture « Nous devons faire en sorte que Montréal reste une ville dynamique » Cette année, le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal a soufflé ses 25 chandelles.Histoire de célébrer en grand ce quart de siècle, huit philanthropes québécois se sont engagés à parrainer les finalistes.EMILIE CORRIVEAU Chaque année, le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal souligne la réalisation exceptionnelle d’un organisme artistique.L’heureux lauréat remporte 25 000 $, alors que les finalistes reçoivent un montant de 5000 $.Pour la première fois en 2010, toutes les bourses des finalistes ont été parrainées par des mécènes.«Ces gens d’affaires ont généreusement répondu à l’appel du Conseil des arts et ont accepté non seulement d’effectuer un don de 5000 $, mais en plus de s’engager pour trois ans», signale Christian O’Leary, du Conseil des arts de Montréal.Initiatives C’est à l’initiative de Pierre R.Desmarais, donateur et membre du Conseil des arts, que le projet de parrainage a été lancé.Lan dernier, par le truchement de la Fondation Pierre-Desmarais-Belvédère, l’homme avait été le seul à cau-tionner l’un des finalistes (théâtre), puis, à l’occasion de cette 25" édition du Grand Prix, Richard Bruno, Maurice Forget, René Malo, Peter McAuslan, Luc Plamondon, Alvin Segal et David Sela ont résolu de lui emboîter le pas.Reconnu pour son engagement de longue date dans le milieu montréalais, où il a présidé aux activités philanthropiques de plusieurs établissements importants dans les domaines de l’éducation, de la santé et des arts, l’homme d’affaires montréalais Maurice Forget se souvient des premiers balbutiements du projet de parrainage.«Tout ça a commencé avec mon ami Pierre Desmarais, qui a une fondation dont je suis le secrétaire.Nous discutions l’an dernier des dons qu’il pouvait faire et il a finalement décidé de subventionner l’un des finalistes du Grand Prix du Conseil des arts.Par un phénomène d’émulation, dès le déjeuner annuel du Conseil de l’an dernier, d’autres gens ont proposé de faire la même chose.On m’a alors demandé de commanditer un prix et j’ai ac-cep-té!», raconte l’actuel parrain du finaliste en arts visuels.Selon Richard Bruno, président-directeur général de Beyond If Corporation et homme d’affaires reconnu pour son enclin philanthropique, ce genre d’initiative doit être encouragé.S’il a lui aussi accepté de s’investir auprès du Conseil des arts de Montréal en tant que parrain du finaliste en arts numériques, c’est non seulement parce qu’il porte un grand intérêt à cette discipline depuis au moins une trentaine d’années, mais surtout parce qu’il estime qu’il s’agit d’un moyen intéressant de soutenir la culture, la créativité et le dynamisme montréalais.«Ces prix sont une belle façon de concentrer nos efforts.Je suis convaincu que nous, les gens qui ont évolué dans le milieu des affaires et qui ont eu l’occasion de faire un petit peu d’argent, nous devons faire quelque chose pour le milieu, pour faire en sorte que Montréal reste une ville dynamique.S’associer au Conseil des arts pour remettre un prix est à mon avis une excellente façon de le faire», estime l’entrepreneur.Une culture à développer Selon M.Brunp, qui a longtemps vécu aux Etats-Unis et qui y passe encore près de la moitié de l’année, il ne fait aucun doute que les gens d’affaires québécois traînent de la patte en matière de mécénat.Comparativement à leurs voisins du Sud, les entrepreneurs de la province semblent encore frileux lorsque vient le temps de s’investir.«Il y a une question de culture et d’histoire là-dedans.Je ne pense pas que les Québécois soient moins généreux, mais plutôt que, dans une perspective historique, ils ont été moins initiés à la philanthropie.Aux Etats-Unis, par exemple, on ne peut pas compter sur les gouvernements pour soutenir les efforts de créativité.C’est pour ça que les grass-roots efforts sont prédominants, qu’il y a plus de donateurs», précise M.Bruno.S’il est conscient du fait que les Québécois ne disposent en général pas des mêmes moyens financiers que leurs pairs américains, M.Bruno souligne que ceux-ci peuvent JACQUES GRENIER LE DEVOIR Maurice Forget est un ancien président du Conseil des arts de Montréal.tout de même s’investir à plusieurs niveaux «C’est important de s’engager dans la collectivité.C’est sûr que des dons en argent, c’est une bonne façon de soutenir le milieu.Mais il n’y a pas que ça.Je passe à peu près 40 % de mon temps à aider des entrepreneurs et des jeunes créateurs qui ont besoin d’un mentor.J’essaie de m’engager le plus possible sur la scène montréalaise avec ces gens-là.Si je peux les soutenir, leur donner des conseils, faire des liens entre les gens, les aider à créer un réseau, je le fais.C’est important non seulement pour la carrière de ces gens-là, mais également pour assurer un développement dynamique de la ville», assure M.Bruno.Des avancées Abondant dans le même sens que M.Bruno, Maurice Forget souligne avec enthousiasme que les entreprises québécoises sont de plus en plus conscientes de leurs devoirs sociaux, ce qui n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps.Si, d’année en année, elles investissent plus en santé et en éducation, elles le font aussi dans une plus grande mesure dans la culture.«La situation au Québec ne cesse de s’améliorer, assure-t-il.Cela fait 30 ans que je m’occupe de collectes de fonds pour des organismes culturels et, sans dire que ça devient de plus en plus facile, mon carnet d’adresses se remplit encore de noms qui n’y figuraient pas au départ.Là-dedans, il y a beaucoup de jeunes.Je pense qu’il y a lieu d’être optimiste.» Collaboratrice du Devoir THEATRE Belle Rouge gueule C’est pour la création de Rouge gueule, d’Étienne Lepage, en début de saison, que le Théâtre Petit à Petit (PàP) figurait cette année parmi les finalistes du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.Claude Poissant en est ravi, il va sans dire.MICHEL BELAIR Ravi, oui, parce que cette mise en nomination vient confirmer encore une fois la vocation du PàP, qui est d’encourager la prise de parole, comme nous le précise au téléphone le directeur de la compagnie.«Depuis sa création, le PàP a toujours souhaité accueillir des paroles nouvelles, et c’est encore plus vrai depuis que Patrice [Dubois] est devenu codirecteur artistique de la compagnie, il y a trois ans maintenant Nous carburons aux coups de cœur! Comme nous ne montons que deux nouveaux spectacles chaque année, par comparaison à sept ou huit ailleurs, nous choisissons des textes susceptibles de nous amener dans des espaces que nous n’avons pas encore explorés.Rouge gueule a très certainement été pour nous deux un véritable coup de cœur.Et cette mise en nomination vient valider doublement notre choix et notre façon de travailler.» Rappelons que le texte d’Étienne Lepage est, comme le décrit Poissant, qui en a signé la mise en scène, «une sorte de recueil de brèves théâtrales rentre-dedans, des objets brusquants».Le texte est construit comme une série de blocs de trois ou quatre minutes, souvent des amorces de dialogue tronqué qui tiennent de l’intrusion dans le monde de ces pensées à peine formulées que nous osons rarement partager avec les autres parce que trop crues, trop violentes, trop peu «habillées».Partout dans la presse, les observateurs ont souligné la rare vulgarité et, du même souffle, la poésie de la langue de Lepage.En entrevue, l’auteur parlait, lui, de l’importance du «coup de poing» au théâtre et de son besoin, même, de crier et de provoquer.«J’aime que le spectateur se mette dans la peau de quelqu’un qui ne sait pas quoi faire ou qui n’a pas pu vraiment réagir alors qu’il le fallait.Tous les jours, ça se passe comme ça aussi dans la vraie vie.Autour de nous, souvent, on entend des bribes de dialogue qui nous font saisir à quel point il nous manque des bouts pour réussir à tout comprendre.SOURCE PAR Une scène Rouge gueule, présentée par le Théâtre Petit à Petit C’est un peu tout cela que j’ai voulu mettre en mots.» Cette volonté de dire les choses autrement recoupe très clairement les choix faits par Claude Poissant depuis qu’il a fondé le Théâtre Petit à Petit, il y a 32 ans, avec René-Richard Cyr, Annie Gascon (qui est maintenant directrice des communications au TNM), Marie-France Bruyère et le comédien Denis Roy.Elle a du moins fait traverser trois décennies particulièrement riches à la compagnie.Le Devoir ARTS VISUELS Récidive pour Oboro Oboro est finaliste du Grand Prix pour la deuxième fois de son histoire.Une histoire aussi vieille que le Grand Prix du Conseil des arts: 25 ans.JÉRÔME DELGADO Derrière le mur qui marque les limites de l’aire d’exposition du centre Oboro, îl ne s’y cache pas que des bureaux.On y trouve aussi un piano, un bac de jouets pour les plus petits visiteprs et, surtout, une grande table et une cuisinette.A Oboro, finaliste cette année dans la section Arts visuels, la bouffe est un élément central.11 n’est pas étonnant de les surprendre en train de faire la popote.En février, c’est même l’artiste islandais Oskar Ericsson qui préparait un potage aux courgettes de son cru.La tradition à Oboro, c’est de souligner le début et la fin d’une expo par un repas communautaire.«En entrevue, ils m’ont même demandé si je cuisinais», lance à la blague Jonathan Plante, le sculpteur qui occupe le poste de technicien depuis décembre.Lan 2009 correspondait à 25 ans d’activités obo-riennes.Efi selon le communiqué du CAM, Oboro est finaliste «pour son 25“ anniversaire, qui marque une contribution unique et exceptionnelle aux secteurs des arts visuels et des arts numériques».Aux yeux de Daniel Dion, un des fondateurs du centre et toujours à la tête de l’organisme, les célébrations du 25" anniversaire n’ont cependant pas valu à Oboro de se retrouver honoré par le Conseil de arts de Montréal.11 y voit plutôt une approbation de l’ensemble de son oeuvre, de sa mission, de «ses 25 années d’existence».Daniel Dion aime bien répéter que l’histoire des «oboros» (des oeuvres commandées à une centaine d’artistes), point de départ d’une campagne de financement organisée autour du 25", n’était qu’une excuse, qu’une autre, pour réunir les gens.«La vente des oboros n’était pas un objectif, dit-il.On voulait célébrer avec la communauté.Célébrer la création avec le concept du mot “oboro”.» Communautaire, collaboration, entraide ne sont pas que des grands mots à Oboro, ils sont des principes.Daniel Dion n’est, dit-il, que «directeur pour l’extérieur».«On fonctionne autrement, assure-t-il.Toutes les décisions se prennent sur une base collective.» Et les «employés», occupant douze postes permanents à temps plein ou partiel, sont invités à prendre des initiatives, à y aller de leurs propositions.Les collaborations d’Oboro avec son milieu ne se comptent plus.Et, résultat d’une autre trouvaille de l’an dernier, l’opticien Georges Laoun, celui-là bien connu pour exposer de l’art dans son espace du Plateau-Mont-Royal, s’est joint à Oboro pour la création d’un prix destiné aux cinéastes.Le lauréat du Prix du très court métrage (3 minutes ou moins) reçoit 3000 dollars et l’occasion de montrer son film aux passants de la rue Saint-Denis.Collaborateur du Devoir TdNÙ à Elektra et à Mutek et félicitations à tous les finalistes Je suis heureuse de m’associer à la 25® édition du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.Les arts améliorent la qualité de vie des collectivités et stimulent la créativité générale qui en assure la prospérité, il est donc primordial que le travail des organismes artistiques qui font évoluer leur discipline soit récompensé concrètement.Je félicite tous les finalistes et adresse un grand bravo aux festivals Elektra et Mutek qui font de Montréal la capitale nord-américaine des arts numériques.L’aura de leur succès rejaillit, j’en suis persuadée, sur l’ensemble de la production culturelle québécoise.Je tiens aussi à remercier les mécènes qui contribuent à la tenue du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.La culture est l’une des forces vives du Québec, continuons de l’enrichir et de la faire rayonner.La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.Christine St-Pierre QuébecSS 2,S 0 Grand Prix Conseil des arts de Montréal La Place des Arts salue le Conseil des arts de Montréal pour son appui au travail, à l'essor et au succès des artistes et des organismes artistiques qui façonnent notre culture.Rubberbandance Group, compagnie en résidence à la Place des Arts Punto C/ego/ Victor Quijada et Anne Plamondon / Photo : ©Michael Slobodian Place des Arts Québec !s G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 ARTS CINEMA À la rencontre des Rencontres Finaliste pour le prestigieux Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, l’événement devenu incontournable que sont les Rencontres internationales du documentaire de Montréal a de quoi pavoiser.FRANÇOIS LEVESQUE C> est une superbe reconnaissance dont nous sommes très fiers», assure Charlotte Selb, directrice par intérim des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.«Le documentaire semble avoir le vent dans les voiles, être digne d’intérêt pour un public de plus en plus large, grâce aux variétés de cinémas qu’on y retrouve.Il y a un élément de validation dans cette nomination.» Marie-Anne Raulet, ex-directrice des Rencontres, partie depuis peu relever le défi de la Coop vidéo de Montréal, demeure très attachée au festival qu’elle a contribué à faire grandir au cours des huit années où elle en fut à la tête.C’est sous sa gouverne qu’est survenue la bonne nouvelle.«Je me souviens que, initialement, j’ai voulu qu’on dé- veloppe l’événement en tenant compte des diverses écritures présentes dans le documentaire, que cette diversité soit bien représentée, tout en gardant une certaine ligne éditoriale.D’où la division en catégories claires afin que le public puisse se repérer.» Ainsi, que le spectateur recherche l’écriture singulière d’un auteur, qu’il veuille plutôt découvrir des voix émergentes ou encore simplement prendre le pouls de la société par le truchement d’un sujet d’actualité, il trouvera son compte dans l’une des quatre sections proposées.«A une époque, je crois que la perception du festival était celle d’un truc assez fermé, pointu, quoique ce dernier point constitue aussi une qualité, ce n’est pas incompatible, de préciser Marie-Anne Raulet.On a donc rapidement voulu ouvrir vers le public.Je voulais que tant les gens de la profession que le public se sentent interpellés par l’offre.» Ouverture et rigueur devinrent ainsi les maîtres mots de la programmation.Et croissance il y a.Lors de la dernière édition, c’est une augmentation de 20 % de l’achalandage qui fut comptabilisée.«L’atteinte d’objectifs a été possible grâce à l’équipe», souligne encore Marie-Anne Raulet.«La programmation, c’est André Pâ- SOURCE RIDM quet: cinquante ans d’expérience.C’est une bible; il a tout vu, a rencontré tout le monde et a ce regard exigeant.Charlotte Selb, qui représente les nouveaux regards, la jeunesse, a une autre vision du documentaire.Caroline Masse s’est jointe à l’équipe l’année dernière.Son travail au sein de Cinéma parallèle est un atout immense.» Collaborateur du Devoir MUSIQUE Une année du tonnerre L’Ensemble Caprice connaît une année du tonnerre: un prix Juno, un Opus et le Choix du public lors de la 25® édition du Conseil des arts de Montréal (CAM) en tournée.Et finaliste pour le Grand Prix.CATHERINE LALONDE L> Ensemble Caprice a un but ' avoué: faire souffler de la fraîcheur sur le répertoire baroque.Ses musiciens, virtuoses, sont souples, prêts à jouer tant Astor Piazzola et John Cage que Haendel, Bach ou Telemann.«Dans le monde de la musique classique, on a souvent l’impression qu’on vit dans un musée où tout le monde reconstruit le passé, explique Matthias Maute, codirecteur artistique.A partir du XIX‘ siècle, la culture des conservatoires de musique a créé une uniformité.Depuis, les musiciens sont entraînés à jouer chaque note exactement à la même place.Et l’uniformité peut créer un ennui.On reste, comme musicien, enfermé dans un style qui vise la sécurité et qui prétend reprendre une œuvre à la lettre.Mais cette prétention ne reproduit pas le tableau vivant, l’expérience vivante de la musique! Le compositeur s’attend à ce qu’on ajoute notre vision individuelle pour que la pièce soit complète, comme le font les musiciens de jazz.Au sein de Caprice, on veut être touché et transformé.Car, si je veux que le public vive une expérience personnelle intense, il faut que le musicien vive une expérience personnelle intime, unique, en repoussant ses limites.» Résultat?Un spectacle comme Bach et les gitans de la Bohême, où les partitions du maître côtoient des envolées tziganes de la même époque.Spectacle tombé dans l’œil du critique du New York Times, qui parle de «l’excellent Ensemble Caprice».Les disques Vivaldi et les gitans baroques et le plus récent Telemann et les gitans baroques, tous deux sous étiquette Analekta, proposent le même métissage.Tandis que la soirée Salsa baroque, donnée samedi dernier, intercale polyphonie européenne et musique espagnole du XVIP siècle.Pour un musicien, ce mélange des genres impose une ouverture.«Ça change aussi la façon de nous présenter sur scène.Les musiciens avec qui on travaille dejmis longtemps se sont transformés.Jouer, précise encore Maute, ce n’est pas toujours un acte de reproduction, mais aussi un geste de création.De passer des gitans à Bach ou à Vivaldi nous permet de découvrir un nouveau monde dans ce qu’on croyait déjà connaître.Et, en tant qu’interprète, on peut se laisser inspirer et rendre mieux justice à la musique.» Eondé en Allemagne en 1989, l’Ensemble Caprice s’est établi à Montréal il y a dix ans.Un déménagement causé par «des raisons privées: j’ai suivi mon épouse et codirectrice artistique, Sophie La-rivière», qui permet au groupe de prendre son envol.«Alors qu’en Allemagne l’Ensemble n’a jamais reçu de subvention, ici nous avons un soutien qui nous donne le luxe de couvrir toute la musique de chambre, chorale et orchestrale.On n’exclut rien!» Collaboratrice du Devoir 25 ANS A REPRESENTER LA DANSE ET À PARTICIPER À SON DÉVELOPPEMENT! V DANSE J MONTRÉAL LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL DIRECTION ARTISTIQUE LOUIS ROBiïAILLE BJMDANSE.CA FELICITATIONS AU REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DE LA DANSE ! Deux nouveaux prix La relève et la diversité récompensées Souligner avec brio la pluralité de l’offre culturelle et reconnaître l’innovation, voilà le nouveau défi du Conseil des arts de Montréal.Le 23 mars dernier, celui-ci a décerné pour la première fois ses Prix de la diversité et de la relève, récompensant ainsi la contribution de deux lauréats à l’effervescence artistique de la métropole.EMILIE CORRIVEAU Visant à reconnaître le travail des jeunes artistes ou organismes professionnels qui accomplissent des actions structurantes pour la relève artistique, le Prix de la relève est offert par la Caisse de la culture en partenariat avec le Conseil.Créé dans le cadre du programme Outiller la relève artistique montréalaise, ce prix est accompagné d’une bourse de 5000 $.«Nous voulions mettre en lumière des actions conçues par des jeunes et pour des jeunes.Nous souhaitions être en phase avec les besoins des artistes en début de carrière et leur proposer des modèles.Le Prix de la relève, c’est notre façon de présenter des initiatives qui ont bien fonctionné», commente Cynthia Bellemare, de la Caisse.Selon David Lavoie, directeur général du Théâtre aux Ecuries et récipiendaire de ce premier prix, le Conseil des arts de Montréal a misé juste: «La préoccupation de la relève est présente dans la communauté artistique depuis au moins une bonne dizaine d’années.Quand j’ai su qu’on allait créer un prix pour la relève, je me suis dit que le Conseil des arts de Montréal se positionnait au front des préoccupations de la communauté.» Pour être admissibles, les candidats devaient démontrer que, par leurs interventions, ils contribuaient à l’amélioration des conditions de pratique des artistes de la relève.Aux yeux de David Lavoie, il s’agissait d’une occasion en or d^ présenter le Théâtre aux Ecuries.«On est un regroupement coopératif, et notre travail, c’est précisément d’outiller la relève artistique du milieu théâtral.On a créé un endroit où, en sortant de l’école, les jeunes qui commencent leur pratique artistique peuvent avoir accès à une scène bien équipée sur laquelle ils peuvent mettre en valeur leurs talents.Si le Conseil des arts avait voulu créer un prix sur mesure pour notre organisme, il n’aurait pu faire mieux!» Bien que la bourse de 5000 $ offerte par la Caisse de la culture ait été un incitatif intéressant, ce sont surtout les retombées que pouvait apporter ce prix au Théâtre aux Ecuries qui ont motivé M.Lavoie à poser sa candidature auprès du Conseil des arts.Le Théâtre / aux Ecuries remporte le premier Prix de la relève et Rômmel Ribeiro celui de la diversité Diversité Pour sa part, le Prix de la diversité a pour objectif de mettre en valeur un artiste ou un collectif d’artistes professionnels prometteurs dont la pratique reflète la diversité des expressions artistiques.«On cible surtout des artistes qui sont à Montréal depuis peu de temps et on leur offre de suivre un parcours qui s’étale sur un an.Ce qu’on souhaite, c’est leur donner un accompagnement soutenu pour que ces ar-tistes-là puissent émerger après avoir suivi ce parcours», explique Nathalie Maillé, directrice du programme de tournées et de diversité au Conseil des arts de Montréal.Cette année, le récipiendaire sera choyé.Grâce au partenariat du Conseil des arts de Montréal, de CBC Radio 2, de Montréal arts interculturels, de la Place des Arts et de Vision Diversité, le jeune Rômmel Ribeiro aura la chance de vivre quatre saisons hautes en couleur.«Le prix englobe plusieurs choses, comme des présences à la radio, des spectacles dans différents festivals cet été à travers le Québec, une prestation à la Place des Arts à l’automne et une résidence de création d’une semaine à Montréal arts interculturels.Cette résidence-là se terminera par deux représentations lors desquelles il y aura une captation du concert, qui sera diffusé à CBC Radio 2.Ensuite, l’artiste retournera à la Place des Arts pour terminer sa résidence, puis il bénéficiera de plusieurs occasions de présenter son spectacle dans le cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée», précise Mme Maillé.Pour Rômmel Ribeiro, Brésilien d’origine établi au Canada depuis 2006, ce prix est grandement significatif.«Savoir que le Conseil des arts respecte mon travail, y porte un intérêt et est prêt à me soutenir, ça me rend vraiment heureux.Ça fait deux ans que je suis à Montréal et que j’essaie de vivre uniquement de la musique, mais ce n’est pas évident! Quand on vient d’un autre pays, c’est très difficile de percer ici.Il y a tellement d’offres et de musiques différentes.Avoir le soutien du Conseil des arts, ça représente quelque chose de très inipor-tant.Ça veut dire que je ne serai plus seul à travailler pour diffuser mon travail et que j’aurai plus d’argent pour faire de la musique.C’est fantastique!» Collaboratrice du Devoir 25 Grands Prix Montréal, toujours tière de reconnaître l'exeellence de ses créateurs! 25 histoires de création Orchestre symphonique de Montréal Tangente Compagnie Marie Chouinarcl Théâtre Bouches Décousues Espace Go La La La Human Steps Ensemble contemporain de Montréal Cinéma Parallèle Festival international du film sur l'art Compagnie Jean-Pierre Perreault L'Orchestre de chambre I Musici de Montréal Les Grands Ballets Canadiens de Montréal Musée des beaux-arts de Montréal Festival international de nouvelle danse Carbone 14 Musée d'art contemporain de Montréal 0 Vertigo Danse Société de musique contemporaine du Québec Vie des Arts Centre Canadien d'Architecture Fondation du Théâtre du Nouveau-Monde Cirque du Soleil Louis Lortie Théâtre Sans Fil TBÉAL, TURELLE JHÊ Montréal fe.montreai.qc.ca/culturé LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 G 5 ARTS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Helen Fotopulos, responsable de la culture, du patrimoine et de la condition féminine à la Ville de Montréal Helen Fotopulos et la culture « La culture est un vecteur du dynamisme économique » Le budget du Conseil des arts s’élèvera à 12,5 millions de dollars en 2012 Montréal est plus que jamais une capitale culturelle, selon Helen Fotopulos, responsable à la Ville de la culture, du patrimoine et de la condition féminine.«C’est une priorité depuis le départ dans notre administration.Nous ne sommes plus à l’époque où il faut convaincre que développer notre créativité, c’est bon pour l’économie de la ville, pour la qualité de vie.» HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Il y a quinze ans, lorsque nous nous sommes demandé comment positionner Montréal, beaucoup ne juraient que par les biotechnologies, se rappelle Mme Fotopulos.Lorsque je parlais de nos festivals, de notre production culturelle, de nos artistes et auteurs, on me répondait: “Tu ne veux quand même pas que nous soyons connus pour ça?” Eh bien, si! Et.aujourd’hui, c’est devenu quelque chose de naturel Nous sommes reconnus dans le monde entier pour l’originalité de notre créativité.» Entre 2001, date de l’arrivée au pouvoir de l’administration Tremblay, et aujourd’hui, le budget de la municipalité en matière de culture n’a cessé d’augmenter et les initiatives se sont multipliées.La seule contribution apportée au Conseil des arts est passée de 8 millions de dollars à 10 millions l’an dernier et elle sera encore bonifiée dans les prochaines années pour atteindre 12,5 millions en 2012.De quoi soutenir la création, la production culturelle, la relève, les artistes issus de la diversité culturelle, puisque tel est le mandat de cette instance créée en 1956 et qui, depuis, n’a de cesse d’installer Montréal, métropole culturelle, sur la scène internationale.«Notre politique culturelle n’est pas seulement axée sur le marché de l’art, explique Helen Fotopulos.Notre richesse réside dans nos talents, artistes, auteurs, artisans, installés de plus en plus nombreux à Montréal, parce que les créateurs attirent d’autres créateurs.Nous sommes là pour faciliter cette expression, parce qu’elle nous amène des retombées à la fois sociales, avec l’animation des quartiers notamment, mais aussi économiques, en donnant de la crédibilité à Montréal, en tant que lieu où il fait bon vivre.» Actions Dans ce contexte, la Ville veut prêcher par l’exemple.En 2007, l’Unesco a reconnu Montréal comme une «ville de design».Cela doit se voir jusque dans ses rues, dans les installa- tions publiques, le mobilier urbain (abribus, bancs, postes de taxi), les places publiques, l’aménagement paysager, etc.«L’espace public doit être une vitrine pour nos artistes, et c’est pourquoi nous organisons de plus en plus de concours.Nous les invitons à “designer” la ville.A faire preuve d’audace tout en restant utile et sécuritaire, bien sûr.La créativité ne doit pas toucher que le milieu artistique.Nous essayons d’intégrer des œuvres d’art dans la plupart des nouveaux bâtiments montréalais, même lorsqu’il s’agit d’un centre sportif.» Dans cette même optique, Helen Eotopulos travaille ardemment à rapprocher le milieu des affaires et celui de la culture, deux mondes très différents, qui commencent tout juste à se parler.Démystifier les artistes, la création, auprès de ceux qui travaillent de neuf à cinq.«Les gens d’affaires ont peur des créateurs.Combien en ai-je entendu me dire, lors des événements que nous organisons pour qu’ils entrent en contact: “Je ne sais pas quoi leur dire?”, raconte-t-elle.Et c’est la même chose dans l’autre sens.Aujourd’hui, nous commençons à récolter les jruits de notre travail.Le Conseil des arts a pris le défi avec beaucoup de brio, notamment avec la création du Prix arts-affaires.De grandes entreprises s’investissent aujourd’hui dans la culture, et je les félicite parce qu’elles montrent l’exemple.De plus en plus de petites sociétés y vont également, certaines brasseries, des restaurants, des agents immobiliers.Ça fait boule de neige, mais il y a encore de la marge avant que nous puissions crier victoire sur ce terrain.» Décentralisation En revanche, la responsable de la culture au sein de l’administration Tremblay, ex-mairesse de l’arrondissement Plateau- Mont-Royal et aujourd’hui conseillère municipale de Côte-des-Neiges, n’a pas peur de crier victoire sur un autre terrain, celui de la décentralisation.Depuis 2002, vingt-trois des vingt-sept arrondissements ont donné la priorité à la culture et mis en place des politiques élaborées.Le réseau des bibliothèques en a amplement profité, lui qui faisait pâle figure au début des années 2000.Les maisons de la culture font également l’objet d’une revalorisation.L’offre de spectacles et d’expositions a déjà été élargie et bonifiée ces dernières années, mais la Ville travaille actuellement à revam-per ce réseau vieillissant afin d’attirer un public plus large, plus jeune.«Nous continuons également à soutenir le Musée d’archéologie et d’histoire Poin-te-à-Callière à hauteur de quatre millions de dollars, rappelle Helen Eotopulos.Et le cirque fait également partie de nos priorités.Bizarrement, malgré tous les records que nous détenons en la matière, malgré la présence du Cirque du Soleil et d’une école de cirque internationalement reconnue, nous n’avons pas de festival du cirque.Avec le gouvernement, il y a un consensus, tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a un manque de ce côté-là et il serg, prochainement comblé.» A écouter Mme Eotopulos, la créativité serait ainsi une constituante de l’ADN de Montréal.«Il ne s’agit pas seulement de lecture, de peinture, d’architecture ou autre, mais bien plus d’une façon d’être, d’une âme, d’une expression originale.Je sais que les gens parlent toujours de Toronto comme d’une Mecque économique, conclut-elle.Mais Toronto, elle, nous regarde en disant: “Oh, que vous avez du talent!”» Collaboratrice du Devoir CONCERTS LMMC 11» saison imo-imi SALLE POLLACK 555, rue Sherbrooke Ouest Le dimanche à 15 h 30 TAKÂCS QUARTET, codes DANIEL MÜLLER-SCHOTT violoncelle FAURÉ QUARTEn, cordes DEJAN LAZIÔ, piano EMERSON STRING QUARTET, cordes SUSAN PLAnS, mezzo-soprano RACHEL BARTON PINE violon SETZER-FINCKEL-WU HAN TRIO, piano et cordes QUATUOR EBÈNE, cordes ANDRÉ LAPLANTE, piano 12 sept.3 oct.24 oct.14 nov.5 déc.6 fév.27 fév.20 mars 10 avril 1 mal Atnnnement: 225$ Ëludianls(26ans): 75 ) Billet: 35$ Billet: 15) Non-remboursable - Taxes Incluses LMMC Tél.: (514) 932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca saison m 'm m 2009 2010 - Nouvel Ensemble Moderne Soùs fa'direction de Lorraine Vaillancourt MERCREDI .21 AVRIL 20H GRANDCONCERT ANNUEL SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE HOMMAGE A SERGE GARANT POUR SOULIGNER LES 20 ANS DE LA REVUE CIRCUIT KURTÂGI STOCKHAUSEN|GARANT 19H I LANCEMENT DU NUMERO 20E ANNIVERSAIRE RÉGULIER 20 $ | ÉTUDIANTS ET AINÉS 10 3 DEiAREVUE™«sco,vt™ RÉSEAU ADMISSION 514-790-1245 WWW.LENEM.CA 514-343-5636 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220, AVENUE VINCENT-D’INDY, MOTfTLÉAL I MÉTRO : ÉDOUARD-MONTPETIT | INFO LITTERATURE La fessée payante Ln littérature, c’est la revue d’art contemporain Esse + opinions qui s’est retrouvée honorée.Esse qui a célébré ses 25 ans cet automne par un numéro spécial, un encan et un ouvrage scientifique sur la collection et le marché de l’art.JEROME DELGADO ^ a fesse à Essel, pourrait-on résumer.La revue, une des nombreuses au Québec consacrées à l’art contemporain, semble sur la bonne voie.Elle a pourtant trimé dur l’an dernier afin d’éviter que son 25" anniversaire ne soit l’année de sa mort.Les coupes budgétaires dans la culture, encore elles, du gouvernement Harper lui ont fait mal.La campagne de financement lancée au printemps et conclue avec faste par un encan au Musée des beaux-arts a racheté les célébrations.Le slogan mis de l’avant a certainement aidé.«Encore mieux qu’une tape dans le dos, un don à Esse, ça fesse!», pouvait-on y lire.«Ce jeu de mots, explique Sylvette Babin, directrice d’Lsse, c’est un contrecoup de la perte de On avait l’impression d’être arrivé à une certaine qualité, à une reconnaissance.En contrepartie, on perdait notre financement.» La campagne a porté fruit et la récolte de l’encan, «au-delà de nos espérances», selon la directrice, a permis «d’éponger» la disparition des subventions fédérales, soit «jusqu’à 53 000 $ perdus».Cet argent provenait en partie de Patrimoine Canada, dont un des programmes d’aide exige désormais que le contenu international d’une publication ne dépasse pas 20 %.Et, dans une revue comme Esse, le contenu étranger est monnaie courante.Cette nouvelle mesure tombait mal: Esse cherche à devenir une revue du monde.En 2007, l’ultime pan de son internationalisation, le bilinguisme, a été mis en place.Distribuée d’a- financement C’était dur à avaler, bord à la main à Paris dès 2003, puis par un distributeur dans l’Europe francophone dès l’année suivante.Esse qst aussi lue aujourd’hui aux États-Unis.«Dans le fond, notre objectif est de faire connaître l’art d’ici.» A l’instar d’un chat qui retombe sur ses pattes ou d’un boxeur qui se relève plus fort après un uppercut.Esse n’en démord pas.«Son excellente tenue éditoriale, son graphisme, son dynamisme et son déploiement national et international»: les commentaires du Conseil des arts de Montréal sont élogieux à plusieurs niveaux.La fessée d’Esse correspond bien à son image provocante et quelque peu rebelle.Le canular, la peur, les déchets et récemment le trouble-fête et le sabotage sont parmi les thèmes explorés lors des numéros des dernières années.«Irrévérencieuse, Esse.^ Oui, certainement, répond Sylvette Babin.Parce qu’engagée.On prend position de toutes sortes de façons.C’est nous, ce côté irrévérencieux, sans que ce soit déplacé.La démarche n’est pas vulgaire.» Collaborateur du Devoir DANSE Ensemble ! En choisissant d’honorer cette année le Regroupement québécois de la danse pour ses états généraux, c’est tout le milieu que le Conseil des arts de Montréal récompense.Danseurs, chorégraphes, gestionnaires, sous une même bannière, ensemble, c’est tout! La démarche a débuté il y a quelques années par de grands chantiers préparatoires.Et le but avoué était d’amener la danse à se prendre en main, à se donner les moyens d’agir collectivement et à se doter d’un plan d’avenir.Puis mûrirent cette année les seconds états généraux de la danse.Selon Lorraine Hébert, directrice du Regroupement québécois de la danse (RQD), organisme établi en 1984, «la danse d’ici a besoin d’un plan pour se déployer pleinement autour d’une vision cohérente.Dans d’autres pays, comme l’Angleterre, la Belgique, l’Australie et l’Allemagne, la danse peut déjà s’appuyer sur ce type de plan.» Une façon de se donner des mots, des outils, des idées pour changer les condi-üons, encore difficiles, d’exercice de cet art Aux yeux d’Anik Bissonnette, ex-prima ballerina et présidente, cette nomination reconnaît une telle action.«On est, en danse, un milieu généreux, qui se donne beaucoup et qui a pris le temps de se réunir, de réfléchir et d’être à l’écoute des autres.Depuis les six ans que je suis à la présidence, fai vu une différence.Et, pendant la plénière des états généraux, fai été fascinée par l’harmonie et l’écoute des discussions.Certains critiqueront, diront que c’est long de prendre cinq ans pour arriver à se parler.Mais ce n’est pas long pour arriver à une telle symbiose.» Si la création en danse continue à être vivace, le nombre des danseurs a augmenté au fil du temps.Et si les conditions de travail se sont améliorées, il reste encore du chemin à faire pour que la danse ait les moyens de ses inspirations et de ses aspirations.Bissonnette, qui travaille aussi chez La La La Human Steps comme directrice, raconte que, en accueillant un danseur chinois qui ^fient de se joindre à la compagnie, elle lui a «nommé les compagnies de danse de Montréal.E n’en revenait pas de la quantité, du fait qu’il les connaissait de nom ou qu’il avait des amis interprètes qui dansaient là ou là.» Malgré l’abondance des compagnies et des productions, la danse contemporaine montréalaise a perdu le blason qu’elle a eu dans le monde pendant les années 80.Elle était alors l’avant-garde, la fine pointe de la création, l’âge d’or.«On reste attaché à cette idée, mais on en a un peu perdu depuis, admet Bissonnette.Mais le milieu le voit Sans défaitisme, plutôt avec l’envie de reconquérir.» «Cette nomination au prix du Conseil des arts de Montréal ne pouvait mieux tomber, en cette année de 25“ anniversaire du RQD, précise à son tour Lorraine Hébert Nous la recevons comme un réel et vif encouragement à aller au bout du projet des Grands Chantiers de la danse.Dès décembre, nous aurons notre plan directeur et serons prêts à regarder l’avenir bien en face! On pourra lire en noir sur blanc ce à quoi la danse veut ressembler dans dix ans.» L’avenir de la danse, semble-t-il, sera alors tout tracé.C.L.IL CIRCUIT Le Devoir arts + opinions 25 ANS DE COUVERTURE ARTISTIQUE ! UN OUVRAGE D’ACTUALITÉ EN ART CONTEMPORAIN Chaque numéro de la revue présente un dossier thématique, ainsi que plusieurs essais et comptes rendus critiques traitant de la scène culturelle nationale et internationale.1 PROCHAIN DOSSIER JiP 69-BUNG-BUNG EXUBÉRANCE ET DISPOSITIFS CLINQUANTS.PARUTION EN MAI 2010 esse n'’ 69 - BUng-Bîing Agus Suwage, Queen JeffKoons (2008).www.esse.ca COLLECTION DE TIBlIBRES D’ART ESSE ÉDITE DES TIMBRES-POSTE PRÉSENTANT LES ŒUVRES MINIATURES D’ARTISTES QUÉBÉCOIS.PUBLICATIONS TROIS LIVRES PORTANT SUR LES LIEUX DE DIFFUSION DE L’ART, LES PRATIQUES ARTISTIQUES INNOMMABLES, LA COLLECTION ET LE MARCHÉ DE L’ART. G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 MARS 2010 ARTS NATURE DE L’ART Pour qui brasse la cage Engagés jusqu’au bout des ongles, les artistes Annie Roy et Pierre Allard, les deux têtes de l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA), remportent, en toute logique, le prix Nature de l’art que parraine Pratt & Whitney Canada.Depuis 12 ans, TATSA sème la révolte contre rinsouciance et rindifférence sociales.Les actions propagées dans l’espace urbain, dans la rue le plus souvent, sont portées par la défense de multiples causes.D’un côté, elles offrent protection et soutien aux sans-abris et au patrimoine culturel, d’un autre, elles dénoncent notre dépendance envers l’automobile et la surconsommation.Lors d’un des premiers états d’urgence au square Berri, ces refuges pour les plus démunis qui ont fait sa renommée, l’ATSA avait recouvert un arbre d’une multitude de sacs en plastique.C’était bien avant que les épiceries les éliminent.«Notre contrainte depuis le début, dit Annie Roy, c’est de brasser la cage, de montrer du doigt et de donner le goût d’agir.» «Ce prix, poursuit-elle, nous dit de continuer à faire des projets qui brassent, même s’ils ne font pas l’unanimité.Continuer à être critiques.Il nous sort aussi de la marginalité.Nous ne sommes pas seuls.» Annie Roy n’est pas frère d’un projet plus que d’un autre.Ce qui la comble, c’est quand elle s’aperçoit que les jeunes qui écoutent ses discussions dans des écoles découvrent les projets de l’AT-SA et veulent se les approprier.«Notre zone, c’est la durée.Nous faisons dans le développement durable», dit-elle, satisfaite de savoir que les gens continuent à émettre des contraventions aux usagers de véhicules utilitaires sportifs.Le projet Attentat #11 roule encore sans aucune promotion particulière.L’ATSA n’est pas un groupe JACQUES NADEAU LE DEVOIR Annie Roy militant C’est la création qui stimule le duo, qui lui permet de crier les injustices.L’art, pour Annie Roy, c’est quelque chose de «personnel, d’intimiste, qui fait le pont avec une collectivité».«C’est un pont entre la vie rêvée et la vie réelle», résume-t-elle.Après toutes ces années de combat, Annie Roy et Pierre Allard ne lâchent pas.Leur prochaine cible?Ce sera, pour ainsi dire, toujours la même.«L’inertie, répond la voix féminine du couple.Beaucoup d’activités créent de l’inertie.Nous vivons dans une société qui produit beaucoup, sans savoir pourquoi.Comme une machine.» Il faut, dit-elle, aller à l’essentiel, à la source.Prendre le temps de s’arrêter.Et ce ressour-cement, Roy et Allard le mettront en pratique.Chacun partira s’évader, elle sur les côtes du Portugal, lui dans le désert.Avant de revenir et reprendre leurs cagoules activistes.J.D.NOUVELLES PRATIQUES La parole est d’or Le Eestival Voix d’Amérique aura 10 ans l’an prochain.Axé sur la parole des auteurs, dite de toutes les manières possibles, le festival s’ouvre de plus en plus au mélange des genres.Un éclatement souligné par le Conseil des arts de Montréal (CAM).Le Festival Voix d’Amérique (FVA) n’est pas un festival littéraire, précise d’entrée de jeu sa directrice artistique, D.Kimm.C’est important qu’on arrête de nous catégoriser en spoken word, car on ne fait pas juste ça.» Car le spoken, c’est toute représentation où un auteur dit son propre texte.Une forme ouverte, qui inclut le slam, le rap et d’autres variations imaginables de lectures, improvisations et mises en scène.«Le FVA est désormais spoken word et performance.Le texte performé a ses propres lois: il faut que ça sonne, que ce soit incarné, il faut avoir du plaisir à le dire.Et on fait d’abord et avant tout des spectacles.» La récente catégorie Nouvelles Pratiques artistiques du CAM convient ainsi mieux au FVA que la littérature où le festival était confiné.^ «Oui, on reçoit les écrivaines Elise Turcotte et Louise Bombardier, mais on a aussi Mado Lamothe.C’est la parole directe et authentique qui nous intéresse.Le festival mêle autant des poètes pointus que des performeurs de la tradition des cabarets, et chacun peut donner sur scène un poème lu, appris par cœur, une impro, etc.» Cette année seulement, on a pu y voir, en plus des Turcotte, Bombardier et Lamothe, la collègue du Devoir Odüe Tremblay, les chanteurs Bernard Adamus et Séba, les performeurs de 2boys.tv et Sky de Sela, la sœur- Le Cabaret Dada des Filles électriques artiste-de-cirque de feue liiasa.Fondé en 2002 par le conteur André Lemelin, le Festival Voix d’Amérique a été repris et transformé dès l’année suivante par Les Filles électriques, D.Kimm en tête.Sous l’égide d’un invité d’honneur, «qui n’est pas tant un porte-parole qu’un artiste à qui on rend hommage et à qui on donne carte blanche», le FVA envahit chaque année en février la Sala Rosa et la toute petite scène, juste en face, de la Casa del Popolo, boii-levard Saint-I^urent A la Casa, des 5 à 7 mêlent auteur et indie rock, avant les Shifts de nuit, de courtes lectures qui se terminent par un micro ouvert Sur la grande scène, de l’autre côté de la rue, se donnent entre temps les spectacles, cabarets et soirées partagées.Le tout préparé avec une toute petite équipe.«Le public a grandi avec nous, poursuit D.Kimm.J’ai un pacte avec les spectateurs: je prends des risques, je présente des artistes moins connus et les spectateurs osent découvrir.» Pacte respecté: en 2009, le FVA a atteint un taux d’assistance moyen de 95 % pour ses spectacles.En 2011, le FVA fêtera sa 10® édition.«J’ai une curiosité pour les gens qui sont différents.Je n’aime pas ce qui est trop parfait, trop stagy.J’ai besoin qu’on fasse du trouble.» Voilà qui promet un 10® anniversaire tapageur! C.L.LES ETJ.es de UART Borduas, et Elles ! Un prix qui fait grand plaisir à la Montréalaise Raymonde April La photographe Raymonde April est la quatrième lauréate du prix Les Elles de l’art.Le prix Les Elles de l’art, descendant direct de l’ex-po-vente qu’organisait Pratt & Whitney Canada à une autre époque, fait grand plaisir à Raymonde April.La photographe, qui n’est pourtant pas en reste en matière de décorations et d’hommages — elle a reçu le Borduas en 2003 — ne savait même pas que son galeriste, Donald Browne, avait défendu sa candidature.La surprise n’a été que plus grande.«Je suis très contente, dit-elle à l’autre bout du fil.J’ai vague souvenir, mais il me semble qu’il n’y avait pas de photo dans Les Femmeuses.C’est peut-être pour ça que je n’y ai jamais exposé.Et puis.Les Elles de l’art est un prix de Montréal, identifié à Montréal.» C’est que Raymonde April en a marre de se faire dire qu’elle est de Québec.Cette fausse identité la suit depuis presque quarante ans.S’il est vrai que c’est dans la capitale qu’elle a étudié (elle est diplômée de l’Université Laval) et qu’elle y a laissé des traces tangibles (elle est une des fondatrices du centre La Chambre blanche), elle n’a fait que passer par là, dans les années 1970.Alors qu’à Montréal elle y est depuis 1981! Et enseigne à l’Université Concordia depuis 1985.«Peut-être que les gens me confondent avec une autre artiste, de Québec, Danielle April, laisse-t-elle tomber, rieuse.Mais, née à Moncton de parents québécois, Raymonde April a vécu son enfance dans le Bas-Saint-Laurent.S’il y a un coin autre que Montréal auquel elle aimerait être associée, c’est bien celui-là.L’an 2010 commence bien pour la Montréalaise, donc.En janvier et février, elle a exposé une vaste série de photos, des vieilles et des récentes, dans trois lieux, au centrewille et dans le Mile-End.Equivalences, qui regroupait des images très cohérentes avec sa signature entre la documentation et la fiction, entre le carnet de voyage et le portrait intimiste, a confirmé sa grande forme.Ces trois expos ont prouvé, à ses yeux, que sa vie d’artiste et de professeure était un «mariage heureux», et elle lance des fleurs à ses assistants, qui évoluent dans le milieu universitaire, et à Eduardo Ralickas, le commissaire à «la démarche de théoricien».«J’ai toujours voulu continuer à exposer, dit-elle.On peut prendre beaucoup de photos, mais si on ne les expose pas, elles ont une existence latente, elles restent à un niveau fantasmatique.Il faut en faire des objets tangibles, c’est important.» Le prix Les Elles de l’art a été attribué dans le passé à Geneviève Cadieux, Sarah Stevenson et Dominique Blain.Cette année, le choix semble avoir été difficile puisque le jury a octroyé deux mentions à Nadia Myre et à Louise Viger.J.D.Conseil des arts de Montréal 25 ans d ^excellence artistique! Redécouvrez en vidéo les 25 lauréats artsmontreal.org/gp25.php f: r i l CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Partenaire officiel radio! télévision! INTERNET Montréal
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