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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-04-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 RELIGION REGARDS CROISES LE DEVOIR V CENTRE JUSTICE ET FOI «Au nom dun parti pris et d’un choix de valeurs» ü QUEBEC «On dirait parfois que notre peuple a commencé à vivre dans les années 1960 » PHOTOS ATELIER VALUARDA Mater Dolorosa, Vladimir Midvichi, 2009, copie d’après une icône anonyme de l’école dite du village de Nicula, en Roumanie, au début du XIX" siècle.En ce temps-là.Des images venues d’ailleurs racontent une autre époque De la foi, on doute souvent de ces excès.Mais, dans les objets auxquels elle a donné forme, à plus d’une occasion on se complaît.Et si les Eglises avaient toujours la beauté des images auxquelles elles ont donné naissance.NORMAND THERIAULT Il faut faire un effort pour trouver le local.C’est à l’étage, dans un de ces édifices qui abritent à la fois des lofts, voire, on pourrait le croire, des usines, mais surtout des salles à usages multiples.En fait, si on observe bien, on trouvera même un temple, qu’un pasteur d’une autre foi anime.Ce n’est cependant pas là qu’il faut se rendre mais bien au deuxième, là où l’Atelier d’arts anciens Valuarda a trouvé un espace de travail qui, en ces jours, est toutefois devenu local d’exposition.Nous sommes rue de Courtrai, au 4000, dans le local 202, dans cette rue que borde au nord la voie ferrée dans Côte-des-Neiges, à l’ouest du chemin du même nom.Et qui pénètre aura la sensation d’être transporté dans un univers qui n’a rien de montréalais.Car, sur les murs, il y a accrochées en série des images au contenu explicite.Ce sont des icônes, identiques, pour plus d’une, à celles que la tradition orthodoxe, ou grecque, ou byzantine, a au fil des siècles perpétuées.Et il y en a d’autres aussi, différentes, et il faut se renseigner pour apprendre qu’ici ces icônes sur verre proviennent d’une autre culture, la roumaine, comme l’est aussi l’origine des deux animateurs du lieu.Aura Chiriac et Vladimir Midvichi, deux récents arrivants en ce pays qui transmettent des enseignements où l’icône, la gravure, la fresque sont ici produites dans le respect des techniques traditionnelles.Images d’ailleurs Nous savons qu’il existe un marché de l’icône.La pièce sera-t-elle venue d’un temps et d’un lieu lointains qu’elle donnera lieu à une surenchère, qui explique que les territoires de l’ancienne URSS voient vivre encore aujourd’hui plus d’un trafic.Mais nous ignorons cependant que Montréal accueille plus d’un espace où sont produites ces images de facture obligatoirement stéréotypée: la tradition impose en effet les poses des personnages, la correspondance des couleurs, l’attitude et la composition, et nulle dérogation n’est admise, à moins d’accepter que l’œuvre produite devienne alors autre chose, ce que nous.Occidentaux, appelleront alors un tableau ou une simple œuvre d’art.Mais bienvenue ici dans l’Atelier Valuarda, et profitons alors de l’occasion pour voir en direct ce qui souvent n’est connu que par les livres ou par ce que les voyages font découvrir à celui ou celle qui parcourt l’Europe de l’Est ou les régions au nord de la Méditerranée.Et place ainsi aux couleurs vives, aux formes circulaires, tout comme à la cursive de facture cyrillique.Cultures Si l’Église, la catholique surtout, vit une présente ère contestataire, quand un Hans Kung, théologien éminent, dénonce lui aussi l’arbitraire qui anime le Vatican, quand aussi les extrémistes font remettre en doute les valeurs d’un islam aux visées politiques, quand les scientologues sont même non tolérés en une France «ouverte», quand laïcité et éthique sont souvent plus prêchées que les dogmes des diverses fois, il ne faut toutefois pas oublier que les trésors des diverses cultures planétaires, ceux qui remplissent les Louvre et autres Metropolitan, parlent, eux, souvent de ce qu’ailleurs il faut taire: la vie des saints, les épisodes des diverses bibles, les moments d’histoire qui, jusqu’à 150 ans de nous, étaient les sujets premiers des productions artistiques.Et on a même dit de Lascaux que ces murales étaient de nature religieuse, étant une invocation des dieux en vue d’une bonne chasse.Et devant tout cela, qui visite ou musée ou église ou temple plus d’une fois tombera en admiration : on regarde les vitraux de Chartres, on s’imprégne de l’espace d’Orcival, on s’immobilise à Saint-Pierre tout comme on pourchasse les Caravage, et, cela dit, tout en sachant qu’on ne parle ici que d’une portion congrue de l’art occidental.Mais cette foi, on l’aime.Loin des querelles qui souvent ont accompagné son émergence, sans avoir à revivre ces excès, on se dit que des gens simples ont vécu à l’ombre, quand ce n’était pas sous la férule, de beaux objets.Et le travail des artistes mérite éloge: Le Jugement dernier d’un Van Eyck, dans la cathédrale de Gand, est ainsi transmis dans une atmosphère de recueillement.Car là il n’y a pas de dogmatisme.Tout comme il n’y a pas obligation de se soumettre à des analyses, ou à des diktats.Ici, seuls les sens jouent un rôle, et à chacun et chacune d’établir les règles qui régiront sa perception.Et le discours qui s’ensuivra sera de sa seule responsabilité.Mais cela n’est pas la foi.Et combien d’artistes ont ainsi eu dans le passé à subir les foudres des autorités qui n’admettaient point les déviations, qu’elles fussent iconogra- phiques, thématiques ou stylistiques.Et lisez Mon nom est Rouge, d’un Pamuk, pour constater à quelles conséquences s’expose qui ne respecte pas les tables d’une loi.Mais qui se rendra à l’Atelier Valuarda d’ici le 9 avril, sauf demain jour de Pâques, n’aura toutefois pas à craindre quelques remarques agressives.Il sera en fait accueilli avec plaisir et trouvera réponse à plus d’une question, aussi longtemps qu’il s’interrogera sur la nature des objets, des œuvres, mis en exposition.Le Devoir ê LAVAL « Il nous faut adapter notre offre déprogrammés» Page 2 ÉGLISE CATHOLIQUE « C’est une crise extrêmement grave » Page 4 ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES « Dans une conception de la laïcité de l’État, celui-ci doit être neutre » Page 5 LAÏCITÉ « Elle a été conçue pour préserver la liberté de conscience et de religion» Page 6 COLLOQUES L’art, la littérature et la religion sont mis en relation Page 7 Le Miracle des saints Flore et Laure, Françoise Crouzier, 2008, copie d’après une icône russe de l’école de Novgorod, au début du XVI" siècle. NOVALIS RELIGION ET SOCIETE : IMPASSE OU DIALOGUE?Une histoire religieuse du Québec 192 pages, 39,95$ Lucien Lemieux UNE HISTOIRE RELIGIEUSE DU QUÉBEC Photographies de Marianne McEwen Ce livre permet de comprendre quelle place, quelle influence et quelle signiflcation le phénomène religieux tient dans l'histoire d'un peuple et dans la constmction de son identité.Un portrait saisissant de notre histoire nationale.Hans Küng UNEVÊRITÉ CONTESTEE I Hans Küng MÉMOIRES II UNE VÉRITÉ CONTESTÉE Bien que durement éprouvé par le traitement que lui a réservé son Églisg, Hans Küng raconte ici son histoire avec dignité et objectivité.Il raconte la période d'effervescence qui a suivi Vatican II, mais aussi les luttes menées pour continuer la réflexion théologique en toute liberté.736 pages, 89,95$ jusqu'au 1“ juin Après cette date : 99,95$ Tome I : Mon combat pour la liberté 576 pages, 79,95$ La laïcité MichEline Milot Micheline Milot LA LAÏCITÉ Spécialiste du sujet de la laïcité, l'auteure nous présente, en 25 questions et réponses, ce qu'est la laïcité, ses fondements et ses différents modèles.Elle aborde sans détour la place de la religion dans un État laïque, ses conséquences et ses défls.Un regard éclairant sur le sujet.136 pages, 12,95$ Suivre Jésus .i AUjOURD’HÜT ' 256 pages, 31,95$ Albert Nolan SUIVRE JÉSUS AUJOURD'HUI Ce que Nolan a fait il y a trente ans avec la passion de Jésus pour la justice, il le fait de nouveau avec la spiritualité de Jésus.Ce que trouveront ici aussi bien les personnes en recherche que les croyants convaincus, c'est une sagesse profonde, fruit de la vie mystique et prophétique de l'auteur.« Six cents mots, c'est trop peu pour rendre compte de l'incroyable richesse de ces 256 pages simples, claires et concises.Mais peut-être as&ez.pour vous inciter à frécfuenter ce livre terriblement interpellant, stimulant et actuel.» Relations Richard Bergeron ET POURQUOI PAR JÉSUS?L'auteur fait le pari que l'écoute et la redécouverte de la parole du Maître intérieur qu'est Jésus ouvre la piste la plus contemporaine pour vivre humainement devant Dieu dans un monde sans Dieu, c'est-à-dire qui ne se comprend plus en référence à Dieu.312 pages, 27,95$ LES SYMBOLES DU CHRISTIANISME ANCIEN Vir SIÈCLE .aa» VIVIONOSTFO 240 pages, 79,95$ Gérard-Henri Baudry LES SYMBOLES DU CHRISTIANISME ANCIEN Ce livre d'art décrypte les symboles du christianisme ancien jusqu'au 7® siècle.Dotée d'une rare et complète iconographie, cette somme permettra aux amateurs d'art ou d'histoire de comprendre comment l'émergence du christianisme s'est doublée d'une exceptionnelle révolution artistique.G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 RELIGION Faculté de théologie et de sciences religieuses L’Université Laval s’accommode « Il nous faut adapter notre offre de programmes » La Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval est en voie de remanier ses programmes d’enseignement aux trois cycles, histoire d’être à jour.Survol d’une faculté qui s’adapte à la réalité religieuse et théologique.THIERRY HAROUN ¦\T otre faculté se porte bien malgré un contexte difficile pour l’ensemble des facultés de théologie et de sciences religieuses au Québec», souligne d’entrée de jeu Marc Pelchat, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.Il précise que trois facultés ont fermé leurs portes au cours des dernières années au Québec.«La cause principale est la baisse du nombre d’étudiants.» Inscriptions en baisse La faculté que dirige M.Pelchat est aussi aux prises avec une baisse de fréquentation depuis quelques années.Si, aujourd’hui, elle compte un peu plus de 300 étudiants, «on en comptait probablement le double il y a 25 ans».Le corps professoral, lui, a baissé de prés de 50 % depuis 1997, ajou-te-t-il.Il regroupe actuellement 17 professeurs.La baisse des inscriptions n’est pas étrangère à l’actualité religieuse, fait remarquer M.Pelchat.«Nous sommes inévitablement affectés par les transformations qui se produisent dans la société et l’Eglise.Vous savez, les Eglises vivent leur propre crise, pour ainsi dire.D’ailleurs, elles engagent moins de personnel qualifié parce qu’elles ont moins d’argent.Elles^ sont plus pauvres, y compris l’Eglise catholique.Celle-ci, par ailleurs, engage moins de personnel laïque qu’il y a quelques années, ou encore elle engage du personnel moins qual^é et qui n’a pas nécessairement un baccalauréat.» De fait, n’y a-t-il pas moins d’intérêt pour la chose religieuse et théologique dans la société?«En fait, il y a beaucoup d’intérêt pour la question religieuse.Il en est tellement question [dans l’actualité] et pas moins qu’auparavant, je vous dirais.Par contre, c’est autre chose de transformer cet intérêt en inscriptions dans nos programmes de baccalauréat, de maîtrise et doctorat.Et pour faire quoi, au juste?Voilà la grande question.Il nous faut donc adapter notre offre de programmes.» Le mot est enfin lancé: adaptation! Des changements Concrètement, poursuit-il, cette faculté a demandé, il y a Une partie du campus de l’Université Laval La Bible version « Parole de Vie » Un style direct et simple qui rend le texte biblique accessible à tous.Avec 6oo dessins colorisés et une introduction à chaque livre.- ',1 Reliure semi-rigide - 14,5 x 21 cm Édition protestante ISBN : 9782853001335 Édition catholique, * Imprimatur ISBN : 9782853001328 www.novalis.ca Société biblique canadienne Parole de Dieu - source de vie www.biblescanada.com ©UNIVERSITÉ LAVAL / MARC ROBITAILLE Marc Pelchat, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval SOURCE UNIVERSITE LAVAL 18 mois, à des experts externes de conduire une évaluation institutionnelle de l’ensemble de ses programmes.En d’autres mots, de formuler un diagnostic, ce qui «nous a permis de revoir nos programmes aux trois cycles».Ainsi, au premier cycle (études bibliques, pastorales, théolo- La Faculté de théologie et religieuses de l’Université prises avec une baisse de depuis quelques années giques et sciences des religions), on propose deux cheminements.«Il y a un cheminement de 90 crédits qui mène au grade civil ou régulier.Et l’autre est un cheminement ecclésiastique qui mène à l’obtention du grade civil et du grade ecclésiastique.» Ce dernier cheminement compte 120 crédits, dont 90 en théologie et 30 en philosophie.«Nous avons donc ajouté 30 crédits en philosophie, précise le doyen.C’est indispensable à la pratique de la théologie; ce qui, d’ailleurs, répond aux normes canoniques formulées par la Congrégation pour l’éducation catholique.» On ne sera pas surpris d’appendre qu’on y enseignera Socrate, Platon, Aristote, Descartes et le rationalisme, la philosophie de l’existence, Thomas d’Aquin, la philosophie du Moyen-Age, Hegel, la philosophie de l’action et les principes de logique.A la maîtrise, continue Marc Pelchat, «on vise un meilleur encadrement des élèves et on veut aussi favoriser un dialogue entre eux».Par simple curiosité, nous avons demandé à M.Pelchat de décliner les récents sujets de mémoire.«Alors, il y a la conversion chrétienne, l’analyse sémiotique du livre VIII des confessions d’Augustin, le partenariat au cœur de l’aumônerie militaire de sciences Laval est aux fréquentation canadienne, la pertinence publique de la théologie chrétienne après le désenchantement du monde et une lecture de Kierkegaard en regard de la communication d’existence.» Enfin, au doctorat, «on veut là aussi créer une vie intellectuelle plus forte collectivement.On sait que, habituellement, au programme de doctorat, il y a peu de cours et les étudiants travaillent souvent seuls; en fait, on trouve qu’ils sont trop seuls.Dans cette perspective, nous avons créé un cours qui mise sur des activités qui permettent aux élèves d’élargir leur espace intellectuel.Nous leur accordons, par exemple, des crédits pour avoir participé à des conférences et à des colloques qui traitent de sujets autres que les leurs.» Tous ces changements atteindront leur «vitesse de croisière» en septembre prochain, note Marc Pelchat.Soulignons au passage que cette faculté détient un secteur de recherche bien établie.Elle offre aussi une formation à distance.Collaborateur du Devoir NOUVEAUTÉ Un portrait de famille unique Lachance le nouveau testament Dans la même collection LISE LACHANCE Les grands personnages de la Bible • L'Ancien Testament FIDES-MEDIASPAUL FORMATION CHRÉTIENNE LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 G 3 RELKilON Centre Justice et Foi « Notre analyse se développe au nom d’un parti pris et d’un choix de valeurs de dignité humaine » Relations poursuit depuis 1941 son œuvre de réflexion Février 2010.En pleine polémique sur la nécessité du cours d’éthique et de culture religieuse, le Centre Justice et Foi prend position.Dans un communiqué, sa directrice générale, Elisabeth Garant, fustige ses détracteurs, les accusant de profiter «de la confusion entourant les débats sur l’identité nationale, la laïcité, les accommodements raisonnables et les manifestations religieuses dans l’espace public pour mener la charge contre ce nouveau cours».Deux cents à deux cent cinquante auteurs écrivent dans la revue Relations chaque année HELENE ROULOT-GANZMANN Créé en 1983 par la congrégation des jésuites et regroupant par là même toutes ses œuvres sociales, le Centre Justice et Foi se pose comme un outil d’analyse sociale tournée vers l’action.Principal objectif: changer la société, rien de moins, et apporter une réflexion critique tenant compte de toutes les dimensions qui nous traversent, politique, économique, sociale, psychologique et spirituelle.«Les questions soulevées présentement au Québec — à l’instar de nombreuses autres nations dans le monde — sur les fondements et le cadre de notre vivre-ensemble sont exigeantes et complexes, poursuit le communiqué.Il est donc crucial d’outiller les nouvelles générations pour ces défis, qui ne pourront d’ailleurs que s’accentuer.Les jeunes Québécois ont besoin de développer une compréhension des phénomènes religieux qui — qu’on le veuille ou non — seront au cœur des enjeux socio-politiques du XXI‘ siècle.» En analyse Outre ce cours d’éthique et de culture religieuse, les sujets de préoccupation et les prises de position ne manquent pas ces derniers mois: les accommodements raisonnables, bien sûr, mais aussi le profilage racial, les migrants à statut précaire, les regroupements familiaux après le séisme en Haïti, le nouveau calendrier scolaire, l’accès des femmes ^ux ministères ordonnés de l’Église catholique, etc.«Nous ne sommes pa^ un centre pastoral, souligne Élisabeth Garant, mais notre analyse se développe au nom d’un parti pris et d’un choix de valeurs de dignité humaine qui sont inspirées de l’Évangile.Nous tenons compte des plus vulnérables, nous luttons contre cet antagonisme entre les riches et les pauvres qui fait scandale à notre conscience de chrétiens, donc contre le néolibéralisme.» Le tout dernier numéro de la revue Relations, le magazine lié au centre, porte justement sur les solutions de rechange économiques.11 lance des pistes aux politiques.«Relations date de 1941, bien avant la création du centre, explique Jean-Claude Ravet, son rédacteur en chef.Nous ne nous faisons pas systématiquement l’écho de ses points de vue, mais nous avons bien entendu un lien logique, des valeurs communes auxquelles nous donnons une visibilité.Dans le cas de notre actuel dossier sur la mondialisation financière et ses enjeux, il s’agit de lutter contre la fatalité, de donner un sens à nos gestes, de sortir d’un rapport marchand.Nous sommes habités par un souci de rendre la réalité poreuse à des changements qui iraient dans le sens d’une plus grande prise en compte des exclus et des laissés-pour-compte.» Microcosme Si le Centre Justice et Foi tourne aujourd’hui avec une dizaine de personnes employées à temps plein, elles sont bien plus nombreuses à graviter autour de lui.Universitaires, sociologues, philosophes, politologues, économistes, théologiens, mais aussi des gens de terrain, syndicalistes, animateurs sociaux.membres d’organismes communautaires.Deux cents à deux cent cinquante auteurs écrivent dans la revue chaque année.Ils participent également aux soirées Relations, grands moments d’échanges et de débats, et aux différentes activités du secteur Vivre ensemble, qui depuis vingt ans réfléchit aux enjeux de la migration, du pluralisme de la société québécoise et de l’inter-culturalisme et de l’œcuménisme qui en découlent.«Nous menons un travail intellectuel tout en restant, très liés à la réalité, précise Élisabeth Garant.Nous voulons être une interface entre le monde universitaire et les lieux d’engagement.Dans nos activités, nous veillons à ce qu’il y ait toujours, d’un côté, des gens qui ont une pratique régulière du terrain et, de l’autre, des universitaires susceptibles de conceptualiser pour éclairer une problématique, un enjeu, un défi.» «La revue Relations sert aussi à rendre cette réflexion intelligible, abordable, accessible à tous, ajoute Jean-Claude Ravet.Nos lecteurs traditionnels viennent du milieu communautaire, des gens de terrain, des catholiques engagés socialement, des intellectuels, mais de plus en plus déjeunes, des étudiants, toutes les personnes préoccupées par le souci de comprendre.» Un auditoire à renouveler Difficile pourtant de toucher la relève.Si le public répond massivement présent aux différentes activités du centre, il reste qu’une partie importante de la population n’est pas rejointe.«Notre entourage est vieillissant et cette question sera cruciale dan^ une dizaine d’années, estime Élisabeth Garant.Si nous voulons rester une référence, un outil, il faut renouveler notre auditoire et aller toucher les plus jeunes.Or, pour cela, nous devons nous remettre en question, nous présenter à eux d’une manière qui leur soit recevable.Les jeunes sont élevés dans un contexte où tout va très vite.Où la nouvelle SOURCE CENTRE JUSTICE ET EOI Élisabeth Garant, directrice générale du Centre Justice et Foi, est persuadée que «les jeunes Québécois ont besoin de développer une compréhension des phénomènes religieux».prend plus de place que la réflexion de fond.» Pour parvenir à les rallier, le Centre Justice et Foi a lancé le projet Béati, destiné à la génération des 20-40 ans.«Nous en sommes à une phase d’écoute.Nous essayons de comprendre les questions qu’ils se posent.Ils ont un rapport différent à l’engagement, aux institutions sociales qui sont le fruit de luttes qu’ils ne connaissent parfois même pas.Nous devons aborder la question de la mémoire, de la transmission de nos combats sociaux.» Transmettre: voilà l’un des futurs grands chantiers du centre.M^is aussi convaincre, parce qu’Élisabeth Garant l’admet, «nous n’avons pas toujours les succès qu’on espérerait avec les élites politiques.Les gouvernements bougent difficilement.Nos efforts doivent donc porter sur la conscientisation des citoyens.» Collaboratrice du Devoir SOURCE RELATIONS Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de la revue Relations RELIGION REGARDS CROISÉS CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT ntherianlt@ledevoir.ca 2050, me de Bienry, 9‘ étage, Montréai (Qnébec) H3A 3M9.Téi.: (5t4) 985 3333 redaction@tedevoir.com FAIS CE QUE DOIS Parole et Vie Animation Lise Garneau et Alain Faubert ans d’inspimtim chrétienne sur les grands thèmes actuels L'émission Parole et Vie célèbre sa vingtième année d'inspiration chrétienne sur les grands thèmes actuels.À travers le Québec Tous les dimanches 11 h & 22h VOX chaîne 9 et 609 en HD COGECO lundi 12:30h Une production Oauvidec,* 1340, boul.Saint-Joseph Est Montréal (Québec) H2J1 M3 info@auparvi.qc.ca WWW.auparvi.qc.ca Ecole d'ete sur les religions et la modernité Sectes et extrémisme religieux Une approche interdisciplinaire et un savoir appliqué • Étudier le phénomène du croire extrême à l’aide d’études de cas.• Analyser, identifier et proposer des solutions liées à votre champ d’activité ou d’études (travail social, affaires publiques, politique, justice, psychologie, enseignement, journalisme, etc).• Accéder à une compréhension interdisciplinaire de ce phénomène grâce aux professeurs invités, spécialistes des questions politiques, sociales, religieuses, psychologiques et criminelles.Formation intensive de 2^ cycle donnée au Campus de Longueuil du 10 mai au 17 juin La Vie fait partie du programme UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE vvww.USherbrooke.ca/fatep/ecole-ete 1 800 267-8337, poste 63613 % J \ V Écoles d’été à l’abbaye Enseignement et vie en monastère Visitez ie www.ftsr.ulaval.ca Du 13 au 19 juin 2010 Abbaye Val Notre-Dame, Saint-Jean-de-Matha /.a théologie au Moyen Âge Du 1^' au 7 août 2010 Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac Le monde de saint Benoît UNIVERSITE ^ ^ LAVAL Faculté de théologie et de sciences raligisusss G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 RELIGION L’Église catholique dans la tourmente « C’est une crise extrêmement grave » Benoît XVI était, jusqu’à son élection, à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi Alors que, partout dans le monde, des millions de chrétiens célèbrent la résurrection du Christ, l’Eglise catholique traverse une crise profonde.MARTINE LETARTE Cy est une crise extrêmement grave, certainement la plus grave du siècle.Bien honnêtement, je ne sais pas comment elle s’en sortira», affirme Marie-Andrée Roy, professeure au Département des sciences des religions de l’UQAM, en parlant de la situation qui prévaut dans l’institption romaine.Déjà, l’Eglise a été grandement secouée ces dernières années, alors que de nombreux scandales sexuels ont éclaté dans plusieurs pays où des prêtres ont été accusés d’agressions sexuelles contre des enfants.C’est maintenant le pape lui-même qui est montré du doigt pour avoir refusé de sanctionner, à la fin des années 90, un prêtre américain accusé d’avoir commis des agressions sexuelles contre 200 enfants sourds durant les années 1950 à 1974.«C’est majeur, parce que c’est la figure même du pape qui est attaquée.A l’époque, il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, cc qui signifie que l’autorité de l’Eglise parlait par lui.S’il a contribué à cacher des choses, à camoufler des scandales, c’est très grave, d’autant plus qu’il a occupé ce poste pendant environ 25 ans», explique-t-elle.L’autorité morale de Rome D’après la professeure, la nature des gestes reprochés explique pourquoi l’opinion publique est si scandalisée.«On ne reproche pas à un prêtre d’avoir eu une aventure avec une madame, ou encore à un prêtre d’avoir eu une bonne amie.On parle de pédophilie, d’exploitation sexuelle d’enfants qui, par définition, sont vulnérables.Ces prêtres avaient aussi une autorité sur ces enfants, en plus d’avoir une espèce d’auréole que leur donne leur image reli- TONI GENTILE REUTERS L’autorité morale du Vatican est ébranlée depuis que le pape Benoît XVI a été mis en cause dans le camouflage de cas de pédophilie, alors qu’il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.gieuse.L’opinion publique ne peut pas prendre ça», affirme Mme Roy.Pourrait-on aller jusqu’à la démission du pape?«Ah! On a eu de tout dans l’Eglise! Chose certaine, c’est très très grave, ce qui se passe en ce moment», précise-t-elle.Toutefois, si le grand public est scandalisé, rares sont cpux qui, à l’intérieur même de l’Eglise, osent critiquer Rome.Pourquoi?«Bien sûr, depuis^ la séparation de l’Eglise et de l’Etat, Rome n’a plus de pouvoir coercitif On nfest plus à l’époque du Moyen-Age où Rome pouvait se servir du bras séculier pour allumer le bûcher de l’Inquisition! Il n’en demeure pas moins que les gens ont intériorisé le pouvoir de Rome et qu’ils ont appris à s’y soumettre.C’est encore comme ça aujourd’hui.Toutefois, je suis convaincue que l’épiscopat québécois doit être profondément mal à l’aise avec ce qui se passe en ce moment», croit Mme Roy.L’Assemblée des évêques catholiques du Québec n’a pas rappelé Le Devoir.Dans un communiqué, le cardinal Marc Ouellef archevêque de Québec, a pour sa part dénoncé «le procès d’intention véhiculé présentement par plusieurs médias visant à mêler le pape Benoît XVI à la dissimulation de cas d’abus sexuels», tout en qualifiant de «drame innommable» les révélations d’agressions, sexuelles qui éclaboussent l’Eglise catholique.M®’ Quelle! affirme également que le pape a toujours dé- fendu la «tolérance zéro» devant les actes de pédophilie.11 a toutefois précisé qu’il n’accorderait aucune entrevue concernant la crise qui touche le Vatican.Des problèmes de fond Jusqu’à maintenant, devant les nombreux scandales, Rome n’a pas annoncé la mise en place de procédures particulières ou encore de réformes majeures à l’interne pour s’attaquer aux problèmes.«Le pape a dit que c’étaient des crimes épouvantables et il a demandé que les prêtres soient poursuivis en justice.Toutefois, il a fait comme si c’étaient eux, le problème.L’Eglise ne reconnaît pas la pleine responsabilité dans ce qui arrive», affirme Marie-Andrée Roy.D’après la spécialiste, qui a beaucoup étudié la qqestion des femmes et de l’Eglise, Rome devrait revoir sa position sur deux grandes questions pour s’attaquer au problème en profondeur.D’abord, la sexualité.«Que ce soit à travers ses prises de position pratiquement irresponsables par rapport à la contraception et à l’utilisation du condom, ou encore le rejet de l’avortement et l’interdiction des femmes dans le sacerdoce, puisqu’on les considère comme un sujet sexué dangereux pour les prêtres, l’Eglise montre qu’elle a une vision profondément négative de la sexualité», explique-t-elle.La chercheuse croit que cela a La Vie fait partie du programme Maîtrise et doctorat en Études du religieux contemporain • Comprendre les débats d’actualité sur la place de la religion et du religieux dans la société moderne.• Observer l’évolution des diverses confessions religieuses en Occident.• Développer des aptitudes à travailler avec une équipe interdisciplinaire regroupant les domaines de la théologie, des sciences humaines, de la philosophie, de la psychologie, de l’histoire, de l’éducation, des sciences politiques et du droit.Offerts dès septembre 2010 au Campus de Longueuil Venez voir nos autres formations www.USherbrooke.ca/fatep 1 800 267-8337, poste 63613 UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Séance d'information Campus de Longueuil Le mercredi 21 avril 2010 à 18 h 30 au localL1-5605 NOUVEAUTÉ Une anthropologue de rue, un cinéaste et un évêque apportent des réponses très personnelles à la question de la spiritualité avec ou sans Dieu Rose Oufo^ nard émoni Ber Gilles Lussier BiffiSiaSS centre culturel chretieK de YohtréAl LES CONFÉRENCES Â paraître dans la même collection NORMAND PROVENCHER ET PATRICK SNYDER Pourquoi Jesus fascine-t-il encore?FIDES-MEDIASPAUL pour effet d’encourager les gens qui ont de la difficulté avec leur sexualité, ou encore avec leur rapport aux femmes, à être ordonnés pour vivre à distance de ces problèmes.Marie-Andrée Roy en a aussi contre le vœu d’obéissance.«Le fait que l’Eglise demande aux gens de se soumettre veut dire quelque chose.Lorsqu’on demande la soumission d’une personne, on ne favorise pas qu’elle devienne une adulte responsable capable d’exercer son propre jugement moral.» Qui e^t rejoint par l’Église en 2010?Scandales sexuels, rejet de la contraception et de l’avortemenf exclusion des femmes, soumission à l’autorité: rien pour convaincre les Québécois de retourner dans les églises qu’ils désertent depuis la Révolution tranquille! Pour tenter de reconquérir des fidèles, Rome devra-t elle revoir ses positions?«Attention!, s’exclame Mme Roy.Au Québec, c’est vrai que seulement 5 à^lO % des gens sont pratiquants.A cet égard, le Québec ressemble à la Erance.Mais il ne faudrait pas penser que c’est représentatif de ce qui se passe ailleurs en Amérique et en Europe.Au Canada, on retrouve entre 25 et 35 % de pratiquants.Si on traverse du côté des Etats-Unis, on arrive à 40 ou 45 %.En Inde aussi, même si les catholiques sont très minoritaires, on retrouve de fervents pratiquants.Il y en a aussi énormément en Amérique latine», affirme-t-elle.C’est d’ailleurs par l’immigration, croit Marie-Andrée Roy, que le Québec remplira à nouveau ses églises.«Dans le recensement de 2001, 83 % des gens se sont déclarés catholiques.Pourquoi pensez-vous que le chiffre est si élevé?C’est clairement en raison de l’immigration.Même si on parle beaucoup des musulmans, près de 50 % des immigrants sont catholiques.» Collaboratrice du Devoir W J Formation à distance Sciences des religions et théologie Session d’été : du 3 mai au 13 août 2010 hindouisme, christianisme, iittérature gnostique, iittérature pauiinienne, spirituaiité, missioiogie.Visitez ie www.ftsr.uiavai.ca UNIVERSITÉ LAVAL Faculté de théologie et de sciences religieuses LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 G 5 RELIGION Présidence de FAssemblée des évêques catholiques du Québec L’Église catholique se montre favorable à la séparation des pouvoirs « Dans une conception de la laïcité de l’État, celui-ci doit être neutre » Une Église catholique qui maintient le cap sur une laïcité ouverte.Une Église qui vit encore une fois dans la tourmente des scandales à caractère sexuel.Un évêque de formation sociale qui salue la présence syndicale au Québec et qui apporte un message de vie à l’occasion de la résurrection.Monseigneur Martin Veillette, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, apporte son témoignage à la veille de Pâques.REGINALD HARVEY Le Québec traverse toujours une quête identitaire d’où émerge la recherche d’un équilibre entre le laïc et le religieux, dans le cadre d’accommodements qualifiés de raisonnables: «C’est une question sur laquelle on a réfléchi, constate Veillette.Récemment, au cours de l’une de nos deux assemblées plénières annuelles, ce sujet était à l’ordre du jour.Nous, comme évêques catholiques, comment comprendre notre situation et notre manière d’agir dans un contexte^ où on insiste sur la laïcité de l’État?» Il situe le contexte de cette rencontre: «Ce fut l’occasion d’entendre un ancien du Devoir, Paul-André Comeau, et le coprésident de la commission Bouchard-Taylor, Charles Taylor, avec lesquels nous avons partagé leur façon de voir les choses; on les a invités à nous aider à prendre conscience de la situation actuelle au Québec et de son origine, à nous éclairer dans notre positionnement.» Les évêques ont pris position: «À l’heure actuelle, l’Assemblée est tout à fait d’accord avec le principe de la séparation des pouvoirs entre l’Église et l’État; il n’y a pas de problème là-dessus.On est également tout à fait d’accord pour indiquer que, dans une conception de la laïcité de l’État, celui-ci doit être neutre, ne doit pas favoriser une religion plus qu’une autre et ne doit pas en interdire l’une plus que l’autre; on est bien situé de ce côté-là.» Veillette jette un regard sur ce qui se passe présentement: «Les problèmes qui apparaissent dans l’opinion publique et qui figurent dans l’actualité, au cours de ces derniers temps, se rapportent à des individus par rapport à des situations où ils se retrouvent en lien avec un représentant de l’État.Voilà que se pose toute la question des signes religieux et autres thèmes semblables.A ce propos, les opinions sont divergentes et nous avons plutôt adopté, devant la commission Bouchard-Taylor, la position d’une laïcité qui ne se veut pas exclusive, mur à mur, totale, mais qui se veut ouverte; une expression reprise en Chambre par le premier ministre Charest pour son projet de loi.Notre façon de voir les choses va dans cette direction-là.» / Une E^ise fortement ébranlée Sur toute la question de la pé-dophilie ou des agressions sexuelles contre des enfants, qui revient avec force dans l’actualité en raison de nouveaux faits allégués en plusieurs endroits, M®" Veillette situe la position de l’Assemblée des évêques catholiques: «L’épiscopat canadien a déjà traité de cette question-là il y a plusieurs années, lors de toute cette histoire qui avait eu lieu à Terre-Neuve.Pour l’ensemble des diocèses canadiens, il a adopté une sorte de protocole, une façon de traiter ces situations-là depuis le début des années 1990.» w.B ANDREA HOPKINS REUTERS L’Eglise catholique est en faveur d’une laïcité ouverte, telle que préconisée par la commission Bouchard-Taylor.Il en découle cette façon de faire: «On a évidemment adopté ce protocole au Québec et il nous sert de guide actuellement, quand on est éventuellement en présence d’accusations ou d’allégations d’agression sexuelle par des membres du clergé, entre autres, envers des mineurs et des enfants surtout.On a déjà des lignes de conduite très nettes et très précises à suivre, qu’on a même révisées et ajustées pour le mieux après une dizaine d’années d’expérience.» Quant à savoir si les nouveaux sévices découverts risquent de relancer le débat sur le mariage des prêtres, il se montre sceptique.Veillette compte 50 années de prêtrise, des noces d’or avec le sacerdoce en quelque sorte, et il rappelle que, de tout temps, ce débat a existé: «On en discute depuis une cinquantaine d’années et ce n’est pas forcément lié aux agressions, mais ce n’est toujours pas réglé.C’est une question de discipline pour l’Église latine et il ne s’agit pas d’un dogme de foi.» Le sjmdicalisme, un apport social L’Église a été étroitement associée à la naissance du mouvement syndical au Québec, qui a perdu depuis son caractère religieux.En tant qu’évêque, le prélat considère-t-il que le syndicalisme se présente encore aujourd’hui comme une des forces vives de la vie socioéconomique?«J’ai eu la chance de faire des études en sciences sociales, en sociologie, à l’Université Laval de Québec, du temps de Fernand Dumont et de ces personnages-là au début des années 1970; évidemment que ma vision des phénomènes sociaux est quelque peu colorée par ces études.» Il pose donc ce regard: «J’en retiens que la présence du syndicalisme ou des syndicats dans notre société ici au Québec est une réalité; celui-ci demeure un des grands acteurs de la vie sociale, même si ce n’est pas de la même manière que dans les années 1950 ou même avant.» M®"^ Veillette se livre à cette réflexion: «On peut peut-être avoir l’impression que le mouvement syndical s’est comme bureaucratisé, ce qui est possible.Je suis assez attentif aux propos qui sont tenus par les responsables syndicaux et il m’arrive d’ailleurs d’en rencontrer de temps en temps; leur problème ressemble à celui que nous rencontrons nous aussi et que je résume ainsi: comment intéresser les plus jeunes à cette forme d’engagement dans l’espoir d’arriver à améliorer leurs conditions de vie sociale et celles des gens avec lesquels ils vivent?Quand les syndicats peuvent réussir à améliorer ces conditions de leurs membres, cela a des répercussions sur les autres travailleurs aussi.Sous cet angle, il me semble qu’on ne doit pas mettre de côté trop facilement l’importance de leur présence et de leur action dans notre société.» Message de Pâques A l’occasion de la fête de la résurrection, il apporte ce message: «Pâques, c’est un grand point de repère pour les chrétiens, par rapport aux réalités de la vie et de la mort.Cette fête, c’est le passage de la mort et de la vie du Seigneur Jésus.Dans notre vie personnelle comme dans celle des groupes de toutes sortes composant notre société, il y a plusieurs événements qui sont reliés à ce qu’on pourrait appeler le volet de la mort, aux PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour les chrétiens, la fête de Pâques représente l’espérance que la vie va l’emporter sur la mort.JÇgs Soeurs de Saintjoseph de Saintjdyœinthe Que le printemps de Dieu apporte un renouveau de vie à toute personne en recherche de sens et de bonheur! Christ est ressuscité.Alléluia! Joyeuses Pâques ! Visitez notre site : nfm.sjsh.org Bienvenue au Centre Élisabeth-Bergeron ! 805, av.Raymond, Saint-Hyacinthe, Qc J2S 5T9 choses qui meurent, qui arrêtent, qui cessent et qui disparaissent.» n y a aussi l’autre volet: «C’est celui de la vie qui nous sert pour continuer d’avancer et de marcher, parce qu’on a l’espérance que la vie va l’emporter sur la mort: ce n’est pas elle qui aura le dernier mot.Dans nos vies personnelles et collectives, cela est important si on veut durer dans l’engagement; il faut qu’on ait en quelque part des réalités auxquelles on puisse s’accrocher avec beaucoup de fermeté.Pour nous les chrétiens, la fête de Pâques représente cet élément-là; on peut s’accrocher fermement à cette réa-lité-là, ce qui nous aide à vivre.» Collaborateur du Devoir ARCHIVES LE DEVOIR M®" Martin Veillette, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec avec rintelligence et le cœur^ SAGL^SL DES SAISONS SAGESSE DES SAISONS Yves Perreault À L'ÉCOUTE DES PÈRES DE L'ÉGLISE Textes choisis Marie-Pierre Bussières OFFICE DE LA PASSION La Geste du Grand Roi Saint François d'Assise LE BONHEUR QUE TU PROMETS (I CI i.'ll h tui ' L ’-lu 1 pi rif.LE BONHEUR GUÉRIR PAR LA ESPÉRANCE QUE TU FOI, L'AMOUR, PROMETS LA PRIÈRE L'eucharistie et Jean-Paui /a vie se/on /es Simard Béatitudes André Daigneault POUR L'ÉGLISE AU QUÉBEC Jean-Yves Marchand REPENSER LE CORPS HUMAIN PENSER LE SOIN EN PSYCHIATRIE Perspect /es eth paes attteoogqaes LA BIOÉTHIQUE REPÈRES D'HUMANITÉ Bertrand Bianchet REPENSER LE CORPS HUMAIN Marie-Thérèse Nadeau A PENSER LE SOIN EN PSYCHIATRIE Perspectives éthiques et théoiogiques Didier Caenepeel es grands classiques audio livres CD MP3 CONFIANCE EN LA DIVINE PROVIDENCE Secret de paix et de bonheur Jean-Baptiste St-Jure QUAND LE SEIGNEUR PARLE AU CŒUR Gaston Courtois LES CONFESSIONS Saint Augustin En vente chez votre libraire www.mediaspaul.qc.ca '®$0' 'S’a# GUERIN 514-842-3481 www.guerin-editeur.qc.ca Collection LES GRANDES RELIGIONS Directeur de la collection Stéphane Valiquette, S.J.Le christianisme Stéphane Valiquette Le judaïsme Esther Bendïm Ouaknine L’islam Maurice Grégoire Le bouddhisme Phan-Chon-Tôn L’hindouisme Kalpana Bas et Robert Vachon I - * À LA RENCONTRE DE JÉSUS * JEAN DE BrÉBEUP * Quel avenir pour LE CHRISTIANISME?Père René Latourelle SJ.I Figures bibliques DES PATRIARCHES AUX PROPHÈTES Nam Kattan I - Une Pratique PASTORALE DES Exercices SPIRITUELS EN Asie orientale Tomes I, II et III Guilbert Guérin, SJ.I L’ÂME ÉPRISE DU Christ Jésus Pierre Chastellain SJ.Traduit par Joseph Hofbeck I ~ • LE COURS D’ECR Au-delà des APPARENCES Guy Durand LIDEC 514-843-5991 www.lidec.qc.ca • • # • • COLLECTION Éthique et culture religieuse pour le primaire JÔi efnioi pe et 2e années du 1er cycle Julie Rousseau • Lison Thaot • Ève Lemay Jdfdn èang la Yhcàn pe et 2e années du 2e cycle Manon Labrie • Annick McKak Prmêrek tn/hps Ire et 2e années du 3e cycle pristine Bergeron • Guy Bergeron^ (oalieetiofi Biographies pouvant également servir de matériel complémentaire en univers social.^Im^de'lOO MÉDIASPAUL • Le frère André -Denise Nadeau • Marguerite Bourgeoys • Jeanne LeBer • Marie de l'Incarnation • Catherine de Saint-Augustin • Marguerite d'Youville - Lorraine Létoumeau • Rosalie Cadron-Jetté - Yvon Langlois • Chiniquy -Marcel Trudel • Antoine LabeWe-Luc Bertrand • Frère Marie-Victorin - Gilles Beaudet • Mère Marie-Rose - Eulalie Durocher Offert aussi en versions anglaise et vietnamienne • Joseph Onil Lesieur - GabrieUe Lefebvre et Thérèse Thibeauit • L'abbé Léon Provancher - Mélanie Destneules • Kateri Tekakwitha -Rachel Jodoin • Les évêques de l'Église catholique au Canada de 1658 à nos jours • Nos 14 cardinaux canadiens - Jacques Lamarche LES EDITIONS LA PENSEE 514-848-9042 www.editions- lapensee.qc.ca i Collection La collection Labyrinthes propose une série d'instmments didactiques permettant aux élèves du primaire et du secondaire de s'ouvrir aux cinq grandes religions et plus largement au phénomène religieux Directeur de la collection Jean-Marie Debunne La tradition BOUDDHISTE LE CHEMIN VERS L’ÉVEIL Nicole-Andrée Charbonneau et Simon Deraspe En collaboration avec Mûdefyn FounÜer La tradition HINDOUE Au-delà des apparences Nicole-Andrée Charbonneau et Simon Deraspe En collaboration avec Madetyn Fournier La tradition ISLAMIQUE LE CHEMIN DU RETOUR VERS Allah Jean-René Milot La tradition CHRETIENNE DIEU PARMI NOUS Marie Douoille La tradition juive Un Dieu qui fait alliance Hubert Leroux LE PHENOMENE RELIGIEUX La rencontre de l’être humain avec le sacré Jean Dansereau et Jean Gadbois La s^piritualité AMÉRINDIENNE Patrick Rajotte et Yvon R.Théroux L’athéisme Sagesse sans dieu Sonia Huwart Coll€c/hoH êhti’cjwe cLtl-hAre Une collection de matériel didactique pour renseignement au primaire et au secondaire en lien avec le programme ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE Directeurs de la collection Louis-Charles Lavoie et Jean-Marie Debunne PRIMAIRE À MA FENÊTRE 1er cycle Manuels de l'élève A et B ainsi que guides d'enseignement A et B Julie Lévesque, Jacinthe Lessard et Daniel Moreau Franchir le seuil 2® cycle Manuels de l'élève A et B ainsi que guides d'enseignement A et B Isabelle Côté, Anne-Héloïse Debunne et Julie Lévesque Paire escale 3e cycle Manuels de l'élève A et B ainsi que guides d'enseignement A et B Mélanie Hubert, Karine Sirois et Daniel Gou^eon SECONDAIRE PASSEPORT POUR LA VIE 1er cycle Manuels de l'élève A et B ainsi que guides d'enseignement A et B Ire année du 1er cycle Nicole-Andrée Charbonneau 2e année du 1er (ycle Mélanie Dubois, Chantal Bertrand ODYSSÉE (En préparation) 2e cycle Manuels de l'élève A et B ainsi que guides d'enseignement A et B Sophie Giroux, Daniel Gougeon et Jean-Marie Debunne G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 RELKilON À propos de la laïcité La loi québécoise proposerait une laïcité de reconnaissance « La laïcité a été conçue pour préserver la liberté de conscience et de religion » Le concept de laïcité est aujourd’hui l’objet de débats au Québec.Mais, avant de se ranger dans un camp ou un autre, il serait bon de comprendre quels sont les fondements de la laïcité et comment celle-ci s’exprime en société.Micheline Milot propose quelques pistes de réflexion.PIERRE VALLEE Micheline Milot est profes-seure de sociologie à ITJQAM et vient de faire paraître La Laïcité dans la collection «25 questions» chez Novalis.D’entrée de jeu, elle explique les trois principes sur lesquels repose toute forme de laïcité.Séparation, neutralité et pluralisme ,Ije premier esf la séparation de l’Église et de l’ÉtaL principe répandu dans toutes les démocraties modernes.«Il n’y a donc plus d’Eglise nationale, et lorsqu’il y en a une, comme au Danemark, celle-ci est symbolique et n’^erce aucun pouvoir.L’Etat élabore ses lois de manière strictement laïque et indépendamment des religions.» Le second principe, qui découle du premier, est celui de la neutralité 4e l’État.«Un Etat neutre est un Etat qui est impartial dans sa façon de traiter les affaires citoyennes.Un Etat neutre est aussi un Etat qui avoue ne pas avoir de compétence théologique et, par conséquent, ne se substitue pas à l’interprétation de l’individu en matière théologique.» Mais, attention, ime neutralité totale et absolue est impossible.«Par temple, certains congés nationaux seront calqués sur certaines fêtes religieuses ou, comme on le fait ici, on accordera des exemptions fiscales aux religions.» La liberté de conscience et de religion vient compléter le trio en enchâssant la diversité et la pluralité religieuses.«La liberté de conscience et de religion sert donc à pacifier la vie sociale en évitant la discrimination envers une religion ou une autre.On commet une erreur lorsqu’on croit que la laïcité équivaut à l’absence de religion.Au contraire, la laïcité a été conçue pour préserver la liberté de conscience et de religion.» Différents modèles de laïcité Bien que les principes qui fondent la laïcité demeurent les mêmes, l’application de celle-ci peut varier selon les sociétés ou le contexte historique.«Ce ne sont pas les principes de base qui diffèrent, mais plutôt l’interprétation qu’on en fait.» Micheline Mi-lot identifie cinq modèles de laïcité.«Ce sont des modèles sociob-giques qui permettent de comprendre les différences.» Il y a d’abord la laïcité anticléricale ou antireligieuse.«On trouve ce modèle dans les sociétés où les autorités religieuses exercent un important pouvoir et où la séparation de l’Église et de l’État ne peut pas se faire sans heurts.On s’en prend alors aux autorités religieuses.» Une seconde forme de laïcité est la laïcité autoritaire.Elle apparaît dans des sociétés où un besoin soudain de s’affranchir de l’autorité religieuse se fait sentir.Ce fut le cas de la laïcisation de la Turquie sous Atatürk.«C’est aussi le cas des pays communistes qui interdisent tout simplement la religion.Mais, ici, si l’État est séparé de la religion, il n’est pas neutre et il limite la liberté de conscience.» La laïcité de foi civique est le troisième modèle.Dans ce cas, la laïcité est en quelque sorte assujettie au concept de valeur civique.On exige donc des citoyens qui pratiquent une religion, et à plus forte raison de ceux dont la religion n’est pas celle de la majorité, de démontrer une allégeance aux valeurs civiques communes, de crainte que leur religion ne les en éloigne.«On suppose donc que les personnes religieuses ne peuvent pas faire la différence entre les valeurs religieuses et les valeurs civiques.» Le quatrième modèle est celui de la laïcité séparatiste.Danspet-te forme de laïcité, l’État ,et l’Église sont séparés et l’État est neutre, mais on cherche à circonscrire de façon plus précise la présence du religieux dans l’espace public.Le cinquième modèle est celui de la laïcité de reconnaissance.Elle repose sur PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le projet de loi 94 limitera le port de la burqa et du niqab à la sphère privée.la reconnaissance de l’autonomie morale de l’individu dans la conduite de sa vie, dans la mesure où cela ne porte pas atteinte à autrui ou à l’ordre public.Elle vient consacrer la liberté de conscience et de religion comme un droit inaliénable.Le cas du Québec Micheline Milot souligne avec à-propos que ces différents modèles de laïcité peuvent s’entrecroiser et être présents simultanément dans une société, comme c’est le cas présentement au Québec, où deux formes de laïcité — l’une ouverte, l’autre plus ou moins fermée — alimentent les débats citoyens.Dans le second cas, celle de la laïcité plus ou moins fermée que certains intellectuels dénomment «laïcité plurielle», il s’agit d’une laïcité qui se rapproche du modèle de laïcité séparatiste, dans la mesure où on cherche à déterminer ce qui constitue la sphère privée et la sphère publique et quelle présence la religion peut occuper dans la seconde.Récemmenti le gouvernement libéral a déposé son projet de loi 94, qui limite en somme le port de la burqa et du niqab à la sphère privée en imposant que les services de l’État soient rendus et reçus à visage découver t laissant par contre le champ libre à la présence des autres signes religieux dans la sphère publique.Ce projet de loi s’apparente à la laïcité de reconnaissance.C’est le modèle qui obtient la préférence de Micheline Milot.«La laïcité de reconnaissance ne suppose pas que la présence du religieux dans la sphère publique puisse exercer une quelconque influence sur la conduite de l’État.Le port d’un signe religieux n’indique pas que l’individu ne peut pas être neutre dans la prestation d’un service.De plus, la laïcité de reconnaissance m’apparaît la plus appropriée pour équilibrer la liberté de religion et de conscience et la capacité de participer à la vie citoyenne.» Collaborateur du Devoir LA LAÏCITÉ Micheline Milot Novalis, coll.«25 questions» Ottawa, 2008,128 pages, 12,95 $ EDITION Hans Küng persiste et signe Une Église en transformation: telle serait la conclusion la plus «douce» qu’on pourrait déposer à la lecture d’ouvrages récents.Par un théologien qui remet en question l’infaillibilité pontificale ou par un autre qui voit poindre la fin de l’activité de prêtrise, des questions surgissent.Le temps est au doute.GWANAELLE REYT Il a une opinion bien tranchée.Il s’oppose au célibat des prêtres et considère que le pape Benoît XVI se situe dans un rigorisme moral médiéval qui,fait perdre toute crédibilité à l’Église catholique.Considéré comme l’un des protagonistes majeurs de la théologie au XX® siècle, le philosophe suisse Hans Küng propose la suite de ses mémoires.Son livre.Mémoires IL Une vérité contestée, retrace son parcours allant de 1968 au lendemain de la nomination de Benoît XVI.Dans cet ouvrage, le théologien et prêtre explique à la fois sa quête de liberté et de vérité ainsi que son combat contre l’infaillibilité de l’Église.Déjà connu à l’époque pour son opposition ouverte à l’égard de Jean Paul II, il tente de montrer à quel point les individus, et pas uniquement le pape, peuvent exercer une influence directrice sur le cours du temps.En partant du concile Vatican II, Hans Küng reprend ainsi sa vie et celle de son confrère, Joseph Ratzinger.Les deux hommes, ayant eu une enfance et des origines pratiquement semblables, ont suivi en partie les mêmes traces.Ils ont même travaillé ensemble durant quelques années.Cependant, une divergence sur le critère de base de la théologie, à savoir la Bible ou le dogme, va les amener à avoir deux façons différentes de vivre le catholicisme.Malgré une vie tumultueuse et une exclusion ecclésiastique officielle, Hans Küng considère tout de même avoir gagné la liberté qu’il recherchait.MÉMOIRES II Une VÉRITÉ CONTESTÉE Hans Küng Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Bagot Éditions du Cerf et Novalis Paris et Montréal, 2010, 736 pages, 89,95$ Hans Küng LouXl Q.C, O OUc'G-a U d i t Normand Rousseau M.A.Sc.Rel Daniel Leveillard conviction et dissidence Lettre ouverte au Cardinal Joseph Ratzinger, pape Benoît XVI APTSEZ- ramour de Di En vente dans toutes les librairies.Diffusion Prologue MISSIONS ÉTRANGÈRES Nous sommes des prêtres et laïques Témoignant de l’EvangUe Dans le respect des cultures Pour la promotion de la dignité humaine Particulièrement auprès des plus défavorisés Dans 13 pays du monde.SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 180, place Juge-Desnoyers, Laval H7G 1A4 Tel.: (450) 667-4190 WWW.smelav al .org du Québec Avec le Ressuscité, découvrons les semences de vie au quotidien.Les Sœurs de Sainte-Anne du Québec 1950, rue Provost Lachine, Qc H8S 1P7 Site internet : www.ssacong.org j^rès avoir abordé le pape, la laïcité ou encore l’islam, la collection «25 Questions» sort un nouvel ouvrage sur la foi chrétienne.L’auteur, Roland Lacroix, est formateur au diocèse d’Annecy, en France.Dans ce livre, il parle de la croyance en Dieu aujourd’hui.Il replace la foi dans un contexte contemporain, avec les questionnements que cela amène.Par des explications simples, il répond aux interrogations sur la nécessité de la foi, le maintien de l’identité et de la morale exercée par la religion.LA FOI CHRÉTIENNE Eoland Lacroix Éditions Novalis et de l’Atelier, Coll.«25 questions» Montréal et Ivry-sur-Seine, 2(X)9, 120 pages, 13,95 $ Depuis les années 60, le nombre çle religieux appartenant à l’Église catholique n’a cessé de diminuer en Occident et dans le reste du monde.L’auteur, Diarmuid O’Murchu, avait déjà prédit ce phénomène dans les années 70, mais beaucoup ne l’ont pas cru.Selon lui, le modèle actuel de la vie religieuse subsistera encore de soixante à quatre-vingts ans avant d’être vidé de son sens.Dans ce livre, il offre une vision des transitions que la communauté religieuse sera amenée à vivre.LA VIE RELIGIEUSE REVUE ET CORRIGÉE Diarmuid O’Murchu Traduit de l’américain par Jean Chapdelaine Gagnon Éditions Norâlis Ottawa, 2008,240 pages, 29,95 $ Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 G 7 RELKilON Art, littérature et religion Cette création marquée par la religion « Littérature et art actuel demeurent traversés par la mémoire religieuse de notre société » Autour du thème commun de la relation qu’entretient la religion avec l’art et la littérature, deux colloques parallèles se pencheront sur la place de la religion dans les formes contemporaines de l’art et de la littérature et exploreront sa représentation, ses débats, sa mémoire, ses traces et ses symboles.Présentation.ASSIA KETTANI Du 12 au 17 avril, autour des thèmes de l’art, de la religion et de la littérature, se tiendra le colloque d’ouverture «Sa-crifiction: profanation et sacralisation en art et en littérature», organisé par Pierre Ouellet, professeur d’études littéraires à Î’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en esthétique et en poétique.Après la journée d’étude commune aux deux colloques, qui aura lieu le jeudi 15 avril, le colloque «Art + religion», organisé par François Letourneux, conservateur adjoint au Musée d’art contemporain de Montréal, et Tim Clark, professeur en arts visuels à l’Université Concordia, se déroulera jusqu’au 17 avril.Les communications seront présentées à la Cinquième Salle de la Place des Arts et à l’Agora du Cœur des sciences de l’UQAM.La place de la religion dans la société actuelle est un sujet sensible: alors que notre société est traversée à la fois par une laïcité officielle, parfois même militante, nous assistons à un retour du religieux porté par les mouvements intégristes ou orthodoxes.Cette tension a notamment éclaté lors des récents débats autour de la question des accommodements raisonnables, du rapport de la commission Bouchard-Taylor ou encore des cours d’éducation religieuse.Face à ces questions d’actualité politique et sociale, les organisateurs se sont tournés vers l’écriture littéraire et la création artistique: alors que l’héritage religieux a façonné notre culture pendant des millénaires, quelle place la religion occupe-t-elle dans la production culturelle contemporaine?Décalage Selon Pierre Ouellet, François Letourneux et Tim Clark, une chose est sûre: la religion « Le religieux continue de tout infiltrer, Moins on en parle, plus ça resurgit», explique François Letourneux.est aujourd’hui trop peu étudiée dans les disciplines de l’histoire de l’art et des études littéraires.Cette situation est d’autant plus marquée que le Québec a vécu la sécularisation rapide d’une société profondément imprégnée du catholicisme.C’est ce décalage qui a amené Tim Clark à s’interroger sur la manière d’intégrer les religions dans nos institutions: «En tant que professeur, j’ai eu plusieurs élèves qui s’intéressaient à la spiritualité ou qui venaient d’autres cultures et qui ne pouvaient pas s’identifier avec nos institutions.» Les organisateurs s’accordent pour dire que, malgré cette sous-représentation dans le champ universitaire, la religion imprègne les formes contemporaines de l’écriture et de la création artistique.En effeÇ d’après Pierre Ouellet, «même si notre littérature et l’art actuel sont laïques et profanes, ils demeurent traversés par la mémoire religieuse de notre société».Partant d’une même interrogation, la littérature et l’art entretiennent néanmoins une relation sensiblement différente avec la question religieuse.Inspiration Du côté de la littérature, la religion s’intégre dans l’imagination et dans l’écriture par son univers symbolique et thématique indélébile.Pierre Ouellet a remarqué que de nombreux poètes et romanciers utilisent, dans leurs procédés littéraires, des formes ou des symboles hérités de la religion, à l’exem- CHRISTINE PALMIERI pie de Marc Desgent, dont la poésie s’inspire d’ime écriture biblique.Le colloque «Sacrifiction» invite donc des intellectuels, des chercheurs et surtout des écrivains à témoigner de leur rapport au sacré dans des communications, mais également dans des lectures et des projections vidéo.De l’avis de Pierre Ouellet, envisager la place de la religion dans la littérature, c’est accepter un héritage culturel indéniable: «Il faut garder la mémoire du religieux dans nos sociétés laïques.Tenter d’effacer toute trace culturelle de la religion est de l’ordre du refoulement On ne peut pas ignorer nos sources: même si on a laïcisé l’enseignement et la culture, il reste les figures, les formes et les thèmes.» Parmi les nombreux participants, le colloque fera intervenir des auteurs tels qu’Alain Fleischer, dont les textes sont marqués par la mémoire d’un peuple juif qui resurgit sous forme de «personnages rabbiniques étranges», ou Paul Chamber-land et Nairn Kattan, qui traitent de la question du divin dans une perspective laïque.Confluence En littérature, l’influence religieuse ne concerne pas uniquement le christianisme: l’écriture aujourd’hui est marquée par un ensemble composite d’influences et d’images venues des différentes religions et croyances qui composent notre société multiculturaliste.La littérature est ainsi imprégnée aussi bien d’images héritées d’une tradition religieuse que d’une fascination contemporaine pour toutes les formes du sa- LES GRANDES CONFERENCES DU CENTRE ST-PIERRE Lytta Basset PROFESSEUR DE THEOLOGIE A L’UNIVERSITE DE NEUCHATEL LAISSER ALLER LE MAL SUBI POUR VIVRE LIBRE Tout être humain est amené à se confronter au mystère du mal sans l’aborder sous l’angle exclusif de la faute ou de la culpabilité.Pour sortir de cette impasse, il nous faut réenraciner la pensée dans l’expérience et oser s’interroger sur l’abîme du mal souffert par chacun de nous.Le jeudi 13 mai 2010 * 19 h • 10$ «>¦ l"' T CHRISTINE PALMIÉRI Deux images extraites d’une oeuvre vidéographique de Christine Palmiéri intitulée La chute d’Ataentsic (2010).vidéo sera projetée avec d’autres œuvres le mardi 13 à partir de 19h, à l’Agora du Cœur des sciences.cré: il peut s’agir de mythologies archaïques, de l’islam, du vaudou, du chamanisme, de religions amérindiennes, de formes du bouddhisme ou de religions précolombiennes, maya ou inca.Selon Pierre OuelleL «la littérature et l’art peuvent volontiers mettre ensemble des signes de religions différentes et créer des échanges entre différents systèmes de croyance.C’est un outil pour favoriser l’ouverture et le pluralisme.Il n’y a pas d’intégrisme religieux ni de militantisme laïque: les mémoires religieuses et les imaginations sacrées se rencontrent» Rupture Du côté des arts visuels, la rupture est encore plus nette: au Québec, le mouvement artistique de l’automatisme et le Refus global de Borduas reflètent un mouvement de rupture et de sécularisation, dans lequel la religion n’avait plus aucune place dans le débat artistique.Dans les arts visuels, explique François Letourneux, la religion reste un sujet sensible, presque tabou, malgré la place des débats religieux dans la société contemporaine.Pourtant, c’est un sujet qui mérite d’être creusé: «Le religieux continue de tout infiltrer.Moins on en parle, plus ça resurgit La question de l’image, que ce soit à travers les caricatures danoises ou des vidéos de terrorisme, montre que l’iconici-té est très forte et que nous sommes au sommet de la querelle des images, conscients de leur dangereuse puissance.» C’est pour jeter les bases d’une réflexion sur cette présence-absence de la religion dans l’art contemporain que ce colloque rassemblera des intervenants aux origines disciplinaires variées: des artistes, des historiens de l’art, des anthropologues, des sociologues, des philosophes ou encore des théologiens confronteront leurs regards et se pencheront sur les points de contact entre les pratiques et les discours de l’art contemporain de la religion.Selon François Letourneux, «il ne s’agit pas ici d’envisager la religion à travers un discours politique ou des prises de position caricaturales, mais plutôt d’une analyse en profondeur du rapport entre le langage visuel et ces questions».Ces réflexions se-ronL d’après Tim Clark, «l’occasion pour tous de réfléchir à la manière d’avoir une vision sociale plus large, plus inclusive.Ce colloque soulèvera des questions qui touchent le rôle de la religion dans la vie des gens, ainsi que la manière d’inclure les différentes perspectives religieuses de manière démocratique.» Collaboratrice du Devoir ¦ Information et coûts: http://artcontemporainreli-gion.blogspot.com www.esÊietiqueetpoetique.uqam.ca n> 1 } T Tl i COLLOQUE INTERNATIONAL Entre la conscience et inconscience L'impact des nouvelles technologies sur le sens de l'humain 1212, rue Panet, Montréal • §3 Beaudry • 514.524.3561 P 284 • jturgeon@centrestpierre.org John R.SAUL | Thomas DE KONINCK Sylvain RIVARD Les Premières nations: leurs traditions religieuses l'impact du christianisme sur les spiritualités amérindiennes les traces de leurs croyances avec Sylvain Rivard ethnologue et spécialiste de l'art des Premières Nations Jos Laurent, une figure marquante de la Nation abénakise, homme de grande influence.eudi8avril19h30 Beaucoup plus qu'une librairie! Salle de conférences et café-resto 7 Jy 2661 Mcisson, Montréal, Qc 1^,.514 849-3585 iSUlinGS Contribution suggérée de 5 $ SODEC Quebec es es Édith DELEURY, Marie-Hélène PARIZEAU et Denis POUSSART, Université Laval • Jean-Pierre BÉLAND, Université du Québec à Chicoutimi • Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Paris X • David CARTER, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs • Antoine ROBITAILLE, journal Le Devoir • Peter GRÜTTER, Université McGili • Fernand HARVEY, Institut national de la recherche scientifique (INRS) • Mark HUNYADI, Université catholique de Louvain, Belgique • Céline LAFONTAINE, Université de Montréal • Lara SRIVASTAVA, Webster University, Genève et Aalborg University, Danemark Les 8,9 et 10 avril 2010 Pavillon Atphonse-Desjardins Université Laval, Québec Information et inscription : 418 656-2244 www.nouvelles-technologies-2010.ulaval.ca UNIVERSITE O LAVAL Faculté de philosophie Chaire < La philosophie dans le monde actuel >• G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 RELIGION Une histoire religieuse du Québec « On dirait parfois que notre a conunencé à vivre dans les années 1960 » Un ouvrage situe les faits dans le contexte de leur époque peuple On l’a souvent dit, l’Église catholique romaine occupait une place prépondérante dans la société québécoise d’avant la Révolution tranquille.La perception populaire est que l’influence ecclésiastique y fut plutôt néfaste, car en général opposée à la modernité.Manque de perspective, estime Lucien Lemieux, qui vient tout juste de publier Une histoire religieuse du Québec.DAVID DUMOUCHEL Le phénomène religieux est indissociable de l’histoire du Québec.Pourtant, les dernières générations ont grandi dans une ignorance quasi complète de l’histoire religieuse de leur nation.«On dirait parfois que notre peuple a commencé à vivre dans les années 1960, déplore Lucien Lemieux, docteur en histoire du catholicisme canadien.Il s’est créé, durant cette décennie-là, un vacuum certain quant à l’histoire, autant religieuse que générale.» Son ouvrage.Une histoire religieuse du Québec, s’attaque donc à ce vide en traçant succinctement — le livre compte 191 pages — l’évolution de la chose religieuse en territoire québécois.De l’expérience spirituelle des Amérindiens au catholicisme romain, en passant par le protestantisme et le judaïsme, tout y est présenté de manière factuelle et synthétique.Aucun jugement n’est porté, aucune théorie n’est avancée; l’auteur n’a d’ailleurs «pas la prétention d’avoir fait le tour de la question».«Tant mieux, indique-t-il, si cet essai peut contribuer à susciter des corrections, de même que des recherches plus poussées», car l’objectif est ici d’«aider à démystifier un passé marqué par les préjugés».Positivisme Lemieux se réclame de la tradition des positivistes; il s’intéresse donc au «passé strict», c’est-à-dire qu’il n’étudie que les périodes déjà révolues dans un souci d’objectivité absolue.L’historien tient d’autant plus à garder ses distances qu’il exerce le ministère presbytéral dans le diocèse Vannée 2CW marquera Thistoire de Sainte-Croix avec la canonisation de Tun de ses membres ; FRÙRC ANDRE C.6.C.Il nous a tracé la voie de Thumilité et de la simplicité pour guérir dans la foi les maladies ; corps, cœur et esprit.Nous l'en remercions et nous invitons les jeunes adultes fascinés par sa foi à marcher avec nous à sa suite.La Famille religieuse de Sainte-Croix.WWW.ste-croix.qc.ca www.soeursdesaintecr oix.org www.optioncsc.org OPTION CSC ENRACINER SA VIE Lucien Lemieux —jr~ y Ai - de Saint-Jean-Longueuil et qu’il «ne voudrait pas que l’ensemble de l’œuvre soit mal vu pour cette raison».Il s’efforce ainsi, pour chacune des périodes dont il est question dans sa publication, de situer les faits dans leur contexte d’époque.«Il est facile de juger les agissements d’alors avec notre sensibilité contemporaine et de faire fausse route quant à leur interprétation.» En ressort le portrait d’une Église qui a certes ses torts, mais qui a aussi souvent contribué de façon positive à l’établissement d’une société plus juste, notamment en prenant soin des déshérités et en fondant nombre d’établissements d’enseignement et d’hôpitaux.On y apprend aussi les dissensions au sein d’une hiérarchie divisée, par exemple, devant le mouvement ouvrier, d’abord par crainte d’une influence maçonnique, puis par suite de la prise de position du pape Léon XIII en faveur des ouvriers.Sans être extrêmement détaillé, l’ouvrage permet ainsi de mieux comprendre l’importance de la religion dans l’évolution historique québécoise.Générations De l’aveu même de l’auteur, ce sont les baby-boomers qui démontrent l’intérêt le plus marqué envers ses travaux.«Plusieurs font toutefois encore preuve de méfiance envers la religion, mais sont très intéressés par les questions culturelles d’ordre religieux.» Et les jeunes?«Ils ne font pas encore partie de ma clientèle», indique en riant l’ancien professeur à la Eaculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, qui donne enco- Une histoire religieuse du Québec re plusieurs conférences par année.Lucien Lemieux exprime néanmoins «une grande confiance» envers les jeunes générations, qui font preuve «d’une ouverture et d’une curiosité qui les honorent».«Après le rejet en bloc de la religion par les baby-boomers, poursuit-il, les dernières années ont été caractérisées par une reviviscence du religieux», qui se traduit concrètement «par une nouvelle recherche spirituelle».Ainsi, il n’éprouve «aucun malaise» envers le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse.«Il n’est pas nécessaire, à mon avis, d’avoir un cours spécialisé sur l’histoire religieuse du Québec.J’espère, par contre, que mon livre pourra donner une clé d’accès aux élèves et enseignants qui souhaiteront en savoir plus à ce sujet.» Le Devoir UNE HISTOIRE RELIGIEUSE DU QUÉBEC Lucien Lemieux Novalis Ottawa, 2010,191 pages, 39,95 $ EDITION JEUNESSE Pour l’ici et l’après Des ouvrages se veulent des outils qui aideront les aînés et les parents à donner aux jeunes une réponse à des questions existentielles.Face au deuil et à la mort, tous auront à réagir.Mais souvent ne sauront comment le faire.Pourquoi ça existe, la mort?Peut-on savoir quand on va mourir?Et pourquoi on n’aime pas parler de la mort?Toutes des questions que les enfants posent et auxquelles il est parfois difficile de répondre.Pour aider les adultes en mal de répartie, le livre intitulé Les Questions des tout-petits sur la mort aborde cette thématique à travers six histoires inspirées de contes traditionnels.Un petit dialogue entre un enfant et un adulte introduit chaque question pour aborder ce sujet en douceur, sans réponse toute faite.Ce livre est destiné aux enfants âgés de 3 à6 ans.LES QUESTIONS DES TOUT-PETITS SUR LA MORT Marie Aubinais Illustré par Dankerleroux et Anouk Ricard Bayard jeunesse Montrouge, 2010,140 pages, 29,95$ Twie/ir^ - SOURCE BAYARD JEUNESSE Illustration de Dankerleroux pour Les Questions des tout-petits sur la mort Depuis que sa grand-mère Lise est morte, Pauline est triste.Tous les soirs, elle va se réfugier dans le lit de son grand frère Julien.Une nuit, la petite fille a une idée géniale.Elle et son frère vont être insupportables pour faire revenir leur mamie adorée.Dès le lendemain, ils deviennent insolents et n’écoutent rien en classe.Mais rien n’y fait.C’est alors que Julien décide d’employer les grands moyens.Il va risquer sa vie pour aller chercher sa grand-mère.Mais qu’en pense Mamie Lise du haut de ses nuages?Ce livre de Katja Henkel, illustré par Sybille Hein, est destiné aux enfants âgés de 9 ans ou plus.REVIENS MAMIE LISE! Kaba Henkel Traduit de l’allemand par Florence Quillet Illustré par Sybille Hein Bayard jeunesse Paris, 2010,192 pages, 23,95 $ G.R.bdVHfd ,oun033e Les Sœurs de la Présentation de Marie PÂQUES Jour de fête! Jour de joie! Jésus est ressuscité, la Vie a vaincu la mort, à jamais.3600, rue Bélanger Montréal, Qc HIX IBl M t Demain, un peu partout dans le monde, les chrétiens célébreront la Résurrection du Christ.Que cette fête soit source de joie, et d’espérance pour toutes et tous.L’Église catholique de Montréal L EVANGILE PE AAARIE de Magdala JEAN-YVES LELOUP LE POUVOIR DE pardonner LYTTA basset collection Spiritualités vivantes ALBIN MICHEL SPIRITUALITÉS UN TRÉSOR DE LIVRES ESSENTIELS collection Espaces libres Anthony de Mello Q'WidJa conscience S eveille Cheminer vers la Michel Souzenelle Gabriel Ringlet L’évangile d’un libre G symbolisme humain penseur '¦ '«‘t'ü laïque ¦ fé V ï ¦'* Baccalauréat en théologie Nouveau cheminement ecclésiastique avec formation philosophique Inclut un certificat en philosophie préparatoire aux études théologiques Visitez le www.ftsr.ulaval.ca U' (U U) UNIVERSITE LAVAL Faculté de théologie et de sciences religieuses
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