Le devoir, 24 avril 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 THEATRE Cari Béchard signe un collage de textes de Boris Vian.en costard! Page E 3 CINEMA Aurélie Laflamme; une transcription du livre à l’écran très attendue.Page Eli «Il voulait être un artiste à part entière.Miles échappe aux explications simples.» FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL iP SUCCESSION JEAN-MICHEL BASQUIAT/SODRAC (2010) Jean-Michel Basquiat, 1983, acrylique et bâton de peinture.The Broad Art Foundation.ANTHONY BARBOZA FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL Miles Davis, photo tirée de la séance pour la pochette de l’album You’re Under Arrest, 1985, 100 x 100 cm.Collection Anthony Barboza.MILLE U MILES ISABELLE PARE Il a bousculé le jazz, l’a fait sortir de ses gonds, lui a inoculé la dégaine du cool, a adulé ses codes pour ensuite les travestir, a offert sa trompette au pe-bop, au rock, au funk, à l’électrique.Eternel mutant.Miles Davis, icône du jazz et prince des noirceurs, renaît dans We Want Miles, ultime solo du jazzman présenté au Musée des beaux-arts de Montréal.Créé à Paris à la Cité de la musique l’an dernier, We Want Miles: le jazz face à sa légende promet une immersion totale dans la bulle musicale du trompettiste à géométrie variable.Dans le parcours en huit étapes concocté par Vincent Bessières, commissaire de l’exposition et ex-rédacteur à Jazzman, les musiques de Miles Davis tiennent le haut du pavé.Ambiance tamisée inspirée de l’atmosphère feutrée des boîtes de jazz.Salles d’écoute intimes pour communier avec l’œuvre du ténébreux Miles.Le son est roi dans un itinéraire parsemé d’artéfacts, de photographies, de pochettes de disques et d’œuvres d’art inspirées par le jazzman caméléon.«Le propos premier de l’exposition, c’est cet objet immatériel qu’est la musique.Elle sera présentée dans des lieux d’écoute inspirés des sourdines qu’utilisait Miles Davis.Je ne voulais pas que la vie de l’homme occulte sa musique», explique Bessières, qui a obtenu de la famille Davis et de plusieurs musiciens et proches de Miles nombre des 350 pièces prêtées pour l’occasion.Comme Picasso En une sorte de rendez-vous posthume, deux trompettes de Miles Davis côtoieront en vitrine un saxophone de John Coltrane, collaborateur de la première heure.Seront aussi de l’hommage la basse de Marcus Miller (de l’album Tutu) et la batterie d’Al Eoster {Bitches Brew), ainsi qu’une trentaine d’instruments et de partitions originales écrites no- «Son désir de réussite matérielle était à la mesure de ses ambitions musicales et une façon de ne jamais tomber dans la complaisance» tamment par Wayne Shorter et Herbie Hancock, anciens protégés de Miles Davis.Autant de pièces exclusives — plusieurs prêtées par le Eestival international de jazz de Montréal — rappellent que la carrière du Dark Magus, échelonnée sur près de 60 ans, a traversé toute l’histoire du jazz.«Pour moi, on ne peut envisager le jazz sans Miles Davis tant son influence a été déterminante», affirme Vincent Bessières.En clair, dif-il.Miles Davis fait sa révolution tous les cinq ans! A la manière d’un Picasso, il fait et refait son style au fil des décennies, fait table rase pour aller là où on ne l’attend pas.Roi du be-bop pendant la guerre, il glisse vers le harp-bop, puis accouche du cool jazz avec Birth of the Cool (1949).Inspiration pour les existentialistes, il séduit le Tout-Paris et Juliette Gréco au passage, puis atteint la notoriété en Europe avec la bande sonore du fMn.Ascenseur pour l’échafaud (1957).Insatiable, il trace une troisième voie entre jazz libre et musique classique avec Kind of Blue (1959) et réinvente les codes de l’improvisation musicale avec le jazz modal.«Avec l’album Bitches Brew (1969), il a signé ensuite l’acte de naissance officiel du jazz rock», dit le spécialiste.Provocant sur scène, il tourne le dos au public.Il se replie dans l’ombre, puis renaît de ses cendres en 1980, plus flamboyant que jamais.Soutenue par 36 projections de vidéos, dont plusieurs films inédits, l’exposition fournit les clés pour décoder ce parcours atypique.Transgressif, Miles Davis sera malgré tout un des rares musiciens de jazz, avec Louis Armstrong, à avoir acquis le statut de superstar, notamment avec Tutu, salué par un succès planétaire.«C’était un homme libre qui savait que, pour garder cette liberté, il fallait avoir de l’argent Son désir de réussite matérielle était à la mesure de ses ambitions musicales et une façon de ne jamais tomber dans la complaisance», croit Bessières.Mais le succès n’aura pas raison de ses démons intérieurs, nourris par la difficile réalité d’être noir dans une Amérique teintée de racisme.Un précieux carnet de notes, présenté dans l’exposi- tion, résume à lui seul les paradoxes qui hantaient le jazzman.On y rapporte une conversation avec une baronne qui demanda un jour au musicien quels seraient ses trois vœux les plus chers.Pour toute réponse.Miles rétorqua: «To be white.» Personnage énigmatique, il a fasciné et inspiré de nombreux artistes.Il a été immortalisé par les plus grands photographes, et on pourra voir au MBAM des tirages originaux de Miles Davis croqué par Annie Leibovitz, Irving Penn et Anton Corbijn, ainsi que des œuvres vibrantes de Jean-Michel Basquiat, Niki de Saint-Phalle et Mati Klarwein.Quelques toiles de Miles Davis lui-même, qui peignait quotidiennement à la fin de sa vie, viennent ouvrir une énième porte sur cet être insaisissable.«H voulait être un artiste à part entière.Miles échappe aux explications simples.Certains y voient le parcours d’un homme opportuniste; d’autres, d’une enfance marquée par une famille déchirée.J’y vois un insatiable désir de liberté chez un homme qui conservera toujours une part de mystère, avec des réussites somptueuses et des années tourmentées.» Le Devoir WE WANT MILES: LE JAZZ EACE À SA LÉGENDE Musée des beaux-arts de Montréal, du 30 avril au 29 août 2010 E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 CULTURE Longue vie aux rouspéteux ! Les cinéastes québécois sont des rouspéteux.Ils râlent contre Téléfilm et ses visées de performance.Ils contestent le virage informatique trop appuyé de l’Office national du film (ONF), soupçonnent désormais la Société de développement des entreprises culturelles (SO-DEC) de vouloir emprunter des voies plus commerciales qu’aupa-ravant Les porterus de caméras ruent dans les brancards davantage que d’autres regroupements d’artistes.Laissant quelques observaterus bon teint perplexes, voire exaspérés: «Tempêtes dans trop de verres d’eau.Faites-les taire quelqu’un!» Allons donc! Ils râlent parce que leur art est d’autant plus fragilisé qu’il coûte cher et se voit soumis étroitement aux loi§ du commerce.A l’herue où le gouvernement Harper sabrait les subventions à Odile Tremblay la culture en 2008, le milieu du cinéma montait bon premier aux barricades, caméras en main, polu tourner des vidéos de protestation.Le mouvement fit boule de neige, rallia des bataillons d’artistes et coûta cher aux Tories, ^ ' qui perdirent bien des votes au Québec aux V.élections suivantes.Ça manque de rouspéteux dans notre belle société.Tant mieux si les cinéastes contestent.Leurs revendications portent (parfois) leurs fruits; du moins, elles forcent les ténors en place à tenir compte de leur existence.Ils remportent ime manche ici et là, jamais la guerre.D’où leru retoru au front EsL puis au front Ouest.Manifestes, pétitions.«Tu signes?Moi oui.» Les médias leur tendent le micro.Ça aide ime cause et parfois ça lui nuit.Du côté des bailleurs de fonds, l’équilibre a toujours été précaire entre le financement FESTIVMTRANSAMERIÇUES 27 MAI AU 12 JUIN-MONTRÉAL DEUX MAÎTRES EXCEPTIONNELS DE VA DANSE CONTEMPORAINE NEARLY 90^ MERGE CUNNINGHAM > NEW YORK SHAKESPEARE brûlant D’ACTUALITE MIROKU SABURO TESHIGAWARAACARAS >TOKYO , LE RETOUR D’ALVIS HERMANIS + fiPRÈSTHE SOUND OF SILENCE TRAQEPIES romaines IVO VAN HOVE > AMSTERDAM SONIA ALVIS HERMANIS >RIGA LE RENOUVEAU CHORÉGRAPHIQUE AFRICAIN MORE MORE MORE.future FAUSTIN LINYEKULA > KISANGANI LA NOUVELLE CRÉATION D’O VERTIGO POUSSIERES DE SANG SEYDOU BORO + SALIA SANOU > OUAGADOUGOU L DEUX DUOS D’UNE + INDICIBLE BEAUTÉ ONDE DE CHOC GINETTE LAURIN > MONTRÉAL CHILDREN + A FEW MINUTES OF LOCK LOUISE LECAVALIER > MONTRÉAL CRÉATION DES NOUVEAUX SPECTACLES DE SÏÏÏ!S^BlHOtrLAOH«.BRE FRÉDÉRICK GRAVEL CLAUDE PofsSANT + LARRV TREMBLAY LE POULS DE LA CREATION CONTEMPORAINE INTERNATIONALE >plus de 25 spectacles 514 844-3822 /1-866-984-3822 fta.C|C.Ca +\/IDÉOS+PHOTOS FORFAITS ENCORE DISPONIBLES 15 % À 40 % DE RABAIS d’un cinéma dit d’auteur, avec risques et expérimentation, et les productions plus commerciales, visant une large audience.Les indépendants tremblent donc et montrent les dents.Cette semaine, plusieurs cinéastes et des personnalités du milieu, pétition en main, s’élevaient contre des déclarations récentes du président de la SODEC, François Macerola.Celui-ci, estimant son organisme trop identifié au cinéma d’auteur, désirait changer d’étiquette.«Je ne veux pas que les films rentables soient laissés à Téléfilm», disait-il.Ces paroles prononcées devant l’Académie du cinéma et de la télévision ne pouvaient qu’affoler le milieu, en mettant l’accent sur les films rentables.Depuis longtemps, la SODEC, en plus de financer déjà des oeuvres à portée commerciale, dememe l’alliée indéfectible du cinéma indépendant, qui veut conserver ce rempart Avec un budget moyen d’im long métrage québécois de l’ordre de 3,5 millions de dollars, la plupart des cinéastes ne toiu-nent pas souvent et toute quête de subventions tient pour eux de la course du rat.Les oeuvres à haut contenu culturel menacent toujoiu-s d’être emportées par la vague—et la vogue—du succès à tout prix.Véritables épouvantails à moineaux pour des cinéastes indépendants, les enveloppes dites à la performance allouées depuis dix ans par le fédéral aux gros producteurs dont les films cartonnent au guichet, instaurées du temps où François Macerola dirigeait Téléfilm, servent le plus souvent à financer d’autres films à succès, histoire de générer de nouvelles enveloppes l’année suivante.D’où la peur que le modèle s’exporte à la SODEC.François Macerola a calmé le jeu, décrétant que le film d’auteur demeurerait la priorité de son or- Le président de la SODEC, François Macerola ganisme, précisant ne pas vouloir créer à la SODEC l’équivalent des envelopf^s au fédéral.Fin de l’épisode?Pas tout à fait Le rêve du président de la SODEC de créer im fonds de nature commerciale pour les films à fort potentiel de succès public inquiète aussi le milieu.Ce fonds réclamerait de l’argent frais, dégoté peut-être au privé.11 entend également réformer le mode cje sélection des films financés.A la SODEC, on assure que de nouveaux fonds privés débloqueraient au public des sommes accessibles au cinéma d’auteur.Rien n’est simple.Mais la transparence du discours s’impose.D’ailleurs, Christine St-Pierre invite François Macerola à clarifier ses propos et à suivre les directives du ministère de la Culture s’il entend apporter des changements à sa politique de financement Les cinéastes signataires craignent en attendant la puissance du lobbying au comité de la coproduction de travail sm les partenariats étrangers et les cofinancements.De fait, de gros joueurs — Denise Robert de Cinémaginai-re, Roger Frappier de jVlax Films, Lyse Lafontaine d’Equi-noxe et Lorraine Richard de Cité Amérique — y siègent faisant redouter aux moins bien lotis des jeux d’infiuepce, au-dessus de leur tête.A la SODEC, on nous répond que ces joueurs bel et bien engagés dans la coproduction sont les intervenants qui s’imposent à ce genre de comité.Le cinéaste Bernard Émond, tout en se félicitant que la SODEC appuie un septième art di- JACQUES GRENIER LE DEVOIR versifié en lui allouant des fonds supplémentaires, scrute quand même ses coulisses: «Des gens qui ont des intérêts importants les défendent très bien.» Les indépendants ne se sentent pas assez écoutés, pas assez consultés.Tout est là.Paranos, les cinéastes québécois?Ça reste à voir.Leurs rangs sont pom l’instant divisés devant les réactions suscitées par leur propre pétition, lancée à cause de fuites médiatiques, dans le brouhaha.Cette lettre invite du moins aux nécessaires dialogues, crève des abcès et donnera l’occasion à François Macerola de mieux préciser ses orientations devant un milieu vraiment inquiet Alors, longue vie aux rouspéteux! otremblay@ledevoir.corn & MARDI P 27 Kl J- I I V J AUDII ^ SPECTACLE ' POUB ADULTES PRÉSENTÉ EN ANGLAIS L 14ANS+ y f" G P-*' S' À J AVRIL ^ 19h30 J I nwt» DIM.2 MAI 16h 10$ 5»et + MARDI 4 MAI 19h30 20$ ^ BmdinblE IS YOU ME 7 Par B.L.eiix m Co-Créateurs : Benoît Lachambre, Louise Lecavalier, Laurent Goldring et Hahn Rowe Inteipiétes : Benoît Lachambre et Louise Lecavalier Musicien sur scène :Hahn Rowe Dessin en direct : Laurent Goldring VARIATIONS MECANIQUES Le Fils d’Adrien danse Chorégraphe et interprète : Harold Rhéaume Conception et sculptures : Yran Dagenais Mise en scène : Martin Faucher WALSER “ Festival International de llttôiature (RL) ^ d'après une idée originale de Renaud Lacelle-Bourdon Auteur : Robert Walser M.e.s.: Catherine Vidal Interprètes : Renaud Lacelle-Bourdon, Pier Paquette Musique : Christophe Papadimibiou (contrebasse) BILLY TWINKLE REQUIEM FOR A GOLDEN BOY .Théâtre , Outremont Outremont Montréal^ 1248 avenue Bernard Ouest Information 514495-9944 www.ticketproxa 514 908-9090 RONNIE BURKETT THEATRE OF MARIONETTES 22 24 AVRIL ™ 27 ™ 30 AVRIL le i ek 2010, 20 H CREE ET INTERPRETE PAR RONNIE BURKETT ÉCLAIRAGE : KEVIN HUMPHREY MUSIQUE : JOHN ALCORN Nouveau spectacle de Ronnie Burkett présenté à Montréal.Une histoire pleine d'humanité, vingt-quatre personnages, un artiste au sommet de son art.30 ANS ET MOINS RABAIS D'ENVIRON 30 % CINQUIEMESALLE.COM 5^ SALL laplacedesarts.com 514 842 2112/î 866 842 2112 « On ne peut pas clouter de la maîtrise de Brigitte Haentjens comme on ne peut pas douter non plus du talent d’Anne-Marie Cadieux.Et quand on les réunit, on a une combinaison gagnante.» — Mélanye Boissanneault, Desautels, SRC « Brigitte Haentjens a offert à Anne-Marie Cadieux un rôle d’endeuillée amoureuse à la hauteur de son talent.» —Sylvie St-Jacques, La Presse < Une performance absolument admirable.» — Francine Grimaldi, Samedi et rien d'autre, SRC «Impeccable.Anne-Marie Cadieux au sommet de son art.» — OdileTremblay, Le Devoir ; «Anne-Marie Cadieux se révèle absolument bouleversante.» — Michel Bélair, Le Devoir Douleur exquise ¦3F D'APRÈS UN TEXTE DE SOPHIE CALLE ' ADAPTATION + MISE EN SCÈNE BRIGITTE HAENTJENS AVEC : ANNE-MARIE CADIEUX ainsi quePIERRE-ANTOINE LASNIER.GINETTE MORIN.GAÉTAN NADEAU ET PAUL SAVOIE ^ _ - AMnln Da.*n«ts Dn.»hn.- œNCEPTEURS : Angelo Barsetti, Etienne Boucher, Colette Drouin, l Anick La Bissonnifere, Simon Laroche, Alexander MacSween,Yso 1 12 AVRIL AU 15 MAI 2010 UNE CRÉATION DU THÉÂTRE DE QUAT’SOUS ! ET DE SIBYLLINES, EN CDPRODUCnPN AVEC 1 LE FESTIVALTRANSAMÉRiaUES I COMPLET LE 29 AVRIL 25 avril, 15 h : HEURE DU CONTE Activité pour ies enfants avec Ciaude Despins QuëbecH “845-7277 lïSt””’ LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 E 3 CULTURE THEATRE Boris en costard.Avec un inattendu Marc Béland au cœur du jeu, Cari Béchard signe, au un cinquième collage de textes de Boris Vian TNM, MICHEL BELAIR ^ a vient tout juste de se pas-^ ser dans un théâtre près de chez vous; au TNM pour être plus précis.Ce qui devait être un réjouissant exercice de «lucidité ludique» — le mot est de Cari Béchard — a brusquement tourné au cauchemar.Alors que le travail sur Et Vian! dans la gueule était déjà amorcé depuis sept semaines (sept!), Pierre Leheau, la principale roue du carrosse, s’est vu forcé d’ahandonner le projet «pour des faisons de santé».À 20 jours de la première! Schlack! Un des pires scénarios que l’on puisse imaginer.Panique donc.D’autant plus que la gueule de Leheau, loufoque, terrible, est sur toutes les afhches.que l’on ne peut quand même pas faire disparaître.Et re-panique.Mais quand même pas trop longtemps puisque Cari Béchard, qui en est déjà à son cinquième collage de textes de Boris Vian, a tout de suite pensé à Marc Béland.Train en marche Pourquoi Marc Béland?Parce que Béchard l’avait vu dans un autre «cabaret politique», Cabaret neiges noires, et même, il y a beaucoup plus longtemps, dans un texte surréaliste aux accents fortement oulipiens, Victor ou Les enfants au pouvoir de Roger Vitrac.Tous deux, ils ont aussi travaillé ensemble un extrait d’Ionesco pour le cinéaste Pierre Hébert.Et il y a surtout que « Se révolter contre l’injustice de la mort, c’est beaucoup plus que de dénoncer pour dénoncer » Béland était libre depuis la fin des représentations de Woy-zeck.C’est ainsi que, passant en quelques jours de Büchner à Boris Vian, le comédien a littéralement sauvé la mise en acceptant de jouer le rôle du général James Audubon Wilson de la Pétardière-Erenouilloux.Le principal intéressé semble prendre les choses de façon plutôt cool dans le grand hall du TNM en cette hn d’avant-midi ensoleillée, une semaine à peine avant la première de Et Vian! dans la gueule.11 parle de l’aspect stimulant de l’expérience, de la «mise en danger» que l’on retrouve maintenant dans le vocabulaire de tous les comédiens.De son «côté givré» aussi, «pas seulement végétarien», et du «plaisir inopiné de sauter dans un train en marche».Bref, les deux hommes se connaissent depuis longtemps et Béchard, le metteur en scène et principal concepteur du spectacle, n’a jamais douté que Béland puisse y exprimer les multiples facettes de son talent.Même qu’il sonnerait tout à fait juste au milieu de cette bande de généraux dégénérés attablés avec un chef de gouvernement en quête d’une bonne petite guerre pour replacer l’économie.Précisons aussi que ce collage de textes largement pimenté de chansons, comme Le Déserteur, par exemple, n’est pas tout à fait celui que Cari Béchard avait concocté pour le Groupe Audubon, qui présentait lui aussi un Et Vian! dans la gueule en 1995 au théâtre La JACQUES GRENIER LE DEVOIR Cari Béchard et Marc Béland dans le décor de Et Vian! dans la gueule, au TNM Chapelle.«J’ai ajouté quelques poèmes, quelques chansons et musiques de Vian, explique-t-il.Des textes aussi, plus amples, qui tiennent compte du fait que la production est montée au TNM.C’est toujours l’esprit de Boris Vian, bien sûr, et c’est toujours un “cabaret politique”, mais le spectacle est très différent.Peut-être parce que fai vieilli depuis 15 ans et que je condamne moins radicalement ces généraux.qui au fond nous ressemblent par certains aspects.» Les costumes du pouvoir Béchard et Béland partent ensuite dans une grande discussion ponctuée d’éclats de rire sur ces généraux qui sont au cœur de la production.Un peu comme le font certains lobbyistes sur les collines parlementaires et partout autour des lieux de pouvoir quels qu’ils soient, on les retrouve qui invitent constamment à leur table les grands de ce monde pour discuter le coup comme ça, à la bonne franquette, «gratuitement».C’est un peu ce qui a amené Béchard et ses principaux concepteurs à habiller ses militaires en vestons-cravates très class, très hommes d’affaires modernes, ambitieux, carriéristes ordinaires.A en faire des gens avec lesquels on partage finalement plusieurs défauts.«Rapidement, poursuit le metteur en scène, on déborde du show contre la guerre.Même dans les tirades antimilitaristes, on atteint un niveau de critique globale qui inclut toujours une charge contre la bêtise, puisque Boris Vian était pataphysicien, et contre la mort, qui est une conséquence directe de la guerre.Mais cela est fait avec moins de sévérité et plus d’inclusion.» Cela permet aussi aux époques de se superposer et de faire se rejoindre notre époque fondamentalement fondamentaliste et les années 50 — «Vian a écrit ce texte sur les généraux dégénérés en 1951 et il n’a été créé qu’au début des années 1960 en Suisse allemande», explique Bé- chard — dans une sorte d’uniformité qui n’est pas sans lien avec la réalité qui nous entoure.Bref ce texte pourrait être écrit aujourd’hui et le metteur en scène s’est amusé à le souligner en parsemant la production d’anachronismes.Huit comédiens et trois musiciens — ceux du groupe Tuyo — participent à cette production que Cari Béchard veut à la fois très physique et très musicale.«Vian, c’est autant le swing que le verbe, dit-il; ce collage repose sur l’esthétique du jazz, on le sentira dans sa structure même.» Et qu’est-ce qui fait prendre la mayonnaise, alors?Marc Béland répond que le spectacle repose effectivement sur plusieurs niveaux d’écriture — textes, musiques, chansons, poèmes, tirades politico-oulipiennes — mais que tout cela souligne à quel point Boris Vian avait une vision globale du monde.Béchard, lui, parle de la révolte de Vian.«Sa révolte contre la mort sous toutes ses formes, surtout quand elle est engendrée par la bêtise des hommes.Se révolter contre l’injustice de la mort, c’est beaucoup plus que de dénoncer pour dénoncer: c’est vouloir que la vie s’intensifie, qu’elle soit de plus en plus pleine, riche, créative et qu’elle fasse ainsi le bonheur des humains.» Quel beau programme! Le Devoir ET VIAN! DANS LA GUEULE Textes de Boris Vian.Collage et mise en scène: Cari Béchard.Une production du TNM à l’affiche du 27 avril au 22 mai.O PRESENTE EN PREMIERE NORD-AMERICAINE GaffAff DE Martin Zimmermann et Dimitri de Perrot -^^*11111 «„-:i ^ on k 27 au 30 avril a 20 h 4 SOIRS SEULEMENT « « C'est profond, drôle et tendre a la fois.» - LE PARISIEN « Poesie minimaliste, impressionnant! » - LIBÉRATION « Pur, unique et exemplaire » - LE JOURNAL DU DIMANCHE (FRANCE] ne coproduction du Theatre Vidy-Lausanne, Le Merland, Scene Nationale à Marseille, Theater Chur et Association Simmermann & de Perrot PARTENA RE PR V LEG E VISIONNEZUN EXTRAITSUR BILLETTERIE 514 521-4493 usine-c.com ADMISSION 514790-1245 Lnansons féroces ?npm/ao __liés es./ ?ET VIAN! DANS UNE PRÉSENTATION BANQUE NATIONALE GROUPE FINANCIER Textes de Boris Vian / Collage et mise en scène Cari Béchard Avec MARC BELAND/ MARIE-EVE BEAULIEU/ EMMANUEL BILODEAU/ PIERRE CHAGNON/ BENEDICTE DECARY/ SYLVIE DRAPEAU/ PASCALE MONTPETIT/ ALAIN ZOUVI/ carol bergeron/ allanlaforest/ Corinne rené Théâtre du Nouveau IVIonde DÈS MARDI! / 514.866.8668/ TNM.QC.CA UN EVENEMENT 'Ib W hdntreal Québec SE Montréal® GRAND rARTENAIRE a® ^AiinlUiCMIehae.m E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 CULTURE THEATRE IVaduire la beauté et la pensée L’acteur et metteur en scène Marc Beaupré souligne les 60 ans de la disparition de Camus en « remixant » Caligula ALEXANDRE CADIEUX Souvent, on me demande pourquoi je suis si fatigué et angoissé lorsque je travaille comme metteur en scène, alors que je pourrais conserver mes énergies pour jouer et me concentrer sur ce qui va bien», expliquait Marc Beaupré, quelques jours avant la première de son adaptation de Caligula d’Albert Camus au théâtre La Chapelle.C’est dans ce même théâtre que Terre des hommes, compagnie dont Beaupré est l’un des cofondateurs, avait présenté en 2008 sa bouleversante version du Silence de la mer, très court roman de Vercors.«Pour moi, enchaîne-t-il, la mise en scène reste quelque chose de noble, d’exigeant surtout.On travaille avec si peu de moyens, on s’investit tellement dans la création pour si peu de visibilité, il y a de quoi enrager.» Le comédien, qui a fait sa marque au petit écran dans Deux frères et qu’on a récemment vu sur scène dans des spectacles comme Bob, ParadiXXX et Amadeus, avoue par contre faire partie des privilégiés envers qui le milieu théâtrâ éprouve de la curiosité et offre son soutien, une visibilité qui lui vient en partie de son travail d’acteur.«Pour moi, monter Vercors ou Camus, c’est redonner au monde la beauté qui émane de ces œuvres et qui m’a traversé à différents moments de mon existence.Camus, ça fait 15 ans que je le fréquente, et ses idées continuent de guider ma vie.» Marc Beaupré ne cache pas non plus son admiration pour son grand ami René-Daniel Dubois, qu’il a dirigé dans Le Silence de la mer.«Qu’il prenne le temps de partager avec des plus jeunes comme moi sa vision des choses, qu’il me questionne sans cesse sur mes propres aspirations, ça me donne confiance en la possibilité d’un dialogue entre les générations.» Ambiguïté et révolte Beaupré n’a conservé que le tiers de l’œuvre originale dans UNE PIECE DE FANNY BRITT MISE EN SCÈNE DE GEOFFREYOAQUÈRE laquelle il a inséré des extraits de textes d’historiens et de commentateurs comme Suétone, Tite-Live et Virgile.«J’ai ensuite formé un chœur de huit comédiens et comédiennes dirigé par un coryphée, soit Emmanuel Schwartz qui joue Caligula.Je considère mes acteurs comme des interprètes du texte au sens large; nous ne sommes pas ici dans l’incarnation ou la psychologie», explique le metteur en scène.Il n’y a pas de costumes et peu de décors, sinon une grande table où sont disposés micros et consoles de son que manipule Caligula, qui devient ainsi apte à faire taire ses sujets ou à déformer leurs propos.Voilà une puissante métaphore du pouvoir qui correspond bien à l’empereur despote qui exécutait les individus au hasard et qui, selon la légende, aurait accordé le titre de consul à son cheval.«Caligula contient toute la pensée de Camus: s’il est noble de se révolter contre notre condition en tant qu’être humain, les moyens choisis pour mener notre rébellion donneront la mesure de notre valeur.Dans la pièce, le protagoniste choisit de lutter contre son impuissance à réellement influer sur l’ordre du mon- de en se lançant dans la démesure, le mépris d’autrui, le meurtre.Il rejette au passage tous ceux qui tentent de le raisonner, ce qui dans le spectacle se traduit par le passage de la chorale au solo.C’est cette ambiguïté du personnage, dont le sentiment est pur mais dont les armes s’avèrent meurtrières, qui me fascine», résume-t-il.Et Marc Beaupré, lui, quelles sont ses révoltes?«Le peu de place qu’occupent la pensée et l’art dans notre société, confie-t-il après quelques secondes de réflexion.En Occident, on produit, on consomme et on profite.Les gens sentent le besoin de se faire redire ce qu’ils savent déjà lorsqu’ils vont au théâtre ou au cinéma, la confrontation des idées et l’ébranlement de l’esprit sont peu prisés.Le manque de curiosité et d’altruisme nous coupe, selon moi, des splendeurs et des beautés du monde.» Collaborateur du Devoir CALIGULA (REMIX) D’après Caligula d’Albert Camus, adaptation et mise en scène de Marc Beaupré.Une production de la compagnie Terre des hommes présentée au théâtre La Chapelle du 29 avril au 15 mai.AVEC CHRISTIAN BÉGIN ALEXIA BÜRGER JOSÉE DESCHÊNES JOHANNE HABERLIN STEVE LAPLANTE COLLABORATEURS ERWANN BERNARD JONAS BOUCHARD PHILIPPE BRAULT SIMON CLOUTIER CATHERINE GAUTHIER JEAN-SÉBASTIEN GOHIER ANNIE LALANDE UNE CREATION DU THEATRE DEBOUT DU 20 AVRIL AU 8 MAI 2010 À LA SALLE JEAN-CLAUDE GERMAIN DU THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MÉTRO SHERBROOKE SEUUEME^ L’IRRÉPARABLE SAINT-GEORGjE RÉSERVATIONS.514 282-3900 WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/ENQUETE \W.CV.THEA.RTEDEBOÜT.COM CARTE PREMIERES Québec S • 4# iTIthejtre lUlD’AlllOURD HUI «DE BO UT auteur.BERNARD DION directeur musical.NORMAN ROBERT f imvIbis Le corps ^ t AMOUR A de LARRY TREMBLAY Trois MONUMENT-NATIONAL 1182 BLVD ST LAURENT 30 AVRIL 19H30 Billets en vente à la billetterie du Monument-National [514] 871-2224 ou sur le réseau ADMISSION multimediummontre al.com MEDIAS SUCCÈS.FM STEPHANE BAILLARGEON Pis qu’un enfant trouvé, il y a l’adolescent qui se cherche.À quinze ans, la station Radio Ville-Marie n’a rien ni de l’un ni de l’autre.Elle sait exactement pourquoi elle est apparue, à quoi elle sert et même, chose encore plus rare, où elle s’en va, vite et bien.«Notre développement a été au-delà des attentes et des espérances», dit Jean-Guy Roy, directeur général de Radio Ville-Marie (RVM) depuis mars 2000.Il en veut pour preuve les données d’auditoire de janvier 2010 établissant que RVM attire 506 000 auditeurs par semaine, dont un sur cinq ayant 35 ans ou moins.Il rappelle aussi que la station a développé cinq antennes régionales (Victoria-ville, Rimouski, etc.) permettant de couvrir 70 % de la population du Québec.Québec fait exception puisque la capitale a déjà fe-dio Galilée.«RVM, c’est une radio proche du monde, un média de proximité», ajoute le directeur.La chaîne est entrée en ondes le T" mai 1995 au 91,3 de la bande FM (CIRA,FM, selon son code).Sa création s’inscrivait dans la foulée du 350" anniversaire de Montréal, d’où son nom de baptême.Radio Ville-Marie fête donc son 15" anniversaire à la fin de la semaine prochaine.Elle organise pour l’occasion un nouveau radio-don, du vendredi 30 avril au dimanche 2 mai.Le lancement de l’activité se fera mercredi après-midi à la station Berri-UQAM.Quelque 200 invités de marque, dont la ministre de la Culture et le maire de Montréal, défileront au micro le week-end prochain, à la permanence de la station, dans l’ancienne usine de la Dominion Textile, près du canal de Lachine.Plus de trente permanents y travaillenk dont une vingtaine de salariés.Ai total, près de 115 personnes se partagent les ondes de la programmation.«Nous occupons un des plus beaux espaces de Montréal, dit fièrement le directeur en comparant les locaux avec ceux du débuL dans un ancien presbytère du nord de la ville.On a quatre studios, vingt-cinq bureaux, une grande terrasse.» Le radio-don permet d’amasser des fonds.L’objectif est fixé cette fois à 150 000 $.RVM, qui appartient à une société sans but lucratif, tire les deux tiers de son budget d’environ 900 000 $ des dons de son auditoire.«Pour être écouté, il faut être bon, dit le directeur.Pour être financé par ceux qui écoutent, il faut être très bon.» Tout ça pour quoi ?La présentation officielle de Radio Ville-Marie parle d’un «service de radiodiffusion d’inspiration chrétienne et d’esprit œcu-mé-nique», mais aussi d’un «carrefour culturel impressionnant» et d’une «radio de solidarité».L’entant radiophonique ne peut évidemment renier ses origines.Il s’en réclame au contraire ouvertement.Le cardinal Turcotte y a sa chronique.«Nous sommes en lien avec le patrimoine québécois, avec les valeurs et les grandes traditions de chez nous», dit le directeur, lui-même un ancien supérieur des frères du Sacré-Cœur.«Nous ne sommes pas un média de grenouilles de bénitier, ajoute-t-il cependant, riw contraire, nous sommes la radio la plus branchée sur la réalité d’aujourd’hui.Par exemple, nous n’avons pas de portée commerciale et nous pouvons donc aborder des questions comme la solidarité sociale, le partage, l’humanitaire, les valeurs sociales.Chez nous, on peut aussi prendre du temps pour examiner des questions complexes.» Celle,des scandales sexuels dans l’Eglise catholique, par exemple?«Nous avons traité la question des accusations de pédophilie comme un média professionnel, répond le directeur.Nous suivons le dossier et nous en parlons régulièrement» Des «partenariats institutionnels» permettent de multiplier les points de vue.L’opéra de Montréal a son émission, tout comme la chaire d’éthique des HEC, l’école de musique Vincent-d’In-dy et l’équipe du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM).RVM a également développé des ententes internationales.Radio Vatican diffuse des bulletins de nouvelles.Des échanges d’émissions se font avec le réseau de 66 stations du réseau des Radios chrétiennes de France, mais aussi avec Radio Notre-Dame, de Paris.Le directeur de cette station sera d’ailleurs à RVM le week-end prochain, puisque celle-ci s’inspire du radio-don de celle-là.Le volet œcuménique favorise les branches chrétiennes, orthodoxes ou protestantes notamment La communauté religieuse juive a eu une émission à RVM, pendant quelques années, mais elle a maintenant sa propre station à Montréal, Radio Shalom, au 1650 AM.Avec tout ça, sans fausse modestie, le directeur présente sa station comme la relève naturelle de la défunte Chaîne culturelle de Radio-Canada, mutée, elle, en radio multimusicale.M.Roy allonge alors d’autres preuves, à commencer par les six émissions littéraires de la programmation hebdomadaire et d’autres encore consacrées au cinéma, à l’opéra et à l’histoire de l’art «Nous sommes un point de repère pour beaucoup de monde, une référence, dit-il.Beaucoup de gens se retrouvent chez nous.Nous sommes en quête de sens, fondamentalement.Nous sommes, comme le disait le critique du Devoir Louis Cornellier, un carrefour important pour la r^exion et la culture.» L’avenir s’annonce radieux.Six autres antennes seront ouvertes pour couvrir tout le territoire québécois, promet le directeur.Ce qui montre encore une fois l’importance de la niche spécialisée dans le contexte de la crise actuelle des médias.RVM et son réseau en pleine expansion font la preuve de la possibilité de développer une proposition de qualité, avec des moyens modestes, pour rejoindre un grand nombre de personnes.Bref, cette radio-ado est devenue un antidote à la morosité, une réussite qui cherche et trouve à sa manière, depuis quinze ans.Le Devoir DU 4 AU 22 MAI 2010,20 H GRANDE BIBLIOTHÈQUE Theatre a lire En compagnie de Serge Boucher Le dramaturge Serge Boucher dépeint son travail de création tandis que des comédiens ponctuent son récit avec des extraits de ses pièces.» Distribution : Maude Guerin et Benoît McGinnis Mise en scène : Philippe Lambert 1 Le mercredi 5 mai a 19 h 30 À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre Frontenac // www.mimeoninibus.qc.ca 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal h® © Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.banq.qc.ca ¦ [f][^ Bibliothèque et Archives nationales Québec QD BILLEnERIE.514.521.4191 ÉTUDIANT 21$ TARIF RÉGULIER 28$ «79UCIUO LIBRE Omnibus 1945 rue Fullum, Montréal Mise en scène FRANONE ALEPIN, CAROLINE BINET et MARIE-ËVE GAGNON Avec FRANCINE ALEPIN, CHRISTINE BEAULIEU, MARKITA BOIES, FRANÇOIS PAPINEAU et HUBERT PROULX Scénographie et costumes GENEVIÈVE UZOTTE assistée de KARINE CUSSON Lumières MICHAEL FORTIN Son MARIE-ËVE GAGNON Règle TANIA VIAU Assistanat AURÉLIE DEMOL etdMfetVM fC Montréal© lE DEVOIR E 5 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 CULTURE pour 4-A ¦ AU- /oU cAI T(+feAT^feHeMfeNTuMi4Al DANSE Des petits pas pour tous les goûts CATHERINE LALONDE Voilà la cinquième édition de Pas de danse Pas de vie! L’événement du Regroupement québécois de la danse (RQD) offre, du 26 avril au 2 mai, des petits pas pour tous les goûts.Et cette année, la métropole et la Vieille Capitale jouxtent leurs événements autour de la Journée internationale de la danse.Cours de danse gratuits.Objets dansants non identifiés dans les rues et lieux publics, invasion des oeuvres d’art public, plongée au cœru de la création, table ronde.Pas de danse Pas de vie! se déploie en formes multiples.Pas moins de 49 corus de danse gratuits, de tous les niveaux, sont offerts dans une vingtaine de studios, pour goûter au baladi, au ballet ou à la danse pour bébés — apportez votre norurisson! De son côté.Bibliothèque et Archives nationales du Québec met en vitrines une exposition de ses livres de danse.Et dehors, toute la semaine durant, cinq oeuvres d’art public — dont l’incontorunable Joute de Riopel-le — deviennent la scène de jeunes danseurs dans des pièces d’ismaël Mouaraki et Simon Apleman, accompagnées pour l’occasion d’un musicien live.Plutôt week-end?Alain Pran-cœru dévoile à l’Agora de la danse les dessous de la création chorégraphique.Par un documentaire, mais aussi en ouvrant les portes des répétitions de,Pierre-Paul Savoie et Sylvain Emard.Noctambule?Le pow-wow du samedi à la Ponderie Darling, animé par les étudiants des Ateliers de danse moderne de Montréal inc.et de la Paculté de musique de l’Université de Montréal, est pour vous.Les jeunes artistes hanteront toutes les salles avec lerus improvisations, lerus compositions et leurs déambulatoires, de 20h à minuit.Les petits pieds dans les grands Les Traces chorégraphiques sont de retoru.Ces séries de pas numérotés, peints sru le trottoir, permettent à tous de mettre leurs petits pieds dans les grands pas des danseurs.Et de refaire au hasard des rues des extraits de pièces de 30 chorégraphes.De la danse à numéros, quoi! Cette année, pour la première fois, une Trace chorégraphique est extraite du répertoire.Un des duos des Années de pèlerinage du regretté Jean-Pierre Perrault s’inscrit ainsi sur le bitume.Autre nouveauté, deux créateurs de Québec, Daniel Bélanger et Lydia Wagerer, signent les trottoirs de la métropole.Car À pied levé.dansez!, qui fête à Québec depuis 12 ans la Journée internationale de la danse, se joint cette année au RQD.Serait-ce le premier pas d’une grande fête de la danse?Déjà, l’Assemblée canadienne de la danse unit dans ses communications les activités de sept provinces.La directrice générale du RQD, Lorraine Hébert: «On a des rêves et on voit poindre les possibilités.On sait que Trois-Rivières, Sherbrooke et Shawinigan sont très dynamiques.Il faut inviter, tout en trouvant une façon, comme avec Québec, pour quç chacun garde son autonomie.» A pied levé.dansez! propose à Québec, outre de nombreux spectacles et cours, des vidéos mettant en scène la création chorégraphique avec Danse.mov > vidéo.L’Œuvre sociographique #1 inverse de son côté les rôles: le public y donnera des indications aux danseurs professionnels, histoire de diriger les improvisations.Saint-Jean-Port-Joli, un peu plus à l’est, est l’hôte d’un «défilé pour la danse» de l’école du coin.Le Regroupement québécois de la danse dédie ses événements cette année tout spécialement à la relève des gens d’affaires.Lorraine Hébert ne cache pas ses ambitions de directrice: «La danse veut profiter, au sens noble du terme, de la mobilisation des gens d’affaires pour les arts et la culture» afin de relever le «défi de l’ancrage de la danse dans le paysage culturel».Les donateurs, mécènes et philanthropes sont invités à aider à trouver les moyens d’y arriver.Collaboratrice du Devoir ¦ Pour toutes les activités de Montréal: www.pasdedansepas-devie.com ¦Pour celles de Québec et de Saint-Jean-Port-Joli: www.cultu-re-quebec.qc.ca/jidanse/ SYLVAIN LEGARE La Traversée, d’Héloïse Rémy, devant la Place des Arts en 2007 Lumière sur les liens qui tissent nos vies Filatures, dernière création de Margie Gillis, vue par son complice et éclairagiste, Pierre Lavoie EREDERIQUE DOYON / Eclairer un spectacle de danse, c’est aussi lui donner sens.Pierre Lavoie, qui conçoit la lumière des pièces de Margie Gillis depuis près de 25 ans, révèle sa lecture de Filatures, dernière-née des chorégraphies de cette pionnière de la danse québécoise, qui se passe désormais de présentation.«Il y a deux facettes à mon travail: l’aspect pratique et l’ajout d’une couche d’inteiprétation, résume Pierre Lavoie, joint en Alberta oû il travaille à la nouvelle création de Jean Grand-Maître.Eclairer, c’est aider à voir et à comprendre la danse.» Ces deux dimensions cheminent toujours ensemble dans le travail du concepteur d’éclairage et se nourrissent mutuellement.La preuve est là, dans le processus de création de Filatures, qui s’est construit autour de l’image du fil et des liens — avec le temps, les émotions, les gens — qui tissent nos vies.En travaillant à éclairer les boîtes à fil qui composent la scénographie du spectacle, Pierre Lavoie a ajouté sa couche d’interprétadon.«Quand les boîtes ont disparu de la scène, les douches rectangulaires qui les éclairaient sont restées, raconte-t-11.Au lieu d’être une source pratique pour éclairer Margie à l’intérieur de la boîte, elles sont devenues comme des traces, comme les traces qu’on laisse au fil de la vie.Et c’est ma perception de ce spectacle.Tout le bagage de notre vie, on ne le traîne pas, il nous habille, il nous habite, il nous fabrique.» Jeter des ponts Grand complice de la chorégraphe soliste, qui a mis la danse moderne québécoise sous les radars, 11 a rencontré celle-ci à Calgary en 1988 alors qu’elle créait un spectacle dans le cadre des Jeux olympiques.«On a pris un café ensemble, ç’a cliqué et ç’a été le début d’une longue histoire.presque d’amour», raconte-t-11.Depuis, 11 y a eu Torn Roots, Broken Branches (1993), Blue (1998), What the Wind Wispers (2001), A Stone’s Poem (2006), M Body 7 (2008), qui marquait les 35 ans de carrière de Margie Gll-11s.Et ce ne sont là que quelques jalons d’un long parcours commun.C’est le solo Le Fil d’argent, présenté en 2008 à l’ouverture du festival Montréal en lumière, qui a servi de point de départ à Filatures, devenu Ici un trio avec les interprètes Eleanor âilUlïl SS e'"«QS mes mentloit ¦Peslblonmomearlei"»®"-*'® Une pièce diûle et acide.(.)¦ BriHaat B vraiment, vraiment troubiant -u Presw ; ideninKimÇ.) que i’onreconnan bien.Être une 4 ster, une ftéroSwtragiiïUB ou rien.-U D«iwir serrée.(.) Les 'aineants (.) Et nous aussi.^»«iw.radlo-oiiiio(lii.ca ConieldeiArM anadaCoundl du Canada f3r lhe Arts Québec ?Télé-Québec P Margie Gillis en spectacle Duckworth et lan Yaworski.«Pour moi, ça demeure un solo où il y a deux personnages qui gravitent autour du personnage de Margie, nuance M.Lavoie.Il y en a un plus jeune et un plus vieux, et elle est entre les deux.C’est mon interprétation, insiste-t-il.J’aime créer ma propre histoire.Et cette histoire colle tout à fait au long parcoiu-s d’une soliste qui a senti le besoin, avec l’âge et la maturité, de jeter des ponts avec d’autres artistes, de transmettre son expérience et de se noiu-rir de celle des autres, sans se renier.«Ces personnages sont les deux pôles du temps de la vie et les fils sont des représentations des tiraillements, du désir de retourner vers le passé et en même temps d’aller vers la sagesse, tout en restant dans le présent», pom-suit M.Lavoie, qui trouve dans Filatures un écho à sa propre expérience d’homme de 51 ans.Celui qui a aussi travaillé sm des opéras note que le travail de conception change beaucoup selon les disciplines et se- lon les créateurs, qui tantôt livrent des consignes strictes, tantôt donnent carte blanche.Plus statique, l’opéra permet de «moduler la lumière dans les détails, alors qu’en danse, il s’agit plutôt de remplir l’espace dans lequel l’artiste se déplace», dit-il.Les scénographies moins imposantes ouvrent aussi la porte à la création de lieux, que le pu- SOURCE AGORA DE LA DANSE Pierre Lavoie MICHAEL SLOBODIAN blic peut interpréter à sa guise.Généralement, le concepteur d’éclairage reçoit des pistes du chorégraphe au début du processus, qui lui permettent de laisser ses idées mûrir, puis de bâtir un plan.11 revient travailler plus activement en fin de parcours, souvent à quelques jours de la première.«Il y a toujours des changements, mais c’est pour ça qu’on fait des plans, ça donne une direction et des limites: pour savoir d’où je pars ou jusqu’où je peux aller.» Chose certaine, danse et lumière forment un couple indissociable, un euphémisme dans le cas du tandem Gillis-Lavoie.«On se dit tout le temps qu’on danse en duo, parce que je fais danser la lumière avec elle», conclut en riant l’éclairagiste.Le Devoir FILATURES Chorégraphie de Margie Gillis présentée, du 28 avril au 8 mai, à l’Agora de la danse.d’œuvre.G.Nicholson, Je I ai vu à la radio, R.-C.-„H=tonJnn Un huis t.]C’est1ouchant.bo.ieve,sant.dur.F Grimaldi, Samedi et rien d'autre, H.-0.génie deBagman, quoi ! L Boulanger, Le Devoir.f : ' Andrée Lachapelle Marie-France Marcotte Chantal Dumoulin Gabriel Arcand Concepteurs : Lucie Bazzo, Linda Bnmelle Véronique Bertrand, Érik Shoup S onâte a autQmne de J^UGMAH BERGMAN s e en scène MARGE O M E R L O _ , Théâtre ESPACE GO LAMANUFACIIJREI- 4890, BOUL ST-LAURENT, li/ITL LE DEVOIR I DIRECTION ARTlsnouÉ^ 6111^:514 845-4890- I LH LiuuKnc I floMissiON.COM 514 790-1245 r théâtres ON JOUE AU [PROSPEROj ! Réservation 514 526-6582 Admission 514 790-1245 www.lavelllee.qc.ca Québec E Le DEVOIR Partenaire de produrriion ERICSSON 0 Partenaire de saison Hydro Québec E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 CULTURE JAZZ Miles Davis le caméléon SERGE TRUEEAUT L> exposition consacrée à ' Miles Davis a ceci de singulier qu’un nombre imposant d’événements vont l’accompagner.Des conférences vont disputer les horaires de films documentaires et de fiction, des cours magistraux vont être déclinés, des shows seront présentés.Parmi ces derniers, il faut retenir avant tout celui que le bassiste et producteur Marcus Miller va donner à L’Astral mercredi prochain en compagnie de Christian Scott, trompettiste incisif.Ancien collaborateur de Davis, Miller va enfiler les chapelets de notes de l’album intitulé Tutu.Cette addition d’annales et de spectacles mettant en relief l’art comme la manière d,e Davis débute le 28 avril à l’École de musique Schulich de l’Université McGill avec l’exposé de David Brackett, rattaché à ce département, suivi par André Ménard, architecte des programmations du Festival de jazz depuis toujours, qui a inscrit à plus d’une reprise le nom de l’artiste le plus insaisissable du jazz à l’affiche du FIJM.\ A ne pas manquer Parmi ces conférences, une doit être retenue plus que d’autres.Celle que donnera Ira Gitler le 9 juin.Plus que tout autre critique ou historien du jazz vivant, Gitler — soit dit en passant un passionné du hockey au point d’avoir écrit un livre sur le sujet — est le mieux placé pour dialoguer avec le fantôme de Davis.Car ce dernier.Ira l’a côtoyé pendant des lunes.Mieux, alors qu’il était le bras droit de Bob Weinstock, le patron de l’étiquette Prestige, Gitler a supervisé des dizaines de sessions d’enregistrement avant d’être nommé rédacteur en chef de Down Beat au début des années 1960.Autrement dit, Gitler a été témoin des réalisations de Miles, mais également de celles signées par ceux qui allaient travailler avec lui ou qui venaient d’être virés par lui.On pense notamment aux pianistes Red Garland et Wynton Kelly, aux batteurs Philly Joe Jones et Art Taylor, sans oublier évidemment les saxophonistes Sonny Rollins et John Coltrane.Bref la vision encyclopédique de Miles s’appelle Ira Gitler.Le geste du tueur Cela étanf il faut bien s’arrêter à cette avalanche d’événements qui accompagnent cette exposition.Qu’est-ce qui la COOKW/WITH THE MILES DAVIS QUINTET/PRESTIGE 7094 Miles Datds/E.S.P.Commissaire d evenement = Normand Marcy Du 19 avril au 9 mai 2010 Forfaits R63 = 3 spectacles pour 30 $ Etudiants 10 $ Billetterie = 514.525.1500 Réseau Admission s 514.790.1245 840, rue Cherrier, Montréal (métro Sherbrooke) m Dflk TORONTO DANCE THEATRE Dis/(sol/ve)r 6, 7, 8 mai 2010 Centre Pierre-PAIadeau STSrr., Billetterie : 514 987.6919 PIS.".®ADMISSION : 514 790.1245 DANSEDANSE.NET justifie, l’avalanche en question?Pourquoi l’équation exposition égale conférences plus cours, plus shows, plus documentaires, plus fictions, plus émissions radiophoniques?On sait Davis qualifié souvent de génie, mais encore?11 était caméléon.11 fut le caméléon du jazz.Plus que tout autre membre de la confrérie regroupant les géants du genre.Miles Davis cultivait le geste du tueur.De quoi?De ce qu’il venait d’accomplir comme de l’air du temps.Là où Duke Ellington, Charles Mingus, Thelonious Monk et John Coltrane creusaient en profondeur le sillon qu’ils avaient commencé à défricher alors qu’ils amorçaient leur carrière.Davis préférait l’aventure.Les nouvelles aventures, avec parfois une sacrée dose d’opportunisme.Mettons que les choses pourraient être formulées, grosso modo il va sans dire, comme suit: «OK! J'ai suffisamment joué avec Bird pour savoir comment le prendre à revers.Et va pour la naissance du cool jazz! Les p’tits Blancs se sont entichés de ça?Je vais m’associer avec les nouveaux tenants de la ligne dure du be-bop.Tout le monde s’y met?Va pour un jazz plus modal, plus zen.Ça fonctionne à plein?OK! Je vais exploiter les talents des jeunes Hancock, Shorter, Carter et Williams.Les chevelus britanniques du trio The Cream remplissent les salles et récoltent des millions?Va pour le jazz électrique avec John McLaughlin.J’adore ce que fait Sly and The Family Stone, va pour un jazz plus funky.» Etc.Ce qu’il a de bien, voire de très généreux, notre cher Miles Davis, c’est qu’en muant tous les cinq ans, il nous permet de choisir.Quoi donc?Le Miles qu’on aime comme le Miles qui nous agace.Bref comme dirait La Bailee: il était humain et non Dieu.Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Entre sagas et volcans La planète entière vient de découvrir l’Islande et ses volcans.Le mélomane très curieux était à même de connaître la topographie insulaire grâce à un compositeur, Jon Leifs, et à la plus emblématique de ses œuvres, Hekla, qui «met en musique» l’éruption d’un volcan.CHRISTOPHE HUSS Une musique classique islandaise?Qui, ça existe! Elle a une figure tutélaire, au même titre que la Norvège a Edvard Grieg, la Finlande Jean Sibelius, la Suède Franz Berwald et le Danemark Cari Nielsen.Le père de la musique islandaise s’appelle Jon Ijeifs et sa production, qui ne ressemble à aucune autre, est remarquablement documentée.En juillet 1991, une plage d’un disque d’Esa-Pekka Salonen intitulé A AfcrdîcEcsfeùa/ (Sony) révélait une musique sombre et rauque, aride et éruptive.Jon lœifs (1899-1968), l’auteur de cette pièce de sept minutes au beau nom de Geysir, semblait venir d’un autre monde.C’est à la fin des années 1990 que l’étiquette suédoise BIS entama une véritable anthologie de l’œuvre de Leifs.Contes, légendes et nature Si la musique norvégienne, comme la musique hongroise, repose beaucoup sur le répertoire de chants et danses traditionnelles, la musique islandaise, tout comme la finlandaise, puise nombre de ses sources dans les contes et légendes.En Finlande, c’est le Kalevala.La mythologie islandaise, consignée dans XEdda, remonte à bien plus loin.VEÀMa n’est pas un recueil accessoire, mais^une œuvre maîtresse de la littérature du Moyen Age.Rédigée par l’Islandais Snorri Sturluson au début du XIIL siècle, elle est la source la plus importante pour notre connaissance de la mythologie nordique.Son importance et sa présence permettent de comprendre que Baldr, drame chorégraphique dans lequel un ténor incarne le dieu Qdin, est l’œuvre dans laquelle Jon Ijeifs s’est le plus investi.Baldr le temps fort d’une Trilogie de lEdda.Contes et légendes ont inspiré la grande symphonie de Leifs, la Saga Symphonie (1941), dont Qsmo Vanska a réalisé en 1994 le premier enregistrement mondial.L’idée que Leifs ait pu composer ce granit sonore de 53 minutes en pleine guerre en Allemagne, où il vivait avec sa femme et ses beaux-parents juifs, ajoute une once de vertige au portrait de ce compositeur pas comme les autres.Pour ceux qui ont autant envie de se plonger dans la mythologie nordique que de faire une dissertation sur les mérites comparés du Mahabha-rata et du Ramayana indiens, la mise en musique des forces brutes de la nature est l’élément le plus intéressant et intrigant de la musique islandaise.Et c’est le mérite principal de Jon lœifs d’avoir incarné musicalement son île.Ici aussi, la littérature précède la musique, car ce sont les écrits sur la nature de Jouas Hall-grimsson et Einar Benediktson qui ont inspiré à Leifs ses étranges et rauques descriptions des paysages de son pays.Ces «portraits de la nature» regroupent Geysir, Hafis, sur les glaces à la dérive; Dettifoss, une description de chutes d’eau et, bien sûr, Hekla, un vrai volcan, cousin de notre coûteux ami Eyraljoell.Un dispositif unique La manière unique dont sonne cette musique se comprend aisément à la lecture du dispositif requis pour la Saga Symphonie: un orchestre traditionnel, avec une section de percussions élargie et l’utilisation de six «lurs».Les «lurs» sont de longs cors, sosies des cors des Alpes, joués dans les pays nordiques à l’âge de bronze (14 siècles avant Jésus-Christ!) et qui servaient à appeler les troupes.Parmi les percussions, on trouve un rang de pierres frappées par des marteaux, une enclume, des boucliers et de grands marteaux de bois qui doivent heurter un objet quelconque.de préférence pas le chef d’orchestre! En 1941, le critique Fritz Stege, de la Zeitschrift für Musik, était légitimé de se demander: «Etait-ce l’intention de Jon Leijs de décrire en musique l’histoire primitive de l’Islande quand les fleuves de lave coulaient encore et que les dinosaures faisaient trembler la terre de leurs pas lourds?» Stege était interloqué par ce «percussionniste armé d’un marteau frappant le plan- ICELAND MUSIC CENTER Le compositeur islandais Jon Leifs cher avec un entêtement malicieux».Gui, monsieur Stege, c’était voulu.Leifs a répété son souhait dé «interdire à toute influence étrangère de se faire sentir».De la même manière, la structure lui importait peu.Il cherchait à «conjuguer tous les moyens imaginables pour permettre au contenu d’apparaître aussi clairement et efficacement que possible».Ceci explique l’usage de la répétition, de l’effet cumulatif, et — caractéristique singulière — des silences et des déflagrations.Leifs est un compositeur qui enfonce le clou.Mais il sait être tout aussi mystérieux lorsqu’il brosse de grandes surlaces étales, noires et grises, comme dans Mors et vita, son T' Quatuor, ou Vita et mors, son désespéré 2 Quatuor, composé après la noyade de sa fille de 16 ans.Ses trois rares quatuors de troisième est constitué d’impressions sonores sur la peinture du Greco) sont aussi intéressants que ceux de Schnittke, par exemple.Après Leifs Avec l’étrange Hekla, qui repousse les limites de la saturation acoustique admissible, Leifs atteint un point de non-retour: 22 percussionnistes, avec quatre jeux de blocs de roches, des enclumes, des sirènes, des chaînes métalliques, des canons et un chœur fantomatique chantant «Issus de noirs tréfonds, de violents cris d’agonie, sont charriés par les flammes rouges de la lave fumante qui se répand sur le pays».Compositeur unique, comme Edgar Varèse, mais bien moins universel que l’auteur d’Amériques, Leifs incarne l’insurpassable quintessence du priapisme musical.La musique islandaise ne s’est pas éteinte après Leifs.Un orchestre symphonique très actif, auquel on doit une intégrale de l’œuvre orchestrale de Vincent d’Indy en cours chez Chandos, se hisse à un très respectable niveau.Parmi les compositeurs en activité, AÜi Heimir Sveinsson (né en 1938) a fondé la classe de composition du conservatoire de Reykjavik.Son très étrange oratorio, Le temps et l’eau, a été publié par CPG: «J’ai dû être dans un état psychique particulier, car je ne me souviens de rien», dit Sveinsson de son œuvre qui, effectivement, a des relents de champignons h^ucinogènes.Plus consistant, Haukur Tomasson (né en 1960) est la figure de proue de la création contemporaine islandaise.Son 2 Concerto pour flûte (2001), enregistré par Sharon Bezaly sur un CD intitulé Nordic Spell, est l’une des (nombreuses) remarquables créations concertantes de la dernière décennie.Le Devoir À écouter: ¦ Leifs: Hekla.BIS CD 1030 ¦ Leifs: Les Quatuors à cordes.BIS CD 691 ¦ Leifs: Geysir.BIS CD 830 ¦ Tomasson: Concerto pour flûte n° 2.BIS CD 1499 ¦ Titres disponibles: www.bis.se, puis recherche par compositeur Christophe Huss consacrera l’émission Classique actuel sur CIBL-FM 101,5, ce dimanche à 19h30, à la musique islandaise.Entretien Dans le cadre de la série Arts et lettres Une heure avec.Marie Chouinard La chorégraphe et danseuse parlera de la place de la littérature dans sa vie de femme et d'artiste.Animation : Stéphane Lépine Production : BAnQ et le Festival international de la littérature Le mardi 27 avril à 19 h À l’Auditorium de ia Grande Bibliothèque Entrée libre ; 300 places disponibles 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal èi® ©Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.banq.qc.ca GRANDE BIBLIOTHÈQUE fil Bibliothèque et Archives nationales Québec g g LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 E 7 CULTURE SPECTACLE La deuxième vie de Timber Timbre PHILIPPE PAPINEAU Il reste un peu de justice en ce bas monde pour la musique de qualité, et le groupe canadien Timber Timbre en est la preuve.Après deux albums extrêmement confidentiels et un magnifique troisième disque paru sur une toute petite étiquette, le chanteur Taylor Kirk et ses alliés ont été adoptés par la réputée maison de disques Arts & Crafts l’an dernier, donnant à Timber Timbre toute l’attention qui lui revenait.Alléluia pour nous tous! Relancé en mai 2009, ce troisième disque, qui porte le nom du groupe, est donc loin d’être une nouveauté, mais qu’à cela ne tienne.Ces douces chansons aux accents blues, portées par la voix magnétique de Taylor Kirk, nous plongent dans un univers clair-obscur, un peu inquiétant, mais d’une grande beauté.Comme si M.Ward et Torn Waits chantaient I Put a Spell on You, tout en douceur.Avec et sans Patrick Timber Timbre (à prononcer «Timbeur Taimbeur») connaît donc depuis plusieurs mois un sacré boom, qui l’a mené un peu partout sur le continent, de Vancouver jusqu’au Mexique.Si tout se passe en anglais dans le groupe, le chanteur récemment déménagé à Montréal est accompagné de la violoniste to-rontoise bilingue Mika Posen et du Montréalais Simon Trot-tier (White Noise Ensemble, Ferriswheel).Ce dernier n’a pas travaillé sur le disque, mais a déjà fait une centaine de concerts avec le groupe, armé d’une guitare slide, d’un synthétiseur et d’une autoharpe.Le trio sera à l’impérial de Québec demain en première partie de Patrick Watson et sera la tête d’afhche à La Tulipe à Montréal jeudi, avec invités.«Le spectacle est vraiment différent de l’album studio, explique Trottier au bout du hl.On interprète les pièces du disque.On tripe vraiment sur le jazz, et c’est important pour nous qu’il y ait des moments d’improvisation.d’expérimentation.Et il y a aussi le fait que, comme on a fait beaucoup de premières parties, on devait souvent voyager à l’étroit dans une petite van et apporter moins d’instruments.» Pendant le concert, avec ses instruments et ses pédales d’effets, Simon Trottier s’efforce donc, en quelque sorte, de jouer le rôle de l’orgue, qui a une place de choix sur le disque mais qui n’est pas présent sur scène.«Je n’essaie pas de faire des mélodies, le violon est là pour ça.Moi, je crée l’atmosphère, qui est un peu sombre, disons.lugubre.J’essaie de recréer les ambiances, c’est un peu l’éclairage.» Timber Timbre, qui est au cœur d’une longue tournée qui l’amènera jusqu’en Angleterre, en France et en Belgique, aime bien les foules assises, attentives.«On a fait les premières parties d’Owen Pal-lett cet automne, de Vancouver à Winnipeg, et on a joué beaucoup dans des églises.C’est vraiment les salles qu’on aime le plus: on dirait que les gens ne veulent pas parler et c’est une belle ambiance.C’est silencieux, et les gens écoutent.» Le concert de Québec, en première partie de Patrick Watson, affiche complet, mais il reste des billets (f 7 $) pour le spectacle à La Tulipe, à Montréal.?8) Le Devoir FIL ZUZARTE Le groupe Timber Timbre Susana Baca en porteuse universelle L’ambassadrice afro-péruvienne s’arrête samedi soir à L’Astral YVES BERNARD Elle a offert son monde afro-péruvien à la planète entière et s’arrête samedi soir à L’Astral.Toute en retenue, Susana Baca incarne ce mélange de tendre élégance, de chansons plaintives et d’engagement culturel.Ignorée dans son propre pays pendant quelques décennies, elle fut révélée sur la scène internationale en 1994 par la compilation de David Byrne The Soul of Black Peru.Depuis, elle ne cesse de profiter de toutes les tribunes pour faire reconnaître l’esprit de ses ancêtres.Et elle sait aussi s’ouvrir aux paroles intemporelles ou aux nouvelles tendances de la musique de tout un continent.Hommages divers L’automne dernier, elle a fait paraître Seis poemas, un minialbum de six pièces dénudées et pourtant exploratoires par moments.De l’improvisation musicale qui se marie aux rythmes afros, des tempos arythmiques, de la chanson livrée sans percussion ou avec un simple charango: tout en acoustique, la création est un hommage à la musique de la grande Chabuca Granda, l’icône des années 60, celle-là même qui lui a ouvert toutes les portes.«En chantant tout le pays, elle fut l’une des premières Blanches péruviennes à rechercher un véhicule pour les artistes afros, allant même jusqu’à composer landos et marineras.Elle m’a pris sous son aile, moi qui venais d’un endroit très humble, et a mis à ma disposition ses livres et ses disques», se rappelle Susana Baca.Sur son lit de mort, Chabuca Granda lui avait dit: «Ne m’oublie pas, chante-moi!» Susana a retenu le message.En 2007, elle a gravé au Pérou le répertoire de Seis poemas qu’elle avait préparé il y a vingt ans.Elle avait commencé dans les parcs et sur les plages lors des récitals de poésie.Elle chantait alors a capella les mots des auteurs qu’elle chérissait.Sur le SVIK FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BROTT : DIRECTEUR ARTISTIQUE 15® ÉomoN 20 h F SSltlon 1 5e an4w^e^6euyte Série classique André Laplante IGNAT Solzhenitsyn Ilya Kaler Natalie Choquette Rachel Barton Pine Série jazz & Jeans Oliver Jones • Kurt Elling Karen Young • Coral Egan Série Afiara 0u ayant pas lu les populaires bouquins d’india Desjardins traitant des mésaventures d’une jeune ado qui se sent inadaptée dans un monde conçu pour d’autres, il m’est impossible de faire le pont entre les livres et le film.Mais Le Journal d’Aurélie Laflamme étant porté au cinéma, on le juge pour le résultat à l’écran, s’étonnant tout de même que le cinéaste Christian Laurence, un des membres-fondateurs du mouvement Kino derrière des caméras de liberté, ait accouché d’un film aussi maladroit, en quête de son propre souffle.Il a voulu livrer une sorte de «Conte pour tous», mais l’ensemble paraît bien amateur et manque de raffinement stylistique.Le fan-club de l’Aurélie sur papier s’y ruera peut-être.Déçues, pas déçues, les filles.Place aux aventures de cette pré-adolescente, encore perturbée par la mort de son père, incomprise de sa mère et de tous, gaffeuse, incapable d’aborder le SOURCE TVA FILMS Le Journal d’Aurélie Laflamme, de Christian Laurence, est inspiré des romans populaires d’india Desjardins.garçon pour qui elle a le béguin sans se mettre le pied dans la bouche, catastrophe ambulante à l’école.De là à avoir l’impression d’être une extraterrestre.Des épisodes plus surréalistes, guère maîtrisés, peinent à nous attirer de l’autre côté du miroir.Le film, comme les livres avant lui, mise sur l’identification du jeune public à l’héroïne, mais on a de la difficulté à croire que cette identification fonctionnera.L’ennui, c’est que l’interprète principale, la jeune Ma- rianne Verville, manque de charisme et ne convainc guère.Elle semble très mal à l’aise dans ce rôle.Son malaise frappe d’autant plus que Geneviève Chartrand, dans la peau de la meilleure amie plus délurée, habite beaucoup mieux l’écran.Les profils des deux jeunes actrices jurent.Elles semblent habiter des univers trop différents pour créer l’amitié, ce qui contribue à faire boiter le film.D’autres figures tiennent mieux la route: la mère, à la fois rébarbative et touchante (Edith Cochrane), le garçon qui fait battre le cœur d’Amélie (Aliocha Schneider), fort charmant, doté d’une présence indéniable.Mais les décors, les costumes trop kitsch, la réalisation en panne de rythme, remplie de facilités, et surtout une actrice principale trop atone empêchent Le Journal d’Aurélie La-Jlamme d’acquérir le r5dhme et la poésie que le sujet exige.Le Devoir Le cœur gros comme ça.A SHINE OE RAINBOWS Réalisation: Vie Sarin.Avec John Bell, Connie Nielsen, Aidan Quinn, Jack Gleason, Niamh Shaw, Tara Alice Scully.Scénario: Vic Sarin, Catherine Spear, Dennis Eoon, d’après le roman de Lillian Beckwith.Image: Vic Sarin.Montage: Alison Grace.Musique: Keith Power.Irlande-Canada, 2009,101 minutes.MARTIN BILODEAU Ce très joli titre fait référence au personn^e d’épouse de pêcheur irlandais campé par la Danoise Connie Nielsen dans cette adaptation par Vie Sarin {Partition) d’un roman de l’Anglaise Lilian Beckwith: drapée dans des jupes colorées, enru- bannée dans des écharpes arc-en-ciel, elle reflète la beauté et le bonheur, telle une Mary Pop-pins insulaire.Aux yeux du petit orphelin chétif et quasi mu-tique Üohn Bell, parfait) qu’elle a adopté dans un orphelinat du confinent, elle garde la frontière entre les mondes terrestre et imaginaire, préparant le ragoût du jour et causant avec les phoques avec la même passion.Toute bonne chose a une fin et celle d’A Shine of Rainbows survient à peu près à mi-chemin de la pellicule, quand cette flamboyante maman meurt, laissant son enfant nouvellement adopté et inquiet quant à son avenir aux soins d’un mari inconsolable (Aidan Quinn) qui n’en veut pas.Un arc-en-ciel.une courtepointe colorée, un bébé phoque abandonné sur la plage et quelques images d’Épi-nal plus loin, tout s’arrangera, comme l’annonce d’entrée de jeu cette production au cœur gros comme ça, bien ancrée au carrefour d’un «best of» de Dickens et une version masculine et celtique àAnne, la maison aux pignons verts.On se croirait en effet devant un feuilleton pour la télévision: joli et pittoresque, avec un scéna- rio qui va au plus pressé, une mise en scène qui cadre au plus joli, une mer qui s’agite et une chaumière modeste à faire rêver les «zurbains».Le cinéaste canadien d’origine australienne n’y est pas allé de main morte avec la musique, qui sucre l’affaire jusqu’à la nausée.Parce que c’est pour toute la famille, et parce que ce sera dimanche demain, j’imagine que ça s’imposait Collaborateur du Devoir Percée de soleil LA NANA (THE MAID) Réalisation: Sebastian Silva.Scénario: Sebastian Süva et Pedro Peirano.Avec Catalina Saavedra, Claudia Celedon, Alejandro Goic, Andrea Garcia-Huidrobro, Mariana Loyola, Agustin Süva, Darok Qrellana.Image: Sergio Armstrong.Montage: Danieïïe Pülios.Supervision musicale: Ruy Garcia.Pérou.Vo.espagnole, avec s.-t anglais.ODILE TREMBLAY Primé au Festival de Sundance 2009, La Nana est porté par un fascinant personnage féminin, Raquel, la servante revêche au service d’une famille depuis 23 ans.Dure, dévouée, épuisée, malade, névrosée, et en train de basculer dans une sorte de démence.Cette femme au bord de toutes les crises de nerfs ne pouvait trouver meilleure interprète que Catalina Saavedra, avec son visage fermé, sans grâce, ses gestes brusques, apportant une tendresse cachée, des frustrations ravalées jusqu’aux maux psychosomatiques.The Maid cultive les ellipses (trop, ce qui nuit au profil collectif .Et de cette famille de Santiago dont la servante constitue un des membres les plus considérés, on ne saura au fond pas grand-chose.Ni le pourquoi de sa prospérité économique, ni de vrais détails personnels, si ce n’est que le père aime fabriquer des bateaux miniatures, que la fille aînée se sent bousculée par Raquel et que la mère protège sa loyale servante envers et contre tous.En fait, aucun interprète ne s’impose, aucun profil ne se démarque chez les maîtres, résolument ici dans l’ombre ancillaire.La ligne dramatique suit les accrochages entre Raquel et les aides domestiques embauchées pour l’épauler, qu’elle tyrannise jusqu’à la démence.La troisième du lot, Lucy, avec son humour et sa personnalité éclatante (lumineuse Mariana Loyola, qui apporte au film un éclat de liberté), brise la glace et l’entraîne du côté de la vie et de la découverte d’elle-même.Ce qui semblait vouloir tourner au thriller psychologique, avec cette Raquel aux portes de la folie, se transforme soudain en film de rédemption, aux scènes tantôt comiques, tantôt touchantes, surtout dans la famille de Lucy où Raquel est invitée, y découvrant d’autres modèles de vie.La caméra à l’épaule abuse parfois de ses tressaillements, surtout en finale.Le film a des faiblesses, mais les deux beaux portraits de femmes, Raquel et Lucy, entre ancrage ou libération, témoignent de rapports au monde qui ouvrent sur une métaphore du Pérou et sur les grands choix de vie universels.Le Devoir SOURCE MONGREL MEDIAS Catalina Saavedra dans La Nana, de Sebastian Silva SOURCE SÉVILLE Connie Nielsen dans A Shine of Rainbows, de Vic Sarin consuÊtBZ notre site iÊitemet LA NANA (LA BONNE) STFetSTA L'ÉPINE DANS LE CŒUR (Michel Gondry) LE DÉJEUNER DU 15 ADÛT STFetSTA AMERICAN RADICAL Norman Finkelsloln KATYN • DISGRACE • VUES D’AFRIQUE Métro Place des arts rCINÉMA DU PARC ESI Autobus 80/129 I 3575 Du Paie 514-281-1900 .];i;NSN;y*iiuii:iT-ii>r:.T «EXTRAORDINAIRE! LE MEILLEUR FILM DE L’ANNÉE!» LA PRESSE • TUE GAZETTE • VOIR «FOUDROYANT! UN THRILLER CAPTIVANT ET ÉBLOUISSANT DE MAÎTRISE!» MAiniNDin]EAU.l£[]Diafl UN PROPHETE _UN FILM DE JACQUES AUDIARD «anrraSümtfflSiBr www.metropolean6.com métro|Dg|e HORAIRES DES CINÉMAS ^ unprophete.ca TRAQyEN’AKT ’ MUSIQyES ET TRADITIONS DU MONDE PRÉSENTE EN PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE JORDI SAVALL MONTSERRAT FiGUERAS hespèrion XXI - La Capelia reial de Catalunya - Ai darweesh 36AR.TISTES SUR SCÈNE Veeuvremoffstrale .JÉRUSALEM i ^ a, T A VTTTP TTPC TTPTTV PATV ¦ M o’b\yîi> IA Ville des deux paix LA PADC CÉLESTE ET LA PAIX TERRESTRE iriririf LA PRESSE ICI VOIR ISABELLE HUPPERT VILLA MA!SONpU^CjNÉ^_^—I CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ^ I mHiai»>ri uu oiriBiviM i nI SHERBROOKE I 6 ÂLAFF CHE metropolef jlms.com ' r>' ' JEUDI 29 AVRIL 2010 À 20 H WWW.TRAQyENART.CA - WWW.IAPIACEDESARTS.COM BILLETS ET INFO: PDA 514 842-2112'1 866 842 2112 LE RÔl DE L’ÉVASION B UN FILM DE ALAIN GUIRAUDIE Une fiuLtaisie sexuelle, sensuelle et stupéfiante.« CNC FunE À L’AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ DÈS LE JJÎI VENDREDI 30 AVRIL! ^ FONDATIOW ^ Çjÿ Places Arts “""ouébecBB BIEUl E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AVRIL 2010 CINEMA Un vrai héros vulnérable MAXMANUS Réalisation: Joachim Roenning et Espen Sandberg.Avec Aksel Hennie, Agnes Kittelsen, Nicolai Cleve Broch, Ken Duken, Knut Joner, Christian Rubeck.Scénario: Thomas Nordseth-Tiller.Image: Geir Hardy Andreassen.Montage: Anders Refn.Musique: Trond Bjerknaes.Norvége-Danemark-Allemagne, 2008, 118 minutes.MARTIN BILODEAU Le drame de guerre sur la résistance antinazie est à la mode en Europe.Après les Pays-Bas avec le fascinant Carnet noir de Paul Verhoeven, le Danemark avec le réussi Flame & Citron d’Ole Christian Madsen, voilà que la Norvège réhabilite à son tour son vrai de vrai héros, Max Manus, à travers un drame conventionnel mais bien fait, qui filtre l’Histoire à travers des éléments de film noir et, plus discrètement, de western.Pas étonnant.Les coréalisateurs Joachim Roenning et Espen Sandberg sont également derrière le très mal reçu Bandi-das, sorte de Pétroleuses du XXI® siècle avec les pulpeuses Pénélope Cruz et Selma Hayek en proue.Le motif du tandem est ici encore présent.Car c’est en grande partie par amitié pour Gregers Gram (Nicolai Cleve Broch) que Max Manus (Aksel Hennie), un jeune idéaliste sans éducation, traumatisé par son séjour au front durant la guerre d’hiver en Finlande, se joint à un groupe de résistants qui deviendront célèbres durant l’occupation allemande de la Norvège sous le nom du Gang d’Oslo.Leur spécialité: couler les navires d’approvi- sionnement allemands ancrés dans le port.Egalement au nombre de leurs haut§ faits, commandités depuis l’Ecosse avec la complicité de la Suède: la destruction des archives de l’état civil afin d’empêcher les Allemands de conscrire les jeunes hommes norvégiens.Par son sang-froid et sa bravoure (il a mis à lui seul la Gestapo en échec en s’évadant sous son nez), Manus s’est fait une réputation enviable, dont les cinéastes illustrent le revers sombre: le sentiment d’imposture, les doutes profonds, la résistance aux compromis, que Hennie, ni beau ni laid, ni grand ni petit, ni faible ni fort, traduit à la perfection.Durant la première partie, son absence de charisme joue contre le film.Puis, le point de vue des auteurs traverse l’image, et la vulnérabilité du héros, au cœur de l’enjeu, donne plus de nuance au récit, dont le sommet survient lors de l’épilogue.Entre-temps, le film déroule un récit sans temps morts, aux ellipses parfois maladroites, aux personnages secondaires un peu trop superficiels, mais la vivacité qui se dégage de l’ensemble compense ces défauts.Roenning et Sandberg amplifient les contrastes bons-méchants, fihnent la capitale norvégienne comme un village du Far West, s’amusent à coups d’effets de style parfois un peu voyants, comme ce clin d’œil stylistique à Atonement, superposant musique, bruit de machine à écrire et montage accéléré.Max Ma-nus n’atteint pas la hauteur du film de Joe Wright.Mais de s’y référer et de s’en inspirer témoigne déjà d’une ambition qui mérite d’être signalée.Collaborateur du Devoir SOURCE S.V.BIZ Aksel Hennie dans Max Manus, du tandem formé par Joachim Roenning et Espen Sandberg SOURCE SEVILLE Coco Chanel et Igor Stravinsky fait l’objet d’une mise en scène d’un classicisme de grande classe.Fragment de vie COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY Réalisation: Jan Kounen.Scénario: Chris Greenhalgh, Carlo de Boutiny et Jan Kounen, adapté du roman Coco & Igor de Chris Greenhalgh.Avec Mads Mikkel-sen, Anna Mouglalis, Elena Morozova, Natacha Lin dinger, Grigori Manoukov.Image: David Ungaro.Montage: Anny Danché.Musique: Gabriel Yared et Igor Stravinsky.ODILE TREMBLAY Arrivant sur les écrans après Coco avant Chanel d’Anne Fontaine, ce très élégant film du Français Jan Kounen (Dobermann, 99 francs) a connu moins de succès que son prédécesseur, qui créa saturation.Pourtant, le film de Kounen (en clôture au dernier Festival de Cannes) se révèle meilleur que celui de Fontaine.De plus, il commence là où le précédent finit, et nourrit la bio de la grande couturière, en nouvel épisode.Coco Chanel et Igor Stravinsky ne prétend pas être un biopic, plutôt un fragment de vie: la brève liaison qu’entretint Chanel avec le compositeur russe, dans sa villa où elle l’avait hébergé avec sa famille, alors qu’il crevait à peu près de faim.Le film ouvre sur une scène magistrale, remarquablement tournée et montée, de quelques années antérieure à l’histoire d’amour au cœur de la trame: la représentation historique de son Sacre du printemps à Earis, au théâtre des Champs-Elysées, avec les Ballets russes de Diaghilev, chef d’œuvre incompris par la chic faune des premières, qui créa une émeute inouïe dans les rangs des spectateurs mais que l’avant-gardiste Chanel, de son côté, admira.Jan Kounen, qu’on a connu plus pop, se révèle capable d’une mise en scène de classicisme et de grande classe, qui élargit son éventail de cinéaste, tout en l’emprisonnant un peu dans cette beauté.Porté dans le huis clos de la villa par un excellent trio d’acteurs: Anna Mouglalis en glaciale Coco, le Danois Mads Mikkelsen {Casino Royale, After the Wedding) en Stravinsky sensible, entravé dans sa vie mais s’envolant dans son art, un peu trop éteint quand même.Elena Morozova, actrice russe, confère à la figure de l’épouse trompée une dignité, une douceur aimante et un charisme qui font pendant à la liberté sans frein que Chanel évoque.Les acteurs sont plus beaux que leurs modèles originaux, apportant une grâce au pas de deux amoureux, à défaut de véridicité.Le décor de la villa, les robes Chanel portées avec pure élégance par Anna Mouglalis, les lumières du parc, la musique contribuent au faste de l’ambiance dans cet univers hors du monde, où les drames à trois se jouent et où les œuvres s’enfantent.Car les dessous de la création se dévoilent sur un tissu où art et vie deviennent indissociables.Si la passion qu’éprouvent compositeur et couturière n’est pas pleinement convaincante, trop enveloppée d’esthétisme, Elena Morozova apporte au film l’élément d’humanité, et c’est par l’épouse trompée que naît l’émotion, dans son face à face avec l’usurpatrice au cœur dur mais au flair artistique sans faille.Malgré quelques scories — à Grasse, le pariuneur insiste trop sur le numéro 5 du nouveau par- fum — et un dénouement aux jours de vieillesse qui s’égare inutilement en d’autres sphères temporelles, ce film de maîtrise.pour sa grande élégance et sa finesse, mérite vraiment le détour.Le Devoir SOURCE SEVILLE Mads Mikkelsen et Anna Mouglalis dans Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen IDBeW DI ol CLASSIQUE, SUBTIL, PRENANT ANNA MOUGIALIS EST IMPÉRIALE ET LA MUSIQUE DE STRAVINSKY S'INSÈRE AVEC UNE VRAIE GRÂCE.J'AVAIS VU L'AUTRE FILM SUR LA MÊME ICÔNE MAIS CELUI-CI, QUI COMMENCE lÀ OÙ L'AUTRE RÉCIT SE TERMINE, APPARAÎT INFINIMENT SUPÉRIEUR.» ODIl£ TREAABIAY, If DEVOIR AÀADS MIKKELSEN - ANNA MOUGLALIS CHAHEL coco &IG0R STRfiVinSKY UN FiiM DE JAN KOUNEN A LAFFICHE! FACEBOOKCOM /COCOeiGORŒFIlM VERSION O.FRANÇAISE CINEPLEX DIVERnSSEMEm'n lARTIER LATIN VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS CINÉMAS AMC Ile forum 221 «Charmant, touchant, brillant et magique! Les parents y trouveront leur compte et les garçons aussi.» Marie-Chtistine Proubt, TVA Nouvelles «Charmant, touchant.Très bien réaiisé.J'ai même pieurél» GuyAl£pag^ToutlemcxKie&tpa(I^SRC «C'est ie meiiieur film pour ados que j'ai vu en carrière!» Valerie Guilbault, Rythme hn MARIANNE VERVILLE GENEVIÈVE CHARTRAND ALIOCHA SCHNEIDER JÉRÉMIE ESSIAMBRE ÉDITH COCHRANE PIERRE GENDRON VALÉRIE BLAIS Le journal Un film de CHRISTIAN LAURENCE D'après le roman dTNDIA DESJARDINS « Le journal d’Aurélie Laflamme Extraterrestre.ou presque î » Une production de CLAUDE VEILLET A L'AFFICHE! (crani Prix Ou Jury - Sundance Toop) (prix D'interprétation Penininc - Sundance !009) «SENSATIONNEL.UN FILM À VOIR.» A.O.Scott & Michael Phillips, AT THE MOVIES «PHÉNOMÉNAL.VOUS VOUS DEVEZ DE VOIR CE FILM.» Kenneth Turon, lOS ANGELES TIMES ?» WASHINGTON POST • NEW YORK DAILY NEWS m uatcj ®E nâK! SIllLWfâ métroiDole A l'ACCIf'UCI P*”® 1 consultez LES GUIDES- A L ArrlUH t ! |3E75Du Pn,ctlT2B1-ia00| HORAIRES OESCINÉEinS metropoletilms.com ' «UN FILM QUI SORT DU LOT : VISUELLEMENT SPLENDIDE, lA ŒÉ EST VÉRITABLEMENT UNIQUE EN SON GENRE ! JEAN-MARC BARR EST EXCELLENT ET CLAUDE LEGAULT POSSÈDE UNE FORTE PRÉSENCE À L'ÉCRAN.» MARCANDRÉ LUSSIER, LA PRESSE TJBg FILMS C2HRJSTAL FïtâSBNTE LÀ CITE JEAN-MARC BARR CLAUDE LEGAULT PIERRE lEBEAU SABINE KAMTI UN FILM DE Kim Nguyen —lîBlf- ••‘•mih.'tnixti t|r=- CTinacB ^kiiM VWVW.LACITE-LEFILM.COM O IRoa 13 PRESENTEAŒNT A L’AFFICHE! r CINEPLEX DIVEBTIESEMENTn FCINÉMA ^ MÉQA-PLEX~ QUZZO ^ rQUARTIER latin! [ 238S.Deaifclen E.721-COOO 11 F >ONT-VIAU 16 I
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