Le devoir, 1 mai 2010, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI I^^ET DIMANCHE 2 MAI 2010 ARTS ET VILLES QUEBEC La culture est un moyen donné pour garder les jeunes en région Les Arts et la ville fait sien le développement culturel dans les milieux urbains et ruraux A .' Le Pont du moulin, une œuvre de Florent Cousineau réalisée en 2009 à Portneuf et commandée par Alcoa Des acteurs du monde municipal et de la scène culturelle traiteront du développement des arts et de la culture tant dans les milieux ruraux que dans les centres urbains, lors du colloque du réseau Les Arts et la ville.Le directeur du Théâtre du cuivre, Jacques Matte, et le maire de Rimouski, Eric Forest, coprésidents de ce réseau, présentent la rencontre de Victoriaville.BRIGITTE SAINT-PIERRE Les enjeux culturels actuels dans les zones rurales et les centres urbains ainsi que les alliances culturelles possibles font partie des questions qui seront abordées lors de Tédi-tion 2010 du colloque organisé par Les Arts et la ville, qui aura lieu à Victoriaville de mercredi à vendredi prochains.Fondée en 1987, cette organisation réunit les milieux municipaux et culturels.Le titre du colloque est «Culture des villes.Culture des champs.Le développement des arts et de la culture sur les territoires».Divers ateliers et conférences sont au programme.Certains traiteront des retombées des projets artistiques pour les collectivités, de fart public et de Timportance du développement culturel dans les milieux ruraux.D’autres porteront sur la technologie et les arts en milieu rural dans la francophonie canadienne, sur des modèles d’échanges et de partenariat entre les milieux ruraux et urbains dans le domaine de la création et sur des façons de tisser des liens entre le monde des affaires et le milieu culturel.Tout au long du colloque, différentes expériences, pratiques et réalités seront présentées.«Source de revitalisation» Eric Forest, coprésident Ville de Les Arts et la ville et maire de Rimouski, sera l’un des conférenciers invités à un atelier sur la culture comme source de revitalisation et moteur de l’économie.«On parle beaucoup de dé- vitalisation dans certains milieux ruraux.Moi, je pense qu’un des signes avant-coureurs de la dévitalisation d’un milieu, c’est quand on vit une dévitalisation culturelle», dit-il.De petites collectivités développent au contraire des projets culturels.M.Forest donne l’exemple d’une municipalité de quelque 400 habitants dans le Bas-Saint-Laurent, Esprit-Saint, qui a une maison de la culture et qui a mis sur pied un festival de théâtre amateur.« Quand on a une vitalité culturelle, c’est comme si notre milieu était capable de se regrouper et de se rassembler derrière des projets qui développent de la fierté, qui développent aussi de la vitalité», estime le maire de Rimouski.Selon lui, la culture peut être non seulement un moyen d’affirmation dans un contexte de mondialisation, mais aussi un facteur d’attraction.«Il faut que les gens aient le goût de s’installer chez nous, d’y demeurer, et la culture est un des leviers, à mon avis, fondamentaux de ce grand défi que les collectivités ont à relever aujourd’hui » Outil de développement Jacques Matte, coprésident Arts du réseau Les Arts et la ville, directeur du Théâtre du cuivre et président du Festival du cinéma international d’Abitibi-Té-miscamingue, abonde un peu dans le même sens.«Auparavant, les municipalités, on leur reprochait de s’occuper uniquement de sports, des arénas et tout ça, dit-il.De plus en plus, les municipalités s’occupent de culture, voient dans la culture un moyen de garder les jeunes dans leur région d’abord et valorisent le côté culturel [pour] attirer des compétences de l’extérieur, par exemple des médecins et des infirmières.» Le coprésident Arts fait valoir que le milieu municipal apporte une contribution financière à la diffusion de spectacles au Québec.Les diffuseurs pluridisciplinaires qui sont membres du RIDEAU (Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis) ont reçu au total environ 19 millions de dollars du secteur municipal, en un an.Ce chiffre provient d’une étude réalisée l’an dernier pour le compte de ce réseau de diffuseurs.La directrice générale du RIDEAU, Colette Brouillé, fera une présentation au colloque de Les Arts et la ville.LE DEVOIR DAVID VACHON COLLECTION ALCOA « Lieu de discussions » M.Matte affirme que le colloque est «un lieu de conscientisation», «un lieu de discussions» et «un lieu de rencontres».Des élus et des fonctionnaires municipaux ainsi que des artistes et des professionnels de la culture y prennent part.Le coprésident Arts estime que les élus qui y participent peuvent ensuite avoir une influence sur leur conseil municipal.« Quand on parle de questions culturelles dans plusieurs environnements, on se dit que c’est une dépense, qu’on n’a pas les moyens.Je pense que le colloque est un lieu pour trouver des clés, pour trouver des argumentations, pour faire en sorte que la diffusion culturelle se niaintienne.» Eric Forest, coprésident Ville du réseau, mentionne que les participants au colloque ont la possibilité d’échanger et de prendre connaissance d’expériences effectuées ailleurs et de visions provenant d’autres milieux.Collaboratrice du Devoir PORTNEUF L’art actuel est possible en milieu rural Page 2 .AFFAIRES 11 faut «valoriser la culture comme facteur de développement économique régional» Page 5 VICTORIAVILLE La ville du «développement durable» accueille le 23' colloque de Les Arts et îa ville Page 3 VALISE CULTURELLE Un outil offert «pour mettre en place une stratégie culturelle » Page 4 CANADA Le numérique décloisonnera-t-il les francophones périphériques?Page 7 Les Je suis très heureuse de soutenir le 23® colloque annuel du réseau Les Arts et la Ville.Par ses actions, il s'attache à mettre les arts et la culture au service de l'amélioration des conditions de vie au sein des municipalités du Québec.La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, CHRISTINE ST-PIERRE Québec H H G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI I“ET DIMANCHE MAI 2010 ARTS ET VILLES À Saint-Élie-de-Caxton et Portneuf L’art actuel est possible en milieu rural « J’ai appris que l’idée la plus folle mérite d’être regardée » Deux villages: Saint-Élie-de-Caxton et Portneuf.Deux arts: le conte et les arts visuels et textiles.Ajoutez-y de l’énergie, des discussions, des projets nés du cœur de la collectivité, de l’audace, et l’art se met à fleurir hors des villes.Résultat?Deux villages en pleine renaissance.CATHERINE LALONDE C> est le conteur Fred Pelle-rin qui a fait revivre Saint-Élie-de-Caxton.En disant de toute sa verve les histoires du village, il a éveillé la curiosité touristique.«C’est Fred qui est la bougie d’allun}age, explique le maire de Saint-Élie, André Garant.Dans les villages ruraux, la population diminue.Ici, depuis 2005, elle a augmenté de 400 personnes.Les dépanneurs ferment autour, nous on en a un nouveau.Le magasin général va rouvrir.Il y a trois ans, on était toujours inquiet pour l’école, on ne savait pas si elle allait fermer.Là, on a des bénévoles qui sont en train d’y monter un projet autour de la culture, du conte et surtout de la musique, pour attirer les jeunes ménages.» Bref, le village revit.Traverse de lutins Le succès de Pellerin s’entame alors que M.Garant arrive à la mairie.Premier projet pensé ensemble: la signalisation des bâtiments patrimoniaux.Tout de suite après, les audioguides et le tour «conté» du village.Un investissement de 150 000 $, lourd pour la petite municipalité.«Depuis que je suis là, j’ai appris que l’idée la plus folle mérite d’étre regardée», admet M.Garant.Se sont ajoutés les tours en autobus — «pour juin, on a déjà des réservations pour un, parfois deux bus par jour» — La Féerie de Noël, qui meuble décembre, la fabrique, qui assure la survie dq l’église, le gîte, le restaurant.A venir?Le garage de Léo Déziel, acheté par la municipalité, qui cogite sur sa transformation.«On pense à un projet régional entre villages, et même plus.Saint-Élie a aussi la villégiature.On a 38 lacs autour, avec des chalets à louer.On va commencer à agrandir le cercle.Ça diversifie l’économie.» Se discute avec le village voisin de Charette la revitalisation de la gare, pour instaurer un trajet de train depuis Montréal.«Cette année, on vise 35 000 visiteurs.Ce n’est pas le nombre qui est important, mais de bien accueillir.On ne veut pas exploiter les touristes.On fait attention aux commerçants itinérants, aux petits marchés aux puces dans les coffres de voiture qui arrivent tout d’un coup.Les investisseurs nouveaux, eux, sont bienvenus, s’ils veulent rester.» Si la population est fière du développement du village, c’est aussi parce que chaque projet est discuté en assemblée.Le maire est heureux de «la solidarité que ç’a créée entre les gens.Il y a toujours quelqu’un pour donner un coup de main.C’est palpable.» Tisser des liens et du lin «Dans les années 1930-1940, tous les fermiers de la vallée du Saint-Laurent avaient un carré de lin.A Saint-Léonard, quand tous les villages se cherchaient un MICHEL DUBREUIL Le Peseur d’âmes et le dur désir de durer (Hommage à Louis Jobin, sculpteur), 2007, de Thérèse Chabot (Biennale internationale du lin de Portneuf) festival de quelque chose, c’est le lin qu’ils ont choisi.» Donald Vézi-na, directeur général de Culture et patrimoine Deschambault-Grondines, relate ainsi les débuts de la Biennale internationale du lin de Portneuf.Lorsque Pont-Rouge, Saint-Léonard et Deschambault-Gron-dines ont pensé ensemble à l’intégration culturelle, ils ont décidé de l’axer autour du festival.Après un voyage d’exploration en Haute-Normandie, en Belgique et en Finlande, pour voir ce qui se fait là-bas, naît en 2005 la biennale.Axée sur les métiers d’art, les arts visuels et la mode, la biennale traite le lin sous toutes ses coutures.«Les fibres peuvent être amalgamées avec des brins de cuivre, des crins d’animaux ou d’aluminium» pour créer des textures différentes.Les œuvres sont présentée^ dans les lieux patrimoniaux.A l’église, même.«Il a fallu rencontrer les gens, démontrer qu’il n’y aurait rien de disgracieux.Mais on ne fait pas de demi-mesure! On saute de plain-pied dans l’art contemporain.Et on travaille: je monte en chaire à la messe le di- manche pourparler de la signification.On présente des oeuvres solides, mais on fait la vulgarisation.On a mis à l’église une oeuvre de Louise Lemieux-Béru-bé.Aimez-vous les uns les autres, qui montre des couples de races différentes, deux hommes, une femme et un déficient intellectuel.Il y a des gens que ç’a bousculé, mais finalement la majorité a été émue.Le curé en a même fait des sermons.» Après seulement deux biennales, des liens se tissent avec l’Europe.Des artistes finlandais, français et belges sont reçus.Les prochains commissaires, pour 2011, viennent de l’Irlande et de la Belgique.Car la biennale ne cache pas sa volonté de s’ouvrir sur l’international.Certaines expositions d’ici pourraient bientôt se promener, modestement mais sûrement, à Paris, à Bruxelles et en Irlande du Nord.Selon M.Vézina, sur les quelque 20 000 visiteurs de la biennale, le taux de fréquentation de la population régionale n’est «pas fulgurant», mais le village, déjà sur la route touristique, sent des retombées réelles.«De jeunes familles sont arrivées, et on y compte beaucoup de créateurs.Ça revitalise le comté.Il y a une fierté des gens d’ici parce qu’on fait parler d’eux autrement qu’avec un festival de la grosse bière.» L’art actuel est donc possible en milieu rural?«C’est possible dans mon village, mais ça prend un ancrage réel, ce n’est pas de la génération spontanée.Le village a toujours eu un niveau culturel élevé.Il faut que les projets soient intégrés dans la collectivité.Il faut miser sur la richesse réelle de chaque région.L’art n’est pas une panacée.L’agroalimentaire non plus.Il n’y a pas de solutions miracles.» Mais, avec des gens à l’écoute, qui connaissent leur village, qui ont envie de le pousser et qui osent.les petits miracles sont possibles.Collaboratrice du Devoir ¦ André Garant et Donald Vézina seront accompagnés par Colette Brouillé, du RIDEAU, poru présenter «Développement culturel: créativité, fierté, vitalité», le jeudi 9 mai à 9 herues.23^ COLLOQUE LES ARTS ET LA VILLE CULTURE DES VILLES LE DÉVELOPPEMENT DES ARTS ET DE LA CULTURE SUR LES TERRITOIRES CULTURE DES CHAMPS AU CENTRE DES CONGRÈS DE VICTORIAVILLE DU 5 AU 7 MAI 2010 Vous Assistez à la remise des prix Les Arts et la Ville et découvrez les lauréats des prix Aménagement Télé-Québec, Culture et développement, et Citoyen de la culture UMQ! Partenaires: UMQ UNICrN DES MUNiaPAUI^ DU C AJÉOEC Nos partenaires: Victoriaville Affaires municipales.Régions et Om/pation du territoire Québec g g Avec la participation de : • Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine Patrimoine Canadian canadien Heritage LES MEMBRES DU RÉSEAU k^msLE GAUmEAU CRE.AVEC: ÉRIC FOREST, maire de Rimouski JACQUES MATTE, directeur.Théâtre du cuivre, et président, Festivai du cinéma internationai d'Abitibi-Témiscamingue SIMON BRAULT, président, Cuiture Montréai CLAIRE BOLDUC, présidente, Soiidarité rurale du Québec MAURICE FORGET, avocat-conseil, Fasken Martineau, et personnalité Arts-Affaire 2009, Chambre de commerce de Montréal ANDRÉ GARANT, maire, Saint-Élie-de-Caxton NATALIE MCNEIL, directrice générale.Alliance des producteurs francophones du Canada RICHARD BLACKBURN, directeur général et artistique,Théâtre de la Dame de Coeur d’Upton LOUIS WAUTHIER, directeur artistique.Théâtre du Palais municipal de La Baie, La fabuleuse histoire d'un Royaume et Les aventures d'un Flo JEAN FORTIN, maire.Ville de Baie-Saint-Paul DOMINIQUE LAQUERRE, artiste en arts visuels Et plusieurs autres.PLUS D’UNE QUINZAINE DE CONFÉRENCES, DE FORUMS D’ÉCHANGE ET D’ATELIERS DE FORMATION La culture au cœur du développement de nos territoires Les retombées des projets artistiques pour ies communautés dans ies municipalités Développement culturel : créativité, fierté, vitalité Modèles d’échanges et de partenariats entre les milieux ruraux et urbains dans le domaine de la création La culture, un secteur d’avenir Comment convaincre le monde des affaires d’investir dans la culture?DÉCOUVREZ LE PROGRAMME COMPLET EN VISITANT LA SECTION ACTIVITÉS DU WWW.ARTS-VILLE.ORG information : Téi, : 418 691 -7480 Courriei : info@aits-viiie,org Le réseau Les Arts et ia Viiie réunit ies miiieux municipai et cuiturei afin de promouvoir, de soutenir et de défendre ie développement culturel et artistique des municipalités.Découvrez un mouvement qui rassemble plus de 500 municipalités et 170 organisations culturelles pour qui la culture est synonyme de vitalité et d'avenir.HOTELS VILLEGIA UNE SECONDE NATURE /SSBIDI^nATKaiALE QütnBC DCputC d’Arthabaska CLAUDE BACHAND LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 G 3 ARTS ET VILLES Victoriaville, ville hôtesse Au pays du développement durable « Nous sommes la seule municipalité au Québec qui soit active auprès de la Pologne » Le 23® colloque Les Arts et la ville a lieu cette année à Victoriaville, une charmante municipalité de 42 000 habitants située exactement au centre du Québec.«II s’agit d’une ville en pleine effervescence en matière économique et en progression démographique», résume le maire, Alain Rayes.CLAUDE LAFLEUR Située dans la municipalité régionale de comté d’Artha-baska, dans la région administrative du Centre-du-Québec, Victoriaville est considérée comme le berceau du développement durable.Elle se veut également un exemple de djma-misme communautaire, tout en offrant son savoir-faire sur la scène internationale.Auparavant directeur de l’école secondaire Le Tandem boisé, Alain Rayes a été élu maire l’automne jdernier, à 37 ans seulement.«Etre maire de Victoriaville, c’est quelque chose!, laisse-t-il filer.Après six mois, je suis toujours aussi fier du poste auquel j’ai accédé.C’est au-delà de mes espérances!» Son principal défi, dit-il, est de concilier travail et famille, lui qui est marié et père de trois jeunes enfants.«Pour le reste, comme il s’agit d’une ville en bonne santé financière, en plein développement, et que tout roule à un train d’enfer, c’est très agréable d’être maire.» Comme toute autre ville, poursuit-il, Victoriaville a ses défis à relever, principalement en matière d’infrastructures et de culture.«Pour cette raison, nous sommes très heureux d’accueillir le colloque Les Arts et la ville, puisque ce sera pour nous, les élus, l’occasion d’enrichir nos idées.C’est d’autant plus important que nous sommes en ce moment à définir un plan de développement stratégique.Le colloque nous permettra donc d’explorer vers quoi nous pourrons aller en tant que ville dans le domaine des arts.» Améliorer l’environnement La notion de développement durable, et particulièrement la récupération et le recyclage des déchets domestiques, est née très tôt à Victoriaville, grâce à Normand Maurice.Cet enseignant à la poljrvalente Le Tandem boisé a, dès les années 70, mis sur pied Récupération Bois-Francs, l’un des premiers centres de tri au Québec.Il a par la suite lancé le premier Centre de formation en entreprise de récupération.Ce centre offre aux jeunes âgés de 16 à 18 ans une formule unique, reconnue par le ministère de l’Éducation, conjuguant formation générale et expérience concrète en usine de tri.Victoriaville est par conséquent la ville où on récupère et recycle le plus haut taux de matières résiduelles au Québec.«Nous dépassons les 70 % de récupération, dit fièrement Alain Rayes.Nous avons déjà atteint les cibles que le gouvernement a fixées pour l’avenir, alors que l’objectif zéro résidu reste toujours dans notre mire.» Pour parvenir à ses fins, la municipalité ajoute régulièrement de nouvelles mesures.Par exemple, récemment, chaque résidence a reçu un petit bac brun pour y récupérer les résidus de table.«De la sorte, il ne reste plus grand-chose dans le bac de déchets non recyclables», indique M.Rayes.De même, il y a cinq ans, afin de contrer l’achat d’eau en bouteille de plastique, les citoyens ont reçu un contenant pour conserver l’eau du robinet dans leur réfrigérateur.«C’est en instaurant ce genre de mesures qu’on parvient à changer graduellement les habitudes des citoyens», glisse au passage le maire.Qui plus est, Victoriaville s’est récemment vu décerner la mention 5 étoiles pour la qualité de son eau potable.«Il s’agit de la norme la plus élevée qui soit, précise M.Rayes.A travers le monde, seules trois municipalités possèdent cette distinction, dont Victoriaville!» Alors que tous les véhicules de transport de la ville fonctionnent à l’électricité, on travaille à présent à développer un projet de production de biogaz à partir des matières résiduelles.«Si cela se concrétise, rapporte M.Rayes, on pourrait penser que tout le reste de nos véhicules ainsi que nos édifices pourront un jour être alimentés avec du biogaz.» La ville expérimente en outre une méthode ingénieuse de se débarrasser de ses restes de peinture.Déjà, elle possède une usine de traitement des restes de peinture.Toutefois, en fin de processus, il reste une quantité ultime de peinture impossible à traiter.«Nous tenterons cette année d’incorporer ces résidus dans le béton qu’on utilise pour faire nos trottoirs», indique M.Rayes.Qn espère ainsi remplacer une partie de l’eau utilisée normalement pour couler le béton, de l’eau potable 5 étoiles.«Si l’expérience s’avère concluante, ajoute-fil, l’entreprise de traitement des peintures ne produira pratiquement plus aucun déchet, alors que la ville économisera de l’eau potable produite à grand frais.» La filière polonaise Le savoir-faire développé par diverses entreprises de Victoriaville est même reconnu sur la scène internationale, indique encore le maire.«Certaines de nos entreprises sont reconnues pour tout ce qui s’appelle récupération et mise en valeur des déchets», dit-il.Ces dernières années, la Ville a même développé des liens avec la Pologne.«Nous sommes la seule municipalité au Québec qui soit active auprès de la Pologne, rapporte M.Rayes, tout juste rentré de la deuxième mission économique menée par un groupe d’industriels de Victoriaville dans ce pays.La Pologne cherche à se mettre au diapason des autres pays de l’Europe et elle recherche de l’expertise dans différents domaines, explique Alain Rayes.«Nous pensons qu’il y a là un marché intéressant pour faire des affaires et pour créer de l’emploi chez nous, dit-il.Les Polonais sont très intéressés par tout le volet écologique et ils veulent savoir comment on fait de notre côté.» «On se dit le berceau du développement durable et nous souhaitons demeurer un leader dans le domaine, résume Alain Rayes.De plus, nous cherchons toujours à améliorer notre environnement pour les générations présentes et pour celles à venir.Nous allons léguer aux générations qui nous suivront sans, et je tiens à le dire, que ceux qui sont là à présent en subissent les contrecoups.C’est dire que nous le ferons de façon responsable.» Collaborateur du Devoir « Les gens n’en revenaient pas qu’il se passe quelque chose en région » À Victoriaville, certains passionnés ont réussi à se tailler une place enviable dans le monde de l’art et de la culture.Bienvenue au FIMAV, au Grave, chez Parminou et au Musée Laurier.MARTINE LETARTE Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) est un morceau important de la scène culturelle et artistique de Victoria-ville.«Au début, ça nous a aidés de ne pas être dans un grand centre.On était une curiosité.Les gens n’en revenaient pas qu’il se passe en région quelque chose qui n’était pas présent dans les grands centres», affirme Michel Levasseur, directeur général et artistique du FIMAV.Mais, 27 ans plus tard, après le 25® anniversaire célébré en 2008 et une année de pause en 2009, la réputation du FIMAV n’est plus à faire.«C’est 15 % de notre clientèle qui vient de la région et les autres 85 % viennent de l’extérieur, dont 35 % hors Québec.Nous avons une couverture médiatique internationale et plusieurs producteurs viennent de différents pays pour faire du repérage», explique M.Levasseur.Avec le marché qui s’est beaucoup développé au fil des ans, notamment à Montréal avec Élektra et Mutek, le FIMAV doit toutefois continuer à travailler pour attirer bon nombre de spectateurs.«C’est de plus en plus difficile de faire découvrir des choses aux gens, qui sont maintenant très au courant de ce qui se passe! On présente donc le FIMAV comme un happening concentré.C’est aussi un événement de proximité.Le public, les journalistes et les artistes se côtoient, entre autres parce qu’ils logent tous au même hôtçl, c’est le seul de toute façon!» A quoi peut-on s’attendre pour la 26® édition qui se tiendra du 20 au 23 mai?«Nous aurons une présence québécoise particulièrement importante, avec près de 50 % des artistes, précise M.Levasseur.Lors du concert d’ouverture, le Montréalais Sam Shalabi présentera une SEAN O'HARA Le musicien montréaiais Sam Shaiabi création avec une vingtaine de musiciens et cinq chanteuses.Nous aurons aussi en clôture René Lussier, à qui on doit la trame sonore du Moulin à images, de Robert Lepage.Il nous présentera en première mondiale sa création intitulée 7 têtes.» Et, cette année, le festival présentera aussi un volet extérieur, avec des installations sonores et des projections de films.¦ Pour plus d’information: www.fimav.qc.ca Un 25® déjà Le Grave, Groupement des arts visuels de Victoriaville, fête pour sa part son 25® anniversaire cette année.«Notre soixantaine de membres sont actifs dans l’art actuel, dans la recherche, dans l’expérimentation.Nous essayons tous de trouver de nouvelles façons de faire de l’art», explique Jocelyn Fiset, directeur général et artistique du Grave.Alors que Victoriaville a clairement pris le virage du développement durable en mettant sur pied différentes initiatives en matière de recyclage et de récupération il y a quelques décennies, le Grave a décidé d’accompagner la ville dans sa démarche.«Tous les membres intègrent à leur façon des notions de recyclage et de récupération dans leur art.Mais on ne se limite pas aux matières.Il peut aussi être question de récupération d’images vidéo, de concepts, d’œuvres, etc.On ne veut pas limiter la création», affirme M.Fiset En tant que seul centre géré par un collectif d’artistes en arts visuels dans la région du Centre-du-Québec, le Grave se fait un devoir de montrer à la population différentes formes de création, comme la photo, la vidéo et la performance.Tout cela, gratuitement.Le Grave travaille actuellement à accroître sa visibilité locale et internationale.«En septembre, précise M.Fiset, nous aurons deux artistes du Japon en résidence.Nous aurons aussi des artistes français, et d’autres pays sont dans les plans.» ¦ Pour plus d’information: www.oculiartes.or g Et près de 40 ans Qù se rendent plusieurs comédiens amateurs de théâtre social d’intervention de la province pour trouver du boulot?A Victoriaville, pour rejoindre le Théâtre Parminou, un incontournable en la matière qui a près de 40 ans.«Nous faisons des créations à partir de différents thèmes et nous engageons des comédiens d’ici, mais nous devons aussi aller en chercher ailleurs, comme à Montréal et à Québec.Nous présentons d’abord nos spectacles dans la région et, ensuite, nous allons les jouer partout au Québec», explique Maureen Martineau, codirectrice artistique du Théâtre Parminou.En moyenne, la troupe joue environ 350 représentations par aimée de ses différents spectacles, dont environ la moitié sont consacrés aux jeunes.Le Théâtre Parminou a aussi une bonne visibilité internationale, notamment grâce à la Fondation Qne drop, de Guy Laliberté.«Nous agissons à titre de troupe-conseil pour des troupes du Nicaragua et du Honduras qui font des pièces sur l’eau, les sécheresses, etc.», affirme Mme Martineau.La troupe de théâtre d’intervention a aussi créé des liens solides avec ses pendants européens.Elle se rend fréquemment en Belgique notamment, pour participer au Festival Théâtre Action, qui amène le groupe à parcourir quelques pays européens.¦ Pour plus d’information: www.parminou.com Présent depuis 1929 Wilfrid Laurier, premier Canadien français à devenir premier ministre du Canada, de 1896 à 1911, s’est fait construire une résidence de style victorien en 1879 en face de son bureau d’avocat à Ar-thabaska, aujourd’hui fusionnée à Victoriaville.Depuis 1929, les gens peuvent la visiter.«C’est toutefois seulement en 1989 que le bâtiment a été classé Monument historique du Québec et, en 2000, Lieu historique national du Canada», précise Richard Ped-neault, directeur conservateur du Musée Laurier.En 1996, le Pavillon Hôtel des postes a été ouvert, un bâtiment de style Second Empire construit en 1911.«L’an prochain, pour son centième anniversaire, nous changerons son nom pour le Musée de l’Hôtel des postes et on dédiera le premier étage à la réalité des postes de l’époque», explique M.Pedneault.Le Musée Laurier, qui reçoit en moyenne 12 000 visiteurs par année, possède aussi une collection d’œuvres contemporaines composée principalement de dessins et d’estampes.«Nous avons aussi bien sûr quelques œuvres de Suzor-Côté et d’Alfred Laliberté, deux artistes de la région», précise le directeur et conservateur.¦ Pour plus d’information: www.museelaurier.com Collaboratrice du Devoir Longueuil se prépare ^"""envolée I d'événements ¦ culturels f Ligne Info-culture : 450 463-7181 longueuil.ca/culture ££ Près des gens et reflet de notre identité, de nos valeurs et de nos croyances, la culture est une richesse qui ponctue nos vies en lui apportant beauté et émotions.En rythme, en fantaisie et en musique, Longueuil sera cet été, une destination culturelle de choix ! » - Caroline St-Hilaire Mairesse de la Ville de Longueuil G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 ARTS ET VILLES Les Arts et la ville Le réseau aux 506 municipalités Le réseau Les Arts et la ville regroupe 506 municipalités de différentes tailles et 183 organisations culturelles.Il rassemble quelque 2000 personnes, qu’il s’agisse d’élus, de fonctionnaires municipaux, d’artistes ou de travailleurs culturels.Les membres du réseau Les Arts et la ville viennent de différentes régions du Québec, mais aussi de collectivités francophones situées dans d’autres provinces canadiennes.«Ça beaucoup évolué depuis 1996, alors qif’on comptait 20 villes ou municipalités», dit M.Eric Forest, maire de Ri-mouski et un des coprésidents du réseau.«La mission du réseau, c’est de soutenir, de promouvoir et de défendre le développement culturel et artistique local, en regroupant les acteurs des scènes municipales et culturelles», indique le maire de Rimouski.En collaboration avec des partenaires, le réseau remet des prix pour souligner l’engagement culturel de municipalités et d’organismes.Il organise également des laboratoires artistiques de développement local.Dans le cadre de ces labo- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jacques Matte, président du Festival du cinéma d’Abitibi-Témiscamingue SOURCE VILLE DE RIMOUSKI Eric Forest, maire de Rimouski ratoires, un artiste se rend dans une municipalité et s’y balade durant une journée en compagnie d’un élu.Une réflexion se fait autour d’une préoccupation de cette municipalité et la population locale est mise à contribution.Cette année, des laboratoires ont eu lieu à Mont-Tremblant (Québec), à Petit-Rocher (Nouveau-Brunswick) et à Kapuskasing (Qntario).L’organisation Les Arts et la ville a aussi mis au point une «valise culturelle de l’élu municipal».Ce document traite par exemple du système culturel québécois, du rôle des municipalités en matière de culture, d’outils de planification et d’intervention ainsi que de sources de financement.Jacques Matte, coprésident Arts du réseau Les Arts et la Ville et président du Festival du cinéma international d’Abitibi-Témiscamingue, ajoutera que le réseau Les Arts et la ville souhaite augmenter le nombre de ses membres, inclure de plus en plus d’artistes et accroître sa visibilité.«On s’en va vers le 25‘ anniversaire et souvent, dans plusieurs milieux, c’est encore méconnu.» M.Forest mentionne, quant à lui, que l’organisation envisage notamment de présenter la valise culturelle de l’élu aux membres de l’Assemblée nationale du Québec.B.St-R Saguenay Capitale culturelle du Canada 2010 NOTRE CULTURE VOUS EN FAIT VOIR! ba^uenay Avec la participation de : lAl Patrimoine Canadian 1^1 canadien Heritage Æ^Capitale culturelle fe du Canada 2010 La valise culturelle à Laval La culture donne aux municipalités une identité Un outil est offert « pour mettre en place une stratégie culturelle » L’an dernier, le réseau Les Arts et la ville a dévoilé sa valise culturelle de l’élu.D’emblée, la Ville de Laval l’a adoptée et est alors devenue une des premières municipalités au Québec à s’en servir.PIERRE VALLEE Il faut d’abord savoir que la Ville de Laval est un des membres fondateurs du réseau Les Arts et la ville, explique Paul Lemay, directeur du service à la vie communautaire, à la culture et aux communications de la Ville de Laval.De plus, nous avons collaboré à la mise en place de la valise culturelle de l’élu, il était donc tout naturel de l’utiliser dès le départ» Rappelons que la valise culturelle de l’élu se veut une sorte de guide culturel.Qn y brosse un portrait du système culturel québécois et de ses principaux acteurs, ainsi que du rôle des municipalités québécoises en matière de culture.La valise contient aussi une foule de renseignements utiles qui s’adressent à quiconque voudrait entreprendre une action culturelle au niveau municipal.«Elle contient aussi un lexique qui aide à se retrouver dans le jargon spécifique du milieu culturel.» La Ville de Laval a repéré trois clientèles pom qui la valise culturelle dç l’élu est particulièrement utile.Evidemment, comme son nom l’indique, les élus figurent au premier chef.«A Laval, on l’utilise en premier auprès des nouveaux élus auxquels le monde culturel est parfois peu ou pas familier.La valise culturelle les accompagne abrs dans leur apprentissage du monde de la culture.Il en est de même pour tous les élus qui soudainement deviennent porteurs d’un dossier culturel.Ces derniers ont souvent une bonne expérience dans la gestion de dossiers municipaux, comme les travaux publics, mais, lorsqu’ils se retrouvent avec un dossier culturel, ils sont souvent moins à l’aise.La valise culturelle les aide aussi à bien comprendre l’ordre d’intervention des municipalités dans le domaine de la culture.» La seconde clientèle visée est celle des fonctionnaires.«La valise culturelle sert à tout fonctionnai- re qui travaille à un dossier culturel.Elle est particulièrement utile lorsqu’un fonctionnaire commence sa carrière dans la fonction publique municipale, puisqu’elle permet de le familiariser dès le départ avec la vie culturelle.Elk a k mérite de lui donner les outils nécessaires pour s’adresser au monde culturel, qui est très différent de celui des loisirs, par exemple.De plus, selon la politique culturelle de la municipalité, elle permet au fonctionnaire de mettre en place ks actions qui viendront donner vie à cetk politique culturelk.» Le milieu culturel La troisième clientèle visée par la Ville de Laval est la communauté culturelle elle-même, artistes individuels et organisations culturelles y compris.«Si les artistes et les organisations culturelles connaissent bien le fonctionnement des organismes fédéraux et provinciaux de soutien aux arts, comme le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec, le fonctionnement des municipalités dans le domaine de la culture leur est par contre moins familier.Si, aux niveaux fédéral et provincial, les règles sont les mêmes pour tout le monde, ce n’est pas le cas au niveau municipal, où les règles sont souvent plus souples.Un intervenant culturel qui voudrait entreprendre une démarche au niveau municipal a intérêt à consulter la valise culturelle, puisqu’il y apprendra comment s’y prendre.Il faut évidemment un bon projet, mais il faut aussi trouver le bon porteur de dossier dans la municipalité.Il faut aussi lui fournir les bons mots et les bons arguments pour qu’il puisse faire passer le dossier auprès des dirigeants.» De l’importance de la culture pour les municipalités Paul Lemay croit que la culture est un élément essentiel de la vie municipale.«La culture est identitaire et elle sert à retenir les jeunes dans les municipalités.Cela est particulièrement vrai en région et dans les petites municipalités, où on pratique souvent ce qu’on appelle une culture de survie, c’est-à-dire que la culture sert d’élément de démarcation pour la municipalité.» Une démarcation qui peut changer l’image entière d’une municipalité.«Prenons par exemple la ville de Trois-Rivières qui, il y a de cela quelques années, était surtout connue comme la capitale du chômage au Québec.Du moins jusqu’au jour où Trois-Rivières a mis en place son festival de poésie, aujourd’hui de renommée internationale.De nos jours, lorsqu’on pense à Trois-Rivières, c’est son festival de pohk qui vient en tête en premier.Evidemment, la situation économique à Trois-Rivières demeure difficile, mais être la capitale de la poésie au Québec, c’est une image de marque passablement plus attrayante que celle de capitale du chômage.» Il demeure convaincu que la valise culturelle des élus «peut grandement aider les municipalités et les collectivités à mettre en place une stratégie cul-turel-le».Et si c’est déjà fait, comme à Laval, «elle sert alors au développement de notre plan d’action en accord avec notre politique culturelle».Au pis-aller, croit-il, la valise culturelle ne peut pas faire de tort.«Ne serait-ce que pour bien faire comprendre l’importance d’une bibliothèque municipale au sein d’une collectivité.Elle a aussi le mérite de faciliter le rapprochement entre le milieu culturel et le milieu municipal et de permettre aux deux mondes de s’apprivoiser.C’est un rapprochement nécessaire, mais qui est difficile à faire lorsqu’on n’est pas conscient des contraintes et des exigences de chacun, ce que permet la valise culturelle des élus du réseau Les Arts et la ville .» Collaborateur du Devoir ¦ Paul Lemay et Joceljme Guer-tin, de la Ville de laval, présenteront la valise culturelle le jeudi 6 mai à 15h30.SOURCE TOURISME LAVAL La Maison des arts de Laval Laval, capitale du .Chant, choral LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 G 5 ARTS ET VILLES Culture et affaires Québec horizon culture entre en piste Il faut « valoriser la culture comme facteur de développement économique régional » Jeter des ponts entre le monde de la culture et celui des affaires est, depuis quelque temps, l’une des grandes priorités de la Chambre de commerce de Québec.Explications avec deux acteurs qui sont au cœur de l’action.THIERRY HAROUN C> est en février 2009, dans l’optique de Québec horizon culture, que la Chambre de commerce de Québec (CCQ) s’associe au ministère de la Culture pour mettre en œuvre une stratégie de développement culturel pour la ville de Québec.Deux axes d’intervention sont alors privilégiés: le développement de la culture et le financement privé de la culture.En fait, le coup d’envoi de Québec horizon culture a été officiellement donné en avril 2008 par la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, et le maire de Québec, Régis La-beaume, en présence d’invités de marque, dont Robert Lepage, qui agit à titre de président d’honneur de cet organisme, «né du souhait exprimé par les milieux d’affaires et culturel afin f LOUISE LEBLANC Danielle Bédard, responsable du développement des affaires et de la culture à la Chambre de commerce de Québec de dynamiser la région de la Capitale-Nationale.Pour y arriver, il a été convenu de miser sur le rôle moteur de la culture, de tabler sur des enjeux prioritaires et de partager une vision commune des différentes forces qui façonnent Québec», lit-on dans la communication officielle.Des chiffres et des lettres Une étude sur les activités culturelles en 2004-2005 conduite en 2008 par l’Institut de la statistique du Québec, à l’initiative du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appa-laches, démontre que les dépenses totales dans ce secteur atteignaient 2,2 milliards de dollars et soutenaient près de 24 000 emplois directs (en personnes-années).Cette étude indique de plus que les gouvernements fédéral et provincial ont perçu un montant total de 225 millions de dollars provenant des impôts sur les salaires et des taxes et que chaque dollar dépensé directement pour l’ensemble des activités culturelles entraîne une contribution de 1,48 $ dans l’économie de la province.Enfin, au terme d’une vaste consultation menée auprès des membres de la Chambre de commerce de Québec, entre novembre 2008 et janvier 2009, sur le financement privé de la culture dans la région de Québec, plusieurs grands constats ont pu être tirés.On y apprend notamment que, «si la grande entreprise est nettement plus présente dans le financement de la culture, les PME sont elles aussi sensibles à NICOLA-ERANK VACHON OÙ vas-tu quand tu dors en marchant?, un spectacle extérieur qui se tiendra à Québec dans ie cadre du Carrefour internationai de théâtre, du 25 mai au 12 juin prochains.cette cause.Ces dernières ne sont toutefois pas au fait des besoins du milieu mais, bien qu’elles n’aient pas le temps d’aller au-devant des demandes, elles demeurent néanmoins réactives lorsque celles-ci leur sont déposées.» Le commentaire du président «Vous savez, l’un des mandats que notre chambre de commerce s’est donné, c’est de valoriser la culture comme facteur de développement économique régional», raconte Christian Goulet, actuel président du conseil d’administration de la CCQ et ancien président de cette même chambre en 2008-2009.C’est d’ailleurs sous sa présidence que la CCQ s’est engagée à titre de partenaire de Québec horizon culture.Dans cette optique, précise M.Goulet, également vice-président adjoint du secteur public et responsable de la région de Québec chez Bell Canada, la CCQ s’est donné pour mission «de mettre sur pied un fonds de 300 000 $ et d’engager une personne qui va se consacrer à la culture, ce qui est fait».En effet, le fonds de 300 000 dollars s’étendant sur une période de trois ans vient d’être mis en branle par le biais d’une entente tripartite liant la CCQ (100 000 $), le ministère de la Culture (100 000 $) et le Centre local de développement de Québec (100 000$).Ce fonds viendra appuyer des projets visant à accroître la participation du secteur privé au financement et au développement de la culture à Québec.Ainsi, trois types de projets pourront être accueillis dans le cadre de cette entente: le ré-seautage et le regroupement d’entreprises autour de projets culturels structurants; le mentorat et le jumelage entre gestionnaires culturels et gens d’af-faires; et les projets d’entreprises culturelles à but lucratif en émergence.Faire tomber les préjugés «Dans quelques semaines, nous allons lancer un appel de projets dans le cadre de ce fonds», souligne Danielle Bédard, responsable du développement des affaires et de la culture à la Chambre de commerce de Québec.«Mon mandat, dit-elle, est de faire connaître aux entreprises les avantages de soutenir la culture, de favoriser l’intégration du secteur de la culture et du monde des affaires au sein de notre chambre de commerce et de ses membres et d’accroître la consommation de la culture.J’ajouterais que ces deux secteurs ont des points en commun; ce sont des gens passionnés, la plupart risquent beaucoup et ils doivent constamment se réinventer.Mon travail consiste justement à faire en sorte que ces deux milieux apprennent à se connaître, parce qu’ils se connaissent mal et se parlent peu.» Même si elle est en poste depuis peu, Mme Bédard a déjà organisé plusieurs activités qui visent justement à jeter des ponts entre ces deux domaines.«En février dernier, par exemple, on a convié des gens d’affaires au festival du Mois Multi à la coopérative Méduse.Ça été un grand succès, plus de 135 personnes y ont participé.Les gens d’affaires ont appris à connaître le festival et la coopérative.C’est stimulant parce que ce type d’activité fait tomber certaines barrières et certains préjugés.» Collaborateur du Devoir ¦ Christian Goulet et Danielle Bédard interviendront avec Maurice Eorget, de Easken Martineau, et Ginette Gauthier, du Domaine Eorget, lors du colloque «Comment convaincre le monde des affaires d’investir dans la culture?», présenté le vendredi 7 mai à 11 heures.La Ville de Victoriaville est heureuse d'accueillir la 23® édition du COLLOQUE LES ARTS ET LA VILLE du 5 au 7 mai à Victoriaville 150 Victoriaville iseï ans.2011 Evénements culturelsg^ fafeisbn Le Festival internatibrial^.^*^ - , musique actuelle de Victorjavllle Bienvenue a Le Festival Rétro Pop Le Festival Emergences d août » 819 758-1571^ www.ville.victoriaville.qc.ca ENTRÉE LIBRE EXPOSITION DÈS LE 17 JUIN Espace Création 1 Loto-Québec lotoquebec.com/espacecreation afe V.O PCWÎC vie pleile MAUDITE VIE PLATE - ^ > I f 9-'r^ ¦' '/fi: .'0 fül'^ à V' ¦¦ / lATE__________________________________ * '‘A/l plate„a._ m MTE vie raidut Wl'UcÇjîe Vie msiudll.x>cjK.tJi3iTE: maudit niât T npa Commissaire En collaboration avec: RENÉ RICHARD CYR BeEEes-sœurs tout E'éte B joEiette 450 759-6202 luujiij t)eeees.soeurs ca cyberpresse.ca théJtre i D'AUJOURD'HUI deJoUe^ G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 ARTS ET VILLES Villes et villages d’art et de patrimoine Et si on mettait en valeur le patrimoine culturel local ?De l’attrait de la culture au développement social et économique En 1998, le ministère de la Culture et des Communications a lancé le programme Villes et villages d’art et de patrimoine (WAP), pour permettre aux différentes collectivités de déployer leur propre politique culturelle.Mais, alors que Québec s’est retiré petit à petit du financement du processus, la centaine de membres, villes et municipalités, MRC, conseils de bande et autres organismes territoriaux de toute la province, ont décidé de se regrouper en fondation et de développer un réseau.HELENE ROULOT-GANZMANN Par des échange d’informations, d’expertises, de bonnes pratiques, l’objectif pour WAP est simple: tisser des liens solides entre des partenaires ayant des préoccupations communes en matière de développement culturel et patrimonial.«Sur nos territoires, l’aspect culturel a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années, affirme Michel Lagacé, président de la fon- dation WAP et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup.Les gens sont plus sensibilisés à l’impact de la culture sur l’amélioration de la qualité de vie, donc sur l’attrait d’une zone pour les travailleurs, les jeunes familles, etc.Au départ, on ouvre un seul poste, celui d’agent culturel.Mais, parson entremise, son rayonnement sur le territoire, d’autres projets prennent place, etç’a abrs un impact significatif sur la création d’emplois.Ça amène de l’effervescence à l’intérieur des milieux, de la fier- au cœur de nosy n Drummondvilte/^è\fjpr< té, un sentiment d’appartenance et de l’attachement» Interventions Objectif numéro un: redynamiser les milieux ruraux.Avec, au centre du dispositif, donc, un agent de développement.Son rôle: établir un portrait culturel du milieu dans lequel il évolue et définir alors la politique culturelle de la collectivité en cernant les zones d’intervention prioritaires.Souvent, la première grande réalisation a été la mise en valeur du patrimoine bâti et la création de parcours historiques.Ainsi, les collectivités membres du réseau WAP du Bas-Saint-Laurent ont réalisé des fiches susceptibles d’aider les citoyens ayant la volonté de préserver et d’améliorer leuf patrimoine bâti.A Coaticook, une vingtaine de maisons proposent une balade au cours de laquelle elles claironnent leur passé à travers l’architecture et l’histoire.Dans la MRC Maria-Chapdelaine, ce sont vingt-quatre lieux qui sont mis en valeur par le biais d’une tournée du patrimoine paysager: cartes et descriptifs à l’appui, résidants et touristes ont tout le loisir de découvrir la rivière Ashuapmushuan, l’île du Repos sur la rivière Péribonka ou encore les sculptures d’Henri Angers au cimetière de Saint-Augustin.Ailleurs, on ouvre une école de musique, une bibliothèque, on donne un appui financier à un centre d’archives, on organise un symposium international d’art contemporain ou encore on crée un label pour les produits ?R fe du terroir.«Le plan d’action est mis en place chaque année par l’agent culturel, souligne M.Lagacé.Partout, les objectijs sont les mêmes, à savoir mettre en valeur les richesses patrimoniales, intégrer la culture à la vie économique et soutenir le dynamisme artistique local et régional.Mais l’agent doit surtout comprendre les enjeux, les attentes de son propre milieu, car il se cale toujours sur les besoins, sur la couleur de son territoire.Devant l’intérêt grandissant que suscite le tourisme culturel, les animateurs-coordonnateurs conçoivent des produits uniques basés sur l’authenticité des contacts et la découverte de la différence régionale.» Participation gouvernementale Le ministère de la Culture rétribue à hauteur de 30 à 35 % le travail de l’agent culturel.Ensuite, au cas par cas, il décide de subventionner ou non tel ou tel projet de développement.S’il s’est petit à petit retiré en matière d’aide financière, laissant aux collectivités locales le soin de financer plus amplement leur politique culturelle, il reste un coordonnateur.Ainsi, chaque année, deux ou trois rencontres sont organisées entre les agents.Des moments durant lesquels ils peuvent partager leur plan d’action, exposer leurs problématiques propres, transférer leur expertise, s’inspirer de ce qui se passe ailleurs.Québec participe également au coût de la formation offerte à l’Université Laval, par laquelle tous les futurs animateurs-coor- SOURCE WAP Michel Lagacé, président de la fondation WAP et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup donnateurs doivent passer.Depuis douze ans, cent quatre-vingts agents de développement culturel ont été formés, dont une centaine sont encore en poste.«Mais ces deux dispositijs sont sur le point d’être revus, explique Michel Lagacé.D’abord, la fondation WAP reprend à sa charge le développement du réseautage, les rencontres entre les agents, les collectivités, etc.Ensuite, la formation de l’Université Laval a été très efficace dans les premières années lorsque les candidats au poste d’animateur-coordonnateur avaient peu d’^périence en la matière.Aujourd’hui, ceux qui cognent à nos portes ont le plus souvent un bac lié aux affaires culturelles.Ils sont déjà bien préparés à leur mission sur le terrain.Et nous avons des agents, qui ont sept, dix, voire douze ans d’^périence et qui seraient susceptibles d’offrir du coaching, du mentorat Par Internet, via les webcams, ce serait facile à mettre en place et nous travaillons à cela.Quoi qu’il en soit, à compter du 30 juin prochain, nous ne serons plus rattachés à l’Université Laval.» Développement Si le programme WAP s’inscrit dans une démarche culturelle et économique, il ne faut pas négliger non plus sa dimension en matière de développement durable.Les membres affirment travailler pour les générations futures en préservant les heux historiques, le patrimoine, la culture, partout au Québec.«Les jeunes sont d’ailleurs très sensibles et très engagés, estime M.Lagacé.D’abord, les agents sont généralement de jeunes personnes ayant décidé de s’engager de manière culturelle à l’intérieur de leur milieu.Ensuite, pour préparer le portrait du territoire, ils doivent rencontrer beaucoup de gens sur le terrain et les volontaires sont très souvent des jeunes.Ça dénote l’importance de la culture comme facteur d’attrait, comme facteur de développement à la fois social et économique.» Collaboratrice du Devoir ¦ Michel Lagacé et Sylvie Hardy, de WAP, parleront de «L’importance du développement culturel dans les milieux ruraux», le jeudi 6 mai à 13h45.'VENTE HATLEY " ^ H „PI.™ATI0N TEL: 6H.aV2Jl J •INTERNE BD min 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un village d’art: North Hatley, dans les Cantons-de-l’est Montreal ACCUEILLE les artistes des régions Après LE Québec maritime, PLACE À À SURVEILLER DANS LE RESEAU Accès culture à l'automne RENCONTRES CULTURELLES ABITIBI-TEMISCAMINGUE MONTRÉAL ville.montreai.qc.ca/accesculture ENTENTE SUR LE DÉVELOPPEMENT CULTUREL DE MONTRÉAL Culture, Communications et Condition féminine Québec ° ° LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 G 7 ARTS ET VILLES Fédération culturelle canadienne-française Le numérique décloisonnera-t-il les francophones périphériques ?Internet est un espace en grande partie occupé par les grands acteurs culturels Web 2.0, vidéo numérique, applications Iphone, poste de montage portatif: plus que des mots à la mode, ces nouvelles technologies gagnent sans cesse en popularité.Selon certains, elles auraient le pouvoir d’influencer non seulement les pratiques artistiques, mais aussi la visibilité des créateurs qui les utilisent ingénieusement.Est-il réaliste de croire que, grâce à cette évolution technologique, les artistes de la francophonie canadienne réussiront à se tailler une place au soleil?EMILIE CORRIVEAU Selon Catherine Voyer-Lé-ger, directrice du développement des arts et des industries culturelles à la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) et fan de technologies à ses heures, il y a là matière à réflexion.D’ahord, parce que la situation des artistes de la francophonie canadienne est particulière et, ensuite, parce que le pouvoir des nouvelles technologies doit, à son avis, être relativisé.Artistes et minoritaires Au Canada, environ un million de personnes ont le français pour langue maternelle à l’extérieur du Québec.Bien que les situations soient différentes selon les provinces, les artistes de la francophonie canadienne font tous face au même déh, celui de l’éloignement.«Dans le cas des artistes de la francophonie canadienne hors Québec, même les gens qui œuvrent en milieu urbain travaillent en périphérie.Si un artiste travaille à Toronto, il est quand même un francophone qui travaille en milieu minoritaire, à l’extérieur de la culture majoritaire anglophone et très loin du centre culturel francophone, qui est le Québec et à plus forte raison Montréal», explique Catherine Voyer-Léger.La situation pose deux problèmes particuliers aux artistes, soit ceux de l’isolement et du manque d’accès à la formation, au réseau culturel et aux infrastructures dignes de ce nom.«L’artiste francophone qui habite au fin fond de la Nouvelle-Ecosse, il est isolé et il n’a pas facilement accès à des infrastructures pouvant le soutenir.Il ne peut pas se confronter à la créativité des autres, alors que, généralement, c’est ce qui permet à un artiste de se poser des questions sur son propre cheminement, de prendre du recul, de développer un discours», souligne Mme Voyer-Léger.Les technologies au service des arts ?Selon plusieurs, l’utilisation des nouvelles technologies pourrait se révéler être l’une des meilleures solutions pour î SOURCE MUSEE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa.La Fédération culturelle canadienne-française présentera «Etre un artiste dans la francophonie canadienne», à Ottawa, à l’été 2011.résoudre les problèmes que connaissent les artistes francophones canadiens.D’après Mme Voyer-Léger, tout dépend des technologies auxquelles on fait référence.«Il y a des innovations qui concernent la production d’une œuvre.Je pense au matériel audio et vidéo, à l’appareil photographique, au matériel de scénographie en théâtre, par exemple.Ensuite, il y a toute la technologie qui influence la création.Ce n’est pas tant la technologie au service d’une œuvre que la technologie au centre d’une œuvre, comme tout ce qui relève des nouvelles pratiques artistiques.Puis, il y ale troisième type, celui dont on entend le plus parler: les communications et les réseaux de diffusion.Je pense au Web 2.0, par exemple.À mon avis, toutes ces technologies influencent les arts à différents niveaux et chacune à sa façon.» Si les technologies de production et de création ont certes le pouvoir d’inhuencer la pratique de l’art, autant en périphérie que dans les grands centres, ce sont les technologies de l’information qui sont potentiellement les plus susceptibles de résoudre les problèmes d’isolement des artistes canadiens francophones, sans pour autant régler la question de l’accessibilité.«Théoriquement, Internet et le Web 2.0, ça devrait permettre aux artistes de se décloisonner, d’établir des contacts et éventuellement de faire de la promotion moins coûteuse.hors des sentiers battus, hors des grands médias et, ultimement, de se faire connaître au Québec, là où le bassin de consommation se trouve», avance Mme Voyer-Léger.Concurrence Le seul hic, c’est que, aussi démocratique qu’il puisse être, Internet est un espace en grande partie occupé par les grands acteurs culturels qui disposent de beaucoup de moyens pour se faire voir et entendre.«La gratuité des nouvelles technologies de l’information, c’est un mythe.Eaire vivre des médias sociaux, ça prend du temps et des gens et ce n’est pas gratuit.Les organisations de trois ou quatre personnes, elles n’ont pas les moyens de payer quelqu’un pour faire de la promotion dans les médias sociaux.Alors, forcément, les gens qu’on retrouve largement dans le Web, ce sont les mêmes gros joueurs présents dans les médias traditionnels.Le problème reste: comment se faire connaître et ne pas se noyer dans la masse anglophone quand on est une minorité francophone?» Quant au problème de l’accessibilité, pour Mme Voyer-Léger, il paraît difficilement réglable par les technologies: «Une de nos craintes fondamentales, c’est que certaines technologies entraînent la disparition des lieux de médiation comme les bibliothèques, les centres culturels, mais aussi les librairies et les disquaires.Ça impliquerait la disparition de ceux qui tradi- tionnellement font le pont entre la culture de masse et la culture en marge.» Il faut dire que, comparativement au Québec, les provinces canadiennes financent peu les arts et que les infrastructures adaptées aux besoins culturels des francophones y sont déjà peu nombreuses.Malgré ses doutes, Catherine Voyer-Léger reste optimiste.Elle souligne qu’un des aspects les plus stimulants de l’époque actuelle est que le perpétuel changement encourage les artistes à être imaginatifs à tous points de vue, autant dans la création artistique que dans la gestion.Pistes de réflexion Si, à Les Arts et la ville, avec «La technologie et les arts en milieu rural dans la francophonie», Catherine Voyer-Léger et son collègue Sylvain Aumont, directeur du développement culturel à la FCCF, se pencheront sur la question, il s’agira aussi d’un prélude à la réflexion qu’ils souhaitent poursuivre à l’été 2011, lors de la tenue d’un CQlloque à Qttawa sur le thème «Etre un artiste dans la francophonie canadienne».Collaboratrice du Devoir ¦ Catherine Voyer-Léger et Sylvain Aumont présenteront leur réflexion le jeudi 6 mai à 15h30.Pour plus de détails sur les préoccupations de la Fédération culturelle canadienne-française: www.fccf.ca/.Rever une ville Parler sur ses créateurs Imaginer l’événement La Ville de Quebec est fiere de soutenir avec dynamisme sa vitalité culturelle.t Ville de Quebec G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 ARTS ET VILLES Capitale culturelle canadienne en 2010 Saguenay dépose une progranunation fournie « On veut montrer notre richesse culturelle » La ville de Saguenay a pris un véritable tournant vers la culture après avoir été désignée capitale culturelle par le gouvernement fédéral pour la présente année.En l’espace d’un an, quelque quatre millions de dollars seront investis, en collaboration avec le milieu, pour mettre en valeur le patrimoine culturel sague-néen sous ces différents aspects.Au terme de cette grande célébration, la ville bénéficiera d’un riche héritage.REGINALD HARVEY Tout le royaume du Saguenay profitera véritablement de la manne culturelle venue d’Ottawa, pendant la haute saison qui se pointe; les activités ont débuté au mois de janvier et se poursuivront jusqu’en décembre prochain.Directeur du Bureau de la capitale, Luc-Michel Belley décrit ce qui se passe: «Les manifestations s’étendent sur une année au complet, avec une période de concentration et d’effervescence du mois de juin jusqu’à la Fête du travail.» Tous sont conviés au rendez-vous: «La programmation s’adresse autant aux citoyens qu’aux visiteurs.Il y a déjà cinq activités d’importance qui se sont déroulées; d’autres de plus petite envergure ont eu lieu, ce qui est normal et correct.Par exemple, les ateliers d’aquarelle dans les écoles ont un grand impact pour celles-ci et pour les jeunes, sans que ceux-ci jouissent pour autant d’une visibilité, mais c’est normal qu’il en soit ainsi et c’est volontairement qu’on a agi de la sorte en s’adressant à des publics plus ciblés.» Deux événements majeurs ont cependant retenu l’attention jusqu’à maintenant: «Il y a le projet Racine présenté dans le cadre de “Regard sur le court métrage”.Il s’agit de 20 courts métrages qui ont été réalisés spécifiquement pour “Saguenay capitale culturelle” et qui présentent l’histoire des gens fréquentant la rue Racine, cette artère principale de Chicoutimi.Ces films ont été diffusés en vitrine des commerçants, ce qui a généré beaucoup de curiosité et d’achalandage en raison du caractère identitaire de ces projections.C’est vraiment une des activités qui auraient tout intérêt à être répétées dans le futur, comme bien d’autres d’ailleurs devraient l’être.» Et, sur le plan musical, une douzaine de musiciens originaires de la région et dispersés à travers le Québec ont été regroupés pour présenter un concert dont la musique avait été composée par quatre jeunes du Saguenay.Le directeur dresse ce court bilan de la programmation jusqu’à maintenant: «On a une excellente participation du public et il se passe rarement une journée sans qu’il en soit question dans les médias.Les gens sont très fiers que la ville a été désignée à titre de capitale culturelle et on peut s’attendre à des retombées pour plusieurs années à compter de janvier 2011.» Un été bien rempli Luc-Michel Belley consent à énumérer un certain nombre d’événements importants qui se dérouleront au cours des prochains mois, mais il invite les gens à consulter le site web de la ville pour connaître le long et le large de ceux-ci.Voici un exemple: «Chicoutimi a vu le jour dans le sillage d’un poste de traite ouvert en 1676 et situé au confluent de la rivière Saguenay, près du quartier du bassin où se trouve la petite maison blanche célèbre pour avoir résisté au déluge de 1996.Ce poste, qui a été en activité durant 200 ans et qui a servi de point de rencontre entre les Blancs et les Amérindiens, a donné naissance à la communauté métisse qui demeure très vivante; elle est encore très active, elle regroupe des gens en allant jusqu’à Sept-Iles et elle a aujourd’hui pris le nom de Communauté métisse du domaine du Roi et de la Seigneurie de Mingan.Pendant l’été, ces “métis” vont reconstruire les bâtiments du poste de traite sur le site de la pulperie en utilisant les techniques ancestrales pour y arriver.Il s’agira d’une belle occasion de redécouvrir gratuitement cette cul- ni hi’' nni ii I A* b ^ V SOURCE TOURISME SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN Parmi les événements qui ont marqué jusqu’ici la désignation de la ville de Saguenay comme capitale culturelle du Canada, il y a eu la présentation de 20 courts métrages qui présentent l’histoire des gens fréquentant la rue Racine, cette artère principale de Chicoutimi.ture-là pendant deux mois, soit de juin à juillet.» Il dégage un autre élément du programme dans le domaine des arts visuels: «Du 19 juin jusqu’au mois de janvier 2011, le Musée scientifique du fjord présentera la première d’une grande exposition internationale qu’il élabore en collaboration avec plusieurs partenaires muséaux, dont The Rooms Provincial Museum, de Terre-Neuve, le Musée maritime de la Colombie-Britannique et le Parc de découverte des océans Océanopolis, de Brest, en France.L’expo portera sur tout l’imaginaire autour des monstres marins, tout en fournissant des renseignements sur la naissance et l’existence de ces mythes; par la suite, elle voyagera durant cinq ans.» Il est aussi question de théâtre, d’une exposition affichant la modernité du Saguenay dans les beaux-arts et de la célébration du peintre naïf Arthur Villeneuve.Pour en connaître davantage sur ces manîfestatîons, îl Sfüilfôffiègcfe et Archives Sa nationales cciture Québec E3 E3 E présentent I- ji(-M les «semeurs» cultiver de la participation culturelle Le lundi 17 mai 2010 de 8 h 30 à 17 h 30 à l'Auditorium de la Grande Bibliothèque Bibliothèque et Archives nationales du Québec 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal Une rencontre incontonrnable es acteurs du milieu culturel Conférenciers principanx Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, créateur de Nuit Blanche et de Paris Plages David Flatley, directeur général, Center for Community Arts Partnerships, Columbia College, Chicago Nathalie Bondil, directrice générale.Musée des beaux-arts de Montréal IPlffS Membres de Culture Montréal : 100 $ -H taxes Non-membres : 125 $ -i- taxes (incluant le repas de midi, ies pauses-café et ie cocktaii de ciôture) Inscrivez-vous avant le vendredi 7 mai 2010 et courez la chance de remporter des prix culturels offerts par ¦ Musée des beaux-arts de Montréal ¦ Opéra de Montréal ¦ Festival TransAmériques ¦ Cirque du Soleil ¦ Festival Montréal complètement cirque ¦ Bibliothèque et Archives nationales du Québec Horake et Insoblloii | www.culturemontreal.ca imomanoii 15i4 845-0303, poste 25 est recommandé encore une foîs de recourîr au clavîer et au sîte.Informer Au-delà de tous les éléments de cette programmation, le Bureau que dirige M.Belley portera une attention particulière aux visiteurs sur un plan: «On va mettre le paquet pour bien renseigner les gens et pour les accompagner adéquatement dans leur découverte de notre vie culturelle dans son ensemble.En ce sens-là, il y aura beaucoup d’activités de visites accompagnées de guides professionnels; à pied ou en autocar, on pourra voir notamment les œuvres d’art publiques, l’architecture régionale, le patrimoine industriel et les villes de compagnie, la muséologie et les arti- sans.On parle de plusieurs circuits qui seront offerts à des prix très modiques, de l’ordre de trois dollars.On veut montrer notre richesse culturelle permanente parce que, si on a été choisi à titre de capitale de la culture, ce n’est pas simplement à cause d’une programmation spéciale qui a été déposée.» Collaborateur du Devoir L’Union des municipalités du Québec : UNE FORCE COLLECTIVE POUR LE DÉVELOPPEMENT CULTUREL DU QUÉBEC.L’UMQ représente les municipalités de toutes tailles, dans toutes les régions du Québec.Plus de dix commissions permanentes, regroupant une centaine d’élus et de nombreux spécialistes dans les domaines d’intérêt spécifiques, alimentent la réflexion et les actions de l’Union.Les élu(e)s membres de la Commission permanente de la culture, des loisirs et de la vie communautaire de l’UMQ : ?M.Robert Coulombe, président de l’UMQ et maire de Maniwaki ?M.Michel Larouche, président de la commission et maire de Roberval ?M.Vincent Arsenau, conseiller de Sainte-Thérèse ?Mme France Auger, conseillère de Victoriaville ?Mme Martine Beaugrand, conseillère de Laval ?M.Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul ?M.Yves Grondin, conseiller de Drummondville ?M.Pierre Levac, maire du Canton de Hatley ?Mme Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie UIVIQ UNION DES MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC www.umq.qc.ca 7
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