Le devoir, 1 mai 2010, Cahier H
LE DEVOIR, LES SAMEDI I“ET DIMANCHE 2 MAI 2010 SCIENCES BT CDLTIIIIE 78' CONGRES DE L’ACFAS LE DEVOIR Ils seront 6000 à découvrir «la recherche telle qu’elle est à l’heure actuelle» 1 ¦^ Avec en cinq jours près de 170 colloques et plus de 6000 participants, le 78® Congrès de l’Acfas se révèle être un franc succès.On pourrait alors croire qu’il n’y ait pas à douter de l’avenir de la recherche au Québec.Mais il s’en trouve toutefois pour signaler que, en ce domaine, rien n’est pourtant assuré.NORMAND THERIAULT Il suffit de prendre le métro et de descendre à la station Université-de-Montréal.Puis, par le tapis roulant, de rejoindre le haut de la colline.Et là, vous aurez le choix pour atteindre l’un ou autre des divers pavillons qui composent l’École polytechnique ou l’université dont la station de métro porte le nom.Et alors vous serez à même d’évaluer ce que la science en français découvre et propose car, comme le rapporte Monique C.Cormier, la responsable scientifique du plus grand rendez-vous francophone consacré à la recherche, dès le moment du choix des divers colloques, «nous voulions présenter la recherche telle qu’elle est à l’heure actuelle au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde, comme en France, en Belgique et aux Etats-Unis».Ils seront ainsi 6000, provenant du monde des études supérieures, qu’ils soient chercheurs, professeurs, doctorants ou postdoctorants, à se voir offrir une telle option la semaine prochaine.Car là, sur les flancs du mont Royal, se tient la 78® grande rencontre que l’Association francophone pour le savoir, l’Acfas, organise.Et le grand public n’est pas là oublié.,Car, au Pavillon Lassonde de l’École polytechnique, plus de 1200 communications libres sont ouvertes à qui veut y assister, pour ainsi savoir ce que recouvre cette réalité qui a pour nom la science francophone.Craintes Devant une telle abondance, on peut croire que l’avenir de la science au Québec est assuré, car la semaine prochaine c’est de ce lieu que proviendront en majorité les auteurs des diverses interventions, même si à la rencontre plus d’un continent sera représenté.Mais que non!, si on en croit les propos que tiennent les représentants du monde «Le ministre Goodyear a une définition de la recherche centrée sur est un acteur majeur, surtout quand il est question de subventions et des politiques qui les justifient.Or le gouvernement actuel, dont les ministres se font fort de soutenir l’industrie automobile et autres activités économiques, semble considérer la recherche de pointe comme un «luxe».Selon Pierre Noreau, le court terme ) universitaire.Si le dernier budget provincial a rassuré la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, car, pour reprendre les mots de son directeur général, Daniel Zi-zian, «le gouvernement provincial a reconnu dans son énoncé budgétaire que l’éducation et l’innovation étaient deux des trois conditions d’une prospérité durable», à l’Acfas, au contraire, on est craintif.En recherche, il faut le savoir, le gouvernement fédéral -Pierre Noreau président de l’Acfas, l’avenir de la recherche s’annonce ainsi incertain, d’autant plus que «le ministre Goodyear a une définition de la recherche centrée sur le court terme.Pour lui, la recherche doit forcément venir soutenir l’industrie, le développement de nouveaux brevets et la commercialisation rapide des résultats.Cela favorise évidemment certains secteurs très pointus de la recherche, mais cela met surtout la recherche au service de l’industrie et du monde des affaires.» Et le gouvernement Harper sait se montrer tranchant.N’essaie-t-il pas de reformuler MONIQUE C.CORMIER « Découvrir aujourd’hui ce que sera demaiu » Page 3 ARCHIVES LE DEVOIR à sa manière l’héritage parlementaire?Ne met-il pas à mal un organisme comme Droits et démocratie?Et, sur la scène internationale, ne renverse-t-il pas plus de quarante ans de tradition libérale quand, en environnement, droits des femmes, mesures sociales, pour ne nommer que ces secteurs, il s’affiche plus comme l’héritier d’une tradition Bush que de celle d’un Pearson?Dans un tel contexte, pour cette recherche, qui ne vit pas dans le monde des seules idées reçues, il y a danger.Si dans le passé on a souvent dit que les sciences humaines étaient un domaine défavorisé au moment des subventions, qui nous dit que demain la priorité ne sera plus l’aérospatiale, secteur trop québécois, mais bien le pétrole?Ni non plus l’innovation sociale, mais plutôt les affaires bancaires?Alors, qu’adviendra-t-il de la recherche au Québec?Le gouvernement du Québec, qui se veut «austère», prendrait-il alors la relève?Le Devoir JOËL DES ROSIERS « Désormais règne le doute sur la capacité du langage à constater l’horreur» Page 7 ACFAS Le Québec doit faire la preuve de sa différence Page 3 POLÏTECHNIQUE «Notre survie dépend des innovations » Page 4 MONTRÉAL « Le volet international va devenir une composante de plus en plus importante » Page 5 JOURNALISTES ET UNIVERSITAIRES «Ils œuvrent pour le bien public » Page 6 INNOVATION SOCIALE Le Québec doit se donner «un nouveau modèle de société » Page 8 I Nous sôfhmes tiers ae nos VENEZ DECOUVRIR LEURS OUVRAGES À NOTRE STAND Lina ABI NADER ¦ Christian AGBOBLI ¦ Ottavia ALBANESE ¦ André ARSENAULT ¦ Réginaid AUGER ¦ Guy BELLEMARE Sabrina BERGERON ¦ Yves BERGERON ¦ Denis BERTRAND ¦ Nathaiie BIGRAS ¦ Andrée BOISCLAIR ¦ Ginette BOLDUC Maude BONENFANT ¦ Nancy BOUCHARD ¦ Denis BOURQUE ¦ Chris BRUCKERT ¦ Liesette BRUNSON ¦ Giiies CANTIN Huhua CAO ¦ Jacqueline CARDINAL ¦ Louise CARIGNAN ¦ Nathalie GAZELLES ¦ Line CHAMBERLAND ¦ Antoine CHAR Maurice CHARLAND ¦ Danielle CHARRON ¦ Daniel CHARTIER ¦ Laurence CHARTON ¦ Jean-François CHASSAY Nicole CHEVALIER ¦ Michèle CLÉMENT ¦ Richard M.CLIFFORD ¦ Robert COMEAU ¦ Yvan COMEAU ¦ André CORBOZ Patrice CORRIVEAU ¦ Pierre COSSETTE ¦ Louis CÔTÉ ¦ Pauline CÔTÉ ¦ Roch CÔTÉ ¦ Sonia CÔTÉ ¦ Debby CRYER Marie-France DANIEL ¦ Louis DE GRANDPRÉ ¦ Rodolphe DE KONINCK ¦ Lorraine DEROCHER ¦ Luce DES AULNIERS Élaine DESPRÉS ¦ Simon L.DOLAN ¦ Louis-Jacques DORAIS ¦ Henri DORVIL ¦ Pierre-André DOUDIN Sylvie DOUZOU ¦ Denise DOYON ¦ Pierre DRAPEAU ¦ Edwidge DUCREUX ¦ Fabien DUMAIS ¦ Michel DUMAS Olivier DURAND ¦ Louis DUSSAULT ¦ Roberson ÉDOUARD ¦ Linda ESSIAMBRE ¦ Louis FAVREAU ¦ Carole FISHER ¦ Jean-Marc FONTAN ¦ Gilles FORTIN ¦ Éric FRANCOEUR ¦ Blye FRANK ¦ Lucie FRÉCHEHE Sylvie FRÉCHEHE ¦ Micheline | | FRENETTE ¦ Christiane GAGNON Yves-Chantal GAGNON ¦ Jeanne d’Arc GAUDET ¦ Sylvie GAUTHIER Claude GÉLINAS ¦ Bertrand Pi'^sses GERVAIS • Anne-Marie GINGRAS Nathalie GRAVEL ¦ Johanne * de l'Université grenier ¦ Jean-François HAMEL Thelma HARMS ¦ Pauline HARRIS du Québec Gilles harvey ¦ Virginie harvey Manon HÉBERT ¦ Renée HOUDE Mireille HUCHON ¦ Shawn HUFFMAN Christa JAPEL ¦ France JOYAL I__________________________________________I France JUTRAS ¦ Émilia KALINOVA David KAUFMAN ¦ Juan-Luis KLEIN ¦ Daniel KNEESHAW ¦ René LACHAPELLE ¦ Claude LA CHARITÉ ¦ Lizanne LAFONTAINE ¦ Louise LAFORTUNE ¦ Laurent LAPIERRE ¦ Alain LARAMÉE ¦ Frédéric LASSERRE ¦ Élise LASSONDE Yannick LE ROUX ¦ Sébastien LEBEL-GRENIER ¦ Bertrand LEBOUCHÉ ¦ Alain LEDUC ¦ Clément LEGARÉ Jean-Pierre LEMASSON ¦ Jean-Frédéric LEMAY ¦ Mario LEONE ¦ Robert LETENDRE ¦ Benoît LÉVESQUE ¦ Joseph Josy LÉVY ¦ Marie-Chantal LQISELLE ¦ Lee LONDEI ¦ Hélène MAKDISSI ¦ Gérard MALCUIT ¦ Christophe MALDIDIER Romaine MALENFANT ¦ Claire MALQ ¦ Denise MARCHAND ¦ Robert MARTINEAU ¦ Maria Nengeh MENSAH Florence MILLERAND ¦ Jacques MOREAU ¦ Hubert MORIN ¦ Guy MORNEAU ¦ Ina MOTOI ¦ Manon MOUSSEAU Karel Frits MULDER ¦ Pierre C.NOËL ¦ Pierre NOLIN ¦ Joanne OTIS ¦ Andréanne PARADIS ¦ Pierre-Yves PARADIS Mélanie PARÉ ¦ Colette PARENT ¦ Jean-François PAYETTE ¦ Jean-François PELLETIER ¦ Charles PERRATON Myra PIAT ¦ Louise POISSANT ¦ Andrée POMERLEAU ¦ Serge PROULX ¦ Taamusi QUMAQ ¦ Lilyane RACHÉDI Faouzi RASSI ¦ Lise RENAUD ¦ Leonie RICHLER ¦ Robert RIGAL ¦ Janice RISTOCK ¦ Antoine ROULEAU Jean-François ROUSSEAU ¦ Nadia ROUSSEAU ¦ Julien RUEFF ¦ Fernande SAINT-MARTIN ¦ Louise SAUVÉ Jean-Marie SCHAEFFER ¦ Michael SCHLEIFER ¦ Sylvine SCHMIDT ¦ François SÉGUIN ¦ Renée SÉGUIN ¦ Ôlôf Gerôur SIGFÛSDÔniR ¦ Pauline SIROIS ¦ Vittorio Alessandro SIRONI ¦ Noëlle SORIN ¦ Annie STIPANICIC Aurèle ST-YVES ¦ Amnon Jacob SUISSA ¦ Victoria TALWAR ¦ Christine THOËR ¦ Patrick TILLARD ¦ Louise TOUPIN Pierre TOUSSAINT ¦ Diane-Gabrielle TREMBLAY ¦ Gaëtan TREMBLAY ¦ Pierre TREMBLAY ¦ Rémy TREMBLAY Nathalie S.TRÉPANIER ¦ Marie-Andrée VAILLANCOURT ¦ Marie-France VERMEHE ¦ Michèle VATZ LAAROUSSI André VILLENEUVE ¦ Louise VILLENEUVE ¦ Philippe VIOLER ¦ Kevin G.WILSON Les Presses de l'Université du Québec, FIERS PARTENAIRES DE L'ACFAS 78% Congres de l’Acfas www.puq.ca LE DEVOIR LES SAMEDI I“ET DIMANCHE MAI 2010 H 3 ACFAS REMY BOILY Monique C.Cormier, professeure titulaire au Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal, stipule que la science devrait en fait prendre plus de place dans le débat public.«Découvrir aujourd’hui ce que sera demain» «La science peut nous éclairer sur les vraies questions et les vraies urgences» Montréal et Polytechnique accueillent le 78® congrès de l’Acfas Avec son congrès annuel, l’Association francophone pour le savoir (Acfas) invite les scientifiques à partager les résultats de leurs recherches et travaille à rapprocher la science de la société.Cette année, la rencontre se fera à l’Université de Montréal (UdeM), à HEC Montréal et à l’Ecole polytechnique, du 10 au 14 mai, sous le thème «Découvrir aujourd’hui ce que sera demain».MARTINE LETARTE Lorsque nous avons choisi le thème, on commençait à s’enfoncer sérieusement dans la crise économique et on sentait vraiment le besoin de regarder vers l’avant.Et, dans le fond, la recherche, dans plusieurs domaines, c’est ça.Ce qu’on découvre aujourd’hui a un impact sur le monde de demain», affirme Laurent J.Lewis, président du comité organisateur du congrès.Le thème devait aussi bien sûr refléter l’envergure de l’activité scientifique qui sera présentée lors de l’événement.«Nous voulions présenter la recherche telle qu’elle est à l’heure actuelle au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde, comme en France, en Belgique et aux Etats-Unis, où on retrouve tout de même des francophones», affirme Monique C.Cormier, présidente du comité scientifique.Ainsi, environ 15 % des chercheurs qui viendront présenter les résultats de leur travail en français proviennent de l’étranger.Ef avec environ 170 colloques, le 78" Congrès de l’Acfas est le plus important jamais organisé par l’organisme en nombre d’activités.Portrait de la recherche Pour la sélection des colloques, le comité s’intéressait à tous les champs de recherche.«Le grand critère était que nous voulions de la recherche de qualité.Le comité scientifique s’est donc penché sur chaque proposition, sur la problématique, la méthodologie et la démarche présentée, pour s’assurer qu’elles répondaient aux normes acceptées par la communauté scientifique», explique Mme Cormier, qui est également professeure titulaire au Département de linguistique et de traduction et vice-doyenne aux affaires professorales à la Faculté des arts et des sciences de l’UdeM.Résultat?Une programmation très variée.Laurent Lewis est d’ailleurs très heureux notamment que ses collègues chercheurs, dans le domaine de la physique, aient répondu à l’appel.«Dans notre domaine, et dans plusieurs autres aussi, les colloques sont généralement très pointus et très fermés à la population.Celui-là est beaucoup plus ouvert au grand public, ce qui est une fort bonne chose», croit-il.Un colloque particulièrement intéressant à ses yeux?«Celui qui porte le numéro 213, sur les propriétés électroniques des matériaux organiques et nanométriques.Parce que ce sera la prochaine révolution en électronique.C’est avec des matériaux organiques qu’on fabriquera des écrans pliables», affirme M.Lewis, qui est également professeur titulaire au Département de physique et vice-doyen à la recherche à la Faculté des arts et des sciences de LUdeM.Le Congrès de l’Acfas offre plus de 1200 communications libres présentées au grand public pour enrichir le dialogue entre les sciences et la société Les gens de HEC Montréal et de Polytechnique seront aussi bien représentés dans les colloques et activités scientifiques.Mais on remarque tout de même que c’est la section des sciences sociales qui va chercher la part la plus importante des colloques, avec 30 %.«On y retrouve des sujets de recherche comme “Contraception: enjeux biomédicaux et sociaux”, “Nouvelles opérations de paix: détournement ou mutation d’une formule de coopération internationale”, “Ethique et vaccination: le cas de l’influenza A/HIH”», énumère Mme Cormier.La programmation compte également 20 % de ses colloques dans la section multidisciplinaire, où les questions d’éthique sont très importantes, avec des thématiques comme «Expertise et autorité universitaire dans les médias: à la rencontre de deux éthiques professionnelles», «Faire des lois sur l’éthique», «Aide médicale au suicide et euthanasie: enjeux éthiques et impacts sur les pratiques».«Ensemble, ces deux secteurs regroupent environ la moitié des colloques, précise la présidente du comité scientifique.On voit que leurs thèmes sont en lien avec la société dans son ensemble, et c’est très important qu’on en prenne conscience.» Permettre un débat éclairé Selon Monique C.Cormier, il ne fait aucun doute que la science devrait en fait prendre plus de place dans le débat public.«Comme Luc Ferry, grand philosophe français et ancien ministre de l’Education nationale, je crois que la science peut nous éclairer sur les vraies questions, les vraies urgences pour la société, mais aussi sur les fausses.Grâce à son autonomie, la science peut faire en sorte que les citoyens comprennent mieux les enjeux pour permettre des débats sociaux éclairés.» Ce dialogue entre la science et la société est essentiel, aux yeux de la professeure, qui a fondé la Journée québécoise des dictionnaires, en 2003, justement pour créer un pont entre les chercheurs et le grand public.«Pour que ce dialogue soit possible, il faut investir massivement dans la recherche pour que les chercheurs puissent travailler et transmettre leurs résultats à l’ensemble de la société», affirme-t-elle.Le Congrès de l’Acfas offre d’ailleurs une nouveauté cette année pour enrichir le dialogue: plus de 1200 communications libres seront présentées gratuiterqent au grand public, au Pavillon Lassonde de l’Ecole pol^echnique.Une place pour la relève Pour que la science puisse occuper une place de choix dans la société, il faut aussi s’occuper de la relève avec attention.«Plusieurs étudiants des cycles supérieurs se sont engagés dans les colloques», affirme Laurent J.Lewis.Une véritable chance, d’après Mme Cormier.«Au congrès, ils peuvent rencontrer des chercheurs de renommée mondiale, participer aux activités et présenter leurs résultats de recherche devant un public critique.C’est très important pour les chercheurs de demain, d’autant plus que ce n’est pas facile en début de carrière de faire sa place dans les grands événements très pointus.» Près de 6000 étudiants et chercheurs sont attendus au 78" Congrès de l’Acfas.Collaboratrice du Devoir Association francophone pour le savoir Le Québec doit faire la preuve de sa différence Le gouvernement canadien est «mal adapté aux défis posés par une société du savoir» Sale période pour la recherche au Canada.Alors que le gouvernement américain réinvestit massivement dans le secteur, l’Etat canadien semble quant à lui heureux de naviguer à vue, selon des considérations utilitaires et idéologiques.Une situation qui inquiète beaucoup Pierre Noreau, président de l’Association francophone pour le savoir (Acfas).DAVID DUMOUCHEL Précisons-le d’emblée, il est très important pour un pays d’entretenir une réflexion scientifique sur tous les champs de la connaissance humaine.Ainsi, la journée où un problème particulier se présentera, il y aura un spécialiste qui possédera l’expertise nécessaire pour faire face à la situation.Cela n’est toutefois possible qu’à la condition que les chercheurs puissent poursuivre leurs travaux, même s’ils ne collent pas toujours aux préoccupations du jour.» La conversation est lancée; Pierre Noreau y passera le plus clair de son temps à pourfendre l’attitude du gouvernement canadien, «mal adaptée aux défis posés par une société du savoir».Il n’est d’ailleurs pas le seul à le faire: la prestigieuse revue britannique Nature a récemment dénoncé, dans un éditorial, la politique scientifique canadienne.Coupes et financement erratique, manque de vision et de leadership, absence de considération pour les scientifiques, la publication n’est pas tendre et laisse entendre que le Canada n’a rien compris à l’importance stratégique, de la recherche.Le ministre d’Etat aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, prétend de son côté que les chercheurs et les scientifiques «ont bénéficié d’un financement considérable» durant les dernières années.Certes, accorde Pierre Noreau, le financement a augmenté cette année, mais l’octroi de fonds est très orienté politiquement et idéologiquement.«Le ministre Goodyear a une définition de la recherche centrée sur le court terme.Pour lui, la recherche doit forcément venir soutenir l’industrie, le développement de nouveaux brevets et la commercialisation ra- pide des résultats.Cela favorise évidemment certains secteurs très pointus de la recherche, mais cela met surtout la recherche au service de l’industrie et du monde des affaires.» Exode Le principal problème de cette conception, selon le président de l’Acfas, est d’accorder peu d’importance à la recherche fondamentale, qui se concentre à développer les connaissances qui permettront de relever les défis de demain.Ainsi, «quand on a une conception à très court terme de la recherche, on coupe souvent le financement de grandes structures de recherche parce qu’on ne voit pas leur utilité».Cet important capital scientifique, «qui travaille à la société de l’avenir», est ainsi graduellement amputé, année après année, subvention après subvention.Quitte à perdre une expertise qui aurait pu se révéler précieuse dans les années à venir.«Il y a vingt ans, les questions sur lesquelles je travaillais n’étaient pas très populaires, raconte Pierre Noreau.Toutefois, elles sont aujourd’hui si intégrées dans le discours de tous les jours qu’on ne s’en rend pas compte.C’est dire toute l’importance de la recherche fondamentale pour une société.On ne s’en aperçoit pas toujours, c’est facile à oublier.» Cette opinion ne semble toutefois pas partagée par le gouvernement Harper, dont «la politique scientifique actuelle» est condamnée à créer, à long terme, une «déformation» du système de recherche, en «favorisant certains secteurs au détriment des autres».Les effets de tels choix seront profonds et durables; ceux qui sont déjà spécialisés dans les domaines où le financement se tarira n’au- ront d’autre choix que d’aller poursuivre leurs travaux ailleurs.Pis encore, aucune relève ne se formera, puisque les experts seront tous partis.Déjà préoccupante, la situation pourrait encore empirer, explique Pierre Noreau: «Le président Obama s’est donné pour objectif de financer la recherche dans son pays à hauteur de 3 % du PIB, une cible déjà partagée par plusieurs Etats européens.Forcément, cela créera de la concurrence; les chercheurs seront tentés d’aller travailler là-bas.» D’autant plus que le Canada, pour l’instant, n’a encore aucune cible officielle! «Voilà qui démontre le peu d’intérêt du gouvernement pour la question.» Solution Que faire, alors?Pour pallier cette situation, certains seront tentés de se tourner vers l’industrie privée pour le financement de leurs travaux.«C’est évidemment une piste de solution, mais il faut aussi comprendre qu’elle a des limites.Par exemple, dans certains cas, d’importantes questions peuvent être soulevées au niveau de la validité et de l’indépendance du travail, surtout lorsque le financement est unique.Il faut aussi comprendre que ce ne sont pas tous les domaines qui sont susceptibles d’être financés par le secteur privé.Seul l’Etat peut garantir la poursuite de la recherche fondamentale.» Aucun remède miraculeux n’est en vue; il faut donc, indique le président de l’Acfas, poursuivre les efforts pédagogiques afin de sensibiliser la population à l’importance de la recherche, «surtout pour une société comme le Québec, qui a là une belle chance de faire la preuve de sa différence et de sa pertinence dans un contexte mondial».Puis, il faut faire mieux comprendre aux politiciens «jusqu’à quel point la vie d’une société dépend de ces connais-sances-là.Il faut qu’ils comprennent que ce qui n’est pas rentable à court terme peut trouver son sens à long terme.» Le Devoir La Vie fait partie du programme • 83 programmes de maîtrise et de doctorat • 110 regroupements de recherche • 3200 personnes travaillant en recherche www.USherbrooke.ca/etudes-superieures Participer à une culture d’innovation.Collaborer à des découvertes majeures.Prendre une pause pour courir dans le mont Bellevue.UNIVERSITE DE SHERBROOKE H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 AC FA S En croissance continue « Notre survie dépend des innovations » Polytechnique impose le stage en industrie Comptant parmi les plus importantes écoles de génie au Canada, l’Ecole polytechnique de Montréal veut se tenir à la pointe de la technologie pour répondre aux défis du XXP siècle.Rencontre avec son directeur général, Christophe Guy, qui est à la tête de l’école depuis 2007.Selon Christophe Guy, Polytechnique se distingue facilement des autres établissements.«Avec Toronto et Waterloo, nous faisons partie des trois plus importantes écoles de génie au Canada.Et nous sommes également parmi les plus grandes au Québec, avec 6400 étudiants et 220 professeurs.Contrairement aux autres universités, nous collaborons énormément avec les industries.Ces dernières constituent les futurs employeurs de nos étudiants et ce sont elles qui potentiellement vont utiliser les innovations mises au point dans notre école.Depuis 2005, nous avons aussi instauré un stage obligatoire en industrie pour chaque étudiant.Nous misons beaucoup sur les projets intégrateurs en équipe, pour que les étudiants se forment réellement à leur futur travail.D’ailleurs, ces projets sont souvent en partenariat avec les industries, mais également évalués par elles.Ainsi, les étudiants apprennent à communiquer et à travailler en équipe.» Le Devoir’.Le secteur des nouvelles technologies évolue très rapidement.Comment s’adapte votre école?Christophe Guy.Nous devons constamment ajuster notre offre de formation.Nous proposons actuellement douze programmes, du plus petit, en génie des mines, au plus couru, en génie civil.Cela comprend éga- lement des formations plus récentes, comme le programme de baccalauréat en génie biomédical.Nous nous adaptons beaucoup à notre milieu et à ses besoins.Peu de personnes savent que Montréal est un des plus grands centres aérospatiaux au monde, avec Toulouse et Seattle.Afin de soutenir l’essor industriel dans ce domaine, nous avons lancé en 2008 le premier pro^amme de baccalauréat en génie aérospatial au Québec.Montréal est également très actif dans le secteur des technologies de l’information, des multimédias et aussi du spectacle.Ainsi, un nouveau certificat en technologie des arts de la scènç va débuter en automne 2010.A l’intention des ingénieurs en exercice, nous allons lancer une maîtrise en gestion des projets de génie civil, afin de répondre aux besoins des diplômés, mais aussi des ^andes firmes de génie-conseil.Nous avons également pour mission de former des non-ingénieurs aux technologies, c’est le cas, par exemple, de notre certificat en cyberen-quête destiné aux policiers et aux douaniers.Et du point de vue de la recherche?Nous avons vingt-quatre chafres de recherche réparties en sept grands axes, dont l’aérospatiale, le génie du vivant et les télécommunications.Nous sommes également une des P SOURCE UNIVERSITE DE MONTREAL Avec les établissements de Toronto et Waterloo, l’Ecole polytechnique de Montréal se classe parmi les trois plus importantes écoles de génie au Canada.rares universités à proposer un doctorat en génie nucléaire.Notre budget est d’un peu plus de soixante millions de dollars.Npus bénéficions du soutien de l’État, mais aussi de celui de plusieurs industries, soit par des contrats ou des subventions.Par exemple, la société Medtronic subventionne en partie un projet de recherche sur la scoliose que nous menons avec l’hôpital Saint-Justine.Dans ce cas, nous travaillons directement avec les chirurgiens pour créer des logiciels de conception de corset ou des simulateurs de chirur- gie.En cas d’absence de financement, nous nous sommes dotés d’une société de valorisation qui a pour but d’évaluer les inventions, de déposer un brevet et de permettre la commercialisation si cela en vaut la peine.Cette société a également permis la création de quinze start-ups ces dix dernières années.Quels, sont les défis auxquels l’École polytechnique de Montréal devra faire face dans le futur?Depuis que nous avons remanié les programmes en 2005, nous obtenons un grand suc- au Canada pour le volume de nos partenariats de recherche avec l'industrie POLYTECHNIQUE, L'INNOVATION AVEC UNE LONGUEUR D'AVANCE 70 unités de recherche actives dans des secteurs d'intérêt stratégique, aussi variés que : le génie biomédical, l'aéronautique, les nanotechnologies, les matériaux avancés, l'environnement, l'énergie, le développement durable et les technologies de l'information.Plus d'une trentaine d'inventions divulguées chaque année.Plus de 115 technologies en cours de commercialisation.14 entreprises dérivées de la recherche à Polytechnique depuis 1997.Création de centaines d'emplois directs.6300 étudiants : de futurs ingénieurs, chercheurs ou entrepreneurs, qui seront agents de l'essor économique de demain.ECOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Journée de la recherche à l'École Polytechnique - Thème : « L'eau » Jeudi 27 mai - 8 h 30 à 18 h 30 - ouvert au public www.polymtl.ca/recherche • Tel.: 514 340-4720 Le génie en première ciasse.cès.Notre croissance est continue et nous avons vu le nombre d’étudiants augmenter de plus de 20 %.Un de nos défis sera d’avoir suffisamment d’espace pour soutenir cette croissance.Il y a aussi une préoccupation financière.Pour garder notre position de leader au Canada et au Québec, nous devons attirer les meilleurs professeurs et les meilleurs étudiants.Nous devons être concurrentiels, mais notre budget par étudiant est nettement inférieur à celui des autres universités canadiennes.Il va falloir que nous trouvions d’autres sources de finance- ment.Nous avons aussi un rôle à jouer dans le développement du Québec afin qu’il reste concurrentiel sur le plan international.La Chine forme chaque année plus d’ingénieurs qu’il y en a au Canada.Notre survie dépend des innovations et de la formation d’une main-d’œuvre capable de la porter.Sans cela, nous ne serons jamais capables de répondre aux défis du XXI® siècle.Propos recueillis par Gwenaëlle Reyt Collaboratrice du Devoir Communautés québécoises d’expression anglaise Elles sont moins riches qu’on ne le croit «Pour une petite élite britannique, il y avait une masse effarante de personnes pauvres» Il y a belle lurette que le clivage entre minorités linguistiques divise au Québec.Quelques siècles d’histoire commune n’ont rien fait pour arranger les choses; méconnaissance et préjugés se sont perpétués, souvent fondés sur une perception erronée du passé.Pour corriger le tir, un nouvel organisme a été fondé l’an dernier: le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA).DAVID DUMOUCHEL Le Québec francophone a longtemps lutté contre ses problèmes d’estime de soi; il s’est souvent perçu comme un peuple «colonisé», «porteur d’eau», à la solde d’une élite anglophone riche et désfreuse de l’exploiter sans souci aucun pour son bien-être.S’il y a une certaine vérité dans cette image, explique Lorraine Q’Donnell, coordonnatrice chercheuse au RRCQLA, elle n’en reste pas moins totalement éclipsée par un autre aspect beaucoup moins connu de l’histoire, à savoir que la pauvreté était — et est toujours — fort répandue au sein des communautés anglophones du Québec.«Pour une petite élite britannique, souvent écossaise, il y avait une masse effarante de personnes pauvres, poursuit-elle.Des quartiers comme Griffin-town et Pointe-Saint-Charles étaient à l’époque les bastions d’une classe ouvrière irlandaise extrêmement pauvre, tout comme les environs du Petit-Champlain, à Québec.Et c’était parfois pire dans les milieux ruraux, où une extrême pauvreté perdurait de génération en génération.» Lncore aujourd’hui, la croyance populaire veut que les communautés québécoises anglophones fassent mieux que les francophones au plan financier.«C’est pourtant faux!», s’exclame Lorraine Q’Donnell.Une étude récente, menée par le Réseau communautaire de santé et de services sociaux, indique en effet que près de 22 % des anglophones du Québec vivent sous le seuil de faible revenu (SLR), contre quelque 16 % des francophones.La différence est significative et perceptible pour qui regarde vraiment, croit Lorraine Q’Donnell.«Quand les gens se basent sur leurs expériences personnelles pour réfléchir à la question, ils identifient rapidement plusieurs endroits où il n’y a aucune corrélation entre richesse et communauté anglophone: N.D.G., Verdun, quartiers de l’Est de Montréal, mais aussi Gaspésie, Côte-Nord [qui ont beaucoup souffert du déclin des industries maritimes] et plusieurs villes rurales.Plusieurs des connaissances anecdotiques, que nous possédons tous, déboulonnent le mythe, et pourtant il perdure.» Traditions Ainsi, les communautés québécoises d’expression anglaise, en général aussi touchées par la pauvreté que les autres, ont historiquement contribué au développement de réponses adaptées à leur situation.Alors que les élites de ces communautés disparates — les anglophones ne forment en effet pas un bloc monolithique, tant s’en faut, mais plutôt une mosaïque de groupes aux mœurs, coutumes et appartenance religieuse très contrastées — ont bâti des hôpitaux, les franges plus populafres s’échinaient à améliorer leurs conditions de vie quotidieime.«Peu de gens le savent, estime Lorraine Q’Donnell, mais les débardeurs irlandais ont beaucoup fait pour l’établissement du syndicalisme au Québec.Dès les années 1860, influencés par leurs propres traditions d’organisation et de militantisme, ils ont contribué à l’établissement d’un VOIR PAGE H 5: ANGLAIS LE DEVOIR LES SAMEDI I“ET DIMANCHE MAI 2010 H 5 ACFAS Recherche à TUniversité de Montréal — Du pluralisme culturel à la pharmacogénomique «Le volet international va devenir une composante de plus en plus importante» L’Université de Montréal compte 2500 professeurs et chercheurs L’Université de Montréal et ses écoles affiliées accueilleront cette année le congrès de l’Acfas.Coup d’œil sur certains aspects de la recherche dans cet étahlissement.BRIGITTE SAINT-PIERRE La recherche à l’Université de Montréal couvre de nombreux domaines, allant des études sur le pluralisme culturel à la pharmacogénomique, en passant par les études internationales, le développement de l’enfance, les nanosciences, la biodiversité et bien d’autres champs.Des travaux de recherche s’y effectuent tant en lettres, en sciences humaines et en sciences sociales qu’en sciences naturelles et en mathématiques, ainsi qu’en sciences biomédicales et de la santé.L’université compte plus de 2500 professeurs et chercheurs et quelque 200 centres et instituts de recherche.Joseph Hubert, vice-recteur à la recherche de l’Université de Montréal, fait valoir que l’université et ses écoles affiliées, l’École polytechnique et HEC Montréal, constituent le premier pôle de recherche au Québec.Selon un palmarès des universités canadiennes à forte intensité de recherche effectué en 2009 par la firme Research Infosource, l’Université de Montréal se classe au quatrième rang au Canada et au premier rang au Québec en ce qui concerne le financement de la recherche.Aux fins de ce classement, les revenus de recherche des universités incluent ceux de leurs établissements affiliés.En 2007-2008, l’Université de Montréal a obtenu des revenus de recherche totalisait 403,1 millions de dollars.A cela s’ajoqte le financement reçu par l’École polytechnique (50,7 millions de dollars) et par HEC Montréal (14,9 millions de dollars).Principes et domaines M.Hubert mentionne certains principes directeurs en matière de recherche.«On a toujours encouragé la recherche en réseau, interuniversitaire dans la plupart des secteurs», dit-il.Ée vice-recteur indique que l’université favorise la recherche au sein de centres, de groupes ou d’instituts, pour avoir de meilleures infrastructures et des masses critiques un peu plus grandes.«Le volet international est déjà présent, mais il va devenir une composante de plus en plus importante dans les prochaines années.L’aspect interdisciplinaire aussi est déjà en route et sera poussé un tout petit peu plus loin», ajoute-t-il.A l’Université de Montréal ou dans ses hôpitaux affiliés, des scientifiques font de la recherche sur un trçs grand nombre de sujets.A l’instar ANGLAIS «Uidée n’est pas de dire que les anglophones ont développé ceci ou cela, mais bien de souligner leur contribution à l’avancement de la société québécoise» SUITE DE LA PAGE H 4 regroupement syndical, certes embryonnaire, mais qui marquait néanmoins le début de quelque chose d’important» Car les Irlandais, malgré le clivage linguistique, ne travaillaient pas en vase clos; ils collaboraient avec les autres débardeurs et les ont ainsi nécessairement influencés.«Il y avait à l’époque beaucoup d’échanges et de mouvements.L’idée n’est pas de dire que les anglophones ont développé ceci ou cela, mais bien de souligner leur contribution à l’avancement de la société québécoise.C’est d’ailleurs cela qui est unique au Québec: la minorité linguistique, elle-même divisée en sous-groupes ethniques, religieux et culturels, a apporté beaucoup de traditions qui ont créé une dynamique très particulière.» Autre exemple de ce dynamisme: les femmes à la maison, qui créaient des réseaux d’aide informels afin de combattre la pauvreté.«Cela met en lumière l’histoire d’organisation pour combattre la pauvreté.Tout ça est un héritage réel», pourtant méconnu.Un réseau encore jeune Les travaux du RRCQEA ne se limitent toutefois pas à l’apport des communautés anglophones québécoises pour contrer la pauvreté.«L’idée de cette instance de recherche, indique Lorraine Q’Donnell, est de regrouper les chercheurs qui travaillent sur des questions liées aux communautés d’expression anglaise en un réseau cohérent et organisé qui soit à même d’assurer une bonne diffusion du fruit de leur effort.Une partie de mon rôle est de faire le ré-seautage entre les chercheurs, les groupes communautaires et les instances gouvernementales, afin de faire mieux comprendre l’importance de la communauté anglophone du Québec et de faire connaître les défis auxquels elle fait face.» Dans le cadre du 78" Congrès annuel de l’Acfas, le RRCQEA proposera ainsi une trentaine de conférences échelonnées sur deux jours.La plupart d’entre elles seront données en français; une traduction simultanée sera offerte dans le cas des autres, «car il est primordial d’aborder ces problématiques ensemble, comme un groupe de chercheurs québécois, dont la langue d’usage importe peu».¦ «Communautés d’expression anglaise du Québec: enjeux actuels et tendances» se tiendra les lundi 11 et mardi 12 mai, au pavillon Jean-Coutu.¦ Pour plus d’information sur le RRCQEA, voir le site www.quescren.ca/fr.Le Devoir A l'ACFAS 2010 COLLOQUE DE LA _ ^Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université L'Équipe de recherche sur la gouvernance et l'éthique appliquée (ERGÉA) ET LA Chaire d'éthique appliquée de l'Université de Sherbrooke LES 12 ET 13 MAI 2010 Université de Montréal, Pavillon Marie-Victorin, Local MV-D452 programme: www.fqppu.org des autres établissements universitaires, l’université a conçu un plan de recherche stratégique.La recherche sur le cancer est l’un des domaines qui y sont mentionnés.L’université abrite l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie.La recherche cardiovasculaire fait aussi partie des domaines stratégiques.Il s’en fait notamment à l’Institut de sité vient en outre d’inaugurer la chaire de recherche Beaulieu-Saucier en pharmacogénomique, dont le titulaire sera Simon de Denus.Des chercheurs de l’université effectuent en outre notamment de la recherche en génomique, en développement de médicaments, en neurosciences, en santé mentale, en sciences de la vision et en réadaptation.De la recherche sur La pharmacogénomique pourrait permettre de mieux choisir les médicaments à donner en fonction du profil génétique des individus cardiologie de Montréal, affilié à l’université, et au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).«Ce qui est relativement récent, c’est de travailler dans le domaine de ce qu’on appelle la pharmacogénomique, ou la médecine personnalisée», dit M.Hubert.La pharmacogénomique pourrait permettre de mieux choisir les médicaments à donner en fonction du profil génétique des individus.Créé en 2006, le Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier-Université de Montréal découle d’un partenariat entre cette université, l’Institut de cardiologie de Montréal et Génome Québec.En 2008, il a emménagé dans ses nouveaux locaux.L’univer- le diabète s’y fait également, en col-laboration avec l’Université McGill.Dans le secteur des sciences naturelles, la recherche en nanosciences et nanotechnologies est une priorité.Des chercheurs de l’Uniyersité de Montréal et de l’École polytechnique de Montréal effectuent de la recherche dans ce domaine au pavillon Joseph-Armand-Bombardier, inauguré en 2004.Une autre priorité est le domaine de la biodiversité.«Pour l’instant, ça se concrétise par la construction d’un centre sur la biodiversité sur le site du Jardin botanique.Ce centre sera inauguré à l’automne 2010», indique M.Hubert.Des scientifiques de l’Université de Montréal et du Jardin botanique de Montréal y feront de la recherche.Situé sur le campus de l’Université de Montréal, le Centre de recherches mathématiques regroupe des chercheurs issus de différentes universités.Il est notamment soutenu par l’Université de Montréal, l’Université McGill, l’Université du Québec à Montréal, l’Université Concordia, l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke.Lettres, sciences humaines et sciences sociales Dans le secteur des lettres, des sciences humaines et des sciences sociales, les études littéraires et culturelles, y compris les études québécoises, sont l’un des domaines de recherche stratégiques.Le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises est basé à l’Université de Montréal, à l’Université Laval et à l’Université du Québec à Montréal et regroupe aussi des chercheurs provenant d’autres universités.Les études ethniques et celles sur le pluralisme culturel et linguistique constituent un autre domaine mentionné dans le plan de recherche stratégique.M.Hubert indique que des travaux de recherche interdisciplinaire et interuniversitaire se font dans ce champ.Le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) est affilié à l’Université de Montréal, à l’Institut national de la recherche scientifique - Urba- nisation, culture et société (INRS-UCS) et à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Il regroupe également des chercheurs rattachés à d’autres établissements.«On a des groupes qui travaillent sur le développement de la petite enfance», ajoute le vice-recteur à la recherche de l’Université de Montréal, qui mentionne qu’il s’agit surtout de chercheurs en psychologie et en psychoéducation.Les études internationales et la mondialisation sont également mentionnées dans le plan de recherche stratégique.L’Université de Montréal abrite le Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM).Un centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail regroupe par ailleurs des chercheurs de l’Université de Montréal, de l’Université Laval et de HEC Montréal.L’Université de Montréal souhaite consolider ses domaines et ses infrastructures de recherche et favoriser l’internationalisation de la recherche.«Les prochaines étapes, c’est vraiment de développer davantage le volet d’insertion dans les réseaux internationaux pour un certain nombre de grands projets, aussi bien dans le secteur biomédical que dans celui des sciences [naturelles] et dans celui des sciences sociales», indique le vice-recteur à la recherche.Collaboratrice du Devoir Presses de l’Université Laval de Ï’ÂCFÀS du 10 au 14 mai 2010 piiBiags nouweauleg ¦fsprit^esju.lAI unTanalyse du discours de la réforme DE LÉDUCAIIDN AU QUÉBEC Sous la direction de MARTINE LAGACE Anthony Cerqua ClerniDiit Gauthier Les voies P WfAf de la mondialisation et de l'autonomie Sou^ ,.-/q'.'nuVu.d.«idc.William n.1 DEl Québec aa B€C MONTREAL ÉCOLE POLY1ECHNIOUE MONTRÉAL A Université de Montréal H 8 LE DEVOIR LES SAMEDI I ET DIMANCHE MAI 2010 AC FA S SOURCE JUAN-LUIS KLEIN Pour son colloque sous le thème «L’urgence de l’innovation sociale pour une société innovatrice», le directeur du Centre des recherches sur les innovations sociales, Juan Luis Klein, propose une réflexion sur le renouvellement du modèle québécois.Urgence de l’innovation sociale Le Québec doit se donner « un nonveau modèle de société » L’être humain doit être au centre du développement économique et social «Renouveler le modèle québécois».Expression abondamment utilisée, parfois galvaudée et souvent utilisée à toutes les sauces.N’empêcbe, c’est réellement ce que vise Juan Luis Klein, directeur du CRISES.Mais sa démarche va à contre-courant de celle des «lucides».Plus qu’une affaire de budget, le Québec doit expérimenter de nouvelles façons d’aborder les problèmes sociaux.était pensée pour les jeunes qui, à É M O N D la fin de leurs études, se mariaient et ensuite avaient un emploi à temps plein.Ils travaillaient pendant trente ans.Ils prenaient par la suite leur retraite et mourraient De tout cela, la seule chose qui reste, c’est qu’ils meurent à la fin.Le reste a changé», observe-t-il avec humour.Mais repenser, renouveler, ré- ETIENNE PLAMONDON La crise économique a frappé l’Occident de plein fouet.Les déboires américains, grecs et portugais s’enlisent.Le Québec s’en est tiré sans trop de cicatrices, mais il esj trop tôt pour crier victoire.«A mon avis, on a à peine commencé à voir les effets», prophétise Juan Luis Klein.Le directeur du Centre des recherches sur les innovations sociales (CRISES) croit que «le grand problème, c’est que nous n’avons, ni ici, ni ailleurs, réfléchi aux causes qui avaient provoqué cette crise.On n’a agi que sur des effets, c’est-à-dire la faillite de certains établissements financiers, le besoin de sacrifier la structure de l’économie, le besoin de protéger la consommation.[.] Mais on n’a pas du tout réagi aux causes qui avaient provoqué la crise financière.» Comme notre province a été la plus épargnée par la crise au Canada, M.Klein se «dit que le Québec a une occasion d’essayer de réagir et de penser aux causes qui ont provoqué cette crise et de se renouveler, de façon [.] à ce qu’on ne soit pas à la merci de ce qui se fait, mais qu’on puisse d’une certaine façon avoir un leadership dans ce qui se fait».C’est dans cette optique que, dans le cadre du 78® Congrès de l’ACFAS, le professeur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) organise un colloque sous le thème «L’urgence de l’innovation sociale pour une société innovatrice».Une activité spéciale qui ne vise rien de moins que de réfléchir au renouvellement du modèle québécois.«C’est un vaste programme», admet-il, le sourire un peu rieur, ajoutant avec une pointe d’autodérision: «C’est Charles de Gaulle.» Voir large Selon Juan Luis Klein, ce chantier de réflexion nécessite une vision plus large que la gestion budgétaire.Ce sont nos manières d’aborder les problèmes qu’il faut ajuster.Il nous invite à nous poser de nouvelles questions pour de nouveaux problèmes.Il prend l’exemple de l’éducation qui, comme professeiu, l’interpelle particulièrement.Il croit fermement que tout ce système doit être repensé, car de nouvelles réalités nous forcent à revoir un système mal adapté à la jeunesse d’aujourd’hui.«L’école son arrivée.Ici, à son avis, «les citoyens, les organisations de la société civile ont une place importante qui permet une forte cohésion sociale».Aussi, il louange les expérimentations qui ont transformé le modèle québécois à quelques reprises.La dernière période faste dans ce type d’innovation fut lors d’une autre crise économique, soit celle du début des années 80.Les modes de gouvernance dans les domaines de la santé, de l’appui des entreprises et du développement économique et territorial ont donné un nouveau souffle à notre société.Voilà que, depuis deux ans, le Québec se confronte de nouveau à une «Notre développement ne doit pas priver ceux qui se développent en même temps que nous de la possibilité de se développer comme nous» inventer, ce n’est surtout pas faire fi des expériences du passé et des acquis qu’a engrangés notre société.Avec cette philosophie, Juan Luis Klein s’inscrit en opposition aux gens derrière le manifeste Pour un Québec lucide et de sa suite logique, le budget Bachand, qui, selon lui, est en train «de jeter le bébé avec l’eau du bain».«La réaction qu’on a vue a été de miner d’une certaine façon les acquis du modèle québécois.A savoir, l’accès universel à certains services, comme la santé par exemple.» «Bien sûr, il y a un grand problème dans la santé.En partie, c’est parce qu’on voit tous les malades comme étant pareils», considère M.Klein, qui tente de faire déborder le débat du simple constat comptable.«N’est-il pas possible d’avoir une diversité de réponses aux divers problèmes qui se posent dans le domaine de la santé?Pourquoi faut-il que chaque maladie, chaque problème se traduise par un passage à l’urgence?Tout simplement parce qu’on n’a pas de solution de rechange», pose-t-il comme diagnostic.Cohésion sociale Géographe, Juan Luis Klein pense lui aussi au développement durable, à l’évolution dans le temps, à la nécessité de ne pas hjqjothéquer les générations futures, mais il réfléchit aussi au développement dans une logique de territoire et de collectivités.«Notre développement ne doit pas priver ceux qui se développent en même temps que nous de la possibilité de se développer comme nous.Ce qui signifie un développement équitable.» Né au Chili, Juan Luis Klein a été séduit par certains aspects du modèle québécois lors de crise economique.Selon le directeur du CRISES, il s’agit d’un moment charnière que le Québec doit saisir pour stimuler sa créativité sociale.«La crise [des dernières années] a montré que l’économie était arrivée à une situation qui était insupportable pour la société.Elle s’est affranchie des institutions démocratiques.Elle s’est affranchie de la capacité des gouvernements de pouvoir agir.Elle répond uniquement au besoin de rentabilité à court terme des détenteurs de capital financier.C’est le capital financier qui mène le rythme de ce qui se fait et de la façon dont ça se fait sur le plan de l’évolution de la recherche.Ça met en évidence la nécessité de penser à de nouveaux modes de gouvernance dans la société qui ramèneraient l’économie à son juste rôle, qui est celui de servir les citoyens, servir la population.» Juan Luis Klein en appelle donc à une nouvelle vague d’expérimentations qui ramèneraient l’être humain au centre du développement économique et social.Il cite le titre de la conférence que tiendra l’ancien député Camil Bouchard lors du congrès de l’AC-FAS, «Innover pour ajouter une couche d’humanité», qui résume selon lui la philosophie du colloque.«Déjà, le fait de penser à un nouveau modèle de société, c’est penser à une innovation sociale», déclare-t-il pour justifier le symposium qui se déroulera les 12 et 13 mai prochains à l’Université de Montréal.¦ «L’urgence de l’innovation sociale poiu une société innovatrice» se tiendra le mercredi 12 mai en après-midi, au Pavillon Métro, et le jeudi 14 mai, au Pavillon Ray-mond-Chabot-Grant-Thornton.Le Devoir RECHERCHE En prévision du jour où nous subirons un tremblement de terre Bien que nos ingénieurs conçoivent des structures complexes depuis une centaine d’années, ils apprennent encore beaucoup des récents tremblements de terre.Ainsi, une équipe de l’Ecole polytechnique de Montréal est à l’affût de ce que pourrait nous apprendre le récent séisme survenu au Chili.Elle s’inquiète même d’une éventuelle secousse qui pourrait nous frapper, tout en se préoccupant de renforcer nos ponts et viaducs.CLAUDE LAELEUR ors du tremblement de terre de San Eer-nando en 1971, nombre de bâtiments mo- «L dernes se sont effondrés, relate Bruno Massicot-te.On s’est alors demandé comment il se fait que des bâtiments pourtant construits selon les plus récentes normes n’ont pas résisté.Voilà qui a ouvert les esprits et qu’on a commencé à se questionner sur ce qu’on faisait.» M.Massicotte est professeiu à l’École poljAechnique et titulaire du Groupe de recherche en génie des structures, une équipe qui se consacre entre autres au génie parasismique.«Nous travaillons en vue d’améliorer les normes de construction des bâtiments ainsi que de renforcer certaines structures existantes, notamment nos ponts», précise-t-il.«La région de Montréal est aussi exposee [aux risques de séismes] que celle de Vancouver» estime Bruno Massicotte Revisiter nos connaissances «Les récents tremblements de terre montrent qu’il y a des structures qui résistent très bien et d’autres pas, poursuit-il.On sait maintenant certaines choses qu’on ignorait il y a trente ans.Par exemple, on pensait que les bâtiments dont la structure est principalement faite d’acier étaient préférables à ceux en béton.Toutefois, à la suite du tremblement de terre de Los Angeles (1993), on a pu observer les charpentes d’acier de bâtiments en construction, ce qui nous a permis de découvrir des fissures.On pensait jusqu’alors que l’acier ne présentait aucun problème, ce qui n’est pas le cas.On a depuis modifié nos façons de faire.Voilà qui alimente nos recherches!» Par ailleurs, en laboratoire, les chercheurs n’ont pas toujours les moyens de faire des tests sur des composantes à pleine grandeiu.«On fait souvent des essais sur des assemblages réduits, précise M.Massicotte.Cependant, à Polytechnique, nous avons mis en lumière que des essais sur modèles réduits ne donnent pas nécessairement les mêmes résultats que des essais sur des spécimens en taille réelle.L’extrapolation à partir d’une petite échelle — d’une poutre de 4 pieds de long pour en simuler une de 40 pieds — n’est peut-être pas correcte dans certains cas.C’est le genre de choses que nous démontrons dans notre laboratoire.Et même à l’aide de logiciels, on ne peut pas tout simuler, car il y a des phénomènes qui sont très difficiles à reproduire.Il faut, dans certains cas, faire des essais en grandeur réelle.» \ A quand notre tour?La plupart d’entre nous considérons que, au Québec, nous habitons une région qui risque peu de subir un important séisme.Or il n’en est rien, estime Bruno Massicotte.«La région de Montréal est aussi exposée à ce risque que celle de Vancouver», dit-il.La nature du risque est cependant différente.Les résidants de la côte ouest habitent une région où se trouvent des failles géologiques actives — où les sols bougent beaucoup — alors que nous, nous habitons une région aux sols mous.«L’une des particularités de l’est de l’Amérique du Nord est que les ondes sismiques se transmettent sur de grandes distances, alors qu’en Californie les tremblements de terre sont localisés.» Ainsi, rappelle M.Massicotte, nous avons tous très bien ressenti à Montréal la secousse sismique survenue à Chicoutimi en novembre 1988.«Ce tremblement de terre d’une magnitude de 6,2 a été ressenti jusqu’à Montréal.à 450 kilomètres de là!» On rapporte même qu’il a été ressenti à Toronto et même dans le Michigan.Dans l’est de l’Amérique, la zone affectée par un tremblement de terre est nettement plus vaste qu’en Californie, de sorte que, même s’il y a en moins, on est exposé à ce risque parce que les séismes qui sont éloignés peuvent nous affecter.De plus, nul ne peut dire d’où proviendra la prochaine grande secousse.En outre, les séismes d’importance sont peu fréquents, soit environ un par siècle, de sorte qu’on n’y est guère préparé.«On pourrait dire que le dernier séisme en importance (de magnitude 7) remonte à 1925 dans Charlevoix», relate M.Massicotte.C’est dire que pratiquement toutes nos structures n’ont jamais été mises à l’épreuve.Bruno Massicotte prédit tout de même que ce ne sera pas le même type de structures qu’en Californie qui sera affecté ici, étant donné la différence des sols.«On peut imaginer que ce ne seront pas les structures élevées — les édifices — qui souffriront, mais davantage celles qui sont trapues comme les ponts», dit-il.Renforcer nos ponts Le Groupe de recherche en génie des structures a en outre contribué à l’enquête qui a suivi le tragique affaissement du viaduc de La Concorde, à Laval.«Nous avons mené des études pour vérifier la sécurité des ponts, explique M.Massicotte.Dans notre laboratoire, nous avons testé des portions de pont à échelle réelle.Nous cherchions à comprendre d’où venait le problème.» L’équipe a également utilisé des logiciels pour comprendre ce qui s’est passé à La Concorde.«Et, maintenant, nous continuons nos travaux, puisque le ministère des Transports a bien d’autres ponts [existants et à construire].» «Je vous dirais que le ministre des Transports se comporte de façon exemplaire et très responsable, lance l’ingénieur.Il cherche vraiment à comprendre ce qui se passe au niveau de ses ponts.» «Nous disposons à présent des sommes nécessaires pour mener à bien ce genre de recherche.La direction du ministère a vraiment le souci d’assurer la sécurité aux meilleurs coûts possibles.C’est le ministère au Canada qui alloue le plus d’argent pour étudier les problèmes — ce que nous envient bien des collègues en Ontario et à travers tout le Canada!» Collaborateur du Devoir L’effet de la recherche L’UQAM salue la contribution de i’Acfas à ia valorisation de ia recherche, véritabie moteur d’avancement sociai, économique et culturel.Plus de 400 professeurs, chercheurs et étudiants de rUQAM partageront les fruits de leurs travaux au congrès 2010.Évaluation de la qualité de la vie, médicaments sur Internet, médias sociaux et santé, prévention du décrochage scolaire, il n’est pas de sujet d’importance qui ne soit touché par L’effet UQAM.uqam.ca L’effet UQAM
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