Le devoir, 3 mai 2010, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 3 MAI 2010 A TENNIS Nadal, grand favori pour Roland-Garros Page B 4 DANSE V >1 Le fil à la patte Page B 8 MONDE Une crise existentielle François Brousseau L ¦ Europe est blessée, l’Europe est une ^ poule sans tête.L’Europe ne sait plus où elle va.Et ce n’est pas l’adoption in extremis ce week-end — longtemps retardée par les atermoiements politiciens, et finalement forcée par les événements — d’une aide d’urgence à la Grèce (plus de 100 milliards de dollars), qui va redonner de l’élan et de l’aUure à cette immense caravane sans conducteur.Longtemps considérée comme la plus extraordinaire aventure supranationale de tous les temps, l’Union européenne — un demi-milliard de citoyens de pays généralement aisés, démocratiques, cultivés — est de plus en plus tenue pour quantité négligeable sur la scène diplomatique mondiale, alors qu’émergent et que s’imposent la Chine déjà, et demain l’Inde, le Brésil.Pendant qu’à l’interne, dans la vacillante maison Europe, chaque nouvelle crise d’envergure — à distinguer de la microgestion quotidienne — révèle une paralysie croissante des institutions communautaires.Juste au cours des six derniers mois, il y a eu l’humiliation de Copenhague, lors du sommet environnemental de décembre, où la ré,union finale s’est tenue sans elle, mais avec les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil.H y a eu cette sélection de leaders — un «président» (Herman van Rompuy) et une «ministre des affaires étrangères» (Catherine i^hton), supposés permanents, capables et légitimes — que personne n’a comprise et qui a laissé une profonde impression d’impuissance et d’improvisation.H y a eu ces cafouillages autour du blocage du trafic aérien au-dessus de l’Europe, après la fameuse éruption volcanique: pathétique manifestation d’incompétence et d’absence.Signe morbide mais signe des temps: sur les forums de discussion des grands journaux du Yieux Continent, beaucoup de citoyens ordinaires se réjouissent ouvertement de l’affaiblissement et de la perte de prestige de la bureaucratie de Bruxelles.Ces jours-ci, une vidéo très populaire sur Internet nous montre une Lady Ashton (dont le titre complet est «haute représentante pour la politique extérieure et la politique de sécurité de l’Union européenne») qui se voit remplacée par la clown-chanteuse Lady Gaga.Et puis, et surtout, il y a cette crise grecque, qui fait des dégâts bien au-delà de l’archipel hellène.Une crise qui a vu les uns et les autres improviser, réagir à retardement, dans une ambiance de sauve-qui-peut et de chacun-pour-soi.Avec par exemple cette riche Allemagne qui regarde avec mépris la «cigale» grecque.L’Allemagne où la chancelière Angela Merkel avait pensé s’acheter quelques votes locaux en retenant le plus longtemps possible sa cagnotte d’aide à Athènes.et en faisant même mine de revenir sur des engagements déjà pris.?Voüà maintenant qu’une des rares réussites (apparentes) de l’Union depuis une décennie — une devise commune forte et respectée, rivalisant avec le dollar, et qui servait de plus en plus de monnaie d’échange, voire de référence, non seulement pour les Européens, mais aussi pour les Indiens, les Chinois, les Etats pétroliers arabes — voüà donc que l’euro se voit non seulement dévalué (moins 15 % depuis la fin 2009), mais carrément mis en accusation comme corps du délit et origine de tous les maux.ou d’une bonne partie d’entre eux.On l’a dit, et les Cassandre des années 1990, qui s’étaient tues depuis une décennie, ramènent aujourd’hui leur argument fondamental: cette intégration monétaire entre des pays souverains, de niveaux et de traditions économiques extrêmement variés, était une entreprise archipérüleuse.EUe risquait d’exploser un jour ou l’autre entre les mains de ces apprentis sorciers techno-européens.Sans intégration politique de type fédéral, que peut en effet signifier l’intégration économique, fiscale, monétaire?Aujourd’hui, les Grecs vont justement goûter, pour plusieurs années, à une espèce de régression douloureuse au rang de petite province de l’Europe.Dépourvus de la possibilité de dévaluer une monnaie qu’ils n’ont plus (la drachme), ils sont d’ores et déjà soumis à une tuteUe de facto, de l’AUe-magne et des grands argentiers.Pour tout dire, la Grèce vient de se voir dépouülée de larges pans de sa souveraineté nationale.D’où cette question lancinante: est-ce que ça avait du sens de faire une monnaie commune entre des pays souverains, sans davantage de fusion économique, financière.et politique?Est-ce qu’il ne faudrait pas aujourd’hui, logiquement, un pouvoir fédéral fort à BruxeUes?Ou au contraire: est-ce que toute cette entreprise n’était pas une utopie, que l’on paye cher aujourd’hui?Plus d’Europe ou moins d’Europe, telle est la question.François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous les jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio- canada, ca/nouvelles/carnets.francobrousso@hotmail.corn \ CARL DE SOUZA REUTERS David Cameron s’adressant aux employés d’un supermarché, hier, dans le nord du Pays de Galles Cameron creuse son avance, mais pas assez Les médias britanniques se rangent derrière le leader conservateur CHRISTIAN RIOUX Londres — A trois jours du scrutin, le leader conservateur, David Cameron, qui a remporté le dernier débat télévisé semble en voie de consolider son avance, mais pas suffisamment pour exclure un gouvernement minoritaire.Convaincu que sa possibilité de former un gouvernement majoritaire tient à un cheveu, Cameron s’est engagé dans la dernière ligne droite de la campagne en expédiant à 3,5 millions de familles une liste de 16 promesses qu’ü s’engage à tenir coûte que coûte.Le candidat favori a néanmoins affirmé qu’ü agirait de façon «responsable» si jamais ü ne détenait pas la majorité absolue des sièges jeudi prochain.Le chef conservateur a reçu hier le soutien officiel des plus gros canons de la presse britannique.Le plus puissant d’entre eux, The Sun, qui avait fidèlement soutenu les travaillistes depuis 13 ans, a changé son fusil d’épaule en prenant position pour Cameron.«La vérité, c’est que les années travaillistes ont été des années de succès médiocre et d’échecs notoires qui ont vu le gouvernement s’ingérer inutilement dans la vie de chacun», écrit-il.«Ce pays cherche désespérément le changement», affirme son petit frère The News of the World, qui prend aussi position pour Cameron après avoir fait les ELECTIONS BRITANNIQUES beaux jours de Tony Blair.C’est sans grande surprise que l’hebdomadaire The Economist leur emboîte le pas afin, dit-il, de réformer ce «Leviathan» que serait devenu le secteur public.Sur ses pieds Mais la surprise est venue du Times et du Guardian.Le premier, qui n’avait pas soutenu les conservateurs depuis 18 ans, affirme que Cameron a «le jugement et le caractère» pour remettre le pays sur ses pieds et que «les conservateurs offrent une vision optimiste pour le renouveau de la Grande-Bretagne».L’étonnement est encore plus grand du côté du Guardian traditionnellement proche des travaillistes.Le journal se range de manière «enthousiaste» derrière le libéral démocrate Nick Clegg, dont une alliance avec les travaillistes permettrait, dit-il, de réformer le système électoral en introduisant le scrutin proportionnel.Le quotidien reconnaît néanmoins la nécessité d’un vote «tactique» selon les circonscriptions afin de prévenir une victoire conservatrice.Seul le Daily Mirror soutient toujours les travaillistes alors que The Independent appelle au vote tactique.Soucieux d’apparaître comme la véritable opposition, pendant tout le week-end, le candidat-surprise de cette campagne, Nick Clegg, a reven- diqué une «course à deux» avec les conservateurs.Les sondages le placent parfois un point devant les travaillistes ou deux points derrière.Rejetant toute perspective de coalition avec les conservateurs, Clegg a déclaré au Guardian: «Il y a un fossé entre mes valeurs et celles de David Cameron.» Depuis vendredi, alors qu’un accident de voiture a interrompu un rassemblement de vedettes travaillistes à Birmingham, la campagne de Gordon Brown est surnommée «Car Crash».Mais le premier ministre n’a pas pour autant rendu les armes.Samedi, il a comparé Nick Clegg à un «animateur de jeux télévisés».Certaines rumeurs, reprises par le Sunday Telegraph, laissent entendre qu’il démissionnerait rapidement s’il essuyait une dure défaite.Selon Peter KeUner, expert de la firme de sondages YouGov, les conservateurs seraient à 26 des 326 sièges nécessaires pour former un gouvernement majoritaire.Compte tenu des petits partis (notamment écossais et gallois) représentés en Chambre, selon Peter Riddell du Times, 310 sièges suffiraient pour faire contrepoids au vote combiné des travaillistes et des libéraux démocrates.Selon l’expert de la BBC, David Cowling, hier, le vote des conservateurs était légèrement en hausse alors que celui des libéraux démocrates était légèrement en baisse.Correspondant du Devoir à Paris Rien de plus frustrant qu’un «hindicap» GUY TAILLEFER Le Devoir en Inde New Delhi —Aap kaisé hain?Comment allez-vous?Main theek hun.Ça va bien.Dans la classe, il y a un Britannique, une Sud-Coréenne, une Péruvienne, une Américaine du Tennessee et deux Québécois de Montréal.Qui sont là à tenter de s’enfoncer dans le crâne quelques rudiments de hindi.Pourquoi?Pour surmonter l’état d’insatisfaction linguistique qui s’empare de l’expatrié qui s’installe au quotidien dans un pays où, qu’on se le dise, seulement 5 % du milliard d’habitants parlent couramment l’anglais.Non, et contrairement à ce que les Indiens cherchent à faire avaler au reste de la planète, la langue de Shakespeare n’est pas parlée par le plus grand nombre en Inde.L’apprentissage du hindi connaît actuellement parmi les étrangers une popularité assez inédite.Le phénomène est tout à fait récent, pour ne pas dire embryonnaire, lié très directement à l’ouverture économique du sous-continent.On estime qu’au cours des dernières années, environ 100 000 travailleurs étrangers ont élu domicile en Inde et que leur nombre croît de 30 % et plus par année.Une grande partie de ces ressortissants sont des professionnels, attirés notamment par le boom technologique, qui peuvent sans problèmes s’en tenir exclusivement à l’usage de l’anglais — et qui s’y tiennent.VOIR PAGE B 2 «HINDICAP» !¦_____ ^ _ TCTcTr if ^ I jf* " I w SYLVIE PEPIN Anuradha Kohli, professeure à l’école HindiGuru: «Pollué par l’anglais, dit-elle, le hindi est de plus en plus mal parlé dans les grandes villes.» B 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 3 MAI 2010 LE MONDE La double figure d’Obama John R.MacArthur Plus d’un an après son investiture à la présidence, Barack Obama se révèle une déception, même pour beaucoup de libéraux.Les gauchistes antiguerre sont en colère à cause de rintensification de l’engagement militaire en Afghanistan; les militants des droits de l’homme sont furieux que la prison de Guantanamo fonctionne encore; et les réformateurs plus conventionnels sont contrariés par le manque de changement dans un système de lobbyisme corrompu qui domine le processus législatif de Washington.De plus, à gauche comme à droite, on aurait voulu voir l’implantation d’un nouveau système de santé qui s’occuperait des malades, plutôt que de faire la fortune des compagnies d’assurance.Les électeurs sont frustrés de voir un projet de loi qui non seulement ne contient pas l’option d’acheter une assurance du gouvernement, mais qui oblige des dizaines de millions de personnes non assurées à acheter des polices d’assurance de sociétés privées.D’après le Washington Post, même le caucus noir au Congrès est fâché parce qu’il perçoit le président indifférent au chômage des Noirs, actuellement de 16,5 %.L’effet de la politique de statu quo d’Obama se voit dans les sondages.Selon Gallup, environ 49 % lui sont favorables et 45 % défavorables, une baisse considérable par rapport à il y a un an où c’était 68 % et 26 %.On n’est pas obligé d’accepter la caricature socialiste d’Obama promue par les militants du Tea Party pour se rendre compte que des gens bien, et pas si fous, ont du mal à comprendre com- ment un type qui avait tellement prôné le changement a fait si peu pour un véritable progrès.Le grand politologue libéral Gary Wills a bien reflété le désenchantement de ses confrères à la suite de l’annonce d’Obama de l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan: «Si on avait voulu les guerres de Bush, les entrepreneurs, et la corruption, on aurait pu voter pour John McCain.Au moins, on aurait pu faire face à notre ennemi, plutôt que de l'avoir dans notre dos, comme c'est le cas maintenant.» Toutefois, le sondage qui compte le plus en Amérique n’est pas toujours la voix du peuple.Parmi les élites des médias de la côte est, des think tanks, du professorat et des cadres politiques professionnels, Obama jouit d’une popularité croissante qui garantit presque assurément sa réélection en 2012.Pour en savoir plus, on n’a qu’à feuilleter la nouvelle biographie du président de David Remnick, rédacteur en chef au New Yorker et tribun du grand centre du Parti démocrate.Chevalier démocrate Remnick fait partir des libéraux bien-pensants qui, comme Hillary Clinton, appuyaient l’invasion de l’Irak (le New Yorker a même attisé les flammes de la propagande bushienne en répandant le mensonge d’un lien entre Saddam Hussein et al-Qaï-da).Maintenant que la «libération» glorieuse de la Mésopotamie a tourné à l’aigre, ces faucons libéraux ont prétendument reconnu leur erreur.Du coup, ils se disaient horrifiés par le vilain Bush et se sont mis à chercher un chevalier démocrate pour l’expulser de la Maison-Blanche.Après l’échec de John Kerry en 2004, ces libéraux bon teint ont misé sur une éventuelle restauration du couple Clinton et cherché à justifier le «vote pragmatique» d’Hillary pour l’invasion.Mais voilà qu’un nouveau sauveur se présente qui n’est pas sali par un soutien de la guerre et qui promet la rédemption pour les péchés de l’esclavage, ainsi que la discrimination systématique contre les Noirs «libérés» qui s’en est suivie.Pour les gens comme Remnick, le visage noir et souriant d’Obama est la preuve de la bonté fondamentale de l’Amérique et de la réussite suprême de la croisade des années cinquante et soixante menée par Martin Luther King, Jr.Encore mieux, Obama vient du même milieu élitiste d’Ivy League universitaire que les mérito-crates blancs du genre Clinton et Remnick: le jeune homme est diplômé de l’école de droit de Harvard et du collège de Columbia.Ni menaçant ni rhétoriquement violent, comme beaucoup de ministres et de politiciens noirs, Obama possède un vrai don pour l’apaisement et le soulagement des Blancs.Par conséquent, on esquive largement ses vraies positions politiques et on entend plutôt sa voix sonore et ses slogans faciles.En vérité, ces belles paroles sur «l’audace» et «l’espoir» masquent un esprit extrêmement prudent et une politique ultracentriste, presque identique à celle de son adversaire Hillary et, en fin de compte, pas tellement différente que celle de George W.Bush.Pour Remnick, il suffit d’avoir un changement symbolique de ton et de couleur.Le titre de son livre, The Bridge, fait référence au pont à Selma, en Alabama, où des manifestants noirs ont été abattus en 1965 par les forces (Je l’ordre du gouverneur raciste George Wallace.A la fin du livre, ce pont béni par le sang des martyrs de la liberté est traversé métaphoriquement par Obama à son investiture à la présidence.Voilà le rêve du D" King réalisé.Une petite précision: lorsque le Dr King a tenté dans les années soixantç d’étendre sa campagne — jusque-là limitée aux Etats sudistes — à Chicago, ville la plus raciste et ségréguée du nord, il a été rejeté par le maire à l’époque, Richard J.Daley.Le «boss» Daley était, en effet, un dictateur et il n’aimait pas être dérangé par (les croisades morales qui déstabiliseraient l’équilibre du pouvoir dans son fief.Derrière lui, il y avait plein de petits sous-fifres noirs qui obéissaient aux ordres du maire qui ont, eux, refusé de suivre l’appel de King.Après son échec à Chicago, King devint de plus en plus radical — visant une lutte entre classes économiques autant qu’entre races —jusqu’à son assassinat en avril 1968.Par contre, la réussite d’Obama résulte de son arrangement avec le maire actuel de Chicago, Richard M.Daley, le fils du premier maire Daley.Au lieu de rejeter un Noir talentueux et peut-être dangereux comme l’avait fait son père, le fils Daley l’a absorbé dans sa machine politique.Je ne pense pas que cela soit tout à fait ce que le bon D" King envisageait pour les manifestants de Selma de l’autre côté du pont.John R.MacArthur est éditeur de Harper’s Magazine, publié à New York.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.«HINDICAP» SUITE DE LA PAGE B 1 Le statut de l’anglais comme langue administrative, politique et langue des affaires n’est absolument pas menacé.«Mais déplus en plus de nouveaux arrivants trouvent qu'à ne rien entendre au hindi, ils perdent quelque chose.Ils se sentent coupés de la réalité culturelle et de la vie de tous les jours», dit Chandra B.Pandey, directeur de l’école HindiGuru, installée dans le petit sous-sol d’un immeuble du sud de la capitale.La vie de tous les jours?C’est arriver à comprendre un dialogue ou deux dans un film hollywoodien, à acheter en hindi ses tomates au vendeur ambulant, à se défendre un peu mieux, ainsi que le veut l’un des principaux lieux communs circulant autour de l’existence de l’étranger en Inde, contre la petite mafia des chauffeurs de rickshaw qui vous font payer une course deux ou trois fois le prix qu’ils demanderaient à un Indien.Encore que l’apprentissage du hindi n’est pas la panacée à tous les sentiments de dénuement linguisticiue qui vous attendent en Inde.Vrai que le hindi est la langue officielle de l’Union indienne (avec l’anglais, langue de promotion sociale pour laquelle les Indiens ont développé une véritable obsession) et qu’il est l’idiome le plus répandu.Plus de 50 % des Indiens le parlent, sans qu’il s’agisse nécessairement, loin de là d’ailleurs, de leur langue maternelle.Mais l’usage du hindi est concentré dans ce qu’on appelle la «hindi belt» du nord du pays — Delhi, Uttar Pradesh, Rajasthan, Bihar, Haryana.— et il continue d’être en butte aux résistances historiques et aux réflexes normaux d’affirmation identitaire des autres grandes communautés linguistiques, surtout dans le sud du pays: les Marathis (70 millions de locuteurs), les Tamouls (61 millions), les Goujaratis (46 millions), les Kéralais (35 millions), etc.Ensuite, ce que parlent les Indiens des grandes villes du Nord tient de plus en plus du «hinglish», un mélange de hindi et d’anglais.«Le hindi est de plus en plus mal parlé en ville», déplore Anuradha Kolhi, qui donne des cours de langue aux étrangers.Ce qui soulève un drôle de paradoxe: voici des gens qui essaient sans désemparer de s’initier à la principale langue nationale et qui, allant dans rue delhite mettre leurs cours en pratique, croisent des Indiens qui ne demandent pas mieux que de mettre à profit l’anglais qu’ils connaissent.D’où ambivalence.Langue confondante Si au moins le hindi était facile à apprendre.Une langue pour ainsi dire monosyllabique, pleine à craquer de «k» et de Plus de 50 % des Indiens parlent le hindi, sans qu’il s’agisse de leur langue maternelle «h», avec des prépositions qui viennent après le substantif et des verbes toujours à la fin de la phrase.Une langue extraordinaire, certes, mais à l’envers de la nôtre, dense, compliquée et confondante, comme la circulation automobile de la capitale.Pour autant, M.Pandey a de bonnes raisons de croire qu’un bel avenir attend sa petite entreprise.Il vient de lancer sur le Web un programme de classe virtuelle.Il a ouvert son école il y a sept ans avec six étudiants.Il prétend que, depuis, «des milliers» de résidants sont passés par chez lui.Il a en ce moment presque 70 étudiants, inscrits pour l’essentiel à des cours de conversation.Surtout des étrangers, et souvent des employés d’ONG qui vont travailler en milieu rural, où l’usage de l’anglais est absolument inexistant.Mais aussi, de plus en plus, en proportion petite mais croissante, des Indiens du Sud qui migrent pour le travail vers l’activité économique du Nord.Cinquante heures de cours coûtent environ 300 $.Il y a d’autres écoles privées du même genre à Jaipur, au Rajasthan, et à Varanasi, grand centre de pèlerinage hindou dans ruttar Pradesh, mais HindiGuru est, sauf erreur, l’une des seules à avoir pignon sur rue dans la capitale.M.Pandey compte ouvrir en juin une succursale à Gurgaon, banlieue satellite de Delhi et centre nerveux de la communauté étrangère aisée.La bonne affaire.Reprise des pourparlers israélo-palestiniens «À tout moment et en tous lieux» T érusalem — Le premier mi-I nistre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’est déclaré prêt hier à reprendre les pourparlers indirects avec les Palestiniens «à tout moment et en tous lieux».Samedi, la Ligue arabe a donné son feu vert aux Palestiniens.Le lendemain, Benyamin Nétanyahou s’est dit disposé à reprendre les négociations si elles débutaient «sans conditions préalables», une allusion à l’exigence palestinienne d’un gel de la colonisation avant tout retour à la table des négociations.Un haut responsable israélien a indiqué que les pourparlers ne se limiteraient pas à de pures formalités mais aborderaient certains des «problèmes au cœur» du conflit israélo-palestinien.L’émissaire américain George Mitchell est attendu dans la région la semaine prochaine.Et le comité exécutif de l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine) envisage d’annoncer la reprise des discussions same- di.Tôt ce matin, le site Internet israélien Ynet a annoncé que les Israéliens prévoyaient d’ouvrir les discussions mercredi lors d’une rencontre avec Mitchell.Selon Ynet, Nétanyahou envisagerait de mener personnellement le début des négociations.Le premier ministre israélien se rend en Egypte aujourd’hui pour tenir le président Hosni Moubarak au courant des dernières avancées.Les derniers pourparlers avaient été rompus fin 2008.Les Palestiniens refusent de les reprendre tant que Benyamin Nétanyahou ne décrète pas un gel de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.Hier sur le terrain, les violences se poursuivaient.A Beit Jalla, un village proche de Jérusalem, quatre manifestants ont été touchés par des balles en plastique tirées par les soldats israéliens, rapportent des médecins palestiniens.Associated Press Téléphone : Télécopieur : 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com I «N «D «E «X REOROUPEHENIS DE DUBRIQUES 100* 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 • 150 Achat vente échangé 160 • 199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat vente échangé 251 *299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES CHALETS CHALETS CHALET, CANTDNS-DE-L’EST Chaleureux plain-pied situé dans un domaine privé.Entièrement rénové depuis 2005.À proximité de la Route des vins, du lac Champlain et des douanes américaines.2 càc, 2 salons, plancher de bois, céramique, garage intégré et piscine.Accès à l’eau.Obtenez la tranquillité de la vie à la campagne I MIS 8296672.JENNIFER BOILY-DEMERS 514568-8053 COURTIER IMMOBIUER Remax Extra inc, Beloeil, AGENCE IMMOBILIERE pour soutenir l'effort quotidien ^ J des personnes atteintes de dystrophie musculaire, il faut beaucoup plus que des mots.FAUT UNE ACTION, UNE ACTION MUSCLÉE ! 1800 567 2236 AAA Dystrophie wwwniuscle.ca musculaireCanada imaeÿaniimeié» LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 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